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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus - Forum
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-10-25, Collections de BAnQ.

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[" LE MEA-CULPA DE GREENSPAN L\u2019ÉDITORIAL D\u2019ARIANE KROL PAGE 7 CRIME ORGANISÉ: LE DEVOIR DE RÉSISTER L\u2019ÉDITORIAL D\u2019ANDRÉ PRATTE PAGE 7 PLUS FORUM GRANDS REPORTAGES, ANALYSES sur cyberpresse.ca CARICATURES Faites la revue de la semaine en humour en compagnie de nos caricaturistes sur cyberpresse.ca/caricatures DOSSIER Consultez notre dossier sur les viaducs qui tombent en morceaux sur cyberpresse.ca/viaducs PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Six États.Huit jours.4500 kilomètres, soit l\u2019équivalent de la distance Montréal-Vancouver.Les chasseurs de tornades sont prêts à tout pour guider leurs clients dans les plus belles tempêtes du Midwest.Notre photographe Ivanoh Demers et notre correspondant dans l\u2019Ouest américain, Nicolas Bérubé, les ont suivis.Un reportage qui secoue, à lire en pages2à 5.CHASSEURS DE TEMPÊTES MON T R É AL SA M E D I 25 OC TO B RE 2 0 0 8 NICOLAS BÉRUBÉ ALLIANCE, Nebraska\u2014 Les grêlons commencent à tomber en fin d\u2019après-midi.Comme si des travailleurs de la construction s\u2019étaient mis à piocher sur le toit du camion.«Merde.Merde.Merde.Merde», dit Bill Reid, notre guide, en penchant la tête.Il attrape son talkie-walkie sur le tableau de bord et donne des ordres.«On s\u2019en va d\u2019ici.On s\u2019en va.Il faut penser aux camions.On ne veut pas de pare-brise éclaté.\u2014 Parfait, réplique Chuck Doswell, chef du second camion.Ouvrez la voie.On vous suit.» À travers la fenêtre du véhicule, les plaines du Nebraska défilent à 120 km/h.Un poteau de téléphone toutes les trois secondes.Des chemins de terre qui mènent nulle part à toutes les 15 secondes.Une maison abandonnée \u2013 fenêtres placardées, parterre envahi de ronces \u2013 à toutes les 20 secondes.Des éclairs.Un ciel noir.Un champ infini qui s\u2019assombrit.À la radio, une voix informatisée lance un avertissement.«Une alerte de tornade a été émise pour le comté de Cherry.Restez calmes.Si vous le pouvez, trouvez refuge au sous-sol, loin des fenêtres, sous un objet solide, tel un banc de scie.Si vous êtes à l\u2019extérieur, cherchez à vous rendre dans le creux d\u2019une vallée et allongez-vous.» Le camion file en ligne droite pendant de longues minutes.Le vacarme sur le toit a cessé.La tempête est derrière nous.Le chauffeur se range le long d\u2019une route déserte.Bill défait sa ceinture de sécurité et ouvre sa portière.«On s\u2019arrête ici quelques minutes, jusqu\u2019à ce que la pluie nous rattrape, lance-t-il, en empoignant son caméscope.Bonne tempête.» NE PASCRIERPOURRIEN N ou s s omme s a u Nebraska pour courir après les tempêtes, pour franchir des centaines de kilomètres chaque jour à bord de camions high-tech dans le seul but de trouver un endroit où le temps est si mauvais que des tornades peuvent se former devant nos yeux.Les résidants croisés sur notre chemin n\u2019en croient pas leurs oreilles.«Vous êtes ici pour faire quoi?» demande, incrédule, le caissier d\u2019une station-service perdue dans le centre de l\u2019État.Il est en train de calculer l\u2019addition de notre dîner: des sacs de chips et des cheeseburgers enveloppés dans du papier aluminium.« Les tornades, répète Chuck Doswell en montrant le ciel bleu à travers la fenêtre.Nous chassons les tornades.\u2014 Hé hé! Je ne sais pas si je devrais être heureux de vous voir ici!» Chuck est un homme dans la misoixantaine qui rit souvent et prend son temps pour parler.Il n\u2019a plus un cheveu sur le sommet du crâne et porte un chapeau d\u2019aventurier en permanence.Pas grand-chose ne semble l\u2019énerver dans la vie.Il a commencé à chasser les tornades en 1972, quand son service au Vietnam a pris fin et qu\u2019il a réuni des amis pour aller photographier des tempêtes près de chez lui, en Oklahoma.Il a terminé son doctorat en météorologie et chasse les tornades chaque année depuis.Cette semaine, Chuck est notre guide.C\u2019est lui qui décide quand on mange, quand on boit, où on dort, à quelle heure on se lève le matin.C\u2019est lui qui regarde les cartes météo sur l\u2019écran de l\u2019ordinateur portable et décide de traverser le Dakota-du-Sud cette journée-là parce que les risques de tempêtes semblent plus grands à 600 kilomètres d\u2019ici.«Quatre-vingts pour cent des tornades durent moins de 10 minutes, explique Chuck.C\u2019est pour ça qu\u2019il faut être au bon endroit, au bon moment.» Aux États-Unis, chasser les tempêtes est une activité à laquelle on s\u2019inscrit.Comme un cours de flûte ou une croisière dans le Sud.Une semaine de chasse dans le Midwest ressemble à ceci : 4500 kilomètres de route, du McDo deux fois par jour, des motels bon marché avec des portraits de loups sur les murs, très peu de sommeil et la mâchoire qui tombe devant une tempête en formation.L\u2019activité est sécuritaire, mais demande une certaine discipline.Il y a des limites à ne pas franchir, des règles à respecter.Ne pas crier pour rien.Ne pas courir.Ne pas se tenir sur la route ou trop près de la route.Ne pas tenir pour acquis que les conducteurs nous ont vus.«Quand il y a une tornade, les conducteurs ne regardent pas devant eux, prévient Chuck.Ils regardent la tornade.» Il faut faire attention aux inondations éclair.Il ne faut pas toucher aux clôtures métalliques.Il faut tenir à deux mains la porte du camion en l\u2019ouvrant.Les bourrasques l\u2019ont déjà fait s\u2019envoler.La carrosserie est encore endommagée.«Durant une tempête, rappelez-vous que votre environnement est modifié.Le son est ahurissant.Vous ne vous entendez pas crier.» Qui paie pour aller chasser les tornades?Étonnamment, très peu de kamikazes ou d\u2019amateurs de sensations fortes.Les chasseurs de tempêtes sont d\u2019abord des amateurs de météo.Pour eux, un cumulonimbus bien structuré avec une belle base rotative est un joyau à photographier.Un souvenir qu\u2019ils montreront ensuite fièrement au beau-frère ou aux collègues lors du prochain barbecue de la compagnie.Lemeilleur endroit Notre chasse commence par un beau lundi de juin, dans la petite ville d\u2019Alliance, dans l\u2019ouest du Nebraska.La veille, nous avons roulé cinq heures depuis Denver pour pouvoir entamer la journée «sur le terrain», c\u2019est-à-dire au milieu de nulle part.Notre groupe se compose de Danny, 16 ans, venu avec son père Andy, patron d\u2019une entreprise de télécommunications ; Angela, infirmière du Tennessee et bachelière en météorologie ; Liz, mère de famille et conseillère pédagogique dans une école du Massachusetts ; Peter, technicien de la BBC à Londres; Christophe, journaliste suisse, et Don, amateur de plantes et de photographie qui habite au Missouri.Ce mat i n - l à, nou s nous réveillons au motel American Inn, dont la vue donne sur l\u2019arrière d\u2019un centre commercial.Le stationnement est rempli de camionnettes et de semi-remorques.Une note sur la porte des chambres se lit comme suit: «Il est interdit de nettoyer son arme à feu avec les serviettes de l\u2019hôtel.Prière de demander une guenille à la réception.» TRAQUERLES CHASSEURS DE TEMPÊTES SUITE EN PAGES 4 ET 5 1 Un puis pour le bétail dans le nord du Nebraska.La tempête au loin menace de créer une tornade.2 Rudolf Schneider, 80 ans, fini son travail sur la ferme avant l\u2019arrivée de la tempête.« J\u2019ai vu la destruction des tornades, dit-il.Mais, Dieu merci, je n\u2019en ai jamais vu une de près ! » 3 Une tempête se disperse à la tombée du jour dans le Dakota-du-Sud.4 Les chasseurs de tornades ont droit à une fin de journée spectaculaire : une tempête d\u2019éclairs, à proximité deMull, dans le nord-ouest du Nebraska.5 Au Nebraska, le groupe tombe sur cette formation classique avec possibilité de tornades dans la base.« Cette tempête a la capacité de produire des tornades, dit Chuck Doswell.Dommage que nous ne puissions nous en approcher.Il n\u2019y a aucune route qui va dans les champs par là.» PHOTOS IVANOH DEMERS, LA PRESSE 1 2 3 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 CHASSEURS DE TEMPÊTES 4 5 TORNADES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 P L U S 3 Après un café et des toasts, le groupe se réunit dans l\u2019une des chambres.Assis sur le lit, Bill pianote sur son ordinateur portable relié à un projecteur portatif.Une carte des États-Unis apparaît sur le mur blanc.«Comme vous pouvez voir, lamétéo est pas mal tranquille ce matin», ditil, en zoomant sur le Nebraska.Il clique sur un onglet.Le nord-ouest de l\u2019État est couvert d\u2019une tache aux couleurs vives qui se déplace de manière mécanique et répétitive.«On voit ici que la température va grimper en fin d\u2019après-midi.Elle devrait dépasser les 35 degrés, ce qui est bon pour la formation de tempêtes.Les vents sont favorables, et le point de rosée devrait être au-dessus de 15 degrés, ce qui se présente bien.Je propose donc qu\u2019on se déplace dans ce coin-là aujourd\u2019hui.Chuck?Ça m\u2019apparaît raisonnable, répond celui-ci en lissant sa moustache.Il n\u2019y a rien dans le ciel là-bas pour l\u2019instant, mais ça va frapper plus tard aujourd\u2019hui.C\u2019est sans doute le meilleur endroit où aller.» DANS LA «TORNADOALLEY» Il y a en moyenne 1000 tornades par année aux États-Unis.La quasitotalité se forme dans les champs et les plaines, où elles ne font aucun dommage.Seule une vingtaine de tornades cause des dégâts.Chaque année, 150 personnes meurent à cause des tornades aux États-Unis, selon l\u2019Organisation météorologique mondiale.Surnommé «Tornado Alley», le Midwest est le meilleur endroit pour voir des tempêtesenAmériqueduNord.Le paysage est plat comme une allée de quilles.Le regard porte loin, et aucun bâtiment ne vient bloquer la vue.La saison des tornades arrive avec les belles journées d\u2019avril.Les chasseurs sillonnent les routes du Texas et de l\u2019Oklahoma, où se manifestent les premières grosses tempêtes.Les tornades du printemps sont rapides : elles peuvent se déplacer à 100 km/h.Plus la saison avance, moins elles sont puissantes.Celles de la fin juin avancent à 40 km/h, souvent moins.Chuck Doswell explique que chasser les tempêtes nécessite un mélange de science et de chance.«J\u2019ai fait toutes les erreurs possibles au cours de ma carrière.Je me suis trompé de route, j\u2019ai suivi la mauvaise tempête.J\u2019ai déjà filmé une tornade avec une caméra qui n\u2019avait pas de cassette.» Il dit s\u2019être déjà trouvé à 300 mètres d\u2019une tornade.«Ce qui m\u2019a surpris, c\u2019est le son.C\u2019était comme une grosse chute.Le lendemain, c\u2019est l\u2019odeur qui m\u2019a frappé.Ça sentait la laine isolante mouillée, la nourriture avariée, le bois pourri.Une odeur très désagréable.En mai 99, je suis tombé sur une série de tornades extrêmes au Kansas.L\u2019odeur était si forte qu\u2019elle m\u2019est restée dans le nez pendant trois semaines.» La qualité la plus importante des chasseurs de tornades est la patience.Comme dans une partie de chasse ou un voyage de pêche, quelques minutes d\u2019action nécessitent des heures d\u2019attente, des centaines de kilomètres de route et d\u2019ennui.Faire de 10 à 12 heures de camion par jour pour se rendre dans un lieu propice aux tempêtes n\u2019est pas toujours réjouissant.Plus d\u2019une fois, au cours de la semaine, des participants se sont endormis sur la route, un sac de chips sur les genoux, des écouteurs d\u2019iPod dans les oreilles.La croyance populaire veut que la force destructrice des tornades rende leur observation dangereuse.Rien de plus faux, soutient Chuck, qui n\u2019a jamais senti sa vie menacée.«Ça fait 36 ans que j\u2019observe les tornades et je n\u2019ai jamais frôlé la mort.On peut s\u2019approcher des tempêtes, mais jamais trop près.» SURLAROUTE Dans le nord-ouest du Nebraska, la grêle sur le camion et l\u2019avertissement officiel à la radio font monter la tension d\u2019un cran.Le nuage de la tempête au loin commence à prendre un mouvement circulaire.Caméras en main, Bill et Chuck courent sur une colline et installent leur trépied en silence.Peu à peu, les membres du groupe les rejoignent.Au loin, les éclairs fendent le ciel et frôlent les champs.Le tonnerre retentit.Devant nous, la tempête prend la forme d\u2019une pyramide inversée.De petits vortex ressemblant à des doigts s\u2019en détachent et pointent vers le sol, sans toutefois l\u2019atteindre.Le soleil disparaît sous l\u2019horizon, nous laissant seuls avec nos caméras et l\u2019impression d\u2019assister à un moment unique.Ici, la nature domine, le reste n\u2019existe plus.Un éclair fulgurant traverse le ciel.«O.K., j\u2019en ai assez, dit Danny.\u2013 Moi aussi», répond son père.Ils dévalent la pente et disparaissent dans le camion blanc.Chuck hausse les épaules.«Je reste encore un peu.Le bon côté, quand on se fait frapper par la foudre, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas le temps d\u2019entendre le tonnerre!» Il se penche pour regarder dans l\u2019objectif de son appareil.La tempête est de plus en plus difficile à observer.L\u2019horizon est noir par endroits.Des collines nous cachent la vue maintenant, nous obligeant à deviner ce qui se passe au-delà.Une pluie froide tombe.« Cette tempête a la capacité de produire des tornades, estime Chuck.Dommage que nous ne puissions nous en approcher.Il n\u2019y a aucune route qui va dans les champs par là.Je crois que nous allons devoir lui dire adieu.» Après une autre heure de route, Chuck propose de s\u2019arrêter pour observer l\u2019orage qui éclate.Le camion tourne à droite au sommet d\u2019une côte et s\u2019arrête dans un chemin de terre.«On va rester ici un bout de temps, dit Chuck.Le spectacle risque d\u2019être impressionnant.En sortant, faites attention à la clôture de barbelés.» Une bourrasque de vent chaud nous souffle au visage.Il est 22 h, et le ciel est complètement noir.Devant nous, les éclairs explosent à toutes les cinq secondes, déchirent l\u2019horizon.Le ciel infini du Nebraska comme un écran IMAX.La foudre comme un bombardement à haute altitude.Je n\u2019ai jamais vu autant d\u2019éclairs de ma vie.Rarement se sent-on aussi petit.Comme une poussière que les éléments tolèrent.Un témoin devant le spectacle du chaos.Personne ne s\u2019en va cette fois.Personne ne dit mot.Des trépieds apparaissent.Chuck Doswell hurle de joie, le visage collé contre l\u2019objectif de sa caméra.SUITE DE LA PAGE 2 CHASSEURS DE TEMPÊTES COMMENT LES TORNADES SE FORMENT-ELLES ?Les tornades sont un vortex de vents extrêmement violents qui descend d\u2019un cumulonimbus.Pour se former, elles nécessitent des conditions météorologiques précises : un taux d\u2019humidité élevé, du temps chaud, un courant ascendant,et une grande quantité d\u2019énergie disponible.Chuck Doswell contemple avec stupéfaction le mouvement circulaire de la tempête qui se forme sous ses yeux.«Ça fait 36 ans que j\u2019observe les tornades, et je n\u2019ai jamais frôlé la mort, dit-il.On peut s\u2019approcher des tempêtes, mais jamais trop près.Vous savez, Darwin a une règle pour les gens qui s\u2019approchent trop près.» PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE CHASSEURS DE TEMPÊTES SUR CYBERPRESSE MULTIMÉDIA Visionnez notre reportage multimédia à couper le souffle sur les chasseurs de tempêtes dans le Midwest américain sur cyberpresse.ca/tornades llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 P L U S 5 FORUM JOCELYN COULON L\u2019auteur est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié au CERIUM.(j.coulon@cerium.ca) Barack Obama se dirige tranquillement vers la présidence américaine.Sa victoire n\u2019aura rien à voir avec la crise économique, mais bien avec la personnalité du candidat, le travail acharné du Parti démocrate depuis sa victoire aux élections de novembre 2006 et le profond dégoût ressenti par l\u2019électorat envers le Parti républicain.En politique étrangère, son élection va changer l\u2019atmosphère.Mais sa présidence sera-t-elle une totale rupture avec l\u2019administration Bush?Rien n\u2019est moins certain.Le candidat démocrate est une véritable star mondiale.Cet été, il a reçu un accueil enthousiaste en Europe.Un grand sondage planétaire, publié il y a quelques semaines, le plébiscite massivement.Ses discours sont examinés et commentés par tous les experts, et chacun veut y voir son propre rêve de l\u2019Amérique.Cela donne lieu à des commentaires qui tombent parfois dans une grande naïveté comme en témoigne une opinion publiée dans l\u2019hebdomadaire Jeune Afrique, il y a deux semaines, et qui résume bien le sentiment général envers Barack Obama à l\u2019étranger.L\u2019auteur, Lancine Camara, président de l\u2019Union internationale des journalistes africains, ne tarit par d\u2019éloges envers Obama.Il présente le sénateur démocrate comme l\u2019incarnation d\u2019un nouvel humanisme américain au service du monde.Pour l\u2019auteur, la meilleure façon d\u2019éviter la guerre et de préserver le monde du chaos, «c\u2019est de soutenir Barack Obama et d\u2019encourager sa vision d\u2019un monde multipolaire dont le fonctionnement serait fondé, autant que possible, sur la concertation et le respect mutuel ».Cette opinion est fréquente dans la presse étrangère.Elle est soutenue par une lecture partielle des discours du candidat et alimentée par ses partisans.Le dernier d\u2019entre eux, Colin Powell, ancien secrétaire d\u2019État, a renforcé cette impression lorsqu\u2019il a dit qu\u2019une présidence Obama «provoquerait l\u2019enthousiasme du pays et du monde ».Et ce n\u2019est pas faux, compte tenu de l\u2019incroyable révulsion qu\u2019inspire l\u2019administration Bush.Pourtant, il faut revenir sur terre et voir le prochain président pour ce qu\u2019il sera: le chef d\u2019une superpuissance.Ce statut induit un certain nombre de comportements, comme l\u2019arrogance envers les autres États et les mesures unilatéralistes.On peut d\u2019ailleurs discerner ces traits de comportement dans les discours du candidat et chez les conseillers qui l\u2019entourent.Tradition politique américaine Barack Obama s\u2019inscrit dans la grande tradition politique américaine qui place les États-Unis au centre du monde et au coeur d\u2019un système d\u2019alliances militaires et politiques érigé pour leur bénéfice.Jamais, à ma connaissance, le candidat démocrate n\u2019a reconnu le caractère multipolaire du monde actuel et il ne l\u2019appelle pas de ses voeux.Il parle, au contraire, du rôle prépondérant de son pays, de son désir de réaffirmer son rôle de leader grâce, oui à la concertation, mais aussi à l\u2019augmentation du budget militaire.Jamais, enfin, Barack Obama n\u2019a écarté l\u2019option d\u2019agir seul si la sécurité des États-Unis était menacée.Du côté de ses conseillers, si ceux-ci démontrent une connaissance du monde et une sophistication diplomatique rares chez le clan Bush, ils proviennent, pour les plus importants d\u2019entre eux, de l\u2019ancienne administration de Bill Clinton où on voyait les États-Unis comme la nation indispensable.Il arrive aussi à certains conseillers d\u2019Obama de promouvoir des idées, comme cette stupide Ligue des démocraties, dont les conséquences premières seraient de diviser le monde et de placer encore une fois les États-Unis en position de domination alors que de nouveaux centres de pouvoir émergent et revendiquent une place au soleil.Ne boudons pas notre plaisir.Sur bien des aspects, Obama répond aux aspirations profondes des Américains et du monde.Sa répudiation de la torture, sa volonté de discuter et de négocier même avec les ennemis des États-Unis, son souci envers le développement des pays du Sud, son intérêt pour le multilatéralisme et le renforcement de l\u2019ONU ont de quoi séduire.Et rien n\u2019indique qu\u2019il oubliera tout cela le jour où il deviendra président.Cependant, Barack Obama n\u2019est pas le président du monde, mais bien des États-Unis.Son premier devoir n\u2019est pas de plaire aux Africains ou aux Canadiens, mais d\u2019assurer la sécurité et la prospérité des Américains.Il faut tout simplement espérer que cela ne se fera plus au détriment des autres.Une certaine naïveté Il faut revenir sur terre et voir le prochain président pour ce qu\u2019il sera : le chef d\u2019une superpuissance Environnement, la chronique de Jean Lemire, à lire demain dans les pages Forum Barack Obama s\u2019inscrit dans la grande tradition politique américaine qui place les États-Unis au centre du monde et au coeur d\u2019un système d\u2019alliances militaires et politiques érigé pour leur bénéfice.PHOTO JAROD PERKIONIEM, (U.S.ARMY), ASSOCIATED PRESS Barack Obama lors d\u2019une visite au camp Arifjan, au Koweït, en juillet dernier.Le candidat démocrate à la présidence américaine, pressenti pour l\u2019emporter le 4 novembre, devrait poursuivre le travail de l\u2019administration Bush malgré sa répudiation de la torture, sa volonté de discuter et de négocier avec les ennemis des États-Unis, son souci envers le développement des pays du Sud, son intérêt pour le multilatéralisme.BRYAN BREGUET ET VINCENT GELOSO Les auteurs sont respectivement candidat au Ph.D en économie à l\u2019Université de la Colombie- Britannique et étudiant en économie et politique à l\u2019Université de Montréal, ainsi que collaborateur au Financial Post.Cette semaine, Jean Charest a fait la promesse que le Québec ne retournerait pas en situation de déficit.Mais l\u2019oppositionamanqué une opportunité en or de rappeler à Jean Charest que le déficit zéro n\u2019est avant tout qu\u2019un outil politique.En théorie, un déficit zéro implique que nous ne nous endettons pas davantage.Alors comment pouvonsnous expliquer que la dette du Québec continue d\u2019augmenter à chaque exercice financier du gouvernement?En fait, depuis l\u2019élection de Jean Charest en 2003, la dette est passée de 95 milliards à 126 milliards.Si le déficit zéro existait, la dette n\u2019augmenterait pas.Cela implique nécessairement des normes comptables douteuses qui excluent les petites choses déplaisantes qui, lorsque prises ensemble, affectent significativement les finances du gouvernement.La promesse de Jean Charest est donc fausse, non pas qu\u2019il n\u2019ait pas l\u2019intention de la tenir, mais parce que l\u2019hypothèse de départ voulant que nous ayons un déficit zéro est erronée.Mais ce jeu politique de la sanctification du faux déficit zéro produit des effets pervers.Ce faux déficit zéro prend ses origines dans le désir politique de cacher les mesures politiques impopulaires pour rendre les bonbons plus attrayants.Les livres sont truqués de manière à faire croire que nous avons tous un repas gratuit, que tout le monde gagne alors que ce n\u2019est pas le cas.On se permet donc le luxe d\u2019éviter les vérités déplaisantes soulignées depuis plusieurs années par des intellectuels de gauche et de droite.Car la vérité n\u2019est de loin pas rose bonbon.La situation budgétaire du gouvernement québécois est très tendue.Pourtant, ce dernier, en niant l\u2019absence réelle de déficit, se prive de réformes nécessaires, mais également bénéfiques.Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019électricité subventionnée, du peu de place fait au privé dans bien des secteurs (dont la santé), des gels ou timides dégels de plusieurs tarifs ou encore des subventions à des industries vouées à disparaître, nous avons une multitude d\u2019exemples d\u2019immobilisme du gouvernement.Le Québec a cette mauvaise habitude de se voiler la face et de repousser les problèmes.(\u2026) Heureusement pour le Québec, Jean Charest a souvent la chance de recevoir un chèque-cadeau du gouvernement fédéral.Mais même là, Jean Charest a refusé le plus gros cadeau possible en refusant de profiter des deux points de TPS.Cela dit, ce n\u2019est qu\u2019avec des réformes de la fiscalité, de la gestion de l\u2019État et du rôle du gouvernement dans l\u2019économie que le Québec réglera son déficit structurel pour de bon.(\u2026) Le faux déficit zéro nous renforce dans cette tentative de fuir la réalité, mais il aide des politiciens à dire n\u2019importe quoi et s\u2019en tirer.Déficit zéro > une illusion Comment pouvons-nous expliquer que la dette du Québec continue d\u2019augmenter à chaque exercice financier du gouvernement ?Heureusement pour le Québec, Jean Charest a souvent la chance de recevoir un chèque-cadeau du gouvernement fédéral.PHOTO CLÉMENT ALLARD, ARCHIVES PC Jean Charest a promis que le Québec ne retournerait pas en déficit.LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca Le tollé qu\u2019ont suscité les déclarations procanadiennes du président Sarkozy a occulté les problèmes réels de l\u2019Organisation de la francophonie, cette grosse machine qui a trahi sa vocation \u2013 la promotion de la langue française \u2013 et qui apparaît de plus en plus comme une gigantesque blague.Une blague qui constitue, en vérité, une insulte à notre langue.Si l\u2019OIF ne se réforme pas radicalement, il vaudrait mieux mettre la clé dans la porte et consacrer les milliards qu\u2019on y gaspille dans ses officines diplomatiques à des objectifs concrets, comme le financement d\u2019écoles françaises dans les régions sensibles ou l\u2019organisation de manifestations culturelles à l\u2019échelle internationale.IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Le coup de grâce, cette année, est venu du Rwanda.Un pays francophone depuis près de 100 ans, qui vient de proclamer l\u2019anglais comme unique langue d\u2019enseignement du primaire à l\u2019université.Le Rwanda est membre en règle de la francophonie.Qu\u2019a-t-on dit à ce sujet au dernier Sommet de Québec ?Rien.Niet.Nothing.Cela n\u2019a rien de surprenant, puisque la moitié des États-membres de la soi-disant francophonie ne sont pas francophones, et que près de la moitié transige en anglais avec l\u2019ONU! Certains expliqueront le brusque revirement linguistique du Rwanda par le lourd contentieux qui l\u2019oppose à la France depuis les massacres de 1994.Mais en fait, l\u2019anglicisation du Rwanda a commencé dès que le Front patriotique de Kagame a pris le pouvoir, avec le soutien d\u2019exilés tutsis qui s\u2019étaient anglicisés dans les pays limitrophes.C\u2019est très consciemment que les élites rwandaises francophones ont ensuite opté pour l\u2019anglais, dont elles croient qu\u2019il offre plus de chances de développement à leur petit pays surpeuplé.Un pareil changement de langue est un phénomène rare.Mais ce n\u2019est pas du tout comme si le Québec décidait de devenir anglais.Les ancêtres des Canadiens français étaient Français, les Canadiens français ont toujours parlé français.La langue nationale et populaire du Rwanda, par contre, est le kinyarwanda; le français y a été importé, il y a 90 ans, par le colonisateur belge.Il reste que cette dérive vers l\u2019anglais est de mauvais augure.L\u2019urbaniste Luc-Normand Tellier, un familier du Rwanda, prédit que ce mouvement ne s\u2019arrêtera pas et qu\u2019«après le Rwanda, ce sera sans doute le Burundi qui passera à l\u2019anglais, puis rien de moins que le Congo, le plus grand pays de l\u2019Afrique subsaharienne, dont le président Kabila est d\u2019ailleurs plus à l\u2019aise en anglais qu\u2019en français ».À ce rythme, il ne restera plus, comme grands pays africains francophones, que le Sénégal et la Côte d\u2019Ivoire\u2026 L\u2019Afrique noire est-elle perdue pour la francophonie?Ce n\u2019est pas impossible, mais ce n\u2019est pas une raison pour renoncer à étendre le rayonnement de la langue française.Or, l\u2019existence même de l\u2019OIF y fait obstacle parce qu\u2019elle empêche le développement d\u2019initiatives qui seraient vraiment porteuses de progrès.IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII À l\u2019OIF, on ergote sur tout et rien, on parle (derrière des portes closes) d\u2019environnement, de réchauffement climatique, de nutrition, de la paix dans le monde et de la crise financière\u2026 comme s\u2019il n\u2019existait pas déjà une pléiade d\u2019organismes voués à ces causes-là ! Le tout se conclut par des déclarations navrantes de banalité.Où est, dans ce fatras de voeux pieux hors sujet, l\u2019intérêt pour la langue française et les diverses cultures francophones?Depuis sa fondation, l\u2019OIF est essentiellement une planque offrant de confortables sinécures aux petits copains des gouvernements membres (dont un grand nombre sont des dictatures corrompues jusqu\u2019à l\u2019os), une planque doublée d\u2019une grosse caisse qui distribue l\u2019argent du Nord vers le Sud, en favorisant au passage l\u2019emprise économique de la France sur ses ex-colonies.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison \u2013 parce qu\u2019elle est une distributrice de fric \u2013 que tant de pays non francophones ont voulu y adhérer.Cela ne leur coûte rien, ils ne sont même pas tenus, contrairement par exemple aux membres de l\u2019Union européenne ou du Commonwealth, de respecter un certain nombre d\u2019engagements.L\u2019OIF est une mauvaise vitrine pour la francophonie, elle en fait un objet de railleries.Le Canada, qui est après la France le principal bailleur de fonds de la francophonie, devrait profiter de l\u2019indifférence manifeste du président Sarkozy envers l\u2019OIF pour proposer le sabordement de cet organisme qui coûte cher et ne rapporte rien, et qui a trahi sa raison d\u2019être.Une insulte au français Si l\u2019Organisation internationale de la francophonie ne se réforme pas radicalement, il vaudrait mieux mettre la clé dans la porte.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 ÉDITORIAUX FORUM@LAPRESSE.CA serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE L\u2019attentat commis contre le repaire des Hells Angels à Sorel fait beaucoup parler.Bien qu\u2019on ne puisse pas minimiser sa gravité, cet incident n\u2019est pas ce qui devrait inquiéter le plus la population.Celle-ci devrait se préoccuper davantage des informations publiées au cours des dernières semaines révélant à quel point le crime organisé est parvenu à s\u2019infiltrer dans tous les recoins de la société québécoise.Lorsque six mafiosi ont plaidé coupables le mois dernier à la suite de l\u2019opération Colisée, les reporters de La Presse André Cédilot et André Noël ont pu prendre connaissance des comptes rendus de l\u2019écoute électronique faite par les enquêteurs.Ils y ont appris que plusieurs entrepreneurs, restaurateurs et autres gens d\u2019affaires ont été victimes, complices ou complaisants à l\u2019endroit du clan Rizzuto.Un grand nombre de commerçants doivent payer une commission de protection.Plusieurs hommes d\u2019affaires ont fait l\u2019objet d\u2019intimidation ou de violence.D\u2019autres ont eu recours à la mafia pour «régler» des problèmes de divers ordres.Nos collègues rapportaient la semaine dernière que l\u2019entreprise distribuant la boisson énergisante Cintron, principal commanditaire de l\u2019émission phare de TQS, Loft Story, est en partie propriété d\u2019un membre des Hells Angels.Salvatore Cazzetta a purgé 10 ans de détention pour complot d\u2019importation de 10 000 kg de cocaïne.Cette semaine, le Journal de Montréal a révélé qu\u2019un autre membre des Hells était associé à la direction d\u2019une équipe de la Ligue nord-américaine de hockey.Autant d\u2019indications que les motards, suivant les traces de la mafia, profitent de toutes les occasions pour canaliser leurs millions et gagner en respectabilité.Or plus le crime organisé s\u2019installe dans l\u2019économie légale, plus l\u2019échafaudage est difficile à démonter.Et plus ce cancer pourrit la société de l\u2019intérieur.La police a montré, par les opérations Printemps 2001 et Colisée, qu\u2019elle peut porter de durs coups au crime organisé.Mais le processus judiciaire est lourd, les sentences n\u2019ont pas d\u2019effet dissuasif et les fortunes colossales engrangées par les criminels sont à peine entamées par les saisies.Les gouvernements doivent bien sûr s\u2019assurer en tout temps que les forces de l\u2019ordre ont en main tous les moyens pour lutter contre le crime organisé.Cependant, l\u2019État n\u2019y arrivera pas seul.La société doit réaliser à quel point son intégrité est menacée par les tentacules du crime organisé et réagir.Le commerçant qui fait l\u2019objet de menaces doit avertir la police.L\u2019entreprise qui, comme TQS, apprend qu\u2019un de ses partenaires d\u2019affaires est membre d\u2019une organisation criminelle doit dès que possible mettre un terme à cette relation malsaine.Le copropriétaire de TQS, Maxime Rémillard, disait à La Presse cette semaine: «Ce n\u2019est pas à nous à jouer à la police.» Bien sûr que non.Mais de là à rester les bras croisés\u2026 Faisant état des conclusions des États généraux contre le crime organisé, tenu à Rome l\u2019an dernier, le Figaro rapportait: «La mafia n\u2019est pas une fatalité.Se mobiliser contre elle est un devoir, l\u2019unique moyen de retrouver sa dignité.» La situation au Québec ne se compare évidemment pas à ce qui se passe en Italie.La nécessité et le devoir de mobilisation n\u2019en existent pas moins.Le devoir de résister Les Québécois doivent réagir contre l\u2019infiltration du crime organisé dans tous les recoins de la société.Le départ de deux députés de l\u2019ADQ vers les libéraux de Jean Charest démontre encore une fois que le parti de Mario Dumont sombre tranquillement vers sa perte.Au risque de le répéter, cela démontre hors de tout doute ce que plusieurs savent déjà : l\u2019ADQ est le parti d\u2019un seul homme ayant un ego aussi grand que l\u2019Everest.Mario Dumont devrait cependant faire attention lorsqu\u2019il dit que les deux transfuges ne sont pas les meilleurs de sa formation politique.Est-ce à dire que les électeurs d\u2019Iberville et de Champlain manquent de jugement ?Mario Dumont semble proche du mépris et de l\u2019arrogance.Ça sent la fin\u2026 Jean-Guy Gagné, Rimouski Ambition personnelle En tant qu\u2019électeur de sa circonscription, je pense, hélas, que la défection d\u2019André Riedl de l\u2019ADQ tient plus à des questions d\u2019ambition personnelle que de convictions.Selon moi, M.Riedl, parfait inconnu du grand public lorsqu\u2019il a été élu lors des dernières élections provinciales en surfant sur la vague adéquiste, a pris goût aux sphères du pouvoir et calculé qu\u2019il avait plus de chances d\u2019être réélu sous la bannière libérale que sous la bannière du parti de Mario Dumont.Nul doute qu\u2019il a soigneusement négocié sa circonscription avec le PLQ avant de virer capot.Quant à son argumentation pour se justifier d\u2019avoir trahi celui sans lequel il ne serait toujours rien en politique, on connaît la chanson : quand on veut tuer son chien, on dit qu\u2019il a la rage.Philippe Riondel, Saint-Jean-sur-Richelieu Une majorité.sans élections Les deux députés qui ont quitté l\u2019ADQ pour le PLQ «n\u2019étaient pas les meilleurs », selon leur ex-chef, Mario Dumont.Pour une fois, je suis d\u2019accord avec l\u2019ami de longue date de Stephen Harper.Les meilleurs quitteront l\u2019ADQ pour le PQ, mais il n\u2019y en aura pas\u2026 à moins bien sûr que les sondages favorisent le PQ d\u2019ici les élections et non plus le PLQ.Par ailleurs, le geste des deux transfuges pourrait donner des idées à leurs anciens collègues.Qui sait, Jean Charest n\u2019aura peut-être pas besoin d\u2019élections pour obtenir la majorité à l\u2019Assemblée nationale (encore 14 et le tour est joué).Des millions de dollars normalement pris dans les poches des contribuables québécois seraient ainsi épargnés.Sylvio Le Blanc, Montréal Dumont > ça sent la fin\u2026 Pour une société plus juste Un rapport de l\u2019OCDE place le Canada au 18e rang des pays égalitaires.Les pays inégalitaires sont ceux où la richesse côtoie la pauvreté dans une spirale qui fait s\u2019enrichir les riches et s\u2019appauvrir les pauvres.Quelle dégringolade depuis l\u2019ère Chrétien ! Cela est la simple conséquence de politiques démagogiques insistant toujours sur la baisse des taxes et des impôts.Les baisses d\u2019impôts, malgré un attrait d\u2019une grande popularité, ne serviront jamais à enrayer la pauvreté et les baisses de taxe profitent beaucoup plus aux riches.On voit, avec la crise financière américaine, que de laisser les riches s\u2019enrichir sans contrainte ne crée pas une société idéale.Il faut mettre la pédale douce sur le néolibéralisme et sur le conservatisme et redécouvrir un juste milieu pour une société plus juste.Jeannot Vachon, Québec Niveler par le bas En lisant La Presse de jeudi, j\u2019ai failli renverser mon café.Des intellectuels, particulièrement le politologue Christian Dufour, préconisent de défendre le français en refusant à leurs concitoyens ce dont ils bénéficient euxmêmes : la connaissance de l\u2019anglais.Plus subtilement, on dit que ce n\u2019est pas à l\u2019État de le leur apprendre.Au lieu donc de promouvoir à l\u2019école l\u2019enseignement d\u2019un français de qualité auquel on ajoutera, en temps et lieu, celui de l\u2019anglais et, même, éventuellement, celui d\u2019une troisième langue, on préfère encore une fois niveler par le bas.Dans l\u2019article, on apprend aussi que Bernard Landry, dont les petits-enfants sont trilingues comme luimême d\u2019ailleurs, estime qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une richesse.Si on se fie aux prises de position précédentes de M.Landry, il semble qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une richesse qu\u2019il ne désire surtout pas partager avec la populace.Les Québécois, un peuple toujours colonisé?Je le crois, mais pas par les Anglos, plutôt par ses élites.Charles Lafleur, Montréal Comptabilité créative S\u2019il y a quelqu\u2019un qui a le don de m\u2019horripiler, c\u2019est bien Bernard Landry.Le magicien de la comptabilité créative, qui biffe le réel pourcentage de votes au BQ (38 %) en prenant un chiffre qui lui sied mieux, à savoir le nombre de sièges.Ça ferait quoi, le nombre de sièges lors d\u2019un référendum?On se souviendra aussi, lors d\u2019une future élection, que, nonobstant les appels aux fédéralistes faits en période de maraudage, une fois les élections finies, vous êtes réputé souverainiste ! Cécile Rex, Shefford FORUM André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef akrol@lapresse.ca ARIANE KROL C\u2019est un véritable déboulonnage auquel on a assisté cette semaine à Washington.Alan Greenspan, reconnu en 2005 comme le plus grand dirigeant de banque centrale de tous les temps, est tombé de son socle avec fracas.Il s\u2019est trompé, a-t-il avoué, en pensant que l\u2019industrie financière était la mieux placée pour s\u2019imposer des limites.La Réserve fédérale américaine avait le pouvoir d\u2019interdire les pratiques hypothécaires douteuses qui ont ravagé le secteur immobilier.Son ancien président, convaincu de la supériorité du libre marché, s\u2019y est toujours opposé.«Avezvous l\u2019impression que votre idéologie vous a poussé à prendre des décisions que vous souhaiteriez ne pas avoir prises?» lui a demandé le responsable du comité de surveillance de la Chambre des représentants, lors de sa comparution jeudi.«Oui, j\u2019ai découvert une faille», a reconnu Greenspan.Un constat qui, dit-il, l\u2019a plongé dans un grand désarroi.L\u2019aveu n\u2019est pas banal.Et il n\u2019est pas venu spontanément.Dans son allocution préliminaire, l\u2019ex-numéro un de la Fed s\u2019est dit frappé d\u2019une grande incrédulité devant la tournure des événements.Surpris, donc pas responsable.Comment aurait-il pu prévoir une telle crise, qu\u2019il qualifie de «tsunami du crédit comme on n\u2019en voit qu\u2019une fois par siècle»?Les questions insistantes des élus ont fini par le faire vaciller.«En d\u2019autres mots, vous avez découvert que votre vision du monde, votre idéologie, n\u2019était pas correcte », a relancé le président du comité.«Absolument, précisément », a reconnu l\u2019économiste.Pour cet adepte du laisser-faire, fervent admirateur de la philosophe libertarienne Ayn Rand, c\u2019est presque une révélation existentielle.Il n\u2019aura pas vécu jusqu\u2019à 82 ans en vain, pourrait-on dire, si la situation n\u2019était pas aussi tragique.Mais pour les millions d\u2019Américains qui ont perdu leurs économies, il aurait mieux valu qu\u2019il voit la lumière un peu plus tôt.Alan Greenspanapris sa retraite en 2006, juste avant que le marché immobilier ne montre des signes de ralentissement.Depuis, il tente de défendre sa réputation.Ses détracteurs ont raison de dénoncer son allergie réglementaire et sa foi aveugle en la sagesse des marchés.Cependant, ils auraient tort de le désigner comme unique coupable.En fermant les yeux sur les pratiques risquées du se c t eu r financier et en tardant à augmenter ses taux d\u2019intérêt, la Fed a créé un environnement propice aux excès.Mais elle n\u2019a obligé personne à en commettre.L\u2019erreur d\u2019Alan Greenspan aura été de donner trop de corde aux banquiers.Oui, il aurait dû deviner qu\u2019ils risquaient de se pendre avec.Mais ce n\u2019est pas lui qui a choisi l\u2019arbre, ni attaché le noeud, ni retiré le tabouret.C\u2019est le secteur financier qui a décidé de jouer à ce petit jeu dangereux, encouragé par les cris avides des investisseurs.Alan Greenspan a une part de responsabilité, mais il n\u2019est pas le seul.L\u2019idéologie qui le guidait, ils étaient nombreux à la partager sous l\u2019administration Bush.Pourtant, rares sont ceux qui, comme lui, ont eu l\u2019honnêteté intellectuelle de la remettre en question.Le mea-culpa de Greenspan lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 P L U S 7 À VOTRE TOUR VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?forum@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ABONNEMENT (514) 285-6911 ou 1 800 361-7453 cyberpresse.ca/abonnement DÉCÈS (514) 285-6816 deces@lapresse.ca RÉDACTION (514) 285-7070 commentaires@lapresse.ca CARRIÈRES (514) 285-7320 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côté de rue que la ville nettoie à heure fixe le temps que le balai mécanique fasse son travail.À moi de respecter l\u2019heure complète, m\u2019a-t-on lancé sèchement.Une première pour moi en 20 ans.Ensuite vint la lecture du plan de déplacement urbain du Plateau.Résolument tourné vers tous les modes de transport alternatif, ce plan vise à limiter les déplacements en voiture dans le quartier.À la fin de la lecture du document, j\u2019avais le sentiment que l\u2019on créait deux classes de citoyens sur le Plateau.Les vertueux à vélo et les indésirables en auto.Même si je conduis une compacte familiale (et non une mini-fourgonnette), je devenais tout d\u2019un coup un résidant nuisible pour mon environnement, nuisible pour mes voisins, nuisible pour mon quartier tout entier.Vous ai-je dit que j\u2019ai trois enfants?Une école, une garderie, les cours de danse, l\u2019aréna, la piscine?Vous ai-je dit que les ac tiv ités de mes enfants se chevauchent ?Vous ai-je dit aussi que je me demande encore comment transporterais- je un équipement de gardien de but dans un autobus qui ne passe même pas près de l\u2019aréna ou encore la télé au plasma achetée sur l\u2019avenue Mont-Royal ?Vous ai-je dit aussi que je fais 90% de mes courses à pied?Hier encore, on m\u2019a remis une contravention pour nonrespect de l\u2019heure dédiée au nettoyage des rues.Mais cette fois on a poussé un peu plus l\u2019arrogance en me la remettant six minutes avant la fin de cette heure et tout juste après que je me sois garé.La rue était balayée ! Pour qui suis-je nuisible à cette heure?Je vais donc devoir encore payer.Comme ma vignette de stationnement d\u2019ailleurs.Ce harcèlement est-il dû à la mise en place du plan de circulation?Veut-on m\u2019éduquer en me forçant à vendre mon auto?Tout ce que je peux vous dire, c\u2019est que les politiques et la façon de faire appliquer les règlements (même à l\u2019encontre du gros bon sens) sont en train de me montrer tranquillement la porte de mon cher quartier.J\u2019ai bien compris le message\u2026 EXIT du Plateau les autos et la famille qui ne peut s\u2019en passer.L\u2019auteur de la lettre de la semaine, Jean-François Guay, recevra une copie laminée de cette page.Exit du Plateau! PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Jean-François Guay s\u2019interroge: suis-je tout d\u2019un coup devenu un résidant nuisible pour mon environnement, nuisible pour mes voisins, nuisible pour mon quartier tout entier ?Depuis le printemps, je sens qu\u2019on me montre subtilement la porte.JEAN CHENAY L\u2019auteur demeure à Montréal.Lorsque, il y a un peu plus d\u2019un an, j\u2019ai élu résidence à Montréal, je craignais d\u2019être embêté par de pauvres gens qui me demanderaient régulièrement un peu de monnaie.Loin de mépriser ces personnes, qui vivent une situation dont nul n\u2019est à l\u2019abri, je dois admettre que parfois je trouve leur insistance un peu lourde.Mais à ce jour, je peux dire que pas une seule fois je n\u2019ai eu à redire de la façon dont ces gens réagissent lorsque je leur dis non.C\u2019est plutôt de certains qui se réclament de Dieu que je trouve à me plaindre.Récemment, sur une période de cinq jours, j\u2019ai été accosté plusieurs fois par des gens qui voulaient me vendre leur religion.Ce fut d\u2019abord par une dame qui m\u2019a crié à quelques centimètres du visage : « Do you know that God has got a plan for you.» Lorsque je ne lui ai pas répondu, cette dernière m\u2019a demandé pourquoi j \u2019insultais Jésus par mon silence.Quelques jours plus tard, deux jeunes hommes dans la vingtaine \u2013 chemise blanche, pantalon, cravate et souliers noirs \u2013 m\u2019ont accosté dans le métro afin de me parler de la vie éternelle.Mon regard a heureusement suffi à calmer leurs ardeurs.Quelques minutes plus tard, à la sortie de la station de métro, un autre membre d\u2019un groupe bien connu m\u2019a offert de la littérature en me certifiant que je pourrais devenir un des élus si je me joignais à eux.Je suis un homme de 58 ans qui a largement eu le temps de se bâtir des convictions morales qui ne regardent que moi.Je souhaite seulement que tous ceux qui se croient investis d\u2019une mission divine me laissent tranquille.J\u2019ai simplement le goût de leur dire cette expression anglaise qui exprime bien ce que je ressens à leur égard: «Get a life.» Les missions divines.ANNE OUELLET L\u2019auteure demeure à Chicoutimi.Elle est décédée il y a quelques semaines à l\u2019hôpital.Elle était âgée et malade.Elle vivait depuis quelques années dans une résidence pour retraités.Elle se nommait Denise.Pour moi, elle était Mme Masse.Elle n\u2019avait pas de visiteurs, sauf une bénévole des Petits Frères des pauvres.Les résidants et le personnel de la Résidence 54 Centre-Ville, à Chicoutimi, étaient devenus sa famille, son milieu de vie.Lorsque son état s\u2019est détérioré et qu\u2019elle a dû être admise à l\u2019hôpital pour y passer ses derniers jours, des démarches ont été entreprises, tant par l\u2019hôpital que par la direction de la résidence, afin de retrouver des membres de sa famille, des amis, quelqu\u2019un qui pourrait l\u2019accompagner dans ses derniers moments ou qui, du moins, devait être mis au courant qu\u2019il lui restait peu de temps à vivre.Mais on n\u2019a retrouvé personne.On savait qu\u2019elle venait de l\u2019extérieur de la région, mais si elle avait de la famille ou des amis quelque part, on n\u2019en a trouvé aucune trace.Elle était seule pour passer ses derniers jours sur Terre.Des membres du personnel de la résidence l\u2019ont visitée à l\u2019hôpital, l\u2019ont accompagnée de leur mieux, mais personne d\u2019autre.Personne ne devrait mourir seul.Personne ne devrait quitter cette vie comme s\u2019il n\u2019y avait laissé aucune trace.Qui que nous soyons, nous avons tous touché quelqu\u2019un, nous avons tous aimé, pleuré, ri et souffert.Denise a aimé et elle a été aimée.Elle a connu la peine et la joie, la douleur et le bonheur.Elle a senti la chaleur du soleil et la caresse du vent.Elle s\u2019est réjouie des jours de beau temps et s\u2019est attristée des jours de pluie.Elle a vu le monde de ses yeux, à sa manière, comme personne ne l\u2019avait fait avant elle ou ne le fera après.Elle était unique.Denise ne quitte pas cette vie sans laisser de trace.Le monde n\u2019aurait pas été le même sans elle.Chaque être humain compte, chacun est unique.Tous méritent qu\u2019on se souvienne de leur passage sur Terre.Personne ne devrait mourir seul KATHLEEN POTVIN L\u2019auteure habite à Saint-Louis-de-Blandford.Samedi passé, j\u2019ai fait l\u2019épicerie.Ce n\u2019est pas la tâche que je préfère.Depuis quelques années, avec la venue des OGM, de la mondialisation, etc., j\u2019ai appris à lire les étiquettes pour connaître la provenance des produits que je mets dans mon assiette.Je parcours la liste des ingrédients, regarde la teneur en sodium et en sucre et mets de côté ceux qui ont atteint la date où la comestibilité n\u2019est plus garantie.Avec tout ce rituel, faire l\u2019épicerie, c\u2019est long! À la bonne franquette, j\u2019ai en tête de concocter un délicieux plat de poulet sauté pour le dîner.Lorsque j\u2019arrive au comptoir de légumes, tenant un emballage de pois mange-tout dans la main, je lis que ces petits légumes verts qui poussent à profusion au Québec et dans notre pays proviennent de Chine.Oups ! me suis-je exclamée en tenant l\u2019emballage de pois mange-tout dans la main, ayant en perspective toutes les babioles que l\u2019on retrouve dans les magasins à un dollar ! C\u2019est loin, la Chine, me suis-je dite en remettant l\u2019emballage dans le comptoir.Hors saison, je veux bien acheter des piments et des tomates du Mexique.J\u2019achète aussi les avocats, les fruits et légumes qui ne poussent pas ici parce que la saison de la culture maraîchère est trop courte ou trop froide.J\u2019aime les oranges de la Floride, les clémentines du Maroc et j\u2019aime aussi découvrir certains fruits et légumes exotiques.Pensez-vous que j\u2019en ai contre les Chinois ?Non\u2026 mais si j\u2019achète des pois mange-tout qui poussent en Chine aussi bien que j\u2019achète des pommes McIntosh ou Lobo cueillies en Inde ou du sirop d\u2019érable made in Ouagadougou ! Des pois «made in China» PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Hors saison, je veux bien acheter des piments et des tomates duMexique.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 P L U S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 25 O C T O B RE 2 0 0 8 "]
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