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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-11-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 7 ET DIM A X CHE IS NOVEMBRE 2 O O 7 ENTREVUE Sami Frey lit Samuel Beckett Page E 2 THEATRE Rhinocéros inc.Page E 3 CULTURE Voir Istanbul et.danser Pina Bausch revient galvaniser le public à Ottawa avec Néfés FRÉDÉRIQUE DOYON Après Rome la fière, Budapest la romantique, Tokyo tout en contrastes, voici Néfés, inspirée d’Istanbul.Depuis près de 20 ans, la géante allemande Pina Bausch et son Tanzteater de Wuppertal tentent de saisir l’esprit des grandes villes du monde dans une série d’œuvres qu’elle conçoit en parallèle à ses autres chorégraphies.En 2004, elle avait présenté Masurca Fogo (Lisbonne) à Ottawa.L’enthousiasme délirant du public appelait une suite.Pina Bausch a l’habitude de travailler à partir des fragments d’histoires personnelles, qu’elle collige avec chacun de ses inteiprètes en leur posant une foule de questions.Cette fois, c’est l’atmosphère d’une ville entière qu’elle saisit.Avec les danseurs, elle a en quelque sorte pris le pouls d’Istanbul au cours d’un séjour de quelques semaines qui a donné naissance à la pièce en 2003.«Cest me abstraction de ce qu’on vit, on ne peut pas porter exactement à la scène ce qu’on voit, explique au bout du fil la dame de 67 ans, de sa voix douce et légèrement éraillée.C’est à propos du monde maintenant, au moment où on fait la pièce, ce qu’on voit.Mais je crois qu’il y a certains pas et sentiments qu’on ne voit que là-bas.» En turc, Néfés signifie «respiration», «souffle».Istanbul a émerveillé la chorégraphe à plus d’un titre.Les femmes d’abord, d’une beauté mystérieuse, mais aussi la diversité des modes de vie, l’omniprésence de la musique, les nombreux pique-niques au bord de l’eau.«C’est une des villes les plus fascinantes parce que tout ce qu’on peut imaginer de la modernité est là, avec des femmes dans des positions importantes, mais tout l’inverse aussi, confie-t-elle avec un émerveillement palpable malgré son débit ralenti par l'anglais.On ne peut jamais avoir une seule perception des choses.» Les pique-niques lui ont donné l’occasion de créer une autre scène emblématique de son œuvre où la fête, la rencontre, la joie de vivre l’emportent sur la douce mélancolie qui teinte aussi ses pièces.Une exaltation qui s’exprime souvent à travers l’utilisation de l’eau, élément fétiche de la chorégraphe.«J’adore l’eau, dit-elle avec une soudaine montée d’émotion, f aime ce qui se passe quand les gens sont mouillés, les vêtements qui collent à la peau, ce que l’eau fait aux cheveux.Jaime le bruit de l'eau.Parfois c’est comme un miroir, et si on n’y touche pas c’est mystérieux.C’est très important.mais je ne sais pas pourquoi.» Dans Néfés, un lac est littéralement recréé sur scène, autour duquel se déploie un pique-nique propice à mettre en évidence quelques us et coutumes turcs.«Il y a beaucoup de pique-niques à Istanbul, les gens sont assis ensemble et les femmes servent les hommes.» VOIR PAGE E 4: BAUSCH E N T Plume Latraverse a pleine palette «J’avais le goût d’une formule qui toucherait un peu au piano-bar et un peu au chansonnier» r «sür Le nouveau Plume?Deux huiles, une aquarelle et des caricatures autour.C’est lui qui le dit.Et c’est bel et bien ainsi, au sens pictural de la composition, que le cher grand échalas a assaisonné son Hors-saisons de toutes les sortes de chansons qu’il sait faire, osant celles qui durent parce qu’il s’autorise les éphémères, se révélant tendre parce qu’il demeure féroce (et férocement drôle), approfondissant sa réflexion sur la vie et la mort tout en chroniquant sur l’actualité.Rencontre sur le canevas.SYLVAIN CORMIER Arrivé en haut de l’escalier du troisième, m’apercevant, Plume fait mine de se protéger la bouche et le nez.C’est pas tous les jours qu’on est interviewé par une boule de germes.Je fais mon Carreidas rencontrant Haddock.«Je ne vous serre pas la main: c’est antihygiénique.» Il s’assoit de l’autre côté de ma table de salle à manger, la boîte de papiers-mouchoirs faisant rempart.Mon eau chaude avec du miel fume, il demande un jus d’orange.On est là pourquoi, déjà?Ah oui, l’album.Le nouvel album.Hors-saisons.Album dont Plume Latraverse a déjà révélé l’essentiel en spectacle au Club Soda, dans le cadre du Coup de cœur francophone, deux semaines avant la sortie en magasin, ce mardi.Personne ne fait jamais ça, présenter un nouveau spectacle avant de proposer un nouvel album.Charrue avant les bœufe.Le gros torrieu avant la p’ti-te vinguienne.Plume se contrefout de la logique de mise en marché.C’est tout juste s’il accepte de se prêter à la ronde des entrevues.«Je choisis.» Ce dimanche, il sera à Tout le monde en parle.Ça l’inquiète.Gageons que ça inquiète aussi Guy A Plume, tel Richard Desjardins, est de la race des timides intimidants.«La télévision, c’est pas mon monde.C’est énervant.Cest pas le peloton, mais c’est un plateau!» Contraste avec le Plume du Soda, l’autre jour 0 y semblait aussi à l’aise que dans son cabinet d’aisance.Heureux chez lui, avec ses chansons, ses amis musiciens, son public.Un public enfin mis à sa main.Des oreilles quand il faut écouter, des poumons quand il faut entonner.Et Plume manifestement content de ne plus avoir à jouer le préfet de discipline quand lui prend l’envie d’une chanson plus douce.«Jai eu mon overdose de festivals et autres instruments aratoires, d’être confiné à un certain genre de show, avec un certain genre de public.Javais le goût d'une formule qui tou- cherait un peu au piano-bar et un peu au chansonnier.Du piano avec un peu de guitare.» Au Soda, c’était ça: un spectacle équilibré, adulte, où l’on a pu recevoir les chansons du cœur en plein cœur et les chansons exutoires à gorges déployées.«C’était de l’ouvrage quand même, parce que le Soda est une place assez rock’n’roll, mais c’est vrai que j’impose quelque chose avec ce show-là.Ça s’est passé pendant toute la tournée ROSEQ cet été.Je plante mon premier piquet avec Marie-Lou et Les Patineuses, et puis après, c’est à prendre ou à laisser.» Donnant, donnant.«Portez attention et, si vous êtes un assez bon public, peut-être qu’onc’ Pluplu se laissera aller à faire quelques vieilles tounes pour vous divertir.» Hors-saisons de toutes les couleurs Peut-être même qu’il vous peindra un album.J’emploie l’image à dessein: c’est celle qu’utilise Plume pour décrire Hors-saisons.Pour décrire toute son œuvre, en fait «C’est tou- PEDRO RUIZ LE DEVOIR jours pictural, mon affaire.Ijcs mots, je les vois Je les organise dans l’espace.Je les forme, je les déforme.Ça vient de mon background.J’ai été portraitiste pendant un bout de temps à la place VicUnia, dans les galeries d'art et tout ça.Veux, veux pas, ça t’instruit le regard.Quand tu fais un portrait, tu mets l’accent sur les yeux, et puis le reste se place en harmonie autour.C’est pareil pour une chanson.» Et Plume d’offrir en exemple l’écriture deLâge où l'on., magnifique et tragique chanson qui est au cœur du nouvel album, chanson qui trace en quelques lignes les différents âges de la vie: «C’est l'âge où l’on arrive par la bande / C’est l'âge où l’on met l’enfance à l’amende [.] Lâge où le temps n’est pas bien long [.J C’est l’âge où l’on se détache de la bande / C’est l'âge où l'on délaisse la sarabande / C’est l’âge où./ Lâge où l’on danse à reculons.» Toute la chanson s’articule autour de cette image de la bande.«C'est le repère.Ça commence VOIR PAGE E 6: PLUME ATMA cLusLjtAes « T—B UhS'ADfri) M \K! \| H atmaclassique.com !\\US (1)1 l'IllJ1 t FRANCIS COLPRON :: LES BOMADES -S, A CD en vente chez > 'yÿ ARCHAMBAULT?« - (rt’fWfOB MIDI A T < ._ SB»- m rinroKMiDu i*i CanariS Québec m! s LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007 E 2 Sami Frey dans Cap au pire de Beckett La rencontre de deux grandes voix ISABELLE PARÉ En 1963, leurs regards se sont croisés.Sami Frey, jeune comédien, répète Claudel au Théâtre de l’Odéon, où Oh les beaux jours de Beckett sera bientôt monté pour la première fois.Il faudra pourtant trois décennies avant que la vraie rencontre entre l'auteur d'En attendant Godot et Frey n’ait lieu.Trente ans avant que Frey renoue avec Beckett, respire ses mots, ponctue de son souffle les moindres intonations de sa douleur, sublimant l’âme de l’écrivain entre chaque ligne de Cap au pire.«H ajdllu longtemps avant que fose Beckett», confie Sami Frey en entrevue au Devoir, lui qui n’aura jamais eu l’occasion de le jouer au théâtre en près de 50 ans de carrière.Mais ce lecteur assidu, amoureux des grands textes, s’est découvert il y a dix ans une fascination pour Cap au pire, qu’il mettra en lecture dès le 21 novembre, dans l’intimité feutrée de la Cinquième salle de la Hace des Arts, en marge du Festival international de littérature (FIL).«J’ai découvert ce texte et il m’a fasciné.Je trouvais qu’il méritait plus qu’une simple lecture.Je l’aimais mais n’avais pas trouvé de moyen de le faire en public, fai mis le temps, beaucoup de temps, mais maintenant je crois l’avoir vraiment compris», dit-il.A quelques jours de se mettre à nouveau en bouche la prose de Beckett, Sami Frey transpire l’humilité qui fait l’étoffe des grands.Plus que jamais modeste face à cet auteur plus grand que nature, dont il s’apprête à apprivoiser la voue.«C’est une expérience tout à fait particulière, explique le comédien.C'est un long poème jubilatoire, une expérience sur l’imaginaire et la pro-f/ndeur des mots.C’est littéralement le mot qui me guide.Car tant que les choses s/mt nommables, elles existent encore», explique Frey, qui a découvert ce texte il y a duc ans, l’a hi, relu, puis a ressenti l’urgence de le dire à voix haute, devant un public.De son timbre de violoncelle, le mystérieux acteur français fera vibrer de tout son être ce qui est considéré comme l’aboutissement de toute l’œuvre de Beckett.Un texte écrit cinq ans avant sa mort un long monologue intérieur, un cri portant une souffrance inouïe, livrée avec une économie de mots.On dit que Beckett, alors âgé de 77 ans, a renoncé à traduire lui-même Cap au pire d’abord écrit en anglais (Wortsward Ho), tant son écriture lui avait infligé une douleur intolérable.Le mot mis à nu Vêtu de noir, Sami Frey remontera à Montréal sur scène avec pour seul décor une valise contenant un ordinateur portatif où défile le texte de Cap au pire.C’est dans ce dépouillement absolu, laissant libre cours aux émotions brutes, que Frey a choisi de ne faire qu’un avec Beckett Donnée l’hiver dernier au petit 'Théâtre de l'Atelier à Paris, cette lecture d’exception de Cap au pire par Frey est décrite par la presse parisienne comme la rencontre de deux grandes voix.Frey respire littéralement chaque ligne, chaque virgule, portant chaque seconde un peu plus loin la douleur intérieure de Beckett DÈS MARDI ! Financière Théâtre du Nouveau r^loNDE avec MARC BÉLAND / ALAIN ZOUVI / ANNICK BERGERON / GENEVIÈVE BÈUSLE / LUC BOURGEOIS / ÉRIC CABANA / VINCENT CÔTÉ / MICHÈLE DESLAURIERS / BENOÎT GIRARD / DIANE LAVALLÉE / ÉVELYNE ROMPRÉ Du 20 NOV.AU 15 DÉC.WWW.TNM.QC.CA 514.866.8668 M» HÉLÈNE BAMBERGER /COSMOS Sami Frey mettra en lecture Cap au pire, dès le 21 novembre, à la Cinquième salle de la Place des Arts, en marge du FIL.«Sa complexité apparente cache une simplicité profonde.Cette simplicité m’a touché tout de suite.Il y a une déconstruction du langage qui est très “beckettieme”.Comment, avec des mots réduits, on peut dire le pire.C’est d’aller jusqu'à l’interstice qui sépare la vie de la mort», soutient Sami Frey.C’est en se promenant le soir dans les couloirs d’un hôpital, et en voyant le profil d’un homme éclairé par la faible lueur d’un écran de télévision, que Sami Frey a eu l’idée de présenter Cap au pire dans une obscurité presque totale.«Je me suis dit que c’était la façon de le/dire.» Adepte des formats dépouillés, le comédien a fait de ce genre de prestations épurées, où il porte les textes à bout de voix, sa passion des dernières années.Comme un cœur battant le rythme des souvenirs, il nous était apparu, dans les années 80, seul et haletant, au guidon de son vélo, remontant le cours de la mémoire de Georges Perec à coups de pédales dans le journal d’après-guerre Je me souviens.En 2003, il nous revenait dans une mise en scène ascétique, en tête à tète avec Sartre et Beauvoir dans Les Entretiens.Féru de rendez-vous intimes, l’acteur s’est dé lecté ces dernières années de textes qui charrient toute la force d’une voix.Il s’est révélé être un athlète de l’intonation, faisant de certaines lectures de véritables performances d’acteur, se confondant parfois corps et âme avec les auteurs et leurs discours,,de Sartre en passant par Perec, Epi-tecte ou Être sans destin, du juif allemand, Imre Kertesz.Né de parents juifs polonais, Frey a souvent ’'iîmÈSËÈÈ - f iT\ DE Vf BARE i au 24sOTB:'.o7 2oh Trad uctton t HJ O RM A ND ChAURLI 'Adaptation ft mise e Denis Mari i u iiÉS! AVEC RUDDY SYLAIRE, PIERRE IEBEAU.ÉUAliff Rfî BRUNO MARCIL VINCENT-GUILLAUME 0j|| CONCEPTEURS: ANGELO 8ARSETTI.NICOLgÉ STÉPHANIE jasmin; ''fi* v&sësssææ tamP Nlarleau's Othello rates an A+.— Matt Ratg TTre Gazette l''latradUCt0^fteNrpatCdh'"nLttanSerclàrté, nouveau sa ma9ieelete=hdru 9 _ Marie Labrecque, Le Devoir Pierre Lebeau a le rôle de f “"Sas^ ne8' _„issrws~>* 9 la lumineuse Eliane Préfontame.— Marc-André Joamsse, Le Droit ‘"-«sœwss» CHRISTIANE PASQUIEft.DENIS GRAVfRFAUX ANÇOtS BLANCHARD.ANRIjl HAMEIL^ (centre de création et de diffusion pluridisciplinaire I 1345, AVE LALONDE, MONTRÉAL 514 521.4493_USINE-C.COM : création d’Utna en coproduction avec le Theitrr françaii du Centre national dea ana du Canada PHOTO, ANGELO BARSETT1 campé des rôles ou porté sur scé ne des textes à travers lesquels on semblait le deviner.«Je choisis les choses qui me touchent.Je commence par lire un texte avec les yeux et, à un certain moment donné, j’ai soudainement envie de le lire à haute voix.Ça veut dire que j’ai envie de partager ce texte, de le communiquer», dit-il.Avec Beckett, l’histoire aura mis du temps à consacrer cette rencontre.En 1963, alors jeune corné dien, Sami Frey répétait le rôle de Don Rodrigue qu’il interprétait dans Le Soulier de satin, présenté au Théâtre de l’Odéon.Arrive alors Samuel Beckett, accompagné de Roger Blin, son metteur en scène, et de Jean-Louis Barrault, alors directeur de l’Odéon, qui avait fait l’audacieux pari de mettre Oh les beaux jours à l’affiche.«Je l’ai alors croisé, mais je ne lui a pas parlé», affirme Frey.Du théâtre, et encore du théâtre Après avoir fait les beaux jours de la Nouvelle Vague, incarnant le ténébreux Franz de Bande à part, de Jean-Luc Godard, et l’amant des Sept Péchés capitaux, de Claude Chabrol, l’élégant Sami Frey, qui a joué dans plus d’une soixantaine de films entre 1956 et 2000, espace depuis ses apparitions au grand écran.Lui qui a joué pour les plus grands réalisateurs français, de Bertrand Tavernier à Jacques Doiilon, en passant par Agnès Varda, Bernard Blier ou Claude Sau-tet, dans le fameux César et Rosalie, n’a jamais été avide de l’attention des médias, restant plutôt discret et mystérieux.Pourquoi cette distance par rapport au grand écran?«Je sens me pression très forte au cinéma, confie-t-il.Au cinéma, il faut être à son mieux à un moment choisi, précis, il n’y a pas droit au ratage.Au théâtre, on se refait tous les soirs.Ce sont deux choses complètement différentes.» Cette année, toutefois, il a renoué avec le septième art dans Danse avec lui, de Valérie Guignabodet, où il incarne un maître écuyer, et dans Le Metteur en scène de mariages, de Marco BeDocchio.Reste que des expériences telles que son interprétation de Nathan le Sage, de Lessing, en 1977 au Festival d’Avignon dans une mise en scène de Denis Mar-leau, ou de Je me souviens, de Perec, joué plus de 120 fois à travers la France, demeurent des expériences transcendantes.«J’aime profondément la scène et être devant un auditoire.Cela me donne la sensation de faire partie d’une multitude.C’est certainement plus enrichissant que le cinéma», affirme le comédien.«Au théâtre, j’ai eu la chance de jouer de grands rôles qui m’ont donné une colonne vertébrale, qui m’ont structuré comme comédien.Chaque fois, j’ai choisi des choses que je croyais ne pas pouvoir arriver à faire, dans le but d’en sortir meilleur et avec le désir profond d’entrer dans l’univers d’un auteur», explique-t-il.Pour accéder au monde écorché de Beckett, il faudra donc se presser à la Cinquième salle de la Place des Arts et voir si, encore une fois, la grande voue de Sami Frey réussira à percer l’univers de l’immense Beckett.Le Devoir ¦ Cap au pire de Samuel Beckett.Lecture de Sami Frey, du 21 au 25 novembre à la Cinquième salle de la Place des Arts.FIGEONS INTERNATIONAL 87F107 20ANS DE THEATRE DANSE Détails sur www.pigMOrisintMmational.com Un spectacle de théâtre et danse de PAULA DE VASCONCELOS Mise en scène et chorégraphiés PAULA DE YASCDHCELOS Scénographie RAYMOND MARIUS BOUCHER.PAULA DE VASCONCELOS Costumes ANNE-MARIE YEEVAETE PAULA DE VASCONCaOS Eclairages MICHEL BEAULIEU 'extes LES INTERPRÈTES.EVELYNE DE U CHENaiÈRE.Avec DARREN BONIN.KLEBER CANDIDO.NATALIE ZOEY SAÜID, CLAUDE OODiN ALEXANDRE 60YETTI.SYLVIE MOREAU.EDWARD TOLEDO DU 30 NOVEMBRE AU 15 DÉCEMBRE TJSim: ©BILLETTERIE (5UI521-4493 RÉSEAU ADMISSION (514) 790-1245 L'Illusion, Theatre de marionnettes présente hantefabl Îl q .a très très longtemps.I dans un roqaume tointaun, deux jeunes gens ont affronté masnrs dangens pour c hanger leur monde! À Il 1ËI$ I DU 17 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2007 Au Studio-théâtre de L’Illusion 783, rus de Bienville (une rue eu nord de Mont-Royal, angle St-Hubert) TMtMv Me MriMMWtM Informations ou réservations 514-523-1303 www.illusiontheatre.com rit II MON I 4 4219 LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007 K Jean-Guy Legault / Alain Zouvi Rhinocéros inc.PEDRO RUIZ LE DEVOIR MARIE LABRECQUE De Goldoni à une création sur Poe, de Scrooge à son Théâtre extrême politique, Jean-Guy Legault est partout Et le jeune metteur en scène a la réputation de brasser les classiques.«Selon moi, le théâtre doit toujours parler à son époque.A partir du moment où tu fais un tableau avec une pièce, elle n’a plus d’importance.C’est pour ça que je ne monterai jamais du Molière.Ça ne peut pas être meilleur que monté comme à l’époque.Donc, ça ne me parle plus aujourd’hui.Contrairement, par exemple, à une transposition de Shakespeare, qu’on peut actualiser en donnant des points de réflexion sur notre époque.Goldoni le disait dans ses mémoires: il faut absolument que la pièce suive l’époque, et non que l’époque suive la pièce.J’y crois encore.» Ça vaut aussi pour Ionesco, dont il s’apprête à monter le Rhinocéros — sa première mise en scène au Théâtre du Nouveau Monde.C’est d’ailleurs surtout à cause de sa «vision actuelle de la pièce» que le comédien Alain Zouvi dit avoir accepté d’interpréter le rôle principal de cette fameuse fable écrite en 1959, où les habitants d’une petite ville se transforment l’un après l’autre en rhinocéros.S cette allégorie du totalitarisme a beaucoup été identifiée à une attaque contre le nazisme, Jean-Guy Legault insiste: l’auteur roumain, qui refusait d’expliquer ses pièces, n’a «jamais» nommément souscrit à cette interprétation restrictive.La porte est donc ouverte pour actualiser la métaphore, «ce qui est rarement fait».Le metteur en scène, lui, s’est posé cette question: «C’est qui, l’envahisseur aujourd’hui?» «La pièce traite du contrôle de la pensée, du fait d’arriver à convaincre les gens qu'on a la vérité infuse et de les contaminer avec notre pensée.Et qui fait ça en ce moment en Amérique du Nord?Je ne crois pas que ce sont les gouvernements, ni l’armée.Ça se passe de façon beaucoup plus insidieuse qu’à l'epoque.On le fait par en dessous, à travers de grosses entreprises.» Legault a ainsi transposé l’oeuvre dans la tour à bureaux d’une grosse entreprise, baptisée.Rhino World.Dans sa relecture, le péril provient de l’intérieur et va rayonner ensuite dans le reste de la société.«On apprend très vite que ce sont des employés de la compagnie qui se transforment: l’en- Alain Zouvi et Jean-Guy Legault treprise a commencé à s’imbriquer dans la pensée des gens.» Le créateur dit qu’il ne porte pas de jugement sur l’emprise de ces grosses entreprises; il pose plutôt des questions.«Il faut d’abord reconnaître que ça existe.On va arrêter de faire les hypocrites et on va se demander si on accepte ou pas de continuer dans cette veine-là.Parce qu’en ce moment, on ne s’interroge pas sur le fait de savoir si c’est bien ou mal.Et la pensée corporative contrôle maintenant les gouvernements, les lobbys, à peu près tout.Et influence notre vie de tous les jours.» En abordant le texte, le metteur en scène a coupé quelques redites, ramené le récit à un seul lieu et, conséquemment, fusionné certains des 22 personnages qui portaient un discours semblable.Surtout, il a féminisé deux personnages d’employé.Histoire de bousculer la conception répandue que les femmes vont changer la politique ou la manière de brasser des affaires, «fl n’y a pas 150 000façons de faire de l’argent, qu’on soit me femme ou un homme.La compagnie est plus grosse que les individus qui y travaillent.Si on met ce discours [corporatif] dans la bouche de femmes, c’est encore plus choquant, parce que je crois que le public a toujours cette fausse croyance qu’elles vont changer le monde.» Bêtes de scène La métaphore est maintenue jusque dans l’illustration de la métamorphose des personnages en périssodactyles.«Les escouades anti-émeutes ressemblent énormément à des rhinocéros avec leur carapace, leur petit bâton, leur masque à gaz, observe Legault.Et qu’est-ce qui représente le plus ce qui est en ce moment le rhino: des gens qu'on paye avec notre propre salaire pour nous empêcher de revendiquer?» On verra ainsi Marc Béland se transformer à vue — «c’est magnifique» — en «symbole militarisé de l’entreprise», prêt à «défendre la compagnie contre un soulèvement populaire».Béranger sera le seul à résister, ultimement, à cette propagation de la «rhinocérite».«C’est un personnage qui est pur dans son humanité, explique Alain Zouvi.Il vit les sentiments humains premiers: l’amour, l'amitié, la douleur.» «Béranger a une grande humanité, pour la bonne et simple raison que c’est le seul personnage qui doute, ajoute le metteur en scène.Et qui accepte que l’humain est contradictoire: on a le droit de penser quelque chose un jour et de concéder le lendemain qu’on se trompe.» Le problème de ses congénères, qui succombent à la contagion idéologique, c’est qu’ils refusent de se tromper, incapables qu’ils sont de remettre en question leurs convictions sans que toute leur vie s’écroule.¦ SUPPLÉMENTAIRES 17 et 24 novembre Samedi-15 b « P .«rÇpF fl v> .MSI B ¦ 1 P m P.»,.rine Perrin.C'est bien meilleur le matm, SRC-_7^s- É 1 GROUPE IA VEILLEE Le Kafka de Kisseliov est plus près de Boris Vian que de la tourmente intérieure suscitée par un monde hostile habituellement associée à l’auteur du Procès.THÉÂTRE L’homme, cet animal Il a confié ce rôle d'humaniste inquiet, alter ego de Ionesco, au sympathique Zouvi afin de marquer un contraste.Son physique plus costaud et sa bouiDe «un peu métissée» tranchent avec les autres acteurs filiformes — «faux symboles de performance» nord-américaine.«Alain a une façon de jouer particulière: il ne parle pas comme les autres.Et Béranger est un peu maniaco-dépressif: il est émotivement impliqué, alors que les autres sont émotivement presque absents.» Le comédien, lui, a découvert chez Jean-Guy Legault une «tout autre façon de travailler que ce [qu'il a] connu depuis le début de [sa] carrière».Une méthode très physique, où les notes de jeu sont fournies en même temps que la mise en place.«On est sur la corde raide dès le début.Il faut donner les émotions tout de suite; même si on se trompe, on y va.Ça lui donne des idées.Donc, c'est un travail qui se fait tout de suite à deux.C’est assez formidable.» Selon son compagnon, ce qui émerge de cette démarche, c'est une certaine vulnérabilité.«On a beaucoup plus accès au comédien dans sa créativité de l’instant.» Jean-Guy Legault se considère moins comme un metteur en scène que comme un acteur qui monte pour d’autres acteurs des spectacles dans lesquels il aimerait jouer.Il sait qu’avec Rhinocéros, sa proposition est «audacieuse, risquée».«Mais je ne pourrais pas monter autre chose, dit-il.Quand je vais voir des shows, j’ai besoin d’être surpris, bousculé un peu.J’ai besoin que le théâtre soit vivant.» Collaboratrice du Devoir RHINOCÉROS Au Théâtre du Nouveau Monde, du 20 novembre au 15 décembre.LA MÉTAMORPHOSE D’après Kafka.Adaptation et mise en scène: Oleg Kisseliov.Au théâtre Prospère jusqu’au 8 décembre.HERVÉ GUAY Attaché à la littérature slave, le Groupe de la Veillée retrouve Kafka.Comme La Métamorphose est le récit le plus connu de l’écrivain tchèque d'expression allemande, on a confié au mettair en scène russe, Oleg Kisseliov, le soin de le revisiter.Et on lui a visiblement laissé l’entière liberté de réinterpréter l’œuvre comme bon hii semble.Celui qui, par le passé, avait signé au Prospère une adaptation du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare et une autre de Camera Obscura, un roman de Nabokov, ne s’en est pas privé.Aussi son travail se fait-il très expérimental, ce qui veut dire, dans son cas, plus corporel que jamais.En effet le mouvement et la musique, souvent tonitruante, prennent ici presque toute fa place, reléguant la parole à un rôle accessoire.Le spectateur ferait bien d’accepter fa proposition d’entrée de jeu.Autrement il risque de trouver le temps long, car on ne lui raconte- ra pas La Métamorphose en détail mie fois de phis.Outre un refus du littéraire au théâtre, ce spectacle se veut une fable sur le refoulement de sa propre animalité par l'homme.Au contact de Gregor Samsa, commis-voyageur modèle changé en cancre-, fat au matin, l'animalité n’en gagne pas moins, dans cette version, tout le dan.A la fin, quand la bonne (Claire Gagnon) débarrasse celui-ci d’un fils devenu «vermine», il s’agit d’une victoire à La Pyrrhus piiisque, entre-temps, Gregor a réveillé l'animalité en chacun des membres de fa famille et même au-delà.Du récit de Kafka, Kisseliov ne conserve donc qu’un aspect celui d’un insecte qui perd la possibilité d’exprimer ce qu’il ressent, sans toutefois perdre fa conscience.Cependant, il n’existe plus, dans sa lecture, une séparation radicale entre Gregor et sa famille: tous finissent par être happés par le même cauchemar.Ce Kafka est ainsi plus près de Boris Vian (Les Bâtisseurs d’empire) que de fa tourmente intérieure suscitée par un monde hostile habituellement as-sodée à l’auteur du Procès.VOIR PAGE E 4: THÉÂTRE Production THÉÂTRE DU SOUS-MARIN JAUNE, , Texte LOUP BLEU îrsêSnx Mise en scène ANTOINE LAPRISE fivoc ANTOINE EAPRISE.JACQUES LAROCHE, DOMINIQUE MARIER i,t GUY DANIEL TREMBLAY Remerciement au THÉÂTRE DE LA BORDÉE pour sa participation à la création D'APRÈS SCARTES 1 «Antoine Inprise el sa marionnette Loup Bleu ont créé une œuvre achevée, multidimentionnelle, réflexive qui.avec humour, raconte la fable de l'étre humain.Rien de moins.Comme quoi h ludique n'est pas un obstacle à la réflexion (.) » SYLVIE ST JACQUES.LA PRESSE.NOVEMBRE 2006 * Courez donc la voir.(.) un spectacle brillant, pétillant d'humour et d'ironie, gage de plaisir effervescent.» MARIE LALIBERTÉ.VOIR QUÉBEC, MARS 2006 « (.) la compagnie québécoise a fait des merveilles » MARIE MARTY, DERNIÈRES NOUVELLES D'ALSACE (STRASBOURQ), AVRIL 2007 C'est in/f fade d'un© virtuosité inerç/at) jÇOISC QRISLIN, (STRASBOURQ).DU 29 NOV.AU 15 DÉC.2007 THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI 514 282 3900 3900 rue Saint-Denis, Montréal (Métro Sherbrooke) WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA L Québec ïîïï LE 18 NOVEMBRE 1998, QUELQUES ESPRITS AUDACIEUX JETAIENT LES BASES DE LA SAISON DE DANSE CONTEMPORAINE DANSE DANSE.DEPUIS, LE PUBLIC A PU APPRÉCIER LES SPECTACLES DE QUELQUE 50 COMPAGNIES EN PROVENANCE DE 13 PAYS, DONT 25 COMPAGNIES QUÉBÉCOISES ET CANADIENNES.MAINTENANT BIEN ANCRÉE DANS LE CGEUR DES MONTRÉALAIS AMATEURS DE DANSE ET D'ÉVÉNEMENTS ARTISTIQUES UNIQUES, DANSE DANSE JOUE UN RÔLE PRÉPONDÉRANT DANS LE DÉVELOPPEMENT ET LE RAYONNEMENT DE LA DANSE CONTEMPORAINE AU QUÉBEC ET AU CANADA.DANSEDANSE.NET \ ! 5599 LE DEVOIR, LE SAMEDI 17 ET D I M A X (HE 18 X O V E M B R E 2 0 0 7 E I THÉÂTRE SUITE UE LA PAGE E 3 Dans le registre qui est le sien, Kisseliov offre aux spectateurs quelques bons moments.Scène réussie des pas et des voix lorsque père (Claude Lemieux), mère (Ginette Chevalier), sœur (Caroline Binet) et gérant (Gaétan Nadeau) s’aperçoivent que le ponctuel Gregor (Jean-François Casabonne) a raté son train, pour des raisons qui leur sont encore inconnues.Le couloir et le cadre de porte en fond de scène à partir desquels ses proches se tiennent a distance pour s’adresser à la «bibitte» font également leur petit effet.Dommage que, dans cet espace restreint et ailleurs, on frétille parfois un peu trop.Quelque chose de plus inquiétant aurait pu s’installer.Toutefois, les scènes de groupe sont souvent moins bien orchestrées que lorsqu’une ou deux silhouettes dominent.L’exception qui confirme la règle s'avère ce tableau, d’un saugrenu rafraîchis- sant, ou, quelques minutes avant la fin, se mêlent grotesque et comédie musicale.Là encore, certains risquent de trouver insupportable ce collage d’une multitude de styles musicaux, appelé à appuyer le jeu physique des acteurs.Tout comme les éclairages atmosphériques de Mathieu Marcil, musique et mouvement cherchent pourtant à nous entraîner dans un ailleurs d’une étrangeté indéniable.On se dit seulement qu’on aurait pu y parvenir avec moins de fracas et sans obliger les acteurs à soutenir un niveau d’activité aussi intense.Remarquez: ils n’ont pas l’air de se plaindre de la partition compliquée dont ils héritent et ils s’en acquittent avec conviction.Cela étant, je ne sais pas combien de spectateurs seront tentés par ce type de théâtre corporel.Kisseliov en gagnera-t-il plusieurs, à l’usure, comme ce fut mon cas?Le pari est risqué, mais pas impossible.Collaborateur du Devoir GROUPS IA VEILLEE Le spectacle se veut une fable sur le refoulement de sa propre animalité par l’homme.M §s CB M 03 CO s M ë « M a ¦ M U E ¦o «e ta 03 Ss ii.< |< .< m Danièle Rochon ŒUVRES RÉCENTES du 16 novembre au 28 novembre Vernissage le 18 novembre de 13h à 17h G A L E R I E HBSEBBGR h 111 P1•rre Luc St Laurent 333, rue Cumberland Ottawa | www.galeriestlaurentplushill.com _______Téléphone: 613 789-7145 Courriel: info@gstl.info 1460, rue Sherbrooke Ouest, suite B Montréal, T 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com «101 KM DESOIE» LOUIS HAINS TISSERAND JUSQU’AU 29 DÉCEMBRE 2007 Vernissage : samedi 17 novembre 2007 à 14h Mardi au samedi : lOh à 18h Samedi : 10hà 17h GAO GALERIE D’ART D’OUTREMONT APPEL AUX ARTISTES PROFESSIONNELS PROGRAMMATION 2008-2009 DOSSIER COMPLET VISUEL EN JPEG 300 DPI.1 5 PHOTOS MAXIMUM DATE LIMITE : 31 JANVIER 2008 Renseignements : 514 495-7419 s v* (sUTieiT MAOSH GAATêiT fmer t> nuit !«Mr«»T fièfiPip, {r**r Pttsrin G-AArt*«r w'AÊHW.r i $rjuri*'r rf*T*',T gÊM#/ ._____u MLAtéi* CET AUTOMNE, TOUT EST GRATUIT AU MUSÉE .* TOUTES LES EXPOSITIONS TOUTES LES ŒUVRES DE LA COLLECTION LES EXPOSITIONS GRATUITES POUR TOUS / Un design américain Le Streamline de 1930 à nos jours / Les Sulpiciens de Montréal 350 ans d’héritage artistique / e-art Nouvelles technologies et art contemporain Dix ans d’action de la fondation Daniel Langlois MAINTENANT OUVERT jusqu’à 21 h, du mercredi au vendredi 1 ., r vVAMcl D-**r*" f - er ^ ^ r fWrf&aAru.-T crw tfrAl 6rA*r“' .aSU'W r.ft at,» >r Mrver tri**Ta,r I BtfUMMi www.mbam.qc.ca/gratuit Renseignements: 1er 514-285-2000 ou 1 soo 899-muse a h*! 1/ Ml'SlîE DES HEALX-AHTS DK MONTRÉAL f LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 N O V E M B R E 2 O O 7 E 9 .^-1 i i» SOURCE RIDM SOURCE' RIDM SOURCE RIOM Rencontres internationales du documentaire de Montréal La Nouvelle-Orléans, ou un dieu plus grand que l’archevêque PAUL CAUCHON Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) proposent ce soir et demain, comme film de clôture, un remarquable documentaire politico-spirituel sur l’après-AatriKa à La N ouvelle-Orléans.L’église Sainte-Augustine est une véritable institution dans cette ville.Construite en 1841, elle fut la première à accueillir les esclaves, les Noirs libres et les Blancs pour prier ensemble.Sur son terrain, on trouve des tombes d’anciens esclaves et un monument à l’«escla-ve inconnu».Pour plusieurs, elle est le berceau mythique du gospel, du blues et du jazz, puisque les habitants de la ville s’y rencontraient pour ensuite aller chanter, danser et jouer de la musique au Congo Square, creuset de la grande musique américaine.Il s’agit donc d’un Heu sacré à phis d’un titre.Lorsque l’ouragan Katrina a dévasté La NouveDeOriéans, l’église a accueilli la population, et son curé, Jérôme LeDoux, était partout pour réconforter les paroissiens traumatisés (l’égüse elle-même n’a pas été détruite par Katrina).Ce film de Peter Entell.produit pour la télévision suisse-romande et pour Arte, se situe six mois après Katrina.Alors que la population vient à peine d’enterrer ses morts, l’archevêché de La Nouvelle-Orléans propose de fusionner la paroisse Sainte-Augustine avec une paroisse voisine, parce que la population de paroissiens a trop diminué et qu’elle ne peut payer sa part de dépenses.Le père LeDoux, 76 ans, de race noire, doit partir.Il est pourtant profondément admiré par ses ouailles.C’est un véritable guide spirituel, qui n’hésite pas à danser dans sa propre église au son du gospel, en chantant Shake the Devil Off («Chassez le démon!»).Comme le dit un paroissien en pleurant, «c'est vous qui nous gardez sur le droit chemin».Après avoir suivi toutes les procédures d’appel pour contester la décision de l’archevêché, le couperet tombe: la décision sera finale et un nouveau prêtre, un Blanc, viendra une fois par semaine dire la messe dans cette église, qui perd son statut de paroisse.C’est là que le film s’envole.Car après une longue mise en situation, l’annonce de la fermeture précipite les événements.Toutes les rancœurs accumulées depuis la tragédie de Katrina ressortent.Ces paroissiens, des gens simples, pieux et non violents, s’enragent.L’attitude du nouveau prêtre blanc s’apparente à celle des anciens maîtres blancs, disent-ils.L’arche vêché n’est même pas venu nous voir lorsque nous souffrions pendant l’ouragan, disent-ils.Le gouvernement a clairement montré qu’il ne se souciait pas des pauvres Noirs après le passage de Katrina.Dans un discours enflammé, l’un des paroissiens en appelle à la résistance en déclarant que, si nous avons réussi à survivre au KKK et à Katrina, nous réussirons encore.Les paroissiens décident donc de manifester pendant la messe du nouveau curé, pour «chasser le démon», et plusieurs se barricadent dans le presbytère avec de la nour- riture pour tr ois mois.Les médias commencent évidemment à affluer, Jesse Jackson leur rend visite, tout comme les frères Marsalis.Une histoire troublante et émouvante, qui révèle toutes les lignes de fracture de la société américaine, et particulièrement de cette ville blessée.Et l’histoire est racontée sur la musique des nombreux musiciens qui se produisent dans cette égüse.¦ Shake the Devil Off, ce soir à 19h à la Maison Théâtre, demain à 19h à la Grande BMothèque.?Parmi les films à signaler poulie dernier week-end des RIDM: n Le Monde selon Lula, le film de German Gutierrez, qui a suivi le président brésilien Lila pendant sa campagne électorale, aujourd’hui à 18h à l’ONE ¦ All in lliis Tea, une exploration des régions reculées de la Chine avec- un importateur de thé californien, un tibn de Les Blank et Gina Leibrecht, aujourd’hui à 15h au Cœur des sciences de l’UQAM, demain à 20h à la Cinémathèque québécoise.¦ Street Thief des frères Bader, sur un cambrioleur qu’on suit dims les rues de Chicago, un tibn où l’on se demande quelle est la part de fiction et de vérité, ce soir à 20h30 à la Grande Bibliothèque.lœ RIDM présente également demain les diftérents fibns primés lors de la présente édition, dont le Prix du public à 16hl5 à la Cinémathèque québécoise.Le Devoir Parallèles entre l’Irak et le Vietnam WAR MADE EASY Ecrit et réalisé par Lorretta Alper et Jeremy Earp Mundo Vision États-Unis, 2007,73 minutes CLAUDE LÉVESQUE La thèse est facile à résumer: depuis la guerre du Vietnam, le gouvernement américain a eu systématiquement recours à la propagande, et la plupart des médias se sont volontiers fait l’écho d’arguments fallacieux ou tronqués.Le film est basé sur un livre du même titre écrit par Norman Solomon, un analyste des médias.Même si l’acteur Sean Penn est le narrateur de War Made Easy, ce sont ses commentaires qui servent de trame au documentaire.«Les Américains aiment à croire qu 'ils ne sont soumis à aucune propagande de la part de leur gouvernement», dit-il, avant de montrer que la réaHté est tout autre.Certains slogans jadis employés par Lyndon B.Johnson et Richard Nixon ont été repris verbatim par George W.Bush et ses adjoints: «il faut maintenir le cap», «les Etats-Unis veulent la paix et n’utilisent la force qu’en dernier recours», etc.D’autres ont été inventés.Alors que la menace du communisme était invoquée pour justifier la guerre au Vietnam, on a forgé des concepts plus vagues, comme «Taxe du mal», «les serviteurs du mal», pour vendre l’actuelle «guerre contre le terrorisme» menée contre un ennemi plus difficile à identifier.Une partie du documentaire rappelle les mensonges du gouvernement Bush au sujet des armes de destruction massive (ADM) et des liens présumés entre l’Irak de Saddam Hussein et al-Qaïda.On n’apprend évidemment rien de neuf à ce sujet.Le mérite du film est ailleurs: dans sa façon de mettre en parallèle les stratégies de propagande utilisées pour justifier les deux guerres, basées sur les ADM et al-Qaïda en 2003 et sur la fausse at- taque contre un destroyer américain dans le golfe du Tonkin en 1964.Les similitudes dans les discours sont souvent extraordinaires.Dans les deux cas, les grands médias américains, même ceux qui se considèrent comme libéraux, sont accusés dans War Mqde Easy de n’avoir pas posé assez de questions.A quelques exceptions près, dont l’animateur Phil Donahue, qui a rapidement vu son émission retirée des ondes par MSNBC.Si les principaux médias remettent rarement en question les affirmations des responsables politiques, c’est en partie parce qu’ils dépendent des sources au sein de cet appareil pour produire de la «nouvelle».«Personne n’a forcé CNN à interviewer autant de généraux à la retraite avant le déclenchement de la guerre en Irak», observe Solomon.Pourtant, ce réseau d’information continue l’a fait abondamment et s’en est souvent vanté, comme les autres.Les «vraies raisons» derrière les conflits ne sont souvent connues que beaucoup plus tard, quand certains documents sont «déclassifiés».la vérité sur l’Irak sort plus tôt que ce ne fut le cas pour le Vietnam, ce qui explique probablement que plusieurs médias ont déjà fait leur mea-culpa, ce qui ne s’était pas vu dans le cas précédent On peut ajouter que l’Irak a rapidement b i spire une petite avalanche de films (des documentaires comme celui-ci, mais aussi des fictions), alors que le Vietnam est longtemps resté un sujet tabou.Le «syndrome du Vietnam» désigne cette gêne collective à la suite de ce conflit.On l’a souvent attribué à la couverture négative faite par certains reporters.Les auteurs de War Made Easy contestent cette thèse.Quoi qu’il en soit, depuis la guerre du Golfe de 1990, le Pentagone s’est efforcé de mieux contrôler l’information en intégrant dans les unités de combat un plus grand nombre de reporters qui, selon Solomon, tendent à perdre leur sens critique.Le Devoir EXPOSmON DU 21 NOT 07 AU 26 JAN OR 372 Sainte-Catherine Ouest suite 530, Montréal 514-931-7502 galerienstdenis@gmaii.com NORMAND ST-DENIS WWW.GALERIESIMONBLAIS.COM A S MAT La mémoire de l'ancêtre : Sculptures du sud-ouest de la Nouvelle-Guinée du 14 novembre au 22 décembre 2007 JACQUES HURTUBISE MÉMOIRES CARTOGRAPHIQUES Michel Bourguignon «Mouvement relatif», Mixtes médias Dernière journée GALERIE BERNARD 3986 rue Satot-Denis, Montréal (Québec) H2W 8M2, Tél: (814) 877-0770 mercredi lih-17h Jeudi-vendredi llh-I9b samedi 18h-17h www.galerleberoard.ca FRANÇOISE TOUNISSOUX LA GRENADE : INDICES ou LE CORPS ABSENT Jusqu’au 22 décembre Galerie d’art L’Umon-Vie du Centre culturel de Drummondville 175 rue Ringuet Drummondville Du lundi au samedi de 13h à 16h30 — 819 477-5518 VERNISSAGE YVES POULIN 18 novembre - 20 décembre GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gr»tut* dans La Davolr do sarrtadt LE DEVOIR =: MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec ss À ta mémoire d’Henri Barras, directeur des expositions (1965-1971) et directeur du Musée {1971-1972) JêW% Photo : Olivier Hanigan Galerie d'art Gala 5157, bout Saint-Laurent tel.: 514.279.4247 www.gala.netc.net wmweaw jusqu'au 29 novembre i« freçois-HotiJe 2007 Ce prix vise à reconnaître et à promouvoir la nouvelle création montréalaise en métiers d'art et à favoriser la diffusion d'œuvres de jeunes artisans créateurs.vruz Iff.MONTHÉAI .(MAI) Félicitations aux FINALISTES Thierry André • Maria Florencia Caligiuri • Laurie Dansereau • Pascale Faubert • Frédéric Guibrunet • Geneviève Juillet • Catherine Labonté • Nicola Mainville • Julien Mongeau • Joëlle St-Laurent • Vanessa Yanow Visitez l’exposition des finalistes du Prix François-Houdé au Salon des métiers d’art du Québec, qui aura lieu à la Place Bonaventure du 7 au 22 décembre.Pour connaître le lauréat de 2007, vous êtes invité à assister à la cérémonie de remise des Prix d’excellence de la Ville de Montréal en métiers d'art et en arts visuels, qui se tiendra le jeudi 22 novembre 2007, à 11 h, à l'hôtel de ville.ville.montreal.qc.ca/culture www.salondesmetiersdart.com Montréal© r K 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007 i\ LT Un revenant à la Cinémathèque OLIVIER BARROT Olivier Barrot, rédacteur en chef de la revue Senso, que les téléspectateurs de la chaîne TV5 connaissent bien pour son émission Un livre un jour, présente le mardi 20 novembre, à 18h30, à la Cinémathèque québécoise, un cycle de six présentations de films choisis parmi les grands classiques du cinéma français.Nous publions ici sa présentation d\Jn revenant (1946).C) est le type même du très bon film méconnu.Christian-Jaque est plus souvent ignoré de la critique, au motif injuste qu’il ne serait pas un «auteur».Or, c’est un remarquable technicien, souvent couronné par le succès public et quelquefois habité par un univers authentique et personnel.N’oublions pas que c’est à lui que l’on doit, entre autres, Les Disparus de Saint-Agil, Boule de suif, ou encorp le très curieux Voyage sans espoir.Écrit par Henri Jeanson au mieux de sqn talent, Un revenant fut tourné à Lyon en 1946, au cœur des traboules, ces passages dissimulés entre les immeubles, et des brumes hivernales.Un chorégraphe devenu célèbre, Louis Jouvet, revient dans sa ville quittée vingt ans plus tôt à la suite d’une tragique rupture amoureuse.11 va se venger des membres de sa famille qui l’ont autrefois trahi.Assez sinistre histoire fondée sur un fait divers réel, Un revenant trace un portrait réaliste et peu reluisant de la bourgeoisie locale, et en particulier des «soyeux» de la capitale des Gaules, enfermée dans ses rancœurs et ses mesquineries.C’est presque de l’humour noir que nous offrent id Christian-Jaque et Jeanson, digne du meilleur Anouilh Ou Marcel Aymé.SurtouL Un revenant se voit servi par des interprètes probablement à leur apogée.Comme toujours en de tels cas, ce sentiment de perfection provient de ce que les acteurs de films sont tous issus du théâtre, et qu’ils ont fréquemment parcouru ensemble les mêmes planches.A les voir, à les entendre, on éprouve l’impression de fréquenter une troupe, aussi douée pour le boulevard que pour les classiques.Au reste, c’est Arthur Honegger, membre du Groupe des Sx assemblé par Cocteau et grand compositeur reconnu, qui signe la partition et que l’on voit diriger l’orchestre.Jouvet excelle à manier une ironie cruelle, promenant sa longue silhouette de la colline de Fourvière à la place Bellecour, filmées comme avec tendresse par des cinéastes pourtant tout ce qull y a de plus parisiens.Marguerite Moreno, en vieille tante à héritage, se fait sur le tard sa complice mordante: il est dans ce film une scène positivement inoubliable que partagent une Moreno grandiose et un Jouvet admiratif et pour une fois muet Ne manquez pas d’observer la façon dont celui-ci regarde sa partenaire, qu’il venait d’imposer peu avant comme créatrice de la Folle de Chaillot de Giraudoux.Beaux-frères rivaux en affaires et en bassesses, Louis Seigner et Jean Brochard vous dégoûteront à coup sûr de tout embourgeoisement.Henri Jeanson les a dotés de patronymes insidieux, qui conviennent exactement à la noirceur de leurs menées: Edmond Gonin et Jérôme Nisard.Quant à Gaby Morlay, crispante à souhait, elle rappelle que les victimes peuvent parfois ne s’en prendre qu’à elles-mêmes.Heureusement, un François Perier juvénile, une Ludmilla Tcherina rayonnante rééquilibrent une œuvre caustique, pessimiste, tout embuée des incertitudes de l’aprèsguerre.On espérait une autre vie, on retombe dans les conventions d’autrefois.Vous conserverez longtemps en mémoire la scène cruciale et cruelle à la gare de Perrache, où Jouvet quitte Gaby Morlay sur ces mots: «Mieux vaut se souvenir sur du Mozart que sur du Meyerbeer».Collaboration spéciale La tournée des gitans GYPSY CARAVAN Réalisation et scénario: Jasmine DeM Image: Albert Maysles, Alain De Halleux.Montage: Mary Myers, Jasmine Déliai, Roko Belie, Angelo Corrao.États-Unis-Royaume-Uni-Pays-Bas, 2006,110 min.(v.o.avec sous-titres anglais).ANDRÉ LAVOIE Ils viennent de Macédoine, de l’Inde, de Roumanie et d’Espagne, ne parlent pas tous la même langue mais possèdent deux choses qui les ont unis pendant un bon moment leur amour de la musique et leurs origines tsiganes.Sous le nom de Gypsy Caravan, cinq groupes de musiciens ont sillonné les routes de l’Amérique du Nord à l’automne 2001, une tournée captée par la cinéaste britannique Jasmine Déliai.Bien plus qu’un film-concert pour immortaliser six semaines de triomphe sur les scènes de New York, Toronto et Los Angeles, le documentaire Gypsy Ca- ravan témoigne surtout de l’âme vibrante d’un peuple de nomades souvent opprimés là où ils passent, portant dans leur voix, et leur musique, une fierté jamais altérée par la misère ou la guerre.C’est d’ailleurs ce que chante Esma Redzepova, une Macédonienne sacrée «reine des Gypsies», une star en son pays et la mère de.47 enfants; elle et son mari ont adopté des orphelins de la guerre en ex-Yougoslavie, dont certains l’accompagnent sur scène.Cette femme aux formes généreuses et au timbre de voix frémissant brille de mille éclats, mais ses camarades savent aussi se tailler une place dans ce spectacle éclectique.Le flamenco enflammé de l’Espagnol Antonio El Pipa se mélange aux cuivres de la fanfare roumaine Ciocarlia ou aux violons du groupe Taraf de Haidouks.Et au chapitre de la volupté, Esma doit parfois céder sa place à Harish, un danseur qui, dans ses robes de princesse dignes des Mille et une nuits (!), constitue la partie flamboyante de son groupe, Maharaja, réunion d’hindous et de musulmans originaires de différentes régions dellnde.Ce type de cinéma-spectacle impose bien sûr ses figures obligées, comme ces instants de tension ou de folie à bord de l’autobus de tournée ou dans des hôtels sans âme.La cinéaste observe surtout la complicité qui s’établit peu à peu entre les représentants de cette mythique diaspora, capables de mélanger leurs styles et leurs influences pour des numéros, sur scène ou en coulisses, souvent fort amusants.Le tableau d’ensemble ne serait sûrement pas aussi émouvant si Jasmine Déliai n’avait pas pris la peine de nous faire découvrir les lieux où habitent ces musiciens talentueux.La relative pauvreté dans laquelle ils vivent témoigne de l’ostracisme qu’ils subissent toujours, même si le confort d’Esma Redzepova — qu’elle a la noblesse de partager — doit faire l’envie de ses compatriotes.D’autres, dans leur modeste appartement ou à la campagne parmi leurs animaux, affichent une simplicité que la tour- née va quelque peu modifier.Grâce à ses cachets, le groupe Taraf de Haidouks réussit à soutenir tout le petit village (sans électricité), dans une Roumanie post-communiste encore pauvre.Ces éléments culturels et biographiques en apparence disparates forment une splendide mosaïque et constitue surtout un formidable plaidoyer en faveur d’un peuple que l’histoire et quelques tyrans n’ont pas ménagé.On aurait parfois aimé que les bornes du voyage soient mieux identifiées (il faut deviner les villes qu’ils traversent et certains extraits de concerts proviennent d’une tournée précédente, effectuée en 1999, sans que la chose soit soulignée), mais le véritable fil conducteur de cette aventure, où les accommodements raisonnables sont leur pain quotidien, est d’abord et avant tout fait de musique.Celle qui adoucit les mœurs et ouvre les horizons, jamais étroits pour le peuple tsigane.Collaborateur du Devoir ANIMATION Repousser encore plus loin la frontière technologique BEOWULF (La Légende de Beowulf) De Robert Zemeckis.Avec Ray Winstone, Anthony Hopkins, Robin Wright Penn, John Malko-vich, Brendan Gleeson, Crispin Glover.Scénario: Neil Caiman, Roger Avery, d’après le poème épique.Image: Robert Presley.Montage: Jeremiah O’Dri^toll.Musique: Alan Silves-tri.États-Unis, 2007,114 min.ft LE MEILLEUR FILM QUEBECOIS DE L’ANNEE! MARC CASSIVI, RADIO-CANADA • MARTIN BILODEAU, LE DEVOIR • NORMAND PROVENCHER, LE SOLEIL irkirkif ?• BRIN DAN KBLLV, THS OAZSTTS MANON DUMAIS.VON?NORMAND PROVENCHER, LS SOLEIL MELOHA KEOPKE, HOUR m «'.DU GRAND CINÉMA.» LM SANS FUSIL MANON DUMAIS, VOW UNE PRODUCTION MICRO.SCOPE SCENARIO ET RÉALISATION STÉPHANE LAAEUR «C'EST EXTRAORDINAIRE! C'EST INFINIMENT INTELLIGENT!» ¦ LOUISE FORESTIER, RAOfO-CANAOA.Jt L'AI WA LA RADIO « .UN VRAI CINÉASTE EST NÉ.» MAHC-MAWC LUSSWR, LA PMSSC «UN FILM BRILLANT [ REMARQUABLE I » MARC CASSIVI.MOO-CANAM.CHWSnAMF CHAffiTTÏ « .ÉMOUVANT, DRÔLE ET UN TANTINET ABSURDE [.] RAVIT LE COEUR ET L’ESPRIT.» NORMAND PROVENCHER, LE SOLEIL CINÉMA ùéduktm I—ME OA PIDT OUZIO —i EX-CENTRIS j | PONT-V1AU 16 11 BOUCHERVILLE rc*epm oivwusswifHT -i r ignuKarrÉ Montréal j [ âÀ L’AFFICHE [ÔatYneÂGIrsHERBROokÊ" Ile forum 22I WWW.CHRtSTAlFILMS.COM 4 PALME D’OR Meilleuh Film Festival de Cannes 2007 NOMINATIONS AUX EUROPEAN HLM AWARDS MEILLEUR FILM MEILLEUR SCÉNARIO MEILLEURE ACTRICE MEILLEUR RÉALISATEUR ?LA PRESSE • RADIO-CANADA • LE SOLEIL JOURNAL DE MONTRÉAL • VOIR • ICI «Un grand film!» Marc-André Lussier, La Presse «Remarquable! Une Palme d’or hautement méritée.Une magistrale leçon de cinéma.» Odile Tremblay, Le Devoir «La force du cinéma à l'état pur.Un grand film!» Catherine Perrin, Radio-Canada Film de dAture du Festival du Nouveau Cinéma 2007 4 mois 3 semaines 2jours un film de Cristian Mungiu métroRQje À L’AFFICHE | EX-CENTRIS 1I3I |-MW30HDUqNCMA—I r-' ¦CINÉMA" -1 1^1 [sherbrooke!! le clap 1 VERSION ORIGINALE AVEC fl SOUS.rrTRES ANGLAIS t CINÉMA DU PARC S8T8 Ou Parc 514-201-1900 DERRIERE LA FACADE .Olivier Barrot vous invite à la Cinémathèque québécoise Le mardi 20 novembre : \Jn revenant, Christian-Jacque, 1946 La projection du film sera précédée d'une presentation d’Olivier Barrot et sera suivie d'une discussion avec le public.Début de la présentation : 18 h 30.ENTREE LIBRE Cinémathèque Québécoise 335, bout de Maisonneuve Est, Montréal, Metro Berri-UQAM T.514.842.9763 K idlMimMi ~;:r* «La GALLIMARD |.t PtMNH MARTIN BILODEAU Il était une fois ta rencontre entre une histoire millénaire (Beowulf) et une technologie révolutionnaire (l’animation en motion capture).La première, d’abord surprise d’avoir à subir la transformation de son habillage, ne s’en formalisa point quand l’action prit le dessus.La seconde, un peu contrainte par le lyrisme ancien du conte épique, lui découvrit une musculature dramatique insoupçonnée.Ils vécurent heureux et feront beaucoup de petits.Êt pour cause.L’avenir du cinéma d’animation américain, en pleine mutation, passe par la motion capture, c’est-à-dire l’animation numérisée à partir des mouvements, gestes et expressions faciales d’acteurs couverts d’électrons reliés à un ordinateur.Dans le genre, Polar Express avait marqué un sommet.Beowulf, réalisé par le même Robert Zemeckis (à qui on doit également le désormais poussiéreux Who Framed Roger Rabbit), pousse encore plus loin la frontière technologique.Le résultat est sidérant, même si le scénario de Roger Avery et Neil Gaîman n’est pas toujours à la hauteur et engraisse par des séquences d’action étirées sinon futiles un récit mince, qui eût pu nous être restitué en deux fois moins de temps.Reppelons les faits: au VL siècle de notre ère, Grendel, une créature meurtrière, fait régner la terreur dans le royaume du roi Hrothgar, comme en témoigne le sanglant massacre de sa cour, en couverture du film.Débarque Beowulf, un viking invincible, aux exploits mythiques — quoique embellis —, qui promet au souverain de le débarrasser de Grendel.Tâche dont il s’acquitte au terme d’une séquence d’action spectaculaire et quasi érotique fie guerrier combat en tenue d’Adam, la bête privilégiant les sports de contact), qui lui vaut le trône du roi, la reine qui vient avec et l’admiration de ses sujets.Mais la quiétude de son royaume passe par un pacte fait avec la mère du défunt Grendel, séduisante succube en quête d'un géniteur pour son nouveau descendant.Et l’histoire de se répéter, ce qui en substance constitue le message universel de ce divertissement haut de gamme, où la technique moderne met en valeur l’histoire ancienne, et vice versa, et où les acteurs mettent en chair des créatures virtuelles, et vice versa.La ressemblance des personnages avec les acteurs qui leur ont prêté leurs traits est stupéfiante.Anthony Hopkins, en roi Hrothgar, est plus vrai que vrai.Moulée à la façon d’une prêtresse sadomaso, Angehna Jolie, en mère de Grendel, n’a rien perdu de son charme, encore moins de ses formes.Mais c’est Ray Winstone qui, derrière le rôle-titre, épate le plus: l’autorité souveraine, la puissance virile du suprahumain, la faiblesse de l’homme qu’il est tout au fond, tout passe par sa voix puissante.C’est elle qui nous guide à travers ce formidable labyrinthe d’émotions, à vivre en 2D ou en 3D.Collaborateur du Devoir K-FILMS AMÉRIQUE Présente Grand Prix Hydro-Québec Prix du public 2007, Rouyn-Noranda «Magnifique Jordis Triebel Martin Bilodeau LE DEVOIR m Jôrdis Triebel Jürgen Vogel Emmas Gluck g* qerman 9 ••films 13 ARCHAMBAULT"» PALMARÈS DVD FértvrM- Un film de Sven Taddicken PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE :PKBfliw asssa- wUHlt*.FsherbrookêIIcarheT-quEbec| K-flUttS «MEMO» i CAMÉRA D'OR £• CANNES 2006 ?THE NEW YORKER ?NEW YORK POST « Fracassant premier film (.) un magnifique OVNI.» libération « Je ne vois guère que la grande comédie italienne pour avoir commis quelque chose d’équivalent » positif PRECEDE OU COURT METRAGE DE DIANE 080M8AWIN U* PROOUCTK» OC LOmCC «1AT10RAL DU F1UI OU CANADA ISCl ici 12o8 À L'eSt DE BUCAREST version origloote roumaine avec sous-titres français UN FILM DE CORNEUU P0RUMB01U AVK WBCEA yfCWSCU' TK) CORSAH SW SAPOAiW ECWT R WEAÜSÉ fM CORNELL KWUMBOWR.UÜC PTOPUCTOW OC
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