Le devoir, 14 août 2000, Cahier A
w w w .I o (I e v o i r .c o in •v^ Km, » # » j ¦J LES ACTUALITES Le Bloc cible Chrétien, Dion et Day Page A 3 LES SPORTS Hakkinen coiffe Schumacher Page B 4 U* Vol.X < I N « 1 2 8 I.E 1.II X I) I 14 A OIT 2 0 0 0 8 7 T A X K S = | $ Serge Bouchard Le sens du poil Les temps sont à la recherche de sens.Nous le quêtons comme s’il était plus précieux que les dollars américains.Pour une poignée de sens, combien de riches dépensent une fortune?Mais dans les entrepôts du sens, sait-on seulement ce que l’on cherche?Les rayons sont vides parce que le sens s’étiole dès qu'on l’expose en masse.Il fuit les grandes surfaces.Le sens est toujours profond, il supporte mal la lumière, les affaires, les transactions étourdissantes de la modernité.Les marchands de sens ne peuvent pas livrer la marchandise car ils vendent des sacs vides, remplis d'air, des sacs de plastique qui nous éclatent au visage quand nous tentons d’en saisir le contenu.Le magasinage du sens est une course qui nous fait mal car rien n’existe qui protégerait le consommateur contre les abus et le commerce des faux.Le sens appartient à l’être, il est le fils de lame.Que le sens de la vie soit la faiblesse d’une modernité carrément technique et résolument quantitative, cela ne devrait surprendre personne.Cela tombe sous le sens.Qu'a lame à voir avec la statistique ou la logistique?L'efficacité de notre monde a envahi l’imaginaire et ce nouvel imaginaire se dresse devant nous, c’est-à-dire en dehors de nous.Il nous divertit mais il ne nous habite plus.Notre monde intérieur étouffe au profit de systèmes de représentations qui nous échappent.Sans exercice ni activité, l'âme se calcifie.Les configurations de l’intelligence artificielle agressent constamment ma propre vision du monde.Elles la confinent, elles la réduisent et la ratatinent.Mon ordinateur est insensible aux phrases que j'écris.Mon éditeur aussi.La voix de femme qui habite la machine ne s’adresse pas à moi.elle s'adresse à la machine qu’elle me somme de devenir.Elle m'invite sur son terrain, dans son appartement.L’autre jour, je terminais un inédit et je signai mon nom suivi du mot Huberdeau, qui est l’endroit où je me trouve.La madame dans l’ordinateur, Lg j’ignore son nom, m’informe qu’Huberdeau n'existe pas dans son répertoire et elle me suggère de le remplacer pas Humberside.Une vague nous emporte qui s’appelle un malaise.Le traitement du texte importe plus que sa nature.Le formel l’emporte sur la substance.La madame est comme ces correcteurs d’origine française qui révisent mes textes, fis ne savent pas ce que c’est que de prendre une débarque.L’intelligence ne va pas sans quelques vertiges.Nous avons trouvé notre assurance dans le Progrès technique.Nous avons laissé de côté le mystère de notre propre nature pour courir aux jouissances des paradis artificiels.La modernité est une immense toxicomanie.Le cinéma est irrésistible, la télé incontournable, les images sont plus fortes que nous.Le spectacle nous dépasse et nos jouets nous déjouent.Pour avoir laissé notre humanité en friche au profit du développement spectaculaire de nos moyens, nous nous égarons dans le désert de notre , liberté.Sale temps pour le Je.plus de place pour le Nous.L'âme est nue, laissée à elle-même, battue par tous les vents.Le déficit de sens rend difficile le supplément de l'âme.Le Je est apeuré, il est déçu, blasé.Il dit facilement que la vie n’a pas de sens.Alors, il a la nausée, il vomit sur l’obstacle d’un monde qui se fout de lui.Nos romans les plus remarqués sont souvent des cris égoïstes, des déceptions totales, des suicides de l’âme.Tu as voulu être seul, alors le monde t’ignore.II s’évanouit sous nos yeux pour reparaître sur nos écrans, hors de moi, hors du temps.Il n'est pas donné à tout le monde d’être Sylvester Stallone.Le mal de vivre ne se soigne pas à coup de bulldozer.Sartre haïssait la Nature parce quelle lui résistait.Les platanes du boulevard Saint-Germain ne traversent pas de crises existentielles.Les arbres poussent les pierres attendent, la terre t’enterre de toute manière.Car l’enfer, ce n’est pas les autres, l'enfer c'est le détestable Je, quand le Je s’en va tout seul dans la plaine de son confort, plus délirant que libre, comme le disait Bouddha, en accord sur ce point avec le principe du Manitou.Cependant la Nature sait une chose: il vaut mieux être en vie qu’être mort.Jankélévitch rejoint Camus quand il dit que ce n’est pas parce que la mort existe qu'on s’empêchera de vivre.Ce n'est pas parce qu'il magasinage du sens est une course qui nous fait mal car rien n’existe qui protégerait le consommateur contre les abus et le commerce des faux.VOIR PAGE A 8: SENS INDEX Actualités.A 2 Annonces.B 6 Avis publics.B 3 Culture.B 7 Éditorial.A 6 Entrevue.B 1 Idées.A 7 Monde.A 5 Mots croisés.B 6 Météo.B 6 Planète.B 2 Sports.B 4 Télévision.B 7 J gM' M : : SW- - m 51" mm* J JEAN DION LE DEVOIR Bon, on ne veut pas forcer la note qui est déjà assez salée merci, mais puisque la demande justifie l’offre, allons-y, c’est dimanche après tout: Anna Kournikova existe, nous l’avons rencontrée.La belle de Moscou n’est donc pas qu’une image virtuelle concoctée par des médias assoiffés de tirage facile contrôlés par des libidineux ayant vendu leur âme au démon du midi.Elle ne se balade pas toujours en tenue aguichante et peut même s’entraîner en banals t-shirt et survêtement long, comme elle Ta fait hier pendant une heure trois quarts devant quelques centaines de spectateurs qui, pour moitié, étaient venus voir le phénomène, et, pour moitié, étaient venus tenter de com- «Je ne me préoccupe pas de mon image.[.] Je joue au tennis.» VOIR PAGE A 8: KOURNIKOVA La dernière chance de Gore Mal aimé, le chef démocrate aura besoin de toutes les ficelles et de tout le brillant de Hollywood pour s'affirmer en candidat crédible devant Bush La convention démocrate qui s’ouvre aujourd’hui à Los Angeles, est une tribune capitale pour le vice-président Al Gore qui doit impérativement sortir de Tombre de Bill Clinton et asseoir sa stature présidentielle devant le républicain George W.Bush, en tête dans les sondages.Les 4368 délégués démocrates sont conscients de l’importance de l’enjeu: du passage en douceur du témoin entre Bill Clinton et Al Gore dépendront en grande partie les chances des démocrates de conserver la présidence quatre ans de plus.FRANÇOIS SERGENT LIBÉRATION Los Angeles — James Carville, un conseiller de Clinton, un Cajun très drôle et très méchant, avait un jour expliqué que «Washington, c'est Hollywood pour les gens moches».Ce soir, les démocrates de Washington débarquent à Los Angeles, où « en 1960 leurs aînés avaient désigné John Fitzgerald Kennedy.Elle choisira cette semaine un candidat moins glamour.Al Gore.Le vice-président, mal aimé, aura besoin de toutes les ficelles et de tout le brillant de Hollywood, pour s'affirmer en candidat crédible devant George W Bush, son rival républicain, sorti triomphant de sa convention à Philadelphie.Selon le dernier sondage du Washington Post, Gore est à la traîne derrière George W.de près de é ERIC ST-PIERRE LE DEVOIR Même aux questions strictement tennis, vous obtiendriez plus de contenu auprès d’une boîte vocale pleine en dérangement.Cinq minutes avec Anna prendre pourquoi tant de gens y voient un phénomène.Ça se passait sur le court numéro 2 du parc Jarry, sous un soleil de plomb fondu qui avait sûrement du mal à s’endurer lui-mème tellement il faisait chaud, pendant qu'ailleurs d’autres jeunes dames s’échinaient devant dix fois moins de monde afin d’obtenir une qualification pour le tableau principal des Internationaux de tennis du Canada, tableau qui démarre aujourd’hui même.Mademoiselle Kournikova n'est pas qu'une devanture.Il paraît même qu’il lui arrive parfois de se trouver un peu moche, au petit matin, quand elle a veillé la veille.Mais non, c’est pas vrai.Elle ne se trouve ni moche ni belle.Elle l'a dit, hier, lors d’une conférence de presse dont la brièveté n’était pas sans rappeler dix points et cette convention apparaît comme la dernière chance pour le vice-président de rentrer dans la course.Ce week-end, Al Gore n'a guère été aidé par le couple Clinton qui s'est lourdement imposé à Los Angeles, multipliant apparitions et discours, afin de recueillir des millions de dollars auprès de ses amis du monde du cinéma.Les deux Clinton sont partout alors que ces quatre jours de convention devaient être la fête du fidèle vice-président Ce soir, la convention est réservée à Bill et Hillary qui auront chacun droit à un discours en prime time, un événement durement négocié avec Al Gore.Mais Clinton, comme s’il ne pouvait renoncer à la présidence, restera plus longtemps à Los Angeles que Gore qui n'arrivera que mercredi.Tout le week-end, il a continué à faire VOIR PAGE A 8: GORE Pour des cours d’anglais dès la première année ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La Pocatière — Facteur de réussite, le bilinguisme doit être encouragé au Québec en introduisant dès la première année du primaire l’apprentissage de la langue seconde et en permettant que divers cours soient livrés en anglais dans les écoles secondaires et les cégeps de langue française.C'est le sens d’une proposition qu'ont adoptée en fin de semaine les jeunes militants libéraux réunis pour leur congrès annuel.«II nous apparaît évident que, si on doit réussir au Québec, on doit favoriser l’apprentissage d’une langue seconde et d’une troisième langue», a dit le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, lors d’une conférence de presse à Tissue du congrès des jeunes libéraux qui prenait fin hier.Pour M.Charest, la connaissance de la langue anglaise au Québec, c’est un «préalable» pour bien réussir.«Parlez-en aux entreprises de la Beauce, de la région de Québec.Ils vous diront qu’ils cherchent beaucoup de gens qui sont capables de parler les deux langues dans un contexte de libre-échange.» Le PLQ demeure toutefois fidèle au principe que Les jeunes libéraux souhaitent que des cours soient livrés en anglais dans les écoles secondaires et les cégeps francophones VOIR PAGE A 8: ANGLAIS Autres informations en page A 3 Feu vert au clonage humain ?Londres (AFP) — Le gouvernement britannique est prêt à donner son feu vert la semaine prochaine au clonage d’embryons humains à des fins de recherche thérapeutique, ont rapporté hier des médias britanniques.Une étude effectuée par le directeur de la santé publique, liam Donaldson, doit être publiée mercredi et les ministres devraient appuyer ses recommandations en faveur du clonage, mais à des seules fins de recherche médicales, écrit le Sunday Telegraph.Le vote devrait intervenir avant la fin de Tannée.Les implications morales et éthiques sont telles, toutefois, que les députés seront libres de leur vote, ajoute le journal.En temps normal, ils suivent les consignes de leur parti.De nombreux chercheurs estiment que le clonage ouvrira la voie à de nouveaux traitements pour de nombreuses maladies.Les scientifiques s’intéressent notamment à des cellules très jeunes qui peuvent en évoluant devenir toutes sortes de tissus, nerfs, muscles, organes ou os.Si Ton arrivait à guider cette évolution, ces tissus pourraient servir de «pièces de rechange» pour traiter des maladies actuellement incurables.Et si les embryons à l’origine de ces tissus étaient clonés à partir de cellules du patient cela supprimerait le problème du rejet des tissus transplantés.La loi britannique interdit actuellement des recherches dans cette direction.Autres informations en page A 4 CULTURE Choc de cultures Le MCC présente L’Inde, lumière des arts Page B 4 % 778313000641 L E I) E V O I R .L E L I' N I) I II AO I T 2 0 0 0 •LES ACTUALITES- Pêche au homard au Nouveau-Brunswick Les agents fédéraux battent en retraite Des garde-pêche sont pris à partie par les pêcheurs autochtones MICHAEL TU TT O N PRESSE CANADIENNE Miramichi, N.-B.— Des pêcheurs autochtones en colère ont encerclé les bateaux de Pêches et Océans Canada, hier matin, dans la baie de Miramichi.Un des pêcheurs a d’ailleurs manifesté son irritation en lançant des viscères de poisson vers les agents.André-Marc Lanteigne, porte-parole du ministère fédéral des Pêches et Océans, a confirmé que sept embarcations de pêcheurs ont encerclé deux bateaux patrouilleurs qui vérifiaient des casiers à homards immergés, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Miramichi.Des témoins de la confrontation ont affirmé qu’un autochtone a, à un certain moment, lancé un seau de viscères de poisson sur les agents fédéraux.Selon M.Lanteigne, ces appâts étaient probablement «du maquereau».Le ministère envisage la possibilité de porter des accusations relativement à cet incident.Les agents ont alors battu en retraite et personne n’a été blessé.M.Lanteigne a ajouté que les autochtones de la réserve de Burnt Church avaient immergé, tout à fait sciemment, quelque 200 casiers en contravention avec la réglementation fédérale en matière de pêche.Ottawa ne veut accorder à la bande autochtone qu’un droit de pèche alimentaire et rituelle, de 40 casiers.De leur côté, les autochtones prétendent avoir le droit d’installer autant que 5200 casiers dans la baie de Miramichi.Autre incident Les autochtones ont indiqué que l’incident d’hier en suivait un autre, survenu samedi.En effet, selon les pécheurs, la houle qu’un bateau de Pèches et Océans aurait laissée dans son sillage serait venue bien près de submerger l’esquif d’un des leurs.Doug Dedam a affirmé que son bateau aurait coulé s’il avait été renversé par la houle.«J'aurais pu me noyer et mes enfants seraient orphelins aujourd’hui», a-t-il dit Le porte-parole de Pêches et Océans a répliqué que les agents s’étaient simplement approchés de Dedam pour vérifier s’il pêchait illégalement.Il a ajouté que plusieurs des bateaux des autochtones sont tellement petits qu’il y a lieu de se demander s’ils sont fiables par rapport au plan d’eau où ils naviguent.«Le petit bateau avait déjà beaucoup de mal à se maintenir à flots par petit clapot, alors quand notre bateau s’est approché pour l’inspection, la situation a empiré», a-t-il reconnu.Le chef autochtone James Ward a déclaré que les responsables de Pêches et Océans Canada avaient été prévenus de ne pas toucher aux casiers à homards.«Nous leur avons dit et redit de trouver une solution politique [au problème], mais ils ne le font pas, a-t-il dit.Ils savent pourtant que nous nous dirigeons vers une confrontation.» Les agents fédéraux ont commencé vendredi soir à saisir les casiers à homard autochtones immergés dans la région du nord-est du Nouveau-Brunswick.Iæs autochtones affirment que ces saisies violent le droit de pêche que leur confère un traité ancestral.EN BREF Femmes secourues (PC) —Trois fenunes ont été secourues hier après-midi dans le fleuve Saint-Iaurent, près de Québec.Les trois femmes prenaient place en compagnie de trois hommes à bord d’un bateau à moteur de 31 pieds.Les trois femmes ont été éjectées do l’embarcation après que celle-ci eut rencontré une grosse vague à grande vitesse.Elles ont été sorties de l’eau par les hommes à bord.«Nous ne savons pas à quelle vitesse allait le bateau, mais il allait vite et a pris le virage trop serré», a expliqué le responsable des communications a la Gar- de côtière, Michel Plamondon.Les six passagers ne portaient pas les gilets de sauvetage qui étaient pourtant à bord du bateau.Autobus contrôlés (PC) — la Société de l’Assurance automobile du Québec (SAAQ) a tenu hier une vaste opération de contrôle des autobus affectés au transport nolisé et touristique, dans l’est de Montréal.Au total, quatre véhicules ont été retirés de la route, 18 contraventions ont été distribuées et une vingtaine d’infiuctions ont été signalées.Johanne JANSON Comme un souffle de uie gsi un ciassinue de renseionemem.manuel de l’élève 412 - pages 46,50 $ ?DEC inc.En vente dans toutes les imrairies Fêtes gourmandes de l’île Notre-Dame > ' «er , •Wr'S?ar < ÉRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Des dizaines de familles se sont rendues hier à l’île Notre-Dame pour les traditionnelles Fêtes gourmandes qui s’y tiennent pour une neuvième année consécutive.Du pain et des jeux Les visiteurs ne se contentent pas de repartir le ventre plein; orchestres, échassiers et jongleurs veillent aussi à les divertir ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On peut voyager par la bouche autant qu’avec les semelles.Il suffit de s’offrir un tour de planète grâce à ses papilles gustatives.Des odeurs et des saveurs contiennent un pan du Maghreb, certains mets renferment un bayou de Louisiane ou une montagne d’Alsace.En tout cas, c’est le pari que font pour la neuvième année Les Fêtes Gourmandes à l’île Notre-Dame en invitant des cuisiniers représentant une trentaine de pays à offrir plus de 500 mets aux visiteurs.Depuis le 4 août et jusqu’au 20, se déroule le gastronomique festival.Hier, on y rencontrait surtout des familles.semaine, le va-et-vient entre les tables et les stands se poursuit davantage entre adultes.Une clientèle avant tout québécoise francophone bien davantage qu’un essaim de touristes s’y donne rendez-vous.Alligator grillé, soupe à la tortue, fricassée de serpents.Place à la panoplie de mets étranges aux goûts pas si exotiques que ça, dégustation faite.On croque une fois dans l’inconnu pour le trouver juteux et savoureux; la tortue, douce, et le serpent à sonnettes tendre et croquant D’ailleurs, une file d’attente sans cesse renouvelée attend son tour pour savourer l’alligator au stand de Bayou-Bra-sil.Celui-ci met le reptile au menu depuis huit ans en plus d’en offrir à son restaurant rue Saint-Denis.La clientèle s’y est habituée.Ailleurs, beignes, chips, frites et crêpes permettent quand même aux conservateurs de se rabattre sur les valeurs sûres.Pour la première fois cette année, un stand amérindien est de la noce gastronomique, avec son village de tipis et son camp de chasse.Au menu: Eau d’épinette, oua-naniche, soupe huronne, brochettes de caribou, etc.Juste un peu plus loin, dans un château médiéval improvisé avec armure fichée au milieu du décor, gentes dames et beaux messieurs sont priés de goûter à l’Orgie du roi ou à la Galette du chevalier.Les Fêtes gourmandes sont une façon de promouvoir les restaurateurs internationaux ayant pignon sur rue à Montréal, de faire circuler leur carte professionnelle en offrant un aperçu de leurs menus.Cela dit, le Québec est aussi à l’honneur.On s’amuse des titres interminables des mets de cuisine régionale des Grands Chefs offerts en pâture: «Mousse de foie de volaille des Becs-fins, compo-tée d’oignon et cerise de terre à la McAuslan, fines feuilles de mâche de Mirabel» ou «Tartare de sal-monidé en feuilles d’endives aromatisé aux herbes salées du Bas-Saint-Laurent et boutons confits de marguerite».Ouf! Le tout pur québécois.Des spectacles Les visiteurs ne se contenteront pas de repartir le ventre plein aux Fêtes gourmandes cette année.En fait, on s’efforce de les maintenir longtemps sur place.Il faut dire que tout le volet animation a pris de l’ampleur: spectacles, jongleurs, échassiers.Les Arts du cirque sont omniprésents.Quant au Cabaret Martini Circus (qui offre duc martinis différents), il orchestre des spectacles de variétés et du karaoké.Plusieurs scènes extérieures sont érigées ici et là.L’événement offre le pain certes, mais aussi les jeux.Le directeur général Stéphane Yannako nous assure que le cru 2000 est bon et que tout baigne dans l’huile.Samedi dernier, l’événement enregistrait une assistance record de 24 000 personnes.Le soleil de la fin de semaine a donné un sérieux coup de pouce à ces festivités extérieures, on l’aura compris.En 1999, les Fêtes gourmandes avaient quelque peu piqué du nez.Trop de pluie durant les jours cruciaux de la fin de semaine et une animation un brin anémique faisaient chuter les chiffres et vaciller la table d’hôte.30 % d’assistance en moins l’an dernier, alors que normalement ça tourne autour de 300 000 visiteurs par édition.Cette fois, les organisateurs en espèrent quelques dizaines de milliers de plus.Nées lors du 350 anniversaire de Montréal et présidées depuis ce temps par Jacqueline Vézina, les Fêtes Gourmandes rêvent d’installer de véritables pavillons de pays sur leur site avec produits culturels et spectacles prenant le relais de la chère.«Mais nos subventions sont minces, précise le directeur [tous paliers confondus, plus de 100 000 $] et nous devons faire affaire avec les techniciens du IATSE qui demandent tellement cher que bien des projets de spectacles tombent à l’eau.» L’année prochaine, l’événement gastronomique s’exportera aussi à Ottawa-Hull dans le cadre des Jeux de la Francophonie et le rameau ontarien devrait continuer à vivre même après 2001.Manitoba Les autochtones sont encore loin de l’autonomie gouvernementale PRESSE CANADIENNE Winnipeg — Malgré des dépenses de près de 40 millions, le programme pour l’autonomie gouvernementale des autochtones du Manitoba, mis en place en 1994, n’a encore rempli aucun de ses principaux objectifs.U1 projet de démanteler le ministère des Affaires indiennes est loin d’être chose faite, affirme le Winnipeg Free Press, dans un texte en provenance d'Ottawa.Qui plus est, ni Ottawa, ni les chefs manito- bains, n’ont une idée claire de la façon dont les fonds alloués ont été dépensés.Les négociations sur ce qu’on appelle aujourd’hui l’accord-cadre avec le Manitoba ont cessé il y a trois ans.Mais les sommes prévues pour le programme ont continué à affluer, au rythme de plus de 1(X) 000 $ par semaine.Des documents obtenus par le Free Press en vertu de la lui d’accès à l’information indiquent que des millions de dollars ont été dépensés en rapports et consulta- tions qui n’ont rien donné, et en projets n’ayant rien à voir avec l’accord-cadre qui était censé jeter les bases de l’autonomie gouvernementale pour les autochtones.En vertu de cette autonomie gouvernementale, les autochtones jouiraient de plus grands pouvoirs pour développer; et gérer des programmes éducatifs, et des services à l’enfance et à la famille, entre autres.Ils auraient également le pouvoir de percevoir certaines taxes.Il ne se passe rien, affirme Leo- na Freed, de la Coalition manito-baine des premières nations pour la responsabilité.C’est «comité après comité.Les gens commencent à se fâcher, et j’imagine que les contribuables seront fâchés quand ils vont découvrir ça».Par ailleurs, le ministre des Affaires indiennes, Bob Nault, a interrompu le versement de fonds discrétionnaires aux Premières Nations du Canada, parce qu'elles ont omis de remettre les rapports de vérification exigés par le ministère.Gagnez AVEC UN VOYAGE D'UNE SEMAINE AU MAGNIFIQUE LE DEVOIR mm ill Agadir Beach Club -HOTEL au Maroc wr ’P* • !.T-r * l ' U,' -S Comprenant : • 6 nuits d'hébergement pour deux personnes tout-indus au Agadir Beach Club • Deux billets d'avion aller/retour sur les ailes de Royal Air Maroc ¦&< • Splendeur marocaine, luxe et détente • Une plage magnifique, 7 restaurants POUR PARTICIPER, Répondre A la question du jour et nous taire parvenir les coupons de participation qui seront publiés dans Le Devoir trois fois par semaine du lundi au samedi.Les coupons devront être reçus A nos bureaux avant le 22 septembre A 17hîO.Le tirave aura lieu le 27 septembre 2000.Le concours s'adresse aux 18 ans et plus.Un seul coupon par enveloppe.Les conditions et règlements du concours sont disponibles à la réception du Devoir.•»* vw&UI royal air maroc Les caravaniers du monde Coupon de participation l LE DEVOIR Nom:.Adresse:.App.:.Ville:.Gide postal :.Retourner par la poste à : Concours Le Devoir.2050, rue De Bleury, 9T étage, Montréal, Québec H3A 3M9._____LL « i Téléphone: (résidence).(bureau).Question : Quel est le titre de l’éditorial aujourd’hui ?Réponse : > 4 i L K I) K V O I R .L K L f \ l> I II A 0 f T 2 0 0 « A A LE DEVOIR ACTUALITÉS Prochaines élections fédérales Le Bloc cible Chrétien, Dion et Day Gilles Duceppe fête le 10e anniversaire de son élection aux Communes sans prononcer le nom de Clark ou de Paul Martin * ülSr ' V KRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Accompagné de son épouse Yolande, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a participé hier, dans le parc Baldwin, en plein cœur de sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à une épluchette de blé d’Inde soulignant le 10' anniversaire de son élection aux Communes.CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Dix ans plus tard, le Bloc est plus nécessaire qu’en 1990, clame Gilles Duceppe qui au cours de la prochaine élection ne voit que son parti pour faire face à Jean Chrétien et Stéphane Dion, ainsi qu’à la montée de la droite avec Stockwell Day.Hier après-midi, dans le parc Baldwin, en plein cœur de sa circonscription de Laurier-Sainte-Marie, les bloquistes ont célébré le 10 anniversaire de l’élection de Gilles Duceppe dans une ambiance tout à fait estivale et familiale par une épluchette de blé d’Inde et quelques discours nettement préélectoraux.D’ores et déjà, le chef du Bloc semble avoir choisi ses adversaires: Chrétien, Dion et Day.Pas un traître mot sur Joe Clark, ni Paul Martin qui selon un récent sondage serait pourtant celui qui pourrait battre le Bloc au Québec s’il était le chef des libéraux.Selon M.Duceppe, il est important que les électeurs réélisent des bloquistes à Ottawa pour faire sortir ce qui se passe au gouvernement, en donnant l’exemple du dossier des ressources humaines qui a fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs mois et bien sûr pour faire face aux deux ardents adversaires des souverainistes, que sont Jean Chrétien et Stéphane Dion.Toutefois, dans sa courte allocution, M.Duceppe a surtout attaqué «Stockwell Day et la montée de la droite» avec des prises de position contre l’avortement, contre le contrôle des armes à feu, contre les homosexuels.«Tout cela est aux antipodes des valeurs du Québec que sont la tolérance et la solidarité», a précisé le chef du Bloc qui s’est dit prêt à débattre en français et en anglais des positions de M.Day.Le discours, quoique bref, était nettement préélectoral.Martin, un bon second Au Bloc, on semble en effet tenir pour acquis que M.Chrétien, malgré les sondages, va demeurer le chef pour les prochaines élections.Certains pensent que si jamais Paul Martin devait remplacer M.Chrétien, le phénomène Charest se reproduirait, à savoir une baisse de sa cote de popularité une fois choisi comme chef du parti.Certains bloquistes qui observent le ministre des Finances de près constatent que dans les dossiers les plus controversés M.Martin a tendance à perdre un peu contenance, ce qui peut toujours aller quand on est second, mais pas du tout quand on est le chef.Donc, ils ont l’impression que les libéraux vont continuer de faire confiance à leurs principaux bagarreurs sur le plan constitutionnel, MM.Chrétien et Dion.En revanche, les bloquistes considèrent que Stockwell Day représente une menace réelle sur le plan des idées, non pas qu’ils craignent de sa part une percée importante au Québec, mais peut-être ailleurs au Canada, même en Ontario.Sur le plan idéologique, les bloquistes se sentent en complet désaccord avec M.Day et ils se préparent sans doute à lui livrer une lutte de tous les instants, puisqu’ils craignent qu’une percée importante de l’Alliance au Canada puisse avoir un impact majeur sur les politiques canadiennes qui s’appliquent partout, y compris au Québec.En ce sens, on comprend alors pourquoi M.Duceppe n’a parlé hier dans cette petite allocution préélectorale que de MM.Chrétien et Dion qui sont des adversaires de longue date et de M.Day, dont l’efficacité sur le plan électorale ne peut plus être sous-estimée.Il y avait à cette petite fête une vingtaine de députés, la plupart bloquistes et quelques-uns pé-quistes.Certains avaient envoyé des messages pour excuser leur absence, mais pas un mot de la part de celui qui a fondé le Bloc, Lucien Bouchard.Des militants, des amis et la famille Duceppe y étaient également.M.Duceppe a rappelé cette première assemblée du 11 juillet 1990 alors qu’il y avait 700 personnes dans la salle, il avait amorcé une campagne électorale sans argent, sans programme, sans même de parti et que cinq semaines plus tard il avait remporté la victoire avec 68 % des voix.«Je ne pensais pas que ça durerait 10 ans.Ce sont 10 années qui ont passé très vite», avoue-t-il.Depuis, il a été réélu deux fois dans cette circonscription qu’il considère comme l’une des plus pauvres au Québec.Il a toujours l’appui de plusieurs organismes communautaires locaux.Par ailleurs, il considère que le Bloc à Ottawa est un travail d’équipe, «d’une belle équipe qui a le goût de travailler ensemble et qui a du plaisir quand la période de questions arrive aux Communes».Outre la prochaine élection générale au Canada.M.Duceppe pense aussi au référendum qui viendra lui aussi.«Je suis convain- cu que la prochaine fois sera la bonne», a-t-il déclaré à des partisans ravis.Pendant ce temps des bénévoles recueillaient les formulaires remplis par ceux qui se disaient prêts à aider lors de la prochaine campagne électorale.Congrès annuel Les jeunes libéraux ont été tout miel pour Jean Charest ROBERT DUTR1SAC LE DEVOIR La Pocatière — Réunis pour leur congrès annuel en fin de semaine, les jeunes du Parti libéral du Québec, qui représenteront le tiers des voix au grand congrès des libéraux québécois en octobre, ont été tout miel avec leur chef, Jean Charest.Aucune critique, si sourde soit-elle, ne s’est fait entendre à l’endroit de M.Charest dont le discours de clôture, hier, a été chaudement applaudi par plus de 300 jeunes militants libéraux.Un long fleuve tranquille à In Pocatière, donc, pour le chef libéral qui prépare son crucial rendez-vous d’octobre avec les membres du PLQ.M.Charest a souligné l’important rôle que les jeunes auront à jouer lors de ce congrès du PLQ qui, depuis 1971, accorde le tiers des droits de votes aux jeunes, y compris lors des votes de confiance ou les courses au leadership.«Faire une place aux jeunes, c’est leur donner le pouvoir de décider», a-t-il dit.«Aujourd'hui commence le travail pour le congrès des membres», a dit M.Charest, et les jeunes du Parti libéral du Québec auront donné le ton.» Au lendemain du congrès d’octobre, le chef libéral imprimera au parti «un changement de vitesse» en vue des prochaines élections au Québec en cette période mi-mandat, a-t-il dit «Ça va aller vite» d’ici aux prochaines élections, a-t-il assuré.Samedi et dimanche, les jeunes libéraux ont adopté 17 propositions, dix provenant de la Commission jeunesse du PLQ et sept des jeunes militants dans les régions.Aucune de ces propositions n’a de quoi soulever la controverse au sein de l’establishment du parti.Environnement En matière d’environnement, les jeunes libéraux se sont faits les avocats de l’économie de l’eau potable, proposant que le gouvernement du Québec encourage l’installation de compteurs d’eau et favorise d’autres mesures pour diminuer la consommation de l’eau.Ils ont également proposé que les agriculteurs qui ne respecteraient pas les normes environnementales soient privées de subventions.Ils ont en outre réclamé des engagements financiers de l’État pour la réhabilitation des sols contaminés.En ce qui concerne la gestion de la forêt, les jeunes libéraux ont adopté une proposition pour tripler la superficie des aires protégées pour quelle atteigne 8,8 % du territoire québécois, sans mettre en place uniquement une limite nordique, comme le veut le gouvernement M.Charest a salué ce retour des propositions touchant l’environnement après une éclipse de plusieurs années, ce qui lui a rappelé cette époque «mémorable», a-t-il dit, où il a été ministre fédéral de l’Environnement dans un gouvernement Mulroney, à compter de 1990 pendant un peu moins de trois ans.Le chef libéral s’en est pris au bilan du gouvernement Bouchard en matière d’environnement, citant la réductiop des pouvoirs de la Régie de l’Énergie, la construction de la ligne Hertel-Des Cantons et l’enfouissement de déchets venant de l’extérieur du Québec.Autres propositions Hier, les jeunes militants n’ont pu discuter que de sept des 37 propositions émanant des régions, le temps alloué pour en disposer étant manifestement trop court.Des propositions sur une politique Simone BUSSIÈRES L'enfant de l'aube une premiàre classe en Gaspésie.160 pages -12,50$ GUÉRIN En vente clans mules les llDraines jeunesse et la situation des jeunes dans la fonction publique québécoise ont pu être adoptées.Parmi les propositions qui n’ont pu être étudiées, on note celle qui suggérait de hausser de 9 % le salaire des députés et une autre sur la réduction graduelle de la dette publique.Des militants du Saguœ nay-Éac Saint-Jean réclamaient une baisse de la taxe sur l’essence, tandis que les jeunes libéraux de Pointe-aux-Trembles voulaient qu’on porte à 120 km/h la vitesse sur les autoroutes.De Pointe-aux-Trembles venait aussi une proposition prônant la légalisation de la marijuana et celle de la prostitution dans des maisons closes.M.Charest a indiqué qu'il s’opposait à la légalisation de la prostitution dans des maisons closes tout comme il n’était pas favorable à la légalisation de la sollicitation à des fins de prostitution, ce que la loi actuelle interdit Des groupes divers dénoncent les pratiques des compagnies forestières PRESSE CANADIENNE Depuis deux ans, George Mra-zik se bat contre les pratiques des compagnies forestières, qui abattent des arbres de plus en plus près de sa pourvoirie.Propriétaire du Club de chasse et pêche Wapoos Sibi, sur le lac Ixmg, près de Parent, en Haute-Mauricie, M.Mrazik affirme qu’il ne souhaite pas l'interdiction complète de la coupe d’arbres dans les forêts du Québec.Mais il s’interroge sur le recours à la coupe à blanc qui, dit-il, a dévasté une bonne par tie des terres entourant son club, menaçant l'eau et l’habitat dont dépendent poissons et animaux.Il a même embauché un avocat pour tenter d’empêcher le ministère québécois des Ressources naturelles d’élargir un chemin d’exploitation voisin de sa pourvoirie, située sur une terre qu’il loue à la province.M.Mrazik n’est pas le seul à s’opposer aux méthodes de l’industrie forestière au Québec.Cet été, d’autres pourvoyeurs, des autochtones et des groupes environ- loto-québec Tirage du 2000-08-12 03 13 14 18 29 40 Numéro complémentaire: 43 Tirage du 2000-08-12 13 II 2Z 34 35 41 Numéro complémentaire: 03 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 GAGNANTS 0 2 247 12 995 250 288 LOTS 2 000 000,00$ 299 168,50 $ 1 937,90 $ 70,60 $ 10,00 $ Ventes totales: 14 426 209 $ Prochain gros lot (approx ): 5 000 000 $ 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 GAGNANTS 0 0 17 1 056 19 890 LOTS 1 000 000,00 $ 50 000,00$ 500,00$ 50,00$ 5,00$ Ventes totales: 563 904,50 $ Efgtra NUMÉROS 580971 80971 0971 971 71 1 Egtra NUMÉROS 415735 15735 5735 735 35 5 Tirage du 2000-08-12 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ Tirage du 2000-08-11 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ SUPER rPTTJ| Tirage du _________J Æ 2000-08-11 02 04 14 13 29 33 38 Numéro complémentaire: 25 GAGNANTS LOTS 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+ 2 78 360,80 $ 6/7 41 3 344,60$ 5/7 3 177 154,10$ 4/7 68 448 10,00 $ 3/7+ 65 260 10,00 $ 3/7 574 815 partie, gratuite Ventes totales: 8 474 298 $ Prochain gros lot 7 S00 000 $ Les modalités déneaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité Le jeu doit rester un jeu TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec nementalistes contestent des pratiques qu’ils jugent destructrices pour l'environnement Ce dossier fait beaucoup parler de lui depuis un an — depuis, en lait la sortie du film L’Erreur boréale, tourné par le populaire chanteur Richard Desjardins et par Robert Monderie, qui condamnait, pour l’essentiel, l’industrie forestière.Dans la petite communauté al-gonquine de Kokomville, dans le parc de La Vérendrye, des résidants décidés à avoir un mot à dire sur la coupe des arbres sur leurs terres ont récemment bloqué à deux reprises la route de gravier menant à leur village et aux sites de coupe voisins.A chaque fois, ils ont finalement levé leurs barricades après avoir discuté avec les contremaîtres des équipes de coupe du bois.Mais une trentaine d’entre eux, tous de la même famille, ont annoncé leur intention de dresser des barrages permanents cette semaine, si nécessaire.Les Cris du Québec et diverses organisations de défense de l’environnement dénoncent aussi l'industrie forestière québécoise.Ces groupes ont uni leurs voix pour ré-clamer une enquête indépendante sur la gestion des forêts provinciales.Entre-temps, les Cris sont engagés dans des procédures judiciaires avec Québec et les compagnies forestières pour s’assurer que des évaluations environnementales soient effectuées lors de l’octroi de permis de coupe du bois sur le territoire de la baie James.Où/euterie Gàmbard Vente et service technique f ROLEX GMT-Master II en acier et or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL: 866-3876 k t LE I) K V 0 I R .LE LUNDI 14 A O Û T 2 0 0 O A 4 LES ACTUALITES Financement des programmes de santé Dion espère trouver un terrain d’entente avec les provinces HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa —Le ministre fédéral des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion dit espérer en arriver à un terrain d’entente avec les provinces en matière de santé.Réagissant au communiqué final des provinces, réunies deux jours à Winnipeg la semaine dernière, M.Dion a souligné que le gouvernement fédéral voulait établir des «objectifs communs» en matière de santé avec les provinces.Il n’est pas question, a-t-il précisé, d’imposer des «conditions» aux provinces en échange d’un réinvestissement majeur du fédéral dans le domaine de la santé.Au terme d’une séance-marathon de négociations qui s’est étirée jusqu’à minuit vendredi soir, les provinces et territoires se sont mis d’accord pour exiger que le fédéral rétablisse sans conditions les transferts en santé au niveau de 1994, soit environ 18,7 milliards, et même qu’il fasse plus.«Je suis extrêmement satisfait des résultats de cette conférence», a lancé, jubilant, le premier ministre Lucien Bouchard, vendredi soir.Lors de la conférence annuelle des premiers ministres, les provinces ont également réaffirmé leur engagement aux cinq principes de la Loi canadienne sur la santé.Le communiqué a cependant passé sous silence les questions épineuses qui avaient donné lieu à des débats acrimonieux entre les provinces, notamment au sujet du rôle accru d’Ottawa dans le domaine de la santé et la privatisation des soins de santé.Les provinces exigent un transfert immédiat d’au moins 4,2 milliards par année.Québec avait proposé une somme supplémentaire de 10 milliards sur une période de cinq ans.Jaloux de leur compétence en matière de santé, les premiers ministres provinciaux ont fait savoir sans détour qu’ils n’accepteraient jamais qu’Ottawa impose des conditions à son financement.M.Bouchard avait lancé des accusations de «chantage».s»f JACQUES NADEAU LE DEVOIR Stéphane Dion, ministre fédéral des Affaires intergouvemementales Le premier ministre Jean Chrétien a promis une aide financière accrue, sans toutefois la chiffrer.Les négociations doivent reprendre en septembre lors d’une conférence fédérale-provinciale.«La cible que nous nous donnons, c’est le maximum possible compte tenu de notre capacité de payer et de la situation économique, a repris M.Dion, samedi.On en saura plus à l'automne mais on espère que l’on pourra avoir un investissement substantiel non seulement pour la santé mais aussi pour l’éducation postsecondaire et l’aide sociale.» Certaines délégations provinciales croient que le fédéral se prépare à évaluer la performance des provinces en matière de santé.Or, M.Dion préfère parler d’un «plan d’ensemble dans le respect des compétences».«Il est vrai que les provinces ne veulent pas qu’on leur impose des normes.Ce n’est pas de ça qu’il est question, a-t-il répondu aux journalistes.Il est question d'objectifs communs, d’orientations communes qu’on pourrait prendre.«Nous avons encore du travail à faire pour nous assurer que la rencontre des premiers ministres sera un succès, mais nous sentons que nous sommes dans la bonne direction», a-t-il conclu.Organismes génétiquement modifiés Le brevetage d’une souris de laboratoire soulève un débat éthique PRESSE CANADIENNE Ottawa — Tandis que certains estiment que le brevetage d’une souris de laboratoire génétiquement modifiée est un geste logique qui permettra de stimuler la recherche, d’autres craignent qu’il ne s’agisse là d’un précédent moralement discutable qui équivaut à mettre dame Nature en vente.Le débat entourant la souris génétiquement modifiée a été ravivé le 3 août, lorsque la Cour fédérale d’appel a permis l’émission d’un brevet au profit de l’université Harvard, créatrice du rongeur en question.L’oncosouris — le préfixe vient du mot grec «onco», qui signifie «tumeur» — a été développée à la fin des années 1980 par l’implantation de gènes cancérigènes.Sa prédisposition à développer différents cancers lui vaut une utilisation très répandue dans les laboratoires qui étudient la maladie et expérimentent des traitements.Si la décision de la cour n’est pas contestée, il s'agira du premier brevet délivré par le Canada pour un organisme multicellulaire, voire pour une forme de vie supérieure.Ce serait aussi un précédent qui ouvrirait la voie au brevetage de toutes sortes d’animaux et plantes génétiquement modifiés, à l’exception des humains.Les avocats du gouvernement, qui représentent le commissaire aux brevets, disposent de 60 jours, à compter de la date du jugement, pour en appeler auprès de la Cour suprême du Canada du verdict de la Cour fédérale d’appel.Posséder la nature?«Nous ne parlons pas seulement de manipulation du plan génétique de la vie, puisque cela se fait désormais tous les jours, a commenté Paul Muldoon, un avocat travaillant pour le compte de l’Association canadienne du droit de l’environnement.Nous parlons de la propriété du produit, une fois qu’il a été modifié (.) Qui donc peut posséder la nature ?» M.Muldoon reconnaît que les universités et les chercheurs du secteur privé doivent recevoir le Le problème réside en ce que le brevet ne porte pas sur le ou les gènes modifiés mais bien sur l’animal au complet crédit pour leurs découvertes.Mais «peuvent-ils détenir un monopole de propriété sur les plus infimes constituants de la vie — les gènes et le code génétique?» Le problème réside, selon lui, en ce que «le brevet ne porte pas sur le ou les gènes modifiés mais bien sur l’animal au complet.Cela laisse la porte ouverte pour un brevet similaire visant n’importe quel organisme dans lequel ce gène est introduit».C’est, ultimement, la vie elle-même qui devient objectivée et mise en marché, prévient-il.Le juge Marshall Rothstein, qui a rédigé le jugement majoritaire pour la cour, estime quant à lui que c’est aux responsables politiques de statuer sur les questions éthiques.«Il peut très bien y avoir des objections politiques à l’octroi de brevets portant sur des formes de vies supérieures, écrit le magistrat, mais ce genre de débat revient aux parlements et non aux tribunaux.» Quoi qu’il en soit indique-t-il, le libellé de la Loi sur les brevets — élaborée en 1869 — «n'exclut pas les organismes vivants».Le juge conclut toutefois que si des organismes vivants supérieurs peuvent être brevetés, cette possibilité est exclue en ce qui concerne les êtres humains.«Le brevetage est une forme de propriété intellectuelle.Le concept de propriété ne peut s’appliquer aux êtres humains.» Du côté de l’université Harvard, un porte-parole, enchanté du verdict de la Cour fédérale d’appel, a affirmé que «la protection d’un brevet encouragera le développement rapide de nouvelles découvertes scientifiques» et permettra de les transformer plus rapidement en produits «qui bénéficieront à tous les consommateurs».Au Canada, un brevet permet à un inventeur de jouir pendant 20 ans de la propriété exclusive du fruit de son travail, et empêche un tiers de l’utiliser sans autorisation.Des licences d’exploitation sont toutefois souvent accordées ou monnayées, avec plus ou moins de restrictions selon le cas, ce qui permet à d'autres de se servir de l'objet du brevet Saint Nicolas II?fîsa r*W'l§fc i ¦ ?ir*' REUTERS LE PATRIARCHE de toutes les Russies Alexis II a fait une mise en garde hier contre une canonisation hâtive du dernier tsar Nicolas II, qui risquerait selon lui de «causer un dangereux schisme» au sein de l’Eglise orthodoxe russe, a rapporté l’agence Interfax.L'Eglise, très proche du pouvoir à Moscou, souhaite notamment que la canonisation du tsar ne soit pas interprétée comme un appel à la restauration de la monarchie.Alexis II, qui ouvrait un synode de l'Église orthodoxe russe, s’est exprimé avec une grande prudence sur cette question qui doit dominer cette réunion de cinq jours des plus hauts dignitaires religieux russes.Porcs transgéniques Les recherches britanniques vont être arrêtées AGENCE FRANCE-PRESSE Londres — Des chercheurs de l’Institut Roslin d’Edimbourg (Ecosse), où a été clonée la brebis Dolly, ont annoncé hier qu’ils allaient mettre fin à leurs recherches sur des porcs «transgéniques» destinés à fournir des organes en vue de transplantations chez l’homme.«Nous sommes en train de réduire notre travail sur les porcs», a déclaré le P' lan Wilmut, responsable de l’équipe de chercheurs.«Ce n’est pas encore fini, mais c’est pour bientôt», a-t-il ajouté.Le P Wilmut a expliqué que la société californienne Geron Bio-Med, qui détient les droits exclusifs sur les biotechnologies mises au point au Roslin Institute, a déci- Cahier SPECIAt dé de cesser de financer ces recherches de peur de voir apparaître des virus nouveaux et incontrôlables.«La principale préoccupation ce sont les virus inconnus, c’est cela qui fait peur», a-t-il poursuivi.«Il est possible qu'il y ait des virus que nous ne connaissons pas et qui pourraient être ainsi introduits chez l’homme», a reconnu le chercheur.Pour lan Wilmut, «il y a [également] moins d’optimisme quant à la possibilité d’utiliser des animaux à ces fins».Les premiers porcs transgéniques sont nés en 1993.Les chercheurs ont incorporé en eux des gènes humains afin de mieux prévenir le phénomène de rejet survenant lors d’une greffe d’organe.-Tombée publicitaire EgyptAir La thèse d’un écrasement suicidaire est de plus en plus plausible AFP ET AP Washington — Les dernières révélations des enquêteurs américains sur la catastrophe du Boeing 767 d’EgyptAir renforcent l’hypothèse d’un écrasement suicidaire causé par le copilote Gamil El-Battouti, estiment des experts de la sécurité aéronautique interrogés ce week-end par l’AJFP Après la publication vendredi par le Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) d’un rapport préliminaire d’enquête, l’Autorité de l’aviation civile égyptienne et la compagnie EgyptAir continuent pour leur part de réfuter l’hypothèse d’une cause humaine dans la tragédie qui a fait 217 morts le 31 octobre 1999.Selon elles, le Boeing 767 a été victime d’une défaillance du système de contrôle de la gouverne de profondeur et l’équipage a fait tout son possible pour redresser la situation.Les enquêteurs américains du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) «ont délibérément refusé de publier les photos radar, sous prétexte de secret-défense», a déclaré Walid Murad, président de l’association, qui «exige la publication de ces photos».Selon l’association, l’écran radar montrerait des «corps étrangers» près de l’avion.Les enquêteurs auraient dû vérifier l’éventualité de missiles ou explosifs, ainsi que tenir compte des témoignages d’un pilote allemand et un autre jordanien qui affirment avoir vu des missiles dans les parages au moment de la catastrophe.Vendredi, le NTSB avait rendu public un rapport préliminaire de 1665 pages, rendant compte des travaux des enquêteurs mais ne tirant aucune conclusion sur cet accident qui avait fait 217 morts au large du Massachusetts le 31 octobre, 1999.Les Egyptiens contestent tout particulièrement la position des enquêteurs américains, qui évoquent fortement la thèse d’un acte délibéré du co-pilote égyptien, Gamil El-Battouti.Invocation religieuse L’analyse des boîtes noires confirme en tout cas que le copilote Gamil El-Battouti s’est retrouvé seul aux commandes trois minutes avant l’écrasement fatal.Or on peut l’entendre à plusieurs reprises prononcer en arabe l’invocation religieuse: «Tawakalt Ala Alla» {«je compte sur Dieu» ou «je m’en remets à Dieu»).Plusieurs événements inhabituels surviennent ensuite.Le pilote automatique est déconnecté manuellement, la poussée des réacteurs est réduite.L’avion entame un plongeon en piqué vers l’océan.Revenu précipitamment dans le cockpit, le commandant de bord s’écrie: «Que se passe-t-il, Gamil?Que se passe-t-il?» «Je compte sur Dieu», répète alors le copilote.«Que se passe-t-il, Gamil?Que se passe-t-il?», lance de nouveau le commandant de bord.Pas de réponse.Une autre alarme retentit et le commandant de bord demande alors au copilote: «Tu as coupé les moteurs?» Il l’implore de l’aider à redresser l’appareil.Quelques secondes après, l’avion s’abîme dans l’océan.Une analyse vocale sophistiquée réalisée dans les laboratoires du NTSB montre que l’invocation «Je compte sur Dieu» est proférée par le copilote sur le mode d’une «répétition rythmique» sans trace apparente de «stress psychologique croissant», contrairement aux propos du commandant de bord qui dénotent un certain état de panique.Étrange Selon plusieurs experts en sécurité aéronautique, ces propos échangés dans le cockpit ne cadrent pas avec le scénario d’une avarie majeure, où l’équipage collaborerait pour tenter d’en déterminer la cause et d’y remédier.«Même si l’on prend en compte les différences culturelles d’expression, je trouve difficile de ne pas interpréter cet échange bizarre de communications comme étant autre chose qu’une sorte d’acte intentionnel», affirme ainsi un ex-en-quêteur du NTSB et ancien pilote de Boeing 727, Chuck Leonard.«L’un des aspects intéressants, c’est tout autant ce qui est dit que ce qui n’est pas dit», souligne-t-il.«Car si vraiment, s’étonne Chuck Leonard, il se passait quelque chose d’anormal avec les systèmes de contrôle de l’avion, lorsque le commandant de bord revient dans le cockpit et demande: “Que se passe-t-il?”, il me semble logique de penser qu’un pilote rationnel aurait répondu: “Je ne sais pas ce qui se passe.L’avion est devenu incontrôlable.Aide-moi".Quelque chose comme ça et en tout cas pas ce que l’on entend sur la bande.» «C’est pour le moins étrange», s’accorde à dire un autre ex-en-quêteur du NTSB et rédacteur à la revue Aviation Safety Week, Rudy Kapustin.«Il semble que tout se passait bien avec l’avion jusqu’au moment où le copilote a dit: “Je compte sur Dieu”.Le NTSB a dit qu’il n’y avait rien d'anormal avec l’avion.Donc, on peut logiquement en conclure que la cause est humaine», souligne Rudy Kapustin.Pour l’ancien pilote de ligne Barry Schiff, l’acte criminel suicidaire ne semble guère faire de doute.«Tout cela confirme ce que l’on savait plus ou moins depuis le début: à savoir que le copilote a essayé de détruire l’appareil.» Incendies dans l’Ouest américain Les vents se mettent de la partie AGENCE FRANCE-PRESSE Los Angeles — Soixante grands inceqdies ravageaient toujours hier dix Etats de l’Ouest américain, le vent risquant en outre d’attiser les feux existants, ont indiqué les autorités.«Les efforts de lutte contre les incendies pourraient être contrariés aujourd’hui par des vents annoncés dans le Montana, le sud-est de l’Ida-ho et le nord du Wyoming», a indiqué le Centre national d’informations sur les incendies (NIFC).Le nombre de grands feux (plus de 40 hectares) est passé de 65 grands incendies samedi à 60 hier, a précisé le NIFC dans un communiqué.Au moins douze grands feux ont été «contenus à 100 %» samedi, mais des éclairs tombés sur de la végétation sèche en ont allumé plusieurs autres.Les États touchés par ces grands incendies sont le Montana, (’Idaho, le Nevada, l’Arizona, la Californie, le Colorado, je Nouveau-Mexique, l’Utah, l’État de Washington et le Wyoming.Ces feux couvrent actuellement 365 000 hectares, selon le NIFC.Le Montana continue d’être l’État le plus touché pour ce qui est du nombre de maisons évacuées.Environ 600 habitations ont été évacuées aux alentours de la forêt nationale de Bitterroot, où d’épaisses fumées empêchaient les hélicoptères d’approcher.Cinquante maisons et 20 locaux commerciaux ont en outre été détruits près de Sula.Plusieurs dizaines de pompiers de Nouvelle-Zélande et d’Australie arrivés vendredi à Boise (Idaho) devaient être dépêchés hier sur les lieux des incendies, qui ont fait onze morts.août 2000 • Parution août 2000- L e D e voir R e n r é e LITTERAIRE B®»' II1 liFvnm % i LE DEVOIR.LE LUNDI 14 AOÛT 2 0 0 0 A 5 Le devoir LE MOID REUTERS Fidel Castro, hier: finis les discours fleuves?Le «lider maximo» a 74 ans Castro, «docteur des docteurs» La Havane (Reuters) — Le président cubain Fidel Castro a célébré son 74e anniversaire hier de manière hautement symbolique en assistant à une cérémonie patriotique sur une nouvelle place «anti-impérialiste» bâtie en face de la mission diplomatique américaine à la Havane.Au pouvoir depuis 1959 et revigoré par son succès dans l’affaire Elian, le «lider maximo» présidait une cérémonie de remise de diplôme de 4000 étudiants en médecine, occasion d’une profession de foi socialiste.L’anniversaire du «commandant en chef» était cependant sur toutes les langues, éclipsant en partie ce moment privilégié pour les étudiants.«Un jour comme celui-ci, il y a 74 ans est né un homme universel», a déclaré Hassan Perez, dirigeant étudiant «Je suis sûr que vous serez d’accord pour lui donner le titre de “docteur des docteurs” car il a inventé la révolution socialiste en Amérique, qui n 'a pas guéri une ou deux personnes, mais plutôt une société toute entière.» Castro, qui reste très discret sur sa vie privée, n’a pas fait allusion à son anniversaire, pourtant célébré partout dans la presse, à la radio ou à la télévision.Il a préféré chanter les louanges du système médical cubain et du programme de solidarité avec le tiers monde qui font selon lui partie des plus grandes réussites de son gouvernement.Revêtu de son inusable uniforme militaire vert olive, Castro a respecté sa récente promesse de mettre un terme à ses célèbres discours-fleuves en se limitant à une intervention de 15 minutes du haut de la «Tribune anti-impérialiste José Marti», en tournant le dos à la mission américaine.S’adressant à ces 4000 «nouveaux soldats dans un glorieux contingent de professionnels», Castro a rappelé à son auditoire qu’il n’y avait que 6000 méde-çins à Cuba en 1959, dont la moitié a émigré aux Etats-Unis.Maintenant, ils sont plus de 67 000 et les médecins cubains sont présents dans tout le tiers monde, a-t-il insisté.Castro est né le 13 août 1926 dans le hameau de Biran, dans l’est de Tile et il a renversé l’ancien dictateur Fulgencio Batista le 1" janvier 1959.Depuis, il a défendu le communisme à Cuba pendant plus de quarante ans, survivant à plusieurs tentatives d’attentat bâclées, à l’invasion de la Baie des cochons en 1961, à l’opposition de neuf présidents américains et à un embargo économique mis en place par Washington il y a 38 ans.KAMAl.KISHORE REUTERS Un soldat indien surveille des résidents de Srinagar, au Cachemire, qui attendent, en pleine rue, d’être interrogés par la police.Flambée de violence au Cachemire Des explosions de mines et des affrontements armés font 12 morts T ammu (Reuters) — Douze personnes ont trouvé J la mort et 52 autres ont été blessées hier au cours d’une flambée de violence dans l'État indien du Jam-mu-et-Cachemire, qui a été le théâtre d’explosions de mines et d’affrontements armés.Cinq soldats au moins ont été tués et 45 autres blessés par deux explosions consécutives dont l’une a été revendiquée par le principal mouvement séna-ratiste du Cachemire indien.Les deux explosions, provoquées deux jours avant la fête de l'indépendance nationale, ont eu lieu près de Kud, à une centaine de kilomètres de Jammu, la capitale d'hiver de l'Etat himalayen, a signalé la police.L'explosion d’une mine heurtée par un véhicule a causé la mort de quatre membres des forces de sécurité et fait 33 blessés en début de matinée.Alors que des responsables de la police frontalière inspectaient le lieu de l’incident, une deuxième explosion survenue à proximité a tué un soldat et en a blessé sept autres, dont quatre sont dans un état critique, selon un responsable de la police.Vingt-cinq ans de crises et de violences dans File de beauté Corse tous risques ¦ Nouvel attentat à Ajaccio I Le «processus de Matignon» en jeu Plusieurs organisations nationalistes corses, membres de la coalition Unità, ont condamné hier l’attentat commis à Ajaccio et réaffirmé leur attachement au processus de paix de Matignon.Les locaux de l’Agence du développement économique de la Corse (ADEC) ont été endommagés par l’explosion d’une voiture piégée hier matin à Aspretto, dans le nord-est d’Ajaccio (Corse-du-Sud).L’explosion a fait des dégâts et des blessés légers.Paris (Reuters) — Promesse d’un retour à la paix civile après 25 ans de crises et de violences en Corse, le «processus de Matignon» traverse une phase délicate: l’assassinat de Jean-Michel Rossi et l’attentat commis hier à Ajaccio sonnent comme une mise en garde aux partisans des réformes.«Il y a manifestement avec cet attentat la volonté d’insinuer le doute, le scepticisme dans l’esprit des citoyens de cette île», a estimé José Rossi, président de l’Assemblée de Corse, après l’attentat à la voiture piégée qui a endommagé les locaux de l’Agence du développement économique de la Corse (ADEC), à Aspretto, dans le nord-est d’Ajaccio.Cette action, non revendiqué?, intervient moins d’une semaine après l'assassinat de l’ancien dirigeant nationaliste Jean-Michel Rossi et de son ami et garde du corps Jean-Claude Fratacci, à l’île-Rousse (Haute-Corse).Les nationalistes, qui se sont associés le 28 juillet au vote de l’Assemblée territoriale en faveur du plan Jospin, observent officiellement une trêve depuis la reprise du dialogue entre le gou-vernement et les élus de l’île, en décembre 1999.Les membres d’Unità, A Cuncolta Indipendentista et Corsica Na-zione notamment, ont condamné l’assassinat de Jean-Michel Rossi et affirmé leur volonté de rechercher les conditions d’une «paix durable».Un engagement réitéré également par les élus qui ont souscrit au plan Jospin.Les nationalistes d’Unità ont de nouveau exprimé leur indignation hier après l'attentat d’Ajaccio.«Si les auteurs de cet acte sont des nationalistes, ils doivent comprendre très vite que continuer dans cette voie est suicidaire et que les seuls gagnants à ces jeux tragiques ne peuvent être que les nombreux ennemis de notre peuple», estiment notamment dans un communiqué Corsica Viva et Cullettivu naziunale.Il- ministre de l’Inté- rieur Jean-Pierre Chevènement a pour sa part rompu vendredi le silence gouvernemental en exhortant les nationalistes à «déposer les armes» et à condamner «par avance» le recours à la violence.L’espoir «raisonnable» suscité par les accords de Matignon ne dissipe pas un sentiment de fatalisme en Corse, où l’on craint un retour à la guerre fratricide de 1995-97, qui avait fait plusieurs morts daps les rangs nationalistes.A en croire un sondage paru aujourd’hui dans l'hebdomadaire Marianne, 51 % des Corses estiment que le processus de Matignon ne mettra pas un terme aux violences, même s’ils approuvent globalement les mesures gouvernementales.Les «accords de Matignon», qui visent à doter la Corse d'ici 2004 d’un nouveau statut, à mi-chemin entre décentralisation et autonomie, subordonnent toute révision constitutionnelle au retour à la paix civile.Dans une interview posthume à paraître dans Marianne, Jean-Michel Rossi, qui prônait avec François San-toni l'abandon de la lutte armée, soulignait que les obstacles seraient nombreux sur la voie de la paix civile.«Les organisations clandestines souvent immatures risquent de jouer la surenchère.Pour autant, les chances d’aboutir à une solution négociée sont réelles», écrivait l’ex-dirigeant d’A Cuncolta à la veille de son assassinat.Décentralisation à la française Rattrapée par l’actualité corse, la commission présidée par Pierre Mauroy (sénateur et maire de Lille) remettra bientôt son rapport sur la «nouvelle étape de la décentralisation».Nouvelle étape qui pourrait renforcer la «recentralisation» relative des derniers mois.En effet, la décentralisation a, sinon accru, du moins révélé les fortes disparités qui existent encore entre les régions françaises.Et les républicains de tout poil ne badinent pas avec le principe d’égalité.«En 1982, l’État a fait un cadeau aux régions mais ça continue de lui arracher le cœur.» MANUEL PLANTIN LE DEVOIR Avant les lois Deferre de 1982, les fervents de la décentralisation demandaient avec humour et ironie: «De quoi a besoin le maire d’une petite commune pour changer l’ampoule d’un lampadaire?Réponse: de l’avis du préfet.» Cette boutade montrait à quel point la France éfait centralisée.A quel point l’Etat jacobin, constitué sous la Révolution de 1789, restait jaloux de ses prérogatives.Dix-huit ans après, les lois de décentralisation ont porté leurs fruits.Pourtant des voix s’élèvent aujourd’hui pour souligner que la décentralisation a des effets pervers.Qu’elle accroît les disparités entre régions, et rompt ainsi avec le principe d’égalité cher à la République.Qu’elle menace l’unité nationale dans un contexte de montée des régionalismes basques, corses ou bretons.La commission présidée par Pierre Mauroy (premier ministre sous Mitterrand de 1981 à 1984), à l’initiative de Lionel Jospin fin 1999, doit rendre début septembre un rapport sur «la nouvelle étape de la décentralisation».Un rapport que les régiona-listes voient déjà comme une nouvelle étape dans la recentralisation à l’œuvre, selon eux, ces derniers mois.«En 1982, l’Etat a fait un cadeau aux régions mais ça continue de lui arracher le cœur.Il a encore deux doigts sur le paquet», estime Olivier Delas, chargé de cours en droit international à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Pire encore, il a commencé à reprendre certains morceaux du cadeau.Une loi votée cette année, la loi dite Gayssot-Besson, va imposer aux communes des agglomérations de plus de 50 000 habitants un quota de 20 % de logements sociaux.Or c’est la commune qui est censée être compétente en matière de logement.De même, la prestation versée aux personnes âgées d'un revenu modeste, appelée Prestation spécifique dépendance (PSD) est actuellement fixée par les conseils généraux (les assemblées élues des départements).Elle devrait être reprise en mains par l’État, qui déplore que son montant varie de un à dix selon les départements.«La décentralisation a mis en évidence le fait que les collectivités n ’étaient pas sur un pied d’égalité.Aujourd’hui, l’Etat central est partagé entre le souci de rapprocher le pouvoir du citoyen et la volonté de préserver ou restaurer l'égalité entre territoires.Cette recherche de l’égalité peut amener à recentraliser» explique Bernard Plantin qui travaille depuis 30 ans dans la haute-fonction publique.De fait, la décentralisation a organisé une répartition «fonctionnelle» des tâches.Cette expression barbare signifie que les trois niveaux de compétence, communes (plus de 36 000), départements (96) et régions (22) se voient attribuer des compétences propre^ pour ne pas se marcher sur les pieds.A la région, les lycées, au département les collèges fie secondaire), à la commune les petites classes (le primaire).,A ces transferts de compétences de l’État aux collectivités, s’ajoutent les transferts des fonds pour assumer cette compétence.L’État, en plus des dotations versées aux collectivités, va leur donner la possibilité de toucher le montant d’impôts qui lui revenaient jusque-là.Évidemment cette répartition pose autant de problèmes qu’elle apporte de solutions.«Il est bien évident que la région du Limousin va pouvoir rénover Palestiniens et Israéliens en contact Jérusalem (AFP)— Israéliens et Palestiniens maintenaient des contacts informels pour relancer les négociations après l'échec du sommet de Camp David et à un mois de l’échéance prévue pour la proclamation unilatérale d’un État palestinien.Les Palestiniens ont réaffirmé au cours des dernières semaines leur droit inaliénable de proclamer leur indépendance au 13 septembre, date butoir prévue par les accords de Charm el-Cheikh pour un règlement final.Mais ils ont laissé plané une certaine ambiguité sur cette réalisation, laissant entendre à demi-mots la possibilité d’un report.Le président égyptien Hosni Moubarak, le principal allié du président palestinien Yasser Arafat a lui même évoqué hier un éventuçl report de la dfae de proclamation d’un État palestinien.A une journaliste qui lui demandait s’il pensait que cette date «pourrait être reportée», M.Moubarak a répondu: «Je ne sais pas, je ne peux pas dire cela, mais je pense qu ’elle peut être reportée.» «Si une solution est trouvée juste avant le 13, je pense qu’il n’y aura pas de problème.Sinon, nous devons être très patients et très pragmatiques», a-t-il ajouté.En attendant, les contacts se poursuivent entre les parties.Le premier ministre israélien Éhoud Barak est notamment attendu mercredi à Amman pour des entretiens avec le roi Abdallah II sur le processus de paix.Selon la porte-parole de la présidence du Conseil israélien Mme Mirav Parsi-Tzaddok des négociations officielles n’étaient pas prévues avant le retour dans la région de l’émissaire américain Dennis Ross attendu vers le 20 août.Le négociateur palestinien Saëb Erakat a indiqué à l’AFP que «des contacts se poursuivaient entre nous et les peut être un à deux lycées par an, tandis que la région Rhône-Alpes en rénovera entre dix et douze» note Bernard Plantin.En fait, le vrai problème c’est que les écarts de richesses entre régions se sont creusés.A tel point que le potentiel fiscal, c’est-à-dire la capacité contributive des citoyens, entre le département le plus pauvre et le plus riche a été multiplié par trois en vingt ans.Les impôts locaux varient grandement selon les régions.Il n’en faut pas plus pour que les Jacobins de tout bord crient à la fin de l’égalité républicaine.Nul et non avenu?Peut-on pour autant en conclure que le bilan de la décentralisation est nul et non avenu ?«Surtout pas, s’exclame Olivier Delas, simplement, on n’a pas été assez loin.» Pourtant, les dépenses des collectivités locales ont doublé entre 1982 et 1991, passant de 370 à 750 milliarcjs de francs, soit la moitié du budget de l’État.Elles assurent aujourd’hui les deux tiers des investissements civils et dépensent, dans Je domaine culturel, deux fois plus que l’État central.«Le problème c’est qu’on n’a pas remis à plat nos méthodes administratives», estime Olivier Delas.En effet, la France est le seul pays de l’Union européenne (UE) à se payer le luxe de trois niveaux d’administration et de 36 000 communes fies 14 partenaires de la France dans l’UE en totalisent à peine plus de 70 000).Ce foisonnement des structures et des échelons, hérité de la Révolution, est quasi impossible à réformer.En 1970 la loi Guichard a tenté de favoriser la fusion de communes, seules quelques centaines ont tenté l’aventure.Dès qu’on parle de toucher au département, c’est le tollé.11 faut rappeler que Jacques Chirac a fait une partie de sa carrière en tant que président du Conseil général de Corrèze, alors que Mitterrand était, lui aussi, un dépar-tementaliste convaincu.«Chaque fois qu ’un élu a une parcelle de pouvoir, c’est difficile de lui retirer purement et simplement en supprimant l’échelon ou la fonction.lœs maires de petites communes et les élus du département sont influents.Surtout à l’approche des présidentielles», rappelle Bernard Plantin.La commission Mauroy va donc devoir jouer serré, si elle ne veut pas accoucher d’une réformette qui repousserait une réforme plus que nécessaire.Israéliens» et que les Palestiniens attendaient une réponse israélienne à une demande reprise des pourparlers.Un accord final doit définir les frontières de l’entité palestinienne, le sort des colonies juives, des réfugiés palestiniens, le partage de l’eau et le statut de Jérusalem.Samedi, le secrétaire d'État américain Madeleine Albright a appelé Israéliens et Palestiniens «à poursuivre leurs discussions et à se préparer à prendre des décisions difficiles».Mme Albright a estimé que le temps pressait et que «Yasser Arajat [était] capable de faire en sorte qu’il ne soit pas prisonnier» de la date du 13 septembre.M.Arafat a parcouru 18 pays en 19 jours pour expliquer sa position au sommet de Camp David (tenu du 11 au 25 juillet), qui s’est achevé sur un échec faute de compromis sur Jérusalem, avant d'entamer hier une tournée asiatique.#.*/ REUTERS Le président paraguayen Luis Gonzalez Macchi aux urnes.Les Paraguayens se cherchent un vice-président Asuncion (AP) — Un peu plus d’un an après l’assassinat du vice-président Iras Argana, les Paraguayens élisaient hier son successeur dans un scrutin partiel sans précédent et alors que le président en place, non élu, est très impopulaire.le vote constituera un test pour la démocratie chancelante du pays.Trois candidats sont en lice.Julio Cesar Franco, du Parti libéral (opposition) et Éelix Argana, fils du vice-président assassiné et membre du Parti Colorado au pouvoir depuis 1947, sont au coude à coude dans les sondages.Un troisième candidat, Ricardo Buman, artiste et candidat du petit Parti humaniste, arrive loin derrière.La situation est unique.En mars 1999, le viceprési-dent Luis Argana était assassiné.Soupçonné d’être impliqué dans l’affaire, le président Raul Cubas dut démissionner et demander l’asile politique au Brésil, tout comme son principal allié politique, l'ancien général lino Oviedo qui, lui, y a été arrêté.Les autorités para-guayennes voudraient bien interroger Oviedo non seulement sur l’assassinat du vice-président Argana, mais aqssi sur une tentative de coup d'État en mai dernier, la troisième en quatre ans dans cette démocratie fragile.Le Paraguay n’est revenu à la démocratie qu’en 1985, lorsqu’un coup d’État militaire renversa le vieux général Stroessner, mettant fin à 34 ans de dictature.Le président actuel, Luis Gonzalez Macchi, n’a d’ailleurs pas été élu.Après les événements de mars 1999, il a été désigné, jusqu’en 2003, par la Cour suprême.Or, ce membre du Parti Colorado est très impopulaire.La question de son avenir est donc posée face à un vice-président qui, lui sera élu.Julio Cesar Franco, un médecin de 48 ans, a laissé entendre qu’en cas de succès, il chercherait à obtenir justice sur l’assassinat de son père mais aussi à évincer le président actuel.Ce serait une occasion de mettre fin au pouvoir sans partage du parti Colorado, mais les partisans de celui-ci pourraient ne pas accepter le verdict des urnes et provoquer des violences.EN BREF Des élections au Kosovo Pristina (AFP) — L'administrateur de l’ONU au Kosovo, Bernard Kouchner, a déclaré hier, au lendemain de l’annonce des élections municipales au Kosovo pour le 28 octobre, qu’il envisageait de tenir des élections législatives «dans un futur proche».Les municipales seront suivies par des élections législatives, «pas dans l’immédiat mais dans un futur proche probablement», a déclaré à l’AFP M.Kouchner dans son bureau de Pristina, précisant que cette échéance serait «bien sûr discutée avec la communauté internationale».Les élections législatives, «c’est le but bien sûr», a ajouté M.Kouchner, dont le mandat est déterminé dans la résolution 1244, ambiguë, de l’ONU qui a doté le Kosovo d’une «autonomie substantielle» au sein de la République fédérale de Yougoslavie (RFY). EDITORIAL Les cent jours de Poutine Depuis son élection à la présidence russe, il y a cent jours de cela, Vladimir Poutine s’est appliqué au renforcement du pouvoir exécutif.Pour ce faire, ce petit-fils d’un cuisinier de Staline s’est attaqué à ceux qui l’avaient fait roi: les oligarques, les dirigeants régionaux et les militaires.1 y a un an, Boris Eltsine limogeait pour la cinquième fois en moins de dix-huit mois le premier ministre de la Russie.Jusqu’alors, ceux qui avaient occupé ce poste étaient des personnalités connues du grand public; des politiciens rompus aux us et coutumes fort complexes de la maison Russie.Davantage en tout cas que ce Vladimir Poutine sur lequel Eltsine jeta son dévolu.Pour la grande majorité des citoyens, l’ex-patron des services secrets était, en effet, un anonyme.La suite est plus connue.A peine au pouvoir, le premier ministre Poutine profita de la vague d’attentats commis à Moscou à la lin de l’été pour partir en guerre contre la petite république tchétchène.Ce faisant, il tailla des croupières, en termes de popularité, à tous ceux qui avaient lorgné le poste de Eltsine.En moins de deux mois, Poutine devint le chouchou des sondages au point de faire de plus en plus d’ombre à Eltsine.En échange de garanties stipulant que lui et ses proches ne seraient pas poursuivis pour les magouilles financières réalisées sous son règne, Eltsine céda son titre à Poutine.Depuis lors, l’homme fort de la Russie a dévoilé un sens méticuleux de la revanche.Dans un premier temps, il a contrarié les potentats régionaux; ensuite, il a heurté les oligarques avant d’agacer les militaires non sans s’être assuré, au préalable, que ces plans seraient appliqués à la lettre par une administration dont les principaux postes sont occupés par ses anciens et fidèles camarades de Service fédéral de sécurité (FSB), héritier du KGB.Afin d’écraser toute opposition, Poutine s’est tout d’abord attelé à diviser le pays en sept districts fédéraux.Tous issus des rangs du FSB, les sept super-préfets choisis pour Poutine chapeautent les 89 leaders régionaux qui composent la Chambre haute et qui, la précision est de taille, sont tous élus par la population.Désormais, ces préfets peuvent imposer la loi de Moscou, la loi fédéraje, la loi du roi, à toutes les républiques ou provinces du pays.A tort ou à raison, Poutine a estimé que la possible implosion de la Russie pouvait être écartée grâce à un renforcement très prononcé des pouvoirs qu’il a en mains.Et ce, en conformité avec une constitution confectionnée dans le but justement de «présidentialiser» au maximum l’exercice du pouvoir.Avec les oligarques, les mesures prises par Poutine découlent probablement plus d’un souci électoral que d’une volonté de faire justice.Toutes les actions menées contre le groupe de presse Mé-dia-Most, le constructeur automobile Avtovaz, le géant du pétiole Loukoil, le conglomérat industriel Norilsk Nickel, et autres entre prises ont été abandonnées.Sur le front des oligarques, Poutine a calqué sa partition sur le modèle du chaud et du froid.À l’égard de ceux qui l’ont fait président, il a su établir un rapport de forces qui lui permettra de leur imposer les règles élémentaires du commerce, notamment en matière fiscale.Ce geste faussement anti-oligarchique s’est traduit par une hausse de la popularité du grand chef.11 reste que le pillage incroyable des richesses du pays auquel les oligarques se sont employés depuis la chute du Mur ne sera probablement jamais sanctionné.Si tel est le cas, la culture de l’impunité qui pollue tous les secteurs de la société demeurera en l’état.Le symbole de cette culture est probablement la volonté affichée récemment par Boris Berezovski, le tout puissant oligarque, de deve-nir le chef de l’opposition à Poutine.A l’égard des militaires, Poutine a usé de beaucoup de prudence.Au début de l’année, il a ordonné par simple décret une hausse de 50 % du budget.Guerre de Tchétchénie aidant, il a montré alors sa forte inclination pour l’armée.Mais voilà que mis à mal par les indépendantistes tchétchènes, l’état-major vient de se faire signifier que des coupes claires seraient effectuées dans ses rangs et qu’une réforme en profondeur serait bientôt amorcée.Depuis qu’il est président, Vladimir Poutine a décliné son rôle de manière à aiguiser davantage la personnalisation du pouvoir.A bien des égards, les gestes qu’il a faits au cours des cent derniers jours montrent à l’envi qu’il a la poigne beaucoup plus ferme que son prédécesseur.Qu’il est beaucoup plus tsar que Boris Eltsine ne l’a jamais été.struffaut@ledevoir.ca Serge Truffaut ?LE DEVOIR FONDÉ PAH HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Evo L uT'^N .1979.’ WHo ( 2ooc Un bien petit paradis après l’enfer Lettre ouverte à la ministre Pauline Marois Madame Marois, Permettez-moi de vous exprimer mon profond ressentiment à l’égard de notre système de santé.Le 18 juin dernier, mon mari entrait à l’urgence de l’hôpital Notre-Dame à Montréal afin d’être admis à l’unité des soins palliatifs.Il était en phase terminale d’un cancer et souffrait intensément.11 a passé la journée et la nuit suivante dans un corridor de l’urgence où le personnel ne cesse de s’affairer auprès des malades, où les néons et le bruit sont omniprésents, et, surtout, où l’intimité et la dignité sont totalement absentes.Le 19 juin dernier, mon mari était transféré dans la salle 24 — surnommée «le Camping Marois» en votre honneur.Un semblant de recoin pour faire plus intime, me disait-on.Pourtant, à chaque courant d’air, le rideau volait en tout sens et atterrissait sur le nez de mon mari.J’étais là, attristée et démolie par mon impuissance à apporter quelques douceurs à celui que j’ai aimé durant 40 belles années, qui partait pour un monde meilleur — en tout cas, meilleur que celui des hôpitaux — mais sans être entouré de tendresse et de compassion.Le médecin est venu se rendre compte de la situation mais avouait son impuissance à l’améliorer.Il me disait que l’hôpital venait de subir une fermeture de 130 lits pour l’été, pas une seule petite place pour mon mari, pas assez d’infirmières, les vacances, etc.Madame la ministre, Jean n’était pas en vacances, il se mourait! Je me suis battue pour lui, je suis allée voir l’ombudsman de l’hôpital Notre-Dame et sa secrétaire a reçu ma plainte qui est allée dans un cahier en rejoindre des dizaines d’autres.Je n’acceptais pas que ma plainte en reste là.Je la faisais pour quelle change quelque chose.C’était plus qu’un formulaire rempli, c’était les derniers jours de mon mari.Finalement, en soirée, le médecin respon- LETTRES -?- sable des soins palliatifs a trouvé une chambre pour Jean.Mon mari est décédé quelques jours plus tard, dans un environnement qu’il appela son paradis après l’enfer.Mon témoignage, Madame la ministre, s’adresse à vous.Jean n’avait pas à subir cet enfer des urgences avant de mourir.Il avait droit à plus de compassion, plus de chaleur humaine et de dignité.J'ai la rage au cœur, non pas de sa mort que j'essaie d’accepter avec ré signation, mais de voir notre système de santé abîmé par une bureaucratie médiocre, par des décideurs qui ne pensent qu’au déficit zéro en saignant à blanc nos hôpitaux et les professionnels de la santé qui y travaillent Je vous demande, au nom de tous ceux qui souffrent, de faire en sorte d’éviter de vivre l’enfer juste avant de mourir.Espérant que ma missive passera entre vos mains, je vous prie d’agréer, Madame la ministre, mes salutations distinguées.Marina Ouellet Montréal, 7 août 2000 Un professionnel Merci, monsieur Pierre O’Neill, pour le travail modèle et pour le sens professionnel dont vous avez fait preuve pendant trente ans au Devoir.Bonne retraite, si d’elle l’heure est venue.! Michel Gourgues Ottawa, 6 août 2000 Un mauvais plan L’arrivée de Martin Movilla au Québec et son témoignage sur la violence qui déchire son pays (Double morale en Colombie, Le Devoir, 7 août) nous rappellent de façon opportune que le Canada devrait promouvoir la paix en Colombie plutôt qu’appuyer son antithèse, qui est le projet américain Plan Colombia.Le Plan, qui vient d’être approuvé par le Congrès américain, nécessitera le déboursé de 1,3 milliard US dont la majeure partie ira à l’armée colombienne.Le Canada a déjà assuré son soutien à l'application du Plan Colombia, bien que le gouvernement ait exprimé son souhait d’y incorporer quelques améliorations.Pourtant, ce projet ne mérite pas notre soutien.Conçu et approuvé lors d’une campagne électorale américaine, sous un vernis de plan de lutte anti-drogue, le Plan Colombia est plutôt un palliatif visant à earner les inquiétudes de l’électeur américain à l’endroit du trafic international de la drogue, qu’un projet conçu dans le but de répondre aux besoins des Colombiens.En réalité, ce projet mal conçu, qui renforcera une armée qui n’a aucune expérience en contre-stupéfiants, ne servira pas à réduire la production et l’exportation de la cocaïne de la Colombie.Il y a de fortes chances, par contre, qu’il prolonge la guerre, déjà vieille de 35 ans, en renforçant et en enrichissant une des armées les plus corrompues de toute l’Amérique latine et quj, selon les Nations unies, le département d’Etat américain et les organisations de droits humains, est responsable par sa collusion avec des groupes paramilitaires de plus de 75 % de la violence politique au pays.Le Canada devrait abandonner son soutien au Plan Colombia.Par contre, la société civile au Canada et en Colombie attend du gouvernement une décision claire sur la façon dont le Canada compte appuyer la construction de la paix en Colombie.Droits et Démocratie développe actuellement un projet visant à soutenir les Colombiens qui travaillent pour regrouper un large éventail d’organisations de la société civile dans le but de s’assurer que les négociations de paix en cours abordent les vrais problèmes de tous les Colombiens ainsi que les causes fondamentales de la guerre.Celles-ci incluent la pauvreté, l’injustice, la corruption étatique et les violations endémiques des droits de la personne.Nous invitons le gouvernement canadien à appuyer cette initiative, à se montrer à la hauteur de sa réputation internationale de bâtisseur de la paix et à promouvoir une véritable paix durable en Colombie.Warren Allmand Président de Droits et Démocratie Montréal, 10 août 2000 LIBRE OPINION -?- L’eau: source de conflit ou facteur de coopération?FRÉDÉRIC LASSERRE Chercheur associé Chaire Téléglobe *Raoul-Dandurand en Etudes stratégiques et diplomatiques, UQAM LJ enjeu des guerres du XXI' siècle serait l’eau, selon le vice-président de la Banque mondia-' le, Ismail Serageldin.Si peu de conflits ont ouvertement débuté du fait de disputes sur l’appropriation de réserves d’eau, la raréfaction de cette ressource essentielle est à l’origine de nombreuses tensions de par le monde.Dès 1985, les services de renseignements américains estimaient que l’eau pouvait être le catalyseur d’un conflit armé dans au moins dix endroits différents.Pourtant, il faut se garder des conclusions hâtives: la dimension conflictuelle du partage des ressources hydrauliques rares procède souvent de choix gouvernementaux.La Turquie maîtresse du château d’eau régional la Turquie contrôle 98 % du débit de l’Euphrate et 45 % de celui du Tigre à sa frontière.Pays d’amont, la Turquie entend mettre en valeur ses ressources hydrauliques relativement abondantes dans un Moyen-Orient où l’eau devient rare.Elle a mis en œuvre un énorme projet d’aménagement des bassins versants des deux fleuves, le Guneydogu Anadolu Projesi (GAP), qui prévoit la construction de 22 réservoirs, de 19 centrales électriques et l’irrigation de 1,7 million dhectares.Le Tigre est peu propice à l’aménagement de projets d’irrigation: l’eau nécessaire viendra donc principalement de l’Euphrate, à moins de construire d’importants canaux de dérivation.Or, la Syrie et l’Irak se partagent déjà l’intégralité du débit du fleuve en aval.Les nouveaux projets d’irrigation turcs ne peuvent donc se faire qu’au détriment de l’eau qui leur est disponible.De plus, il faut remplir les immenses réservoirs: en 1990.la Turquie avait unilatéralement fermé les vannes d’un barrage sur l’Euphrate, imposant un débit bien inférieur au seuil qu’elle s’était pourtant engagée à respecter.L’Irak avait menacé de bombarder les barrages turcs.Dans les faits, la Turquie se pose comme le maître des eaux qui s'écoulent du plateau anatolien.Son attitude n’est cependant pas dissociable de la question kurde.En effet, Ankara a estimé que seul le développement économique du pays kurde, grâce à l’irrigation et à l’hydroélectricité pour développer le secteur industriel, pouvait régler cette épineuse question.La Syrie elle-même a utilisé la carte kurde dans ses difficiles relations avec la Turquie.Elle a longtemps accueilli les groupes armés du PKK, leur fournissant armes et entraînement, dont un volet concernait la destruction de barrages.La Turquie établit un lien direct entre la question des eaux de l’Euphrate quelle régit désormais, et le litige portant sur l’Oronte, fleuve qui traverse la Syrie avant d’aboutir en Turquie dans la région du Hatay.Damas a construit plusieurs barrages dans le bassin.Mais cette exploitation syrienne de près de 90 % des eaux de l’Oronte prive la Turquie de volumes considérables.En liant la question de l’Oronte à celle de l’Euphrate, la Turquie a proposé à Damas un accord global sur l’eau.Mais la Syrie refuse, car un tel accord serait la reconnaissance implicite de la souveraineté turque sur le Hatay: la province, qui faisait partie de la Syrie, avait été cédée en 1939 par la France, alors puissance mandataire, afin de s’assurer de la neutralité turque dans le conflit mondial qui se profilait.L’Égypte est-elle un don du Nil?L’assimilation de l’Egypte au Nil a comme corollaire la représentation d'un fleuve jailli du désert et en amont duquel les questions d’utilisation de son equ ne se posaient pas: l’eau du Nil appartenait à l’Egypte.Ui question de la répartition des eaux du fleuve ne s’est posée que lorsque les Britanniques développèrent la culture dp coton.Ils imposèrent en 1929 un partage entre l’Egypte et le Soudan: en 1959, un nouvel, accord attribua 18,5 km au Soudan et 55,5 km à l’Egypte.Nulle menfion n’était faite des pays d’amont, ce qui amena l’Ethiopie à considérer cet accord, comme tout autre qui se négocierait sans son avis, comme nul et non avenu.Avec la fin de la guerre civile éthiopienne, Addis-Abeba a entrepris de mettre en valeur,ses ressources hydrauliques, ce qui inquiète les Égyptiens., Depuis 1959, la consommation d’eau, en Égypte surtout, a considérablement augmenté.Devant cette situation qui tourmentait les planificateurs égyptiens, Khartoum et Ije Caire lancèrent la construction du canal du Jonglei, pour permettre au Nil de contourner les marais du Sud où d’importantes quantités d’eau étaient «perdues» par évaporation.La guerre civile qui a embrasé le Soudan, ainsi qu’un bombardement par des avions non identifiés, vraisemblablement éthiopiens, ont conduit à l’abandon du projet en 1983.En 1994, le Soudan a proposé de construire un nouveau barrage sur le Nil.Estimant que ce geste soudanais représentait une menace trop importante, l’Égypte aurait planifié un raid aérien sur Khartoum, annulé peu avant son déclenchement.Des manœuvres militaires à la frontière soudanaise ont signifié l’irritation égyptienne à la suite de l’implication du Soudan dans la tentative d’assassinat du président Moubarak, mais aussi à l’endroit de ses projets hydrauliques.Le poids des représentations géopolitiques Ces exemples illustrent les tensions auxquelles peuvent conduire les rivalités sur des ressources en eau dans des contextes de rareté.Il apparaît que: ¦ les conflits qui naissent du fait de rivalités sur l’eau qe sont pas indépendants des relations entre les Etats et de leurs représentations: un différend sur l’eau ne produit pas automatiquement un conflit, il s’insère dans un contexte géopolitique.Ainsi, les litiges sur l’eau entre Turquie, Syrie et Irak sont indissociables des revendications territoriales syriennes, d’une animosité ancienne dans les relations entre Ankara et ses voisins arabes, et du soutien de ceux-ci à la guérilla kurde en Turquie.De même, l’Égypte éprouve des difficultés à se départir de son ancienne représentation d’un Nil qui lui appartiendrait; ¦ parler d'embrasement du fait des litiges sur l’eau paraît certes exagéré; mais il convient aussi de se méfier des commentaires d’analystes qui récusent l’idée de guerres de l'eau sous prétexte de la rationalité des acteurs et de leur intérêt économique.D’une part, les acteurs étatiques agissent de manière rationnelle dans le cadre de leurs représentations, qui incluent leurs craintes comme leur vision de l’histoire et de leurs relations avec les voisins.D’autre part, l’intérêt économique n’est pas toujours un garde-fou contre le déclenchement des conflits: on oublie qu'à la veille des deux conflits mondiaux, la France et l'Allemagne étaient des partenaires commerciaux majeurs; ¦ un potentiel de coopération demeure inexploré: le poids des représentations, des ambitions constituent souvent des freins à la recherche d’une nécessaire solution négociée.Des avenues de discussions sont possibles, comme l’Initiative pour le Bassin du Nil; les gouvernements doivent se résoudre à les emprunter. E I) E V O I K .L E L T \ I) I I A I» V T 1 0 (» 0 A IDEES Réplique à Richard Tremblay Boscoville: la dictature des modes GILLES GENDREAU Psychoéducateur, professeur émérite à l’Université de Montréal, co-président du Comité d'étude sur la réadaptation en internat pour les jeunes de 12-18 ans e voudrais d’abord souligner l'apport du Devoir et de ses journalistes en ramenant dans l’actualité la délicate question des besoins des jeunes en difficulté.L’engagement du ministre Gilles Baril à continuer de taire servir le campus Boscoville à d’autres fins qu’à la construction de condos a fait la «une» du journal; le remarquable éditorial de Paule des Rivières a soulevé des questions très pertinentes sur l’orientation esquissée d’un nouveau Boscoville; le cri d’alarme de deux psychologues des Centres jeunesse de Montréal sur la situation des jeunes pris en charge et la réaction d’un chercheur engagé dans des travaux sur la prévention de l’inadaptation ont également trouvé place dans Le Devoir qui, une fois encore, joue un rôle irremplaçable en stimulant des débats à l’échelle nationale et ce, dans des secteurs plus effacés et souvent oubliés comme celui de la jeunesse en difficulté.Richard Tremblay, dans sa lettre du lundi 7 août, stigmatise avec un certain cynisme les professionnels et chercheurs qui croient toujours que les internats spécialisés peuvent, à certaines conditions, être encore utiles à des jeunes en difficulté.Il se dégage de ce texte un jugement de valeur dont il accable les personnes qui, selon lui, se contenteraient de propager un sentiment qui «ravive un souvenir chargé d’émotions».S’il faut porter attention à ses conclusions de chercheur sur la prévention et la réadaptation sans en faire des «dogmes scientifiques» cependant (ce qui serait un paradoxe, au plan scientifique), il faut déplorer ce jugement qui n’apporte rien si ce n’est qu’il dévalorise un type d’intervention qu’il considère obsolète.(.) Le projet de réinventer un projet-pilote à Boscoville, pour les dix ou quinze prochaines années, de faire l’intégration de la science et de l’action en ce début des années 2000 en mettant sur pied un centre à la fine pointe de l’innovation dans le domaine de la réadaptation au Québec et dans le monde occidental en s’appuyant sur ce qui peut être généralisable des expériences passées peut-il être qualifié de nostalgique?Car, faut-il le rappeler, il serait malheureux de toujours recommencer à zéro.La tristesse, c’est que, semble-t-il, on ne puisse compter ni sur la compétence du chercheur Tremblay ni sur celles de certains membres de son équipe.Ce dernier éclaire quand même la démarche en cours en mettant en garde contre la tentation si naturelle de répéter le passé parce que celui-ci a été fructueux.Hélas, dans un même élan, il risque de détruire une initiative qui pourrait répondre à des besoins actuels de certains jeunes en difficulté tout en stimulant l’approfondissement des pratiques en réadaptation.En 1998, l’Association des Centres jeunesse du Québec créa un comité d’étude sur les internats de réadaptation des jeunes de 12 à 18 ans.Plus de mille cadres et intervenants de l’interne purent s’exprimer librement dans le cadre de groupes-témoins (focus groups).Plus d’une centaine de partenaires des Centres jeunesse issus de différents milieux (juridique, scolaire, de santé, communautaire, policier) et de différents secteurs (psychiatrie, psychologie, psychoéducation), des représentants des parents et des chercheurs furent aussi consultés.Les travaux du comité sur l’internat furent publiés dans le réseau dans un rapport ayant pour titre Une intervention qui doit retrouver son sens, sa place, et ses moyens.En sortant le verbe retrouver du contexte de ce rapport, plusieurs y verront sans doute un autre indice de nostalgie alors qu’il signifie bien davantage une direction, un chemin qui semble avoir été perdu.Pour un grand nombre de personnes consultées, en effet, l’internat n’était plus qu’un lieu «d’arrêt d'agir» des jeunes en difficulté et ne représentait rien de très dynamique.C’est du moins ce qui ressort des perceptions exprimées.Par exemple, la difficile décision de placer un jeune en internat était de moins en moins perçue comme placement une solution complexe qu’il faut rechercher pour «les bons jeunes et au bon mo- en internat ment», selon le «catéchisme d’une bonne évaluation», mais de plus en plus comme était-il un échec quand sont épuisées toutes les autres ressources de même que l’énergie un bien des parents et des professionnels autant que celle du jeune.Car la mode est à la parce qu il réadaptation en milieu naturel, point à la /, ligne.Une citation de Simone Weil «Le eiau dogme du progrès déshonore le bien en en £ mo(je faisant une affaire de mode», m’amène à ’ cette question.Le placement en internat est-il était-il un bien parce qu’il était à la mode, et est-il devenu un mal parce qu’il n’est devenu plus à la mode?Ce n’est pas parce qu'il n’est qu’une solution moins enthousias- un mal mante à première vue qu'il faut la rejeter.La comparaison suivante expliquera mon parce QU il point de vue.’ t 1 Dans un match de football, il existe n es* P!US deux façons de marquer des points.I,a < « mode première, quand le porteur du ballon tra- d ,d muae • verse la ligne des buts adverses; c’est un touché et il vaut six points.La seconde, quand l’attaque est suffisamment proche des buts adverses pour tenter un placement.Après avoir bien étudié la situation, l’instructeur en chef constate qu'on peut ajouter trois points en faisant un botté de placement au lieu de se contenter de Nom A-U \\ \£*fo CA ’ Irl L .« .^ t- i .• .i i A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Cette photographie a été prise en avril 1997, lors de l’annonce de la fermeture de Boscoville.À l’époque, la difficile décision de placer un jeune en internat était de moins en moins perçue comme une solution complexe qu’il faut rechercher pour «les bons jeunes et au bon moment», selon le «catéchisme d’une bonne évaluation», mais de plus en plus comme un échec quand sont épuisées toutes les autres ressources de même que l’énergie des parents et des professionnels autant que celle du jeune.remettre le ballon à l’adversaire.Le botté est effectué par un joueur dont c’est la spécialité; le ballon devant passer entre les deux poteaux des buts, ce n’est pas n’importe quel joueur qui peut le réussir.Evidemment, les joueurs et leurs partisans souhaitent ardemment le plus de touchés possible.Et quand ça arrive, l’enthousiasme est à son comble.Les entraîneurs et les experts vous diront cependant qu’un grand nombre de parties sont gagnées grâce à ces bottés de trois points seulement.Selon les experts en football, ils ont aussi leur importance dans le déroulement des stratégies du jeu.L’image du placement au football fait évidement ressortir que tous les acteurs engagés dans le choix d’une mesure voudraient réussir des touchés à chaque occasion.Le touché, ce serait de laisser le jeune en difficulté évoluer dans son milieu naturel, familial, dans son environnement quoi.Il s’agit de discerner si cette solution peut être bénéfique pour tel jeune, d’évaluer si les différents milieux naturels (?) peuvent l’aider, lui et sa famille, et découvrir comment aider ces milieux à assumer leurs responsabilités.On peut facilement comprendre que, dans le match de la réadaptation, un placement en internat spécialisé peut devenir une action relativement nécessaire ou à tout le moins utile.I.e réseau, le centre jeunesse, les professionnels, le jeune et ses parents peuvent y découvrir une solution appropriée eu égard à l’ensemble du contexte.Il y a cependant un certain nombre de conditions à respecter.Une question a été soulevée: l’apparente contradiction dans le fait de mettre ensemble des jeunes en difficulté, à cause de l’effet de contagion et de mimétisme au plan de l’agir «délinquant».Voilà une problématique qui, semble-t-il, devrait ébranler les tenants de l’utilité des séjours en internat.En fait, tout éducateur partagera cet avis des spécialistes, mais il demandera aussi comment le jeune en difficulté peut éviter dp faire face à ce phénomène d’influence des pairs.À moins que l’éducateur-accompagnateur puissp l’isoler de son gang dans le milieu naturel?A moins que l’éducateur ne puisse lui-même entrer directement dans le gang?Des expériences se font en ce sens, mais il est trop tôt pour conclure qu’il s’agit là d’une solution généralisable.(.) La contagion des pairs négatifs est un phénomène incontournable mais non inexorable.Un véritable milieu spécialisé où le climat est orienté vers des projets dynamiques et où une bonne partie des jeunes est engagée dans une démarche positive quelque peu gratifiante est un phénomène également observable: ce type de milieu offre un potentiel d’influence réelle.En internat, bien sûr, la vie de groupe représente un défi de taille; son organisation et son animation demandent à l’équipe d’adultes beaucoup de créativité et de solidité.Bien sûr, il y aura des rechutes, mais il y aura aussi des gens pour prévoir les situations conflictuelles et les utiliser pour faire progresser la vie de groupe de façon à ce que chaque individu puisse, avec le soutien des éducateurs, prendre lui-même position.L’influence des leaders peut aussi devenir extrêmement positive; ils peuvent devenir des co-responsables de la vie de groupe.(.) La recherche de nouvelles approches susceptibles d’être efficaces ne devrait pas se faire au détriment d’approches qui ont déjà fait leurs preuves; elles ne s’excluent pas les unes les autres.Les problèmes des jeunes en difficulté sont d’une telle complexité que les acteurs concernés devraient concerter leurs efforts au lieu de déplorer, comme le fait M.Tremblay, que «les défenseurs de Boscoville ne seront jamais satisfaits, puisqu’on ne peut revivre le passé, alors que ceux qui pourraient expérimenter de nouvelles approches susceptibles d’être efficaces n'auront pas les ressources, puisqu'elles serviront à tenter de faire revivre Boscoville.» Dans ce type de réflexion, nous devons constater que nous sortons de la problématique de la prévention ou de la réadaptation des jeunes en difficulté pour nous situer carrément dans celle de l’éthique.S’occuper de la petite enfance et négliger les adolescents, choisir un patient de quarante ans au lieu d’un autre de soixante ans pour une greffe d’organe, soigner celui qui a de l’argent ou l’homme de la rue.Ce débat est encore plus complexe que le choix entre la réadaptation en internat spécialisé ou en milieu naturel.Gisement minier Québec se dispose à ignorer la population d’Oka PIERRE L A U Z O N Citoyen et démocrate d’Oka " écidément, la démocratie a des pro-blêmes de santé par les temps qui cou-I 1 rent au Québec.Le 16 avril dernier, à 1 m Oka, s’est tenu dans la plus stricte légalité I x un référendum, non seulement organisé —-par le Conseil municipal, mais également prévu par décret gouvernemental, à la suite d’une de mande de la compagnie Niocan d’exploiter un gisement minier en zone agricole.C’est à plus de 60 % que la population de l’ex-paroisse d’Oka a rejeté ce projet économique.Dès lors, nous étions en droit de nous attendre à ce que le projet de Niocan soit définitivement relégué aux oubliettes.II n’en est rien.Il faut dire que, malgré les invitations pré-référendaires pour savoir si cette compagnie minière respecterait le verdict de la population, Niocan ne s’est jamais engagée à se plier au résultat du référendum.Premier accroc majeur à toute notion même de démocratie! L’entreprise privée est là pour notre bien (dans tous les sens du terme), que nous le voulions ou non.Compte tenu du fait que le Conseil municipal d’Oka et la MRC de Deux-Montagnes ont décidé de respecter entièrement le choix du peule okois, nous aurions cru, encore une fois naïvement, que ce dossier était clos et qu’à Oka, nous pouvions travailler dorénavant sur des projets qui rassemblent au lieu de nous diviser et d’hypothéquer l’avenir d’une municipalité agro-touristique qui a déjà eu plus que son lot de problèmes.Comme nous pouvons être de grands naïfs! Même s’il est très bien informé de la volonté exprimée par la population okoise au sujet de ce projet minier, le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, a émis le 26 juillet dernier, en pleine période de vacances estivales, un bail minier à la compagnie Niocan pour qu’elle puisse exploiter le gisement minier du rang Sainte-Sophie, à Oka.11 faut donc en conclure que ces investisseurs miniers ont leurs entrées au sein du gouvernement québécois, soutenus par leur puissante firme d’ingénieurs et d’avocats, le tout financé en bonne partie par l’argent des contribuables, entrées pourtant inexistantes pour les citoyens d’Oka.La réponse gouvernementale est que le bail minier n’est qu’une simple formalité (au même tire qu’une demande de permis de conduire!), ce qui ne veut pas dire pour autant que Niocan soit autorisée automatiquement à commencer son exploitation minière, puisqu’elle doit obtenir au préalable des autorisations du ministère de l’Environnement et de la Commission de protection du territoire agricole.Rassurant?Pas tellement.Il y en a tellement qui ont l’art de vouloir toujours endormir la population.Car ces autorisations ne sont-elles, elles aussi, que de simples formalités?La dernière cerise sur le sundae minier est que ce même ministre, Jacques Brassard, a demandé par écrit, le 5 juillet dernier, au Conseil municipal d’Oka son accord pour vendre à Niocan l’ancien site de la St-Lawrence Columbium afin que cette compagnie puisse exploiter son gisement minier à partir de ce site situé à proximité.Il se dit tout disposé à intervenir auprès du Conseil du trésor pour faciliter la transaction.Et la population okoise dans tout cela?Et les réspltats du référendum d’avril dernier?Evidemment, le 7 août dernier, le Conseil municipal a rejeté à l’unanimité cette demande du ministre et de la compagnie Niocan.Enfin rassuré?Pas du tout! Car il est fortement question que le ministre ou le gouvernement puisse procéder par expropriation, s’il n’a pas l’aval de la municipalité, et donner ainsi le feu vert définitif à ce projet minier à l’encontre de la volonté de la population et de son Conseil municipal.Le plus aberrant dans tout ce dossier, c’est que même la députée péquiste de Deux-Montagnes, Hélène Robert, est plutôt tenue dans l’ignorance des différents aspects juridiques ou non de ce projet, quelle doive se battre pour obtenir ces informations auprès de sous-ministres ou de ministres péquistes, et qu’elle soit en définitive, impuissante à faire prévaloir les droits humains sur les droits miniers.On est surpris, par la suite, de constater que la population en général a de moins en moins confiance dans ses institutions démocratiques.Ce gouvernement qui se prétend social-démocrate semble travailler à miner les bases de la démocratie et à cultiver la démission de la population envers des instruments démocratiques.Ce n’est pas en se cachant derrière des lois ou des règlements, votés et modifiés par ces élus, que l’on réussira à rassurer la population d’Oka ou d’ailleurs.Y a-t-il un médecin dans notre pays qui pourrait exammer et soigner notre démocratie?Y a-t-il un 9-1-1 pour la santé de la démocratie?Êcrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous prendrons contact avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : (iérald Dallaire {.adjoint au directeur de l'iu/iirmatitm).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urltaine).Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports)-, Paule des Rivières (éditorialiste).Jean Dion, bmistiilles Kraneœur (environnement).}ui\Ü\ lachapelle.Louise Leduc, Kathleen levesque (actualités politiques municipales).Benoit Monger (responsable du site Web), Brian Myles (justice el /aits divers).Isabelle Paré (santé); Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt {pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Clement Trudel (musique) ; à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril.Claude Lévesque.François Normand.Claude Turcotte; à l'information internationale : Jean-lierre U-gault.Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique ; Pierre O'Neill.Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec) ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; louise-Maude Rioux Soucy, MarioClaude Petit (commis), la documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome, Serge Uplante (Çaéèer).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslaine Cdté, Marlène Côté, Anouk Hurbutl.Philippe Gagné.Christiane lagault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet.Chantal Rainville, Micheline Ruelland.(publicitaires).Manon Blanchette.Sylvie laporte.Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard.Mk-hel Bernatchez; Philippe Borne, Johanne Brunet Danielk- Cantara.Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle), Helène Cïervais, Evelyne Labonté (responsable d la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Celine Kuroy, Patrick Inkel (contrôleur).Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Danielle Laperrière, Nathalie Perrier.Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vicef résident exécutif et directeur généra!) t LE DEVOIR.LE LUNDI II A O I T 2 0 0 0 A « -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES KOURNIKOVA SUITE DE LA PAGE 1 que le temps nous est à tous compté: «Je ne me préoccupe pas de mon image.» En fait, pour remettre les choses en contexte, elle a voulu dire que si tout le monde n’arrêtait pas de s’en tenir aux superficialités en s’arrêtant à l’aspect extérieur de sa personne, ce n’était pas son foutu problème.«Je joue au tennis», qu’elle a résumé, et quoi de mieux qu’un cliché quand il n’y a rien à résumer, la question se pose.OK.C’est donc dire qu’en ce qui a trait aux autres clichés, ceux de vamp précoce — elle n’a que 19 ans, sachons ne pas l’oublier — à la garde-robe torride, à la physionomie suggestive et à la posture de chambre à coucher, qui traînent à la une de publications grand public de Sports Illustrated à GQ, on avait tout compris de travers.C’est correct.Si les choses étaient toujours claires dans cette vie, qu’est-ce qu’on s’ennuierait.Parlant d’ennui, justement, il doit y en avoir peu de plus intense sur cette planète que celui qu’a paru ressentir Kournikova pendant les cinq ou six minutes où elle s’est fait griller par la presse locale.Pas très loquace, la madame, c’est le plus que l’on puisse dire.Concédons-lui qu’elle doit en avoir plein son casque — qu’elle ne porte du reste jamais afin de mettre en valeur ses magnifiques nattes naturellement blondes — de commenter sans cesse les mêmes âneries qui ne regardent personne.C’est d’ailleurs pour cette raison, subodorons-nous, qu’elle n’accorde que des «entrevues» de groupe.N’empêche.Même aux questions strictement tennis, vous obtiendriez plus de contenu auprès d’une boîte vocale pleine en dérangement.Qu’est-ce que ça vous a fait de battre Lindsay Davenport l’autre jour?«J’ai répondu à ça la semaine passée, mais si je dois répéter.» L’air aussi convivial qu’un ermite qui apprend que Woodstock a lieu chez lui.Si Georges Dor avait été là, il aurait peut-être eu le goût d’écrire Anpa boudé ène shot A part ça?Il y avait beaucoup de monde à la sortie de Kournikova du court numéro 2.Un petit cordon «sanitaire» a même été nécessaire.Est-ce la même chose partout?«Vous devriez aller voir.» Quel effet cela fait-il d’être aussi suivie?«C’est agréable.Il est bon que les enfants s’intéressent au sport» (Malheureusement, personne n’a souligné que les enfants étaient en relative bonne minorité dans la petite foule comprimée.C’est que, voyez-vous, à force d’avoir peur d’entendre la réponse, on finit par avoir peur de poser la question.) Y aura-t-il un ou plusieurs joueurs de hockey pour assister à vos exploits lors de ces Internationaux du Canada, vous dont de présumées idylles avec Sergei Fedorov et Pavel Bure ont défrayé la manchette de la presse racoleuse?«Vous verrez bien.» Y a-t-il, d parmi les milliards de questions qui vont été posées des milliards de fois, une en particulier que vous souhaiteriez ne plus jamais voir posée?«Ce n’est pas moi qui choisis les questions.» Un ange est passé.C’est fini?Oui.Allez, à la prochaine chicane.De mauvaises langues soutiennent qu’Anna Kournikova est une coquille vide.Et puis après?Ce n’est pas une raison.Nous connaissons personnellement des coquilles vides qui, lorsqu’elles sont polies, font entendre le bruit de la mer.?Le week-end n’a pas été facile pour le pays hôte: les cinq Canadiennes qui tentaient de se qualifier pour le tableau principal ont toutes été éliminées.Hier, la Torontoise Maureen Drake, dernière en lice après une victoire la veille et 113e joueuse au classement de la WTA, a été surclassée par la Bulgare Magdalena Maleeva (53e rang mondial) en deux manches de 6-0 et 64.Il faut dire que Màleeva n’est pas la dernière venue, ayant occupé le 4e rang WTA avant d’éprouver des problèmes de dos.Les trois Québécoises prenant part aux qualifications avaient de leur côté été éliminées au premier tour samedi.Dans un match fertile en rebondissements, Marie-Eve Pelletier, de Repentigny, classée 229e au monde et le plus bel espoir du tennis féminin au Québec à 18 ans, s’est inclinée en trois manches de 6-2, 6-7 (4-7) et 7-5 devant l’Australienne Usa McShea (151e).Menant 4-2 au troisième set.Pelletier, fortement appuyée par une foule enthousiaste, n’a pu servir le coup d’assommoir à son adversaire.Mélanie Marois (722e au monde et 59e chez les juniors), de Charlesbourg, a vaillamment tenté deux remontées mais s’est retrouvée à court devant l’Espagnole Virginia Ruano-Pascual (100e), qui l’a écartée en deux sets identiques de 64.Debbie Laroque (785e), de Longueuil, a été une proie facile pour l’Américaine Erika de Lone (78e), qui l’a vaincue 6-1,6-0.Ces trois Québécoises avaient été invitées aux qualifications à titre de «wild cards» du pays hôte.L’autre Canadienne «wild card», Renata Kolbovic, de Vancouver, 204e mondiale, a pour sa part perdu contre l’Autrichienne Sylvia Plischke en deux manches identiques de 6-3.Le tableau principal ne comptera donc que trois Canadiennes invitées, soit la meilleure joueuse au pays actuellement, Sonya Jeyaseelan (60e), de même que Jana Nejedly (69e) et Vanessa Webb (107e), toutes de Toronto.Les trois auront toutefois la chance de disputer un premier tour contre une joueuse ayant dû passer par les qualifications.?Le premier tour du tableau principal démarre aujourd’hui, mais on ne verra pas les favorites du tournoi avant le tour suivant, soit au plus tôt demain.Les huit joueuses les mieux cotées ont en effet reçu un laissez-passer: dans l’ordre, Martina Hingis, Lindsay Davenport, Conchita Martinez, Serena Williams, Nathalie Tauziat, Anke Huber, Arantxa Sanchez-Vi-cario et Sandrine Testud.D’autres joueuses cotées entreront toutefois en action au cours de la journée, dont notre amie mademoiselle Kournikova (15e mondiale, 1 le favorite) qui devrait disputer ce soir son match inaugural contre la Zimbabwéenne Cara Black.Anna a d’ailleurs déclaré au cours de sa conférence de presse-fleuve qu’elle s’était fixé comme objectif, entre plusieurs, d’être «prête pour chaque match».Ça promet.SENS SUITE DE LA PAGE 1 n’y a rien à dire qu’on s’empêchera de parler.Dans les cas les plus dramatiques de non-sens, il faut se rappeler le sens du poil.L’âme aime les caresses qui vont dans le sens de son poil.Elle ne frissonne qu’effleurée.La maladie de l’être frappe les sociétés riches.Nous ne sommes pas gros, nous sommes tuméfiés.Une tonne de Cherry Blossom, ce n’est pas une caresse, c’est un coup de poing.La crise du sens, c’est que nous sommes assommés de bonheur.Serge Bouchard à Humberside.Le CRTC et la programmation numérique Ottawa (PC)— Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) oqvre la porte du numérique aux câblodistributeurs.A compter d’aujourd’hui, les radiodifftiseurs intéressés disposent de quatre semaines d’audiences pour convaincre l’organisme régulateur de leur accorder une licence de télévision numérique.Le CRTC a reçu au total 450 demandes de licences.Les radiodifftiseurs proposent notamment des nouvelles chaînes à l’intention des amateurs de musique, de sport, de documentaires ou de romance.Les nouvelles licences devraient être émises vers la fin de l’année et les nouvelles chaînes numériques pourraient entrer en ondes dès le printemps prochain.L'évolution de la télévision de l’analogique vers le numérique ne laisse pas grand choix au CRTC, les fréquences analogiques étant presque toutes occupées.A l’heure actuelle, le câble ne permet la transmission que de 60 à 70 chaînes.En comparaison, la télévision numérique permettra d’en offrir des centaines aux consommateurs.La télévision numérique a également d’autres avantages: une image d’une plus grande clarté et un son beaucoup plus net.La quantité d’informations transmises est également beaucoup plus grande.«L'espace utilisé pour transmettre un signal analogique peut en transmettre quatre si on passe au numérique, explique un porte-parole du CRTC, Denis Carmel.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) 1* Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue De Bleury.O’ étage, Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé |>ar Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.012.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence l*resse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué |>ar Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec REUTERS Détruit en 1993 pendant la guerre de Bosnie, le célèbre pont de Mostar sert aujourd’hui de tremplin pour des compétitions de plongeon.ggjL'i HI “3P‘ÏC( ' -s ¥üM ®vïr iî: 1 • v.1 - GORE SUITE DE LA PAGE 1 campagne pour sa place dans l'histoire et pour Hillary, candidate aux sénatoriales de New York.Pendant ce temps, l'équipe du vice-président ronge son frein et annonce un passage du flambeau demain, dans le Michigan, à des milliers de kilomètres du Pacifique.Ces épisodes parasitent la Convention de Los Angeles, alors que George W.Bush avait fait un quasi sans-faute à Philadelphie.Même le choix du sénateur Joe liebennan, comme candidat à la vice-présidence, vient hanter la Convention.Premier juif choisi à cette fonction, lieberman a été l'objet d'attaques immondes des groupes antisémites d'extrême droite notamment sur Internet mais aussi de critiques plus ou moins subtiles de leaders de la communauté noire.Un responsable de la NAACP de Dallas (National Association for Advancement of Coloured People, première association noire du pays) a été relevé de ses fonctions après avoir jugé dans une interview «les juifs seulement intéressés par l'argent».De même, Louis Farrakhan, leader islamique influent dans les ghettos s'est interrogé spr la double loyauté supposée de Lieberman aux Etats-Unis et à Israël.Maladroitement, le sénateur s'est défendu en expliquant que «sa première loyauté allait bien évidemment aux Etats-Unis mais qu'en général, la politique américaine et israélienne vont dans la même direction».I>es com-munautés noires et juives ont été dans l'histoire des Etats-Unis deux des plus fermes soutiens des démocrates, sans lesquels Al Gore n'a aucune chance d'être élu.Le vice-président devra s'appliquer à recoller les morceaux.Autre contretemps pour Al Gore, la censure imposée à une représentante latino de Los Angeles qui voulait organiser une collecte de fonds dans les salons du fondateur de Playboy.L'équipe d'Al Gore, qui tient à projeter une image de père de famille impeccable après l’affaire «Clinton-Monica Ijewinsky», a exigé et finalement obtenu que Loretta Sanchez aille récolter ses dollars ailleurs.Camps retranché Enfin les démocrates seront confrontés à une série de manifestations, débordant aisément Al Gore sur sa gauche, réunissant notamment les Verts, les opposants à la mondialisation ou à la peine de mort que défend le vice-président Comme à Philadelphie, la police de Los Angeles, ternie par une longue suite de scandales, du passage à tabac de Rodney King à O.J.Simpson, est sur le pied de guerre et a promis de faire respecter la loi.Déjà, tout le week-end, les alentours de la Convention étaient transformés en camp retranché.Vendredi, un juge a dû demander à la police de se calmer et de laisser les manifestants exercer leurs droits et libertés garanties par la Constitution.L'équipe de Gore maintient que tous ces incidents minimes sont démesurément gonflés par la presse et que la Convention de Los Angeles sera un succès retentissant signalant la remontée du vice-président.Ce qui est possible, mais Al Gore, volant pour la première fois de ses propres ailes, n'a pas droit à l'erreur.ANGLAIS SUITE DE LA PAGE 1 le Québec est «une société francophone», a dit M.Charest.H a rappelé que c’est un gouvernement libéral qui a proclamé le français langue officielle et langue de travail au Québec.«L’apprentissage d’une autre langue n ’exclut pas que le français occupe sa place», a-t-il dit.«Nous savons que les Québécois sont assez intelligents pour faire les deux [parler français et anglais]», a dit M.Charest.Le chef libéral s’est toutefois défendu de vouloir imposer le bilinguisme à l’ensemble de la population québécoise.«Fixer un objectif de bilinguisme intégral, ce n’est pas l’objectif», a dit M.Charest, qui voit dans le bilinguisme «une question de choix personnel».«Il ne faut pas être frileux»,, a dit au Devoir le critique libéral en matière d'Education, Claude Bé-chard.Le député de Kamouraska-Témiscouata a rappelé que le programme électoral du PLQ en 1998 préconisait que l’enseignement de l’anglais débute dès la première année du primaire plutôt qu’à partir de la quatrième année comme c’est le cas actuelle ment Intitulée Valorisation de la langue seconde dans le système d’éducation, la proposition comprend, outre cette disposition et celle sur les cours en anglais dans les établissements francophones, l’idée de former des partenariats entre les institutions anglophones et francophones pour des cours d’immersion.Elle souhaite que le gouvernement du Québec négocie pour que de telles mesures soient mises en œuvre par les autres provinces canadiennes.La proposition comporte quatre attendus dont «nous vivons dans un environnement qui commande une connaissance fonctionnelle de l’anglais».Les jeunes libéraux estiment que de plus en plus de Québécois ne par lent plus le français, qu’il faut éviter la ghettoïsation des groupes linguistiques et que «tous les habitants du Québec devraient être capables de communiquer pour vivre ensemble».Finalement rejeté, un alinéa de la proposition imposait une connaissance de l’anglais égale à celle du français pour l’accession à l’enseignement collégial et universitaire.Par ailleurs, les jeunes libéraux ont adopté samedi une disposition pour augmenter, dans les régions, l’accessibilité de l’enseignement technique dans les deux langues afin de contrer l’exode des jeunes.La disposition sur l’enseignement de la langue seconde dès la première année du primaire a-soulevé l’objection de plusieurs militants, mais la proposition fut adoptée par une confortable majorité.Avec énergie, un jeune militant d’Iberville de 21 ans, Jean-Philippe Bourdeau, s’est opposé à chacune des propositions visant à favoriser le bilinguisme.«Le Québec a choisi d’être une province francophone», a soutenu M.Bourdeau, qui dit être membre du Parti libéral depuis trois ans.«C’est absurde dé favoriser l’exaltation d'une autre culture dans cette province», estjme-t-il.Etudiant en littérature comparée et philosophie à l’Université de Montréal, M.Bourdeau se définit comme un «libéral indépendantiste», une tendance nettement marginale au sein du parti.Selon lui, le Parti québécois est «intéressant parce que c’est un parti identitaire», ce que n’est pas le Parti libéral.Par contre, règne au PQ «une go-gauche qui confine à l’adoption du jouai», «cette langue prolétarienne», au détriment du français.De là, son intérêt pour le Parti libéral, «un parti molasse qui a su s'adapter», un «parti arc-en-ciel» qui pourrait se convertir à une «nouvelle gauche».Mais les interventions de M.Bourdeau, souvent grandiloquentes, selon son propre aveu, furent particulièrement mal reçues par l'assemblée.Le militant y voit de l’anti-intellectualisme.«Mais ce n’est pas un anti-intellectualisme fascisant.C'est plutôt cette niaiserie — un peu subversive, très grotesque — de plébéisme déliquescent, dilettante qui est maintenue dans ce parti et qui est le propre de la jeunesse», a-t-il livré au Devoir.Klein «trahi» par sa fille Drumheller (PC) — La fille du premier ministre al-bertain, Ralph Klein, attribue la fermeture d’une garderie au gouvernement de son père.«Notre problème était que nous devions payer trop en coûts de personnel pour répondre aux normes gouvernementales, a déclaré Angie Klein.Iæs règlements sont très stricts et difficiles à respecter sans subvention.» Elle était présidente d'un comité de bénévoles qui dirigeait la garderie à but non lucratif «L’il Dino Daycare Centre» jusqu’à sa fermeture, le 28 juillet.En avril 1999, le gouvernement Klein a cessé de subventionner les garderies, versant plutôt cet argent aux parents.Il a aussi imposé des règlements obligeant les garderies à maintenir à tout moment un nombre d'employés possédant certaines qualifications.Angie Klein a indiqué que 70 enfants sont affectés par la fermeture de cette garderie.
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