Le devoir, 2 septembre 2000, Cahier D
L K I) K V U I H .I.E S S A M K |> I > K 1 I» 1 M A X C II K A S K I' T K M B K K 2 0 0 U * LE DEVOIR ?Romans québécois Page D 3 Signets Page D 3 Le feuilleton Page D 5 ?Louise Viger Page D 7 Jardins Page D 8 i r p Gilles Ma rcotte CARREFOURS m Lectures pour Tété dernier GILLES MARCOTTE Chaque année, à la fin du printemps, avant le début des vacances, les journaux et magazines proposent des choix de lectures pour l’été.Il s’agit le plus souvent de livres légers, qu’on peut lire à la plage, les pieds dans le sable, entre deux baignades, quand le regard arrive à s'arracher à la contemplation des bikinis.Des romans policiers, par exemple, généralement assez gros pour durer la semaine.Je ne suis pas, à cet égard, un bon lecteur estival.Un roman policier, je veux savoir sans trop tarder comment ça se termine.Je suis presque toujours déçu, d’ailleurs.Il n’y a rien de plus décevant que la solution des énigmes policières, même dans les romans assez bellement sophistiqués d'un Colin Dexter.Vous ne connaissez peut-être pas Colin Dexter, dont les romans, si je ne me trompe, n’ont pas été traduits en fi ançais; mais vous connaissez vraisemblablement, par la télévision, son héros l’inspecteur Morse, qui aime la musique, boit trop de bière, subit un célibat mélancolique entrecoupé de coups de cœur pour quelques-unes de ses suspectes, et a l’esprit assez subtil pour enquêter à la très célèbre université d’Oxford où le conduisent la plupart de ses enquêtes.Au début, la séduction opère à coup sûr.C’est intelligent, subtil, sympathique, et l’on éprouve un plaisir pervers à découvrir avec l’inspecteur Morse les turpitudes qui se cachent dans un milieu universitaire aussi prestigieux, les jalousies, les amours coupables, les rivalités souvent meurtrières.Puis, après que le premier meurtre a été suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, on se prend à douter un peu de la compétence et de la fameuse intuition de l'inspecteur.Comme Hercule Poirot et tant d'autres, il semble ne pouvoir triompher que sur un charnier.Quant aux raisonnements déductifs extrêmement biscornus qui permettent, à la fin, d’arrêter un pauvre diable de meurtrier, au moment précis où il s’apprête à commettre un quatrième forfait, ils ne sont pas, comme je l'ai déjà indiqué, tout à fait convaincants.On a finalement l’impression d'avoir été mené en bateau tout au long de l’enquête.On se laissera reprendre, bien sûr, la nature humaine est ainsi faite.On retourne au roman policier comme le criminel retourne sur les lieux du crime.Mais est-ce bien là le genre de livre que l’on doit réserver à l’été?Il me semble que le meilleur moment, pour un lire un roman policier, c’est plutôt l'automne, disons plus précisément novembre, alors que la nuit tombe de plus en plus tôt, et qu’il pleut déraisonnablement; encore mieux, février, durant une tempête de neige qui fait apprécier profondément le confort d’une maison bien chauffée.les VOIR PAGE D 2: ÉTÉ DERNIER imparfaits Pierre Bertrand est un philosophe écrivain.Une espèce trop rare au Québec.Ses ouvrages portent des titres qui bruissent dans la nuit, le temps d’un battement de cils: Les Ailes du songe, Le Cœur silencieux des choses, La Vie au plus près.Le dernier-né n’échappe pas à la règle: Éloge de la fragilité, qui vient de paraître aux éditons Liber.Son auteur y fait l’apologie de la fragilité de l'homme, de sa vulnérabilité, richesse féconde au milieu des masques, du tumulte, et de la cohue.CAROLINE MONTPET1T LE DEVOIR Pour rencontrer Pierre Bertrand, il faut plonger dans le silence, et nager comme un poisson dans sa propre intuition, dans ses secrets.La philosophie n'est-elle pas l'art de poser les énigmes, les questions sans réponses apparentes?«D'où venons où, que sommes-nous, où allons-nous?» demandait le peintre Paul Gauguin.Dans l’intimité de son travail, Perre Bertrand prend le mystère à bras le corps, lui redonne ses lettres de noblesse, le rend partie intégrante de la vie, en fait son centre, voire son sens.S'il cite des philosophes comme Nietzsche et Spinoza, son essai s’adresse à tous, puisque nous tous sommes faillibles et vulnérables, donc des êtres potentiellement créateurs.«La création consiste à donner un sens à ce .qui est absurde», dit-il.Et tout hom- me est créateur, ne serait-ce que de sa propre existence.Même s’il n’en comprend vraiment ni la naissance ni la mort.L’ignorance est la condition première de l’émerveillement.«Ce ne sont pas les grands événements bruyants qui sont réellement importants, mais les heures les plus silencieuses, qui nous viennent comme sur des pattes de colombe», affirme Bertrand, évoquant Nietzsche.Éloge de la fragilité, qui est aussi une sorte de méditation sur la création, en fournit quelques exemples.Au visage, par exemple, la partie du corps humain la plus contrôlée, la plus trafiquée, la plus publique, Bertrand préférera le pied, le talon même, ou 5 le nombril «la nmrque, en son centre même, de la fondamentale fragilité de l'homme, mm pas tellement avec la mère, mais avec la terre».JACQUES GRENIER l.K DEVOIR VOIR PAGE 1) 2: MANUEL Cahier SPECIAL L e D e v o i r bée publicitaire ek&ucJtlM septembre 2000 Parution septembre 2000 r hivf ti .* t L K I) K V O I H .I.K S S A M K I) I 2 K T I) I M A N < Il K S K I* T K M li I! K 2 » I) 2 -Livres MANUEL L’idéal de perfection -— ÉTÉ DERNIER SUITE DE LA PAGE D 1 Pourtant, au lieu de se tourner vers sa fragilité, de l’honorer, l’homme souvent la tient à distance, s’en méfie, la nie, pour espérer toujours la performance, la réussite, la vie après la mort, le paradis, etc.Pourtant, ce sont ses défaillances qui le pousseront vers la création, donc vers la joie possible, estime Bertrand.Pourquoi en effet s’accrocher mordicus à un idéal de perfection, alors que «tout ce qui s'incarne est imparfait, fini, troué.Exister est toujours affaire de fragilité, de défaillance, de faiblesse, de vulnérabilité, de mortalité (ce pourquoi l’être soi-disant parfait, Dieu, ne peut pas exister).L’être parfait est un fantasme, seul le fantasme est parfait, mais tout ce qui existe est imparfait.Tout ce qui existe est fragile, incertain, jouet du hasard et de la nécessité», écrit Bertrand en guise tie prologue.A titre d’exemple, le philosophe évoque la figure des mannequins, ces têtes d’affiche filiformes qui incarnent la perfection.Mais au prix de quelles souffrances, de quel massacre intérieur cette pseudoperfection est-elle acquise?Pour Bertrand, il n'y a pas de modèle possible.Et ceux qui sont proposés, gourous ou hommes d’affaires, méritent surtout d’ètre remis en question.De tout temps, l’homme a craint de regarder en face ses failles et ses limites.N’est-ce pas ainsi qu’on a inventé la vie après la mort ou la réincarnation, ces systèmes finis que défendent les esprits religieux?«Les religions ont la prétention de savoir la réponse, de dire ce qui en est.Elles remplissent un vide, le vide de la science.Car la science ne couvre pas tout, loin de là.Et même la science pose des questions.Même quand la science trouve des Pierre Bertrand Éloge de la fragilité _____________Liber_____________ lois ou émet des hypothèses, tout n’est pas plein.Le big bang, par exemple, l’explosion initiale, elle vient d’où, on ne le sait pas.Il y a encore beaucoup de place pour l’énigme et l’inconnu, Mais on est habitués à vouloir tout contrôler, tout maîtriser.On met de l’avant la performance, cela nous rassure, on veut avoir l’impression d’être entre de bonnes mains, que les spécialistes savent tout, savent complètement ce qu’ils sont censés savoir.C’est une sorte d’hypocrisie générale.» Dans un monde où la science se développe au pas de course, les questions philosophiques sont de plus en plus pressantes, croit-il.Tout le domaine de la bioéthique, par exemple, pose des questions fondamentales.Et le Québec, qui n’a pas de tradition philosophique bien ancrée, pourrait faire le deuil définitif d’une religion officielle et répondre à cette nécessité dans le futur.Non pas cependant par une philosophie de café, tapageuse ou superficielle, mais par cette philosophie solitaire, et pourtant universelle, qui se forme dans l’intimité et la solitude de chacun.Les machines, toutes omniprésentes qu'elles soient, ne font que plus ardemment encore renvoyer l’homme à son questionnement, à son intimité, à sa finitude, croit-il, donnant à la philosophie son sens et sa place.«On devient mort à mon avis, quand on ne se pose plus de questions, quand on se contente de certains réponses.Quand on est soulevé par des questions, quand on est provoqué par un événement, on n’a pas de réponse, mais c’est cela qui nous rend vivant, c’est cela qui nous rend éveillés, qui nous garde ouverts», dit-il.Pierre Bertrand se livre a une analyse sévère du rôle des médias, notamment dans le domaine artistique.«Les médias sont dangereux, car ils se présentent comme la voie obligée.Ils induisent donc une terrible déformation; les artistes finissent par créer selon des lois implicites qui sont celles-là mêmes de médias», écrit-il.Malgré cette critique sévère, le philosophe demeure optimiste.Il aborde des choses sérieuses d'une plume calme, presque légère.Pour lui, le défi est de dégager un horizon alors que l’individu se sentait jusque-là piégé, créer lorsqu’il se croyait vide, s’épanouir alors qu’il pensait avoir échoué.Car l’échec, semble dire Pierre Bertrand, est profondément humain.Beckett ne disait-il pas que l’obscurité qu’il avait toujours refoulée était au fond ce qu’il y avait de meilleur?Les sentiments, croit Bertrand, valent autant que la raison, dans l’apprentissage de l’art de vivre.«La vie est brutale, écrit-il.Mais nous sommes aussi brutaux avec la vie.Nous l’enfermons nous-mêmes dans le non-sens, alors même quelle nous prodigue ses dons à pleines mains.Nous lui reprochons de nom tuer, mais combien de fois, de nom-mêmes, alors q ue rien ne nous y oblige, ne menons-nous pas une existence de morts-vivants?» Plus qu’une réponse, c’est un art de vivre que Pierre Bertrand propose avec cet essai, un art de vivre en étroite harmonie avec le mystère et la finitude, peut-être nos plus précieux alliés vers un équilibre, fragile, merveilleux, et fugitif.ÉLOGE DE LA FRAGILITÉ Pierre Bertrand Editions liber Montréal, 2000,210 pages «11 faut lire ce Québec 2000.La lecture de ce livre est nourrissante, stimulante et fortifiante.Chacun des chapitres de cette véritable somme du Québec constitue un univers en soi.|.| En plus, des textes consistants sont consacrés également aux anglophones (Cretta Chambers|, aux allophones (Nairn Kattan] et aux autochtones [Ghislain Picard].» Cilki Mittniivt, IMim Natimle, mi 2000 Québec 2000: Multiples visêçes d'une culture Sous la direction de Robert Lahaise Préface de Guy Rocher Avec la collaboration de 22 spécialistes Collection «les Cahiers du Québec* fCQ.123) m pages -34,9SS HURTMItC HMH ÉDITIONS HURTUBISE HMH GRC Rc ¦\i ir>r maud-Bray dtgiiih — (garnrau—U— PALMARÈS HEBDOMADAIRE Ventes du 23 au 29 août 2000 > 1 JEUNESSE Harry Potter : volumes 1, 2 et 3 37 J.- K.Rowling Gallimard 2 DICTION.Le Petit Larousse illustré 2001 6 Collectif Larousse 3 DICTION.Le Nouveau Petit Robert I 7 Collectif Le Robert 4 ROMAN Fille du destin » 13 Isabel Allende Grasset 5 SPIRITU.L'art du bonheur M 78 Dalaï-Lama R.Laffont 6 PSYCHO.2 Lise Bourbeau E.T.C.7 SEXUAUTÉ Le pénis illustré * 23 Joseph Cohen Kônemann 8 ROMAN Et si c'était vrai.32 Marc Lévy R.Laffont 9 POLAR Soins intensifs 9 13 C.Brouillet courte échelle 10 PSYCHO.À chacun sa mission 40 Monbourquette Novalis 11 ROMAN City 15 A.Baricco Albin Michel 12 POLAR Avant de te dire adieu 13 M.Higgins Clark Albin Michel 13 ROMAN Véronika décide de mourir 21 Paulo Coelho Anne Carrière 14 POLAR Prisonniers du temps 13 M.Crichton R.Laffont 15 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) « ll- Henriette Major Fides 16 CUISINE Sushis faciles IS Collectif Marabout 17 ROMAN Soie * 188 A.Baricco Albin Michel 18 B.D.Le petit Spirou n" 9 - C'est pas de ton âge! 11 Tome & Janry Dupuis 19 ROMAN La pierre de lumière, tome 2 -La femme sage 9 3 Christian Jacq XO éditeur 20 ROMAN Le périple de Baldassare * 15 Amin Maalouf Grasset 21 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 47 P.J.D'Adamo du Roseau 22 GUIDE Québec la belle province 13 Collectif Phidal 23 POÉSIE Q.Erreur d'impression 11 Daniel Bélanger coronet liv 24 HISTOIRE 100 ans d'actualités 1900 - 2000 39 Collectif La Presse 25 PSYCHO.La guérison du cœur 30 Guy Corneau L'Homme 26 ROMAN Un parfum de cèdre * 50 A.-M.Macdonald Flammarion Q.27 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous * 148 1.Nazare-Aga L'Homme 28 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise 9 28 Dai Sijie Gallimard 29 HORREUR Hannibal * 32 Thomas Harris Albin Michel 30 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires 9 302 Daniel Pinard Boréal 31 ROMAN Bridget Jones : l’âge de raison 11 Helen Fielding Albin Michel 32 POLAR Napoléon Pommier 11 San-Antonio Fleuve Noir 33 NUTRITION Une assiette gourmande pour un cœur en santé 46 Collectif Institut de cardiologie 34 ROMAN Q.L'autruche céleste 28 lléana Doclin Flammarion Q.35 POLAR Le testament 16 John Grisham R.Laffont 36 PSYCHO.Grandir : aimer, perdre et grandir 337 Monbourquette Novalis 37 ROMAN La pierre de lumière, tome 1 -Néfer le silencieux 9 15 Christian Jacq XO éditeur 38 ROMAN Maintenant et pour toujours 10 Danielle Steel Pr.de la Cité 39 ROMAN Harry Potter and the Goblet of Fire CSwsion française disponible dès octobf£7> 8 J.» K.Rowling Bloomsbury 40 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.24 Marcel Tessier L'Homme Livres -format ooche 1 ROMAN Geisha 9 !§ Arthur Golden LMsdspochs 2 ROMAN Le Journal de Bridget Jones 9 28 Helen Fielding J'ai lu 3 SPIRITU.Conversations avec Dieu, tome 1 9 JL Neale D.Walsch J'sl lu 4 BOGRAPH.La prisonnière JL OufMr & Fitoussi Livra dspochs 5 ROMAN Q La petite fille qui aimait trop les allumettes * 31 Gaétan Soucy Boréal compact 9 : Coups de coeur RB MHIlH : 1^ semaine sur notre Mste ^ NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION SUITE DE LA PAGE D 1 occupations de la journée ont été un peu pénibles.Les collègues, au travail, se sont montrés peu coopératifs.Le dîner n’a pas été aussi bon qu’il aurait dû l’être.En somme, le monde est insatisfaisant, pétri de défauts petits ou grands, des fautes plus ou moins graves.C’est alors qu’il est bon de se plonger dans un roman policier, qui est paradoxalement le lieu de l’irresponsabilité, de l’innocence.La mort et la faute, dans un tel roman, ne pèsent plus rien.Elles entrent dans un système ludique où les grandes questions de l’existence humaine sont évoquées, mais privées de leur pointe par l’assurance de la victoire finale des bons sur les méchants.C’est ce qu’on appelle, d’un terme qui fait d’ailleurs partie de l’appareil policier, une évasion.Or, pratiquer l’évasion durant la saison qui lui est tout particulièrement vouée, c’est, me semble-t-il, se livrer à une réduplication de mauvais goût.L’invasion paraît plus indiquée, ou si vous voulez la reprise, l’exploration, la réparation.Avant de partir en vacances, je fais toujours une station devant ma bibliothèque, où se trouvent des livres que je me propose de lire depuis longtemps, des livres importants que j’ai dû négliger pour courir au plus pressé.Ils me regardent, me semble-t-il, avec un air de reproche, leur seule vue me convainc de la profondeur de mon inculture.Lequel, cette année?Ce sera la suite romanesque des Somnambules, de Hermann Broch, qui est selon les meilleurs esprits une des œuvres majeures du vingtième siècle.J’avais traversé il y a plusieurs années les essais de Broch, réunis dans Création littéraire et connaissance.J’avais lu son chef-d’œuvre, La Mort de Virgile, où le romancier retrouvait à l’époque de son grand personnage une image de cassure historique où pouvait se mirer notre propre modernité.Et je venais de retrouver l’auteur dans un des essais les plus difficiles des Vies politiques de Hannah Arendt.C’est dire qu’on n’entre pas chez Hermann Broch comme dans un moulin, qu’on y verra la fiction devenir porteuse d’une pensée exigeante, complexe, souvent obscure à nos intelligences non allemandes.C’est encore de la cassure historique moderne qu’il est question dans Les Somnambules.Le premier récit de cette suite porte une date, 1888, et s’intitule «Pasenow ou le romantisme».Il raconte l’histoire d’un personnage un peu falot, mais significatif par cela même, fils d’un hobereau prussien que sa famille voue au métier des armes.Il ne sait pas où il en est, le jeune homme.Il a pour son propre père, le hobereau campagnard qui vient de temps à autre se dévoyer en ville, une sorte de haine.Il méprise et envie à la fois un ami, Edward von Bertrand, qui a quitté l’armée pour les aventures du commerce et lui impose des exercices de lucidité douloureux.Il a, avec une aimable cocotte appelée Ruzena, une aventure qui ne pourra que tourner court, et le roman se terminera par son mariage de raison avec une amie d’enfance.Mais il ne s’agit pas là, bien entendu, d’un simple retour à la vie normale, à la tradition.Elizabeth et Von Pasenow savent que s’ils ont opté pour la sécurité de la vie familiale, celle-ci ne constitue qu’un refuge d’exception dans le maelstrom d’une époque où tout homme un peu conscient est devenu un «étranger», un «sans-patrie» un «somnambule» incapable de faire la distinction entre le sommeil et la veille, ce qui s’en va et ce qui vient Tout est joué, au fond, dès ce premier récit.C’est la campagne avec ses vertus, l’idylle champêtre, qui est emportée par le désordre urbain.Mais on imagine déjà que rien ne résistera longtemps au changement, au désastre.Quelques années plus tard, Hermann Broch devra fuir son Autriche natale pour échapper à la terreur nazie.Je n’ai fait qu’entreprendre, l’été dernier, la lecture de la somme romanesque de Hermann Broch.Ça ne se traverse pas en coup de vent.C’est compact, souvent même lourd, chargé de descriptions minutieuses et de réflexions qui interdisent la lecture rapide et produisent sur le lecteur un effet d’étrangeté qui est également le sort de ses personnages.Mais je continuerai, cette fois, mon voyage dans ces pages jaunies par le temps, je suis bien happé.L’automne et l'hiver ne sont-ils pas faits pour continuer les lectures de l’été?EXOTISME Le voyage aux Indes LE SEUL AMANT Éric Deschodt et Jean-Claude Lattes Éditions du Seuil, collection «Cadre rouge» Paris, 2000,434 pages MARIE CLAUDE MIRANDETTE Le récit de ce copieux roman historique débute dans le sud de l’Inde, sur la côte du Malabar, où chrétiens, musulmans, juifs et hindous vivent les dernières heures d’une quiétude relative entre deux cités rivales: Cochin et Calicut.En ce XV siècle expirant, de nombreux événements se succèdent qui vont mettre le feu aux poudres.A l’assassinat du détesté Mansour Koya Kas-sim, fils du chef de la guilde des marchands musulmans de Co- chin, succèdent l’arrivée de Saül, dit l’Ours noir, aventurier sans religion, et surtout celle de Vasco de Gamma, explorateur portugais sanguinaire qui, au nom de son roi, s’apprête à mettre à feu et à sang cette terre d’Orient.Venu aux Indes chercher des épices, Vasco de Gamma y apporte la guerre et l'Inquisition.C'est sous la forme d’un lent récit narré par le brahmane Krishna, sage scribe et confident du roi de Cochin, Goda Verma, que le lecteur est progressivement transporté au cœur de cet exotique royaume aux mille et une divinités.Et surtout à travers la fascinante histoire de Shobita, envoûtante devadasi (danseuse sacrée), qui trouble, par son art, le cœur des hommes et, surtout, celui du roi.Mais Shobita n’a plus désormais qu’un seul amant véritable: Dieu.Ainsi privé de l’amour de la belle danseuse, le roi Goda Verma s’ennuie à mourir.Et, c’est bien connu, quand les hommes s’ennuient, ils font la guerre.Le Seul Amant est un envoûtant récit épique à la trame historique rigoureusement documentée.La qualité de l’écriture, ample et richement imagée, témoigne du réel talent de Des-chodt et Lattès.On voyage dans le temps et l’espace, au cœur de cette Inde mythique aux enivrants parfums de fleurs et d’épices, aux sensuelles danseuses aux mille voiles et aux bijoux sonores.Le style de ce roman à quatre mains coule de source, telle une musique aux accords hypnotiques, et les mots vibrent de couleurs, d’effluves et de sonorités lointaines et exotiques à nulles autres pareilles.Le bonheur fait roman.Sans l’ombre d’une hésitation, mon premier choix de lecture estivale.Et peut-être finalement le seul! FOUS DE L’INDE Délires d’Occidentaux ET SENTIMENT OCÉANIQUE Régis Airault Fayot Paris, 2000,228 pages Pour les vrais fanas de l’Inde intéressés par ses étranges effets sur l’homme occidental, les éditions Payot proposent un essai de Régis Airault, psychiatre qui a exercé sa pratique au consulat de France à Bombay plusieurs années durant.Il y raconte comment, de Bombay à Goa, il a assisté de nombreux jeunes voyageurs à la dérive, que l’Inde avait rendus littéralement fous.Ce qu’il nomme le «syndrome indien».A travers l’étude de quelques cas, Airault résume l’assistance apportée à ces voyageurs aux prises avec ce qu’il désigne comme un sentiment océanique, ce «sentiment d’union indissoluble avec le grand tout et d’appartenance à l'universel» dont Freud parlait déjà dans Malaise dans la civilisation.Airault tente de comprendre la fascination qu'exerce l’Inde chez de nombreux jeunes gens et, au-delà du choc culturel initial éprouvé par la plupart des Occidentaux, les raisons du déraillement psychologique qui affecte bon nombre de voyageurs.De ce qui, de l’aveu de ceux-là mêmes qui en ont fait la troublante expérience, transforme irrémédiablement leur vision du monde.Et de ce qui, malgré le profond trouble psychologique éprouvé, se traduit le plus souvent par l'impérieuse nécessité de retourner en Inde dès que l’on en est revenu.Mais le «syndrome indien» n'est pas le seul trouble éprouvé par les voyageurs.Il semble, en effet, que certaines villes d’Occi-dent aient un effet semblable chez les Orientaux et que nombre de Japonais soient atteints du «syndrome de Paris»! Il se pourrait bien alors que ce ne soit pas tant l'Inde que le «diffé-rent» qui trouble le voyageur sensible.Malgré son sujet pointu, cet essai est dense et parfois troublant.Abonnez-vous à yoix et image g la seule revue universitaire consacrée exclusivement à la littérature québécoise.'t/'oix et image Q V HiAn.iAni igi'tim.iui O 75 UQAM À l’occasion de notre 25e anniversaire, abonnez-vous et obtenez gratuitement le numéro 75 (dossier sur Normand Chaurette).Abonnement pour un an (3 numéros) incluant les taxes et/ou les frais de port et de manutention: étudiant, 21 $; individu, 33 $; institution, 30 $.Services des publications Université du Québec à Montréal C.P.K888, succursale Centre-Ville Montréal H3C 3PH voix.images@uqam.ca Bonne lecture! t Y ( L K I) K V 01 If .I.K S S A M K l> I 2 K T I) I M A N I II K 3 S K l> T Ë M If It K 2 (I 0 II —*• Livres — ROMANS QUÉBÉCOIS Errances d’artistes SALTIMBANQUES Sergio Kokis XYZ Éditeur Montréal, 2000,378 pages Dans tous les romans de Sergio Kokis — il en a publié une bonne demi-douzaine depuis 1994 —, tissée dans la trame de leurs riches histoires, la question de l’identité est là, remuée dans tous les sens, le plus souvent à contre-courant des idées reçues.Ici, ceux qui se masquent se révèlent davantage que ceux qui se présentent à visage découvert, ceux qui fuient ne sont pas forcément des lâches.Il y aurait une authenticité dans le jeu et la ruse, et plus de vérité qu’on ne croit dans les mensonges.Ces paradoxes, Kokis les développe dans d’amples récits dont les personnages — de préférence marginaux, sans foyer ou sans patrie — apprennent par la force des choses à mettre au point leurs propres stratégies de survie.Saltimbanques est peut-être le plus ambitieux des romans de Kokis, où vont figurer une cinquantaine de personnages d’importan- ce à peu près égale, des dramatis personae présentés en début de volume par ordre alphabétique, une distribution imposante où chacun a son emploi comme au théâtre.Ces saltimbanques sont pour la plupart des gens du cirque: jongleurs, acrobates, dompteurs, trapézistes, parqués dans une banlieue de Gênes au début de 1946, dans cette Europe exsangue de l’immédiat après-guerre encore quasi occupée par les troppes américaines.A l’image du continent qui ne s’est pas encore relevé de la dévastation, le cirque Alberti est au bord de la ruine.On ne donne plus de représentations faute d’effectifs et de public.La troupe forme une petite communauté de gens de toutes nationalités dont plusieurs sont en situation plus ou moins régulière, où se côtoient des rescapés des camps nazis et d’anciens militaires.Le cirque est leur refuge, leur petite patrie, une sorte de ghetto chaleureux où on fraternise en espérant des jours meilleurs.Voici justement, dès le début de bonnes nouvelles qu’apporte un messager d’allure plutôt suspecte qui dit s’appeler Arcadi et qu’on en- gage pour jouer l’hercule.Le directeur Alberti apprend alors qu’une vieille connaissance, Léon Feld-mann, va voler à leur secours (ce personnage, pourtant important, n'est pas mentionné dans la distribution du début: simple oubli?).Feldmann leur offre de relancer le cirque lors d’une tournée en Argentine.Il promet de s’occuper de tout y compris de procurer à chacun des papiers d’identité, faux, bien sûr, mais suffisamment vraisemblables pour éviter les ennuis.Les saltimbanques se réjouissent même s’ils savent pertinemment que leur présence sur le cargo doit servir de couverture à de hauts responsables allemands pressés de quitter l’Europe pour les raisons que l’on devine.In voyante de la troupe lit dans les cartes du tarot des présages sombres.En fait, personne n’est dupe: ce voyage inespéré sent le coup fourré et lAon, cet «ami» devenu récemment fort riche dans des vagues affaires d’import-export, est probablement un filou.D’ailleurs, pourquoi les gens du cirque devront-ils être entassés, hommes et bêtes, dans les soutes du cargo alors qu’ils devraient être les seuls passagers officiels?Alberti et sa troupe acceptent tout de même de s’embarquer.L’aventure périlleuse vaut mieux que la stagnation, la mort lente du cirque.Sergio Kokis Saltimbanques XYl La conquête de l’Amérique Cette tournée qui a des allures d’exil, les saltimbanques rêvent, dans les moments d’euphorie, d’en faire leur conquête de l’Amérique.Pour ces conquistadores sans le sou — est-ce pure coïncidence qu’ils sont partis de Gènes, ville où serait né Christophe Colomb?—, l'Argentine est une terra incognita où tout redeviendra possible: la relance du cirque et, pourquoi pas, la fortune et la gloire.Kokis redit ici son attachement pour les marginaux, pour tous ceux qui sont de races «impures».Ses personnages sont pour la plupart des métèques, y compris dans leur âme, des nomades dont le passé n’est qu’un boulet qu’ils refusent de traîner.Ils le métabolisent à mesure — car ils ont une fameuse santé physique et morale — puis passent à autre chose.Ils savent depuis toujours qu’il vaut mieux voyager léger, avec pour seuls bagages leur masque, leur art et leur débrouillardise.L’histoire de Saltimbanques raconte, pendant ces quelques mois de 1946, les préparatifs du depart des forains, la traversée de l’Atlantique et leur installation dans un terrain vague, en banlieue de Buenos Aires, dans un quartier pauvre où vivent surtout des immigrés italiens.A chaque étape, on décrit par le menu leur vie quotidienne: leur attente, les répétitions des numéros de chacun, mais aussi leurs plaisirs, car une très forte sensualité émane des corps et des lieux.Des couples se forment, parfois étonnants, où se mêlent joyeuse ment les générations, les nationalités, les gabarits — des nains et des quasi-géants.Le cirque Alberti est un condensé d’humanité marginale: des artistes dans l’âme qui jouent avec générosité de leur don.Ce sont des menteurs honnêtes qui offrent à leur public l'étonnement, le rêve, l’illusion.la description détaillée de la vie du cirque, des activités de chacun, de leurs rêves où chacun des personnages a droit à son tour, pourra paraître bien longue aux lecteurs qui refuseraient de suivre Kokis dans son projet Car il y a dans Saltimbanques une lenteur voulue qui prend le temps et l’espace narratifs qu’il faut pour bien camper les personnages et leurs histoires respectives, une narration rassembleuse.pourrait-on dire, curieuse des détails, destinée à nous imprégner des personnages, à nous les sentir, au propre et au figuré.On pourra avoir l'impression, pendant de longs passages, qu’il se passe peu de choses.C’est d’abord un climat s’installe, lâiis un drame qui se prépare.La vie de ces saltimbanques s’annonce comme une longue course, parsemée d'obstacles et, tout de même, de quelques épisodes spectaculaires.On sait et on sent que ce sera une vaste histoire — Saltimbanques est le premier volet d'une trilogie — dont les personnages ne sont pas au bout de leurs peines et de leurs plaisirs.Que leur arrivera-t-il en Amérique?Que deviendra le cirque Alberti?Saltimbanques est une œuvre moins séduisante ou chatoyante que ne l’étaient Le Pavillon des miroirs ou Negao et Doralice, et moms raisonneuse que Un sourire blindé ou LArt du maquillage.C’est un récit qui prend le temps qu’il faut et qui invite les lecteurs à faire de même.robert.chartramlS (dsympatico.ca Robert Chartrand Uantichambre du livre SIGNETS M a r i e - A nd r é e Lamontagne Le Devoir Les dessins émeuvent par leur facture qui tient à la fois de l’inachèvement et du définitif.Des corps, parfois aussi droits que des fûts de colonnes, et pourtant obliques, comme arrêtés dans leur fuite.Des mains ouvertes, des mains coupées.Les croquis de l’artiste Betty Goodwin que le quatrième numéro (avril 2000) de la revue Fin intègre à son sommaire («illustrer» serait un terme inapproprié) ont quelque chose du cri rentré, de l’effort vain.Faut-il ajouter qu’ils sont très beaux?Ce n’est pas la seule découverte que réserve cette excellente revue publiée par la galerie Pierre Brullé à Paris.Dans un entretien avec Jean Daive, son directeur, Nathalie Sarraute évoque avec pudeur les rapports difficiles quelle entretient avec certains mots de la langue française, dont la capacité d’engendrement n’a d’égale que leur caractère despotique.L’entretien remonte à 1989.L’écrivain n'est plus depuis un an.Mais sa voix, aiguillonnée avec finesse par les questions de l’intervieweur, se donne à entendre dans toute son incertitude, avec ses reprises, ses silences, ses entêtements.Quelques pages plus loin, les lignes de Goodwin et leur réduplication qui en accroît l’effet de tremblement, semblent se faire l’écho de pette fragilité résolue.A quoi servent les revues?D'ur diffusion en librairie est probléma- tique, leur lectorat dispersé, aléatoire, peu enclin à se lier par abonnement Très sollicité (au Québec, le nombre de périodiques culturels a explosé au cours des 30 dernières années), le lecteur est souvent plus sensible au thème qu’au label.Par tradition, les revues jouent un rôle de banc d’essai.Si les magazines relèvent encore du journalisme, les revues évoluent sur le terrain de la création.Elles ne sauraient prétendre à la solidité du livre: elles en sont l’antichambre.Un écrivain, pourvu qu’il soit exigeant, peut trouver là un lieu où exercer son droit à l’erreur.Les artistes aussi.Du reste, ils ne se trompent pas toujours.Au Québec, l’accroissement du nombre d’éditeurs de livres, leur variété, leur ouverture, et parfois leur empressement à publier, font en sorte que ce rôle va déclinant.Il faut le regretter, car c’est faire de la publication en revue une simple et vaniteuse étape sur le chemin qui mène au livre.Marcel Duchamp, on s’en souvient, s’est fait connaître pour avoir exposé un urinoir qu’il a rebaptisé Fontaine après l’avoir élevé au rang d’œuvre d’art.C’était à New York, en 1917.Ce n’était pas fait pour provoquer le bourgeois, se défend-il dans une entrevue accordée à Jean Neyens, de la RTBF, en 1965, et que reprend le numéro 5 (juin 2000) de Fin.Le fait d’extraire l’objet de sa fonction utilitaire autorise sa contrepartie qui est d’ignorer l’esthétique, créant ainsi un espace «vide».«Il n’y a aucune différence entre le bon et le mauvais goût., explique Duchamp, deux choses aussi peu intéressantes pour moi que — l'un que l'autre, l'une que l’autre.» Soyons idéalistes.Ne pourrait-on prêter aux revues un dessein semblable?L'aire de l’espace intermédiaire qui leur est échu un lieu fécondé par le vide par quoi tout peut arriver?Mais pour qu’elles puissent mettre en œuvre d’aussi hautes ambitions, encore faut-il qu’elles aient des lecteurs.Elles en ont.Même peu nombreux, ces derniers ont compris qu’ils trouveront dans leurs pages de quoi nourrir l’esprit et les sens, en même temps qu’un certain recul par rapport à la vie culturelle que la lecture quotidienne d’un journal, dont ce n’est pas la première fonction, ne peut leur offrir.Dans le même numéro de Fin, Duchamp, invité au micro radio-canadien de Guy Viau, en 1960, affine sa typologie des ready-made, et l’exercice est des plus instructifs.Plus loin, la monomanie lexicale de Rober Racine semblera davantage porteuse de sens que ses carnets d’écriture, également reproduits dans la revue.En avril, on relira les poèmes de Claude Royet-Jour-naud: «la répétition est déplacement / du bord visible».Retour au numéro de juin et aux réflexions stimulantes que le Japon et la photographie inspirent à Dominique Pas-qualini.Seules les revues permettent ces allers-retours rêveurs.Fin, 75 F le numéro.En s’adressant à son libraire ou auprès de la Galerie Pierre Brullé, 25, rue de Tournon, 75006 Paris.N.B.Une fois par mois, Caroline Montpetit rendra compte de la vie des revues dans le cahier IJvres du Devoir.Premier rendez-vous: 23 septembre.De plus, tous les lundis, à compter du lundi 2 octobre, dans la page Idées, Paule des Rivières et Michel Venne s’attarderont plus précisément sur les idées qui circulent dans les revues scientifiques, savantes, universitaires et culturelles, ainsi que dans les colloques ou dans Internet.ROMAN ÉTRANGER Le rêve d’un écrivain REVEURS DU GHETTO Israël Zangwill Traduit de l’anglais par Marie-Brunctte Spire Éditions Complexe Paris, 2000,250 pages N Aï M KATTAN \ A l’heure où l’identité est à l’ordre du jour, Marie-Bru-nette Spire a eu l’heureuse idée d’offrir une excellente traduction, avec notes et glossaire, des Rêveurs du ghetto d’Israël Zangwill.Fils d’immigrants juifs de l’Europe de l’Est, Zangwill entreprit il y a un siècle de faire le portrait des juifs installés à Whitechappel, à l’époque un quartier pauvre de Dmdres.Les juifs ashkénazes qui fuyaient alors les pogromes de Russie et de Pologne faisaient face aux séfarades, eux-mêmes rescapés, quelques siècles auparavant, de l’Inquisition d’Espagne et du Portugal et qui comptaient d’illustres descendants — les Ricardo, les Belisha, sans oublier Distraëli qui, bien que converti au christianisme, ne niait pas ses origines.Zangwill fût l’un des premiers à affirmer les droits de ces nouveaux immigrants à la dignité personnelle et à la reconnaissance de leur identité.Cela ne l’empêchait nullement de dépeindre leurs travers et de critiquer leur Romanichels m & Triptyque \vww.generation.ncttnpiy tel.: (514) 597-1666 My Lan To Cahier deic Mv Lan lu reçu.9à p.1 S Rn vaoinees ;iu ch.ilci familial, un adolcv cm solitaire cl rêveur entreprend un yrand projet d ei nuire.Au fil des pages, au n i lune lent de lete qui (tasse, il expose son univers de contradictions, ses lui- Cahier crete Saltimbanques, une monumentale fresque qui a pour toile de fond une troupe de cirque dans sa poursuite essoufflée bonheur Scrflio Koki Saltimbanques Sergio Kokis Saltimbanques iiKTirs vMivmvs s*ni WM (TKIMgl.MIIIV.V M NCMIMKlIiU* Uiinlïisr ( t ûlnillkv.384 p.• 24,95 $ I n rem miimNe vi III K' IIVS IxtIv n TTIUIV.snbiv cl iimhcniiHtic.O Tfiptyquc XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montreal (Québec) Hat 3Z1 Téléphone : (514) 525.21.70 • Télécopieur.(514) 525.75.37 Courriel : xyred@rnlink.net embourgeoisement dans la fiction et au théâtre, et avec succès.Rêveurs du ghetto appartient à un autre registre.Zangwill procède à une exploration du passé juif et met en scène des personnages qui, se sentant à l’étroit dans leur groupe, croient pouvoir trouver dans le christianisme et Tislam un air nouveau.Tout en demeurant attachés à leur origine, ils cherchaient à affirmer leur humanisme à travers TAutre.Mal leur en prit.Ces rêveurs de libération s’aperçurent rapidement que les autres communautés n’étaient pas moins enfermées.Mais disposant d’un pouvoir politique, elles persécutaient souvent celles qui refusaient de se fondre à la majorité.Joseph, au XVII' siècle, découvrit ainsi le christianisme à Rome, devint prêtre et, s’opposant à l’oppression des juifs, fut lui-même victime de persécution.Quant à Ouriel Acosta, c’est au Portugal qu’il adhéra au christianisme au XVT siècle.alors que l’Inquisition battait son plein et qui finit par l’emporter dans ses flammes.Le cas de Shabbatai Zewi était différent.Né au XVIL siècle, à Smyrne, dans un empire ottoman à l’apogée de sa puissance, il se proclama comme le Messie qui allait sortir les juifs de l’obscurité et leur faire oublier les humiliations qu’ils subissaient.On connaît le destin complexe de Spinoza, descendant de juifs marranes.Dans ses interrogations philosophiques, il remit en question les dogmes des autorités juives de son temps.Il fut excommunié, ce qui ne l’empêcha pas de poursuivre une œuvre dont la puissance n’a cessé de s’imposer.Zangwill ne juge ni ne condamne ces rêveurs, dénoncés à leur époque comme hérétiques ou apostats.Il évoque leur itinéraire avec une certaine tendresse, car loin d’être des menteurs ou des escrocs, ils étaient surtout de libres penseurs.LIBER Laurent-Michel Vacher Histoire d’idées Histoire d‘idées SP Cu Joseph J.Lévy Entretiens avec Jean Benoist Entre les corps et les dieux.Itinéraires anthropologiques c T3 ND (N C a.vo ¦'ïT cr JEAN BENOIST i ENTRE LES CORPS ET LES DIEUX Ijbfh » Pierre Bertrand Éloge de la fragilité H uc la fragilité i * I.K I) K V (MR.LES S A M K I) I t E T I) I M A N C II E S S E I» T E M B I! E 2 (I 0 « L I V R E S ESSAIS QUÉBÉCOIS Femmes iroquoiennes et vieilles filles FEMMES DE PERSONNE SEXES, GENRES ET POUVOIRS EN IROQUOISIE ANCIENNE Roland Vian le Boréal Montréal, 2000,324 pages LA VIEILLE FILLE: LECTURES D’UN PERSONNAGE Sous la direction de Lucie Jou-berj et Annette Hayward Editions Triptyque Montréal, 2000,192 pages Comment vivait-on en Iroquoisie ancienne, c’est-à-dire avant la période des premiers contacts avec les Occidentaux vers 1600-1650?Ces contacts ont-ils bouleversé les modes de vie amérindiens?Quel était, surtout, le statut des femmes dans ces sociétés souvent présentées «comme une sorte de paradis perdu» pour elles?Dans un essai d’eth-nohistoire admirable de clarté malgré le luxe de détails et de distinguos subtils qu’il contient, l’anthropologue Roland Com Viau répond à ces ques- ^ tions et ébranle les idées vagues et reçues qui ont cours à ce sujet Non, écrit-il, contrairement au mythe entretenu, «les sociétés iroquoiennes préhistoriques ou historiques n’étaient pas des sociétés matriarcales ou quasi matriarcales».Après avoir passé en revue les sources de première main et la littérature scientifique qui ont contribué à la construction de ce mythe du matriarcat qui a suscité de multiples interprétations, Viau reprend au début ce parcours analytique pour en arriver à la conclusion que «ces formations culturelles représentaient des types d’organisation communautaires où les rapports entre les sexes s’articulaient sur des bases relativement égalitaires».Au temps des premiers contacts, la femme occupe une position sociale enviable si on la compare à celle qui s’impose dans les sociétés occidentales.La fonction procréatrice y est valorisée, les mères exercent une forte autorité sur leurs filles et fils, la femme occupe une place centrale dans le discours religieux, ses connaissances en matière médicale sont reconnues et elle détient souvent un droit de vie ou de mort sur les prisonniers de guerre.Autonome et jouissant d'une grande autorité sociale, la femme iro-quoienne ne vit pas, quoi qu’en dise le jésuite Lafitau, dans une «gyné-cocratie», mais elle n’est pas dominée.L’arrivée des Occidentaux modi-t is fie un peu la donnepuis-llier qu’elle entraîne une ^ multiplication des épidémies et des conflits guerriers entre tribus.Résultat: le vide créé au sein des communautés villageoises par les absences fréquentes des hommes-guerriers sera comblé par les femmes d’âge mûr.Il faut attendre l’ère industrielle pour assister à la dégénérescence O U £2f G) » O Es 0.2 TJ £ m TJ Ç)UÀ S “ 3 ü 1.CL La collection Diagnosti€ vous offre des petits livres qui en disent long.Vincent Lemieux v A quoi servent les réseaux sociaux ?.pour retrouver le sens précis du mot RÉSEAU utilisé à toutes les sauces.ISBN 2-89224-300-9 114 pages 14,95 $ 1 «ni «mil its mmi SMiHI ! tare Les Presses de l’Université Laval • Les Éditions de l’IORC Pavillon Maunce-Pollack, bureau 3103 Cité universitaire, Sainte-Foy (Québec) Canada, G1K 7P4 Téléphone (418) 656-7381 • Télécopieur (418) 656-3305 Dominique.Gingras@pul.ulaval.ca • http://www.ulaval.ca/pui fa pensée composée LA PENSEE COMPOSÉE >oit«Fs nt tram n «'nui ms m.i-fMii g! im ou sous la direction de FRANÇOIS DUMONT avec la collaboration de René Audet Marie-Andrée Beaudet Annie Cantin Serge Cantin Robert Dion Frances Fortier Patrick Guay Marie-Pier Luneau Robert Major Guylaine Massoutre Andrée Mercier Jacques Faquin Annie Perron Richard Saint-Gelais EGALEMENT DISPONIBLE EN FORMAT POCHE U NOM DF.DIF.l Jeanne Valois ET Dl PROFIT Au nom mu Hunxii ««Nun PW * ftlVMWIMMA MWIMVlKH UM, de Dieu et Jetttmr lui ni» du profit PETIT GLOSSAim; DLS.(AYimyt F.S.DF CÉRAI.I) GODIN André Gervais Petit glossaire des «cantouques» de Gérald Godin Édifions Nota bene de l’égalitarisme iroquoien : «Quand les Iroquois, en particulier les Mohawks, travailleront pour la plupart dans l’industrie de la construction en haute altitude comme monteurs de charpentes métalliques, les femmes deviendront graduellement les adjointes domestiques des hommes.» Afin d’étayer sa thèse, Viau consacre enfin toute la dernière partie de son essai à une «ethnographie du quotidien en Iroquoisie ancienne».Il expose la réalité géographique de ces communautés, leur mode d’habitation du territoire, les fondements de la structure familiale matrilinéaire et la complexité de leur organisation politique.Avec des explications claires et vivantes, l’anthropologue reconstitue aussi les techniques de culture du sol, de chasse et de pèche, et il insiste à plusieurs reprises sur le fait essentiel que «la distribution des activités entre les hommes et les femmes, quoique extrêmement rigide, n’était pas inégale ou hiérarchisée sexuellement».Quant au tableau des mœurs et de la sexualité, il surprend par son actualité.Monogames pour la plupart, les Iroquoiens laissaient les femmes maîtresses de leurs rela: tions sexuelles et de leurs sentiments, ne connaissaient pas le viol, s’adonnaient très rarement à la violence conjugale et ne réprouvaient pas le divorce.Ils favorisaient, de plus, une pédagogie de la conviction plutôt qu’une approche répressive pour l’éducation de leurs enfants.Portrait sensible et rigoureux d’une civilisation solidaire et égalitaire qui «reconnaissait le principe selon lequel chaque individu avait un accès légitime aux largesses de la nature», le bel essai de Roland Viau (en librairie le 6 septembre) dépayse, tout en distillant un charme qui enchantera les esprits avides de délices anciens.Vieille fille ou célibataire?Trop vieille pour être «fille de» son père, jamais devenue, pour une raison ou une autre, «femme de» son mari, la vieille fille, écrit Isabelle Boisclair, «est donc femme de personne" en quelque sorte, son statut n’étant déterminé par aucun homme, mais bien par elle-même».Quel rôle la littérature de langue française a-t-elle réservé à cette figure énigmatique?Voilà la question qui a inspiré les belles études regroupées par Lucie Joubert et Annette Hayward dans La Vieille fille: lectures d’un personnage.Physiquement ingrates, dévorées par le vice, «dotées d'une force occulte et dangereuse», les femmes seules dans l’œuvre de Zola, explique Geneviève Sicotte, apparaissent comme révélatrices d’un ordre social dévoyé, aux prises avec un mauvais sort.Dans une émouvante relecture du roman québécois d’avant les années I960, Annette Hayward a surtout retenu de forts beaux portraits de vieilles filles en «religieuses ratées».Au sujet de la profonde et tourmentée Angéline de Montbrun, de Laure Conan, du mystérieux Désespoir de vieille fille, de T hérèse Tardif, de la sublime Angélina Desmarais transfigurée par Le Survenant ou de la triste mais forte Cécile Plouffe, elle livre des réflexions qui renouvellent bellement nos perspectives.Et si l’ancienne vieille fille moquée et frappée d’ostracisme se faisait célibataire autonome et épanouie?C’est là l’invitation que trouve à lire Isabelle Bois-clair dans le Laure Clouet d’Adrienne Choquette et le programme mis de l’avant dans l’œuvre dramatique de Louise Maheux-Forcier, s’il faut en croire Kathleen Kellett-Betsos.D’autres études, dont celle de Caroline Barrett sur Maryse et Myriam première de Francine Noël et celle de Lucie Joubert sur les différences de perception de la vieille fille en fonction des narrations féminines ou masculines, complètent cet instructif essai qui donne à lire une critique au féminin riche et sensible, mais surtout forte d’une maturité qui lui permet d’éviter le piège du ressentiment.louisconiellieriaparroiiifo.net HISTOIRE DU DESIGN 1940-2000 Raymond Guidot Hazan Paris, 2000,386 pages, 900 illustrations Ce livre est en fait la réédition, revue, corrigée et augmentée, d’un ouvrage publié en 1994.Ingénieur-conseil au Centre de création industrielle du Centre Georges-Pompidou, professeur de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle, son auteur a réalisé plusieurs expositions et rédigé de nombreuses publications scientifiques.Si l’essentiel de l’exposé porte sur le design depuis la Seconde Guerre mondiale, il n’en demeure pas moins que les sources du design industriel y sont évoquées dans un premier chapitre étoffé et substantiel.Guidot y résume les grands jalons qui ponctuèrent le développement de l’industrialisation de la production, depuis le siècle des Lumières jusqu’à la fermeture du Bauhaus.C’est d’ailleurs une des grandes forces de cet ouvrage qui, au-delà de la simple chronologie du design, replace celui-ci dans un large mouvement de société englobant politique, arts plastiques, cinéma, mode (haute couture), bande dessinée et même exploration spatiale.L’année 1940 est marquante à cet égard.Car la guerre n’en a pas moins contribué à l’éclosion d’une foule de technologies nouvelles qui ont modifié de manière substantielle les modes de vie.L’exposition Britain Can Make It présentée à Ixmdres en 1946 offrait du reste comme pièce de résistance un bombardier éventré dont les organes étaient reliés par des fils à divers objets courants.Ce n’est donc pas un hasard si Guidot a choisi cette date, car c’est à ce moment précis que se concrétise le processus de production globale à grande échelle envisagé dès la fin du XVIIL siècle.Ajoutons que la section historique est complétée d’une série de biographies des principaux designers de ce siècle ainsi que d’une bibliographie des ouvrages les plus pertinents dans le domaine.Une étude sérieuse, intelligente et accessible.Marie Claude Mirandette DICTIONNAIRES JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Anne Tavard, présidente de la maison Harrap’s Les mots pour le dire Le Harrap’s 2001 est arrivé CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le monde change vite et est au bout de nos lèvres.Les mots pour le dire surgissent, s’imposent, et disparaissent parfois aussi vite que le concept qu’ils nomment.Qui connaissait, il y a vingt ans, le courrier et la monnaie électroniques, le World Wide Web, les webzines ou les téléphones cellulaires?Qui parlait même alors d’écoproduits, de trithérapie ou de compulsion sexuelle?Dans son édition 2001, le dictionnaire bilingue Harrap’s Shorter a ajouté 2850 mots à son édition précédente.Mots du monde des affaires, des sciences, comme la médecine et la génétique, mots de l’informatique et mots de la rue.Pourtant, les dictionnaires n’inventent rien.Ils vivent à la remorque des usages.Ils consacrent ce que des linguistes et autres experts de la langue ont consigné, un jour après l’autre, dans la littérature, dans les journaux, à la radio, parmi les gens.La maison d’édition Harrap’s compte ainsi des antennes un peu partout dan^ le monde, de l’Australie aux Etats-Unis, en passant par le Canada et l’Angleterre, qui colligent, année après année, leurs commentaires et leurs observations sur les mouvements de la langue.«La tradition de Harrap’s, dans le traitement de la langue, c’est qu on veut apporter à l’utilisateur la langue telle qu’elle se parle, la langue vivante.C’est donc la langue telle qu’on la rencontre au quotidien, telle qu’on peut la rencontrer dans la rue par exemple.C’est pour cela qu’on a des dictionnaires d’argot.On observe aussi la langue telle qu’elle évolue dans différents métiers.Donc, Internet, les communications, c’est un univers dans lequel la langue bouge énormément en ce moment.Mais il y en a d’autres, la médecine et la génétique.En ce début de A la Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue Saint-Denis, Montreal Le Palimpseste ______ TNFTNÏ lepartement d'etudes françaises -A- ^ -M- JL JL ^ JL Colloque international présente par le Departement d'etudes françaises de l'Universite de Montréal et le CETUQ Rosponsahles du colloque: Patrick Poirier et Brigitte Faivre*Duboz 1514) 277-4979 ou (5141276-8737 www ecrivain.net/ferron/colloq2000 hlm Inscription 40.008 ( colloque et événements} 15.008 pai jour I colloque et événement I Etudiants: entree libre au colloque Lecture/contes 10,00$ (non inscrits ) Exposition entrée libre Conférence inaugurale Pierre Nepveu (U.de Montréal) Exposition Iji biblwthhfur tlu polygrapht Lecture su» Gmsdtn/i de Michèle Magny Nuit de Contes Productions du Diable Vert Table ronde d’écrivains L I* fit Jacques Irrron 27 septembre à 19h00 27 septembre au 11 novembre 28 septembre à tDhJO 29 septembre A 20h00 30 septembre A 14h00 millénaire, c'est surtout au niveau scientifique et au niveau des communications que la langue bouge, ou alors dans la rue», expliquait cette semaine Anne Tavard, présidente de la maison Harrap’s, de passage à Montréal.Les écrivains, les journalistes, les jeunes inventent constamment de nouveaux mots.Il faut reconnaître ceux qui vont durer, ajoute Mme Tavard.Ainsi l’édition de 1996 avait-elle admis dans ses pages le rave et l’ecsta-sy, celle de 1991 découvrait la glasnost, celle de 1982, les bébés-éprouvettes, celle de 1967, le psychédélisme, et celle de 1940-1944, marquée par la guerre, les cartes de rationnement.Offrant un anglais et un français de niveau supérieur, le Harrap’s s’adresse surtout à des étudiants, à des traducteurs, à des professionnels.Four une langue plus littéraire, le Robert-Collins est peut-être à conseiller, concède Mme Tavard.Vingt-cinq ans après la fondation de la maison Harrap’s, à Londres en 1901, le professeur de langues modernes J.E.Mansion avait voulu en faire une édition couvrant «les aspects scientifiques et techniques de la civilisation moderne».Parions qu’il ne savait pas ce qui l’attendait.Les avancées fulgurantes de la technologie et de la science font sans doute à l’heure actuelle le bonheur des vendeurs de dictionnaires.Car selon Mme Tavard, alors qu’une édition d’un dictionnaire bilingue vivait autre fois huit ou dix ans, il faut désormais rééditer ces ouvrages tous les quatre ans (la dernière édition du Harrap’s date de 1996).C’est d’autant plus vrai dans un monde où l’on prend de plus en plus de décisions en langue anglaise à travers le monde et où la connaissance de cette langue n’est pas superflue.«L'anglais n’est pas seulement l’apanage des pays anglo-saxons.C’est aussi la langue que tout le monde utilise sur la planète pour communiquer, c'est l’anglais, langue internationale.L’anglais des gens qui utilisent Internet, par exemple, c’est un anglais qu’on aurait pu appeler, il y a quelques années, “broken English ou mumbled English"», dit Mme Tavard.Le Harrap’s 2001 se targue d'ailleurs de laisser une place importante au slang américain ou à l’argot parisien.Est-ce cette prédominance de l’anglais dans le monde qui fait que Harrap’s a conservé en français des expressions comme World Wide Web?Encore une fois, on q’a fait que consacrer l’usage.A ce sujet, Mme Tavard ajoute que les langues française ou espagnole évoluent aujourd’hui tout autant que la langue anglaise.Elle voit même dans l’invasion de l'anglais dans la langue française un certain retour des choses.La langue anglaise elle-même n’a-t-elle pas été très fortement influencée par le français lorsque les Normands de Guillaume le Bâtard ont envahi l'Angleterre, en 1066?C'est de cette époque, semble-t-il, que nous viennent ces faux amis, ennemis des traducteurs, qui se ressemblent tellement qu’on croit qu’ils veulent dire la même chose.Ne pas confondre par exemple le verbe français résumer avec l’anglais to resume, qui n’ont pas du tout le même sens.Ces faux amis sont désormais Identifiés dans le Ilarrap's 2001.Des amis à éviter si on vetil conclure, comme Mme Tavard, que la langue française n’est pas menacée sur la planète. 1 K 11 l': v (l I li .L K S S A M E IM 2 E T I) I M A N ( H E A S E P T E M It K E 2 0 0 II NOUVEAUTÉS i) r> ^ L I V R E 8 ^ LE FEUILLETON Tokyo sans amour TOKYO ÉLECTRIQUE Nouvelles de Muramatsu Tomomi, Monta Ryùji, Hayashi Mariko, Shiina Makoto et Fujino Chiya Traduites du japonais par Corinne Quentin Editions Autrement Paris, 2000,224 pages Dans sa collection «litté-ratures/Romans d’une ville», la revue Autrement a déjà fait paraître plusieurs titres, dont trois sur Paris (Paris, rive noire, Paris, rive glauque et Paris, rive chaude), un sur la Havane (L’Ombre de la Havane) et un autre sur Jérusalem (Et les pierres de Jérusalem.).Tokyo électrique est le sixième titre à paraître dans cette collection.Excellente initiative qui, suivant les nouvelles configurations identitaires qui s’affirment de plus en plus à travers les cultures locales (au-delà du national), s’appuient sur les villes et leurs caractéristiques pour dégager un nouvel espace littéraire et subjectif (ne pensons pas ici à Maurice Blanchot qui aurait trouvé l’entreprise bien singulière.).Cela représente certainement une manière d’explorer le proche en supposant qu'il nous est aussi inconnu que l’étranger.Après tout, le proche est précisément ce qu’on ne voit pas à force d’y baigner.La chose n’est pas nouvelle, bien sûr.Mais le fait d’ouvrir une collection sur ce thème est, lui, nouveau.Romans d’une ville, dit-on.Comme si la ville se mettait, tel un daîmon, à parler à travers ses sujets, quelle était une entité ayant une âme, un esprit (l’esprit du lieu), et pourquoi pas un inconscient.les villes ont leur configuration géographique propre, leur histoire, leurs quartiers, leurs classes sociales, leurs frontières intérieures, leur dehors, elles sont des entités complexes, c’est vrai.Mieux vaudrait tout de même ne pas trop les substantiver.Elles risquent un jour de se faire la guerre entre elles parce qu’elles auront commencé à exister en dehors de ceux qui l’habitent et qu’elles seront devenues des mythes.Mais on peut aussi entendre Romans d'une ville comme romans venant d’une ville en particulier et portant sur la vie dans cette ville.C’est heureusement de cela qu’il s’agit ici.Cinq écrivains (trois hommes, deux femmes) ont donc été choisis pour produire des nouvelles d’une quarantaine de pages en prenant pour lieu Tokyo.Ils ont aussi été choisis délibérément parce que, bien qu’ils soient des auteurs populaires au Japon, ils n’avaient encore jamais été traduits en français.Le plus vieux a 50 ans (Muramatsu Tomomi), la plus jeune 38 ans (Fujino Chiya), et chacun a été récompensé un jour ou l’autre par un prix.Soulignons encore que si tous ne sont pas nés à Tokyo, tous y habitent depuis suffisamment longtemps pour en avoir fait «leur» ville.Le pouvoir mâle Deux choses nous frappent d’emblée dans cette série de nouvelles.La première c’est la difficulté des relations amoureuses entre hommes et femmes, la seconde la présence tutélaire d’une sorte de force «surveillante».Que ce soit les flics ou les voisins, voire le regard que l’on porte sur soi-même ou sur l’autre, on sent le maillage qui pèse sur cette ville et ses habitants, et l’importance du jugement d’autrui.La première nouvelle, «Yumeko», sans doute et de loin la plus réussie et la plus suggestive de cet ensemble, explore cette Jeu n-Pierre Denis lokyo clcttriuuc question avec beaucoup de finesse.Un vieil homme du quartier de Fukagawa (un ancien red light) réunit ses amis pour leur poser une question.11 a appris qu’une femme vient tout juste d’être arrêtée après quinze ans de fuite (elle avait tué son mari), alors que le délai de prescription était sur le point d’être atieint.Il se trouve qu’une très jolie femme fréquente de temps à autre le café-jazz de l’un d’entre eux et que personne ne sait rien d’elle.Serait-elle en fuite?Ce que le vieil homme veut savoir, c’est s’ils feraient comme tout le monde et la dénonceraient aux autorités.Tout cela se pose sur fond d’esprit de lieu (le territoire sur lequel se trouve Fukagawa a été gagné sur la mer et en a gardé une sorte d’humidité, de théâtralité aussi), et sur la différence entre grande ville, où domine l’anonymat, et ville de province, où l’échelle des valeurs est relativement étroite.En somme, la «sécheresse du cœur [des grandes villes] mènerait [.] à une certaine forme d'indulgence», et la dame aurait eu tort de fuir en province pour se cacher.C’est magnifique! Dans la seconde nouvelle, où règne un climat de violence et de délinquance, un jeune étudiant sans le sou observe de sa fenêtre une jeune prostituée d’origine philippine et la prend régulièrement en photo avec son téléobjectif.Il en est tombé amoureux et voudrait se l’offrir.«Les hommes du Japon, tous, donner de l’argent.Je t’aime, je t’aime, alors prends l’argent, c’est ça?» Regard sévère sur la conduite amoureuse des mâles au Japon.Dans «Amants pour un an», de Hasashi Mariko — le symbole de la génération des hanoko-zoku, ces nouvelles femmes des années 80 —, une jeune femme de 26 ans, née en province, tombe amoureuse d’un jeune homme de bonne famille né à Tokyo, mais qui est déjà pris.Elle lui offre d’être sa maîtresse pendant un an, jusqu’au retour de Ip bien-aimée partie étudier aux Etats-Unis.Exploration fine des motivations amoureuses chez les provinciales complexées et leur esprit calculateur.Quant aux deux dernières nouvelles, «La tente jaune sur le toit» et «Une ménagère au poste de police», elles m’ont semblé moins intéressantes, bien que la dernière se tienne au cœur de ce que j’évoquais au début: la force surveillante (qui est une autre donnée, en fait, du pouvoir mâle au Japon).Un ensemble inégal Toutes les nouvelles n’ont pas la même qualité littéraire, mais au moins une se dégage nettement des autres, «Yumeko», et une autre, «Amants pour un an», arrive à peu près à nous convaincre.En somme, et bien qu’elles nous renseignent sur l’état d’esprit et les mœurs qui régnent à Tokyo, l’ensemble est à mon avis assez faible.Généralement, ce qui manque c’est une «écriture».Il n’est pas compliqué de construire des histoires, il est beaucoup plus difficile d’atteindre à un style, une écriture.Mais ça, c’est le drame d’aujourd’hui: beaucoup d’histoires, peu de forme.denisjp@mlink.net ESSAIS De l’usage modéré de la mémoire JACQUES GRENIER LE DEVOIR t i n ?< ?># ^ 5 4 vt UNE VOIX VIENT DE L’AUTRE RIVE Alain Finkielkraut Gallimard/nrf Paris, 2000,146 pages MARIE CLAIRE LANCTÔT BÉLANGER Sept petites pièces tenues dans une architecture fragile faite parfois de dérive, de référence et d’obscurité.Prenant son litre chez Emmanuel Levinas, l’essai d’Alain Finkielkraut se veut «une voix [qui] interrompt le dire du déjà-dit ».Ce qui pourrait se donner comme un essai sur la mémoire, sur l’histoire et sur l’homme moderne offrirait plutôt un usage modéré de la mémoire de la Shoah.Et une reprise de la réflexion sur le mal, le mal que l’homme porte en lui et autour de lui.Y a-t-il un devoir de mémoire?Contre les très nombreuses années d’après-guerre qui ont répandu leur politique de l’oubli, l’oubli coupable dirait le poète, la fin des années quatre-vingt a rétabli et prescrit le devoir de mémoire.C’est ce devoir que remet en question Alain Finkielkraut.Au nom des morts d’Auschwitz qui, sans cesse convoqués, de façon intempestive, n’arrivent pas à trouver la paix, dit-il, et aussi au nom de ce qu’il nomme la nuance.Ce qu’il remet en question, c’est la Shoah utilisée comme étalon pour qualifier tous les conflits __________________________ Alain Finkielkraut du politique avec les mots de nazisme ou de fascisme: le gouvernement français et les sans-papiers, les nationalismes qui ont mauvaise presse, le Rwanda et surtout le Kosovo.Ce qu’il dénonce encore, c’est la mémorialisa-tion de la mémoire, le risque de cabotinage sur fond d’horreur.Des «amis inquiétants» transportent la Shoah sur tous les fronts maintenant qu’elle n’a plus d’ennemis crédibles.Depuis, la Shoah, avec son «soleil noir» (sa fumée noire?), «surplombe le théâtre des actions humaines».Si le texte emprunte la voix de Jan-kélévitch, pour qui la mémoire est l’archétype du devoir, il tente de se situer entre la position de Claude Lanzmann, le second Lanzmann précise Finkielkraut, et celle de Régis Debray, celui du retour des Balkans.Auschwitz est-il à jamais incomparable?En proscrire l’invocation, est-ce encore rameuter l’événement?Et puis, si le propre de l’homme moderne est d’être mécontent, si aujourd’hui, après l’agonie des régimes communistes, «le triomphe de la démocratie est morose», faut-il regretter, avec Finkielkraut, que ni le présent ni l’avenir ne réussissent à être interprétés autrement que comme des manifestations de l’horreur du passé?Parallèlement à cette réflexion sur la mémoire de la mort juive et avant celle sur le mal, Finkielkraut mène celle sur l’usage modéré de la technique.Sur la barbarie de la technique et de la culture.Tant la barbarie qui condui- sit à la précision de l’extermination dans les camps de la mort que celle qui soutient maintenant la toile.Cette dernière forme risquerait de mener l’homme à s’éloigner de l’autorité du réel tout autant que du dialogue avec son semblable.Et ceci «dans l'univers fluide de l’image et du texte électroniques [.] à l’époque de la communication planétaire».Cette «voix»-là de Finkielkraut, on pourrait peut-être la discuter.Comme l’on pourrait interroger la nécessité, ici, d’une reprise du dialogue Sarfre-Camus autour de la question du mal.Faut-il choisir entre l’un et l’autre?Y a-t-il une paix au bout de cette question: pourquoi le mal?Cette question n’en voile-t-elle pas une autre, celle de la répétition, ce lourd mouvement du négatif qui guette autant les individus que les sociétés?Aux générations qui n’ont pas vu, qui n’ont pas su, faut-il reparler de la barbarie d’Auschwitz?Pour se mesurer à l’impossibilité nue de penser l’impensable.Et ainsi tenter d’éviter la répétition.Ailleurs, le philosophe Gérard Wajcman, dans un ouvrage du même titre, a trouvé «l'objet du siècle» (Verdier, 1998) dans les chambres à gaz, usines de mort.Face à ceux que Finkielkraut nomme «les activistes de la mémoire», faudrait-il invoquer les militants de l’oubli?De ce côté-ci de l’Atlantique où la mémoire a davantage besoin d’être sollicitée et alimentée que d’être arrêtée, cet essai, un peu court parfois, aura-t-il le même succès que les précédents?sous la direction de Florian Sauvageau Variations sur l’influence culturelle américaine 2-7637-7666-3 • 294 pages • 32 $ Variations sur l'Intluance culturelle américaine La collection CEFAN Culture française d’t^/fmirique est publiée aux Presses de l'Université Laval sous l'égide de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN).Elle rassemble les études et les travaux issus de ses séminaires, de ses colloques et de ses ateliers faisant ainsi état de l’avancement des connaissances sur diverses facettes de la francophonie nord-américaine.sous la direction de Andrée Fortin Produire la culture, produire l’identité ?2-7637-7694-9 • 288 pages • 29 $ CEFAN, Pavillon Charles-De Konlnck, bureau 3221, Faculté des lettres, Cité universitaire, Sainte-Foy (Québec) Q1K 7P4 cefan@celan.ulaval.ca • www.cetan.ulaval.ca Les Presses de l’Université Laval, Pavillon Maurice-Pollack, bureau 3103, Cité universitaire, Sainte-Foy (Québec) Q1K 7P4 Dominique.Glngras@pul.ulaval.ca • www.ulaval.ca/pul Au «m de I identité I mielgme einonoimelie Moncef Guitouni avec la collaboration de Yves Brissette AU CŒUR DE L'IDENTITÉ L’intelligence émotionnelle Savoir nommer l'émotion ressentie, savoir comprendre les relations de l'émotion avec les besoins, les aspirations et les croyances est essentiel pour mener une vie saine et équilibrée.168 pages, 19,95 S Sally Aitken, Pierrette Caron et Gilles Fournier HISTOIRE VÉCUE DE LA POLIO AU QUÉBEC Un pan de l'histoire sociale du Québec à une époque où les soins médicaux n'étaient pas encore assumés par l'État et où on faisait peu de cas des droits des personnes handicapées.40 témoignages de victimes de la poliomyélite qui racontent leur vie avec cette maladie.290 pages, illustré, 27,95$ Benoit Hébert DANS L'ŒIL DU TEMPS Conte fantastique Enquête policière, récit initiatique et monde merveilleux se marient dans ce récit qui réjouira tous les amateurs de science-fiction et de fantasy.128 pages, 14,95$ Jean Daigle COLETTE ET SI DO Une conversation VERLAINE ET RIMBAUD L’époux infernal et la vierge folle Théâtre • La grande Colette, mourante, reçoit la visite du fantôme de sa mère.• L'intimité, pour le moins tourmentée, des deux grands poètes.152 pages, 17,95$ I Pierre Paquette LES MINES DU QUÉBEC 1867-1975 Une évaluation critique d’un mode historique d’industrialisation nationale Ce livre est l'étude la plus complète qui ait été réalisée sur l'industrie minière québécoise, son développement et ses retombées économiques.376 pages, 29,95$ Marie-Ange Bouchard JEANNE D'ARC DE TÉMISCOUATA L'histoire de Jeanne d'Arc Bouchard est aussi celle de milliers de femmes qui ont vécu dans le Bas-Saint-Laurent au début du XXe siècle.Ce livre est le récit quotidien des habitants du Témiscouata, au rythme des saisons, des joies et des peines, des espoirs et des désillusions.280 pages, illustré, 24,95$ Jeanne d’Arc tottfrak afi fri Dino Fruchi 10 Ml RICORDO JE ME SOUVIENS Introduzione alla storia del Quebec Introduction à l’histoire du Québec Préfacé par Guy Bouthillier, ce petit livre bilingue offre aux Italiens du Québec une brève histoire de leur patrie d'adoption dans leur langue d'origine.96 pages, 12,95$ Patrice Dansereau LE LIVRE GOURMAND KV1HR I 4 I.K I) K V (MK.I.K S S A M K I) I K T I) I M A N ( Il K A S K I1 T K M B li K 2 0 (I (I I) 8 LE DEVOIR JARDINS Les fruits de toute une saison Pour cette dernière chronique, un calendrier des travaux à effectuer au jardin dans les semaines à venir Da nielle Dagenais Ah! le bonheur de la saison des récoltes - choux rebondis, pommes rougissantes, carottes croquantes - et de l’air doré.Hélas! la tristesse d’écrire cette dernière chronique.Pour ne pas vous laisser désœuvré en cette fin d’été, voilà tout de même un calendrier des travaux pour les semaines à venir.De quoi vous occuper.Potager Le potager restera sur son air d'aller jusqu’au premier grand froid quelque part en octobre.Une petite fertilisation d’appoint (engrais soluble 20-20-20 par exemple) permettra aux plants de concombres vieillissants de poursuivre la récolte jusque-là et même plus si vous les protégez les nuits de gel.D’ici là, notez ?soigneusement l’emplacement de chaque culture dans votre cahier de jardin.Il vous sera plus facile de prévoir les rotations de l'an prochain.Surveillez de près les pensionnaires de votre potager.Ainsi, constaterez-vous peut-être que vos pois, vos haricots, vos concombres présentent des symptômes de pourriture blanche: croissance ouateuse sur les feuilles, les fruits, éventuellement parsemée de granules noires, pourriture aqueuse des fruits.Cette pourriture est causée par le champignon microscopique Sclerotinia sclerotiorum.Que faire?Tout d'abord, comme pour toute plante malade, jetez ou brûlez les fruits, feuilles ou tiges infectées.limitez les arrosages, le Sclerotinia sclerotiorum se plaisant en milieu humide.Désherbez soigneusement pour favoriser une meilleure aération des plants et pour éliminer les mauvaises herbes à feuilles larges pouvant être infectées elles-aussi par ce champignon à large spectre.En fait, parmi les plantes potagères communes, seuls le maïs, l’oignon, l’ail, la ciboulette et autres alliums résistent aux attaques du vilain.De plus, ce champignon se dissémine allègrement sur de bonnes distances.C’est dire que dans ce cas précis, les rotations posent un sérieux casse-tête.Mieux vaudra prévenir en semant moins dru l’an prochain.Pour cette année, disons que la nature fut tout simplement du bord de Sclerotinia sclerotiorum.La récolte faite, ne laissez pas à nu la terre du potager, sinon les éléments nutritifs solubles dans l’eau (par exemple, l’azote ou le calcium) seront lavés par les pluies d’automne, en pure perte.Semez plutôt des engrais verts qui retiendront dans leurs tissus en croissance ces éléments nutritifs.Des grains de blé, d’orge, d’avoine achetés dans une coopérative agricole ou un magasin d’aliments naturels feront l’affaire.Couvrez vos planches d’une toile pendant la germination pour empêcher les oiseaux gloutons de s’empiffrer des précieuses semences.Retournez ces engrais verts dans le sol lors des semis du printemps.Plantez les caïeux d’ail d’automne.Paillez les rangs de carottes quand la terre se met au gel.Vous récolterez des carottes fraîches jusqu’aux premières grandes bordées.Feuilles mortes Les feuilles mortes font pourrir la pelouse à moins qu’avec la tondeuse vous ne les hachiez menu.Dans ce cas, elles deviennent une matière organique tout à fait bienvenue.Utili-sez-les comme paillis sur les plates-bandes: les vers de terre en seront ravis.Ne forcez pas la dose cependant; une trop grande quantité de feuilles priverait les plantules de lumière le printemps prochain et les ferait pourrir.Toutes feuilles présentant des signes de maladies (brunissement ou jaunissement anormal pendant l’été, tache noire, etc.) doivent cependant être brûlées ou mises au rebut.Les champignons pathogènes y passeraient l’hiver, prêts à réinfecter vos cultures l’an prochain.Vivaces On causait plantation de pavots la semaine dernière.En fait, nombre de vivaces se plantent fort bien en automne.Sans compter que les pépinières vous les bradent à des prix de plus en plus amicaux au fur et à mesure de l’avancement de la saison.Divisez les vivaces à floraison printanière et échangez vos plants surnuméraires avec le trop-plein des plates-bandes de vos copains.Semez en automne quelques graines de ces vivaces récalcitrantes qui demandent une période de gel pour germer.Peut-être l’hiver aura-t-il raison de leur réticence à sortir de leur trop long endormissement.Si vous êtes très prévoyant, commencez à tracer les nouvelles plates-bandes de l’an prochain.Mettez-y planches, journaux ou feuilles mortes pour que jaunisse le gazon.Au printemps, vous n’aurez qu’à bêcher le sol une fois sec.Bulbes Les bulbes arriveront dans votre pépinière la semaine prochaine.Précipitez-vous-y pour les acheter bien frais puisque les conditions d’entreposage en centre-jardin laissent parfois à désirer.Ne faites emplette que de bulbes de première qualité (12 cm et plus pour les tulipes, DN1 soit une tige pour les narcisses) et ce dans un centre-jardin ou une maison de vente par correspondance de bonne réputation.rosée, nuancée de pêche et de vert, font merveille en massifs, plantées bien serré.Pour les plates-bandes ou les bouquets, choisissez plutôt des tulipes tardives à longues tiges.Osez les couleurs fortes et les contrastes ravigotants comme le blanc rayé de rouge de «Arctic Flame» à fleur simple ou de «Carnaval de Nice» à fleur double.Plans de jardin Voici le meilleur temps de dresser des plans pour votre jardin de l’an prochain pendant que vous avez encore sous les yeux tous les travers du jardin de cette année.Vous pouvez encore effectuer nombre de travaux, du patio en pierre au jardin d’eau, et passablement de plantations.Les architectes-paysagistes, paysagistes, horticulteurs et autres professionnels du jardin seront aussi plus disponibles qu’au printemps pour concevoir ou exécuter vos travaux.A vous et peut-être en solde si vous êtes patient le bain d’oiseau, la statuette, le pin miniature remarqués le printemps dernier quand d'autres travaux requéraient votre attention et votre portefeuille.Pelouse Les semis de gazons de bonne qualité (pâturin du Kentucky, ray-grass vivace et fétuque élevée de variétés nommées) s’effectuent jusqu’à SOURCE DANIELLE DAGENAIS Plantez des tulipes blanches rayées de rouge pour apporter une fraîcheur tonique à la plate-bande.w 4# & SOURCE DANIELLE DAGENAIS Pourquoi remettre au printemps prochain tous les petits et grands projets qui vous tiennent à cœur?À vous et peut-être en solde, si vous êtes patient, le bain d’oiseau, les colombes et quelques plants de Phlox divaricata.La photographie ci-dessus a été prise dans le jardin de Mme Thérèse Romer.Plantez des bulbes extra-hâtifs comme les éranthes d’hiver - leur jaune pétant est le meilleur antidote contre la morosité de fin d’hiver - ou de sombres Iris reticulata.Adjoignez à ces derniers des Crocus chrysanthus bien contrastés (jaune ou blanc) pour allumer leurs violets ténébreux.Plantez ces petits bulbes dans une plate-bande surélevée tout près de l’allée qui conduit à la porte d’entrée.Ainsi vous les aurez sous les yeux dès les premiers cui-cui du printemps au moment où le fond du jardin, peu visible de la maison, reste trop détrempé pour s’y promener.En général, les bulbes, sensibles au dessèchement, doivent être plantés dès l'achat dans un sol très bien drainé auquel vous ajouterez un engrais à bulbes (de type Bulb Booster, 9-9-6) selon les indications du fabricant.Par contre les tulipes seront mises en terre plus tard en automne d’autant plus que les écureuils semblent moins s'y intéresser à cette époque.les tulipes hâtives à tiges robustes comme la classique «Abricot Beauty», la mi-septembre pendant que la température reste assez clémente pour favoriser la germination des graines.Si la pluie vient à manquer, il faudra y remédier en arrosant.S’il vous reste un peu de fertilisant à pelouse de printemps, vous pouvez y aller d’un deuxième coup de fertilisation ces jours-ci.Sinon, à partir du 15 septembre, songez plutôt à une fertilisation d’automne plus riche en potassium.Voilà qui assurera votre gazon de réserves pour l’hiver et de vert au printemps.lorsque la croissance de l’herbe sera vraiment ralentie par le froid, tondez plus court (5 cm) pour que le gazon reste bien sec pendant les jours froids et humides des prochains mois.Arbres La fin de l’été est propice à l’émon-dage des arbres à croissance rapide.De cette façon on tempérera ainsi leur exubérance végétative puisqu'on réduit la quantité de feuilles, donc de réserves transportées aux racines pour la croissance de l’été prochain.La fin de l’été est idéale pour la plantation des conifères, et la première moitié de l’automne, tout à fait propice à celle des feuillus.Les nouveaux venus perdront moins d’eau par évapotranspiration qu’en été et des racines pousseront encore pour un bon moment.Jardin d’eau Tout baigne jusqu’aux grands froids, si vous retirez au fur et à mesure les feuilles mortes tombées dans le bassin.A la lin novembre, plus tôt ou plus tard selon la taille du jardin d'eau et de la saison, coupez les feuilles jaunies des nymphéas et autres plantes aquatiques rustiques et descendez les pots sous plus de 60 cm d’eau -75cm pour les lotus.Ix'cture d’automne Ce livre était à l’agenda du début septembre pour cause de tenue d’un colloque sur les jardins japonais entre le 7 et le 9 du mois.Le colloque fut annulé mais le dépouillement des jardins japonais s’accordant à celui du temps, U jardin japonais de Gün-ter Nitschke (Taschen, 1999), reste de saison.Dans Genji-monogatari, célèbre roman japonais de l’an mil, la favorite du prince Genji ne se nomme-t-elle pas Akikonomu ou «amante de l’automne» et son jardin n’est-il pas planté d'arbres choisis pour leur couleur à cette saison?Le prince Genji lui-même note que «[au Japon] c’est surtout l'automne au soleil mélancolique qui me semble avoir ému le plus profondément nos poètes».Plongez-vous donc avec délices dans les émois d’une nouvelle saison, portés par l’histoire passionnante des jardins du Japon (40 $.) Merci à Sylvie Rioux, chercheuse au Centre de recherche sur les grains inc., à Gérard Gilbert du laboratoire de diagnostic du ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec et à Christine Villeneuve, agronome et avertisseuse pour le Réseau cu-curbitaeées-solanacées du Réseau d'avertissements phytosanitaires pour les infos sur Sclerotinia sclerotiorum.l
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