La presse, 12 décembre 1999, Cahier A
[" 7DA0101A1212 Page A1/12d c.7DA0101A1212 ZALLCALL 67 00:59:39 12/12/99 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, dimanche 12 décembre 1999 60 ¢ TAXES EN SUS RÉGION EST DE QUÉBEC 65 ¢ / ÎLES - DE - LA - MADELEINE 1 $ / FLORIDE 1,75 $ U.S.BOXSTER S 2000 Venez réserver la vôtre ! 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 28012089001095 116e année No 54 54 pages, 4 cahiers La chapelle Sixtine retrouve son lustre d\u2019antan Les Québécois renouent avec l\u2019hiver: 13 morts RAYMOND GERVAIS Les automobilistes québécois se sont heurtés hier à la dure réalité de l\u2019hiver, lors de la première tempête de neige de la saison.Pas moins de 13 personnes ont perdu la vie et une vingtaine d\u2019autres ont été blessées sur les routes de la province depuis 18 h vendredi.La chaussée glissante, la mauvaise visibilité et la vitesse sont à l\u2019origine de cette hécatombe.La région immédiate de Montréal et la ville de Québec ont été épargnées par la tempête, mais les régions du Bas- Saint-Laurent et de la Côte-Nord ont reçu de 25 à 40 cm de neige, balayés par des vents allant jusqu\u2019à 80 km/h.Une double perturbation provenant d\u2019un système dépressionnaire en provenance de l\u2019Ontario et du Midwest américain a traversé le Québec d\u2019ouest en est.La neige a débuté en Abitibi vendredi et le système dépressionnaire s\u2019est accentué au cours de la nuit pour se diriger vers la Côte-Nord.Presque tout le Québec a été touché, sauf l\u2019extrémité est de la péninsule gaspésienne où, à cause de la température plus clémente, il a plu abondamment.Selon Jacques Rousseau, mét é o r o l o g u e à Environnement Canada, à peine 1 ou 2 cm de neige sont tombés à Montréal.Québec a reçu une trace, mais Sept-Îles devrait recevoir près de 40 cm de neige avant que la tempête ne s\u2019essouffle.Dans le parc des Laurentides, une vingtaine de centimètres sont tombés au nord de l\u2019Étape, rendant la chaussée glissante.Au Lac- Saint-Jean, 28 cm de neige se sont retrouvés au sol.Dans les Cantons de l\u2019Est, de 5 à 10 cm de neige ont Voir LES QUÉBÉCOIS en A2 Air Canada veut avoir les coudées franches PHOTO AP Au cours de la cérémonie marquant la fin des travaux de restauration de la chapelle Sixtine, au Vatican, hier, le pape Jean-Paul II a admiré les couleurs brillantes du Jugement dernier de Michel-Ange (mur du fond).La restauration avait été entreprise en 1980.Presse Canadienne TORONTO Air Canada menace de renoncer à l\u2019acquisition des Lignes aériennes Canadien International si Ottawa ne lui reconnaît pas un quasi-monopole non réglementé sur les marchés intérieurs, ont indiqué des sources proches du gouvernement.Le quotidien torontois Globe and Mail rapportait hier les propos d\u2019un libéral de longue date, selon qui la compagnie aérienne de Montréal a refusé de se voir imposer certaines mesures destinées à favoriser la concurrence, comme le contrôle des prix, l\u2019abandon des filiales régionales ou d\u2019aires d\u2019atterrissage dans les aéroports achalandés.Le transporteur s\u2019est également opposé à tout amendement à la législation susceptible de donner au Bureau de la concurrence ou à l\u2019Office des transports du Canada plus de pouvoirs pour contrôler les initiatives qui seraient considérées comme des obstacles à la concurrence.Air Canada a également indiqué qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019attendre longtemps la réaction du gouvernement fédéral.Son offre pour les actions de Canadien prend fin le 23 décembre, et elle désire connaître les intentions d\u2019Ottawa avant de conclure la transaction.Le ministre des Transports, David Collenette, a déjà fait savoir qu\u2019il voulait Voir AIR CANADA en A2 La restauration des fresques a nécessité 20 ans de travaux FRANCES D\u2019EMILIO de l\u2019Associated Press, CITÉ DU VATICAN Jean Paul II a inauguré hier la chapelle Sixtine rénovée, lors d\u2019une cérémonie marquant l\u2019achèvement de 20 ans de travaux de restauration dans les musées du Vatican.Le pape a longuement admiré le Jugement dernier de Michel-Ange et évoqué sa propre élection dans la chapelle.« Des fidèles du monde entier, auquel cet endroit est cher non seulement pour les chefs-d\u2019oeuvre qu\u2019il renferme mais aussi pour le rôle qu\u2019il joue dans la vie de l\u2019Église, s\u2019unissent à notre joie », a déclaré le souverain pontife aux cardinaux et aux mécènes, américains pour la plupart, qui ont financé la phase finale de la restauration au coût de Voir LA CHAPELLE en A2 Qui fera appliquer la loi?Dans la deuxième tranche de notre série sur l\u2019entrée en vigueur de la Loi sur le tabac, on se demande aujourd\u2019hui qui fera appliquer la loi.Les inspecteurs du gouvernement ne seront pas nombreux et il reste bien des irréductibles.À lire en page A6 L\u2019organe du peuple RICHARD HÉTU collaboration spéciale Qu\u2019est-ce qu\u2019Internet ?Ça dépend des saisons.L\u2019avant-dernier hiver, c\u2019était une machine à rumeurs.Sur son site Web, le potineur Matt Drudge publiait des nouvelles « exclusives » sur la robe de Monica Lewinsky et le cigare de Bill Clinton.Et tout ce potinage se propageait dans les médias traditionnels, comme un virus.Qu\u2019est-ce qu\u2019Internet ?Cet automne, plus que jamais, c\u2019est une bulle spéculative.Les actions de Yahoo ! et Amazon.com, deux entreprises nées de la nouvelle technologie, frôlent la stratosphère.C\u2019est à en perdre la tête : jeudi, dès son premier jour en Bourse, le titre de VA Linux Systems, minuscule compagnie parmi les géants de l\u2019informatique, a augmenté de 733 % (vous avez bien lu), pour atteindre une valeur totale de dix milliards à la fin de la journée.Il s\u2019agissait de l\u2019introduction en Bourse la plus spectaculaire l\u2019histoire.VA Linux Systems, faut-il préciser, n\u2019a pas encore réalisé un cent de profit, et ne prévoit pas en faire avant longtemps.Qu\u2019est-ce qu\u2019Internet ?En décembre, ce sera aussi un père Noël virtuel.Aux États-Unis, la télévision est envahie par une pléthore de compagnies.com invitant les consommateurs à faire Voir L\u2019ORGANE en A2 NEW YORK La Presse à 20 JOURS AVANT L\u2019AN 2000 INDEX Petites annonces - index C7 - immobilier C7, C8 - marchandises C8 - emplois C8 - automobile C9 à C11 - affaires C11 Arts et spectacles cahier B - lectures B1 à B6 - horaire spectacles B10, B11 - horaire télévision B7 Bandes dessinées C9 Décès C11 Êtes-vous observateur C7 Génies en herbe B11 Feuilleton C10 Horoscope C8 Laporte Stéphane A5 La presse d\u2019ailleurs A13 Le bridge C10 Le monde A11 Loteries A2, A8 Mots croisés B11, C8 Robitaille Louis-B.A8 Sciences B12 Têtes d\u2019affiche A10 Tabloïd Sports - Chasse et pêche S8 SANTÉ Les femmes rattrapées par le VIH - cahier C MÉTÉO Passages nuageux Max.-1, min.-5 Cahier Sports, page 16 Ophtalmologistes \u2014 Optométristes \u2014 Opticiens 9250, boul.de l\u2019Acadie, Montréal (514) 381-2424 \u2022 1-888-990-2424 INTERNET: www.ophtalmolaser.com TOUS LES SERVICES OPTIQUES SOUS UN MÊME TOIT Polyclinique visuelle EXAMEN DE LA VUE CORRECTION PAR LASER MYOPIE \u2022 HYPERMÉTROPIE ASTIGMATISME \u2022 PRESBYTIE LUNETTERIE CONTACTOLOGIE 2812260 7LP0202A1212 Page A2/12d c.7LP0201A1212 ZALLCALL 67 01:00:38 12/12/99 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 Les Québécois renouent avec l\u2019hiver: 13 morts LES QUÉBÉCOIS / Suite de la page A1 été enregistrés.La Beauce a reçu près de 15 cm.Depuis le début du mois de novembre, Montréal n\u2019a reçu que 8 cm de neige alors que la normale de saison est de 40 cm.La moyenne pour tout l\u2019hiver est de 200 cm de neige.L\u2019an dernier, 170 cm de neige sont tombés sur la métropole.Environnement Canada prévoit le retour au beau temps pour aujourd\u2019hui sur l\u2019ensemble du territoire québécois.Lundi, le ciel se couvrira et il pourrait de nouveau neiger.La première tempête de l\u2019hiver a donc été passablement meurtrière.Le pire accident s\u2019est produit peu après 10 h hier sur la route 185, à Saint-Antonin.Trois jeunes résidants du Nouveau-Brunswick sont morts lorsque leur véhicule, après avoir dérapé, est entré en collision avec un camion-remorque venant en sens inverse.La conductrice, âgée de 19 ans, souffre de graves blessures.Quant au chauffeur du camion- remorque, il a été blessé légèrement.Les victimes sont Dave Ouellet, 18 ans, de Saint-Bastien, Mélanie St-Germain, 16 ans, de Baker Brook et François Bernier, 16 ans, de Saint-Jacques.Dans le Bas-du-Fleuve, à Saint-René-de- Matane, deux personnes ont perdu la vie vers 18 h vendredi sur la route 195.Encore une fois une automobile est entrée en collision avec un camion-remorque.Deux des cinq personnes à bord de l\u2019automobile ont été tuées, tandis que les trois autres ont subi des blessures graves.Les victimes sont Bernard Bussière, 44 ans, de Saint-Tharcisius, dans la vallée de la Matapédia, et Peter Beaupré, 10 ans, de Saint-Jean-Vianney.Vers 19 h 30 vendredi, François Nadeau, 49 ans d\u2019Otterburn Park, en Montérégie, a perdu la vie sur le chemin Benoît à Saint- Jean-Baptiste-de-Rouville.La conductrice de l\u2019automobile a été blessée grièvement.Toujours vendredi soir, deux personnes sont mortes et deux autres ont été blessées sérieusement lorsqu\u2019une automobile est entrée en collision avec un camion-remorque sur la route 309 à Des Ruisseaux, près de Mont- Laurier.Les victimes sont Christiane Laroche, 38 ans et Suzanne Proulx, 54 ans, toutes deux de Notre-Dame-du-Laus.En toute fin de soirée vendredi, un piéton, Alfred Bédard, 70 ans, de Sainte-Hélènede- Mancebourg, en Abitibi-Ouest, a perdu la vie après avoir été heurté par un camion.Le septuagénaire venait de descendre de voiture lorsqu\u2019il a été happé.Hier matin, à Saint-Blaise, un homme de 76 ans de Saint-Jean-sur-Richelieu, Marcel Paquette, est mort après s\u2019être affaissé sur la chaussée à la suite d\u2019un accident.L\u2019automobiliste avait perdu la maîtrise de son véhicule sur le rang Grand-Bernier et fait un tonneau.L\u2019homme n\u2019a pas été blessé dans l\u2019accident, mais s\u2019est effondré après avoir aidé au remorquage de son automobile.À Sainte-Anne-des-Plaines, un homme de 37 ans est mort hier matin sur la route 335 après être entré en collision avec un poids lourd.La chaussée glissante serait à l\u2019origine de l\u2019accident.À Saint-Augustin, une femme s\u2019est tuée en frappant un arbre avec sa voiture.Un autre homme est mort à la suite d\u2019un infarctus à Saint-Hubert-de-Rivière-du Loup, dans le Bas-Saint-Laurent hier à la suite de la tempête de neige.La victime s\u2019est effondrée après avoir pelleté l\u2019entrée de sa maison.Son identité n\u2019a pas été révélée.Enfin, deux adolescents sont maintenus en vie artificiellement après avoir été happés par un véhicule à Rock Forest, dans les Cantons de l\u2019Est.Le conducteur du véhicule n\u2019a pu éviter les deux jeunes qui sortaient de la forêt.La chapelle Sixtine retrouve son lustre d\u2019antan LA CHAPELLE / Suite de la page A1 3 millions de dollars.« C\u2019est ici que s\u2019est déroulée \u2014 je me le rappelle avec émotion \u2014 l\u2019élection du successeur de saint Pierre », a dit le pape.Avant de prendre place dans un fauteuil placé en face du Jugement dernier, la fresque haut perchée de Michel-Ange située derrière l\u2019autel de la chapelle, le pape a contemplé avec attention les couleurs ravivées qui ont émergé après que le dernier échafaudage eut été démonté ces derniers jours.Jean-Paul II a ensuite estimé que la restauration avait été « parfaitement » réalisée.Après avoir loué la « grandeur » du travail de Michel-Ange, le pape, dont la main gauche tremblait fortement tandis qu\u2019il parlait, a rappelé aux personnes assistant à la cérémonie qu\u2019« aujourd\u2019hui le regard est invité à s\u2019attarder sur le plus humble, mais toujours significatif » cycle de fresques murales, qui avaient été commandées par le pape Sixte IV.L\u2019une des parois ornée de fresques comporte une oeuvre du Pérugin représentant Jésus remettant à Pierre, le premier pape, un jeu de clés symbolique.Parmi les autres artistes dont les oeuvres ont été nettoyées et ravivées lors de la restauration finale du bas des murs figurent Boticelli, Ghirlandaio et Cosimo Rosselli.Les oeuvres de celui qui fut l\u2019un des élèves de Ghirlandaio, Michel-Ange, qui a représenté dans ses fresques des scènes issues de la Genèse avant de peindre Le Jugement dernier avaient été restaurées précédemment.Le souverain pontife de 79 ans a conclu la cérémonie de 45 minutes en offrant sa bénédiction à la fois au personnel du musée et aux « innombrables visiteurs qui viennent constamment de tous les endroits de la Terre admirer ces chefs-d\u2019oeuvre ».La restauration de la chapelle Sixtine suscite cependant une controverse.Certains critiques d\u2019art y ont trouvé à redire, estimant que les fresques comportaient des couleurs plus vives que Michel-Ange ne les avait peintes.Les défenseurs de la restauration, eux, disent que la crasse accumulée des siècles durant a donné aux critiques modernes une image excessivement sombre de la palette des Maîtres anciens.Une seule des conséquences de la fin de la restauration fera l\u2019unanimité : après 20 ans, la chapelle, qui accueille chaque année les trois millions de visiteurs des musées du Vatican, sera enfin débarrassée de ses échafaudages.Air Canada veut avoir les coudées franches AIR CANADA / Suite de la page A1 examiner les deux rapports que lui ont présentés récemment les comités de la Chambre des communes et du Sénat sur les transports.Aucune législation n\u2019est prévue avant le début de février.Selon Canadien, ce pourrait être trop tard.« Air Canada n\u2019a manifesté à aucun moment l\u2019intention de prolonger son offre au-delà du 23 décembre.Elle l\u2019a d\u2019ailleurs déjà fait (du 7 au 23 décembre) », souligne le porte-parole de Canadien International, Jeff Angel.L\u2019offre d\u2019Air Canada, ajoute M.Angel, constitue la meilleure solution non seulement pour Canadien, mais aussi pour l\u2019industrie.Si la transaction échoue, l\u2019avenir de Canadien sera menacé.Plusieurs observateurs croient que sans l\u2019intervention d\u2019Air Canada, le transporteur se dirige tout droit vers une faillite.Une source proche d\u2019Air Canada a déclaré au Globe and Mail que le transporteur n\u2019est pas intéressé à acheter Canadien pour se voir ensuite imposer une réglementation coûteuse.Plusieurs employés de Canadien International craignent que le but d\u2019Air Canada soit d\u2019abandonner son rival plus modeste à son sort, ce qui lui permettrait d\u2019être en situation de monopole tout en se libérant des coûts et des démarches liées à une fusion.À sa sortie de la Chambre des communes, vendredi, le ministre Collenette n\u2019a pas semblé inquiet.« Tant mieux pour eux », a-t-il répondu aux journalistes qui l\u2019informaient qu\u2019Air Canada exigeait une réponse avant le 23 décembre.« Le gouvernement fera tout son possible pour s\u2019assurer que quoi qu\u2019il arrive, ce transporteur en situation de monopole respectera les besoins de la population.» L\u2019organe du peuple La sonde Mars Polar Lander reste silencieuse L\u2019ORGANE / Suite de la page A1 leurs achats des Fêtes en ligne.Il suffit d\u2019un clic de la souris (et d\u2019un numéro de carte de crédit) pour commander les cadeaux de tout le monde.Facile et non polluant.Qu\u2019est-ce qu\u2019Internet ?À la fin de ce siècle, c\u2019est aussi un outil de communication extraordinaire, par lequel des activistes de partout se mobilisent pour tenir tête aux puissants de ce monde, comme ils l\u2019ont fait récemment à Seattle pendant la rencontre de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC).Ces activistes ne diffèrent pas de ceux qui les ont précédés.Ils sont bien organisés.Ils sont convaincus de la justesse de leur cause.Ils créent des alliances.Ils connaissent bien les principes de la désobéissance civile.Mais ils comptent aussi sur une nouvelle arme : la technologie.En très peu de temps, Internet a décuplé la force des citoyens du monde entier.Désormais, grâce à un seul clic de la souris, un activiste du Sri Lanka peut envoyer un courriel aux étudiants des universités américaines pour les informer des conditions de travail dans une usine locale de Victoria Secret, la célèbre chaîne de lingerie féminine affriolante.Indignés, les étudiants peuvent aussitôt lancer sur leurs sites Web des appels au boycott de Victoria Secret, qui réagit en améliorant les conditions de ses travailleurs sri lankais (c\u2019est une réalité qui a également forcé Disney, Nike et Gap, entre autres, à instituer des changements dans leurs pires sweatshops).Internet permet aux citoyens de se dresser devant les corporations et aux ONG (organisations non gouvernementales) de s\u2019imposer face aux gouvernements.En 1997, grâce aux réseaux tissés par la nouvelle technologie, 350 ONG réparties dans 23 pays se sont mobilisés pour forcer 122 États à adopter le Traité d\u2019interdiction des mines antipersonnel.Les organisateurs de cette campagne ont reçu le prix Nobel de la paix.En 1998, Internet a également joué un rôle crucial dans le combat international livré par 600 ONG pour torpiller l\u2019Accord multilatéral sur l\u2019investissement, qui avait été péniblement négocié par les politiciens et les financiers du monde.La mission fut accomplie.Mais la bataille de Seattle est le couronnement d\u2019Internet comme force populaire.Les activistes s\u2019en sont servis pour contourner les médias traditionnels et propager leur propre vision de la mondialisation.Ils ont profité de la portée du médium pour redéfinir l\u2019ordre du jour de la réunion de l\u2019OMC.Ce n\u2019était plus la libéralisation des marchés, c\u2019était l\u2019environnement, les droits des travailleurs, les aliments transgéniques, le pouvoir des corporations, les règles de l\u2019OMC, une organisation vilipendée sur une quantité infinie de sites Web.Aux États-Unis, certains universitaires et commentateurs ont vu dans la contestation de Seattle non pas un retour aux années 1960, mais un rappel des années 1890, cette décennie pendant laquelle des réformistes américains se sont mobilisés pour combattre les excès du capitalisme et donner un visage humain à la révolution industrielle.Les réformistes de la mondialisation surfent- ils aujourd\u2019hui sur Internet ?On verra bien.En attendant, la capacité de mobilisation des ONG a attiré l\u2019attention du plus grand regroupement de syndicats américains, l\u2019AFL-CIO, qui a joué un rôle important dans la bataille de Seattle.Le poids lourd syndical veut maintenant mettre à profit l\u2019activisme des citoyens et des groupes branchés sur Internet pour forcer le Congrès américain à voter contre l\u2019accord négocié récemment par l\u2019administration Clinton sur l\u2019admission de la Chine à l\u2019OMC.On ne connaît pas la suite des événements, mais on en sait aujourd\u2019hui un peu plus sur la nature révolutionnaire d\u2019Internet.Agence France-Presse WASHINGTON La sonde Mars Polar Lander (MPL), posée sur la planète rouge depuis le 3 décembre, n\u2019a pas pu être contactée malgré plusieurs tentatives réalisées pendant la semaine, a-ton appris hier auprès du Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena en Californie.« Les contrôleurs du vol de MPL ont poursuivi leurs essais pour communiquer avec le vaisseau (.) afin d\u2019être certains d\u2019avoir épuisé toutes les possibilités avant d\u2019abandonner leurs recherches », a indiqué le JPL dans un communiqué.« Si une prise de contact est toujours possible, l\u2019éventualité d\u2019entendre la sonde est considérée comme très mince à l\u2019heure actuelle », a toutefois souligné le JPL.Deux tentatives ont notamment eu lieu, l\u2019une menée par la NASA du site de réception de Goldstone et une autre avec une antenne de l\u2019Université Stanford à Palo Alto.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, TéléPlus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 4-2-1 à quatre chiffres : 3-3-04 6/49: 4-9-11-16-17-44comp.31 extra: 238603 QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net L\u2019appui accordé jeudi par le président de la FTQ au projet d\u2019« une île, une ville » du maire Bourque vous a-t-il surpris?Êtes-vous d\u2019accord avec l\u2019avant-projet de loi fédéral pour encadrer les règles d\u2019un référendum sur la souveraineté?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 61 % Non: 39 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n\u2019a aucune prétention scientifique.DEMAIN DANS LA PRESSE Munich s\u2019intéresse aux tout-terrains La popularité des véhicules utilitaires sport est un phénomène nord-américain qui est en train d\u2019influencer les autres marchés.La dernière impliquée est BMW, une compagnie plus reconnue pour ses berlines sport que ses véhicules 4x4.Les ingénieurs de Munich ont concocté le X5, un toutterrain tentant de combiner la robustesse d\u2019un authentique 4x4 et la conduite d\u2019une berline de la Série 5.Notre chroniqueur Denis Duquet en a fait l\u2019essai lors de la présentation à la presse internationale.À lire demain dans le cahier automobile.Saleté de.bogue Le fameux bogue de l\u2019an 2000 a déjà fait au moins une victime.Un retraité philippin, craignant de ne pouvoir disposer de son argent à cause du possible « couac » informatique, a retiré de son compte toutes ses économies.que des cambrioleurs ont ensuite emportées.Faustino Timbol, 61 ans, a expliqué à la police que deux hommes s\u2019étaient glissés dans la nuit de mardi à mercredi dans sa maison, en banlieue de Manille, et qu\u2019ils étaient repartis avec deux millions de pesos et 300 000 autres pesos en bijoux.Le malheureux Philippin, qui venait de prendre sa retraite d\u2019inspecteur des travaux publics, a déclaré à la police qu\u2019il avait retiré tout son argent de peur que le bogue n\u2019affecte sa banque.Le gouvernement philippin a depuis assuré que le secteur bancaire du pays était paré pour le passage informatique à l\u2019an 2000.\u2014AP 7LP0302A1212 a03 actus dim 12 d cembr 7LP0301A1212 ZALLCALL 67 01:01:10 12/12/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 R A 3 L\u2019EXPRESS DU MATIN Une adolescente de Ste-Marie-Salomé, dans Lanaudière, disparue et retrouvée RAYMOND GERVAIS Des patrouilleurs de la Sûreté du Québec ont finalement retrouvé tard hier soir Mélanie Duquette, une adolescente de 16 ans portée disparue de la polyvalente Barthélémy-Joliette depuis vendredi matin à Sainte- Marie-Salomé, dans Lanaudière.La jeune fille, qui habite dans une famille d\u2019accueil de cette municipalité, s\u2019était rendue à l\u2019école par autobus d\u2019écoliers comme elle le fait tous les matins.Durant toute la journée hier les enquêteurs ont tenté de déterminer si l\u2019adolescente avait assisté à ses cours dans la journée de vendredi.Les policiers ont eu beaucoup de difficultés à rejoindre les professeurs de l\u2019étudiante à cause du week-end.Ce n\u2019est qu\u2019hier matin que la police a été avisée de la disparition de l\u2019adolescente.L\u2019agent Isabelle Gendron de la SQ a indiqué hier soir que la jeune fille n\u2019avait jamais fait de fugue auparavant et que toutes les hypothèses pour expliquer sa disparition avaient été envisagées par les enquêteurs.«Rien n\u2019a été laissé au hasard hier et des recherches ont été entreprises dans la région de Sainte-Marie- Salomé et particulièrement près de la polyvalente», a expliqué Mme Gendron.Les professeurs de la jeune fille ainsi que des amis ont été rencontrés par les policiers durant la journée d\u2019hier.Cette disparition n\u2019a pas été sans rappeler, ne serait-ce que durant quelques heures, celle de Julie Surprenant, dont on est sans nouvelles depuis le 16 novembre dernier à Terrebonne.Voies réservées: Montréal serre la vis n Avis aux automobilistes rebelles : à compter de demain, l\u2019Agence métropolitaine de transport (AMT) et le Service des travaux publics et de l\u2019environnement de la Ville de Montréal accentueront leurs contrôles sur les voies réservées au transport en commun.Cette mesure vise principalement les voies réservées de l\u2019avenue du Parc, du chemin de la Côte-des-Neiges et du boulevard René-Lévesque.Les automobilistes qui circulent ou arrêtent illégalement dans les voies entre 6 h 30 et 9 h 30 ainsi qu\u2019entre 15 h 30 et 18 h 30 pendant la semaine s\u2019exposent à une amende de 136 $, en plus des frais de remorquage de 50 $ pour les véhicules qui y sont stationnés.Navire échoué n Un cargo qui avait jeté l\u2019ancre pour la nuit s\u2019est échoué hier sur un haut-fond dans le lac Saint- Louis, à la hauteur de Beauharnois.Des vents violents ont fait lâcher prise à l\u2019ancre et le navire a dérivé.Deux remorqueurs ont vainement tenté hier de le renflouer.Un troisième remorqueur est attendu aujourd\u2019hui afin de reprendre la manoeuvre.Le cargo, un transporteur en vrac, n\u2019est pas chargé, ce qui devrait faciliter l\u2019opération.Le navire n\u2019a pas été endommagé.Déversement n Cinq employés du restaurant Baba-Reeba, 3612, boulevard Saint-Laurent, à Montréal ont été légèrement incommodés hier soir par des vapeurs provenant d\u2019un ancien commerce de nettoyage situé à côté du restaurant.Tous les clients ont été évacués par les pompiers de Montréal.Jean-Guy Labarre, chef aux opérations du Service de prévention des incendies, a expliqué qu\u2019une fuite s\u2019était produite dans un baril de produits chimiques entreposé dans le local du nettoyeur.La section des produits dangereux s\u2019est chargée du baril.Le procès Sawyer se poursuit n L\u2019ex-conjointe de Gordon Sawyer, Ninon Paquette, a été le seul témoin à être entendu, avant-hier, au procès de l\u2019excommentateur sportif de Radio- Canada.Même si l\u2019audience n\u2019a débuté qu\u2019en après-midi, dès 9 h, des membres de la Coalition pour la défense des droits des hommes du Québec étaient présents, avec des pancartes, devant le palais de justice de Laval.Sawyer, qui est détenu à la prison de Saint-Jérôme depuis le 22 novembre, est accusé de voies de fait et de menaces de mort.Il a été incarcéré à la suite de bris de conditions.En pleurs, Mme Paquette a dit : « Je veux qu\u2019il me foute la paix, qu\u2019il arrête de me taper sur la gueule.» Devant le juge Michel Duceppe, de la Cour du Québec, Mme Paquette a aussi mentionné que Sawyer était un toxicomane, comme elle, et qu\u2019elle n\u2019avait pas peur que l\u2019accusé fasse de mal à leur fille.Elle a ajouté qu\u2019il s\u2019agissait plutôt d\u2019un problème entre elle et lui.Suicide d\u2019un détenu n Un détenu de 46 ans, incarcéré au centre de détention de Hull, a été retrouvé pendu dans la salle des douches par des gardiens vers 20 h 30 vendredi.C\u2019est en faisant le décompte des prisonniers, une fois ces derniers de retour en cellule, que les gardiens ont constaté l\u2019absence du détenu, qui s\u2019est pendu avec un vêtement.Une enquête a été instituée par la Sûreté du Québec.Coupables de meurtre n Après des années de querelles et de délais judiciaires, deux hommes ont été condamnés hier pour avoir abattu une jeune femme alors qu\u2019elle prenait tranquillement un café dans un café branché de Toronto, il y a plus de cinq ans.Lawrence Brown, âgé de 30 ans, a été reconnu coupable de meurtre prémédité et de vol ; il a été condamné à l\u2019emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.« Le seul commentaire que j\u2019ai à faire, c\u2019est de vous demander si c\u2019est une blague », a -t-il déclaré calmement au juge après le prononcé de la sentence.Mélanie Duquette, 16 ans Le PQ de Montréal appelle à une coalition MARIE-CLAUDE GIRARD Les représentants du Parti québécois dans Montréal- Centre et Ville-Marie invitent les militants libéraux et adéquistes à se joindre à eux pour appuyer la réplique que proposera cette semaine l\u2019Assemblée nationale à l\u2019avant-projet de loi fédéral sur la clarté d\u2019un référendum sur la souveraineté.« Je pense qu\u2019il va falloir se mobiliser.Le gouvernement fédéral est en train de perdre la tête.Il revient sur l\u2019idée de partition, une idée qui va à l\u2019encontre du droit international », commente Mario Beaulieu, président du PQ dans Montréal-Centre.« Si l\u2019ensemble des Québécois, fédéralistes et souverainistes, pouvait s\u2019engager clairement là-dessus, peut-être qu\u2019on pourrait s\u2019engager sur quelque chose de constructif.» Tout comme Luc Thériault, président du PQ dans Ville-Marie, il estime que Jean Chrétien et Stéphane Dion déforment « grossièrement l\u2019avis de la Cour suprême » et « tentent de contourner l\u2019obligation canadienne de négocier après un OUI québécois à la souveraineté ».« D\u2019une part, ce n\u2019est pas à la Cour suprême de décider pour les Québécois, croit M.Beaulieu.D\u2019autre part, ils sont en contradiction avec la décision de la Cour suprême.» D\u2019après l\u2019avant-projet de loi, « c\u2019est le fédéral qui décide de l\u2019ensemble du processus, qui détermine ce qu\u2019est une majorité claire », dit-il.À son avis, si la question n\u2019est pas claire, les gens vont simplement voter NON.« Pourquoi changer les conditions d\u2019un coup ?On ne change pas les règles du jeu parce qu\u2019on s\u2019aperçoit qu\u2019on est en train de perdre.» La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est du même avis.Si le projet de loi est adopté, il niera le droit le plus fondamental que possède le peuple québécois, celui de contrôler son destin national, affirme- t-elle.L\u2019organisme considère qu\u2019Ottawa et Québec ne pourraient négocier « d\u2019égal à égal » des conditions de la séparation puisqu\u2019on inclurait entre autres dans le processus les neuf autres provinces.La SSJB soutient que le Canada est en train de renier sa signature à la déclaration d\u2019Helsinki sur l\u2019égalité des peuples et leur droit à disposer d\u2019eux-mêmes.Le gouvernement f a i t p r e u v e d \u2019 u n e « insouciance inouïe en agitant le spectre du découpage ethnique du territoire du Québec », estime-t-on.Dans une publicité publiée hier dans Le Devoir, la SSJB souligne que la décision de la Cour suprême « reconnaît la légitimité que viendrait conférer au Québec un vote pour le OUI », et déclare qu\u2019Ottawa devrait alors négocier de bonne foi.« Mais Jean Chrétien veut se défiler de cette obligation.» Moody\u2019s maintient la cote de Montréal RAYMOND GERVAIS Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean Fortier, est satisfait du maintien du niveau de la cote de crédit attribuée à la Ville par la firme newyorkaise de notation de crédit Moody\u2019s.Depuis 1995, Montréal a réussi à maintenir la cote A2 auprès de Moody\u2019s.Moody\u2019s a décidé de maintenir la cote de crédit de la Ville après avoir effectué une analyse économique, financière et budgétaire.La firme américaine note dans son analyse un renforcement de l\u2019économie de Montréal.Elle identifie la vigueur du marché immobilier qui se traduit par une reprise de la croissance des valeurs sur les marchés résidentiel et commercial.Moody\u2019s note également la hausse du nombre de mises en chantier, la réduction du taux d\u2019inoccupation des logements et des édifices commerciaux, ainsi que la diminution du taux de chômage.La performance de Montréal dans le domaine de la haute technologie a également pesé dans la balance en faveur de l\u2019obtention de la cote.Moody\u2019s a signifié à la Ville que d\u2019importants dossiers faisant actuellement l\u2019objet de discussions pourraient avoir une influence sur les perspectives budgétaires et financières de la Ville.La firme américaine faisait alors allusion aux négociations en cours sur le nouveau pacte fiscal et à la révision des structures au niveau de la région métropolitaine.Il en va de même pour l\u2019importance de la dette, le déficit actuariel des caisses de retraite ainsi que la situation financière des sociétés paramunicipales.À ce chapitre, M.Fortier a indiqué que l\u2019administration avait l\u2019intention d\u2019adopter un plan d\u2019action devant permettre d\u2019améliorer leur situation financière par une diminution de la taille de leur actif et de leur endettement.PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse © Environ 300 citoyens des quartiers Mercier, Hochelaga-Maisonneuve et Centre-Sud ont profité des journées portes ouvertes organisées par le ministère des Transports pour faire valoir leur point de vue sur le projet de modernisation de la rue Notre-Dame.Ci-dessus, le chargé de projet Jean-Michel Boisvert, en compagnie de Réjean Denis.Québec consulte les citoyens avant de prolonger l\u2019autoroute Ville-Marie MARTINE ROUX Devant les inquiétudes soulevées par son projet de prolongement de l\u2019autoroute Ville-Marie jusqu\u2019au tunnel Louis-Hippolyte-La- Fontaine, le ministère des Transports vient de terminer une tournée des quartiers Mercier, Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve.But de cette opération séduction : recueillir les commentaires des citoyens concernés par la « modernisation de la rue Notre- Dame », comme on appelle officiellement le projet, afin d\u2019en modifier éventuellement certains aspects.S\u2019il prend de plus en plus forme sur les tables à dessin du ministère, le projet n\u2019en est encore qu\u2019à l\u2019étape de la réflexion, souligne la porte-parole du ministère, Marjolaine Veillette.« Voilà pourquoi nous tenons à recueillir les commentaires et les propositions des citoyens, que nous examinerons avant d\u2019aller plus loin, promet-elle.Dans la mesure du possible, nous souhaitons que le projet soit en harmonie avec le milieu.» Évalué à quelque 250 millions, le projet présenté aux citoyens propose de transformer la rue Notre- Dame en « super boulevard » à six voies avec un terre-plein au centre.Longue de neuf kilomètres, la nouvelle partie de la rue Notre-Dame \u2014 qui comprend également le tronçon est du projet, complété l\u2019an dernier, entre la rue Dickson et l\u2019échangeur de l\u2019autoroute 25 \u2014 serait enfouie en différents endroits sur un peu plus d\u2019un kilomètre.Pour joindre la nouvelle section à l\u2019autoroute 25, le ministère envisage deux scénarios : faire bifurquer la rue Notre-Dame par la rue Dickson, qui fait déjà le lien entre l\u2019échangeur et la rue Notre-Dame, ou par la gare de triage appartenant actuellement au Canadien National.Dans les quartiers concernés, le projet soulève toutefois beaucoup d\u2019inquiétudes : on craint notamment que la rue Notre-Dame nouvelle mouture coupe tout lien avec le fleuve tout en apportant son lot d\u2019irritants liés à la circulation, au bruit et à la pollution.« Les principales préoccupations concernent la sécurité publique, soutient Jean- Michel Boisvert, chargé de projet au ministère des Transports.Les résidants veulent que les aménagements reflètent un quartier dont ils peuvent être fiers.» Mais selon lui, le volet routier « n\u2019est qu\u2019un des quatre volets du projet.On prévoit aussi l\u2019aménagement d\u2019un corridor récréotouristique, d\u2019un corridor patrimonial ainsi que de panoramas sur le fleuve et sur la ville.» Ainsi, explique- t-il, la rue sera agrémentée d\u2019un piste cyclable, les bâtiments historiques égrenés sur son parcours seront mis en valeur et 80 000 pieds carrés d\u2019espaces verts seront aménagés.Les six journées « portes ouvertes » tenues par le ministère ces derniers jours ont attiré environ 300 visiteurs, dont 150 ont rempli des fiches-commentaires.Quoi qu\u2019il advienne, le projet est encore loin de voir le jour, rappelle Mme Veillette.Il fera sous peu l\u2019objet d\u2019une étude d\u2019impact environnemental avant d\u2019être soumis au ministère de l\u2019Environnement qui, s\u2019il en approuve les orientations, le soumettra éventuellement à son tour au Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement. 7LP0401A1212 A4 DIMANCHE 7LP0401A1212 ZALLCALL 67 00:59:47 12/12/99 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 La poudrière linguistique sur le point de sauter à Ottawa Gérald LeBlanc Mike Harris vient de mettre le feu aux poudres, au coeur même de la poudrière du bilinguisme canadien, en refusant d\u2019imposer le bilinguisme à la ville de 750 000 habitants qui naîtra bientôt de la fusion des 11 municipalités de la région d\u2019Ottawa.Le conseiller spécial du gouvernement avait, dans son rapport, suggéré d\u2019inclure dans la loi le statut bilingue de la capitale, en raison de son importante minorité francophone et en tant que capitale d\u2019un pays fier de ses deux langues officielles.Mike Harris dit qu\u2019il ne convient pas d\u2019imposer le bilinguisme et laisse aux élus municipaux le soin de déterminer le statut de leur ville, comme ce fut toujours le cas dans le passé.Son ministre des Affaires francophones et député de la région d\u2019Ottawa, John Baird, ajoute que les francophones continueront sans doute de recevoir les services offerts dans leur langue par la municipalité régionale Ottawa-Carleton (MRO).Les réactions ne se sont pas fait attendre.On a accusé Mike Harris de bêtise et d\u2019insensibilité crasses.L\u2019attaque a porté sur deux fronts : les services aux francophones et le statut symbolique de la capitale nationale.Les arguments locaux Les francophones sont-ils bien servis dans les structures actuelles ?Certes pas à la perfection, mais de façon plutôt satisfaisante, avec des variantes selon les secteurs et selon les concentrations francophones indiquées dans le tableau ci-contre.On retrouve la plupart des francophones à Ottawa et dans son enclave de Vanier, ainsi que dans les villes de Cumberland et Gloucester, quatre municipalités bilingues \u2014 en vertu de résolutions municipales et non d\u2019une loi provinciale \u2014 où bon nombre de services sont offerts en français.C\u2019est la même chose à la MRO, de qui relève plus de 80 % des services, avec des points faibles notamment du côté du corps policier et parmi les directeurs de services.La nouvelle ville comprendra un peu moins de 15 % de francophones, tout comme l\u2019actuelle MRO.Pourquoi donc supposer que la situation empirera ?« Parce qu\u2019il faudra recommencer à zéro et livrer une bataille déchirante aux prochaines élections.C\u2019eût pourtant été si facile : Queen\u2019s Park n\u2019avait qu\u2019à évoquer le statut particulier de la capitale nationale pour éviter de créer un précédent », estime Jacques Legendre, conseiller à la MRO.« Je suis bien déçu car M.Shortliffe avait bien compris notre position.On nous enlève ce qu\u2019on avait déjà, ce qui était déjà en place et accepté par tout le monde », ajoute Gerry Lalonde, maire de Cumberland, une ville dont près du tiers des citoyens sont francophones.On fait valoir que ce coup bas des conservateurs, parmi lesquels on retrouve un seul député francophone, Marcel Beaubien, qui représente une circonscription anglaise du sud-ouest, s\u2019ajoute à ceux de l\u2019hôpital Montfort et du collège agricole d\u2019Alfred.On ajoute que le ministre Baird est justement député de Nepean, la ville la plus opposée à toute forme de bilinguisme.Les arguments nationaux Sur le front national, ce sont les gros canons du gouvernement Chrétien, appuyés par les leaders de la minorité francophone de l\u2019Ontario et du reste du Canada, qui sont montés au front.On ne comprend pas et on promet de parler à Mike Harris, mais on n\u2019ose pas trop s\u2019avancer sur ce territoire strictement provincial, comme le leur rappelle le leader ontarien.Les choses auraient pu continuer comme avant \u2014 aucun statut officiel et les francophones arrachant à la pièce des services dans leur langue \u2014 si seulement le conseiller du gouvernement, Glen Shortliffe, n\u2019avait pas dit explicitement qu\u2019il serait normal que la capitale d\u2019un pays bilingue le soit aussi.« Normal » et « doit » sont justement les mots employés par le ministre Dion et le premier ministre Chrétien pour inciter Mike Harris à revenir sur sa décision.« Il n\u2019est pas facile d\u2019amener Mike Harris à changer d\u2019idée.Jusqu\u2019ici seuls les tribunaux et les jumelles Dionne ont réussi cet exploit », rappelle cependant le conseiller Legendre.Cette affaire vient s\u2019ajouter à de nombreux autres soubresauts linguistiques qui ont secoué la capitale nationale.Il y eut le tollé suscité par la nomination du Québécois David Levine à la direction de l\u2019hôpital d\u2019Ottawa et surtout la fermeture de Montfort, le seul hôpital francophone de la province, que le tribunal vient d\u2019annuler en vertu d\u2019un jugement que le gouvernement Harris songe à porter en appel.C\u2019est justement parce que le bilinguisme canadien n\u2019arrive pas à enrayer l\u2019anglicisation qu\u2019il faut maintenir des institutions autonomes pour les francophones, selon le jugement du tribunal.En même temps, l\u2019ancien secrétaire de la commission royale qui a donné naissance à la Loi sur les langues officielles, Neil Morrison, dégonflait le « mythe d\u2019un Canada bilingue » et invitait à reconnaître « l\u2019échec de la Loi sur les langues officielles », qui n\u2019a pas enrayé l\u2019anglicisation des Franco-Canadiens.Et le sénateur Maurice Simard y allait d\u2019un émouvant plaidoyer, fondé sur d\u2019alarmantes statistiques, pour que le fédéral prenne au sérieux l\u2019implacable érosion du fait français au Canada.Et la Commission nationale des parents francophones constatait, en s\u2019appuyant sur les données de la clientèle scolaire du Canada francophone hors Québec, qu\u2019il n\u2019y avait plus beaucoup d\u2019enfants pour fréquenter les écoles francophones arrachées de haute lutte, 40 % de la clientèle potentielle ne comprenant pas le français et 60 % ne le parlant pas à la maison.Toutes ces sonnettes d\u2019alarme n\u2019ont cependant pas provoqué le tollé soulevé par l\u2019omission de Mike Harris au sujet du symbole d\u2019une capitale nationale bilingue.Ce qui rappelle les propos du maire Fratesi, qui avait décrété l\u2019unilinguisme anglais dans sa ville de Sault-Ste-Marie.« Ottawa et Toronto ne me reprochaient pas notre pratique de tout conduire en anglais, mais le fait que nous l\u2019ayons dit publiquement », nous avait dit le brave maire, qui n\u2019avait pas encore compris que les symboles comptent plus que la réalité.2811453 7LP0501A1212 a05 lacon dim 12 d cembr 7LP0501A1212 ZALLCALL 67 00:59:52 12/12/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 A 5 Le festival des rétrospectives Le grand festival des rétrospectives bat son plein.La planète entière vit un gros flash-back.On ressort toutes nos vieilles affaires.C\u2019est la grande vente-débarras de l\u2019Histoire.Tous les médias font la revue de l\u2019année, la revue de la décennie, la revue du siècle et la revue du millénaire.Il y a tellement de rétrospectives, en ce moment, que bientôt, pour s\u2019y retrouver, il faudra faire une rétrospective des rétrospectives.Dans le but de vous éviter de vous taper toutes ces anthologies, en voici une complète et succincte : 2000 ans en bref.En l\u2019an zéro, ce serait censé être la naissance de Jésus.Mais au fond, Jésus-Christ est né en l\u2019an 3 avant Jésus-Christ.Ce qui a tout mêlé les fonctionnaires de l\u2019époque, et Jésus n\u2019a pas reçu sa carte d\u2019assurance-maladie avant l\u2019âge de quatre ans.En l\u2019an 30, c\u2019est sûrement l\u2019événement dont on a le plus parlé de l\u2019Histoire : la crucifixion de Jésus.Imaginez si CNN avait existé dans ce temps-là ! Quel show ils auraient fait avec ça ! Un hélicoptère muni d\u2019une caméra aurait survolé le parcours de la Passion du Christ.Et on l\u2019aurait vu tomber trois fois en direct.Ponce Pilate se serait lavé les mains devant Larry King.Et on aurait demandé à Jésus de ne pas ressusciter le dimanche matin, mais aux heures de grande écoute, le dimanche soir, pour les cotes d\u2019écoute ! En l\u2019an 79, la ville de Pompéi est détruite par l\u2019éruption du Vésuve.Ce qui a d\u2019ailleurs permis à un chanteur romain de l\u2019époque, Gillus Vignus d\u2019écrire son plus grand succès : Pompéi, ce n\u2019est pas Pompéi, c\u2019est de la lave ! En 476, c\u2019est la chute de l\u2019empire romain.« César » cesse d\u2019être un nom d\u2019empereur et devient un nom de salade.En l\u2019an 770, l\u2019empereur Charlemagne invente l\u2019école.Deux mois plus tard, les professeurs inventent la convention collective.En l\u2019an 1000, les Vikings découvrent les côtes de l\u2019Amérique.Malheureusement pour eux, ils ont essayé de planter leur drapeau, mais comme c\u2019était un drapeau IKEA, ils ne sont jamais parvenus à le monter.Voilà pourquoi c\u2019est à Christophe Colomb, près de 500 ans plus tard, que reviendra le mérite d\u2019avoir découvert l\u2019Amérique.Au milieu du XIIIe siècle, on érige la cathédrale de Notre-Dame de Paris pour faire plaisir à Dieu et à Luc Plamondon.En l\u2019an 1431, Jeanne d\u2019Arc devient la première personne à être incinérée.La technique n\u2019était cependant pas encore tout à fait au point.On avait oublié d\u2019attendre qu\u2019elle soit morte.En l\u2019an 1534, Jacques Cartier découvre le Canada.Depuis ce temps-là, il fait froid ! En l\u2019an 1663, Galilée est injustement condamné pour avoir osé prétendre que la terre tourne autour du soleil.Aujourd\u2019hui, tout le monde sait que la terre tourne autour de Bill Gates.En 1776, Thomas Jefferson proclame l\u2019indépendance des États-Unis.Ce qui entraînera la dépendance du reste du monde.En 1789, c\u2019est la Révolution française.On coupe la tête à tout le monde.C\u2019est d\u2019ailleurs pour ça, que depuis ce temps, les Français portent un béret ; pour être bien sûr qu\u2019ils en ont toujours une ! En 1804, Napoléon se proclame l\u2019empereur des Français.On sait que Napoléon a été le premier utilisateur d\u2019un cellulaire qui vibre, c\u2019est pourquoi il avait toujours sa main sur sa petite poche intérieure.En 1914, c\u2019est le début de la Première Guerre mondiale.Selon les films de l\u2019époque, les soldats couraient très vite dans ce temps-là.En 1917, c\u2019est la révolution russe.Le système communisme n\u2019apportera pas grandchose au peuple russe, mais il permettra au Canadien d\u2019avoir un maudit bon trio.En 1928, c\u2019est le krach à la Bourse de New York.(Note au lecteur : si vous êtes un habitant de Montréal et vous ne savez pas ce qu\u2019est la Bourse, demandez à quelqu\u2019un de Toronto.) En 1939, c\u2019est le début de la Deuxième Guerre mondiale.Le seul bon côté à la folie d\u2019Adolf Hitler, c\u2019est qu\u2019elle aura permis à Spielberg de gagner un oscar.En 1945, les Américains envoient la bombe atomique sur le Japon.Les Japonais se vengeront, 54 ans plus tard, en leur envoyant les Pokémons ! En 1963, John F.Kennedy est assassiné à Dallas.Il était beau, fort, intelligent, riche, il était l\u2019homme le plus puissant du monde, il avait la plus belle femme du monde en Jackie Kennedy et la plus belle maîtresse du monde en Marilyn Monroe.Ça peut pas toujours aller ben.En 1969, l\u2019homme marche sur la Lune.Et pis, après ?En 1971, la guerre du Vietnam fait rage.Des milliers de parents américains pleurent de peur et d\u2019effroi, et craignent le pire, en voyant leurs enfants partir pour aller se cacher au Canada.En 1973, le scandale du Watergate éclate.Richard Nixon deviendra le premier président à devoir démissionner parce qu\u2019il a menti au peuple.Normalement, lorsqu\u2019un président fait ça, il se fait élire.En 1981, c\u2019est le mariage du prince Charles et de lady Diana.Le mariage est retransmis en direct à la télé, dans 120 pays, grâce aux oreilles du prince Charles qui servent de transmetteurs ! En 1989, le mur de Berlin tombe.Pourtant, ce n\u2019est pas Taillibert qui l\u2019avait conçu.En 1991, c\u2019est la très expéditive guerre du Golfe.Avant, les guerres duraient 100 ans, désormais, elles durent trois jours, mais font 100 fois plus de morts.On n\u2019arrête pas le progrès.En 1997, on réalise le premier clonage.Cela donne une idée à Lara Fabian.Enfin, en 1999, il ne s\u2019est rien passé.Tout le monde était occupé à faire des rétrospectives.Stéphane Laporte Ottawa versera 150 millions en trois ans aux éditeurs de magazines canadiens 2812332 Presse Canadienne TORONTO Ottawa versera 150 millions en trois ans aux éditeurs de magazines du pays pour soutenir l\u2019industrie du magazine à contenu canadien, selon des sources gouvernementales.La ministre du Patrimoine canadien Sheila Copps devrait annoncer les termes de ce programme, cette semaine, selon ce qu\u2019a appris le quotidien Toronto Star.Le programme d\u2019aide sera revu après trois ans pour s\u2019ajuster aux besoins de l\u2019industrie.Mme Copps avait promis un geste d\u2019appui du gouvernement canadien, en mai dernier, après que Canadiens et Américains en furent arrivés à un compromis dans le dossier des magazines.Les éditeurs canadiens se plaignent que les Américains distribuent au pays leurs magazines en y insérant quelques articles canadiens, mais surtout des publicités « locales », ce qui vient gruger l\u2019assiette publicitaire.Mme Copps avait d\u2019abord menacé d\u2019interdire la vente au pays d\u2019« éditions canadiennes » de magazines américains, ce qui avait soulevé l\u2019ire des éditeurs des États- Unis.Washington a menacé de déclencher une guerre commerciale à ce sujet.Le compromis prévoit un accès plus grand au pays des magazines américains à contenu canadien marginal, mais aussi des tarifs publicitaires réduits aux annonceurs canadiens.Les éditeurs canadiens, déçus, ont soutenu que le compromis leur ferait perdre jusqu\u2019à 300 millions par année en revenus publicitaires \u2014 près de la moitié de ce qu\u2019ils tirent des annonceurs chaque année.Le porte-parole de l\u2019Association canadienne des éditeurs de magazines, John Thomson, du Canadian Geographic, prévient que l\u2019industrie sera vigilante et évaluera rapidement si le programme fédéral est suffisant pour contrer l\u2019empiètement américain dans l\u2019assiette publicitaire canadienne.RABAIS JUSQU\u2019À 75 Juste à temps pour NOËL SUPER SOLDE D\u2019ARTICLES MÉNAGERS % CADEAUX ET ARTICLES MÉNAGERS À PRIX IMBATTABLES Ens.7 pièces pour pâtes fait en Italie 1999$ Support pour lampions Coutellerie en acier inox lourd Support inclus Service pour 6 2999$ 2999$ Cour.49,99 $ Cour.49,99 $ Cour.59,99 $ Service en fine porcelaine 47 pièces Service complet pour 8 5999$ Ens.de 4 verres en cristal Cour.199,99 $ 1499$ Cour.34,99$ Batterie Milano 10 pièces Acier inox 18/10 GratuiteGratuiteGratuiteGratuiteGratuiteGratuite! 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construire une section fermée et ventilée pour les fumeurs.« De toute façon, qui va faire appliquer cette loi-là ?» lance- t-il sur un ton de défi.Bonne question.Déjà, la loi adoptée par l\u2019Assemblée nationale en juin 1998 est peu explicite làdessus et les déclarations du ministre Gilles Baril, qui annonçait en octobre que les sanctions pénales seraient suspendues pendant six mois à un an, n\u2019ont rien fait pour clarifier les choses.« Ça a créé une grosse confusion sur le terrain.Les gens ne savent plus sur quel pied danser », lance Daniel Lemire, consultant au Centre mieux vivre sans fumée.Les déclarations vagues du ministre délégué à la Santé ont à tel point mêlé les cartes que le nombre d\u2019entreprises qui se pressaient jusqu\u2019en octobre aux portes des consultants spécialisés dans l\u2019implantation de politiques antitabac a baissé dans certains cas de 75 %.Un cancer vitré Sans parler des irréductibles opposants à la loi comme Yvan Guay.« C\u2019est inacceptable que l\u2019État se mette le nez là-dedans », lance M.Guay, dont 80 % de la clientèle fume.Son restaurant ne réserve pour l\u2019instant aucune place aux non-fumeurs et il n\u2019est pas question pour lui d\u2019envisager la construction d\u2019une section fermée pour les fumeurs.« Un cancer vitré.On n\u2019en veut pas », tranche-t-il.« On n\u2019avait pas besoin de cette loi-là.Le gouvernement voulait bien paraître dans les médias, mais la loi ne sera jamais vraiment mise en application, parce que Québec n\u2019en a pas les moyens », estime-til.«S\u2019il y a un problème avec la loi, c\u2019est le renforcement.Si on n\u2019a pas de moyens pour la faire respecter, elle ne le sera pas », opine François Damphousse, de l\u2019Association pour les droits des non-fumeurs.Un exemple frappant que le gouvernement n\u2019a pas fait ses devoirs, illustre-t-il : les citoyens qui voudraient se plaindre n\u2019ont aucun lieu défini où s\u2019adresser.« Où on appelle pour se plaindre ?Dès l\u2019entrée en vigueur de la loi, il aurait fallu que le gouvernement mette sur pied une ligne 1-800 ».Pénalités En théorie, une fois écoulé le délai fixé par le ministre Baril, les fumeurs délinquants seront passibles d\u2019amendes de 50 $ à 300 $ et, en cas de récidive, de 100 $ à 600 $.Tout cela évidemment après que leur employeur leur eut fait subir les sanctions administratives prévues lorsqu\u2019un employé viole une directive interne.Les patrons d\u2019entreprises qui négligent de faire respecter la loi \u2014 les restaurants, par exemple \u2014 pourraient eux aussi écoper d\u2019amendes, de 400 $ à 10 000 $.Un dépanneur qui vendrait du tabac à un mineur pourrait tomber sous le coup de pénalités de 300 $ à 6000 $.Mais le hic, c\u2019est que les inspecteurs chargés de faire respecter la loi ne seront pas légion.À l\u2019échelle nationale, Québec nommera sept inspecteurs pour policer les 10 000 détaillants en alimentation, à qui la loi québécoise interdira de vendre du tabac aux mineurs.Ces sept inspecteurs s\u2019ajouteront aux dix du fédéral qui font le même travail depuis 1991.Avec bien peu de résultats, nous a appris une récente étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec, puisque près d\u2019un jeune sur deux qui fume régulièrement achète ses cigarettes en toute impunité dans les dépanneurs, la plupart du temps sans se faire poser la moindre question sur son âge.En plus, ces sept « policiers du tabac » devront répondre aux demandes des employés qui auraient à se plaindre de la façon dont leur employeur applique, ou n\u2019applique pas, la loi.Rappelons que 300 000 entreprises sont touchées par la nouvelle législation.« Probablement qu\u2019il va falloir nommer plus d\u2019inspecteurs.Mais on va commencer avec ça.Si on voit que ce n\u2019est pas assez, on avisera », souligne le sous-ministre à la Santé, Richard Massé.À l\u2019intérieur même des entreprises, les grandes compagnies chargeront vraisemblablement leurs agents de sécurité de jouer la police auprès des contrevenants.Pour les PME, dont font partie plusieurs restaurants, le problème de l\u2019application de la loi demeure entier, convient Richard Massé.« Il va falloir voir s\u2019il est nécessaire que quelqu\u2019un vienne de l\u2019extérieur », dit-il.Mais pour lui, les sanctions pénales représentent un ultime recours, qui ne sera que peu utilisé.« On ne veut pas que ça devienne une loi à ticket.Il faut bien sûr que les gens voient la conséquence de leur geste, mais ce n\u2019est pas notre façon d\u2019appliquer le coeur de la loi.» Et les consultants, qui ont aidé des centaines d\u2019entreprises à implanter la loi, sont plutôt d\u2019accord.« Dans les entreprises, les cas de récalcitrants sont plutôt rares parce qu\u2019ils font rapidement face à la réprobation du milieu en général.Et surtout des ex-fumeurs », souligne Micheline Bail, chargée par la régie régionale d\u2019épauler les entreprises dans l\u2019adoption d\u2019une politique antitabac.« On arrive à une collaboration assez facilement de la part des fumeurs.On n\u2019a pas besoin de parler de pénalités.Seule une minorité va attendre de subir des sanctions », ajoute Daniel Lemire.Katia Gagnon PHOTO REMI LEMEE, La Presse Le restaurant d\u2019Yvan Guay ne réserve pour l\u2019instant aucune place aux non-fumeurs et il n\u2019est pas question pour lui d\u2019envisager la construction d\u2019une section fermée pour les fumeurs.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse Comme pratiquement tous ses employés fument, le fleuriste Jean-Marc Berthiaume aimerait bien que Québec soit plus souple dans l\u2019application de sa loi.Toutes les usines d\u2019Air Liquide au Canada sont sans fumée, sauf quatre dans la région de Montréal.« On peut fumer partout dans les usines, sauf dans les bureaux et dans l\u2019usine qui embouteille des gaz », dit Germain Lambert, président du syndicat.PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse Robert Moreau, propriétaire du Centre de l\u2019auto Robert, ne se soumettra pas, le 17 décembre, à la loi antitabac.Il continuera à fumer jusqu\u2019à ce que les inspecteurs viennent l\u2019avertir.«Les affiches non-fumeur sont déjà dans les vidanges» Personne ne semble intéressé à monter aux barricades pour faire respecter la loi Hugo Dumas Les deux mains plongées dans le moteur crasseux d\u2019une Suzuki Swift bleue métallique, Robert Moreau, une Player\u2019s coincée entre les lèvres, vérifie le niveau d\u2019huile, puis remplace le filtre à air.Entre les quatre murs de son petit garage de la rue Garnier, dans le quartier Rosemont, pas question de se soumettre à la nouvelle loi antitabac de Québec.« C\u2019est déjà pas sain ici, avec la boucane des autos, la boucane de la soudure.Ce n\u2019est pas une cigarette de plus ou de moins qui va changer ça.De toute façon, on a un bon système de ventilation », dit le patron du Centre de l\u2019auto Robert, qui fume depuis une quinzaine d\u2019années.Une loi, deux mesures Si jamais les inspecteurs du gouvernement débarquent dans son atelier de réparation, M.Moreau promet de se tenir tranquille.Sauf qu\u2019il s\u2019allumera une cigarette dès qu\u2019ils lui tourneront le dos.La loi est stupide, selon lui.Et les affiches « non-fumeur » dont il devrait, le 17 décembre, tapisser les murs de son garage ?« Elles sont déjà dans les vidanges, dit M.Moreau.C\u2019est encore une loi, deux mesures : elle ne s\u2019applique même pas au Casino de Montréal.» La loi antitabac pose un autre type de problème à Jean-Marc Berthiaume, un fleuriste du quartier Saint-Henri, dans le sud-ouest de Montréal.C\u2019est que quatre des six employés de sa petite boutiqueatelier de la rue Notre-Dame Ouest fument régulièrement.Les deux autres, dont M.Berthiaume, ne détestent pas l\u2019odeur de la cigarette et s\u2019en accommodent très bien.Un petit cendrier en forme de coeur traîne près de la caisse enregistreuse.« Je ne suis pas contre le principe de la loi, mais le gros bon sens devrait prévaloir.Si tout le monde est d\u2019accord, je ne vois pas pourquoi on devrait s\u2019empêcher de fumer dans le commerce », explique M.Berthiaume.Pourquoi ne pas imposer aux employés de griller leurs cigarettes à l\u2019extérieur ?« On n\u2019a pas le temps de s\u2019arrêter pour aller fumer une cigarette dehors.Il faut toujours travailler très vite », dit le fleuriste.À quelques jours de l\u2019entrée en vigueur de la loi, M.Berthiaume ne voit pas l\u2019urgence de modifier son environnement de travail.Surtout que le gouvernement québécois a reporté de six à douze mois les sanctions contenues dans la loi, qui est beaucoup trop rigide, selon lui.Il ne chassera pas non plus les clients qui se pointeront, cigarette à la main, pour lui acheter une couronne funéraire ou un bouquet de fleurs.Personne ne peut se permettre de rater une vente.« J\u2019ai toujours géré mon commerce comme je le voulais et je vais continuer.Je m\u2019adapte à chacun de mes clients », dit-il.Air Liquide Bien avant le gouvernement, plusieurs entreprises ont concocté leur propre politique antitabac.Mais à certains endroits, les employés ont obtenu des assouplissements.Exemple ?Toutes les usines au Canada de la société française Air Liquide, qui se spécialise dans les gaz industriels et les produits de soudage, sont sans fumée depuis le 1er avril 1996, indique la direction.Toutes sauf quatre dans l\u2019est de l\u2019île de Montréal.« C\u2019est plus difficile à cause du syndicat », dit Louise Roberge, directrice des services généraux d\u2019Air Liquide à Montréal.Des électrodes à souder en acier sortent de l\u2019usine d\u2019Air Liquide du quartier Hochelaga-Maisonneuve, rue de Rouen.Le milieu de travail n\u2019y est pas des plus propres : les travailleurs écrasent leurs mégots directement sur le plancher de béton.Un ouvrier fait fonctionner une machine à laminer tout en aspirant de longues bouffées de sa cigarette.« On peut fumer partout dans les usines, sauf dans les bureaux et dans l\u2019usine qui embouteille des gaz comprimés », explique Germain Lambert, président du syndicat des quatre usines d\u2019Air Liquide de l\u2019est de Montréal.Les syndiqués disent ne pas s\u2019être cabrés quand Air Liquide leur a présenté sa politique visant à interdire la cigarette en milieu de travail.« Parfait, on leur a dit qu\u2019on embarquait.À la condition que tout soit sécuritaire et propre dans les usines.Ils ne sont jamais revenus à la charge par la suite », indique M.Lambert, qui représente 257 syndiqués.La direction d\u2019Air Liquide sait que des employés de Montréal fument et le tolère à certains endroits dotés d\u2019une bonne ventilation et où les plafonds sont élevés.Mais pour le 17 décembre ?« Présentement, on regarde ce qu\u2019on va faire.On va peut-être construire des fumoirs », dit Mme Roberge.« La cigarette est dommageable pour la santé, mais il y a des produits bien pires que ça dans l\u2019usine », ajoute M.Lambert, accroché à la nicotine depuis 30 ans.Unimin Canada Chez Unimin Canada, qui exploite des gisements de silice à Saint-Canut et Saint-Donat, dans les Laurentides, il est interdit de fumer partout, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur, sur les terrains de la compagnie minière.« C\u2019est une politique interne depuis huit ans.Notre règlement est plus fort que la loi du gouvernement », affirme Léo Cyr, directeur administratif chez Unimin Canada à Saint-Canut.Une série de sept mesures disciplinaires, allant de l\u2019avis verbal au congédiement, a même été élaborée pour les contrevenants.Pourtant, les employés n\u2019ont pas encore écrasé.« Les gens fument partout, dehors, à l\u2019intérieur.Ils ne se cassent pas la tête avec ça », dit Michel Charbonneau, président du syndicat qui regroupe 43 membres.Près de 40 % d\u2019entre eux fument.« On travaille dans un milieu très poussiéreux, les gars me disent : \u2018\u2018Sacrez-nous donc la paix avec la cigarette\u2019\u2019 », raconte M.Charbonneau.Et pourquoi personne n\u2019empêche les travailleurs d\u2019Unimin d\u2019enfreindre le règlement ?« S\u2019ils sont pris à fumer, ils ont une note disciplinaire à leur dossier.C\u2019est le contremaître qui doit faire respecter la politique », rappelle M.Cyr.Mais les contremaîtres tolèrent la consommation de nicotine et ne collent pas d\u2019amendes, dit Michel Charbonneau.« Ici, il n\u2019y a pas de police », souligne le président du syndicat.DEMAIN : Des entreprises proposent des solutions à leurs employés. 7LP0701A1212 A-7 DIMANCHE 7LP0701A1212 ZALLCALL 67 00:58:31 12/12/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 A 7 Christiane Savary monte au front pour faire invalider la loi de l\u2019aide sociale MARTINE ROUX Depuis la réforme de l\u2019aide sociale, en 1997, Québec déduit le montant de la pension alimentaire versée pour un enfant du chèque d\u2019aide sociale du parent gardien.Une mère de Sillery, Christiane Savary, déposera dans quelques jours une requête en Cour supérieure contre le ministère de la Solidarité sociale, afin de faire invalider cette mesure qui contribue selon elle à l\u2019appauvrissement des enfants.« Je vais seule au front.Si je gagne, 30 000 enfants pauvres bénéficieront de l\u2019annulation de la loi, comme autant de parents gardiens prestataires d\u2019aide sociale forcés de vivre dans des conditions précaires et autant de parents pourvoyeurs qui financent sans le savoir l\u2019aide sociale.» Assistée sociale depuis deux ans et demi et séparée depuis une dizaine d\u2019années, Christiane Savary a la garde légale de sa fille de 13 ans.Son ex-conjoint lui verse une pension alimentaire de 514 $ par mois que le ministère de la Solidarité sociale comptabilise comme un revenu familial.ce qui annule du même coup l\u2019admissibilité de Mme Savary à l\u2019aide sociale.Avec cette somme, elle doit donc subvenir à ses besoins essentiels et à ceux de sa fille.Mais impossible de contribuer aux frais de scolarité, à l\u2019achat de vêtements, aux médicaments en vente libre et autres dépenses liées à l\u2019éducation de son enfant, que son ex-conjoint assume entièrement.« La pension alimentaire doit être exclusivement appliquée à l\u2019enfant, dit-elle.Mais le ministère de la Solidarité sociale contourne les lois en nous obligeant à l\u2019utiliser comme un revenu familial.En conséquence, les enfants vivant dans des familles monoparentales s\u2019appauvrissent de façon catastrophique.» Selon elle, chaque cent qui entre dans la maison est considéré comme un revenu familial.« Deux ministères du même gouvernement, celui de la Solidarité sociale et celui du Revenu, ne s\u2019entendent pas sur la définition d\u2019un revenu ! Il y a des failles dans le système.» Pourquoi pénaliser les assistés sociaux qui ont la garde des enfants en saisissant leurs pensions alimentaires ?demande Mme Savary.Héberger un enfant sous la protection des centres jeunesse serait beaucoup plus payant, fait-elle valoir.« Si je transformais mon foyer en famille d\u2019accueil, je recevrais plus de 800 $ par mois pour un enfant de 13 ans ! Ce montant n\u2019est pas déductible de l\u2019aide sociale.C\u2019est une autre aberration.» Une adversaire de taille Une Jeanne d\u2019Arc nouveau genre, Christiane Savary ?Chose certaine, les parents prestataires d\u2019aide sociale ne pouvaient souhaiter meilleur porte-étendard : travailleuse sociale pendant 20 ans, enseignante à l\u2019occasion, Mme Savary est détentrice d\u2019un baccalauréat et d\u2019une maîtrise en service social assortis d\u2019une maîtrise en pharmacologie.Fille de communicateur, elle s\u2019exprime facilement et jouit de nombreux contacts.Des atouts ?Plutôt des handicaps lorsque vient le temps de cogner à la porte d\u2019un employeur.« Il y a deux catégories d\u2019assistés sociaux : ceux qui sont peu scolarisés et ceux qui le sont trop.Mon C.V.fait peur : j\u2019ai voulu travailler comme emballeuse dans des épiceries.On me refuse, même si j\u2019ai refait mon C.V.en omettant certaines qualifications.Je me heurte aux préjugés.Être sur l\u2019aide sociale, c\u2019est un cancer de l\u2019âme.» Sa détermination n\u2019est certes pas appréciée au ministère de la Solidarité sociale, qui tente par tous les moyens de mettre la patte sur les arguments qu\u2019elle fera valoir dans sa requête, dit-elle, et va quotidiennement à la pêche sur son site Internet.« Le ministre de la Solidarité sociale, André Boisclair, est bien mal tombé ! » s\u2019esclaffe-t-elle.À l\u2019extérieur des milieux politiques, Mme Savary recueille néanmoins une foule d\u2019appuis : centres jeunesse, CLSC, psycho-éducateurs, médecins, travailleurs sociaux, organismes socio-communautaires, intervenants en santé mentale, Front commun des personnes assistées sociales, Conseil du statut de la femme.Même le protecteur du citoyen, Daniel Jacoby, lui accorde son soutien.Au printemps dernier, Mme Savary a déposé une première requête en recours collectif, qui a été rejetée.Le 20 décembre prochain, elle prêtera seule le flanc.Se sent-elle d\u2019attaque ?« Je suis convaincue des lacunes du système.» Et si elle échoue ?« J\u2019aime autant ne pas y penser.J\u2019ai l\u2019intuition que le ministère réagira, bien qu\u2019il ne voudra pas perdre la face.Mais si la Cour supérieure conteste ma demande, je suis déterminée à me rendre jusqu\u2019en Cour suprême.» PHOTO JEAN CAZES, collaboration spéciale Les pensions alimentaires destinées aux enfants ne devraient pas être comptabilisées par l\u2019aide sociale comme un revenu, estime Christiane Savary.On peut visiter son site Internet à : www.savaryc.iquebec.com/savaryc 2812864 2812396 2812897 À surveiller dimanche prochain! 7LP0801A1212 A8 DIMANCHE 7LP0801A1212 ZALLCALL 67 01:00:02 12/12/99 B A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 «Les occasions de bonheur, ce n\u2019est pas ça qui manque à Saint-Henri» À l\u2019occasion de l\u2019année internationale des personnes âgées et à l\u2019aube du 21e siècle, La Presse donne la parole aux aînés et raconte l\u2019histoire de l\u2019un d\u2019eux chaque dimanche.«On ne naît pas à Saint-Henri, on e s t de Saint-Henri.Moi, je suis né ici en 1928.Mon père et mon frère ont eu, pendant 40 ans, une épicerie familiale, juste en face du parc George-Étienne Cartier.Pour ma part, je suis encore propriétaire de la maison où je suis né, où j\u2019ai grandi, face au grand parc.Et pendant 35 ans, j\u2019ai été, si on peut dire, le notaire des pauvres et j\u2019aurais continué plus longtemps, n\u2019eût été d\u2019une crise cardiaque.Heureusement, depuis 1982, mon fils André, également notaire, continue la tradition.Tout le monde nous connaît à Saint-Henri, nous sommes les notaires du monde ordinaire.» Quand Me Jean-Maurice Proulx parle de Saint-Henri, il en parle avec un amour qui n\u2019est pas feint.Contrairement à d\u2019autres professionnels qui ont « monté la côte » pour aller s\u2019établir dans Notre-Dame- de-Grâce, dans Westmount ou ailleurs en dehors du « village », Me Proulx, lui, est resté attaché à ceux qui l\u2019ont vu grandir.C\u2019est ainsi qu\u2019il a eu le plaisir, il y a quelques années, d\u2019acheter l\u2019immeuble où son père et son frère exploitèrent p e n d a n t 4 0 a n s l\u2019épicerie familiale, qui était adjacente à une succursale de la Banque P r o v i n - ciale du Canada.Mieux, la banque ayant « sauvagement » expulsé son frère de son épicerie à quelques semaines d\u2019avis, de façon à reprendre le local, Me Proulx, quelques années plus tard, redevenu propriétaire de l\u2019immeuble, devait en expulser la banque.« Je leur ai expliqué que cette propriété n\u2019avait pas de prix pour moi et que comme ils avaient sauvagement mis fin à l\u2019épicerie familiale, je me faisais un plaisir de les expulser à mon tour, quel que soit le loyer qu\u2019ils m\u2019offraient.La vengeance est douce au coeur de l\u2019Indien.» Et Me Proulx est toujours propriétaire du magnifique immeuble où il est né et a grandi, face au parc George-Étienne Cartier et qu\u2019il loue à des prix d\u2019aubaine à de jeunes professionnels.Débuts modestes Mais, comme Me Proulx devait l\u2019expliquer récemment, dans un volume de souvenirs, Occasions de bonheur à Saint-Henri, qu\u2019il a lancé chez l\u2019éditrice Louise Courteau, ses débuts professionnels furent très modestes.« Je tenais mon bureau dans le boudoir de notre logement du 229, parc George-Étienne Cartier.Il est bien entendu que mon père ne me demandait aucun loyer.Comme mobilier de bureau, je n\u2019avais qu\u2019un petit pupitre sur lequel j\u2019avais passé tant d\u2019heures à étudier.« Je n\u2019avais ni machine à écrire ni classeur.Le boudoir était grand comme ma main.Lorsque quatre personnes se trouvaient en même temps, nous y étions tassés comme des sardines.C\u2019était vraiment ahurissant de n\u2019avoir aucune notion de la manière de partir un bureau de notaire.À l\u2019université, on ne nous montrait pas comment organiser une étude.On devait se débrouiller seul, sans même avoir de formulaire en main ou de modèle de contrat.» Les débuts furent donc difficiles.Une semaine après l\u2019ouverture de son bureau, Me Proulx n\u2019avait toujours pas vu l\u2019ombre d\u2019un client, ni même reçu un seul appel téléphonique.« Mon père me laissa savoir que c\u2019était bien beau d\u2019être notaire, mais qu\u2019il fallait avant tout que je travaille et que je pense à lui payer une pension.Il me proposa deux solutions.La première était que si je ne pouvais pas gagner ma vie comme notaire, je pouvais aller travailler à l\u2019usine de coton de la Dominion Textile.Je pourrais facilement m\u2019y faire embaucher comme petit journalier.Ou je pourrais travailler à l\u2019épicerie familiale sur le bicycle à trois roues, comme livreur de commandes, au salaire de 2 $ par semaine.Le soir, je pourrais pratiquer comme notaire.» Et c\u2019est ainsi que le jeune notaire débuta dans la profession en livrant en tricycle des commandes d\u2019épicerie pour son père.Heureusement, cela ne dura pas trop longtemps.Le premier client « Je me souviens très bien de mon premier client.C\u2019était un vendredi soir, il était environ 8h.À ma grande surprise, une rutilante Buick noire de l\u2019année s\u2019arrêta devant chez moi, je vis en descendre un jeune homme de mon âge, accompagné d\u2019une très belle jeune fille.En le voyant de près, je le reconnus : il avait été un petit compagnon de l\u2019école primaire.» Jean-Pierre Pilon voulait se marier le lendemain.Il s\u2019était présenté chez un notaire bien connu de Saint-Henri pour se faire établir un contrat de mariage, mais celui-ci était si occupé qu\u2019il n\u2019avait pu le recevoir sur-le-champ.Alors Jean- Pierre Pilon s\u2019était adressé à sa soeur, caissière de banque, qui lui avait recommandé de s\u2019adresser à son ex-camarade d\u2019école primaire, nouvellement reçu notaire.Quant à Jean-Maurice Proulx, il avait pris ses affaires en main.C\u2019est ainsi qu\u2019il alla voir Jean-Jacques Mercier, fondateur de l\u2019hebdomadaire du quartier, La Voix populaire.Celui-ci connaissant bien son père, dont l\u2019épicerie annonçait dans son journal, publia un article d\u2019une demi- page, avec photo du nouveau diplômé, pour rendre hommage au fils de l\u2019épicier qui avait réussi à devenir notaire et qui se proposait de se dévouer dorénavant pour les gens du quartier.Et c\u2019est ainsi qu\u2019au fil des ans, les clients affluèrent, dont notamment Roger D.Landry, maintenant président et éditeur de La Presse, longtemps résidant de Saint-Henri et dont le contrat de mariage fut préparé par Me Proulx lui-même.Pour Me Proulx, Saint-Henri, Sainte- Cunégonde, la Petite- Bourgogne, Côte- Saint-Paul, VilleÉmard, Pointe-Saint- Charles, toutes ces désignations font partie d\u2019un grand village au sein de la grande ville.Un village où, malgré la crise économique des années trente, malgré le misérabilisme décrit par Gabrielle Roy dans son Bonheur d\u2019occasion, malgré la suie des rails de chemin de fer, à l\u2019époque où on disait qu\u2019à Saint- Henri, « les chemises blanches, on ne connaît pas ça », la solidarité a toujours existé.Et selon Me Proulx, la joie de vivre aussi.Ce quartier, il ne veut pas le quitter, ses propriétés, il ne veut pas les vendre et son titre de « notaire des pauvres », repris par son fils André qui pratique maintenant dans Pointe-Saint-Charles et a pris la succession de son père, il en est toujours très fier.« Revenez me voir un de ces jours, je vous ferai visiter Saint- Henri et vous ferai manger dans un des bons petits restaurants du coin.Vous verrez, les occasions de bonheur, c\u2019est pas ça qui manque à Saint-Henri.» Pierre Vennat PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse Me Jean-Maurice Proulx n\u2019a jamais quitté son quartier où il a débuté comme notaire, le soir, en livrant les commandes d\u2019épicerie en tricycle, le jour.Les omnipraticiens laissent planer la possibilité de moyens de pression MARIE-CLAUDE GIRARD Comme l\u2019avaient fait leurs porteparole la semaine dernière, les 125 membres du conseil de la Fédération des médecins omnipraticiens ont rejeté hier les dernières offres du gouvernement et mandaté un comité pour définir des moyens de pression.Lors de la prochaine rencontre, en janvier, la FMOQ souhaite reprendre les négociations sur la base de ses propres propositions.Si les négociations sont dans l\u2019impasse, elle n\u2019écarte pas de recourir à des moyens de pression.Le président de la Fédération, le Dr Renald Dutil, souligne toutefois que les services essentiels ne seraient pas touchés.L\u2019offre qui a soulevé la colère des médecins comprend des augmentations de 5 % sur trois ans de l\u2019enveloppe budgétaire servant à payer le salaire des généralistes.Une augmentation de 1 % du niveau de l\u2019enveloppe s\u2019y ajouterait.Or, l\u2019enveloppe autorisée de 930 millions a été dépassée au cours de l\u2019année en cours et le gouvernement souhaite faire payer le dépassement d\u2019environ 57 millions aux 7000 médecins généralistes.Pour ce faire et pour à l\u2019avenir respecter les budgets, on réduirait les tarifs des médecins.La proposition de Québec consiste en des diminutions de salaire, soutient la Fédération.« Le gouvernement nous demande de financer les coûts du système », déplore le Dr Dutil.« Nous n\u2019acceptons pas de financer les dépassements.» Pour les omnipraticiens, le refus du gouvernement d\u2019éponger les dépassements signifie qu\u2019il ne veut plus payer pour les soins requis à la population.Pour l\u2019instant, 100 millions séparent les revendications des médecins des offres gouvernementales, estime la FMOQ.Elle propose d\u2019établir l\u2019enveloppe pour la présente année à 990 millions puis d\u2019y ajouter des augmentations de salaire semblables à celles qu\u2019obtiendra la fonction publique, effaçant ainsi le dépassement.En outre, elle revendique une hausse de 2 % de l\u2019enveloppe totale et son indexation aux nouveaux besoins liés au vieillissement de la population et à l\u2019arrivée de nouveaux médecins.Les omnipraticiens souhaitent que les services de médecine générale soient réorganisés avec des réseaux de généralistes et des départements régionaux de médecine générale.De plus, ils demandent une révision des modalités de rémunération pour les « activités lourdes » comme l\u2019hospitalisation.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Nous refusons de financer les dépassements, le Dr Renald Dutil.4 9 11 16 17 44 31 99-12-11 00 35 1478 24 503 1 000 000,00 $ 50 000,00 $ 500,00 $ 50,00 $ 5,00 $ 99-12-11 12 13 21 23 29 31 33 575 210 $ 99-12-11 99-12-10 7 9 12 13 17 422053 18 19 20 21 27 30 33 37 44 45 46 53 64 69 70 99-12-11 99-12-11 421 3304 238603 99-12-10 0 2 70 3 045 66 927 65 439 546 091 5 000 000,00 $ 70 552,10 $ 1 763,80 $ 144,80 $ 10,00 $ 10,00 $ partic.grat.5 15 22 24 28 30 47 7 7 953 212 $ 7 500 000 $ Entente chez Molson à Barrie Presse Canadienne BARRIE, Ontario Les Travailleurs canadiens de l\u2019automobile ont conclu hier une entente de principe avec Les Brasseries Molson, ce qui pourrait mettre fin à l\u2019occupation de l\u2019usine de Barrie, en Ontario, qui dure depuis trois semaines.Si les syndiqués entérinent ce matin l\u2019entente de principe, les TCA promettent aussi de mettre fin au boycott des produits Molson. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 A 9 tout ce qui brille 4 JOURS SEULEMENT DU LUNDI 13 DÉCEMBRE AU JEUDI 16 DÉCEMBRE (SAUF AVIS CONTRAIRE).Voici un bref aperçu.\u2022 bijoux et montres pour tous \u2022 mode et accessoires pour elle et lui \u2022 des idées-cadeaux à moins de 50 $ \u2022 bagages à profusion \u2022 des articles pour la maison : vaisselle, petits électros, serviettes \u2022 jouets et vêtements pour les petits \u2022 décorations de Noël et plusieurs autres idées-cadeaux dai notre cahier de 76 pages en magasin la baie Le choix varie selon le magasin.a ia Dijouterie, les prix sont en vigueur jusqu'au 24 décembre : Pour femme : 30 50 % de rabais BIJOUX CHARTER COLLECTION EN OR À 14 CT BIJOUX PRINCIPLES EN OR À 10 CT Une exclusivité la Baie.Sur nos prix ordinaires.% de rabais PULLS PRINCIPLES, NORTHERN SPIRIT, REAL CLOTHES, EXPRESSION, GLOBAL MIND POUR ELLE Exception : articles Aubaine la Baie.Mode tout-aller pour elle, div.02.CHAUSSURES NATURALIZER Vos modèles 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essuie-doigts.-SERVIETTES en coton éponge douillet.Serviette de bain, essuie-mains, débarbouillette, drap de bain.Sur nos prix ordinaires.50 Promo bagages jusqu'au £1 ûec : 40 % de rabais \u2022 COBALT II DE ATLANTIC \u2022 TRAVE LITE II DE AMERICAN TOURISTER \u2022 CONTINENTAL II DE AMERICAN TOURISTER \u2022 DUO DE OSCAR DE LA RENTA \u2022 ESCORT UNE DE AMERICAN TOURISTER 50 % de rabais TITANIUM IV DE ATLANTIC Sur nos prix ordinaires.Bagages, div.07.de rabais OREILLERS DE LUXE GOVERNOR'S HOME : -POLYESTER Seulement à la Baiel Soutien moyen, ferme ou extra ferme.Standard ou grand.Ord.36 $ et 46 $ - Solde 17,99 $ et 22,99 $ \u2022 DUVET D'OIE BLANCHE Notre meilleur oreillerl Standard ou grand.Ord.200 $ et 260 $ -Solde 99,99 S et 129,99 $ % de rabais BATTERIE DE CUISINE MCTB DE LAGOSTINA EN INOX Ens.de 8 pièces.Ord.699,98 $ - Solde 349,99 $ Articles suivis.Sur nos prix ordinaires.Articles ménagers, div.16.BATTERIE DE CUISINE CIRCULON EN MÉTAL ANODISÉ MASSIF Ens.de 11 pièces.Ord.549,98 $ - Solde 27439 $.Articles suivis.Sur nos prix ordinaires.BATTERIE DE CUISINE SIEN A DE LAGOSTINA Ens.de 9 pièces.Ord.399,98 $ - Solde 199,99 $ Articles suivis.Sur nos prix ordinaires.BATTERIE DE CUISINE EUROPA DE LAGOSTINA Ens.de 10 pièces.Ord.499,98 $ -Solde 249,99 $ Articles suivis.Sur nos prix ordinaires.Idées-cadeaux pour lui : % de rabais CHEMISES DE VILLE CHEMISES DE VILLE EXPRESSION En exclusivité à la Baiel CHEMISES AMERICA'S SPORT D'ARROW Variété de modèles tissés et en tricot.P.à TTG.CHEMISES DE VILLE HATHAWAY, MODÈLES CFH OU À POIGNETS MOUSQUETAIRE CHEMISES TOUT-ALLER HATHAWAY EN SERGÉ Tout coton.P.à TTG.PEIGNOIRS CHARTER COLLECTION, EXPRESSION, NORTHERN SPIRIT ET HUNT CLUB POUR HOMME En exclusivité à la Baiel COLLECTIONS POUR JEUNE HOMME Dans le lot : Point Zéro, Private Member, Dex et davantage.LEVI'S* POUR HOMME Comprend les 501, 535 et davantage.MODE SPORTIVE POUR HOMME Signée Nike, Brooks, Reebok, Discus et davantage.MODE POUR JEUNE HOMME Dans le lot : sélection Real Clothes, Back To Basics, On the Brink et davantage.Exception : articles Back To Basics marqués « 2 pour.».Sur nos prix ordinaires.Mode pour homme, div.10 et 11.Jusqu'à 35 % de rabais COLLECTION JEANS À PRIX DE LIQUIDATION POUR HOMME Sélection de modèles signés Tommy Jeans, Polo Jeans, Calvin Klein Jeans, Nautica Jeans et Guess Jeans.Sur nos prix ordinaires. 7LP1001A1212 a10 tcons dim 12 d cembr 7LP1001A1212 ZALLCALL 67 00:57:53 12/12/99 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 Têtes d\u2019affiche Adressez vos communiqués à: Têtes d\u2019affiche La Presse 7, rue St-Jacques Montréal H2Y 1K9 Le cardinal et ses Marraines « Le monde est toujours plus beau quand on embellit la vie d\u2019un enfant », a dit le cardinal Léger.Parce qu\u2019elles désiraient aider les enfants vivant en milieux défavorisés, une dizaine de femmes se sont jointes aux oeuvres du cardinal Léger.Cette initiative a donné naissance au groupe Les Marraines, présidé par Michèle Dionne Charest.Il y a quelques jours, Les Marraines ont accumulé une somme de 5700 $, grâce à une initiative menée avec la collaboration d\u2019enfants provenant d\u2019une dizaine d\u2019écoles à Montréal.Cette somme, recueillie pour l\u2019oeuvre du cardinal Léger (Partenaires contre la violence et la faim) a immédiatement été refilée à l\u2019organisme Garde-Manger pour tous.Cet organisme vient en aide quotidiennement à plus de 600 enfants des quartiers Saint-Henri et Petite-Bourgogne.Sur la photo, de gauche à droite : Michèle Dionne Charest, présidente des Marraines ; Ghislaine Théorêt, directrice générale du Garde-Manger pour tous et Thérèse Baron, vice-présidente de Partenaires contre la violence et la faim.Comment roulerons-nous en l\u2019an 2000?Les organisateurs du Salon international de l\u2019auto de Montréal et sa porte-parole, Francine Ruel, se préparent activement à accueillir des milliers de passionnés de voitures à la Place Bonaventure, du 16 au 23 janvier 2000.Sur le thème Série 2000, le Salon offrira à ses visiteurs 123 exposants et permettra la découverte de 360 véhicules répartis sur plus de 270 000 pieds carrés.Deux fabricants reconnus de l\u2019industrie, soit Daewoo et Kia, procéderont au lancement montréalais de leurs véhicules.La collecte de sang du Salon international de l\u2019auto de Montréal aura lieu cette année le lundi 17 janvier 2000, de 10 h 30 à 20 h 30.Entre 13 h et 15 h, le président, Denis Archambault et la porte-parole du Salon, Francine Ruel, seront présents sur les lieux pour saluer les gens.L\u2019objectif ?Attirer 700 donneurs.Sur la photo : la comédienne Francine Ruel et Denis Archambault, président du Salon international de l\u2019auto de Montréal 2000.Plus d\u2019un demi-million à Centraide Le personnel de Pratt & Whitney Canada a remis à Centraide plus de 681 000 $ lors de la dernière campagne de financement menée dans l\u2019entreprise et dont l\u2019objectif était de 650 000 $.La contribution moyenne par personne est passée de 142 $ à 162 $.Une équipe de 35 membres du personnel a mené la collecte qui comprenait, outre la sollicitation pour déductions salariales, un large éventail d\u2019activités.« Certaines d\u2019entre elles étaient organisées pour la première fois », a remarqué Charles Méthot, directeur de la campagne chez P&WC.« Par exemple, la semaine Squeegee, au cours de laquelle 2300 employés ont vidé leurs poches en échange d\u2019un nettoyage de l\u2019écran de leur ordinateur, la Journée jeans à laquelle 1100 personnes ont participé et le tirage d\u2019une semaine de vacances gratuites, qui a alléché 2800 personnes.» Sur la photo, de gauche à droite : Gilles P.Ouimet, président et chef de l\u2019exploitation, Mario Labbé, codirecteur de la campagne de financement, tous deux de Pratt & Whitney Canada, Michèle Thibodeau DeGuire, présidente et directrice générale de Centraide, Claude Vincent, président, section locale 510, TCA-Canada et Charles Méthot, codirecteur de la campagne de P&WC, accompagné de membres de l\u2019équipe Centraide 1999.Il y aura des enfants heureux au Resto-Vie Pierrefonds le jeudi 23 décembre.Dès 11 h 30, Resto-Vie reçoit une centaine de personnes et remettra, à 14 h, une cinquantaine de cadeaux aux enfants.Le père Noël et la fée des Étoiles seront, bien sûr, présents.Cet événement s\u2019inscrit dans une démarche pour nourrir la population dans le besoin de l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal.Resto-Vie tient par le fait même à offrir un peu de bonheur à quelques familles durant le temps des Fêtes.Informations : (514) 683-7495.n n n Louise Lafleur Cette année, l\u2019Association québécoise pour les troubles d\u2019apprentissage (AQETA) a remporté le prix Droits et Libertés.Cette récompense est attribuée annuellement par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour souligner un engagement ou une réalisation exemplaire dans la promotion et la défense des droits et libertés.Remis à l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de l\u2019adoption de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme, le prix Droits et Libertés 1999 voulait aussi marquer le dixième anniversaire de l\u2019adoption de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant.Ce prix a été remis vendredi par les dirigeants de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à Louise Lafleur, présidente de l\u2019AQETA.n n n Robert Mignault Les Restaurants McDonald\u2019s et la Banque Nationale ont recueilli 75 297 $ pour la Croix-Rouge.Les franchisés McDonald\u2019s et les succursales de la Banque Nationale en Montérégie ont ainsi réussi à amasser plus de 75 000 $ du 15 septembre au 31 octobre.« C\u2019est pour soutenir le travail exemplaire accompli quotidiennement par les bénévoles de la Croix-Rouge auprès des sinistrés que nous avons mis sur pied cette activité de financement », ont déclaré Robert Mignault, propriétaire franchisé du restaurant McDonald\u2019s de Saint-Bruno et Gilles Choquet, vice-président Rive-Sud de la Banque Nationale.Signature, mardi, de l\u2019acte de restitution du canal de Panama AFP, PANAMA La signature de l\u2019acte de restitution du canal de Panama par les États-Unis aura lieu mardi 14 décembre, sur le site de la principale écluse du canal, au cours d\u2019une brève cérémonie protocolaire à laquelle assisteront notamment le Roi d\u2019Espagne, Juan Carlos, et plusieurs chefs d\u2019État d\u2019Amérique Latine.En l\u2019absence du président Bill Clinton et de la Secrétaire d\u2019État Madeleine Albright, retenue à Washington par la reprise des négociations entre la Syrie et Israël, la délégation américaine devrait être conduite par l\u2019Ambassadeur des États-Unis à Panama, Simon Ferro.L\u2019ancien président Jimmy Carter, signataire avec le général Torrijos, du traité de 1977 prévoyant la restitution du canal et d\u2019une zone de 94 000 hectares le 31 décembre 1999 à midi, fera partie de la délégation.La signature de l\u2019acte officiel par le chef de la délégation américaine et la présidente du Panama, Mireya Moscoso, est prévue à midi, dans le cadre de l\u2019écluse de Miraflores qui libère les navires dans l\u2019océan Pacifique après une traversée de 80 kilomètres.Auparavant, les différentes délégations se seront rendues au cimetière français et au cimetière de Corozal pour rendre un hommage aux milliers de personnes décédées entre 1880 et 1913, au cours des différents chantiers qui ont permis la réalisation du canal qui a été inauguré en 1914.Des spectacles et des manifestations culturelles seront organisés le 31 décembre à l\u2019occasion du passage du premier navire par le canal devenu propriété de Panama.PHOTO REUTERS Un navire de croisière et un cargo en route vers l\u2019océan Atlantique. 7LP1102A1212 A11, dimanche, MONDE 7LP1101A1212 ZALLCALL 67 01:00:57 12/12/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 R A 11 Monde L\u2019EXPRESS INTERNATIONAL Moscou annonce six heures de trêve par jour pour permettre aux civils de fuir NIKOLAÏ TOPOURIA Agence France-Presse, près d\u2019D\u2019ATCHKOI-MARTAN Moscou a annoncé une trêve de six heures par jour pour permettre à la population civile de Grozny de quitter la capitale assiégée via deux corridors, après avoir été menacée de sanctions par les Européens.Les bombardements seront stoppés six heures chaque jour sur les corridors pour permettre aux civils de quitter Grozny, a annoncé le ministre des Situations d\u2019urgence Sergueï Choïgou, cité par Itar-Tass.Le ministre a précisé qu\u2019une annonce officielle devait être faite plus tard dans la journée à ce sujet, notamment sur les heures pendant lesquelles les habitants pourront sortir sans risque de Grozny.Il a fait état d\u2019une décision vendredi du commandement russe selon laquelle chaque jour dans les zones des corridors, pendant les heures définies, les combats seront stoppés pour permettre la sortie de la population civile, selon l\u2019agence russe.« Comme vous le voyez aujourd\u2019hui, 11 décembre, il n\u2019y a aucun ultimatum pour les civils.Les combats sont suspendus et le corridor est libre », a déclaré le ministre alors qu\u2019il se trouvait à la sortie du second corridor ouvert hier, à Tchernoretchié (sud de Grozny), en direction d\u2019Alkhan-Iourt et de l\u2019Ingouchie (ouest).Un premier corridor avait été ouvert lundi à Piervomaïskaïa (nordouest) après que le commandement russe eut lancé un ultimatum aux habitants de la capitale, leur enjoignant de partir avant le 11 décembre sous peine d\u2019être « anéantis » au même titre que les « terroristes ».L\u2019ultimatum, unanimement dénoncé par les Occidentaux, qui expirait hier, avait été repoussé vendredi par les Russes, qui avaient précisé que cet ultimatum ne concernait que les combattants et pas les civils.L\u2019état-major fédéral dans le Caucase du Nord avait auparavant annoncé que les bombardements aériens sur Grozny étaient suspendus jusqu\u2019à dimanche minuit.Grozny avait été bombardée sans interruption depuis le 23 septembre.Grozny n\u2019a pas été la cible de frappes aériennes hier, a confirmé un correspondant de l\u2019AFP, qui se trouvait près de la capitale tchétchéne.Il a en revanche fait état de tirs d\u2019artillerie sur l\u2019est de la ville.Le ministre des Situations d\u2019urgence, qui a été dépêché sur place pour superviser l\u2019évacuation des réfugiés, a cependant reconnu qu\u2019aucun réfugié n\u2019avait encore emprunté le nouveau corridor ouvert samedi.« Vraisemblablement, notre information n\u2019a pas été entendue à Grozny », a-t-il commenté.824 personnes ont par ailleurs, selon lui, emprunté vendredi le corridor ouvert depuis lundi au nord-ouest de Grozny, et un nombre encore plus élevé, hier.Environ 40 000 personnes se trouvent encore à Grozny, selon des estimations concordantes russes et tchétchènes.Les mesures destinées à épargner la population civile ont été annoncées au lendemain de menaces de sanctions de l\u2019Union Européenne, lors du sommet d\u2019Helsinki, qui a également appelé à l\u2019arrêt des bombardements sur tout le territoire.La lettre envoyée hier par l\u2019UE au premier ministre russe Vladimir Poutine menace notamment la Russie de suspendre certaines dispositions de l\u2019accord de partenariat et de coopération entré en vigueur en 1997 en cas de poursuite des bombardements.Le Premier ministre russe n\u2019en a pas moins maintenu une ligne dure à l\u2019égard des « terroristes », assurant que l\u2019armée lancera des « actions décisives » en Tchétchénie si les combattants de la république indépendantiste ne rendent pas les armes.SRI LANKA Rebelles tamouls n Au moins 230 rebelles tamouls et huit soldats gouvernementaux ont été tués dans le nord du Sri Lanka, lors d\u2019une contre-offensive gouvernementale.Les guérilleros tamouls ont réalisé une percée le mois dernier en lançant une offensive qui leur avait permis de prendre une dizaine de bastions aux forces gouvernementales.Les Tamouls hindouistes minoritaires au Sri Lanka, pays dont la population est en majorité bouddhiste, veulent obtenir l\u2019indépendance du nord-est de l\u2019île.Ce conflit a fait plus de 55 000 morts depuis 1972.d\u2019après AFP ISRAËL Négo avec la Syrie n Le premier ministre israélien souhaite parvenir au plus tôt avec la Syrie à un accord « sur les grandes lignes » d\u2019un règlement de paix et ensuite en négocier les détails, a indiqué un haut responsable israélien.Cet accord préliminaire pourrait prendre la forme d\u2019une Déclaration de principe.Par ailleurs, le premier ministre Ehud Barak envisage de lier un règlement de paix avec la Syrie à un retrait israélien du Liban, lors du référendum auquel seront appelés les Israéliens en cas de succès de la négociation avec Damas.d\u2019après AFP ALLEMAGNE Affaire Elf n L\u2019ex-chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl ignorait tout d\u2019éventuels pots-de-vin que le groupe pétrolier français Elf- Aquitaine aurait versés à des partis politiques allemands, a déclaré le porte-parole de M.Kohl, Michael Rolk.L\u2019homme d\u2019affaires français André Guelfi a affirmé, sur la foi de ses anciens commanditaires d\u2019Elf, que l\u2019ancien chancelier avait été informé de ces pots-de-vins versés, selon lui par Elf, au début des années 90 pour obtenir le réseau des stations-service Minol de l\u2019ex- RDA et construire dans la région la raffinerie de Leuna.d\u2019après AFP ÉTATS-UNIS Demande d\u2019asile n Une demande d\u2019asile aux États-Unis a été déposée pour Elian Gonzales par les avocats représentant le petit Cubain, a rapporté le Miami Herald.Selon eux, le garçon âgé de six ans peut avoir « des craintes justifiées de persécution » si on le force à rentrer à Cuba.La famille d\u2019Elian vivant à Miami avait indiqué jeudi soir avoir écrit à l\u2019Attorney general (ministre de la Justice) Janet Reno et aux services d\u2019immigration américains (NIS) pour leur annoncer que le petit rescapé de la mer comptait demander l\u2019asile politique pour empêcher son renvoi à Cuba.Le garçonnet a survécu à un naufrage où ont péri sa mère et d\u2019autres immigrants illégaux cubains.Il a été retrouvé par des pêcheurs le 25 novembre, accroché à une chambre à air.d\u2019après AFP ULSTER Sus à la reine n L\u2019aile politique de l\u2019IRA, le Sinn Fein, a l\u2019intention de débarrasser les administrations d\u2019Irlande du Nord des drapeaux britanniques et des portraits de la reine, au grand dam des protestants.Le remplacement de ces symboles par des emblèmes neutres figure dans le programme de gouvernement de ce parti, qui doit être présenté la semaine prochaine, mais qui a fait l\u2019objet de fuites.Il a provoqué une furieuse \u2014 et prévisible \u2014 réaction des Unionistes protestants, qui ont promis de combattre ce projet « par tous les moyens ».Selon ces fuites, le Sinn Fein recommanderait aussi, si les drapeaux et les portrait de la reine ne sont pas retirés, qu\u2019ils soient flanqués du drapeau irlandais et d\u2019emblèmes nationalistes.d\u2019après AFP Un sommet européen qui ouvre la porte aux Turcs JEAN BURNER Agence France-Presse, HELSINKI Les Quinze pays de l\u2019Union européenne se sont félicités hier des résultats du sommet européen d\u2019Helsinki, qualifié « d\u2019historique » pour avoir ouvert la porte de l\u2019Union européenne à la Turquie désormais considérée comme le 13e candidat officiel à l\u2019adhésion.Le sommet a également posé la première pierre d\u2019une défense commune en décidant la création d\u2019une force de réaction de 50 à 60 000 hommes qui pourrait intervenir dès 2003 pour des opérations de maintien de la paix sur le continent européen.À l\u2019issue de deux jours de travaux dans la capitale finlandaise, les dirigeants de l\u2019Union européenne ont estimé en outre avoir préparé la voie à une ambitieuse réforme des institutions, indispensable pour assurer le fonctionnement d\u2019une Europe à 27 ou 28.La nouvelle stratégie d\u2019élargissement est désormais fixée : à partir de février 2000, les Quinze commenceront à discuter avec six nouveaux pays dont la candidature a été approuvée à Helsinki (Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Bulgarie et Malte).Ils viendront s\u2019ajouter aux six pays avec lesquels l\u2019Union négocie déjà depuis 1998 (Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovénie, l\u2019Estonie et Chypre).« Cette rencontre restera comme le sommet de l\u2019élargissement », a résumé le président de la Commission européenne Romano Prodi.Pour la Turquie, il n\u2019est pas question pour le moment de fixer une date d\u2019ouverture des négociations.Auparavant, « la Turquie doit faire des efforts en matière de droits de l\u2019homme et de suppression de la torture », a souligné le chancelier allemand Gerhard Schröder.Elle devra aussi tenter de régler ses différends frontaliers avec la Grèce et accepter éventuellement un arbitrage de la Cour internationale de justice de La Haye.Après avoir exprimé des réserves sur les conditions posées, le gouvernement turc s\u2019est laissé convaincre par Javier Solana, le « monsieur diplomatie » de l\u2019UE dépêché d\u2019urgence vendredi soir à Ankara.Et, hier, le premier ministre turc Bulent Ecevit est venu à Helsinki participer au déjeuner offert par les Quinze aux dirigeants des pays candidats.M.Ecevit a promis d\u2019oeuvrer à l\u2019abolition « aussi vite que possible » de la peine de mort dans son pays, tout en rappelant qu\u2019il lui fallait d\u2019abord convaincre les membres de sa coalition gouvernementale.Pour éviter une paralysie des institutions dans une Europe élargie, les Quinze ont prévu le lancement en février 2000 d\u2019une nouv e l l e C o n f é r e n c e Intergouvernementale (CIG), chargée de réformer en profondeur de ces institutions.PHOTO AP La France de la rue Forte de sa semaine de 35 heures, la France revendicatrice s\u2019est manifestée à nouveau hier un peu partout à l\u2019appui cette fois de la hausse du salaire minimum et d\u2019une prime de période des Fêtes de quelque 680 $ pour les chômeurs.Le gouvernement venait de leur accorder quelque 120 $ la semaine dernière.À Paris, ces deux manifestants portaient des masques à l\u2019effigie du premier ministre Lionel Jospin et du chef du Parti communiste, Robert Hue.Congo : les belligérants sont unanimes sur l\u2019accord de Lusaka MICHEL CARIOU Agence France-Presse, KINSHASA Les belligérants du conflit en République démocratique du Congo (RDC) ont « tous réaffirmé leur soutien » à l\u2019accord de cessez-le-feu de Lusaka, a précisé hier à Kinshasa l\u2019ambassadeur américain à l\u2019ONU, Richard Holbrooke, au terme d\u2019une tournée consacrée à la guerre dans l\u2019ex-Zaïre.S\u2019exprimant très brièvement devant la presse après un entretien avec le président Laurent-Désiré Kabila, M.Holbrooke a toutefois noté que « toutes les parties violent l\u2019accord » de cessez-le-feu et n\u2019a pas fait état de progrès décisifs au cours de sa tournée pour mettre fin à ces violations.Des combats ont encore eu lieu récemment dans la province de l\u2019Équateur (nord) où la coalition rebelle a pris la ville de Basankusu tandis que les forces gouvernementales ont récupéré la localité de Bokungu.L\u2019accord de cessez-le-feu en République démocratique du Congo, devant mettre fin à la guerre qui dure depuis août 1998, a été signé en juillet et août par la RDC et ses alliés, l\u2019Angola, la Namibie et le Zimbabwe, ainsi que par les trois mouvements rebelles et leurs alliés, le Rwanda et l\u2019Ouganda.Les deux coalitions s\u2019accusent mutuellement d\u2019être à l\u2019origine des violations du cessez-le-feu.Au cours de son périple africain débuté le 1er décembre au Mali, l\u2019ambassadeur américain s\u2019est rendu successivement dans tous les pays signataires de l\u2019accord et a rencontré vendredi les dirigeants rebelles à Kampala.« Toutes les forces ont réaffirmé leur soutien à l\u2019accord de Lusaka », s\u2019est félicité l\u2019ambassadeur, ajoutant que l\u2019objectif de sa tournée était de voir « ce qui pouvait être fait pour accélérer l\u2019application » de cet accord.Sur le volet politique de l\u2019accord, le diplomate a annoncé que l\u2019Organisation de l\u2019unité africaine (OUA) va convoquer une réunion mardi « pour résoudre la question du facilitateur du dialogue intercongolais ».« Le président Kabila et ses collaborateurs nous ont assurés ce matin qu\u2019ils souhaitent qu\u2019un facilitateur soit nommé rapidement », a-til déclaré.Le « facilitateur » est prévu par le volet politique de l\u2019accord de Lusaka et doit superviser les négociations entre le pouvoir, la rébellion et l\u2019opposition non-armée devant amener à un « nouvel ordre politique » en RDC.Concernant le déploiement d\u2019une force de paix de l\u2019ONU en RDC, elle aussi prévue par l\u2019accord de Lusaka, M.Holbrooke s\u2019est voulu très prudent.L\u2019ONU a subi de « sérieux revers dans des opérations de maintien de la paix en Bosnie, au Rwanda et en Somalie », a-t-il rappelé avant de préciser qu\u2019une telle opération en RDC nécessite d\u2019abord « un programme qui marche ».Pendant son étape kinoise, l\u2019ambassadeur s\u2019est entretenu avec les officiers de liaison de la mission des Nations unies en RDC (MONUC), chargés de préparer l\u2019arrivée de 500 obervateurs militaires puis d\u2019une éventuelle force de 15 000 à 20 000 hommes.Le conseil de sécurité n\u2019a toujours pas autorisé l\u2019envoi des 500 observateurs.M.Holbrooke n\u2019a fait aucune commentaire sur les déclarations du chef de la diplomatie congolaise, Abdoulaye Yerodia, selon qui la priorité de Kinshasa est « le retrait immédiat et sans condition des troupes » rwandaises et ougandaises.Lors d\u2019un point de presse vendredi, M.Yerodia avait indiqué que le gouvernement congolais allait demander à M.Holbrooke d\u2019agir dans ce sens.Si « les troupes d\u2019agression » ne se retirent pas « tout le reste n\u2019est que du bricolage et sera une illusion pour la paix », avait jugé le ministre des Affaires étrangères. 7LP1201A1212 A12, dimanche, MONDE 7LP1201A1212 ZALLCALL 67 01:00:14 12/12/99 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 Monde Une femme chez les machos Michèle Alliot-Marie prend les rênes du Rassemblement pour la république Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS Il y a exactement huit jours, un petit coup de théâtre s\u2019est produit dans le microcosme politique français : une femme a été élue à la tête du Rassemblement pour la République, réputé non sans raison pour être le plus machiste des partis dans un monde politique français passablement doué dans ce domaine.Cela se passait quelques jours à peine avant le dépôt d\u2019une loi du gouvernement Jospin organisant une \u2014 relative \u2014 parité entre les hommes et les femmes aux élections municipales et législatives à venir.Même si la nouvelle président du RPR, Michèle Alliot-Marie, déclare à qui veut l\u2019entendre qu\u2019elle préfère se faire appeler Madame LE président, et qu\u2019elle s\u2019est aussitôt empressée de dénoncer cette législation sur la parité sous le prétexte qu\u2019elle serait « insultante » pour les femmes, il y avait une sorte de convergence assez curieuse dans l\u2019actualité.D\u2019un côté, dans un pays où les femmes comptent pour dix pour cent de l\u2019Assemblée nationale, on venait de présenter une loi plus ou moins contraignante, comme il ne s\u2019en est fait nulle part ailleurs en Europe.De l\u2019autre, c\u2019était la première fois qu\u2019une femme accédait à la direction suprême d\u2019un grand parti politique : un parti de droite particulièrement « viril » et traditionnel, habitué au culte du « chef » et où, pour la première fois, on organisait une véritable course au leadership, et avec un souci maniaque de démocratie, puisque, sur les quelque 80 000 inscrits au RPR, plus de 65 000 s\u2019étaient déplacés à travers le pays pour participer à l\u2019élection DU nouveau président.L\u2019irruption de Michèle Alliot-Marie, belle femme au début de la cinquantaine, juriste de haut niveau, docteur en droit, Sciences-po et économie, a quelque chose d\u2019assez étonnant et spectaculaire, même si la crise profonde (euphémisme) que traverse le RPR y est pour quelque chose.Lorsque l\u2019ancien président de l\u2019Assemblée nationale, Philippe Séguin, démissionne avec fracas de la présidence du RPR, pour cause de désaccord avec le président Jacques Chirac, deux mois avant les élections européennes, au printemps dernier, le parti « gaulliste » entre dans une crise qui n\u2019en finit plus.Le patron « intérimaire » Nicolas Sarkozy, est tenu du score catastrophique aux européennes (12 % des voix !) et, peu aimé de Chirac, se trouve hors-jeu.Idem pour l\u2019ancien rival Édouard Balladur.Idem pour l\u2019ancien premier ministre Alain Juppé, empêtré, lui aussi, dans des affaires judiciaires plus ou moins délicates.L\u2019heure des seconds couteaux a sonné.Dans l\u2019entourage de Chirac à l\u2019Élysée, on a l\u2019idée plutôt saugrenue \u2014 à notre époque médiatique \u2014 de lancer la candidature d\u2019un certain Jean-Paul Delevoye, brave notable régional inconnu de tous.Ce sera « le candidat du président ».Se présentent également François Fillon, fidèle second de Séguin (et donc représentant d\u2019une aile « populiste » importante, mais minoritaire dans le parti), et Patrick Devedjian, représentant Nicolas Sarkozy et l\u2019aile libérale.Au sein de cette mêlée générale (deux autres candidats se présentent puis se retirent), on remarque à peine la candidature de la députée- maire du Pays basque, Michèle Alliot- Marie, qui avait été une discrète secrétaire d\u2019État à la Recherche de 1986 à 1988, puis ministre de la Jeunesse et des Sports de 1993 à 1995, avant d\u2019être brutalement écartée après l\u2019élection à la présidence de Jacques Chirac en mai 1995, pour n\u2019avoir pas appuyé assez tôt la candidature de ce dernier.« MAM », comme on l\u2019appellera aussitôt, est loin d\u2019être une inconnue en politique, mais ce n\u2019est pas non plus une grande vedette et, surtout, elle n\u2019a ni courant ni réseau au RPR.Samedi soir dernier, après une « vraie » campagne à la direction de deux mois, Michèle Alliot-Marie est triomphalement élue au second tour de cette élection avec près de 65 % des voix.Ce qui donne au passage un score humiliant de 35 % au « candidat de l\u2019Élysée ».L\u2019ironie de la chose, c\u2019est que « MAM » est non seulement \u2014 malgré une grande culture universitaire \u2014 une conservatrice de choc, qui semble avoir appris de son cher rugby pratiqué au Pays basque l\u2019art de cogner sans trop de nuance (entre autres sur Jospin et la gauche en général).Elle ne craint pas non plus l\u2019atmosphère des « troisièmes mi-temps » viriles et arrosées d\u2019après-match, et où la gauloiserie va bon train.À propos des « éléphants » (barons) du RPR, elle déclare volontiers : « Il faut seulement savoir les caresser par la trompe.» Et en ce qui concerne la parité hommes-femmes en politique, elle lui a déjà déclaré la guerre à outrance, alors que chacun peut constater que le retard français dans ce domaine a pris des dimensions grotesques et inacceptables.Une loi contraignante dans ce domaine ne constitue certes pas une solution idéale, mais pour une période transitoire, c\u2019est certainement un mal nécessaire.Par ailleurs, il faut relativiser l\u2019importance de cette élection féminine : d\u2019une part le RPR se trouve actuellement dans les quatrièmes sous-sols.De l\u2019autre, son vrai chef, même contesté, demeure bien entendu le président Chirac, qui ne songe qu\u2019à sa candidature et à sa revanche en 2002.On peut fort bien imaginer que, dès que les affaires redeviendront « normales » au RPR, « MAM » sera facilement écartée au besoin.n n n En ce qui concerne la loi présentée cette semaine pour encourager une meilleure représentation des femmes en politique, on a pu contester avec satisfaction que le bon sens avait triomphé d\u2019un nouvel intégrisme féministe qui aurait cherché à réaliser à n\u2019importe quel prix une parfaite parité à 50 / 50, qui n\u2019existe nulle part dans le monde, même pas dans la vertueuse Suède, et qui n\u2019est d\u2019ailleurs ni réalisable ni souhaitable.Le gouvernement Jospin s\u2019est contenté de proposer que pour les prochaines élections municipales, qui se déroulent au scrutin proportionnel, chaque liste doive comporter un nombre égal d\u2019hommes et de femmes.Il n\u2019y a même pas d\u2019obligation, comme l\u2019avait fait Michel Rocard en 1994, de faire alterner un homme et une femme du début à la fin de la liste (c\u2019était la liste « Chabadabada », du nom du film de Lelouch).Si bien que des partis peuvent très bien contourner la loi en inscrivant les femmes à des positions inéligibles sur leurs listes.Mais c\u2019est peut-être une vue pessimiste des choses : un parti qui se montrerait en l\u2019occurrence très machiste risquerait d\u2019être sanctionné par l\u2019électorat.féminin pour commencer.Sans chercher l\u2019impossible et absurde parité mathématique, le gouvernement Jospin est allé dans le bon sens.Un recul américain sur l\u2019Irak Des sanctions qui finalement punissent un peuple, mais non un régime Jooneed Khan Américains et Britanniques ont dû céder hier au Conseil de sécurité de l\u2019ONU et accepter la reconduction pour six mois du programme « pétrole contre nourriture », redonnant un espoir à l\u2019Irak où 5000 à 6000 enfants de moins de cinq ans meurent par mois du fait d\u2019un embargo devenu intenable.Ces chiffres proviennent de l\u2019UNICEF et du Programme humanitaire de l\u2019ONU en Irak.Les enfants meurent de malnutrition et de pénurie de médicaments.Dennis Halliday, premier directeur du programme humanitaire, a démissionné avec fracas en 1997.« Le problème, c\u2019est l\u2019embargo, et le programme Pétrole contre nourriture n\u2019est pas la solution », a-t-il déclaré.Son successeur, Hans von Sponeck, vient de dire la même chose.Washington et Londres ont aussitôt réclamé sa tête, mais Moscou, Paris et Pékin, trois autres détenteurs du veto, le soutiennent.Ce clivage illustre l\u2019éclatement de la « coalition » montée par les États-Unis de George Bush en 1990 pour expulser l\u2019Irak du Koweït et dégriffer le régime de Bagdad au nom d\u2019un « Nouvel Ordre mondial ».Éclatement généralisé, puisque l\u2019Égypte s\u2019apprête à rétablir les liens diplomatiques au niveau d\u2019ambassadeurs avec l\u2019Irak.Le pape Jean-Paul II examine avec Bagdad un projet de voyage en Irak l\u2019an prochain, projet qui vient d\u2019être reporté sine sie.Et le bouillant Vénézuélien Hugo Chavez a invité Saddam Hussein au prochain sommet de l\u2019OPEP à Caracas.L\u2019Europe, la Russie, la Chine, et le reste du monde aussi dans une moindre mesure, ne veulent plus de ce monde unipolaire, aux ordres des États-Unis d\u2019Amérique, Superpuissance épaulée par le reste du monde anglo-saxon.Le recul sur l\u2019Irak a commencé en 1996, longtemps avant le récent fiasco de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle.Américains et Britanniques, qui insistaient depuis 1991 sur des ventes pétrolières irakiennes de quelques centaines de millions de dollars seulement par an, durent accepter en décembre 1996 un chiffre 10 fois supérieur : 5,2 milliards de $ US.L\u2019Irak l\u2019accepta aussi, et ainsi débuta le programme « Pétrole contre nourriture ».Mais l\u2019Irak reste une puissance pétrolière sous tutelle, surtout des Américain et des Britanniques.Deuxième producteur de l\u2019OPEP en 1990, il n\u2019exporte plus que 2,5 millions de barils par jour \u2014 contre huit millions de barils pour l\u2019Arabie saoudite.Et la tragédie humaine continue d\u2019empirer.Car 35 % de la rente pétrolière va aux « réparations de guerre » et à l\u2019administration du programme ; le reste est géré par l\u2019ONU pour l\u2019achat de vivres et de médicaments pour les 22 millions d\u2019Irakiens.La levée de l\u2019embargo est liée au désarmement de l\u2019Irak.Mais à chaque vote sur la question au Conseil de sécurité, l\u2019UNSCOM, l\u2019organisme chargé de cette tâche et placé sous la direction de l\u2019Australien Richard Butler, annonçait de nouvelles « découvertes » de caches d\u2019armes, le plus souvent « chimiques et biologiques ».L\u2019affaire a tourné au scandale quand Scott Ritter, inspecteur US viré par Butler pour protéger l\u2019UNSCOM des accusations de Bagdad, a vidé son sac : il a révélé que l\u2019UNSCOM faisait de l\u2019espionnage pour les États-Unis et que Butler prenait ses ordres non pas de New York mais de Washington.Le discrédit de l\u2019UNSCOM devint total en décembre 1998 : Butler fit un rapport directement aux Américains et aux Britanniques, et ceux-ci en prirent prétexte pour lancer l\u2019Opération Renard du désert et bombarder l\u2019Irak.Bombardements non autorisés par l\u2019ONU, tout comme les zones dites « d\u2019exclusion aérienne » établies unilatéralement par Washington et Londres dans le nord et le sud de l\u2019Irak.Le secrétaire général de l\u2019ONU Kofi Annan apprit la nouvelle des bombardements par CNN alors qu\u2019il se trouvait au Maroc.L\u2019Irak en profita pour expulser l\u2019UNSCOM purement et simplement.Depuis, l\u2019aviation américano-britannique bombarde l\u2019Irak presque chaque jour, tuant des civils et détruisant des installations.La Turquie, pays de l\u2019OTAN qui réprime durement ses propres Kurdes, mène des opérations terrestres dans le nord de l\u2019Irak \u2014 où Washington et Londres disent « protéger » les Kurdes.Américains et Britanniques s\u2019efforcent en plus d\u2019échafauder une opposition au régime de Bagdad.Le Congrès US a voté une « Loi de libération de l\u2019Irak » et le président Clinton dispose d\u2019un fonds de 100 millions $ US pour déstabiliser l\u2019Irak.Le Congrès national irakien (INC) vient de se réunir à New York et David Scheffer, « ambassadeur américain pour les crimes de guerre », lui a promis 10 autres millions.Scheffer a aussi indiqué que Washington avait donné deux millions pour des études sur « les crimes de Saddam Hussein ».Washington a des raisons de préparer sa contre-attaque : selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 1,5 million d\u2019Irakiens, dont 1,2 million de bébés, sont morts du fait de l\u2019embargo entre 1990 et 1997 \u2014 soit 5 % de la population, l\u2019équivalent de 13 millions d\u2019Américains.Amnistie internationale estime que Saddam Hussein a tué 130 000 Irakiens entre 1979 et 1989, durant la guerre Irak-Iran.Mais, ajoute-telle, l\u2019embargo et les sanctions de l\u2019ONU en ont tué 10 fois plus de 1990 à 1998.Un échange historique résume l\u2019intransigeance américaine face à l\u2019Irak.La journaliste Lesley Stahl, de CBS, demanda en 1996 à Madeleine Albright : « On entend parler d\u2019un demi-million de bébés morts.C\u2019est plus que Hiroshima.Est-ce que ça en vaut le prix ?».Et Albright répondit : « C\u2019est un dur choix, mais nous pensons que ça en vaut le prix ».La tragédie actuelle découle de cet unilatéralisme sans pitié.Le vide diplomatique aussi, que Washington et Londres s\u2019efforcent de colmater, mais avec de plus en plus de difficulté.D\u2019abord et avant tout, ils veulent réparer les pots cassés et renvoyer les inspecteurs de l\u2019UNSCOM en Irak.Mais Bagdad, avec le soutien des Russes et des Chinois, et des Français dans une moindre mesure, réclame désormais un calendrier menant à la levée éventuelle de l\u2019embargo et des sanctions.Les Russes y tiennent pour une raison bien concrète : ils veulent voir l\u2019Irak reprendre ses pleines exportations de pétrole afin que Bagdad rembourse ses dettes de plusieurs milliards à Moscou.Américains et Britanniques, aidés des Hollandais, ont accouché d\u2019une formule : l\u2019embargo sera « allégé » en fonction de « progrès » que l\u2019UNSCOM notera dans le désarmement de l\u2019Irak.L\u2019Irak a refusé, malgré la médiation du Canada.Paris a semblé hésiter et Bagdad mise désormais sur Moscou pour bloquer une telle résolution \u2014 insistant pour que l\u2019embargo soit levé sans autres exigences et accusant les Américano- Britanniques de vouloir en fait perpétuer les sanctions.Pour se donner le temps de convaincre Moscou, Paris et Pékin, Américains et Britanniques ont voté en novembre la reconduction du programme « Pétrole contre nourriture » pour deux semaines seulement, au lieu des six mois comme prévu par l\u2019ONU.L\u2019Irak a refusé et aussitôt suspendu ses exportations de pétrole, faisant grimper le prix du pétrole déjà à la hausse.Ne pouvant toujours pas convaincre le club du veto, Washington et Londres proposaient une autre prolongation, d\u2019une semaine cette fois.Mais l\u2019Irak n\u2019était plus seul à refuser.La Russie, la Chine et la France s\u2019y opposaient aussi, tandis que l\u2019Irak réclamait que le programme soit renouvelé pour un autre semestre - et que ce renouvellement se double d\u2019un calendrier de levée des sanctions.Nouveau recul de Washington et Londres : ils ont accepté cette semaine de reporter « Pétrole contre nourriture » dans six mois.Mais nouvelle offensive aussi : ils insistent sur le retour de l\u2019UNSCOM en Irak et sur l\u2019« allègement » de l\u2019embargo, lié aux « progrès » que l\u2019UNSCOM notera dans le désarmement irakien.Les trois éléments font désormais partie d\u2019une seule et même résolution, que les Américains voulaient mettre aux voix dès ce weekend au Conseil de sécurité.Mais Russes et Chinois disaient n\u2019y être pas prêts : ils veulent que les critères et étapes vers la levée des sanctions soient définis dans la résolution elle-même et non pas, comme le veulent Américains et Britanniques, que cela soit laissé à la discrétion des inspecteurs de l\u2019UNSCOM.« Qu\u2019il y ait consensus ou non, il est temps que le conseil prenne une décision », a dit l\u2019ambassadeur US Peter Burleigh.« On ne peut empêcher personne de mettre une résolution aux voix, mais celle-ci n\u2019est pas prête », a estimé son homologue russe Serguei Lavrov.« Nous sommes dans une partie de bluff monumentale », commentait cette semaine un autre diplomate à l\u2019ONU.Bluff où Américains et Britanniques doivent aussi tenir compte du poids croissant d\u2019un vaste réseau de soutien au peuple d\u2019Irak qui milite pour la fin de l\u2019embargo.On y trouve les Églises, des universitaires, des gens ordinaires actifs au sein de multiples ONG, mais aussi des élus du Congrès et des journaux comme le Washington Post et le Chicago Tribune, qui jugent que, dans le cas de Cuba comme dans celui de l\u2019Irak, l\u2019embargo comme outil diplomatique est un échec.L\u2019embargo punit les peuples et non les régimes, disent-ils.Mais surtout, il nuit aux intérêts économiques des États-Unis car il exclut les produits et les investissements américains de marchés où oeuvrent leurs concurrents, estiment-ils en substance.PHOTO REUTER Soupe populaire, il y a deux jours, à Bagdad.Soupe gratuite distribuée dans une mosquée au premier jour du ramadan. 7LP1301A1212 A13, dimanche, AILLEURS 7LP1101A1212 ZALLCALL 67 00:57:35 12/12/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 1999 A 13 L\u2019envers de la «Nouvelle Économie» Les masses ne recueillent que des miettes de sa croissance ahurissante Enfant chérie du grand jargon médiatique, la « Nouvelle Économie » est au coeur des débats qu\u2019entretiennent, sur le présent et sur l\u2019avenir, les observateurs patentés des grands journaux et magazines.La « Nouvelle Économie » explique la croissance, la hausse de productivité, les sommets répétés de la Bourse, disent les uns.Elle est largement surfaite, pas si importante que l\u2019on croit et fragile, disent les autres.Chose certaine elle existe, on en dessine les contours avec de plus en plus de précision et on constate finalement qu\u2019elle vit dans un monde à elle, en croissance de richesse fulgurante pendant que les masses liées aux activités manufacturière, commerciales et de services traditionnelles n\u2019en recueillent que les miettes.Un magazine comme Business Week, bien qu\u2019il soit fortement axé sur la vie financière, se fait fort néanmoins de publier régulièrement dans ses dernières pages des dossiers étoffés sur la portée sociale de l\u2019évolution de l\u2019économie.Et justement Business Week publiait cet automne un dossier substantiel sur l\u2019impact presque nul qu\u2019exerce la « Nouvelle Économie » sur les salaires des masses dans la société américaine, encore que ses incidences sur l\u2019emploi soient impressionnantes.Une définition Cette « Nouvelle Économie », c\u2019est l\u2019amalgame d\u2019activités de pointe comme l\u2019équipement de haute technologie, les logiciels, les services informatiques, les services financiers, les maisons-conseils, les communications, les médias et le commerce hors-magasin.Dans la « Vieille Économie » se rangent le bâtiment, les transports, les services publics comme l\u2019électricité, l\u2019industrie manufacturière traditionnelle, les commerce de gros et de détail, mais aussi de gros services sociaux comme la santé et l\u2019éducation.Pour illustrer ce qui se passe dans cette maison économique à deux étages, le magazine donne l\u2019exemple d\u2019un employé responsable de placer la marchandise sur les étagères dans une épicerie.Sa hausse de productivité est promise à à peu près rien ; s\u2019ensuivront des hausses de salaires infimes (1,8 % en 1998), et éventuellement une mise à pied pour faire place à un jeune employé payé moins cher.Dans beaucoup de cas, l\u2019affiche « Employés demandés », symbole classique de prospérité, camoufle souvent désormais une situation de désespérance.Dans l\u2019intervalle, l\u2019employé du cybershopping est superchoyé et l\u2019affiche « Employés demandés » dans son cas n\u2019a pas du tout ici le même sens.De fait, pour le second semestre de 1999, la « Nouvelle Économie » dans son ensemble a accusé une hausse de profits de 58 % contre 9 % seulement pour la « Vieille Économie ».Dans la « Nouvelle Économie », les salaires des cadres et des professionnels ont augmenté annuellement de 12 % et plus ces dernières cinq années, deux fois plus que le même personnel dans la « Vieille Économie ».Cette situation entraîne des transferts de personnel de la « Vieille Économie » vers le « Nouvelle Économie », beaucoup de gens optant pour les avantages de la seconde sur la première.Santé et éducation Mais là où l\u2019impact social de l\u2019émergence d\u2019une « Nouvelle économie » risque de faire le plus mal, c\u2019est dans les secteurs névralgiques de la santé et de l\u2019éducation, qui sont les deux secteurs d\u2019activité qui embauchent le plus de diplômés.Ces deux secteurs recrutent à eux seuls un sixième de tous les bacheliers et un tiers de tous les détenteurs de maîtrise aux États-Unis.Or, la formation de ces professionnels leur coûte de plus en plus cher, les institutions se montrant de plus en plus exigeantes en matière de diplômes, et les salaires sont de plus en plus stagnants.De 1995 à 1998, les salaires des enseignants au primaire et au secondaire ont crû de seulement 2,3 %, « ce qui ne rejoint même pas l\u2019inflation », se plaint une prof.Même chose en santé.Des hausses substantielles dans les années quatre- vingt avaient déclenché une ruée vers la formation et les compléments de formation, mais voilà que maintenant les traitements plafonnent, sans espoir d\u2019amélioration dans un avenir prévisible.Dans la « Vielle Économie », même les employés d\u2019une activité de prestige comme l\u2019assemblage d\u2019automobiles n\u2019arrivent pas à suivre l\u2019indice officiel de la prospérité nationale.Les transferts de production à l\u2019étranger et l\u2019augmentation de la sous-traitance ont placé les syndicats sur la défensive, les contraignant à accepter des hausses de salaires de 3 % ou moins, à peine au-dessus de l\u2019inflation.Ce qui gêne beaucoup aussi les travailleurs de la « Vieille Économie », c\u2019est que la productivité ici ne croît qu\u2019au rythme de 2,5 % annuellement (et ces chiffres sont d\u2019ailleurs contestés à la baisse, notamment dans The Economist), alors que la « Nouvelle Économie » actuellement augmente la productivité de ses travailleurs de 30 % par an, du moins dans les usines d\u2019ordinateurs, de semiconducteurs et de matériel de communication.Un peu d\u2019histoire Historiquement, l\u2019apparition de la « Nouvelle Économie » n\u2019est pas un phénomène inédit, note Business Week, qui rappelle qu\u2019à la fin du 19e siècle et au début du 20e, l\u2019émergence soudaine de l\u2019industrialisation comme « Nouvelle Économie » créait un nouveau palier par rapport à cette « Vieille Économie » que constituait alors l\u2019agriculture.L\u2019activité fermière occupait 35 % de la population active, pendant qu\u2019une petite activité manufacturière, le chemin de fer et les services publics faisaient travailler 10 % des gens.Mais bientôt apparut massivement la construction automobile, le téléphone et l\u2019électrification, cette « Nouvelle Économie » de l\u2019époque en venant à distancer considérablement l\u2019agriculture en termes d\u2019emplois.Bientôt le nombre de travailleurs industriels devait dépasser le nombre de fermiers, sans compter que ces derniers, soumis à toutes sortes de forces économiques nouvelles, devaient faire face à des chutes de prix des denrées, à l\u2019endettement et aux faillites.Retour au présent : l\u2019endettement croissant des masses américaines engluées dans la « Vieille Économie » n\u2019est pas sans rappeler la situation faite aux agriculteurs du tournant du siècle.Déséquilibres Autre façon de comprendre les déséquilibres engendrés par l\u2019émergence de la « Nouvelle Économie » aux États-Unis : la hausse de revenus encaissée par le 1 % au sommet de la pyramide sociale depuis 1977 dépasse largement l\u2019ensemble du revenu touché cette année par le bloc des 20 % les moins favorisés de la population, révèle The Economist, citant une étude du Centre on Budget and Policy Priorities.Les sources de l\u2019étude, qui émanent du service du budget du Congrès américain, indiquent aussi que les revenus après impôts des 2,7 millions d\u2019Américains formant le 1 % le plus nanti de la population équivalent aux revenus des 100 millions d\u2019Américains les moins fortunés.Seul métier conséquent : butler dans une maison de riche.Formel Professionnel Culturel Circonstanciel n Les salaires d\u2019enseignant étant ce qu\u2019ils sont \u2014 et ce qu\u2019ils promettent de rester \u2014 aux États-Unis, cela veut dire près d\u2019un million d\u2019emplois qui ne trouveront pas preneurs dans les 10 prochaines années.Lowell Milken, cofondateur de la Milken Family Foundation en Californie, propose une redéfinition de la profession d\u2019enseignant basée sur le mérite et qui permettrait aux plus méritants d\u2019aboutir à un revenu de quelque 100 000 $US par année.Dans un article publié par le Los Angeles Times, M.Milken souhaite rendre la profession compétitive sur un marché du travail où la crème des diplômés universitaires optera de préférence pour des emplois dans la « Nouvelle Économie » si on laisse aller les choses.L\u2019auteur note que déjà, ce ne sont pas les diplômés obtenant les meilleures notes qui choisissent l\u2019enseignement.Et aussi que plusieurs d\u2019entre eux abandonnent le métier en deçà de cinq ans.Le salaire moyen d\u2019un enseignant est actuellement de 42 000 $ aux É.-U.M.Milken envisage une carrière d\u2019enseignant par étapes, avec apprentissage à quelque 21 000 $ et des seuils de rendement à franchir conduisant à un salaire de 80 000 $.À ce niveau, l\u2019enseignant devenu maître-prof dispose d\u2019assez de temps libre pour pouvoir agir comme conseil auprès d\u2019entreprises ou d\u2019institutions, ce qui lui permet d\u2019aller chercher 20 000 $ supplémentaires.n Le réflexe populiste dans la culture anglo- saxonne est d\u2019une subtilité remarquable.On a fait état cette semaine du premier ministre de l\u2019Ontario Mike Harris qui légifère pour interdire les squeegees partout, mais qui laisse le soin aux élus municipaux de décider si le nouveau Ottawa né des fusions sera ou non bilingue.De la même manière en Grande-Bretagne, les autorités du câble invoquent la « demande populaire » des téléspectateurs pour justifier leur décision d\u2019écarter TV5 du paysage anglais, TV5 qui, à l\u2019échelle de l\u2019Europe pourtant, est plus regardé que CNN.L\u2019affaire est d\u2019autant plus sérieuse que déjà 2000 enseignants en Grande-Bretagne ont été formés à se servir de TV5 comme outil pédagogique dans les classes de français.Le quotidien Independent signale qu\u2019une campagne s\u2019amorce pour que TV5 reste en ondes.« Cette décision ramène la Grande-Bretagne dans la noirceur, à l\u2019heure du nouveau millénaire », estime le Dr Brigitte Boyce, directrice de l\u2019Association pour l\u2019apprentissage des langues.Il est important, ajoute-t-elle, que les élèves puissent avoir un accès direct à une autre langue qu\u2019ils apprennent.L\u2019association estime que le pays perd des emplois du fait de ses faiblesses en langues étrangères.TV5 ne sera plus capté en Grande-Bretagne, même si la gamme de canaux offerts atteindra bientôt les 150.n La pétrolière Amoco vient d\u2019obtenir des droits d\u2019exploitation de riches gisements en Angola, au détriment de pétrolières plus importantes, Exxon et Chevron.Son truc : l\u2019engagement de s\u2019engager dans la croissance du pays en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).Depuis deux ans déjà, Amoco venait en aide à des pêcheurs, allant même jusqu\u2019à solliciter à leur intention un programme de financement auprès d\u2019une banque locale.De plus en plus de grandes entreprises dans le monde, note le New York Times, prennent conscience du fait que l\u2019ONU peut se révéler un partenaire valable et l\u2019ONU se plie de bonne grâce à cette initiative.Ce qui dans l\u2019ONU intéresse une entreprise comme la nôtre, indique Amoco, ce n\u2019est pas son argent, mais son expertise en matière de développement.Et se présenter chez un chef d\u2019État accompagné de fonctionnaires de l\u2019ONU fait une belle carte de visite.D\u2019autres industriels, notamment les fabricants d\u2019ordinateurs et les agents de services de santé, ont aussi compris le truc, leur accès aux agences de l\u2019ONU leur procurant d\u2019ailleurs de nouveaux marchés potentiels.L\u2019ONU avait déjà, il y a quelques années, tourné le dos à une proposition de Coca-Cola qui voulait ainsi aller déloger Pepsi.Aujourd\u2019hui, elle va même jusqu\u2019à solliciter le type d\u2019entente conclue avec Amoco, dans la mesure où son image d\u2019impartialité reste intacte.n Métier classique de la « Vieille Économie » que celui de butler, ou maître d\u2019hôtel.C\u2019est pourtant l\u2019un des rares métiers de la « Vieille Économie » à devoir profiter directement d\u2019une explosion de la demande engendrée par la « Nouvelle Économie », note le Telegraph, de Londres.On ne compte plus les multimillionnaires aux États-Unis et les milliardaires dépassent les 200, appelant dans leur vie de tous les jours cette gamme de petits services personnels pour lesquels un butler est formé.Le Telegraph décrit, pince-sans-rire, comment un chiropraticien et un jeune officier retraité de la marine américaine s\u2019entraînent, dans une maison édouardienne cossue de Denver, à servir des convives à gauche et à les desservir à droite.La demande de butlers qualifiés est telle que les salaires peuvent aisément atteindre les 100 000 $US, avec plein d\u2019avantages sociaux, logement et voiture fournis.Certaines maisons offriraient jusqu\u2019à 300 000 $.On croyait le métier en voie d\u2019extinction dans les clubs privés de Londres, mais le voilà requinqué par les riches de la « Nouvelle Économie ».Traditionnellement, le butler britannique était en demande parce qu\u2019il en imposait par son professionalisme.Au point d\u2019être intimidant.Aussi les nouveaux riches réclament- ils maintenant des butlers américains mais formés à l\u2019anglaise. A 14 I A PRESSE, MONTRÉAL, D1MANCIII-.12 1)1 c I WBRi: IW) La personnalité de la semaine II n 'est pas de succès qui se mérite s'il n 'est construit sur l'excellence André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Marcel Desjardins vice-président et éditeur adjoint Yves Bellefleur directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef I PHOTO PIERRE McCANN La Presse ï «Je ne sais pas comment j'ai pris la décision d'être musicien; je n'ai pas suffisamment de recul pour le comprendre.À partir de 12 ans, j'ai suivi des cours de piano à temps partiel au Conservatoire.J'avais demandé à entrer en direction d'orchestre.On m'a dit en riant de continuer le piano.» SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 12 DÉCEMBRE 1999 Yannick Nézet JEAN-PAUL SOULIE Dimanche dernier, le Conseil québécois de la musique a remis ses prix Opus.Il a décerné deux distinctions importantes au jeune chef d'orchestre et de choeur Yannick Nézet-Séguin.Le musicien de 24 ans a remporté l'un des prix les plus prestigieux, celui de Découverte de l'année, et l'Opus du public, attribué par scrutin populaire.Le jeune maestro a aussi, été à 20 ans le c l'on dateur de la Chapelle de Montréal, dont il est présentement le directeur artistique.Il a dirigé pour la première fois l'Orchestre Symphonique de Montréal il y a deux semaines.Il occupe également depuis 1998 les fonctions d'assistant-chef d'orchestre et de chef des choeurs à l'Opéra de Montréal, et il est directeur musical du Choeur de Laval.La Presse salue en Yannick Nézet-Séguin l'étoile montante du milieu musical québécois et le nomme Personnalité de la semaine.Né dans une famille éveillée à la musique, Yannick Nézet-Séguin a su très tôt qu'il allait être chef d'orchestre.Ses parents, tous deux éducateurs, professeurs à l'UQAM, auraient aimé lui faire apprendre le violon.Ses deux grandes soeurs apprenaient le piano.Le jeune garçon, qui semble doué pour le dessin, abandonne les crayons pour le clavier et suit ses deux aînées au cours de piano de Mme Jean-ne-d'Arc Lussier.« Je ne sais pas comment j'ai pris la décision d'être musicien, dit-il, je n'ai pas suffisamment de recul pour le comprendre.À partir de 12 ans, j'ai suivi des cours de piano à temps partiel au Conservatoire.J'avais demandé à entrer en direction d'orchestre.On m'a dit en riant de continuer le piano.C'est toujours mon véhicule.Aujourd'hui encore je continue, quand j'ai le temps.» Ses éludes au Conservatoire ne l'empêchent pas d'aller chercher un diplôme collégial en sciences humaines.« J'avais besoin d'acquérir une certaine compréhension de la société, par l'histoire, la psychologie, l'économie.Pour un chef d'orchestre, c'esi une nécessité : comprendre les compositeurs, leur vie, leur société.La culture générale est essentielle.» Diplômé du Conservatoire de musique de Montréal, Yannick Nézet-Séguin a obtenu unq premiers prix, dont le Prix avec grande distinction de piano.Il suivra ensuite de multiples cours et stages de maîtres, pour ensuite accumuler les expériences de travail.Le nombre d'oeuvres et la diversité des compositeurs que le jeune maestro a dirigés en concert sont prodigieux.« Je touche à beaucoup de répertoires, mais c'est quelque chose que je veux cultiver, dit-il.Je veux garder cet équilibre, ce souffle.Ça demande une grande discipline.Chaque style m'apprend quelle est sa différence avec l'autre.Le danger, c'est de tout confondre.Mais il ne faut pas vivre dans la facilité.J'aime courir ce risque.» Des six longues pages de son curriculum vi-tae, il en faut trois pour énumérer les 95 oeuvres que le maestro de 24 ans a dirigées en concert.La diversité des compositeurs et des répertoires peut étonner.Mais Yannick Nézet-Séguin est à l'aise : « C'est une marque de génération.Il vaut mieux, en ce moment, être polyvalent et malléable.Passer de Bach à Brahms, c'est une force l> «Le chef Dans l'impression- \u201e B m__ nante liste de ses accom- Cl orchestre est plissements, il n'y a pas .encore de disque.3 Ul « Mais je commence à musjcien qui ne me sentir prêt, avec ma Chapelle de Montréal, tOUChe à rien dit Yannick avec un sourire.Le fruit est pour faire de la mûr.» Cette Chapelle .de Montréal qu'il a fon- HlUSique.Il dée avec Stéphanie Po- c'aHrocco à rfoe thier et Pierre Tourville, S aaresse a aes c'est une formation qu'il intermédiaires, qualifie de « chambrée », avec seulement C'est 20 choristes, 20 musi- - .ciens et cinq solistes, fascinant.» « Ça fait partie de notre approche, ça donne plus d'individualité à chacun des membres.» Il a fallu aussi, après deux ans d'existence, structurer l'organisation, créer un conseil d'administration, s'attaquer à la publicité, aller chercher les subventions.« C'est une aventure qui me plaît.J'aime le côté solitaire du travail de chef d'orchestre et le côté grégaire que représente la vie d'un ensemble.La musique est abstraite tant qu'elle n'a pas pris forme avec la mise en son et en forme par tout l'orchestre.Le moment privilégié du chel d'orchestre, c'est l'étude solitaire de l'oeuvre.Le chef d'orchestre est le seul musicien qui ne touche à rien pour faire de la musique.Il s'adresse à des intermédiaires, c'est fascinant.» « «L'idée, dit encore le maestro, c'est d'apporter quelque chose de plus.Il n'y a pas d'interprétation absolue, mais il faut que les musiciens créent l'illusion que oui, c'est absolu.Je crois à l'évolution de l'interprétation.C'est ce qui va maintenir en vie les grands chefs-d'oeuvre, sans trahir les compositeurs.Un grand chef-d'oeuvre peut soutenir des tas d'interprétations.Ça a le dos large, un chef-d'oeuvre ! Bach, par exemple ! » Encore plus que du talent, BANQUE NATIONALE LL faut penser .r «autrement même a\" Hydro l'excellence naît de l'effort.Québec ^ loto-québec Du lundi au vendredi de 6 h à 9 h Chaque lundi à 8 h 35, Guy Mongrain s'entretient avec la personnalité if^TJT^^T^ de la semaine.TVA Le réseau d'Ici "]
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