L'itinéraire, 1 janvier 2022, jeudi 1 décembre 2022
[" Volume XXIX, n?23 Montréal, 1er décembre 2022 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Montréal Agglomération de Longueuil Laval B ZONE C ZONE C ZONE C ZONE C ZONE B ZONE A ZONE À Montréal, vous êtes en zone A Avec la refonte tarifaire métropolitaine, les nouveaux titres Tous modes vous donnent accès au métro, aux trains, aux bus et bientôt au REM partout dans la zone .A Nouvelle tarification En vigueur dès le 1er juillet.publicité L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par le passé, Daniel a connu de nombreux moments difficiles : hyperactivité entraînant des problèmes à l\u2019école, fréquentation de mauvaises personnes, démêlés avec la justice, deux ans et demi au centre correctionnel Batshaw (établissement pour jeunes de Shawbridge), consommation de drogues et d\u2019alcool, et épisodes de dépression.Mais ces dernières années, il a changé de vie et a réussi à surmonter la plupart de ces obstacles et, surtout, il ne consomme plus de drogues depuis 14 ans.Comme il le dit lui-même : « J\u2019essaie maintenant d\u2019avoir des pensées positives et de mener une bonne vie ».Quatre clés contribuent à la nouvelle vision positive de la vie de Daniel.Travailler à L\u2019Itinéraire : Daniel est camelot pour L\u2019Itinéraire depuis 17 ans.Il travaille quatre ou cinq jours par semaine sur l\u2019un ou l\u2019autre de ses deux points de vente.Même si c\u2019est un travail difficile, il aime vraiment ça.Après tout ce temps, il s\u2019est constitué une clientèle fidèle qui achète régulièrement le magazine.Il aime particulièrement discuter avec elle.L\u2019Itinéraire a permis à Daniel de se réinsérer dans la vie active.Il a désormais le sentiment de contribuer positivement à la société.« I am very inspired by the work that I have done », affirme-t-il dans sa langue maternelle.L\u2019écriture : Depuis son arrivée à L\u2019Itinéraire, l\u2019écriture occupe une place importante dans la vie de Daniel.Jusqu\u2019à présent, il a publié 145 articles dans le magazine.C\u2019est impressionnant ! Ce plus de huit articles par an.Il envisage de les rassembler dans un recueil et de les publier.L\u2019écriture est une activité thérapeutique pour lui.Elle lui permet de laisser libre cours à son imagination et d\u2019exprimer non seulement ce qu\u2019il aime, mais aussi ses frustrations.« L\u2019écriture m\u2019a aidé à apprécier le bon côté de la vie.C\u2019est une chose spirituelle.C\u2019est un don que j\u2019ai.I will keep writing as long as I am alive.» Croire en Dieu : Dieu et la religion jouent un rôle important dans la vie de Daniel.Il fréquente régulièrement une église catholique française.Cela apporte une structure et un équilibre à sa vie.Les sermons du prêtre lui offrent souvent du réconfort.Il apprécie également le soutien et l\u2019amitié de la communauté religieuse.Pour renouveler sa foi, il se fera bientôt baptiser à nouveau.Regarder vers l\u2019avenir : Ce qui manque à Daniel aujourd\u2019hui, c\u2019est le soutien d\u2019une famille.Il souhaite trouver une compagne pour partager sa vie et peut-être avoir un jour des enfants.De plus, parler avec ses frères le rendrait heureux.Il ne les a pas vus depuis des années.Sobre et avec une nouvelle attitude positive envers la vie, il peut envisager l\u2019avenir avec confiance.Camelot n° 00077 \u2022 Âge 58 ans Points de vente Des Pins / Saint-Laurent et Mainsfield / De la Gauchetière Daniel Grady Par Jean Talbot ?Bénévole à la rédaction SIMON BOLDUC RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) 1er décembre 2022 Volume XXIX, no 23 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Un gros éléphant dans la pièce C\u2019est une réalité qui existe depuis que le monde est monde, mais qui n\u2019est plus tolérée de nos jours.Et plus du tout, même.La violence faite aux femmes ne passe plus.Mais la partie n\u2019est pas gagnée pour autant.Il est vrai qu\u2019à force de campagnes de sensibilisation, d\u2019articles dans les journaux, de dénonciations publiques, de condamnations, la société et les gouvernements ont fini par reconnaître qu\u2019il y avait un éléphant dans la pièce.Car à une époque pas du tout lointaine, c\u2019était l\u2019omertá lorsqu\u2019une femme subissait de la violence aux mains d\u2019un homme.Pire encore, c\u2019était considéré comme honteux, et peu de femmes la dénonçaient.Lorsqu\u2019on parle de violence, il n\u2019est pas seulement question d\u2019abus physiques, mais de violences psychologique, économique et sexuelle.Jusqu\u2019aux années 70, les femmes étaient emprisonnées dans leur détresse, plus souvent qu\u2019autrement dans l\u2019indifférence, voire même avec la complicité de l\u2019Église qui les condamnait à endurer sans se plaindre.Lorsque les femmes ont commencé à être plus vocales et à réclamer leurs droits, les choses se sont mises à changer.Assez, c\u2019était assez ! C\u2019est alors que les premières maisons d\u2019hébergement où elles pouvaient se réfugier ont vu le jour.La violence qu\u2019elles étaient trop nombreuses à subir en silence a été dévoilée au grand jour.Question de contrôle De tout temps, cette violence émane du besoin de contrôler, de dominer.Une forme d\u2019oppression de la part d\u2019hommes « insécures », aux prises avec une faible estime d\u2019eux-mêmes et une incapacité à gérer leurs émotions.Comme le dit Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d\u2019hébergement pour femmes que notre journaliste a interviewée : « L\u2019 idée, ce n\u2019est pas de dire que ce sont des hommes méchants, c\u2019est juste que les faits démontrent une réalité.La violence faite aux femmes, c\u2019est un contrôle.On vit encore dans une société patriarcale.» C\u2019est donc dire que la lutte n\u2019est pas finie.Même avec une conscientisation accrue, le mouvement #MoiAussi, et les dénonciations très médiatisées, trop de femmes continuent d\u2019être des victimes de violences et beaucoup trop sont tuées : au Québec, il y a eu, à ce jour, 14 féminicides depuis le début de l\u2019année.Un chiffre effarant.Notre journaliste Yseult Picard, qui s\u2019est intéressée à plusieurs facettes de la situation, s\u2019est entretenue avec différentes intervenantes, de même que des hommes qui cheminent pour mettre fin au cycle de la violence.Avec ce dossier, on tente de savoir ce qui se cache derrière les violences faites aux femmes.Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photo de La Une PIERRE LETARTE Photomontage CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ et SUZIE DIONNE Intervenantes psychosociales DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE et JEANNE MARION Intervenantes à la formation et à l\u2019accompagnement ALEXANDRA POIRIER et SHANA CAMILLO Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière - Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision C A R L A B R A G A A M A N D A P E R O B E L L I | R E U T E R S 3 8 24 Mots de camelots 3 Zoom sur Daniel Grady 9 Christian Tarte 9 France Lapointe 9 Isabelle Beaupré 13 Nicole Giard 13 Gilles Bélanger 13 Bill Economou 14 Après deux ans de pause forcée et un nouvel album entre les mains, le vétéran de la chanson de chez nous, Richard Séguin, prend la route pour un tour de chant qui s\u2019arrêtera un peu partout au Québec.Les liens les lieux, son 13e album studio en carrière, propose une facette plus intime et personnelle de l\u2019artiste de 70 ans.8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité VIH : Vers la fin de l\u2019épidémie ?Karine Bénézet 12 BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 24 Société Derrière les violences faites aux femmes Yseult Picard 32 Dans la tête des camelots Vivre avec le VIH selon vous\u2026 34 Chronique Manon magasine l\u2019emploi Manon Fortier 37 En toute liberté Quand ça arrive près de chez vous Mathieu Thériault 38 On se fait notre cinéma Agathe Melançon 40 Espace sciences Gabriel Lavoie 42 BD Siou 43 C\u2019t\u2019encore drôle Christian Vanasse 44 Détente 1er décembre 2022 Volume XXIX, no 23 19 camelots ont participé à cette édition Simon Bolduc en collaboration avec Siou À la une Traduction Josée Panet-Raymond Victoire de Lula : une réaction de « soulagement » Après que Luiz Inácio Lula da Silva,communément nommé Lula, a battu de justesse, lors d\u2019un second tour de scrutin, Jair Bolsonaro, chef du gouvernement le plus à droite du Brésil depuis des décennies, les camelots et le personnel du journal de rue Revista Traços basé à Brasilia, ont réagi en poussant un soupir de soulagement.La victoire de Lula signifie la fin du gouvernement d\u2019extrême droite, qui avait promis de protéger la forêt amazonienne et de représenter les plus marginalisés du pays.Revista Traços a déclaré à l\u2019INSP (réseau international des journaux de rue) que, même s\u2019il restait beaucoup de travail à faire, l\u2019élection d\u2019un président plus progressiste montrait une voie à suivre.« Notre pays était confronté à une polarisation surréaliste où les gens alimentaient des pensées politiques d\u2019extrémisme, de fascisme, de racisme », a déclaré Leandra De Fátima Da Silva Neiva, qui vend Revista Traços.« Connaissant notre histoire, je sais que le Brésil ne pourra jamais redevenir une dictature, car c\u2019était décadent pour la nation.Nous ne pouvons pas revenir à cela.Je pense à l\u2019évolution et au progrès.Pendant la crise de la pandémie, nous avons eu le déni du vaccin, et des milliers de vies auraient pu être épargnées.Nous avons le déni de la faim au Brésil chaque jour.Tant de personnes sont sans abri et ont faim, sans compter l\u2019 inflation élevée et le manque de respect pour les minorités.C\u2019est pourquoi je soutiens Lula et je serai toujours du bon côté : en défense de la démocratie, du progrès, de la distribution des revenus, de l\u2019égalité sociale, et en défense de toutes les classes du peuple brésilien », a clamé la camelot du journal de rue.BRÉSIL A M A N D A P E R O B E L L I | R E U T E R S Les personnes qui vendent des journaux de rue sont souvent appelées « camelots » mais, à Revista Traços, on leur donne le titre de « porte-parole de la culture et du tourisme » en raison de leur connaissance respectée du secteur culturel de leur ville et de leur proximité avec celui-ci.Le premier discours de Lula en tant que président élu faisait ainsi écho aux valeurs du journal de rue, déclarant que « la culture nourrit l\u2019âme » et renforçant le droit des gens à consommer de l\u2019art.Leandra avait déjà rencontré Lula pour lui parler de son soutien à Revista Traços et aux valeurs des journaux de rue.Le Brésil fait actuellement face à d\u2019énormes défis.Quelque 33 millions de ses habitants connaissent la faim et 100 millions vivent dans la pauvreté, et ce, malgré sa réputation d\u2019être l\u2019une des plus grandes économies du monde.« Lorsqu\u2019il s\u2019agit des droits des minorités au Brésil, le combat n\u2019est jamais terminé », ajoute Maíra Valério, journaliste qui travaille à la rédaction du magazine.Mais voir Lula se faire réélire à la présidence est effectivement un soulagement, surtout quand on sait à quel point l\u2019autre camp n\u2019a pas joué franc jeu.Avec Lula, nous pouvons recommencer à parler d\u2019 investissements dans l\u2019éducation, la santé et la culture.La faim et la mort ne seront plus dans le projet.Nous avons encore un congrès très conservateur et les choses seront difficiles, mais il est bon d\u2019avoir à nouveau de l\u2019espoir.» (Réactions compilées par Tony Inglis, INSP) Des partisans de l'ancien président et candidat à la présidence du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, se rassemblent le jour du second tour de l'élection présidentielle brésilienne, à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre 2022.La camelot de Revista Traços, Leandra De Fátima Da Silva Neiva avait déjà rencontré Lula avant qu\u2019il ne devienne président.P H O T O F O U R N I E P A R R E V I S T A T R A Ç O S Téléviseur au charbon Il y a environ une dizaine d\u2019années, alors que j\u2019avais besoin de m\u2019acheter un nouveau téléviseur, je suis entré dans un magasin d\u2019électronique pour regarder les différents modèles.C\u2019est là qu\u2019un jeune vendeur âgé d\u2019environ 19 ou 20 ans s\u2019est présenté à moi, un peu pas mal prétentieux.Vous savez le genre qui a vu neiger avant tout le monde.Donc je lui ai expliqué un peu ce que je voulais.Évidemment, il a essayé de me vendre le modèle le plus dispendieux avec les dernières technologies.Je lui ai répondu à la blague : on est loin de la télé au charbon.Contre toute attente, non seulement il m'a cru, mais il m\u2019a demandé comment ça fonctionnait.Vous n\u2019avez pas idée comment j\u2019ai dû improviser une réponse plausible.Je me lance.Je lui ai expliqué qu\u2019il y avait une trappe dans le mur avec un tuyau derrière le téléviseur pour évacuer la fumée nocive vers l\u2019extérieur et qu\u2019avec deux pelletées de charbon on obtenait une image pour une durée d\u2019environ deux heures.Il fallait rajouter du charbon pour continuer à regarder la télé.Après mon exposé, que je qualifierais de grandiose, je lui ai demandé si ses grands-parents étaient encore vivants, et si oui, de leur en parler.Ce pauvre crédule m\u2019a dit qu\u2019il le ferait.Finalement, j\u2019ai pris le modèle de télé qui me convenait, puis je suis passé à la caisse.Vous vous demandez si je lui ai dit que tout ça n\u2019était que pure invention ?Pas du tout.Je suis parti en me bidonnant intérieurement et en espérant qu\u2019il parle avec ses grands-parents.CHRISTIAN TARTE CAMELOT PJC 28E AVENUE / BEAUBIEN FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / PAPINEAU Poutine contre Zelenski Je trouve qu\u2019en 2022, ça n\u2019a pas de bon sens qu\u2019on ait encore des guerres comme en Ukraine en ce moment.Pour moi, Vladimir Poutine, un ancien agent du KGB, veut tout contrôler et détruire le pays.Il va falloir rebâtir après.Ça donne quoi ?Il veut prendre le contrôle en dominant et avoir la supériorité.S\u2019il fait ça en Ukraine, je suis certaine qu\u2019il pourrait le faire dans d\u2019autres pays.Il accuse l\u2019Ukraine d\u2019utiliser des bombes « sales ».On ne sait plus qui croire de Poutine ou de Zelenski.Il décide de tuer du monde et de chasser des Ukrainiens de leur pays en les bombardant.Il s\u2019attaque aux sources d\u2019énergie.Comment les Ukrainiens vont-ils faire pour se chauffer ?Dans ces pays-là, il fait très froid en hiver.Est-ce que ça va finir à un moment donné ?Et comment ?Une chance que Zelenski se fait aider et que des pays lui fournissent des armes, comme les États-Unis.Poutine, ça fait longtemps qu\u2019il menace de peser sur le piton nucléaire.À quoi ça rimerait d\u2019avoir le monopole de la planète et des peuples si tout est détruit ?Mettons-nous tous ensemble et trouvons un moyen de convaincre les dirigeants d\u2019arrêter cette guerre qui fait peur à l\u2019humanité.Espérons qu\u2019il y aura un sauveur.Dieu seul le sait, et le diable s\u2019en doute ! D\u2019un logis à l\u2019autre En juillet dernier, une cliente, Madame Jacqueline, m\u2019a demandé si j\u2019étais toujours à la recherche d\u2019un logement abordable, comme je l\u2019avais déjà écrit dans L\u2019Itinéraire.Après m\u2019avoir demandé si je fumais (non) et si j\u2019étais tranquille (oui), elle m\u2019a offert de me louer le demi-sous-sol de sa maison.Je l\u2019ai visité avec mon intervenante et j\u2019ai emménagé en août.Je me sentais comme si j\u2019avais gagné à la loterie.Le logement était beau, ensoleillé et frais peint.Il me coûtait la moitié de ce que je payais auparavant et le mobilier était inclus, même le four à micro-ondes.Pour la remercier, j\u2019ai offert un bouquet de fleurs à ma nouvelle propriétaire et nous avons partagé un pâté chinois que j\u2019avais préparé.Or, le 13 septembre, il est tombé 70 millimètres de pluie en quelques heures.Les égouts ont refoulé dans mon nouveau logement et j\u2019ai dû le quitter.J\u2019ai passé trois jours dans un hébergement d\u2019urgence puis trois semaines au refuge Chez Doris.Pendant ce temps-là, je n\u2019ai pas vendu L\u2019Itinéraire, trop inquiète à la pensée de ce qui m\u2019attendait.Après bien des démarches, j\u2019ai pu retourner dans le logement que j\u2019habitais avant celui de Madame Jacqueline.Son fils m\u2019a expliqué qu\u2019ils en avaient pour environ deux mois de travaux et qu\u2019à la fin, je pourrais y retourner.J\u2019ai de la chance que la vie ait mis ces deux personnes sur mon chemin.Je leur en suis très reconnaissante.J\u2019ai enfin retrouvé mes clients.Ils me disent que nous, les camelots, faisons une différence dans leur vie.Ils sont contents de voir qu\u2019on s\u2019en sort, qu\u2019on partage notre vie avec eux et ils nous apprécient.ISABELLE BEAUPRÉ CAMELOT MARCHÉ METRO CENTRE COMMERCIAL DU DOMAINE 9 itineraire.ca 1er décembre 2022 Karine Bénézet Dr Jean-Pierre Routy Directeur de la Chaire d\u2019hématologie-oncologie Louis Lowenstein et professeur à l\u2019Université McGill Alors que les avancées technologiques de l\u2019ARN messager (ARNm) pour la fabrication de vaccins anti-VIH ont relancé l\u2019espoir d\u2019en finir avec ce virus, la prévention reste le nerf de la guerre contre ce fléau, largement freinée par les mesures sanitaires d\u2019urgence de ces deux dernières années.À l\u2019occasion du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, L\u2019Itinéraire fait le point avec le Dr Jean-Pierre Routy, directeur de la Chaire d\u2019héma- tologie-oncologie Louis Lowenstein et professeur au Département de la médecine et de médecine expérimentale à l\u2019Université McGill.Plus de 300 villes sont à mi-parcours de leurs engagements contractés par la signature de la Déclaration de Paris visant à éradiquer le VIH et le sida d\u2019ici 2030.Montréal est l\u2019une d\u2019elles.Elle a également été le lieu d\u2019accueil de la 24e Conférence internationale sur le sida, tenue du 29 juillet au 2 août dernier et coprésidée par le Dr Jean-Pierre Routy, directeur clinique du service de maladies virales chroniques du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Un recul de 10 ans Rappelons que les défis liés à l\u2019épidémie de VIH diffèrent selon que l\u2019on se trouve en Afrique subsaharienne, en Inde ou encore en Amérique du Nord.Mais avec la pandémie de COVID-19, tous les pays ont frappé le même mur : le ralentissement des actions préventives et de détection du VIH, et donc l\u2019accès aux soins, la trithérapie.Médication la plus efficace, la trithérapie permet de diminuer la charge virale de 99,99 % d\u2019une personne affectée par le VIH.Et si la recherche contre la COVID-19 nous a appris une chose, c\u2019est que lorsque la charge virale devient indé- tectable, la transmission du virus devient nulle.Seulement, « le VIH a perdu un peu sa priorité d\u2019urgence face à la COVID », indique Dr Routy.Au Québec, les centres de dépistage ont été fermés plusieurs mois d\u2019affilée, alors que « la transmission est beaucoup plus forte la première année que les années subséquentes ».Un contexte qui a participé à l\u2019augmentation du nombre mondial de nouveaux cas de VIH plus élevé qu\u2019attendu, tandis qu\u2019une diminution s\u2019observait d\u2019année en année depuis près de 10 ans.En tout, le VIH a infecté 1,5 million de nouvelles personnes en 2021, selon ONUSIDA.« Une bien triste approximation », déclare le directeur clinique.« C\u2019est un ralentissement de tous les progrès en termes de prévention », confirme-t-il, ajoutant que malgré tout, le dépistage reste le moyen le plus efficace pour se débarrasser de ce fléau.La PrEp Dans les années 1980, le virus fait son apparition en Amérique du Nord et en Haïti.On ne se doutait alors pas qu\u2019en quatre décennies, il allait tuer plus de 40 millions de personnes ; presque l\u2019équivalent, en nombre d\u2019individus, de la population canadienne.Depuis, la recherche ne cesse de progresser.En 2016, Santé Canada approuve un nouveau moyen de lutte contre la transmission : La PrEP, pour prophylaxie pré exposition.Utilisée depuis 10 ans aux États-Unis, la PrEP est une pilule à prendre avant des pratiques sexuelles à risque, qui a pour effet de bloquer la transmission du virus chez la personne saine, dite séronégative.Une avancée redoutablement efficace à plus de 90 %, sur laquelle le milieu médical s\u2019appuie pour freiner la propagation du virus.Or, s\u2019il peut sembler facile de prendre une simple pilule préventive et évident de vouloir se protéger du VIH, une multitude de facteurs psychosociaux, culturels et économiques se posent en barrière devant cet « outil » de prévention.Nourrir l\u2019épidémie C\u2019est le cas pour une poignée d\u2019individus que les méthodes de prévention n\u2019atteignent pas.Parmi eux, les adeptes du bare- backing qui consiste à entretenir volontairement des relations sexuelles non protégées contre toutes infections ou virus sexuellement transmissibles.Une pratique issue d\u2019un mouvement de contre-culture, apparu dans les années 1995 aux États-Unis.Puis, « il y a un faible pourcentage d\u2019individus qui nourrissent la pandémie de VIH », précise le Dr Routy.Un groupe dont la santé mentale est fragilisée par des troubles, tels que la dépression, une baisse d\u2019estime de soi, entre autres, soit ponctuels ou constants.« Tout le monde peut traverser des moments difficiles comme la perte d\u2019un emploi, d\u2019un conjoint », ajoute l\u2019expert.La PrEP demande de « prévoir ses rapports sexuels, d\u2019avoir sa pilule sur soi, et de penser à la prendre ».Une nécessaire organisation et conscience des risques, facilement diminuées par l\u2019ingestion d\u2019alcool, la prise de drogues, mais aussi les technologies et la pharmacologie.Chimsex et Grindr « Personne ne fait l\u2019amour à jeun maintenant », constate le médecin à l\u2019écoute de nombreux patients.« Tout le monde a du Viagra, des drogues, des produits qui augmentent la puissance sexuelle toute une fin de semaine, et rendent la plupart des gens à moitié inconscients.» On appelle cela le chimsex.Ceux qui pratiquent une sexualité sous influence chimique multiplient leur possibilité d\u2019être infectés et de transmettre le VIH.Plus répandue chez les HARSAH (les hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes), « ce ne sont pas tous les homosexuels qui sont concernés », a insisté le Dr Routy à plusieurs occasions, en entrevue, pour éviter d\u2019accentuer la stigmatisation déjà présente de cette catégorie de la population.« Mais ce sont des pratiques qui peuvent maintenir une épidémie.» Puis il y a Grindr.« Le nombre de rapports sexuels possibles pour un homme ces cinq dernières années a été multiplié par cinq par rapport à il y a 10 ans.» Grindr est une « application de réseautage social pour personnes gaies, bi, trans et queer », peut-on lire sur la page de présentation du site.Lancée en 2009, l\u2019application utilise un système de géolocalisation qui permet à qui s\u2019en sert de « trouver quelqu\u2019un qui veut faire l\u2019amour, tout de suite, dans un périmètre de 200 mètres, raconte le Dr Routy.Le genre de technologie de rencontre qui participe aussi à l\u2019épidémie ».À quand un vaccin ?En janvier dernier, Moderna entamait la première phase d\u2019un essai clinique de vaccination contre le VIH sur 56 adultes en bonne santé, donc séronégatifs.C\u2019est toute la puissance technologique de l\u2019ARN messager qui est injecté dans la lutte contre certaines maladies chroniques et particulièrement le VIH.Selon l\u2019expert, « les résultats ne seront pas présentés avant le congrès du mois de février prochain, en Australie, peut-être même pas avant l\u2019été 2023 ».Si tout va bien, la phase II devrait suivre.« Il s\u2019agit alors de recruter 4000 à 5000 personnes à très haut risque d\u2019être infectées, que l\u2019on vaccine », simplifie le professeur.C\u2019est là que les difficultés commencent.Car « si la personne ne s\u2019expose pas au risque, on ne peut pas prouver que le vaccin fonctionne ».Il faut donc des personnes à fort risque.Mais souvent, ces mêmes personnes ont « d\u2019importants troubles du comportement », ce qui pose également des difficultés pour recueillir auprès d\u2019eux des données indispensables concernant la fréquence et le type d\u2019actes sexuels, par exemple.Un processus ardu, encore plus aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 15 ans, alors que la PrEP n\u2019existait pas.Car on ne peut décemment pas refuser aux gens de se protéger du virus.« Ce ne serait pas éthique, indique Dr Routy.Il faut offrir la PrEP, offrir le condom.Mais ça double ou triple le nombre de personnes nécessaires pour prouver l\u2019efficacité d\u2019un vaccin.» Tout un processus qui demande « des infrastructures et des équipes énormes », que peu de pays peuvent se permettre.« À part les États-Unis, capables d\u2019assumer des coûts d\u2019au moins 100 millions $ ».VIH Vers la fin de l\u2019épidémie ?11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 CHIFFRES DU VIH, EN 2021 Source : onusida.org Dernières statistiques sur l'état de l'épidémie de sida Dans le monde - 8,4 millions de personnes vivaient avec le VIH - 1,5 million de personnes sont devenues nouvellement infectées par le VIH - 650 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida Zoom sur les populations à risque 35 fois plus élevé chez les personnes qui s'injectent des drogues 28 fois plus élevé chez les homosexuels et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes 30 fois plus élevé pour les professionnelles du sexe 14 fois plus élevé pour les femmes transgenres Sources : inspq.ca / Programme de surveillance de l\u2019infection par le virus de l\u2019immunodéficience humaine (VIH) au Québec : rapport 2020. Ça va beaucoup mieux Chers lecteurs, lectrices, j\u2019avais hâte de vous retrouver, je m\u2019ennuyais de vous.Ça me fait plaisir de vous revoir.Certains de ceux et celles qui sont en télétravail viennent deux jours par semaine à Montréal.Il y en a parmi eux qui sont mes nouveaux clients et on commence à se connaître.Plusieurs de mes anciens lecteurs viennent me voir et me disent que ça fait longtemps qu\u2019ils ne m\u2019ont pas vu à cause de la pandémie et de ma santé.Je pense aussi aux gens qui travaillaient dans les bureaux et qui ont pris leur retraite.Ils viennent parfois faire un tour et sont étonnés de me voir, fidèle à mon poste.Ils sont surpris et contents de me voir.Ça me fait du bien.J\u2019ai eu des problèmes de santé à cause de mon foie.Je ne me sentais pas bien, j\u2019étais perdu, je ne savais pas quoi faire parce que ça jouait aussi sur mon cerveau.Je n\u2019oublierai jamais la confusion que j\u2019ai eue, c\u2019était terrible.Je suis content qu\u2019ils aient trouvé la cause de mes malaises après avoir passé plein d\u2019examens.Maintenant, je prends des médicaments pour le foie et toutes les semaines, j\u2019ai un traitement à l\u2019hôpital qui dure de trois à quatre heures.Je suis revenu comme j\u2019étais avant.Je suis soulagé et très satisfait.Ça va très bien, pour le moment, parce que je respecte mes rendez-vous.Je remercie le personnel soignant pour les bons soins qu\u2019il me donne.Salut à vous.GILLES BÉLANGER CAMELOT COMPLEXE DESJARDINS RENÉ-LÉVESQUE / JEANNE-MANCE Growing up with my brother My brother and I have a three-year age difference.Some people think I\u2019m older than him, but that\u2019s not true.Others think we\u2019re twins, but that\u2019s not true either.I\u2019m more built than him and many times I\u2019m more serious and responsible.From a young age we were getting along well together, sleeping in the same room and rarely having disagreements.My father spoiled us often buying chocolate bars, taking us to Greek restaurants and parks.He wanted his sons to feel good, because he had a harder life growing up.My father never stopped loving us and tried his best to raise his sons well.My brother and I attended the same elementary and high schools and both of us got bullied during that time.I progressed in school, while he didn't do well and then stopped attending without completing high school.When I went to college, I met other friends and hung around more with them than my relatives.My brother started working at a Greek restaurant and would rarely go out with me during that time.Years later when some of my close friends got married and moved away, I was more available to see movies with my brother and make pleasurable trips to other places in Canada, the United States and Greece.We\u2019ve had good times playing board games, cards and hockey in the back street.We also kept speaking Greek often between us and still watch some Greek programs on TV.For 16 years we\u2019ve been working near each other selling L\u2019Itineraire magazine and it feels comforting.The relationship between us continues to be good and honest which is reassuring.BILL ECONOMOU VENDOR ATWATER MARKET L\u2019automne et Noël L\u2019automne a été magnifique cette année.Les couleurs étaient superbes.Nous avons de la chance d\u2019avoir eu un temps merveilleux, même au mois de novembre qui vient de passer.Mais là, les feuilles sont tombées des arbres.Fini le beau temps ! On pense à l\u2019hiver qui est long, la neige, la glace\u2026 Mais on se console puisque le temps des Fêtes arrive.Les maisons sont toutes garnies de couleurs, de couronnes, de sapins, de cadeaux ! J\u2019aime les Fêtes : les chansons de Noël, les décorations.J\u2019aime les plats : la dinde avec la farce, les patates pilées, la tourtière, le gâteau aux fruits et la bûche.J\u2019espère que je vais voir ma famille après deux ans de pandémie ! Je me rappelle quand j\u2019étais enfant, mon frère avait fait une boîte en carton avec rien dedans.C\u2019était une joke qu\u2019il nous avait faite.Un année alors qu\u2019on était en Floride, un soir de Noël, avec mes parents, j\u2019ai demandé la bénédiction à mon père.C\u2019était la première fois qu\u2019il me la donnait.Il est resté surpris parce que dans ma famille on ne faisait pas ça.Pourtant, il allait à la messe tous les dimanches et mon grand- père écoutait la messe à la radio et il fallait qu\u2019on soit tous à genoux.C\u2019était ça la tradition.Ah, ces doux souvenirs.Joyeuses Fêtes ! NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL 13 itineraire.ca 1er décembre 2022 15 itineraire.ca 1er décembre 2022 près deux ans de pause forcée et un nouvel album entre les mains, le vétéran de la chanson de chez nous, Richard Séguin, prend la route pour un tour de chant qui s\u2019arrêtera un peu partout au Québec.Les liens les lieux, son 13e album studio en carrière, propose une facette plus intime et personnelle de l\u2019artiste de 70 ans.Simon Bolduc, chargé de projet journalisme C\u2019est de délicates notes de piano et d\u2019une voix qui trahit une inquiétude que commence la dernière offrande artistique de Richard Séguin, Les liens les lieux.Fragile, triste même, ce n\u2019est pas tellement de chanter dont il est ici question.L\u2019exercice est plutôt d\u2019insérer une mélodie dans le mot, de déposer chaque syllabe comme un récit en soi.On l\u2019imagine souvent debout, le poing en l\u2019air, notre Richard Séguin.Sur cet album, c\u2019est tout le contraire.On le sent bien assis sur une chaise de bois, chez lui, dans son village de Saint-Venant- de-Paquette.Il réfléchit à l\u2019état des lieux.Il se raconte.Beaucoup même.Et puis, c\u2019est la première fois qu\u2019il écrit sur sa mère.Ou encore qu\u2019il « règle quelque chose » avec le silence de son père.L\u2019Itinéraire s\u2019est entretenu avec lui.Richard Séguin, votre album porte le titre Les liens les lieux.C\u2019est presque un titre énigmatique.Il veut dire quoi ?C\u2019était important pour moi de dégager les deux grandes lignes de l\u2019album.D\u2019abord les liens.Ceux avec ma famille, la nature, les amitiés et l\u2019amour.Ensuite les lieux.Le territoire, celui qu\u2019on habite, qu\u2019on nomme, qu\u2019on chante.C\u2019est significatif pour moi parce que j\u2019habite dans le village de Saint-Venant-de-Paquette.On est bien conscient et sensible à ce qui se fait au quotidien autour de nous.On veut conserver notre forêt, développer plus d\u2019aires naturelles protégées et vivre en symbiose avec la nature.Ça nous tient à cœur.L'aspect écologique est bien présent sur l\u2019album.Concrètement, je l\u2019ai commencé quand j\u2019ai reçu un texte de la poète québécoise Hélène Dorion, Un peu de poésie.C\u2019est la première chanson de la dizaine qui compose le disque.C\u2019est elle qui a démarré mon processus d\u2019écriture et de composition.J\u2019aime beaucoup ce qu\u2019elle fait.Ça fait des années qu\u2019on se rencontre dans mon patelin autour du projet du Sentier poétique, un sentier dans le bois où on affiche des textes des auteurs d\u2019ici, et de la Nuit de la poésie au village.Ensuite j\u2019ai reçu un texte de Marc Chabot, un ami et collaborateur de longue date.Enfin, il y a celui du cinéaste et auteur Hugo Latulippe.Il venait de présenter Je me soulève à Sherbrooke, un film sur l\u2019amour du territoire qui m\u2019a beaucoup touché.Puis, il avait fait un texte en parallèle.Quand je l\u2019ai lu, je l\u2019ai appelé et je lui ai dit : « Il y a une chanson là-dedans ».Ç\u2019a donné la dernière pièce Petit hymne aux Grands Rangs.De mon côté j\u2019ai écrit cinq chansons, dont un hommage à mon ami Florent Vollant et deux chansons sur mes parents.Entrevue réalisée en collaboration et illustrée par Siou Deslongchamps 17 itineraire.ca itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 Qu\u2019est-ce qui vous a bousculé à ce point dans le texte d\u2019Hélène Dorion pour en faire le moteur d\u2019un album complet ?Les quatre premières phrases de l\u2019album résument pas mal toute ma pensée et aussi notre vision d\u2019où on est rendu : « Il est déjà minuit / Dans la forêt du monde / Qu\u2019est-ce qu\u2019on a trahi / Pour que l\u2019orage gronde ».Ça fait longtemps que les écologistes et ceux qui travaillent dans le milieu de la conservation nous disent qu\u2019il est minuit moins cinq.Mais il est déjà minuit ! C\u2019est trop tard ! Ces mots ont beaucoup nourri ma pensée et la direction de l\u2019album.Parce qu\u2019aussi, de manière personnelle, je m\u2019inscris dans un bilan collectif de notre génération.On a rêvé et on a essayé beaucoup de choses avec nos idéaux et notre envie de refaire le monde.A-t-on accompli ce qu\u2019on devait accomplir ?Force est de constater qu\u2019on vit aujourd\u2019hui dans une société très individualiste.Même si c\u2019est un constat triste, qui peut se dégager dans les textes, il y a aussi un engagement là-dedans.Je pense que volontairement, je nourris l\u2019espoir.C\u2019est un acte de volonté.Pourtant, on regarde le village de Saint-Venant-de-Paquette comme un exemple de vivre-ensemble.C\u2019est presque idyllique.C\u2019est [le syndicaliste] Michel Chartrand qui disait : « Pensez d\u2019abord au bien commun ».Le bonheur, je le trouve davantage dans le partage et dans le sens commun que dans la satisfaction singulière.J\u2019ai besoin de la collectivité.J\u2019ai besoin de participer au monde.C\u2019est pour ça que même si je vis dans un petit milieu de 98 habitants, on a beaucoup de projets qui dépassent l\u2019individu.La création du Sentier poétique et de la Nuit de la poésie en témoignent.On essaie aussi de faire vivre le village avec notre petit café La maison de l\u2019arbre.Et il y a un aspect symbolique à Saint-Venant.C\u2019est une petite communauté francophone à cinq kilomètres des States.On protège notre langue, on fait la promotion de la poésie de chez nous.On n\u2019a pas les moyens de faire des choses gigantesques, mais nos petits gestes, ensemble, ont une portée.J\u2019y crois beaucoup.Nous venons de vivre deux années où on a perdu un peu de vue cette collectivité qui vous est vitale.Est-ce que ça explique qu\u2019on retrouve des chansons plus introspectives sur Les liens les lieux ?La nature a été ma consolation et un réconfort.Pas le choix, moi aussi j\u2019ai dû tout suspendre : pas de musiciens, pas de tournées, pas de Nuits de la poésie.Dans la pochette du disque, j\u2019ai mis plein de photos en référence à mes promenades dans la forêt.C\u2019était pour moi une affiliation, une union.La nature, c\u2019est fort.C\u2019est pour ça qu\u2019elle est omniprésente dans mes chansons.J\u2019ai tissé un lien très serré avec le territoire.Il demande à être aimé.Ce qu\u2019on fait au territoire, on le fait à nous-mêmes.Pour revenir à la question, je pense que oui cette période de pandémie a été synonyme de beaucoup d\u2019introspection pour moi.Ç\u2019a clairement donné un album plus intime et personnel.Le fait d\u2019être isolé, on dirait que ça nous a porté à faire des bilans, à se mettre à l\u2019écart de la société pour observer comment elle se comporte.À la sortie de la pandémie, j\u2019avais un besoin d\u2019intériorité.Ça m\u2019a permis d\u2019écrire des chansons pour remercier mes parents, par exemple.Pour ma mère, c\u2019était important de laisser un témoignage de ce qu\u2019elle avait été pour nous.C\u2019est elle qui a apporté la culture dans notre maison.La troisième chanson, Tout près des trembles, fait référence à votre enfance à Pointe-aux-Trembles.Elle est adressée à votre mère.Vous avez déjà dit en entrevue que c\u2019était la première fois que vous écriviez une chanson sur elle.Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?(Long silence).Je ne sais pas.J\u2019avais déjà commencé des petites phrases, sans plus.Ça s\u2019est présenté comme une urgence.Un jour, j\u2019ai réalisé que je n\u2019avais rien raconté de ce qu\u2019elle avait été pour moi et pour sa famille.C\u2019est l\u2019urgence qui m\u2019a fait écrire sur ma mère.J\u2019ai une chanson qui parle aussi de mon père : Le Garage.Il y a la langue maternelle et il y a le silence paternel.J\u2019avais des choses à régler avec lui.J\u2019avais des choses à régler avec ce silence-là.Je le chante dans ma pièce Habité : « Habité les silences vulnérables de mon père ».J\u2019essayais de comprendre pourquoi il y avait un silence chez les hommes de cette génération.Des hommes incapables de mots et qui pouvaient imploser.J\u2019avais besoin de régler ça.Ça m\u2019a replongé dans les raffineries de l\u2019est de Montréal, le bord de la track et la rivière des Prairies.Je devais avoir 10 ou 11 ans quand il m\u2019a dit : « Tu peux maintenant rentrer dans le garage ».Rentrer dans son garage, ça équivalait à un chapitre écrit de sa part.Ça voulait dire : « Je te fais confiance.Tu peux prendre mes outils, je te donne accès à mon univers ».C\u2019était une manière de communiquer, probablement.J\u2019écris dans le texte : « Ta porte mal fermée / C\u2019était peut-être voulu ».Aujourd\u2019hui, je pense à lui et je m\u2019aperçois qu\u2019il n\u2019a jamais vécu son rêve.Il a été pris dans l\u2019étau, entre ses rêves et la réalité.C\u2019est un constat sombre qui me revient dans ce souvenir.16 Vous chantez ces deux chansons sur vos parents en spectacle ?Tout près des trembles, ben oui ! Pas Le Garage. * En 2021, 8,6 % de la musique écoutée provenait du Québec selon l\u2019Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) 19 18 1er décembre 2022 itineraire.ca itineraire.ca 1er décembre 2022 On apprenait récemment qu\u2019Amazon et Spotify devenaient des partenaires du gala de l\u2019ADISQ et que la SOCAN, la société qui gère les droits d\u2019auteur au pays, a versé des redevances moindres aux artistes francophones dans les dernières années.Parallèlement, la radio satellite SIRIUS XM annonçait au mois d'octobre qu\u2019elle allait réorganiser ses chaînes francophones, ce qui privera beaucoup d\u2019artistes de redevances internationales essentielles à leur survie dans l\u2019industrie.Vous pensez quoi de l\u2019avenir de la chanson québécoise ?Premièrement, j\u2019étais bien content qu\u2019on laisse une parole aux peuples autochtones lors du dernier gala de l\u2019ADISQ.Ça fait longtemps qu\u2019on aurait dû le faire.J\u2019ai une grande amitié avec Florent Vollant.On en a parlé souvent de l\u2019enjeu de la présence des cultures multiples.Florent demande un 5 % de présence autochtone dans les radios commerciales.Ce n\u2019est pas du tout le cas en ce moment.En Nouvelle-Zélande, ils l\u2019ont obtenu.On peut sûrement avancer dans ce sens-là.Pour les artistes, tout ce qui relève de la chanson et de la radiodiffusion, c\u2019est très difficile de savoir comment on va se sortir de ça.En Espagne, Spotify, c\u2019est 100 % d\u2019écoute en langue espagnole.Nous, je pense qu\u2019on atteint même pas 11 % sur les plateformes de musique en continu*.On dirait qu\u2019on délaisse notre musique et ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a pas de bons créateurs au Québec.Je suis convaincu qu\u2019on produit de la bonne musique.Après, il faut de la volonté pour la reconnaître, la diffuser et la célébrer.Quant à l\u2019avenir de la chanson québécoise, j\u2019ai peur d\u2019une forme de dépersonnalisation, d\u2019une perte d\u2019identité.On oublie notre mémoire collective liée à la chanson d\u2019ici.Elle a des racines, il y a des piliers qui ont libéré notre parole, qui ont chanté le territoire.Les Vigneault et Leclerc, c\u2019est important de rendre hommage à ces monuments.C\u2019est reconnaître qui nous sommes.On dirait qu\u2019icitte, on n\u2019a pas de mémoire ! Fêter la chanson avec un gala, c\u2019est beau, mais ça prend bien plus que ça.On s\u2019interroge pendant une semaine où s\u2019en va la chanson québécoise, alors que ça devrait être une préoccupation vive à l\u2019année longue.Je ne sais même pas si on enseigne notre chanson québécoise dans les écoles ou ailleurs ! Le constat est triste.Heureusement qu\u2019il reste la scène.C\u2019est un bonheur.Je nous vois toutes et tous dans une forme de transmission.On fait partie d\u2019un chaînon.Je rends hommage à ceux qui ont ouvert le chantier de la chanson.Je rends hommage à ceux qui continuent d\u2019aimer et de partager cette chanson francophone.Je pense aux artistes, mais aussi aux gens du Festival en chanson de Petite-Vallée et de Tadoussac.Ce sont des initiatives essentielles pour notre chanson.Est-ce suffisant ?Je pense que non.C\u2019est inconcevable qu\u2019à la télé on n\u2019ait pas une seule émission consacrée à la littérature.On n\u2019a même pas ça ! Si tu proposes une émission comme ça, on va te répondre qu\u2019il n\u2019y aura pas de cote d\u2019écoute.Il faut comprendre que la culture, c\u2019est pas juste du divertissement.J\u2019ai reçu beaucoup de livres de poésie lors de la dernière Nuit de la poésie.Je ne les ai pas tous terminés.Je lis présentement La transition, c\u2019est maintenant de Laure Waridel, Elle arrive avec beaucoup de précisions sur l\u2019écologie.Et puis Dany Laferrière, toujours.J\u2019aime bien le lire.Il a une manière d\u2019écrire qui m\u2019inspire beaucoup.Il écrit des romans, mais je pense que ça pourrait aisément se transposer en chanson.Ce serait intéressant de l\u2019essayer.Comme musique, j\u2019essaie d\u2019écouter les coups de cœur que les musiciens me partagent en tournée.On peut dire qu\u2019étant donné qu\u2019on reprend la route, j\u2019ai bien du rattrapage à faire.J\u2019écoute le projet instrumental et orchestral Flore Laurentienne de Mathieu David Gagnon.Il vient de sortir son Volume 2.Vous parlez de Gilles Vigneault et de Félix Leclerc, mais vous jouez aussi ce rôle auprès de la nouvelle génération.Des jeunes artistes qui ont presque 50 ans de moins que vous vous ont aujourd\u2019hui comme inspiration.Je pense à un Émile Bilodeau, par exemple, ou encore à Ingrid St-Pierre qui vous décrit comme « un paysage à lui seul ».Ça vous fait quoi de savoir que vous durez dans le temps, que non seulement vous êtes encore écouté, attendu et pertinent, mais que vous passez le puck, d\u2019une certaine manière ?Qu\u2019est-ce que vous lisez et écoutez ces temps-ci ?« Quand à l\u2019avenir de la chanson québécoise, j\u2019ai peur d\u2019une forme de dépersonnalisation, d\u2019une perte d\u2019identité.[.] On dirait qu\u2019icitte, on n'a pas de mémoire.» 21 itineraire.ca 1er décembre 2022 paulé par plusieurs piliers de la chanson et de la poésie d\u2019ici, dont Marie-Claire Séguin, Clémence Desrochers et David Goudreault, notre camelot et artiste Siou Deslongchamps, lors un entretien téléphonique a tenu à partager ses impressions de l\u2019album Des liens des lieux à Richard Séguin lui-même.Compte rendu d\u2019une conversation existentielle autour de la mort, de la famille et de l\u2019espoir du bien commun.Salut Siou.Oui, oui je me souviens de notre rencontre cet été.Clémence devait t\u2019accompagner, mais elle n\u2019a pas pu se déplacer finalement.Toi tu l\u2019as vécue, la Nuit ! Tu as vu comment ça se passe dans notre petite communauté.On le constate à l\u2019automne, quand on termine l\u2019année.On part en équipe et on fait le tour des sentiers dans la forêt.Il y a plein de gens qui laissent des messages autour des poèmes affichés dans le bois.Ils mettent des papiers dans des bouteilles, sur les pierres ou encore dans les craques des arbres.Ils vont laisser des bouts de tissu avec des remerciements.Ils vont relater quelques phrases qui les touchent.Ben oui.Ce sont des gestes qu\u2019on ne voit pas.On le réalise après coup.On remarque à quel point les mots peuvent avoir un impact auprès du monde.Je conseille toujours aux visiteurs qui viennent au Sentier de repartir avec au moins une phrase.La mienne en ce moment, c\u2019est celle de la poète québécoise Anne-Marie Alonzo : « Tout ce qui existe a d\u2019abord été rêvé ».C\u2019est une phrase qui est porteuse.Ça peut me nourrir pendant des mois.C\u2019est vital pour moi.C\u2019est un texte de mon ami Marc Chabot.Marc et moi, ça fait des années qu\u2019on travaille ensemble et qu\u2019il m\u2019écrit des tounes.On se parle souvent au téléphone étant donné qu\u2019il habite à Beauport.On est à peu près à quatre heures de distance.Il m\u2019envoie un texte, je le travaille ici, je fais de la musique, je lui envoie un mp3.À un moment donné on jasait \u2014 il faut dire qu\u2019on a presque le même âge et qu\u2019il y avait eu beaucoup de mortalité autour de nous dans les dernières années \u2014 et on faisait le bilan, on parlait de la mort.On en parlait presque en riant.C\u2019était comme une boutade à la Grande Faucheuse.On dirait qu\u2019en ayant conscience de la mort, il y a une vitalité et une urgence qui s\u2019installent dans notre vie.La conscience de la mort nous inscrit dans une urgence face à nous-mêmes.Après cette discussion, dans la même semaine, Marc m\u2019a envoyé le texte de Puisque.Dans la même semaine il m\u2019a envoyé cette phrase : « Je veux le monde à embellir ».On est parti de là.Je n\u2019aime pas être conscient de la mort.Mais j\u2019y pense, souvent même.Ce que ça me dit, c\u2019est de ne pas perdre mon temps avec ce qui m\u2019encombre.Je me donne du temps de partage et je tente de me réaliser avant le grand départ.Oui salut, c\u2019est Siou.J\u2019étais de la Nuit de la poésie à Saint-Venant cet été.On s\u2019est rencontrés dans le cadre d\u2019un spectacle de chansons que j\u2019ai donné, à l\u2019invitation de David Goudreault.Parlez-nous du Sentier poétique, où l'on retrouve des poèmes sur des pierres gravées, sur des panneaux et sur des arbres, un peu partout dans la forêt autour de Saint-Venant.Après la Nuit de la poésie, vous dites que les gens laissent des messages, mais comment ?Sur des bouts de papier ou quoi ?C\u2019est un geste poétique ça aussi.Parlons de votre dernier album.Je vous écoutais en entrevue à la radio et ils mettaient des chansons entre les échanges.Quand la chanson Puisque a joué, je me suis arrêté et j\u2019ai figé sur place.L\u2019atmosphère, les arrangements, votre voix, les paroles, tout ça en même temps m\u2019a chaviré.C\u2019est une pièce très existentielle.Je suis allé chercher votre album d\u2019abord pour réentendre cette chanson.Elle représente quoi Puisque ?C\u2019est de l\u2019ouvrage, mais on est tellement fiers quand on sort de cet événement-là.On ne peut pas analyser, codifier ou quantifier ça.On parle de poésie et de mots.C\u2019est immersif et intime.Ça touche les gens et ça ne se mesure pas.Je suis reparti en ville avec de la poésie pour l\u2019année au complet. 22 itineraire.ca 1er décembre 2022 Oui.Mais peut-être qu\u2019une fois rendu devant elle, je vais avoir ben ben peur (rires).Ça me préoccupe énormément le legs qu\u2019on laisse aux prochaines générations.Ma chanson Qu\u2019est-ce qu\u2019on leur laisse, c\u2019est l\u2019essentiel de cette préoccupation.On est à l\u2019heure où il y a des actions à faire.On est à un tournant où il y a des grandes forces qui s\u2019affrontent.Ceux qui veulent le changement et d\u2019autres qui ne veulent rien changer.On regarde juste vers nos voisins du sud.C\u2019est chaotique et c\u2019est irrationnel la progression de la violence par arme à feu, les droits sociaux qui s\u2019en vont et le racisme qui s\u2019amplifie.Ça m\u2019inquiète.Elle écoutait Radio-Canada, notamment Le cabaret du soir qui penche.Pour elle, c\u2019était sa manière d\u2019aller chercher la culture, avec des émissions radiophoniques, des entrevues.Il faut dire que la qualité de Radio-Canada à l\u2019époque, c\u2019était quelque chose.Ça éduquait toute une nation.Il y avait du théâtre et on parlait plus de littérature.Pour les gens qui n\u2019avaient pas accès à des lieux de culture, dans les années 60, c\u2019était important.Mais c\u2019est plutôt des citations qui la nourrissaient qu\u2019elle notait.Elle nous envoyait des cahiers par la poste.Quand on traversait des choses, ses enfants, elle nous envoyait des pensées pour nous soutenir.Si tu savais comment je prends du temps pour travailler ça.Moi je suis un artisan, je ne me considère pas comme un poète.Je suis un artisan de la chanson.J\u2019ai pas peur de recommencer.Il y a des fois, quand je travaillais avec Hélène Dorion, je lui envoyais quatre musiques différentes du même texte.Elle les aimait toutes.Elle m\u2019a dit, ben là, c\u2019est à toi de choisir.Je fais beaucoup de versions différentes.Pour la progression de l\u2019album, j\u2019essaie d'équilibrer ça.Quand ça fait deux ans que tu fais un album, tu commences à connaître les moindres détails.Mais je trouve toujours quelque chose à améliorer.Pour celui-là, je suis assez satisfait.C\u2019était important que la voix soit bien présente au début, et de laisser toute la place aux mots.Quand Sylvain Cormier, journaliste culturel au Devoir, a écouté l\u2019album, il m\u2019a dit que toutes les allusions à l\u2019espoir arrivaient à la fin.Oui, j\u2019en conviens, mais reste qu\u2019il y a de l\u2019espoir ! Exact.Vous êtes serein face à la mort ?Ma mère, pour ses funérailles, avait laissé un mot qu\u2019elle voulait que je lise devant tout le monde.Quand je le lisais, on aurait dit que c\u2019était un message qui m\u2019était adressé.Vous dites dans la chanson que votre mère écrivait aussi ses pensées.C\u2019est un cahier que vous avez lu ?L\u2019ordre des chansons, est-ce que c\u2019est pensé ?C\u2019est comme un constat de la situation et ensuite de là où on veut aller.Moi aussi.Il y a un décalage de 20 ans entre la mort de ma mère et la chanson Tout près des trembles.J\u2019avais commencé un texte à la fin des années 80, mais le besoin de faire une chanson ne se présentait pas.Il est venu tout simplement en m\u2019apercevant que les seuls livres dans la maison, c\u2019était elle qui les apportait.Le piano, c\u2019est elle qui avait fait des démarches pour le faire entrer dans la demeure familiale.Plus je m\u2019avançais dans mes souvenirs en pensant à cet aspect de ma mère, plus je plongeais dans nos bons moments, les dimanches en famille, les gros trembles en face de la maison.Ce texte m\u2019est venu naturellement.Je pense qu\u2019on est mieux d'être idéaliste, sinon on est quoi ?Complètement déprimé ?La chanson sur votre mère me rejoint personnellement.J\u2019ai perdu ma mère cet été.Clémence Desrochers, avec qui j\u2019entretiens une correspondance épistolaire depuis quelques années, voulait que j\u2019écrive sur elle.Ça ne sort pas, c\u2019est trop « là ». 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 Yseult Picard, journaliste dossiers société Marianne*, aujourd\u2019hui âgée de 30 ans, avait la jeune vingtaine lorsqu\u2019elle a rencontré son conjoint.Si tout allait bien les premiers mois, la jalousie a été le premier signe de violence.Puis, elle est tombée enceinte et un contrôle s\u2019est installé, tranquillement, avec des reproches tels que : « Tu parles encore à ta mère, à cette amie\u2026 » Puis, la violence physique a débuté après l\u2019accouchement.C\u2019est souvent l\u2019escalade subie par les femmes, de façon insidieuse.« Il m\u2019a poussé dans un mur.Je suis partie quelques jours chez ma mère.Mon but, c\u2019était de me séparer, mais je suis revenue.Il m\u2019avait fait des promesses comme quoi il changerait, qu\u2019il ferait une thérapie.» Entre- temps, le couple a déménagé en région avec leur enfant, ce qui a rendu les déplacements de Marianne plus difficiles lorsque son conjoint prenait le contrôle de la voiture.Pendant des années, Marianne a enduré les coups physiques et psychologiques, dont des menaces comme : « Tu ne pourras pas vivre toute seule, tu n\u2019auras pas une cenne », jusqu\u2019à de la violence sexuelle et économique (accumulation de dettes, privations) et qu\u2019elle se mette à réfléchir sérieusement à la possibilité de quitter son conjoint.Les chiffres sont clairs : Une femme sur trois a déjà vécu de la violence au Québec, et à travers le monde.Cela inclut la violence conjugale ainsi que tous les autres abus et agressions.Mélanie* a vécu, quant à elle, un abus sexuel à 9 ans.Pour l\u2019obliger à garder le silence, son oncle menace de tuer le bébé qui était dans le ventre de sa mère.« Non seulement je m\u2019empêchais de parler parce que c\u2019était mon oncle, mais aussi parce que j\u2019avais vraiment peur qu\u2019il le fasse.» Sa personnalité de petite fille joyeuse a immédiatement changé : « J\u2019ai gardé le silence pendant des mois.Je pleurais, je faisais des cauchemars, j\u2019avais des flash-back, ma mère ne me reconnaissait plus.Elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais à un moment donné elle a insisté.Elle m\u2019a dit : « Je sais qu\u2019il s\u2019est passé quelque chose.» Les violences faites aux femmes sont souvent perpétrées par des proches.Et au Québec, moins de 25 % des femmes victimes portent plainte.La violence se vit souvent en silence.Sauf que la mère de Mélanie l\u2019a fait, elle a porté plainte avec sa fille, mais l\u2019homme était déjà parti en cavale.Ce n\u2019est qu\u2019au bout de neuf longues années que la police l\u2019a arrêté.Il n\u2019aura fait que quelques mois de prison, et qui sait, de nombreuses autres victimes entre-temps.Marianne, elle, a finalement décidé de quitter le domicile et de se réfugier dans une maison d\u2019hébergement.Là-bas, elle s\u2019est sentie en sécurité avec son enfant.C\u2019est après que la violence a continué parce que les conjoints violents gardent parfois une emprise sur la femme, par le biais de l\u2019enfant.Elle a toutefois choisi de ne pas porter plainte.Derrière les violences faites aux femmes * noms d\u2019emprunt Chez SOS violence conjugale, le nombre d\u2019appels téléphoniques est passé de 41 000 par année à 58 000, entre 2020 et 2022.« C\u2019est très bien, affirme Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d\u2019hébergement pour femmes (FMHF), les femmes vont plus rapidement demander de l\u2019aide et venir en maison d\u2019hébergement, mais nous sommes victimes de notre succès : les maisons ont un taux d\u2019occupation qui frise 100 %, et plus.» « Ce n\u2019est pas pour rien que des femmes se retrouvent en situation d\u2019itinérance.Il n\u2019y a rien de pire que de devoir dire non à une femme qui est dans la voiture avec ses enfants et qui cherche un endroit où aller.» Les organismes rejoindraient seulement 10 % des femmes victimes de violence.Combien de femmes vivant en région éloignée hésitent avant d\u2019aller en maison d\u2019hébergement, déplore la directrice : « Ce n\u2019est pas évident pour elles de quitter leur travail, de penser à se retrouver un logement, de changer les enfants d\u2019école.De laisser leur vie, c\u2019est un pensez-y bien.» La violence touche des femmes issues de toutes les classes sociales, sauf que celles que la violence vulnérabilise le plus ont souvent un lourd passé entaché de violences sur plusieurs plans.Certaines ont subi des abus sexuels dans l\u2019enfance, et de la violence familiale et conjugale dans plusieurs relations.« Il y a un lourd passé derrière leur situation, constate Anick Desrosiers, psychothérapeute auprès des femmes itinérantes ou à risque de le devenir, à La rue de femmes.La précarité t\u2019enlève des choix.» C\u2019est pourquoi le travail des intervenants consiste aussi à les soutenir dans leur départ de la maison, à stabiliser leur situation financière, et à les aider dans le processus de dénonciation, parce que c\u2019est une période à haut risque : la plupart des féminicides surviennent dans les six mois après avoir quitté un conjoint violent.Demandes d\u2019aide à la hausse SOS VIOLENCE CONJUGALE 514 873-9010 1 800 363-9010 Du 25 novembre au 10 décembre Journées de sensibilisation contre la violence faite aux femmes Les maisons d\u2019hébergement font leur possible pour assurer un accueil sécuritaire et chaleureux aux dizaines de femmes qu\u2019elles hébergent.Mais les bas salaires du milieu communautaire n\u2019incitent pas les intervenantes à demeurer en poste.Les nombreux changements ont une incidence sur la confiance que peuvent avoir les femmes envers le personnel.La confidentialité des adresses et la discrétion des lieux d\u2019hébergement sont aussi essentielles à la sécurité et à la confiance des femmes qui s\u2019y trouvent.Souvent, elles vont préparer leur sortie petit à petit.Elles peuvent même apporter des effets personnels à la maison sans que leur conjoint le sache, de manière à préparer leur départ.Dépendamment du moment où les femmes arrivent à la maison d\u2019hébergement, elles peuvent recevoir un accueil plus ou moins attentionné.C\u2019est sûr que si l\u2019on compte seulement deux intervenantes pour 40 personnes, elles ne peuvent pas tellement se concentrer sur la douleur des victimes.Il n\u2019y a pas tellement de place pour les émotions, elles s\u2019occupent de leur donner un lit, et des informations importantes : où manger et placer leurs bagages.C\u2019est plus tard qu\u2019elles pourront les écouter.« Même si on n\u2019est pas cette femme sur trois qui subit de la violence, toutes sont susceptibles d\u2019en vivre », estime Anick Desrosiers, psychothérapeute à La rue des femmes.Au Québec, et à l\u2019échelle mondiale, plus de 30 % des femmes ont subi au moins une fois des violences physiques ou sexuelles.Ce chiffre ne tient pas compte du harcèlement ou de l\u2019intimidation, du contrôle financier ni de la cyberviolence.Selon l\u2019ONU, ce sont les femmes qui sont le plus assassinées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille (64 % de femmes, contre 36 % d\u2019hommes) dans le monde.Pendant la pandémie, et contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, la violence a surgi lors des déconfinements, alors que les conjoints violents perdaient leur emprise sur leurs conjointes qui pouvaient enfin ressortir, après plusieurs mois confinés à avoir gardé un profil bas.La sécurité des femmes : un élément crucial des services d\u2019hébergement « L\u2019idée ce n\u2019est pas de dire que ce sont des hommes méchants, c\u2019est juste que les faits démontrent une réalité.La violence faite aux femmes, c\u2019est un contrôle.On vit encore dans une société patriarcale », souligne Manon Monastesse, aussi membre du comité consultatif du coroner avec qui chaque année elle analyse les dossiers de féminicides.« Dès le plus jeune âge, les femmes sont conditionnées à plaire, à se préoccuper des autres.Voulant aussi maintenir l\u2019harmonie familiale, elles finiront par accepter des comportements intolérables dans leurs relations amoureuses », peut-on lire dans un document du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violences conjugales.Le meurtre est un aboutissement fatal à des comportements violents graduels.« Une fois que la dynamique est instaurée, le partenaire n\u2019a même plus besoin de frapper », précise Mme Desrosiers.Plus de contrôle et plus de dépendance amènent la victime à se remettre en question, l\u2019agresseur la rabaisse, sème le doute, mine sa confiance, et la coince dans l\u2019isolement ; coupant les liens avec ses amis et sa famille.Il lit ses messages, ses courriels, traque ses déplacements, etc.Plusieurs raisons retiennent ces femmes de mettre un terme à une telle relation.Et la trajectoire pour s\u2019en sortir n\u2019est pas linéaire.« Il y a souvent plusieurs retours avec la personne.Les femmes trouvent d\u2019autres qualités à leurs conjoints.Ils ne sont pas « seulement violents », signale la psychothérapeute.Et puis la femme qui est aussi mère tente souvent de protéger le père en évitant de le dénoncer, pensant ainsi mieux protéger ses enfants.C\u2019est ce qui est arrivé à Marianne.Au début elle tentait d\u2019éviter une séparation, puis elle s\u2019est dit : « À quoi bon rester, si c\u2019est pour que mon enfant grandisse là-dedans ?» Sauf que c\u2019est à ce moment-là qu\u2019a débuté la violence post-séparation pour elle, comme pour bon nombre de mères qui se séparent d\u2019un conjoint contrôlant.Mais lorsque l\u2019homme violent perd le contrôle et tue sa conjointe ou son ex-conjointe, « c\u2019est prouvé par des études qu\u2019il agit par désir de vengeance, et pour maintenir la domination, explique Mme Monastesse.Si elle n\u2019est pas avec moi, elle ne sera avec personne.Ce n\u2019est pas une question de dépression ou de santé mentale, c\u2019est clairement une volonté d\u2019affirmer son contrôle.» Tuer est la forme extrême de domination.Et le meurtre des enfants en est une aussi.Une dynamique de contrôle 1er décembre 2022 Au Canada, une femme ou une fille est tuée tous les deux jours.Au Québec, depuis le début 2022, on déplore 14 meurtres de femmes (féminicides).En 2021, il y en a eu 26, le plus haut chiffre depuis 13 ans.Cette année-là, les services de police constatent une hausse de 30 % des signalements par rapport à 2020.« La violence est une manifestation du fait qu\u2019on n\u2019a pas atteint une véritable égalité » - Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d\u2019hébergement pour femmes (FMHF) Les maisons d\u2019hébergement, c\u2019est chaque année : Près de 3000 femmes et 1500 enfants hébergés.Près de 5000 femmes et enfants soutenus en externe.Plus de 50 000 appels d\u2019urgence et de conseils.Plus de 175 000 suivis individuels.27 itineraire.ca 26 itineraire.ca 1er décembre 2022 La violence n\u2019est pas toujours apparente.Les comportements peuvent aller de la marque la plus subtile comme bouder, à la plus évidente, comme l\u2019agression sexuelle.« Aujourd\u2019hui nos intervenants travaillent avec les hommes pour les responsabiliser et leur montrer qu\u2019ils ont le devoir de faire le choix de la non-violence.Nous devons constamment insister sur ce qu\u2019est une attitude violente parce que les hommes ne le savent pas toujours », explique Sabrina Nadeau, directrice de À cœur d\u2019homme, un réseau provincial d\u2019une trentaine d\u2019organismes d\u2019aide aux hommes.Janick, un ex-homme violent témoigne de son parcours en thérapie : « Je pouvais la bouder pendant six jours.Elle arrivait quasiment en rampant pour me parler.Ça aussi c\u2019est une forme de violence.» Toutefois, même en se sentant coupable, c\u2019est en s\u2019exprimant que les hommes en prennent conscience : « Je n\u2019étais vraiment pas bien dans ma peau.Pour me convaincre de venir aux rencontres, l\u2019 intervenante m\u2019a dit : \u201cÇa va te faire du bien\u201d.C\u2019est là que j\u2019ai dit \u201cOui\u201d.» Au Québec, 86 % des 22 000 infractions commises en contexte de violence conjugale concernent des femmes, et pour les agressions sexuelles ce sont 97 %.Devant cette réalité, les policiers ont remis en question leurs pratiques face à une forme de violence autrefois considérée comme n\u2019importe quelle autre voie de fait.Et les policiers d\u2019expérience le constatent également.Cette violence était moins nommée, moins mise sur la place publique.Aujourd\u2019hui les services de police sont dotés d\u2019unités spécialisées et des formations leurs sont offertes.Ils sont mieux préparés pour identifier les risques d\u2019homicides liés aux violences conjugales.Également, les hommes violents connus des services de police ont un suivi plus serré.Les policiers sont aussi plus outillés pour accompagner les victimes et les agresseurs tout au long du processus judiciaire.Même chose pour les avocats qui commencent à se former.Du côté des hommes Des interventions plus sensibles « Les hommes qui entament une démarche de réhabilitation sont conviés à des rencontres de groupe, décrit la directrice générale de À cœur d\u2019hommes.Certains hommes n\u2019ont jamais parlé de leurs émotions, alors en groupe, ils entendent les autres dire des choses et peuvent s\u2019y identifier facilement.» « On leur donne un espace thérapeutique, mais aussi des informations juridiques qui peuvent les aider à communiquer, à comprendre le vocabulaire et leurs droits.Ils trouvent cela très aidant », explique l\u2019avocat et médiateur Stéphane Bisson qui travaille pour l\u2019organisme de soutien thérapeutique pour les hommes, Pro-Gam à Montréal.Les organismes qui travaillent auprès des agresseurs et des victimes savent d\u2019ailleurs que la violence n\u2019est pas seulement un problème individuel : la violence, c\u2019est un choix, oui, mais c\u2019est socialement toléré, résume Mme Monastesse qui se dit toujours déçue de voir que les hommes se sentent visés individuellement.L\u2019important, c\u2019est d\u2019en parler pour ne pas que les victimes de cette épidémie invisible soient mises de côté.Du moins pour Janick qui a accepté de fréquenter le groupe d\u2019aide, parler et faire de l\u2019introspection lui aura permis d\u2019avoir le plus beau compliment qu\u2019il aurait espéré de la part de sa fille : « Elle m\u2018a dit que j\u2019avais l\u2019air mieux dans ma peau, que ça paraissait que j\u2019avais fait du chemin.On venait de me donner quatre poumons ! » Une réhabilitation possible « Il ya des comportements violents plus subtils, qui sont des formes de contrôle, d'harcèlement et de violences sexuelles, par exemple.Et les hommes n'en sont pas toujours conscients » - Sabrina Nadeau, directrice générale du réseau À cœur d\u2019hommes Pendant ce temps, le gouvernement s\u2019attaque au problème en mettant sur pied des projets pilotes comme les tribunaux spécialisés en violence conjugale et sexuelle, ainsi que des cellules d\u2019intervention rapide : lorsqu\u2019un intervenant identifie un risque de féminicide, tous les autres acteurs impliqués dans le dossier se mettent sur le qui-vive afin d\u2019intervenir rapidement.« Dans une région comme l\u2019Abitibi, illustre Sabrina Nadeau, en une année, il y a peut-être eu 60 cellules d\u2019intervention qui se sont mises en place, ce qui veut aussi dire que ce sont 60 femmes sauvées.» L\u2019implantation d\u2019une ligne d\u2019aide 24 h / 24 h, 7 j / 7 destinée aux hommes serait aussi en discussion.Concernant les bracelets électroniques antirapprochement, le projet-pilote a mis en lumière certaines lacunes de logistique.Il s\u2019agit d\u2019une technologie qui fonctionne par internet ce qui crée des problèmes d\u2019accès au réseau en région éloignée.L'Assemblée générale de l\u2019ONU a adopté en 1993 la Déclaration sur l\u2019élimination de la violence à l\u2019égard des femmes.Ces violences constituent la manifestation la plus aiguë de l\u2019inégalité homme-femme.La déclaration les lie explicitement à la domination des hommes et à la subordination des femmes.29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 Martine Laurier accepte aujourd\u2019hui de parler à visage découvert de ce qui a longtemps été un poids lourd à porter.Victime de contrôle et agressée par le père de ses enfants, elle a longtemps souffert en silence pour protéger ses enfants, mais aussi sa profession.Quand on est policière, difficile d\u2019admettre qu\u2019on souffre et qu\u2019on a besoin d\u2019aide.Voici son témoignage.Violence et santé mentale Une policière parle après 18 ans À la fin des années 80, le vent était en train de changer, mais il arrivait encore souvent que dans un couple, l\u2019homme voulait contrôler la famille, notamment sa femme.« Il me faisait tout payer à moitié, alors qu\u2019il gagnait le double de ce que je gagnais.Moi je pensais que c\u2019était normal.J\u2019ai fait mon cours à l\u2019école de police pour acquérir une autonomie financière me mettant d\u2019égal à égal avec lui.» Un jour que son ex-conjoint revenait d\u2019un contrat de deux semaines à l\u2019extérieur, pendant lequel elle s\u2019était occupée seule des enfants, et alors qu\u2019elle terminait un shift de nuit, lui, avait décidé de reprendre le contrôle.« Il insinuait que je faisais toutes sortes de choses comme le tromper, et il m\u2019a prise de force.» Elle a décidé de dénoncer 18 ans plus tard ce que son ex-mari lui a fait subir.« Quand je suis devenue enquêteuse j\u2019ai acquis une confiance en moi et des compétences.Alors, j\u2019ai décidé qu\u2019il était temps de remettre les pendules à l\u2019heure.Ce n\u2019était pas pour régler des comptes, mais pour reprendre le pouvoir sur ma vie.Pendant des années je me suis fait traiter de folle.» « Je sais ce que c\u2019est que de se sentir ambivalente, je pensais qu\u2019en protégeant mon mari, je protègerais mes enfants.Et puis ça m\u2019a pris du temps de reconnaître que j\u2019étais une victime.» Le problème avec la violence conjugale c\u2019est la difficulté d\u2019en parler, dit-elle.« C\u2019est la même chose avec les idées suicidaires, c\u2019est le seul outil de prévention.» C\u2019est pourquoi une fois à la retraite, Martine Laurier a décidé de donner des ateliers, de témoigner, pour aider les collègues qui souffraient en silence.Aujourd\u2019hui, elle accompagne plusieurs victimes dans le difficile parcours de la dénonciation.De l\u2019uniforme au désir d\u2019en finir : Des outils pour déceler la détresse Martine Laurier en collaboration avec Catherine Lafrance Éditions Druide, 2022, 284 pages www.vigilanceml.ca itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que les auteurs.par Audréanne Smith, TOMS entourage : famille, voisin.e, collègue, client.e, que tu ne connais pas, mais qui fréquente les mêmes espaces que toi.On t\u2019encourage à utiliser le PODS comme témoin d\u2019une situation de conso présentant un potentiel de risque pour la santé ou après en avoir entendu parler.Ça peut être en tant que festivalièr.e, dans un bar, dans la rue\u2026 Le PODS est alimenté de façon volontaire et permettra d\u2019assurer un décloisonnement de l\u2019accès à de l\u2019information sur ce qui se passe sur le terrain dans un temps rapide en limitant les intermédiaires.Les données sont recueillies par questionnaire afin de dresser un portrait des substances à surveiller pour adapter les réponses d\u2019intervention et messages de prévention d\u2019organisations communautaires, favoriser la capacité d\u2019agir des personnes qui consomment et sensibiliser la population aux enjeux des surdoses.De ces signalements sont soutirées des informations, ensuite partagées par notifications nommées \u2018Info-PODS\u2019 via un système d\u2019inscription par texto et messagerie électronique.Aucun renseignement personnel n\u2019est nécessaire ni demandé pour compléter les questions ; la démarche est confidentielle quant à la provenance du signalement et l\u2019identité de son auteur.e.Le PODS se veut un outil de soutien complémentaire aux efforts (présents et futurs) déployés par les organismes communautaires et rend l\u2019information accessible à la population, peu importe son degré d\u2019affiliation aux communautés qui consomment.Parce que comme le dit l\u2019expression : un peuple uni jamais ne sera vaincu.La crise des surdoses, dont un enjeu important est la contamination des drogues en circulation libre, est certes un sujet d\u2019actualité, mais qui fait partie avant tout du quotidien de nos communautés depuis plus d\u2019une dizaine d\u2019années.Il s\u2019agit d\u2019une situation qui préoccupe autant les groupes communautaires et les personnes qui gravitent autour que les proches des personnes décédées ou affectées dans leur santé et bien-être par les surdoses.Nous profitons donc de cette plateforme pour souligner notre reconnaissance quant à la résilience des personnes qui ont perdu des proches, ou qui ont vécu des expériences indésirables elles-mêmes faute de politiques humaines et efficaces sur les drogues.L\u2019absence d\u2019actions concrètes d\u2019envergure visant la décriminalisation des drogues, ou le refus d\u2019agir et ignorer la question comporte un prix, que nos communautés paient chaque jour.L\u2019inquiétude quant à l\u2019acceptabilité sociale n\u2019a jamais été une raison valable pour justifier cette inaction, comme en témoigne la couverture médiatique de masse des derniers mois.Les mobilisations interdisciplinaires au développement de réponses aux surdoses s\u2019organisent de façon autonome depuis plusieurs années; c\u2019est pourquoi le CAMS (Comité d\u2019Actions Montréalais sur les Surdoses), composé de 21 organismes membres de la TOMS, a développé le Projet d\u2019observation des drogues et des surdoses, ou le PODS.C\u2019est un projet qui permet de signaler via son site internet www.surdosesmontreal.com toute situation qui t'apparaît comme une mauvaise expérience de consommation ou une surdose qui nécessite de la naloxone ; peu importe la fréquence, la quantité ou la méthode utilisée pour consommer.Ce peut être après avoir consommé du speed, par exemple, et que tu t\u2019es retrouvé.e à cogner des clous plutôt que de ressentir les effets stimulants que cette substance est typiquement supposée provoquer.Ce peut être un indice que ta dose a été mélangée avec un ou des agents de coupe, dont la liste évolue rapidement.Donc, le PODS c\u2019est pour tout le monde, parce que ça peut toucher n\u2019importe qui.Toi comme quelqu\u2019un de ton La TOMS, Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le VIH / sida est un regroupement sectoriel régional qui compte 31 organismes membres.Sa mission est de soutenir, promouvoir les actions et défendre les intérêts de nos membres et des communautés qu\u2019ils représentent.30 FREDERIQUE MENARD AUBIN 33 itineraire.ca 32 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 C\u2019est l\u2019enfer ! Avoir le VIH, c\u2019est être obligé de prendre des médicaments tous les jours, et de faire attention à ne pas se blesser pour ne pas contaminer ses proches, par exemple.J\u2019ai vu, il y a un mois et demi environ, sur une publicité, qu\u2019une personne atteinte du VIH n\u2019est plus contagieuse si elle a une bonne médication.Je ne le savais pas avant.BENOIT CHARTIER CAMELOT SAQ, MASSON / 3E AVENUE Vivre normalement L\u2019un des inconvénients, très irritant, c\u2019est d\u2019avoir l\u2019équivalent de la gastro.Quand tu en as plusieurs fois par mois, c\u2019est dur.Il faut faire très attention à son alimentation.Mais on peut vivre normalement avec le VIH.Les médicaments stabilisent bien la maladie.Et le suivi médical n\u2019est pas si lourd.Mais pour les relations, c\u2019est difficile.Il y a souvent un malaise.On s\u2019y habitue.JEANNETTE DEVOST CAMELOT MONT-ROYAL / BERRI Intense, dur, triste ! C\u2019est quelque chose qu\u2019on a à vie, alors il faut apprendre à vivre avec.Il y a des médicaments pour cela et je pense que c\u2019est important d\u2019avoir un suivi médical régulier.Ça fait peur, parce que les gens ne voudront plus avoir de relations sexuelles.Mais c\u2019est important de le dire quand même.Ça doit créer de l\u2019anxiété, mettons quand on veut un enfant.NICOLAS LECLAIR MÉTRO VIAU Dur à vivre Je pense que ça ne gêne en rien d\u2019avoir le VIH.Que la personne soit malade ou pas, moi ça ne m\u2019empêche pas de discuter avec elle.Mais je pense que les personnes qui l\u2019ont doivent se sentir mal.Ça ne doit pas être facile de savoir qu\u2019on ne peut pas guérir d\u2019une maladie.J\u2019ai connu un gars qui avait le sida.Il n\u2019a vécu que quatre ans.DIANE GARIÉPY MÉTRO SQUARE-VICTORIA-OACI Inquiétude permanente J\u2019ai peur d\u2019attraper le VIH en ayant des aventures.C\u2019est l\u2019inconnu et ça m\u2019inquiéterait tout le temps si je l\u2019avais, de peur d\u2019en mourir.Heureusement, on est beaucoup plus avancé qu\u2019avant au niveau des médicaments.Je pense que c\u2019est possible de vivre normalement, mais il faut être franc avec les autres.DENIS BOURGEOIS PHARMAPRIX JEAN-TALON / CHRISTOPHE COLOMB Accompagner dans la maladie C\u2019est très difficile de vivre avec ce virus.J\u2019ai connu quelqu\u2019un qui l\u2019avait.Je l\u2019ai souvent accompagné à l\u2019hôpital pour ses suivis médicaux.Il avait un bon moral et était stable, mais certains jours étaient plus durs que d\u2019autres.Aujourd\u2019hui, il est décédé.J\u2019ai trouvé ça difficile de le voir malade, alors que quand on était bénévoles ensemble à l\u2019hôpital Saint-Luc, il était très en forme.RONALD CINQ-MARS CAMELOT CHAMPLAIN / ONTARIO Comme pour un itinérant Je dirais que vivre avec le VIH c\u2019est comme être itinérant.Chaque jour, tu t\u2019encourages toi-même à fonctionner.Je trouverais ça dur si ça m\u2019arrivait.Mais avec les traitements d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est mieux qu\u2019avant.Je me dis que c\u2019est comme le cancer, on peut en mourir un jour.MAXIME VALCOURT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT Vivre avec le VIH selon vous\u2026 itineraire.ca 34 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 Au printemps dernier, je suis allée au Salon de l\u2019emploi et de la formation continue à Montréal, que j\u2019avais vu annoncé à TVA Nouvelles.J\u2019ai pensé à Stéphane du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP), qui intervient auprès des participants en préemployabilité de L\u2019Itinéraire.Stéphane montre comment « complimenter » les employeurs.Par exemple : mettons que je vois une employeuse avec des tattoos.Je pourrais lui dire : « Oh, ils sont beaux vos tattoos ! » Trouvez-vous que je sois téteuse ?Les camelots me diraient : « Non.Et en plus, m\u2019a dit Stéphane, tu as réussi à la faire parler en lui demandant ce que c\u2019était ».Le salon des opportunités Au Salon de l\u2019emploi, j\u2019ai vu Stéphane.Il était face à moi, à environ trois mètres.Il s\u2019est tourné de bord et là, je lui ai dit d\u2019une voix un peu forte : « Stéphane ! » On a alors piqué une petite jasette.Dans cette conversation, il m\u2019a demandé si je voulais parler du Salon de l\u2019emploi au groupe de participants du CREP.Il disait que j\u2019étais la seule à y être allée.Je disais aux personnes des kiosques employeurs que j\u2019avais vu l\u2019annonce du Salon aux nouvelles de TVA.Beaucoup de personnes présentes, surtout des entreprises de sécurité, me connaissaient déjà, pour avoir travaillé dans ce secteur.Ce salon était une place où on se sentait bien, et il était très bien organisé ; mieux que les salons où j\u2019avais été auparavant.Des responsables m\u2019ont expliqué qu\u2019avec les années, ils avaient pris de l\u2019expérience.À l\u2019un des kiosques, un photographe professionnel prenait gratuitement des photos des visiteurs comme des exposants.J\u2019y suis allée.Ils ont pris plusieurs portraits de moi, avec mes lunettes.Ça faisait un style de vedette.Le photographe m\u2019a ensuite dit d\u2019enlever mes lunettes pour d\u2019autres photos.Puis spontanément, il m\u2019a parlé de la morphologie de mon visage.Il trouvait que j\u2019avais des airs italien ou mexicain\u2026 J\u2019ai ajouté à sa demande : « Autochtone ?» Il m\u2019a répondu : « Oui, c\u2019est ça ! » En route vers l\u2019emploi Puis, j\u2019ai été au kiosque du YWCA, le Y des femmes.Je m\u2019y suis inscrite, comme à plusieurs autres kiosques.J\u2019ai reçu plusieurs appels à la suite de ces inscriptions, mais je n\u2019en ai choisi qu\u2019un, le YWCA, pour qu\u2019il m\u2019aide à créer un CV.Ils m\u2019ont fait remplir des documents pour intégrer leur programme Femmes vers l\u2019emploi (FVE).Ils m\u2019ont donné un cours de la CNESST sur le harcèlement, autant psychologique que physique.J\u2019ai aussi eu un cours de secourisme, donné par des ambulanciers.Ils nous forment également sur la façon de se présenter à un employeur.Je m\u2019exerçais avec une autre personne à faire des entrevues.Ils m\u2019ont expliqué qu\u2019il faut se rappeler qu\u2019un employeur est une personne comme toi et moi.Alors que dans ma tête, c\u2019était comme une vedette qui m\u2019impressionnait.On peut être stressé, avoir le trac à cause de ça, mais pas de panique ! J\u2019ai aussi suivi des cours d\u2019informatique pour pouvoir remplir des documents en ligne et envoyer des courriels.Ils pouvaient nous référer pour travailler directement au YWCA, comme caissière ou vendeuse à la boutique friperie Fringues, qui appartient au Y des femmes.Ils ont aussi d\u2019autres postes.On a également reçu des coupons-rabais de 10 $ pour s\u2019acheter du linge chez Fringues.J\u2019lâche pas la patate ! À la fin des quelques formations, j\u2019ai reçu une attestation.J\u2019ai terminé le programme le 9 septembre dernier.Je veux renouveler mes cartes professionnelles dans le milieu de la sécurité privée.Je peux aller chercher mon permis temporaire quand même, mais il faudrait que je le renouvelle et donc que je le paye, tous les trois mois.Le mieux serait de retourner en formation, pour obtenir un permis à renouveler tous les cinq ans.Ce texte est la suite du mot de camelot : Candidature spontanée, paru dans le numéro du 15 mai 2022 de L\u2019Itinéraire.À ceux qui l\u2019ont lu : Manon n\u2019attend plus de peanuts ! Camelot Village Champlain et métro Angrignon par Manon Fortier Manon magasine l\u2019emploi Candidature spontanée Ce matin, un écureuil m\u2019a convaincue de répondre à votre annonce.Néanmoins, il trouve que le salaire n\u2019est pas assez élevé.Il me suggère de négocier.Il est prêt à accepter une partie de la rémunération en biscuits et en peanuts, qu\u2019on partagera ensemble.Ça lui donne des maux de foie et d\u2019estomac, mais pourtant il en raffole.Il est impossible de le raisonner à ce sujet.Sans emploi, je viens de me rendre compte que je n\u2019ai plus d\u2019argent.Évidemment je préférerais ne pas rester là à me tourner les pouces de temps en temps, parce que rien faire, je suis pas capable ! C\u2019est pourquoi je réponds à votre annonce.Je sors d\u2019une expérience au fond d\u2019une grotte sans lumière, faisant suite à une expédition de spéléologie amateur ayant mal tourné.Pendant ce temps presque personne n\u2019a daigné me venir en aide, surtout pas ceux qui font semblant de lancer une ligne à pêche pour essayer de m\u2019aider.Personne ne s\u2019est soucié que je tombe dans ce trou.Dernièrement j\u2019ai crevé de faim, j\u2019aurais pu mourir, ça n\u2019aurait fait aucune différence.C\u2019est pourquoi ma recherche d\u2019emploi devient urgente ! Mes expériences en tant que descendante d\u2019un singe psychotique avec un bonnet font que je suis de nature affable avec des qualités de mérou sans tête qui envoie une fusée au plus haut point.Et je suis tout à fait capable d\u2019élaborer une stratégie de communication.Je parle aux perroquets, aux plantes, à la télévision : pendant un film je leur dis quoi faire comme si j\u2019étais dans le film.Je reste à votre disposition pour tout renseignement ou entretien, même si je ne suis pas souvent disponible.Voilà ! Donnez-moi des nouvelles, ça me fera plaisir.L\u2019écureuil (conseiller en emploi) et Manon qui vous envoient des peanuts.35 Mot de camelot publié dans le numéro du 15 mai 2022 Sans vouloir politiser inutilement la question, je dois dire que je ressens toujours un certain malaise quand j\u2019entends le premier ministre Legault dire que l\u2019égalité homme- femme serait parmi les rares « valeurs fondamentales » de la société québécoise qui feraient consensus, surtout lorsqu\u2019on s\u2019attarde au déséquilibre effarant entre ce qu\u2019hommes et femmes vivent à ce niveau.Un malaise qui, dans mon cas, ne va qu\u2019en s\u2019empirant lorsque ce même PM cherche à alimenter une fausse division entre Québécois « de souche » et certaines communautés immigrantes, laissant supposer que nous aurions « nous » des valeurs plus évoluées et « eux » des valeurs archaïques.Et parmi tes amis J\u2019avais, il y a quelque temps, une personne proche de moi parmi mon groupe de copains les plus intimes, du genre qu\u2019on invite dans sa famille à Noël.J\u2019ai appris au bout de plusieurs années que celui-ci avait des attitudes violentes et inacceptables envers sa conjointe.Pour situer un peu le contexte, disons que notre groupe de camarades n\u2019était pas particulièrement enclin à faire confiance à la police ou au système de justice « officiel » quand venait le temps de résoudre les conflits d\u2019importance.La question se posait : « OK, mais on fait quoi alors ?» Nous avons donc choisi d\u2019adopter une certaine forme de justice réparatrice ou alternative, en commençant par le confronter à ses contradictions les plus évidentes.La moindre étant de savoir : « Comment peux-tu prétendre lutter pour plus de justice sociale alors que tu fais tout le contraire dans ta vie privée ?» Comme notre ami semblait démontrer un remord sincère et une réelle volonté de se prendre en main (demandes d\u2019aide, consultation, thérapie, etc.), nous nous étions dit qu\u2019il méritait une seconde chance.Qu\u2019à divers degrés, nous avions tous déjà fait des erreurs dans nos vies et qu\u2019une prise de conscience sincère et un désir de changement sont de puissants moteurs ! Lorsqu\u2019on critique la justice (qui au moins impose une peine avec un début et une fin), il ne faut pas non plus se montrer encore plus tyrannique que celle-ci.Malheureusement, l\u2019ami a récidivé plus tard.Pour nous, c\u2019était le pas de trop, la ligne rouge comme on dit.Nous ne nous sommes plus jamais vus ou reparlés depuis.À ce jour, c\u2019est toujours un souvenir difficile, une amitié perdue, mais surtout des vies de femmes brisées.Aurions-nous pu mieux faire ?Appeler la police ?Tenter de prévenir les coups ?Des épisodes du genre viennent bousculer tout ce qu\u2019on croit savoir de la justice, de l\u2019amitié et de la réhabilitation.Et je n\u2019ai toujours pas les bonnes réponses.Quand on m\u2019a informé que le prochain thème de L\u2019Itinéraire portait sur la violence conjugale, mon premier réflexe a été de dire : « non merci, je vais passer mon tour ».Non parce que je ne considère pas cet enjeu de société comme étant vraiment important, qui devrait interpeller tout le monde, mais plutôt parce qu\u2019en tant qu\u2019homme hétéro, ma première pensée a été : « Je n\u2019ai jamais vécu de violence domestique et probablement que je n\u2019en vivrai jamais ».Donc, qui suis-je pour en parler alors que tant de victimes vivent toujours dans le silence, la honte, la souffrance et la culpabilité ?Aussi, parce que je suis fort conscient que ma première pensée, aucune femme ne pourrait la formuler avec une telle assurance.Car tous les chiffres le montrent : si elle n'en a jamais souffert, rien ne lui permet de dire qu\u2019elle en est à l\u2019abri.Quand ça arrive près de chez vous Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.Nous vivons un moment opportun et déterminant dans la lutte contre le fléau du VIH / sida, lutte que nos communautés mènent depuis une quarantaine d\u2019années.Opportun, car nous avons à notre portée les outils nécessaires pour y mettre fin, mais déterminant parce que ça va prendre une volonté de tous·tes les acteur·trices pour déployer ces outils de manière optimale.Pour atteindre cet objectif d\u2019élimination du sida et de la transmission du VIH, les organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH / sida ont identifié des cibles prioritaires et diverses actions pour les atteindre ; actions dont certaines relèvent des gouvernements, et pas seulement en matière de financement.Amélioration de l\u2019accès au dépistage L\u2019un des objectifs de l\u2019ONUSIDA est que, d\u2019ici 2025, 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut.Selon l\u2019Agence de la Santé publique du Canada, nous avons à peine atteint l\u2019objectif de 90 % en 2020, laissant jusqu\u2019à 10 % de personnes séropositives au VIH ignorant leur statut.Dans les nouveaux cas de VIH, il y a une proportion inacceptable de personnes qui découvrent leur statut tardivement, après des atteintes importantes à leur système immunitaire.Ajoutons que la réaffectation des ressources infirmières lors de l\u2019épidémie de la COVID-19 a causé une diminution des tests de dépistage réalisés au Québec de 18,4 % entre 2019 et 2020.Pour contrer ce portrait peu flatteur, il est impératif d\u2019agir afin d\u2019améliorer l\u2019accès au dépistage.Certaines des actions identifiées pour atteindre cette cible sont l\u2019habilitation des intervenant·es communautaires à réaliser certains types de tests de dépistage, la disponibilité et l\u2019accessibilité aux autotests VIH et surtout la déstigmatisation et la normalisation du dépistage régulier.Récemment, le gouvernement fédéral a agi en ce sens en rendant accessible, durant une année seulement, une quantité définie d\u2019autotests.Cette action que nous considérons positivement ne peut être efficace que si elle est pérennisée.Soutien à l\u2019adhésion au traitement Il existe plusieurs traitements efficaces qui peuvent contrôler le VIH ou qui en empêchent l\u2019infection (ex.: la PrEP).Bien que ces traitements soient couverts par les divers types d\u2019assurance médicaments disponibles au Québec, ils ne sont malheureusement pas accessibles à tous·tes.Dans l\u2019ensemble des couvertures d\u2019assurance, même celle du gouvernement provincial, une part du coût est à la charge de l\u2019individu.Et ce coût, lorsqu\u2019il est question d\u2019antirétroviraux, peut être substantiel.Cette charge constitue un obstacle majeur pour plusieurs personnes vivant avec le VIH.Par exemple, une personne qui travaille au salaire minimum, à temps plein, doit prioritairement se nourrir et se loger.Ainsi, il est possible qu\u2019elle ne soit pas capable de payer son traitement tous les mois.Cette charge est donc une barrière à l\u2019adhésion au traitement ; barrière qui peut être soulevée par l\u2019accès gratuit aux antirétroviraux, tant pour traiter que pour prévenir l\u2019infection par le VIH.De plus, comme il a été fait pour contrer la pandémie de la COVID-19, cette gratuité doit s\u2019étendre à toute personne qui se trouve sur le territoire québécois, peu importe son statut de citoyenneté.Le mouvement communautaire de lutte contre le VIH / sida et les communautés mobilisées autour de lui sont prêt·es à assumer leurs rôles dans cette démarche vers la fin du VIH, mais ne peuvent pas le faire seul·es.Cela nécessite la volonté et la mobilisation des décideur·euses des trois niveaux gouvernementaux \u2014 municipal, provincial, fédéral \u2014 afin d\u2019investir, d\u2019effectuer les change-ments nécessaires pour abattre les barrières d\u2019accès au dépistage et au traitement et de déployer tous les outils essentiels pour contrer toutes nouvelles infections et pour permettre une adhésion optimale au traitement ; le tout dans le but de mettre fin à l\u2019épidémie du VIH / sida au Québec.Nous sommes prêt·es.Et vous ?La volonté de mettre fin au sida et à la transmission du VIH (Volet 1) Ken Monteith Directeur général COCQ-SIDA www.cocqsida.com 1er décembre 2022 37 Camelot rue Bernard / De l\u2019Épée par Mathieu Thériault itineraire.ca chronique payée Les recommandations, résumés et avis sont fournis gracieusement par Mediafilm.Envie de voir ou revoir ces films ?Allez droit aux vues en consultant le site ouvoir.ca.Camelot Métro Lionel-Groulx Agathe Melançon PHOTOS FOURNIES PAR MEDIAFILM ON SE FAIT NOTRE CINÉMA SUGGESTIONS Les cotes Mediafilm : Chef-d'oeuvre Remarquable Très bon Bon Moyen Pauvre Minable Aspirant à une vie meilleure, Caroline Wolff s\u2019installe en 1957 avec son fils Tobias à Seattle après des années de déménagements successifs.Faute de stabilité, le jeune garçon sombre peu à peu dans la petite délinquance.Lorsque Caroline rencontre Dwight, elle croit trouver en lui le modèle idéal pour son jeune fils, mais ce dernier se révèle tyrannique et très violent.Tu seras un homme\u2026 (This Boy's Life) Drame psychologique de Michael Caton-Jones, 115 minutes, États-Unis, 1993 Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm L\u2019homme invisible (The Invisible Man) Adaptation libre du roman d\u2019H.G.Wells.Thriller de Leigh Whannell, 124 minutes, États-Unis, 2020 Nous étions guerriers, (Once We Were Warriors) Drame social de Lee Tamahori, 99 minutes, Nouvelle-Zélande, 1994 Une mère de famille aborigène accepte de plus en plus mal le climat de violence que fait régner autour de lui son mari macho.Depuis quelque temps, il boit plus que de raison et devient de plus en plus violent.L\u2019amour de Beth ne suffit plus à maintenir la cohésion familiale et les drames familiaux donneront à cette mère la force de changer de vie.Un homme meilleur (A better man) Documentaire de Lawrence Jackman et Attiya Khan, 78 minutes, Canada, 2017 La coréalisatrice Attiya Khan convainc son ex-petit ami du secondaire de réfléchir à leur relation d\u2019il y a 20 ans, marquée par des abus sexuels et de la violence psychologique.Un document brut d'actualité et éprouvant à regarder par moment.Face à sa guérison C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une rencontre entre une victime et son agresseur, 20 ans après les faits.Attiya Khan, ex-victime de violence conjugale devenue conseillère et défenseure des femmes et des enfants victimes de maltraitances, femme active dans son milieu et féministe, croise au hasard d\u2019une rue, Steve, son premier conjoint et agresseur de l\u2019époque.Dans son cheminement de guérison, elle lui propose de participer au projet documentaire Un homme meilleur, réalisé en collaboration avec Lawrence Jackman.Le fil directeur de ce documentaire est celui de la conversation, sans confrontation ni reproches, entre la victime et son bourreau.Attiya Khan et Steve se rappellent, décrivent en détail des scènes d\u2019une violence inouïe, tentent de comprendre et de guérir.On y découvre les deux côtés de la violence conjugale, et surtout, à quel point son émission est hors de contrôle, par manque d\u2019outils et de soutien.Accompagnés dans ce processus par une ressource externe qui vient en aide aux hommes violents, on suit l\u2019ancien couple dans ses souvenirs racontés, la visite de lieux communs, toute une gamme d\u2019émotions, des questions, des listes de blessures.En parallèle, on découvre la nouvelle vie de cette survivante, des bribes d\u2019images des soins psychiques et corporels qu\u2019elle s\u2019accorde pour s\u2019aider.Un visuel qui contraste avec la dureté des propos, les rend moins pénibles, et partage le chemin parcouru de celle qui s\u2019en est sortie.Le rôle de l\u2019école Au-delà du documentaire, Un homme meilleur est un outil pédagogique et de discussion, utilisable tant en milieu de travail pour sensibiliser les hommes adultes que dans les écoles pour travailler sur la violence et ses conséquences.Un rôle que l\u2019établissement scolaire d\u2019Attiya Khan et Steve aurait pu tenir et dont l\u2019inaction des intervenants scolaires est sous-entendue dans le long métrage.Attiya Khan découvre alors, 20 plus tard, que cet espace aurait pu l\u2019aider à se protéger, soupçonnant qu\u2019elle était en détresse.Un homme meilleur est disponible en français et en anglais.Il devrait être traduit dans toutes les langues de par l\u2019importance de son message : S\u2019en sortir est possible, et la violence des hommes n\u2019est pas coulée dans le béton.Ils peuvent cheminer et devenir de meilleures personnes ! La violence et les émotions refoulées depuis l\u2019enfance peuvent devenir une bombe à retardement à l\u2019âge adulte.On parle souvent du soutien des femmes victimes de violences conjugales, mais qu\u2019en est-il des hommes violents face à leurs propres comportements ?UN HOMME MEILLEUR (A BETTER MAN) Liste des ressources disponibles au Québec sur quebec.ca mot clef : violence conjugale Sos violence conjugale : 1 800 363-9010 Réseau d\u2019aide aux hommes pour une société sans violence, À cœur d\u2019homme : 1 877 660-7799 Cecilia Kass a pour petit ami Adrian Griffin, un riche scientifique contrôlant, narcissique et sociopathe.Une nuit, elle se décide enfin à le quitter.Celui-ci est déclaré mort quelque temps plus tard.Elle, se dit persécutée par sa présence invisible.38 1er décembre 2022 itineraire.ca Participant assistant journaliste Camelot marché Metro chemin Chambly, Longueuil par Gabriel Lavoie Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.De super-aînés On les appelle les super-aînés.Ils sont âgés de 80 ans et plus et ont une mémoire comparable à des personnes de 20 à 30 ans plus jeunes.Certains cerveaux vieillissent mieux que d\u2019autres, selon une récente étude menée par la professeure Tamar Gefen du département de psychiatrie et de sciences comportementales de l\u2019Université Northwestern, aux États-Unis.La taille des neurones de certains aînés qui conservent une bonne mémoire serait plus grande que la moyenne.Pour parvenir à ce constat, l\u2019équipe de la professeure Gefen a mené des autopsies sur le cerveau de six supers- aînés décédés, âgés de 90 ans et plus.Les chercheurs s\u2019intéressaient à une zone bien précise de leur cerveau : le cortex entorhinal, une région du cerveau responsable de la mémoire épisodique, celle qui permet de se remémorer le passé.À des fins de comparaison, l\u2019équipe a également mené des autopsies similaires post-mortem sur le cerveau de sept aînés « normaux », six adultes âgés entre 26 et 61 ans sans trouble cognitif, et cinq personnes avec des troubles de la mémoire.Les résultats démontrent que la taille des neurones des super-aînés est plus élevée.Les neurones sont des cellules du système nerveux, spécialisées dans la communication et le traitement d\u2019informations.Ils ont pour rôle de faire circuler les informations entre l\u2019environnement et l\u2019organisme.Un stimulus entraîne alors la formation d\u2019un signal bioélectrique dit influx nerveux, qui pourra être transmis à d\u2019autres neurones.Il y a plus de 100 milliards de neurones dans le cerveau humain capables de créer un réseau extrêmement complexe.Par ailleurs, il y a autant de neurones dans le cerveau que d\u2019étoiles dans notre galaxie ! Découvrir la croûte martienne Le 24 décembre 2021, le sismomètre (outil qui mesure l\u2019activité des sols, comme les tremblements de terre) de la mission InSight de la NASA a détecté deux collisions majeures sur la planète Mars.Une météorite de 200 tonnes de la taille d\u2019une camionnette s\u2019est écrasée sur la planète rouge et a creusé un cratère de 150 mètres de diamètre d\u2019une profondeur de 21 mètres.C\u2019est la première fois qu\u2019un impact de cette ampleur est observé sur cette planète, déclarait Ingrid Daubar de l\u2019Université Brown, directrice du groupe de travail sur les sciences de l\u2019impact d\u2019InSight, et ravie de pouvoir étudier la croûte martienne grâce à ces impacts.Les études sont d\u2019ailleurs toujours en cours.Et ce qu\u2019elles révèlent actuellement, ce sont de gros morceaux de glace dispersés après l\u2019impact.Olivier Sanguy, spécialiste de l\u2019actualité spatiale à la Cité de l\u2019espace de Toulouse, confirme l\u2019intérêt de cette découverte : « Que de la glace d\u2019eau soit dans ce sol martien, cela veut dire qu\u2019il y a eu de l\u2019eau sur Mars et cela intéresse beaucoup la NASA pour de futures missions habitées, dont l\u2019échéance est encore à déterminer.La glace d\u2019eau est importante comme ressource parce qu\u2019on sait qu\u2019on ne pourra pas tout emmener lors des missions martiennes.Donc, il faut exploiter les ressources locales.» Gaz à effet de serre, de nouveaux records dangereux Les émissions de CO 2 (dioxyde de carbone) ont atteint des sommets en 2021.Comme celles de méthane, et de protoxyde d\u2019azote mieux connu sous le nom de gaz hilarant.Ces gaz sont à eux seuls responsables de plus de 75 % des émissions qui participent au réchauffement climatique et à la dégradation du trou dans la couche d\u2019ozone.Les émissions de CO 2 ont augmenté de 149 % par rapport à l\u2019ère préindustrielle.Ce gaz est tenu responsable des deux tiers du réchauffement climatique.Les particules de méthane ont quant à elles augmenté de 262 % et le protoxyde d\u2019azote de 124 %, toujours par rapport à l\u2019ère préindustrielle.Les causes de la hausse du CO 2 et du protoxyde d\u2019azote sont bien établies depuis longtemps : la production et la consommation d\u2019énergies, étant les principales sources.Pour ce qui est de l\u2019augmentation du méthane, les raisons sont moins claires.L\u2019élevage bovin et la production de gaz et de pétrole produisent beaucoup de méthane, mais pas au point d\u2019expliquer cette hausse rapide depuis 2007.La perturbation des milieux humides comme les tourbières dont l\u2019écosystème est affecté négativement par la hausse des températures et les variations de précipitation parfois extrêmes pourrait en partie expliquer la forte augmentation de la présence de méthane dans l\u2019air.Les pays sont loin d\u2019atteindre les objectifs de diminution de gaz à effet de serre qui éviteraient un réchauffement catastrophique de deux degrés et plus.Voici les conséquences projetées du réchauffement climatique avec une température globale de trois degrés et plus : réchauffement des océans, submersions de villes, entre autres côtières, déplacement de populations, vagues de chaleur plus fréquentes, précipitations absentes ou intenses, fonte puis disparition de la banquise arctique, extinctions de nombreuses espèces animales et végétales nécessaires, conséquences socioéconomiques, accroissement de l\u2019insécurité alimentaire, pénuries de toutes sortes.41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er décembre 2022 1er décembre 2022 P I X A B A Y P H O T O N A S A / J P L - C A L T E C H / U N I V E R S I T Y O F A R I Z O N A CLEMENT FALIZE | UNSPLASH itineraire.ca 1er décembre 2022 43 S I O U C A M E L O T M O N T - R O Y A L / B O R D E A U X B D B D Humoriste Christian Vanasse Ah, OK ! Tu vas me dire qu\u2019il y a deux ou trois autres problèmes dans l\u2019monde dont il faudrait s\u2019occuper avant, mais invoquer qu\u2019il y a plus urgent est un faux argument qui ne fait que nous autoriser à étirer le temps qu\u2019on va mettre pour traiter cette mycose des ongles constitutionnelle.C\u2019est juste des mots diront certains, on peut les dire sans y croire diront d\u2019autres, mais accepter que le premier acte officiel d\u2019une personne élue soit un serment d\u2019hypocrite, ça part mal la patente.Et risque de faire dérailler tout le reste après.C\u2019est important les mots ! Ils agissent sur le réel.Faut se dépoussiérer l\u2019esprit.Pis tant qu\u2019à faire le ménage dans nos vieilles idées, des mots archaïques et des phrases d\u2019une autre époque qui nous ramènent trop souvent en arrière, j\u2019en ai recensé quelques-unes que je vous partage bien humblement : « Des sous ».On entend souvent dire ça encore aujourd\u2019hui, en politique, aux nouvelles, mais surtout dans le communautaire.« Des sous.Il nous faut des sous.Ça prend des sous pour soutenir le réseau.» Argh ! Arrêtez ça tu-suite ! Ça existe même pus des sous.Pis, demandez pas des sous.Avez-vous déjà entendu Bombardier demander des « sous » ?Non ?Bon.Demandez de l\u2019argent.Même chose pour l\u2019expression qu\u2019utilisent encore trop souvent certains politiciens : « Faut gérer l\u2019État en bon père de famille ».Quelle bullshit.Comme si c\u2019était le père qui gérait l\u2019épicerie, les devoirs, la liste des fournitures scolaires, le budget familial, le linge d\u2019éduc\u2019 du plus jeune pis la charge mentale ?Voyons donc ! On devrait gérer l\u2019État, au moins, comme une bonne mère de famille monoparentale.J\u2019ajouterais que les individus incapables de faire la différence entre un budget familial et la macroéconomie sont soit dangereux, soit incompétents ou stupides.Pis, si c\u2019est les trois, y devraient pas être au gouvernement.Parlant des politiciens, l\u2019expression « Laissons la chance au coureur » que ma voisine m\u2019a lancée quand Bernard Drainville est devenu ministre de l\u2019Éducation\u2026 Auuuuggghhh ! Quand j\u2019entends ça, les yeux me roulent tellement profond derrière la tête que je vois mon optométriste ! D\u2019abord, c\u2019est pas une course.Parce qu\u2019à l\u2019école, on court pas dans les corridors.On marche, on avance, on progresse, mais on ne court pas.Courir, c\u2019est pour les profs.Ou les élèves des écoles secondaires américaines.Et si c\u2019était vraiment une course, on n\u2019aurait pas eu beaucoup de médaillés.Depuis 30 ans en éducation, on a plus reculé qu\u2019avancé, mettons.Comme dirait Bernard : « Continuons ! » Ah pis « donner une chance » c\u2019est insultant.Comme être choisi en dernier au ballon-chasseur sans contact.En plus, avec Bernard et son passif agressif d\u2019animateur radio où il dénonçait « l\u2019égoïsme des profs syndiqués » et utilisait plus souvent la démagogie que la pédagogie, le nommer à l\u2019éducation c\u2019est davantage « prendre une chance ».Mais la pire phrase que j\u2019ai entendue : « Y peut pas faire pire que l\u2019autre.» Ça, c\u2019est mettre la barre tellement basse qu\u2019il faut un permis de voirie.Ben quand j\u2019ai entendu Drainville dire qu\u2019« en juin, quand toutes les fenêtres sont ouvertes pis qu\u2019y a personne à l\u2019école, y a pas de CO 2 dans les classes ».j\u2019ai changé d\u2019idée.La barre n\u2019était pas encore assez basse.Je sais que ça peut sembler léger.Que ça ne règle rien à la pauvreté, aux inégalités, au racisme et à la haine.Pas plus que ça ne règle la violence faite aux femmes, le sida, le cancer pis la stupidité humaine.Mais si on pouvait arrêter de vénérer des monarques, qu\u2019on exigeait de l\u2019argent plutôt que des sous, qu\u2019on arrêtait de donner des chances, de se contenter du gars qui peut pas faire pire que l\u2019autre, et surtout qu\u2019on gérait l\u2019État comme une bonne mère de famille monoparentale, me semble que les choses iraient déjà pas mal mieux.À m\u2019ment donné Hey ! ça va faire le niaisage.Y\u2019était à peu près temps qu\u2019on se débarrasse de ça, qu\u2019on règle le problème, pis qu\u2019on avance.Bon.De quoi je parle ?Mais du serment à Charles III, roi d\u2019Angleterre et chef de l\u2019Église anglicane qui empêchait une partie de la population québécoise d\u2019être représentée dans sa propre assemblée ! Solutions dans le prochain numéro Attenant Rengaine Fonçait Aveuglé Retirée Gêner Qui font varier Amochées Maladie Jeu Pièce d\u2019une voûte Radon Fabriquées Saisons Décora Oui Attrapa Transportes Coulée de lave Langue de l\u2019Inde Or Neptunium Id est Ville de France Ville du Nigéria Instruite Éclaircit Élime Que tu déroules M O O P S U E T E E S E L U I C D E C E L A R I E E I E P N N L O T O N U M T I E L E S T R A N I E S D I A E B T E O C R S T E E R A V U R U D U R O N A S I 4 8 3 6 9 2 7 1 5 5 6 1 3 4 7 2 9 8 2 7 9 1 8 5 6 3 4 8 1 2 4 5 9 3 7 6 6 4 7 2 3 1 8 5 9 9 3 5 7 6 8 4 2 1 7 2 4 9 1 6 5 8 3 1 5 6 8 7 3 9 4 2 3 9 8 5 2 4 1 6 7 - 15 novembre 2022 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette image ?Bonne chance ! 1 6 3 9 7 9 8 4 9 4 6 3 6 2 1 8 1 8 9 3 5 8 9 7 4 6 2 7 6 4 5 2 3 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente DIFFICILE Cubes Palmier Troupe Accouche Enfermeraient Fente Ers Amputes Trirèmes Tremper Mange Mesure Draine Royale Issue Négation Cantatrice Buffle Ancienne monnaie Pressante Do Champion Obligé Chiffre Contre Conjonction Location horizontalement 1.Diffamerons.2.Inhabituelle.3.Cent.- Fondement.- Socle.4.Nées.- Radiodiffusion.5.Notion.- Savoir-faire.6.Dépôt.- Pâturages.7.Lawrencium.- Couper.- Nuança.8.Général portugais.- Demeurer.9.Nulle chose.- Bordure.- Scandium.10.Évacuasse l'eau.verticalement 1.Taillera.2.Nordirais.3.Couronnée de lauriers.- Sortis.4.Langue occitane.- Id est.- Courroie.5.Mille deux cent cinq.- Traces.6.Attacheras.- Interjection.7.Chaton.- Mit de la nouvelle terre.8.Puis.- Séchées à la fumée.9.Période sexuelle.- Route rurale.- À elle.10.Oublient.11.Apparues.- Transpires.12.Sélénium.- Note.- Armes.LOUISE DAV | PIXABAY DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : 1950 ENTREPRISE FAM I L I A LE La promesse d\u2019un café savoureux, torré?é de main de maître qu\u2019on prend plaisir à déguster tous les jours.CAFEBROSSARD.COM T O R R É F I É À M O N T R É A L 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 publicité CEST © LE Quelles sont les raisons, 4 les circonstances, les.relations Ur qui te portent à boire-de l'alcool?= Prendre conscience de sa consommation, c'est Sain et révélateur.As x fr A alr À ,f aad yp Ob ; AR UE EE : lps Mk gb ÿ te \\ fe.fe.AIRE.booed re so YN = fo \\ « Ammen aby, bp cml aa An WN Am.' Ah a Sian i ) yr et\u201d / Educ Paicoo! La modération a bien meilleur goût."]
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