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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-04-13, Collections de BAnQ.

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V O L .X < I 1 \ "80 ?________LE y E X I) H EDI I 3 A V R I 1200 I 8 7 e + r \ \ K s I $ I e d e v o i r LE DEVOI PLAISIRS Indonésie: dépaysement grand D Page B 1 LE MONDE Bush critique la Chine Page A 5 Une taupe au SPCUM Un enquêteur actif et un retraité auraient transmis des renseignements confidentiels au crime organisé BRIAN MYLES LE DEVOIR e crime organisé a ses entrées partout, y compris au SPCUM.Deux enquêteurs, un actif, l’autre re traité, auraient transmis des renseignements confidentiels aux gangs de motards et autres familles du monde interlope.Un cas flagrant de corruption interne qui ébranle le service de police.Faisant un accroc à l’habituelle loi du silence, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) a tenu un point de presse hier après-midi pour déplorer cet incident, dépeint comme «un cas isolé» par le directeur Michel Sarrazin.C’est «de façon très discrète» que les enquêteurs du SPCUM ont arrêté hier matin un de leurs collègues sur son lieu de travail, au centre opérationnel Nord.Il s’agirait du sergent-détective Alain Desrosiers, qui compte 23 ans de service.Les policiers auraient aussi épinglé son ancien partenaire de travail, Claude Aubin, un enquêteur à la retraite depuis trois ans.Un civil entretenant une relation d'affaires avec M.Aubin serait également sous les verrous.Le directeur Sarrazin a refusé de confirmer l’identité des trois hommes impliqués dans ce scandale.Vers la fin de sa carrière au SPCUM, Claude Aubin a développé une fine expertise au sujet de la mafia russe.Une fois retraité, il s’est recyclé dans le domaine de la sécurité.Il est répertorié par l’Inspecteur général des institutions financières du Québec (IGIFQ) comme le seul dirigeant de la firme Claude Aubin Systèmes de sécurité.L’entreprise n’a produit qu’un seul rapport annuel depuis sa fondation, à l’automne 1998.Hier matin, les enquêteurs ont mené une perquisition chez AGC (Aubin, Garceau, Charbonneau), une entreprise dans laquelle M.Aubin détiendrait aussi des intérêts.L’IGIFQ ne fait aucune mention de l’existence de la firme AGC.Les trois individus devraient comparaître aujour- VOIR PAGE A 8: TAUPE «Un cas isolé», dit le directeur du SPCUM, Michel Sarrazin Alerte à Châteanguay •Si-*?lût W .Mi ' mm ¦MK JAC QUUS NADEAU LE DEVOIR LE ROSE du parapluie de cette Châteauguoise conférait un peu de gaieté à cette scène plutôt inquiétante.En effet, les blocs de glace s’empilent sur les rives de la rivière Châteauguay, en Montéré-gie, et leur fonte fait craindre de graves inondations aux riverains.Hier déjà, trois maisons ont été inondées par la crue des eaux.Nos informations en page A 4.Kyoto : compromis pour séduire les É.-U.La nouvelle proposition risque toutefois de déplaire aux Européens LO U I S - G 1 ILES F KAN CŒUR LE DEVOIR Le directoire de la Convention sur les changements climatiques a adressé, il y a trois jours, une proposition de compromis aux quelque Itiü pays signataires du Protocole de Kyoto, dont les dispositions fort libérales visent à l’évidence à ramener principalement les Etats-Unis à la table de négociations avec leurs alliés du groupe parapluie.lu proposition signée par le président de la sixième conférence des parties signataires, le ministre de l’Environnement des Pays-lias, Jan Pronk, ouvre la porte à l’utilisation des «puits» de gaz à effet de serre jusqu’à concurrence de 50 % de l’objectif de réduction imparti à chaque pays dans le cadre du Protocole de Kyoto, lus Etats-Unis doivent ainsi ramener leurs émissions 7 % sous le niveau qu’elles atteignaient en 1990.1 e Canada s’est pour sa part engagé à réduire ses émissions de 6 % d’ici 2012.lu proposition envoyée aux chancelleries, que Le Devoir a obtenue avant-hier, a été rendue publique tard hier soir sur le site Internet du directoire responsable des négociations afin de faciliter la consultation de toutes les parties civiles.Dans ses notes explicatives, le président Pronk explique que sa proposition a volontairement été for- VOIR PAGE A 8: KYOTO PERSPECTIVES Venons-en au fait Toutes les rencontres au sommet se terminent par une déclaration politique, parfois assortie d’un plan d’action, écrite des jours à l’avance.Celle du Sommet de Québec est pratiquement terminée, comme le montre une ébauche qui a fait l’objet d’une fuite.Le résultat est prévisible mais n’en est pas moins instructif et utile pour autant.Une ébauche de la déclaration finale et du plan d’action du Sommet de Québec s’est retrouvée ces derniers jours entre les mains de journalistes et de l’irréductible Maude Bar-low, du Conseil des Canadiens.Le texte n’est pas final.Il doit faire l'objet, en fin de semaine, d’une autre séance de négociations entre représentants (sherpas) des chefs d’Etat et de gouvernement qui se réuniront à Québec du 20 au 22 avril.Le document en anglais, daté du 26 mars 2001, montre qu’à quelques exceptions près, l’essentiel a été décidé.Parmi les quelques questions encore en Cor nellier suspens, plusieurs passages ?touchant la sécurité font l’objet de désaccords, dont celui portant sur la coopération en matière de défense.Tous les pays ne s'entendent pas sur la possibilité A’«aider chaque État à mieux répondre à ses exigences légitimes de défense et de sécurité dans le plein respect de la souveraineté des États».VOIR PAGE A 8: DÉCLARATION M anon INDEX Annonces.B 8 Avis publics .A 4 Bourse.B 6 C’est la vie.B I Cinéma.B 10 Culture.B 9 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Monde.B 5 Mots croisés .A 4 Météo.A 4 Sports.B 8 Télévision.B 9 Tourisme.B 4 La ZLEA inquiète les Européens Troisième journée d’émeutes à Cincinnati CHRISTIAN R10 U X CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Qu'allait donc faire Lionel Jospin à Buenos Aires le week-end dernier avec cinq de ses ministres?Ce n’est certainement pas un hasard s’il était de passage dans la capitale argentine au moment où se tenait la grande réunion des 34 ministres du Commerce extérieur des Amériques, dernière étape avant le Sommet de Québec.Certes, le premier ministre n’était peut-être pas fâché de se trouver loin des grèves du rail qui paralysaient les départs en vacances de millions d’écoliers français.Mais, s’il est allé po-r ser à côté de la mairesse de bommet Sâo Paulo, Marta Suplicy, fi- rigc gure emblématique du som- ., met antimondialisation de Amériques Porto Allegre, c’est que l’Eu- 2QQ | rope regarde d’un œil inquiet la perspective d’une zone de libre-échange intégrée de la Terre de Feu a l’Alaska.Non, Lionel Jospin ne s’est pas soudainement transformé en militant antimondialisation, comme son compatriote José Bové.Il sait plutôt que la France possède d’énormes intérêts dans cette région qui représente le quatrième marché du monde, ex æquo avec la région Chine-Corée-Asie du Sud-Est.Les pays européens sont traditionnellement les principaux investisseurs étrangers dans le cône sud du sous-continent latino-américain.Les liens traditionnels avec l’Espagne et le Portugal, mais aussi avec la VOIR PAGE A 8: ZLEA agence France-presse - Lionel Jospin en compagnie de Marta Suplicy, _ .figure emblématique du sommet ¦ Autres informations en page A 2 antimondialisation de Porto Allegre.•echan?< À LIRE DEMAIN Redécouvrir l’Amérique Un cahier spécial de 24 pages sur le Sommet de Québec, la mondialisation et ses enjeux Crise sur fond de tensions raciales: un policier blanc tue un jeune Noir, le cinquième en sept mois AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS ET LE MONDE Cincinnati (Ohio) — In ville de Cincinnati est plongée depuis le début de la semaine dans une crise sur fond de tensions raciales à la suite du décès d’une personne de race noire, tuée par un policier blanc.In situation est suffisamment grave pour que le maire de la ville, Charles Luken, déclare hier l’état d’urgence.Un couvre-feu, entre 20h et 6h, a aussi été instauré.L’inquiétude a de plus gagné la Maison-Blanche: le président George W.Bush a contacté en fin d’après-midi l’attorney général John Ashcroft pour lui faire part de son inquiétude face aux émeutes qui secouent Cincinnati depuis trois jours.I.es tensions ont éclaté lorsque Timothy Thomas, âgé de 19 ans et recherché pour 14 délits, a été tué en prenant la fuite par un policier blanc qui dit l’avoir cru armé.Depuis 1995, 15 Noirs américains ont trouvé la mort dans une altercation avec la police de Cincinnati, dont cinq au cours des sept derniers mois.La population de Cincinnati, une ville de 331 000 habitants, est à 43 % noire.-4je seul message que nous voulons transmettre est que la vvjlence ènt cesser, et elle va fesser», a dit le maire Luken lors d’une conférence de presse.«Ncm ne p/mvons plus tolérer les troubles à l’ordre public», a-t-il ajouté.«Ce matin, j’ai signé un document déclarant l'état d’urgence dans la ville de Cincinnati.Quelques minutes plus tard, le directeur de l’administration municipale a signé un document imposant un couvre-feu dans toute la ville à partir de 20h du soir et jusqu'à 6h du matin», a déclaré le maire, visiblement extrêmement tendu.Il a précisé que cette mesure avait été VOIR PAGE A 8: CINCINNATI Depuis 1995, 15 Noirs américains ont trouvé la mort dans une altercation avec la police de Cincinnati 'l 778313000689 L E I) E V 0 I R , L E V E N I) K E I) I I :S A \ R I L l 0 0 I A ^ 1E S A C T U A LIT E S .Veuillez raccrocher et rappeler plus tard ! Certains appréhendent une surcharge du réseau téléphonique sans fil FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les téléphones cellulaires ne seront-ils d’aucune utilité pendant le Sommet des Amériques?C’est du moins ce qu’appréhendent certains journalistes de la presse anglophone, qui prévoient d’ores et déjà de communiquer par talkie-walkie entre le 20 et le 22 avril, de crainte de ne pouvoir avoir accès au réseau de téléphonie mobile.Tant chez Bell que chez Bell Mobilité, on se veut rassurant mais on ne cache pas que des problèmes pourraient survenir au cours de cette période.«On ne le saura qu'une fois rendus la», a affirmé la porte-parole de Bell Mobilité, MaritsEve Savard.«Ce genre de situation est difficile à prévoir», a renchéri France Poulin, de Bell Canada.Cela ne signifie pas que les deux entreprises resteront les bras croisés.la capacité du réseau de téléphonie sans fil sera en effet doublée pour l’occasion afin de pouvoir supporter une fréquentation accrue.«Il y aura un accroissement de la demande et on fera tout pour répondre à notre clientèle», a soutenu Mme Savard.Cela signifie que «par mesure de précaution», des sites-miroirs, comme on les appelle, ont été ajoutés, de sorte que les usagers du réseau pourront y circuler librement.Mais cela n’empêchera pas les propriétaires de téléphone portable de rencontrer certains obstacles.«Il pourrait en effet y avoir des délais, concède Mme Poulin, mais il est difficile de prévoir ce genre de situation.» Chez Bell, on qualifie les éventuels problèmes de connexion A’«hypothétiques».On ajoute que tout dépend de l’endroit d’où on utilisera le téléphone.«Il y a des facteurs géographiques qui peuvent jouer», a précisé Mme Poulin.On se montre toutefois très réticent à détailler les.opérations qui seront menées pour alléger le ré-sqau.«lai capacité d’un réseau de téléphonie cellulaire est une donnée de nature confidentielle», indique-t-on.Idem pour la téléphonie traditionnelle.Bell Canada est en effet un fournisseur du Sommet des Amériques pour ce qui est du réseau de téléphone à fjl, mais on se refuse à donner quelque information que ce soit à ce sujet.«Il y a plusieurs joueurs dans le marché, ce ne sont donc pas des données que l’on peut dévoiler.» , lit à propos des autres joueurs, justement, ni Rogers AT&T ni Telus Mobilité (Clearnet) n’ont rappelé./> Devoir.mm Le PQ manifestera contre le processus de mise en œuvre KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Parti québécois invite ses militants a descendre dans la rue pour manifester pacifiquement son désaccord avec le processus de mise en œuvre de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) lors du Sommet des peuples le 21 avril.«Je pense que la parole des gens dans la rue a une influence», a expliqué hier Marie Malavoy, premiere vice-présidente du Parti québécois.Mme Malavoy rencontrait la presse pour faire le point sur la position défendue par le FTJ concernant le vaste dossier de la mondialisation et du libre-échange.Depuis le dépôt l’automne dernier de son mémoire sur la ZITA à la commission des institutions, consulta- tion déclenchée par l’Assemblée nationale, Marie Malavoy voit un réveil des Québécois sur cette question.«fJn se réjouit parce que beaucoup d’enjeux ont pris un visage public.[.] Ce dont on se réjouit, c’est le degré de conscience sociale et politique qui s’est accru chez les Québécois.Il n’y a pas de motif de Æ réjouissance sur le fond du débat», a toute- SofTUTiet fois précisé Mme Malavoy.! ^ j En effet, cette dernière affirme avoir des ' , réserves, notamment sur les questions envi- ArnériqueS ronnementale, d’agriculture, des forêts et 2001 des pêcheries.Tout en étant favorable au libre-échange, le PQ estime que la santé, l’éducation et les services sociaux doivent être exclus de toute discussion à son sujet.«Ily a une inquiétude que cela ne serve qu’à agrandir les marchés des pays riches», ajoute Mme Mal- avoy, pour qui il importe dàbord de parier de droits humains et de principes démocratiques.Sur ce dernier point.Mme Malavoy a été invitée à commenter la controverse concernant les déclarations du président de l’Assemblée nationale, le député Jean-Pierre Char-bonneau.Dans une lettre publiée mercredi dans Le Devoir, M.Charbonneau a reproché aux 34 chefs d’Etat qui participeront au Sommet des Amériques de se comporter «comme des monarques élus à la tête d’oligarchies politico-technocratiques».Mme Malavoy dit n’y voir que des mots un peu «raides».«Sur le principe que l’on respecte le rôle des parlementaires, je me sens à l’aise», a toutefois précisé Mme Malavoy.S.O.S.Humanité Un bémol à la mondialisation SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Le Sommet des Amériques est en vue.Chacun de son côté, on s’active de plus en plus fébrilement.C’est l’escalade vers le Sommet, dirait Sol.Ça barde du côté officiel: un mur a été érigé pour séparer les participants autorisés du dedans desdits resquilleurs du dehors; le fameux «sergent poivre» s’est pointé, précédé de sa réputation épicée; un gros spectacle rassemblant devant élus et dignitaires les vedettes des trois Amériques — les vieilles gloires Leslie Core et Paul Anka, notamment — a été enregistré au Métropolis mercredi en vue d’une difftision ce vendredi à TVA Luck Mervil, celui-là même qui chantait au nom des sans-papiers dans l’opéra-rock plamondien Notre-Dame de Paris, animait la soirée.Ça remue tout autant du côté officieux du Collectif ludique de résistance contre la dictature économique, la mondialisation et la ZLEA l’irrépressible François Gourd et sa bande de drilles décidés multiplient ces jours-ci les coups d’éclat.Il y a l’énorme sculpture-banderole que Gourd et l’artiste Armand Vaillancourt achèvent de préparer, œuvre que l’on devrait voir de Lévis à Québec du haut de ses trois lettres, le S.O.S.emprunté aux navigateurs en péril.Le 5 avril dernier, plus de 80 chanteurs, chanteuses et groupes de la grande famille de musique alternative d’ici se sont succédé sur la scène d’un Medley rempli de sympathisants.Hier, bon nombre des mêmes se retrouvaient dans un Café-Campus tout aussi bondé pour le lancement du disque S.O.S.Humanité.Orné du S.O.S.rouge sang de Vaillancourt — avec la silhouette des Amériques en noir sur blanc dans l’œil du O —, l’album à tirage limité contient 19 titres donnés par autant d’artistes, de Thomas Jensen à Rock Larue aux Abrigationnistes.Contributions de circonstance: Mononc’ Serge a offert Si le cash poussait d'ins arbres, Richard Desjardins son fé- Plusieurs artistes se sont associés à la production de ce disque.\ 4 T ION M * m I V I \ t I M T WWWMARIR VINCENTORC ______) «a U MÉTÉO D'ENVIRONNEMENT CANADA Aujourd'hui Ce Soir Samedi Dimanche Lundi Aujourd'hui Ce Soir Samedi max g == min -j max 5 Aujourd'hui Ce Soir Samedi Dimanche Lundi Dimanche Lundi max 10 SS min 0 SS mai 8 Cf nWl'l -1/10 SS -1/10 Météo-Conseil 1*1 Environnement Canede 1 900 565-4455 Frais applicables La météo à la source LE DEVOIR.I K V E \ 1» K K D I I :» A \ H I I > O O I a r» ?Lï DEVOIR ?l,E MONDE L’équipage de l'avion-espion est de retour aux Etats-Lnis l ne première aux États-l nis Bush critique la Chine L’attitude de Pékin est jugée incompatible avec le type de relations que veut entretenir Washington U.S.AIR FORCE «OBKOfs I BEN MAKCOT RM 1 1-RS Les membres de l’équipage de l’avion de surveillance se tenaient à (’attention, hier, lors de la cérémonie de bienvenue qui s’est déroulée près de l’avion cargo C-17 qui les a ramené h la maison.Exécution en direct Les familles des victimes de Timothy McVeigh pourront assister à sa mort à la télévision AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Washington — George W.Bush a adopte hier un ton de fermeté face à la Chine au lendemain de la liberation de l'équipage de l'avion-espion américain.le président américain a affirmé que la conduite de la Chine dans l’affaire de l’avion-espion américain n’était «pas compatible» avec le type de relations que les deux pays affirment vouloir établir.«La décision de la Chine d'empêcher pendant onze jours le retour de notre équipage n'est pas compatible avec le type de relations que nos deux [pays] ont dit souhaiter avoir», a déclaré Bush à la Maison-Blanche.Le président s’exprimait depuis la roseraie de la Maison-Blanche, quelques heures après avoir assisté devant son poste de télévision à l’arrivée à Hawaii des 21 hommes et des trois femmes de l’Aries EP-3 retenus contre leur gré pendant onze jours sur lie chinoise de Hainan.L’avion de EUS Air Force qui les transportait en provenance de Hainan en passant par l’île de Guam s’était posé plus tôt sur la base aérienne d’Hickam, où les 24 militaires ont été accueillis par une garde d’honneur et une petite foule d’admirateurs agitant des drapeaux.Le président américain a annoncé que les Etats-Unis poseraient des «questions sévères» à la Chine sur les pratiques récentes des aviateurs de l’armée de l’air chinoise qui, selon Washington, défient les pilotes d’avions américains évoluant dans l’espace aérien international.«Les Etats-Unis et la Chine ont décidé que des représentants de nos deux gouvernements se rencontreraient le 18 avril pour discuter de l’accident.Je demanderai au représentant américain de poser des questions sévères sur les pratiques récentes de la Chine consistant à défier les avions américains évoluant légalement dans l’espace aérien international», a déclaré Bush.«Le genre d'incident dont turns venons de sortir ne sert pas à promouvoir des relations constructives entre nos doux pays», a-t-il ajouté.Le président américain a indiqué qu’il venait de s’entretenir par téléphone avec les 24 militaires de l’avion de reconnaissance EP-3 et s’est félicité de leur retour.«Je leur ai dit qu’ils représentaient l’exemple même du patriotisme américain et du dévouement à la patrie.Ils ont fait leur devoir avec honneur et grand professionnalisme», a-t-il dit en saluant «leur courage».Bush a par ailleurs souligné que tous les indices rassemblés jusqu'ici tendent à montrer que l’avion américain «évoluait dans l’espace international, conformément à toutes les lois, procédures et règlements, et qu’il n’avait rien fait pour causer cet accident».Des suites Pékin et Washington, pour lesquels l’affaire n’est pas dose, vont à présent devoir négocier le sort de l'appareil lui-même.«Tout n’est pas fini» popr autant, a déclaré le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, de passage à Paris.«Des discussions vont débuter et nous avons toujours notre avion là-bas.» Une réunion entre représentants américains et chinois est prévue le 18 avril, en un lieu non précisé.«L’incident n a pas été complètement réglé», a averti le président chinois Jiang Zemin, de passage en Uruguay, lune escale de son déplacement en Amérique latine.«Nous espérons que les Etats-Unis adopteront une attitude sérieuse à propos de la position de la Chine sur cet incident et le traiteront de façon correcte», a ajouté le chef d’Etat, cité par l’agence officielle Chine nouvelle.Les vols de reconnaissance se poursuivront, a réaffirmé Condo-leeza Rice, conseillère de la Mai-son-Blanche à la sécurité nationale.Ces missions sont,essentielles pour la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés asiatiques, a-t-elle déclaré.F RANCIS T K M M A N AGENCE FRANCE PRESSE Washington — los survivants et les familles des victimes de l'attentat d’Oklahoma City pourront assister, par l’entremise d'un circuit prive de retransmis sion televisee.à l'execution du ter roriste Timothy McVeigh, prévue le Hi mai, alors qu'une controverse a surgi sur l’opportunité de conduire une vraie exécution publique.[.attorney general John Ashcroft a annoncé hier cette mesure exceptionnelle, sans précédent dims l'histoire de la peine de mort aux États-Unis, afin de répondre aux «besoins» des survivants et des familles des victimes qui avaient elles-mêmes demandé à être témoins de l'événement «Tous les témoins pourront voir M.McVeigh sur la couchette d’exécution et pourront entendre ses dernières paroles», a indiqué Ashcroft.Cette retransmission aura lieu dans une salle d’Oklahoma City, spécialement aménagée pour accueillir les quelque 250 personnes qui ont demandé à y assister.Cependant, a précisé le ministre américain de la Justice, elle se fera par une «liaison hautement sécurisée» par le FBI grâce aux dernières techniques de cryptage afin d éviter qu’elle soit interceptée.«Ce crime lâche est le plus gros attentat jamais commis aux Etats-Unis», a rappelé John Ashcroft pour justifier sa décision d'autori- ser une diffusion élargie.«J'ai rencontre une centaine de survivants et des proches de victimes mardi pour les écouter et comprendre leur chagrin.L'ampleur de cette affaire est stupéfiante et cette rencontre avec ces survivants courageux m'a change», a t il ajoute Timothy McVeigh, 32 ans, a été condamné à mort par un tribunal federal en 1997 pour l’attentat au camion piégé qui a détruit en avril 1995 un immeuble federal à Oklahoma City et convie à 108 personnes, dont 19 en tant s d’une crèche.Le jeune homme a renoncé à tout recours en appel.Il doit être exécuté par injection mortelle le l(i mai, au ixaiilencier fédéral de Terre Haute, dans l'In diana.Ce sera la première exécution fédérale depuis HXxl.Mais ['attorney general a réitéré son opposition à une exécution publique, comme l’avaient reela me certains médias et MeVeigt,] lui-même.Dans un récent entretien au quotidien Buffalo News, le condamné à mort avait affirmé qu’au cas où une retransmission en circuit privé serait autorisée, il demanderait alors «à ce que ce soit télévisé dans tout le pays».In .dernière exécution publique* aux Etats-Unis remonte à 193.; Depuis, les mises à mort judiciaires ont lieu derrière les murs des prisons, devant une dizaine de témoins et de journalistes.Des problèmes cardiaques «Tous les témoins pourront voir McVeigh sur la couchette d'exécution Sharon menace les Palestiniens de nouvelles représailles Milosevic est hospitalisé La Tchétchénie au menu AGENCE FRANCE-PRESSE L) Union européenne a présen-' té hier devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève un projet de résolution en vue de faire condamner les violations des droits de l’homme en Tchétchénie.Le Canada, la Norvège, la Suisse, la Nouvelle-Zélande et le Liechtenstein ont déjà apporté leur soutien à cette résolution.Ce projet devrait être soumis au vote des 53 membres de la Commission mercredi prochain, mais les négociations continuaient entre les Européens et la Russie pour tenter de trouver une solution qui permette d’éviter le vote d’une résolution, qui représente une humiliation pour Moscou.Une déclaration du président de la Commission des droits de l’homme, texte bien moins énergique que le projet de résolution envisagé, et solution consensuelle évitant un vote, est une solution activement discutée entre Etats membres.ASSOCIATED PRESS REUTERS Après l’intervention musclée de Tsahal dans un camp de réfugiés palestiniens et l’échec d’une réunion de conciliation, l’heure est aux menaces dans les deux camps.Ariel Sharon a prévenu hier qu’il n’hésiterait pas à renvoyer ses troupes dans les territoires en cas de nouveaux attentats anti-israéliens.Dans la soirée, un adolescent palestinien de 14 ans a été tué par balles près du village de Belt Umar.Selon les Palestiniens, aucun accrochage n’avait eu lieu mais l’armée israélienne a rapporté qu’un Palestinien avait tenté de lancer un engin incendiaire contre un autocar.Par ailleurs, un activiste du Fatah, le mouvement du président palestinien Yasser Arafat, a échappé à une tentative d’assassinat à la voiture piégée à Ramal- Autre journée de violence lah, a annoncé un responsable de la sécurité palestinienne qui a attribué l’attentat avorté à Israel et a annoncé l’arrestation de deux suspects.Un porte-parole militaire israélien a affirmé que l’armée n’était pas impliquée dans l’explosion, qui n’a fait ni victime ni dégât.Le premier ministre israélien affirme qu'il donnera de nouveau l’ordre aux troupes israéliennes d’intervenir en territoire sous contrôle palestinien, appelé Région A, si les attaques contre les Israéliens ne cessent pas.Réponse du berger à la berge-re: les Palestiniens ont à leur tour lancé un avertissement aux Israéliens.«L'Autorité palestinienne n’a pas encore utilisé tous les outils à sa disposition en réponse à l’agression israélienne», a déclaré hier le ministre palestinien de l’Information, Yasser Abed Rabbo.Cet échange de menaces fait suite à l’échec d’une réunion entre responsables de la sécurité israéliens et.palestiniens, organisée par les États-Unis et tenue à la résidence de leur ambassadeur à Tel-Aviv, Martin Indyk.Cette rencontre s’est achevée sans succès: les deux parties ont formulé une série d’exigences, sans parvenir au moindre accord sur aucune d’entre elles.Seul résultat: une nouvelle réunion «sécuritaire» a été programmée pour lupdi.Les États-Unis et la Russie ont pour leur part appelé hier Israéliens et Palestiniens à mettre fin aux affrontements et à prendre des mesures pour rétablir le calme au Proche-Orient.De son côté, la France a déclaré que plusieurs pays «profondément troublés et inquiets» se concertaient actuellement pour voir ce que peut faire la communauté internationale afin d’aider à mettre un terme aux violences.AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS L’ ancien président yougoslave > Slobodan Milosevic a été hospitalisé à Belgrade pour des problèmes cardiaques mais son état n’inspirait pas d’inquiétude hier après de premiers examens et, selon le ministre serbe de la Justice, il devrait pouvoir regagner bientôt sa cellule.L’ex-président, âgé de 59 ans, avait été transporté mercredi soir à l’hôpital militaire de Belgrade pour des «troubles cardiaques aigus», selon le Parquet de la capitale, après avoir été pris d’un malaise à la prison centrale de Belgrade où il était incarcéré depuis le 1" avril.Le ministre serbe de la Justice, Vladan Bâtie, a affirmé hier que son état de santé était «absolument satisfaisant», que l’équipe de dix médecins qui l’a examiné n’a pas détecté de maladie cardiaque et que Milosevic pourrait sans doute regagner sa cellule «dans un jour ou deux».L’ancien homme fort de Belgrade, contraint de quitter le pouvoir en octobre, avait été arrêté le 1" avril et placé en détention préventive pour 30 jours par la justi- ce serbe, qui le soupçonne d’abus de pouvoir et malversations.Il est aussi recherché par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, qui l’a inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis pendant U* conflit au Kosovo (1998-99).Par ailleurs, l'enquête internationale sur les comptes ouverts à l'étranger par le régime de Milosevic n'a pas encore permis de remonter à ce dernier, inculpé: de corruption et d’abus de pouvoir par la justice serbe, apU prend-on de responsables; proches du dossier.L’une des pistes envisagées part du complexe minier yougoslave de Bor et aboutit en Suisse.D’autres mènent à des compte^; domiciliés à Chypre, en Grèce, en Suisse et en Grande-Bretagne, où la police s’efforce d'identifier des flux d’argent liés à l’ex-chejf; d’Etat.Mais de source proche du dossier, aucune de ces pistes ne remonterait, en l'état actuel de l’enquête, à Milosevic.Le gouverneur de la Banque centrale yougoslave, Mladjan Dinkic, estime que Milosevic aurait engrangé illégalement environ quatre milliards de dollars.EN BREF La saison des marches (AFP) — Un défilé controversé d’une confrérie protestante donnera le coup d'envoi, lundi à Belfast, d’une saison des marches qui embrase les passions et génère depuis six ans des étés de violences et d’émeutes à travers l'Irlande du Nord.La tension est d’autant plus forte que des élections législatives anticipées sont attendues dans tout le Royaume-Uni pour le 7 juin, avec le risque d’une radicalisation des représentants des communautés protestantes et catholiques en Ulster.Les autorités ont donné leur feu vert pour la première fois depuis deux ans au défilé des Apprentice Boys qui traverse le quartier catholique hostile d’Ormeau Road, dans le sud de Belfast En revanche, aucun accord n’a été trouvé avec le comité de quartier catholique qui a prévu de manifester sa colère dès dimanche soir, par un «sitting» sur le pont d’Ormeau, qui sépare le fief républicain de ses ennemis loyalistes, fidèles à la couronne britannique.Kyoto : les Verts sont pour un boycottage (AP) — Les représentants de partis écologistes du monde entier réunis en Australie ont évoqué hier une action a l’échelon planétaire qui comprendrait le boycottage de toutes les compagnies pétrolières américaines.Ils entendent ainsi contraindre les États-Unis à respecter leur engagement de ratifier le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.Ce plan d’action doit être présenté au cours de la première conférence mondiale 2001 des Verts, qui se tient à Canberra au cours du week-end pascal.Cette conférence attire cette année quelque 700 délégués venus de 60 pays.Libération de Potage américain aux Philippines (AP) — L’otage américain Jeffrey Schilling, enlevé aux Philippines par les séparatistes musulmans d'Abou Sayyaf, a été libéré par l’armée, a annoncé hier la police.Schilling «est en bonne santé.Nous lui prodiguons des soins médicaux» dans un hôpital militaire, a déclaré le général de brigade Diomedio Villanueva, responsable de l’assaut Des combats sporadiques continuaient d’éclater dans le secteur plusieurs heures après la libération.«C’est un combat à mort», a affirmé le général.Le jeune homme, âgé de 25 ans et originaire d'Oakland, en Californie, était retenu sur l’île de Jolo depuis le mois d’août 2000.C’était le dernier otage occidental des rebelles.Un Rwandais de PONU accusé par Kigali (AFP) — Le fonctionnaire rwandais de l'ONU arrêté mercredi au Kosovo a la demande de Kigali par la police de la Mission de l’ONU (MINUK) est accusé de complicité de génocide pour avoir livré ses collègues onusiens en 1994, a indiqué hier une source judiciaire a Kigali.Callixte Mbarushimana «est accusé de complicité de génocide pour avoir livré ses collègues» du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui l’employait à Kigali au moment du génocide de 1994, a déclaré l'avocat général de la Cour suprême du Rwanda, Emmanuel Rukangira.Kigali avait lancé un mandat d’arrêt contre lui il y a deux ou trois semaines, a affirmé le magistrat du parquet, sans plus de précisions.* VENEZ RENCONTRER Annie Ernaux auteur de Se perdre, éditions Gallimard À QUÉBEC * au STAND GALLIMARD DU SALON DU LIVRE le vendredi 13 avril de 18h à 19h le samedi 14 avril de 15h à 16h le dimanche 15 avril de 14h à 15h Gallimard I.K l> K V 0 I K .I.K V E X I) K E I) I 1 :i AVRIL > 0 O I A (; EDITORIAL La mondialisation, la santé et Téducation gouvernement canadien a répété à plusieurs reprises que l’éducation et la santé ne faisaient pas partie des négociations sur la libéralisation des échanges.On ne demande qu’à le croire.Mais Ottawa n’ignore pas que les pressions sont très fortes afin d’inclure ces secteurs dans des traités internationaux.\a vigilance s’impose.L a tenue a Québec du Sommet des Amériques suscite un intérêt inégalé pour les questions liées au libre-échange.Depuis plusieurs mois déjà, de nombreux organismes planchent sur les conséquences possibles de l’établissement d’une Zone de libre-échange des Amériques en faisant des liens avec d’autres accords commerciaux déjà signés ou faisant actuellement l’objet de négociations.Les changements qui se préparent modifieront en profondeur les relations entre les pays.Ils auront également un impact sur le rôle des gouvernements, notamment parce que les mesures protectionnistes de tous ordres seront de plus en plus mises au banc des accusés.Les services publics sont aussi dans la mire des Etats-Unis et cet aspect suscite, il va sans dire, d’existentielles interrogations.Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, a répété que l’éducation et la santé n’étaient pas sur la table, mais ses assurances sont aussi imprécises que catégoriques.Ces services publics correspondent à des valeurs acceptées par l’ensemble de la population et ne doivent pas devenir des marchandises comme les autres, dont la réglementation échapperait aux gouvernements.Sans être nécessairement opposés à la libération des échanges, de nombreux citoyens s’inquiètent de voir que rien ne semble, à moyen terme, pouvoir échapper à la logique commerciale planétaire, sous l’impulsion des Etats-Unis.Pau le des Rivières ?Santé.Au Québec et au Canada, la santé fait déjà l’objet d’un grand débat.Jusqu’à présent, les gouvernements, appuyés en cela par les citoyens, semblent vouloir exclure ce secteur du courant de privatisation.En même temps, le système de santé est affligé de maux sévères dont il ne pourra guérir sans un sérieux coup de barre.C’est dans ce contexte troublé mais en mouvement (commission Clair, commission Romanow) que s’insèrent les pressions américaines.Ainsi, on peut facilement imaginer l’impact qu’aurait ici l’ouverture d’hôpitaux privés étrangers, où les opérations ne nécessiteraient aucune attente moyennant des déboursés importants.Ce jour-là, l’universalité du système ne sera plus qu’une illusion perdue.Ix's gouvernements auront alors sacrifié leur pouvoir de décision.Par ailleurs, par l’autre bout de la lorgnette, la situation peut paraître alléchante pour le Canada, qui possède une expertise recherchée par d’autres pays.Le gouvernement fédéral se plaît à dire que la clause bottom up de l’Accord général sur le commerce et les services lui permet d’exporter son expertise en santé dans les pays qui ont ouvert leur marché à ce secteur, tout en restant lui-même à l’abri des investisseurs étrangers.Cet accord donne le ton aux autres pourparlers, comme ceux se déroulant dans le cadre de la ZLEA.Plusieurs se demandent cependant combien de temps cette approche «deux poids, deux mesures» pourra tenir le coup.Éducation.Le Québec et le Canada courent peu de risques parce que nos universités seraient en mesure de concurrencer des établissements étrangers privés qui viendraient s’établir ici.L’Alberta permet d’ailleurs déjà l’entrée d’institutions étrangères — l'université de Phoenix y est installée.De plus, que les universités canadiennes acceptent ou non les institutions étrangères, elles ont toutes développé des activités de formation commerciales qui pourront difficilement échapper au libre-échange.Nos universités sont déjà engagées dans un processus de mondialisation: elles s’interrogent aujourd’hui sur les standards de formation des uns par rapport aux autres et sur la signification des différents diplômes.L’exemple européen est révélateur: le continent se dirige vers une standardisation des programmes d’enseignement supérieur, même en ne l’ayant pas voulu.La situation se présente tout autrement pour plusieurs autres pays des Amériques dont les structures publiques en éducation et en santé sont fragiles, souvent affaiblies par les plans d’austérité imposés par le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale.U' Chili, par exemple, a privatisé une grande partie de ses institutions d’enseignement supérieur, en plus d’avoir comprimé les salaires des professeurs, dans le cadre des réductions de dépenses imposées par la Banque mondiale.Les universités privées y sont désormais plus nombreuses que les établissements publics.Filles aussi sont mieux équipées, mais seuls les Chiliens de la classe supérieure y ont accès.Dans un tel contexte, les inégalités ne peuvent que se creuser davantage.La responsabilité du gouvernement prend toute une dégringolade et le libre-échange revêt un tour dramatique.Pourtant, lors du deuxième Sommet des Amériques, à Santiago, les gouvernements avaient insufflé une dimension sociale à leurs discussions en s'engageant à promouvoir la coopération pour relever le niveau d'éducation des pays plus pauvres.Malheureusement, trois ans plus tard, les engagements restent de beaux principes.11 faudrait les réhabiliter pour donner un visage humain à la ZLEA.Pour leur part, à court terme, le Québec et le Canada ont peu à craindre.Mais il ne fait aucun doute que le mouvement de mondialisation en cours est appelé à influencer les politiques intérieures des gouvernements.Il sera primordial, pour le Canada et les provinces qui ont la responsabilité des services publics, de conserver leur capacité à prendre des décisions de nature sociale, économique et politique et.partant, de tout mettre en œuvre pour minimiser les contraintes que les négociations actuelles imposeront nécessairement à l’exercice de leur pouvoir.11 en va de l’intérêt du pays, mais aussi des autres gouvernements sud-américains qui ont besoin de temps avant d'être entraînés dans un mouvement néolibéral incontrôlé et incontrôlable.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE lit gAfoiENS üt PRi$gis| S'ÊNÎCNDtMT AvtC uT OouVf(**£**£*T.Mon SAf-AIRÊ VA PASSfR c I* 32 7IM,S^ 'A 31758,o’* ?AA tiEuRE PAfc 30^ ÔWWTtê- S 11 LETTRES Derrière le masque Chrétien-Dion Ce soir-là, je n'étais pas certain si Marc Lortie, invité à l'émission Maisonneuve à l’écoute, ne dénonçait pas l’attitude du gouvernement fédéral à la suite de son refus de permettre au premier ministre du Québec de souhaiter la bienvenue aux 34 chefs d’Etat des Amériques.Pas certain, parce que je n’avais pas écouté la présentation de l’émission.Et puis, quel est le commun des mortels qui connaissait Marc Lortie, le sherpa de Jean Chrétien pour la préparation du Sommet des Amériques, avant qu'il ne prenne la place médiatique qu’il occupe présentement?Je n’étais pas certain s’il ne parlait pas au nom du Québec et de son premier ministre quand il énonça, avec conviction, que la richesse des pays repose désormais sur leur engagement d’ouvrir leurs frontières au «commerce international, qui va engendrer une plus grande prospérité», très chèrement défendue, comme on le sait, par Bernard Landry dans son livre Le Commerce sans frontières.Je n’étais pas certain, non plus, s’il ne parlait pas au nom du peuple québécois quand je l’ai entendu dire que pour être admis dans la grande famille libre-échangiste des Amériques, il fallait vivre en régime démocratique et «travailler à protéger la démocratie car, dans certains pays, le terreau démocratique est peu profond».Alors là, je me suis dit : voilà quelqu’un qui condamne la loi C-20 du gouvernement Chrétien-Dion (le Clarity Act), une loi qui bâillonne notre Assemblée nationale (donc une loi antidémocratique) puisqu’elle enlève à nos élus la liberté du choix de la question à poser advenant la tenue d’un autre référendum pour décider de notre avenir comme peuple.Et puis, quand Marc Lortie a eu déclaré qu’il y avait bien d’autres sujets que ceux liés à l’économie, au commerce et à l’industrie qui allaient être discutés au Sommet de Québec, j’étais presque certain d’entendre un exconseiller des gouvernements de René Lévesque et de Jacques Parizeau lorsque ces derniers proposèrent à notre partenaire canadien une nouvelle entente désignée sous l’appellation de souveraineté-association fie référendum de 1980) ou de souveraineté-partenariat (le référendum de 1995), entente qui ressemblait, par certains côtés, à celle qui sera discutée par les 34 chefs d’Etat des Amériques (sauf celui de Québec) les 20, 21 et 22 aviil prochains.A la fin de l’émission, je me demandais comment les Jean Chrétien et Stéphane Dion de ce monde peuvent être de ceux qui vont prôner de telles orientations, au Sommet de Québec, dans le but de façonner une structure coopérative qui va toucher les domaines du politique, du social et de l’économie pour les 34 pays des Amériques, une structure désignée par Marc Lortie comme étant de «coopération hémisphérique», et en même temps refuser au peuple québécois une nouvelle entente de partenariat basée, cette fois-ci, sur le principe de Légalité des peuples.Raymond Fleury Saint-Benjamin, 11 avril 2001 Merci du fond du cœur À la suite du décès d’André d’Allemagne, le 1er février dernier, de nombreuses personnes se sont présentées à la maison Ludger-Du-vernay pour lui rendre un dernier hommage.Mes enfants se joignent à moi pour remercier la Société Saint-Jean-Baptiste, particulièrement son président, Guy Bouthillier, ainsi que tout le personnel pour leur chaleureux dévouement.Un grand nombre de visiteurs nous ont laissé des mots de réconfort et d’encouragement sans adresse de retour.Nous les remercions tous du fond du cœur pour leur sympathie et leur générosité.Dans ce merveilleux souvenir qu’ils nous ont laissé, il y avait également des témoi4 gnages de fidélité envers la cause qu’André a toujours défendue.Je suis certaine que ces ' élans de solidarité l’auraient profondément touché.André d’Allemagne savait que les hommes passent mais que les idées restent: Il plaçait la souveraineté du Québec au delà de tout, son engagement était absolu.Autant il se plaisait da.ns des discussions sur la : conception de l’Etat québécois à venir et sur1 des principes politiques fondamentaux, autant il les abhorrait lorsqu’elles ne servaient que de faire-valoir aux vanités personnelles ou risquaient de mettre en cause la solidarité de tous les Québécois.Souhaitons que nous puissions ensemble faire triompher les idées qu’il a toujours défendues.Viviane Racette-d’Allemagne Montréal, 8 avril 2001 LIBRE OPINION -?- Un défi pour nos démocraties _ CLAUDE FI LION Président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse \ A la veille du double événement que constituent le Sommet des peuples des Amériques et le Sommet des Amériques, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse soulève certaines préoccupations à la base des débats actuels.A la lumière des récentes expériences (Seattle.Prague, etc.), il faut se demander pourquoi des réunions de chefs d’Etat ne peuvent maintenant se tenir qu’en conjonction avec des mesures de sécurité exceptionnelles et dégénèrent trop souvent en affrontements entre les forces policières et les manifestants.Cette réalité pose le problème des rapports entre le respect des droits et libertés de la personne et la sécurité publique.De façon plus profonde encore, elle est le symptôme d’un moment critique dans l’évolution de nos démocraties.Comment nos sociétés en sont-elles arrivées à cette situation où des chefs d’Etat doivent se réunir dans des places fortifiées et où, de l’autre côté de la barricade, un nombre croissant de citoyens estiment que leur droit à la participation politique n’a d’autre choix, pour pouvoir s’exercer, que de recourir à des manifestations de foule?Pour apprécier le phénomène dans sa globalité, il est nécessaire de comprendre les frustrations exprimées par les manifestants.Dans son essence, la démocratie exige que le pouvoir appartienne à l’ensemble des citoyens d’une nation.Or le nouvel ordre économique mondial pose des contraintes importantes à l’exercice de la démocratie.La colère mal contenue devant le secret entou-rant les délibérations au sujet de la ZLEA et le cynisme ambiant à l’endroit du «politique» sont des illustrations du fait que, pour les citoyens, le pouvoir leur échappe.Ils n’ont plus l’impression d’avoir de prise sur le développement de leur nation puisque tout indique que les règles se négocient maintenant à un autre niveau, plus ou moins secrètement, avec d’autres interlocuteurs.Comment, dans ces conditions, restaurer la confiance entre le peuple et ses représentants?Il est impératif que toutes les sociétés des Amériques, leurs autorités politiques, économiques et civiles, se posent cette question.La commission rejoint ainsi la préoccupation des parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec qui, en décembre dernier, s’inquiétaient d’un «déficit démocratique» dans la définition de l’avenir du continent.De même, la commission entend continuer, au cours des prochains mois, sa réflexion sur le thème des liens entre la mondialisation et le respect des droits et libertés de la personne.Sous l’effet des déclarations relatives aux menaces appréhendées à la sécurité lors de ces sommets et de l’inquiétude qui atteint un nombre important de personnes, la commission voit se répandre une conception du rapport entre les droits et libertés de la personne et la sécurité publique qui lui paraît insidieuse.Cette conception oppose le respect des droits et libertés de la personne et la sécurité publique.Or que nous enseignent l’histoire et le présent de nos sociétés?Que ce sont précisément dans les sociétés où les droits et libertés de la personne sont négligés ou considérés comme inutiles par les autorités politiques que l’insécurité — publique et privée — est la plus grande.L’équation se vérifie à travers la planète et au sein des 34 pays qui seront réunis au Sommet des Amériques.Il ne faut pas se fermer les yeux devant les dangers de violence ou de débordements et, en conséquence, il faut prendre certaines mesures de précaution.Cependant, il ne faut jamais perdre de vue que la violence et le vandalisme, à l’occasion de tels sommets, ne sont le lot que d’une très infime minorité de fauteurs de troubles et que l’immense majorité des manifestants exerce un droit politique fondamental: celui de faire valoir leur opinion en se rassemblant, de bonne foi, pour transmettre un message sur des enjeux majeurs qui affecteront les collectivités pour des générations à venir.L’équation se vérifie aussi à l’inverse, à savoir que c’est dans les pays où le respect des droits est considéré comme une valeur politique fondamentale que la sécurité — publique et privée — est la mieux assurée.C’est aussi dans ces pays que l’exercice effectif de la participation des citoyens à la vie politique se manifeste de la façon la plus pacifique.Dans cette perspective, la promotion et le respect des droits et libertés deviennent des instruments dont la mise en œuvre rigoureuse favorise la sécurité, loin de s’y opposer.Sur ces bases, nous devons insister afin que nos politiques commerciales considèrent le respect des droits et libertés de la personne comme un élément incontournable des futurs traités commerciaux qui seront négociés.En effet la rnise en œuvre de conditions propices à 1 exercice des droits civils, politiques, sociaux et économiques dans les pays des Amériques doit recueillir le même niveau d’efforts que ceux déployés pour la recherche d’un enrichissement par le développement du commerce international.L’exigence du respect de ces droits, reconnus de multiples façons dans de nombreux instruments de droit international, dont, au premier chef, la Déclaration universelle des droits de l’homme, doit être un élément important de toute entente commerciale multilatérale.¥ L K DEVOIR.I E V E \ l> R E I) I I :î A V R I I 2 O O I A 7 IDEES Le libre-échange stimule l’exportation mais crée aussi des perdants DANIEL SCHWANEN Économiste principal à l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) Ce texte est une version abrégée d’une présentation faite lors d’un colloque organisé le 3 avril par le Fonds de solidarité, le Programme d’études sur le Québec et l'université McGill sur les conséquences économiques et sociales pour le Québec de l’intégration des Amériques.orsqu’on s’interroge sur l’effet possible de l’intégration économique des .Amériques, on pense immédiatement à l’accord historique de libre-échange qu’ont signé le Canada et les Etats-Unis en 1987 et qui est entré en vigueur en 1989.Il est maintenant reconnu que cet accord a eu un effet stimulateur sur les échanges commerciaux entre les deux pays.Maintenant, le commerce du Canada a lieu beaucoup plus dans l’axe nord-sud, étant beaucoup moins forcé sur l’axe est-ouest depuis que les barrières tarifaires et a vitres entraves au commerce avec les Etats-Unis ont été réduites.Qui dit effet stimulateur des échanges et meilleur accès aux marchés du Sud dit aussi, cependant, source de concurrence accrue.Aux Etats-Unis, on s’est beaucoup penché sur les conséquences pour les travailleurs américains de l’ouverture du commerce avec des pays moins riches comme le Mexique, entre autres.La plupart des économistes américains ont conclu que, au cours des deux dernières décennies, ce n’est pas le libre-échange mais plutôt le changement technologique qui est responsable de la stagnation des salaires de certains groupes de travailleurs — par exemple, ceux qui ne bénéficient pqs d’une scolarisation avancée.Cette conclusion provient notamment du fait que presque toutes les industries — quel que soit leur degré d’ouverture sur le monde ou leur propension à exporter ou à importer — ont effectué le m,ême virage technologique, ce qui a fait monter la demande pour des travailleurs hautement qualifiés et relativement baisser celle de ceux qui ne le sont pqs suffisamment.Toutefois, d’autres études ont montré qqe l’ouverture du commerce international créait une demande plus élevée Ci 1 O V.W110' pour des travailleurs hautement scolarisés, les entreprises étant motivées par un accroissement potentiel de leurs gains grâce à l’innovation.Ce phénomène expliquerait que les travailleurs moins qualifiés seraient en perte de vitesse sur le marché du travail, même lorsque l’ouverture des marchés se fait entre pays riches, comme le Canada et les Etats-Unis.Les secteurs les plus touchés au Canada Donç, pour revenir au commerce Canada-Etats-Unis, plusieurs industries canadiennes étaient fortement protégées avant l’accord de libre-échange.On pense par exemple aux secteurs du textile, du vêtement, du meuble et des appareils ménagers.D’autres industries, par contre, souffraient d’entraves importantes à l’accès au marché américain, comme les produits chimiques.D’autres encore n’ont été que peu touchées par l’accord, ayant fait l’objet d'une libéralisation antérieure (papier journal, automobiles, machinerie agricole).Qu’en a-t-il été au Canada après l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange?Celui-ci a-t-il eu un effet notable sur le marché du travail?Si oui, qui en ont été les bénéficiaires et qui en a fait les frais?Jetons un coup d’œil sur cette question.Nous pouvons classer les industries manufacturières (celles le plus directement visées par l’accord de libre-échange) en cinq groupes bien distincts.D’abord: 1- celles qui n’ont pas été libéralisées par l’accord.Ensuite, pour les industries qui ont été libéralisées, on peut distinguer quatre groupes selon l’évolution des flux commerciaux qui ont suivi l’accord, à savoir: 2- si c’est la hausse des importations qui a dominé; 3-une hausse des exportations; 4- les deux (hausse du commerce intra-industrie) ou encore, tout simplement: 5- les cas où le commerce bilatéral n’a connu qu’une faible hausse.Ayant départagé les industries, nous pouvons examiner si ces différents groupes employaient, avant le libre-échange, des types de travailleurs possédant des caractéristiques distinctes et aussi s’ils ont enregistré des divergences dans l’évolution des emplois et des salaires dans la décennie qui a suivi le libre-échange.La réponse à cette question est qu’il existe des différences importantes entre les groupes.Entre autres, les industries ayant connu une croissance relativement forte de leurs importations à la suite du libre-échange se caractérisaient par une proportion élevée de travailleurs possé- Sommet des Amériques 2001 dant tout au plus un diplôme du secondaire, soit 74 %, alors que cette proportion tournait autour de 65 % dans les autres groupes d’industries.De plus, ces secteurs marques par l’importation employaient aussi une proportion elevée de femmes, soit 39 %, à comparer à 26 % dans l’ensemble des autres secteurs manufacturiers.Par contre, les industries qui bénéficiaient d’un regime d’échanges déjà libre, ainsi que les industries libéralisées qui ont connu une forte croissance de leurs exportations, se distinguaient surtout par une proportion elevée d’hommes parmi leurs employés.On note cependant très peu de différences entre ces groupes lorsqu'on répartit les travailleurs par groupes d’âges.Davantage d’importations, emplois et salaires en baisse Que s’est-il passé après le libre-échange?Dans les industries caractérisées surtout par l’accroissement des importations, l’emploi et les salaires ont chuté rapidement, par rapport au secteur manufacturier dans son ensemble, d’environ 8 et 3 % respectivement.Qui plus est, la ré munération dans ce groupe d’industries était déjà inférieure de 16 % à celle de l’ensemble du secteur manufacturier.Les industries caractérisées par de fortes exportations, quant à elles, ont connu une évolution tout à fait inverse: forte croissance relative des emplois et des salaires.Il est intéressant aussi de constater qu’il y a eu croissance des emplois dans les secteurs où c’est le commerce bilatéral qui a crû le plus fortement.Toutefois, les salaires dans ce dernier groupe d’industries restent fortement en dessous de la moyenne.Ces constatations laissent croire que le libre-échange a eu un impact sur l’évolution du marché du travail au Canada.Entre autres, les pertes considérables encourues par les travailleurs moins instruits, en particulier chez les hommes, est un résultat qui va de pair tant avec la décroissance des emplois et des salaires dans les industries marquées par une vague d’importations qu’avec la croissance de la demande dans les industries exportatrices si celles-ci sont maintenant plus portées vers la technologie de pointe.En revanche, il faut se rappeler que l’évolution des échanges n’explique certainement pas tout.Ainsi, les plus grandes pertes d’emplois dans le secteur manufacturier au Canada au cours de la dernière décennie ont été enregistrées dans des industries qui, pour être libéralisées, n’en ont pas moins connu une très faible croissance du commerce extérieur.Ces industries ont surtout relevé d’autres défis au cours des années 90 que ceux provoqués par le libre-échange.Si le libre-échange a surtout touché directement le secteur manufacturier, il a aussi contribué à une restructuration im- I L’tk SOURI l, DISOUI AMKR1C/J.JA1I I.KT Les pertes considérables encourues par les travailleurs moins instruits, en particulier chez les hommes, est un des résultats de la croissance de la demande dans les industries exportatrices si celles-ci sont maintenant plus portées vers la technologie de pointe.portante de certaines entreprises de services puisque celles-ci constituent, pour les fabricants, une part significative de leurs coûts.On pense, par exemple, aux transports et aux communications.Formation et lutte contre les inégalités Il est clair qu’un approfondissement des relations commerciales avec les pays de l’Amérique amènera d’autres changements similaires.En effet, certaines industries canadiennes demeu- rent protégées par des tarifs élevés sur certains produits qui ne sont pas originaires des pays de l’ALENA.De même, les exportateurs canadiens sont encore aux prises avec plusieurs obstacles dans plusieurs parlies des Amériques.Il faudra donc se préparer à un maintien des tendances amenées par la libéralisation récente des échanges.Ceci voudra probablement dire accorder encore plus d’importance à la formation et formuler des politiques qui contrent efficacement les problèmes créés par les inégalités.La FTQ veut une charte sociale des Amériques Les richesses que crée l'ouverture des marchés doivent profiter à tout le monde L Le Conseil général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la plus haute instance de la centrale entre les congrès, a adopté une déclaration en vue du Sommet des peuples des Amériques à Québec.Voici des extraits de cette déclaration.e monde est plus ouvert que jamais.Pour être efficace, notre action syndicale doit aussi se mondialiser.Les richesses que crée l’ouverture des marchés doivent profiter à tout le monde.Une mondialisation démocratique peut permettre aux populations des régions du Sud d’avoir accès à une meilleure qualité de vie, dans le respect de leurs droits fondamentaux.Pour les populations du Nord, la mondialisation peut représenter la garantie d’une prospérité continue.C’est à une redistribution plus équitable de la richesse collective que nous devons travailler, en solidarité avec les syndicalistes de partout dans le monde.Nos actions quotidiennes sont importantes.Nos efforts permanents de syndicalisation, nos négociations pour protéger l'emploi de qualité et pour maintenir notre niveau de vie, nos batailles pour combattre le travail précaire et la sous-traitance utilisant une main-d’œuvre à bon marché, nos interventions sur l’organisation du travail, tout cela nous fait avancer et limite les excès du marché.Mais il faut faire plus: ¦ développer une vision d’ensemble des enjeux actuels par une * 1 k.*¦** £*¦ •* .V Æ.PAULO WHITAKER REUTERS Une mondialisation démocratique peut permettre aux populations des régions du Sud d’avoir accès à une meilleure qualité de vie, dans le respect de leurs droits fondamentaux.meilleure connaissance de notre entreprise ou de notre service public avec, au besoin, l’expertise du Fonds de solidarité FTQ; ¦ bâtir des rapports de force et des alliances qui débordent nos milieux de travail, avec le soutien de nos syndicats, de nos Conseils régionaux, de la FTQ et du Congrès du travail du Canada (CTC); ¦ participer davantage à nos organisations syndicales internationales comme la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), en particulier à nos secrétariats professionnels internationaux, qui réussissent parfois à imposer des accords-cadres par lesquels les multinationales s’engagent à respecter et à faire respecter par leurs sous-traitants les droits syndicaux partout où elles font affaire.Coopération et commerce équitable Il nous faut combattre l’exploitation partout ¦ en soutenant par nos actions de coopération, le renforcement du mouvement syndical dans tous les pays où il est affaibli ou menacé; ¦ en adhérant au principe du commerce équitable afin que les producteurs des pays du Tiers-Monde obtiennent un prix juste et équitable pour leurs produits; ¦ en faisant bannir les ateliers de misère (sweatshops) par des pressions publiques et par la négociation de clauses où nos employeurs s’engagent à ne pas s’approvisionner auprès d’entreprises qui exploitent leur main-d’œuvre.Le Sommet des Amériques Nos revendications concernant le Sommet des Amériques sont les suivantes: Sur le processus de négociation de la ZITA ¦ la transparence dans les négociations; ¦ la reconnaissance d’un forum syndical et populaire qui puisse participer aux discussions (ce qui existe déjà du côté patronal); n des mécanismes permanents de consultation au niveau québécois pour permettre au mouvement syndical et à la population d’exprimer ses revendications.Sur les droits des États ¦ la reconnaissance du principe du droit des Etats de conserver intégralement leur capacité de défendre l’intérêt commun de leur population et d’intervenir dans l’économie de leur pays; ¦ la protection des services publics, notamment en éducation et en santé; ¦ le rejet de toute disposition donnant prépondérance au droit des entreprises sur les droits des gouvernements et des peuples.Sur le contenu de l’accord ¦ l’inclusion d’une Charte sociale comportant des dispositions sur la protection des droits sociaux et du travail: droit à la syndicalisation et à la libre négociation; interdiction du travail des enfants, du travail forcé et de la discrimination en emploi; droits humains et culturels, ainsi que protection de l’environnement; ¦ des sanctions commerciales pour les entreprises contrevenant aux dispositions de la Charte sociale; ¦ des mesures de soutien au développement des pays signataires afin de combler les écarts profonds de niveaux de développement; ¦ la création d’un fonds compensatoire, financé par les entreprises, pour la formation et le recyclage des victimes de licenciements consécutifs à la libéralisation.Le Sommet des peuples des Amériques I^e Sommet des peuples des Amériques nous donne une occasion d’agir syndicalement sur la mondialisation.En participant au Forum syndical de ce sommet, le 18 avril, nous définirons plus précisément le modèle d’intégration continentale que nous voulons dans le cadre de la Zone de libre-échange des Amériques.Et lors d’une grande marche dans les rues de Québec, le 21 avril, nous exprimerons haut et fort notre vision et nos aspirations.I.’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au dirtetfur dp l'information).Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon fsporti): faule des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Giltes Francœur (tnvironnemtnt), Judith Lachapelle (science), Benoît Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales responsable des pages thématiques): Martin Du clos et Christine Dumazet (rp/erfeim); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Caucbon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma); à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Hélene Baril, Claude Lévesque.Claude Turcotte; à l’information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), François Cardinal, Mario Cloutier et Robert Dutrisac (corresptmdants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélene Alane (secrétaire a la rédaction) : Louise-Maude Rioux Soucy, Marie-C laude Petit (commis) 1st documentation (/ilk*s Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome.Serge Laplante (Çaéfref),Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ CT LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslaine Côté.Marlene Côté.Martin Fournier.Anouk Hurbutt, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau.( laire Paquet, Chanta) Rainville, Micheline Ruelland, (publicitaires).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODl ICTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bedard, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Can tara.Richard Des Cormiers.Marie-Joseu Hudon.Yank'k Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIR-AGE.Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélene Gervais, Dominique Lariviere.(responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc .L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Céline Furoy.Olivier lachambre (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Danielle laperriere, Caroline Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION 1)1 DEVOIR Roger Boisvert (vice président exécutif et directeur général) > < ) A « I.F.I) K V 0 I K , I.K V K X I) K F l> A V K II.t 0 II LE DEVOIR ACTUALITES TAUPE SUITE DE LA PAGE 1 d’hui ou demain dans le district judiciaire de Laval pour répondre a des accusations d’utilisation non autorisée d'un ordinateur et de transmission illégale de données policières.Us sont passibles d’une peine maximale de dix ans de pénitencier.À la demande d’une tierce partie, le sergent-détective Alain Desrosiers aurait accédé à des dizaines de reprises au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) pour y puiser des données confidentielles — y compris des photos — sur des individus liés aux gangs de motards et autres familles du crime organisé.le directeur Sarrazin a refusé de préciser la nature des données subtilisées du CRPQ, par exemple l’identité des mafieux ciblés ou celle des personnes qui ont réclamé les données.Le sergent-détective impliqué dans l’affaire aurait seulement servi d’intermédiaire contre rémunération.Il fait l’objet d’une suspension sans solde jusqu’à la fin des procédures.«Comme directeur d’un service de police, c’est extrêmement désolant, surprenant, révoltant.C’est quelque chose qu’on ne peut absolument pas tolérer», a dit Michel Sarrazin lors de son point de presse surprise.Il est plutôt rare que le SPCUM commente un scandale à l’interne avant même le dépôt d’accusations comme l’a fait hier M.Sarrazin.Malgré la gravité de l’affaire, le directeur du SPCUM refuse de croire que le CRPQ est une passoire.A preuve, le policier fautif a pu être retracé.Chaque personne autorisée à utiliser le CRPQ dispose d’un code d’accès unique et secret.C’est grâce à cette précaution que les enquêteurs ont réussi à retrouver la taupe.L’enquête a débuté l’automne dernier à partir d’un tuyau anonyme.M.Sarrazin a été mis au parfum en début d’année quand le service des enquêtes internes a mesuré la gravité des fuites.«C’était suffisamment lourd et important pour qu’on mette un officier en prison», a dit M.Sarrazin.Le CRPQ est une gigantesque base de données qui contient des renseignements nominatifs (noms, adresses, numéros de plaque d’immatriculation, etc.) sur tous les Québécois.Le système est en lien direct avec les fichiers de la SAAQ, du Centre d’information de la police canadienne (CIPC) et du Réseau justice.Il fait souvent l’objet d’utilisation frauduleuse.Encore cet automne, une taupe à la SAAQ avait consulté les dossiers de 11 personnes reliées aux Rock Machine.Trois d’entre elles sont mortes sous les balles; quatre ont survécu à des tentatives de meurtre.C’est par contre la première fois qu’une taupe au sèrvice du crime organisé est déterrée au sein même de la police.Déraillement t en Nouvelle-Ecosse Stewiacke, N.-E.(PC) —Au moins 16 personnes ont été blessées hier lors du déraillement d’un train de passagers de Via à Stewiacke, en Nouvelk1-Écosse.Le train se dirigeait vers Montréal.le maire de la localité, Bruce 1 oh nos, a précisé que cinq passagers ont été blessés gravement lorsque le train a quitté la voie en début d'après-midi, en plein cœur de la petite communauté de 1400 âmes.Les divers types de blessures comprennent des membres brisés, un cas de fracture du bassin et un cas de blessures internes.Paul Doucet, un porte-parole de Transports Canada, n’a pas pu confirmer la rumeur voulant que quelques-uns des 109 passagers et des 15 membres du personnel de bord étaient toujours prisonniers des débris du train, en fin d’après-midi hier.le train faisait le trajet Halifax-Montréal à une vitesse de 80 km/h.«Nous avons envoyé nos équipes d’urgence sur place et nous ferons des fouilles en profondeur», a ajouté le porte-parole.Dix des 14 wagons de passagers ont déraillé et deux d’entre eux ont endommagé un magasin de matériel agricole qui se trouvait juste à côté de la voie ferrée.LE DEVOIR 1rs bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), HÀA3M9 E3 Placedes-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 U publicité KYOTO Ait téléphone (514) 985-3399 P;ir télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Us avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Us petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel petitesannonces@ledevoir.com Us abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Dn otr est publie du lundi au samedi par U Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050.rue De Bleury.9" étage, Montreal.(Québec).H3A3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor Si Jean.8(X\ boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montreal, l'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Pei\nr U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest, lut val.Knvoi de publication — Enregistrement n 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec « ( SUITE DE LA PAGE 1 mulée de façon très libérale parce que, écrit-il, si on attend de valider scientifiquement le bien-fondé des formules soumises par les divers camps, la communauté internationale risque de rater son premier objectif de réduction globale, soit 5 % d’ici 2012.Et s’il fallait prendre autant de temps pour valider les regies de comptabilité des GES, cela constituerait «une menace pour la ratification rapide» du Protocole de Kyoto., Le groupe parapluie, qui regroupe notamment les États-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie, a souvent laissé entendre qu’il ratifierait difficilement le protocole si l’usage des puits et crédits de GES n’était pas formellement et préalablement accepté par les autres signataires.Depuis la conférepce de La Haye, qui a achoppé sur ces questions, les États-Unis ont été beaucoup plus loin en faisant savoir que de toute façon, ils ne ratifieront pas ce protocole qu’ils ont pourtant signé en 1997.Jusqu’à présent, la Roumanie est le seul pays à s’être engagé à des réductions d’ici 2012 qui ait ratifié le protocole.La France a adopté une loi de ratification mais n’en a pas déposé les actes au secrétariat de la Convention sur les changements climatiques.La proposition élaborée par le ministre néerlandais de l’Ènvironnement permettrait aux signataires d’atteindre la moitié de leur objectif de réduction de GES par les techniques de l’afforestation et de la reforestation tout en tenant compte de la déforestation.En somme, quand on replantera des forêts fraîchement rasées (afforestation) ou qu’on retournera à la forêt des aires développées à d’autres fins comme l’agriculture (reforestation), on pourra comptabiliser le gaz carbonique ainsi capté dans l’air par les arbres de ces nouvelles forêts.Ce carbone, capté par les nouveaux «puits» de GES, pourra alors être déduit de l’objectif national.Mais s’il coupe ses forêts (défo- restation), un pays devra ajouter à ses émissions nationales la masse de carbone présente dans le bois parce qu’elle sera éventuellement libérée par le papier produit, puis brûlée ou décomposée, etc.Ces «rejets» de C02 s’ajouteront alors à ceux des centrales thermiques, des procédés industriels et des moteurs à combustion et aux émissions d’origine agricole, qui forment l’essentiel des émissions nationales annuelles.La proposition du président Pronk prévoit aussi de comptabiliser certains types de production agricole parce que les végétaux captent eux aussi du gaz carbonique présent dans l’atmosphère.Sa proposition est d’autant plus généreuse que ce carbone est probablement celui qui est relargué le plus rapidement en raison des mécanismes de décomposition et de digestion.La nouvelle proposition permettra aussi à des pays comme le Canada de comptabiliser ce que leurs forêts ont capté depuis 1990 même si la déduction ainsi obtenue ne retirera pas un seul atome de gaz carbonique actuellement présent dans l’atmo-sphere terrestre, ce qui s’ajoute aux échappatoires créées pour obtenir rapidement la ratification par les pays récalcitrants.Afin de régler les différends qui ont opposé les Européens et les Américains à La Haye, la proposition — qui sera discutée officiellement lors de la sixième rencontre des parties signataires à Bonn en juillet — inclut toute une nouvelle série de principes directeurs.Ces principes directeurs, qui confirment par exemple l’utilisation de la foresterie et de l’agriculture comme capteurs officiels de GES (les «puits»), seraient l’objet d’interprétations évolutives, pourrait-on dire, dans la mesure où Taffinement de la comptabilité des gaz à effet de serre se resserrera au fur et à mesure de l’évolution de la science.Un sous-comité de la conférence des parties aurait pour tâche de faire évoluer les règles du traité, un peu comme on Ta vu, en somme, dans le Protocole de Montréal sur la protection de la couche d’ozone.La liste des substances dommageables s'etait progressivement allongée au fur et à mesure que l’on pouvait documenter leurs effets néfastes.Le président Pronk propose ainsi un traité fort libéral mais a la condition que la communauté internationale en resserre progressivement les regies, au fur et à mesure que la science, dit-il, en démontrera la nécessité.La manœuvre est cependant risquée.Elle risque en effet de déplaire aux Européens car il n’est pas sûr que des règles plus lâches vont empêcher les Américains de renier leur signature, laissant alors les autres pays avec un traité peu efficace.Mais la nouvelle proposition pourrait avoir pour effet de scinder le groupe parapluie en rendant politiquement très difficile pour le Canada et le Japon de se maintenir dans le sillage des États-Unis ou.pire, de ne pas ratifier un protocole beaucoup plus près de leurs objectif^.Si le directoire du protocole remporte son pari, les États-Unis pourraient alors se retrouver isolés du reste de la planète, ce qui ne serait pas sans conséquences.La proposition met par ailleurs en avant divers mécanismes pour faciliter les transferts technologiques afin de permettre aux pays en développement d’éviter d'investir dans des filières énergétiques dommageables pour le climat de la planète.La nouvelle proposition comprend aussi un fonds de un milliard de dollars par année pour assister les pays en développement à prendre le train de la lutte contre les changements climatiques par des moyens qui auraient simultanément des effets bénéfiques et d’appui à leurs politiques de protection de la biodiversité, de lutte contre la désertification, etc.Les parties qui ne paieraient pas leur part — une allusion aux mauvais payeurs américains — perdraient leur siège au directoire du protocole.CINCINNATI SUITE DE LA PAGE 1 prise «pour une durée illimitée».L’hypothèse d’une intervention de la Garde nationale aurait sérieusement été envisagée.Mais le maire de Cincinnati n’aurait pas voulu retenir cette décision extrême.Celui-ci a été verbalement pris à partie par des personnes dans l’assistance, dont l’une a crié: «Le maire est un menteur.» De nombreux coups de feu Selon les autorités, des émeutiers ont saccagé des magasins, tiré de leurs voitures des conducteurs blancs et allumé plusieurs incendies au cours des trois derniers jours.Un officier de police a été pris pour cible par les manifestants mais n’a pas été blessé mercredi alors que la violence prenait de l’ampleur et débordait du centre-ville pour s’étendre vers des quartiers à forte population noire.«Des coups de feu ont éclaté» mercredi soir dans plusieurs points de la ville, «semblables à ce que vous pouviez entendre à Beyrouth», a affirmé le maire.Cette situation «est dangereuse et le devient de plus en plus, et les gens doivent réfléchir et dire clairement que cela doit cesser», a-t-il poursuivi.Selon le maire, «il y a un réel problème avec les relations interraciales et la manière dont cette ville va panser ses blessures».«Mais la seule question qui nous intéresse aujourd’hui est de débarrasser nos rues des éléments criminels», a encore dit le maire.La police a arrêté plus de 60 personnes depuis que les manifestants ont investi les rues lundi pour protester contre la mort du jeune Noir, tué samedi par un policier, Steve Roach.Ce policier fait actuellement l’objet d’une enquête par le procureur du comté, du département américain de la Justice et du FBI.Selon le New York Times, 66 personnes ont été arrêtées et 25 hospitalisées dans les violences.Appel au calme Le lieutenant de police Ray Ruberg a par ailleurs appelé les leaders de la communauté noire de Cincinnati à imposer le calme dans les quartiers noirs.«Nous espérons que les leaders parviendront à convaincre ces jeunes que la désobéissance civile, le désordre et le vandalisme ne sont pas les meilleurs moyens pour faire passer des messages.» Il semblerait que des démarches aient été prises dans ce sens.Plusieurs rencontres ont eu lieu depuis le début de la semaine entre les pouvoirs publics et les associations de défense des droits des Afro-Américains.Le FBI a de son côté ouvert une enquête préliminaire mardi pour faire la lumière sur la mort de Timothy Thomas, après avoir rencontré le chef de la police, a déclaré Ed Boldt, porte-parole du FBI.Une autre enquête civile a été ouverte pour deux autres cas, dont celui de la mort suspecte d’une personne, arrêtée en novembre dernier et morte asphyxiée après une altercation avec les policiers.Le procureur de justice de l’Ohio a mis en examen deux officiers de police liés à cette affaire, a déclaré le représentant du FBI.La police de Cincinnati, mal en point dans cette affaire, n’a apporté aucun commentaire sur la possibilité qu’avait Timothy de posséder une arme lors de son arrestation.Une caméra vidéo a été saisie au moment de l’affaire.Mais le lieute-nant Ruberg ignore encore ce quelle contient.A la fin de sa conférence de presse, le maire a ajouté que «nous n’aimons pas imposer un couvre-feu.Pour 99,9 % des citoyens de notre ville, le couvre-feu ne veut rien dire, n’est pas nécessaire.Nous leur demandons de nous soutenir».DECLARATION SUITE DE LA PAGE 1 Les sherpas tenteront de trouver un compromis sur cette question et quelques autres en fin de semaine à Québec.S’ils n’y arrivent pas, il reviendra aux 34 leaders d’attacher les derniers fils pour ensuite entériner le tout.Mais dans l'ensemble, peu ou pas de surprises car les compromis que camoufle le langage diplomatique sont le fruit de mois de négociations.On connaît donc depuis un bon moment les grandes conclusions du Sommet de Québec.On sait depuis des mois qu'on confirmera la poursuite des négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).On sait aussi que le maintien de la démocratie et le respect de la primauté du droit seront des conditions essentielles pour participer aux sommets et profiter de leurs retombées.Plusieurs groupes auraient souhaité qu’on précise que cela s'applique à la ZLEA.Le texte ne le dit pas.Au mieux, c’est sous-entendu.On propiettait un soutien plus ferme à l'Organisation des Etats américains, le texte le confirme en donnant un rôle plus étendu à l'OEA, en demandant à l’assemblée générale qu'elle réforme et renforce l'institution, y compris sur le plan financier et en particulier dans le domaine des droits de la personne.L'ébauche de plan d’action offre évidemment des détails supplémentaires.On apprend par exemple que le quatrième sommet pourrait se tenir en Argentine.Mais on constate que depuis le dernier, tenu à Santiago en 1998, on innove peu et qu'on ne parle toujours que d'engagements et non d’obligations.Des sujets ont été davantage approfondis.Une section entière porte sur la coopération en matière de prévention et d’aide en cas de catastrophes naturelles.Une autre, sur l’environnement.Quelques sujets nouveaux ont fait leur apparition.On aborde par exemple les questions de la responsabilité sociale des entreprises et de la diversité culturelle.A noter dans ce dernier cas qu’on ne fait pas mention du projet canadien de nouvel instrument international pour la protéger et la promouvoir.Plus frappants cependant sont la facture et le ton du texte.Il est plus précis et détaillé que celui de Santiago et Laisse transparaître, à quelques reprises, un nouveau réalisme.On reconnaît d’entrée de jeu que futilité du sommet doit encore être démontrée et que des engagements passés ont été négligés.«Nous sommes entièrement conscients qu'il y a encore beaucoup à faire pour que nos peuples aient confiance en la pertinence du processus du Sommet des Amériques dans leur vie quoti- dienne», lit-on dans la déclaration politique.lœ chapitre sur l’éducation est révélateur.Thème chouchou du Sommet de Santiago, l'éducation avait à l’époque donné lieu à un plan d’action ambitieux, mais les résultats n’ont pas suivi.Visiblement conscients du problème, les leaders demanderont à l'OEA d'organiser une rencontre des ministres de l’Éducation du continent avant la fin de 2001.Ces ministres devront établir des mécanismes de mise en œuvre du plan d’action et définir un cadre de référence et des échéanciers pour mesurer les progrès accomplis.L’ébauche divulguée cette semaine pourrait encore changer, mais si peu.Fait accompli, alors?En gros, oui.Malgré cela, la déclaration finale et le plan d’action demeurent importants.Ce sont des outils pour juger de la volonté politique des chefs, pour évaluer l’attention portée aux préoccupations des citoyens et pour mesurer la sincérité des engagements pris.Bien des critiques à l’endroit des sommets découlent d’ailleurs de la comparaison faite entre les promesses passées et la réalité.Les leaders accordent par conséquent beaucoup d’importance à ces textes, mais à moins d’un litige important sur une question de fond, on peut prédire qu’ils y consacreront peu de temps une fois le sommet commencé.Trop tard pour déplacer des virgules.De quoi parlera-t-on?En public, lors de la seule séance ouverte aux médias, de démocratie, le thème central du Sommet de Quebec.Toutes les autres séances de travail se dérouleront à huis clos.Les chefs pourraient donc y discuter de sujets autrement plus délicats.C’est ce que souhaite sans y croire Peter Hakim, président du Inter-American Dialogue, basé à Washington.«Tous les pays s’entendent déjà sur le texte.Qu 'ils le mettent de côté et discutent des plus grands enjeux.[.] Pourquoi l'économie de l'Amérique latine ne croit-elle pas?Pourquoi la démocratie y connaît-elle tant de difficultés?Pourquoi la pauvreté et les inégalités empirent-elles?Que faire au sujet de la Colombie?Une discussion honnête sur Cuba serait aussi la bienvenue.Cela est beaucoup plus important que les détails de l’ordre du jour» Ce sommet sera davantage une rencontre de familiarisation entre leaders.La moitié des 34 chefs présents, dont les présidents américain et mexicain, en sont à leur premier sommet.Pour George Bush et Vicente Fox, ce sera même leur première sortie dans un forum multilatéral.Les joueurs attireront donc autant l’attention que la partie.ZLEA SUITE DE LA PAGE 1 France, y sont encore très forts.Quant à l’Allemagne, elle reste l’un des principaux investisseurs dans la région de Sào Paulo.D y a donc longtemps que l’Europe cultive ses relations avec le Mercosur.Ce marché commun regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.La Bolivie, le Chili et le Pérou y sont aussi associés.Avec 28 % du commerce extérieur de la région, l’Union européenne est son premier partenaire économique devant les autres pays latino-américains (26 %) et les États-Unis (20 %).Mais cette position est aujourd’hui contestée par les investissements massifs des États-Unis.Et elle pourrait l’être encore plus si la ZLEA voyait le jour rapidement «Les Européens craignent de voir se répéter en Amérique du Sud ce qui s’est produit au Mexique lors de l’intégration de ce pays à l'ALENA», dit Alfredo Valla-dao, de la chaire Mercosur de l’Institut politique de Paris.L’Union européenne avait alors perdu 50 % de ses parts de marché en deux ans à peine.Un tel scénario au Brésil et en Argentine serait catastrophique.D’autant plus que le Brésil, avec ses 170 millions d’habitants, représente aujourd’hui un marché aussi important que la Chine.Américains et Européens sont donc engagés dans une course contre la montre dans cette région du monde.A Madrid, en 1995, l’Union européenne s’est donné jusqu’en 2005 pour parvenir à un accord de libre-échange avec le Mercosur.Mais les armes des deux concurrents sont inégales.Des deux côtés, les pays latino-américains réclament une diminution des subsides à l’agriculture en échange de la disparition des tarifs sur les importations.Or l’Europe est le bloc économique le plus réticent à revoir ses politiques agricoles, même si les récentes crises de la vache folle et de la fièvre aphteuse pourraient hâter une remise en question.«Et puis, l’Europe, avec sa structure bureaucratique et son processus de décision complexe, est toujours plus difficile à faire bouger, explique Alfredo Valladao.Au Mexique, les Européens s’étaient réveillés beaucoup trop tard.Alors que George W.Bush a décidé d’aller vite, très vite, les Européens ont du mal à suivre le rythme.» Mais l’Union européenne est loin d’avoir déclaré forfait Elle entend miser en particulier sur le fort sentiment d’indépendance des Brésiliens, prompts à réagir au moindre signe de domination venu du Nord.Les Canadiens ont payé pour l’apprendre lorsqu’ils ont été la cible d’immenses manifestations populaires après avoir fermé leurs frontières au bœuf brésilien.«Les Brésiliens ont soudainement découvert que le Canada, qui avait toujours été considéré comme un partenaire plus ouvert que les Européens, pouvait avoir des réactions aussi protectionnistes que ces derniers», explique Alfredo Valladao.Les Européens ont un autre avantage dans la région.L’Union européenne est une structure plus proche du Mercosur.Ce dernier n’est pas un simple traité de libre-échange, mais un véritable marché commun.Il comporte une union douanière et pourrait à terme mener à une union monétaire et à une certaine coopération politique.La vision des Brésiliens, qui entendent négocier chèrement l’accès à leur immense marché et refusent catégoriquement d’avancer l’échéance de la ZLEA à 2003, n’est souvent pas très loin de celle des Européens.Le Brésil, qui a enregistré un excédent commercial avec la France l’an dernier, entend jouer à fond la carte des deux grands pôles européen et américain.Ce n’est pas un hasard si, la semaine dernière, Lionel Jospin a fait l’éloge d’un monde multipolaire.«La mondialisation est une question de nature politique qui appelle une réponse politique», a déclaré le premier ministre français.Mais les enjeux de cette concurrence sont aussi ailleurs, selon Alfredo Valladao.En formant un libre marché de 823 millions d’habitants avec un PIB de 11 400 milliards de dollars, la ZLEA deviendrait de fait le lieu où s’établissent les règles juridiques qui gouverneront le commerce international du prochain siècle.«Le vrai enjeu, c’est les règles.Si l’Europe ne fait rien, c'est au sein de la ZLEA que s’établiront à l’avenir les règles juridiques du commerce international.Qu ’il s’agisse de la lutte contre la corruption ou des normes juridiques ou politiques.Une fois ces règles établies dans les Amériques.le reste du monde n ’aurait plus qu à s’ajuster.» Valladao est convaincu que la création de la ZLEA entraînera la même croissance économique qu’a connue le Mexique avec l’ALlîNA.Surtout, l’équilibre entre l’Europe et les Etats-Unis dans cette région favorisera un nouveau triangle de coopération.Un triangle qui fut somme j toute au cœur de la civilisation occidentale de-! puis la découverte de l’Amérique.
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