La presse, 6 juin 1987, B. Plus
[" LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUIN 1987 Les Polonais affirment leur iiberté dans fa reiiaion À la veille du troisième voyage du pape dans son pays natal, l'élan religieux ne se dément pas ACNÉS CRUDA envoyée spéciale de La Presse VARSOVIE «J e vais a l'église parce que personne ne m'y oblige.Et comme on essaie de me forcer à aller au défilé du 1er mai, eh bien, j'y vais pas.» Le chauffeur de taxi qui me conduit de Varsovie à Lodz \u2014 jeune quarantaine, deux enfants \u2014 est un homme simple, qui rie s'embarrasse pas de longues considérations philosophiques.Ce qui ne l'empêche pas de viser juste quand il commente la ferveur religieuse de ses compatriotes.Il rejoint en tout cas l'opinion de bon nombre de penseurs qui estiment, en termes plus savants et avec plus de nuances, que les Polonais trouvent dans la pratique religieuse un moyen de dire non à un régime qui ne leur convient pas.Une façon d'affirmer leur liberté.L'élection d'un pape polonais, il y a neuf ans, a donne un nouvel elan religieux a une population traditionnellement catholique.L'assassinat du prêtre lerzy Popie-Ius/ko, aumônier du syndicat Solidarité, tué par la police en octobre 1984, en a donné un autre.l église poursuit sa percée À la veille du troisième voyage du pape dans son pays natal, cet elan ne se dement pas.Au contraire, l'Église poursuit sa percée dans les milieux intellectuels et chez les jeunes.Stoppée pendant des années, la construction d'églises a repris, à la faveur d'une coexistence de plus en plus pacifique entre les autorités religieuses et l'État: actuellement, il s'en éri-ge un millier un peu partout au pays, plus que dans tous les pays d'Europe occidentale réunis.Des sondages, (non officiels) montrent que l'Église est l'institution la plus respectée au pays.Une enquête auprès de 300 étudiants d'universités place le travail du prêtre en deuxième position au palmarès des professions les plus estimées, derrière celle de médecin.Alors que le policier, le militant du parti et.la femme de ménage viennent en tête parmi les occupations les moins populaires.Vocations Autre indice de la formidable vitalité de l'Église polonaise, le nombre de vocations religieuses a double en l'espace de dix ans.Les séminaires et noviciats regorgent de jeunes bacheliers à un point tel qu'outre les cornichons et la Vodka, la Pologne peut aussi «exporter» ses effectifs religieux, ainsi que le note un porte-parole de I'episcopal.Qu'est-ce qui peut inciter autant de jeunes adultes \u2014 ils sont actuellement quelque 10000 dans les différentes institutions de préparation à la vie religieuse \u2014 à (roquer le jeans pour la soutane.|c pose la question à soeur Teresa, religieuse dans la cinquantaine dont le visage dur et ridé s'éclaire d'un sourire un peu triste: «Dans le fond, qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent d'autre».lacrek, Slawek et Piotr, rencontrés dans une petite salle du séminaire où ils poursuivent leur formation, s'offusquent avec toute l'ardeur de leurs 25 ans qu'on réduise leur choix de vie à des considérations aussi prosaïques.Ils parlent plutôt de leur cheminement dans les organisations que l'Église destine aux jeunes: clubs de discussion, vacances dans des «oasis» dirigées par des prêtres pas tellement plus vieux qu'eux, etc.Marasme Mais le fait est que la Pologne d'aujourd'hui s'enlise de plus en plus profondément dans un marasme économique.Depuis l'échec de Solidarité, la population s'y est en quelque sorte résignée.Et même si l'opposition demeure toujours vivante (on estime par exemple qu'entre 50000 et 100000 personnes participent d'une façon ou d'une autre au réseau de publications clandestines, qui comptent près d'un millier de litres et atteignent un tirage total de près d'un million), mais cette opposition est fractionnée.Il n'y a plus aucune organisation capable de canaliser tous les efforts de changement.Confrontés à la perspective d'attendre 20 ans avant d'obtenir un logement et de vivre écartelés entre un emploi mal payé en Pologne et des jobines temporaires à l'Ouest, les jeunes se tournent vers la religion.ils n'embrassent évidemment pas tous la carrière religieuse, mais ils vont massivement à l'Église.Des études démontrent que cette tendance se manifeste aussi chez les enfants de parents non pratiquants.«La plupart de mes amis vont régulièrement à la messe.Certains n'imaginent même pas qu'on puisse vivre autrement.Une copine a longtemps essayé de me convaincre de faire baptiser mon fils, au cas où il lui arriverait quelque chose» raconte Agniesz-ka, 24 ans, mère d'un garçon non baptisé de 2 ans, étudiante en conservation d'art.«Quand je dis que je ne suis pas croyant, j'ai toujours l'impression que ça va être perçu comme une provocation», confie Anùrzej, médecin, 27 ans.«le ne me sens pas ostracise pour autant.Juste différent.» Grossesses Ceci dit, les relations de la population catholique avec son Église ne sont pas si simples.Ainsi, malgré une action très énergique, contre les interruptions de grossesses, l'Église n'a pu faire fléchir le nombre d'avortements: il s'en pratique officiellement 400000 par année, en réalité probablement beaucoup plus.Et si les Polonais n'utilisent pas régulièrement de moyens anticonceptionnels, ce n'est pas parce que l'Église l'interdit, mais parce qu'ils sont difficilement accessibles.ou encore inopérants (chacun a son histoire de préservatif percé ou de prescription de pilule impossible à réaliser pour cause de pénurie).Enfin, la Pologne peut se vanter d'un des taux de divorces les plus élevés en Europe, et la vie sexuelle y est menée ni plus ni moins librement que dans la plupart des pays occidentaux.Bref, d'un côté il y a la religion et le rite, de l'autre la vie quotidienne.11 faut dire aussi que si les Polonais vont à l'Église, ce n'est pas seulement pour parler de religion.«Après l'imposition de l'état de siège (décembre 81), il arrivait que des prêtres lisent pendant leurs sermons des communiqués de l'épiscopat contenant des informations impossible à obtenir autrement», raconte Witek, philosophe et non croyant.Et puis, «à force de fréquenter les églises, certains se sont faits prendre et se sont convertis», dit Maciek, en triturant sa bague en forme de chapelet.Maciek, comédien, ex-membre de Solidarité, fait lui-même partie de ces convertis: autrefois non pratiquant, il enseigne aujourd'hui la religion aux enfants, organise des communions, etc.La popularité de l'Église auprès de l'élite intellectuelle peut aussi s'expliquer par la présence, dans quelques paroisses, de prêtres particulièrement ouverts et dynamiques, qui font déborder leur sacerdoce dans les sphères de la vie politique ou culturelle, parfois sans l'accord de l'épiscopat.Une église différente L'Église de la Bonté divine, rue A sa première visite en Pologne, en juin 1983.le pape Jean-Paul il avait facilement rempli le stade de Varsovie.À l'occasion de son premier voyage en Pologne, le pape et le premier ministre Wojciech Jaruzelski s'étaient rencontrés à deux reprises, à Cracovie et à Varsovie.Zytnia, dans un quartier particulièrement cage à poules de Varsovie, a été reconstruite sur les ruines d'un lieu de culte détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale.La reconstruction n'est pas encore complétée et les ruines cohabitent avec le nouvel édifice, créant un espace où se déploie l'avant-garde de la peinture polonaise.En plus des expositions qui s'y poursuivent de façon permanente sur des murs de brique écorchés, on peut y voir des spectacles, des pièces de théâtre, des films.Il y a quelques mois, dans le cadre d'une de ces manifestations culturelles, un comédien a quitté la scène aménagée dans les décombres pour faire en courant le tour des lieux, nu comme un vers.On imagine mal un tel spectacle à l'oratoire Saint-|oseph.L'anecdote veut que le curé ait ensuite tenté de sauver la situation en affirmant qu'après tout, la nudité n'est pas en soi contraire à l'évangile.Cette Église, comme plusieurs autres, est le lieu d'une vie culturelle intense.«C'est ce qui donne une personnalité à Varsovie.D'autres villes en Europe ou en Amérique se distinguent par leur architecture ou par la richesse de leurs vitrines.Nous, on a des murs lézardés et des vitrines vides.Mais on a nos églises», dit Krystyna, une journaliste qui oeuvre dans la presse catholique depuis qu'elle a perdu son emploi dans un magazine officiel, après avoir refusé de se prêter à la «vérification» idéologique instaurée par le général Jaruzelski.C'est également sur le site un peu surréaliste de l'église de la Bonté di- vine que s'est déroule, au début mai, le Congrès international organisé par le mouvement Liberté et paix, le WIP.Ce jeune mouvement écolo-pacifiste fonctionne dans l'illégalité et son principal porte-parole à Varsovie Jacek Czapotowicz, a été récemment condamné à une amende de 50000 zlotys (deux mois de salaire) pour avoir organisé cette manifestation.Or, l'épiscopat, fidèle a une politique d'entente avec l'État avait refusé à l'église de la rue Zytnia l'autorisation d'accueillir les congressistes.L'événement a quand même eu lieu.Qui plus est, le prêtre de l'endroit a lu la lettre episcopate au début des assises.«Ça prend du courage», commentent des jeunes en train de préparer les lieux pour un nouvel événement.H s'agit cette fois d'un mois oecuménique, prévoyant des journées consacrées à divers cultes: l'islam, le judaïsme, etc.Une autre église qui contribue a donner de la personnalité à Varsovie est celle de Saint-Stanislas, dans le quartier de Zoliboz.C'est ici que repose le prêtre lerzy Popieluszko.Dimanche dernier, comme chaque dernier dimanche du mois, on y célébrait en plein air une messe pour la patrie.Plusieurs fidèles silencieux et grelottants ont fait le tour du tombeau du prêtre, dont le nom a été ensuite évoqué à plusieurs reprises au cours des allocutions précédant la cérémonie religieuse.Un des conférenciers a lancé «nous avons droit à des syndicats libres», d'autres ont parlé du droit de vivre dignement et de gagner convenablement sa vie.Des gens ont levé des pancartes à l'effigie de Solidarité, la foule a applaudi, un peu mollement, comme par habitude.Pendant ce temps, dans les rangs éloignés, on a pu voir des publications clandestines changer de main, pendant que des militants du syndicat dissous s'échangeaient des informations à voix basse.Le même type d'activité fébrile règne dans la petite cour de l'église Saint-Martin, dans le vieux Varsovie, où loge un comité du primat qui vient en aide aux personnes opprimées par le régime (actuellement, il n'y a à toutes fins utiles plus de prisonniers politiques en Pologne, mais le pouvoir a trouvé un moyen très efficace de décourager l'acticn clandestine au moyen d'amendes énormes, imposées hors tribunal.On confisque aussi les biens qui servent à la fabrication ou au transport de matériel illégal: les autos par exemple.C'est un moyen de pression beaucoup plus puissant que la perspective de quelques mois de prison, recon-nait-nn dans les milieux de l'opposition).Une autre église accueille régulièrement des journalistes «indépendants», c'est-à-dire qui travaillent à l'extérieur du réseau officiel, pour des séances de lecture d'articles apportant un éclairage différent sur l'actualité.En fin de compte, l'Église polonaise a su garder ses fidèles habituels, tout en attirant, surtout durant les années post-Solidarité, de nouvelles «recrues» et en élargissant sa présence dans les milieux de l'intelligentsia polonaise.Celle-ci n'est cependant pas unanime et certaines voix lui reprochent de trop pactiser avec le pouvoir, ou encore de construire des lieux de culte au lieu de construire des hôpitaux dont le pays a un besoin criant.Un journaliste â la retraite prophétise que l'autorité de l'Église diminuera à mesure qu'elle se rapprochera du pouvoir et qu'elle deviendra une église riche.Encadrer la presse catholique Witek sort quatre exemplaires de Tygodnik Powszcchny (hebdomadaire catholique) soigneusement plies, et me dit: «Ceux-la, je peux te les donner.Mais pas les autres, je les ai promis à quelqu'un».Le Tygodnik Powszcchny est la publication catholique la plus estimée et recherchée en Pologne.On y trouve des articles non seulement de nature religieuse, mais aussi a caractère social ou culturel.Récemment, il y a eu dans ses pages un grand débat sur les relations entre les Polonais et les Juifs.Le sujet est très à la mode et tout le monde en parlait.mais très peu avaient eu la chance de lire les articles, parce que l'hebdomadaire, dont le tirage est limité à 70000 par le gouvernement, s'envole dès son apparition.Publié à Cracovie, il est pratiquement introuvable a l'extérieur de cette ville.Peut-être dans certaines églises, mais jamais en kiosque.Qu'ils soient catholiques ou pas, pratiquants ou pas, les Polonais s'arrachent les nombreuses publications éditées par des organisations para religieuses ou carrément par des dioceses.Ces périodiques, paraissant parfois sous des noms peu inspirants (un mensuel pour adolescents s'appelle «travail et retenue») abordent des problèmes qui ne sont pas abordés ailleurs, avec une franchise et une qualité journalistique exceptionnelles.La presse catholique est tolérée par le régime, qui se contente d'en limiter le tirage à un total d'environ 600000 exemplaires: grosso modo La Presse et le Journal de Montréal réunis pour une population de 37 millions.Zone tampon entre la presse officielle indigeste et les publications clandestines irrégulières et forcément inégales, compte tenu des conditions de leur production, la presse catholique offre une information qui doit passer par le tamis de la censure.Mais contrairement aux journaux officiels, les journaux catholiques laissent paraitre chaque endroit par où est passé le ciseau du censeur.De plus, les journaux et périodiques catholiques ont servi de refuge à de nombreux journalistes qui ont quitté ou perdu leur emploi après l'imposition de l'état de siège, le 13 décembre 81.Le gouvernement a laissé se développer ce réseau de presse parallèle pendant les années 80, et a tente de contrer la popularité des journaux catholiques en lançant, par l'intermédiaire d'une organisation catholique proche du régime, des journaux concurrents.Ceux-là, on peut toujours les trouver en kiosque.Une centaine de Canadiennes envisagent de poursuivre le fabricant du Bendectin.Ces femmes attribuent au médicament les malformations congénitales dont sont victimes leurs enfants.La petite Karine Marcoux est de ce groupe.§ B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 JUIN 1987 \t\t\t \t\t\t \" Paul Deimarais Roger 0.Landry president du conseil président éditeur d'tdmlnlttration\tMichel Roy éditeur adjoint\tClaude Gravel Jean-Guy Oubuc directeur de l'information éditorialiste en chef\t \t\t\t Éditorial Le prix de l'Accord Dans son discours aux Canadiens jeudi soir, le premier ministre, M.Mulroney.rappelait opportunément que l'oeuvre constitutionnelle de son prédécesseur \u2014 l'adoption d'une charte des droits et la rupture du dernier lien colonial \u2014 avait marqué un progrès important, mais qu'elle était restée «inachevée, dangereusement incomplète».Les Québécois en savent quelque chose.Mais un certain nombre de Canadiens pensent que l'Accord constitutionnel conclu cette semaine, parce qu'il répond en bonne partie aux demandes du Québec, exige du Canada un prix trop élevé en termes de concessions, celles-ci étant de nature à leurs yeux à émasculer le pouvoir central, à affaiblir la fédération.Le chef du gouvernement a bien fait d'aborder la question de façon aussi directe pour calmer les inauiétudes que n'a pas manqué de créer l'intervention de M.Trudeau.«Certains de nos détracteurs, a dit M.Mulroney, se sont demandé si nous ne faisions pas trop de concessions, ou si nous n'étions pas trop pressés.Avons-nous trop fait de concessions pour obtenir l'adhésion du Québec à la Constitution?La réponse est non.Notre action a été guidée par des principes de justice et d'égalité.\u2022 Justice et égalité, en effet, pour peu que l'on songe aux revendications bien fondées défendues par M.Bourassa.Mais aussi, pour le Canada lui-même, justice et stabilité.Que deviendraient la fédération et la constitution si l'isolement du Québec se perpétuait encore?«Si cette situation avait duré, et peut-être pendant des décennies encore, elle aurait eu un effet néfaste sur notre unité en tant que nation (.) On risquait de se retrouver avec deux Canadas.> Ou un Québec séparé.Les autochtones et les communautés culturelles de toutes origines ont aussi exprimé des craintes.Rien pourtant ne justifie leurs inquietudes.Les droits des peuples autochtones sont reconnus dans la Constitution et les pouvoirs par eux réclamés feront l'objet de nouvelles conférences constitutionnelles auxquelles le Québec participera cette fois.Aux groupes ethniques, il faut rappeler l'article 27 de la Charte: «Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens.» Rien dans l'Accord passé cette semaine ne porte atteinte aux pouvoirs du gouvernement central.S'il est vrai que le Québec exercera de nouveaux pouvoirs dans le domaine de l'immigration, compétence partagée, on doit noter qu'Ottawa conserve celui de déterminer le nombre d'immigrants que peut recevoir la province.Le pouvoir fédéral de dépenser, sous réserve des compensations prévues, est maintenu.Et la reconnaissance du caractère distinct du Québec n'a pas pour effet de neutraliser la Charte des droits.Celle-ci continue de s'appliquer à moins que les provinces n'invoquent la clause «nonobstant» que leur a concédée M.Trudeau en 1981.Tant que le Sénat n'aura pas été réforme et la Constitution modifiée en conséquence, il appartiendra aux provinces de proposer des candidatures à la Chambre haute, mais le pouvoir de nomination relève en dernière analyse de l'autorité fédérale.Il en va de même pour la Cour suprême.Enfin, il faut rappeler que la Constitution canadienne ne peut être amendée, dans l'un ou l'autre de ses chapitres, sans l'accord du Parlement Fédéral.C'est un droit de veto absolu.Les gains réels que retire le Québec de l'Accord du 3 juin ne portent pas atteinte à la prépondérance du gouvernement central de la fédération.Celle-ci sera simplement plus souple, légèrement plus décentralisée, plus conforme à la réalité du pays.MlChCl ROY Crime à la baisse a Sûreté du Québec peut se réjouir et se féliciter: le taux de criminalité a légèrement diminué chez nous en 1986.Très wmm légèrement, il est vrai, si on regarde le phénomène total pour en tirer une moyenne qui tient compte de l'augmentation de la population.Mais il faut retenir une baisse importante des homicides et des tentatives de meurtre, ce qui est rassurant au plan de la sécurité individuelle des citoyens.Pourtant, il y a eu augmentation des voies de fait, des délits de prostitution, des fraudes et des possessions illégales d'armes offensives.Et il y a eu, surtout, une augmentation appréciable des délits relatifs aux drogues illicites: leur nombre est passé de 7549 en 1985 à 8816 en 1986.C'est beaucoup; c'est énorme; et c'est en deçà de la réalité.Les Montréalais savent tous que les utilisateurs de drogues sont bien plus nombreux encore.Tous ceux qui fréquentent certains parcs, certains carrés et certaines rues pourraient fournir des chiffres affolants et près de la vérité.On se dit alors: que fait donc la police?Si ses résultats sont valables, pourquoi ne sont-ils pas plus élevés?Attention: honnêtement, il ne faut pas lancer la pierre à la police.Il faut peut-être s'élever à un autre niveau pour comprendre pourquoi les résultats parfois spectaculaires des policiers demeurent encore insuffisants dans notre société québécoise.Car en 1986, l'efficacité policière a connu, également, une amélioration: le taux de solution des crimes est passé de 27,03 en 1985 a 29,08 en 1986.C'est encore trop peu, direz-vous ; d'accord.Mais tant que le taux monte, on garde espoir en des jours meilleurs.x Pour au'il monte, il faut principalement deux éléments majeurs : des policiers et de l'argent.¦ On sait que la Sûreté du Québec compte moins de policiers aujourd'hui qu'il y a deux ou trois ans; et que ses crédits sont également réduits.Or, l'administration de la justice coûte cher a la Sûreté.Pensez, par exemple, a ces Hells Angels que l'on a emprisonnés a Joliette et qu'il fallait conduire à leur procès a Sherbrooke.Un procès important fait mal au budget de la police.Et ce budget devrait servir a la poursuite de coupables, a des filatures, a des arrestations importantes.Tout cela coûte très cher.Dans le monde de la drogue, une filature de plusieurs semaines ou plusieurs mois peut coûter des centaines de milliers de dollars.Mais c'est le prix qu'il faut payer pour parvenir à des résultats.Si on refuse le prix, on refuse te résultat.; Il semble que lo gouvernement ne se r«>nde pas tout à fait compte de ce que coûte la drogue a la société.La cure de désintoxication d'une seule personne coûte 11000$ aux Affaires sociales; et un prisonnier coûte 40000$ par année a la Justice; ajoutez toutes les sommes versées dans les maladies des milliers d'utilisateurs.Pensez aux économies qu'une opération policière réussie occasionne.On désire tous de meilleurs résultats de la police là où ça compte vraiment; les résultats obtenus prouvent qu'elle mérite de meilleurs budgets pour parvenir à de nouveaux succès.De cela, le Solliciteur général du Québec ne semble pas vraiment convaincu.JJÉÉÉ Buy PUBUC Reprise, 22 juin 1982 DROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE - ¦ \u2022Jj- 3 Pierre Elliott Trudeau M.Trudeau soulève la colère L'intervention de M.Pierre Elliott Trudeau dans les négociations constitutionnelles a provoqué cette semaine une avalanche de lettres, presque toutes hostiles à l'ex-premier ministre.Plusieurs ont paru jeudi.En voici aujourd'hui quelques autres.¦ Dans La Presse du 27 mai, l'ex-premier ministre Trudeau éclate.Il crie, il se débat, il éclabousse, il hurle.Une épée de Damocles pend au-dessus de sa tête, menaçant de lui trancher.sa Constitution.(.) Ceux qui osent dégonfler sa «balloune» sont des impuissants, des impotents, des eunuques! Braillard, va! Ce n'est pas drôle, n'est-ce pas, à peine trois ans à la retraite, de se voir aussi vite abandonné, oublié, tra- K* m r» at|t«i /(ftfl\", LE SOMMET ECONOMIQUE DE VENISE Mulroney devra marquer des points II doit faire bonne figure s'il veut quitter les bas-fonds dans les sondages du bureau de La Presse OTTAWA près avoir aV*B vécu à Ottawa une semaine qui passera à la petite et à la grande histoire canadienne, le premier ministre Brian Mulroney se présentera lundi prochain sur la scène internationale à l'occasion du sommet économique de Venise.Le sommet, qui réunit les chefs de gouvernement des Etats-Unis, du Japon, d'Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, de l'Italie et du Canada, constitue un des grands spectacles annuels.En 1987, 4 000 journalistes y assisteront et des centaines de millions de téléspectateurs verront la photo de famille des Reagan, Nakaso-ne, Thatcher, Mitterand, Kohi, Fanfani et Mulroney.Il s'inscrit pour le premier ministre conservateur dans une suite d'événements où il doit faire bonne figure s'il veut espérer quitter les bas-fonds dans les sondages avant que ne s'amorce, à l'automne, la période pré-électorale.Sur le plan international, il y aura aussi, plus tard cette année, le sommet de la francophonie et celui du Commonwealth.La performance de M.Mulroney lors de ses deux premières participations aux rencontres des sept (Bonn en 1985, Tokyo l'an passé) n'avait guère impressionné.Mieux conseillé depuis quelques mois à la suite d'une réorganisation de son cabinet, ses gestes et ses paroles devraient mieux convenir aux circonstances cette fois-ci.Le premier ministre et son entourage éviteront aussi de s'attribuer des mérites qui ne correspondent pas à la réalité lorsqu'ils feront le bilan de la rencontre.Le fait que le Canada soit le moins influent des pays participants et qu'il s'aligne de plus en plus sur les Américains n'aide cependant pas son principal dirigeant à se mettre en évidence.De plus, ce treizième sommet ne s'annonce pas comme le plus mouvementé et personne ne prévoit de résultats bien spectaculaires.Même sur le plan politique, les participants n'ont pas, à l'exception de la situation dans le Golfe Persique, d'événements chauds à traiter.L'an passé, Tchernobyl et la Lybie permettaient à ces membres de l'OTAN de s'attaquer à l'« ennemi ».Les priorités de la délégation canadienne, dont les autres membres les plus visibles seront le ministre des Finances Michael Wilson et le Secrétaire d'État aux Af- .M» C'est en 1980 que les leaders des principales puissances économiques se sont rencontrés en Italie, pour la dernière fois.Il s'y retrouveront de nouveau cette année, à Venise.faires extérieures |oe Clark, seront cette année la lutte au protectionnisme et le soutien aux négociations commerciales multilatérales (GATT), l'agriculture et le problème de l'endettement des pays en développement.Le Canada indique également que les relations Est-Ouest, en particulier l'analyse du «phénomène Gorbatchev» et de ses conséquences pour les pays occidentaux, ainsi que la question de l'Afrique du Sud et celle du terrorisme, seront également à l'ordre du jour des discussions entre les sept chefs de gouvernement.M.Mulroney a déclaré dans le passé que le Canada n'a pas les moyens de participer sur un aussi grande échelle que les Etats-Unis et l'Europe à la guerre des subventions à l'agriculture.Même si Ottawa verse des milliards aux fermiers de l'Ouest canadien, ces derniers en redemandent.La seule façon de leur donner espoir à l'approche des élections sera de leur annoncer que les grandes nations productrices concurrentes franchissent de nouvelles étapes dans la recherche d'une solution globale.Ces négociations recevront un bon coup de pouce si ies présidents et premiers ministres manifestent fermement la semaine prochaine le souhait qu'on en arrive éventuellement à une solution.Les hauts fonctionnaires fédéraux ne se font par ailleurs pas d'illusions sur les résultats de la discussion au sujet de l'apartheid, notant que certaines délégations n'étaient pas très enthousiastes à l'idée d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour.Les autres pays auront bien sûr les propres préoccupations.Plusieurs demanderont aux Américains de faire de plus grands efforts pour réduire leurs déficits commercial et budgétaire.Les Etats-Unis pour leur part suggèrent à l'Allemagne et au japon, dont les balances commerciales sont très largement profitables, de contribuer d'une façon plus soutenue au maintien de la croissance de l'économie mondiale.Ils pourraient ainsi, ajoutent-ils, acheter plus de produits des Etats-Unis et des pays en développement.Les négociations sur les propositions soviétiques et américaines de désarmement nucléaire, notamment sur les missiles de portée intermédiaire (Pershing 2 et SS 20 surtout) en Europe et en Asie, feront l'objet d'un examen en prévision de la réunion des ministres des affaires extérieures de l'OTAN, en juin, en Islande.Les gouvernement pourraient, sur un autre plan, convenir de mieux coordonner leurs efforts en matière de recherches sur le phénomène du SIDA.Le sommet des «canards boiteux» JEAN-FRANÇOIS LISM collaboration spéciale WASHINGTON Les Américains vont au sommet économique de Venise en priant pour qu'il soit aussi peu économique que possible.Dans une réunion dont tous les participants (sauf Mme Thatcher, qui ne restera qu'une journée pour cause d'élections) sont des «canards boiteux» politiques et Ronald Reagan, malade de l'irangate, n'est pas le moins boiteux du lot.C'est donc sans grande conviction qu'il réclamera encore une fois de ses interlocuteurs des mesures de stimulations économiques qu'ils ne sont pas prêts à prendre, leur renouvellera la promesse qu'il n'a jamais tenue de réduire le déficit budgétaire américain, et se hâtera, une fois ces formalités accomplies, de changer de sujet.A la table vénitienne, il ouvrira le dossier du golfe Persique, qui présente le grand avantage d'avoir suffisamment passionné l'opinion américaine, depuis la .mort de 37 marins de la frégate «Stark», pour la détourner un tant soi peu de l'enquête parlementaire en cours sur le scandale h union.Ronald Reagan cherchera à faire entériner par ses interlocuteurs sa décision de protéger militairement les pétroliers ko-.weitiens dans le Golfe.Européens et Japonais étant les principaux consommateurs du pétrole koweïtien, il devrait emporter sans mal leur approbation dé-principe et s'en contenter, conscient qu'il essuierait très probablement un refus s'il insistait, pour obtenir leur aide financière .ou militaire dans cette entreprise.Tout au plus demandera-t-il aux Français et aux Britanniques, qui protègent déjà leurs propres vaisseaux dans la région, une «coordination» des efforts.Double zéro Mais le grand sujet américain de la réunion sera la réduction des armes nucléaires en Europe, la fameuse «option double-zéro» proposée par Mikhaïl Gorbatchev en avril, sur laquelle les États-Unis voudraient une déclaration de soutien des Sept.Frank Carlucci, le conseiller à la Sécurité nationale du président, déclarait mercredi que les Sept étaient «proches d'une position commune» sur l'élimination des missiles à moyenne portée en Europe.Un consensus sur le contrôle des armements éviterait de partir de Venise les mains vides, ce qui fait toujours mauvais effet.Car au plan économique la Maison-Blanche a clairement fait savoir qu'elle n'attendait rien du sommet.Sur la dette du tiers monde, la déclaration de routine soutenant le plan de sauvetage du secrétaire d'Etat lames Baker est à prévoir, avec peut-être une légère modification destinée à suggérer aux banques commerciales, qui décidément ne sont pas pressées d'octroyer de nouveaux crédits aux pays endettés, de trouver elles-mêmes d'autres façons de manifester la pureté de leurs intentions vis-à-vis de pays en développement.Sur la question cruciale de la stabilisation des taux de changes, James Baker a dit lui-même qu'on ne pourrait que «réaffirmer les engagements déjà pris».L'Administration Reagan affirmera bien sûr qu'elle a fait davantage d'efforts pour réduire le déficit budgétaire que n'en ont fait Allemands et Japonais pour stimuler leurs économies.Mais en pratique, les Américains se savent en terrain glissant: la loi Gramm-Rudmah, censée rééquilibrer le budget US d'ici I99l, apparaît de Ronald Reagan, un «canard boiteux ¦ du sommet de Venise.plus en plus comme une vaste farce, ses objectifs annuels n'ayant jamais été tenus autrement que sur le papier.Par crainte de l'inflation, James Baker a dû renoncer à encourager la dépréciation du dollar, perdant ainsi son principal outil de pression sur lés partenaires commerciaux des États-Unis.En matière commerciale, Ronald Reagan est en outre mal placé pour réclamer une plus grande ouverture des marchés étrangers aux produits américains, quand ses interlocuteurs le savent incapable d'empêcher la majorité démocrate du Congrès d'adopter des lois protectionnistes.Et par dessus tout, Venise est le Bremier sommet où les États-nis, pays maintenant le plus endetté du monde, sont en position de débiteurs nets.Ce qui leur donne la nouvelle et très désagréable sensation que sur les dossiers économiques en général, ils ne peuvent plus taper trop fort sur la table.Terrorisme Finalement, les Américains n'ont aucune chance de renouveler leur tour de force de l'an dernier à Tokyo, alors qu'ils avaient arraché aux alliés une déclaration qui dénonçait nommément le colonel Kadhafi.Washington, vierge offensée et seul vrai «dur» dans son refus de transiger avec les terroristes, pouvait alors lever le ton et donner des leçons aux Européens coupables de négocier en sous-main avec tous les terroristes de la planète.Mais depuis, l'affaire iranienne a démontré que le président américain avait allègrement joué toute la gamme des compromissions possibles avec les ravisseurs, y compris vente d'armes, paiement de rançon et \u2014 en prime \u2014 visite guidée de la Maison-Blanche pour des responsables d'un État, l'Iran, officiellement désigné comme «terroriste» par le département d'État.Ronald Reagan sera donc mal venu d'aborder la question.Si les sommets des Sept n'ont jamais accédé au rang de «moment historique», celui de Venise promet donc d'être le plus oublia-ble de tous.Et Ronald Reagan sera le premier à vouloir passer inaperçu.À Venise, le premier ministre Mulroney retrouvera son homologue japonais Yasuhiro Nakasone pour la première fois depuis le sommet de Tokyo, l'an dernier.Le Japon toujours aussi impopulaire U1UNN CINOZi collaboration spéciale TOKYO Le Japon arrivera au sommet de Venise, son impopularité (presque) intacte.Pour avoir brillamment réussi dans son impératif, exporter ou périr, il se trouve l'objet de condamnations croissantes.On accuse son excédent commercial de mettre en péril les échanges internationaux, ses efforts de rigueur fiscale d'aggraver ces mêmes déséquilibres, ses marchés de refuser les produits étrangers.Si la clameur anti nippone semble plus forte que jamais en ce printemps 1987, pour le Japon il ne s'agit que d'un obstacle de plus dans sa marche obstinée, vieille de plus d'un siècle, vers l'admission, sur un pied d'égalité, au club des grands de l'Occident.Peu importe que son économie rivalise aujourd'hui avec celle des États-Unis, hier modèle et standard éblouissant.Ou qu'il se trouve aujourd'hui premier créancier du monde, rôle tenu fièrement par la Grande-Bretagne a l'apogée de son empire et conféré par la suite au dauphin, l'Amérique.Ou que des industries entières, de Séoul à Dallas, dépendent de ses produits.Malgré des preuves irréfutables de son succès, le Japon se voit traité encore d'outsider.Sa réputation d'avant-guerre \u2014 pourvoyeur de la mauvaise qualité, copieur rusé, concurrent déloyal \u2014 l'a poursuivi comme une ombre.Son entrée au GATT refusée jusqu'en 1955, le Japon a dû attendre des années encore pour bénéficier de la clause de la «nation la plus favorisée», le coeur même du pacte.Comme le rappelle un officiel du Keidanren, fédération du patronat, «le protectionnisme n'a pour nous absolument rien de nouveau.On l'a toujours connu sous une forme ou sous une autre ».Néanmoins, la hausse du yen (70 p.cent par rapport au dollar en 18 mois), sous la pression concertée des Américains et Européens, même si elle n'a pas stoppé les exportations, a affaibli l'industrie et engendré le chômage.Pour beaucoup, un seuil critique a été atteint avec le choc des tarifs de 100 p.cent contre 300 millions de dollars de produits électroniques décidés en avril par Washington.Symbolique, cette punition a servi d'avertissement.Pour la première fois, le Japon a dû envisager la possibilité d'une guerre commerciale d'où il émergerait grand perdant.C'est ainsi que le plan de relance annoncé vendredi der- ' nier, la dernière d'une série destinée surtout à apaiser ses partenaires commerciaux, se démarquera sans doute des autres.Version amplifiée d'une promesse apportée à Washington fin avril par le premier ministre Yasuhiro Nakasone les mesures annoncées à 10 jours de la rencontre de Venise se chiffrent à 43 milliards de dollars et devraient, selon les économistes du gouvernement, diminuer de cinq p.cent en un an l'excédent commercial.S'agit-il du renversement d'une politique d'austérité maintenue depuis plus de qua- tre ans contre l'opinion internationale?Le prochain test, selon des analystes, sera la formulation du budget 1988, dont les grandes lignes seront connues dès juillet.Si M.Nakasone s'est identifié avec le.redressement des finances d'État, saignées par les crises pétrolières des années 1970, son successeur pourrait faire preuve de plus de souplesse.D'autant que les trois aspirants à son poste se sont déjà prononcés en faveur de l'expansion.Le mandat de l'actuel chef de gouvernement expire en octobre prochain.Pour la presse japonaise, ce canard boiteux, surtout après l'échec de sa réforme fiscale, n'est plus qu'un «canard mort».À l'austérité s'ajoute un deuxième sacrifié: l'agriculture.Le représentant US du commerce Clayton Yeutter vient d'ailleurs de rappeler le nouveau défi américain.«L'agriculture», a-t-il souligné, après avoir donné son approbation au projet de relance, «va devoir être examinée de façon radicale».L'Amérique, qui écoule plus de 5 milliards de dollars de produits agricoles au Japon, mène la lutte pour la libéralisation des marchés agricoles nippons, et notamment celui du riz, résolument fermé aux importations.Les 2,1 millions de producteurs de riz japonais ont longtemps bénéficié de subventions d'un gouvernement qui leur achète 60 p.cent de leur récolte jusqu'à 10 fois le prix de production mondiale.En retour, les fermiers, groupés en une puissante coopérative dont les avoirs actuels dépassent ceux de la plus grande banque commerciale du lapon, sont parmi les plus fidèles sup-porteursdu Parti libéral démocrate au pouvoir.Mais, sous la pression des États-Unis et des industriels nippons qui ne veulent plus figurer seuls en ligne de mire des représailles internationales, le gouvernement japonais se montre disposé à revoir sa politique agricole.Aux côtés des États-Unis dans la bataille pour l'ouverture des marchés: l'Europe, dont le déficit avec le Japon se creuse de mois en mois.Car le yen, qui s'est apprécié 86 p.cent contre le dollar depuis février 1985, n'a varié que de 9 p.cent contre l'écu pour la même période.Des voitures aux whiskies, de l'équipement médical au fromage, la Communauté a mis en garde le Japon et veut faire tomber les barrières.«Un pays avec plus de 80 milliards de dollars d'excédents commerciaux peut difficilement justifier une taxe de 35 p.cent sur le fromage», s'indigne un représentant de la Communauté à Tokyo.Entre-temps, le yen fort opère d'autres changements.Puisqu'il devient plus rentable de produire à l'étranger, les Japonais ont presque doublé en un an le montant de leurs investissements directs outre-mer.De l'année fiscale 1985 à l'année fiscale 1986 (fin mars), ces investissements ont augmenté de 12 à 22 milliards de dollars.Presque la moitié est allée en Amérique du Nord et conti-buera à réduire le déficit U.S.De paria à partenaire, le Japon est forcé de prendre d'étranges détours. LA PRiSS* MONTBÉ»! UMIf» K M MM 14AT Mrius 87 La Grande-Bretagne reste polarisée LES ÉLECTIONS EN ^BRETAGNE envoyé special de L» V ii* LONDRES :|V \" ,.] es Britanni- ¦ \\ H mwu ques, à la fois ' | ancêtres du capitalisme et promo- ¦ leurs d'un socialisme modéré, iront aux urnes prématurément, jeudi prochain, pour désigner un nouveau gouvernement qui, selon les sondages d'opinion et les analystes po-litiques, a toutes les chances d'être minoritaire.Margaret Thatcher, affublée du surnom évocateur de «Dame de fer» \u2014 notamment pour son matraquage des mineurs en grève en 1985 \u2014, a cru bon de battre le fer pendant qu'il était chaud: avant de déclencher les élections générales le 18 mai dernier, un an plus tôt que prescrit par la loi, son gouvernement conservateur avait fait excellente figure dans les élections locales, tenues une semaine auparavant.Élus pour un second mandat consécutif en 1983 avec 42 p.cent des voix exprimées, les Tories de 1987 ont quitté la ligne de départ avec une avance de 13 points sur leurs plus proches adversaires, les travaillistes: les conservateurs obtenaient 44 p.cent des intentions de vote contre 31 pour le Labour à la mi-mai.Mais voici que le climat électoral, chauffé à blanc par une campagne toute télévisée, a commencé à virer: cette semaine, les sondages donnaient en choeur une mince avance de quatre points au parti de Mme Thatcher, le Labour de Neil Kinnock obtenant 36,5 p.cent des intentions de vote.Avec une marge d'erreur de trois points dans les sondages, le score est plutôt égal.La «troisième force», constituée de l'alliance entre le Parti libéral de David Steel et le Parti social-démocrate de David Owen, a été créditée de 21,5 p.cent des intentions de vote dans les derniers sondages.L'Alliance pourrait détenir la balance du pouvoir au soir du 11 juin, le parti de Mme Thatcher pouvant se retrouver à court de quelques sièges parmi les 650 que compte la Chambre des communes.C'est ce que laissent présager les sondages.Car il s'agit bien de sondages: une veritable «guerre» dans laquelle au moins quatre «instituts» spécialisés en «opinion publique» y vont chaque jour de leurs pronostics.Chaque jour, également, les quatre principales chaînes de télévision \u2014 les deux chaînes de la BBC et les deux autres, privées\u2014 présentent presque toute la journée moultes émissions sur les grands thèmes de la campagne électorale (emploi, éducation, santé, habitation et défense).«La télévision est pratiquement le seul moyen efficace de mener une campagne électorale aujourd'hui en Grande-Bretagne», a admis, cette semaine, le député travailliste Bryan Gould, en charge de l'organisation de la campagne du Labour.M.Gould parlait devant une brochette de journalistes étrangers invités spécialement pour un « briefing » dont étaient exclus les médias britanniques très férus de «politique intérieure», c'est-à-dire qu'ils sont à l'affût des déclarations à saveur d'attaque personnelle entre les chefs de parti, l'un accusant l'autre d'« autoritarisme» (c'est Thatcher qui est visée) et l'autre de «gauchisme syndical » ( c'est Kinnnock ).La télévision est devenue la tribune électorale privilégiée parce que, entre autres, la nette majorité des Britanniques consacrent au petit écran plus de 20 heures par semaine, et aussi parce que, compétition oblige, le Labour n'a pas vraiment d'appui dans la presse écrite (seuls quelques quotidiens et magazines portent les couleurs travaillistes).C'est d'ailleurs sur les ondes télévisuelles que la campagne électorale a véritablement pris son élan avec une déclaration choc du leader travailliste au sujet du désarmement nuclaéaire: un gouvernement Labour démantèlera la force nucléaire autonome dont dispose le Royaume-Uni (en-dehors des armes américaines stationnées en Europe), a répondu en substance M.Kinnock à une question d'un animateur de TV-AM.«Le Labour veut livrer le pays aux Soviétiques», se sont empressés de commenter, toujours à la télévision, les ténors conservateurs.Mais la question de la défense a fait long feu dans cette courte campagne \u2014 23 jours seulement entre l'annonce des élections et la tenue du scrutin.L'intérêt a vite tourné aux Le premier ministre Margaret Tatcher profite de la campagne électorale pour prendre le volant d'un lourd véhicule Industriel, sous le regard peu rassuré du directeur administratif de ia société, Anthony Bamford.questions plus terre-à-terre et plus pressantes: \u2022 L'emploi: le taux de chômage officiel atteint au Royaume-Uni 10,9 p.cent ( un peu plus de trois millions de sans-emploi); le sud du pays enregistre une «bonne performance» avec de 7,8 à 12 p.cent de chômage tandis que le Nord (incluant l'Ecosse encore nationaliste) «jouit» d'une situation où 14 à 15 adultes sur 100 (plus de 18 en Irlande du Nord) n'ont pas d'emploi.La lente agonie de l'industrie lourde concentrée dans le nord-ouest du pays a eu pour contrepartie la naissance d'une prospère industrie des services, financiers notamment, qui a élu domicile dans le sud de l'Angleterre.\u2022 L'éducation : si Mme Thatcher obtient un troisième mandat (ce qui ne s'est jamais vu au Royau- me-Uni depuis le début du siècle), les écoles seront davantage privatisées, à savoir les parents devront délier la bourse de leurs épargnes personnelles pour assurer la formation académique, et partant, l'avenir de leurs enfants; la position du Labour sur cette question, comme celle de l'Alliance, se situe dans le maintien du système actuel où plus de 90 p.cent des étudiants ont la scolarité gratuite.\u2022 La santé: comme ils l'ont fait pour de larges secteurs de l'économie ( les ressources pétrolières et le gaz, ainsi que les télécommunications notamment), les conservateurs ont annoncé leur ferme intention de rendre à l'entreprise privée une bonne partie des services hospitaliers, sur le modèle américain qui inspire largement le «thatchérisme», pendant bri- tannique du «reaganisme».Cela s'inscrit dans la vague tory des privatisations.\u2022 L'habitation: les deux-tiers des citoyens britanniques sont propriétaires de leur logement et le Parti conservateur veut augmenter cette proportion; les travaillistes veulent pour leur part mettre l'accent sur le logement social, étant donné que 17 millions de Britanniques vivent sous le seuil de la pauvreté (ce qu'on appelle avec élégance, en Grande-Bretagne, le « breadline») et ne peuvent pour cette raison acquérir leur logement.L'histoire se répète, en Grande-Bretagne, peut-être plus qu'ailleurs: il y a 211 ans.l'Écossais Adam Smith publiait la «bible» du capitalisme qui fait, encore aujourd'hui, le délice de la droite britannique.The Wealth of Na- tions; 72 ans plus tard était publiée à Londres la «bible» du communisme par Karl Marx et Freidrich Engels, le Manifeste du Parti communiste.À un siècle d'intervalle, le débat semble toujours le même dans la patrie bicéphale du capitalisme et du socialisme-communisme.Au-delà de ces questions séculaires de «corps» (abri, santé, éducation, emploi ), la stratégie strictement électorale de Mme Thatcher va se diriger la semaine prochaine vers la scène internationale.Ses stratèges misent beaucoup sur l'image de «leader mondial» que le premier ministre va projeter au sommet des sept puissances industrielles à Venise.La «stature» internationale de Margaret Thatcher pourrait bien en fin de compte peser lourd dans la balance électorale.REAGAN ET LE GOLFE AU SOMMET DE VENISE Recoller les morceaux après le fiasco de l'irangate jooneed khan ¦ e fiasco de Wm l'irangate garantit aux États-Unis une position de faiblesse sans précédent au Sommet économique de Venise.La volonté tâtonnante d'une administration Reagan en pleine fin de règne d'y rechercher le soutien militaire des alliés à une présence américaine renforcée dans le Golfe persique ne fait rien pour raffermir cette position.L'histoire est simple jusqu'à l'absurde: tout en identifiant l'Iran de Khomeiny comme «État terroriste», tout en pressant les alliés européens à «ne pas céder au chantage» et à partir en croisade contre le «terrorisme international », et tout en assurant les alliés arabes du Golfe de leur neutralité dans la guerre Iran-Irak, l'Amérique de Reagan vendait secrètement, avec la collaboration active d'Israèl, des armes à l'Iran pour faire libérer des otages au Liban.L' «Alliance stratégique» américano-israélienne était sauve, mais la crédiblité des Etats-Unis auprès des Européens et de leurs alliés arabes, ainsi que leur stratégie anti-terroriste et leur politique proche-orientale volaient en éclats.Le nouveau Kremlin de Mikhaïl Gorbatchev pouvait difficilement laisser passer l'occasion ainsi offerte pour tenter un retour en force sur la scène proche-orientale, dont l'URSS est à toutes fins pratiques exclue depuis la guerre d'octobre 1973: pendant que les enquêteurs américains mettaient en place le feuilleton de l'irangate, Moscou dépéchait ses émissaires dans les émirats du Golfe, avant d'annoncer, fin mars, que la marine soviétique fournirait une escorte aux pétroliers de ces pays menacés par les débordements de la guerre Iran-Irak.Le jeu de Moscou est d'autant plus cohérent que l'URSS, qui voit la région du Golfe comme son voisinage Immédiat, maintient des relations correctes tant avec l'Irak qu'avec l'Iran depuis le début de la guerre, sans entretenir de liens privilégiés avec aucun des deux belligérants.«La ré- Une garde d'honneur salue pendant que d'autres marins transportent le cercueil de lune des victimes du Stark.t gion du Golfe est située à proximité de nos frontières méridionales et nous sommes loin d'être indifférents à l'évolution de la situation», a dit cette semaine le vice-ministre Vladimir Petrovski, pendant que Téhéran annonçait la venue prochaine de son collègue Youli Vorontsov.Côté américain, où le Golfe est considéré comme partie intégrante des «intérêts vitaux US», ce fut une manière de panique: surenchère oblige, il fut bientôt question de l'immatriculation de pétroliers koweïtiens aux États-Unis, afin que ces navires puissent bénéficier d'une protection «supérieure» en battant pavillon américain.Un Exocet irakien tiré «accidentellement» le 17 mai contre la frégate américaine Stark devait vite percer ce mythe, et alarmer suffisamment le Congres et l'opinion US pour évoquer tout à coup le souvenir des marines massacrés à Beyrouth et le spectre d'un nouveau «bourbier» loin des rives et étranger aux intérêts directs de l'Amérique.Indifférent aux craintes d'enlisement suscitées par le retour des 37 cercueils drapes de la bannière étoilée après la tragédie du Stark, l'administration procédait à l'enregistrement des navires koweïtiens et portait la présence militaire US dans le Golfe et en mer d'Oman à une dizaine de bâtiments sous la direction du navire amiral LaSalle et incluant le porte-avions Constellation venant de Diego Garcia.Muis la Chambre des représentants votait à 302 voix contre 105 pour obliger le président Reagan à tenir le Congrès pleinement informé des détails de la politique américaine dans le Golfe.Le Sénat, qui doit en faire autant, dépêchait le démocrate |ohn Glenn et le républicain fohn Warner dans les émirats pétroliers du Golfe et ceux-ci, tout en se prononçant pour la liberté de navigation dans cette voie d'eau, avertissaient à leur retour les Américains que «si l'Iran attaque nos navires, nous ne devrons compter que sur nous-mêmes car aucun de nos alliés n'est prêt A se joindre à nous dans d'éventuels actes de représailles contre l'Iran».Même pas le Koweït, transformé, dit-on, en un véritable camp armé.Sortant de se réserve, l'ancien président Jimmy Carter, qui fut naguère cloué au pilori pour son impuissance dans la crise des otages américains en Iran, accusait son successeur de s'engager sur une pente dangereuse en abandonnant la neutralité dans la guerre du Golfe.«Le Koweït est allié à l'Irak et permettre aux navires koweïtiens de battre pavil- lon américain, c'est engager les États-Unis du côté de l'Irak dans la guerre», a-t-il dit.Improvisant tant bien que mal, l'administration faisait flèche de tout bois: le secrétaire d'État George Shultz parlait de la nécessité d'une «force adéquate» dans le Golfe; le conseiller de sécurité nationale Frank Carlucci parlait de «présence et de coordination»; le secrétaire à la Défense Caspar Weinberger s'envolait pour Nice rencontrer son homologue saoudien; la Maison-Blanche annonçait un projet de vendre 1 600 missiles air-sol Maverick à l'Arabie et parlait de «progrès substantiels» au Conseil de sécurité de l'ONU pour mettre fin au conflit du Golfe; et la Commission Bush concluait que «l'Amérique s'est remise de la crise de crédibilité causée par l'irangate».Mais c'est Ronald Reagan, le «grand communicateur» lui-même, qui chevauchait sa rhétorique des grands jours pour appeler les alliés à faire de Venise le sommet de la liberté de navigation dans le Golfe.Ayant souligné que « la dépendance des alliés sur le pétrole du Golfe n'est un secret pour personne», il affirmait: «L'avenir appartient aux braves ét les hommes libres ne doivent pas se tapir devant de tels défis».Le message passe mal, toutefois.L'URSS, dont deux navires ont sauté récemment sur des mines dans le Golfe et qui ont mis en garde l'Iran contre toute entrave A la liberté de navigation, accusent malgré tout les États-Unis de vouloir dominer la région d'un point de vue militaire.L'Iran, tout en lançant de nouvelles offensives contre l'Irak et tout en se disant «peu inquiet» des projets US, avertissait que la plus petite erreur pourrait déclencher une explosion dans le Golfe et engageait les Européens à ne pas suivre les États-Unis.Le New York Timet rapportait 3ue les Iraniens disposent de vécues rapides susceptibles d'être utilisées pour attaquer des navires de commerce dans le détroit d'Ormuz et le Golfe.L'administration Reagan elle-même protestait officiellement auprès de la Chine contre la vente de missiles terre-mer Silkworm qui pourraient être dangereusement efficaces contre la navigation dans le Golfe.Et même si la Ligue arabe approuvait le renforcement US dans le Golfe, l'Irak, principal -, Xi' Sataniyati «A: fcrrihin BandarAGdas Dnahran H^Rai Tanura\"£) flJBDammam^- Cf.LARAK Gwawar RIYADH I Â*HûtL iiiiiidni\u2014 c re.\u2014-\\\u2014 BAHRJIN^/^ V^5* nMASCATE État arabe intéressé, critiquait les projets américains et se déclarait opposé à l'envoi de troupes internationales dans le Golfe.Le fait est que l'Irak veut la fin de la guerre, aue l'Iran est décidé à poursuivre.La sécurité de navigation ne ferait que «normaliser» une uuerri: déjà bien «oubliée».L'Irak soupçonne même les États-Unis et d'autres pays occidentaux de continuer à aider secrètement l'Iran et, selon une hypothèse circulant à Bagdad, le Stark était en mesure de communiquer à l'Iran des renseignements cruciaux sur le déroulement des opérations irakiennes dans la guerre.D'ailleurs, bien que la Maison-Blanche eut annoncé la poursuite de I\" «Opération Staunch », qui vise à empêcher l'Iran d'obtenir des armes, elle demandait, jeudi encore é l'Iran, d'user de son influence pour obtenir la libération des otages américains au Liban, mais en excluant un quelconque marchandage.Hassan SaHra, de l'hebdomadaire beyrouthin Al-Shiran qui avait fait éclater l'Iran- fate, écrivait le même jour que 'Iran avait créé une «commission» pour négocier la libération des 28 étrangers disparus au Liban, dont huit sont Américains.Dans un tel contexte, les alliés réunis à Venise la semaine prochaine seront peu enclins à se mobiliser derrière les États-Unis pour défendre, par la force la li- F berté de navigation dans le Golfe.Britanniques et Français ont déjà leur propre présence militaire, bien que réduite, dans la région.La guerre du Golfe en est à sa 7c année et plus de 300 navires étrangers ont été touchés par les deux belligérants, avec pertes de vies humaines, dégâts importants et hausse draconienne des primes d'assurance.Européens et Japonais, qui obtiennent le gros de leur pétrole du Golfe et qui vendent beaucoup tant aux Arabes qu'aux Iraniens, s'en sont cependant assez bien ac-comodés jusqu'ici.Les uns comme les autres ne semblent pas alarmés outre mesure d'un blocus éventuel des exportations pétrolières de la région \u2014 ce qui d'ailleurs affecterait tant l'Iran que les émirats.«La sécurité pour tous ou pour personne», a averti cette semaine un vice-ministre iranien.L'affaire des pétroliers koweïtiens illustre davantage la relance de la rivalité strictement soviéto-américaine dans la foulée de l'irangate.Pour recoller les morceaux, a rappelé cette semaine le cheikh Zaycd, des Émirats arabes unis, les États-Unis doivent ayant tout «appliquer une politique claire dans le Golfe».Une «politique claire», voilà ce que les alliés exigeront eux aussi A Venise de leurs interlocuteurs américains, qui risquent de se retrouver sur la défensive. B8 LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 6 JUIN 1987 On trouve de tout.rrrS^^u^ -ptiaue »»'aa PR tea C«rtii Llmfle 1 coupon par echal AU CHOIX PRIX SANS CE COUPON PRIX AVEC CE COUPON »V :»«S»>I JEANÇbimi et.rJesonTvae nseinWe hp.Pampers \\a bannière Pour rembourssment: Postez è: H.A.Watts, CP.2140, Toronto, Ont.M5W 1H1 VERRES DE PLASTIQUE Couleurs assorties AU CHOIX 7\u2014 OFF Chasse-moustique régions sauvages \u2022 Aérosol 125 g \u2022 Liquide 50 ml \u2022 Vaporisateur 100 ml |J AU CHOIX ROWNTREE Chocolat familial 4 barres COVER GIRL C.y-T.^A'l-'/Z^-\" ¦i:^/-'v.i>.'->;Ty'v 1 n'I > v( au*\"* .I- FOAMY Crème à raser.Fragrances assorties.Format 300 ml 039 L SOFT & DRI Antisudortfique en aérosol Parfumé, non parfumé, Ultra sec ou «Poudre de bébé».Format 300 ml AU CHOIX OPÉRATION 'PARRAINAGE DU MALI' PJC JEAN couru .CROUPE ACTION NORD-SUD TRAVAILLONS ENSEMBLE POUR FAIRE VIVRE LE DÉSERT Procurez-vous votre goûter soleil Oasis, il ne coûte que soc et permettra de faire un pas de plus pour faire mourir la faim.contre le désert .un oasis i Prix spécial sur \u2022 Mascara longue performance \u2022 Farda paupières Trio Couleurs assorties 299 ' AU CHOIX LUREAL Prix spécial! Vernis à ongles Couleurs assorties.CLEAR EYES Collyre.Format 15 ml ¦ cj>ks»» irtWL.79 ' foASt§ \\ JOASVS1 DiCAL-D Suppiémtnt d« calcium m\\ vrtamlno D.Format 60 ADORN Fixatif en aérosol.Formules assorties.LOVING CARE Lotion colorante sans peroxyde.Couleurs assortes-/7W 36i AU CHOIX Venez découvrir votre note parmi 6 fragrances absolument j& irrésistibles! r GrVRRALID 1J99 ûV Paris I1! \u2022 rviai , 1 * LIMITE 3 PAR CLIENT VALIDE DU 7 AU 13 JUIN 1987 Nous nou» rétarvons le droit de limiter lea quantité*.Spéciaux val Idea au comptoir «euleme nt.SI un article variait à manquer dana un* succursale, n'héaitaz paa à demander un bon rte garantie de pria \"Mille Excuses\".La text* prévaut an tout tempt, Illustration» à titre indicatif mu lament.Mille axeu***.la loi noua détend rte vendre certaine produit* identifie» par una etiquette vert lima dana ma «utcuilate*: lundi, mardi, maeceadl aprea ith.(audi.vandradl apeéa 2th30, aamadl «prés I7h at la dimanche, aaut Ontario at laouvaau Brunaartck.Pa* da vente au t marchanda.0 I "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.