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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 1 juin 2023
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2023, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXX, n?10 Montréal, 1er juin 2023 20 ans plus tard L'ACADÉMIE DU MASSACRE PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ stm.info/metiers Devenir travailleur de métier spécialisé, ça vous parle?Postulez.MON TERRAIN DE JEU FAIT 71 KILOMÈTRES DE LONG.P U B L I C I T É L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Pierre est né à Montréal dans les années 1950.Le quartier Maisonneuve, qui regorge de jeunes, a été pour lui le théâtre d\u2019une enfance heureuse en compagnie de nombreux amis, surtout Jean-François, avec qui il gardera contact.Malheureusement, à l\u2019âge de 18 ans, sa santé se détériore dras- tiquement.« Ç\u2019a été un choc.Ç\u2019a été très soudain.» On lui diagnostique alors un trouble dépressif chronique.Une grave dépression qui a duré cinq ans lui fait remettre en question ses projets.Sa condition l\u2019empêche de persister dans ses études et lui fait prendre beaucoup de retard.Il peine à terminer son cégep et ne complète pas ses études universitaires en littérature française.Au cours de sa vie, il occupera tout de même d\u2019assez bons emplois, à la SAQ entre autres, en tant que commis-vendeur, ainsi qu\u2019au port de Montréal.À devoir composer avec sa santé mentale fragile et craignant pour ses perspectives d\u2019avenir, il tend à se tourner vers les personnes démunies et se met à faire du bénévolat, en particulier au centre hospitalier Saint-Charles-Borromée.Il y fait de l\u2019animation et de l\u2019accompagnement lors de sorties avec les usagers.Le bénévolat me sensibilise à la souffrance d\u2019autrui.C\u2019est important, ça donne un sens à ma vie.Il fait du bénévolat également dans un centre culturel à Montréal où il s\u2019occupe du cinéma, ce qui lui permet de visionner une multitude de films.Pierre est ce qu\u2019on appelle un cinévore.Il aime particulièrement les films dramatiques et historiques.Il possède une multitude de cassettes qu\u2019il ne se lasse pas de visionner.Il aimait les regarder avec son grand ami d\u2019enfance Jean-François qu\u2019il a malheureusement perdu l\u2019année dernière d\u2019une mort rapide.Cette perte lui laisse un grand vide.Fort heureusement arrive Josette, son amoureuse, avec qui il se sent heureux et serein.Avez-vous déjà conversé avec lui de théâtre, cinéma, littérature, notamment de Dostoïevski, Victor Hugo, Balzac (son préféré pour La comédie humaine et pour son regard sur la société ?De Michel Tremblay et Réjean Ducharme ?En musique, ses goûts sont assez variés : Brel, Ferré, Charlebois et les Doors qu\u2019il se souvient avoir vus lorsqu\u2019il était jeune.« J\u2019ai toujours aimé la culture et l\u2019histoire.» Cela fait 26 ans qu\u2019il s\u2019est engagé comme camelot.« Un moyen parfait pour joindre les deux bouts.» L\u2019idée ne lui déplaît pas de vendre un journal communautaire cadrant avec ses valeurs.Il parle de L\u2019Itinéraire comme un magazine essentiel qui présente une perception plus humaine de l\u2019actualité.Il se réjouit également que le magazine soit en majeure partie écrit par les camelots.L\u2019une de ses clientes le fait par ailleurs lire à ses étudiants en littérature.Les gens ne sont pas assez critiques.Les étudiants devraient penser par eux-mêmes plutôt que se fier aveuglément à ce qu\u2019on leur enseigne dans le but de trouver un travail.Pierre adore son métier de camelot.Espérons qu\u2019il se remette à l\u2019écriture, car il a sûrement beaucoup à nous dire.Camelot n° 98 \u2022 Âge 70 ans Point de vente PJC De Lanaudière / Laurier Pierre Fournier Par Anita Barsetti ?Bénévole à la rédaction SIMON BOLDUC RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. 1er juin 2023 Volume XXX, no 10 Ces personnes indispensables Il y a un peu de tout dans cette édition de L\u2019Itinéraire.De la culture du heavy métal québécois avec Anonymus et notre Mononc\u2019 Serge national au rôle que jouent les semenciers pour sauvegarder la biodiversité végétale, en passant par la situation souvent précaire et surtout imparfaite de l\u2019aide alimentaire au Québec, on peut dire que c\u2019est la diversité qui règne dans ce numéro.Mais au-delà de ce que contient le magazine, j\u2019aimerais surtout faire valoir, ou plutôt vanter, la participation des personnes qui ont contribué à son contenu.Bien sûr, il y a la vaillante petite équipe de la rédaction qui assure une grande partie des pages de L\u2019Itinéraire, mais il y a aussi plusieurs bénévoles indispensables à l\u2019accompagnement des camelots et participants.Sans elles (quatre femmes et un homme), qui se rendent dans nos locaux une ou deux fois par semaine, eh bien, je ne sais pas comment on ferait.Marie, Christine, Nicole, Anita et Jean, (ce dernier nous quitte pour aller vivre en Europe, mais va continuer de bénévoler à distance) sont des personnes qui se sont engagées auprès de nos camelots depuis plusieurs années maintenant.Parce que ça prend vraiment un engagement pour créer un lien de confiance avec nos participants et camelots qui se dévoilent et se confient.Ces bénévoles sont devenus des amis, des confidents, pas seulement pour les camelots, aussi pour l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire.Et il faut voir aussi les bénévoles à la révision, qui reviennent à la salle de rédaction toutes les deux semaines.Paul, Lucie, Sylvie et Nicole se font une joie de se retrouver régulièrement parmi nous, mais surtout entre eux et elles.C\u2019est le party à chaque fois ! On s\u2019informe sur les petits-enfants des uns, on s\u2019inquiète pour la santé de la mère de l\u2019autre, on se raconte son dernier voyage, et en plus, on pousse la chansonnette ! La fête est au village et ça met de la gaieté dans la salle.Puis, le silence tombe et on se met au boulot.On pourrait entendre voler une mouche pendant qu\u2019ils et elles vont à la chasse aux coquilles, aux fautes de grammaire et d\u2019orthographe dans nos pages.Et n\u2019oublions pas Colette, une bénévole fraîchement arrivée, à la recherche de publicité dans le magazine.Son apport est tellement important ! Soulignons également les bénévoles comme Josée Cardinal et Maude qui viennent prêter main forte à la distribution au 1er étage.Et de temps en temps, des bénévoles viennent donner un coup de main à la cuisine, à la cueillette de denrées chez Moisson Montréal.Je ne sais pas ce qu\u2019on ferait sans tout ce beau monde ! C\u2019est pourquoi nous leur avons consacré une Soirée reconnaissance, le 16 mai dernier.On a également invité nos précieux partenaires qui soutiennent L\u2019Itinéraire de diverses manières.Par ailleurs, nous en avons profité pour faire la remise des Prix de la rédaction qui récompensent les meilleurs textes de nos participants et camelots.Voir le texte en page 13 pour tout savoir sur cette soirée et les Prix de la rédaction.Je le répète : sans toutes ces personnes qui donnent si généreusement de leur temps et de leurs ressources, L\u2019Itinéraire ne pourrait pas faire ce qu\u2019il fait.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable MARCELA CHAVES Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste, cheffe de pupitre SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme YSEULT PICARD Journaliste dossiers société CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle GABRIEL LAVOIE Participant aide-journaliste SIBYLLE BEAUNÉE Stagiaire à la rédaction ROSALIE VERMETTE Stagiaire en graphisme Composition de La Une Rosalie Vermette Photo SIBYLLE BEAUNÉE DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement ALEXANDRA POIRIER et JULIE CHARBONNEAU Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Secrétaire EMNA BRAHAM - Institut du Québec Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Croix-Rouge canadienne CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 13 27 Mots de camelots 3 Zoom sur Pierre Fournier 9 France Lapointe 9 Christian Tarte 9 Sylvie Houle 32 Manon Fortier 32 Joseph Clermont Mathurin 32 Stéphane Lanctôt 21 camelots ont participé à cette éditio n Y V E S G A G N O N S I M O N B O L D U C P A S C A L E P L A N E T 14 Novembre 2003.Les États-Unis sont en guerre contre l\u2019Irak ; Jean Charest est porté au pouvoir tandis que Jean Chrétien quitte la vie politique ; on peut encore fumer dans les restaurants ; la première mouture de Star Académie est en tournée partout dans la province ; Ariane Moffatt est la révélation de l\u2019année au Gala de L\u2019ADISQ et\u2026 Mononc\u2019 Serge et Anonymus sortent l\u2019album devenu culte L\u2019Académie du massacre.Pour souligner les 20 ans du mythique album, Anonymus et Mononc\u2019 Serge s\u2019apprêtent à partir en tournée.Ils seront en spectacle dans le cadre des Francos de Montréal, le 17 juin prochain, dans un MTELUS qui a affiché complet en quelques heures seulement.8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Repenser l\u2019aide alimentaire Karine Bénézet 12  BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 13  Des nouvelles de l'organisme La gratitude en partage Karine Bénézet 20  Rencontre L\u2019intergénérationnelle féministe de Madame Bijou Josée Cardinal 22  Dans la tête des camelots Le death métal et vous 24  Chronique Des bars aux parcs, poésie pour tous ! Agathe Melançon 26  Ma parole La boulimie me guette Jo Redwitch 27  Métiers Semenciers Sibylle Beaunée 33  Roman-feuilleton Sirop de poteau - Chapitre 2 Francis Ouellette 38  On se fait notre cinéma Agathe Melançon 40  Espace sciences Gabriel Lavoie 42  BD Siou 43  C\u2019t\u2019encore drôle Pier-Luc Ouellet 44  Détente Simon Bolduc et Sibylle Beaunée 1er juin 2023 Volume XXX, no 10 À la une S B Y L L E B E A U N É E Textes adaptés par Josée Panet-Raymond Sauter à bord de trains au péril de leur vie Au Mexique, des milliers de migrants montent à bord de dangereux trains de marchandises qui remontent vers le nord, dans l\u2019espoir d\u2019atteindre la frontière américaine avant que les États-Unis ne mettent fin à leur politique migratoire rigoureuse.Ces dernières semaines, plusieurs centaines de personnes sont montées à bord chaque jour, de wagon de trains arrêtés brièvement dans une décharge à Huehuetoca, au nord de Mexico.La ruée s\u2019est intensifiée alors que des informations ont circulé sur la fin du Titre 42, une politique datant de l\u2019époque de la Covid qui, depuis 2020, permet aux États-Unis d\u2019expulser rapidement les migrants vers le Mexique.Les États-Unis se préparent à une augmentation du nombre de passages à la frontière, ce qui accroîtrait la pression sur les autorités déjà confrontées à des niveaux record d\u2019entrées illégales.Pendant des années, des Centraméricains ont traversé le Mexique à bord de trains de marchandises, surnommés collectivement « la Bestia » (la bête) en raison du risque de blessure, voire de mort, qu\u2019ils encouraient en tombant.Les migrants sont également exposés aux gangs, aux nuits froides et aux journées étouffantes.La dernière vague de personnes à bord de « la Bestia » est composée en grande partie de Vénézuéliens pauvres, dont des familles avec des enfants en bas âge, qui souhaitent atteindre Ciudad Juarez, en face de la ville texane d\u2019El Paso.( Reuters / INSP ) COLOMBIE MEXIQUE Une loi sur les migrations climatiques saluée comme une bouée de sauvetage Un projet de loi colombien reconnaissant les personnes déplacées en raison de catastrophes climatiques pourrait être une première en Amérique latine.Les Colombiens déracinés à l\u2019intérieur du pays pourraient bénéficier d\u2019une reconnaissance juridique en vertu d\u2019un projet de loi historique sur les migrants climatiques, qui a récemment franchi le premier obstacle au Congrès.Que ce soit des communautés de pêcheurs forcées d\u2019abandonner leurs villages sur la côte pacifique en raison de l\u2019élévation du niveau de la mer ou de familles ayant perdu leur maison à la suite de glissements de terrain provoqués par de fortes pluies, le projet de loi couvre le déplacement de ces populations.S\u2019il est adopté, ce sera la première loi de ce type en Amérique latine et dans les Caraïbes, une région où, selon les estimations de la Banque mondiale, jusqu\u2019à 17 millions de personnes pourraient devenir des migrants climatiques d\u2019ici à 2050.Alors que les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique sont de plus en plus fréquents et graves, la question de la protection des personnes contraintes de se déplacer à l\u2019intérieur de leur propre pays ou au-delà des frontières devient de plus en plus urgente pour les gouvernements du monde entier.« Les personnes les plus exposées aux effets du changement climatique et aux situations d\u2019urgence sont les plus pauvres et les plus vulnérables », a déclaré Duvalier Sánchez, membre du Congrès et de l\u2019Alliance verte.M.Sánchez est l\u2019un des nombreux députés à parrainer le projet de loi qui a été présenté à l\u2019Assemblée générale des Nations Unies.Initialement publié sur Context, propulsé par la Thomson Reuters Foundation.( INSP ) J O S E L U I S G O N Z A L E Z | R E U T E R S J A I M E S A L D A R R I A G A | R E U T E R S Deux pains Samedi vers 14 h, je terminais avec ma dernière cliente : Je lui tends la revue, elle me tend l\u2019argent, merci, bonne fin de journée, à bientôt.L\u2019argent en poche, je me rappelle que j\u2019ai besoin de pain et de quelques autres articles.Alors je me dis : « tiens tiens ! Et si je me faisais voler ?» Donc, direction l\u2019épicerie.J\u2019avais prévu 15 min, pas plus.Ça, c\u2019était avant d\u2019arriver devant l\u2019étalage à pain.D\u2019habitude, je prends deux pains, ça revient moins cher.Petit problème, pour la même marque de pain, deux prix différents.Un prix marqué à 1 pour 4,49 $, 2 pour 7,98 $ et l\u2019autre 3 pour 8,88 $.Mais je n\u2019ai besoin que de deux pains, alors j\u2019en prends deux et m\u2019en vais payer.C\u2019est une fois à la caisse que tout le plaisir commence.La caissière scanne les pains et ça indique 2 fois 4.49 $.Je dis à la caissière que le prix n\u2019est pas celui indiqué sur l\u2019étalage.Elle demande donc à un commis d\u2019aller vérifier.Il revient et il me donne raison et corrige le prix.C\u2019est terminé, vous pensez ?C\u2019est bien mal me connaître.Vous connaissez la politique de l\u2019exactitude des prix ?Donc, j\u2019annonce à la pauvre caissière qu\u2019il faut qu\u2019elle me donne les pains gratuitement vu que le prix indiqué n\u2019était pas le bon et que c\u2019était en bas de 10 $.La gérante se présente, je lui explique mon problème, elle ne semble pas comprendre, je lui explique à nouveau et finalement, elle n\u2019a pas le choix que de me les donner.Morale de l\u2019histoire : vérifiez toujours les prix, on ne sait jamais.CHRISTIAN TARTE CAMELOT PJC 28E AVENUE / BEAUBIEN Le séisme en Turquie et en Syrie Même quatre mois après, je me sens très touchée par la grande catastrophe qui est survenue en Turquie et en Syrie.Un gros tremblement de terre a détruit une partie de ces pays qui ont déjà leur lot de misère.Est-ce qu\u2019ils ont besoin de subir autant de souffrances ?Ils ne le méritent pas.Personne ne mérite ça.La Syrie est déjà en guerre depuis longtemps, en plus.Bien installée confortablement dans mon salon, je ne peux m\u2019empêcher de nous trouver chanceux quand je vois les maisons qui tombent comme des châteaux de cartes, écrasant des milliers de personnes.Pourquoi eux et pas nous ?La vie me semble injuste.Je pense aux cadavres qui resteront dans les décombres et se décomposeront.J\u2019ai peur que tout cela se termine en crise sanitaire.Mais il y a toujours de l\u2019espoir dans ces situations épouvantables.J\u2019aimerais vous dire à quel point je me suis sentie émue en voyant des secouristes sortir des enfants des décombres, et même un bébé naissant.C\u2019est comme un miracle.Merci mon dieu ! Si j\u2019avais des millions, je leur fournirais de la nourriture, des abris, des soins médicaux pour les aider à s\u2019en sortir.Mais l\u2019argent ne pourra jamais remplacer ces nombreuses vies perdues.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / MENTANA SYLVIE HOULE CAMELOT MARCHÉ METRO BOUL.SAINT-JOSEPH Le chemin de la paix intérieure Tout a commencé dans la nuit du 20 octobre 2019.J\u2019ai eu la peur de ma vie.Une vraie crise de panique.Je pensais mourir.Quel malaise quand je me rappelle ce moment-là ! Je pensais vraiment ne jamais m\u2019en sortir.C\u2019était juste avant la Covid, rien pour m\u2019aider.On m\u2019a prescrit un médicament, mais à cause de la pandémie, j\u2019ai eu peu de suivi médical afin de savoir si la médication fonctionnait ou pas.Je l\u2019ai prise pendant deux ans mais ça ne m\u2019aidait pas.J\u2019avais plein d\u2019effets secondaires, des malaises, de l\u2019angoisse et de l\u2019anxiété.Je faisais de l\u2019insomnie et je me réveillais chaque nuit vers 2 h, heure à laquelle j\u2019avais fait ma crise de panique en 2019.C\u2019était difficile de récupérer à cause du manque de sommeil.En juin 2022, j\u2019ai pris graduellement un autre médicament, mais là, c\u2019était trop fort, causant de la pression au cœur.J\u2019ai passé des tests en cardiologie qui ont révélé que mon cœur était normal.Je suis revenue à la dose initiale.Depuis janvier 2023, je prends aussi une pilule qui me permet de dormir et qui soulage mon anxiété sans effets indésirables.Je pense que pour soulager son anxiété, il faut aussi travailler sur soi à gérer ses émotions, prendre des pauses et des respirations, lâcher prise et observer ce qui se passe autour de soi, rencontrer des gens qui nous font du bien.Écouter de la musique et méditer sont aussi de bonnes façons de relaxer.Finalement, je réalise que ça fait plus de bien de regarder les belles choses qui nous entourent que de vivre dans notre tête.9 itineraire.ca 1er juin 2023 Légumes, fruits, viandes, produits laitiers\u2026 Le réseau des Banques alimentaires du Québec (BAQ) a recensé 671 000 personnes aidées par le don alimentaire en 20221.Rappelons que ceux-ci ne représentent qu\u2019une part visible des Québécois souffrant d\u2019insécurité alimentaire.La récente Étude Parcours2 en dénombrait 900 000 avant la pandémie, soit 11 % des ménages québécois.La plaie ouverte de la pauvreté Pour Sam Watts, p.d.g.de Mission Bon Accueil qui gère deux épiceries gratuites dans Saint-Henri et Montréal-Nord, les files d\u2019attente pour du dépannage alimentaire ne sont pas la démonstration de l\u2019utilité des comptoirs d\u2019aide.Ce, malgré toute la bonne volonté du réseau communautaire, dit-il parce que l\u2019aide alimentaire n\u2019est qu\u2019un pansement sur une plaie ouverte, celle de la pauvreté.« On l\u2019a vu avec la Prestation canadienne d\u2019urgence (PCU), illustre le directeur en parlant des programmes qui pourraient être mis en place par les gouvernements pour que les gens n\u2019aient plus à faire le choix entre « nourrir leurs enfants ou payer leur loyer.Dès le début de la pandémie, les gens ont pu gérer sans nous, grâce à la PCU.À Mission Bon Accueil, on a perdu environ 900 personnes.» Une bonne nouvelle dans le milieu pour qui la perte d\u2019usagers est synonyme d\u2019amélioration des conditions de vie.Sans le nommer, c\u2019est une fois de plus autour de la question d\u2019un revenu universel garanti, dont la pertinence et l\u2019efficacité ne sont plus à prouver, que tournent les solutions possibles à mettre en place.« On est au Québec, en 2023, on est capable de mieux », souligne le p.d.g.qui considère que la vision collective de la pauvreté date des années 70 et qu\u2019il serait temps de s\u2019ajuster.« Il va falloir s\u2019asseoir » autour d\u2019un vrai programme de lutte contre l\u2019insécurité alimentaire.Par Karine Bénézet Sam Watts, p.d.g.de Mission Bon Accueil Repenser l\u2019aide alimentaire En avril dernier, Québec solidaire a déposé un projet de loi anti-gaspillage contraignant pour éviter les invendus et autres pertes d\u2019aliments propres à la consommation.Quelles conséquences sur la récupération alimentaire ?L\u2019Itinéraire a posé la question à quelques acteurs du milieu dont Mission Bon Accueil à Montréal ainsi qu\u2019à la Ressourcerie Bernard- Hamel située à Rouyn-Noranda.R A W P I X E L 1 Source : Bilan faim 2022.Statistiques au 31 mars 2022.Réseau des Banques alimentaires du Québec.2 Source : Loiselle J, Roncarolo F et l\u2019équipe Parcours (2022).Portrait de 1001 nouveaux utilisateurs du don alimentaire.Résultats du premier temps de l\u2019Étude Parcours, demander de l\u2019aide alimentaire et après ?M I S S I O N B O N A C C U E I L 10 itineraire.ca 1er juin 2023 Loi anti-gaspillage contre la faim « Près de 40 % des déchets alimentaires pourraient servir à nourrir la population », pouvait-on lire début avril dans un communiqué de presse émis par Québec solidaire pour apporter du grain à moudre à leur dernier projet de loi anti-gaspillage, déposé à l\u2019Assemblée nationale par la députée de Québec solidaire de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, en avril dernier.Selon les revendications émises, cette loi obligerait « les transformateurs, les distributeurs et les détaillants de produits alimentaires propres à la consommation humaine d\u2019engager des démarches sérieuses en vue de conclure des ententes de réduction du gaspillage de produits invendus avec des organismes reconnus ».À la Ressourcerie Bernard-Hamel de Rouyn-Noranda, on dépanne 2200 personnes qui ne peuvent pas compter sur leurs revenus pour manger sainement.Ces personnes viennent de Rouyn-Noranda, de l\u2019ouest de l\u2019Abitibi et de Témiscamingue.Malgré une gestion efficace des activités de la Ressourcerie qui permettent d\u2019assurer un dépannage alimentaire sans trop craindre de devoir réduire la taille des paniers, Nathalie Larose Jolette, directrice des communications de la Ressourcerie, précise tout de même s\u2019inquiéter de l\u2019impact du projet de loi anti-gaspillage 393.Apprendre de la pandémie Au début de la pandémie, la Ressourcerie était « ensevelie sous la nourriture à cause de la fermeture des restaurants et autres points alimentaires, raconte la directrice.Puis l\u2019abondance s\u2019est arrêtée.Les supermarchés ne recevaient pas la nourriture, il n\u2019y avait personne pour gérer les stocks\u2026 » La reprise économique et tout le désordre qu\u2019elle a causé a obligé les chaînes de distribution à revoir leur gestion de stock, plus serrée qu\u2019avant.Avec l\u2019inflation, les supermarchés ont redoublé d\u2019efforts pour diminuer leurs pertes, et amaigrir les commandes.Ils ont entre autres mis le paquet sur des outils de réduction des invendus : « Que ce soient par le FoodHero, décrit Mme Larose Jolette, implanté dans de nombreux IGA et Metro, ou Flashfood, que l\u2019on retrouve dans les Maxi.C\u2019est entre 30 % et 50 % de dons qu\u2019on n\u2019avait plus.» Pour compenser les pertes, la Ressourcerie s\u2019est mise, comme la majorité des banques alimentaires, à acheter les denrées manquantes aux paniers des bénéficiaires de l\u2019aide.C\u2019est de cet enchaînement, depuis le début de la pandémie, qu\u2019émane une certaine crainte face au projet de loi anti-gaspillage qui provoquerait sûrement un resserrement de plus de la gestion des stocks pour des supermarchés.« J\u2019ose croire qu\u2019on va trouver des manières de rester un maillon important de la récupération alimentaire, dit la directrice des communications.Mais il va peut-être falloir tous s\u2019asseoir à la même table pour discuter de tout ça.» Un coup dur pour le PRS C\u2019est le Programme de récupération en supermarchés (PRS) mis en place par le réseau des BAQ qui risque d\u2019en prendre un coup, alors même qu\u2019il est un atout essentiel à la pérennité des moissons et associés du réseau, affirme Mme Larose Jolette.« Avant la mise en place du PRS, la protéine représentait 1 % des paniers alimentaires, qui, dans notre cas, provenait de la chasse aux orignaux.Mais nourrir les gens en vue d\u2019une saine alimentation sans protéine, c\u2019est un peu dur.On n\u2019avait pas non plus accès aux produits laitiers : yogourt et fromage.Pour en arriver-là, ç\u2019a pris 30 ans d\u2019expérience », conclut-elle, et l\u2019initiative d\u2019une grande et solide banque alimentaire : Moisson Montréal, qui a réussi à asseoir à la même table les grandes chaînes de distribution alimentaires que sont Loblaws, Metro, et Sobeys pour la mise en place du PRS.Ces deux dernières années, le réseau et les membres des BAQ se démènent pour garder leurs activités à flot.« Le réseau s\u2019est énormément mobilisé pour nous aider en trouvant des alternatives [ aux manques de denrées et de ressources financières ] », affirme Mme Larose Jolette.Aujourd\u2019hui les paniers sont composés à 75 % des denrées qui ont pu être récupérées grâce aux initiatives du réseau.« On a de tout avec les BAQ : du cannage, des aliments secs, des oeufs\u2026 On est chanceux d\u2019avoir un réseau qui travaille si fort », exprime avec gratitude la directrice.Réfléchir à un système efficace Dans le rapport de l\u2019Étude Parcours, on peut y lire : « L\u2019aide alimentaire d\u2019urgence constitue la réponse communautaire la plus répandue au problème de l\u2019 insécurité alimentaire, mais sa contribution réelle pour améliorer la sécurité alimentaire ne fait pas l\u2019unanimité.« À travers l\u2019 île de Montréal, il y a plus de 300 comptoirs alimentaires, précise Sam Watts de Mission Bon Accueil, dont des sous-sols d\u2019églises, ouverts une fois par semaine en général.Ce sont de très belles intentions, mais est-ce vraiment efficace ?», s\u2019interroge-t-il.Tout le monde s\u2019accorde cependant sur le fait que l\u2019aide alimentaire d\u2019urgence sera toujours une nécessité.Mais pour maintenir ce service d\u2019urgence, il pourrait être indispensable de repenser le système de distribution, anticipe le directeur.« Au Québec, on est bien outillé avec la récupération alimentaire comme les moissons, affirme-t-il.Ce sont des experts en récupération.Ce qu\u2019il manque maintenant, c\u2019est un réseau de distribution efficace », et adapté à la réalité de chaque milieu de vie.Quant à l\u2019élimination du gaspillage alimentaire, c\u2019est un oui unanime.Cependant, ce n\u2019est pas ça qui réduira drastique- ment le nombre de cas d\u2019insécurité alimentaire, confirment tous les interlocuteurs interviewés, mais bien des politiques qui agissent concrètement pour réduire la demande d\u2019aide alimentaire, donc la pauvreté.11 itineraire.ca 1er juin 2023 > CL A D>'A LA SAUCE PIQUANTE D 1 #f En SHSO engl = by -0 - 4 A TVRs ou, BAN J SAC DESH cs TA, ET ÊTÉ 7 TROP PEUT-ÈTRe LA Te = NGA PEE yy CY) 9.pay 1 A LL orf 4 ) ~, LA GASAROE Ban oT ces Acid SAIS: ÉNÉTÉCEST T4s qu re De CHOL CONTE BEN QUAI\u201d vo MARIANGOUWNS {2 3 C3 © Li y) D, i AL i A, 1 _\u2014 ON VA PAS SF oH HE Je TE Heu 1A more d MONTE US SONT cCesT CHEVOEVAL ons comm?NOUS MA TEMME EG sin BU, CAP.Jp 2S LA a MARI NGOUWA CA SUPFDAIER (= +4 ur (u, [LE (= i L À Les trois membres du jury (dans l'ordre habituel) : Marie-Ève Morasse, journaliste à La Presse ; Christine Barbeau, accompagnatrice bénévole à la rédaction et Monique Proulx, auteure et marraine de la rédaction de L'Itinéraire.Au micro, Josée Panet-Raymond, rédactrice en chef, annonce la remise des Prix de la rédaction.Luc Desjardins, directeur général du Groupe communautaire L'Itinéraire en discussions avec des partenaires de l'organisme.« Christine, elle m\u2019a beaucoup aidé à développer mes idées.Je travaille avec Anita aussi, et elle est formidable [.].» Pour les personnes comme Maxime qui ont l\u2019écriture timide, les bénévoles de la rédaction sont essentielle.s.D\u2019ailleurs, les partenaires et toutes les personnes qui soutiennent L\u2019Itinéraire le sont ; comme les camelots, moteurs de l\u2019organisme et les partenaires, sans qui l\u2019avenir serait plus difficile.C\u2019est donc avec l\u2019ambition d'honorer ce beau monde que L'Itinéraire a organisé une soirée de reconnaissance le 16 mai dernier.Plus de 70 personnes se sont côtoyées dans le le somptueux édifice des Archives du Québec à Montréal, rue Viger, pour la Soirée reconnaissance de L\u2019Itinéraire.Et c\u2019est dans une ambiance décontractée que la gratitude et les remerciements se sont exprimés.Pour certains avec des mots, d\u2019autres en images, d\u2019autres encore avec des chants comme l\u2019ont fait Monique Proulx, la marraine de la rédaction de L\u2019Itinéraire et Siou, camelot récipiendaire, sur des textes de Clémence Desrochers.Le difficile choix d\u2019articles L\u2019équipe et le conseil d\u2019administration de L\u2019Itinéraire était également présents pour ouvrir la soirée, démontrer leur reconnaissance, mais aussi pour féliciter les camelots-rédacteurs nominés aux Prix de la rédaction.C\u2019est à Christine Barbeau, bénévole à la rédaction, Francis Ouellette, auteur et collaborateur du magazine avec son roman-feuilleton Sirop de Poteau, Monique Proulx auteure émérite et Marie-Ève Morasse, journaliste à La Presse et bénévole, qu'incombait la difficile mission de choisir les textes de camelots en lice pour les prix de la rédaction 2022 dans les catégories Mot de camelot, Chronique culturelle, Chronique libre et Actualité-société.Après trois années d\u2019absence, les prix de la rédaction ont été décernés à Sylvain Pépin, pour son mot de camelot Je trouve ça beau quand il pleut, puis à Agathe Melançon pour son article société Après les coups (15 mai, 2022), à Mathieu Thériault pour sa chronique libre, Un héritage impérial\u2026iste ! (1er octobre, 2022) et enfin à Siou pour sa chronique culturelle Clémence et Siou, la tristesse en partage (15 août, 2022).Et comme l\u2019a très justement souligné Monique Proulx : Pour découvrir les textes des lauréats des Prix de la rédaction 2022, consultez notre page web : www.itineraire.ca/prix-2022/ ou scannez ce code QR La gratitude en partage Des nouvelles de l\u2019organisme « Du simple mot de camelot au reportage.Du développement d\u2019une idée, jusqu\u2019à l\u2019élaboration d\u2019un dossier de fond, les camelots ont progressé et évolué au sein de la rédaction de L\u2019Itinéraire.Nous les félicitons toutes et tous pour leurs efforts et leurs talents.» M A T H I E U C H E V A L I E R P A S C A L E P L A N E T Par Karine Bénézet cheffe de pupitre N\u2019importe quel jeune ou moins jeune adepte de musique locale se souviendra du vidéoclip de la chanson Les patates qui a été diffusé en boucle sur les ondes de feu MusiquePlus.Écoulé à plus de 25 000 exemplaires, il est encore à ce jour le plus grand succès commercial d\u2019Anonymus et du Mononc\u2019 préféré des crottés trash d\u2019ici.Vingt ans plus tard, ils monteront sur une quinzaine de scènes un peu partout au Québec pour célébrer cet album qui a marqué le paysage musical québécois à sa manière.Simon Bolduc chargé de projet, journalisme En collaboration avec Robert Patenaude Camelot métro Bonaventure Novembre 2003.Les États-Unis sont en guerre contre l\u2019Irak ; Jean Charest est porté au pouvoir tandis que Jean Chrétien quitte la vie politique ; on peut encore fumer dans les restaurants ; la première mouture de Star Académie est en tournée partout dans la province ; Ariane Moffatt est la révélation de l\u2019année au Gala de L\u2019ADISQ et\u2026 Mononc\u2019 Serge et Anonymus sortent l\u2019album devenu culte L\u2019Académie du massacre.Pour souligner les 20 ans du mythique album, Anonymus et Mononc\u2019 Serge s\u2019apprêtent à partir en tournée.Ils seront en spectacle dans le cadre des Francos de Montréal, le 17  juin prochain, dans un MTELUS qui a affiché complet en quelques heures seulement.PHOTOS SIBYLLE BEAUNÉE 14 itineraire.ca 1er juin 2023 Oscar Souto se souvient que c\u2019est lors du festival itinérant de musique métal et rock, le Polliwog, que le groupe a performé pour la première fois avec Mononc\u2019 Serge : « C\u2019était l\u2019 idée de notre gérant au départ.Je me souviens avoir réagi : \u201c Mononc\u2019 qui ?Mononc\u2019 Serge ?Ok, on va l\u2019essayer\u201d.Ç\u2019a levé, le monde a disjoncté en show.On a vu les possibilités et on a fait un album.C\u2019est le mélange des deux univers qui a été magique.Ses paroles incisives et le côté lourd de notre métal, ça fait un match parfait.Personne ne l\u2019a vu venir.» Pour l\u2019habitué de la chanson francophone plus standard, jouer avec « la machine Anonymus » lui a permis d\u2019accentuer son côté plus politically incorrect, « de développer le filon du rock et du trash encore plus », comme il le dit.« C\u2019était déjà bien baveux, je me moquais beaucoup de l\u2019establishment, du show business, des shows de variétés comme la Fureur, de Maman Dion, ces affaires-là, poursuit-il.Je pense que dans le métal, justement, beaucoup de monde partage aussi ce sentiment anti-mainstream.» Assez discret de manière générale sur son passé à titre de premier bassiste des Colocs, c\u2019est tout le contraire quand on demande à Serge Robert, alias Mononc\u2019 Serge, de nous raconter l\u2019évolution de sa carrière solo lancée à la moitié des années 1990.Des albums, il en avait cinq derrière la cravate avant cette collaboration avec Anonymus, qu\u2019il ne connaissait pas personnellement.Assis dans la grande salle commune de l\u2019Université du Québec à Montréal, lui et Oscar Souto, bassiste et chanteur d\u2019Anonymus, racontent le contexte de leur collaboration : MICHEL GIRARD Le groupe en 2003.15 itineraire.ca 1er juin 2023 C\u2019était dimanche après-midi au square Berri / La police procède à l\u2019arrestation d\u2019un squeegee / Y fouillent dans ses poches, lui passent les menottes / Qu\u2019est-ce qu\u2019y trouvent : un demi-gramme de pot.C\u2019est sur ces paroles que s\u2019ouvre la chanson Marijuana de Mononc\u2019 Serge, sortie en 2000 alors que l\u2019artiste était dans un creux de vague.« Tu m\u2019aurais dit que ce serait légal aujourd\u2019hui, je n\u2019y aurais pas cru.C\u2019était totalement démonisé, se souvient-il.Mais cette chanson a été tellement importante pour moi.Au début de 1999, mes activités ont pratiquement cessé.Je capotais ! Je devais sortir un autre album et ma compagnie de disques ne voulait pas sortir les tounes que j\u2019avais.Je faisais un show par mois, il fallait qu\u2019 il se passe quelque chose.J\u2019ai sorti ça de manière indépendante.J\u2019ai eu ma première critique trois mois après la sortie de l\u2019album.» Toune obscure sur son album 13 tounes trash, à sa plus grande surprise, Marijuana s\u2019est propagée dans les foyers québécois à la vitesse grand V grâce à MusiquePlus et la station COOL FM, anciennement le 98,5 FM.Une chanson miracle qui l\u2019aura sauvé et mis sur la route, deux ans plus tard, du groupe métal Anonymus.« C\u2019était presque la fin de sa carrière », se souvient Oscar Souto.« J\u2019avais entendu parlé d\u2019une nouvelle radio, COOL FM, qui allait naître et qui allait diffuser du rock.Pour moi, je m\u2019attendais à des groupes comme La Chicane, Éric Lapointe, mais à ma grande surprise ils faisaient jouer du Vulgaires Machins, du Arsenic 33, du WD-40, des groupes proches de ce que je faisais.Ils ont mis Marijuana en ondes.Ç\u2019a explosé.Après j\u2019ai eu l\u2019 idée de faire un vidéoclip.Il faut dire qu\u2019à l\u2019époque, si ton clip ne passe pas à MusiquePlus, il ne joue nulle part.Il n\u2019y a pas de Youtube, Facebook\u2026 Je n\u2019aurais jamais fait un clip si la toune n\u2019avait pas été précédée d\u2019un succès radio.C\u2019était tellement grotesque le clip, je me souviens, avec des policiers et des têtes de cochons qui fumaient des battes (rires) », se remémore Mononc\u2019 Serge.Quand Mononc\u2019 Serge pense qu\u2019il peut attirer 400 personnes pour un spectacle, il se produit dans une salle qui peut en contenir 200.C\u2019est le même modus operandi qu\u2019il a appliqué quand lui et Anonymus ont eu l\u2019idée de faire un spectacle d\u2019envergure pour célébrer l\u2019album.« On devait faire un show au Club Soda, une salle où peuvent entrer 900 personnes environ, explique Mononc\u2019 Serge.C\u2019était une bonne cible comme grandeur de salle, je pensais.On a mis les billets à 10 h et à 12 h il n\u2019en restait plus.Je n\u2019ai jamais connu ça de ma carrière.» Conséquence ?Ils ont été obligés de changer de salle.Le MTELUS, avec sa capacité de 2300 personnes, a affiché complet en une journée.Comme dit Mononc\u2019 Serge, « il s\u2019est passé d\u2019quoi ».Un deuxième soir a été proposé, « mais on a refusé, poursuit Oscar Souto.Un bon soir, bien rempli, c\u2019est ça l\u2019 idée.» Au menu, des chansons principalement de L\u2019Académie du massacre, mais aussi de leur deuxième collaboration sur album, Musique barbare, sorti en 2008.« On a des belles scènes, on va avoir un beau background, on a mis du temps et de l\u2019énergie à monter le show.Il y a des idées tout aussi loufoques les unes que les autres.» Après 20 ans, les garçons d\u2019Anonymus sont toujours à l\u2019école du massacre.« C\u2019est ça le concept, rigole Souto.Ça fait 20 ans qu\u2019on redouble.Toute la mise en scène tourne autour de l\u2019école et de l\u2019éducation.» 16 itineraire.ca 1er juin 2023 Mononc\u2019 Serge a souvent été présenté comme la royauté du trash, le pape des crottés et comme celui qui tire sur tout ce qui bouge.Ce n\u2019est pas faux, mais disons que cette présentation en surface est usée.Après 25 ans sur la scène musicale, on se doit de comprendre que l\u2019exercice est surtout de sublimer, en chansons, le pire et le moins pire de l\u2019être humain.« En dehors du personnage Mononc\u2019 Serge, je ne fais pas de vague, je suis rangé, je ne prends pas de place, dit celui qui porte bien son nom.Quand j\u2019écris des tounes, j\u2019ai envie de faire toutes sortes d\u2019affaires que je ne fais pas dans ma vie : être injurieux, vulgaire, obscène.Ça reste des mots pour moi.» Oscar Souto sourit et se tourne vers Serge Robert : « Sur la scène, tu es complètement fou, mais dans la vie, tu es super sage.Quand tu embarques sur un stage, Serge, tu deviens un personnage.» Mononc\u2019 Serge continue sa réflexion : « Quand j\u2019écris des chansons, c\u2019est un espace pour exprimer tout c\u2019qui m\u2019passe par la tête.Je ne fais pas toujours la même chose.Des fois je suis un peu plus premier degré, d\u2019autres complètement dans un délire.Et il y a tout ce qui se passe entre les deux.C\u2019est un espace de liberté, de création, je fais ce que je veux.C\u2019est comme la récréation de la vraie vie.» Mononc\u2019 Serge l\u2019avoue, il y a des chansons qu\u2019il ne veut plus chanter.La société change, il change avec : « Je ne suis pas à part de la société.Je suis de mon temps, il y a des affaires que ça ne me tente plus de dire pour toutes sortes de raisons.Ce n\u2019est pas de la censure, même si c\u2019est vrai qu\u2019 il y a plus de pressions externes, je pense aux vagues d\u2019annulation, par exemple.Mon album Mon voyage au Canada, quand je l\u2019ai réédité en vinyle, je ne l\u2019avais pas écouté depuis 15 ans, depuis sa sortie.Je me souviens m\u2019être dit : \u201c Coliss que c\u2019est trash \u201d.J\u2019aime faire des trucs transgressifs, mais jusqu\u2019à un certain point.» En lui rappelant son groupe formé spécialement dans le contexte des accommodements raisonnables et de la commission Bouchard-Taylor, en 2007, et appelé prosaïquement Mononc\u2019 Serge et les accommodements raisonnables, l\u2019oncle affiche un sourire en coin : « Ce serait impensable, aujourd\u2019hui, et pourtant, on faisait juste se moquer du débat politique.Mais le problème, c\u2019est que tu ne veux pas te ramasser avec un type d\u2019admirateurs.J\u2019ai fait une chanson où je me moquais de l\u2019État islamique, ça s\u2019est ramassé sur des sites d\u2019extrême droite en France.J\u2019ai-tu envie d\u2019aller en France pis de chanter devant des crânes rasés ?J\u2019ai pas envie d\u2019être ami avec ce monde-là.» Oscar Souto croit qu\u2019il existe un lien entre l\u2019approche provocatrice de Mononc\u2019 Serge et la musique métal.Une musique qui, selon lui, peut paraître violente et agressive pour Monsieur et Madame-tout-le-monde, mais qui est en réalité une musique rassembleuse, de camaraderie, et surtout libératrice.« Quand tu vas voir un show de métal, explique l\u2019homme fort d\u2019Ano- nymus, c\u2019est très rare que tu vois des batailles.Même si les gens se foncent dessus, il y a un esprit de gang qui règne.Tu tombes, on va te ramasser.Tout le monde est content d\u2019être là.» Il rappelle aussi que les musiciens de musique métal ne sont pas « des deux de piques », qu\u2019il faut de la technique et de la discipline.« Si tu me dis que c\u2019est juste du criage, ben vas-y, crie pour voir.Tu vas te défaire la voix.Imagine alors faire 1 h 30 de show après, en criant.Ça demande beaucoup de technique et de travail .» Mononc' Serge (au centre) entouré (de g.à dr.) d'Oscar Souto, de Daniel Souto, de Jeff Fortin et de Carlos Araya.17 itineraire.ca 1er juin 2023 Que représente L\u2019Académie du massacre dans le paysage musical québécois, 20 ans après sa sortie ?En entrevue avec L\u2019Itinéraire, le journaliste spécialisé en histoire de la musique au Québec, Félix B.Desfossés et auteur de l\u2019essai : L\u2019évolution du métal québécois ; No speed limit, a apporté son expertise sur ce disque devenu mythique.Sibylle Beaunée journaliste stagiaire Pour le journaliste de Radio-Canada Félix B.Desfossés, reconnu pour son travail dans la défunt émission Bande à part, le succès d\u2019Anonymus et de Mononc\u2019 Serge n\u2019est pas anodin.Proposition originale mêlant humour, vulgarité et musique lourde, le disque fait fureur instantanément au Québec.En 2023, L\u2019Académie du massacre n\u2019a pas perdu de son charme et enthousiasme toujours les fans du métal par son approche décalée.Félix B.Desfossés F O U R N I E P A R F É L I X B .D E S F O S S É S 18 itineraire.ca 1er juin 2023 Émission de téléréalité renommée dans le monde entier, Star Académie fait son arrivée au Québec en 2003.Mettant en concurrence des candidats qui doivent faire leurs preuves dans le domaine musical, l\u2019émission télé est vue d\u2019un très mauvais œil par l\u2019industrie de la musique indépendante.« C\u2019était clairement considéré comme une menace à l\u2019époque.Les musiciens trouvaient cette émission comme mettant en avant une musique préfabriquée, superficielle.Il n\u2019y avait plus la notion de créativité et de singularité, de mettre de l\u2019amour dans quelque chose que tu crées de tes propres mains », a expliqué Félix B.Desfossés.En réponse à la polémique, l\u2019album L\u2019 Académie du massacre apparaît comme une levée de boucliers à sa sortie, la même année.« Le disque arrivait comme un soutien aux musiciens indépendants.Il n\u2019y avait pas mieux comme prise de position et le succès est apparu en claquant des doigts, à leur grande surprise aussi.» Comme le souligne le journaliste, Anonymus et Mononc\u2019 Serge ont offert un disque plein d\u2019humour rejoignant le mouvement critique de Star Académie.Et de l\u2019humour dans du métal, ce n\u2019est pas commun.« Ils étaient à part et se sont dissociés de tout en ayant des paroles humoristiques.» Quelque chose de rare, car d\u2019habitude le métal et le trash métal sont des musiques sérieuses et très cérébrales.« Utiliser l\u2019humour et prendre en compte l\u2019aspect social, c\u2019est un concept assez unique, mais qui a rejoint beaucoup de gens.» Un succès national, pour lequel Anonymus peut remercier l\u2019oncle Serge.Pour le journaliste, qui a également écrit l\u2019essai L\u2019évolution du métal québécois, l\u2019ajout de l\u2019humour a été le meilleur moyen pour faire passer un message.« Anonymus était déjà populaire, donc, sans Mononc\u2019 Serge, l\u2019album aurait fonctionné, mais il n\u2019aurait pas autant marqué les esprits.Avec le son très grinçant, baveux et sarcastique de Mononc\u2019 Serge par rapport à l\u2019actualité, les médias le mettaient en avant.Ce personnage décomplexé qui utilisait la vulgarité était au cœur de toutes les interrogations.» Comme le dit Félix B.Desfossés, « l\u2019humour au Québec, ça fonctionne toujours ».Mais il faut rappeler que Mononc\u2019 Serge est avant tout un personnage créé après que Serge Robert ait quitté le groupe musical québécois Les Colocs, en 1995.Pour le journaliste, sa notoriété est apparue dès la fin des années 1990 et début 2000 avec l\u2019album Mon Voyage au Canada.« Il y avait du nouveau, du frais dans ce qu\u2019 il proposait.Les gens étaient, au départ, secoués par le son , mais après ils s\u2019 intéressaient aux paroles, et à partir de là, Mononc\u2019 Serge a commencé à attirer l\u2019attention.On se demandait : \u201cmais c\u2019est qui c\u2019gars-là ?\u201d » Derrière le caractère sans-gêne, se cache un musicien intelligent qui a étudié la philosophie à l\u2019UQAM.Un intellectuel qui utilise un personnage pour crier dans son micro des textes incisifs dotés d\u2019un humour irrévérencieux.« C\u2019était provocateur, c\u2019était vulgaire, mais on lui pardonne tout de suite ! En dehors du personnage, Serge Robert est quelqu\u2019un d\u2019 intelligent qui a trouvé une niche dans ce qu\u2019 il fait.Ça prend du courage, et pour ça, je lui lève mon chapeau », a soulevé Félix B.Desfossés.M I C H E L G I R A R D S I B Y L L E B E A U N É E 19 itineraire.ca 1er juin 2023 20 itineraire.ca 1er juin 2023 Entrevue réalisée par Josée Cardinal, bénévole à la distribution Texte rédigé par Simon Bolduc, journaliste 21 itineraire.ca 1er juin 2023 Ben oui, crime que j\u2019aime ça ! C\u2019est mieux que le rap ou que le hip hop ; c\u2019est pas de la musique ça ! C\u2019est vrai que je suis plus rock que métal, mais j\u2019adore Metallica, Nazareth, Alice Cooper\u2026 y a quelque chose avec cette musique, pis c\u2019est jamais pareil.JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE / DORION J\u2019écoute du country, du classique à la radio, de la pop, comme les Beatles, de la musique à paroles comme les chansons de Charles Aznavour.J\u2019écoute aussi de la musique espagnole, c\u2019est vraiment beau, j\u2019adore.Mais je n\u2019ai jamais vraiment écouté de métal, même jeune.Je n\u2019ai jamais eu le temps non plus de vraiment m\u2019y intéresser.Pour moi, les chanteurs de métal crient comme des révoltés.Puis, je trouve le bruit des instruments agressif.YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ET CHEMIN DE LA CÔTES-DES- NEIGES ANGLE JEAN-BRILLANT ET QUEEN-MARY Qu\u2019écoutent les camelots et les participants de L\u2019Itinéraire ?Ces derniers nous partagent leurs goûts musicaux et se prononcent sur la musique métal.Je pense que je confonds le rock avec le métal, mais dans le fond, j\u2019aime toutes les musiques sauf le classique.J\u2019écoute un peu de métal, mais quand on me dit : heavy métal, death métal, je pense à de la musique violente.Je suis allé voir au Stade olympique Guns N\u2019Roses, il y a 30 ans.Je me souviens très bien de l\u2019émeute.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL 22 itineraire.ca 1er juin 2023 C\u2019est du cassage d\u2019oreilles, ça crie, ça crie, ça crie\u2026 y a pas de paroles.Je n\u2019ai jamais assisté à un show métal.Déjà, KISS, pendant deux jours je n\u2019entendais plus rien.Moi j\u2019écoute de la pop des années 70.Un peu de rock aussi, mais pas de métal, c\u2019est une musique barbare.Y a que Metallica que j\u2019aime.JACQUES BIBAUD PRÉPOSÉ À LA CUISINE Moi j\u2019écoute du hip hop, du R\u2019nB et du pop comme Justin Bieber.J\u2019ai déjà écouté du rock et du métal, mais je ne suis pas fan.Ce que j\u2019aime dans ce que j\u2019écoute, c\u2019est le rythme, le fait que ça s\u2019danse.Le métal, c\u2019est du criage, je sais bouger là-dessus, mais ce n\u2019est pas mon genre.BILL MARVEN JOSEPH PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER J\u2019aime le vieux rock.Le métal, je trouve ça agressant.On n\u2019est pas obligé de crier pour dire à quelqu\u2019un qu\u2019on l\u2019hait ou faire grincer sa guitare pour lui dire qu\u2019on l\u2019aime.Je suis allée une seule fois à un show hommage à Mötley Crüe\u2026 c\u2019était pas pour moi.ANNE-MARIE WISEMAN CAMELOT MÉTRO RADISSON ET FRUITERIE VAL-MONT MONT-ROYAL / FABRE Moi, j\u2019aime le rock.Le matin j\u2019écoute du rock, le soir du heavy métal.Et du country chez ma mère.Ça me défoule le heavy métal, Je lâche mon fou.Après un show de métal, je me sens légère.Et je trouve pas ça plus violent qu\u2019une autre musique.SANDRA BARCLAY PARTICIPANT À LA CUISINE PUBLICITÉ 24 itineraire.ca 1er juin 2023 Pieds de vers, alexandrins, strophes et allitérations.Tels qu\u2019on les a appris à l\u2019école, c\u2019est plate à mort, me direz-vous ?Pourtant, la poésie est loin d\u2019être ennuyeuse et inaccessible.L\u2019organisme culturel La poésie partout en est la preuve.Plus souvent qu\u2019autrement, les événements de poésie se déroulent dans les bars, là où les enfants ne sont généralement pas admis.Jonathan Lamy, poète, a vécu cette réalité comme tant d\u2019autres poètes de la communauté montréalaise devenus parents avant lui : « Quand ma fille était en poussette, je trouvais ça ridicule d\u2019être sur la terrasse pendant que tout le monde était à l\u2019 intérieur du bar.» C\u2019est confronté à cette nouvelle réalité de parent que Jonathan Lamy a décidé de fonder l\u2019organisme La poésie partout.Chercheur, conférencier, médiateur culturel, le « poète à tout faire » a fait appel à plusieurs de ses acolytes, dont sa collègue Flavia Garcia, aussi traductrice et enseignante, pour mettre au monde ce projet de poésie prenant d\u2019assaut l\u2019espace public.Pour en apprendre davantage sur La poésie partout, nous en avons parlé ensemble autour d\u2019un café.Naissance L\u2019idée de La poésie partout a germé dans la tête de Jonathan Lamy et de Flavia Garcia en 2016 et c\u2019est l\u2019année suivante qu\u2019elle s\u2019est vite concrétisée.Son nom évoque le désir de partager les poèmes aux quatres vents : « Ce sont comme des petites gouttes de littérature qu\u2019on sème par-ci, par là et qui mettent de la joie dans le cœur des passants qui les lisent, les voient, qui en profitent », décrit Flavia Garcia.À l\u2019époque, il y avait un vide à combler en matière de visibilité pour répondre aux besoins exprimés par la communauté des poètes d\u2019ici.« On a senti la nécessité de créer un organisme pour la diffusion de la poésie qui soit administré par et pour des poètes, raconte Flavia Garcia.L\u2019 idée était de pouvoir soutenir les projets poétiques et de leur fournir une structure et un réseau de diffusion.» Camelot Métro Lionel-Groulx Par Agathe Melançon 25 itineraire.ca 1er juin 2023 Expansion La poésie partout s\u2019est rapidement propagée dans le milieu de la poésie.En 2019, l\u2019organisme culturel hérite d\u2019un projet déjà existant à la Maison de la culture Maisonneuve qui avait besoin d\u2019un nouveau souffle : La rue de la poésie, une initiative culturelle qui consiste à afficher des poèmes sur les arbres de la rue Desjardins, aux abords de la Bibliothèque Maisonneuve.Une belle coïncidence, puisque La rue de la poésie entre parfaitement dans la mission du projet, qui est de valoriser et d\u2019animer, avec la poésie, certains lieux publics, dit Jonathan Lamy.Cette mission, qui s\u2019est précisée avec les années, est de se servir de la poésie pour faire de la médiation culturelle auprès de différents publics.« Le rôle de médiation est un volet qui veut rassembler tous les gens qui s\u2019 intéressent à la poésie, quelle qu\u2019elle soit, autour de la même table.Ce qu\u2019on vise également, c\u2019est de toucher les gens loin de la poésie pour les intéresser à la pratique et la rendre accessible », explique Flavia Garcia.Et la Maison de la culture Maisonneuve, par ce projet, a fait des jaloux.Sa petite cousine, la Maison de la culture Mercier, dans le même arrondissement, désirait avoir un projet de poésie mais plus à l\u2019est de la ville.« On s\u2019est mis à réfléchir et puis on pensait que la Promenade Bellerive était l\u2019endroit parfait pour ça, dit Jonathan Lamy.Donc, on a eu l\u2019 idée de créer L\u2019Allée de la poésie.Ce sont de gros panneaux laminés avec des textes affichés dans le parc.C\u2019est vraiment beau ! » En plusieurs langues La poésie partout a le souci de rejoindre tout le monde.Tout le monde, c\u2019est vraiment tout le monde.Par exemple, on organise des soirées de poésie où des textes sont récités en plusieurs langues.En tant que poète bilingue (français et espagnol), Flavia Garcia souligne l\u2019importance des rencontres poétiques multilingues aux reflets des gens qui composent notre société : « C\u2019est intéressant parce que nous essayons d\u2019établir un pont entre les différentes communautés par la pratique poétique.La poésie, justement, peut être ce matériau qui vient cimenter les liens entre les gens.» La poésie sert à émouvoir le monde, le rassembler et vivre dans l\u2019espérance de le rendre meilleur, croit-elle.Jonathan Lamy, lui, est en train de penser à intégrer le langage des signes en formule poétique, une « poésie » qui commence tranquillement à se faire dans le milieu : « C\u2019est une très belle langue et ça crée des liens qui n\u2019existent pas entre les mots, mais qui existent seulement dans le geste.C\u2019est très intéressant.» Événement de l\u2019organisme La poésie partout auquel L\u2019Itinéraire a participé en 2017, en association avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec. F R E E P I K | T O U T O U S Camelot métro Radisson Par Jo Redwitch « J\u2019ai englouti mon trio.» Garée dans le parking d\u2019un resto fast-food, une jeune femme se précipite vers la porte d\u2019entrée.« Deux hot-dogs, une poutine, et une grande boisson.Les deux hot-dogs sont partis comme une fusée dans ma gorge, j\u2019ai gloutonné mon trio comme si je n\u2019avais pas mangé depuis deux jours, le pire c\u2019est que je venais de dîner ! » Ma cliente, appelons-la Mlle B, est visiblement très perturbée et semble avoir besoin d\u2019en parler.De plus, elle baisse légèrement les yeux vers le sol.Je crois comprendre qu\u2019elle n\u2019est pas très fière d\u2019elle.« En plus je me suis fait vomir une heure après », me dit-elle.S\u2019agit-il d\u2019un trouble alimentaire ?Une impulsion reliée au stress ?Dernièrement elle m\u2019avait confié une situation particulièrement stressante au travail.Je ne peux m\u2019empêcher de lui poser la question : As-tu des troubles alimentaires ?« Je pense que oui, mais je n\u2019ai jamais consulté.» Selon mes recherches, le trouble de la boulimie doit être rattaché à des comportements compensatoires inappropriés et récurrents pour être considéré pathologique.Ces comportements visent à prévenir la prise de poids.Le vomissement volontaire, la prise de laxatif et / ou de médicaments diurétiques, et / ou le jeûne sont autant de mécanismes toxiques en lien avec les troubles alimentaires (TA).Après quelques minutes de discussion, ma cliente m\u2019a craché le morceau : « Ma patronne me fait pas vraiment confiance quand je donne des formations.Elle vient de m\u2019en avertir et ça me met dans une position d\u2019 inconfort.» Plus profondément La personne vit quelque chose et n\u2019en parle pas ; cela devient une colère réprimée qu\u2019on peut exprimer par la prise incontrôlée de nourriture ; elle ne peut plus s\u2019arrêter jusqu\u2019à avoir mal au ventre.On pourrait dire que le déclencheur de la crise alimentaire de ma cliente est l\u2019impuissance face à sa colère réprimée.L\u2019accès hyperphagique, comme j\u2019ai pu le lire dans le DSM-5 est par contre lié à un sentiment de perte de contrôle.Mlle B.m\u2019a confié qu\u2019étant toute jeune, son père battait violemment son frère.N\u2019ayant jamais pu verbaliser sa détresse, elle vit avec ce sentiment de colère et d\u2019impuissance.Donc, elle mange au lieu d\u2019exprimer ses émotions.La situation se répète à chaque fois qu\u2019elle est devant une personne d\u2019autorité et qu\u2019elle décide de se taire.Pour reprendre sa vie en main, elle doit prendre des décisions douloureuses.C\u2019est-à-dire examiner la source de son stress.Traiter ce trouble obsessionnel compulsif, n\u2019est pas simple.La meilleure décision est de s\u2019informer sur le sujet et consulter un professionnel lorsqu\u2019on en ressent la nécessité.Mon opinion Les malaises occasionnés par la boulimie sur l\u2019ensemble de notre quotidien peuvent s\u2019atténuer pour un temps.Pour l\u2019avoir vécu, on n\u2019est jamais à l\u2019abri.C\u2019est un peu comme trouver le régime miracle, perdre quelques livres et penser que tout est réglé.Maintenir des habitudes alimentaires saines et faire de l\u2019exercice modéré est pour moi une perpétuelle recherche d\u2019équilibre.Pour réussir, je me donne le droit d\u2019avoir une journée de récompense par semaine.Pour moi cette méthode fonctionne la plupart du temps.En ce qui concerne ma cliente, je l\u2019ai écoutée sans juger ni conseiller.Il est noté que la plupart des personnes qui souffrent de boulimie, ont honte de leur comportement.Alors j\u2019aimerais te dire Mlle B.: « Je te trouve très courageuse de parler de tes enjeux personnels.Continue de confier tes secrets, la parole ne peut qu\u2019être bénéfique.» La boulimie me guette Confidences d\u2019une cliente du métro Radisson 26 itineraire.ca 1er juin 2023 Série métiers Semenciers Sibylle Beaunée journaliste stagiaire GRETA HOFFMAN | PEXELS Conception graphique par Rosalie Vermette Stagiaire en graphisme 27 itineraire.ca 1er juin 2023 Semenciers, au plus proche de la terre RDNE STOCK PROJECT | PEXELS Depuis 44 ans, Yves Gagnon vit de ses semences.C\u2019est en 1980 qu\u2019il tombe amoureux d\u2019elles et qu\u2019il décide de s\u2019installer à Saint-Didace, dans Lanaudière, avec sa conjointe.Les visiteurs peuvent admirer aujourd\u2019hui ses arbres majestueux, ses plantes aromatiques et médicinales, mais surtout ses jardins comptant des dizaines de variétés de fruits et légumes.Lyne Bellemare ne s\u2019attendait pas, quant à elle, à tomber amoureuse du jardinage.Elle a pourtant développé une véritable addiction pour son jardin communautaire.Et s\u2019est mise à créer ses propres semences, dans le simple but initial d\u2019économiser de l\u2019argent.Autodidacte, la Montréalaise a alors appris toute seule les bases pour se perfectionner dans le milieu.Semencière depuis 2014, elle est aujourd\u2019hui la fondatrice de Terre Promise et détient des fermes sur L\u2019Île-Bizard.Les mains dans la terre et l\u2019œil affûté sur leurs plantes, Yves Gagnon et Lyne Bellemare font partie des rares semen- ciers du Québec.Constamment en contact avec la nature, ils travaillent minutieusement à adapter et à rendre plus fortes leurs variétés de légumes et de fruits.Cela dans l\u2019optique de les préparer à la crise climatique attendue avec crainte par ces maîtres des plantes.28 itineraire.ca 1er juin 2023 L\u2019appel de la terre Interprète en langue des signes, Lyne Bellemare ne se plaisait plus dans son métier.Elle a retrouvé de l\u2019intérêt dans les jardins communautaires.Au bout de quelques mois, elle s\u2019est posé une question : « Si les graines de mon navet tombent au sol, est-ce que ça va repousser tout seul ?» N\u2019ayant aucune réponse, elle a tenté l\u2019expérience dans son jardin communautaire.Une curiosité pour les plantes qui lui a porté préjudice.« J\u2019ai été mise dehors des jardins communautaires, car je faisais trop de choses, je laissais pousser mes plantes sans les récolter.Je voulais juste essayer, mais on m\u2019a dit, \u201c ici ce n\u2019est pas un jardin de graines, c\u2019est un jardin de légumes \u201d.» Bien déterminée à continuer ses expériences, la semen- cière a acheté un bout de terrain à L\u2019Île-Bizard, et par la même occasion a fondé Terre Promise.« Je n\u2019ai jamais autant tripé que d\u2019être à la ferme, même quand il fait 400 C avec des bottes en caoutchouc.Il faisait chaud, on suait, ce n\u2019était pas du tout facile.Si j\u2019avais su que c\u2019était si compliqué, je ne serais pas partie là-dedans, mais j\u2019adore ce que je fais.» Piquée par une tique en 2018 et depuis atteinte de la maladie de Lyme, la fondatrice est dorénavant dans son entrepôt, situé au Marché Central de Montréal.C\u2019est ici qu\u2019elle reçoit les semences de ses fermes, maintenant entretenues par ses employés.Pour autant, elle ne s\u2019est pas arrêtée.« Même malade dans un lit d\u2019hôpital, j\u2019appelais à la ferme.Probablement que je ne serais plus capable de retourner sur l\u2019Île, mais je ne regrette pas d\u2019avoir été piquée.Même si ç\u2019a détruit ma vie, j\u2019ai fait ce que j\u2019ai aimé, j\u2019ai tripé et je n\u2019ai jamais rien regretté.» Pour le semencier de Saint-Didace, Yves Gagnon, c\u2019est grâce à la Tomate Savignac qu\u2019il s\u2019est intéressé à la production de semences.« Le tout a commencé après ma rencontre avec le frère Armand Savignac, qui m\u2019a présenté ses plants de tomates de deux mètres de hauteur.Dès lors, je me suis intéressé à la culture des semences.Il m\u2019en a donné et c\u2019est là que l\u2019aventure a commencé.» La pollinisation libre Adapter les plantes.C\u2019est le maître-mot des semenciers et c\u2019est comme ça que la passion a démarré pour Yves Gagnon et Lyne Bellemare.À l\u2019inverse de créer des OGM (organismes génétiquement modifiés) et des hybrides F1 (voir description ci-contre), ils ont opté pour la pollinisation libre.Planter année après année des semences toujours plus résistantes que les précédentes et rendre des lignées végétales plus stables, voilà leur méthode de travail.Mais celle-ci reste propre à chacun.« Nous, on n\u2019arrose pas les plantes, elles doivent s\u2019habituer.En les reprenant d\u2019une année à l\u2019autre, on sélectionne les meilleures qui ont le plus de résistance à la sécheresse.J\u2019ai comparé pendant huit ans la différence que cela produisait sur un haricot jaune et à la fin, il était plus épais qu\u2019au début », déclare Lyne Bellemare.Pour Yves Gagnon, cela s\u2019apparente plus à de la génétique constructive, dans laquelle il est le pionnier.« Je dois, pour chaque espèce, connaître les distances séparatrices et les respecter.Si je fais pousser un concombre, il faut que je regarde si j\u2019ai des voisins qui font également pousser des concombres, mais il y a très peu de jardinage où j\u2019habite.Ça réduit donc les risques d\u2019hybridation involontaire, et la modification de la semence d\u2019origine.En évitant ces croisements, ça m\u2019a permis de développer quelques lignées végétales dont je suis très fier.» Lyne Bellemare Définition Semence hybride F1 À partir de deux variétés ajoutées ensemble qui présentent chacune des caractéristiques intéressantes que l\u2019autre n\u2019a pas, il est possible de créer une troisième variété plus forte et plus stable.Ce que l\u2019on appelle une semence hybride F1.Le travail du sélectionneur est alors de multiplier à l\u2019infini la semence de cette troisième variété pour la commercialiser et répondre à la demande des agriculteurs.Cependant, les producteurs devront constamment racheter des semences, vu que la graine hybride est stérile.Ce type de modification est notamment utilisé par l\u2019entreprise Monsanto.P H O T O F O U R N I E P A R L Y N E B E L L E M A R E 29 itineraire.ca 1er juin 2023 Travail de dur labeur et de patience L\u2019obtention des semences reste toutefois un travail de patience.« On coupe les fruits et légumes en deux, on récupère les graines, on les met dans un pot de verre et on les fait fermenter pendant trois jours.Après, on les lave, on les étend sur un carton serré, on les met à sécher et on a enfin nos semences », explique Yves Gagnon.Avec leurs méthodes, tous deux ont créé des variétés comme l\u2019oignon rouge de Saint-Didace et le piment rouge de Maskinongé pour Yves Gagnon, et la tomate Minuit à Montréal pour Lyne Bellemare.Mais ces créations demandent beaucoup d\u2019efforts pour des rendements qui ne rapportent pas beaucoup.C\u2019est le cas pour le semen- cier de Saint-Didace qui a une clientèle adaptée.« Je produis seulement entre 200 et 300 grammes de semences pour gagner ma vie, je vends 30 graines par sachet.Ça peut répondre aux besoins d\u2019un petit producteur et jardinier, mais jamais à ceux de gros agriculteurs.» Contrairement à ceux qui utilisent des semences hybrides F1, les petits producteurs peuvent planter à nouveau les graines de nos deux semenciers, comme le souligne Yves Gagnon.« On ne peut pas garder les graines des hybrides, car elles ne vont pas reproduire le caractère d\u2019origine, il faut donc retourner chez le fournisseur.C\u2019est une façon pour les vendeurs d\u2019avoir toujours une clientèle.» « On a totalement oublié la nature » Par ailleurs, les semenciers déplorent le manque d\u2019intérêt pour l\u2019environnement.« Il y a une totale déconnexion avec la nature.Les gens ne savent pas comment pousse un légume.Tu vas dans n\u2019 importe quel jardin et tu demandes \u201c où est la graine d\u2019un rutabaga ?\u201d, les jardiniers ne le savent pas, car la graine est dans un sachet.Il y a beaucoup d\u2019éducation à faire.», affirme Lyne Bellemare.La conclusion est la même pour Yves Gagnon.« Les gens oublient que leur survie est liée à la préservation de la biodiversité.À l\u2019école, on avait des classes nature, mais partir quatre ou cinq jours en forêt, ça ne se fait plus maintenant.» Pour contrer l\u2019ignorance, tous deux se sont tournés vers l\u2019écriture.Début mars, Lyne Bellemare a publié Terre Promise : l\u2019art de cultiver ses propres semences.Un moyen de transmettre son savoir.« J\u2019ai écrit un livre qui s\u2019adresse à tout le monde pour conserver ses propres semences.C\u2019est aussi un conseil pour le réseau les Fermiers de famille qui ne cultivent pas leurs semences.Je transmets un savoir, car quand je vais arrêter, à qui vais-je le transmettre ?Il n\u2019y a aucun cursus scolaire au Canada qui enseigne la conservation des semences.» Avec 11 livres publiés, Yves Gagnon partage son expérience et sa passion pour le monde végétal et l\u2019écologie dans plusieurs ouvrages sur le jardinage, dont Les Mots de la Terre, publié en 2020 et destiné à sa petite- fille.« Je voulais proposer une réflexion sur l\u2019 impact de notre mode de vie face aux changements climatiques en cours, mais aussi dire à ma petite-fille que j\u2019espère qu\u2019elle aura la chance de vivre la vie que j\u2019ai vécue.» 75 % des variétés disparues Il n\u2019empêche que le flou et l\u2019inquiétude persistent pour les années à venir.Depuis un siècle, 75 % des variétés, de plantes cultivées ont disparu selon les estimations de l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO).Un constat qui bouleverse Lyne Bellemare.« En 100 ans, on a perdu plein de variétés et ce que les gens ne comprennent pas, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a plus rien pour les créer, on a perdu leur richesse génétique.On est déjà en train de perdre la clef pour répondre au changement climatique et à notre alimentation.» Un avis partagé par son homologue.« La problématique, c\u2019est qu\u2019 il y a des phénomènes météorologiques extrêmes maintenant.On peut avoir des vents violents qui vont disséminer les cultures, des pluies torrentielles, de la sécheresse et de la grêle aussi.Je n\u2019ai pas connu d\u2019épisode de grêle depuis 44 ans, mais c\u2019est de plus en plus fréquent.Il suffit de 15 minutes de grêle et tu peux tout perdre.J\u2019ai beaucoup d\u2019 inquiétude pour la production alimentaire et de semences pour le futur.» Face à ces changements climatiques, la question d\u2019adapter les variétés se pose.« Il va falloir qu\u2019on s\u2019adapte dans le travail de sélection.Je n\u2019ai pas fait ça jusqu\u2019à maintenant, car je n\u2019ai pas connu d\u2019épisodes violents, mais ça va arriver.Les semenciers vont faire en sorte que les nouvelles variétés puissent s\u2019adapter à la fois à des périodes de sécheresse et à la fois à des périodes de pluie torrentielle.Ça ne sera pas évident », déplore Yves Gagnon.Pour Lyne Bellemare, le métier de semencier lui aura appris surtout une chose essentielle : rendre ses enfants autonomes.« Je suis assise sur une tonne de graines.Grâce à ça, je peux montrer à mes enfants comment cultiver et c\u2019est la seule arme que je peux leur donner pour le futur qui les attend.» Yves Gagnon F O U R N I E P A R Y V E S G A G N O N 30 itineraire.ca 1er juin 2023 Dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire.Fidèle à sa tradition de publier une édition spéciale Autochtones chaque année, L\u2019Itinéraire consacre encore une fois son numéro du 15 juin aux voix des Premières Nations et des Inuits.La parole est donc aux artistes, aux auteur.e.s, aux gens impliqués dans leurs communautés.Nous parlerons aussi de divers programmes et services destinés aux Autochtones, dont le Café de la Maison ronde, une initiative de L\u2019Itinéraire.Nous croyons que ce numéro spécial correspond très bien à vos intérêts ! RÉALITÉS AUTOCHTONES 2023 ANNONCEZ DANS L'ITINÉRAIRE ! Offrez-vous une belle visibilité pour faire connaître vos produits, services et activités en plaçant une publicité dans nos pages.Du même coup, affichez votre responsabilité sociale envers un organisme qui fait une différence ! Contactez-nous dès maintenant : jopanray@itineraire.ca | 514 597-0238 p.234 F R E E P I K | T O U T O U S Un garçon en mini-jupe Karo, c\u2019est le nom d\u2019artiste de Caroline Vallée.Quelle belle chanson, Un garçon en mini-jupe, qu\u2019elle chantait en 1967.Moi, je n\u2019ai pas de préjugés envers les hommes en mini-jupe.Les Écossais portent bien un kilt.Alors pourquoi pas ?Les femmes portent bien des pantalons et des chandails d\u2019homme ! Quand les femmes sont habillées en homme, la jasette se fait moins aller.La pirouette de la langue va moins vite ! C\u2019est incroyable comme les gens peuvent jacasser pour un rien ! On a le droit de vivre à notre façon et on peut y mettre de l\u2019humour.Cessez la méchanceté envers le monde et tournez plutôt la langue dans votre bouche plusieurs fois pour enfin ne collectionner que les moments de joie.Bien avant 1967, les Romains portaient la toge et les Égyptiens le pagne.Jacques Esterel, styliste français, a même dessiné un bermuda jupe en percale.En Inde, en Asie du Sud, au Sri Lanka et en Afrique subsaharienne, les hommes portent la jupe, comme dans plusieurs autres pays.Des jupes surprenantes et dingues aux plus classiques, la jupe a toujours été tendance.Il était impensable que les femmes portent un pantalon il y a des années.Alors pourquoi pas un homme en jupe.La femme peut porter tout ce qu\u2019elle veut.Bon, c\u2019est sûr il y a toujours un petit mot par-ci, par-là, mais ce sont souvent des commentaires niaiseux.Nous les femmes, on a pourtant porté des pantalons careautés, les pantalons pattes d\u2019éléphants et les souliers Patof, dont on rigole bien aujourd\u2019hui.Une mini-jupe peut aussi s\u2019appeler une jupette.Sa longueur se situe entre le bas des fesses et la mi-cuisse.Ça peut faire frétiller autant de femmes que d\u2019hommes.Wouhou ! Manon marchera cet été dans la rue, les gambettes à l\u2019air, en fredonnant.MANON FORTIER CAMELOT SHERBROOKE / LEPAILLEUR STÉPHANE LANCTÔT CAMELOT MARCHÉ METRO BEAUBIEN / ALBANI JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT CAMELOT MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE EST / DORION Les Lavigueur Le 2 avril 1986, la famille Lavigueur remporte un énorme lot de 7,6 M $ à la loterie, le plus gros lot jamais décerné par Loto-Québec à l\u2019époque.La famille, très modeste, qui vivait dans le Centre-Sud est devenue multimillionnaire du jour au lendemain.Le père, Jean-Guy Lavigueur, qui venait de perdre son emploi après 36 ans à la United Bedding Industries, avait acheté son billet de 6 / 49 conjointement avec son beau- frère, Jean-Marie Daudelin, et trois de ses enfants, Yve, Sylvie et Martin.Sa fille Louise n\u2019avait pas donné son 2 $ cette fois-ci.Mais quelques jours avant le tirage, par malheur, Jean-Guy Lavigueur égare son portefeuille qui contenait son billet de loterie.Heureusement, William Murphy, originaire de Vancouver, lui-même chômeur, trouve le portefeuille et le rapporte à la maison des Lavigueur.Il savait que le billet était gagnant.C\u2019est lui qui annonce à la famille qu\u2019elle venait de remporter le gros lot.Pour le remercier, les Lavigueur décident de partager leur gain en parts égales avec lui.À cause de leurs origines modestes, de leurs chicanes et de quelques déclarations maladroites faites aux journaux par les membres de la famille, les Lavigueur sont vite devenus la risée du Québec.On se moque d\u2019eux au Bye Bye de 1986.De plus, on publie plusieurs faussetés sur eux.En autres, on fait passer le père pour un alcoolique qui n\u2019a jamais travaillé alors qu\u2019au contraire, il a travaillé sans arrêt pendant 36 ans.Ainsi, la famille Lavigueur a connu une renommée éphémère grâce à leur gain, mais leur parcours a été marqué par des hauts et des bas, des joies et des tragédies.La saga des Lavigueur peut servir d\u2019avertissement aux gens sur les dangers de la richesse soudaine et inattendue, et qui ne garantit pas \u2014 vraiment pas \u2014 le bonheur.Nos aînés Je trouve ça déplorable qu\u2019on mette des personnes âgées en dehors de leur logement quand ils sont en Résidence pour Personnes Âgées (RPA).Ces per- sonnes-là sont en fin de vie et ont du vécu.J\u2019espère qu\u2019elles vivront encore longtemps, mais dans de meilleures conditions.Il y a des résidences qui ferment pour faire des logements de luxe, des condos.On ne protège pas nos aînés et on n\u2019a pas de considération pour eux.Ce sont eux autres qui ont bâti notre pays, notre Québec.Un peu de respect s\u2019il vous plaît pour ces personnes ! Je ne sais pas ce que le gouvernement fait là-dedans.Il annonce en grande pompe qu\u2019il va ouvrir des maisons des aînés, mais pas grand- chose ne se fait et des RPA ferment.C\u2019est juste pour bien paraître.Je pense aux couples qui ont vécu très longtemps ensemble et qui sont séparés dans des résidences différentes.C\u2019est effrayant et insultant.Certains se font maltraiter et se font prendre leur argent.C\u2019est de l\u2019abus.Nos aînés ne peuvent même pas se défendre la plupart du temps parce qu\u2019ils ont moins de capacité physique et intellectuelle.Certains sont fatigués de se battre encore et encore, il faut les laisser tranquilles et leur donner une fin de vie en paix.Je n\u2019ai pas hâte d\u2019être vieux et de me faire trimbaler de tous bords tous côtés.Pensez-y vous autres aussi.Vous allez être vieux un jour, on ne peut pas y échapper, la jeunesse éternelle n\u2019existe pas ! 32 itineraire.ca 1er juin 2023 OIROP DE POTEAU LA ST A 1% Un roman-feuilleton de Francis Ouellette Toutoune au Jardin des Merveilles Frigo était pas vieux que déjà, certains pouvaient entrapercevoir quelques lueurs de son chatoiement intérieur, alors qu\u2019il arpentait en continu les rues les plus poisseuses du Faubourg à m\u2019lasse.Un vra p\u2019tit Canadien-français errant, format small.C\u2019est ben sûr que ses journées se déroulaient pas souvent sans amertume.Elles avaient toutes les nuances de brun d\u2019une poignée de cennes noires.En revanche, quelque chose de son esprit brillait sans relâche, comme un trente sous au fond d\u2019une fontaine de la place Versailles.On pouvait pas dire qu\u2019il était pas démerdard, le p\u2019tit bâtard : il moyennait avec les mognons du bord.Hélas, il avait le feu de Bengale des espérances pogné au cul- de-sac de son enfance\u2026 faqu\u2019il poussait tout croche.Saluons au moins le fait qu\u2019il poussait égal, autant que faire se pouvait à vivre la moitié du temps dans la rue et l\u2019autre, avec sa pauvre mère Marie-Ange.Pauvre, la bonne femme l\u2019était vraiment de toutes les façons.Pas qu\u2019elle avait pas le cœur à bonne place.C\u2019est juste que ses gaskets cognitifs se retrouvaient trop souvent déloussés par la faim qui fait mal, le frette des hivers et la peur de l\u2019enfer.Dans le temps, elle fricotait veulement avec une maudite engeance, des bonhommes pas nets qui en profitaient pour la mettre chaude.À force de se faire monter en bateau par des gars d\u2019embardées, ce fut pas long qu\u2019elle s\u2019est retrouvée en balloune.Personne s\u2019en était rendu compte, elle la première, parce que t\u2019sais, la madame était pas non plus une fleur délicate.C\u2019était le jardin botanique à elle toute seule.Ç\u2019ta se demander comment quelqu\u2019un qui mangeait si peu pouvait rester grosse de la sorte.Elle avait pourtant les gènes du pas-de-plaisir.Faut savoir qu\u2019en plus, en guise de gagne-pain, la bonne femme vendait porte à porte des produits ménagers.Elle avait déjà toute la misère du pauvre monde à monter en haut des escaliers bancaux du Faubourg.Avec le petit Jean-Baptiste qui lui poussait dans le corps à son insu, c\u2019était un calvaire de trop.Elle avait beau porter avec ostentation le prénom Marie-Ange, elle se doutait bien que la présente conception n\u2019avait rien d\u2019annoncée, encore moins d\u2019immaculée.Un moment donné, elle devient consciente qu\u2019il lui sera donné de devenir une moman.Heille toé\u2026 elle se sentait pas prête pantoute, elle qui pouvait pas se sentir elle-même.Il était trop tard pour les je-vous-salue-Marie pis le zigonnage de cintre dans le fond du grément afin de se la faire péter, sa balloune.Peine perdue, dix de trouvées.Elle avait accouché de Frigo un premier avril et pour elle, c\u2019était la confirmation qu\u2019elle avait trop péché.Si elle était grosse, c\u2019est forcément parce qu\u2019elle était gourmande.Si elle aimait s\u2019étourdir les sens avec des bums de peu de foi, c\u2019était par goût de la luxure.Si elle peinait à se déplacer, c\u2019est évidemment parce qu\u2019elle était paresseuse.Au moins, elle était pauvre; déjà ça de pris pour gagner son ciel.34 itineraire.ca 1er juin 2023 On dit que la plus grande richesse dans la vie d\u2019une mère, ce sont ses flos.Cet adage ne s\u2019appliquait pas à Marie-Ange.Avoir un enfant ne faisait qu\u2019ajouter à la sécheresse de ses jours.Elle avait donc tendance à oublier les besoins essentiels de son fils, voire même son existence.Ce dernier glanait toutes les retailles débusquées sur son chemin afin de nourrir en lui ce qui avait besoin de l\u2019être.Quand on n\u2019a pas grand-chose à se mettre sous la dent, hé ben, on peut au moins finir les fonds de bouteille, raille-trou.Et quand on est dans le trou, on finit par boire comme lui.Comme un trou.Comme je le disais, Marie-Ange était pas sans cœur.À regarder son fils de pas dix ans se paqueter la fraise et les framboises, elle voyait bien qu\u2019il allait prendre le champ.C\u2019est ça qui lui avait donné l\u2019idée de l\u2019envoyer passer ses étés sur la terre de son grand-père, pas loin de Sorel.Le travail de fermier lui ferait sans doute du bien et au moins, là-bas, il mangerait à sa faim.Le vieil Amédée pouvait être raide, surtout quand il y avait des petites filles pas loin.Les petits garçons, il les faisait juste marcher drette.Ça t\u2019y allait par-là, les claques en arrière de la tête, si tu te tenais pas le cul serré.Mais pas avec Frigo.Il avait jamais besoin de lui dire quoi faire.Le p\u2019tit gars prenait vite du gallon, à ne plus boire et à vivre sur la terre, pas dans crasse.Il possédait un talent naturel avec les animaux ; à croire qu\u2019il pouvait parler leur langage.Il leur donnait des noms, se souvenait de leurs maladies, de leurs blessures et de leurs préférences alimentaires.Durant ces heures aux couleurs qui lui étaient inconnues et des soirs qui n\u2019ont de rouge que leur chaleur, Frigo pouvait travailler en cogitant sur le sens de sa vie et de l\u2019existence en général.Sur ses rêves aussi, un coup parti.On va se le dire et c\u2019est ben d\u2019valeur, mais dès que Frigo revenait au Faubourg après son été sur la ferme, il réitérait sa déchéance en un rien de temps.Il reperdait aussi vite sa vigueur qu\u2019il retrouvait le vin de dépanneur.Trois ans comme ça, à vivre entre les animaux de la ferme et les bums de l\u2019est, le robineux en devenir arrive à une constatation sans équivoque : il lui fallait des bestiaux dans sa vie pour être heureux.Je ne vous dis pas l\u2019épiphanie qui a fessé Frigo dans le front quand sa mère lui fit la surprise, pour sa fête de douze ans, de lui faire visiter le féérique Jardin des Merveilles du Parc Lafontaine.À pas trente minutes de marche de chez lui, juste en haut de la côte, il y avait non seulement un parc luxuriant mais aussi un endroit fantastique peuplé d\u2019animaux.Pas juste des poules pis des chèvres, comme à la ferme.Des otaries qui font tourner des ballons sur leur nez.Des lamas qui crachent sur le monde et des singes qui leur pitchent de la marde.Frigo pogne son deux minutes quand il voit les pingouins.Dès lors, le jeune homme passe le plus clair de son temps au Jardin.Il connaît tous les animaux pas leur nom.Alors qu\u2019il flatte le cou d\u2019un lama dont la réputation de mal engueulé n\u2019est plus à faire, il est observé par un homme qui s\u2019occupe des animaux du Jardin.« Tu sais mon garçon, tu es sans doute le seul qui est capable de s\u2019approcher de La Poune sans qu\u2019elle essaye de lui cracher au visage ! Même moi, je n\u2019y arrive pas ! » Frigo est gelé sur place.Décontenancé par l\u2019accent de l\u2019homme, il ne comprend pas tout ce qu\u2019il lui dit.Qui plus est, il est élégant, doux, calme et propre.Tout le contraire d\u2019Amédée, son arrière-grand-père.Il est subjugué par la forte aura d\u2019intelligence et de bienveillance qui se dégage du personnage, alors que ce dernier lui tend la main.« On m\u2019appelle L\u2019Oncle Pierre.Et toi, quel est ton nom ?» 35 itineraire.ca 1er juin 2023 Frigo est incapable de former une pensée.Il lui semble qu\u2019il connaît l\u2019homme et qu\u2019il l\u2019a déjà vu quelque part.« Tu n\u2019es pas un bavard toi, en tout cas ! Tout le contraire de mon vieil ami, le Capitaine Bonhomme ! Tu le connais, le Capitaine, mon garçon ?Le jeune homme hoche de la tête, encore médusé par l\u2019Oncle Pierre.Pas du tout importuné par son mutisme, l\u2019élégant monsieur lui emmêle les cheveux d\u2019une main vigoureuse.Il lui demande de le suivre et lui pointe du doigt une statue d\u2019un personnage que Frigo pense reconnaître.« Est-ce que tu le connais, lui ?C\u2019est Tintin, l\u2019intrépide reporter ! Il vient du même pays que moi et tout comme moi, c\u2019est un grand aventurier qui parle plusieurs langues et qui a visité plein de pays.Je suis comme Tintin et le Capitaine Bonhomme, c\u2019est mon Capitaine Haddock ! » Frigo ne bronche pas.« Hé ben dis donc, ça en prend beaucoup pour t\u2019impressionner, toi ! Moi, comme le dit souvent mon ami le Capitaine, je ne m\u2019avoue pas facilement vaincu et les sceptiques seront confondus.Dis-moi, fiston, aimerais-tu voir de près l\u2019éléphant Babar ?» Le yeux de Frigo s\u2019écarquillent à un tel point que ses crottes de cornée en sont délogées.Contournant les badauds, il suit l\u2019Oncle Pierre jusqu\u2019à l\u2019enclos de l\u2019éléphant, rassuré par sa main chaude posée sur sa nuque.L\u2019endroit est dépaysant et il se sent à des milles de chez lui, encore plus loin que chez son arrière-grand-père Amédée.Dans ce décor d\u2019orient, il a droit à un moment que peu de petits crottés de l\u2019Est auront la chance de vivre.L\u2019enfant flatte l\u2019éléphant.Il passe les doigts sur les craquelures de ses quatre genoux.Il efÒeure sa trompe, que l\u2019animal pose ensuite en douceur autour du coup de Frigo.Frigo sent monter vers son visage le soufÒe chaud et puissant du mastodonte.Plusieurs enfants du Faubourg sont là à contempler la scène, en silence.Frigo regarde l\u2019Oncle Pierre à travers le mirage de ses yeux mouillés.« Belle Toutoune » Un petit rire collectif.Puis, les quolibets.?Frigo, t\u2019es don\u2019 ben sans génie ! C\u2019t\u2019éléphant-là, c\u2019t\u2019un homme ! ?C\u2019est qui cet esti d\u2019crapet-soleil là ?Pourquoi il s\u2019appelle Frigo ?Pourquoi il a droit de flatter l\u2019éléphant, lui, maman ?Je l\u2019sais-tu ?Pour moi, le français a dû se faire toucher la bizoune en échange\u2026 ?Regarde-lé pleurer.Méchante tapette pareil, han ?Puis, cette phrase, suivie d\u2019une roche, qui ont bien failli l\u2019achever.Une voix dans la foule qui déclame : « Frigo l\u2019appelle comme ça parce qu\u2019il pense que c\u2019est sa mère, la plus grosse toutoune du Faubourg ! » Puis, une roche anonyme lancée de la foule qui atteint l\u2019éléphant entre l\u2019œil et la tempe.L\u2019animal qui barrit de douleur et qui fouette le vide de sa trompe, jusqu\u2019à l\u2019enfoncer dans les flancs de Frigo.Une côte qui se fracasse.Les cris de panique, alors que l\u2019Oncle Pierre et les employés tentent de calmer Babar.Seul sur le sol, entre les bouses du pachyderme, il regarde les pieds de la foule.Sa dernière vision, avant de s\u2019évanouir de douleur, sera celle d\u2019un petit chien gris affolé, la face marquée d\u2019un rictus de panique enragée, fixé dans sa direction, jappant à s\u2019en fendre la glotte.36 itineraire.ca 1er juin 2023 Quand Frigo est libéré de l\u2019hôpital, celui-là où il se trouve en ce moment, il s\u2019est perdu plus profondément en lui-même.Il sera désormais habité d\u2019un rejet profond envers presque tous les animaux, surtout les chiens.Il n\u2019en flattera plus un seul avant de rencontrer, des décennies plus tard, mon craintif cocker-épagneul nommé Copain.Parfois, à la télévision, il reverra l\u2019Oncle Pierre, flanqué du Capitaine Bonhomme, d\u2019une épouvantable marionnette de canard appelée Midas et d\u2019une autre, pas moins terrifiante, nommée Monsieur Tranquille.Il ne ressortira qu\u2019à quelques reprises du Faubourg à m\u2019lasse, pour travailler sur la terre à Sorel.Il refusera toutefois de prendre soin des bêtes.Il n\u2019y fera plus long feu.Il ne retournera au Jardin des Merveilles qu\u2019au hasard de ses déambulations éthyliques et aux derniers jours d\u2019existence de ces lieux.Délabré, déserté par les badauds et les animaux qui dépérissaient à vue d\u2019œil, l\u2019endroit disparaîtra pièce par pièce, laissant derrière une statue-pavillon de cachalot bleu, avec la bouche grande ouverte en guise de porte.Dans cet endroit, à l\u2019ombre, Frigo ira quelquefois pisser, piquer une sieste et pour fredonner en riant une chanson que sa mère lui avait apprise : « Jonaassssss, dans la baleine, disait, j\u2019voudrais ben m\u2019en aller, ba-bom-ba-bom ».Frigo touche sa côte brisée une seconde fois.Il grimace.Il s\u2019endort.( * ) Jusqu\u2019au départ de l\u2019éléphante pour le zoo de Granby, (il avait eu plusieurs femelles au Jardin, jamais de mâle) une grande majorité des gens du Centre-Sud l\u2019appelaient encore Toutoune.C\u2019est cette même éléphante que plusieurs Montréalais ont vu courir entre les voitures sur la rue Rachel, un jour d\u2019été, entre 77 et 85.J\u2019étais là.Je l\u2019ai vue mais je ne souviens plus de l\u2019année exacte.J\u2019étais petit.Comme disait si bien le capitaine, « les sceptiques seront\u2026 » Après la disparition de la baleine, il ne restera plus que le parc Lafontaine, un endroit terrible où ma mère m\u2019interdisait d\u2019aller parce qu\u2019à ses dires, il s\u2019y trouvait « plein de tapettes qui se cachent dans les bosquets pour tripoter des petits garçons ».[\\ Ce texte est dédié à Désiré Aerts.37 itineraire.ca 1er juin 2023 Camelot Métro Lionel-Groulx Agathe Melançon PHOTOS FOURNIES PAR MEDIAFILM ON SE FAIT NOTRE CINÉMA GLOBAL METAL Global Metal Douce, forte, lente, rythmée\u2026 Du traditionnel au heavy metal, la musique distrait, oui, mais aussi rassemble et répond aux besoins d\u2019expression et de liberté de population sous le joug de régimes conservateurs.C\u2019est ce dont parle le documentaire Global Metal du passionné anthropologue canadien Sam Dunn tombé dans le chaudron du métal à l\u2019âge de 13 ans.Ce long métrage de 1 h 35 est par ailleurs né d\u2019un précédent, A Headbanger\u2019s Journey, réalisé quelques années plus tôt.Sam Dunn avait alors reçu plusieurs lettres de fans du métal à la suite de ce dernier.En réaction, lui et son coréa- lisateur, Scot McFadyen, décident d\u2019en faire un second.À travers Global Metal, Sam Dunn présente la manière dont le heavy métal s\u2019adapte dans des pays aussi éloignés de l\u2019Occident (à l\u2019époque du tournage) que l\u2019Iran, l\u2019Indonésie, Israël, la Chine, et d\u2019autres lieux.Chaque lieu est présenté par sa musique traditionnelle, son contexte politique et social, ses paysages avant d\u2019entrer dans le vif du sujet à travers les groupes de métal locaux, internationaux et leur intégration dans la société.Si certains sont obligés de jouer dans des salles de réception privées, faute d\u2019être admis dans des salles de spectacles conventionnelles, d\u2019autres ont su s\u2019immiscer dans le paysage conservateur, notamment en adoptant des instruments et des harmonies traditionnelles.L\u2019auteur ne pouvait clairement pas traiter du genre métal et de sa mondialisation, sans parler d\u2019oppression ou de contrastes démocratiques.On constate alors que la liberté d\u2019expression n\u2019est pas acquise encore partout, mais que la musique arrive à se frayer un chemin malgré tout.Et que le métal, loin des perceptions satanistes, de violence et suicidaire, permet de dénoncer la pauvreté, de contester des dictatures, et de défouler des émotions.Les gens vibrent tous au même rythme, vivent un sentiment d\u2019appartenance fort.On ressort du visionnement avec une meilleure connaissance du sujet qui permet de rompre avec les préjugés.On s\u2019aperçoit aussi que le heavy métal est loin d\u2019être futile, ou même une crise d\u2019ado.C\u2019est là pour durer, c\u2019est porteur de sens et d\u2019espoir.Douce, forte, lente, rythmée\u2026 Du traditionnel au heavy métal, la musique distrait, oui, mais aussi rassemble et répond aux besoins d\u2019expression et de liberté de population sous le joug de régimes conservateurs.38 1er juin 2023 itineraire.ca Les recommandations, résumés et avis sont fournis gracieusement par Mediafilm.Envie de voir ou revoir ces films ?Allez droit aux vues en consultant le site ouvoir.ca.SUGGESTIONS Les cotes Mediafilm : Chef-d'oeuvre Remarquable Très bon Bon Moyen Pauvre Minable Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Metallica - Une Espèce de monstre (Metallica : Some Kind of Monster) Documentaire musical de Bruce Sinofsky, Joe Berlinger, 141 minutes, États-Unis, 2004 Le Son du silence (Sound of Metal) Drame, musical de Darius Marder, 120 minutes, États-Unis, 2019 Metal - Le Voyage au cœur de la bête (Metal - A Headbanger\u2019s Journey) Documentaire musical de Sam Dunn, Scot McFadyen, 96 minutes, Canada, 2005 Le plongeur Drame de moeurs de Francis Leclerc, 127 minutes, Canada, 2022 Évocation de la production de l\u2019album St.Anger du groupe rock Metallica, alors poussé au bord de l\u2019implosion par de nombreux conflits.Portrait d\u2019une franchise étonnante.Nombreuses situations humoristiques.Documentaire à mi-chemin entre l\u2019essai personnel et l\u2019entreprise promotionnelle.Ensemble d\u2019une longueur un peu complaisante.Vaste panoramique sur l\u2019univers de la musique heavy metal.Recherche exhaustive et solidement documentée.Montage dynamique.Entrevues pénétrantes.La carrière du populaire batteur d\u2019un groupe de rock métal est compromise par un soudain problème de surdité.Ensemble conduit avec savoir-faire et sensibilité.Déroulement quelque peu attendu.Traitement classique.Travail sonore efficace.Composition délicate de R.Ahmed.Pour éponger ses lourdes dettes de jeu, un étudiant en graphisme se fait engager comme plongeur dans un restaurant huppé du Plateau Mont-Royal.Adaptation fidèle du roman autobiographique de Stéphane Larue.Récit d\u2019apprentissage classique, sur fond de peinture urbaine vibrante.Réalisation énergique.H.Picard parfait pour le rôle. Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.par Gabriel Lavoie Participant assistant-journaliste Camelot marché Metro Chemin Chambly, Longueuil ESPACE SCIENCE La musique métal, objet de science L U U K W O U T E R S | U N S P L A S H Dans les années 1970, les scientifiques se penchent sur la musique métal, et particulièrement sur les séquelles supposéement subies par les personnes exposées à ce genre.En effet, le métal était considéré comme néfaste et beaucoup de stéréotypes circulaient sur les personnes qui en écoutaient.Encore aujourd\u2019hui certains préjugés perdurent.Avec le temps et l\u2019apparition du champ d\u2019études des metal studies, il semblerait qu\u2019au contraire, les personnes qui écoutent cette musique sont en général « doux comme des agneaux, intelligents et empathiques », peut-on entendre dans un podcast réalisé par France Inter sur la science et la musique métal.Il y a de plus en plus de scientifiques qui s\u2019intéressent à la musique métal aujourd\u2019hui : sociologues, historiens, psychologues.Pour autant, des sondages réalisés en 2019 auprès du public français démontraient alors que la musique métal était de loin le genre le plus détesté par la population, bien que de plus en plus de monde écoute cette musique.Culture de la mort, satanisme\u2026 Les « métaleux » sont pourtant moins déprimés et mieux intégrés dans la société que l\u2019on pourrait le croire.La musique servirait alors d\u2019exutoire.Les études sur le métal sont tellement florissantes depuis deux décennies qu\u2019elles ont donné naissance à des congrès spécialisés et à la International Society for Metal Music Studies.(Société internationale des études de la musique metal) en 2013.Source : Podcast France Inter Quand la science se penche sur la musique métal, mars 2019.40 itineraire.ca 1er juin 2023 Dans le larynx d\u2019une chauve-souris T O D D C R A V E N S | U N S P L A S H Une étude menée par une équipe de chercheurs du département de biologie de l\u2019Université du Danemark du Sud, révèle que les chauves-souris utilisent les mêmes techniques vocales que les chanteurs de death metal ou les chanteurs de gorge du peuple Tuva en Sibérie et en Mongolie.L\u2019équipe a filmé l\u2019intérieur du larynx d\u2019une chauve- souris lorsqu\u2019elle émet un son : « Nous avons identifié pour la première fois les structures physiques du larynx qui oscillent pour produire les différentes vocalisations, explique le professeur Coen Elemans, directeur de l\u2019équipe de chercheurs.Par exemple, les chauves-souris peuvent émettre des sons à basse fréquence en utilisant leurs \u201c faux plis vocaux \u201d, comme le font les chanteurs de death metal », peut-on lire dans l\u2019article scientifique.Les chauves-souris sont devenues d\u2019excellentes chasseuses d\u2019insectes au fil du temps et sont capables d\u2019écholocaliser et d\u2019identifier la forme, la texture et la taille d\u2019un objet en quelques millisecondes.Par contre, l\u2019évolution a fait perdre à l\u2019espèce humaine les structures vocales fines qu\u2019elle avait en commun avec les chauves-souris.La plupart des mammifères ont une étendue vocale de trois ou quatre octaves ; trois pour l\u2019homme en moyenne (à quelques exceptions près comme Mariah Carey, Axl Rose ou Prince), les chauves-souris, elles, ont une gamme vocale qui s\u2019étend sur sept octaves.Source : Bats Growl like death metal singers and Mongolian throat singers, Université du Danemark-du-Sud (SDU), novembre 2022.Le death metal ne pousse pas à la violence S E B A S T I A N E R V I | P E X E L La musique métal a mauvaise réputation.Elle est reconnue pour être violente et on pourrait croire que l\u2019écouter à long terme aurait une influence négative sur le bien-être mental.Mais au contraire, écouter cette musique rendrait joyeux ! Ce sont les conclusions auxquelles en est venu le laboratoire musical de l\u2019Université Macquarie, situé en banlieue de Sydney, en Australie, après avoir procédé à des tests psychologiques.« Beaucoup de gens aiment la musique triste, et c\u2019est un peu paradoxal : pourquoi voudrait-on se rendre triste ?On peut poser la même question au sujet des chansons agressives ou violentes », a déclaré le professeur Bill Thompson, chef de l\u2019équipe de chercheurs.Pour le prouver, les chercheurs ont choisi 32 amateurs de death métal et 48 autres personnes aux goûts plus standards pour faire des tests psychologiques sur la réponse émise par le cerveau à l\u2019écoute de death métal.On leur a alors fait écouter du death métal et de la pop tout en regardant des images violentes.D\u2019un côté, l\u2019écoute de Eaten (dévoré) du groupe suédois Bloodbath (bain de sang), et de l\u2019autre, grand succès pop Happy (heureux) de Pharrell Williams.Le but était de comparer la réaction des cobayes aux images violentes, en fonction de l\u2019accompagnement musical écouté.L\u2019étude a démontré que le death métal n\u2019insensibilisait pas plus l\u2019auditeur à la violence.Pour le Pr Bill Thompson : « De nombreux parents, groupes religieux et organismes de censure craignent que les adeptes de musique violente soient insensibles à la violence, mais si c\u2019était vraiment le cas, ils ne présenteraient pas la même répulsion que d\u2019autres devant les images violentes.Et ils ont eu exactement les mêmes réactions.» Source : Le death métal inspire du bonheur et non de la violence à ses adeptes, Radio-Canada, mai 2019.41 itineraire.ca 1er juin 2023 CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX Humoriste 43 itineraire.ca 1er juin 2023 Pier-Luc Ouellet La tarte aux pommes Les propos exprimés dans cette chronique n\u2019engagent que l\u2019auteur.L\u2019astronome Carl Sagan disait : « Si vous voulez faire une tarte aux pommes à partir de rien, il vous faudra d\u2019abord créer l\u2019univers.» Il disait sûrement plein d\u2019autres affaires du genre : « Ayoye donc \u2019sti j\u2019me suis cogné l\u2019orteil sur la patte de lit », mais c\u2019est moins utile pour notre propos.Pour ma part, pas besoin d\u2019aller jusqu\u2019aux racines de l\u2019existence pour que je me retrouve pris au dépourvu dans la confection d\u2019une bonne tarte aux pommes faite maison.J\u2019ai aucune idée comment faire une pâte à tarte qui ne sort pas du congélateur, je suis pas certain faut mettre le four à combien, pis pour être honnête, même couper des tranches de pommes c\u2019est pas mon fort, mes morceaux ont l\u2019air d\u2019avoir été taillés par un singe assis sur une sécheuse en marche.Et je me désole moi-même.Récemment je lisais un essai intéressant, A Square Meal, qui expliquait comment la Grande Dépression a transformé les habitudes alimentaires des Américains (et un peu les nôtres par la bande, même si la crise s\u2019est vécue différemment au Québec).En gros, au début des années 1900, les citoyens ont quitté en masse les terres agricoles familiales pour s\u2019installer en ville.Et comme les logements n\u2019étaient pas très grands, il a fallu inventer des repas qui se cuisinaient dans un petit espace.Pour beaucoup, la solution a été encore plus simple; on arrêtait acheter des sandwichs ou des viandes froides au déli du coin, pis c\u2019était ça qu\u2019on mangeait pour souper.Une tradition que je poursuis fièrement aujourd\u2019hui en arrêtant au Subway trois fois par semaine (j\u2019exagère, mais à peine).Pendant ce temps, les agriculteurs laissés derrière ont transformé leurs pratiques.Ils sont passés d\u2019un système où la ferme produisait un peu de tout et servait à nourrir la famille avant tout (on élevait des porcs et des poulets, on gardait quelques poules pondeuses pour les œufs et on faisait pousser des légumes, puis on échangeait les surplus contre des choses qu\u2019on ne peut pas faire pousser, comme un chaudron ou une radio) aux fermes industrialisées qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Je ne veux pas idéaliser le système d\u2019antan.C\u2019était loin d\u2019être tout rose, en fait les gens ne survivaient pas toujours à l\u2019hiver parce que 4-5 mois sans manger de fruits et de légumes, ç\u2019a l\u2019air que c\u2019est pas la meilleure affaire pour la santé (heureusement, mes pizzas pochettes contiennent des ti-boutes de tomates, alors je suis sauf).Mais reste qu\u2019au passage à la modernité, un savoir-faire important s\u2019est perdu.Aujourd\u2019hui, qui sait comment faire son beurre, comment plumer un poulet, comment faire de la soupe aux légumes maison (bon, pour le dernier point, je suis sûr que des gens en sont encore capables, mais pour moi, la soupe aux légumes, ça pousse dans les boîtes de conserve).Et qu\u2019en est-il de l\u2019agriculture ?À la fin des années 2000, les zombies sont devenus hyper populaires dans la foulée du succès de la série The Walking Dead et soudainement, tout le monde s\u2019est mis à s\u2019imaginer des plans de survie si la société s\u2019effondrait ; quelle arme serait la meilleure ?Quel bâtiment serait le plus facile à défendre ?Moi, je pense que l\u2019obstacle premier à la survie serait pas mal plus simple que ça ; comment survivre quand l\u2019épicerie n\u2019existe plus, et qu\u2019on est pas capables de garder une fougère en vie ?Avez-vous déjà essayé de faire pousser des tomates sur votre balcon ?C\u2019est beaucoup de temps et d\u2019efforts pour réussir à faire pousser quatre misérables fruits qui se feront vite voler par un raton-laveur enéwé.Je vais être honnête ; je ne rêve pas d\u2019un retour à la terre.J\u2019aime bien ma vie de citadin, et je ne l\u2019échangerais pas pour tout l\u2019air pur du monde (de toute façon, ça sert à rien l\u2019air pur quand on reste enfermés en d\u2019dans à jouer à la PlayStation).Mais je rêve d\u2019un retour à temps partiel, assez pour que je sois capable de faire mon propre bouillon de poulet maison et de faire pousser mes propres carottes, sans que les maudits rongeurs du quartier se fassent un festin à la seconde que j\u2019ai le dos tourné.Ah, pis aussi, être capable de faire une tarte aux pommes (sans toutefois inventer l\u2019univers) ; la tarte aux pommes de l\u2019épicerie, c\u2019est pas mangeable. Solutions dans le prochain numéro Énervera Astuces Pilotages Certificat Hume Couverture Également Fléau Remâcher Victoire de Napoléon Fêter Pronom Triolet Versus Candeur Sanie Maniaque Se trompe Nettoyai Frottera Monnaie Exclamation enfantine Étend Saison Croc Celé Ornèrent P L S S T E I R E T U N A E D N T E L V T E E M A S E S R A I E N A V S E D S A T S R E L G U O R E R U M N I E R A P R A E V N T L E S A P U S E C L E R B E R 8 1 2 4 7 5 9 3 6 6 5 4 8 3 9 7 2 1 7 3 9 2 1 6 8 4 5 1 2 6 9 4 3 5 8 7 3 7 5 1 2 8 4 6 9 9 4 8 5 6 7 3 1 2 4 9 7 6 8 1 2 5 3 2 6 3 7 5 4 1 9 8 5 8 1 3 9 2 6 7 4 - 15 mai 2023 Dernier Étamera Boeufs Chagrin Du Nord et du Sud Contusion Proportionnels Pays Tromper Damées Grêle Déesse Essai Usuel Saint Chaise Bulbe Négation XXX Désert Lambin Brouilles En passant par Dotes Avancent Plante horizontalement 1.Bois.2.Irrégularité.- Dévêtu.3.Affirmerai.- Statue.4.Couchera.- Barre.5.Cour.- Lascif.6.Nymphe.- Parchemin.7.Lac d'Écosse.- Achevèrent.8.Tour.- Sépare deux pièces soudées.9.Entre-égorgés.- Ruisseau.10.Relatif à une matière grasse corporelle.- Amas.verticalement 1.Deltaplanes.2.Champion.- Lawrencium.- Rivière d'Irlande.3.Qualifie des tons grecs souvent appliqués au cinquième mode grégorien.- Terbium.4.Copiais.- Dieu d'Égypte.5.Qui renferme du sérum.- Diplôme.6.Étoile.- Écime.7.Embarras.- Personnage d'Alfred Jarry.8.Conjonction.- Confirmée.9.Ralentis.10.Pierres.11.Implantera.12.Dégouttèrent.- Coutumes. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente 3 8 4 6 7 9 1 3 9 6 7 2 2 6 1 3 8 5 8 5 9 5 1 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE FREEPIK | TOUTOUS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : 29 LIGNES CONNECTÉES AU REM LE RTL ÉVOLUE AVEC VOUS.Plus jeune, tu aimais écouter R.E.M.Bientôt, tu aimeras te connecter au REM .p u b l i c i t é = a Py Ja \\ f, ce Rs | Tx > ne Sah Pt! 7 ol | _\u2014 à = X Les 205 3 3 A, ç Ein £ a 3 J \\ > A \u2014\u2014\u2014 \u201cfy \\ 5.04.A he 7 va pr LL LT Ë Je r Wi 4 i ee mE Fog | T |, \"Ze i= À : &.4 \u2014\" a | 2 | Ë £ A EF A i ue?Li oe\u201d me, a; 3 \"4 - #; are, 5 \u20ac / = TRE É LU.du L_ we Bi A 43 \u201c1 \u2018 oI 17 Po : és ; = \"+ oe ny FE mar a! feu x | +; 2 FW a 3 xa - UJ i \u2014 | L.y ES 5 0 ot | Ar 7.a #4 A 3 4 J | .~ = 4 \u201cFE À Ls | I _ LJ 7 \u201c S 4 ala A E N \u2014 in ÿ / W i No on JU [ WJ.\\ Liu À ik TN PVT abe 4 .£ a ¢ 7 .« ir / \u20ac Ci LU.\\ 2} \u2014 \u2014\u20145P 5 sm] \u2014 tll [FE £) rl y 19 = - Calendrier i: 1 = complet ol FE try > FY tT] a LE montreal.ca/calendrier hoop b be "]
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