La presse, 24 septembre 1983, La presse plus
[" / ?Montréal, 24 septembre 1983 volume 1, numéro 33 g ® Histoire * d\u2019amour est \u2014 comme on l'appelle dans le jargon des communicateurs \u2014 un fait de société: 8 000 pei sonnes qui font la queue devant le Forum un bon matin pour obtenir des billets donnant accès à un concert symphonique gratuit.L'Orchestre symphonique de Montréal, on l a assez dit, ne pouvait recevoir plus beau témoignage à roccasion de son cinquantième anniversaire, célébré cette semaine.D un coup, le phénomène a donné du poids au projet d'une salle de concert autonome pour l'OSM, projet qui, pour une fois dans le Montréal contemporain, ne vient pas d'en haut, c\u2019est-à-dire de Monsieur le Maire, mais des artisans et des partisans de lorchestre.Tatillonne quand il s'agit de poser un toit sur un stade olympique d'un milliard menace de décrépitude , voici que l'opinion se fait étrangement accueillante à cette idée d une salle pour I 0SM.Ou en est le projet?René Viau nous apprend, en page 7, que deux emplacements retiennent actuellement l'attention, l\u2019un au centre-ville, l'autre dans le Vieux-Port.Quoi qu'il en soit, l'orchestre montréalais, qui vient de franchir le seuil de la célébrité internationale, doit beaucoup \u2014 on l'a dit \u2014 a son chef Charles Dutoit.Mais il doit beaucoup aussi à une tradition qui s est bâtie avec patience, ainsi qu'à une infrastructure musicale étonnamment riche à Montréal.Mario Masson, en page 8, fait un releve sommaire de ce qu'est le Montréal de la grande musique: les orchestres, les écoles, les salles.De son côté, Joël Moreau est allé fouiner dans les coulisses de l\u2019OSM pour y rencontrer trois musiciens ordinaires, qu'il nous présente en page 10.Le concert gratuit du Forum a souligné, si besoin était, combien un art comme la grande musique peut plaire aux masses.Ce qui ne fait pas oublier que traditionnellement, ce sont les riches qui fréquentent les salles de concert.Albert Juneau nous parle, en page 6, de la plus huppee de toutes les manifestations musicales du monde, le festival de Salzbourg.Enfin, Simone Piuze a exploré de son côté, en page 11, l\u2019une des facettes les moins connues de la musique: le rôle qu elle peut jouer dans le traitement des maladies mentales ou nerveuses, c'est-a-dire la musicothérapie.Et puisqu'il est question de Montréal, les lecteurs trouveront cette semaine à l\u2019intérieur de PLUS un cahier spécial sur la métropole touristique.La Rédaction v': véoccupe actuellement plus que le choix de l\u2019emplacement ou des architectes.«A ce stade, tous les emplacements me conviennent.Ce que je veux, c\u2019est une salle de 2 400 places dotée des salles de répétition nécessaires et qui pourrait être utilisée à notre convenance d'une façon intensive.Saviez-vous que nous sommes le seul orchestre en Amérique du Nord à r»e pas pouvoir se produire les meilleurs soirs de la semaine?» Autant l'Orchestre symphonique que la Place des arts y trouveraient leur compte, estime-t-il.C'est vrai que Barton Myers et Peter Rose sont venus auprès de lui s enquérir des besoins et des spécifications de l orchestre.Cependant, M.Mehta est catégorique: «La question qui est importante actuellement, c'est celle du financement.» Zarin Mehta caresse le rêve d une salle de 45 millionsS pour l'OSM.Il souhaiterait que Québec y contribue pour 15 millionsS et qu'Oîtawa verse une autre tranche de 15 millionsS.Les 15 autres millions manquants proviendraient de donateurs et du public montréalais mis à contribution lors d'une grande campagne de souscription.Quand on regarde les autres salles qui ont poussé ailleurs en Amérique du Nord, ce coût de 45 millionsS lui paraît convenable «Avant de penser à l'architecture, il nous faut des sous!».L\u2019offre des promoteurs de Cadillac-Fair-view, admet-il, lui a donné la possibilité de présenter aux autirités concernées ce projet d\u2019une nouvelle salle pour l\u2019OSM, un orchestre qui, aux dires de certains critiques musicaux et certains amateurs sonne mieux sur disque que dans sa salle actuelle.Selon ces spécialistes, une acoustique parfaite, c est presque comme un complet taillé «sur mesure», le son d\u2019un orchestre et de sa salle étant une sorte de symbiose.Rejoint à Québec, un porte-parole du ministère des Affaires culturelles a confirmé l\u2019accueil favorable démontré par le ministre Clément Richard au projet de doter Montréal d\u2019une salle de concert distincte pour son orchestre. Québec, on estime qu\u2019une telle salle affirmerait la vocation de Montréal, en tant que métropole culturelle.On insiste aussi sur la rentabilité économique des investissements dans ce secteur culturel «qui engendre des retombées beaucoup plus imponantes qu\u2019on ne le croit généralement ».\t?PLUS, MON I KfcAl, iAMÉD/ 24 SfcPI tMBRE i9ea d \u2022 PLUS, MONTREAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 L'autre samedi, ils étaient plus de 16000 au Forum.On se serait cru à un show de David Bowie ou de Ste-vie Wonder En fait, il s agissait d\u2019un événement attendu depuis déjà plusieurs mois: la Neuvième de Beethoven, avec son Hymne à la joiem allait faire vibrer les murs du temple du Canadien, rempli à craquer.Cette manifestation avait lieu afin de marquer, pour reprendre le mot de Charles Dutoit, le 50e anniversaire de notre orchestre, «dont la renommée a fait de Montréal une capitale de la musique».Le mot a quelque chose de magique.C'est vrai que depuis 20 ans, Montréal a pris goût à la comparaison.Elle a le plus beau métro, le plus beau Palais des Congrès.les plus belles Floralies.Voilà que les mélomanes se réjouissent à leur tour: ils sentent bien que la musique classique a enfin ses attaches dans la deuxième ville française du monde.Il y a de quoi sursauter! Un bref survol permet de constater qu'il existe en 1983 à Montréal une dizaine d'orchestres, une cinquantaine d\u2019associations ou de sociétés de musique, plus de cinquante salles de concert, plus de quatre-vingt chorales, plus d'une soixantaine d'écoles de musique.On apprend entre autres que le disque classique se vend très bien aujourd\u2019hui.Aurait-on vu cela il y a dix ans?La musique sérieuse se porte bien merci! Mais encore?Où en est Montréal en 1983?Qu'est-ce qui a bien pu favoriser cet essor, cette popularité presque soudaine de la musique dite «classique*?L\u2019OSM sur la carte du monde C'est bien sûr à son orchestre symphonique que Montréal doit d abord sa réputation de ville musicienne.En fait, la renommée de I OSM n'est plus à faire.Son effectif de 90 musiciens permanents, ses solistes de réputation internationale (une soixantaine par année).ses chefs invités, ses 58 concerts en saison régulière et ses quelque 30 manifestations parallèles (concerts d'été dans les parcs, à l'aréna Maurice-Richard et à l'église Notre-Dame), auxquels il faut ajouter sa participation aux 28 représentations d'opéra et aux trois épreuves et au concert gala du Concours international de Montréal en ont fait un orchestre dont le rendement pourrait difficilement être plus dynamique.Comment comparer la qualité de l'OSM avec celle des autres grands orchestres?Les spécialistes demeurent réalistes: l\u2019OSM n\u2019a sûrement pas le charisme des phi-larmoniques de Berlin, de Vienne ou de Londres, mais s\u2019il fut un temps, pas si lointain, où notre orchestre nous rappelait encore notre infériorité auprès des grands centres américains et européens, on peut affirmer sans crainte que l\u2019OSM figure aujourd\u2019hui sur la carte des plus grands orchestres mondiaux.Dutoit aura joué un rôle prépondérant en ce sens.Ses trois enre-.gistrements sur étiquette London ont déclenché une sorte d\u2019éveil à l\u2019étranger.Les Français s\u2019étonnent: «On ne savait pas que vous aviez un orchestre de ce calibre!» disent-ils souvent, forcés de constater l'excellence des interprétations de Ravel, notamment, par l\u2019OSM.Mario Masson LA MUSIQUE À MONTRÉAL, MOINS L\u2019OSM \u202210 orchestres *80 chorales 50 sociétés de musique écoles spécialisées etc.D ailleurs, le Prix mondial du disque de Montreux, et d'autres prix, des plus prestigieux, le confirment.Mais il y a plus encore.On pourrait presque parler de flirt entre l\u2019OSM et les Montréalais, depuis l'arrivée de Dutoit en 1978.Comment expliquer cette faveur du public auprès d'une institution qui jusqu\u2019alors semblait être l'apanage de minorités bourgeoises, éli-tistes et à fort pourcentage anglophone?Claudette Dionne, attachée de presse à l'OSM, précise: «Il a fallu qu'on se montre dynamique.Notre publicité a été axée sur l'idée d\u2019événement, les gens ont besoin de sentir qu'il se passe quelque chose.Cette année, notre 50e saison, c'est du grandiose, c'est un feu d'artifice! L'OSM est partout: dans les kiosques, dans les vitrines, sur les babillards dans les supermarchés, bientôt les gens vont nous voir dans leur soupe!» Il y a aussi un échange entre le public et les membres de l'administration de l'OSM.Ainsi, les préposés aux ventes de billets vont conseiller les nouveaux abonnés selon leurs attentes et leurs goûts.Par exemple, le nouveau public s\u2019abonne d'abord aux concerts AIR CANADA, qui présentent un éventail d\u2019oeuvres populaires allant des succès de Broadway jusqu'aux extraits d\u2019opéras italiens, ce qui constitue une introduction à la musique plus sérieuse et aux oeuvres plus contemporaines qui figurent au programme des autres séries de concerts.Un dialogue s'établit; le public sent qu\u2019il est le principal concerné dans ce déploiement d\u2019énergie et que la musique est mise au service de ceux qui la font vivre.À cet égard, si on note une recrudescence d\u2019intérêt chez les francophones (on les retrouve en majorité parmi les abonnés), ce sont encore les grandes compagnies anglophones qui contribuent le plus aux campagnes de souscription de l\u2019orchestre.Il y a chez les anglophones une tradition de soutien corporatif, et même en période de difficulté économique, l'OSM a réussi à maintenir une bonne cote auprès des commanditaires.Air Canada, La Banque de Montréal, Impérial Oil, Hydro-Qué-bec, Power Corporation et The Gazette constituent pour ainsi dire l\u2019épine dorsale de l\u2019Orchestre symphonique, et par conséquent, du fait musical à Montréal.Sur le plan des contributions, une éducation reste à faire, soutiennent les membres de I administration, mais les Montréalais ne sont pas insensibles à certains avantages financiers que leur offre leur orchestre: ainsi, un billet de concert coûte en moyenne 7,50 $, ce qui constitue un des tarifs moyens les plus bas en Amérique du Nord, si on considère le prix des billets de concerts et de spectacles dans les autres grands centres tels que New York, Chicago, Boston.Il faut dire que la culture ici est bon marché.Et qui en profite?Les étudiants et les personnes âgées, bien sûr, qui bénéficient de réductions presque partout.Du reste, c est chez les jeunes qu\u2019on constate la popularité croissante non seulement de l\u2019OSM, mais de la musique classique en général.David Bowie et Rossini Cette musique, elle se porte bien, cela se voit, et surtout cela s'entend.Le sourire de Dutoit ensoleille les vitrines de la rue Saint-Denis; les magasins de disques accordent une importance beaucoup plus considérable qu'autrefois au genre classique, de sorte que David Bowie et le Stabat Mater de Rossini (vous connaissez?) fon bon ménage au coin de Guy et Sainte-Catherine.On entend un extrait du «dernier» Tristan et Isol-de se superposer à un hit disco, chez Sam ou chez A&A.Sans oublier que Bach, Vivaldi et Pachel-bel se font entendre par des musiciens qui se rassemblent dans les centres commerciaux et dans le métro.La plupart des magasins de disques disent que les ventes de musique classique se maintiennent bien par rapport aux ventes de disques populaires, ce qui n\u2019était pas le cas il y a dix ans.Si, chez Ed.Archambaultet chez A&A, les ventes dans le secteur classique frôlent les 40 p.cent des ventes totales.Lise Paquette, de L'Échange soutient que les disques classiques suscitent autant d'intérêt que les autres.Ce sont les albums d\u2019opéra qui ont la vedette auprès de ces collectionneurs, mordus, mélomanes ou amateurs trouvant enfin r occasion de s'approvisionner en musique grâce à ces disques usagés qu ils achètent à prix réduits ou qu\u2019ils échangent.Là comme partout ailleurs, la moyenne d'âge des consommateurs est de 30 ans environ.Une prise de conscience culturelle Mais quels sont ces éléments qui peuvent jouer en faveur d\u2019un épanouissement de la musique classique dans une ville?Tout d\u2019abord, il ne faut pas oublier que la musique classique redevient à la mode partout en Amérique.Il suffit de constater le nombre de fil ns qui utilisent des trames sonores empruntées au grand répertoire.Le cinéma aura joué un rôle de premier plan dans ce retour au classicisme et au romantisme.De même, les disques et les cassettes, issus d\u2019une technologie qui n\u2019en finit plus de solliciter la perfection, se sont imposés d'office au cours des dernières années.Mais, de l\u2019avis général, on attribue cet essor à une prise de conscience du fait culturel qui, depuis une vingtaine d\u2019années à Montréal, a occupé une place de plus en plus grande dans la vie quotidienne.Cela a coïncidé avec l'ouverture de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, suivie de l\u2019avènement de t\u2019Expo 67 qui avait donné lieu à un important festival mondial de manifestations artistiques.Depuis, Montréal a fait des pas de géant sur le plan culturel et a réussi à s\u2019imposer parmi les sept ou huit villes les plus importantes d\u2019Amérique au strict point de vue musical, avec ses orchestres professionnels (dont l'OSM, l'Orchestre de chambre McGill, l'Orchestre de la Société Radio-Canada, l'Orchestre des jeunes du Québec, le Montréal Junior Symphony Orchestra et l'Orchestre civique des jeunes de Montréal), ses institutions d\u2019opéra (dont l\u2019Opéra de Montréal, l\u2019Opéra de chambre du Québec, l\u2019Atelier d\u2019opéra de McGill), son camp d été des Jeunesses musicales, sa Société de musiaue contemporaine, son Studio de musique ancienne, ses nombreux ensembles de musique de chambre et ses dizaines d\u2019associations (dont le Ladies' Mor-ning.fondé en 1892, figure parmi les plus anciennes au Canada).Depuis trois saisons, l'Opéra de Montréal a su maintenir un standing qui lui a procuré la confiance du public.Toutefois, des mises en scène plus audacieuses et une approche plus conceptuelle des oeuvres mises à l'affiche ne sauraient pas nuire à sa réputation.Il existe une tradition de l opéra à Montréal: la première représentation eut lieu en 1786; dès 1910, on note la présence d'une Compagnie d'opéra de Montréal, Depuis, d'autres compagnies ont emboîté le pas, jusqu'à aujourd'hui.Parallèlement aux productions locales, est-il besoin de mentionner le rôle important qu'ont joué auprès des Montréalais les retransmissions radiophoniques des matinées du Metropolitan de New York, depuis 1931! À l\u2019instar des capitales d'Europe, Montréal a depuis 1963 son Concours international annuel (concours accepté en tant que membre de la Fédération des concours internationaux de musique à Genève, en 1966).Il est avant tout réputé pour sa rigueur des normes d acceptation des candidats, la très haute exigence des oeuvres qu\u2019il leur impose et le prestige de son jury.Quant au Concours OSM, fondé en 1965, on lui doit de nous avoir fait connaître les Louis Lortie, Chantai Juillet, André Laplante, Johanne Perron, Angèle Dubeau, et tous les autres «jeunes grands noms» qui constituent déjà, ici comme à l'étranger, un des aspects les plus importants de la fierté des Montréalais.Un besoin de choisir un métier inutile Côté éducation, Montréal se situe sûrement parmi les villes les mieux munies si l\u2019on tient compte du facteur démographique.On estime qu\u2019il y a ici un professeur pour 14 étudiants en musique et ce chiffre ne tient pas compte des nombreux cours privés qui se donnent à domicile ou dans des institutions tenues par des particuliers.Mentionnons le Conservatoire de musique du Québec à Montréal (premier établissement d\u2019enseignement musical supérieur en Amérique du Nord à être entièrement subventionné par l\u2019État), les facultés de musique des universités Concordia, McGill et de Montréal (qui vient d\u2019annexer l'ancien- ne école Vincent-d Indy) et de rtlQAM, ainsi que les collèges publics et privés qui offrent une spécialisation en musique (Cégep de St-Laurent et Vanier, et collèges Marguerite-Bourgecys et Mariana-polis).Des rencontres avec des professeurs et des membres des conseils de ces facultés permettent de constater que la qualité de I éducation favorise r accroissement de l'intérêt des jeunes pour la musique classique.Ce sont dans ces institutions que les jeunes se retrouvent massivement, animés par une pulsion commune, par un besoin de s identifier soit par l'interprétation, par la composition ou par létude de la théorie et de l\u2019histoire de la musique.Même en tenant compte du retour des adultes dans le secteur de r éducation.on établit à 22 ans la moyenne d âge des étudiants inscrits dans les divers établissements de formation musicale à Montréal.«Il y a un phénomène de masse, les gens sentent le besoin de faire de la musique, un peu comme on sent le besoin de faire de la peinture sans pour autant vouloir exposer au Musée des beaux-arts», souligne Robert Léonard, professeur agrégé à I Université de Montréal.«Notre clientèle étudiante vient des cégeps spécialisés, mais il ne faut pas ignorer les nombreux services d animation culturelle qui font faire de la musique à des gens qui ne sont pas musiciens a priori.Ces services amènent la population à la musique et ils amènent la musique à la population.On découvre qu\u2019il y a dans I univers sonore un mode d expression de plus en plus accessible.En tout cas, plus accessible qu on le croyait il y a une dizaine d annees.» Avec plus de cinq cents étudiants inscrits en musique à l'Université de Montréal cette année, on note une nette évolution de la population étudiante.On observe un accroissement annuel de 10 p.cent dans l'ensemble des écoles de la région métropolitaine.À ce rythme, on appréhende déjà de sérieux problèmes de locaux pour les années à venir, pour ne pas parler du problème des débouchés qui inquiète les spécialistes.V a-t-il réellement une demande?Sinon, il faut la créer.À quoi imputer le fait que les départements de musique soient de plus en plus sollicités par la clientèle étudiante?M Léonard répond, non sans ironie: «Peut-être le besoin de choisir un métier mutile!» Comme une grande contestation pacifique où la musique serait un carrefour de prédilection.Sensible au problème des débouchés, l'UQAM a pour sa part mis sur pied un programme de formation en musique où il est désormais possible de recevoir un cours dans le but de dispenser plus adéquatement un tel enseignement musical dans les écoles.Le directeur du département, M.Louis Cyr, se montre optimiste: le corps professoral a triplé depuis 1976, et malgré certains problèmes d'espace, la population s accroît au même rythme qu\u2019ailleurs.Mais il n\u2019y a pas que les cégeps et les universités qui offrent un enseignement musical.Sur le territoire de Montréal, on dénombre quelque 58 écoles ou studios spécialisés dans la formation classi- que qui couvrent I apprentissage de tous les instruments, depuis la mandoline et la cythare jusqu'au piano, en passant par la théorie et le solfège.Dans cette nomenclature, on retrouve un éventail complet des compétences, depuis les particuliers qui se font connaître par les petites annonces (parfois sous des apparences dont il faut se méfier, du genre «Académie internationale, cours à domicile») jusqu'aux écoles les plus sérieuses, dont le réputé ensemble des Petits Violons de Jean Cousineau qui, avec ses 50 élèves de 4 à 24 ans (et ses longues listes d attente!) a élaboré un enseignement de la plus haute qualité sur le plan de la technique du violon.Plus de 80 chorales La musique adoucit les moeurs?En écouter, ou en faire, il semble qu\u2019on ait maintenant l embarras du choix! Une des formes de participation musicale des plus accessibles et des plus populaires au Québec consiste à chanter dans une chorale de paroisse ou de quartier.Plus de 80 chorales incorporées (dont 26 font partie de l'Alliance régionale des chorales de l'île de Montréal) jouissent d'une popularité croissante «Au cours de I été qui s\u2019achève, nous aurons enregistré plus d\u2019une cinquantaine d appels de jeunes gens désireux de faire partie d\u2019une de nos chorales.Et cela va en augmentant, rapportent des membres benévoles de l\u2019ARCIM Ils ont entre 20 et 60 ans, mais on observe avec satisfaction que plus de la moitié de nos choristes ont moins de 30 ans.» Il y aura donc eu, au Québec et principalement à Montréal, un mouvement de vases communicants faisant en sorte qu'au moment où les chorales d église ont diminué en nombre, dos chorales à caractère profane sont nées d'un besoin de rassemblement des mélomanes à l'intérieur d\u2019un même quartier.On assiste à une amélioration constante de la qualité du chant, on assume les frais grâce à des cotisations volontaires et chaque chorale donne en moyenne de deux à trois concerts par année.En s\u2019inscrivant, plusieurs personnes craindraient de ne pas savoir asez bien chanter, mais l'ARCIM a tôt fait de les rassurer! Quant à ceux qùi veulent se consacrer de façon plus profession- nelle à l étude du chant choral, il y a parmi ces regroupements des ensembles dont la réputation n'est plus à faire, tels que les Disciples de Massenet.les Chanteurs de Sainte-Thérèse, la Chorale Elgar de Montréal, l\u2019Ensemble vocal Tu-dor, pour ne mentionner que ceux-là.Répertoire ancien et musique contemporaine S il / a lieu de se réjouir en constatant que Montréal est devenue un lieu de prédilection pour la musique classique, les musiciens professionnels, quant à eux, ne se montrent pas euphoriques pour autant.Il est vrai que Montréal suit la courbe d\u2019une évolution normale, la culture prenant de l'ampleur avec le progrès, ce même progrès qu'on remarque en voyant s'eriger de nouveaux buildings dans le centre-ville Avec ses quelque 30 rues qui portent des noms de com- positeurs, avec ses centaines de sociétés et associations qu elle a vues naître et mourir en un siècle, avec ses souvenirs du bon vieux temps (on songe aux concerts du Chalet de la montagne et du parc Lafontaine).il n'y a pas lieu de s étonner outre mesure de ce que Montréal chante la sérénade à ses citoyens! Mais voilà: Montréal est justement en train de prendre conscience qu elle est au service de sa population locale.Or, la population, qui ne peut pas tout connaître.ne peut pas exiger de la musique la totalité de ce que cette musique pourrait lui offrir.Il n est pas facile de convoiter un rang avantageux parmi les «capitales de la musique» tout en restant à l\u2019écoute d une population locale.Aussi, les spécialistes et les critiques, tout en demeurant optimistes, s accordent sur une réticence: il faudra dorénavant mettre les bouchées doubles pour que la musique ici reste vivante et soit le reflet d\u2019une réalité typiquement nord-américaine.L OSM connaît une grande popularité, soit, mais comme dans toute grande ville, le fait musical n advient pas qu'au sein d'un orchestre symphonique.Par exemple, à cause du grand nombre de musiciens dans ces formations, on ne met plus au programme des concerts symphoniques des oeuvres du répertoire baroque.C\u2019est un peu comme si la musique commençait à l'époque de Beethoven.Dans lenthousiasme suscité par l\u2019OSM, on méconnaît malheureusement les groupes tels que le Studio de musique ancienne, ou l\u2019ensemble Musica Camerata qui offre pourtant des concerts gratuits de musique de chambre, ou encore la Société Pro Musica, à qui le public doit de nombreuses premières auditions montréalaises, toujours dans le domaine de la musique de chambre.Si les symphonies de Beethoven.de Brahms ou de Mahler deviennent peu à peu familières aux habitués de l'OSM, on ne peut pas en dire autant des quatuors à cordes et des lieder de ces mêmes compositeurs.Aussi, les musiciens professionnels se plaignent de ce manque, qu\u2019on ne fait que commencer a combler.^ Mais là où Montréal risque de perdre du terrain par rapport à d'autres grandes villes, c'est au chapitre de la musique contempo- raine.On s aperçoit qu'il existe ici une sorte de désintéressement quant à tout ce qui est nouveau sur le plan sonore, qu'il s agisse d expériences d'ici ou d'ailleurs II n est pas exagéré de dire que si la musique canadienne survit, ce n'est que grâce aux subventions et aux sociétés qui s'y intéressent.On connaît pourtant les noms de Varèse.de Stockhausen, ou.plus près de nous, de Serge Garant ou de Clermont Pépin, mais leurs oeuvres effraient encore les oreilles d une population qui ne semble pas s habituer aux dissonnances.«Le public évolue, mais malheureusement il n augmente pas.confie Daniel Farijian de la Société de musique contemporaine du Québec Les gens manquent de curiosité.S\u2019il était possible de les rendre plus curieux, on pourrait sans doute leur donner le goût d\u2019une musique actuelle.» Pour sa part, Yves Daoust de I ACREQ (Association pour la création et la recherche électroacoustique du Québec) déplore que les médias en général ne se sentent pas assez impliqués dans ces «événements» qui ont lieu au sein de r association.Ces événements, qui préconisent une approche multidisciplinai-re (musique, théâtre, expression corporelle), rejoignent une clientèle plutôt marginale, préoccupée par l\u2019idée d éclatement que comporte le concept d'art pop; il y a une participation instantanée à la création qui est ignorée par le public, et cela ternit un peu l\u2019image d une collectivité fervente de concerts et de manifestations à grands déploiements, mais qu'on voudrait plus engagée dans I histoire de sa propre trajectoire artistique.«Le public va bouger d'ici dix ans.affirme Charles Dutoit.mais il faut l'aider » Malgré son souci de faire connaître la musique d\u2019ici, l OSM a un mandat qui dépasse de beaucoup la promotion de la musique contemporaine.Et il appartient aux Montréalais de faire quelques pas vers ce monde qui lui est encore étranger, mais qui ne demande qu'à se faire entendre De fait., on sent un effort de bonne volonté.Une préposée au guichet de la Place des Arts rapportait que les nouveaux abonnés se montrent a la fois enthousiastes et sceptiques.Cette dame, par exemple.qui voulait qu\u2019on lui raconte l'histoire de «Turandot» (au téléphone!) afin de décider si oui ou non elle allait s abonner à la prochaine saison de l\u2019Opéra de Montréal.! On peut se demander si la réputation musicale d'une ville dépend uniquement de la qualité de sa musique.ou si la population n\u2019est pas un peu responsable de cette qualité.Si Dutoit et l'OSM ont donné beaucoup depuis cinq ans aux Montréalais, il est possible que ce soit au tour des Montréalais de donner à la musique une fonction vitale.Une vague de classicisme et de romantisme s'est emparée de la ville, comme une fièvre de printemps, en cet automne qui inaugure une nouvelle saison de concerts, d'opéra, de ballet, de musique de chambre et de musique contemporaine, mais qui inaugure aussi, on le souhaite du moins, une nouvelle prise de conscience de la part des Montréalais qui se reconnaissent enfin sur la carte musicale du monde.\tn PLUS, MONTREAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 Un Montréalais d'adoption rafle à lui tout seul toute l'affection portée à l'OSM: Charles Dutoit.Mais que sait-on en revanche de ces exécutants anonymes, de ces individus sans qui l\u2019orchestre n aurait jamais gagné ses lauriers.Jean-François Rivest, 25 ans, premier violon.Lyse Vézina, 52 ans et Carole Sirois 26 ans toutes deux violoncellistes font partie de ce club très sélect qui compte aujourd\u2019hui 98 membres triés sur le volet Mais au fait, comment entre-t-on à l\u2019OSM?Le plus simplement du monde, ma foi, en obéissant au principe élémentaire de l\u2019audition.Lorsqu'un poste est ouvert, les principaux intéressés, après une première sélection sur la base des curricutum vitae, reçoivent une convocation les invitant à venir se présenter devant le jury.Ce jury est bien évidemment composé de M.Dutoit qui, en plus de posséder un droit de veto, détient 7 voix sur 15, les 8 autres étant réservées aux musiciens de I orchestre.Pour éviter toute discrimination ou traitement de faveur, nos candidats doivent s\u2019exécuter derrière un écran et si les membres du jury n'arrivent pas à trancher entre 2 ou 3 concurrents, ils n'hésiteront pas à les faire rejouer jusqu'au verdict final.Dieu merci, nous ne sommes pas à l'Orchestre philharmonique de Berlin où pour un poste de flûtiste solo, pas moins de 400 candidats étaient venus tenter leur chance, un certain Mr Galway, James de son prénom, finissant par coiffer tout ce beau monde au poteau! À Montréal, la moyenne tournerait plus modestement autour de 10 à 15 postulants pour une chaise de premier violon et un effort est d ailleurs fait, selon Jean-François Rivest, pour privilé-} gier les talents locaux: «Une pre-> mière audition québécoise donne ! leur chance aux musiciens frais j émoulus des conservatoires envi-j ronnants et si le besoin s'en fait j ressentir, on se tourne alors vers \u2022 l\u2019échelon national ou même dans ; certains cas vers l'étranger».Et Lyse Hogue de renchérir: 1 «Cela est tout à fait naturel d\u2019encourager nos jeunes Québécois ?du reste fort talentueux et qui, ; après 15 années ou plus d\u2019études.méritent tout de même de se voir ! accorder la priorité.Malheureuse- \u2022 ment, les professeurs forment gé-: néralement plus leurs élèves en ; fonction d'une carrière de soliste que de musicien d\u2019orchestre et ; pourtant, c'est une discipline sin-; gulière à acquérir que celle de savoir se fondre dans un milieu, de ne pas avoir de tête en somme.Une audition se prépare en connaissance de cause.» Une fois franchi ce cap difficile, il n'est pas question pour autant de se reposer sur ses lauriers puisqu'une année de probation suivra qui peut d\u2019ailleurs être prolongée si l'aspirant ne parvient pas à faire ses preuves dans les délais voulus.À la longue, cette pression constante peut finir par perturber le musicien qui.en plus de toucher un salaire réduit, se sent constamment remis sur la sellette et perd parfois ses moyens.Et que dire du répertoire nouveau qu\u2019il faut «Ingurgiter» et qui en contraint plusieurs à délaisser pour un temps, toute activité extérieure! Vous avez prouvé votre ténacité et vous êtes enfin membre de l\u2019OSM à part entière: vous recevez 600 dollars par semaine auxquels viennent s\u2019ajouter des bonis intéressants pour l\u2019enregistrement de disques ou d émissions à Radio-Canada.Votre semaine en temps normal se compose de 20 heures de travail, incluant concerts et répétitions.et somme toute votre vie serait assez tranquille si parfois ne survenait cet événement un peu spécial: la tournée.Le musicien se doit d\u2019être en parfaite condition physique pour suivre le rythme épuisant d\u2019une tournée.Jugez-en: lever à 7 h pour prendre un autobus pour I aéroport, attente puis envolée, attente encore une fois arrivé à destination pour reprendre les bagages, autobus de nouveau pour se rendre à l\u2019hôtel, répétition l\u2019après-midi et concert le soir: il ne reste finalement que très peu de temps pour découvrir les charmes de la ville que vous traversez.Ajoutez-y le stress inhérent au fait de devoir vous produire devant un public inconnu, le défi de jouer Quelquefois dans une ville comme Chicago où l'orchestre local possède une réputation des plus flatteuses et vous comprendrez le soupir de soulagement que certains poussent en revenant à Montréal.Mais mis à part ces petits détails, n\u2019est-ce pas dans une certaine mesure au cours de ces fréquents voyages que se soude l'esprit de corps si précieux dans le cas d'un orchestre?Certainement un peu, mais c'est surtout, pour Carole Sirois, «l'occasion de découvrir la vraie personnalité de chacun.Nous finissons par voir nos collègues de travail plus que notre propre famille et nous participons de façon intime à leur vécu.Au-delà du bonjour de circonstance, nous en arrivons à connaître leurs défauts, à nous rendre compte de nos divergences et si chacun n\u2019y mettait pas du sien, Tair deviendrait vite irrespirable».«Le musicien, souligne Rivest, met d'ailleurs un point d'honneur à ne jamais chercher à juger son Joël Moreau voisin: il suit plutôt son petit bonhomme de chemin en apprenant à vivre dans le respect de l'autre.» Et le rapport musiciens-chef d orchestre, la complicité essentielle au bon fonctionnement de l entreprise, qu\u2019en est-il exactement à l\u2019OSM?Les avis sont partagés et on sent une certaine réticence à aborder le sujet.Naturellement.le grand public \u2014 et c\u2019est bien compréhensible \u2014 a pour Charles Dutoit les yeux de Chimè-ne et oser critiquer un héros n\u2019est pas chose facile: on peut très rapidement vous taxer de jalousie ou même de mesquinerie.Disons que si tous s accordent à reconnaître en Charles Dutoit un relationniste hors-pair (dont le charme a su séduire les Montréalais) doublé d'un travailleur forcené, certains restent un peu déçus de se voir toujours relégués au second plan et d\u2019avoir à subir, de temps à autre, les sautes d'humeur et l'ironie un peu pesante du «grand nombre».Il est sûr que M.Dutoit a des responsabilités écrasantes au sein de I OSM et que son autorité absolue l'oblige parfois à prendre des décisions auxquelles tout le monde ne se rallie pas forcément. trop cultiver l'image, il devient par- fois malaisé de redescendre les deux pieds sur terre.«De ne pas commettre d'abus de pouvoir», précise RiveSt qui considère par ailleurs «qu'il en serait ainsi tout autre chef.Chacun possède les défauts de ses qualités et il n\u2019existe pas à ma connaissance d être parfait».Non, si on devait reprocher en fait quelque chose à M.Dutoit, ce serait plutôt dans I esprit de certains «un manque parfois d\u2019inspiration, de musicalité, et une certaine propension à diriger les émotions de l\u2019auditoire en oubliant les musiciens qui se retrouvent le plus souvent livrés à eux-mêmes».Certains critiques ont déjà d ailleurs souligné ce défaut chez lui qui consiste à en rajouter d'un point de vue gestuel beaucoup plus qu\u2019il n\u2019en faudrait, mais si cela comble d aise le profane qui n\u2019y voit que brio et maîtrise, l\u2019exécutant lui n\u2019a pas du tout l'impression pour sa part d\u2019être transporté par ce qu'il joue.«Être chef d\u2019orchestre, explique Carole Sirois, c\u2019est plutôt une tà che ingrate II faut insuffler une vie à l'orchestre, être en quelque sorte une bougie d\u2019allumage d où jaillit l'étincelle, l'esprit qui porte le musicien à se dépasser.Un chef ne devrait jamais perdre de vue qu'il n'est pas sur le podium pour soigner sa popularité mais bien pour diriger une centaine d'individus.» Et à l\u2019écouter parler par exemple d'un Kondrashin, d'un Zubin Mehta, d\u2019un Franz-Paul Decker ou encore de Gunter Herbig.on réalise peu à peu que si la qualité première d\u2019un musicien d'orchestre, c'est de penser le moins possible, cela n'exclut nullement la passion: «On s'aperçoit certains soirs que quelque chose d'unique vient de se produire.Un peu comme si on revenait d'une autre planète, l'impression de ne plus toucher terre pas plus que nos instruments qui nous semblent soudainement très légers.On s'attarde plus que de coutume, on est maladroit et on rit bêtement à propos de tout et de rien.Ni plus ni moins qu une expérience spirituelle, un avant-goût du divin.».Mais si l'exécution tient une place prépondérante dans la vie des musiciens de l\u2019OSM, la plupart font de l\u2019enseignement en dehors des heures consacrées à l\u2019orchestre ou s\u2019occupant même, comme c\u2019est le cas de Rivest, d un orchestre de chambre (l\u2019ensemble Cari Philipp).L\u2019exécution ne doit pas représenter un aboutissement ultime.La plupart des musiciens ont des activités parallèles, qui tout en leur permettant d\u2019oublier pour quelque temps cette «maîtresse» diablement exigeante, répondent aussi à un besoin de se resourcer, de prendre un peu d\u2019air frais pour revenir dans de meilleures dispositions, d\u2019être plus apte en somme à progresser, à continuer de découvrir., C'est ce que Lyse Hogue appelle le «juste milieu» et son avis est celui d\u2019une femme qui a passé 30 années au sein de l\u2019orchestre.Quoi de plus naturel que de lui demander en guise de conclusion, de dresser le portrait type d un musicien d'orchestre: «Un être déterminé et persévérant, menant une vie parfaitement équilibrée.Il faut qu'il demeure très alerte, qu\u2019il soit à l\u2019aise tout en contrôlant ses nerfs et surtout qu\u2019il se montre d'une souplesse et d\u2019une humilité à toute épreuve.»\t?Jean Rivest, Philip.violon à l\u2019OSM et directeur de l'ensemble Cor! Une classe au plancher couleur de végétation, aux larges fenêtres et aux nombreux instruments de musique.Au milieu, un homme dans la trentaine est assis, sourire aux lèvres, corps détendu, fermant le cercle de 5 jeunes (13 à 21 ans) physiquement et mentalement handicapés.Rètard génétique.Pierre Faulkner, compositeur, pianiste et musicothérapeute.croit au pouvoir de la musique associé à la tendresse, à la persévérance et à l'enthousiasme de I intervenant «Ces adolescents emprisonnés dans leur charpente intérieure ont besoin d'un pont entre eux et les autres, dit-il.Et cette voie précieuse d accès au monde de la vie émotionnelle et affective des handicapés peut être ouverte, non pas par le langage verbal \u2014 tout a été essayé de ce côté depuis des siècles \u2014 mais par des techniques musicales qui leur permettent d\u2019amorcer une communication d\u2019ordre affectif avec autrui.» Selon Pierre Faulkner, il s agit de mettre I adolescent en contact avec une réalité tangible \u2014 un tambourip par exemple, aux sons répétitifs rappelant les battements du coeur \u2014 moins inquiétante que celle des contacts humains.Cet instrument, cet «objet intermédiaire».comme aime à l'appeler Ro-jas-Bermudez.musicothérapeute argentin, possède non seulement une existence réelle et concrète, mais aussi la maniabilité (il ne faut pas oublier que ces adolescents sont presque toujours assis, présentant des difficultés d\u2019ordre moteur), la faculté de permettre la communication avec autrui tout en le tenant à distance.I adaptabilité aux désirs de celui qui I utilise, la possibilité de s'identifier à cet objet intermédiaire et de I\u2019utiliser comme prolongement de soi et d\u2019être enfin reconnu immédiatement à travers Instrument.Depuis cinq ans.Pierre Faulkner travaille comme musicothérapeute à l école Joseph-Charbonneau.Dix groupes de cinq adolescents à rencontrer chaque semaine \u2014 certains ne sont handicapes que physiquement; avec ceux-là, il peut aller plus loin au niveau de I apprentissage musical proprement dit.Il a la «vocation*, comme on dit dans Je milieu.Pendant une heure et demie, il se penche avec amour sur ses élèves-patients, les conduisant à la découverte de la musique et, par là, de leur moi et de celui des autres.Privilégiant la voix, l\u2019oreille et le corps, il ne force jamais l\u2019attention ou la participation.Je l'observe à I oeuvre: C.frappe sur le xylophone en un rythme étonnamment juste, sourire aux lèvres et pied battant la mesure; T., lui, à la batterie, lui répond joyeusement en un rythme tout aussi juste! Tout à l'heure, ce sera R.qui donnera le ton à l\u2019improvisation, «dirigeant» en quelque sorte ses amis, communiquant avec eux, imitant Pierre Faulkner.Les sons sont agréables, ils invitent même à danser! Je regarde cette fille de 20 ans qui en paraît 12, handicapée physique et mentale, souffrant aussi de schizophrénie; elle participe à l\u2019accompagnement d\u2019une pièce jouée au piano par le musi-co-thérapeute, et je ne comprends plus rien! Ces enfants aux mains r J Simone Piuze LA MUSICOTHÉRAPIE Un contact emotionnel entre soi et les autres tordues, qui ne peuvent même pas compter jusqu à dix, qui passent parfois des heures à regarder dans le vide, ont retrouvé, intact le rythme initial, le rythme de la vie non atteint par la maladie.Des larmes me viennent.«Les ressources de la musique sont infinies, dit Faulkner À condition d être bien maniées, les méthodes actives contiennent un potentiel thérapeutique considérable.Mieux que la parole, les sons et les rythmes produits par les malades s'accordent avec les mouvements émotionnels qu ils expriment, en même temps qu'ils les font partager à autrui.Mais il ne faut pas se leurrer, dit-il.Mes élèves ne réussiront jamais à devenir des musiciens ou à former un petit orchestre! Mais là n'est pas le but de mon action.Le bien-être de I adolescent, sa socialisation, son ouverture au monde qui I entoure, voilà ce qui m'intéresse.» Ici donc, pas de guérison proprement dite, pas de réussite flamboyante, mais la certitude d avoir rejoint profondement l'âme humaine, d'avoir amené un adolescent a franchir les bornes de sa prison intérieure.«J utilise beaucoup l'improvisation à I aide d'instruments traditionnels.comme le tambourin, le xylophone, la batterie, le piano, dit-il.J'invite mes élèves à écouter aussi les sons qui les entourent, puisque nous baignons dans un univers sonore.Bien sûr, la première fois que l\u2019on dépose entre les mains d\u2019un handicapé un instrument de musique, il y a défoulement.Mais lentement, progressivement, ce dernier en vient à s harmoniser, si l\u2019on veut, s apercevant que cet objet sonore est un ami, un lien entre lui et ses compagnons, un moyen de leur parler, de leur poser des questions et d'obtenir des réponses sur-le-champ! Ces êtres humains vivant souvent en vase clos, Faulkner veut leur donner accès aux plaisirs dont jouissent les autres.Aidé d'une physiothérapeute, il les a maintenant étendus par terre dans la pénombre.Une musique de re- par taxation \u2014 celle du californien Stephen Halpen, excellent pour vous et moi également \u2014 monte doucement dans la pièce où chacun a les yeux fermés, attentifs.«On va s imaginer qu\u2019on est arrivé à la mer, dit le musicothérapeute.Les oiseaux chantent, on entend le bruit des vagues.On est bien.» Il parte, mêlant sa voix à la musique qui fait naitre progressivement une expression paisible sur les visages, une détente aussi des muscles que masse la physiothérapeute, s'arrêtant à chaque adolescent.L'un d'entre eux, extrêmement tendu au début de la séance se calme, au fur et à mesure que cette musique de mer ensoleillée pénétré en lui.*A Noël 82, dit Faulkner, nous avons monté ensemble une chorégraphie.Assis dans leur fauteuil roulant, ils dansaient avec leur corps, bougeaient les bras harmonieusement: on aurait dit un ballet aquatique1.On a d'autres projets.» C'est a I Université de Paris, en 73, que Faulkner, après l'obtention d'un baccalauréat en musique.a acquis sa formation de musicothérapeute, puisque le Québec n en était alors qu'à ses premiers balbutiements.Le thème de sa maîtrise: composition musicale et musicothérapie.«Quels sont les effets de la musique sur le comportement humain?» s était-il demandé.«On m a plongé dans le bain, ra-conte-t-il, lors d'un stage dans un pavillon d\u2019insomniaques chroniques \u2014 ça peut arriver à n'importe qui \u2014, la plupart des professionnels profondément dépressifs.Il s agissait pour moi de vérifier si des structures sonores peuvent avoir un effet sur I endormissement.Dans ce cas, nous avons utilisé une forme de musicothérapie réceptive, c\u2019est-à-dire que les insomniaques tentaient de s'endormir en écoutant une musique calmante, légèrement «hypnotique», associée à une très faible dose de sédatif.Les résultats ont été probants.Il ne faudrait cependant pas en conclure que pilule + musique Chopin = sommeil! La musique traditionnelle véhicule un tas «d associations» qui peuvent parfois plus éveiller qu'endormir! Voilà pourquoi nous avions utilisé une musique électro-acoustique de Philip Qlass aux sons assez neutres.une musique répétitive, continuelle.aux changements subtils.Ce genre de musique a habituellement un effet bénéfique sur le muscle cardiaque » Faulkner déplore cependant que la psychiatrie québécoise fass6 peu appel à la musicothérapie.«Il serait intéressant, dit-il, d étudier plus en profondeur la modification du comportement par les techniques psychomusicales.» Thérèse Pageau musicienne et doyenne des musicothérapeutes québécois, formée à New York, a oeuvré pendant 17 ans en milieu psychiatrique (Hôpital Saint-Jean-de-Dieu), accomplissant un immense travail de défrichement en ce sens.Il faut l'écouter raconter ses expériences auprès de schizophrènes pour comprendre les effets quasi miraculeux de la musique sur les maladies mentales.Reportons-nous en 61, à l\u2019Hôpital des Vétérans de Sainte-Anne-de-Bellevue où travaille alors Thérèse Pageau.Dans une cellule, celle des violents, un homme hurle constamment et veut se battre avec tous ceux qui rapprochent.Un résident dit un jour à la musico- .thérapeute: «On a tout tenté depuis des mois avec les médicaments.Essayez avec la musique! Mais je vous préviens: P.est d\u2019une violence inouïe! » «Je m'enferme alors, seule avec lui dans la salle de musique, ra-conte-t-elle.Et je me tais (surtout ne pas parler!), m\u2019asseyant au piano.prenant soin de choisir une pièce qui m'apparaît être en rapport avec l'état émotionnel de ce malade.Il s'agit d'une pièce de Beethoven que je joue plus fort et plus vite que voulu, essayant d\u2019y mettre beaucoup d\u2019émotion: je veux que la musique le rejoigne dans sa détresse profonde.Le morceau terminé, je me retourne et r aperçois: il pleure à chaudes larmes! Je ne dis rien et me remets à jouer, cette fois quelque chose de très doux.Il a croisé les mains et levé les yeux au ciel en geste de prière.A la troisième rencontre, j'ouvre enfin la bouche pour lui demander: «Est-ce que vous aimeriez apprendre la musique?» «L'orgue!» s'exclame-t-il.Pendant des mois, cet homme a tué la violence qui était en lui à l\u2019aide de la musique, pédalant comme un fou, laissant sortir toute son agressivité.On aurait dit le tonnerre dans la saile! Puis, un jour, celui qui avait peur des humains, a pu se retrouver avec eux sans vouloir les blesser.Mais il n était pas guéri totalement, puisque la maladie mentale ne se guérit pas vraiment.On ne peut que donner au malade l'énergie, le désir de continuer a vivre.» De son côte.Suzanne Munro, formée en Angleterre, et maintenant professeur de musicothérapie a I UQAM, a accompli un travail étonnant auprès des mourants de I Hôpital Royal Victoria, les accompagnant dans leur dernier voyage.Elle prépare actuellement, avec soeur Marcelle Corneil du module musique de l\u2019UQAM, Pierre Faulkner, Eugène Béréza du Royal Vie et Debbie Carol du Montréal Children Hospital un programme de formation en musicothérapie.Cette spécialité au niveau de la maîtrise en musique, les professionnels de la santé ayant déjà une connaissance musicale (eh oui ça existe!) pourront y avoir accès dès 84, ainsi que ceux et celles qui auront obtenu leur diplôme collégial en musique.Aux États-Unis, toujours à la fine pointe, une soixantaine d'universités offrent déjà le cours de musicothérapie.C'est là que la musicothérapie est née, d\u2019ailleurs, après la guerre, grâce à Art Shuller.En France, contrairement au Canada.ce sont d abord les psychiatres.et non les musiciens, qui utilisent la musique à des fins thérapeutiques.\t?PLUS, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 11 PLUS, MONTREAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 r ¦\\ Guy Fournier POUR RIRE Vs I II drink to that Les propriétaires d\u2019ordinateurs L'AN 2000 Yves Leclerc epuis que le gouvernement péquiste est au pouvoir, le déficit spiritueux entre le Québec et les autres provinces, en particulier r les mieux nanties comme I Ontario, l\u2019Alberta et la Colombie-Britan-nique, n'a pas cessé de se creuser.Ce n est pas étonnant quand on connaît la propension de notre gouvernement pour les cigarettes et le café (ce qui n\u2019a pas empêché le Premier ministre d\u2019être mêlé à un fâcheux incident après en avoir trop bu) et quand ceux-là mêmes qui devraient nous aider à réduire le déficit \u2014 les dirigeants de la Société des Alcools \u2014 dilapident notre argent pour parier de modération.On modérera quand on aura atteint la vitesse de croisière des autres.Le gouvernement ne peut pas blâmer le fédéral.La boisson est sa juridiction exclusive.La loi prévoit même qu'on peut saisir à nos frontières la boisson achetée dans une province voisine.Aucune juridiction n'est plus limpide.Dans les circonstances, le premier geste de Québec doit être de défendre aux députés et ministres fédéraux du Québec de s approvisionner à Ottawa.«No représentation without consumption» ou, si vous préférez: «Pas de représentation sans boisson!» Quand on examine les statistiques et qu'on observe nos représentants à Ottawa, c'est clair qu'ils sont en bonne partie responsables de l\u2019excédent spiritueux de -l\u2019Ontario.Avec lapport généreux de nos représentants à Ottawa, les Ontariens consomment 25 p.cent plus que nous.C'est une réalisation remarquable compte tenu des barrières qui entravent la vente des spiritueux là-bas.Voilà qui démontre encore une fois le profond sens civique anglo-saxon et la perte irrémédiable que constitue le départ de 250000 d entre eux depuis I adoption de la loi 101.Nous avons fait fuir nos plus gros buveurs.Le «manque à boire» dû à leur départ s\u2019établit à 31 750000 litres par année, une perte sèche (si l\u2019on peut dire) de i 100 millions $ pour le trésor québécois.C\u2019est une statistique qu\u2019on a passée sous silence en faisant le bilan de ce que nous a coûté la loi 101 et la francisation de nos bars au West Island.C'est pas la petite biere qu'on avale dans la rue Saint-Denis qui relancera le Québec sur la voie de la prospérité.Quand on pense que le citoyen de Colombie-Britannique boit trois fois plus de fort que nous et 20 p.cent plus de vin, ce qui ne l\u2019empêche pas de s\u2019envoyer 20 p.cent plus de bière! Qu'on cesse de masquer la vérité: même si nous réussissons de peine et de misère à nous maintenir au-dessus de la moyenne générale dans le vin.nous traînons de la patte honteusement dans le tort et la bière.Notre recul est quasi insurmontable.Seulement pour nous aligner sur la moyenne générale, il faudrait, durant ce week-end par exemple, que nous buvions 25 millions de 40 onces et 252 millions de p\u2019tites.Même avec la coupe Grey et la Saint-Jean-Baptiste collées l'une sur l\u2019autre pendant la fin de semaine, nous ne pourrions pas y arriver.S\u2019il s\u2019agissait de nous aligner sur la Colom-bie-Britannique, il faudrait multiplier par 20 le nombre de 40 onces, ajouter 100 millions de p tites et.surtout, inclure une caisse et demie de «Cuvée des patriotes» par personne.C\u2019est un véritable «virage alcoolique» que doit prendre le Québec pour que son manque à boire n'atteigne pas en l\u2019an 2000 des proportions astronomiques.Même si d\u2019ici là notre déficit spiritueux annuel reste stable, nous aurons creusé un trou de 13 milliards de litres, soit de quoi remplir de gros gin, de vin et de bière toutes les piscines du Quebec \u2014 creusées et hors terre \u2014, y compris les piscines publiques, le Lac des Castors et I étang du parc Lafontaine.Je n'ai pas a dicter de ligne de conduite au gouvernement, elle est claire.S il ne veut pas qu'on remette à Ottawa la juridiction des spiritueux, qu il nous assure que nous n aurons pas le gosier plus sec que la moyenne des Canadiens.Peut-être faut-il voir dans cette situation la cause profonde du malaise social qui agite le Québec: un peuple à jeûn est un peuple lucide et un peuple lucide est ingouvernable.Quant a moi, je vais faire ma part: le premier irresponsable qui m\u2019arrête dans la rue et me quête 25 cents pour un café, je lui mets mon pied au cul.\t?CN hacun de nous a sa petite idée sur ce qu\u2019il pourrait faire s il avait un ordinateur domestique.ou se demande à quoi cela pourrait bien lui servir: jeux, finances familiales, éducation, apprentissage de la programmation, travail.Mais, au tond, jusqu'a maintenant, personne ne sait très bien à quoi servent les ordinateurs personnels.Pourtant, il s en vend en quantités considérables.Au cours des cinq ou six dernières années, la progression a été effarante: les chiffres généralement admis pour le parc de micro-ordinateurs (d'affaires et domestiques) sont les suivants: 1978 moins de 100 000 1979 plus de 200 000 1980 près de 500 000 1981\t1,2 millions 1982 2.9 millions 1983 6,8 millions (prévision) Si on se fie à ce taux de croissance d environ 150 p.cent, et qui ne semble pas devoir baisser \u2014 d autant plus que la situation économique commence a s\u2019améliorer \u2014, il y aurait en 1984 environ 14 millions, en 1985 35 millions, et en 1986 plus de 80 millions de microordinateurs dans le monde, dont plus des deux tiers en Amérique du Nord.Soit plus D UN ORDINATEUR POUR DEUX FAMILLES sur le continent.Il semble invraisemblable que d ici quatre ou cinq ans déjà, chaque foyer nord-américain ait son propre ordinateur.et pourtant, les chiffres montrent que c est loin d être impossible.Surtout que la baisse des prix, qu'on croyait ter-minee il y a quelques mois, se poursuit: aux USA, on peut maintenant se procurer un ordinateur pour 50$.au Canada pour 80$ (à cela ii faut ajouter des accessoires qui font doubler ou tripler le prix réel de la machine).L\u2019exemple des pionniers Il est d ailleurs symptomatique que le magazine américain de protection des consommateurs Consumer Reports consacre une bonne partie de son numéro de septembre aux ordinateurs individuels, un peu comme il le fait cha- que automne pour les nouveaux modèles de voitures! Plus intéressant encore, la publication a demandé à ses lecteurs qui possèdent déjà des ordinateurs une foule de renseignements: combien ils ont payé, pourquoi ils les ont achetés, à quoi cela leur sert, qui dans la famille les utilise.etc.Près de 3 000 personnes ont répondu à ce questionnaire, ce qui représente un échantillon fort intéressant.Cependant, le magazine souligne que ce ne sont pas là des acheteurs moyens, mais des pionniers.qui se sont procuré un ordinateur avant la majorité des gens, qui l'ont payé plus cher que la moyenne, et qui savaient déjà dans bien des cas comment s en servir.C est vrai sans doute, mais il n en est pas moins intéressant de connaître I expérience et les réactions de ces précurseurs et d\u2019en tirer profit, surtout si l on songe soi-méme a acheter un petit ordinateur (le temps des Fêtes approche!).Première constatation, qui rejoint de ce que je mentionnais plus haut au sujet du prix, la grande majorité des acheteurs ont payé, en accessoires et en programmes supplémentaires, plus du double du prix de base de l'ordinateur.Les rares exceptions à la règle sont les propriétaires de petits ordinateurs d affaires (IBM-PC.Osborne, TRS-80 modele III) qui se sont sans doute procuré leur machine pour une application particulière.Ce qu'on peut souligner aussi a ce sujet, c'est que les prix des accessoires et des programmes sont loin de baisser aussi vite que ceux des ordinateurs eux-mêmes.et donc que, paradoxalement, moins I ordinateur que I on choisit est cher, plus le prix des accessoires sera élevé en proportion! Deuxièmement, environ la moitié des ordinateurs achetés sont tombés en panne dans l'espace d un an.Plus le système est cher et complexe, plus il risque de se briser: les élementsjes plus fragiles sont l'unité de disques et l\u2019imprimante.Mais les réparations sont peu coûteuses, la plupart effec-tuees sous la garantie, et moins de 10 p.cent coûtent plus de 100$ USA La plus grande frustration est la durée des réparations: au moins un jour ou deux dans la plupart des cas.une semaine ou plus pour prés du quart Les enfants d'abord En moyenne, les familles qui ont répondu au questionnaire se servent de leur ordinateur une quinzaine d heures par semaine.Cela peut paraître assez peu, mais c est probablement supérieur au temps d usage de l\u2019automobile (qui coûte pourtant beaucoup plus cher) et à celui de la chaîne stéréo, dont le prix est à peu près équivalent.C est moins que la durée d\u2019utilisa-tion de la télévision.Les réponses confirment une chose dont on se doutait bien: ce sont les enfants qui sont les plus gros utilisateurs.Dans neuf cas sur dix, les jeunes de 5 à 17 ans se servent de l\u2019ordinateur, et dans plus d un cas sur trois, les enfants de moins de cinq ans aussi.Quoi qu'il en soit, il ne semble pas y avoir de danger que.comme pas mal de gens le craignent, l'ordinateur ramasse de la poussière dans un coin une fois le premier attrait passé: dans plus de la moitié des cas, les familles s en servent plus, et même beaucoup plus, que prévu.Mais pour quoi s en servent-elles?De fait, les chiffres les plus intéressants ici sont sans doute les réponses négatives: plus de 40 p.cent des gens comptaient s en servir pour I éducation, et seulement un tiers le font; près de 60 p.cent voulaient I utiliser pour les finances familiales, seulement 45 p.cent le font.De même, il semble que l'heure de I ordinateur comme instrument de communication ne soit pas encore venue.Le tiers des acheteurs avaient l intention de s en servir pour cela, et moins du quart le font.A quoi leur sert-il, alors?A faire du traitement de texte, a apprendre la programmation, à apprendre les bases de l\u2019informatique (environ 60 p.cent dans chaque cas).et surtout et partout (plus des deux tiers) a JOUER! emain \u2014 déjà \u2014 le retour au boulot mettra fin à ces vacances merveilleuses.Maintenant assise dans ce train de nuit qui me ramène de Rimouski à Montréal, mon vélo dans le wagon aux bagages, j'ai la tête bourrée d\u2019images et le coeur qui va et vient entre la joie de me retrouver chez moi et la tristesse d'abandonner la route Plus de deux mois se sont passés depuis le départ si appréhendé de ce voyage seule, à bicyclette, de 2500 milles à travers la Nouvelle-Angleterre, les Maritimes et la Gaspésie.Que de chemin parcouru depuis cette nuit où j'avais peine à dormir, obsédée par l\u2019oubli de I objet indispensable.Après tout, ces sacs à vélo devaient être le plus léger possible, tout en contenant ma garde-robe adaptée aux surprenantes conditions que nous réservent généralement nos étés; mon garde-manger et ma cuisinière; ma trousse de toilette et de premiers soins; les outils nécessaires à I entretien et aux réparations mineures de ma bicyclette; et les livres à lire et ceux pour écrire; et mon dictionnaire anglais-français; et ma tente et mon sac de couchage; et la caméra; et le walk man, allouette!.C'est donc avec une quarantaine de livres de bagage et un autre 40 livres d'inquiétude au coeur que je me suis embarquée sur la piste cyclable de la Voie Maritime du St-Laurent.Je partais enfin.Les trois premiers jours se passèrent uniquement à m acclimater au voyage à bicylette.La sortie d\u2019un bureau climatisé avec horaire fixe pour la vie au grand air où plus rien ne presse est on ne peut plus radicale.C'était la Saint-Jean, et j'étais en fête.Un ami m'accompagnait jusqu'à la frontière.Philipsburg d'abord: douanes toujours aussi rébarbatives mais, après, les gens deviendront vite très sympathiques à mon égard.Je roule jusqu'au North Hero State Parksitué sur Grand /s/eau centre du lac Champlain où je me baigne, bravant la pollution sous un coucher de soleil.Ma tente est accueillante et les émotions de cette première journée en solitaire suffisent à m\u2019endormir rapidement.Dès mon réveil, j\u2019apprends ce qui deviendra le rituel matinal, c\u2019est-à-dire réhabiller mon vélo: je le délestais de tous ses sacs de peur de me les faire voler.«C\u2019est préférable», m\u2019avait-t-on dit, même si après quelques semaines je ne prendrai plus cette précaution, préférant simplement vérouiller ma bicyclette et la recouvrir de plastique.Il me fallait ensuite démonter ma tente, et enfin, déjeuner: des gestes quotidiens, des gestes de plein air.Encore aujourd\u2019hui, il fera beau.J\u2019examine ma carte routière; direction sud, je vais me rendre à Boston.Le chemin est magnifique, sans trop de circulation, du moins jusqu\u2019à Winooski, sorte de banlieue MES VACANCES Lyse Savard PLEIN AIR Montreal-Cape Cod bicyclette de Burlington que je traverse divertie par les regards surpris des piétons à mon endroit.«Oh! My God!» s exclamera cette vieille dame.Je m'amuse de passer pour une excentrique alors que pédaler ses vacances est vraiment une façon facile et agréable de voyager.11 s\u2019agit simplement d avoir le temps.Je me retrouve à la campagne devant des paysages ordonnés où les clôtures circonscrivent les couleurs de chacun des champs en plus de séparer les vaches des moutons.J\u2019évite les routes principales et chaque jour me fait découvrir de nouveaux décors.Je passe maintenant d'un lac à l'autre.L été est chaud et je me baigne souvent.Je suis seule et enchantée d être si bien.Mes inquiétudes se sont vite envolées devant la multitude des beaux moments.Je comprends qu'il n\u2019y a que moi pour faire mon bonheur.Je ne suis même plus dupe de mes petits cafards.Tout est là, la nature est sereine.Pourquoi ne pas être heureuse aujourd'hui?Bon, fini la facilité.Arrivent les montagnes Vertes: merveilleuses pour les skieurs, infernales pour les cyclistes.Avant d\u2019attaquer, je prends donc un super-déjeuner, en priant Popeye.Je m\u2019en veux d avoir fumé, après avoir promis d\u2019abandonner cette habitude avant mon départ.Puis c\u2019est parti: 12 milles de montée où je constate \u2014 définitivement \u2014 l\u2019incompatibilité de la cigarette et de la bicyclette.Je répertorie du coup tous mes bagages, me promettant de poster à ma soeur tous les effets non essentiels.Par ailleurs, je suis tombée amoureuse de mon vélo en réalisant à quel point les petites vitesses prévues pour les montagnes me facilitaient la tâche.Enfin Bondville où j'arrête dans un magasin de bicyclette pour acheter un rétroviseur; je m\u2019offre ce cadeau pour avoir si bien travaillé.Une autre récompense m'attendait, exaltante et indescriptible: une interminable descente pleine de surprises: un pont couvert, une cascade et de charmants petits villages.Je longe une rivière jusqu à Bratelboro ou je quitte le Vermont remplie de merveilleux souvenirs.Il fait bon d\u2019y pédaler: les gens y sont cordiaux et même les automobilistes me semblent plus avertis face aux cyclistes.J arrive au New Hampshire que je traverse brièvement par le sud, le temps d\u2019être agacée par une route en construction: nuages de poussière, soleil de plomb.Pas de vent, pas d arbres pour ombrager mon chemin, tout me semble hostile.Ce n\u2019est qu\u2019un mauvais moment à passer.«Tu sais bien Lyse, qu\u2019en vélo, les aventures s enchaînent les unes aux autres et qu\u2019une fois ces malheureux dix milles terminés tu te retrouveras dans un tout autre contexte.» En effet, me voilà pédalant à Townsend, Massachusetts, où je cherche un camping.Un cycliste m'approche et m\u2019offre de planter ma tente sur la terre de son frère située à quelques milles de là.C'est la veille de la Fête de l\u2019Indépendance: il y aura plein d'amis, plein la maison, je suis bienvenue.Je vais voir et si ça me déplaît, je n\u2019aurai qu'à repartir.C\u2019est sympathique.Ils sont drôles ces Américains; jusqu'aux petites heures du matin, ils s'amuseront avec des feux d'artifice.Je tombe de sommeil, on m'offre une chambre et je m\u2019endors confortablement dans un vrai lit.Le lendemain, c'est Boston, la première véritable ville depuis mon départ.Comme dans toutes te s villes, j'ai eu peine à y trouver mon chemin faute d\u2019indications.Pédaler en ville c\u2019est différent: ce n'est pas le temps de regarder le décor.La ville, c'est le pays des voitures.J ai l\u2019adresse d'une amie boston-naise.Ça me rassure car à part les auberges de jeunesse, trouver un logement à prix abordable dans une ville n'est pas toujours facile.Personne n\u2019est à la maison, je m\u2019assois sur le balcon, surprise par les bruits de toutes sortes que laissent entendre les villes l\u2019été.Je resterai quelques jours et je visite en empruntant les pistes cyclables en autant qu elles existent.Un petit tour à Provincetown?Pourquoi pas! Par ici la sortie.Ce n'est pas si simple: pas d accès aux voies rapides qui de toute façon seraient suicidaires et aucune indication concernant les voies secondaires.Enfin, après quelques heures de tournage en rond, je me dirige vers Cape Cod.Je suis déçue: la route est très achalandée et Provincetown qui m avait tellement plu hors saison ressemble maintenant à une foire commerciale Je reviens à Boston par le tra-versier et j'entreprends la montée de la côté américaine.J'y arrive rapidement, ne trouvant aucun plaisir à circuler dans le Maine avec la cohue des vacanciers d autant plus que les campings ressemblent à des parcs de roulottes d'occasion.Je m embarque sur le Nova Sco-tia Prince qui fait la traversée jusqu à Yarmouth en Nouvelle-Êcos-se.Près de dix heures sur ce casino flottant, avec orchestre et tuxe-dos s.v.p.À l'aube, je suis en territoire canadien.Je longe la mer par le sud et la Nouvelle-Écosse m\u2019enchante.Les gens sont d\u2019une hospitalité remarquable et les routes sont tranquilles.Je suis comblée et même Halifax me plaît avec ses jardins et sa citadelle.Je poursuis mon voyage par le sud pour me rendre à Louisbcurg: cette superbe forteresse française conquise par les Britanniques et déguisée maintenant en attrait touristique.C'est tout de même exceptionnel.Je pars ensuite vers l\u2019île du Cap Breton: la Cabot Trai!.Plus de 150 milles de route aux flancs des récifs et des montagnes qui montent et montent sans arrêt.Un spectacle grandiose.Je roule déjà depuis plus d\u2019un mois, donc les montées ne sont pas trop éprouvantes.mais j\u2019ai souvent peine à croire que les sommets puissent être si hauts.Les descentes n'en sont pas moins vertigineuses et je réalise pourquoi tant d\u2019automobi- listes m ont raconté y avoir brûlé leurs freins.Et d une journée à l\u2019autre, je rencontre les mêmes cyclistes embarqués dans la même aventure.Je voyage alors avec un grand Américain dont j'apprécie la compagnie car nous roulerons sans compétition et nous rirons beaucoup.Je reviens vers l\u2019Est, accueillie par le large sourire électoral de Brian Mulroney affiché sur tous les poteaux de téléphone.J emprunte le ferry à Pictou pour traverser à l lle-du-Prince-Édouard.Après tant de montagnes je me régale enfin de routes vallonnées, bordées de plages magnifiques.Au retour vers le Nouveau-Brunswick, je réalise que les vacances arrivent à leur fin.Arrivée à Moncton je ris de m ètre précipitée vers la cofe magnétique en constatant à quel point nos manuels scolaires ont exagéré les dimensions de cette petite colline de terre battue.Ce sont plutôt les Aca-diens qui m'ont retenue, par leur dynamisme.Séduisants qu ils sont les Acadiens.Je passe quelques jours à les connaître.Mon horaire est chambardé et je dois prendre le train jusqu'à Bathurst.De là.je roule jusqu\u2019à Campbellton d où je vois les côtes du Québec se profiler.de l'autre côté de la Baie des Chaleurs.Retour au Québec: je m'émerveillerai sans cosse en pédalant la Gaspésie.Pourtant les nuits sont froides et j'ai un vent de face qui me ralentit considérablement.Rimouski: demain on m'attend au bureau.À quelle heure part le train pour Montréal?Et me voilà installée.Plus de deux mois se sont passés, une femme à bicyclette?Non.je n\u2019ai pas eu peur.Quelques rares remarques désagréables mises à part, tout s'est bien déroulé.Quelques crevaisons, quelques orages, beaucoup.de chance et de soleil dans mes rayons.J\u2019aurais aimé continuer à rouler avec tous ces autres cyclistes amoureux de la route rencontrés sur mon chemin: Robert, Nancy, Paul.René, Laureen.Jackie, Jerry.\tO PLUS, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 13 PLUS, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 L\u2019herpès galope toujours! i Dr Gifford Jones f SESOIGN n reste-t-il qui ne l'ont pas attrapé encore?Combien appréhendent contacter cette maladie un jour ou l'autre, s ils ne l\u2019ont pas déjà en latence?Semaine après semaine, des lecteurs inquiets m'écrivent pour me demander de plus amples informations au sujet de l'herpès Voici quelques exemples parmi les Questions les plus fréquentes.Les explications sauront, je le souhaite, remédier aux erreurs d interprétation courantes et apaiser les angoisses qui accompagnent si souvent cette maladie Comment reconnaît-on être atteint d'herpès?Dans 95 p.cent des cas, les premiers symptômes sont typiques.Entre deux et dix jours après être venu en contact avec le virus, des vésicules rouges apparaissent sur la peau.Piquantes, parfois douloureuses, et remplies d un liquide transparent, ces cloques se rompent quelques jours Claire Dutrisac près certains CLSC, I équipe de tiavailleurs sociaux de r Hôtel-Dieu de Montréal, huit femmes et un homme, contestent certains aspects du formulaire a remplir poür «placer» une personne âgée en centre d accueil.Selon I Equipe, la «grille unique» comme on appelle ce nouveau formulaire, dans le milieu, laisse passer trop de cas psychosociaux comme du sable entre les doigts.L aspect médical est principalement considéré; une directive privilégie la personne qui requiert une heure et demie de soins infirmiers.Or, affirme l\u2019Equipe, il existe des situations où la personne âgee doit, de toute évidence, vivre au centre d accueil sans nécessiter autant de soins de nursing.Des exemples Mme X, 78 ans, est diabétique.Deux fois, intoxiquée par la digitaline, elle est amenée a l'urgence.Hospitalisée, elle est traitée puis transférée dans la section «hébergement» de l\u2019hôpital.Celibataire, elle vit seule dans un appartement de trois pièces Elle n a qu'une nièce mariée, qui a des enfants.Ses pertes de mémoire causent l'intoxication.Elle est déprimée, plus tard et donnent naissance à des ulcères.Puis, apparaissent ensuite des croûtes qui tombent au bout de deux ou trois semaines.Le diagnostic de I herpès Simplex s'avère d autant plus facile lorsque les récidives sont fréquentes.Ordinairement, une première poussée s accompagne de fièvre, de maux de tête, de douleurs musculaires et de malaise général.Comment être sûr du diagnostic?Une analyse de sang n'est pas suffisante.Un résultat positif révèle certes la présence du virus, mais elle peut dater de plusieurs années sans qu\u2019il y ait eu récidive.Aussi, une culture des cellules s\u2019impose-t-elle comme la seule méthode de diagnostic sûre.L\u2019herpès se communique-t-il à travers une peau saine?Oui, parce que même sans lé- A VIEILLIR parle de mourir.Il est évident qu'elle ne peut demeurer seule.Mais elle est trop autonome, la norme ne s'applique pas.Son cas sera rejeté par le comité d allocation.Un autre exemple.Mme Z, 87 ans, même histoire d intoxication.Elle vivait avec un frère de 79 ans et une soeur de 80 ans.Mme 2 décide qu\u2019elle en a assez tait pour sa famille et souhaite que son frère, pas autonome, et elle-même soient dirigés vers un centre d accueil.Mais Mme Z ne demande que 1.05 heure de soins infirmiers.Elle sera refusée.«Quand on a 80, 85, 90 ans, qu\u2019on souffre de pertes d équilibre, qu\u2019on habite un troisième eta-ge, qu'on ne peut descendre un escalier, qu\u2019on vit dans la peur.on ne nécessite pas 1.30 de soins infirmiers.mais on a besoin du centre d accueil.Des cas comme ceux-la, on pourrait en citer plusieurs.» Et la famille d'accueil?J\u2019ai posé la question.On riposte: «Les gens âgés ne veulent pas de la famille d accueil, qui.d ailleurs, a notre avis, n est pas adéquate.Les cas sont trop lourds.Dans le bas de la ville, il y en a peu.» Une autre confirme: «Les gens âgés repugnent a se mettre à sions, la peau et les membranes muqueuses des parties génitales sont suffisamment poreuses pour laisser filtrer le virus.Une fois atteint d\u2019herpès, peut-on s\u2019infecter davantage?La présence du virus dans l\u2019organisme ne constitue pas une immunité totale.Au contact d une autre personne également herpétique.il est donc possible d accroître sa propre quantité virale.Bien que les opinions des spécialistes soient partagées quant à l\u2019importance de ce surcroît, d\u2019aucuns soutiennent qu\u2019il ne suscite pas de rechute, le sens commun commande de s'abstenir de relations sexuelles pendant une poussée de la part de l'un ou l'autre des partenaires.À quelle fréquence, et a combien de rechutes doit-on s\u2019attendre?Nul ne saurait le prédire.Mais.enfin de bonnes nouvelles.Jusqu\u2019à 50 p.cent des victimes n\u2019accusent jamais de récidive à leur première attaque, et chez bon nombre d autres, les lésions ne surviennent que très occasionnellement.Il appert que seulement entre 25 p.cent et 40 p.cent des herpétiques souffrent de rechutes à répétition.Dans certains cas, les vésicules réapparaissent une fois l'an; d'autres, moins chanceux, les ont périodiquement aux six mois, voire mensuellement chez quelques femmes.Quel traitement appliquer sur les ulcères?Des compresses froides, une solution de bétadine et une lampe à infrarouge atténuent la douleur et le fourmillement.Il faut aussi garder la région propre et éviter de gratter ou de frotter les érosions, ce qui provoqueraient des infections bactériennes secondaires propices à propager le virus à d'autres parties du corps.Se laver les mains fréquemment, mais plus important encore, il faut se garder de contaminer les autres en supprimant toutes relations sexuelles L\u2019herpès cause-t-il le cancer?Il ressort de plusieurs études que les femmes atteintes d'herpès génital sont sujettes au cancer du col de l'utérus.Toutefois, il n'existe pas de preuves absolues impliquant que les cellules herpétiques se transformeraient en tumeurs cancéreuses.Par prudence, cependant, on recommande à celles qui souffrent d'herpès de subir un test de Pap régulièrement.En comparaison aux autres maladies transmises sexuellement, I herpès est une affection bénigne.Plus ennuyeux que dangereux, il ne doit pas pour autant être méprisé ou pris à la légère, car il peut devenir la porte d'entrée à de multiples difficultés, notamment des problèmes avec la vue et des infections cérébro-spinales.Nous reparlerons de ces affections la semaine prochaine.\t?Trop de cas entre deux chaises la merci d un couple.Ils préferent une grosse bâtisse où tout le monde est traité de la même façon.C'est un milieu plus neutre.Certains acceptent, beaucoup refusent.» Et n est-ce pas reculer pour mieux sauter?Dans deux ou trois ans, ces personnes devront quitter la famille d accueil pour le centre.Ce sera un autre déracinement.L Equipe crie sa frustration.«Nos recommandations ne sont pas lues ou du moins ne sont pas prises en considération.Alors, à quoi bon dire aux gens qu ils ont le choix quand on décide pour eux, sans tenir compte de leurs désirs?C est odieux!» Est-ce qu'on peut évaluer les cas de contusion mentale en termes de nursing?Qu on pense seulement.aux risques de feu qu'ils courent et font courir à l'entourage.Et les vieux alcooliques?Quand on les retourne chez eux, ils boivent a nouveau, ne mangent pas.et on les voit revenir.«On parle des droits des personnes âgées.Nous, on est obligés de leur présenter la réalité.» Et la sectorisation ajoute à ces contraintes.Des questions inutiles La «grille» pose dans beaucoup de cas des questions inutiles, comme «fumez-vous?Portez-vous un dentier, avez vous de I appétit?Que mangez-vous?».«Ces questions n ont pas de rapport avec la nécessité d un placement! Un bon résumé de dossier, comme autrefois, suffirait.On passe deux ou trois heures à poser ces questions pour apprendre à la malade, quelques mois plus tard, qu elle est refusée.Souvent, leur logement a été vidé et fermé.Nous sommes devant un fait accompli!» Le critère «nursing» La «grille unique» constitue une bonne formule administrative mais le critère «nursing» forme une barrière à tous les cas psycho-so-ciaux et laisse de côté le point de vue social et humain.«Il nous faut prouver que le maintien à domicile est impossible.Que pensez-vous de ces services qui, durant tout cet été.n'assuraient qu'un bain par semaine?» Critique importante, une personne est hospitalisée depuis trois mois.Son état n est plus le même.Dans le questionnaire, on parle au présent d une situation passée!» Et qui risque de redevenir semblable à elle-même cependant, ou qui peut être encore plus détériorée.Pour bien établir la distinction entre I aspect, médical et l'aspect social, on me raconte l'histoire d une femme de 90 ans qui fait de fréquentes hémorragies rectales.Elle a mal a un pied mais peut marcher, se lave seule, et est lucide.Le médecin écrira que «son état général est parfait»! Mais elle veut aller au centre d accueil.Elle ne veut pas aller en famille d accueil qu'elle devra quitter quand elle tombera malade.Elle ne veut pas déménager deux ou trois fois.«Je ne sais même plus quoi dire a cette femme dont le cas sera refusé.» avoue la travailleuse sociale.Car elle n'exige pas suffisamment de soins de nursing.A 90 ans.on la retournera chez elle.ou elle demeurera à l'hôpital.L Equipe affirme qu'elle va tenter de remplir le nouveau formulaire requis et de plaider la cause de ses clients.Entendra-t-on ses plaidoyers?Mais en plus de ces doléances, les travailleurs sociaux de IHotel-Dieu ont a faire face a un autre problème qui leur est particulier.J en parlerai samedi prochain.En attendant, je souligne le courage de cette Equipe qui ne craint pas de dire la vérité à la population qu elle sert.\trj Samedi prochain: Une situation difficile pour I Hôtel-Dieu r Antoine Désilets V.Je suis «dopé» ranchement, M.Desilets.vous pourriez être plus sérieux, non?A-t-on idée de «déconcnsser» un pauvre petit poney comme ça, juste pour se faire remarquer dans les journaux?Si Green Peace ou la S.C.P A vous tombent sur le dos.ce sera bien votre faute!» Eh oui! C'est mon côté cabotin, insolent, désopilant et autres trucs en «lant» qui montre ainsi le bout du nez.Car ne trouvez-vous pas bizarre, lecteurs estimables quoique choqués, qu'une tète de cheval se présente ainsi à vous, au beau milieu d'un champ, sans corps ni rien d autre pour la soutenir, et se mette à vous regarder tranquillement dans les yeux, comme si de rien n'était?Je lui ai demandé de sourire mais elle n'a pas réagi.Comprends pas! Parce que si les têtes de cheval «libres» que l'on rencontre habituellement dans la nature sont à l'état squeletti-que, celle-ci est par contre bien vivante! Y a rien de parfait! C'est comme le métier: si je pouvais faire une photo drôle ou, au moins, une drôle de photo, chaque fois que je mets l'oeil à I oeilleton (l'endroit de I appareil où l'on voit l image de ce que l\u2019on photographie), je serais tellement plus heureux.Mais le Monde se prend bien trop au sérieux pour me donner cette chance! Et c'est là le drame de toute ma vie à moi, qui ne suis pas encore sorti de I enfance.Jeanine me le répète chaque jour: «Sois donc plus sérieux! T'agis comme un enfant! À 55 ans, tu penses pas que.» Et elle a raison: je m émerveille encore comme un jeune «flô» devant toutes ces choses bizarres que font les adultes vraiment sérieux.en face desquelles je n'arrive pas à garder le mien, de sérieux! Et puis autant vous l'avouer: je suis un «dopé» de la drôlerie! J'aime ça et j en redemande: je lis Foglia dans La Presse, après avoir ri de la caricature de Girerd et juste avant de savourer mon café en suivant les aventures dessinées de mon cher Candide.Je lis CROC de fond en comble, j adore Drum-mondville, j'écoute le Benny Hill Show en reprise et en re-reprise et je m'endors en riant juste à penser a ce que Guy Fournier a écrit dans le dernier PLUS.Vous n'aurez donc pas de difficulté à comprendre que s'il m arrive de faire des photos sérieuses, c est que j\u2019ai comme tout le monde des périodes «down».sauf que moi, c\u2019est juste des périodes! Et mon petit poney?Il a tout simplement, vous l'aviez deviné, passé à travers un objectif très grand angle, un 18 mm, que j'ai mis à 45 centimètres de sa tète.L exagération apparente de la perspective qui en a résulté a «caché» le reste du corps de ranimai derrière sa propre tête, ce qui l'a rendu invisible sur l'image finale.La pellicule originale est du Kodachrome 64, exposé 1/250 de seconde a f/8 et transmué du monde de la couleur à celui du noir et blanc.Il n'y a même pas là, vous le voyez bien, de quoi fouetter un photographe!\ti\tJ yf PLUS, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1 983 15 PLUS, MONTRÉAL, SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983 Mario Masson POUR ÉCOUTER Plume et Offenbach à fond d\u2019train amedi 1 7 septembre.Plume et Offenbach au iForum de Montréal.Hum! J'en suis encore tout abasourdi, de ce spectacle, non seulement parce que la muraille sonore érigée par Plume et Offenbach était d une solidité a toute é-preuve, mais surtout parce que le professionnalisme de ces groupes n avait rien, mais alors rien, à envier aux monstres sacrés du show-bizz américain ou britannique comme Police ou Roxy Music.Sonorisation impeccable et super efficace, jeu de scène superbement planifié, et les éclairages, arrogants ou subtils, selon que les chansons se voulaient langoureuses ou débridées.Et que dire de la musique?^ Offenbach! Plume! J\u2019y allais à reculons, à ce gros show, à cette communion ou des milliers de fidèles avaient rendez-vous.D abord à cause du Forum, gros congélateur impossible à enterrer, qui souffre de son gigantisme quand vient le temps de Ihabiter.Mais samedi, il en allait tout autrement, il paraissait presque intime, chaleureux.On y brûlait les encens assassins avec ferveur, en cette cathédrale moderne, en piaffant d'impatience.Une vraie réunion de famille, aux allures de rassemblement charismatique.Et avec Plume et Gerry comme grands-prétres.Le premier, qui titube sur scène, rote, pète, décape à grands coups de gueule et de langue javélisée les travers du Québec.Il s étouffe dans sa barbe de clodo, piétine allègrement ses 40 ans et fait les yeux gros à la foule, fascinée, qui se marre, se dilate la rate.It s so good! Et dans une langue qu elle comprend.Langue chargée, large comme une queue de castor, râpeuse, qui claque comme un drapeau, à cheval sur le jouai, qu elle chevauche avec aisance, pour conter la ville, l est de cette ville de y'ousque Montréal devient Mon-rial.Alors que la brume du petit matin sent l'alcool et la dope.L\u2019histoire du gros «torieu» et de la petite «vin-yenne», de la force brute, de la tendresse bourrue, et du glamour de l'amour à 40$ la passe, vite fait.Pure décharge d\u2019émotions scandée par les halètements de désir inaltérable, partout les mêmes, Westmount ou le Plateau.Plume dresse un rapport d autopsie, à la fois froideur clinique et chaleur cynique, sur notre petit monde, bourgade isolée et si proche de tout, dans le nord du continent américain.Plume, c\u2019est l entertainer, qui assène ses vérités avec la gentillesse d un char d assaut et livre ses pensées, spe-cial delivery, avec une bonne humeur redoutable.Le public trépi- gne, gesticule, tape du pied.Plume active la chaudière, embraye la locomotive et la lance sur ses rails.Puis vient Offenbach.La tonne de briques, un rock-n-roll de rouleau compresseur, puissant, nerveux.qui roule au quart de tour Le tuning.Madame.V faut Que ie te jouse un càlinne de blues.La précision d une mécanique bien huilée.Zimbabwe.Percussion robuste qui habite I âme.Et toujours la voix suave de Gerry qui écorche les oreilles, s\u2019y incruste avec véhémence pour chanter la vie, celle de tous les jours quand les oranges pourrissent sur la table, que les sacs verts s\u2019empilent dans la cuisine, qu\u2019un chandail rouge s amourache d\u2019une poignée de porte et s\u2019y pend pour la nuit.Et pendant que Gerry cisèle de sa voix rauque le quotidien des choses, le batteur nous tanne la peau en martelant les siennes.Puis les guitares s empoignent; la Gibson ruisselle de riffs éclairés déposés jovialement dans la trame mélodique alors que la Fender se fend d'un solo robuste et que s\u2019éleve sa sonorité de broche à clôture présentée comme l'un des beaux-arts.La basse louvoie entre la batterie et le clavier, se taille une place respectable et tapisse le rock-n-roll d une pulsion compressée, oppressante, comme un ser- Situation chaotique à la FIDE oins d'un an après son élection à la tète de la fédération internationale des Échecs (FIDE), le Philippin Florencio Campoma-nes aura réussi à placer son organisation (et le monde des échecs) dans une situation chaotique comme elle n'en avait jamais connu.Le 6 août dernier, à Pasadena en Californie, Victor Korchnoi était proclamé vainqueur par forfait au dépens du brillant jeune GM soviétique Garri Kasparov.Puis, trois jours plus tard, l'autre demi-finale des matchs de candidats se décidait de façon semblable: victoire du Hongrois Ribli par disqualification de lex-champion du monde Smyslov.Ces tristes événements qui privaient les amateurs d echecs du monde entier de rencontres passionnantes étaient a prévoir depuis plusieurs semaines C'est la désignation du site de ces matchs
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