L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 juin 1888, samedi 30 juin 1888
e Année 30 JUIN 1888 Numéro 12 NS1 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES » J.-IS.CLOUTIER, Uêdacteur-propriétaf AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATION -A - "P- ix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablem yable d’avance e correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.MAIRE :—Actes officiels :—Nomination de commissaires et syndics d’écoles.—Erection et délimitation de municipalité scolaire.— Comptes rendus d’examens :—Distribution de prix aux élèves maîtres de l’école normale Laval.—Séance scolaire.—Pédagogie : Précis historique de l’instruction publique en la Province de Québec, par M.C.-J.Magnan, (suite et fin).—Liste des prix aux élèves instituteurs de l’école normale Laval.—Le Canada-français.Actes officiels Département de l’Instruction publique a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOU NEUR, par un Ordre en Conseil en date du ai courant (1888), de faire les nominations tes, savoir : Commissaires d'écoles mté de Beauharnois, St Clément de Beau-ois, (Paroisse).—M.Arthur Goyette, qui a la municipalité.mté de Témiscouata, St Jean de Dieu__M.e Dumont, en remplacement de M.Théo-Drapeau, qui a quitté la municipalité.Syndics d'écoles.mté d’Argenteuil, Saint-André.—M.Joseph lebois, en remplacement de M.Daniel Guer-ui a quitté la municipalité, mté de Joliette, Saint-Ambroise de Kildare.— illiam Jobe, en remplacement de M.William 3rd, qui a quitté la municipalité.Département de l’Instruction publique plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOU-NEUR, par un ordre en Conseil en date du 13 juin (1888), de nommer M.Paul Ouellet, commissaire d’écoles pour la municipalité des “ Capucins,” dans le comté de Rimouski, en remplacement de M.Hubert St.Laurent qui a quitté les limites de la municipalité.AVIS DE DEMANDE D’ÉRECTION DE MUNICIPALITE.Détacher de la municipalité de Sainte-Gene viève No.1, dans le comté de Jacques-Cartier, tout le territoire borné du côté nord par les terres de la Côte Sainte-Geneviève, du côté sud par celles de la paroisse de la Pointe Claire, du côté est par les terres de la Côte Saint-Rémi, et du côté ouest par celles de la Côte Saint-Charles, et comprenant tous les numéros du cadastre de la paroisse de Sainte-Geneviève, depuis le No.238 à celui du No.268, inclusivement ; cette municipalité devant porter le nom de “ Municipalité de la Côte Saint-Jean,” et ce pour les fins scolaires.GEDEON OUIMET, Surintendant.Département de l’Instruction publique AVIS de demande d’érection d’une nouvelle municipalité scolaire, en vertu de la 5e sec., 41 Vict., ch.6.Eriger en municipalité scolaire le canton d’Ad-stock, dans le comté de Beauce, avec les mêmes limites qui lui sont assignées comme tel canton.ERECTION DE MUNICIPALITÉS Séparer le canton d’Adstock de la municipalité de Saint-Ephrem de Tring, dans le comté de Beauce, et l’ériger en municipalité pour les fins scolaires, avec les limites qu’il a comme municipalité rurale, sous le nom “ d’Adstock.” n 178 L’ENSEIGrNEMENT PRIMAIRE Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date eu 22 mai (1888), de détacher de la municipalité de Saint-Gabriel Ouest, dans le comté de Québec, les lots suivants : Cinquième rang, les numéros du cadastre 369, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 383.Sixième rang, les numéros du cadastre 384, 385, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 92, 393.Septième rang, les numéros du cadastre 399, 400, 401, 402, 403, 404, 401, 406, 407.Fief Saint-Ignace, les numéros du cadastre 849, 850, 852, 853, et les lots suivants de la municipalité scolaire de Saint-Gabriel Est savoir : Fief Saint-Ignace, les numéros du cadastre 855, 856, 857, 858, 859, 860, 361, 862, 863, 864, 865, 866, et de les ériger en une municipalité distincte pour les fins scolaires, sous 19 nom de Saint-Ignace.o-o-o Distribution prix à l’école normale Laval Jeudi, le 21 du courant, l’école normale Laval voyait réunie dans sa salle de réception l’élite de la société de Québec.Comme toujours, le public s’est empressé de se rendre à cette populaire institution pour passer une agréable soirée et être témoin des succès remportés par ces vaillants jeunes gens de nos campagnes qui viennent se préparer à la rude et pénible tâche d’éducateurs de l’enfance.La séance a été présidée par l’honorable Surintendant de l’instruction publique ; un nombreux clergé faisait partie de l’assistance.On pourra facilement se faire une idée de l’intérêt de l’auditoire en lisant le programme suivant qui a été rempli dans toutes ses parties de manière à soulever les plus vifs applaudissements : PROGRAMME : L'avenir (duo de piano) par deux élèves.Cassi.Lebon pasteur (chœur).Arnoux.Distribution de prix.La pie et la colombe.Florian M.O.Page.Solo de Piano .Lange.M.A.Carrier.Distribution de prix.Galathée (chœur).Masse.Le petit lapin.De Jussie M.A.Ciienard, 4 Il Trovatore (duo de piano) par deux élèves.Berger Distribution de prix.Songe d'Hamlet.Duois.M.E.Lavoie.Romance.* * * M.Jos.Lamontagne.L'enlizement.* * * M.P.Blais.Les couronnes (chœur).Trojeelli Diplômes et médailles.Chant National (chœur).Lavallé.Remerciements, par Elz.Lavoie, qui a ^ mettre dans son débit toute l’expression nature et sympathique que comportait le sujet.s com Ajltasa lûiiüiiifi root ne jen et | oils c lai Apathie norere Monsieur le Surintendant, Mesdames et Messieurs, Nous ne voudrions, pas abuser de la syi pathie distinguée que nous accorde ce sc l’élite de la société de Québec.Mais, nobles cœurs la reconnaissance est chère et vous nous estimeriez moins, si, manqua à une tradition constante, nous partio sans exprimer officiellement des sen timer gravés en nos âmes par le dévouement in térable de supérieurs bien-aimés.Objets d’une sollicitude incessante que fatigues n’affaiblissent jamais et que science et la religion rendent infinime précieuse, nous avons contracté envers ( bienfaiteurs des obligations aussi strie qu’elles sont douces à remplir.Ils ont ci tivé nos âmes avec un zèle que rien n’éga y ont jeté à profusion ces semences de qu’on appelle le vrai, le bien et le beu Protégés par ces hommes d’élite, nous no |5]]’' sommes élevés, nous avons grandi, et horizons nouveaux se sont ouverts, com d’eux-mêmes, aux meilleures aspirations l’esprit et du cœur.Rendus au moment nible d’une séparation définitive, nous pouvons ignorer ni les devoirs qui n fer ipçripni1 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE P79 « [HP ela incombent, ni les difficultés qui nous attendent.Destinés à prolonger en quelque sorte la vie pédagogique de nos maîtres, à faire revivre sur tous les points du pays leurs leçons et leurs exemples, nous comprenons notre esponsabilité et vous nous permettrez, Mesdames et Messieurs, de tourner vers eux une dernière fois, nos yeux et nos cœurs.Monsieur le Principal, vous nous avez appris à distinguer la vérité de l’erreur, à cultiver le beau, à aimer ce qui est bien.Vous nous avez dispensé, sans épargne la vie intellectuelle et morale.En vous remerciant de tout cœur nous osons vous demander le privilège précieux mu,i de pouvoir compter encore sur vos lumières dans nos doutes et nos difficultés.Notre expérience est encore à faire et la vie est parfois si troublée ! Messieurs les professeurs, votre bonté nous permettra de revendiquer le droit de prescription acquis par nos devanciers.Pour nous comme pour eux, vous serez des protecteurs assurés.Dans les situations plus ou moins difficiles, vos conseils et vos exemples seront un puissant encouragement à faire le bien et la reconnaissance que nous vous evons durera aussi longtemps que notre ie.Mesdames et messieurs, merci pour la ympathie dont vous avez bien voulu nous onorer en assistant à cette modeste séance.ies suffi ages cl’un auditoire aussi distingué st une des plus belles récompenses qui puisent couronner nos humbles travaux.Monsieur le surintendant, la protection uissante et éclairée que vous accordez aux ciences et aux lettres, cette bienveillance oiite particulière que vous prodiguez aux coles normales, et votre dévouaient inalté-able à la cause de l’éducation ne nous sont oint inconnus.Votre présence, ce soir, est our nous plus qu’un honneur inapprécia-le ; c’est une garantie de l’intérêtque vous ortez à la classe enseignante, un gage de accès dans notre future carrière, et un titre ci m tout spécial à notre profonde et sincère gratitude.Nous nous efforcerons, pour répondre aux bienfaits si multipliés que nous avo :s reçus d’etre louj urs fidèle-, à la devise de l’école normale Laval : !!> ndre le peuple meilleur.'" M.le Surinten.l'Kit prit la parole, et dans quelques m Js bien sentis, exprima tout le piaisir que lui avait procuré cette fête scolaire.Il profita de l’occasion pour féliciter l’institution de l’entrée de M.John Ahern comme professeur d’anglais, dont il parla dans les termes les plus flatteurs.Après avoir payé un juste tribu d’éloges aux nouveaux lauréats pour leurs succès, il leur annonça que bientôt ils recevraient du déjartement de l’instruction publique les nouveaux règlements et les nouveaux programmes d’études, qui sont encore sous considération.Ce ne sont pas, dit-il, des règles de fer, mais les connaissances pédagogiques que vous avez acquises à l’école normale pourront vous en faire comprendre l’importance et l’efficacité, vous mettre en état de les mettre en pratique d’une manière intelligente et efficaces, et de les adapter au besoin des localités où vous irez enseigner.Après l’allocution de l’honorable M.G Ouimet, le G-od save the Queen vint mettre fin à une séance que tout le monde quittait avec regret.Voici comment les récompenses ont été décernées : Prix du Prince de Galles—M.Joseph Catellier.• Médaille du Gouverneur-Général — M.Joseph Catellier.M.le surintendant a donné cette année deux médailles au lieu d’une.Elles ont été remportées par M.Patrice Blais, qui a le mieux réussi en littérature, et M.Jean Tremblay, élève de première année qui a été jugé par M.le principal et les professeurs, comme ayant fait le plus de progrès.Ceux qui ont mérité le plus grand nombre de prix sont MM.Jos.Catellier, Patrice Blais, Jos.Paradis et Orner Page. 180 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les prix d’excellence sont échus comme suit: Académie.—MM.A.Ghénard et Elz.Lavoie 1ère division.—MM.Jos.Catelier et Jos* Paradis.2e division.—MM.Jos.Raymond et Elz* Warren.Des diplômes académiques ont été conférés à MM.Anicet Chénard, Elz.Lavoie et Philippe Bolduc.Diplômes d’école modèle.—MM.Jos.Catel.lier, Jos.Paradis, Orner Pagé, Patrice Blais Jos.Savard, Amédée Roy, Arthur Barbeau’ Gédéon Gagnon, J.W.Farrier, Jean Berge ron, Gléophas Simard, Thos.Otis et Arthur Dugal.Diplômes d’école élémentaire.—MM.Elz Warren, Jos.Pelletier, Geo.Laplante, Chas.Gariépy, Jos.Potvin, Jean Tremblay, Albert Filion, Chas.-Edouard Boivin, George Gauthier, Edm.Warren, Eudore Goheil, Geo.Gagnon, Odilon Huart, Arthur Bédard, Delphis Trudel et Edgar Cloutier.-o-o-o- Séance scolaire Samedi avant-midi, le 23e jour du courant a eu lieu, au monastère des Dames Ursulines de Québec, la distribution solennelle des prix et la collation des diplômes, aux élèves de l’école normale Laval.L’honorable M.Ouimet présidait la séance.Au premier rang figuraient plusieurs membres du clergé, parmi lesquels M.l’abbé Faguy, curé de Québec, MM.les abbés Cas-grain, A udet, Gosselin et autres.Venaient ensuite l’élite de la société de Québec et les parents des élèves, anxieux d’être témoins de leurs succès.Tous ceux qui ont eu l’avantage d’assister à cette intéressante réunion sont unanimes à affirmer que c’est l’une des plus belles qui se soient vue à l’école normale.Il suffit déliré le programme suivant pour se convaincre que le goût littéraire et musical qui a présidé au choix des morceaux ne laisse rien à désirer PROGRAMME.‘ 1.Chasse infernale (piano).Freeman 2.Les Maguanarelles (chœur).Gounod.3.Le cœur d'une mère.* * * MLLE A.GALERNEAU 4.Distribution des prix.* 5.Le nuage, la feuille et le fleuve.* * * MLLE M.L.Hudon 6.Perle de Madrid (piano).Bachman 7.La première faute de vanité.* * * Mlle B.Giguèrb 8.La douce aurore (chœur).Rossini.9.The jox and the crow.* * * Mlle M.A.MoKnight.10.Distribution de prix.11.Saint-François prêche les oiseaux.Le Comte de Ségur.Mlle E.Proulx.12.Le printemps (chœur).We Kerlin 13.Le renard et l'ours.Viennet.Mlle E.Desjardins.14.Elisabeth, ouverture (piano).Rossini 15.Les noces d'une souris.Beauchesne Mlle E.Vaillangourt.16.Le dimanche des blés (chœur).Abt.17.L'Eglise.Halévy.Mlle A.DeBlois.18.Diplômes et médailles.19.La jeune veuve.La Fontaine Mlle J.Paquet.20.Chant de reconnaissance.Renaud.God Save the Queen.Mlle Galarneau lut ensuite avec une grâce et un naturel parfaits le discours de remerciement qui suit : Monsieur le Surintendant, Mesdames et Messieurs, L’année scolaire 1887-88 est terminée et l’heure de la séparation va bientôt sonner.Jusqu’ici, nous avons, élèves heureuses et quelque peu insouciantes, descendu gaiement le fleuve de la vie, nous laissant emporter par ses ondes rapides, et présentant la voile au souffle de l’espérance, confiantes dans l’habileté du pilote, nous nous sommes laissé guider par sa main ferme et Il I ' V li'dé illU’ï ij fiere qu Al A-' r b- ^éc!ief h fjei Nii N L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 181 SÉsaj ÎE8IJÜ SET, CflBSSB m )\'T\IX! ;r:te C 'finer' sûre, sans trop nous préoccuper de notre but et parfois môme presque sans y penser.Mais voilà que nous abordons un rivage nouveau, un autre horizon se présente devant nous; tout change d’aspect à nos yeux.Ce n’est plus la vie tranquille du pensionnat avec sa douceur et ses charmes.L’élève est affranchie de la salutaire dépendance du maître.On lui a indiqué la route dans laquelle elle devra marcher et on lui dit: u Va maintenant, entre dans la carrière qui est ouverte devant toi ! Tu vois ces jeunes enfants.Leur intelligence et leur cœur, semblables à des plantes fragiles,attendent qu’une main bienveillante vienne les cultiver et les redresser : c’est sur ces âmes que tu dois travailler sans relâché ; n’épargne ni le temps, ni les fatigues, ni l’étude, et rappelle-toi toujours la devise de l’école normale qui doit être aussi la tienne : “ Rendre le peiqjle meilleur R En ce moment si solennel pour nous, vous nous permettrez, Mesdames et Messieurs, de jeter un coup d’œil en arrière et de dire adieu à ce passé qui nous est si cher.C’est à vous que nous nous adressons d’abord, à vous Mères tendres et dévouées, qui avez su si bien captiver nos cœurs et nous faire oublier les tristesses de l’éloignement.Ah t quelle que soit l’allégresse de notre cœur à la pensée que nous allons revoir le foyer paternel, il nous est bien cruel de nous éloigner de cette sainte maison, où nous avons coulé de si heureux jours.Nous laissons ici en vous quittant la meilleure partie de nous-mêmes.Le souffle de l’adversité viendra peut-être, comme un vent brûlant dessécher notre âmes : c’est dans ce saintasile et auprès de vous, Révérendes Mères, que nous viendrons alors la retremper et la rafraîchir.Laissez-uous donc vous dire en partant : “¦ Merci et au revoir.’’ A vous, Messieurs les professeurs, et à vous en particulier, Monsieur le Principal, qui dépensez votre vie à la grande cause de l’éducation et qui, depuis longtemps, rendez de si éminents services à l’école normale ; oui,à vous, Messieurs, le plus cordial, et le plus respectueux merci 1 Nous recon- naissons devoir à votre zèle et à votre dévouement les connaissances acquises pendant ces deux années trop vite écoulées.Non content de nous avoir prodigué les trésors de votre science, vous avez su nous en rendre l’initiation moins aride, en vous adressant non pas à notre mémoire, mais à notre intelligence, en intéressant, en captivant notre imagination.C’est en vain que nous essaierions d’exprimer la vive reconnaissance dont nous sommes pénétrées.Il est des dettes que le cœur seul peut payer et celle que nous avons contractée envers vous est de ce nombre.Monsieur le Surintendant, nous connaissons depuis longtemps le constant et bienveillant intérêt que vous avez toujours témoigné aux élèves de l’école normale, aussi,la nouvelle preuve que vous en donnez aujourd’hui en daignant présider cette séance et applaudir à nos succès, n’excite t-elle aucunement notre surprise ; mais combien elle nous trouve reconnaissantes ! La nouvelle carrière dans laquelle nous allons entrer a toujours été de votre part l’objet d’une bienveillance particulière ; aussi, en vous remerciant des bienfaits passés nous osons compter encore sur votre obligeante protection pour l’avenir.Merci, Mesdames et Messieurs, merci d’avoir daigné nous honorer de votre présence en ce jour.La gracieuse attention avec laquelle vous nous avez écoutées est une tacide louange qui nous honore à l’égal des applaudissements que vous avez bien voulu donner à nos succès.Encore une fois, merci ! Dans sa réponse, M.le Surintendant remercia, au nom des assistants, les jeunes filles qui venaient de procurer à l’auditoire une aussi agréable séance, et les félicita de leurs succès.Il leur rappela ensuite ce qu’il avait dit aux élèves-maîtres au sujet des règlements et programmes sous considération, puis les assura que, dans leur nouvelle carrière, elles trouveront toujours en lui un protecteur vigilant et attentif.Bien que la déclamation ait été irrépro chable, nous devons mentionner d’une 182 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE \ manière toute spéciale Mlles.Paquet, Proulx et McNight, qui ont excellé,tant sous le rapport de la prononciation que sous celui du débit.Les diplômes ont été distribués dans l’ordre suivant : DIPLÔMES MODÈLES.Sophie Godbout, Philomèn'e Turcotte, Joséphine Frenette, Joséphine I âquet, Elise Vaillancourt, Aurore Bernard, M.Louise Painchaud, Rose Délima Fawcette, modèle fr.et ang.Albertine Lacoursière, Clara Marcotte, Bernadette Giguère, Félicité Warren, Eugénie Duperré, Alphonsine Galerneau, mod.fr.élém.angl.Marie Poitras, Delpnine LeBel, M.Des-Anges Turgeon, Léda Bergeron, Evelina L’Heureux, Marguerite Sheehy, Sara Tru-del, mod.fr.Mary-Ann Convey, mod.ang.élém.fr.DIPLÔMES ÉLÉMENTAIRES Antoinette Morin, Anna Iiarrisson, Elisabeth Desjardins, Alphonsine Geoffrion, Elo-die LeBel, Elise Pérusse, Angélina DeBlois, Delphine Quinn, Elmina St-Pierre, Alma Michaud, Dalila Lortie, Corinne Gilbert, Blanche Laprise, Anna Eluot, Hedwidge Beaudet, Anna Côté, Anna Beaudet, Zunilda Paré, Marie-Louise Germain, Marie-Louise Tanguay, Alice Topping, élém.français.Georgiana Fergusson, Elmina Proulx, Blanche Dessaint, élém.fr.et ang.Mary Angelica McKnight, Mary Wrinche, élém.ang.-ooo- Précis historique de l’instruction publique en la province de Québec {Suite et Jin J DOMINATION ANGLAISE i/SÇ a 1886 A l’époque de la cession du Canada à l’Angleterre, il n’y avait dans toute la colonie que le collège des Jésuites, celui de St Sulpice, le petit séminaire de Québec, quelques écoles de garçons dirigées par des Pères ou des Frères Récollets ou par des instituteurs laïques.Ajoutons à cela les ; pensionnats et externats des Ursulines de Québec et de Ti ois-Rivières, celui de l’IIôpital-Général, et les écoles des Sœurs de la Congrégation, en petit nombre.Avec ces éléments précieux, si nos pères avaient été traités avec plus de générosité et de justice, ils étaient capables, par eux-mêmes, de subvenir à l’éducation de leurs enfants.Mais le gouvernement anglais ne tarda pas à se montrer souverainement injuste.Il s’empara des biens des Récollets à Montréal et à Trois-Rivières, et laissa ces bons Pères en possession du couvent de Québec jusqu’en 1796, époque où il fut consumé par un incendie.Après la mort du P.Cazot, le dernier Jémite, en 1800, le reste des biens de cet ordre qui n’avait pas été confisqué le fut définitivement (1) Il ne restait à peu près rien pour l’instruction primaire des garçons.Ils furent plus heureux sous le rapport de l’instruction secondaire.Le collège de Montréal, fondé par les Sulpicions en 1773, rivalisa de zèle avec le petit séminaire de Québec qui avait remplacé le collège des Jésuites.C’est à ces deux institutions, dit M.Chauveau, que la jeunesse canadienne doit de ne p>as avoir vu s’éteindre complètement le flambeau des sciences et des lettres; c’est là que se sont recrutés pendant longtemps le clergé et la classe professionnelle.Bien que les écoles primaires fussent très rares dans notre pays vers la fin du ISième siècle, il ne faut pas s’imaginer que les populations de nos campagnes étaient plongées dans une ignorance absolue, digne des basses classes de l’Europe.Dans les premiers temps de la colonie, plusieurs colons arrivèrent suffisamment instruits.Les anciens registres conservés à Québec et à Montréal établissent qu’une bonne proportion des habitants savaient écrire.Et, il faut rendre ici à la mère de famille canadienne l’hommage insigne du rôle prépondérant qu’elle joua dans ces temps difficiles.Plusieurs d’entre elles, celles surtout qui furent formées par les Sœurs delà Congrégation, se firent les propres institutrices de leurs en- • (1) Chauveau. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 183 nts, et conservèrent ainsi, au milieu de notre so-été naissante, le flambeau sacré de l’éducation t de l’instruction.Inclinons-nous, messieurs, devant la femme madienne.Qu’elle soit sœur d9 charité, éduca-jco ou mère de famille, nous la retrouvons du jours grande, noble, forte et pure ! PREMIER MOUVEMENT Dès 1787, le gouvernement sentit combien les essources pour l’éducation étaient insuffisantes.Lord Dorchester chargea un comité de faire une nquête dans le but de porter remède au mal.le n’est que deux ans plus tard que ce comité it rapport.Il recommandait la fondation d’un ollège universitaire avec un recteur et quatre irofesseurs, d’une école élémentaire gratuite lans chaque paroisse et village, et d’une école gaiement gratuite d’un degré supérieur dans ihaque comté, où l’on enseignerait la tenue des ivres, la grammaire, le mesurage, la navigation, ’arpentage et les mathématiques appliquées.La héologie ne devait pas être enseignée dans ce ;ollçge.Par son représentant, le roi devait être dsiteur.Les évêques catholiques et protes-ants, les juges et vingt autres directeurs, moitié ;atholiques et moitié protestants, nommés par le Gouvernement, devaient former le bureau de lirection.Il fut proposé qu’une partie des biens les .Jésuites' serait affectée à l’entretien de cette université.Pour les écoles de paroisse et de Domté, la législature (c’était deux ans avant la romulgation de 1791) serait appelée à se prononcer sur une loi imposant à chaque paroisse les contributions directes (1).Il n’était nulle-uent dit quelle serait la direction de l’ensemble les écoles communes.Mais une phrase ajoutée, au sujet de l’université, indiquait clairement l’esprit dans lequel on désirait qu’elles fussent conduites.La charte ’evait pourvoir à ce que l’Université ne fût oint pervertie de manière à.se prêter aux vues particulières d'aucune secte.Ce fut là la pierre d’achoppement de tout le système et de celui qù’on parvint à établir plus and sous le nom d'Institution Boyale, dit M.Chauveau, L’éyfque d§ Québec fut consulté, (1) Meilleur, ainsi que plusieurs autres personnes.Mgr.Hubert se prononça d’abord contre l’apportu-nité d’établir une université, et réclama les biens des Jésuites pour l’Eglise.Puis parlant de la question religieuse il dit : “ On a annoncé d’avance une union qui protégerait le Catholique et le Protestant.Voilà des termes bien vagues.Quels moyens prendrait-on pour réaliser cette union si nécessaire?En préposant à l’uiversité, dira quelqu’un, des hommes sans préjugés.Mais ceci ne fait qu’accroître la difficulté, loin de la résoudre.Car, qu’est-ce que l’on appelle des hommes sans préjugés ?Suivant la force de l’expression, ce devrait être des hommes ni follement prévenus en faveur de leur nation, ni témérairement zélés pour inspirer les principes de leur communion aux jeunes gens qui n’en auraient pas été imbus.Mais aussi, d’un autre côté, ce devraient être des hommes honnêtes.au lieu que, dans le langage des écrivains modernes, un homme sans préjugés est un homme opposé à tout principe de religion, qui, prétendant se conduire par la seule loi naturelle, devient bientôt sans mœurs.Des hommes de ce caractère (et notre siècle en abonde, pour le malheur et la révolution des états) ne conviendraient nullement à l’établissement proposé.” Les autres réponses de cet évêque contiennent des renseignements importants.On y lit qu’à cette époque il y avait au moins 25 à 30 personnes sachant lire et écrire dans chaque paroisse, et que la plupart des gros villages avaient des instituteurs.Mgr Hubert cite ceux de Terre-bonne, l’Assomption, Boucherville, Laprairie et de la rivière Duchesne.Alors comme aujourd’hui, la pauvreté des habitants, les grandes distances qui séparaient les habitations les unes des autres et d’autres causes qui existent encore en grand nombre empêchaient l’instruction de se répandre.Ainsi les démarches faites sous lord Dorchester n’eurent aucun résultat immédiat.acte pour établir Iffis êcolejs gratuites L’année 1792 fut remarquable.La très grande majorité des citoyens catholiques et canadierise français adressèrent une requête à la législature 184 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE durant la session même qui se tint aussitôt après la promulgation de la première constitution.Les requérants exprimaient le vœu que les biens des Jésuites fussent affectés à l’instruction du peuple.Le parlement adopta une requête basée sur celle des citoyens et la transmit à Sa Majesté, le roi d’Angleterre.Cette demande resta sans réponse.En 1800, la Couronne compléta la confiscation de ces biens.Le parlement ayant demandé au gouverneur des documents nécessaires à une enquête sur ce sujet, Son Excellence répondit :
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