L'abeille /, 1 janvier 1935, avril 1935
L'ABEILLE Parait tons les mois, juillet et août exceptés.Elle a reçu une bénédiction spéciale de S.S.Pie XI.Publiée avec l'autorisation de S.Exc.Mgr VEvèque de St-Jean, et la permission des Supérieurs.SOMMAIRE Mot d'ordre : Si le grain de blé ne meurt, p.319.— Miettes d'Evangile, p.323.— Lettre de Mgr Me Carthy, p.328.— Nonni, p.330.— Coin du Croisé, p.338.— Echos des maisons de formation, p.34(1.— Propos africains, p.342.¦— Coin des amicales, p.345.•— Une horloge géante, p.347.— Le Frère Célcstin-Louis, p.348.¦— Journal de voyage, p.350.— Petite cité dans la grande, p.353.— Un Tharcisius mexicain, p.355.— Variétés, p.358.NONNI Le capitaine Foss, craignant les terribles icebergs, a ramené son voilier le "Valdemar" t\ l'embouchure du golfe de l'Eyjafjord où il a jeté l'ancre.Il attend, pour repartir, un vent favorable.A bord c'est vacances.Les matelots s'amusent.Owe et Nonni brûlent du désir de leur jouer un bon tour.C'est trouvé: on imitera le grognement de l'ours polaire.Mais bientôt on entendit les cris perçants de deux petits drôles que l'on fouettait.Longtemps, ils conserveront un souvenir cuisant de cette aventure.Bref, tout est à lire dans la nouvelle tranche du délicieux récit de Nonni.HKSri.TATS Nos lecteurs ont manifesté un grand enthousiasme pour le concours de mots croisés.Plusieurs lettres charmantes accompagnaient les solutions.En général les copies ont été mieux présentées qu'en décembre.Nous avons reçu en tout 319 travaux de 42 centres différents.Sur ce nombre le jury de correction a relevé 243 bonnes réponses.Voici les noms des heureux gagnants : Mlle Irène Pelletier, St-Léandre; — Maurice Martel, Dolbeau; — Joseph Elias, Port-au-Prince (Haiti); — Charles-Aimé Boulet, Ecole Morissetle; — Leopold Langevin, Ecole St-François-Xavier; — R.Pelletier, Pointe-(iatineau.— De jolies récompenses leur ont été expédiées.M.André Talamas, de Port-au-Prince, Haïti, nous a fait parvenir son concours par avion postal : fait unique dans l'histoire de "L'Abeille" depuis sa fondation. "Si le grain de blé ne meurt." (St Jean, XII, 24-25).(Dialogue entre "L'Abeille" et l'un de ses jeunes Lecteurs) ans noire dernier entretien, cher Lecteur, je vous rappelais la grande doctrine êvangéligue du renoncement à soi-même, et je vous disais : "Celui-là s'aime beaucoup qui sait bien se haïr." Aujourd'hui je me propose de revenir sur le même sujet en vous expliquant cette parole de Jésus : "En ré rite, en vérité, je runs le dis.si le grain île blé qui est tombé en terre ne meurt, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit".Lecteur.— Encore un sujet qui fait peur !.Vous êtes terrible, chère Abeille I A.— C'est un sujet tout à fait de mison.puisque nous sommes en plein carême.Au reste, cher Lecteur, ce serait de ma part vous témoigner bien peu d'estime que de vous cacher les enseignements de l'Evangile.Un vrai chrétien — et je sais que vous désirez l'être — ne craint pas d'entendre parler de la.mortification; il n'ignore pas qu'elle est le chemin de la gloire éternelle.L.— Je vous demande pardon; j'aurais dû me souvenir de cette parole que vous nous avez si souvent répétée : tout près du Calvaire, iltale sépulcre glorieux ! 320 l 'abeille A.— Oui, oui; c'est le même chemin qui conduit au Calvaire et à la gloire du paradis.Oh ! la belle doctrine ! Heureux les chrétiens qui la comprennent et qui la mettent m pratique I L.— Sériez-vous assez bonne de me préciser cette doctrine t A.— Voici : pour embellir et enrichir sa vie, il faut accepter de faire mourir beaucoup de choses en soi.Mais revenons à la comparaison du grain de blé dont Notre-Seigneur s'est servi: ce sera plus facile à comprendre.Si Le grain de blé pouvait sentir et parler, il se débattrait sans doute pour empêcher que le cultivateur ne le sème.De grâce, UU crierait-il, ayez pitié de moi t Ne me jetez pas dans la terre humide et froide où je vais bien sûr périr.Petit grain de blé, lui répondrait le cultivateur, laisse-moi faire.Sans doute, quelque chose de toi va mourir, mais la meilleure partie de toi, le germe de vie que tu renfermes, va se développer; tu grandiras; tu deviendras un bel épi portant trente, soixante ou même cent grains dorés.Quelle différence alors entre toi et les grains de blé que j'ai laissés dans le grenier I Tu le vois, la vie ne t'est pas enlevée, mais changée en une meilleure.L.— Certes, chère Abeille, c'est une belle leçon que celle du grain de blé; je la goûte beaucoup.A.— L'application de cette leçon à notre âme est facile.Le baptême, vous le savez, dépose en nous le germe d'une vie nouvelle, vie supérieure, vie magnifique.Mais ce n'est qu'un germe : il faut qu'en nous l'enfant de Dieu se développe, grandisse et se fortifie, et cela ne peut avoir lieu que par la mort de l'homme de péché qui est en nous, par suite de la faute de nos premiers parents.L.— Comment pouvons-nous faire mourir en nous l'homme de péché t A.— Il faut l'empêcher d'agir, le ligoter, de façon qu'il meure peu à peu.Alors l'enfant de Dieu, que nous sommes, sera complètement maître de notre âme; n'étant plus contrarié par son ennemi, il pourra à son aise vivre sa vie; il deviendra semblable à Jésus, beau, pur, saint, digne de Dieu, digne du ciel.L.— Pardonnez mon ignorance, chère Abeille, mais je vous serais reconnaissant de m'expliquer comment on peut ligoter en soi l'homme de péché t A.— L'homme de péché est orgueilleux, vaniteux, jaloux, vindicatif, colère, gourmand, paresseux, avide de plaisirs mau- 322 l'abeii.i.k foi».Dès qu'on le sent se réveiller, il faut prier Jésus et Marie de nous aider, et courageusement et sans pitié, le refouler et l'enchaîner.On le peut toujours quand on prie bien et qu'on fait de bonnes et fréquentes communions.Si vous, le laissiez maître de votre âme, il tuerait l'enfant de Dieu qui est en vous.h.— Cette fois, chère Abeille, je comprends le pourquoi de la mortification; je vois clairement qu'il y a quelque chose en nous à qui il faut de toute nécessité donner le coup de mort.A.—^N'oubliez donc jamais cette grande leçon du grain de blé jeté en terre, à savoir que la vie naît de la mort, que le sacrifice est la condition d'une vie supérieure, multipliée, féconde.La mort du Christ a donné la vie éternelle à la multitude des élus.Le sang des martyrs a été et est encore une semence de chrétiens.Les saints ont fait mourir en eux, ici-bas, leurs appétits mauvais, et aujourd'hui, ils jouissent d'une vie admirable.Considérez, autour de vous, le prêtre, le religieux, la religieuse; plus que les autres, ils meurent aux jouissances et aux plaisirs de ce monde; mais, de ce fait, ils ont une vie surnaturelle plus riche, et ils donnent de leur plénitude aux âmes qui les entourent.Ainsi, cher Lecteur, si l'on vous presse de sacrifier vos penchants déréglés, ce n'est pas pour vous amoindrir, mais pour vous grandir.Etre loyal, doux, obéissant, pur, laborieux, pieux envers Dieu, charitable envers ses semblables, ce n'est pas vivre moins, c'est vivre davantage; c'est être très grand, très noble, très beau, puisque c'est ressembler à Jésus-Christ.L.— Oh ! chère Abeille, tout cela est bien beau I A vous écouter, j'éprouve le désir et je prends la résolution d'être, moi aussi, le grain de blé jeté en terre, F.CÉLEBTIN-AuGUSTE A l'occasion île voire fêle le 6 avril prochain, el «le notre centième numéro île la revue, nous sommes heureux, T.C.F.Céles-Hn-Auguste, île vous offrir nos meilleurs vœux île bonheur et nos sentiments de très vive gratitude.Vos mots d'ordre si apostoliques sont pour nous des consignes sacrées.Puissent-ils longtemps encore, — jusqu'au 200èmc numéro et au-delà, — venir nous édifier et nous entraîner au bien.LES RÉDACTEURS ET LES LECTEURS DE "l'aREII.LE" IETTES Vie cachée de Jésus "Il leur était soumis." Dans le numéro de mars, nous avons vu N.-S., parvenu à l'âpe de douze ans, se rendre au Temple de Jérusalem et y demeurer à l'insu de ses parents pour "s'y occuper des choses de son Père", puis reprendre avec Joseph et Marie le chemin de Nazareth.L'Evangile résume les dix-huit années qu'il y passa depuis son retour jusqu'au moment de commencer sa vie publique par ces seuls mots : "Il leur était soumis".Cette partie de la vie de N.-S., si nous la considérons du point de vue humain, nous paraît étrange et incompréhensible.Comment en effet, expliquer cet effacement et cette vie cachée dans la petite bourgade de Nazareth, si méprisée des Juifs ?Jésus venait sur la terre pour sauver le monde et il n'avait qu'un temps limité pour accomplir sa mission.Il semble donc qu'il eût dû se mettre à l'œuvre le plus tôt possible, et sa première manifestation au Temple, au milieu des Docteurs, étonnés et ravis, semblait l'inviter à poursuivre sa mission d'éclairer les hommes et de leur montrer le vrai chemin du ciel.La sagesse et la science qu'il venait de manifester n'étaient pas d'un âge si tendre et sans doute les Docteurs et le peuple n'eussent éprouvé aucune répugnance à suivre les enseignements d'un enfant si prodigieux.Le succès semblait assuré, surtout s'il y avait joint dès lors les miracles qu'il pouvait multiplier à l'infini.L'enthousiasme ainsi créé lui aurait amené des foules toutes dévouées et il aurait pu opérer rapidement la conquête du monde. 324 l'abeille Que la sagesse divine est différente de celle des hommes ! Une telle carrière eût été brillante, mais tous les hommes n'auraient pu l'imiter; et il n'est pas naturel à un enfant de douze ans de s'élancer si jeune dans le tourbillon de la vie active.* * * C'est l'orgueil, l'ambition et la désobéissance qui avaient perdu le monde à son origine.Dans les plans divins il fallait le racheter par la pratique des vertus opposées à ces vices.Voilà pourquoi N.-S.se retire dans la ville méprisée de Nazareth et s'y adonne à l'exercice d'un métier bien vulgaire, sous la direction de saint Joseph.D'aucuns seraient tentés de croire et de dire que Jésus y perd son temps, un temps si précieux.Eh quoi ! Jésus perd son temps î Àlais ne fait-il pas la volonté de son Père 1 Qu'y a-t-il au monde de plus grand et de plus important que d'accomplir cette divine volonté î Jésus à Nazareth travaille autant pour le salut du monde que plus tard il le fera par ses prédications.Quand il aime, prie et adore, il rend à Dieu tout l'hommage qui lui est dû, tout l'amour qu'il mérite.Chacun des battements de son cœur, chacune de ses pensées, chacun de ses actes, possède assez de vertu pour sauver le monde entier.Dès lors, de quoi lui servirait-il d'être reconnu un peu plus tôt par quelques Juifs ou quelques Romains f Jésus enfant et adolescent, Jésus ouvrier à Nazareth est autant le Fils de Dieu que le Jésus qui prêche et opère des miracles dans la Galilée, que le Jésus qui meurt pour nous à Jérusalem ou qui se tient enfermé dans nos tabernacles pour se donner à nous et y recevoir nos adorations.* * * Saint Luc nous dit que "Jésus avançait en âge et en grâce devant Dieu et devant les homines." Jésus avançait en âge par la force des choses et du temps, comme tout le monde; mais il avançait aussi en grâce, c'est-à-dire qu'à mesure qu'il avançait en âge il laissait paraître chaque jour un peu plus la grâce et la sainteté dont il était rempli.Cependant rien d'extraordinaire pour attirer sur Lui d'une manière spéciale les regards de ses compatriotes; point d'actions d'éclat ou de miracles, point de manifestations de sa divinité ou de sa science qui eussent pu éblouir les foules.Jésus préférait vivre humble, caché, ignoré.Aucun de ses compatriotes ne se doutait de sa grandeur, et quand plus tard, il se mit à lire et à commenter les Saintes Ecritures, tous furent étonnés et même scandalisés."D'où lui l'abeille 325 vient cette science?, se disaient-ils; n'est-ce pas là le fils du charpentier Joseph t" Le propre de l'homme c'est de s'agiter, de se démener beaucoup, de faire du bruit pour attirer sur lui l'attention de ses semblables.Dieu, au contraire, agit dans le calme, daiis le silence; ses plus grandes œuvres s'opèrent dans la prière, la retraite et dans la vie humble et cachée.Par sa vie cachée à Nazareth.Jésus a voulu nous donner l'exemple de toutes les vertus qu'il nous invite à pratiquer pour 326 l'abeille le suivre et nous apprendre que les grandes destinées ont besoin de préparation; que la valeur d'une existence ne se mesure pas au bruit qu'elle fait; que le mérite des actes dépend moins de leur éclat que de la perfection et de l'intention pure avec lesquelles ils sont accomplis.* * * Parmi les nombreuses vertus dont Jésus nous donne l'exemple à Nazareth, admirons les trois suivantes : 1° Son obéissance."Il leur était soumis".Cette obéissance il la pratique non seulement dans sa petite enfance, mais encore après sa douzième année et pendant son adolescence, à l'âge où s'affirme chez nous le besoin de l'indépendance.Bien qu'il reconnaisse la vertu et les mérites de Marie et de Joseph, il sait cependant qu'il leur est infiniment supérieur; néanmoins il ne s'en prévaut pas.Il s'empresse de rendre avec la meilleure grâce et le plus grand empressement les services les plus humbles que comportait leur vie de pauvres ouvriers.En agissait ainsi il regardait leur volonté comme étant la volonté de Dieu, et il nous apprend à obéir de même à nos parente et à nos supérieurs à tous les degrés.La soumission à Dieu et à ceux qu'il a chargés de la direction de nos âmes, au lieu de nous abaisser et de nous avilir, nous relève et nous ennoblit, car c'est à Dieu que nous obéissons dans leur personne et cette obéissance vaut mille fois mieux que les jeûnes et les pénitences que nous nous imposons par notre propre volonté.L'obéissance vaut mieux que tous les sacrifices et tous les holocaustes.2" Son amour du.travail.Quand il est en âge d'apprendre un métier, il prend tout naturellement celui de son père.Sous les ordres de Joseph, il fabrique des outils, des meubles, soit à l'atelier, soit chez les clients.Jésus a voulu travailler, non en amateur, ou par délassement ; non pour faire diversion à l'ennui ou attirer l'attention sur Lui, mais pour gagner sa vie, parce que c'est la loi commune à tous les hommes, et pour nous apprendre la beauté et la noblesse du travail et comment nous devons le sanctifier.3° Sa pauvreté.De riche qu'il était au ciel, Jésus s'est fait pauvre.Il est né dans le plus grand dénuement ; il a habité une pauvre demeure dans une pauvre bourgade ; il a gagné sa vie à la manière des pauvres, à force de travail, exerçant un métier obscur et pénible.Sa nourriture et ses vêtements étaient ceux des pauvres. Ii 'abeille 327 A la vue d'un exemple venant de si haut, les pauvres peuvent-ils se plaindre de leur sort f Le souvenir de Jésus travaillant et souffrant est bien propre à leur donner plus de courage dans leur labeur et plus de patience dans leurs privations.D'autre part, comment la pensée de Jésus pauvre et travaillant de ses mains, ne nous porterait-elle pas à aimer davantage les déshérités qui nous entourent, à les respecter et à leur venir en aide, d'autant plus que Jésus regarde comme fait à lui-même tout ce que nous faisons pour eux f * * * C'est une grossière illusion de s'imaginer que la richesse est une condition du bonheur et du succès ici-bas.Trop souvent, au contraire, elle empoisonne l'existence humaine, en causant des soucis sans nombre et en engendrant une soif insatiable des plaisirs qui laissent l'âme inassouvie et en proie aux remords.Jésus lui préfère la pauvreté.11 a pratiqué cette vertu au plus haut degré, depuis son enfance dans la Crèche jusqu'à sa mort sur la Croix.Il la recommande instamment à ses Apôtres et à ses disciples, et c'est même la première condition qu'il pose à ceux qui veulent marcher à sa suite : "Allez, vendez ce que vous avez, donnez-en le prix aux pauvres, puis venez et suivez-moi." Comme nous venons de le voir, Jésus nous prêche dans sa vie cachée aussi éloquemment que dans sa vie publique; il nous montre comment nous devons nous préparer dès notre jeune âge à la mission qu'il nous confiera plus tard.Chers Lecteurs, avant la fin du Carême, faites un retour sur vous-mêmes.Comment imitez-vous N.-S.dans sa vie cachée T Montrez-vous la même docilité envers vos parents et le même empressement à leur rendre tous les services en votre pouvoir f Etes-vous leur joie et leur consolation I Grandissez-vous en sagesse et en vertu comme Jésus 1 Comment priez-vous t Etes-vous de plus en plus assidus à la messe sur semaine et à la communion fréquente î Donnez-vous toujours le bon exemple à vos camarades t Si Dieu vous a départi des talents, n'êtes-vous pas empressés de les montrer et de vous en prévaloir t Vous ne savez pas encore peut-être ce que Dieu demandera de vous plus tard, ou bien vous n 'êtes pas encore décidés sur le choix définitif de votre vocation ou état de vie.Imitez Jésus à Nazareth ; préparez-vous-y par la prière, le travail et la soumission la plus entière à vos parents à la maison et à vos matt res en classe. i.'aiieille The Bisnop's IIiu-se, 307, Conoresr Sthkkt, Portland, Maine.A nos Frères de l'Instruction Chrétienne, Alfred.Miiine.Cher Frère Boniface, «^j)e «mis heureux de vous exprimer ici ma sincère gratitude HJJf pour l'envoi de "L'Abeille", revue si chrétienne appelée à foire tant de bien à notre jeunesse.Je considérerai comme une grande fureur sa diffusion dans nos écoles catholiques françaises du diocèse de Portland.Je souhaite qu'elle g accomplisse sans entrave sa mission apostolique 'et s'oppose aux agents du mal qui dirigent une si grande, partie de la littérature moderne.Par ses nouvelles instructives et morales, elle rafraîchira l'esprit chrétien dans nos familles aussi bien que dans nos écoles.Par conséquent c'est de tout cœur que je donne mon approbation à votre œuvre êducatrice et apostolique.Je prie le bon Dieu, de vous accorder un succès digne de vos efforts et de vos sacrifices.Veuillez accepter, comme témoignage de mon aide matériel, mon abonnement pour quelques années.Tout en vous exprimant de nouveau ma profonde gratitude je me souscris, Votre tout dévoué en N.S., t Joseph Ed.Me Carthy, Evêque de Portland.Son Exe.Mgr Me Carthy, notre évèquc, s'est toujours montré d'une bienveillance exquise pour nous et nos œuvres.Le 30 novembre 1932, le vénérable évèquc venait administrer la Confirmation dans notre petite chapelle d'alors, à six de nos Juvénistes d'Alfred.Le 21 août 1934, il bénissait notre nouvelle chapelle.Le 1" décembre 1934, il bénissait la chapelle privée de notre communauté de Iliddeford.Dernièrement, il se proposait de venir donner quelques conférences à nos jeunes.Que le Seigneur daigne bénir son apostolat ! et le conserve longtemps encore a In tète du beau diocèse de Portland. A Son Excellence Mgr Joseph Edward MC CARTHY, évèque de Portland, L'Abeille" présente ses respectueux hommages. NONNI PREMIÈRES AVENTURES Hi'ki mi' des chapitres dêjA parus.— Nonni, Islandais de 12 ans, ira étudier en France.Il quitte à regret ses parents.Le voilier le "Val-deinor" le conduira à Copenhague.Nonni se rendra ensuite à Avignon (France).Choyé par le capitaine, le pilote et lo petit mousse Owe, il est heureux.Ouragan sur nier.Nuit mouvementée.Un pays extraordinaire aïs c'est inconcevable ! m'écriai-je enfln.Nous avons Tait au moins vingt-quatre heures de course en pleine mer et noirs voici maintenant de retour au point même d'où nous sommes partis ?C'est plus que bizarre.— D'abord, Nonni, nous ne marchions pas en ligne droite.Nous avons décrit de grands zigzags.— Pourquoi donc ?— Voici : te souvient-il qu'hier tu prétendais flairer l'odeur des icebergs ?Eh bien, oui, ils étaient la, ces monstres.Le cupi-taine le savait fort bien, avant même que tu ne t'en sois mêlé.Ils couvraient toute la mer devant nous.M.Foss plusieurs fois a voulu les dépasser, mais sans y réussir.Pour comble, le vent nous est devenu contraire; il ne restait plus qu'à fuir à toutes voiles du coté d'où nous venions.Et maintenant l'ancre est jetée à l'embouchure du fjord.— Quel ennui, Owe ! Que ferons-nous ici ?— Nous attendrons un vent favorable et, de nouveau, alors, nous chercherons à fuir nos sauvages ennemis.— Cela peut durer ?— Personne ne le sait.Il est à prévoir toutefois que nous resterons ici plusieurs jours." Certes, notre situation manquait d'agrément, mais à quoi bon se plaindre ?Nous n'avions qu'à nous accommoder aux caprices de la glace et du vent.Ils nous tenaient sous leur dépendance.Je remerciai Owe de ses renseignements et retournai sur le pont.Tous regardaient vers le nord et deux lunettes scrutaient sans cesse l'horizon.J'inspectais, moi aussi, de coté et d'autre, avec une avide curiosité, quand j'entendis parler d'un navire en vue.Je braquui aussitôt les yeux et découvris, bien l'abeille 331 loin a l'horizon, un petit point lilnne.A ma question, un matelot répondit que ce devait être un navire marchand de Copenhague, quittant Akureyri, et qui cinglait vers le Danemark."El où va-t-il maintenant ?— 11 vient de notre côté; comme nous, sans doute, 11 craint les icebergs." Le "Ludwig l'opp" arriva bientôt.Mais on ne put tomber d'accord sur le nom dir bâtiment."Ce serait bien le Ludwig l'opp, un navire marchand, disait le capitaine.- - Plutôt le Rachel, remarquait un matelot." Sans perdre une minute, je courus à la cambuse et, jouant l'important, j'annonçai : "A mon tour, ami, de l'apporter une nouvelle.Tu vas en ouvrir des yeux ! Allons, devine 7 — Impossible.Je n'ai aucune idée de quoi il s'agit.— Alors, écoute 1 Un navire vient sur nous du nord.Les uns tiennent pour le Ludwig l'opp, les autres pour le Rachel.Tous deux sont de Copenhague.Je parie que c'est le Rachel.Et toi ? 332 L'ABEILLE — Ah ! ne fais pas le malin, Nonni.Si tu paries pour le Rachel, je suis bien forcé de prendre le "Ludwig Popp." — Bien, Owe.Donc, tu dis Ludwig Popp: moi je dis Rachel.Que parions-nous ?— Pourquoi pas des figues ou des raisins secs, répondit le petit futé.Est-ce que ça va ?— Oui, allons-y pour des raisins secs." Ln-dessus, je sortis en hâte.Le navire se rapprochait de minute en minute.Enfin, on put y lire ù la lunette : Ludwig Popp.Owe avait gagné; il s'agissait d'acquitter ma dette.J'allai droit au pilote."Auriez-vous la bonté.Monsieur le pilote, de me donner quelques raisins secs.J'ai perdu un pari contre Owe et je les lui dois." Le brave homme se mit a rire."Descends dans la cabine, dit-il; lu sais bien où ils sont." Je le remerciai avec effusion et m'en allai chercher le prix de la victoire.Owe jubilait, en recevant les petites grappes aplaties; mais il en fit aussitôt deirx parts et le régal se prit en commun.Le Ludwig Popp arriva bientôt: un joli double-mât, guère plus important que notre "Valdenuir".Nous nous saluâmes par un retentissant hourra et, peu après, le nouveau venu jetait l'ancre à nos cotés.XIII.JOYEUSE VIE À BORD Notre voyage se trouvait interrompu.Pour l'équipage, c'était vacances.Dès que le vent fut tombé, les vagues s'étalèrent et la mer devint lisse comme du satin.L'air se maintenait froid et d'une rare transparence.Les hommes cherchaient à tromper les heures par toutes sortes de passe-temps, de jeux, de plaisanteries.On nous laissait quelque peu à nous-mêmes; Owe et moi, nous en profitions pour nous livrer à cent espiègleries.Notre âge servait d'excuse.Une fois, pourtant, les choses se gâtèrent.Un après-midi, tandis que les trois matelots devisaient sur le pont, je me glissai dans leur cabine, sans qu'ils s'en aperçussent, et je me mis â chercher quel bon tour je pourrais leur jouer dans un moment, à l'heure du café.Une petite table, entourée de bancs, tenait le milieu de la pièce exiguë; à droite et â gauche se trouvaient les couchettes, deux sur chaque côté.Les ouvertures pratiquées dans la paroi de planche étaient si étroites qu'un homme de forte taille n'aurait pu que difficilement y passer.J'eus vite fait mon plan. l'abeille 333 "Oui, voilà qui va 1res bien,
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