Le devoir, 20 décembre 1979, jeudi 20 décembre 1979
d Tfoct- cUte4-êe avec un titne UH uAxHHCmCHt OTTAWA HULL MONTRÉAL SHERBROOKE TROIS MÏIERES c Vol.LXX — No 297 Ensoleillé, moins froid.Maximum -10.Montréal, jeudi 20 décembre 1979 Férié 25 CENTS l'actualité économique Les ventes ont démarré lentement Si les tiroirs-caisses n’étaient pas électroniques, ils recommenceraient a tinter allègrement dans les grands magasins.qui émergent enfin du tunnel à moins d une semaine de Noël.À cause du temps relativement clément des derniers mois ainsi que des grèves de l’automne, les Montréalais ont mis beaucoup de temps à reprendre le chemin de leurs grands magasins, dont le bilan s'annonce très maigre pour le dernier trimestre, qui est le plus important.—page 11 Faible croissance en 1980 La prochaine décennie partira plutôt mal si l'on s'en tient aux prévisions annoncées hier par l'OCDE et le Conference Board du Canada.L'économie occidentale glisse directement vers une récession sévère qui portera à 10% le taux moyen de chômage en Amérique du Nord et en Europe.Les augures montrent une croissance négative pour les USA le Canada devra se contenter d'une hausse très minime de sa production industrielle.(Sur la photo: Torn Maxwell, économiste en chef du Conference Board) — page 11 ¦ Les échos de l’Assemblée nationale — page 2 ¦ Parcs régionaux: la CUM fait sès premiers achats ¦ Construction: les négociations se déroulent norm-malement — page 3 ¦ Les confusions de la CSN: un éditorial de Jean-Claude Leclerc — page 4 L’enterrement du reli-ieux assassiné ravive anti-américanisme à Téhéran — page 8 ?LEGER LIGHT Le scotch lüger, clair et sec, au goût du Quebec.if >4 15 h aujourd’hui Lévesque dévoile la question par Bernard Descôteaux QUÉBEC — C’est à 15 h aujourd’hui que le premier ministre, M.René Lévesque, fera connaître à l’Assemblée nationale la question qui sera soumise par son gouvernement aux Québécois à l’occasion du référendum du printemps sur l’avenir constitutionnel du Québec.Le leader parlementaire du gouvernement, M, Claude Charron, a informé les partis d’opposition de cette décision au cours de l’après-midi hier alors même que ses collègues du conseil des ministres étaient réunis pour adopter ce projet de question.C’est par le biais d’une déclararion ministérielle que le premier ministre fera connaître la question a-t-il indiqué.Le règlement de l'Assemblée nationale prévoit que dans un tel cas les chefs de parti ont le droit de répliquer brièvement à la déclaration présentée par le gouvernement.Au mois de juin, le premier ministre avait fait connaître à la chambre les grandes étapes prévues à son échéancier référendaire.Il s’était alors engagé à déposer à l’automne un livre blanc sur sa politique constitutionnelle, puis à faire connaître avant rajoume-ment des fêtes de l'Assemblée nationale la question qui serait soumise au référendum.L’intention était alors de permettre d’engager assez tôt le débat et la réflexion sur ce projet de question qui, comme le prévoit la Loi 92 sur les consultations populaires, doit être adopté par l’Assemblée nationale lors d’un débat de 35 heures.Ce débat aura lieu en février, vraisemblablement après la tenue des élections fédérales du 18 février.La discussion au sein du gouvernement sur le projet question s’est amorcée avec la discussion à la fin l’été du con de de l’été du contenu du livre blanc sur la souveraineté-association.Même si on ne précisait pas alors le contenu définitif de la question, on indiquait néanmoins dans le livre blanc qu’elle serait claire, qu’elle se répondrait par un OUI ou par un NON, et enfin qu’elle toucherait à l’objectif ultime du gouvernement, à savoir une nouvelle entente avec le Canada, et au moyen d’y arriver, soit la négociation.Une fois le livre blanc déposé au début du mois de novembre, les discussions sur la question se sont poursuivies, mais cette fois au sein du comité référendaire présidé par le premier ministre.Plusieurs hypothèses de question furent examinées au sein de ce comité.Toutefois l’essentiel du débat a porté sur la nature du mandat qui serait demandé aux Voir page 6: Lévesque M Maurice Bellemare S’il est reporté au pouvoir faitse$fre Crosbie déposera le même budget adieux QUÉBEC (PC) — Le doyen de l’Assemblée nationale, le députe de Johnson, M.Maurice Bellemare, a annoncé hier sa démission comme député.Avec des sanglots dans la voix, M.Bellemare a dit qu’il posait ce geste avec « regret et émotion ».M.Bellemare a rendu hommage à son épouse, Blanche, et a eu des mots genüls pour chacun de ses collègues de l’Assemblée nationale.À l’endroit du premier ministre René Lévesque, M.Bellemare a souhaité du « courage pour défendre l’autonomie des Québécois ».Au chef libéral, M.Claude Ryan, il a dit « bonne chance dans la défense de notre fédéralisme ».Il a invité l’Union nationale, dont il se dit toujours membre, à « la prudence dans les alliances projetées », rappelant que le fondateur du parti, M.Maurice Duplessis, voulait garder ce parti hors de l’emprise d’Ottawa.M.Bellemare.qui a dit partir « avec sérénité et sans aucune rancune ».a également rendu hommage aux journalistes, à son personnel de bureau et à celui de la Chambre.Il a invité M.Lévesque à émettre les décrets d’élections pour le comté de Johnson dans les plus brefs délais.« Adieu, au revoir, et mission accomplie », a-t-il conclu.Tous ont rendu un hommage au démissionnaire.Le chef de l’Union nationale, M.Rodrigue Biron, a dit qu'une page d’histoire était tournée.« Il était devenu un symbole, un parlementaire excellent et fougueux, et sa décision nous touche et nous déçoit », a-t-il dit.Pour M.René Lévesque, premier ministre, M.Bellemare a été un oarlemen-taire « attachant ».Il a salué sa bonhomie et son acharnement au travail, soulignant que son départ était presque « prématuré », compte tenu de sa forme physique.M.Ryan a noté de son côté que « sa carrière fut l’une des plus pittoresques, des plus sympathiques et des plus fructueuses.» M.Ryan a souligne son attachement pour ie Canada.Plusieurs autres députés ont marqué publiquement leur attachement au député de Johnson.Voir page 6: Bellemare Si le gouvernement conservateur est reporté au pouvoir, je représenterai aux Communes exactement le get.a promis hier le ministre des Finances.M.John Crosbie.de passage à Montréal.même bud-(PhotoCP) Pétro-Canada devrait avoir une raffinerie à Montréal (Broadbent) par Rodolphe Morissette Il ne faut pas seulement maintenir la société fédérale Pétro-Canada et amplifier sa vocation énergétique, pense le chef du Nouveau Parti démocratique, M.Ed Broadbent.Pétro-Canada devrait en outre avoir, dans la région de Montréal, une raffinerie de pétrole afin de pouvoir garantir aux distributeurs indépendants un approvisionnement raisonnable.M.Broadbent, qui rencontrait hier soir à Montréal une vingtaine de distributeurs indépendants d’huile à chauffage, a rappelé l'exigence qu'il formulait en mai dernier, dans le cadre de la campagne électorale du printemps: il faut que Pétro-Canada devienne le seul importateur de pétrole au Canada.Sinon, dit-il, les multinationales de pétrole vont continuer à détourner du Canada des provisions de pétrole qui lui sont pourtant destinées.À ces « pratiques déloyales », dit M.Broadbent.qui tendent à créer des pénuries artificielles, associées à celles selon lesquelles les multinationales imposent aux distributeurs indépendants des prix qu’ils ne peuvent concurrencer, le gouvernement doit mettre fin.Le chef néo-démocrate rappelle que ses propositions n’ont pas été entendues par le gouvernement libéral à Ottawa au printemps dernier, alors que la compagnie Exxon s'était livrée aux pratiques notées et qu'une enquête a confirmées par la suite.Le gouvernement Clark lui a fermé l'oreille egalement cet automne, après qu'il fut révélé que la société Ultramar-Golden Eagle avait détourné à son tour vers l'étranger du pétrole destiné au Canada.M.Broadbent veut que le gouvernement fédéral force les multinationales du pétrole à vendre leurs produits aux distributeurs indépendants.Et à des prix « équitables », afin de permettre la libre concurrence « Le NPD appuie le principe de la libre concurrence, dans la mesure où les dés ne sont pas pipés », a-t-il ajouté.Il faut aussi prévoir un ensemble de La Conférence de TOPER ajournée faute d’un accord CARACAS (d'après Reuter et AFP) — La Conférence de l 'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a ajourné tard hier soir ses travaux à ce matin, les 13 ministres du Pétrole n'ayant pas réussi à s'entendre sur le nouveau prix du brut, a annoncé le porte-parole de l'OPEP.La Conférence a été ajournée faute d'un accord global sur les prix.Les divergences subsistant sur le niveau des diffé-renciels et des prises de marché pourraient remettre en cause l'accord de principe sur le prix de référence (Marker Crude) à *26 le baril de brut de qualité Arabian Light.Ligh Le fait que les 13 ministres du pétrole tiennent à poursuivre leurs travaux après trois jours de réunion — une durée record pour l’OPEP - tend à démontrer qu'ils souhaitent trouver un terrain d'entente.Le ministre du Pétrole d'un des principaux pays du Golfe a déclaré que le problème serait réétudié plus tard par l’OPEP en séance extraordinaire Quelques heures plus tôt, certains ministres avaient déclaré que les divergences étaient en voie de conciliation et que le prix du baril de brut pourrait etre arrêté à $26 le baril.Cela aurait impliqué une concession de la part de l'Arabie Saoudite — premier producteur mondial avec 9,5 millions de barils par Jour — qui avait répété qu elle n'irait pas au-delà de *24 le baril Mais le ministre a déclaré qu après presque douze heures d'entretiens confidentiels entre les ministres ou leurs ex- perts, les choses n'avaient pas bougé.« C'est l'échec total , a-t-il dit.Les entretiens en question se déroulaient dans la suite de cheikh Ahmed Zaki Yamani.ministre saoudien de pétrole, à l’hôtel Tamaco où se tient la conférence, Les ministres doivent encore se réunir aujourd'hui afin de s'entendre sur le communiqué final de leurs travaux.Cheikh Yamani a toutefois déclaré à la presse: * Nous n'avons conclu aucun accord ».Et il ne s'attendait à ce que la situation se débloque aujourd'hui, ajoutait-il.À Londres, les craintes suscitées par les décisions que prendront les ministres du Pétrole de l’OPEP ont provoqué une flambée de 1 or qui a atteint un nouveau record spectaculaire de *494 l'once au fi-Voir page 6: OPEP mesures à prendre en cas de pénurie de pétrole.Il faudrait en 1 '• ocurrence « répartir également entre les petites et grandes entreprises les réserves disponibles, afin de ne pas étouffer les distributeurs indépendants ».Il a rappelé que depuis septembre, une cinquantaine de ces derniers, au Québec et en Ontario, ne peuvent plus s'approvisionner en pétrole Pétro-Canada devrait en outre devenir le seul importateur de pétrole au Canada et la société de la Couronne devrait être impliquée dans des entreprises de raffinage pour garantir l'approvisionnement des petites entreprises de distribution.Il a ajouté qu'une usine de raffinage devrait être étabue par Pétro-Canada dans la région de Montréal à cette fin.Pour finir, le gouvernement devrait accroître l’accès, via Pétro-Canada.des distributeurs indépendanLs de l'est du pays au pipeline de l'Ouest « Actuellement, dit-il, ils n'ont droit qu'à quatre minutes par jour.C'est ridicule ».Par ailleurs, le NPD n'a pas encore de candidats à annoncer pour les comtés du Québec en prévision de l'élection du 18 février.Hier soir, un certain nombre de candidats éventuels dits « prestigieux » poursuivaient leurs tractations entre eux et avec les dirigeants provinciaux du parti : chacun veut s'assurer que si l'un se lance dans la campagne, les autres le feront aussi On ne s'attend pas à de grandes nouvelles en ce sens avant le début de janvier.Même le chef de l'aile québécoise du parti, M.Jean-Denis Lavigne.candidat défait dans Lotbinière en mai.ne sait pas encore s’il sera candidat.D’une part il aura beaucoup à faire à la direction pour l'ensemble du Québec; de l'autre, son association de Lotbinière le prie de briguer les suffrages.Quoi qu'il arrive, le NPD-Québec se concentrera sur quelques com-endre a la i par François Barbeau Si le gouvernement conservateur de M.Joe Clark, est reporté au pouvoir le 18 février, il représentera aux Communes exactement le même budget qui a provoqué sa défaite le 11 décembre C’est la promesse qu’a faite hier devant les membres du Canadian Club le ministre des Finances, M John Crosbie, auteur de ce budget dont les partis d’opposition n’ont pas voulu.Pourtant, a fait remarquer M.Crosbie devant des hommes d'affaires qui buvaient ses paroles, nous, du parti conservateur avons été les seuls à avoir le courage de proposer et d'appliquer des mesures que les libéraux promettaient depuis des années Avec son humour mordant, M.Crosbie s’est évertué à démontrer que durant les deux mois et deux jours qui ont précédé le 13 décembre, le Parti conservateur avait fait de son mieux pour gouverner mais, a-t-il souligné, l’opposition, tant libérale que néo-démocrate, s’est ingéniée à nous mettre des bâtons dans les roues, puis nous a renversés en affirmant que nous avions démontré tlepuis le 22 mai notre incapacité à gouverner.Le Parti libéral pourtant n ’a jamais été trop préoccupé de remettre le pays en bonne posture économique, a lancé M.Crosbie, qui a donné aux Montréalais un avant-goùt de ce que sera la campagne électorale des prochains mois.Fier d’être Terre-Neuvien, M.Crosbie se venge un peu de toutes les blagues dont ses compatriotes ont pu faire 1 objet au cours des années, avec beaucoup de finesse C'est à l'endroit des libéraux qu’il décoche ses flèches les plus acérées, en disant d'eux qu'ils n'ont jamais été « sacrés » dans leur position de leadership.« Ils sont en chaleur depuis la publication des résultats du dernier sondage Gallup.Ces résultats ont agi sur eux comme un aphrodisiaque.» Les conservateurs, au contraire, ont bien l'intention de faire face à leur responsabilités, a promis M.Crosbie, mais il ne faudrait pas que les Canadiens attendent d'eux un budget de stimulation de l'économie quand ils ont hérité du gouvernement libéral d’un déficit accumulé de *46 milliards au cours des dernières années.Si par hasard nous augmentions encore ce déficit, de demander M Crosbie, quelles compagnies voudraient encore investir leur argent au Canada, ou même encore prendre de l'expansion et créer des emplois?Point par point, M.Crosbie a cherché ensuite a démontrer que le budget rejeté par l'opposition était en partie composé de mesures préconisées par le gouvernement libéral de M Trudeau, et notamment par le ministre des Finances de l'époque, M.Jean Chrétien.En verve, M.Crosbie s est amusé à justifier les mesures budgétaires conservatrices par de longues citations attribuables non à des conservateurs mais à des libéraux comme M Donald Macdonald, exministre des Finances.Des amis m'ont demandé si mon budget n'était pas un peu suicidaire, mais loin de moi cette idée, et les Canadiens, une fois revenus de leur surprise, verront jusqu'à quel point nous avions raison de procéder de cette façon, a expliqué M.Crosbie.La consommation d’essence, a-t-il rappelé, est à la hausse de 4% au Canaaa cette année, en dépit de la crise et de la nécessité de conserver 1 énergie.En fait, l essence coûte moins cher à l 'heure actuelle, si ton en compare le prix aux prix des autres produits, qu'il y a 25 ans « On peut penser qu'il est politiquement ridicule d'augmenter le prix du pétrole, mais c’est la solution à long terme qu’il faut appliquer ».Le gouvernement conservateur, a pourvoir page 6: Crosbie tés clés plutôt que de s'étendre i deur du Québec i gran- tPtimataii & fêoIritaUU 60 ouest, rue Notre Dame S45 319a 2 ¦ Le Devoir, jeudi 20 décembre 1979 Les échos de l’Assemblée nationale Une fin de session discrère Le dépôt aujourd’hui par le premier ministre Levesque de la question référendaire reléguera à n'en pas douter au second plan le travail législatif de l’Assemblée nationale qui, à cette période de l’année, est toujours intense.C'est l’événement qu’attendent de- Parlant de l'option fédéraliste de M.Ryan, il a souligné que malheureusement les Québécois l’attendaient depuis longtemps, mais qu’ils ne la connaîtraient que « quand elle aura reçu l’endossement final du premier ministre de l'Ontario et d'autres sans doute pendant le temps des fêtes ».M.Ryan s’est bien gardé de rele' puis plusieurs semaines tous les députés et tous le' ilever la remarque, préférant rester coi plutôt que de donner une occasion au premier ministre d’en remettre.les journalistes parlementaires.Aussi est-il permis de croire que c’est dans la discrétion que le parlement ajournera ses travaux pour le congé des Fêtes.Cet ajournement surviendra possiblement ce soir, tard dans la nuit, mais plus sûrement Mirabel et le fédéralisme rentable vendredi.Le leader parlementaire du gou-uae vernement, M.Claude Charron, a indiqué hier que les chances étaient « 50-50 ».Tout dépendra en fait du projet de loi 57 sur la réforme de la fiscalité municipale dont l’étude très complexe a piétiné.N’eut été de ce fait, et en dépit de l'adoption de deux lois d’urgence ces deux dernières semaines, l’une pour faire suite au célèbre jugement de la Cour suprême et l’autre pour mettre fin au conflit a Hydro-Québec, M.Charron croit que les députés pourront dès ce soir mettre le cap sur leurs destinations de vacances non sans être allé fêter la fin de la session avec le président de l’Assemblée, M.Clément Richard, qui pour l’occasion fait toujours un L'indécision du gouvernement fédéral face au développement aéroportuaire de la région de Montréal et plus particulièrement de l'aéroport de Mirabel a amené depuis quelques années le gouvernement du Québec à reporter la construction d'une liaison ferroviaire rapide entre Montréal et Mirabel.Le nouveau plan d'équipement de la région de Montréal en matière de transport prévoit une telle liaison en direction de Mirabel, mais on l'arrête en attendant les décisions d'Ottawa à Laval, dans le quartier Vimont.Interrogé à ce propos par le député de Ter-rebonne, M.Elie Fallu, le ministre des Transports, M.Denis de Belleval, a affirmé que le Québec en matière de transport est « l'otage du gouvernement fédéral dans ce .petit « party ».Lorsque la cl chambre se réunira cet après-midi à Î5 h, il ne lui restera qu’à adopter une quinzaine de projets de loi qui en seront tous rendus à l’étape de la troisième lecture, ce ?|ui, avec la bonne volonté de tous, peut se aire assez rapidement.Rappelons qu’il y a une dizaine de jours il y avait 27 projets inscrits au feuilleton, la plupart étant à l’étape de la deuxième lecture ou de l'étude article par article.M.Charron avait fait le pari de les faire adopter tous, et force est de constater que tout se déroule comme prévu.Cinq projets de loi plus importants que les autres pouvaient soulever les débats longs et difficiles: le projet 57 sur la fiscalité municipale, le projet 17 sur la sécurité et la santé au travail, le projet 71 sur les réformes préconisées en enseignement primaire et secondaire par le ministre de l’Education, le projet 73 sur Sidbec et le projet 77 sur les garderies.Si on regarde en arrière ce qui s'est passé, tout s'est bien déroulé somme toute.Le projet 77 fut rapidement adopté, et les quatre autres sont sur le point de l'être.Même le projet 17 que certains craignaient de ne pas voir adopte sera étudié en troisième lecture cet après-midi.domaine du fédéralisme non rentable ».M.Fallu aurait bien aimé, quant à lui, que le gouvernement prolonge cette liaison au moins jusqu’à Sainte-Thérèse, mais cela ne sera pas possible pour l’instant.Toutefois pour bien montrer sa confiance dans l’avenir de Mirabel, le ministre est prêt à acheter dès maintenant les terrains réservés par la municipalité de Sainte-Thérèse pour la construction d’une gare dans cette ville., Les Mémoires de Maurice Bellemare En démissionnant hier de son siège de dé- êge puté de Johnson, M.Maurice Bellemare a le' Quant au projet 57, en dépit d’une certaine i des coït opposition des commissions scolaires relayée par les députés libéraux, c’est la complexité de la réforme qui a davantage retardé les débats.Ne voulant rien brusquer, M.Charron a souligné hier que si la chambre doit siéger demain ne serait-ce que pour ce projet, on prendrait le temps nécessaire pour que cette réforme puisse entrer en vigueur comme prévu le 1er janvier 1980.¦ Les consultations de M.Ryan Le chef du Parti libéral, M.Claude Ryan, avait promis de consulter les chefs politiques des autres provinces avant de rendre publique son option constitutionnelle, question de vérifier les chances de réussite de cette option fédéraliste.Au Parti québécois on avait fait des gorges chaudes en affirmant que M.Ryan irait « bargainer » son option politique.Le temps de ces consultations est venu.Mardi M Ryan rencontrait le premier mi-nistre de l’Ontario, M.Bill Davis, qui eut des commentaires qui laissent songeurs, déclarant lui-même que le document de M.Ryan n’était pas prêt.On l’imagine facilement, le premier ministre Lévesque n’allait pas manquer l’occasion, et à deux reprises hier il a marqué le chef de l’opposition.levé un coin du voile sur ses activités futures.Il écrira ses mémoires politiques, une oeuvre qui semble déjà commencée.En faisant ses adieux à ses collègues de l’Assemblée nationale il nous en a donné d’ailleurs un avant-goût.C’est ainsi qu’il a promis qu’il y aura dans ce livre un long chapitre sur l’Union nationale dans lequel, il racontera bien des anecdotes, péripéties, encore inédites, particuliérement à propos de cette fameuse caisse électorale qui recelait des millions déposés en Suisse selon certains.C’était archifaux, a dit M.Bellemare.Il parlera, bien sûr, du temps de Maurice Duplessis, de Paul Sauvé, de Daniel Johnson et de Jean-Jacques Bertrand, les premiers ministres çiu’il a servis.Avec M.Duplessis, il dit avoir vécu intensément parce que celui-ci a été son maître.Avec M.Johnson, il y avait une relation encore plus étroite, car 11 était en quelque sorte son frère politique- De çelui-ci, il a dit hier qu’il était un « siro-teux », se souvenant des longues nuits passées à discuter sans fin pendant que M.Johnson ne finissait plus de vider le peu d’alcool qu’il s’était servi au début de la soirée.Il parlera aussi de la renaissance de l’Union nationale en 1974 alors qu’il s’était fait élire dans Johnson grâce entre autres à cet éditorial où Claude Ryan lui avait accordé son appui et qu’il avait distribué à 10,000 copies dans le comté avec un nouveau titre qui était « Il faut battre les rouges, d’après C.Ryan ».Il a promis de publier cet éditorial dans son livre.n parlera aussi de son chef actuel dont il a apprécié hier les remerciements non sans un brin de rancune.« Cela ne réglera peut-être pas tous les enjambages, en tous les cas, une chose certaine, c’est que l’expression de ses bons sentiments ennoblit le poste qu’il occupe temporairement, » a-t-il dit de Rodrigue Biron.— Bernard DESCOTEAUX Arrimage de Soyouz-T à Saliout-6 MOSCOU (AFP) - Le vaisseau spatial Soyouz-T s’est arrimé hier à la station spatiale Saliout-6 en orbite depuis le 29 septembre 1977.a annoncé l’agence Tass.Toutes les opérations de « recherche » mutuelle sur orbite, du rapprochement, du rendez-vous et de l’arrimage, recevoir avec C’est dans cette cave du Val de Loire que le rosé pétillant d’Anjou Koyo/ de Neuville, élaboré selon la méthode champenoise, mûrit patiemment avant d’atteindre ce goût unique digne des grands crus.Servez-le toujours bien froid.Vous ferez dire A plusieurs que recevoir est un art qui s’exprime avec goût.Royal de Neuville rov* pétillant ou blanc péttllffnt appellation Aniou rontnMtV Vendredi le 21 décembre, de 19 à 21 heures, Henri Masson signera l’album que René Bouchard lui a consacré / sous le titre “Henri Masson, la vision d’un peintre" .(éditions Lécha), à la Librairie Renaud-Bray.5219 Côte-des-Neiges, à Montréal (tél.: 342-1515).Lors de la campagne de 1975 Le Crédit social aurait contribué à la publicité des assureurs de C.-B.par Daniel Raunet VANCOUVER - Le cancer du « Lettergate » continue de ronger le gouvernement crédi-de M.Üste de M.Bill Bennett.Son représentant à Ottawa, M.Dan Campbell, vient de démissionner a la suite de la découverte d’un « oubli » d’un quart de million de dollars dans les dépenses électorales des créditlstes en 1979, et le président sortant du parti, M.Les Keen, a adressé un ulümatum au premier ministre lui demanaant de démanteler l’équipe de conseillers qui, selon lui, gère les affaires de l'organisation dans le dos des responsables crédi-tistes élus.En cas de refus, M.Keen laisse planer en termes à peine voilés la possibilité d’une remise en cause du leadership de M.Bennett.D’autre part, LE DEVOIR a appris 1 existence d’un dô-cument liant le Parti du Crédit social à l’organisation d’une campagne de publicité de $100,000 attribuée jusqu’à présent à un groupe qui s’intitule « compagnies privées d’assurance oeuvrant eh Colombie - Britannique ».Déclenchée dans les semaines précédant les élections du 11 décembre 1975, la campagne « Thanks for the Memories », ui s'ajoutait à celle des in-ustries forestières, minières et immobilières, joua un rôle important dans la défaite du gouvernement néo-démocrate 3e M.Dave Barrett.a: ont été téléguidées depuis le centre électronique terrestre et réalisées à l’aide de systèmes automatiques de bord des deux engins.Le Parti du Crédit social a-t-il acquitté les droits d’auteur comme l’indique le contrat?Pourquoi alors aurait-on prétendu qu’il s’agissait d’une publicité payée par des assureurs privés?La plus grande confusion semble régner quant à l’identité réelle du commanditaire.Selon M.Ron McLeod, de Vickers et Benson, le client de la firme de publicité était le Bureau d’Assurance du Canada (BAC), version confirmée par M.John Alexander.M.McLeod a cependant rectifié la semaine dernière après vérification: « Notre client était en fait « compagnies d’assurance privées de C.-B.».Ken Malthouse, directeur régional Le document en question est un contrat datant du 28 novembre 1975, et signé par « Griffiths-Gibson Ltee, 201 W 7th Avenue, Vancouver, agent du Parti du Crédit social » pour l’obtention du droit d’utiliser la chanson Thanks for The Memories dans le cadre d’une cam- ^ publicitaire destinée à lombie-Britannique.Selon la personne qui nous a transmis l’information, Linda Warden, secrétaire du président de la compagnie Chappel Music de Toronto, le contrat prévoyait l’utilisation du titre et de l’air de la chanson, mais non pas des paroles, pendant une période allant du premier au 14 décembre 1975.La campagne « Thanks for the Memories », d’un coût total ( de $100,000, a été réalisée par la firme de publicité Vickers et Benson Ltée, de Toronto.Selon son vice-président, M.John Alexander, la campagne comprenait trois ou quatre placards de 800 lignes dans tous les quotidiens de la province, un « éditorial » télévisé et une publicité radiophonique diffusée par toutes les stations privées de la Colombie-Britannique.Cette publicité reprenait la mélodie de « Thanks for The Memories », thème d’un film célèbre de Bob Hope, tout en y substituant des paroles contre le NPD: « Merci pour le souvenir des sommes gaspillées, d’une grève interminable, d’ICBC (société d'assurance automobile d’Etat) et du NPD, oh merci beaucoup.» La réclame se terminait par l’appel suivant, prononcé d’une voix grave: « ICBC a coûté aux habitants de la Colombie-Britannique du temps, de l’ar- Î[ent et des ennuis.Pensez-y e 11 décembre (jour des élections).Message des compagnies privées d’assurance de la C.-B.» Les réclames imprimées allaient plus loin: « Le 11 décembre, changez la réalité du monopole des assurances en un simple souvenir.» Selon M.Ron McLeod, responsable vancouvérois de Vickers et Benson Ltée, la question des droits d’auteur avait été confiée à la firme Griffiths-Gibson, chargée de la production de la publicité radiophonique : « Je le sais, précise M.McLeod, puisque c’est moi qui le leur ai demandé ».Miles Ramsay, vice-président de Griffiths-Gibson affirme ne pas pouvoir retrouver de dossier a ce sujet Mis au courant par nos soins de l’existence d’un contrat en date du 28 novembre 1975, M.Ramsay ajoute que même s’il trouvait ce document, il ne le montrerait pas à la presse.Les droits d’auteur de Thanks for The Memories datent de 1936 et appartiennent à la société Paramount Music.Chappell Music Co.de Toronto s’occupe des affaires de Paramount au Canada M.Donald Creighton Creighton meurt à 77 ans Creighton était l’auteur de 11 livres d’histoire canadienne.Âgé de 77 ans, Creighton a succombé à un cancer.Creighton a d’abord étudié l’anglais et l’histoire à l’Université de Toronto.Puis il se rendit à Paris pour y étudier l’histoire européenne. son retour au Canada, il a constaté que la grande majorité des historiens canadiens étaient ennuvants à l’extrême Etant devenu professeur d’histoire à l’Université de Toronto, Il a alors décidé d écrire son premier livre: L'empire du Saint-tMurent, considéré comme son oeuvre maîtresse.tiste, reconnaît avoir lu les réclames avant leur publication.M.Brown, qui était à l’épooue un conseiller privé en publicité ayant pour client M.Bennett, affirme que Vickers et Benson l’avaient contacté « par pure courtoisie » et non pas pour lui demander de modifier le contenu des réclames.M.Ken Malthouse, directeur régional du BAC en 75, va plus loin.Il admet avoir servi de « liaison avec le Parti du Crédit social ».Son rôle était de veiller, selon lui, à ce que « personne ne s’offusque » du contenu de la publicité.Il s’agissait, selon ses propres termes, de voir si la campagne « serait utile ou nuisible à la politique du Crédit social.» Le parti créditiste a-t-il financé une partie, la totalité de la campagne « Thanks for the Memories »?Si tel était le cas, ces sommes ont-elles été inclues daps les $794,984.22 officiellement déclarés comme dépenses du Parti du Crédit social en 1975 comme l’exige la loi électorale de la Colombie-Britannique?Et œiser de la possibilité de tion du sigle « compagnies privées d’assurance oeuvrant en C.B.»?Une enquête officielle s’impose pour faire la lumière sur cette affaire.du BAC en 1975 se rappelle: défini- « J’ai une impression tive qu’il n’y avait qu’un nombre limité de compagnies anford, impliquées ».John Cran directeur des communications du BAC à Toronto, affirme au contraire que son organisation au complet était le véritable client de Vickers et Benson et que toutes les compagnies ont assumé les frais de la campagne selon une formule tenant compte de leur chiffre d’affaires respectif.De leur côté, les dirigeants régionaux des principales compagnies d’assurance auto- mobile ne savent pas qui a fi-Tout en nancé la campagne, suggérant à titre d’hypothèse le Bureau d’Assurances du Canada, lobby qui regroupe Drivés, les 95% des assureurs privés, les représentants de General Accident Assurance, Commercial Union Assurance, Safeco Insurance of America, Fireman’s Fund Insurance of Canada, Canadian Indemnity, Halifax Insurance affirment tous que leurs compagnies n’ont pas pris part à titre individuel dans la campagne.Ken Malthouse, du BAC, et John Alexander, de Vickers et Benson, excluent catégoriquement toute implication financière du Parti du Crédit social.Comment expliquer alors que selon Linda Warden, de Chappell Music, les droits d’auteur ont été acquis par « Griffiths-Gibson, agent du Parti du Crédit social »?L’ombre des créditistes se profile également au niveau de la conception de la campagne.Selon M.Jean Robi-taiïle, président de Royal Insurance, son prédécesseur et ex-président du BAC, M.Horsford, avait rencontré en 1975 le chef de l’opposition, M.Bill Bennett, pour discuter du sort d’ICBC, l’assurance automobile d’Etat.M.Bennett aurait promis de rétablir le statu quo pré-NPD et les assureurs prives l’auraient assuré de leur soutien financier et humain dans la campagne électorale.M.Dave Brown, conseiller en communications du premier ministre crédi- Le choix du libraire y*!*'1 ' c
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