L'itinéraire, 1 janvier 2022, vendredi 1 juillet 2022
[" Nomadisme numérique est-ce pour tout le monde ?Aînés Vivre vieux, mieux et où on veut Volume XXIX, n?13 Montréal, 1er juillet 2022 Rythme nomade PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Montréal Agglomération de Longueuil Laval B ZONE C ZONE C ZONE C ZONE C ZONE B ZONE A ZONE À Montréal, vous êtes en zone A Avec la refonte tarifaire métropolitaine, les nouveaux titres Tous modes vous donnent accès au métro, aux trains, aux bus et bientôt au REM partout dans la zone .A Nouvelle tarification En vigueur dès le 1er juillet.« Je rêve sans doute en couleurs mais je me dis qu\u2019on pourrait faire une petite cérémonie et donner mon nom à une rue.» L e départ de Guy Lafleur et les hommages qu\u2019on lui a rendus ont inspiré à Maxime une longue réflexion.Il sait bien qu\u2019il n\u2019aura jamais le droit à sa statue ni à des funérailles nationales, mais il mesure l\u2019ampleur de son propre succès comme vendeur, fruit de son talent et de sa persévérance.Maxime n\u2019aimait pas l\u2019école (il a à peine complété sa 4e année) et son côté rebelle lui a attiré bien des ennuis.Après avoir exercé quelques « petites jobs », il a réalisé qu\u2019il ne pourrait jamais travailler pour un patron.« Jeune adulte, j\u2019étais déprimé, découragé et je voulais en finir.Combien de fois on m\u2019a emmené à l\u2019hôpital en ambulance, en pleine crise ! » Sans autre diplôme que celui de « l\u2019école de la vie », timide et affligé d\u2019une tache de naissance au visage qui lui a valu son lot de propos blessants, Maxime a saisi la bouée que lui a tendue L\u2019Itinéraire, il y a 25 ans.Il s\u2019est alors produit un changement.Maxime a décidé de se faire confiance et de travailler.« Je n\u2019ai pas eu le choix de parler aux gens pour vendre le magazine et j\u2019ai perdu ma gêne.Ma tache de naissance, j\u2019ai déjà essayé de la faire partir, mais maintenant, elle ne me dérange plus.Je ne me vois plus comme avant et je pense que les gens ne me voient plus comme avant non plus.Au début, j\u2019ai fait de gros efforts, mais maintenant, je suis motivé et mon travail est moins difficile.Je suis devenu un communicateur, un vendeur et j\u2019écris des articles.» Maxime est apprécié par les gens vivant dans la rue.Ils le reconnaissent et à l\u2019occasion, il leur offre café et nourriture.La souffrance des itinérants le touche parce qu\u2019il l\u2019a côtoyée de près et il se désole que la situation empire d\u2019année en année.Pour lui, pas question de mendier : « Un quêteux peut faire plus d\u2019argent que moi en une journée, mais le lendemain, il n\u2019aura plus une cenne.J\u2019ai déjà essayé de quêter, mais je me sentais mal.Je ne suis pas capable de demander de l\u2019argent, surtout aux personnes âgées.» Maxime en est témoin : avec le temps, le regard des gens a changé envers les camelots.« Nos clients voient qu\u2019on fait des efforts, qu\u2019on travaille avec le sourire.Ce que je leur donne par mon travail, ils me le redonnent en énergie.» À 62 ans, Maxime exprime un souhait : « Peut-être qu\u2019un jour, quand je ne serai plus là, les gens vont dire : \u201cMaxime, on l\u2019aimait bien.Comme Guy Lafleur a fait ses preuves, Maxime aussi a fait ses preuves.\u2019\u2019 » Et sourire en coin, il ajoute : Camelot n° 17 \u2022 Âge 62 ans Point de vente Théâtres du Nouveau Monde et du Rideau Vert et angle Fleury / Chambord Maxime Valcourt Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction SIMON BOLDUC L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.publicité RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - Journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photo de La Une ARIANE MOISAN DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire ISABELLE LACHARITÉ, MAUDE M.-ROMPRÉ et SUZIE DIONNE Intervenantes psychosociales DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du Service alimentaire MAUD THIMON Cuisinière et adjointe à la formation PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE et ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets ELIZABETH MURPHY Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Intervenante à la formation et à l\u2019accompagnement CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERREAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire DIANE CURADEAU - Représentante des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 1er juillet 2022 Volume XXIX, no 13 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Mots de lecteurs Toute une gang derrière les camelots J\u2019amorce mon édito en vous disant merci ! Merci d\u2019être là, d\u2019être des supporteurs, des amis.Ce magazine, on le fait pour nos camelots, bien sûr, mais on le fait avant tout pour vous.Produire deux numéros par mois avec une petite équipe de cinq employé.e.s à la rédaction et de sept bénévoles réguliers, c\u2019est un défi renouvelé toutes les deux semaines.Souvent une course contre la montre, mais des plus stimulantes ! Et cette équipe, elle s\u2019insère dans le giron du Groupe L\u2019Itinéraire, formé d\u2019intervenantes psychosociales, de cuisiniers, de gestionnaires, de ceux et celles qui s\u2019occupent de comptabilité, d\u2019administration, du Programme de la Maison ronde, de la distribution, du Café, de l\u2019entretien ménager, des RH, de l\u2019organisation communautaire, des réseaux sociaux et de la philanthropie.Toute une belle gang derrière les camelots ! Beaucoup d\u2019entre vous ne connaissez L\u2019Itinéraire que par le biais des camelots.Et vous leur apportez un soutien direct en vous procurant le magazine auprès d\u2019eux.Ce petit 3 $ aide à améliorer leurs conditions de vie, certes.Mais la vente dans la rue c\u2019est la partie visible de l\u2019iceberg, la plus grande partie de notre travail l\u2019est moins.C\u2019est pour ça que lorsque vous faites des dons à l\u2019organisme, vous nous aidez à aider les camelots, pour remettre leur vie sur les rails.Car il ne s\u2019agit pas juste de leur donner un magazine à vendre pour leur permettre de quitter la rue ou pour éviter qu\u2019il s\u2019y retrouvent, il faut travailler sur ce qui les a menés là.Et ça passe par la production et l\u2019impression de L\u2019Itinéraire, l\u2019aide alimentaire, l\u2019aide au logement, de la formation, et beaucoup plus encore.La réalité pas toujours facile des camelots Il faut mentionner que le travail de camelot n\u2019est pas toujours facile.Si par temps clément c\u2019est agréable de se poster à un coin de rue et de prendre le temps de jaser avec leurs clients, les camelots font néanmoins face à plusieurs défis.J\u2019énumère, mais pas nécessairement dans l\u2019ordre : le mépris ou l\u2019indifférence de certains passants, la canicule, la pluie, le froid extrême, des conditions qui sont non seulement dures physiquement, mais réduisent de beaucoup l\u2019achalandage des acheteurs potentiels.Ajoutons à cela les personnes qui quêtent à côté d\u2019eux et qui peuvent par moment être agressives.Sans oublier aussi les quelques personnes qui se font passer pour des fondateurs de L\u2019Itinéraire et sollicitent frauduleusement de l\u2019argent au nom de notre organisme, nuisant ainsi à notre réputation et au travail de nos camelots.Sachez que nos camelots doivent porter un dossard de L\u2019Itinéraire et une carte d\u2019identification et qu\u2019il leur est interdit de demander de l\u2019argent pour autre chose que pour vendre les publications de L\u2019Itinéraire.Je vous parle de personnes qui quêtent, ce qui est tout le contraire de ce que font nos camelots.Ils travaillent et sont fiers de non seulement vendre L\u2019Itinéraire, mais de contribuer à fournir du contenu dans ses pages.Il faut dire qu\u2019une grande partie des camelots se sont déjà retrouvés dans la situation de quémander des sous aux passants avant qu\u2019ils ne se joignent au Groupe, soit par le biais du bouche à oreille ou par des membres de l\u2019équipe d\u2019intervention de l\u2019organisme.Alors dès qu\u2019ils franchissent nos portes, c\u2019est plus qu\u2019une job de camelot qui les attend, c\u2019est un monde de possibilités qui s\u2019offre à eux.Merci donc de les soutenir ! 24 T I A G O M U R A R O | U N S P L A S H F O U R N I E P A R M A R I L O U L A C H A N C E S I M O N B O L D U C A R I A N E M O I S A N | G O V A N 3 14 Mots de camelots 3 Zoom sur Maxime Valcourt 9 Jean-François Dagenais 9 France Lapointe 9 Cécile Crevier 31 Gabriel Lavoie 31 Gilles Bélanger 31 Diane Curadeau 14 Karine Bénézet Autrefois considérés comme des hippies quasi-itinérants, les nomades d\u2019aujourd\u2019hui, qu\u2019ils le soient à temps plein ou à temps partiel, appartiennent à une communauté qui s\u2019organise, interpelle, et fait de plus en plus d\u2019envieux.Mais au-delà des images glamours sur fond de cocotiers et de vans parfois luxueusement aménagés, le nomadisme n\u2019est pas toujours rose.Petite incursion dans le (pas si facile) merveilleux monde de la vanlife.8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Un bracelet électronique pour éviter le pire Simon Bolduc 12 BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 13 Stage La Presse - Environnement Gabriel Lavoie 22 Stage La Presse - Éditorial Mathieu Thériault 24 Société Vivre vieux et mieux ! Yseult Picard 32 Dans la tête des camelots Comment souhaiteriez-vous vivre vos derniers milles ?34 Vieillir là où on veut ! Simon Bolduc 40 Espace sciences Gabriel Lavoie 43 C\u2019t\u2019encore drôle Marie-Éve Saucier 44 Détente 1er juillet 2022 Volume XXIX, no 13 19 camelots ont participé à cette édition Traduction Yseult Picard L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.Z E B R A .ITALIE Vendre le journal aide les réfugiés à s\u2019en sortir Le journal de rue italien, zebra.parle du périple des réfugiés et de la bureaucratie à laquelle il font face, et de la façon dont les journaux de rue peuvent les aider à s\u2019en sortir.Le journal de rue zebra.est situé dans le Tyrol du Sud, une région du nord de l\u2019Italie proche de la frontière avec l\u2019Autriche, la Suisse et le Liechtenstein.Le projet occupe une place unique, non seulement parce qu\u2019il est publié en deux langues \u2014 l\u2019allemand et l\u2019italien \u2014 mais aussi parce que sa cohorte de camelots est composée de personnes originaires de 10 pays différents et de quatre continents, dont beaucoup ont atterri dans la région après avoir fui une situation de pauvreté, de guerre ou de persécution.À l\u2019approche de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l\u2019équipe de travailleurs sociaux de zebra.a expliqué comment l\u2019organisation s\u2019est retrouvée au cœur de la crise des réfugiés et comment l\u2019aide apportée par le journal de rue peut changer la vie des personnes qui s\u2019y retrouvent.« En ce moment, nous avons des camelots dans notre projet qui viennent de quatre continents, mais la plupart d\u2019entre eux \u2014 80 %, pour être exact \u2014 viennent du Nigeria.Ils sont presque tous demandeurs d\u2019asile, mais il est très difficile d\u2019obtenir une protection internationale ou tout autre permis sans un emploi stable, ce qui est très difficile à obtenir.En outre, le délai d\u2019obtention d\u2019un permis est incroyablement long.» (INSP) R E U T E R S PAKISTAN Les mères sont les premières victimes du changement climatique Les femmes du Sud du Pakistan \u2014 où les températures peuvent dépasser les 50 degrés Celsius \u2014 et des millions d\u2019autres dans le monde en ce moment \u2014 subissent de plein fouet les changements climatiques.Les femmes enceintes exposées à la chaleur pendant de longues périodes courent un risque plus élevé de souffrir de complications.Pour chaque degré Celsius d\u2019augmentation de la température, le nombre de mort-nés et d\u2019accouchements prématurés augmente d\u2019environ cinq pour cent.Les femmes sont particulièrement vulnérables à la hausse des températures dans les pays pauvres, victimes du changement climatique, car beaucoup n\u2019ont guère d\u2019autre choix que de travailler pendant leur grossesse.Cet impact est cruellement sous-estimé.Sonari, dont la grossesse est très avancée, travaille sous le soleil brûlant dans des champs parsemés de melons jaune vif à Jacobabad, qui est devenue le mois dernier la ville la plus chaude de la planète.Sa voisine Waderi, âgée de 17 ans, qui a accouché il y a quelques semaines, est de retour au travail sous des températures qui peuvent dépasser 50 degrés Celsius, avec son nouveau-né couché sur une couverture à l\u2019ombre à proximité pour qu\u2019elle puisse le nourrir quand il pleure.« Quand la chaleur arrive et que nous sommes enceintes, nous sommes stressées », a déclaré Sonari, âgée d\u2019une vingtaine d\u2019années.(Reuters / INSP) Manque de main-d\u2019œuvre Les emplois, il y en a à profusion ! Mais on manque de main-d\u2019œuvre.Les restaurants ont de la misère à trouver des cuisiniers et des serveurs.Dans la construction il manque aussi des menuisiers, des maçons\u2026 Dans les épiceries c\u2019est la même chose.Dans les hôpitaux, les médecins, les infirmières, les spécialistes, les préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD ne sont pas assez nombreux.Ces postes sont difficiles à combler.Ils vont être obligés d\u2019offrir des formations pour ces postes pour avoir du personnel adéquat.Et c\u2019est urgent.Il faut que le gouvernement agisse pour réussir à former du bon personnel.Le monde vieillit et part à la retraite pour se relaxer, pour arrêter le dur labeur.Une autre cause : on fait moins d\u2019enfants.Il y a plus de petites familles.Le coût de la vie est plus cher.Ça prend deux salaires pour faire vivre une famille.Les prix grimpent : les logements, le gaz, l\u2019hydro, la nourriture.Le salaire est crucial et n\u2019augmente pas assez.Plusieurs disent qu\u2019ils n\u2019ont plus les moyens de m\u2019encourager, que les temps sont durs.La pauvreté est là.Aidons-nous les uns les autres.Ça sera bénéfique pour tout le monde.Passion électronique L\u2019électronique fait partie de nos vies, que ce soit à la maison, au travail ou dans l\u2019auto, nous en avons tous besoin.Avec les lecteurs de prises de courant qui nous donnent 120 volts en courant alternatif, nous pouvons brancher tous nos appareils électroniques à la maison.Pour ce qui est de l\u2019auto, on a une batterie de 12 volts qui fournit toute l\u2019alimentation dont on a besoin.Quand j\u2019étais petit, je m\u2019amusais à démonter des petites calculatrices.J\u2019ai toujours aimé l\u2019électronique.J\u2019ai suivi une formation qui m\u2019a permis d\u2019en connaître les principes de base.À la maison je m\u2019amuse à collectionner des composantes électroniques comme des condensateurs, des transistors, des résistances, etc.J\u2019ai aussi un bloc d\u2019alimentation, un multimètre et un fer à souder électronique.J\u2019ai appris à connaître le code binaire pour les circuits intégrés.Avec le temps, j\u2019ai aussi appris à créer mes propres montages.C\u2019est très amusant.J\u2019aime beaucoup aussi les composantes lumineuses telles que les DEL, les chiffres à segments et les écrans LCD.Il y a quelques mois, j\u2019ai acheté un livre sur la programmation Arduino.À l\u2019aide du logiciel et de la carte Arduino je pourrai me fabriquer un syntonisa- teur FM.C\u2019est mon prochain projet.Bref, j\u2019espère vous avoir donné le goût de partager ma passion.Bon 100 watts d\u2019électronique ! JEAN-FRANÇOIS DAGENAIS CAMELOT MARCHÉ METRO ANDRÉ-GRASSET Vieillir en beauté et en santé Ma mère et moi on vieillit en beauté et en santé.Elle ne fait pas son âge.Elle a 80 ans et est en pleine forme.Elle n\u2019a quasiment pas de cheveux blancs, elle s\u2019est fait faire une permanente récemment.Elle se met du vernis sur les ongles.Elle s\u2019habille bien.Elle a toujours pris soin d\u2019elle.Elle ne s\u2019est pas maganée, n\u2019a pas couru la galipote ! Elle a bon moral.Elle ne prend pas beaucoup de médicaments.Elle n\u2019a pas de maladie, ça l\u2019aide à rester en forme.Le matin, elle prend son jus, son café, une toast aux bananes ou du gruau.Elle entretient bien sa maison.Quand j\u2019y vais, c\u2019est tout le temps propre, c\u2019est beau.Elle fait mon déjeuner.Tous les lundis je déjeune avec elle.Elle habite avec mon frère.Mon père est encore à l\u2019hôpital, comme je vous l\u2019ai écrit le mois dernier.Moi, je suis comme ma mère, je fais attention à moi.En vieillissant, je suis plus tranquille qu\u2019avant.Il n\u2019est plus question que j\u2019aille dans les bars.J\u2019aimerais seulement aller prendre une bière sur une terrasse.L\u2019été s\u2019en vient.J\u2019aime aussi aller au Dairy Queen.Je fais plus attention, je me méfie plus.Je ne parle plus avec tout le monde, je me protège.Moi non plus je ne cours pas de gauche à droite.Je vais m\u2019acheter une bicyclette pour rester en forme.Je vais renouveler ma garde-robe.Ma mère et moi on est encore épanouies.On oublie nos problèmes, on remonte la côte et on ne vit pas dans le passé.CÉCILE CREVIER MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE/MORGAN FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / PAPINEAU 9 itineraire.ca 1er juillet 2022 Violence faite aux femmes Un bracelet électronique barré à la cheville de l\u2019agresseur et émettant un signal aux autorités lorsque ce dernier s\u2019approche trop de la victime, voilà comment fonctionnent les 500 bracelets antirapprochements (BAR) qui seront déployés au compte-gouttes, région par région, d\u2019ici 2023.Le dispositif vise les personnes coupables de violence conjugale et celles en attente d\u2019un verdict.Ils seront imposés en fonction du degré de dangerosité de l\u2019agresseur, évalué par les tribunaux.La victime devra consentir à la mesure proposée par la cour.« Chaque fois qu\u2019on installera un bracelet antirapproche- ment sur un conjoint violent, c\u2019est la vie d\u2019une femme qu\u2019on va potentiellement sauver », a déclaré dans un communiqué la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.D\u2019un coût d\u2019implantation estimé à 41 millions $ sur cinq ans, cette approche novatrice porte à plus de 509 millions $ les investissements du gouvernement caquiste dans le cadre de son Plan d\u2019action spécifique 2020-2025 pour prévenir les situations de violence conjugale à haut risque de dangerosité et d\u2019accroître la sécurité des victimes.L\u2019an dernier, la province a enregistré 26 féminicides, soit une femme tuée chaque deux semaines.Ce nombre pourrait être revu à la hausse par l\u2019Observatoire canadien sur les féminicides, qui peut prendre des mois, voire des années, avant d\u2019évaluer les cas.Simon Bolduc Ne pas s\u2019arrêter là Le ministère de la Sécurité publique estime pour l\u2019instant que 500 bracelets suffiront à la demande.Ils seront déployés par région entre le printemps 2022 et l\u2019automne 2023.Il faudra attendre le printemps prochain pour la région métropolitaine.Selon la coordonnatrice des dossiers politiques à l\u2019Alliance MH2 (Alliance des maisons d\u2019hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale), Gaelle Fedida, cette mesure « va dans le bon sens », mais « il ne faut pas s\u2019arrêter en chemin ».Plusieurs questions restent sans réponse pour l\u2019instant, dont la logique du déploiement par région ciblée, le faible nombre de BAR en lien avec les besoins constatés sur le terrain et l\u2019accessibilité dans les régions éloignées hors-réseaux.« Au lieu de commencer là où c\u2019est le plus compliqué, où les chiffres sont plus grands, comme à Montréal et sur la Côte-Nord, et de prendre plus de temps pour évaluer et tirer les bonnes conséquences, le gouvernement décide de fonctionner à l\u2019envers.Il commence par les régions avec un taux d\u2019incidence moindre.Notre avis serait de faire le contraire », dit Mme Fedida.Les régions de Joliette, de la Capitale-Nationale, de Salaberry-de- Valleyfield et de Chaudière-Appalaches seront les premières à recevoir les bracelets électroniques.Les chercheurs de l\u2019Université de Montréal Jean-Pierre Guay et Francis Fortin, mandatés par le ministère de la Sécurité publique pour réaliser une étude de faisabilité, ont conclu qu\u2019un homme sur quatre incriminé pour violence conjugale pourrait remplir les critères du port du bracelet électronique.Selon l\u2019Alliance MH2, « ce sont plus de 4 000 agresseurs susceptibles de porter le dispositif » si on se fie aux chiffres rapportés par les services policiers, qui comptent annuellement 18 000 infractions en contexte de violence conjugale.« Peut-être qu\u2019ils ne prennent pas la juste mesure du phénomène », s\u2019inquiète Gaelle Fedida.Dans cette même étude de faisabilité, l\u2019équipe de chercheurs reconnaît que le gouvernement devra trouver une technologie pour les régions isolées, notamment pour les personnes autochtones résidant dans les réserves et éloignées des centres urbains.Cette situation est « particulièrement préoccupante », selon l\u2019étude qui presse le gouvernement « à préciser les zones dans lesquelles la technologie est la plus susceptible d\u2019être fiable et [les zones] qui nécessiteront la mise en place de mesures alternatives de protection des victimes.» « Pour chaque féminicide en contexte conjugal, il y aurait trois tentatives de meurtre et 3 000 femmes victimes de violences physiques », rapporte l\u2019Alliance MH2.Selon sa coordonnatrice des dossiers politiques, Gaelle Fedida, cette mesure « va dans le bon sens » mais « il ne faut pas s\u2019arrêter en chemin ».Elle rappelle que c\u2019est une mesure alternative à l\u2019emprisonnement et non une prison hors-murs.« Les conjoints dangereux sont en prison et doivent le rester.» Les bracelets antirapprochements arrivent au Québec et s\u2019inscrivent dans une série de mesures pour freiner la violence conjugale.Une première canadienne pour cette technologie à géolocali- sation déjà utilisée dans sept autres pays, dont la France et le Royaume-Uni.Et les enfants ?Si l\u2019arrivée des bracelets antirapprochements haussera le sentiment de sécurité des femmes et évitera le pire, rien dans cette mesure n\u2019est prévu pour assurer la protection des enfants, alors que le quart des signalements retenus à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) l\u2019est en contexte de violence conjugale.Selon la professeure à l\u2019Unité d\u2019enseignement en travail social et coresponsable du Pôle violence du Réseau québécois en études féministes (ReQEF), Catherine Flynn, les enfants sont parfois utilisés comme des stratégies de contrôle de la ou du conjoint violent : « La violence post-séparation est très complexe, elle recouvre un vaste éventail de tactiques.Les conjoints sont très créatifs pour trouver des moyens pour complexifier la vie des femmes, et les enfants font partie de ces moyens qui viennent les fragiliser encore plus.» Du côté de l\u2019Alliance MH2, on signale que ce sont seulement le tiers des enfants hébergés dans leurs maisons qui ont un dossier ouvert à la DPJ.« Ce n\u2019est pas normal, déplore Gaelle Fedida.La DPJ est très hermétique à la notion de violence conjugale et à la compréhension des enjeux qui affectent les enfants.Les impacts de la violence conjugale et d\u2019un conjoint aux comportements inadéquats affectent les enfants.On n\u2019a malheureusement rien prévu pour les protéger avec les bracelets.» Soulignons qu\u2019au Québec, les derniers chiffres font état de 117 904 signalements à la DPJ l\u2019année dernière.De ce nombre, la Direction de la protection de la jeunesse en a retenu 44 728.Un bracelet électronique pour éviter le pire « La violence post-séparation est très complexe, elle recouvre un vaste éventail de tactiques.Les conjoints sont très créatifs pour trouver des moyens pour complexifier la vie des femmes, et les enfants font partie de ces moyens qui viennent les fragiliser encore plus » - Catherine Flynn, professeure à l\u2019Unité d\u2019enseignement en travail social et coresponsable du Pôle violence du Réseau québécois en études féministes (ReQEF) FOURNIE PAR LE M I N I S T È R E D E L A S É C U R I T É P U B L I Q U E 11 itineraire.ca 1er juillet 2022 Il ne reste que 2 000 ou 2 500 spécimens de tortues des bois au Québec, ce qui en fait une espèce en déclin.Or, un organisme a annoncé cette semaine la protection de deux habitats naturels qui les abritent en Mauricie.Fondé en 1962, Conservation de la nature Canada (CNC) est le plus important organisme de conservation des terres du pays.La tortue des bois, espèce essentielle dans son milieu naturel, fait partie de l\u2019équilibre écologique.Les tortues des bois sont menacées par la dégradation et la destruction de leurs habitats naturels par l\u2019activité humaine, d\u2019une part, et d\u2019autre part par leurs prédateurs naturels, de même que par la capture pour le commerce ou les collections.En entrevue, voici ce qu\u2019en dit la biologiste Gabrielle Cauchon Déry de Conservation de la nature Canada.Pourquoi protéger seulement les milieux de la Mauricie ?Il existe d\u2019autres initiatives dans d\u2019autres régions, mais en Mauricie, la population de tortues des bois est de quelques centaines d\u2019individus.La plupart des milieux en contiennent moins que ça.Mais Conservation de la nature Canada et moi-même travaillons dans d\u2019autres régions.Comment allez-vous surveiller l\u2019activité humaine sur le site ?Ce qui est préoccupant en ce moment, c\u2019est la mortalité routière ; les tortues circulent d\u2019un côté à l\u2019autre de la route.Elles ne sont pas très rapides et souvent, elles peuvent se faire frapper.Ce qu\u2019on travaille avec nos partenaires, c\u2019est de faire de la sensibilisation, mettre des panneaux sur la route, mettre en place des aménagements comme des tuyaux en dessous de la route par exemple.Il reste beaucoup de travail.Comment allez-vous contrôler la population d\u2019animaux prédateurs de la tortue des bois ?En ce moment, le parc national de la Mauricie fait déjà un suivi du site principal où il y a la ponte des tortues (NDLR En périphérie du parc national de la Mauricie).Ils vont vérifier qu\u2019il n\u2019y a pas de présence de prédateurs comme les ratons, les mouffettes, les renards\u2026 Pour les conséquences écologiques qui sont extérieures au territoire québécois, qui sont hors de votre contrôle, qu\u2019allez-vous faire ?Notre mission est la préservation de la biodiversité à perpétuité.Le fait d\u2019avoir des milieux protégés un peu partout au Québec, et même s\u2019il y a des changements climatiques, les espèces vont pouvoir bouger d\u2019un site à l\u2019autre.On parle ici de corridor écologique.Aussi, on s\u2019assure que les espèces vont être en mesure de s\u2019adapter en protégeant les milieux naturels.Pourquoi est-ce important pour vous de protéger ces tortues ?D\u2019abord parce que c\u2019est une espèce qui est en déclin, qui a de la difficulté due à son habitat qui a réduit en superficie, mais aussi parce que c\u2019est une espèce fascinante.Elle a des petits comportements particuliers : elle a l\u2019air un peu d\u2019un dinosaure si on la regarde, mais ça reste un reptile et je pense que c\u2019est intéressant d\u2019apprendre à la connaître.Quand elle cherche une place pour pondre ses œufs, elle peut prendre plusieurs jours en creusant avec ses pattes arrières pour trouver l\u2019emplacement parfait.Si l\u2019endroit ne l\u2019est pas, elle recommence.Environnement S TAGIAIR E 2022 Tortue des bois : protéger à perpétuité Camelot Marché Metro, chemin Chambly, Longueuil par Gabriel Lavoie Dossier de recherche demandé à Gabriel Lavoie par La Presse dans le cadre de son stage en mai 2022.13 itineraire.ca 1er juillet 2022 On aurait pu imaginer qu\u2019après avoir roulé jusqu\u2019en Californie au volant de son van aménagé tout l\u2019hiver 2015, Julien Roussin-Côté, (photo ci-contre) alors jeune fondateur de la plateforme Go-van, aurait été heureux de retrouver le confort de son condo du quartier Rosemont, à Montréal.Mais non\u2026 « Mon condo, je le louais.Et moi, je dormais dans mon van, raconte celui qui y a vécu six ans à temps plein.J\u2019y avais mes affaires, et c\u2019est là que je me sentais bien.» Autrefois considérés comme des hippies quasi- itinérants, les nomades d\u2019aujourd\u2019hui, qu\u2019ils le soient à temps plein ou à temps partiel, appartiennent à une communauté qui s\u2019organise, interpelle, et fait de plus en plus d\u2019envieux.Mais au-delà des images glamours sur fond de cocotiers et de vans parfois luxueusement aménagés, le nomadisme n\u2019est pas toujours rose.Petite incursion dans le (pas si facile) merveilleux monde de la vanlife.P a r t i e 1 GO VAN 14 itineraire.ca 1er juillet 2022 Journaliste responsable de la formation Par Karine Bénézet 1855 Le début du 20e siècle On attribue la conception du premier véhicule récréatif « moderne » en 1855 à William Stables, un riche écrivain et chirurgien écossais.Exaspérés de dépendre des horaires de train et tannés de devoir dormir dans des hôtels, des touristes commencent à utiliser leur voiture pour voyager, poussant leur périple de plus en plus loin et dormant dans leur véhicule la nuit venue.Devant le phénomène grandissant, des constructeurs automobiles proposent alors des véhicules plus spacieux.Cloué à un fauteuil roulant après avoir contracté la polio, l\u2019aristocrate Francis Scrivens Dunn dessine les plans d\u2019une maison sur roues pour continuer à voyager auprès de sa femme.Le résultat est l\u2019œuvre d\u2019un visionnaire.Toujours fonctionnel, le campeur a été vendu aux enchères pour la somme de 53 000 $ CA, en 2016.Après la Deuxième Guerre mondiale, alors que l\u2019industrie métallurgique roule à plein régime, la population cherche à nouveau à se divertir.C\u2019est dans ce contexte que la compagnie allemande Westfalia conçoit le premier ensemble de conversion pour une Volkswagen.1936 1951 Le premier campeur motorisé La première Westfalia Des « tripeux de van » comme Julien Roussin- Côté, il en existe toute une communauté.On les appelle les vanlifers.Qu\u2019ils soient nomades estivaux ou nomades numériques à travailler et vivre dans leur fourgon, tous sillonnent les routes en quête de liberté, d\u2019autonomie et de simplicité.Un mode de voyage ou de vie choisi, qui impose cependant des défis quotidiens, dissimulés sous les photos d\u2019« influenceurs en gougounes, dans un hamac à Bali, laptop sur les genoux », comme le caricature Claudine Bonneau, professeure à l\u2019école des sciences de la gestion de l\u2019UQAM et passionnée de nouvelles formes de travail en lien avec l\u2019évolution des technologies numériques.« J\u2019ai décidé d\u2019être nomade numérique avant même que la pandémie ne commence.J\u2019avais deux mois de vacances en tant que professeure, et je partais souvent en sac à dos.Mais même si j\u2019adore enseigner, je voulais plus de flexibilité ce que le réseau québécois n\u2019offre pas.Puis je trouvais que ça manquait d\u2019humanité aussi.Parce que : Bravo ! on a des iPads, mais on n\u2019a pas d\u2019orthophonistes pour accompagner nos élèves.Tout ça m\u2019a poussée à aller à l\u2019opposé et à trouver une forme de liberté.Alors, il y a environ quatre ans, j\u2019ai acheté un van avec un ami pour partir trois mois en voyage.On l\u2019a entièrement aménagé et rendu autonome.À cette époque, la vanlife n\u2019était pas vraiment à la mode.Notre voyage a finalement duré six mois et mon copain m\u2019a rejoint vers la fin.On a fait l\u2019Ouest canadien et la côte ouest des États-Unis jusqu\u2019au Nouveau-Mexique.Notre envie de changement vient vraiment de ce voyage.En revenant, on a décidé de tout mettre en branle pour pouvoir repartir, mais de manière permanente.On s\u2019est acheté un petit bus scolaire qui est presque terminé d\u2019amenager et moi, je suis retournée à l\u2019école pour faire un certificat, apprendre le SEO (optimisation pour les moteurs de recherche) et me réorienter comme rédactrice marketing.On a vendu toutes nos affaires et nous avons quitté notre logement.Marilou Lachance était professeure de théâtre au secondaire.Aujourd\u2019hui, elle est rédactrice de contenu marketing à son compte.Aventurière contrainte au mode de vie « métro-boulot- dodo » par la cloche des écoles, elle était à un mois de troquer sa sédentarité pour la vanlife à temps plein au moment d\u2019écrire ces lignes.Un projet qu\u2019elle prépare depuis déjà plusieurs années, avec son conjoint.Marilou Lachance Transformer sa passion en gagne-pain « Pour moi, la vanlife a été l\u2019occasion de changer de vie professionnelle.Mais ce que j\u2019adore, c\u2019est le sentiment de liberté et d\u2019autonomie que ça te procure, en te laissant porter par le voyage.Ça nous a poussés aussi à revenir à l\u2019essentiel, à être plus conscients de notre impact environnemental et à nous reconnecter avec le plaisir de la simplicité.Mais c\u2019est aussi un couteau à double tranchant.Parce que la vanlife vient avec son lot d\u2019incertitudes.Il faut être débrouillard, flexible, adaptable, ingénieux, accepter de laisser un certain confort\u2026 Ce n\u2019est pas nécessairement pour tous.» - Marie-Claude Vaillant, 29 ans, cofondatrice de Van Trotter Source: adaptation du Petit guide de la vanlife sans filtre, par le journaliste Dominic Arpin.CHRONOLOGIE DE LA VANLIFE Marie-Claude Vaillant et son conjoint V A N T R O T T E R G O V A N 1970-1980 2012 En 1962, Westfalia pousse son concept de conversion plus loin en concevant un campeur meublé et tout équipé.Le van devient l\u2019icône d\u2019une génération et le parfait symbole de la contre-culture américaine.De nombreux hippies l\u2019adoptent pour l\u2019intégrer à leur mode de vie.Une image cristallisée par le festival de Woodstock en 1969.Devant l\u2019intérêt croissant des consommateurs pour les vans aménagés, de nombreuses compagnies se lancent dans la conversion.La COVID-19 a donné un boost considérable aux ventes de véhicules récréatifs (VR).Les États-Unis ont enregistré une hausse de 70 % et au Québec, les concessionnaires de VR et compagnies spécialisées dans la conversion de vans sont incapables de suffire à la demande.1969 2020 Woodstock La pandémie Création du #vanlife C\u2019est aussi ce que constate la professeure Claudine Bonneau à travers ses recherches sur le nomadisme numérique.En entrevue, elle explique clairement qu\u2019avant de postuler sur une offre de travail, il est important de bien lire entre les lignes qui prétendent offrir de travailler de n\u2019importe où.« Work from anywhere, c\u2019est presque devenu un label.Même Google l\u2019annonçait sur LinkedIn accompagné de l\u2019 image d\u2019une personne en train de travailler dans un kayak, alors qu\u2019on sait très bien que dans sa politique, Google exige deux ou trois jours de présence sur les lieux.» Comment peut-on pratiquer la vanlife si l\u2019on doit travailler deux jours par semaine au bureau ?« La question est dans l\u2019air du temps », souligne Marilou Lachance.Il n\u2019y a pas tant de professions qui offrent la réelle possibilité de travailler entièrement à distance.Influenceur, youtuber professionnel, activités de marketing, de drop shopping, programmation informatique, traduction et rédaction web, activités en ligne qui ne nécessitent aucun inventaire\u2026 Autre chose ?Dans tous les cas, « il faut que l\u2019activité puisse générer des revenus passifs si l\u2019on veut travailler moins et pouvoir voyager », précise Mme Bonneau.Ça fait aujourd\u2019hui un an que je suis à mon compte et ça se passe bien.Il faut dire que la demande ne manque pas.Mais avant de me lancer, j\u2019étais ouverte à me trouver une job à distance.J\u2019en ai fait des entrevues ! Et à chacune d\u2019elle, on me disait : \u201coui, oui, on est flexible\u201d, mais quand j\u2019expliquais mon projet, on me répondait des \u201cah oui, mais il faut quand même que tu viennes au bureau deux jours semaine, ou pour les réunions\u201d.Alors ils sont flexibles\u2026 mais pas vraiment finalement.» « Il faut distinguer le location independent worker (travailleur indépendant du lieu) et le nomade numérique, qui lui s\u2019inscrit dans un style de vie, une volonté de sortir du cadre et une quête de liberté.» - Claudine Bonneau Aux origines du digital nomad L\u2019expression Digital Nomad, ou nomade numérique, est née en 1997 avec un livre du même nom écrit par le scientifique japonais Tsugio Makimoto et le journaliste britannique David Manners.En toile de fond, la prédiction suivante : avec le progrès des technologies des communications, nos lieux d\u2019habitation et de travail deviendront géographiquement indépendants.Cette déclaration devra cependant attendre 20 ans avant de devenir réalité, avec la publication du best-seller The 4-Hour Workweek : Escape 9\u20135, Live Anywhere, and Join the New Rich par Timothy Ferris.Traduit par La semaine de quatre heures, ce livre a largement contribué à la popularisation du mode de vie nomade en reprenant le concept de géo-arbitrage qui explique en bref qu\u2019on tire plus de profit d\u2019un salaire de 1 000 $ US en vivant en Thaïlande plutôt qu\u2019à New York.L\u2019engouement sur les réseaux sociaux s\u2019est alors emballé.De là sont nées des histoires à succès, notamment celles d'entrepreneurs qui ont lancé leurs activités en ligne pour soutenir leur mode de vie nomade. A R I A N E M O I S A N O | G O V A N Pour l\u2019experte, l\u2019idée d\u2019une organisation du travail qui permet de travailler de n\u2019importe où et les politiques de certains pays à vouloir attirer les nomades numériques peuvent engendrer les mêmes dérives que le tourisme de masse et la gentrification.C\u2019est ce que connaissent certaines localités en Thaïlande.« La Thaïlande porte depuis longtemps le titre de mecque du nomadisme digital.C \u2019est un pays intéressant à visiter et la connexion est plutôt bonne.Il y a eu un afflux de nomades numériques là-bas.Des infrastructures et espaces de coworking se sont développés.Seulement, les nomades numériques ne s\u2019 intègrent pas nécessairement à la culture locale, ce qui crée des problèmes dans les communautés », dit-elle.Autre exemple, au Portugal, où les résultats d\u2019une publicité pour attirer les nomades numériques a créé un appauvrissement local.« Une petite ville s\u2019est retrouvée avec une importante augmentation des prix des loyers.Parce que quand on choisit des lieux pour leur faible coût de vie, les prix augmentent », relate-t-elle.On connaît bien les espaces de coworking.Beaucoup moins ceux de coliving où l\u2019on peut travailler et habiter.« On est souvent solitaire en tant que nomade numérique.Les espaces de coliving permettent alors de socialiser, mais aussi de pallier les difficultés dont on ne parle jamais, notamment celles liées à une bonne connexion internet », explique la professeure de l\u2019UQAM.À Montréal, c\u2019est rue de Champlain que l\u2019on trouve le seul coliving de la métropole, qui affichait par ailleurs complet au moment de la consultation du site web.Sur la page d\u2019accueil on peut y lire : « Nouvelle tendance planétaire, hybride entre la colocation, le coworking et l\u2019hôtellerie, le coliving permet aux travailleurs nomades de se retrouver dans un cadre convivial, professionnel et stimulant pour quelques mois », moyennant finance.Une question se pose tout de même.Si le nomadisme numérique prône la semaine de quatre heures, est-il vraiment possible de travailler moins, tout en payant un espace de coliving de 750 $ à 2 000 $ par mois ?Autre preuve de la popularité du digital nomad, les visas de travail pour nomades numériques.Dans le top cinq des 33 pays qui offrent en 2022 ce type de permis de travail : La Norvège, l\u2019Allemagne, Antigua Barbuda ex aequo avec le Costa Rica, l\u2019Équateur et les îles Caïmans.« Ces pays font la promotion de ces visas parce qu\u2019un nomade numérique, ça dépense souvent plus qu\u2019un simple touriste.Et c\u2019est intéressant pour l\u2019économie locale », indique Claudine Bonneau.Une mission plus dure qu\u2019elle n\u2019y paraît, même s\u2019il existe une rhétorique romantique d\u2019une poignée de nomades numériques, qui ne fait miroiter que du merveilleux : « n\u2019importe qui peut le faire, c\u2019est facile », résume la professeure.Pourquoi vendre du rêve alors, quand la réalité est tout autre ?« Parce qu\u2019 une grosse proportion des nomades numériques génère des revenus à partir de leur statut de nomade.On parle d\u2019 influenceurs qui ont une très forte présence sur les médias sociaux.Ils vont vendre leurs services de coaching, des guides en ligne, etc.» Ils ne peuvent donc pas parler de tout le travail qui se cache derrière le nomadisme numérique.Marilou Lachance a repris ses études pour atteindre son but, Julien Roussin-Côté, lui, a fait d\u2019autres concessions lorsqu\u2019il s\u2019est lancé dans son nouveau mode de vie, dont le modèle de revenu consiste à éditer du contenu pour la communauté vanlife, les organismes touristiques et partenaires de Go-Van.« Devenir nomade numérique ça comporte des challenges.Quand j\u2019ai commencé, j\u2019avais 35 ans et ça m\u2019a demandé de retourner vivre dans le sous-sol de chez ma mère quelque temps.C\u2019est correct.Mais il faut vraiment croire en son projet.» Pour d\u2019autres, le bas de laine était déjà bien rempli avant d\u2019opter pour le nomadisme numérique, ou au contraire, il a eu besoin de se gonfler à coup de petites économies sur plusieurs années, d\u2019hypothèque, voire de ré-hypothèque, pour réaliser son rêve.Des cas de figure que Mme Bonneau rappelle avec bienveillance à tous les « digital nomads wannabe qui pensent qu\u2019 il est facile de se lancer du jour au lendemain ».À suivre 2e partie dans l'édition du 1er août.V A N T R O T T E R G O V A N 21 itineraire.ca 20 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 Parmi les plus frappantes conclusions de son tout récent rapport, l\u2019Observatoire des profilages (ODP) de l\u2019Université de Montréal estime « que la gestion d\u2019une crise sanitaire devrait reposer sur des mesures sanitaires justifiées, reconnues justes et équitables, et non sur des mesures coercitives et punitives qui renforcent les inégalités sociales et les discriminations ».Après un premier rapport publié en mars traitant des données policières et d\u2019une approche punitive qu\u2019il jugeait inutilement alarmante face à la COVID-19, l\u2019ODP s\u2019est penché cette fois-ci sur les conséquences judiciaires des 31 845 constats d\u2019infraction imposés entre mars 2020 et juin 2021 au Québec.Ce qui inclut le premier couvre-feu de cinq mois, qui est responsable à lui seul de près de 25 000 d\u2019entre eux, alors que ce chiffre n\u2019était que de 15 000 en Ontario, province pourtant presque deux fois plus populeuse.Pour ne prendre qu\u2019un exemple particulièrement criant, à eux seuls, les 18 à 24 ans en avaient accumulé 8 500, alors qu\u2019ils ne forment que 10,8 % de la population québécoise.Avec près de la moitié des 15 000 Québécois interpellés contestant leur arrestation, il n\u2019est pas difficile de s\u2019imaginer les coûts astronomiques, la congestion et l\u2019engorgement que cela aura sur notre système judiciaire et notre psyché collective, qui en ont autant besoin que d\u2019une claque en pleine face.Contrairement à d\u2019autres provinces, les autorités sanitaires québécoises ne récoltent pas de données « ethno-raciales » sur les personnes qui ont reçu des contraventions en lien avec le non-respect des mesures sanitaires.Probablement pour éviter des accusations liées à du racisme réel ou supposé.Ces données permettraient pourtant de savoir si certaines communautés sont plus touchées que d\u2019autres par le virus (raisons culturelles, réfractaires aux vaccins, mal informées, etc.) et si du profilage racial a eu lieu ou non.La chercheuse principale, Céline Bellot, reconnaît elle- même que c\u2019est une limite importante de son rapport.On se souvient tous de cette saga (tragicomique) dans laquelle les groupes œuvrant auprès des sans-abri, en plus de contester le couvre-feu en lui-même, demandaient au moins à ce que ceux-ci en soient exemptés.En effet, nul besoin d\u2019un postdoctorat pour savoir qu\u2019il n\u2019existe pas de réponse à la question « il est passé 20 h, rentrez chez vous » quand justement vous n\u2019en avez point, de chez-vous.S\u2019enfonçant dans sa bêtise, le premier ministre allait même jusqu\u2019à prétendre que des citoyens « normaux » pourraient être tentés de se « déguiser » en sans-abri pour contourner la loi.Quand on pense cinq secondes à tout le « glamour » qu\u2019il y a à se faire passer pour un sans-abri en plein hiver pour aller en ville alors même que les dépanneurs fermaient à 19 h 30, il est difficile de ne pas rager devant pareil étalage de préjugés.D\u2019autant qu\u2019on se rappelle que Raphaël André, un Innu, a été retrouvé mort gelé dans une toilette chimique par crainte de répression policière.Une sépulture somptueuse, oserais-je dire, quand on sait que bien des gens trouvent ces cabines bleues tout simplement trop répugnantes pour simplement s\u2019y soulager.Pour mémoire, il n\u2019est sans doute pas superflu de rappeler que ce ne sont pas les protestations des groupes œuvrant avec les sans-abri ou même les critiques des médias qui ont fait changer de cap la CAQ.Malgré l\u2019absence de toute preuve scientifique allant dans le sens de l\u2019imposition d\u2019un couvre-feu et les réticences mêmes de certaines directions de santé publique de la province, cela sans parler de la condamnation unanime de tous les acteurs de première ligne, il aura fallu un jugement de la Cour supérieure pour qu\u2019on exempte les sans-abri de l\u2019obligation de « rentrer chez eux » après 20 h.Tous ces chiffres et constats \u2013 il y en a tant d\u2019autres \u2013 font conclure à l\u2019ODP par une critique émise dès le départ par tout le milieu communautaire : la CAQ créait « une réelle confusion entre un état d\u2019urgence sanitaire et un état d\u2019urgence sécuritaire [\u2026] et que les effets néfastes de cette approche ont tendance à davantage affecter les communautés marginalisées ».Nous sommes certainement tous d\u2019accord ici, il n\u2019y a presque personne qui soit sorti grandi de cette pandémie.Mais pour ceux d\u2019entre nous qui se noyaient déjà, était-il nécessaire d\u2019en rajouter quelques louches ?Éditorial S TAGIAIR E 2022 Un récent rapport nous permet de confirmer que si on collait l\u2019une sur l\u2019autre une carte de la pauvreté au Québec et une autre sur les régions et quartiers qui ont le plus souffert d\u2019une certaine répression sanitaire, on croirait presque voir une photocopie.Le profilage sanitaire systémique au cœur de la pandémie Camelot Bernard / De l\u2019Épée par Mathieu Thériault En janvier, à Montréal, la police retient un manifestant alors qu\u2019elle applique un couvre-feu imposé par le gouvernement du Québec pour aider à ralentir la propagation du coronavirus.Photo : Christinne Muschi | Reuters Texte publié dans La Presse du 26 mai 2022.23 itineraire.ca 22 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 Le grand virage vers le maintien à domicile de longue durée qui s\u2019amorce enfin doit s\u2019accompagner du soutien nécessaire aux organismes communautaires : ce sont eux qui sont sur le terrain et qui sont outillés pour fournir les ressources.Car les aînés qui souhaitent rester à domicile ne sont pas tous aussi actifs et autonomes que Louise et André que nous avons interviewés et qui nous rappellent que, dans la vie de tous les jours, ce sont souvent des aînés qui aident d\u2019autres aînés.RAWPIXEL | FREEPIK 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 Journaliste, responsable des dossiers société Par Yseult Picard P H O T O T I R É E D E L A P A G E F A C E B O O K D E L A R É S I D E N C E S A I N T - P I E R R E Fragile, moi ?C\u2019est ainsi qu\u2019en 2020, Louise Rosenberg, la citoyenne engagée est née.Bien sûr, son parcours ne la destinait à rien de moins : elle était travailleuse sociale en unité psychiatrique et chargée de cours.Elle se met donc à chercher en ligne ce qui se fait déjà au Québec, et elle tombe sur la page du mouvement citoyen Habitats, qui pose la question : comment voulons-nous habiter notre vieillesse ?S\u2019ensuivent des rencontres virtuelles avec des gens de toutes origines professionnelles, et de tous les âges, qui se questionnent sur les réalités du vieillissement.Depuis deux ans, Louise multiplie les projets pour s\u2019impliquer de manière active dans son arrondissement.Création et animation du Café des aînés de Lachine, participation aux consultations publiques de la Ville de Montréal, éclaireur (personne formée par le CISSS pour prévenir les problèmes de santé mentale dans la population) dans sa communauté, et mise sur pied d\u2019un atelier d\u2019initiation à l\u2019improvisation au Centre multi-ressources de Lachine.« Il y a un énorme besoin de parler de nos désirs et de partager nos questionnements », dit-elle.Et son implication ne s\u2019arrête pas là : « Nous voulons créer un Conseil des aînés » à Lachine, mais ce qui la motive dans tout ça : « Nous avons besoin de reprendre notre pouvoir, de décider comment on veut vieillir.Je souhaite contribuer à réinventer la vieillesse, car le pire des âgismes, c\u2019est le mien ! dit-elle sans sarcasme.C\u2019est la petite voix à l\u2019 intérieur de moi que j\u2019ai dû mettre de côté.Celle qui me dit que je suis trop vieille pour ça ! » « Je souhaite contribuer à réinventer la vieillesse, car le pire des âgismes, c\u2019est le mien ! dit-elle sans sarcasme.C\u2019est la petite voix à l\u2019intérieur de moi que j\u2019ai dû mettre de côté.Celle qui me dit que je suis trop vieille pour ça ! » - Louise Rosenberg André Tremblay, 81 ans, ancien bûcheron de métier, dit avoir rajeuni depuis qu\u2019il est bénévole au Carrefour Montrose dans le quartier Rosemont.« Ça fait neuf ans que ma femme est décédée, et ça fait neuf ans que je viens au Carrefour pour faire des appels d\u2019amitié.Parfois, les personnes que j\u2019appelle sont de mauvaise humeur, mais à la fin de la conversation, elles vont mieux ! », dit-il tout enthousiaste.« Être aidant naturel, on l\u2019a dans l\u2019âme, ça ! Je le sais parce que je l\u2019ai appris.La vie était dure dans le temps.» Non seulement il fait des appels d\u2019amitié, mais son bénévolat l\u2019occupe du matin au soir presque sept jours par semaine.« Je ne reste jamais à la maison, ici je fais juste dormir et manger, c\u2019est tout.» Présidence de conseil d\u2019administration, activités sociales variées, aide au transport, sentinelle, menus travaux, culture de légumes sur son balcon, sorties au parc, bicyclette, et même hockey ! Il y a déjà 20 ans que son cardiologue l\u2019a opéré pour débloquer des artères : « Les gens me disent que je rajeunis en vieillissant ».Ces aînés bénévoles, tout comme les travailleurs des organismes communautaires ou le personnel des équipes de soins à domicile, interviennent de très près auprès des personnes vivant le plus souvent seules et dans la précarité.Et que dire de leur importance pour la survie de plusieurs durant la pandémie ?Louise Rosenberg, une citoyenne de Lachine raconte : « Lorsque la pandémie est arrivée et que l\u2019on m\u2019a dit qu\u2019 il fallait que je reste à la maison parce que j\u2019avais 70 ans et que ma santé était fragile, c\u2019est là que je me suis dit : ce n\u2019est pas vrai, je ne me sens ni vieille ni fragile ! Il faut que je fasse quelque chose pour changer la perception que les gens ont de nous ! » André Tremblay, 81 ans, bénévole depuis presque 10 ans au Carrefour Montrose.Photo : Carrefour communautaire Montrose Louise Rosenberg croit au pouvoir d'agir ensemble.Photo : Edgar Fritz 27 itineraire.ca 26 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 J A N A S A B E T H | U N S P L A S H L\u2019alarme continue de sonner Selon une récente étude de l\u2019IRIS que cite Julien Simard, gérontologue social et chercheur spécialisé dans les questions de logement et de soins aux personnes vieillissantes, ce sont près de « 85 % des besoins des personnes aînées qui restent à domicile qui ne sont pas comblés ».Le personnel qui travaille auprès des aînés à domicile s\u2019entend sur la nécessité de s\u2019appuyer sur le réseau d\u2019intervenants et de travailleurs déjà en place (équipes de soins à domicile des CISSS, personnel des organismes communautaires tels que popotes roulantes, transport, accompagnement, etc.) qui font déjà du référencement et du repérage auprès d\u2019eux.« Ce sont ces organismes-là, qui sont connus des aînés et qui ont établi des liens de confiance avec eux de par leur proximité et leur professionnalisme, qui ont besoin de ressources », clame Maryse Bisson, directrice générale de la Coalition pour le maintien dans la communauté.Le COMACO regroupe 80 organismes sur le territoire de Montréal.Cela explique pourquoi les organismes communautaires sonnent l\u2019alarme.Ils la sonnaient déjà avant la pandémie et voilà que la situation est déjà très critique : isolement, inflation, évictions, montée en flèche de la détresse et des problèmes de santé des aînés.Les besoins de ceux qui restent à domicile, et en institution, sont criants.De la détresse sur plusieurs plans Des histoires particulièrement choquantes rapportées dans les médias font état de suicides \u2014 dont un aîné de Montréal mort dans sa voiture l\u2019été dernier après avoir été évincé de son appartement \u2014 , de rénovic- tions, de décès dans la plus complète solitude, ou encore dans le froid ou par déshydratation, de maltrai- tance et d\u2019appauvrissement généralisé.Des nouvelles qui confirment que les aînés ont besoin que la société s\u2019attarde à ce qu\u2019ils vivent.D\u2019ailleurs, cette hausse fulgurante des cas de détresse psychologique et de déclin mental s\u2019explique en grande partie par l\u2019isolement vécu durant les deux dernières années.« Faute de stimulation, explique Jacques Brosseau, les personnes perdent rapidement une grande partie de leurs capacités.Sans parler de la grande solitude vécue, car en ne voyant plus personne, les gens perdent le goût d\u2019aller vers les autres, ils se sentent inadaptés.» « Pendant le confinement, des organismes communautaires ont pris des messages sur leur répondeur de personnes aînées en pleurs qui demandaient qu\u2019on vienne leur porter à manger, sans laisser leur nom, leur numéro de téléphone ou leur adresse », rapporte Maryse Bisson.L\u2019organisme qu\u2019elle dirige est le principal interlocuteur du ministère de la Santé et des Services sociaux en matière de qualité de vie des personnes âgées vivant à domicile.Dans ses interventions, elle parle au nom du milieu de l\u2019action communautaire autonome.« Certaines personnes oublient de commander ou commandent deux fois (popote, épicerie, etc.).D\u2019autres oublient la journée de la livraison.Les bénévoles qui livrent la popote constatent parfois l\u2019accumulation de repas qui restent intouchés dans le congélateur, le frigo ou sur le comptoir de cuisine.En plus de la dénutrition, les risques d\u2019 intoxication alimentaire sont préoccupants.» Le prix des denrées, des loyers et des frais de services dans les résidences pour personnes âgées (RPA) augmentent, mais pas leurs revenus.Plusieurs doivent choisir entre s\u2019acheter de la nourriture ou leurs médicaments.Une situation déjà existante avant la pandémie et qui ne fait que s\u2019aggraver.Almanto Lee est travailleur de milieu au Carrefour Montrose depuis bientôt trois ans.Il se souvient particulièrement de la fois où il a retrouvé un homme sur le plancher de son appartement.« C\u2019est notre service de transport qui nous a avertis que le monsieur ne répondait pas au téléphone.Nous nous sommes rendus sur place et nous l\u2019avons trouvé par terre.L\u2019homme qui avait fait une chute n\u2019arrivait pas à se lever depuis plus de 12 heures.» À leur arrivée, ils ont évidemment contacté le 911 pour faire venir une ambulance.Actuellement, ce sont 124 organismes communautaires du Québec qui reçoivent une aide financière du programme ITMAV pour réaliser 147 projets.Le travail d\u2019Almanto, comme celui de tous les autres intervenants, est essentiel.En plus de voir à ce que les besoins élémentaires tels que manger, se laver, nettoyer son logis soient comblés, ceux-ci détectent les problèmes physiques ou mentaux qui peuvent survenir, et répondent également aux questions des aînés.es qui ne peuvent réaliser certaines tâches informatiques ou prendre des rendez-vous en ligne.Travailleurs de milieu Jacques Brosseau, directeur général du Carrefour Communautaire Montrose, a aussi contribué à titre de président du conseil d\u2019administration de l\u2019Association québécoise des centres communautaires pour aînés (AQCCA) à l\u2019instauration, il y a 10 ans, du programme québécois nommé « Initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité » (ITMAV).Ce programme, devenu pérenne après trois ans, offre une aide financière à des organismes communautaires pour la mise en place, ou le maintien, de travailleurs de milieu.Ceux-ci rejoignent et soutiennent les aînés vulnérables et fragiles qui sont à domicile.Ces intervenants sont formés pour référer et accompagner leur clientèle vers les ressources pertinentes à proximité, pour briser leur isolement, et ainsi favoriser leur maintien dans leur communauté.Le travailleur de milieu Almanto Lee en visite chez l'un des aînés du quartier.Photo : Carrefour communautaire Montrose 29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 #2 Avoir de saines habitudes Prendre soin de soi : nos habitudes d\u2019aujourd\u2019hui révèlent notre état de santé de demain, dit le dicton.Prendre le temps de se fixer des objectifs réalistes côté nutrition, sommeil réparateur, passe-temps, passions, activité physique, et prendre du bon temps avec sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, ou ses amis.#3 S\u2019entourer et s\u2019entraider Vivre des relations sociales significatives, c\u2019est la clé la plus importante pour vieillir heureux selon une étude réalisée par l\u2019Université Harvard, échelonnée sur plus de 80 années avec des participants issus de diverses classes sociales.Échanger des services, partager les coûts entre voisins, côtoyer des personnes de plusieurs générations sont autant de clés pour vivre longtemps et heureux.S\u2019entourer et s\u2019entraider sont certainement des clés pour humaniser la société d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.#4 S\u2019occuper de sa santé Quand la santé va, tout va.C\u2019est la priorité quand on avance en âge ! Et on ne le répétera jamais assez : mieux vaut prévenir que guérir.Pour ce faire, il est important de réaliser chaque année un bilan de santé, pour ne pas souffrir d\u2019un diagnostic tardif, et être victime d\u2019une attente pénible.Aussi, adapter son domicile en prévision de ses vieux jours est une bonne idée.Trouver le plus possible des soins de proximité dans sa communauté, et laisser l\u2019hôpital aux « vrais » malades.#5 Se sentir utile S\u2019impliquer dans des activités de bénévolat et dans les projets de sa communauté se fait souvent via le milieu communautaire.Rendezvous dans les organismes qui offrent des services, rencontrez les gens qui y travaillent et discutez avec eux afin de voir quelles activités afin de trouver des centres d\u2019intérêt capables de remplacer le travail.Puisque l\u2019activité professionnelle constitue l\u2019un des éléments majeurs de l\u2019identité personnelle et sociale, faire quelque chose de significatif pour soi une fois que l\u2019on a délaissé ce milieu est sans contredit l\u2019une des clés du bonheur.La crise du logement Au mois de mars dernier, j\u2019ai commencé à chercher un nouveau logement.Actuellement, j\u2019habite un deuxième étage au-dessus d\u2019un magasin.Je dois absolument trouver à me loger au rez-de-chaussée ou dans un bloc avec ascenseur parce que j\u2019ai mal aux genoux et j\u2019ai bien peur que ça ne s\u2019améliore pas avec le temps.Je dois me loger, me nourrir, payer mon téléphone, l\u2019électricité et mes autres dépenses avec mes prestations de l\u2019aide sociale et de la Régie des rentes du Québec.Je voudrais trouver un logement tout inclus qui me permettrait de faire l\u2019épicerie en étant moins stressée.Idéalement, j\u2019aimerais avoir un 4 1/2 pour pouvoir garder ma collection de chevaux : bibelots, couvertures, casses-tête et beaucoup de cadres.J\u2019aimerais aussi avoir l\u2019espace pour continuer à faire mes bricolages : décorations de Noël, de Saint-Valentin, de Pâques et des cartes de vœux pour mes collègues de L\u2019Itinéraire.J\u2019habite la rue Wellington à Verdun, et.j\u2019aimerais rester dans ce coin-là ou pas trop loin comme Ville LaSalle, Pointe-Saint- Charles, ou Ville-Émard.C\u2019est sûr qu\u2019habiter près d\u2019une station de métro serait un grand avantage aussi.Jusqu\u2019à maintenant, je n\u2019ai rien trouvé qui soit dans mes moyens.J\u2019ai l\u2019aide de Maude, intervenante à L\u2019Itinéraire, qui m\u2019assiste dans mes recherches, mais toutes les deux, on trouve que les loyers sont trop chers pour les personnes sur l\u2019aide sociale et c\u2019est décourageant.Je ne suis pas la seule dans ma situation.J\u2019en parle souvent avec mes collègues camelots et intervenants.Si les choses ne changent pas, j\u2019ai bien peur que plusieurs se retrouvent à la rue.DIANE CURADEAU CAMELOT AU MARCHÉ METRO RUE WELLINGTON ET MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE GABRIEL LAVOIE CAMELOT MARCHÉ METRO, CHEMIN CHAMBLY, LONGUEUIL Sur le privilège d\u2019être camelot Être camelot n\u2019est pas un travail facile.Il faut s\u2019informer de la météo, être souriant ; content, pas content.Parfois ça prend plusieurs heures de travail pour faire quelques dollars, quelquefois on revient bredouille.Il faut être poli, il faut être respectueux de notre point de vente, il faut acheter le nombre de journaux nécessaires pour la journée ou pour la semaine.Bref, il faut de la patience et du courage ! Tout ça n\u2019est rien pour avoir le plaisir des journées qui se déroulent bien, la gratitude d\u2019une journée généreuse et heureuse ! Il n\u2019est pas rare que la paye soit bonne et parfois même excellente.Je suis content de voir que certaines personnes ont conscience de ce que beaucoup de personnes oublient : l\u2019humanité, l\u2019empathie, la compréhension, la tolérance.Il y a de ces journées où tout est magique, où tout se passe comme un plan parfait, je jase avec les clients, ils me sourient et je me sens à ma place ! Avec L\u2019Itinéraire, le camelot ne manque de rien, il peut gagner sa vie honorablement, avoir une vie sociale, manger de bons repas le midi, avoir des services d\u2019accompagnement avec des intervenants qui ont le cœur sur la main, et même, tenez-vous bien, se réaliser en écrivant dans le magazine en faisant des entrevues journalistiques rémunérées ! Avec L\u2019Itinéraire, je peux changer ma vie et je peux reprendre le pouvoir sur elle.Le plus beau dans tout ça, c\u2019est le message.Le camelot de L\u2019Itinéraire est le messager du changement de la société.Sans le camelot, pas d\u2019Itinéraire, et vice-versa.Un beau cadeau d\u2019une cliente Avant de partir le matin, je prends mon petit-déjeuner, à 7 h.Je mange des toasts et une banane.Je ne bois plus de café.Ensuite, je pars prendre mon autobus pour aller acheter mes journaux.Après je m\u2019en vais en métro sur mon lieu de vente et je commence vers 8 h.Depuis le retour des employés au centre-ville, j\u2019ai commencé à revoir des gens que je connaissais.Quand ils m\u2019ont vu, ils étaient très heureux que je sois fidèle au poste.Ils m\u2019ont acheté le journal, même s\u2019ils ne reviennent que deux ou trois jours par semaine.J\u2019ai rencontré une femme qui m\u2019a invité à manger au restaurant pour ma fête.Je la remercie beaucoup.Elle travaillait dans des bureaux depuis longtemps.Elle a pris sa retraite.Je la connais depuis 20 ans.C\u2019est une de mes clientes.Même si elle a pris sa retraite elle vient me rencontrer.Moi, je me sens heureux.Elle est super gentille.J\u2019ai mangé un sous-marin.À chaque fois qu\u2019il y a une occasion spéciale, elle m\u2019invite au restaurant.Après mon travail je vais manger dans un petit restaurant à midi.J\u2019arrive chez nous vers 15 h.Je vais prendre ma douche.Je regarde la télévision en attendant le souper.Après le souper, je regarde les sports.Je vis dans une résidence pour personnes âgées.La prochaine fois, je vous parlerai des festivals et des touristes.GILLES BÉLANGER CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE #1 Rester actif Continuer à pratiquer des activités dans lesquelles on développe ses connaissances et ses compétences, que ce soit des activités physiques, telles que la marche et la randonnée qui nous connecte avec la nature et nous font voir de beaux paysages ; ou encore s\u2019inscrire à des cours, des conférences ou des ateliers est une excellente façon d\u2019activer son corps, sa circulation sanguine, son cœur, et ses articulations.Afin de stimuler l\u2019esprit, les activités culturelles et intellectuelles sont essentielles.Un emploi à temps partiel est aussi une option pour arrondir ses fins de mois, quand ce n\u2019est pas une question de survie, s\u2019impliquer comme bénévole auprès d\u2019un organisme, bref refuser la sédentarité et sortir voir du monde sont autant de façons de demeurer actif à la retraite.31 30 itineraire.ca 1er juillet 2022 itineraire.ca 1er juillet 2022 P a r Y s e u l t P i c a r d J o u r n a l i s t e , r e s p o n s a b l e d e s d o s s i e r s s o c i é t é Au pire, une résidence J\u2019aimerais être à côté de ma famille, si elle veut bien m\u2019endurer ou me terrer au 2e sous-sol (rires).Si je perds mon autonomie, injectez-moi quelque chose, sinon, au pire, j\u2019irai en résidence pour personnes âgées.Mais mon plus jeune m\u2019a toujours dit : « père, tu resteras avec moi ».CHRISTIAN TARTE CAMELOT PJC BEAUBIEN / 28E AVENUE Vieillir dans un ranch Facebook m\u2019a dit que je vivrais 126 ans (rires).Alors pour mes dernières années, j\u2019aimerais vivre au bord d\u2019une plage, avec des gens autour de moi, mais tout en gardant mon autonomie.Surtout pas de CHSLD ! J\u2019aimerais aussi avoir un ranch.Je me vois bien m\u2019occuper des chevaux dans mes vieux jours et pouvoir flatter les animaux tous les jours.MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO ANGRIGNON Avec des retraités J\u2019aimerais mourir chez moi dans mes affaires.Pas dans un hôpital.Par contre, j\u2019accepterais d\u2019être dans une résidence pour personnes âgées.Je pense que j\u2019aimerais aussi vivre dans une ville où il y a beaucoup de retraités, des gens qui reconnaissent et valorisent la vieillesse.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ONTARIO EST / CUVILLIER Autonome Je pense que je voudrais vivre toute seule.Là, je suis avec ma fille, mais je ne voudrais pas l\u2019encombrer.Et je ne voudrais pas non plus me retrouver sans logement ni être en maison pour personnes âgées.Même si on est vieux, l\u2019autonomie est importante et c\u2019est ma prémisse de base.FRANCINE DUFFY MAISON DU RÔTI BORDEAUX / MONT-ROYAL Libre J\u2019aimerais vivre dans un petit village, au Nouveau-Brunswick, à Saint-Ignace.C\u2019est mon village natal.J\u2019y ai encore des cousins.J\u2019aimerais être au bord de la plage, ou d\u2019un bois.Idéalement, j\u2019aimerais habiter dans le chalet de ma mère, au bord de la rivière.Je ne veux rien savoir des services médicaux.Comme je disais à l\u2019un de mes chums, la façon dont j\u2019aimerais mourir serait sans le voir venir.Je préfèrerais être libre à ce moment.RHÉO GALLANT CAMELOT MÉTRO CADILLAC ET METRO PLUS DE LA ROUSSELIÈRE Me rapprocher de mes origines Mon idéal quand j\u2019aurai 80 ans, ce serait d\u2019habiter dans une maison en campagne, au bord de l\u2019eau, avec des animaux de compagnie, si je n\u2019ai pas de conjointe.Je ne serais pas capable d\u2019être tout seul.À Oka, ce serait super.J\u2019ai des racines autochtones, et j\u2019aimerais apprendre de mes origines : chasser, pêcher\u2026 SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PARTICIPANT À LA CUISINE Auprès de ma famille Je n\u2019irais jamais vivre dans une « maison pour vieux ».Le manger est mauvais.Il me semble que ce n\u2019est pas correct dans ces maisons.On les traite mal nos vieux.Je vais avoir 60 ans, je suis capable de me débrouiller.Vieux, j\u2019aimerais vivre à Châteauguay, là où je suis venu au monde.Être auprès de ma famille serait bien.Je me sentirais plus en sécurité.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL P H I L I P P E L E O N E | U N S P L A S H Comment souhaiteriez-vous vivre vos derniers milles ?33 itineraire.ca 32 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 Logement, ruralité et vieillissement RPA, CHSLD, RI, MDA, MA, CHSLD conventionné, non-conven- tionné\u2026 C\u2019est à en perdre son latin ! Loin de ces grosses structures institutionnelles peu invitantes et des résidences privées onéreuses, bon nombre d\u2019aînés veulent choisir eux-mêmes comment et où ils entendent vieillir.Ils veulent des modèles d\u2019habitations pensés par et pour eux.Et qu\u2019en est-il de ces aînés qui veulent rester là où ils ont élu domicile, loin des centres urbains, dans la grande ruralité ?Si le gouvernement s\u2019est engagé à livrer ses 33 premières maison des aînés (MDA) d\u2019ici l\u2019automne, ces maisons ne sont pas pour ceux et celles qui vivent dans la grande ruralité et qui désirent y rester.D\u2019autant plus que ces maisons des aînés ne font pas l\u2019unanimité parmi les experts et les aînés alors que le récent rapport de la coroner Géhane Kamel sur la situation dans les CHSLD conclut d\u2019abolir illico les CHSLD non-conventionnés et d\u2019investir massivement dans les soins à domicile.Au Québec, c\u2019est une personne sur quatre qui aura plus de 65 ans en 2031.Ils représenteront le tiers de la population en 2061.Le vieillissement de la population et le déséquilibre démographique qui se pointe à l\u2019horizon nous obligent collectivement à repenser l\u2019offre d\u2019hébergement destiné aux aînés.Ils sont et seront plus nombreux à proposer et concrétiser des manières de vieillir différentes.Coopératives, mini-maisons, résidences communautaires, habitation intergénéra- tionnelle, ce n\u2019est pas la diversité des possibilités qui manque.Le dénominateur commun ?Plus petit, plus local et surtout enraciné dans l\u2019identité historique de la personne.Illustrations : Pierre-Luc Lupien, alias Bourdiv 35 itineraire.ca 34 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 Par Simon Bolduc Chargé de projet, journalisme Selon lui, les gens qui vieillissent et qui sont en perte d\u2019autonomie ne veulent pas attirer l\u2019attention sur leur condition, alors ils s\u2019isolent en espérant pouvoir rester chez eux le plus longtemps possible.« Il y a des cas où tu entres dans la maison l\u2019hiver et ce n\u2019est pas juste le toit qui coule, il y a carrément de la glace qui s\u2019est formée.La maison est complètement inadéquate, mais ils ne veulent pas faire de bruit et se retrouvent à vivre dans des conditions inconcevables, dit celui qui termine son doctorat sur les aînés et le logement en contexte rural.Beaucoup de personnes âgées ont des enfants qui ont quitté la région et reviennent rarement.Ça arrive qu\u2019on va repérer la personne quand on s\u2019aperçoit qu\u2019elle n\u2019a pas payé son compte de taxes, par exemple.» Des histoires comme celles-là, Annick Gallant en a plein à raconter.« Il n\u2019y a pas si longtemps, j\u2019ai emmené une aînée dîner avec moi et elle me disait qu\u2019elle n\u2019avait pas mangé avec un autre être humain depuis mars 2020, raconte avec émotion l\u2019intervenante de milieu.J\u2019ai beaucoup de cas de santé mentale qui ne sont pas pris en charge par le réseau et ça se dégrade.La semaine dernière j\u2019ai dû intervenir auprès d\u2019une personne qui a un problème d\u2019accumulation compulsive.La référence est faite depuis longtemps, mais on manque de ressources pour la prendre en charge.J\u2019adore mon métier, mais il y des situations qui sont\u2026 ça me révolte.» Rester dans la société « Quand arrive le moment d\u2019être hébergé, tu sais que tu t\u2019en vas dans une société à l\u2019 intérieur d\u2019une société », lance Annick Gallant.Elle ne croit pas à ces modèles résidentiels aux allures de « châteaux fort » qui proposent de vivre « à l\u2019abri et en marge dans une microsociété ».La maison des aînés la plus près de son territoire est prévue à Gaspé, à 320 kilomètres, à presque quatre heures de voiture.« C\u2019est pas la même culture locale du tout ! Pensez-y, d\u2019 ici à Gaspé c\u2019est quasiment l\u2019équivalent d\u2019aller à Québec ! », fait-elle remarquer.Elle croit plutôt en ces petits modèles d\u2019habitation à échelle humaine et intégrés à la société.Comme ce qui se met en place dans un village avoisinant : « C\u2019est un neuf logements semi-autonomes avec une annexe de douze places pour personnes non-autonomes.C\u2019est le même bâtiment, ils n\u2019auront pas à déménager ailleurs si leur état de santé se détériore, ils vont changer d\u2019unité.Il sera situé en plein centre du village, avec une belle terrasse ouverte, près de l\u2019église et juste à côté de l\u2019école primaire.Elle poursuit en disant qu\u2019il existe beaucoup de résidences plus grandes et impersonnelles, situées à la sortie du village.« Les résidents ne rencontrent que le personnel soignant et sont exclus de la société, dit celle qui planche sur plusieurs projets mettant l\u2019accès sur l\u2019échange intergénérationnel.Je travaille fort en ce moment pour annexer une garderie à ce projet d\u2019habitations, pour attirer de la main-d\u2019œuvre, oui, mais surtout pour les bienfaits que procurent la présence de jeunes enfants aux personnes du grand âge en hébergement.» Le sociologue Pierre-Luc Lupien qui s\u2019intéresse au vieillissement en ruralité abonde dans le même sens.« On a des grandes structures d\u2019hébergement qui ne correspondent pas à la diversité des besoins.Le vieillissement n\u2019est pas homogène et la condition des aînés peut varier.De 60 à 100 ans, c\u2019est 40 ans de vie.Tu as de deux à trois générations dans ce qu\u2019on appelle le vieillissement, nuance-t-il.Selon lui, il faut des petites résidences privées pour aînés (RPA) dans les villages.« Pour les personnes âgées nécessitant des services, on n\u2019a pas le choix.Les défis restent toutefois énormes, comme la pénurie de main-d\u2019œuvre et des normes strictes en matière d\u2019habitation qui reviennent à la charge de ses petites institutions n\u2019ayant pas les moyens de compétitionner avec les gros joueurs, comme les Résidences Soleil.» Une autre idée envisagée, avance-t-il, est de réunir trois ou quatre maisons au bout d\u2019un rang et de convertir les maisons en trois centres distincts : « une maison pour un centre de soins, une pour un centre de loisirs, une pour l\u2019hébergement », énumère le chercheur et enseignant.Selon le Rapport sur les résidences pour personnes âgées au Québec (2019) de la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement, il y a trois fois plus d\u2019aînés de 75 ans et plus au Québec qu\u2019ailleurs au Canada à vivre dans ces RPA.On compte actuellement quelque 1 775 RPA certifiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), dont 221 sont sans but lucratif et enregistrées comme OSBL d\u2019habitation ou en coopérative de solidarité en habitation pour aînés.L\u2019histoire classique On naît ou on s\u2019installe dans le rang ou dans le village, on y grandit, on fonde une famille, les enfants grandissent, partent étudier dans les grands centres et ne reviennent pas.On devient retraité, on vieillit, seul ou à deux, et une série de deuils nous amène au point de bascule : mort du conjoint, de la conjointe, chute critique, troubles cognitifs, services à proximité défectueux, coût de la maison trop élevé\u2026 Annick Gallant est travailleuse de milieu auprès des aînés à risque de vulnérabilité au Centre d\u2019action bénévole Ascension- Escuminac, situé dans la MRC d\u2019Avignon en Gaspésie.Un immense territoire qui compte quatre habitants par kilomètre carré.« Mon rôle c\u2019est de couvrir les 11 villages de mon territoire à la rencontre des aînés isolés.Comme il n\u2019y a pas beaucoup de restaurants ouverts la semaine et qu\u2019on n\u2019a pas de Tim Horton, de centre d\u2019achats où ils peuvent se rencontrer, ma job n\u2019est pas toujours simple, dit l\u2019intervenante native de la région de Matapédia-Les Plateaux, situé à l\u2019ouest de la Baie-des-Chaleurs.C\u2019est beaucoup de bouche à oreille.Les gens connaissent mes parents et mes beaux-parents.C\u2019est ma carte de visite pour créer du lien et aller à leur rencontre parce que les milieux de vie sont très restreints ici, sinon inexistants dans certains villages.» Annick Gallant parcourt chaque jour la « dizaine de kilomètres » qui sépare chaque village de son territoire pour repérer ceux et celles qui voient le chiffre de leur âge augmenter en même temps que leurs besoins en matière de santé et de maintien à domicile.Elle joue un peu, avoue-t-elle, le rôle de suppléante à la famille, quand celle-ci est absente et éloignée.« Je pourrais dire que je fais mon 32 heures par semaine, mais quand je vais faire mon épicerie je ne suis pas juste Annick qui va faire son épicerie.Je rencontre les aînés du village et les plus belles interventions se font parfois comme ça », dit-elle.Parmi les défis récurrents des aînés qu\u2019elle rencontre, le transport et la belle, mais difficile, immensité du territoire : « De l\u2019extrémité ouest de mon territoire à l\u2019hôpital le plus proche, il y a 120 kilomètres.Le Centre d\u2019action bénévole offre un service d\u2019accompagnement, mais 120 kilomètres en auto pour un rendez-vous médical, c\u2019est épuisant.» Sans compter que cette aide au transport offerte par son organisme est subventionnée pour couvrir uniquement les frais de déplacement de première nécessité.« On ne parle pas d\u2019aide au transport pour se déplacer chez un.e ami.e ou pour prendre un café.Tellement d\u2019aînés rencontrés n\u2019ont pas accès au transport adapté ici.» Pierre-Luc Lupien, enseignant de sociologie au cégep de la Gaspésie et des Îles et membre de l\u2019équipe de recherche VIES (Vieillissements, exclusions sociales et solidarités) pose un regard critique sur l\u2019état du vieillissement en régions éloignées, comme à Carleton-sur-Mer, où il réside.« Le vieillissement n\u2019est pas homogène et la condition des aînés peut être diversifiée.De 60 à 100 ans, c\u2019est 40 ans de vie » - Le chercheur et professeur de sociologie Pierre-Luc Lupien PHOTO FOURNIE PAR PIERRE-LUC LUPIEN 37 itineraire.ca 36 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 P H O T O F O U R N I E P A R P A U L I N E D U M O U L I N ANNONCEZ DANS L'ITINÉRAIRE ! Offrez-vous une belle visibilité pour faire connaître vos produits, services et activités en plaçant une publicité dans nos pages.Du même coup, affichez votre responsabilité sociale envers un organisme qui fait une différence ! Contactez-nous dès maintenant : jopanray@itineraire.ca | 514 597-0238 p.234 Dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire.On vous présente les jeunes ruraux, leurs réalités, leurs difficultés, leurs espoirs.L\u2019Itinéraire s\u2019est rendu sur la ferme de Stéphane Gendron, ancien maire médiatisé de Hemmingford en Montérégie pour discuter de son livre Rapailler nos territoires, un vibrant plaidoyer pour la préservation du mode de vie rural et paysan.Prendre le champ avec les travailleurs de rang Ils sillonnent la campagne allant à la rencontre d\u2019agriculteurs pour offrir du soutien psychosocial et briser l\u2019isolement d\u2019un mode de vie sans répit et exigeant.À l\u2019image des travailleurs de rue, ils sont des travailleurs de rangs.L\u2019Itinéraire s'est entretenue avec ces intervenants qui parcourent en solitaire l\u2019arrière-pays.T I M M O S S H O L D E R | U N S P L A S H L\u2019Itinéraire à la campagne Culture : Découvrez les talents émergeants à surveiller sur la route des festivals cet été.L\u2019histoire de Pauline Pauline Dumoulin a 69 ans et entend demeurer là où elle a posé son chapeau, dans son village d\u2019adoption, à Saint- Adrien en Estrie.L\u2019ancienne préposée aux bénéficiaires a quitté Montréal en 2008 pour atterrir « à temps plein » dans ce village d\u2019à peine 550 habitants.Locataire au cœur du village, la retraitée et présidente de la FADOQ de Saint-Adrien gagne « 23 000 $ à peine par année avant impôts.dit-elle au téléphone.Par mois, c\u2019est 1 700 $, alors oublie ça d\u2019aller vivre à Sherbrooke ou à Montréal.Et j\u2019en connais beaucoup d\u2019aînés ici qui ne gagnent même pas 20 000 $ par année ».Elle se voit vieillir, sans famille proche, avec un logement et un coût de la vie qui augmente plus vite que ses revenus.Elle a décidé de ne pas attendre le « point de bascule » et de prendre les choses en main en planchant sur un projet de coopérative d\u2019habitations pour aînés au coeur du village, situé à « 30 minutes de Victoriaville l\u2019été et 45 minutes l\u2019hiver ».« On veut travailler en communauté, s\u2019entraider et gérer la bâtisse nous-mêmes, dit Mme Dumoulin qui vient tout juste d\u2019envoyer le dossier au ministère de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations (MEIE), chargé d\u2019examiner et d\u2019approuver (ou pas) le projet.Ce qu\u2019on veut c\u2019est 14 unités : sept 3 ½ et sept 4 ½ pour personnes âgées de plus de 60 ans seules ou en couple.Ça va être adapté en fonction des étapes du vieillissement.Des cadres de porte plus larges, des chambres de bain adaptées, etc.On essaie de créer des habitations qui vont vieillir avec la personne.» Elle espère fortement que les services de maintien à domicile se développent davantage pour répondre aux besoins en santé des futurs résidents de la coop.La présidente de la FADOQ de la région mentionne que plus de 200 aînés vivent dans la municipalité de Saint-Adrien, pour la plupart propriétaires de maisons dans le village et ses alentours.Elle croit que plusieurs entretiennent une pensée magique sur leur capacité de demeurer dans leur maison jusqu\u2019à la fin, alors que ce n\u2019est pas la réalité.« Les mentalités doivent changer.Quand tu es en bonne santé et que tu es encore capable, tu penses que ça t\u2019arrivera pas.C\u2019est la journée où il arrive quelque chose qui fait tout chavirer, que tu te retrouves devant rien.L\u2019humain est comme ça, il attend à la dernière minute », dit Mme Dumoulin, qui n\u2019a pas attendu ce « quelque chose » pour décider de vivre l\u2019automne de sa vie comme elle l\u2019entend, et surtout, où elle l\u2019entend.Et elle n\u2019a pas tort.Le rapport sur les besoins en logement des aînés (2019) commandé par le gouvernement fédéral informe qu\u2019au pays, près du quart (24,9 %) des aînés vivent dans des logements non-conformes aux normes, peu importe le type de logement.Pauline Dumoulin 38 itineraire.ca 1er juillet 2022 Camelot marché Metro chemin Chambly, Longueuil par Gabriel Lavoie Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.La fin de Bételgeuse C R E A T I V E C O M M O N S En 2019, des astrophysiciens avaient noté une baisse rapide de luminosité de l\u2019étoile Bételgeuse.Pendant plus de deux ans, les chercheurs ont étudié l\u2019étoile pour comprendre le phénomène.Avec de la persévérance, une équipe d\u2019astrophysiciens a résolu le mystère : des nuages de gaz et de poussière qu\u2019elle aurait éjectés par elle-même.L\u2019Itinéraire a obtenu une entrevue avec l\u2019astrophysicien André Grandchamps du Planétarium Rio Tinto Alcan qui nous a informés au sujet de Bételgeuse par comparaison au soleil.Située à 550 années-lumière de la Terre, elle est 764 fois plus grosse que le Soleil.Si elle était à la place du Soleil, elle toucherait la ceinture d\u2019astéroïde.Cette supergéante rouge est 126 000 fois plus lumineuse que notre étoile.La durée de vie d\u2019une supergéante est dérisoire si on la compare à une étoile de type solaire.Effectivement, le Soleil a cinq milliards d\u2019années et en vivra cinq autres, Bételgeuse n\u2019aura pas cette chance.Sa durée de vie n\u2019est que de quelques millions d\u2019années.À savoir que plus une étoile est grosse, plus elle brûle son carburant rapidement.Le règne de cette étoile colossale tire donc à sa fin.L\u2019explosion qui en résulterait devrait être si puissante, qu\u2019elle serait visible de la terre, et en plein jour, aussi lumineuse que la pleine lune la nuit.Ce cataclysme pourrait se produire à tout moment, sans oublier qu\u2019il faut des centaines d\u2019années à la lumière de Bételgeuse pour se rendre jusqu\u2019à la Terre.Dans les supergéantes, Bételgeuse est loin d\u2019être la plus grosse.R136a1 est l\u2019étoile la plus grosse jamais observée.Ce mastodonte serait des millions de fois plus lumineux encore.Quand le Soleil aura épuisé son carburant, il partagera le même destin que ses grandes amies, il deviendra une géante rouge et signera la fin du système solaire tel qu\u2019on le connaît.Heureusement ce n\u2019est pas pour tout de suite\u2026 Xénogreffes, greffes de l\u2019animal à l\u2019homme Pour la première fois, un homme de 57 ans a reçu en début d\u2019année une greffe de cœur de porc génétiquement modifié.Malheureusement décédé au mois de mars, ce patient n\u2019était pas admissible au programme de don d\u2019organe ni pour un cœur artificiel.Donc cette greffe était sa seule option.« C\u2019était soit la mort, soit cette greffe », avait déclaré le résident du Maryland auprès des médias en janvier dernier.Le 20 janvier, une autre greffe.Un rein de porc cette fois sur un patient en état de mort cérébrale.« Les reins transplantés ont filtré le sang, produit de l\u2019urine et, chose importante, n\u2019ont pas été immédiatement rejetés », déclarait alors par voie de communiqué l\u2019Université de l\u2019Alabama à Birmingham où s\u2019est déroulée l\u2019opération.C\u2019est donc une belle avancée.Les xénogreffes sont plus anciennes que les greffes d\u2019organes humains.Il faut remonter au début du 20e siècle à l\u2019Hôtel Dieu de Lyon, en France, même si les premiers essais ont été un échec.Dans les années 60, encore à Lyon et sous la direction du médecin néphrologue Jules Traeger, des greffes de chimpanzés ont permis quelques mois de survie à certains patients.À cette époque, les greffes humaines échouaient la plupart du temps.Dans les années 1990 et 2000, l\u2019évolution de la biologie animale et des découvertes en génétique ont permis des avancées extraordinaires.En effet, les scientifiques ont modifié le génome d\u2019animaux pour le rendre plus compatible avec l\u2019organisme humain.En 2016, des équipes de l\u2019Université du Maryland ont réussi à faire vivre, plusieurs centaines de jours, des babouins avec des reins de porcs.Le ver de mer Docteur en biologie marine, le Français Franck Zal s\u2019est intéressé au ver de mer.Ses recherches se sont concentrées sur le sang de cet animal, et les découvertes sont extraordinaires ! Ce ver produit une molécule qui transporte de 40 à 50 fois plus d\u2019oxygène que les humains.Son hémoglobine est 250 fois plus petite que les globules rouges.Toutes ces caractéristiques pourraient révolutionner certains domaines de la médecine, dont la greffe d\u2019organes et la transfusion sanguine.Le ver marin peut arrêter de respirer à marée basse, et vivre sur sa réserve d\u2019oxygène.Le néphrologue Yannick Le Meur s\u2019est servi de ces découvertes pour effectuer les premiers essais cliniques pour la conservation d\u2019organes.Ce qui est fondamental dans les greffes, c\u2019est le temps que ça prend pour passer du donneur au patient qui reçoit l\u2019organe.L\u2019organe est placé dans un liquide de conservation.Pendant le transport, l\u2019organe en question ne reçoit plus de sang et d\u2019oxygène, ce qui est déterminant pour la survie de l\u2019organe, mais aussi pour la durée de vie de ce dernier une fois transplanté.L\u2019équipe a pensé mettre cette molécule dans le liquide de conservation, ce qui aurait pour effet d\u2019oxygéner l\u2019organe.En ce moment, 20 % des organes meurent pendant le transport.On pourrait changer ce pourcentage avec ce procédé.Cette percée de la science aura des applications multiples pour les équipes médicales qui auront à transplanter des organes fragiles, notamment comme le cœur et les poumons.Tout cela est un extraordinaire progrès pour les malades.Le néphrologue français pense que c\u2019est là que se jouera l\u2019avenir de la greffe.HANS BRAXM E I E R | P I X A B A Y 41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er juillet 2022 1er juillet 2022 itineraire.ca 1er juillet 2022 43 Humoriste Aaaaah, l\u2019été ! Cette saison magique qui me donne le goût de me cogner la tête assez fort pour perdre conscience durant trois mois ! Tout l\u2019monde capote sur l\u2019été, et je comprends pourquoi : c\u2019est l\u2019fun, les vacances, la plage pis les barbecues ! C\u2019est l\u2019fun\u2026 si t\u2019es pas moi.Pour moi, l\u2019été rime avec vomi.Je ne suis pas un génie, mais je pense que quand la haine d\u2019une saison te fait mélanger la sonorité des voyelles, ça confirme que vraiment, t\u2019es pas fan.Je viens de la région où se cachent les plus beaux hivers du monde.Je viens d\u2019Abitibi ; une belle p\u2019tite place où tu peux laisser ton enfant manger d\u2019la neige à même le trottoir (sauf le 31 décembre.Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque party du Jour de l\u2019An, un oncle abitibien sur deux fait pipi sur un trottoir).Je viens de Val-d\u2019Or, là où la neige est belle et où les étés sont traîtres.En avant-midi, le ciel est beau, la nature est calme et l\u2019air sent bon.Mais quand le soleil tombe, la température chute, le taux d\u2019humidité augmente et les immenses moustiques débarquent en gang pour nous vider de notre sang.Doux Jésus que les moustiques sont gros en Abitibi.Je suis pas mal certaine d\u2019en avoir vu un en train de faire d\u2019la moto.Les moustiques, les barbeaux, Les Frères à Ch\u2019val, toutes des choses qui peuvent me gâcher un été.Ça et les maudits maillots de bain.On fait tous semblant que c\u2019est pas un big deal, mais il n\u2019y a pas de raison de nier que quand t\u2019es pas à l\u2019aise dans ton corps, les dix premières secondes d\u2019un proche qui arrive autour de la piscine en maillot, c\u2019est la plus triste des parades de mode du monde.On s\u2019est tous déjà sentis comme un vieux tas de slime dans un sac à sandwich à côté d\u2019une cousine délicieuse qui débarque sur le bord d\u2019la piscine en disant que la couleur de son bikini est « genre pas super belle mais y\u2019avait juste ça dans la taille small, hihihihi ! ».Et on a tous été jaloux de la magnificence des gens qui se foutent totalement des standards de beauté ridicules.On s\u2019est tous déjà faits prisonniers de notre propre jugement.Moi la première.Et encore, cet été, je ferai ma première entrée sur le catwalk ben trop chaud pour les pieds dans mon bikini taille haute, enroulée dans une serviette de plage ben trop orange pour que j\u2019aie l\u2019air discrète.C\u2019est plate, mais c\u2019est ça.Et quand c\u2019est pas mon ventre gélatineux qui scrap mon été, c\u2019est ma face suintante.Je souffre d\u2019hyperhidrose du visage.Genre de condition qui peut transformer la personne plate qui se fond dans le décor en la grosse princesse toute trempe de la terrasse ! J\u2019ai abandonné le projet d\u2019être une Belle d\u2019Été.La belle robe et le beau maquillage n\u2019attirent pas autant d\u2019attention que la fontaine d\u2019eau que devient ma face dès qu\u2019il fait chaud.Pour les lecteurs à la face sèche qui n\u2019ont aucune espèce d\u2019idée de la torture qu\u2019endure mon peuple de faces inondées : l\u2019hyperhidrose du visage, c\u2019est un cauchemar paranoïaque.Plus tu sues, plus tu paniques.Plus tu paniques, plus tu sues.Et, probablement parce que la vie nous déteste, ce phénomène tout droit sorti de l\u2019enfer qui nous accable se manifeste uniquement dans des situations estivales publiques où on veut bien paraître.Plus j\u2019avance dans cet article ; plus je comprends pourquoi, après treize ans de vie commune, mon chum ne m\u2019a toujours pas proposé le beau mariage d\u2019été de mes rêves.Je chiale contre l\u2019été, mais j\u2019y trouve tout de même mon compte à travers mes activités estivales prefs : rentrer mon ventre dans mes robes d\u2019été, m\u2019éponger la face en braillant, crier après des moustiques\u2026 et compter les jours avant l\u2019automne ; cette saison magique où je reprends connaissance après m\u2019être cogné la tête assez fort pour reprendre vie durant trois mois.Marie-Éve Saucier SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX BD Solutions dans le prochain numéro Tumeur Cureras Superposas Lus Disperses Choix et marque d\u2019arbres Plastronnerait Bavarder Biffer Cubes Après-midi Démuni Technétium Rayon Cuirai Élimées Barbasses A les caractères d\u2019une soie Coupez Lombric Commune belge Do Autochtone Inventeriez Tour Balle de service Choisi Maladie P L P V R C E E I R E Z T R A C E T E U V R E A I I U T T C D E S E L U A B V A S S E R R A P E E S R A T R U E R A B L I A V G E E V R M P E A R S A S S E S 5 9 4 6 8 5 9 2 7 3 1 4 6 7 1 3 6 9 4 8 2 5 6 2 4 5 1 8 9 7 3 9 3 6 8 4 5 7 1 2 5 7 8 9 2 1 6 3 4 1 4 2 3 6 7 5 9 8 3 9 1 4 8 6 2 5 7 4 6 7 1 5 2 3 8 9 2 8 5 7 3 9 4 6 1 - 15 juin 2022 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette image ?Bonne chance ! Grille numéro : 67246 2 1 9 5 3 8 3 2 1 7 5 7 1 6 9 2 6 5 8 2 9 1 7 6 9 2 5 3 4 8 9 4 8 5 2 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente Papa A quatre- vingt-dix ans Glissèrent Actes Rira Avarie Carrosserie Meurtriraient Automatise Attacher Manquant Commune de Belgique Écossais Mesures Appris Choses exquises Id est Os Do Laizes Existera Partie Villes Versus Circuleras Animal mou Ruisseau horizontalement 1.Commençant à s'endormir (s').2.Roussissements.3.Morte.- Nanoseconde.- Ragoût.4.Terre du large.- Usés.5.Note.- Imagines.- Légumineuse.6.Néglige.- Sévère.7.Cérium.- Tamis.- Femme.8.Id est.- Éploré.9.Frotteras.- Edward.10.Moïses.- Défraîchi.verticalement 1.Celui qui confectionne ou met en œuvre des corps dont la combustion donne des flammes colorées.2.Débarrassées d'un fardeau.3.Sudation.- Antimoine.4.Cru.- Riche.5.Mœurs.- Vagabonda.- Iridium.6.Quantités de matières en poudre.- Existes.7.Sortie.- Tour.8.Nazi.- Came.- Rongeur.9.Acide.- Uniformes.10.Mettras des pièces d'assemblage aux dimensions voulues.11.Clair.- Revenus tirés d'un bien.12.Empereurs.- Ancien poète grec.VLAD SARGU | UNSPLASH DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : publicité SUR NOTRE SITE DÉCOUVREZ BOISSONS SANS ALCOOL POUR ALTERNER?BONNE IDÉE! 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