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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 15 octobre 2022
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2022, Collections de BAnQ.

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[" Guy Rocher Une grande réforme scolaire serait de mise Au coeur de l'éducation depuis plus de 60 ans Volume XXIX, n?20 Montréal, 15 octobre 2022 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Répondez à des sondages.Influencez l\u2019avenir du transport collectif.mavoixmastm.info 300$ À GAGNER L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.publicité \u2026 mais appelez-le Denis « Kléon » Bourgeois.Pourquoi ?Avec un nom aussi commun, il avait besoin de se sentir unique.Le film culte Les guerriers de la nuit de 1979 lui en donne l\u2019occasion : il emprunte le prénom de l\u2019un des chefs.Il aime cette fantaisie.Quelle mémoire phénoménale ce Denis ! Il se souvient de chaque détail de chaque emploi qu\u2019il a eu au cours de sa vie, en quelle année, pendant combien de jours, de mois il a travaillé, etc.L\u2019envers de la médaille, c\u2019est qu\u2019il se souvient aussi des zones sombres qui ont recouvert toute sa jeunesse.Denis est né en 1968 dans une famille qui comptait déjà deux sœurs.Il devient rapidement leur souffre-douleur et trouve à peine de réconfort auprès d\u2019un père violent et d\u2019une mère peu maternelle.À 12 ans, ses parents divorcent ; son père et ses sœurs emménagent à Montréal, et Denis reste avec sa mère à McMasterville.Deux ans plus tard, il demande à un travailleur social de le retirer de la maison, sa mère et son nouveau compagnon ne se comportant pas « honorablement » avec lui.On le renvoie chez son père, alors qu\u2019il aurait désiré demeurer dans la famille d\u2019accueil dans laquelle il avait transité.Heureusement, après cinq pénibles années, il est hébergé chez une tante jusqu\u2019à ses 37 ans, en 2005.Entre 1986 et 2014, les emplois se succèdent : entretien ménager, travail de manutention, camelot pour les Publisac et les journaux de quartier, homme à tout faire, plongeur\u2026 la plupart de courte durée.Peu lui permettent d\u2019aspirer à une vie stable.Tout change en 2014 grâce à deux rencontres significatives : L\u2019Itinéraire et Cybelle.L\u2019Itinéraire lui procure une stabilité, un environnement respectueux dénué de violence qui apaise en lui l\u2019agressivité que les adultes de son enfance avaient alimentée.Et Cybelle, une amitié de la première heure.C\u2019est elle qui l\u2019a persuadé de devenir camelot alors qu\u2019il s\u2019occupait de la plonge dans les cuisines de l\u2019organisme.Depuis, il dit à tous sa fierté de porter les couleurs de L\u2019Itinéraire et son intention de ne plus jamais changer de travail.Il savoure ses petits bonheurs au quotidien et en remercie Dieu.Au contact de ses clients, il a développé certaines habiletés sociales, même s\u2019il chérit davantage sa solitude.Il rêve de plaisirs simples comme s\u2019acheter des vêtements ou gâter Cybelle grâce à l\u2019argent qu\u2019il gagne.Il aime son appartement, écouter la radio face aux photos laminées qui tapissent ses murs.S\u2019il n\u2019avait qu\u2019un souhait, ce serait de fuir la ville pour retourner au bord de l\u2019eau.Mais il est prêt à l\u2019oublier, si ce vœu n\u2019est pas partagé par Cybelle.Camelot n° 1381 \u2022 Âge 54 ans Point de vente Jean-Talon / Christophe-Colomb Denis Bourgeois Par Nicole Blais ?Bénévole à la rédaction JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photo de La Une @H9IMAGES-FREEPICK \\ TOUTOUS Conception CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ et SUZIE DIONNE Intervenantes psychosociales DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE et JEANNE MARION Intervenantes à la formation et à l\u2019accompagnement ALEXANDRA POIRIER et SHANA CAMILLO Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière - Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 15 octobre 2022 Volume XXIX, no 20 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs Au moment de rédiger cet éditorial, on est le 5 octobre, Journée mondiale des enseignants.La journée où l\u2019on salue et valorise la profession parmi les plus importantes de notre société.Celle qui forme nos jeunes, qui les façonne pour l\u2019avenir.J\u2019ai un respect absolu pour ces enseignant.e.s qui ont une véritable vocation pour cette profession et un amour inconditionnel pour les enfants et les jeunes qu\u2019elles et ils ont à leur charge.Les profs sont nombreux à se donner sans compter, à se soucier réellement de leurs élèves, à dépenser leur propre argent pour parfois pallier le manque de matériel dans leur classe.Des femmes et des hommes dévoués.Mais notre système éducatif s\u2019est détérioré ces dernières années.Et la pandémie n\u2019a fait qu\u2019exacerber les choses.On manque de profs, et la qualité de l\u2019enseignement s\u2019en ressent.Pas toujours facile Il faut dire que depuis très longtemps, beaucoup d\u2019entre eux pratiquent leur profession dans des conditions difficiles, dans des écoles sous-financées, dans des quartiers défavorisés, dans des classes trop nombreuses.Sans compter l\u2019ingérence de parents d\u2019enfants-rois qui défendent leur progéniture ingérable, voire violente envers leurs enseignant.e.s.Certain.e.s font des miracles avec des jeunes qu\u2019ils arrivent à réchapper du décrochage auxquels ils transmettent la passion de l\u2019apprentissage.D\u2019ailleurs, au sujet du décrochage scolaire, le Québec affiche le plus faible taux de diplo- mation d\u2019études secondaires au Canada (74 %, comparativement à 79 % pour l\u2019ensemble du pays), selon Statistique Canada.Et on ne s\u2019étonne plus de constater que seuls 54,2 % des garçons du réseau public francophone réussissent leur secondaire.Désolant.Mais sur une note moins pessimiste, beaucoup de personnes raccrochent et reprennent leurs études après avoir quitté l\u2019école pour aller sur le marché du travail.L\u2019inégalité des chances Les conditions varient grandement entre le public et le privé, entre les quartiers et entre les écoles.Si l\u2019égalité des chances et la situation financière sont mises en cause, ça n\u2019explique pas tout.La qualité de l\u2019enseignement est largement responsable du désintérêt des jeunes pour l\u2019école, selon le rapport Qualité de l\u2019enseignement et pénurie d\u2019enseignants : L\u2019État doit prioriser l\u2019essentiel, de l\u2019Institut du Québec.Et comme l\u2019indique le titre du rapport, le manque criant d\u2019enseignant.e.s met à mal le système d\u2019éducation.À un tel point qu\u2019on est rendu moins regardant sur les compétences qu\u2019il faut aux nouveaux profs pour être embauchés dans nos écoles.Le point de vue de Guy Rocher Il y a de quoi s\u2019inquiéter quand le vénérable sociologue Guy Rocher, artisan de la première heure de la réforme de l\u2019éducation dans les années 60, affirme que le système d\u2019éducation au Québec n\u2019a pas avancé mais a plutôt reculé.Son évaluation du monde de l\u2019éducation est lucide et le fruit de plus d\u2019un demi-siècle de travail et d\u2019observations.Nous avons eu l\u2019honneur de l\u2019avoir en entrevue et de vous présenter son analyse.Il faut se poser la question.Sommes-nous sur une pente descendante ou peut-on rectifier le tir ?Quelles seront les réelles priorités en matière d\u2019éducation du gouvernement nouvellement réélu ?Et nous, en tant que société, comment pouvons-nous contribuer à améliorer l\u2019enseignement ?Allons-nous nous résigner ou exiger une meilleure éducation pour nos enfants ?Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef J\u2019aime vous lire Depuis quelques années, L\u2019Itinéraire est le seul magazine que je me procure.Au tout début, c\u2019était pour encourager les camelots.Puis, au fil des ans, j\u2019ai découvert une revue qui ne cesse d\u2019augmenter la qualité de ses articles.De la première à la dernière page, tout est intéressant ! Et comme je clame tout haut aux autres passants pendant que j\u2019achète la revue aux différents et sympathiques camelots : « L\u2019Itinéraire, la meilleure revue en ville ! » Bravo à tous ! - Sonia Rebts ?J O S É E ?P A N E T - R A Y M O N D ?C E N T R E ?D E ?P R E S S E ?D E ?R A D I O - C A N A D A 3 18 34 Mots de camelots 3 Zoom sur Denis Bourgeois 9 Sylvie Dupuis 9 Diane Gariépy 9 Benoît Chartier 23 Suzanne Leblanc 23 France Lapointe 23 Daniel Grady ?H 9 I M A G E S 14 Alors qu\u2019il planifiait la rentrée scolaire, le ministère de l\u2019Éducation (MEQ) a réalisé que les écoles primaires et secondaires n\u2019auraient pas assez de profs et qu\u2019il fallait agir rapidement.Le Ministère a ratissé large : appel aux profs à la retraite, permis probatoires d\u2019enseigner aux étudiants en pédagogie, et même l\u2019embauche de suppléants diplômés du secondaire.En tout, 600 nouveaux professeurs.Portrait de la situation de l'éducation au Québec.8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Vienne, un modèle à suivre Simon Bolduc 24  Chronique Mon tour mouvementé de la Gaspésie Manon Fortier 26  Régions À Gatineau, de l\u2019autre côté du pont Simon Bolduc 31  Chronique Les gens sur le bien-être social sont paresseux.Agathe Melançon 32  Dans la tête des camelots L'école et vous 34  Documentaire Je pleure dans ma tête Karine Bénézet 40  Mieux vaut en lire ! Roger Perreault 42  BD Namronscopie 43  C\u2019t\u2019encore drôle Pier-Luc Ouellet 44 ?Détente 15 octobre 2022 Volume XXIX, no 20 20 camelots ont participé à cette édition Yseult Picard À la une Traduction Yseult Picard L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.FINLANDE Réussir là où les autres pays échouent La Finlande est le seul pays de l\u2019Union européenne où le nombre de personnes sans domicile fixe diminue d\u2019année en année.Ce succès, selon certains, réside dans son approche du « logement d\u2019abord ».Viljo est l\u2019un des quelques 1 000 anciens sans-abri qui ont trouvé refuge dans l\u2019un des appartements de la Blue Ribbon Foundation à Helsinki.L\u2019organisation, qui fournit des logements aux sans- abri depuis 2007, est un élément important de la stratégie finlandaise.Cette stratégie repose sur l\u2019idée simple que la première chose dont les sans-abri ont besoin est d\u2019avoir un endroit où habiter, parce que le logement est un droit de la personne, mais aussi parce que de nombreux problèmes peuvent être résolus lorsque vous avez un toit au-dessus de la tête.De l\u2019aide pour les démarches auprès des autorités, peut-être aussi pour faire face aux dépendances : tout cela vient après l\u2019emménagement.Seulement si les résidents le souhaitent toutefois.Ce principe renverse le modèle en plusieurs étapes, qui était également pratiqué en Finlande depuis longtemps.Selon ce modèle, les personnes sans domicile doivent d\u2019abord prouver leur capacité à vivre dans différents types d\u2019habitation.Un logement propre vous attend à la dernière étape.En Finlande, il attend dans la première étape.À la fin des années 1980, le pays comptait 20 000 sans-abri sur une population de 5 millions d\u2019habitants ; aujourd\u2019hui, moins de 4 000 personnes sont sans logement.La plupart d\u2019entre elles passent la nuit chez des amis ou dans leur famille.Le nombre de personnes dormant réellement dans la rue ou dans des refuges est estimé à 655 dans toute la Finlande.Le système finlandais ne se contente pas de donner aux gens un appartement et donc leur dignité, il est également rentable, selon la Ville d\u2019Helsinki.L\u2019État a débloqué des fonds pour les différents programmes d\u2019aide afin d\u2019acquérir de nouveaux appartements ou de construire de nouveaux complexes d\u2019habitation.Pourtant, si l\u2019on tient compte des coûts des traitements médicaux ou de l\u2019intervention de la police, l\u2019État finlandais économise 15 000 euros par an et par personne, grâce à son approche Housing First.La ministre de l\u2019environnement Maria Ohisalo déclare : « Ce n\u2019est pas grave si l\u2019éradication de la pauvreté et des sans-abri coûte cher.Non seulement nous croyons que l\u2019effort est humainement juste, mais aussi parce qu\u2019il est financièrement rentable à long terme ».(Hinz&Kunzt / INSP) IRAN La reconnaissance faciale pour traquer les rebelles Des manifestations ont éclaté dans tout l\u2019Iran à la suite de la mort d\u2019une femme détenue par la police des mœurs pour « tenue vestimentaire inappropriée ».Des militants mettent en garde contre le pire, car l\u2019État déploie désormais la technologie de reconnaissance faciale pour contrôler ses citoyens.Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans originaire de la province du Kurdistan iranien, est tombée dans le coma et est décédée après son arrestation à Téhéran le 19 septembre dernier, en raison de la nouvelle politique stricte du pays en matière de hijab, ce qui a déclenché des manifestations dans de nombreuses régions, dont la capitale.Depuis, Mahsa Amini est devenue un point de ralliement pour le peuple iranien qui s\u2019opposent à ce qu\u2019ils considèrent comme une surveillance croissante de l\u2019État et craignent une érosion des droits de l\u2019Homme, les femmes étant au centre de la répression.Sa mort a déclenché une panique quotidienne chez de nombreuses Iraniennes qui craignent de tomber elles aussi dans les filets de la police des mœurs.Des femmes sont régulièrement arrêtées pour avoir enfreint les règles du hijab et des plans sont en cours pour étendre la surveillance grâce à la technologie.La police nie que Mme Amini ait été maltraitée et affirme qu\u2019elle avait des problèmes de santé.Sa famille n\u2019est pas d\u2019accord, affirmant qu\u2019elle était en bonne santé.Les femmes iraniennes sont tenues de porter le hijab en public depuis la révolution islamique de 1979, et le président Ebrahim Raisi a signé un décret le mois dernier pour faire appliquer le code vestimentaire du pays avec une nouvelle liste de restrictions.Les autorités ont déclaré que les femmes vues sans hijab dans leurs publications sur les médias sociaux risquent de se voir infliger une amende et d\u2019être congédiées de leur emploi.(Reuters / INSP) Bowling Cet été, j\u2019ai eu le bonheur de jouer au bowling.Cela m\u2019a rappelé de beaux souvenirs.J\u2019étais très jeune, 17 ans lorsque je partais avec ma cousine Rita pour aller jouer dans une salle qui se trouvait sur l\u2019avenue Mont-Royal au coin de Papineau.On y allait deux fois par semaine, les lundis et les mercredis après le travail.Je me souviens de la fois où j\u2019avais acheté un billet de loterie et que j\u2019avais gagné 500 $.J\u2019avais partagé le lot avec ma cousine.Cette cousine, je l\u2019aimais beaucoup.Elle est décédée il y a deux ans, un 15 novembre.Cela m\u2019a fait beaucoup de peine.Nous étions si proches.Je m\u2019ennuie d\u2019elle, des cafés et des belles conversations.On soupait souvent ensemble.À cette époque, je demeurais dans un petit studio au coin des rues Rosemont et Christophe- Colomb, les appartements Hélène.Je payais alors 405 $ par mois\u2026 pas cher ! Je travaillais à la Place de la mode, c\u2019est Rita qui m\u2019y a fait entrer.C\u2019est aussi elle qui m\u2019a initiée au bowling.J\u2019ai aimé ça tout de suite, l\u2019atmosphère de l\u2019endroit était très bonne, les gens très gentils.On avait beaucoup de plaisir.J\u2019étais bonne, j\u2019avais de très bons scores, au grand désespoir de ma cousine.Je la rendais jalouse, on riait ! Je gagnais souvent.Quels beaux souvenirs! J\u2019aimerais y retourner plus souvent, j\u2019ai encore mes boules.Peut-être que mes souliers me font encore ?DIANE GARIÉPY CAMELOT MÉTRO PLACE D\u2019ARMES Animaux vs humains J\u2019ai récemment déménagé dans mon ancien quartier de Rosemont\u2014La Petite- Patrie.J\u2019aurais la possibilité d\u2019avoir un petit jardin en arrière du triplex où j\u2019habite.J\u2019ébauche des plans pour l\u2019an prochain.Et voici que je me rends compte qu\u2019à Montréal, contrairement à la campagne où les animaux ont plus de place enviable pour vivre, les écureuils ici n\u2019ont plus autant d\u2019arbres à leur disposition parce que, entre autres, on a dû couper presque tous les frênes à cause de l\u2019agrile qui les ronge de l\u2019intérieur.De plus, il est défendu de les nourrir sous peine d\u2019amende parce qu\u2019ils sont considérés comme animaux sauvages.À cause de cela, le jardinier citadin n\u2019a pas le goût d\u2019investir trop d\u2019argent et de temps.Anciennement, les semences se transmettaient de génération en génération, puis on les faisait germer sur le bord des fenêtres durant l\u2019hiver ; aujourd\u2019hui presque tout le monde achète des plants déjà fleuris et contenant même des fruits.Ces petites bêtes astucieuses et malicieuses ont de moins en moins peur des humains et se régalent de tout végétal que le Montréalais essaie de faire pousser.Par exemple, elles commencent par dévorer les belles tomates rouges pour s\u2019attaquer ensuite aux vertes.Et que dire des taupes, des rats et autres rongeurs ?C\u2019est la revanche de la nature sur l\u2019homme.Je suggère donc aux autorités sanitaires de distribuer des amendes aux écureuils, taupes, rats, souris, chats et chiens.BENOÎT CHARTIER CAMELOT SAQ PROMENADE MASSON / 3E AVENUE SYLVIE DUPUIS CAMELOT VIAU / JEAN-TALON Mon amour pour Manon J\u2019aimerais vous parler de Manon Massé et vous dire à quel point c\u2019est une femme de cœur qui est à l\u2019écoute de tous ceux qui la côtoient.Je l\u2019ai suivie partout et j\u2019ai participé à toutes les activités de sa campagne pour Québec solidaire, comme les épluchettes de blé d\u2019inde, par exemple.J\u2019ai espoir en Gabriel Nadeau- Dubois.J\u2019ai confiance en lui parce qu\u2019il dit la vérité et il n\u2019a pas besoin d\u2019acheter son monde comme la CAQ et le Parti libéral qui nous ont fait des promesses qu\u2019ils ne tiendront pas.Ils ne s\u2019occupent pas non plus des personnes assistés sociales et des personnes malades.Manon, dans tout cela, est pour moi la meilleure porte-parole de tous ces gens parce qu\u2019elle est là pour les aider et j\u2019ai confiance en elle.C\u2019est une femme extrêmement chaleureuse.On peut lui parler sans gêne et elle nous écoute comme si elle était notre amie de toujours.Je sais que le Québec a besoin de ce genre de politicienne qui affronte le parti de François Legault au Salon bleu pour représenter la population des démunis et les laissés-pour- compte par le régime capitaliste.Quatre ans, c\u2019est long.Une chance que Manon est là avec son parti, ça me rassure.R E U T E R S 9 itineraire.ca 1er octobre 2022 Simon Bolduc C\u2019est dans le cadre du tout premier Sommet de l\u2019habitation, tenu en août dernier à Laval, que l\u2019ex-vice-mairesse de Vienne s\u2019est adressée aux élus des 10 plus grandes villes du Québec.À l\u2019invitation du maire de Laval, Stéphane Boyer et de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, Maria  Vassilakou est venue présenter le modèle de la ville européenne qu\u2019on dit « la plus vivable au monde 1 ».Ils étaient nombreux et nombreuses en ce vendredi du mois d\u2019août à venir entendre parler d\u2019habitation et en discuter.Réunis pour trouver des solutions pérennes à la crise de logement, les maires, mairesses et autres délégués ont entendu l\u2019ex-vice-mairesse parler du modèle viennois lors du Sommet qui avait comme thème : Notre avenir en tête.100 ans de tradition Lorsque Maria Vassilakou est entrée en poste en novembre 2010, la ville de Vienne avait déjà 100 ans d\u2019engagement envers le logement social.Au début du 20e siècle, la Ville a développé le plus ambitieux programme d\u2019habitation en Europe pour contrer une importante crise du logement qui sévissait à l\u2019époque.« L\u2019 idée d\u2019une ville inclusive, ça fait parti de l\u2019ADN de Vienne », dit-elle en entrevue au bout du fil.Le défi qui l\u2019attendait, elle et son équipe du Parti Vert, était plutôt la montée rapide du prix des terrains dans la capitale autrichienne.« Ce que nous devions mettre en place, c\u2019était un mécanisme qui influencerait indirectement le prix des terrains.» Et la réponse se trouvait dans les catégories de zonage.Exigence radicale La Ville a donc introduit une nouvelle catégorie de zonage : le logement subventionné.« Les Villes ont ce pouvoir.Non seulement elles peuvent changer le zonage, mais aussi créer de nouvelles catégories », dit Mme Vassilakou.Ce nouveau zonage exige qu\u2019un promoteur qui bâtit 150 unités et plus dans cette catégorie de zonage devra y dédier les deux tiers au logement social.Une exigence radicale, reconnaît Maria Vassilakou, mais qui est rendue possible grâce à l\u2019histoire de la Ville en matière d\u2019habitation.Introduit en 2019, « c\u2019est encore en adaptation et en évaluation, mais c\u2019est assurément un instrument efficace pour réguler les prix et avoir de l\u2019habitation abordable », dit-elle.Un instrument nouveau qui rompt avec les exigences européennes, où habituellement un tiers des unités bâties est consacré au logement social lorsqu\u2019un promoteur développe un projet immobilier.« Et quand ça se fait, ce n\u2019est pas à l\u2019 intérieur d\u2019une nouvelle catégorie de zonage, dit Mme Vassilakou.De plus, ce n\u2019est pas obligatoire pour tous les types de développement.» 50 % + 1 Un promoteur pourrait contourner l\u2019exigence de consacrer les deux tiers de ses unités en logement social seulement, et seulement, insiste Maria Vassilakou, s\u2019il développe un projet qui vise le bien public.Dans ce cas, le promoteur doit démontrer que son projet aura des bénéfices considérables pour la population en général.Ainsi la Ville peut diminuer le nombre d\u2019unités sociales de 50 % + 1.« Jamais en bas de 50 %, c\u2019est ça le principe, dit l\u2019ex- vice-mairesse.Et les promoteurs devront s\u2019engager à bâtir, par exemple, une école, une production d\u2019énergie innovante et écoénergétique, un projet qui protège la biodiversité\u2026 » Mixité Il existe également à Vienne une politique qui a l\u2019avantage de favoriser une mixité sociale à l\u2019échelle de toute la ville autrichienne.Économiquement, il s\u2019agit d\u2019une avenue qui stimule l\u2019achat local et la vie de quartier.« Si vous payez moins cher votre logement, si vous n\u2019êtes pas étouffé financièrement par ce besoin de base, vous avez plus d\u2019argent pour d\u2019autres choses.Mieux se nourrir, par exemple.L\u2019 idée est que ça ne va pas, en majeure partie, dans la poche d\u2019un propriétaire particulier ou dans les grandes sociétés de gestion immobilière », explique-t-elle.Actions concrètes La présentation du modèle viennois par Maria Vassilakou a certainement inspiré les quelque 300 participant.e.s présents le 26 août dernier au Sheraton de Laval.Les élus de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) en ont profité pour réitérer leurs engagements particuliers pour freiner la crise du logement.Laval travaille présentement à l\u2019instauration d\u2019une taxe sur la spéculation foncière.Cette mesure éviterait que sur des terrains où la densification est possible, particulièrement le long des grandes artères, un propriétaire décide de ne pas développer pour des fins strictement spéculatives.De son côté, la Ville de Longueuil veut se densifier et éviter l\u2019étalement urbain sur son territoire montérégien.La mairesse Fournier parle d\u2019une « densification douce ».Terrebonne, quant à elle, souhaite réaliser un projet de logements abordables en revitalisant son patrimoine industriel dans le secteur du Vieux-Terrebonne.Montréal ira de l\u2019avant avec son projet d\u2019écoquar- tier sur le site de l\u2019ancien hippodrome, aux abords de la station de métro Namur.Propriétaire du terrain de 43 hectares depuis 2017, la Ville prévoit y construire plus de 12 500 logements, dont une part importante seront « sociaux et communautaires, abordables et familiaux », peut-on lire dans la présentation du projet.Pour ce faire, les municipalités réclament une plus grande implication, notamment une meilleure équité fiscale, du gouvernement provincial.C\u2019est le constat qui est ressorti à l\u2019issue de ce premier sommet de l\u2019habitation.En juillet dernier, le gouvernement québécois a adopté le projet de loi 37, donnant, entre autres, le droit de préemption aux villes sur l\u2019achat d\u2019un terrain.Toutefois, ces dernières n\u2019ont souvent pas les moyens financiers de se les procurer.Un problème dont les solutions se trouvent peut-être, en partie, dans le modèle viennois, à condition d\u2019être « radical ».Maria Vassilakou Ex vice-mairesse de Vienne, de 2010 à 2019 Logement social Vienne, un modèle à suivre 1 Selon le rapport 2022 de The Economist Intelligence Unit.11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 Le complexe résidentiel Alt Erlaa, à Vienne.Photo : Wikimapia.org P H O T O M O N T A G E C A R L A B R A G A À 25 ans, déménagement à Montréal Après tes études, tu iras rester chez ton frère à Montréal.C\u2019est le sentiment d\u2019abandon de ton père qui te portera à aller chercher l\u2019approbation des hommes dans les clubs de danseuses nues.Fais attention à ton amour du luxe, car tu deviendras workaholic.Ce n\u2019est pas le temps de délaisser ton fils.Il a besoin de toi.De plus, tu pousses ton corps dans des zones difficiles.Ne le pousse pas trop, car il t\u2019amènera trop souvent à l\u2019hôpital.(Surdoses d\u2019alcool et de cocaïne).Malgré tes traumatismes, ta résilience est telle que tu en feras ta force.Ce sont ces épreuves qui te garderont sur la route que tu as soigneusement protégée.Puis un jour, il est arrivé sans crier garde, ton beau prince charmant.Tu te laisseras envoûter par son charme et ses belles paroles.Puis, ton prince te réduira en lambeaux, par ses manipulations, ses insultes blessantes, il te rouera de coups, essayera de t\u2019enlever la vie.Mais au final, ça te libérera de l\u2019obsession de l\u2019alcool et de la cocaïne.Ces derniers traumatismes t\u2019enlèveront la soif, te donneront le souffle nécessaire à cette renaissance dont tu es si fière.Te voilà sobre, totalement abstinente de substances qui altèrent le comportement.Sache que rien n\u2019arrive pour rien dans ce monde.Les hasards n\u2019existent pas, il n\u2019y a que des rendez-vous avec la vie qui te donnent ce qu\u2019il te faut au moment où il se doit.Comme le chantait Edith Piaf : Non, je ne regrette rien.À toi la petite Jo Tu n\u2019avais que 14 ans Du jour de ta naissance jusqu\u2019à l\u2019âge de 14 ans, on peut dire que ta vie se déroulait bien.Tes parents étaient bienveillants et le sont toujours.Ce qui t\u2019as changée, c\u2019est ce jour tragique qui fut, en y repensant aujourd\u2019hui, catalyseur de résilience.Tit-Jo, fais attention au gars qui veut te faire faire des tours de char, car il n\u2019a pas de bonnes intentions.Il te volera ta dignité.C\u2019est cette première agression qui guidera tes prochains pas.Ce qui ne tue pas, te rend plus forte.Tu le sais aujourd\u2019hui.Continue.Lorsque tu seras placée au centre d\u2019accueil, prends garde de bien écouter les règles, car la discipline que tu y trouveras te servira pour la suite.Une fille du centre te montrera l\u2019art du maquillage, sois attentive.Cela te sera très utile pour te déguiser dans le monde des adultes.Quant aux sports d\u2019équipe, tu y trouveras des outils pour survivre et développer ton sens de la compétition.Rien n\u2019est clair pour le moment, mais continue.16 ans Jo, tu vis maintenant avec le gars que t\u2019as connu au centre d\u2019accueil.Vous vivez en chambre, mais ne t\u2019en fais pas, tu auras ton propre chez-toi un jour.Tit-Jo, tu veux aller loin, tu veux aller haut, tu y parviendras, ne lâche pas.Déjà 18 ans Tu es maintenant majeure et tu as ton propre appartement.De plus, tu es retournée aux études.Persévère, car tu feras des études collégiales en Technique de la documentation.22 ans : ton fils Xavier Lorsque tu rencontreras le père de ton gars, n\u2019oublie pas de lui donner assez d\u2019amour, car il en a manqué toute sa vie.Malheureusement, les dettes de drogues le pousseront au suicide à 30 ans.Mais la vie en a décidé ainsi.Lettre à la jeune moi Camelot Métro Radisson Jo Redwitch Jo Redwitch à 8 ans (ci-haut) et à 21 ans.L'ESSENTIEL EDITH PIAF (GATEFOLD) 12 itineraire.ca 15 octobre 2022 Yseult Picard, journaliste dossiers société 1 Nom fictif, professeur de 3e secondaire, dans la région de l\u2019Outaouais.15 itineraire.ca 14 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 En Ontario, après le collège, il faut un an ou deux, selon les cas, pour pouvoir enseigner.Au Québec, on parle d\u2019une formation d\u2019une durée de quatre ans après le cégep.Et si l\u2019on obtient d\u2019abord un baccalauréat en sciences ou en histoire ?En Ontario, il faut y ajouter une seule année de pédagogie.Et au Québec ?Jusqu\u2019à tout récemment : quatre ans de pédagogie.« Personne ne veut avoir à faire quatre ans d\u2019université pour enseigner alors qu\u2019 il vient de terminer un baccalauréat », clame Paul Bourgeois, enseignant au secondaire 1.Devant le manque chronique de profs, les quatre années ont été réduites à une année après le baccalauréat.Mais il était trop tard.Paul Bourgeois explique : « En d\u2019autres mots, ils ont découvert que c\u2019était trop long, mais cela a provoqué un retard qui sera difficile à rattraper.On était mal parti pour faire face aux abandons et aux nombreux départs à la retraite.» Sauf qu\u2019on exige toujours quatre ans après le cégep.Dans le milieu, on sait qu\u2019il est préférable de faire une maîtrise dans une discipline et d\u2019aller enseigner dans un cégep où l\u2019on ne demande pas un seul cours de pédagogie préalable : le salaire est meilleur, les conditions de travail aussi.Quand les aspirants profs comparent les prérequis et les conditions de travail des divers niveaux (primaire, secondaire, collégial), la tentation d\u2019opter pour une carrière d\u2019enseignant au cégep est plutôt forte.Les médias ont rapporté des taux dramatiques d\u2019échecs en français.Les facultés des sciences de l\u2019éducation ont promis de s\u2019en occuper.Effectivement, les taux de réussite ont augmenté.Puis les médias, toujours eux, nous ont appris que les futurs profs pouvaient reprendre le même examen de français chaque année pendant leurs quatre  années d\u2019étude.Les journalistes ont posé des questions, encore sans réponses sur les connaissances des étudiants acceptés en pédagogie.Alors qu\u2019il planifiait la rentrée scolaire, le ministère de l\u2019Éducation (MEQ) a réalisé que les écoles primaires et secondaires n\u2019auraient pas assez de profs et qu\u2019il fallait agir rapidement.Le Ministère a ratissé large : appel aux profs à la retraite, permis probatoires d\u2019enseigner aux étudiants en pédagogie, et même l\u2019embauche de suppléants diplômés du secondaire.En tout, 600 nouveaux professeurs.Selon le MEQ, il manque toujours 130 personnes pour combler des postes d\u2019enseignants à temps plein.Sauf que si l\u2019on considère tous les postes de professionnels à l\u2019école, ce serait plus de 1400 qui manqueraient dans le réseau, selon l\u2019un des présidents régionaux de la Centrale des syndicats du Québec, Jean-François Gaumont.Et ce sera pire l\u2019an prochain.Le problème apparaît au cégep lorsque des étudiants qui souhaitent devenir professeurs commencent à s\u2019enquérir de la formation requise pour le devenir.De plus, la comparaison Québec-Ontario en décourage plusieurs.La longue formation des profs Il y a plus de du réseau public au Québec (Source MEQ, 2020-2021) 112 545 enseignants 2 Nom fictif, enseignante avec plus de trente ans d\u2019expérience dans une école secondaire publique.3 Le centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.16 itineraire.ca 15 octobre 2022 Une formation déficiente : sur la réalité du terrain Le nouveau prof qui arrive dans le monde merveilleux de l\u2019école secondaire découvre que les meilleurs élèves ont été écrémés par les écoles privées subventionnées par l\u2019État.Il en coûte près de 3500 $ par année aux parents, et entre 500 $ et 2000 $ de frais additionnels selon les programmes.Ce qui explique que des parents vont parfois se plaindre : « Vu que je paye, j\u2019ai le droit à ce que mon enfant passe ! », raconte Paul Bourgeois.Si l\u2019enfant démontre un retard au primaire, les parents peuvent engager des tuteurs et il sera finalement admis au secondaire privé.Et puis dans les collèges privés, les tests d\u2019admission ont longtemps servi de filtre pour repérer la meilleure clientèle, éliminant ainsi pratiquement tous les candidats ayant des problèmes psychologiques et d\u2019apprentissage.Le secteur public enrichi constitue un deuxième écrémage.Au cours des 15 dernières années, de nombreux programmes enrichis ont ainsi été créés, avec des concentrations telles les sports-études, et l\u2019éducation internationale, les sciences et la robotique, les arts (danse, musique, théâtre) ou encore le plein air, etc.« Nous avons maintenant le système le plus inégalitaire de tout le Canada », n\u2019hésite pas à affirmer Guy Rocher, 98 ans, éminent sociologue québécois, qui a siégé à la Commission Parent et dont le rapport a servi de base pour la refonte du système scolaire majoritairement privé et religieux dans les années 60.« Pourquoi on subventionne le privé ?Ça devrait être du « vrai » privé, pas du privé subventionné », laisse tomber l\u2019enseignant Paul Bourgeois.C\u2019est ainsi que la majorité des nouveaux profs enseignent dans des classes écrémées par le privé et les programmes enrichis, bref, dans les écoles fréquentées par les élèves moins performants.C\u2019est là qu\u2019ils découvrent la cruauté de la règle syndicale de l\u2019ancienneté.Ils vont enseigner dans les classes les plus difficiles, les moins désirées par les enseignants avec ancienneté.Et à Montréal, les possibilités d\u2019avoir un « bon » poste sont encore plus rares qu\u2019en région.« Au Québec, la formation d\u2019enseignant n\u2019a jamais été globalement évaluée depuis 25 ans, ni par le Ministère ni par aucun autre organisme officiellement reconnu par le Conseil supérieur de l\u2019éducation.Néanmoins, il existe, depuis la dernière réforme de 2001, de nombreuses enquêtes qui ont étudié, d\u2019une part, les évaluations des étudiants et des formateurs universitaires et, d\u2019autre part, celles des directions d\u2019établissements et des enseignants en exercice quant à la qualité de la formation offerte par les universités.Leurs conclusions : * Les étudiants et les autres acteurs universitaires ont une vision positive de la formation ; * Les enseignants et les directions ont une vision très mitigée de la formation ; * Bon nombre de nouveaux enseignants reprochent à leur formation d\u2019avoir été trop théorique, de ne pas leur avoir fourni suffisamment d\u2019outils et de ne pas leur avoir montré « comment enseigner ».(Source : Le Québec économique \u2013 Éducation et capital humain sous la direction de Marcelin Joanis et Claude Montmarquette L\u2019éducation au Québec : portrait, comparaisons, et enjeux actuels, Presses de l\u2019Université Laval, 2018) Le public régulier et enrichi Nous avons réussi en rendant accessible à tous une éducation publique et gratuite, puis à créer les cégeps.Mais là où nous avons échoué, c\u2019est avec le principe d\u2019égalité, car avec ces trois vitesses [NDLR: privé, public, et public enrichi], nous avons trahi l\u2019objectif de l\u2019égalité des chances pour tous.Guy Rocher, sociologue « Tu arrives dans une classe où la moitié des élèves ont des « plans d\u2019 intervention », c\u2019est un peu lourd ! », souligne l\u2019enseignant Paul Bourgeois.Ces plans comprennent des objectifs précis à réaliser tels qu\u2019améliorer leur compréhension de lecture, ou diminuer leur agressivité.Même s\u2019ils sont suivis par des spécialistes, ce sont des cas difficiles pour les professeurs qui ont beaucoup d\u2019autres élèves à suivre de près.« Mais ce n\u2019est pas tout le monde qui comprend le temps que ça prend pour établir un lien et faire en sorte que l\u2019élève réussisse », fait valoir Paul Bourgeois.En gros, les nouveaux professeurs (et les plus anciens) sont déstabilisés par les élèves : problèmes de discipline, classes d\u2019enfants ou d\u2019ados trop nombreuses, personnes handicapées (trouble moteur, visuel, auditif, etc.), dyslexiques, souffrant d\u2019un TDAH, d\u2019un trouble du spectre de l\u2019autisme, sans oublier le phénomène de la cyberintimidation, en plus des menaces et des coups que peuvent subir certains profs.Il y a aussi les professeurs qui travaillent en classe d\u2019intégration avec les enfants récemment immigrés, et qui doivent développer une panoplie d\u2019outils et faire preuve d\u2019une grande capacité d\u2019adaptation.Les tâches des enseignants augmentent sans cesse depuis des décennies : on le sait, les coupures dans les budgets depuis l\u2019an 2000 ont affecté le personnel et les services particuliers aux élèves diagnostiqués.Les professeurs sont débordés dès leur entrée en poste, puisqu\u2019ils doivent souvent créer du matériel d\u2019enseignement plus « motivant » pour favoriser les apprentissages, en plus de faire de la gestion de classe.Tout ceci, en composant avec un manque criant de personnel spécialisé (orthopédago- gues, psychoéducateurs, psychologues, etc.) et une pénurie de suppléants occasionnels.Le temps consacré à l\u2019enseignement proprement dit est d\u2019autant réduit par ces contraintes, déplorent les enseignants.Certains seraient demeurés en poste s\u2019ils avaient pu obtenir un horaire à temps partiel, d\u2019autres s\u2019ils avaient eu un appui organisé de la direction, des professeurs d\u2019expérience.Mais ces derniers sont souvent eux-mêmes débordés.Bref, les professeurs sont essoufflés, la fatigue s\u2019accumule et la maladie et les congés se multiplient.« Quand on commence à faire de l\u2019anxiété la veille des cours, qu\u2019on a besoin de prendre une journée de congé par semaine, comme c\u2019est arrivé à certains, raconte Caroline2, qui enseigne dans une grande polyvalente au nord de Montréal, ce ne sont pas des conditions idéales pour rester.» Et selon les plus récentes données, le tiers des nouveaux professeurs abandonnent la profession après cinq ans de service.Maurice Tardif, professeur titulaire à l\u2019Université de Montréal et Joséphine Mukamurera, professeure à la Faculté d\u2019éducation de l\u2019Université de Sherbrooke, ont bien cerné les défis de la profession d\u2019enseignant, dans leur texte La profession enseignante et sa formation, publié en 2018 dans L\u2019éducation au Québec : portrait, comparaisons, et enjeux actuels.L\u2019enseignant Paul Bourgeois résume et ajoute ses propres réflexions : « Il faudrait adapter le cursus scolaire à la réalité, le monde académique est en retard.Par exemple, nous n\u2019avons jamais eu de cours de technopédagogie, et mes cours de gestion de classe ne sont pas très utiles par rapport à ce que j\u2019ai vécu.En plus,le rôle de mentor-accompagnateur est très important durant les premières années, il faut vraiment valoriser ça », fait valoir celui qui, malgré les embûches, demeure tout de même passionné par sa profession.« Quand on réussit à allumer des lumières, c\u2019est vraiment ça qui fait que les professeurs restent », estime-t-il.Les solutions à court terme nous démontrent que le milieu essaie tant bien que mal de colmater les fuites parce que les problèmes à la source remontent à plusieurs années.Surtout que le CRIFPE3 estime que 40 % des enseignants actuellement à l\u2019emploi auront pris leur retraite en 2030.Rien d\u2019encourageant si la profession ne retrouve pas rapidement son lustre.La FEESP-CSN a compté 227 agressions physiques d\u2019élèves contre le personnel syndiqué ou cadre au centre de services scolaire des Samares, dans Lanaudière, entre septembre 2021 et juin 2022.Les classes d\u2019ados .les professeurs sont essoufflés, la fatigue s\u2019accumule sinon la maladie et les congés se multiplient. Entrevue Guy Rocher Yseult Picard, journaliste dossiers société 19 itineraire.ca 18 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 D\u2019abord, la Révolution tranquille (années 1960-70), une époque où l\u2019État québécois a décidé de : \u2022 Créer le ministère de l\u2019Éducation pour prendre la place de l\u2019Église catholique qui tenait l\u2019ensemble de l\u2019éducation, de la maternelle à l\u2019université.L\u2019État québécois a dit « maintenant ce sont des institutions démocratiques ».\u2022 Rendre les écoles secondaires publiques gratuites.Jusqu\u2019alors, il n\u2019y avait que des écoles secondaires privées (les collèges classiques) coûteuses, et peu nombreuses.Ce changement a permis à la jeunesse québécoise de s\u2019instruire au-delà de l\u2019école primaire.\u2022 Créer des cégeps, des institutions supérieures pratiquement gratuites, qui permettaient aux garçons et filles de poursuivre des études supérieures ou de se préparer au marché du travail avec leurs nombreuses options professionnelles.J\u2019observe les cégeps depuis 50 ans.Ils constituent des pôles économiques, culturels, sociaux et permettent aux jeunes de s\u2019instruire sur place, dans les régions.C\u2019est un grand succès ! Enfin, en 1999, ce fut la transformation des commissions scolaires qui étaient confessionnelles (catholiques ou protestantes) en centres de services scolaires linguistiques.On complétait la sécularisation de tout le système d\u2019éducation avec ça.Par ailleurs, j\u2019ai été très opposé à l\u2019abolition des commissions scolaires et à la disparition des élus.D\u2019ailleurs, les anglophones les ont gardées alors que du côté francophone, on les a remplacées par des agences bureaucratiques.Ce n\u2019est pas parce que les gens ne vont pas voter qu\u2019ils ne veulent pas des commissions scolaires démocratiques.Le grand objectif de la Commission Parent, c\u2019était l\u2019égalité des chances pour toutes et tous en éducation.Tout le rapport se résume à cet objectif et à se donner les moyens d\u2019en arriver là.Or, je constate que nous n\u2019avons pas réussi ça parce que progressivement, nous avons laissé se développer un système d\u2019éducation à trois vitesses.C\u2019est une grande erreur, car nous avons maintenant au Québec, le système d\u2019éducation le plus inégalitaire du Canada.C\u2019est une trahison de l\u2019objectif, envers tous ceux qui ont voulu un système d\u2019éducation pour tout le monde.Tant qu\u2019on ne touche pas à ça, on ne touche pas à l\u2019essentiel.Le privé prend les meilleurs élèves et l\u2019école secondaire publique développe des programmes pour les « deuxièmes meilleurs » et puis il reste les moins bons, tout seuls, dans la troisième partie du système scolaire.Après on dit : « il y a du décrochage, de l\u2019analphabétisme ».Oui mais pourquoi ?Parce que nous avons un système d\u2019éducation élitiste comme dans les années 1960, nous n\u2019avons pas avancé, nous avons reculé.(Rire songeur) Lors de la Révolution tranquille, on a voulu que tous les enseignants passent par l\u2019université.Avant, ils étaient formés dans des écoles normales, qui relevaient des évêques, des communautés religieuses.Ce n\u2019était pas universitaire.On a haussé la qualité des enseignants en les faisant passer par les facultés des sciences de l\u2019éducation.Ce fut un important pas en avant.Sauf que, comme toute formation universitaire, il faut que ces facultés évoluent, qu\u2019elles revoient constamment les objectifs, qu\u2019elles demeurent en contact avec la réalité, au jour le jour.Il faut que les enseignants soient mieux formés et soutenus car la pédagogie a changé en 50 ans.Ces facultés ne sont pas assez inspirées par les Québécois qui veulent que ça change.Moi j\u2019ai beaucoup de respect pour les enseignants.Beaucoup sont passionnés.Ce n\u2019est pas normal qu\u2019il y ait tant d\u2019abandons.Cela montre que nous ne leur offrons pas, en particulier à ceux du secondaire, notre maillon faible, le soutien professionnel dont ils ont besoin en raison de la difficulté de leurs tâches.Ils sont déçus par les conditions de travail et épuisés.Et ils finissent par abandonner, ce qui décourage les éventuels aspirants profs.Ça va ensemble ça.Donc il faut valoriser l\u2019enseignement, et améliorer la qualité des futurs enseignants.On en parle, mais ce devrait être une préoccupation constante.Les partis politiques ne s\u2019en sont pas préoccupés durant la campagne et nous n\u2019avons pas au Québec l\u2019obsession d\u2019une « profession » d\u2019enseignant.L\u2019objectif de l\u2019école c\u2019est l\u2019épanouissement de chaque personne et celui de la société.Quand on entre à l\u2019école, on entre dans la société.C\u2019est le premier pas qu\u2019on fait « socialement » tout de suite après sa famille.L\u2019école est un microcosme de ce qui nous attend dans la société : à savoir obéir et être libre.« Nous n\u2019avons pas avancé, nous avons reculé ! » Parlez-nous des grands moments de l\u2019évolution de l\u2019éducation au Québec Qui éduque ceux qui nous éduquent ?Québec 1961.25 % des enfants de 15 ans ne vont pas l'école.La durée moyenne de scolarisation des plus de 30  ans est inférieure à sept ans.Seulement 13 % des jeunes Québécois francophones complètent leur 11e  année (5e secondaire).À peine 4 % poursuivent des études universitaires (11 % des anglophones).Deux ans plus tard, la Commission Parent sur l\u2019éducation remet son premier rapport.« L\u2019État québécois commence », dit le sociologue Guy Rocher, qui faisait partie de cette commission.Depuis, son apport à la société québécoise a été majeur.Il a contribué, comme acteur, mais aussi comme observateur, aux grands débats du Québec moderne : laïcité de l\u2019État, formation des écoles secondaires publiques, création des cégeps, fondation de l\u2019UQAM, intro-duction de la loi 101.Au bout du fil, l\u2019homme de 98 ans ne semble pas vieillir, ses propos non plus.Il a gentiment accepté de nous accorder une entrevue, precisant : « J\u2019aime beaucoup lire L\u2019Itinéraire quand je le trouve ! » Bilan de 60 ans d\u2019observations de notre système scolaire.Les membres de la commission Parent, en 1961.Monseigneur Alphonse-Marie Parent, président, est au centre.Troisième à partir de la droite, on aperçoit le sociologue Guy Rocher.Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.CENTRE DE PRESSE DE RADIO-CANADA 1 Choisi comme premier ministre du ministère de l\u2019Éducation au Québec.2 Journaliste, homme politique, professeur d'université, et orateur remarquable.Ardent défenseur de la langue française.21 itineraire.ca 15 octobre 2022 Parce qu\u2019il doit respecter les convictions religieuses des élèves et des parents.Pour moi, c\u2019est la règle fondamentale.Pour cela, il faut que les enseignants soient neutres dans leur enseignement, mais aussi dans leur allure, dans leur présentation, dans leurs vêtements, dans leurs signes religieux.L\u2019école n\u2019est pas faite pour les enseignants, elle est faite pour les élèves.Je trouve que c\u2019est le monde à l\u2019envers quand on dit qu\u2019on doit respecter les convictions religieuses des enseignants.J\u2019ai enseigné pendant 20 ans, et je n\u2019ai jamais fait part à mes élèves de mes convictions ni religieuses ni politiques.J\u2019avais devant moi des étudiants croyants, laïques, etc.Je crois que ce serait le moment de faire une autre Commission Parent.On fait de la recherche dans plusieurs endroits comme au Conseil supérieur de l\u2019éducation, malheureusement pas assez connu, mais il n\u2019y pas de lieu où toutes ces connaissances sont ramassées, synthétisées.Il faut consulter beaucoup de monde et dans toutes les régions du Québec ; tenir des séances, recevoir des mémoires.Ça provoquera un bouillonnement dans la société, comme celui qui avait beaucoup alimenté la Commission Parent.Mais il faudra laisser à cette deuxième commission le temps de travailler.La Commission Parent a étudié l\u2019éducation pendant près de cinq ans ; allé voir ce qui se fait ailleurs, pris le temps d\u2019écrire des rapports qui allaient en profondeur.Aujourd\u2019hui, on veut des solutions rapidement, dans deux semaines, dans deux ans.Le moment serait mûr, et cela permettrait peut-être de faire apparaître une volonté politique, cela éveillerait l\u2019opinion publique et les dirigeants politiques.Un point fort : nous avons fait un grand pas avec l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Nous avons connu une poussée des femmes dans le système d\u2019éducation qui leur a permis d\u2019occuper des postes importants, dans le système financier, dans la politique, et dans le système d\u2019éducation.Ce n\u2019est pas fini bien sûr, il y a encore des inégalités salariales par exemple, mais dans l\u2019ensemble, la société québécoise a inclus sa moitié féminine.Nous avons aussi développé une préoccupation pour l\u2019intégration des nouveaux arrivants.J\u2019ai donné des conférences en Ontario et dans l\u2019Ouest canadien ; là-bas on parle d\u2019assimilation.L\u2019intégration c\u2019est beaucoup plus respectueux.On ne veut pas les assimiler, on veut les intégrer.Ce sont des sens bien différents.Même si ce n\u2019est pas toujours réussi.Le Québec est une société de langue française dans un continent anglophone qui n\u2019a pas cette particularité.C\u2019est un défi qu\u2019ils n\u2019ont pas.L\u2019un des succès de la Loi 101, ce sont les enfants de la Loi 101, qui ont été tenus d\u2019aller à l\u2019école française.Je rencontre souvent des Québécois avec des noms étrangers et qui disent : « Moi je suis un enfant de la Loi 101 ».On a donc su inclure dans la société francophone des générations de nouveaux arrivants.Concernant la jeunesse, elle est née avec la technologie au bout des doigts.La technologie n\u2019est pas tout.Si on se plaint que les jeunes écrivent mal, c\u2019est parce que la technologie leur permet d\u2019écrire n\u2019importe comment, et ils pensent que l\u2019essentiel, c\u2019est d\u2019être compris.Cela développe une sorte de paresse et limite leur français parlé.La jeunesse devrait avoir plus de fierté du français qu\u2019elle parle et de sa culture québécoise.Ça manque, à mon avis.Cette paresse, je l\u2019observe partout.À l\u2019université, chez les journalistes, chez les artistes, etc.C\u2019est une grande faiblesse.Les Québécois manquent de mots pour s\u2019exprimer, faire des phrases complètes, avoir une bonne syntaxe française, etc.La langue n\u2019est pas seulement un moyen d\u2019expression, c\u2019est aussi un lieu pour exprimer notre culture québécoise francophone qui a ses racines, ses singularités et que malheureusement nous ne valorisons pas.Un jour, il y aura un autre Paul Gérin-Lajoie1 ou un autre Pierre Bourgault2.En ce moment, tout le monde n\u2019accepte pas la situation en éducation.Il y a des gens qui y travaillent, pas au gouvernement, mais dans des groupes comme l\u2019École ensemble, Dehors pour l\u2019école et le collectif Debout pour l\u2019école, mais ce n\u2019est pas encore assez étendu pour que les partis politiques s\u2019énervent, et qu\u2019on finisse par marcher dans la rue pour demander une réforme.Vos espoirs pour notre société, pour la jeunesse ?Au sujet de l\u2019inclusion sociale, quels sont nos points forts et nos points faibles ?Pourquoi est-ce important d\u2019avoir un système d\u2019éducation laïque ?Avons-nous besoin d'une grande réforme scolaire ?Dans leurs mots Professionnels de l\u2019éducation Enseignants Il devient de plus en plus difficile de trouver des solutions.En ce moment, il y a des classes qui ont des professeurs à la semaine.Je peux vous dire qu\u2019on travaille avec les syndicats, même si nous avons des divergences, pour améliorer les conditions de travail des profs.Nous sommes d\u2019accord avec l\u2019idée de rendre les programmes particuliers accessibles à tous.Cela rétablirait un certain équilibre dans les groupes (entre les élèves plus performants et moins performants).Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d\u2019établissement d\u2019enseignement (FQDE) Julie Charbonneau (nom fictif), professeur de français dans un pénitencier fédéral au Québec En milieu carcéral, les détenus n\u2019ayant pas de diplôme d\u2019études secondaires sont obligés par une directive fédérale \u201c d\u2019aller à l\u2019école \u201d, sinon il y a des \u201c pénalités \u201d.Nous prenons le temps de les accueillir individuellement, de jaser de leur expérience pour les aider à atteindre leur objectif.Je ne suis jamais assise à mon bureau, je suis toujours en train de me promener pour voir ce que chacun fait.Je peux parler de poésie avec un élève, tandis qu\u2019avec un autre je vais travailler les sons.Je m\u2019adapte au niveau de chacun.Ici nous n\u2019avons pas de pénurie parce que les profs qui choisissent de travailler ici restent, ils le font parce qu\u2019ils ont choisi et trouvé leur place.Caroline, professeur de mathématiques au secondaire au public J\u2019essaie de motiver mes élèves à réussir.C\u2019est incroyable de voir comment les élèves apprécient échanger par textos avec nous, ils nous remercient avec des cœurs dans leurs messages.Je suis toujours créative, j\u2019aime adapter mon matériel pour le rendre le plus divertissant tout en les faisant apprendre, je ne compte pas mes heures, je travaille les soirs et les fins de semaine.Et puis même avec 27 années d\u2019enseignement, je n\u2019ai pas encore assez d\u2019ancienneté pour avoir un poste dans une concentration sport-études, par exemple.Dans les écoles publiques, il y a un conseiller en orientation pour 2000 élèves, ce n\u2019est vraiment pas assez.Donc nous nous concentrons sur les 4e et 5e secondaires qui doivent choisir leurs cours, alors que le choix des étudiants aura une incidence sur leur avenir.Nous aimerions beaucoup travailler avec les étudiants des niveaux inférieurs, et même au primaire parce que c\u2019est notre travail d\u2019aider les jeunes à mieux se connaître.Josée Landry, présidente de l\u2019Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec J\u2019en shake d\u2019aller enseigner au secondaire.Anonyme, qui vient de terminer ses études en enseignement Un site internet conçu pour aider les parents : https://espaceparents.org/ Espace parents donne des outils pour accompagner les parents des élèves qui vivent, au cours de leurs études secondaires, un développement personnel et identitaire important. Élisabeth II Quand la reine Élisabeth II est décédée, à l\u2019âge de 96 ans, j\u2019étais triste.Après avoir régné pendant 70 ans, elle a rendu son tablier.Presque tous les Anglais étaient tristes.J\u2019aurais aimé parler avec elle de son métier.Quand j\u2019étais petite, je rêvais d\u2019être une duchesse ou une princesse.J\u2019aurais appris à bien me tenir, à respecter les protocoles, les manières de s\u2019habiller, de manger, de se tenir debout.Ça prend une discipline très sévère pour régner et c\u2019est sûrement pas toujours le fun, mais leur vie, c\u2019est comme ça.J\u2019ai réécouté les documentaires sur la monarchie.Élisabeth a été mécanicienne dans l\u2019armée et elle pouvait réparer son Jeep.Quand elle est devenue reine, son mari devait la suivre parce que c\u2019était elle qui régnait.Je pense que la reine a fait des gaffes et elle a paru froide envers son peuple, spécialement quand la princesse Diana est morte tragiquement.Maintenant, c\u2019est son fils aîné qui prend la relève de la monarchie et il devient le roi Charles III.Quand il mourra, c\u2019est son fils William qui lui succédera.Ça coûte cher de faire vivre une reine ou un roi.Quand Élisabeth est venue au Canada, c\u2019est nous qui avons payé.Ça peut faire rêver, mais c\u2019est aussi un pensez-y bien pour l\u2019avenir de la monarchie anglaise.Construction is a real downer I sell L\u2019Itinéraire at the corner of Saint- Laurent and des Pins.For more than a year now, des Pins has been under construction and according to the City\u2019s plans, it will last another year between des Pins and Parc.It will probably be really nice when it will be finished but meanwhile, let me tell you, construction is a real downer.It is very depressing to look at.There are cones everywhere.Furthermore, sometimes the noise is unbearable.It is hard for people that must live with it day in day out.I know it is not easy work but sometimes it seems to take forever for the construction workers to finish their project.Everybody that I talk too is fed up with construction.Maybe it is too much at the same time.You can only push the people so far.I guess society has changed over the years.Back when I was young, we hardly saw any construction at all.Now there is construction everywhere in Montreal.Do we really need all this work at the same time ?When you really look at, it is also the government fault for ordering this construction to go on.Maybe the people should have a say in what goes on.They\u2019re the ones that have to listen to the noise and confusion every day.Also, businesses have been suffering a lot during construction.Clients have a hard time reaching them and some stores had to close.I have seen people leaving Montréal because of the construction.Even myself, it is part of the reason why I want to go to Dublin, Ireland.Maybe I would find it better there.Personally, I think construction is our #1 problem in the city and hopefully the government can change things for the better and make our province a better place to live.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL ET PAPINEAU DANIEL GRADY VENDOR DES PINS / ST-LAURENT AND DE LA GAUCHETIÈRE / MANSFIELD Un Mot pour Audrey Salut à vous.Je veux vous présenter une personne que j\u2019aime beaucoup.Elle s\u2019appelle Audrey et c\u2019est ma meilleure amie.Elle est drôle, gentille, belle et attentionnée.Quand je ne me sens pas bien, elle me change les idées.Quand je me sens paranoïaque, elle m\u2019accompagne jusqu\u2019à chez moi.Je l\u2019ai connue dans un organisme communautaire.C\u2019était sa fête le 14 juin dernier et je ne lui ai pas acheté de cadeau.Alors j\u2019ai décidé de lui offrir du Bailey\u2019s qu\u2019elle aime mettre dans son café.On fait aussi des sorties, on pense pareil, on a du fun au boutte ensemble.On parle de plein d\u2019affaires.On aime beaucoup la nourriture et concocter de bons petits plats.Parfois, on les mange ensemble.C\u2019est tellement délicieux et savoureux ! Elle met de l\u2019amour dans tout ce qu\u2019elle fait et touche.C\u2019est une passionnée des livres de recettes.Elle écoute aussi de la musique québécoise et américaine.J\u2019aime en écouter avec elle.On aime souvent aller manger au resto en bavardant de tout et de rien.On parle de la vie en général.On est bien ensemble.Elle a un beau sourire.Elle est toujours bien habillée.Ses cheveux frisés foncés, comme moi.Elle est superbe et c\u2019est une amie exceptionnelle, sincère et qui est toujours prête à aider les autres.Elle est bonne dans les karaokés, elle est professionnelle.Elle pourrait sûrement passer à l\u2019émission La Voix à TVA.Elle a beaucoup de talent.J\u2019espère qu\u2019elle puisse aller de l\u2019avant pour être chanteuse de métier.Je lui souhaite bonne chance pour la chanson.Moi aussi j\u2019aimerais devenir chanteuse, comme je vous l\u2019ai déjà écrit dans une ancienne parution de L\u2019Itinéraire.On gagne à la connaître.Elle est formidable.Je me sens privilégiée d\u2019être son amie.SUZANNE LEBLANC CAMELOT SAQ PAPINEAU-CRÉMAZIE 23 itineraire.ca 1er octobre 2022 Pour rêver un peu \u2026 Parents Quel professeur a marqué votre parcours scolaire ?Dominique, parent de deux enfants aujourd\u2019hui étudiants à la maîtrise Je n\u2019avais aucun problème avec le secteur public.Mes enfants sont allés au privé parce qu\u2019ils avaient des intérêts particuliers, un la musique, l\u2019autre les sports, et nous avons pensé qu\u2019ils y seraient plus heureux.Aussi il y a la proximité qui a joué dans notre décision.Si on avait eu des écoles publiques avec ces concentrations plus près de chez nous, on aurait pu les y envoyer.Norman Rickert, camelot à l\u2019Itinéraire Mon professeur favori au secondaire s'appelait Jack Colyer, un Britannique établi au Québec.C'était mon prof d'anglais pendant deux ans.Il m'a aussi enseigné à jouer de la clarinette vers l'âge de 14-15 ans.À ma graduation, mes parents m'ont offert la clarinette de l'atelier de musique dirigé par M.Colyer.Ses cours étaient très intéressants, on avait une fois regardé le film Macbeth, basé sur une pièce de théâtre de Shakespeare, et aussi des cours sur l'histoire de la langue anglaise.Un chic type.J\u2019ai eu quelques bons professeurs.L\u2019un d\u2019eux, quand j\u2019étais au collège, a été mon professeur de grec.Pour nous, le grec était plus difficile que le latin.Il m\u2019a appris non seulement cette matière, mais il aimait la beauté de la phrase.Ce qui me paraissait rébarbatif est devenu un plaisir, et il m\u2019a appris à aimer la philosophie que je n\u2019arrivais pas à aimer parce que mon prof de philo n\u2019était pas bon.Cet homme-là, je lui dois beaucoup.Il m\u2019a donné des lectures à faire.J\u2019étais adolescent, un moment important dans mon développement intellectuel, il a fait confiance à mon intelligence.Guy Rocher, sociologue, 98 ans J\u2019ai toujours terminé mes cours, en disant à mes étudiants : je ne sais pas ce que vous garderez de mon cours, mais ce que je souhaite, c\u2019est que vous gardiez la curiosité du sujet.Si vous gardez la curiosité, vous pourrez continuer à vous y intéresser.Je souhaite avoir suscité la curiosité.Cindy, mère de Fabien, 1ère secondaire au public, avec concentration Il était hors de question que j\u2019envoie mon garçon au privé, la sélection des élèves et leur discours élitiste, « vous êtes les meilleurs » c\u2019est quelque chose qui me dérange beaucoup.Mon fils, qui est en secondaire 1, a choisi un programme de concentration au public qui correspond à ses intérêts (programme Défi (enrichi) et Plein Air).Le fait qu\u2019il connaisse des gens qui y étaient déjà, ça l\u2019a rassuré, et puis son père a fait le même programme.Quel est-il cet idéal ?On pourrait résumer ainsi l\u2019école que nous voulons pour les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui et de demain : \u2022 une école où les élèves apprennent à penser de façon critique, notamment en s\u2019interrogeant sur les conditionnements individuels et collectifs afin de les dépasser ; \u2022 une école où les compétences langagières en français sont l\u2019objet d\u2019un travail constant de la part des élèves et de tous les personnels scolaires ; \u2022 une école laïque et inclusive qui met fin à la discrimination économique et culturelle actuelle, une école gratuite au préscolaire et tout au long de la scolarité obligatoire ; \u2022 une école où tous les personnels scolaires peuvent donner le meilleur d\u2019eux-mêmes et où ils auront la possibilité d\u2019échanger, de se soutenir et de mettre à contribution leur expertise spécifique dans un esprit de complémentarité et de collégialité ; \u2022 une école qui est un environnement sain et ouvert en dehors des heures de classe pour les jeunes, leur famille et la collectivité.( Tiré du livre Une autre école est possible et nécessaire du collectif Debout pour l\u2019école ! ) itineraire.ca 24 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 25 J\u2019ai fait le tour de la Gaspésie du 10 au 16 août dernier.Avant d\u2019arriver à Pabos Mills, j\u2019ai vu trois voiliers et deux grosses baleines blanches qui sortaient de l\u2019eau à côté de l'un d\u2019eux.Les gens de ce bateau s\u2019amusaient avec.Je voyais qu\u2019ils avaient du plaisir, je les entendais parler fort.Je voyais qu\u2019ils étaient contents, même si je ne comprenais pas ce qu\u2019ils disaient.À Pabos, proche de Percé, j\u2019ai dormi dans un bungalow loué pour six jours.Au deuxième jour, vers cinq heures du matin, juste au-dessus de ma tête \u2014 et je n\u2019avais pas vu ça de ma vie \u2014 j\u2019ai vu un énorme paquet de corbeaux voler.Beaucoup de petits, des grands, des moyens, des gros.Tous allaient dans la même direction.Je ne pouvais pas les compter, c\u2019était énorme ! Ils étaient au-dessus de ma tête à environ deux mètres.Je n\u2019arrêtais pas de ricaner.J\u2019ai entendu une personne dire de moi : « Elle doit avoir peur ».J\u2019ai l\u2019oreille fine ! Ma peur ne paraissait pas.En hélicoptère Ensuite j\u2019ai fait la touriste.Je suis allée vers Gaspé.Mais avant, à trois minutes du célèbre rocher, il y avait un endroit où on pouvait embarquer dans un hélicoptère.On a volé pendant 20 minutes, même si c\u2019était payé pour 15 minutes.Dans l\u2019hélicoptère, on nous a passé un casque antibruit avec un micro pour qu\u2019on puisse parler.Le pilote demandait même, à plusieurs reprises, si tout allait bien.Mon trac ne paraissait pas trop et je disais au pilote : « Oh oui, oui, ça va bien ».Enfin, j\u2019ai réalisé un de mes rêves ! Au kiosque j\u2019avais demandé si l\u2019hélicoptère pouvait voler assez bas pour pouvoir prendre des photos.Nous avons vu le rocher Percé, l\u2019île Bonaventure, la ville de Percé, le Pic de l\u2019aurore, la plage Coin-du-Banc, le Barachois, la Rivière-aux-Émeraudes et l\u2019Anse-à-Beaufils.Je le recommencerais, mais cette fois-ci, pour ôter ma peur, je demanderais que l\u2019hélicoptère vole très haut.Ensuite j\u2019ai été à la Rivière-aux-Émeraudes, j\u2019ai plongé dedans.Le lendemain, ils ont dit à la radio qu\u2019elle était contaminée.J\u2019ai été prise en photo au moment du plongeon.En la voyant, j\u2019ai eu l\u2019impression de me voir à la sortie de la douche : les cheveux tout plats, comme un épouvantail, eux qui étaient tous bouclés avant d\u2019être mouillés.Je n\u2019ai pas pu aller à l\u2019Île Bonaventure en bateau pour aller voir les fous de Bassan.J\u2019aurais bien aimé être photographiée avec eux pour être une folle parmi les fous.Dans mes rêves, j\u2019aurais voulu faire du ski nautique, du deltaplane, du parachute, voler dans un hydravion, dans un avion acrobatique, dans une montgolfière\u2026 Du soleil et des souvenirs Les plages en Gaspésie sont terriblement belles.Le soleil a été présent tout au long des six jours de voyage aller-retour.Je me levais tôt le matin pour me faire bronzer et je pensais à mes 18 ans à Sainte-Julienne en camping sur les lieux de mon travail dans les fraises et les concombres, dans le convoyeur (une grosse machine où on est allongé et on ramasse avec les mains) pour finir brunie par le soleil.Un vrai changement de look au beau teint de Rio, d\u2019Hawaï\u2026 Très surprise, en me faisant bronzer le matin sur le balcon, je vois un insecte de deux pouces de long, assez large, jaune et noir avec des ailes longues et aux bouts arrondis.Il ressemblait à un énorme taon.Je me suis levée de ma chaise à toute allure et j\u2019ai ouvert la porte du bungalow.Je suis rentrée à l\u2019intérieur et j\u2019ai refermé la porte, sans trop que ma peur paraisse.Je l\u2019ai vu partir, alors je suis sortie pour prendre mon soleil.Ce drôle de phénomène recommence et je recommence à toute vitesse à entrer et refermer la porte et le même scénario à plusieurs reprises.Même en venant vers moi, il s\u2019arrêtait à environ cinq mètres de moi et il restait sur place en battant des ailes.Il faisait un son énormément fort : tic tic tic tic tic tic tic\u2026 Après des recherches, j\u2019ai remarqué que, possiblement, c\u2019était un frelon asiatique.Une fois, j\u2019ai remarqué, en fermant la porte, qu\u2019il était à 5 mm environ de la fenêtre.Il a attendu trois secondes environ, il a fait demi-tour et est reparti.Je n\u2019étais pas prête à prendre mon tue-mouches, je n\u2019aurais pas gagné le combat ! Surtout qu\u2019il est en plastique.Et moi qui ne voulais pas aller en Gaspésie ! Mon tour mouvementé de la Gaspésie Camelot PJC Sherbrooke / Lepailleur par Manon Fortier P H O T O S F O U R N I E S P A R M A N O N F O R T I E R 27 itineraire.ca 26 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 Selon les plus récentes données avancées par le Collectif régional de lutte à l\u2019itinérance en Outaouais (CRIO), l\u2019itinérance jeunesse a connu une hausse considérable depuis 2019.Et ces jeunes qui se retrouvent à la rue doivent composer avec une réalité unique et complexe dans la région de Gatineau : celle de partager une frontière avec Ottawa.Simon Bolduc, chargé de projet journalisme gatineau L\u2019itinérance a gagné du terrain ces dernières années dans la région de Gatineau.Si elle a augmenté de 1,4 % entre 2019 et 2021, selon les données du CRIO, elle a fait un bond de 7 % rien que chez les jeunes adolescents et jeunes adultes.Un phénomène qui prend de l\u2019ampleur dans cette ville où les services d\u2019hébergement manquent pour cette jeune population marginalisée.C\u2019est le constat que fait Nick Paré, coordonnateur du CRIO.Hausse de l'itinérance Plusieurs hypothèses sont avancées par des acteurs du milieu de l\u2019itinérance pour expliquer cette importante hausse.« La pandémie a exacerbé le phénomène, explique Nick Paré.Ce sont des jeunes qui passaient d\u2019un sofa à un autre, par exemple, et du jour au lendemain ne pouvaient plus le faire à cause des mesures sanitaires.C\u2019était une itinérance cachée qui est devenue et qui devient de plus en plus visible ».M.Paré parle aussi de la rupture de services pour les jeunes qui, à 18 ans, doivent quitter le centre jeunesse et voler de leurs propres ailes, du jour au lendemain.Il faut ajouter à la pandémie la crise du logement qui sévit à la grandeur de la province, et Gatineau est loin d\u2019être épargnée.Tout le contraire, puisqu\u2019être voisin de l\u2019Ontario et de la capitale nationale met assurément de la pression sur l\u2019habitation à Gatineau.Selon l\u2019Observatoire du développement de l\u2019Outaouais (ODO), dans son document L\u2019accès au logement et l\u2019 itinérance sur le territoire trans- frontalier : un enjeu de vases communicants, la plupart des ménages considérés à faible revenu à Ottawa décident de s\u2019installer à Gatineau, parce que moins cher : « Ce facteur aurait contribué à accroître le nombre de locataires potentiels dans la région, puisqu\u2019environ les trois quarts des ménages optent pour la location à leur arrivée dans la région.» Selon les chiffres de la Société canadienne de l\u2019hypothèque et de logement (SCHL), pour la même année, un logement moyen de deux chambres coûtait 1358 $ à Ottawa contre 875 $ à Gatineau, de l\u2019autre côté de la rivière des Outaouais.« Comme tout le monde, ces jeunes-là veulent un logement.C\u2019est plus cher, il y en a moins et les propriétaires sont sélectifs, dit M.Paré en entrevue au bout du fil.Alors quand tu es un jeune défavorisé, sans trop d\u2019expériences d\u2019emploi, il y a peu de chances que ton nom soit en haut de la liste.» Et les ressources d\u2019hébergement destinées à ces jeunes de la rue sont limitées dans la province québécoise, alors qu\u2019elles sont plus nombreuses en sol ontarien.Mais changer de province en traversant la rivière comporte son lot de restrictions et de complexités en raison de deux systèmes différents qui agissent en silo.À Gatineau, de l\u2019autre côté du pont CRIO - Nuit des sans-abri.P H O T O F O U R N I E P A R C R I O 28 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que les auteurs.Par Jérémie Lamarche, organisateur communautaire au RAPSIM Sans prétendre qu\u2019en l\u2019espace d\u2019une nuit il est possible de pouvoir comprendre tout ce que peuvent vivre les personnes qui habitent la rue, l\u2019évènement se veut un prétexte pour rapprocher et tisser des liens entre les concitoyen.nes que nous sommes toutes et tous ; qu\u2019on vive l\u2019itinérance ou non.Parce que nous avons tous et toutes un rôle à jouer, nous croyons que l\u2019amélioration des conditions de vie des personnes de la rue passe aussi par une meilleure compréhension des enjeux qui les touchent et une solidarité entre voisins et voisines montréa- lais.e.s, avec ou sans « numéro de porte ».L\u2019importance de sensibiliser tout le monde Contrairement à ce qu\u2019on peut croire, aboutir dans la rue, ce n\u2019est pas une conséquence de choix uniquement individuels.L'itinérance est aussi (et surtout !) une conséquence de nos choix de société, et c\u2019est là que nous entrons toutes et tous en ligne de compte.C\u2019est lorsque les dirigeant.es laissent la crise du logement s\u2019emballer, que les programmes sociaux sont sous-fi- nancés et que les préjugés présents dans la culture populaire se transforment en violence physique ou policière envers des personnes \u2013 comme on a malheureusement pu le constater à quelques occasions dans les dernières années \u2013 que notre rôle de citoyen.ne prend tout son sens.Ensemble, nous avons le pouvoir de revendiquer et d\u2019incarner les changements nécessaires afin que les droits des personnes en situation d\u2019itinérance soient respectés.Mais pour être des allié.es de la cause, encore faut-il entrer en contact avec les personnes qui sont les premières concernées, prendre conscience de leurs réalités et de ce qui les affectent.C\u2019est ici que la Nuit des sans-abri trouve sa pertinence.À travers des prestations artistiques de personnes vivant ou ayant vécu l\u2019itinérance, des prises de parole, des ateliers de réflexions collectives et de discussion sur différents enjeux ou des discussions spontanées et informelles avec des personnes qui vivent la rue, la Nuit se veut être un espace d\u2019échanges, de rencontres, d\u2019empathie et de solidarité.Alors peu importe votre rapport avec l\u2019itinérance, que vous soyez intervenant.es dans le milieu ou non, que vous ayez déjà vécu de près ou de loin la vie de rue ou que vous croisiez des concitoyen.nes l\u2019habitant dans votre quotidien, tout le monde est bienvenu à cet évènement festif et bienveillant.Et puisque vous lisez ces lignes \u2013 vous qui avez acheté ce magazine de L\u2019Itinéraire \u2013 vous êtes en quelque sorte un.e alli.ée.On vous lance le défi d\u2019inviter une personne de votre entourage à participer avec vous à la Nuit ! La Nuit des sans-abri ou sensibiliser pour mieux transformer ! Rejoignez-nous le 21 octobre prochain dès 16 h 30 au Square Phillips pour une marche de solidarité précédée d\u2019une conférence de presse et dès 18 h 30 au Parc Émilie-Gamelin pour la veillée de solidarité et une panoplie d\u2019activités ! Le vendredi 21 octobre prochain aura lieu la 33e édition de la Nuit des sans-abri à Montréal comme dans une quarantaine de municipalités à travers le Québec.Depuis 33 ans, des organismes qui travaillent avec des personnes qui vivent l\u2019itinérance se rassemblent, le temps d\u2019une nuit ou d\u2019une soirée en solidarité avec celles et ceux qui n\u2019ont d\u2019autres choix que de passer plusieurs nuits dehors tout au long de l\u2019année.C\u2019est aussi une occasion de sensibiliser le plus de personnes possible aux différentes réalités de l\u2019itinérance et de créer des solidarités entre nos communautés.Un pont, une frontière En 2016, dans son mémoire de maîtrise, le chercheur Maxime Gaudet s\u2019est penché sur les jeunes et l\u2019itinérance dans son ouvrage Les jeunes et l\u2019 itinérance à Ottawa- Gatineau : négociation quotidienne d\u2019une géographie frontalière.Sans restriction de déplacements, la frontière sépare « deux systèmes de services sociaux, deux économies, mais aussi des populations aux identités, aux langues et aux normes sociales très différentes ».Une frontière sans restriction qui affecte pourtant les jeunes de la rue.Deux systèmes de santé, deux systèmes d\u2019éducation, un transport collectif et une assistance sociale qui se déploient différemment.« Le poids des obligations administratives devient insupportable pour la plupart de ceux qui veulent profiter des services pourtant essentiels en cas de précarité résidentielle.Les systèmes administratifs, souvent incompatibles, complexifient ou interdisent les transferts de services entre les provinces », lit-on dans le mémoire de M.Gaudet.Selon l\u2019Observatoire de l\u2019Outaouais, il devient « quasiment impossible pour les jeunes de connaître leurs obligations par rapport à deux systèmes d\u2019aide à l\u2019 itinérance souvent très différents.C\u2019est avant tout sur la base de leur lieu de résidence que se détermine leur admissibilité au système d\u2019aide financière québécois ou ontarien ».Par exemple, une personne qui veut obtenir un service devra présenter sa carte d\u2019assurance-maladie du Québec.Pour un service en Ontario, elle devra fournir une preuve de résidence dans un refuge de l\u2019Ontario.Facile et évident ?Pas quand on est un jeune marginal en manque de ressources, fait valoir M.Gaudet.Enfin, si le corps policier peut parfois être un acteur important à la lutte contre l\u2019itinérance, dans certains cas, le fait que Gatineau et Ottawa aient deux services policiers distincts fonctionnant en parallèle vient complexifier l\u2019offre de services destinés à ces jeunes marginalisés.Une aide sociale différente Au Québec, les jeunes sans emploi doivent, dans la plupart des cas, souscrire à l\u2019aide sociale pour pouvoir payer leur logement.Certains critères s\u2019ajoutent au-delà du fait d\u2019avoir 18 ans, et plus et d\u2019être sans emploi : il faut vivre au Québec pour y être admissible.Le demandeur doit aussi présenter une preuve d\u2019identité avec une carte officielle avec photo, sans compter qu\u2019un certificat médical peut être requis.Des démarches évidentes pour le commun des mortels, mais qui deviennent vite une montagne pour des jeunes de la rue, sans moyens et sans repères.« Plusieurs d\u2019entre eux n\u2019ont pas d\u2019adresse.Ils peuvent fournir celle d\u2019un refuge, mais cela implique l\u2019obligation d\u2019avoir recours à son soutien.Pour différentes raisons spécifiques (ex : dortoirs insalubres, âge des résidents, violence, absence de sentiment d\u2019appartenance, etc.), certains jeunes préfèrent éviter ces logements temporaires », écrit le chercheur Maxime Gaudet.Même modus operandi en Ontario, à une exception près : le demandeur doit démontrer qu\u2019il fait des efforts raisonnables pour trouver et garder un emploi.Un travailleur social rencontre l\u2019appliquant et prépare avec lui un plan d\u2019intégration à l\u2019emploi en considérant ses compétences, expériences et connaissances.Une aide financière qui est davantage vue comme « temporaire » en Ontario, contrairement au Québec.« Toujours dans une logique néo-libérale de profit maximal, l\u2019aide financière offerte à un individu dans le besoin est comprise par le gouvernement comme un investissement qui doit éventuellement rapporter, écrit Maxime Gaudet.L\u2019aide n\u2019est offerte qu\u2019avec l\u2019 idée que cet investissement deviendra éventuellement indirectement profitable.» Deux mondes séparés par une rivière.Deux mondes qui ne se parlent pas et qui obligent les jeunes de la rue à vivre d\u2019un côté ou de l\u2019autre, sur papier, alors qu\u2019il en est rien dans la réalité complexe de l\u2019itinérance, jeunesse ou pas. UN MAGAZINE, UN ORGANISME, UNE FAMILLE ! Plus que jamais nos camelots ont besoin de vous.Faites un don ! L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine, c\u2019est aussi de l\u2019aide alimentaire, du soutien au logement, des services d\u2019intervention psychosociale et de réinsertion sociale.Votre don permet au Groupe communautaire de maintenir ses services.itineraire.ca 514 597-0238 JAMSHED KHEDRI | PHOTOMONTAGE CARLA BRAGA 31 itineraire.ca 15 octobre 2022 C\u2019est un mythe.Ce sont des personnes qui n\u2019ont peut-être pas trouvé leur place dans la société (dans le monde du travail parce qu\u2019ils sont blessés, parce qu\u2019ils manquent de confiance en eux ou qu\u2019ils n\u2019ont pas trouvé leur voie\u2026), d\u2019autres ont peut-être des raisons médicales ou familiales.Les raisons sont multiples.Elles résident dans leur cœur, dans leur tête, dans leur corps.Dans la vie, c\u2019est important de ne pas généraliser.Il y a du bon monde partout.Ce qui compte, c\u2019est d\u2019essayer des choses, de s\u2019impliquer dans la société selon nos capacités.Oui, les gens ne sont pas des salariés, mais savez-vous ce qu\u2019ils font de leur temps « libre » ?Ils peuvent : réaliser des activités pour augmenter leur confiance, s\u2019occuper de leurs enfants ou de leurs parents (ils deviennent des aidants naturels), travailler sur leurs blessures psychologiques pour en diminuer les impacts (gros travail d\u2019émotions pour faire le ménage intérieur !) ou faire du bénévolat\u2026 Voici quelques exemples de bénévolat : distribuer un journal communautaire qui traite de certains enjeux importants tels le droit et la défense du logement, écrire des lettres d\u2019opinion, décorer avec d\u2019autres des locaux d\u2019un organisme communautaire pour l\u2019Halloween ou encore accompagner la classe de son enfant lors d\u2019une sortie.On n\u2019a pas tous les mêmes capacités, mais nous avons tous notre rôle dans la société, qu\u2019il soit petit ou grand.Au lieu de critiquer le statut de la personne qui est sur le bien-être social, on devrait reconnaître chacun de ses petits gestes.Certains peuvent être banals, mais dans certaines circonstances c\u2019est déjà beaucoup.Le jugement bloque, blesse, diminue, paralyse, enferme la personne dans sa perception du « j\u2019suis pas capable ».La reconnaissance, l\u2019écoute, la main qui aide l\u2019autre à trouver ses propres solutions et son propre chemin donnent le goût de se mettre dans l\u2019action en valorisant ses solutions intérieures.Le défi est donc d\u2019accepter les gens dans leur implication communautaire et de les amener vers leur plein épanouissement.Ceci devrait être réalisé dans le respect, la confiance et le rythme de chacun, partir de ce qu\u2019il est vers ce qu\u2019il pourrait être.Il faut voir au-delà de l\u2019apparence comme la chanson de Gerry Boulet : « Aujourd\u2019hui, je vois la vie avec les yeux du cœur ».De plus, ceux qui disent que les assistés sociaux ont plein d\u2019argent à dépenser se trompent.Par exemple, certains coûts ne sont pas tous couverts comme les gens peuvent le croire.Notamment les lunettes.Si on ne connaît pas une ressource comme Le bonhomme à lunettes pour avoir un bon prix, quand on pense que l\u2019aide sociale paie seulement une petite partie, c\u2019est beaucoup d\u2019argent.En plus, les gens qui n\u2019habitent pas dans un logement social \u2013 à cause du manque de construction depuis des années et des condominiums qui font augmenter les loyers \u2013 ils en arrachent.Pauvre comme riche, le choix des dépenses peut nuire à l\u2019achat de l\u2019essentiel.Et le pauvre, en arrache encore plus.En conclusion, ne jugez pas ! Les gens peuvent être sur le bien-être social tout en étant utiles à la société.C\u2019est juste que ce qu\u2019ils accomplissent chaque jour dans l\u2019ombre n\u2019est pas monnayable.Les gens sur le bien-être social sont paresseux.Camelot Métro Lionel-Groulx par Agathe Melançon Être comprise J\u2019ai eu une prof d\u2019éducation physique, qui était entraîneure olympique en secondaire 1.Elle s\u2019appelait Hélène Bourbeau.Elle m\u2019a marquée parce qu\u2019elle était tellement gentille.Elle aimait les gens et elle avait le tour avec nous, les ados.Elle nous comprenait.CÉCILE CREVIER MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE EST / MORGAN L'ennui L\u2019école, j\u2019ai trouvé ça ennuyant.J\u2019y suis allé longtemps, mais déjà au primaire, je finissais mes projets avant tout le monde et j\u2019attendais.Mon ennui n\u2019avait d\u2019égal que mon désarroi.Aujourd\u2019hui, je ne sais pas si l\u2019école est comme avant, mais ce que ça prendrait avant tout, c\u2019est la gratuité pour que tout le monde puisse y aller.ROBERT MONDAT CAMELOT IGA WELLINGTON Le soutien et l'écoute L\u2019école, ça ne m\u2019a rien apporté.Ça a été le fun jusqu\u2019en 6e année, mais ça s\u2019est dégradé après parce que mes parents se sont séparés et c\u2019est ma grand-mère qui m\u2019a élevé.Ce que je cherchais à l\u2019école, c\u2019était l\u2019écoute et le soutien que je ne trouvais pas à la maison.Mais à mon époque, ça ne marchait pas comme ça.MICHEL DESJARDINS CAMELOT LA CORDÉE RUE SAINTE-CATHERINE EST L'indifférence Dans mon temps, c\u2019était dur.J\u2019ai doublé ma première année et j\u2019avais de la misère à m\u2019entendre avec les autres.Je me faisais intimider.L\u2019école ne le voyait pas et je n\u2019en parlais pas.Les profs n\u2019étaient pas soucieux des élèves de toute façon, et ils te réprimandaient si t\u2019avais le malheur de te plaindre.J\u2019ai eu du mal à m\u2019exposer à cause de ça.Je me suis vraiment renfermée.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / PAPINEAU Mauvais conseil J\u2019avais un conseiller pédagogique au secondaire, qui m\u2019avait conseillé de quitter l\u2019école et de devenir laveur de vaisselle.Ça m\u2019avait vraiment fait mal.Pourtant j\u2019étais bon en mathématique et en anglais.Je suis parti à cause de ça, mais j\u2019ai suivi des cours du soir par la suite.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRE DU RIDEAU VERT ET TNM Menteuse En secondaire 5 mon prof d\u2019anglais me traitait de menteuse.Il pensait que, comme je parlais en français, je ne pouvais pas avoir 100 % en anglais.Mais du côté de mon père, on parle anglais, et moi je suis torontoise d\u2019origine.Donc j\u2019avais des facilités.Ça m\u2019avait blessée et je me suis vite repliée sur moi-même.MANON FORTIER CAMELOT PJC SHERBROOKE / LEPAILLEUR Pas le goût d'étudier L\u2019école ne m\u2019a pas servi à grand-chose, je n\u2019y allais pas.Je n\u2019aimais pas ça.J\u2019ai juste un prof qui m\u2019a marqué, en atelier de bois, parce que j\u2019aimais cette matière.Mais jamais aucun prof ne m\u2019a donné le goût d\u2019étudier.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL p u b l i c i t é pour enseigner.DES MILIEUX SAINS p u b l i c i t é L'école et vous Hélène Magny en a vu des camps de réfugiés et des tout- petits nés entre les barbelés.Mais en 17 ans de journalisme international pour Radio-Canada, elle n\u2019avait jamais rencontré d\u2019enfants se cacher frénétiquement sous leur pupitre d\u2019écolier, au son d\u2019un avion qui passe.Encore moins au Québec.Je pleure dans ma tête est son 9e documentaire.Il pose un regard sur l\u2019école québécoise qui accueille des milliers d\u2019élèves dont le passé teinte les comportements présents, et face auxquels des professeurs parfois démunis se forment pour comprendre, intervenir et aider ces enfants à se construire malgré tout.34 itineraire.ca 15 octobre 2022 La guerre survit aux armistices.C\u2019est l\u2019une des choses que retient Hélène Magny de sa carrière de journaliste à relater les dégâts causés par les conflits armés.Elle perdure et accompagne les pas des réfugiés molestés par les séquelles invisibles des violences vécues, vues et entendues, d\u2019un chemin migratoire à un autre, jusqu\u2019en terre d\u2019asile.Avant que la marmite n\u2019explose Le Québec est l\u2019une de ces terres, où a été tourné Je pleure dans ma tête.« Avant ce documentaire, j\u2019ai réalisé Choc migratoire, raconte Hélène Magny en entrevue.Il s\u2019attarde sur l\u2019avenir des réfugiés, sur leur intégration.Mais je ne m\u2019étais jamais intéressée à leur passé.» C\u2019est à Garine Papazian-Zohrabian, spécialiste et sommité des deuils et traumatismes, notamment chez les enfants et les adolescents, que l\u2019on doit Je pleure dans ma tête.Et à sa rencontre avec la réalisatrice qui, ce jour-là, a pris conscience de l\u2019importance de comprendre le vécu des réfugiés pour soutenir leur (re) construction.Garine Papazian-Zohrabian intervient dans les écoles québécoises depuis 2012.Elle y informe, sensibilise, outille des professeurs, des psychologues scolaires et intervenants psychosociaux aux raisons qui poussent des enfants, pourtant à l\u2019abri des bombes et autres violences humaines, à se désorganiser, à s\u2019exprimer avec virulence, à adopter des comportements agressifs.Des réactions inacceptables dans un milieu scolaire où la tolérance zéro est une politique répandue.« Je fais souvent l\u2019analogie de la marmite, explique l\u2019experte.Un enfant traumatisé dans une école c\u2019est comme un Presto.Beaucoup de choses bouillonnent à l\u2019 intérieur, et créent de la vapeur.Mais malheureusement, la manière dont les services sont proposés dans les écoles consiste à envoyer des intervenants pour refermer la marmite bien hermétiquement.Et que se passe-t-il si l\u2019on ne laisse pas une marmite à pression échapper sa vapeur ?Elle explose.» Un enfant traumatisé dans une école c\u2019est comme un Presto.Beaucoup de choses bouillonnent à l\u2019intérieur, et créent de la vapeur.Garine Papazian-Zohrabian Documentaire Je pleure dans ma tête Karine Bénézet, journaliste responsable de la formation Je pleure dans ma tête (Les traumas par les mots) Documentaire de Hélène Magny, 2022, 75 min Disponible en ligne sur onf.ca depuis le 5 octobre 37 itineraire.ca 36 itineraire.ca 15 octobre 2022 15 octobre 2022 Une nouvelle paire de lunettes Ce que propose et répand Mme Papazian-Zohrabian, c\u2019est une approche qui se distancie des habitudes ; celle de la psychiatrie et du DSM-5 particulièrement.« En Amérique du Nord, chaque fois qu\u2019un élève a des difficultés, on sort le DSM.On veut le diagnostiquer.On lui trouve une pathologie, un trouble.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019 il y a autant d\u2019enfants surdiagnostiqués, suridentifiés au Québec, province où le taux de TDAH est le plus élevé du Canada.Peut-être même du globe terrestre.» D\u2019où l\u2019importance de mettre une « nouvelle paire de lunettes », image l\u2019experte, qui considère à la fois l\u2019 influence de l\u2019environnement sur l\u2019enfant, la manière dont les traumas peuvent affecter, voire arrêter, son développement affectif ; ses croyances, ses valeurs, son rapport au monde, sa mentalité\u2026 ».Une approche complémentaire à celle de la psychiatrie : « Oui, c\u2019est hormonal, c\u2019est lié à l\u2019adrénaline, mais séparer le corps de la psyché, c\u2019est un vrai problème.On est un tout ».L\u2019école québécoise a trois grandes missions : instruire, qualifier et socialiser.Et c\u2019est pour cette troisième que l\u2019échec peut être cuisant si l\u2019on ne prend pas en compte le bien-être global des enfants.« Parce qu\u2019un jeune en mal-être n\u2019a pas de bonne relation sociale, affirme la spécialiste.L\u2019école devrait être un lieu de vie qui permet le développement global.Mais dans ce sens, le chemin est encore long.» Sur le chemin de l\u2019école « Je pense qu\u2019 il n\u2019y a malheureusement pas vraiment de relation », explique Hélène Magny, quand elle partage sa perception des liens qu\u2019entretiennent les institutions éducatives avec les enfants réfugiés.« Et c\u2019est pour ça que j\u2019ai décidé de faire ce documentaire.» Après sa rencontre avec Garine Papazian- Zohrabian, la documentariste a immédiatement frappé aux portes des écoles pour prendre le pouls des connaissances des directions au sujet de leurs jeunes réfugiés.« Dans les écoles de quartiers d\u2019 immigration où je suis entrée, les directeurs n\u2019avaient aucune idée du parcours des jeunes qu\u2019 ils recevaient.Ils connaissaient seulement le pays et la langue d\u2019origine.Rien sur leur vécu.Est-ce que tel jeune est arrivé à pied jusqu\u2019au Canada ?s\u2019est fait violer en chemin ?a-t-il vu des têtes arrachées ?sa sœur assassinée ?Les écoles n\u2019ont aucune idée de tout ça.» De leur côté, les futurs adultes accordent généralement une grande importance à la scolarisation.Comme ç\u2019a été le cas pour l\u2019experte d\u2019origine libanaise qui vivait à Beyrouth au moment de la guerre du Liban (1975 et 1990).Pour elle, les études sont devenues un vecteur de survie pendant que les bombes tombaient sur son pays.« Ce n\u2019est pas pour rien que je suis devenue professeure à l\u2019université », précise-t-elle.Extrait du film Je pleure dans ma tête.Groupe de parole.Souvent, la guerre va suspendre la capacité des enfants à se projeter.Parce que l\u2019école ferme, la vie s\u2019arrête, tout s\u2019arrête.Alors, retourner à l\u2019école, c\u2019est revenir à la normalité, pouvoir se forger un nouveau chemin et avoir un peu de contrôle sur sa vie.Garine Papazian-Zohrabian Sonner l\u2019alerte En 2015, le Québec connaissait une arrivée massive de populations réfugiées syriennes.C\u2019est aussi à ce moment-là que la spécialiste, également professeure à l\u2019Université de Montréal, a tiré la sonnette d\u2019alarme : « On parle d\u2019accueillir et d\u2019 intégrer des réfugiés, mais si on fait comme d\u2019habitude, dans un an, vous allez diagnostiquer la majorité d\u2019entre eux, a-t-elle clamé.Si on ne change pas d\u2019approche, ils vont être marginalisés, étiquetés.On parle d\u2019 intégration, mais au fond, c\u2019est le contraire que l\u2019on fait ».Diagnostiquer induit souvent une prescription, rappelle la professeure.Mais la médicamentation des jeunes est une béquille doublée d\u2019une déresponsabilisation : « Avec l\u2019approche psychiatrique, on met tout sur les épaules de l\u2019enfant.C\u2019est lui le problème.Alors tout le monde se déres- ponsabilise.Les écoles se déresponsabilisent, les médecins se déresponsabilisent, même les familles et le jeune lui-même.Ça devient un alibi pour ne rien faire.En faisant ça, on affecte le développement identitaire de l\u2019enfant ».C\u2019est là qu\u2019interviennent les formations et les groupes de paroles qu\u2019offre Garine Papazian-Zohrabian, comme outils d\u2019intervention aux professeurs des écoles, la première ligne.Ces groupes ont pour fonction d\u2019« ouvrir la marmite de manière contrôlée », explique l\u2019experte.Le documentaire le montre bien d\u2019ailleurs.La vapeur s\u2019échappe : les enfants posent des mots sur leurs émotions, expriment leurs expériences et leurs souvenirs blessants parfois oubliés, dans un environnement sécuritaire et respectueux ; un élément primordial explique la formatrice.Car « si vous ne vous sentez pas en sécurité, vous ne parlerez pas de choses importantes ». 39 38 itineraire.ca 15 octobre 2022 Derrière la caméra À 45 ans, l\u2019ex-journaliste Hélène Magny a décidé de dire ses opinions.« Le journalisme rapporte des faits avec le plus d\u2019honnêteté possible.Le documentaire apporte un regard subjectif.» Celle qui dit avoir une immense difficulté à mettre de côté son ancien bagage professionnel pour donner son point de vue d\u2019auteure a cependant réussi, avec Je pleure dans ma tête, à tisser tout un pan de la complexité d\u2019être professeur dans un système parfois rigide qui ne sait pas toujours prendre en compte la singularité des individus.« Ç\u2019a touché quelque chose de profond, au-delà du thème des réfugiés », constate-t-elle.Sans aucun doute pour elle, les groupes de parole de Garine Papazian- Zohrabian répondent à un besoin du milieu scolaire.Ils doivent se poursuivre et, pourquoi pas, s\u2019institutionnaliser.« Aujourd\u2019hui beaucoup d\u2019établissements mènent des groupes de paroles, constate d\u2019ailleurs l\u2019experte.Et il y a des agents multiplicateurs.Certaines écoles les ont même intégrés dans le cursus et d\u2019autres exigent que leurs psychologues suivent la formation en ligne.» Au-delà des réfugiés Disponible depuis plusieurs mois sur la plateforme éducative Campus, de l\u2019Office national du film (ONF) à laquelle les écoles sont abonnées, Je pleure dans ma tête est victime de son succès.« Ce sont des centaines et des centaines d\u2019enseignants qui veulent le visionner », rapporte la documentariste qui a également présenté le film au festival DOC-Cévennes, en France.« Les gens ont capoté.Il y avait beaucoup de professeurs dans la salle qui n\u2019en revenaient pas de voir à quel point ça les rejoignait.Donc même en France, un pays qui reçoit beaucoup de réfugiés, le besoin est immense.» L\u2019école devrait servir à parler de ses malaises affirme Hélène Magny.« À aborder des thèmes qui préoccupent et sur lesquels les enfants peuvent s\u2019exprimer.» Tant réfugiés que ceux qui vivent des difficultés à la maison d\u2019ailleurs.Car « la santé mentale est fragile et fluctue en fonction des contextes.Et on a tous le droit de ne pas être bien, de ne pas se sentir top shape.» La vie est belle En entrevue, Mme Papazian-Zohrabian n\u2019a eu d\u2019autres choix que de vulgariser un cours accéléré sur le fonctionnement des traumas pour faire comprendre ce que cachent les troubles du comportement des petits réfugiés.Une compréhension qui lui tient par ailleurs tellement à cœur qu\u2019une formation intitulée Réfugiés et demandeurs d\u2019asile : réalités et pistes, a été rendue accessible en ligne, gratuitement, sur la plateforme Édulib pour tous les acteurs en lien avec cette population.Si la violence laisse des marques, ces dernières dépendent en grande partie de l\u2019interprétation que l\u2019on a des événements traumatiques vécus et des facteurs de protection, amorce la professeure.Du jargon complexe, a priori, mais illustré avec simplicité : « Prenons le film La vie est belle.La manière dont le père joue avec les perceptions de son fils en transformant les faits de guerre et de génocide en un jeu montre à quel point l\u2019 interprétation est importante ».C\u2019est ainsi qu\u2019un petit Nord-Américain qui verrait une tuerie en direct à la télé sans accompagnement pourrait alors en être plus traumatisé qu\u2019un enfant d\u2019un pays en guerre.Extrait du film La vie est belle.Extrait du film Je pleure dans ma tête.Protégé des bombes Angoisse de mort, de perte, colère\u2026 L\u2019exposition à la violence crée de fortes émotions qui peuvent empêcher une personne de fonctionner.Pour pouvoir avancer, même dans les pires conditions, les émotions se cachent alors derrière des boucliers.« Le plus courant, c\u2019est le refoulement, explique la spécialiste, un mécanisme de défense qui permet par exemple à une petite fille de descendre tous les jours dans les mines d\u2019or pour aider sa famille à survivre.» Cette petite fille, elle est la tête d\u2019affiche de Je pleure dans ma tête et était, au moment du tournage, scolarisée dans le nord- ouest de l\u2019île de Montréal.Une fois à l\u2019abri des bombes et autres atrocités, les boucliers peuvent enfin se lever.« Quand ils arrivent dans une société de droit, les enfants baissent leurs défenses.Mais c\u2019est là que tout commence.Ils vont être plus fragiles, et les souffrances vont remonter.À ce moment, n\u2019 importe quelle petite violence va réactiver les traumas du passé.» Et ces violences ne sont pas dues qu\u2019aux chicanes de cours d\u2019école.La réponse des intervenants scolaires aux comportements désorganisés des enfants est également fautive.« Quand on dit à un élève : \u201c arrête !, contrôle-toi ! \u201d Alors que lui-même ne comprend pas ce qui lui arrive, il est stigmatisé.Les écoles ne se rendent pas compte que les méthodes utilisées pour gérer les comportements sont parfois violentes.» En ce sens, « toutes ne sont pas prêtes et formées à accueillir de jeunes réfugiés.Même s\u2019 il y a une nette amélioration », constate l\u2019experte.Place des Martyrs à Beyrouth, en 1982.Photo : James Case, USA « Petite, mes parents ont fait en sorte que je ne vois jamais de cadavres.Ils m\u2019ont protégée.Mais il y a une limite à ces facteurs de protection.En 1982, l\u2019armée israélienne a occupé le Liban-Sud et la partie ouest de Beyrouth, là où j\u2019habitais.Les États-Unis avaient vendu des bombes intelligentes à Israël et ces bombes, larguées par les avions, entraient dans les immeubles et créaient un vacuum.L\u2019immeuble s\u2019écroulait tel quel, avec les habitants dedans.Nous aussi on vivait dans un appartement.Et je me demandais lequel allait s'effondrer.Est-ce que notre tour arriverait ?Les parents ne peuvent pas protéger leurs enfants de ça.» - Garine Papazian-Zohrabian itineraire.ca 15 octobre 2022 Groupe de parole de professeurs en formation avec Garine Papazian-Zohrabian. Merci à la coopérative des Librairies indépendantes du Québec pour sa participation à la réalisation de cette chronique.40 itineraire.ca 15 octobre 2022 par Roger Perreault Camelot métro Bonaventure et Provigo Beaubien / 9e Avenue Mélasse de fantaisie Francis Ouellette La Mèche, 2022, 224 pages La jeune fille à la tresse Françoise de Luca Éditions Marchand de feuilles, 2022, 320 pages Inspirée d\u2019une histoire vraie, La jeune fille à la tresse met en scène une amitié entre deux jeunes filles issues de familles complètement différentes.En pleine Seconde Guerre mondiale, les émotions s\u2019apprivoisent et se heurtent.Une ode à l\u2019amitié qui peut tout traverser et un véritable hommage à la lutte des femmes pendant l\u2019Occupation.À cheval entre le journal intime et le roman d\u2019espionnage, pataugeant ici et là dans l\u2019humoristique, ce livre brouille les pistes et nous invite à chercher nos propres repères.Voici une œuvre d\u2019un humour mordant et d\u2019un verbe pétillant qui vous accroche un sourire dans le visage.À Reculons Philippe Chagnon Éditions Hamac, 2022, 152 pages Mon testament Antonine Maillet Éditions Leméac, 2022, 106 pages Au fil de 60 ans d\u2019écriture, Antonine Maillet a engendré une foule de personnages.Elle souhaite aujourd\u2019hui, dans un savoureux dialogue avec ses créations, leur laisser la part d\u2019héritage qui leur revient.La Sagouine, Pélagie la charrette et mère Jeanne de Valois sont quelques-unes des célébrités que l\u2019on retrouve.Pourquoi parler de fantaisie dans le titre d\u2019un livre qui n\u2019en traite certainement pas ?C\u2019est un double jeu de mots.Quand on achète la mélasse Grand-Mère, il est marqué sur l\u2019étiquette : Mélasse de fantaisie.On achète en fait une pâte gluante, un peu noère et verte.Ça, fantaisie ?Pas du tout.Ce que je voulais, c\u2019était inclure dans mon histoire personnelle des moments de fantaisie, plus de magie et de poésie.Comme ceux passés avec Frigo.Mais Frigo n\u2019est pas vraiment essentiel au livre\u2026 En fait, c\u2019est un hommage à Frigo qui a réellement existé.Il était un enfant du Faubourg à m\u2019lasse, qui a survécu à sa destruction, et qui a continué à vivre dans le Centre-Sud.Il était un petit peu l\u2019esprit des lieux.Tout le monde aimait Frigo, tout le monde en prenait soin.Il était aussi comme un protecteur, et moi, j\u2019ai passé une partie de mon enfance avec lui.Vous consacrez un chapitre important de votre livre aux sévices pédérastiques vécues par Francis.Étant moi-même une personne qui a subi des violences sexuelles dans l\u2019enfance et l\u2019adolescence, j\u2019ai voulu mettre ça dans ce roman pour un peu exorciser ce mal, retourner dans ce temps-là pour mieux me le réapproprier.C\u2019est la même chose avec Éric, avec qui j\u2019ai vécu de très près les derniers moments de sa vie; lui qui a décidé, sereinement, en toute lucidité, d\u2019y mettre un terme, même après avoir réglé tout ce qui devait l\u2019être avant de partir.Mélasse de fantaisie Après une vie de petits boulots allant de « loadeur de trucks » à père Noël de centre d\u2019achats, Francis Ouellette fait paraître à 45 ans, aux éditions La Mèche, Mélasse de fantaisie.Élevé, ou pourrions-nous dire, « \u2019barouetté » sur la rue Poupart, l\u2019auteur dira du quartier Centre-Sud, autrefois nommé le Faubourg à m\u2019lasse : « Tabarnac de quartier de criss figé dans le temps, impossible à vraiment gentrifier, à aimer, à détester, à quitter.Combien de fois encore la vie va-t-elle me ramener dans c\u2019te câlisse de dompe ».Dans ce roman, en grande partie autobiographique, Ouellette nous parle du Faubourg des années 1970.Violence, prostitution, drogue, itinérance avec Frigo (le robi- neux du coin que tout le monde connaît et qui connaît tout le monde), de TiCrisse, de mendicité.« C\u2019est là que grandit Francis, nouveau-né échappé des bras inexpérimentés de sa mère, qui déboulera les marches de son bloc appartements et pour qui, au moment de se fracasser la tête, le temps s\u2019arrête.» Le temps d\u2019entrevoir toute sa vie et de nous la raconter.Ce premier roman est une épopée.C\u2019est le regard lucide d\u2019un adulte sur sa vie d\u2019enfant, sur les siens, sur son monde qui ne l\u2019a pas facile.Il faut le dire, c\u2019est un livre très dur.Pas le choix, c\u2019était ça la vie à l\u2019époque.L\u2019auteur à la grande âme nous parlera d\u2019amours coupables, d\u2019amours refoulés, d\u2019amitiés ratées, sinon de vies ratées.Mais il traite également de beaux souvenirs, de belles rencontres, de rêveries, de tentatives pour s\u2019en sortir.Il parle directement, sans fausse pudeur ni modération, d\u2019abus et de violence sexuels, de suicides planifiés, affrontés, de manques de soutien, de ressources, d\u2019humanité.Un livre essentiel à qui veut savoir ce que peut aussi être la vie si\u2026 Une vie du côté des rejetés, des laissés-pour-compte, mais remplie d\u2019émotions qu\u2019on prend si peu de temps à écouter.3 questions à Francis Ouellette itineraire.ca 15 octobre 2022 43 Humoriste Je fixe avec intensité le petit téléviseur dans ma chambre.Le poste est syntonisé sur MusiquePlus, qui joue un clip de rap populaire du moment (Gold Digger de Kanye West ft Jamie Foxx, pour les curieux.C\u2019était une époque où on ne savait pas encore que Kanye était une personne à éviter).J\u2019essaie de me distraire avec les couleurs criardes et les rythmes entraînants, mais la seule chose que je ressens au fond de moi-même, c\u2019est mon estomac qui se tord en une boule bien compacte.Demain, je recommence l\u2019école, et j\u2019entre dans cette grosse polyvalente qui accueille des milliers d\u2019élèves.Et depuis quelques semaines, j\u2019ai commencé à faire l\u2019expérience de ce qu\u2019on m\u2019explique être des crises d\u2019angoisse.L\u2019idée d\u2019entrer dans cette nouvelle école me donnait envie de crier (en fait, j\u2019ai récemment lu quelqu\u2019un dont le nom m\u2019échappe qui disait que l\u2019anxiété, c\u2019est la sensation de devoir vomir et de ne pas avoir de bouche, et c\u2019est la description la plus pertinente de cette sensation que j\u2019aie lue).J\u2019ai espéré que ce n\u2019était qu\u2019un mal passager, qui passerait comme le rhume ou la gastro, mais voilà : c\u2019est la veille de la rentrée et le mal n\u2019a fait qu\u2019empirer.Je réussis à m\u2019endormir, tenaillé par l\u2019anxiété qui me ronge, mais quand je me réveille le lendemain, c\u2019est comme si je n\u2019avais pas fermé l\u2019œil de la nuit.J\u2019essaie de reprendre mes esprits, mais ça m\u2019est impossible ; j\u2019ai l\u2019impression d\u2019être pris dans une montagne russe qui monte lentement vers son premier sommet, et à 8 h 15, quand mes cours commenceront, le train dévalera, hors de contrôle.Je me jette dans les bras de ma mère, en larmes, tout vernis de bravoure adolescente s\u2019étant effondré.Le regard de ma mère est confus ; j\u2019ai toujours extrêmement bien performé à l\u2019école, eu un bon cercle d\u2019amis, je ne vis pas d\u2019intimidation\u2026 qu\u2019est-ce qui se passe ?C\u2019est ça qui me terrifie.Je ne sais pas ce qui se passe.Je sais juste que mes entrailles sont hors de contrôle depuis des semaines, et que ça ne semble qu\u2019empirer.Et surtout, j\u2019ai l\u2019impression de n\u2019avoir aucune emprise sur la tempête qui se déchaîne en moi.Aussi, j\u2019ai toujours la diarrhée.Pier-Luc Ouellet P a r N a m r o n C a m e l o t P J C b o u l .M o n k / P h a r m a p r i x O u t r e m o n t n o r m a r t m u s i c @ y a h o o .c a J\u2019aimerais vous dire que je suis allé à l\u2019école ce matin-là, et que finalement tout s\u2019est bien passé, et que je n\u2019ai plus jamais vécu d\u2019anxiété.Mais la vérité est plus complexe.J\u2019ai réussi à aller à mes cours ce matin-là, mais ça a été très difficile.Pendant que les professeurs, enthousiastes, nous présentaient le programme pour le reste de l\u2019année, je m\u2019efforçais de réprimer les larmes qui montaient en moi.Bon, maintenant j\u2019ai envie de pleurer.Une autre affaire a ajouter sur la liste d\u2019affaires que je ne comprends pas.Mais il y a aussi eu de petites victoires.Quelques jours après la rentrée, je me suis surpris à marcher dans les corridors et à me sentir bien.Pas débordant de joie comme un ado dans un film américain, mais bien.Normal.J\u2019ai pris une photo mentale de ce moment.Encore aujourd\u2019hui, je peux me rappeler les vêtements que je portais, les gens qui m\u2019entouraient, mes doigts qui effleuraient la murale du troisième étage.Et cette photographie mentale, je l\u2019ai gardée précieusement.Si j\u2019avais réussi à être bien dans cet instant, je pourrais encore être bien dans le futur.Cette année de troisième secondaire a été une année difficile dans ma vie.J\u2019ai dû apprendre à composer avec une maladie qui allait me suivre toute ma vie.Je dois encore apprendre à composer avec mon anxiété plus de 15 ans plus tard.Ça fait partie de qui je suis.Mais c\u2019est aussi une année qui a forgé qui je suis.Si ma vie était un coming of age story, c\u2019est l\u2019année qu\u2019on choisirait pour illustrer le passage de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte.Quand je regarde en arrière, j\u2019ai de la peine pour cet adolescent boutonneux et terrifié, mais je suis aussi très fier de lui.Il se présentait à l\u2019école, et il travaillait fort, même s\u2019il avait envie de vomir et qu\u2019il n\u2019avait pas de bouche.Et si, en cette rentrée scolaire, vos enfants se lancent un matin dans vos bras, en larmes, ne soyez pas confus ; contentez-vous de leur rendre leur étreinte et de les rassurer ; ça va bien aller.Vomir sans bouche Solutions dans le prochain numéro Évaluée Limite Manie Proche- orientale Ay Nobles Caractère d\u2019une monture indocile Respectueux Lichen Vergetures Sélénium Doloristes Poisson Surplus Qu\u2019il gêne Balles intouchables Nuisible Véhicules Saleté Ancienne charte espagnole Madame Nazi Colère Nouveau Transpira Maison Plat Pronom R L V P X E C E S S E U M S A O S E N O E M T S I R E S U A C A E S S A R N U I E S C E N F A T S E R N M M E E L C A O N R E V I B C I E S E R T I I V T E 5 9 4 6 8 5 9 2 7 3 1 4 6 7 1 3 6 9 4 8 2 5 6 2 4 5 1 8 9 7 3 9 3 6 8 4 5 7 1 2 5 7 8 9 2 1 6 3 4 1 4 2 3 6 7 5 9 8 3 9 1 4 8 6 2 5 7 4 6 7 1 5 2 3 8 9 2 8 5 7 3 9 4 6 1 - 1er octobre 2022 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette image ?Bonne chance ! Grille numéro : 62915 1 4 2 9 8 6 3 2 8 6 5 9 7 8 1 4 9 5 9 6 2 7 3 1 4 2 1 3 5 3 6 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente Blesse Maladies Tournas Ton Tendance Dont le crâne est troué Honnêtes Coutume Emploi d\u2019une arme sur un bateau Reptiles Syphilitiques Parcourait Ministre britannique Rien Pénurie Fleuve italien Éructe Halerai Enjeu Rabâcher Apprêtât Cube Possèdent Alu Sondée Calamistrées horizontalement 1.Vagabondes vivant d'expédients.2.Dissimulassent.3.Parti défunt.- Mesure itinéraire.- Al.4.Gaia.- Tissus légers.- À moi.5.Rôdèrent.- Semblable.6.Vallée fluviale.- Donné comme certain.7.Sortis.- Choisir.8.Enlèves.- Coi.- Note.9.Arrivés.- Duperas.10.Nazi.- Chapeau.- Élime.verticalement 1.Remplirions de nourriture.2.Spécialistes de la fabrication de l'acier.3.Réseau de nouvelles.- Coupes.4.Perçu.- Règle.- Traditions.5.Manières d'aller.- Béryllium.6.Pratique.- Océan.7.Oui.- Ligue nationale.- Affluent de la Seine.8.En matière de \u2026 - Exposent.9.Épuisas.- Rapidement.10.Assaisonnement.- Une troisième fois.- Cours d'eau.11.Énonceras.12.Stère.- Bière.- Est-sud-est.FREEPIK \\ TOUTOUS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Aréna Camillien-Houde Disco patin Un samedi par mois, l\u2019aréna se transforme en piste de danse! 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