Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

La presse, 2010-10-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" CARICATURE L\u2019ACTUALITÉ VUE PAR CHAPLEAU PAGE 4 EN EXCLUSIVITÉ LES RISQUES DU STATU QUO : UN LIVRE D\u2019ENTRETIENS AVEC GILLES DUCEPPE PAGE 5 PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES LES NÉGOCIATEURS Octobre 1970.Le FLQ frappe: deux enlèvements, un assassinat.Une crise sans précédent bouleverse le Québec.Au milieu de la panique, un homme, Robert Demers, mandaté par le premier ministre Bourassa pour dénouer l\u2019impasse.Cet été, il a raconté à la journaliste MichèleOuimet les dures négociations qui ont entouré la libération des otages.La petite histoire derrière la grande.À LIRE EN PAGES 2 ET 3 PHOTOMONTAGE DANIEL RIOPEL, LA PRESSE AUSSI À LIRE EN PAGE 6 : OCTOBRE ET L\u2019ARMÉE BLOGUE Ariane Krol commente le rapport du Protecteur du citoyen sur le système de santé sur cyberpresse.ca/edito PHOTOS Découvrez notre sélection des meilleures photos insolites du mois de septembre sur cyberpresse.ca/photosinsolites CHRONIQUES Lisez ou relisez tous les textes de nos chroniqueurs sur cyberpresse.ca/chroniqueurs MONTRÉAL SAMEDI 2 OCTOBRE 2010 INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT AUx INfOlETTRES DE Tous les vendredis, recevez L\u2019ESSENTIEL DANS votre courriel bLOGUES RECETTES RESTaURaNTS SUGGESTIONS DE SORTIES CHRONIQUES SUR LES VINS PaS DE TEmPS?à COURT D\u2019IDéES?www.cyberpresse.ca/mesinfolettres 13 PLUS MICHÈLE OUIMET La première rencontre entre Robert Demers et Robert Lemieux s\u2019est déroulée dans une cellule du quartier général de la Sûreté du Québec.Les deux hommes venaient d\u2019être nommés négociateurs : Robert Demers par le gouvernement Bourassa, Robert Lemieux par le FLQ.Leur mandat : dénouer la crise et libérer les otages.Difficile de trouver deux hommes plus différents.Robert Demers, avocat spécialisé dans la finance, militant libéral, conseiller juridique et ami du premier ministre Robert Bourassa, est reconnu pour son calme légendaire.Robert Lemieux, avocat, défenseur de la veuve et l\u2019orphelin, partisan felquiste et farouche indépendantiste, a été emprisonné la veille pour entrave à la justice.Il est survolté par la crise qui secoue le Québec.Les deux sont jeunes.Robert Demers vient tout juste d\u2019avoir 33 ans.Robert Lemieux a 28 ans.C\u2019est entre leurs mains que le FLQ et le gouvernement remettent le sort des otages.Robert Demers n\u2019a jamais mis les pieds dans une prison.Lorsqu\u2019il arrive au quartier général de la police, rue Parthenais, pour rencontrer Robert Lemieux dans la cellule où il est détenu, il a un choc: «J\u2019avais l\u2019impression d\u2019être dans une cave, la lumière était glauque», raconte-t-il.On est le 12 octobre 1970.Un lundi.Le Québec nage en plein drame.Une semaine plus tôt, le 5 octobre, le FLQ a enlevé James Richard Cross, un diplomate britannique, et, le 10 octobre, le ministre Pierre Laporte.Du jamais vu.Le Québec vit une des pires crises de son histoire.La rencontre entre les deux négociateurs est brève.Lemieux sera libéré, promet Demers.Prochaine réunion: le lendemain, mardi 13 octobre, au bureau du premier ministre dans l\u2019édifice d\u2019Hydro-Québec.Robert Demers se souvient des événements d\u2019octobre avec une netteté étonnante.Je l\u2019ai rencontré cet été, dans sa maison du centre-ville.Assis droit sur une chaise, de fines lunettes perchées sur le nez, il raconte «sa» crise d\u2019Octobre.Il se lève parfois pour fouiller dans ses notes, vérifier une date ou un nom.Le mardi 13 octobre 1970, donc.Robert Demers et Robert Lemieux passent trois heures ensemble.Seuls.Ils ne prennent pas de notes.«Je lui ai posé une première question, se rappelle Robert Demers: «C\u2019est quoi, le FLQ?» Il a répondu pendant deux heures sans arrêt.J\u2019ai été incapable de placer deux mots.» Le FLQ avait une longue liste de revendications, dont la libération de 23 prisonniers politiques, un sauf-conduit pour Cuba ou l\u2019Algérie et une somme de 500 000$.Lorsque Lemieux parle d\u2019argent, Demers sursaute.«Je lui ai répondu: «Est-ce que tu penses sérieusement que le gouvernement va te donner 500 000$?Voyons donc!»» Le long tête-à-tête ne se passe pas très bien.Robert Demers est agacé par le ton «exalté» de Lemieux: «Il était excité, énervé, très verbomoteur.Il vivait un gros trip.Il s\u2019imaginait qu\u2019il pouvait faire chanter le gouvernement.» Les deux hommes décident de ne faire aucune déclaration publique et de publier un communiqué laconique, rien de plus.Après la rencontre, Robert Demers file à l\u2019hôtel Reine Élizabeth, où le premier ministre Robert Bourassa a établi son quartier général et attend son compte rendu.«Toute cette histoire me semblait incroyable, loufoque, ridicule.Robert Bourassa pensait comme moi.Il était inquiet pour Cross et Laporte, mais impressionné?Pas du tout.Personne ne pensait que ces gens-là étaient sérieux.Et personne ne croyait que Cross ou Laporte serait assassiné.«Je venais de dire à Robert Bourassa qu\u2019il n\u2019y aurait aucune sortie publique et là, je me retourne, et qu\u2019est-ce que je vois?Robert Lemieux en train de donner un point de presse où il fait des déclarations à l\u2019emporte-pièce.Pire, il raconte le contraire de ce qui a été dit pendant notre rencontre.» « Je l\u2019ai appelé : «Robert, on ne peut pas fonctionner comme ça.» Il m\u2019a répondu: «J\u2019ai changé d\u2019idée.» Qu\u2019est-ce que vous vouliez que je lui dise?» Le lendemain, mercredi 14 octobre, Lemieux et Demers se rencontrent de nouveau.Le climat est tendu.Demers est échaudé, Lemieux « surexcité ».« Il n\u2019avait pas l\u2019air d\u2019avoir dormi, il était dans un état de surexcitation, affirme Demers.Il vivait l\u2019affaire de sa vie.» Robert Demers suggère qu\u2019il y ait un intermédiaire à la libération des otages pour éviter les bavures.Il propose la Croix-Rouge, ou encore un représentant du gouvernement cubain ou algérien.À la fin de la rencontre, ils décident encore une fois d\u2019éviter toute déclaration publique.«Dès que Lemieux sort de la réunion, il convoque une conférence de presse, raconte Demers.Selon lui, j\u2019aurais exigé que deux membres du FLQ se constituent prisonniers.Je n\u2019ai jamais dit ça ! Il se moquait de moi et du gouvernement en m\u2019attribuant une idée aussi saugrenue!» «Je l\u2019ai appelé.Encore! Je lui ai dit : «Ça ne peut plus continuer.» Il m\u2019a répondu: «J\u2019ai un entourage, ce n\u2019est pas moi qui décide.» Plus tard, j\u2019ai su que cet entourage était constitué du sympathisant communiste Charles Gagnon et du syndicaliste Michel Chartrand.» Le jeudi 15 octobre, Robert Bourassa part pour Québec.L\u2019Assemblée nationale doit adopter une loi d\u2019exception pour forcer le retour au travail des médecins spécialistes, qui se rebiffent contre l\u2019entrée en vigueur de la loi qui crée l\u2019assurance maladie.Robert Lemieux accepte de se rendre à Québec pour poursuivre les discussions.Demers l\u2019attend.En vain.Nouveau coup de fil.«Il me donne la même réponse, dit Demers.Ce n\u2019est pas lui qui décide et il a un entourage.J\u2019ai dit à Robert Bourassa qu\u2019il n\u2019y avait plus rien à faire avec Lemieux.» Les négociations sont rompues.Définitivement.Les deux hommes ne se reverront plus.Pendant ce temps, la crise s\u2019emballe : 8000 soldats débarquent au Québec.LES NÉGOCIATIONS SECRÈTES PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Robert Demers, president de la CVMQ PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Robert Lemieux 5OCTOBRE 1970 À 8h15, le délégué commercial britannique James Richard Cross est enlevé à son domicile de Westmount par un groupe d\u2019hommes armés appartenant à la cellule Libération.6OCTOBRE 1970 Le gouvernement fédéral rejette les demandes du FLQ, mais lui propose de négocier.Dans une lettre, M.Cross implore le gouvernement de répondre aux demandes du FLQ.7 OCTOBRE 1970 Les forces de l\u2019ordre arrêtent 30 personnes au Québec.Le ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette, se dit prêt à négocier la libération du diplomate britannique.8OCTOBRE 1970 Le gouvernement autorise la lecture intégrale du manifeste du FLQ sur les ondes de Radio-Canada.«Le Front de libération du Québec veut l\u2019indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les «big boss» patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse gardée du cheap labor et de l\u2019exploitation sans scrupules », débite à l\u2019écran le lecteur Gaétan Montreuil.10 OCTOBRE 1970 Le ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette déclare que son gouvernement refuse toute négociation avec le FLQ.Il offre toutefois aux ravisseurs une porte de sortie vers l\u2019étranger en échange de la libération de M.Cross.Peu après, vers 18h, son collègue Pierre Laporte, ministre du Travail et de l\u2019Immigration, est enlevé devant sa maison de la rue Robitaille, à Saint- Lambert.Cette fois, les ravisseurs appartiennent à la cellule Chénier.11 OCTOBRE 1970 Placé dans une poubelle de la station de métro Peel, un communiqué de la cellule Chénier prévient que le ministre Laporte sera exécuté une semaine plus tard si les exigences du FLQ ne sont pas satisfaites.Dans une lettre, Pierre Laporte supplie Robert Bourassa de le sauver.13 OCTOBRE 1970 Interrogé par un journaliste qui lui demandait jusqu\u2019où il était prêt à aller pour mater la crise, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, lui réponds son fameux «Just watch me».OCTOBRE 1970/CHRONOLOGIE PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE James Richard Cross Personne pensait que ces gens-là étaient sérieux.Et personne ne croyait que Cross ou Laporte serait assassiné.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 2 OC T O B R E 2 0 1 0 PLUS Dans la nuit du 16 octobre, le gouvernement federal proclame la Loi sur les mesures de guerre, qui donne des pouvoirs extraordinaires a la police.Pres de 500 personnes sont arretees et jetees en prison.Le 17 octobre, la nouvelle de la mort de Pierre Laporte seme lfincredulite et la stupeur.Il reste un otage: James Richard Cross.Le gouvernement est pret a tout pour le sauver.¡¡¡ Le 3 decembre, a 8h du matin, Robert Demers recoit un appel de la Surete du Quebec.On sait ou Cross est detenu: au 10 945, rue des Recollets, a Montreal-Nord.Son garde du corps vient le chercher.Ils filent a toute vitesse au quartier general de la SQ.Les felquistes savent qufils sont cernes.Ils lancent un tuyau par la fenetre.A lfinterieur, un communique.Ils sont prets a discuter.Ils designent un negociateur, lfavocat BernardMergler, connu pour ses sympathies communistes.Mergler aussi recoit un appel de la SQ a 8h du matin.Et lui aussi se retrouve au quartier general.Demers negocie pour le gouvernement, Mergler pour les felquistes.En principe.áEtes-vous pret a representer le FLQ?â lui demande Robert Demers.áAbsolument pas!â repond Mergler, qui explique qufil ne veut pas aider une organisation criminelle ni etre accuse de complicite.Il ajoute qufil nfa aucune sympathie pour les felquistes, lui, le juif anglophone.Il a 55 ans et sa sante est mauvaise.Lfaventure ne le tente pas.áSi on ne negocie pas, il faudra utiliser la force et il risque dfy avoir des morts â, plaide Demers.Mergler nfen demord pas.Cfest lfimpasse.Cross est detenu depuis deux mois au 10 945, rue des Recollets.La maison est cernee, lfheure est grave.Mergler jure qufil nfa jamais ete consulte par le FLQ.Mais il a une idee.Il est pret a representer le gouvernement cubain, qui est un de ses clients.Les felquistes veulent un sauf-conduit pour Cuba.Ca devrait fonctionner.Les deux hommes partent sur-lechamp au consulat cubain.áCfetait kafkaien, raconte Demers.Une piece minimaliste aux murs blanchatres, deux ou trois chaises, un comptoir vide et une camera.â Pendant que Mergler discute avec les Cubains, Demers attend, seul, dans cette piece minuscule, devant la camera qui le fixe.Il a epuise sa reserve de cigarettes.Le temps sfecoule lentement.Une heure, puis deux.Mergler reapparait enfin.áIls nfarrivaient pas a joindre Raul Castro (le frere du president Fidel), explique-t-il.Il nfetait pas a son bureau.Ils lfont trouve.Il accepte.On peut y aller!â Mergler et Demers arrivent rue des Recollets.áLa scene etait dantesqueâ, dit Demers.Unmillier de soldats bouclent le pate de maisons, des tireurs dfelite postes sur les toits pointent leurs fusils sur le 10 945.Et des badauds, beaucoup de badauds, inondent les trottoirs.Mais avant de negocier, Demers doit trouver un telephone pour parler au premier ministre.Cfetait avant lfinvention du cellulaire.Les policiers cognent a la porte de la maison situee en face du 10 945.áPardon, madame, pouvons-nous utiliser votre telephone?demande un policier.M.Demers doit parler au premier ministre pour negocier la liberation dfun otage.â La dame accepte et prepare du cafe.Cfest dans cette cuisine que Robert Demers tiendra le premier ministre au courant des negociations les plus delicates de lfhistoire du Quebec.Bernard Mergler entre au 10 945.Il en ressort avec une demande inattendue.Non seulement les felquistes veulent un sauf-conduit pour Cuba, mais ils exigent aussi qufun journaliste les accompagne jusqufa La Havane.Ils ont un nom: Claude Ryan (directeur du Devoir).Demers prend le telephone et appelle Robert Bourassa.La ligne est occupee.Il peste.Il appelle la telephoniste de Bell.áDegagez-moi cette ligne, et vite!â ordonne-t-il.Il a finalement Robert Bourassa au bout du fil.áTrouve-moi Claude Ryan!â Dix minutes plus tard, Ryan lfappelle.Demers lui explique la demande des felquistes.áIl y a eu un silence dfau moins 30 secondes.Jfai dit : áM.Ryan, etes-vous toujours la?â Il mfa repondu: áJe ne veux absolument pas aller a Cuba ni faire affaire de quelque facon que ce soit avec eux.â Demers insiste: áVous realisez que je negocie la vie de M.Cross.Etesvous certain?â Ryan est categorique: cfest non.Mergler retourne dans la maison des ravisseurs.En peu de temps, tout est boucle.Cross, Bernard Mergler et les ravisseurs .Jacques Lanctot, Marc Carbonneau et Yves Langlois .sortent du garage dans une Chrysler grise et filent vers Terre des hommes, puis vers Dorval et Cuba.Robert Demers suit lfoperation de pres et appelle Robert Bourassa, puis les ministres de la Justice a Ottawa et a Quebec.Il leur annonce la bonne nouvelle : Cross est libere.¡¡¡ Robert Demers se leve, range methodiquement ses papiers et passe la main sur son front pour chasser la moiteur.La canicule.Il est etonnamment alerte pour ses 72 ans.Jamais Bourassa et lui nfont reparle de la crise dfOctobre.Cfetait devenu entre eux un sujet tabou.Pourtant, ils etaient bons amis.áCfetait inutile, on avait une vie devant nous, explique M.Demers.On voulait passer a autre chose.â Quarante ans se sont ecoules depuis la crise dfOctobre.En depit du temps, les souvenirs restent frais a sa memoire.Plusieurs acteurs de la crise dfOctobre sont morts : Bernard Mergler en 1975, a lfage de 60 ans; Robert Bourassa en 1996 (63 ans) ; Charles Gagnon en 2005 (66 ans) ; Robert Lemieux en 2008 (66 ans) ; Michel Chartrand en 2010 (93 ans).James Richard Cross, lui, est toujours vivant.Il coule des jours paisibles en Angleterre.Il a PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Decouverte du cadavre de Pierre Laporte dans le coffre dfune voiture abandonnee pres de lfaeroport de Saint-Hubert.15 OCTOBRE 1970 Le gouvernement de Robert Bourassa demande lfaide des Forces armees canadiennes pour appuyer la police locale et proteger des personnalites et des edifices gouvernementaux au Quebec.Les soldats debarquent en masse dans les rues de Montreal.16 OCTOBRE 1970 A 4h du matin, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, decrete la Loi sur les mesures de guerre.Afin de mater une áinsurrection apprehendeeâ, le gouvernement adopte un decret permettant a la police dfarreter toute personne soupconnee dfavoir des liens avec le FLQ.Pres de 500 personnes sont arretees.17 OCTOBRE 1970 Le cadavre de Pierre Laporte est trouve dans le coffre dfune voiture de marque Chevrolet a Saint- Hubert, pres de lfaeroport militaire.La cellule Chenier revendique cet assassinat, qui seme la consternation au Quebec.Le capital de sympathie dont beneficiait le FLQ sfenvole en fumee.Les felquistes sont traites de ábande dfassassinsâ par Pierre Elliott Trudeau et df áetres inhumainsâ par le chef du Parti quebecois, Rene Levesque.19 OCTOBRE 1970 Cinq mille personnes defilent devant le cercueil de Pierre Laporte, expose dans le hall du nouveau palais de justice de Montreal.6 NOVEMBRE 1970 Le lieutenant-detective Julien Giguere, de la Section anti-terroriste (SAT) de la police de Montreal, recrute Carole Devault, une jeune etudiante en histoire de lfUQAM.Elle devient informatrice.Son matricule: SAT 945-171.Son nom de code: Poupette.3 DECEMBRE 1970 La Gendarmerie royale du Canada identifie lfendroit ou les membres de la cellule Liberation sequestrent le diplomate James Richard Cross.Coinces, les ravisseurs reussissent a se negocier un sauf-conduit pour Cuba.28 DECEMBRE 1970 La police arrete les ravisseurs de Pierre Laporte.Les freres Paul et Jacques Rose, ainsi que Francis Simard, se terraient dans le sous-sol dfune maison de ferme pres de Saint-Jean-sur-Richelieu.Paul Rose et Francis Simard seront ensuite condamnes a la prison a perpetuite pour le meurtre de M.Laporte.Bernard Lortie ecopera de 20 ans de prison pour sa participation a lfenlevement, et Jacques Rose sera condamne a 8 ans de prison pour complicite apres le fait.Depuis, ils ont tous deux obtenu une liberte conditionnelle.Isabelle Hachey Carole Devault PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE áLa scene etait dantesqueâ, dit Demers.Un millier de soldats bouclent le pate de maisons.PHOTO BACHIR BENSADDEK James Richard Cross Plusieurs acteurs de la crise dfOctobre sont morts : Bernard Mergler en 1975, a lfage de 60 ans; Robert Bourassa en 1996 (63 ans) ; Charles Gagnon en 2005 (66 ans) ; Robert Lemieux en 2008 (66 ans) ; Michel Chartrand en 2010 (93 ans).James Richard Cross, lui, est toujours vivant.Il coule des jours paisibles en Angleterre.Il a 89 ans.s Pour joindre notre journaliste : michele.ouimet@lapresse.ca llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L S A M E D I 2 O C T O B R E 2 0 1 0 P L U S 3 Andre Desmarais > President du conseil dfadministration Guy Crevier > President et editeur Eric Trottier > Vice-president a lfinformation et editeur adjoint Mario Girard > Directeur de lfinformation Andre Pratte > Editorialiste en chef EDITORIAUX DROITS RESERVES / serge.chapleau@lapresse.ca OPINION CYBERPRESSE.CA/PLACE-PUBLIQUE EXCLUSIF > Ma Belle Province, tu vieillis mal QUESTIONDUJOUR Etes-vous dfaccord avec le choix de BrianGionta comme capitaine du Canadien?OUI > 66% NON> 9%> JENESAIS PAS>25% Resultats a 13 h, hier : 10 118 repondants AOUA BOCAR LY-TALL Lfauteure est sociologue et chercheuse associee a lfInstitut des Etudes des femmes a lfUniversite dfOttawa.Quand certains trouvaient dommage le fait qufune militante progressiste comme Michaelle Jean ait accepte le poste de gouverneure generale du Canada, craignant que cette fonction plutot conservatrice ne la change, jfavais alors declare a Radio-Canada que ce serait elle qui changerait cette institution, ácar Michaelle apporte une touche particuliere a tout ce qufelle toucheâ.Maintenant qufelle quitte Rideau Hall, je peux dire que lfhistoire mfa donne raison: mene avec grace, elle acheve son mandat en beaute.Cinq ans, cfest peu de temps.Mais, cfest suffisant pour faire des erreurs.Loin de ca, son Excellence Michaelle Jean a mis a profit cette fonction jugee sans pouvoir reel, pour mettre en oeuvre ses convictions, appliquer ses principes et pourquoi pas, realiser ses reves.Sincere dans son engagement pour la justice sociale et pour le progres humain, elle a dfabord tendu la main aux communautes et aux couches defavorisees du pays.Elle a dirige en premier lieu son attention vers les Premieres Nations en guise de reconnaissance de leurs contributions a la societe canadienne.Elle a consacre sa toute premiere sortie internationale a lfaccompagnement des anciens combattants autochtones au cimetiere de guerre canadien a Beny-sur-mer, en France.Cfest dans ce meme esprit de reparations des injustices subies qufelle ira leur temoigner son soutien dans leur lutte pour la preservation de leurs traditions, dont la chasse au phoque.Elle affirmera son appui par le geste spectaculaire dfune bouchee de coeur de phoque suintant de sang.Michaelle Jean quitte en beaute, couverte dfeloges tant par la societe civile que le milieu politique.Elle a marque les consciences par sa sensibilite et son don de partager les joies et peines de lfautre.Cfest ce que declarait Della Morley, representante des meres du Canada ayant perdu leurs enfants dans les combats en Afghanistan, a lfoccasion de lfhommage que les Forces armees ont rendu a leur commandante : áJfetais anxieuse et bouleversee ce matin, mais apres avoir passe quelques minutes au telephone avec vous, jfai eu lfimpression de parler a une amie qui partageait ma douleur.â Le ministre de la Defense du Canada, Peter MacKay, qui a partage avec elle la douloureuse tache dfaccueillir les depouilles de nos soldats tues en Afghanistan, lui a rendu aussi hommage: áVous avez transporte la compassion du pays sur vos epaules.Vous avez personnifie lfemotion sincere.â On ne mesure pas suffisamment lfinfluence positive de la nomination de Mme Jean.Pour la communaute des Afro- Canadiens, largement discriminee, elle a ete un symbole dfencouragement des parents a leurs enfants.Les propos dfune mere noire sont tres revelateurs: áQuand mon fils a tendance a se laisser aller au decouragement, je lui dis: regarde Michaelle Jean, elle est arrivee ici avec sa mere et sa soeur comme refugiees, aujourdfhui, elle la chef dfEtat du Canada.Travaille fort et bien comme elle, tu y arriveras toi aussi.â áMichaelle Jean a su presenter une autre image des Haitiens, trop souvent associes aux gangs de rueâ, estime Jean-Ernest Pierre, avocat et animateur a la radio CPAM.Temoin oculaire de sa premiere visite dfEtat en Afrique comme membre de sa delegation dfexperts, je peux affirmer que Mme Jean a impressionne partout et donne une belle image du Canada.Par ces rea lisations et surtout son caractere profondement humain, Michaelle Jean a modifie lfimage de lfinstitution de gouverneur general, peu connue de beaucoup de citoyens jusqufa son arrivee.Sans affirmer qufelle lui a rendu ses lettres de noblesse, avec une touche magique et gracieuse qui lui est propre, elle lfa sorti de lfombre et a accru lfaura du Canada dans le monde.Souhaitons-lui le meme succes eclatant dans ses fonctions dfenvoyee speciale de lfUNESCO aupres dfHaiti.Une touche magique La gouverneure generale Michaelle Jean sfest distinguee par son souci sincere de justice sociale Michaelle Jean a sorti de lfombre lfinstitution de gouverneur general et a accru lfaura du Canada dans le monde.MARIOROY mroy@lapresse.ca Pourquoi parler quand on peut crier?Pourquoi manifester dans lfordre quand on peut casser des vitrines?Pourquoi discuter poliment quand on peut sfabimer dfinjures?Pourquoi exprimer pacifiquement un desaccord quand on peut le faire par la menace et lfintimidation?Il nfy a pas de raison.De sorte que, cette semaine, la Surete du Quebec a du conseiller a Andre Caille, porteparole de lfindustrie, de fuir une assemblee dfinformation sur lfexploitation du gaz de schiste parce que le niveau dfagressivite y etait devenu trop eleve.¡¡¡ Lfaspect le plus choquant de cet evenement ne tient pas a son caractere exceptionnel.Mais, au contraire, a son extreme banalite.Il nfexiste plus, en effet, de desaccords politiques, economiques, sociaux ou meme culturels qui se debattent autrement que dans un brasier de haine et de violence verbale, sinon physique.Le contradicteur ne soutient pas un point de vue autre, cfest une ordure a ensevelir sous la hargne.Lfadversaire ne defend pas une opinion differente, cfest un chien sale fini! Nos grands-meres auraient aujourdfhui beaucoup de bouches a passer au savon.Dfou vient cette muflerie institutionnalisee?Dfabord, de lfanonymat dans lequel on peut la pratiquer.Bruler des voitures pour signaler son desaccord avec la mondialisation est grandement facilite par le port de la cagoule.Hurler dans une salle bondee qui hurle est parfaitement securitaire.Et plus quotidiennement sevit la rage au clavier : la goujaterie anonyme marque lfessentiel des blogues hysteriquement commentes et des courriels vengeurs.Or, les bebes na issent desormais avec un clavier (dfordinateur, de telephone, de ápadâ) dans les mains et adoptent rapidement le niveau de langage qufil autorise.Ne serait-ce que par lfeffet de la demographie, lfimpolitesse informatique est en train de salir tout le tissu social.Autre chose.Chacun sait aujourdfhui qufune ávictimeâ polie nfarrivera jamais a rien.Les codes modernes veulent en effet que le tort subi par une personne soit proportionnel a la rage .ou mieux encore, a la violence .qufelle met a demander reparation.Par une comique inversion des valeurs, cfest devenu la seule facon dfobtenir le.respect ! Comment en est-on arrive la?Au Quebec, quelques grandes stars de la revendication ont fait beaucoup au fil des decennies pour imposer le langage ordurier comme esperanto du debat public.Aujourdfhui, leur exemple est non seulement scrupuleusement suivi, mais leur legs intellectuel (!) fait lfobjet dfun veritable culte.Le culte de la grossierete.On aurait tort de prendre la chose a la legere.Le niveau de langage en chute libre compromet bel et bien lfechange dfidees, donc les idees ellesmemes, sans lesquelles il nfy a pas de progres.Cela rend en outre la vie moins belle pour tout le monde.Ce qui est un crime, fut-il mineur, contre lfhumanite.Hargne et grossierete Par une comique inversion des valeurs, la goujaterie attire le.respect ! Le systeme de sante, ce grand malade par Ariane Krol LE BLOGUE DELfEDITO ANDREPRATTE apratte@lapresse.ca Le Canada sfest plutot bien tire de la recession de 2008-2009.Cfest surtout le cas du Quebec qui se retrouve aujourdfhui avec un taux de chomage plus faible que ceux de lfOntario et des Etats-Unis, du jamais vu.Les oiseaux de malheur qui predisaient a la province un avenir sombre se seraient-ils mis le doigt dans lfoeil?Non.La performance recente de lfeconomie quebecoise fait illusion.Elle cache des faiblesses structurelles qui appauvriront le Quebec au cours des prochaines decennies, a moins que nous nous y attaquions.La productivite anemique de lfeconomie quebecoise relativement a celle de ses concurrentes (Ontario, Etats-Unis) est la principale de ces faiblesses.Au cours dfun colloque tenu jeudi par le Centre sur la productivite et la prosperite de HEC Montreal, lfampleur et les causes de ce probleme de productivite ont ete analysees par des universitaires et des gens dfaffaires.Il y a ete etabli que la productivite moindre explique une bonne partie de lfecart de richesse qui subsiste entre les Quebecois et les habitants de la plupart des pays membres de lfOCDE.Selon les analyses faites au Centre, si les Quebecois veulent maintenir leur niveau de vie au cours des prochaines annees en depit du vieillissement de la population, leur productivite devra croitre 50% plus vite que ce nfest le cas depuis 30 ans.Un effort colossal.juste pour maintenir le statu quo.Car, souligne le rapport publie a lfoccasion du colloque, ácette hausse de la productivite ne permettrait pas de relever le niveau de vie relatif du Quebec par rapport a lfOntario ou le Canada, consequence directe des changements demographiques a venirâ.Comment ameliorer la productivite?Les participants ont tous eu la meme reponse: investir en education, de la maternelle a lfuniversite.Seuls des travailleurs bien formes, des patrons ferres en gestion et des universites a la fine pointe permettront a lfeconomie quebecoise de rester competitive.Ce meme consensus sfetait degage du sommet economique tenu a Levis au debut de lfannee.Malheureusement, le gouvernement Charest nfa pas su prendre la balle au bond.Le Quebec doit faire de lfeducation une priorite.Il faut toutefois admettre que ce sera financierement couteux et politiquement peu rentable.Dfimportants investissements publics devront etre consentis dans les ecoles primaires et secondaires et dans les cegeps tandis que les droits de scolarite des universites devront etre sensiblement augmentes.La premiere mesure est pour lfinstant impossible a mettre en place en raison de la croissance exponentielle des couts du systeme de sante; la seconde souleverait une levee de boucliers que seul un gouvernement en debut de mandat oserait affronter.Le diagnostic est clair et largement partage; les moyens sont identifies.Il ne manque que la volonte.La grande illusion La performance recente de lfeconomie quebecoise cache des faiblesses structurelles qui appauvriront la province.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E DI 2 OC T O B R E 2 0 1 0 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 carrieres@lapresse.ca PETITES ANNONCES (514) 987-8363 ou 1 866 987-8363 petitesannonces@lapresse.ca PUBLICITÉ (514) 285-6931 POUR NOUS JOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 Ces temps-ci, on s\u2019interroge sur l\u2019encadrement excessif en santé.On devrait se poser la même question en éducation.Avec les millions dépensés au MELS et dans les commissions scolaires, il n\u2019en reste pas assez pour les services aux élèves et pour rémunérer les professeurs convenablement.Si l\u2019éducation était vraiment une priorité pour le gouvernement, les enseignants ne seraient pas traités comme des pions.\u2014 Richard Garneau, Saint-Mathieu d\u2019Harricana À BIEN Y PENSER GILLES DUCEPPE Ce texte est extrait d\u2019un recueil d\u2019entretiens menés par Gilles Toupin, journaliste de La Presse à la retraite, avec Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois.Publié par Richard Vézina éditeur, le livre sera en librairie la semaine prochaine.Gilles Toupin: J\u2019écoutais récemment Gilles Vigneault dans une entrevue où il affirmait que l\u2019un de ses plus grands souhaits serait que les Québécois se débarrassent de la peur de la souveraineté.Les Québécois ont peur notamment de devenir pauvres en devenant indépendants.Gilles Duceppe: Le changement fait toujours peur.Et il faut dire que le peuple québécois y a goûté dans le passé.La Conquête, c\u2019était aussi des fermes brûlées, du pillage, de la violence.Les Patriotes, ce fut encore une fois des granges brûlées et des hommes pendus.Lors de la première conscription, encore une fois, des hommes ont été fusillés.En 1970, ce furent les mesures de guerre.J\u2019imagine que tout cela est un peu inscrit dans notre inconscient collectif.Mais il faut surmonter cette peur parce que, de l\u2019autre côté, il n\u2019y a rien d\u2019emballant qui nous est offert.C\u2019est même plutôt le contraire.Certains peuvent croire à la limite que même Trudeau avait offert quelque chose d\u2019emballant avec son Canada bilingue et le French Power.Nous pouvons dire cela.Il a soulevé l\u2019enthousiasme de beaucoup de monde avant de devenir un des pires ennemis de la nation québécoise.Tout comme Jean Lesage avait soulevé l\u2019enthousiasme de beaucoup de monde.Brian Mul roney, à un moment don né , a p r o p o s é q u e l q u e chose qui p o u v a i t s e m b l e r i n t é r e s - sant pour le Québec, fondé sur l \u2019honneur et l\u2019enthous i a s m e , disait-il.Nous ne pouvons nier cela.Nous pouvions, certes, être contre les propositions de ces hommes politiques, mais nous ne pouvions nier qu\u2019elles contenaient une part de rêve, une aspiration au mieux-être.Aujourd\u2019hui, le Canada n\u2019a plus rien de cela à nous offrir; il a complètement fermé la porte.Plus personne ne peut proposer une place au Québec dans l\u2019honneur et l\u2019enthousiasme au sein du Canada.Ce n\u2019est plus crédible.C\u2019est un grand changement.Parce qu\u2019aujourd\u2019hui, il faut bien réaliser que c\u2019est le statu quo qui est devenu épeurant.Le trou noir dont parlait Jean Charest, en 1995, en référence à l\u2019inconnu de la souveraineté, le trou noir c\u2019est l\u2019avenir du Québec s\u2019il demeure dans le Canada.L\u2019appauvrissement, c\u2019est dans le Canada qu\u2019il nous guette.Si nous devons nous inquiéter comme nation, ce n\u2019est pas de la souveraineté, c\u2019est de l\u2019avenir qui nous guette dans le Canada.Les Québécois doivent regarder la réalité en face et se défaire de leurs illusions.G.T.: Depuis l\u2019adoption, en 1998, de la Loi sur la clarté référendaire, il me semble que la discussion n\u2019a pas beaucoup avancé sur la question de la tenue d\u2019un référendum.C\u2019est comme si on faisait du sur-place.Même Lucien Bouchard estime qu\u2019il ne verra pas la souveraineté de son vivant.Pourquoi ces hésitations du mouvement souverainiste?G.D.: Que l\u2019on ne parle plus de la date d\u2019un référendum ou d\u2019une stratégie très précise et que l\u2019on parle davantage du fond des choses, je suis entièrement d\u2019accord avec Pauline Marois et avec le Parti québécois là-dessus.Au Bloc, nous n\u2019avons pas cessé de parler du fond des choses.Notre congrès de 2005 s\u2019intitulait «Imaginer le Québec souverain».Au cours des campagnes électorales, nous parlons du pays du Québec, de la politique étrangère du Québec.Toutes les actions et tous les gestes posés par le Bloc québécois sont toujours accomplis en ayant en tête la question suivante : «Si nous étions un pays, que ferions-nous?» Quant à Lucien, il a déclaré qu\u2019il demeurait souverainiste et, dans une entrevue toute récente, qu\u2019il allait peut-être voir la souveraineté de son vivant, s\u2019il mourait vieux ! Il a rajouté que ça ne pouvait plus continuer comme ça, qu\u2019il fallait qu\u2019il y ait quelqu\u2019un qui s\u2019en occupe et que le plus tôt serait le mieux.J\u2019espère qu\u2019il mourra très vieux et que nous réaliserons la souveraineté au plus tôt.Si nous avions dit à Lucien, en 1987, alors qu\u2019il était ministre fédéral, qu\u2019il allait créer trois ans plus tard un parti souverainiste, il ne nous aurait pas crus.Je vous l\u2019ai déjà dit : il y a dans la vie politique des décennies qui ne valent pas une journée et des heures qui valent plusieurs décennies.La souveraineté peut advenir au moment où l\u2019on s\u2019y attend le moins.Et puis, si le Bloc remporte chacune des élections avec 40 ou 50 députés, cela doit certainement signi fier quelque chose.Par ailleurs, nous ne pouvons pas demander aux gens de dire qu\u2019ils croient que la souveraineté va se faire alors que Jean Charest est au pouvoir.M.Charest a été amené au Parti libéral pour empêcher la souveraineté.L\u2019espoir va reprendre ses droits quand le Parti québécois va reprendre le pouvoir.LES RISQUES DU STATU QUO Si nous devons nous inquiéter comme nation, ce n\u2019est pas de la souveraineté, c\u2019est de l\u2019avenir qui nous guette dans le Canada Gilles Toupin : Il y a une chose qui me frappe à propos de la position du Québec dans le Canada.Pendant la Révolution tranquille, le Québec \u2013 M.Parizeau l\u2019explique bien dans son dernier bouquin, La souveraineté du Québec, hier, aujourd\u2019hui et demain \u2013 s\u2019est démarqué face à Ottawa sur les plans moraux e t f inanciers en créant, par exemple, une Régie des rentes du Québec distincte du Canada Pension Plan et en se retirant de 29 programmes conjoint s avec pleine compensation.Le Québe c de venai t peu à peu une sorte de gouvernement distinct.Alors moi, aujourd\u2019hui, je trouve cela un peu illogique, même aberrant, de continuer à faire comme si nous étions un pays distinct tout en maintenant les attaches au Canada.Et je ne comprends pas que cette contradiction-là, qui me paraît tellement évidente, ne semble pas frapper la population du Québec.Gil les Duceppe: C\u2019est-àdire que cette contradiction frappe minimalement 40% de la population du Québec, un pourcentage qui a grimpé à 49,6% en 1995 en dépit des dépenses importantes faites par le camp adverse pour contrer le «oui».Nous savons que la majorité des gens d\u2019affaires ne veulent pas de changement.Est-ce que ce phénomène est particulier à la société québécoise?Je ne pense pas.Partout dans le monde et au cours de l\u2019Histoire, l\u2019establishment veut rarement du changement.La Révolution tranquille fut un peu différente à cet égard en raison du discrédit général qui pesait sur l\u2019Union nationale.Mais même là, plusieurs s\u2019opposaient au changement.Même Trudeau était contre la nationalisation de l\u2019électricité.Le milieu des affaires et La Presse se sont aussi et encore une fois opposés aux grands changements de l\u2019Histoire du Québec telles la Charte de la langue française (loi 101), l\u2019assurance- automobile de Lise Payette, la CSST, et j\u2019en passe.Il n\u2019y a rien là de bien surprenant.Par ailleurs, lorsque ces changements se font malgré eux, laissez-moi vous dire qu\u2019ils s\u2019adaptent très vite ! Encore une fois, on a l\u2019impression que rien ne se passe parce que nous avons le nez collé sur les événements.Mais le Québec a radicalement changé depuis 1960.Et vingt ans après Meech, le Canada a changé; il est passé à autre chose et beaucoup de Québécoises et de Québécois vont bien finir par le réaliser et renoncer à leur illusion canadienne.Rien n\u2019est réglé pour le Québec comme Lucien l\u2019affirmait lui-même dans cette entrevue dont je vous parlais.G.T.: Qu\u2019est-ce qui ferait renoncer ces Québécoises et ces Québécois à cette illusion dont vous parlez?G.D.: D\u2019abord, tout n\u2019est pas à jeter.Cette illusion, qui veut que ce soit possible un jour de changer le fédéralisme canadien pour répondre aux aspirations du Québec, contient une part de rêve et d\u2019espoir.Il y a les aspirations du Québec et cette volonté de s\u2019entendre avec le Canada.Je partage ces aspirations et j\u2019ai démontré mon désir de m\u2019entendre avec le Canada.Mais j\u2019ai réalisé il y a longtemps que pour concrétiser nos aspirations comme peuple et pour dialoguer et s\u2019entendre avec le Canada, il faut d\u2019abord passer par la souveraineté.C\u2019est ce que nous devons faire comprendre aux Québécois qui hésitent encore.Il suffit que les Québécois écoutent les Canadiens et ils se déferont de cette illusion.Il faut renoncer à l\u2019illusion canadienne J\u2019ai réalisé il y a longtemps que pour concrétiser nos aspirations comme peuple et pour dialoguer et s\u2019entendre avec le Canada, il faut d\u2019abord passer par la souveraineté.Plus personne ne peut proposer une place au Québec dans l\u2019honneur et l\u2019enthousiasme au sein du Canada.PHOTO JOCELYN BERNIER, FOCUS 1 Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, s\u2019est entretenu avec le journaliste Gilles Toupin.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 O C T O B R E 2 0 1 0 P L U S 5 L\u2019ENTREVUE DANIEL LEMAY QComment en êtes-vous venu à écrire cet ouvrage sur le rôle de l\u2019armée pendant la crise d\u2019Octobre?R Beaucoup de livres ont été écrits sur la crise d\u2019Octobre, mais aucun sur ce sujet précis.et délicat.Il s\u2019agit de la plus grande opération militaire au Canada en temps de paix, à laquelle presque 5000 hommes ont participé.Grâce à Serge Bernier, l\u2019historien du ministère de la Défense, j\u2019ai eu facilement accès à des documents fraîchement rendus publics.QQu\u2019y avez-vous trouvé?R Entre autres choses, que les Forces armées canadiennes étaient prêtes à intervenir depuis plusieurs jours quand le gouvernement du Québec l\u2019a officiellement demandé.La Force mobile (qui réunissait alors l\u2019armée et les unités aériennes tactiques) a mis ses unités en état d\u2019alerte le 7 octobre, deux jours après l\u2019enlèvement de James Cross mais trois jours avant celui de Pierre Laporte.L\u2019opération Night Hawk (7-9 octobre) a commencé avec l\u2019envoi au camp Bouchard, un dépôt de munitions situé à Blainville, de deux sous-unités de la base de Valcartier.QQui a pris l\u2019ultime décision de demander l\u2019aide de l\u2019armée?R La question est un peu en dehors de mon sujet, mais on n\u2019a jamais su qui M.Bourassa avait consulté.Mon frère Claude, que je cite dans mon livre, était alors ministre de la Santé dans le nouveau gouvernement, aux prises par ailleurs avec la grève des médecins spécialistes.Claude \u2013 il l\u2019a écrit dans ses mémoires\u2013 ne se souvient d\u2019aucune réunion du Conseil des ministres où il aurait été question de demander l\u2019aide de l\u2019armée ou la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre.QDeux choses que bien des gens confondent toujours\u2026 R En effet mais, dans la réalité, ces deux événements sont indépendants l\u2019un de l\u2019autre.À la suite d\u2019une demande faite par ministre de la Justice du Québec selon les dispositions de la Loi sur l\u2019aide au pouvoir civil, l\u2019armée s\u2019est déployée à Montréal le matin du 15 octobre avec pour mission de mener des opérations de recherche, d\u2019encerclement et de garde, le tout sous la responsabilité de la Sûreté du Québec.Plusieurs officiers d\u2019opérations de la Force mobile et du 5e Groupement de combat s\u2019étaient d\u2019ailleurs installés au QG de la SQ, rue Parthenais.La Loi sur les mesures de guerre, par ailleurs, a été promulguée par le premier ministre Trudeau à 4h la nuit suivante, à la demande de M.Bourassa et de Jean Drapeau, qui réclamaient pour la police des pouvoirs accrus devant ce qu\u2019ils percevaient comme un danger d\u2019insurrection.À ce moment, l\u2019armée était déjà sur le terrain.QQuel rôle a joué la langue au cours de ces opérations?R Pour faciliter le contact, on avait désigné les unités en fonction de la langue parlée par la majorité de la population dans les secteurs de déploiement.Ainsi, les unités francophones du 5e Groupement de combat de Valcartier \u2013 Royal 22e Régiment, 12e Régiment blindé, 5e Régiment d\u2019artillerie légère \u2013 se sont déployées au Saguenay, à Québec, le long du fleuve et à Montréal.Dans le West Island, on a envoyé des unités anglophones venues de l\u2019Ontario et de l\u2019Ouest ; c\u2019est le Royal Canadian Regiment, de Petawawa, qui gardait l\u2019aéroport de Dorval.Il faut aussi rappeler que ce sont trois Québécois francophones, des anciens du «22» tous les trois, qui occupaient les postes-clés dans le hautcommandement de l\u2019époque: le général Jean-Victor Allard était chef d\u2019état-major de la Défense, le lieutenant-général Gilles Turcot était le commandant de la Force mobile et le brigadier-général Jacques Chouinard commandait le 5e Groupement de combat et était responsable des opérations sur le terrain.Vingt ans plus tard, Jacques Chouinard et moi sommes allés devant la commission Bélanger-Campeau sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec pour expliquer, moi du point de vue politique, lui du côté militaire, quels seraient les besoins d\u2019un Québec souverain en matière de défense.QQuel bilan l\u2019armée a-t-elle dressé de ses opérations au Québec en octobre 1970?R Positif, à tous les points de vue.Les opérations se sont déroulées sans anicroche et on n\u2019a déploré aucun incident impliquant des militaires et des civils.Aucun coup de feu n\u2019a été tiré, mais un soldat est mort à la suite d\u2019un accident.Tout comme cela avait été le cas un an plus tôt pendant la grève des policiers, la présence des militaires a donné à la majorité de la population un sentiment de sécurité.CRISE D\u2019OCTOBRE / Jacques Castongay L\u2019ARMÉE ÉTAIT PRÊTE À INTERVENIR Ancien officier de l\u2019aviation canadienne, Jacques Castonguay a enseigné la psychologie au Collège militaire royal de Saint-Jean, dont il deviendra le recteur en 1986.Parallèlement à sa carrière universitaire, M.Castonguay a signé de nombreux ouvrages traitant de psychologie, de politique internationale et d\u2019histoire.Il a notamment écrit une quinzaine de livres sur l\u2019histoire militaire.Son dernier titre, Les opérations de l\u2019Armée et la crise d\u2019Octobre, braque les projecteurs sur cet épisode critique de l\u2019histoire du Québec.PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE Pour faire sa recherche, Jacques Castongay (photo du haut) a eu accès à plusieurs documents rendus publics depuis peu.Sur les photos du bas: des soldats dans les rues deMontréal en octobre 1970.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E DI 2 OC T O B R E 2 0 1 0 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.