La presse, 21 octobre 1989, K. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 21 OCTOBRE 1989 Mots vivants, mots mortels REGINALD MARTEL On dit que la langue évolue.Et comment I Les réformateurs de l'orthographe, qui ne sont pas tous méchants, y trouvent prétexte ou raison de faire la guerre a cette bonne vieille orthographe qu'on ne finit jamais d'apprendre.Pour faire nombre, ils n'hésitent pas à utiliser les flèches que les vedettes de la politique et de la littérature françaises, qui sont parfois les mêmes, sortent de leurs carquois.Oui, la langue évolue.Des Oué-bécois francophones, même ceux qui ont l'occasion d'aller entendre et lire sur place le français hexagonal, éprouvent de plus en plus de difficulté à comprendre le sens de certains articles des hebdos d information.Je suis de ceux-là et Je le confesse: ça me semble plus obscur que la poésie de Mallarmé.Même les oeuvres littéraires, quand elles utilisent le langage parlé, ne sont pas exemptes des mots, expressions et tournures nouvelles qui naissent à un rythme affolant.Encore récemment, dans le livre très grave de Chris-tiane Rochefort sur le viol, la Porte du fond (Grasset), des choses m'échappaient, à cause en partie du lexique, en partie de l'ellipse fréquente dans tout dialogue, même transcrit.Un quarteron de liseurs acharnés, Gabriel Merle, Robert Perret, Jennifer Vince et Claudie Juilliard, a réuni dans un ouvrage paru chez Belfond les Nouveaux Mots apparus depuis 1985.Une brochure, une plaquette?Pensez-vous I Un livre de 240 pages.Ils n'ont pas tout lu.Heureusement.Le Monde presque à lui seul, journal assez conservateur sur le plan linguistique, suffit à prendre note des néologismes qui vivront, ou qui mourront demain sans connaître la consécration de l'usage, puis des dictionnaires.SI la langue change, c'est que la réalité change.À nouvel objet, ou concept, nouveau mot.Impossible de chicaner là-dessus: à part faire des sottises, le propre de l'homme est de nommer les choses.Les auteurs expliquent comment se font les nouveaux substantifs, adjectifs, verbes et adverbes.On les fabrique à partir de mots qui existent déjà : diplôme + super = super-diplôme; de groupuscule on peut faire grou-pusculisation; on peut aussi tronquer un mot, narcotiques par exemple, et le coller à trafiquant pour obtenir narcotrafiquant.Nous connaissons bien ici les emprunts à l'anglais.Nous lui en avons d'ailleurs rendu plusieurs.Les Français, parce que moins menacés, peut-être, dans la syntaxe de leur langue (je n'en suis pas sûr), se sont jetés sur les mots anglais comme la vérole sur le bas clergé: blue chip, fun-board, think tank ou rafting.Phénomène Intéressant, certains mots connus depuis longtemps se refont une jeunesse, puisqu'ils acquièrent un sens nouveau.Prenons décoiffer.Sens nouveau: causer une très grande et très admirative surprise; couper le souffle.Pas mal, non?Et la mule?Pas celle du pape de Daudet mais cette autre, en pleine actualité, qui décrit le Colombien qui transporte la cocaïne d'un pays à un autre pour le compte de la mafia.Il y a aussi des mules aveugles, qui ne savent pas ce qu'elles transportent.Parmi les mots nouveaux recensés, le grand nombre a peu de chances de survie.Mots trop techniques, mots trop longs.Les auteurs ont poussé la bravoure jusqu'à identifier ceux qui leur paraissent avoir la meilleure espérance de vie.Oui s'intéresse à ces choses lira avec intérêt un ouvrage de la même collection auquel j'ai fait écho déjà, le Sexe des mots, par Marina Yaguello; ou, que js n'ai pas lu, Ces mots qui ont perdu leur latin, de Roland Eluerd.Bonne chasse I PHOTO LA PRESSE.PIERRE LALUMIERS Les romans d'ados: moi, l'amour, les autres.Un âge qui a ses rites et ses inquiétudes.Dans ies livres, les ados cherchent des réponses.Et se cherchent, en somme.SONIA SARFATI collaboration spéciale Je: pronom personnel.unisexe, mis pour Cassiopée ou François.Ou encore pour Paulette, Sébastien ou Charles.Sur les huit romans québécois destinés aux plus de 13 ans, parus cet automne et dont La Presse a pris connaissance, cinq ont en effet pour personnage principal une adolescente ou un adolescent prénommé «je».«JE me suis enfermé», déclare Sébastien dans la première ligne de La Coursai l'amour ( Bertrand Gauthier, La Courte Échelle).«JE déteste les buanderettes», annonce Paulette dans les premiers mots de Quatre jours de liberté (Sylvie Desrosiers, La Courte Échelle).«|E m'appelle Charles, j'ai quinze ans», avoue.Charles, bien sûr, dans la première phrase de La Chimie entre nous (Roger Poupart, Boréal).«À quatre heures du matin, JE ne me reconnais pas», explique-François au tout début de Le Raisin devient banane (Raymond Plante, Boréal ).Seule Cassiopée, dans L'Été des baleines (Michèle Marineau, Québec/Amérique), attend un peu avant de se JE-ter à l'eau.Un peu, c'est-à-dire cinq lignes.Et puis: «J'ai quatre longues heures à tuer (bang!) avant le coup de téléphone de Marek,» Écrits à la première personne du singulier, ces cinq romans intimistes peuvent être vus comme cinq versions du trip du Me, Myself and I.L'aventure cède la place à la réflexion.Le monologue intérieur des personnages principaux prend des dimensions quasi-psychologiques et leurs pensées occupent une place très largement prédominante dans le récit.«Mais la préoccupation principale des adolescents n'est-elle pas eux-mêmes.et les relations qu'ils ont avec les autres \u2014 les autres de l'autre sexe, surtout?», demande Bertrand Gauthier, président de La Courte Échelle, interrogé par La Presse alors qu'il se trouvait à la Foire du livre de Francfort.L'amour avec ou sans grand A Le grand thème abordé dans ces livres est donc l'amour.L'amour tout court (et très court la plupart du temps), sans toutefois tomber dans la romance harlequinesquel On va beaucoup plus loin, surtout dans la réflexion, mais aussi dans les faits et dans les gestes.Et dans les mots \u2014 particulièrement en ce qui concerne L'Été des baleines et La Course à l'amour; ces mots autrefois interdits qui ont fait leurs premiers pas assurés dans la littérature québécoise pour les adolescents en 1986, avec Le Dernier des raisins de Raymond Plante.Ces mots qui s'écrivent comme seins et sperme, en passant \u2014dans l'ordre et parfois dans le plus grand désordre\u2014 par masturbation, érection, condom, pénétration, ejaculation.Tout cela, sans tomber dans la vulgarité ou la pornographie.Car ces récits suivent le quotidien amoureux de jeunes qui recherchent «l'autre» alors qu'ils ne se sont pas encore trouvés, et se prêtent bien à l'humour (noir, de temps en temps) et au rire (jaune, de préférence ).Et les auteurs en profitent.Heureusement d'ailleurs, car la richesse et la pertinence de l'écriture doivent parer au manque d'intrigue.«Les histoires sont assez banales.Une fille qui tombe en amour avec un gars ou un gars qui tombe en amour avec une fille.Il ne se passe pas grand-chose, quoi!», retient Catherine, 14 ans, de la lecture de ces romans.Cette jeune dévoreuse de livres, qui navigue sans encombre entre le roman policier et le livre classique en passant par le récit d'horreur et la bande dessinée, poursuit: «C'est quand même super bien écrit.Par exemple, dans Quatre jours de liberté, la fille qui parle est pas mal intéressante.Sa mentalité est le fun.» Une mentalité complexe dans laquelle, outre l'amour, se profilent d'autres préoccupations \u2014c'est d'ailleurs le cas pour la mentalité des quatre autres «je» de ces romans: inquiétude face à l'avenir personnel et planétaire; examen approfondi et critique d'un visage boutonneux, d'un nez trop proéminent, d'une silhouette trop rondelette.Préoccupations aussi face aux relations avec les pairs et les.mères.Ainsi qu'avec le* pères.Bref, avec les amis et les parents.Des parents qui, ô sur- prise, ne font jamais ce qu'il faut quand il le faut et ce, qu'ils se montrent larges d'esprit ou autoritaires.Une surabondance de «je*?En ce qui concerne le fait que les textes soient écrits à la première personne du singulier, Catherine le perçoit comme un plus.«Ça fait moins récit, plus vrai.Et on se sent davantage impliqué dans l'histoire.Comme si le personnage s'adressait vraiment à nous.» Pari gagné pour les éditeurs.« Les a-dolesccnts forment un groupe d'âge difficile à aller chercher mais ils constituent un marché intéressant, déclare Bertand Gauthier.C'est pourquoi les éditeurs font des tentatives pour s'approcher d'eux.Les romans intimistes qui touchent à l'apprentissage de l'amour ayant du succès auprès de cette clientèle, il s'en est produit un certain nombre ces dernières années.Mais avec la production vient la possibilité de faire des choix.» Ce qui revient à dire que tous les éditeurs et tous les titres ne gagneront pas la course aux adolescents dans laquelle ils sont engagés.En effet, plus critique qu'un «ado», tu meurs.Et tu arrêtes donc de lire.Vieillir, c'est partir un peu ¦ Écrire un roman sur le quotidien des adolescents, c'est bien beau.Mais il faut tout de même trouver un prétexte original pour l'amorcer.Un départ, par exemple.Dans L'Été des baleines de Michèle Marineau, Cassiopée s'en va.Jusque sur la Côte-Nord.À bicyclette.Avec Marek, le garçon qu'elle a rencontré dans Cassiopée ou l'été polonais.Un récit superbe- ment écrit dans lequel se côtoient l'amour et l'humour, les rires et les picotements dans les yeux.Paulette part elle aussi.Passer quatre jours de liberté â Toronto.Un voyage organisé auquel participent ses meilleurs amis et, surtout, «le plus beau des magnifiquement beaux gars».Et Paulette tombe amoureuse, elle qui déteste tout: SUITE A LA PACE K 2 : ¦y Antonin Kubalek interprète Schumann ¦ Antonin Kubalek est un pianiste tchèque installé à Toronto depuis vingt ans.Sur un disque de la petite marque américaine Dorian, il vient de graver le Carnaval et les Kinderszenen de Schumann, ainsi que deux recueils moins connus: les trois Phantasiestûckc op.111 et les Gesànge derFrûhe.À lire en page K4 Un célèbre lapin sur vidéocassette ¦ Un événement attendu: la sortie du célèbre Roger Rabbit en cassette.Peut-être moins spectaculaire que celle d'E.T.l'an dernier, cette sortie comblera néanmoins d'aise ies amateurs de films d'animation ainsi que les nostalgiques de cartoons.Roger Rabbit, un toon plutôt moyen, sort de l'anonymat à l'occasion du scandale que déclenche sa femme, la pulpeuse Jessica.Au moment où Toonstown connaît une grande effervescence, le destin du détective privé Eddie Valiant ( Bob Hoskins ) sera alors lié à celui de Roger.À lire en page K4 Les temps changent pour Luba ¦ Depuis trois ans, il y a eu des changements majeurs dans la carrière de Luba.La chanteuse montréalaise a confié sa destinée professionnelle à deux gérants américains, deux musiciens ont quitté son groupe et elle arrive avec un troisième microsillon plus rock, AU or Nothing.À lire en page K4 Je pense donc je lis K2 LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 21 OCTOBRE 1989 Au plaisir de lire JEAN VAUTRIN Un grand pas vers le Bon Dieu roman/Grasset Aventures multicolores en Louisiane JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Le titre: Un grand pas vers le Bon Dieu.L'action de ce roman d'aventures, au véritable sens des mots, se déroule en Louisiane et met en scène trois géné-ratlonts, allant de la fin du siècle dernier (vers 1893) jusqu'à la guerre de 1918.Voici ce qui est certain : il y a un coureur de bois nommé Edius Raquin.un Cadjun \u2014 écrit continuellement Cadjin, ce qui fait fi d'une certaine musique vraie, passons, nous pourrons en reparler si ça s'adonne.Edius Raquin représente la première génération des habitants du coin, acharnés à s'installer correctement sur une terre de marécages et de désolation millénaire.Non moins vrai, voici un cowboy nommé Farouche Ferraille Crawley, et ses aventures, à cheval, de pillard de banques et de tueur de shérifs.Il va épouser la fille de Raquin, Azeline.Il va la quitter, la laisser seule dans cette paroisse de Bayou Nez-Piqué autour de laquelle se joue l'action.Le Farouche en question reprend son errance, poursuivi par un chasseur de primes nommé Palestine Northwood (un ancien pécheur de baleines).Azeline, pauvre femme, la voici en ville, à la Nouvelle-Orléans.Elle y mène la vie de putain sous la coupe de Monsieur Foff.Occasion pour l'auteur d'entraîner son lecteur dans ces quartiers mal fa-més de l'ancienne Orléans, où les dentelles des «galeries» répondaient, parait-il, à celles des filles de mauvaise vie.Voici la deuxième génération.La troisième s'en vient, c'est celte du petit |im.C'est le fils d'Azeline.Un vieux musicien noir et aveugle.Bix Blind Cotton, trouve l'enfant dans une poubelle.L'aventure change, elle pénètre le monde musical des Noirs du Sud.Le petit Jim découvre le blues et le ragtime, et ces rythmes que l'on scande avec n'importe quoi, un peigne, des baguettes tapant sur des boites de cigares, du papier froissé, n'importe quoi qui fait- de la musique, puisqu'on n'a pas le premier sou pour s'acheter un instrument.Jusqu'à ce que lim se trouve, enfin, une vieille trom- Çette: le voici célèbre, c'est Jim rompette, le jazzman.Si vous aimez les romans d'aventures, vous voici servis.C'est le rêve à l'état pur, l'action se subdivise, pousse des pointes dans toutes les directions, prolifère, revient et repart, le lecteur n'a Ks un moment de répit, l'auteur ntraine par un récit qu'on dirait écrit par un inconnu improbable qui aurait assimilé les pensées canadienne-française, cajun, française de France, slang, irlandaise, noire-américaine, anglaise, allemande, normande et poitevine, espagnole et indienne du sud.j'en oublie sûrement.Voici le fond de la question: cette pensée n'existe pas, cette écriture non plus, c'est écrit en Vautrin, comprenons-le bien.Syntaxe nouvelle (ou très ancienne) dans laquelle sont supprimés les que et les dont, qui procède souvent d'anglicismes de pensée, qui «décocrisse» la phrase (celle-là, Vautrin ne l'a pas notée).Vocabulaire généreux avec des mots de toutes les langues vertes.noi-res, rouges et bleues.«Ça fait, dit l'auteur, des enfants de toutes les couleurs.» J'en prends un exemple: «Azeline était devenue rouge comme un crête.Elle s'a réfugiée dans les bras de son nouveau mari.Ça fait le grand matou italien a montré sonpoing à Edius.Pas étonnant si un Dego pas habitué au répertoire des «petits tours» de la paroisse trouvait le vieux partait trop dans les niches enrageantes et même mortifiantes.» (page(194) Pourtant, à mon effarement niaiseux, Vautrin, si je le lui demandais, me répondrait sans doute: «La plupart du temps, nos conversations sont sans réelle importance.On peut toujours trouver à jaser may ère à propos du niam-niam, des chaouis ou d'un coin de manche gui devient bourbeux.» (page 435) Bien fait pour moi ! De quoi me mèlé-je?le voulais être bien clair, bien précis, et prévenir mes aimables lecteurs que ce livre est écrit en Vautrin.Que certains seront en-thousiasraés, et d'autres en-maudit.Ce qui prouvera hors de .tout doute l'intérêt de ce roman d'aventures qui est aussi une sorte de poème.UN GRAND PAS VERS LE BON DIEU, par Jean Vautrin, roman, 440 pages, editions Grasset, Paris, 1989.Les best-sellers Fiction et biographies 1; Le Premier quartier de la lune Michel Tremblay Lemeac (8) 2'.Misery\tStephen King\tAlbin Michel\t(3) 3 Sire Qaby du Lac\tFrancine Ouelletta\tQuinze\t(2) 4 Dora ma jolie\tMary Hinggins Clark\tAlbin Michel\t(1) 5 La Chair de piem\tJacques Foteh-Ribas\tLtffont\t(3) 6'Le Négociateur\tFrederick Forsyth\tAlbin Michel\t(3) 7 Jackie\tDavid Heyman\tLaffont\t(1) 6- Il était une foi» Malaida\tQuino\tGlénat\t(2) 9; Rendez-vous\tJudith Krarrtz\tBelfond\t(?) 101 Le grand Santinl\tPatConroy\tPresses de ht Renaissance\t(2) Ouvrages généraux 1 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck Laffont\t\t\t(38) 2 ! Le Gourmet de quartier\tVictor Levant\tHurtubise\t(10) 3 Moi, Je m'en souviens\tPierre Bourgault\tStankôWS(19)\t 41 Le Patrimoine familial\tAdrian Popovici\tQuébécor\t(D 9 100 Dictées pour devenir ¦ champion\tJean-Christian Pleau\tBoréal\t(3) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Àlrre (longueur), Bertrand, Demarc, Ducharme, Flammarion, Le Fureteur (Saint-Lambert), Qwerin, Hernies, Lettre-Son (Outremont).Martin (JoMette), MontreaLoisIr, Le Parchemin, Raffln, Renaud-Bray et Sons et Lettres.\t\t\t Les médecines tortionnaires JEAN BASILE collaboration spéciale La médecine n'est pas toujours un art de compassion.II y a des médecins qui assistent les bourreaux pour que la victime reste en vie jusqu'aux dernières limites de la souffrance.Avant, on dosait la souffrance physique.Maintenant, on dose la souffrance mentale en se servant de l'avancée de la technologie chimique et des substances étranges qu'elle produit.C'est qu'il existe des drogues psychotropiques capables, en théorie, de modifier le comportement d'un être humain, de le «manipuler» phychologiquement.11 y a de nombreux exemples: le traitement «psychiatrique» de dissidents soviétiques, ou les fameux «lavages de cerveau» des prisonniers américains lors de la guerre du Vietnam, or.encore, plus récemment, l'annihilation psychologique des otages du Moyen-Orient que l'on peut voir, désorientés, lire des déclarations extraordinaires à la télévision.C'est là l'objet de Gordon Thomas dans son livre, Enquête sur les manipulations mentales.Il fait un historique de toutes ces médecines abusives et cruelles.11 se demande comment un médecin peut en arriver là.Il s'interroge sur les motifs de telles exactions et découvre que les raisons en sont souvent «patriotiques» car, bien entendu, le patriotisme excuse tout.Disons-le carrément, c'est donc un tableau de l'horreur auquel nous convie l'auteur, un tableau qui sème l'effroi, tant est profonde en nous l'idée d'une médecine soignante et soulageante.Décrites ces méthodes affreuses, Cordon Thomas a un autre projet plus terrible encore.Il veut montrer que la médecine tortionnaire n'est pas forcément terroriste, ni même guerrière.Ce n'est pas forcément la médecine des fanatiques, la médecine des bolcheviques ou des ayatol-has, en bref la médecine des autres.Elle existe chez nous.Certaines agences de renseignements la En traduction f>ratiquent Ici, pour sauvegarder a démocratie bien sûr, par patriotisme.On ne le dit pas, par exemple.Ça prend alors la forme d'une «médecine expérimentale».C'est un projet codé parmi d'autres qui disparaît dans les archives.C'est ce que la C.I.A.a fait dans les années soixante, au cours d'une expérience unique en son genre et dont le lieu était notre bon vieux Montréal, plus exactement au Allan Memorial Institute, à l'université McGill, un hôpital psychiatrique.L'université McGill payé par la C.I.A.?On a du mal à le croire.Pourtant c'est vrai.Les trois quarts du livre de Gordon Thomas sont consacrés à cette histoire bizarre.La drogue qui était à la mode, à cette époque, était le LSD-23 qui induit des psychoses temporaires et des «régressions» radicales, ce pourquoi on avait immédiatement pensé qu'il pourrait être utile en psychiatrie, erronément d'ailleurs.Pour les amateurs d'histoire, rappelons que le LSD-23 était utilisé illégalement dans les années soixante pour faire des « trips*.C'était le temps, de Lucy in the Sky with Diamonds, des Beatles.Au vrai, le produit brut est presque aussi vieux que le monde.II fait partie, avec d'autres substances similaires d'origine végétale, de l'arsenal des vieux sorciers, comme le savaient les anthropologues mais comme ne le savaient pas les psychiatres du Allan Memorial institute.C'est donc avec le LSD-23 que la C.I.A.décida d'expérimenter ses nouvelles sorcelleries psychologiques à l'université McGill, afin de découvrir le secret des lavages de cerveau sur des cobayes humains qui n'en savaient rien.Gordon Thomas se lance en grand, fait des enquêtes, rencontre des patients, des infirmières, des médecins stagiaires.11 épluche la comptabilité des subventions et en recherche la source.II s'intéresse au directeur d'alors du Allan Memorial, le docteur Cameron dont la carrière, dans le domaine de la psychiatrie polémique et de l'espionnage chimique, n'était d'ailleurs pas nouvelle.C'est lui qui avait pris soin de Rudolf Hess après son arrivée en Angleterre.C'est lui qui lui administrait des drogues, dont le fameux «sérum de vérité» lors des audiences du procès de Nuremberg, bien inutilement d'ailleurs puisque Rudolf Hess ne dit jamais la vérité et qu'il mourut dans le silence.Gordon Thomas est stupéfait de ce qu'il trouve.Comment, par exemple, une agence d'espionna- ge américaine a-t-elle pu s'implanter dans une université canadienne de grand renom qui: se .transforme ainsi en officine lou- -che?Menaces, infiltrations?Pas du tout.Il suffit d'un médecin passionné, charismatique et habile pour i débloquer des tonds toujours m- -res dans la recherche de pointer-universitaire.Personne ne voulut.rien voir jusqu'au jour où l'argent -cessa d'affluer.La C.I.A.avait dé- _ cidé que le jeu n'en valait pas la -chandelle, sauf, bien entendu -pour les cobayes que l'on renvoya I chez eux avec des séquelles gra-ves.Le docteur Cameron prit sa -retraite aux Etats-Unis.On sait que le scandale éclata, bien des années plus tard.Des malades, traités par le docteur Cameron, s'aperçurent qu'ils avaient été abuses et portèrent plaintes dès qu'ils le purent.Us demandèrent des dommages et intérêts, qu'ils reçurent partielle» \u2022 ; ment.Un tel ouvrage est forcément déroutant, inquiétant même.II a aussi ses limites.La «grande enquête» de Gordon Thomas frôle parfois le sensationnel.Le terrain de l'enquête est lui-même miné puisqu'il s'agit de choses secrètes, compliquées et qui, dans le cas présent, touche à bien des tabous dont l'un est la solidarité professionnelle entre médecins dont certains furent surpris de ce qu'ils voyaient mais ne dirent mot, outre que le domaine mental n'est jamais clair et net.L'auteur commet aussi quel- -ques petites erreurs de faits, facilement verifiables, qui agacent même si, pour le fond, la question que pose Gordon Thomas est valide et que sa réponse ne l'est pas.moins.La guerre, les nécessités de -l'espionnage, le terrorisme n'ex- -cusent par tout.Le sauvegarde de .la démocratie non plus.La torture médicalisée, bien sûr, n'est pas la règle.Elle existe bel et bien, ailleurs comme chez , nous et c'est peut-être la formé la -moins spectaculaire et la plus odieuse de toutes les tortures que l'humanité a inventées, invente \\ et inventera sans doute, semble croire l'auteur.ENOUÊTE SUR LES MANIPULATIONS MENTALES, par Cordon Thomas, 424 pages, éditions Albin Michel.Le Négociateur, une histoire palpitante FRANCINE OSBORNE ¦m rederick For- ^,'1 W* syth a fait J.V' une entrée remar->.-.quée dans le cercle .¦ / ¦ » des auteurs à suc-\\ ' ces il y a une vingtaine d'années avec son roman The Day of the Jackal, Le jour du chacal.Vingt ans plus tard, l'auteur britannique n'a rien perdu de sa fougue, comme en témoigne son dernier livre, The Negocia-tor, Le négociateur.L'histoire est palpitante dès le début.Le fils unique du président des États-Unis est enlevé près d'Oxford, en Angleterre, où il est étudiant.L'opération fait partie d'une sombre machination visant à empêcher la signature d'un traité entre l'URSS et les USA.Dès le moment où l'enlèvement est connu, tous les moyens sont mis en oeuvre pour assurer la libération du jeune homme.C'est là qu'entre en scène le négociateur, Quinn, un Américain qui a acquis son expérience au service de grandes compagnies d'assurances.Quinn, dont on ne connaît pas le prénom, est très fort.Forsyth aussi et toute la négociation se déroule dans la plus grande tension.Inutile d'en dire plus, car ce serait un mauvais service à rendre aux lecteurs intéressés que de dévoiler le dénouement de ce suspense bien ficelé.Disons que le livre est très fort et que Forsyth réussit à nous tenir en Haleine de la première à la dernière page.Sa grande force est non seulement d'avoir su garder le suspense tout au long de son oeuvre, mais aussi d'avoir introduit beaucoup d'éléments humains dans son histoire.D'ailleurs, la supériorité du négociateur vient en grande partie de sa connaissance profonde de la nature humaine.Né en Angleterre en 1938, Frederick Forsyth a aussi écrit L'al- ternative du diable, Le quatrième protocote et Sans bavures.Forsyth a certes eu une vie intéressante.A 17 ans, il s'est joint à la RAF et est devenu le pilote de chasse le plus jeune de Grande-Bretagne.Pendant huit ans, il a été journaliste, agissant comme End reporter pour la BBC et jence Reuters.LE NEGOCIATEUR, Frederick Forsyth.Éditions Albin Michel, Paris, 1989.452 pages.$24,93.Facile à lire ¦ Transportons-nous à New York, ville de tous les excès.Comme Tom Wolfe avant lui ( le 7 9SpW*r bûcher des vanités), le romancier .; américain Edward Stewart nous -décrit la ville dans ce qu'elle a de meilleur et de pire.Son livre, Privilèges, raconte ~; l'histoire d'une riche designer de '.mode que son mari a tenté d'as- ' sassiner en lui injectant de l'insuline.Cette histoire n'est pas sans ;_r rappeler le cas Von Bulow, vrai '~i ceiui-là, qui a donné lieu à Un procès retentissant aux États-Unis 11 y a quelques années.Sauf que dans Privilèges, la victime se réveille après sept ans dans le coma.Inutile de dire que sa vie a bien changé.Quand elle est tombée malade, sa fille avait 12 ans, elle en a maintenant 19.\"' Son mari a divorcé et vit avec-\": quelqu'un d'autre.Malgré tout, Babe Devens réus- , sira à se refaire une place dans l'existence, probablement meilleure que celle qu'elle avait lais- ,, sée derrière elle sept ans plus tôt.Privilèges, Privileged Lives en version originale, est plus facile à lire et moins complexe que Le b»r,?cher des vanités.Mais comme roman, il n'a pas la même vigueur, \u2022 les personnages ne sont pas aussi \" bien campés et la vision de la 1 ville n'est pas aussi saisissante.C'est un bon livre, il est simplement dommage que Tom Wolfe 1 ait écrit Le bûcher des vanités avant.: *' PRIVILEGES, Edward Stewart, Editions Jean-Claude Lattes, Paris.1989,514 pages.$24,93.o ; / -.gtarmif Vieillir, c'est partir un peu SUITE DE LA PAGE K1 photo pierre LAluMiERE, La Presse Anna strutvnski et Danick Cahuvette.sur un banc public.les gens qui jouent à la Bourse, la publicité, le mot «communiquer», et.Avec Le Raisin devient banane, Raymond Plante termine la «quadnlogie» qu'il a amorcée en 1986 avec Le Dernier des raisins.François Gougeon quitte Bon-Pasteur-des-Laurentides et s'installe à Montréal, près du cégep où il étudie.Et, en un mois, il apprend beaucoup de choses.Entre autres que les bébés aiment Mozart et qu'un condom ne se prête pas.Dans La Chimie entre nous de Roger Poupart, deux voyages pour le prix d'un: la fugue de Charles et ses vacances à la campagne.Outre son titre un peu rebutant, ce livre souffre du manque de charisme de son personnage principal, un adolescent nombriliste qui, par exemple, parle de la mort de son père, tué d'une balle dans la tête quelques mois plus tôt, comme d'un événement qui ne lui a pas fait grand: *R < chose! Pas de départ dans La Course à ~ l'amour de Bertrand Gauthier*-Pas beaucoup d'histoire nonplus.Sébastien est amoureux de Chloérir.U fait tout ce qu'il peut pour attirer son attention, y réussit partiellement et.c'est la peine d'amour.Un récit qui aurait pu I être d'une banalité exemplaire n'eût été des jeux de mots et des calembours dont l'auteur regale, g» ses lecteurs.Un reproche toute-> fois: ce cher Sébastien fait parfoW\"* preuve d'un peu trop d'éloqueû* ce.L'ÉTÉ DES BALEINES, Michèle Marineau.Québec/Amérique, 1989,212 pages.OUATRE JOURS DE LIBERTÉ, Sylvie Desro- siers, La Courte Échelle.1989,148 pages.LE RAISIN DEVIENT BANANE.Raymond Plante, Boreal, 1989.151 pages.LA CHIMIE ENTRE NOUS, Roger Poupart, Boréal.1989.154 pages.LA COURSE A L'AMOUR.Bertrand Gauthier, La Courte Échelle, 1989.152 pages.* I' \\ LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 21 OCTOBRE 1989 Jacques Renaud, prosateur et poète « suis un écrivain qui défend toutes les libertés» JEAN BASILS collaboration ipéçiale La destinée de Jacques Renaud n'est pas banale.A vingt ans, il publiait le Cassé.Il devenait, en une nuit, la vedette du «jouai» et l'un des symboles de la littérature séparatiste.Vingt ans plus tard, il se déclare partisan du très anglais Parti Égalité et vient de publier ilcux livres dont on remarque la langue française très élaborée.Ce.sont un recueil de nouvelles, l 'Espace du diable, et une rétrospective de ses poésies.I960; 1987, Les Cycles du Scorpion.lin malentendu fi| est vrai que jetais séparatiste à cette époque et même socialiste, membre du KIN.Il n'empêche que Le Cassé a été l'objet d'un malentendu, déclare Jacques Renaud.On en a i.iit, et on en fait encore, un manifeste politique ou un exemple de l'aliénation linguistique au Québec dont la cause serait la pression anglophone.En réalité, j'étais un très jeune homme.Je ne connaissais rien à l'histoire, ni à celle du Québec ni à celle du monde.Je n'avais aucune idée qu'il peut y avoir des liens étroits entre la langue, le nationalisme et le fascisme.Je ne savais pas que l'on pouvait utiliser une langue pour asservir îles gens.Le thème profond du Cassé est celui du bouc émissaire, de l'innocent que l'on charge de tous les péchés.C'est urr thème qui m'a toujours fasciné et qui me fascine encore.» ¦ Qu'en pensez-vous aujourd'hui ?¦-Aujourd'hui, au Québec, le bouc émissaire, ce sont les Anglo-québécois.La langue française au Québec est devenu iiuereiigion, pire encore une démagogie dont le personnel politique au pouvoir se sert pour des buts qui n'ont rien à voir avec la langue elle-même.On répand l'idée que, sans une politique linguistique radicale, le Quebec va disparaître, ce qui n'est pas vrai si on regarde les chiffres car il faut toujours confronter les idéologies à la réalité la plus concrète.Or le français est en progression.En fait, le mot même de disparition, que l'on emploie à tous propos, est line sorte de menace confuse.Ce 'que l'on cherche à atteindre darts l'individu est une peur bien plus\"profonde que celle d'une disparition collective.C'est la peur de sa propre mort et cela est-insupportable.ta traversée du désert Jacques Renaud a beaucoup voyagé, beaucoup réfléchi, beaucoup écrit.Après Le Cassé, il a été en Inde et s'est intéressé à l'occulte, au yoga.Ce fut, pour lui,4a découverte d'une vision deïâ'vie mystique certes.Ce fut t'ussi; un élargissement de ses P >ints de vues sociaux et po'itiques.Une expérience non sa n.; .danger.«eje me suis senti comme un émigré, avoue-t-il.Je ne ressemblais plus à tout le moqeje.Je ne ressemblais plus à ce que j'étais.Je dis toujours à mes com pat notes que, s'ils veulent savoir ce qu'un émigré pensent de nous, je puis le leur dire car l'auteur du Cassé qui continuait ses recherches d'homme et d'écrivain, était traité comme un émigré.» Alors, comme beaucoup des radicaux des années soixante, il a connu une traversée du désert, même si Le Cassé était au programme des écoles.«J'écrivais de la poésie que les éditeurs me refusaient.J'ai dû la publier à compte d'auteur.Au début, cela m'a mis en colère.Je ne comprenais pas.Fallait-il que je passe ma vie à réécrire Le Casse?Puis, je n'y ai plus pensé.Quand l'Hexagone m'a proposé une réédition de mes poésies, ela m'a fait plaisir.C'était omme une autre parti de moi-eme que l'on reconnaissait.» .Prose et poésie Écrire, pour Jacques Renaud, | est un engagement mais aussi un 65 *enaud.Prosateur™ Poète.JACQUES RENAUD L'ESPACE DU GUERIN littérature plaisir.Prose ou poésie, il ne sait pas vraiment ce qu'il préfère.«Pour moi, dit-il, la prose est horizontale.J essais avant tout de raconter une histoire, avec des personnages concrets.J'attache beaucoup d'importance, à la construction, au style.» ¦ Vous n'écrivez plus en jouai?¦ Pour moi, la langue n'est pas une branche de la génétique.C'est un bien acquis à sa naissance, dans un environnement particulier, et que l'on développe lentement.Il m'arrive donc d'écrire comme on parle à Montréal mais cela fait partie d'une recherche stylistique beaucoup plus large.¦ L'espace du diable est un livre assez dur, assez violent même, ce qui étonne chez quelqu'un qui a lu des non-violents comme Aurqbindo.¦ Pourtant, je crois à la tendresse.Il est possible que ce soit des pulsions inconscientes que j'exprime.Après tout, le rôle d'un écrivain n'est-il pas d'explorer les zones inconnues?Le Cassé était un livre humainement désespéré.L'Espace du diable, même si c'est un livre sombre, est tourne vers l'avenir.Chaque protagoniste y cherche la tendresse et aussi la liberté.Pour moi, la liberté est ce qu'il y a de plus essentiel à l'être humain, sa propre liberté et, naturellement, celle des autres.Si je devais me définir, je dirai que je suis un libertaire, quelqu'un qui aime et cherche la liberté.¦ Qu'en est-il de votre poésie?¦ Elle est plutôt verticale, c'est-à-dire directe et instinctive.C'est pourquoi elle est plus hermétique que ma prose.Je demande au lecteur de faire un effort pour pénétrer dans mon monde privé alors que, dans ma prose, je me rapproche de lui.Les Cycles du Scorpion est aussi -plus autobiographique.On y trouve des bribes de mon cheminement.D'ailleurs, ce recueil contient de nombreuses proses, poétiques si l'on veut.Le ton peut être satirique ou amoureux puisque j'y célèbre la femme et l'enfant.Un souvenir Il est difficile de retenir Jacques Renaud entre les rives étroites de la pure littérature.Il y a en lui de l'homme d'action qui veut défendre ses idées.On sent, malgré sa courtoisie, qu'il lui est pénible d'être condamné à se protéger d'une vieille image que l'opinion publique lui a, somme toute, imposée.«Je suis né, raconte-t-il, dans un milieu libre-penseur.Mon père, qui ne parlait pas un mot anglais, a fait la guerre de 14-18 lors de laquelle il a perdu une jambe.11 a été évacué et soigné en Ecosse.On a été si gentil avec lui qu'il s'est cru, après l'enfer de la bataille, au paradis mais un paradis où l'on parlait anglais.Il a compris, me raconta-t-il, comment il ne faut pas juger les gens sur la langue ou sur l'accent, mais par ce qu'ils ont dans le coeur.Il se peut que ce souvenir familial ait joué un rôle dans ma vie.En bref, je ne tiens pas à ce qu'on me juge sur un seul livre.Je souhaite qu'on me permette de témoigner par l'écrit de toute ma vie, dans sa complexité.» L'ESPACE OU DIABLE, par Jacques Renaud, nouvelles.270 pages, éditions Guéhn littérature.LES CYCLES OU SCORPION, oar Jacques Renaud, poèmes et proses, 1960-1987, 400 pages, éditions l'Hexagone.sette* BILLY BOB DUTRISAC KAFKA KALMAR UNE CRUC.IFICTION LE ROMAN À VOUS FAIRE FONDRE i LE PLOMBAGE DES DENTS Pas facile, un premier roman REGINALD MARTEL Le premier roman, c'est celui qui parfois ne devrait pas connaître l'édition.A moins que le génie, cette forme un peu irritante du talent, n'en impose le risque de toute urgence.La prudence souhaitable vient du fait que le premier roman, la plupart du temps, n'est pas un roman.Il n'est pas la construction d'un univers cohérent qui emprunte au réel, quand le temps lui a donné sa patine minimale, juste ce qu'il faut.En d'autres mots, et sauf exceptions, le roman déguise mal l'autobiographie.Changeons noms, âges, apparences physiques, traits de caractère, occupations, lieux de résidence des protagonistes, rien encore n'est changé si dans la tète de l'aspirant écrivain ces personnages n'ont pas commencé à vivre de façon un peu autonome.Alors ils exigent même, diront certains, que l'écrivain consente à leur laisser un peu la bride sur le cou.Un « roman » de Mme Sylvie Moisan me remet à l'esprit ces banalités, qui n'ont que le mérite de convenir parfaitement à l'entreprise du jeune auteur.Sans oser affirmer que les aventures de Dominique, narratrice et principal personnage du Coeur net, joli titre, sont celles de l'auteur, il saute aux yeux qu'il a voulu, sous les apparences de la fiction, faire revivre un milieu et une époque qu'il a connus de près, dans lesquels il a vécu.Québec pourrait être le décor du récit, si Mme Moisan avait pris la peine de donner a cette ville même le plus petit rôle.Les villes ont l'air de rien, quand on y vit; et pourtant elles habitent à leur insu ceux qui y vivent, et leur refilent leurs petits virus singuliers.Faute d'un decor plus vaste, porteur d'une certaine originalité culturelle et sociale, il faut se contenter de deux bars, trois peut-être, et du lit de la belle Dominique.On aura compris qu'il s'agit ici d'histoires d'amour, de coeur, de corps.L'amour exis-tc-t-il?Oui, puis non, puis oui encore, puis je ne sais plus, puis non.vraiment fini pour moi, puis sait-on jamais?Débarrassée du compagnon respectable et ennuyeux qui ne savait pas la faire jouir, Dominique part à la chasse.Parfois en solitaire, plus souvent avec sa meilleure amie, avec qui elle partage volontiers amants et confidences.Québec n'est pas grand, nous a averti l'auteur, et nos commères ont vite fait le tour de la garenne.Que reste-t-il alors?Les derniers mots du livre le disent, malheureusement trop prévisibles: «Toutes les deux, ensemble, nous finissons par penser que dans ce no man's land ou (sic) nous nous trouvons, l'amitié est un gage' ; de survie.Certains jours nous y i croyons, d'autres pas.Comme pour le reste.» L'histoire de Dominique est banale, et ses épisodes itératifs.L'écriture est à la hauteur, ce qui n'arrange rien.L'amoralis-mc des personnages aurait quelque saveur s'il n'était de trop bon ton.Mais parfois l'humour fait passer une brise .sur ce tableau de moeurs qui fait plutôt dans la nature morte.LE COEUR NET, Sylvie Moisan.collection Prose ouverte.Les Quinze, éditeur.Montréal.1989.La nouvelle littérature, ce n'est pas pour tout le monde ! REGINALD MARTEL ettez en scène une Con-chita pétemane, mangeuse de verre et de cailloux, et un Julio Illico pressé, comme son nom l'indique, de courir partout et nulle part.Doublez-le d'un Anti-Julio, en cas de besoin.Ajoutez un barman cannibale et tout ce qu'il faut de gadgets pour faire moderne.Vous aurez peut-être ce que l'éditeur de M.Éric Simon appelle de la «nouvelle littérature».À la lecture, qui n'est guère facile, de l'Amoureux cosmique, on comprend que le genre nouveau, si c'en est un, serait fait d'images, à la manière de ces vidéoclips dont le texte est plutôt ténu.Des images, je veux bien, si les mots suffisent à les donner à voir, sentir, entendre si ça se peut.Ce n'est pas du tout le cas, vraiment pas du tout.Si au moins leur récurrence permettait d'explorer quelque territoire symbolique, le lecteur acquerrait sans doute malgré tout, au bout du récit, une vision unificatrice de ce qui est voulu, ce que rien n'interdit bien sûr, comme un univers fragmenté, milliards de miettes en route, peut-on supposer, vers l'infini.On voudra ainsi chercher du côté de ces volcans sur lesquels trébuche le héros et qui pous-' sent partout où il marche \u2014' où il court, pardon.Enfin un' indice, page 56: «Il avait dé-.' peint les volcans comme des/ formes étrangères de pensée et' d'action.» Qu'est-ce à dire?Pour comprendre quelque chose à ces courtes scènes qui s'ajoutent les unes aux autres et jamais ne composent une, fiction verifiable, il faudrait, peut-être, comme les person-l nages du récit \u2014 si c'en sont et.non pas des objets fabriqués;, par un vidéographe détraqué', \u2014, se mettre, grâce à quelque, -potion magique, dans un état-second.La nouvelle littérature, c'est' comme la nouvelle droite, la .' nouvelle ci et la nouvelle car.' c'est comme tout ce qui cher-; che à se substituer à un autre ~ pouvoir intellectuel, fatigue -convenons-en et qui fonctionne sur son erre d'aller, faute de délinquants assez costauds du cerveau pour mettre quelques grains de sable, et de sagesse -pas trop sage, dans la machine.La nouvelle littérature, ce n'est ' pas pour tout le monde.L'AMOUREUX COSMIOUE, Eric Simon.Editions du Boreal.Montréal.1989.La librairie L I M 4 bientôt au 3700 Boulevard Saint-Laurent (514) 499-2012 SUR 2 ÉTAGES AVEC ASCENSEUR \u2022 TOUS NOS LIVRES RÉPERTORIÉS SUR INFORMATIQUE K4 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 21 OCTOBRE 1989 Une interprétation à découvrir: le Schumann de Kubalek CLAUDE GINGKAS Antonin Kubalek, pianiste tchèque né en 1935 et habitant Toronto depuis vingt ans, reste un parfait inconnu pour les mélomanes montréalais.Seuls certains collectionneurs de disques connaissent son nom.Ainsi, il est l'un des rares pianistes à avoir enregistré les Sonates de Erich Wolfgang Korngold.l'auteur de Die tote Stadt.Aujourd'hui, il se tourne vers une musique beaucoup plus familière: Schumann.Sur un disque de la petite marque américaine Dorian, il joue le Carnaval et les Kinderszenen (ou «Scènes d'enfants») et deux recueils moins Nouvelles du disque ET MAINTENANT.LES DEUX «RHEINGOLD» ¦Comme on le sait, deux intégrales de la Tétralogie de Wagner (Der Ring des Nibelungen) sont actuellement en cours de réalisation: l'une chez Deutsche Grammophon, enregistrée à New York avec la distribution du Metropolitan, dir.lames Levine, l'autre chez EMI, avec Bernard Haitink et l'Orchestre de la Radio Bavaroise.Les deux marques ont lancé leur Ring en même temps, et en commençant par le deuxième opéra de l'ensemble, Die Walkù-re.Elles poursuivent avec le premier opéra, Das Rheingold.De toute évidence, ce système de parution- simultanée des deux versions de chaque opéra sera suivi jusqu'à la fin.Il ne s'agit évidemment pas d'un hasard mais d'une impie opération de marketing.Ni hasard, ni opération de marketing, mais simple illustration de la situation actuelle des voix wagnériennes: lames Morris est le Wotan dans les deux Rheingold, comme il était le Wotan dans les deux Walkùre.Pour les cinq autres rôles majeurs; de Das Rheingold, DG et EMI annoncent respectivement: Christa Ludwig et Marjana Li-povsék (Fricka); Siegfried Jerusalem et Heinz Zed ni k (Loge); Ekkehard Wlaschiha et Théo Adarh (Alberich); Heinz Zednik et Peter Haage (Mime); connus: les trois Phantasiestucke ( « Pièces de fantaisie » ) op.111 et les Gesange der Frûhe («Chants de l'aube», et non «Chants du matin», comme le donne le disque ).C'est un très beau programme, totalisant 42 courtes pièces et 78 minutes de musique, et l'interprétation proposée n'a rien de routinier ou de banal.Au contraire, Kubalek arrive a nous dire encore Ïuelque chose de nouveau dans le arnaval et les Kinderszenen ; il est même l'un des rares à donner une dimension intéressante aux Gesange.La virtuosité est là, mais elle n'est jamais une fin en soi.Poésie, fantaisie, drame même, colorent tour à tour le jeu.On note aussi certaines variantes par rapport aux éditions courantes.L'enregistrement bénéficie de l'excellente acoustique d'un lieu inconnu jusqu'à maintenant: la salle de concert qui occupe les Birgitta Svendén et Jadwige Rappé (Erda).On note que Heinz Zednik figurera lui aussi dans les deux versions, mais dans des rôles différents.UNE -TRAVIATA» DE TOKYO ¦ Le dernier enregistrement de La Traviata.de Verdi, nous vient du lapon.Mais qu'on se rassure, il est chanté en italien.Les interprètes: Lucia Aliberti, Peter Dvorsky et Renato Bruson.Un «live» de la Philharmonique de Tokyo, dir.Roberto Patemostro, réalisation de Capriccio.JOSHUA BELL «EN FRANÇAIS» ¦ Le jeune violoniste américain Joshua Bell a enregistré l'an dernier la Symphonie espagnole de Lalo et le troisième Concerto de Saint-Saéns avec Dutoit et l'OSM, pour Decca-London.Le disque doit paraître incessamment.Pour la même marque, Bell vient d'enregistrer le Trio de Ravel, avec le violoncelliste Steven Isserlis et le pianiste Jean-Yves Thibaudet, et le Concert op.21 de Chausson, avec Thibaudet et le Quatuor Ta-kàcs.KISSINE À12 ANS ¦ Evgueny Kissine, le nouveau prodige soviétique du piano (18 ans cette année), fut révélé par RCA en des enregistrements des Concertos no 2 de Rachmaninov et no 3 de Prokofiev.RCA sort maintenant, par Kissine, le premier Concerto de Chostakovitch et le Ré majeur de Haydn, avec les Virtuoses de Moscou, dir.Vla- dimir Spivakov.Prochainement, Deutsche Grammophon sortira le premier Concerto de Tchaikovsky que Kissine enregistra avec Karajan et la Philharmonique de Berlin.Enfin, Olympia a récupéré un enregistrement des deux Concertos de Chopin réalisé par Kissine à 12 ans.DOMINGO DANS WAGNER ¦Ténor espagnol spécialisé dans le répertoire italien, Placido Domingo chante aussi Wagner.Déjà, il était Walther dans les Meistersinger de lochum chez Deutsche Grammophon et enregistra ensuite le rôle-titre du Lo~ hengrin de Solti chez Decca-London.Son Tannhàuser vient de paraître chez DG.dirigé par Sinopoli, et prochainement il enregistrera Tristan und Isolde avec Jessye Norman, dir.Solti, chez Decca-London.11 s'agit du deuxième Tristan de Solti, qui l'avait gravé en 1960 avec Fritz Uhl et Birgit Nilsson.Chez CBS, Domingo vient également d'enregistrer un récital de mélodies de Puccini.«REMAKE» DE CARLOS BONELL ¦Le guitariste Carlos Bonell avait enregistré en 1980 le fameux Concierto de Aranjuez et la Fantasia para un Gentilhombre, de Rodrigo, avec Dutoit et l'OSM, pour Decca-London.Il vient de réenregistrer les deux oeuvres, avec le English Chamber Orchestra, dir.Steuart Bedford, pour la marque Collins.Le disque contient une oeuvre supplémentaire: le Concierto pastorale, pour flûte, joué par Jennifer Stinton.All or Nothing: voilà un rock inspiré pour Luba cinq étages supérieurs de la Troy (N.Y.) Savings Bank, salle construite en 1875, et dont une photo incluse ici pourrait inspirer ceux qui révent d'une nouvelle salle pour Montreal.M.Kubalek, qui signe lui-même les annotations de son disque, écrit qu'il ne connaît qu'un enregistrement où est joué Sphinxs, la pièce qui contient l'énigme du Carnaval, celui de Rachmaninov.Bien que la pièce figure dans la partition, le compositeur prescrit de ne pas la jouer.Rachmaninov n'est pas le seul à avoir ignoré l'interdiction.Il existe au moins quatre autres enregistrements du Carnaval à nous donner Sphinxs: ceux de Cortot, de Gieseking.de Badura-Skoda et.plus près de nous, de Oleg Maisenberg.SCHUMANN: Cirru**.oo.9; Kmdtruenen.oo-15; Drei PtwitnmtiKk*.oo.111; Getin-geder Fwhe.oo 133.Antontn Kubalek.pianiste ( Dorian, compact seuleme.it.DOR- 90116) MAIN am MMNTICNY Ouand Luba vous dit sérieusement qu'elle se trouvait trop superficielle il y a Quelques années, difficile de ne pas pouffer de rire.Superficielle, cette fille sage, timide et généreuse dont la voix fait frissonner les plus endurcie et les touche au point qu'ils ont l'impression de bien la connaître?Pourtant, Luba Kowalchik ne blague pas.«le veux être plus honnête», disait-elle quand La Presse l'a rencontrée pour parler de son troisième microsillon, AU or Nothing.« le suis une personne sincère, je ne pourrais pas changer la couleur de mes cheveux chaque mois comme Madonna.Cette image ne me convient pas.Comme Cougar, Springsteen et Chapman, je suis une personne ordinaire.Quelqu'un A qui le public peut s'identifier, le dois demeurer fidèle à ce que je suis vraiment.» Il y a trois ans, la chanteuse montréalaise a remis sa carrière en question.C'était peu après l'accident d'autobus dans lequel ses musiciens ont subi de sérieuses blessures, au Nouveau-Bruns-wick \u2014 Luba et son batteur, son mari Pete Marunzak, n'y étaient pas, ayant été retenus à Québec pour faire la promotion du disque Between the Earth and the Sky.Du coup, bien des projets sont tombés à l'eau et, pendant la période de flottement qui a suivi, Luba s'est mise à jongler.«je pensais que ça ne valait plus la peine de continuer, se rap-pelle-t-elle.Ça m'a forcé à réévaluer mes priorités.l'avais perdu de vue l'essentiel : l'amour du métier, les relations humaines et les sentiments valent plus que le sacro-saint dollar.|e faisais trop ce que tout le monde me conseillait.» Des changements majeurs Ces dernières années, Luba a rompu ses liens avec son gérant Paul Lévesque et confié sa carrière à deux Américains, Mike Lam-bo, de New York, et Mike Gorm-ley, de Los Angeles.Le hasard a voulu que Lambo intercepte une bande-témoin que Luba avait envoyée à des réalisateurs.11 l'a aimée et a donné signe de vie à la chanteuse.Luba avait une idée précise de ce qu'elle attendait de ses nouveaux gérants: elle avait fait sa marque au Canada, fallait maintenant qu'on lui ouvre les portes des États-Unis.Luba Kowalchik Par la suite, deux musiciens ont quitté son groupe.Une décision difficile \u2014 « nous étions ensemble depuis dix ans, c'était presque une famille», dit-elle \u2014 mais néanmoins nécessaire.Enfin, et c'est là la révélation de AU or Nothing, son orientation musicale a changé.« Je voulais retourner à la base, faire une musique plus dépouillée, plus acoustique, explique-t-elle.Je renoue avec la musique que je faisais au début, celle qui m'a toujours convenu.Mon public pourrait être surpris sur le coup, mais il y a toujours un lien : ma voix ».Aucune concession musicale All or Nothing est un très beau microsillon.Tout en laissant à la voix de I uba la place qui lui revient, les réalisateurs n'ont fait aucune concession au plan musical.Voilà un rock inspiré qui se compare à ce qui se fait de mieux dans le genre aux Etats-Unis.A Little Salvation, par exemple, concilie l'esprit du rock à trois accords des années 60 et la facture rock des années 90.Même que le guitariste de Petty, Tom Campbell, a réalisé la première chanson du disque, Wild Heart, en plus d'y jouer de la guitare, de la mandoline, de la basse et des claviers.La guitare acoustique y tient évidemment un rôle rythmique essentiel et, ça et là, une mandoline, un orgue, une guitare espagnole ou le piano de Paul Shaf- PMOTO PAUIHCNKI TAIBOT.U Pr«» fer viennent ajouter des couleurs à une musique qui respire la santé.\" i Tout ce beau monde n'a pas perdu son temps en studio, mais ils avaient quelque chose à se mettre sous la dent.All or Nothing révèle une fois pour toutes le talent d'auteur-compositeur de Luba.Au plan musical, chacune des chansons est convaincante à sa façon et même si l'orientation est bien définie, on évite le piège de la redite.Les textes, sans être très origïJ naux, sonnent très rarement faux et ils témoignent surtout du cheminement qu'a fait Luba ces dernières années.Elle y parle de ses angoisses, de ses doutes, réclame son espace vital, mais on reconnaît encore et toujours la fonceuse dans On My Way.No More Words, une ballade puissante, réjouira ceux qui avaient été séduits par Every Time I See Your Picture et Milena avec ses clins d'oeil à Al Stewart et Bruce Hornsby, plaira aux amateurs de pop bien faite.À la fin novembre, Luba partira en tournée au Canada où on avait pris l'habitude de la consacrer chanteuse de l'année entre le règne d'Anne Murray et celui de k.d.lang.Entre-temps, ses nou-.veaux gérants tenteront de dénicher la compagnie de disques américaine qui sera prête à accorder à All or Nothing l'appui qu'il mérite.À eux de jouer.Vidéocassettes Roger Rabbit: un lapin comme il ne s'en fait plus LUC PERREAMLT LW événement était très attendu.Il s'agit de la sortie en cassette de Who Framed Roger Rabbit.Une sortie simultanée dans les deux versions, française et anglaise.Peut-être moins spectaculaire que celle d'E.T.l'an dernier, cette sortie comblera néanmoins d'aise les amateurs de films d'animation ainsi que les nostalgiques de cartoons, ces dessins animés qu'on projetait à l'époque en début de programme dans les cinémas.Le film débute par un véritable cartoon tourné à la manière d'an-tan.On y fait la connaissance de Roger Rabbit, tansformé en babysitter et chargé de veiller sur un bébé plutôt turbulent.Le temps qu'il faut pour le dire, la maison est mise sans dessus dessous.Roger lui-même se retrouve en dessous d'un réfrigérateur lorsqu'un voix s'écrie : « Coupez! » La caméra recule et les décors apparaissent : il ne s'agissait que du tournage d'un cartoon.Nous sommes à Hollywood en 1947.Roger Rabbit gagne sa vie comme , acteur de second ordre.Mais il va tout a coup faire les manchettes.Un certain Marvin Acme, spécialiste des gags, vient d'être assassiné.U était soupçonné d'entretenir une liaison avec la pulpeuse Jessica Rabbit, la femme de Roger.On va aussitôt soupçonner ce dernier du meurtre.Il doit fuir Toonstown, cette banlieue réservée aux interprètes des cartoons, pour trouver refuge auprès du détective privé Eddie Valiant (Bob Hoskins).Mais ce dernier n'est 6as du tout intéressé à défendre oger.Car les Toons ont déjà tué son frère qui lui servait d'associé.Les Toons eux-mêmes cette fois paraissent menaces.Et la mort de Marvin Acme pourrait n'être que le prélude à leur extermination.The List Pas très original Voilà un film qu'on savoure aussi bien sur le petit que sur le grand écran.Après un début hilarant, on passe du rire aux poursuites sans que jamais l'invention ne tarisse.L'ingéniosité dont ont fait preuve ses concepteurs (parmi lesquels figure Steven Spielberg lui-même) dépasse les normes habituelles.Les personnages d'animation se marient tellement bien avec les acteurs réels qu'il ne semble pas y avoir de coupure entre les deux mondes.Assurément, ce film est digne de figurer dans une collection privée.D'autant plus que son prix \u2014 sous la barre des $30 \u2014 le classe dès sa parution dans la catégorie des cassettes qu'on achète.«-*-*-* WHO FRAMED ROGER RABBIT, de Ro-.bert Zemeckis.Ê.-U.1988.Int.: Bob Hoskins.Chrlstooher Uoyd.Charles Fleischer, Stubby Kave, Joanna Cassidy.Couleur.Hi-fi stéréo surround.1h44.lancement simultané français/anglais.Touchstone Home Video.Whisper Kill Une surprise agréable ¦ Journaliste ambitieuse, Liz Bartlett, dirige un jonrnal de Suartier avec un viel ami, Jerry arter.L'assassinat de son associé va attirer les soupçons sur Liz qui engage un as reporter, Dan Walker, pour mener l'enquête pour le compte de son journal.Dan tombe amoureux de Liz tout en la soupçonnant du meurtre.Entretemps, la liste des victimes s'allonge.À chaque fois une voix mystérieuse prévient la prochaine victime.Finalement Dan va être acculé au mur : la voix lui apprend que ce sera lui la prochaine victime.Peut-être à cause des têtes sympathiques des deux principaux interprètes, Loni Anderson et Joe Penny, ce thriller mineur se laisse savourer.Il est difficile jusqu'à la fin de deviner l'auteur de cette série d'assassinats.Pourtant le scénariste John Robert a disséminé tout au lond du film les indices nécessaires et la solution de l'énigme, à la fin, parait on ne peut plus vraisemblable.Dans son genre.Whisper Kill est donc une surprise agréable.+* WHISPER KIU (v.f.), de Christian I.Nyby II.Ê.-.U.1988.Int.: Loni Anderson.Joe Penny, June Lockhart.Jeromy Slate.Couleur.W-H mono.1 h 30.Cinema Plus Video.¦ Frank Desalvo a été associé à un baron de la pègre, Vie Luca.La police a réussi à le convaincre de témoigner contre son ancien ami.Mais, à la veille de son procès, Luca engage un tueur à gages pour assassiner Desalvo.Malheureusement, l'homme se trompe d'adresse.Il tue par erreur le meilleur ami du voisin de Desalvo, blesse sa femme et prend son fils en otage.Désespéré, ce voisin, Jack Collins, va se lancer avec Desalvo à la recherche de son fils.On a déjà vu raconter cent fois cette histoire de mafiosi qui s'en-tretuent et que la police, impuissante, regarde faire.Derrière tout ça, on retrouve le thème du citoyen innocent qui se fait lui-même justice.|an-Michael Vin- cent joue le rôle de ce voisin qui va s'attaquer à un tueur.La fin sera comme il se doit impitoyable mais pas très originale comme le reste du film.** THE UST (v.f.).de William Lustig.E.-U 1988.Int.: Jan Michael Vincent, Leo Rossi lance Henriksen.Charles Napier, Rio Tom' Couleur.Hi-fi stéréo.1h27.RCA/Columbia Pictures Home Video.La déesse de l'amour Figée comme une statue ¦ Zeus a donné une dernière chance à sa fille Vénus pour reprendre sa place au Panthéon.Elle devra découvrir le vrai sens de l'amour auprès d'un simple mortel.Faute de quoi, elle passera l'éternité transformée en statue.Entre-temps, la veille de son mariage, un individu passe par inadvertance au doigt de cette Venus statufiée la bague qu'il des-I tinait à sa future.Le geste décleri' che chez Vénus un retour à la vie.\" Pendant que la déesse va tenter: de convaincre l'autre de l'épouser, ce dernier va chercher par tous les moyens possibles de se' dépêtrer de cette situation embarrassante.On ne saurait épiloguer lori-; guement sur cette comédie très-facile à part noter en passant le charme de Vanna White dans le rôle de Vénus.C'est bien la moin-, dre des choses pour une comédie: axée sur la déesse de l'amour.-Produit pour la télévision, ce film manque autant d'inspiration que de ressort dramatique.La pauvre-Vénus parait hélas complètement figée dans la pierre.On a déjà fait mieux sur des sujets mythologiques.* LA DEESSE OE L'AMOUR (v.f.de Goddess of love), de James R.Drake.É.-U.1988.\\nt-.C Vanna White.David Naughton.little Richard, Amanda Bearse.Couleur.Hi-fi mono.1 h 22.Cinéma Plus Vidéo.Nos cotes * Moche.InutiK de m déplacer au vfdéoclub.* Potable.Emprunter la copie a la rigueur.++ intéressant.Mais pas sans défauts.* * * Remarquable.Se laissé voir avec plaisir.> Extraordinaire.A louer sans réserve.LE PALMARÈS* 1.Rain Man vd/vf (1) 2.Cyborg vo/vf (5) 3.Who Framed Roger Rabbit vo/vf (-) 4.Équipe de réve (Dream Team) (-) 5.L'agent fait la farce (The Naked Gun) (2) 6.Tequila Sunrise vavf (4) 7.Cocoon 2 vo/vf (3) 8.Les banlieusards (TheBurbs) (6) 9.Working Girl (\u2022) 10.Jumeau*/Twm» (8) \u2022 Cette liste est établie avec la collaboration du Club International vidéo film, le classement précédent est Indiqué entre parentheses, i LES NOUVEAUTES ACTION Dead Easy Femmes en cage Gardiennes du pénitencier Usa la tortionnaire Interzone Le journal secret d'une prison de femmes Out on bail La prison des femmes en série Révolte dans la prison d'Attica Winter People ANIMATION/ENFANT La bande à Ovide 1-2-3-4 ARTS MARTIAUX Time Burst/The Final Alliance COMÉDIE Chances Are ' La chasse aux fantômes Dressmaker Dumb Waiter \u2022\u2022* Girts of tuxedo network La griffe du tigre Loverboy vf Lui, moi, elle et l'autre Mac and me vf Never on tuesday Norman Awesome Experience She's Out of Control Troop Beverly Hills vo/vf DOCUMENT Avery Schreiber Live Bill Murray Live DRAME Heaven on earth Killing Floor Lost Angels Milk and honey Scandal vo/v) Sex tapes scandal vf Tango Bar FANTASTIQUE La poupée de la terreur GUERRE Jungle Assault HORREUR Bloodsuckers B.O.R.N.Evil Alter La femme vampire (Bloodsuckers) La mouche 2 Phantom Brother Suspiria **\u2022 Toxic Avenger 2 Witchtrap SCIENCE-FICTION L'incroyable homme qui fond Leviathan SUSPENSE Les trucs du métier THRILLER Dead Easy Prisoner of Rio \u2022\u2022\u2022 Nos choix. la presse.montreal.samedi 21 octobre 1989 K5 Chez Graff, Pierre Ayot le.ratoureux JOCELYNE LEPAGE Au fond.Pierre Ayot n'a pas changé.Depuis le milieu des années soixante, il nous joue des tours.Comme un magicien fait sortir des lapins de son cha- peau, lui.l'artiste «pop», nous apprête des illusions où le réel se confond avec sa reproduction, avec sa représentation.Rappelez-vous, dans les années soixante-dix.ses horloges à moitié réelles, à moitié imprimées qui marquaient vraiment l'heure.ARTS PLASTIQUES ses abeilles ( imprimées ) sur fond de ruche qui cherchaient à sortir du cadre qui les tenait prisonnières.Ou, au debut des années qua- tre-vingts, ses caisses de bière et ses paquets de journaux qui pouvaient en réalité servir de coussins, ses planches de plywood et GALERIES D'ART JEAN McEWEN OEUVRES RÉCENTES 21 octobre au 9 novembre 1989 WADDINGTON & GORCE INC.1504.SHERBROOKE OUEST, Montreal.Quebec H3G 1L3 (514) 933-3653, 934-0413/FAX (514) 933-5577 a.EXPOSITION NICOLE GÉLINAS Oeuvres récentes Vernissage la dimanche 22 octobre 1989 à 13 h L'artiste sera présente L'exposition se poursuivra jusqu'au S novembre 1989 3334, 3* Avenue Riwdon, Oc J0K1S0 1-514-\u202234-3315 Au coeur de Lanaudière UMIERES a CLASSES DE DESSIN ET DE PEINTURE Base, intermédiaire et avancé Inscription en tout temps 3623, St-Oenis, Montréal (métro Sherbrooke) 843-6830 Pemin cutturel no 749502 SOREL ETROG PEINTURES RÉCENTES JUSQU'AU 4 NOVEMBRE GALERIE DOMINION 1438, rue Sherbrooke ouest Mardi au vendredr de 9 h à 17 h 30 845-7833/835-7471 Samedi de9hàl7h GALERIE MIHALIS 5* 1500, Sherbrooke 0.932-4554 JOSÉ TRINIDAD L'exposition se poursuit jusqu'au 4 novembre La QaleRie Continentale Inc.EXPOSITION ALLEN SAPP.,,r jusqu'au 28 octobre 1450.rue Drummond, Montréal 842-1072 Ou mardi au samedi de9h30à 17h Éditions La Palette LOUIS BRUENS 'ous invite au lancement de son nouveau livre: 92 TRANSPARENCES Aquarelle - Pastel Édition bilingue Profitez du prix spécial de lancement, un escompte de 20% sur le prix régulier de 79,95$ vous est offert.ce jour-là seulement.Cet événement aura lieu le MERCREDI 25 OCTOBRE 1989 dans le nouvel et splendide Atrium du centre d'animation COLLÈGE DES EUDISTES DE ROSEMONT 3535, boulevard Rosemont à Montréal ENTRÉE GRATUIT! Les artistes seront de la féte, le jour idéal pour recueillir des signatures dans votre livre.POUR RENSEIGNEMENTS, Un stationnement est à S.V-.P.le 255-3646 \u2022 votre disposition.f il GALERIE LAURIENNE BAZINET Ljn EXPOSITION CEZYL TESTEAU du 23 octobre au 13 novembre VERNISSAGE LE LUNDI 23 OCTOBRE À 19:30 HEURES en présence de M.Jean-Marie Poitros, sénateur 5451, rue Sherbrooke ouest, Montéal \u2014 483-2607 10:30 à I 7:30 heures du mer.au dim.1 1:00 à 1 7:00 heures le dimanche Rétrospective Plus de 50 oeuvres mises en vente BELLEFLEUR À compter du mercredi 25 octobre à 19 heures.Jusqu'au 12 novembre.o a i e n i e 430, rue Bonsecours Vieux-Montréal (845-8281) Du mere au dim.de 11 h à 18 h Achetons tableaux au comptant.SUrOR CÔTE (1869-1937) t£OAVOTrB1909-l9781 WtU-IAM SRYMNER (1S5S-1926) MAURICE CUU.EN (1 UN DEFILE S ?DE MODE PAR ULTES: 1 [ MOINS DE Ïïia Itltgenxe 7385.BOUL.DECARIE/731-7771 i ADULTES: 12,95$ ENFANTS 0E MOINS DE 10 ANS: 3,95 $ La Lucarne tfOutremont COULEURS D'AUTOMNE \u2014Le petit menu et sa.couverture d'hiver 13,50$ \u2014Le menu des mois de froidure 21,50$ \u2014Et le festival du foie gras frais du Que* bec P.-Lévesque 1030, rue Laurier Ouest 279-7355 LA CASA DE LA PAELLA A MTL.INCLUS ENTRÉES AU CHOIX: \u2022 Soupe de homard \u2022 Fruits de mer gratinés \u2022 Soupe à l'oignon \u2022 Escargots à l'ail \u2022 Moules à la Valenciana \u2022 Salade du chef CHOIX DE PAELLAS: $1095 \u2022 Paella aux crevettes I 9 \u2022 Paella aux fruits de $9fl95 mer et homard *U $2395 \u2022 Paella maison Inclus dessert, catè ou thé \u2022 Paella aux fruits de mer et poulet \u2022 Paella aux fruits de mer et agneau \u2022 Paella aux fruits de mer et lapin \u202217\" \u202218\" \u202213» \u2022 Paella végétarienne Table d'hôte tous les jours a.*,!,,, m\u201e enfanti de moins de 6 ans (taxe et service) en sus BRUNCH Tous les dimanches 11h30à15h EN VEDETTE NATALIE CHOQUETTE & HANY KORIATY \"Clown et coin spécial pour les enfants \u2022 Pour réservations: (514)288-6666 ; 3625, av.du Parc, Mtl, Qc H2X 3P8 SUPER PARTY D'HUITRES I989 0150$ Tous les jeudis, vendredis, àm a samedis, dimanches, à partir de 18 h Une cuisine pour les yeux.la bouche.avec une addition modérée.Venez déguster nos menus, dégustation de coquillages (huitres.moules, palourdes, crevettes, bigorneaux, etc.).Une «SURPRISE» dimanche LE BRUNCH MUSICAL 1 O 95$ à volonté | J pfr pirj.avec PAUL à l'accordéon Tous les soirs, super-table 790$ d'hôte A partir de I S TA TIONNEMENT FACILE N'oublie* pas de réserver tit pour vos parties des fites.wu rnnor Venez déguster notre fine cuisine algérienne du mardi au dimanche de 17 h à 23 h.500, rue Marie-Anne Est (coin rue Bcrri) Res.: 849-6860 IMPORTATIONS LA MAISON NORVIN BEAUJOLAIS NOUVEAU 1989 Ayez de la classe, cette année dégustez le BEAUJOLAIS-VILLAGES PRIMEUR de Georges Trichard.En collaboration avec la S.A.Q., LA MAISON NORVIN vous offre la possibilité de commander votre BEAUJOLAIS-VILLAGES PRIMEUR directement du producteur français.738-2910 IBuono Bon Brunch Brunch JU a» tS9 JL our les gourmets en ballade, tous les chemins mènent au Reine.Première escale : Le Beaver Club où un brunch exquis célèbre les nuances des spécialités régionales françaises.Comme prochaine escale : Le Montréalais.Buono brunch ! L'Amaretto se marie aux crêpes.Les délices d'Italie ont l'accent du soleil.Venez découvrir, le .dimanche, le nouveau monde des Vieux pays.RESTAURANT GRANADA ;M0KTŒ\\L\\IS - 11 s 11 o : m Vji s > Hini h 17/5$ LA SAISON DES HUÎTRES EST ARRIVÉE \u2022 Soupe aux huîtres Entrée au choix: Huîtres fraîches, huitres Rockefeller, huîtres Casino.\u2022 Assiette - .aba d'huîtres frites, 1 A Su$ sauce tartare I \"Wpar per».SPÉCIALITÉ MAISON Côte de boeuf 1495$ rôtie au jus I êm Service avec choix de soupe du jour ou salade verte.Choix de dessert inclus.9920, boul.Saint-Laurent ,-' Tél.: 384-1522 FESTIVAL DE LANGOUSTINES incluant 4 095S potage du jour | J .ou salade César I wê TABLE D'HÔTE TOUS LES SOIRS Atmosphère intime DEGUSTEZ LA FINE CUISINE FRANÇAISE CHEZ L'ANCIEN CHEF: LES DIVAS LA COLOMBE 554, Duluth Est 849-8844 APPORTEZ VOTRE VIN fil romanechen Spécialité roumaine et cuisine française MUSIQUE ET CHANSONS DU JEUDI AU DIMANCHE Fermé lundi et mardi soir Table d'hôte 1 f|95$ à partir de I II 5412, av.du Parc (coin rue Saint-Viateur) Pour réservation après 17 h les samedis et dimanches 273-1437 Les soirées impériales Au Castillon Voici une ocoôion unique de savourer des délices gastronomiques de la vieille Europe dans une atmosphère empreinte de romantisme.En effet, les dimanches soir au Castillon sont réservés aux grandes cuisines hongroise et autrichienne.Au cours de ces soirées inoubliables, vous serez servi royalemenL il va sans dire, avec chandelles et troubadours pour couronner le tout.Pour réserver, composez le 878-2332.BONAVENTURE HILTON INTERNATIONAL 1, Place Bonaventurc Montréal (Québec) H5A 1E4 BEAVER CLUB 21/5$ Hôtels et VïllegiahjresUCanadien Pacifique LeReimElizabetli Réservation : 861-1511 RESERVEZ DÈS MAINTENANT POUR VOS PARTIES DES FÊTES FACILITÉ POUR GROUPE 901, rue Rachel est Rés.527-4141 Licence de la S.A.Q.t,3
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