L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1884, lundi 15 septembre 1884
7 f) Numéro 14 4me Année 15 SEPTEMBRE 1884 COVE Won JOURNAL D’EDUCATION6651 .^.kUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES CLOUTÏEK, Kéuactcur-proprietaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demurs & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE.—Actes officiels :—Nominations de commissaires d’école.—Délimitation de municipalités scolaires, etc—Pédagogie : Rapport de l’honorable G.Ouimet.—Conférence des instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier.— Conférence des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval.—Partie pratique : I, Devoir d'invention.—II, Dictée—Le coq.—Arithmétique—Problèmes—Algèbre.—Divers : L’Empire Britannique.— Bibliographie.— L’éducation des filles.AVIS Prière à nos abonnés qui nous doivent des arrérages de bien vouloir nous en faire parvenir le montant.L.J.Demers & Frère.Actes Officiels Département de l’Instruction publique li a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNE U R, par un ordre en conseil en date du 23 août courant (1S84), faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Beauce, Saint-Sévérin.—M.Stanislas Turmel.Comté de Lévis, Saint-Romuald d’Etchemin, (New Liverpool).—MM.Raphael Joncas et Octave Forgues, Comté d’Ottawa, Saint-André Avelin.— MM.Nicolas Chéné et Amédée Bélrile.Syndic d'écoles.Comté de Compton, canton de Compton.—M.François Benoit.Département de l’Instruction publique Il a plu à Sou Honneur le LIEUTENANT-GOU» VERNEUR par un ordre en conseil en date du 23 août courant, (1884), de faire les nominations suivantes de commissaires d’écoles, savoir: Comté de Témiscouata, Saint-Antonin.— M.Florentin Soucy, vu que ce monsieur a été pro* clamé élu avant l’heure fixée par la loi.Comté de Caspé, Anse à Gris-fond.— MM.Jérôme Synnot et Augustin Bilodeau.Comté de Jacques-Cartier, Isle Bizard.—Révd.M.Frs.X.Laberge et M.Désiré Ladouceur.Comté de Joliette, Sainte-Beatrix.—MM.Désiré Marion et Narcisse Pelle tier.Comté de Kamouraska, Saint-Onésime.—MM.Antoine Dubé, Amable Bernier et François Ouellet.Comté de Maskinongé, Peterborough.—MM.Onésime St.Jean et Joseph Provost.Comté de Nicolet, Saint-Samuel.—MM.Exilia Bergeron et Jean-Baptiste McDonald.Comté d’Ottawa, Canton Egan.— MM.Antoine Branchaud, Pierre Bélanger, Joseph Sylvain, Jean-Baptiste Charron et Patrick O’Donoghue, (municipalité nouvelle).Comté de Rimouski, Cedar Hall.—MM.Sifroid Canuël et Pierre Côté.Comté de Rimouski, Saint-Edmond du Lac au Saumon.—M.Casimir Côté.Comté de Saguenay, Baie des Anglais, Anticosti, I (Anse aux Fraises).—M.Pierre Doucet.j Comté de Saguenay, Bergeronnes— MM.Elie j Lavoie et Alfred Larouche.Comté de Wolfe, Watton.—MM.Michel Allard et Joseph Grégoire. 158 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Département dbl’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un Ordre en Conseil en date du 11 de juin dernier, (1884), vu que la municipalité scolaire de “ Saint-Pierre de Broughton ”, dans le comté de Beauce, érigée en 1861, par Ordre en «Conseil du S juin, a subi certaines modifications dans ses limites, de môme que les municipalités scolaires du “Sacré-Cœur de Marie”, du Sacré-Cœur de Jésus ”, et de “ Leeds Sud ”, et vu qu’il convient de faire disparaître tous doutes à cet égard en définissant exactement les limites actuelles des dites municipalités, d’ordonner que les limites actuelles des dites municipalités soient •définies comme suit, savoir : 1.La municipalité scolaire de “ Saint-Pierre de Broughton,” dans le comté de Beauce, comprend le 10e rang depuis le No.1 jusqu’au No.15 inclusivement, et aussi deux arpents de profondeur à l’extrémité sud du 16e lot de ce rang, sur toute la largeur dudit lot; le lie rang depuis le 1er lot jusqu’au No.16 inclusivement ; les 9e et 8e rang3 depuis le No.1 jusqu’au No.9 inclusivement ; le Te rang depuis le No.1 jusqu’au No.7 inclusivement ; le 6e et 5e rangs depuis le No.1 jusqu'au No.5 inclusivement ; les quatre premiers rangs du canton de Thetford, depuis le No.1 jusqu’au No.12 inclusivement ; les lots Nos.13, 14 et 15 du 15e rang du canton de “ Leeds,” et les lots Nos.11 jusqu’au No.25 inclusivement, dans le 16e rang de “ Leeds.” 2.La municipalité scolaire de “ Leeds Sud,” dans le comté de Mégantic, comjirend les cinq premiers rangs du canton de Leeds avec cette partie du canton de “Thetford ” depuis le No.13 inclusivement des quatre premiers rangs du dit canton de “ Thetford,” et tout le reste du dit canton de “ Thetford ” depuis le No.21 inclusivement des 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, lie et 12e rangs.3.La municipalité scolaire du “ Sacré Cœur de Marie,” dans le comté de Mégantic, comprend les 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, lie, et 12e rangs du canton de “Thetford” depuis le No.1 jusqu’au No.20 inclusivement, et les lots Nos.17 à 28 inclusivement, dans le onzième rang de “ Broughton.” 4.La municipalité scolaire du “ Sacré Cœur de Jésus,” dans le comté de Beauce, comprend les 4e, 5e, et 6e rangs du canton de “ Broughton,” depuis le lot No.6 jusqu’au lot 28 inclusivement ; le 7e rang depuis le lot No.8 inclusivement jus- qu’au lot 2S inclusivement ; les 8e, et 9e rangs depuis le lot No.10 jusqu’au No.28 inclusivement ; et le 10e rang depuis le No.16, (moins la partie du dit No.16 qui se trouve dans la municipalité de “Saint-Pierre de Broughton.” Et les ordres en Conseil du 8 juin 1861, du 22 juillet 1871, du 23 juin 1875, du 31 juillet 1883, et du 23 avril 1884, seront et sont amendés, changés, et modifiés en conséquence, en ce qui concerne les limites des dites municipalités.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 30 juin dernier (1884), d’ordonner que les lots suivants soient détachés de la municipalité scolaire de “Saint-Rémi de Tingwick”, dans le comté d’Artliabaska, et annexés à la municipalité scolaire de “ Tingwick ”, dans le dit comté d’Ar-thabaska, pour les fins scolaires, savoir : L’extrémité nord-ouest du lot No.23, dans le 10e rang, 62^ acres.Partie nord-est du lot No.24, dans le 10e rang, 62à acres.Partie sud-ouest du lot No.24, dans le 10e rang, 100 acres.Partie nord-est du lot No.25, dans le 10e rang, 25 acres.Partie nord-ouest du lot No.26, dans le 10e rang, 47 acres.Partie sud-est du lot No.26, dans le 30e rang, 31i acres.Département de l’Instruction publique.II a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du 23 août courant, (1884), d’ordonner l’annexion du township de “ Pontefract,” dans le comté d’Ottawa, à la municipalité scolaire de “ Mansfield,” dans le même comté, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction publique 11 a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du 23 août courant, (1884), d’ordonner l’annexion pour les fins scolaires du canton de “ Woodbridge,” à la municipalité de Saint-Pascal, dans le comté de Kamouraska. L’ENSEIGrNEMENT PRIMAIRE 159 PEDAGOGIE Rapport du Surintendant de l’Instruction publique de Québec, pour l’année 1882-83.L’honorable M.Ouimet commence son rapport en donnant un tableau comparatif du mouvement de l’éducation depuis un certain nombre d’années.D’après les chiffres fournis, il appert que le nombre total de màisons d’école était, en 1882-83, dans la Province de Québec, de 48G4 ce qui est une augmentation de 424 sur le nombre des écoles de l’année précédente.Le nombre des élèves a ôté de 242, 723, une augmentation de G,024 dans la population scolaire de l’année précédente.Ce rapport expose encore les statistiques suivantes, pour l’année scolaire 1882-83.Ecoles primaires, 4,405 ; écoles modèles 333 ; académies, 246 ; collèges, 31 ; écoles spéciales, 18; écoles normales, 3; universités, 4 ; instituteurs laïques, 499 ; instituteurs religieux, 602; institutrices laïques, 4,448 ; institutrices appartenant à des communautés religieuses, 1,324 ; ce qui présents un total de 6,873 personnes vouées à l’enseignement dans la Province de Québec.Municipalités contenant des écoles, 1071.Payé par les contribuables, en 1882—83 : pour contributions annuelles et spéciales, $639,566 ; pour constructions d’écoles, $60, 745; contributions mensuelles $1,188,034; dépenses annuelles des maisons d’éducation supérieure, $928,394 ; total, $2, 809, 739.Contributions générales payées par le gouvernement de Québec :—Pour instruction supérieure, $78,410 ; écoles communes, $155, 000; écoles dans les municipalités pauvres, $6,000 ; écoles normales, $46,000; instituts des sourds-muets, $13,000 ; livres de récompense, $9,500; instituteurs, 8,000 ; inspection des écoles, $28,745 ; Conseil de l’instruction publique, $1,500; revenues des licences de mariages, payés aux écoles protestantes $6,522.Total : $352,677.M.le Surintendant ajoute ensuite : Ce tableau est très instructif et tout à fait exact d’après les statistiques officielles.Mais je dois en prendre occasion de dire que le mode de recueillir ces statistiques a souvent varié.Le fond est resté le même, la forme a changé.L’expérience a provoqué des motifi-cations dont l’effet a été de rendre nos renseignements plus précis et plus complets.Cette année même, le tableau récapitulatif des rapports des inspecteurs a subides changements qui nous permettent de donner des informations plus étendues que de coutume.Il suffi d’v jeter un coup-i’œil pour s’en convaincre.Propositions des Inspecteurs Parmi les propositions des inspecteurs, il en est deux surtout qui méritent de fixer notre attention, La première serait de déterminer la répartition de la subvention législative au pro rata de la présence moyenne des enfants à l’école et non pas d’après les chiffres du recensement.Depuis longtemps déjà, la loi oblige les pères de famille à payer les taxes scolaires môme s’il n’envoient pas leurs enfants à l’école.L’intention du Législateur en cela est de forcer, dans une certaine mesure, les parents de profiter des avantages mises à leur portée, ou tout ou moins de leur éviter la tentation de retenir les enfants à domicile dans un but de fausse économie.Et l’on suppose que si l’on ajoutait à cette obligation générale celle d’un certificat de présence qui servirait de base au quantum de la subvention, ce serait une raison de plus pour les contribuables de veiller à l’assiduité des élèves.Or, on sait que le défaut d’assiduité est le grand obtacle au progrès de l’instruction publique.La seconde proposition se rapporte aux certificats de capacité.Il s’agirait d’abolir le brevet d’école élémentaire et ceux de deuxième classe, pour ne maintenir que les brevets d’école modèle et d’école normale.Cette proposition est fondée sur une vérité j pédagogique incontestable, savoir : qu’il 160 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE faut plus de savoir-faire, plus d’aptitude cultivée pour conduire une école élémentaire que pour diriger une classe modèle.Il est plus difficile, en effet, de se faire comprendre d’un enfant dont l’esprit n’est pas encore formé que de communiquer des idées à des intelligences qui en possèdent déjà une certaine somme.Il n’y a que les maîtres de premier ordre qui sachent bien conduire une école élémentaire.Rested savoir si dans les circonstances où nous nous trouvons, cette réforme serait bien vue et acceptable.Ecole protestantes On a fait, durant l’année, une tentative sérieuse pour augmenter l’efficacité des écoles protestantes en supprimant certaines coutumes qui existaient dans un grand nombre de municipalités, comme celle de loger et nourrir l’instituteur chez les parents à tour de rôle (boarding around) et de changer fréquemment d’instituteur.Dans le but d’obtenir la coopérationde tous ceux qui s’intéressent au succès de ces écoles, une réunion de tous les instituteurs des écoles protestantes a eu lieu au commencement de janvier, dans les bureau du Département.A cette conférence, on a adopté un programme définitif des changements et améliorations sur lesquels on appelait l’attention des commissaires syndics et des instituteurs des écoles protestantes.Le secrétaire protestant du Département a ensuite visité les districts prêt i'stants de la Province et discuté les motifieations projetées avec ¦les commissaires et ies syndics de chaque comté, convoqués pour cet objet.Ses propositions ont été accueillies avec faveur à toutes ies réunions et adoptees presque dans chaque cas.En conséquence, la circulaire suivante, contenant les changements généralement acceptés, a été adressée aux commissaires et aux syndics des écoles protestantes.Département de l’Instruction publique, Quebec, 3 avril 1883.Monsieur, J’ai l’honneur d’appeler spécialement votre attention sur les instructions suivantes concernant la direction des écoles qui relèvent de votre commission : I.Pension de Vinstituteur chez les parents des élèves à tour de rôle (boarding around).— De l’avis de toutes les personnes qui connaissent l’éta t et les besoins de nos écoles d’arrondissement, le temps est venu de faire disparaître, dans les municipalités où elle existe encore, la coutume d’obliger les instituteurs et les institutrices à se mettre en pension de famille en famille chez les habitants de l’arrondissement.Cette coutume est préjudiciable à la santé des instituteurs ; elle rend plus difficile la discipline de l’école —surtout pour les jeunes instituteurs—en donnant lieu à une familiarité trop grande entre l’instituteur et ses élèves; elle offre une source abondante de querelles entre voisins ; elle prive l’instituteur de ce tranquille isolement dont il a besoin pour l’étude et la préparation de ses classes, préparation si nécessaire au succès de l’enseignement ; elle entrave donc très sérieusement le progrès de l’école.Vous verrez, en conséquence, à ce que, à l’avenir, chaque instituteur ou institutrice de votre municipalité ait un lieu fixe de pension, et vous êtes avertis, par la présente lettre, qu’aucune subvention ne sera payée à toute municipalité où la coutume des pensions de famille existera encore après le premier janvier 1884.II.Série uniforme de livres de classe approuies.—Il est du devoir des commissaires et syndics d’écoles de veiller à ce que, dans les écoles de leur ressort, on ne se serve d’auum autre livre que de ceux approuvés et recommandés par les comités du Conseil de l’Instruction publique.En outre, comme deux ou plusieurs livres de liasse ont été approuvés pour ies matières élémentaires .du cours d’études, il arrive souvent que les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 161 élèves d’une école, appartenant au même degré, sont pourvus de livres différents traitant la meme matière, au grand désavantage de l’instituteur et au préjudice de l’école.Il est donc évident que, pourobtenir l’uniformité des livres dans chaque école d’une municipalité, il faut que les commissaires ou syndics choisissent parmi les livres approuvés une liste de livres pour l’usdge de leur municipalité respective, en ayant soin de ne désigner sur chaque matière qu’un seul livre, ou qu’une seule série graduée.Vous ôtes, en conséquence, requis de préparer, dès que vous en aurez le loisir, une liste de livres pour l’usage des écoles de votre municipalité et de donner avis que, à partir duler juillet 1884, vous exigerez qu’on se serve exclusivement des livres inscrits sur la liste.L’inspecteur des écoles de votre municipalité pourra vous être d’un précieux secours dans la préparation de cette liste, dont vous devrez transmettre une copie à ce Département pas plus tard que le premier juillet prochain.Dès que votre liste sera faite, vous devrez la publier dans les journaux de l’endroit, afin que les parents et les libraires en soient1 instruits, et vous devrez avertir vos instituteurs, en la leui transmettant, de n’admettre dans leur classe aucun nouveau livre de classe non inscrit sur la liste, et d’exclure de leur école, après le premier juillet 1884, tout livre de classe non porté sur la liste ; car le payement de la subvention à votre municipalité ne se fera que si elle s’est strictement conformée à la liste que vous aurez préparée.III.Cours d’éludes.—Parmi ceux qui ont étudié à fond nos écoles élémentaires, on éprouve depuis longtemps déjà le besoin d’un cours d’études pour guider les instituteurs de ces écoles, dont un grand nombre manquent complètement de méthode et d’expérience.Ce cours d’études a enfin été préparé, et il vous en sera transmis des copies pour que vous en fassiez l’examen.Le but n’est pas d’énoncer un tableau exact et limité que les écoles élémentaires devront parcourir dans un temps donné.La grande différence gui existe dans la composition et l’état relatif des écoles ne le permet pas.On a voulu simplement établir un plan d’études pour fournir des points de repère à l’instituteur dans son travail.Ce cours d’études lui aidera à faire le classement de son école, lui indiquera le travail à donnera chaque classe,et'assurera aux élèves un enseignement méthodique.Il exige une somme considérable de travail sur chacune des matières du cours de l’école, et mettra fin,en grande partie du moins,aux différends qui s’élèvent si souvent entre l’instituteur d’une part et les élèves ou leurs parents d’autre part, sur les matières spéciales qu’un enfant doit étudier.Il vous est donc fortement conseillé d’adopter ce cours pour les écoles de votre municipalité, si elles n’en suivent pas déjà un semblable.Lorsque le Département aura reçu avis que le cours d’études a été adopté dans votre municipalité, vous en recevrez un nombre d’exemplaires suffisant pour en pourvoir toutes vos écoles.(à suivre) -O- 0-0- Soixante-dix-huitième conférence de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’école normale Jacques-Cartier, tenue le 29 et le 30 mai, 1884.Séance du 29 mai.La séance est ouverte à 8 heures du soir, sous la présidence de M.J.O.Cassegrain.Présents: M.l’abbé Verreau principal, de l’école normale; MM.les abbés G.A.Santoire, J.Bruyère, H.Desrochers ; MM.J.B.Demers, J.Baril, J.Reaulne, J.B.Lamarche, N.Brisebois, H.Ducharme, J.E.Page, J.A.Daigneault, J.M.Tremblay, Roch Martineau, H.B.Granger, G.Gervais, Wm.McKay, E.Colfer, et les élèves-maîtres de l’école normale. 162 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Lecture et adoption du compte-rendu de la dernière séance.M.Wm.McKay donne une lecture sur la lumière.Puis, sur proposition de M.D.Boudrias, appuyé par M.Tremblay, la séance est ajournée au lendemain, à 91 heures de l’avant- midi.Séance du 30 mai.Présidence de M.1.0.Cassegrain.Présents : M.l’abbé Verreau principal de l’école normale ; MM.les abbés C.A Sau-toire, J.Bruyère.IL Desrochers, M.F ex inspecteur F.X.Valade, MM.les inspecteurs Grondin, Lamarche et Lippens.MM.Wm.McKay, Tho.Whittv, A.Dallaire, W.II.Tétreault, H.Ü.Doré, Wm.Fahey, R.Mar tineau, A.Chartier, 3.Meloche, Ed.Colfer, J.B.Curotte, J.Baril, J.Beaulne, Israël Dufresne, Hon.Dueharme, B.E.Goyette, Ls.Dorais, N.Belisle, C.Bourgeault, J.E.Pagé, J.Babeu, M.A.Black, J.A.Morin, Léon Trudeau, M.Daly, M.Riordan, F.Verner, O.E.Dallaire, A.Ghatigny, N.Latrémouille, J.M.Tremblay, D.Baudrias, II.Vaillancourt, A.Allaire, Chs.Paradis, S.Aubin.P.E.Poupart, G.11.Fitzsimmons, C.Dupuis, A.D.Lacroix et les élèves-maîtres de l’école normale.Perception des contributions annuelles.Sur proposition de M.D.Boudrias, appuyée par M.H.Tétreault, il est décidé que le 8e ordre du jour soit pris en considération.Sur proposition de M.D.Boudrias, appuyée par M.W.H.Tétreault, il est résolu que les mots suivants soient ajoutés à l’article '14e des Règlements de cette Association.« Nonobstant ce qui précède, l’Association aura toujours le droit d’élire aucun membre, qui ne pourra se prévaloir de ce qui est contenu dans la première partie de cet article, à moins qu’il n’ait occupé cette charge l’année précédente.)) Election des officiers aux différentes charges.Sur proposition de M.J.Baril, appuyée par M.II.Dueharme, MM.B.Meloche et Israël Dufresne sont nommés scrutateurs.Le dépouillement du scrutin donne le résultat suivant : Président.Mr.A.Cbatigny ; Vice-président.“ M.A.Black ; Secrétaire.“ A.D.Lacroix ; Trésorier.u H.O.Doré \ Bibliothécaire.“ W.II.Tétreault- Et sur proposition de M.J.Baril, appuyée par M.H.Dueharme.MM.J.O.Cass°grain, F.X.P.Demers, D.Boudrias, W.Fahey, W.H.Tétreault, W.McKay, II.B Granger, J.B.Demers et N.Bélisle sont nommés membres du Conseil d'administration.Sur proposition de M.H.B.Granger, appuyée par M.F.X.Demers, il est unanimement résolu : Que des remerciements soient votés aux officiers sortant de charge pour la manière habile avec laquelle ils se sont fcquittés de leurs devoirs respectifs.M.McKay donne la suite Je son travail sur la lumière.M.D.Boudrias fait rapport que le comité du congrès pédagogique s’est réuni et a décidé qu’il n’y aurait pas de congrès cette année, vu qu’il est déjà trop tard pour préparer les travaux pédagogiques.M.l’abbé Verreau approuve la décision du comité, et croit qu’il vaut mieux remettre la question à une autre année, afin d’avoir le temps de se mieux préparer.En attendant, ; il croit que nous ne devons pas négliger les .moyens que nous avons à notre disposition, ! et qui peuvent contribuer dans une grande-mesure au succès de l’enseignement Montrons-nous tout le zèle nécessaire au maintien de nos conférences ?Leur faisons-nous produire tout le fruit que nous pourrions en ; tirer?Avant de demander du nouveau, il | faudrait peut-être songer à conserver et à j améliorer ce que nous avons de bon.M.F.X.Valade donne lecture d’un travail sur les congrès pédagogiques.11 fait connaître l’origine des congrès et démontre L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 163 leur utilité.Il dit que nous avons des conférences depuis quarante ans, et que ces conférences ont produit les résultats les plus satisfaisants.Il croit que nous devons maintenant leur donner plus de proportion, et agrandir notre sphère d’action en raison des succès obtenus ; c'est pourquoi il se déclare en faveur des congrès pédagogiques.L’association exprime le désir qu’il y ait un congrès pédagogique l’an prochain, et prie le sous-eomilé nommé à cet effet de vouloir bien faire les démarches nécessaires pour la réalisation de ce projet.?j Monsieur le président offre ensuite à la discussion le sujet suivant : « Quels moyens doit employer l’instituteur pour habituer les enfants à raisonner ce qu'ils font et ce (quiils apprennent ?Monsieur l’inspecteur Lippens prend la parole et dit que cette question résume toute l’éducation.L’enseignement primaire a pour but le développement des facultés par l’acquisition des connaissances.L’ordre à suivre dans cet enseignement doit être rigoureusement conforme à la génération des idées ; c’est pourquoi l’instituteur doit connaître les lois par lesquelles l’intelligence se développe.On doit procéder du simple au composé, du concret à l’abstrait, du particulier au général, des exemples règles, quand il s’agit de communiquer à l’enfant des notions nouvelles.On doit avoir recours a l’ordre inverse, afin de répéter, de travailler de nouveau la matière acquise, car la mémoire est comme une gravure qu’il est besoin de repasser pour que l’impression reste et que l’image soit plus nette.Il faut beaucoup d’exemples et peu de définitions.On doit multiplier les exercices d’invention et d’application, afin qu’il soit donné à l’enfant de puiser dans son propre fonds.La théorie et l’application doivent aller de pair, sans cela l’éducation n’a pas le caractère pratique et utilitaire qui lui convient.Il doit y avoir, dans l’école primaire, beaucoup de vie, d’initiative personnelle de laoartdu maître.Scs explications doivent précéder celles de la grammaire.Le maître qui suit servilement le texte du livre exerce un métier.Celui qui veut faire de l’enseignement un art doit avoir un fonds personnel dans lequel il puise à volonté ; le livre n’est pour lui qu’un accessoire.Le travail intellectuel, la gymnastique de l’esprit, doit primer, chez l’enfant, les exercices de mémoire.Les faits ayant existé avant que les lois aient été formulées, l’exemple doit venir avant la théorie.Il faut se défier du par cœur et ne laisser l’élève se servir du livre que pour apprendre à dire ce qu’il comprend déjà, et pour répéter ce qu’il a appris.Bien entendu qu’il ne faut jamais passer un mot sans s’assurer que l’élève l’ait parfaitement compris.Vu l’importance de cette question, il est Di'oposê par MM.Cassegrain et Boré, et unanimement décidé, qu’elle soit renvoyée à la prochaine conférence.MPvVhitty donne ensuite lecture d’un long-travail sur la tenue des livres, et la séance est ajournée à jeudi, 28 août prochain.A.D.Lacroix.Secrétaire.-o-0-o- CONFÉRENCE D’INSTITUTEÜRS Quatre-vingt-deuxième conférence des instituteurs de la circonscription de F école normale- Laval, tenue le 30 août 1884.Présents : L’honorable G.Ouimet, surintendant de l’Instruction publique ; F.E.Juneau, Ed.Carrier, P.Ruel, écrs., inspecteurs d’écoles ; MM.Jules Cloutier, président, F.X.Toussaint, J.E.Roy, Frs.Pagé, D.Frève, F.Létourneau, J.A Aube, J.Letourneau.Les minutes de la dernière séance sont lues et adoptées.On procède ensuite à l’élection des officiers de l’association et le résultat est comme suit : Président, M Jules Cloutier, (réélu).Vies-président, M.David Frève, (élu).Secrétaire, M.J.Létourneau, (réélu).Trésorier, M.F.Létourneau, (réélu). 164 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Membres du comité de régie, MM.F.N.Toussaint, N.Laçasse, J.B.Cloutier, M.O’Ryan, R.Fortin, L.F.Tardif, P.Pro-vensal, T.Beaulieu, B.Pelletier.M.le Surintendant présente à l’association, de la part de M.U.E.Archambault, principal de l’école polytechnique de Montréal, un magnifique portrait de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, au bas duquel on lit la la déclaration suivante qui est l’expression fidèle des sentiments de tous les instituteurs de la province de Québec.Très Saint Père.Urgel Eugène Archambault et les instituteurs de la conférence de la circonscription de l’école normale Laval de Québec (Canada), humblement prosternés au pieds de Votre Sainteté, La supplient de vouloir bien leur accorder la Bénédiction Apostolique, à eux, à leurs familles et aux élèves qui leur sont confiés.En reconnaissance d’une si grtmde faveur, ils prennent l’engagement solennel de soumettre toujours leur enseignement à la haute surveillance de l’ Eglise catholique, de former le cœur et de cultiver l’intelligence de leurs élèves de manière à en faire des chrétiens fervents et des citoyens vertueux.Ex audîcnlia SSrni, Die 29 Marl'd 1884.SSmus benigne minuit pro Gratia ut petitur.Pro Duo Ear M.Ledochowski.A.Zamboni Substry.Visum et recognüum, Cyr ii.Lus E.Leg are, V.G., Administrator, Quebeci, 25 Aug.1884.M.Toussaint propose, secondé par M.l’inspecteur Ed.Carrier, et Résolu: Que les remercix5|taents de cette association soient offerts à M.U.E.Archambault, pour s’être fait l’interprète si fidèle et si vrai auprès du Pontife Suprême des sentiments de piété et de parfaite soumission à l’église de tous les instituteurs de la circonscription de l’école normale-Laval ; que la bénédiction apostolique qu’il a obtenue pour tous ses confrères de la paternelle sollicitude de Léon XIH, est reçue par tous avec la plus vive reconnaissance, et sera un : puissant encouragement à continuer à inculquer aux enfants qui leur sont confiés l’amour de la religion et de l’Eglise.Proposé par F.X.Toussaint, secondé par M.l’inspecteur Ed.Carrier, et Résolu : Qu’une souscription soit immédiatement ouverte pour faire encadrer ce portrait, et qu’elle orne désormais le mur de notre salle de séance.M.Toussaint accompagne ces deux pro-j positions d’un long discours dans le cours duquel il rend hommage à l’esprit de foi, de piété et de dévouement de tous les instituteurs canadiens, de leur parfaite soumission à l’autorité religieuse, et les exhorte à continuer dans cette voie pour le bien de la religion et du pays.On passe ensuite à la discussion du sujet suivant : Serait-il désirable qu'on exigeât certaines connaissances de Vhygiene scolaire de ceux qui demandent un diplôme cV instituteur ou d'institutrice ?MM.Toussaint, Juneau et Ruel parlent sur la question.Les débats peuvent se résumer comme suit : 1° La nécessité d’observer les lois hygiéniques dans les écoles est une question que personne ne conteste aujourd’hui, puisque tous ceux qui se sont occupés sérieusement de cette matière importante s’accordent à en reconnaître l’urgence.D’ailleurs les statistiques, tant ici qu’à l’étranger, démontrent que toute négligence sur ce point peut produire de bien graves conséquences.2° Les enfants qui fréquentent des écoles où ces précieuses lois sont méconnues courent de grands risques d’y contracter des maladies ou des infirmités dont ils se ressentiront toute leur vie.3° Le développement intellectuel est très difficile, pour ne pas dire impossible, chez des enfants dont le physique est en souffrance, soit par le manque d’espace dans la classe, soit par le manque d'air pur.Cependant, dans les conditions actuelles, il est impossible de nous conformer aux règles données par la science sous ce rapport, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 165 car il faudrait démolir les trois quarts de nos maisons d’écoles pour les reconstruire sur des plans modernes, ce qui entraînerait des dépenses tout à fait au-dessus des moyens de notre population.Tout ce que nous pouvons faire, c’est d’accepter cet état de choses et en tirer le meilleur parti possible.1/instituteur doit donc redoubler de vigilance, afin de suppléer aux inconvénients que présentent nos constructions scolaires.Voici les principales précautions qu’il devrait prendre : 1° Entretenir dans les classe une température toujours égale.2° Renouveler l’air plusieurs fois pendant l’école, enayantbien soin qu’aucun enfant ne se trouve dans un courant d’air.Quant au moyen de ventilation, le moins dispendieux serait de faire percer des guichets dans le haut de deux fenêtres opposées.3° Veiller à ce que les enfants ne s’échauffent pas trop au jeu pendant les récréations et ne se refroidissent ensuite subitement.4° Recommander aux parents de les tenir toujours bien chaussés, surtout dans les temps humides et de les habiller chaudement pendant l’hiver.Mais pour que le maître puisse veiller avec intelligence sur la santé des enlants, il est indispensable qu’il connaisse lui-même les lois de l’hygiène, et pour les conna dre, il faut les étudier, c’est pourquoi on devrait exiger que tous ceux qui demandent un diplôme, eu connussent au moins les points les plus indispensables.Pour atteindre ce but, il serait a désirer qu’on donnât un cours élémentaire d hygiène dans les écoles normales et dans toutes les institutions où l’on prépare des sujets pour renseignement.A la prochaine séance, M.G.Lefebvre, donnera une conférence sur la photographie.Le sujet suivant sera discuté : Qntlles sont les branches auxquelles on doit donner plus d1 attention a l ccole prima h e .La séance est ajournée au dernier s am ecu de janvier prochain, a 9L heures du matin.,T.LÉTOURNEAtr.PARTIE PRATIQUE I Les adjectifs suivants expriment des qualités bonnes ou mauvaises.L’élève les distinguera par les lettres b ou m.Actif b.Faux, m.Zélé, b.Laborieux, b.Oisif, m.Fourbe, m.Grossier, m.Barbare, m.Patient, b.Désobéissant, m.Sage, b.Etourdi, m.Impatient, m.Curieux, m.Gourmand, m.Malhonnête, m.Malpropre, m.Querelleur, m.Incapable, m.Studieux, 6.Modeste, b.On fera mettre au féminin les adjectifs ci-dessous, et indiquer par le chiffre 3 ceux qui sont des deux genres.2e EXERCICE | L’élève formera un nom avec chacun des adjectifs ci-dessus.Activité, zèle, grossièreté, oisiveté, patience, sagesse, impatience, gourmandise, malpropreté incapacité, modestie, fausseté, labeur, fourberie barbarie, désobéissance, étourderie, curiosité malhonnêteté, querelle, sédition.On-aura soin d’expliquer la signification de tous les mots de la leçon.3e EXERCICE Maximes à rendre par la 2e personne du singulier.Qui travaille prie.— Qui parle sème ; qui écoute moissonne.—Qui ne jouit de sa propre estime ne saura être heureux.—Qui hait le travail hait la vertu.-Qui ne profite point de l’expérience sera enfant toute sa vie.Qui paye se^> dettes s’enrichit—Qui vit content du sien possède toute chose.—Qui est content de mentir e3^ indicne d’être compté au nombre des hommes.__Qui Ee perd pas de temps en a beaucoup.— Qui n’a jamais souffert ne sait rien, ignore les hommes et s’ignore soi-même.—Qui va doucement va sagement.—Qui oublie les bienfaits se souvient des injures. 166 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MODÈLE Si tu travailles, tu pries.—Si tu parles, tu sèmes ; si tu écoutes, tu moissonnes, etc., etc.-ooo- II DICTÉE LE COQ Voyez-vous, au milieu de la basse-cour, ctt oiseau qui se promène fièrement?Il dresse la tète et semble dire : “ Admirez ma démarche.” C’est un coq.Il a l’air martial et paraît satisfait de lui.Sa crête ressemble au plumet qui orne la coiffure'd’un guerrier.Les plumes de sa queue s’arrondissent gracieusement et retombent en panache.De fait, le coq a l’humeur belliqueuse.Il ne souffre point de rival.Malheur h celui qui voudrait lui disputer l’espèce de souveraineté qu’il exerce au milieu de son entourage ! Sa fureur éclate aussitôt, et il punit cruellement l’imprudent assez osé pour s’égaler à lui.Lorsque deux coqs se rencontrent, ils se provoquent l’un l’autre par le chant : L’un entonne de sa voix stridente le cocorico ; l’autre riposte sur le même ton, on s’approche en faisant la roue, et la lutte s’engage avec un acharnement aveugle, et se continue jusqu’à ce que l’un des combattants reste sur le champ.Autrefois, certains amateurs de sport faisaient leur amusement des combats de cops : mais heureusement la loi a mis fin à cet usage barbare.Eplicatioxs.—Promené : pourquoi l’accent, l'infinitif étant promener ?—Fièrement : d’une manière fihre : le suffixe ment vient d’un mot latin qu’on employait, à une certaine époque, dans le sens de manière d'être, et qui était féminin [mente) ; on l’a accordé à la forme féminine des adjectifs pour en faire des adverbes de manière : fièrement, d’une manière d’être fière : hon-nemtnt [loua mente), d’une manière d’être bonne.—Martial : guerrier : Mars était, chez les Latins, le dieu de la guerre.—De fait : en réalité.— Humeur : dans le sens de caractère.—Belliqueux : qui aime la guerre, en latin hélium : d’où Bellone, la déesse de la guerre.—Une souffre point ; il ne supporte point : distinguer souffrir et soufrer.—Malheur à : formule imprécative ; c’est comme si l’on disait : je prédis malheur à, je souhaite malheur à.—De son entourage : des poules et des autres animaux de basse-cour.—Assez osé : assez hardi : une chose osée, c’est une chose dans laquelle de la hardiesse a été montrée ; un homme osé, c’est un homme qui montre de la hardiesse ; on dit que, dans le premier cas, le sens est passif ; que, dans le second, il est actif.-ooo- ARITHMÉTIQUE PROBLÈMES 1.On a acheté une propriété $3215 ; on a fait pour $750 de réparations, et on la loue $370 Combien rapporte-t-elle pour cent ?Solution : $3215 + 750 = 3905.Si 3965 donne 370, 1 donnera 3965 fois moins, ou .093oL Puisque $1, donne $0.09331, 100 donnent cent fois plus, ou $0.09331 x 100 = 9.331 %.2.Un marchand a acheté des marchandises au montant de $3,000 à trois mois de crédit.A l’échéance, ne pouvant rencontrer sa dette, il prend de nouveaux arrangements avec son créancier ; il donne un billet de $1500 à 90 jours et un autre de $1500 à 120 jours avec intérêt à 6%.Quel intérêt devra-t-il payer.Explication.—D’après la démonstration que nous avons faite précédemment, on sait que pour avoir l’intérêt d’une somme quelconque à 6 %, pour 60 jours il suffit de la diviser par 100.Or $1500-+ 100 = $15.00.Intérêt de 60 jours, et $15.00+ 2 = 7.50.» “ 90 “ V $1500 à 6% pour 90 j.= $15.00 + 7.50 = 22.50.On procède de la même manière pour le second billet.Puisque $1500 pour 60 jours donnent $15.00, pour 120 jours, on aura deux fois $15.00 = $30.00.Et $22.50 + 30,00 = $52.50.Eép. L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 167 3.On veut faire escompter à la banque un billet de $3318 dû dans deux mois 8 jours, à G %.Combien recevra-t-on ?Solution : 2 mois 8 jours = 68 jours.33.18 int.de 60 jours.3.318 “ “ 6 « 1.106 “ “ 2 “ Escompte $37.60 68 jours.$3318.00 - 37.60 = $3280.40.Rép.ALGÈBRE Un père voulant partager son bien entre ses enfants, donne au premier $500 + -J du reste ; au second $1000 +-g du reste; au troisième $1500 + -g- du reste, et ainsi de suite pour chacun des autres enfants.De cette façon, ils ont tous des parts égales.Quel est la fortune du père, le nombre des enfants et la part de chacun ?Solution : Soit x la fortune du père.Le 1 er enfant reçoit : 500 + x’~ 5 ° °- ou 4 9° 9 5 ° ° c’est-à-dire :i 5 ° °~.h '.8 8 8 Pour le 2e on prend d’abord sur le 1er reste $1000; il reste x — 3-A9.°.:H:r — 1000 8 ou - r; r, oo-~- s o_oo c’est-à-dire -7—"iAnltn.8 » La part du 2e est donc 1000 + 7+rJ Là o±> 6 4 OU 64ooo-i-73;-i r sop c’est-à dire ALMA±1L.G 4 G 4 Or les parts étant toutes égales, on peut écrire dès à présent que la 2e est égale à la Ire, ce qui donne l’équation : 3 r.O O - H 3- = 5 2 -, O O H- 7 x_ 8 G 4 Multipliant le numérateur et le dénominateur du premier nombre par 8 pour avoir le dénominateur commun 64, et supprimant en même temps ce dénominateur, ce qui revient à multiplier les deux membres de l’équation par 64, l’équation précédente sera remplacée par la suivante : 28000+ 8* = 52500+ 7*.En retranchant aux deux membres 7x et 28000.ce qui n’altère pas l’égalité des deux membres, on a : Sx - 7x = 52500 - 28000, ou x = 24500.Ainsi la fortune du père est de $24500.La part du 1er est : $500 + 1 de ($24500 - 500) c’est-à-dire $500 +g- de 24000 ; ce qui fait $500+ $3000 =.$3500.La part de chaque enfant étant de $3500, le nombre des enfants est égal au nombre de fois qu’il y a $3500 dans $245OA Ce nombre est 2 4_50 0 — 2145 — 49—7 V r.u ü s ï> 7 ' * Réponse.—Fortune du père, $24500.Rombre des enfants, 7.Part de chacun, $3500.(U Education.) -000- L’EMPIRE BRITANNIQUE Rous avons donné récemment à propos de la question du Cambodge un tableau résumé des colonies de la France, et de toute la population soumise au gouvernement français, laquelle calculée pour 1884, monte à 47 millions 534 mille âmes.Au point de vue de la population, c’est la 5e puissance de l’univers, venant immédiatement après les Etats-Unis (56 millions), et étant suivi-de bien près par l’Empire Allemand (47 millions 335 mille).Au-dessus de ces trois puissances se placent, toujours au point de vue de la population, la Chine (372 millions d’habitantsi, l’Empir-> Britannique (310 millions), et la Russie (105 .aillions).De ces trois grands empires, le second seul comprend une métropole et des colonies, et nous pensons que l’on verra ici avec intérêt, pour l’Angleterre, un tableau analogue à celui que nous avons donné pour la France, d'autant plus que nous faisons nous-mêmes partie de cet immense empire, le plus étendu de l’univers. 168 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Voici donc calculée peur 1884, la population des diverses colonies britanniques : En Europe.Malte et autres possessions.176,000 En Asie.Empire Indien (Hindoustan).257,346,000 Ile de Ceylan.2,758,000 Malacca anglais.390,000 Hong-Kong.156,000 Ile de Chypre.186,000 Aden et îles diverses.48,000 En Afrique.Colonie du Cap, etc .-.2,542,000 Côte-d’Or, etc.558,000 Ile Maurice, etc.374,000 En Amérique.Confédération du Canada.4,536,000 j Terreneuve .161,000 j Guyane et Honduras.272,000 Jamaïque et autres îles.1,124,000 En Océanie.Australie .2,131,000 Tasmanie.116,000 Bornéo et Labouan.155,000 Nouvelle Zélande.534,000 Fidji et autres îles .129,000 Résumé des colonies britanniques.En Europe, population .176,000 En Asie.260,884,000 En Afrique.3,474,000 En Amérique.6,093,000 En Océanie .3,065,000 Total des possessions .273,692,000 Le FvGj’âlïBae-Uni.36,355,000 Total général.310,047,000 Un fait remarquable, c’est que la population coloniale de la Giande-Bretage représente 7 fois et demie la population de la métropole elle-même.Il est clair que c’est grâce à la décentralisation largement appliquée, et à un bon et sage système d’autonomie en chaque lieu, que peut se conserver ce corps gigantesque, qui réunit la cinquième partie de la population totale du Globe.BIBLIOGRAPHIE.Monsieur le Professeur Toussaint, de l’ecole normale Laval, a rendu un véritable service à ceux qui se préparent à subir l’examen pour l’Inscription et le Baccalauréat, en répondant aux questions du programme de Géographie.Ces réponses sont placées dans un appendice à la fin de sa Géographie.-ooo- L’ÉDUCATION DES PILLES La première faute, dit un écrivain distingué, que l’on commet dans l’éducation des filles, et qui peut-être suivie des plus mauvais résultats est celle qui consiste à leur permettre de quitter l’enfance trop tôt.Les maintenir petites filles aussi longtemps que possible et faire d’elles avant tout ce qu’un savant pédagogue a appelé “ des petites créatures bénies, ” est le premier pas dans la bonne direction.La seconde faute est de leur permettre, étant grandes filles, de rester dans leurs chambres à étudier au lieu d’apprendreà tenirune maison.La troisième faute est de les retirer de l’école quand leur intelligence n’est que préparée à comprendre les principes de la vie intellectuelle de la femme adulte.La quatrième est de ne pas leur donner connaissance des lois auxquelles la femme est sujette dans son existence morale, intellectuelle et physique.—[Le Nouvelliste).
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