Le devoir, 28 juin 1929, vendredi 28 juin 1929
* Volume XX — No 149 Abonnements par la poste s Edition quotidienne CANADA .^ .I B.W RtâtS'Unta et Empire Britannique , .S.M UNION POSTALE .10.01 Edition hebdomadaire CANADA .7M HT ATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 LE DEVOIR Directeur: HENRI BOURASSA f A/s ce QUE DOIS! Montreal, vendrefli 28 juin 1929 (TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME t MONTREAL (TELEPHONE: - - HArbour 1241* SERVICE DE NUIT: Administration: «' ¦ HArbour 12W ff Rédaction: » - HArbour 3679 >» {Gérant: • • H • HArbour 4897 Mariage et Divorce ¦I.H——I ! Il ¦——*¦111 ll—IH t** XXXIV Décret “Ne teniere” - “Biir’ Lancaster Le décret AV Icmere.de la Congrégation du Concile, porte la date du 2 août 1Û07.Il entra en vigueur à Pâques (lt) tivril) 1908, “nonobstant tontes choses contraires.et ce “par ordre spécial de Notre Très Saint Père le pape Pie X".De cette importante législation, bornons-nous à signaler les dispositifs qui accentuent la divergence entre la loi canonique et notre loi civile.1 Le décret réitère la prescription fondamentale du Concile de Trente: “Sont seuls valides les mariages qui sont contractés “devant le curé, ou l’ordinaire du lieu, ou un prêtre délégué par “l’un d’eux, et devant au moins deux témoins” (art.Ill), sauf les exceptions prévues pour la validation des mariages “en cas de péril de mort” (art.VII) et pour les endroits où l’absence du prêtre “se prolonge déjà depuis un mois” (art.VIII); mais dorénavant, la présence de deux témoins est exigée.2 La juridiction du curé devient exclusivement territoriale: il est autorisé à célébrer tous les mariages dans sa paroisse ou mission, et nulle part ailleurs (art.II et IV.par.2 ).Un séjour préalable d’un mois, dans la paroisse, consitue le domicile matrimonial (art.V, par.2°L Notre Code civil prescrit six mois (art.63).Cependant, l’article 131 semble autoriser l’application du nouveau dispositif canonique.Mention du mariage doit être notée en marge de l’acte de baptême des parties (art.IX, par.2°).Ceci vient en conflit avec l’article 39 du Code civil.3 Mais le changement capital, pour le Canada comme pour tous les pays de religion mixte, c’est l’abrogation de la Constitution bénédictine.Dorénavant, "tous ceux qui ont été baptisés dans l’Eglise catholique” et tous “les convertis du schisme ou de l’hérésie” — - même s’ils apostasient par la suite sont soumis à la loi générale, soit qu’ils se marient entre eux, soit qu’ils épousent une partie non catholique, baptisée ou non.En d’autres termes, les mariages mixtes devront, sous peine de nullité, être célébrés (après dispense) devant un prêtre catholique autorisé.Quelle était, pour nous, au regard de la loi civile, la valeur juridique de ce décret?Dans l’incertitude de notre jurisprudence, voici le dilemme qui se posait:— Si la thèse catholique, soutenue par les juges Papineau el Jetté est bien fondée, si “notre loi se contente de donner des effets civils et sa sanction au mariage religieux”, le décret Ne temere entre de plein droit dansle corps des lois civiles.Ou objecte les termes de l’article 127: “Les autres empêchements .restent soumis aux règles suivies jusqu’ici dans les diverses Eglises, etc.” Ceci exclut, dit-on, les règles postérieures au Code.Oui, mais sur ce point (des mariages mixtes), la règle, c’est le décret Tametsi, La déclaration bénédictine n’était que sus pensive de la loi générale; elle ne valait qu’en certains pays.Le Ne temere, en supprimant l’exception, fait rentrer tous les pays (le Canada inclus) dans la règle générale établie par le Concile de Trente.Si, comme l’affirme M.Jetté, tous les décrets de ce Concile ont été “formellement acceptés par l’autorité séculière”, en France et au Canada, le Ne temere n’a d’autre effet que de rétablir en Canada la “règle” en supprimant l’exception.Donc, il a force de loi civile.Si, au contraire, la thèse anglo-gallicane et étatiste, soutenue par le juge Archibald (et avant lui par le Conseil souverain de Québec et par le juge-en-chef Sewell) est vraie, le décret AV temere n’a “aucun effet civil”.C’est ce que M.Charbonneau jugera en 1912.Mais en attendant cette décision, la presse orangiste et ultra-protestante fait rage contre les “empiétements de la Cour de Rome” et l’insupportable prétention d’un “pouvoir étranger” d’intervenir dans nos affaires.La mention du Ne temere dans la ca^ise Hébert-Clouâtre, alors en délibéré, produit sur ces énergumènes l’usuel effet du rouge sur le taureau furieux.La question est portée au parlement par un député ontarien, M.Lancaster.Le 20 novembre 1911, il présente un projet do loi, dont voici la traduction officielle: Toute cérémonie ou forme de mariage, célébrée jusqu’kî et à l'avenir par toute personne autorisée à accomplir la cérémonie du mariage en vertu des lois de la localité où elle est accomplie et régulièrement accomplie en vertu desdiles lois, sera considérée dans toute l'étendue du Canada comme un mariage valide, nonobstant les différences de croyances religieuses des personnes ainsi mariées et sans tenir compte de la religion de la personne présidant à la cérémonie» 2.Les droits et devoirs respectifs des époux ainsi mariés et des enfants issus desdits mariages seront absolus et complets, et aucune loi ou décret eanonique ou continue d’une province quelconque du Canada n’aura de force ou d'effet pour invalider ou mitiger d’une manière quelconque un tel mariage ou un des droits desdits époux ou de leurs enfants.1» Le débat s’engage sur la deuxième lecture, le 22 janvier 1912.Le premier ministre annonce que le gouvernement a décidé de soumettre toute la question à la Cour suprême ef au Conseil privé.De la discussion parlementaire, il y a ceci à retenir: le premier ministre.M.Horden, et le leader de l’opposition, M.Laurier, le ministre de la Justice, M.Doherty, le ministre des Finances, M.White, et le ministre des Postes.M.Pelletier, sont d’accord sur un point: le décret Ne temere n’a aucun effet civil.5 On voit qu’en déclarant la même chose, un mois plus tard, le juge Charbonneau est en bonne el nombreuse compagnie.Il enfonce une porte toute grande ouverte.Henri BOURASSA i Ces citations sont empruntées à la version française du décret, transmise par l’archevêque de Montréal.Mgr Bruchési, aux prêtres de son diocèse, le 16 mars 1Î1ÙS.Sfandemcnts du diocèse de Montréal, tome XIV.pp.205 et scq.(édition de 1914*.- Ceci modifie les instructions de la Propagande, de 182d et 1835.Voir notre article du 1er juin.’ Voir notre article du 11 juin.* Débats de la Chambre des Communes.1911-12.col.12.» Debates House of Commons.1911-12, col.1625.1639.1649-51, 1689, 1695.I>e plus remarquable de res discours est sans conteste celui de M.White.DEMAIN : — Le Devoir publiera une “lettre d’Europe'* de M.Alcide Ebray, ancien ministre résident de France: “I^es élections belges et anglaises — Le dualisme belge: Wallons et Flamands, rulture française et culture néerlandaise — Le séparatisme flamand — L’émiettement des partis belges — Le nouveau gouvernement anglais et l'Europe*1.Bloc-notes Au Soleil Mercredi, le Chronicle-Telegraph de Québec a annoncé qu’un syndical, dont MM.les sénateurs IVJ.Paradis, de Québec, et Raymond, de Montréal, formeraient partie, vient d’acheter le Soleil, à ce qui se dit dans le monde québécois.M.Georges Parent, président de la compagnie de publication du Soleil, interrogé là-dessus, a dit: ‘‘Je n’ai rien à communiquer.’’ A l’Ené-uement, hier matin, on a rapporté l’information du Chronicle-Telegraph en disant que cela “a causé quelque surprise en ville”.On n’y rapporte rien de ce qu'aurait pu dire M.Parent, car celui-ci s’est absenté dans l’intervalle; quant à M.Gagnon, directeur-gérant du Soleil, il “s’est contenté de déclarer qu’il n’en sait rien”.Par ailleurs, VAclion Catholique d’hier soir, après avoir fait allusion à “la vente probable du Soleil’', ajoute: “Nous apprenons ce matin que le marché est pratiquement fait.On nous dit que les principaux membres du syndicat sont M.Nicol, trésorier de la province, et M.Howard, député de Sherbrooke au fédéral.Le Soleil, nous informe-t-on, resterait l’organe du parti libéral.” Le Soleil, hier soir, dit que “toutes ces rumeurs sont sans fondement”, selon M.Parent.La famille de feu M.S.-N.Parent détient en effet la majorité du capital-actions du Soleil; et du moment qu’elle disposera de ses intérêts, les acheteurs nouveaux deviendront maîtres incontestés du journal.On parle aussi de tout un remaniement d’une partie de la presse quotidienne de langue française, à Québec, à Sherbrooke et ailleurs, de la fusion prochaine de journaux agricoles sous une direction unique, etc, Il se prépare du nouveau dans la coulisse.A Chicago On est en train d’y dévoiler des scandales municipaux de tout genre.De fausses listes de paie auraient fourni l’occasion à des brasseurs d’affaires véreuses de soutirer! à la municipalité des millions de dollars pour des travaux d’utilité publique mal faits, ou en partie inexécutés.Les citoyens demandent une enquête là-dessus, en même temps que sur l’administration générale des affaires de Chicago.Quelqu’un d’autorisé prétend par ailleurs qu’il v a en liberté à Chicago plus de 10,000 criminels déjà condamnés à la prison ou au bagne par différents tribunaux d’Amérique.Evidemment, si tout cela est fondé, il est facile de comprendre pourquoi Chicago tient tant à détourner des quantités considérables de.l’eau du lac Supérieur pour sa : consommation domestique.Elle veut se nettoyer.Faudrait-il dire, en parodiant Shakespeare, que “le lac y passera sans laver la souillure”?Faites fie l’or Un alchimiste de France, M.Jol-livet-Gastelot, vient d’affirmer que ses prédécesseurs en alchimie du Moyen-Age ont eu raison de chercher la pierre philosophale, et qu’il est possible de faire maintenant del l’or avec des métaux inférieurs.Il prétend en avoir fabriqué lui-même dix milligrammes.Généreux, il en donne la formule au public.La voici, — telle qu’elle paraît dans de toutes récentes dépêches: “Six grammes d'argent libre de toute trace d’or; deux grammes de soufre et d’antimoine; un gramme d'orpiment — sulfure naturel d’arsenic; un gramme d’étain très pur.Mettez dans une cornue, chauffez à 1100 degrés centigrade, lavez dans un mélange d’acide nitrique et d’eau régale”.C’est simple.Maintenant, si vous voulez de l’or, beaucoup d’or, commencez par dépenser votre argent, pour vous monter un laboratoire.pour acheter les matières chimiques nécessaires à la fabrication de l'or, des cornues, des éprouvettes, etc.— et courez risque de ne pas réussir ou d’avoir de l’or artificiel qui vous coûtera plus cher que l’or naturel.Leur “t’iV primitive” Un journal de Toronto, dans une note par ailleurs fort élogieusc sur l’ile d’Orléans, "demeure d’une population heureuse, sobre et industrieuse”, parle de “la vie primitive des gens de l’ile”.Primitioe, li* mot est un peu fort.1] n'v a peut-être pas dans toute la province de Quebec de population rurale plus à I aise, tout en étant économe et prudente, que celle de Pile d’Orléans.On y voit, sur la roule qui entoure l’ile, des automobiles qui ne sont pas toutes à des touristes ou à des villégiateurs.Les gens de l’ile ont organisé une société coopérative propriétaire d’un bateau-passeur tout à fait moderne, pour échapper à la domination d'une compagnie de navigation qui les exploitait depuis longtemps; ils vendent sur le marché québécois des fruits excellents, un fromage savoureux, un sucre d’érable sans pareil, qui leur rapportent des milliers de dollars par saison, fis placent chaque année une somme appréciable de leurs épargnes en hypothèques sur des biens-fonds, à Québec et ailleurs.Us vivent confortablement, dans de bonnes maisons bien meublées et bien chauffées, l'hiver; ils entretiennent avec soin les anciennes maisons, datant du XVIIle siècle, don» leurs familles sont propriétaires depuis des générations.Il n'v a pas d'illettrés sur Plie.Ils font instruire leurs fils et leurs filles dans de maisons d'enseignement sur Pile, ou sur la terre ferme.Beaucoup d'Ontariens ne vivent pas mieux, ne sont pas aussi riches propriétaires que les Orléanais, — si l’on peut appeler ainsi les gens de cette île, joyau de notre province.Aussi bien le couplet du quotidien de Toronto a leur sujet, s’il est louangeur, — et fondé, là-dessus, est plus ou moins inexact, par ailleurs, en ce qu’il donne une fausse idée de la vie de ces insulaires.G.P.L’actualité Le quiproquo Choses fédérales Pour les automobilistes, la crainte de l’uniforme est le commencement de la sagesse.Mais la crainte est mauvaise conseillère.L l'a appris fl ses dépens.Il s'en allait ces jours-ci sur la route qui conduit aux Laurentides, dans une voiture verte, tout étincelante encore, car elle avait peu roulé.4 Sainte-X.il cons/a/e un rassemblement devant le collège.On Tovationne.Ces acclamations, il le sait, ne s'adressent pas à sa chétive personne, mais au missionnaire revenu du fond de l’Ouganda et qui est son hôte.Il est tout de meme curieux, pense-t-il, que son passage ail été signalé.Et quant au missionnaire, lui-même, modeste comme ils le sont tous, il refuse absolument d'accepter celle manifestation d'enthousiaste respect.Il doit g avoir erreur sur la personne, comme disent les gens de robe.Complication plus grande encore.Une motocyclette prend le centre de la route.Elle est enfourchée par un homme en uniforme tout galonné qui fait signe an chauffeur de la voiture verte de le suivre.Le chauffeur jette un oeil inquiet sur son odomètre.Zut/ U faisait du 35 à l’heure et dans un village.Il est pincé.Le plus simple est d'obtempérer très respectueusement « l’ordre de l’homme revêtu de la majesté de la loi.Il suit donc docilement.L'uniforme met.sa motocyclette à 25 milles.Vingt-cinq milles, ce n’est pas très vite, c’est même inférieur de cinq milles à la vitesse licite et de dix à la vitesse tolérée.Mais quand on vient de violer un règlement, il faut montrer une repentance aveugle.Voilà donc la voiture a vihfft-cinq milles.En un instant elle est à la tête d'un défilé imposant: cent voitures peut-être sont derrière elle dont bon nombre cornent leur impatience.Les plus audacieuses se hasardent au milieu de la route, veulent doubler cet escargot roulant, mais dès qu elles aperçoivent le gendarme, impressionnées, elles rentrent vite dans le rang.Le lent, lent, lent défile continue de la sorte.Dans les villages, les gens s’agenouillent et s'inclinent au passage de la voiture, — C'est extraordinaire, dit le chauffeur au missionnaire à la barbe d’airain qui est son condisciple, c'est extraordinaire ce que tu es connu el ce qu'on l’estime.Ah! si les nègres pouvaient voir cela! Mais l'autre se défend: — Je ne comprends goutte ù toute celle affaire.I! y a évidemment erreur, quiproquo.Je sens très nettement que ces attentions se trompent d’adresse.On verra bien plus loin.Plus loin c'est Saini-Z.On g pénètre à peine qu'une fanfare éclate.C’est le corps de musique qui précède les cadets.La voilure marque le pas.Et l’homme galonné dirige les évolutions des petits bonshommes en uniforme.Ils se rangent de chaque coté de l’automobile verte qui est suivie maintenant par plusieurs centaines d’autres et présentent les armes.Lu foule borde les trottoirs et s’agenouille avec grand respect.Le chauffeur sue à grosses gout-tes.Qu'est-ce que ça peut bien etre?(, est sûrement la première fois qu’un délinquant est escorté au bloc avec tant d’emphase; < ar il ne doute plus maintenant, bourrelé de remords, que ce policier fâcheux n’ait voulu faire un exemple.Soudain un arc de triomphe.En lettres rouges sur fond blanc: BIENVENUE A MONSEIGNEUR.C'est comme un éclair qui traverse l'esprit des voyageurs.“Ça g est.c’est invraisemblable, incroyable, mais on les a évidemment pris pour Monseigneur qui s'en vient en tournée pastorale, administrer ia confirmation.— Vite, dit le missionnaire, vite, an plus coupant, prends la première rue transversale.Je n’ai jamais ru aussi chaud à l'cquateur.Mais tes rues transversales sont rares et foutes bloquées par des voitures.Enfin! en voici une où l'on peut se hasarder, l'n vigoureux coup de volant et la voilure quitte la rue, débande les cadets, bondit dans retie sortie propice.Qui est-ce oui fait une tête?Le chef de police qui voit soudain échapper ce qu'il avait pris pour la voiture épiscopale.Le défilé est rompu.Et la vraie voilure, celle a laquelle on destinait tous ces honneurs, dit être encastrée quelque part dans cette longue cheville multicolore qui se tortille sur la grande route voilée d'vve poussière grise.Pour un quiproquo, c’en fut réussi et double.Le chauffeur se croyait pincé pour excès de vitesse et le chef de police pensait conduire solennellement un prélat en tournée de confirmation.Paul ANGER • Le rapport de la galerie nationale Lu ville d'Ottawa n’étant pas construite, ainsi que relié de Montréal, tout autour d’une montagne qui lu domine, n’ayant pas non plus .ce dont elle doit se féli- citer — de gratte-ciel de vingt étages ou davantage, il faut s’y prendre autrement pour en obtenir une vue d’ensemble.Pour découvrir la capitale à vol d’oiseau, on peut la survoler en aéroplane, mais c’est assez coûteux; et puis, quoi qu’on en dise, une tournée en aéroplane reste une aventure qui comporte encore un certain risque.Il est bien plus simple de monter, au moyen de deux ascenseurs successifs, rapides et commodes, jusqu'au haut de la tour de l’horloge du parlement.En passant, l’un des deux ascenseurs stoppe d’habitude au niveau des cloches du carillon.On regarde tout en écoutant les explications du guide qui n’est autre que le préposé à la direction de l’ascenseur.Cet homme, qui est un vétéran médaillé do la guerre de 1914, vous permet même de jeter un coup d’adl sur le clavier ci sur le pédalier du cari Honneur.Puis il vous hisse jusqu'au sommet «le la tour.De là-haut, à quelques cents pieds d’altitude, non seulement domine-t-on la ville mais on découvre encore la région environnante: vers l’ouest, Hull et ses usines, l'embouchure de la Gatineau et, au delà, la ligne accidentée des Laurentides; dans les trois autres directions, la ville d’Ottawa, enfouie dans la verdure.Au ponant, c’est-à-dire vers l’est, en regardant en face de l’édifice du parlement, on aperçoit deux constructions qui, par leurs dimensions, tranchent sur le reste du paysage: un toit rouge, un peu à droite, c'est l’un des pavillons du terrain de l’exposition; une maison en pierre grise, juste en face, c’est Je musée Victoria.Pour sc rendre du parlement au musée, rien n’est plus facile.En sortant par la porte principale, celle qui passe sous la tour, on marche tout droit, on prend la rue Metcalfe et l’on va jusqu’au bout.La rue Metcalfe s'arrête au musée.C’est, à pied, un trajet de dix minutes à peine.Pendant la guerre, après l’ineen-j die de 1916 qui détruisil l’ancien 1 édifice parlementaire, le musée Victoria, construction d’aspect sévère, donna refuge à nos législateurs fédéraux.C’est là que fut votée la loi de conscription et c’est là aussi que M.Ernest Bilodeau écrivit des lettres parlementaires pour le Devoir.Le musée Victoria est redevenu simplement musée des beaux-arts.Il abrite quelques-unes des collections «le notre Galerie Nationale, quelques-unes seulement parce que l’espace manque et que la plupart des tableaux «pie le gouvernement fédéral possède se trouvent dans les bureaux des différents ministères ou encore dans les voûtes «les archives nationales.11 est question, depuis longtemps, d«' construire un musée qui soit suffisant pour recevoir tous nos trésors artistiques, Mais il est des nécessités plus urgentes.D’une année à l’antre.notre Galerie Nationale s’accroît mais sans que nous trouvions moyen de la loger convenablement.La Galerie Nationale dépend du ministère «les travaux publics, dirigé par M.J.-C.Elliott, mais elle esl administrée par une commission de fiduciaires : MM.F.-.L Shepperd président, Vincent Marchand.Norman Newton McTavish el ce dernier directeur.Chaque année la Galerie Nutiona-j le reçoit une somme d’environ I *100,000 pour acheter (ks tableaux.! des sculptures, etc.Elle rend des| comptes au ministre qui en rend, à son tour, au parlement.Au «ours de la «Ter ni ère session.' la commission des fiduciaires d*1’ la Galerie Nationale a présenté un! rapport imprimé sur beau mpierj et superbement illustré.II appert j que des $100.000 «1«- l’exercice 1927 i 28, une somme de $74,146.59 a été| affectée à l'achat «l’oeuvres d’art.$6.497.97 au paiement de salaires, j $19,341.49 à Tentrcticn du musée | jet qu'il reste $13.95 en caisse.Les acquisitions comprennent plusieurs tableaux anciens et «Ici grande valeur: ‘TEnfant Jésus et| saint Jean”, une toile de Sandro j ! Botticelli (1444-1510), l’un des! peintres les plus en vue de la Re-j naissance florentine; “la Madeleine) Repentante", de Paolo Cagliari, dit; ! Paul Veronese (1528-1588), 1« plus, (grand peintre décorateur do l'école; vénitienne du seizième siècle, pm-l j bablement le plus gram! peintre décorateur «le tous les temps; “Por trait d’un marchand”, par un artis-j te de l'école primitive française «!«• j Fouquet (1415-1485); “Offrande à jPan".par Benedetto C.astiglionc, «b i l'école génoise du 17ème siècle;) ) quelques autres toiles: "Côte «le' Bretagne”.par Charles CotteU 1(1863-1925); “La pomme", par \Guisseppi Montanari.| Les acquisitions les pins nom-) 'tireuses sont «les oeuvres de Cana-jdiens: des tableaux à l’huile pari Maurice Cullen, Challener, Homer-j |R.Watson, Clarence-A.Gagnon, Co-( ijin Forties; des pastels et des a«|ua-I relies par William Bryinner, Emil” Car.des dessins par Hugh-A.Val-j lance.C.-W.Jeffreys, Hugh-G.Jones, John M.Lyles, I Melville Miller, des estampes par plusieurs ar- M.ROSARIO LESIEUR, P.S.S., NOMME VICE-SUPERIEURDÜ GRAND SEMINAIRE M.l’abbé Yelle, P.S.S., supérieur du séminaire de théologie ci M.l’abbé Eugène Moreau, P.S.S., supérieur du séminaire d* philosophie, s’embarquent mardi pour l’Europe.Ils assisteront au chapitre de Saint-Sulpice à Paris.M.Yelk* sera suppléé pendant son absence par M.l’abbé Rosario Lesieur, P.S.S., nommé vice-supérieur du grand séminaire et qui, en cette qualité présidera aux retraites ecclésiastiques.Dans les milieux bien informés, on nie que M.Neveu, P.S.S.supérieur du collège de Montréal doive être remplacé par M Eugène Moreau, supérieur du séminaire de philosophie.La san te de M.Neveu est sensiblement améliorée.11 a pu assister mar «••• i\ être consacrée entièrement a t n-chat d’appareils de jeux.I.i> H, P.Allaire et Boileau ont commencé leur travail le 25 juin et continueront jusqu'au 1er septembre.Ils sont à la disposition îles enfants tous les jours l'avant-midi et l’aprés-midt jusqu’il I heure du dîner.Depuis que cette initiative a etc prise, il v a une assistance moyenne de prés île 100n garçons par jour, disait hier le Dr Gad-hois, surintendant du service «les récréations.La ville a aussi engagé un professeur de chant qui enseignera plusieurs chansons populaires aux garçons.Des institutrices seront engagées à partir du 1er juillet pour la surveillance des fillettes.La ville continue a améliorer tous les terrains de jeux.Elle est actuellement è en aménager huit ! nouveaux qui seront complétés au ! cours de juillet.Ces terrains sont situés aux en PREMIER CONGRÈS EUCHARISTIQUE A I n; R B A N\ Â FR IQ U E-S l! D Home, par courrier (Agence Filles).l'a câblogramme de Durban à YAgenee Fides annonce que le premier congrès eucharistique national tenu en Afrique du Sud a remporté un magnifique succès.Ge congrès eucharistique eut lieu h Durban, du ’h) mai au 2 juin.Durban est la ville épiscopale de Mgr Delalle, O.M.I., né à Arracmirt, au diocèse de Nancy, en 180!) et qui étant vicaire apostolique de Natal depuis 11IOH, fete cette année même ses noces d'argent épiscopales.Les autorités civiles favorisèrent le plus possible ces fêles eucharistiques, apportant aux autorités nli-gieuses le concours le plus empressé.Grâce à cet accord, la procession put se dérouler solennellement, suivie par 15,1)00 catholiques.Un message de filiale vénération fut envoyé nu Snint-l’ère, au nom îles catholiques de l'Afrique du Sud.La réponse du Saint-l’ere parvint pendant la procession.Lecture en fut aussitôt donnée aux assistants.Malheureusement, le Délégué, apostolique, Mgr Gijewijk, O.P., malade, ne put assister au congrès.Ce congrès comprenait quatre sections, une anglaise, une française, une indienne, une zoulou, l/e sujet de la section anglaise était : ‘"L'Emancipation catholique et la messe".Celui de la section française: "La vie catholique et la sainte communion".Celui de la section indienne, "La sainte eucharistie et les problèmes Indiens”.Celui de la section zoulou, "La messe et la communion fréquente, ses raisons et sa pratique".C’est la première fois qu’en un congrès cucharistque une section zoulou est constituée.Les 19 territoires ecclésiastiques droits suivants: dans le quartier de l’Afrique du Sud britannique comptent 253,444 catholiques, d a-près les statistiques de 1927.Depuis lors, le territoire de la Mission Indopendante de Queenstown a été détcahée du Cap de Bonne Espérance oriental.réal.Il a remercié aussi le Dr Gagné de ce qu’il a fait.Le chef Langevin, longuement acclamé lorsqu’il s’est levé pour adresser la parole, a parlé en français et en anglais.Il a dit aux journalistes combien il était heureux de la sympathie que tous paraissent avoir pour les policiers de réal.Les autres orateurs se sont appliques à reconnaître les efforts méritoires et fructueux de la nouvelle direction de la police et ont insisté sur la nécessité d’une plus étroite coopération entre la police et les journalistes afin de tenir le public plus au courant de l’excellent travail de ceux qui veillent à la protection de la population.Ont adressé la parole en cette circonstance: MM.A.Laberge, de là liesse; J.Rowntree, du Star; F.-X.Narbonne, du Devoir, M.Newman, du Herald, M.Ferguson, du Herald, J.-C.Lefrançois, de la Patrie, M.Forester, de la Gazette; Pigeon, du Bulletin; J,-A.Loranger, Rare .Je la Presse.J.-E.-A.Pin.du Cana da.MM.le capitaine Lebeau et ^inspecteur Kavanagh.tier Villeray; dans le quartier St-Jacques, rue Amherst, en haut d Ontario; dans le quartier Ste-Marie, rue Lafontaine, prés de Dufresne; dans le parc Notre-Dame de Grâce, â l'angle des rues Sherbrooke et Girouard; dans te quartier Rosemont.5 l’angle des rues Randurand Mon».(et Iberville.T.a ville se propose d'ouvrir encore deux nouveaux terrains de jeux au sujet desquels on prendra sous peu une décision quant au site.Cela portera â 25 le nombre des terrains de jeux à Montréal.M.C.-L.Burton, nouveau président de la Madame Burton.Robert Simpson et Service amélioré du C.P.H, entre Montréal et Québec Des permis pour les bicyclistes M.Arthur Gaboury, de la Ligue de Sécurité publique, vient d’adres-ser au president du comité executif.M.A.-A.DesRoches, une lettre dans laquelle il lui suggère d’obliger tous les bicyclistes â se procurer un permis, soit à l’hôtel de ville, soit dans les postes de police.M.Gaboury fait remarquer qu’il est très dangereux de voyager en bicyclette dans les rues de notre ville et qu'il serait temps de faire l’édu-caeion des bicyclistes qui ne connaissent ou n’observent pas les règlements de la circulation.La Ligue de sécurité vient de former un club des Bicyclistes Prudents et elle désirerait enrôler tous les membres qu’elle pourrait atteindre afin de faire leur éducation.M.Gaboury voudrait aussi que les marchands de bicyclettes fus sent forcés de rapporter leurs ventes, avec les adresses des clients.Seoul s «le passage ici Montréal reçoit aujourd'hui la visite d’un groupe de Boy Scouts de Saint-Louis qui passera la journée ici avant de s’embarquer pour l’Europe.Les trente jeune garçons ont traversé de Detroit à Windsor hier et ont pris le rapide «tu Canadien National pour venir à Montréal.Ils s’embarqueront demain à bord du Régina, de la ligne White Star.Avis de décès BR TEN.— A rhftpltal Balnt-v-,.-ont particulièrement Ce sont (1927 et 1928 à 19)9 1914): Nécrologie BEATILNE — A Montréal, le 28, 8 «4 ans ManruerU» Beaulne, épouse rte (eu Isidore Edmond Beaulne BOUCHARD — A Montréal, le 25, A 22 ans YTonnetto Bouc hard BRIEHE — A St-Henri, le 28.A 59 an» Michel Brlère, BEI ISLE — Dame veuve Paul Béllsle.née Marte Beaudoin, à Montréal, à 87 ans COUSINEAU — A Villa St-L«urent.le 28.à 49 ans.Henri.(Us de (eu Ludger Cou al neau GRAVEL — A Montréal, le 22, à 90 an» Mme veuve Jérémie Gravel, née Elolse Beauchamp.LEPAGE - A Montréal, le 28, A 48 an*.Emile Lepage PERREAULT — A Beloel!.le 27.A 85 an», Roea Adam, épouse d'Alexis Perreault.SENNEVILLE — A I HflplUl du Sacré-Coeur.Lucien Sennevllle.TESSIER — A St-Caslmlr.le 21 A 88 an* Mme veuve Hubert-Paul Te**ler VALLERAND Au lac CAmeron.le 23 A 23 an».E’zér Vallerand et de Camélia Côté.„ -____________ 1 SYNDICATS CATHOL-NATI0MUX | W i 0|«| «• 1 Î.ES SYNDICATS CATHOLIQUES Aclions do «Truces Le Conseil central des syndicats! catholiques s’assemble ce soir à l'édifice des syndicats catholiques,.1231 Demontigny est.à 8 h.15.Il* y aura étude de resolutions à être présentées au prochain congres dej la C.T.G.C.et rapport «les différents comités.Ce soir, à la salle «les syndicats! catholiques, assemblée «Ju syndicat! des cordonniers, local No 3 des tail- ! leurs.M.G.Laurier, agent d’affat-j ri's.présentera un rapport sur les i activités.Mgr l'archevêque-coadjuteur demande que le dimanche 7 juillet prochain, dans toutes les églises et chapelles publiques ou se fait habituellement le service divin, on «Use des prières d’actions «le grâces et qu’on chante le Te Deum pour remercier Dieu du retour à la santé de notre souverain.Sa Majesté George V.(Officiel.) La Spciélé Coopérative PB FRAIS rt'NFKAIRES Entr^prrue’iri 'l* Pompe» Kidièbrft H Aftsurvncrt Funéraire»» HARBOUR 5555 882, RUE SAINTE-CATRER»VE EST " - Avez-vous besoin de bon» livres?Adressez-vous au Service de librairie du “Devoir", 430 rue votre-Dume est, Montréal.(Téléphoné; HArbour 1?41* ___1___ DOCTEURS!! 0«lff».GAllot A- pilon de Paris.Oslioi» * ci* d» Lyon E Sp*ng;er de r»r!«.«ont «ctusllemcnt r*pr4.•entés â Montré»! pour tou* offrtr A de» condition* tré* «vantaaeii*es;— Rayons X.Diathermies, Electrolhérapie.t'itra-Vlolet*.Infra-Rouge*.4pp».relit médlcans.Lampe* atrUtlquet pour salle» rt'o,iera,i'»n*.littérature et devis sur demande.Service d'un Ingénieur électrtclen-rarttologlate PAUL CARDINAUX Doc **14' t** "PréciMi-n Français,»" .1(58 9t-Denis HA.2357 MONTRKAI.: Produits agricoCs, prix «le gros 135 Indice généra du commerce «le gros .151 Articles a«'hctes par l'agriculteur .15.) j Impôts sur la propriété agricole «1926 comparé à 191 I) .253 ! Salaires agricoles.1 /0 I Salaire* industriels (New-York ! iuin 1914-100) .232 * L’agriculture est aujourd'hui en- core "occupation de la mojorile (b-s travailleurs.La .situation défa-vorab e «le ’‘agriculture, en réduisant la capacité d’achat do la population rurale, parait être Tune «les principales causes — sinon la cause principale - du malaise economique
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