Le devoir, 7 octobre 2000, Cahier F
I.K |) K V OIK.I.K S N A M K I) I E T 1) I M A \ (HE 8 O t T O B H E 2 0 O 0 La marche des femmes Françoise David Pour la présidente de la Fédération des femmes du Québec: *La Marche mondiale des femmes s'inscrit dans tous les courants de lutte contre la mondialisation telle qu'elle existe.Nous y apportons un point de vue et une analyse féministes.» Page 7 «Contre la PAUVRETÉ ET POUR LE PARTAGE DE LA RICHESSE.» «Contre la VIOLENCE FAITE AUX FEMMES ET POUR LE RESPECT DE LEUR INTEGRITE PHYSIQUE ET MENTALE.» a journée débute.L’une prendra l'auto pour se rendre au lieu de rassemblement.Une autre reunira les pages de signatures déjà recueillies pour complé-' ter le cahier des revendications.Celle-ci troquera l'habit de tous les jours pour une tenue confortable, la priorité étant accordée aux chaussures.Cela ne se fera pas nécessairement la même jour donné.Ailleurs, le geste sera la répétition d'un geste posé la veille.Elles se mettent en branle.Sur les cinq continents, des femmes, provenant de 157 pays, sortent sur la place publique, solidaires et porteuses d'un même message, liées par un même combat.Leur discours en est un de dénonciation: une déclaration d’intolérance face à des situations qui perdurent «Contre la pauvreté et pour le partage de la richesse.» •’Contre la violence faite aux femmes et pour le respect de leur intégrité physique et mentale." Elles ont decide de ne plus se taire Tout cela prit forme il y a cinq ans.La Marche du pain et des roses s'inscrivit dans le paysage québécois, de Montréal à Québec.L'idée d'un projet plus ambitieux germa, reçut l'approbation de regroupements régionaux et nationaux et un objectif commun fot établi: un rendez-vous mondial fut fixe.H aurait lieu à New York, le 17 octobre 2000.portionnelle.«Nous sommes reconnues pour être un mouvement qui ne se préoccupe pas uniquement du nombre égal d'hommes et de femmes dans les sphères du pouvoir», déclarait Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec, à l'occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars dernier.La lutte est politique.Quand à Montréal, le 18 octobre 1998, 140 femmes provenant de 65 pays ont adopté une plate-forme de revendications internationales, celle-ci fot appuyée sur un double constat.le paysage politique, qui en cette année 2000 n’a qu’une préoccupation: le succès économique fies diverses luttes nationales ou religieuses étant vues comme des phénomènes régionaux, de l'Islam à la Serbie), ce paysage s'explique par cette ère néoliberale.Quant à la tolerance face à la violence, elle découle d’un système patriarcal dont émerge à peine l'Occident: ailleurs, il en va tout autrement.Elles feront donc lutte commune Ce sera au Québec diverses actions; à compter de lundi prochain, le 9 octobre, un premier départ étant à midi donné dans Hochelaga-Maisonneuve ou dans la Pointe Saint-Charles.Au Brésil, c'était le 2 septembre que la Marche du pébliscite populai- devant l'édifice de l'Organisation des Nations unies, là où il y a presque six semaines, le sommet des chefs d'états avait rassemblé les dirigeants de la planète: la photo officielle.prise le 6 septembre, permettait de remarquer que l'alignement des figures n’inscrivait dans le paysage que quatre têtes qui soient féminines.Pourtant, cette action commune n'est pas menée au nom de la représentation pro- parfois lieu à des rassemblements spectaculaires, comme ceux prévus à Montréal le 14 octobre prochain, à Ottawa, le 15 et à New York le 17.La longue marche des femmes se poursuit.Normand Thèriault SOLIDARITÉ QUÉBÉCOISE LA DES LUTTE » FEMMES SOLIDARITÉ INTERNATIONALE DU 9 AU 17 OCTOBRE Portraits Violence et Luttes communautaires Québec Canada et ONU Montréal International Page 2 pauvreté Page 4 Page 6 Page 3 Page 3 Page 5 Page 6 POUR UNE ECOLE HUMAINE www.lafac.qc.cri far('>'lafaw.ffq.qc.ca/marchequebec Les grands rendez-vous Montréal, Ottawa et New York Mar^PmgjffU^^lsèmes 14 octobre Montréal Le 14 octobre 2000 à Montréal, des femmes de tout le Québec se retrouveront après cinq jours d’activités en région.Ce rassemblement national a un objectif: faire pression sur le gouvernement du Québec.Dès 9h30, le rendez-vous est fixé au parc Lafontaine.Les organisatrices espèrent que des dizaines de milliers de personnes participeront à l’événement.12h Marche de 3 km 14h Minute de silence 15h30 Spectacle 17h Clôture de l’événement 15 octobre Ottawa Le lendemain du rassemblement à Montréal, c’est à Ottawa que ça se passe! Des femmes venant de partout au Canada se ras- sembleront sur la colline parlementaire.Du parc Jacques-Cartier, à Hull, au plus tard à midi, les Québécoises, par le pont Alexandra, marcheront vers Ottawa pour rejoindre la manifestation canadienne.17 octobre New York Le 17 octobre, à New York, une délégation politique internationale rencontrera le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et une marche réunira quelques milliers de femmes venues de 159 pays.Parallèlement, à travers le monde, des millions de femmes participa rent à ce moment historique en démontrant leur appui de mille et une façons.De plus, le 17 octobre, «Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté» est souligné depuis quelques années par des marches au flambeau dans plusieurs villes au Québec et ce, sous l’initiative du mouvement ATD Quart-Monde et ses alliés.On s’informe à: www.adt-quart-monde.org Du 09 au 17 octobre prochain NOUS MARCHERONS POUR.UN BARÈME PLANCHER À LAIDE SOCIALE AFIN QUE PLUS JAMAIS 227,000 FEMMES, 215,000 HOMMES ET 174,000 ENFANTS NE SOIENT PRIVÉS A L’HEURE DES SURPLUS BUDGÉTAIRES, LES PAUVRES ONT DROIT À LEUR PART DU Conférence religieuses canadienne, Région du Québec Front commun des personnes assistées sociales du Québec Regroupement des Auberges du cœur du Québec www.baremeplancher.net pauvreté* zéro! m*ht mondial* ta tanes-IMd Mi of Kxnen.Kirrti mntat it ta mj)«« Ensemble vers un même objectif.La FTQ est présente! Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ www.ftq.qc.ca Marche mondiale des jCTYiyrieS Québec Conseil du statut de la femme DES petits pus POUR LES FEMMES UN GRAND PAS POUR ihumamtô \ i I.E l) E V 0 I H .LES S A M E I) I E T !> I M A X < Il E X I» ( T 0 K K E 2 II 0 II F (> • LA MARCHE DES FEMMES • INTERNATIONAL La mondialisation des résistances et des solidarités Ce pourquoi les femmes de la planète marchent En nombre, elles sont égales.Pourtant, elles ne possèdent que 1 % des richesses de la planète.De plus, elles doivent faire face à la discrimination, à la violence, sans parler de la pauvreté qui est leur lot.Voilà pourquoi 6000 groupes de femmes venant de 159 pays mettent sur pied une marche mondiale.Rendez-vous à New York, le 17 octobre prochain.LORRAINE GUAY ARCHIVES LE DEVOIR Les femmes constituent toujours aussi l’immense majorité des personnes pauvres dans le monde.On ne les attendait pas dans ces hauts lieux du pouvoir politique et économique, habituellement non fréquentés par les femmes.Et pourtant à New York, le 17 octobre, la Marche mondiale sera reçue par le ecrétaire général des Nations unies.Kofi Annan.Ce geste témoigne à la fois de l'importance que l’ONU accorde aux femmes mais surtout de la force générée par leur mobilisation partout à travers le monde.Et à Washington, le 16 octobre, le président de la Banque mondiale et le directeur général du Fonds monétaire international feront de même.Ce n'est pas bien sûr par «ouverture démocratique» spontanée de ces messieurs mais parce que la Marche, avec quelque 6000 groupes de femmes dans 159 pays et territoires, est devenue incontournable.De tous les coins de la planète, ce sont aujourd'hui des millions de femmes qui font entendre leurs voix aux élus-es et résonner leurs pas devant les parlements du monde.Elles exigent l'élimination de la pauvreté et de toutes les violences faites aux femmes, l'égalité entre les femmes et les hommes, le partage équitable de la richesse collective.Cette réponse enthousiaste des femmes à l’appel de la Fédération des femmes du Québec et de tout le mouvement des femmes est le signe que les problèmes vécus par les femmes transcendent toutes les frontières, géographiques.culturelles, politiques, économiques.Cette réponse est la preuve que la mondialisation des résistances et des solidarités est possible.Progrès et reculs Plusieurs s’étonnent encore: pourquoi une Marche des femmes?Leur sort ne s’est-t-il pas considérablement amélioré?C’est vrai.En cent ans.les femmes ont changé la maison, l'école, le travail, l'amour.et le monde.Et pourtant.Ces progrès indéniables côtoient des reculs intolérables.Pendant que la nouvelle constitution de l'Afrique du Sud reconnaissait la pleine égalité entre les femmes et les hommes et garantissait les droits des personnes homosexuelles, l’arrivée des Talibans au pouvoir, en Afghanistan, ramenait les femmes à un niveau d’oppression rarement connu dans l’histoire récente.Ces progrès indéniables côtoient des situations inacceptables.Pour s'en convaincre, il nous faut regarder le siècle qui vient à travers les yeux des petites filles dont on commence à peine à mesurer la discrimination dont elles sont victimes.A preuve, quelques exemples.Prostitution: un million d’enfants à travers le monde, en majorité des filles, sont enrôlés dans J'industrie du sexe chaque année.Education: les deux tiers des enfants qui ne vont pas à l’école sont des filles.Mutilations génitales: malgré les efforts et les législations, deux millions de petites filles sont mutilées chaque aimée.Les femmes constituent toujours aussi l'immense majorité des personnes pauvres dans le monde: elles possèdent moins de 1 % des richesses de la planète; fournissent 70 % des heures travaillées et ne reçoivent que 10 % des revenus.Leurs conditions de travail sont toujours plus difficiles.Elles assument toujours la responsabilité quasi exclusive des enfants.Elles sont absentes ou très minoritaires dans les lieux de décision politique et économique.Au Nord comme au Sud, elles sont toujours victimes de cette violence qui n'en finit pas.violence tolérée et qui s'exerce envers les femmes parce que femmes.Des femmes subissent une double discrimination, les lesbiennes par exemple, dont un rapport d'Amnistie internationale vient de révéler la dureté des violations de leurs droits humains fondamentaux.En ce début d’un nouveau millénaire, les femmes du monde entier ont en effet «2000» bonnes raisons de marcher! Causes structurelles La Marche ne se contente pas de faire la liste d'épicerie des problèmes.Elle n’est pas non plus une parade féminine! Elle veut agir sur les causes structurelles qui sont à l'origine des discriminations faites aux femmes.Car des phénomènes de cette ampleur ne relèvent jamais de «tares génétiques», de «qualités ou de défauts» personnels ou encore de «mauvais comportements».Pauvreté et violence participent d'une même conception, fausse et pervertie du pouvoir: la pauvreté est largement due à la monopolisation du pouvoir économique et politique pp une poignée de bien nantis; la violence faite aux fenunes est la conséquence du pouvoir des hommes sur les femmes et de leur infériorisation dans la société.Ce double pouvoir, il faut le nommer par son nom: le capitalisme néolibéral, système unique, dominant, régi par la compétitivité absolue et axé sur la privatisation, la libéralisation.la déréglementation; soumis à la seule loi du «tout aux marchés», où la pleine jouissance des droits humains fondamentaux est subordonnée à la liberté économique; le patriarcat qui ne date pas du XX' siècle bien sûr mais qui s’est consolidé depuis des millénaires, basé sur la prétention qu'il existerait une infériorité naturelle des femmes en tant qu'êtres humains et sur la hiérarchisation des rôles attribués dans nos sociétés aux femmes et aux hommes.La Marche veut éradiquer ces deux plaies sociales.Il ne s’agit pas de l’une OU de l'autre ou de l’une APRES l’autre mais de l'une ET de l’autre en même temps.Car, force nous est de constater que ni la «modernité».ni le modèle de croissance économique «à l'américaine», ni les «progrès» scientifiques, technologiques, ni les révolutions de toutes sortes n'ont complètement levé la chape de plomb qui rive les rapports hommes-femmes dans l'inégalité.Revendications mondiales Ces situations exigent d'agir au niveau mondial et d’interpeller à la fois les décideurs politiques et économiques.D’où l'importance que la Marche accorde, dans sa plateforme mondiale, aux droits élaborés par la communauté internationale et surtout à leur application.Cela suppose: ¦ des Etats de droit soumis au droit international; Iq Marche de mande que tous les Etats ratifient sans réserve et appliquent les conventions et les pactes relatifs aux droits des femmes et des enfants; que là où ils n'existent pas encore.des protocoles et des mécanismes soient mis en œuvre pour obliger les Etats à agir selon les droits énoncés dans les pactes et les conventions; que les Etats reconnaissent la juridiction de la Cour criminelle internationale et souscrivent aux dispositions selon lesquelles, notamment, les viols et les agressions sexuelles consti-ùient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité; que le droit d’asile soit reconnu pour les femmes victimes de discrimination et de persécutions sexistes et ou de violences sexuelles; ¦ des Etats «proactifs» dans la lutte contre les violences faites aux femmes, entre autres, par la mise en œuvre de plans d'action, de programmes, de projets efficaces assortis des ressources financières et de moyens adéquats pour mettre fin aux violences faites aux femmes; et par l’octroi du droit d'asile aux femmes victimes de discrimination et de persécutions sexistes et/ou de violences sexuelles; ¦ des Etats soucieux du sort réservé aux femmes victimes de dénis de droits sur la base de leur orientation sexuelle La question de l'homosexualité fait encore l’objet de blocage systématique au niveau de plusieurs Etats dont le Vatican! La Marche veut contribuer à briser ces résistances en exigeant de re- connaître que l'orientation sexuelle ne doit priver personne du plein exercice des droits prévus dans les instruments internationaux: et d'accorder le droit d'asile aux personnes victimes de discrintination et de persécution en raison de leur orientation sexuelle; ¦ des Etats capables de garantir la paix par des politiques de désarma ment (armes conventionnelles et amies nucléaires et biologiques) et une ONU capable de mettre un terme à toute forme d'intervention, d’agression et d'occupation militaire.Changer le système D’où l'importance que la Marche accorde aux transformations structurelles de l’économie plutôt qu'aux ajustements structurels.Toutes les revendications visent à changer le système économique dominant, à proposer des alternatives de redistribution des richesses,à soumettre tous les échanges économiques au respect des droits humains fondamentaux.Inspirée du projet québécois pour tme loi d elimination de la pauvreté, la Marche exige des Etats la mise en œuvre immédiate de lois et de stratégies visant l’élimination de la pauvreté en particulier celle des femmes.En lien avec nombre de mouvements sociaux engagés depuis longtemps dans ce combat, en particulier les campagnes Jubilé 2000, la Marche demande l’aimula-tion de la dette publique extérieure des pays en voie de développement, dette qui est en fait le nouveau visage du colonialisme.En lien également avec les mouvements qui veulent mettre un terme à la spéculation et à la criminalisation de l'économie, la Marche exige, outre l'élimination des paradis fiscaux et du secret bancaire, une fonne de taxation des transactions financières (la taxe Tobin) dont les revenus constitueraient un fonds dédié au développement social.La Marche revient avec la demande que les pays riches investissent 0,7 % de leur PIB en aide publique au développement, une revendication vieille de 25 ans mais non encore appliquée fies pays développés n'en sont encore qu'à 024 %.!).Enfin, la Marche exige le rejet de projets tels l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement) ou ses clones concoctés par l’OMC et la mise en place d'un Conseil mondial pour la sécurité économique et financière chargé de redéfinir les règles d'un nouveau système financier mondial.Rien de moins! La marche mondiale des femmes en Tan 2000 Continent par continent, pays par pays, les femmes de la planète marcheront Dans 159 pays, par l'action de 6000 groupes de femmes, des femmes se mettent en route, organisent des fêtes et se rassemblent, solidaires.Un survol pour décrire, plus que dire, les actions qui se déroulent sur la, planète depuis septembre dernier.AFRIQUE Bénin — Une marche nationale a eu lieu à Cotonou en septembre.Burundi — Une marche aura lieu le 15 octobre lors de la Journée de la femme rurale.Congo —Une marche aura lieu le 17 octobre, à Brazzaville et dans les campagnes devant des points historiques.Côte d'ivoire — Manifestation le 17 octobre à Ko-rhogo, au nord de la Côte d'ivoire.Gabon — Un livre d’or regroupant les doléances des femmes sera remis au président de la république le 7 octobre, jour de la marche nationale au Gabon.Guinée —A la mi-octobre, il y aura des marches dans la capitale et les régions, incluant un rassemblement devant le PNUD le 16 octobre, et un rassemblement le 17 octobre devant l’Assemblée nationale.Le livre blanc sera remis au président du Ïiarlement.le Rodrigues — Des activités à relais auront lieu dans quatre zones de l’île et une manifestation se déroulera le 17 octobre.Mozambique —Une marche nationale aura lieu au début d’octobre dans le nord du pays, ainsi que dans la capitale.Rwanda — Le 17 octobre, il y aura des rassemblements de femmes dans les villages partout au pays pour interpeller les autorités locales, lœs revendications seront remises aux représentants gouvernementaux.Sénégal — Une marche nationale aura lieu au début d’octobre.Togo — A la suite d'un atelier de validation des revendications nationales, une marche nationale a eu lieu à Inmé, à la fin du mois de septembre.LES AMÉRIQUES ET LES CARAÏBES Amérique Centrale — Au début de septembre, il y a eu une mobilisation centraméricaine devant la Banque centraméricaine d'intégration économique, au Honduras.Bolivie — In Journée de la femme bolivienne, le 11 octobre, sera soulignée par des actions de la Marche mondiale, avec des programmes spéciaux et des rassemblements simultanés dans tout le pays.Le 17 octobre, une mobilisation est prévue pour déposer les revendications au parlement dans chaque région du pays.Brésil — Du 2 au 7 septembre, participation de la Marche au plébiscite populaire sur la dette externe en organisant des bureaux de scrutin dans les comités de la marche.Le 17 octobre, il y aura des manifestations dans les capitales de chaque état et une marche nationale à Brasilia, où les revendications des femmes seront présentées au parlement.Canada —Trois événements nationaux auront lieu à Ottawa au mois d’octobre: un rassemblement pancanadien le 15, un tribunal populaire sur les droits humains des femmes le 16 et une journée nationale de lobby et rencontres avec les députés du gouvernement fédéral, le 17 octobre.El Savador — La semaine précédant le 17 octobre, des rassemblements majeurs auront lieu dans différentes régions du pays.Équateur — Des marches et des rassemblements auront lieu du 10 au 12 octobre.États-Unis d’Amérique — Une marche nationale et un rassemblement auront lieu à Washington le 15 octobre.Haïti — Le 28 septembre, les délégations des différentes régions du pays sont arrivées à Port-au-Prince.Le 29 septembre s'est tenue la marche nationale.Jamaïque — Une marche aura lieu le 17 octobre.Martinique —Une marche aura lieu le 17 octobre à Fort-de-France, la capitale.Mexique — Des journées nationales de cueillette de signatures ont eu lieu du 9 au 17 septembre.Une marche à relais partira du Chiapas et d’autres endroits du pays pour se rendre à New York.Chaque état aura des actions et des mobilisations le 17 octobre.Pérou — Une marche nationale aura lieu le 15 octobre.Québec — Du 9 au 13 octobre, il y aura des marches dans toutes les régions du Québec, suivies d'un grand rassemblement le 14 octobre à Montréal.ASIE et OCÉANIE Australie — Plusieurs festivals de la chanson et de la danse des femmes se dérouleront dans différents régions du pays le 7 octobre.Des événements organisés par des femmes syndicalistes auront également lieu.De nombreuses petites rencontres de la base, initiées par des femmes, se tiendront un peu partout (dans les milieux de travail, des écoles et des communautés, etc.) le 17 octobre.Bangladesh — L' 17 octobre, un grand rassembla ment aura lieu devant les bureaux du PNUD et de la Banque mondiale à Dhaka.Il y aura aussi une chaîne humaine pour protester contre la violence.Hong Kong — Le 15 octobre, un rassemblement de femmes migrantes asiatiques aura lieu et des tableaux brodés seront déposés devant le bureau de l’exécutif du HKSAR.Seront distribuées dans les rues des milliers de roses mauves en papier (symbolisant le trafic sexuel des femmes) sur lesquelles sont inscrites les revendications des femmes.Inde — Des rassemblements auront lieu dans les états en septembre et en octobre, en plus d’un rassemblement national à New Delhi le 12 octobre.Cette marche passera devant les bureaux du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de PONU.De plus, les femmes prévoient soumettre leurs revendications aux différents paliers gouvernementaux.Japon — Le 22 septembre, un rassemblement national a eu lieu et les revendications japonaises ont été présentées au gouvernement.Le 17 octobre, une journée nationale d’actions est prévue pour célébrer le point culminant de la Marche.Népal — Le 15 septembre, un procès populaire s’est tenu sur la violence faite aux femmes.Il y a eu aussi une exposition de cordes à linge, les revendications nationales et les copies des signatures recueillies ont été présentées au gouvernement.Pakistan — Une conférence nationale se tiendra le 10 octobre sur la violence faite aux femmes et la pauvreté.République de Corée — Une marche se déroulera le 20 octobre, lors du Forum des peuples de la rencontre des gouvernements d’Asie et d'Europe (ASEM).République démocratique populaire de Lao — Plusieurs activités auront lieu le 11 et 12 octobre, mettant l'accent particulièrement sur la violence faite aux femmes et l’égalité.Ces événements incluront un séminaire sur les questions de genre dans la société laotienne, du théâtre et des activités sportives.EUROPE Belgique — Marches nationales et Rassemblement européen à Bruxelles Du 8 au 13 octobre, des marches partiront des pays avoisinants pour se diriger vers Bruxelles (Belgique).Des femmes en provenance de partout en Europe s’y rassembleront le 14 octobre et marcheront dans les rues lors de la Marche européenne où il y aura, entre autre, des animations culturelles, des ateliers, des débats et un festival de musique.Des marches régionales traverseront la Belgique du 8 au 13 octobre.Le point culminant sera la marche européenne à Bruxelles le 14 octobre.Croatie — Le 22 septembre a eu lieu une commémoration de la tuerie de trois femmes.Les femmes revendiquent que le gouvernement déclare cette date Journée officielle contre la violence faite aux femmes.Espagne — Le 10 octobre les femmes en Galice organisent une grève du travail et des tâches domestiques.Islande — Une marche aura lieu en octobre à Reykjavik.Italie — Le 30 septembre, une manifestation nationale a eu lieu à Rome, précédée par une conférence de presse et une rencontre avec la délégation officielle italienne qui a participé à la conférence de Beijing +5.I.uxembourg — Le 10 octobre, à l’occasion de la rentrée parlementaire, il y aura une manifestation-piquet devant la chambre des député (e)s avec remise des revendications de la Marche mondiale au premier ministre, à la ministre de la Promotion féminine et au président de la chambre des député (e) s.Pays-Bas — En plus de se rendre par autobus au Rassemblement européen à Pays-Bas se joindront à la Marche belge et marcheront de la frontière jusqu’à Bruxelles.Portugal — Une conférence nationale sur la violence et la pauvreté a eu lieu le 23 septembre et une marche nationale est prévue pour le 7 octobre.Royaume Uni — Des femmes du Royaume Uni prévoient organiser une vigile en soirée le 17 octobre à Londres.Suisse — Plusieurs marches régionales auront lieu dans différentes régions de la Suisse en septembre et octobre.De plus, une marche nationale aura lieu à Bâle le 13 octobre.MOYEN ORIENT et MONDE ARABE Égypte — Une marche régionale a eu lieu le 24 septembre au Caire, avec des représentantes de plusieurs pays du monde arabe.Jordanie — Une conférence nationale et un rassemblement auront lieu en octobre à Amman, suivis d'ateliers qui se dérouleront dans différentes villes à travers le pays.liban — Le 24 septembre, des autobus sont parties de différentes régions du pays vers Beyrouth où s’est tenue une marche nationale.Maroc — Le 8 octobre, un festival musical aura lieu dans le cadre de la Marche mondiale des femmes.Yémen —- Un atelier national sur les revendications de la Marche mondiale des femmes s’tenu les 24 et 25 septembre.1 K I I) I M A X ( Il K S (I l T 0 B K K 2 0 0 0 K I) K V OIK.I.E S S A M E II 1 LA MA I! cm: DES FEMMES Entrevue avec Françoise David Le féminisme à l’heure de la mondialisation Un projet planétaire né d'une initiative québécoise Elle a initié la marche qui, la semaine prochaine, fera l'actualité dans 159 pays et territoires.Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec, dépose aujourd’hui un cahier de charge afin d’améliorer les conditions des femmes de toute une planète.JOHANNE LANDRY Mouvement planétaire, la Marche mondiale des femmes en l’an 2000 a d’abord germé dans l'esprit de militantes québécoises.Quelque six mille regroupements dans 159 pays et territoires ont répondu à l’invitation lancée par la Fédération des femmes du Québec.Pauvre té et violence sont les thèmes des plates-formes de revendications.Des fléaux qui affectent particulièrement la moitié féminine du globe.«La Marche mondiale des femmes s'inscrit dans tous les courants de lutte contre la mondialisation telle qu 'elle existe, positionne Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).Nous y apportons un point de vue et une analyse féministes.» Les dix-sept revendications de la plate-forme mondiale et les vingt de la plate-forme québécoise, en liens étroits, émanent d’un consensus parmi les groupes mobilisés.Elles constituent une partie des solutions préconisées pour éliminer la pauvreté et la violence faite aux femmes.Chapitre québécois Au chapitre québécois, la FFQ a voulu que les femmes se reconnaissent dans les revendications, qu’elles soient nées ici ou ailleurs, qu’elles soient autochtones ou non, lesbiennes ou hétérosexuelles.Ainsi, on attire l'attention sur le développement de maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence en milieu autochtone, où il n’y en a que huit et encore sous-financées; on réclame pour les lesbiennes.doublement discriminées, le droit à l’adoption et à l’insémination artificielle.«Nous demandons une révision du code civil, expose Françoise David et de certaines directives.La loi n’interdit aucunement l’adoption aux couples homosexuels.Les services sociaux anglophones la permettent mais pas les services francophones.» Un certain nombre de mesures concernent plus spécialement les immigrantes, parmi lesquelles on demande un meilleur accès aux cours de français.I^s femmes, en effet, sont moins francisées que les hommes et par conséquent plus isolées, plus dépendantes de leurs époux et privées parfois de certains droits ou de certaines libertés.Mondialisation sexiste et raciste Au banc des accusés, parmi les grands responsables de l’accroissement de la pauvreté, figurent la mondialisation et les mots d’ordre donnés par le Fonds monétaire International et la Banque mondiale, qui exercent des pressions injustes, racistes et sexistes.Racistes parce qu’elles pèsent de tout ieur poids sur les pays du Sud et sexistes parce que ce sont d'abord les femmes qui en souffrent.«Pour mettre fin à la pauvreté, c’est tout l'ordre économique qu’il faut changer», lance Françoise David.Bien entendu, le fléau ne touche pas seulement les femmes, mais il les touche en premier lieu, précise Mme David.A cau- IM RK Ml RANY1 Françoise David se de leur rôle traditionnel dans la société et à cause des inégalités sociales comme l’inexistence planétaire de l'équité salariale, le peu de reconnaissance de la valeur du travail des femmes et toutes les responsabilités non rémunérées qu’elles prennent sur leurs épaules.Si la pauvreté québécoise peut sembler à certains moins cruelle lorsqu’on la compare à celle des pays du Sud où des enfants meurent littéralement de malnutrition, elle n’en est pas moins scandaleuse selon la présidente de la FFQ.«Dans un pays riche, soutient-elle, tout le monde devrait toucher un revenu décent et manger à sa faim sans être obligé de recourir aux banques alimentaires.» Loi-cadre sur l’élimination de la pauvreté Pour réussir à vaincre la pauvreté, poursuit Mme David, nous devons faire de cette question une priorité gouvernementale.Une pétition circule actuellement pour réclamer une loi-cadre sur l’élimination de la pauvreté.Près de deux cent mille personnes l’ont signée.«Je suis allée moi-même station Berri solliciter des signatures, raconte Françoise David, et les gens, pas tous des pauvres, signent volontiers.Sur les principes de lutte contre la pauvreté, les gens sont d'accord.On veut des solutions et on s’adresse aux gouvernements.» «A eux de faire des choix, lance alors la présidente de la FFQ, en parlant de nos élus: s'ils peuvent investir 800 millions dans le nouveau CHUM et des millions dans les autoroutes.ils peuvent aussi se préoccuper des femmes et des pauvres.» Les militantes féministes se disent tout à fait conscientes que les goussets du gouvernement provincial ne sont pas élastiques à l’infini et elles interpellent aussi le fédéral qui comptabilise des milliards de surplus budgétaires qu’il redistribue au compte-gouttes.Reconnaissance des droits fondamentaux La Marche mondiale des femmes en l’an 2000, rappelle Françoise David, s’inscrit dans la foulée de la Marche du pain et des roses de 1995.L’idée d'une marche décentralisée partout dans le monde pour marquer le nouveau millénaire des femmes a jailli pçu après ce premier événement.A l'époque, les neuf revendications ne concernaient que la pauvreté.En discutant avec les participantes d’autres pays, la violence faite aux femmes s'est imposée comme un second thème, tout aussi important.Si au Québec, les problèmes de violence sont surtout ceux de harcèlement, d’agression sexuelle ou de violence conjugale, ailleurs cette riolence va aussi loin que la mutilation d’organes génitaux et le trafic de femmes et de fillettes, comme elle touche des droits aussi fondamentaux que le droit à l'héritage, à la propriété de la ter- re, au divorce, ou à la garde des enfants.«La pension alimentaire est une notion inconnue dans nombre de pays, rapporte Mme David.D'autre part, j'ai été horrifiée d'apprendre que quatre millions de femmes et de fillettes sont vendues chaque année pour la prostitution.comme esclaves domestiques ou à de futurs époux qu elles n'ont jamais vus.Mais n'oublions pas qu’au Québec aussi, des milliers de femmes subissent chaque année des gestes de violence physique.psychologique ou sexuelle de la part d'hommes qui les méprisent.Malgré les progrès indéniables des vingt dernières années, il y a encore du travail à faire!» Solidaires pour se faire entendre La Marche mondiale des femmes en l'an 2000, tant au niveau local, national qu’international.se veut avant tout un moyen de se faire entendre et d’exercer son droit de réclamer une société juste et égalitaire.«S’il y a un moment, au Québec, où l'on aura l’occasion de poser ensemble, hommes et femmes de tous les milieux et de toutes les conditions un geste solidaire, c’est celui d'être présent, dans les activités régionales du 9 au 13 octobre.Plus encore, celui d'être là, le 14 octobre à Montréal, dans le grand rassemblement qui commence à midi, au parc Lafontaine.C'est capital.Si nous sommes des milliers de personnes, le gouvernement ne pourra pas rester sourd à la voix populaire», insiste Françoise David.Le baromètre de la présidente de la FFQ marque un optimisme modéré quant aux gains possibles en regard des revendications de la plate-forme mondiale.Elle affiche cependant une plus grande con-fiance quant aux progrès attendus chez nous.«À Beijing plus cinq, en juin, nous avons pu identifier les résistances.déclarç-t-elle.Au plan économique.les Ktats sont loin d’être prêts à renoncer aitx grandes idéologies néolibérales.Im conviction à l’effet qu'une croissance économique peut à elle seule réduire la pauvreté est fi.>rtc.Pourtant, c'est faux.Im lutte contre la violence faite aux femmes est tout aussi difficile.Des alliances se forment entre Etats conservateurs, y compris le Vatican.A cause d’eux, nous n obtenons pas d'entente internationale sur la santé reproductive des,femmes.Mais nous sommes de plus en plus nombreuses et solidaires à travers le monde.Les résultats finiront bien par venir! Au Québec, nous avons un mouvement fort qui rallie de plus en plus de militantes, et de jeunes; un mouvement appuyé, on le verra entre le 9 et le 14 octobre au Quey bec, par de nombreux hommes.Et puis, notre gouvernement se targue d’être pour l égalité entre les hommes et les femmes et de tendance sociale démocrate.Il désire certainement que nous puissions dire à la face du monde qu 'il a répondu positivement aux revendications légitimes des femmes québécoises.» In Marche mondiale des femmes se rendra en effet à Washington, le 16 octobre, pour exposer à Horst Kôhler, directeur du FMI.ainsi qu'à James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, l’opinion des féministes sur la mondialisation et les alternatives quelles proposent.Et le lendemain, les femmes seront à l’ONU, pour rencontrer le secrétaire général Kofi Aman et exiger de ses Etats membres l’adoption de mesures corn crêtes pour éliminer la violence fat te aux femmes et la pauvreté) Qu'arrivera-t-il après?«Im suite nq sera pas facile, répond Françoise David.H faudra continuer la lutte et garder les liens avec les femmes du monde.Nous les avons sollicitées: maintenant elles ne veulent plus que nous nous làch ions.* Institut de recherches et d'études féministes L'Institut offre trois programmes en études féministes : • une mineure pluridisciplinaire (10 cours — 30 crédits).L’arrimage est possible avec les majeures en études urbaines ; géographie ; histoire ; histoire, culture et société ; philosophie ; sciences des religions ; sociologie : sciences, technologie et société • une concentration de 1er cycle (6 cours — 18 crédits) qui s’intégre à tous les programmes de baccalauréat • une concentration de 2e cycle (2 cours — 6 crédits + les crédits affectés à la réalisation du mémoire) qui s’intégre dans les programmes d’études supérieurs suivants : communications ; études littéraires ; géographie ; histoire ; intervention sociale ; philosophie ; science politique ; sciences des religions ; sexologie ; sociologie.Fit tout autre programme avec l’accord des responsables.Renseignements : (514) 987-6587 UQAM http://www.unites.uqam.ca/iref Université du Québec à Montréal Nom La seule revue d'écriture au féminin s'associe à la Marche Mondiale des Femmes Bulletin d'abonnement 3 numéros -1 an Régulier! ] 27,61$ Hors-Canada [ ] 46,00$ transport inclus Chèque ou mandat-poste à l'ordre de La revue ARCADE C.P.48773, Outremont H2V 4V1 Adresse Ville Code postal Tél, La CS N est de la Fn marrhp marche-Des Pas L M I Cil UI IC ^ géant- doivent être faits.Avec les autres femmes du Québec, du Canada et du monde entier, les femmes de la CSN s'inscrivent dans la lutte contre la violence et la pauvreté des femmes.'"r- CSN - (514) 598-2121 -www.csn.qc.ca CSN A Marche mondiale des Femmes Rassemblement à Montréal “Parc LaFontaine”, samedi 14 octobre 2000 La Commission de la santé et de la sécurité du travail, fidèle à ses engagements en matière de condition féminine, encourage son personnel à participer aux activités organisées dans le cadre de la Marche mondiale des femmes.au.essr I»» »•«* Québec SS - l i \ F « I.K I) K V O L K S S A M R [) I K T I) I M A N < Il E 8 0 (' TU B R K 2 0 0 0 MARCHE DES FEMMES La fête des femmes Un spectacle politique Le grand rendez-vous du parc Lafonataine «Je ne suis pas une militante, mais une humaniste.» Voilà comment Joujou Touraine explique qu’elle a accepté de coanimer le spectacle du 14 octobre au parc Lafontaine.20 000 personnes sont attendues.JOHANNE LANDRY Lyrisme et disciplines artistiques constituent une autre façon d’exprimer les attentes des femmes.Comme aboutissement de la Marche, les participantes sont conviées à un spectacle politique, coanimé par Judi Richards et Joujou Turenne.Plus de vingt mille personnes sont attendues à Montréal, le samedi 14 octobre, pour le grand rassemblement québécois de la Marche mondiale des femmes en l’an 2000.Le lieu de ralliement est le parc Lafontaine, dès 9h30 le matin.Sur le coup de midi, marcheuses et marcheurs entameront le trajet qui les conduira, quelques heures plus tard, angle Jeanne-Mance et Sainte-Catherine.Le spectacle de clôture débutera avec l’arrivée des premières marcheuses afin de ne laisser personne dans l’inactivité et l’attente.Il atteindra cependant son crescendo avec un volet politique, vers 15h30.Paroles de femmes En musique, chanson, humour, conte et manifeste, le contenu des revendications sera entendu au cours du spectacle mis en scène par Mouffe, informe la coanimatrice Joujou Turenne.Des chanteuses et musiciennes seront au rendez-vous.Plusieurs comédiennes connues liront un manifeste d’Hélène Pedneault, texte-choc rappelant les luttes immémoriales des femmes et leur proposant des raisons de se battre encore.et d’espérer.Le speclade reflétera la diversité des femmes en faisant parler tour à tour des femmes autochtones et québécoises, une Acadienne, mie Ontarienne, mie porte-parole internationale, tout cela entremêlé de chansons et de dialogues avec la foule.Un hommage sera rendu aux représentantes régionales à qui Madeleine Parent remettra un objet souvenir de la Marche mondiale des femmes.Le temps de la percée «En l'an 2000, expose la conteuse Joujou Turenne, après tant de violence, d’inégalité et de misère, il est plus que temps que nous obtenions des percées concrètes.Tout de suite.Nous ne voulons plus attendre.A plusieurs reprises, et dans toutes les langues, nous ferons entendre notre prière: assez, c’est assez.» Engagée socialement, notamment dans des activités qui touchent les femmes haïtiennes, Mme Turenne dit accepter fréquemment et avec plaisir de prêter sa parole de conteuse aux causes qui lui sont chères.«Je ne suis pas une militante, précise-t-elle, mais une humaniste.J’essaie, avec les mots, de véhiculer certaines valeurs qui se perdent comme l’amour, la paix, la fraternité, la justice et l’équité.Je donne à mes contes un contenu social.Avec le lyrisme et l’humour, des choses dramatiques passent mieux.» À travers ses contes et sa participation au spectacle, Joujou Turenne veut contribuer à l’amélioration de la qualité de vie.«Comment notre planète pourrait-elle être belle, demande-t-elle, si entre les hommes et les femmes persistent décalage et déséquilibre?Alors, pour parler de ces choses, je suis partante.» Au parc Lafontaine Avant le départ de la Marche, entre lOh et 12h, au Parc Lafontaine, artistes, femmes et militantes s’exprimeront en spectacle, théâtre et animation, notamment avec la présentation Solidaires avec les femmes du monde.Sur scène, on pourra entendre Mitsiko Miller, les Zalarmes, Catherine Potter, Liu Fang ainsi que la chorale des Voies ferrées.Jeux, quizz animés et activités interactives seront au programme pour adultes et enfants sous les chapiteaux.On pourra également y voir une exposition de photos de femmes en action provenant de différentes parties du monde.1^ Marche s’ébranlera vers,midi et différents points du trajet seront animés.A 14h00, une minute de silence est prévue pour nous rappeler les centaines de femmes assassinées au Québec depuis dix ans.«Je rêve d’un monde où la colère ne sera plus nécessaire, confie Joujou Turenne.Ou harmonie et apaisement permettront de meilleurs dialogues.Où les femmes auront enfin leur place en toute égalité aux côtés des hommes.Je marcherais bien quatre cents milles pour ce monde-là!» //, / /i ARCHIVES LE DEVOIR Judi Richards coanimera le spectacle au Parc Lafontaine avec Joujou Tourenne.Le Elles tour du monde des femmes marchent, elles marchent et en font bien d’autres! L JOHN OLSON/LIFE MAGAZINE Déjà en 1970, à New York, les femmes américaines marchaient sur la Cinquième Avenue afin de commémorer l’entrée en vigueur du droit de vote pour les femmes.Le 17 octobre, pendant que leurs déléguées manifesteront dans les rues de New York, les femmes du monde entier feront entendre leurs voix de multiples façons.BRIGITTE VERDIÈRE Nous marcherons dans toutes les régions de l’île et nous nous retrouverons le 18 octobre, à Nouméa, après avoir fait “circuler la parole des femmes”» annonce France, en Nouvelle Calédonie.La semaine précédant le 17 octobre, il y aura des rassemblements majeurs dans tout le pays, renchérissent les Salvado-riennes.Dès le 11 octobre, les Boliviennes agiront dans le cadre de la journée de la femme rurale.Le 14 octobre, les Européennes convergeront vers Bruxelles.Au Burundi, la manifestation aura lieu dans le cadre de la Journée de la femme rurale le 15 octobre.Le 15 octobre sera un jour particulièrement actif puisqu’il a été choisi comme moment culminant de la Marche au Canada, à JHong Kong, au Pérou, aux Etats-Unis.Et le 17, les rues résonna ront des pas des femmes au Brésil.au Mexique, en Jamaïque, au Bangladesh, en Inde, au Rwan-da, aux Philippines.Exemples éparpillés, choisis au milieu de centaines: dans le monde entier, la Marche mondiale des femmes mobilise les énergies, canalise les forces et les espoirs, décuple l’imagination.Bien sûr, il y a des marches, des marches physiques, comme celle de Marie Robert une Française, qui a parcouru 2000 kilomètres depuis le lancement de la Marche, le 8 mars dernier ou celle des Hollandaises qui iront de leur frontière à Bruxelles le 14 octobre, ou celle encore des Burkinabés, le 6 mai dernier, pour leur marche nationale qui s’est tenue à Boromo, en-dehors de la capitale, ou celle qu’effectuera Madeleine et toutes les autres femmes qui, le 17 octobre, partiront du Bronx à vélo jusqu’au point de ralliement de la Marche devant l’ONU pour jeter sur leur passage, des mots forts et solides comme le roc: la pauvreté croissante des femmes, la violence quelles subissent en tant que femmes, cela suffit! Et que dire de ce groupe de j seize femmes autochtones qui ont entrepris en septembre, la descente de la rivière Fraser en radeau pour dénoncer la violence qu’elles vivent et qui reste trop souvent impunie.«Notre premier objectif est de faire en sorte que les femmes autochtones se fassent entendre et deviennent parties prenantes de l'élaboration des politiques et des programmes», a déclaré Fay Blaney, membre de la collective de l’Aboriginal Women's Action Network.Comme en écho, dans la plupart des marches qui ont déjà eu lieu dans différents pays, les femmes ont en effet réclamé, partout, des mesures et des moyens pour faire face à la violence, notamment conjugale.Livres blancs et livres d’or De leurs revendications, les femmes ont constitué des cahiers et les ont reliés en livres, qu’elles disent blanc ou d’or.Le 7 octobre, au Gabon, elles les remettront au Président de la République.Ce sera aussi le cas en Guinée, en Bolivie, au Ixixembourg.I^s femmes n’ont pas accès au papier, aux livres?Qu’à cela ne tienne, elles écrivent sur des tissus, comme en Inde où elles ont peint des signatures sur des pièces de tissus roses et vaporeux qui servent à faire des sari et des doti (vêtement porté seule-ment par les hommes!).En Haïti, elles se sont emparées des cartons ondulés dont elles font leurs baraquements.Au Népal, mots lourds sur support léger, des pièces de mousseline claqueront au vent, accrochées sur des cordes à linge.A Hong Kong, c’est sur des fleurs en papier mauve que sera dénoncé, le 15 octobre, le trafic sexuel qui touche particulièrement les femmes migrantes.En Australie et au Maroc, il y aura de la chanson.Dans les pays arabes, les femmes ont choisi le 24 septembre pour mener une journée de réflexion et d’action sur la situation des femmes.En Galicie (Espagne), elles feront, le 10 octobre, grève des travaux domestiques, pointant du doigt, en creux, le travail ménager, travail silencieux, caché, oublié et jamais rémunéré! Ces moments les plus visibles ne doivent pas occulter les milliers de petites initiatives qui surgissent un peu partout et qui constituent un vrai travail de fond.Il faudrait en faire un vrai gros livre, on y côtoierait les documents imagés qui ont servi d’ateliers d'éducation populaire au Guatemala et au Brésil, les petites pièces dramatiques qui seront jouées le 17 octobre au Inos et qui dénonceront la violence, les 12 (XK) signatures alignées l’une après l’autre par les femmes et les jeunes filles de Sierra Leone, recueillies dans les groupes de travail, dans les écoles; on y verrait les visages mélangés des femmes européennes dans les rues de Genève le 8 mars, celui grave des femmes japonaises commémorant, banderole de la Marche des femmes devant elles, l’anniversaire du lancement de la bombe sur Hiroshima, on y entendrait les slogans lancés par les Marocaines à Rabat lors d’une marche contre un code de la famille qui pénalise les femmes et, comme une clameur assourdissante, monterait le silence des femmes de la République du Congo qui, le 8 mars, ont fermé portes et fenêtres pour s’abstraire du monde et pleurer leurs morts.Marche m mes WA WAAW AW -W^WWWWW^’MWW WWWW MARCHE MONDIALE DES FEMMES POUR UN MONDE SAMS L-/4UI' REIÏÉ et UAldS MIDUMOS S -fà ÿléteaur de* Jènune* dur -Syndicat d* lor Junction fiu/diçuo du fèuéûeo > \
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.