Le devoir, 24 septembre 1994, Cahier D
[" Le devoir Les Petits bonheurs Page D3 Essais québécois Page 1)3 Misto Page D5 Arts visuels Page D8 Formes Page D10 Place au Festival de la littérature! JACQUES THERRIEN Une envie de sortir?Vous pouvez poser la plume, sauvegarder vos textes, écorner la page de votre nouveau roman, ranger soigneusement vos besicles dans leur étui et répondre à l\u2019invitation de l\u2019Union des éérivaines et des écrivains québécois (UNEQ) de participer, jusqu\u2019au 30 septembre, au premier Festival de la littérature.'Nouveau-né dans la constellation, le Festival de la littérature propose plus d\u2019une quinzaine d\u2019événements qui se tiendront dans douze lieux différents.Pour l\u2019occasion, la littérature se danse, s\u2019expose, se discute, se lit, se musicaüse, s\u2019anime dans le métro, s\u2019internationalise et se multiculturali-sé.Bref, la littérature devient tout sauf un plaisir solitaire.Sensible au mandat de promotion et' de diffusion de la littérature québécoise que s\u2019est donné l\u2019UNEQ, le président, Bruno Roy, déborde d\u2019enthousiasme face à l\u2019approche plutôt «moderne» du Festival: «On peut faire la promotion de la littérature non pas exclusivement à partir du livre mais aussi à partir des écrivains et la relier à d\u2019autres formes d\u2019expression La littérature doit occuper une place dans notre société et ça suppose qu\u2019elle circule, qu\u2019elle se fasse connaître.Avec le Festival c\u2019est comme si on arrivait à renouveler les moyens traditionnels de promotion», annonce-t-il.Et le renouvellement passe par la fusion.Dans une série de trois spectacles-lectures, les écrivains prendront la scène accompagnés d\u2019artistes provenant d\u2019autres disciplines., Le premier de la série, Corps et Ecriture, jumelle danseurs et écrivains: Larry Tremblay (danseur et éçrivain); Louise Bédard (danseuse) et I).Kinun (écrivaine, directrice artistique): Hélène Monette (écrivaine) et Yves Dagenais (comédien); Aline Gélinas (chorégraphe, directrice artistique) et François Charron (écrivain).Pour D.Kimm, directrice artistique du spectacle présenté le mardi 27 septembre à l\u2019Agora de la danse, la présence du corps ajoute une dimension insoupçonné à un texte: «Le corps vient donner un sens au texte.Il s\u2019agit de trouver l\u2019authenticité, d\u2019aller vers l\u2019émotion d\u2019un texte sans chercher à l\u2019illustrer.» Le deuxième événement littéraire mis en scène, Jeu, Sexe et Mots abordera le thème de l\u2019érotisme.OBJETS ANCIENS DU QUÉBEC.Volume un.1m vie domestique.Michel Lessard, Les Éditions de l\u2019Homme, 335 pages.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR e r t a i n s livres font date, en voici un.Ou plutôt trois, puisque le premier volume des Objets anciens du Québec, sous-titré La vie domestique, fait partie d\u2019une série qui en comprendra deux autres et offrira au total un portrait complet et immensément informé de la «culture matérielle» de la société québécoise.Ce premier volume, magnifiquement illustré, aux textes simples, mais riches et immensément informés, présente le poêle à bois et les cuisinières, le luminaire, les accessoires de la vie quotidienne en bois, en céramique ou en verre, les appareils domestiques modernes, et les objets textiles «employés dans les intérieurs».Le second, qui est déjà fin prêt, traitera notamment de la mode et du costume, des jouets, des articles sportifs et Le professeur Michel Lessard publie le premier volume d\u2019une ilogie consacrée aux objets anciens du Québec.Un portrait de groupe avec catalogues, courtepointes, étampes à beurre et grille-pain.s*.des véhicules hippomobiles.Le flH| troisième portera sur le meuble WH et la maison.Il n\u2019y avait que le professeur Mi- 3 chel Lessard, titulaire en histoire de H l\u2019art et en muséologie à l\u2019Université du Québec à Montréal, pour oser s'attaquer à un si vaste projet.Ethnohistorien En haut, bouilloire utilisée au XVIII1 siècle en Nouvelle-Angleterre, chaise à dossier orné d\u2019un médaillon de Wilfrid Laurier et couvre-lit tissé selon la technique du frappé.Lampe au kérosène, étampes à beurre de fabrication industrielle et pichets en terre cuite fine.de formation, il a publié aux Éditions de l\u2019Homme un premier livre-phare en 1971, L\u2019Encyclopédie des antiquités québécoises, un best-seller qui s\u2019est retrouvé dans toutes les bibliothèques des courailleux d\u2019encans, des abonnés aux ventes de garage et des fouineux de greniers.«Une semaine après la parution, j\u2019ai croisé un ami qui m\u2019a appris que j\u2019étais sur la liste des best-sellers de La Presse, se rappelle le professeur.Je ne savais même pas ce que c\u2019était qu\u2019un best-seller.» L\u2019Encyclopédie y est demeurée plus d\u2019une année, en tête de liste.Des milliers d\u2019exemplaires ont été vendus.Un éditeur new-yorkais en a tiré une luxueuse version anglaise.Dans les années 1970, le professeur s\u2019est aussi attaqué à l\u2019architecture domestique et aux arts populaires, avec des ouvrages qui ont connu presque autant de succès.A la même époque, Û a également conçu, scénarisé ou réalisé lui-même une cinquantaine de films documentaires sur le patrimoine québécois.Et quand l\u2019intérêt pour cette chose a commencé à fléchir, au cours de la dernière décennie, celle des yuppies et d\u2019IKEA, M.Lessard s\u2019est tourné vers l\u2019histoire québécoise de la photographie.C\u2019est à lui que l\u2019on doit cet autre magnifique album largement commenté, Montréal, métropole du Québec, paru à l\u2019occasion du 350 anniversaire de la ville, il y a deux ans.VOIR PAGE D2: LITTERATURE ''(\u2022'y'V\u2019.'V-'-'; Des objets pour un seul sujet 41 Avec tout ça, Michel Lessard est devenu une véritable encyclopédie vivante de l\u2019objet ancien du Québec: céramique, catalogne ou mobilier en tout genre, maison, PHOTO JACQUES NADEAU Louise Bédard et D.Kimm irticipent à Corps et Écriture.VOIR PAGE D2: OBJETS LOUIS-ANTOINE DESSAULLES stin exceptionnel du neveu \u2014 et fils spirituel \u2014 de Louis-Joseph Papineau, jr de Saint-Hyacinthe, il était pourtant démocrate, républicain et anticlérical L\u2019envers de l\u2019histoire connue du Québec.Vol.de 372 pages \u2014 24,95$ «SU V î CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR yy+'l ÉDIT Gloria Gloria Escomcl Les Epux de la mémoire QttUff «\u2022/ rwutvllci du Académie lettres ¦ président artin, et se 94 automne ¦\t\u2022\tPHOTO LOUIS RIOUX de l\u2019Académie des lettres du Québec, M.Jean-Guy Pilon, la vice-présidente, Mme Fernande Saint-et secrétaire général Jean-Pierre Duquette, dans le hall de la Bibliothèque nationale du Québec où un montage rend hommage à 50 académiciens.L\u2019Académie des lettres célèbre ses 50 ans PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR automne littéraire démarre en f trombe.Les livres \u2014 et les feuilles mortes \u2014 se ramassent à la pelle.La rentrée marque par ailleurs ifn anniversaire important qu\u2019il est impérieux de souligner: les 50 ans de l\u2019Académie des lettres du Québec.\u2022 C\u2019est en effet en 1944 que Victor barbeau, décédé le 19 juillet dernier à l\u2019£ge de 99 ans et onze mois, fondait l\u2019Académie canadienne-française devenue en 1992 l\u2019Académie des lettres du Québec.Quinze écrivains de toutes disciplines avaient à l\u2019époque sixivi Victor Barbeau dans ce courageux projet.Parmi eux se trouvaient Marius Barbeau, Robert Charbon-n\u2019eau, François Hertel, Rina Ixisnier, Robert Rumilly, Alain Grandbois et Philippe Panneton (Ringuet).Cinquante ans plus tard, la vénérable institution réunit toujours nos plus grands écrivains et poursuit avec dynamisme sa mission de servir et-défendre la langue et la culture française.L\u2019écrivain Jean-Guy Pilon en préside les destinées depuis 1982, entouré de Fernande Saint-Martin, v|ce-présidente, et Jean-Pierre Duquette, secrétaire général.Les activités du 50\" anniversaire ont démarré lundi dernier par l\u2019inauguration, sous la présidence d\u2019honneur de Gilles Lefebvre du Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal, d\u2019une exposition intitulée U plus important de mes livres à la Bibliothèque nationale du Québec.L\u2019exposition se poursuivra jusqu\u2019au 5 novembre.On y trouve des docu- '\t- * ments d\u2019archives, photos et éditions originales.L\u2019Académie a demandé à chacun des académiciens vivants de choisir dans leur œuvre le livre qui \\ leur apparaît le plus\t__ _ .T important, le plus mar- XAsft&aQiU quant.L\u2019Académie s\u2019est x bien sûr chargé de faire ce choix pour ses membres disparus.Du fondateur Victor Barbeau, on a retenu Le ramage c/e mon pays, son œuvre maîtresse.Jean-Ethier Blais a choisi Les pays étrangers (Leméac, 1982), parce que ce livre «résume ma sensibilité et ma conception du roman, faite d'imagination et de retour à une histoire transmuée», explique-t-il.Marie-Claire Blais a retenu Le Sourd dans la ville (Stanké, 1979); Gilbert Choquette, L\u2019Etrangère ou un printemps condamné (L\u2019Hexagone, 1988); Fernand Dumont, Le Lieu de l\u2019homme (HMH, 1971); Marcel Dubé, Poèmes de sable (Leméac, 1974); Madeleine Ouellette Michalska, La Maison Trestler ou le 8e jour d\u2019Amérique (Québec/Amérique,1984); Jean Royer, Poèmes d\u2019amour 196&1986 (L\u2019Hexagone, 1989) et Jean-Guy Pilon, Recours au pays (L\u2019Hexagone, 1961).^\t\\ \\ Pour connaître les - 1 1 * choix des autres écrivains, il faudra se présenter à la Bibliothèque nationale et s\u2019attarder à cette remarquable exposition.Les festivités du 50' anniversaire de l\u2019Académie des lettres se poursuivront le 15 octobre prochain à l\u2019Hôtel Chanteclerc, à Saint-Adèle, où aura lieu le 12e Colloque des écrivains qui aura pour thème cette année Les fondateurs.On y rendra hommage à une dizaine de fondateurs dont l\u2019œuvre demeure aujourd'hui encore très présente.M.Jean-Guy Pilon, président de l\u2019Académie des lettres du Québec, prononcera l\u2019allocution inaugurale.OBJETS Approche englobante et multidisciplinaire SUITE DE LA PAGE DI grange ou silo à grain, rien de ce qui a servi à nos ancêtres, à nos parents ou oui sert encore de Longueuil a Val-d\u2019Or ne lui est étranger.«En fait, je ne suis spécialiste de rien, corrige modestement celui qui est pourtant capable de citer de mémoire la date d\u2019apparition des moules à gaufres dans les catalogues de Dupuis Frères ou les étapes de coulage d\u2019une casserole en fonte.Je connais bien mon champ d\u2019étude, c\u2019est vmi, mais disons que j\u2019ai une perspective globale sur tout ça.» Cette approche englobante est résolument plurielle, multidisciplinaire.Le professeur puise aux sources de l\u2019ethnologie, s\u2019inspire des récents développements pointus de l\u2019anthropologie, cite des mémoires et des thèses en histoire de Kart ou en archéologie, pour finalement offrir rien de moins qu\u2019un portrait complet (le l\u2019évolution de la société québécoise à travers le prisme de sa culture matérielle.«L\u2019objet n\u2019est qu\u2019un moyeu de traiter de l\u2019identité, dit-il en rappelant qu\u2019il travaille dans l\u2019optique définie par des penseurs comme Fernand Dumont, qui vient de publier une magistrale Genèse de la société québécoise (Boréal).Avec mes livres, j\u2019aimerais beaucoup que mes concitoyens s\u2019identifient à ce qu\u2019ils sont, se voient dans leurs différences et leurs ressemblances.» Et quelle signification supérieure ces choses possèdent-elles si on les regarde en connexion les unes avec les autres?«Le Québec a toujours été au carrefour des cultures française, britannique et américaine, dit M.Lessard.Depuis les années soixante, l\u2019historiographie et la mémoire collective ne revalorisent qu\u2019un seul des trois pôles, celui venu de France, bien réel dans l\u2019architecture religieuse ou un certain mobilier.Mais c\u2019est oublier tout le reste qui n\u2019a rien à voir avec la francité et la ruralité.On a occulté la ville et l\u2019influence britannique et américaine, bien plus vaste depuis la lin du siècle dernier.(.) Le grand constat du premier livre, et qui sera accentué dans les autres, c\u2019est à quel point nous sommes très tôt devenus états-uniens.» L\u2019idée est donc de montrer l\u2019ouverture sur le monde, à partir de pœ lit détails en apparence insignifiants, mais en fait chargés de leçons sur les liens qu\u2019à toujours entretenu le Québec avec l\u2019étranger.L\u2019histoire d\u2019un objet comme le grille-pain permet alors de tracer d\u2019importants parallèles avec toute l\u2019évolution de la société.Des «fourchettes à rôties», des «étoiles à toasts» utilisées sur le feu, en passant par les grille-pain pyramidaux pour cuisinières à gaz, jusqu\u2019à leurs descendants électriques, avec ou sans portes, puis automatiques, c\u2019est la mutation d\u2019une société vers sa modernité et son américa-nité qui s\u2019expose en raccourci.Un livre en art M.Lessard est aussi particulièrement fier d\u2019avoir considéré la dimension esthétique des objets anciens, la grammaire des formes, la pluralité des styles.«Les objets ont une dimension utilitaire et le livre s\u2019attarde à leur inscription systémique dans une dimension sociologique.Mais je travaille dans un département d\u2019histoire de l\u2019art et à force de côtoyer des spécialistes des formes et des styles, j\u2019en suis venu à considérer la beauté intrinsèque des choses.» Iœ livre rend justice à cette dimension, atteint lui-même le statut de pe- tite œuvre d\u2019art, avec ses quelque 700 photos couleur et noir et blanc, toutes reproduites au laser, qui ont été réalisées par les photograph^ Normand Rajotte, de Montréal, et Brigitte Ostiguy, de Québec.Ce qui ne veut pas dire que l\u2019ouvrage, qui se vend moins de 70 dollars, s\u2019adresse d\u2019abord aux spécialistes, aux collègues du professeur, même si ceux-ci pourront y trouver leur compte, et largement.|xi professeur Iœssard lui-même n\u2019a pas développé de manie de collectionneur, même s\u2019il passe son temps à côtoyer des monomaniaques et à éplucher des greniers.«J\u2019ai vu des affaires étonnantes.J\u2019aurais pu acquérir des petits trésors pour des bouchées de pain.Je ne l\u2019ai jamais fait.Chez moi, c\u2019est meublé contemporain et je n\u2019ai aucune nostalgie pour le bon vieux temps.Seulement, j\u2019ai toujours cherché à faire prendre conscience aux gens des valeurs qu\u2019ils possédaient et j\u2019ai toujours voulu qu\u2019ils entretienne^ un rapport franc avec leur passé.» ; Ce qui n\u2019a pas toujours marché, M.Lessard parle avec une infinie tristesse de ces villages centenaires du Lic-Saint-Jean ou de sa Beauce natale*,; défigurés au cours des dernières années par un développement anarchique, une architecture sans âme, où de récents bungalows crypto-espagnols, recouverts d\u2019aluminium, côtoient maintenant des maisons «canadiennes».Il raconte aussi que depuis quelques années, les rabatteurs des antiquaires torontois, bostoniens ou new-yorkais vident le Québec de ses petits trésors.«Ils ramassent à plein camions des meubles Arts & Craft qu\u2019ils achètent pour une chanson et revendent à fort prix.(.) Le patrimoine fout le camp.» __f LITTERATURE Pour l\u2019amour de la lettre et de l\u2019écriture Robert Lalonde Le Petit Aigle à tête blanche ROBERT LALONDE Le Petit Aigle à tête blanche SUITE DE LA PAGE DI Les auteurs Anne Dandurand, Charles Guilbert, Line Mc-Murray et Martin-Pierre Tremblay, accompagnés des musiciens René Lussier et Pierre Tanguay, promettent un spectacle audacieux et ludique à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le mercredi 28 septembre à 21h.Finalement, le spectacle de clôture du vendredi 30 septembre au Petit Campus mise sur la contribution de quinze écrivains et deux musiciens, réunis sous le thème de «Vous étiez étranger».Participeront à l\u2019événement, entre autres: Jean Paul Daoust, Claude Beausoleil, Denise Boucher, Claire Dé, Patrice Desbiens et Jean Pierre Girard, sous la direction artistique de D.Kimm et la direction musicale de Pierre St-Jak et Bernard Buisson.À noter que les droits d\u2019entrée sont de 6 $ pour les deux premiers spectacles et de 4 $ pour le spectacle de clôture.Autre aspect intéressant de ce Festival, rendu possible grâce au soutien financier du Conseil des Arts de la CUM, est la place accordée à la littérature jeunesse.Sylvain Dodier, dit le Camelot, en assure l\u2019animation.Le personnage, né lors du Salon du livre de Québec en 1993, partage, sous forme de jeux et d\u2019entrevues avec des auteurs, sa passion du livre, de la lecture et de l\u2019écriture.Après son passage par le métro Berri-UQAM, hier, le Camelot sera à la librairie Renaud-Bray/Parc cet après-midi, de 14h30 à 16h30.Vous pourrez jouer, petits et grands, au jeu «Qui a créé qui?», avec la collaboration des écrivains Chrystine Brouillet, Robert Davidts, Louis Hémon, Carmen Marais et Danielle Simard.« Pour une fois que la littérature jeunesse n\u2019est pas laissée pour compte.Ce Festival est très audacieux», dit le Camelot .Si le Festival a pu créer de nouveaux événements littéraires, il a su aussi s\u2019associer à d\u2019autres manifestations prévues afin de devenir une locomotive de promotion et de diffusion de la littérature.Une série de rencontres aura lieu dans le cadre de l\u2019événement international intitulé Multiculturalisme ou Melting-pot: quelles perspectives en Europe et au Canada.Des rencontres auxquelles participeront des écrivains du Québec, de la France, de l\u2019Allemagne et des Pays-Bas.Le 27 septembre, une première table ronde portera sur le thème «Quelle est votre nationa-' lité littéraire?» Le lendemain, les auteurs poseront la ques-\u2018 tion: «L\u2019ailleurs n\u2019est-il pas un miroir en négatif qui permèt de mieux retrouver ses origines?» Les deux rencontres' ont lieu au Goethe-Institut en début de soirée.La dernière;1 soirée, le 29 septembre, présente une lecture publique permettant aux auteurs de présenter leurs œuvres dans ]a' langue de leur choix.Un joyeux mélange phonétique qiii se tiendra à la Bibliothèque nationale du Québec, à 20h.Pour l\u2019amour de la lettre et de l\u2019écriture, Jérome Peignot, écrivain français et héritier d\u2019une célèbre famille de fondeurs de caractères, donnera deux conférences: Histoire de ; l\u2019alphabet et de l\u2019écriture (lundi à la Bibliothèque nationale du Québec) etTypoésie: du visible au lisible (salle Marie Gérin-Lajoie de l\u2019UQAM, mercredi, 19h30).Cette dernière; conférence se tient dans cadre de l\u2019événement Typomondo.A l\u2019UNEQ, on veut bien festoyer, mais on veut aussi ré-, fléchir.Donc, une première table ronde se tiendra aujourd'hui à la librairie Champigny de 14h à 16h.Présentée sous l\u2019égide de l\u2019Association nationale des éditeurs de' livres (ANEL), la discussion portera sur le métier d\u2019éditeur: Publier de la littérature: trois point de vue.Demain après-midi, 25 septembre, à la Maison des écrivains, de jeunes auteurs prennent la parole sous le thème: Profes-.sion: jeune écrivain.Vous pourrez profiter de votre passage à la Maison pour apprécier l\u2019exposition de Jocelyne Aird-Bélanger intitulée: Fusions et rituels d\u2019Amérique,: des œuvres créées pour deux livres d\u2019artistes.Pour obtenir un calendrier complet, il faudra ajouter deux événements théâtraux: la série de dix lectures publiques de la pièce de Michel Tremblay, En circuit fermé, et la performance de l\u2019écrivain, metteur en scène et comédien Alberto Kurapel, La Bruta Interférence.Avec le Festival de la littérature, l\u2019UNEQ espère établir une nouvelle tradition et donner le coup d\u2019envoi à la rentrée littéraire.Son président voit dans cette opération de visibilité; de nouvelles avenues.«Un des problèmes des Québécois,' c\u2019est qu\u2019ils ont de la difficulté à avoir accès à leur propre cuk ture.Un événement comme celui-là leur permet d\u2019avoir accès à eux-mêmes, à travers les écrivains et leurs œuvres.» \u2018 \u2019 Pour renseignements et réservations: (514) 849-5907.cj « Car Le Petit Aigle a tete blanche est un roman immense, un essai philosophique et un poème aussi, qui m\u2019a piégé sans cesse, m\u2019entraînant plus loin quand je demandais grâce, ailleurs quand j\u2019en redemandais.» Réginald Martel, Im Presse « .un superbe plaidoyer destiné à ébranler un pays hanté par l\u2019oubli.ces pages si belles qui bouleversent celui qui s\u2019y attarde et qui allument l\u2019âme de celui qui s\u2019y abandonne.»\tPierre Cayouette, Le Devoir Le Seuil 272 Page' 24.95$ 152 pages - 15.95 $ Parution Les brefs récits et les contes réunis ici abolissent les frontières de l\u2019individu et du temps. 1.K I) K V I M A N (' Il K K I1 T K M li It K I II II I «7/ \u20224 SftK L'Ilr Mai c.« a k il's \u2022piiium imv'id ÀU SQM DE LA VIAISON'BIANCHE LES PRESSES DE L'UNIVERSITE LAVAL DE LA MAISON-BLANCHE P HI L I P P E D AVI D CHARLES Dans le cahier Livres du 10 septembre, notre compte-rendu de l'ouvrage de M.J.R M.Sauvé, Géopolitique et avenir du Québec , faisait gnef à l\u2019éditeur de ne pas avoir substitué le mot stratège au mot straté-gifite, qui semblait un anglicisme.Le président-directeur-général de Guérin éditeur, M.Marc-Aimé Guérin, proteste vivement, deux dictionnaires à l\u2019appui.En effet, le Petit Robert reconnaît bel et bien l\u2019équivalence entre les deux termes, même si sfratégiste est dit «vieilli».Le Dictionnaire historique de la langue française abonde dans le même sens, et ajoute que stratégiste «a aussi désigné une personne qui écrit sur la stratégie», ce qui est le cas de M.Sjiuvé et de plusieurs auteurs qu\u2019il cffe.Dont acte.Un vocabulaire se pèrte toujours bien quand il s\u2019élargit il -U- LIBRAIRIE HERMÈS 9h.22h 362 jours par annee 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 téléc.: 274-3660 Parution NDLR Un recueil où sont rassemblés vers et prose qui est une magnifique célébration du monde et du verbe.Tout est relatif La formulation de la politique étrangère des États-Unis de Truman à Clinton « Espérons que ce livre remarquable sera lu par tous ceux qu'intéresse et concerne la politique étrangère des États-Unis -notamment par les décideurs, qui y trouveront matière non seulement à réflexion mais à conclusion.» - Marie-France Toinet, Fondation nationale des sciences politiques, Pans 112 pages - 18,70$ 94 .utomne lion d\u2019ailleurs, au départ très française elle aussi, à laquelle il s\u2019oppose.Dans la perspective de cet anti-nietz-schéisme, la déconstruction et la rectitude politique qui lui est associée sont mit.et quelque choae qui reste innommée mais qui a à voir avec le libéralisme est in.J\u2019en prends pour preuve une critique d\u2019André Ban) sur ie dernier essai de Claude Lévesque, Le Proche et le Lointain.Intitulé «La deconstruction est un solipsisme-(voir le numéro de septembre de lectures), cet article pourfend la cause déconstructiviste.Il est vrai que M.Lévesque s\u2019est depuis longtemps fait le chantre québécois de Nietzsche, Bataille et Derrida, entre autres, et est perçu par certains de ses collègues philosophes comme une sorte de transfuge.Il est vrai que Le Proche et le Lointain n\u2019est pas du meilleur cru \u2014 on y mêle un peu allègrement textes critiques, entrevues et discours de célébration \u2014, que l\u2019insistance à réduire la philosophie à de l\u2019antipoésie ou de l\u2019anti-art est cavalière et que le propos dans son ensemble est mal servi par une propension à affirmer plutôt qu\u2019à argumenter.Il n\u2019en reste pas moins que la déconstruction comme courant de pensée a permis de faire fructifier la logique nietzschéenne voulant que la vérité philosophique est aussi beaucoup une affaire de style, c\u2019est-à-dire une affaire littéraire ou, plus prosaïquement, une affaire de langage.Et à ce titre, Claude Lévesque a fait sa part.La question du relativisme a aussi un versant politique et concret nommé «décentralisation».La dernière campagne électorale a remis à l\u2019avant-scène les revendications régionales.Les maires de la Communauté urbaine de Montréal eux-mêmes sont à repenser administrativement l\u2019agglomération montréalaise.Dans la Région culturelle, Fernand Harvey et ses acolytes du CEFAN (Chaire de recherche sur la culture d\u2019expression française en Amérique du Nord) proposent une réflexion en profondeur sur la notion de région.Ce qui était au départ un concept géographique, puis économique, est en train de s\u2019étendre et de se généraliser.Le temps semble donc venu, selon eux, de parler de région culturelle, de «structuration de l\u2019espace régional en fonction de la culture».Plusieurs disciplines sont conviées à faire cette exercice de redéfinition, dont l\u2019histoire, l\u2019anthropologie, la linguistique et les études littéraires.ISBN 2-7637-7666-4 Format 17 x 22,S cm xxiv-520 pages 35$ «Nous sommes en présence d'une étude de grande valeur, fortement documentée, bien structurée, tenant compte de tous les courants de pensée dans cet immense champ d'étude qu'est la politique étrangère des États-Unis.» - Louis Balthazar, Université Laval, Québec Claude Lévesque Ce type d\u2019ouvrage collectif est évidemment à peu près impossible à résumer.Je me contenterai de donner un exemple révélateur de la difficulté de penser le relativisme.Analysant le cas de la littérature régionale de Mauricie, Micheline Cambron en arrive à la conclusion que dans son «identité» comme dans ses structures, cette littérature régionale n\u2019est qu\u2019un microcosme de la littérature «nationale», et donc que le concept même de littérature régionale, s\u2019il a un fondement géographique, est épistémologiquement peu pertinent.Bref, la littérature mauricienne existe, mais elle est à définir, à relativiser.Un débat similaire a lieu à l\u2019Association canadienne des sociologues et des anthropologues de langue française, dont les termes sont ceux d\u2019une opposition Entre tradition et universalisme, entre un enracinement à une communauté culturelle et les principes démocratiques de ci- PHOTO JACQUES GRENIER toyenneté, de droits individuels et de liberté de la personne.L\u2019ouvrage collectif dirigé par Françoise-Romaine, Ouellette et Claude Bariteau est lev résultat d\u2019un colloque dont les sous-' thèmes étaient «Nations et cultures», «Le lien social» et «Lieux d\u2019identité et de la mémoire».Encore, \u2022 une fois, plutôt que de tenter l\u2019impossible, je préférer laisser la parole à l\u2019un des participants, le théologien Fernand Ouellet: «Le relativisme (.)\u2022 est une question passionnante, car elle nous oblige à explorer les tensions entre des dimensions apparemment irréconciliables de notre situation contemporaine: l'affirmation de la liberté du sujet face aux forces, impersonnelles de la matrice cyber-; nétique de la modernité, le maintien des traditions culturelles face à l\u2019impact \u201cdésenchantement\u201d de la science moderne et aux valeurs transcendantes sous-jacentes à la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.Pierre Morency Les paroles qui march dans la nu \u201e> & Poèmes Pierre Morency LES PAROLES QUI MARCHENT DANS LA NUIT pahnti Boréal Un secret bien gardé -L GILLES (ARCHAMBAULT ?.A R M A N C E Stendhal, Edition présentée, établie et annotée par Jean-Jacques iMbia.c GF-Flammarion, 305 pages.Stendhal, on le sait, évoquait souvent le succès posthume de ses œuvres.Il avait en tête un lecteur éventuel de 1929.Mince consolation qui lui permettait dé passer outre à l\u2019étroitesse d\u2019esprit de ses contemporains.Combien d'auteurs venus après lui se sont ainsi inspirés de cette attitude par rapport à la critique?Armance n\u2019a pas été bien accueilli.Il était tout à fait normal que l\u2019on réagît ainsi.Sous-titré Quelques scènes dm salon de Paris en 1827, ce roman propose l\u2019histoire d\u2019une société.De ces salons, le Grenoblois fait une peinture peu flatteuse.On ne lui pardonna d\u2019autant moins son attitude qu\u2019on lui reprocha de dépeindre une société qu\u2019il ne connaissait que par ouï-dire.Stendhal fréquentait les salons littéraires, mais ne frayait pas dans les milieux aristocratiques.Mais il y avait un obstacle plus grand encore.Stendhal choisit de trai-tet de babilanisme.Ce mot d\u2019origine italienne désigne l\u2019impuissance sexuelle masculine.Le sujet était alors à la mode.Afin d\u2019éviter un scandale qu\u2019il exagère, Stendhal ne signe pas son ouvrage et pousse la prudence au pqint de ne jamais utiliser en termes clairs les mots nécessaires.De telle sorte qu\u2019on pourrait lire Armance sans savoir de science certaine qu\u2019Octave, le\u2019personnage central, souffre d\u2019être un amoureux platonique.Dès le début du roman, Octave nous apparaît comme un être torturé, triste, dépourvu de désir.Il rencontrera Armance, sa cousine, en sera bouleversé.Le roman raconte les tourments d\u2019une conscience qui ne trouve jamais de répit.Est-il loin de sa parente, il est malheureux comme les pierres.S\u2019en approche-t-il, il n\u2019aura de cesse qu\u2019il ne l'ait blessée.Cent fois il souhaite mourir, cent lois il renaît.Soutenu et inquiété par un penchant qu\u2019il ne peut assumer totalement, il joue avec les sentiments d\u2019Armance sans bien s\u2019en rendre compte.Il finit par l'épouser, puis se donne la mort.Dans une lettre à Mérimée qu\u2019il signe Comte de Chatevelle \u2014 on connaît la fascination des pseudonymes chez Henri Beyle \u2014 il est moins circonspect.«En 2826, si la civilisation continue et que je revienne dans la rue Duphot, je raconterai qu\u2019Olivier (c\u2019est-à-dire l\u2019Octave A Armance) a acheté un beau godemiché portugais, en gomme élastique, qu\u2019il s\u2019est proprement attaché à la ceinture, et qu\u2019avec ledit, après avoir donné une extase complète à sa femme.» Tel qu\u2019il nous est livré, ce roman est donc fort sibyllin.Octave apparaît la plupart du temps comme un enragé.Un être difficilement fréquentable assurément puisqu\u2019on ne peut jamais prétendre le comprendre.Il s\u2019amuse à se surprendre lui-même.E est le caprice incarné et la pauvre Armance qu\u2019il voudrait bien aimer, et qu\u2019il aime de bien étrange façon, apparaît comme une victime.Quelle est la tare d\u2019Octa-ve?Stendhal nous laisse avec des conjectures.Puisque l\u2019éventualité de son incapacité physique n\u2019est même pas évoqué.Comment expliquer alors la fascination qu\u2019exerce sur nous ce personnage?Stendhal décrit avec minutie un être dominé par le sentiment de son impuissance tout en taisant l\u2019aveu qui peut-être le libérerait A peine avoue-t-il à la comtesse d\u2019Aumale: «Moi, aimer! Hélas, c\u2019est un avantage qu\u2019appa-remment le ciel m\u2019a refusé.» On ne s\u2019intéresse à ce roman empêché qu\u2019est Armance que parce que l\u2019on ne peut être indifférent à cette profonde mélancolie, à ce malaise de vivre qui habitent le personnage principal.On songe aux grands romans qui viendront, on est fasciné par la modernité d\u2019une écriture qui préfigure l\u2019œuvre d\u2019un Pavese, par exemple.Le roman raté d\u2019un auteur de génie ne peut l\u2019être qu\u2019à moitié.IE PROCHE El LE LOINTAIN Claude Lévesque, VIJi éditeur, 354 p.LA RÉGION CULTURELLE Problématique interdisciplinaire, sous la dir.de Fernand Harvey, IQRC, 231 p.ENTRE TRADITION ET UNIVERSALISME Sous la dir.de Françoise-Romaine Ouellette et Claude Bariteau, IQRC, 571 p.Résumons-nous.Pour Charles Taylor, interpellé la semaine dernière dans cette chronique, la tendance actuelle au relativisme, si elle se maintient, ne peut mener qu\u2019à un néo-nietzschéisme néfaste pour la démocratie.Sans retourner à î\u2019ère préromantique ou préfreudienne, quand la question de la subjectivité était encore assujettie aux métadiscours de la religion ou de la métaphysique, une certaine rationalité, la recherche d\u2019une certaine vérité philosophique et politique commune doivent prévaloir.Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la réflexion de Taylor a des ramifications partout.Plusieurs ouvrages récents le démontrent La question de l\u2019arrimage de l\u2019individuel à l\u2019universel est cruciale parce que fondamentalement philosophique et politique.La pensée de Taylor élaborée dans Multiculturalisme s\u2019inscrit dans un courant d\u2019opposition au relativisme que l\u2019on peut appeler anti-nietzschéen.Des philosophes français se sont récemment rassemblés sous cette bannière dans Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens (Grasset, 1993).Dans un article de la revue Spirale consacré à Nietzsche et ses mythes (n° 129, déc.1993), Georges Leroux a bien montré que ce courant en est un très français, comme la déconstruc- Le Feuilleton de Robert Lévesque sera de retour dès samedi prochain.ÉDITEUR En vente chez votre libraire ou chez DISTRIBUTION UNIVERS 845, rue Marie-Victorin, Saint-Nicolas (Québec) 60S 3L0 Tél.: (418) 831-7474, 1-800-859-7474 téléc.: (418) 831-4021 eccéité de la loutre ou Fi I.K I) K V ItlH.I.K S S A M K DI 2 1 K T I» I M A N ( Il K < K I* T K M II II K I II DI Les choses de la vie IHE SIONE DIARIES Carol Shields, Vintage Hooks, 361 pages autre midi, à l'entrée de l\u2019auditorium du Musée des beaux-arts de Montréal, j'ai bien cru un instant que j\u2019allais assister à une mini-émeute.La Kent féminine de Westmount était venue en foule assister à l\u2019événement, et au comptoir des billets, les organisateurs, désorganisés, s\u2019emmêlaient complètement dans les réservations.Ix* désordre virait à la bousculade et d\u2019un instant à l\u2019autre, c\u2019était fatal, on entendrait le choc sourd et sublime de sacoches Vuitton qui se battent en duel.Ou le sinistre craquement de la veste Chanel qu\u2019on déchire.Et puis non, finalement, tout rentra dans l\u2019ordre.Et c\u2019est dans un silence attentif, parcouru de frémisse- ments et de rires émus, qu\u2019on écouta l\u2019auteure Carol Shields \u2014 venue tout exprès de Winnipeg, où elle réside \u2014 lire des extraits de son dernier roman: The Stone Diaries.La romancière travaille actuellement à la scénarisation de son livre précédent, The Republic of Love, qui va être porté à l\u2019écran.The Stone Diaries, Prix du Gouverneur général 1993, en plus d\u2019avoir figuré sur la liste des prétendants au Hooker Prize, le Concourt londonien, est resté pendant près d\u2019un an dans le peloton de tête des ventes en librairie du Canada anglais.De toute évidence, la prose de Mme Shields pince plus d\u2019une corde sensible dans le cœur de ses lecteurs, et surtout de ses lectrices.The Stone Diaries est l\u2019histoire d\u2019une vie exemplairement ordinaire, celle de Daisy Goodwill, née dans un coin perdu du Manitoba en 1905, morte quelque 80 ans plus tard, en Floride.Une vie S o i> h i e (1 i r o il il a y \u2022 \u2022 \u2018 i concours ?icoilrllirej LE DEVOIR Courez la chance de gagner: er prix Deux billets d\u2019avion à destination de Genève sur les ailes de swissair^y dlPjfce éÆm prix Deux bons d\u2019achats: ¦1000$ Chez Oampigny ¦1000$ Chez RENAOD-BRAY e prix La collection complète des oeuvres de la Bibliothèque du Nouveau Monde icctî Chaque semaine, un gagnant recevra 5 ouvrages présentés lors de l\u2019émission*.et un abonnement à la revue littéraire Lettres québécoises Réponse ] \u2018Nom | l ik i*l- ! Adresse i1 u i'i___________ ! [Ville i .Téléphone L*____________ Pour se qualifier au tirage, les participants doivent identifier correctement le livre d\u2019où sera tirée la phrase mystère qui sera lue en onde lors de l\u2019émission Sous la couverture, le dimanche à 16 h.Chaque participant doit faire parvenir le bon de participation suivant à : Concours Sous la couverture - Le Devoir a/s SRC Télévision C.P.11007 Suce.Centre-Ville Montréal (Québec) H3C 4T9 -Gracieuseté de la librairie de la semaine: Librairie René Martin inc.rue St-Viateur Joliette Les règlements de ce concours sont disponibles à la SRC.SRC «!' Télévision LE DEVOIR Code postai 2409 I ______I comme la vôtre ou la mienne, sans signification profonde, sans fil conducteur ni trame apparente, mais comportant son lot de surprises et de revirements, de tragédies, aussi, presque toujours mineures et surmontables.Ix*s titres des chapitres, «Enfance», «Mariage**, volontairement banals, en annoncent les étapes, en suivant simplement la chronologie.Daisy Goodwill non plus n\u2019a rien d\u2019extraordinaire, rien d\u2019une héroïne de roman.Elle se marie deux fois, élève trois enfants, fait l\u2019expérience du travail après la |x*rte de son mari, puis se retire au soleil où elle joue au bridge.et voilà.Et Carol Shields l\u2019a voulue telle.«Certains lecteurs, racontait la romancière à sa conférence, m\u2019on écrit pour me dire qu\u2019ils auraient aimé que Daisy se force un peu plus.Moi aussi j'aurais aimé ça, mais.» Mais alors, c\u2019est le roman lui-même qui aurait failli à sa tâche: inventer l\u2019existence typique d\u2019une femme moyenne des générations précédentes, comme il y en eut des millions, et mettre en valeur ce qui reste, une fois le romanesque écumé.Pour Carol Shields, ce récit de vie imaginaire fut l\u2019occasion de s\u2019interroger sur le genre biographique.(Pour que son roman ressemble encore plus à une biographie, elle y a même fait reproduire Carol Shields .Diaries Winner of the Governor General's Award de fausses photos de famille, en réalité des portraits non identifiés et des clichés anciens achetés aux puces.) Qu\u2019est-ce qu\u2019on sélectionne et qu\u2019est-ce qu\u2019on oublie dans une biographie?Qui sait quoi, qui est sûr de quoi, qui parle?Carol Shields s\u2019amuse, nous amuse, à jouer sur les ruptures de ton et les glissements de points de vue.Un narrateur omniscient a ie plus souvent la parole, mais certains épisodes sont reconstitués au moyen de lettres ou autres subterfuges.Dans le premier chapitre, qui est peut-être le plus puissamment sensuel de tous, Daisy elle-même raconte sa naissance, et l'amour de ses parents, qu\u2019elle est forcée d\u2019imaginer puisque sa bonne et grosse maman est morte en lui donnant la vie \u2014 et en fabriquant un pudding! The Stone Diaries est un livre subtil et riche à plusieurs niveaux en beautés de toutes sortes.Comme un bâton de vanille dans un gâteau, un certain filon de noire ironie laisse flotter de page en page son parfum léger.Deux motifs récurrents, celui de la pierre et celui des fleurs (la famille de Daisy abonde en tailleurs de pierre et en amoureux de botanique) ajoutent un contrepoint intéressant.Mais, l\u2019avoue-rai-je \u2014 à lire tous les critiques de New York à Londres qui se sont pâmés sur cette œuvre, j\u2019en ai presque honte \u2014 j\u2019ai dû me forcer, par moments, pour continuer à m\u2019intéresser au sort de cette Daisy dont le caractère reste indéfini.Comme dans la vraie vie, ce personnage central «sans qualités» ne saura jamais avec certitude s\u2019il est nul ou talentueux, moche ou beau.Comme dans la vie, ceux qui l\u2019entourent, le père frappé par l\u2019éloquence et par l\u2019amour d\u2019une Italienne, l\u2019amie de fille rigolote, et tant d\u2019autres, ont, par l\u2019effet du recul, plus de relief et de couleur que Daisy elle-même, niais disparaissent, hélas, trop souvent de l\u2019histoire, juste au moment où on commence à s\u2019attacher.Ce n\u2019est pas l\u2019un des moindres miracles de ce roman que de réussir, malgré cela, à nous faire vivre de l\u2019intérieur les changements qui s\u2019opèrent dans le corps, la tête, la psychologie de Daisy, simplement parce que le temps passe.Par le jeu des ambiances, le ton des conversations, Carol Shields nous plonge dans chacun des âges et des états d\u2019être de Daisy Goodwill, tour à tour jeune fille sujette aux crises de fou rire et vaguement dégoûtée par la sexualité, mère de famille débordée, retraitée heureuse, vieille dame un peu triste qui perd la boule.Chacune de ces périodes s\u2019impose avec force, et surtout avec le décousu et la brusquerie de l\u2019existence qui fait qu\u2019un beau matin, on se découvre avec dix ans de plus et une personnalité qu\u2019on ne se connaît pas.Est-ce toi, Daisy, Marguerite, répond, répond, répond vite.C\u2019est probablement cette justesse d\u2019observation qui fait que tant de lectrices de Westmount, de Winnipeg et de partout ailleurs ont été bouleversées par The Stone Diaries.Qu\u2019est-ce qu\u2019on sélectionne et qu\u2019est-ce qu\u2019on oublie dans une biographie?Un livre pratique, concis, indispensable Une équipé de dix coauteurs provenant des quatre coins du monde ont réalisé cet ouvrage sur un sujet qui n\u2019avait jusqu\u2019à présent jamais été traité.\"ÂMl Essais Sous la direction de Vincent Fischer LE SPONSORING international R Ë C TI0 N PE VINCENT flîCHt » L WÂS B O R E A Claude BeauooM Fort Sauvage l\u2019Hexagone 4 1 e |i|| DELÀ ANDRÉ BROCHU LELIEVRE DE MARS ikxaok «rase ANDRE BROCHU DELA Poésie, 176 pages, 18,95 $ I y a une joie du monde à prendre corps à corps et mot à mot.» LOUISE WARREN LE LIÈVRE DE MARS Poésie 96 pages, 15,95 $ «Je ne savais pas que les livres sont à l\u2019intérieur de nous comme autant de cellules vivantes.» Le lieu de la résistance est aussi celui de tous les possibles.Roman ,208 pages, 18,95 $ «Je suis un être provisoire et de service en cas d\u2019avenir.» Le visage d\u2019Antoine Rivière MICHELINE LA FRANCE CLAUDE BEAUSOLEIL FORT SAUVAGE 1 Roman, 128 pages, 15,95 $ LE VISAGE D\u2019ANTOINE RIVIÈRE Cahier spécial AUTOMOBILES les nouveaux modèles À voir le 1er octobre dans LE DEVOIR I.K I) K V II I II , I.K S A M K I) I 2 1 K T D I M A X ( Il K K l\u2018 T K M II II K I il il | ÜJjJ#' ;?¦ ^ Yann Martel Paul en Finlande Tir à vue jean Charron Jean Charron « ORCHESTRA L I T T ER A T U R E BONNE vlb éditeur ¦¦¦ Ketchup C«*W»**» ttltitt le momie 11 craint par exemple de s\u2019acharner pendant 20 ans sur un roman qui ne marche pas, ou devenir obsédé par la critique si son second roman est démoli, et de passer quarante ans à essayer de retrouver la petite gloire obtenu avec son premier recueil.11 redoute aussi une relation malheureuse dont il n\u2019aurait pas le courage de sc sortir.Du moins, souhaite il, s\u2019il si* laisse avoir par les petits tracas ou pièges de toute vie, qu\u2019il puisse en faire quelque chose qui fasse partie de sa vie.Moins sérieusement, il évoque la vie qu\u2019il voudrait: «Je suis né à 1963.J\u2019aimerais mourir à'87 ans.Parce que quand j\u2019aurai cet âge, nous serons en 2059.J\u2019aurai donc vu la moitié du XX' siècle.J\u2019aimerais bien être témoin de tout ce temps-là avant du mourir.Entre-temps, je veux tout voir et garder les yeux ouverts.» Croissance personnelle par l'écriture créative LES ATELIERS A LA PLUME DE SOI ANIMATION: Nadine Gueydan psychologue ARC-EN-SOL 803, rue Laurier Est Montréal (Québec) H2) 1G2 |270-7300 1 448 pages - 29,95 $ Essaie Yann Martel Pas même un petit 51.TIR À VUE Serge Quadruppani.N\" 2343 de la Série noire.Six romans de Ed McBain dans la collection Omnibus.ans le polar, il y a des constances.Des invariables qui favorisent illico l\u2019identification de l\u2019origine nationale de tel ou tel artiste des histoires de sang, I de bruit et de fureur.Chez les Anglais, les British, les affaires de «ineurses» sont à l\u2019honneur.Chez les Espagnols, à ne pas confondre avec les espingos, le baroque, version honorable de la folie, est souvent le moteur du propos.Chez les Italiens, les dessous de l\u2019art, surtout le florentin, sont faits de cadavres.Chez les Français, on bouffe et on picole.En deux mots comme en douze, la boustifaille enrobée de petits vins, combinée aux magouilles politico-immobilières sont les deux mamelle?du polar français conventionnel.Evidemment, face d\u2019anchois dira: «Y\u2019a des exceptions!» C\u2019est évident, ducon, qu\u2019il y a des exceptions.Même qu\u2019il y en a des paquets d\u2019exceptions.Même que, mises toutes ensemble, les exceptions, elles ne j constituent pas la règle, elles constituent la norme.La règle.La norme.On s\u2019en balance.On s\u2019en moque.On s\u2019en fout.Parce qu\u2019on n\u2019est pas dans la philo, mais bien dans le «pas-sérieux».Et lorsque le «pas-sérieux» ne se prend plus au sérieux.Alors là, ça ne va plus! Mais plus du tout.Même que ça nous met en rogne.Prenez Serge Quadruppani, au-I teur de Tir à vue, n\" 2345 de la Série J noire, et bien il a saboté la digestion ! d'une carbonade flamande, le i cçuillon! Tout ça parce qu\u2019il a usé dés lieux communs du «polaroïd ftanchouillard» avec parcimonie.Il dpit être timide, le Quadruppani.\u2022 On est en France, dans le sud.On est à La Roque, gros bourg situé près de Toulon.Ça commence par uïi suicidé, Aimé Doumergues, un notable qui a réussi le prodige de sjenvoyer trois balles dans le coco l0rs d\u2019une réception donnée en l\u2019honneur d\u2019un ministre quelconque.On sp dit: «Ça sent la bonne vieille magouille politico-immobilière».Ange j Duguay, le flic-personnage-central de Tir à vue, la sent également, la magouille.! Comme il est très brillant, et donc qu\u2019il réfléchit, notre Duguay se dit qu\u2019un suicidé de trois balles, ça dépassé l\u2019entendement.Heureusement qu\u2019il égt là, Duguay, parce que jamais on ne s\u2019en serait douté qu\u2019une personne parvienne à ratatiner sa cervelle en s\u2019envoyant trois plombs dans le coco.Il y a Doumergues, il y a sa fille, Isabelle, un tantinet nympho parce qu\u2019on ne fait jamais preuve de tendresse à son égard, et non son endroit, il y a aussi, voire surtout, Ciampini.Avec un nom pareil, notre Duguay sent la filière sicilienne.Il se dit que ce Ciampini qui incidemment mijote un projet immobilier pour BCBG ne doit pas être clair.Heureusement qu\u2019il est là, le Quguay.On vous le dit.Ça commence par un suicidé, et £a se poursuit avec un braquage d\u2019une succursale de la .Banque de France et du chantage.A La Roque, il y ia un malin qui utilise le-système (idéo installé dans les principaux points de chute de la ville, question sécurité, pour ses propres moyens financiers.Et il y a évidemment des ri-)oux.Bref, Quadruppani use de tous es lieux communs du polar français contemporain.11 ratisse large.Il ratisse si large, qu\u2019on s\u2019enkiki-jie \u2014 le dico, il dit que c\u2019est l\u2019ortho-I graphe rare de enquiquiner \u2014, ain-ji donc on s\u2019enkikine, version polie de vous savez quoi, parce que Quadruppani prend au sérieux des trucs iisés jusqu\u2019à la corde.Si encore ses personnages buvaient un petit 51, histoire avant de se taper une aïolie, nais non! Qu\u2019un auteur use des ieux communs du polar français sans aller jusqu\u2019au bout de sa logique, c\u2019est un crime.Tir à vue, c\u2019est du polar pour ampoules de six 'olts.Ave! JA tout prendre, question poncifs, >n vous conseille vivement, très vive-luent de vous rabattre sur Ed Mc-t§iin.Les Presses de la Cité viennent tout juste de réunir six romans de McBain, six chroniques policières dé Isola, alias New York, mettant en àcène le très professionnel inspecteur Steve Carella.'De la catégorie «procédure poli-t'ière», Ed McBain est sans contredit le champion.L\u2019Art rédempteur glais tandis que le français était parié à la maison.«Moi, si on m\u2019avait envoyé à l\u2019école en espagnol, ironise Yann Martel, j\u2019aurais été tout a fait content.\" Préci sons que les Martel vivaient au Costa Rica quand Yann a commencé l\u2019école.«Mes parents n\u2019ont pas du tout été déçus que j\u2019écrive en anglais.Ils seraient déçus, par contre, si je leur présentais un petit-fils qui dise \u201cHi Grandfather!\u201d et qui ne parle pas leur langue.Si le français se perdait de façon vivante comme ça, ils seraient blessés.Mais que je crée en anglais, non, ça ne les dérange pas.Puisque l\u2019essentiel, c\u2019est que je crée.» Il faut dire que Yann a de qui retenir puisque son,père est l\u2019écrivain Emile Martel.C\u2019est d\u2019ailleurs la mort d\u2019un ami de ses parents qui lui a inspiré la nouvelle éponyme de Paul en Finlande.«Avec cette nouvelle, j\u2019ai tenté de faire un monument à la mémoire de quelqu\u2019un.Pas pour le public mais pour moi-même.Et j\u2019en suis content» Martel précise toutefois que l\u2019homme en question n\u2019a rien à voir avec le personnage de sa nouvelle, âgé d\u2019à peine 19 ans.«C\u2019était un fonctionnaire new-yorkais de 40 ans qui travaillait aux Nations unies.J\u2019aurais pu aussi bien me servir de la métaphore des Nations unies et du sida.Mais ç\u2019aurait éfé trop compliqué à intégrer.Alors j\u2019ai décidé de transposer cette douleur que j\u2019ai ressenti à un cadre que je connais mieux, celui des étudiants, de l\u2019université.» 11 se rappelle qu\u2019en projet, Paul en Finlande était plus ambitieux.Au début, l\u2019auteur voulait inclure les faits historiques dont s\u2019inspirent les deux jeunes étudiants pour raconter leurs histoires mais aussi l\u2019histoire des Roccamatios, cette famille finlandaise inventée par eux pour se distraire LIBRAIRIE HERMÈS ROMANS QUÉBÉCOIS 1.VA SAVOIR, Réjean Ducharme - éd.Gallimard 2.\tUN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE, Michel Tremblay - éd.Leméac/Actes Sud.3.\tLE PEUT AIGLE À ÏÊÎE BLANCHE, Robert Lalonde - éd.Seuil 4.\tCHRONIQUE DE LA DÉRIVE DOUCE, Dany laferrière - éd.VLB «T ESSAIS QUÉBÉCOIS I.LES JUGES, QUAND ÉCLATENT LES MYTHES, Rodolphe Morisselle - éd.VLB 2.LA GUÉRISON EN ÉCHO, Jean-Charles Crombez - éd.MNH 3.\tL\u2019AMOUR ASSASSIN, Clément Olivier - éd, Stanké «T ROMANS ÉTRANGERS 1.\tLA VIREVOLTE, Nancy Huston - éd.Actes Sud 2.\tL\u2019APRÈS-MIDI BLEU, William Boyd-éd.Seuil 3.MEURTRE CHEZ TANTE LÉ0NIE, Estelle Monbrun - éd.Viviane Hamy 4.\tUNE ANNÉE EN PROVENCE, Peter Mayle - éd.Nil «r ESSAIS ÉTRANGERS 1.LE LIVRE DES ANGES, Karen Goldman - éd.Fidès 2.LITTÉRATURE DU QUÉBEC, éd.Y.Casguy-Resch - EDICEF/AUPELF 3.HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE DE L\u2019INCONSCIENT, H.F.Ellenberger - éd.Fayard w LIVRE JEUNESSE 1.LA ROUTE DE CHLIFA, Michèle Marineau - éd.Québec/Amérique «r LIVRE PRATIQUES 1.MEUBLES PEINTS DU CANADA FRANÇAIS 1 700-1840, John A.Fleming -éd.Camden House W' COUPS DE COEUR 1.ITINÉRAIRE INDIEN, Giorgio Manganelli - éd.Le promeneur 1120 av.Laurier ouest, Outremont, H2V 2L4, 274-3669 & C7 ¦a HAUT EST LE PEROU m JULIO C.ORTÀZAR MANIA Off ERU AID JULIO CORTÀZAR HAUT EST LE PÉROU Un texte inédit en français (traduit de l'espagnol), sur des photos de Manja Offerhaus, pour marquer le dixième anniversaire de la mort de ce grand écrivain argentin.HERVÉ (î IIA Y Yann Martel a 31 ans et un seul recueil de nouvelles derrière lui.Mais Paul en Finlande a reçu un tel accueil de la critique et du public anglophone que le jeune auteur possédé déjà l\u2019assurance d\u2019un écrivain confirmé.Il garde néanmoins intacte -a faculté de s\u2019émerveiller, mêmesi celle-ci est tempérée par une bonne dose de lucidité.Or, la lucidité va de pair chez lui avec l\u2019enthousiasme que transmet son œil bleu et myope par delà ses petites lunettes sévères.Oiseau rare, Yann Martel est idéaliste.11 croit aux vertus rédemptrices de l\u2019art avec un grand A.Il voudrait bien que l\u2019Art remplace l'argent au centre de nos sociétés occidentales, ou encore que l\u2019Art prenne la relève de ce qu\u2019a auparavant été pour elles la religion.«Je ne parle pas, dit-il, d\u2019aller tous les samedis au musée, ou de lire un livre par semaine, ou qu\u2019il faille écouter Yann Martel Mozart, même si ça aiderait.Non.A mon avis, par contre, il revient à chaque personne de se trouver une force motrice et créatrice.Malheureusement, je crains que ça devienne de plus en plus difficile à réaliser.» On retrouve du reste dans les écrits de Martel, notamment au sein des deux premières nouvelles de Paul en Finlande, cet engouement, cette croyance que l\u2019Art peut donner un sens à la vie et que, grâce à son imagination, l\u2019esprit de l\u2019homme s\u2019élève.Pourvu cependant que chaque personne sache s\u2019évader quelque peu des contingences matérielles qui l\u2019embarrassent.On pourrait croire la chose inspirée par un bouddhisme primaire ou une mode quelconque si elle n\u2019avait pas été prononcée sainement par cet ex-étudiant de philosophie pour qui il faut revenir à certaines valeurs de base, quitte à passer pour réactionnaire.Une anecdote suit alors où Martel lait valoir a nouveau son point de vue, cette fois à l\u2019aide d\u2019un exemple.Il se rappelle un film australien dans lequel les compressions budgétaires dans le secteur pénitentiaire mènent les détenus a la révolte.Et celui qui sr révèle a l\u2019origine de la révolte, c\u2019est un prisonnier qui peignait et à qui on enlève ses pinceaux.Par lui, la violence arrive.Cette anecdote illustre à merveille a thèse du nouvelliste sur les effets pervers d\u2019un monde sans imagination et sur l\u2019Art en tant qu\u2019antidote à la violence.Thèse dont la conclusion s\u2019exprime dans cette formule lapidaire de Martel.«Une personne sans Art, donc sans imagination, est une personne dangereuse.» Il précise davantage sa pensée, avec une fougue bien juvénile.«L\u2019Art est merveilleux.Autrement dit, il faut trouver le petit dieu qui va nous aider à passer à travers la vie.Malheureusement, les gens sont de moins en moins capables de se rendre compte que c\u2019est ce qu\u2019ils cherchent.Trop de bruit dans cette culture.Trop de télévision.II n\u2019y a pas assez de solitude.» Yann Martel qui a beaucoup voyagé et côtoyé différentes cultures n\u2019en est pas devenu pour cela un chantre du relativisme qui veut que tout se vaille.Fils de diplomates québécois, né à l\u2019étranger (à Salamanque, en Espagne, plus précisément), il a été élevé à l\u2019époque où les Canadiens, y compris certains Québécois, croyaient encore au bilinguisme et au biculturalisme.D\u2019où son éducation reçue en an- Une analyse stratégique des relations entre la presse parlementaire et les autorités politiques L\u2019actualité politique telle qu\u2019elle est distillée quotidiennement par les médias est la résultante d\u2019un jeu d\u2019influence réciproque entre les politiques et les journalistes.Voici un essai fascinant sur un domaine peu connu.durant la progression du sida qui linn par emporter Paul.Toutefois, même si la combinaison des deux éléments aurait transformé la longue nouvelle en roman, Martel s'est rendu compte qu\u2019il aurait peut-être eu du mal à maintenir l\u2019intérêt jusqu'à la fin.Alors il a heureusement opté pour laisser au lecteur s\u2019imaginer ce qui arrive aux Roccamatios d\u2019Helsinki.Choix qui témoigne de l\u2019assurance ci de la maturité dont fait preuve Yann Martel comme écrivain.Paradoxalement, pourtant, le nouvelliste qui est monte très vite a comme thème récurrent, dans son recueil, la difficulté de se réaliser, voire la crainte de ne pas se réaliser.«Qui, c\u2019est une crainte qui est mienne.Moins la crainte, en fait, de ne pas réussir, que de ne pas vivre.Je tiens cela sans doute de gens que j\u2019ai vus et de livres que j\u2019ai lus.Je ne voudrais pas me réveiller à 60 ans en me disant que j\u2019ai raté ma vie.» A cause de cela, Martel professe vouloir vivre à plein.«Oui, j\u2019ai peur de rater ma vie, de rentrer dans un couloir sans sortie.Voilà pourquoi je veux constamment me renouveler, m\u2019assurer que je ne trompe pas, que je ne m\u2019investisse pas dans quelque chose qui n\u2019en vaille pas la peine.» Un roman noir, écrit à un train d'enfer, où l'horreur côtoie la plus grande tendresse, celle d'un père horrifié par la tragique disparition de sa fille.«Jacques Bissonnette prend littéralement le leadership du genre au Québec.Il devrait même pouvoir se frotter aux Ellroy, Benacquista et autres sommités de «l'art au noir» depuis la parution de Sanguine.» Sylvain Houde, Voir.LA PRODUCTION DE L'ACTUALITÉ Une analyse stratégique des relations entre la presse parlementaire et les autorités politiques Boréal JACQUES BISSONNETTE SANGUINE Une histoire d'amour, de lettres anonymes et de casse-tête.Ou comment réapprendre à aimer lorsqu'on est un célibataire endurci et qu'on tient à nos petites habitudes.ANDRÉ GIRARD ORCHESTRA RAYMOND LEVESQUE KETCHUP OU COMMENT REFAIRE LE MONDE Ce premier roman de Raymond Lévesque, alias San Ramundo, raconte les tribulations d'un jeune homme désireux de refaire le monde.et de prendre le pouvoir.Il invente alors la théorie du «Grand partage».Une satire hilarante, doublée d une réflexion sur les milieux politiques. I.K I) K V OIK, I.V.S S A M K DI 21 K T D I M A N < Il K S K I* T K M II It K I D II I .1) L I V R E S WA Karl Popper: faillibilité et tolérance HEINZ WKIN MANN ¦toi Sir Karl Popper n\u2019est plus.Né Autrichien, il est mort sujet de sa \u2022Majesté la Reine.Son œuvre révolutionnaire d'épistémologue a ébranlé \u2022les fondements des savoirs humains: -, sciences, philosophie, biologie, psy-.ohologie.Né en 1902 à Vienne, Popper a assisté au bouquet du feu d'artifice intellectuel le plus brillant qu\u2019ait connu \u2022notre siècle.Loin d'avoir été, comme \u2022j\u2019empire romain, le produit d'une décadence, l\u2019effondrement de l\u2019empire .\u2022austro-hongrois a été causé par la surfusion d\u2019idées, grand «bouillon de .\u2022culture», que génère une société \u2022multiethnique et multiculturelle, ,,somme toute tolérante.Sa fin peut être qualifiée d\u2019«apocalypse joyeu-.-8e», puisque, au-delà de sa mort, son .héritage intellectuel et artistique a ,-été d\u2019une telle richesse qu\u2019il nous \u2022.nourrit toujours, tout en constituant cadre de référence essentiel de \u2022notre propre (post)modernité.-Vf Les idées centrales de l\u2019œuvre poppérienne ont germé dans ce bouillon de culture.Freudisme, adlé-,'tisme, austro-marxisme, positivisme -\u2014\u2014- du «Cercle de Vienne», les symphonies de Mahler, les tableaux cousus d\u2019or de Klimt, tous ils sollicitaient l\u2019intérêt du jeune étudiant en philosophie.Les questions que, tout jeune, il soulevait, aucun des professeurs n\u2019y pouvait répondre, puisqu\u2019elles faisaient voler en éclats les disciplines.Il fallait qu\u2019il pense par lui-même, donc qu\u2019il devienne philosophe.La plupart des idées germent là, pendant cette vie d\u2019étudiant.Mises en forme déjà par écrit, elles seront élaborées plus tard.Tout destinait Karl Popper à devenir le Socrate de l\u2019épistémologie contemporaine, puisqu\u2019il restera convaincu que poser des questions est une tâche plus essentielle, plus difficile que d\u2019y répondre.Son «eurêka», Popper ne le trouve pas, comme Archimède, plongé dans une baignoire, mais réfléchissant sur les conséquences de la confirmation ou de la réfutation d\u2019une théorie physique.Pas de n\u2019importe laquelle: celle de la gravitation einsteinienne! En effet, en 1919 \u2014 un an après l\u2019effondrement de l\u2019empire austro-hongrois \u2014, lors d\u2019une éclipse solaire, a été confirmée la théorie einstei- nienne de la gravitation qui voulait que les corps lourds comme le soleil devaient exercer une attraction sur la lumière exactement comme sur tous les autres corps physiques.«Ce qui est frappant, en l'occurrence, c'est le risque assumé par une prédiction de ce type.» Si l\u2019observation montre que l'effet prévu n\u2019apparaît absolument pas, la théorie est simplement réfutée.On le voit, c\u2019est ce risque de s'exposer à la réfutation qui donne à une théorie la seule chance de sa confirmation.Très tôt germera alors chez Popper l\u2019idée que c\u2019est précisément cette «réfutabiiité» des théories qui marque la frontière entre science et non-science.«Une théorie qui n\u2019est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique.Pour la théorie, l\u2019irréfutabilité n\u2019est pas (comme on l\u2019imagine souvent) vertu, mais défaut» Donc loin de chercher à établir la «vérité» en «vérifiant» les théories, Popper fait au contraire de leur «fal-sifiabilité», de leur possible invalidation, le critère même de leur scientificité: «le critère de la scientificité d\u2019une théorie réside dans la possibilité de l\u2019invalider, de la réfuter ou encore de la tester.» Popper sape à sa base le processus de la «quête de vérité» que la philosophie occidentale n\u2019a cessé de poursuivre, à partir du «miracle grec».Depuis qu\u2019avec Platon la vérité a trouvé sa sanction divine dans les idées célestes, l\u2019erreur ne pouvait qu'être chute ontologique, voire quasi-péché, figuré par Descartes par le \u2022\u2022mauvais génie», diable de l'erreur.Cette quête de vérité embrumée d'encens n\u2019est pour Popper qu'un mauvais strip-tease: loin de nous dévoiler le corps nu de dame vérité, sous ses vêtements, gonflés par le vent, n\u2019apparait que du vide.Un poste de professeur en Nouvelle Zelande, des 1927, provoquera le dépaysement nécessaire, grâce à son contact avec la civilisation maorie, faisant apparaître à Popper le lien étroit, la concomitance entre théories de la connaissance et théories politiques.C\u2019est là en Nouvelle-Zélande que Popper écrit son maître-œuvre, 1m société ouverte et ses ennemis.Société ouverte et société fermée correspondent à deux visions diamé- tralement opposées.La première, pluraliste, se critiquant en permanence, veillera à ce que la vérité n\u2019ait pas des prétentions de monopole en voulant exclure tout ce qui n'est pas elle.Monopole assuré par les gourdins d\u2019un pouvoir lui-même monolithique.Il faut veiller à ce que la société ne se ferme.En effet, la société fermée, société traditionnelle, est basée sur le principe d\u2019autorité, incarné par un «chef», un guide musclé, une idée devant lesquels on s\u2019agenouille religieusement, aveuglément.Toute critique est considérée comme atteinte à l'autorité.On l\u2019aura compris, la démocratie est le modèle de la société ouverte, à condition que la pluralité des voix puisse réellement se faire entendre et ne soit pas noyee dans un bruissement médiatique, comme récemment à la campagne électorale.Société basée sur le principe anta-goniste où la confrontation avec l\u2019autre, loin d\u2019être crainte, est recherchée.Le véritable ennemi de la démocratie, c\u2019est celui qui porte atteinte à cette «lutte amicale».Si dans la société fermée on tue l\u2019ennemi parce -ij* 'i,i V, \u2018 -:h. I M A N
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