La presse, 28 février 1998, B. Plus
[" B Montréal, samedi 28 février 1998 Plus SUBARU Forestier 98 3291\"- ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / POLITIQUE ,*24 mot».*mrm* mrw Ot [2950 Sou tcftangtéqtf»-[itnt Tarn, trmipon tt pr»- 000 km par année.| SCOTT! SUBARU 4305, boul.Métropolitain, Est / (514) 725-93S4 Les pères partent toujours perdants Lilianne Lacroix .jmmlM[ \" c juge avait déjà JJ 9 son idée toute fai- \\\\ ¦ te.À quoi donc H ont servi tous les B a témoignages ?» Il y a sept ans, Yvon voyait sa femme obtenir la garde de leurs quatre enfants de 2 à 8 ans.Une décision à laquelle le juge Pierre Viau était arrivé après avoir « mûrement réfléchi », indique-t-il lui-même.Il accordait par ailleurs au père des droits d'accès minimaux d'un week-end sur deux.C'était il y a sept ans, mais Yvon s'en souvient comme si c'était hier puisqu'il a passé toutes ces années à batailler pour redevenir père à part entière.Dans son jugement, le magistrat s'appuyait notamment sur « l'opinion unanime des deux experts » voulant que madame conserve la garde de la petite dernière.Jusque-là, tout a l'air tout à fait ordinaire.Mais quand on examine les rapports des deux psychologues cités pour expliquer ce jugement survenu le 26 mars 1990, on sursaute : l'expert embauché par le père déclare en effet : « Il m'appa-raît souhaitable pour le meilleur intérêt des enfants de laisser la garde des enfants y compris celle de C.et ce malgré son jeune âge, au père.» La fragilité affective, l'instabilité et les ressources d'énergie réduites de la mère justifiaient, selon le psychologue, cette recommandation.Quant à l'expert payé par la mère, il conclut : « Il nous paraît que dans ce cas ce qui serait la meilleure solution serait une garde partagée.» Selon lui, non seulement c'est la solution désirée par les enfants, mais la proximité physique des deux parents s'y prête et les parents pourraient ainsi partager cette lourde tâche.Le jugement semble d'autant plus étrange que la mère elle-même, qui avait d'abord réclamé comme son mari une garde exclusive, avait modifié cette demande, admettant souhaiter plutôt la garde conjointe.Le juge fait d'ailleurs mention de ce changement dans sa décision.Le juge a-t-il mal lu ?Ou bien, comme le père le pense, a-t-il pris pour une réalité son préjugé voulant que le meilleur parent soit toujours la femme et écarté tout ce qui ne concordait pas avec cette thèse ?Toujours est-il que cette supposée unanimité des experts autour de la garde de la plus jeune devant être accordée à la mère, alliée au fait que le juge voulait garder ensemble frères et soeurs, a été fatale au père.Après avoir admis les qualités de parents des deux parties, leur disponibilité ainsi que le besoin des enfants de voir leurs deux parents, le juge ajoutait ce petit bout de phrase, dont on retrouve l'essence dans maints jugements du même genre : «.Vu la nécessité objective pour les enfants de cet âge d'être souvent auprès de leur mère.» et qui fait dire à maints pères déçus que devant un tribunal, ils partent toujours perdants.Le juge invoquait aussi le fait que la mère avait une vie de couple stable alors que le père, qui venait de rompre avec sa nouvelle compagne, affichait une « situation personnelle un peu plus floue ».C'est le départ de la mère, qui a quitté le domicile conjugal pour aller vivre avec son nouveau compagnon, qui a d'abord motivé les procédures de divorce intentées par le père.Avant le jugement, une entente provisoire avait toutefois été signée entre les parents qui accordait la garde de la benjamine à la mère tandis que le père s'occupait des trois autres.Outre les avis des experts, qu'il n'a manifestement pas très bien saisis, le juge Viau écartait l'opinion de la directrice d'école des trois aînés ainsi que de l'oncle et de la tante de la mère qui recommandaient chaudement que la garde soit confiée au père, plus habilité à s'occuper des enfants.« Qu'est-ce qu'il aurait fallu de plus ?» se demande encore le père.Depuis juin dernier, en vertu d'un accord entre les deux parties, les parents ont maintenant la garde partagée.DEMAIN : « On me demande de payer et de fermer ma gueule » sans enfsnî À peine 15 % des enfants sont confiés aux pères ¦ Le nombre d'enfants à charge touchés par le divorce de leurs parents était estimé à quelque 17 000 en 1994.La majorité ( 63 % ) des enfants sont âgés de 5 à 14 ans, 17 % de 0 à 4 ans et 20 % de 15 ans et plus.¦ La mère obtient la garde de 75 % des enfants, le père de 15 % et seulement 10 % des enfants sont soumis à une garde partagée.L'attribution de la garde varie beaucoup avec l'âge des enfants.La mère a la garde de 85 % des très jeunes enfants, tandis que les pères ont la garde de 26 % des adolescents de 15 ans ou plus.L'âge moyen des enfants confiés au père est de 12,6 ans en regard de 9,9 ans pour ceux confiés à la mère.¦ La proportion des pères qui obtiennent la garde s'élève à 16 % de 1989 à 93 mais redescend à 14 % en 1994 et retrouve le niveau du milieu des années 80.¦ La garde partagée augmente très lentement ; de 1986 à 88, 6 % des enfants sont soumis à une garde partagée en regard de 10% en 93-94.La garde partagée est peu fréquente à tous les âges et encore moins chez les très jeunes enfants.¦ Selon un document de travail public sur la garde d'enfants et les droits d'accès produit en mars 1993 par le ministère canadien de la Justice, 69 % des parents non-gardiens rapportent des problèmes à exercer leurs droits d'accès à leurs enfants.m Selon une étude menée en 1988 par Wakefield et Underwager, 70 % des accusations d'inceste portées lors d'une guérilla entre exconjoints se révèlent fausses.Considérant ce phénomène comme une véritable plaie qui les empêche de s'occuper des vrais cas problèmes d'enfants négligés ou maltraités, la DPJ de la Montérégie soumet maintenant ses intervenants à une formation pour les rendre plus aptes à percevoir les fausses dénonciations, qu'il s'agisse d'inceste, de mauvais traitements ou de négligence.PHOTO RÉMI LEMÉE.Li Pressé Même si tous les témoignages pariaient en sa faveur et même si la volonté de sa femme allait en ce sens, Yvon n'a même pas réussi à obtenir en cour la garde partagée de ses quatre enfants.Entre père Noël et parfait salaud ! « Le problème, c'est qu'on voudrait que les pères soient des mères.» On a trop souvent tendance, juge le sociologue Germain Dulac, à désigner un parent principal, la mère, et un parent secondaire, le père, et aussi à juger les hommes sur la réaction qu'aurait une mère dans une même situation.« Les juges eux-mêmes ne sont pas les plus évolués, dit-il.Comme le pape, ils sont souvent à la remorque et ne font des changements que lorsque toute la société a changé autour d'eux.Dans les cas de litiges, ils vont souvent se replier sur des principes traditionnels.» Désireux de « jouer safe », ils accordent souvent la garde exclusive à la mère avec droits d'accès au père, habituellement aux deux semaines.« Les pères sont englués dans le syndrome du salaud, déclare M.Dulac.Pour en sortir, ils doivent être absolument impeccables et encore.» Sociologue à l'UQAM, Anne Queniart a effectué une recherche sur le désengagement paternel : « Certains désertent totalement leurs enfants.Mais la plupart des pères décrocheurs y semblent poussés par les événements.La rupture conjugale, pour certains, représente l'effondrement de tout le reste, de la famille surtout.Pour d'autres, c'est l'effondrement du lien avec l'enfant qui est le plus catastrophique, un peu comme une rupture amoureuse.» Souvent, a constaté Mme Queniart, le père décroche parce qu'il souffre trop de ne voir ses enfants que quatre jours par mois et de vivre constamment des séparations déchirantes.« Les pères sont trop souvent considérés ou bien comme le père Noël ou comme le parfait salaud.La plupart se situent entre les deux.Il y a nombre d'hommes qui mériteraient amplement une garde partagée, mais il faut avouer que la paternité à temps partiel fait l'affaire de plusieurs.Les pères décrocheurs ne sont pas tous des salauds, mais il ne sont pas tous des victimes du système non plus.» « On a souvent invoqué le manque de responsabilité parentale pour expliquer le phénomène de décrochage progressif du parent non-gardien, mais on commence depuis quelque temps à s'interroger sur la possibilité d'un autre facteur qui serait celui de la décision judiciaire typique », écrivait le pédopsychiatre Jean-François Saucier.« En effet, celle-ci accorde la garde légale à un seul parent et prive l'autre de tout pouvoir parental, le rendant équivalent à un oncle ou à une tante dont le seul recours est de gâter les enfants au cours des sorties de fins de semaine, poursuit le médecin.À la longue, ce manque de pouvoir diminue la motivation de la majorité des parents non-gardiens, ce qui se traduit par une diminution graduelle des contacts.» Plusieurs études démontrent que 30 à 40 % des enfants du divorce souffrent de problèmes d'adaptation significatifs, comparativement à 15 à 20 % dans les familles unies, rappelle le médecin.On a cru longtemps que la persistance du conflit marital au cours des années affectait énormément les enfants.Mais une étude de Camara et Resnick semble avoir prouvé que ce n'est pas tant la persistance du conflit, mais plutôt la pression d'un parent sur les enfants pour que ceux-ci se rangent de son côté et contre l'autre qui serait le facteur perturbateur.Si cette pression persiste longtemps, les conséquences peuvent devenir très graves, car les enfants sont rais dans une position intenable.Tous ne croient pas à l'injustice du système : « Je ne pense pas que le préjugé contre les pères soit si énorme, il y a eu beaucoup de changements dans les dix dernières années », déclare Me Sylvie Schirm, présidente de l'Association des avocats en droit familial du Québec.« J'ai un peu de difficulté à voir les hommes crier au meurtre car leur implication auprès des enfants est assez récente.Ils doivent laisser à la société le temps de s'adapter.» À la Fédération des familles monoparentales, Claudette Main-guy ajoute : « Depuis quelques années, les jugements en droit familial sont beaucoup plus nuancés.Et ça risque de changer encore à cause du désir des pères de s'impliquer et de l'avènement de la médiation.» D'ailleurs, 81 % des cas se règlent sans débat judiciaire.Aux pères se plaignant de n'être devenus que des guichets automatiques, Mme Christiane Périn, de la Coalition contre l'imposition des pensions alimentaires pour enfants, écrivait : « Si les pères veulent revendiquer la garde partagée, la partageront-ils avec la mère et la gardienne qu'ils devront de toute façon engager et payer, étant données leurs responsabilités professionnelles de jour comme de soir ?Alors, préjugé favorable de la magistrature à l'égard des mères ?Ou simple bon sens, dicté par la nature même des choses ?Avenue Papineau à Montréal, régulièrement pour échanger situations difficiles.PHOTO DCMSOOURVUE.Lm Groupe d'entraide aux pères et de soutien à l'enfant, on se réunit renseignements et conseils, mais aussi pour s'encourager dans les B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 28 FÉVRIER 1998 Editorial L«i Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Alain Dubuc Les chèques du millénaire Le chat est sorti du sac.Ce à quoi le premier ministre du Canada tient le plus dans son projet de bourses du millénaire, c'est que la provenance du chèque soit bien claire.On ne peut certes pas reprocher à M.Chrétien de rechercher la visibilité.Comme tout politicien, il formule ses initiatives d'une façon qui leur donne un relief maximal et qui met son gouvernement en valeur.Mais, s'il comptait sur ses bourses pour marquer des points, c'est raté.BnmMHBHBHi La bataille est déjà perdue, pour deux raisons.D'abord, sa mauvaise lecture de la réalité québécoise qui l'amène invariablement à commettre des erreurs quand il se fie à son instinct.Et ensuite, une culture politique d'une autre génération, en porte-à-faux avec les réalités actuelles.Le fait qu'Ottawa ait choisi, dans son dernier budget, de consacrer des sommes importantes à l'éducation supérieure était une excellente idée.Malgré ses accents démagogiques, le concept des bourses du millénaire montre que le gouvernement a les priorités à la bonne place et envoie des messages justes sur la façon dont le Canada doit se préparer à la nouvelle économie.Même si l'éducation est du ressort provincial, on ne peut reprocher au gouvernement central de financer et de s'intéresser à ce domaine stratégique.Mais la lecture du budget nous a montré que le projet de bourses du millénaire est encore informe, et que rien, dans sa philosophie encore floue, ne justifie que le gouvernement fédéral refuse de remettre la gestion de ces fonds aux provinces qui le désirent.Non seulement Ottawa intervient dans les compétences provinciales mais, au Québec, il doublera un régime de prêts-bourses très fonctionnel.On peut sans doute désamorcer la crise par des négociations, comme le souhaite le ministre Pierre Petti-grew, envoyé en renfort pour réparer les pots cassés, mais elles mèneront à des formules complexes pour régler un problème créé de toutes pièces.Et pourquoi ?Le premier ministre Ta expliqué : « Nous croyons qu'il est important que chaque citoyen au Québec sache exactement ce que les impôts qu'il paie au fédéral lui rapportent.Les citoyens vont le savoir dans ce dossier-là, vous pouvez en être sûrs.» C'est du mauvais fédéralisme, qui agace non seulement des péquistes en mal d'affrontements avec Ottawa, mais aussi le gouvernement ontarien et tous ceux qui, au Que-bec, souhaitent un fonctionnement harmonieux du système d'éducation, y compris à The Gazette.L'obsession de M.Chrétien pour cette forme de visibilité est une survivance d'un monde politique qui n'existe plus.Les Québécois reçoivent déjà des millions de chèques fédéraux, en pensions, allocations familiales, retours d'impôt.À notre connaissance, la feuille d'érable n'a pas eu de vertus magiques.Lucien Bouchard a lui aussi découvert les limites de cette approche quand il a distribué des 70 $ en hélicoptère, pendant la crise du verglas.Ce fut un faux pas, perçu comme vulgaire et de mauvais goût.Ces manoeuvres ne fonctionnent plus parce que, depuis la guerre contre le déficit, les gens ne perçoivent plus les chèques gouvernementaux comme des cadeaux.Ils ont cessé d'être reconnaissants, parce qu'ils savent que les largesses de l'État sont financées avec leur propre argent.Tout cela est d'autant plus navrant que M.Chrétien, avec ses bourses du millénaire, peut profiter d'une visibilité remarquable.Son initiative frappe l'imagination, et même si la nouvelle fondation donnait un chèque de 80 millions au Québec au lieu d'en expédier à 25 000 jeunes québécois, personne n'oublierait quel gouvernement a associé l'an 2000 au savoir.À causes de ces chicanes, au lieu d'être visionnaire, le gouvernement Chrétien a l'air « cheap ».droit* Rfisatvts La couleur en question lus qu'une froide compilation de statistiques, le recensement d'une population peut conduire à des révélations fracassantes.Ainsi, dans l'ex-Yougoslavie, la proportion de citoyens qui s'autodéclaraient Serbes, Croates ou simplement Yougoslaves variait au gré des tensions ethniques locales.Ces données étaient fascinantes pour qui voulait comprendre la société yougoslave.Mais il suffisait d'une interprétation un tantinet colorée pour qu'elles deviennent un facteur d'évolution sociale, qu'elles accentuent certaines tendances \u2014et pas nécessairement les meilleures.Bref, il n'y a pas de quoi s'étonner si Statistique Canada a soulevé un débat houleux en ajoutant une nouvelle question à son rituel questionnaire démographique.D'autant plus que la fameuse « Question 19 » portait sur un des sujets les plus délicats de l'heure : l'appartenance ethnique.Pour la première fois, l'organisme fédéral a voulu comptabiliser les citoyens appartenant à des « minorités visibles ».Celles-ci étaient classées en une dizaine de catégories référant à la couleur de la peau et à des régions géographiques : Noirs, Chinois, Latino-Américains, Arabes et Asiatiques occidentaux, etc.Les résultats de cet échantillonnage n'ont pas manqué de faire des flammèches.Pour plusieurs, la « Question 19 » est une véritable bombe à retardement, qui risque de renforcer les préjugés, de cristalliser les différences et de contribuer à l'éclatement de la société en une myriade de micro-bulles culturelles.L'examen des résultats, divulgués il y a dix jours, incite à respirer par le nez.On y apprend, par exemple, que le Agnès Gruda tiers des Torontois s'associent à l'une ou l'autre des catégories de citoyens dits « visibles ».Et qu'avec 12 %, Montréal vient en cinquième place au palmarès de la « visibilité », après Calgary et Edmonton.On y apprend aussi que le groupe « visible » le plus populeux au Canada, ce sont les Chinois ( 27 % ), suivis des Asiatiques du Sud (21 % ).Les Noirs viennent en troisième place, avec 18 % \u2014 mais ce n'est pas vrai à Montréal, où ils composent la minorité visible la plus nombreuse.En revanche, les Noirs sont plus enracinés au pays que les autres minorités visibles : plus de quatre sur dix sont nés au Canada.Etc.Ces données, lorsqu'elles seront croisées avec d'autres renseignements touchant au domaine de l'emploi ou à celui de l'instruction permettront de découper notre connaissance des comportements sociaux de tous ces groupes en fines lamelles.Dans certains cas, des stéréotypes voleront en éclats : par exemple, si l'on constate que telle minorité, présumée sous-éduquée, est au contraire bardée de diplômes.Dans d'autres cas, des préjugés seront peut-être confirmés.Mais dans tous les cas de figure, on en saura plus, nos opinions seront mieux fondées et nos politiques sociales mieux ciblées.Où donc est le mal ?Le seul danger de ces statistiques, c'est d'identifier un groupe précis avec un indicateur particulier en raison d'une légère avance statistique.Autrement dit : s'il devait s'avérer que les Noirs divorcent un peu plus que les autres, il ne faudrait pas croire pour autant qu'ils détiennent le monopole de la fragilité conjugale.Mais faut-il se refuser l'accès à une mine d'informations de crainte qu'elles ne fassent mal si elles devaient être mal manipulées ?Comme le disait un porte-parole du Conseil ethnocul-turel canadien : « L'information, c'est le savoir.Et le savoir, c'est la meilleure arme contre les préjugés.» Ou pour dire les choses autrement : la ségrégation est comme tout ennemi, elle se combat mieux quand on la connaît bien.LA PRESSE ET VOUS Un contact continu avec les lecteurs Depuis déjà deux ans, chaque samedi, sans interruption aucune, vous pouvez lire « La Presse et vous ».Cette chronique vise à informer et à sensibiliser nos lectrices et nos lecteurs à la vie de notre quotidien, aux grands sujets d'actualité qui sont traités dans notre journal, aux enquêtes que nous menons, aux commentaires reçus et aux initiatives et engagements que prend La Presse.En plus d'aborder les grandes questions de la liberté de la presse et du droit du public à une information exacte.Rédigée sans prétention, dans un langage qui se veut le plus accessible possible pour les non-initiés aux médias et pour les mille et une personnes qui se posent bien des questions sur les journalistes et sur l'information, cette rubrique est un outil parmi d'autres de dialogue avec nos lectrices et nos lecteurs.Au moins la moitié des sujets abordés dans cette rubrique ont d'ailleurs été proposés par des abonnés, des lecteurs occasionnels ou des personnes côtoyées lors de rassemblements officiels ou de rencontres fortuites.Ce lieu de rencontre hebdomadaire permet de maintenir un contact étroit et suivi avec tous ceux et celles qui ont un intérêt pour notre quotidien et qui veulent s'exprimer.Les intervenants sont nombreux et, grâce à leurs critiques et à leurs suggestions, de nombreuses améliorations ont été apportées au contenu et à la présentation de notre journal.Je remercie ces centaines de personnes qui nous ont aidé à être le quotidien qui répond le mieux à leurs attentes.Vos recommandations sont toujours les bienvenues.Plusieurs moyens sont à votre disposition pour me joindre : ?par la poste : 7, rue Saint-Jacques, Montréal ( Québec ) H2Y 1K9 ; ?par télécopieur: ( 514) 285-1994; ?par le courrier électronique : mdodd@lapresse.ca ; ?par la ligne de commentaires aux chroniques de La Presse : ( 514 ) 285-7343, boîte vocale 8207.Se brancher de A à Z Traitant de communication, La Presse, en collaboration avec le collège Bois-de-Boulogne, vous présente dans son édition du dimanche une toute nouvelle chronique intitulée « Votre page Web de A à Z ».Cette chronique, qui se poursuivra sur une période de 12 semaines jusqu'au 26 avril, est présentée dans le cadre de la Course BRANCHEZ-VOUS, une compétition sur Internet qui amène les participants à créer et à animer un site Web pendant quatre mois.Cette année, neuf équipes formées de collégiens de tout le Canada prennent part à la compétition.Ce sera pour certains participants la première fois qu'ils auront à créer un site Internet.Et pour nous, l'occasion d'apprendre à se brancher du bon pied ! Publiera-t-on encore des livres ?Autre initiative reliée au vaste monde de la communication, La Presse a accepté de parrainer un concours éditorial en prévision de la Journée mondiale du livre, le 23 avril prochain.Les élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire de la grande région de Montréal sont invités à répondre, par un texte d'opinion, à la question : Selon vous, publiera-t-on encore des livres dans 100 ans ?Oui ou non ?Les textes, de 500 à 700 mots, doivent être dactylographiés à double interligne et rédigés en bon français.Les textes gagnants seront choisis par l'équipe éditoriale de La Presse et publiés le 23 avril.Journée mondiale du livre.Les auteurs du texte primé dans chaque catégorie recevront un certificat-cadeau d'une valeur de 250 $ des mains d'Alain Dubuc, éditorialiste en chef, lors de la grande soirée de clôture de la Journée mondiale du livre, en présence de Daniel Lemire, porte-parole officiel.Les textes peuvent être adressés à l'Association nationale des éditeurs de livres : 2514 boulevard Rosemont, Montréal, Québec, H1Y 1K4 ou par télécopieur au ( 514 ) 273-9657.Parlant de livres, le « Guide des voitures anciennes », écrit par notre journaliste Jacques Gagnon, aussi collaborateur à la' chronique « Auto-Rétro » dans le cahier Auto du lundi, connaît un succès de librairie.Les 10 000 premiers exemplaires sont déjà épuisés.en moins d'un an et la maison Sogides a décidé de procéder à l'impression de 5 000 exemplaires additionnels.Bravo à notre collègue.Vos finances personnelles Depuis un mois, à raison de deux fois par semaine dans ses éditions du mardi et du mercredi, La Presse vous offre une série de fascicules sous le titre général « Vos finances personnelles ».Ce produit d'information, conçu et rédigé par notre chroniqueur financier Michel Girard, avec la collaboration empressée de collègues des services de l'Information et du Marketing, constitue une valeur ajoutée à La Presse.C'est une réussite exceptionnelle.Les commentaires reçus en regard de cette initiative sont stimulants.Les deux derniers fascicules seront publiés, mardi et mercredi prochains sur les thèmes « Comment réduire votre charge fiscale ?» et « Qui héritera de vos biens 7 » Si vous avez apprécié la formule, comme en font foi les résultats, vous êtes invités à nous faire connaître vos propositions.Quels sujets aimeriez-vous voir abordés lors d'une prochaine série du genre 7 Nous attendons vos suggestions avec plaisir.\u2022 Bonne semaine ! Claude MASSON Éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 28 FÉVRIER 1998 B 3 Des élections au printemps?Le printemps était déjà dans l'air cette semaine, et avec lui, des rumeurs d'élections.Le petit jeu a donc recommencé.Sera-ce au printemps?À l'automne?Au printemps 1999 ?C'est ce à quoi songe, sur quelque plage floridienne, un Lucien Bouchard confronté, pour la première fois de sa carrière, à la décision qui est, pour un premier ministre, la plus lourde de conséquences.Nombre de militants péquistes piaffent d'impatience, et pour cause.La conjoncture paraît en effet idéale.M.Bouchard a presque tous les atouts en main.Même si le glorieux souvenir de sa prestation, durant la crise du verglas, est destiné à fondre comme glace au soleil, son auréole reste intacte.Mieux encore, il n'a même pas besoin de se creuser les méninges pour se trouver des chevaux de bataille : le gouvernement Chrétien vient de lui en fournir tout un haras ! La flagrante intrusion du fédéral dans l'Éducation, avec les bourses du millénaire, n'est que le dernier de la série, quoique ce projet-là soit probablement mieux perçu dans la population que dans la classe politico-médiatique.La démagogie marche, hélas.et qui n'aime pas mieux trouver un chèque qu'un compte dans son courrier ?II reste que tant l'affaire du renvoi à la Cour suprême que l'arrogance affichée par le fédéral dans un nombre croissant de dossiers donneront à M.Bouchard le prétexte idéal pour se draper dans le noble manteau de défenseur des intérêts du Québec.Daniel Johnson peut être un redoutable adversaire en temps de campagne électorale, comme on l'a vu en 1994, mais à l'heure ac- tuelle, son leadership n'a jamais paru aussi fragile.Pratiquement invisible durant la crise du verglas ( quoique discrètement actif sur le terrain ), lent à répliquer aux gaffes gouvernementales et aux sorties de Lucien Bouchard, M.Johnson s'est trouvé en outre éclipsé par l'intervention de Claude Ryan dans l'affaire du renvoi en Cour suprême.M.Johnson a donné l'impression d'être à la remorque de son ancien chef avant de se faire « tasser » de l'autre côté par les ténors fédéraux qui, ne pouvant compter sur des alliés aussi peu sûrs, ont résolu de se charger eux-mêmes de la défense du fédéralisme au Québec.Finalement, c'est le PQ, bien plus que le PLQ, qui aura bénéficié du « consensus » contre le renvoi en Cour suprême.Un report des élections à l'automne comporterait, pour le gouvernement sortant, l'inconvénient majeur de devoir faire du slalom entre les piquets de grève.Les conventions collectives du secteur public arrivent à échéance en juin, et déjà, la CEQ a donné le signal du combat en se retirant de la coalition souverainiste.Tout indique que les négociations seront marquées par de dures confrontations, entre un gouvernement hanté par son objectif du déficit zéro et des syndicats agrippés à leurs droits acquis.Aussi bien, donc, en appeler au peuple avant la confrontation, d'autant plus qu'un gouvernement fraîchement élu se trouvera en position de force face aux revendications syndicales.L'automne est en outre la saison des élections municipales à Montréal \u2014élections auxquelles participeront en sous-main tant le PQ que le PLQ.Or, toute campagne électorale comporte sa part de pelures de banane et d'incidents imprévus.Aussi bien ne pas doubler les risques en s'enga-geant simultanément dans deux batailles.Lysiane GAGNON C'est également à l'automne que devrait sortir le jugement de la Cour suprême sur la légalité de la sécession du Québec.Or, tout porte à croire que ce jugement sera plus modéré que ce qu'en dit le PQ.En coupant la poire en deux, les juges porteraient un dur coup à la crédibilité fédérale, mais ils jetteraient aussi une bonne douche froide sur la stratégie souverainiste qui veut transformer ce renvoi en attaque tous azimuts contre le Québec.Mieux vaut faire les élections avant que ce ballon-là se dégonfle.Théoriquement, une campagne déclenchée au mois d'août, avant la rentrée syndicalo-politique, pourrait contourner ces problèmes-là, mais les élections estivales ne sont guère prisées des électeurs ni des militants.Et tant qu'à avoir des élections au début de septembre, pourquoi ne pas les faire à la fin de juin ?Le seul obstacle à franchir, pour des élections au printemps, est la loi électorale, qui doit être amendée en fonction du jugement de la Cour suprême sur les dépenses des partis.Mais rien n'empêche le gouvernement d'activer le processus législatif pour que le nouveau cadre soit prêt pour le mois de juin.L'entourage du premier ministre est partagé.D'aucuns préféreraient des élections à l'automne, voire au printemps 1999.Principal argument : le gouvernement serait alors plus proche de l'équilibre budgé-taire.Le prochain budget, prévu pour-la fm mars, s'annonce comme relativement terne, à comparer avec le flamboyant déficit zéro du budget Martin.Le gouvernement, dit-on, s besoin de quelques mois pour continuer JÎ ménage des finances publiques, régler làTrf-se dans les hôpitaux, lancer des projets innovateurs, etc.Le problème, bien sûr, est que plus lç temps passe, plus s'accroît le risque qufc Fa conjoncture générale soit éventuellement moins favorable au PQ.La poursuite de l'austérité budgétairtCji-gnifie d'autres compressions, d'autres sinf-frances pour la population, d'autres affroflfe-ments avec les syndicats.Plus le terflps passe, plus la popularité de M.Bouchardtls-que de s'éroder.Or, si la victoire péquiste ne fait guère de doutes, l'objectif reste de déças- t ser le score de Jacques Parizeau, en 1994.Les^ libéraux avaient alors obtenu la moitié, du vote populaire.Ce n'est pas le genre cfé* « victoire morale » que le PQ souhaitéraFt aif-corder à ses adversaires à quelques* piois d'un référendum.L'avantage de reporter à l'an prochak) le début d'un second mandat serait de donner à M.Bouchard plus de temps avant l'heure^fatidique du référendum.Mais c'est une cO«$*v dération futile, car ce dernier a intérêt le référendum en même temps que les éieo^ tions, avec deux bulletins de vote.Mais cet-r te idée serait aussi difficile à « vendre » qu'à' mettre en oeuvre.« ^ r Sous les drapeaux Chantai Hébert U Suzanne Tremblay n drapeau et un hymne national, ces deux symboles par vocation rassembleurs, peuvent-ils servir à exprimer la haine entre conci-^tnaiii^\" toyens ?Malheureusement oui, commme en témoignent les événements les plus navrants du XXe siècle d'un bout à l'autre de la planète.Jusqu'à présent, le Canada moderne, jeune voix dans le concert des nations, a largement échappé à de telles fausses notes.Mais jeudi, lorsque les banquettes réformistes et libérales aux Communes ont entonné le Ô Canada et brandi des drapeaux pour forcer la députée Suzanne Tremblay au silence, il y avait plus de férocité que de fierté dans l'air.Même les greffiers de la Chambre ne s'y sont pas trompés, eux qui sont restés rivés sur leurs chaises même s'ils étaient entourés de députés au garde-à-vous.Qu'on se le dise, Mme Tremblay est la gaffeuse-en-chef du Bloc québécois.Il n'est pas un clou déjà enfoncé sur lequel elle puisse se retenir de taper quand même.Sa sortie contre l'abondance d'unifoliés aux Jeux olympiques de Nagano, déjà soulignée par le skieur Jean-Luc Brassard, était de l'ordre de la basse récupération politique.Cela dit, le débordement de patriotisme à la limite de la haine qui a si laidement occupé le Parlement, jeudi, est un plus mauvais présage pour l'avenir que l'absence de jugement, déjà fort documentée, de la députée bloquiste.Car il se file, ces temps-ci, un très mauvais coton dans le reste du Canada.Récemment, à la radio nationale anglaise, l'ex-député réformiste Stephen Har-per, aujourd'hui patron du National Citi-zens Coalition, proclamait sans grande opposition que les Charest, Ryan et Johnson s'étaient disqualifiés comme défenseurs valables du fédéralisme au Québec en supposant au renvoi fédéral en Cour suprême.Que suggère M.Harper en remplacement des ténors francophones du camp fédéraliste québécois ?Simplement que le gouvernement canadien rentre dans la tête du Québec combien le Canada lui ferait payer cher une sécession.Dans la même veine, dans un ouvrage fraîche-' ment publié intitulé Last Best Hope : Québec Sécession-Lincoln's tessons for Canada, l'avocat manitobain Bryan Schwartz puise dans les discours du gagnant de la guerre de Sécession américaine les éléments d'un plan de match en vertu duquel, comme le réclame Ottawa en Cour suprême, la Constitution servirait de cadre à un projet de si cession québécois.En résumé, s'il fallait laisser partir le Québec, cela ne saurait Jean Chrétien être que le jour où la majorité canadienne y consentirait par référendum et à ses conditions.Pour mémoire, la dernière apparition de M.Schwartz remonte au lac Meech, alors qu'il évoluait dans le sillage de Sharon Carstairs.Aujourd'hui, dans son entrée en matière, il se fait l'apôtre d'un fédéralisme hyper-visible qui ne fait pas de concessions aux provinces.« Le gouvernement fédéral devrait livrer des programmes de façon à établir un lien direct entre le citoyen et son gouvernement national », peut-on lire.On croirait entendre le premier ministre Jean Chrétien expliquer son programme de bourses du millénaire.Dans son dernier numéro, la revue Satur-day Night publie un article signé James McPherson, une éminence des États-Unis en matière de guerre de Sécession.Dans un exposé qui met en parrallèle les Sudistes américains d'alors et les Québécois d'aujourd'hui.M.McPherson départage à sa manière le nationalisme à la canadienne de celui du Québec.Pour lui, le premier est « civique et moderne » et l'autre, qui a cours au Québec, est « ethnique ».Même si l'auteur reconnaît que les similitudes entre le conflit américain de l'époque et le débat canadien d'aujourd'hui ont encore des limites, il n'exclut pas d'emblée le recours aux armes pour l'avenir si le Québec ne prend pas de lui-même le virage canadien.« Aux États-Unis, comme les Américains de cette génération ( celle de la guerre de Sécession ) l'ont bien compris, le triomphe du nationalisme civique sur le nationalisme ethnique voulait dire rien de moins que la survivance, intacte, de leur pays », écrit-il.Si le discours canadien ambiant se durcit à vue d'oeil, c'est entre autres parce que bien des voix modérées se sont tues.Les Clark, Broadbent, Peterson et autres sont disparus du paysage.Il n'ont pas été remplacés.Parmi la garde montante du Parti libéral fédéral issue du reste du Canada, il n'y a guère que Sheila Copps pour avoir fait l'effort de connaître le Québec.D'autres se sont carrément lassés à l'usure.Pendant toute la semaine du renVoi fédéral en Cour suprême, le chroniqueur Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, sans doute auparavant le plus prolifique hors Québec en cette matière, s'est cantonné en Colombie-Britannique.Dans une analyse publiée à la fin de la semaine du renvoi, son rédacteur en chef, William Thorsell, se penchait sur le désengagement des autres Canadiens à l'égard de la question québécoise, concluant sur la fatigue de se faire consumer par les guerres des autres.Il ne fait pas de doute que la vogue croissante d'un discours canadien sur le Québec aux limites de la violence est alimentée par kl présence au pouvoir à Ottawa d'un premier ministre québécois qui fait sienne la ligne dure.Depuis que messieurs Chrétien et Dion se sont lancés dans ce qui est connu comme le plan B, l'appétit du reste du Canada pour un fédéralisme et un patriotisme agressifs va grandissant.Mais l'incapacité chronique de la société québécoise de décider si elle a la main stir la porte pour rester ou pour partir du Canada, l'absence de volonté aussi bien chez les fédéralistes que chez les souverainistes de porter des diagnostics réalistes sur l'avenir de leurs causes respectives et de s'atteler à la recherche d'un projet collectif plus rassembler sont également en voie de coûter au Québec sa meilleure audience dans le refite du Canada.Sheila Copps Le secret bien gardé du budget de Paul Martin -, - \u2022 Philippe Dubuisson Le dépôt du budget du gouvernement est l'un des événements politiques les plus importants de notre démocratie parlementaire.Le document témoigne des priorités gouvernementales, fait le point sur l'état des finances publiques et permet aux agents économiques de prendre des décisions à la lumière des paramètres de la politique fiscale et de son impact sur la conjoncture.Malheureusement, autant à Ottawa qu'au niveau des provinces, les documents budgétaires sont de moins en moins transparents.Année après année, les vérificateurs généraux dénoncent les manoeuvres comptables et autres astuces qui visent à présenter la situation budgétaire selon les impératifs politiques du gouvernement du jour.Il ne suffit plus de lire les documents budgétaires, encore faut-il les décoder.Et le cinquième budget du ministre des Finances, Paul Martin, est un chef-d'oeuvre en matière de camouflage.Il réussit à cacher les véritables priorités du gouvernement et à reporter dans le temps un véritable débat sur l'affectation des surplus budgétaires.Le discours public du gouvernement est le suivant : Ottawa ne dégagera pas de surplus avant le prochain millénaire ; la marge financière actuelle permet seulement de timides initiatives, autant au plan du remboursement de la dette ( seulement si des réserves pour éventualités ne sont pas dépensées ) qu'au chapitre des réductions d'impôts ; on ne peut envisager le rétablissement un tant soit peu des transferts aux provinces.Une lecture attentive des documents budgétaires permet toutefois de faire les constats suivants : les surplus budgétaires sont prévisibles à court terme ; le remboursement de la dette négociable est la principale priorité de l'administration Chrétien en ce début de deuxième mandat.Malgré le bilan impressionnant du gouvernement Chrétien au chapitre de l'élimination du déficit budgétaire, qui atteignait le niveau record de 42 milliards en chiffres absolus il y a seulement quatre ans, les finances publiques canadiennes sont encore fragile, estime le ministère des Finances.Le fardeau de la dette publique demeure élevé, selon les normes internationales, et le ministre Martin estime prioritaire des remboursements en début de mandat.Mais rembourser la dette n'est pas rentable sur le plan politique.Lt les pressions sont déjà fortes en faveur d'une réduction des impôts.L'aile gauche du caucus libéral et du cabinet sou haitent par ailleurs une plus grande visibilité fédérale par le truchement de nouvelles initiatives, tandis que les provinces veulent un rétablissement des transferts fédéraux.Pour résister à ces pressions, le budget Martin a été construit de manière à ne pas afficher de surplus, au cours des deux pro- chains exercices.Des hypothèses économiques très prudentes permettent de limiter la croissance prévue des recettes et de surestimer les dépenses au chapitre du service de la dette.Ajouter à cela des réserves pour éventualités de 3 milliards et cela permet au gouvernement de prévoir un budget équilibré-Les économistes du secteur privé prévotçru pour leur part un surplus de cinq à six rovl-liards, en 1998-99, et de huit à dix milliards, au cours de l'exercice suivant.En fait, Ottawa a déjà réalisé un surplus^ de 2,5 milliards, au cours de l'exercice 1997-98 qui prend fin le 31 mars.Mais en .imputant la totalité des crédits de 2,5 rnH^1 liards du programme des bourses du mOlé\"j naire a cet exercice, même si ce montant *te-\u2022 sera dépensé qu'à compter de l'an 2000, M^^ Martin fait disparaître le surplus réalisé, une pratique condamnée par le vérificateur.géné\u20143 ral.Il n'y a pas de surplus, et ainsi rien à re-.distribuer.Le remboursement de la dette, cependant^ va bon train.Il faut ici distinguer la.d(j{jer non échue du gouvernement ( Bons du trésor, obligations à moyenne et longue échéan-.ces ) qui totalise 476.9 milliards et du passif des régimes de retraite des employés de l'état ( 123,7 milliards ) qui sont les principales composantes de la dette totale.* - - Déjà, au cours de l'exercice 1997-98, le gouvernement a alloué au moins 12,9 milliards au remboursement de la dette non échue en y affectant ses excédents financiers ( même si le déficit a été de zéro, un excédent financier de 12 milliards a été dégage, car les contributions aux régimes de retraite des employés sont comptabilisées mais non versées ).Les excédents financiers des deux prochains exercices, en plus des réserves pour_ éventualités, seront aussi alloués au retrf- 1 boursement de la dette non échue.1 !C52 Or, pour fins île comparaisons intematio-nales, c'est la dette non échue qui est l'étalon de référence.Au chapitre du remboursemèhlV de la dette, le Canada enregistrera des propres nettement plus importants que les autres pays du G-7, d'ici l'an 2000.Ottawa aura aitisi pris une bonne longueur d'avancé au chapitre du remboursement de la dèttï/ non échue avec des versements supérieufsuàJ> 10 milliards par année.Pendant ce temps\\ réductions d'impôts et les nouvelles initiatir .ves s'élèveront respectivement à quelque .2,^-milliards par année.Il est permis de se demander si la véritable, stratégie du budget Martin est la bonne.Plusieurs estiment qu'il aurait ete préférable de décréter une baisse généralisée des impôLs, qui continuent d'augmenter en raison de la non-Indexation lies tables et crédits d impôts.L'écart entre les taux de taxation au Ca-, nada et aux États-Unis est à un niveau re-.cord, ce qui menace la compétitivité canadienne et encourage l'exode des cervau'x; Le taux d'épargne des ménages canadien\"* est' à un bas historique et le revenu disponible* stagne, ce qui menace la poursuite dert&c croissance économique.\u2022 4 D'autres favorisent une hausse des irons-* ferts aux provinces au chapitre de la santt?-aJ.-> de l'éducation.On tait valoir que les depçji.-.ses de programmes du gouvernement fédéral, qui ne représenteront que 11,5 \"» du PIB.en l1)^^.n'ont jamais ete aussi fofbtefrvi depuis l'après-guerre.Chose certaine.legou-,.vernement lederal a choisi de ne pas deba^cc,., île ces options, en présentant un plan tin.m cier qui lient davantage de la tactique politi-' que que de la transparence. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 28 FÉVRIER 1998 Plus in - r \u2022 \u2022 ^ * » ¦» m + + » Au niveau des précédents, « les juges ne sont pas obligés d'en tenir compte, mais ne nous voulons pas non plus d'un système à la française, où la loi est très détaillée.Des « codécisions » peuvent être utilisées pour interpréter le} lois, qui peuvent ainsi être plus conci- Daniel Kumermann, ancien dissident et chroniqueur politique au quotidien Pravo.« Nous n'y étions pas préparés, nous étions habitués à ce que le pays roule tout seul.» En effet, avec le chômage à 4 %, l'inflation contenue sous les 10 %, une croissance moyenne du PNB de 4 % en 1995 et 1996, une devise à peu près stable depuis cinq ans, trois ans d'équilibre budgétaire suivis par un maigre déficit de 2,7 % en 1997, la jeune République tchèque n'avait guère à s'en faire.« La maturité économique, que nous n'avons d'ailleurs pas encore atteinte, est une chose, la maturité politique une autre, prévient M.Kumermann.Nous en avons encore pour 10 à 15 ans avant que se crée une classe politique normale, qui commence au niveau local pour aboutir au Parlement.Je crois que les politiciens actuels se rendent compte que le financement illégal nuit à leur popularité, mais je doute qu'ils comprennent vraiment l'éthique démocratique.» Le gouvernement d'experts est très jeune, avec un âge moyen de 44 ans.Mais les jeunes premiers, s'ils se sont moins compromis avec les communistes, ne sont pas pour autant exempts de cynisme, craint Jiri Pehe, directeur du département politique au bureau du président Havel.« Dans les années 70 et 80, il fallait parler différemment en pu-lic et chez soi.Les enfants élevés à ce moment doivent surmonter des habitudes schizophrènes.Mais les plus vieux sont quand même plus affectés.» Vaclav Havel, 61 ans, a signé en 1977 la Charte 77, avec d'autres dissidents.Vaclav Klaus, un ancien banquier, a 62 ans, Josef Tosovsky 65 ans, alors que Vladimir Mlynar, ancien journaliste et porte-parole du gouvernement provisoire, n'a que 31 ans.« M.Tosovsky, note M.Kumermann, représentait la Banque tchèque à Londres avant 1989.Cela indique qu'il était en bons termes avec le régime, mais pas nécessairement qu'il s'est compromis avec les communistes : à ce moment, le gouvernement avait tant besoin d'argent qu'il acceptait de nommer de vrais experts à des postes importants plutôt que des communistes méritants.En ce sens, le premier ministre est proche du président Havel : ils sont tous deux intègres, l'un par conviction morale, l'autre par respect des règles.» Avec le chômage à 4 %, l'inflation contenue sous les 10 %f une croissance moyenne du PNB de 4 % en 1995 et 1996, une devise à peu près stable depuis cinq ans, la jeune République tchèque n'avait guère, jusqu'au printemps dernier, à s'en faire.Privatisation tortueuse Le ministère des Finances tchèque entend bien profiter des restructurations qui secouent le monde bancaire pour privatiser les quatre grandes banques de la République.Mais le haut taux de prêts non performants, le plus haut d'Europe centrale à 35 % selon The Economiste risque fort d'en abaisser le prix à un minimum politiquement périlleux.ses.» « L'atmosphère globale en Europe est extrêmement favorable aux privatisations tchèques », affirme Pavel Strepanek, directeur des affaires étrangères au ministère des Finances.« Les banques européennes se repositionnent.» Mais une grande énigme demeure : l'État injectera-1-il des fonds pour rendre plus attrayantes les Komercni Banka, Ceska Sporitelna, Investicni a Postovni Banka ( IPB ) et Ceskoslovenska Obchodni Banka ( CSOB ), qu'il contrôle respectivement à hauteur de 49 %, 45 %, 36 % et 70 % ?Dans ses bureaux de la rue Vo-dickova, Ivan Angelis, conseiller auprès de l'Association pragoise des banques croit que « le problème des prêts industriels à problèmes semble gérable, au coût d'injections financières additionnelles par l'État ».Quant à M.Strepanek, il martèle « qu'il est logiquement impossible que la République tchèque ait un plus grand problème de prêts douteux » que ses voisins.« L'hôpital où est soignée notre économie est tout simplement plus grand, explique-t-il, le livre Commercial Bank Evaluation bien en évidence dans son élégant bureau-appartement de la rue Letenska.Si certains disent le contraire, c'est à cause de méthodes statistiques, de la déprime économique tchèque et de la consolidation efficace du capital des banques tchèques.» À l'autre bout du centre-ville, rue Pobrezny, Vojtech Kraus, analyste chez ING Barings, doute que le gouvernement puisse se charger des prêts non performants, qu'il évalue à 260 milliards de couronnes ( un peu plus d'un milliard de dollars canadiens ) : « La pression est trop forte en faveur d'un budget ( 550 milliards de couronnes, un peu plus de deux milliards canadiens ; en 1997, déficit de 15 milliards ) équilibré.Je pense qu'il sera possible de vendre les parts telles quelles, mais à bas prix.» De toute façon, la privatisation est indispensable pour résoudre les carences de gérance d'entreprises, croit M.Kraus.« Pour prospérer, l'économie a besoin d'un système bancaire stable et efficace.De plus, les grandes banques contrôlent mieux leurs investissements.En ce moment, les intérêts des banques se confondent avec ceux des propriétaires des firmes ; cela explique en partie les prêts douteux.Les banques occidentales installeront les directions professionnelles qui manquent à la République tchèque pour attirer à nouveaudes investissements, et se débarrasseront de leurs positions dans des firmes incapables d'être autonomes.» Le plus grand échec Les banques constituent le grand échec des privatisations tchèques, évalue depuis Montréal Me Hynek Zikovsky, du cabinet Gottlieb Pear-son, qui sert d'intermédiaire commercial entre Prague et le Canada.« Les privatisations se sont arrêtées là où elles devaient commencer.Le gouvernement contrôle les banques, qui sont actionnaires des fonds communs où ont été déposés les coupons de privatisation distribués dans la population.Les trois quarts de l'industrie tchèque sont aux mains des fonds.» Les actions de 1 600 firmes ont été distribuées à 6,2 millions de Tchèques, dont les deux tiers les ont confiées aux fonds.Selon Me Zikovsky, les prêts non performants atteignent 50 % plutôt que 35 %.« Personne ne peut dire quelle est la valeur réelle des actifs des fonds et des banques.Par exemple, un prêt peut être accordé, moyennant commission, à une firme qui donne en garantie un immeuble évalué à 500 millions de couronnes par un ami ; comme le prêt n'est pas performant, la banque s'approprie l'immeuble, qu'elle vend à un fonds pour 500 millions, qui proviennent de la vente ( réelle ) d'une compagnie par le fonds.Les fonds ont été vidés de leur valeur par des procédés semblables, et maintenant les banques ont à leur tour des problèmes.» Comme le gouvernement présent n'est que temporaire, la privatisation des banques est à l'arrêt, à l'exception de la vente de IPB au courtier japonais Nomura.Au départ, le gouvernement Klaus entendait obtenir un prix entre deux et 5,8 milliards de couronnes pour sa participation de 36 %.L'entente finale, approuvée par le Fonds national des propriétés mais toujours sous étude au CA de Nomura, prévoit le versement de 2,9 milliards de couronnes, et l'investissement de 12 milliards dans IPB par Nomura, moitié directement et moitié sous forme de prêts.« Au premier tour d'appel d'offres, après la décision de vendre en novembre 1996, nous avions une dizaine d'intéressés, précise M.Strepanek.Au deuxième, seuls ING et Nomura sont restés sur les rangs.Nomura s'est positionnée de façon agressive, et est restée seule à négocier.» Jusqu'à maintenant, les bouées de sauvetage que le gouvernement a dû lancer aux diverses banques ( 10 se sont écroulées, équivalant à 5 % du capital bancaire ) s'élèvent à 180 milliards de couronnes, selon Me Zikovsky.Prague devra peut-être verser 13 milliards à la Slovaquie, qui conteste la consolidation de la CSOB, qu'elle détenait à hauteur de 24 %.Le capital des quatre banques les plus importantes totalisent 1 280 milliards de couronnes. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 28 FÉVRIER 1998 B7 Plus Sur la Méditerranée, Le Pen s'incruste mais ne triomphe pas La droite «classique» résistera-t-elle à la tentation d'accords souterrains?Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale MARSEILLE Sur les bords de la Méditerranée, l'Histoire semble se répéter sans fin.C'est autour de Marseille, aux législatives de 1988, que Jean-Marie Le Pen et les deux autres vedettes de l'extrême droite, Bruno Mégret et Jean-Pierre Stirbois, s'étaient présentés à la députation, en tablant sur les plus de 25 % des suffrages obtenus par le Front national aux deux précédentes consultations.Les trois vedettes avaient atteint ou frôlé les 30 % au premier tour et avaient été largement battus au second tour, malgré la neutralité bienveillante affichée par la droite classique.Aux régionales de 1993 \u2014un scrutin à la proportionnelle \u2014 Jean-Marie Le Pen à Nice et Bruno Mégret à Vitrolles, commune proche de Marseille, s'étaient lancés à l'assaut de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ( PACA ).Avec l'ambition de réussir, contre la star populiste de « gauche » de l'époque, Bernard Tapie.Le Pen avait de nouveau fait un score impressionnant, mais plafonné à 34 conseillers ( sur 122 ).On remet ça cette année pour les élections régionales du 15 mars.La région PACA reste, loin devant l'Alsace ou de la banlieue parisienne, autres points forts en France, la place-forte par excellence du FN.De nouveau les vedettes se sont partagés le terrain.Jean-Marie Le Pen bombe le torse et donne de la voix du côté de Nice.Le « respectable » Jean-Marie Le Chevallier, élu maire de Toulon puis député l'année dernière, travaille le département du Var, contre le chef de file de la droite modérée, François Léo-tard.Bruno Mégret, consacré numéro deux du FN et candidat ( pressé ) a la succession de Le Pen, est chargé de rameuter les électeurs des Bou-ches-du-Rhône ( région de Marseille ), le département de loin le plus important.Il peut s'appuyer sur la conquête, par épouse inter- posée, de la mairie de Vitrolles, avec 53 % des voix au second tour en 1996.Mais, bien que le FN soit crédité sur le plan national de 16 % des voix, ce qui normalement devrait se traduire par une nouvelle poussée à 17 ou 18 %, tout indique que, de nouveau, l'extrême droite va une fois de plus échouer aux portes du pouvoir, même régional.Le FN plafonne Selon le dernier sondage commandé par La Provence, le principal quotidien de Marseille, le FN n'aura même pas la satisfaction morale d'arriver en tête, devant les listes de droite et de gauche.Tout se passe comme si en France les progrès continus de l'extrême droite s'opéraient essentiellement dans les zones où elle restait faible, tandis qu'elle plafonne dans ses châteaux forts.Entre 25 et 30 % en 1988 en région PACA : ni plus ni moins aujourd'hui.Le danger d'une prise du pouvoir dans une région aussi emblématique, et qui englobe à la fois Nice et Saint-Paul de Vence, est donc inexistante, malgré un indéniable enracinement local, et la conquête de quatre mairies importantes depuis 1995.Jean-Marie Le Pen, en forme mais tout de même âgé de 70 ans, ne verra se réaliser son rêve de diriger le Conseil régional à Marseille.La question qui va se poser au soir du 15 mars en PACA est celle qui se posera dans 15 ou 18 des 22 régions du pays : la droite qui détenait 20 régions depuis la débâcle de la gauche en 1993, est menacé d'en perdre la quasi-totalité.Coincée entre une majorité gouvernementale forte de la popularité de Lionel Jospin.et la poussée continuelle du FN, la droite « républicaine » serait battue pratiquement partout, si l'on en croit les sondages : sur le plan national, elle aurait quatre ou six points de retard.À Marseille, comme dans un grand nombre de régions, le schéma qui s'annonce est assez clair : la gauche, conduite par le maire d'Arles, Michel Vauzelle, ancien ministre de la Justice sous Mitterrand, aurait une majorité relative au Conseil régional, avec quatre ou cinq conseillers de plus que la droite.Cependant, comme l'élection du président de région se fait au scrutin secret \u2014majorité absolue aux deux premiers tours, majorité relative au troisième et dernier\u2014 il suffirait d'un léger coup de pouce du FN pour faire battre la gauche.« Qui sait ce qui se passe dans le secret d'un isoloir ?» nous disait Bruno Mégret, mercredi, avec un PHOTO AP À Marseille comme dans d'autres régions françaises, les régionales ne verront certainement pas la prise du pouvoir par les troupes de Le Pen.Mais peut-être le début du grand rapprochement avec la droite classique.sourire gourmand.11 parlait en principe du ralliement au FN de conseillers de droite.Mais le vrai problème se pose en termes inverses : distancée par la gauche dans plus de 15 régions, sinon une vingtaine, la droite pourra-t-elle résister à la tentation de passer des accords sous la table avec le FN pour obtenir les ralliements indispensables au troisième tour ?Cela pourrait se faire sur des promesses \u2014sur le programme, ou sur des postes \u2014 qui n'auraient rien de voyant.Mais qui constitueraient un début de rapprochement entre droite et extrême droite.« Des accords locaux.disait Bruno Mégret, seraient une bonne façon aux yeux des élus régionaux, de faire bouger les choses malgré les consignes des états-majors nationaux.» Unir la droite Polytechnicien, haut fonctionnaire, ancien candidat en 1981 du parti de Chirac, Bruno Mégret, âgé de 48 ans, est non seulement le rival presque déclaré de Le Pen à la tête du FN, mais aussi et surtout le champion d'une autre stratégie : celle de l'union avec la droite classique pour obtenir sa radicalisa-tion.Alors que Le Pen continue de promener ses provocations sur les télévisions et places publiques ( notamment sur les Juifs et les camps ), Mégret, petit homme discret et qui ne paie pas de ipine, incarne la respectabilité.Les élections régionales constituent à tout point de vue un terrain de manoeuvre idéal pour l'extrême droite : ce n'est pas un scrutin majeur, donc l'électoral se défoule ; la proportionnelle favorise le FN et autorise toutes les combines post-électorales.La stratégie de-Bruno Mégret, de toute évidence, consiste à amorcer le rapprochement souhaité avec la droite classique et, au besoin, de la compromettre du côté du FN.Avec une élection des présidents de régions au scrutin secret, toutes les consignes souterraines sont envisageables : le FN pourrait .aussi bien, dans telle région, favoriser la victoire de la gauche pour « punir » la droite que de provoquer-une victoire de la droite en échange de compromis ailleurs.« Nous, n'excluons pas, nous disait M.Mégret, de voter ici pour la droite en échange de concessions dans une autre région.» Parmi les manoeuvres envisageables, cela pourrait aller jusqu'à des votes « secrets » du FN au troisième tour de l'élection d'un président, dans le seul but de compromettre le président en question.On avait bien vu, en 1993, la\" président de Bourgogne, Jeaft-Pierre Soisson, passer au nom de la « gauche », avec des voix bizarres venues de l'extrême droite.Dans le quartier proche-de la gare Saint-Charles à MarseOÏe, le chef de file de la droite « républicaine », le docteur Jean Mattéi, fait campagne chez les commerçants et les clients de bistrots, accompagné de militants et de deux autres députés et candidats aux régionales.« Tout n'est pas mauvais dans ce que dit le FN,, nous dit-il, mais il est hors de question que nous nous entendions avec lui car ses valeurs de base ne sont pas les nôtres.Mais de là à dire que nous devrions renoncer à présenter un candidat à la présidence de région de crainte que des conseillers FN votent en sa faveur.Ce qui se passe dans le secret des urnes.» À Marseille comme dans d'autres régions françaises, les régionales ne verront certainement pas la prise du pouvoir par les troupes de Le Pen.Mais peut-être le début du grand rapprochement avec la droite classique.Dans une grande rumeur de magouilles, de tractations et autres clameurs indignées.La trame de cette entente se tisse actuellement non loin du vieux port de Marseille.Les Belges attendaient le général Dallaire de pied ferme \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 CHRISTOPHE DEGRYSE collaboration spéciale, BRUXELLES Le nom du général Roméo Dallaire est, depuis bientôt quatre ans, bien connu en Belgique.Le mois d'avril 1994, lorsque le Rwanda sombra dans l'horreur du génocide, est encore dans toutes les mémoires.Non seulement en raison de la tragédie que vécut ce pays d'Afrique centrale, mais également parce que la Belgique, ancienne puissance coloniale, y joua un rôle spécifique.Si le nom du général Dallaire est connu des Belges, c'est pour son rôle dans le système de commandement de l'ancienne MINUAR ( Force des Nations unies pour le Rwanda, essentiellement composée des troupes belges ), à laquelle appartenaient dix Casques bleus belges qui furent sauvagement massacrés le 7 avril 94 par des militaires rwandais.Les familles de ces dix para-commandos \u2014 épouses, parents\u2014 se battent toujours aujourd'hui pour connaître la vérité sur les circonstances exactes de ce drame.Et sur les responsabilités politiques du gouvernement belge de l'époque.Fait apparemment étrange mais non dénué de sens dans les profonds bouleversements que connaît actuellement la société belge, ces familles ont en partie rejoint le combat des parents des petites victimes du pédophile Marc Du-troux, formant un insolite « front commun » dans la recherche de la vérité et de la responsabilité politique.Uhe mission « Ctub Med » ?À l'automne 1993, la Belgique s'embarque dans une mission de maintien de la paix au Rwanda, alors que le pays vit déjà de très graves tensions.Pour certains officiers belges, il s'agit néanmoins d'une sorte d'opération « Club Med », une mission facile et sans danger.Le « Club Med » se transformera rapidement en véritable cauchemar : attentat le soir du 6 avril 1994 contre le président rwandais Juvé-nal Habyarimana, assassinat tôt le lendemain matin du premier ministre Agathe Uwilingyimana, ensuite massacre des dix Casques bleus belges, et enfin enchaînement de la violence qui aboutira aux 500 000 à un million de victimes.Jean-Claude Willame, professeur à l'Université catholique de Lou-vain-la-Neuve ( UCL ) et spécialiste de l'Afrique centrale, a collaboré à la commission d'enquête du Sénat belge instaurée début 1997 pour faire la lumière sur cette intervention ratée à Kigali.Il tente d'en identifier les responsabilités : à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies et son secrétaire général ; du côté belge, les principaux décideurs politiques et diplomatiques en charge du dossier rwandais de même que le commandement militaire.Dans quel contexte cette fameuse nuit d'avril 1994 s'est-elle déroulée et quel fut, notamment, le rôle du général Dallaire ?«< Toute cette affaire commence par l'attentat contre l'avion présidentiel le 6 avril 1994 vers 20 h 30, explique à La Presse M.Willame.Le général Dallaire est prévenu de cet attentat par un des membres de son état-major, mais apparemment les informations ne sont pas encore très sûres.Il ordonne au colonel belge Luc PHOTOPC Le général Roméo Dallaire, on 1994.Marchai, commandant de la force de maintien de la paix de l'ONU à Kigali, d'envoyer une escorte pour voir ce qui se passe à l'aéroport.Très vite, on se rend compte de la gravité de la situation.Dans la nuit, des réunions sont organisées avec des militaires rwandais.Dallaire paraît obnubilé par le maintien de l'ordre.Le lendemain encore, il négocie avec les Rwandais et est, dès lors, absent de son quartier général.En fait, il va jouer un rôle politique, de diplomate, plutôt que de militaire.Il faut dire que le représentant spécial de l'ONU à Kigali, Jacques Roger Booh-Booh, est un personnage particulièrement inconsistant.Il ne prend aucune initiative.On ne le voit pas alors que c'est lui qui a autorité sur tout le système de la MINUAR.En réalité, sachant que la situation est extrêmement explosive, personne n'osera réagir en militaire, chacun se disant : « Surtout, on ne tire pas ».Dallaire, c'est aussi un général qui veut se mêler de tout, y compris de choses qui ne le concernent pas.Il est autoritaire.Il a du mal à faire marcher son staff parce qu'il n'a aucun tact .C'est en tout cas comme cela que ses adjoints le perçoivent.» Repli des troupes Le 7 avril au matin, tout le système de commandement de la MINUAR va littéralement imploser alors qu'est assassinée le premier ministre Agathe Uwilingyimana.Dallaire est toujours en réunion.Marchai aussi.Le colonel Dewez, qui dirige les Belges, est également en réunion.Aucune initiative militaire n'est prise durant ces heures cruciales.A-t-on réellement conscience de la gravité des événements ?« Oui, mais il n'y a aucune tentative de prendre des risques, poursuit M.Willame.Pour moi, c'est cela le fond de l'affaire.La chai ne de commandement est obnubilée par ce principe : surtout, ne pas réagir en militaire.Lors des témoignages de la commission d'enquête du Sénat belge, on a pu entendre des hommes de troupes qui remettaient en doute l'autorité de leurs supérieurs.«« Selon eux, dès 7 h du matin, une opération pouvait être montée pour aller sauver en tout cas les dix Casques bleus qui étaient « coincés » dans le jardin du premier ministre.Mais le seul ordre qu'ils re- çoivent, c'est de rester dans leurs cantonnements.J'ai entendu des témoins dire qu'une simple opération de police \u2014en d'autres termes, tirer en l'air ! \u2014 aurait sans doute permis d'arrêter toute cette violence et l'enchaînement vers le génocide.Mais il aurait fallu quelqu'un qui frappe un moment sur la table.ce qui a cruellement man- » que.Avec la mort des dix Casernes bleus, la Belgique a ensuite complètement perdu les pédales.« Quelques jours plus tard, elle a non seulement ordonné le repli général de ses troupes de la MINUAR, mais a en plus mené une campagne diplomatique auprès des pays amis pour arrêter cette MINUAR.Cela, c'est le pluç grave.Dallaire n'était pas du tout d'accord avec la position belge.Et Ton peut penser que le secrétaire gênerai de l'ONU non plus.Dans urte interview, quelques mois plus tard, Boutros-Ghali affirme : « Avec«400 hommes, on pouvait arrêter le génocide.Mais ces 400 hommes-la, c'est-a-dire l'équivalent des troupes belges présentes sur place, avaient été rapatriés.La responsabilité politique du gouvernement belge dans les événements qui ont suivi est donc écrasante.» ( I ) \u2014 Le 21 janvier 1994.soit un peu plus de Jeux mois avant les exenements*.lequo-tidien bruxellois Le Soir écrit : « À Kigali, à l'instar du temps qui est à l'orage: les Casques bleus belqes ne peuvent cacher leur ire croissante moins j / encontre de l'Organisation ( des \\iUions Unies ) que du commandant eti chefd'Unamir.le général canadien Roméo Dallaire.C'est que le- -numéro un de la mission spéciale manque singulièrement de psychologie à I égard des troupes du \\> à la Suisse après le dernier fiasco du Mossad à Berne.Dans une lettre adressée au président et chef de la diplomatie suisse Flavio Cotti, le directeur général du ministère des Affaires étrangères Eytan Ben-Tsur exprime son espoir que l'affaire saera rapidement réglée, sous-entendu que l'agent secret israélien détenu en Suisse sera relâché.Mais il a aussi tenté de justifier l'opération en faisant valoir une tond M) ml 54 s la $£aie (Compagnie te laïaie l> l^uteon f Vous avez le meilleur i AVIS LÉGAUX - APPELS D'OFFRES SOUMISSIONS COMMISSION SCOLAIRE DE L'INDUSTRIE PROJET: PROPRIÉTAIRE ARCHITECTE APPEL D'OFFRES RÉAMÉNAGEMENT ET CONSTRUCTION D'ATELIERS EN FORMATION PROFESSIONNELLE (PHASE 3) ÉCOLE POLYVALENTE THÉRÈSE-MARTIN 916.rue Ladouceur JULIETTE (Québec) J6E 3W7 1 LA COMMISSION SCOLAIRE DE L'INDUSTRIE 333, rue Sir-Mathias-Tellier JULIETTE (Québec) J6E 6E6 YVON MARCHAND, ARCHITECTE 34, Papineau JOLIETTE (Québec) J6E2K9 INGÉNIEUR, MÉCANIQUE ET ÉLECTRICITÉ : CONSORTIUM JULIEN-PIETTE, ING.-CONSEILS 159.rue Saint-Barthélémy Sud JOLIETTE (Québec) J6E 5N8 INGÉNIEUR, STRUCTURE ET AMÉNAGEMENT EXTÉRIEUR : ST-LOUIS ET ASSOCIÉS, ING.-CONSEILS 280.rue Fabre JOUETTE (Québec) J6E 2X7 La Commission scolaire de l'Industrie, propriétaire, demande des soumissions pour les travaux de réaménagement et construction cfate-liers en formation professionnelle (phase 3) à l'école Polyvalente Thérèse-Martin, à Joliette.Les plans, devis, documents contractuels pourront être obtenus à partir du 4 mars 1998 au bureau de l'architecte contre un dépôt de deux cents dollars (200 $) non remboursable, sous forme de chèque vfs4 à l'ordre de la Commission scolaire de l'Industrie.Aucun document ne sera envoyé ou retourné par la poste ou courrier privé.Les soumissions dans des enveloppes cachetées et adressées au soussigné seront reçues au bureau de la Commission scolaire de l'Industrie jusqu'à 11 h, heure en vigueur localement, le 27* jour du mois de mars 1998, pour être ouvertes publiquement au même endroit, le môme jour et à la môme heure.Il y aura visite du lieu des travaux le 16 mars 1998 à 10 h, à l'entrée de l'aile D (D-130).Les soumissions devront être accompagnées d'un chèque visé au montant de trois cent mille dollars (300 000 $) à l'ordre du propriétaire soit la Commission scolaire de l'Industrie ou d'un cautionnement de soumission étabji au môme montant, valide pour une période de 45 jours de la date d'ouverture des soumissions.Cette garantie-de soumission devra ôtre échangée à la signature du contrat pour une garantie d'exécution et une garantie des obligations pour gages, matériaux et services.Lorsque ces garanties sont sous forme de cautionnement, le montant de chacune d'elles correspond à 50 % du prix du contrat et lorsqu'elles sont sous forme de chèque visé, le montant de chacune d'elles correspond à 10 % du pnx du contrat.L'inspecteur général des institutions financières rappelle que l'article 201 de la Loi sur les assurances prévoit que « seules peuvent agir au Québec à titre d'assureur, les corporations autorisées à cette fin en vertu de la loi et titulaires d'un permis émanant de l'inspecteur général ».Seules seront considérées aux fins d'octroi du contrat les soumissions des entrepreneurs ayant un établissement au Québec ou, lorsqu'un accord intergouvememental est applicable, au Québec ou dans une province ou un territoire visé par cet accord, et détenant, le cas échéant, la licence requise en vertu de la Loi sur le bâtiment (L.R.Q., C.B.-1.1).Les entrepreneurs soumissionnaires sont responsables du choix des sous-traitants, tant pour leur solvabilité que pour le contenu de leurs soumissions.Toutes les soumissions devront ôtre faites conformément aux dispositions du Règlement sur les contrats de construction des immeubles des commissions scolaires en vigueur depuis le 16 août 1990.Le propriétaire ne s'engage à accepter aucune des soumissions reçues.Le directeur général Michel Râtelle Commission de La construction du1 APPEL D'OFFRES PUBLIC 96914 ETUDE SUR L'IDENTIFICATION DE PROCESSUS DE TRANSMISSION D'INFORMATIONS PROVENANT DES PERMIS MUNICIPAUX DE CONSTRUCTION La Commission de la construction du Québec demande des propositions en vue d'accorder un contrat pour réaliser une étude, incluant un sondage par questionnaire ainsi que des rencontres individuelles auprès de municipalités du Québec, afin d'identifier différents processus qui permettraient la transmission d'informations provenant des permis municipaux de construction à un organisme gouvernemental.Toutes les conditions du présent appel d'offres sont contenues aux documents d'appel d'offres qui peuvent être obtenus à compter de 10 h (heure locale), le 3 mars 1998 jusqu'au 6 mars 1998.à l'endroit suivant : M.Alain Dumulong Conseiller responsable Gestion des approvisionnements Commission de la construction du Québec 3530, rue Jean-Talon Ouest Montréal (Québec) H3R 2G3 Un montant de 50 $ l'exemplaire complet (chèque visé, mandat ou argent comptant), payable a la Commission de la construction du Québec, est requis pour l'obtention des documents.Ce montant n'est pas remboursable.Seules sont admises a soumissionner les firmes qui auront obtenu les documents d'appel d'offres directement auprès de la Commission de la construction du Québec.Une rencontre d'information aura lieu le 9 mars 1998 a 14 h.Seuls les fournisseurs sciant procuré préalablement le cahier des charges pourront assister à cette rencontre et obtenir des précisions ou renseignements additionnels en vue d'élaborer leur proposition.Les propositions doivent être déposées au plus tard le 13 mars 1998 à 14 h.Un comité de sélection chargé d'analyser les propositions choisira la firme qui aura obtenu le plus haut pointage lors de l'analyse des propositions.La Commission de la construction du Québec ne s'engage & accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions qui seront présentées et n'encourt aucune obligation envers les soumissionnaires.Alain Dumulong Conseiller responsable Section gestion des approvisionnements tap*»*™ *fKhAaxx»iv LITWIN BOYADJIAN INC Syndic de faillite AVIS AUX CRÉANCIERS Autres Avis légaux, Appels d'offres, et Soumissions en pages B11, Q11 Dans l'affaire de la faillite de 2957.6873 QUÉBEC INC.\"Bnladi O Jonc*.corps politique dûment incorporé en conformité avec la Loi et ayant son siège social et sa principale place d'affaires au I225.rue Mansfield.Montréal, province de Québec.Compagnie débitrice AVIS est par les présentes donné que 2957-6873 QUÉBEC INC.a déposé une cession le 19* jour de février 1998.et que la première assemblée des créanciers sera tenue le Dans l'affaire de la proposition de ÉBÉ-NISTERIE DIMENSION LTÉE.corps politique dûment incorporé en conformité avec la Loi et ayant so* tfege social et sa principale place d'affaires au 641.rue Jean-Paul Vincent.Longueuil.province de Québec.Compagnie débitrice A VIS est par les présentes donné que ÉBÉNIS-TERIE DIMENSION LTÉE.a déposé Une proposition le 17* jour de février 1998, et que la première assemblée créanciers sera tenue le 13'jour de mars 1998, 10* jour de mars 1998.1 à II h.au bureau du syndic, situé au I.Place Ville-Marie, bureau 2720.Montréal, province de Québec.NOUBAR BOYADJIAN, c.a., c.i.p.Syndic Recpcosablr de l'actif 13 h 30.au bureau du syndic, situé au I.Place Ville-Marie, suite 2720.Montréal, province de Québec GERALD LITWIN, c.a.dp.Syndic Responsable de l'actif Daté de Montréal, le 24* jour de février 1998 I.750.boni Sas* 2720.MconéaHQaébcO E*.Sotte 3.Montréal (Québec)
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