Le Canada-français /, 1 avril 1937, Le deuxième Congrès de la langue française au Canada - Chronique de l'organisation
Le coin du Congrès LE DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE AU CANADA Chronique de l’organisation (Suite ') L’œuvre du Congrès s’élabore normalement.Au Comité central — nous désignons ainsi avec tout le monde le Comité Exécutif ou le Bureau qui agit en son nom — et au Secrétariat permanent, il n’est pas question de chômage ; une correspondance de plus en plus abondante s’établit entre le Comité central et les Comités régionaux ; de toutes parts nous arrivent les meilleures nouvelles ; partout on se prépare avec enthousiasme aux grandes assises de juin.Suivant notre consigne, nous enregistrons ici les principales étapes de l’organisation.Le bouton officiel du Congrès, choisi en janvier, est maintenant en vente.Fabriqué à Montréal, par une maison canadienne, d’après le dessin de M.Marius Plamondon, élève de l’École des Beaux-Arts de Québec, il apparaît comme une excellente réalisation de l’idée du Congrès.Il est très agréable à l’œil, très artistique, et nullement héraldique.L’auteur du dessin, pour exprimer le sens profond du Congrès, a imaginé de joindre en un tout harmonieux la feuille d’érable, emblème du Canada, et le lys, emblème de la France ; et, pour bien assortir les couleurs, sur un fond blanc il a dessiné une feuille d’érable bleu azur, et sur celle-ci, un lys bleu foncé.Tout autour il a inscrit, en lettres bleu foncé, la devise du Congrès et l’année de sa tenue : Conservons notre héritage français.1937.Tel est le bouton que les organisateurs veulent répandre partout, et dont déjà près de cinq cent mille ont été demandés par le Conseil de l’Instruction publique de la province de 1.Voir les numéros de janvier et de mars. DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE 785 Québec.Les officiers de ce Conseil, avec le bienveillant concours des Inspecteurs d’école et de tous les instituteurs et institutrices de l’enseignement primaire, ont bien voulu se charger de l’offrir en vente aux cinq cent mille enfants de nos écoles.Notre sous-Comité des Noëlistes s’occupe de la distribution aux Comités régionaux, et ceux-ci par les Comités locaux vont le répandre dans tous les coins de l’Amérique française.Le bouton se vend dix sous aux adultes, et cinq sous aux élèves des écoles primaires et moyennes.Ainsi les plus petits eux-mêmes prendront en quelque sorte une part directe et visible au Congrès de juin.Après le bouton, ce fut la médaille du Congrès qui vint à l’ordre du jour.Le concours lancé en décembre obtint le plus entier succès.Pour stimuler les volontés, le Comité central décida de décerner des prix au trois meilleurs concurrents : au premier, un prix de deux cents piastres, au deuxième, de soixante et quinze, et au troisième, de cinquante.Et il forma tout de suite un jury pour juger de la valeur des travaux qui seraient soumis au Comité, et pour décerner les prix.Le jury fut composé de Mgr Camille Roy, M.Horatio Walker, M.Jean-Baptiste Soucy, directeur de l’École des Beaux-Arts, Mademoiselle Julia Daoust, professeur de sculpture à la même école, M.le Dr Arthur Vallée, M.Antonio Langlais et M.le Dr Roméo Blanchet.Plus de trente concurrents de Québec, de Montréal el d’ailleurs entrèrent en lice pour exécuter un dessin agrandi de la médaille projetée, et bientôt le jury eut à juger autant de travaux, qui attestaient le talent et les aptitudes des nôtres dans le domaine artistique.A leur réunion du 20 janvier, les juges du concours firent le choix des trois meilleurs dessins, et prièrent leurs auteurs d’en faire un modelage en plâtre, avant de décerner les prix selon l’ordre de mérite.Ils voulurent aussi, avant de prononcer le verdict final, s’adjoindre deux numismates distingués, Mgr François Pelletier et M.l’abbé Albert Aubert, de l’Université Laval.Et le 18 mars, le jury ainsi augmenté rendit, à l’unanimité, le jugement définitif : le premier prix fut décerné à M.Marius Plamon-don, l’auteur du bouton souvenir ; le deuxième, à M.Henri Fontaine ; et le troisième, à M.Jean-Charles Fortin. 786 LE CANADA FRANÇAIS M.Plamondon a voulu synthétiser l’œuvre entière du Congrès selon les règles fondamentales de l’art, en mettant en relief, sur l’avers de la médaille deux têtes symboliques aux profils superposés ; la première, ceinte de feuilles d’érables, représente le Canada sous la figure d’un jeune homme aux traits mâles, au regard vif et franc ; la seconde, ceinte d’une couronne fleurdelisée, représente la vieille France, sous la figure d’une femme noble et inspirée.Sur le fond, à l’arrière-plan, une croix aux larges bras symbolise la foi solide comme le granit qui caractérise le Canada français.Le tout est cerclé de la devise du Congrès : Conservons notre héritage français.Au revers, l’inscription pure et simple des mots essentiels : Deuxième Congrès de la Langue française au Canada, Québec, 1937.Telle est la médaille qui sera coulée dans le bronze pour commémorer notre grand ralliement national.Elle ne le cédera en rien à celle de 1912.Aux séances régulières du Comité central — il y en a une ou deux par semaine — le programme revient sans cesse à l’ordre du jour pour subir quelque modification majeure ou mineure.Quoi qu’en disent les journaux, il n’y a pas encore de programme définitif, mais il y a beaucoup d’articles de ce programme qui sont définitifs.A l’assemblée générale du 15 février, qui était la deuxième, le Bureau a soumis aux membres le programme fixé à cette date, et comportant des séances publiques, le soir, au Colisée, et des séances de sections pendant le jour, à l’Université Laval ou au Palais de justice, mais cela n’était ni complet, ni définitif.Ce qui, croyons-nous, est définitif, c’est qu’il y aura une séance publique solennelle à l’Université ; c’est que les séances publiques générales, au Colisée, auront lieu les 27, 28 et 29 juin, et la séance solennelle de clôture, le jeudi 1er juillet.Et le 30 juin, à 8 heures du soir, ce sera le banquet officiel du Congrès, où se feront entendre des représentants de tous les groupes français de l’Amérique.Ce qui est définitif aussi, c’est que dans les séances de sections on étudiera l'esprit français dans ses diverses manifestations.Deux sections s’occuperont de la langue, soit parlée, soit écrite, une autre des arts, une autre des mœurs, et une autre des lois.Les diverses sections siégeront simultanément. DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE 787 Ce qui est également définitif, et surajouté au programme publié en février, c’est qu’il y aura, pendant le Congrès, et sans préjudice des autres articles du programme, une journée des dames, une journée des jeunes et une journée des enfants.Celle-ci aura lieu le lundi 28 juin, celle des dames le mardi, et celle des jeunes le mercredi.Pour les enfants il y aura, au Parc Victoria, le matin une messe en plein air, et l’après-midi une séance adaptée à la mesure de leur taille.M.l’abbé Raoul Cloutier, l’actif directeur de l’Oeuvre des Terrains de jeux, se chargera de mener à bien les projets du Comité à l’égard des petits, et de graver dans leur cœur, aussi bien que dans leur imagination, les belles choses du Congrès.Le lendemain, ce sera la journée des Dames, avec séances spéciales au Palais Montcalm.Le 30 juin, les jeunes se grouperont d’abord à l’église Saint-Roch, à 9 heures 30, pour une messe pontificale, avec sermon par S.E.Mgr Forget, évêque de Saint-Jean, puis au Palais Montcalm, à 10 heures 30 du matin, et à 2 heures de l’après-midi, pour des séances d’étude.Enfin le soir ils auront une grande manifestation publique au Colisée.Le Comité a confié l’organisation de cette journée des jeunes aux Noëlistes de Québec, et au Conseil diocésain de l’A.C.J.C.Nous sommes par là assurés du succès de cette partie du programme.Une autre nouvelle qui sera bien accueillie de tous, c’est la célébration d’une messe pontificale solennelle, à Sainte-Anne-de-Beaupré, le jour de la clôture du Congrès.Les Pères Rédemptoristes, gardiens du sanctuaire, en ont fait l’aimable invitation au Comité central, et celui-ci l’a acceptée avec empressement.Un prédicateur de grand renom s’y fera entendre, c’est tout ce que nous pouvons dire pour aujourd’hui ! Pour l’organisation matérielle, le Comité central a reçu avec plaisir et avec gratitude des offres précieuses de collaboration.Ainsi les étudiants de Laval et le Syndicat d’initiative de Québec ont bien voulu se charger de faire retrouver à notre ville son apparence française.Us ont dressé un véritable plan de campagne, et ils veulent obtenir de tous les établissements commerciaux que les enseignes et les annonces soient françaises, ou bilingues, de même les menus dans les hôtels et les restaurants, de même les circulaires, les affiches et toute la littérature destinée au public.Espérons que ces 788 LE CANADA FRANÇAIS vaillants chevaliers de la langue française recevront partout un accueil sympathique.Déjà leurs équipes ont parcouru la Haute-Ville et toute la rue Saint-Joseph et ont dressé un bilan des panneaux-réclames et des affiches qui s’y rencontrent.Après un relevé complet des rapports de leurs équipes, les chefs du mouvement s’entendront pour suggérer ensuite les réformes nécessaires.Et nul doute qu’au mois de juin Québec aura recouvré son visage français.Le service d’ordre pendant le Congrès sera confie aux Zouaves, les auxiliaires indispensables et toujours dévoués de nos fêtes religieuses et nationales.Parmi nos Comités particuliers, c’est celui des finances qui est depuis un mois le plus occupé : il prépare sa campagne, il l’a même commencée.Dans la ville de Québec il agit de concert avec la Société Saint-Jean-Baptiste, et, bientôt,tout sera prêt pour l’assaut des foyers québécois ! Le Gouvernement de la Province et le Conseil de Ville de Québec feront généreusement leur part ; nos compatriotes du Canada et des États-Unis seront aussi invités à souscrire ; plusieurs même l’ont déjà fait et le Comité central est assuré que les ressources nécessaires ne lui manqueront pas.Tout cela est de bon augure pour le succès du Congrès et pour la permanence de ses fruits.De tous les Comités régionaux les lettres affluent au Secrétariat qui indiquent toutes l’intérêt grandissant que suscite le Congrès.A Montréal, la Société Saint-Jean-Baptiste s’est mise au travail avec entrain.Elle a invite ses Comités régionaux et ses sections paroissiales à s’entendre pour exécuter le programme de propagande suivant, qu’elle a préparé elle-même: I — Organisation Les Comités régionaux et les sections paroissiales de la Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal sont invités à former un Comité de cinq membres dans chaque paroisse.Ces Comités partageront le territoire de l’île de Montréal en groupements de cinq paroisses et choisiront un chef de district pour chaque groupement.Sous la direction de leurs chefs, les Comités paroissiaux auront à exécuter le programme suivant. DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE 789 II — Programme de travail Chaque Comité paroissial organisera : 1.— Une fête religieuse dans l’église paroissiale, dans un collège ou dans un couvent avec allocutions appropriées.2.— Une grande assemblée populaire avec musique et chant, allocutions sur le devoir des Canadiens français à l’égard de l’esprit et de la langue française.3.— Une grande manifestation des enfants dans chaque école en l’honneur de la langue française et des héros de notre histoire nationale.4.— Un concours dans toutes les classes de chaque école, de manière à attirer l’attention des enfants sur la beauté de leur langue maternelle, sur la nécessité de la bien parler et de la défendre.5.— Ce Comité, par circulaires, affiches, etc., à l’occasion du Congrès de la Langue française, demandera à chaque famille de la paroisse de se faire un point d’honneur d’opérer une réforme française dans son foyer : gravures françaises, tableaux et calendriers français, inscriptions françaises sur les ustensiles et accessoires de la maison, revues françaises, abonnement aux journaux de langue française, choix de fournisseurs français, achats de produits de chez nous, adhésions aux sociétés nationales, livres français ; lecture et musique françaises, émissions radiophoniques françaises.Chaque Comité paroissial accompagnera ses circulaires d’une formule à remplir par chaque famille ; il pourra ainsi savoir combien de foyers ont répondu à son appel et de quelle manière.Il fera naître une grande émulation entre les familles et connaîtra le résultat de son action.III — Exécution du programme Afin de surveiller l’exécution de ce programme, il y aura : 1.Réunion chaque semaine des membres des Comités paroissiaux sous la direction de chaque chef de district.2.Réunion périodique des chefs de district sous la direction a) ou d’un délégué du Comité régional de la Société Saini-Jean-Baptiste de Montréal, b) ou d’un délégué du Conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, c) ou d’un délégué du Comité régional montréalais du Congrès de la Langue française.Le Comité des finances, déjà constitué en février, prépare sa grande campagne de souscription, et nous assure que celle-ci sera digne de la Métropole, ce dont nous n’avons jamais douté.La plume élégante et souple de M.Orner Héroux fait au Congrès la plus heureuse, la plus habile, la plus efficace 790 LE CANADA FRANÇAIS réclame.Le distingué journaliste ne perd pas une occasion de faire valoir, dans le Devoir, l’œuvre qui se prépare, d’en montrer l’importance, d’en prédire les bienfaisants résultats.Certes il mérite une mention spéciale de la part du chroniqueur, et nous sommes heureux de remplir notre devoir.L’Ontario français ne se dément pas.Après la tournée triomphale de Mgr Camille Roy et du R.P.Joyal, les Comités locaux se sont formés et par eux la propagande s’est continuée dans tous les milieux franco-ontariens.Les écoles primaires sont entrées dans le mouvement après une réunion enthousiaste des instituteurs et institutrices tenue à Ottawa, au début du mois de mars.Le programme scolaire suggéré par le Comité central a été demandé un peu partout, de même que les feuillets d’enquête et de vocabulaire.On veut maintenant répandre le bouton-souvenir et recueillir les souscriptions.Bref on n’épargne rien pour préparer les esprits et les cœurs et augmenter le nombre des adhérents.On pourra juger du caractère pratique de la propagande qui se fait dans l’Ontario par le dernier communiqué — nous écrivons le 28 mars — du Comité d’organisation franco-ontarien.Nous le donnons in-extenso.La jeunesse et le congrès de la langue française Le mercredi 30 juin.— Appel aux jeunes d’Ontario.Les organisateurs du deuxième Congrès de la Langue française au Canada ont eu l’heureuse idée de consacrer toute une journée à la jeunesse canadienne-française.Le Comité central de Québec a confié aux Noëlistes de la vieille capitale l’organisation de cette importante journée.Toute la jeunesse canadienne-française se rendra à Québec le mercredi 30 juin.Elle viendra de tous les coins des provinces.C’est dans le but d’atteindre tousles jeunes que le Comité d’orga-niation ontarien lance le présent appel.Nous savons qu’il existe de par toute la province d’Ontario d’excellents groupements de jeunes, d’excellents cercles d’études, masculins ou féminins, organisés, spécialisés, isolés ou réunis en associations.Nous voudrions qu’ils se fissent représenter à Québec et nous désirons ardemment que tous les jeunes communiquent aussitôt que possible avec le Comité d’organisation ontarien du Congrès de la Langue française.Invitation.Jeunes gens et jeunes filles de race française, c’est à vous que s’adresse cette invitation.Nous sommes confiants que vous y DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE 791 répondrez sans tenir compte des distances géographiques.Nous avons le ferme espoir que, vous rappelant votre origine commune et votre commun avenir, vous vous donnerez la main et que vous vous rallierez à Québec sous la bannière des jeunes de l’Ontario.C’est au nom de notre héritage français fait de noblesse, de fierté, de patriotisme et de droiture, que vous est faite cette pressante et bienveillante invitation.Nous comptons bien que, de cette façon, aucun groupement, aucun cercle de jeunes, organisés ou non, spécialisés ou non, ne nous échappera.Le secrétaire du Comité d’organisation ontarien vous demande donc de lui faire tenir, au plus tard le 12 avril, votre adhésion officielle à la journée des jeunes du Congrès de la Langue française.Procurez-lui votre nom et votre adresse.Que les divers cercles et groupements veuillent bien nous fournir, les détails suivants : 1) Le nom du Cercle, 2) Le nom et l’adresse du président, 3) Le nom et l’adresse de l’aumônier, 4) Les noms et les adresses des autres membres de leur exécutif.Pour la région.Attention, les jeunes d’Ottawa, Eastview, Rockland, Hawkesbury, Vankleek-Hill, Casselman, Windsor, Toronto, Welland, Penetang, Cornwall, Sudbury, Kapuskasing, Hearst, Cochrane, Haileybury, North-Bay, Sturgeon Falls, Sault-Ste-Marie, Fort Frances, Blind River, etc., etc., la jeunesse de tout l’Ontario.De votre promptitude à répondre dépendra le succès de la participation des jeunes ontariens à la Journée de la Jeunesse.Vous êtes donc priés de donner sans tarder votre adhésion à Antonio-E.Plouffe, secrétaire, Comité d’organisation ontarien, 100, rue Georges, Ottawa.Le même souffle patriotique anime les groupes français des États-Unis, ceux de Nouvelle-Angleterre et ceux de la lointaine Louisiane.L’Avenir National, de Manchester, et le Travailleur, de Worcester, se signalent entre tous — du moins parmi les journaux que nous pouvons voir—par leur zèle et leur dévouement à la cause du Congrès.Citons, comme exemple, cet extrait d’un article du Travailleur du 4 mars dernier, article intitulé : Mgr Keough et les jeunes : « Allons à Québec )), tel est le mot d’ordre que l’on entend vibrer sur toutes les lèvres depuis que s’organisent en Nouvelle-Angleterre les Comités régionaux du deuxième Congrès de la Langue française, 792 LE CANADA FRANÇAIS à Québec.L’élan est donné et il ne se passe pas de journée qu’un nouveau groupe ne fasse connaître dans les termes les plus enthousiastes son approbation du Congrès et son désir d’y participer le plus activement.Rien de plus émouvant que ce magnifique mouvement d’ensemble où sont mises au rancart toutes les divisions, querelles et mésententes.C’est en quelque sorte un Armistice qui fait oublier les haines, les rancœurs et tous les motifs réels ou imaginaires que nous ayons de nous entredéchirer, de nous pourfendre les uns les autres.Mais, ô comble de bonheur et d’espoir, l’appui sans restriction de ces assises du verbe français ne vient pas seulement de nos laïques, de notre clergé franco-américain ! Il s’est élevé une voix des plus autorisées et des plus augustes pour proclamer non seulement l’utilité de notre participation à ce Congrès mais surtout la nécessité de notre adhésion si nous voulons sauver la jeunesse.« Sauvez la jeunesse », voilà le cri navré du sympathique évêque de Providence, S.E.Mgr Francis Keough, qui reconnaît dans la langue française notre plus ferme soutien contre les idées malsaines qui courent le monde, de nos jours.Ce qu’il faut admirer le plus de ce prélat, c’est qu’il ne se contente pas de vagues paroles pour donner son assentiment ; plus que cela, il nous indique même les moyens de contrebalancer, de corriger l’influence délétère de l’anglais.Mgr Keough n’a pas craint de faire part aux membres du Comité régional du Congrès delà Langue française du Rhode Island, qui lui rendaient visite, ces jours-ci, de l’amère surprise que lui causèrent, un jour, un groupe d’écoliers franco-américains dont la conversation était toute anglaise.De là la recommandation par Mgr Keough d’un vigoureux mouvement destiné à « sauver les jeunes ».Plus encore, l’Ordinaire de Providence voulut donner un chapelain au Comité régional et, tombant sur la vénérable et patriotique personne de l’abbé J.-M.-L.Giroux, curé de Notre-Dame-des-Victoires, de Woonsocket, la nomination épiscopale eut l’heur de plaire énormément à tous.Le Comité régional du New-Hamshire, dont l’abbé Adrien Verret est l’âme, et qui, grâce à lui et à ses collaborateurs, fait de si utile besogne dans tout l’État, se déclare enchanté des résultats obtenus jusqu’ici.Un fait qui montrera l’envergure du mouvement d’adhésion de nos compatriotes des États-Unis, est le manifeste suivant publié au début de mars dans les journaux français de la Nouvelle-Angleterre : Manifeste d’adhésion au Deuxième Congrès de la Langue française par les sociélés franco-américaines et acadiennes à caractère fédératif DEUXIÈME CONGRÈS DE LA LANGUE FRANÇAISE 793 Avec l’assentiment de leurs Conseils d’Administration respectifs, les soussignés, Présidents de l’Union Saint-Jean-Baptiste d’Amérique, de Woonsocket, R.I.VAssociation Canado-Américaine, de Manchester, N.H.les Forestiers Franco- Américains, de Woonsocket, R.I.la Société Jacques-Cartier, de Central Falls, R.I.la Société Acadienne d’Amérique, de Lynn, Mass.manifestent leur adhésion personnelle et l’adhésion collective des sociétés qu’ils représentent au Deuxième Congrès de la Langue française devant être tenu à Québec, du 27 juin au 1er juillet 1937, sous les auspices de la Société du Parler français au Canada.Ils déclarent en outre que : Attendu que la langue française est comme la clef de voûte qui soutient l’édifice social élevé par les Franco-Américains et les Acadiens des États-Unis et que l’affaissement de cette clef de voûte entraînerait l’écroulement de toute la structure ; Attendu qu’une reviviscence de l’esprit français en Amérique ne peut laisser indifférents les Franco-Américains et les Acadiens, parce qu’elle est de nature à fortifier leurs propres organismes : paroisse, écoles, sociétés, journaux, etc.; Attendu que de l’Atlantique au Pacifique, du golfe du Mexique à la baie d’Hudson les dangers qui menacent la langue française sont les mêmes et qu’il existe un besoin pour tous les tenants de la culture française d’organiser un front commun de résistance à ces dangers ; Attendu que les Congrès sont, dans notre monde moderne, le moyen auquel on a recours dans un but de cohésion et d’union des forces, d’inventaire d’une situation, d’examen des dangers à circonvenir, d’entente sur les plans d’action ; Pour toutes les raisons principales énumérées ci-haut et pour nombre d’autres qu’il serait trop long d’indiquer, Les soussignés Expriment par les présentes leur adhésion personnelle et l’adhésion collective des sociétés dont ils sont les chefs au Deuxième Congrès de la Langue française devant être tenu à Québec du 27 juin au 1er juillet 1937, sous les auspices de la Société du Parler français au Canada ; Engagent les différentes branches de leurs sociétés à adhérer à ce Congrès, à s’y inscrire au titre de Membres Bienfaiteurs par le moyen de la contribution prévue, à s’y faire représenter par des délégués ; Formulent le vœu que la participation franco-américaine et acadienne des Etats-Unis à ce Deuxième Congrès soit aussi générale et enthousiaste que possible. 794 LE CANADA FRANÇAIS En foi de quoi, ils ont apposé leurs signatures à ce présent Manifeste, ainsi que les sceaux de leurs sociétés respectives, ce seize février mil neuf cent trente-sept.Pour : VUnion Saint-Jean-Baptiste d’Amérique, Henri-T.Ledoux, président ; Y Association Canado-Américaine, Adolphe Robert, président ; les Forestiers Franco-Américains, Télesphore Leboeuf, président ; la Société Jacques-Cartier, Arthur-N.Aubin, président ; la Société Acadienne d’Amérique, Cyrille Chiasson, président.Les groupes français du centre et de l’ouest américain s’éveillent, dirions-nous, et veulent participer au Congrès.C’est ainsi qu’un professeur distingué de l’Université North Western, à Chicago, M.Joseph Carrière, a écrit dernièrement à notre Président pour lui dire quel intérêt il prend à notre œuvre ; il a accepté de présenter une étude sur l’histoire et la langue des groupes français de l’Illinois.Un autre veut qu’on n’oublie pas ceux des nôtres qui vivent en Californie et sur les côtes du Pacifique : « Ils sont là plus de deux cent mille, écrit ce jeune patriote, ils ont des journaux, des sociétés nationales, et par dessus tout la volonté de survivre.» Il en est de même en Floride et en plusieurs autres États, comme l’Orégon et le Montana.En Louisiane, nous avons déjà dit avec quelle ardeur on se prépare au Congrès.Ajoutons que l’honorable Wade-O.Martin, ministre du Gouvernement, sera parmi les délégués officiels et parlera au cours du Congrès ; disons aussi que le Gouvernement paiera le voyage à Québec des vainqueurs des trois concours organisés dans les écoles primaires, secondaires et supérieures de la Louisiane, à l’occasion de notre Congrès.Un autre fait bien significatif, c’est la venue à Québec des présidents de l’Union Saint-Jean-Baptiste d’Amérique et des Canado-Américains, M.Henri Ledoux et M.Adolphe Robert.Ils sont venus rencontrer les officiers du Congrès, et traiter avec eux de la propagande et de l’organisation du Congrès en Nouvelle-Angleterre.Notre Président, Mgr C.Roy, a aussi reçu une pressante invitation de se rendre à Boston, le 7 avril, pour l’assemblée “Assurément — le bon tabac constitue le meilleur filtre de la fumée.” "Oui, et c’esf pourquoi ie m’en tiens aux Sweet Caporals!” CIGARETTES SWEET CAPORAL “La forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé.” J^ancet E.-J.Chartier Ths Duhamel Profane ! ton esprit s’applique A trancher plus d’un savant point.Le sage, lui, bien plus pratique, En rit et ne s’en lasse point.Le profane s’émeut mais, tandis qu’il s’agite, Partout, toujours, à tout propos, Le sage nous consulte et retrouve bien vite Son gros profit, son vrai repos ! Et le SAGE, dès longtemps a DECRETE qu’ " ELLE ” mérite ta PREFERENCE cette MAISON DE CHEZ NOUS qu’est E.-J.CHARTIER & Cie Enrg.Distributeurs des charbons anthracites gallois et autres 22, RUE ST-ROCH Téléphone : 4-4101 DEUXIÈME CONGKÈ9 DE LA LANGUE FRANÇAISE 79 5 annuelle de la Société Historique franco-americaine, et il a accepté.Enfin le Bureau de Québec a nommé M.1 abbé Adrien Verret secrétaire adjoint du Comité central et représentant officiel de celui-ci auprès de tous les groupes franco-américains.Tout cela indique que nos compatriotes des États-Unis n’entendent pas rester en arrière dans le mouvement national intense qui se développe en faveur du Congrès de juin.Dans une prochaine chronique nous parlerons de la propagande et de l’organisation du Congrès en Acadie et dans les Provinces de l’Ouest.Cyrille Gagnon, ptre.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.