Le devoir, 28 janvier 1998, Cahier A
DEVOIR PERSPECTIVES Le viol de la loi Restons poli.La sentence de 18 mois avec sursis imposée à deux hommes reconnus coupables de viol collectif laisse pantois.Une fois l’indignation — légitime! — passée, force est cependant de reconnaître qu’un tel jugement participe de la confusion croissante entre le droit et la culture.Sans compter qu’il carbure au fantasme faisant de l’enfant une incarnation de la pureté.Il n’y a pas qu’aux États-Unis que le droit et le sexe forment un mélange explosif.La juge Monique Dubreuil est en train de l’apprendre à la dure.La sentence quelle vient d’imposer suffirait à elle seule à choquer.Mais les arguments sur lesquels elle s’appuie pour faire étalage d’une telle mansuétude ne peuvent qu’amplifier le malaise.Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de la justice.L’absence apparente de regrets des deux accusés ne paraît pas avoir troublé la juge.Elle lui semble «relever plus d’un contexte culturel particulier à l'égard des relation avec les femmes que d’une véritable problématique d'ordre sexuel».C’est que les deux violeurs sont d’origine haïtienne.De Ità à laisser croire que le viol est un sport national en Haïti.On comprendra que cela ait suffi à faire bondir des représentants de la communauté haïtienne.La bourde de la juge Dubreuil rappelle celle de la juge Raymonde Verreault, il y a quatre ans.Elle avait condamné à 23 mois de prison un homme d'origine algérienne reconnu coupable d’avoir sodomisé sa belle-fille de neuf ans.Dans son jugement, la juge notait que le beau-père incestueux avait préservé la virginité de sa victime, «ce qui semble être une valeur très importante dans leur religion».On reste effectivement médusé par tant de compassion.Jeu n Reste que la prise en compte de Piche tte tel* «facteurs culturels» — nous lais- sons à d’autres le soin déjuger s’il ne * * * s’agit pas plutôt de préjugés éculés — pose un problème de taille, qui déborde largement la question des délits à caractère sexuel: comment s’articulent le droit et la culture?Ou, plus largement, quel est le statut de la norme édictée par le droit par rapport à celle constituée par le «fait de culture»?Le propre du droit, tel qu’il s’est constitué dans l’Occident moderne, est précisément de s’abstraire des rapports sociaux traditionnels, véhiculant des valeurs réputés «aller de soi», pour énoncer des règles valables pour tous, à l’intérieur d’un espace juridique donné.Quand la loi interdit le viol, par exemple, elle ne souffre pas d’exceptions: aucune tradition culturelle — réelle ou présumée — ne saurait en atténuer la portée.En fait, la culture anthropologique, ou la culture au sens large, telle que l’évoque par exemple la juge Dubreuil, n’apparaît qu’à travers la distance que le droit établit entre lui et elle.On ne prend conscience des traditions culturelles qu’en s’en éloignant: toute communauté politique s’érige à travers l’adoption réfléchie de normes communes en rupture avec les rapports traditionnels.C’est donc dire que le droit et la culture ne peuvent être mis sur le même pied.Le premier dicte une norme réfléchie — ou du moins censée l’être — alors que la seconde est tissée dans les contingences de l’histoire.lorsqu’ils sont confondus, comme c’est massivement le cas aujourd’hui, c’est en fait à une indifférenciation de la norme (ce que l’on veut) et du fait (ce qui est) que l’on assiste.Résultat: le droit cesse d’être le lieu d’articulation d’un espace commun.Il devient une simple technique de gestion du social, où il ne s’agit plus tant de s'assurer de la conformité de l’action à la norme que de veiller, avec l’appui des experts en tous genres, à un équilibrage mouvant entre des actions et des prétentions individuelles de plus en plus soustraites à la norme d’une loi commune.Dans cette optique, tout concourt à faire disparaître jusqu’à l’idée même de culpabilité, et donc la nécessité de répondre publiquement de son acte criminel.Nous n’en sommes certes pas encore là.En témoigne l’opprobre dont est désormais frappé le pédophile.Il faut dire que le crime de ce dernier est bien particulier: sa victime est un enfant, plus que jamais symbole rous-seauiste de la pureté et de l’inviolabilité.L’enfant constitue la victime idéale puisqu’il a encore un pied dans la nature, pour ainsi dire: étymologiquement «celui qui ne parle pas», il n’est pas encore complètement entré dans l’ordre symbolique de la loi.I) échappe en quelque sorte à la norme, qu’il n’a pas encore intériorisée.C’est ce qui lui confère son innocence.L’effet en retour d’une telle conception est clair: le crime est moins grave si la victime n’est pas un enfant.Si la victime, autrement dit, est déjà sortie du «fait de nature» et engluée dans la norme sociale.La juge Dubreuil a d’ailleurs noté, parmi les facteurs atténuant le crime commis par les deux hommes, qu’il ne s’agissait pas «d’une agression sexuelle sur des enfants».La morale de cette histoire?Il n’y a pas que les juges masculins que le sexe égare.Mais surtout, il n’y a pas que le jugement de certains juges qui fout le camp.Le droit lui-même est sur la même pente savonneuse.Le propre du droit est de s’abstraire des rapports sociaux traditionnels pour énoncer des règles valables pour tous M É T É 0 Montréal Québec Ciel variable.Faible neige.Max:-2 Min:-10 Max:-6 Min:-14 Détails, page B 4 I N Agenda.B 6 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 I) E X Le monde.A 5 Les sports.B 5 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A 4 Télévision.B 7 www.ledevoir.com POLITIQUE Accouchements: les hôpitaux se préparent au pire, page A 4 LE MONDE Ballet diplomatique autour de l'Irak, page A 5 CULTURE Une solution de rechange au prix unique du livre, page B 8 L’usine GM de Boisbriand condamnée ?Bernard Landry rencontre le syndicat pour trouver une solution GÉRARD B É R U B É LE DEVOIR En sursis et ne répondant pas aux objectifs des prochaines années du siège social du géant de l’automobile, à Detroit, l’usine GM de Boisbriand reçoit une attention particulière du gouvernement québécois.Il n’y a pas d’angoisse pour le moment, soutient Bernard Landry.«Nous ne sommes pas à l’aube d’une opération Ken-worth», a renchéri le vice-premier ministre.Mais «il nous faut élaborer une proposition d’affaires innovatrice qui fera en sorte que l’usine sera en mesure d’offrir des performances supérieures.C’est de cette façon que nous réussirons à convaincre la maison-mère de confier de nou- veaux mandats de production à l'usine de Boisbriand.» Pour Québec, la prochaine étape consiste à rencontrer «nos amis du syndicat.Ça ne peut pas se régler sans qu’ils s’impliquent», a soutenu M.Ltndry au cours d’un bref entretien au Devoir.Le vice-premier ministre du Québec a eu une rencontre hier avec la présidente de GM Canada, Maureen Keinps-ton-Darkes.«Afin de faire le point sur la situation de l'usine de Boisbriand et d’analyser les conditions susceptibles d'assurer le développement de cette usine à long terne», prend-on soin d’ajouter au cabinet de M.Landry.«La compagnie, le syndicat et nous avons un œil attentif.L’usine tourne, nous ne sommes pas dans l’angoisse.Nous ne sommes pas non plus engagés dans une opération à la Ken worth.» Il reste que la demande initialement prévue pour les produits fabriqués à Boisbriand ne s’est pas matérialisée, que cette usine, pour survivre, «devra avoir d'autres mandats».Depuis les mises à pied d’octobre 1995, l'usine de Boisbriand ne fonctionne plus qu’avec un quart de travail, avec un peu moins de 1700 travailleurs contre 3100 il y a dix »——¦ ^|| ¦¦ ¦ n .• ENCANTEURS • ÉVALUATEURS — ‘*l-IIL-BJ Déclaration unilatérale d’indépendance Des Québécois refuseront de payer leurs impôts, plaide Bertrand Chambre de Commerce —/**v \ d’industrie et de Tourisme ff rSi J J Canada - Afrique de l’Ouest et du Centre \ ^_.* DÉJEUNER-CAUSERIE Gabon : potentialités économiques et investissements M.Paul Toungui Ministre des Mines de l’Energie et du Pétrole du Gabon (ancien ministre des Finances et du Budget) Date : le lundi 2 février 1998 à 12h00 (inscription à partir de 11 h30) Lieu : Hôtel Le Westin Mont-Royal (salle saison A & B) 1050, rue Sherbrooke Ouest Montréal Réservation (514) 990-3357 Service des finances et du contrôle budgétaire Division des recettes Avis aux contribuables Rôle de perception des taxes foncières Rôle de perception des taxes locatives et spéciales Avis public est.par les présentes, donné que les rôles de perception des taxes foncières et des taxes locatives et spéciales de la Ville de Montréal, de l'exercice financier de 1998, sont complétés et qu'ils sont maintenant déposés au bureau du soussigné à l'hôtel de ville.Toutes les personnes dont les noms y sont inscrits sont, par les présentes, requises de payer au soussigné, à son bureau, au plus tard le 2 mars 1998 (premier versement ou paiement total si le compte de taxes est inférieur à 300 $) et le 1er juin 1998 (second versement), sans autre avis, le montant des taxes porté à leur compte audit rôle.Montréal, le 28 janvier 1998 Le directeur du Service des finances et du contrôle budgétaire Roger Golipeau, FCA Note : Des informations sur les rôles de perception des taxes foncières et des taxes locatives (taxe d'affaires et taxe de l'eau et de services) et spéciales de la Ville de Montréal peuvent être obtenues dans tous les bureaux Accès Montréal.NORMAN DE LISLE PRESSE CANADIENNE Québec — D’importants groupes de Québécois se préparent à ne pas payer leurs impôts au gouvernement du Québec si ce dernier s’avisait de déclarer unilatéralement l’indépendance du Québec, a soutenu hier l’avocat Guy Bertrand.Devant le juge Jacques Blanchard, de la Cour supérieure, M" Bertrand a expliqué que le gouvernement québécois ne serait ainsi plus capable d’asseoir son autorité et d’exercer un contrôle effectif de son territoire.Devant les journalistes, à sa sortie de l’audience, M' Bertrand a apporté, plusieurs détails additionnels: ¦ un sondage mené par son groupe évalue à près de 50 % le nombre de contribuables québécois qui refuseraient de payer leurs impôts «à un gouvernement hors la loi», c’est-à-dire à un gouvernement «illégal et révolutionnaire» ayant proclamé unilatéralement l’indépendance; ¦ ce refus de millions de contribuables priverait le gouvernement de revenus de dix milliards.Un économiste, que M' Bertrand ne veut pas identifier pour l’instant, viendra le démontrer devant la cour si la cause se poursuit.Ces précisions ont été apportées à l’occasion de la requête en irrecevabilité que le procureur du gouvernement québécois, le bâtonnier Henri Grondin, a déposée contre la procédure intentée par M' Bertrand en octobre dernier devant la Cour supérieure.Ce dernier veut que le tribunal crée un mécanisme par lequel les contribuables québécois pourraient placer leurs impôts en fiducie au lieu de les verser au ministère du Revenu au cas où le gouvernement déclarerait unilatéralement la souveraineté du Québec.M" Bertrand s’est assuré l’aide du juriste torontois Patrick Monahan qui a plaidé pour sa part que le premier ministre Lucien Bouchard a créé un précédent en refusant à l’avance de reconnaître la compétence de la Cour suprême à se prononcer sur l’avenir du Québec.Quant au représentant du gouvernement fédéral, M' Jean-Marc Aubry, il a plaidé hier que la cause intentée par M' Bertrand ne devait pas procéder tant que le renvoi dont la Cour suprême a été saisie n’aura pas été entendu.L’audition de la requête en recevabilité se poursuit aujourd’hui devant le juge Blanchard.Ce sera au tour des juristes du gouvernement québécois de répliquer à M' Bertrand./ jxp ¦ Jer Moues produits Acrylica o\° ' é&L iW” vur rencontrer — mais pas nécessairement dims cet ordre — le ministre russe des Affaires étrangères Evgueny Primakov à Madrid, son homologue français Hubert Védrine à Paris et le secrétaire au Foreign Office Robin Cook à Londres.Il n’a pas exclu quelle se rende ensuite au Proche-Orient.De source proche de la présidence américaine, on indique que Bill Clinton et ses conseillers à la sécurité n’ont jamais été aus- si proches d’une riposte armée depuis le début de la crise, même s’il ne s’agit pas d'une question «de jours, mais de semaines».Ix>s dirigeants arabes doutent pour leur part de l’efficacité d’une solution militaire, d’ores et déjà condamnée par la Ligue arabe.«Si l'objectif est de tirer quelques missiles sur l’Irak pour la punir et de se retirer comme la dernière fois ten septembre 1996/, Saddam en tirera encore plus de bénéfices.Si, au contraire, l'objectif est de provoquer un changement en Irak et de clore ce dossier une fois pour toutes, alors ce sera différent», a déclaré à Reuters un responsable arabe de la région.Demain, Evguéni Primakov sera reçu par Jacques Chirac à Paris, où le Quai d’Orsay a souligné l’attachement de la France «au rôle et à l’unité d’action du Conseil de sécurité dans le traitement du problème irakien».Interrogé sur l’éventualité de frappes aériennes, Yves Doutriaux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a répondu: «Ce n'est pas d’actualité.» lit France juge cependant «inacceptable» l’idée irakienne d’un moratoire sur l’inspection des sites présidentiels.De passage à Paris, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a estimé lui qu’«une frappe aérienne ne seraëitù pas nécessaire» et qu’«o« trouveraëitu une solution pacifique».RiM dans la vallée du Rift ¦ ’ - • : , , LUIC.IA REUTERS ARMES D’ARCS ET DE FLECHES, des membres de l’ethnie kikuyu ont formé des milices d’autodéfense près de la ville de Njoro, dans la vallée du Rift, à 200 kilomètres au nord de Nairobi, la capitale du Kenya.Ils se protègent contre des attaques que certains observateurs attribuent au fait qu’ils ont généralement voté contre le président Moi, fin décembre 1997.«Une bonne idée» Gro Brundtland à la tête de l’OMS A G E N C E F RANCE-PRESSE Genève — L’ancien premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland a été élue hier à Genève directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un poste qui sera occupé pour la première fois par une femme.Elle rejoindra en prenant son poste le 21 juillet trois autres femmes déjà installées à la tête d'institutions spécialisées des Nations unies.L’Américaine Carol Bellamy dirige l’UNICEF, la Japonaise Sadako Ogata le Haut-Comissa-riat aux réfugiés (HCR) et l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson le Haut-Commissariat pour les droits de l’homme depuis septembre.Parmi les cinq candidats en lice hier figurait une autre femme, la Pakistanaise Nafis Sadik, qui est elle-même directeur exécutif du Fonds des Nations unies pouf la population.Les autres candidats étaient tous les trois directeurs régionaux de l’OMS: George Alleyne (Barbarie), Ebrahim Malick Samba (Gambie) et Uton Muchtar Rafeî (Indonésie)., Mme Brundtland, qui avait notamment l’appui des États-Unis et des Européens a été choisie au quatrième tour devant MM.Alleyne (dix voix) et Utan (quatre voix).Championne du développement, elle a aussi bénéficié de voix de délégués africains.Réjouie par son succès, elle a déclaré à la presse que «c’était une bonne idée» de désigner une nouvelle fois une femme à la tête d’une organisation internationale.«Gro», comme l’appellent ses amis sociaux-démocrates, a dirigé le gouvernement norvégien pendant dix ans.Âgée de 58 ans, bientôt grand-mère de huit petit&enfants, elle a présidé dès 1983 la Commission mondiale sur l’environnement et le développement qui déboucha sur le sommet de Rio.Affaire Elf Roland Dumas est éclaboussé ALAIN NAVARRO AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — L’un des,plus hauts personnages de l’État français, le président du Conseil constitutionnel Roland Dumas, ancien chef de la diplomatie, est éclaboussé à son tour dans l’affaire du groupe pétrolier Elf.Une triple perquisition policière a visé hier à Paris son bureau privé d’avocat, et ses domiciles à Paris et près de Bordeaux, sur commission rogatoire de deux juges anti-corruption chargés de l’affaire Elf, Eva Joly et Laurence Vichnievsky.M.Dumas, 75 ans, dirigea à deux reprises la diplomatie française, de 1984 à 1986, et de 1988 à mars 1993.Il préside depuis 1995 le Conseil constitutionnel, ce qui en fait le cinquième personnage de la République.M.Dumas s’est retrouvé inquiété après l’inculpation d’une de ses amies, Christine Deviers-Joncour, incarcérée depuis deux mois pour avoir perçu une forte commission occulte, 45 millions de FF (7,6 millions $ US), via un réseau d’intermédiaires abrité par Elf, dans la vente à Taïwan en 1991 de six frégates.Ixs perquisitions semblent surtout avoir été motivées par la découverte de mouvements de fonds fin 1991 et début 1992 sur un compte bancaire ouvert à Paris par M.Dumas, selon une source proche du dossier.Les policiers ont pu vérifier la véracité d’un récent renseignement anonyme, selon lequel Christine Deviers-Joncour avait déposé sur ce compte des sommes en espèces.Aucun lien ne serait toutefois établi à ce jour entre ces sommes et les [irises de position de M.Dumas sur l'opportunité de la vente des frégates lorsqu’il était ministre.Les perquisitions à Paris ont eu lieu en présence de M.Dumas, d’abord à ses bureaux, au centre de Paris, puis tout l’après-midi à son domicile, rue de Bièvre.Une demeure de M.Dumas près de Bordeaux a aussi été perquisitionnée.Après la vente par Thomson-CSF des frégates à Taïwan, les juges avaient soupçonné un réseau d’escrocs d’avoir tenté de soutirer 150 millions de FF (25 millions $ US) au groupe français pour jouer les intermédiaires auprès de Pékin, furieux de ce marché.Quatre personnes seraient au centre de l’arnaque liée à ce contrat: Alfred Sirven, ancien directeur des «affaires générales» d’Elf, Christine Deviers-Joncour, qui a travaillé au cabinet d’avocats de Roland Dumas et chez Elf, Gilbert Miara, une connaissance de Sirven, et Edmond Kwan, homme d’affaires de Hong-Kong, proche du groupe pétrolier.M.Dumas avait opposé son veto à ce contrat d’armement, au nom de la sauvegarde des intérêts diplomatiques de la France avec Pekin.M.Sirven, proche conseiller de l’ancien président d’Elf, Loïk Le Flo-ch-Prigent, avait alors proposé à Thomson les services de M.Kwan, pour tenter d’infléchir la Chine.La situation s’était débloquée après plusieurs mois, et le ministère des Affaires étrangères avait levé son veto.Mme Deviers-Joncour aurait été la première à lancer l’offre de service auprès de Thomson, avant qu'Alfred Sirven ne prenne le relais.Thomson a refusé de payer les 150 millions à une société suisse proche de Sirven, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et qui avait par contre versé 45 millions FF à Mme Deviers-Joncour sur un compte suisse.E N BREF Ulster: nouvelle mouture Londres (AFP) — Londres et Dublin ont avancé hier aux négociations sur l’Ulster un projet de coopération politique entre le Nord et le Sud de l’île, sujet au coeur de la fracture entre partisans et adversaires de l’unification de l'Irlande, qui l’ont diversement accueilli.Les protestants unionistes ont rejeté d’emblée toute perspective d’une «ingérence de Dublin» dans les affaires tie la province, tandis que les nationalistes catholiques se sont félicités de cette nouvelle ouverture.Reprenant les termes de leur proposition initiale présentée il y a deux semaines, les gouvernements britannique et irlandais recommandent la création d’un conseil réunissant des ministres irlandais et des responsables exécutifs nord-irlandais, avec pouvoir de décision «dans des domaines d’intérêt commun».Mais la nouvelle mouture est assortie d’une déclaration selon laquelle les deux gouvernements «demeurent fermement engagés» envers le document-cadre anglo-irlandais de 1995, base de l’actuel processus de paix, qui stipulait que l’organe nord-sud aurait des pouvoirs exécutifs.Quoique le mot «exécutif» n’apparaisse plus dans le texte déposé sur la table, les catholiques nationalistes modérés du SDLP l'ont bien accueilli, en se satisfaisant de l’engagement qui l’accompagne.Les durs du nationalisme, le Sinn Fein (aile politique de l’IRA), qui avaient rejeté la première mouture du document de travail, se sont déclarés «satisfaits de l’occasion de mener des discussions détaillées sur la question» a dit leur chef Gerry Adams.Mais pour les unionistes modérés de David Trimble (UUP), le document-cadre et tout embryon de rapprochement politique entre Nord et Sud ont toujours été irrecevables.Deux sorcières mal-aimées Accra (Reuters) — Des hommes cagoulés et armés de batons et de pierres ont tué la semaine dernière deux femmes âgées soupçonnées d’avoir jeté un mauvais soi t à Kumbungu, dans le nord du Ghana.Selon la police, ces deux meurtres sont intervenus après la mort d’une jeune homme.La région en question est en proie à une épidémie de méningite, et les femmes âgées sont souvent accusées de sorcellerie et pris à partie dans les villages de l'Afrique de l’Ouest lorsque quelqu’un meurt de maladie.Mises au ban de la communauté, ces réprouvées doivent alors quitter leurs villages et elles s'installent parfois dans des «campements pour sorcières» installés en pleine brousse.Exécutions à Kinshasa Kinshasa (Reuters) — Vingt et une personnes ont été exécutées hier à Kinshasa pour vol à main armée et assassinat, a annoncé la radio d’État.Il ne s’agit pas des pre- mières exécutions en République démocratique du Congo, l’ex-Zaire, depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en mai.Dans le courant du mois de janvier, 18 soldats ont été exécutés dans un stade de football à Goma, dans l’est du pays.D’autres exécutions ont eu lieu à Bukavu, dans l’est, et à Lumumbashi, dans le sud.Un soldat a été exécuté à Kinshasa l’an dernier pour meurtre.Les suppliciés d’hier étaient des civils et des militaires dont les appels à la clémence avaient été rejetés par le président Kabila.Japon : le ministre des Finances démissionne Tokyo (Reuters) — Le ministre japonais des Finances, Hiroshi Mitsuzuka, a annoncé hier qu’il présenterait aujourd’hui sa démission en raison de l’affaire de corruption qui a abouti à l’arrestation lundi de deux hauts fonctionnaires de son ministère.Il a annoncé cette décision à des journalistes après un entretien avec le premier ministre Ryutaro Hashimoto.Selon une chaîne de télévision japonaise, le portefeuille des Finances serait confié à Sohei Miyashita, un ancien directeur de l’Agence japonaise de Défense.Ce haut fonctionnaire, qui a également exercé auparavant des fonctions à l’Agence de l’environnement et aux Finances, appartient à la même faction que Hiroshi Mitsuzuka au sein du parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir.Les deux fonctionnaires des Finances arrêtés lundi sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’avantages conséquents, notamment d’invitations dans des restaurants de luxe ou dans des clubs de golf, de la part de banques pour avoir prévenu à l’avance ces établissements des inspections dont elles feraient l’objet de la part du ministère.Des dissidents cubains / interpellent Castro et l’Eglise La Havane (AFP) — Un groupe de dissidents cubains a appelé hier le gouvernement de Fidel Castro et l’Église catholique cubaine à «unir leurs efforts» pour faciliter «un processus de transformations graduelles et ordonnées vers des changements démocratiques» à Cuba.Le Courant socialiste démocratique cubain (CSDC, illégal) a estimé, dans un communiqué remis à l'ÀFP que les conditions d’une tel processus existent à l’issue de la visite du pape Jean-Paul II à Cuba, qui s’est achevée dimanche dernier.Cette visite signifie des «retrouvailles avec les valeurs qui sont à la base de notre existence comme nation» et offre «la possibilité d’un renouveau fondamental de notre avenir», estime le mouvement, dirigé par Manuel Cuesta et comptant, selon lui, quelque 400 membres ou sympathisants.LE PRESIDENT BELAND 356 pages, 25 $ Jacques Lamarche Auteur de nombreuses biographies historiques, laissant tout de même percer ses rêves de romancier, Jacques Lamarche signe une recherche personnelle exhaustive sur l’œuvre et la vie de l’actuel président; du Mouvement Desjardins,: M' Claude Béland: la toute première parue au pays.Seul héritier, dans toute l'histoire séculaire du Mouvement Desjardins, formé à l’école des caisses d’économie autant qu’à celle des caisses populaires, Claude Béland a suscité et réussi l’unification.Toutes les forces vives des coopératives «industrielles ou paroissiales», autochtone, chinoise ou portugaise, à la grandeur du Québec, associées à celles des francophones d’Ontario,' du Manitoba et de l'Acadie, œuvrent désormais en harmonie au sein de ce-vaste empire social et financier.Dans le sillage de ses dynamiques prédécesseurs, tels Émile Girardin ou Cyrille Vaillancourt, Raymond Blais ou Alfred Rouleau, le président Béland entraîne, inspire et guide les.1470 caisses et les 33 institutions.Desjardins sur les grandes routes! électroniques, à l’aube du XXIe! siècle.,Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée 4501.rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-editeur.qc.ca ' * I A 6 I, E I) E V II I II , I.E M E II C It E I) I 2 8 .1 A N V 1ER I !) !) 8 ÉDITORIAL Colère de recteur Lise Bisson nette L’heure étant à l’aide aux sinistrés, c’est sur ce mode que le recteur de l’Université McGill, Bernard J.Shapiro, a interpellé les milieux d’affaires québécois, lundi au Canadian Club de Montréal.Il a exprimé rien moins que sa «colère» devant leur «silence» au moment où les universités subissent des compressions budgétaires selon lui intolérables.Shapiro semblait vraiment étonné de leur apathie et de celle du «public».Après avoir dressé un portrait de la «conjoncture lugubre», passé en revue les malheurs particuliers de son établissement, fait vibrer la corde de la «société du savoir», le recteur s’est demandé tout îaut: «Mais comment devons-nous nous y prendre pour être des partenaires actifs du changement social si notre mode de fonctionnement est à ce point compromis par notre situation financière?» Apparemment, il ne lui est pas venu à l’idée que l’indifférence réelle dont il se lamente, et avec lui ses collègues recteurs qui le soutenaient lundi, vient de ce que rares sont les endroits où l’université est perçue d’emblée, aujourd’hui, comme un «partenaire actif du changement social».Il y a une trentaine d’années que les universités québécoises sont devenues des institutions publiques, certaines créées directement par l’État comme les constituantes de l’Université du Québec, et toutes financées quasiment en totalité par le gouvernement.Ici comme ailleurs, ce tournant important a marqué la fin de l’uni-' versité «tour d’ivoire», petite communauté de professeurs et d’étudiants qui s’éloignaient volontairement du bruit : de la cité et de ses engagements pour mieux réfléchir et étudier.Pendant une dizaine d’années, en partie sous l’effet de l’agitation étudiante d’après-68 et du , Changement de la garde professorale, • les établissements universitaires ont été habités d'une passion nouvelle pour le monde où ils vivaient.Au Québec, la toute neuve UQ était le ferment de ces temps nouveaux, elle se voulait «critique, créatrice, ouverte au milieu», et si les universités plus anciennes n’affichaient pas aussi clairement leurs couleurs, la plupart semblaient participer au mouvement.C’est de cette époque, aussi, que date l’ajout officiel, à la mission des universités et à la tâche des professeurs, d’une composante de \.*service à la collectivité» en sus de l’enseignement ét de la recherche.1 Sans redevenir une tour d’ivoire, ce qui serait impossible avec leurs énormes et si diverses clientèles, les universités ont assez vite quitté le front de ,1’engagement social.A part les quelques professeurs qui s’en préoccupent encore à titre individuel, l’institution elle-même ne s’y reconnaît à peu près plus de rôle.Quand M.Shapiro prétend que l’université est «partenaire actif du changement social», il semble se référer simplement aux résultats de ses activités traditionnelles d’enseignement et de recherche — «nous interroger sur les frontières mêmes du savoir, trouver des moyens de guérison, construire des maisons abordables, tester de nouveaux matériaux», par exemple.Mais l’idée que l’université puisse, en soi, se voir comme un ferment de changement social est absente.C’est fort curieux.Où sont M.Shapiro et ses collègues recteurs quand d’autres groupes sociaux mettent en cause les politiques budgétaires de l’État et disent, comme lui, que «trop, c’est trop»?Que pensent-ils des compressions imposées aux hôpitaux, aux commissions scolaires, aux cégeps?Et de la réforme de l’aide sociale?Pourquoi «l’apathie du public» à leur égard serait-elle plus coupable que l’apathie des universités, comme institutions, à l’égard des problèmes qui ne sont pas les leurs?Certes, l’université n’est pas une personne.Et les recteurs, même quand ils en ont la capacité intellectuelle, n’osent plus se prononcer individuelle- ment sur quoi que ce soit depuis qu’ils sont en pratique élus et qu’ils doivent quêter leurs mandats auprès de groupes aux intérêts contradictoires.Mais la vie en camp retranché est aussi leur choix, délibéré.M.Shapiro le sait bien, lui dont c’est le tour de présider la Conférence des recteurs et principaux d’universités du Québec (CREPUQ), club privé de dirigeants d’établissements universitaires qui, le nombre aidant, pourrait trouver l’énergie et le courage de se prononcer sur divers thèmes d’importance pour la collectivité mais s’abstient toujours de le faire.Le rapport annuel de la CREPUQ l’illustre fort bien: les recteurs s’en tiennent aux affaires académiques ou administratives et quand ils interviennent ensemble publiquement, c’est uniquement sur des sujets qui touchent de près la gestion ou le développement universitaire: la Loi sur l’équité salariale, la fiscalité et le financement des services publics, l’inforoute québécoise, les règlements sur l’exercice des professions, le projet de grande bibliothèque, par exemple.Même quand ils se sont intéressés aux États généraux sur l’éducation, c’était pour y causer de leurs affaires et non de celles de l’ensemble du système.C’en est rendu que les banquiers ou présidents de chambre de commerce ont plus d’intérêt que les recteurs pour les problèmes sociaux, ont moins froid aux yeux et ont par conséquent plus d’influence, comme on l’a vu si clairement durant les sommets sur l’emploi et l’économie, où les universitaires faisaient tapisserie.Le plaidoyer de M.Shapiro n’est certes pas dénué de fondement.Il est vrai que les gouvernements, fédéral et provinciaux, ont sabré fortement dans tous les budgets d’éducation et que l’université a écopé, souvent de la façon la plus arbitraire, encore qu’elle n’a pas subi plus que sa part de sacrifices.Il est vrai que les investissements milliardaires du gouvernement en éducation devraient être faits en fonction d’objectifs clairs, qui seuls permettraient d’évaluer si, comme le prétend M.Shapiro, leur atteinte est gravement compromise.Mais il est bien difficile, tant pour les gens d’affaires que pour le public, de crier au secours au nom et à la place de gens qui ont eux-mêmes demandé d’échapper aux interventions extérieures, qui ont exigé de faire leur propre examen en autarcie au sein de la CREPUQ après la parution du rapport des États généraux dont ils n’aimaient pas les conclusions, qui ont obtenu de se débarrasser du Conseil des universités, organisme public que la loi obligeait à rendre au ministère des comptes tout aussi publics quant à l’évolution du système universitaire.Bien d’autres facteurs expliquent la distension du lien entre les universités et la société dont elles devraient émaner, et le fait que les organismes humanitaires, les médias, les associations patronales et syndicales, réussissent mieux qu’elles, et nettement, à être des «partenaires actifs du changement social».La quête compulsive de fonds privés a certes limité la libre expression des dirigeants, les établissements sont devenus de vastes écoles professionnelles où les enseignements plus critiques ont été marginalisés, la concurrence féroce en recherche a relégué aux oubliettes le rêve du véritable «service à la collectivité».Sur les campus, la prudence et le calcul sont devenus le mode de survie des professeurs et des gestionnaires.Avec un franc-parler qui l’honore et qui contraste enfin avec les mœurs universitaires actuelles, M.Shapiro a posé des questions fort stimulantes, qui vont au cœur du malaise.Puissent-elles soulever, au sein même de la communauté universitaire, l’intérêt et l’inquiétude que le recteur réclame d’autrui.Les universités s’étonnent d’une apathie qu’elles ont elles-mêmes provoquée.Une top-star oubliée Excellente, l’humoristique chronique de Josée Legault sur le «col Caillé» dans Le Devoir du 21 janvier dernier.Cependant, elle a oublié une top-star dans sa stratégie de marketing: Jacques Villeneuve.On peut facilement imaginer le succès monstre du «col Caillé» si notre ¦ idole le portait a chacune de ses 1 courses de Fl.Des centaines de millions de téléspectateurs exigeraient aussi leur ¦ «col HQ».C’est sûr que ce serait un plus grand succès de vente que celui des biographies de notre Céline nationale.Pierre-Paul Roy Laval, 22 janvier 1998 J’ampère Pour avoir donné des spectacles à LG 2, Caniapiscau, Brisay, LG 4, Fon-tanges, Mirage, 1/13, Manik 5, Outarde 4, j’ai pu voir de visu le génie constructeur des Québécois, quand j’étais invité à parcourir les chantiers lors de visites guidées.J’ai constaté avec orgueil la grandeur de l’œuvre, du gigantisme, point à la portée de tout un chacun.Ça, c’est nous! LETTRES -?- Qu’une poussière vienne amocher le mécanisme de l’ouvrage nous choque, d’autant que rien ne laissait présager cette catastrophe.En haut lieu, on ne lésinera pas désormais sur les moyens d’assurer l’étanchéité du système d’aîimenta-tion en énergie hydroélectrique.Ce qui est remarquable dans cette histoire, c’est l’incroyable solidarité des gens.Des quatre coins du Québec le plus reculé, ils viennent en aide à ces «étrangers» du grand centre.Ce grand centre qui la plupart du temps ignore le Québec profond.J’habite en forêt, sur une terre à bois comme on dit, et au-dessus de ma «boîte à bois», sur le mur à côté du poêle, j’ai accroché une reproduction d’une scène paysanne d’hiver de Cornelius Krioghoff, peintre du Canada français d’autrefois.On y voit des gens sereins dans la difficulté, sans lumière, sans moyens, des gens qui vaquent et habitent le quotidien.C’est l’intendant Duchesneau qui écrit à Colbert en 1679 que «l’habitant sait de façon rapide et intelligente organiser son existence, ce qui fait l'admiration des étrangers».Aussi, je dis, MM.Caillé, Bouchard et de possèdent la taille qui les mesure aux premiers bâtisseurs d’ici.Félicitations, et honneur aux humbles qui, à coups de 16 heures, strangulent les fils, entre ça nous font des fils, et nous mettent au courant.Claude Landré Artiste de variétés Im Tuque, 16 janvier 1998 Des banques d’image Imaginons.Je le lirais ce matin dans mes journaux préférés, la radio y ferait écho, la télé en édition spéciale nous montrerait la porte-parole des banques en conférence de presse, pour annoncer: «Les banques canadiennes transforment leur campagne publicitaire et donnent les 70 millions à Hydro-Qué-bec, pour verser 50 $ par personne aux comptes de tous les sinistrés.» Je dirais bravo, vous remontez dans mon estime, comme tous les Québécois et Québécoises qui attendent un geste de nos banques.Ne serait-ce pas la façon la plus simple et la meilleure de redorer l’image de nos banquiers et de leurs actionnaires voraces?Quel beau coup de pub ce serait! On peut rêver.Sur sept milliards de bénéfices, ce ne serait, après tout, que 1 %, même pas la dîme.Eugène A.L.H.Mouvet Bellefeuille, 16 janvier 1998 V0?ttkt\c>n UG-lkÇAtt îifce 'A SA Tin.4 K 0 > % Ÿ/ ages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumaaet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels e! théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (cinéma) ; A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Robert Dutrisac, Benoît Munger, François Normand, Claude Turcotte ; A l’information internationale: Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information), GuyTaillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; A l’information politique Pierre O'Neill, Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; A l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la'rédaction) ; Judith Lachapelle, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplantc (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBIiCITEET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeuradjoint), Carole Dallaire (avis publics et appris d'offres), Jacqueline Avril.Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane Legault, Jacques A Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Iaporte, Claire Paquet, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon : Francine Ouellet (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunei, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon Blanchette-Turcotte, Monique L’Heureux, lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L'A I) MINI STRATI O N Nicole Carmel (responsable des services comptables), Carole Dallaire (responsable des ressources humaines), ]emne-à'Arc Hou-de (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).» i i.!•: i) !•: n i is .i !•: m v.it c ii k d i 2 « .1 .\ x v 1 k it 1 ti !> s A 8 —-* Le devoir ?— ACTUALITES Ottawa craint de prêter le flanc à des contestations juridiques JIM BROWN PRESSE CANADIENNE Collingwood, Ontario — Le gouvernement fédéral pourrait être confronté à des contestations juridiques s’il décide d’adoucir la réglementation de la loi antitabac pour les courses automobiles seulement, soutient le ministre de la Santé, Allan Rock.La Charte des droits s’applique à toutes les législations, même celles qui traitent du tabac, a-t-il dit, hier, à son arrivée à une réunion du caucus libéral à Collingwood, sur la baie Géorgienne, en Ontario.Son gouvernement, ajoutait-il, souhaite trouver une solution conforme à la loi et cohérente avec les objectifs de promotion de la santé.Le gouvernement a promis d’amender la législation adoptée l’an dernier, laquelle restreint considérablement la publicité et la commandite du tabac et renforce le pouvoir de réglementation du gouvernement.L’objectif des amendements envisagés serait d’assouplir les règles pour les courses automobiles qui se tiennent au Canada mais qui sont télédiffusées à l’étranger.Certains ont laissé entendre que les organisateurs des courses se retireraient du Canada si les compagnies de tabac ne peuvent s’afficher comme commanditaires sur les pistes de course et faire voir leurs couleurs sur les voitures et les uniformes des coureurs.L’industrie culturelle réclame également des exemptions pour les événements de nature artistique, et le ministre Rock n’a pas écarté la possibilité de les lui accorder, surtout qu’exempter un groupe et non les autres pourrait entraîner une contestation pour discrimination en vertu de la Charte.Nous examinons tout cela attentivement, a dit M.Rock.Nos avocats étudient divers angles, différentes options.La législation amendée est censée être soumise au Parlement d’ici le mois de juin.Le ministre Rock semblait soucieux de ne pas donner l’impression qu’il cède aux pressions du lobby du tabac.La Loi sur le tabac est l’une des législations antitabac les plus efficaces du monde occidental, a-t-il répété, ajoutant que les amendements envisagés ne concernent qu’une petite partie de cette loi.Il a aussi laissé entendre qu’il aimerait hausser les taxes sur les cigarettes dans le cadre d’une campagne visant à dissuader les jeunes de fumer.Mais il soulignait que les taxes provinciales constituent un élément important des prix de détail du tabac et que toute initiative dans ce domaine devrait être coordonnée avec les provinces.Les métiers de Tan 2000 (PC) — Pendant qu’on parle de chômage endémique chez les jeunes, il existe des secteurs où les étudiants se font offrir des emplois avant même d’avoir pu terminer leurs études.Une centaine de métiers et professions d’avenir sont présentés, chiffres à l’appui, dans le guide Les métiers qui recrutent et les carrières de l'an 2000, qui a été lancé hier, en compagnie de représentants du monde de l’éducation, des entreprises et du gouvernement.Contrairement à un préjugé populaire, les métiers en demande ne sont pas seulement manuels ou du niveau secondaire professionnel.Plusieurs requièrent une formation collégiale, voire universitaire.Parmi les métiers prometteurs pour les années à venir, on en dénombre plusieurs dans les secteurs du bois, du textile, de la métallurgie et des mines.Parmi les industries qui recherchent une relève bien formée, on retrouve les entreprises des technologies de l’information, de la biotechnologie, l’industrie pharmaceutique, de l’aérospatiale, de la plasturgie et de l’outillage.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 U1 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et les appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupements Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié (lu lundi au samedi par b- Devoir Int.dont le sie^e social est situé au 2050, rue de Bleury, !/ etage, Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue d*- Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées flans Le Devoir U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, bival.Envoi de publication — enregistrement n*0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE I)E LA PAGE 1 et d’écrire, les aptitudes à la communication verbale, la connaissance des technologies de l’information et la capacité d'apprendre.» Cette vision de la réalité canadienne prend racine dans le manque de cohésion sociale qui afflige le Canada et dont le Québec est .en partie responsable.Le rapport ne visait toutefois pas à traiter de «l’obstacle le plus évident à la définition d’un objectif commun, à savoir l’espoir de l’actuel gouvernement du Québec et de ses partisans de fonder un Etat indépendant du Canada».Il expose cependant des vues pour le moins nostalgiques et surprenantes.«Il ne sert à rien de s'attendre à un retour à quelque passé mythique “plus simple” où la plupart des Canadiens se ralliaient derrière “le roi et le pays” et où peu de gens remettaient en question l’ordre social ou les valeurs imposées par l’Eglise et Etat.Par ailleurs, un pays qui ne précise pas ses OTTAWA valeurs communes et ne fait pas la promotion d’un engagement commun envers son avenir peut, à tout prendre, cesser d’être un pays.» En outre, dans le chapitre sur l’identité, la culture et les valeurs, le document admet que les Québécois et les Canadiens ne partagent pas du tout les mêmes opinions.Ainsi, selon une étude la firme Environics citée à la page 339, le bilinguisme est le seul symbole de l’unité canadienne auquel les Québécois accordent plus d’importance que les Canadiens.Toutes les autres valeurs reçoivent beaucoup plus la reconnaissance des Canadiens que des Québécois: les parcs nationaux, le drapeau canadien et la GRC, pour ne nommer que celles qui sont les plus appréciées des répondants.Préfigurant les présents projets d’union sociale canadienne et de collaboration fédérale-provinciale dans des domaines de compétence provinciale, le rapport recommande la «flexibilité et une disposition à modifier les principes du gouvernement».L’étude s’inquiète également des problèmes de l’environnement, du vieillissement de la population ainsi que du déficit et de la dette qu'il faut régler, sinon on «pourrait faire durer la mauvaise performance de l’économie et ralentir le progrès social».Si on ne réduit pas la dette après avoir annulé le déficit courant, «le gouvernement fédéral risque de perdre sa visibilité pour les citoyens» en n’étant plus capable de diminuer les impôts.On s’inquiète aussi de la hausse de la criminalité et surtout des craintes du public à ce sujet, accentuées par «les reportages à grande échelle des médias en général».L’étude fait état de la dissociation du public et de son élite; le public favorisant des valeurs et objectifs comme la liberté, un environnement propre et une population en santé, alors que les décideurs accordent plus d’impor,tance à la compétitivité, à l’intégrité et au rôle réduit de l’Etat.Et, malgré le tragique de la situation des autochtones, on conclut que ces derniers sont en train de «trouver eux-mêmes des solutions à leurs problèmes».fT=fc / i mw, 'X v T -v-t T x:*>; Mj.y 'Si,- Mangeons maintenant! SUITE DE LA PAGE 1 REUTERS CERTAINS Syriens semblaient s’en donner à cœur joie, hier, dans cette pâtisserie du Vieux-Damas.Hier, marquait la fin du ramadan pour des millions de musulmans.Ainsi prend fin la période de trente jours de jeûne religieusement observé par les pratiquants.Une chance sur 2 235 197 406 895 366 368 301 599 999 Londres (AFP) — Quatre joueurs de cartes britanniques nourrissent désormais l’espoir de figurer au Livre Guinness des records après avoir reçu chacun, au cours de la même donne en whist, un jeu complet d’atouts — 13 cartes de la même couleur, a annoncé la presse londonienne hier.Hilda Golding, 87 ans, n’en croyait pas ses yeux quand elle s’est retrouvée avec un jeu complet de trèfles au cours de la partie qu’elle disputait à la salle de son village près d’Ipswich, au sud de l’Angleterre.À la surprise générale, ses trois partenaires eux aussi ont tiré chacun un jeu parfait de coeurs, de piques et de carreaux.La chance pour qu’une seule personne tire un jeu parfait est estimée à 635 milliards contre un.Pour quatre, cette chance est estimée, selon un porte-parole du Livre Guinness, à 2 235 197 406 895 366 368 301 599 999 (ou 2235 sextillions et des «poussières») contre un.cours des premiers mois de l’été, ce qui impliquerait le licenciement de quelque 350 travailleurs additionnels.Convertie en 1987 au coût de 450 millions, avec de l’aide financière gouvernementale consentie sous la forme d’un prêt sans intérêt de 220 millions, cette usine est entièrement dédiée à la production des modèles Camaro et Firebird.Bois-briand devenait la «capitale mondiale» de la Camaro et de la Firebird en vertu d’un mandat mondial devant s’échelonner jusqu’en 2001.Disposant d’une capacité annuelle supérieure à 200 000 véhicules, l’usine de Boisbriand n’a produit que 89 000 Camaro-Firebird en 1996 et 92 000 l’an dernier, contre 186 000 unités en 1995 et 176 000 en 1994.Quant aux ventes de Camaro et de Firebird, elles étaient en baisse de 17 % et de 4 % respectivement après 11 mois l’an dernier.Les inventaires s’accumulent Ils atteignaient 125 jours en novembre dernier.Pendant ce temps, à Detroit, GM s’est engagée dans un programme de recalibrage de ses activités de production.La fermeture d’usines est à l’ordre du jour et s’inscrit dans ce plan de compressions de quatre milliards $ US, le plus ambitieux de l’histoire du géant américain de l’automobile.Même si le fabricant n’a pas encore identifié, publiquement du moins, les usines condamnées, le directeur de la planification chez GM, Liwrence Burns, a déclaré au début de janvier que l’usine de Boisbriand ne répond pas aux objectifs des prochaines années de GM.Il a refusé d’aborder la possibilité de construire un troisième modèle à cette usine, encore moins de commenter cette rumeur, vieille d’un tin maintenant, voulant que GM puisse concentrer à Boisbriand la production de ses modèles à propulsion arrière.M.Burns a cependant précisé que la situation actuelle ne cadrait pas avec les projets de la compagnie.«Im tendance est de tirer le maximum de chaque usine», a-t-il ajouté.Et la plupart des usines de voitures nord-américaines doivent fonctionner sur deux ou trois quarts de travail pour être optimales.«L'usine de Boisbriand revêt une importance stratégique pour l’économie de Montréal et du Québec tout entier», a insisté Bernard Landry.«Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que même si la qualité et la productivité de l'usine de Boisbriand se comparent avantageusement à la moyenne des autres usines, il nous faut élaborer une proposition d'affaires innovatrice qui fera en sorte que l’usine sera en mesure d’offrir des performances supérieures», a-t-il répété.GM s’engage dans, un programme de recalibrage de ses activités WEB COMPLOT SUITE DE LA PAGE 1 port a diffusé l’exclusivité de Newsweek sur son propre site Web.Dès le lendemain, l'affaire s’est répandue au sein des groupes de discussion qui pullulent sur Internet, et la chaîne ABC a commencé d’en parler.Newsweek a par la suite diffusé une version électronique de son histoire sur le réseau America On Line, avant même que ne soit disponible la version papier du magazine.Depuis cette date, c’est la course effrénée aux informations, alors que les rumeurs les plus folles se croisent sur le Web et que les chaînes d’information continue entendent gaver jusqu’à satiété les accros de la vie sexuelle présidentielle.Sur tous les sites Web des grands médias américains, on trouve actuellement des sections spéciales relatant d’heure en heure le développement de l’«affaire».Et les publications dites sérieuses ont sorti leur artillerie lourde.Ainsi le magazine Time offre sur Internet les textes de son édition papier, et les ressources journalistiques consacrées à l’histoire donnent le tournis.Un seul exemple: dix journalistes et recherchistes se sont associés pour tracer un portrait de celle par qui le scandale est arrivé.C’est ainsi qu’on peut apprendre, en lisant le sérieux Time, que Monica Lewinsky était surnommée «Elvira, maîtresse de la Nuit» à la Maison-Blanche et quelle vient d’une riche famille de Beverly Hills, dotée d’une maison de 1,6 million de dollars et de trois autos.On y apprend tout sur le budget familial mensuel, y compris la facture du psychiatre.On peut mieux comprendre les problèmes de poids de Mme Lewinsky, ou encore apprendre qu’elle adore se vanter à ses amis et qu’en général elle a tendance à trop parler (on s’en doutait).Mais au hasard de nos pérégrinations sur le Web hier, la palme revient sûrement au SabmMaguzine, sorte de magazine chic pour intellectuels, qui publie des analyses de la crise actuelle qui deviendront des pièces d’anthologie.I-a célèbre féministe Camille Paglia est chroniqueuse pour ce magazine Web.Mme Paglia y explique pourquoi, selon elle, Bill Clinton a d’abord «un problème avec sa mère plutôt qu'avec les femmes», et elle déplore que le président ne soit pas capable d’adopter les «standards européens de sophistication» en entretenant des liaisons avec des femmes «qui savent se taire».Camille Paglia analyse également le type de femmes que Bill préfère, et elle explique la crise par le fait que le président est un bourreau de travail «pris à la maison avec un réfrigérateur» (le réfrigérateur étant Hillary), qu’il souffre tout simplement du «désir immature d’être cajolé» et qu’il est «affamé de contact sensuel qu’Hillary ne lui donne pas».Le cas d’Hillary, toujours selon la grande théoricienne américaine du sexe, illustre comment les femmes de sa génération ont de la difficulté à concilier ambition et sexualité.Et Hillary s’est sentie obligée de graduellement remodeler sa propre image à celle de Jennifer Mowers, blonde pulpeuse qui serait le vrai genre de Bill Clinton.Ouf! Ailleurs sur ce site, deux thérapeutes sexuels réputés discutent en profondeur de cette grave question: le président est-il un érotomane, un sex addict?Le tout se présente comme un détonant mélange d’analyse politique, d’humour, de morale et de conseils psychologiques.On pourra également consulter le site Web de Mother Jones, qui porte haut et fort le flambeau de la gauche alternative américaine et qui publie cette semaine un seul texte sur le scandale, signé Lisa Jervis, éditrice de la revue féministe Bitch.Le point de vue de Mme Jervis pourrait se résumer ainsi: les Clinton sont mariés depuis 22 ans, leur vie privée ne regarde qu’eux, et quant à Mme Lewinsky, c’est une adulte tout à fait capable de prendre elle-même la décision d’avoir des relations sexuelles avec qui elle veut.L’hypothèse selon laquelle Mme Ixwinsky serait une pauvre victime d’un homme en situation de pouvoir semble donc contestée par certaines féministes américaines puisque Usa Jervis déclare que dans toute cette histoire, Mme Lewinsky fait son propre power trip.Bref, il y en a pour tous les goûts.Et les amateurs d’humour noir y trouveront aussi leur compte puisqu’on trouve également sur Internet depuis quelques jours plusieurs Monica Ixwinsky Fan Fages, œuvres d’admirateurs enthousiastes qui proposent galeries de photos et sondages sur le sexe oral.«La vérité finira par sortir» SUITE DE LA PAGE 1 Today sur la chaîne de télévision américaine NBC, à quelques heures du discours sur l’état de l’Union que devait prononcer Bill Clinton devant le Congrès.Elle faisait allusion aux spéculations qui avaient suivi la mort d’un conseiller de la Maison-Blanche, Vince Foster, en 1993.Des enquêtes gouvernementales approfondies avaient conclu au suicide.«La meilleure chose à faire dans ces cas-là, c’est d’être patient, de respirer un grand coup, et la vérité finira par sortir», a expliqué Mme Clinton.Mais quand tous les faits seront connus, «certaines personnes auront à répondre de beaucoup de choses».Ce vœu de la first lady ne devrait pas être exaucé avant un certain temps.L’offre formelle de coopération présentée par les avocats de Monica Lewinsky au procureur indépendant Kenneth Starr a reporté l’audition de la jeune femme, qui devait initialement avoir lieu hier.L’avocat de l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, William Ginsburg, a soumis au procureur Starr un résumé des informations que la jeune femme est prête à fournir sous serment, en échange d’une immunité judiciaire totale.Car Monica Lewinsky, 24 ans, a témoigné par écrit, sous serment, au début du mois, quelle n’avait jamais eu de relations avec Bill Clinton.Elle prétend le contraire sur des enregistrements aux mains du procureur et risque d’être poursuivie pour avoir commis un parjure si elle revient sur ces déclarations.Le procureur Starr doit maintenant statuer sur cette offre.S’il l’accepte, Monica Lewinsky sera probablement interrogée longuement par le FBI et les services du procureur, ce qui pourrait prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.Une fois terminés ces interrogatoires, elle pourrait comparaître devant le grand jury fédéral.«Ils m’ont laissé entendre que je devais me tenir prêt», a déclaré l’avocat de l’ancienne stagiaire.Hier, plusieurs documents liés à l’affaire Paula Jones ont été déposés devant le grand jury par John Whitehead, du Rutherford Institute, l’organisme conservateur qui soutient la jeune femme dans sa procédure contre le président pour harcèlement sexuel.De source proche des avocats de Paula Jones, il s’agirait de copies de l’interrogatoire de Bill Clinton, effectué le 17 janvier, et du témoignage sous serment de Mo nica U'winsky.De leur côté, les avocats de la Maison-Blanche ne restent pas inertes.Ils ont demandé au juge fédéral de Little Rock (Arkansas) d’avancer la date de l’ouverture du procès civil oppo- sant Bill Clinton à Paula Jones, prévue le 27 mai.Le camp présidentiel souhaite profiter de cette occasion pour discréditer Monica Lewinsky.Entretenir une relation intime avec une jeune femme dans l'aile ouest de la Maison-Blanche, où sont situés le bureau ovale et le cabinet de travail privé du président Clinton, relève, semble-t-il, du tour de force.«Il y a bien trop de circulation», explique un spécialiste de la sécurité de la Maison-Blanche.«C’est pratiquement impossible pour le président d'avoir de l’intimité dans l’aile ouest.» Selon ce témoin, des collaborateurs et des gardes du corps sont toujours dims les environs, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et le bureau ovale, avec ses grandes vitres, ressemblerait plutôt à un bocal à poissons rouges qu’il est possible d’observer de tous les côtés.Seul un réduit jouxte le cabinet privé du président, dans lequel officie un maître d’hôtel lorsque Bill Clinton est présent.De plus, un système élaboré d’alarmes et de capteurs permet au poste des gardes de sécurité et au poste de commandement des services secrets de savoir en permanence où se trouve le président.• Certains aspects de cette affaire impliquant Bill Clinton demeurent sans réponse.Plus que le fait que Monica U'winsky ait réussi à entrer dans la Maison-Blanche, ce sont ses contacts à l’intérieur qui étonnent.La jeune femme semble avoir fait marcher à la baguette certaines des personnalités les plus influentes des Etats-Unis, telles que la secrétaire personnelle de Clinton, Betty Currie, ou bien l’avocat de Washington Vernon Jordan, conseiller et grand ami de Clinton.Ce sont justement les contacts entre U'winsky et Jordan qui ont permis au procureur Starr de lancer son enquête qui menace de traîner la présidence de Clinton dans la boue.Lorsqu’elle était présente au sein de la Maison-Blanche, Monica U'winsky semble en tout cas avoir fait tout ce qu’elle pouvait pour se faire remarquer du président.Décrite comme immature et aguicheuse par certains collaborateurs de Bill Clinton, la jeune fille avait à l’époque été transférée de la Maison-Blanche au Pentagone pour avoir négligé son travail.«Je pense qu’elle a inventé cette histoire pour montrer qu’elle évoluait dans l’entourage présidentiel», déclare un ancien employé de la Maison-Blanche.«Elle a été assez proche du président à un certain moment.Mais je n’ai jamais rien vu laissant penser qu’elle et le président entretenaient plus qu’une relation normale» ajoute-t-il.
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