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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2001-05-12, Collections de BAnQ.

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[" 6LP0101B0512 b01 samedi 12 mai 6LP0101B0512 ZALLCALL 67 01:05:29 05/12/01 B Le Québec n\u2019est pas le seul endroit en Amérique où un vent de réforme souffle sur l\u2019éducation.Aux États-Unis et au Canada anglais,des initiatives sont aussi mises sur pied afin d\u2019améliorer le rendement des élèves et de rendre les écoles plus performantes.Aujourd\u2019hui,dans le premier volet de notre série L\u2019École sous la loupe des parents,notre envoyé spécial en Floride raconte l\u2019expérience des bons d\u2019éducation,une mesure controversée défendue avec énergie par le gouverneur de l\u2019État,Jeb Bush,et son frère George W.,président des États-Unis.Photo MARC THIBODEAU, La Presse L\u2019école A.A.Dixon, située dans un quartier défavorisé de Pensacola, est l\u2019un des deux établissements publics ciblés jusqu\u2019à maintenant par le programme de bons d\u2019éducation de l\u2019État de la Floride.Le gouverneur Jeb Bush estime que cette approche controversée exerce un effet déterminant sur la réussite scolaire des élèves.LES BONS D\u2019ÉDUCATION Une polémique made in USA PENSACOLA, Floride \u2014 Tous les matins, Jonathan Gallaway saute à bord de la voiture de ses parents pour se rendre à l\u2019école du Sacré- Coeur.L\u2019établissement n\u2019est situé qu\u2019à une quinzaine de minutes de route de sa résidence, mais un monde les sépare.Le quartier du rondelet et souriant garçon de 12 ans, situé en plein coeur de Pensacola, au nord de la Floride, n\u2019a rien de bien réjouissant.De jeunes enfants courent sans surveillance dans les rues devant une série de bicoques en mal de rénovations.À l\u2019une des intersections, Martin Luther King, représenté sur une fresque qui couvre un immeuble en triste état, rappelle l\u2019importance d\u2019une bonne éducation.« Le plus vous en savez, le plus loin vous irez », dit son message.Le message n\u2019a pas échappé à l\u2019attention de la mère de Jonathan, Cassandra, qui a décidé en désespoir de cause de se prévaloir il y a deux ans des possibilités offertes par le programme de bons d\u2019éducation (plus communément appelés vouchers) lancé par le gouverneur de la Floride, Jeb Bush, en juin 1999.Sommairement, chaque école publique de l\u2019État reçoit une « note » variant de A à F qui est basée sur la performance de ses élèves à une série de tests standardisés administrés annuellement, les FCAT ou Florida Standarized Assessment Tests.Les enfants fréquentant un établissement qui a reçu deux F sont ciblés par les bons d\u2019éducation.La Floride remet le cas échéant aux parents qui le désirent un chèque équivalent au montant qui aurait normalement été versé à l\u2019établissement public « sous-performant » pour l\u2019éducation de leur enfant.La somme peut ensuite être utilisée pour fréquenter une autre école publique ou, ce qui est plus controversé, une école privée.Bien qu\u2019aucune province n\u2019ait choisi d\u2019importer les bons d\u2019éducation au Canada jusqu\u2019à maintenant, le programme compte sa part d\u2019admirateurs au pays.L\u2019Institut Fraser, un think tank ( groupe de réflexion) voué à la promotion de solutions privées pour les problèmes de politiques publiques, a notamment plaidé récemment pour l\u2019introduction d\u2019une telle formule au Québec après avoir publié un controversé palmarès d\u2019écoles où les établissements privés figurent en tête de liste.En Floride, seules deux des quelque 2500 écoles évaluées à l\u2019échelle de l\u2019État ont obtenu deux F jusqu\u2019à maintenant.Les établissements en question, A.A.Dixon et Spencer Bibbs, sont situés au coeur de quartiers noirs défavorisés de Pensacola.Selon Mme Galloway, le personnel de Spencer Bibbs ne réussissait pas malgré toute sa bonne volonté à venir à bout des difficultés d\u2019apprentissage de Jonathan, qui est l\u2019un des 51 jeunes ayant fait le saut au privé avec les bons d\u2019éducation.« Je me suis rendu compte il y a quelques années qu\u2019il était incapable de lire même les mots les plus simples alors qu\u2019il recevait régulièrement des A et des B dans sa classe spécialisée », dit-elle pour expliquer son choix.Besoin de suivi L\u2019école du Sacré-Coeur, se réjouit la mère, a les ressources qu\u2019il faut pour accorder à l\u2019enfant l\u2019attention particulière dont il a besoin.« Avant, il était toujours déprimé.Maintenant, il se prend pour le roi du monde », indique Mme Galloway, qui n\u2019aurait jamais pu absorber une telle dépense.« Le bon n\u2019est pas suffisant pour payer tous les frais qui sont normalement demandés, mais l\u2019école ferme les yeux.Moi, je ne paie rien », dit-elle.Tracy Richardson est une autre mère de Pensacola qui chante les louanges des bons d\u2019éducation.« Ma fille ne réussissait pas bien dans le public parce qu\u2019elle avait besoin d\u2019être encadrée », note la jeune femme, qui s\u2019insurge contre l\u2019idée que son enfant puisse être confinée à une école « en situation d\u2019échec ».« Je refuse que le statut socio-économique du quartier où je vis ait pour effet de punir ma fille », dit Mme Richardson, qui est devenue un symbole national du mouvement en faveur de la liberté de choix scolaire.Il y a quelques semaines, elle s\u2019est rendue fièrement à Washington pour poser avec sa fille auprès du président des États-Unis, George W.Bush, à l\u2019occasion du dévoilement de son programme en éducation, qui espère imposer à l\u2019échelle du pays une version diluée du programme floridien, lui-même inspiré d\u2019initiatives lancées à l\u2019échelle municipale par des villes comme Cleveland, Milwaukee et New York.« Pourquoi devrions-nous enfermer des enfants dans des écoles qui ne fonctionnent pas ?» demandait le politicien il y a quelques années lors d\u2019une visite à Pensacola.Alors que la droite américaine décrit les bons d\u2019éducation comme un moyen de faire pression sur les écoles publiques pour les forcer à rehausser leur niveau tout en favorisant l\u2019accès à une formation de qualité pour les enfants les plus démunis, les détracteurs du programme y voient une « tentative sournoise » de privatiser les services d\u2019éducation.Les syndicats d\u2019enseignants comptent parmi les plus virulents critiques de cette approche.« Le gouvernement n\u2019est pas vraiment intéressé à améliorer le réseau public.Tout ce qu\u2019il veut, c\u2019est le remplacer par le privé », dénonce Maureen Dineen, présidente de la Florida Education Association, qui compte 120 000 membres dans le réseau de l\u2019éducation.Le réseau public de la Floride est déjà l\u2019un des moins bien financés du pays et l\u2019implantation du programme de bons d\u2019éducation, qui pourrait bientôt être élargi aux élèves fréquentant des écoles surchargées, le prive de précieuses ressources, dit-elle.Le caractère confessionnel de nombre d\u2019établissements privés floridiens constitue un autre irritant majeur aux yeux des détracteurs du programme, qui accusent le gouvernement de détourner l\u2019argent de l\u2019État au profit d\u2019organisations religieuses en violant, du même coup, la Constitution.Ils craignent par ailleurs que les établissements procèdent à « l\u2019endoctrinement » des nouveaux venus même si la loi leur interdit d\u2019obliger les bénéficiaires des bons d\u2019éducation à prier ou professer une foi particulière.L\u2019école du Sacré-Coeur, fréquentée par le jeune Jonathan, se donne par exemple comme objectif d\u2019éduquer « coeurs et esprits pour Dieu », une devise fièrement affichée sur sa façade.La doctrine n\u2019inquiète pas outre mesure Mme Galloway, qui est elle-même croyante.Son fils, dit-elle, se rend chaque semaine à l\u2019église située en face de l\u2019école pour la messe, les deux établissements étant chapeautés par la même congrégation religieuse.Le jeune garçon affirme, endoctrinement ou pas, qu\u2019il adore sa nouvelle école et qu\u2019il n\u2019éprouve pas de difficultés d\u2019intégration.« J\u2019ai beaucoup d\u2019amis, je n\u2019en avais pas vraiment dans mon ancienne école », dit-il.En dépit de l\u2019enthousiasme manifesté par les parents utilisant les bons d\u2019éducation, ainsi que les déclarations de bonne intention du gouvernement, l\u2019approche ne fait pas l\u2019unanimité dans la communauté noire.Adora Obu Nweze, qui dirige la conférence floridienne de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), estime que le gouvernement contrevient à ses responsabilités en offrant à certains des enfants des écoles les plus défavorisées de faire le saut au secteur privé.« La responsabilité de M.Bush est de s\u2019assurer que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité, pas seulement 10 % d\u2019entre eux.La solution passe par un meilleur appui aux écoles publiques, qui ne sont pas toutes pourries contrairement à ce qu\u2019en disent les défenseurs des bons d\u2019éducation », fait-elle valoir en insistant sur le fait que le secteur privé n\u2019a ni les moyens, ni le désir d\u2019accueillir un nombre important d\u2019enfants provenant de milieux défavorisés.Libre choix Patrick Hefferman, un résidant de Miami qui a fondé un organisme favorable au libre choix scolaire, Floridians for School Choice, estime que le faible nombre de places disponibles vient justement invalider les thèses « alarmistes » relativement aux risques de destruction du système public.« De toute façon, je suis loin d\u2019être convaincu que tous les enfants pouvant avoir des bons d\u2019éducation vont aller dans le privé.Ceux qui disent cela ont une bien piètre estime du réseau public.Regardez en Floride.Il y a 51 élèves qui sont allés dans le privé, mais il y en a plus encore (80) qui ont décidé de changer d\u2019école publique.Ceux-là sont mentionnés moins souvent », dit-il.M.Hefferman estime que les parents devraient avoir autant de choix que possible en matière d\u2019éducation.« Si les parents ont plus de choix, les enfants en sortent gagnants », note-t-il.À défaut de s\u2019entendre sur l\u2019intérêt du programme, défenseurs et critiques des bons d\u2019éducation s\u2019affrontent devant les tribunaux.C\u2019est d\u2019ailleurs le cas dans pratiquement tous les États où une telle initiative a vu le jour.Le NAACP et le Florida Education Association avaient obtenu gain de cause l\u2019année dernière lorsqu\u2019un juge a statué que les bons d\u2019éducation contrevenaient à l\u2019obligation de l\u2019État d\u2019offrir un service public de qualité.Mais le gouvernement a réussi quelques mois plus tard à faire renverser la décision.La Cour suprême de Floride a refusé il y a quelques semaines d\u2019entendre la cause.Prochaine étape : la Cour suprême des États- Unis.À lire en B2: Les écoles montent au front « Je me suis rendu compte il y a quelques années qu\u2019il était incapable de lire même les mots les plus simples alors qu\u2019il recevait régulièrement des A et des B.» 6LP0201B0512 b02 samedi 12 mai 6LP0201B0512 ZALLCALL 67 00:56:25 05/12/01 B B 2 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 Les bons d\u2019éducation: plaie ou panacée?MARC THIBODEAU envoyé spécial PENSACOLA, Floride \u2014 Les bons d\u2019éducation favorisent-ils la réussite ?La réponse que vous recevrez à cette question dépend plus souvent qu\u2019autrement des orientations idéologiques propres à votre interlocuteur.Une kyrielle d\u2019études et de contre-études sont régulièrement évoquées pour infirmer ou appuyer cette approche, qui fut présentée dès le milieu de la décennie par l\u2019économiste Milton Friedman comme une façon d\u2019améliorer l\u2019efficacité et l\u2019innovation pédagogique dans le monde de l\u2019éducation.Dans une récente étude, l\u2019Institut Fraser, un groupe de réflexion basé en Colombie- Britannique, avance avec enthousiasme que les expériences menées depuis le début des années 90 à Milwaukee et à Cleveland ont démontré que les bons d\u2019éducation pouvaient constituer un « pas déterminant vers l\u2019égalité raciale, l\u2019intégration sociale et le renouveau économique en milieu urbain » et offraient effectivement aux enfants de « meilleures opportunités éducatives ».L\u2019organisme cite notamment une étude menée par un groupe de chercheurs de Princeton qui suggère que les élèves ayant utilisé ce système au Wisconsin ont vu leurs résultats progresser de quelques points de pourcentage par année.L\u2019American Federation of Teachers, qui livre une bataille acharnée contre les bons d\u2019éducation, rétorque que toutes les études favorables à cette approche émanent d\u2019un groupe restreint de chercheurs qui appuient le libre choix scolaire.« C\u2019est bien simple, les bons d\u2019éducation ne fonctionnent pas », tranche Bella Rosenberg, conseillère au président de l\u2019AFT.Cathy Wylie, une chercheuse du New Zealand Council for Educational Research qui a passé en revue les programmes existants pour favoriser le libre choix scolaire, estime que le recours à des bons d\u2019éducation peut même avoir une incidence négative sur les résultats globaux des élèves s\u2019il n\u2019est pas correctement balisé.Lorsque aucune contrainte ne s\u2019applique, ce sont souvent les enfants dont les parents sont les plus éduqués qui partent vers d\u2019autres écoles.Leur départ a pour effet d\u2019isoler plus encore les enfants de milieux défavorisés et de limiter l\u2019effet d\u2019émulation qui découle d\u2019un « mélange social équilibré », note la chercheuse.De tels mélanges, indique-t-elle, sont importants puisqu\u2019ils ont pour effet d\u2019améliorer la performance des élèves provenant de familles défavorisées sans nuire pour autant à celle des élèves de familles nanties.Ils favorisent par ailleurs « une plus grande cohésion sociale ».L\u2019incidence par ailleurs limitée des bons d\u2019éducation sur les élèves qui changent d\u2019école peut s\u2019expliquer, selon Mme Wylie, par le fait que les écoles privées ne sont pas plus « efficaces » que les établissements publics.Leur succès apparent, juge-t-elle, provient plutôt de leur sélectivité et de l\u2019abondance relative de ressources.L\u2019Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) s\u2019est aussi penchée dans une récente étude sur le phénomène des bons d\u2019éducation et, plus largement, sur l\u2019impact de l\u2019élargissement du choix scolaire.Tout en notant que ces initiatives semblent favoriser une plus grande participation des parents, les auteurs expliquent qu\u2019il n\u2019est pas possible de tirer de « conclusions fermes » relativement à leur incidence sur les résultats scolaires des élèves.Le débat, bref, n\u2019est pas près d\u2019être clos.Photos MARC THIBODEAU, La Presse La directrice de l\u2019école A.A.Dixon, Judith Ladner, qui se penche sur les plus récents écrits d\u2019une fillette de maternelle, ne croit pas que la pression appliquée sur son établissement par le programme des bons d\u2019éducation ait favorisé la réussite scolaire.La visite à la cafétéria est généralement la première étape de la journée pour les élèves qui reçoivent une aide alimentaire gratuite en raison de leur difficile condition socio-économique.Les écoles montent au front MARC THIBODEAU envoyé spécial PENSACOLA, Floride \u2014 Au fond de la classe, couché de tout son long sur le sol, un garçon dort à poings fermés alors qu\u2019une enseignante procède à quelques mètres de là à un exercice de lecture.« En l\u2019absence des parents, les enfants sont souvent pris en charge par leurs frères et leurs soeurs et ils ne se couchent pas à une heure raisonnable.Lorsqu\u2019ils sont trop fatigués, il n\u2019y a rien d\u2019autre à faire que de les laisser dormir », explique Judith Ladner pour expliquer la surprenante scène.L\u2019énergique directrice de l\u2019école A.A.Dixon, située au coeur d\u2019un quartier défavorisé de Pensacola, ne manque pas d\u2019anecdotes pour illustrer les difficultés considérables que doit surmonter le personnel de l\u2019établissement pour mener à bien sa mission éducative.« Ça va bien au-delà de ce que l\u2019on demande normalement au personnel d\u2019une école », note-t-elle.Les enfants proviennent de familles éclatées et moins de la moitié d\u2019entre eux peuvent compter sur la présence d\u2019au moins un parent biologique à la maison, note Mme Ladner, qui a un mot d\u2019encouragement pour chacun des enfants qu\u2019elle croise dans les corridors.La pauvreté est manifeste puisque « plus de 99,9 % d\u2019entre eux » sont admissibles à l\u2019aide alimentaire gratuite fournie par l\u2019État, souligne la directrice, qui commence sa journée en accueillant les élèves à la cafétéria.Lors du passage de La Presse il y a quelques semaines, les enfants faisaient sagement la queue pour obtenir leur premier repas de la journée.« Vous devriez les voir le lundi matin.Ils dévorent leur assiette parce qu\u2019ils ne mangent habituellement pas à leur faim durant le week-end », a indiqué alors une enseignante, Janice Webb.L\u2019absence des parents, la faim, la fatigue et le manque de ressources sont autant de facteurs susceptibles de nuire à la réussite scolaire, mais l\u2019État de la Floride en fait peu de cas lorsqu\u2019il évalue la performance des écoles pour définir quels établissements doivent être ciblés par son programme de bons d\u2019éducation, déplore Mme Ladner.« Ils se contentent de prendre en considération les résultats des élèves aux FCAT (Florida Comprehensive Assessment Tests, des tests standardisés en lecture, en écriture et en maths) sans considérer que nos élèves ont généralement deux ans de retard par rapport à un enfant normal lorsqu\u2019ils arrivent à l\u2019école », dit-elle.En 1999-2000, l\u2019établissement a obtenu la note F pour la deuxième année consécutive en raison des résultats obtenus aux FCAT.Les parents des élèves ont obtenus du même coup le droit de réclamer des bons d\u2019éducation à l\u2019État pour envoyer leurs enfants dans d\u2019autres établissements, publics ou privés.« Les parents jugeaient que c\u2019était injuste parce qu\u2019ils connaissent le niveau d\u2019efforts que nous faisons pour venir en aide à leurs enfants », dit Mme Ladner.Bien qu\u2019une cinquantaine des quelque 400 enfants soient partis, la plupart des parents ont décidé de rester fidèle à l\u2019école qui a pu améliorer sa situation de manière à obtenir la note D pour 1999-2000, l\u2019année suivant l\u2019introduction des bons d\u2019éducation.L\u2019établissement n\u2019est pas le seul à avoir amélioré ses résultats durant cette période puisque seules quatre des écoles de l\u2019État ont obtenu un F cette année-là comparativement à 78 l\u2019année précédente.Une récente étude de l\u2019évolution des résultats aux FCAT produite par un groupe de recherche américain favorable au libre choix scolaire, le Manhattan Institute, relève par ailleurs que les établissements ayant obtenu les notes les plus faibles la première année sont ceux qui ont enregistré les gains les plus importants.Aux yeux du gouverneur Jeb Bush, il s\u2019agit d\u2019une « solide preuve » que la pression mise sur les écoles par le nouveau programme donne des résultats.Les détracteurs du programme floridien n\u2019en croient pas un mot et font valoir que l\u2019étude brandie par le gouverneur ne tient pas la route parce qu\u2019il ne prend pas en compte les autres facteurs susceptibles d\u2019influer sur la réussite scolaire.Mme Ladner estime, dans la même veine, que l\u2019évolution positive enregistrée aux FCAT par son établissement découle du prolongement de l\u2019année scolaire d\u2019une période de 30 jours, rendue possible par une subvention additionnelle du gouvernement, ainsi que de mesures pédagogiques mises en place « avant même que le gouverneur Bush n\u2019arrive à son poste ».« Ça n\u2019a rien à voir avec la menace des bons d\u2019éducation », tranche Mme Ladner.La directrice du seul autre établissement touché par les bons d\u2019éducation, Spencer Bibbs, qui est situé dans le même secteur que A.A.Dixon, explique de la même façon le passage de son école de F à D en 1999-2000.« La réussite prend du temps.Les changements que nous observons sont le fruit de plusieurs années d\u2019efforts et non le résultat des bons d\u2019éducation », estime Linda Scott.Elle ajoute que le gouvernement devrait évaluer les élèves au début et à la fin d\u2019une année scolaire s\u2019il veut avoir une réelle idée de l\u2019impact du personnel sur les élèves.Les sceptiques notent par ailleurs que l\u2019évolution des résultats aux examens standardisés pourrait simplement refléter le fait que les écoles préparent mieux les élèves à cette fin précise et faussent du même coup les résultats.« Les écoles sont devenues obsédées par les FCAT et n\u2019hésitent pas, dans bien des cas, à laisser de côté les matières qui ne sont pas liées aux examens.Ils négligent des sujets comme l\u2019histoire qui sont importants pour assurer une véritable éducation », note Maureen Dinnen, présidente de la Florida Education Association.Elle doute par ailleurs de la validité scientifique de cet outil de mesure, notamment du fait que certains établissements sont passés en un an de F à A.Jeb Bush n\u2019a cure de ces réserves.« Le fait est que les élèves apprennent », a-t-il lancé à l\u2019attention de ses détracteurs en juin dernier en commentant la progression des notes.Ironiquement, le sort des enfants qui ont quitté le réseau public grâce aux bons d\u2019éducation demeure inconnu puisque les établissements privés, traditionnellement réfractaires à toute forme de contrôle de l\u2019État, ne sont pas soumis aux FCAT.« Les enfants qui arrivent du secteur public les subissent quand même pour que les parents puissent suivre leur évolution, mais il est trop tôt pour que je puisse vous donner des résultats.Ils n\u2019en sont qu\u2019à leur deuxième année dans leur nouvelle école », dit Jo Ann Carren, porte-parole du département de l\u2019Éducation de la Floride. 6LP0301B0512 b03 samedi 12 mai 6LP0301B0512 ZALLCALL 67 00:58:12 05/12/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 P L U S B 3 Photo ALAIN ROBERGE, La Presse Le président de la Société des alcools du Québec, Gaétan Frigon, estime que la Jaguar est un bien petit avantage pour un gestionnaire sous-payé.«Il serait temps qu\u2019on arrête le misérabilisme: quand on travaille pour le gouvernement, il faut absolument avoir l\u2019air misérable», dit-il.La Jaguar de la controverse Peut-on vraiment comparer l\u2019entreprise privée et le secteur public ?QUÉBEC \u2014 S\u2019il avait à acheter une nouvelle voiture payée avec l\u2019argent des contribuables, Gaétan Frigon n\u2019hésiterait pas un seul instant.Malgré toute l\u2019encre qu\u2019a fait couler la désormais célèbre automobile du président de la Société des alcools du Québec, ce dernier choisirait de nouveau une Jaguar.Sans le moindre remords.« Si j\u2019avais à changer, je reprendrais la même », lance-t-il dans une entretien avec La Presse à l\u2019issue d\u2019une semaine de controverse.« Il serait temps qu\u2019on arrête le misérabilisme : quand on travaille pour le gouvernement, il faut absolument avoir l\u2019air misérable.» Provocation ?Non.Gaétan Frigon estime tout simplement que la Jaguar est un bien petit avantage pour un gestionnaire sous-payé.À 157 000 $ par année plus des bonus pouvant atteindre 16 000 $, le président de la SAQ \u2014 une entreprise avec un chiffre d\u2019affaires de deux milliards \u2014 peut en effet faire valoir qu\u2019il est payé le dixième du salaire du PDG de Metro, qui a empoché en 1999 plus d\u2019un million de dollars en salaire et en primes.Sans parler des revenus de vente de ses actions, qui ont fait grimper le revenu de Pierre Lessard à.six millions ! « Un sous-ministre aux Finances vaut bien un vice-président de chez Quebecor.Et pourtant, il est payé trois fois moins cher », lance Claude Blanchet, président de la Société générale de financement.« Le privé et le public, c\u2019est le jour et la nuit », renchérit Claude Séguin.Ce dernier, mandarin dans la fonction publique québécoise pendant 15 ans, a fait le saut chez Téléglobe en 1992.Non seulement son salaire est-il passé du simple au double, mais les bénéfices sur les actions de l\u2019entreprise, qu\u2019il a vendues au bon moment, l\u2019ont rendu pratiquement millionnaire.Et pourtant.Où est Claude Séguin aujourd\u2019hui ?Président du groupe participation.à la Caisse de dépôt et placement.Dans la fonction publique.Trop ou pas assez ?La haute fonction publique québécoise est-elle trop ou pas assez payée ?Le cas de M.Séguin illustre parfaitement que la réponse à cette question est loin d\u2019être simple.Malgré une importante perte salariale, Claude Séguin a accepté l\u2019offre de la Caisse de dépôt parce qu\u2019elle offrait un défi unique.« La Caisse, c\u2019est le plus gros gestionnaire au Canada.Il n\u2019y a aucun équivalent dans le privé, explique- t-il.C\u2019est souvent là l\u2019attrait numéro un des emplois dans la haute fonction publique : le défi.On a le sentiment d\u2019être en train d\u2019écrire l\u2019histoire.C\u2019est un défi de société captivant.Les gens du privé sont un peu jaloux de ça.Ils sont plus riches, mais souvent, ils s\u2019ennuient », rigole M.Séguin.Toutefois, côté chiffres, le portrait est moins rose.Certains s\u2019en tirent bien : André Caillé, le président d\u2019Hydro-Québec, a conservé à peu près le même salaire \u2014 337 000 $ plus une prime qui peut atteindre 30 % du salaire \u2014 que lorsqu\u2019il était dans le privé.D\u2019autres souffrent davantage de la comparaison non seulement avec le privé, mais aussi avec les autres fonctions publiques canadiennes.Un exemple.Le président de Loto- Québec, Michel Crête, qui a vu son salaire augmenter il y a un an comme la plupart des hauts fonctionnaires québécois, gagne maintenant 234 000 $, plus une prime qui peut atteindre 35 000 $.Son homologue ontarien gagne, grosso modo, 100 000 $ de plus par an.Même scénario ailleurs dans la fonction publique : le président québécois de la Régie des alcools, des courses et des jeux gagne 119 000 $, son équivalent ontarien, 210 000 $.À Ottawa, où le gouvernement fédéral estime que sa haute fonction publique est encore souspayée, les salaires des grands mandarins atteignent facilement les 300 000 $, plus les primes, bien sûr.Le président de Postes Canada peut obtenir un traitement qui s\u2019approche du demi-million, à 462 000 $.Le salaire du président de Radio-Canada peut atteindre 369 000 $.« Les trois quarts des titulaires de postes semblables dans le secteur privé reçoivent des compensations supérieures », note le comité qui a étudié l\u2019an dernier, les salaires versés par Ottawa.À Québec, un groupe présidé par Claude Béland a évalué l\u2019an dernier que les sous-ministres québécois affichaient un retard de 312 % par rapport aux emplois comparables dans le privé.Conséquence, craignent certain : l\u2019État québécois se videra, à long terme, de ses meilleures forces qui iront grossir les rangs du privé.« Quand on ne paye pas, on ne peut pas choisir les meilleurs », tranche Claude Blanchet.Un exemple ?Pierre Shedleur, ancien président de la Commission de la santé et sécurité du travail, a eu trois offres d\u2019emploi dans la même semaine lorsqu\u2019il a décidé de quitter la fonction publique.« Il y avait comme un message là », dit celui qui travaille maintenant chez Bell Canada.Des pommes et des oranges Mais peut-on vraiment comparer l\u2019entreprise privée et le secteur public ?Non, répond Pierre Geoffrion, de Towers & Perrin, une firme internationale de conseillers en rémunération.« Comparer le secteur public et l\u2019entreprise privée, c\u2019est comparer des pommes et des oranges », lance-t-il.Pourquoi ?D\u2019abord parce que le travail n\u2019est pas le même.« Les actionnaires veulent toujours une valeur en hausse, ils poussent dans le dos, il faut mettre du monde dehors, ce n\u2019est pas du tout le même genre de gestion », dit M.Geoffrion.« La SAQ est en situation monopolistique.Ce n\u2019est pas la même chose de gérer une chaîne d\u2019alimentation dans un contexte extrêmement concurrentiel.Les emplois des PDG sont constamment menacés.Dans la fonction publique, ils sont une relative sécurité d\u2019emploi.La pression générale est moins importante », renchérit Michel Tremblay, professeur aux Hautes Études commerciales.Ensuite, les bonis auxquels ont droit les présidents de société d\u2019État sont presque automatiques, alors que leurs collègues du privé les obtiennent en moyenne deux années sur cinq, en fonction des rendements.Les régimes de retraite sont également infiniment meilleurs dans la fonction publique.« Et souvent, les gens utilisent la fonction publique comme tremplin pour une plus grosse job ailleurs », fait valoir M.Geoffrion.Bref, le vrai comparatif de la haute fonction publique, ce ne sont pas les chefs d\u2019entreprise, mais les politiciens, dit Michel Tremblay.« Les boss du président d\u2019Hydro- Québec, André Caillé, c\u2019est qui ?C\u2019est le ministre des Ressources naturelles et le premier ministre, qui sont payés trois fois moins que lui.Le barème de la fonction publique, c\u2019est celui du politique, pas du secteur privé », fait-il valoir.Quant aux comparaisons avec l\u2019Ontario, elles ne tiennent pas non plus, selon lui, parce qu\u2019on parle d\u2019une province beaucoup plus riche que le Québec.« À ce comptelà, il va falloir regarder non seulement les grands gestionnaires, mais aussi les profs d\u2019université, les infirmières, les professeurs, qui sont tous plus payés en Ontario.On tombe dans une logique différente : la capacité de payer de l\u2019État.» Les propos de MM.Geoffrion et Tremblay font dresser les cheveux sur la tête d\u2019André Dicaire, qui a fait toute sa carrière, outre un passage de six ans chez CGI, dans la haute fonction publique québécoise.« C\u2019est une forme de concurrence de se faire interpeller tous les jours à l\u2019Assemblée nationale sur nos résultats.De passer sous la loupe des commissions parlementaires, du Vérificateur général, du Protecteur du citoyen », plaide-t-il.Il faut évidemment ajouter à cela les considérations politiques, qui viennent souvent compliquer le travail des gestionnaires publics.« Ceux qui réussissent à jongler avec toutes ces balles méritent toute notre admiration », dit Claude Séguin.Et surtout, surtout, les gestionnaires publics doivent savoir manier les symboles avec des pincettes : Gaétan Frigon l\u2019a appris à ses dépens.« J\u2019aurais eu 100 millions de revenus en moins pour le gouvernement et j\u2019aurais conduit une Chevrolet, personne ne s\u2019en serait formalisé », dit-il.Pour Michel Tremblay, même si Gaétan Frigon mériterait peut-être un meilleur salaire, la Jaguar demeure une erreur.« M.Frigon a mal évalué la symbolique de la Jaguar : le pouvoir, la richesse, l\u2019insouciance.Et au bout du compte, celui qui paie, c\u2019est le peuple ». 6LP0401B0512 b04 samedi 12 mai 6LP0401B0512 ZALLCALL 67 01:02:40 05/12/01 B B 4 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 Photo ROBERT SKINNER, La Presse Pour le chef conservateur Joe Clark, le gouvernement de Jean Chrétien cherche à donner l\u2019impression d\u2019être actif.«Un gouvernement sans plate-forme» Joe Clark croit à l\u2019éclosion d\u2019une nouvelle force politique Le chef du Parti progressiste-conservateur, Joe Clark, a estimé hier dans une entrevue à La Presse que la façon de gouverner de Jean Chrétien et le bruit entourant le « Shawinigate » ont donné à la politique canadienne une tournure qui favorise l\u2019éclosion d\u2019une nouvelle force politique au pays.« Il y a une implication importante qui ressort de l\u2019affaire Shawinigate, explique-til.Le gouvernement a été forcé depuis les élections, en raison de cette affaire, de trouver une façon de faire diversion.Comme tout le monde le sait, c\u2019est un gouvernement sans plate-forme.Malheureusement, il n\u2019était pas nécessaire pour eux d\u2019avoir un programme pour gagner les élections.Ils ont gagné par défaut.Ils n\u2019ont proposé aucun changement par la suite.Ils ont gardé les mêmes ministres, la même direction.C\u2019était le statu quo.» Pour détourner les projecteurs du Shawinigate, affirme M.Clark, les libéraux se sont mis à lancer à la sauvette de nouveaux programmes, dont la commission sur la santé dirigée par Roy Romanow et mise sur pied sans aucune consultation avec les provinces.Ils se sont mis à se préoccuper d\u2019énergie et à parler de développement des ressources pétrolières du Grand Nord, « sans aucune politique nationale qui assurerait que nos industries pétrochimiques et les autres industries connexes se développent ici même au Canada » plutôt qu\u2019aux États-Unis.Ils ont annoncé un projet sur le clônage humain sans projet de loi (« et cela après huit ans de pouvoir des libéraux ») ; un projet qui se résume à une série de recommandations.Et, ajoute M.Clark, ils n\u2019ont pas de politique claire sur le bouclier antimissile américain.M.Clark, qui avoue regretter maintenant ne pas s\u2019être fait élire bien avant le 27 novembre dernier aux Communes et qui s\u2019avoue surpris de l\u2019impact qu\u2019il a eu dans l\u2019auguste enceinte, se dit fort préoccupé par toute cette question énergétique.Il estime que M.Chrétien a raison de favoriser la construction d\u2019oléoducs dans le Grand Nord étant donné que l\u2019opposition contre ce genre de projets, surtout du côté des environnementalistes, a pratiquement disparu.« Mais, dit-il, les libéraux sont prêts à développer les ressources de notre Grand Nord et à les envoyer directement à San Diego.Ils sont prêts à faire cela sans s\u2019assurer que cette exploitation favorisera l\u2019essor de l\u2019industrie de la pétrochimie chez nous.Même chose pour les sables bitumineux, ajoute-t-il.Si vous parlez avec les dirigeants des compagnies impliquées dans ces projets, ils ont tous de fortes préoccupations environnementalistes.Pas le gouvernement Chrétien.Le gouvernement Chrétien s\u2019est engagé dans ces projets avec le gouvernement américain sans mesurer les impacts pour le Canada.» Un « survivor » « C\u2019est un gouvernement qui cherche à donner l\u2019impression d\u2019être actif, conclut Joe Clark.M.Chrétien aime bien se vanter d\u2019être un survivor.Le problème, c\u2019est qu\u2019il a survécu sans rien faire et ce style de gouvernement lui a permis de remporter trois élections.» Le chef conservateur, qui s\u2019est fait le principal assaillant de Jean Chrétien aux Communes à propos du Shawinigate, ne croit pas que l\u2019affaire soit banale et mérite d\u2019être abandonnée.« On doit continuer, dit-il.Beaucoup de questions importantes restent sans réponse.» Le chef du PC donne en exemples le flou qui entoure les activités de la Banque de développement du Canada dans cette affaire, le traitement et le rôle de l\u2019ancien conseiller de M.Chrétien, Jean Carle, qui travaille maintenant à la BDC, et les actions publiques contre l\u2019ancien directeur de cette banque, François Beaudoin.« Nous avons connu du succès, affirme Joe Clark, dans nos demandes d\u2019éclaircissement.Les gens soupçonnent maintenant qu\u2019il y a quelque chose qui ne marche pas dans cette affaire.Et puis, pour moi, c\u2019est une question de devoir.C\u2019est mon rôle comme chef d\u2019un parti d\u2019opposition que de m\u2019assurer que le gouvernement rende des comptes, même s\u2019il s\u2019agit parfois de questions de détails.C\u2019est souvent dans les détails que se cache la vérité.Enfin, la férocité avec laquelle le gouvernement a essayé de fermer le dossier démontre qu\u2019il y a anguille sous roche.» Malgré sa guerre contre le gouvernement libéral, le chef du Parti progressiste-conservateur affirme ne pas vouloir personnellement succéder à Jean Chrétien et redevenir un jour premier ministre du Canada.Il envisage toujours de mettre un terme à sa carrière politique avant les prochaines élections fédérales.« Je ne veux pas avoir la direction du Parti conservateur si cela est pour nous faire perdre la prochaine élection », tranche-t-il.Mais il reconnaît, si on insiste un peu, que les choses changent vite en politique.« S\u2019il s\u2019avère que je suis le candidat le plus capable de gagner les élections, précise-t-il, il faudra que j\u2019aie une sérieuse conversation avec ma femme, Maureen McTeer, et ma fille, Catherine.» Au moins, «Stock» a le sens de l\u2019humour G I L L E S TOUPIN OTTAWA \u2014 Stockwell Day n\u2019a pas tous les défauts, n\u2019en déplaise à Art Hanger et Gary Lunn, les députés alliancistes expulsés du caucus pour avoir contesté le chef.Il a au moins, ce qui n\u2019est pas rien, la capacité de rire de ses malheurs.Il a réussi, samedi soir dernier, à faire une belle ratatouille de toutes les tomates pourries qui lui ont été lancées au cours des dernières semaines.C\u2019était lors du traditionnel dîner annuel de la Tribune de la presse parlementaire où chacun, journalistes et élus, sort les drapeaux blancs le temps d\u2019une soirée et se paie une bonne pinte de rire.à ses propres dépens.« C\u2019est ma première apparition publique, a dit le contesté chef de l\u2019Alliance canadienne, depuis que je me suis joint au programme de protection des témoins.» « Stock », comme disent ses collègues, a pour ainsi dire été la cible préférée de tous, Jean Chrétien compris, et il s\u2019est tenu courageusement debout.Il a non seulement encaissé, mais encore il en a rajouté.Il a notamment découvert, a-t-il confié aux 500 personnes de l\u2019assistance, que ce n\u2019était pas une bonne idée de donner des conférences de presse en habit de plongée et, qui plus est, que ce n\u2019était pas une bonne idée de donner des conférences de presse tout court.« Les médias veulent savoir ce qui se passe au sein du caucus de l\u2019Alliance, a-t-il lancé.Moi aussi ! » Le chef de l\u2019Alliance a aussi révélé qu\u2019il avait enfin compris ce que signifiait un virage stratégique.« À chaque fois que je me vire de bord, a-t-il dit, quelqu\u2019un d\u2019autre vient de me quitter.» Puis, Stockwell Day n\u2019a pas hésité à tirer au clair une fois pour toute l\u2019un des incidents qui lui a causé le plus de torts lors de la dernière campagne électorale.Souvenez-vous.Après qu\u2019un professeur de religion eut révélé que M.Day avait expliqué dans une église qu\u2019il croyait que les dinosaures peuplaient la terre, il y a 6000 ans, en compagnie de l\u2019homme, un meneur de claque libéral avait affirmé sur les ondes de la CBC qu\u2019il était temps que le chef de l\u2019Alliance réalise que les Flinstones n\u2019étaient pas un documentaire.M.Day a informé la Tribune de la presse parlementaire samedi qu\u2019il savait parfaitement bien que les Flinstones n\u2019étaient pas un documentaire.« L\u2019animal de la famille, a-t-il expliqué, le brontosaure Dino, n\u2019a pas pu être domestiqué.Impossible.Les brontosaures étaient beaucoup trop gros et trop sauvages pour cela.» Stock sait encaisser, ça c\u2019est sûr.Le premier ministre Jean Chrétien venait de se foutre de sa gueule à propos du détective privé contacté récemment par l\u2019Alliance pour enquêter sur les libéraux.M.Chrétien a parlé dans un soulier comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un téléphone d\u2019espion.Joe Clark, le chef conservateur, s\u2019est présenté à la tribune déguisé en espion, avec imperméable et lunettes fumées.Le premier ministre, faisant allusion à sa longévité en tant que chef libéral, venait tout juste de danser sur la scène en chantant I\u2019m Still Standing d\u2019Elton John.M.Chrétien semblait fort heureux que les projecteurs médiatiques aient été détournés de l\u2019affaire du golf de Grand-Mère du côté des malheurs de Stock.L\u2019homme invisible Le chef de l\u2019Alliance n\u2019a pas fui devant la charge à la baïonnette, contrairement au chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui brillait par son absence et à qui la Tribune de la presse a décerné un oscar pour la meilleure interprétation de L\u2019homme invisible.M.Duceppe avait été chahuté les deux années précédentes pour avoir failli à la règle de base de ces soirées : être capable de rire de soi.Stock, lui, qui n\u2019a pas une relation aisée avec la presse depuis que son leadership est contesté, est allé jusqu\u2019à supplier le bureau de direction de la tribune de ne pas attendre jusqu\u2019au mois d\u2019avril prochain pour tenir son prochain dîner annuel, avec à l\u2019esprit bien sûr le vote à la direction de l\u2019Alliance qui doit avoir lieu en avril 2001.« Cette semaine, c\u2019est la fin de la série Survivor, a lancé Jean Chrétien à l\u2019intention de son rival, et le début d\u2019une autre.» Et Alexa McDonough, le chef du NPD, offrait au chef de l\u2019Alliance un gilet de sauvetage que celuici s\u2019est empressé de revêtir devant la galerie amusée.La gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, qui était apparue au dernier dîner de la tribune en peignoir de ratine rose et pantoufles Mickey Mouse, était absente en raison d\u2019une visite d\u2019État en Argentine et au Chili.Elle a néanmoins envoyé une vidéocassette dans laquelle elle apparaissait vêtue d\u2019une robe de carnaval sud-américain en plumes et où elle téléphonait à Jean Chrétien pour lui offrir de transformer le terrain de cricket de Rideau Hall en neuf trous de golf.Le premier ministre se débat depuis des mois dans une affaire liée à un club de golf dans son comté.Mme Clarkson n\u2019a pas manqué, encore une fois, de se moquer de sa propre garde-robe en apparaissant à la fin de son film en femme de ménage, foulard lié sur la tête, passant elle-même l\u2019aspirateur dans son bureau de chef de l\u2019État.Bref, Stockwell Day, en révélant aux journalistes son côté bon joueur, a marqué quelques points.Mais comme le faisait remarquer un collègue, ces points ne lui seront pas d\u2019une grande utilité devant les membres de son caucus et devant les électeurs canadiens.Ça ne comptait pas, c\u2019était juste pour rire.Ô vie politique cruelle ! Photos PC Stockwell Day a été samedi dernier la vedette incontestée du dîner annuel de la Tribune de la presse.La chef du Nouveau Parti démocratique, Mme Alexa McDonough, lui a offert un gilet de sauvetage, pendant que Jean Chrétien, tel un espion, utilisait une chaussure comme téléphone portable. 6LP0501B0512 b05 samedi 12 mai 6LP0501B0512 ZALLCALL 67 01:09:04 05/12/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 P L U S B 5 L\u2019exécution de Timothy McVeigh reportée Le FBI a omis de remettre 3100 pages de documents aux avocats de la défense Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 L\u2019administration Bush a repoussé au 11 juin l\u2019exécution prévue mercredi de Timothy McVeigh, auteur de l\u2019attentat d\u2019Oklahoma City, à la suite de la découverte inattendue d\u2019un vice de procédure dû à une bévue du FBI.Cette décision en forme de coup de théâtre a été annoncée hier par le ministre de la Justice.« C\u2019est ma responsabilité en tant qu\u2019attorney général de promouvoir et de protéger l\u2019intégrité de notre système de justice », a-t-il expliqué en informant la presse de ce report.Les derniers préparatifs pour l\u2019exécution par injection de McVeigh, dans la prison de Terre Haute en Indiana, ont été suspendus.McVeigh, 33 ans, responsable de la mort de 168 personnes dans l\u2019attentat le plus meurtrier perpétré sur le territoire américain, s\u2019est pendant ce temps entretenu hier dans sa cellule avec ses avocats.« Il est chagriné, dans une certaine mesure frustré.Mais il a de la ressource.Il est en mesure d\u2019analyser la situation.Il veut étudier toutes les options et prendre une décision », a relaté l\u2019un d\u2019eux, Rob Nigh, à l\u2019issue de son entretien avec le condamné.Le président George W.Bush s\u2019est quant à lui félicité de la décision de reporter l\u2019exécution, la qualifiant de « bonne ».Il en a profité pour louer « la bonne santé » du système judiciaire américain.« Il est très important pour notre pays que la peine de mort soit administrée de façon équitable », a poursuivi le chef de la Maison- Blanche en estimant que McVeigh avait « de la chance d\u2019être en Amérique », où, a-t-il précisé, ses droits sont respectés.« C\u2019est une énorme gifle pour ceux qui pensent que le système de la peine capitale fonctionne dans ce pays », a pour sa part affirmé William Schulz, directeur de la section américaine d\u2019Amnistie internationale.Les critiques se concentrent désormais sur le FBI, responsable de la maladresse qui a contraint M.Ashcroft à prendre sa décision.Jeudi soir, embarrassé, le département de la Justice avait admis que 3100 pages de documents relatifs à l\u2019enquête du FBI sur l\u2019attentat du 19 avril 1995 n\u2019avaient pas été remises aux avocats de McVeigh avant le procès.Une erreur de procédure d\u2019autant plus gênante qu\u2019il s\u2019agit de témoignages et données collectés quand les enquêteurs s\u2019intéressaient à l\u2019hypothèse d\u2019un complot anti-américain.Cette piste avait ensuite été abandonnée, les enquêteurs affirmant avoir établi que McVeigh s\u2019était rendu seul le 19 avril 1995 à Oklahoma City pour y faire exploser le camion piégé avec l\u2019aide d\u2019un complice, Terry Nichols.Nichols, condamné depuis à la prison à vie, a fait savoir hier par l\u2019intermédiaire de ses avocats qu\u2019il souhaitait faire appel de sa sentence devant les plus hautes instances juridiques américaines.M.Ashcroft n\u2019a pas mâché ses mots à l\u2019égard du FBI, dont la réputation est déjà entachée par une série d\u2019affaires, notamment d\u2019espionnage.« Si le FBI a fourni des volumes entiers de documents dans cette affaire, il apparaît maintenant clairement que le FBI n\u2019a pas pleinement respecté ses obligations », a-t-il déclaré.Il a annoncé l\u2019ouverture d\u2019une enquête afin de déterminer pourquoi les documents, qui étaient disséminés dans 45 des 56 antennes du FBI, n\u2019avaient pas été présentés à la défense de McVeigh.M.Bush a récemment accepté la démission pour « raisons personnelles » du directeur du FBI, Louis Freeh.McVeigh avait renoncé à toutes les procédures lui permettant de faire appel de sa condamnation à mort et s\u2019était dit prêt à mourir mercredi par injection.Photos AP et Reuters L\u2019attorney général John Ashcroft a annoncé hier que l\u2019exécution de Timothy McVeigh (photo de gauche) était reportée jusqu\u2019au 11 juin, pour permettre aux avocats du condamné de prendre connaissance de documents que leur avait cachés le FBI.Pendant ce temps, des manifestants (photo de droite) continuent de réclamer l\u2019abolition de la peine de mort et à Oklahoma City, une statue du Christ garde l\u2019entrée du mémorial aux victimes de l\u2019attentat.Que sont les milices devenues?La fin d\u2019une certaine paranoïa Aux États-Unis, Timothy McVeigh est l\u2019incarnation extrême d\u2019une paranoïa antigouvernementale qui a pris forme autour d\u2019un discours de George Bush père en 1990, celui où le 41e président célébrait l\u2019avènement d\u2019un «nouvel ordre mondial» après la défaite du communisme.Le 11 juin prochain, McVeigh devrait être exécuté dans la prison fédérale de Terre Haute, en Indiana.Que restera-t-il de la paranoïa qui l\u2019a poussé à tuer 168 personnes, dont 19 enfants, dans un attentat terroriste?Que susbistera-t-il de l\u2019extrême droite?Au temps de George Bush fils, la réponse ne manque peut-être pas d\u2019ironie.Mais d\u2019abord, un retour.En 1990, derrière la fameuse expression du président Bush père, l\u2019extrême droite américaine voit se profiler une conspiration, un complot.Aux yeux de ses adhérents, Bush père et ses complices s\u2019apprêtent à sacrifier la souveraineté américaine au nom de ce «nouvel ordre mondial».Si les «patriotes» ne se lèvent pas, ils perdront leur pays au profit des organisations internationales, de Wall Street, des bureaucrates, des politiciens corrompus.Ils s\u2019insurgent contre la mondialisation, bien avant Seattle et Québec.Partout dans l\u2019Ouest et le Midwest, les milices paramilitaires naissent.Les «patriotes» s\u2019arment, s\u2019entraînent, fréquentent les «gunshows ».Ils ont leurs porte-parole, qui accusent le gouvernement de menacer leurs libertés, surtout celle de s\u2019armer.Louis Beam, un ex-membre du Ku Klux Klan, appelle ses semblables à une «résistance sans leader», comme celle décrite dans la bible de l\u2019extrême droite, The Turner Dairies, dans laquelle les héros finissent par faire sauter le quartier général du FBI.James Bo Gritz, héros de la guerre du Vietnam et propagandiste des milices, multiplie les entrevues habillé en para, devenant une sorte de star médiatique.Au fils des ans, les griefs s\u2019accumulent.En 1992, Randy Weaver se rend aux U.S.Marshalls après un siège de 11 jours ponctué de coups de feu.Armé jusqu\u2019aux dents, il vivait avec sa famille dans une cabine, à Ruby Ridge, en Idaho.Dans l\u2019affrontement avec les agents fédéraux, sa femme et son fils perdirent la vie.En 1993, les «patriotes» promettent de venger Weaver et les 80 martyrs de la secte des davidiens, à Waco, au Texas, tués à la suite d\u2019un assaut de la police fédérale.La fin d\u2019un chapitre?Deux ans plus tard, à Oklahoma City, Timothy McVeigh passe à l\u2019action.Dans une lettre à un ami, le 3 mai dernier, il a écrit: «L\u2019explosion était une mesure de représailles, une réplique aux nombreux raids exécutés par les agents fédéraux au cours des années précédentes, à Waco et ailleurs.» L\u2019acte terroriste du 19 avril 1995 aura forcé les Américains à ouvrir les yeux sur le phénomène des milices, sur l\u2019extrême droite.McVeigh ne faisait pas partie d\u2019un groupe paramilitaire, mais il partageait l\u2019idéologie du mouvement.De plus, son complice, Terry Nichols, était membre de la Michigan Militia.Ex-militaire, Nichols a fait la connaissance de McVeigh pendant la guerre du Golfe.En 1992, il a renoncé à sa citoyenneté américaine, se disant trahi par son gouvernement.Il a écopé d\u2019une peine de prison à vie pour son rôle dans l\u2019attentat.Les organisations paramilitaires ont continué à attirer l\u2019attention après Oklahoma City.En novembre 1995, un groupe extrémiste du Montana, les Freemen, se retranchaient sur une ferme et tenaient tête aux policiers fédéraux pendant 81 jours avant de se rendre sans violence.Éleveurs en faillite, cowboys sans argent, ils affirmaient que leurs droits de citoyens «souverains» les plaçaient au-dessus des lois et des juges.En 1996, le nombre des milices s\u2019élevait à 858, un sommet, selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui s\u2019intéresse à la question depuis plusieurs années.Dans son dernier rapport, rendu public mardi dernier, l\u2019organisation ne répertoriait plus que 194 groupes actifs parmi le mouvement des «patriotes ».Les milices les plus redoutables, celles du Montana, de l\u2019Arizona, du Michigan, de la Géorgie et de l\u2019Alabama sont décimées ou décapitées.Plusieurs leaders sont en prison.«L\u2019exécution de Timothy McVeigh pourrait servir de point final au phénomène des milices», a écrit le SPLC dans son rapport.Et d\u2019ajouter: «Les membres des milices sont retournés à la maison, désillusionnés et fatigués d\u2019attendre une révolution qui ne semble jamais venir.» Mais le SPLC ne pavoise pas.Selon ses recherches, le nombre des groupes racistes et antisémistes continue à augmenter aux États- Unis.De Bush I à Bush II Norman Olson, fondateur de la milice du Michigan, suggère une autre explication au déclin des milices.Selon lui, il faut y voir une conséquence de l\u2019élection du président George W.Bush, un conservateur du Texas qui a toujours défendu le droit des citoyens de s\u2019armer.«Dans l\u2019ensemble du pays, les patriotes sont satisfaits de la façon dont les choses se passent», a déclaré Olson dans une entrevue au New York Times.Ainsi, en 1990, le père aura fait peur aux tenants de l\u2019extrême droite.Aujourd\u2019hui, le fils les rassurerait.Il y a là matière à réflexion.La pure horreur d\u2019Oklahoma City a également fait perdre des membres aux milices d\u2019extrême droite.En 1995, aucun leader du mouvement n\u2019a défendu l\u2019acte de McVeigh.Et aucun «patriote» ne se porte aujourd\u2019hui à la défense du condamné à mort.«McVeigh n\u2019est qu\u2019un malade mental qui a commis son petit truc de fou pour se rendre célèbre», a dit Tom Wayne, l\u2019actuel directeur d\u2019une milice au Michigan.«S\u2019ils ont besoin de volontaires pour un peloton d\u2019exécution, nous sommes prêts.» Pour l\u2019heure, Gore Vidal, petit-fils d\u2019un sénateur de l\u2019Oklahoma et auteur de plusieurs romans historiques, est la seule personnalité publique à avoir montré de la sympathie pour le tueur.Âgé de 75 ans, l\u2019écrivain a entretenu une relation épistolaire avec McVeigh.Il aurait dû assister mercredi prochain à l\u2019exécution dans la prison de Terre Haute parmi un groupe de cinq personnes choisies par le condamné.Il comptait tirer de l\u2019expérience un article pour le magazine Vanity Fair.Vidal n\u2019approuve pas l\u2019attentat d\u2019Oklahoma City.Mais, comme McVeigh, il dit s\u2019opposer à «la tyrannie du gouvernement américain contre son peuple».En parlant de Waco, il a dit au quotidien The Oklahoman: «Le gars a raison.Tu n\u2019envoie pas le FBI pour tuer des femmes et des enfants.» Et d\u2019ajouter: «Nous avons échangé plusieurs lettres.Il est très intelligent.Il n\u2019est pas fou.» Le psychiatre de McVeigh, John Smith, a déjà posé le même diagnostic.McVeigh n\u2019est pas fou, a-t-il dit, il est profondément déprimé, et ce, depuis son enfance.Le divorce de ses parents ne l\u2019a pas aidé.«Il était en colère contre sa famille, a dit le psy.Pour échapper à la réalité, il s\u2019est mis à fantasmer, à s\u2019imaginer en héros luttant contre les méchants.À la fin, le méchant est devenu le gouvernement fédéral.» 6LP0601B0512 b67 sam 6LP0601B0512 ZALLCALL 67 13:10:58 05/14/01 B L A P R E S S E | M O N T R É A L | SA M E D I 1 2 M A I 2 0 0 1 | Q Le parc du Mont-Royal fête ses 125 ans en bonne santé Le parc du Mont-Royal, le site du patrimoine et les points chauds GUY PINARD Contre vents et marées, contre les promoteurs plus ou moins bien intentionnés qui s\u2019attaquent régulièrement à son intégrité, le parc du Mont-Royal célébrera le 24 mai le 125e anniversaire de son inauguration officielle en 1876.Et les célébrations seront d\u2019autant plus importantes que le centième anniversaire, en mai 1976, passa inaperçu, les yeux des Montréalais étant tournés vers le Stade olympique, toujours en chantier à moins de deux mois des Jeux.Pendant les mois d\u2019été, le parc sera donc au coeur de nombreux événements organisés par le Centre de la montagne et les Amis de la montagne, deux organismes voués à sa préservation.Chaque semaine d\u2019ici le 8 juillet, La Presse vous présentera le mont Royal sous toutes ses coutures.Aujourd\u2019hui, dans un premier volet, vous découvrirez notamment comment l\u2019expropriation en 1874 des 16 propriétaires des terrains requis pour créer le parc du Mont-Royal a coûté la somme faramineuse d\u2019un million de dollars, l\u2019équivalent de 290 millions de nos huards actuels! A.Grand Séminaire B.Hôpital général C.Hôpital des Shriners D.Hôpital Royal Victoria E.Hôtel-Dieu F.Sommet Outremont - 211 m G.Sommet Westmount - 201 m H.Sommet mont Royal - 233 m 4 6 8 10 13 CIMETIÈRE DE NOTRE-DAMEDES- NEIGES CIMETIÈRE DU MONT-ROYAL PARC RUTHERFORD PARC SUMMIT PARC JEANNEMANCE PARC DU MONT-ROYAL SOMMET OUTREMONT 211 M SOMMET WESTMONT 201 M SOMMET MONT ROYAL 233 M LAC AUX CASTORS F H G 100 m 0 200 m 300 m 400 m 500 m RUE SHERBROOKE OUEST AVENUE LACOMBE RUE PRINCE-ARTHUR BOULEVARD SAINT-LAURENT RUE SAINT-URBAIN RUE UNIVERSITY RUE PEEL OUTREMONT MONTRÉAL WESTMOUNT CHEMIN DE LA CÔTE-SAINTE-CATHERINE OUTREMONT MONTRÉAL WESTMOUNT MONTRÉAL BOULEVARD DÉCARIE MONTRÉAL OUTREMONT MONTRÉAL OUTREMONT MONTRÉAL THE BOULEVARD CHEMIN DE LA CÔTE-DES-NEIGES AVENUE DOCTEUR-PENFIELD RUE GUY A B C D E 1 2 3 4 7 6 5 13 9 8 10 12 11 14 CHEMIN DE LA CÔTE SAINT-ANTOINE Petit à petit, le développement du centre-ville de Montréal détruit la perspective du mont Royal.G U Y P I N A R D CETTE CARTE contient des informations de deux ordres.Les premières concernent le territoire.D\u2019abord, elle définit les limites du parc du Mont-Royal (d\u2019une superficie de 200,33 hectares, ou 511 acres) telles qu\u2019inscrites dans la charte de la Ville de Montréal lors de sa refonte en 1960.Ensuite, elle indique le périmètre du site du patrimoine du Mont-Royal tel que reconnu par la Ville de Montréal lors de son adoption le 15 décembre 1987.L\u2019ajout dans le site du patrimoine du cimetière Notre- Dame-des-Neiges représente la plus importante différence entre les deux.Enfin, elle montre le périmètre agrandi du site du patrimoine, tel que souhaité par le Centre de la montagne et les Amis de la montagne, alors que la nouvelle Ville de Montréal, si elle a la détermination politique de le faire, pourra intégrer les territoires qui font partie des villes d\u2019Outremont et de Westmount.Il est ironique de constater que deux des trois sommets du mont Royal se trouvent à l\u2019extérieur des deux entités.Les deuxièmes informations concernent les points chauds, c\u2019est-à-dire les projets qui, situés à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur du périmètre actuel du site du patrimoine, visent l\u2019intégrité du mont Royal.Les voici.1.Projet Canderel Le promoteur Canderel souhaite construire un édifice à logements entre les immeubles à logements Gleneagles et Trafalgar, à la place des maisons Thompson et Sparrow, en bordure du chemin de la Côtedes- Neiges.La Ville de Montréal a donné son aval.Les Amis de la montagne ont recueilli pas moins de 10 000 signatures demandant la suspension du projet, décrétée par le ministère de la Culture.Mais pour combien de temps?2.Ferme sous les noyers Après avoir coupé des dizaines d\u2019arbres, le promoteur René Lépine est allé de l\u2019avant avec son projet dans la côte de la rue Atwater.3.Appartements Royal Penfield Avec la bénédiction de la Ville de Montréal comme dans le cas précédent, un immeuble à logements remplacera l\u2019église de la First Church of Christ Scientist à l\u2019intersection du chemin de la Côte-des-Neiges et de l\u2019avenue Docteur-Penfield.4.Rénovations du stade Percival-Molson Un projet mineur, limité à l\u2019élévation des estrades du côté sud à la même hauteur que celles du côté nord, afin d\u2019ajouter des loges de prestige.En revanche, on craint que l\u2019amélioration de l\u2019éclairage en dérange quelquesuns.5.Surélévation d\u2019un des édifices de l\u2019Hôtel-Dieu Malgré la possibilité d\u2019un déménagement au cours de la prochaine décennie à cause de la construction du futur Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM), l\u2019Hôtel-Dieu souhaiterait hausser de deux étages un de ses édifices de la rue Saint-Urbain.6.Échangeur des Pins/du Parc Le maire Pierre Bourque a promis devant des résidants du voisinage de démolir cet échangeur disgracieux.Il est toujours là.7.Résidences McGill Les autorités de l\u2019Université McGill auraient songé un moment à construire des résidences pour étudiants à proximité de l\u2019avenue du Parc, mais le projet aurait été abandonné.La vigilance s\u2019impose quand même.8.Agrandissement du stade de l\u2019Université de Montréal Pour profiter d\u2019une subvention de 1,6 million de dollars du gouvernement provincial, l\u2019Université construira des gradins du côté sud, dans une zone protégée du parc du Mont-Royal.9.Centre de recherche aérospatiale Le gouvernement fédéral songerait à construire ce centre derrière l\u2019École polytechnique, mais il prendrait la place d\u2019un terrain de stationnement.10.Oratoire Saint-Joseph L\u2019administration de l\u2019Oratoire a lancé une importante campagne de souscription.Ses projets d\u2019avenir restent à définir.11.Appartements du Parc Westmount Il s\u2019agit d\u2019appartements construits en bordure du chemin de la Côtedes- Neiges, à proximité de l\u2019entrée du parc par le chemin Remembrance, heureusement de la même hauteur que le Centre funéraire sis de l\u2019autre côté du chemin.12.Projet Villa-Maria On ignore ce que réserve l\u2019avenir dans ce projet qui sème l\u2019inquiétude dans le secteur.13.Projet de quatre crématoriums dans le cimetière Notre-Dame-des- Neiges Les autorités du cimetière souhaitent ajouter ces crématoriums, après un moratoire d\u2019une quinzaine d\u2019années sur les nouvelles constructions dans le cimetière.14.Projet Monit Ce projet de la rue Guy, au sud de la rue Sherbrooke, n\u2019augure rien de bon pour les organismes voués à la défense du mont Royal, surtout à cause de sa hauteur de 30 étages qui détruira une autre perspective du mont Royal.D\u2019autres cas difficiles peuvent survenir au cours des prochaines années.On sait par exemple que les prêtres de Saint-Sulpice se départiront de certains terrains voisins du Grand Séminaire, rue Sherbrooke.Parions que les environnementalistes et les Amis de la montagne auront fort à faire face aux promoteurs éventuels.Par ailleurs, la construction des nouveaux centres hospitaliers de l\u2019Université McGill et de l\u2019Université de Montréal signifiera l\u2019abandon de plusieurs établissements hospitaliers situés dans les limites du site du patrimoine du Mont-Royal, plus précisément l\u2019hôpital Royal Victoria, l\u2019hôpital des Schriners, l\u2019Hôpital général de Montréal et l\u2019Hôtel- Dieu.Le recyclage de tous ces édifices soulève de nombreuses inquiétudes.B6 | PLUS PLUS | B7 Limite du parc du Mont-Royal Site du patrimoine actuel Site du patrimoine souhaité uand une chose est trop évidente, on a tendance à la considérer comme allant de soi.Le mont Royal en est un bel exemple.Planté au beau milieu de l\u2019île de Montréal, il est quasi impossible de le rater, et pourtant, de nombreux Montréalais n\u2019y ont jamais mis les pieds.Les célébrations du 125e anniversaire représenteront donc une bonne façon d\u2019y remédier.Beaucoup de gens confondent le parc avec la montagne elle-même.Or, le parc de 200,33 hectares couvre à peine 14% du territoire naturel de la montagne de 10 km2.Autre source de confusion, la création du site patrimonial du Mont-Royal sous l\u2019administration Doré: le site couvre une plus grande superficie (le règlement 7593 promulgué le 15 décembre 1987 n\u2019en établit pas la superficie) que le parc, mais elle reste bien en deçà des 10 km2.Comment expliquer la présence de cette montagne perdue au milieu de la plaine, entre les Laurentides et les Appalaches?Avec l\u2019aide de Michel Famelart, professeur en biologie à l\u2019Université de Montréal, nous allons assister à sa «naissance».Il y a environ 125 millions d\u2019années, pendant le mésozoïque, de la roche en fusion s\u2019est attaquée à la croûte terrestre sans pouvoir la percer (d\u2019où la rumeur persistante voulant que le mont Royal soit un volcan éteint).Le même phénomène s\u2019est produit en maints endroits entre les deux chaînes de montagnes pour former les monts Oka, Saint-Bruno, Saint- Hilaire, Rougemont, Yamaska, Shefford et Brome, nommées plus tard Montérégiennes en l\u2019honneur du mont Royal.Puis survint la période des glaciations.Le territoire situé entre les Laurentides et les Appalaches était recouvert d\u2019un immense glacier de deux kilomètres d\u2019épaisseur (eh oui!) «C\u2019était comme une immense banquise», dit M.Famelart, qui recouvrait totalement le sommet de notre vénérable montagne.À la fin des glaciations, il y a environ 12 000 ans, cette banquise a fondu pour former une mer immense coincée entre les Laurentides et les Appalaches, connue aujourd\u2019hui sous le nom de mer de Champlain.En fondant, la banquise entraîna un déplacement de débris qui ont érodé le sommet du mont Royal et des autres montagnes situées en terrain précambrien comme lui.Au soussol de la maison Smith, sur le mont Royal, on peut observer un immense bloc de gabbro (une sorte de lave cristallisée), poli par l\u2019érosion, avec de nombreuses stries qui témoignent du frottement des débris.À voir sans faute! Avec le retrait graduel de l\u2019eau de la mer de Champlain, le mont Royal est devenu une île, puis une montagne au milieu de l\u2019île de Montréal dans l\u2019archipel d\u2019Hochelaga.Sa «découverte» Le nom de «mont Royal» apparaît pour la première fois dans Voyage en Nouvelle-France, un récit écrit par Jacques Cartier en 1535 lors de sa visite à Hochelaga, un village iroquois situé au pied de la montagne: «Au parmi de ces campagnes, est située et assise la dite ville de Hochelaga, près et joignant une montagne qui est, sur tout son pourtour, labourée et fort fertile.(.) Une montagne.du dessus de laquelle on voit fort loin.Nous nommâmes cette montagne le mont Royal.» La ville doit son nom au mont Royal, en partie grâce au géographe italien Giovanni Battista Ramusio qui, dans un document daté de 1655, plaçait le Monte Real («mont Royal» en italien) près de Hochelaga.Par contraction et traduction, Monte Real est devenu Montréal, nom que porte l\u2019ancienne Ville-Marie depuis 1763.La création du parc La création du parc du Mont- Royal par l\u2019administration municipale date de 1872.Une coupe à blanc réalisée pour faire du bois de chauffage durant l\u2019hiver de 1860 par un propriétaire foncier du nom de J.Lamothe (sa terre se trouvait dans l\u2019axe de l\u2019actuelle rue Peel) servit d\u2019élément déclencheur.En 1873 et 1874, la ville expropria 16 propriétaires des terrains requis pour le futur parc.Parmi eux, de grands noms: le spéculateur foncier Hosea Bonen Smith; l\u2019homme d\u2019affaires John Redpath; P.E.Picault et J.Lamothe; le magnat maritime Hugh Allen (sauf pour la partie où se trouvait sa demeure, le «Ravenscrag»); l\u2019entrepreneur Hugh Taylor; le quincaillier John Frothingham; la succession Benjamin Hall; l\u2019homme d\u2019affaires Stanley Bagg et une partie des terres de l\u2019Hôtel-Dieu.En 1869, le gouvernement provincial avait autorisé un montant de 350 000$ pour ces expropriations qui coûteront finalement un million de dollars, une fortune pour l\u2019époque, et l\u2019équivalent de 290 millions de nos huards actuels.Confiés à l\u2019architecte paysager Frederick Law Olmsted, les travaux débutèrent en 1875, et, lors de l\u2019inauguration officielle, seul le chemin d\u2019accès au sommet avait été construit.Le milieu sylvestre La montagne, c\u2019est aussi un milieu sylvestre.Et comme l\u2019explique Michel Famelart, la forêt climacique(1) du mont Royal est la même qu\u2019on trouve dans l\u2019ensemble des forêts situées à l\u2019intérieur d\u2019un triangle irrégulier formé par les vallées de l\u2019Outaouais et du Saint-Laurent jusqu\u2019à Sorel, en passant par Joliette.Sur le mont Royal domine donc l\u2019érablière à caryer, incorporant plus particulièrement différentes espèces d\u2019érables (à sucre, argenté, rouge, de Pennsylvanie), le noyer, le charme, l\u2019ostryer, le frêne et le caryer.Les chênes rouges occupent le sommet de la montagne, tandis que le bouleau (il en reste de moins en moins) peuple l\u2019escarpement.On dénombre 18 essences différentes.Selon M.Famelart, les «coupes de moralité» de 1954 (l\u2019administration municipale voulait prévenir les «sauteries» dans les sous-bois) ont causé un tort immense au secteur boisé du mont Royal, évident dès le printemps suivant, alors que l\u2019érosion endommagea des centaines d\u2019arbres.Il fallut donc reboiser rapidement, et pour ce faire, on utilisa des résineux parce qu\u2019ils étaient disponibles en grand nombre, faciles à planter et s\u2019enracinaient rapidement.Mais ce faisant, on a dénaturé la forêt climacique.L\u2019ingénieur forestier Denis Marcil connaît la forêt du mont Royal sur le bout de ses doigts.Pendant huit ans jusqu\u2019en 1999, il a supervisé la plantation de 12 000 arbres et de 234 000 arbustes, d\u2019abord dans le cadre d\u2019une renaturalisation de la montagne, ensuite pour réparer les dégâts causés par le verglas de 1998 qui a entraîné l\u2019abattage de 5000 arbres, avec l\u2019espoir que les plus endommagés parmi les autres pourront survivre.Marcil explique cette prudence modérée dans l\u2019abattage par la volonté de ne pas affecter les plantes du sous-bois.Lorsqu\u2019on transplante des arbres, on essaie de respecter les essences existantes du milieu, dit M.Marcil.Sauf que dans le cas du caryer, on connaît très peu de succès puisque les écureuils déterrent les jeunes pousses pour manger la noix.Le dernier recensement officiel remonte à 1991, alors qu\u2019on avait dénombré 108 000 arbres de 7,5cm ou plus de diamètre.Selon un calcul non scientifique réalisé par M.Marcil et tenant compte de la croissance et de la mortalité naturelles, le nombre d\u2019arbres varierait actuellement entre 115 000 et 120 000.Parlons maintenant du sousbois.Le biologiste Michel Famelart a dénombré une quinzaine d\u2019espèces de fleurs printanières.Les plus belles à ses yeux sont la sanguinaire, le trille blanc, spectaculaire à cause de sa forme de lys, le trille jaune et l\u2019érythrone.Les fougères sont concentrées en milieu humide.Parmi les arbustes les plus répandus, M.Famelart mentionne le chèvrefeuille du Canada, les ronces, les framboisiers sauvages, les cerisiers sauvages, les viornes, etc.La faune Le mont Royal fait le bonheur des ornithologues qui y ont observé pas moins de 150 espèces, attirées par la nourriture naturelle et les mangeoires installées tout le long du chemin Olmsted.On y trouve les espèces plus communes comme la mésange, le geai bleu, le cardinal, le merle bleu, le colvert dans le marais, mais aussi des oiseaux plus rares comme la petite nyctale, le durbec des sapins, le troglodyte, le passerin indigo, et le petit duc maculé.Hélas, ajoute M.Famelart, la construction de la pente de ski de l\u2019Université de Montréal a détruit l\u2019habitat naturel d\u2019une colonie de faisans sans doute importés au début du XXe siècle pour le plaisir des membres du Montreal Hunt Club voisin.Quelques mots enfin sur la population des mammifères, moins importante que la gent ailée.À cause de la nourriture abondante, on remarque les bêtes habituellement présentes dans un milieu sylvestre: écureuil gris, tamia rayé, musaraigne, raton laveur, marmotte, moufette, etc.De nombreux témoignages attestent de la présence d\u2019au moins un renard roux.Ouvrez l\u2019oeil lors de votre prochaine visite; peut-être découvrirezvous sa tanière.Le dimanche 20 mai, le génie créateur de Frederick Law Olmsted.(1) On entend par forêt climacique une forêt qui, après plusieurs mutations d\u2019espèces au fil des ans, acquiert une stabilité permanente au plan des espèces.Photo PIERRE McCANN, La Presse Source de la carte: Les amis de la Montagne 6LP0801B0512 B8 SAMEDI 6LP0801B0512 ZALLCALL 67 00:56:16 05/12/01 B B 8 P L U S L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 Le Québec essuie les ambiguïtés du Mexique 2957567 B R I G I T T E MORISSETTE collaboration spéciale MEXICO \u2014 Les mots « autodétermination » et « autonomie » hantent depuis deux semaines de brûlants débats dans les médias mexicains de plus en plus mordants à l\u2019égard du pouvoir.Le Québec \u2014 que le président Fox compare au petit État de Guanajuato \u2014 n\u2019y est pour rien.Mais les craintes de projets « séparatistes » ayant incité le congrès à édulcorer le nouveau statut des indigènes illustrent la circonspection qui inspire toujours l\u2019élite mexicaine en matière constitutionnelle comme en politique étrangère.Cette difficulté des autorités mexicaines à consentir une parcelle d\u2019autonomie n\u2019augure rien de stimulant pour Bernard Landry, anxieux de voir le Québec figurer comme le 35e État de la Zone de libre- échange des Amériques.M.Vicente Fox prêche pour un fédéralisme décentralisé, mais sa réponse à la question d\u2019un journaliste canadien, à Montréal le mois dernier, n\u2019indique guère de changement dans les relations Canada-Mexique- Québec.\u2014 Quelle place accorde le président du Mexique au Québec, dans une future Zone de libre-échange des Amériques ?demande le journaliste.\u2014 Ni plus ni moins que celle de Guanajuato, de répondre le président Fox avec son large sourire à la Clark Gable.« C\u2019est une comparaison malheureuse », réplique au téléphone M.Agustin Gutierrez Canet, un intellectuel à la tête du Département d\u2019études internationales à l\u2019influente Université ibéro-américaine.On peut y déceler une incompréhension de la personnalité particulière du Québec, de sa propre autonomie aussi bien sur le plan politique que culturel et économique.» \u2014 Allez-vous inviter le premier ministre Landry ?avait-on demandé au président Fox quelques jours avant son départ pour Ottawa et Québec, fin avril.\u2014 S\u2019il veut venir à Mexico, il sera le bienvenu.Une relation ouverte ne doit offenser personne.Comme gouvernement fédéral, notre relation s\u2019exerce avec le premier ministre du Canada.Mais ici à Los Pinos (la résidence présidentielle), je reçois des gouverneurs, des maires, des citoyens canadiens à bras ouverts.Tout le monde peut venir.Le Mexique veut intensifier ses relations avec le Canada, mais aussi entre les États et les provinces, entre l\u2019Alberta et l\u2019État de Nuevo Leon, entre le Québec et Guanajuato, entre Montréal et Guadalajara.L\u2019important, c\u2019est de renforcer les contacts à tous les niveaux.Cette réponse n\u2019est pas exempte d\u2019ambiguïté.Elle ne corrige pas le malaise provoqué à Québec lorsque le cabinet du président Fox a retiré \u2014 sur pression de l\u2019ambassade du Canada \u2014 son invitation au premier ministre Bouchard pour assister, aux côtés de gouverneurs américains, à l\u2019intronisation du président mexicain au Congrès.La comparaison du Québec \u2014 dont le PIB représente près du tiers de celui de tout le Mexique \u2014 au petit État de Guanajuato a de quoi laisser perplexe.Guanajuato ne pèse pas lourd dans la fédération mexicaine sévèrement centralisée.La moyenne de scolarité dans Guanajuato \u2014 5 millions d\u2019habitants \u2014 ne dépasse pas le primaire.La moitié de la population active gagne autour de 50 $ par semaine ou moins.Guanajuato est l\u2019un des États d\u2019où partent clandestinement le plus grand nombre de Mexicains en quête de travail aux États-Unis.Mais Guanajuato (la capitale), c\u2019est aussi la plus jolie ville des Amériques, patrimoine de l\u2019humanité.Et une université qui développe ses échanges avec le Québec.Un représentant de Guanajuato corrige : « Guanajuato constitue la sixième économie du Mexique.Chrysler y assemble des voitures.Et comme le Québec, nous sommes le seul État à posséder des bureaux à New York, Los Angeles, en Espagne, en Italie, à Hong Kong.D\u2019autres vont s\u2019ouvrir.» « Le président Vicente Fox est perçu en non-conformiste empruntant au bout du compte la voie de l\u2019orthodoxie », commente un journaliste mexicain qui accompagnait M.Fox à Montréal.Le président a soumis au Congrès une loi pour l\u2019autodétermination et l\u2019autonomie des indigènes sur leurs territoires.Le Congrès a substitué « terres » à « territoires », et le président a félicité les législateurs qui venaient pourtant de raser les ambitions autonomistes des 10 millions d\u2019autochtones mexicains ! Féria du vélo du 27 mai au 3 juin 2001 en collaboration avec Parcours tout en musique ! Nouveau parcours ! Dimanche 27 mai Le Tour des Enfants Dimanche 3 juin Le Tour de l\u2019Île Vendredi 1er juin Il est encore temps de vous inscrire Un Tour la Nuit par téléphone ou en ligne.Pédalez en musique dans l'ouest de l'île 5 univers musicaux à découvrir \u2022 Kim Richardson et le People's Gospel Choir of Montreal \u2022 La folle ambiance des années 60 avec Les Tubes \u2022 La tendance techno avec le DJ Dany C \u2022 Les rappeurs et les jeunes talents du YMCA \u2022 Les grands succès de l'Été Frulatté! Inscrivez-vous au Tour de l\u2019Île et vous pourriez gagner : L\u2019un des trois voyages à vélo pour deux personnes offerts par les Voyages du Tour de l\u2019Île : 1er prix : la Belgique et les Pays-Bas (du 8 au 23 août 2001) 2e prix : le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie (une semaine durant l\u2019été 2001) 3e prix : la Petite Aventure dans le Suroît (du 30 juin au 2 juillet 2001) Pour participer au concours, inscrivez-vous au Tour de l\u2019Île avant le jeudi 31 mai, à 17 h.Concours « Pédalez et gagnez »! \u2022 Nouveau parcours de 21 km \u2022 Jeux et animation au parc Jarry Mardi 29 mai La vélo-conférence Steve Smith à pédalo sur l'Atlantique \u2022 111 jours en mer \u2022 7 500 km du Portugal à la Floride À 20 h, à l'UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle Marie-Gérin Lajoie (en anglais uniquement) Jeudi 31 mai Le Jour V Déplacez-vous à vélo! \u2022 Un moyen de transport pratique, sympathique et économique \u2022 Des animations complètement vélo au parc Lafontaine Goûtez au plaisir du vélo sous les étoiles \u2022 5 000 cyclistes pédalant dans une ambiance de carnaval \u2022 une virée de 21 km du Vieux-Port au parc Lafontaine \u2022 un détour exceptionnel par le Jardin botanique Tentez l'expérience! Le tirage au sort aura lieu le vendredi 1er juin, à midi, à la Maison des cyclistes.Les trois gagnants seront avisés par téléphone le jour même.Les règlements sont disponibles à la Maison des cyclistes, au 1251, rue Rachel Est, à Montréal.Pour obtenir leur prix, les gagnants devront répondre correctement à une question faisant appel à leurs connaissances générales.2954963A 2954964 La Presse 12 mai 2001 Page B9 manquante 6LP1001B0512 B10 SAMEDI 6LP1001B0512 ZALLCALL 67 01:09:29 05/12/01 B B10 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 1 2 MAI 2001 L\u2019accord de Kyoto ne peut être appliqué sans les É.-U., affirme Anderson DENNIS BUECKERT Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Le reste du monde ne peut obliger les États-Unis à appliquer l\u2019accord de Kyoto, et il est irréaliste de croire le contraire, a déclaré hier le ministre canadien de l\u2019Environnement, David Anderson.L\u2019accord de Kyoto n\u2019est pas mort, mais son évolution est liée aux conclusions que le cabinet américain tirera de la révision en cours, a affirmé le ministre.M.Anderson ne s\u2019attend pas non plus à ce que la rencontre des principaux pays signataires à Paris, la semaine prochaine, donne des résultats appréciables.Alors qu\u2019elle était en visite à Ottawa en avril, la commissaire à l\u2019Environnement de l\u2019Union européenne, Margot Wallstrom, a déclaré que l\u2019accord de Kyoto irait de l\u2019avant, avec ou sans les États-Unis.D\u2019aucuns croient que les pays favorables à l\u2019accord de Kyoto pourraient ratifier le traité à la prochaine rencontre de négociations, prévue à Bonn en juillet.Le ministre Anderson trouve cette stratégie irréaliste.Trente-huit pays industrialisés ont pris l\u2019engagement de réduire les gaz à effet de serre pour respecter la première étape de l\u2019accord de Kyoto, dit-il, et les États-Unis représentent près de la moitié du total des émissions de ce groupe.« La tâche sera extrêmement difficile pour les 37 autres pays s\u2019ils veulent réaliser les changements requis sans les États-Unis.» Le président George W.Bush a annoncé le mois dernier qu\u2019il ne ratifierait pas le protocole de Kyoto, alléguant que les exigences sur la réduction de la pollution risquaient de nuire à l\u2019économie américaine.Le ministre Anderson a précisé que le Canada maintenait son engagement à l\u2019accord de Kyoto, en vertu duquel il devra réduire les émissions de gaz à effet de serre de six pour cent d\u2019ici 2010, par rapport à leur niveau de 1990.Il est manifeste que le réchauffement de la planète est déjà commencé, a déclaré M.Anderson, citant notamment la dégradation du pergélisol, la réduction du niveau d\u2019eau dans les Grands Lacs et les conditions météorologiques extrêmes des dernières années.Le ministre a encore une fois attribué la principale responsabilité de l\u2019impasse de Kyoto aux Européens, qu\u2019il a accusés d\u2019inflexibilité.Le Canada voudrait que les Européens reconnaissent que les forêts et les terres agricoles puissent servir de « puits » permettant de retenir hors de l\u2019atmosphère le carbone conducteur de chaleur.L\u2019Union européenne s\u2019oppose à l\u2019utilisation des puits parce qu\u2019elle craint que les industries ne s\u2019en servent comme échappatoires pour éviter de réduire les émissions.Elle se dit cependant disposée à discuter de la question.Le Canada, qui possède de vastes étendues de forêts, bénéficierait d\u2019un avantage important pour respecter ses objectifs si l\u2019idée des puits était acceptée.2927860 Le jeu doit rester un jeu Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2001-05-11 Tirage du 2001-05-11 Tirage du 2001-05-11 Tirage du 2001-05-11 10 14 15 22 25 29 31 35 37 39 41 43 48 49 57 59 61 62 66 67 Tirage du 2001-05-11 3 4 361 3892 NUMÉROS LOTS 453253 100 000 $ 53253 1 000 $ 3253 250 $ 253 50 $ 53 10 $ 3 2 $ NUMÉROS LOTS 409374 50 000 $ 09374 5 000 $ 9374 250 $ 374 25 $ 74 5 $ 40937 1 000 $ 4093 100 $ 409 10 $ 06 11 17 20 28 35 47 Numéro complémentaire: 31 LE SOLEIL ET LA LUNE .AU PAYS LE MONDE AU SOLEIL L\u2019ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL Val-d\u2019Or 13/-1 Chicoutimi 15/5 Maniwaki 16/1 Sainte-Agathe 15/2 Trois-Rivières 17/5 QUÉBEC 18/6 La Tuque 13/2 Rimouski 12/6 Thetford Mines 17/6 Sherbrooke 20/7 Burlington 19/7 MONTRÉAL 18/7 HULL/OTTAWA 17/5 Plattsburgh 19/7 Front chaud Front froid Occlusion Creux A Anticyclone D Dépression 40 30 20 10 0 -10 -20 -30 www.meteomedia.com Les systèmes météorologiques sont prévus pour 14h00 cet après-midi.New York Halifax Montréal Toronto Ottawa Chicago Winnipeg Dallas Los Angeles Vancouver Calgary Edmonton Neige Pluie Pluie verglaçante Orages .PRÉVISIONS RÉGIONALES Régina St-Jean Nouvelle-Orléans Miami Sudbury Denver N N N AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI DEMAIN DEMAIN DEMAIN DEMAIN BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPÉ SEPT-ÎLES LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES TEMPÉRATURE MAX MIN Hier Normales du jour Auj.l\u2019an passé RECORDS Plus haut maximum Plus bas minimum FACTEUR HUMIDEX Aujourd\u2019hui INDICE UV Aujourd\u2019hui PRÉCIPITATION Hier MONTRÉAL ET LES ENVIRONS AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI DEMAIN DEMAIN DEMAIN QUÉBEC OTTAWA TORONTO 18 7 15/6 18/9 Nuageux avec averses cessant en matinée, nuageux avec percées de soleil en après-midi.Probabilité de précipitations: 80%.Vents de l'ouest de 15 km/h à 20 km/h.Généralement dégagé.Probabilité de précipitations: 0%.Ciel variable.Probabilité de précipitations: 40%.Ciel variable.Probabilité de précipitations: 40%.MAX/MIN DEMAIN MAX/MIN CETTE NUIT MINIMUM AUJOURD\u2019HUI MAXIMUM LUNDI Plutôt nuageux.18/ 6.Passages nuageux.17/ 5.Passages nuageux.15/ 6.Plutôt nuageux avec quelques averses.19/ 2.Passages nuageux.15/ 5.Passages nuageux.15/ 5.Pluie.10/ 6.Plutôt nuageux.3/ -3.Généralement ensoleillé.17/ 7.Plutôt nuageux avec averses dispersées.10/ 6.Nuageux avec faible pluie.14/ 3.Plutôt nuageux avec averses de pluie ou de neige.Nuageux avec faible pluie.16/ 2.Nuageux avec faible pluie.11/ 3.28 18 20 12 78 27 en 1992 2 en 1963 15 mai 23 mai 29 mai 06 juin 5h27 20h14 0h29 9h19 Durée totale du jour: 14h47 Nul Modéré 0mm Calgary Charlottetown Cornwall Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Moncton Régina Rouyn Saint-Jean Saskatoon Sudbury Thunder Bay Vancouver Victoria Whitehorse Windsor Winnipeg Yellowknife Acapulco Atlantic City Boston Cancun Cape Cod Daytona B.La Havane Honolulu KeyWest Kenebunk Pt.Miami Myrtle B.Niagara F.Old Orchard Orlando Palm Springs Tampa Virginia B.W.Palm B.Wildwood Amsterdam Athènes Beijing Berlin Bruxelles Buenos Aires Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New Delhi New York Paris Port-au-Prince Rio Rome Tokyo Washington Beau 26/7 Averses 18/0 Variable 13/8 Pluie 18/5 Variable 16/5 Beau 15/5 Variable 24/8 Averses 19/0 Ensoleillé 24/10 Pluie 21/6 Ensoleillé 19/7 Pluie 19/6 Variable -1/-10 Ave neige -2/-6 Ensoleillé 21/10 Pluie 19/6 Beau 26/9 Beau 25/3 Ensoleillé 12/1 Variable 13/0 Pluie 7/3 Averses 6/1 Beau 24/11 Beau 25/2 Ensoleillé 14/4 Variable 15/4 Variable 16/4 Beau 13/2 Averses 16/8 Averses 15/7 Averses 17/6 Averses 16/6 Beau 10/-1 Variable 13/0 Éclaircies 17/7 Beau 16/7 Beau 19/10 Variable 23/8 Variable 12/0 Variable 12/0 Soleil 22/11 Nuageux 23/15 Beau 29/25 Soleil 18/5 Beau 24/10 Soleil 9/8 Pluie 18/13 Soleil 23/11 Beau 21/13 Beau 22/11 Soleil 20/11 Pluie 10/9 Soleil 43/26 Averses 25/13 Beau 24/11 Beau 31/25 Nuageux 26/24 Beau 21/12 Soleil 19/16 Orages 25/12 Beau 28/24 Averses 25/10 Averses 24/11 Averses 30/20 Averses 24/11 Beau 27/17 Averses 28/20 Beau 28/22 Nuageux 27/22 Averses 21/9 Beau 28/22 Beau 28/16 Beau 15/5 Averses 21/9 Beau 28/18 Beau 40/18 Beau 28/18 Orages 28/15 Beau 27/20 Averses 25/10 AUJOURD\u2019HUI DEMAIN AUJOURD\u2019HUI AUJOURD\u2019HUI 6LP1101B0512 B11-12 mai 6LP1101B0512 ZALLCALL 67 00:56:08 05/12/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 1 2 MA I 2 0 0 1 P L U S B 1 1 Le bouclier antimissile de Bush, bras militaire de la mondialisation JOONEED KHAN Le bouclier antimissile que les États-Unis veulent déployer est « un instrument de domination stratégique du monde ».L\u2019affirmation est du général russe Andreï Nikolaïev, mais les alliés de l\u2019OTAN, de même que le « rival » chinois et les éventuels « États irrationnels » nord-coréen, indien, pakistanais ou iranien n\u2019y trouveraient pas à redire.George W.Bush a donné le feu vert au Nuclear Missile Defence (NMD) le 1er mai en invoquant « les menaces imprévisibles » du 21e siècle.Mais une semaine après, Donald Rumsfeld, chef du Pentagone et homme clé du NMD, parlait de « l\u2019organisation et la gestion de l\u2019espace » pour « le bien-être et la sécurité nationale des États-Unis et de nos alliés et amis ».Bref, c\u2019est la militarisation de l\u2019espace que lance Washington.Au-delà de l\u2019abandon du traité ABM, qui stabilise la sécurité nucléaire mondiale depuis 1972, Bush a rejeté le traité de 1967 réservant l\u2019espace à des activités exclusivement pacifiques.Ce traité avait pourtant été renforcé en 1999 à l\u2019ONU, à 160 voix contre 0 et trois abstentions (États- Unis, Israël et Micronésie), par une résolution interdisant la course aux armements dans l\u2019espace.La Russie, la Chine \u2014 et le Canada \u2014 avaient milité dur pour un tel renforcement.Rumsfeld lui-même rendait explicite dès janvier 2001 la volonté américaine de militariser l\u2019espace.« Il est possible de projeter la puissance à travers et depuis l\u2019espace en réaction à des événements survenant n\u2019importe où au monde », déclarait-il dans son rapport sur « la gestion et l\u2019organisation de l\u2019espace ».« Avoir une telle capacité donnerait aux États-Unis un extraordinaire avantage militaire en cas de conflit », dit-il.La maîtrise des océans fut à la base de la puissance britannique durant l\u2019époque coloniale.Celle des airs donna la victoire aux Alliés sur l\u2019Allemagne hitlérienne.Celle de l\u2019espace fonde et consacre désormais l\u2019hégémonie mondiale des États-Unis.Consécration, en effet, puisque les États-Unis ont démontré leur nette supériorité militaire depuis la fin de la guerre froide en mobilisant leurs alliés et clients pour libérer le Koweït et démembrer l\u2019ex- Yougoslavie.Les Russes se sont tus, les Chinois ont laissé faire, les Européens ont collaboré en grognant et, dans le cas de l\u2019Irak, les régimes arabes n\u2019ont pas rechigné.La détermination de l\u2019Amérique de George W.Bush à foncer en solo, illustrée par son abandon unilatéral du Traité de Kyoto sur l\u2019effet de serre, agace le monde entier, les alliés européens, japonais et canadien en premier lieu, mais sans que ceux-ci puissent y opposer la moindre parade.Européens, Japonais et Canadiens ont adopté la posture de poser des questions et de demander « plus d\u2019explications » \u2014 ce que Bush s\u2019est empressé de faire en déléguant des émissaires partout.Les Russes retiennent l\u2019offre de « consultations » de Bush, mais ils se réservent l\u2019option de récuser Start- III, voire de se réarmer, même si cela compromet leur reconstruction économique.Il en est même pour les Chinois, qui misaient sur la multilatéralisation du traité ABM et qui se voient acculés à une nouvelle course aux armements.Ce qui explique l\u2019étonnante approbation de l\u2019Inde au projet NMD : « L\u2019Inde ne peut que se réjouir de la pression que le NMD met sur la Chine, mais elle se voit aussi forcée de chercher refuge sous le bouclier antimissile américain », écrit Brahma Chellaney, un chercheur de New Delhi, dans le Japan Times.« Bouclier planétaire, qui dit aux adversaires potentiels : je peux vous frapper mais vous ne pouvez pas riposter, donc soyez sages », dit Chellaney, qui poursuit : « Sous l\u2019ABM, le mot d\u2019ordre était : si vous me frappez, je peux riposter et vous le faire regretter.» Bouclier planétaire qui couvrira l\u2019OTAN, et poussera ses limites bien au-delà des frontières d\u2019Europe de l\u2019Est pour inclure Israël, Taïwan, la Corée du Sud et autres.Le bouclier antimissile de Bush se présente ainsi comme le volet militaire de la mondialisation des marchés.« La main cachée du marché a besoin d\u2019un poing caché pour réussir : McDonald\u2019s ne saurait prospérer sans McDonnel-Douglas », a écrit un chroniqueur du New York Times.« Et le poing caché qui garantit un monde sûr pour les technologies de la Silicon Valley s\u2019appelle les Forces armées des États-Unis, l\u2019Aviation, la Marine et le corps des Marines », disait-il, ajoutant : « Pour que fonctionne la mondialisation, l\u2019Amérique ne peut pas hésiter à agir comme la toute-puissante superpuissance qu\u2019elle est.» S\u2019adressant en octobre 2000 au Congrès, l\u2019amiral J.P.Reason, commandant en chef de la Flotte atlantique, déclarait : « La prolifération des firmes multinationales à intérêt américain a été un facteur clé de la croissance économique mondiale.Cela a été possible grâce à la liberté de navigation, assurée par notre marine, qui continue donc d\u2019être essentielle à la prospérité mondiale et à la sécurité nationale des États- Unis.» « Alors que l\u2019OMC (Organisation mondiale du commerce) s\u2019attaque aux politiques sociales et environnementales, elle protège les industries militaires via l\u2019« exception sécuritaire » de l\u2019article XXI du GATT », écrit Alice Slater, du Global Resource Action Center for the Environment (GRACE).Cet article, poursuit- elle, prévoit que le seul rôle légitime des gouvernements, c\u2019est de protéger et de financer leur secteur militaire.Pas étonnant donc que les géants du complexe militaro-industriel américain comme Lockheed-Martin, Raytheon, Boeing et TRW soient directement impliqués dans la stratégie militaire de Bush, et plus particulièrement dans son projet NMD.Ces quatre compagnies ont dépensé 35 millions de dollars en lobbying en 1997-1998 et versé six millions à des campagnes électorales entre 1997 et 2000, selon Mme Slater.Le site Web du United States Space Command mérite une visite ( w w w .s p a c e c o m .a f .m i l / usspace/index.htm).Le texte Vision for 2020 proclame, graphiques à l\u2019appui, « la domination de la dimension spatiale des opérations militaires pour protéger les intérêts et les investissements des États- Unis ».Et un autre texte, intitulé Long Range Plan, s\u2019accompagne d\u2019une liste de « remerciements » incluant 48 compagnies qui oeuvrent à cet objectif.Parmi elles, TRW, qui a congédié une employée, Nira Schwartz, pour avoir révélé que la compagnie avait falsifié les données du test d\u2019un missile intercepteur qui ne pouvait faire la différence entre une ogive et un leurre.ACOMPTE MENSUALITÉ 0 $ 259 $ 895 $ 239 $ 1 695 $ 219 $ 2 695 $ 199 $ TOUJOURS PLUS LOIN.*Location de 48 mois pour la Sentra XE 2001 «Edition Touring» (C4LG51 BK00 + Option Touring).Acompte ou échange 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pas impensable, mais improbable », disaient, en début de campagne, les observateurs, dont certains se contentent maintenant de dire qu\u2019on pourrait se retrouver mercredi soir, avec les verts à la tête de l\u2019opposition en Colombie- Britannique.Deux sondages ont été dévoilés cette semaine : Mark Trend donne 15 % aux verts et 14 % au NPD, tandis que Ipsos Reid accorde 16 % des voix au NPD et 13 % aux Verts.Tenant compte des marges d\u2019erreur, il faut parler d\u2019égalité entre les deux aspirants à la seconde place.« On peut parler d\u2019un certain momentum vers la hausse chez les verts et vers le bas chez les néo-démocrates, mais il est difficile de prévoir l\u2019issue dans chaque comté et il ne faut pas écarter la possibilité d\u2019un balayage total par les libéraux », explique Daniel Tavas, de la firme Ipsos Reid.« On ne connaît pas non plus, ajoute-t-il, l\u2019effet du SOS lancé par Ujall Dosanjh, qui vient d\u2019implorer les néo-démocrates d\u2019empêcher la disparition de leur parti.» Le chiffre magique de quatre C\u2019est vraiment l\u2019enjeu de cette élection.Y aura-t-il une opposition à l\u2019Assemblée législative de Victoria ?Le cas échéant, sera-t-elle formée de verts ou de néo-démocrates ?Comptera-t-elle au moins quatre députés, le seuil pour un parti reconnu et l\u2019accès aux fonds de recherche ?Tous s\u2019accordent pour dire que les sondages gonflent l\u2019appui aux verts qui n\u2019ont pas la machine électorale pour faire sortir le vote et dont l\u2019appui est réparti aux quatre coins de la province, tandis que les néo-démocrates peuvent se replier sur leurs forteresses, fiefs traditionnels ou siège d\u2019un leader local ou régional populaire.Ils concentrent effectivement les efforts du dernier droit sur une poignée de circonscriptions, surtout à Vancouver.De plus, la leader des verts, Adriane Carr, militante écologiste assez connue et respectée en Colombie- Britannique, se présente dans la circonscription de Gordon Wilson, un des politiques les plus populaires de la province.M.Wilson en sera cependant à son troisième parti politique \u2014 libéral, alliance démocratique et néo-démocrate \u2014 et cette instabilité pourrait finalement lui coûter la fidélité des électeurs de son coin de pays.Il ne faut jamais perdre de vue qu\u2019on se trouve en Colombie- Britannique, le royaume de l\u2019excentricité politique.On nourrit aussi de grands espoirs pour un autre croisé écologiste, Collen McCrory, qui se présente contre le ministre de la Santé, Corky Evans.Toujours difficile de prévoir l\u2019issue d\u2019élections mettant en présence plus de deux partis.Encore plus difficile de prévoir le comportement du Parti vert, tout nouveau dans l\u2019arène et n\u2019ayant encore fait élire aucun député au Canada.« Notre système électoral, fondé sur le bipartisme, ne se prête pas à l\u2019émergence de petits partis.Quand c\u2019est le cas, il s\u2019agit d\u2019un phénomène régional, comme ce fut le cas avec les créditistes de Réal Caouette dans les années 1960 », explique le sociologue Jean-Guy Vaillancourt, spécialiste des groupes écologistes.« La Colombie-Britannique, ajou-te-t-il, offre sans doute le plus de possibilités aux verts, qui y sont déjà plus forts qu\u2019ailleurs au Canada et qui pourraient profiter de la volatilité des moeurs électorales de cette province.» Une chance pour la proportionnelle Que les libéraux raflent les 79 sièges ou que les verts délogent le NPD en deuxième place, les grands gagnants de ces élections pourraient être les partisans de l\u2019adoption d\u2019un nouveau mode de scrutin au Canada.Populaire en Europe continentale et dans les anciennes colonies britanniques, l\u2019Australie et la Nouvelle- Zélande, ainsi que dans les parlements régionaux de la Grande- Bretagne, le scrutin proportionnel est boudé en Amérique du Nord au nom de la stabilité gouvernementale.S\u2019ils réussissent à remporter des sièges, il est assuré que les verts favoriseront l\u2019avènement du scrutin proportionnel, qui permettrait la présence parlementaire de verts ailleurs au Canada.Et si les libéraux de Gordon Campbell remportent les 79 sièges, la pression sera encore plus forte pour corriger une situation où 40 % des électeurs ne seront pas représentés au Parlement.D\u2019autant plus que le programme du Parti libéral prévoit que le scrutin proportionnel fera partie des grands enjeux que l\u2019on prévoit soumettre à une sorte d\u2019états généraux de la Colombie-Britannique.On peut ici rappeler ce qui se passe à l\u2019autre bout du pays, à l\u2019Îledu- Prince-Édouard, où une commission parlementaire vient de déposer son rapport sur les modifications à apporter à la loi électorale.« Nous n\u2019avons pas écarté le scrutin proportionnel.Nous avons demandé au directeur des élections d\u2019examiner immédiatement la question plus avant et de nous indiquer les solutions les plus profitables aux citoyens de notre province », disait Jim Bagnall, président de la commission parlementaire.Lors de trois des quatre dernières élections, dont celles de l\u2019an 2000, le Parlement de l\u2019Île-du-Prince- Édouard s\u2019est retrouvé avec un seul des 27 députés du côté de l\u2019opposition.D\u2019où l\u2019intérêt pour le scrutin proportionnel.Il est difficile de prévoir l\u2019issue dans chaque comté et il ne faut pas écarter la possibilité d\u2019un balayage total par les libéraux.279 2953135 "]
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