L'album musical, 1 décembre 1882, décembre
A.FILIATREAULT & CIE , Editeurs Chs LABELLE, Rédacteur NUMERO 12 MONTRÉAL, DECEMBRE, 1882.Prix 50 cents AVIS Ceux de nos abonnés qui désirent faire relier le premier volume de I’Album Musical, n’ont rien de mieux à faire que de s’adresser à nos bureaux.Nous avons pris des arrangements qui nous permettent d’offrir une bonne reliure pour la modique somme de 90 centins.A NOS ABONNES Nous sommes heureux de profiter de ce dernier numéro de notre première année pour remercier bien cordialement tous nos abonnés du bienveillant encouragement qu’ils nous ont donné.Disons-le franchement, si à son aurore l'Album Musical avait été salué avec joie par un très grand nombre de cœurs généreux et patriotiques, un trop grand nombre d’esprits sceptiques et qui ne croient qu’en eux-mêmes,’ne lui voyaient que peu de mois à vivre et se préparaient déjà à faire son oraison funèbre.Dieu merci, l'Album Musical vit encore, et non point d’une vie factice, mais forte, vigoureuse et qui promet de longs jours.Oui, notre journal vivra si chacun fait son devoir avec courage et confiance, et pour cela il faut r° que nos abonnés se fassent un devoir et un plaisir de payer fidèlement d’avance leur modique contribution, car l’argent, comme vous savez, est le nerf de toute entreprise.20 Que tous ceux de nos compatriotes—et ils sont nombreux—qui ont à cœur l’avancement et le progrès des beaux arts dans notre beau pays, ne se contentent pas de payer leur abonnement, mais s’efforcent encore de propager VAlbum Musical et surtout de lui prodiguer les fleurs et les fruits de leur intelligence et de leur savoir.Nous croyons avoir tenu ce que nous avions promis à notre début ; eh bien, nous venons aujourd’hui vous promettre plus encore.Nous allons d’abord ajouter quatre pages de matière à lire ; ainsi, au mois de janvier prochain, nous donnerons huit pages de texte au lieu de quatre.Ceci nous permettra de nous rendre à la demande bien légitime des dames qui veulent bien nous accorder leur patronage ; nous commencerons au mois de janvier la pu- blication d’un feuilleton très intéressant et irréprochable à tous points de vue.De plus nous publierons une série d’articles sur l’importance et l’utilité de l’étude du solfège et sur la nécessité de l’enseigner dans 110s maisons d’éducation.Quant au choix de la musique, on n’a qu’à consulter les deux derniers numéros de I’Album pour voir ce qu’il sera à l’avenir.Nous n’avons pas besoin d’ajouter que nos colonnes seront toujours ouvertes aux correspondants qui voudront bien nous honorer de leurs écrits : et à ce propos nous prions nos collaborateurs de vouloir bien accepter toute notre gratitude pour le zèle qu’ils ont montré.Notre reconnaissance égale sans conteste l’estime que nous ressentons pour chacun d’eux et le succès qui a si bien couronné leurs nobles efforts est la plus belle récompense qui puisse leur être offerte en pareille circonstance.De toutes les parties du Canada, la presse et un très grand nombre de lettres privées ont bien voulu apprécier notre publication et nous féliciter.Ceci décuple notre énergie et nous fait un devoir de mener à bien une œuvre pour laquelle nous nous sommes imposé de grands sacrifices, sacrifices qui seront amplement compensés par les encouragements que nous avons obtenus jusqu’ici et que nous espérons voir continuer pour les prochains volumes de l'Album Musical, Décembre 1882.La Rédaction.LETTRE PARISIENNE Paris, le 28 novembre, 1882.Mon Cher Monsieur,— La solennité du mois est la reprise à la Comédie Française du Roi s'amuse, le drame de Victor Hugo, qui n’eut qu’une seule représentation en 1832.Inutile, ce me semble, de vous raconter la pièce ; tous vos lecteurs la connaissent, soit qu’ils l’aient lue dans les œuvres du grand poëte, soit qu’ils aient vu jouer le Rigo-letto de Verdi, traduction assez exacte du Roi s'amuse qui lui a donné, par sa musique, une popularité et une durée que seuls les vers du poëte, pour si beaux qu’ils soien't, n’auraient certainement pu lui faire atteindre.Ce qui est intéressant, c’ést de savoir l’accueil que le public a fait à ce drame, vieux déjà d’un demi siècle.Eh bien ! de l’aveu même des plus chauds partisans de 80 L’Album Musical Victor Hugo, la représentation a été loin de produire l’effet qu’on en attendait.Les trois mille spectateurs—les sommités politiques, artistiques, littéraires de Paris—ont été désillusionnés et péniblement impressionnés par ce drame où les laideurs et les difformités physiques de Triboulet n’ont d’égales que les laideurs et les difformités morales de ce bouffon, insolent, méchant et haineux ; où les premiers gentilshommes de France, types de l’honneur et de la bravoure sont insultés en termes ignobles ; où François 1er, le roi chevalier, le glorieux vaincu de Pavie est représenté en cynique débauché ; où l’assassinat d’un roi est discuté et payé à un sinistre bandit par Triboulet qui n’a pas le courage de se venger lui-même.Plus le drame avançait, plus les spectateurs de 1882 comprenaient la justice de l’interdiction en 1832 comme immorale de cette pièce où ne se trouvent pas un personnage sympathique, pas un caractère élevé.Mais ce que ces spectateurs comprenaient moins, c’étaient les luttes et les batailles si violentes qui eurent lieu en 1832 ; il n’y avait vraiment pas de quoi.Si M.Victor Hugo eût donné la première représentation du Roi s'amuse en 1882, on eut certes applaudi les magnifiques tirades qui s’y trouvent, on eut admiré la puissance dramatique de certaines scènes, mais il n’y aurait eu ni émotion, ni luttes et la pièce, emportée par ses défauts, eut été ballotée pendant quelques représentations pour être finalement bientôt abandonnée.L’interprétation est digne du Théâtre Français.Got est un magnifique Triboulet ; Mounet-Sully a grand air dans François 1er.La véritable inauguration de la direction du jeune Maurice Bernhardt à l’Ambigu vient d’avoir lieu par les Mères ennemies de M.Catulle Mendés.C’est la grande, l’incomparable Sarah qui a tout surveillé et nous trouvons à son sujet une spirituelle boutade dans le Voleur : “ Drôle de directeur tout de même que ce jeune circoncis qui feint de présider aux destinées de l’Ambigu.Aux yeux de la loi c’est lui qui règne, mais aux yeux de tous c’est la maman seule qui gouverne.C’est la maman qui reçoit les pièces, qui engage les artistes, qui distribue les rôles, qui dessine les costumes, qui règle la mise en scène, dirige les répétitions et même qui flanque à la porte,de sa propre main, les reporters assez intrigants pour se permettre de jeter un coup d’œil furtif dans les coulisses.Quant à l’impressario, au mineur Maurice Bernhardt, on lui laisse la liberté de sucer un sucre d’orge à l’avant-scène pendant les répétitions, ce sont les seules prérogatives de ce jeune roi fainéant.” Quelque soit le véritable directeur de l’Ambigu, le drame de M.Catulle Mendés n’en est pas moins l’œuvre d’un esprit puissant et généreux, et si la pièce toute entière eût pu se soutenir à la hauteur des deux premiers actes, la scène française compterait un chef-d’œuvre de plus.C’est une œuvre vraiment littéraire, dont la mise en scène est très belle et dont l’interprétation, avec Mme Agar dans une des mères, et M.Da-mala dans le père, est remarquable.L’action se passe en Pologne.La comtesse Boles-ka attend son mari pour le mettre à la tête de l’insurrection qui s’organise contre la Russie.Il revient, mais c’ést pour forcer sa femme à divorcer afin de pouvoir épouser une russe, Sophia Ivanowna.“Eh bien \ divorçons ! ” dit la comtesse après une résistance déses pérée, secondée par son fils.Après le divorce la comtesse livre à la flétrissure et à l’exécration de ses vassaux son mari qui trahit tous ses devoirs envers sa femme, son pays et son Dieu.La lutte se poursuit ensuite entre les deux mères et les deux fils combattant sous des drapeaux différents.A la Renaissance nous changeons complètement de genre.Nous sommes en pleine opérette avec la Bonne Aventure, musique de M.Emile Jonas.C’est encore sous le ciel bleu des Espagnes que se passe l’action ni plus ni moins bouffonne, ni plus ni moins intéressante d’ailleurs, que la plupart de ses pareilles.On rit souvent, la musique est jolie et n’était un troisième acte languissant, le succès serait certain.Mme Desclausas qui chante, danse et mime le rôle de la diseuse de bonne aventure a soutenu le poids de la pièce entière sans autre aide que M.Jolly d’une finesse et d’un comique remarquable, dans son rôle de ganache, La pièce est richement montée ; les costumes espagnols, style directoire sont très nombreux et très variés et cette mise en scène fait bien augurer du nouveau directeur de la Renaissance.X.CHRONIQUE Comme vous n’avez probablement jamais entendu parler du violon de Beethoven, je vous intéresserai peut-être en vous disant son histoire en quelques mots.Ce violon sur lequel Beethoven a joué si souvent est maintenant en la possession d’un riche anglais nommé Kunwald.Le grand maître en avait fait cadeau quelques jours avant sa mort à un de ses meilleurs amis, Carl Holtz, et c’est la veuve de ce dernier qui l’a vendu, il y a trois ans, à son propriétaire actuel.A son arrivée à Vienne, le paquet contenant la précieuse relique fut ouvert en présence du consul autrichien.On remarque au dos du violon un grand B, qui parait avoir été tracé à l’aide d’un ciseau.Sur la boîte se lit ce qui suit : “ Eliza Holtz, geborene von Bognar.’’ L’authenticité de l’instrument en question est établie au-delà de tout doute par des documents officiels, et par un portrait gravé par Selb, et au bas duquel on distingue les mots suivants écrits de la main du grand maître : “ A M.von Holtz, de son ami Bethoven.” On remarquera que Beethoven est écrit avec un seul e ; le grand compositeur ne signait jamais autrement.La veuve Holtz a donné à l’acquéreur un certificat que nous reproduisons sans en changer une lettre : “ Mon “ mari, Charles Holtz, reçu en présent ce violin de son “ami Louis von Beethoven ; après la mort de mon “mari, il devient ma propriété.Vienne, 14 Juin, Joachim, convaincu de l’authenticité de l’instrument, a déclaré, après l’avoir essayé, que ce violon possédait des qualités exceptionnelles. L’Album Musical 81 Un journal anglais raconte, à propos de l’ouverture de la “ Dame Blanche ” la curieuse anecdote qu’on va lire.Nous la donnons pour ce qu’elle vaut : “ La veille du jour où devait avoir lieu la dernière répétition de “La Dame Blanche ” Boiëldieu n’avait pas encore écrit une seule note de l’ouverture.Il avait été constamment occupé à surveiller lui-même la mise en scène de son œuvre de prédilection et avait toujours remis de jour en jour la composition de l’ouverture.A la fin, épuisé de fatigue et littéralement accablé par les innombrables répétitions qu’il avait dû donner, il ne se sentit pas la force d’accomplir la tâche qui lui restait à faire.Le soir en question il invita donc à dîner chez lui deux de ses plus brillants élèves, Adolphe Adam, l’auteur du Postillon de Longjumeau et le fameux harpiste Labarre.Il leur confia l’embarras dans lequel il se trouvait et les pria de vouloir bien l’aider.Sans hésiter un seul instant ils mirent leur talent à la disposition de leur professeur et après un copieux repas arrosé d’un généreux Bourgogne, les trois compositeurs se mirent à l’œuvre.Boiëldieu écrivit le premier mouvement de l’introduction : Labarre, prenant comme thème une vieille mélodie irlandaise, eut bientôt fait Y allegro, et en moins d’une heure, Adam composa le brillant final que tout le monde connaît.Tout le manuscrit fut complété et porté chez le copiste avant minuit.“ Le lendemain soir, on exécuta cette ouverture et les applaudissements les plus enthousiastes éclatèrent de toutes parts.Les critiques Parisiens furent unanimes à déclarer que “ la main de Boiëldieu paraissait à chaque mesure de cette composition si spontanée et si caractéristique.” -• »- Du Mouvement Musical en Canada.XII.Conclusion Un art reste stationnaire lorsque la critique n’est point là pour relever les erreurs, les fautes ou les ridicules de l’artiste.Celui-ci appartient au public, il sait qu’il doit passer sous les fourches cau-dines des écrivains et il se trouve le plus souvent fort bien de suivre les conseils de la critique.Or la critique déplait souverainement dans notre pays ; le public n’admet point qu’on se permette de contrôler le talent d’un exécutant.Et du reste la critique me semble assez difficile à faire au Canada.Le nombre des vrais artistes est d’abord fort restreint, et en second lieu, ceux-ci ne la voient pas d’un bon œil.Partant de ce point de vue, je crois que !écrivain-musicien qui se donnerait la tâche d’écrire, en guise de critique, un compte-rendu semé de bons conseils à celle-ci ou à celui-là, et qui aurait autorité pour celà, ferait beaucoup plus de bien à l’art que les plus brillantes critiques n’ont pu le faire jusqu’à présent.Il faut se rendre à l’évidence, ce sont généralement des amateurs qui font les frais de nos concerts et de la meilleure grâce du monde encore.La critique est donc, en ce cas, peu bienséante et même blessante pour le beau sexe, mais des conseils gracieusement donnés et sous des dehors flatteurs, plairaient généralement et produiraient d’excellents effets.Point de critique, point de progrès dans les arts ; c’est connu de longue date, et les artistes s’y soumettent volontiers parce qu’ils sentent le besoin d’un contrôle qui est vraiment nécessaire à leur succès.Comme conclusion, je dirai donc que le nombre des musiciens au Canada est immense, ce qui ne veut pas dire que l’art ait progressé, Au contraire, il y a moins de talents aujourd’hui que dans les temps jadis, et cela parce qu’on apporte beaucoup moins de soin dans l’art d’enseigner, et parce qu’élèves et parents ne sont pas assez sévères sur le choix d’un professeur.Quand on exercera un contrôle sur le savoir d’un maître de musique, alors seulement commencera une ère nouvelle pour cet art si aimable et qu’une sorle de frénésie a lancé dans une voie si mauvaise pour la jeunesse, Je ne désespère pas de l’avenir.Il y a bon nombre de personnes qui pensent comme moi, mais qui sont trop timides pour exprimer publiquement leur opinion.Je considère donc que plus on mettra de franchise à déclarer l’état de choses actuel, plus on rendra service à la société, en général et aux professeurs sérieux en particulier.Que ceux-ci s’efforcent, par leur enseignement, de prouver que l’art véritable se trouve beaucoup plus dans l’action que dans les annonces de journaux.GUST.SMITH.FIN.SOUVENIR DE SCHUBERT Sous ce titre, nous lisons dans le Moniteur Universel le récit suivant.Ce sont les derniers moments du grand compositeur racontés par son propre fils.L'Eloge des larmes, que nous publions aujourd’hui, le Roi des Aulnes dont il est question dans l’extrait qu’on va lii-e, et la Sérénade sont les trois plus célèbres mélodies du grand Schubert.Il y a quinze jours, est morte a Vienne, à un âge très avancé, la belle-sœur du célèbre compositeur Schubert, qu’elle soigna avec un dévouement de tous les instants pendant sa dernière maladie, en novembre 1828.Comme le raconte un de ses fils dans un journal autrichien, Schubert mourut abandonné de tous ses prétendus amis et protecteurs ; quelques personnes seulement assistèrent à son enterrement qui fut de dernière classe, vu que son frère était lui-même dans le besoin.Quelques heures avant de trépasser, il se réveilla de la léthargie où il avait été plongé les jours précédents, il se dressa sur son lit et il se mit à chanter sa mélodie favorite, le Roi des aulnes, dont la dernière parole est : Mort ; il y mit une expression qui était navrante pour les assistants.Puis il replaça sa tête sur l’oreiller et s’éteignit un peu après doucement, sàns plainte, ni agonie.Il ne laissa que quelques hardes et un grand carton rempli de compositions inédites.“ Quand je serai mort, avait-il coutume de dire à son frère en montrant ce carton, tu trouveras là une fortune.” Mais au milieu des préparatifs des obsèques,le carton fut volé ou égaré ; on n’en a pas retrouvé de traces jusqu’ici, Peut-être que les divines mélodies qu’il contenait ont servi de cornets pour du tabac ou de l’épicerie.Herr von Flotow, auteur de plusieurs opéras, vient d’être frappé de cécité. 82 L’Album Musical NOS REPRODUCTIONS Le prélude de Bach, que nous publions aujourd’hui, est ce que l’on peut appeler un véritable morceau d'orgue.Pour l’exécuter il faut absolument deux claviers et un pédalier.C’est une romance délicieuse pour hautbois, avec accompagnement de flute.On pourra jouer la première partie sur le récit, avec hautbois et bourdon, ou, si l’on n’a pas un bon hautbois dans l’orgue, on pourra prendre un jeu de gambe ou de salicional.Il est important que le timbre des deux claviers soit différent.La partie de pédale pourra se jouer avec un bourdon de seize pieds.Beaucoup de nos lecteurs seront surpris en apprenant que J.S.Bach est l’auteur d’une romance aussi fraiche, aussi simple, et aussi mélodieuse.Bach est un épouvantail pour un grand nombre de personnes qui ne connaissent le grand compositeur que pour avoir entendu dire que ses compositions sont incompréhensibles.A propos d’orgue, nous nous permettrons de faire ici une remarque qui ne manque pas d’actualité, et qui pourra avoir son utilité.Tout orgue, pour être digne de ce nom, doit avoir deux claviers et un pédalier complet.Les claviers doivent se composer de cinquante-six notes, de do à sol, et le pédalier de trente notes, de do à fa.La longueur des pédales, leur position par rapport au clavier, ont été déterminées par le congrès de Malines, en 1869, et par différents congrès d’organistes.Toutes les compositions des grands organistes demandent un pédalier complet.Comment se fait-il que l’on se montre si peu soigneux quand il s’agit de l’achat d’un orgue ?Ainsi, tandis que dans nos campagnes les plus arriérées, on refuse d’acheter un piano qui n’a que six octaves et demie,* on voit à Montréal, dans des églises comme celles de St Vincent de Paul, ou de Ste Brigide, des orgues dont le pédalier n’a pas même deux octaves complètes.Voilà donc des organistes qui se voient dans l’impossibilité la plus complète d’exécuter une oeuvre de Bach, de Mendelssohn, Guil-mant, Widor, etc., etc.Hâtons-nous d’ajouter cependant, qu’au dire des connaisseurs, le mal n’est pas sans remède car la plupart de ces instruments sont si mal construits qu’ils ne sauraient durer bien longtemps, et lorsqu’il s’agira de les renouveler, il est peu probable qu’on s’adresse au même facteur, si tant est qu’on puisse donner ce nom à un homme incapable de faire une bonne serinette.* * * Comme musique de piano, nous donnons une œuvre de Schumann, très peu connue, et qui mérite de l’être, davantage L'auberge est un morceau assez facile d’exécution, et qui ne saurait manquer de plaire.En obser vant bien toutes les nuances, et en prenant le bon mouvement — ni trop lent, ni trop vif— on en obtiendra toujours de l’effet, A ceux qui aiment la chansonnette, nous offrons au- jourd’hui Bernique, une des plus jolies choses de Na-daud, et comme paroles et comme musique.L'éloge des larmes est une mélodie de Schubert qu’on ne se lasse pas d’entendre, et qui est toujours neuve.REVUE MENSUELLE Mardi, le 12 courant, nous assistions au concert donné par I’Harmonie de Montréal, Le programme était bien choisi, et nous mentionnerons surtout les ouvertures de “ l’Italienne en Algérie ” et de “ Guillaume Tell,” qui nous ont permis de constater les rapides progrès que fait ce corps de musique sous la direction de M.Hardy.L’exécution de ces belles pages de Rossini est si difficile et exige une instrumentation si complète, qu’il est assez rare qu’il nous soit donné d’assister à une audition satisfaisante.L’Harmonie avait préparé ces morceaux avec beaucoup de soin : tout n’est pas parfait, sans doute, et nous avons même remarqué plusieurs lacunes ; mais l’ensemble mérite certainement des éloges.Avec les talents qu’il renferme, et en continuant de faire preuve d’énergie et de travail, nous ne craignons pas d’avancer que ce corps de musique a tout ce qu’il faut pour atteindre au premier rang.Le reste du programme a été convenablement rendu, et nous devons des félicitations aux organisateurs de cette jolie soirée mùsicale.* * * A l’occasion des funérailles de la regrettée Mme.Masson, à Terrebonne, M.Guillaume Couture a eu la bonne idée de faire chanter, pour la première fois au Canada,une messe de requiem à trois voix égales par Cas-ciolini.Cette messe est bien écrite et nous nous faisons un devoir de la recommander d’une façon toute spéciale.Il est temps, croyons-nous, de reléguer dans l’oubli la fameuse messe des morts de M.Perrault, qne l’on chante toujours à voix égales et qui de cette façon produit l’effet le plus baroque qu’il soit possible d’imaginer.La messe de Casciolini a été assez bien exécutée à Terrebonne pour qu’on puisse la juger, et elle est de nature à produire beaucoup d’effet.*, * Les dilettanti de Montréal ont eu pendant ce mois la bonne fortune d’entendre Minnie Hauk, une artiste de grand talent.Mais la troupe qui l’accompagnait était tout simplement une horreur et c’est ce qui explique le peu de succès que l’impressario Strakosch a obtenu.Villaret, le fameux ténor vient d’abandonner définitivement la scène après vingt ans de service.Il a chanté “ Les Huguenots ” deux cent trois fois au grand Opéra de Paris.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.