L'itinéraire, 1 janvier 2023, lundi 15 mai 2023
[" Hochelag' : un exemple de cohabitation Dans la peau d'un camelot Volume XXX, n?09 Montréal, 15 mai 2023 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ stm.info/chauffeurs POUR MOI, FAIRE DE LA ROUTE, C\u2019EST LOIN D\u2019ÊTRE UN FREIN.Devenir chauffeuse de bus, ça vous parle?Postulez.P U B L I C I T É L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 1409 \u2022 Âge 52 ans \u2022 Point de vente Métro Radisson Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. 15 mai 2023 Volume XXX, no 09 Retour du 100?% camelots Cohabiter, vraiment?Assez souvent je prends l\u2019autobus 34 sur Sainte-Catherine jusqu\u2019à la rue Jeanne d\u2019Arc.Puis, je change pour la 139 Pie-IX jusqu\u2019à mon point de vente.De la rue Dézéry à Jeanne-d\u2019Arc, j\u2019observe le décor et les gens, les commerces et les logements placardés, la prostitution, les deals de drogues, les junkys en manque, etc.Et il y a les familles, les travailleurs, les gens ordinaires et les mieux nantis.Tous se côtoient.Dans un même quartier.Comment font-ils pour vivre ensemble?Cohabitent-ils vraiment?Les ressources sont-elles là pour les aider?Et qu\u2019en est-il du soutien politique?C\u2019est en partie ce dont parle le dossier principal du 100?% camelots?: la cohabitation sociale.Sans aucun doute, les ressources sont là, travaillent ensemble et aiment leurs gens.Mais en ce qui concerne le soutien politique\u2026 Il règne peut-être un manque d\u2019écoute des organismes et des habitants qui le clament et le réclament.Surtout les laissés-pour-compte et leurs alliés, qui ne pèsent pas bien lourd dans la balance électorale.Pourtant la cohabitation, la mixité sociale comme on l\u2019appelait avant, est un véritable enjeu de société qui s\u2019observe partout.Juste à mon point de vente, j\u2019ai une assez bonne idée des défis qu'impose de cohabiter avec l\u2019autre.Ce que vous tenez entre vos mains Le dernier 100?% camelots date d\u2019il y a cinq ans.C\u2019est donc avec beaucoup de plaisir que le grand retour de cette édition spéciale a été annoncé aux camelots en janvier.Ce que vous tenez entre vos mains a pris près de quatre mois de travail, un comité de rédaction, une trentaine de camelots et une poignée de bénévoles.Tout ce beau monde a été guidé par l\u2019équipe de rédaction et Marie-Ève Morasse, bénévole, journaliste à La Presse.S\u2019impliquer vraiment.Pour la première fois, j\u2019ai fait partie d\u2019un comité de rédaction avec Sylvie Houle, Gabriel Lavoie, Yseult Picard, Karine Bénézet, Simon Bolduc, Carla Braga pour le graphisme, et Marie-Ève Morasse.Et je peux vous dire que c\u2019est d\u2019la job de construire un magazine.Entre le chemin de fer (le plan du magazine page par page), la répartition des pages par thèmes (mots de camelots, chroniques, dossiers, publicités, etc.), la décision de qui va écrire quoi sur combien de pages, et la couverture visuelle, impossible de ne s\u2019impliquer qu\u2019à moitié.Et ce, sans compter les échanges d\u2019idées, les recherches, les interviews et la rédaction faites par les camelots.On n\u2019a pas chômé?! Et nous avons tous aimé notre expé - rience, même si ça pouvait être un peu stressant parfois.Tournez quelques-unes des prochaines pages et vous verrez tous les camelots qui ont participé fièrement à cette édition.N\u2019hésitez pas à les féliciter quand vous les croiserez.Et bonne lecture?! Christian Tarte Camelot PJC Beaubien / 28e Avenue LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable MARCELA CHAVES Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste, cheffe de pupitre SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme YSEULT PICARD Journaliste dossiers société CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle GABRIEL LAVOIE Participant aide-journaliste SIBYLLE BEAUNÉE Stagiaire à la rédaction Direction artistique et composition de La Une CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement ALEXANDRA POIRIER et JULIE CHARBONNEAU Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Secrétaire EMNA BRAHAM - Institut du Québec Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Croix-Rouge canadienne CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 38 33 Mots de camelots 3 Zoom sur Jo Redwitch 12 Sylvain Pépin-Girard 12 Suzanne Leblanc 12 Jacques Bibaud 23 Robert Patenaude 23 France Lapointe 23 Mario-St-Denis 27 Francine Duffy 27 Rhéo Denis Gallant 27 Bill Economou 27 camelots ont participé à cette éditio n S I M O N B O L D U C G A B R I E L L A V O I E C A R L A B R A G A Quartier Hochelaga, au sud.Entre les rues Moreau, Pie-IX, Notre- Dame et Ontario se trouve un secteur bien québécois, francophone, ouvrier, pauvre, trash, populaire, artistique, solidaire.Des mots familiers qui qualifient?: Hochelag\u2019 pour les intimes, HOMA pour les «?Néo\u2019shlagiens?», OSHA pour un promoteur de tour à condos.Si ce lexique n\u2019a pas changé, le quartier à l\u2019est de la track a pourtant bien évolué depuis 15 ans.Comment définir ce secteur qui se transforme et se redéfinit, à l\u2019image de sa population, de ses institutions, de ses commerces et de ses quelque 150 organismes communautaires?Comment cohabite tout ce monde dans un secteur de la ville en mutation?8 Les visages du 100 % camelots 10 Lettre au jeune moi Jean-François Dagenais 14 Ensemble, à la même table Sylvie Houle - Simon Bolduc 18 Une clôture, deux réalités Simon Bolduc - Gabriel Lavoie 19 Apprendre la non-violence, une manière de cohabiter Simon Bolduc - Gabriel Lavoie 20 Le rôle de la police sociocommunautaire Sylvie Houle 24 Des choix à faire dans Hochelaga Gabriel Lavoie - Marie-Ève Morasse 28 Dans la peau d'un camelot Cohabiter, un magazine à la fois Gabriel Lavoie - Anne-Marie Wiseman - Karine Bénézet 33 Dans la tête des camelots La cohabitation sociale 36 Pour un bal des finissants magique Agathe Melançon 38 Mario Girard, le biographe Siou 42 Suggestions de livres Jean-Guy Deslauriers 44 Détente 15 mai 2023 Volume XXX, no 09 À la une C A R L A B R A G A Les visages du 100 % camelots Le 100?% camelots, c\u2019est?: une bonne dose d\u2019idéation, une veille d\u2019information, de la rigueur, de la créativité, de l\u2019organisation et surtout des camelots-rédacteurs proactifs.Voici les différents visages de cette édition qui revient en force après cinq ans d\u2019absence.CHRISTIAN TARTE Camelot PJC Beaubien / 28e Avenue YVON MASSICOTTE Camelot métro Université-de-Montréal ch.Côte- des-Neiges entre Queen-Mary et Jean-Brillant MANON FORTIER Camelot Sherbrooke / Lepailleur SAMIR HALAIMIA Camelot PJC Mont-Royal / Lanaudière et métro Laurier, sortie Saint-Joseph MAXIME VALCOURT Camelot Théâtres du Nouveau Monde et du Rideau Vert ROGER PERREAULT Camelot SAQ Masson / 3e Avenue MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Participant à la cuisine SYLVIE HOULE Camelot marché Metro Saint-Joseph / Chambly GABRIEL LAVOIE Assistant-journaliste, camelot marché Metro Ch.Chambly, Longueuil ORGANISATION ET RÉDACTION JO REDWITCH Camelot métro Radisson et Fruiterie Jarry / Saint-Denis ZOOM JEAN-PAUL LEBEL Camelot métro Berri-UQAM OPINION IDÉATION ET OPINION SUZANNE LEBLANC Camelot SAQ Papineau / Crémazie Est JACQUES BIBAUD Participant à la cuisine FRANCINE DUFFY Camelot Maison du rôti et PJC Mont-Royal / Bordeaux ROBERT PATENAUDE Camelot métros Bonaventure et Jolicoeur FRANCE LAPOINTE Camelot SAQ Mont-Royal / Mentana MARIO ST-DENIS Camelot métro McGill RHÉO DENIS GALLANT Camelot métro Cadillac AGATHE MELANÇON Camelot métro Lionel-Groulx SIOU Camelot PJC Mont-Royal / Bordeaux JEAN-FRANÇOIS DAGENAIS Camelot marché Metro Plus Émile-Journault / André-Grasset IDÉATION ET RÉDACTION LYNN CHAMPAGNE Camelot PJC Promenade Ontario IDÉATION SYLVAIN PÉPIN-GIRARD Participant Cuisine ENTREVUE ET RÉDACTION JOSÉE CARDINAL Distributrice JEUX BILL ECONOMOU Vendor Atwater Market JEAN-GUY DESLAURIERS Camelot Première Moisson, Promenade Masson RÉDACTION ANNE-MARIE WISEMAN Camelot métro Radisson et Fruiterie Valmont Mont-Royal?/?Fabre IDÉATION ET ENTREVUE A N N O N C E P A Y É E Lettre au jeune moi Camelot marché Metro Émile-Journault / André-Grasset Jean-François Dagenais Cher Jean-François de 15 ans, C\u2019est ton moi de 52 ans qui t\u2019écrit cette lettre.J\u2019avais hâte de partager avec toi quelques pensées et conseils qui, je l\u2019espère, pourront t\u2019aider à naviguer dans la vie.J\u2019ai connu des moments difficiles, mais j\u2019ai également appris à apprécier les petits plaisirs de la vie.Tu es au Collège Beaubois de Pierrefonds.Tu pratiques beaucoup de sports et tu es bon dans ce que tu fais.Je suis fier de toi pour cela, mais j\u2019aimerais te parler de quelques risques à connaître.Je sais que tu as été rempli d\u2019amour par tous ceux qui se sont occupés de toi, en particulier ton père et ta mère.Ta tante Diane et tes grandes tantes Lucienne et Aldéa se sont également occupées de toi et t\u2019ont gâté avec leur amour et leurs tartes délicieuses.Tu as passé beaucoup de temps au chalet de ton oncle Fernand au Lac-aux-Sables et tu as appris à faire du ski nautique et à construire une petite cabane.Ce sont des souvenirs précieux que tu chériras pour toujours.Je sais que tu aimes l\u2019électronique et que tu aimerais travailler dans ce domaine, mais je dois te dire que la vie ne se passe pas toujours comme prévu.Tu vas avoir des troubles musculosquelettiques et une maladie mentale va arriver dans ta vie.Mais tu vas également apprendre à trouver des solutions et à t\u2019adapter.Ce sera difficile, mais tu vas surmonter ces épreuves et tu en sortiras plus fort.Je suis heureux de te dire que tu vas trouver une nouvelle passion dans ta vie.Tu vas découvrir le magazine L\u2019Itinéraire, et le vendre deviendra ta lumière.Tu vas aimer le contact avec les gens et tu te sentiras utile en aidant les autres.Ce sera une nouvelle direction dans ton parcours, et c\u2019est quelque chose que tu vas aimer faire.Jean-François et son papa André, juillet 1969.Jean-François à la maternelle chez Mamy à St-Eustache, 5 ans.100 % camelots 15 mai 2023 10 Je voulais également te faire part de quelques conseils qui pourraient t\u2019aider à retrouver un état d\u2019esprit plus positif et à surmonter tes difficultés?: 1.Le travail rend heureux?: il a été prouvé que travailler sur quelque chose qui te passionne et qui te donne un sentiment d\u2019accomplissement peut être bénéfique pour ta santé mentale.Trouve un travail ou un passe-temps que tu aimes et qui te permettra de te sentir valorisé.2.N\u2019hésite pas à consulter si tu sens que ta santé mentale devient plus fragile?: il n\u2019y a aucune honte à demander de l\u2019aide et à chercher des solutions à tes problèmes.Si tu sens que ta santé mentale se détériore, n\u2019hésite pas à en parler à un professionnel, comme un psychologue ou un psychiatre.3.Fais confiance aux intervenants qui essaieront de t\u2019aider?: si tu décides de consulter un professionnel de la santé mentale, fais confiance à son expertise et à sa capacité à t\u2019aider.Il peut te proposer des solutions et des conseils pour surmonter tes difficultés.4.Développe ton côté spirituel?: prendre soin de ton esprit et de ton corps est essentiel pour ta santé mentale.Tu pourrais envisager de te joindre à l\u2019Église ou même pratiquer la méditation, ou une autre forme d\u2019exercice spirituel pour aider à calmer ton esprit et à trouver la paix intérieure.Je voudrais te dire que tu es important, que tu comptes et que tu vas faire une différence dans la vie des autres.Tu vas découvrir des talents que tu ne connaissais pas et tu vas être fier de toi.Je te souhaite tout le bonheur et le succès que tu mérites.Garde ta passion pour l\u2019électronique et trouve d\u2019autres passions pour t\u2019aider à traverser les moments difficiles.Surtout, n\u2019oublie pas que tu es aimé et que tu comptes.Prends soin de toi, - Jean-François (52 ans) À la pêche au Saguenay.100 % camelots 15 mai 2023 11 100 % camelots 15 mai 2023 12 Partie de pêche La pêche s\u2019en vient.Les lacs calent en mai, assez tôt, quand il n\u2019y a pas eu de gros froids pendant l\u2019année.C\u2019est le retour de la pêche à la truite grise, la ouananiche, la truite brune et arc-en-ciel.Je pêche avec un groupe d\u2019amis.On est environ huit personnes répartis dans trois bateaux sur le lac Memphrémagog, à Magog.Moi je suis le monteur de mouche, ma spécialité.Autour du mois de janvier je commence le montage, le choix des couleurs et des grosseurs.L\u2019aiguisage des hameçons se fait en équipe.La méthode est d\u2019égratigner nos ongles avec les hameçons pour bien s\u2019assurer qu\u2019ils sont assez piquants.Une semaine ou deux avant la première partie de pêche, on vérifie l\u2019état des bateaux et si les «?downrig- gers?» fonctionnent bien.On part pour Magog le vendredi soir.Le samedi matin, on prépare nos sandwiches et du bon café.On part inspecter le lac et on installe nos cannes.La pêche commence en silence pour ne pas effrayer le poisson.Une fois nos quotas atteints, on s\u2019en retourne au chalet.On se fait alors un bon souper.C\u2019est d\u2019abord le nettoyage du poisson et la préparation.On fait un feu et on attend la braise parfaite pour la cuisson.Pendant ce temps, on prépare des bonnes salades et des patates.Évidemment, on accompagne le tout de bonnes bouteilles de vin blanc.Le lendemain, dimanche, on retourne sur le lac pour pêcher jusqu\u2019autour de 14?h.On a hâte?! À mes deux meilleures mères J\u2019ai une mère biologique (avec qui j\u2019ai encore des contacts)?; lorsque j\u2019ai eu cinq mois, j\u2019ai été adopté par une famille qui est encore la mienne aujourd\u2019hui.Donc j\u2019ai deux mamans.Tout le monde me dit que c\u2019est génial d\u2019avoir deux mères.Oui, mais il y a des règles à suivre.On doit respecter les consignes qu\u2019elles nous donnent, comme faire sa chambre, par exemple.Il ne faut jamais négliger ni l\u2019une ni l\u2019autre ou les comparer, car chacune est unique.En plus, il faut toujours les aider lorsque ça ne va pas.Par exemple, quand elles reçoivent une mauvaise nouvelle du médecin.Là, je dois être plus présent pour elles et moins penser à moi.Ne jamais manquer de respect à ses deux mères.Les deux sont aussi importantes et méritent la même attention.Si on manque de respect à l\u2019une des deux, il faut au moins le courage de s\u2019excuser la journée même.Parfois je sais que leurs défauts me font péter une coche, mais je me dis que moi aussi j\u2019ai des défauts.L\u2019important c\u2019est de se comprendre mutuellement.Avant j\u2019étais méchant avec elles et on était toujours en train de se disputer, ça gruge beaucoup d\u2019énergie.Un jour, au lieu de faire ça, je suis devenu très gentil avec mes deux mères, juste pour voir si ça me demandait autant d\u2019efforts.J\u2019ai compris qu\u2019au contraire c\u2019était vraiment plus facile.Ça ne me causait ni stress ni anxiété.Tout le monde sait maintenant que j\u2019ai deux mères et que c\u2019est bientôt la fête des Mères, donc pour n\u2019en négliger aucune, j\u2019ai fait des cadeaux en double?! Ma mère On ne se voit pas souvent ma mère et moi, mais je l\u2019aime beaucoup.Elle est ce qu\u2019on appelle?: «?une bonne personne?».Quand on se voit, on a toujours du fun ensemble.Elle habite à Montréal dans un immeuble d\u2019habitations à loyer modique (HLM).Elle vit avec Maurice, mon beau-père que j\u2019aime et que j\u2019ai aimé dès qu\u2019on a fait connaissance.Tant mieux, c\u2019est pas donné à tout l\u2019monde, ça.Ma mère est une belle quinquagénaire.Ça arrive que je lui téléphone une fois de temps en temps pour prendre de ses nouvelles?: «?Salut Suzanne, comment ça va?Qu\u2019est-ce que tu fais aujourd\u2019hui?» Ben oui, elle a le même nom que moi?.Elle est excellente pour faire de la popote, plein de petits plats et de bons desserts.J\u2019adore son pâté chinois maison.Ma mère a longtemps travaillé comme bénévole dans un organisme.Elle a quitté depuis peu.Elle avait envie de faire autre chose faut croire.Elle aime bien les parfums.Je lui ai acheté une carte cadeau du Jean- Coutu pour qu\u2019elle se gâte.J\u2019en ai offert une à son chum aussi.Ces temps-ci, on a pas mal le goût de se voir, tout le temps.Tant mieux, c\u2019est pas donné à tout l\u2019monde ça non plus.Bonne fête des Mères, maman?! Mots de camelots SUZANNE LEBLANC Camelot SAQ Papineau?/?Crémazie Est SYLVAIN PÉPIN-GIRARD Participant à la cuisine JACQUES BIBAUD Participant à la cuisine COhabitation sociale À l\u2019angle de Joliette et Sainte-Catherine se trouve le dépanneur Tina Joliette, là où tout se passe, là où tous se côtoient.Quartier Hochelaga, au sud.Entre les rues Moreau, Pie-IX, Notre-Dame et Ontario se trouve un secteur bien québécois, francophone, ouvrier, pauvre, trash, populaire, artistique, solidaire.Des mots familiers qui qualifient?: Hochelag\u2019 pour les intimes, HOMA pour les «?Néo\u2019shlagiens?», OSHA pour un promoteur de tour à condos.Si ce lexique n\u2019a pas changé, le quartier à l\u2019est de la track a pourtant bien évolué depuis 15 ans.Comment définir ce secteur qui se transforme et se redéfinit, à l\u2019image de sa population, de ses institutions, de ses commerces et de ses quelque 150 organismes communautaires?Comment cohabite tout ce monde dans un secteur de la ville en mutation?J\u2019adore mon coin de quartier.Ça fait 15 ans que je travaille ici, dans ce dépanneur.J\u2019habite en haut.Je dois dire que c\u2019est de mieux en mieux.Ici, c\u2019est plus calme qu\u2019avant.Je me fais moins voler, les chicanes, j\u2019en vois encore, surtout entre « les filles », mais moins souvent qu\u2019avant.C\u2019est vraiment plus tranquille.En ce moment, des condos poussent dans le quartier, mais je ne vois pas trop ce que ça change.- Marie-Josée, caissière du dépanneur Tina Joliette 100 % camelots 15 mai 2023 13 Par Gabriel Lavoie, assistant-journaliste et camelot marché Metro ch.Chambly, Longueuil et Sylvie Houle, camelot marché Metro Saint-Joseph / Chambly.Collaboration spéciale de Marie-Ève Morasse, journaliste à La Presse, avec Simon Bolduc, chargé de projet - journalisme et Karine Bénézet, journaliste, cheffe de pupitre. Ensemble, à la même table L\u2019Itinéraire est allé à la rencontre d\u2019Amira Beghdadi, nouvellement arrivée en poste à titre de directrice générale de La Table de quartier d\u2019Hochelaga- Maisonneuve (LTQHM), la plus importante instance de concertation de l\u2019arrondissement.Portrait d\u2019un quartier où le concept de cohabitation est sur toutes les lèvres.Autour de la table Assis à cette grande table de quartier qu\u2019Amira Beghdadi dirige, il y a des représentants des écoles du quartier, des OBNL, du CLSC, de la Ville et de l\u2019arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.Chaque citoyen du quartier peut aussi en être membre.Bref, une grande tablée où l\u2019on discute éducation, logement, alimentation, culture, sports, dans le but d\u2019améliorer les conditions de vie de la population.Autre but?: rendre la cohabitation positive.L\u2019un des projets phares des dernières années porté par LTQHM, explique Amira Beghdadi, a été de revitaliser le secteur Sud-Ouest du quartier, une «?poche?» de pauvreté?: désert alimentaire, commerces inexistants, criminalité, toxicomanie, prostitution.Habiter au nord de la rue Ontario, entre Moreau et Viau, n\u2019est pas pareil que de résider au sud.Dans ce secteur, une personne sur deux vit sous le seuil de faible revenu, contrairement à une sur quatre pour la partie nord, selon les chiffres compilés par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSS) de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal.Amira Beghdadi, directrice générale de La Table de quartier d'Hochelaga-Maisonneuve.S I M O N B O L D U C Le quartier Hochelaga-Maisonneuve se transforme et sa population aussi.Jeunes professionnels nouvellement propriétaires d\u2019un condo, personnes immigrantes, femmes monoparentales, personnes sans-abri, travailleuses du sexe, personnes toxicomanes, tous doivent cohabiter, pour le meilleur et pour le pire.100 % camelots 15 mai 2023 14 Par Sylvie Houle, camelot marché Metro Saint-Joseph / Chambly, en collaboration avec Simon Bolduc, chargé de projet - journalisme. La RUI RUI, pour Revitalisation urbaine intégrée.Ce vaste chantier, adopté en 2013 par LTQHM et la Ville de Montréal, visait la revitalisation de ce secteur malfamé du quartier, à travers diverses actions, explique Amira Beghdadi.«?On a, par exemple, revitalisé le cadre bâti en créant un parcours de murales retraçant l\u2019histoire du quartier, dit-elle.On a animé le square Dézéry, un parc qui a été délaissé pendant plusieurs années, en y tenant des conférences et des pique-niques avec l\u2019Atelier d\u2019histoire d\u2019Hochelaga-Maisonneuve auxquelles de jeunes familles nouvellement installées dans le secteur et des personnes marginalisées participaient.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est structurer une certaine cohabitation dans ce secteur pauvre.?» Un secteur qui, un peu plus lentement que le reste du quartier, se développe pour certains, s\u2019embourgeoise pour d\u2019autres.HLM-Condos Une autre action importante de la RUI a été de rénover en 2016 le parc Edmond-Hamelin, situé à l\u2019angle de rues Joliette et Sainte-Catherine Est, aux abords des Habitations Hochelaga.Ce plan HLM est situé en face de l\u2019organisme de soutien et d\u2019accueil pour les utilisateurs de drogue, Dopamine, et d\u2019une toute nouvelle maison de chambres (ancienne piquerie bien connue du quartier), gérée par l\u2019Anonyme, organisme en prévention des ITSS.Depuis quatre ans, un immense complexe de condos se construit juste à côté du HLM.Seule une mince clôture sépare deux réalités socioéconomiques différentes.«?Ça vient créer un plus grand écart entre la classe moyenne et les plus vulnérables du secteur.On essaie de combattre cet écart de manière intelligente, explique Mme Beghdadi.Quand un bâtiment devient vacant, par exemple, on tente rapidement de lui trouver une vocation communautaire.On a déposé un mémoire l\u2019été dernier auprès de l\u2019Office de consultation publique de Montréal pour faire comprendre que le prochain projet de condos prévu sur l\u2019ancien site du Pro Gym doit avoir des espaces à vocation communautaire.On ne discute pas directement avec le promoteur, mais on a un devoir de revendication et de mobilisation du quartier par rapport à cet enjeu.On ne veut pas que ça pullule de condos dans le quartier.On vit une crise du logement actuellement, dois-je rappeler.?» Le projet d\u2019OSHA condos est un projet de 272 unités, dont 40 forment une coopérative gérée par l\u2019OBNL Bâtir son quartier.Sur le site de la Ville de Montréal, on lit : « Dorénavant, toute personne qui réalise un projet impliquant l\u2019ajout d\u2019au moins un logement et d\u2019une superficie résidentielle de plus de 450 m² (équivalant à environ cinq logements) doit conclure une entente avec la Ville afin de contribuer à l\u2019offre de logements sociaux, abordables et familiaux.Il peut s\u2019agir d\u2019un nouveau bâtiment, d\u2019un agrandissement ou de la conversion d\u2019un immeuble.» Règlement pour une métropole mixte (20-20-20) Adopté par la Ville en 2021, le règlement oblige les promoteurs immobiliers à inclure : de logements abordables de logements sociaux de logements familiaux dans leurs projets immobiliers 100 % camelots 15 mai 2023 15 Des organismes évincés La crise du logement et la surenchère ne touchent pas que les citoyens, tient à rappeler Mme Beghdadi.La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve est située au Pavillon d\u2019éducation communautaire (PEC), une bâtisse à vocation communautaire vétuste qui a besoin de rénovations majeures, mais que le propriétaire, le Centre de services scolaires de Montréal (CSSDM), n\u2019est pas prêt à payer, dit la directrice.Elle stipule également qu\u2019au printemps dernier, les organismes d\u2019aide et de droit au logement, le Comité BAILS et Entraide Logement, ont été évincés pour faire place à une école anglophone privée et ont tous deux trouvé refuge in extremis au PEC.Itinérance et campement Selon Amira Beghdadi, dans le développement des villes, et à Montréal précisément, l\u2019itinérance et la pauvreté ont tendance à s\u2019éloigner du centre-ville.Celles-ci se déplacent, entre autres, à l\u2019est de la Ville, dans l\u2019arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.Un phénomène qui a pu se faire sentir par le très médiatisé campement Notre-Dame, au début de la pandémie en 2020.«?L\u2019année dernière, on a tenu un forum portant sur l\u2019iti- nérance où nous avions formulé nos recommandations.L\u2019une d\u2019elles était d\u2019avoir un campement encadré et autorisé, à la suite de l\u2019expérience de Notre-Dame.C\u2019est en discussion avec les principaux acteurs?: organismes, CIUSSS, élus fédéraux, provinciaux et municipaux.Tous ne sont pas d\u2019accord.Le paradoxe, c\u2019est que les gens en situation d\u2019itinérance qui résident dans un campement le font parce que ce n\u2019est pas structuré, justement, croit la directrice.Comment permettre cette flexibilité et en même temps répondre aux critiques et inquiétudes, normales, des résidents des environs?En ce sens, on regarde l\u2019exemple d\u2019Halifax qui a autorisé deux sites dédiés aux campements itinérants.C\u2019est un modèle pour nous.?» Pour rappel, la Ville d\u2019Halifax a autorisé l\u2019été dernier des campements dans deux de ses parcs situés au centre-ville.Des briques dans les vitrines En 2016, le quartier Hochelaga-Maisonne- uve a fait les manchettes pour des actes de vandalisme à l\u2019endroit de commerces nouvellement installés, représentant pour certains un phénomène d\u2019embourgeoisement du quartier.Sept ans plus tard, qu\u2019en- est-il de cette cohabitation difficile entre nouveau commerce et résidents de longue date du quartier?«?Un quartier ne peut pas rester tel qu\u2019il est indéfiniment, dit Amira Beghdadi.Il y a des changements externes obligés comme le mouvement populationnel, les infrastructures, les services, l\u2019urbanisme.Un quartier, une ville, ça change, c\u2019est normal.Je pense que la peur de l\u2019embourgeoisement vient d\u2019une mauvaise information ou d\u2019une incompréhension du développement des villes.Les citoyens qui vandalisent, qui s\u2019opposent à tout développement économique, il faut leur donner beaucoup de considération.Il faut les impliquer et ils doivent être au cœur des décisions.Leurs préoccupations sont légitimes.?» Un commerce a aussi un devoir de comprendre où il s\u2019installe, poursuit-elle.S\u2019intéresser aux enjeux du quartier, participer aux instances de concertation, se rapprocher des organismes communautaires, ça peut aider à comprendre les besoins des gens du quartier.- Amira Beghdadi, 100 % camelots 15 mai 2023 16 Immigration et demandeurs d\u2019asile Si les chiffres du projet de 200 portes HM, géré par la table de quartier, avançaient qu\u2019en 2016 seulement 18?% de la population était issue de l\u2019immigration depuis 2011, contre la moyenne montréalaise de 32?%, cette situation a changé mais n\u2019est pas encore chiffrée, explique Amira Beghdadi.Un phénomène amplifié par l\u2019arrivée en masse de demandeurs d\u2019asile par le chemin Roxham.Par ailleurs, les organismes peinent à répondre aux besoins de ces nouveaux arrivants.Amira Beghdadi le constate?: «?On sent que ça change concernant l\u2019immigration.C\u2019est un quartier ouvrier à forte présence d\u2019une culture québécoise francophone et populaire.Avec l\u2019immigration, ça change le portrait du quartier, inévitablement.Je vous dirais qu\u2019avec l\u2019arrivée des demandeurs d\u2019asile des derniers mois, on l\u2019entend sur le terrain.Les organismes ont besoin d\u2019être outillés pour répondre aux besoins d\u2019une population qui diffère de leurs usagers habituels.«?Les organismes ont des logiciels de statistiques pour documenter chaque personne qui arrive et leur parcours, poursuit Mme Beghdadi.On a besoin de leurs statistiques pour avoir un portrait global du quartier et pouvoir fournir, par la suite, des services adaptés à ces nouveaux arrivants.?» Rencontre d\u2019urgence En avril dernier, une rencontre spéciale entre les acteurs communautaires concernés par l\u2019arrivée de demandeurs d\u2019asile dans Hochelaga-Maisonneuve a été organisée pour faire le point sur la situation.Ljupka Mirchovska, chargée de projet pour Femme-Relais, y participait, comme une vingtaine d\u2019autres acteurs communautaires et institutionnels.«?Ce qu\u2019on entend, dit Mme Mirchovska, c\u2019est que les organismes ont besoin de formation pour adapter leurs interventions auprès de cette population au parcours teinté de traumatismes, au statut juridique complexe et aux relations de confiance difficiles, notamment en raison de la barrière de la langue et de la crainte de se faire \u201cdénoncer\u2019\u2019.?» D\u2019un autre côté, comme elle l\u2019explique, ces femmes qu\u2019elle rencontre au projet Femme-relais prennent du temps avant de faire confiance?: «?Elles ne se sentent pas égales aux autres, et Hochelaga est un quartier moins diversifié par rapport à Montréal-Nord, Saint-Michel, et ça fait naître plusieurs craintes, dont celle d\u2019être exclues, dénoncées et renvoyées, à tort.?» À savoir pourquoi les demandeurs d\u2019asile en générale ne choisissent pas un quartier plus diversifié, Mme Mirchovska n\u2019a pas de réponse claire, mais pointe vers les loyers moins chers et la proximité du centre-ville, qui peut être sécurisante pour certains nouveaux arrivants.Elle rappelle que cette population est très mobile dans les mois, voire années, suivant leur arrivée.La cohabitation entre ces nouveaux arrivants, les organismes communautaires et la population du quartier est en développement, et c\u2019est grâce, entre autres, à des projets comme Femmes-relais que le lien de confiance peut se solidifier et mener à une cohabitation plus fluide, estime pour sa part la directrice de La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve, Amira Beghdadi.Présent dans d\u2019autres quartiers montréalais et nouvellement dans Hochelaga-Maisonneuve, le projet Femmes-relais vise l\u2019insertion socioprofessionnelle des femmes immigrantes en les formant aux codes culturels du Québec, aux ressources d\u2019employabilité, au fonctionnement des institutions, de la vie citoyenne et démocratique.Chaque année, le projet consiste à créer une cohorte de femmes immigrantes parlant le français qui seront formées et deviendront à leur tour des formatrices.100 % camelots 15 mai 2023 17 Une clôture, deux réalités Les balcons sont à quelques mètres l\u2019un de l\u2019autre et sont séparés par une petite clôture qui semble faire office de frontière.L\u2019image est forte et témoigne d\u2019une cohabitation serrée entre deux réalités socioéconomiques asymétriques.Plusieurs organismes communautaires et résidents de longue date du secteur craignaient une hausse des appels à la police en provenance de ses nouveaux propriétaires de condos.Livrés en partie en 2019, quatre ans plus tard, force est de constater que cette inquiétude ne s\u2019est pas concrétisée, confirme Dominic Leduc, directeur des ventes chez OSHA.Une affirmation corroborée par le Poste de quartier 23 (PDQ 23), celui qui dessert le quartier d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, et par Noémie Chabot, coordonnatrice des services au Groupe communautaire contre la violence (GCC La Violence), organisme situé dans le HLM Hochelaga, juste à côté.Ceux qui ont acheté des condos, «?sont des jeunes, en général des Montréalais, dit Dominic Leduc.Les gens moins ouverts d\u2019esprit vont peut-être décider d\u2019aller en banlieue.?» D\u2019ailleurs, M.Leduc affirme qu\u2019il y a eu très peu de craintes énoncées par les éventuels acheteurs sur la consommation de drogues, par exemple, dans le secteur.«?Le quartier change, dit-il.Au départ, il y avait un peu de réticence de la population locale.Il y a eu plusieurs manifestations, mais depuis les trois dernières années, rien.Il y a une bonne entente qui s\u2019est faite dans le quartier.Je m\u2019attendais, au départ, à ce qu\u2019il y ait du vandalisme, mais rien.Une fois ou deux des gens ont tagué de graffitis l\u2019immeuble, mais c\u2019est très peu quand on compare à Montréal en général.?» Dominic Leduc indique que la clientèle qui a acheté une unité dans le développement d\u2019OSHA?condos a entre 25 et 45 ans.La plupart des acheteurs résidaient déjà dans Hochelaga-Maisonneuve ou un quartier périphérique.OSHA condos est un vaste projet de 272 unités dont le prix de chacune varie de 300?000?$ à 500?000?$.Une mince clôture sépare ces condos des habitations à loyer modique (HLM) où familles et aînés à faible revenu résident.Par Simon Bolduc, chargé de projet - journalisme, en colaboration avec Gabriel Lavoie, assistant-journaliste et camelot marché Metro ch.Chambly, Longueuil.S I M O N B O L D U C 100 % camelots 15 mai 2023 18 Apprendre la non-violence, une manière de cohabiter Le Groupe communautaire contre la violence (GCC La Violence) est un organisme situé à même le HLM Hochelaga, à l\u2019angle des rues Joliette et Sainte-Catherine, un coin considéré «?chaud?», où la pauvreté, les familles et de jeunes enfants, la toxicomanie et la prostitution cohabitent.Sa mission est d\u2019offrir des solutions de rechange à la violence en proposant des activités, des ateliers et du soutien aux adultes, aux enfants et aux aînés du plan d\u2019habitations.Des seringues aux condos Une autre cohabitation n\u2019est pas celle avec les utilisateurs de drogues injectables, les travailleuses du sexe ou les plus marginalisés du coin, mais avec les nouveaux acheteurs de condos.Noémie Chabot estime que la gentrification de ce secteur du quartier est notable?: «?Les constructions de condos neufs à côté d\u2019un HLM qui a besoin d\u2019être rénové depuis des années, ça clashe un peu.Ça pousse les gens en dehors de là où ils résident, où ils ont peut-être grandi.Des constructions neuves, ça pousse plus loin les gens qui n\u2019ont pas les moyens.On remarque que de plus en plus de gens veulent venir vivre dans le quartier, mais ça ne doit pas se faire au détriment des autres familles.Ces condos ne sont pas abordables pour la majorité des familles d\u2019ici.?» Noémie Chabot est coordonnatrice des services communautaires au GCC La Violence.Au sujet de la cohabitation, elle en a beaucoup à dire, elle qui est au cœur d\u2019une mosaïque population- nelle unique.«?On fait un gros travail d\u2019éducation avec les familles, dit-elle.On les sensibilise sur les enjeux de l\u2019itinérance, de la toxicomanie, on travaille à ce qu\u2019ils deviennent de meilleurs citoyens et surtout, de meilleurs voisins.On favorise la cohabitation et on veut faire du milieu de vie un endroit intéressant pour tout le monde.?» Ce «?tout le monde?», c\u2019est autant les familles et les aînés du HLM que les gens qui fréquentent l\u2019organisme Dopamine, juste en face, la maison de chambres de l\u2019Anonyme, en biais, les travailleuses du sexe omniprésentes à l\u2019intersection, et les nouveaux propriétaires qui habitent les condos d\u2019OSHA.Isabelle Beauchamp?, directrice du GCC La Violence, poursuit?: «?Bien entendu c\u2019est un quartier qui bouge beaucoup.Forcément, il y a de l\u2019itiné- rance, des gens viennent squatter dans le parc, la prostitution est bien visible, mais heureusement il y a des ressources à proximité.Il faut dire que c\u2019est moins pire qu\u2019avant.L\u2019organisme Dopamine, on ne peut pas dire qu\u2019il est situé à la mauvaise place.?» Si la cohabitation a été plutôt difficile il y a une dizaine d\u2019années entre les usagers de Dopamine et les familles du HLM qui se plaignaient de trouver des seringues dans les modules de jeu du parc, la situation s\u2019est nettement améliorée.C\u2019est le constat que fait aussi Noémie Chabot?: «?Pendant l\u2019été, par exemple, on occupe beaucoup le parc, notamment avec notre camp de jour.On n\u2019a pas de difficultés de cohabitation parce que ce ne sont pas les mêmes moments et le même usage du parc dépendamment de la population.?» Quelques chiffres sur le quartier* 15,5 % des personnes du quartier reçoivent des prestations d\u2019aide sociale ; la moyenne montréalaise est de 8,2 %, celle de la province de 6,1 %.Le taux des jeunes pris en charge par la DPJ est de 5,8 % ; la moyenne montréalaise est de 1,6 %.35,2 % des jeunes ne terminent pas leur secondaire ; le taux moyen pour le reste de l\u2019île de Montréal est de 17,5 %.12,5 % des ménages locataires du CLSC de Hochelaga-Maisonneuve habitent dans un logement subventionné comparativement à 8,7 % pour la moyenne montréalaise.Sources : CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal et Statistique Canada.100 % camelots 15 mai 2023 19 sociocommunauta re Le rôle de la pol ce Vous êtes policière sociocommunautaire.Expliquez-moi en premier lieu qu\u2019est-ce que vous faites au quotidien qui diffère des autres policiers ?Les patrouilleurs travaillent sur la route et leur rôle principal est de répondre aux appels du 911.Moi je ne suis pas dans l\u2019urgence.Si les policiers vont sur un appel et qu'il y a un suivi à faire pour référer quelqu\u2019un vers un organisme, le CLSC par exemple, c\u2019est moi qui vais faire le suivi.Après l\u2019urgence, s\u2019il y a des services à offrir à quelqu\u2019un, c\u2019est moi qui m\u2019en occupe.Mon rôle est dans la prévention et l\u2019éducation.On fait des conférences dans les écoles, auprès des personnes âgées, des nouveaux arrivants.Ce sont des relations communautaires qu\u2019on a avec tous les résidents du quartier.La prostitution est omniprésente dans le secteur Hochelaga Sud.Quelle approche privilégiez-vous auprès des nombreuses travailleuses du sexe que vous rencontrez ?On tolère leur présence.On a un bon contact avec ces femmes-là.Je les connais et elles me connaissent.On est beaucoup en lien avec le CLSC.Par exemple, j\u2019ai des intervenantes du CLSC qui communiquent avec moi pour me dire qu\u2019une des femmes est due pour un suivi médical important.Elles me disent de lui passer le message si je la vois dans la rue, pour lui rappeler ses suivis.Mon rôle c\u2019est d\u2019offrir de l\u2019aide et du soutien.Si les femmes sont victimes de quelque chose, c\u2019est à moi de voir avec elles pour procéder à la plainte.Par exemple, si elles sont victimes de voies de fait, ou si elles ont des problèmes, on va échanger, discuter avec elles.On n\u2019est vraiment pas contre elles, bien au contraire.Par Sylvie Houle, camelot marché Metro Saint-Joseph / Chambly, en collaboration avec Simon Bolduc, chargé de projet - journalisme.Nathalie Legros, policière sociocommunautaire du Poste de quartier 23 du SPVM.S I M O N B O L D U C 100 % camelots 15 mai 2023 20 Pendant la pandémie, le personnel de votre poste de quartier a dû lui aussi apprendre à cohabiter.Le YMCA, votre voisin direct, a été converti en refuge d\u2019urgence.Il y a des jours où il y avait de l\u2019action dans le parking.Aujourd\u2019hui c\u2019est beaucoup moins pire.C\u2019était quoi le mot d\u2019ordre en matière d\u2019intervention et d\u2019arrestation ?Je dirais que quand le YMCA est devenu un refuge, il y a eu des rencontres qui ont été faites en amont avec le personnel d\u2019ici, du YMCA et de l\u2019équipe de sécurité mandatée sur les lieux.On a eu une super belle collaboration avec eux.Les enjeux, au départ, étaient de sensibiliser les gens qui demeurent autour de l\u2019implantation du refuge et de leur dire de signaler au 911 pour tout ce qui pouvait être des comportements dérangeants, des incivilités.C\u2019était une question de collaboration pour favoriser la cohabitation entre tous les gens qui gravitent autour du refuge et les résidents du refuge comme tels, mais on a vraiment une super belle collaboration avec eux.Il y a de la tolérance et de l\u2019acceptation.C\u2019est de la cohabitation sociale à l\u2019état pur, ici, aux angles des rues Bennett et Hochelaga.Il y a le poste de police, le refuge du YMCA, une garderie juste à côté, des logements pour les personnes non-voyantes, des condos\u2026 L\u2019an passé, l\u2019église Sainte-Jeanne-d\u2019Arc, près du métro Joliette, est aussi devenue un refuge d\u2019urgence.Avant son implantation, il y a eu énormément de travail terrain qui a été fait via l\u2019organisme l\u2019Anonyme et les agents sociocommunautaires du SPVM.On avait ratissé tout le quadrilatère aux abords du refuge pour sensibiliser la population, donner les numéros de téléphone pertinents s\u2019ils avaient quelque chose à signaler.Des travailleurs de rue étaient aux abords du refuge, notamment ceux de l\u2019organisme L\u2019Étape.Quel rôle a joué le PDQ 23 dans le maintien, d\u2019une part, et le démantèlement, d\u2019autre part, du campement Notre-Dame en 2020 ?Notre rôle, c\u2019était d\u2019assurer une présence.On avait des patrouilleurs à vélo, des agents sociocommunau- taires, on allait voir les gens et on discutait avec eux.À tous les jours, on passait.On demandait si tout le monde était correct.On faisait de la sensibilisation, par exemple, pour ceux qui avaient des chiens, de les garder en laisse, de garder le lieu le plus propre possible.Si certains avaient des besoins, le CLSC était présent, l\u2019organisme l\u2019Anonyme aussi.Ils étaient super coopératifs et gentils avec nous.Il y a beaucoup de gens du campement que je connaissais avant.Quand le campement a été démantelé c\u2019était pour des raisons de sécurité.Un feu avait pris naissance dans une tente.On savait qu\u2019avec l\u2019hiver qui s\u2019en venait, ça n\u2019aurait pas été possible.Ç\u2019a duré tout l\u2019été 2020.Quand on a assisté au démantèlement, on a accompagné les gens vers les refuges.Tous avaient la possibilité de faire entreposer leurs choses pour l\u2019hiver, on leur a dit qu\u2019on allait les accompagner, les prendre en charge pour la suite.n était en soutien au SIM (Services incendies Montréal), parce que le risque était trop grand de laisser ça comme ça.Tu veux répondre aux besoins de ces gens-là, mais il y avait les résidents autour qui n\u2019étaient pas contents, ils ont des familles et ne veulent pas être exposés à ça\u2026 C\u2019est légitime comme préoccupation, non ?C\u2019était un travail de sensibilisation auprès des gens du campement sur l\u2019hygiène, les résidents autour.C\u2019était de la pure cohabitation sociale.C\u2019était bien géré, bien entretenu en général.Même les enfants de la garderie avaient recommencé à jouer dans le parc en face du campement.Je vous dirais que ça allait relativement bien.J\u2019ai trouvé ça dur le démantèlement, personnellement.YMCA Hochelaga-Maisonneuve P H O T O T I R É D U S I T E W E B Y M C A 100 % camelots 15 mai 2023 21 HON.DAVID LAMETTI Député / MP LaSalle\u2013 Émard\u2013 Verdun David.Lametti@parl.gc.ca (514) 363-0954 PATRICIA LATTANZIO Députée / MP Saint-Léonard \u2013 Saint-Michel Patricia.Lattanzio@parl.gc.ca (514) 256-4548 SORAYA MARTINEZ FERRADA Députée / MP Hochelaga Soraya.MartinezFerrada@parl.gc.ca (514) 283-2655 SAMEER ZUBERI Député / MP Pierrefonds \u2013 Dollard Sameer.Zuberi@parl.gc.ca (514) 624-5725 TRÈS HON.JUSTIN TRUDEAU Député / MP Papineau Justin.Trudeau.c1c@parl.gc.ca (514) 277-6020 ANTHONY HOUSEFATHER Député / MP Mont-Royal / Mount Royal Anthony.Housefather@parl.gc.ca (514) 283-0171 HON.STEVEN GUILBEAULT Député / MP Laurier \u2013 Sainte-Marie Steven.Guilbeault@parl.gc.ca (514) 522-1339 ANNIE KOUTRAKIS Députée / MP Vimy Annie.Koutrakis@parl.gc.ca (450) 973-5660 VOS DÉPUTÉS FÉDÉRAUX LIBÉRAUX SONT FIERS D'APPUYER LE MAGAZINE YOUR FEDERAL LIBERAL MPS ARE PROUD TO SUPPORT MAGAZINE Partager son spot Là où je vends, je suis en plein milieu des deux sorties de la station McGill, en dedans.En général, je suis tranquille.Y\u2019a pas de quêteux ni d\u2019itinérants avec qui je dois dealer mon spot.Y\u2019a juste un p\u2019tite dame, en fauteuil roulant électrique.Parfois, c\u2019est moi qui lui plogue sa batterie.Elle est bien gentille.Elle doit avoir 30 ans.Elle quête à côté de moi, pendant que je vends le magazine.Elle est là, avec son verre à remplir de p\u2019tites piastres, posé sur sa tablette.Elle ne parle pas, jamais\u2026 La seule chose qu\u2019elle me demande c\u2019est?: «?Je te déranges-tu?» Mais elle m\u2019dérange pas pantoute.Beaucoup de mes clients, quand ils me donnent un 5?$ pour la revue, je leur rends un 2?$ de monnaie, qu\u2019ils donnent à cette dame-là (je lui ai jamais demandé son nom).Ils sont bons mes clients.Moi-même, j\u2019ai quêté là où je vends aujourd\u2019hui, à côté d\u2019un camelot de l\u2019époque.Alors, je peux rien dire\u2026 Je sais c\u2019est quoi?! J\u2019ai quêté pendant deux ans.Après je suis entré à L\u2019Itinéraire.Les gens sont plus attirés par les camelots que par les quêteux, quand même.Mais ces gens-là, ils ont le droit de vivre aussi?! Alors, je suis tolérant avec eux, s\u2019ils sont corrects avec moi.Beaucoup de quêteux occupent les spots de vente des camelots.C\u2019est pas facile toujours.Mais je pense que la solution, c\u2019est de parler avec eux, quand c\u2019est possible.De s\u2019arranger avec eux pour se partager les spots et les heures.C\u2019est sûr que si on commence tout de suite en s\u2019agressant, ça va pas ben\u2026 Faut pas juste chialer dans la vie?! HLM rêvé Le temps est venu pour moi de songer à faire le saut vers la pleine autonomie.Je quitterais ma ressource où j\u2019habite depuis environ quatre ans pour trouver un logement subventionné à la mesure de mes moyens.Je me suis donc permis de rêver au modèle d\u2019habitation et de quartier dans lequel j\u2019aimerais habiter.Le bâtiment pourrait comporter quatre ou cinq étages.Il serait construit dans un quartier où se trouveraient des commerces de proximité, du transport en commun et où se côtoieraient des gens provenant de tous les milieux et de toutes nationalités.Je souhaiterais avoir un plancher en bois franc avec une grande porte- patio pour une bonne luminosité, avoir l\u2019air climatisé, une piscine, des services communautaires, une piste cyclable à proximité.J\u2019adore partir pour la journée en vélo avec un lunch.J\u2019ai hâte que la saison commence.J\u2019aimerais aussi avoir assez d\u2019espace dans mon logement pour installer un endroit pour assembler mes modèles réduits et avoir un ordinateur avec des haut- parleurs pour écouter de la musique.Je vois aussi un jardin communautaire, des salles de loisirs et d'entraînement, ce qui permettrait d\u2019échanger avec les voisins et faire du social pour briser la solitude.Je l\u2019imagine un peu bâti sur le modèle d\u2019une coopérative d\u2019habitation où les locataires participeraient à l\u2019entretien de la propriété.Comme j\u2019aime bricoler, je pourrais m\u2019impliquer.Voilà?! Ce serait mon habitat rêvé.La cohabitation Je vis maintenant dans une résidence pour personnes âgées et je trouve que la cohabitation n\u2019est pas toujours facile.Il y a des gens qui ont le don de ne pas se mêler de leurs affaires, des écornifleurs, comme on dit.Et il y a ceux qui veulent prendre le contrôle de la place.Je n\u2019aime pas les gens comme ça.Comprenez-moi bien?: j\u2019aime socialiser, avoir des contacts avec les gens et par-dessus tout travailler avec le public.Mais je suis indépendante, j\u2019aime ma routine et je ne me mêle pas à n\u2019importe qui.Je ne veux pas m\u2019apitoyer sur mon sort, mais il reste que je n\u2019ai pas eu une vie heureuse, à commencer par une famille dans laquelle j\u2019étais le souffre-douleur et qui m\u2019a rejetée.J\u2019en ai bavé et je n\u2019ai pas eu une vie normale.Des gens m\u2019ont manipulée, harcelée.Ils ont essayé d\u2019abuser de moi et de me faire du tort.Maintenant, j\u2019ai un radar pour repérer les manipulateurs.Je les écoute parler et je m\u2019éloigne dès que je les entends «?jouer du violon?», parce que je la connais la chanson.Je crois que le bonheur, on le crée soi-même.On ne doit pas compter sur les autres, surtout à notre époque, alors qu\u2019il y a moins d\u2019entraide dans les familles et que c\u2019est difficile de se faire des amis.Malgré tout, j\u2019aime sortir pour voir du monde et j\u2019ai choisi d\u2019être positive pour mieux vivre.Jusqu\u2019à mon dernier souffle, je veux être autonome et indépendante.Je veux être heureuse.Mots de camelots ROBERT PATENAUDE Camelot métros Bonaventure et Jolicoeur FRANCE LAPOINTE Camelot SAQ Mont-Royal?/?Mentana MARIO ST-DENIS Camelot métro McGill 100 % camelots 15 mai 2023 23 Parlez-nous de Dopamine.On a deux endroits qui se sont développés avec le temps, dont un sur la rue Ontario?: on est ouverts le soir, 7 jours sur 7, 365 jours par année.Cet endroit héberge le matériel et la salle de consommation, une salle de répit aussi.Depuis 2017, les gens peuvent venir consommer sur place, en toute légalité.DOPAMINE , c\u2019est l\u2019un des plus anciens organismes de réduction des méfaits d\u2019Hochelaga.Né de l\u2019épidémie de VIH dans les années 1990, l\u2019OBNL est devenu au fil du temps «?le répondant pour le territoire, pour déployer les actions de prévention, de mobilisation auprès des utilisateurs et des utilisatrices de drogues?», décrit en entrevue Martin Pagé, directeur général engagé il y a plus de 15 ans.Dopamine, c\u2019est aussi une partie de la mémoire d\u2019Hoche- laga, de son évolution urbaine, sociale et économique des trois décennies passées.L\u2019Itinéraire s\u2019est adressé à Martin Pagé pour discuter de cohabitation sociale dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.DES CHOIX À FAIRE 100 % camelots 15 mai 2023 24 Par Gabriel Lavoie, assistant-journaliste et camelot métro ch.Chambly, en collaboration avec Marie-Ève Morasse, journaliste à La Presse. Comment se passe la cohabitation dans le quartier depuis le lancement de son plan de revitalisation il y a 20 ans ?N\u2019appelons pas ça une revitalisation, mais une gentrification.Il y a toujours eu des tensions dans le quartier entre les différents citoyens.Mais les gens d\u2019Hoche- laga ont toujours été très tolérants et en phase avec la réalité, parce que le quartier est ouvrier, avec une économie de survie et de la précarité sociale.La gentrification, ça commence très doucement.On essaie d\u2019abord d\u2019utiliser les locaux vides.Quand j\u2019ai commencé il y a 15 ans, il n\u2019y avait que des dépanneurs et des salons de massage ici.Aujourd\u2019hui, des condos poussent en face de Dopamine.Je ne sais pas encore les tensions sociales que ça va provoquer.Ça commence seulement à être occupé.Les gens qui arrivent sont peut-être d\u2019un autre quartier.La gentrification invisibilise les personnes qui font un travail du sexe ou qui consomment.Alors les citoyens qui arrivent et qui trouvent une seringue font des plaintes aux élus, à la police.Il n\u2019y a plus de solidarité.Il n\u2019y a plus de tolérance.Ce qu\u2019on voit, c\u2019est une catégorie de citoyens qui sont très rapides sur la levée de drapeau.Ces nouveaux citoyens ont fait le choix de venir dans Hochelaga avec leurs enfants, mais ils ne veulent surtout pas voir la misère et la détresse.Des groupes comme nous devons nous opposer à ces citoyens pour leur dire qu\u2019on vit dans une collectivité.Et nous, on ajoute par-dessus ce discours de la crise du logement, qui est à notre avis très silencieuse d\u2019ailleurs.Le monde s\u2019étonne après qu\u2019il y ait des campements, des gens en train de quêter.On ne veut pas voir les gens dans la rue, mais on ferme les maisons de chambres.La rue devient alors un espace d\u2019habitation.Nous, on demande aux décideurs d\u2019autoriser les campements et d\u2019assumer collectivement que le logement social est sous-financé.Il y a beaucoup d\u2019incohérence, parce qu\u2019au lieu de reconnaître tout ça, on nous demande de travailler la cohabitation.On nous met de la pression pour faire ça.C\u2019est quoi la cohabitation?Tolérer les situations de crise du logement?Reconnaître nos privilèges?Il faut comprendre la situation socio-urbaine dans laquelle on évolue.Et faire preuve de tolérance si ça brasse un peu certains soirs.C\u2019est ça qu\u2019il faudrait faire plutôt que de mettre de la pression.La cohabitation peut être très vide de sens si tu ne veux pas tolérer ce que tu vois dans la rue.Et ce que l\u2019on y voit, c\u2019est le résultat d\u2019une désinstitutionnalisa- tion de la santé mentale.C\u2019est la réalité du manque de logements, des crises de surdoses, de la stigmatisation des personnes, etc.Si on ne veut pas casser tout ça, on fait cohabiter quoi?Cela dit, quand le citoyen a les oreilles ouvertes et décide de dialoguer, même s\u2019il est à l\u2019origine plus hostile, souvent une compréhension s\u2019installe et les tensions baissent.Ça, ça prouve que la cohabitation est possible.DANS HOCHELAGA La cohabitation peut être très vide de sens si tu ne veux pas tolérer ce que tu vois dans la rue.100 % camelots 15 mai 2023 25 Que pensent vos membres du quartier de la gentrification ?Il y a un fort sentiment d\u2019appartenance.Les voix ne sont pas homogènes.Il y a des gens qui vivent ici depuis toujours.Ils trouvent que le quartier change.Ils nous parlent des grilled cheese à 25?$.Il y a des petites fruiteries, des petites épiceries, mais les gens n\u2019y ont pas accès.Je suis un amateur de café, et j'aime mon petit latté, mais il ne devrait pas y avoir juste des cafés à 7?$.Il devrait y avoir une mixité, un équilibre.Il y a des personnes qui trouvent que ça change, d\u2019autres trouvent leur place ici, parce que c\u2019est plus tolérant que le Quartier des spectacles ou le centre-ville.On entend souvent parler aussi des logements sociaux qui se sont construits.Mais il faut penser que les gens qui sont nés ici veulent y rester parce qu\u2019ils y ont leur réseau, leurs implications, leurs activités.Alors leur proposer un logement à Saint-Michel\u2026 J\u2019ai rencontré des personnes qui ont quitté leur logement parce que trop loin de leur communauté, qui sont revenus dans Hochelaga, et qui ont vécu dans la rue.On ne peut pas déraciner les gens comme on veut au nom d\u2019un toit.Il faut avoir des pensées de collectivités.Ma gang, c\u2019est ça qu\u2019ils disent?: ils ne veulent pas bouger à 8?km de chez eux.On parle de l\u2019importance du réseau, du milieu de vie pour les personnes.Pourquoi ce serait différent pour les personnes en situation précaire?Quel travail faudrait-il faire pour améliorer la cohabitation ?Au lieu de parler de cohabitation, il faut parler d\u2019acceptation de la situation en ce moment.Il n\u2019y a pas de solution magique pour améliorer la qualité de vie des personnes, il faut se retrousser les manches.La classe moyenne dit souvent qu\u2019elle est à deux chèques de paie de la rue.Dans les prochaines années, on a des choix de communautés à faire.Des chercheurs disent qu\u2019on a tendance à avoir des visions à coup de programmes.Certains disent qu\u2019il faudrait peut-être revenir à des prises en charge de communautés.Les solutions sont peut-être dans les petites communautés.Et que ces communautés puissent prendre en charge leurs membres plutôt que d'attendre d\u2019être desservies par des programmes.À un moment faut aller plus loin que de dire?: on va faire de la cohabitation.Il faut des solutions pérennes, des chèques d\u2019aide sociale indexés sur le coût de la vie, du logement.Sur votre territoire se trouvent plusieurs autres organismes communautaires.Comment travaillez-vous ensemble ?On travaille beaucoup avec d\u2019autres organismes comme Stella [soutien aux travailleuses du sexe], l\u2019Anonyme, pour porter des actions.Apporter un café chaud, du matériel stérile, un peu de dignité.C\u2019est là qu\u2019on place notre énergie.La Ville parle beaucoup de cohabitation ces temps-ci.Mais tu as beau mettre le nombre d\u2019équipes nécessaires dans la rue, s\u2019il n\u2019y a pas de logements, s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019accès à la bouffe, pas de revenus, ce sont des équipes qui finissent démunies, comme nous.Les propos ont été édités à des fins de clarté et de concision.On ne peut pas déraciner les gens comme on veut au nom d\u2019un toit.100 % camelots 15 mai 2023 26 La famille Irving Je suis un Acadien d\u2019un petit village du Nouveau-Brunswick?: Saint-Igna- ce-de-Kent.Quand j\u2019avais à peu près 16 ans, j\u2019ai fait de l\u2019aménagement paysager dans le parc Riverside de Bouctouche, où il y a une grande statue de K.C.Irving.Je ne savais pas trop qui était ce bonhomme, mais pour l\u2019inauguration du parc, où il devait couper le ruban, il est arrivé en hélicoptère.Très impressionnant pour un jeune comme moi?! Kenneth Colin Irving (1899-1992) a été un tycoon très important dans l\u2019histoire de la province.Il a commencé en achetant un garage puis une station-service.Une concession Ford a suivi, les station-services se sont multipliées et une raffinerie de pétrole s\u2019est jointe au groupe.Avec ses trois garçons, la croissance a continué?: un port en eau profonde et un chantier maritime.La famille Irving est devenue un grand propriétaire terrien?: des terres à bois, des champs de pommes de terre, de bleuets (j\u2019en ai déjà ramassées pour eux?!).La famille s\u2019est ensuite lancée dans les pâtes et papiers, a acheté des journaux, des stations de radio et elle est même devenue propriétaire des Wildcats de Moncton de la Ligue de hockey junior majeur (LHJMQ).J\u2019ai entendu dire qu\u2019aujourd\u2019hui encore, un emploi sur 12 au Nouveau-Brunswick dépend de la famille Irving.Et moi, j\u2019ai vu le patriarche K.C.Irving couper LE ruban de SON parc?! C\u2019est pas rien?! Les aînés chez les camelots La vie est rendue difficile depuis la pandémie.Je n\u2019ai jamais vu une telle montée des prix.L\u2019argent se fait rare, alors on doit recourir aux banques alimentaires qui, elles aussi, manquent de ressources.Et la qualité des denrées n\u2019est pas toujours top.C\u2019est difficile d\u2019avoir une diète équilibrée si on se fie uniquement à ces denrées.De plus, elles ferment pour les vacances d\u2019été mais nous, on a besoin de manger.La faim n\u2019a jamais congé.Pour ça, le soutien de L\u2019Itinéraire est très apprécié.Quand j\u2019étais jeune, j\u2019avais l\u2019audace et la ténacité pour accomplir toutes sortes de choses et c\u2019est ce que je me souhaite à chaque fois que je vais à mon poste de vente.Mon psychiatre m\u2019a déjà dit?: «?Allez chercher tout ce que vous pouvez.?» Et c\u2019est ce que j\u2019essaie de faire.Lorsque j\u2019enseignais dans le Grand- Nord, je m\u2019identifiais aux autres profs, ici ce sont les camelots qui m\u2019aident à tenir bon.Le courage me revient quand je les vois.Vendre L\u2019Itinéraire est un défi pour moi.Des fois il y a des gens qui me regardent drôlement avec ma tuque et mon dossard de l\u2019organisme, mais je ne m\u2019en fais pas pour autant, car pour les 65 ans et plus, les emplois sont rares quand on veut aller à son propre rythme.D\u2019autres me lancent «?bon courage?».C\u2019est ce que j\u2019invoque, le courage et la détermination requis pour mener à bien toute chose.Je remercie infiniment mes deux clients?: France et Pierre que j\u2019aime beaucoup et qui m\u2019achètent toujours L\u2019Itinéraire avec joie et bonheur.Helping out the homeless in Montreal When I first started working at the Atwater Market and the area nearby selling the magazine to help the homeless, there were only two panhandlers coming there regularly and both were named Michel.Sometimes I worked a few metres away from them outside the SAQ and they didn\u2019t bother me.As the years went by, different beggars came to the same place and some of them didn't want me working near them and one of them even chased me away.I was thinking of calling the police, but I acted nice and when I saw the same guys again, I went near the Brunet pharmacy to sell the magazine or the Atwater Market.I had the right to work outside the SAQ, where those beggars relied on these spots for money, but I also had the right to work elsewhere as well.The Atwater Market was a great place to work and none of those panhandlers had the right to beg there, because it was disallowed by the management.One of those Michels would often come to the Market, but there were many complaints made against him and he would be thrown out by Joseph the monitor.Near the Atwater Market on Notre-Dame Street, a new structure is being made to house the homeless.This shelter is scheduled to be completed in about two years.The City of Montreal is trying to adapt to the needs of the people.The action being taken in Montreal is to make the city more equitable and inclusive.Parts of this plan are to provide access to healthy nutrition, quality local services, take action against discrimination and provide affordable and clean housing.The city\u2019s plan sounds positive and hopefully it will be successful.I will continue doing my part helping out the homeless as long as I can.Mots de camelots FRANCINE DUFFY Camelot La Maison du rôti PJC Mont-Royal?/?Bordeaux RHÉO DENIS-GALLANT Camelot métro Cadillac BILL ECONOMOU Vendor Atwater Market 100 % camelots 15 mai 2023 27 Pierre est le responsable du Café Chez monsieur Paul, à L\u2019Itinéraire?; un milieu de vie où se déroulent des causeries, des dîners communautaires, les repas du midi des employés et des camelots, des ateliers et réunions en tout genre.Un jour, les enfants de Pierre lui ont demandé?: « Qu\u2019est ce que tu fais là-bas, papa ?» Pierre leur a simplement répondu?: « Je travaille avec du vrai monde.» Ce monde, c\u2019en est un qui a fréquenté la rue, frôlé la prison, parfois embrassé les barreaux, qui a vécu la dépendance, un monde qui connaît par cœur les craques du système pour y être tombé parfois plus d\u2019une fois\u2026 Ce monde, c\u2019est celui qui retient Pierre, le «?doyen?» de L\u2019Itinéraire, depuis 11 ans, alors qu\u2019il n\u2019était de passage que pour trois mois.«?Je suis resté parce que j\u2019ai toujours aimé les gens, les camelots, dit-il en entrevue avec Anne-Marie Wiseman, bénévole à la cuisine du Café et camelot.C\u2019est un milieu qui m\u2019a tout de suite fasciné?; les expériences de vie parfois très dramatiques, parfois prenantes.?» Travailler avec ce monde c\u2019est aussi cohabiter avec une réalité parfois difficile à comprendre, celle d\u2019être un camelot, été comme hiver, sous le regard des uns et l\u2019indifférence des autres.C\u2019est pourquoi l\u2019expérience Dans la peau d\u2019un camelot a été organisée.Une proposition applaudie par les camelots qui peuvent enfin partager leur quotidien autrement qu\u2019en mots.Sur une base volontaire, l\u2019ensemble des salariés présents y ont participé.Une heure de vente à la chaleur des premiers rayons printaniers, c\u2019est peu, mais suffisant pour se faire une idée de la rudesse d\u2019être en dehors de la norme.Retour sur expérience.Par Gabriel Lavoie, assistant-journaliste, camelot Marché Metro ch.Chambly, Longueuil, et Anne-Marie Wiseman, camelot au métro Radisson et Fruiterie Valmont Mont-Royal / Fabre.En collaboration avec Karine Bénézet, journaliste, cheffe de pupitre.un magazine à la fois Cohabiter, 100 % camelots 15 mai 2023 28 Carla Braga et Joseph Clermont Mathurin Jean-Christophe et Norman Rickert Des clients pleins de sympathie Carla a eu la chance de travailler avec Joseph Clermont Mathurin, un camelot qu\u2019elle apprécie beaucoup.L\u2019heure est passée très vite et elle est restée un peu plus longtemps pour profiter de l\u2019événement.Notre graphiste a remarqué qu\u2019il y avait beaucoup d\u2019empathie et de générosité envers Joseph de la part des clients.Et même envers elle?: «?Je me suis présentée comme l\u2019adjointe de Joseph.Les gens ont trouvé ça drôle et ont trouvé le magazine très beau?! Cette heure avec Joseph a été l\u2019occasion parfaite d\u2019être un peu plus proche de la réalité de nos camelots et de leur clientèle.?» Une proximité très utile quand on est responsable de la page couverture du magazine.Carla Braga, responsable de la création visuelle et Joseph Clermont Mathurin, camelot marché Metro Dorion?/?Sainte-Catherine Est.Un moment de jasette «?Ce que j\u2019aime, c\u2019est le monde?», dit Jean-Christophe, coordonnateur des services alimentaires de L\u2019Itinéraire.Son heure de vente avec Norman n\u2019aura malheureusement pas été foisonnante, mais elle lui aura apporté humainement, tout comme son quotidien dans la cuisine et au Café de L\u2019Itinéraire.Arrivé il y a un peu plus d\u2019un an et traversant alors un passage à vide, Jean-Christophe a rapidement appris à relativiser ses difficultés en écoutant «?les histoires pas possibles?» de vie des camelots.Son heure de vente, il l\u2019a donc passée à «?jaser du quotidien de camelot?» avec son binôme.Un moment qu\u2019il a bien apprécié.Jean-Christophe, coordonnateur des services alimentaires et Norman Rickert, camelot Pharmaprix Van-Horne?/?Dollar et métro Monk.Une force de caractère admirable C\u2019est un témoignage émouvant que livre Vanessa, directrice des opérations et des ressources humaines.Elle a vécu l\u2019expérience Dans la peau d\u2019un camelot avec France Lapointe qui vend sur le Plateau.Ce qui a frappé Vanessa, c\u2019est de voir que tout le monde connaît France par son prénom et à quel point elle se faisait une joie et un honneur de lui partager qu\u2019elle prend son travail au sérieux.France est également très «?polie, souriante et positive.J\u2019ai vu toutes ces choses-là, de mes yeux.C\u2019est quelque chose de se le faire dire, mais autre chose de le voir?».Elle a également constaté que beaucoup de gens l\u2019ignorent, mais qu\u2019elle reste positive malgré tout.Et ça, c\u2019est une force de caractère que Vanessa ne peut qu\u2019admirer.Vanessa Tremblay, directrice des opérations et des ressources humaines et France Lapointe, camelot SAQ Mont-Royal?/?Mentana.G A B R I E L L A V O I E P A S C A L E P L A N E T Luc Desjardins, Joseph et Carla Sandrine, Robert et Maude Une approche collective Pour le directeur général de L\u2019Itinéraire, Luc Desjardins, l\u2019expérience a été belle et enrichissante?; en particulier du côté humain.Il est évident pour Luc que cet événement apporte une meilleure compréhension du travail de camelot.«?C\u2019est aussi une belle façon d\u2019échanger avec nos participants dans leur milieu, dans leur environnement?».Luc recommencera l\u2019expérience sans hésitation?: «?Je trouve cela très important de saisir les sentiments de nos camelots et surtout de comprendre, de voir l\u2019approche collective que nous avons.?» Luc Desjardins, directeur général et éditeur et Joseph Clermont Mathurin, camelot marché Metro Dorion?/?Sainte-Catherine.Persévérance et résilience Sandrine, stagiaire en intervention psychosociale au moment d\u2019écrire ces lignes, a trouvé l\u2019expérience très pertinente.Cela lui a permis de vraiment se mettre à la place d\u2019un camelot.Comme beaucoup, elle a trouvé difficile l\u2019indifférence de la plupart des gens qui passaient et qui détournaient le regard.«?C\u2019était hyper confrontant.?» Toutefois, il y a des gens qui, au contraire, viennent à la rencontre du camelot.Et ça, ça permet de créer des liens.«?Il y a quelque chose de vraiment beau de faire partie d\u2019un environnement social comme ça, dans un lieu donné, et j\u2019ai trouvé ça très intéressant, surtout avec Robert.?» Sandrine a reconnu à quel point il peut être difficile de faire le travail de camelot et qu\u2019il faut être résilient et persévérant?! Elle recommencerait l\u2019expérience avec d\u2019autres et serait curieuse de voir les différentes techniques de vente utilisées.Sandrine, stagiaire en intervention psychosociale et Robert Patenaude, camelot métros Bonaventure et Jolicoeur.GABRIEL LAVOIE 100 % camelots 15 mai 2023 30 Yseult, Estela et Marie-Soleil Une expérience touchante Émilie et Alexandra ont trouvé ça «?super cool?» de participer à Dans la peau d\u2019un camelot.Elles qui n\u2019ont pas l\u2019habitude de travailler avec les camelots, elles ont accompagné Sylvie Houle sur son spot.Les deux employées du projet Maison Ronde auraient aimé rester plus longtemps.Elles ont adoré voir le contact entre Sylvie et les gens du coin, entre autres entendre certaines personnes lui dire?: «?Ah t\u2019étais pas là?!?» quand elles ne la voyaient pas sur son spot.Elles ont trouvé ça touchant de voir que son monde la réclame?! Émilie Beaudet, chargée de projet intérimaire \u2013 Programmes autochtones, Alexandra Poirier, intervenante à la formation et à l\u2019accompagnement et Sylvie Houle, camelot marché Metro Saint-Joseph?/?Chambly.Quand l\u2019estime de soi est au plus bas «?J\u2019ai beaucoup apprécié l\u2019expérience, commence Maude, intervenante psychosociale.Comme Sandrine, elle a vendu avec Robert Patenaude.«?Ça m\u2019a permis de réaliser à quel point c\u2019est confrontant de ne pas se faire regarder, saluer et même de se faire totalement éviter par les gens.?» Ce jour-là, Maude n\u2019a vendu aucun magazine.«?Une forme d\u2019échec par lequel passent tous les camelots.?» Maude se rappelle cependant les bons mots de Robert?: «?Une fois que tu en vends un, tu regagnes l\u2019estime perdue.?» Je connaissais déjà la réalité d\u2019un camelot à travers ce qu\u2019il me disait, mais maintenant je l\u2019ai vécue.Je comprends vraiment mieux leur ressenti à la fin d\u2019une journée où les ventes n\u2019ont pas été au rendez-vous et que l\u2019estime est au plus bas.Maude Rompré, intervenante psychosociale et Robert Patenaude, camelot métros Bonaventure et Jolicoeur.PASCALE PLANET 100 % camelots 15 mai 2023 31 Maxime et Thomas La motivation des camelots Thomas est l\u2019organisateur communautaire du Groupe L\u2019Itinéraire.Ce qui signifie que la tâche d\u2019organiser Dans la peau d\u2019un camelot lui revenait.Et il a pris beaucoup de plaisir à le faire, au même titre que l\u2019ensemble des salarié.e.s étaient très enthousiastes à participer.Thomas est également intervenant psychosocial de formation.Il a cette empathie envers les camelots qui lui racontent parfois des moments de vente difficiles.Mais vivre l\u2019expérience lui a «?vraiment ouvert les yeux quant à la motivation des camelots à vendre le magazine malgré les refus, les regards, les jugements?».Thomas Wayland, organisateur communautaire et Maxime Valcourt, camelot Théâtres du Rideau vert et du Nouveau Monde.PHOTOS PASCALE PLANET A N N O N C E P A Y É E « La cohabitation sociale, c\u2019est comme une colocation : différentes personnes parfois de différentes nationalités qui se retrouvent en harmonie et qui se respectent.» « La cohabitation sociale, c\u2019est important pour moi.J\u2019aimerais vraiment qu\u2019on arrive à tous vivre ensemble dans une société heureuse, sans aucune discrimination.Quand je vois des sans-abri je leur donne toujours de l\u2019argent ou j\u2019essaie de leur apporter de la nourriture.Je pense que peu importe ce que tu as fait dans ta vie, tu mérites une chance.» « La cohabitation, c\u2019est l\u2019équilibre entre les gens plus aisés et moins aisés.Ce sont aussi des compromis.» La cohabitation sociale Ces mots sont extraits d\u2019un vox pop réalisé sur les quais de la station McGill par trois camelots ou participants?: Agathe Melançon, Jacques Bibaud et Sylvain Pépin- Girard.Impliqués tous les trois dans une activité de médiation intellectuelle menée par l\u2019organisme Exeko du 16 janvier au 25 avril.Cette initiative a largement inspiré le thème du magazine.100 % camelots 15 mai 2023 33 C\u2019est magnifique?! C\u2019est déménager dans un petit quartier où les voisins s\u2019entendent bien, où tout le monde s\u2019aide.C\u2019est comme ça dans mon quartier, en face du parc de l\u2019Ancienne-Pépinière, dans Hochelaga.Mais c\u2019est vrai qu\u2019on est au nord de Sherbrooke, c\u2019est assez tranquille.Je dirais que le plus marginal, c\u2019est pas mal moi?! (rire) Comme ailleurs, y\u2019a des personnes qui consomment ici.Mais y\u2019a rien qui traîne, pas de seringues.La cohabitation, c\u2019est plus entre les propriétaires au premier étage de mon immeuble et les locataires au sous-sol et au 2e étage, que je la vois.Tout le monde s\u2019entend, tout le monde s\u2019entraide.C\u2019est génial?! Jean-Paul Lebel, camelot métro Berri-UQAM Du manque de cohabitation à la discrimination La cohabitation sociale, c'est de respecter les personnes différentes.De ne pas dénigrer, de traiter avec égalité les uns et les autres.Le contraire mène à des discriminations, même systémiques.Les personnes âgées en sont victimes, les itinérants aussi.C\u2019est d\u2019essayer de comprendre pourquoi les personnes sont comme ça et pas comme la plupart des gens.Yvon Massicotte, camelot métro Université-de-Montréal ch.Côte-des- Neiges entre Queen-Mary et Jean-Brillant Les bons ingrédients Ça ressemble beaucoup à la notion du vivre ensemble.L\u2019important c\u2019est de ne pas juger une personne sans savoir ce qu\u2019elle a vécu.Pour moi, c\u2019est la base de la cohabitation, en plus de traiter les gens comme on aimerait être traité soi-même.Les ingrédients seraient donc d\u2019accepter la différence et de faire attention aux autres en étant au minimum courtois.Et finalement, mettre de côté l\u2019agressivité.Mario Alberto Reyes Zamora, participant à la cuisine Des marques de respect La cohabitation sociale, c\u2019est par exemple quand je vends L\u2019Itinéraire et que je sollicite les gens pour qu\u2019ils me l\u2019achètent.Ils me disent oui, ou ils me disent non merci, je l\u2019ai déjà, je ne suis pas intéressé.Ce sont des marques de respect.C\u2019est de la cohabitation quand tout le monde fait attention à l\u2019autre, que les gens sont gentils entre eux.Surtout quand on habite tous le même coin.Samir Halaimia, camelot PJC Mont- Royal?/?Lanaudière et métro Laurier, sortie Saint-Joseph Vivre ensemble, c\u2019est possible La cohabitation c\u2019est?: s\u2019entraider, chacun à sa façon, être sociable, avoir de l\u2019humour, être souriant, être positif.Tout ça, ce sont des comportements qui aident à mieux cohabiter.On n\u2019est pas obligé de tous bien s\u2019entendre, mais je pense qu\u2019on serait capable de tous bien vivre ensemble, même si on est tous différents et imparfaits.Moi, ça me paraît simple.Manon Fortier, camelot Sherbrooke?/?Lepailleur 100 % camelots 15 mai 2023 34 La gentillesse Moi je viens de Laval.Il y a bien de l\u2019immigration aujourd\u2019hui, alors qu\u2019avant c\u2019était tout québécois.J\u2019ai pas de misère avec eux autres.Premièrement, ils parlent bien français puis ils veulent gagner leur vie.Nous on a été gâtés en vivant ici.Eux, pas toujours.Ils sont différents de moi, mais souvent ils sont vraiment gentils.On est tous des humains après tout.Maxime Valcourt, camelot Théâtres du Nouveau Monde et du Rideau Vert Coopérative d\u2019habitation Quand je pense cohabitation, je pense coopérative d\u2019habitation.Je me rappelle d\u2019une coopérative à Sherbrooke où j\u2019habitais avec huit autres personnes aux ressources financières très différentes.On devait avoir une bonne excuse pour ne pas souper ensemble.On avait ouvert à cette époque une seconde maison.Elle hébergeait des personnes en situation de handicap.On a donc adapté le lieu.On était comme des aidants naturels avec eux.C\u2019est un exemple de cohabitation.Mais ça pourrait aller plus loin que ça.Roger Perreault, camelot SAQ Masson?/?3e Avenue P U B L I C I T É 100 % camelots 15 mai 2023 35 Fées marraines est situé dans les locaux d\u2019un des magasins de Renaissance de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord.Tout de suite après nous avoir ouvert la porte, Mme Blouin tasse les bacs d\u2019accessoires que des bénévoles sont venus classer la veille.Dans un coin attendent de nombreuses boîtes de robes griffées qu\u2019un généreux donateur lui a apportées.Il y a des supports de robe à perte de vue.«?La magie des Fées marraines c\u2019est de faire la collecte de tenues de bal et d\u2019accessoires et de les offrir gratuitement à des étudiants, gars et filles, de Secondaire V qui, sans notre aide, ne pourraient pas assister aux bals de fin d\u2019année aussi bien vêtus?», explique d\u2019emblée Mme Blouin.Le bal des finissants peut sembler superficiel dans une vie, mais l\u2019enseignante croit fermement que tous les jeunes méritent de vivre cette journée magique.«?Lorsque je voyais la tristesse sur les visages des étudiants qui ne pouvaient, ou n\u2019osaient pas, aller à la cérémonie, faute d\u2019argent, je me suis disais qu\u2019il fallait faire quelque chose pour les aider?».POUR UN BAL DES FINISSANTS MAGIQUE DES FÉES MARRAINES C\u2019est dans son entrepôt que nous a donné rendez-vous l\u2019élégante Linda Blouin, ex-enseignante et fondatrice de Fées Marraines, un organisme qu\u2019elle fait grandir depuis 10 ans.Grâce à un travail titanesque et une armée de bénévoles, Fées marraines donne la chance à des finissantes et finissants de se présenter à leur bal sous leur plus beau jour.Ces filles et garçons, dont les familles ont des moyens limités, n\u2019ont plus à se soucier des coûts de l\u2019habillement en plus de vivre un moment de rêve lors de la journée-boutique.F É E S M A R R A I N E S Par Agathe Melançon, camelot métro Lionel-Groulx.100 % camelots 15 mai 2023 36 De la récolte des tenues au conte de fées ! Tout au long de l\u2019année, Fées marraines reçoit les dons du grand public et des commerces.Grâce à son partenariat avec Renaissance, les donateurs peuvent maintenant venir déposer les tenues qui ne servent plus dans un bac identifié «?Fées marraines?» ouvert 7 j?/?7.C\u2019est en avril chaque année que se font les grands préparatifs pour le jour J?: la journée boutique.Les bénévoles de l\u2019organisme sont sélectionnés avec soin pour venir aider.Avant le jour J, ces mêmes bénévoles, qui deviendront stylistes et habilleurs, reçoivent une formation sur les grands principes de l\u2019accueil inconditionnel (sans jugement et sans question).Pour Linda Blouin c\u2019est primordial.Les garçons et les filles vivent cette journée d\u2019essayage séparément.D\u2019abord, les jeunes sont accueillis comme des vedettes sur le tapis rouge, un bénévole leur est affecté à l\u2019entrée, et le conte de fées commence.Ils et elles sont invités à choisir et à essayer leurs tenues.Et aucune d\u2019entre elles n\u2019est démodée ou brisée.Au contraire?! Fées marraines met à leur disposition des vêtements de grande classe, dernier cri.«?En plus de choisir une robe, ou d\u2019autres habits à leur goût \u2014 car ce ne sont pas toutes les filles qui veulent porter une robe \u2014 les filles apprennent des trucs pour se coiffer, se maquiller.Les garçons, eux, se font plutôt expliquer comment choisir leurs souliers, la taille du pantalon et du veston?», relate Mme Blouin, devenue une véritable spécialiste avec le temps.Un bal pour tous et toutes À l\u2019époque où elle enseignait à Saint- Léonard, elle avait parlé de son rêve à ses élèves?: «?J\u2019aimerais que tous les jeunes qui le désirent puissent aller au bal sans discrimination.?» Cela avait touché droit au cœur Geneviève Peel, l\u2019une de ses étudiantes qui, six mois plus tard, lui faisait cadeau de sa robe de finissante.Le projet était né.Année après année, les demandes n\u2019ont fait qu\u2019augmenter, de nombreuses écoles mentionnaient les services de Fées marraines à leurs élèves, et les professeurs ont toujours collaboré à maintenir la règle de confidentialité, pour ne pas discriminer les étudiants.Aujourd\u2019hui?: filles, garçons, personnes LBGTQI2S+, de toutes origines et de toutes religions, en cursus scolaire régulier ou particulier, peuvent faire une demande auprès de Fées marraines.Tout le monde est accepté, même des jeunes malades et alités se sont déjà présentés chez Fées marraines.«?Ce n\u2019est pas juste les jeunes qui finissent le secondaire 5, les jeunes qui ont un handicap physique, des défis particuliers\u2026 tout le monde a besoin d\u2019être célébré?», croit Mme Blouin, la première des Fées.D\u2019autant plus «?qu\u2019il n\u2019y a plus beaucoup de rites de passage dans nos vies depuis le retrait des sacrements religieux.?» Linda Blouin a bien l\u2019intention de poursuivre sa mission avec Fées Marraines.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela qu\u2019elle suit des cours en gestion philanthropique.Mais ce dont elle rêve également, c\u2019est entre autres d\u2019avoir des bénévoles s\u2019identifiant à différents genres pour être plus représentative de la société aux yeux des jeunes, et surtout, d\u2019être toujours plus inclusive.100 % camelots 15 mai 2023 37 Mario Girard est surtout connu comme journaliste de La Presse.Il a sorti en mars dernier une biographie complète sur Clémence Desrochers.Il n'en est pas à sa première expérience à titre de biographe, lui qui en a auparavant publié trois autres sur Les Belles Sœurs, Renée Claude et Charles Aznavour, et ce, en cinq ans seulement.Serait-il en train de devenir l\u2019un des biographes les plus importants d'ici ?Nous en avons parlé autour d\u2019un café.Extraits choisis d\u2019une longue discussion.MARIO GIRARD LE BIOGRAPHE Par Siou, camelot PJC Mont-Royal / Bordeaux.Conception visuelle par Siou. Clémence, encore une fois, est un tel succès que vous avez déjà été obligé de partir en deuxième impression.C\u2019est incroyable, on vous a vu à presque toutes les émissions de radio et de télé, ce qui nous a permis de comprendre aussi que vous et Clémence étiez de très bon amis.Pour écrire une biographie, est-ce un avantage ou un désavantage d\u2019être aussi proche de son sujet ?Écoute, je savais très bien que je n\u2019allais pas découvrir que Clémence a déjà été espionne pour la Russie?! Il n\u2019y avait aucun danger de ce côté-là.Cependant, je savais exactement quel genre de biographie je voulais faire.Je ne voulais surtout pas entrer dans sa vie privée et on s\u2019est entendus rapidement là-dessus.Mais par exemple, si tu as à faire une biographie politique avec un processus plus d\u2019enquête, alors là, oui, il est important d\u2019avoir un recul nécessaire.J\u2019ai beaucoup aimé ton livre sur Clémence.J\u2019ai apprécié le travail minutieux du journaliste, mais j\u2019ai surtout accroché sur la première partie ou tu racontes son enfance.J\u2019ai aimé cette façon que tu avais de nous la raconter.Et cette façon est un peu différente du reste de l\u2019ouvrage, n\u2019est-ce pas ?Oui, il y a une anecdote reliée à ça.J\u2019appelais souvent Clémence et son amie Louise pour avoir toujours un peu plus de détails.Par exemple, à sept ans, Clémence pouvait-elle vraiment être seule pour aller voir le show de Juliette Béliveau?!?Est-ce que c\u2019est bien comme ça que ça c\u2019est passé?Moi, je suis un vrai «?gosseux?», elles peuvent te le dire.J\u2019étais avec Louise au téléphone et soudain j\u2019entends au loin derrière, la voix de Clémence?: «?Je sais pas, dis-lui qu\u2019il invente quelque chose?!?» J\u2019ai alors vu ça comme une belle marque de confiance.Je me suis dit?: «?Ok?! Ce chapitre sur l\u2019enfance, je vais en partie l\u2019inventer.?» Normalement, j\u2019aime pas trop ça les biographies inventées.Exceptionnellement, pour l\u2019intro du livre, je l\u2019ai raconté comme ça?: C\u2019est un lundi de Pâques, la p\u2019tite Clémence traverse la rue seule pour aller voir au sous-sol de l\u2019église le show auquel participe la fameuse comédienne de la radio Juliette Béliveau.En l\u2019entendant chanter Boum, ça y est, la fillette a une espèce d\u2019illumination?; quand elle sera grande, elle montera sur scène elle aussi pour faire rire et pleurer les gens.Tout sourire, elle retourne à la maison en sautillant.Lorsqu\u2019elle franchit la porte, c\u2019est l\u2019heure du souper.Ici, ça me permettait de présenter ses frères et sœurs et sa mère Rose.De là, j\u2019ai imaginé Rose qui s\u2019essuyait les mains sur son tablier avant de remonter ses lunettes.Lorsque Clémence a vu le résultat, elle ne m\u2019a pas dit?: «?T\u2019es complètement à coté d\u2019la track.?» Non, elle était plutôt contente?! Bon, pour cette partie-là, c\u2019était le romancier qui écrivait, mais pour le reste, on a affaire à une vraie démarche biographique.S I M O N B O L D U C 100 % camelots 15 mai 2023 39 Ah ! Ça m\u2019fait penser que, pour ton livre consacré à Renée Claude, j\u2019ai lu quelque part dans une entrevue que tu voulais en faire une « vraie » biographie.Alors, qu\u2019est-ce que c\u2019est pour toi une vraie biographie ?Y\u2019en as-tu des moins vraies ?(rires) (Rires).Je ne sais pas ce que c\u2019est une vraie biogra - phie, mais une bonne biographie, je pense que c\u2019est lorsque tu sens la vision, l\u2019amour du biographe pour son sujet?! C\u2019est ça qui me drive?! Clémence, je l\u2019aime?! C\u2019est ça qui m\u2019a motivé pendant tout le travail d\u2019écriture et de recherche.Pour Renée Claude, c\u2019est la même chose?! Mais il faut aussi que tu te poses la question?: «?Est-ce que j\u2019ai vraiment une histoire entre les mains?» Mais ça, tu ne peux pas le savoir, tant que tu n\u2019as pas fait un bout de chemin.Renée Claude s\u2019est démarquée comme inter - prète.Elle a pris sa carrière en main et a choisi ses auteurs et ses compositeurs pour lui écrire des chansons qui représentent son époque.Pour la première fois, une chanteuse réussissait à attirer autant le public des chansonniers que celui de la pop.Mais à la base, c\u2019est avant tout l\u2019histoire d\u2019une fille ultra timide, qui veut à tout prix monter sur scène pour chanter.Pour moi, il y a là quelque chose de surprenant.La même chose avec Aznavour et le Québec.C\u2019était quoi mon histoire?Bien, c\u2019est l\u2019histoire de l\u2019une des plus grandes stars internationales, qui a connu ses débuts ici, dans un cabaret tenu par la pègre montréalaise.Ou encore, si on regarde l\u2019époque des Belles Sœurs, ce fut d\u2019abord et avant tout la rencontre importante entre deux jeunes hommes, Tremblay 22 ans et Brassard 18 ans.Leur rencontre va faire en sorte que cette œuvre magistrale va naître et changer tout le décor culturel au Québec.Ce n\u2019est pas rien?! Par contre, le défi dans une biographie, c\u2019est que très souvent tu te butes à deux, trois versions contraires.Même la personne concernée peut te raconter quelque chose qui va s\u2019avérer pas tout à fait vraie, si tu te mets à fouiller un peu plus.Tu sais, la mémoire\u2026 Alors bref, il faut apporter tous les points de vue, mais un moment donné tu laisses le cœur se faire une idée avec tout ça.Est-ce que ça t\u2019est déjà arrivé comme lecteur de tomber sur une mauvaise biographie ?Euh\u2026 Oui, dernièrement, j\u2019ai commencé à lire une biographie sur le couturier Christian Dior et à la cinquième page, je suis tombé sur un nom mal écrit.J\u2019ai sursauté?! À la quinzième page, c\u2019est la même chose.J\u2019ai refermé le livre en me disant que je ne pouvais pas faire confiance à cet auteur pour le reste, sur les dates qu\u2019il va me donner, les faits et ce qui va suivre.C\u2019est sûr que l\u2019éditeur à un rôle à jouer dans cette affaire-là, mais c\u2019est aussi la job de l\u2019au - teur.Surtout en 2023, tu as accès à tout.Tu peux tout vérifier.Alors pour moi, je me dis, il l\u2019a fait vite celle-là.C\u2019est comme on dit, une biographie alimentaire.Il y a aussi le genre de biographie où tu sens qu\u2019elle a été écrite à partir des huit biographies déjà existantes sur le même sujet.Ils vont faire un résumé de tout ça et là tu n\u2019as rien de nouveau.Ça c\u2019est insultant?! 100 % camelots 15 mai 2023 40 Tu as déjà un travail exigeant de journaliste, où as-tu trouvé le temps d\u2019enchaîner l\u2019écriture de quatre biographies ?Le soir et les fins de semaine.(Rires).Vois-tu, pour la collecte des informations, la recherche, aller aux archives, ça peut durer quelques mois.Je me retrouve toujours avec une montagne de rensei - gnements et puis cette montagne peut te faire peur.Mais, il faut que tu commences à la grimper puis à faire du ménage, à trier tout ça.C\u2019est la partie la plus difficile, ça peut prendre plusieurs semaines.Mais quand tu commences à écrire, c\u2019est un grand, un très grand bonheur.L\u2019ensemble du travail peut me prendre en moyenne 18 mois.Ensuite, je l\u2019envoie à André Ducharme.Il est mon premier lecteur pour tous mes livres.Je trouve que c\u2019est la plus belle plume au Québec.Et c\u2019est un être d\u2019une grande culture.Quand tu fais un livre, tu as besoin autour de toi d\u2019avoir des gens à qui tu fais confiance.Et lui, il est du genre à te remettre ton manuscrit avec 350 post-it, des fois ça peut être décourageant, mais en général ça me challenge plus qu\u2019autre chose.Y\u2019en a-t-il déjà un prochain en route ?Oui, mais je peux seulement te dire que pour le prochain, je reviens plus à l\u2019approche des Belles Sœurs.Ce qui veut dire que ce sera aussi sur une décennie que j\u2019ai bien connue.En fin de compte, mes sujets tournent toujours autour de mon époque, de choses que je connais ou de gens que j\u2019aime.Je ne me verrais pas du tout faire une biographie sur commande.Justement, en lisant ta biographie sur Clémence, ce qui est beau c\u2019est qu\u2019on ressent l\u2019affection énorme que tu as pour l\u2019artiste et son œuvre.Est-ce que toi, à un moment donné, tu t\u2019es laissé influencer par ses écrits, au point de vouloir te mettre aussi à la poésie ou à l\u2019écriture de chanson ?Je me suis déjà essayé, mais ça fait longtemps.J\u2019habitais l\u2019Outaouais, j\u2019avais autour de 25-26 ans.Eh oui, à cette époque, j\u2019ai écrit quelques textes de chanson pour des interprètes de la région.Mais tu sais, écrire comme Clémence le fait, c\u2019est un talent en soi.Dans son cas, sa poésie est partout?: dans ses dessins, ses monologues, ses chansons, ses personnages, dans son enfance.Et puis même lorsque tu discutes avec elle, c\u2019est quelqu\u2019un qui dit les choses, qui réfléchit, qui pose un regard sur les gens comme une vraie poète. Pour cette édition, Jean-Guy Deslauriers, camelot bien connu de la rue Masson, est allé glaner des suggestions de lectures biographiques auprès des libraires de la Promenade.Suggestions de livres Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l\u2019Amérique indomptée et ses paysages sauvages.À l\u2019aube de la cinquantaine, Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana.Elle observe le territoire, découvre l\u2019imaginaire frontalier de l\u2019Ouest américain et ses extrêmes.Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences?: maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe\u2026 Consciente de ce que l\u2019humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l\u2019écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c\u2019est que vivre.En restituant l\u2019Amérique dans sa démesure, Abandon aide à respirer.- Extrait de la quatrième de couverture Abandon Joanna Pocock, Trad.de l\u2019anglais Véronique Lessard et Marc Charron Éditions Mémoire d\u2019encrier, 2020, 332 pages Héritière d\u2019une véritable dynastie musicale, fille des légendes folk Kate McGarrigle et Loudon Wainwright III et sœur du célèbre et inimitable Rufus Wainwright, Martha Wainwright a grandi au sein d\u2019un univers peuplé d\u2019extraordinaires artistes?: Leonard Cohen, Suzzy Roche, Anna McGarrigle, Richard et Linda Thompson, Pete Townshend, Donald Fagan et Emmylou Harris, pour n\u2019en nommer que quelques-uns.Au sein de ce défilé de personnalités bohèmes, bruyantes et plus grandes que nature, la jeune Martha a mûri tant bien que mal, se démènent pour trouver une voix qui lui appartiendrait en propre.- Extrait de la quatrième de couverture Rien de grave n\u2019est encore arrivé Martha Wainwright Éditions Québec Amérique, 2022, 288 pages Le collectif Les voix du présent emprunte différentes formes.Ce recueil de témoignages nous renseigne sur les qualités intrinsèques, les talents et les acquis qui permettent d\u2019être un leader en situation autochtone.Cet ouvrage se veut un hommage à la pluralité des identités autoch - tones et aux forces des communautés qui forment les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, ainsi qu\u2019un appel aux espoirs de demain.- Extrait tiré de leslibraires.ca Les voix du présent Collectif (recueil de témoignages) Éditions Hannenorak, 2022, 22 pages Par Jean-Guy Deslauriers, camelot Première Moisson, Promenade Masson.Merci aux librairies Limasson, Chez Pauline et au café-librairie Le Vieux Bouc. A N N O N C E P A Y É E Dans ce récit, considéré aujourd\u2019hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d\u2019écrivain et de militante dans l\u2019Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours.Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire.À la lire, on mesure \u2013 mieux encore \u2013 le chemin parcouru par la société américaine en moins d\u2019un demi-siècle\u2026 - Extrait tiré de leslibraires.ca Je sais pourquoi chante l\u2019oiseau en cage Maya Angelou Éditeur Le livre de poche, 2009, 352 pages Cinq ans après avoir quitté la vie politique, Françoise David revient dans cette biographie sur cinq moments charnières de son parcours.Dans une série d\u2019entretiens menés par la journa - liste Lisa-Marie Gervais, elle raconte son demi-siècle d\u2019engagement à travers ses yeux de mili - tante, de mère, de femme.Elle réfléchit à ses victoires comme à ses revers, faisant de ce livre un précieux legs pour les générations futures.Fidèle à elle-même, elle se raconte au «?je?» sans jamais oublier le «?nous?», en espérant que les combats d\u2019hier sauront éclairer les luttes de demain.- Extrait de la quatrième de couverture Du coeur au combat?: Françoise David en cinq temps Lisa-Marie Gervais Atelier 10, 2022, 122 pages Solutions dans le prochain numéro Filtrée Procédure en cas d\u2019urgence Individu qui encaustique Que l\u2019on doit rendre Farine Équipais Étable à cochons Ville de France Poissons au vin Qui a l\u2019apparence de la farine Canal Intermédiaire entre deux isomères Adoucissant Mesure itinéraire chinoise Devine Attacher Pronom Mollusque Tour Onde Récolta Île d\u2019Autriche À toi Expert À elle Iridium Fer Mélusine D M M R R P E S E S N T L I F E E O L B A U I R R A M S A S A T A T R A T T L E E R E M S O E M R E L E N T I I F A F R I A N C E U L I O S U E P E U R E E T 1 7 3 8 2 9 5 4 6 6 8 5 3 4 7 2 9 1 2 4 9 1 6 5 8 3 7 8 9 6 5 3 4 7 1 2 7 2 4 6 9 1 3 8 5 3 5 1 2 7 8 9 6 4 4 6 8 7 5 3 1 2 9 5 1 2 9 8 6 4 7 3 9 3 7 4 1 2 6 5 8 - 1er mai 2023 horizontalement verticalement Énervera Astuces Pilotages Certificat Hume Couverture Également Fléau Remâcher Victoire de Napoléon Fêter Pronom Triolet Versus Candeur Sanie Maniaque Se trompe Nettoyai Frottera Monnaie Exclamation enfantine Étend Saison Croc Celé Ornèrent 1.Para.2.Ouvertures rondes.- Musiques andalouses.3.Règle.- Interjection.- Lichen.4.Fournir de nerfs.5.Mesurions des fûts.6.Strontium.- Boucliers.- Palmier.7.Onde.- Récipient ovale.8.Our.- Pâlies.9.Localise.- Perroquet.- Étui de métal.10.Titan.- Placées.- Au.1.Ponceuse.2.Se dit d'un raisonnement qui, partant d'une opposition dans les hypothèses, conclut à une opposition dans les conséquences.3.Épave.- Travailleuse sociale.4.Alu.- Âge.- Siroté.5.Qui concernent la boisson provenant de la fermentation du jus de pommes.6.Admise.7.Coutumes.- Lubrifias une fibre textile.8.Bâtiments construits en hauteur.- Déchiffrer.9.Pronom.- Événements imprévisibles.10.Monnaie du Japon.- Prairies.11.Ancienne monnaie chinoise.- Erbium.- Note.12.Aire de vent.- Aiguiser. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente 8 1 2 5 3 5 4 7 1 3 9 1 8 4 1 2 3 5 8 5 8 4 9 4 6 7 6 2 6 7 4 1 8 8 3 6 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE PIXABAY A N N O N C E P A Y É E Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant : $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme: 13648 4219 RR0001 100 $ 100 % camelots 15 mai 2023 47 p u b l i c i t é Un projet pilote lancé par Éduc'alcool et le Service de police de la Ville de Montréal "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.