Le devoir, 2 juillet 1986, Page(s) complémentaire(s)
/ Tassé u Pour vendre vos Actions de SODEQ Tassé & Associés, Limitée (514) 879 2100 Vol.LXXVII — No 150 ?Nuageux avec averses dispersées.Max.: 22.Montréal, mercredi 2 juillet 1986 extérieur de Montréal métropolitain: 50 cents Côte-Nord.Gaspésie, Toronto, Nouveau-Brunswick 60 cents 50 CENTS Mulroney fait de la place au Québec BERNARD DESCOTEAUX OTTAWA - Le premier ministre Brian Mulroney a remanié en profondeur son conseil des ministres lundi, faisant une plus large place aux Québécois qui y sont plus nombreux et occupent des ministères plus importants.Le cabinet Mulroney en effet compte désormais 12 ministres issus du Québec (le premier ministre y compris).La moitié de ces ministres occupent des ministères à vocation économique dont l’Expansion industrielle régionale qui est allé à Michel Côté.Ce remaniement qui survient à la mi-mandat a été conçu par M.Mulroney comme une restructuration complète de son équipe.Conscient de la perte de popularité du Parti progressiste conservateur et du besoin d’opérer un redressement, le premier ministre a refait presque entièrement l’équipe avec laquelle il entend se rendre aux élections.Pour ce faire, le premier ministre n’a pas lésiné sur les moyens: Il a renvoyé six ministres sur les banquettes arrières, fait entrer huit nouveaux ministres au cabinet, joué à la chaise musicale avec une Photo CP Le premier ministre Brian Mulroney a posé en compagnie du nouveau vice-premier ministre, M.Don Mazankowski, et de trois des ministres québécois à qui il a accordé des promotions dans le Cabinet qu'il a nommé lundi.Il s’agit de MM.Marcel Masse ( Énergie, mines et ressources ), Michel Côté ( Expansion industrielle régionale ), et Benoît Bouchard (Transports ).L’éditorial de Paul-André Comeau en page 6 Nos autres informations en page 2 vingtaine d’autres et créé deux nouveaux postes ministériels aux Relations fédérales-provinciales et au Commerce extérieur.Tout cela en attendant d’ici deux semaines de procéder à un remaniement sous-ministériel.Les changements les plus spectaculaires surviennent au Québec.Inspiré par les derniers sondages qui placent les conservateurs loin derrière les libéraux et le NPD, le premier ministre y a donné un coup de barre sans précédent.À son avis, le moment était venu que le « Québec retrouve sa juste part et sa place nationale».Ainsi, le chef conservateur a-t-il demandé dans un premier temps à deux ministres qui ont déçus de quitter: Andrée Champagne (ministre d’État à la Jeunesse) est redevenue simple députée de Saint-Hyacinthe et Robert Layton (ministre d’État aux Mines) a retrouvé ses fonctions de député de Lachine.Ces deux départs viennent s’ajouter à celui de Suzanne Blais-Grenier qui avait démissionné à la fin décembre, juste avant qu’on ne lui demande de partir.Pour combler les postes libérés, M.Mulroney a fait appel dans un deuxième temps à quelques jeunes Voir page 8: Remaniement AU SOMMAIRE LIBRE-ÉCHANGE : POUR SAUVER LA FACE Le professeur Pierre-Paul Proulx, invité par le comité Warren, dont le rôle est de conseiller le gouvernement du Québec sur la question du libre-échange canado-américain, croit que les négociations en cours vont probablement aboutir à la mise en place de « mécanismes institutionnels d’infrastructure », qui permettront de mieux coordonner les relations et de sauver la face.Page 9 sf\encteu* QUAND un imbécile a raison, c'est par erreur.larmes.— Arme offensive des enfants, manoeuvre de repli des adultes.¦ Ange.— Oiseau de paradis.m À l'état de veille, nous choisissons nos rêves; endormis, ils nous choisissent.— ALBERT BRIE Direction du DEVOIR Benjamin a décliné GILLES LESAGE QU EBEC — M.Claude Benjamin, commissaire du pavillon du Québec à l’Expo de Vancouver, n’a pas accepté d’être mis en candidature pour la succession de M.Jean-Louis Roy à la direction du journal LE DEVOIR.Joint lundi au pavillon, l’ancien président du Conseil supérieur de l’éducation a reconnu qu’un mandataire du conseil d’administration - chargé de dénicher la perle rare dont l’identité reste inconnue - avait communiqué avec lui, il y a quelques semaines, lui demandant s’il accepterait d’être mis en ballottage.M.Benjamin a décliné sur le champ.D’une part, il estimait qu'il n’était pas le candidat idéal; d’autre part, considérant la nature particulière de la « boite », de même que sa situation générale, il suggérait plutôt que Ton cherche dans le milieu journalistique, du côté des professionnels de l’information.M.Benjamin a ainsi démenti une information, publiée dans notre dernière édition de lundi, selon laquelle il deviendrait incessamment le sixième directeur de ce journal.En raison du long congé de la Fête du Canada, le principal intéressé n’avait pu être joint dimanche.Mais, en l’absence de confirmation et en procédant par élimination, le signataire de ces lignes en était arrivé à la conclusion que M.Benjamin serait le mystérieux Monsieur X, choisi de préférence à trois ou quatre personnes, qui ont fait l’objet d’un examen sérieux par le comité de sélection.Ce dernier aurait arrêté son choix il y a quelques jours; sa recommandation doit être entérinée par le conseil d’administration de l’Imprimerie Populaire Limitée, société éditrice du journal.Il s’avère, toutefois, que le premier choix Voir page 8: LE DEVOIR Festival international de Jazz «« 4m Photo Louise Lemieux ; Emporté par les accords d’un orchestre ambulant, un badaud ne peut résister à l’appel de son harmonica, qu’il avait sans doute placé dans sa poche.juste au cas.Le Festival à mi-temps GILLES ARCHAMBAULT Hier, c’était relâche au Festival international de jazz de Montréal.Cet arrêt du 1er juillet est pour le festivaüer l’occasion d’un premier verdict.Bon ou pas bon, le Festival cette année ?Plutôt bon, madame.Ma somptueuse nature me portant à glorifier les choses qui me paraissent belles et à chasser de mon esprit les autres.Et pour ce qui est des petites et grandes extases, je m’estime comblé.Relâche donc pour les spectacles en salle, ce qui ne veut pas dire que les Montréalais sont restés chez eux à contempler leur feuille d’érable ’’¦¦MB rouge.Du monde, il y en avait à la pelle pour Chuck Mangione entre le Complexe Desjardins et la Place des Arts.À19 h 45, il fait encore clair.Le public, qui emplit la rue Sainte-Catherine et un peu de la rue St-Urbain, applaudit un Mangione tout de blanc vêtu qui parle longuement des Emmy Awards qu’il n’a pas eus.Un public sage (beaucoup d’enfants ), qui fait contraste avec celui de la rue Saint-Denis où se produit à 21 h Memphis Slim.Comme l’habitude en est prise en ces parages, on vide goulûment canettes et bouteilles, de préférence de la bière de fabrication canadienne, premier juillet et dépanneurs obligeant.Voir page 8: Festival de jazz Gilles Loiselle se joindrait à lui Jean Tardif préparera le Sommet francophone de Québec de 1987 GILLES LESAGE QUEBEC — M.Jean Tardif, ancien délégué du Québec à Bruxelles, prend la direction de l’équipe chargée de la préparation du prochain Sommet francophone, le deuxième, qui aura lieu à Québec à l'automne de Tan prochain.M.Gilles Loiselle, délégué du Québec en Italie, pourrait également se joindre à cette équipe, tout en continuant d’occuper ses fonctions à Rome.Le premier s’occupera du contenu du Sommet, tandis que le second prendrait charge du protocole, en vue de la visite de nombreux chefs d’Etats et de gouvernements francophones dans la capitale québécoise.Quant à M.Jean-Marc Léger, il reste commissaire général à la francophonie, poste où il a été nommé il y a trois mois, précisément en relation avec le prochain Sommet.Tout en confirmant au DEVOIR l’information concernant M.Tardif, lundi, le ministre des Relations internationales a expliqué que M.Loiselle fait un excellent travail en Italie et qu’il doit continuer d’en être ainsi.Par contre, sa grande expérience de la diplomatie et de la francophonie seraient fort utiles pour le prochain Sommet.On explore donc les possibilités et les perspectives avec lui, ajoute M.Gil Rémillard.Fonctionnaires depuis une vingtaine d'années, MM.Tardif et Loi- M.Jean Tardif ¦l „ .selle sont familiers avec les arcanes de la francophonie mondiale.Après avoir enseigné et fait de la recherche en Afrique francophone, M.Tardif s’est occupé du service de la coopération avec l’extérieur au ministère de l’Education; a été directeur de cabinet du secrétaire général de l’Agence de coopération culturelle et technique des pays francophones, à Paris; a été coordonnateur des relations avec le gouvernement fédéral pour les affaires internationales et directeur du service Voir page 8: Francophonie rentre ?Qu’est-ce qui va se passer ?» s’interroge Pannella.« Il est possible qu'il soit accueilli magnifiquement.Mais rien n’est certain.Il est probable que la persécution continue », répond-il.Devant les membres de la Commission d’appel de l’immigration, Pannella, péremptoire, proclame : « Nous avons senti le scandale de la non-certitude du droit.» Et de citer Socrate : « La où il y a la mort de la loi, la loi devient la mort de l’homme.» Pourtant, Pannella n’est pas un sympathisant de l’extrême gauche italienne.« Je n’ai jamais cru à leur analyse, dit-il.Je crois qu’ils ont travaillé contre eux.» Le Parti radical, ce petit parti écolo-libéral-libertaire, est plutôt en quête d’une autre façon de faire de la politique.On a surtout entendu parler des radicaux à l’occasion des grandes campagnes référendaires depuis le début des années 1970.En fait, les radicaux ont été à l’origine de 19 des quelque 24 demandes visant à Voir page 8: Pannolla Marco Pannella, ou la passion du mauvais coup Photo ObvbMo Croc! M.Marco Panella MICHEL ARSENEAULT Vous l’avez vu dans Ginger et Fred sous les traits d’un homme rachitique à la voix chevrotante.« Qui c’est celui-là ?», demandait un personnage du film de Fellini.« C’est le célèbre sénateur qui fait la grève de la faim pour protester contre ceux qui tirent sur les petits oiseaux », lui répondait-on.En fait, c’était une caricature du député (et non pas sénateur) radical Marco Pannella, dont le parti est à l’origine d’une campagne visant à organiser deux référendums sur l’interdiction de la chasse en Italie.Pannella, c’est celui qui a fumé du haschisch au Parlement pour exiger la décriminalisation de la possession de certaines drogues.C’est celui qui est apparu bailloné pendant une demi-heure à la télévision pour protester contre le peu de temps d'antenne qu’on accordait au Parti radical.C’est lui aussi qui réclame aujourd’hui le saborde-ment de sa formation politique.« Je ne me mets pas à table avec des tricheurs », a-t-il expliqué dans un récent entretien au DEVOIR.« Quand ça devient certain que la tricherie devient la règle, vous ne pouvez pas rester.» Mais la survie du Parti radical ne lui tient pas à coeur ?« Je m’en fous très royalement.Un parti c’est un instrument, c’est pas une Église.» Volubile, Pannella ne résiste pas à la formule choc.Grand et race, il gesticule sans cesse.Né en 1930 dans les Abruzzes (centre de l’Italie), Marco Pannella, de son vrai nom Giacinto Pannella, est journaliste de profession.Ancien correspondant a Paris du quotidien milanais II Giorno, Pannella parle un français si exquis qu’il s'excuse de dire « non-ante » au lieu de « quatre-vingt-dix ».« J’arrive de Belgique », s’empresse-t-il de préciser.Président du conseil fédéral du Parti radical, Pannella est à Montréal pour témoigner devant la Commission d'appel de l’immigration, qui doit se prononcer sur la re- quête de statut de réfugié présentée il y a quatre ans par le physicien italien Francesco Piperno.Le gouvernement italien a cherché — sans succès jusqu’à maintenant — d’obtenir l’extradition de Piperno, un intellectuel considéré comme proche des Brigades rouges, relativement à l’enlèvement de Tex-premier ministre italien Aldo Moro.Chantre de la « nouvelle non-violence politique organisée », Pannella nous a dit quYil n’avait « aucune estime politique » pour Pi-pemo.Si Pannella est là aujourd’hui, c’est pour faire le procès du système judiciaire italien.Les tribunaux, relève-t-il, peuvent ordonner une détention préventive qui peut durer jusqu’à six ans.Quant à « l’affaire Piperno », soutient Pannella, de graves incertitudes pèsent sur le caractère juste et équitable du procès qu’on intenterait au physicien nucléaire si ce dernier était extradé.« Qu’est-ce qui peut se passer pour Piperno ?Dans quelle Italie il A » 4 8 ¦ Le Devoir, mercredi 2 juillet 1986 SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Francophonie des affaires francophones au ministère dès Affaires intergouvemementales; a été premier conseiller à la délégation générale du Québec en France, puis délégué du Québec à Paris pour les affaires francophones et multilatérales.Depuis deux ans, il était délégué général du Québec en Belgique, où M.Claude Roquet prend sa relève après lui avoir succédé à Paris.Quant à M.Loiselle, qui fut d'abord professeur et journaliste, il est au service du gouvernement depuis 1967.Il fut successivement premier conseiller en information à la délégation générale à Paris; directeur général des communications gouvernementales; directeur du protocole; chargé des relations interparlementaires; délégué général du Québec à Londres; sous-ministre adjoint aux Affaires canadiennes puis aux Affaires culturelles.Il est délégué du Québec depuis deux ans.D’autre part, depuis la rétrogradation de M.Yves Martin, M.Léo Paré est sous-ministre par intérim aux Relations internationales, qui n’a pas de sousministre adjoint depuis la mutation de M.Léger.M.Rémillard dit qu’il est en pourparlers avec un certain nombre de personnes et que les deux postes seront comblés au cours de l’été.4 Festival de jazz Quoiqu’il en soit, le peuple qui paie des taxes a bien droit de s’approcher de la musique même â’il ne lui viendrait jamais à l’esprit d’acheter un disque de Billie Holiday ou de siffler Concerto for Cootie.Dimanche soir à la Bibliothèque nationale, les clouneries pitoyables du pianiste Bobby Enriquez relevaient plutôt du spectacle pour hommes d'affaires du Middlewest que du récital de piano.Des gags d'un goût plus que douteux, une insistance à préférer la gauloiserie à la musique.Les disques d’Enriquez sont pourtant très supportables.Même la présence de Monty Alexander, à titre d’invité surprise, ne devait pas réussir à relever le calibre de l'exécution.Dans la même série Pianissimo lundi, le magnifique Jay McShann.Plus d’une heure de piano stride, de blues, de boogie woogie, quelques standards.Quel que soit le territoire qu’il explore, McShann s’y lance avec générosité, truculence.Si de le voir et de l’entendre jouer (ou chanter) ne vous rend pas resplendissant de bonheur, c’est que vous avez une propension aux catastrophes, que vous aimez madame Thatcher et favorisez la peine de mort.Le triomphe qu'on lui a fait nous a réjouis, lui et moi.Tant d’exubérance jointe à une si belle simplicité sur scène nous fait tenir pour vétilles les quelques fausses notes qui se glissaient dans les morceaux qu’il offrait avec bonne humeur.Si grande était ma joie après le récital que je l'aurais demandé en mariage, lune de miel à Kansas City bien sûr.Deux heures plus tôt, au Spectrum, se produisait Gerry Mulligan.Au début, on nous informe que le saxophoniste prie les spectateurs de ne pas, fumer et qu’on ne fera pas le service pendant la représentation.À ce qu’il semble.Mulligan, apprenant, contrairement à ce que lui avait appris son agent, qu’il ne se produisait pas dans une salle de concert, avait menacé de quitter Montréal sans jouer.Mais la chaleur du public a vite fait de faire fondre les appréhensions du musicien.Rarement sa sonorité au baryton aura paru si majestueuse.Ce style qui n'a jamais accepté d’être « moderne », comme on disait & l'époque sans références à la tradition, ne vieillit pas.Si Ton excepte le Cottontail du rappel, le répertoire est celui des dernières années à partir de Walk On The Water.Magnifiques interprétation s de Sunny, de Outbak in The Bern et un sublime hommage à Billy Strayhorn.Au piano, Bill Mays est parfait d’intelligence, de subtilité et d’humour.En tous points un ravissement.Les problèmes de modernité ou de nouveauté ne se posent pas ici.Quatre musiciens impeccables, au sujet desquels il faut être bien sot pour évoquer comme ultime explication le spectre du passé.Cette musique est vivante et elle me parle.Je ferais mon miel de ses confidences.En revanche, Wayne Shorter m’a fait fuir au bout d’une demi-heure.Impossible pour moi de supporter plus longtemps un batteur forcené qui confond rythme et défoulement, un pilote-pianisle besogneux et un bassiste bruyamment terne.C’est pour me venger que je ne les nomme pas.Quant à Shorter, je l’entendais mais ne l’écoutais pas, dérangé que j’étais par ce jazz-rock statique ambiant.La véritable modernité (mot qui m’énerve de plus en plus), je la trouve bien plutôt chez David Murray qui donnait dimanche soir un splendide concert.A 31 ans, ce saxo est au zénith de sa forme.Ses traversées du « free » ont l’intellignece et la force de persuasion des oeuvres vraies.C’est que la vigueur, l’exacerbation ne sont jamais gratuites chez Murray.Il ne cherche pas à « chauffer» ni à épatet, il est force, il est passion.Son Murray's Steps et la version qu’il nous donne de la ballade I Want To Talk About You, (chère à Coltrane, merci Alain Gerber) sont en tous points exemplaires.Là encore le passé (Webster, Hawkins) est lié au présent.Au piano John Hicks parait parfois forcer la note en s’approchant de Cecil Taylor, mais il donne quelques bons solos; Rav Drummond à la contrebasse a de l’étoffe et semble s’amuser beaucoup malgré ses moues de faux noncha- lant; Eddie Blackwell a déjà joué avec plus de conviction, mais est-ce bien grave.C’est Murray qui donne le ton et qui le donne superbement.Aujourd'hui, il ne faudrait pas rater Pepper Adams, Eric Lelann, Jaki Byard et David Holland.Et préparez-vous surtout à la lecture du papier sublime que je vous soumettrai demain.Pour poursuivre le plaisir — David Murray, Murray’s Steps.Black Saint 0065.—Bobby Enriquez, Prodigious Piano.GNP Crescendo GNPS 2179 — Jay McShann.Kansas City Hustle.Sackville 3021 — Gerry Mulligan, Meets the Saxophonists.CD Verve 827 436 — Wayne Shorter, Wayning Moments.Affinity 126.4 Remaniement loups du caucus du Québec: Jean Charest, le jeune député de Sherbrooke (âgé de 28 ans), va ainsi à la Jeunesse; Monique Landry,députée de Blainville-Deux-Montagnes, aux Relations extérieures à la place de Monique Vézina; Gerry Weiner, député de Dollard, à l'immigration (il remplace Robert Layton comme représentant des anglophones québécois au cabinet ); et Pierre Cadieux, député de Vaudreuil et ex-président du caucus du Québec, va enfin au Travail.Avec ces quatre nominations, le Québec devient en fait la région la plus représentée au cabinet, prenant ainsi la place de l’Ouest qui dans le premier cabinet avait treize représentants.Avec 12 ministres, le Québec en a un de plus qu’il en avait en septembre 1984.Toutefois, la force des ministres québécois ausi qualitative.Répondant aux critiques des milieux économiques, M.Mulroney a voulu confier une bonne partie des dossiers économiques aux Québécois.Ainsi, Robert René de Cotret, tout en demeurant président du Conseil du trésor, devient le président du comité du développement économique et régional qui réunit tous les ministres dits économiques.Il fera équipe avec Michel Côté, à l’Expansion industrielle et régionale qui appartenait auparavant à l’ontarien Sinclair Stevens, avec Benoît Bouchard, qui quitte le secrétariat d’État pour l’Emploi et l’Immigration; Marcel Masse qui abandonne les Communications pour l’Énergie, les Mines et les Ressources; Monique Vézina aux Approvisionnements et Services; et André Bissonnette qui gradue de la Petite entreprise au poste de ministre d’État aux Transports.Tous ces ministres étaient particulièrement heureux de leurs nouvelles affectations.Sauf peut-être Marcel Masse qui a pris la peine de remercier ceux qui avaient fait pression pour qu’il garde les Communications.Michel Côté en obtenant l’Expansion industrielle régionale (convoitée aussi par M.Masse) devient le ministre sénior sur le plan économique et sera probablement le ministre qui aura le plus de visibilité au Québec.Notons que si la nomination de Mme Vézina en a surpris plusieurs, elle s’expüquerait par le désir du premier ministre de se servir de ses talents de communicatrice pour mieux rejoindre l’électorat québécois.Le premier ministre a par ailleurs refusé d’accéder à la demande de Roch LaSalle qui, à l’occasion de ce remaniement avait voulu abandonner toute responsabilité ministérielle pour des raisons de santé.M.Mulroney le garde comme ministre sans portefeuille qui se verra confier des mandats à la pièce.On croit qu’il interviendra particulièrememnt au plan de l’organisation au Québec.M.Mulroney a dit n’avoir pas voulu se départir d’un soldat aussi loyal qui a pendant des années rendu de si précieux services.En dehors du Québec, le changement le plus important vient de la nomination de Don Mazankowski à titre de vice-premier ministre, président du Conseil privé et leader du gouvernement à la chambre des communes.Il remplace Erik Nielsen comme vice-premier ministre et Hnathyshyn comme leader à la chambre.En lui confiant ces deux fonctions, M.Mulroney espère créer une nouvelle atmosphère aux Communes qui depuis six mois était devenue incontrôlable.M.Mazankowski est un parlementaire admiré et respecté de tous.M.Nielsen qui était réputé pour sa loyauté envers les divers chefs qu’il a servi en 30 ans de vie parlementaire a demandé à quitter.Rappelons que celui-ci s’était représenté en 1984 à la demande de M.Mulroney.Le leader du gouvernement au Sénat, Duff Roblin, a été aussi relevé de ses fonctions à sa propre demande.Ont été relevés de leurs fonctions aussi, Jack Murta qui était ministre d’État au Tourisme et Walter MacLean qui était de ministre d’État à l’Immigration.Tous deux ont été renvoyé aux banquettes arrières par M.Mulroney qui était insatisfaits de leurs performances.Outre la nomination de M.Mazankowski comme numéro deux du gouvernement, la promotion la plus évidente est allée à Perrin Beatty qui a été fait ministre de la Défense.Depuis deux ans, M.Beatty avait déjà agi comme ministre du Revenu puis comme solliciteur général.Une autre promotion est allée à Pat Carney qui passe du ministère de l’Énergie au poste de ministre du Commerce extérieur.Cette nomination permet à M.Mulroney de recréer (Tune certaine façon un véritable poste de ministre du Commerce extérieur.Il y a quelques années, Pierre Trudeau avait intégré tout le volet commerce extérieur au ministère des Affaires extérieures.Il avait alors adjoint au ministre des Affaires extérieures un ministre d'État au Commerce extérieur qui était jusqu'à lundi James Kelleher.Si l’intégration du Commerce extérieur et des Affaires extérieures n’avait pas été si poussée, M.Mulroney aurait été tenté de créer deux ministères distincts.Faute de pou- du Brésil.et ses amis Nascimento: l’ange noir Photo Louise L•frileux Milton Nascimento PAUL CAUCHON « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es».Milton Nascimento, lui, n’a eu aucun problème lundi soir à inviter sur scène ses amis Herbie Hancock, Wayne Shorter et Pat Metheney.J’imagine donc que dès cette semaine les ventes de disque de Nascimento vont monter en flèche à Montréal, car à la Place des Arts, les montréalais ont enfin pu découvrir un des plus grands artistes brésiliens actuels.On n’a pas idée de la popularité de Nascimento au Brésil.Agé de 44 ans, c’est une star et un personnage presque mythique.Les critiques brésiliens parlent de ses spectacles comme d'une expérience quasi-mystique, le qualifient d’ange noir.Lors d’un spectacle d’inauguration d’un grand stade à Belo Horizonte, il attirait à lui seul plus de 120,000 personnes.La grandeur de Nascimento vient probablement de ce qu’il concentre en lui et autour de lui un ensemble d’influences disparates qu’il arrive à transformer en un produit qui rejoint tout le monde.Dans son oeuvre, il utilise autant les sonorités africaines que la samba, le chant grégorien, les hymnes traditionnels ou le jazz.Il a composé de la musique de films, de ballets, a même écrit une messe sur le rôle culturel et spirituel des noirs brésiliens, messe a laquelle a collaboré Don Helder Camara.Il a produit des disques, travaillé à la mise sur pied d’une école de musique à Belo Horizonte, bref c’est un personnage.Le spectacle de lundi soir nous a donné un aperçu de cette grandeur.Un spectacle qui a démarré lentement: durant la première partie le son était plutôt débalancé, et ses quatre musiciens perdaient quelquefois le «timing» général.On peut dire que ce n'est pas un spectacle qui rendait bien la grande richesse sonore des arrangements de Nascimento sur disque.Mais ce sont la de petites critiques.À la fin de la soirée Nascimento faisait lever la salle, sa musique rejoignant directement le coeur.C’est d’abord un authentique chanteur populaire, qui en soi n’est pas jazz, avec des mélodies simples qui restent gravées en mémoire, avec surtout une voix extraordi- naire d’une grande sensibilité, une voix qui devient sublime lorsqu’il chante en falsetto de véritables hymnes.Mais ses arrangements sont souvent très complexes, avec des rythmes variés, des textures sonores à partir des percussions ou des autres instruments.Le tour de force vient de ce que cette complexité et ces incursions dans l’esprit jazz ne nuisent en rien à la clarté et à la limpidité de mélodies simples qui semblent couler de source, des mélodies d’une ampleur et d’une beauté envoûtantes, alors que Nascimento lève tranquillement les bras en un signe d’accueil et d’ouverture à tous.Et lundi soir Nascimento présentait quelques invités bien spéciaux.Wayne Shorter et Herbie Hancock ont bien répondu à l’appel, mais c’est Pat Metheney qui a soulevé l’auditoire, non seulement par sa seule présence le temps de trois pièces, mais par son jeu captivant qui dialoguait avec la voix de Nas- cimento.Je peux mal commenter les textes portugais, mais à ce qu’on me dit, ses paroles parlent souvent d’espoir pour les opprimés, et il dédiait ce soir-là une chanson à Willie Nelson Mandela.Il a été impossible d’obtenir une entrevue avec Nascimento, celui-ci étant en Montréal en coup de vent, à l’intérieur d’une longue tournée.Mais après le spectacle, j’ai pu m’entretenir très rapidement avec Pat Metheney.Je n’ai pu lui poser qu’une seule question : que représente pour lui la musique de Nascimento?« Sa musique m’inspire plus que tout autre, a-t-il répondu.C’est ainsi depuis la première fois que je l’ai entendu, nous sommes devenus amis ces dernières années, et sa, musique me fait sentir grand (great).C’est impossible à décrire, c’est quelque chose de magique.Vraiment aucun autre musicien que je connais ne possède cela, ex- cepté peut-être Miles (Davis).Ça transcende les styles, les sons, les accords, ça va au-delà.» Ouf! Alors, les disquaires, votre rayon Nascimento est-il bien garni?Cette soirée avait commencé au Saint-Denis avec le quartette d’Herbie Hancock.Tout semblait très prometteur, un Hancock acoustique avec Brandford Marsalis au sax, Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie.De très bons moments, des climats très différents et très variés, mais en général un spectacle qui ne « levait » pas vraiment.Un jeu souvent trop individualiste ou encore sans passion véritable.Un rendez-vous manqué?Le blues du festivalier.Lorsque vous lirez ces lignes nous serons déjà dans la deuxième moitié du Festival.Comme tous les vrais festivaliers, ceux qui ont acheté des cartes de membre honoraire, couvrir un tel Festival devient une expérience bien particulière.Vous êtes plongés là-dedans jour et nuit, vous ne pensez qu’à ça, vous vous levez le matin en vous demandant quel jour on est rendu, vous oubliez les déménagements de vos meilleurs amis.Le plus fou, c’est de rentrer dans une salle quinze minutes, écouter une chanson, en sortir pour aller attraper une heure d’un autre spectacle, manger un sandwich dégeu-lasse en écoutant sur la rue un solo, revenir dans une autre salle applaudir autre chose.Vous êtes submergés, envahis, engloutis par les sonorités les plus éparses, et quelqu’un vous dit tout à coup « comment, t’as manqué le show de David Murray dimanche soir?C’était le meilleur! », et vous vous cognez la tête sur les murs avant de repartir en courant.Et vous en venez à développer les fantasmes les plus fous, à imaginer que des dixieband entreront dans les autobus de Montréal à l’année longue, jazzant sur le beat d’« Avancez en arrière », à rêver de scènes publiques à chaque coin de rue.Ou encore à croire que les jazzmen québécois seront engagés a la radio et la télé en permanence.voir le faire, il a néanmoins expliqué hier que la nomination de Mme Carney crée un nouveau partage de responsabilités.Il dit avoir voulu, tout en laissant M.Joe Clark grand responsable de la politique étrangère, le libérer du fardeau des négociations commerciales.Ce dossier sera la responsabilité première de la ministre qui présidera le comité chargé des négociations avec les États-Unis.À ce titre, elle aura pour mandat de remettre sur les rails les négociations avec les États-Unis que l’on juge mal engagées.Un autre changement structurel est la création d’un poste de ministre responsable des relations fédérales-provinciales auquel M: Mulroney a nommé le sénateur Lowell Murray qui sera aussi leader du gouvernement au Sénat.Cette fonction était assurée jusqu’ici par le ministre de la Justice.Celui-ci ne gardera que le volet du dossier constitutionnel intéressant les autochtones.Notons que la nomination de M.Murray semble confirmer que M.Mulroney a pardonné aux partisans de Joe Clark dont M.Murray a été un membre actif.Parmi les ministres qui ont de nouvelles affectations il convient de souligner en premier lieu John Crosbie qui a perdu la Justice pour devenir ministre des Transports.Il a commenté laconiquement en disant qu’à Terre-Neuve il y a plus de problèmes de transports que de problèmes avec les criminels.Il est remplacé par Ray Hnatyshyn.David Crombie devient pour sa part Secrétaire d’État et ministre responsable du Multiculturalisme.Flora MacDonald remplace pour sa part Marcel Masse aux Communications, un choix qui a semblé réjouir ce dernier.Perçue comme une nationaliste, Mme MacDonald devrait assurer la continuité des réformes entreprises par M.Masse.Harvie Andre qui était ministre associé de la Défense va à Consommation et Corporations.Un nouveau venu de l’Ontario, Paul Dick, prend sa place à la Défense.Bill McKnight ui était au Travail prendra la relève e David Crombie aux Affaires indiennes.Stewart Mclnnes qui était aux Approvisionnements et Services devient titulaire des Travaux publics.James Kelleher devient solliciteur général.Bernard Valcourt, député de Madawaska-Victoria au Nouveau-Brunswick, obtient le ministère d’État à la Petite entreprise et au Tourisme.Il croit avoir été choisi par M.Mulroney pour représenter les francophones hors Québec absents du cabinet.Barbara McDougall, devient ministre d’État à la privatisation et ministre responsable de la Condition féminine.Le dossier de la privatisation appartenait à Robert de Cotret.Pour lui faciliter les choses dans ses nouvelles fonctions, on lui confie la responsabilité de la Corporation de développement des investissements du Canada.Cette société est propriétaire de Canadair et Téléglobe, les deux prochaines entreprises qui seront privatisées.Selon certains, Mme McDougall est opposée à la vente de Canadair à Bombardier.Elle sera remplacée comme ministre d’État aux Finances par Torn Hockin, un député ontarien promu ministre.Les ministres qui conservent leurs postes sont George Hees (Anciens combattants), Joe Clark (Affaires extérieures), Elmer Mackay (Revenu), Jake Epp (Santé), John Wise (Agriculture), Michael Wilson (Finances), Otto Jelinek (Sport amateur), Torn Siddon (Pêcheries), Charles Mayer (Blé), Torn McMillan (Environnement), Gerald Merrithew (Forêts) à qui on ajoute les Mines, et Frank Oberle (Science et Technologie).4 LE DEVOIR des mandataires du conseil ne s’est pas arrêté sur MM.Paul-André Com-eau, rédacteur en chef du DEVOIR, et Marcel Pépin, président de la Commission d’accès à l’information gouvernementale.Quant à M.Michel Nadeau, vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, il a, comme M.Benjamin, refusé que sa candidature soit considérée.L’identité de la ou des autres personnes qui se sont rendues jusqu’au bout de l’exercice n’est pas connue.L’on sait toutefois que le choix du comité de sélection ne s’est pas arrêté sur un journaliste ou un professionnel de la communication.Certaines confidences veulent que ce choix constituera une surprise, voire un inattendu total, autant pour les employés que pour les lecteurs.Qui est ce mystérieux X ?On devrait le savoir a brève échéance, puisqu’une proposition lui a été faite, qu’il l’a acceptée et qu’il ne reste que les formalités d’usage à mettre au point.Qui sont les personnes chargées de trouver un successeur à M.Jean-Louis Roy, qui a quitté à la fin de janvier pour devenir délégué général du Québec en France?Les trois personnages-clés sont MM.Jean-Denis Vincent, Denys Pelletier et André Lo-ranger.M.Vincent, président de L’Alliance, préside le conseil d’administration de L’Imprimerie Populaire, formé en outre de: MM.Pierre Laurin, vice-président d’Alcan, Hervé Hébert, président de la Fiducie du Québec, André Loranger, du bureau d’avocats Desjardins, Ducharme, Denys Pelletier, notaire, Raymond Désormeaux, de McNeil Mantha, Jacques Dumont, de L’Alliance ; et de Mme Claire Bombardier-Beaudoin.M.Paul Sauriol est secrétaire du conseil, dont le directeur du journal fait partie d’office.En vertu de la charte de L’Imprimerie, à ce conseil s’ajoutent des fiduciaires, qui détiennent la majorité des actions de l’entreprise, durant la vacance à la direction ; ces actions seront remises au nouveau directeur.Ces fiduciaires sont MM.Denys Pelletier, Jean-Marie Poitras et Jules Saint-Pierre.Au lendemain du départ inopiné de M.Roy, le conseil a constitue un comité exécutif intérimaire formé, d’une part, de trois de ses membres, MM.Vincent, Désormeaux et Loranger et, d’autre part,de MM.Michel Paradis et Paul-André Comeau, respectivement directeur des services administratifs et rédacteur en chef du journal.Sous la présidence de Me Loranger, ce comité expédie les affaires courantes jusqu’à la désignation d’un nouveau directeur.L’assemblée conjointe du conseil et des trois fiduciaires a engagé, début février, le processus de désignation de directeur.Pour ce faire, il a formé un comité de sélection, composé de MM.Vincent, Loranger, Pelletier, Laurin et Hébert.En cours de route, à la demande du Syndicat de la rédaction du DEVOIR et sous sa recommandation, ce comité s’est adjoint deux observatrices, qui prennent part aux délibérations mais non aux votes, et qui sont liées par la confidentialité.Il s’agit de Mme Francine Harel-Giasson, directrice des programmes à l’Ecole des Hautes études commerciales, de Montréal, et de Soeur Gisèle Turcot, ancienne secrétaire de l’épiscopat, collaboratrice de la revue Relations.Ces personnes ont passé à travers les multiples suggestions et propositions venant de diverses sources, notamment des journalistes et autres employés du journal.De la soixantaine de noms et plus sur la table, un grand nombre ont été éliminés dès le point de départ.D’autres ont fait l’objet d’entrevues particulières, soit par l’un ou l’autre membre du conseil, soit par la firme de consultants Jean-Pierre Bourbonnais et associés, soit par les deux.À la suite d’un nouvel elagage, une listé restreinte a été dressée - de quatre à six personnes tout au plus - qui ont été interviewées par le comité de sélection.Depuis une quinzaine de jours, le comité a procédé par élimination et retenu une candidature, à être soumise incessamment au conseil et aux fiduciaires.Le nouveau directeur prendra le relais de MM.Henri Bourassa, Georges Pelletier, Gérard Filion, Claude Ryan, Michel Roy (par intérim pendant quelques mois) et Jean-Louis Roy.Mais qui est donc ce mystérieux Monsieur X qui s’apprête à prendre la direction du vénérable journal de la rue du Saint-Sacrement?On devrait le savoir à brève échéance, sinon dans les prochaines heures, du moins d’ici une semaine tout au plus.La vacance aura duré un peu plus de cinq mois, à comparer aux trois ans entre le départ de M.Ryan, début 1978, et l’arrivée de M.Jean-Louis Roy, début 1981.Le mandat du directeur, qui détient à ce titre la majorité des actions, ce qui équivaut aux pleins pouvoirs, est d’une durée illimitée.4 Pannella tenir une consultation populaire, note Pannella.(Selon la constitution italienne, l’État doit organiser un référendum sur l’abrogation d’un texte législatif si un demi-million de personnes le réclament.) De la légalisation du divorce à la décriminalisation de l’avortement, en passant par l’interdiction du nucléaire et la réforme du droit, les militants radicaux sont sur toutes les barricades.Ils ne sont pourtant que 3,000.« Je crois qu’aucune force politique dans notre pays n’a fait autant pour changer les mentalités », explique Pannella.Se définissant comme « non-croyant mais chrétien », Pannella, qui a déjà fait de nombreuses grèves de la faim, se réclame du Mahâtma Gandhi : « La gauche gandhienne, c’est notre démarche intellectuelle, morale (.) en péchant sept fois par jour, mais pas beaucoup plus ! » Contrairement à ses adversaires, Pannella ne voit pas dans la grève de la faim une forme de chantage moral.Au contraire, laisse-t-il entendre, • c’est un témoignage de confiance dans le pouvoir».Pannella, qui a fait de nombreux jeûnes pour exiger l’adoption de mesures contre la faim dans le monde, est d’ailleurs l’auteur d’un manifeste Décès de Jean Gobeil (Le Devoir) — Le chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Ottawa, M.Jean Gobeil, a été tué par une automobile hier après-midi devant la maison de Radio-Canada à Montréal.Il avait 43 ans.Avant d’’exercer le métier de journaliste, M.Gobeil avait connu une double carrière dans l’enseignement et l’entraide internationale.Il avait obtenu un doctorat en sciences politiques de l’Université Carleton d’Ottawa avant de débuter dans l’enseignement au cégep François-Xavier Garneau à Québec.À la même époque, il se consacrait à la rédaction de textes et de mémoires pour des revues spécialisées et a prononcé plusieurs conférences sur la dualité canadienne et la politique étrangère du Canada.À la fin des années 1960, de retour à Hull, il se partageait entre l’enseignement au cégep de Hull et à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.C’est à cette époque qu’il bifurque vers le journalisme et travaille à diverses émissions régionales et nationales de Radio-Canada.En 1977, il occupe le poste de directeur des études et coordona-teur de l’enseignement général au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar, au Sénégal.De retour à Montréal en 1980, il revient au journalisme.En 1982, il est nommé rédacteur en chef délégué aux affaires publiques pour la radio de Radio-Canada.C’est en 1984 qu’il passe au service de la télévision et qu’il est re-ponsable des éditions régionales de nouvelles avant de devenir, en août 1985, chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à Montréal.sur cette question — manifeste qu’ont déjà signé 98 lauréats du prix Nobel.« Nous sommes les plus proches des ‘terroristes’, affirme-t-il.On croit que la mort peut être source de vie.( Mais) on ne donne plus le corps de l’adversaire, on donne le sien.» La violence politique, rappelle Pannella, n’est pas que le fait de « fanatiques ».Elle a sa source dans les deux grands courants de la vie politique italienne.Chez les catholiques, l’Église parle de « guerre juste ».Chez les communistes, on évoque des « héros » de la résistance antinazie qui, laisse entendre le député radical, étaient parfois des assassins.Au-delà des discours, on sent que ce qui fait courir Pannella c’est aussi la passion du mauvais coup.Huit militants du Parti radical se sont enchaînés, lundi, à l’entrée du bâtiment où s’ouvrait le congrès au PC polonais, pour protester contre la détention des objecteurs de conscience.Même s’il était au complexe Guy-Fa-vreau, où siège la Commission d’appel de l’immigration, Pannella était à Varsovie.\l
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