Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1 mai 1876, lundi 1 mai 1876
y, *s 5S^ ir-|iniunniii'|uuHiiijii: i.>¦, r.,i ; u u'ii!,ni.mwwm 5S5S ulllllliiliili'llHlIJlIlilili'lllllltl'^iilllilllMlilPiil i|illllHl'!li|l|tl|l*i,'!lMHilllilHi'ilH'.iln.t^ ?*: vi' ¦llull'l; HI|!l|lMll|llllllMli'H!l ll tMl I ''l i'M ar : ¦ CANADA MUSICAL Revue Artistique et Littéraire LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.Un Morceau de Musique accompagne chaque Numéro.39 Année.No.1.AA'i'A" PARAISSANT A.J.BOUCHER 1 ;• Editeur-Proprietaire No.252 Rue Notre-Dame M O N T R E A L .!|||!|||j|j|| wu ywu>v>v/^Auô $ 1er Mai 1876.>.( ü-i'h SOMMAIRE.—Orgues-Harmoniums “Alexandre.” Pianos “ Hazelton." Harmoniums “ Debain.” Poésie: A Mlle.JJortense Villeneuve, par Léon Lcdieu.Les Musiciens du temps de l'Empire.[Suite.] Le Dictionnaire de Webster.La musique en Belgique depuis 1830.Anecdotes musicales.Romances aouvelies.Messes de Pâques [187G] à Montréal.Bibliographie.Avis.Le concert du 5 Juin prochain.Académie de Ernnce : le grand prix de Rome.Académie de Musique de Québec : Concours de 187G.Tantum ergo, de Sixto Perez.Bulletin musical du mois écoulé.Nouvelles publications musicales.Abonnements reçus dans le cours du mois dernier.La Messe des Morts harmonisée.Anecdote musicale : Un beau jour de la vie de Lablache.M.Louis Mitchell facteur d'orgues.Plaisanteries.Rafle d’un Piano Haz’ lton.Albani et Nilsson.Nouvelles musicales Canadiennes.Variétés musicales.Calendrier et Guide des Organistes et Directeurs de Chœurs, pour le mois de Mai-Juin.Programme du Concert d’adieu de M.F.Bouclier, (ils, it la Salle des Artisans, le 5 Juin prochain.Abonnement: $1.00 par an, payable d’avance.lOcts.le numéro séparé.Imprimé par J.B.I.An.\NTE, 30 Rue, St.Gabriel,"Montréal.0997729^^739 2 LE CANADA MUSICAL.POUR POUR 4 4 4 4 4 4 4 i 4 4 t‘v ¦> r ' 'T' —r t- *• 4, 4 4 4 4 i.«4 A v T' » De la célèbre Maison De la célèbre Maison • •••• • • • -rju-uu.- .T'^n” J' H|ffi jSWÊggK: ¦ISS DS PARIS, ilÆJOSrTriF’.A.CT'O're.IE ETABLIE DE32ST 1829.MEDAILLES A TOUTES LES EXPOSITIONS.Instruments de toutes formes, dimensions, puissance, capacité, etc., en chêne, noyer, palissandre et acajou, de prix variant de $20.00 a $1200,00 INSTRUMENTS Toujours en mains un choix dos CELEBKES FIAKOS HAZEMOH DE NEW-YORK.DE• *:PRÊTVI1 ERE * .QÜAÜT.E SEULEMENT.’ V '• IHtev , - -\ &sæi 'mm Toujours en mains un choix des CELEBRES FIAHOS ÏÏAZELTOK DE NEW-YORK.PIANOS CABRES—PIANOS DROITS-PIANOS A QUEUE.On n’emploie quo des Matériaux do PREMIER CHOIX dans la confection do cos Instruments supérieurs, fabriqués par dos Ouvriers spéciaux, hors ligne.ONZE modèles différents offerts en vente aux prix les plus modérés du marché, pour dos Instruments do PREMIERE CLASSE : de S425 à §1200.Æ@“Tout Instrument vendu par nous est pleinement garanti pendant cinq ans.A VENDRE ADI PRIX W HFPËÏMSÏS Récemment importes de Paris.Nous attirons l'attention des Fabriques et des Communautés sur ces magnifiques instruments. -VOL 3.] [No.1.Le Canada Musical.SMI MONTREAL, 1er MAI 1876.A Mile.Hortense Villeneuve.SONNET.Lo nid est trop étroit, l’écho do lafeuilléo Déjà no suffit plus à vos accents si doux ; Voici lo renouveau: allez, jeune couvée: Dans l’espace azuré, Fauvette, envolez-vous,.Volez vers la patiie où naquit votre mère, Suive" votre chemin, confiante et sans peur.Que la brise soit douce à votre aile légère ; Quo Diou vous guide au port, à la gloire, au bonheur! Là-bas, vous trouverez, loin do toute souffrance, Des charmilles en fleurs, de gais et verts buissons Dans les bois parfumés de notre belle France.Fille du pôle, allez au pays des rayons.Et toujours du vieux nid gardant la souvenance, Fauvette, gazouillez vos plus douces chansons ! Leox Ledieu.L'Opinion Publique du G Avril 1S7G.Les Musiciens du Temps de l’Empire.(Suite.) X Encore le comte de Balck.— La comtesse de Ricci.— La princesse de Palme.—Garat,homme du monde.— Quelques erreurs'rectifiées.— La duchesse de-San-Stefano.— Une collection de grotesques.— Une fête champêtre.— Curieux détails.Jo citerai encore parmi les dames qui venaient assidûment chez le comte de Balck, madame Constance Pipelet, qui plus tard épousa on secondes noces lo prince do Salm-Dick.Son éclatante beauté lui avait conquis do nombreux admirateurs.Los aristarques du temps l’avaient placée sur la même ligne que mesdames do Gcnlis et Dufrcnoy, et à une légère distance de l’illustre auteur de Corinne.La postérité n’a point confirmé cot arrêt; mais madanio Constance de Salin n’en était pas moins une femme d’infiniment d’esprit, passionnée pour les beaux-arts, et surtout excellente musicienne.Ello a composé plusieurs romances dont lo succès s’est longtemps soutenu; elle eut pour collaborateurs Monsigny, Grétry, et d’autres compositeurs d’un grand mérito.Garat était un des habitués les plus assidus de nos réunions du vendredi, auxquelles son inimitable talent venait ajouter un charme irrésistible.Comme artiste, Garat a ou lo rare privilège do n’avoir point do détracteur, et sa voix, sa méthode, son goflt exquis ont été admirés dos juges même lcsplus sévères.La critique a pris sa revanche en mettant on relief des défauts, des biza-rerios, dos ridicules, qui prouvont quo les hommes d’un grand talent no sont pas plus que les esprits vulgaires à l’abri des faiblesses do l’humanité.Dans son costume, dans son accent, danssafaçon do marcher, do saluer, de so posor devant lo public, Garat poussait la prétontion jusqu à l’extravagance; il voulait à tout prix passer pour un roué, pour un homme à bonnes fortunes ; à l’en croire, il avait lo port, le geste, le regard, lo ton, los grandes manières do M.do .Richelieu.Quel dommago qu’il n’eût point vécu soixanto ans plus tôt! il aurait ébloui, fasciné, rendu folles toutes les belles marquises do la régence.Garat vous disait tout cola très-sérieusement.Au premior abord, il vous apparaissait comme le fat le plus impertinent, le plus prodigieux.Mais sous cotte apparence do frivolité, vous découvriez bientôt un noble sœur et un esprit plein de naturel et de verve.Qui donc a dit que Garat n’avait point d’esprit?Il faut l’avoir entendu quand, dans un cercle d’amis, il se livrait aux élans do son imagination vivo et féconde; alors la contrainte, l’affectation,la raideur disparaissaient pour faire pla-co à l’abandon, au laisser-aller, à la franchise, et los mots heureux, les saillies, les observations ingénieuses jaillissaient à profusion.Tous los salons n’étaient pas aussi bion composés que celui ducomto de Balck; une jouno et riche Milanaise, fixée depuis peu do temps à Paris, la duchesse do San-Stefano, avait réussi à rassembler dans lésion la plus singulière collection do grotesques: los virtuoses incompris, les chanteurs méconnus, les poètes dédaignés, trouvaient là, deux fois par somaino, la plus gracieuse hospitalité.Cost avec co personnel d'élite que la duchesse organisait dos concerts qui étaient, sans contredit, les plus curieux de l’époque.La duchosso do San-Stefano out un jour la fantaisio do ressusciter une des plus charmantes traditions du siôclo dernier: ollo conçut lo projet d’une féto champêtre ; mais cotte idée, qui pouvait être bonne, fut exécutéo, comme on va le voir, do la façon la plus saugrenue.Dans les Salons de Paris.qui m’ont fournis quelquefois d’utiles matériaux pour ce travail, madame la duchesse d’A-branlès raconte avec infiniment do verve et d’esprit cette aventure divertissante.Nous avons cru devoir conserver tous les détails pittoresques, tous los traits caractéristiques do son récit.Bien ne vaut la relation d’un témoin oculaire.La duchesse imagina de fairo garnir un cabinot qui était au bout de son grand salon, de feuillages, do fleurs et d’arbustes ; ello fit venir de la campagne uno douzaino do moutons bion beaux et bion frisés: on mit les infortunés dans un bain d’eau de savon ; on les frotta, on les parfuma, on leur mit des rubans roses au cou et aux pattos, et puis on les conduisit dans uno pièce voisine, jusqu’au moment où l’une dos femmes de la duchesse, habilléo en borgère, et un do ses valets do chambre, habillé aussi en berger, dovaiont conduire le troupeau et le faire défiler, on jouant do la musette, do la flûte ot du hautbois, dorrièro une glace sans tain qui séparait le cabinet du grand salon.Tout cela était parfaitement conçu, mais ordonné d’une façon pitoyable.Lo malheureux troupeau devait avoir un chien ; on no so lo rappela qu’au moment.ot l’on alla prendre un énorme chien à qui l’on fit subir lo bain savonné des moutons; et puis, pour commencer la connaissance, on lo fit entror dans la chambre où étaiont les moutons.Mais à peine eut-il mis la patte dans cette étable d’un nouvoau genre, qu’étonné do cette société, le chien fit entondro un grondc-mont si terrible, quo les moutons, quelquo pacifiques qu’ils fussent do leur nature, no purent résister à l’effroi qu’il leur causa.Saisis d’une terreur paniquo, ils s’élancèrent, bondiront hors do la chambre ; et une fois les promiors passés, l’on sait quo los autres no demeurent jamais on arrière : quoiqu’ils ne fussent pas les moutons de Fanurgo, ils n’en suivirent pas moins lour chef grand bélier, qui, dans son trouble, enfila la proinièro porto venue; cotte porto le conduisit dans un salon rempli do feuillage, d’où il se précipita on furieux, suivi des siens, dans le grand salon où la duchosso do San.Stefano dansait do toutes sus forces, en attendant la venue du troupeau. 4 LE CANADA MUSICAL.En se trouvant au milieu de cette foule, les sons do la flûte et du hautbois, le mouvement do la danse, le bruit, l’éclat des lumières, mais surtout la vue de ces autres moutons qui los regardaient tout hébétés, rond iront les vrais moutons furieux; le bélier surtout attaqua vigoureusement lo bé-lior ennemi et cassa sa corne sur une magnifique glaco dans laquello il se mirait.Lo reste du troupeau so rua sur les femmes en voulant so sauver.C’était un désordro, une confusion indescriptibles ; los instruments de musique, les fleurs, les arbustes jonchaient lo sol, les toilettos étaient déchirées, les danseuses poussaient des cris lamentables.Enfin, tous les valets de chambre ot les valets de pied do la maison s’étant mis en chasse, on parvint à emmener le malencontreux troupeau; il commençait à s’en allor avec assez d’ordre, lorsquo le chien, qui avait conquis l’établo et en était paisible possesseur, s’avisa de venir voir aussi la fêto.A l’aspect de sa grosse tête, les moutons se sauvèrentde nouveau avec furie, mais eetto fois ce fut dans le jardin.Là, une sorto de vertigo les saisit, et pendant une houre la chasse fut inutile, on n’en pouvait attraper aucun.D’après co récit do madame d’Abrmtès, auquel jo n’ai rien voulu changer, jo laisse à penser quelle charmante fête la duchesse do San-Stofano donna à ses amis Cette délici-ouso bouffonnerie défraya pondant longtemps la vorvo des chansonniors et des vaudevillistes.XI De l’importance que l'Empereur attachait à la musique italienne.— Barilli pris pour le Pape.—Prédilection de l’Empereur pourCimarosa.—Le Matrimnnio segreto.—Une conversation que j'ai eue avec Charn-pein.—Début musical d’un savant illustre, il.Orlila.—Curieux détails.C'est à l'Italie que la musique française a dû sa régénération.Les artistes ultramontains ont été nos maîtres; c’cst en suivant leur impulsion quo nous avons marché dans la voie du progrès.L’Empereur Napoléon fut donc bien inspiré lorsqu’il offrit uno hospitalité généreuso aux grands talents qui s'étaient développés au delà des Alpes.En appelant Paisiollo à la surintendance de la chapelle, et Paër à la direction de la musique impériale, il voulut s’approprier deux éminents compositeurs dont s’honorait l’Italie.Nous avons vu que Crescentini fut comblé de ses faveurs, et il s’attacha, par do magnifiques engagements, les Barilli, les ïaehinardi, los Cri-velli, c’est-à-dire les voix les plus bolles, les plus mélodieuses des premières années de cc siècle.Barilli, cct excellent comédien, co délicioux primo buffo caricato, faisait particulièrement les délicos do Napoléon.-A propos do Barilli, nous avons entondu racontor uno anecdote assez plaisante.Co chanteur ayant obtenu do Napoléon un congé do doux ou trois mois pour allor réglor quelques affaires en ltalio.Il retournait à son posto, et venait rejoindre, à Paris, la troupo chantante du théâtro do l’Empereur.Il faisait froid, et pour passer le mont Conis, Barilli s’était coiffé d’un bonnet rouge descendant jusqu’aux oreillos.Arrivé à Lyon, il s'établit à l’hôtel de l’Europe, pour y passor quolqucs jours et so reposer des-fatigues du voyage; il demanda l'heure du souper.—Monseigneur, lui répond la maîtresse do l’établissement, nous n’avons pas d’autre heure que la vôtre.Ordonnez, et vous serez servi dans votre appartement.—Mais je n’ai pas les moyens de faire autant de dépense.La table d’hôte me suffit.—Nous savons bien qu’une personne qui est forcée de quittor sa patrie pout so trouvor gênée.N’importe, nous sommes trop heureux do recevoir votro visite.C'est lo ciel qui vous envoie.No soyez point inquiot sur la dépense.Que l’on conduise monseigneur à l’appartomont dos ambassadeurs.Barilli so laissa guider.On lui sert un souper exquis des vins délicieux.Le classiquo macaroni, lo chapon truffé, lé ravioli no sont point oubliés.Accoutumé aux méprisosqui font 10 sujet do tant d’opéras bouffons, Barilli vit bion qu’il y avait quoique imbroglio do cetto espèce.Trop galant homme pour profiter des bienfaits qui s’adressaient à un autre, 11 voulut qu’on s’expliquât.—Je ne suis pas celui que vous croyez, mais un honnête chanteur engagé pour tenir l’emploi do primo buffo.—Nous savons tout.Exilé, proscrit, il est naturel que vous ayez recours à d'innocontes ruses.Au reste, soyoz assuré do notre discrétion.Je vois qu’il faut se résigner, dit Barilli.Il reste encore plusieurs jours à Lyon, pendant lesquels il fait grande chère.Cependant, lo jour fixé pour sa rentrée ajiprocliait, et il se vit forcé de dire adieu à ses aimables hôtes.Son bagage était déjà placé sur la voiture.Lo buffo sort do sa chambre, la bourso à la main, et trouve, dans la pièce voisine los maîtres de la maison, leurs parents, alliés, amis, domestiquos ago-nouillés, et lesuppliantdo leur donner sasainto bénédiction.Barilli ne s'attendait pas à cet effet dramatique.—Yous rofusez mon argent, leur dit il, ot vous demandez ma bénédiction ; il y aurait de l’ingratitude à vous en priver jo vous la donne : In nomine Patris et Filii et Spiri-tus Sunrti.—Amen, répondit en chœur la dévote compagnie, ot Barilli s’empressa de monter on voiture.Le pape était alors à Savonne.Beaucoup do cardinaux, exilés dans le midi de la France, avaient passé à Lyon.La barretto rougo, l’accent italien, uno bolle figure, d’un caractère un pou monacal, firent prendre l’illustre buffo pour uno Eminence.L'Empereur rit beaucoup do l’aventure do Barilli, et il so plaisait à on raconter les détails.Napoléon attachait la plus grande importance aux chefs-d’œuvre do la musique italienne ; il les revoyait toujours avec un plaisir qui se manifestait par do joyeuses acclamations.Mais los productions do Ciir.arosa avaient pour lui un intérêt ot un charme particuliers.La prédilection de l’Empereur pour les ouvrages de Ci-marosa avait donné à la musique de co compositeur une vogue qui grandissait chaque jour.Par uno contradiction singulière, Napoléon, dont la nature énergique et puissante semblait no pouvoir être impressionnée quo par do larges ot vigoureuses inspirations, Napoléon aimait passionnément ces caressantes mélodies, ces grâces charmantes, cos tendres ot poétiques modulations, ces exquises délicatesses et toutes ces aimables qualités qui, dans l’art musical, donnent à Ci-marosa uno placo analogue à celle que liaphaol ot Corrège occupent dans los arts du dessin.Le conquérant, lo législateur, lo grand homme d’Etat, fatigué do planer dans les plus hautes sphères, se reposait avec délices dans ces régions calmes et sereines que la vorvo élégante du maestro italien colorait dos plus doux rayons.A lo voir respirer les parfums qui s’exhalaient do toutes ces ravissantes mélodies, vous auriez dit un aigle qui, descendu des hauteurs du ciel ou des cimes des montagnes, vient dans les vallons écouter los amoureuses romances dos fauvettes et des rossignols., Tout ceci explique pourquoi, sous l’empiro, Cimarosa jouit si longtemps des faveurs du dilottantismo.Les plus jolis airs du Mntrimnnio segreto avaient un prodigieux suc-i côs dans les salons.J’eus occasion d’ontondro chanter cotte délicieuse musique par un homme devenu depuis très-célèbre.Voici à quollo occasion : Un soir, chez lo comte do Balek, un jeune hommo, que je n’avais point encore remarqué, attira vivement mon attention.Sa physionomie était, en effet, des plus remarquables ; son front largo, sa figure expressive, son air sérieux et un pou mélancolique, son œil où rayonnait uno intelligence supérieure, tout on lui commandait lo plus vif intérêt.—Quel ost co jeune homme?dis-jo à mon ami (Jhampoin auprès duquel j’étais assis.—C’est un Portugais venu à Paris pour étudier la médo-cino, et qui promet do marcher avec succès sur les traces do Lavoisior et de Chnptal.Lo comte do Balek lo protège boaucoup. LE CANADA MUSICAL.5 —Lo comte s’occupe donc do cliimio ?—Pus du tout; lo jouno homme en question a d'autres titres à sos sympathies que do fortes études scientifiques.Jo vous surprendrai beaucoup en veus disant que vous voyez là une des organisations musicales les plus extraordinaires do notre époque.—Son nom ?—Ma foi, je l’ai oublié; tout ce quo jo sais, c’ost qu'il se tormino on I ou en A, et jo mo brouillo toujours avec ces diables de noms.Quoiqu’il en soit, il possède une voix do ténor vraiment admirablo.Il s’est fait entendre pour la première fois, il y a deux jours, à une soiréo donnéo par uno do nos illustrations financières; il y a produit la plus profondo sensation, et nul doute que, s’il voulait débuter sur une de nos scônos lyriques, il ne s’y plaçât tout d’un coup au promior rang.—Et pourquoi hésiterait-il à se lancer dans une carrièro où sa fortune est assuréo, s’il a lo talent supérieur qu'on lui attribue?—C’est en effet co qu’il aurait do miouxà faire ; maiq le croiriez vous, il n’a que du dégoût pour la carrière des arts, et no considère la musique que comme uno choso do luxe, uno brillante superfluité, un pretoxto pour être admis dans les salons, unmoyendo conquérir les faveurs du grand mondo, car il a do l’ambition à sa manière.Son idée fixe est do devenir un savant de premier ordro.Il est vraiment dommage qu’il soit si original ; dans tous les cas, c’ost un grand virtuose.— Yoilà votre opinion ?—Et celle dos hommes les plus compétents.—Sous quel habile maître co phénomène s’est-il donc développé ?Où a-t-il fait ses études musicales ?— Jo no sais.—Commont! vous no connaissez aucun de scs antécé- ] dents ?—Absolument aucun.—Ecoutez, mon ami, dis-jo à Champein, tout co quo j vous mo dites là mo parait fort extraordinaire.L’oxpérienco m’a rendu quelquo pou scoptiquo, et vous mo permettrez do vous parler franchement.—Jo vous éeouto.—Eh bien ! jo crains que dans cette circonstance vous : no vous fassiez lo complaisant écho d’éloges exagérés.Mous vivons dans un monde où les meilleurs esprits sont exposés souvent à prendre pour des-réalités les illusions les plus 1 grossières.Vou< savoz que ehaquo année les salons parisiens : éprouvent l’irrésistible bosoin do mettre on évidence quel- I que prodige nouveau, dont la célébrité no dépasse point la durée do quelques semaines.J’on ai tant vu naître et mourir, de ces grands artistes I Tenez mon ami, jo douterai du génie de votre virtuoso espagnol, jusqu’à co quo vous m’on ayez donné des prouves positives.— Eh bion I vous en aurez ! — Quand?—Ce soir.—Où?—Ici mémo.Au moment où so terminait notro conversation le violon do Kroutzer commonça uno de ces délicieuses fantaisies qui obtenaient toujours un succès d’enthousiasme.A mosuro quo les motifs se développaient, l’émotion do l’auditoire so manifestait avec plus de vivacité, et lo jeu plein de verve et do hardiesse du célèbre exécutant produisit un effet irrésistible.Pour moi, je no ressontis qu’à un faible degré l’influence de co merveilleux talent.Mon imagination était entièrement préoccupée de l’étrange révélation que Champein vouait de mo faire.J’attendais avec impationco lo jeune chantour, et l’avouorai-jo, j’éprouvais une socrèto joie on pensant quo jo pourrais clonnor uno loçon à mon ami et lui prouver qu’il s’était laissé aller trop facilement à l’onthou-siasmo.Lo comte dit quelques mots à l’oroillo du jouno hommo, et celui-ci, sans se fairo prier davantage, so mità chanter un .dus morceaux les plus admirés otlss plus populaires du Ma- ! trimonio segreto.Jo fus ravi, émerveillé.C’était une méthode, uno souplesse do vocalisation, uno pureté, uno éléganco, des broderies do bon goût et uno expression dramatique au-dessus do touto louange.Il y avait là des dilettantes distingués, dos artistes du plus grand mérite.Eh bien, ils s’accordèrent tous à proclamer que leur oreillo n’avait jamais été frappée par des accents plus délicieux, plus sympathiques; qu’ils n’avaient jamais ontondu exprimer avec plus d’intelligence, do précision et do verve touto la poésie do la musique, toutes les grâces do la mélodie.Lays, qui était présont, dit ces paroles : —Monsieur Oriila, on n’a jamais mieux chanté co morceau, on no lo chantera jamais mieux quo vous.L’admirable artiste que nous venons do mottro on scène était en effet M.Orfila, devenu quolquos années après uno des plus grandes illustrations scientifiques du dix-nouvièmo siècle ; doué par la naturo do l’organe le plus enchanteur, il aurait pu rivaliser avec Duprez ot lîubini, les éclipser pout-étre.Mais tout on dirigeant vors des travaux d'un autro genre sos puissantes facultés, il ne cessa jamais do cultiver l’art auquel il avait dû scs premiers succès dans lo mondo.La musique qui avait charmé sa jeunosso, embellit sos dormers jours.(A continuer.') WEBSZ& EffifflUD, 3(Wg •Ja'fflMZTÆT- Dictionnaire de Webster.10,000 Mots ci Significations qui ne sc trouvent pas dans les autres dictionnaires.3000 Gravures: 1S10 Pages in II»: Prix: $12.00.QUATRE PAGES DE PLANCHES COLORIEES.W E B S T E R “ Le meilleur Dictionnaire Angiais qui existe.” London Quarterly Review, Oct.1S73.La vente des dictionnaires do "Webster dans le pays adépassé vingt lois les ventes des autres dictionnaires.Nous sommes prêts à fournir, sur demande, la preuve de cet avancé.Supposez uno famille dont les enfants fassent usago du Webster complet, et uno autre qui no possède pas cet ouvrage, les enfants do la première deviendront incontestablement do beaucoup plus intelligents.Informez-vous do l’institutour ou du pasteur do votre voisinage s'il n'en ost pas ainsi, puis achotcz co livro ot engagez vos enfants à s’en servir fréquemment.c 0 M P L.E T Publié par G.& C.MERRIÀM, Springfield, Mass, “A Clliclij'”—a l’Academie Commerciale Catholique —Répétition du charmant Opéra-eomiquo A Clichy, pour uno bonno œuvre à la grande sallo do l’Académio Commerciale Catholique du Plateau, jeudi soir, lo 11 Ma prochain.Uno saynotto amusanto, par los frèros Labello précédera l’opéra.Musique des entr’actos par l’Orchostre do l’Académie.Admission : 25 ot 5(1 contins- 6 LE CANADA MUSICAL.LA MUSIQUE EN BELGIQUE DEPUIS 18S0 Les Conservatoires et les Ecoles he '-Musique.Les hommes d’Etat auxquels la Belgiquo doit le rapide affermissement do sa naissante nationalité, ne pouvant i'airo surgir, du jour au lendomain, des savants ot dos artistos, songèrent à doter du moins ee pays d’institutions capables d’on produiro.C’est ainsi quo l'école do musique do Bruxellos se transforma, reçut une oxtension considérable ot devint le Conservatoire royal (1832), à la direction duquel fut appelé l’un des plus célèbres musiciens belges des temps modernes, Fétis (né à Mons, le 25 mars 1T84, mort à Bruxelles, lo 26 mars 1871).L’action exercée en Belgique par Fétis sur les destinées do la musiquo fut très grande, principalement au début.Il n’y avait guère à réformer : tout était à créer.Cependant vingt ans s’étaient à peine écoulés, quo déjà lo Conservatoire de Bruxelles avait pris rang à côté dos meilleurs écoles do musique de l’Allemagne et do l’Italie.Peu à pou, le goût des sérieuses études musicales se répandit dans lo pays ; plusieurs générations de musiciens vinront se former au Conservatoire, peuplèrent les orchestres, disputèrent aux artistes français le domaine exclusif de l’opéra, ou s’on furent, commo autrefois à l’étranger, se faire des positions lucratives.Après le décès de Fétis, M.F.-A.Gevaort so décida à accepter la direction du Conservatoire do Bruxelles.A côté du Conservatoire de Bruxelles, s’étaient également développés ceux do Liège et de Gand.Le premier existait déjà sous lo gouvernement hollandais; il avait été fondé on 1827, et un musicien français de talent, M.Daussoigne-Méhul, avait été placé à sa tête.M.Etienne Soubro, qui lui succéda, en 1862, imprima aux études une impulsion très-artistique, impulsion que lui continue le directeur actuel M.Théodoro Eadoux.Lo Conservatoire do Gand, fondé en 1833, eut pour directeur jusqu’en 1851, M.Mengal, musicien instruit et distingué.A la mort do M.Mengal, il n’y eut plus de directeur en titre.Los fonctions d’inspecteur furent succosssivement remplies par M.Van don TIecko do Lombeke et par M.do Burburo do Wezembeek.Sous l’administration de M.de Burburo, lo Conservatoire do Gand prit, pou à peu, un essor plus étendu, et, vers la fin do l’année 1871, la direction de cetto institution a été confiée à M.Adolphe Samuel.La Belgique possède encore, indépendamment des conservatoires, un nombre assez considérable d'écoles de tnusi-que.La plus importante est, sans conteste, cello d’Anvers, tant à cause de son siège dans une ville qui a la légitime ambition d’être une métropole artistique, quo gifico à son directeur, M.P.Benoit.Los autres écoles sont : l’école do musiquo do Bruges, dirigée par M.Van Gheluve; l’académie do musiquo de Mons, dirigée par M.Huberti ; la section de musiquo do l'académie des boaux-artsdo Louvain, dirigéo par M.Is llcswert ; l’académie de musiquo do Tournay, dirigée par M.Leen-ders; l’école do musiquo do Saint-Josse-ton-Noodo ot Schaer-beek, dirigéo par M.Warnots; l’école do musiquo d’Arlon ; l’école de musiquo d’Audonardo ; l’académio do musique de Courtrai, dirigéo par M.Van Eockhout, l’école do musique de Fûmes; l’académie do musiquo do Malinos, dirigéo par M.Van Hoey; l’école de musique d’Ostonde; l’école do musique de Tirlemont, dirigée par M.Moyssart; l’écolo do musiquo de Verviors, dirigéo par M.Kéfor ; l’école do chant | d’onsemblo do Bruxelles, dirigéo par M.Bouillon ; l'école do musique d’Ath, etc,, etc.Adolhie Samuel.-:o:- ANECDOTES MUSICALES.-:o:- Le Alusikalisches Wochenblatt raconte uno aneodoto qui prouve uno fois de plus la délicatesso exquiso ot toute féminine do Chopin.11 avait prêté à un do sos amis la partition de son concorto on mi bémol ; celui-ci, connaissant la propreté métieulouso do l’illustre pianisto, vortu qu’il poussait jusqu’à la manie, n’avait reçu lo manuscrit qu’on tremblant.11 l’avait précieusement emporté chez lui ot n’avait osé le feuilleter quo d’uno main gantée pour no pas altérer la fraîcheur du papier.Au bout do quolquo temps il lo rondit à son propriétaire, commo il l’avait reçu, ot sans la plus légère maculaturo.Chopin le prend, l’ouvre et fait uno grimace affreuse.“ Mais, mon cher atni, s’écria-t-il avec indignation, vous avez fumé en lisant ma partition! ” Voici un épisode musical do l’uno des dernières répétitions d’onsemblo du nouvel opéra do M.Mormot—Jeanne d'Arc.Au finale du 3èmo acte, les chœurs ot les artistos entonnaient tous à pleino voix lo Veni Creator, sans produire l’effet attendu.Désappointement du compositeur, du chof d’orchestre, des artistes, et des chefs dechant; on sorogardo, on discute, chacun donne son avis, et, l’accord n’arrivant pas à se faire M.Halanzicr, comme touché do la grâce d’on haut, .s’écrie: Faites à l’exemple do Sa Grandeur l’archevêque do Paris, prononcez l’interdiction dos voix do femmes sauf colle do Mde.Krauss dans votre Veni Creator, et tout ira bien.Co trait do lumière frappe M.Menuet, les dames des chœurs se résignent au tacet demandé, et l'effet attendu so réalise et au dolà.Le tacet, mais c'est lo triomphe assuré en bien dos choses.‘‘Lo silence est d’or,” dit la légondo, même à l'Opéra, commo on lo voit.Un directeur musicien n'eut pas trouvé cet effet-là.p ûiP I p o!.Espoir Secret, JRomnnco, par Adolina Patti, Prix : 50 contins.Entends-tu ?Chanson, par Tito Mattéi, Prix : 05 contins.Bergeronnette, Valse chantée, par Choudons, Prix : 50 contins.Pour qui ton Cœur?Itomance, par Bovignani, Prix : -10 contins.LeVoyage de l’Amour etduTemps, lîomanco.par Wekorlir., Prix : 50 contins.Le Testament d’un Cœur, Eomanco, par Planquotto, Prix : 35 contins. LE CANADA MUSICAL.7 Messes de Pâques (1876) a Montreal.-:o:- La grando solennité do la Résurrection do N.S.a été célébrée cotte année, dans toutos nos églises, avoc l’éclat accoutumé : on pourra s’on convaincre par la liste ci-jointe dos messes exécutées dans les principales églises do la ville et do la banliouo.A St.Henri dos Tanneries, (M.C.I,abolie, maîtro de chapelle,) et à St.Joseph, (M.M.Saucier, organiste, M.F.X.Thériault, maîtro do chapelle,) Mosso du second ton, harmonisée : A Ste.Anno, (M.Wilson, organiste,—M.Bourque, maître do chapollo,) Messe Pascale do Lambillotto: A St.Pierre, (Madame Béliveau, organiste,—M.Frs.Benoit, maîtro do chapello,) Messe do Miné: A St.Patrice.(M.J.A.Fowler,organiste,—M.J.Shea, maître de chapollo,) la troisième Messe (l'Impériale) de Ilaydn, en ré: A.St Jacques, (M.Duval organiste,—M.(J.Couture maître do chapollo,) Messe do Rinck : A FTotro-Daine, (M.J.B.Labello, organisto, M.F’.A.Lavoie, maîtro do chapollo,) la promièro mosso do Haydn, on si-bémol, avoc accompagnement d’orchestre.Au Gésu, (M.D Ducharmo, organiste,—M.A.J.Boucher, maîtro do chapello,) le chœur a rendu avec ensemble et excellent effet la troisième Mosse (J,'Impériale) de Haydn, en ré, avoc accompagnement d’orchestre,—MM.F.Johin-Prumo et Calixa Lavalléo s’étant complaisammont chargés des parties respectives do 1er.et de 2nd.violon.Les principaux soli de la mosso, confiés il la voix sympathique do Madame Leblanc, furent comme d’habitude, admirablement interprétés par cotte cantatrice estimée.A l'Offertoire, M.F.Jehin-Prumo, accompagné sur l’orguo par M.Lavalléo, oxécuta une sublime méditation, do sa composition.Cet habilo virtuose sut évoquer ces accents si suaves et touchants qui semblent un avant-goût des harmonies célestes; puis, s’attaquant à do vigoureux passages à doubles notes, d’une énergio saisissante jointe à une justesse incomparable, l’artisto semblait proclamer, par la voix do son mélodieux instrument, toute la grandeur majestueuse du jour.Quelle plus belle consécration du génie et du talent que colle de l’artisto qui on fait ainsi, hommage à son Créateur qui le lui a si largement dispensé ! A l’office du soir Madame Leblanc, M.C.Labello et M.J.A.Finn chantèrent, avec le meilleur effet, le ravissant trio Gratias ngirnus, tiré do la Messe solennelle do Rossini.Un Regina Cœli, oxtrait d’une œuvre do Haydn, fut ensuite rendu par le chœur; puis, lo Salut so termina par l’éxécu-tion du Tantum ergo solennel do Rossini.L’admirable prière qui sort d’introduction au chœur fut parfaitement interprétée par Mesdames Finn et Boucher otM.J.A.Finn, puis lo chœur final fut enlevé avec tout lo»brio et la précision qu’il oxigo,—couronnant dignement co quo nous pourrions intituler, avoc raison, l'un des plus beaux concerts spirituels quo l’on ait entendus au Gésu.-:o:- BIBLIOGRAPHIE.Le F'oyer Domestique.Nous saluons avec bonheur l’apparition do cetto nouvolle rovuo Toligiouse, littéraire, historiquo, artistique, agricole ot do tompéranco, publiée mensuellement, à Ottawa, par un comité d’écrivains catholiques.A part les matières éditorialos, la promièro livraison comprend, danssosfi i pagos, do nombreux articles originaux, fort bien écrits,'sur des sujets concernant la religion, les scioncos sacrées, la philosophio et la morale, la littérature, l’hiBtoirc, les boaux-arts, l'archéologie, l’agriculture et l’éco- nomie sociale et domestique.Six jolies poésies ornent le présent numéro, qu’embellit encore une charmante romanco do Jules Couplet, intitulée Les Anges du foyer.Nous souhaitons cordialement qu’une aussi excellente publication rencontre de nombreux souscripteurs et qu’elle soit accueillie avec emprossement dans tous nos foyers Canadiens.L’extrême modicité de l’abonnement—82.00 par annéo— concourt également à on assurer le succès.J.Ciiantrel.Le Monument du Vénérable Jean-Baptiste de la Salle.Nous offrons nos sincères remerci-monts aux RR.Frères des Picoles Chrétiennes pour l’envoi d’un beau volume in 8ro., de 260 pages, portant lo titre ci-dessus ot rendant compte des fêtes intéressantes qui ont eu lieu i Rouen, le 2 Juin dernier, à l’occasion de l’érection d’un splendide monument à la mémoire du vénéré fondateur des Ecoles Chrétiennes.Nous avons remarqué avec plaisir quo le drapeau Canadien figurait à cotte magnifique solennité, connno pour y témoigner de la reconnaissance de milliers de nos concitoyens qui doivent aux RR.Frères des Ecoles Chrétiennes le bienfait d’une éducation solide et chrétienne.Le Chansonnier de; Ecoles.Nous voyons avec plaisir que cet utile petit recueil, qui a reçu do la presse entière du pays l’accueil lo plus favorable, so fraie une entrée facile partout où l’on chante;—et quollo est la famille Canadienne où l’on no clianto pas?Non-seulement on le retrouve à l'école, dans nos académies, nos pensionnats et nos couvents,—mais il est parvenu à s’insinuer gracieusement jusque dans nos salons, où il no se trouve nullement déplacé.Le compilateur nous semble avoir parfaitement réalisé son idée—de combiner des paroles sensées et honnêtes à une charmante collection do mélodies choisies.Prix du recueil, relié en toile: 25 contins.Un Livre remarquable.-Le Dictionnaire Anglais complot do Webster, avoc ses 3000 illustrations.11 a maintenant subi l’éprouve du temps ot il a reçu aux Etats-Unis ot en Canada, nou-sculemont cette approbation éloquente qui a nécessité la publication do plus do cinquante millions do j copies do la série '“Webster,” mais oncoro lo témoignage ir-j réfutable do tous nos hommes do lettres, tel qu’on le voit I publié dans les revues périodiques les mieux autorisées.Co 1 Dictionnaire est non seulement, comme le déclare si bien M.le professeur Stowe, “sous plusieurs rapports, l’ouvrage littéraire lo plus remarquable qu’ait jamais produit l’Amérique,” mais, à plusieurs points de vue, c'est oncoro l’ouvrage le plus important qu’ait produit aucune nation ou aucun siècle.le Ohansanmer des Bcolw, JOLI OPUSCULE DE TRENTE-CINQ PAGES, Imprimé iur beau petpia-, relié en toile CONTENANT QUATRE PAGES DE PRINCIPES ET L’Air Note (le vingt-six Romances choisies (Moitiétexte français, moitié texte anglais.) pnix s 25 Contins.Cet ouvrage est revêtu do la hauto approbation do MM.les Commissaires d’Ecolos Cutholiquos Romains do la Cité do Montréal ot se trouve déjà entre los mains do plusieurs milliers d’élèves fréquontant leurs écoles. 8 LE CANADA MUSICAL.AVIS.Le déménagement de l’imprimerie du Canada Musical, au No.30 rue St, Gabriel, nécessitant le démontage immédiat de la presse à vapeur qui sert à l’impression de ce journal, nous sommes forcé de le publier, cette fois, avant la réception de nos planches de musique, préparées pour nous à Boston.En conséquence, nous regrettons la nécessité où nous sommes d’expédier le présent numéro veuf de musique.Toutefois, nos abonnés n’y perdront rien, attendu que la livraison du 1er Juin contiendra Quatre Pages (le Musique au lieu de deux.-O- Le Concert du 5 Juin prochain.Lundi, le 5 Juin prochain, 11.François Boucher, fils, (élève do JM.Jehin-Prume,) donnera, à la salle des Artisans (Mechanics' Hall,) un concert d’adieu à l’occasion de son prochain départ pour Bruxelles, où il to propose de se livrer, pendant plusieurs années, à l’étude oxclusivo do son art.Les sympathies artistiques no lui ont certes pas fait défaut dans l’organisation de son excellent programme.Nous y remarquons en tête le nom do son illustre professeur AL Prumc qui, en cette circonstance, se fora probablement ontendro pour la dernière fois en Canada,—son rotour en Belgique étant irrévocablement fixé aux premiers jours de juillet.A l’instar do cet éminent artiste, Madame Prumo, que lo public musical accueillo toujours avec un si vif plaisir, a gracieusement offert son aimable concours.Notro virtuose-pianisto Lavallée, non content do rehausser l’éclat do ce festival musical par sa brillante exécution, veut bien encore y figurer comme compositeur d’un étincellant Galop de Concert qu'il intitule fort à propos “ Bon Voyage !” Enfin un sentiment bienveillant do patriotisme l’emportant sur lo silence beaucoup trop persistant de notre ami AI.F.A.Lavoie, il sera donné aux dilettanti de Alontréal de l'entendre—e’est-à-diro de l'applaudir do nouveau, dansuno superbe mélodie do Beethoven.AI.J.A.Fowler, avec l’abnégation du véritable artiste, veut bien se charger des accompagnements.Nous retrouvons également les noms estimés de AI.et do Aide.Finn, de Alesdames Leblanc et Boucher, et de AIAI.Charles Labello, maître de chapelle de St.Henri, ot Honé Iludon lo ténor favori des séances académiques du Gésu.Et pour assurer un succès complet, le Chœur du Gésu et l’Orchestre do la Société des Concerts Opérati-ques apportent cncoro lo concours do leurs excellentes organisations.Le programme, aussi varié qu’intéressant, promet, en premièro audition à Alontréal, le Cinquième Concerto pour violon, do Léonard, oxécuté avec accompagnement do quatuor, par le jeuno violonisto bénéficiaire,(qui fora également ontendro la brillanto Scène de Ballet do LoBériot,)-ainsi que la Grando Alarcho du Tannhauser, par l’orchestre,—lo Quatuor do Jligoletto et un chœur charmant de la Muette.Enfin lo désopilant Eclat de rire, trio do Martini, ost chargé de déridor lo front do ceux à qui ce sémillant programme semblerait eneoro trop sombre Le public musical sera en même tomps appelé a juger dos mérites hors ligno d’un magnifique piano droit “Huzol-tbn,” prononcé par los juges les plus eompétonts, l’instrument lo plus parfait qui ait été importé on Canada.Nonobstant l’excellence exceptionnelle du programme et lo concours des artistes les plus éminents, le prix d’admission générale rosto fixé a 50 contins,—6iéges réservés, 75 contins.Les plans de la Salle sont actuellement déposés clioz AI.Prince et chez AI.A.J.Boucher, éditeur de musique, rue Notro-Damo, où l’on pout, dès maintenant, retenir son siège.On trouvera également des billets d’admission générale (50 c.) chez AI.Hurst, marchand de musique, No, 065 rue Craig, ainsi qu’au dépôt do nouvelles de AIAI.Paré etGravol, côte St.Lambert.-:o:- ACADEMIE DE FRANCE.SECTION DES BEAUX-APTS.Musique.Le Guaxp Prix be Home.Visiter l’Italie ; résider à Homo, berceau do la civilisation et des arts, dans un palais où l’on n’a nul souci des soins do la vio ; admirer chaque jour ces trésors do l’antiquité qui vous entourent ot les voir baignés do cette chaude lumière qui leur donne tant de valeur; c’est à coup sûr pour un artiste un idéal réalisé ; mais on sait aussi au prix do quels labeurs on y arrive ; ce petit groupe des élèves do Home est une élito dans une élite ; le lauréat du grand prix, c’est lo primus inter pares.L’Académie do Franco compte aujourd’hui deux cents ans d’existence : ses commencements ont été vagues et incertains, comrno tout ce qui dépend de la volonté personnelle.Co fut en I64S, sous Louis XIV, quo fut crééo l’Académiodo peinture et do sculpture : celle d'architocturo no vint que boaucoup plus tard, en 1671, sous lo ministôro do Colbert-La premièro avait été fondée dans lo but d'affranchir los artistes des entraves qu’apportait à la libre pratique do leur art la confrérie doSamt-Luc, composée do maîtres-peintres, imagiers et vitriers.Cotte corporation, imbue des anciens errements do la maîtrise, tenait les artistes on charte privée et ravalait la carrière artistique au rang d’un simple métier pour ceux qui n’étaient pas do la confrério.Pendant longtemps, un voyage on Italie fut la récompense des prix décernés par l’Académie, mais sans titre régulier.C’é'.ait le temps du bon plaisir, ot on effet l’Académie de pointure décernait simplement dos certificats do capacité ; ollo jugeait les artistes capablos do mettre à profit l’étude des arts en Italio ot le< désignait au Hoi pour qu’il lui plut do les y envoyer.Colbert, alors contrôleur général dos finances, ordonnançait la ponsion et l’argent pour le voyage.Co fut à l’instigation de l’illustre ministro que Louis XIV résolut d’instituer uno Académio do Franco ù Home pour récompenser cliaquo annéo coux qui, à l’Académie do pointuro remporteraient le prix royal.Il arrêta quo porpé-tuollomcntdouzo artistes, peintres, sculpteurs ou architectes (quoiqu’il n'y eut pas d’Aeadémio d architecture} soraient entretenus ù Home aux frais du Hoi, chacun pondant cinq années.Charles Errard, alors président do l’Académie de Paris, fut nommé directeur de l’Académie de France à Home.Il partit lo 6 mars 1666, avec douzo pensionnaires, los uns ayant remportés dos prix, les autres simplement de'signés par lo Hoi.Les peintres devaient copior los plus belles fresques do Homo, ot notamment celles d’Annibal Cnrrache au palais Farnèsejlcs sculpteurs prendraient pour modèles, les antiquités qid peuplent les palais do Homo, ot on particulier los œuvres do Miehol-Ango; les architectes ontin étudierai on LE CANADA MUSICAL.9 les ruines nombreuses qui oruont la ville et peuplent la campagno romaine.Evrard et ses elèves s’installèrent dans lo palais Capra-nica.Soixante ans plus tard environ, en 1725, lo due de Bourbon étant premier ministre, Louis XV ordonna l’acquisition du palais Mnncini, qui a pris depuis le nom de palais de Revers, pour y installer l’Académie.Elle y résida, jusqu’en 1803, époquoà luquolle elle fut transférée dans la magnifique villa Alédicis, au Monte-Pincio, qu’elle occupo encore aujourd'hui.La rénumération des élèves n’avait pas alors une fixité absolue; l’allocation était variable, commo les fluctuations de la cassette royale ; cependant la pension était généralement de 300 livres ; on donnait autant pour lo voyage, Malgré la résolution solennelle de 1666, l’expédition des pensionnaires on Italie ne fut pas toujours régulière.Tout dépendait de la volonté du Eoi.En 1781, ui^o lettre do M.d’Angiviliors, directeur des bâtiments du Eoi, déclare que lo grand prix ne donne aucun droit à la pension à Borne, et que le Eoi peut seul accorder cette faveur.A cette époque les pensionnâmes n’étaient assujettis à aucun travail, à aucun envoi.L’usago dos envois réguliers no Uato que do 1777.Survint la tourmente révolutionnaire, pou favorable aux artistes et fatale surtout à l'enseignement officiel.Déjà en 1792, un décret du 25 novembre avait supprimé la placo de directeur do l’Académie do France et mis cetto établissement sous la dépendance de notre chargé d’affaires.Par un décret du 8 août 1793,1a Convention nationale supprima l’Académie de France, en même temps que toutes les institutions analogues.Les écoles aussi étaient désorganisées, et en conséquence il n’y eut plus ni concours, ni prix.Cependant, deux ans plus tard, la Convention ayant reconstitué l’enseignement général sur do nouvelles bases, l’Ecole de Pome eut son tour ; elle fut rétablie par décret du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795).Aussitôt que l’Institut fut constitué, les études artistiques reprirent vigueur ; la section des Beaux-Arts s'occupa de rétablir los concours pour les grands prix, ot on 1797, ils ouront liou commo par le passé.M, Suvéo avait été nommé directeur avant la période d’interruption sans avoir pu entrer on fonctions ; sa nomination fut confirmée en 1796, mais il ne partit pour Borne avec les lauréats des années précédentes qu’on ISO 1.L’Académio de France fut établie à Borne dans l’ancien palais do Revers; mais la direction jugeant le local insuffisant, obtint l’autorisation do l’échanger contre la villa Alédicis.L’échange out lieu on 18U3.M.Ottoviani, arehitecto, fut chargé des travaux d’appropriation, et l’installation eut lieu le 1er.novembre 1804.La villa Alédicis, dit AI.Baltard dans son bol ouvrage auquel nous empruntons le* éléments do cotte notice, “ est “ situéod’uno façon magnifique; ello est le contro d’un pano-“ rama d'où Bonio, scs monuments, ses palais, d’où sa vaste “ campagno, sos longues lignes d’aquoducs ot son horizon “ do montagnes apparaissent ot se déroulont on un tableau “ magique.” Le séjour dans un lieu pareil, auquol il faut ajouter, j dans l’ordre moral, la perception au travers de co prisme ¦ magique qui s’ajipello la jeunesse, constitue pour los artistes la réalisation d’un rêve.L’Académio do Franco, dopuis sa reconstitution ot son installation à la villa Alédicis, a joui d’une constante prospérité.Aux sections dos peintres, des sculpteurs ot des architectes, on adjoignit bientôt des compositours, dos graveurs on taillo-douco, en niédaillos, on pierre fine et des peintres paysagistes.Une distinction a été toutefois établie dans la durée du séjour à Borne : tandis que les lauréats des autres branches artistiques demeuraient cinq ans à l’Acadé-mio, les peintres paysagistes et les graveurs des diverses catégories no jouissaient do la ponsion que pendant quatre ans.Le déci’et de 1863, confirmé par celui du 13 novombre 1871, a diminué d’un an pour toutes les soctions la durée do la pension ; le décret do 1871 a supprimé collo du peintre do paysage historiquo pour dos raisons budgétaires.Le premier concours de composition musicalo eut lieu en 1S03, ot lo prix fut remporté par Al.Andro.Lo prix de gravure en taille-douce date de l’année suivante ; lo premier lauréat fut AI.Alasquelier.Vint ensuite lo prix de gravure en pierro fine, remporté pour la promièro fois par AI.Tiolier, on 1805; puis celui do gravure on médailles, obtonu par AI.Gattoaux.Depuis lors, ces deux prix ont été réunis on un seul.Enfin on 1817, fut fondé le prix do paysago historique, dont lo promior lauréat fut - Al.Alichallon.Aux avantages que les jeunes artistes tionnont du gouvernement il faut jouter ceux qu’ils doivent à des fondations particulières.En 1817, A.J.Alhumbert légua une rente de 300 francs à l’Académie des Beaux-Arts; cotte somme contribue aux frais de calque pris chaque annéeeur les dessins envoyés de Borne par les pensionnaires architectes.Par testament du 14 octobre 1S24, la vouve do Le Prince institua une rente de 3,000 francs en faveur des grands prix de chaque année.On la partage ainsi; 1,000 francs au grand prix do peinture ; 1,000 francs à celui de sculpturo; 600 francs à celui d’architecture, 400 à celui do gravuro.En 1844, AI.Jarry légua une ronto de 1,128 francs en faveur du pensionnaire architecte revenant de Ivomo.Par testament, en date du 5 mai 1847, AI.lo baron do Trémont a fondé doux prix do 1,0U0 francs chacun, à décerner à doux jeunes peintres ou statuaires ot à un musicien.Selon la volonté du donateur, los élèves qui auront obtonu lo grand prix de Borne n’y doivent participer qu’à leur retour et dans le cas seulement où lo manque do travaux les mettrait dans la gêne; déplus, l’attention do l’Académie est appelée principalement sur les seconds prix.Etat actuel—L’Académio de Franco à Bomo est administrée par un directeur nommé par lo chef do l’Etat et choisi sur une liste do trois candidats présentés par l’Académie des beaux-arts.La durée do ses fonctions est do six ans.Les artistes qui ont remporté les premiers grands prix de Bomo sont pensionnés par l’Etat, à savoir : les pointues, sculpteurs, architectes, graveurs en taillo-douco, compositeurs de musique, pendant quatre ans ; los graveurs on médailles et en pierres fines, pendant trois ans.Ils doivent se trouver à Borne dans le courant de janvier et se présenter au directeur, munis do leur titre officiel.Pendant leur séjour à Bomo, les pensionnaires habitent le palais de l'Académie et y prennent leurs repas à une tablo commune.Lo pensionnaire qui se marierait pondant son séjour à Borne perdrait sa jionsion.Chaquo pensionnaire, en quittant Paris pour se rondro à Bomo reçoit une somme do 660 francs pour frais de voyage ; sa ponsion annuollo est do 3,516 francs, sauf uno rotonuo do 300 francs dont il lui est tenu compto à la fin do son séjour; cotte rotonuo a pour butd'assuror l’exécution des travaux obligatoires dos pensionnaires.Les élèves do l’Académie touchent, en outro, pour frais d'études, diversos in délimités variant do 50 à 606 francs.Les architectes en partant pour la Grèce touchent une somme do 860 francs.Chaquo pensionnaire, à l’expiration do son séjour, reçoit ( 00 francs pour frais do retour en Franco.Défense est faite do voyager ou mémo de quittor Borne pour quelques jours sans l’autorisation du directeur.Les seuls pays dans lesquels les voyages soient autorisés sont l’Italie, la Sicilo et la Grôco.Les musicions, après uno annéo passée à Bomo, pouvant visiter l’Allemagne ot y séjourner; mais il leur est loisiblo de demouror à liomo.Les pensionnaires exécutent chaque annéo des travaux dont la nature ot l’ordre sont fixés par ,os règlements ot dont l’envoi est obligatoire.Travaux les eleves—Lo pensionnaire peintre doit exécuter on promièro année: lu uno ligure peinte d'après nature ot dograndour naturelle ; 2° un dessin d'après los poin- 10 LE CANADA MUSICAL.turcs des grands maîtres ; 3° un dessin d’après une œuvre remarquable do sculpture de l’antiquité ou de la .Renaissance.En deuxième année : un tableau d’au moins doux figures, de grandeur naturelle.En troisième annnée: 1" uno copie pcinto d’après un tableau ou uno fresque do grand maître; 2° uno osquisso peinte de sa composition.En quatrième année : un tableau do sa composition do plusieurs figures de grandeur naturelle.Lo sculpteur doit exécuter on première année : 1° un bas-relief d’une ou deux figures do grandeur naturelle ; 2° une copie en marbre (fourni par l’Etat) d’une statue antique.En deuxième année: 1“ une figure on rondo bosse do sa composition et do grandeur naturelle.2° l’esquisse très-ar-rétée en bas-relief d’une composition.En troisième année: 1° le modèle d’une figure en ronde bosse de sa composition ; 2° une tête d’étude.En quatrième année : exécuter en marbre la figure de l’année précédente.li’architecte doit exécuter en première année : quatre feuilles do détails d'après les monuments antiques de Homo et de l’Italie centrale.En deuxième année: 1° quatre feuilles de détails d’après les monuments antiques; 2" quelques détails cl’architecture de la Renaissance.En troisième année : deux feuilles de détails d’après un monument antique do l’Italie, do la Sicile ou do la Grèce ; 2° des détails décoratifs du moyen âge ou de la Ronaissunco.En quatrième année : soit la restauration d’un édifice antique, soit uno étude générale et comparative sur les monuments antiques avec mémoires à l’appui.Lo graveur en taille-douce doit exécuter en première année : 1° deux figures d’après nature et deux dessins d’après l’antique; 2° doux études do fragments do tableaux ou fresques des grands maîtres ; 3° lo dessin d’un ancien portrait pris dans une galerie ; 4" une éprouve do la planche ébauchée do ce portrait.En deuxième année : ln une figuro d’après nature et un dessin d’après l’antique; 2° un dessin d’après un tableau ou uno fresque ; 3° la planche terminée au burin du portrait ébauché on première année.En troisième année: 1" doux figures d’après nature cl deux dessins d’après l’antiquo; 2° un dessin d’après un tableau ou une fresque ; 3" l’ébauché do la planche représentant ce tableau ou cette fresque.En quatrième année : la même planche terminée.Le graveur en médailles et en pierres fines doit exécuter en première année:!’une figure cl’aprôs nature en cire; 2” uno tête d’étude ; 3“ la copie on creux sur acier d’une médaille antique ; 4" un dessin soit d’après naturo, soit d’après l’antique ou les maî.ros.En deuxième année : 1° le camée do la tête d’étude oxé-cutée on cire l’année précédente ; 2° uno piorro gravée en creux d’après une antiquo ; 3° l’esquisse très arrêtée d’une médaille composée ; 4” l’esquisse d’un caméo ; 5" un dessin soit d'après.nature, soit d’après les maîtros.En troisième année : 1" le modèle on cire d’une médaille de 6a composition ; 2° l’exécution sur acier on croux de cette médaille.Le musicien doit on première année : 1° composer doux mutilions complètes : l’uno sera un oratorio ou une messe ; ’autre un opéra ou fragment d’opéra français ou italionsur un livrot ancien ou nouveau, accepté par lo directeur ; 2° copier ou mettre on partition lui-même uno œuvre inédite dos maîtres du XVIe, XVIIe ou XVIIIe siècle, manquant à la bibliothèque du Conservatoire.En deuxième année : composer encore doux partitions complètes, l'oratorio pouvant être remplacé par une symphonie composée do quatre morceaux.En troisième année : 1° écrire un opéra en un acte ; 2° composer lo morceau symphonique destiné à être exécuté è la séanco publiquo annuelle de l’Académie à Paris.En quatrième année : écrire également un opéra on un acte sur livret ancien ou nouveau.Tous le- ans une œuvre choisie par la section do musique, parmi les quatre envois i du pensionnaire do dernière année, est exécutée au Conser-vatoire.Uno fondation particulière importante, tout récemment régléo par l’Institut ot lo ministère des Beaux-Arts, sans être toutefois réservéo aux élèves do Homo, assure une chance , favorablo aux œuvres musicales: c’est le legs Anatolo Cres-cont, qui met à la disposition de l’Académie uno x'ento triennale do IS,500 francs pour l’exécution d’un opéra, opéra- .comique ou d’uuo opérotto.Sur la somme principale, 10- ^ 000 francs sont donnés on subvention au théâtre qui aura monté l’ouvrage.Envois de rome.—11 y a tous les ans, du 1er au 15 avril exposition publiquo, au palais de l’Académie de France, des travaux des pensionnaires.Puis cos travaux sont envoyés à Paris ot exposés pendant une semaine à l’Ecole des Beaux-Arts.Mortimer d’Ocagne.-:o:- ACADEMIE DE MUSIQUE DE QUEBEC.Concours de 1876.Los Concours do 1876 auront lieu LUNDI, lo 5 de JUIN prochain, dans la Cité de Montréal.Matières des concours pour l’obtention dos diplômes do seconde classe.Orgue—Préludo No.2, (trois préludes et fugues).Mendelssohn.(Edition Novello Ewor & Cio,) Piano.—Premier mouvement do la sonate on sol (12 sonatas for the piano.).-.Clementi.(Bussell et Tolman, éditeurs.) Violon,—Cavatine.Raff.Voix,—Solfège.—Examen su; les principes élémentaires.Composition.—Genre au choix du concurrent.Matières des concours pour l’obtention dos diplômes de première classe.Orgue.—Allegro vivace et fugue (do ma-jour) ; doux derniers mouvoments do la sona- te No.2 (Six sonates pour orguo.).Mendelssohn.(Edition Novello, Ewor & Cie.) Piano.—Rresto agit ito.Finale do la sonate en do dièzo mineur (Moon-Light Sonata.).Beethoven.Violon.—Andante et Rondo du 24ièmo Concerto do.Viotti.Voix.—Soprano,—Il va venir—(La Juive').IIalevy.ou bien : Me voilà seule enfin, air de La Reine de Saba.Gounod.Contralto Jour heureux si plein d’ivresse (oh ! quel giorno) cavatine do Sêmiramis.Rossini.ou bion : O rest in the Lord\ (Elle) .•.Mendelssohn.Ténor.—De ma fidèle amie, (Don Juan).Mozart.Basso.—A ma voix naissez ! récit otair delà Création.Haydn.Harmonie.—Théorique ot pratique.Composition.—Genre au choix du concurrent.Concours spéciaux.Un prix sera accordé au concurrent heureux qui présentera uno composition d’un mérite excoptionol, et le titre do Lauréat pourra lui être conféré aux conditions exigées par l’article 14e do la Constitution de VAcadémie.Un autro concours spécial sera ouvert pour lo Piano, Morceau do concours: finale de la Grande Sonate do Tiialberg, op.56.Un prix sera également accordé au candidat heureux, ainsi que lo titre de Lauréat aux conditions portées à l’articlo 14e de la Constitution.ERNEST GAGNON, Président.CLOD.DELISLE, Socrétairo.Québ Mars 1876. LË CANADA MUSICAL 11 K i TANTUM ERGO IDS SIXTO IFIEIRSZ, SOLO DS TENOR OU DS SOPRANO, AVEC CHŒUR, (Tel que chanté au Gésu,) COURT, FACILE ET FORT JOLI.PRIX KET : 25 CEXTIXS.Bulletin Musical du Mois écoulé.-:o:- Les Aveuoles de Nazareth.La soirée musicale et littéraire donnée dans la grande salle do l’Académie Commerciale Catholique do Montréal, au bénéfice de l’Asile des aveugles, jeudi le 30 mars dernier, attirait, comme d’habitude, une salle comble, heureux présage d’une pluie d’or.On devait s’y attendre du reste, puisque ces charmantes séances, si habilement organisées par les BE.Sœurs Grises et le zélé directeur de l’asile et si admirablement interprétées par les aveugles bénéficiaires, abondent invariablement en incidents qui charment l’esprit et émeuvent le cœur.Nous constatons avec satisfaction les progrès musicaux réalisés depuis la dernière séance annuelle.Constitués tantôt en fanfare, tantôt en orchestre, ces intéressants musiciens ont exécuté avec une perfection étonnante, eu égard à leur infirmité, un répertoire varié, entremêlé de charmantes récitations et de dialogues animés.Nous n’entreprendrons point do reproduire le brillant entretien tombé des lèvres de l’éloquent conférencier qui, pendant de trop courts instants a parlé du Sommeil do manière à produire sur son auditoire enchanté l’illusion d’un rêve charmant.Souhaitons que chaque anniversaire successif de cotte intéressante séance soit couronnée d’un succès toujours croissant.Concerts de Chambre de MM.Prume et Lavalee.Nous voici appelé à enregistrer le plus beau succès artistique remporté jusqu’à ce jour en cette ville—nous voulons parler do la sério do trois concerts classiques actuellement annoncés par MM.Prume et Lavallée.Leux de ces soirées remarquables ont ou lieu ces jours derniers : la troisième ; fixée au 9 mai, est attendue avec une impatience que ne fait qu’accroître le succès des deux premières.Une assistance assez nombreuse s’était donné rendez-vous à l’Association Hall à l’occasion du premier concert: au second, nous voyions avec plaisir tous les sièges réservés occupés, si bien qu’au troisième, nous comptons sur un auditoire à la fois digne do l’oxcellenco du programme et du mérite incontestable de nos artistos.Quoiqu’il on soit, les assistants privilégiés do ces concorts, n’ont, ou qu’à se féliciter d’avoir on-tondu oxécutor, dans toute la perfection artistique, les ehcf's-d’œuvres de Beethoven, Mozart, Mendelssohn, Bach, Hœn-del, Chopin, Meyerbeer, Vieuxtomps, Joachim, Max Bruch, Ernst, Artot, Eaff, Schubert, Eossini, Verdi, Bellini, Donizetti, Gounod, Ambroise Thomas, etc.Pour ceux qui se trouvaient présents, il serait inutile do s’étendre sur l’excollcnco magistrale de l’exécution soit de Prume ou do Lavallée.Quand aux absents, rion do co que nous pourrions ajouter ici no servirait à donner une idée— même faible—du charme, sous loquol ces inimitables artistes ont constamment tenu leur auditoire.Signalor tous les , points excellents nécessiterait l’énumération, l’un après l’autre, de chacun dos morceaux des programmes respectifs.Toutefois, nous nous demandons s'il est possiblo d’on tendre interpréter avec plus do sentiment et de délicatesse le , sublime Concerto on mi, do Mendolssohn,—ou la cadenco oxquiso do Léonard, si admirablement introduite par M.Prumo dans le célèbro Concerto de Boothovon ! Quoi do plus fantastique que sa féeriquo interprétation dos ravissantes Danses Hongroises de Joachim,—de plus gracieux et de plus brillant quo son propro Eondo Capriecio ! Et quelle sûreté d’exécution, quelle précision netto, quelle attaque énergique—commo aussi quelle finesse d’interprétation unie à un sentiment intelligent quo celles de Lavallée lorsqu’il aborde les œuvres grandioses do Boothovon, de Mendelssohn et do Chopin ! L’élémont vocal no déparait certes pas ces charmantes soirées.C’est toujours avec un plaisir nouveau que le public accueille Madamo Prume, et lo charme exquis avec lo-quel elle dit les arias les plus gracieux durépertoiro opéra-tique ne manquo jamais do lui attirer une abondanto moisson d’applaudissements mérités.Ces concerts nous ont encore fourni l'occasion—depuis longtemps attendue—d’apprécier à un point do vue nouveau, un autro artiste Canadien—M.Guillaume Couture—que nous avons précédemment mentionné favorablement commo auteur de plusieurs compositions remarquables.A ces séances intéressantes co monsieur s’est révélé comme ehantour intelligent, évidemment initié aux secrets de l’art, brisé à ses difficultés, et sachant se servir à merveille d’une voix qui ne manque pas do charme.L’accompagnement do quintette, fourni par MM.Maf-fré, lor.violon, François Boucher, 2nd.violon, C.Bienvenu, viola, Wills, violoncelle ot G.Leclerc, contro-ba6so, ainsi que celui d’orgue-expressif, par Madamo Béliveau, (qui s’est aussi habilement acquittée do l’accompagnomont au piano.) prêtait un attrait additionnel à ces excellents programmes.Seance de l’Union Catholique.L’Union Catholique conviait ses patrons, jeudi lo 20 avril, à uno intéressante soirée littéraire et dramatique.Un excellent discours prononcé par M.C.Do Lorimier, sur la religion catholiquo ot le droit moderne, fut précédé et suivi do deux chœurs,chantés par le Cercle Orphéoniquo de Montréal M.Alfred l)o-sèvo contribua lo Souvenir de Haydn, de Léonard, puis en rappel, la Berceuse de Eobor.La pièce de résistanco do la soirée fut un Opéra-Comique d’Adolphe Adam—A Clichy— qui a semblé vivement intéresser et boaucoup réjouir l’auditoire.M.Charles La-bolle, déjà avantageusement connu du public musical de Montréal, s’est révélé dans lo rôle do Ducormior, comme artiste de grand talent,—ot la verve amusante avoc laquelle il s’est acquitté de sa partie difficile a largement contribué au succès de cette charmanto comedietta.Il a surtout excellé dans la dernière scène dans laquello tous sos calculs honnêtes se trouvent déjoués ; son expression facialc .cn cetto circonstance critique portait la tristosso dans toutes los âmes sonsibles commo la sionne.MM.Finn et Iludon ont admirablement rendu les rôles des artistes Bagnolot: excellentes voix, ensemble parfait, nonobstant l’obstruction d’un mur de quatro pouces, attention scrupulouso aux plus potits détails do la pièce,—rion n’a fait défaut.On no peut absolument roprochorà cos aimables artistes que la tentation qu’ils auraient provoqué chez quelques uns do leur nombroux admirateurs, d’aller s'ondotter outro mesuro afin do so fairo incarcérer dans le voisinage d’aussi spirituels détenus.Concert de M.James Shea.Lo mardi 2Ü avril, grand concert à la Salle dos Artisans, organisé par M.James Shea avoc la coopération do M.J.A.Fowler, organiste à St.Patrice et do M.B.Shea, violoniste.L’élite do la société irlandaise y compris Son Honneur lo Maire, accompagné de sa dame,—s’était donné rendez-vous à cotte intéressante soirée.Un programme varié, comprenant plusieurs chœurs sacrés fut rendu à la parfaite satisfaction de l’auditoire, par lo Chœur do l’Eglise St.Patrice.On a particulièrement admiré lo chant do Madamo Farmer et do Madllo.Alice Crompton, los amusantes scènes comiques interprétées par M.Hurst, ainsi que la brillante oxécution sur lo piano, do la Danse des fies, de Wallaco, par Madllo.Shea, et d’un joli arrangement do la Somnambule, do Singoléc, sur lo violon, par M.B.Shea. 12 LE CANADA MUSICAL.Concert des Ki.eves te Madame Petipas.Le concert annuel des élèves de chant et de piano de Madamo Petipas est venu, mcrcroli le 2(5 avril, couronner dignement une série de séances intéressantes ot sérieuses.Attardé par un engagement antérieur, il no nous a été donné d’entendre quo les dornicrs numéros du programme ; ceux-ci toutolois, ont suffi pour nous convainero que Madamo Potipas apporte, comme par le passé, le soin le plus eonseioneioux à la formation et à la culture do la vois do ses élèves.Un extrait du Maître de Chapelle de Paèr, surtout,fut interprété par M.Honorius Lamothe avec beaucoup do goût, une diction très pure et un phraser irréprochable.Lo jeu net et expressif do Mdlles.C.Ilone et Dagcnais mérite également d’être signalé.Somme toute, Madame Potipas n’a fait que confirmer une fois do plus la haute réputation qu’elle s’ost si justement aequiso par la solidité et l’oxcellonce de son enseignement musical.Nouvelles Publications Musicales.valjltévd.L.E.Grondin, Mlle.Hébert, MM.Peltier, J.Ber-1 } trand.J.Erouchoud, les Couvents de St.Hyacinthe, de • \ Sillory, do St.Michel de Bclloohasso, do St.Gervais do Bel léchasse, do Trois-Pistolcs, Made.Dossane, Mlle.M.Po., lotte, H.Wostorlinck.AUX ?; DIRECTEURS de CIKEURS, FABRIQUES, Etc., Etc., Etc.La Messe des Morts, IIAElrONISIiE A QUATRE PARTIES Comprenant lo Libera, De Dr of midis ot un Offertoire nou-veau do l’Abbé Michel.Prix : 20 centins l’exemplaire ou $2.00 la douzaine.Yive la Canadienne,.Camille duval.Thème et variations faciles, sans octaves, Prix: 35 Cents.Espoir Secret, (Spome arcana).Goiibaerts.lîêvorie-caprice, assez facile, Prix : 00 Cents.Bella Taise, .Lamothe.Par l'aideur estimé le First Kiss Waltz, Prix : 50 Cents.Ill the Meadow, (Dans la prairio).Licjinf.k.Bluetto charmante, Prix : 30 cents.Demerara Polta-Maziirka,.Becker Perlo dos salons, Prix : 50 Cents.Sonatine, en sol,.Beethoven.Très facile ot jolio.Prix : 20 Cents.Abonnements reçus dans le cours du mois dernier, Pour Mai 1S75-76 : MM.L.Dorome, A.Cusson, J.A.Dofoy et N.Beaudry.Pour Janvier 1S7G-77 : M.J.N.Duguay, los JRli.Sœurs de Charité, do Deschambault, (2nd abonnement.) Pour Mai 1S7G-77 : ltévd.A.Trudeau, Mado.D.Soné-cal, lo Couvent do St.Anselme, Mado.t’isot, ilévd.H.D.St Cyr, Mllo.A.Lussier, MM.L.I arivé, A.Vincolotte, V.Delfausso.Mlles.Ph.Cormier ot A.Yillers, MM.H.A.Bédard Ls.Drouin, lîévd.Pèro Lefebvre, Mad.J.J.Eossi j Mlles, G.Boaudot, A.Bouiquo ot L.Dumosnil, Mlle.D.Du- ! ANECDOTE MUSICALE.Ux beau jour de la vie de Lablaoue.-;o:- Une jeune fille de dix-sept ans étaitassise devant la croisée d’une chambre mansardée, dont le délabrement accusait la pauvreté la plus effrayante.C’était une belle créature à la chevelure de jais, aux grands yeux noirs ; sa physionomie douce et mélancolique inspirait l'intérêt et la pitié.Il faisait froid; une neige épaisse recouvrait toute la ville de Milan ; la jeune fille portait la vue tantôt sur le large linceuil qui s’étendait dans la campagne, tantôt sur sa mère, qui, se tenant à côté d’elle, lisait un livre de prières, tantôt sur son père, qui, assis sur un tabouret et accoudé à une table boiteuse, regardait fixement le mur en face de lui sans paraître s’apercevoir que deux ruisseaux do larmes sillonnaient ses joues.Une demi-heure s écoula ainsi.Enfin, la jeune fille se leva, alla jeter ses bras autour du cou de son père, et lui dit d’une voix tremblante : —Oh! laisse-moi chercher une condition, mon père I Voilà deux moi - que je n’ai plus de travail; voilà deux mois que nous vendons nos meubles et nos hardes, et nous sommes désormais sans ressource-Il est bientôt nuit, nous avons froid, nous avons faim, et si tu ne consens pas à ce que je viens de te demander, nous mourrons tous les trois 1 — Non mon enfant, répondit le vieillard d'une voix presqu'étein-te ; tu ne descendras pas à un tel abaissement, et nous ne mourrons pas Be faim.Nous avons encore une planche de salut.Et il alla décrocher du mur un vieux violon, en ajoutant : —Il m’a fait gagner ma vie pendant plus de quarante ans, avec lui je la gagnerai de nouveau.Ce soir je rentrerai avec du pain.—Et que feras-tu ?s’écria sa fille, tandis que sa femme se jetait à genoux.—Ce que j’ai fait pendant quarante ans : je jouerai du violon.—Mais pendant quarante ans, Luigi, tu avais un orchestre à diriger ; pendant quarante ans ta voix donnait dos ordres.et main- tenant.—Et maintenant que mes yeux ne peuvent plu3 lire la musique, je jouerai de mémoire.—Mais où, au nom de Dieu ?s’écria la femme. LE CANADA MUSICAL.13 —Du courage, Francisca! Aimes-tu mieux que notre enfant se soumette à la brutalité de ceux qui croient acheter une esclave pour trente ou quarante livres par mois, ou que je gagne honnêtement un morceau de pain?On vient d’ouvrir la galerie de Cristoforis.Il y a là un café magnifique, qui sera pendant quel [ue temps le rendez-vous de la bonne société.—Luigi, tu ne feras pas cela ! s'écria sa femme éperdue.-^Voulez-vous donc que je sois votre bourreau et le mien ?Nous avons faim ! Et quand la faim déchire les entrailles d'un homme, il est lâche s’il n’emploie pas tous les moyens qui sont en son pouvoir pour conserver une existence dont il doit compte à Dieu ! Le vieillard s'achemina à pas lents vers la Corcia dei Servi.Hais il fut bientôt forcé d’accélérer sa marche, car il commençait à sentir le froid lui roidir les membres et arrêter la circulation de son sang.Il puisa de la force dans la sainteté de la mission qu’il allait remplir, et arriva en peu d’instants devant le bazar.Là, il s’arrêta et adressa à Dieu une courte prière avant d'ouvrir la porte, car il sentait son courage faiblir.Puis il rappela à son imagination sa fille et sa femme mourant de faim et de froid, et tournant le bouton, il entra dans la salle.Il déposa son chapeau sur un tabouret de velours, et commença à accorder son instrument.Un garçon passa à côté de lui, regarda alternativement le vieillard et son chapeau, et lui dit : —Eh 1 l'ami, croyez-vous qu'on ait mis ici un tabouret de velours pour servir de support aux charlatans ?Luigi dévora l’affront en silence, mit son chapeau sur le parquet et continua à accorder son violon.Enfin, il passa l’archet sur les cordes de son vieux compagnon ; son cœur palpita de joie, et il eut bientôt oublié le lieu où il se trouvait et le but dans lequel il était venu.Il y avait cinq ans qu’il n’avait décroché son instrument, car les accords qu’il en eut tirés n’eussent pu que lui rappeler un malheur.Maintenant il écoutait la voix d’un ancien ami, cher à son cœ îr, et il s’isolait, et il se créait un monde- à part au milieu de la foule et du bruit.Il avait à peine joué quelques notes du Serment de Guillaume Tell, avec une précision et une expression admirables, qu’un homme, grand, gros à la figure ouverte et pleine d'affabilité, repoussa du pied la petite table qui était devant lui et se précipita vers le vieillard.C était Lablache, qui avait reconnu l'ancien chef-d’orchestre.—Luigi ! s'écria-t-il.—Monsieur Lablache ! dit le musicien avec confusion, tandis qu’une rongeur subite colorait ses joues.—Comment ! vous en êtes réduit à cette extrémité ?—Je ne vois plus clair, et la misère.Assez ! assez I interrompit le célèbre artiste.Pauvre Luigi 1 joue-moi mon rondeau de la Sémiramide.Le vieillard obéit.Après l’introduction, une voix éclatante, magnifique, une voix à ébranler toute autre salle que celle d’un théâtre» une voix connue de tous s’éleva dans le café, et l’efiet qu’elle produisit fut magi pie.Le plus profond silence s’établit comme par enchantement.Ceux qui jouaient au billard s’arrêtèrent ; ceux qui se promenaient dans le bazar, se pressèrent devant la porte du divan.Lorsque l’air fut achevé, Lablache prit son chapeau dans ses mains, fit le lourde la salle etde la galerie en le tendant à tous les assistants, et quand il le vit plein de monnaie jus qu'au bord, il revint à Luigi, le lui remit en lui disant : —Allez, nous partagerons une autre fois.Et il s’esquiva promptement pour se dérober à la reconnaissance du vieillard.Dès ce moment, la position de Luigi fut entièrement changée.11 maria sa fille à un musicien distingué, et mourut quelques temps après avec la consolation d’avoir assuré le sort do son enfant, de laisser à sa femme une somme assez forte pour qu’elle n’eut plus à redouter la pauvreté.L.MITCHELL Facteur 104 EUE ST.Coin (les nies St.Antoine et du Cimetière, MONTREAL.a Orgues JU AHTOI.EE, 104 Plaisanteries.—Un critique difficile ayant à faire la revue d'une représentation assez peu satisfaisante du chef-d’œuvre de Rossini, s’exprimait en ces termes sur le compte de son Guillaume Tell : “ Il nous a semblé qu'il pleurait plus, ce soir là, l’absence do ses moyens que la liberté de l’Helvétie.” • • « —Un dilettante autrichien à qui un fanatique vantait le double génie poétique et musical de Richard 'Vagner, l’élevant à la fois au-dessus du grand poète Goethe et de Beethoven,—répondit à son interlocuteur : “ Vous avez raison, Wagner dépasse ces deux colosses : il est plus grand musicien que Gœthe et plus fort poète que Beethoven.W • • —Le nouveau titre d’impératrice des Indes conféré à la reine Victoria aura ses conséquences.Entre autres, on ne tardera pas à terminer les concerts par le chant de God save the Empress sur l'air de God save the Queen,—ce qui ne sera pas difficile du reste, attendu que, dans l’hymne national, Queen rime avec glorious.Empress fera presqu'aussi bien pour l’oreille.Rails d’un Piano Hazslton.NOTA.—Los RK.Sœurs do lu Miséricordes nous prient d’informer les porteurs de billets pour lu rafle du Piano Jla-zolton que les occupations nécessitées par l’organisation du Bazar récont t la maladie grave de la liévér iule .Mère .Supérieure ayant empêché L iiévérendo Sœur chargée du placement dos bidets de s’occuper do ce devoir, —le lira go est forcément remis à quelques somaines plus t rd.Avis du jour et do l’heure sera publié dans le Canada Musica et dans la plupart des autros feuilles françaises do cotte cité.Albani et Nilsson.—Mlle.Albani étudie en ce moment, sur le terroir même, à Munich, le - opéras de Richard Wagner, entre autres rôles celui d’Elizabeth du Taun/iœuser.Pourvu que cette voix tie cristal et ce style séraphique n’aillent pas se briser au contact des terribles traditions de Wagner.—Mme.Christine Nilsson est de séjour à Rome, où son mari, convalescent, a été dirigé par la Faculté pour son complet rétablissement.La grande cantatrice est attendue à Londres pour l’ouverture de la saison du théâtre royal Drury-Lane. 14 LE CANADA MUSICAL.Nouvelles Musicales Canadiennes.Variétés Musicales- —Le troisièmo et dernier “ Concortdo chambro ” de MAI.Prumo et Lavallée a lieu à.Association Hall, mardi lo 9 Mai prochain.—AI.Al.LeVas-seur, île VEvénement, vient d'etre nommé à la cliargo d’organiste do l’EglisoSt.Eoch do Québec./ —Lo concert d’adieu de M.François Bouclier, fils, (élève do M.F.Jehin-Prume) est définitivement fixé à lundi le 5 Juin prochain,—à la Salle des Artisans (Mechanics' Hall.') Voir le programme, page 16.—A l’occasion de son bénéfice, vendredi le 2S Avril dernier, AI.Thomas Hurst apparaissait devant le public pour la quatre-vingt-deuxième fois, depuis un an.Ajouter que son concours a été donné gratuitement quatre-vingts fois, c’est faire le plus bol éloge do cet amateur charitable.—Nous avons lu avoc grande satisfaction un excellent article publié dans VOpinion Publique du 20 Avril dernier, intitulé : “ Le chant dans les écoles et dans les familles,” et dû à la plume intellgente de M.Napoléon Legendre.Nous signalons cet écrit à l’attention sérieuse des lecteurs-musiciens ainsi que do toutes les personnes qui ont ici la haute main sur l’éducation.— AI.François Benoit, l’organisateur des “ Alontagnards Canadiens,” qui ont laissé do si agréables souvenirs chez les habitués de nos concerts, s’occupo à reconstituer cetto société chorale, débandé depuis quelques annéos.A une réunion tenue chez lui le lundi de Pâques, seize excellentes voix répondaient à l’appel et le rassuraient pleinement sur le succès de la louable entreprise qu’il projette.—Les concours annuels do l’Académie de Alusiquo de Québec, pour 1876.se tiendront.à Montréal, lundi lo 5 Juin prochain.Quo AIAI.les concurrents n’oublient pas quo Bon Excellence lo LioutenantGouvorneur a bien voulu promettre, pour ce concours, un prix d’honneur qui sera décerné par le Conseil do l’Académie, au candidat qui aura subi l’examen lo plus brillant,—quoique soit la matièro sur laquelle il aura concouru.—Nous appronons l’organisation récente, en cetto ville, d’une association ayant pour ütveT/ie Montreal Conservatory of Music.L’élection des officiers de la nouvolle société a donné le résultat suivant : Président, Dr.Davis, — Vice - Président, M.Paul Le-tondal,—Secrétaire, AI.Alaffré,—Trésorier, M.DoZouche, —Bureau de Direction, MAI.J.Gould, D.Ducharmo, C.Panneton, Harrison et Peltier.AIM.J.A.Fowler, AI.Sau- v, cior,A.Will8 0tMuc- 'INALE p RAVO p P.AVI SS I JYl 0 !! lagan forment egaloment partie de la nouvolle organisation.Wf a] —Si l’on veut une prouve non équivoque do l’immoralité do la plupart des opéras composés par Offenbach on la trouvera dans le fait que cet auteur n’a point voulu permettre à sa fille d’assister à leurs représentations avant qu’elle ne fut mariée.—La promière représentation de Jeanne d'Arc, dernière œuvro lyrique de M.AIermet—qui vient d’avoir lieu à Paris, semble avoir produit une impression assoz pou satisfaisante.On reproche à l’autour d’avoir concentré toute l’importance do la pièce dans le soul rôle do l’héroïne do Domrémy, d’abuser fréquemment dos notes aigues et stridentes, d’ignorer la scienco orchestrale, de mal terminer enfin maintes phrases houreusement commencées.L’extrême fatigue occasionnée aux chanteurs à la suite de la première roprésomation aurait mémo nécessité l’ajournement de la deuxième à quelques jours plus tard.—Le correspondant Bostonais du Musical World de Brai-nard écrit, relativement aux dornièros représentations opé-ratiques données il Boston par la troupe Strakosch, quo Ala-domoisolle Tiotjens peut bien être une actrice remarquable mais que son heure, comme cantatrice, est assurément sonnée.Uno manière dure et rocailleuse tient lieu, chez elle, d’ampleur et do puissance As a singer she fai s to satisfy, dit lo critique.Elle no possède plus l'art do captiver son auditoire.Nous trouvons dans co retour tardif au bon sens, la ploino confirmation dos appréciations émises par nous sur cette artiste d’autrefois.—On voyait ces jours derniers, étalées sur les murs do Londres, des affiches annonçant : Le vendredi-saint, au Palais de Crystal ! Neuf houros do musique Pour un shilling I Cola no fait pas tout à fait 3 centins l'houro ! 16,000 personnes y assistaient, parbleu ! D’où Al.Do Itetz conclut que si les Anglais ne se croient pas obligés do faire maigre lo vendredi saint, ils savent s’imposer d’autres pénitences non moins énergiques.Quant à, lui, il fera maigre co jour-là ! —Eichard Wagner a composé pour l’inauguration do l’Exposition do Philadelphie uno marche qui lui a été payée S500U ! On so demando comment los compositeurs américains ont pu laisser échapper semblable aubaine D’autro part, le Guide Musical nous apprend quo Wagner se propose do traduire par sa musique cetto ponséo ox-traito du Faust do Gœthe : “ Colui-là seul est digne do la liberté et do la vie, qui sait on ronouvolcr la conquête chaque jour.” Nous sommes très curieux do voir comment l’autour do Lohongrin exprimera par do simples mélodies instrumentales cotte idéo toute philosophique.—La nouvolle salle do concert du Conservatoire do Bruxollos a été inaugurée lo dimanche 2 Avril dernier, par uno brillanto séanco musicale, honoréo do la présenco du roi et do la reino dos Belges, do la comtesse de Flandre ot do tous les hauts fonctionnaires publics présonts à Bruxelles.Sous la direction habilo do M.Govaort, l’orchostro a exécuté admirablomont et comme on ne los avait pout-êtro jamais entendus à Bruxelles, la Symphonie Pastorale do Beothoven, un fragment du ballot do Pro méthée, ot avec lo concours dos chœurs du Conservatoire, lo promior acte do Iphigénie en Tauride, do Gluck,—Mademoiselle Battu, voüuo exprès do Paris, chantant le rôlo d’Iplngénio,—AI.Dovoyod, colui do Thoas,— ' lIcB.Sorvais ot Croquet ceux des doux prêtrosses, ot M.Docock colui du Scytho.Lo concert a.été terminé par l’exécution brillanto de la marche ot du chœur d’Olympig, do Spontini.I )¦ LE CANADA MUSICAL.15 CALENDRIER MENSUEL Et Guide des Organistes et Directeurs de Choeurs, pour les Offices des DIMANCHES ET FETES.^ MAX.—{Continué.) ^ DATES | TÊTES RELIGIEUSES.| ÉPHÉÎLÉRIDES MUSICALES ET NATIONALES.10IM.11!J.12 V.13 S.St.Antonin.St.Anselme (40 h.St.Ctet.) SS.Nérée et ses compagnons, MM.Ste.Catherine do Sienne.(40 h.St.J.Bte.de Montréal.Naissance d’Edouard Kevers, à Ostende, 1809.Naissance do Sacchini 1735.Mort do Otto Nicolaï, à Berlin, 1849.Première apparition de Madame Pasta dans “ Médée,” 1831.Première apparition de Lablache en Angleterre, 1830.14 D.IV apres Pâques.Semi-doublo, (138.) Messe du Temps Pascal, lros.Vêpres do St.Stanislas, Ev., (358.) Mémoire du IV Dimanche après Pâques, Vado, (22(5,) v.Alane ^222.) 15 16 n 18 19 20 L.M.M.J.I- St.Stanislas, Ev.(40 h.St.Isidore.) Naissance de IV.Balfe, à Dublin, 1S0S.St.Ubnlde.Naissance d’Edouard Fétis, à Bouvignes, 1812.St.Jean Népomucèno.(40 h.Rout de'Départ des MM.de St.Sulpice pour le Canada, 1657.Vile.) Première représentation de la Zanetta d'Auber, à Paris, 1840.St.Venant.Mozart, âgé de 8 ans, joue en présence do la famille .Royale ot accompa- St.Pierre Célestin.(40 h.Ormstotcn ) gno la Peine, 1764.St.Bernardin do Sienne.Naissanco do Chollet, à Paris, 1798.21.D.St.Pascal Baylon.(40 h.St.Pierre de Montréal.) Double, (275.) Messe des Doubles-Majeurs.2dos.Vêpres du jour, (361.) Mémoires du V Dimanche après Pâques, Petite, (227,) v.illane, (222,) et do St.Ilorméné-gildo, Lux, v.Saiicti, (510.) 22 23 24 L.M.M.St.Herménégildo.SS.Soter et Caïus.(40 h.JST.D.de Bonsecours de Montréal.) Notre Dame do Bon Socours.Naissance do IIichard Wagner, à Leipzig, 1813.Dernièro apparition en public de Hummel, 1825.Naissanco do la Reine Victoria, 1S19.25.J.L’Ascension de N.S.J.C.(40 h.Ste.Julie.) D’obligation.Ire.classe avec octave.Messe Royale.2dos.Vêpres do l'Ascension, (231.) Mémoire de St.Phillippe de Néri, Similabo, v.Amavit, (530.) 26j V.27 S.1 St.Philippe do Néri.Ste.M.Magdeleine do Pazzi.(40 h.St.Hubert.) Mort do Monsieur le Chevalier do Callièro, 1703, Naissance do F.Halévy, à Paris, 1799.28.Dimanche dans l’Octave.Semi-double.Messe des Dimanches de l’annee.(145.) 1res.Vêpres do St.Grégoiro VII, (363.) Supretnos.Mémoire du VI Dimanche après Pâques Ilœc, v.Dominus, (232,) et de l’Ascension, O Rex, (231,) v.Ascendit (233.) 29 30 31 L.M.M.St.Grégoiro VII.(40 h.St.Urbain.) St.Félix, Pape.Ste.Angèle do M.(40 h.St.Constant.) S10 musiciens exécutent “ lo Messie” do Hicndoldans l’Abbaye do Westminster, 17S7.Naissanco d'Ignace Moseholes, â Praguo, 1794.Mort de Joseph Haydn, à Vienne, 18o9.Consacre au Sacre Cœur de Jesus.JXJXIT.Ce mois a 30 jours.JUIN,—Junius est probablement l’abrégé de Juncnius, mois autrefois consacré à Junon.1 2 3 J.V.S.St.Juvonce.St.Georges.(40 h.Congr.H.D.de Montréal) Jeûne.Ste.Clothilde.Naissanco de Ferdinand Paër, à N;iples, 1771.Arrivée â Québec des premiers Décolleta, 1615.Première apparition de Paganini en Angleterre, 1831.4.D.La Pentecôte.(40 h.St.Paul Ermite.) Ire.Classe avec Octave.Messe Royale.Proso: Veni S nicte Sjnritus.2des.Vêpres du jour, (238.) Pas de Mémoires.5|L.6M.7 M.8 J.JN B St.Boniface, Ev.M.St.Norbert.(40 h.St.Horbcrt.) St.liobort.St.Venant, M.(40 h.Mascouche.) St.Prime.Concert d’adieu do François Boucher, fils, â l’Institut des Artisans,— avec lo concours do M.et do Mdo.F.Johin-Prumo, do MM.C.La-valléo, F.A.Lavoie, du Chœur otdo l’Orchestre du Gésu, otc.Naissanco do F.A.Servais, û Hal, 1807.Début de Mde.Malibran au Théâtre do sa Majesté, 1S25.Naissanco de Bobert Schumann, à Zwickau, 1810 Mort do Manuel Garcia, (père do Madame Malibran,) à Paris, 1S32.
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