Le devoir, 27 avril 1996, Cahier D
LE DEVOIR U feuilleton Page D3 Bandes dessinées Page D4 ?François Bourdeau Page D8 Formes Page D10 l H |) K V (I I R .I.K S S A M EDI 27 K T D I M A X (' IIE 2 « A V It I I.I !» !» (i Jean-Paul Dubois Attention, il mord! DANIELLE LAURIN Quand Samuel Polaris, au beau milieu d’une rage de dents, finit par sortir de sa léthargie, il mord.Il mord de toutes ses dents avec sa mâchoire endolorie le pédant dentiste, le chien, l’infâme qui lui a fait un traitement bâclé et qui maintenant refuse de lui consentir ne serait-ce qu’un instant pour jeter un œil sur sa plaie béante.«La seule réaction possible devant l’autorité, c’est de mordre.L’autorité est quelque chose d’irrecevable, qu’il s'agisse d’une autorité professionnelle ou militaire, étatique, sociale.Moi, j’aime bien mordre.Je trouve normal de mordre quelqu’un qui vous fait mal.Mordre le chien qui vous mord.Je ne suis pas un impulsif, mais quand un chien me mord, j’ai envie de le mordre.» Comme dans ses livres.Jean-Paul Dubois est exactement comme dans ses livres.Même si ça n’a rien d’original pour un écrivain de ressembler aux livres qu’il écrit, d’écrire des livres qui lui ressemblent.Mais ce Toulousain qui écrit loin de la faune littéraire et intellectuelle parisienne ne demande pas à être traité comme un original.Il l’est, tout simplement.Envers et contre tout.Contre toute norme, toute forme de pouvoir.«Je pense qu’il ne faut pas avoir de pouvoir dans la vie», laisse-t-il tomber quand on insiste sur la passivité des héros de ses romans.Passivité crasse de Samuel Polaris dans Kennedy et moi, pour ne parler que de celui-là.Ecrivain, il a cessé d’écrire il y a dix ans après avoir poussé un grand cri en direct à la télé.Depuis, il voit sa vie lui échapper, sa femme le tromper, ses enfants le mépriser, et il reste là, à errer, détaché, en dehors de ses souliers, en dehors du monde, sans même avoir l’air de se morfondre.Inerte devant le film de sa vie gâchée, Samuel Polaris.«À la naissance vous êtes malheureux.Dès l’instant où vous commencez à respirer, les emmerdements commencent.D’une manière générale.Sans caricaturer.Il y a aussi des petits bonheurs.Mais passer 40, 50, 60 ans en vie, c’est quelque chose de nécessairement compliqué.Qu’il s’agisse des relations avec les autres, avec ses enfants, avec son travail, avec sa santé.Pour moi, c’est compliqué.Il ne s’agit pas de passivité.Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien.Se laisser submerger par les emmerdements, ce n’est pas être passif.C’est lutter contre la marée.Qu’est-ce qu’on peut faire contre une marée qui monte?» L’envie de péter des gueules Mordre.Parmi ceux que Jean-Paul Dubois a envie de mordre et dont le pouvoir monte de façon inquiétante en France: l’extrême droite.«Moi, les gens du Front national, j’ai envie de leur péter la gueule.C’est tout.Je ne crois pas au pouvoir de la démocratie.Je ne crois pas en ses vertus.La démocratie, c’est bien quand tout va bien.Mais quand vous êtes face à des gens du FN, quand vous les connaissez un peu de l’intérieur, vous vous vous rendez compte que ce sont des gens qui n’ont rien à foutre avec la démocratie, rien à foutre des règles.Le seul langage qu’il comprennent, c’est la violence.Il n’y a pas de communication possible avec les gens du Front national.Faire souffrir quelqu’un dans le cadre de l’humain, c’est VOIR PAGE D 2: DUBOIS IIP f SL PHOTO ROBERT SKINNER «Même s’il se passe dans mon roman des drames terribles, je pense qu’on voit tout de même à quel point j’aime le monde du théâtre.Il est certain que si l’on me faisait l’offre d’un bon rôle, même d’un très moyen, je serais extrêmement tentée.» La comédienne, la jumelle et la marquise La fièvre des planches a Anne Dandurand HERVÉ GUAY nne Dandurand a quitté son [ SÊ métier d’actrice il y a une dizai- I æ' M ne d’années pour écrire.De * Æ È nouveau attirée par les feux de la rampe, elle remonte sur les Æ M planches.Pour parler en termes V m de cabaret, elle fait un comeback.Ce JL* n’est pas qu’un metteur en scène, avec qui elle a déjà travaillé, se soit rappelé d’elle subitement.Et personne ne lui a proposé non plus de remplacer à pied levé une camarade dans un théâtre obscur.Non, on n’est pas venu la chercher et elle n’a pas demandé la permission à qui que ce soit Elle s’est fait elle-même ce plaisir en investissant de sa présence le Théâtre Édith Quirion.Ce théâtre n’est pas dans Les Pages jaunes mais dans les pages de son roman le plus récent.Elle l’a créé de toute pièces pour situer une action qui se déroule justement dans le milieu théâtral.C’est un polar auquel elle a donné un titre éloquent: La Marquise ensanglantée.Jeanne Couteau qui triomphe dans Parle-moi comme la pluie et laisse-moi écouter de Tennesse Williams, c’est elle.Mais aussi l’habilleuse.Marie-Laine, le metteur en scène, Boris Ivanchiu, Clothilde Issenman, la directrice du théâtre, et surtout Marc Mongeau, le détective gay qui mène l’enquête sur ce meurtre qui éclabousse un soir de première.Ce personnage n’en est d’ailleurs pas à ses débuts.Il était des quatre nouvelles de L’Assassin de l’intérieur.Sa créatrice savait qu’elle n’en avait pas fini avec lui, même s’il n’était pas encore né, en 1983, quand lui est venue l’idée de ce polar.Il s’est imposé avec le temps, comme cette toile d’Anne Thibeault que la romancière a remarquée en 1989, tableau qui apparaît maintenant en couverture de La Marquise ensanglantée et qui a servi de catalyseur à ce roman miniature.Elle a décidé l’auteure à faire de son personnage principal, Jeanne Couteau, une peintre qui aurait déjà joué la tragédie.À l’instar de son héroïne, Anne Dandurand avoue du reste qu’elle serait tout à fait disposée à jouer de nouveau: «Il est certain que si l’on me faisait l’offre d’un bon rôle, même d'un très moyen, je serais extrêmement tentée.J’ai décidé de ne plus jouer parce que la voie de l’expression devenait plus forte que tout.Mais j’ai eu beaucoup de plaisir comme comédienne.D’ailleurs, même s’il se passe dans mon roman des drames terribles, je pense qu’on voit tout de même à quel point j’aime le monde du théâtre.» L’amour du théâtre Ce qui intéresse Anne Dandurand, la romancière, dans ce milieu, le théâtre, vient de ce que les répétitions très rapprochées créent un vase clos où les passions s’exacerbent; et les acteurs sont de merveilleux feux d’artifice à observer, ils ne cachent pas leurs émotions, ce qui les rend émouvants, et ils s’investissent en outre complètement dans ce qu’ils font.VOIR PAGE D 2: DANDURAND 266 pages 26 illustrations.LES BÉLUGAS de Pierre Béland Illustrations de Frédéric Back éë Un livre touchant écrit par un scientifique courageux99 !4 95$ Jacques Godin * i UranBqmsion 4 i I.K I) K V U lit .I.K S S \ M K H I K T H I M A X I II K « Je décroche parce qu’après cinq ans • ' ' .seulement, j’ai la langue l'école sacriliee ¦'''**«a**’" jVDrÉNA I M A X I II 11 A V It I I.I II II II ïoujours plus claire, ARTS VISUELS Des rondeurs aux teintes feutrées toujours plus sombre DE U LUMIÈRE À L'IMAGE Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Penaiah Gibb 1379, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 27 niai JENNIFER COUËLLE de la présentation double d’une même prise de vue imprimée aux moyens de procédés différents, on fréquente des personnes comme des lieux immortalisés par les renards irréductibles des Baldus, Charles Nègre, Auguste Sal/mann, Cobum.Steichen, Weston, Atget, Lisette Model, Evans, jusqu’à John Max, Diane Arbus, Lynne Cohen et Robert Bourdeau.FRANÇOIS BOURDEAU JOSEE BERNARD Galerie Clark 1591, rue Clark, 2 étage Jusqu’au 5 mai JENNIFER COUËLLE C* est le moment ou jamais d’entrer dans le secret des dieux de la photographie.Une même image, deux tirages.deux procédés d’impression surtout, révèlent que la lumière peut être toujours plus claire, comme les ombres, toujours plus sombres.Pour ceux qui ne l’auraient lias vue i elle vit le au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), où i jour, au Musée du Québec ou au Musée de Dindon, en Ontario, où elle fut ensuite présentée, I)e la lumière à l'image: la photographie, épreuves et impressions fait un arrêt ultime au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avant de regagner la collection permanente, c’est dire aussi la réserve, du Musée de nos musées à Ottawa.Regroupant soixante-dix images réalisées par une quarantaine de photographes européens, américains et canadiens depuis les débuts de cette lumineuse invention qui mit la pédale douce à l’illusionnisme pictural jusqu’à nos jours, l’exposition du MBAM transforme le cabinet des dessins et estampes de l’établissement en un laboratoire d’analyse comparative et d’appréciation esthétique des alchimies multiples de la photographie, comme de ses limites.Orientée autour de préoccupations plastiques plutôt que conceptuelles, du connoissettrsliip de l’objet photographique, De la lumière à l’image est l’œuvre de John P.McElhone, restaurateur des photographies au MBAC, qui fait ici ses ruines comme commissaire.Avec ses pères Daguerre et Talbot en moins, le médium photographique nous est raconté à travers nombre de ses voix les plus portantes.Sur le mode, notamment, SOURCE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA L’Indien, une photographie de Gertrude Kasebier prise au tout début du siècle.Repères historiques les passionnés des images de la surface sensible, les initiés et les visiteurs à l’œil patient trouveront leur compte et plus encore dans cette didactique mais élégante exposition où l’art est précédé des prouesses de la science.Sous les œuvres, des étiquettes bien nanties nous apprennent, par exemple.qu’Atget, qui faisait dans l’albumine argentique comme dans sa variation plus moderne à la gélatine et qui teignait parfois ses papiers pour accentuer les zones les plus lumineuses de ses photographies, choisissait ses matériaux selon la nature de ses images.C’est donc dire que sa série d’arbres solitaires à Saint-Cloud ne passe pas du réalisme au symbolisme par les seules considérations de composition.Au choix des arbres et des points de vue adoptés viennent s’ajouter les effets escomptés de lueurs roses et de noirs saturés obtenus par l’application de tel ou tel autre procédé.Depuis son invention, en 1839, la photographie a évolué au rythme accéléré de la mise au point de procédés de tirage se supplantant par leurs possibilités toujours nouvelles.L’une des plus éclatantes de ces découvertes fut celle, plus bleue que bleue, de la cyanotypie.Si son échelle tonale est réduite, ses rendus, en revanche, sont particulièrement atmosphériques.D’ailleurs, le pictoria-liste — le nom sous lequel œuvraient les photographes symbolistes dès le tournant du siècle dernier — Edward Steichen n’a pas hésité à tirer profit des teintes vaporeuses du cyanotype dans son épreuve mixte Us Mains de Dana tenant une boule de verre (vers 1925).Dans la même série, on peut voir aussi un exemple des efforts de taxinomie botanique de la Britannique Anna Atkins, avec son empreinte de fougère sur fond bleu, Polypodium crenstum, Norvège (vers 1853).Puis, à travers ce parcours conçu en fonction de la qualité physique des objets, se glisse tout de même une reconstitution des grands genres de l’histoire de la photographie: du portrait au paysage, en passant par l’architecture et les scènes de rue.On repère par endroits l’approche socio-archéologique des sujets architecturaux, avec, notamment, les pèlerinages italiens de Charles Nègre et un souvenir des voyages moyen-orientaux de John Beasly Greene.Ailleurs, avec Baldus et son épreuve sur papier salé du nouveau Louvre, on se frotte à une observation plus moderne de l’architecture — documentée comme elle s’érige.On suit également l’évolution du portrait, depuis ses sujets officiels rendus dans toute leur dignité, comme, par exemple, Le Révérend Thomas Hen-shaw Jones (1843) de David Octavius Hill et Robert Adamson, jusqu’à ceux, infiniment plus intimes, de Tina Modotti, pris par Edward Weston dans les années 1920.Et au-delà même de son intérêt techno-scientifique comme de ses repères historiques, ne serait-ce que pour le plaisir de découvrir ou de revoir certaines œuvres indélébiles — je pense, entre autres, à l’homme au regard impitoyable de la Promenade des Anglais, Nice de Lisette Model et au sensuel Profil de Weston, où la linéarité d’architecture et de corps ne font qu’un —, cette exposition mérite bien une visite.Qu’elle soit modeste et ciblée à souhait, on apprécie, mais que la qualité de son corpus nous permette de surcroît d’aller outre l’épreuve pour errer du côté de l’image, on se réjouit.T1 est parfois comme ça des exposi- li lions toutes simples qui nous rappellent que l’art, au-delà du discours fracassant, de sa capacité de troubler et de nous faire douter, sait être aussi pur plaisir.A la fois modestes et présentes, sobres et expressives, massives sans être lourdes, les sculptures de François Bourdeau en place actuellement a la Galerie Clark ont quelque chose de profondément satisfaisant.Au sujet de son travail, l’artiste écrit vouloir exprimer la sen sualité.Il ne se trompe pas d’un iota.Ces formes organiques en bois de cèdre patiné, on a envie de les toucher, d’en faire le tour dix fois, d’apprendre par cœur chacun de leurs recoins.Puis au-delà de leur impact physique, de leur qualité enveloppante, ces quatre œuvres bipartites posées directement au sol de la galerie font sourire de curiosité, tant elles se dérobent au reconnaissable.Indicibles, ces rondeurs aux teintes feutrées donnent à voir deux grosses mains — si ce ne sont des pattes d’ours couleur chair — qui semblent vouloir se joindre (Pô!); un duo d’ocres chatoyants formant un petit siège au profil vaguement éléphantin qui prend appui sur je ne sais quoi d’arrondi (Méa) et une étonnante paire d’oreilles rose saumon qui, vues autrement, ont tout d’un poisson (Enfin seul).On a droit aussi à un soupçon d’hybridité avec le mariage de bois et de métal corrodé d'Hydra.Se moulant à une pierre façonnée de plaquettes métalliques sur laquelle il sied, un tronc d’arbre vert-de-gris se prolonge en protubérances à la Louise Bourgeois qui jouent les fémurs tout en suggérant des dents bien enracinées.Si cette œuvre trône sans conteste, c’est par l’ampleur de sa forme tentaculaire qu’elle s’y prend.Puisque si bien fignolée soit-elle, sa pierre accidentée comme une montagne vallonnée — sorte de version miniature des paysages animaliers aux mille languettes métalliques de l’artiste montréalaise Sylvie Fraser — distrait.La rupture matérielle qu’elle introduit demeure irrésolue.On croirait à un choix décoratif plus qu’artistique.Ainsi, à la simplicité et la pureté de tout à l’heure, sont substituées ici les limites de l’esthétisme.Un détail, bien sûr, mais visible n’empêche.Qu’à cela ne tienne, dans son ensemble, cette exposition, où l’ap- Avoir 30 ans.c'est GRAFF!- 18 avril - 25 mai 1996 L'attaché détaché * , Livre d'artistes 900 CM À COLLECTIONNER 3(Koeuvres, 3flX30cm, 300 $ LA RELÈVE FAIT SA COUR • Oeuvres in-situ TÂCHES D ENCRE Éditions 1986-1996 Graff selon le monde Vidéo documentaire Ateliers dirigés de production Pour tous - gratuit ( jeudi.-, di manchet Le 2 MAI À 1 7 HEURES Vernissage Remise du Prix Graff à la mémoire de Pierre Ayot GALERIE DE BELLEFEUILLE VERNISSAGE SUSAN G.SCOTT Œ -e Rencontre avec l’artiste les samedi et dimanche 27 et 28 avril de 13h00 à 17h00 1367, AVENUE GREENE, WESTMOUNT - TEL: (514) 933-4406 lundi au samedi 10h00 - 18hOO dimanche 12h3Ù ?17h30 r i o p e I I e Dernière journée GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark, Montréal, (514) 849-1165 Du mardi au samedi de 10 h à 17 h 30 GALERIE GRAFF DAL PROGETTO ALU OPERA 76 sculptures européennes contemporaines Jusqu’au 11 mai 963, Rachel Est, Montréal tél, : (514) 526-2616 GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke Ouest 845-7833 / 845-7471 ft 9 proche classique et intrinsèquement matérielle de la sculpture est rappelée à notre souvenir, a fort à offrir.Elle nous prouve notamment que l’art qui n’a d’autre dessein que d’être soi, ne s’enlise pas pour autant dans la futilité du paraître.Car la suggestivité des œuvres ici exposées ouvre grand les portes à l’imaginaire, comme à sa spontanéité.Dans la petite salle d’à côté, c’est le cycle des terres nourricières qui fait image avec Moisson de Josée Bernard.Depuis l’icône de l’entrée — une petite photographie en couleurs d’un gros plan de germe qui se pointe le nez hors sol — aux photographies sépia d’images fixes de films d’archives représentant les labours des semailles, en passant par une superposition de jarres translucides aux céréales diverses, on ne se méprend pas sur le sens de cette exposition.Ni bucolique, ni romantique, pas plus que métaphysique ou surréelle, la nature y figure comme élément vital.Chez Bourdeau, la suggestivité des œuvres ici exposées ouvre grand les portes à l’imaginaire, comme a sa spontanéité OEUVRES RÉCENTES JEAN-PAUL JÉRÔME ¦ «Le Temps Mural» DERNIERE SEMAINE WADDINGTON & GORCE 2155, rue Mackay Montreal.Québec Cumula H3G 2)2 Tél.: (514)847-1112 Fax:(514)847-1113 Du mardi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30.le samedi de W ht) 17 h SOURCE GALERIE CLARK Un soupçon d’hybridité avec le mariage de bois et de métal corrodé d’Hydra., de François Bourdeau.Bénéficiaire de l’attribution 1996 du Studio Ernest-Cormier, cette artiste montréalaise poursuit ici — images projetées en moins — une démarche fine et sensible qu’on lui connaît depuis déjà quelques années.Considérant notre rapport quasi inexistant avec la réalité des terres semées, du moins pour la plupart d’entre nous citadins, cette discrète célébration de gestes humbles mais combien nécessaires, est touchante.Le dépouillement formel de cette installation contribue à l’impression d’humilité qui s’en dégage.Des images sous verre mais sans cadres trouvent écho à leurs sujets dans un accrochage inaccoutumé, près du sol, et un empilement minimaliste de pots laisse transparaître la monochromie et les dimensions et formes variées des graines d’orge, d’avoine, de blé et j’en passe.On contemple les infimes différences, le détail de ce qu’on connaît mal et.?Quand bien même elle évoquerait un cycle complet, de la semence à la moisson, quand bien même elle réussirait par son propos à nous toucher sommairement, cette œuvre nous laisse sur notre faim.D’autant plus qu’on a la fâcheuse impressiofi que ce que l’artiste nous donne à voir aujourd’hui n’a sensiblement pas évolué depuis ses dernières expositions à Montréal en 1995.Ce n’est pas tant le discours qui s’épuise que le langage, que les moyens plastiques qui le communiquent.L’application de la binaire formule conceptuelle de quelques images d’une réalité X et sa transposition en trois dimensions clans l’espace d’exposition ne garantit ni profondeur, ni poésie.Tout est à sa place, mais tout reste aussi à la surface.Josée Bernard nous a habitués à mieux.Pour cela, justement, on attendra la suite.LE PLUS GRAND L’HOMMAGE A ROSA LUXEMBURG ___________________________________________________-_____________________________________________-_______-___________- j Une fresque magistrale de 40 mètres x 1,55 mètre.Une œuvre chargée d’émotion.À voir absolument, du 17 avril au 19 mai 1996.-S* MUSÉE DU QUÉBEC Paredes Champs-de-Bataille, Québec(418)643-2150.Heures d’ouverture: Mardi, jeudi, vendredi, samedi,dimanche: 11h-17h45; mercredi: 11 h-20h45; lundi: fermé.Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. I.K O K V II I It .I.y.S S V M h H I y t i> i m \ x r h y •> ,\ V It I I.I II l> Il LA TELE DD WEEKEND \ M E /j r S 0 JR FLEURS ET JARDINS Daniel Pinard y va de quelques conseils pour vos pois et vos /leurs.Si vous avez râlé l'édition de mardi.TVA, 17h.'I0 S > LES GRANDES DAMES DU STRIP TEASE Un documentaire sur les plus célèbres strip-teaseuses, avec des passages sur l’ouverture du Crazy Horse en 1951.Canal I), 21 h 4 NQ PAU LE DES RIVIÈRES ENJEUX Si vous avez raté la première diffusion, vous pouvez vous reprendre ce soir et constater les ravages que peuvent faire des parents ayant décidé de projeter leurs désirs sur leurs enfants.Ici, deux petites filles de cinq ans rivalisent (avec leurs parents) pour remporter un concours de beauté.RDI, 22h P, mmm O CE CD U) CEO a i m as CD Perfecto fl Les Inventions de la vie Los Inventions de la vie a Impact Branché Le Téléjournal Raison Passion / Lynda Lemay, Marie Cardinal (18:20) Olympica Cinéma/AGAGUK (5) avec Lou Diamond Phillips.Jennifer Tilly Le Téléjournal Nouvelles du sport (22:20) Cinéma/SUBWAY (4) avec Christophe Lambert, Isabelle Adjani (22 50) o s e 00 9; CD ii 13 @@ Vidéo rock détente CBAgenda Interactif ODLe Championnat des quilles Fleurs et Jardins /Huile de dormance; planification du potager; saumon a l'érable Le TVA Cinéma / QUAND L'HABIT FAIT L'ESPION (5) avec Richard Grieco, Gabrielle Anwar Cinéma / LE VOL DE L INTRUDER (5) avec Brad Johnson.Willem Dafoe Le TVA/Tva Sports/ Loteries (2344)/ Pub (23:57) (15 ! (77) (24) (301(46! Garfield et ses amis Los Tribulations du cabotin Les Nouvelles Aventures de Skippy Les Contes du chat perché Omni Science Droit de parole/Commission Krever vs anciens ministres de la Santé Janette.tout court/Les Peines d'amitié Cinéma / DANZON (4) avec Maria Rojo, Tito Vasconcelos Points de vue (22:50) (2)j 41 16 ED .35j @9) Pub Passion plein air Grand Journal D) Hebdo Sports (17:40) Cinéma/AU NOM DE MA FILLE (5) avec Donna Mills, John Getz Sonia Benezra / René et Nathalie Simard.Marina Orsini, Francis Reddy Cinéma /LE FLIC DE MIAMI (5) avec Alec Baldwin, Fred Ward Le Grand Journal (23:05) Passion plein air (23:35) oo 3D Gymnastics News Busy Bodies Personal Best Hockey / Maple Leafs - Blues OU Avalanche - Canucks Hockey / Avalanche - Canucks OU Saturday Report / Country Beat (22:47) ?OSH CD Speed Skating Champ.(15:00) Babylon 5 Newsline Regional.Wheel of.E.Now Dr.Quinn, Medicine Woman The Show Home Court Lonesome Dove CTV News Nightline Championship Wrestling Puise Country Prof.Star Trek: Deep Space Nine Star Trek: Voyager Pulse CE (13) dS Wide World of Sports News ABC News Wheel of.Pub Cinéma / BORN FREE: A NEW ADVENTURE avec Jonathan Brandis, Ariana Richards Comedy Club All-Stars News Tales from.Hard Copy Olympic Gold Do the Work ABC News Home Videos Star Trek: Deep Space Nine Baywatch CE (8) Golf / Greater Greensboro Open (15:00) News CBS News Entertainment this Week Dr.Quinn, Medicine Woman Touched by an Angel Walker, Texas Ranger News Hercules Pub (23:35) Wheel of.Jeopardy! CE a® Basketball NBA/Rockets - Lakers (15:15) NBC News Home Improv.Cinéma/MADE IN AMERICA (5) avec Whoopi Goldberg, Ted Danson Sisters Saturday Night Live Inside Edition Siskei & Ebert ES (57) Marcia Adams Best of Kerr Frug.Gourmet Lawrence Welk Show Metropolitan Opera/James Levine 25th Anniversary Gala Malone Washington Wall Street .Previews Inside Albany The Editors McLaughlin.R.Perrin Keeping Up.As Time Goes Mr.Bean Red Dwarf Austin City Limits Cinéma m ED Batman &.Bugs Bunny & Tweety Show News Focus Ontario Myster.Island Chris Cross Ready or Not Red Green The Marshal Murder, She Wrote Global News Saturday Night Polka Dot.Today's SpecT] I Wildside Pumped! McManus National Geographic Cinéma / LONG DAY'S JOURNEY INTO THE NIGHT (2) avec K.Hepburn, R.Richardson Conversations I Cinéma (23:20) (SS) Golf Experience Golf SPGA / Classique Las Vegas NHL Playoff Hockey / Flyers - Lightning Sportsdesk S® Rallye Mag.olymp.Golf SPGA / Clas.Las Vegas I Sports 30 Planche neige Billard/Champ, des célébrités Supercross Moto Indy Lights Sports 30 Hockey / Canucks - Avalanche (SD 30 Millions.Journal suisse Visions/Gour.Thalassa Journal FR2 FrancoFolies / Zachary Richard Évasion Aura tout vu! Bon Week-end Journal belge |ViSions.|GéopO.(23:15) (10 Ma sorcière.Radio Enfer Studio Techno Hartley./ Studio (18:45) Mégabogues Ciel d'Afrique (HE) Musique vidée 1(13:00) VoxPop I Perfecto Fax Cimetière CD ConcertPlus / Carole King [Musique vidéo Bouge de là BlackOut (MM) VideoF.(14:30) SuperHitVideo IR.S.V.P.The Tube Spotlight Start Me Up | Big Ticket/Ed Sullivan VideoFlow The Tube Spotlight (10 Jefferson à Pa ris (15:25) Avec distinction (17:45) Black Beauty (19:25) [Aux frontières de l'au-delà Une Épouse.(22:50) (YTV) Yogi Bear Rocko's Life Spider-Man Squawk Box Captain Power Goosebumps Are You Afraid Video &.Cinéma/COURAGE OF BLACK BEAUTY (5) | Spiderman Super Dave.Dog House m La Bande.Jeux Safari Miroir, Miroir Watatatow (BS) Bul.de santé Aujourd'hui Bulletin jeunes Box-office Griffe Monde ce soir Cdn Moscou Reportages / 3 Hommes .Harlem Le Téléjournal | Scully renc.Enjeux/Petites Filles modèles Ed.Week-end Branché CE Servi.(1610) Grands Crimes du XXe siècle Samedi de rire Ray Bradbury Le Goût du monde Biographies: Hillary Clinton Grandes Dames du strip-tease En rappel: Yvon Deschamps I Navarro/Mort d'un témoin | s\ N Ar (; N' V ^ CE ** SU H > A y ^ ^ ^ Q U ^ ^ PAULE DES RIVIÈRES OPTION ÉDUCATION Michel Pallascio, président de la CECM, répond aux diverses attaques dont il est l’objet depuis plusieurs semaines.Il défend également son point de vue sur la confessionnali-té.L’émission propose, enfin, un portrait de l’homme.RDI, lOh LA SOIREE DU HOCKEY La soirée se déplace en plein après-midi, pour la présentation d’un match —peut-être le dernier— opposant les Rangers au Canadien.Radio-Canada, 15h ZAP Le sympathique téléroman d’ados s’attarde ce soir à la jalousie excessive de Xavier, dont Isabelle a soupê.Radio-Québec, 18h VIVEMENT DIMANCHE! L’émission est consacrée au réalisateur français Jean-Charles Tacchella, ses méthodes de travail et ata chemins qu’emprunte la création.Radio-Québec, 20h BOUILLON DE CULTURE Bernard Pivot et ses invités s’intéressent à la force de l’amitié.Il reçoit Jean Lacouture, James Gregory, Roger Kempf et Michael Radford.TV5, 20h30 I nraKfiiA HKfnuü nMiXH OCID® mesa ?DID® ID Hockey / Canadiens - Rangers (15:00) Le Téléjournal Découverte (18:15) Surprise surprise/ Meilleurs Moments Cinéma/TOUT ÇA.POUR ÇA! (4) avec Marie-Sophie L., Fabrice Lucchini Le Téléjournal (22:15) Le Point (22:35) Nouvelles du sport Cinéma/ MYSTERY TRAIN (4) avec Y.Kudoh, M.Nagase (23:15) o©© DOS] moi si @B) Automag Plus œinteracti'f Vins et Fromages Les Dinosaures CB Festival western St-Quentin Le TVA Fort Boyard Drôle de vidéo Cinéma / L'ENFANT SACRÉ DU TIBET (5) avec Eddie Murphy, Charlotte Lewis Le, TVA / L'Evénement (22:18) TVA Sports (22:39) Loteries/ Complète- ment marteau (23:05) Finances (23:34) 0SQZ)(24) (30(10 Cinéma /LES DALTON EN CAVALE (5) (16:00) Albert, le 5e mousquetaire Zap Les animaux ont aussi un sexe Vivement dimanche! / Les Chemins de la création / La Réalisation d'un film Plaisir de lire (21:05) Cinéma/LA NUIT SACREE (5) avec Amina, Miguel Bosé (21:35) Retour à Samarkand (23:35) CD 0)00 60(1030 Pub Pas si bête que ça! Le Grand Journal Écoute-moi / L’Amour.pourquoi c’est si compliqué?Arcand Taxi L'Heure JMP Cinéma/ALIEN 3 (5) avec Sigourney Weaver, Charles S.Dutton — Grand Journal (23:29) / Cinéma (23:59) OO © Hockey / Canadiens -Rangers (15:00) Magical World of Disney À communi- quer Hockey / Panthers - Bruins (si nécessaire) Sunday Report Venture (22:56) /Nation’s (23:23) Sunday Night CBC News 00 01 m Wine & Cheese Misery Loves.Question Per.Newsline Family Play.The New Adventures of Superman Cinéma /A FEW GOOD MEN (4) avec Tom Cruise, Demi Moore CTV News Nightline Puise Country Profiles Automag Plus F Fashion TV Puise Travel, Travel © 513) (20 ABC's Wide World of Sports (16:00) News ABC News Funniest Home Videos The New Adventures of Superman Cinéma / SHE WOKE UP PREGNANT avec Michele Greene, Joe Penny News Pub E.T.Weekend ABC News Home Videos Star Trek: The I \lext Generation GO CD Golf / Greater Greensboro Open (15:00) CBS News M*A*S*H 60 Minutes Murder, She Wrote Cinéma/GRUMPY OLD MEN (4) avec Jack Lemmon, Walter Mattnau News/Sein.Limits (23:45) News Pub (23:35) News CBS News © 0® Basketball NBA / Éliminatoires/Pistons - Magics; Suns - Spurs; Heat - Bulls (12:00) Mad About You NewsRadio Cinéma/THE BEAST avec William Petersen, Karen Sillas Sightings News Extra (23:35) ED (57) Adam Smith I Legendary Trails All Creatures Great & Small Wild America Naturescene Nature Masterpiece Theatre Messenger from Moscow (4/4) Chandlers Co.Metropolitan Opera Cinéma/THE HAPPY.(5) © 03 Tales of.Bugs & Tweety Show News Sportsline 60 Minutes Mad About.[Simpsons Married.with Children Ned & Stacey Partners Global News Sportsline Battlef.(16:00) Imagineland Press Gang Cinéma/ WEE WILLIE WINKIE (5) avec Victor McLaglen Heartbeat / Witch Hunt Inside the Line The Best of Studio 2 Allan Gregg View from.ffl Hockey / Peng juins - Capitals (14:30) Sportsdesk NHL Playoff • Indycar / Grand Prix de Nazareth | Golf SPGA / Classique Las Vegas Sportsdesk (S® Hockey (13:50) Planche neige Golf SPGA/Classique Las Vegas Sports 30 .le plus fort | NASCAR / Goody's 500 | Superstars WWF Sports 30 Mag.olymp.(TV5) Monde (15:30) Journal suisse Visions/Gour.L'École des fans Journal FR2 Faut pas rêver Bouillon de culture 7 sur 7 / Jean D'Ormesson (21:40) | Journal belge Visions Savoir.(23:15) 30 Ma sorcière.petite peste Covington.Animalement Max Glick Marshall et.Salty (MB QcPIUS (14:00) Flashback Fax Box-office Spécial Alanis Morissette Musique vidéo VJ invité: Serge Postigo | QuébecPlus (MM) VideoFlow R.S.V.P.Combat des Clips Rock & Roll Mojo Working MuchMusic Countdown MuchEast (10 Bonjour Timothy (16:40) Incident à Deception Ridge (18:20) Les Chemins de l'amour Le Meurtre dans le sang (21:50) / Octobre (23:55) m : tt-— 0V) Snowy (16:00) Woodpecker Garfield and.Hamster Rupert YTV Achievement Awards '96 Hypernauts Felix the Cat | Rough Guide Streetnoise | Dog House m Jeux Safari Miroir, Miroir Watatatow % i 4 1 " ' '"T m Rédacteurs.Aujourd'hui Bulletin jeunes Accent franco.| D'lci Monde ce soir Griffe Reportages / La Mafia russe Le Téléjournal | Scully RDI Entrée des.| Horizons fra.Ed.Week-end j Espace libre © .tease (16:00) En rappel: Yvon Deschamps Objectif Aventure Têtes d'affiche: Richard Burton Services secrets (2/4) Jazz: 100 Ans de jazz / Wynton Marsalis Cinéma/TI-CUL TOUGAS (4) le I IN El MA LE FLIC DE MON CŒUR (4) (Vie Big Easy) É.-U.1986.Drame policier de J.McBride avec Dennis Quaid, Ellen Barkin et Ned Beatty.A Im Nouvelle-Orléans, alors qu’il enquête sur le meurtre d'un trafiquant de drogues, un inspecteur est confronté à une , avocate qui combat la corruption policière.TVA Mbit O DANZON (4) Mex.1991.Drame sentimental de M.Novaro avec Maria Rojo, Tito Vasconce-los et Carmen Salinas.Une quadragénaire plutôt réser-1 vée sillonne le port de Vera Cruz à la recherche de son ¦ partenaire de danse porté disparu.RQ 21 h SUBWAY* (4) Er.1985.Drame policier de L Besson avec Christophe Iximbert, Isabelle Adjani et Michel Gala-bru.Poursuivi par les hommes de main d’un affairiste malhonnête, un jeune homme se réfugie dans les couloirs interdits du métro.SRC 22h50 MILLER'S CROSSING (3) É.-U.1990.Drame policier de J.Coen avec Gabriel Byrne, Marcia Gay Harden et Albert Finney.Après une liaison avec la maîtresse de son patron, le bras droit d'un magnat de la pègre se met au service d’un rival méfiant.CBS lh CINEMA AU PETIT ÉCRAN 20,000 LEAGUES UNDER THE SEA* (3) É.-U.1954.Science-fiction de R.Fleischer avec Kirk Douglas, James Mason et Peter Lorre.Au milieu du XIX' siècle, un savant et deux compagnons sont recueillis à bord d’un submersible mystérieux.CBC 18h :-«- A FEW GOOD MEN (4) É.-U.1992.Drame judiciaire de R.Reiner avec Tom Cruise, Demi Moore et Jack Nicholson.L’avocat de deux fusiliers jugés pour meurtre tente de démontrer que les accusés obéissaient à un ordre donné par un de leurs supérieurs.CTV 20h -?- TOUT CA.POUR CA! (4) Fr.1992.Comédie de mœurs de C.Lelouch avec Marie-Sophie L, Fabrice Lucchini et Francis Huster.Les mésaventures de cinq couples éprouvant diverses difficultés conjugales.SRC 20h -?- TI-CUL TOUGAS (4) Can.1975.Comédie de mœurs de J.-G.Noël avec Micheline Lanctôt, Claude Maher et Suzanne Gar-ceau.Réfugiés aux Iles de la Madeleine avec de l’argent volé, un musicien et son amie préparent leur fuite en Californie.Canal D 23h (1) Chef-d’œuvre (2) Excellent (3) Très bon (4) Bon (5) Passable (6) Médiocre (7) Minable. 1) 10 I.K I) K V OIK.I.K S S A M K l> I K T I) I M A N t II K 2 K A V H I I.I II II II I ?LE DEVOIR ?.f«.f ¦Mnmmnm'* m m -m HT.tt pilIaiiHHiilil EIEIB.B B.TH IHGIRBBBBRBBBBBH1 mnnBsraraEBHi O n cm i «¦0EI3RE1E ami La nonnra [iBBBg- ;tti PÂwïr .Uïl J- P.'S, tüi ,L_'.V .\ .«GMLt ,i: J.1.J J JUl U L L.0 li.Li :* V< MM& $Nsse de la Bibliothèque nationale de France, ssssa v:.: swtlttfeH»?.,; Sii-üfcj-.,!':;.S:Si WBBÊHBtk commande publique s’ést remise à rouler rondement.Sans parler /au contexte intellectuel, véritable âge d’or selon Perrault: «Il y avait eu toutes ces retrouvailles avec la ville, avec l’histoire, une sensibilité nouvelle.Les architectes se remettaient à dessiner, ils avaient fait des tas d’études alternatives, sur l’énergie solaire, la sociologie.La chance de ma génération a été d’arriver après mai 68.On n’a pas la culpabilité de nos aînés, de nos professeurs, par rapport aux grands ensembles en béton, à l’architecte qui n’a pas réussi à faire les villes.Moi, le fait de construire des tours, ça ne m’a jamais posé de problèmes métaphysiques!» En effet: les quatre immeubles de 20 étages qui s’élèvent, tels des livres ouverts (ou des tours de château-fort) aux quatre coins de la TGB ont suscité une telle polémique, que Perrault est devenu célèbre à.très grande vitesse: «Merci la presse, quoi!» Aujourd’hui, tous ceux qui fine vue d’ensemble tiens dans les procédures, ce sont des concours propres.Le choix du site, lui, a été le fruit de longues discussions, avec des enjeux politiques, entre la Ville de Paris et l’État.Ce qui est quand même formidable est que des gens, au nom du service public, décident que, la Bibliothèque nationale ne fonctionnant plus, il faut en construire une nouvelle.Ensuite un maire dit: moi, la Bibliothèque, ça m’intéresse, trouvons un terrain d’entente pour que ce soit positif à la fois pour la nation et pour Paris et ses quartiers [en l’occurrence le XIIIe arrondissement et l’est, qu’on veut développer].C’est quand même une démarche absolument exemplaire en terme d’éthique et de hauteur de vue.Là-dessus viennent se greffer des objectifs politiques, et c’est bien normal puisque ces gens sont élus par le peuple.Mais ils sont élus, c’est la République.Ces gens-là avaient une hauteur de vue, une vision.C’est ça la grandeur de Mitterrand.» La nature de Perreault Inspiré par le Land Art et l’art minimal, Dominique Perrault trouve ses idées en bricolant, et se passionne pour les formes simples qui cachent une complexité intérieure: «Comme le corps humain, sous la peau.» Dans la plupart de ses projets, la nature mord sur le bâti, forme corps avec lui.D’abord intuitive, cette démarche novatrice devient une profession de foi pour Perrault qui préconise la «disparition de l’architecture», au moins sur le plan du débat des styles.Perrault ne veut pas construire d’édifices, c’est-à-dire, au fond, de dérisoires objets de design.Il veut plutôt «créer des lieux».Même quand, paradoxalement, ce lieu est un monument à la TGB.«Il faut trouver une façon de transposer l’architecture afin qu’elle participe d’un paysage et non pas d’elle-même, maîtriser sa présence.Arriver à tisser la nature avec l’architecture, c’est cela seul l’avenir des villes!» Sont suspects, les concours et aqtres «projets d’élitisme véhiculés par des cercles d’admiration mutuelle», écrit-il dans le bulletin Esquisse.«A quoi sert une telle politique élitiste, alors que 70 % du bâti échappe ata architectes?» 11 propose plutôt une réforme de la formation et la promotion de l’architecture à la petite école.Dans ce pays où l’ensemble de la construction domiciliaire se passe des services d’architectes dans la plus totale impunité, où le Québécois moyen se bâtit son petit bungalow selon des plans à cinq cennes qu’il achète sur catalogue et se demande encore à quoi ça sert un «narchitek», on comprend un peu la position de M.Baillargeon.Mais quand, d’un autre côté, on regarde ce que nous construisent la majorité des architectes patentés, on ne s’étonne plus que le public les boude! Elle n’est pourtant plus à faire, la preuve de l’effet-moteur des concours, qui tirent toute la production d’un pays vers la qualité, ouvrent la commande aux jeunes talents, forcent la réflexion et la multiplicité des propositions pour chaque projet.Témoin, la France.Ce n’est pas d’hier que l’exemple français (qui rend le concours obligatoire pour tout projet, à partir d’une certaine taille, mais aussi l’emploi d’un architecte pour toute construction dépassant 170 m*) inspire ceux qui se préoccupent, au Québec, de véritable qualité architecturale.En 1993, le ministère de la Culture organisait même une mission de recherche, pour examiner de près le modèle français.Dans son rapport, Denis Lemieux concluait aux multiples avantages du concours qui «peut être vu comme l’élément moteur d’une politique globale de l’architecture visant une amélioration significative du cadre bâti et la prise en charge de cette responsabilité sociale et culturelle par une maîtrise d’ouvrage et une maîtrise d’œuvre éclairées.» Ce qu’il faut savoir, cependant, c’est que la politique architecturale française a commencé à s’élaborer dès 1971.Derrière les gestes publicisés, derrière les Grands Travaux de Paris, se cache un formidable et supralourd réseau d’institutions — tels les Services départementaux de l’architecture, la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (fondée en 1980) ou encore l’Institut français de l’architecture voué à la diffusion.Bref ce fut long, complexe, coûteux, et la mise au point n’est pas terminée.Si le Québec devait s’en inspirer, des résultats se feraient sentir seulement à partir de l’an 2020.11 serait peut-être temps de se réveiller.Ou en tout cas d’en discuter ouvertement! • S.O.S.politique On n’est pas près de se doter d’une politique architecturale au Québec, ni d’y défendre avec vigueur la qualité.En juin 1995, pourtant, Parizeau en personne lançait le concours de l’ENAP (Ecole nationale d’administration) à construire à Québec, place Saint-Roch.Ce geste isolé se voulait la preuve d’un certain éveil des consciences, et même de certaines velléités, chez nos élus.Mais ça, c’était l’été dernier.Relisez les derniers discours de la ministre Beaudoin, vous ne verrez nulle part le mot «architecture».«Elle a parlé de cadre de vie», se console Denis Lemieux.Ah bon.L’architecte Lemieux — qui a piloté avec succès les concours expérimentaux de Pabos, Rimouski et Matane — est employé au ministère de la Culture, justement, dans le but de jeter les bases d’un début de commencement de politique architecturale.Ce mois-ci, il devrait réussir à faire s’asseoir, autour d’une même table «de concertation», des représentants, des principaux ministères constructeurs (Éducation, Santé, Culture), des universitaires et des porte-parole des associations professionnelles (Ordre des architectes et Association des architectes en pratique privée).Le fruit de leurs discussions — portant sur la commande, la formation et autres aspects pouvant faire l’objet d’une politique globale à moyen terme — devrait aboutir à un mémoire qui devrait être présenté au conseil des ministres, un de ces quatre jeudis.«Mais le milieu des architectes, dit Denis Lemieux, tient un discours plutôt corporatiste, ces temps-ci, et nous bloque un peu.» Une politique axée sur le concours ferait bien l’affaire des plus jeunes, surtout au Québec où un architecte sur deux a moins de 40 ans et crève de faim.Par contre, la dizaine de gros bureaux qui se partagent, depuis toujours, les contrats payants (par des moyens pas toujours nets) n’éprouvent guère d’attirance pour ce nouveau système.Ça jouerait dur dans les coulisses, parfois même à coups de menaces physiques, chuchote-t-on.En la personne du président de l’Ordre des architectes, Paul Baillargeon, ces «nantis» de l’archi trouvent un allié peut-être involontaire, mais réel.En poste depuis juin dernier, M.Baillargeon se méfie de tout ce qui divise la profession en ces temps de disette.SUITE DANS LA COLONNE DE DROITE Dominique Perrault lors de son récent passage à Montréal.PHOTO JACQUES GRENIER La piscine olympique et le vélodrome du futur centre sportif de Berlin.Un des édifices qui composent la Hibliolh.
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