ARQ, 1 février 1992, Février
[" A-799 LES CONCOURS D'ARCHITECTURE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE DRUMMONDVILLE ?\tLE FAUBOURG QUÉBEC À MONTRÉAL » ÜUil! jHS Stvi P§|||| kV!*M3 mi mi i iwiiiM J~T~#Ti SUPERVISION FEN Pour recevoir sans frais notre brochure d'information, écrivez à: DE QUALITÉ Département des communications C.R 60, St-Damase (Québec| JOH 1 JO Des portes et des fenêtres e*t ûtyte et ett coccieur SUPERVISION LA REVUE DES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ARCHITECTURE.QUÉBEC MEMBRES FONDATEURS: PIERRE BOYER-MERCIER, PIERRE BEAUPRÉ, JEAN-LOUIS ROBILLARD ÉDITEUR: PIERRE BOYER-MERCIER RÉDACTRICE EN CHEF: FRANCE VANIAETHEM MEMBRES DU COMITÉ DE RÉDACTION: PIERRE BOYER-MERCIER, JEAN-FRANÇOIS BÉDARD, RICARDO L CASTRO, ÉRIC GAUTHIER, FRANCE VANLAETHEM MEMBRES DU COMITÉ DE RÉDACTION TRIMESTRIEL: PIERRE BOYER-MERCIER, JEAN-FRANÇOIS BÉDARD, RICARDO CASTRO, PAUL FAUCHER, TERRANCE GALVIN, ÉRIC GAUTHIER, NICOLE LARIVÉE-PARENTEAU, ALEXIS LIGOUGNE, RODRIGUE PAUUN, MARK PODDUBIUK, FRANCE VANLAETHEM SECRÉTAIRE DE RÉDACTION ET COORDONNATRICE: NICOLE IARIVÉE-PARENTEAU PRODUCTION GRAPHIQUE: CÔPILIA DESIGN INC.DIRECTEUR DE PRODUCTION: JEAN MERCIER REPRÉSENTANTS PUBLICITAIRES: 1 *H JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS LTÉE \u2022MONTRÉAL: 785, RUE PLYMOUTH, BUREAU 310 VILLE MONT-ROYAL, QUÉBEC, H4P 1B3 TÉLÉPHONE: (514) 733-0344, FAX: (514) 342-9406 \u2022 TORONTO: 60, WILMOT STREET WEST RICHMOND HILL, ONTARIO, L4B 1M6 TÉLÉPHONE: (416) 866-4141, FAX: (416) 886-4616 ARQ EST DISTRIBUÉ À TOUS LES MEMBRES DE L'ORDRE DES ARCHITECTES DU QUÉBEC ET DE LA SOCIÉTÉ DES DÉCORATEURS ENSEMBLIERS DU QUÉBEC.DÉPÔT LÉGAL: BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.LES ARTICLES ET OPINIONS QUI PARAISSENT DANS LA REVUE SONT PUBLIÉS SOUS LA RESPONSABILITÉ EXCLUSIVE DE LEURS AUTEURS.© GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE ISSN-0710-1162 COURRIER DE LA DEUXIÈME CLASSE PERMIS NO 5699 ARQ/ ARCHITECTURE»QUÉBEC EST PUBUÉ SIX FOIS L'AN PAR LE GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, CORPORATION SANS BUT LUCRATIF.LES CHANGEMENTS D'ADRESSE, LES EXEMPLAIRES NON DISTRIBUABLES ET LES DEMANDES D'ABONNEMENT DEVRAIENT ÊTRE ADRESSÉS AU GROUPE CULTUREL PRÉFONTAINE, 1463, RUE PRÉFONTAINE, MONTRÉAL, QUÉBEC, H1W 2N6 TÉL: (514) 523-6832 ABONNEMENTS: LUCIE VALLÉE 6,42$/ NUMÉRO \u2022 38,52$/ 6 NUMÉROS \u2022\t64,20$/ INSTITUTIONS ET GOUVERNEMENTS NUMÉRO D'ENREGISTREMENT T.P.S.: R 102 208 469 HORS CANADA: 6,00$/ NUMÉRO \u2022 48,00$/ 6 NUMÉROS \u2022\t60,00$/ INSTITUTIONS ET GOUVERNEMENTS PAGE FRONTISPICE: PERSPECTIVE SUR COUR ARRIÈRE, CONCOURS POUR LE CENTRE FINANCIER BOULEVARD DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE DRUMMONDVILLE, PROJET LAURÉAT.¦ ÉDITORIAL 5 France Vanlaethem ¦¦ POLITIQUE ET CONCOURS D'ARCHITECTURE 7\tMÉMOIRE À LA COMMISSION PARLEMENTAIRE SUR LES ARTS ET LA CULTURE Architecture \u2022 Québec 8\tPRÉCISIONS SUR LA POLITIQUE DES CONCOURS EN FRANCE COMPTE-RENDU D'UN ÉCHANGE 11 GILLES PERRAUDIN, ARCHITECTE ET INGÉNIEUR LYONNAIS Une entrevue de France Vanlaethem 15 POLITIQUES DE CONCOURS D'ARCHITECTURE EN EUROPE Michèle Tilmont 18\tÀ PROPOS DES CONCOURS D'ARCHITECTURE Jean-Pierre FLardenne 19\tLE CENTRE FINANCIER BOULEVARD DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE DRUMMONDVILLE Sylvie Girard et Jean-Louis Robillard ¦¦ LES ACTUALITÉS 25 LE FAUBOURG QUÉBEC À MONTRÉAL Georges Adamczyk 27 LE PLAN D'AMÉNAGEMENT DE LA SHDM 30 RECLAIMING THE CITY OUTSIDE THE CITY WALLS Barry Sampson 32\tLE PROJET URBAIN.OU COMMENT PASSER À L'ACTE Christian Devillers mm PUBLICATIONS ET ÉVÉNEMENTS 33\tPARABOLES ET AUTRES ALLÉGORIES: L'OEUVRE DE MELVIN CHARNEY 1 975-1990 Une exposition au CCA vue par Louise Déry ARCHITECTURE \u2022 QUÉBEC En annonçant les thèmes des prochains numéros, ARQ invite ses lecteurs à soumettre des projets et réalisations pour fins de publication, en les adressant au secrétariat de la revue.THÈMES À VENIR numéro 67-juin 1992 L\u2019Américanité Ce numéro spécial sera publié à l\u2019occasion du double anniversaire de la découverte de l\u2019Amérique et de la fondation de Montréal.Y seront examinés les défis auxquels sont confrontés certains pays et certaines régions qui, en marge des grands centres, cherchent à produire une architecture contemporaine cultivant l\u2019autonomie critique des cultures locales sans pour autant nier les forces universalisantes de l\u2019économie et de la technique.Plus précisément, cette livraison offrira un regard interculturel sur les Amériques périphériques, une réalité géographie et démographique considérable, extrêmement riche en réflexions et réalisations architecturales et pourtant, sous-représentée sur les scènes internationales.numéro 68 - août 1992 Nouveaux musées du Québec Les années 1980 ont été les années musées.Au Québec comme à l\u2019étranger, de nombreux édifices de ce type ont été bâtis.Dans sa livraison d\u2019été, ARQ présentera certains musées qui ont récemment ouvert leurs portes au Québec ainsi que d\u2019autres, encore à l\u2019état de projet.Seront examinées non seulement les constructions récentes de Montréal et de Québec, mais également celles en région.La publication de ce numéro coïncide avec la tenue en septembre prochain, dans la ville de Québec, de la 16e conférence générale de l\u2019International Council of Museum (IC0M). SBfêSs® ! .Antronmd Legacy.moins que vous ne vouliez indiquer le chemin entre la réception et la salle du conseil à l'aide d'empreintes de pas.Qu'il s'agisse d'une petite boutique ou du siège social d'une grande société, aucune autre fibre ne résiste mieux à la saleté que le nylon Antron Legacy de Du Pont.A C'est un point important.Car le fait d'offrir une résistance supérieure à la saleté réduit radicalement l'usure causée par l'écrasement et le feutrage dans les endroits à grand passage.À cette fin, les tapis en nylon Antron Legacy sont traités au DuraTechmd, procédé antisaleté breveté, d'une durabilité sans égale.A Et comme la fabrication et la performance de tous ces tapis sont certifiées par Du Pont, vous êtes assurés qu'ils conserveront leur aspect neuf très longtemps.En fait, tous les tapis en nylon Antron\" sont garantis pour dix ans au moins contre l'usure par abrasion.A Ajoutez à cela un choix de plus de 600 styles, textures et couleurs, et vous découvrirez un produit supérieur qui offre une parfaite combinaison de qualités esthétiques et de qualités pratiques.A Pour tout renseignement complémentaire sur les tapis en nylon Antron Legacy, composez le (514) 278-4078.Systèmes de couvre-sols dfiJPONÎ) CANADA Les agendas électroniques SHARP, série IQ-8000 Pour tous ceux et celtes qui doivent travailler unpeupartout RAM CARD 128 L 'IIS ,HARP COUJJ\u201d fiSg-gS; BBg, ,S°S.rÉÇ^0, 3 S3 ÜT^Jüv «o«-° tUNC\"®\" £ SUTTES mJM AÏ>A*TW»*T Il fut un temps où tout le monde se rendait au bureau pour travailler.Le bureau d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est aussi bien une aérogare qu\u2019un vaste territoire de vente ou un chantier de construction.Grâce aux puissants agendas électroniques de poche SHARP, série IQ-8000, place à l\u2019ère de la portabilité des données dont on a fréquemment besoin.Les agendas SHARP vous permettent d\u2019organiser emploi du temps, rendez-vous et suivis, d\u2019inscrire des rappels quotidiens, de classer des notes de réunions et de travail et de garder en mémoire des données pour chacun de vos clients.Vous pouvez même y insérer l\u2019une des nombreuses plaquettes logicielles IQ pour applications spécifiques ou encore une plaquette logicielle programmée en fonction de votre application particulière.Grâce à un agenda de série IQ-8000, vous avez tous les atouts en main.Feuille de calcul électronique 3-D Permet d\u2019élaborer des feuilles de calcul électronique tridimensionnelles.On peut transférer les données à un ordinateur et utiliser le tout avec des progiciels comme Lotus'\"\u2019 1 -2-3MP Gestionnaire de temps et de dépenses Pour gérer toutes vos activités, produire des rapports de dépenses quotidiens ou hebdomadaires et comptabiliser votre temps.Plaquette informatique BASIC Pour créer votre propre application sur plaquette et faire de votre agenda électronique un puissant outil adapté, sur mesures, à votre usage personnel ou professionnel.Planificateur financier Qu\u2019il s\u2019agisse de calculer des données statistiques, commerciales ou même vos opérations personnelles, la plaquette du planificateur financier vous facilite la tâche.Mémoire de 128 Ko Plaquette d\u2019extension de mémoire vous offrant un agenda et des répertoires téléphoniques supplémentaires et une fonction de rappel d\u2019anniversaires.Elle peut servir pour créer une copie de sécurité de vos dossiers ou inscrire des données supplémentaires pour vos besoins quotidiens.Pour de plus amples renseignements sur les agendas électroniques Sharp, série IQ-8000, téléphonez au 1-800-56-SHARP.C Copyright 1991.Lotus Development Corporation.Tous droits réservés.Lotus et 1-2-3 sont des marques déposées de Lotus Development Corporation.[.INTELLIGENCE AU SERVICE DES PRODUITS ?ourreK 'M % I 9> % MOULURES DE BOIS DE TOUS GENRES \u2022\tMoulures de toutes sortes sur demande \u2022\tModèles standards \u2022\tMoulures spéciales et architecturales \u2022\tMarches, poteaux carrés et rampes modernes \u2022\t7 essences de bois 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FUENTE ¦\tAtelier JULLIAN-PENDLETON Architects (Ithaca N.Y.) ¦\tProfesseur titulaire à l\u2019université CORNELL 20 février GILLES SAUCI ER ¦\tSAUCIER + PERROTTE, architectes (Montréal) ¦\tChargé de formation pratique à l\u2019Université de MONTRÉAL s mars\tAKIRA KOMIYAMA ¦\tPrésident de UNITES Architects & Planners (Tokyo) ¦\tChargé de cours aux universités WASEDA et MUSASHINO ART 19 mars\tRONALD WILLIAMS ¦\tWILLIAMS ASSELIN ACKAOUI Associés, architectes paysagistes (Montréal) ¦\tProfesseur agrégé à l\u2019Université de MONTRÉAL 2 avril\tODILE DECO ¦\tOdile DECO et Benoît CORNETTE, architectes (Paris) Les conférences débutent à 18 heures le JEUDI à toutes les deux semaines.Amphithéâtre «Ernest-Cormier» (salle 2040) Pavillon 5620 Darlington (métro «Université de Montréal») Pour informations: (514)343-6007 ARQ FAIT AMENDE HONORABLE L\u2019architecture de paysage au Québec, numéro 63.Quelques erreurs se sont glissées dans la liste des responsables des projets de la place Berri et du Champ-de-Mars (pp.24 et 27).Il aurait fallu lire: PLACE BERRI, MONTRÉAL: ASSOCIATE LANDSCAPE ARCHITECTS BERNARD SAINT-DENIS, DAP MARIO MASSON, DAP ARCHITECT JEAN LABERGE, MODULE BÂTIMENT LE CHAMP-DE-MARS, MONTRÉAL: ASSOCIATE LANDSCAPE ARCHITECT SONIA THOMPSON, DAP ÉDITORIAL L\u2019édifice des ambulanciers Saint-Jean, Montréal, 1968 Jean-Paul Pothier, architecte.De cet édifice, il n\u2019existe plus que des traces photographiques.Il ne répondait pas aux normes de rentabilité spatiale et économique, il n\u2019encadrait pas la rue, il n\u2019était pas construit en pierre grise, il était moderne.Telles sont les raisons qui ont motivé cette transformation destructrice.Et pourtant, cet élégant bâtiment qui construisait de manière originale le coin nord-est de Saint-Denis et de Maisonneuve, avec son parvis accueillant, sa structure suspendue et son mur-rideau lisse était un témoignage unique de la période héroïque de l\u2019architecture moderne au Québec.Cette dernière perte nous montre, à nouveau, l'urgence qu\u2019il y a de s\u2019inquiéter du patrimoine moderne avant que toutes ses oeuvres significatives soient perdues.Telle est une des recommandations du mémoire que la revue Architecture*Québec a déposé auprès de la Commission parlementaire sur la culture qui a tenu ses audiences l\u2019automne dernier, un mémoire centré sur la valorisation de la création architecturale contemporaine.Le texte abrégé de ce mémoire ouvre le présent numéro d\u2019ARQ qui, pour la troisième fois, documente et examine la question des concours d\u2019architecture, un aspect important, avec la diffusion, d\u2019une nécessaire politique de l\u2019architecture au Québec.Cette fois, ce n\u2019est plus l\u2019histoire de cette pratique essentielle à l\u2019existence même de l\u2019architecture qui est étudiée (ARQ 59), ni seulement l\u2019exemple de la France qui est considéré (ARQ 61), mais la situation qui prévaut en cette matière dans l\u2019ensemble de l\u2019Europe.Ce rapport nous est offert par un haut responsable de l\u2019administration française, Madame Michèle Tilmont, secrétaire général de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques en France, qui était l\u2019une des invités avec Monsieur Joseph Belmont, son président, à l\u2019occasion d\u2019une rencontre à l\u2019UQAM où fut expliquée en détails et discutée en profondeur la politique des concours publics d\u2019architecture dans ce pays.De cet échange nous reproduisons de larges extraits.Mais, au Québec, le concours d\u2019architecture n\u2019est plus seulement une idée défendue par certains, ils est devenu une pratique qui se généralise petit à petit et qui trouve toute sa pertinence dans le contexte de nos sociétés démocratiques de masse où la commande éclairée est rare et la commande justifiée, insatisfaisante, comme l\u2019explique Jean-Pierre Hardenne.Après Saint-Hyacinthe, c\u2019est Drummondville qui expérimente ce mode d\u2019attribution de la commande, à l\u2019initiative de la Caisse populaire locale.Les projets de ce concours restreint auquel ont participé les quatre agences locales et des représentants de la «jeune architecture», nous les publions introduits par Jean-Louis Robillard, le conseiller professionnel, qui fait état des objectifs et des modalités particulières de cette épreuve, puis commentés, en général et en particulier, par une «jeune» architecte, Sylvie Girard, qui était membre du jury.La Ville de Montréal a maintes fois tenté l\u2019expérience du concours ces derniers mois, avec courage, mais rarement avec succès.Le concours international pour l\u2019aménagement de la place Jacques-Cartiera produit trop d\u2019idées, sans qu\u2019aucune ne soit convaincante et l\u2019on attend la proposition synthèse qu\u2019en fera la SHDU.La Cité internationale, objet de l\u2019autre consultation internationale lancée en 1990, ne se développera pas - et c\u2019est heureux - selon les orientations définies par le projet lauréat, jugé a postetiori irréaliste! Ces expériences malheureuses nous montrent l\u2019importance cruciale d\u2019un bon programme et d\u2019un bon jury, tandis que l\u2019actuel concours en vue de reconvertir le dôme géodésique de Buckminster Fuller en un centre de veille et d'éveil à l'environnement, manifeste la difficulté qu\u2019il y a à déterminer un processus adapté au problème à résoudre.Et pourtant l\u2019enjeu est de taille : la réhabilitation d\u2019un «monument» majeur de l\u2019architecture moderne.Ce qui manque au Québec, c\u2019est une instance qui accumule l\u2019expérience acquise afin d\u2019étudier les différentes stratégies possibles, de redéfinir les règlements en la matière, de soutenir les maîtres d\u2019ouvrage qui veulent se lancer dans l\u2019aventure et d\u2019orienter avec intelligence les futures compétitions.L\u2019Ordre des architectes du Québec pourrait-il jouer un tel rôle, à l\u2019exemple des collèges d\u2019architectes espagnols?Sans doute, pour autant qu\u2019il défende non seulement les intérêts professionnels de ses membres, mais qu\u2019il ait des objectifs culturels.Avec justesse, Detlef Mertins dans Competing Visions.The Kitchener City Hall Competition (1990) rappelle que la popularité nouvelle du concours au Canada témoigne non seulement de la valeur accrue accordée au design, mais encore de l\u2019insatisfaction croissante vis-à-vis du mode commun d\u2019attribution de contrats justifié par l\u2019expérience et la réputation.Le concours est, il est vrai, un moyen privilégié d\u2019accès à la commande pour les jeunes architectes.Aussi, il est important que le dernier concours jugé, lancé par la Ville de Montréal, L\u2019Art de vivre en ville, débouche sur la réalisation.De cette épreuve et de ses suites, nous discuterons dans la livraison d\u2019avril où nous aurons, de plus, l\u2019occasion d\u2019examiner d\u2019autres expériences intéressantes en matière d\u2019habitation.Dans le présent numéro, c\u2019est le projet d\u2019aménagement du Faubourg Québec de la SHDM qui est documenté dans un dossier préparé sous la direction de notre collaborateur Georges Adamczyk.Pour établir le plan de ce nouveau quartier résidentiel du centre-ville, cette société para-municipale à qui a été confiée l\u2019étude en 1988, s\u2019est engagée dans une démarche prudente et ouverte.Ici le concours d\u2019architecture sera un moyen de concrétiser le projet urbain plutôt que de l\u2019élaborer.Pour évaluer, à la fois, la pertinence du plan mais encore du processus, nous avons fait appel à deux autorités en la matière, l\u2019architecte français Christian Devillers et le Torontois Barry Sampson.Notre rubrique Publications et événements est brève, cette fois, non pas du fait de la pauvreté de l\u2019actualité culturelle en matière d\u2019architecture mais du manque d\u2019espace rédactionnel.Nous nous sommes arrêtés à la première exposition que le Centre Canadien d\u2019Architecture a consacré à un architecte canadien contemporain, Melvin Charney.C\u2019est la conservatrice de l\u2019art actuel du Musée du Québec, Louise Déry, aussi spécialiste en matière d\u2019art public, qui commente cette exposition.FRANCE VANLAETHEM 5 ?y y J * w* Briqueterie St-Laurent Une vision de grandeur.brique par brique.Tél.: (514) 866-8374 FAX : (514) 659-2040 i I on mettait bout-à-bout toutes les briques d argile que nous vendues avons 1 91 Cb depuis relier pourrait on T, la la Lune erre a allée par une de metre presqu un de la r?eur POUR UNE POLITIQUE DE L'ARCHITECTURE AU QUÉBEC L\u2019architecture est une des manifestations de la culture, très présente dans l\u2019existence quotidienne, contribuant de manière essentielle à la définition de notre cadre de vie.Si dans la Proposition d'une politique de la Culture et des Arfsélaborée sous la présidence de Monsieur Roland Arpin et publiée en juin 1991, l\u2019architecture est indirectement reconnue commetelle, dans les structures existantes du ministère des Affaires culturelles et les programmes d\u2019aide qu\u2019il offre actuellement, elle est manifestement oubliée, si ce n\u2019est sous son statut patrimonial.L'ARCHITECTURE COMME PATRIMOINE Certes, il est des plus important de préserver l\u2019héritage bâti que les générations de nos grands-pères et de leurs aïeux nous ont légué, encore faudrait-il s\u2019assurer que la production construite actuelle soit d\u2019une qualité égale, sinon supérieure et d\u2019une signification comparable.De plus, il ne nous faut plus attendre que cet héritage soit défiguré, sinon détruit pour le reconnaître comme bien culturel.Soulignons que dans nos sociétés avancées où le développement technologique soumet à son rythme tous les domaines de la vie individuelle et collective, les édifices récemment construits sont vite dépassés, que ce soit sous l\u2019aspect de leur confort matériel ou de leur apparence.D\u2019ailleurs nombre de constructions des cinquante dernières années, les plus significatives du point de vue de l\u2019histoire collective ou de l\u2019histoire de l\u2019art et de l\u2019architecture, ont déjà été profondément altérées avant qu\u2019elles n\u2019eussent été considérées comme biens culturels.La notion de patrimoine doit donc être réévaluée pour inclure des ensembles bâtis et des édifices terminés dans un passé proche.Cependant, du fait de l\u2019extension même de sa signification, la notion de patrimoine demande une modulation dans les mesures qu\u2019entraîne son application; tous les édifices anciens, même lorsqu\u2019ils sont dignes d\u2019être considérés comme biens culturels, n\u2019ont pas la même valeur; tous ne nécessitent pas une conservation intégrale.Aussi une réflexion collective s\u2019impose sur les rapports que doivent entretenir le patrimoine et la création architecturale dans la production de notre cadre de vie afin que celui-ci ne devienne pas anachronique.D\u2019ailleurs, il faut se méfier d\u2019une utilisation abusive de la notion de patrimoine qui tend à inclure l\u2019architecture contemporaine et, par là même, conduit à vider celle-ci de ses potentialités inventives et critiques, à disqualifier d\u2019emblée ses projets les plus novateurs, à nier sa capacité de participer au développement de notre culture dans ce qu\u2019elle a de plus actuel, de plus vivant.L\u2019architecture n\u2019est pas que mémoire du passé, elle est surtout invention du présent.L'ARCHITECTURE COMME CRÉATION ARTISTIQUE Dans l\u2019esprit d\u2019une politique de la culture et des arts qui insiste sur la nécessité d\u2019élaborer un projet de vie culturelle non seulement enraciné, mais encore complet, dynamique et ouvert, il est indispensable que l\u2019architecture soit reconnue officiellement comme création culturelle à part entière et les architectes, membres de l\u2019OAQ et autres intervenants dans le domaine, comme professionnels de la culture et des arts, au même titre que les peintres, les sculpteurs, les cinéastes, les auteurs, les traducteurs littéraires,.Certes l\u2019architecture est un art dont la liberté est limitée et dont la production est lourde et complexe en raison du grand nombre d\u2019intervenants et de l\u2019importance des moyens financiers que sa réalisation entraîne.Son projet créateur est soumis plus que tout autre aux contraintes extérieures; si l\u2019architecte est maître d\u2019oeuvre, il doit composer avec les exigences du maître d\u2019ouvrage, qu\u2019il soit POLITIQUE ET CONCO un individu ou un organisme.L\u2019architecture construite de qualité est généralement le fruit delà conjonction de ces deux volontés qui doivent agir, ne l\u2019oublions pas, dans le cadre de réglementations et de contrôles toujours plus étendus.Les forces vives de la création en architecture doivent être soutenues par le ministère des Affaires culturelles.Les meilleurs créateurs doivent être non seulement valorisés publiquement, mais encore appuyés dans leur recherche, en particulier quand ils débutent dans la pratique, quand leur compétence et leur talent ne sont pas encore reconnus.En architecture comme en science, la recherche fondamentale existe et doit être encouragée, si l\u2019on veut que se développe ici une architecture originale, facteur d\u2019identité collective.Du côté de la commande, dans leur rôle de maître d\u2019ouvrage, le gouvernement en général et le ministère des Affaires culturelles en particulier doivent agir de manière exemplaire.Leurs réalisations bâties, quelle que soit leur échelle - aménagement intérieur, édifice, complexe urbain - doivent viser l\u2019excellence et la signification culturelle.Pour ce faire, ils doivent faire appel non seulement aux professionnels les plus expérimentés - ce que permet le système Rosalie qui combine hasard et choix rationnel -, mais aux architectes les plus créatifs, qu\u2019ils soient membres d\u2019agences solidement établies ou jeunes.L'ARCHITECTURE COMME CULTURE Pour que l\u2019architecture devienne une composante à part entière de la culture commune, il faut que sa production soit comprise et valorisée par le plus grand nombre.Aussi, il importe que l\u2019histoire de son développement et la connaissance de ses oeuvres majeures et mineures fassent partie de l\u2019éducation scolaire de tous.De plus, il est nécessaire que la publication et l\u2019exposition en architecture se développent, mais encore que lacréation architecturale contemporaine infléchisse la production du cadre bâti.Il est des plus important que soient encouragés officiellement et financièrement des organismes établis qui s\u2019occupent de la diffusion de l\u2019architecture par le biais de l\u2019édition et de l\u2019exposition ainsi que les initiatives ponctuelles.Leur rôle est crucial dans le développement d\u2019une demande plus exigeante en matière de cadre bâti.À cet égard, les efforts de nos meilleurs créateurs peuvent être, à nouveau, soutenus par la préparation de publications monographiques sur leurs oeuvres.Il en est de même pour la relève en architecture pour laquelle une collection de la Jeune architecture pourrait être lancée.S\u2019il est souhaitable que la vocation de foyer culturel du Grand Montréal soit renforcée, elle le sera non seulement par la densification de son activité culturelle mais encore par la qualification de son cadre bâti.Dans ce but, il n\u2019est pas suffisant que son patrimoine architectural fasse l\u2019objet de conservation, de mise en valeur et de développement, il faut aussi que les constructions nouvelles et les réhabilitations d\u2019édifices et d\u2019ensembles bâtis existants soient des contributions architecturales significatives.RECOMMANDATIONS 1.\tL\u2019architecture est une composante à part entière de l\u2019activité culturelle et, à ce titre, sa représentation doit être pleinement assurée dans toutes les instances régulières et dans tous les comités spéciaux relevant du futur ministère de la Culture.Par ailleurs, en ce qui a trait aux programmes de soutien et/ou de financement d\u2019intérêt général mis en place par le Ministère, l\u2019architecture doit pouvoir explicitement en profiter à l\u2019égal des autres arts.URS D 'ARCHITECTURE MÉMOIRE À LA COMMISSION PARLEMENTAIRE SUR LES ARTS ET LA CULTURE 2.\tLa création en architecture doit être reconnue et soutenue; elle est le fondement, sinon unique, du moins central de la culture matérielle.2.1\tLa création-invention en architecture doit être soutenue par le futur ministère de la Culture.Dans ce but, un programme de recherche-création spécifiquement dédié à l\u2019architecture doit être mis en place afin de permettre aux architectes de développer des études et des projets en dehors des contraintes de la commande.2.2\tLes architectes contemporains qui, par leurs oeuvres de création ou de critique, ont contribué de manière significative au développement de la culture doivent être reconnus; leur contribution, comme celle des designers d\u2019ailleurs, doit être collectivement valorisée.À cette fin, doit être créé un Prix du Québec équivalent au Prix Borduas pour les artistes en arts visuels.2.3\tLe gouvernement en général et le ministère de la Culture en particulier doivent être des maîtres d\u2019ouvrage exemplaires.Pour favoriser cette tendance, il est recommandé que soit mise en place une politique de concours publics d\u2019architecture en vue de choisir les architectes des futurs équipements et aménagements publics.Celle-ci devra être diversifiée afin de permettre l\u2019organisation de concours de portée et d\u2019envergure différentes - concours d\u2019idées ou concours en vue de l\u2019exécution, épreuve locale ou internationale - suivant la nature et l\u2019importance des opérations d\u2019aménagement, de construction ou de développement soumis à la compétition.De plus, certains concours devraient spécifiquement s\u2019adresser aux jeunes.3.\tL'architecture doit devenir un bien culturel apprécié et appréciable par tous.Aussi, il faut que l\u2019éducation en architecture soit développée ainsi que la diffusion des oeuvres et des idées qui sont élaborées dans son champ.3.1\tL'architecture doit être partie intégrante des programmes d\u2019éducation scolaire.3.2\tLes organismes de diffusion en architecture, établis et reconnus pour la qualité de leurs productions - musées, centres d\u2019exposition, maisons d\u2019édition, organes de presse -, doivent être soutenus financièrement par le gouvernement.La participation d\u2019entreprises privées à leur financement ne devrait pas être un facteur de disqualification dans le cadre d\u2019une politique générale qui met l\u2019accent sur le partenariat.3.3\tPar ailleurs, les initiatives de diffusion doivent être encouragées par un programme d\u2019aide à la diffusion spécifiquement dédié à l\u2019architecture, voire au design.4.\tLe patrimoine doit être identifié dans ses composantes les plus anciennes comme les plus récentes.4.1\tLe patrimoine moderne devrait être recensé et documenté afin que ses oeuvres majeures soient protégées et ses oeuvres mineures réhabilitées en pleine connaissance de leur valeur et de leur signification.4.2\tEn tout état de cause, dans les programmes et les structures du futur ministère de la Culture, l\u2019architecture comme création devrait être distinguée de l\u2019architecture comme patrimoine.Au même titre qu\u2019il existe une Direction du patrimoine au sein du ministère des Affaires culturelles, il devrait existerau sein du futur ministère de laCulture, une Direction de l\u2019architecture.ARCHITECTURE»QUÉBEC NOTE: Ce texte reprend de larges extraits du mémoire rédigé par la rédactrice en chet de la revue Architecture^Québec, France Vanlaethem, architecte ENSAAV, professeur au département de Design de l\u2019Université du Québec à Montréal, lequel fut déposé le 17 septembre 1991 devant la Commission parlementaire de la culture et défendu le 1er novembre 1991.7 POLITIQUE E T CONCOURS D'ARCHITECTURE PRÉCISIONS SUR LA POLITIQUE DES CONCOURS PUBLICS EN FRANCE SSÏSÏÏK Lorsque l\u2019on parle de concours publics d'architecture au Québec, la France est sans cesse avancée comme modèle sans pour autant que nombre de ceux qui valorisent l'expérience de ce pays soient parfaitement au fait du cadre légal et des pratiques qui régissent cette modalité de sélection des architectes dans ce pays.Pour s'informer plus avant, Architecture\u2019Québec a voulu profiter de la venue à Montréal, dans le cadre de l'exposition Les années concours, de Monsieur Joseph Belmont, président, et de Madame Michèle Tilmont, secrétaire général de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP), mais encore de deux architectes lyonnais, MM.Olivier Garin et Alain Lelièvre, respectivement président et délégué général de l\u2019Ordre des architectes Rhône-Alpes.Quelles sont les raisons et les modalités précises de la politique des concours publics d\u2019architecture en France ?Telle était l\u2019interrogation centrale que suscitait la rencontre de travail organisée au Centre de design de l'UQAM, en septembre dernier.Y avaient été invités des représentants des gouvernements provincial et municipal ainsi que des organisations professionnelles du Québec et du Canada.La séance présidée par l'architecte Jean-Louis RobiHard et synthétisée par le directeur du département de Design de l\u2019UQAM, Jean-Pierre Hardenne, s\u2019est avérée très fructueuse.Nous en reproduisons de larges extraits illustrés de certains des plus récents projets de concours publics français exposés à cette occasion.LE CONCOURS D'ARCHITECTURE, UN DES VOLETS D'UNE POLITIQUE DE L'ARCHITECTURE M.Joseph Belmont, architecte, président de la MIQCP Tout seul, le concours ne suffit pas; il faut qu\u2019il s\u2019accompagne de toute une série d\u2019actions, nombreuses, en faveur de l\u2019architecture.En France, il a fallu dix ans d\u2019efforts continus pour faire émerger une architecture française de premier plan.Revenons au point de départ, aux alentours de 1970, alors que nous sortions des «trente glorieuses» années de reconstruction du pays, décennies où l\u2019effort avait été avant tout quantitatif.Si l\u2019architecture sociale avait connu d\u2019importantes avancées, l\u2019architecture-objet accusait du retard.Or, brusquement, c\u2019est cette architecture qui était devenue importante.Pourquoi?D\u2019abord, parce que les Français, qui disposaient maintenant de logements, d\u2019écoles, d\u2019hôpitaux,.ont eu d\u2019autres priorités; ils ne pensaient plus seulement à vivre, mais à mieux vivre.Ensuite, parce qu\u2019il y a eu, à ce moment là, l\u2019apparition d\u2019une génération d\u2019architectes de premier plan qui s\u2019étaient manifestés en mai 1968.La politique que nous avons jouée était extrêmement simple: faire émerger une architecture par l\u2019intermédiaire des jeunes architectes.Il y a d\u2019autres politiques possibles, mais telle a été la nôtre.Par ordre chronologique, rappelons rapidement les actions dès lors engagées.La première fut le développement des villes nouvelles avec désignation de leurs architectes par voie de concours.Comme leurs urbanistes étaient de jeunes professionnels issus de mai 68, les architectes de la même génération ont été favorisés dans l\u2019appel des candidatures.Ce fut le premier acte volontariste pourfaire passer la nouvelle génération.En 1973, la promulgation du décret ingénierie du ministère des Finances a rendu le concours obligatoire pour toute construction publique.Ce décret dont les visées étaient avant tout économiques - assurer dans le cadre de la commande publique le plus juste rapport entre, d\u2019une part, les honoraires et, d\u2019autre part, les prestations et garanties -, a bouleversé la productivité architecturale française.En 1974, le Programme Architecture Nouvelle (PAN) visait à lancer de jeunes architectes.Ainsi nombreux furent ceux qui reçurent ainsi leur première commande.Puis en 1977, fut créée la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP) avec pour but de rendre exemplaire la production bâtie de l\u2019État.La MIQCP devait devenir le moteur de l\u2019architecture en France.A suivi, en 1979, le lancement des Albums de la jeune architecture nés du regret de voir dans les concours tant de matière grise dépensée sans que les deuxième, troisième et quatrième prix ne soient jamais récompensés.Le but de ces publications: faire connaître les jeunes architectes lauréats.En 1980, l\u2019Institut Français d\u2019Architecture (IFA) a été fondé.Cette institution, installée au centre de Paris, a été créée afin que ces nouvelles générations d\u2019architectes et ces nouveaux projets puissent quelque part occuper l\u2019avant-scène.La même année, suite à la Loi d\u2019architecture de 1977, tous les départements français se voyaient dotés d\u2019instances-conseils ouvertes tant au maires qu\u2019aux habitants pourtous les problèmes d\u2019architecture, d\u2019urbanisme et d\u2019environnement.Ensuite, s\u2019est déroulée toute une série d\u2019actions pour la création en architecture.Nous avions un système juridique et administratif très fort en matière de protection.Mais on s\u2019est vite rendu compte que par le biais de la protection, on pouvait faire passer la création.Ce lien dès lors établi entre protection/création a été l\u2019un des importants leviers du développement de l\u2019architecture française.Enfin, à partir de 1984, furent engagés les chantiers du Président.Ces réalisations spectaculaires ont eu pour effet marquant de faire connaître partout les efforts déployés pour l\u2019architecture en France, mais elles n\u2019auraient pas eu un tel impact sans le substrat que je viens de décrire.GÉNÉALOGIE DE LA POLITIQUE DES CONCOURS PUBLICS D'ARCHITECTURE EN FRANCE Mme Michèle Tilmont, secrétaire général de la MIQCP Le système des concours en France a évolué dans le temps.L\u2019histoire commence dans les années 1970, alors que le ministère des Finances avait imposé le décret ingénierie aux visées avant tout économiques.La MIQCP ayant été créée en 1977, ses responsables onttravaillé à détourner, en quelque sorte, cette obligation afin de lui donner, dans le domaine de l\u2019architecture, une résonance qualitative et culturelle.La première moitié des années 1980 - notre véritable réglementation des concours date de 1986 -, en fut une de tâtonnements.En 1984, la Mission publiait, en collaboration avec la Direction de l\u2019architecture, un premier guide des concours où différentes formules étaient proposées aux maîtres d'ouvrage : concours ouverts ou restreints, concours à deux ou un tours, concours légers sur esquisse ou concours sur avant-projet sommaire (APS).Rappelons qu\u2019à la même époque, la MIQCP avait la responsabilité, en matière de constructions publiques, du suivi du programme d\u2019exemplarité des services de l\u2019État lancé par le président de la République.Cela s\u2019est traduit par un grand nombre d\u2019opérations qui toutes ont fait l\u2019objet de concours.Les différentes formules de concours y ont été testées.Cela a permis à la MIQCP de faire, en 1986, des propositions de modification du Code des marchés publics, avec pour résultat un seul mode de concours d\u2019architecture s\u2019imposant à tout maître d\u2019ouvrage public, État ou collectivité locale, une réglementation très forte dont le non-respect entraîne des sanctions de la part des tribunaux administratifs.Le décret de mars 1986, toujours en vigueur aujourd\u2019hui, n\u2019autorise que des concours restreints, indemnisés.Suite aux expériences diverses du début des années 1980, il nous est apparu essentiel de dédommager les architectes qui participaient à ces épreuves, exigeantes autant sur le plan intellectuel que financier.Cette réglementation a néanmoins prévu certaines exemptions au concours, notamment dans les cas de réutilisation de bâtiments existants, d\u2019investissements préalables, ou pour l\u2019extension d\u2019un bâtiment conçu par un architecte toujours en pratique.Ce qui est important également, c\u2019est le nouveau seuil d\u2019obligation des concours établi par la réglementation de 1986 : 900 000 francs d\u2019honoraires, soit des projets d\u2019environ 1 000 m2 construits, représentant quelque 10 millions de francs d\u2019investissement.Nous avons également proposé en dessous de ce seuil, un système intermédiaire, celui des compétitions simplifiées, des concours sans remise de prestations.L'APPLICATION DE LA POLITIQUE DES CONCOURS PUBLICS D'ARCHITECTURE EN FRANCE La première étape de tout concours est l\u2019appel public de candidatu- 8 Wëêm sâ .:.-.\u2022j-v'-?,^\u2018-r'- \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 ___ \u2022' ¦?\" -' Wm-.SRC s sgliiig! res, l\u2019annonce par le maître d'ouvrage dans une publication légale de l\u2019ouverture du concours sans restriction géographique.Tous les architectes inscrits à l\u2019Ordre des architectes de France peuvent répondre à l\u2019appel de candidatures, et même éventuellement des architectes étrangers.Ce progrès essentiel a permis de changer complètement les mentalités, d\u2019assurer la transparence de la commande publique et d\u2019abolir tous privilèges liés à des monopoles techniques et professionnels.La deuxième étape, c\u2019est la composition d\u2019un jury.En France, la réglementation veut que le jury comprenne au moins un tiers de maîtres d\u2019oeuvre compétents, selon la nature de l\u2019ouvrage à réaliser.Un autre aspect important de la réglementation, c\u2019est la limite établie quant au pouvoir du jury.Tout maître d\u2019ouvrage a la possibilité de retenir, après examen, un autre projet que celui proposé par le jury.Est ainsi reconnue la responsabilité du maître d\u2019ouvrage dans le choix de son équipe de maîtrise d\u2019oeuvre.Bien sûr, le maître d\u2019ouvrage a établi un règlement particulier pour la consultation et il a aussi constitué une commission technique qui a un rôle très important d'examen des projets.Ce règlement établit le niveau des prestations demandées dans le cadre du concours et, en parallèle, les indemnisations accordées aux concurrents retenus.Il est pour l'État de 80% du prix de revient estimé des études nécessitées.Le niveau des prestations deman-déesestsouventlegerdu fait que généralement les maîtres d\u2019ouvrage, qui ont des budgets toujours difficiles à réunir, préfèrent inviter un plus grand nombre d\u2019architectes à concourir.La MIQCP est tout à fait favorable à cette orientation, d\u2019abord pour une raison d\u2019indemnisation correcte de l\u2019investissement intellectuel des architectes, et aussi pour éviter une coupure trop forte entre la maîtrise d\u2019ouvrage et la maîtrise d\u2019oeuvre dans la conception du projet.Actuellement, nous insistons beaucoup sur la composition des commissions techniques qui doivent être très compétentes et très informatives vis-à-vis des membres du jury pour leur permettre de faire le meilleur choix possible.C\u2019est un mode d\u2019expertise des projets qui reste très important car les jurys n\u2019ont malheureusement qu\u2019un temps limite pour sélectionner les candidatures puis, dans une deuxième réunion, pour juger des projets.La réunion du jury portant sur la sélection des candidats appelés à concourir est la la plus ardue car les candidatures sont nombreuses.À notre avis, c\u2019est là que se joue le concours: sans une bonne sélection des concurrents,pas de bons projets.Les étapes qui suivent sont plus faciles, le travail d'expertise de la commission technique et celui d\u2019évaluation des projets par le jury demeurant beaucoup plus objectifs.La réglementation française ne détermine pas en détails les modalités d'organisation des concours, bien qu\u2019une série de recommandations de la Mission l\u2019encadre.Il est certes peu souhaitable de lancer des concours pendant l\u2019été, à la période des vacances.Il faut que les architectes puissent poser des questions au sujet du programme et que le maître de l\u2019ouvrage réponde communément à tous.Ces concours, conflictuels et concurrentiels par nature, ont favorisé tout un débat culturel et une grande émulation parmi les architectes.Ce système les oblige à se remettre sans cesse en question, à reformuler différentes propositions, ce qui a entraîné chez les maîtres d\u2019ouvrage une prise de conscience de l\u2019intérêt culturel de l\u2019architecture.Concours pour le collège à Arcueil, 1990 P.Caillot, architecte, Paris, projet lauréat. ë&ÊS&g cm mm '%m£ '¦Mm mm Mme Odile Hénault : Pourriez-vous expliciter vos critères de sélection des membres du jury ?M.Joseph Belmont De mon point de vue, il n\u2019y a pas de critères généraux ni de règle précise.Néanmoins deux principes sont à observer: premièrement, adapter le jury aux problèmes à traiter, quelle que soit l\u2019ampleur du programme, et deuxièmement, assurer une certaine diversité dans sa composition tout en évitant de rassembler des ennemis.Le jury doit être un lieu de discussion, mais ses membres doivent pouvoir s\u2019entendre entre eux.M.Olivier Garin, architecte, Lyon, président de l\u2019ordre des Architectes Rhône-Alpes En province, cette sélection des membres du jury nous pose beaucoup de problèmes.D\u2019abord, il existe une défiance vis-à-vis des «nationaux», c\u2019est-à-dire, des architectes parisiens.Et les maîtres d\u2019ouvrage, quand ils ne peuvent pas choisir les locaux, ne voulant pas prendre les Parisiens, se rabattent sur les internationaux.Ensuite vient la représentativité entre les jeunes/vieux, les hommes/femmes.tion.Des jurys de trente personnes, c\u2019estfréquent, surtout depuis la décentralisation.La solution de rêve, mais malheureusement elle est très difficile à réaliser, c\u2019est que personne ne représente personne.De plus, il faut choisir les membres architectes du jury en fonction du programme plutôt qu\u2019en fonction de leur renommée.Ainsi, toujours pour le concours de l\u2019Arche de la Défense, un projet d'insertion dans un grand ensemble urbain qui est un'magnifique témoignage du mouvement moderne, j\u2019ai choisi des jurés tous convaincus de la valeur de cette architecture.Néanmoins, au dernier moment, le ministère de la Culture m\u2019a imposé son membre, un post-moderniste ! Cette expérience m\u2019a d\u2019ailleurs appris qu\u2019il pouvait être intéressant d\u2019avoir un membre d\u2019opinion différente; les discussions au sein du jury sont ainsi plus animées, sans pour autant que cela devienne la pagaille.Pour la Grande bibliothèque, ma démarche fut inverse.L\u2019emplacement étant vierge, le concours offrait la possibilité d\u2019inventer l\u2019architecture et la ville du XXIe siècle.Aussi, j\u2019ai proposé de faire un jury totalement éclectique afin de ne pas orienter, dès le départ, l\u2019architecture à sélectionner.Mme Odile Hénault, architecte, éditeur de Section b : Qu\u2019en est-il des concours ouverts depuis 1986 ?Mme Michèle Tilmont Dans le cadre de la réglementation actuelle, ils sont interdits, sauf si les concurrents sont rémunérés.Les concours d\u2019architecture et d\u2019ingénierie doivent déboucher sur un contrat de maîtrise d\u2019oeuvre avec un architecte.Les concours d\u2019idées, dénommés maintenant plutôt «appel d\u2019idées de recherche» existent encore.Mais ils ne peuvent être un moyen de sélectionner l\u2019architecte maître d'oeuvre de bâtiments publics.LA COMPOSITION DU JURY, UNE ÉTAPE CRUCIALE Claude Ronald, architecte : Vous avez précisé qu\u2019un tiers des membres du jury était des maîtres d\u2019oeuvre.De qui sont alors composés les deux autres tiers ?Mme Michèle Tilmont Ce sont des représentants de la maîtrise d\u2019ouvrage ou des représen- tants des utilisateurs.Les ouvrages financés par plusieurs entités administratives telles la région, le département, l\u2019État,.ont tendance à se généraliser en France.Les différents investisseurs s\u2019attendent à être représentés au sein du jury, ce qui conduit à des assemblées très lourdes.La MIQCP souhaite que le nombre de jurés soit limité au minimum pour éviter la confusion pendant les réunions.Afin de faciliter le jugement, la Mission conseille qu\u2019il n\u2019y ait pas plus de quinze membres.M.Joseph Belmont Le tiers de maîtres d\u2019oeuvres, c'est vraiment le strict minimum; la moitié est un meilleur ratio.La règle de l\u2019Union internationale des architectes prescrit au moins la moitié d\u2019architectes et au moins la moitié d\u2019étrangers.Dans les concours que j\u2019ai organisés - par exemple, La Défense, la Grande bibliothèque -, je suis parti d\u2019un jury de neuf membres.Un nombre impair est toujours préférable pour éviter les jugements faibles.Mais ce nombre s\u2019accroît vite lorsqu\u2019on cherche à représenter toutes les instances concernées par l\u2019opéra- DU CHOIX DIFFICILE DES CONCURRENTS Le choix des architectes appelés à concourir n\u2019est pas plus simple.Deux chiffres pour situer le problème: en région Rhône-Alpes 2 500 architectes sont inscrits au tableau et l\u2019Ordre des architectes s\u2019occupe de 200 à 300 concours par an.C\u2019est beaucoup et c\u2019est peu à la fois, pour la profession, pour ceux qui ne sont pas retenus et qui n\u2019ont pas la possibilité de concourir.D\u2019abord, le jury examine quarante à soixante dossiers et juge de leur conformité au règlement particulier du concours, un moyen très simple pour commencer à éliminer, une étape qui conduit généralement à en écarter la moitié.Ensuite, le jury établit des catégories en vue de retenir les architectes autorisés à concourir: un jeune praticien sans beaucoup d\u2019expérience, un architecte plus chevronné, un architecte qui s\u2019est fait remarquer dans le cadre des concours, un architecte local, un Parisien.et puis «l\u2019ami du maire», il faut parler crûment.M.Joseph Belmont Le choix des concurrents relève du jury.Il y a dans tous les règlements de concours des critères de jugement.Il est évident que dans les première et seconde étapes, les critères ne sont pas les mêmes.Au premier stade, le plus difficile est de passer de 60 candidats à 5 ou 6.Il faut connaître le monde de l\u2019architecture pour être en mesure d\u2019affirmer que tel architecte peut répondre à tel programme ou que tel autre est jeune, mais apte à résoudre tels problèmes.Il y a certains programmes où l\u2019on peutfacilement définir les critères.Par exemple pour un hôpital où les expertises techniques sont telles que le critère de la compétence joue un rôle primordial.Mais dans les programmes plus communs - un poste de police, une bibliothèque de prêt,.- où les critères de compétence ne sont pas essentiels, il faut choisir en fonction de la bonne connaissance du milieu et de la grande 10 culture architecturale.Rappelons que les critères géographiques doivent être refusés.La Mission n\u2019aime pas trop qu\u2019il y ait des critères de sélection des concurrents.Ceux-ci renvoienttropfacilementà une expérience passée dans le même domaine et favorisent une forme de spécialisation des architectes dans des catégories d\u2019ouvrages particulières.Aujourd\u2019hui, un problème se pose au plan des tendances.Il y a des architectes qui produisent une architecture très personnelle.Les gens de talent ont une signature.En général, ce n\u2019est pas la peine de faire concourir des architectes qui représentent des tendances trop diversifiées.Il faut qu\u2019un maître d\u2019ouvrage puisse comparer des choses comparables.Cela devient difficile si la sélection des concurrents panache trop les tendances architecturales pour un projet qui n\u2019est pas d\u2019un enjeu particulier.Ce problème doit être confronté dès le début par les membres du jury et peut être préparé par le travail de programmation.Lors de sa première réunion, le jury doit s\u2019enquérir de ce que le maître d'ouvrage attend du projet, s\u2019il le veut d\u2019une architecture institutionnelle, monumentale, ou au contraire contextuelle, vernaculaire.Dans les choix du jury, les échanges sont plus importants que les critères prédéfinis.M.Jacques Lafrance, sous-ministre adjoint au ministère des Approvisionnements et Services du gouvernement du Québec : Vous semblez être le seul pays au monde qui ne donne pas forcément le contrat à la firme que le jury a choisi.Sa décision est plutôt un recommandation.Quel est le pourcentage des décisions renversées sur les quelque 1200 concours organisés ?Mme Michèle Tilmont Aucune statistique n\u2019existe.Je l\u2019évaluerais en ce qui concerne l\u2019État à cinq pour cent au maximum.C\u2019est relativement peu, mais quand ça se produit, c\u2019est toujours problématique.Les architectes ne comprennent pas; ceux qui ont concouru, bien sûr, mais aussi ceux qui étaient membres du jury.M.Alain Lelièvre, architecte, Lyon, délégué général de l\u2019Ordre des architectes Rhône-Alpes Il faut souligner qu\u2019avec les concours les architectes sont en partie responsables de la régulation de la commande, que vous le vouliezou non.Avec tout le côté positif que cette situation comporte, elle reste difficile à vivre dans un milieu professionnel.C\u2019est un élément important bien que dérangeant sur le plan déontologique.Mais soyons clair : les architectes adhèrent totalement à la politique des concours qui a été mise en place.Je crois que cette réglementation a nettement favorisé le progrès de l'architecture en France.Mais il y a encore beaucoup de mises au point à faire, notamment dans la pré-sélection des concurrents.Nous sommes tous à la recherche de critères quasiment objectifs.Une donnée qui devient de plus en plus importante, c\u2019est l\u2019équipe de spécialistes dont s\u2019entoure l\u2019architecte.Il y a d\u2019autres solutions: demander des déclarations d\u2019intentions, des esquisses.Tout le problème du concours réside, je crois, dans le droit à concourir.MBS- I .llPatlIfts::, \u2022ill;.: d\u2019ouvrage, les ingénieurs et tous ceux qui interviennent, on développe et dissémine cette fameuse culture architecturale.La pratique généralisée du concours a permis de mieux faire les programmes, de mieux choisir les jurys et de mieux désigner les concurrents.C\u2019est l\u2019effet boule de neige, l\u2019amélioration créant l\u2019amélioration.Aujourd\u2019hui, l\u2019architecture en France est intéressante et de bon niveau, car elle est l\u2019image du débat architectural actuel.Plus personne ne sait ce qu\u2019est l\u2019architecture aujourd\u2019hui.Est-ce l\u2019historicisme et Bofill?La tradition de Le Corbusier et Richard Meier?La technologie comme élément fondamental de l\u2019architecture comme pour Rogers et Piano?Est-ce le déconstructivisme?Est-ce que c\u2019est les objets purs et transparents mis en tension avec d\u2019autres objets?Qui peut le dire?Je défie quiconque de répondre.Le débat est intense; les idées sont confrontées sur la place publique.Peu à peu émergera une architecture symbolisant notre époque.L\u2019intérêt du concours, c\u2019est d\u2019avoir susciter ce débat.Ce qui nous importe à la MIQCP, c\u2019est d\u2019augmenter les exigences de qualité des maîtres d\u2019ouvrage et de les responsabiliser encore plus dans leur rôle de donneurs d\u2019ouvrage dans le domaine de l\u2019architecture.Sur ce plan là, la Mission peut être satisfaite, car le désir d\u2019architecture et le débat existent.M.Olivier Garin Depuis les concours, tout le monde parle d\u2019architecture et en demande.Pour nous, architectes praticiens, c\u2019est une grande force parce que cela nous permet d\u2019innover.L\u2019architecte n\u2019est plus simplement un faiseur de bâtiments comme il l\u2019a été pendant longtemps, mais il participe à la formation d\u2019une société et au débat culturel.EN GUISE DE CONCLUSION M.Joseph Belmont Je souhaite que vous arriviez à mettre en place un système des concours, c\u2019est un moteur extraordinaire pour l\u2019architecture.Ce que je souhaite encore plus c\u2019est que vous fassiez mieux que nous.Il vous faudrait tirer parti de notre vaste expérience.Vous pouvez faire mieux.En particulier en ouvrant notre système où le premier degré - l\u2019appel de candidatures - limite énormément le second - le concours d\u2019architecture proprement dit.Il fabrique une race de frustrés, les architectes qui n\u2019arrivent jamais au second, et une race d\u2019épui-sés, ceux qui sont toujours appelés à concourir.Ensuite, que vous fassiez quelque chose de moins rigide en permettant notamment les concours ouverts, mais avec des limites.De plus, il faut se concentrer sur la maîtrise d\u2019ouvrage; tous les problèmes de critères sont des problèmes de culture de la maîtrise d\u2019ouvrage.Le concours est un très bon outil pédagogique, mais il vaut mieux faire un peu de pédagogie avant de lancer les concours.Et enfin, il faut penser à l\u2019urbain, parce que c\u2019est un problème de notre époque.Nous nous sommes axés sur l\u2019objet parce que c\u2019était une façon de faire émerger l\u2019Architecture en 1975.Aujourd\u2019hui, les problèmes urbains sont centraux.M.Bernard McNamara, architecte, président de l\u2019Ordre des architectes du Québec : Pensez-vous que la réglementation de 1986 sur les concours publics est toujours valable pour tous les projets gouvernementaux au-dessus d\u2019un certain seuil?M.Joseph Belmont Vous posez le problème de la systématisation des concours.C\u2019est vrai que cela comporte un danger.Mais si on restreint son application, on risque de voir les concours disparaître.Il faut assouplir le processus, mais plutôt par un système d\u2019exception que de limitation.Mme Michèle Tilmont Cette question est complexe, mais il faut noter qu\u2019il y a un tiers des concours qui sont organisés en-dessous du seuil d\u2019obligation.Cela signifie que les concours plaisent aux maîtres d\u2019ouvrage; il ne faut plus les y inciter comme au début des années 1980.Les élus notamment ont compris tout l'intérêt des concours.CONCOURS D'ARCHITECTURE ET QUALITÉ ARCHITECTURALE M.Jean-Louis Robillard, architecte : Pour terminer, j\u2019aimerais que l'on aborde la question de l\u2019évaluation de la qualité architecturale de la construction publique en France issue obligatoirement des concours.M.Joseph Belmont C\u2019est une question difficile.Bons concours et qualité sont très liés.C\u2019est grâce aux concours et à d\u2019autres mesures que j\u2019ai énumérées, que le niveau de l\u2019architecture a pu s\u2019élever très rapidement en France.Le concours a joué un rôle très important en ouvrant la commande publique aux jeunes architectes et en stimulant la saine concurrence entre architectes.Les concours sont publics, ils attirent l\u2019attention, tous les architectes veulent en faire.Une chose dont on ne parle pas assez, c\u2019est l\u2019aspect pédagogique du concours.En amenant le dialogue permanent entre les architectes, les maîtres LES PROPOS ONT ÉTÉ RETRANSCRITS PAR CATHERINE CHASSAING ET CÉCILE SUBRA, ARCHITECTES, PARIS, ET RÉDIGÉS PAR FRANCE VANLAETHEM.NOTE: Les illustrations accompagnant le compte-rendu de cette rencontre sont extraites du catalogue : Mission interministérielle pour la qualité des conslructionspubliques.Collection-mémoire des concours d\u2019architectures publiques.Paris : ministère de l\u2019Équipement, du Logement, des Transports et de l\u2019Espace - MIQCP - Maison de l\u2019architecture, 1991.1.\tConcours pour le collège à Arcueil, 1990 0.Arene, 0.Chaslin, C.Edeikins, architectes, Paris.2.\tConcours pour la salle de spectacles et médiathèque à Châteauroux, 1991 J.L.Godivier, architecte, Paris, projet lauréat.3.\tConcours pour la salle de spectacles et médiathèque à Châteauroux, 1991 G.Barré, L.Caradec, F.Risterucci, architectes, Paris.I l f 1 UNE ENTREVUE AVEC GILLES PERRAUDIN, ARCHITECTE ET INGÉNIEUR LYONNAIS Véritable «bête de concours», l\u2019architecte Gilles Perraudin nous révèle le tremplin exceptionnel qu'a représenté le concours d'architecture pour lui et son associée, Françoise-Hélène Jourda.Les débuts de leur carrière se confondent avec les premières années d'entrée en vigueur de l'obligation de mise au concours de tous projets de constructions publiques.D'abord lauréats d'un concours d'idées européen en 1980, ils ont par la suite été invités à participer à nombre des épreuves lancées durant la décennie, du concours international pour la Tête-défense où leur projet fut primé à celui pour le centre culturel Jean-Marie Tjibaou à Nouéma.En dix ans de pratique, leur participation à plus de cinquante concours et consultations les a mis quete du sens humain qu'ils poursuivent à travers leur oeuvre dans une situation de recherche constante qui leur a permis de développer une architecture essentielle et originale.Ils favorisent une approche où les matériaux et les techniques constructives reçoivent une attention toute particulière sans pour autant que la dimension symbolique du bâti soit approchée de manière univoque.Mettant en oeuvre les technologies les plus avancées, les projets qu'ils dessinent actualisent les grands archétypes de la matière et de l\u2019espace.Pour eux, l\u2019exploration des moyens que i offrent la science et la technique modernes n\u2019est pas inconciliable avec ta REUSSIR GRÂCE AUX CONCOURS DARCHITECTURE ARQ Votre production est étonnante par sa capacité d\u2019adresser certaines préoccupations majeures de notre époque.Dans vos projets vous confrontez la nécessité de reconstruire un environnement artificiel signifiant, sans pour autant rejeter les technologies les plus avancées, bien au contraire, et tout en prenant en compte, dans nombre d\u2019entre eux, la question écologique.Pourriez-vous préciser quelles ont été vos motivations et quel a été votre parcours?Ou si vous préférez, quelle est la constellation de votre univers de références intellectuelles et artistiques?Gilles Perraudin Notre parcours est singulier.Nous sommes en marge du milieu de l\u2019architecture en France qui est centré à Paris.Comme la plupart des gens qui en font partie, nous n\u2019avons pas fait le circuit des maîtres.Dès le départ, nous avons travaillé à notre compte.Mon origine est simple : je suis un enfant de la campagne.Poussé par une espèce de besoin de dessiner des choses, je me suis retrouvé à l\u2019Ecole d\u2019architecture de Lyon.Au début des années 1970, l\u2019école était complètement désorganisée.Aussi, ma première initiative fut de refaire l\u2019itinéraire de Le Corbusier concevant le couvent de La Tourette.Cela m\u2019a conduit à l\u2019abbaye cistercienne du Thoronet, une architecture simple et essentielle qui m\u2019a profondément marquée, un lieu où je retourne régulièrement.J\u2019ai donctoujours travaillé par moi-même.Par ailleurs, pendant mes études, j\u2019ai travaillé un an en Algérie, sous la direction de l\u2019architecte André Raverau.Je me suis retrouvé dans le désert où j\u2019ai développé mon intérêt pour les constructions vernaculaires, une architecture très juste du fait de son économie dans les moyens mis en oeuvre et de l\u2019équilibre qu\u2019elle maintient par rapport au milieu naturel.Cette justesse est une préoccupation constante dans notre travail.Cette expérience a en outre renforcé ma conviction persistante que l\u2019architecture c\u2019est avant tout bâtir.C\u2019est pour cette raison, sans doute, que je ne me sens peu proche des milieux intellectuels de l\u2019architecture, étranger aux mouvements et aux débats.Je ne suis pas intéressé par les discours, mais par l\u2019architecture construite qui, d\u2019après moi, est beaucoup plus convaincante.ARQ Vos études d\u2019ingénieur, vous les avez faites pendant que vous faisiez l\u2019École d\u2019architecture à Lyon?G.P.Non, avant.J\u2019ai une formation bien particulière.J\u2019ai suivi une filière très technique.Quand je rentre à l\u2019UP de Lyon, j\u2019ai un diplôme en génie du bâtiment de l\u2019École d\u2019ingénieur de la Martinière.Mais ce n\u2019est pas tant cette formation que l\u2019expérience acquise dans la mise en oeuvre de techniques très sophistiquées, quifaitqu\u2019aujourd'hui, je me sens totalement autonome tant en architecture qu\u2019en génie LES CONCOURS PUBLICS, UN TREMPLIN POUR LES JEUNES ARCHITECTES ARQ Comment le concours vous a-t-il permis de vous affirmer, vous, jeune architecte n\u2019ayant pas un réseau social très développé, n\u2019ayant pas non plus établi des connections intellectuelles et personnelles, qui sont des sources potentielles de transfert de commandes?G.P, Commençons par le début.Étant originaire d\u2019un milieu rural, une fois mes études d\u2019architecture terminées, à la fin des années 1970, j\u2019ai eu envie de m\u2019installer en région pour faire un travail en profondeur et très intégré culturellement à une population.Nous nous sommes retrouvés dans un coin de campagne et nous avons commencé à travailler en cherchant à établir des relations avec les gens du cru.Nous nous sommes heurtés à une totale incompréhension.Nous ne partagions pas la même conception de l\u2019architecture vernaculaire.Les gens en ont une approche statique: celle de l'imitation.Pour nous, au contraire, nous devions partir de cette architecture qui est un modèle des points de vue technique et écologique, pour justement aller vers une expression contemporaine intégrée.C\u2019est d'ailleurs dans ce cadre-là que nous avons été amenés à développer une petite maison solaire que Patrice Goulet a qualifié d\u2019«architecture vernaculaire d\u2019avant-garde».Ce projet, qui a été rejeté par le client parce qu\u2019il ne correspondait pas à ses attentes, nous l\u2019avons présenté au premier concours européen d'énergie solaire passive en 1980.Nous avons remporté le premier prix à l\u2019unanimité du jury.Ce projet publié dans de nombreux pays d\u2019Europe, nous a apporté une première reconnaissance qui a contribué à établir les bases d\u2019un réseau social.J\u2019ai été diplômé en 1977, l'année même de la création de la MIQCP.Concours de circonstances, dès lors, ce mode de sélection des architectes se généralise.Par ailleurs, à l\u2019époque, une toute nouvelle génération d\u2019architectes issus de mai 1968 envahissent le champ de l\u2019architecture, sans pour autant pouvoir s\u2019affirmer au niveau de la commande qui était monopolisée par les grands cabinets dirigés par les Prix de Rome.Ces professionnels ne comprirent pas le nouveau régime de la commande publique; ils pensaient qu\u2019ils allaient continuer à dominer le marché.Erreur d\u2019appréciation: les jeunes architectes qui bien qu\u2019ayant très peu construit, voire pas du tout, étaient appelés à participer aux épreuves organisées et ils se mirent à remporter les contrats de gros projets.Nous ne nous trouvons pas tout à fait au début de ce mouvement, mais au moment où, à l\u2019échelle nationale, sous l\u2019impulsion de responsables comme M.Joseph Belmont notamment, il y a une volonté d\u2019étendre cette pratique à la province.ARQ Pourriez-vous préciser comment cette jeune génération a pu s\u2019affirmer?G.P.Un certain nombre des jeunes architectes ont été repérés grâce aux Programmes d\u2019Architecture Nouvelle (P.A.N.).En ce qui nous concerne, nous n\u2019émergeons pas de ce contexte n\u2019étant pas Parisiens - les P.A.N.sont restés très parisiens.Nous nous retrouvons invités à de grands concours suite au prix pour la maison à énergie solaire remporté en 1980.Un an plus tard, alors que nous n\u2019avions à peu près rien construit, si ce n\u2019est une petite résidence de 90 mètres carrés à Saint-Péray, en Ardèche, nous étions invités à participer à plusieurs grands concours nationaux, comme celui pour la Cité judiciaire de Lyon - un projet de 40 000 mètres carrés - ou encore pour l\u2019Institut du Monde arabe à Paris.Nous nous sommes donc trouvés, un peu par hasard, en concurrence avec des architectes nationaux, les Portzemparc, Ciriani, Nouvel, alors que nous étions de province, alors que nous n\u2019avions aucune relation, que nous étions étrangers au milieu parisien.Nous avons été chanceux : des six concours nationaux auxquels nous avons participé en 1982 et 1983, nous en avons remporté trois, dont deux assez importants : l\u2019école de la Lanterne à Cergy-Pontoise et l\u2019École d\u2019architecture de Lyon.ARQ C\u2019est donc vraiment par la qualité de votre travail, l\u2019intérêt de vos projets que vous avez réussi à vous imposer?G.P.Absolument.Certes, aujourd\u2019hui, la situation est moins favorable pour les jeunes architectes en France.Au sortir de l\u2019école, ils ne gagnent plus des concours tout de suite.Ils ont des difficultés à se faire inviter parce qu\u2019ils n\u2019ont pas encore de références.ARQ Hier, lors de votre conférence, vous avez précisé qu\u2019en dix ans de pratique, vous avez pris part à près de quatre-vingt concours.Comment conciliez-vous l\u2019effort de créativité incessant qu \u2019exige la participation aux épreuves et le travail plus quotidien de l\u2019agence et du chantier?G.P.Pour nous, il n\u2019y a pas de différence entre le travail d\u2019élaboration initiale du projet et le travail de son développement technique; tous deux supposent la même création constante.L\u2019exécution demande une recherche de techniques de construction appropriées, toujours plus sophistiquées, et d\u2019entreprises hyper-qualifiées.Nous ne voulons pas innover à tout prix, nous recherchons plutôt les solutions les plus justes pour réaliser nos intentions architecturales.Dans notre agence, il n\u2019y a aucune division du travail, aucune distinction entre ceux qui s\u2019adonnent à un projet de concours ou à des détails d\u2019exécution: faire un concours ou faire la surveillance de chantier sont des activités qui ont une même importance.Dans notre travail, il y a non seulement une totale continuité entre le projet et sa réalisation, mais encore de concours en concours.D\u2019un projet à l\u2019autre, les mêmes thèmes réapparaissent.Si notre commande était une commande directe, nous poursuivrions cette recherche de la même façon.J\u2019ai souvent cette discussion avec des confrères qui n\u2019ont pas le même type de parcours que nous.Eux qui sont des participants occasionnels, ils me disent toujours que le concours est vraiment un moment où l\u2019architecte peut se défoncer.Faire un concours pournous, c\u2019estdifférent; c\u2019est apporter une réponse adaptée à un maître d\u2019ouvrage tout en développant nos propres préoccupations créatrices.LE CONCOURS GARANT DE LA CRÉATIVITÉ ARCHITECTURALE ARQ Mais le concours ne favorise-t-il pas un effort de recherche plus profond que la commande directe?G.P.Ma réponse sera ambivalente.Du point de vue de l\u2019architecte, selon moi, il n\u2019y a pas de différence.Le concours offre cependant une occasion formidable et fantastique : il légitime totalement un projet.Dès lors, le concept ne peut plus être remis en question; il n\u2019est pas négociable avec le client.Cette situation est fort différente de la commande directe où le maître de l\u2019ouvrage a toute latitude ¦» 1.\tRésidence des architectes, Lyon-Vaise, 1987, vue d\u2019ensemble de la façade sud.de nuit.2.\tÉcole d'architecture de Lyon, Vaux-en-Velin, axonométrie décomposée, projet lauréat du concours tenu en 1982, livraison en 1987.3.\tÉcole d'architecture de Lyon, Vaux-en-Velin, façade.I 3 d\u2019accepter ou de refuser la proposition de l\u2019architecte ou encore de lui demander des modifications afin qu\u2019elle corresponde à ses attentes.Là, se situe la différence fondamentale: la commande directe impose la négociation, voire même favorise l\u2019auto-censure de la part de l\u2019architecte qui lors du travail de conception s\u2019interdit certaines solutions, anticipant les réactions du client, alors que le concours garantit l\u2019intégrité du projet.ARQ Que pensez-vous de la politique des concours publics telle qu\u2019elle existe aujourd'hui en France?Est-ce que cette réglementation très univoque qui impose le concours public d\u2019architecture restreint et rénuméré pour toute construction publique engagée par l\u2019État ou les collectivités locales devrait être changée?G.P.On pourrait discuter longtemps de la manière de faire des concours, notamment des subtilités de la sélection des concurrents.Je proposerais que pour les bâtiments publics de petite et moyenne importance, soient lancés des concours qui s\u2019adressent en exclusivité aux jeunes architectes, même sans références bâties, mais avec des références de qualité sur des projets qu\u2019ils ont fait.Cela permettrait à de jeunes équipes de faire une première expérience pratique et de constituer leur agence.Sans doute plusieurs architectes de ma génération ont abordé avec succès de grand projets dès le début de leur carrière, mais d\u2019autres ont eu des difficultés sérieuses et plusieurs ne s\u2019en sont pas remis.N\u2019ayant pu maîtriser la réalisation d\u2019un projet d\u2019envergure, leur première chance a aussi été la dernière.ARQ Avez-vous déjà participé à des jury?G.P.Ça ne m\u2019est arrivé qu\u2019une fois.Je n\u2019aime pas trop.C\u2019est surtout une question de temps.Dans notre bureau travaillent une quinzaine de personnes.Notre présence quotidienne est nécessaire.LA QUESTION DES TRANFERTS TECHNOLOGIQUES EN ARCHITECTURE ARQ Vos projets comportent la mise en oeuvre de techniques constructives très sophistiquées?Comment trouvez-vous les entreprises qui les réalisent?G.P.Dans beaucoup de cas on va chercher les compétences là où elles sont.Deux exemples, l\u2019un au niveau conceptuel, l\u2019autre au plan de l\u2019exécution.Lorsque nous avons élaboré, en collaboration avec l\u2019architecte Norman Foster et l\u2019ingénieur Martin Francis, le projet pour le doublement du pont d\u2019Austerlitz à Paris, nous avons utilisé des logiciels de calcul empruntés à l\u2019industrie du nucléaire.Et quand la mise en oeuvre d\u2019un projet nécessite la fabrication de pièces métalliques moulées, nous contactons des industries très spécialisés hors du secteur du bâtiment.Il est à noter que nombre de ces ateliers qui travaillent, à la demande, en sous-traitance pour de très grosses industries des secteurs de l\u2019automobile et de l\u2019aéronautique, voire pour celui très avancé des équipements médicaux, sont souvent installés dans des coins complètement perdus de la France.La région Rhône-Alpes est en particulier très riche sous cet aspect.Cette densité lui vient de sa tradition artisanale et manufacturière marquée par les 1.\tCité scolaire internationale de Lyon, perspective sur la rue intérieure, projet lauréat du concours tenu en 1989, livraison en 1992.2.\tCité scolaire internationale de Lyon, maquette d'étude.3.\tColonne signalétique de l\u2019accès aux stations de métro de la ligne D, Lyon, vue générale d\u2019un élément ailé, projet lauréat du concours tenu en 1989, livraison en 1991.fl industries horlogères du Jura et les industries mécaniques en Haute-Savoie qui ont formé, de longue date, des artisans et des techniciens très qualifiés.Quant à Lyon, dans le passé elle était réputée pour le tissage de la soie.Cette activité économique a certes été déclassée par la concurrence de l\u2019Extrême-Orient et par le développement des fibres synthétiques.Cependant, cette tradition de la soierie a entraîné tout naturellement une spécialisation dans les tissages extrêmement élaborés.Par exemple, l\u2019industrie qui afabriqué les toiles pare-soleil de l\u2019école d\u2019architecture de Lyon a produit des voilures fort complexes pour le nez de lafusée Ariane sans compter les voiles du bateau French Kiss qui a participé à l«America Cup».Beaucoup de composantes des serres de la Villette à Paris, conçues par Peter Rice, sont des moulages qui ont été fabriqués dans la région de Saint-Étienne, une ancienne région minière où sont implantées, aujourd\u2019hui, de petites entreprises métallurgiques hautement spécialisées.Rappelons que nous cherchons pas à faire du «high-tech» à tout prix.Certains de nos projets mettent en oeuvre des matériaux traditionnels.Ainsi les maisons de l\u2019Isle-d\u2019Abeau sont construites en terre tandis que le volume habitable de notre résidence à Lyon est monté en panneaux de contre-plaqué.Certes une toile tendue sur une structure métallique le protège.Cette toile esttrès sophistiquée; elle est pré-contrainte, donc indéformable.Ce procédé aété mis au point par une entreprise de la région lyonnaise qui possède un brevet unique au monde.Notre résidence est donc un bâtiment hybride où sont associées les techniques de construction les plus évoluées et les plus rustiques./T'* ¦&-Ç-.g jifcy ¦t-ag'-: ' 14 \u2022 ¦\u2022\u2018iUlii y///.____ wpwrçw,' rTHWHRRV ¦f-jK.TL2.\t$\t.\t\tmm\t\t\tÊIÊÊÊffwiiiwI\t¦\tjliiijijijijiliijijij!!,\t§\t\t\t;ff\tmmlm\t\till\tm\t\tËiÊÊmÈÊÊÊÊÊÊ \t\t\t¦\tMWMgHBMM\t1!\t¦\t\t\t\tm\t\til\t\tI i\t1 m\t\t\tmi\tif/\t\t UNE ARCHITECTURE SYMBOLIQUE DE HAUTE TECHNOLOGIE ARQ Ce petit bâtiment est un bel hommage à Le Corbusier, à sa petite maison de week-end à Saint-Cloud.G.P.Tout à fait.Ce projet tient du cabanon mais encore de la Maison de l\u2019Homme à Zurich.Son concept qui distingue l\u2019habitacle et la toiture est identique.Ce projet n\u2019est pas très loin non plus du palais du Gouverneur à Chandigarh où des volumes s\u2019agencent sous une grande toiture.Le Corbusier est pour nous une grande référence, tout comme Louis Kahn et Mies van der Rohe, d\u2019ailleurs.ARQ L'École d'architecture de Lyon peut faire penser à la grande tradition rationaliste française, autant aux architectes de la Révolution, telLedouxetBoullée, qu\u2019à Viollet-le-Duc.Que pensez-vous de ces filiations?G.P.J\u2019ai parlé d\u2019Icare lorsque j\u2019ai présenté les ateliers de l\u2019école situés à l\u2019étage.Pour nous, ces espaces sont marqués, à la fois, par l\u2019idée du grenier, d\u2019un lieu où l\u2019on s\u2019élève, où l\u2019on va rêver.La poétique de Gaston Bachelard : le grenier, l\u2019ascension, l\u2019aérien, la descente, la cave, la grotte, la terre.L\u2019école a une charpente de bois assez traditionnelle qui craque, mais sa structure renvoie aussi aux premiers avions de Clément Ader, semblables aux chauve-souris.Nos projets supposent donc une recherche des images porteuses de significations profondes, une investigation qui nous conduit parfois à renouer avec la tradition, sans que ce soit de manière mimétique.L\u2019architecture est une création artistique ancrée dans son époque.C\u2019est ainsi qu\u2019elle se rattache à la réalité sociale, économique et culturelle.L\u2019architecture doit adresser les grands questionnements intérieurs posés par une société et lui en renvoyer une image qui permette la prise de conscience.Ainsi dans l\u2019un de nos récents projets, la Cité scolaire internationale de Lyon, nous explorons l\u2019idée de complexité.Si l\u2019École d\u2019architecture de Lyon avec son plan simple et régulier peut être comparée à une symphonie classique de Bach, le lycée international, avec ses structures complexes, non-cartésiennes, c\u2019est du Stockausen.Dans ce projet, l\u2019analogie musicale peut être poussée plus loin.Son plan est en forme d\u2019onde, onde aquatique motivée par la proximité de l\u2019eau, mais encore onde sonore.Le lycée ressemble à une grande oreille, un organe dont laforme renvoie à la position foetale.Par notre architecture, nous approchons ainsi le destin de l\u2019être.Nous cherchons à produire une harmonie nouvelle faite de complexité et de hasard.TRAVAILLER ET VIVRE EN PÉRIPHÉRIE ARQ Vous n\u2019avez jamais été tenté de vous installer à Paris?G.P.À un moment donné, oui, parce que nous n\u2019avons que très peu de rapports avec le milieu architectural lyonnais.Nous nous sommes posés la question d\u2019un point de vue strictement stratégique; nous étions sans cesse invités à participer à des concours nationaux et, de plus, nous travaillions avec des gens comme Peter Rice, Martin Francis et d\u2019autres.Aussi nous nous sommes demandés à un moment donné s\u2019il ne serait pas plus simple d\u2019être dans la capitale.Mais expérience faite, nous nous sommes aperçus qu\u2019être installés à Paris apportait aussi beaucoup d\u2019inconvénients.Nous étions coupés de choses qui sont très importantes pour nous, le tissu d'entreprises de pointe de la région lyonnaise et sa proximité.Par ailleurs, Lyon n\u2019est pas une très grande ville comme Paris, il est facile d\u2019en sortir; en moins d\u2019une heure vous êtes dans les Alpes où sont entre autres installés de tels ateliers de production.Finalement, Lyon est une ville où il est agréable de vivre pour une famille.Nous nous sentons de plus en plus attirés vers le Sud, vers les rives de la Méditerranée, et d\u2019ailleurs dans notre travail il y a un côté méditerranéen profondément ancré.ARQ Notamment dans la prise en charge du climat?G.P.Pas seulement, il y a aussi cette acceptation de la dimension biologique des choses qui est fondamentale pour nous.La culture méditerranéenne sous-tend un savoir bien vivre qui se marque dans les rythmes et les rites de la vie quotidienne.Plus on veut aller loin dans la recherche de l\u2019élévation, plus il est nécessaire de s\u2019ancrer dans le quotidien.Je relisais Le Corbusier, qui disait qu\u2019il avait énormément travaillé dans sa vie, mais qu\u2019il fallait travailler avec constance et constamment, c\u2019est-à-dire une sorte d\u2019ancrage dans le quotidien, justement dans le non-événementiel, dans la persévérance.Plus les créateurs veulent s\u2019évader, plus ils ont besoin de s\u2019ancrer dans le quotidien.Et pour nous, c\u2019est fondamental et c\u2019est une prise en compte de la qualité de vie.Je n\u2019envie absolument pas certains de mes confrères parisiens, qui sont livides, qui vivent la nuit; leur architecture est d\u2019ailleurs une architecture de l\u2019éclairage artificiel.Ils ont complètement oublié que les feuilles poussent avec le soleil, qu\u2019il y a ce rythme fondamental de la vie, de l\u2019alternance du jouret de la nuit qui scande complètement notre vie et notre biologie.Si l\u2019on oublie tous ses aspects, on a oublié l\u2019Homme, on a oublié pourquoi on travaille.Lyon nous offre une plénitude extraordinaire.La ville future, c\u2019est cette ville-là, cette ville équilibrée, cette ville moyenne, dans laquelle il n\u2019y a pas de choses hypertrophiées, où l\u2019on peut encore facilement aller à vélo à l\u2019opéra ou à pied.Lyon est au centre de l'Europe et, par avion, à proximité de nombreuses villes dans le monde.Finalement nous nous sommes aperçus que quand ils ne faut pas souvent voyager loin, c\u2019est très important de vivre dans un endroit un peu à l\u2019écart.NOTE: Cette entrevue avec Gilles Perraudin a été laite le lendemain de la conférence qu'il donnait au Centre de design de l\u2019UQANI, le 16 octobre 1991, dans le cadre de l'exposition Les années concours.Elle a été conduite et rédigée par France Vanlaethem.¦ RÉFÉRENCES I Françoise-Hélène Jourda el Gilles Perraudin, École d'architecture de Lyon.Paris : Champ Vallon, 1988.illus., 70 pages.Institut Français d\u2019Architecture, Paris.Jourda-Perraudin.Paris : Pandora Éditions, «Gros Plan 8», 1991, illus., 64 pages. POLITIQUE ET CONCOURS D'ARCHITECTU R E ARCHITECTURES PUBLIQUES ESSS» SANS FRONTIÈRES MICHÈLE TILMONT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA MISSION INTERMINISTÉRIELLE POUR LA QUALITÉ DES CONSTRUCTIONS PUBLIQUES (MIQCP) ARCHITECTURES PUBLIQUES EN FRANCE : UN BILAN Afin d\u2019élargir nos horizons Outre-Atlantique trop souvent centrés sur la France, nous avons demandé à un observateur privilégié de nous tracer un panorama des politiques de concours en Europe.Si dans les différents pays, les problèmes sociaux se présentent en termes de besoins et de réponses bâties comparables, les procédures d'attribution de la commande publique y sont néanmoins différentes, l'organisation des administrations publiques et des professions infléchissant les pratiques.Fréquent en Suisse, en Allemagne et en Autriche, le concours public d'architecture n\u2019y est pas pour autant obligatoire.Seul l'État français a mis en place en cette matière une réglementation incontournable, alors qu'aux Pays-Bas, la commande publique est attribuée directement et qu'en Espagne, ce ne sont pas les pouvoirs publics mais la profession qui régit cette pratique.Mais partout en Europe, de l\u2019est à l'ouest, les concours publics se multiplient et, dans une situation généralisée de désengagement de l'État, les promoteurs en sont plutôt les villes, l'architecture étant devenue un moyen d'affirmer leur identité dans un espace économique qui s'élargit, aujourd\u2019hui, à l'échelle de ta planète.Les concours d\u2019architecture, obligatoires en France depuis le début des années 1980, aujourd\u2019hui se multiplient.On leur attribue pour bénéfices, de contribuer à l\u2019émergence d\u2019une nouvelle génération de professionnels de talent et de favoriser le renouveau de la qualité architecturale, principalement dans le domaine des bâtiments publics.Pourtant, il y a une dizaine d\u2019années, la situation apparaissait sans espoir.Au monopole de la commande partagée entre quelques prix de Rome s\u2019ajoutait un recours quasi systématique à des procédés de construction industrialisée détenus par quelques entreprises.En a résulté une médiocrité générale des constructions publiques, trop facilement justifiée par l\u2019urgence des besoins à satisfaire.Diverses politiques vigoureuses des pouvoirs publics, dont la création de la MIQCP et la mise en place d\u2019une réglementation des concours, ont aidé l\u2019architecture française à renaître.Un débat culturel sur l\u2019architecture s\u2019ensuivit, les nombreuses conférences et expositions, l\u2019édition de livres et de films, les articles de presse en attestent.Les projecteurs sont aujourd\u2019hui braqués sur les architectes qui occupent l\u2019avant-scène, l\u2019intérêt pour l\u2019architecture étant devenu manifeste.D\u2019autant que les efforts de l\u2019État sont maintenant relayés par les villes.La traditionnelle rivalité entre villes françaises se manifeste de plus en plus dans leur politique architecturale respective: la création contemporaine devient un des terrains cie leur compétition, le témoignage visible de leur dynamisme économique, de leur volonté de modernité, de leur souhait de transformer l\u2019espace urbain et de «changer la ville pour changer la vie».Les élus mobilisent pour cela les concepteurs les plus connus à l\u2019échelle nationale, voire internationale.L\u2019architecture médiatique sert à vendre l\u2019image de marque des villes et le système des concours sert parfaitement ces objectifs.Prenant exemple sur les «Grands Projets» de François Mitterand, les élus font une large place aux étrangers - Anselmi, Alsop, Botta, Bohigas, Bofill, Foster, Kolhaas, Rossi, Kurokawa et bien d\u2019autres - en les sollicitant régulièrement.Cette invitation lancée aux compétences internationales permet une émulation enrichissante.Les architectes français sont les premiers à le reconnaître, mais épuisés par cette concurrence exacerbée, ils exigent aujourd'hui des formes de réciprocité qui n\u2019existent pas dans les autres pays.Car si la France est le pays de l\u2019architecture européenne par l\u2019organisation systématique de concours, l\u2019Europe n\u2019est pas encore une terre d\u2019accueil pour les architectes français! ARCHITECTURES PUBLIQUES EN EUROPE : UN ETAT DES LIEUX ¦ Des préoccupations identiques Il est frappant de constater que les problèmes sociaux se posent en termes de besoins, de façon identique partout en Europe, au plan, par exemple, de réalisations d\u2019hôpitaux, d\u2019universités, de cités judiciaires.Le degré de développement des pays européens fait qu\u2019ils doivent résoudre des crises de même nature.Par exemple, à l\u2019augmentation de ladélinquance, à la vétusté etau surpeuplement des établissements pénitentiaires, des réponses sont apportées partout en Europe: un programme de 13 000 places a été mis en oeuvre récemment en France, et il existe des programmes équivalents de 15 000 places en Grande Bretagne, 16 000 en Espagne, 2 000 en Belgique et 3 000 aux Pays-Bas.Pourtant ces réponses passent par des procédures différentes d\u2019attribution de la commande publique d\u2019architecture.Cela tient à des héritages de l\u2019histoire nationale de chacun de ces pays, selon des inflexions plus ou moins fortes, liées à une évolution comparable: le désengagement de l\u2019État.¦ Des organisations administratives et de la maîtrise d\u2019ouvrage publique différentes Partout en Europe, le rôle de l\u2019État par rapport aux collectivités locales se transforme.On assiste à des phénomènes de décentralisation, d\u2019autonomie des provinces, des régions, qui font que l'organisation administrative, le poids des communes par rapport à l\u2019Etat, mais aussi l\u2019importance des structures intermédiaires entre l\u2019échelon local et l'État central, induisent une répartition très différente, selon les pays, des rôles de la maîtrise d\u2019ouvrage.Cependant, malgré cette diversité de situations, partout est recherchée une exemplarité de la part de la maîtrise d\u2019ouvrage de l\u2019Etat.Schématiquement, on pourrait distinguer les pays où la maîtrise d\u2019ouvrage reste très centralisée, notamment les pays anglo-saxons où ce sont des services techniques uniques et puissants qui acquièrent, réhabilitent, construisent et gèrent des patrimoines immobiliers importants.Cette échelle favorise le développement de compétences techniques sophistiquées et de forts investissements au sein de ces services comme : -\tle «Property Services Agency» en Grande-Bretagne, rattaché au ministère de l\u2019Environnement, mais en voie de privatisation, avec 24 000 agents, 600 architectes, 10 bureaux régionaux, 140 représentations locales; -\tle Service National de la Construction en Suède ; -\tle Service des Bâtiments de l\u2019État aux Pays-Bas, rattaché au ministère du Logement, de l'Urbanisme et de l\u2019Environnement ; ou encore, -\tla Régie Nationale des Bâtiments en Belgique relevant du ministre des Travaux Publics.En fait, même dans les pays où la maîtrise d\u2019ouvrage de l\u2019État est fortement structurée, on assiste à des phénomènes de désengagement.Ils peuvent consister en des transferts de compétences -\tcomme on les connaît du reste en France en matière de lycées ou de collèges - sur des autonomies locales constituées qui relaient l\u2019Etat dans son rôle de maître d\u2019ouvrage.Ainsi en Italie, l\u2019État n\u2019est maître d\u2019ouvrage qu\u2019à titre exceptionnel, la pratique de la concession existe depuis 1929 et permet de faire réaliser par les provinces, communes ou autres groupes privés toutes les catégories d\u2019ouvrages publics.Ces phénomènes de désengagement peuvent aussi se traduire par un recours accru au secteur privé, cette tendance se renforçant partout et plus particulièrement en Suède ou en Angleterre.¦ L\u2019organisation des professions Face à ces différentes structurations de la maîtrise d\u2019ouvrage répondent différentes formes d\u2019organisations professionnelles de 16 E la maîtrise d\u2019oeuvre.En Irlande, par exemple, la profession d\u2019architecte n\u2019est pas reconnue et le recours à l\u2019architecte n\u2019est pas obligatoire pour l'obtention d\u2019un permis de construire.En Grande Bretagne également, mais la profession y est cependant reconnue et organisée autour du «Royal Institute of British Architects».À l\u2019opposé, en Espagne, l\u2019organisation professionnelle des architectes est très forte et influente avec de puissants collèges par province.Ainsi, ces collèges contrôlent la signature des permis de construire; ils perçoivent et reversent les honoraires sur les marchés privés à l\u2019ensemble des architectes du pays.Bien qu\u2019une telle règle comporte des exceptions, on pourrait conclure que la maîtrise d\u2019ouvrage publique se porte au mieux dans les pays où la maîtrise d\u2019oeuvre est la plus forte, la plus vigoureuse, la plus impérative.Il en est ainsi en Allemagne, où les architectes bénéficient de barèmes d\u2019honoraires, de réglementations véritablement publiques sur les concours et d\u2019un encadre-menttrès fort de l\u2019exercice professionnel.C\u2019est également le cas en Espagne et aussi en France.Cela provient sans doute du fait que les architectes sont considérés dans ces pays comme de réels professionnels et que leur cohésion, leurs exigences, maintiennent la maîtrise d\u2019ouvrage en bonne forme.Par contre, dans les pays où la profession est moins organisée, moins reconnue, il semble qu\u2019il y ait un dessaisissement par la maîtrise d\u2019ouvrage de ses prérogatives et un recours plus large à un relais vers le secteur privé, par des formules de locations-bail ou de concessions, comme en Suède ou en Italie.¦ Le poids relatif de la commande et le recours aux concours Si les besoins socio-économiques de l\u2019ensemble des pays européens sont voisins, les réponses données tiennent aussi aux capacités d\u2019investissement public qui dans l'ensemble ont tendance à diminuer.Certains pays comme l\u2019Italie ou la Grande Bretagne ont des taux d\u2019investissement public faibles.En France, où il existe une commande d\u2019architecture forte, les investissements de l\u2019État sont relayés par ceux en croissance des collectivités locales et cela explique en partie le succès des concours d\u2019architecture dont le nombre progresse de façon spectaculaire, celui-ci ayant vraisemblablement doublé entre 1989 et 1990.C\u2019est un phénomène de grande ampleur qui suscite bien évidemment des réactions.Un certain nombre de professionnels de la maîtrise d\u2019oeuvre viennent tenter leur chance en France par le biais des concours.On s\u2019en réjouit pour l\u2019essentiel mais la profession exige alors des formes de réciprocité qui n\u2019existent pas pour l\u2019instant.En effet, la France représente de ce point de vue un cas unique, puisque c\u2019est le seul pays où existe une réglementation des pouvoirs publics imposant l\u2019organisation de concours pour l\u2019attribution de la commande de bâtiments, au-delà d\u2019un certain seuil d\u2019honoraires.Ce principe de mise en concurrence entre architectes ou maîtres d\u2019oeuvre a été institué avec des visées économiques.Dans la pratique, notamment grâce à l\u2019action de la MIQCP, une évolution s\u2019est produite vers des objectifs qualitatifs.Dans les autres pays européens, exception faite notamment de l\u2019Allemagne, il y a peu ou pas de concours.Seule la France a institué des règles obligeant à tenir des concours restreints pour pouvoir indemniser les concurrents.Dans les autres pays, lorsqu\u2019il y a concours, ils sont généralement ouverts.En Angleterre, les quelques concours organisés sont accompagnés de nombreuses polémiques qui opposent les architectes au Prince de Galles et à son peuple.Les résultats des concours sont souvent annulés par les controverses entre les traditionalistes, les reconstructeurs à l\u2019identique et les modernes.Le «Property Services Agency» contribue à donner beaucoup de travail aux architectes.Il ne réalise en maîtrise d\u2019oeuvre interne que le tiers des projets qu\u2019il gère.Et pourtous les bâtiments de plus de 10 millions de francs, soit environ 1 000 m2, s\u2019opère une sélection sur une liste d\u2019agrément d\u2019environ 450 architectes.Celle-ci est sans doute large mais il existe cependant un recensement des compétences.Trois concurrents sont sélectionnés sur des critères d\u2019excellence pour chaque consultation.S\u2019ensuit une compétition basée sur le montant des honoraires, le PSA choisissant généralement le moins disant.Aux Pays-Bas, l\u2019attribution directe de la commande publique de l\u2019État relève d\u2019un architecte en chef, libéral, nommé pour cinq ans, qui porte la lourde responsabilité de désigner pour chaque projet un de ses confrères.Les Hollandais se montrent satisfaits de cette procédure qui fonctionne dans un climat consensuel.Én Espagne, il n\u2019existe pas d\u2019obligation faite à la maîtrise d\u2019ouvrage publique d\u2019organiser des concours pour désigner les architectes de leurs opérations.Il n\u2019y a pas non plus de réglementation des concours.Seules existent, mais elles sont pratiquement incontournables, des règles édictées par la profession dans le cadre d\u2019une déontologie de l\u2019exercice professionnel.Ainsi, les collèges d\u2019architectes à l'échelle des provinces, ou le collège supérieur à l\u2019échelle nationale, qui assurent la publicité et la diffusion des appels de candidature auprès de leurs membres, sont-ils amenés àfaire des observations sur les conditions d\u2019organisation des concours afin qu\u2019ils soient conformes à leurs règles.Faute de quoi, ils peuvent interdire la participation sous peine de sanction ou de radiation.Différentes formes de procédures sont admises.Les concours d\u2019architecture ou d\u2019urbanisme, puisqu\u2019il n\u2019y a pas en Espagne de distinction entre les deux professions, peuvent être à un degré ou deux degrés lorsque le premier sert à la sélection des concurrents.Ainsi tous les concours sont-ils généralement ouverts et anonymes.L\u2019indemnisation des concurrents diffère selon le mode de concours.Pour un concours à un degré, trois prix dégressifs sont décernés, le concurrent classé second touchant 75% du montant décerné au lauréat et le troisième 50%.Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un concours à deux degrés, trois prix sont également attribués de la même façon, mais en plus, chacun des concurrents admis à concourir en deuxième phase perçoit des indemnités couvrant ses frais réels.Tous les concurrents ont droit de prendre connaissance de l\u2019ensemble des propositions pendant une période d\u2019un mois après la décision d\u2019un jury souverain.Cependant, tout concurrent non primé peut, s\u2019il le souhaite, garder l\u2019anonymat.Les architectes espagnols, notamment les pus célèbres, n\u2019aiment pas, semble-t-il, que l\u2019on sache sur la place publique qu\u2019ils ont perdu des concours et apprécient peu les concours à deux degrés où les noms des concurrents sont divulgués.Aussi la pratique favorise les concours ouverts, anonymes, à un degré.Mais ceux-ci restent encore peu nombreux.Les seuls pays qui organisent le plus fréquemment des concours sont l\u2019Autriche, la Suisse et l\u2019Allemagne.En Suisse où l\u2019on compte 19 000 architectes pour 6,5 millions d\u2019habitants, 300 à 400 concours sont organisés chaque année par les collectivités locales.Il n\u2019y a pas d\u2019obligation d\u2019appel public de candidatures et ces concours peuvent être soit sur invitation, soit ouverts.Les concours ouverts sont rémunérés par des prix accordés aux meilleures positions et les concours sur invitation par des prix, plus une indemnisation des frais.Le jury composé d'au moins 50% d\u2019architectes plus un doit classer toutes les propositions, mais il n\u2019est pas souverain et le maître d\u2019ouvrage peut ne pas suivre l\u2019avis du jury.En Allemagne par contre, 600 à 800 concours sont lancés chaque année alors qu\u2019ils ne sont pas obligatoires.Ils font cependant l\u2019objet d\u2019une réglementation publique.La loi GRW de 1977 a en effet établi de nouvelles bases juridiques à leur pratique, reprenant une législation bien établie puisque c\u2019est vers 1860, à la demande des associations professionnelles, qu\u2019une réglementation des concours publics est née.Comme en Suisse, ils peuvent être ouverts ou restreints sur invitation.Les jurys y sont professionnels et intègrent des personnalités susceptibles de faciliter le dialogue ou la critique, par exemple des journalistes.Une grande importance est accordée au débat public.Ces concours se déroulent le plus souvent à l\u2019échelle des \u201clanders\u201d ce qui ne favorise pas toujours un brassage géographique entre les acteurs de l'architecture.Cependant, l\u2019appel d\u2019offres public aux architectes, la transparence de la procédure, l\u2019indépendance du jury, incitent l\u2019opinion publique à honorer cette approche: le public s\u2019intéresse aux résultats des concours, la presse leur fait écho.En Allemagne, les architectes voient dans les concours publics une procédure démocratique qui repose sur la mise en concurrence des compétences et permet de révéler de jeunes talents dans une société ouverte qui attend une architecture de qualité.ARCHITECTURES PUBLIQUES SANS FRONTIÈRES Partout en Europe et dans le monde, le nombre des concours s\u2019accroît rapidement.En France, il a vraisemblablement doublé entre 1989 et 1990 et aujourd\u2019hui il dépasse très certainement quelque mille concours par an.Un exemple significatif parmi d\u2019autres: au moment où les pays de l\u2019Est s\u2019ouvrent, SAMARCAN DE vient d\u2019organiser un concours d\u2019idées parrainé par l\u2019Union des Architectes d\u2019URSS, l\u2019\u201cAga Khan Trust For Culture\u201d, l\u2019Union des Architectes Ouzbecks, et approuvé par l\u2019U.I.A., pour la conception d\u2019un centre culturel au coeur historique de la ville.Il s\u2019agit du premier concours international organisé en URSS depuis celui qui fut lancé en 1934 pour le Palais des Soviets.Sur 685 projets reçus, cinq lauréats ont été sélectionnés dont les différentes nationalités (France, Grande-Bretagne, USA, URSS, Japon) démontrent combien les concours sont un puissant vecteur d\u2019internationalisation de l\u2019architecture et des architectes.La mise en place, en janvier 1992, du grand marché européen servira de cadre communautaire à de larges échanges entre architectes.Conditions premières de cette internationalisationn: la mise en place d\u2019une déontologie commune des concours, l\u2019un des objectifs de la directive «services» en préparation à Bruxelles par la CEE, et également l\u2019ouverture de chacun des pays sans aucune barrière corporatiste aux architectes étrangers.L\u2019Europe qui se dessine sera avant tout une «Europe des Villes» où Berlin, Budapest, Prague, Barcelone ou Séville affirmeront leurs identités respectives à travers leurs politiques architecturales et leurs capacités à mobiliser les meilleurs architectes.Nul doute que le Québec, qui a toujours eu avec la France des liens privilégiés, saura prendre place au rang des partenaires de ce mouvement.L\u2019exposition «Les années concours» a bien démontré que le jumelage entre les villes de Lyon et de Montréal pouvait aussi porter sur l\u2019architecture comme élément essentiel d\u2019une culture pour des architectures publiques sans frontières.Centre d'Art Contemporain de Vassivière en Limousin: dessin de Aldo Rossi. POLITIQUE ET CONCOURS D ARCHITECTUR E QUELQUES ÉVIDENCES ET QUELQUES QUESTIONS Seuls, deux grands modèles régissent la commande tant publique que privée en matière d\u2019architecture: la commande directe et la commande indirecte.Chacune a son histoire ainsi que ses avantages et ses inconvénients que l\u2019on retrouve développés de façon inégale et dont l\u2019importance relative est fonction des différents contextes nationaux.Et c\u2019est par rapport aux forces et aux faiblesses des types de commande que peut s\u2019évaluer la pertinence du concours pour l\u2019avancement de l\u2019architecture et de la profession.LA COMMANDE DIRECTE Ce type de commande a toujours été un des modes les plus importants d\u2019octroi du contrat d\u2019architecture.Réactualisée par la bourgeoisie issue de la Révolution industrielle, la commande directe a permis de produire la plupart des oeuvres de l'Art nouveau et plusieurs des meilleures réalisations du Mouvement moderne.Cependant, après la Deuxième Guerre mondiale, elle s\u2019est profon-démenttransformée avec l\u2019avènement delà société de consommation de masse et les commandes accrues de logements sociaux et des grandes infrastructures publiques, sportives et culturelles.Cette transformation provoquée par l\u2019avènement d\u2019une nouvelle classe politique et les besoins issus du baby-boom de l\u2019après guerre a eu comme résultat principal de mettre en situation de décideurs une nouvelle génération de politiciens peu ouverts à la culture en général, et à la dimension culturelle de l\u2019architecture en particulier, bien que très sensibles aux impacts politiques et financiers des retombées de l\u2019annonce de la construction d\u2019un nouvel édifice.Ceci a eu comme conséquence une dévalorisation de lacommande architecturale ainsi qu\u2019une politisation très grande de l\u2019octroi des contrats.Ce nouveau contexte socio-politique et culturel ne fut pas sans conséquences sur la qualité de l'architecture de cette période.Cette situation générale à toutes les sociétés occidentales a évidemment été actualisée de façon particulière au Québec par les différents gouvernements qui se sont succédé jusqu\u2019à la fin des années soixante-dix.À ce moment, une volonté de moralisation et de transparence incita le gouvernement québécois de l\u2019époque à mettre en place des mécanismes ayant comme objectifs de diminuer les abus et de mieux répartir l'accès aux contrats d\u2019architecture.Ce sont les règles qui nous régissent toujours actuellement.LA COMMANDE INDIRECTE Cet autre type de commande existe aussi depuis très longtemps.Sans remonter aux Grecs ou à la Renaissance, il faut cependant admettre que le concours a été pendanttrès longtemps un type de commande plus rare alors que ses résultats et les débats qui l\u2019entourent habituellement ont été extrêmement importants pour le développement tant intellectuel que pratique de l\u2019architecture.C\u2019est, faut-il le rappeler, le lieu et le moment de l\u2019affirmation de l\u2019architecture comme pratique créatrice autonome et de son principal acteur l\u2019architecte comme un véritable créateur participant de plein droit à la production culturelle de la société.Il s\u2019agit de la réactualisation d\u2019un grand rite fondateur auquel participent un nombre limité d\u2019architectes issus d\u2019une collectivité architecturale elle-même très restreinte, jusqu\u2019à tout récemment du moins.Dès la fin des années soixante, avec l\u2019ouverture des écoles d\u2019architecture et la prolifération des demandes d\u2019infrastructures publiques, le contenu et la forme de cette pratique du concours ira en se transformant profondément pour intégrer les réponses à donner aux transformations structurelles radicales qu\u2019ont connues nos sociétés.Un autre type d\u2019approche verraaussi le jourà ce moment dans quelques pays, il essayera à partir de règlements, de règles techniques et d\u2019appréciation «neutre» de faire un choix libéré des pressions politiques et détaché de toutes contingences.Sans nous appesantirsur les dérives technocratiques de ce type de modalités, force est de constater qu\u2019au Québec ce mécanisme dénommé «Rosalie» a effectivement atteint son but, mais en évacuant toute référence à l\u2019architecture ! Pour résumer, il n\u2019existe donc que deux grands types de commande.La commande directe, dans laquelle on peut distinguer : ¦\tla commande éclairée ou le «fait du prince»; ¦\tla commande suscitée ou le «patronage».La commande indirecte, dans laquelle on retrouve : ¦\tla commande justifiée ou la «parodie démocratique»; ¦\tla commande qualifiée ou la «dimension compétitive».Il est pourtant clair pour tous ceux qui ont à coeur de promouvoir une architecture de qualité que seuls deux types de commande peuvent permettre d\u2019atteindre cet objectif : la commande éclairée et la commande qualifiée.Cependant, il faut constater qu\u2019à part quelques cas de figure extrêmement rares, dont le Grand Louvre et le Président François Mitterand et, plus près de nous, Phyllis Lambert et le Centre Canadien d\u2019Architecture, la commande éclairée est tombée ces temps-ci en désuétude pour les raisons que nous évoquions plus haut.De fait, celle-ci a été remplacée par un type de commande indirecte, la commande qualifiée qui, à travers la nouvelle dimension compétitive du concours, a pour objectif d\u2019atteindre les mêmes buts.Cette pratique du concours répond, aujourd\u2019hui, à la volonté de réintégrer les dimensions culturelles de la commande éclairée au sein d\u2019un processus démocratiquement acceptable pour les pouvoirs publics, et parfois privés, qui contrôlent actuellement la maîtrise d\u2019ouvrage.LE CONCOURS DARCHITECTURE Plusieurs types de concours existent : national ou international, ouvert ou restreint, à un ou deuxtours, d\u2019idées ou de projets.Ils ont chacun leurs vertus et leurs défauts et ils débouchent parfois sur des résultats médiocres ou des réalisations somptuaires, comme le démontrent certaines compétitions récentes, au Québec comme au Canada.Mais toujours, ils sont le momentd\u2019un questionnement et d\u2019un débat architectural tant théorique que pratique.Ils concernent une bonne part des architectes, surtout lorsqu\u2019ils sont internationaux; rappelons-nous, l\u2019opéra de Sydney - 233 participants, le Centre Georges-Pompidou - 681 participants, la Bibliothèque de France - 244 participants, ou plus près de nous, dans le temps et dans l\u2019espace, la place Jacques-Cartier-124 participants, ou la Cité internationale de Montréal - 94 participants.Toutes ces épreuves, quel que soit leur type, ont contribué tant au développement dé l\u2019architecture qu\u2019à celui des architectes.Pour l\u2019architecture: ils sont un des outils majeurs de la culture architecturale, de la diffusion et de la promotion de l\u2019architecture.Pour les architectes: ils sont un des moyens importants d\u2019accéder à la première commande architecturale, de distinguer et de promouvoir les agences et, enfin, de stimuler une pratique architecturale créatrice et novatrice.LES MODALITÉS DU CONCOURS Pour que ces objectifs soient atteints, il faut néanmoins rencontrer certaines conditions.Au vu de l\u2019expérience française de plus de dix ans, il s\u2019avère que le concours d\u2019esquisse, restreint et rémunéré, représente sans doute le meilleur des moyens.Cependant son efficacité est subordonnée à deux conditions essentielles qui font malheureusement trop souvent défaut: un bon programme et un bon jury.Le programme: la formulation de la commande doit à la fois être assez précise pour que les concurrents aient les informations nécessaires pour produire une première esquisse et assez ouverte pour permettre un écart critique entre les réalités du programme, les contraintes de la localisation et la proposition d\u2019un parti architectural qui transcende les contingences et les pures fonctionnalités.Le jury: la constitution d\u2019un jury est un exercice difficile qui doit tenir compte tant des qualités intellectuelles des personnes retenues que de leurs connaissances architecturales et surtout de leurs habiletés à dialoguer à partir d\u2019un minimum de références communes.C\u2019est pour cette raison que le nombre de membres devrait se situer idéalement aux alentours de cinq avec un maximum de sept personnes.Le jury devrait, de plus, être soutenu par un comité technique qui éclairera ses choix en lui donnant des avis en ce qui a trait au budget et à la construction.Il découle de ce trop rapide survol que seuls deux types d\u2019accession à la commande préservent la dimension créatrice de l\u2019acte architectural en plus de conforter le statut de son auteur; cependant, l\u2019une d\u2019elles, la commande éclairée, n\u2019offre quasi plus, compte tenu des transformations sociales et politiques, les garanties de pouvoir et de savoir qui ont pourtant donné naissance à bon nombre d\u2019oeuvres architecturales.Seule donc reste la modalité du concours qui malgré ses vicissitudes demeure le moyen par lequel des architectes peuvent s\u2019inscrire dans la longue tradition de la production de l\u2019architecture comme art et comme pratique en dépassant ses contingences professionnelles et techniques.C\u2019est dans ces conditions que peut naître le débat qui permet le plus souvent de dépasser la médiocrité quotidienne pour déboucher sur l\u2019oeuvre.Cependant cette démarche hésitante et difficile est loin d\u2019être parfaite, mais comme la démocratie, c\u2019est un exercice périlleux, mais c\u2019est le seul que nous connaissions et il est à construire chaque jour par une pratique exigeante et rigoureuse.JEAN-PIERRE HARDENNE NOTICE BIOGRAPHIQUE Jean-Pierre Hardenne est architecte diplômé de l'École nationale supérieore d'architecture et des arts visuels de La Cambre, Belgique.Depuis 1972, il est professeur au département de design de l'UQAM dont il assume actuellement la direction.I 8 POLITIQUE E T CONCOURS D'ARCHITECTURE UN CONCOURS D'ARCHITECTURE EN RÉGION LE CENTRE FINANCIER BOULEVARD DE LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS DE DRUMMONDVILLE S\u2019il y a quelque temps, on avait clamé au Québec qu\u2019à Drummondville, on recherchait des architectes dynamiques et innovateurs pour construire une caisse populaire, plusieurs d\u2019entre vous auraient cru que les dieux étaient tombés sur la tête.Preuve que la réalité est plus intéressante que la fiction, les dirigeants de la Caisse populaire Desjardins de Drummondville envisageaient, au printemps 1991, de recourir au concours d\u2019architecture pour la conception de leur centre financier Boulevard, une commande d\u2019environ 1,3 million de dollars.Le Québec ne s\u2019étant pas encore mis à l\u2019heure des concours, cette décision en surprit plus d\u2019un en raison, peut-être, de son avènement en région ou encore dans le contexte d\u2019une ville «moyenne», statistiquement et même autrement.Qui plus est, l\u2019emplacement choisi pour le nouveau bâtiment se trouve au coeur même d\u2019un tissu urbain hétéroclite et de piètre qualité, engendré par et consacré à l\u2019automobile: il s\u2019agit bien du «Strip», du «Boulevard», caractéristique de tout milieu suburbain nord-américain.Pourtant cette décision est le reflet de la vitalité d\u2019un milieu d\u2019affaire qui fait preuve d\u2019audace, sinon de bravade, devant les défis de la compétition et dont les objectifs corporatifs sous-tendent, au départ, le devoir d\u2019assumer un certain leadership communautaire.Ces prémisses s\u2019enrichissent d\u2019une certaine perspicacité dans le monde de l\u2019immobilier avant une connaissance aiguisée du domaine de l\u2019architecture, et s\u2019accompagnent d\u2019une volonté de revaloriser les relations de travail avec le milieu professionnel local.C\u2019est donc un esprit d\u2019initiative typiquement québécois qui a eu raison des manières de faire du Mouvement Desjardins dans le but d\u2019engager la Caisse et ses sociétaires sur la voie d\u2019un concours d\u2019architecture.LE TYPE DE CONCOURS ET SA FORMULE Le concours du Projet Boulevard est un concours sur invitation, d\u2019une seule étape, exigeant la présentation d\u2019une esquisse préliminaire exposant graphiquement la problématique urbaine du projet, une solution programmatique générale et la mise en forme d\u2019un parti architectural.Sa formule particulière devait d\u2019abord répondre à deux principes généraux énoncés par le promoteur du concours: ¦\tfavoriser l\u2019achat chez soi, c\u2019est-à-dire octroyer la commande à une agence d\u2019architecture locale; ¦\tencourager les jeunes entrepreneurs, c\u2019est-à-dire lancer un appel à la «jeune architecture» du Québec, afin d\u2019élargir le bassin de concurrents possibles.Elle devait aussi rencontrer un impératif qui paraît essentiel dans l\u2019établissement d\u2019une politique générale de concours, celui d\u2019une rémunération suffisante et indispensable pour le travail de création des concurrents.L\u2019intégration de ces divers éléments a engendré la formation d\u2019équipes, toutes constituées d\u2019une firme locale et d\u2019une firme choisie de la «jeune» architecture.Comme seules quatre agences ont officiellement pignon sur rue à Drummondville, le nombre maximal d\u2019équipes concurrentes se limitait donc à ce chiffre.Le budget du concours et le temps prévu à la production d\u2019une présentation a permis au promoteur d\u2019offrir un montant forfaitaire de 5 000$ dollars à chaque équipe concurrente.L\u2019épreuve s\u2019est déroulée entre le 31 mai et le 16 août 1991.LE DÉROULEMENT DE L'ÉPREUVE Dès le mois de juin, un appel de candidatures a été envoyé à toutes les agences inscrites légalement à l\u2019Ordre.Celles-ci devaient justifier «leur dite jeunesse» en présentant un associé principal de moins de quarante ans.On leur demandait de déposer un «léger» dossier de candidature.Le 21 juin, quarante et une inscriptions ont été reçues dont une seule n\u2019était pas conforme aux exigences requises.Un comité d\u2019architectes - Mme France Vanlaethem, M.Didier Poirier et le conseiller professionnel du concours, signataire de cet article-a sélectionné huit agences, toutes de petite taille, sur la base de leur potentiel de création: Allaire, Bergeron, Courchesne, architectes; Les architectes Bouchard, Frigon, Lafond et Associés; Anne Cormier, architecte (Atelier Big City); Dupuis, Le Tourneux architectes; Louis-Paul Lemieux, architecte (Atelier KAOS); Rouleau, Archambault, LaPierre, architectes; Saucier & Perrotte, architectes; Pierre Thibault, architecte.L\u2019aspect le plus exploratoire de la formule du concours résidait dans la phase d\u2019association suivante: deux semaines étaient accordées pour que se constituent les équipes selon les atomes crochus des personnes en présence et selon les lois du marché de la pratique architecturale.Si cette formule a pu sembler complexe, voire tordue, c\u2019est qu\u2019elle devait rallier plusieurs intentions qui, d\u2019une part, confirmaient le promoteur dans son choix de ce mode de sélection, malgré les coûts supplémentaires générés, et qui, d\u2019autre part, permettaient de vérifier sur le plan professionnel l\u2019intérêt du milieu architectural à l\u2019égard de ce mode compétitif de production.Les propositions des quatre équipes finalistes ont été évaluées par un jury composé d\u2019architectes et de représentants de la Caisse: M.Michel Gallienne, architecte et président (voix prépondérante); Mme Sylvie Girard et M.Éric Gauthier, architectes; Me André Jean, Me André Lampron et M.Pierre Turcotte, respectivement président, vice-président et membre du conseil d\u2019administration de la Caisse.LE PROGRAMME ET LA THÉMATIQUE La commande qui fait l\u2019objet d\u2019un concours se doit de dépasser l\u2019énumération, même exhaustive, des activités qui seront conduites à l\u2019intérieur du futur bâtiment ou même l\u2019établissement d\u2019une liste d\u2019espaces requis.Aussi, la priorité des organisateurs du concours de Drummondville a plutôt été d\u2019établir un programme qui contienne des critères qualitatifs propres à humaniser les impératifs techniques de l\u2019organisation des espaces.Il était soutenu par une thématique qui venait solliciter et enrichir la réflexion des concurrents.Cette thématique, l\u2019énergie du pluriels s\u2019inspire de la nature même du Mouvement Desjardins, véritable organisation coopérative dont la force naît du nombre et dont l\u2019énergie naît du mouvement du nombre.Le programme énonçait trois vocations: une première, évidente, favorisant l\u2019échange économique; une seconde, inédite, préconisant l\u2019apport socio-culturel de la Caisse dans son milieu; enfin une troisième, initiatrice celle-là, cherchant à apporter une proposition bâtie de qualité qui puisse influencer l\u2019évolution de la typologie urbaine du «boulevard».De plus, quatre objectifs conceptuels incitaient les concurrents à créer un bâtiment énergique, révélateur, concret et intelligent: ¦\tun bâtiment énergique témoignant de son activité fébrile et de son milieu urbain marqué au fer de la mobilité la plus exigeante; ¦\tun bâtiment révélateur capable de reconnaître le pluriel du singulier dans les rapports servants-servis, employés-sociétaires, réseaux-individus, hiérarchie-communauté, et d\u2019exprimer ainsi la G» Le «strip» de Drummondville, le boulevard Saint-Joseph.polarité de la programmation; ¦\tun bâtiment concret dont la pluralité des composantes puisse servir de discours interprétatif de l\u2019intention d\u2019ensemble; ¦\tun bâtiment intelligent visant à procurer des solutions sensibles et novatrices à certains problèmes d\u2019économie d\u2019énergies et de moyens, où il est possible de repenser les degrés d\u2019illumination, les contrôles climatiques des espaces collectifs, voire le dédoublement inconsidéré des circulations par lequel se perpétue la ségrégation envers les personnes handicapées.Toutes ces orientations et ces données ont été élaborées avec le promoteur.Une rencontre avec les responsables de la municipalité nous a permis de les intéresser à la vocation urbaine du projet.En effet, c\u2019est une occasion rare pour des architectes de porter une réflexion sur ce boulevard-type de toutes nos villes.Qu\u2019on veuille en exacerber le modèle ou, comme c\u2019est le cas pour la Caisse, qu\u2019on cherche à en modifier la hiérarchie des composantes, comme celle de l\u2019automobile, le concours veut prendre en considération un contexte plus étendu que celui de son unique implantation.Ces propositions et analyses perspicaces seront présentées officiellement aux responsables de la MRC Drummond dans les mois à venir.UN CONCOURS EXEMPLAIRE Le projet Boulevard est un exemple de concours qui a généré beaucoup d\u2019attention et d\u2019intérêt chez les jeunes architectes.En cela, ceux-ci sont différents de leurs aînés qui redoutent l\u2019implantation d\u2019une politique de concours au Québec.Ce qui s\u2019explique peut-être par le sort toujours incertain qu\u2019ont connu nombre de projets gagnants ou encore par les conditions abusives de certains concours qui ont exigé des professionnels d\u2019importants frais de participation.Cela pourrait aussi se comprendre par une crainte implicite de se mesurer au talent alors que la tradition de sélection n\u2019a pas privilégié cette avenue.Pourtoutes ces raisons et dans l\u2019esprit d\u2019ouverture qu\u2019il nous faut manifester, le concours de Drummondville propose un modèle dont on espère pouvoirtrès largement transmettre l\u2019exemple.JEAN-LOUIS ROBILLARD, ARCHITECTE NOTICE BIOGRAPHIQUE Jean-Louis Robillard est architecte et professeur au département de Design de l\u2019UQAM.Il est conseiller professionnel pour ce concours du centre financier Boulevard.Parses interventions publiques, il poursuit l\u2019objectit de l\u2019instauration d\u2019une politique de concours au Québec.19 ÉQUIPE GAGNANTE RÉFLEXIONS GILLES CHAGNON, ARCHITECTE, DRUMMONDVILLE LOUIS-PAUL LEMIEUX, ARCHITECTE, EN COLLABORATION AVEC ISABELLE R.LALIBERTÉ ET PHILIPPE LUPIEN, ATELIER KAOS, MONTRÉAL La formule du concours de Drummondville a dérouté plus d\u2019un architecte par la dimension inhabituelle du mode de formation et de sélection des équipes ainsi que par la formulation du programme.En fait, la collaboration d\u2019une firme locale avec une «jeune» équipe de l\u2019extérieur proposait un échange, sous-tendait un dévoilement des enjeux relatifs au marché de la commande locale et une confrontation des perceptions et des modes de pratique.Alors que la problématique élaborée par le promoteur et le conseiller professionnel prenaient en compte à la fois les besoins des usagers et certaines préoccupations de recherche architecturale.LE DÉFI Dans l\u2019optique de l\u2019idéologie populaire et corporative du Mouvement Desjardins, les propositions devaient imaginer des espaces d\u2019activités culturelles et socio-culturelles assurant une intervention de la Caisse dans son milieu.Les projets devaient assurer une bonne visibilité du bâtiment à partir du boulevard Saint-Joseph et proposer un aménagement pour le secteur, tout le long de la rue Gauthier, jusqu\u2019au quartier résidentiel adjacent.La problématique soumise aux concurrents insistait sur l\u2019importance d\u2019une réflexion à propos du contexte d\u2019implantation: le «strip».Suite à des discussions animées, le jury a retenu le projet de l\u2019équipe de Gilles Chagnon et Louis-Paul Lemieux qui s\u2019est avéré porteur d\u2019une solution viable répondant aux aspirations du client et des usagers de la caisse populaire, tout en se distinguant par ses qualités architecturales.UN NOUVEAU DIALOGUE La difficulté de la problématique soumise aux concurrents résidait principalement dans les relations entre le bâtiment et son contexte d\u2019implantation.Le mandat consistait à concevoir, d\u2019une part, un édifice institutionnel dans un contexte à vocation largement commerciale et, d'autre part, des espaces socio-culturels dans un milieu suburbain de services dominé par l\u2019automobile.Ainsi, les concurrents devaient intégrer les aspirations du client tout en projetant une vision architecturale sensible au problème du «strip» comme milieu de vie.Tous les projets soumis témoignent donc de cette dichotomie et oscillent entre un pôle de résolution ou l\u2019autre.Les données du concours pouvaient certes être perçues de manière contradictoires, mais elles auraient pu aussi être acceptées comme les éléments moteurs d\u2019une situation complexe, fertiles en solutions architecturales et urbaines novatrices.Les tensions présentes dans le processus et dans le programme témoignent d\u2019une confrontation entre des discours et des intérêts différents.Mais vues sous un angle différent, elles sont aussi le signe de l\u2019épanouissement d\u2019un dialogue entre client et architecte, entre praticiens de différentes régions, une situation qui, sans conteste, contribue à enrichir les conditions de la pratique et de la production architecturales.SYLVIE GIRARD, ARCHITECTE NOTICE BIOGRAPHIQUE Sylvie Girard est architecte associée de l\u2019agence Tétreault, Parent, Languedoc et associés de Montréal.Elle a siégé parmi le jury du concours «Le centre financier Boulevard».Elle enseigne aussi à l\u2019École d\u2019architecture de l'Université de Montréal comme chargée de formation pratique.2 ?nÛD Q d c Tmmdïïiiï Unsafe?KJOOQOOO AXE DE CONTAMINATION rirmnifT UNE DEMONSTRATION Echelle: 1:500 iïâifflÉ aeæk mm tttfîcsfoi H HiiiiiMMiagMI mmwÉ 20 3 t -U I ¦ [I ¦¦ III III III !!!!!!!!! !!!!!!!!!!!! £!»¦« Le strip est un élément complexe et linéaire qui ne favorise pas le développement d\u2019activités à sa limite arrière.Notre hypothèse urbaine vise la création de bandes programmatiques, supportant des activités différentes de chaque côté du boulevard.Pour les relier entre elles, nous proposons d\u2019établir des «axes de contamination», véritables rues de quartier qui établiront une transition entre le strip et la zone résidentielle adjacente.¦ COMMENTAIRES Le projet choisi conteste la typologie d\u2019implantation traditionnelle du «strip» en inversant la position des éléments.Ainsi, l\u2019édifice en forme de «L» glisse jusqu\u2019à la limite avant du terrain et affirme le coin de rue tandis que la grande surface asphaltée du stationnement est reléguée à l\u2019arrière.Cette stratégie assure une visibilité maximale du volume et permet la création d\u2019un espace public extérieur défiant toute contamination par le boulevard.La volumétrie traduit littéralement les principaux éléments constituant le corps du programme.L\u2019organisation s\u2019articule autour d\u2019un axe structurant, de forme courbe, qui rallie les différentes strates du boulevard Saint-Joseph avec le quartier résidentiel avoisinant.Deux formes prismatiques abritent les services aux entreprises et aux particuliers et, à leur rencontre, une forme irrégulière de plan ovoïdal agit comme rotule.Elle abrite le «trésor», grand volume fenêtré sur la place extérieure, contenant l\u2019aire d\u2019animation culturelle, les guichets automatiques, les voûtes et l\u2019espace de repos des employés.Projection du dynamisme des caisses populaires, ce coeur devient fond de scène d\u2019un quotidien où, usagers du rouli-roulant et de places publiques, clients et voûtes, flâneurs et voitures exposées, flirtent avec le directeur en suspension dans l\u2019espace.Malgré, une habile résolution formelle qui répond aux moindres mouvements des différents usagers, le principe d\u2019organisation adopté entretient une certaine contradiction quant à la logique des accès.Bien que la composition annonce la présence de l\u2019entrée principale à l\u2019intersection de la rue Gauthier et du boulevard Saint-Joseph, l\u2019affluence proviendra de l\u2019arrière, via le stationnement et la place.L\u2019ensemble de la composition contribue à créer un milieu d\u2019affaires accueillant, familier et personnalisé.S.G. 1.\tSchéma urbain.2.\tPlan d\u2019implantation.3.\tVue sur l\u2019entrée principale.4.\tLe hall d'entrée.5.\tCoupe diagonale à travers le hall.6.\tPlans du rez-de-chaussée et de l\u2019étage.7.\tSchéma projectuel.\u2022pT^r laaMMMiMiagi y ».: 111111111 llllllll ilium iiiiui! iiiiiin iiinim imiml ¦.i IBSB! iüiiiiiuiic: a ^ÏMÏÎMÎÎÏÎÏ ipiipffl -fll - SfiSNMf ¦n__rn\u2014rn- V/Æsi «P» rUE DU BOULEVARD I EQUIPE CONCURRENTE LAURENT JOYAL, ARCHITECTE, DRUMMONDVILLE ANNE CORMIER, ARCHITECTE, ATELIER BIG CITY, MONTRÉAL VUE DE LA MEZZANINE Le strip, ouverture, fluidité, liberté, à la fois masque et image Drummondville, l\u2019introvertie.Plutôt que de contrer le strip par une intervention isolée, le projet accentue l\u2019interaction entre la ville traditionnelle et le boulevard Saint-Joseph par la superposition à l'existant d'éléments structurants et la création d\u2019une séquence d\u2019événements.Logique parallèle: le boulevard, axe d\u2019hédonisme commercial à l\u2019échelle de la ville; la bande-promenade, zone privée de dimension publique, avec ses activités multiples à l\u2019échelle du boulevard.Logique perpendiculaire: implantations bâties le long du boulevard avec leurs façades latérales et leurs signes qui s'adressent à l\u2019automobiliste, et bandes vertes, compléments des bandes de bitume, transition vers les quartiers avoisinants.IM! j.li i.iiiiiliii COMMENTAIRES Cet atelier ne finira pas de nous étonner par son audace et la franchise de son propos.L\u2019interprétation originale du programme, les scénarios proposés et les dispositifs architecturaux constituent à la fois la force et la pierre d\u2019achoppement du projet.L\u2019analyse du contexte relève l\u2019essentiel du «strip»: un espace de vitesse et de ravitaillement, ponctué d\u2019une série d\u2019événements bavards; elle a été déterminante dans la définition de l\u2019implantation et du langage architectural.Le projet développe une stratégie et une symbolique d\u2019activités qui eut pu s\u2019adapter au super-marché, au compétiteur de MacDonald ou à la foire de l\u2019automobile, mais.aux caisses populaires?Un bassin d\u2019eau transformé en patinoire fait référence aux grands équipements collectifs intégrés à des structures de type industriel.L\u2019édifice, rappelant une «aréna», présente en façade un mur trombe qui offre une perpendiculaire franche au boulevard.L\u2019ensemble est adossé à une masse métallique, le coffre-fort, qui supporte l\u2019emblème monumentalisé des caisses.L\u2019image radicale proposée ramène davantage à une certaine utopie collective qu\u2019à l\u2019image corporative et populaire attendue et ce, même dans le traitement des espaces intérieurs.Sur le plan technique, la \u201ccaisse de résonnance\u201d exigeait de détailler des dispositifs architecturaux reflétant une préoccupation par rapport aux effets acoustiques de tout le grand volume et, plus spécifiquement, de l\u2019espace culturel.La présentation graphique, les couleurs très lumineuses et sans nuances, reflètent délibérément un esprit commercial et accrocheur s\u2019éloignant ainsi des valeurs mises de l\u2019avant par le client.Les impératifs du «strip» ont eu raison des desseins.S.G.Vue de la mezzanine sur le hall de la banque et vue du boulevard.Plan d\u2019implantation.Plan.1.2.3. ?Jr BOUL ST -JOSEPH ¦ ¦¦ c-i yiiiiinniiiiipiS miiuiiir UUf EQUIPE CONCURRENTE DUCLOS, BARIL, ARCHITECTES, DRUMMONDVILLE BOUCHARD, FRIGON, LAFOND ET ASSOCIÉS, QUÉBEC Restructurer de manière signifiante «l\u2019espace boulevard» dominé par le mouvement et le signe.Le requalifier par l\u2019implantation d\u2019une série de bâtiments signifiants le long de son axe.Rationaliser l\u2019utilisation du sol, combler tous les interstices, procédera des plantations.Le boulevard se transforme en un «passage» au dialogue architectural rythmé et soutenu.L\u2019îlot prend forme, réanimant la trame urbaine.L'activitéy est variée, édifices, places, plantations.À l\u2019arrière, le «parc» traversé par une piste cyclable, se veut le lien privilégié vers la rivière et les divers équipements urbains situés du même côté.i COMMENTAIRES Cette solution se distingue des précédentes par sa stratégie d\u2019implantation et sa volumétrie.Un édicule fantaisiste se détache du corps principal et participe en tant que signal à la série d\u2019événements ponctuels du «strip».Abritant la salle du conseil et les guichets automatiques, ce volume génère une grande place circulaire et met en évidence ces fonctions stratégiques.La passerelle qui le relie au corps principal souligne l\u2019entrée et définit un axe qui divise l\u2019édifice en deux zones, selon les différents services offerts aux clientèles.L\u2019ensemble de la composition est une forme de collage d\u2019éléments variés qui aurait pu constituer une réponse formelle adéquate au côté hétéroclite du boulevard Saint-Joseph mais ici, cette technique témoigne plutôt d\u2019un manque de contrôle et de cohérence dans la résolution et la coordination des différents aspects de l\u2019implantation, de la distribution intérieure et de l\u2019expression des façades.Le débordement du projet au-delà des limites de propriété et le manque d\u2019unité dans lafacture de l\u2019édifice, suggérés par la perspective et les élévations, ne font que renforcer cette impression et souligner cette faiblesse du projet.S.G.Perspective, vue vers le boulevard.Élévation, côté boulevard.Plan du rez-de-chaussée.Plan d'implantation. 5fn^-T ÏÜÇ.T: lilP»*M Iiip»*M .fc-jkE iisiig EQUIPE CONCURRENTE Renforcer la circulation vitale le long des rues transversales vers l\u2019axe principal des rencontres et des transactions : le boulevard Saint-Joseph.Dans une perspective d\u2019avenir, les bâtiments sur la rue Gauthier devraient s\u2019adosser en fond de ligne de terrain de manière à rendre contiguës à celles de leurs voisins les aires de services, dégageant ainsi devant eux assez d'espace pour aménager en alternance «le plaisir et la nécessité»: petites places et jardins entre les aires de stationnement.COMMENTAIRES La légèreté et le dynamisme de l\u2019édifice proposé ne vont pas sans évoquer les années où les caisses populaires portaient le drapeau de la modernité avec, à leur actif, plusieurs réalisations audacieuses.Ici, les architectes ont su se réapproprier et réinterpréter le langage architectural associé aux caisses: volumes animés, glissements de plans, couleurs primaires.Le choix de ces éléments d\u2019expression, le raffinement architectonique, le parti pavillonnaire et l\u2019échelle du projet s\u2019inscrivent dans une stratégie visant à lier le bâtiment au quartier résidentiel avoisinant plutôt qu\u2019au grand boulevard et ce, via un développement linéaire le long de la rue Gauthier.Le bâtiment très étroit, implanté perpendiculairement au «strip», dégage une place extérieure à fonction socio-culturelle isolée du boulevard par un maigre écran de verdure.Panneaux d\u2019exposition, scène mobile, plan d\u2019eau et gradins font référence à une place publique urbaine dont l\u2019utilisation présuppose des conditions d\u2019accessibilité piétonnière et une tranquillité incompatibles avec la localisation de la caisse.En contrepartie, un écran de projection cinématographique situé sur lafaçade introduit l\u2019idée du ciné-parc, seul élément d\u2019animation associable au «strip».Nous nous surprenons à regretter la présence de la voiture.Les différents services aux particuliers et aux entreprises sont répartis le long d\u2019un mail indépendant qui abrite les guichets automatiques.Ce parti organisationnel crée une multiplication inutile des accès et des circulations qui entraîne une perte d\u2019espace considérable et un resserrement excessif de l\u2019ensemble des espaces du projet.Ainsi, le lieu d\u2019animation socio-culturel prend la forme d\u2019un corridor d\u2019exposition trop étroit, où les usagers s\u2019effleureront continuellement, les cafés se renverseront et les tableaux s\u2019abîmeront.Malgré cela, le plan cartésien, la ségrégation des différentes fonctions et les aires de travail sont résolus avec beaucoup d\u2019adresse.S.G.Vue du boulevard et vue sur la hall de banque.Plan d\u2019implantation.Plan du rez-de-chaussée.ANDRÉ CAMIRAND, ARCHITECTE, DRUMMONDVILLE DUPUIS, LETOURNEUX, ARCHITECTES, MONTRÉAL 1.2.3. y -i gigauaiB UN PROJET URBAIN AUDACIEUX LE FAUBOURG QUÉBEC À MONTRÉAL UN DOSSIER PRÉPARÉ SOUS LA DIRECTION DE GEORGES ADAMCZYK Le site d\u2019intervention de la SHDM recouvre la quasi totalité de l\u2019un des 17 secteurs de planification particulière qui avaient été identifiés par le plan directeur d\u2019aménagement et de développement de l\u2019arrondissement Ville-Marie.Par ailleurs, avec les Iles Sainte-Hélène et Notre-Dame et le parc du Mont-Royal, ce site est aussi propriété de la Ville de Montréal.Dans ce sens, on en saisit immédiatement toute la portée stratégique pour un renouveau de l\u2019aménagement du centre montréalais.Il est donc heureux que, d\u2019une part, le mandat de développement de ce site ait été confié à la SHDM avec la collaboration du SHDU et que, d\u2019autre part, la SHDM ait établi un Bureau de projet distinct pour mettre en oeuvre les études requises.Tout cela dans une perspective de concertation avec les multiples intervenants qui entreront en action par suite du retour à une vocation résidentielle de cette partie de la ville.Sous la gouverne de Pierre Desjardins et Pierre-Luc Dumas, ces études débouchèrent au printemps dernier sur une proposition de planification originale et audacieuse, si l\u2019on considère l\u2019état déprimant du climat économique actuel qui incite plutôt à la timidité intellectuelle quant ce n\u2019est pas à l\u2019immobilisme complet.Une triple préoccupation marque les objectifs opérationnels du Bureau de projet compte tenu de l\u2019étendue du site, lequel ne peut être traité comme un banal projet immobilier.Puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une entreprise qui ne pourra se réaliser sans le recours à des fonds publics et sans passer par un processus complexe d\u2019approbation des services concernés et des citoyens consultés, il faut donc déterminer à la fois un plan d\u2019action, un plan de développement et un plan d\u2019aménagement.Si le plan d\u2019action touche plus directement les mécanismes reliés à la volonté politique et aux décisions organisationnelles etfinancières à courtterme, le plan de développement, par sa visée à long terme (entre dix et quinze ans) et par le fait qu\u2019il porte le contenu programmatique du projet dans son ensemble, impose une démarche ouverte qui n\u2019est pas sans conséquence sur le plan d'aménagement proprement dit.En effet, dresser un plan d\u2019aménagement pour un quartier où l\u2019on prévoit qu\u2019une population de 5000 personnes viendra s\u2019installer au fur et à mesure, suscite aujourd\u2019hui une profonde réflexion quant aux moyens réels d\u2019anticiper des formes urbaines et architecturales qui sauront répondre aux besoins de demain.C\u2019est la nature de cette démarche ouverte qui, selon nous, constitue l\u2019enjeu majeur du plan d\u2019aménagement de la SHDM.En élargissant la problématique d\u2019aménagement du site de façon à prendre en charge celle du centre-ville et surtout celle de l\u2019environnement immédiat (Vieux-Port, Centre-Est, Vieux-Montréal), le Bureau de projet déborde de ses limites territoriales et impose une vision intégratrice du futur développement.Le site d\u2019intervention s\u2019inscrit dans un secteur de planification dont le foyer central est constitué par le carré Viger.L\u2019analogie avec d\u2019autres secteurs urbains de la Ville est alors possible et l\u2019observation attentive du savoir-faire urbain montréalais peut servir de guide social, culturel et architectural dans la mesure où l\u2019on y décèle des qualités qui nous informent autant sur la tradition et l\u2019innovation qui marquent l\u2019histoire locale de nos manières constructives.L\u2019idée d\u2019une double évolution dans le temps et dans l\u2019espace permet de tenir à distance la tentation d\u2019un strict contextualisme menant à une composition urbaine trop définie et trop figée.L\u2019intégration repose sur l\u2019affirmation de grandes règles géométriques et topologiques conjuguées avec les évidences du lieu: son paysage, sa mémoire, la rue Notre-Dame surélevée, la proximité du fleuve et du Vieux-Montréal.Ce nouveau contexte appelle une intervention qui ressort plus de la texture que de l'objet, repoussant ainsi la tentation d\u2019édifier sur ces terrains des bâtiments isolés sur le modèle des grands ensembles de la périphérie.La collaboration de Claude Provencher de Provencher & Roy, architectes et de Kenneth Greenberg de Berridge Greenberg Lewinberg Ltd., ainsi que de leur équipe respective à été très judicieuse.Combinant l\u2019expertise de l\u2019architecte et celle du designer urbain, l\u2019un très vigilant quant à la nécessité d\u2019introduire des architectures inventives pour réaliser ce grand programme contemporain et l\u2019autre très scrupuleux vis-à-vis les facteurs de continuité établissant les qualités urbaines qui seront requises pour rendre attrayant un site de cette ampleur inhabituelle à proximité du centre-ville, ils ont contribué à mettre en place une structure et des figures déterminantes pour une architecture urbaine qui reste cependant, et fort heureusement, invisible à ce stade du projet, c\u2019est-à-dire à l\u2019état de potentiel plutôt que définie a priori.Pouren vérifier les grandes hypothèses, en particuliercelle qui consiste à maintenir le niveau de la rue Notre-Dame, plusieurs consultations ont été menées auprès de professionnels.Notamment, des architectes de réputation internationale tels que Herman Hertzberger, Hildebrand Machleidt et Daniel Solomon ont été invités au stade exploratoire, à participer à des séances intensives de design qui ont permis de dégager un certain nombre de paramètres morphologiques et typologiques pertinents à la densité souhaitée.Les traits principaux du plan, évalués progressivement par les divers spécialistes économiques, sociaux et techniques, traduisent des possibilités en termes d\u2019architecture qui ont pu être testées par les architectes du Bureau de projet ainsi que par d\u2019autres architectes invités à faire cet exercice.Dans ces circonstances, Jacques Rousseau confrontait l\u2019identité singulière du Faubourg Québec à son environnement historique avec une proposition très articulée: une nouvelle grille distribuant des séries de bâtiments d\u2019habitation d\u2019unetypologie d\u2019inspiration radicalement moderniste.Parmi les nombreuses collaborations mises en oeuvre dans le cadre de cette démarche ouverte, notons encore celle de Jean- 1.\tVue du Faubourg Québec.2.\tÉtude du Faubourg, SHDU, 1988.3.\tLe site d\u2019intervention dans son secteur de planification. »ffi Pierre Le Tourneux pour la physionomie architecturale et celle de Sandra Donaldson pour les aménagements paysagers qui ont tous deux illustré, avec imagination pour l\u2019un et malheureusement trop de conformisme pour l\u2019autre, les possibilités créatrices offertes par ce plan aux professionnels.Ayant aussi comme souci de bien démontrer l\u2019importance du développement du site d\u2019intervention dans son secteur de planification, le Bureau de projet a sollicité de Melvin Charney une étude du carré Viger.Cette proposition, on l\u2019espère, devra être considérée très rapidement par les services concernés car il s\u2019agit de la figure maîtresse de toute l\u2019image future du quartier.Mais qu\u2019en est-il des craintes d\u2019un conservatisme dominant évoqué par Vittorio Gregotti comme marque d\u2019un recul de l\u2019idée de projet dans les nouveaux plans urbains des grandes métropoles?La recherche du goût moyen, les critères de modestie compensés çà et là par de grands signes, et «par-dessus tout: pas de définition claire, pas de forme déterminée, une totale malléabilité et une interchangeabilité absolue des solutions dans la structure: en d\u2019autre mots, une non-architecture» (1), tout cela pourrait être l\u2019écueil d\u2019une démarche ouverte comme celle que privilégie le Bureau de projet du Faubourg Québec.En fait, ce plan est audacieux à plus d\u2019un titre derrière son apparente austérité.La réponse contextuelle qu\u2019il propose avec la reconstruction de la rue Notre-Dame comme immeuble-pont, l\u2019invitation par des procédures de concours d\u2019architecture (qu\u2019il reste à définir) des meilleurs professionnels de toute génération, la commande innovatrice en ce qui concerne la définition des îlots et la typologie des logements, bref autant d\u2019indications claires qui révèlent ici un véritable projet ouvert au devenir de la société.Plusieurs approches s\u2019offraient aux architectes.D\u2019emblée, il fut convenu qu\u2019un grand concours ne saurait répondre à la complexité de la commande.Les villes de Berlin, Barcelone, Paris et Toronto furent considérées comme des exemples récents d\u2019expériences où le mariage entre planification etarchitecturefut le mieux orchestré.C\u2019est sans doute aux travaux de l\u2019Atelier Parisien d\u2019Ur-banisme que peut s\u2019apparenter le plan d\u2019aménagement du Faubourg Québec, dans la mesure où il établit un cadre très ferme donnant son identité au lieu tout en favorisant l\u2019expression d\u2019architectures diverses.Celles-ci devront s\u2019inscrire dans ce nouveau paysage défini par des espaces publics dont on affirme du même coup la prééminence.Les architectes sauront, nous l\u2019espérons, trouver là l\u2019occasion d\u2019un défi à leur pratique où souvent s\u2019opposent l\u2019exacerbation de la signature des uns à la disparition de l\u2019effort créatif des autres.Comme l\u2019écrit Nathan Starkman: «La force des tracés, la qualité des espaces publics permettent une lecture simple de la ville.Faut-il alors multiplier les signes?Trouver sur toutes les parcelles, même les plus petites, un geste?Cela n\u2019est pas nécessaire à chaque fois; d\u2019où mon goût pour les architectes qui savent jouer le contexte, concevoir des bâtiments dont la qualité s\u2019apprécie en prenant le temps de regarder.» (2) Voilà, nous le croyons, les objectifs profonds de ce plan d\u2019aménagement préparé par la SFIDM.Ses auteurs ont su déjouer les obstacles des contraintes physiques et politiques pour faire éclater la générosité du dialogue avec les futurs maîtres d\u2019oeuvre.À cette étape, il n\u2019est pas inutile d\u2019instaurer un rapport critique constructif, indice d\u2019une appropriation par le milieu architectural.C\u2019est dans cet esprit que nous avons donné la parole à Christian Devillers et à Barry Sampson afin de porter un premier jugement sur la démarche et sur la question des espaces publics dans ce projet urbain qu\u2019il reste à mettre en oeuvre.¦ NOTES ET RÉFÉRENCES I 1.\tVittorio Gregotti, The Phantom of Democracy, Casabella 572, octobre 1990, pp.2, 3.2.\tNathan Starkman, Nouveaux Horizons?ZAC Citroën, Reuilly.Bercy, propos de Nathan Starkman, directeur de l'APUR, recueillis par Jean-François Pousse, Technique & Architecture 395, avril-mai 1991, pp.84, 85.NOTICE BIOGRAPHIQUE Georges Adamczyk est professeur au département de Design de l\u2019Université du Québec à Montréal.Membre du groupe de recherche architecturale STUDIO CUBE, il s\u2019est plus particulièrement intéressé au cours des dernières années à la problématique du projet urbain.xw Etude de Herman Hertzberger, le coteau reconstitué.Coupe sur le garage Molson, Provencher & Roy, architectes.Exemple de savoir-faire urbain montréalais: deux ilôts du quartier Lincoln/Tupper.Étude de Jacques Rousseau, immeubles-villas et immeubles-tours.Étude de Melvin Charney, le carré Viger reconstruit selon le savoir-faire urbain montréalais.Perspective de la rue Notre-Dame, Bureau de projet.Étude de Hildebrand Machleidt, rues et quadrilatères.iliji KëSü üISSsi \u201d Il mm I i lHT|: \t' \u2014r\" I\t m-T«rl\t J?\tIt \t\u2018bix-\tm \t Irav\t \t i\t ifTFir\t ^099 Plan d\u2019aménagement, le concept.Plan d'aménagement, l\u2019affectation du sol LE PLAN D'AMENAGEMENT DE LA SHDM élément de permanence et de continuité et reconnaît le potentiel de structuration des figures du domaine public que sont le carré Viger et le Vieux-Port.Le plan propose un découpage du site d\u2019intervention en îlots primaires, base du concept d\u2019organisation et secteurs d'interventions.Leur subdivision par un réseau de rues, d\u2019allées et de passages piétons permet de hiérarchiser l\u2019espace et d\u2019introduire une maille plus fine dans le tissu urbain et le bâti.La parcelle constitue, à des fins de développement immobilier, le résultat de cette subdivision.La densité est à la fois fonction des paramètres d\u2019ordre financier permettant la viabilisation du site, l\u2019usage optimal des ressources et la nécessité de constituer une masse critique de près de 5000 résidents, population qui permettra d\u2019offrir une gamme complète de services et de commerces.La densité est fonction d\u2019un indice 3.LE PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT Superficie du site: 75 000 m2 Superficie des îlots à développer: 68 800 m2 Habitations: 1600 unités (169 000 m2) Commerces: 5000 m2 Bureaux et activités tertiaires: 11 500 m2 Equipements publics: 2500 m2 LE CALENDRIER ¦\t1990/1991 -\tCréation du Bureau de projet du Faubourg Québec par la SHDM -\tPréparation des esquisses du plan d'aménagement -\tRédaction et dépôt du plan d'action du Faubourg Québec par le Bureau de projet ¦\t1991/1992 -\tPréparation du programme de développement -\tConsultation publique -\tApprobation du programme de développement -\tConcours d'architecture et sélection des promoteurs immobiliers ¦\t1993/1994 -\tMise en oeuvre des infrastructures et utilités publics -\tMise en oeuvre des phases initiales de construction -\tVente et occupation des premières unités d'habitation ¦\t2002/2005 -\tAchèvement du projet MAÎTRE D'OEUVRE: La Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) BUREAU DE PROJET DU FAUBOURG QUÉBEC Pierre Desjardins, directeur Pierre-Luc Dumas, architecte, directeur adjoint, responsable de la planification Johane Frenette, responsable des finances Chantale Thiboutot, agente de développement CONSULTANTS AU PLAN D'AMÉNAGEMENT Berridge Lewinberg Greenberg Ltd., architectes et urbanistes, Toronto Provencher & Roy, architectes, Montréal Daniel Solomon, architecte, San Francisco Dupuis, Le Tourneux, architectes, Montréal Herman Hertzberger, architecte, Amsterdam Hildebrand Machleidt, architecte, Berlin L'Architecte Rousseau, Montréal L'ATELIER Poirier Dépatie, architectes, Montréal Lalonde Valois Lamarre Valois & Associés Inc., Montréal Martoni, Cyr & associés inc.(ingénieurs structure), Montréal Melvin Charney, architecte, Montréal Sandra Donaldson, architecte paysagiste, Montréal Le plan d\u2019aménagement du Faubourg Québec vise à offrir un milieu de vie accueillant, bien intégré à l\u2019ensemble de la ville.Sa réalisation se fera dans une perspective innovatrice de développement viable.Ce plan est perfectible dans le temps.Il est le fruit d\u2019un effort et d\u2019une réflexion collective qui se poursuivra au cours des étapes à venir.Le Bureau de projet du Faubourg Québec constitue l\u2019élément moteur de la planification et le pivot de sa mise en oeuvre.LE PARTI URBAIN Le plan reconnaît la prééminence de l\u2019espace public comme Boul.René-Lévesque Rue St-Àntoinc les t^ues primaires lés rues secondaires les allées piétonnes les passages les espaces ouverts les points d'échange cnirc Ies-cteux nivçaux- les points d'ancrage au niveau haut - oâLr\tnn mi Fï\t 997 PLAN D'AMENAGEMENT LIMITE DE HAUTEUR PROFIL DE PRINCIPE\" Lots berri PROFIL DËPRÏNCÏPe\u201d ÎLOTS ST-HUBERT ÎLOTS AMHERST istL e h.RUES ST-HUBERT.AMHERST.RUE ST-HUBERT AU NORD DE NOTRE-DAME RUE NOTRE-DAME RUE ST-ANDRÉ DF.I A COMMl INF mmm.[pmrrifîtif ipm; Uil rmmMM agi «-ri, màmm SL5» ;KXtSS
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