Le journal de Françoise, 1 mars 1907, samedi 16 mars 1907
oème Année—No 24.LE NUMERO: 10 CENTS.Samedi, 16 mars 1907 française (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) # Paraissant 1© 1er et le 3ieme samedi de chaque mois Directrice : R.BARRY Dire vrai et faire bien * ABONNEMENT 0* AM 12.00 Sa Mon • i.oo Strictement payable d’avance.REDACTION et ADMINISTRATION 8o.Rue SainVQabrlel, Montréal.Tel.Bell» Main 909 A If ETRANGER : ün an - - Quinze francs Six mois ~ - - 7 fis Strictement payable d'avance.N In n Un danger, Mme de Vandreuil, BO N SO I R i to r\ .I w I Qfl/'hUlS à.- SOMMAIRE Le Village Mort, ( poésie).Jules Mario Lanos LMrae Hibernienne,.Françoise.Le piano de la morte,.Danielle Aubry.Roman d'amour Françoise.Françoise.Propos d’Etiquette, Variétés, etc.Pages des Enfants,.Lady Etiquette.Le Fauteuil de la Vierge, Tante Ninette.C.D.Petite Poste en Famille, Jeux d’Esprit, Variétés, etc.Au But (feuilleton).Marie Thiéry.La légende de la Sainte-Chapelle, Conseils utiles, Recettes faciles, Etc. Montres et Bijoux Notre assortiment de nouveau-tésestmaintenantcoraplet.Une visite il notre Exposition vous sera avantageuse N.BEAUDRY & FILS Bijoutier» Opticiens 290 Blvd St-Laurent, Montréal Essayez le polisseur CAN DO pour argenterie, (mandez un échantillon.TÉL.Bell Main ‘210 Edmond Giroux, Jr.Pharmacien- Chimiste EDIFICE DU MONUMENT NATIONAL 216 RUE SAINT-LAURENT Téléphone Main 2628 Spécialité : Ordonnances de médecins.«issu finie Nos Dente sont très belles, naturelles, garanties.Institut Dentaire Franco-Américain (incorporé), 162 rue St- Denis, Montréal.A 6bk,J M Le Gin est Bon pour les Femmes Fi, il est pur et bien vieux, le Gin est un excellent tonique possédant des propriétés éminemment < llicaeeH fi la constitution de la femme.JI stimule le système nerveux, facilite et régularise le travail de la nature LE GIN CANADIEN MELCHERS - CROIX**» ROUGE , — - Est le seul Gin recommandé par les médecins comme étant une boisson médecinale, parce-que c’est le seul Gin qui soit d’une pureté absolue et qui avant d’être vendu a vieilli pendant des années dans des entrepots contrôlés par le Gouvernement.Le Gin Canadien Croix Rouge, ne brille pas l’es-vtomac (ît n’a pas cet après goût désag é-able des gins importés, au contraire il est doux A boire et agréable au goût.L’âge, la pureté et la qualité sont garantis sur chaque flacon.BOIVIN, WILSON de ClE.Seuls concessionnaires.Montreal •*n ¦I LES CAPSULES CRESOBENE Si tout le monde connaissait bien la v leur thérapeutique des Capsules Crésobèn leur extraordinaire puissance préventive e curative et les services qu’elles peuvent reii dre, par les temps humides et froids, à tou> ceux qui ont les bronches sensibles et déli cates, 011 n’hésiterait pas à en avoir toujours un flacon dans sa poche.Quelques vues de ces capsules suffisent à arrêter le> rhumes, les bronchites et toutes les aflcc tions des voies respiratoires, L3S CAPSULES CRESOBENE constituent un remède de premier ordre, un medicament très actif dont les vertus curatives, constatées dans tous les cas de rhumes, bronchites, catarrhe, asthme, irritation de poitrine, etc., réussissent à guérir les toux les plus opiniâtres et se montrent effi caccs là où tous les autres remèdes oui échoué.En veil to dans toutes les pharmacies, au pila do 50c lo flacon.Envoyées aussi par la malle, sur réception du prix, on s'adressant ù.M.ARTHUR DEUAUY, pharmacien, dépositaire gv-nûral, 1088 rue Sainto-Cathcrino, Montréal.+ ( ; i CANTS PERRIN Le GANT PERRIN est un complément indispensable à votre nouvelle toilette, Gants chevreau en toutes longueurs.Spécialité de GANTS PERRIN au .$ PARIS KID GLOVE STORE î 441 STE CATHERINE OUEST PHONE UP 1068 f f ** ! S Sème Année—No 24.LE NUMERO : 10 CENTS.Samedi, 16 mars 1907 lountal françoise (GAZETTE CANADIENNE DE LA FAMILLE) Paraissant le 1er et le 3ieme samedi de chaque moi@ Directrice : R.BARRY Dire vrai et faire bien* ABONNEMENT Oîl AN $2.00 Six mois - i.oo Strictement payable d’avance.REDACTION et ADMINISTRATION 80, Rue Salnt-Qabrlcl, Montréal.Tcu Beu.Main 090 A L’ETRANGER : ün an - - Quinze franco Six mois - - - 7 fra Strictement payable d’avance.(Cette poésie a été inspirée par une visite à un village acadicn, de la Nouvelle-Ecosse, il y a quelques années.) I F.e vieux clocher d'ou s'envolent des glas J Sitôt mêlés aux carillons timides ; Les matelots silencieux et las ™ I Cherchant des trous à leurs filets humides.Vu de très loin, il semble un goéland Posé parmi les roseaux de la crique, Oit assoupirait le clapotis dolent Jit musical de la vague féerique.:Mais, de plus prèsf parmi les sombres ifs Jit les toits blancs, on dirait quelque allée De nécropole aux tombeaux successifs Dont l'église es/, au fond, le mausolée.On atterrit sur un quai délabre Où sanc terreur la volaille béquèle, lit tPon, courtois, un marin désœuvré fette Pamarre en levant sa casquette.(irave, bronze par Pair salin qui mord, D'une maigreur à laisser voir ses côtes : C’est le portrait antique de la Mort Ouvrant les bras en silence à ses hôtes, Et moi, je suis le pétle nautonnicr Oui, dans mon bac, porte au quai solitaire La douleur et l’espoir du prisonnier Devant qui s'ouvre une nouvelle terre.Oh / quelle paix aux bords silencieux De P océan seul hanté des mouettes ! Quel doux repos de la terre et des deux, Propre à l’aveu des souffrance muettes / Les enfants même, en leur jeux à Pentour Des croix de bois aux vagues noms d'ancêtres, Paissent la voix en songeant que leur tour Vient de dormir à l’ombre des grands hêtres.Les laboureurs dans leurs maigres guère Is, Ne sifflant pas pour animer leurs bêtes ; Les bêcherons sans voix dans les forêts ; Les jours sans chanls et les longs soirs sans fêtes.Le vallon qui désapprit les échos Des ris d'amants cachés sous la fouillée ; lit, sur leurs seuils.les femmes aux tricots Se parlant bas, Voeil à fa quenouillêe ; Tel m'apparut ce bourg abandonné Dans son repos, sa mort et son silence.D'aucuns diront : Village infortuné ! Moi, je bénis la douce somnolence.J'y veux rester ; Je me plais aux discours A demi-voix des joncs cl de la brise, Au clair babil du ruisseau dont le cours S'anéantit, bu par la plage grise.Là, tout me dit /' ineffable douleur D'un chacun par les autres ressentie : IJoiscau de mer, /’ homme, le pin, la fleur Unis dans une immense sympathie.Et ce doit être, 6 mes frères et sœurs / Je vous comprends, je vous plains, je vous aune ; Nés pour Vabîme après quelques douceurs, Notre destin doit être aussi le même.JULES MARIO LANOS. 371 LE JOURNAL DE FRANÇOISE Et Tange disparut.¦ |.| Au matin, le prêtre assembla L ame Hibernienne.^ Mpies, ies ms dCS mu et tous ceux qui assistaient à ses le- çons, et leur demanda: ( Légende irlandaise ) Q® —Dites-moi la vérité: croyez-vous — que l’homme ait une âme?, -il , .1 r , Et tous s’écrièrent: Autrefois, I Irlande u„ut runommuu ma:y lu doux catéchisme du fervent ^ croyions, mais imursasduncents^rcolesousefor.balr.cu, quand une nuit un angedu ^ ^ ^ *01* niaient des savants.Seigneur vint visiter •' Shann-Mor » ^ g .Êi?E£tl^iE £BEEP;~ Inns fils afin ,|uüsrerusscnt leur Shaun &lor comme^a à trembler _j^^^^ ^desfaussetés, instruction de -eus doctes mm très on et demanda un peu plus de tximps.^ ^ ^ ^ ^ phomme, sa créa- arts et un lettres.-Ayes pil.6 de mon &me dit-il.turc, a une âme immortelle, décroîs Vers cette époque, se distinguait -Ainsi, tu as une âme?Shann- aujourd-hui tout ce que j-ai nié hier, dans une de ces écoles un jeune en- Mor,^^ Depuis quand Mais, ses élèves, les fils des rois, et faut d origine tn*s humble et très ten es-tu aperçu?, ., ., n 1 r, tous les assistants se mirent a rire, pauvre.Il apprit si r„v: .ornent et —Depuis que vous me parlez, dit ., 1 ! .1-01 Ai -, , .- Trouve-le.crierent-ils.Qui a vu cl une fanon si prodigieuse que bien- Shann-Mor, je la sens qui s agite au- .A 0 , ., .A, , .1 : Dieu: qui a de ta vu une amer lot, nul 11e put lui en remontrer.dedans de moi.An ! si je dois mou- ^ ' Ses père et mère en curent tant ri r, dites-moi, bel «mue, puis-je espô- Shann-M'or s enfuit, en se bon- d'orgueil qu'ils s,- résolurent à do rur aller au ciel ?~ ‘ uhunt lcs orcillos 110 l,ils ^ou" gra.uls sacrifices faire un prêtre -Non, répliqua l'ange, puisque tu %''?M» .1 lour avait de leur enfantf as enseigné qu'il n’y avait pas de "U ' ,(,lN; 111 minu, repu us.» .-, 1:1 ' —Jamais, se dit-il, je ne po.urrai A cette epoque, il n v avait» pas de, ciel.A *’ 1 ., * .trouver une ame crevante, et, alors '"'"'."TT .'"r -Alo,'s' >comment n.i-fc H„.salivé! g'""" ,, 1 h F*?* T""m " .*“ '",œ: y ™l »» r«.,t « n,m,gc ,i,.„ * Shann iMor de\ int bientôt U» plus sa- purgatoire ; tu iras droit on enfer.1 .I f • « « # it pi ( S( 11 Lcl il SOI! ( Sl)l 11.vaut,de u.confia la -Mais, rétorqua Shann-Mor, que -J'inii la trouver, pensa-t-il.Les pus importa n c dr i e, et es fis | Esprit de polémique n'abandonnait femmes, jamais, ne renoncent à Dieu, des nus s honorèrent ,1 «coûter ses |nis, mômc à cct instant décisif, j’ai Hélas! elle avait mis en lui toute 'nT'i.i- , • aussi nié qu'il y eut un enfer, vous sa confiance et depuis longtemps, en vint à nier l'existence du purga- ^> imseV1COl'dc m™c> "° cro/ait 0,1 ncn- (cire, d'abord, puis celle de l'enfer, ''"T lo.>5r(,P°f.: C, Pcx V^TC ^ainquil s adressa à ceux ( .a , , , , .cent ans encore et jouir de toutes les qu il rencontrait sur son chemin.Du et.enlin, — o Maspliemc ! — 1 exis- ., .tence même ,lc Dieu.Il affirma ensui- eiTcstres puis d-tre pre- tous, ,1 ne recevait que cette repon- , ,, , .ci pi te dans le fond des enfers ; ou se : te que les hommes n avaient pas cl a- , , , .me.et qu'après la mort, les êtres re- J’™?dam lüS Vingt’ “N',,us nc L','nyons (>"ccc f'uc vous tournaient au néant quatre heures, clans toutes les souf- nous avez enseigné.fils de rois prêts à appuyer d,: l::r ^ voix pour contredire ses discours im- s;s.(u ?" tl ' .pjns * —Que Dieu te bénisse, souhaita .Shann-Mor répondit aussitôt: l’enfant.( crénelant ces enseignenumts faux __.h' choisis la mort dans les vingt- Le prêtre sursauta: nu nson_(is nu nac aient, cl envahir quatre heures, afin que mon âme soi II —Qui es-tu, cria-t-il, toi qui crois 1 ,l“ tout ,,ntMW ct * détruire, â ja- sauvée.1 en Dieu?22 LE JOURNAL DÉ FRANÇOISE 375 t a ¦ EL « « —Je viens cle très loin apprendre Sa parole.Voulez-vous me diriger vers la meilleure école?—Jl n’y a qu'une école, c’est celle où Sliann-Mor est professeur.—Je ne veux pas de cette école, repartit renfant, où l’on enseigne qu’il n'y a pas d'âme parce que personne n’en a vu.J'irai, cependant, demander à Sliann-Mor s’il croit qu’il a la vie et de me la montrer.—Il ne pourra le faire, fit ii-prêtre.La vie ne peut être montrée, nous l’avons en nous, mais elle est invisible.— Eh bien, si nous av«ons la vie en nous, bien que nous ne puissions la voir, nous pouvons aussi avoir une âme, bien qu'elle reste invisible.Quand Shann-M or entendit ces paroles, il tomba à genoux, et remercia Dieu en pieu mb nt.Il avait enfin rencontré quelqu'un qui eut la foi.Il raconta ensuite ù l'enfant l'apparition de l’ange et la certitude qu’il allait maintenant mourir dans les vingt-quatre heures, dans de cruelles souffrances.Prenez ce couteau, dit-il, à l'enfant, et frappez moi jusqu'à ce que la pâleur de la mort se répande sur ma figure.Puis, vous verra: que quelque chose qui a la vie s’échappera de mit I otiche, et vous saurez alors que.mon âme prend son envolée vers Dieu.Quand vous en serez sur, allez à mon école, appelez tous mes disciples et dites-leur de venir voir l’âme de leur maître, car tout ce q 11 il leur a.enseigné n'était (pic mensonge, qu'il y a un Dieu qui punit le mal et que I homme possède une âme immortelle destinée à un bonheur ou à un malheur éternel.—Je vais prier, dit l’enfant, pour que Dieu me donne la force 'd’accomplir la tâche cruelle quo vous m'assignez.ht il pria.Puis, se levant, il prit, des mains du prêtre l’arme tranchanT te et le frappa jusqu'à ce que sa chair fut en lambeaux.Après de longues et terribles souffrances, la paix et la majesté de la mort descendirent sur le front de Sliann-Mor, et, I en tant, vit s’échapper de sa bouche un insecte aux quatre ailes blan- ches, d'une rare beauté, inconnu jusqu’à ce jour par toute la verte Erin.L’enfant courut et rassembla, autour du maître, tous ses disciples ; ceux-ci contemplèrent dans la crainte et le respect, cette fleur vivante, qui, s’élevant, peu à peu de la terre, se perdit dans l’immensité du ciel bleu.Voici l’origine du premier papillon qui ait paru sur la terre aux trèfles verts.Et, maintenant, tous les fils de Gael savent que les papillons sont les âmes des morts, (pii attendent le moment d entrer au Purgatoire, pour souffrir et expier avant d entrer dans la paix et le bonheur éternels.Françoise.N.I».— b allusion faite aux écoles qui fleurissaient en Irlande, au temps jadis, dans cette légende que je ne fais (pie raconter, est basée sur des faits historiques.Depuis le septième jusqu’au dixième siècle, l'Irlande a été le forer de la science et de la lumière.Alfred le Grand, roi d Angleterre, a reçu son instruction dans l'un de ces fameux séminaires celtiques ; il en fut ainsi de la plupart des jeunes nobles et de plusieurs princes du sang qui vécurent à travers ces siècles.On cite encore le nom de plusieurs hommes de lettres et de science qui ont émerveillé l’Europe dq leurs talents, et qui avaient puisé leurs lumières sur les bords enchanteurs et poétiques des lacs Killarncy.Alcalin, l'ami et le secrétaire de Charlemagne, était un moine irlandais : ce fut lui qui fonda à Aix-la-Chapelle, la première école de grammaire du royaume français.Et ce furent deux fils de l'Irlande, encore, Clemens et Al'binus, qui ont non-seulement aidé l’empereur Charlemagne dans l'éducation de son pcuJ pie, mais qui ont fondé dans le palais impérial, la première école qui exista, pour les jeunes nobles de sa #######»#*#*#*##***«**»* Ce piano de la morte M cour.F.Une tristesse à deux est presque de la joie.—Raoul Lucet.— Vous pensez, alors, madame Col-lin, que les Loucher me loueraient leur piano.— J le cie lien.—C'est un vieux piano?— Las I en vieux,.Y a.quasiment sept ans qu’ils l’ont, et v là trois ans,, vienne la Saint-Michel que personne l'a fait sonner, — leu fille est morte à ce temps-là.— Et elle était toute jeune?Ben oui, aile p'tite jeunesse, comme qui dirait dix-huit ans.ils ont mi ben du chagrin les pauvres Loucher ! C'est ben trop d’malheur itou! Pardre trois de leu s enfants à la file, tous de la même maladie, chère dame ! Ca tousse, ça tousse, pi ça dépérit et ça meurt sans seulement prendre le lit.La petite dernière que j’vous parle, j'Iai vue l’avant-veillc de sa mort : elle était cantée dans un fauteuil hen bourré, contre son piano.; a jouait pas, par exemple, mais aile le regardait avec ses grands veux caves, et a passait ses pauvres p’tits doigts fluettes su les notes comme pour les flatter, a jouait si ben, vous sa vez ! Je me fis le chemin par ma vieille voisine, qui entremêlait ses1 explications de détails sur les malheurs des pauvres Loucher, et je partis vers sept heures p une radieuse soirée.Le chemin ion tait une pente raide, et dans la arté douce du jour finissant, le ciel avait des tons d’une délicatesse et d’une variété infinies ; la forêt, à gauche, paraissait sombre et mystérieuse, et le petit lac immobile, avec ses ombres portées si profondes et si nettes, ressemblait à un miroir d’abîme.Des hauteurs voisines, les pins agités par un vent léger, faisaient passer sur moi des ondes harmonieuses et parfumées.29 376 LE JOURNAL DE FRANÇOISE De toute cette sérénité se dégageait de laquelle on voyait un grand pia- d'elle pour de l'argent, et j'peux pas! pourtant une tristesse, la tristesse no carré, soigneusement enveloppé j'peux pas.des belles choses qui finissent, et, d’une grande couverture blanche.Je La voix s'êteignait dans un soupir dans l’air rafraîchi, il passait des frissonnai, c’était comme un linceul! qui ressemblait à la plainte d'un en-frissons qui rappelaient la nuit tout La vieille l’enleva doucement, avec fant.Je me penchai vivement, je près, dans laquelle disparaîtrait des gestes de somnambule, elle ou- l'embrassai, et je partis sans me retoute cette lumière.J arrivai bientôt vrit le piano, passa sa vieille main to,umer, emportant dans mon âme au bout de ma course, et je vis la noire et plissce sur les touches blan- l'impression d'une douleur poignante maisonnette des Faucher, toute pe- dies et se redressa très raide, sans et infinie que toutes les mcrcs com-tite et.toute 1 lanclie sur le fond sont- un mot, avec ce regard vague qui prennent, et que toutes les mères relire des grands arbres, qui l'abri- me sevrait le cœur.doutent, hélas! talent.Sur l'invitation du bonhomme, je Daniel Aubry.En approchant, j’eus une hésita- plaquai quelques accords: un peu- tion, comme un vague remords de faux mais très vibrant, l’instrument venir, moi, une étrangère, réveiller répondait bien à l’émotion qui me # $ des regrets et des souvenirs pénibles, remuait devant cette immense dou- J ROlVlAN U AMOUR { Je serais sans doute retournée sur leur muette.Une pensée de Chopin ^ mes pas, si un grand chien maigre, s’échappa en notes tendres, en sou- " ^ ^ ^ ^ ^ ^ accouru en aboyant, n’eut attiré à pirs douloureux, en cris angoissés Tous les historiens ont cherché à la porte le maître de la maison: un qui semblaient l’âme même de la pe- démêler les vrais sentiments de Ma-grand homme voûté, tout blanc, en- tite morte, enfermée dans le grand rie-Antoinette à 1 égard de son core beau et robuste.piano abandonné.époux.< Il m'invita cordialement a entrer, En terminant, je jetai un coup lout d abord, elle aime medi ocre- nt appela sa femme qui vint aussi- d\eil furtif sur la pauvre femme : mont ce gros lourdaud de Louis tôt, petite, ridée, (bdente, la voix elle n'avait pas bougé, de grosses ^-VI, cet être gauche, maladroit, morne, les yeux éteints, elle me don- larmes glissaient sur sa figure rigi- ül)ais.« constamment embarrassé.Elle lia I impression d'un pauvre.être bri- de, et ses mains, fortement serrées, nc insiste pas au plaisir de le railler, se, dont I finie est presqu’absente et me firent penser aux mains des pan- * expose a ce qu un poète de ruelle je regrettai d être venue.vres morts qui pressent une croix en- improvise le couplet suivant, qui ren?Mais il était trop tard, il fallut ex- tre leurs doigts raidis.ferme en sa pointe, la plus imperti- pliquer le Imt de ma visite et de- Le vieux avait perdu son exprès- nente et la plus juste des satires: mander si on consentirait n me louer si on réjouie, il me désigna sa femme ba reine dit imprudemment .d'"" geste: " La vieille n avait pas paru vcoit- —Pauv’e méro, ça lui fait ben du J,’autre répond d’un ton léger : tci-: assis.; sur mm chaise basse, les chagrin; c’est la première fois, voyez- vSwT cUi^Mn“y Vm*"'' deux .nains croisées sur son tablier vous, qu’allc l'entend depuis.Mais, peu à peu, l’humeur de Ma- de cotonnade bleue, elle nc me re- La grosse voix s’étrangla, et il ^Antoinette se modifie.Avec l’âge, gau ai nu m< pas.^ fjja par la porte ouverte.elle apprend à dédaigner les qualités Le bonhomme, très, bavard, me d,- Nous restâmes seules: les yeux hu- brillantes et à mieux priser les ver- sai comme ce piano avait conte mides delà pauvre femme allèrent tus solides.Elle apprécie la bonté, la U K w, .a un y10"’, que je vous ai fait tant de peine.Si voue, en échange, une loyale amitié, octobre, elle affron- Ainsi de l’aveu d’un homme expert te, sur son balcon de Versailles, la en la matière, il n’y a pas de par horde des mégères qui arrivent de toute la ville, un laitier absolument Va ris, elle est prise d’un frisson et irréprochable.aperçoit, comme en un éclair, la vi- N’est-ce pas épouvantable que d’y rets publies ! Françoise.MUSIQUE GRATUITE.si on de sa fin prochaine.Entrez Mesdames songer seulement! Ces jours derniers, toute une Nos trois Plmrma- Toujours fidèle à sa noble devise famille, dans la rue Saint-Denis, a do répandre le goût de l'art dans no- été empoisonnée par un lait où pul- tro public, le Conservatoire National lui aient les pires microbes, et telle- offre comme No 2 de sa série,, une cies sont aussi ait ray- mont contaminé, que deux jeunes en- valse de Tcliaikowsky, dont nous ailles qn une maison fants ont ete ])ris de convulsions ter- venons de recevoir un excmplaire à bien t.mu., tout \ rihles, et (pie 1 un de ces chers po- titre gracieux.Chacun peut obtenir est propre et range.,., , , .P .* - À , .tits, n ayant pas la force de resister, ja sun (*st mort dans d atroces» souffrances.||èe, en adressant au Secrétaire, personnel compétent Ft c’est de nos jours, dans une mé- |)()îte 51, la modique somme de 25c.et dévoué.Dans chacu- tro polo comme la nôtre, que ces Ivor- pollv couvrir les frais d’expédition, ne de nos rhannacies veurs sc passent! ou bien, s’adresser person utilement ll("t ^reTîonfa Hedo 11 est "rand tcinPs tluo dos démar- au Conservatoire National, 314 Ste-la boime°adn\\nietra- C*10S so*ont tentées, cpie des moyens Catherine Est, à Mlle Hudon qui se soient employés.fera un plaisir de les distribuer gra- Nous vous invitons à entrer et exa inrv S’il est- vrai que les laitiers nvecon- tuitement '=>'¦' devoir, .11 est vrai q„c____________________________________ BONBONS FRANÇAIS ET CHOCO- les plus élémentaires principes du pro- lTdeux (le Lowney d de McCoiikey, frais et dé- p|.ci(^ so;ent négligés, il faut, au plus Savez-vous ce qui a surtout fait le Les prescriptions ne sont préparées que pai vite, remédier à cette si tuation par succès de Mille-!' leurs, la maison de s mcsurcs énergiques.modes tant appréciée du public ?HENRI LANCTOT r santé publique est en danger.C’est le bon goût des montréalaises.3PHAR-f295 rae Ste-Catlierine Eet, angle 8t-Denla .ri o • r\„ ± i „ • _ td > M apiccI 820 ntm Saint-Laurent, angle Prénce-Arthur f?||e 1 est depuis longtemps.ScCOUOllS 0-7 rue feainte-LatnCline liiSt.rnAUlbS t*47 rue Saint-Laurent, près de MonUgny.1 P \ ion.t LE .miIBNAL DE FRANÇOISE ;l**lvl:Hv!vlviv!v!vlv!vH ;!v!vl:;lvivh:lv!V^vlvK;h;!i;lvlvl::ir*!vlvlv!v!v}vlvK ?!vlOlvlv!OK;!v!v4vH I I Mme de Vaudreuil ( Lu au Chateau Rainczay, à une reunion de la section féminine de l'Association des Antiquaires.) GK* i I i i % .iK-KHOKKHvKHfH-jlOK-KH: ^(Hek^OieEl^etDKHgKiaeEKK^KHet-m- HOteeK-ieeKHGBKHaGi- W 0 Mesdames, ,l'ai reeu.de Lady Lacoste, la dis-1 iivjiiée présidente de notre Association, l'agréai)le mais aussi redoutai >le mission, de vous parler un peu de notre histoire, et de continuer ainsi le Lut (pie poursuit l'ÀsstxîTa-tion des A.nthpiaires, dans les aspirations toutes patriotiques et intellectuelles auxquelles elle entend se dévouer.\ Notre société, qui pourrait se définir: l’amie 11 ise-T hérese- lien rie t te, en faut de Joseph de Floury, sieur de la Gor-gendière, seigneur d’Eschambault, et de Claire Joliet, son épouse, naquit à Québec et y fut baptisée, le 26 mai 1713.Sa mère était la fille de Louis Joliet, l’illustre découvreur du Missis-sipi, du pays de l’Illinois et le premier seigneur d’Anticosti.Louisc-Thévôse-Honriettc fit ses études au monastère des Ursulines.On a conservé, dans cette noble maison, un souvenir tellement charmant du séjour qu’elle y fit, qu’il y est devenu traditionnel.L’histoire du Monastère mentionne son nom â plusieurs reprises et relate, avec une complaisance évidente, maints traits flatteuse cio l'amabilité de son caractère, de la pénétration lie son intelligence et de la sûreté de son jugement.A ii sortir de son couvent, et jeune encore, elle épousa, en premier lieu, M.Le Verrier, lequel mourut peu d'années après son mariage, lui laissant un fils.Restée veuve à l’Age de vingt ans, Mme Le Verrier, convola avec le marquis de Vaudreuil.I* lu sieurs enfants naquirent de cette union, mais tous malheureusement, au grand chagrin de leurs parents, moururent en ‘bas Age.Le fils que M me de Vaudreuil eut de sa première union fut le seul de sa famille qui lui survécut.Le marquis de Vaudreuil fut pour ce fils un véritable père et le protégea de toute son affection et de sa puissante influence.C’est ainsi que nous h* retrouvons en 1707 occupant un poste important, au service du Roi, au Canada.L’année même du mariage de Loui-sc-Thérèse-Henriette au marquis de Vaudreuil en 1733, celui-ci fut nommé gouverneur des Trois-Rivières.Puis en 174*2, M.de Vaudreuil fut appelé au gouvernement de la Louisiane, et, en 170(5, le roi lui confiait la charge de gouverneur-général de la Non voile-France.Pendant plus de trente ans donc, Mme de Vaudreuil occupa la position) la plus exaltée parmi les femmes d'Amérique, car, le gouverneur de la Nouvelle-France administra successivement d’immenses territoires, lesquels outre le Canada tout entier, comprenaient la plus grande partie des Etats-Unis actuels, et même une moitié du Mexique.C’était de beaucoup le gouvernement le plus vaste du Nouveau-Monde.Le rôle historique de Mme de Vau-d L'eu il sans être très brillant, Psi plein de tact et de dignité.Elle donna constamment l’exemple de toutes les vertus domestiques et sociales, et fut en universelle estime.Nous voyons qu'en 1758, le marquis de Montcalm écrit au chevalier de Lévis qu’il a résolu LE JOURNAL DE FRANÇOISE seulement tinr frmmr dr mérite rt d'unr dignité rares, c'éhiil une chré- dc ne plus jamais porter d cillant an rile nr cessa dr témoigner à celui qui Après la victoire de Sainte t nye le baptême, après l'honneur d'en avoir payant de sa personne avec mirons 'M) avril, 17(>U, le gouverneur écrit au tenu un avec; Mme la marquise de tant héroïsme, l intérêt, tout parti* glorieux vainqueur.Vaudreuil.^ culicr quell.! prenait à sa bonne ou .,ftludunie dl< Vm.ilreuil en a ressen- Ajoutons que ce n était la que pro- a sa niauva.se fortune.ti imc j()i(; si vive quelle .Va pas la pos flatteur de galant homme, qui Apres la victoire de Cari!loi.le f()m; d(\ vous lv témoigner.Elle est ne lie par aucun engagement formel, marquis de Vaudrai.,I écrivait au actm.„(,m(l|U (;lu,z monsieur l'évêque car M.de Montcalm se laissa, ga- Chevalier de Lévis.S(.S pri(V(.s fl e,.llos de ce gner, par la suite et céda aux prié- _ “La joie de Mme de Vaudreuil est Vous v avez certainement la ros de Mademoiselle de la.N and,ère inexprimable.Elle est très sensible Efjè mc charge de qui, exigea, en une autre créons tan- a votre souvenir.» vous faire agréer mille tendres choses ce cjn il tut le parrain d un enfant, Ainsi, même dans 1 enivrement du, S()M nom » dont elle avait accepté d’être la triomphe, Lévis tenait à mériter et, ., x • s., t mi * Mme de Vaudreuil, ainsi que nous marraine, a obtenir les louanges de Louise I lie- , , ., / • i , I • 1(.1 \; j -, venons de le constater notait pas Il est évident que le marquis con- 1m( qm < < pu t< .î"*i dernier, vivement: merles.— Et moi.François, je me Saîamalec „,)r vous garantis qu'elle peut le moque ( le vos menaces et de vos gros Le salam est arabe; c est une |p.(t l(N disai t-on, est p!us ferme, les ca-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.