Le Canada-français /, 1 mars 1944, Chronique des archives
Chronique des archives (suite) M.F.Parkman Esq.Québec, ce 4 septembre 1890.Old Wentworth Mansion N.H.Mon cher historien, Si j’ai tardé à répondre à votre très aimable lettre, c’est que j’arrive d’une excursion de pêche à la mouche dans les forêts du Lac Saint-Jean.Vous m’avez fait un singulier plaisir en m’annonçant que vous achevez votre ouvrage sur la période de 1700 à 1748.C’est toujours une fête pour moi que la lecture de vos livres où ces deux immortelles soeurs, la Science et la Poésie, se donnent toujours la main.J’aime à voir ainsi dans mon imagination Xéno-phon couronné par Sapho.Votre santé, grâce à Dieu, est un peu meilleure, me dites-vous.Vivez encore longtemps pour votre famille et pour ce grand peuple d’admirateurs qui s’attachent à vos pas.Soyez sûr qu’à mesure que paraîtront les volumes de la Collection Lévis, je ne manquerai pas de vous les faire parvenir.Il n’y a encore que les deux premiers volumes de publiés.Comme c’est la Province de Québec qui fait les frais de cette publication, la politique a voulu s’y fourrer et m’a causé des retards.Une nuée de jobbers a assailli les ministres et moi: de là, retards et ennuis de toute nature.Veuillez me rappeler au bon souvenir de Madame Coolidge que j’ai connue toute jeune fille: la voilà maman de deux enfants français et de deux américaines! Je vois d’ici le grand-père les gâter plus que les parents.Mille souhaits pour vous et les vôtres.Yours truly H.-R.Casgrain, ptre.Québec, 27 septembre 1890.Mon cher historien, Je vous expédie à la hâte le 1er vol.Extraits des Archives de la Marine qui sort ce matin même de l’atelier.Vous me feriez plaisir en m’indiquant les défectuosités que vous pourriez remarquer et les améliorations que je pourrais faire dans les autres volumes.Le troisième vol.du Maréchal de Lévis devra être prêt à la fin du mois.Yours truly ______ H.-R.Casgrain, ptre.1 Le Canada Français, février 1944.vol.XXXI, n° 7, mars 1944. 550 LE CANADA FRANÇAIS M.F.Parkman Boston Mon cher historien, Québec, le 10 octobre 1890.Je m’empresse de vous remercier de vos excellentes observations.Pour le premier volume, je n’ai fait que suivre l’ordre dans lequel «ont placées les pièces dans le volume manuscrit.J’ai craint de les déranger pour ne pas égarer ceux qui ont entre les mains le catalogue imprimé, fait par M.Marmette sous la direction de M.Brymner.Vos remarques me décident à faire des modifications.J’hésite cependant à disperser certaines séries.C’est un sujet À examiner.Je trouve dans ma copie de la Marine, certaines lacunes, du moins apparentes que vous pouvez m’expliquer.Dans votre Montcalm et Wolfe, vous indiquez par exemple, vol.2 p.155: Vaudreuil au Ministre, 20 noi.1758, à propos de la défaite du Major Grant.Je trouve dans ma copie, année 1758, Vaudreuil au Ministre, 20 novembre, une lettre commençant par ces mots: « Je piofite de l’occasion d’un navire qui part de Québec pour avoir l’honneur de vous envoyer mes dernières et plus intéressantes dépêches par quadruplicata et vous rendre compte du plus grand avantage que nous avons eu sur nos ennemis à la Belle-Rivière.» Puis Vaudreuil n’en dit pas un mot dans cette lettre, pas plus que dans la précédente de la même date, les deux seules qui portent la susdite date.Je pourrais vous citer d’autres exemples: pour Bigot et Ligneris entre autres, dont vous citez des lettres que je ne trouve pas.Il serait désirable que les volumes à imprimer fussent aussi complets que possible.J’espère vous expédier le volume de Lévis dans lgs premiers jours de novembre.Je dois vous dire (entre nous) qu’il a surgi un petit différend entre le Comte de Nicolay et le Marquis Victor de Montcalm à propos des Lettres et du Journal du général ! Le Marquis réclame la propriété de ces deux manuscrits, comme n’ayant été confiés au Chevalier de Lévis qu’à titre de fidei-commis.Ce petit différend existe encore, mais je crois qu’il se terminera à l’amiable.Voilà pourquoi le prochain volume imprimé sera celui intitulé: Lettres de la Cour de Versailles.Yours truly H.-R.Càsgrain, ptre.A M- F.Parkman, Boston Québec, ce 6 novembre 1890.Mon cher historien, Je viens de jeter à la poste le volume des Lettres de la Cour de Versailles qui vient de paraître.Vous êtes le premier au monde à Le Canada Français, Québec, CHRONIQUE DES ARCHIVES 551 qui je l’envoie.J’ai presque regretté de vous avoir fait des questions au sujet de vos manuscrits, depuis que j’ai appris de la main de Madame votre sœur, à qui je vous ai prié d’offrir mes hommages, que cela pouvait vous fatiguer.Soyez donc remercié doublement de l’envoi de la copie d’une lettre de Vaudreuil et de vos autres renseignements.Connaissez-vous d’autres endroits que la Marine où se trouvent des lettres de Ligneris ?J’ai eu cette idée en voyant certaines lacunes apparentes de mes copies.Pour moi, jusqu’à présent, je n’en connais pas, à moins qu’il ne s’en trouve dans les manuscrit du Ministère de la Guerre dont copie va m’arriver incessamment.Conservez votre précieuse santé pour vous-même, votre famille et tout le peuple d’admirateurs qui vous entoure de loin comme de près.Yours very truly H.-R.Casgrain, ptre.Québec, ce 18 décembre 1890.Mon cher Historien, J’arrive précisément de la poste d’où j’ai retiré votre manuscrit: Lettres de Montcalm à Bourlamaque.Je vous remercie infiniment de votre obligeance.Comptez sur tout le soin imaginable.J’ai ici des voûtes parfaitement à l’épreuve du feu.Je vais passer tout mon temps ces jours-ci à lire votre manuscrit et je noterai avec soin les passages inintelligibles, car je veux faire tout mon possible pour les faire déchiffrer, ayant déjà parfaitement réussi pour la collection des lettres nombreuses de Montcalm que j’ai fait transcrire.Comme je pars mercredi midi de Québec pour New-York où je prendrai le Steamer français le 27, dans l’intention de passer deux mois à Paris, je ne néglige rien, ni démarches ni voyages mêmes, pour compléter votre manuscrit; je désirerais avoir un mot de recommandation de votre part pour le propriétaire des originaux qui n’est pas mentionné dans votre manuscrit.J’attendrai donc de votre complaisance ce mot de vous, avant mercredi prochain le 24.En vue de l’impression, je vais faire exécuter une nouvelle copie du manuscrit.Veuillez croire à mon entier dévouement.H.-R.Casgrain, ptre.Monsieur F.Parkman Boston Québec, 20 avril 1891.Mon cher historien, Je vous renvoie, avec tous mes remerciements, votre manuscrit, Lettres de Montcalm à Bourlamaque, que j’ai enveloppé soigneu- vol.XXXI, n° 7, mars 1944. 552 LE CANADA FRANÇAIS sement et enrégistré à la poste.Après avoir lu attentivement ces lettres, j’ai constaté que votre copiste s’en est mieux tiré que je ne le pensais d’après votre note.Il n’y a aucun passage important qu’il n’ait déchiffré.Voilà pourquoi, pendant le séjour que je viens de faire en Europe, je n’ai pas trouvé nécessaire de me rendre à Cheltenham, comme je me l’étais proposé.Ainsi que je vous l’ai écrit, je vous prie de m’envoyer ce que vous jugerez à propos de mettre sous votre signature en tête du volume qui sera publié en même temps que le volume des Lettres de Bourla-maque à Lévis.Ces deux volumes sont, pour ainsi dire, le complément l’un de l’autre.La copie que j’en ai fait faire a été collationnée avec tout le soin possible.A propos de collation, je vous ai écrit que j’avais fait revoir, à Paris, par un de mes copistes, le nom de M.de Foligny ou Solignê.Mon copiste m’avait affirmé que c’était bien Solignê, qu’il fallait lire; mais au mois de janvier dernier, me trouvant aux Archives de la Marine, j’ai voulu m’assurer du fait par mes propres yeux et j’ai constaté, à n’en pouvoir douter, que c’était bien FOLIGNÉ que le manuscrit autographe porte.J’ai trouvé plusieurs F dans le corps du récit qui me donnent une certitude absolue.Je vous donne ces détails minutieux parce que, par la faute de mon copiste, je vous avais induit en erreur.Conclusion morale: l’oeil du maître est toujours le meilleur.En attendant l’honneur et le plaisir de votre réponse, je vou» prie de croire à toute mon admirative estime.H.-R.Casgrain, ptre.Québec, 23 juillet 1891.F.Parkman, Esq.Near Portsmouth, N.H.Mon cher historien, Vous recevrez bientôt un nouveau volume de la Collection Lévis; mais celui dont vous me parlez ne vient pas de moi.Ainsi que je vous l’ai dit, les Lettres de Montcalm à Bourlamaque paraîtront avec les Lettres du même à Lévis.Cette publication est loin d’aller aussi vite que je le désirerais, mais elle se fera certainement.Le volume qui s’imprime actuellement est à moitié imprimé; je vous l’expédierai aussitôt qu’il sera broché.J’espère qu’avant la fin de l’année, vous aurez en mains les Lettres de Montcalm à Bourlamaque.Ce qui nous a retardés, cette année, a été l’incendie de l’imprimerie où se publie la Collection Lévis.Je vois que vous jouissez de la villégiature chez votre gendre, M.Coolidge.Tâchez d’y prendre un regain de santé et de jeu- Le Canada Français, Québec, CHRONIQUE DES ARCHIVES 553 nesse, afin de publier bientôt le volume complémentaire de votre série historique sur l’Amérique du Nord.Avec mille bons souhaits, je demeure votre sincère admirateur H.-R.Casgrain, ptre.(sans date, probablement 24 ou 25 novembre 1891) Monsieur F.Parkman Boston Mon cher historien, J’ai le plaisir de vous expédier en même temps que celle-ci, par paquet recommandé à l’express, mon dernier volume, Montcalm et Lévis, que j’ai composé d’après la masse de documents que j’ai en main.Quoique j’y diffère sur plus d’un point de sentiment avec vous, je crois que vous ne trouverez pas une seule syllabe qui puisse vous déplaire.La critique est toujours accompagnée des pièces justificatives et par conséquent d’une parfaite loyauté.Cet envoi sera suivi bien prochainement d’un nouveau volume de la Collection Lévis, les Pièces Militaires.Les dernières pages des Lettres de Montcalm à Bourlamaque s’impriment en ce moment et je pourrai vous en envoyer plusieurs exemplaires si vous le désirez, au commencement de décembre prochain.Vous trouverez votre lettre placée en tête.Ce volume fait partie de celui de la Collection Lévis, intitulé: Lettres de Bourlamaque au Chevalier de Lévis, lesquelles ne forment que les 124 pages du commencement.J’ai tout lieu de croire que vous serez satisfait de cette impression.Je ne vois rien d’essentiel qui n’ai été déchiffré.Je dois partir le 16 décembre prochain pour m’embarquer à New-York, sur le Bourgogne, de la ligne française, et je me propose de me rendre, avec deux de mes amis, jusqu’en Egypte, en passant par la Grèce, Rhodes, Chypre et la Palestine, pour revenir par Naples et Rome.Vous allez me trouver extravagant de m’aventurer si loin à soixante ans révolus.Dans votre prochaine, faites-moi donc le plaisir de me donner des nouvelles de votre chère santé et de votre volume de 1700 à 1745.Je vous écris au typewriter plus facile à lire que l’écriture à la main.Yours truly (fin) H.-R.Casgrain, ptre.vol.XXXI, n° 7, mars 1944.
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