L'itinéraire, 1 janvier 2023, samedi 1 juillet 2023
[" Sona Jobarteh : plus d'une corde à sa kora Estelle Lavoie : la kora made in Québec ! Sirop de poteau Chapitre 3 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Volume XXX, n?12 Montréal, 1er juillet 2023 Titre valide à partir du 1er juillet 2023 TRANSPORT GRATUIT 65 ANS ET RÉSIDENTS DE L'AGGLOMÉRATION DE MONTRÉAL ZONE A Informez-vous dès maintenant des modalités pour vous procurer votre titre.stm.info/gratuite65 514 STM INFO P U B L I C I T É Camelot n° 1717 \u2022 Âge 46 ans Point de vente Pharmacie Jean Coutu Cuvillier / Ontario Lynn Champagne Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction ARCHIVE L'ITINÉRAIRE Lynn parle d\u2019une voix feutrée et ses mots laissent entrevoir un parcours ardu et sinueux.À la suite d\u2019un traumatisme vécu dans son enfance, elle a développé un trouble de la personnalité limite.« Je vis avec ça tous les jours.Ça ne me change pas beaucoup, ça me rend juste un peu originale », dit-elle en souriant.Deux épisodes d\u2019itinérance dans les rues de Montréal lui ont permis de mesurer à quel point la situation des sans-abri s\u2019est détériorée.« Il y a 25 ans, on n\u2019avait pas de misère.Le monde était jovial, cordial.Il y avait un système d\u2019entraide.Aujourd\u2019hui, c\u2019est chien mange chien.» Par cette expression traduite de l\u2019anglais, sa langue maternelle, Lynn illustre les difficultés de vivre dans la rue aujourd\u2019hui.« Un jour, quelqu\u2019un m\u2019a invitée à dormir dans sa tente.C\u2019était juste pour me voler mes bottes en plein hiver, me laissant des bottes trouées et déchirées.» Il y a sept ans, encouragée par un voisin de chambre qui vendait le magazine, Lynn s\u2019est présentée à L\u2019Itinéraire.« J\u2019ai hésité pendant six mois parce que je me disais que je n\u2019avais pas ce qu\u2019il faut pour vendre.Mais finalement, c\u2019est le plus beau cadeau que j\u2019aie pu me faire.» Lynn vit avec l\u2019ostéo-arthrite depuis une vingtaine d\u2019années.« Cette maladie ravage mon corps.Je n\u2019ai plus de cartilages dans les chevilles et mes genoux sont atteints.Je devrais éventuellement être opérée.Je crains que d\u2019ici quelques années, je ne puisse plus vendre L\u2019Itinéraire.» En plus de son travail de camelot, Lynn est préposée à la distribution deux journées par semaine.« C\u2019est une raison de plus de me lever de bonne humeur pour rencontrer les camelots qui viennent chercher leurs magazines.» Pour relaxer, Lynn a tenté de se mettre à la peinture au diamant.« C\u2019était ma première expérience et je me suis juré que je n\u2019en referais jamais.Je trouvais des pastilles de plastique partout dans l\u2019appartement ! » Elle confectionne aussi des couvertures en laine au crochet.« Chaque année, j\u2019en donne une à un sans-abri.C\u2019est chaud et c\u2019est pesant.Pour moi, tricoter c\u2019est une forme de méditation et ça me garde occupée.Je m\u2019évade et mes pensées s\u2019enchaînent dans ma tête comme la laine s\u2019enchaîne au crochet.» L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, commu - niquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réali - ser des projets d\u2019économie sociale et des pro - grammes d\u2019insertion socioprofessionnelle, des - tinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant no - tamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développe - ment social et l\u2019autonomie fonctionnelle des per - sonnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de fa - çon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itiné - raire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sor - tir.Merci à tous ! Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.Une identité visuelle rassembleuse L\u2019économie sociale est un modèle économique qui vise à assurer la durabilité, la justice et l\u2019équité en mettant l\u2019accent sur les besoins des personnes et des communautés.La création d\u2019un identifiant facile à diférencier et lisible en toutes circonstances devait transparaître dans sa symbolique.La fusion de l\u2019humain et de l\u2019abrévia - tion ÉS, bien connue du milieu des entreprises en éco - nomie sociale forme ce nouvel identifiant. 1er juillet 2023 Volume XXX, no 12 Voyager à côté de chez soi (quand on en a un) C\u2019est l\u2019histoire de Patrice qui à 11 jours de la date fatidique de remise des clefs de son actuel appartement était encore sans solution locative.Rien d\u2019étonnant avec des taux d\u2019occupation aussi bas que 1,6 % et un prix moyen aussi élevé que 1932 $ pour un 4 1/2 en région métropolitaine1.À cette situation se superpose le projet de loi 31.Pour plusieurs, son adoption viendrait assurément renforcer la crise du logement.Une affaire à suivre et à lire page 10.Alors quand le prix du loyer est au-dessus de ses moyens, quel poste budgétaire sacrifier en premier pour s\u2019assurer un toit sur la tête : éducation ?alimentation ?loisirs ?Oui, assurément.Les plus optimistes diront : Heureusement, si se loger à Montréal coûte un bras, la culture, elle, y est accessible à moindre coût.Et bien visible en période estivale.À deux pas de chez soi Il est vrai que bon nombre de Montréalais s\u2019estiment chanceux d\u2019avoir près de chez eux (quand ils en ont un) un choix tous azimuts de lieux, d\u2019artistes, de mets, etc.à découvrir ou à redécouvrir.C\u2019est ce que nous rappelle Jo Redwitch, qui nous invite dans sa chronique Ma parole à renouveler notre regard sur les beautés qu\u2019offre Montréal et nous permet de « voyager » à côté de chez soi.Parmi les offres culturelles phares : la période des festivals, dont la programmation est en partie gratuite, permet d\u2019enrichir son répertoire de prestations d\u2019artistes de grande qualité.Et cette année, les festivaliers auront l'occasion de rencontrer la musique de Sona Jobarteh le 20 juillet dans le cadre du Festival Nuits d\u2019Afrique.Chanteuse et surtout joueuse de Kora, elle est aussi reconnue internationalement comme « l\u2019une des rares femmes qui mène une carrière florissante en tant que koriste », écrit Josée Panet-Raymond, rédactrice en chef de L\u2019Itinéraire, qui s\u2019est entretenue avec elle.Par ailleurs, de plus en plus de Québécois s'éprennent de cet instrument d\u2019Afrique de l\u2019Ouest porteur de la culture mandingue.Impossible alors de ne pas aborder le mélange de deux cultures fondues en une même personne.Comme c\u2019est le cas pour la koriste québécoise Estelle Lavoie qui a organisé sa vie autour de ce coup de foudre musical.Elle nous parle de son parcours et de la mixité musicale qui l\u2019habite.Et si aucune de ces offres ne vous fait l\u2019effet « waouh », ouvrez le magazine à la page 33.Vous y trouverez le chapitre 3 du roman-feuilleton de Francis Ouellette : Sirop de poteau ! Un voyage assuré avec Le goût d\u2019un klendak au parc Belmont après la peur ! 1 L\u2019offre de logements locatifs croît mais la demande bondit, Société canadienne d'hypothèques et de logement, janvier 2023 [en ligne].Karine Bénézet Journaliste, cheffe de pupitre LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Cheffe comptable MARCELA CHAVES Commis comptable SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste, cheffe de pupitre SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle GABRIEL LAVOIE Participant aide-journaliste Composition de La Une CARLA BRAGA Photo fournie par Sona Jobarteh DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Directrice - Développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté et contenu numérique ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement communautaire ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale VINCENT OZROUT Intervenant psychosocial DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café M.Paul JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets intérimaire - Programmes autochtones MAUD THIMON Gérante du Café de la Maison ronde JULIE CHARBONNEAU Intervenante psychosociale JENNY MILLS Intervenante psychosociale CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Secrétaire EMNA BRAHAM - Institut du Québec Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Croix-Rouge canadienne CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 18 25 Mots de camelots 9 Rhéo Denis Gallant 9 Gaétan Vaillancourt 9 Mostapha Lotfi 24 Agathe Melançon 24 Maxime Valcourt 24 Sylvie Houle 19 camelots ont participé à cette éditio n K A R I N E B É N É Z E T C A R L A B R A G A 14 La kora, cet instrument mythique dont les origines très anciennes ont pris racine en Afrique de l\u2019Ouest, est de plus en plus connue de par le monde.Depuis des générations, ce sont surtout des hommes qui en jouent.Ses vedettes internationales se comptent par dizaines.Mais depuis assez récemment, les femmes se démarquent davantage.Comme c\u2019est le cas de la virtuose de la kora, Sona Jobarteh.Portrait.8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité L\u2019espoir d\u2019un toit, la crainte de la rue Simon Bolduc 12 BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 18 Culture Un dialogue entre deux cultures Karine Bénézet 23 Ma parole Voyager sans partir Jo Redwitch 25 Métiers Déménageur de pianos Simon Bolduc 30 Dans la tête des camelots Projet de loi 31, qu\u2019en pensent les camelots ?32 Réflexions Ensemble au diapason Jean-Guy Deslauriers 33 Roman-feuilleton Sirop de poteau - Chapitre 3 Francis Ouellette 38 On se fait notre cinéma Agathe Melançon 40 Espace sciences Gabriel Lavoie 42 BD Siou 43 C\u2019t\u2019encore drôle Antoine Durocher 44 Détente Josée Panet-Raymond 1er juillet 2023 Volume XXX, no 12 À la une F O U R N I E P A R S O N A J O B A R T E H Texte adapté par Karine Bénézet FRANCE Dans l\u2019Ouest de la France frappé par la sécheresse, le conflit entre agriculteurs et écologistes s\u2019intensifie au sujet de nouveaux réservoirs d\u2019irrigation.Un conflit qui s\u2019étend maintenant à d\u2019autres régions d\u2019Europe.Les rares pluies tombées récemment en Nouvelle- Aquitaine n\u2019ont offert qu\u2019un bref répit aux agriculteurs de cette région frappée par la sécheresse.Une situation aggravée par les conflits croissants entre agriculteurs et écologistes autour de la construction de réservoirs d\u2019irrigation géants.Un projet qui divise les communautés rurales.D\u2019un côté, les militants affirment que ces « méga- bassins » ou bassines, ne profitent qu\u2019aux exploitations industrielles.L\u2019association Bassines Non Merci (BNM) les décrit d\u2019ailleurs comme une « mainmise sur l\u2019eau ».De l\u2019autre côté, de nombreux agriculteurs considèrent que le stockage de l\u2019eau est essentiel à la survie économique de l\u2019agriculture et à la sécurité alimentaire de la région.Ils se disent alors découragés par les manifestations contre les réservoirs qui « exercent une pression insupportable sur nous et nos familles », a déclaré François Petorin, administrateur de la Water Co-op 79, une coopérative représentant au moins 200 agriculteurs de la région.La France vient de subir la pire sécheresse hivernale de son histoire, avec le mois de février le plus sec depuis 1959, tandis que sa voisine espagnole souffre de trois années de précipitations inférieures à la moyenne, ce qui pèse sur l\u2019approvisionnement en eau des ménages, sur l\u2019irrigation agricole et la production d\u2019énergie.Ces conséquences des changements climatiques en Europe du Sud incitent à repenser l\u2019agriculture européenne traditionnelle, et notamment la manière dont les ressources limitées doivent être réparties.« Les sécheresses vont être plus fréquentes et plus intenses, et nous avons un modèle agricole qui augmente continuellement sa demande en eau », a déclaré Jesús Vargas, expert en sécheresse à l\u2019université espagnole de Malaga.Dans le marais poitevin de Nouvelle-Aquitaine, deuxième zone humide de France, surnommée la « Venise verte », un labyrinthe de canaux naturels et artificiels serpente à travers 28 000 hectares de prairies marécageuses et d\u2019arbres.Aujourd\u2019hui, cette localité est elle aussi au cœur du conflit entre les agriculteurs, les défenseurs de l\u2019environnement et les décideurs politiques au sujet des réservoirs d\u2019irrigation.En effet, les bassins sont remplis à l\u2019aide de pompes qui prélèvent de l\u2019eau dans la nappe phréatique pendant l\u2019hiver.Cette eau est censée être reconstituée par les pluies saisonnières afin de garantir des réserves suffisantes pour l\u2019irrigation pendant les périodes de sécheresse du printemps et de l\u2019été.Toutefois, les pluies devenant moins fiables dans le sud de l\u2019Europe, cette reconstitution ne se produit pas toujours.De plus, les militants écologistes affirment que ces réservoirs entraînent une surexploitation des nappes phréatiques et contribuent à la diminution de la biodiversité locale.Malgré les appels à une agriculture plus durable et à une gestion équilibrée des ressources en eau, le débat entre les deux camps reste vif et complexe.Le gouvernement français se trouve face à un défi délicat, tentant de concilier les intérêts économiques des agriculteurs avec les préoccupations environnementales des écologistes.Ce conflit autour des réservoirs d\u2019irrigation illustre les tensions croissantes entre les besoins de l\u2019agriculture et les impératifs de préservation de l\u2019environnement.Il souligne également la nécessité de repenser les pratiques agricoles et les politiques de gestion de l\u2019eau pour faire face aux défis futurs du changement climatique.Initialement publié sur Context, propulsé par la Thomson Reuters Foundation.( INSP ) Y V A N H E R M A N | R E U T E R S Sécheresse : agriculteurs en colère Allo, la police À la mi-mai, j\u2019ai vécu une expérience.Un « quêteux » m\u2019a agressé.Je ne sais pas pourquoi.Je n\u2019avais même pas eu le temps de sortir mes magazines.J\u2019ai dû me défendre.Il s\u2019est vite rendu compte que je savais le faire et il s\u2019est enfui.J\u2019ai appelé la police.Ça a pris une demi-heure avant qu\u2019elle arrive.J\u2019ai porté plainte officiellement.Suite à ça, j\u2019ai compris qu\u2019il fallait que je m\u2019adresse à l\u2019échangeur du métro plutôt qu\u2019à la police directement.Les policiers m\u2019ont expliqué comment procéder à l\u2019avenir.C\u2019est l\u2019échangeur qui appelle la police.Le mieux c\u2019est de quitter la place pour une demi-heure.D\u2019habitude, je n\u2019ai pas de misère avec ceux qui demandent de l\u2019argent ni avec les musiciens.Avant de commencer mes ventes, je fais le tour des arrêts d\u2019autobus de la station.J\u2019observe comment les gens utilisent les transports.Je me fais une idée de l\u2019endroit où me placer.Je parle à ceux qui quêtent et j\u2019essaie de trouver une entente avec eux.La plupart du temps, ça fonctionne.C\u2019est important de leur parler pour savoir où se placer les uns et les autres.En général, ils connaissent bien L\u2019Itinéraire, alors ça se passe bien.GAÉTAN VAILLANCOURT CAMELOT MÉTRO SQUARE VICTORIA-OACI L\u2019anti-gaspillage pour tous J\u2019ai connu L\u2019Itinéraire bien avant de devenir camelot.Au début, je pensais qu\u2019on nous livrait la revue, ou qu\u2019on la récupérait quelque part puis, à vous de vous débrouiller.Mais loin d\u2019être ça, L\u2019Itinéraire c\u2019est un magazine de haute qualité, soutenu par un organisme dynamique qui s\u2019enracine dans la communauté jusqu\u2019à la communion.Grosso modo, L\u2019Itinéraire est une ruche d\u2019actions, de soutien et d\u2019initiatives, mais contentons-nous aujourd\u2019hui de parler du volet alimentation.L\u2019Itinéraire offre un soutien alimentaire aux camelots sous plusieurs formes, dans le but que les camelots deviennent plus responsables et autonomes.Pour ce faire, il faut mettre l\u2019accent sur trois actions importantes : la conscientisa- tion au gaspillage alimentaire \u2014 les camelots sont autant des citoyens responsables de leurs actes \u2014 ils peuvent ainsi contribuer à cet élan antigaspillage grâce à une diminution de consommation, et utiliser la collecte de denrées offertes par l\u2019organisme à travers un partenariat avec d\u2019autres organismes qui agissent sur la problématique de l\u2019alimentation, comme Moisson Montréal.Les camelots pourraient aussi mettre en place une cuisine collective à L\u2019Itinéraire ou ils seraient invités à préparer des mets, notamment avec des ingrédients invendus ou soustraits au gaspillage.On pourrait aussi penser à mettre sur pied un jardin communautaire qui serait rattaché à L\u2019Itinéraire.En cela, on peut s\u2019inspirer de l\u2019expérience de la Maison ronde, programme autochtone de L\u2019Itinéraire.L\u2019Itinéraire pourrait aussi offrir des ateliers de jardinage et d\u2019apprentissage du métier de jardinier.Cela serait un tremplin pour que chaque camelot ait un jour son carré de terre à cultiver ! MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT RHÉO DENIS GALLANT CAMELOT MÉTRO CADILLAC Cayouche, Acadien comme moi Cayouche, c\u2019est mon chanteur préféré.Ce n\u2019est pas seulement parce qu\u2019il est Acadien comme moi, mais parce que j\u2019aime le genre de country qu\u2019il fait.Il compose lui-même ses chansons et ça nous parle parce qu\u2019il s\u2019inspire vraiment de la vie de tous les jours des Acadiens.Il a commencé sa carrière tard, à 46 ans, en 1994.Et il a eu du succès tout de suite.Une petite anecdote.À 19 ans, j\u2019étais allé camper avec des amis à Saint-Antoine- de-Kent.Il y avait une fin de semaine de spectacles en plein air, avec des bands du Nouveau-Brunswick.Sans le savoir, j\u2019ai planté ma tente à côté de son camper van.Cayouche était là parce que c\u2019était un des invités de la fête.Le samedi, il nous a vus entrer deux caisses de bières et ç\u2019avait été le prétexte pour nous adresser quelques mots : Cayouche aime bien la bière ! Le dimanche, après son spectacle, on l\u2019a interviewé à la radio locale ; mais Cayouche était stone au boutte.En voyant une belle fille passer, il a dit tout fort : « Wow ! Belle femme ! » L\u2019animateur s\u2019était dépêché de lui dire tout bas : « On ne dit pas ça à la radio ».\u2013 « Ah ! S\u2019cusez ! Mais est belle quand même ! » Ça, c\u2019est du Cayouche tout craché ! On a beaucoup ri ! Cayouche est son propre boss.Après cinq albums, en moto, avec sa guitare et son banjo, il continue de donner des spectacles dans les Maritimes, au Québec et même en Ontario, mais seulement quand il veut, où il veut.Un vrai hippie à barbe blanche.9 itineraire.ca 1er juillet 2023 Par Simon Bolduc L\u2019histoire de Patrice pourrait être celle de bien d\u2019autres.Pendant la dernière année, le propriétaire de son logement a tenté par toutes sortes de moyens de le faire partir de son modeste 3 1/2, à Longueuil.En mars dernier, on lui a offert un chèque de 1500 $ pour quitter les lieux le 1er juillet : « Je n\u2019aurais jamais dû signer ça, c\u2019était une erreur.Ça me provoque du stress, je perds confiance.J\u2019ai déjà un sac de roches sur le dos.En me levant le matin, je me sens lourd.» C\u2019est la crise En 2022, 4000 ménages ont fait appel aux services d\u2019urgence de leur municipalité, faute de trouver un logement.Un sommet jamais atteint, selon le Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).Une situation qui s\u2019annonce similaire cette année.Actuellement, il y a un logement sur 100 de disponible à Longueuil, et « c\u2019est souvent juste des condos neufs complètement inabordables qui restent sur le marché locatif privé », explique Stéphane Moreau, organisateur communautaire au Comité logement Rive-Sud.Ajoutons à ça les données du récent rapport intitulé Signes vitaux du Grand Montréal sur le logement qui révèle que le cinquième des personnes de la région métropolitaine les plus défavorisées consacrent plus de 80 % de leurs revenus au logement.Critères minimalistes Les critères de Patrice diminuent chaque semaine depuis le mois de mars.« Au départ, je cherchais un 3 1/2 à 900 $, explique-t-il.Il y en a, mais tout le monde saute dessus quand il s\u2019affiche.J\u2019ai fait une visite en cinq mois, c\u2019était petit et délabré et il était affiché à 870 $, plus l\u2019électricité.À ce moment-là, je pensais que j\u2019avais le luxe de ne pas le prendre.Tout ce que je vois c\u2019est 1000 $.C\u2019est entre 40 % et 50 % de mon revenu, dans la mesure où je peux faire de petites jobines ici et là.Si je tombe malade, je suis pris à la gorge.» Patrice a passé environ 40 appels pour deux visites qui n\u2019ont pas fonctionné.Bon locataire qui s\u2019estime tranquille et bon payeur, il tente de tirer son épingle du jeu dans « cette jungle », avec une cote de crédit dans le rouge, sans référence, et une contrainte sévère à l\u2019emploi.Avec un taux d\u2019inoccupation de 1 %, les propriétaires peuvent être sélectifs, voire abusifs, estime M.Moreau.Pour lui, « tant et aussi longtemps que le logement sera une marchandise, les droits des locataires ne voudront pas dire grand-chose ».Le laisser-faire du marché locatif privé a atteint une limite, croit l\u2019organisateur communautaire.L\u2019espoir d\u2019un toit, la crainte de la rue Patrice* est devenu camelot à L\u2019Itinéraire à la suite de son passage à la Maison du Père, organisme pour les gens en situation d\u2019itinérance.Après avoir stabilisé sa vie et passé 12 ans en logement, il prévoit y retourner, faute de trouver un toit au mois de juillet.* Noms fictifs 10 itineraire.ca 1er juillet 2023 Plan A, B \u2026 et C Le plan A de Patrice, c\u2019était de trouver un logement à son goût, dans des prix convenables, même s\u2019il s\u2019attendait à devoir payer un peu plus cher avant de commencer sa recherche.Après quelques semaines, il a vite mis une croix sur cette option.« En plus d\u2019être vite sur le piton, il faut avoir une bonne cote de crédit et que ton nom n\u2019apparaisse nulle part à la régie », dit-il.Stéphane Moreau n\u2019est pas surpris, puisqu\u2019il n\u2019est pas rare, estime-t-il, que des locataires mieux nantis offrent plus au propriétaire pour être certains d\u2019avoir le logement.Une surenchère qui ne s\u2019applique pas seulement à l\u2019achat d\u2019une propriété, mais aussi au marché locatif.Le plan B, c\u2019est d\u2019accepter un logement plus cher, plus petit, et d\u2019entreposer quelques biens temporairement.Le plan C, pour lui, c\u2019est de retourner à la Maison du Père, là où il a mis les pieds il y a 15 ans, alors qu\u2019il était en situation d\u2019itinérance.« J\u2019ai déjà payé 411 $ pour entreposer mes biens pour le mois de juillet, dit-il.Je n\u2019ai pas le choix, je me suis tellement cassé le cul pour accumuler tout ce que j\u2019ai et avoir une meilleure qualité de vie.je ne vais pas perdre tout ça.Ça représente de l\u2019argent durement gagné.» Résilient, il avoue subir une pression et une incompréhension de son entourage.« J\u2019ai un ami pour qui c\u2019est un drame que je retourne là, mais je connais bien l\u2019organisme, ça ne me fait pas peur.Je vais économiser, c\u2019est temporaire.C\u2019est difficile moralement, j\u2019ai mal, mais si c\u2019est mon destin, je vais l\u2019accepter.» Nouveaux propriétaires La hausse des prix des loyers est liée à la surchauffe immobilière des dernières années.De nouveaux propriétaires qui ont payé trop cher leur plex, note Stéphane Moreau, vont tenter de trouver toutes sortes de stratégies pour rentabiliser leur investissement.C\u2019est le cas de Catherine* et de son conjoint qui viennent d\u2019acquérir un triplex dans le quartier Ville- Émard.Contraints de rester à Montréal et d\u2019avoir l\u2019espace suffisant pour que tous deux puissent travailler de la maison, ils ont finalement trouvé un immeuble à revenus dont ils sont propriétaires-occupants, après avoir envisagé d\u2019autres options, comme un condominium : « On les a magasinés les condos, mais ce qu\u2019on cherchait en fonction de nos besoins tournait autour de 800 000 $.Avec un plex, presque au même prix, au moins ça nous donne un revenu.» Sauf que le montant payé par les deux locataires des deux 5 1/2 à l\u2019étage est insuffisant pour couvrir les frais d\u2019hypothèque.« On a un loyer à 970 $ et un autre à 1270 $ par mois, explique-t-elle.Ils sont beaux et il n\u2019y a rien d\u2019urgent à faire.Le prix sur le marché pour des appartements similaires est de 1600 $.Pour avoir des paiements d\u2019hypothèques décents, il faudrait charger 1800 $ pour chaque logement.En ce moment, ça nous coûte 5000 $ et plus par mois.Un prix de fou.Je ne sais même pas si on va pouvoir le garder.» Une situation connue au moment de la vente, mais qui leur a permis de négocier l\u2019immeuble à la baisse.Catherine le constate durement, « les plex sont vendus à des prix qui ne sont absolument pas rentables pour un propriétaire qui achète en ce moment, si les locataires paient le prix \u201cd\u2019avant\u201d ».Stéphane Moreau juge qu\u2019au départ, acheter un plex est un très mauvais investissement dans le contexte actuel : « Catherine fait référence aux prix d\u2019avant, mais c\u2019est là l\u2019erreur.Si la personne est là, ce n\u2019est pas le prix d\u2019avant, c\u2019est le prix du moment.Peut-être qu\u2019elle s\u2019est battue pour garder le logement abordable.Peut-être que le logement ne vaut tout simplement pas ce prix.» Il estime que certains locataires auraient eu les moyens d\u2019accéder à la propriété et d\u2019enlever la pression sur le marché locatif si la bulle immobilière avait été contenue, un écosystème à l\u2019équilibre fragile.« C\u2019est peut-être le cas des deux locataires de Catherine, qui auraient acheté une propriété en raison des économies réalisées en lien avec un loyer moins cher, lui permettant ainsi d\u2019ajuster le prix des mensualités demandées avec le prix payé du triplex.» Hébergement d\u2019urgence L\u2019organisateur communautaire au Comité logement Rive-Sud rappelle qu\u2019une personne qui n\u2019a pas trouvé de logement pour le 1er juillet peut faire appel au Service d\u2019aide à la recherche de logement (SARL), mis en place par l\u2019équipe du 311 de la région de Longueuil.Les ménages qui se retrouvent à la rue le 1er juillet peuvent bénéficier d\u2019un hébergement d\u2019urgence temporaire pour se relocaliser.Depuis cette année, le gouvernement impose un montant d\u2019argent à payer aux personnes qui dépasseront le délai de deux mois accordé par cette mesure d\u2019urgence, voulant limiter les cas d\u2019abus.Le gouvernement a déposé à la mi-juin le projet de loi 31 qui ne permettrait plus aux locataires de céder leur bail, l\u2019une des seules mesures pour contrer la hausse abusive des loyers.L\u2019ensemble des organismes œuvrant pour l\u2019accès au logement dénonce l\u2019inaction du gouvernement face à l\u2019une des pires crises du logement dans l\u2019histoire du Québec.Stéphane Moreau, organisateur communautaire au Comité logement Rive-Sud 11 itineraire.ca 1er juillet 2023 D>A LA SAUCE PIQUANTE D CL BONJOUR ! AN EST ES ERSEPD LoCATAVES! i ECS Mél NJ\u201d ] ol al | ol it MA PS a £0 3 ) NL EN SAE P2PNTE MAS?Je COM IS DIT ; VAN MAS ATTENDEE] PAS! ON À EPST FRS COMME CA Gd) OM QUE cA MIÈCHE, HEIN £) AH BEN ON EST WN LOGE MEM] TROUVEZ CEST PAS MON 3 {E188 JUNE] LIBRE | Fl cA FEIN a = iy Of Nous \u2014 7] 655 oJ Ç BON me EN REA JA Bien œu QUE CÉTRIENT LES VAS Onl 25545 ON SEN A.GUN VOILA PARTEZ Locke! LAURE EN Fp\u2019 TUVOIS BIEN TIM£A SEM FA CAS | TN MAX HED A E re a pe mn, a's © =f et, 4 a æ (7 Le PUBLICITÉ A I D F O R T R A D E G L O B A L 15 itineraire.ca 1er juillet 2023 La kora, cet instrument mythique dont les origines très anciennes ont pris racine en Afrique de l\u2019Ouest, est de plus en plus connue de par le monde.Fabriquée avec une calebasse (le fruit de l\u2019arbuste calebassier) recouverte d\u2019une peau, avec 21 fils de nylon tendus sur un long manche que l\u2019on joue avec les pouces et les index, la kora produit un son qui s\u2019apparente à un croisement entre une guitare et une harpe.Un son mélodieux, unique, qui, sous sa forme traditionnelle, raconte la Gambie, le Sénégal, le Mali, la Guinée et la Guinée Bissau, mais dont les ramifications se métissent en rock, reggae et en déclinaisons universelles.Depuis des générations, ce sont surtout des hommes qui jouent de la kora.Ses vedettes internationales se comptent par dizaines : Toumani Diabaté, Tunde Jegede, Ballaké Cissoko, Alhaji Bai Konte\u2026 Mais depuis assez récemment, les femmes se démarquent davantage.Comme c\u2019est le cas de la virtuose de la kora, Sona Jobarteh.Portrait.Josée Panet-Raymond \u2022 Rédactrice en chef Pour faire cette entrevue, il a fallu plusieurs tentatives pour attraper Sona Jobarteh au vol.Entre ses tournées mondiales, son travail auprès de la Gambia Academy, les conférences qu\u2019elle donne, l\u2019écriture de musique de film, elle a trouvé le temps de parler à L\u2019Itinéraire, pour notre plus grand bonheur ! Si vous ne connaissez pas encore cette star de la kora, vous aurez la chance de la voir et de l\u2019entendre au Festival international Nuits d\u2019Afrique le 20 juillet.Sinon, allez la découvrir sur YouTube.Vous tomberez sous le charme.Sona Jobarteh est l\u2019une des rares femmes qui mène une carrière florissante en tant que koriste dans le monde.Traditionnellement l\u2019apanage des hommes, des femmes commencent néanmoins à s\u2019approprier cet instrument à corde de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.La musicienne, chanteuse, compositrice et interprète britanno-gambienne qui maîtrise la kora comme personne s\u2019illustre comme une figure de proue dans le domaine.Issue d\u2019une véritable dynastie de cinq générations de griots1, maîtres de la kora, elle est la petite-fille d\u2019Amadu Bansang Jobarteh, fille de Sanjally et cousine du célèbre Toumani Diabaté.Son frère Tunde Jegede est également très connu sur la scène internationale.1 En Afrique subsaharienne, membres de la caste des poètes musiciens ambulants qui transmettent la culture orale. 17 itineraire.ca 1er juillet 2023 Avant même de monter sur scène professionnellement, la multi- instrumentiste et chanteuse à la voix distinctive a composé de la musique de film (Motherland) en 2010, enregistré un premier album (Fasiya) en 2011 en plus de fabriquer des koras, une entreprise qu\u2019elle a fondée en Gambie à sa sortie de l\u2019université à Londres.« J\u2019ai travaillé pendant des années pour moderniser l\u2019 instrument sans pour autant compromettre l\u2019 intégrité du son, explique-t-elle.Celle dont je joue présentement, je l\u2019ai fabriquée sur commande pour un client.Mais j\u2019en suis tombée amoureuse et je l\u2019ai gardée pour moi ! », dit-elle.Il aura fallu attendre 2022 pour qu\u2019elle produise un nouvel album, Bandinyaa Kumoo, pour lequel elle a fait appel à plusieurs invités spéciaux dont, et non des moindres, Youssou N\u2019Dour et Ballaké Sissoko, entre autres.Chantant en mandingue, elle tient ainsi à transmettre son amour de la Gambie et de l\u2019Afrique dans sa langue maternelle, à poursuivre et à perpétuer ses traditions.Il faut dire que la kora a traversé les frontières subsahariennes et que des non-Africains l\u2019ont adoptée avec enthousiasme.Depuis, elle s\u2019est mariée à une foule de styles musicaux.Qu\u2019en pense l\u2019artiste ?Appropriation culturelle ou appréciation culturelle ?(Rire léger) « Je crois que ce qui compte c\u2019est l\u2019 intention et la motivation qui amènent quelqu\u2019un à jouer de la kora.C\u2019est une bonne chose que les gens apprennent et célèbrent d\u2019autres cultures.Cela ouvre des horizons et permet d\u2019apprécier les valeurs des autres.La plupart des gens à travers le monde ont du respect pour la kora, qui leur permet cette ouverture.» Après sa tournée, qui prendra fin en octobre, Sona Jobarteh rentrera au bercail.Là, elle consacrera son énergie à la Gambia Academy, l\u2019école qu\u2019elle a fondée en 2015 et où l\u2019on enseigne la culture, les langues et les traditions du pays, en plus des matières académiques conventionnelles.Une œuvre qui lui tient particulièrement à cœur, l\u2019une qui met en valeur l\u2019identité gambienne plutôt qu\u2019un système basé sur une perspective post-coloniale et étrangère comme c\u2019est le cas dans les institutions de plusieurs pays d\u2019Afrique.Son académie accueille également des étudiants de partout dans le monde qui veulent apprendre la kora, le balafon, la percussion et la danse.Décidément, Sona Jobarteh a plus d\u2019une corde à sa kora ! On peut dire que Sona Jobarteh est tombée dedans quand elle était petite ; elle a appris l\u2019art de la kora dès sa tendre enfance.« La musique, c\u2019est une constante dans ma vie.J\u2019ai appris à jouer de la kora avec mon père et mon frère.Ils m\u2019ont tellement soutenue là-dedans », a-t-elle raconté au téléphone alors qu\u2019elle se trouvait en Italie, l\u2019un des nombreux pays qui jalonnent sa tournée mondiale.Ce n\u2019est qu\u2019en 2012 que l\u2019artiste, aujourd\u2019hui âgée de 39 ans, s\u2019est sentie assez solide pour performer devant public.Pour cette première prestation professionnelle, elle était accompagnée de son père, qui cautionnait en quelque sorte sa présence sur scène, question de la faire accepter dans ce monde éminemment masculin.Mais son talent indéniable a parlé pour elle et a éclaté au grand jour.Depuis, sa carrière fulgurante est sur une pente ascendante et ne montre aucun signe d\u2019essoufflement.Sona Jobarteh sera en spectacle au Festival international Nuits d\u2019Afrique Le jeudi 20 juillet à 21 h 30 Scène TD-Radio-Canada Parterre du Quartier des spectacles Gratuit FOURNIE PAR SONA JOBARTEH PHOTOS KARINE BÉNÉZET Estelle Lavoie ne s\u2019explique pas vraiment son amour pour la culture d\u2019Afrique de l\u2019Ouest et pour la kora.À vrai dire, elle n\u2019a jamais eu besoin de le justifier.Ni auprès des artistes et amis mandingues avec qui elle crée ni auprès de ses élèves.Ni en Afrique ni au Québec.Ce qu\u2019elle sait par contre, c\u2019est que le son de la kora est venu envoûter son jeune cœur de musicienne il y a des années de cela et que depuis vit en elle un dialogue entre deux cultures.Un dialogue entre Pas besoin de traverser les continents pour rencontrer des koristes et découvrir le son de la kora, cet instrument traditionnel des lignées de griots.Importée par les artistes mandingues d\u2019Afrique de l\u2019Ouest de passage ou installés au Québec, la kora a aussi été adoptée par quelques musiciens d\u2019origine québécoise.Comme Estelle Lavoie qui ressent une passion viscérale pour cet instrument et un profond respect pour la culture mandingue.Portrait d\u2019une artiste biculturelle.Karine Bénézet \u2022 Journaliste, cheffe de pupitre 19 itineraire.ca 1er juillet 2023 20 itineraire.ca 1er juillet 2023 Théoriquement, l\u2019enseignement de la kora se transmet dans la lignée des griots et de père en fils.Malgré son genre, sa culture, son origine, Estelle Lavoie a été accueillie et acceptée à bras ouverts comme élève en Afrique de l\u2019Ouest.« Nathalie était déjà très appréciée et connue là-bas, précise Estelle Lavoie.Je n\u2019ai pas eu à défoncer de portes pour apprendre à jouer.» Au-delà de cet atout, la culture mandingue en est une qui a grandi à travers la dictature et qui, pour survivre dans la fierté, a opté pour le partage et la diffusion à travers le monde de ses traditions.Comme l\u2019a fait le professeur de danse d\u2019Estelle Lavoie : « Il ne vit que pour la danse.Il a initié tout le Québec en y propageant les danses guinéennes.» Si la question de l\u2019appropriation culturelle a traversé l\u2019esprit de la danseuse et musicienne, il ressort de sa réponse que tout est une question de point de vue.« Quand je danse devant des Guinéens, ils vont souvent être épatés et me féliciter.Ça, parce qu\u2019ils connaissent la richesse de leur culture, ils savent le travail nécessaire pour en arriver là.Au contraire, un Québécois qui ne connaît rien de cette culture va plus facilement me dire : \u201cpas pire pour une blanche !\u201d » Aujourd\u2019hui, Estelle Lavoie enrichit son amour pour la culture d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, ses instruments, ses danses et se considère comme une perpétuelle apprentie.Elle profite aussi de ses relations sincères et de ses amitiés pour vivre la musique traditionnelle et le son de la kora, notamment à travers son groupe Taafé Fanga et koralame, un duo avec sa cousine, qu\u2019elle fait vivre à travers des concerts pour la Société des arts en milieu de santé.« Avec cette formation, on se rend dans les CHSLD.Ma cousine joue de la scie verticale en plus d\u2019être chanteuse d\u2019opéra.On part d\u2019un répertoire africain jusqu\u2019à un autre, opératique, en passant par des pièces traditionnelles anglophones et francophones plus connues du public de personnes âgées.C\u2019est un bel accueil à chaque fois.» Mêler les instruments, les cultures, les schémas musicaux n\u2019a jamais été un but forcé.Comme le dit l\u2019artiste et profes- seure : « C\u2019est organique.Ça commence par un intérêt sincère pour la culture de l\u2019autre.» C\u2019est à travers la composition et au fil des rencontres que le reste se crée.Comme le démontre son groupe Taafé Fanga : « Quand je me mettais à explorer la kora, des mélodies sortaient, teintées par mon bagage classique.» Une couleur décalée que les amis africains d\u2019Estelle Lavoie trouvaient belle.« Ils n\u2019avaient jamais entendu ça.Ils se mettaient alors à superposer des lignes mélodiques par-dessus et hop, ça donnait une création d\u2019inspiration mandingue, avec des paroles en wolof, et une aura classique.» Le tout sans prétention de mixer des cultures pour créer un nouveau style.Une création à l\u2019image de Montréal, comme la qualifie l\u2019artiste.S\u2019il paraissait naturel à cette guitariste classique originaire de la Rive-Sud d\u2019organiser une partie de sa vie autour de la musique, elle ne s\u2019attendait pas à s\u2019éprendre d\u2019un son, de rythmes, de schémas musicaux issus d\u2019une culture qui lui était alors inconnue, mais qui lui a fait l\u2019effet d\u2019un coup de foudre.Elle n\u2019a que 19 ans lorsqu\u2019elle découvre le son de la kora.On est alors en 1997.La jeune musicienne croule sous le poids de la performance imposée par ses études de guitare classique au conservatoire de Québec.Et sa découverte est telle qu\u2019elle se met à écouter de la kora en boucle et à rêver que sa guitare a des cordes verticales, raconte Estelle Lavoie : « Je la regardais et me demandais comment j\u2019allais pouvoir en jouer.J\u2019ai tout de suite su qu\u2019 il ne fallait pas que je touche une kora avant la fin de mes études en guitare par peur de tout lâcher.» Malgré sa retenue, c\u2019est exactement l\u2019inverse qui s\u2019est passé.Et c\u2019est à Nathalie Dussault, alias Nathalie Cora, qu\u2019elle « doit » la fin prématurée de ses études au conservatoire.« Lors d\u2019un de ses spectacles, Nathalie m\u2019a assise sur scène et m\u2019a mis une kora entre les mains », raconte la koriste qui touchait alors cet instrument pour la première fois.L\u2019effet a été immédiat.Après avoir pris six mois de cours avec Nathalie Dussault, elle la suivra jusqu\u2019au Sénégal pour apprendre à jouer et à fabriquer sa propre kora.« Elle m\u2019avait dit : \u201cil faut que tu viennes !\u201d Une fois là-bas, elle m\u2019a confiée à un maître de la kora.J\u2019y ai appris aussi avec l\u2019un de ses élèves, bien plus avancé que moi, et qui est devenu le père de ma fille.» Plus précisément, c\u2019est en écoutant Takadja, un groupe fondé par la percussionniste québécoise Francine Martel et un danseur guinéen, aussi percussionniste, Oumar N\u2019Diaye, qu\u2019elle a découvert la kora.« Oumar était mon professeur de danse africaine », précise l\u2019artiste.Un détail loin d\u2019être anodin pour celle qui enseigne aujourd\u2019hui la danse africaine.« J\u2019ai commencé l\u2019enseignement par un remplacement.Je doutais.Mon professeur me disait assez bonne pour faire ça.Moi je savais que je pouvais le faire, mais la question était plutôt : dois-je le faire ?Je ne suis ni Guinéenne ni Africaine.À ça, mon professeur m\u2019avait alors répondu : \u201c Tu es blanche, mais tu aimes cette culture.Tu l\u2019as apprise et tu n\u2019en montres que ce que tu sais \u201d.C\u2019est comme s\u2019il m\u2019avait donné le feu vert.» 21 itineraire.ca 1er juillet 2023 Constitution d\u2019une Un été sans vague Quand la canicule nous assaille, quoi de mieux qu\u2019une baignade pour se rafraîchir.Si conjuguer baignade et alcool n\u2019est pas rare, il est bon de garder en mémoire que sur l\u2019eau, un verre d\u2019alcool en vaut trois.Consommer, même peu, augmente alors le risque de voir son activité aquatique tourner au drame.Alors pour profiter pleinement de l\u2019été, les pieds dans l\u2019eau, quelques précautions de base s\u2019imposent.Au Québec, l\u2019alcool serait en cause dans plus de 30 % des noyades, selon les données de la Société de sauvetage.Entre 15 et 54 ans, l\u2019alcool est le deuxième ou troisième facteur de risque de mortalité pendant une activité de plaisance ou de baignade, après l\u2019absence du port d\u2019une VFI (veste de flottaison individuelle).En cas d\u2019ivresse lors d\u2019une activité nautique, la VFI portée correctement peut sauver la vie.Un verre en vaut trois Le vent sans cesse, le soleil, la réverbération, le clapotis et le mouvement de l\u2019eau sont autant de facteurs qui étourdissent nos sens et altèrent notre équilibre.Le risque d\u2019accident devient alors inévitablement plus élevé dans un environnement aquatique qui demande au corps de s\u2019adapter en permanence.Dans ce contexte, l\u2019ajout d\u2019alcool démultiplie le niveau de dangerosité.Si l\u2019ivresse peut être agréable, elle altère le jugement, la coordination des gestes, la vision, entre autres choses, selon le taux d\u2019alcool dans le sang.En cela, les effets liés à l\u2019alcool additionnés à ceux générés par le fait d\u2019être sur l\u2019eau permettent d\u2019afÏrmer qu\u2019un verre d\u2019alcool pris sur l\u2019eau en vaut trois pris sur la terre ferme.Diminuer les risques, c\u2019est possible Comment profiter de l\u2019eau et de la fête tout en diminuant les risques d\u2019accident mortel ?Le défi peut sembler de taille, mais pas tant que cela, avec quelques précautions de base.Bien sûr, l\u2019idéal reste de ne pas consommer d\u2019alcool sur l\u2019eau ou d\u2019attendre d\u2019avoir les deux pieds de retour sur la terre ferme pour prendre un verre.Mais dans le cas contraire, il est toujours possible de prévenir les drames : \u2022 ne pas boire le ventre vide, \u2022 alterner les consommations d\u2019alcool avec des verres d\u2019eau afin de rester hydrater et espacer le temps entre deux consommations [1], \u2022 s\u2019éloigner du bord si l\u2019on est mauvais nageur ou sous l\u2019influence de l\u2019alcool, \u2022 choisir des zones surveillées pour se baigner.Moins de 1 % des noyades surviennent en milieu supervisé par un surveil- lant-sauveteur, \u2022 se renseigner sur la zone de baignade, la force des courants, la température de l\u2019eau et le type de terrain (roches, etc.), \u2022 vérifier son état de santé, \u2022 se mouiller avant de plonger pour éviter l\u2019hydrocution, \u2022 prévenir quelqu\u2019un que l\u2019on va se baigner, \u2022 porter un gilet de sauvetage adapté à son poids, sa taille et bien ajusté.Bonne baignade et bon été tout en prudence.Les 4 principaux facteurs de risque de noyade sont : L\u2019absence de VFI, la consommation d\u2019alcool, la baignade seul, nageur fatigué ou non-nageur.27 % des noyades surviennent lors d\u2019activité de baignade ou de natation.23 % des noyades sont liées à une chute inattendue dans l\u2019eau (en promenade au bord de l\u2019eau, etc.) 23 % des noyades surviennent lors d\u2019activités de plaisance.Sources : Rapport sur la noyade, Société de Sauvetage, Québec, 2020.Boire ou nager : il faut choisir !, CIDJ, France.Prévention près d\u2019une rivière, sur une rivière et dans la rivière, Croix-Rouge canadienne.[1] Découvrir comment alterner en visitant le site www.alternalcool.com A R T E M B E L I A I K I N | U N S P L A S H SANS ALCOOL QUELQUES CHIFFRES PUBLICITÉ Chez les 65 ans et + le facteur principal de risque de noyade est la baignade seul.Chez les 15 - 54 ans, l\u2019absence du port de VFI est le principal facteur de risque de noyade.41 % des noyades ont lieu dans les rivière.s 26 % des noyades ont lieu dans des lacs et étangs.15 % des noyades ont lieu en piscine.11 % des noyades surviennent dans une baignoire.www.educalcool.qc.ca 23 itineraire.ca 1er juillet 2023 Lorsqu\u2019on n\u2019a pas les moyens de voyager, c\u2019est possible de le faire autrement.Le but est d\u2019avoir l\u2019impression de s\u2019évader sans pour autant sortir de Montréal.Voici quelques astuces de mon cru.Le parc Frédéric-Back, situé au nord de l\u2019arrondissement Villeray\u2013Saint-Michel\u2014Parc-Extension était au départ une carrière.Aujourd\u2019hui, c\u2019est un grand parc dédié à l\u2019environnement, aux loisirs, aux sports, mais aussi à la culture.Voyager par le regard C\u2019est dans ce même parc que j\u2019ai vu une jeune fille portant un hijab observer les insectes.À vue d\u2019œil, elle devait avoir 10 ou 11 ans.Accroupie au milieu des hautes herbes, elle semblait dans sa bulle, si je peux m\u2019exprimer ainsi.Ma curiosité m\u2019a poussé à l\u2019observer plus longuement.Je trouvais ça un peu bizarre qu\u2019elle ne soit pas accompagnée d\u2019adultes vu son jeune âge.Non loin de là se trouvait une espèce de coquille en bois avec des trous, comme une sorte de nid à l\u2019envers.Je me suis dirigée vers cet objet inconnu pour me rendre compte que c\u2019était une œuvre inspirée de l\u2019importance de l\u2019habitat des fourmis.Une plaque à côté indiquait le nom de l\u2019œuvre : Hortus formica de l\u2019artiste Frédéric Saia.Tout à coup, j\u2019ai entendu des voix venant de l\u2019intérieur de la fameuse coquille.Visiblement la mère et ses deux filles étaient là à papoter pendant que la plus jeune prenait un moment, seule avec elle-même.Sa mère la surveillait, à travers les trous de l\u2019œuvre à l\u2019allure d\u2019une gigantesque fourmilière.L\u2019expérience m\u2019a fait comprendre comment cette famille laissait son espace à ses autres membres.Observer la manière dont se comportent les gens me fascine.Ça ne coûte rien et c\u2019est instructif.Voyager par l\u2019ouïe Par la suite, je me suis dirigée vers le terrain de soccer.Je me suis assise et me suis laissée bercer par les sonorités espagnoles qui émanaient d\u2019une gang de jeunes.L\u2019espagnol me transporte ailleurs.Cette langue me rappelle entre autres Cuba que j\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter jadis.Que ce soit au pied du parc Mont-Royal sous le son transcendant des tam-tams ou au sommet de la montagne au milieu des touristes de divers pays, il est toujours possible de s\u2019imprégner des autres cultures, à partir d\u2019ici.Pas étonnant que Montréal soit considérée comme l\u2019une des meilleures villes au monde par les étudiants ; pour ces attractions nocturnes festives, pour ces nombreux parcs, ou pour ces restaurants aux spécialités infinies.Voyager par les papilles Voyager c\u2019est relatif.Ça peut être essayer un plat raffiné que vous n\u2019avez jamais goûté, par exemple les plats indiens du restaurant Le 409 dans le Vieux-Montréal, ou encore une soupe tonkinoise dans le quartier chinois où l\u2019on retrouve l\u2019authenticité de délicieuses saveurs asiatiques.Il y a sûrement des coins de la ville que vous n\u2019avez jamais fréquentés, ou des choses que vous n\u2019avez jamais osé faire.Rester à Montréal, mais agir comme si on n\u2019y vivait pas, c\u2019est économique.Qui ne rêve pas de juste prendre un petit café dans un autre quartier que le sien.Vous pouvez simplement vous offrir ce temps, ce sera déjà ça de pris.Voyager autrement Faute de partir en vacances, je me promène dans la ville.Juste prendre le temps de faire ça me remplit de gratitude.De nos jours, tout est cher alors, il faut se réinventer (il me semble que cette phrase est très à la mode depuis la tabar- nouche de pandémie).Bref ! À mon humble avis, les meilleurs voyages sont faits de belles rencontres, d\u2019ouverture envers son prochain et surtout du temps qu\u2019on prend pour nous.Le temps pour soi est devenu si rare qu\u2019il est en soi une vraie richesse.Prendre le temps de faire des choses qui nous plaisent, c\u2019est un peu ça les vacances.Camelot métro Radisson Par Jo Redwitch Voyager sans partir J O R E D W I T C H Le train et ses chemins Un jour d\u2019été, sur un pont, je me suis mise à regarder le chemin de fer.Cela m\u2019a rappelé à quel point le parcours de nos vies peut aller dans plusieurs directions, par des bons et des moins bons chemins.Certains nous font grandir et d\u2019autres nous nuisent.On rencontre des gens qui nous apprennent la vie ; certains deviennent nos amis, d\u2019autres des collègues de travail.Et voilà.Il y en a qui seront là tout au long de notre vie et d\u2019autres seront de passage, des souvenirs.Toutes ces personnes font de nous qui nous sommes.On se dit parfois qu\u2019on aurait dû prendre un autre chemin.Mais non, car c\u2019est là qu\u2019on devait passer pour en arriver où nous sommes rendus.Quand je regarde la personne que je suis devenue, je suis fière de moi.J\u2019ai fait mon chemin grâce aux expériences que j\u2019ai vécues, aux personnes que j\u2019ai rencontrées, à mes échecs et à mes réussites.J\u2019ai appris à me construire et je peux redonner à d\u2019autres personnes grâce à mes connaissances, car tout le monde peut avoir besoin d\u2019aide un jour.Soyez fiers d\u2019être qui vous êtes, comme moi, car sur terre on est unique.On se bâtit au fil des années et avec les expériences qu\u2019on a vécues depuis notre naissance, on est là où on devait être, grâce aux chemins qu\u2019on a pris dans le train de la vie.SYLVIE HOULE CAMELOT AU MARCHÉ METRO, BOULEVARD SAINT-JOSEPH Récolte antistress La page blanche me stresse.Voilà, je n\u2019ai qu\u2019à écrire cette phrase pour démarrer un texte et ne plus y penser.Dans la vie de tous les jours, c\u2019est bien de presser un objet dans ses mains et de le passer d\u2019une main à l\u2019autre.On pense à autre chose.Et fini, les ongles rongés ! Il est vrai aussi que l\u2019acte d\u2019écrire relaxe, mais ce n\u2019est pas de ça que je veux vous entretenir.Je pensais vous dire que la balle à manipuler n\u2019est pas la seule forme d\u2019objet pour gérer son stress.C\u2019est au salon de l\u2019emploi et de la formation continue de Montréal que je m\u2019en suis aperçue.En tant qu\u2019autrice, je cherchais des idées pour composer.Eh oui, c\u2019est en sortant qu\u2019on trouve des idées ! J\u2019y ai vu des modèles en forme de bleuet, d\u2019extraterrestre, de sous-marin, de crayon, de cône orange, de vache et j\u2019en oublie.Ils étaient là, à attendre qu\u2019on les prenne.Je me sentais dans un Salon de la créativité.Donner un objet antistress afin d\u2019aider les gens à se détendre pour mieux faire leur chemin dans la vie, c\u2019est génial.J\u2019en ai rapporté plusieurs modèles et j\u2019ai partagé ma récolte.J\u2019ai gardé la vache, je la trouvais trop mignonne.Et elle m\u2019a bien servie.Récemment, je me suis sentie stressée en tant que finaliste pour un prix.Je l\u2019ai utilisée avant d\u2019entrer dans la salle où j\u2019ai appris que ma chronique sur le film Fuir, du 15 mai 2022, a remporté un prix dans la catégorie meilleur article actua- lité-société du magazine L\u2019Itinéraire.Alors, que ce soit en forme de cœur ou d\u2019œuf, il y a certainement plein de choix d\u2019antistress à découvrir.À quand le Musée de la relaxation ?AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX Du haut du Mont-Royal Montréal renaît.Les fleurs sont ouvertes et la nature est réveillée.Les stations de Bixi accueillent les cyclistes.Depuis quelques années, ceux-ci ont accès à une foule de pistes qui les dirigent vers toutes sortes d\u2019itinéraires : le Mont-Royal, au canal de Lachine, vers l\u2019Île-Sainte-Hélène qui révèlent de très beaux points de vue.J\u2019admire la mairesse, Valérie Plante, pour ce qu\u2019elle accomplit en donnant accès à la ville aux piétons et aux vélos, au grand désespoir des automobilistes seuls assis dans leur véhicule.Elle fait en sorte que la ville soit propre et accueillante.Elle y arriverait mieux si tout le monde s\u2019impliquait.L\u2019île de Montréal est tellement belle avec ses grands parcs et ses gigantesques arbres centenaires qui regorgent de toutes sortes de teintes de vert.Cette année les canards ont tardé à s\u2019installer, mais on les voit maintenant dans les mares et les ruisseaux.Ils ne sont pas très farouches, surtout quand il s\u2019agit de traverser le boulevard Verdun, suivis d\u2019une ribambelle de petits.Je remarque que la faune urbaine est de plus en plus présente.Plus d\u2019écureuils, plus de pigeons et même des cerfs ! Dans peu de temps ce sera l\u2019été, la saison des festivals et des touristes.Hé oui ! MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT 24 itineraire.ca 1er juillet 2023 Série métiers Déménageur.Simon Bolduc chargé de projet, journalisme F R E E P I K | T O U T O U S 25 itineraire.ca 1er juillet 2023 .de pianos, un lourd labeur En cette période de déménagement, plusieurs personnes maudiront un poêle ou un frigo trop lourd, un divan qui ne passe pas dans le cadre de porte, ou encore un escalier en colimaçon comme seule option.Consolez-vous puisque, primo, vous n\u2019êtes pas déménageur à temps plein, et que secundo, vous ne déménagez pas des pianos de luxe tous les jours.C\u2019est ce que fait Richard Hottot et sa petite équipe familiale. On nous a donné rendez-vous dans une petite église presbytérienne à Saint-Lambert.Richard Hottot avait été assez concis dans son invitation : « Lundi, 9 h, 8 avenue Birch.See you.» En entrant dans la petite chapelle, lui et trois de ses collègues se lèvent pour nous accueillir chaleureusement.La petite équipe de chez Transport Swiftways se spécialise dans le déménagement de pianos à queue Steinway, des instruments de luxe qui peuvent valoir des centaines de milliers de dollars.Le piano devant eux qu\u2019ils s\u2019apprêtent à emballer ce matin-là, c\u2019est un Steinway de cinq pieds qui vaut environ 240 000 $.En cinq minutes, le piano est enveloppé de couvertures pesantes qui s\u2019ajoutent au 500 kilos de l\u2019instrument fragile, dont certaines parties ont été retirées au préalable, comme les pattes.Tout le monde sait ce qu\u2019il a à faire dans une chorégraphie bien orchestrée par le boss.Un, deux, trois, ils tournent le piano, le placent à la verticale sur des socles roulants et le transportent à la frontière du véritable défi de ce début de journée : un étroit et à pic escalier d\u2019une dizaine de marches.Il faut calculer tout au plus un autre cinq minutes, cette fois-ci dans l\u2019intensité, pour réaliser la descente du piano et le faire rouler dans la boîte du camion.Le temps de s\u2019éponger le front et de se frotter les mains, Richard Hottot ouvre la porte de la boîte de son pick-up, s\u2019y assoit et lance d\u2019un accent gaspésien de Port-Daniel : « C\u2019est bon j\u2019suis prêt pour les questions.» C\u2019est votre premier piano de la journée ?Oui.Dans une journée, on en déménage de quatre à cinq.Celui-là s\u2019en va dans un entrepôt, c\u2019était une location pour le festival Classica.On vient de finir les Francos et on est dans le Festival de Jazz.En général, on déplace des pianos de luxe Steinway.Ça peut être d\u2019autres marques, comme Yamaha, mais la majorité pour nous c\u2019est du Steinway.Ce piano que tu as vu, ce n\u2019est pas le plus gros et le plus cher, mais ça vaut beaucoup quand même.F O T O S S I M O N B O L D U C 27 itineraire.ca 1er juillet 2023 Vous êtes toujours quatre ?Normalement, on est trois.Ça dépend des journées.Ça dépend du défi.Quand c\u2019est tough je suis sur les lieux.Ce matin, je dirais que c\u2019est moyen comme difficulté.C\u2019est une sécurité d\u2019avoir une personne de plus.Dans la façon de gérer ton équipe, il faut toujours que tu penses à un bris d\u2019équipement.Si une roulette sur le dolly casse, si on n\u2019est pas assez pour le retenir à force brute, c\u2019est dangereux et on peut l\u2019échapper.Quand c\u2019est trop incliné, on va mettre le piano sur un skid.As-tu un crayon pour que je te fasse un dessin ?( Il dessine une plateforme sur laquelle le piano est déposé et glissé ).Mais ce matin ce n\u2019était pas nécessaire.Ça prend du temps.Pour nous, le temps c\u2019est important.Surtout que les activités ont beaucoup diminué au retour de la pandémie.Il y a beaucoup moins de transport de pianos parce que les budgets culturels pour les villes comme Saint-Lambert ont été revus, en partie, et que les gens déménagent moins cette année.Si le monde déménage moins, c\u2019est moins de pianos.Ç\u2019a un gros impact.Cette année, toutes les compagnies vont te dire qu\u2019ils enregistrent moins de déménagements.C\u2019est quoi le piano le plus dispendieux que vous avez déménagé ?C\u2019est un piano de à 400 000 $ qui devait aller à l\u2019étage.Il faisait neuf pieds et ne passait pas dans la maison.J\u2019ai dû passer par les fenêtres d\u2019en haut.J\u2019ai fait appel au grutier avec qui j\u2019ai l\u2019habitude de travailler quand ce sont des accès plus difficiles, j\u2019ai installé des gros beams pour mettre le piano dessus et pour l\u2019entrer dans la pièce.C\u2019est stressant, oui, mais si c\u2019est ce que le client demande, c\u2019est ce qu\u2019il demande.Quand un client veut un piano, il veut un piano.C\u2019est plus fréquent quand c\u2019est un achat en magasin.Le détaillant ne veut pas perdre sa vente, alors il va s\u2019arranger pour que ça passe.Je me rappelle d\u2019un client qui voulait un piano au sous-sol.Il ne passait pas dans l\u2019escalier ni par la fenêtre.Je lui ai donné le nom d\u2019un contracteur pour qu\u2019il vienne faire une fenêtre plus large en bas.Il a enlevé les fenêtres et agrandi le trou dans la fondation, on a passé le piano.Il a remis le trou à sa grandeur originale et a reposé les fenêtres.Il faut ce qu\u2019il faut.Une grue soulève le piano pour le passer à l\u2019étage.F O U R N I E P A R R I C H A R D H O T T O T 28 itineraire.ca 1er juillet 2023 Je m\u2019attendais à voir quatre personnes assez costaudes, mais certains dans l\u2019équipe ne correspondent pas au gabarit imaginé.C\u2019est plus de la technique que de la force même si les gars sont très forts.Ce n\u2019est pas nécessaire d\u2019avoir des gros muscles, il faut plutôt travailler intelligemment.Ça fait 25 ans que je fais ça.Au début je forçais mal, c\u2019était pas bon pour moi pantoute.Maintenant, on a des manières de faire et c\u2019est rare qu\u2019on force en fou.Et si on doit forcer plus, j\u2019appelle plus de gars.J\u2019ai eu trois hernies dans ma carrière, dans le bas du dos.J\u2019ai forcé trop mal sur des jobs où on était pas assez.Quand l\u2019escalier tourne, quand tu dois twister ton corps en soulevant, ça c\u2019est dangereux pour ton dos.Quand tu commences à faire des mouvements qui balancent ton corps, c\u2019est pas bon.Les ceintures, certains les utilisent, d\u2019autres non.Moi, je considère que les muscles ont une mémoire, c\u2019est mieux de façon naturelle, je n\u2019aime pas utiliser de ceinture.Il faut dire aussi que moi et mon équipe, on est habitué à forcer et à travailler dur depuis qu\u2019on est jeunes.L\u2019entreprise est familiale, ce sont mes frères et mon neveu.On vient de Port-Daniel, on a grandi sur une ferme.Démonter des granges, faire les foins, on est habitué à ça.Combien de temps le corps peut faire ce travail ?Je dirais jusqu\u2019à l\u2019âge de la retraite, vers 65 ans, comme la plupart des gens qui font un métier exigeant physiquement.On a un gym au bureau.On a toujours besoin de s\u2019entraîner.Pendant l\u2019hiver, c\u2019est important de se tenir prêt pour le mois de mai.C\u2019est pour garder ton corps en forme.C\u2019est comme un camp d\u2019entraînement sportif.On commence à s'entraîner en décembre pour la grosse saison.Le plus gros rush ?J\u2019ai déménagé 200 pianos en trois jours.Il y avait une grosse vente de pianos et il fallait les déménager.C'étaient 28 pianos à queue dans le camion à chaque voyage.C\u2019est beaucoup de pianos à mettre sur mes dolly (rires).Quand tu as vécu ça, la job ne fait plus peur.Vous devez visiter des maisons incroyables ?Oui, parfois c\u2019est un autre monde.Tu as intérêt à faire ta job comme il faut.On est prudent, on met des tapis dans la maison, on emballe le piano.Le client, après cinq minutes est rassuré, il nous laisse faire la job.C\u2019est pas long avant qu\u2019il se mette à l\u2019écart.Je pense que c\u2019est pourquoi on s\u2019est fait un nom.29 itineraire.ca 1er juillet 2023 Au moment d\u2019écrire ces lignes, le projet de loi 31 donnant au propriétaire le droit de refuser une cession de bail venait d\u2019être présenté à l\u2019Assemblée nationale.Comme lu dans les médias à ce moment-là, en pleine crise du logement, la cession de bail est le dernier moyen de contrôle des loyers par les locataires.Les camelots nous partagent leurs impressions sur ce projet de loi.Il peut y avoir des surprises pour les propriétaires quand un locataire cède son bail.Mais il devrait vraiment y avoir un registre des prix de location.Ça permettrait automatiquement de faire enregistrer son bail, afin d\u2019avoir un suivi sur les loyers.Comme en RPA (résidence pour personnes âgées).BENOIT CHARTIER CAMELOT MÉTROS SAINT MICHEL ET JOLIETTE D\u2019un côté c\u2019est correct, surtout si le propriétaire a des problèmes avec son locataire.Au moins, il peut choisir le nouveau et s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019aura pas de problème avec.Heureusement que ce ne sont pas tous les propriétaires qui sont mauvais.PASCAL SAINT-LOUIS CAMELOT ROSEMONT/D\u2019IBERVILLE PROJET DE LOI 31, QU\u2019EN PENSENT LES CAMELOTS ? Ça ne se fait pas plus qu\u2019un propriétaire qui demande un mois de loyer d\u2019avance.Au contraire, il devrait y avoir plus de protection des parcs locatifs, un meilleur contrôle des loyers.Même s\u2019il y a quand même le registre des loyers que les gens pourront consulter.AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX Moi, mon appartement, c\u2019était ma camionnette.Alors je ne sais pas ce que c\u2019est un loyer.Là où je reste maintenant, j\u2019ai un arrangement avec les propriétaires.Je paye un tout petit prix pour l\u2019équivalent d\u2019un 1 1/2.En contrepartie j\u2019entretiens la pelouse, je déneige.C\u2019est un principe d\u2019échange de services.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES NOUVEAU MONDE ET RIDEAU VERT Les avantages de pouvoir céder son bail, je ne les connais pas.Moi je n\u2019ai pas le droit de céder mon loyer parce que je suis dans un appartement subventionné.Dans tous les cas, je ne pourrais pas occuper un logement avec le coût d\u2019un loyer actuel.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Ce n\u2019est pas juste de ne pas pouvoir céder son bail.Il me semble que c\u2019est toujours le propriétaire qui a le bon bout du bâton.Puis pour le locataire, est-ce qu\u2019il va y avoir un préavis ?Comment ça va se passer ?FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MENTANA / MONT-ROYAL fait la connaissance de Daniel Prince et de son frère feu Gaëtan Prince, qui allait devenir mon coéquipier pendant plusieurs années sur la Promenade Masson.Daniel me parle de ses souvenirs de cette première rencontre.« Dans ce temps-là, j\u2019me levais à quatre heures du matin.À quatre heures moins le quart, t\u2019es venu frapper à ma porte en me demandant si j\u2019avais d\u2019la bière.Tu étais tout étonné qu\u2019un gars dans une maison de chambre n\u2019ait pas de bière dans son frigidaire.(Éclat de rire).Tu trouvais ça bizarre que j\u2019arrive chez nous avec un paquet de change.Tu pensais que je quêtais.» Il m\u2019a expliqué qu\u2019il travaillait comme camelot pour le journal L\u2019Itinéraire, et tous ses avantages.Je suis devenu camelot le 26 novembre 2009.C\u2019était à l\u2019époque du format grand journal.J\u2019arrivais difficilement à le tenir entre mes mains et à me trouver une sorte de confort chorégraphique.En page couverture, nul autre que Dany Turcotte, (le fou du roi).J\u2019ai très vite compris que la vie de camelot n\u2019allait pas être facile.Même si Daniel me l\u2019avait expliquée de long en large, sur mon carré de trottoir, tout était à apprivoiser.J\u2019ai été confronté à beaucoup d\u2019irritants, dont l\u2019indifférence des gens, qui pour moi était de loin le plus intimidant et confrontant.Rajoutons à ça le bruit, le climat, le va-et-vient, les commentaires, le manque de compassion\u2026 Pour des raisons de maladie, de fatigue et l\u2019éternel combat de mes dépendances à l\u2019alcool et aux drogues, je quitte le journal fin décembre 2017.Aujourd\u2019hui de retour depuis février 2023, je me suis fixé comme objectif, et à la mémoire de mon coéquipier de l\u2019époque Gaëtan Prince, d\u2019encourager la notion du partage des territoires avec tous ceux qui vivent de et dans la rue.La pluie était froide, glaciale.Je suis arrivé la nuit dans une ville endormie, anesthésiée, au ralenti.J\u2019me suis installé, rue Amherst* coin Ontario, sur un banc de parc qui empestait autant que moi.Montréal la nuit sous la pluie m\u2019a laissé une impression d\u2019insécurité.Bref, je suis arrivé en ville en catastrophe ! La peur s\u2019installe, une vision plutôt sombre.J\u2019appréhende le pire, mais la vie m\u2019offre un tout autre enseignement.Je ne vais pas me laisser appâter, me laisser abattre.Comme tout bon chat, je savais cet état temporaire.J\u2019allais retomber sur mes pattes.(J\u2019adore les chats).Un vieil adage nous enseigne que rien n\u2019arrive pour rien.Une marche à l\u2019aube sans destination, dans le but de me réchauffer et de me familiariser avec le quartier, allait me le confirmer.La pluie s\u2019accrochait et n\u2019avait pas dit son dernier mot, faisant éclater de façon exagérée l\u2019éclairage d\u2019une ville comme sous tutelle.Je me suis arrêté rue Ontario face à un petit local qui me semblait sympathique : L\u2019Itinéraire.Meublé en toute simplicité de quelques tables, quelques chaises et un percolateur 40 tasses.Sa publication, une petite feuille de chou, allait devenir mon occupation du 26 novembre 2009 au 31 décembre 2017.J\u2019avais besoin d\u2019un abri.J\u2019ai trouvé refuge à Laval chez un vieux chum de Rouyn-Noranda, ma ville natale.Il m\u2019a par la suite présenté à l\u2019équipe d\u2019un refuge temporaire pour gens en difficulté (Le Saint-Claude de Laval) le temps de me réorganiser.Cela ne pouvait tout simplement pas perdurer dans le temps.J\u2019avais besoin de mon indépendance, de ma liberté.La route a été longue et ardue.D\u2019une maison de chambre à une autre, j\u2019ai appris à aimer et à détester cet univers hétéroclite, de misère et de détresse psychologique.C\u2019est sur la rue des Érables que j\u2019ai Camelot Première Moisson Promenade Masson Jean-Guy Deslauriers réflexions * Le 21 juin 2019, la rue Amherst a été rébaptisée rue Atateken.32 itineraire.ca 1er juillet 2023 OIROP DE POTEAU LA ST A 1% Un roman-feuilleton de Francis Ouellette Le goût d'un klendak au parc Belmont après la peur Regarde.Pendant qu\u2019il dort.Sa jaquette de \u2018pital est toute emmotonnée su\u2019 lui.Regarde le corps de Frigo.Réveille-lé pas.Laisse-lé dormir.Fais juste le contempler en silence, de loin.Lis ça.Vois sa peau.La peau du bonhomme a beau être constellée d\u2019une étonnante variété de cicatrices et d\u2019ecchymoses, t\u2019sais, ses plus grandes blessures sont pas celles que tu vois.Encore moins celles que tu penses.Frigo ne les remarque plus trop.Son corps, lui, il s\u2019en rappelle parzem- pe.Frigo a ben n\u2019en belle d\u2019essayer d\u2019oublier des affaires, sa peau est rendue tendue telle une mémoire d\u2019éléphant.C\u2019est le genre de bobos qui changent les angles d\u2019un corps, qui le crochisent.T\u2019avances moins franchement dans vie, à trainer ça sur toi tout le temps partout.« C\u2019est triste en crisse » te désoleras-tu.Un peu mais pas tant.Pisse pas trop dru tu-suite le thé de tes larmes dans la tasse de tes jours, telle une molle madeleine enchagrinée ; laisse- moi te dire qu\u2019il y a ben pire à venir, encore.Pour toutes ses blessures, il y a eu pas mal plus de monde qui ont aidé Frigo que de monde qui l\u2019ont blessé, dans vie.Les gens pas fins apprenaient à leur dépens que lui faire du mal, ça revenait à s\u2019automutiler.À long terme, ce mal-là te revient drette dans face.Tu te regardes dans le miroir pis tu te trouves plus laid qu\u2019avant, après.Écoute, il y eu des personnes qui ont protégé cet homme-là comme si c\u2019était leur propre enfant.Qui l\u2019ont aidé à guérir, aussi.Léandre Lagimonière.Fier membre au Deuxième degré de l\u2019Ordre colombien (je parle pas du pays ou de la province ici, mais bel et bien des Chevaliers de Colomb), vieux garçon jeune de cœur, champion émérite des tournois de balle molle et des concours de mangeurs de hot dogs pendant ces épluchettes de blé d\u2019inde pour lesquelles il participait activement à l\u2019organisation.Léandre s\u2019adonnait à de multiples activités caritatives au sein de la communauté du Faubourg à m\u2019lasse.Il le faisait avec un authentique dévouement.Homme de peu de vices, il n\u2019échappait pas à ceux de l\u2019orgueil et de la (très grande) gourmandise.Il appréciait peut-être un peu trop le prestige que lui conférait sa position dans l\u2019Ordre.Ça, pis les ti-sandwichs pas de croûtes aux œufs et au jambon confectionnés par les épouses des Chevaliers dont il s\u2019empiffrait durant les réunions de conseils.Sauf ceux-là que faisait la femme à Fernand.Ben d\u2019trop de ti-bouttes d\u2019oignons dans sa salade aux œufs et il aimait pas ça parce que ça donne la mauvaise haleine et que c\u2019est pas ragoûtant pour la personne quand on parle à quelqu\u2019un.Léandre avait fait son cours classique et, pour une bonne part de sa jeunesse, il songeait avec sincérité à prendre la soutane.L\u2019amour de femmes de passage, peu nombreuses au demeurant, aura eu raison de ses visées de vœux.Pas trop d\u2019adon d\u2019ailleurs, puisque les attirances de Léandre penchaient pas mal plus du bord des messieurs.Il s\u2019efforçait donc de ne pas trop penser à son désir d\u2019une vie conjuguée au masculin en jetant son dévolu sur sa mission au sein de l\u2019Ordre.34 itineraire.ca 1er juillet 2023 C\u2019est pendant une épluchette de blé d\u2019inde de l\u2019été 1966 au parc Frontenac que Léandre voit Frigo pour la première fois.Tout de suite, l\u2019ardeur à l\u2019ouvrage du garçon l\u2019avait impressionné.Alors que la plupart des enfants niaisaient et se chamaillaient autour des gros chaudrons bouillants, Frigo épluchait des épis avec les adultes.Deux fois plus vite qu\u2019eux d\u2019ailleurs.Il mangeait pour deux aussi et en cela, Léandre se reconnaissait.Il fallait voir le petit gruger jusqu\u2019à la racine des épis poisseux de margarine ! Il était vorace en sacrament, le p\u2019tit joual vert, et bien que le chevalier et moi partagions cette pensée, il ne se serait pas permis d\u2019enjoliver ses impressions mentales avec ne serait-ce qu\u2019un iota de sacrage.Il se voulait preux jusque-là.Frigo sappait en mozusse, faut dire.Des grains de maïs presque entiers tombaient à ses pieds.Léandre crut bon d\u2019exhorter le p\u2019tit gars à ralentir la cadence de sa dévoration en constatant qu\u2019une des incisives de ce dernier était restée plantée solide dans un épi.En toisant son expression matinée d\u2019incrédulité, Léandre affectionnait déjà le petit.Dès lors, il déployait des efforts réguliers afin d\u2019améliorer la qualité de vie et l\u2019éducation de Frigo qui, faut ben le mentionner, n\u2019allait pas vraiment à l\u2019école.Le jeune pouvait traîner dans les locaux des Chevaliers sur la rue Ontario, coin Visitation.Souvent, il mangeait là.Fallait toujours le checker, le p\u2019tit vlimeux, parce qu\u2019il finissait les fonds de verres de vin.Léandre allait parfois le chercher chez lui pour participer à des activités de groupe.La mère de Frigo a vite eu le kick sur lui.Pas Léandre.Que veux-tu ?On peut pas empêcher un cœur d\u2019aimer dans la direction où il doit se rendre pour continuer de battre.T\u2019essayeras toi, yinque pour le fun, de te forcer à aimer à l\u2019envers ! Ça marche pas pantoute\u2026 bien que des millions de gens le font à tous les jours.L\u2019année suivante, les Chevaliers avaient financé une grosse sortie à l\u2019Expo 67 avec plusieurs familles du quartier.Frigo en faisait partie.Peu de réactions de la part du garçon durant sa visite\u2026 avant d\u2019entrer au pavillon de l\u2019Iran.Léandre ne comprit jamais pourquoi le jeune hurlait en beau pardu une fois à l\u2019intérieur.Pas capable de le calmer, ni de le faire sortir.Quelque chose dans ce pavillon le terrifiait.On comprendra que le pauvre Léandre savait plus où se mettre.De peine et de misère, une mère parvint à faire sortir Frigo en lui donnant des nananes.Après cet épisode aussi malaisant qu\u2019inexplicable, certains chevaliers regardaient Léan- dre de travers.En un rien de temps, la rumeur circulait qu\u2019il était peut-être un homme aux hommes qui aimaient les petits gars.Ça fait drôle de penser à ça mais quand j\u2019étais enfant (et encore plus quand Frigo l\u2019était), la distinction entre un homosexuel et un pédophile échappait au commun des mortels.Pourtant, lesbienne jusqu\u2019au bout des doigts, à ce point femme aux femmes qu\u2019elle aurait jamais voulu montrer à Sappho comment jouer aux poches si sa vie en dépendait, ma propre mère me mettait en garde contre les feufis.C\u2019est ben pour dire, hein ?Énéwé.Léandre tenait à sa réputation au sein de l\u2019organisation.Après la sortie à l\u2019Expo 67, il croyait bon de ne plus aider Frigo, ni aucun autre enfant.La rumeur a fait son temps.Les choses avaient repris leur cours.Sauf une.À tous les matins, il écrasait en dedans ce qu\u2019il avait de plus vivant ; une envie furieuse d\u2019aimer des hommes comme lui, avec le cœur sur la main.Kessé-tu veux qu\u2019un gars fasse ?La religieuse Délima Lemoine.Congrégation des Sœurs de la Providence, rue Fullum.Pas loin du Bain Quintal.À quelques reprises, elle avait aperçu Frigo qui sortait de là.35 itineraire.ca 1er juillet 2023 C\u2019est pas souvent qu\u2019il se lavait, entre autres parce qu\u2019on ne trouvait pas de bain ni de douche chez lui.Mais même à mitaine, c\u2019était un Ponce Pilate de l\u2019hygiène corporelle.Plus jeune, sa mère le frottait dans une bassinette en tôle avec des retailles de pain de savon et de l\u2019eau chaude du canard.Astheure, elle pouvait plus.Quand l\u2019odeur du p\u2019tit crotté rappelait celle d\u2019une bécosse, il obtempérait aux normes rudimentaires de la bienséance et allait tout au plus se récurer le cul au bain Quintal.Sœur Lemoine le trouvait beau pas possible, le p\u2019tit Frigo.Elle constatait que la mélancolie de ne pas être mère l\u2019habitait un peu plus à tous les jours.Non pas qu\u2019elle regrettait d\u2019avoir pris les ordres; cette décision lui permettait de ne pas se retrouver coincée dans une existence de servitude matrimoniale.Elle préférait de loin la dévotion.Or, elle souffrait devant le quotidien misérable de plusieurs enfants du Faubourg.Elle aurait su comment les aimer.Elle aurait aimé être la mère de Frigo.C\u2019est le regard du garçon qui la bouleversait.Semblable à celui du Frère André.Dans sa chambre au-dessus de son lit, un crucifix était suspendu.Durant les nuits où elle ne trouvait pas le sommeil, elle le décrochait pour le contempler.Elle connaissait par cœur les plus infimes détails de la figurine du Christ en croix qui l\u2019ornait.Depuis sa rencontre avec Frigo, elle remarquait que ses yeux ressemblaient à ceux de son Jésus de plâtre.Ils arboraient tous deux une tristesse pâmée, une certaine douceur dans leurs douleurs sacrificielles.Sœur Lemoine se surprenait à imaginer que Frigo puisse être une sorte de saint.Un saint qui sentait la trace de break certes, mais un saint pareil.De toute façon, c\u2019est après leur mort que les saints sentent le pot-pourri, pas avant.Pis on le sait pas, t\u2019sais, rapport qu\u2019on était pas là et qu\u2019ils en parlent pas dans la Bible mais\u2026 peut-être que le p\u2019tit Jésus sentait le crisse, lui avec.Alors qu\u2019il se reposait assis par terre à côté de la porte d\u2019un dépanneur, Sœur Lemoine s\u2019était approchée de Frigo pour lui offrir un klendak.Il l\u2019avait accepté et mâché avec vigueur, en souriant, produisant moult bruits de déglutition, jusqu\u2019à ce qu\u2019une coulisse de salive brune lui coule au coin des lèvres.Elle le trouvait encore plus beau.La religieuse parvint à apprivoiser le garçon, un klendak à la fois.Après un an de ce manège, elle pouvait le faire parler un peu.Parlant de manège, c\u2019est vers la fin du printemps de 68 qu\u2019elle lui demande s\u2019il voudrait aller au parc Belmont.Frigo n\u2019a pas le temps d\u2019acquiescer que le cœur de l\u2019été est déjà là et ils se trouvent devant les deux tourelles jumelles de l\u2019entrée du parc d\u2019attraction.Toute cette journée, Frigo sera le fils de Délima.Ensemble, ils verront des nains acrobates, des avaleurs de couteaux, une femme à barbe et un homme fort capable de lever le derrière d\u2019un char.Ils mangeront du pop-corn et de la barbe à papa rose en jouant au bingo.À la grande surprise de la religieuse, Frigo fera preuve d\u2019un aptitude remarquable à ce passe-temps.Par contre, le garçon craignait la plupart des manèges.Surtout le carrousel avec des chevaux vivants, qui absorbera pourtant toute son attention.Ce n\u2019était pas un problème pour la sœur puisqu\u2019à l\u2019époque, les visiteurs devaient à la fois débourser pour entrer au parc et pour accéder à chacun des manèges.On se montait vite un bill.Juste avant de sortir d\u2019une visite de la Maison hantée, explorée par un Frigo plutôt indif- férent, le garçon aperçoit une charpente familière.« Toutoune ?», dit-il.Il traîne Sœur Lemoine par la main sans desserrer d\u2019une semelle son étreinte.Plus il approche, plus il a l\u2019impression de voir sa mère.La silhouette se précise.Frigo se fait craintif.36 itineraire.ca 1er juillet 2023 Devant lui, derrière un grillage, se trouve un automate de femme corpulente au sourire béat.On donnera plusieurs noms à ce pantin mécanique légendaire, durant son séjour au parc Belmont : la dame qui rit, LafÏng Sal, la grosse femme qui riait, la grosse madame, la reine du Parc et, plus souvent qu\u2019autrement, la grosse tabarnac.Cette attraction devant donner le sourire aura fait vivre des cauchemars à plusieurs générations d\u2019enfants.C\u2019est que vois-tu, entre les quelques secondes de silence où elle donnait l\u2019impression de reprendre son soufÒe pour mieux tétaniser les petits badauds, l\u2019imposante dame mécanique éclatait d\u2019un rire qui glaçait le sang.En plus de la bande-son récursive de son hilarité, elle se dandinait devant derrière en levant les bras, dans une cadence désordonnée, désagréablement saccadée.Les enfants qui n\u2019avaient pas déjà crissé leur camp se retrouvaient pétrifiés de peur devant elle.Ensuite, ils faisaient l\u2019expérience de la pire chienne de leur vie quand le bruit d\u2019une pression hydraulique, une sorte de saisissant « pssshhhh », ponctuait les quintes de son rire.Vous dire à quel point Frigo a détalé quand la grosse madame est partie à rire.Hé monsieur.Un vrai lapin su\u2019a pinotte.Faisant volte-face, Frigo sprinte beaucoup trop vite et vient se péter la yeule sur une des barres métalliques autour du manège, produisant ainsi un espèce de son de gong en sourdine.Une de ses incisives du haut tombe sur l\u2019asphalte, suivie de quelques gouttes de sang.Notre p\u2019tit lièvre n\u2019en a cure : il reprend ses sens et sa course de plus belle, toujours en ligne drette, avant d\u2019aller se cacher en pleurant derrière une poubelle à côté du casse-croûte.La pauvre Sœur Lemoine ne trouvera Frigo que vingt minutes plus tard, avec du sang déjà séché sur le menton et le nez enflé.Elle ne parviendra à le faire bouger qu\u2019en lui tendant un klendak déballé.Si l\u2019idée semblait contreproductive, à cause de sa dent de moins dans yeule, croyez-moi, ç\u2019a eu l\u2019effet d\u2019un bec de sa mère et c\u2019est ça qui l\u2019a tiré de là.Encore fallait-il qu\u2019il trouve le courage de se déplacer, le p\u2019tit flanc mou, avec les genoux encore en guénille.Délima eu soudain une idée de génie.Sur l\u2019air d\u2019une valse mexicaine[1] que tous et chacun connaissent sans pouvoir dire le titre parce qu\u2019on l\u2019a tous entendu au moins une fois dans un cirque ou une fête foraine, d\u2019ordinaire joué sur un orgue de Barbarie, la religieuse se mit à chantonner un petit air populaire et grivois : ?La plus belle nuit\u2026 ma \u2018 tite sœur est tombée dans l\u2019\u2026 crachoir ! Frigo relève la tête et sourit.?Et pour la sauver\u2026 va falloir que j\u2019apprenne à\u2026 nager ! Le garçon ricane en répétant les mots « crachoir » et « nager », les dents toutes collantes de klendak.Il avance.Avec une dent en moins et ces quelques années à faire des cauchemars de grosse madame ricaneuse qui l\u2019attendent à la sortie, il prend la main de sa mère d\u2019un jour.Puis, ils quittent le parc Belmont.On va arrêter ici.Tu peux partir.Frigo va se réveiller d\u2019une seconde à l\u2019autre.[\\ [1] La valse viennoise Sobre las olas (Sur les vagues) du compositeur mexicain José Juventino Policarpo Rosas Cadenas, est régulièrement et faussement attribuée à Johann Strauss II.Ce qui n\u2019est pas non plus une offense puisque même une oreille exercée, mais néophyte, te dirait que ça ressemble en mozusse aux valses de l\u2019autre bonhomme, surtout Le Beau Danube Bleu.37 itineraire.ca 1er juillet 2023 Camelot Métro Lionel-Groulx Agathe Melançon PHOTOS FOURNIES PAR MEDIAFILM ON SE FAIT NOTRE CINÉMA YEELEN, LA LUMIÈRE D\u2019une génération à l\u2019autre, tout s\u2019explique et s\u2019enseigne par des histoires sous forme de mythes et légendes en Afrique.Souleymane Cissé s\u2019en est inspiré il y a 35 ans pour le 7e art avec Yeelen, qui peut se traduire par « la lumière ».Cette œuvre a fait de Souleymane Cissé un pionnier audacieux du cinéma africain et lui a valu de recevoir le Carrosse d\u2019Or du 76e Festival de Cannes, en mai dernier.Le mythe initiatique africain du long métrage Yeelen raconte l\u2019épopée de Nianankoro, un jeune homme bambara.Il fuit son père sorcier Soma qui le considère comme une menace pour ses pouvoirs.À travers son voyage traditionnel vers l\u2019âge adulte, Nianankoro découvre ses propres pouvoirs magiques et fait des rencontres qui lui permettront d\u2019affronter son père sorcier.Un film qui se déroule à l\u2019époque de l\u2019empire du Mali, au 13e siècle, ou les croyances, rituels, traditions et magies rythmaient le quotidien des Bambaras, un peuple dont le nom signifie : ceux qui ont refusé de se soumettre.C\u2019est aussi aux paysages africains que Yeelen fait honneur, en laissant une très grande place une nature contrastée, passant de désert à une nature luxuriante.Plus de 35 ans après son tournage, Yeelen replonge dans une atmosphère patriarcale où les droits de l\u2019enfant et de la femme manquent de reconnaissance et impose de mettre de côté ses valeurs occidentales.Heureusement les mœurs évoluent.Yeelen marque l\u2019apogée de la carrière cinématographique de Souleymane Cissé, en devenant le premier film africain à recevoir une importante reconnaissance au festival de Cannes, le prix du jury, l\u2019année même de sa sortie.Fuyant la colère d'un père sorcier qui le refuse comme son égal, un jeune Africain découvre qu'il a lui aussi certains pouvoirs magiques.Yeelen, la lumière Drame poétique de Souleymane Cissé, 105 minutes, Mali, 1987 38 1er juillet 2023 itineraire.ca Les recommandations, résumés et avis sont fournis gracieusement par Mediafilm.Envie de voir ou revoir ces films ?Allez droit aux vues en consultant le site ouvoir.ca.SUGGESTIONS Les cotes Mediafilm : Chef-d'oeuvre Remarquable Très bon Bon Moyen Pauvre Minable Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Une chanteuse de Kinshasa entreprend d\u2019amasser la somme nécessaire à l\u2019opération que doit subir son fils unique, victime d\u2019un accident de la route.Mélange de monotonie et d\u2019instants de grâce.Écriture pas toujours assurée.Mise en scène dynamique, aux compositions soignées.Jeu solide de V.Tschanda Beya.Félicité Drame de Alain Gomis 129 minutes, France, 2017 Dans une prison surpeuplée de la Côte-d\u2019Ivoire, un nouveau prisonnier est contraint par le chef des détenus, au seuil de la mort, de jouer le rôle de conteur pendant une nuit entière.Peinture de mœurs vigoureuse.Vibrant éloge de la fuite dans l\u2019imaginaire.Mise en scène stylisée.B.Koné intense.S.Tientcheu solennel et imposant.La Nuit des rois Drame de Philippe Lacôte 93 minutes, France, 2020 La Pirogue Drame de Moussa Touré, 87 minutes, France, 2012 Entassés sur la pirogue d\u2019un pêcheur, trente Sénégalais et Guinéens, sous la férule d\u2019un passeur opportuniste, voguent vers les Îles Canaries, en quête d\u2019une vie meilleure.Huis- clos maritime efficace.Récit nourri de notations vraies et touchantes.Manque de force dramatique.Réalisation soignée.Interprétation inégale de non-professionnels.Au début des années 1960, dans un Mali devenu indépendant, un jeune militant socialiste s\u2019éprend d\u2019une adolescente, mariée de force au fils du chef de son village.Version post-colonialiste de Roméo et Juliette.Première partie empesée et didactique.Réalisation maîtrisée.Belle reconstitution d\u2019époque.A.Da Luz vibrante.Twist à Bamako Drame sentimental de Robert Guédiguian, 129 minutes, France, 2021 Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.par Gabriel Lavoie Participant assistant-journaliste Camelot marché Metro Chemin Chambly, Longueuil ESPACE SCIENCE Les différents types de muscles Le corps humain contient plus de 640 muscles.Ils permettent le mouvement de différentes parties du corps en s\u2019allongeant ou en se contractant.Lors de leur contraction, ils dégagent de la chaleur, ce qui contribue à maintenir une température corporelle adéquate.Surtout, les muscles permettent de garder une bonne posture.Malgré le nombre élevé des muscles du corps, ils sont regroupés en trois grandes catégories : les muscles striés ou squelettiques, au nombre de 570 environ, et qui sont attachés aux os et répondent à la volonté de l\u2019individu en plus de maintenir les os ensemble.Ces muscles peuvent atteindre une force intense sur une courte durée de temps.Les muscles lisses, quant à eux, réagissent de manière involontaire et ont plus d\u2019endurance.Ce sont les muscles que l\u2019ont retrouvent au niveau des parois d\u2019organes comme l\u2019estomac ou encore de la vessie.Enfin, le muscle cardiaque, plus communément appelé le myocarde, constitue une paroi du cœur et réagit automatiquement et involontairement.Source : Les muscles, alloprof.qc.ca Le saviez-vous ?Le Canadien Mitchell Hooper, qui fait 1,90 mètre et 145 kg, est devenu l\u2019homme le plus fort du monde pour l\u2019année 2023.40 itineraire.ca 1er juillet 2023 Ours en hibernation, sérum de jouvence La science du muscle est la myologie.Si ce sujet d\u2019études est entouré de mystères, les scientifiques poursuivent leurs recherches, notamment sur les pathologies qui entourent les muscles et ses états : le muscle vieillissant, le muscle lésé, etc.Alors qu\u2019en trois semaines d\u2019inactivité, l\u2019homme voit sa masse musculaire fondre à vue d'œil, comment se fait-il que l\u2019ours, qui hiberne plusieurs mois, ne perde pas sa masse musculaire ?Ce sujet intéresse beaucoup les chercheurs puisque comprendre ce fonctionnement permettrait d\u2019imaginer des manières de lutter contre la sarcopénie, la fonte musculaire, et favoriser la récupération après les fractures.Les scientifiques n\u2019en savent pas beaucoup sur ce sujet, mais des essais cliniques sont menés depuis plusieurs années.C\u2019est ainsi qu\u2019en 2022, on pouvait lire dans Science et vie en ligne une nouvelle émise par l\u2019université de Hiroshima qui aurait réussi à stopper la dégradation musculaire grâce à la perfusion dans des cellules musculaires d\u2019un sérum prélevé sur des ours noirs en hibernation.Malgré cette découverte, le mystère reste encore entier et le vieillissement des muscles, un défi.Source : La science des muscles, podcast France Inter, mai 2019.Troubles musculaires Après l\u2019âge de 30 ans, la perte musculaire, aussi appelée sarcopé- nie, se met à l\u2019œuvre et dure toute la vie.Ce phénomène est caractérisé par la perte de la masse et de la force musculaire.Cette perte légère et progressive met de la pression sur certaines articulations comme le genou.Cela peut avoir comme conséquence de développer de l\u2019arthrite ou de prédisposer la personne à chuter.L'exercice physique régulier et constant peut ralentir ce processus et en diminuer les conséquences.Avec le vieillissement, le nombre de fibres musculaires qui se contractent rapidement diminuent plus que les fibres qui se contractent lentement.Cela signifie qu\u2019à un certain âge, il devient impossible de contracter rapidement ses muscles.Les crampes Les crampes musculaires sont la plupart du temps, sans danger, mais peuvent être très douloureuses.Elles résultent d\u2019une contraction involontaire d\u2019un muscle.Les femmes enceintes, les personnes âgées de plus de 60 ans et les sportifs sont les plus souvent touchés par ce phénomène.Un déséquilibre en eau et sels minéraux des cellules musculaires et une perturbation de la commande nerveuse jouent un rôle dans le déclenchement du processus.Il y a toute sorte de crampes : la crampe du pied, du mollet ou de la cuisse.Des mains qui sont connues sous le nom de la « crampe de l\u2019écrivain ».Qui se produit lors d\u2019efforts prolongés.Bien qu\u2019on sache que la crampe est due à l\u2019augmentation de l'excitabilité des nerfs des muscles squelettiques qui provoquent une forte contraction involontaire, ce qui provoque l\u2019excitabilité des nerfs est encore aujourd\u2019hui mal compris.On sait par contre que certaines conditions favorisent l\u2019apparition des crampes.C\u2019est le cas d\u2019un déséquilibre en sels minéraux, d\u2019un manque d\u2019hydratation, ou encore de maladies neurologiques.Source : merckmanuals.com et Ameli.fr Le saviez-vous ?Le Québécois Louis Cyr fut consacré champion nord-américain d\u2019haltérop hilie en 1885.De son vivant, son record n\u2019a jama is été battu ici comme à l'international.Il a soulevé 4337 livres.Mort en 1912, il sera battu deux ans plu s tard, le 2 avril 1914, au théâtre Arcade de Montré al par Victor DeLamarre.41 itineraire.ca 1er juillet 2023 CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX Humoriste 43 itineraire.ca 1er juillet 2023 Antoine Durocher Un gars simple Les propos exprimés dans cette chronique n\u2019engagent que l\u2019auteur.Le prochain mois marquera mon dernier de ma vingtaine.Le 30 ans arrive comme un train fou.Comme on dit, si le quart de siècle est un premier pied dans la tombe, au mois d\u2019août je rajoute une gosse.Tu te remémores certaines étapes de ta vie en réalisant qu\u2019il y en a déjà 30 d\u2019écoulées.1993, un bébé d\u2019la Coupe.(Non, mais quand est-ce qu\u2019on l\u2019ramène, Casseau ?) Le bilan de la trentième année est assez confrontant.Tu navigues entre tes attentes, tes souvenirs et ta vulnérabilité.Où suis-je, comment me suis-je rendu là ?Où vais-je, comment je m\u2019y rends ?Un tournant comme la trentaine, c\u2019est un regard détaché sur la toile que tu tentes de peindre un peu n\u2019importe comment.T\u2019as pas un style, tu t\u2019inspires de tout, tu changes d\u2019idées, tu scrappes à zéro, tu prends des pauses, tu te trompes\u2026 t\u2019essaies de te souvenir de tes idées de départ pis de te comprendre toi-même sans trop te comparer.Pour ma part, je suis un gars simple qui aime les balades à vélo, les siestes et les hot dogs Michigan.La seule chose qui me distingue secrètement, c\u2019est que ma valeur s\u2019estime à 10 chiffres.Personne ne sait que je suis milliardaire ; aussi parce que j\u2019aime mieux faire du speed boat que d\u2019en parler.Pis au-delà d\u2019un accès privilégié à tout en temps réel et de ne jamais manquer d\u2019argent avant l\u2019an 2100, je demeure le même gars accessible.Je sais que posséder autant d\u2019argent facilite ma vie.Mais c\u2019est pas ce qui me définit, tsé.J\u2019avoue qu\u2019à mes débuts de milliardaire, j\u2019ai bien sûr fait quelques achats impulsifs.J\u2019ai acheté deux paquets de douze fromages Babybel, sans attendre qu\u2019ils tombent en spécial.Une folie, vous me direz, mais l\u2019abondance de fromage léger représentait un de mes grands objectifs de vie.Pis la même journée, j\u2019ai fait l\u2019acquisition du Machu Picchu pour une bouchée de pain.C\u2019est que l\u2019archéologie me passionne et les sites historiques sont très abordables depuis la pandémie.Pourquoi le posséder ?En tant que grand joueur de mini-putt, le projet d\u2019ouvrir un Rigolfeur dans les Andes me travaille depuis mon premier million.Mon beau-frère débute seul les travaux de nivellement du site la semaine prochaine.Je vends une partie de la mèche, oui, il y aura le fameux trou « bol de toilette » dans la cité inca.J\u2019ai ensuite fait l\u2019acquisition de mon premier domaine.J\u2019ai toujours aimé les chalets, les piscines et les ranchs, mais pour ma première propriété, j\u2019ai voulu user de ruse et de raffinement.La construction de mon manoir de Lachenaie a pris deux ans, car les architectes devaient se casser la tête afin de bâtir mon chalet DANS la piscine.J\u2019aimais l\u2019aspect Feng shui de me reposer sous l\u2019eau, dans le confort de mon chalet.Je ne suis pas un pacha, je suis un citoyen ordinaire qui peut se permettre l\u2019accès aux propriétés aquatiques.Très en vogue dans les pays scandinaves, ces bâtiments étanches risquent d\u2019augmenter en valeur avec la rareté de l\u2019eau.Un peu extravagant en pleine crise du logement me direz-vous ?Peut-être.! Heureusement, la trentaine arrive et avec elle, la conscience que l\u2019argent ne fait pas le bonheur.Parce que dans la dernière année, ma richesse a pris le contrôle de mes valeurs.Je l\u2019ai vite réalisé après avoir acheté puis fait brûler dans mes rêves (juste à la blague) le Château Frontenac.Alors, j\u2019ai mis le pied sur le frein.Et au bon moment ; mes valeurs n\u2019étaient plus à la bonne place et je commençais à vouloir détruire mes possessions : coups de marteau dans mes téléviseurs, je laissais couler des Tesla dans le fleuve, je déchirais même mes billets de banque (1000 $).Assez c\u2019est assez.On dirait que la sagesse me guette.À tout posséder, je me suis aperçu que l\u2019argent ne fait pas du tout le bonheur.Et j\u2019ai beau avoir de l\u2019immobilier sur chaque continent avant mes 30 ans, j\u2019espère simplement garder mon cœur d\u2019enfant le plus longtemps possible, le laisser s\u2019exprimer et continuer de rêver du jour où j\u2019achèterai le Vatican.Un bilan de sa vie de temps en temps, ça fait du bien ! Solutions dans le prochain numéro Principal Enduirai de résine Faire des tours Coupelle Soupe Néon Reliefs Conceptua- listes Rainurage Plats de crabe Fleuve- égyptien Mesure d?angle Usèrent Néant Diana Cale Cri des bacchantes Sortis Flanc Seine Foyer Perroquet Meuble Érable À toi Partie du corps Note Municipalité d?Estrie Lettre grecque d?angle d?Estrie N B P E S P I I A N E E A S M T A N T A R E P S E N E N L N I L G O N I F L E A T G E L O R I D I M A T T E E S O R G A O T N S A R P E E R N T I L T V E O E 8 9 5 1 6 2 3 7 4 7 2 4 9 8 3 5 6 1 1 3 6 4 7 5 9 2 8 2 1 9 6 4 7 8 3 5 5 4 7 3 2 8 1 9 6 6 8 3 5 1 9 2 4 7 9 5 1 7 3 6 4 8 2 3 6 8 2 5 4 7 1 9 4 7 2 8 9 1 6 5 3 - 15 juin 2023 d?Europe d?Arménie Ancienne ville d?Arménie Et le reste d?une d?eau Colorât Célébrée Relative à un élément constitutif Député Consolident Pays d?Europe Année Goujaterie Portance Et le reste Bondissant Hermétique Formulée Holà Peuple du Gabon Classe Plomb Mois Puis Sorti Titre d?une monnaie Terre entourée d?eau Morceau M Largeur Iridium Fleuve de Sibérie Page Dans le coup horizontalement 1.Gavés.2.Qui n'a qu'une loge.3.Attitré.- Art oratoire.4.À la mode.- Ère.- Rattache.5.Conjonction.- Fade.- A remporté ses élections.6.Avant-midi.- Est.- Lawrencium.7.Tente.- Paisibles.8.Feras étalage de manières fanfaronnes.9.Do.- Saison.- Radon.10.Ruminaient.verticalement 1.Muscle de l'avant-bras.2.Partisan d'une doctrine littéraire d'après laquelle le créateur doit exprimer des états d'âme collectifs.3.Rite.- Plomb.4.Incertains.5.Raser.- Enleva.6.Qui présentent une jaunisse.7.Transformation.- Récent.8.Article étranger.- Abjurera.9.Foutu.- Flétri.10.Sépare les parties ligneuses du lin.- À toi.11.Injectés de sang.12.Propagateurs.- Note. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE FREEPIK | TOUTOUS Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant?: $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom?: Prénom?: Adresse?: Ville?: Code postal?: Courriel?: Téléphone?: ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme?: 13648 4219 RR0001 100 $ Dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire.Passez l\u2019été avec L\u2019Itinéraire ! ANNONCEZ DANS L'ITINÉRAIRE ! Offrez-vous une belle visibilité pour faire connaître vos produits, services et activités en plaçant une publicité dans nos pages.Du même coup, affichez votre responsabilité sociale envers un organisme qui fait une différence ! Contactez-nous dès maintenant : jopanray@itineraire.ca | 514 597-0238 p.234 Cet été, L\u2019Itinéraire ne prend pas de vacances.Nous vous proposons une foule de sujets intéressants qui sauront autant vous informer que vous divertir pendant la saison estivale.Quelques exemples ?Dans les numéros du : 15 juillet : Allons jouer dans le trafic avec l\u2019incomparable Yves Desautels qui partage avec nous l\u2019art de décrire la circulation.Nous parlons aussi d\u2019écoconduite, des comportements d\u2019automobilistes, etc.Et : Pédalons aux côtés de livreurs de Uber Eats et autres services de livraison de bouffe.Des anecdotes savoureuses et parfois hilarantes ! 1er août : Dans les coulisses de L\u2019Itinéraire.On fait le bilan de l\u2019année passée au sein de l\u2019organisme et du magazine.Série métiers : on pénètre dans le monde peu connu des directeurs photo.Délectez-vous du chapitre 4 du roman- feuilleton Sirop de poteau de Francis Ouellette.15 août : Oyez ! Oyez ! Entrez dans le monde fascinant du médiéval.Un univers peuplé de passionnés du Moyen-Âge, d\u2019événements Grandeur Nature, de costumiers, d\u2019armuriers, de jeux de rôles, de cinéastes, d\u2019historiens.Une véritable industrie qui compte des milliers d\u2019adeptes au Québec. ON REMPLITQVOTREQTASSE OU QUESVOUS*SOYEZ Partout au Québec, on livre gratuitement; | ve Fe A ory \u2018VF \u2014 -+ À.; 1° = a à w ; I» \u2014 F4 - er -\u2014 JAE ; RJ - T= pu = Cp - fT me 3 += TR | Yao \u2014 i ry we \u2014 = \"== per EEE tial, - î \u2014 \u2014 \u2014-\u2014 ¥ \u2014 bo SY = \u2014\u2014 \u2014 _ re ge \u20140 _ - > = = \u2014 \u2014 ay ë \\ i wll ee \u201cSusans, = 7% 0m CET, \u2014 == a \u2014eu ee wr apm hy \u2014 \u2014 \u2014-_\u2014.PL = = = of \u2014 ay a + * me = XX 3 = a \u2014\u2014\u2014 Amun sem à ~ Bry SE wea el = - î 20 US EL wn
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