Le devoir, 12 mai 2007, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 CIRQUE La petite histoire d’une grande école Page E 4 /A CINEMA Un thriller lourd et sourd Page E " « D CULTURE I V WSÎ'V-'Ù' V ." ' - Ijftj ;-v 4 AV-: -V.1 Les mauvaises langues disent de Norah Jones, la chanteuse à la voix de miel, aux mélodies coulantes et aux 30 millions d’albums vendus, qu’elle endort ses auditoires.Et si c’était seulement l’effet d’un bien-être bigrement nécessaire?Alors qu’elle s’amène au Saint-Denis, nuançons.SYLVAIN CORMIER S norah Jones.Vilain surnom.C’est un critique du Miami Herald qui a trouvé ça pour résumer l’impression que lui laissait l’écoute de Not Too Late, le troisième album de Norah Jones: «Norah, snorah — boring and sleep-inducing», titrait Howard Cohen en février dernier.Entendez: Norah l’endormante, la chanteuse au timbre si suave qu’il en est soporifique, aux airs si languissants qu’ils induisent le ronflement («snoring») chez les multitudes qui achètent ses disques, celui-là comme les précédents, Come Away With Me et Feels Like Home.Le journaliste en rajoutait, raillant les velléités d’engagement politique de la chanteuse dans sa chanson My Dear Country, où elle pointe Bush Jr.de son index joli: «Peut-être la p’tite chérie des Starbucks croit-elle qu’elle lassera Bush au point de le faire démissionner, avec ses tounettes à saveur de moka léger.» Ouille.Le sobriquet assassin a été repris un peu partout et il s’est forcément trouvé un autre journaliste — Josh Eells, sur le site Blender - The Ultimate Guide To Music And More — pour sonder l’intéressée, des fois qu’il y aurait blessure.En vain.Norah Jones chante peut-être doucement très doucement, voire trop doucement pour certains, mais elle a la couenne dure.«Au début, ça m’a dérangée, mais finalement, c’est assez drôle.Maintenant, ma mère m’appelle Snorah tout le temps.La vérité est que le gars a un peu raison: en m’écoutant, je crois que les gens se détendent, et quand ils sont détendus, c’est vrai que ça induit bien le sommeil.Je reçois ça comme une sorte de compliment.» Lassante, elle aime moins.«Qu’on dise que ma musique est trop lente est une question de perception.Mais “boring"?C'est simplement méchant.» Trop lent du Norah Jones, disent-ils.Trop doux tout le temps.Trop systématiquement agréable, caressant bienfaisant Drôles de défauts qui ressemblent à s’y méprendre à des qualités.Question de point de vue.Norah Jones est une sorte de chanteuse idéale pour ceux qui aiment la musique mais ne suivent pas l’actualité musicale de trop près, pour les éternels fans de Tom Waits ou de Lyle Lovett, ceux qui ne détestent pas s'offrir un peu de Billie Holiday en fin de soirée avec une coupe de vin, ceux qui aiment Willie Nelson, surtout quand il chante Always On My Mind, et qui préfèrent I Will Always Love You par Dolly Parton plutôt que par Whitney Houston.«Elle incarne une douceur au confluent de plusieurs traditions “radiofriendly”, comme disent les Anglo-Saxons», décrit fort justement Bertrand Di- KIMBERI.Y WHITE cale, critique musical attitré du Figaro: «Le jazz de club, le country classique, la pop intime, le folk grand public.» Norah Jones rejoint les intérêts des amateurs de musique pas trop spécialisés mais de bon goût le type même du festivalier moyen au F1JM, par exemple.De fait c’est au Festival de jazz que Norah Jones a chanté lors de tous ses passages à Montréal, sauf le dernier, au Centre Bell le 28 août 2004.Tous spectacles assez tièdement reçus.Celle qui a enregistré son dernier album dans son appartement new-yorkais, en pyjama, se faisant couler parfois un bain entre deux prises, n’a pas exactement la réputation de soulever les foules par ses sparages vocaux et ses coups de poing sur la poitrine.Celine Dion, she’s not.Elle en fait peu, le moins possible en fait préférant chuchoter que s’époumoner, quitte à ne pas enthousiasmer.Dans les entrevues récentes, elle souhaite même que le succès s’amenuise un peu, histoire de vivre une vie d’artiste vi-vable.«Je veux mener une carrière longue et normale, confiait-elle à Bertrand Dicale./e ne veux pas être Madonna.Je veux pouvoir marcher dans la rue.» Portrait new-yorkais Elle y parvient à tout le moins dans les rues de son New York chéri.Précision: l’Indo-Américaine Geetali Norah Jones-Shankar, fille d’organisatrice de spectacles et du célé-brissime Ravi, est née en mars 1979 à Manhattan, a grandi VOIR PAGE E 2: JONES MUSÉE L’encyclopédie du dragon Asiatique, européen ou américain, le dragon est servi à toutes les sauces au Musée de la civilisation.Le visiteur y découvre les différentes formes et manifestations de l’animal cracheur de feu dans une exposition aux proportions encyclopédiques.PATRICK CAUX Québec — Le musée propose depuis mercredi Dragons, entre science et fiction, une exposition entièrement consacrée à b créature légendaire par excellence.Après Au Pérou avec Tintin (qu’on pourra voir jusqu’au 6 janvier 2008), l’institution de la rue Dalhousie montre de nouveau son penchant à faire de l’imaginaire une trame au service de la muséologie.«On se sert du dragon pour parler de traits des civilisations», explique la directrice générale du musée, Claire Simard.«On associe souvent le dragon à l’univers fantastique d’aujourd'hui, mais on voit que ses racines sont très profondes.En Chine, sa première apparition daterait de plus de 6000 ans.B est aussi intéressant de constater qu’on retrouve des dragons dans pratiquement toutes les parties du monde.Grâce à cette exposition, on peut découvrir comment différentes cultures les ont interprétés et comment elles les ont incarnés dans leur imaginaire symbolique.» Le projet est né au Muséum national d’histoire naturelle de France.Depuis quelques années, le Musée de la civilisation entretient d’exceDents liens avec l’institution française — l’exposition Pour que nature vive, mettant en vedette les collections du Muséum, vient tout juste de se terminer et les deux musées préparent déjà pour 2008 une grande exposition intitulée L’Or des Amériques.Cette bonne entente ne date pas d’hier.«On a été fascinés d’apprendre que, dès le XDC siècle, les professeurs du Séminaire de Québec [NDLR: dont le Musée de la civilisation s’occupe maintenant des collections] entretenaient une correspondance soutenue avec les scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle.Ils allaient même jusqu'à échanger certains spécimens», évoque Claire Simard.C’est fort de cette longue tradition d’échanges que Dragons, entre science et fiction a traversé l’Atlantique.Fidèle à ses habitudes, l’équipe de réalisation du musée de Québec a conservé le canevas de base de l’exposition, tout en se permettant d’importantes modifications.«Pour nous, précise la directrice, il était primordial de l’adapter à la réalité américaine, notamment en faisant une place aux représentations du dragon chez les autochtones d’Amérique du Nord.» Science, mythes et trésors Dès l’entrée, on a le sentiment de pénétrer dans l’antre inquiétant du héros du jour.La proposition scénographique — où dominent la noirceur, la fumée et les VOIR PAGE E 3: DRAGON ANALE KTA Quebec î;:; analekta.com RHAPSODIES.re-renccHAtoÀ .idealpour la FETE DES MÈRES • ALAIN LEFÈVRE ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL 1 MATHIEU/ RACHMANINOV/GERSHWIN .£ u T I K 1) E VOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 E 2 CULTURE Le sculpteur des défunts SOURCE GUNTHER VON HAGENS INSTITUTE FOR l’LASTINATION HEIDELBERG L’exposition Le Monde du corps 2 est présentée au Centre des sciences de Montréal.Odile Tremblay Saisissante! Instructive! Indispensable même! Oubliez vos préjugés, remisez vos peurs.Il faut bondir voir cette expo de statues organiques au Centre des sciences de Montréal, dans le Vieux-Port vrai must de l’été.Des êtres humains, oui, non, peut-être.Ni le joueur de football, ni la yogi, ni le skieur, ni l’ange, ni le penseur, captés en plein vol comme en un temps suspendu, ne bougent.Immobile, aussi, cette jeune femme au ventre ouvert sur un fœtus bien formé, déjà humain.On examine sans frémir mère et enfant à naître, pétrifiés ensemble devant nos yeux écarquillés.L’anatomiste allemand Gunther von Hagens, inventeur de la plastination, a injecté des matières plastiques dans les artères de cadavres «consentants» pour conserver la souplesse des corps.Il leur fait prendre la pose, les transforme en d’insolites objets d’art, qui font sensation ou scandale.C’est selon.Le Monde du corps 2 eût-il exhibé les mêmes formes humaines reproduites en verre, en plastique ou en d’autres matériaux moins controversés que des organes embaumés, seuls de rares visiteurs s’y seraient alors intéressés.Ni la télé, ni les journaux n'auraient claironné son avènement Irrésistible parfum de scandale.L’expo a attiré 20 millions de personnes à travers 35 villes du monde, poussées d’abord par une forme de voyeurisme (de vrais corps humains, pensez donc!), vite séduites par l’immense intérêt pédagogique du parcours.Poumons avec ou sans nicotine.La voici, la différence, couleur comprise! Et pourquoi se voiler la face?Le connaît-on si bien, l’intérieur de notre corps?Tant de mystères internes appellent la lumière.— Dégueu ou pas dégueu?Une jeune animatrice télé posait la question à sa reporter.— Pas dégueu.Un verdict partagé par l’ensemble des visiteurs ce jour-là.Faut dire que Gunther von Hagens retire aux corps leur peau, en général.D’où cette impression d’irréalité.La distanciation est telle qu’on oublie le passé vibrant de ces statues.J’avais éprouvé un malaise beaucoup plus grand de- vant les momies pharaoniques du Caire, ou devant les corps exposés dans un musée de la ville de Guanajuato au Mexique, momifiés par des propriétés du sol A cause de cette enveloppe de peau préservée, qui nous renvoie à l’humanité telle qu’on l’a toujours perçue.En écorché, les organes des corps deviennent une éblouissante mécanique.La mort rôde,sur l’expo, maiis à la façon des «vanités» de la Belle Époque, ces crânes ornés rappelant nos fins dernières, qui jouaient d’esthétisme en attendant Ou comme la célèbre Catrina des Mexicains, symbole de la mort joyeuse, dont l’élégant squelette coiffé d’un grand chapeau n’effraie personne.L’anatomiste le jure bien haut «Tous les corps exposés sont des legs volontaires.Il n'y a aucun prisonnier de guerre.Promis!» D’ailleurs, des formulaires invitent les visiteurs à offrir leur corps à la plastination.Et je soupçonne les volontaires, par-delà les raisons scientifiques évoquées, de chercher une forme de survie en abandonnant leur carcasse aux mains du marionnettiste des défunts.Gunther von Hagens ne se définit pas comme un véritable artiste, plutôt comme un scientifique, vaguement poète tout de même.Seul un sculpteur dans l’âme pouvait offrir à ces corps sans vie des postures d’athlètes.Mais c’est surtout dans la lignée des dessins anatomiques de la Renaissance, ceux de Leonard de Vinci, entre autres, que cette expo s’inscrit Les «écorchés» du maître italien sont d’ailleurs exposés sur les cimaises devant les corps.Tout au long du parcours, des visiteurs soupiraient mercredi: «On est peu de chose, allez.» Mais on est beaucoup, au contraire.Tous ces muscles, ces tendons, ces os, ces organes si parfaitement adaptés, qui détiennent les clés du mouvement et de la pensée, cachés pudiquement par la peau, d’ordinaire.Et veut-on toujours la soulever, cette peau-là?Le Monde du corps 2 nous force (merci!) à voir en nous.Le fait que l’expo circule sur la planète depuis 1995 a sans doute contribué à atténuer quelques objections éthiques soulevées partout.L’anatomiste-sculpteur a essuyé des foudres brûlantes en exhibant ses écorchés.On a l’impression que tout a été dit ailleurs et que les marges de tolérance ont été repoussées avec le temps.A Montréal aussi, un débat éthique est prévu.Des questions s’imposent.Affrontons-les.Transgresser les interdits de la mort ne se fait pas sans peine.Chaque visiteur possède son rapport personnel au trépas et se heurte à ses propres tabous.L’expo en fait tomber plusieurs.Gunther von Hagens ne rejette pas l’idée de mettre un jour des corps en posture d’actes amoureux.Oh! Il avance des justifications morales: pour mieux prévenir le sida, par exemple.On sourit, sans trop le croire.Rêve de démiurge, sans doute, que cet- te étreinte posthume.Tentation suprême de faire co-puler les corps même s’ils ne pourront jamais se reproduire.Faute de goût toutefois.L’amour et le désir réclament l’esprit qui vole.ta vraie vie est quand même ailleurs.A quelques encablures du Centre des sciences de Montréal, dans le Vieux-Port, sous le grand chapiteau du Cirque du Soleil, le corps humain chante une autre chanson dans le magnifique spectacle Kooza: celle de la virtuosité que les corps peuvent atteindre, lorsque le souffle de la vie véhicule le mouvement.Ces éblouissantes jeunes-contorsionnistes aux membres élastiques, ces trapézistes en haute voltige, ce jongleur aux sept cerceaux roulant, ces funam- bules, ces otages de la roue de la mort, se riant des lois de la gravitation, semblent narguer toute velléité de plastination.Ils nous jurent que les vrais athlètes sont immortels.Et on a envie de les croire.Reste à découvrir comment muscles et tendons peuvent ainsi bondir.Alors, rendez-vous au pavillon voisin pour les éclaircissements d’usage.Les deux univers se répondent bel et bien.On sort du Centre des sciences bouleversés de l'avoir compris.otrem blayfaledevoir.com Cette chronique s’interrompt durant trois semaines.Le Festival de Cannes approche.JONES Elle peut même jouer la star, covedette du nouveau film de Wong Kar-wai, My Blueberry Nights SUITE DE LA PAGE E 1 avec sa mère dans un bled du Texas (Grapevine) et vit aujourd’hui dans l’East Village.A New York, elle passe à ce point inaperçue qu’elle est parvenue à s’offrir incognito une récente récréation au sein d’un groupe punk pour rire, El Madmo.Il a fallu une bon- ne dizaine de shows pour qu’un p’tit futé la reconnaisse sous sa perruque blonde platine et la dénonce.Du Living Room, le petit club où, serveuse puis pianiste à temps partiel, elle a rencontré son amoureux Lee Alexander (qui est aussi son bassiste, son réalisateur et l’entremetteur qui lui a ouvert les portes de Blue Note, le presti- Le Groupe de ia Ve Niée Trans-Atlantique de Witold Gombrowicz 7-ty °1, 6Juin à 20h THÉÂTRE MAISONNEUVE PDA LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DI MA N C H E 13 MAI 2 0 0 7 Duels fratricides au Concours musical Mardi prochain, l’équipe du Concours musical international de Montréal (CMIM) présentera officiellement son édition 2007 à la presse.Mais une information a déjà discrètement filtré: la présence des artistes québécois et canadiens sera massive.Des duels fratricides s’annoncent.CHRISTOPHE HUSS Concours international, dont la très bonne réputation assure un attrait certain auprès des jeunes artistes, le CMIM sélectionne chaque année une trentaine de demi-finalistes parmi environ deux cents candidatures.Les épreuves avec piano, qui se tiendront du 23 au 26 mai à la salle Pierre-Mercure, détermineront une sélection de douze finalistes qui se présenteront avec orchestre au Théâtre Maisonneuve les 28,29 et 30 mai.Consacré en alternance au chant, au piano et au violon, avec un retour de la discipline chant tous les deux ans, le CMIM voit habituellement la sélection en demi-finale d’environ quatre ou cinq Canadiens, dont un ou deux Québécois, ce qui rend plus accessibles les prix — généreux: 10 000 $ et 7500 $ respectivement — offerts au meilleur Canadien et au meilleur Québécois.La lutte, en 2007, sera bien plus acharné.e, puisque, selon nos informations, quatorze chanteurs canadiens, soit entre 40 et 50 % du total des candidats, se disputeront les faveurs du jury.Logique pure Cette présence massive n'est pas due à une baisse des critères de sélection ou à un manque de candidatures étrangères.Elle reflète l'éclatante santé du chant canadien et, surtout, l’éclosion d’une génération admirable de jeunes chanteurs.La conjonction exceptionnelle de jeunes talents a été évidente ces dernieres années, notamment pour les spectateurs de l'Opéra de Montréal, une institution qui n’hésite pas à donner leur chance à des stagiaires de son Atelier lyrique.Nous avons ainsi vu émerger Marie-Josée Lord en touchante puccinienne.La mezzo Michèle Losier s’est rendue très loin dans les auditions du Metropolitan Opera de New York et fera ses débuts sur la scène du Met le 27 novembre prochain, dans Iphigénie en Tauride de Gluck, sur un plateau réunissant Susan Graham et Placido Domingo! Michèle Losier, qui chantait encore en mai 2006 dans Turn of the Screw, le spectacle de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, foulait cinq mois plus tard les planches du Los Angeles Opera dans Manon sous la direction de Placido Domingo.Sa carrière est lancée.Dans cette même génération, il y a Philipp Addis, qui remporta un prix au dernier CMIM, et Frédéric Antoun, le ténor qui sait (apparemment) tout chanter.Dans la génération suivante, il est facile de repérer Mireille Lebel, une autre mezzo, toujours en ap^ prentissage à l’Atelier, mais qui témoigne d’un même aplomb.Mireille Lebel a sans doute passé son tour cette fois-ci et attendra sagement l’édition 2009.Elle a bien raison, car la sélection des demi-finalistes affiche des chanteurs plus aguerris qu’elle.Une luxueuse brochette Parmi les quatorze candidats canadiens présélectionnés, nous avons réussi à en identifier une grande partie et on peut prédire quelques maux de tête au jury quand il s’agira de départager ce beau monde.sans compter les candidats étrangers, dont l’identité sera connue mardi.Certes, un concours et une représentation, ce n’est pa^ la même chose, mais imaginer Etienne Dupuis, Kimy McLaren et Joshua Hopkins — pour en citer trois — se mesurer dans une compétition laisse augurer de moments intenses.Il s’agit là de voix bien connues à Montréal et de chanteurs qui ont déjà beaucoup de métier.La soprano Kimy McLaren, élève de Marie Daveluy au Conservatoire, fut l’inoubliable Marie dans le Wozzeck du Centre d’arts Orford, spectacle de l’année en 2004.Elle a intégré depuis les Jeunes Voix du Rhin, sorte d’atelier lyrique de l’Opéra national du Rhin de Strasbourg.Le baryton Etienne Dupuis a convaincu à chacune de ses apparitions à Montréal, par exemple en Dancaïre dans Carmen à l’Opéra.Il faisait partie des solistes de Bernard Labadie dans Israël en Egypte pour la réouverture du Palais Montcalm a Québec, où il avait à ses côtés Jo- L’OPP bien avant le PPP ! SOURCE CMIM La mezzo-soprano québécoise Julie Bouliane shua Hopkins, un autre baryton, collaborateur attitré de Bernard Labadie, voix encore plus large a priori et, lui aussi, auteur d’un absolu sans-faute depuis qu’on l’entend sur nos scènes.Parmi les autres Québécois en lice, il y a d’autres valeurs sûres, comme la mezzo-soprano Julie Boulianne ou le ténor Antonio Figueroa, pensionnaires de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, auxquels on n’a rien à reprocher dans leurs diverses apparitions scéniques dans la métropole.Antonio Figueroa avait incarné le rôle exigeant de Peter Quint dans Turn of the Screw de Britten avec la même audace et réussite que Kimy McLaren dans le rôle de Marie du Wozzeck d’Alban Berg.Les sopranos Laeticia Brewer et Marianne Fiset et le baryton Patrick Mallette tenteront de prouver qu’ils méritaient, tout autant que leurs collègues plus exposés, le devant de la scène.Mardi, nous saurons quel aréopage international nos meilleures voix croiseront lors de ce concours.Mais la présence canadienne annonce à elle seule un cru exceptionnel.Collaborateur du Devoir CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL Du 23 au 30 mai 2007 à la salle Pierre-Mercure et au Théâtre Maisonneuve.Concert gala, vendredi 1er juin à la salle Wilfrid-Pelletier.Retransmissions régulières sur Espace Musique, dont les finales en direct les 28,29 et 30 mai.Réservations au 514 842-2112.SERGE TRUFFAUT Au tout début, il y eut les fanfares.C’est ensuite qu’il y eut le verbe.Lequel?Jaser.Après avoir été créolisé, probablement par le Baron Samedi qui veille sur l’esprit des morts une fois par semaine, le verbe s’est transfiguré en jazz.Aujourd’hui, il y a fa fanfare et le jazz conjugué joyeusement Très joyeusement par.L’Orkestre des Pas Perdus, surnommé l’OPP, qui propose un nouvel album intitulé Projet 9 sur étiquette Cross Current distribuée par Local Distribution.Ce projet tout neuf a été porté par un homme ayant le génie de la formation: Claude Saint-Jean, tromboniste, compositeur et arrangeur.On insiste: Saint-Jean a le génie de la formation.C’est lui qui a fondé, mené, cette fanfare de huit souffleurs et un batteur dans des contrées faites d’humour, de joie, de fraîcheur.Autrement dit, dans des territoires qui exigent une grande maîtrise de l’architecture sonore.C’est lui également qui a créé et soutient encore ce groupe remarquable et.d’actualité que sont Les Projectionnistes.Musicalement, l’OPP est à l’image du jazz.Mais dans le sens le plus généreux du terme.Car il colle autant à ce que faisait Jelly Roll Morton dans les boudoirs des maisons réservées de La Nouvelle-Orléans qu’aux alchimies intenses qui demeurent la marque de Mingus, le Falstaff du genre, sans oublier le swing des premières heures de Count Basie, le ska des ethniques du Grand Londres et le funk des militants du décapage.Bref, ça remue de bout en bout C’est ainsi et pas autrement En fait il ne pouvait pas en être autrement car cela fait un tiers de siècle que Saint-Jean roule son trombone dans une sauce épicée, genre hari-za plutôt que tabasco.Plus concrétement, Saint-Jean est un homme de grande expérience qui a pris un soin méticuleux à ce que celle-ci n’altère en rien la passion du premier jour.Celle qui se nomme, paraît-il, la passion.On tient à le remercier aussi vivement que des milliers de fois, lui mais également les Jean-Denis Levasseur, Roberto Murray, Pierre Labbé, Jean Sabourin, Rémi Leclerc, Maxime Saint-Pierre, Marc Villard et Bruno-Blouin-Robert.Parce que désormais, si quelqu’un dit que le jazz c’est platte, ce qu’il est parfois, même souvent en cette époque, on jouera de la parade que permet l’OPP Et ce, en le condamnant à l’écoute de Justice borgne, Pièce à conviction et Dos d’âne.De quoi le convertir sans qu’il devienne un foutu croisé.En rafales ¦ Peut-être n’avez-vous jamais entendu le quintet du contrebassiste Normand Guilbeault.Peut-être n’avez-vous jamais goûté la passion qui singularise son hommage à son héros, le grand, l’unique Charles Mingus.Alors?Lui et ses complices, notamment Jean Derome à l’alto et au baryton, se produisent ce soir au Ups-tair’s.C’est la chance d’entendre l’une des meilleures formations du Grand Canada.¦ L’étiquette allemande Enja réédite les premières productions de son catalogue.Une ribambelle de ces albums enregistrés dans les années 70 et au début des années 80 sont de nouveau disponibles.Deux suggestions: Impact du trompettiste Charles Tolliver et Moods du pianiste Mal Waldron.Le Devoir CAMMAC J (Canadian Amateur Musicians/Musiciens amateurs du Canada) Offre d’emploi Directeur général Cette offre s’adresse également aux hommes et aux femmes.Le siège social de CAMMAC est établi à Harrington, dans les Laurentides.Sur le site se trouve le Centre musical du lac MacDonald avec sa nouvelle salle de concert et sa résidence - un projet d’architecture verte de 6 S million.Le nouveau directeur général doit être bilingue, avoir plusieurs années d'expérience en gestion ainsi que la créativité nécessaire pour diriger CAMMAC dans sa prochaine phase de développement.Pour en savoir plus sur CAMMAC et pour voir la description complète de cette offre d’emploi : www.cammac.ca Envoyez votre C.V.en format Word ou RTF à cammacdg@yahoo.ca Date limite : le 8 juin 2007 Hydro 'ot+ Québec les séries I MusiS 2006,2007 UNE PAUSE S U IX M E S U U E Série Topaze Cinquième Salle, Place des Arts ’ 1^ ,i.es [decs heureuses Geneviève Soly Jean de La poète Fontaine, et musicien un spectacle de musique et de poésie avec vingt-deux instrumentistes, chanteurs et comédiens PASCALE MONTPETIT comédienne ELÉONORE LAGACÉ chant MARC LABERGE écrivain NATALIE MICHAUD direction artistique Dimanche, 13 mai 2007, 11 h 00 MUS ICA FRANCA BASSONS, CONTREBASSON, THÉORBE, CLAVECIN ET ORGUE PROGRAMME Michel Corette Joseph Bodin de Boismortier Jean-Philippe Rameau Billets : 25 $ et 10$ (etudiants) (taxes et redevance en sus) en vente à la Place des Arts : 842-2112 Renseignements : Pro Musica, 514-845-0532 La Scena Vwsicalt Québec «a *â -a-T Place des Arts (514)842.2112 1-866-842-2112 Québec: WWW.pda.qc.ca Réseau Admission 514-790-1245 FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BROÏT : DIRECTEUR ARTISTIQUE Mercredi 16 mai 2007 à Conférence pré-concert à 19h Salle Maurice-Pollack 555 rue Sherbrooke Ouest, Montréal Billets: www.admission.com / 514.790.1245 et à la porte, le soir du concert Québec SS Dimanche 13 Mai Les Quatre Saisons Rachel Barton Pine, Jonathan Crow Mardi 15 mai Claire de lune Orion Weiss, Zuill Bailey, Nathalie Paulin Mercredi 16 mai Intégrale des sonates et des partitas Rachel Barton Pine, violon 18 mai Suites de jazz de Claude Bolling Paul Merkelo, Timothy Hutchins, John Roney, Eric Lagacé, Jim Doxas LE DEVOIR DU 3 MAI AU 2 JUIN 2007 ÉGLISE UNIE ST-JAMES .463 SAINTE-CATHERINE OUEST Info et réservations : 514 848-9696 www.festivalmontreal.org 614 Le vague à « lames » de Jocelyne Alloucherie LAMES Jocelyne Alloucherie Galerie Roger Bellemare Jusqu'au 2 juin RENÉ VIAU Photos ou images numérisées, sculptures, installations.Jocelyne Alloucherie pratique tout cela à la fois.Dans ses œuvres, des volumes, stèles ou segments en U, s’interposent devant le spectateur et cadrent des images recomposées en paysages.Ouvrir des fenêtres Mettant en question notre regard et le rôle du spectateur, cette esthétique du fragment, Jocelyne Alloucherie le pratique depuis près de 25 ans avec succès.L’artiste a reçu cette année du Québec une bourse associée au nom de Jean-Paul Riopelle et dite «de carrière»: 60 000 $ tout de même.Avec une galerie qui la représente à New York, une autre à Paris et à Turin, elle participe actuellement aux «Trans-Photogra-phiques» de Lille.L’événement regroupe une dizaine d’expositions et une centaine de créateurs dispersés dans la ville.En grandeur nature, Jocelyne Alloucherie inaugure le jeudi 17 mai à l’Arboretum du Jardin botanique de Montréal une œuvre d’art monumentale.A Montréal, intitulée Lames, une exposition montre actuellement une dizaine de ses pièces récentes, la plupart vendues avant même le vernissage.Jointe par téléphone à Paris où elle bénéficie du Studio du Québec, Jocelyne Alloucherie paraît presque timide.«J’ai un peu le trac.Je pars demain pour Lille monter cette installation de 2,35 mètres de haut par 17 de long .C'est une séquence photographique de neuf images.Elle représente une ville en perspective un peu à la façon d’une muraille.A Lille, à la galerie et au Jardin botanique, ces pièces traitent davantage d’architecture que de sculptu- m i GUY L'HEUREUX Intitulée Lames, une exposition à la galerie Roger Bellemare montre actuellement une dizaine de pièces récentes de Jocelyne Alloucherie.re, analyse-t-elle.Les éléments construits ouvrent des fenêtres, des perspectives sur des images de jardins avec lesquelles le spectateur est invité à réagir.» Au Jardin botanique, avec vue sur les pommiers, une parcelle de nature est délimitée par quatre dispositifs orientés différemment en autant de points de vue.Sobrement intitulée Regarder les pommetiers, l’œuvre du Jardin botanique veut littéralement projeter le regard au cœur de ces vergers, maintenant en fleurs.Jocelyne Alloucherie, entend en même temps faire jouer les contrastes et ne pas laisser notre œil se dissoudre dans le vert.«Les éléments verticaux sont très forts.L’automne dernier, j’ai procédé à plusieurs si- O OCCURRENCE Roberto Pellegrinuzzi IRIS (suite) Vernissage le samedi 12 mai dès 15 heures Jusqu'au 16 juin 460, Ste-Catherine 0., espace 307, Montréal - 514-397-0236 - www.occurrence.ca mulations avec des modèles de bois en grandeur réelle, les plaçant dans l’espace afin de mieux articuler les axes.» Imaginant cette œuvre, l’artiste avait en tête les ouvertures de l’architecture de la Renaissance découpant et scénographiant «de façon dramatique» des points de vue choisis sur le paysage à l’extérieur.«Suggérant l’inclusion de la présence du spectateur, le cadrage est commun à la photo et à l’architecture.» Hasard et numérisation À la galerie Roger Bellemare, l’exposition témoigne d’une simplification du travail de l’artiste.Cette évolution, croit Alloucherie, va de pair avec un nouveau sentiment de liberté dans l’expression.«Même si cela ne se sent pas, le hasard est ici une donnée importante.» C'est voulu.Les vo- lume des stèles devant les images sont alignés d’une façon qui fait un peu désordre.«Quant aux images, ce sont à la fois des photos et des tableaux numériques.Une prise photographique nuageuse s’allie à des éléments en couleurs moins visibles, comme des grains de sable, ces images évoquent des tempêtes, des ouragans.Pour transcrire cette espèce de colère des éléments, j’ai dû m’essayer à un dessin très direct enregistré, dans l’instant, par un numériseur de très grande dimension.Le geste est important.Je me suis pratiqué longtemps avant dans mon atelier.Cela rejoint la chorégraphie ou la performance.Ces images jouent à la fois sur la distance et la proximité.Cette charge du corps s’imprime sur la feuille et évoque une lame ou une vague qui se fracasse.» Collaborateur du Devoir SOURCE MBAM Procession pascale (sous les arbres), 1892, de Maurice Denis.New York, collection Peter Marino.Au Musée des beaux-arts, derniers jours pour Denis le Nabi RENÉ VIA U Se rappeler qu’un tableau — avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote — est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.» Auteur de cette formule célèbre, Maurice Denis (1870-1943) reste mal connu.Ce prétendu académiste fut pourtant le théoricien du groupe des Nabis à la fin du XIX' siècle.A ce titre, il annonce la modernité.«Nabi aux belles images», Maurice Denis est reconnu, aux côtés de Vuillard et de Bonnard, pour être l’un des plus importants peintres et le théoricien de ce groupe dont le nom signifie «prophète» en hébreux Laissant présager l’abstraction, radicale et spectaculaire, Taches de soleil sur la terrasse, au Musée d’Orsay, apparaît comme son chef-d’œuvre.Maurice Denis multiplie alors les tableaux de petits formats d’une esthétique nouvelle.Il peint en aplats.Ses couleurs éclatent Ses formes se simplifient Révélant une fraîcheur et une liberté d’exécution rares, ses audaces nabis vont se dénouer à travers une courte période divi-sionniste.Il adopte vers 1900 une peinture plus figée, claire et sans modelé.Les rythmes onduleux s’y rapprochent de l’Art nouveau.Proche de Maillol, soutenu par André Gide, Maurice Denis a com- Renée MAO Clavet «Murmure du ruisseau» — Sculptures Prolongation jusqu’au 19 mai GALERIE BERNARD_____________________________ 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (814) 277-0770 mercredi llh-17h jeudi-vendredi llh-19h samedi 12h-17h7yww.galeriebeimrd.ca WWW.GALERIES! MON BLAIS .COM «Pause» Une exposition sur le thème de la musique av ec des œuvres de : Arman, Pierre Ayot.Gwenaël Bélanger, t Mario Côté, Denis Forcier, Marc Carneau,Yves Gaucher, Michael Snow, Serge Tousignant, Ri >bcrt Wolfe jusqu'au 19 mai 2007 963, rue Rachel Est, Montréal, Qc H2J 2J4 •Tét: 514.526.2616 www.graff.ca • graff®videotron.ca mer-ven llh-ISh • sam 12h-17h .DANS LES DÉBRIS DU MATIN (Détail) /- i No ( fflfH (WtJ-UA.rLiU Quartier Libfg Galflrie d’art ŒUVRES RÉCENTES DE LINO I VERNISSAQE JEUDI LE 17 MAI À17H30 Du 17 mai au 10 juin au 4289, rue Notre-Dame Ouest, Montréal Qc (Métro Place Saint-Henri) Du mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis et dimanches de 12h à 17h.514 933-0101 ou www.quartierlibregalerie.com la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 12 mai au 24 juin 2007 L’ABSTRACTION AU QUÉBEC : hier et aujourd’hui Barry Allikas Martin Bourdeau Paul Bureau Jérôme Fortin Stéphane La Rue Incluant une sélection d’œuvres tirées de la Donation Forget du Musée d’art de Joliette VERNISSAGE: Dimanche le 13 mai, à I4h Info: (514) 630-1254 beaux détours CIRCUITS C 0 l T U R E t S MUSIQUE : 7 juillet : FESTIVAL DE LANAUDIÈRE 18-19-20 août : FESTIVAL DE GLIMMERGLASS Prix spécial Jusqu’au 18 mai! ARTS VISUELS : 16 juin : l’exposition « de Cranach à Monet » à Québec 24 juillet : « les paysages de Renoir » à Ottawa www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont me marchand Vollard ou Bernheim.Il est collectionné par les Russes Morosov et son rival Cht-choukine qui s’entichent également de Picasso.Avec comme objectif de renouveler le regard porté sur son œuvre, l’exposition renoue les fils de son art.Des liens se tissent entre les petits formats nabis et les grands cycles décoratifs.On y découvre un Maurice Denis paysagiste et peintre de marine.Dès ses débuts nabis, Maurice Denis prend pour modèle sa première épouse, Marthe.Dans des toiles plus intimes, les sujets exhalent le couple amoureux et, inspirés de la photo, la vie familiale.Certains de ses grands cycles décoratifs sont reconstitués.Alliant les influences de Cézanne à celles de Raphaël ou de Fra Angelico, ces décors sont tributaires de son voyage en Italie et de son admiration pour la Renaissance.D’inspiration classique, la composition en est rigoureusement construite.Un hors-temps Ce tournant classique tend vers un équilibre entre la sensibilité et l’ordre.Décalée, cette peinture phis tardive pourrait paradoxalement nous toucher justement par ce hors-temps un peu dérangeant.Maurice Denis avait beau être croyant, on imagine mal les protestations lorsqu’il s’engage en faveur d’un l’art religieux exprimant davantage son époque.Tel un véritable apôtre, il fonde avec Georges Desvalières les Ateliers d’art sacré, passage obligé pour nombre d’artistes venant de tous les horizons, dont certains canadiens, tels Bor-duas et Dallaire.«Le monde nouveau qu’on est en train de découvrir pourrait bien se passer d’artistes, écrit-il à la fin de sa vie.L’art tend à devenir une sorte de divertissement mondain, me dépendance de la mode.» Epousant les fondements du néo-traditionnisme, celui qui fut à ses débuts un précurseur s’avoue dépassé par les grands éclats d’un art, y compris Matisse et Picasso, qui lui est désormais étranger.Reste cette façon si singulière d’entrecroiser le profane et le sacré.«Denis avait me figure ronde, plutôt souriante, où se lisaient la volonté et la réflexion.Son œil bleu regardait à l’intérieur», écrit de lui Bonnard deux ans après sa mort, en 1945.Pour en savoir plus, outre le catalogue, un livre paru chez Découverte Gallimard documente avec brio l’itinéraire de Maurice Denis.Collaborateur du Devoir MAURICE DENIS: LE PARADIS TERRESTRE Musée des beaux-arts de Montréal Jusqu’au 20 mai 2007 MAURICE DENIS: DU SPIRITUEL DANS L’ART Jean-Paul Bouillon Découvertes Gallimard / Réunion des Musées nationaux Paris 2006 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2007 E 7 inûTTIO IIIUIIIO) e x Centris 4" EX-CENTniS.COM / 514.847.2206 APRÈS LA NOCE (AFTER THE WEDDING) / SUSANNE BIER 14hOO 16H30 19h00 21h20 SOURCE FOX ATOMIC Les invraisemblances pullulent dans 28 Weeks Later, mais le récit avance à un rythme si bien soutenu qu on finit par fermer les yeux.Un thriller lourd et sourd 28 WEEKS LATER De Juan Carlos Fresnadillo.Avec Robert Carlyle, Rose Byrne, Mackintosh Muggleton, Imogen Foots, Jeremy Renner, Catherine McCormack.Scénario: Rowan Joffe, J.C.Fresnadillo, E.L Lavigne, Jesus Olmo.Image: Enrique Chédiak.Montage: Chris Gill.Musique: John Murphy.Grande-Bretagne, 2007,99 minutes.MARTIN BILODEAU Avec 28 Days Later, le réalisateur Danny Boyle {Transpotting) et le scénariste-romancier Alex Garland (The Beach) avaient créé le film de science-fiction le plus authentiquement et le plus intelligemment terrifiant des dix dernières années.Sa suite, 28 Weeks Later, dans laquelle le réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo nous reporte six mois plus tard dans une Grande-Bretagne décimée par le virus de la rage et en phase de repeuplement sous la supervision de l’année américaine, s’annonçait tout aussi puissante.A la vue du prologue redoutable, au suspense admirablement calibré, on choisit d’y croire.Mais ça ne dure qu’un temps.Car_ Fresnadillo n’a pas le souffle de Boyle, et son scénaiio à huit mains apparaît bien vite écartelé entre l’envie de faire comme l’autre et l’envie de se distinguer, la nécessité de faire réfléchir et le besoin primaire de faire peur.Ce dernier ayant pris le dessus, le cinéaste multiplie les «cheap thrills» à l’américaine, minimisant un peu plus chaque fois le message politique du film, évasif mais rassemblant des peurs très contemporaines, d’Orwell à l’Irak en passant par la maladie de la vache folle.Rappelons que Londres, théâtre de l’action, est la ville la plus surveillée par vidéo au monde.Que les règles sanitaires du pays sont parmi les plus sévères de l’Occident.Qu’une large partie de la population britannique s’oppose à l’envoi de soldats en Irak.Le scénario de 28 Weeks Later faufile ces motifs et insère ces tourments, sans les nommer, dans sa trame.Paradoxalement, ça épaissit le propos, mais ça n’en- richit pas le film, dont la seconde partie, marquée par la réapparition du virus, la panique dans la population et l’alerte rouge de l’armée américaine (signifiant l’abattage systématique de tout le cartel humain), se résume à un carnage gore complaisant et racoleur.La première partie était, par opposition, riche en détails psychologiques et douloureusement orwel-lienne.Deux adolescents rentrent au pays et retrouvent leur père (Robert Carlyle), miraculeusement épargné par la pandémie sanglante mais porteur d’un lourd souvenir celui de son épouse (Catherine McCormack) tombée sous ses yeux, et en partie par sa faute, sous l’assaut des enragés.Tandis que l’aseptisation de Londres se poursuit, les citoyens sont localisés dans le centre-vÛle, avec interdiction formelle de franchir la Tamise.Interdiction défiée par Andy, 12 ans, et sa sœur de 15 ans, désireux de revoir leur domicile, où contre toute attente ils retrouvent leur mere, apparemment saine et sauve.A cette histoire à hauteur d’enfants, les scénaristes superposent celle d’une bactériologiste de l’armée américaine (Rose Byrne), sorte de Cassandre qui claironne le danger sans que personne ne l’écoute, et celle de deux tireurs d’élite (Harrold Perrineau et Jeremy Renner) chargés de surveiller (à eux seuls, apparemment) la frontière fluviale séparant le nord et le sud de la capitale.Tous les destins de ces personnages convergent au troisième acte.Les invraisemblances pullulent, mais le récit avance à un rythme si bien soutenu qu’on finit par fermer les yeux.Fresnadillo ne s’encombre pas de nuances et signe une mise en scène énergique, qui mise avant tout sur l’urgence (caméra à l’épaule, très gros plans), le pixel vert-de-gris évoquant la surveillance, le montage savamment découpé à la hache.La technique, le savoir-faire, le talent même, sont au rendez-vous de ce thriller au climat lourd et sourd.11 lui manque toutefois cohésion, grandeur et pertinence, qui en auraient fait une œuvre forte à la Children of Men, susceptible de traverser le temps.Collaborateur du Devoir Sous des torrents de dialogues EVERYTHING’S GONE GREEN De Paul Fox.Avec Paulo Costenzo, Steph Song, JR Bourne, Aidan Devine.Scénario: Douglas Coupland.Image: David Frazee.Montage: Gareth C.Scales.Canada, 2006,95 minutes.MARTIN BILODEAU Le nom de Douglas Coupland porte-t-il au point de permettre la production d’un film nul?C’est la question que je me suis posée pendant les 95 laborieuses minutes de cette comédie écrite par l'auteur de Generation X et mise en scène avec une extraordinaire incompétence par Paul Fox {The Dark Hours).Everything’s Gone Green est ce que les Anglo-Saxons appellent un film littéral.Où tous les traits d’esprit ont l’air écrits, où toutes les pensées, toutes les données psychologiques sont vomies dans des torrents de dialogues.Des dialogues que la réalisation, une formalité en soi, ne fait que cadrer en essayant de leur donner un sens supérieur, en vain.Le gâchis est d’autant plus navrant que l’acteur Paulo Costanzo a vraiment une bonne tête, et la grâce qui va avec.On pense à Gad Elmaleh, en moins pantomime peut-être.Film canadien oblige, il joue un gars qui n’a pas de chance.Blonde, boulot, en une journée sont envolés.Zéro est donc le point de départ de son aventure (attention, mot trop fort), collée à une méditation sur le contrôle de soi et la providence, au cours de laquelle notre bon bougre découvrira que la couleur de l’argent et le secret du bonheur sont deux choses séparées.Coupland trop embrasse et mal étreint.Dans son scénario décousu, il est tour à tour question de gains de loterie, de blanchiment d’argent, de magouilles immobilières, de mafia chinoise, de tournages de films américains débiles et de plantations de cannabis en sous-sol, alouette! Vous ai-je dit que ça se passe à Vancouver?De fait, Everything’s Gone Green se veut une sorte d’état des lieux de la métropole de la côte Ouest, avec son fantasme écologique, son économie sauvage et son fossé culturel.Un projet louable, en somme, doté de quelques bonnes idées.Mais aucune, absolument aucune, ne à Sherbrooke à Québec è » * * M » [ a I dlTlCIlC | 3575 Du Part 514-281-1900 Quelles aventures sur le chemin de.COMPOSTEUE! sain) Jacques.LA MEgQUEjriUs- fsHERBROOKË~! fleurit dans ce climat pourtant humide et tempéré.Collaborateur du Devoir Il n’est jamais trop tard pour changer sa vie «Un film intrigant au charme aussi élégant que trouble.Une réussite.» Marc André Lussier, La Presse ?Manon Oumais, Voir Odile Tremblay.Le Devoir PRIX LOUIS-DELLUC 2006 MEILLEUR PREMIER FILM Le Presséntiment métropole Il PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE rOMPAOpruuirnWIT-1 roMiÉMA QUARTIER LATIN II^*
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