Le devoir, 6 mars 2007, Page(s) complémentaire(s)
AFGHANISTAN Mort de civils: Hamid Karzaï condamne la bavure de l’armée américaine Page B 5 LE DEVOIR Vol.XCVIII N" 48 LE MARDI G MARS 2007 88c + TAXES = 1$ Maladies chroniques: traiter ne suffit pas On peut et on doit faire mieux, dit le Conseil canadien de la santé LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Se contenter de dépister et de soigner les maladies chroniques, tel que le fait encore le Canada, ne suffit plus pour contrer leur recrudescence, montre un important rapport du Conseil canadien de la santé (CCS), qui tire les leçons de plusieurs années d’interventions infructueuses pour freiner la progression du diabète.Devant ce constat d’échec,le Conseil presse la communauté médicale de changer radicalement son approche pour mettre l’accent en amont et en aval, c’est-à-dire sur la prévention et sur le suivi.Faute de quoi, le combat contre les maladies chroniques pourrait bien être compromis.Le message du CCS est clair.«La façon dont nous fournissons les soins est fragmentée et désuète.Le Canada peut et doit faire mieux», a expliqué au Devoir le Dr Stanley Voilant, à l’issue d’une conférence tenue hier au London Intercommunity Health Centre.Selon lui, le système de soins de santé doit abandonner l’approche traditionnelle consistant à simplement «dépister et rectifier le problème» à court terme, pour passer à une approche plus durable de type «prévenir, VOIR PAGE A 8: MALADIES Le nombre de diabétiques est destiné à doubler d’ici dix ans et à tripler d’ici vingt ans JACQUES NADEAU LE DEVOIR « Vidéo-lynchage» en classe V- ¦> '' Pil " RON CHAPPLE PICTURE ARTS Le téléphone portable est devenu une arme qu’utilisent certains élèves malveillants.Le phénomène est relativement nouveau au Québec, mais est déjà très répandu en France.Le cellulaire entre dans l’arsenal de la violence à l’école L’utilisation des cellulaires et des lecteurs MP3 par les élèves pour enregistrer ou filmer les professeurs à leur insu et diffuser les images sur Internet inquiète de plus en plus le milieu de l’éducation.Simple tendance ou véritable phénomène?TRANSPORTS EN COMMUN Les maires réclament deux milliards d’Ottawa ¦ À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Décès.B4 Météo.B6 Mots croisés.B 4 Sudoku.I.B 4 Télévision.B 7 LI SA- MARI E GERVAIS n plein cours de maths, l’élève sort discrètement de son sac son téléphone cellulaire muni d’un appareil-photo et le pointe en direction du professeur qui est justement en train de gronder sévèrement un camarade de classe.Un simple clic, à peine audible, mais qui pourrait coûter cher à l’étudiant et ruiner la réputation de l’enseignant Le happy slapping, vous connaissez?Inspiré des émissions Jackass et Dirty Sanchez, ce phénomène rebaptisé «vidéolynchage» ou «joyeuse baffe» par les Français serait né au sud de Londres en 2004.À l’origine, il consistait à agresser une personne ou un groupe dans un lieu public, le tout étant filmé clandestinement à l’aide de la fonction caméra d’un téléphone cellulaire.Ces images étaient ensuite diffusées largement sur Internet le plus souvent à l’insu de la victime.Avec le temps, le phénomène s’est trans- formé, passant de simple gifle captée sur image au violent passage à tabac filmé et diffusé sur le Web.Et il a finalement gagné les écoles.Plus subtils, les actes de «happy slapping» ciblent désormais les professeurs dans le but de les ridiculiser.Au Québec, le phénomène est relativement nouveau.Mais plusieurs cas de «happy slapping» dans certaines écoles secondaires de la province ont récemment défrayé les manchettes.C’est une tendance dont on doit désormais tenir compte.Big Brother a fait son entrée en classe.«On n’a qu'à naviguer sur YouTube.Le nombre de vidéos que l’on y trouve sous la rubrique “pro/s” est surprenant.U y en a dans plusieurs pays, et certains sont d’une rare violence», dit François Beauregard, rédacteur en chef de la revue de la Centrale syndicale du Québec (CSQ), qui s’en inquiète et consacre tout un dossier sur la violence envers les enseignants dans son dernier numéro.VOIR PAGE A 8: CELLULAIRE Le phénomène est d’autant plus alarmant qu’il ne restera pas marginal, dit un spécialiste en communication sociale Charest charge l’ADQ Il demande le retrait d’un candidat de l’ADQ qui a, selon lui, banalisé la tragédie de Polytechnique ANTOINE ROBITAILLE Saguenay et Gatineau — Jean Charest est tombé à bras raccourcis sur l’Action démocratique du Québec hier, réclamant la démission d’un candidat de cette formation ayant à ses yeux «banalisé» la tragédie de Polytechnique de 1989.En soirée à Gatineau, il a ridiculisé une dizaine de candidats adéquistes en citant leurs propos étranges.Plus tôt à Saguenay, il avait aussi exigé que le parti de Mario Dumont 'fournisse ses engagements chiffrés» cette semaine et a soutenu que l’ADQ négligeait les régions.«En trois jours [en région],/ot vu davantage de pancartes nous mettant en garde contre les orignaux que de pancartes de l’ADQ!», a-t-il raillé hier, à Saguenay.En après-midi, il avait vertement dénoncé le candidat adéquiste de Deux-Montagnes, Jean-François Plante, ancien élu de Vision Montréal et émule deJeffFîHion.M.Plante —qui a du reste présenté ses excuses en fin de journée — aurait Le candidat adéquiste de Deux-Montagnes, Jean-François Plante déclaré en décembre 2006, sur sa «radio Internet» radioxtrm.com, dont le slogan est «c’est comme le FM, mais la marde en moins»: «On vient de passer le 6 décembre et j'ai encore refusé de mettre le ruban blanc.Imagine-toi donc combien on est épouvantable de pas mettre ce ruban-là.Et là, on nous a encore sorti la chanson de la violence faite aux femmes.Pourquoi VOIR PAGE A 8: CHAREST ^immigration, grande négligée de la campagne KATHLEEN LÉVESQUE \ A l’heure des accommodements raisonnables, aucun des partis politiques n’aborde franchement la question de l’immigration dans sa plateforme électorale.Le constat inquiète d’autant plus la Table de concertation pour les organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) que l’immigration est traitée sous la rubrique de lldentité québécoise.«Il n’y a rien dans leur plateforme, sinon de façon indirecte.Le mot immigration est perdu.C’est qu’ils ne savent pas trop quoi faire.Ils n'ont pas de vision claire», estime Stephan Reichhold, porte-parole de la TCRI.La critique de M.Reichhold s'adresse autant aux trois principaux partis politiques qu’à Québec solidaire et au Parti vert.Tous parlent de principes; aucune mesure concrète n’est avancée.Dans la plateforme du Parti libéral du Québec, on note qu’un effort sera frit pour la reconnaissance des diplômés étrangers.On affirme également vouloir mener une campagne de promotion de la qualité du français, notamment auprès des communautés culturelles pour assurer leur intégration économique et sociale.Il est aussi mentionné que des suites seront données aux recommandations de la commission d’étude sur les accommodements raisonnables présidée par Charles Taylor et Gérard Bouchard.On indique que 15 millions seront dévolus au plan d’action VOIR PAGE A 8: CAMPAGNE QUEBEC 2007 ¦ Un Québec souverain pourrait mieux gérer la forêt, selon Boisclair, page A 2 ¦ La chronique de Michel David: le OUI de Dumont, page A 3 ¦ Dispute entre la gauche et les verts, page A 3 LE DEVOIR.LE MARDI 6 MARS 2007 A 8 LES ACTUALITES MALADIES SUITE DE LA PAGE 1 dépister, gérer» qui réunit prévention, suivi et soins de haute qualité dans un seul et même plan clinique.A la lumière de l’exemple du diabète de type II, l’équipe du CCS a démontré que la formule canadienne a du plomb dans l’aile quand il s’agit de soigner une maladie chronique, un mal qui touche pourtant un Canadien sur trois.Concrètement, on estime à 1,3 million le nombre de Canadiens qui souffrent de diabète, mais ce chiffre est destiné à doubler .dans la prochaine décennie et à tripler d’ici 20 ans.A moins bien sûr d’un changement d’envergure dans la manière dont les soins sont dispensés, croit le CCS.Tous ces nouveaux malades ne sont pas destinés à un quotidien facile.Présentement, la moitié des diabétiques ne contrôlent pas leur taux de sucre, ce qui a un impact direct sur leur qualité de vie et multiplie leurs risques de développer d’autres maladies chroniques.Chez les populations à risque — les populations autochtones, sud-asiatiques, sud-américaines et africaines, de même que chez les groupes sociaux les moins nantis —, jusqu’à 70 % des malades ne contrôlent pas leur diabète.Le problème, c’est qu’une personne qui contrôle mal son diabète double ses risques de développer un problème rénal.Elle double aussi ses probabilités de devenir aveugle ou d’être amputée.Ces risques sont quatre fois plus élevés chez les autochtones qui sont particulièrement vulnérables à ce dérèglement métabolique.Au final, ce laxisme coûte cher, tant humainement que financièrement, puisque les trois quarts des diabétiques actuels sont atteints d’une ou de plusieurs autres maladies chroniques qui nécessitent de fréquentes hospitalisations.Cet état de fait est d’autant plus choquant, note le CCS, que la progression du diabète peut être infléchie.L’Organisation mondiale de la santé estime en effet que 90 % des cas de diabète II peuvent être évités, frit valoir le vice-président du Conseil canadien de la santé, le Dr lan Bowmer.«Une perte de quatre kilos sur trois à cinq ans diminue de 60 % les risques de contracter le diabète chez les patients à risque.Si on extrapole, on peut s'attendre à ce que de bonnes habitudes de vie, de l'exercice et une alimentation saine puissent faire diminuer de 60 % le nombre de futurs diabétiques», calcule le Dr Voilant.La meilleure manière de prévenir ces graves complications reste de suivre finement l’évolution de la maladie.La théorie ne se traduit toutefois pas très bien dans la pratique médicale.En effet, moins de la moitié des diabétiques obtiennent tous les examens et les tests la laboratoire rendus nécessaires par leur condition.Ces chiffres invitent à un examen de conscience, croit le conseil.Le pari a été relevé par le London Intercommunity Health Centre qui a changé ses manières de faire pour améliorer le bilan des diabétiques de la communauté latino-américaine environnante.Là-bas, les personnes atteintes de diabète reçoivent des soins visant à prévenir les complications, elles sont en meilleure santé, passent moins de temps à l’hôpital, et, en fin de compte, reçoivent des soins de santé moins coûteux.Car il ne faut pas oublier que les maladies chroniques pèsent lourd sur les finances du système de santé.Chaque année, 80 milliards de dollars sont nécessaires pour traiter les malades, ce qui ne laisse que des miettes pour la prévention et le suivi.Voilà un non-sens qui doit être corrigé d’urgence, croit le Dr Voilant «Pour chaque dollar investi en prévention, ce sont quatre dollars qui sont économisés en traitement.Investir un milliard générerait des économies de quatre milliards pour le système de santé.Pensons-y.» Le rapport du CCS, titré Importance du renouvellement des soins de santé: Leçons du diabète, propose plusieurs moyens pour opérer un changer de cap, au premier chef le décloisonnement des soins.«Il faut délaisser la pratique en solo pour travailler en équipes multidisciplinaires: médecins, infirmières, nutritionnistes, entraîneurs physiques doivent travailler ensemble», croit le Dr Voilant, qui plaide aussi pour une meilleure utilisation des technologies de l’information.Le changement ne devra toutefois pas reposer sur les seules épaules des médecins, mais aussi sur celles des autres intervenants du réseau de la santé et des malades eux-mêmes.«Il a fallu les efforts de toute une génération pour voir diminuer vraiment le nombre des Canadiens qui fument.Nous devons suivre la même ligne de conduite en ce qui concerne l’alimentation saine et l’activité physique, pour prévenir les maladies chroniques comme le diabète.Mais nous devrons agir plus vite», a conclu le Dr Bowmer.Le Devoir CELLULAIRE SUITE DE LA PAGE 1 En novembre dernier, à la polyvalente Charles-Gra-vel au Saguenay, un enseignant a été filmé à son insu par un téléphone cellulaire en pleine classe.Le coup avait été orchestré par des étudiants qui ont tenté, en vain, de le faire sortir de ses gonds.Le vidéoclip s’est néanmoins retrouvé sur YouTube peu de temps après.Même scénario à la trame plus dramatique cette fois, à l’école Mont-Bleu dans Gatineau.Devant une classe totalement indisciplinée, un enseignant a bel et bien perdu le contrôle.Les cris et les insultes ont fusé, le tout mis en boîte par caméra du cellulaire d’une étudiante.En l’espace de 24 heures, les trois petits films sur l’exaspération du professeur ont été regardés par des milliers de personnes sur Internet.Bouleversé par l’incident, l’homme de 57 ans qui compte 33 ans d’expérience en enseignement, a dû prendre un congé de plusieurs mois pour s’en remettre.«Filmer une partie de la vie d’un enseignant hors contexte équivaut à dénaturer avec des mauvaises intentions des gestes qui sont posés dans une intention professionnelle», souligne Réjean Parent, le président de la CSQ.Il déplore ce moyen qu’ont les élèves de «condamner par contumace» un enseignant par la voie de la technologie.Pour le spécialiste en communication sociale, Jo CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 la violence faite aux femmes?Il n’y a pas de violence faite aux hommes?Ça existe pas?Pourtant, fa des chiffes qui nous disent que, bon, c'est à peu près semblable.» C’est du moins ce que l’on pouvait lire dans une série de transcriptions de propos de M.Plante remise aux médias par l’organisation du Parti libéral hier «Cest extrêmement grave [.]Àmes yeux à moi, il devrait non seulement être “discipliné’’, il devrait démissionner», a déclaré M.Charest hier en conférence de presse, tout en nuançant «Si c’est ça le fond de sa pensée.» D’autres déclarations du çandidat Plante portaient sur la notion d’équité salariale.A ses yeux, ceDe-d empêche les hommes de rentrer sur le marché du travail: «Comme si c’était pas assez, on fiait encore des mesures pour faire entrer encore davantage de femmes.Moi, qu’on fiasse rentrer davantage de femmes, je veux bien, mais c’est parce que cela a un effet pervers: ü y a moins d’hommes qui rentrent.[.] Donc, on est en train défaire [.] un genre d’apartheid là, c’est carrément ça ou on bloque les hommes, là.» Adéquistes ébranlés L’affaire a ébranlé le camp adéquiste.Le candidat a publié une lettre d’excuses en fin de journée, et le chef Mario Dumont a fait un point de presse pour se dissocier des propos de son candidat et pour répliquer au chef libéral Dans sa lettre, M.Plante affirme qu’il «adhère sans condition» et «supporte [sic] l’actuel programme d’équité salariale», bien qu’il ait pu en critiquer «certains éléments de mise en oeuvre».D a aussi condamné la «violence faite aux femmes» et soutien n’avoir voulu «en aucun temps [.] banaliser cette dramatique réalité, pas plus en parlant du drame de Polytechnique que de tout autre événement tragique».11 ajoute condamner «toute violence, que les victimes en soient des femmes, des enfants ou des hommes».«Si mes propos, émis dans le cadre d’une émission radiophonique qui se veut polémiste, ont pu porter à interprétation à cet égard, je m’en excuse et je tiens à réitérer mon adhésion profonde aux principes de l’égalité des personnes et de la non-violence.» Mais sa lettre n’était pas encore expédiée hier que quelque sept autres extraits controversés de son émission circulaient, notamment sur le site YouTube.Par exemple: «Les Québécois ont souvent un profil de petits crosseurs.[Ils sont comme] les Mexicains, qui sont un peu plus magouilleurs [ou alors les] Tunisiens, quifimction-nent avec le backshish.» Le Parti libéral a nié avoir déposé ces extraits sur Internet, hier.«Ça ne vient pas de chez nous», a certifié la directrice des communications du parti, Isabelle Melançon.(S c’avait été le cas, cela aurait constitué une dépense électorale.) Cependant, le PLQ a fait circuler à bord de l’autobus un florilège de déclarations de M.Plante, hier.«Dans la jonction publique québécoise fa davantage de femmes que d’hommes.» «Ça fiait trois ans que /essaie de convaincre ma blonde de sacrer le camp du Québec.» «ü y a des filles que tu connais, fas le goût de baiser la première fois que tu les vois, pis d’autres que ça prend peut-être une couple de mois, pis là tu dis ouin, me semble qu 'est pas pire cette fille-là, me semble que elle, en fin de compte, est regardable, me semble que je donnerais un coup.» Dumont réplique Mario Dumont a contre-attequé, hier après-midi.Il a condamné la stratégie libérale consistant à fouiller dans le passé des candidats adéquistes.«Nos adversaires font un travail pour retrouver tout ce que nos candidats ont pu dire un jour dans leur vie.Cela cache une autre affaire: dans Matane, la députée [libérale Nancy Charest] a fait quelque chose de plus grave qu’une déclaration: elle a négligé son monde.Elle n’était même pas au courant d’une fermeture d'une industrie qui a mis 50personnes au chômage», a poursuivi M.Dumont, qui parlait de l’entreprise Spielo Gaming, de Sainte-Annedes-Monts, un fabricant d’appareils de vidéopoker.La veille, M.Dumont avait été contraint de tempérer les ardeurs de son candidat dans Montmagny-L’Islet, Claude Roy, spécialiste de chasse et de pêche qui avait déploré le système de contrôle des armes à feu.M.Dumont avait alors mentionné que l’ADQ favorisait un certain contrôle des armes à feu afin d’éviter que ces armes ne servent à des fins criminelles.Jean Charest s’est envolé hier après-midi pour Gatineau, où une manifestation d’une centaine de militants syndicaux de la FTQ, de la CSN ainsi que de quelques étudiants ayant pour but de dénoncer le bilan du gouvernement Charest, a gêné le début d’un rassemblement partisan à l'aéroport Dans son discours en soirée, le chef libéral s’est moqué de l’ADQ, parti qui veut abolir les commissions scolaires, le Conseil de la fédération et EmploèQuébec.«On pourrait les appeler les abolitionnistes démocratiques du Québec !», af-fl lancé.Puis il a cherché à démontrer la faiblesse de l’équipe de l’ADQ en revenant sur les propos de M.Plante et en demandait de nouveau sa démission, malgré les excuses du principal intéressé.M.Charest en a profité pour élargir ses attaques à une dizaine d’autres candidats adéquistes dont il a cité des propos étranges.D a notamment mentionné Linda Lapointe, ancienne présidente de l’Association des marchés d’alimentation, qui avait écrit récemment au premier ministre pour lui proposer d’être candidate en expliquant qu’elle ne croyait plus en son chef Mario Dumont.M.Charest a fait éclater la salle de rire en se moquant du candidat Martin Otis, un jeune de 22 ans membre du comité exécutif de la commission jeunesse: «Ecoutez, fai été parachuté dans le comté.[.]/« ne voudrais pas avoir l’air de manquer de respect à mes électeurs, fai l'intention de venir faire du porteà-porte toutes les fins de semaine.» «Chers amis, je pense qu’on peut lui donner congé les fins de semaine», a commenté M.Charest Plus tôt hier, Jean Charest avait rencontré le Cercle de presse de Saguenay.D a réitéré sa volonté de conquérir les cinq circonscriptions de la région.Il a promis de faire plus pour la région à elle votait pour les candidats libéraux et non pour des péquistes, qui ont tenu selon lui «la région pour acquis».D s’est défendu d’adopter une stratégie à la Marc-Yvan Côté.Dans les années 80, le ministre libéral avait dit à une région qu’eDe devait «voter du bon bord» pour obtenir œ qu’elle voulait Enfin, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal écrivait récemment que «Jean Charest, c’est l’Alex Kovalev de la politique: il peut être très bon, mais il faut que ça letente».Quand Le Devoir a demandé hier au chef libéral de commenter cette phrase, il a répondu laconiquement «Ça me tente.» Le Devoir Avec la Presse canadienne Une institution du Plateau flambe CAMPAGNE JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES INCONDmONNELS de la Maison du rôti devront se passer de leur charcutier préféré, et ce, au moins pendant quelques semaines.Le célèbre établissement de l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, a en effet été la proie des flammes hier après-midi.Heureusement, personne n’a été blessé, même si le brasier a nécessité l’intervention de 125 pompiers, qui ont notamment dû empêcher la propagation du feu aux immeubles avoisinants.Le violent incendie, qui a causé des centaines de milliers de dollars de dommages, aurait pris naissance de façon accidentelle, selon le Service des incendies de la Ville de Montréal.Quelque 117 employés se retrouvent temporairement sans emploi.SUITE DE LA PAGE 1 contre le racisme.Mais, au déclenchement des élections, la rédaction de ce plan gouvernemental a été reportée.Du côté du Parti québécois, on prône «une culture et une identité pour le pays».Un gouvernement péquis-te «revitalisera les programmes de francisation», peut-on lire sans toutefois comprendre s’il s’agit d’augmenter les ressources budgétaires dans ce domaine.On s’engage également à lutter contre le racisme.En marge d’une conférence de presse, la députée pé-quiste Elsie Lefebvre, a donné hier l’assurance que l’immigration était «une priorité pour le Parti québécois».«Nqs écoles servent de lieu d’intégration», a-t-elle indiqué.A l’Action démocratique du Québec, on s’engage à «instaurer une citoyenneté québécoise», afin de renforcer l’identité du Québec.On indique qu’un gouvernement adéquiste accompagnerait mieux les nouveaux arrivants en bonifiant notamment les programmes de francisation et d’intégration.La citoyenneté proposée par Mario Dumont n’est pas sans rappeler les efforts déployés sous le gouvernement péquiste pour prendre une voie semblable, souligne Stephan Reichhold.La TCRI tente d’organiser un débat sur la question de l’immigration la semaine prochaine.Or il semble que les partis politiques démontrent peu d’empressement à y participer.«Il est vrai qu’éledoralement, ce n’est pas très payant de parler d'immigration», affirme M.Reichhold, reconnaissant même que, par les temps qui courent, cela peut être un sujet glissant Il souligne qu’en comparaison, le gouvernement canadien n'hésite pas à investir dans cette matière.Avec le dernier budget du gouvernement Harper, 300 millions ont annoncés pour améliorer les services d’intégration des immigrants.Seul le Québec ne bénéficie pas de ces mesures, compte tenu de l’Accord Canada-Québec sur l’immigration.Cette entente unique au pays accorde au Québec un certain contrôle sur son immigration.Pour y parvenir, le Québec reçoit annuellement d’importants transferts fédéraux.En 1992-93, Ottawa a versé 82 millions.Pour l'année qui se termine à la fin du mois, c’est une somme de quelque 197,6 millions que recevra le gouvernement du Québec.Or toutes les sommes ne sont pas dépensées pour l’intégration des immigrants.C'est vrai sous le gouvernement de Jean Charest, et ce l’était également sous le précédent gouvernement du Parti québécois.Le Devoir Mulamba Katambwe, ce phénomène, qu’il qualifie d’épidémie, est d’autant plus alarmant qu’il ne restera pas marginal.«On est dans une société d’images où beaucoup d’importance est accordée à la publicisation de la vie privée.Dans cette logique médiatique, il ne faut pas s’étonner que les téléphones cellulaires, qui nous permettent de prendre des images et de les mettre sur YouTube, soient si populaires», a soutenu ce professeur au Département de lettres et communication de l’Université du Québec à Trois-Rivières.Le bannir, la solution?En France, cette tendance connaît un véritable boom.Durant les six premiers mois de 2006, pas moins de 200 incidents ambient été répertoriés, selon la présidente de l’Association SOS Benjamin qui lutte contre la violence à l’école.L’agression filmée d’une enseignante d’un lycée des Yvelines avait marqué l’entrée de ces «plaisanteries» de mauvais goût dans les établissements scolaires de niveau secondaire.L’adolescent «vidéaste» attend d’ailleurs son procès qui a récemment été reporté au 12 juin.En effet, depuis janvier et l’adoption d’un amendement d’un sénateur UMP dans le projet de loi Sarkozy sur la délinquance, le happy slappiHg est devenu un délit.In situation est telle qu’une député de l’UMP en a fait son cheval de bataille.Nathalie Kosciusko-Mori-zet s’inquiète de cette nouvelle tendance qui «menace la sécurité des enseignants et des enfants en encourageant cette violence», née de l’essor des nouvelles technologies.Elle ne prône rien de moins que le ban- nissement du téléphone cellulaire, non seulement dans les classes, mais partout ailleurs dans l’école.Certes, l’importance de réglementer est d’autant plus grande dans ce pays où 95 % des jeunes entre 15 et 17 ans possèdent un cellulaire.Dans des proportions moindres, les élèves du primaire et même les tout-petits de maternelle ont leur «babymo» (pour baby mobile), un téléphone cellulaire déguisé en ourson ou autre animal de peluche.A titre comparatif, selon une étude réalisée par Nokia, 64 % des jeunes Canadiens âgés de 15 à 29 ans ont des téléphones cellulaires.Parmi eux, plus de la moitié peuvent prendre des photos avec leur téléphone.Après qvoir fait la sourde oreille, le ministre français de l’Education, Gilles de Robien, a finalement tiré la sonnette d’alarme sur le téléphone portable.En plus d’avoir fait rédiger une circulaire sur la prévention de la violence à l’école, il a reconnu que le téléphone «doit être totalement prohibé dans les classes, voire dans les bâtiments».Même si l’usage du téléphone cellulaire et autres appareils électroniques est déjà interdit dans les salles de cours au Québec, l’heure du bannissement n’est pas encore venue.Plusieurs conseils d’établissement songent néanmoins à inclure des mesures plus sévères aux codes de vie des écoles, dont ils ont la responsabilité.Déjà, dans certains établissements, les sac à main sont interdits en classe.Après l’incident qui lui a fait perdre momentanément un professeur, l’école secondaire Mont-Bleu n’y est pas allée de main morte: elle a carrément interdit l’utilisation du téléphone portable partout en ses murs.Même chose à Toronto où le Marc Garneau Collegiate Institute a interdit le cellulaire dans les corridors et la cafétéria, malgré les protestations des parents, qui voulaient garder le contact avec leurs enfants pendant la journée.Le conseil scolaire songe même à étendre cette mesure à toutes les écoles dès avril.«Les directions d’école sont vraiment am prises avec ce problème, et on va devoir y réfléchir.C’est toute la confiance en notre système d’éducation qui est en jeu», a indiqué pour sa part la présidente de la Fédération des comités de parents du Québec, Diane Miron.Au Saguenay, le directeur de la polyvalente Charles-Gravel a demandé que la question soit mise à Tordre du jour du prochain Conseil des commissaires.A la Commission scolaire de Montréal, on dit surveiller de près cette problématique, bien que Ton ne songe pas encore à imposer un règlement Pour le professeur Katambwe, adopter une attitude autoritaire prohibitive n’est pas recommandable.«H ne faut pas chercher à bannir l’utilisation du téléphone cellulaire, mais plutôt tenter de promouvoir un usage responsable», a-t-il noté.Il se dit en désaccord avec cerfains professeurs qui n’osent toujours pas dénoncer les actes de happy slapping dont ils sont victimes, de peur que cela fasse boule de neige.«Au contraire, il faut plutôt provoquer un débat social et en parier dans les écoles et les familles.Devant la croissance certaine du phénomène, nous n’avons pas d’autres choix», a-t-il conclu.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier 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