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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-11-10, Collections de BAnQ.

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üü £Bj &si®: • le plaisir des ivres Oïdiiiitieiiy LA CRITIQUE LITTÉRAIRE Le préposé aux choses vagues Gilles Marcotte POURQUOI ne ferait-on pas de la critique littéraire en comité ?Il y aurait un grammairien, pour la correction de la langue; un philosophe, pour les idées; un narra-tologue, pour la cohérence de la narration; un historien, pour la vraisemblance; un psychologue aussi et peut-être même, à l’occasion, quand les choses seraient vraiment difficiles, un psychanalyste.Nous aurions ainsi réuni beaucoup de compétences, mais nous n’obtiendrions pas pour autant une critique vraiment compétente.Pour deux raisons.La première est que la critique est langage, écriture, et que les comités, même pourvus d’un bon secrétaire, ne peuvent accoucher que de textes extrêmement pâles, encombrés de termes techniques, pratiquement illisibles.La deuxième est aussi grave : c’est que critique littéraire et compétence sont naturellement incompatibles.La critique n’est faite ni pour être compétente, ni pour être objective (elle sera honnête, au plus), ni pour être juste (elle se contentera d’éviter les injustices les plus flagrantes).Il n’existe pas d’écoles, pas de diplôme de critique littéraire; et le critique ne peut pas jouer le rôle du « consommateur averti » apte à distinguer à coup sûr, ou presque, un bon ouvrage d’un mauvais.Les outils font défaut.Un sociologue légèrement frotté de littérature me disait il y a quelque temps qu’il pouvait, aussi bien que n’importe quel critique littéraire, décider de la qualité d’un roman ou d’un recueil de poèmes.Il avait raison, le cher homme.N’importe qui peut se substituer au critique.Faut-il ajouter : à ses risques et périls ?On devient rarement critique littéraire par décision consciente.On le devient petit à petit, les circonstances aidant.On est professeur, ou chroniqueur aux chiens écrasés, et tout à coup l’occasion se présente : Voir page D-14 : Préposé PHOTO KÊRO Gilles Marcotte Au Salon du livre de Montréal, qui s'ouvre le 15 novembre à la place Bonaventure, le DEVOIR réunira le lundi 19à 15 heures 30, sur la grande place, un panel d'écrivains et de critiques qui auront à débattre de la critique littéraire telle qu'elle s’exerce dans la presse québécoise.Pour ouvrir des pistes de réflexions, ou lancer quelques idées sur ce métier à risque, le Plaisir des livres consacre quelques-unes de ses pages, aujourd'hui, à la question.Vous y trouverez les propos ou points de vue de plu sieurs des critiques qui ont tenu, au DEVOIR, la rubrique des lettres québécoises, depuis Gilles Marcotte et Jean Êthier-Blaisen passant par Jean Royer, Use Gauvin, Noël Audet.Robert Melançon et l'actuel titulaire Jean Basile.Par ailleurs, le journaliste Guy Ferland, à ses risques et périls, est allé voir du côté des « critiqués », pour tenter de prendre le pouls des écrivains au moment de la critique.Ça joue dur.'Vs'T • :4 tf/WS .f./ /;• .'/¦¦y » •.,.Les auteurs critiquent la critique Guy Ferland IL Y A quelque chose de pourri au royaume des lettres québécoises.Lorsqu’on demande aux auteurs ce qu’ils pensent des critiques, on se fait traiter de pervers.Retournement de situation qui en met plus d’un mal à l’aise.C’est que les écrivains se sentent en position de faiblesse face aux critiques qui se servent du pouvoir des médias.D’un côté, il y a le créateur qui travaille dans l’ombre en solitaire et qui n’a voix au chapitre qu’à travers son oeuvre.De l’autre côté, il y a le critique qui pose un acte public.Yves Beauchemin parle même, lorsque les critiques sont négatives, ce qui ne lui est pas arrivé souvent, de « dénonciation publique qui touche un individu non préparé pour supporter cela ».Pas surprenant, alors, que les auteurs s’avancent sur la pointe des pieds et veulent ménager ceux qui vont éventuellement leur tomber sur le dos.Mais il y a là quelque chose d'inquiétant, comme si, pour tous les écrivains, les critiques ne pouvaient faire la part des choses et accepter la critique.Tout de même, comment un au teur qui a travaillé deux ou trois ans en général à écrire un roman reçoit-il une critique négative qui détruit tout son boulot mal payé 9 Que retient-il d’un commentaire positif ?Juge-t-il qu’on a réellement lu son oeuvre ?Voilà le genre de questions posées à une dizaine d’écrivains qui ont eu le culot de dire ce qu'ils pen- sent de ceux qui font métier de critique.Pour Michel Tremblay, les critiques « sont bons quand ils disent du bien de mes livres et mauvais autrement, lance-t-il à la blague.Sérieusement, quand on écrit depuis 20 ans, on entretient des rapports de vieux couple avec les critiques puisqu’on les connaît tous, soit personnellement, soit à travers ce qu’ils ont écrit sur nous.Dans un petit pays comme le nôtre, on entretient des rapports incestueux avec les critiques.Il faut bien voir qu’il n’y a pas de Critique avec un grand C, inhumain et objectif, mais des critiques charriées par des êtres humains avec leur passion et leurs goûts.À la longue, on apprend à faire la part des choses et à lire entre les lignes.Je sais souvent à l’avance ce qu’on va dire de mes livres.Ainsi, le plaisir ou la peine qu’on ressent en lisant les comptes-rendus durent moins longtemps.À cet égard, il est rafaichissant de lire les critiques à l’extérieur du Québec.« Les critiques d’ici font bien leur travail en général.J’aime lire les recensions quand elles sont bien écrites.Par contre, les critiques ne mettent pas suffisamment en perspective les romans avec les autres livres du romancier ou des autres écrivains.Car chaque création est un geste de survie, une forme d’agression contre la disparition dont il faut tenir compte.» Yves Beauchemin, quant à lui, considère la critique comme un art essentiellement subjectif.« Les critiques sont des lecteurs de plus en plus compétents, pénétrants et pro- fessionnels.Il y a un recul à La Presse puisque le cahier des livres est passé du samedi au dimanche, ce qui diminue sa visibilité.Pour moi, la critique est un des canaux de transmission qui initie le bouche à oreille.Cela permet au livre de prendre son envol.Ce que je souhaite, c’est une critique intelligente et franche qui prend l'oeuvre de l’intérieur.Ici — on est peut-être influencé par les moeurs anglo-saxonnes — il n’y a pas de critique de courtoisie, contrairement à la France.Les critiques au Québec lisent vraiment les livres et sont attentifs au texte.Et un roman qui paraît aujourd’hui suscite beaucoup plus de commentaires qu’il y a 20 ans, ce qui est un gage au moins d’une certaine objectivité.» France Théorêt n’y va pas par quatre chemins.« Je parviens à me faire une idée générale de ce que pense la critique en lisant les journaux, les revues et en écoutant la radio, entre autres.Actuellement, les critiques dans les quotidiens parviennent à donner de la valeur a des livres qui n’en ont pas.Ils se mettent au service des machines commerciales pour créer une littérature de ‘vedettariat médiatique’.Ils créent artificiellement une littérature qui n’en est pas une.» Selon Pierre Turgeon, il y a deux types de critique : celle des quotidiens et des revues.La première étant plus près de l'actualité et la seconde de l’analyse.« Une des lacunes de la critique, en général, c’est qu'on ne met pas suffisamment en rapport un roman d’un auteur avec ses livres Voir page D-6 : Auteurs Avec Sainte- Beuve, contre Proust Jean Basile LES CRITIQUES n’ont pas l’habitude de se critiquer.Mais une fois n’est pas coutume.À l’occasion du Salon du livre, voici donc comment je me vois dans mon rôle de chroniqueur littéraire spécialisé en littérature québécoise.Je suis toujours curieux d’ouvrir un livre et aucun d’entre eux ne me rebute de prime abord.On ne peut pas, ce me semble, être un chroniqueur littéraire sans cette curiosité, qui est innée sans doute, outre que c’est un devoir professionnel Cette curiosité n’est pas purement littéraire.Il y entre une bonne part de curiosité pour la nature humaine.Dire qu’un livre n’est qu’un livre relève d'un manque d’imagination que je trouve triste.Avec Sainte-Beuve et contre Proust, je crois donc qu’il y a un être humain derrière chaque ligne.Pour moi les écrivains écrivent parce qu’ils ont quelque chose à dire.S’il y a des livres silencieux, c’est généralement que le talent y manque.Vaincre les obstacles que l’auteur met entre lui-même et le lecteur, savoir ce qu’il avoue et ce qu’il cache, l’imaginer physiquement en train d’écrire, m’amuser de ses manies, en bref deviner qui il est fait partie de mes plaisirs de critique.Et puis, j’ai mes informateurs, je me renseigne.Bien entendu, on ne peut pas tout dire d’un auteur qui est vivant mais j’essaie toujours d’en dire le plus que je peux, en utilisant un langage diplomatique s’il le faut.Je ne déteste pas les ragots qui sont la petite histoire de la littérature.Et ça m'empêche de me prendre au sérieux.Quand je dis curiosité, je ne veux pas forcément dire intérêt.Les écrivains ne sont pas plus intéressants que le commun des mortels.En fait, la plupart d’entre eux ne sont pas de bonne compagnie.Ce sont souvent des êtres anxieux et mélancoliques, Voir page D-14 : Sainte-Beuve PHOTO ARCHIVES Jean Basile BLOC-NOTES Est-il bon, est-il méchant ?U N SOI R, au gigot d’agneau, Jean-Pierre Ronfard me dit : la critique a cessé de me contrarier lorsque j'ai compris qu’un papier, comme un spectacle, peut être réussi ou raté.Paroles sages.Il y a de bonnes critiques et il y en a de mauvaises.Mais entendons-nous : une bonne critique peut en être une qui a descendu en flammes un livre ou un spectacle; une mauvaise critique en être une qui tente de faire l’éloge d’un écrivain ou d’une pièce.Jean Basile, dans nos pages, explique, avec une franchise qui l’honore, comment le critique va jusqu’à oublier le livre lu, pour se concentrer sur son article, prolongement autonome de l’oeuvre.Il travaille son texte que le lecteur aura sous les yeux le matin à l'heure du café et des chats gentils.Ce n’est pas suffisance.Ce n’est pas trahison.C'est qu’il faut comprendre que la critique est un genre, comme le roman; on écrit des critiques comme un auteur écrit des fictions, des relations de faits vécus.Et on les réussit plus ou moins.Le problème, s’il y en a un, naît du côté des critiqués.Pour eux, une bonne critique est une critique favorable; une mauvaise en est une défavorable.Un point c’est touL On rencontre rarement en notre contrée des admirateurs de critiques.Iæs épidermes sont si sensibles qu’au pays des critiqués, en Québec, on vit (on tolère) la critique au premier degré.Il est pour, Martel ?c’est une bonne critique.Il a haï ça, Lévesque ?Voilà une « mauvaise » critique.On a vu et on le voit encore (une fois par an, c’est comme la grippe) des soubresauts de mauvaise humeur contre la critique.Le déclencheur est toujours une « mauvaise » critique plutôt réussie.Voilà la horde des artistes solidaires et autres potentats des théâtres, des maisons d’édition, qui rapplique.Des micros sont là pour relayer la fureur.Et à nouveau on « s’interroge » sur la critique.J’ai l’impression, au contraire, qu’on ne s’est jamais vraiment interrogé sur la critique.Parfois je me demande si le Québec n’est pas encore à l’âge de pierre en cette matière.Nos hommes des cavernes n’ont pas encore fait la différence entre une critique et la critique, entre le publiciste et le journaliste, le propagateur et l’observateur, la vadrouilleuse et l’expert, entre le gratte-papier et l'artiste.On se trompe sur le sens des mots et des genres.On va nous dire que la critique doit supporter une littérature, un théâtre.On n’arrive pas à comprendre la contiguïté des métiers, le croisement des regards, toutes « choses vagues » comme le dit Gilles Marcotte ci-contre, qui font de la critique un art à part entière où l’on peut exceller ou « se » planter.J’emprunte à Diderot le titre de ce bloc-notes, double question résumant le simplisme dans lequel on tient la critique.Le bon est celui qui aime, le méchant celui qui déteste : manichéisme qui messied aux défenseurs bon papa des artistes outragés.Quand on aura compris, comme Ronfard, que notre métier est comme le sien; quand on sortira de cet âge préhistorique où l’on croit que la critique n’est là que pour attaquer les saints artistes, on comprendra que cette fonction est aussi essentielle que la respiration, comme le disait T.S.Eliot.Nous sommes tous des êtres critiques.Devant ou derrière le rideau, la page imprimée ou la feuille blanche.Il reste à savoir avec quelle honnêteté ou vice on se sert de cette fonction respiratoire.Et il y a ceux qui ne savent pas jouer.et qui embêtent les autres avec leurs croisades contre les méchants.Robert Lévesque fait plus PIERRE KOBhKl LAFFONT Offrez un cadeau d'espérance: PLUS GRANDS QUE L’AMOUR PAR DOMINIQUE LAPIERRE Une formidable épopée humaine Venez rencontrer PIERRE REY Invité d'honneur au Salon du livre Le vendredi 16 novembre de ll) h 00 à 20 11 00 Le samedi 17 novembre de lb h 00 à 18 h 00 I LAPIERRE Plus, grands 0116 I amour Rftiï l/VWl 2863 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 m ©K® • le plaisir des ivres Le temps est le critique le plus impitoyable Jean Éthler-Blais POUR ÊTRE critique littéraire, il faut aimer les livres et les écrivains.Le livre est un objet fabriqué, souvent amoureusement, par des hommes.Il y a le papier.Autrefois, Suand le papier était rare, les livres taient, par définition, des objets de luxe.Lorsque Cicéron prêtait un livre, ou ce qu’il appelait un livre, sous forme de rouleau, c’était toute une affaire.Le livre, grâce à la préciosité de la matière qui le composait, a résisté au temps.Aujourd’hui le papier est d’une telle médiocrité qu’on se demande ce qui restera, dans un siècle, de toute notre production.L’autre jour, j’ai retrouvé, au fond de ma bibliothèque, des ouvrages de Paul Morand, parus en France entre les deux guerres.La colle avait séché, les pages, jauni, un large cerne les entourait et leur donnait l’air blafard.La religieuse qui relie mes livres les regarda, l’air éploré.Je les jetai, devenus inutiles.C'est une grande peine pour un amateur de livres que de mettre Paul Morand à la poubelle.Les auteurs québécois logent-ils à meilleure enseigne ?Je me le demande.Les procédés modernes d’impression assurent-ils la durée au livre ?J’ai toujours pensé que lorsqu’on décerne un prix à un auteur, c’était d’abord de son livre qu’il s’agissait.Ne pourrait-on, avec le prix, faire fabriquer quelques exemplaires hors-commerce, sur papier La-fuma, ouvrage réalisé dans les conditions les meilleures, afin que l’écrivain soit assuré de l’immortalité, au moins dans les bibliothèques ?U ne bibliothèque idéale se constituerait, qui ravirait d’aise les critiques de demain, s’ils sont, comme ceux d’aujourd’hui, amateurs de beaux livres, amoureux des livres.Après le livre, objet sacré dans le subconscient littéraire, l’écrivain.C’est au DEVOIR que j’ai appris à N 7 / Jean-Éthler Blais connaître cette espèce particulière d’humanité.Je suis moi-même écrivain, mais on se leurre toujours dans son propre cas, on se connaît mal, on s’idéalise.Le miroir vous renvoie une image plus fidèle des autres que de vous-meme.Il n’y a rien de plus I beau que le don d’écrire.Dans ce domaine, l’écrivain n’a qu’un rival sérieux, c’est le chirurgien.Entre ces deux praticiens, il y a parenté, complicité, connivence.Les chirurgiens se découvrent volontiers, sur le tard, une vocation d’écrivain.PHOTO JACQUES GRENIER Le style les unit dans une même recherche d'une réalité insaisissable, la maladie, la souffrance, l’être, l’âme et cet immense abandon de l’homme et de la femme devant la mort.Le destin de l'écrivain est de se raconter et de raconter ses semblables, de décrire la vie machinale ou intensément vécue, de recréer l’atmosphère d’une époque, de donner un sens à notre si précaire existence.Il y a là un don totaL C’est pourquoi les rapports entre l’auteur et le critique sont si diffici- Micheline LA FRANCE Le Talent d’Achille 204 pages - 17,95$ fl TAXER LES LIVRES, C’EST IMPOSER L’IGNORANCE.Le Talent d’Achille est un roman du regard.Regard que nous portons sur les autres, mais aussi regard que les autres portent sur nous.Un roman caractérisé par une fine analyse psychologique, où les relations frères-sœurs sont décrites avec une extraordinaire sensibilité.les, souvent tendus à se rompre.Tous les écrivains ne font pas de bons livres.Parfois, un excellent écrivain, en commet un mauvais.Il peut avoir atteint la fin d’un cycle.Il a bouclé une boucle.Il recommence à neuf.Avec chaque livre, c’est une nouvelle vie qui prend son envol.C’est un recommencement.L’auteur se sent jeune, guilleret.Et voilà que ce sale individu, cet écrivain raté, ce critique pour tout dire, vous a descendu votre dernier livre, qui vous est plus cher que la prunelle de vos yeux.Vos grands fils ont même parlé d’aller lui casser la gueule.Vous les avez retenus, un sourire méprisant aux lèvres.Ce diable de vilain bonhomme vous a gâché votre samedi.Et vos collègues, lundi matin, au bureau ?L’auteur téléphone au directeur du journal Dans mon cas, ce directeur fut, pendant de longues années, M.Claude Ryan, qui joue aujourd’hui avec un feu plus brûlant que nos livres (du moins, dans l’immédiat).Il avait des dons rares de pacificateur, savait écouter, calmer les nerfs de ses interlocuteurs, sans doute leur faisait-il part de son admiration.Et puis, la liberté d’expression, cela existe, après tout.J’ai suivi de près la carrière de plusieurs auteurs, et non des moindres.Lorsque j’exerçais, on m’accusait d’être dur.Aujourd’hui, il y a des gens qui relisent ces feuilles volantes que j’ai produites, souvent avec passion, qui les lisent dans l’espoir de mieux connaître le mouvement de la littérature québécoise du dernier quart de siècle.Us me téléphonent, ou je les rencontre dans un café.Ils me reprochent d’avoir été trop bon.Ils me disent ce qu’in petto je reprochais autrefois à Mgr Camille Roy, d’avoir été un bé-nisseur.Je découvre parfois dans lçurs yeux, un éclair de pitié.C’est que le temps a fait son oeuvre.Il est le critique le plus impitoyable.Aujourd’hui, la foule en délire porte un écrivain aux nues.Que reste-t-il d’Hubert Aquin ?Les professeurs enseignent son oeuvre, par amour de la répétition, peut-être aussi, par une sorte de fatalisme.Dans les librairies, chez les acheteurs libres, qu’en est-il ?L’industrie de la publication des Oeuvres complètes semble hésiter à reprendre un second souffle.L’écrivain est toujours en instance de disparition dans la grande trappe de l’oubli.Le temps s’en va, Madame, dit le poète.Il ne part en voyage qu’avec sa valise 61eine de livres qu’on ne revoit plus.onne leçon pour l’écrivain, qui prétend que son talent transcendera la durée.Je crois, et je parle d’expérience personnelle, qu’il faut apprendre à se contenter de ce que vous offre le quotidien.Vous écrivez.Il y a, dans l’acte d’écrire, dans celui de mettre un livre en place, dans celui, plus subtil encore, de révéler ce qui est en vous, il y a, dans la conjonction de ces valeurs, une grande joie.Si, en plus, vous trouvez un éditeur, pourquoi ne pas se satisfaire de ce bonheur, rare, parfaitement personnel, que vous ne pouvez partager avec personne ?Critique moi-même, j’ai appris à me dire : Qu’importe la critique ?D’autant plus que l’expérience m’a enseigné qu’un critique ne pouvait empêcher aucun livre de se vendre, ni pousser à la vente d’aucun livre.Bien sûr, il y a des lecteurs qui se diront : Je suis d’habitude d’accord avec lui.Voyons voir.Et ils achèteront le livre dont vous avez dit grand bien.C’est une minorité infime.Si étrange que cela puisse paraître, les lecteurs lisent un critique pour lui-même.L’article est une oeuvre en soi, tout comme le livre.Des lecteurs, qui, pour des raisons à eux, n’achèteront que rarement un livre, liront fidèlement le critique de leur journal.Cela est si vrai que la plupart des critiques insistent pour occuper, au jour dit, la même place dans la même page.Ainsi, le lecteur sera sûr de les trouver fidèles au rendez-vous.Ceci est une habitude immémoriale.Lorsque j’étais étudiant à Paris, j’achetais, chaque mercredi, les Nouvelles littéraires, les ouvrais d’un geste automatique, là où se trouvait le pavé de Robert Kemp (admirateur d’Edwige Feuillère) et le lisais religieusement.C’était ma drogue.Mes moyens ne me permettaient pas d’acheter les ouvrages dont il nven-tretenait avec tant de charme.Mais il me parlait, à moi et pas à un autre, d’auteurs dont les noms s’inscrivaient dans ma mémoire et que j’ai lus, depuis, grâce à lui.N’est-ce pas là le role essentiel, à deux facettes, du critique ?D’abord, insensiblement, par l’apport de son propre univers culturel, d’amener le lecteur à s’insérer dans la démarche générale des lettres?Il est certain que nombre de lecteurs en puissance ont peur, d’instinct, des livres et de leurs auteurs.Le critique peut détruire cette barrière.Il est un intermédiaire priv-légié, il se dresse, au carrefour des lettres, pour indiquer le chemin, fa ciliter l’approche.Ensuite, il sert d’e xemple de lecture.Le lecteur de: critiques du samedi s’habitue à ur style, à un ton, il choisit un critique plutôt qu’un autre, il engage avec lui (ou elle) un dialogue bizarre puisque l’un écrit et que l’autre répond en si lence.Parfois, une correspondance peut s'engager.Mais elle est rare, car ce genre d’amitié préfère l’ano nymat et la réflexion solitaire.En revanche, au fil des ans, le cri tique sait qu’il n’écrit pas seul et que quelqu’un l’attend.Je ne terminerai pas sans parler du journal lui-même.LE DEVOIR a une longue tradition littéraire.Son fondateur, Henri Bou-rassa, publiait en première page, sans hésiter, des poèmes d’Albert Lo-zeau, comme une sorte d’épanouis sement de son éditorial.Qui dit mieux ?Les critiques s’y sont succédé cha cun y laissant sa marque, chacun at tirant son public.En général, les cri tiques littéraires sont des collaborateurs, qui peuvent se sentir en marge de la réalité quotidienne du journal.LE DEVOIR a une si longue pra tique de privilégier la littérature, que cette carence est à peine sensible.Pour ma part je me suis toujours perçu comme essentiellement un cri tique de l’équipe du DEVOIR; j’y suis entré à l'époque où André Lau rendeau et Gilles Hénault assu maient la responsabilité des pages littéraires; j’ai quitté sous Benoit Lauzière et François Barbeau.C’est dire l’étendue du chemin parcouru Ceci dit, je tiens à honneur d’avoir été un collaborateur du DEVOIR Dans une vie intellectuelle, cette place est énorme.J’y vois une marque d’affection qui vient ajouter l'ampleur de la reconnaissance au plaisir d’écrire.ÉCRITS DES FORGES POÉSIE 903, ST-THOMAS C.P.335, TROIS-RIVIÈRES (QUÉBEC) G9A 5G4 NOUVEAUTÉS ALARIE DONALD et Au cru du vent 6.00$ POZIER BERNARD ALARIE DONALD (coédition Musée d’art de Joliette) La terre comme un dessin inachevé 6,00$ ALBERT MICHEL Une photo à côté du banc de neige 6,00$ BLOUIN LOUISE Des mots pour réver (Anthologie) 7,95 $ BOISSÊ HÉLÈNE (coédition Éditions Pierre Tisseyre) Je n'écris plus 6,00$ BREMOND JACQUES Guillaume des Ors 12.00$ CHATILLON PIERRE (coédition Le Dé Bleu) Le violon soleil 10,00$ CHARRON FRANÇOIS La beauté des visages.10,00$ CHIASSON HERMENEOILDE et FEDERICO GARCIA LORCA (GRAND PRIX DE POÉSIE FONDATION DES FORGES 1990) Lèvres urbaines No 19 6,00 $ CLOUTIER CÉCILE Lampée 10,00$ COLLECTIF Des Forges # 29 6,00$ COLLECTIF Poésie 89 12,00$ DAOUST JEAN-PAUL (coédition Collège de Joliette) Les cendres bleues 10,00$ a * • DOBZYNSKI CHARLES Les heures de Moscou 12,00$ FERLINGHETTI LAWRENCE (coédition Europe/Poésie) Amant des gares 12,00$ HARVEY PAULINE Montréal français (Lèvres urbaines No 16) 6,00$ 4 II ’ JUTEAU MONIQUE Trop plein d'angles 6,00$ * » ' » R ' JOUFFROY ALAIN Éros déraciné 12,00$ 1 II' LANGEVIN GILBERT (coédition Le Castor Astral) Haut risque 10,00$ LÉGER PIERROT Les chants de la soif 10,00$ MURRAY SIMONE G.À tir d’elles 6,00$ ju PETITS JEAN-PIERRE La fête des bannières emplumées 6,00$ » U ROUSSEAU PAUL Micro-textes 6,00$ (PRIX OCTAVE-CRÊMAZIE 1990) U SAINT-DENIS JANOU Mémoire innée 10.00$ a R 1 R ST-YVES DENUIS Tranches de ciel 10,00$ * * TRANSTROMER TOMAS Baltiques et autres poèmes 12,00$ 1 »-* li VANIER DENIS (coédition Le Castor Astral) Les stars du rodéo 10,00$ 1 • » R 1 h LA JEUNE POÉSIE BEAUCHAMPS LOUISE Objet (PRIX JOVETTE-BERNIER 1989) 5,00$ CORNELLIER LOUIS Neurone* fragmenté* 6,00$ GUIMOND DANIEL Ne Jamal* rien dire 5,00$ LEDUC ANDRÉ Une barque sur la lune 5,00$ MONETTE HÉLÈNE Lettres insolite* 6,00$ LA POÉSIE CASSETTE BEAUSOLEIL CLAUDE Ville concrète (coédition Artalect) 10,00$ BROSSARD NICOLE Amante* (coédition Artalect) 10,00$ KURAPEL ALBERTO Confidential / Urgent 10,00$ MIRON GASTON La marche è l’amour (ooéditlon Artalect) 15,00$ PRÉFONT AINE YVE8 Le désert maintenant 10,00$ Les nouveautés vlb au Salon du livre de Montréal Poésie Madeleine Gagnon Chant pour un Québec lointain Renaud Longchamps L’échelle des êtres Yves Boisvert Oui — Non Luc A.Bégin Il n y eut pas de rêve cette année-là! Romans, récits Alfred Victor Le chemin interdit Pascal Millet Tropiques Nord Vincent Lucky Luce Yves Thériault Cap à l’amour! Essais Bernard Dagenais La crise d’Octobre 1970 et les médias: le miroir à dix faces Pierre Vallières FLQ: un projet révolutionnaire Roch Denis Québec: dix ans de crise constitutionnelle Théâtre Dominic Champagne La répétition Jean Marcel L’anneau du Nibelung de Richard Wagner Claude Lapointe André Brassard: stratégies de mise en scène Venez redécouvrir tout notre fonds, près de 380 titres, et rencontrer nos auteurs au Salon du livre de Montréal, dans le grand ensemble de Dimédia, à l’entrée.vlb éditeur deÏa grande LITTÉRATURE f Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Se mettre en jeu et en joue Lise Gauvin NON, ce n’est pas vrai que la critique est facile même si l’art, on le sait depuis toujours, est difficile.Faire de la critique, c’est accepter de se mettre en jeu et en joue.Accepter sa subjectivité, ses partis pris, ses lacunes, ses enthousiasmes et ses coups de coeur.Mais c'est surtout acquiescer dès le départ et dans une attitude complice au projet de l’oeuvre.Le regard critique est un regard d’une extrême mobilité, prêt à toutes les surprises.La déception ne peut venir que d’une incohérence interne, d’une inadéquation du texte avec son propre modèle, son propre protocole de lecture.I,e discours critique est le contraire même d’un discours de la norme.Comme la lecture, la critique est d’abord déterritorialisation et errance dans le monde de l’autre.Puis ensuite, mais plus tard seulement et dans un deuxième temps, retour sur soi et reconnaissance, dans tous les sens du terme.La « distance critique », pour reprendre l’expression d’André Brochu, ne peut s’accomplir que grâce à la plongée préalable et totale dans les possibles du texte.Critiquer, c’est comprendre : prendre avec soi.Lise Gauvin au DEVOIR CRITIQUE littéraire, essayiste, nouvelliste, Lise Gauvin reviendra au DEVOIR pour signer régulièrement dans les pages du « Plaisir des livres » des recensions d’ouvrages des différentes littératures francophones du monde, hormis celle de France et du Québec.Professeur à l’Université de Montréal, où elle est directrice du programme en Études québécoises, Lise Gauvin est de plus spécialiste de l'oeuvre de Jean Giraudoux dont elle a établi l’édition de Suzanne et le Pacifique dans la collection de La Pléiade.Mme Gauvin a également dirigé la publication de Trajectoires : littérature et institutions a u Québec et en Belgique francophone, publié à Bruxelles et à Montréal en 1985.Au « Plaisir des livres », elle présentera à l'occasion, une fois par mois, les auteurs de la francophonie, ceux des Antilles, de l’Europe francophone (hors l’Hexagone) et de l’Afrique.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Samedi 10 novembre de 14h à 16h YVES MICHAUD La folie du vin LIBRE EXPRESSION Mercredi 14 novembre de 17h i 19h CHRISTIANE OLIVIER Filles d’Eve Psychologie et sexualité féminine ______DENOËL_______ Lundi 19 novembre de 17h à 19h PLACIDE GABOURY Mûrir où comment traverser le nouvel âge LIBRE EXPRESSION Samedi 24 novembre de 1 lh30 à 13h BIBÎ et GENEVIÈVE LIBRE EXPRESSION Samedi 1er décembre de 14h i 16h FRANÇOIS GRAVEL BONHEUR FOU ZAMBONI Boréal 23V\30 9h année ITZO.ave.laurieT ouest outremont, montréal téL: 274-3669 Est-ce à dire que tout soit à reconnaître au même titre ?Le chef-d’oeuvre, dit Jauss, est une modification dans l’horizon d'attente d’un genre.Toute lecture procède d’une attente, qui sera ensuite comblée ou déçue.Oui, mais encore ?Encore, rien.Il n'y a rien d’autre que cette attente créée par l’ensemble des textes antérieurs et par le texte lui-même comme guide du lecteur.Que ce ravissement ou cette déception qui l'accompagne.Les critiques sont des passeurs qui ont pour métier de faire transiter le livre de l’auteur au public, plus exactement de le rendre à son public.Car chaque livre a le sien et le trouve s’il est suffisamment médiatisé.D’où cette responsabilité des premiers lecteurs, les critiques.D’où le droit à l’erreur aussi.Dans cette alchimie silencieuse, chacun doit assumer la fragilité de son jugement et la partialité de ses vues.On lit avec tout ce qu’on est, avec ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas.Le «bon » livre est celui qui nous change, nous transforme, nous rend à la fois plus léger et plus grave.Parce qu’on se sent réconcilié avec une vie qui, bien que n’ayant pas de sens, peut être mise en forme par une organisation textuelle.La vie devenue texte est une vie rendue intelligible.PHOTO KÉRO Lise Gauvin La critique cherche à retrouver ce sens, cette intelligence et cette trajectoire de l’oeuvre.Elle met ensemble et organise à son tour.Elle va chercher le détail signifiant et l’architecture globale.Elle tente de donner à voir et, jusqu’à un certain point, d’achever l’oeuvre, de la réaliser dans un itinéraire de lecture.Il y faut de la patience.Et de la passion.De la patience pour ne pas se laisser décourager parfois dès les premières lignes, pour poursuivre jusqu’au bout bien qu'on sache qu’un livre qui tombe des mains dès le début a peu de chances de se rattraper par la suite.De la passion pour vivre, comme l'auteur, les 36 vies parai tèles des personnages, les bon et les méchants, les médiocres surtout dont le roman se deiecte a cause de leur complexité même.Le ou la critique est un téméraire qui ose parachever l’oeuvre par sa lecture a voix haute.Le ou la ?Rien n’est moins neutre que ce jeu des articles quand on détermine par là non pas la critique en général comme genre mais la personne qui la fait.Il fut un temps où l’on croyait faire un compliment extrême à une romancière, Gabrielle Roy, en qualifiant son roman Bonheur d’occasion « d’objectif et mâle ».Ces temps-là sont révolus, fort heureusement.Mais comment ne pas s’étonner de constater à quel point la critique dans les grands quotidiens — très importante parce qu’elle a le pouvoir de donner le coup d’envoi à un texte — est encore très largement assurée par des hommes.Est-ce là vraiment simple question de circonstances ?Dans la mesure où la critique s’ap Librairie V L 1 M A es rtm PBS253 JTDT WP g 3700, boulevard Saint-Laurent 499.2012 Amis, groupies, fans, lecteurs de Réjean Ducharme, nous vous invitons à venir célébrer la sortie de «Dévadé», dimanche le 11 novembre 1990, à partir de 14hres.Bienvenue! Nathalie PETROWS Il restera toujours le Nebraska CEUX ET CELLES QUI ONT AIMÉ: * pn> «Le roman de Nathalie Petrow-ski hypnotise, ou plutôt, il crée chez le lecteur une dépendance heureuse jusqu’à Ja fin.» Marie-Ève Pelletier Le Droit «Et vous serez surpris de la nouvelle Nathalie, qui a plongé cette fois-ci en elle-même.Il restera toujours le Nebraska est un bon gros roman.touchant.» Jean Barbe Voir «Il restera toujours le Nebraska est aussi un roman sur les rapports entre les hommes et les femmes.» Marie-Andrée Lamontagne MTL «C’est drôle très souvent et ça demeure, d’un bout à l’autre, écrit dans une langue vivante, remplie d’images.» Anne-Marie Voisard Le Soleil «Elle rajoute ainsi aux "portraits" de la littérature québécoise celui très particulier et nouveau des parents "sartriens" d’autrefois vus par leurs enfants.» Jean Basile Le Devoir «J’ai lu d’un trait sans m’ennuyer un instant.» Pierre Foglia La Presse ET LES AUTRES: «Je dirais qu’// restera toujours le Nebraska a quelque parenté avec le roman Vava de Mme Yolande Villemaire.L’un et l’autre livre nous tombent des mains.» Réginald Martel La Presse r TAXER > LES LIVRES, C'EST IMPOSER L'IGNORANCE.«Nous voilà devant un écrit vain.» Pierre Leroux Le Journal de Montréal parente à une phénoménologie de la lecture, elle est aussi une manière très particulière d’être au monde et de le regarder.Dans la mesure où les femmes mettent en question les modèles mêmes de la fiction, n’ont-elles pas droit également de rendre compte de leur sensibilité critique ?Quant à la critique québécoise comme telle, qu’on accuse parfois de complaisance, parfois d’excès de sévérité, elle me parait ni meilleure ni moins bonne que d’autres.On a ici au moins l’avantage d’une diversité de lieux — du quotidien à la revue et au magazine, en passant par la radio — où on peut faire connaître un livre, ce qui n’est pas le cas partout.J’ai pour ma part le plus grand respect pour ces professionnels de la critique que sont Gilles Marcotte, Réginald Martel et Jean Royer, qui tiennent la barre depuis un bon moment.Car s’il y a un défaut à la critique québécoise, c’est à mon avis le manque de continuité.Les élus meurent vite au champ d’honneur ou de bataille, comme on voudra.Le milieu littéraire, même s’il a parfois la dent dure, a besoin d’être soutenu par des voix qui l’accompagnent dans les détours et sinuosités de ses parcours.Mais les critiques aussi ont besoin d’être soutenus.On a tendance à l’oublier.De mon côté, n’ayant jamais connu le stress de la critique hebdomadaire — sinon durant quelque temps à Radio-Canada, sous l’oeil bienveillant d’André Major —, j’ai toujours eu plus ou moins la possibilité de choisir mes lectures et mes sujets, ce qui n’est pas un mince avantage.Je crois de plus en plus que la meilleure façon de ne pas aimer un livre est de n’en pas parler Mais je crois aussi que pour les éditeurs et pour les au teurs, la chose' est inadmissible et in sultante.Parlons de la littérature québécoise donc, et à souhait.Mais parlons aussi des autres littératures, et en particulier des littératures franco phones hors de France qui ont à peu près le même sort ici que la littérature québécoise à l’étranger : en dehors de quelques événements ou numéros spéciaux, on n’en parle à pou près jamais.Ce silence là doit être brisé.C’est dans ce sens que je compte orienter désormais mes lectures et mes réflexions critiques.Il v a là de fascinantes découvertes à faire.CLAUDE DUNETON Claude Duneton en collaboration avec Sylvie Claval Le Bouquet des expressions imagées p Encyclopédie thématique des locutions figurées de la langue française SEUIL L'IGNORANCE I assionné de la langue, Claude Duneton a mis seize ans à bâtir cette encyclopédie qui regroupe les expressions de la "hier et d'aujourd'hui.Le Bouquet des expressions imagées constitue une sorte d'«Histoire du langage privé» conçue tant pour les professionnels que pour le grand public.Claude Duneton est l'invité du Salon du Livre de Montréal et, du 15 au 20 novembre, il sera au Québec pour nous présenter son plus récent ouvrage.0999989 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 le plaisir des Le critique comme compagnon de route Jean Royer LA CRITIQUE journalistique s’écrit pour l’information des lecteurs et non pour le seul plaisir des écrivains.Elle s’adresse au public et non à l’institution.Elle doit donc s’appliquer à situer les oeuvres et leurs auteurs et à en donner une impression de lecture assez juste et complète pour que le public se fasse une opinion éclairée.Certes, mon travail de critique médiatique diffère de celui du critique universitaire, qui aura le temps d'analyser le texte de façon scientifique et plus élaborée.Dans la préface de son recueil Présence de la critique (HMH, 1966), Gilles Marcotte a bien distingué les différentes formes de la critique lit- J’ai rencontré, au fil des ans, et particulièrement grâce à la Rencontre québécoise internationale des écrivains qui a fait de Montréal une plaque tournante des littératures, plus de 300 écrivains d’ailleurs et d’ici.Ces entretiens forment les chapitres d’une histoire littéraire vivante où notre littérature se confronte à celles des autres cultures du monde.dédirais même que les écrivains contemporains que j'ai interviewés PHOTO JACQUES GRENIER Jean Royer sont les personnages d’un roman qui s’écrit au fil des entretiens et qui raconte le monde, non pas du point de vue politique, sociologique ou statistique, mars plutôt selon un regard littéraire.Car la littérature nous donne une vision du monde et c’est elle qui nous propose un avenir.téraire.« Le critique-journaliste, écrit-il, ne peut s’en remettre à un seul éclairage, une seule voie d’approche, comme le fera peut-être le professeur ou l’essayiste.Sollicité en tous sens par l’actualité littéraire, il use de tous les moyens disponibles pour se tirer d’affaire : histoire littéraire, comparatisme, psychologie, sociologie, philosophie, tout lui est bon.C’est l’amateur par excellence ».Je suis journaliste et critique littéraire depuis 26 ans, dont les 13 dernières passées au DEVOIR.C’est aussi par les critiques de ce journal plus que par mes études universitaires que j’ai été formé à la lecture.Les Jean llamelin, Gilles Marcotte, Jean Éthier-Blais, Jean-Guy Pilon et, plus tard, Jean Basile, ont appris à l’adolescent et à l’étudiant que j’étais à lire ma société — et les oeuvres littéraires qui l’accompagnent dans son évolution — par des critiques et des reportages littéraires.Quand je suis arrivé au DEVOIR en 1978, pour diriger les pages culturelles et littéraires, je me suis souvenu de ce rôle pédagogique de la critique littéraire à travers les médias et particulièrement LE DEVOIR.C’est pourquoi j’ai institué l’entretien littéraire à la une du cahier Culture & Société.Cela n’alla Livres Toundra pour enfants Et si l’autobus nous oublie?de Florence Sievens et Ginette Clarke illustré par Odile Ouellet Relié 12,95$ Broché 6,95$ 4 ans + Marc et Mélanie commencent l'école demain.Mais.qu'arrivera-t- il si l'autobus oublie de les ramener à la maison?Eh bien! Le moins qu'on puisse dire c’est qu'ils se préparent en conséquence.Ecrit par deux expertes en enseignement de la langue aux enfants et brillamment illustré par une jeune artiste montréalaise, ce livre de lecture fait sourire et rire.Venez rencontrer ses créatrices au Salon du livre le 17 novembre, de 16 à 18 h.Simon fête le printemps de Gilles Tibo Venez rencontrer Tibo, le premier lauréat canadien du prix Hibou du Japon, et voir les trois charmants livres de la collection SIMON au stand 435, le 17 et 18 novembre, 14 h à 16 h.Relié 10,95$ 3 ans et plus, 24 pages 14 illustrations en couleur Maisons d’écorce: tipi, wigwam et longue maison de Bonnie Shemie Premier d’une collection jeunesse sur l’architecture, ce livre traite des habitations amérindiennes des régions boisées du Nord.Écrit avec grand soin et superbement illustré par une Montréalaise.Relié 12,95$ 8 à 12 ans, 24 p, 6 illus.en couleur, 15 b&w Deux Plumes et la solitude disparue de C.J.Taylor Une légende abénaquise sur les origines du feu et du maïs, contée et illustrée par une autochtone du Québec.Relié 12,95$ 6 ans et plus 24 p, 12 illus.en couleur LIVRES TOUNDRA Diffusés par DIFFUSION PROLOGUE Stand 435 NOROÎT CASE POSTALE 244, SAINT-LAMBERT, QUfBEC 14P 3N8 JACQUES BRAULT Il n'y a plus de chemin avec cinq dessins de l'outeur 72 p.• 10 S C H U Particulièrement la vie change MICHEL CÔTÉ Les voix d'errance avec sin dessins de Hugo Brochu 176 p.» 15 S Graphies et dessins de l'auteur 136 p.• 40 S FRANCINE DÉRY Les territoires de l'excès avec un dessin de Patrick In Roque s.p.• 12$ LOUISE DESJARDINS La 2e Avenue avec cinq dessins de Jocel/ne Chabot 80 p.-10$ ANDRÉ DUHAIME Traces d'hier avec si* dessins de Rèal Colder 64 p.• 7 $ DENISE DESAUTELS Leçons de Venise (autour de trois sculptures de Michel Goulet) s.p.• 20 $ P.CHANEL MALENFANT La table des matières avec sic gouaches de Genevéve Martin 128 p.• 15 $ JEAN-CLAUDE MARTIN Le tour de la question avec un dessin de Ooudine Gouc 114 p.• 12 $ MICHEL R.G U A Y L'inexpiable avec cinq encres de Fiance Inchcine 96?-12$ pas sans une résistance de la pari de certains collègues.En 1978, l’écrivain n’avait pas encore sa place dans l’actualité, sauf exception, et Yves Beau-chemin n’avait pas encore publié Le Matou, dont l’immense succès populaire a branché la littérature aux mass-média.(À preuve, « Le Plaisir des livres », que dirige maintenant mon collègue Robert Lévesque.) Comme critique, je me suis donc placé du côté de l’écrivain et dans la perspective du public-lecteur.Je crois qu’il faut développer, à côté de la critique d’analyse et d’autorité, la forme de l’entretien littéraire qui est, en fait, ce qu’on peut appeler une cri- tique d’accompagnement.En effet, dans chacun de mes entretiens, je veux me faire le compagnon de route d’une oeuvre et d’une vie.D’ailleurs, écrira Lise Gauvin, professeur de littérature à l’Université de Montréal, l’entretien littéraire est un genre mixte, « qui tient à la fois de la critique, du portrait, de l’essai, de la fiction et de l'histoire littéraire ».L’entretien situe l’écrivain face à son oeuvre et à ses lecteurs éventuels, dans une perspective historique et proprement littéraire.Car il ne faut pas confondre l’entretien et l'entrevue.L’entretien est une réflexion sur la littérature, tandis que l'entrevue reste une rencontre circonstanciée et forcément anecdotique.J’ai voulu pratiquer l’entretien comme genre littéraire afin d’informer les lecteurs du DEVOIR des idées et des utopies qui circulent dans les oeuvres de notre temps.Il y a 26 ans, quand j’ai quitté l’enseignement universitaire pour la pratique du journalisme, j’ai choisi le versant le plus risqué — et le plus passion1 nant pour moi — de l'histoire littéraire.Je suis de ceux qui croient qu’un écrivain vivant vaut un écrivain mort.Le patron Robert Melançon LE MILIEU littéraire forme un petit monde.Partout.Au Québec, il est minuscule.Qu’on ne voie pas là un jugement de valeur, c’est un constaL Entre écrivains et critiques, tout le monde se connaît.Et comme le personnel est restreint, la plupart jouent plusieurs rôles, concurremment ou tour à tour : combien ont été ou sont auteur, lecteur dans une maison d’édition, membre d’un comité de rédaction, critique (dans un journal, à la radio, dans une revue), membre de jurys de prix littéraires, membre de comités du Conseil des arts ?Comme d’autres, j’ai joué tous ces rôles au cours des années.Je n’aurai donc pas la naïveté de me scandaliser.Le monde littéraire québécois est trop petit pour que la plupart ne fassent pas, si on me passe le mot, de la « suppléance ».Sur une assez longue période on a bien des chances de revenir au même point, comme à la chaise musicale.On en trouvera un exemple dans ces pages mêmes : Jean Basile avait été critique au DEVOIR au cours des années soixante; le voici de retour.Il y a là un signe de plus de la fragilité de la littérature québécoise.Elle a certes connu un développement remarquable depuis quarante ans, mais tout pourrait être remis en question ou fort perturbé par la disparition de quelques personnes.Comme bien des éditeurs et des revues cesseraient leurs activités si les subventions du Conseil des arts étaient un tant soit peu réduites.Comme plusieurs disparaîtront peut-être si la TPS n’épargne pas le monde du livre.La littérature québécoise est diversifiée, abondante, mais elle reste menacée.Cette situation présente, on s’en doute, toutes les possibilités de conflits d’intérêts.Malgré tout les choses se passent assez proprement; complaisances, renvois d’ascenseur et règlements de compte restent rares.Je suppose que les écrivains et les critiques d’ici ne sont pas plus vertueux que la plupart des gens, c’est-à-dire pas très.Sans doute l’étroitesse du milieu agit-elle aussi comme régulateur.Quoi qu’il en soit, si on devait s’étonner, ce ne serait pas que la critique québécoise ne soit pas meilleure, ce serait plutôt qu’elle ne sombre pas dans la médiocrité.Ce n’est pas le cas.Pourtant la plupart des PHOTO JACQUES GRENIER Robert Mélançon critiques sont des pigistes au statut incertain, presque toujours assez mal payés.Ce n’est donc pas pour ce qu’ils y gagnent qu’ils exercent ce métier.Ni par vanité puisqu’aucun d’entre eux n’est devenu une star.Il faut donc que ce soit par goût de la littérature, pour exercer la liberté de penser.Ce sont de belles, de nobles raisons.Cela dit, je ne soutiendrais pas que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes littéraires québécois possibles.Personne ne me croirait.Mais plutôt que de donner des conseils ou de prêcher l’évangile du parfait critique — ce serait vraiment me prendre pour un autre —, je voudrais rendre hommage à celui que je ne suis pas seul à considérer comme le patron de la critique québécoise : Gilles Marcotte.(Qu’il n’y ait aucune ambiguïté : Gilles Marcotte est un ami et un collègue à l’université; tant pis pour ceux qui seraient assez bêtes pour s’imaginer que je lui rends hommage par complaisance.Il ne m’en saura d’ailleurs nul gré, embêté plutôt, je le crains, par ce qu’il considérera vraisemblablement comme une sortie intempestive.) *•' Depuis une quarantaine d’années, Gilles Marcotte suit l’actualité littéraire, découvrant de nouveaux auteurs, accompagnant des écrivains confirmés, ne ménageant aux uns et aux autres ni les éloges ni les réserves, toujours avec mesure.Alors que bien d’autres (mea culpa .Dont crié ’ trop vite au génie ou vitupéré ce qui' ne leur plaisait pas, il a rempli avec pondération les deux fonctions essentielles du critique dans un journal : informer et évaluer.Un volume qui rassemblerait ses chroniques formerait la plus vivante histoire littéraire du Québec des quarante dernières années.Je me souviens encore de certains comptes rendus parus au cours des années soixante dans La Presse, par exemple sur Terre Québec de Paul Cham-berland, sur La Belle bête de Marie-Claire Blais, sur les Contes anglais de Jacques Ferron, qui conservent une trentaine d’années plus tard toute leur pertinence.Si on se rap-: pelle qu’il s’agissait d’articles écrits: sous la pression de l’heure de tom-I bée, sur des livres qui venaient de: paraître, d’auteurs dont l’essentiel: restait à venir, on a tous les motifs d’admirer.Cela tient, je crois, à la culture de Gilles Marcotte, qui lui permet de mettre en perspective ce que l’actualité lui propose.C’est précisément cela, me semble-t-il, qu’on doit attendre de ceux qui pratiquent le métier de critique : la culture, le souci d’informer, le courage d’évaluer.La critique ne se laisse pas réduire en préceptes ni coucher sur le lit de Procuste d’une théorie.C’est pourquoi il m’a paru que je ne pouvais mieux répondre à la question qui m’était posée : « Qu’attendez-vous de la critique littéraire au Québec ?» qu’en rendant hommage à celui qui la pratique depuis si longtemps de façon exemplaire et qu’on peut considérer ici comme son patron.Au bout de chaque cigarette Un seul filtre: vos poumons Capturez le temps.Le Musée canadien des civilisations publie des livres dans presque tous ses domaines d’activité : expositions, recherche, muséologie, Musée des enfants, etc.Parmi les nouvelles publications, signalons : Le Musée canadien des civilisations, Photographies de Maïak, comprenant 100 photographies en couleurs, ainsi qu’un calendrier mensuel 1991 ayant pour thème Le langage du masque, et l’Agenda hebdomadaire 1991, qui comprennent tous deux de magnifiques photographies des collections alu Musée.ï: * b > i, ^ ' A •./xÿgP if! Calemi wMmm mmmm WÊmrnÊmmmmm 55 photographies couleurs, 112 pages.6x9,12.95$ Reliure spirale ISBN 0-660-50296-8 Ces publiai ions sont disponibles dans les bouliques du Musée canadien des civilisations ainsi nue chez tous les bons libraiccs (Dillusion Prologue) MUSÉE CANADIEN CANADIAN MUSEUM DES CIVILISAT IONS OE CIVILIZAT ION 100, rue Laurier, Hull (Quebec) JHX 4112 (819)776-7000 Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 M D-5 ; L’éclaireur envoyé de l’avant LOGIQUES Noël Audet LA CRITIQUE littéraire de la presse écrite joue un rôle très important.Parce qu’elle est souvent la première à réagir, elle se trouve à atteindre un double objectif, soit d’an noncer la parution d’une oeuvre et d’en proposer du même coup une description minimale qui guidera les lectrices et les lecteurs dans leurs choix.dette description devrait idéalement prendre en charge les contenus de l'oeuvre qui vient de paraître, bien sûr, sans négliger des éléments aussi essentiels que ses formes, son écriture, sa réussite esthétique et enfin, on l’oublie trop souvent, son destinataire privilégie, c’est-a-dire le pu-blic-cible que l’oeuvre tente de rejoindre.Car à force de confondre les divers publics possibles, on finit par rater l'une des fonctions primordiales de l’information culturelle.Ce fut là sans doute un des [léchés mignons du DEVOIR qui omettait, périodiquement, de distinguer les nécessaires oeuvres de laboratoire des oeuvres plus immédiatement lisibles et destinées au grand public.i>i les revues savantes ont pour rôle d’analyser les oeuvres selon des critères plus « scientifiques », dégagent ainsi des modèles de lecture et d’interprétation à long terme, la critique des quotidiens n’en est pas moins capitale.Bien qu’elle provienne d’une lecture assez rapide, comme sur le tas, elle constitue un premier risque d’interprétation qui servira de guide ou de repoussoir à de nombreux lecteurs.Cette interprétation est périlleuse mais elle doit avoir le courage de ses opitions, et si elle est bien faite, elle enclenche et colore tout le processus DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec PHOTO CHANTAL KEYSER Noël Audet de la réception, sans lequel les textes auraient une existence bien margi-i nale.En ce sens, le critique me semble avoir le droit et le devoir de se prononcer, sans perdre de vue qu’il est l’éclaireur envoyé de l’avant par le public, dont il rellète par conséquent les attentes générales.Il peut lui arriver de succomber à l’une des tentations suivantes : soit de confondre son mandat avec celui du critique savant et de ne plus s’adresser à son public réel; soit de jouer du populisme et de réagir en pur ignorant de la chose littéraire.La critique journalistique me semble en fait un compromis entre ces deux tendances, un compromis réussi quand elle met son intelligence et sa longue expérience des oeuvres au service du besoin d’information du public.Dans le même sens, les journalistes littéraires devraient exclure de leur pratique à la fois la critique d’humeur (les lecteurs n’ont rien à faire des démêlés du critique avec sa vie personnelle), et l’attitude du gourou illuminé qui laisse entendre plus qu’il ne dit et qui se prend pour le critère absolu du beau, du bon, du vrai.Cela se voit au ton que l’un ou l’autre emploie pour fustiger une « horreur » ou pour se lamenter sur son sort.Petites propositions pratiques à l’usage de nos éclaireurs : le critique est nécessairement exigeant (ne serait-ce que pour départager l’oeuvre essentielle de l’événement médiatique par exemple, et parce que la critique complaisante envoie un faux signal aussi bien aux auteurs qu’aux publics), mais il ne donne pas dans le mépris (on ne vise pas un individu, on débat des mérites d’un texte) ; il est ouvert à toute pratique nouvelle en gardant à l’esprit qu'il ne lit pas pour soi seul mais pour les autres; s’il est lui-même auteur, ses problèmes commencent : où tirer la ligne entre sa pratique personnelle, c’est-à-dire sa conception du monde et de l’écriture, et le souhaitable compte rendu « objectif » de la pratique de l’autre; le critique d’ici, enfin, n’est pas aliéné : il ne lit pas avec les lunettes (grilles) d’une autre culture mais avec les yeux de notre culture qu’il partage.Bref, bien que l'ayant déjà exercé, c’est un métier dont je ne suis plus capable.Mon engagement personnel dans récriture me rendrait suspect aux yeux des autres écrivains, à tort sans doute, et ma conscience du prix à payer pour écrire m'empêcherait d’évaluer froidement la performance de l’autre.Car c’est la le défi majeur du critique : ne pas sombrer dans le détail, fulgurant ou décevant, afin d’évaluer surtout l’effet global du texte ; ne pas prendre appui non plus sur ses seuls goûts personnels mais faire un pas en direction du public, au nom duquel il lit, afin de préserver dans son bilan à la fois la part intellectuelle qui instruit et la part collective dont il est le reflet.Le devoir du critique consisterait donc à nous prévenir, nous, le public, de l’existence d'une oeuvre et de ce qui nous y interpelle durablement, j Le reste n’est que publicité ou règlement de comptes, même lorsqu’il n’y a pas de comptes.Une dernière remarque : dans ce petit monde de la critique, on a malheureusement tendance au Québec à confondre parfois le radicalisme de l’expression avec la force de la pensée, il y a des revues qui sont pleines ! de cette singulière outrance — qui ne fait pourtant pas avancer la conscience d’un pouce._ -BMl SE FAIRE RASSURANTS, IL EST URGENT DE FAIRE LE POINT! IL N'EST JAMAIS TROP TARD ^——' Venez rencontrer Digby J.McLaren, D.Sc., auteur de La Terre en Péril, publié aux Presses universitaires d'Ottawa, au Salon du livre de Montréal (Place Bonaventure) samedi le 17 novembre 1990 de 14 h à 16 h.les éditions françaises «m Mil, rue Ampère, C.P.T9r>, Bou< hcrviB*(Québec) >40 5WZ (514)641-0514.871-0111 .1-800-361-9635 .fax: (514) Ml-489.1 pénètre plus avant le quotidien et la mémoire de ce peuple.On y retrouve les marchés, qui onctuent la semaine.« Il pleut, la oue sur les légumes, sur les malades, sur tout.Là, un cadavre de chien au milieu des tomates.Du crotin d’âne en tas, comme les oignons.Et toujours : l’impression que ce n’est pas tout à fait vrai.» Les villages s’appellent Quarante sources, Nous rions, Bifta (un grand chef brigand) Sévit-il dans la région ?Et les quartiers : La paix dans l’union, toutes les cases s’y ressemblent; Vieux samedi, où le marché se tenait autrefois; Ville neuve, où se trouvent la banque et la poste.Témoin des changements politiques survenus à la fin des années 70, Marc de Gouvenain commente la « villagisation , ces alignements de cases ordonnés, réunis à proximité de vastes champs de blé, blé qui ser- vira à d’autres.Et il nous informe que les peaux de vache restent un des seuls produits d’exportation de l’Éthiopie vers la France : « Pas pour les sacs à main, non — pour les dissoudre dans différents acides et les transformer en engrais destinés à enrichir nos terres.Ainsi, les vaches faméliques et infestées de fièvres di verses pulvérisent du sabot et appauvrissent la terre de leur pays, puis crèvent en laissant leur peau récu pérable, celle qui viendra engraisser nos melons et nos aubergines.» Servi par une documentation mi nutieuse des lieux, de la faune et de la flore, l’auteur exerce aussi la profession de guide, Retour en Éthiopie s’avère un document important à propos d’un pays qui a grandement besoin qu’on l’aide, «.pas qu’on l’enferme dans une vitrine étiquetée de nos culpabilités.» HUGUES CORRIVEAU CE QUI IMPORTE Poésie Il faut simplement être au coeur du temps pour en saisir toute Tagitation.LES HERBES ROUGES HUGUES CORRIVEAU CE QUI IMPORTE LES HERBES ROUGES / POÉSIE McGill Département de biochimie présente _ Sidney Altman fo Prix Nobel de chimie Professeur de biologie, Yale University Enzymatic Cleavage of RNAbyRNA Le mercredi 14 novembre 1990 à 16h00 Amphithéâtre Palmer Howard Pavillon McIntyre des sciences médicales Conférence publique Celle conlérence est | jtésenlée grâce a une subvention de Bio-Mcga inc.L’OCCASION SALON MONTRÉAL, ÉDITIONS INVITENT RENCONTRER: Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 ¦ D-9 • le plaisir des mes Quand le français d’ailleurs est cousin germain du français d’ici Liselle ¦MORIN ?Le feuilleton L'AIMÉ Axel Gauvin, Paris, 1990, Le Seuil, 248 pages.KN REFERMANT le roman d’Axel Gauvin (un patronyme fort répandu au Québec), écrivain et professeur né et vivant à La Réunion, une question m’est venue : Noël Audet, né à Maria, en Gaspésie, professeur lui aussi, s’est-il reconnu une étroite parenté .linguistique avec l’auteur de L'Aimé-! Sans connaître la réponse, j’apporte la mienne.En citant Audet, à la page 82 de son essai Écrire de la fiction au Québec : pour que le langage des autres ait un sens dans une oeuvre, il faut d’abord que l’auteur-narrateur se soit doté d’un langage à lui, à la fois précis, correct, avec son style et ses intonations personnelles, de manière que les langages des autres viennent s'y heurter, s’y réfléchir, pour se mettre à signifer par contraste ou simple différence.Axel Gauvin, nous attachant dès les premières pages au destin de Marguerite Bellon, femme Bénard, dite Magrite, se préparant à lutter contre un cyclone, qui épargnera sa maison mais lui apportera un petit-fils inespéré, Axel Gauvin a choisi la langue de son île du bout du monde, au coeur de l’Océan indien, mais n’oublie jamais que le créole est né du français de France.Qu’il s’y recolle aussi souvent que nécessaire.Comme les Québécois d’Audet, celui de la Baie des Chaleurs, se rattache au français des maîtres d’école et des écrivains dits classiques.La référence me paraît double.I.a grand-mère de Gauvin, qui est la merveilleuse héroïne de L’Aimé, me paraissant la soeur de Pauline, la mère-courage de L’Ombre de l’éper-vier, d’Audet.Quant à la langue, elle ravira les lecteurs et les lectrices du Québec, et leur sera si facile à déco- Axel Gauvin der, sans le secours des références en bas de pages — destinées aux membres très parisiens des jurys littéraires ! Pour le reste, réjouissons-nous des différences, climatiques autant que culturelles, suivons Axel Gauvin dans son île et admirons comment cette vie villageoise, sorte de microcosme mais exempt de tout exotisme de pacotille, est chaleureusement contée, presque au jour le jour, et se greffe si naturellement sur la survie d’un enfant orphelin, non seulement adopté mais chéri jusqu’à l’adoration pas l’aïeule qui, à 73 ans, bientôt 74, se sent assez de forces pour que son Ptit-mé retrouve vigueur, gaîté, et l’ardeur de survivre à la mère-grand quand elle disparaîtra, son heure venue.Entre ce jour de cyclone où Magrite reçoit, apporté dans une voiture de taxi, « un petit bout de personne humaine », bien mal en point, jusqu’au moment où, adolescent, il conduit la voiture de Gaétan Bénard, son grand-père par alliance, une voiture baptisée « Pour Cythère », cet Aimé sera la raison de vivre de Magrite.Qu’elle trie le riz, qu’elle coupe les cannes à sucre, qu’elle nourisse avec amour son vieux Gaétan (qui est son second mari) et, bien entendu son Ptit-mé, cette Réunionnaise est magnifique.Et les mots que le romancier utilise pour nous la rendre non seulement sympathique mais presque fraternelle sont délectables, excitent l’appétit autant que la bonne humeur.Prenez ce Gaétan Bénard, non seulement anticlérical banal, mais aussi « curaillophage » et « soutani-vore »; et voyez comme Grand-mère qualifie la petite infirmière, à la poitrine libre sous la blouse blanche : « Sans-soutien », car sa poitrine était aussi libre que ses moeurs semblaient l’être.Les animaux familiers sont nommés dans le patois de là-bas.Comme cette femelle babouc (araignée), « énorme cocon — cachet de Kal mine — bourré d’oeufs sous le ventre (et qui) se dirige (d’un port de femme gênée d’une pleine ceinture à jumeaux) vers sa maison de mor taise vide, erreur de charpentier ».Autres métaphores, qui n’étonne ront guère les riverains du Saint Laurent, dont la mer est toujours la grande inspiratrice : celles qui ont trait à la navigation et à la vie mari time.Le car qu’attendent sur la route Grand-mère et son Ptit-mé « accoste » comme un rafiot.Quanl aux références bibliques, à propos d’Esther, la grande flamme de Gaétan, et mère de son fils, il faut relire la transcription que fait Axel Gauvin de l’histoire de Bethsabée, de Ruth et de Booz, agrémentant l’affaire de réminiscence hugolienne — « faucille d’or dans le champ des étoiles ».Quand le Bénard retrouve, grâce à quelque herbe bénéfique, sa puissance virile, Gauvin s’en donne à coeur-joie, égrillard quand il le faut et même un brin trivial : « Sois calme, ô mon pénis ! et tiens-toi plus tranquille ! » (sic) Mais, savamment et meme inextricablement liées à la trame du récit, ces gauloiseries ne peuvent amoindrir la grande puissance d’amour de cette grand-mère pour son petit-fils.C’est le courage à l’état pur, cette fois, et la grande force de ce récit d’une passion toute centrée sur l’amour grand-maternel.Un Henry James mâtiné de Conan Doyle LE MONARQUE Knut Faldbakken, Roman, traduit du norvégien, Presses de la Renaissance, Paris, 1990.Jacques Crousset QUADRAGÉNAIRES, à vos marques ! Vous cherchez depuis toujours le livre qui saura mieux que quiconque parler de vos angoisses, qui fera le point sur l’odieuse crise existentielle que vous traversez, qui vous dira une bonne fois pour toutes que vous n’êtes pas le seul ou la seule au monde à sentir que le monde tranquillement s'écroule autour de vous, qui prendra même la peine de vous conduire par la main jusqu’au bout du tunnel pour le cas où vous continueriez de douter de tout ?Eh bien, voilà, c’est fait, un auteur norvégien que vous ne connaissez peut-être pas ni d’Ève ni d’Adam a pris la peine de l’écrire pour vous.Il s’appelle Knut Faldbakken, et son livre, Le Monarque, est certainement, pour ne rien vous cacher, ce que j’ai lu de mieux depuis au moins quelques lunes.Un livre dur, très dur, mais, pour cette raison même, toni fiant en diable.Et écrit par un qua- dragénaire, U va sans dire ! Mikael Hoff, le héros, vient d’avoir 40 ans.Un baby-boomer, donc.Mais par un baby-boomer ordinaire, pas du genre qu’on nous décrit à tours de bras un peu partout ces temps-ci : roulant carosse, arrogant et bouchant l’horizon à tous les petits jeunes.Non.Mikael Hoff, c’est l’impécunieux typique.Il n’a pas de char, pas de chance et même pas de boulot assuré.Écrivain raté, comme il se décrit, il en est rendu, pour survivre, à faire de la suppléance dans ce qui ressemble à s’y méprendre à un de nos cégeps.Au moment où commence le livre, il est dans une fort mauvaise passe.À tout le moins.D’abord, depuis plus d’un an déjà il ne fait plus l’amour avec sa maîtresse.Ordre strict d’icelle.« Une chute dans l’obscurité qui recèle tous les dangers », dit-il.Ensuite, son fils Anders lui donne beaucoup de fil à retordre; il sent que grand adolescent noueux pour lequel il est toujours pris de tendresse lui échappe.Côté boulot, enfin, cela ne va guère mieux.Il craint en effet de l’avoir perdu à cause d’une algarade qu’il a eue avec un de ses étudiants.Mais le pire reste à venir.Le pire, c’est sa maîtresse qui, finit-il par apprendre, le trompe ave une autre femme.Catastrophe ! Mais cette catastrophe, curieusement, va avoir sur lui un puissant effet libérateur.Elle va le débarasser de tous ses tabous.Lui qui toute sa vie a été un bon et gentil garçon avec tout le monde, surtout avec sa maman, va devenir un affreux — un Monarque, c’est-à-dire ce « venimeux papillon d’Amérique latine que personne ne s’aviserait de toucher » (p.145).Bref, il va se remettre à écrire.Écrire quoi ?Un livre d’une méchanceté inouïe (voir la deuxième partie : un véritable polar) mais qui, à la clef, va le réconcilier avec lui-même.Mais tout cela, ce n’est encore rien dire.Car toute l'importance d’un livre comme Le Monarque réside, en fait, dans son style.Un style d’une infinie subtilité, tout en délicatesses, en moires.Du véritable Henry James ! Mais un Henry James aussi mâtiné de Conan Doyle.Pourquoi ?À cause de l’ingéniosité, c’est le moins qu’on puisse dire, de l’intrigue.Le Monarque a beau faire trots cents pages de texte serré, être construit sur le mode de l’entrelacs, pas.une seule seconde on ne s’ennuie.U n ré-galj Snoopy a 40 ans CliarlcsM.Scluilz SN( K )1’V 176 pages en noir et blanc et couleurs, dont 107 pages consacrées à l’évolution des Peanuts depuis 1950.Ouvrage relié avec jaquette et présenté dans un coffret.Nous sommes présents au Salon du Livre de Montréal stand 404.IPUMI PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ATLAS HISTORIQUE DU CANADA Volume III Jusqu’au Cœur Du XXs Siècle Donald Kerr, Deryck W Holdsworth, Geoffrey J Matthews, Susan L.Laskin Édition Irançaise : Paul-André Linteau Traduction : Marcel Paré Pour faire suite à \ Allas historique du Canada, Volume I, Des origines à 1800, cet ouvrage prestigieux propose une nouvelle façon de voir l'histoire.À la fine pointe de la recherche en géographie, archéologie, histoire et cartographie, cette œuvre d'art et d'érudition retrace l'évolution socio-politique du Canada au cours du XXe siècle.ISBN 2-7606-1524-3, 215 p , 95$ STAND 479-481 Salon du livre de Montréal Pour commander : I j'ai*tau morin éditeur diffuseur exclusif des Presses de l’Université de Montréal < l\ 180, BOUCHERVILLK (Q< ).CANADA, J4B 5F.6 I Kl.: (514) 449-2369 TÉLÉC.: T i*jl)ûlt^ £fr ©orfA— w ~r /,a y?• ry ¦ • T ^ kJi J C ‘T- 3S?âÆA5s' pu,* * >yT”po’ Au.cc, ^ A crtd- ¦»*: l* .J*» ’ — a STAND 734 169, rve La bonté, Longueuil (Québec) J4H 2P6 — Tél.: (514) 651*3646 Fax: (514) 651-0378 SOCIOCRITIQUE DE LA TRADUCTION Théâtre et altérité au Québec Annie Brisset LE ROMAN QUÉBÉCOIS DE 1960 À 1975 Idéologie et représentation littéraire Jozef Kwaterko LE VOLEUR DE PARCOURS Identité et cosmopolitisme dans la littérature québécoise contemporaine Simon Harel LE DISCOURS DE PRESSE L’image des syndicats au Québec, 1982-1983 Maryse Souchard LE BIOLOGIQUE ET LE SOCIAL Nadia Khouri 1889.UN ÉTAT DU DISCOURS SOCIAL Marc Angenot ROMANTISME ET CRISES DE LA MODERNITÉ Poésie et encyclopédie dans le Brouillon de Novalis Walter Moser LE ROMAN MÉMORIEL De l’histoire à l’écriture du hors-lieu Régine Robin 1 5^14 B Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 Le faux cassé Jacques Renaud bt.r •èü uivî ' UN OU VRAC K vient de paraître sur r le marché.Il est publié par les éditions de l’Hexagone dans la collec-?: Üon Typo.•" Il a été imprimé en août 1990, soit ¦"plus de quatre ans après la signature ^'(Fun contrat et plus de trois ans après que le contrat soit devenu in-yplide."2Î ‘ L’ouvrage en question, que l'on peut maintenant trouver en librairie, porte le titre : Le Cassé.$,,, Mais ce n’est pas Le Cassé, y; Ce n’est pas l’ouvrage original qui portait ce titre depuis 1964 et dont on kr.M"ouvait des exemplaires sur le marché récemment (l’ouvrage était ré-.gplièrement ré-imprimé).L’ouvrage qui circule actuelle-i.pjent sous le titre Le Cassé n’est pas /j^une nouvelle édition de l’oeuvre originale qui avait été publiée à Parti Pris en 1964 comme le prétend la .ppage six (la page du Copyright).Il ,u£agit d’une nouvelle version, un fait qui n’est mentionné nulle part dans le livre.N’importe qui peut le vérifier en .^.feuilletant l’ouvrage qui circule présentement en librairie : l’ouvrage est toute évidence une nouvelle version à laquelle je travaillais depuis H- quelques années, que l’éditeur avait “'.entre les mains et dont le manuscrit comprenait une postface pertinente nâ cette nouvelle version.De plus, le .,,Jexte n’était pas encore définitif et ne pouvait pas être présenté comme .j!,corrigé et revu comme l’affirme la ¦u page du Copyright (signalant implicitement que j’aurais permis que R.,cette version sorte sur le marché) .j- sans porter préjudice à l’auteur.Par ailleurs, la postface qui faisait partie de cette nouvelle version et qui la t •B SI nis Au bout de chaque cigarette Un seul filtre: vos poumons §9 PHOTO ARCHIVES Jacques Renaud à l’ôpoque du Cassé.présentait est aussi absente du livre; sa présence aurait permis de limiter un peu les dégâts.Quoi ou’il en soit, aucun contrat n’avait été signé pour la publication de cette nouvelle version du Cassé.Car il s’agit d’une nouvelle version.L’oeuvre publiée en 1964 à Parti Pris et qui portait ce titre, Le Cassé, comptait douze chapitres.La nouvelle version publiée sous le même titre en compte quarante-et-un, soit une trentaine de plus.La fin de l’histoire n’est pas la même dans l’une et l’autre version et un grand nombre de passages ont été ré-écrits.Des épisodes ont été ajoutés et trois des nouvelles qui faisaient partie de l’édition originale de 1964 ont été entièrement ré écrites, refondues et incorporées à l’ensemble de l’histoire par moi; par exemple, presque tous les noms des personnages de ces trois nouvelles ont été modifiés et au moins un personnage a été ajouté (les textes originaux de Le Cassé de 1964 ont par ailleurs été intégralement conservés par moi et le manuscrit de l’édition originale demeure intact — mais ne peut plus être publié, on verra plus loin pourquoi).On pouvait dire du Cassé dans sa version originale que c’était une -8 £ A 1 lu 32 no S ib- Jr *«J< ii Laissez-nous vos empreintes.Venez feuilleter les revues culturelles québécoises au stand 867 SODEP Salon du livre de Montréal du 15 au 20 novembre 1990 AU SALON DU LIVRE 0l< I w\ b t • Les petits débrouillards (7titres) • Les albums de collectionneur (l'Arbrier québécois, l'Herbier québécois et l'Herbier médicinal) • Je joue avec les mots - 4e, 5e et 6e années • Les Stadaconé 19 contes sur la vie Amérindienne d'autrefois).• Les leaders politiques du Québec contemporain 17titres) • Changement planifié et développement des organisations 18 tomes) • Services comptables 16 titres) • Monographies de psychologie 18 titres) • Communication et Société 15 titres) • Études d'économie politique (6 titres) • Urbanisation (4titres) • Quatre collections de philosophie par le Département de philosophie de l'UQAM • Anaya: al encuentro de un nuevo mundo (100titres) NOTRE MAGAZINE ET NOS REVUES.Québec Science Loisir et Société Nouvelles pratiques sociales (NPS) Revue internationale de gestion des petites et moyennes organisations (PMO) Revue internationale PME Coopératives et développement Recherches et théories (philosophie) Lekton (philosophie) Technologies de l'information et société (TIS) ET LE LARGE EVENTAIL DE PUBLICATIONS SPÉCIALISÉES OU DE VULGARISATION Administration et gestion • Arts • Langues et linguistique • Communication et psychologie • Économie et finance • Éducation • Sciences sociales • Plusieurs autres disciplines PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Diffuseurs des Éditions Saint-Yves TEL.: (418) 657-3551 FAX (418) 657-2096 QUEBEC SCIENCE ÉDITEUR « nouvelle » mais certainement pas la nouvelle version qui est de toute évidence un roman.L’ouvrage est pourtant présenté en couverture comme une nouvelle ( Typo, nouvel-les).De plus, l’édition originale (dont le contrat signé en 1986 est caduque depuis plus de trois ans) comptait un certain nombre d’autres textes que Le Cassé proprement dit, auxquels l’éditeur avait renoncé par écrit en 1989, confirmant la propriété exclusive de l’auteur sur les droits.En fait, l’éditeur avait renoncé à l’intégrale des textes, incluant Le Cassé proprement dit et à plus forte raison le titre lui-même.Or, en plus du titre de la version originale sur la couverture, on retrouve dans l’ouvrage qui circule actuellement deux de ces textes (Dialogues des serveuses, et And on earth, peace) que l’éditeur s’était engagé par écrit à ne pas publier, à la demande de l’auteur, afin de respecter l’intégrité et l’intégralité de l’édition originale.D’autre part, l'éditeur savait que la nouvelle version devait porter un autre titre afin que le lecteur fasse bien la différence entre les deux versions et ne soit pas induit en erreur.Ce titre, que l’éditeur connaissait arfaitement bien avant qu’il ne pu-lie l’oeuvre illégalement, devait être : Le Cassé II et, en sous-titre L'enfant dans le miroir qui résume l’essence de la nouvelle version.L’éditeur a quand même gardé le titre de la version de 1964 (auquel il avait renoncé par écrit) pour le placer sur la couverture et à l’intérieur de la nouvelle version.De plus, je conçois que lorsqu’un auteur présente une nouvelle version d’une oeuvre comme Le Cassé, il doit s'expliquer et prévenir le lecteur par une preface ou une postface.L’edi-teur avait entre les mains, comme je l’ai dit, une postface à la nouvelle version qui expliquait le remaniement de l’oeuvre et qui présentait la nouvelle version, ce que des témoins peuvent affirmer.Meme s’il n’avait pas le droit de le faire, quant pirater, on aurait pu s’attendre à ce que l’éditeur le fasse avec une certaine logique et publie aussi cette postface; l’éditeur n’a pas publié cette postface, ajoutant un préjudice à un autre.L’ouvrage recèle un nombre inexcusable de coquilles.De plus, cette nouvelle version nécessitait encore un certain nombre de remaniements et ne pouvait pas être publiée dans sa forme présente.Le fait de publier l’ouvrage qui circule présentement sous le titre Le Cassé constitue une faute grave à l’endroit du public, à l’endroit de l’auteur et à l’endroit d’une oeuvre originale qui fait partie de l’Histoire littéraire du Québec et qui est considérée par plusieurs comme un classique de la littérature québécoise.Le préjudice qui est fait à l’oeuvre, à l’auteur et à l’éventuel acheteur est, quand on y pense un peu, littéralement monumental.La publication de la nouvelle version sous le titre de la version originale constitue à la fois un acte de fausse représentation auprès du public et un acte de piratage.En plus de publier illégalement cette nouvelle version pour ensuite placer arbitrairement l’auteur devant le fait accompli (misant probablement sur le fait que les démarches de poursuites légales coûtent cher), le directeur des éditions de l’Hexagone, Alain Horic, associe à cet acte de piratage et à ce gâchis les noms de Gaston Miron, François Hébert et Gérald Godin qui sont également directeurs de la collection Typo.Ont-ils été tenus dans l’ignorance ?La publication d’une nouvelle version du Cassé en utilisant sans permission le titre de la version originale a une conséquence pratique d’une portée considérable : en effet, comment pourrait-on avoir sur le marché deux ouvrages différents du même auteur portant exactement le même titre et le même nom d’auteur et que rien ne vient différencier aux yeux de l’acheteur ?L’ouvrage dans sa version originale est étudié dans les cégeps et les universités du Québec depuis 1964.Depuis quelques années, on le trouve au programme de certaines universités étrangères (comme à la faculté des nouvelles langues romanes de la Freie Universitat de Berlin-Ouest).Des textes d’analyse et de critique, de cours, de thèses, ont été publiés ou circulent d’une façon ou d’une autre sur la version originale.Des cours ont été mis au point sur la version originale par des professeurs de cé- geps et d’universités au cours des années.La version originale est mentionnée dans un certain nombre de dictionnaires et de Who's Who depuis des années.La présence sur le marché de la nouvelle version sous le titre de la version originale de 1964 et l’impossibilité pratique, maintenant, de publier la version originale de 1964 sous le titre qui lui est propre constitue un préjudice dont la portée est difficile a évaluer mais qui est très grande.Le fait est là : tout se passe comme si la championne de la littérature québécoise avait voulu rendre pratiquement impossible la publication de l’édition originale du Cassé.J’avoue être abasourdi par tout ça et ne pas parvenir à comprendre comment un éditeur peut se permettre d’aUer aussi loin dans l’Ulégalité, l’abus, l’absence catastrophique de sens des autres et des réalités, le mé^ pris des oeuvres, des auteurs, des lecteurs, des étudiants, etc.Quelles qu’aient été ses intentions ou ses motivations, la décence et la légalité exigent que l'éditeur retire immédiatement du marché la nouvelle version qui circule actuellement sous un titre usurpé et sans la permission de l’auteur et qu’il comprenne que toute récidive entacherait encore plus la réputation de sa maison et de l’édition en général.C’est la seule chose qui pourrait pour l’instant contribuer en partie à corriger les préjudices accumulés à l’endroit d’un grand nombre de personnes et qui découlent de ce qu’il vient de faire.4 Préposé comme on aime lire, discuter de littérature, on se laisse tenter.Je n’exclus pas quelque névrose obsessionnelle, la rage de juger.Mais ne faut-il pas être un peu névrosé, aussi bien, pour écrire des roman^et des poèmes ?Ainsi le critique se retrouve, pour ainsi dire, en famille.Je suis devenu critique littéraire à partir du journalisme, il y a une quarantaine d’années (horreur), dans cfe journal même, et je vous assure que ce n’était pas un adoubement.C’est pourquoi, bien qu’ayant quitté le métier depuis longtemps, je tiens qu’il existe un lien de nécessité entre l’information et la critique littéraire.Il m’est arrivé de lire — en Laponie, bien sûr, non à Montréal — des articles qui n’avaient aucun rapport perceptible avec les livres dont ils prétendaient parler.Il me semble que c’est là tromper les attentes les plus légitimes du lecteur.Bien qu’un livre ne soit pas un objet entièrement définissable, le lecteur attend d’un critique qu’il lui en fasse une certaine description, qu’il lui dise un peu ce qu’il y a dedans.Plus outre, mais cela dépasse l’information première, le critique, parce qu’il est le premier lecteur du livre (après l’auteur, mais celui-ci ne compte pas), est appelé à le situer, c’est-à-dire à lui trouver une place dans le paysage social, culturel, littéraire dans lequel il apparaît.Tout cela est assez vague.Valéry définissait l’intellectuel comme le « préposé aux choses vagues », et le critique n’échappe pas à cet hommage ou à ce reproche.Si je dis que, dans mon activité de critique littéraire, j’ai voulu rechercher la vérité, cette vérité spéciale de la littérature qui n’est évidemment pas celle, univoque, de la simple information, mais tient à l’adéquation d’un projet et d’une forme, on aura quelque rai- son de ne pas être entièrement satisfait.Si je dis, encore, que le critique a des devoirs particuliers envers la langue — non pas celle des puristes, mais la langue vivante, travaillée, possédée —, je n’aurai pas résolu toutes les perplexités.Il en ira de même pour la valeur littéraire, qui n’est certes pas un absolu; il est plus facile de dire ce qui la menace — la notion de « produit culturel » par exemple — que ce qu’elle est.U n critique sûr de son coup serait donc un homme d’une rare inconséquence.Mais ne lui demandez pas de douter trop.Il se tairait.Et la littérature a besoin de cet empêcheur de danser en rond.+ Sainte-Beuve - vec un sérieux fond de narcissisme et de frustration.Mais ça ne m’empêche aucunement de m’attacher à leurs livres.Il m’est arrivé de devenir l’ami d’un écrivain ou d’une écrivaine dont j’ai parlé mais c’est plutôt rare.Le premier devoir d’un chroniqueur littéraire est de se faire lire.C’est pourquoi j’attache beaucoup d’importance à mon article.Je travaille de la façon suivante.Je lis (oui, oui) le livre en soulignant les passages qui me frappent, je prends des notes, généralement sur la couverture, je corne aussi les pages pour m’y retrouver, je vérifie s’il le faut les choses dont je ne suis pas sûr dans un dictionnaire.Je laisse la nuit passer — car je lis la nuit — et le matin, hop, devant l’ordinateur.Là, armé de mes notes et de mes citations de la veille, fort d’un petit plan que j’ai imaginé dans ma tête, je fais confiance a mon instinct et à ma mémoire pour rédiger mon article le plus vite possible.Cela fait, j’oublie complètement le livre dont j’ai à parler et je travaille sur mon ECRIRE 1991 vade-mecum à l’usage des écrivains, journalistes et pigistes de Marie Evangeline Arsenault en collaboration avec Benoit Dutrisac 420 pages, 24,95 $ Plus de 15 000 données sur le marché de l’écriture au Québec et au Canada français • Près de 700 périodiques, journaux et maisons d’édition, leurs politiques éditoriale et rédactionnelle, ainsi qu’une foule de renseignements essentiels pour ceux et celles qui entendent publier leurs écrits.i ftMjMtÉre _____________-Salon du livre de Montréal, stand E-18 BON DECOMMANDE: Nom: ___________ Adresse: _ _______________ Code postal:____ __________Tél.: ( ) Votre chèque ou mandat-poste doit être libellé au nom de Le marché de I écriture inc.Ajoutez 0,80 S par exemplaire pour les frais de poste cl de manutention etenvoyezau 520,rucChcrricr,bureau300, Montréal (Québec) H2I.IH3 Téléphone: (514)849-5308, Télécopieur: (514)849-4330 texte.Je travaille mon style, beaucoup.Je remanie mes idées pour qu’elles soient claires, ce qui m’est très difficile.Je veux que mon article informe, qu’il émeuve et qu’il fasse rire.C’est lui, non le livre, que les lecteurs aura sous les yeux, un samedi matin.Si on ne le lit pas, j’ai manqué mon coup et je suis furieux.Le second devoir d’un chroniqueur littéraire est de lire beaucoup, de lire sans arrêt.Je joue le jeu le plus honnêtement possible.Tout livre qui entre dans mon appartement est parcouru impitoyablement.Certains ne dépasseront pas cette étape, d’autres si.Il faut lire les nouveautés, naturellement, mais je relis aussi les classiques que j’ai aimés et qui m’ont formés.C’est chez eux que je puise mes références.Comme je ne suis pas un scientifique mais un journaliste, j’ai complètement renoncé à lire les textes d’essai critique pour m’en tenir aux oeuvres originales.Quitte à sortir du champ de la littérature pure (heureusement inépuisable), je préféré lire de l’histoire.Je ne crois donc pas aux écoles et moins encore aux modes.Je dois même avouer que je me complais à les combattre sans relâche parce que je crois que l’écrivain doit rester un artiste, un individualiste, un chercheur de nouveauté et un aventurier de l’esprit humain dans ses rapports avec le monde, ou, pourquoi pas, un merveilleux égoïste.J’ai d’ailleurs remarqué que le véritable but des écoles littéraires (ou des revues) n’est pas la littérature mais le pouvoir qui se traduit, dans le milieu littéraire comme partout, par des prix, des bourses, des charges de cours, enfin des avantages matériels.Le troisième devoir d’un chroniqueur littéraire est de veiller à ce que toute chose soit en équilibre.Jeunes et vieux écrivains, femmes et hommes, majoritaires et minoritaires doivent etre considérés à leur juste place et sans préjugés.Une des plus grands fautes que je pourrais commettre comme chroniqueur littéraire, selon moi, est de profiter de mon pouvoir pour exclure ceux ou celles que je n’aime pas ou que je ne comprends pas.Ignorance, paresse ou malice, toute exclusion me fait horreur.Mieux vaut écrire une bêtise sur un livre que rien du tout car ce qu’il y a de plus pénible pour quelqu’un qui vient de publier un livre, c’est le vide.Enfin, un chroniqueur littéraire peut se tromper.Alors, il doit le reconnaître avec un sourire gêné et passer outre parce que errare hu-manum est.On me demande souvent si le fait que je sois moi même écrivain ne m’est pas une gêne, si cela ne me met pas des oeillères ou, pire encore, ne me rend pas jaloux.Ma réponse est non.Le fait que j’ai écrit des livres m’est, au contraire, d’une grande aide car « nourri dans le sérail j’en connais les détours », outre que la tradition du journalisme littéraire demande que ce soit les écrivains qui critiquent leurs pairs.Ai-je un projet critique d’envergure ?Je ne crois pas car, dans un journal, on travaille a un tel rythme qu'il faut bien que je laisse cette noble ambition à ceux qui jouissent de plus de temps que moi pour réfléchir sur une oeuvre.Mais je tâche d’être fidèle à des exigences personnelles et à des goûts que les années n’ont fait que confirmer.D’ailleurs, au gré des ans, j’en suis venu à des idées simples, qui ont fait leurs preuves.Ce ne sont pas à proprement parler des idées littéraires mais ça ne fait rien.Elles s’appliquent très bien à la littérature.Je crois, çar exemple, qu’un livre ne doit pas etre bâclé.Je pense que le travail est essentiel mais je ne pense pas que le travail soit tout.Pour moi, les deux qualités principales d’un livre sont l’honnêteté et la sincérité.Je veux dire par là qu’un livre doit viser un but.Je ne juge pas de ce but mais je puis juger de la manière.C’est pourquoi je n’ai aucun préjugé sur les genres.Un roman d’aventure me plaira autant qu’une oeuvre intimiste et délicate s’ils sont honnêtes et sincères.Ma grande ennemie, avec la paresse, est la prétention, le « puf-fisme » dont parlait Stendhal.Là je suis impitoyable et j’écris un mauvais article.À ce propos, il est faux de croire que les chroniqueurs se font une joie de dire du mal de leurs confrères et de leurs consoeurs.Mais c’est vrai qu’une « descente » carabinée est plus intéressante à lire qu’un article banalement louangeur.NOTRE HÉRITAGE CHRÉTIEN - In A: : v Guy-Marie Oury, §; bénédictin et H'JgS I '‘spécialiste de wfwP; 0 Ë l'histoire~re1tgieus£ MM-J de la Nouvelle-Franc nous présente les personnages principaux, les évènements , importants et les valeurs J essentielles qui ont contribué | à façonner l'âme de notre pays UN DOCUMENT EXCEPTIONNEL ! 192 pages 16,95 $ j Disponible chez votre libraire I Htoiolre religieuse populaire du Canada N'i ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 ¦ D-15 le plaisir des ?• I Jean-Claude Germain, président du Salon du livre « Je somme les hommes politiques de leurs lectures » Guy Ferland JEAN-CLAUDE GERMAIN supporte un lourd héritage.Son personnage d’Eugénio, dans le téleroman L'héritage te Victor-Lévy Beaulieu, le poursuit toujours.Cet Eugénio a passé le plus clair de son temps à éditer « le » livre de son patron, M.Couture.Coïncidence, Jean-Claude Germain est cette année le président d’honneur du 13e Salon du livre de Montréal dont le président se nomme, justement, M.Couture.Mais là s’arrêtent les comparaisons.Jean-Claude Germain est un passionné de livres qu’il dévore comme un fou.Pour lui, il y a deux types de personnes dans le monde : ceux qui ne peuvent vivre sans livres et les autres.« Au Québec, il y a beaucoup plus de gens qui lisent qu’on le pense.Imaginez, Michael Jackson a rempli deux soirs le stade olympique et on en fait un grand cas dans les médias.Même chose pour Diane Dufresne.Mais Yves Beauchemin et Arlette Cousture ont rempli, chacun, l’équivalent de 15 soirs le stade olympique si on additionne leurs lecteurs.C’est une question de valeur.Ici on parle peu de ses lectures et les médias n’en ont que pour les faits sociaux.« Je somme les hommes politiques de parler de leurs lectures, continue le volubile homme de lettres.Us sont en position de force et sont supposés incarner un comportement exemplaire.Alors, ils devraient dire ce qu’ils lisent.Pas les dossiers, les no- r PHOTO JACQUES GRENIER Jean-Claude Germain tes, les documents, mais les livres qu’ils préfèrent.Us pourraient ainsi initier un mouvement.Un peu comme on le fait en France, lorsque Mitterrand parle de ses lectures.Quelquefois, on a l’impression que la campagne contre l’analphabétisme devrait commencer à l'Assemblée nationale.» Par ailleurs, l’humanité a erré pendant des siècles, soutient Jean-Claude Germain.« On vient de découvrir récemment que les dimanches étaient faits pour aller bouquiner dans les librairies.On a penser longtemps que cette journée était N’ATTENDEZ PAS DE LE LIRE DANS LES JOURNAUX '•fe IM auto1 prtnj eV«"; » p°üt.DONNEZ DE TOUT COEUR DÈS AUJOURD’HUI! 440, boul.René Lévesque ouest, fONOWON DtSMAlAMS ou cornu AUGMENTEZ VOS CHANCES OE LUTTER CONTRE L’ENNEMI NUMÉR01 AU CANADA Bureau 1400, Montréal, Québec, H2Z 1V7 871-1551,1-800-361-7650, Fax:871-1464 consacrée aux ablutions et cérémonies de toutes sortes.Tout ce qu’il fallait, en fait, c’était que les librairies ouvrent ce jour férié pour qu’on puisse s’occuper l’esprit en flânant dans ces lieux qui sont maintenant accueillants.À une époque, les libraires protégeaient les livres contre les clients.Pas surprenant que les gens aient été intimidés.» Aujourd’hui, les livres sont accessibles et même en abondance.« J a-dis, on pouvait faire le tour d’une librairie et connaître tous les auteurs.Maintenant, il arrive qu’on découvre un auteur qui a déjà publié plusieurs livres.Ça déborde de partout.Le salon du livre, avec ses 550 stands et ses milliers de livres témoigne de cette vitalité du livre.C’est une jungle tropicale dans laquelle on se perd parfois.Lorsqu’on entre dans le hall d’exposition de la place Bonaven-ture, on est saisi d’effroi devant ce foisonnement de volumes.« Et on ne peut même plus faire de différence entre un livre québécois et étranger.Avant, on repérait les livres québécois simplement parce qu’ils ne resemblaient pas à des livres.On les plaçait dans les rayons de nos bibliothèques et les autres volumes les rejetaient par terre.En ce moment, on accorde beaucoup d’importance à la facture de l’objet livre.C’est essentiel pour le plaisir de la lecture.» Le livre, pour le président d’honneur, est partout présent.« On ne s’en rend pas compte toujours, mais la jeune fille candide assise sur la même banquette que soi dans le métro est peut-être en train de lire Sade et de s’imaginer les pires atrocités.Un autre, plus loin, lit un roman de guerre et est en plein carnage.C’est ça la lecture, une activité solitaire qu’on accomplit ensemble.Ça ne paraît peut-être pas, mais la lecture est en pleine expansion.Toutefois, dans notre société de l’image, on a besoin d’événements illustrables pour faire des nouveUes qui sont toujours les mêmes ».Ce que le Salon du livre voudrait mettre de l’avant à travers son slogan, « Je lis, je le dis », c’est une prise de conscience de l’importance de la lecture dans notre société.« La lecture est en santé, elle se porte de mieux en mieux et voilà qu’on voudrait lui porter un coup mortel avec la taxe sur les produits et services (TPS).J’ai une réaction viscérale : c’est non ! Pas pour des raisons économiques, mais simplement parce que c’est inacceptable.Un livre est un geste de survie.La survie de notre langue est même liée aux livres.On a déjà reconnu la nécessité des livres après la conquête britannique alors qu’on recevait les livres de France.Les propos à la Foglia, à l’effet que les livres vont continuer de se vendre, sont une vision de l’esprit.Lorsqu’on enseigne à des étudiants qui gagnent 5 ?de l’heure, on se rend compte qu’une augmentation du prix d’un livre représente souvent une heure de travail.Les étudiants doivent souvent débourser quelque 60 $ pour un cours et ils ne pourront plus arriver.« La littérature est encore le type d’évasion qui coûte le moins cher et qui dure le plus longtemps, poursuit le président en verve.C’est une denrée aussi essentielle que la nourriture et les médicaments.La TPS attaque la vie même.Le Salon du livre, qui accueille la Coallition contre la taxe appliquée aux livres, veut affirmer le plaisir de la lecture.L’industrie du livre ressemble à un athlète en pleine course dont on va couper les jambes.» Après ces déclarations fracassantes, le président d’honneur du SLM souligne quelques nouveautés apportées a l’événement.« Chaque jour est placé sous la présidence d’un auteur québécois qui représente un genre littéraire : François Gravel le vendredi, Janette Bertrand le samedi, Pierre Bourgault le dimanche, Sylvie Desrosiers le lundi et Marie-Éva de Villers le mardi.U est à noter que le Québec est à l’avant-garde dans les domaines de la littérature jeunesse et des dictionnaires.En fait, il parait que les Québécois sont les plus importants consommateurs de dictionnaires.C’est peut-être relié à notre manque de sécurité.Quoi qu’il en soit, en cour, on devrait maintenant faire jurer les témoins sur les dictionnaires plutôt que sur la bible.» Avec cet esprit ludique qui le caractérise, Jean-Claude Germain compare le Salon du livre à une bibliothèque de Babel.« Tout l’univers est contenu dans les bouquins.Et c’est à partir de ce lieu qu’on devra propager la foi du livre », conclut-il.Que la bonne parole soit entendue.Amen.Les activités du Salon du livre Jeudi 18 h : Cérémonie d’inauguration 19 h 30 : Le Conseil des arts du Canada annonce les finalistes pour les prix littéraires du Gouverneur général qui seront remis en janvier.Vendredi — Journée Radio-Canada 9 h 30 : Diffusion en direct de l’émission Ici comme ailleurs animée par Michel Deshôtels.12 h : Le débat Comme un grand livre ouvert a pour thème « Ecrire de la fiction au Québec ».Gérard-Marie Boivin accueille Noël Audet, Billy Bob Dutrisac, Yves Navarre, Antonio D’Alfonso et Marie-Claire Girard.13 h : Diffusion en direct de l’émission Par quatre chemins animée par Jacques Languirand.16 h : Confidences d’écrivain.Gilles Archambault reçoit François Gravel, invité d’honneur de la journée.19 h 40 : Jean-Claude Germain consacre son émission L’aventureaux potins littéraires.Samedi 12 h 30 : Encan au profit de La Magnétothèque, bibliothèque de livres-cassettes pour aveugles.14 h 30 : Le débat Comme un grand livre ouvert a pour thème «Ecrivains polygraphes ou passer d’un genre a l’autre ».Gérard-Marie Boivin accueille Nathalie Petrowski, LouLse Leblanc, Claude Duneton, Michèle Bazin et Michael Delisle.15 h 45 : Au théâtre Alcan, le troupe de théâtre Parminou présente la pièce Au pied de la lettre pour sensibiliser les spectateurs à l’analphabétisme.16 h 30 : Confidences d’écrivain.Gilles Archambault reçoit Pierre Rey, auteur d'Une saison chez Lacan.19 h 30 : Championnat du monde d’orthographe de langue française en collaboration avec Radio-Québec.Cette nouvelle étape de sélection permet de trouver un candidat junior et un candidat sénior qui accéderont directement à la demi-finale mondiale des Championnats d’orthographe 1991.Dimanche 13 h 30 : Les éditions Libre Expression proposent une activité Bibi et Geneviève dans Bibi Noël.14 h 30 : Le débat Comme un grand livre ouvert a pour thème « Que lisent nos vedettes ?» Gérard-Marie Boivin accueille Janette Bertrand, André Brassard, Dominique Lajeu-nesse, Georges Dor, Andrée Boucher et Claude Charron.15 h 45 : Au théâtre Alcan, le troupe Parminou présente Au pied de la lettre.16 h 30 : Confidences d’écrivain.Gilles Archambault reçoit Pierre Bourgault.Lundi 13 h 30 : Au théâtre Alcan, la troupe QUAND IL S9AGIT DE DICTIONNAIRES.PETIT ROBERT I Prix ord.Notre prix 66,95$ 52,95* \c Parchemins STAUON MÉTRO, BERRI-UQAM, MONTRÉAL, H2L 2C9 (514) 845-5243 LIBRAIRIE AGRÉÉE LA CHANSON ÉCRITE AU FÉMININ DE MADELEINE DE VERCHÈRES À MITSOU, 1730-1990 Cécile Tremblay-Matte Signera son livre au Salon du livre de Montréal au stand Gallimard en compagnie de Hélène Pedneault, Priscilla, Pauline Lapointe, Louise Portai, Chantal Beaupré, France Castel, Céline Delisle, Jacqueline Lemay, Danièle Lorain, Jenny Rock, Germaine Dugas, Sylvie Tremblay, Marie-Claire Séguin, Nathalie Carsen, Geneviève Paris, Angèle ArBenault, Geneviève Letarte, Shirley Théroux, Catherine Kamas, Sylvie Paquette, Clémence, Marie-Denise Pelletier, Marjo, Pauline Julien, Deniso Boucher, Jano Bergeron, Gabrielle Bujold CÉCILE TREMBLAY-MATTE 391 pages 29,95 $ En vente chez votre libraire Éditions ^ Parminou présente Au pied de la lettre.14 h 30 : Le débat Comme un grand livre ouvert a pour thème « Le Québec à la une ».Gérard-Marie Boivin accueille Louis Caron, Pierre Godin, Paul-André Linteau, Marc Laurendeau et Pierre Turgeon.15 h 30 : LE DEVOIR présente une table ronde sur la critique littéraire.Les invités sont : Marie Cardinal, Denise Bombardier, Gilles Marcotte et Jean Basile.16 h 30 : Confidences d’écrivain.Gilles Archambault reçoit Sylvie Desrosiers.i Mardi 13 h 30 : La troupe Parminou présente en collaboration avec la CECM la pièce Au pied de la lettre.14 h 30 : Le débat Comme un grand li vre ouvert a pour thème « U ne société qui bouge ou en changement ».Gérard-Marie Boivin accueille Richard Martineau, Jean-François Li-sée, Marie-Êva de Villers, Simone Monet-Chartrand, Richard Langlois et Paul-André Comeau.16 h 30 : Confidences d’écrivain.Gilles Archambault reçoit Claude Duneton.Remises de prix Le prix du grand public, décerné par le Salon du livre et La Presse, dimanche à 17 h 30, est attribué au livre qui aura été le plus apprécié par le public parmi les dix best-sellers de la dernière année.Le lauréat reçoit une bourse de 1000$.Le prix Jeune public, créé cette année par La Presse, sera remis dimanche à 17 h 30 pour un roman et un album, choisis parmi les best-sellers en littérature jeunesse.Les lauréats recevront 500$.Le prix littéraire Air Canada sera présenté samedi à 18 h sous l’égide de la société des écrivains canadiens.Le prix Alvine-Bélisle sera alloué à la meilleure oeuvre francophone de littérature jeunesse publiée au Canada.Le prix Canada-Suisse, doté d’une bourse de 2500 $ offerte par le Conseil des Arts du Canada et la Fondation suisse Pro Helvetia, est donné à un écrivain canadien une année et à un écrivain suisse la suivante, pour tout recueil de poésie, roman, pièce de théâtre ou ouvrage de non-fiction parus en français au cours des huit dernières années.Remise : samedi 18 h 30.Les grands prix du Journal de Montréal sont attribués chaque année à une oeuvre poétique, une oeuvre dramatique et une oeuvre en prose.Les lauréats reçoivent 1500 $ du quotidien et de l’U NÊQ.Remise : lundi à 17 h 15.l’ÉTAl- DU QUÉBEC CONTEMPORAIN Variations sur trente ans d’évolution RENCONTRES EPATANTES AVEC AUTEURS & DE MONTRÉAL 1990 QUÉBEC/AMÉRIQUE VENDREDI 16 NOVEMBRE GÉRALD TOUGAS I5hàl6h30 GEORGES DOR 17hà\9h GEORGES DOR 18hà20h VINCENT CHABOT I7hà 18h30 NOËL AUDET I5hà I7h PIERRE DESROCHERS et DIMANCHE 18 NOVEMBRE MARIE LISE LABONTÉ I6hàl8h DAN BRAZEAU 18hà20h CLAUDE LE BOUTHILLIER llhà I2h30 LUNDI 19 NOV E M B R E SAMEDI 1 7 NOVEMBRE GAÉTAN LEBŒUF llhà 12h30 GAÉTAN LEBŒUF lûhà I2h PIERRE DESROCHERS et DAN BRAZEAU llhà 12h30 YVES BEAUCHEMIN I3hà I5h SONIA SARFATI lOhà I2h J.GAGNON I3hà I4h30 MARiE CLAUDE ROY 14hàl6h MARDI 20 NOV K M B R E MARINA ORSINI (Emilie) et MICHÈLE MARINEAU I3hàl5h GERMAIN HOUDE (Caleb) I5hàl7h CHRISTIANE DUCHESNE lOhà I2h MARIE LISE LABONTÉ I4hà 16h ARLETTE COUSTURE I5hà 18h LOUISE LÉVESQUE lOhà I2h iiiiiii mu L.BOClété quéUcolN •n tendance.1060-1990 Simon LANGLOIS «al 667 page» 29.96$ Une description d'ensemble, fondée sur des données empiriques, des changements sociaux en cours au Québec en cette fin de XX® siècle.La société québécoise •prés 30 ana dachangamanta Sous la diraction da Fernand DUMONT 368 pages 20$ Un ouvrage qui renouvelle notre faculté de lecture de la société québécoise à l'heure où elle doit s'interpréter i nouveau et se redonner des projets d’avenir.Des références fondamentales sur le Québec contemporain Des diagnostics qui Interpellent la société québécoise.Institut québécois da rechercha aur la cultura 14, rue Haldlmand Québec GIR 4N4 Tél.: (418) 643-4695 • FAX: (416) 046-1917 \ls D-16 ¦ Le Devoir, samedi 10 novembre 1990 Carnet 8 Yves NAVARRE ?La vie dans l'âme TOUT DE GO, et toutes affaires cessantes, nous avons jusqu’au 8 décembre pour nous rendre à 20 heures à la Chapelle Historique du Bon Pasteur (le H majuscule est sur l’invitation, le lieu est superbe), 100 est rue Sherbrooke, pour assister à cette Cantate grise, textes de Samuel Beckett, que présente le Théâtre Ubu.L’événement est important.Cela fut déjà dit en clair PLUS DE LIVRES! ESPACE! PLAISIR ! librairie (hampigny inc.• 4474, me Saint-Denis, Montréal 144*2517 ihamiHôny ALLÉE YVES-THÉRIAULT ENTRE L'AVENUE DU SALON ET L'AVENUE LOUIS-HEMON SO EDITEURS AUX STANDS Champiôny et net dans nos colonnes.Il est bon parfois de redire, d’insister : il y va du grand repas de l’esprit, d’une restauration de soi, d’un régal de l’intelligence quand elle ne joue que le jeu du je, questionne sans flatter, invite sans flagorner.Beckett est un de ces compagnons de route que Denis Marleau place avec un bel acharnement sur notre chemin.Après Queneau et tant d’autres, il récidive.Il faut le suivre, parole d’Ubu.Les textes de cette Cantate grise (n’ayez pas peur du gris, ça parie là où ça souffre, disait le divin Lacan sur son divan) sont des lieux de paroles échangés, des lieux de bonheur, des lieux de bons heurts.Boom.Merci.Amende honorable : je remercie monsieur Case postale 927 de la succursale du Grand-Arsenal-Qui-N’existe-Pas de m’avoir signalé que, dans le carnet 5 j’utilisais par trois fois « l’affreux » mot de pamphlet.Il a raison.Cet anglicisme est, plutôt, pour moi, un beau barbarisme, un mot dévoyé, un voyou, si peu du folklore, et la raison-raison, pour être rigoureuse, n’est pas sans m’achaler un tantinet.Je vous le dis avec respect, monsieur Case postale 927 il est bon d’être vigilant (citation du dictionnaire, une duègne sévère et vigilante, Lesage) et il faut aussi s’interroger comme je le fais ici, mort de trac, à chaque carnet, sur l’usage que nous faisons de nos libertés.Bien sûr il y a brochure, prospectus, circulaire, et c’eût été •moins pertinent.Je n’ai lu, dans l’actualité de ma vie, qu’un pamphlet digne de ce nom et de son étymologie (du grec etumos, vrai).C'était en Giscardie, il y a plus d'une décennie (décade disent à tort les Anglais : dix jours ?) et le président Giscard (dit d’Estaing) avait décidé de participer à une émission de télévision consacrée à Maupassant.Pierre Boutang avait écrit un pamphlet dans le journal le Monde.Dieu que ça faisait du bien.Le bourgeois gentilhomme (fort méprisant au demeurant) avait été mouché (faire « mouche » avec son épée).Merci donc, et si le tout de go qui inaugure ce carnet vous parait british, admettez avec moi, et avec le dictionnaire sur lequel Tibère, mon mini-chat pas mon chum, se vautre, que go vient de gober.Gobons donc Beckett.Merci.Je tiens à rendre hommage au rapport explosif (sur la télévimolle) que Venise Barbelé, dite Venise Omni-Médias, de son vrai nom Maryse Canon, la souffre-douceur des lettres québécoises, déposa comme par hasard en Giscardie, du temps ou il était bon de pivoter en parlant de Maupassant (et surtout AV SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL.MONDIA ÉDITEURS VOUS LANCE VN DÉFI! VENEZ NOUS RENCONTRER ET CONSULTER LES NOUVEAUTÉS SOS Math-Le calcul sur les nombres entiers Michel Lyons Robert Lyons Un ouvrage de référence pour comprendre les mathématiques de vos enfants.et les aider! Mémo Math Estelle Froment Gaétan Larente L’outil de travail indispensable aux étudiants, à la portée de leur budget.Un répertoire de plus de 2 000 définitions, formules et lois mathématiques.La lecture du spectacle théâtral Louise Vigeant Une présentation théorique et pratique d’un spectacle de théâtre: l’espace, le jeu et le texte, les objets.Qu’est-ce que la langue?2 e édition Jacques Leclerc Le best-seller de la linguistique québécoise.Un document d’une richesse incomparable sur la langue, son histoire et ses influences.Stands S-22 et S-23 Mm 1977, bout.Industriel, Lovai (Québec) H7S 1P6 — Tél.: (514) 667-9721 pas de sa syphilis qui pourtant.).Voici que notre percutante journaliste est devenue romancière, c’est son droit le plus strict, c’est même bon sijgne, aurait-elle souffert ?Mais de là à clamer (pour faire sa publicité, encore ?) que les critiques d'ici sont des images de pères impuissants (ce qui est peut-etre vrai) pour affirmer que la vraie critique, c'est celle qui vient de là-bas, alors là, non, arrêt (je n’ai pas écrit stop, mister CP 927).La criüque est ni d’ici, ni de là-bas, mais d’Alma, de Turin, de Dublin, d’Hossegor, de Sainte-Foy, de Tramelan, de Budapest, de Périgueux, de Val d’Or, de Bonaventure, de Vancouver ou de Séville quand une lectrice ou un lecteur vous écrit quinze, seize ans plus tard, sur le déjà-tard de votre vie d’écriture, pour vous dire le bonjour et le merci.Je vous dédie cette paraphrase de ce qu’un papa et ami d’/ci a écrit à mon encontre il y a quelques mois : nous verrons dans cinq ou dix ans ce que vous nous aurez donné.Et si on vous fait faire la queue pour un prix littéraire, demandez-vous : — 1- si vous avez choisi le bon éditeur, l’interallié c’est bien connu a des alliances; 2- si vous allez refuser ce prix-là.Il y a dix ans exactement ne me posiez-vous pas cette question du refus ?Lu sur un mur de Paris-la-freudienne en face de chez Lacan (çi-dessus cité) l’inscription la publicité du malheur ne se distingue pas de sa suppression.C’était dans Le jardin d'acclimatation.La boucle est bouclée.Si peu un règlement de comptes : rendez-vous compte, chère collègue.Cordialement vôtre.L’Académie vient de couronner Jacques Poulin.L’occasion nous est re-donnée de découvrir Le vieux chagrin, un texte beau comme un fleuve, à la fois immobile et tumultueux.Il y a des livres qu’on a aimés d’amour vif et qu’on peut glisser dans une enveloppe, comme une lettre, avec un message aux proches, pour le partage.De quoi t’ennuie-tu Êveline ?de Gabrielle Roy en Boréal compact (comme les disques, c’est de la musique) est de ceux-là.C’est alors un beau cadeau que l’on se fait à soi-même, être deux et tant à partager le plaisir du texte.J’ai entendu, à la radio, hier matin, un long poème qui me faisait penser au Hugo des très grands jours.C’était lu sans emphase, belle voix, bon phrasé.Et comme dirait la dame du dessus, c’était d’un poète d'ici.Il était question de l’ombre de la nuit, du choc de l’éclair-, il était dit, qui donc arrachera le grand mot du passé ?C’était de qui ?De qui ?Les poètes sont là pour assistance à personnes >n danger de vie.— Y.N.Douce marâtre MA MÈRE L’ALGÉRIE Jean Pélégri, Actes Sud, 96 pages.Djamel Benyekhief UN LIVRE où la sensibilité est à fleur de texte ; mais qui dérive à la fin vers un constat de type socio-économique qui détruit un peu l’effet du début.Long périple de l’auteur qui a encore le mal du pays, d’un pays qui a fait la manchette pendant près de huit ans, au milieu de ce siècle, et qui aujourd’hui a rejoint le rang des nations comme toutes les autres, les quatre cinquièmes en fait, celles qui s’agrippent aux parois de la grande cuve industrielle qui attire vers le bas — le gouffre — les états périphériques et leurs populations.L’amour du Pélégri pour son pays d’origine, l’Algérie, le rend quelque peu crédule.Il feint d’ignorer, aveuglé par l’amour du pays, que les miracles — peu importe la sorte — n’ont jamais lièu deux fois de suite.Les Algériens avaient réussi avec très peu de moyens le premier miracle : l’indépendance politique du pays situé à quelques encablures de la métropole qui considérait ce territoire comme un département.Pélégri décrit très bien la situation misérable de ses camarades algériens avant l’indépendance.Il le dit avec beaucoup de chagrin : « Ainsi, le lundi, quand je partais vers l’école, mes camarades algériens, eux, restaient à la ferme.Sans livres, sans cartables ».Aucun pays n’a réussi à faire deux miracles de suite, voilà pourquoi l’Algérie ne pouvait pas réussir parfaitement les objectifs qu’elle s’était tracés.Nous comprenons très bien la déception de l’auteur et nous la partageons.Les premières pages, les plus belles d’ailleurs, sont consacrées aux paysages de son enfance qu’il « relit » mentalement « car les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances ».On sent chez l’auteur, comme chez les écrivains sensibles aux espaces de leur jeunesse, la difficulté de transcrire fidèlement la poésie qui hante son esprit.Les mots lui paraissent trop faibles pour dessiner sur le papier, les arbres et tous les lieux phusiques qu’il ne pourra plus revoir parce que tout a changé d’une part et que les bouleversements politiques de son pays natal l’ont forcé, d’autre part, à émigrer vers le Nord.Jean Pélégri réussit facilement à nous entraîner avec plaisir dans son déambulement dans les lieux de son enfance : jeux violents où s’affrontent des enfants de races et de langues différentes; mais comme tous les jeunes, il n’est pas conscient des barrières qui divisent les commu- Itenez visiter le kiosque Hurtubise HMH au Salon du livre de Montréal du 15 au 20 novembre 1990! 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