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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mercredi 1 juin 2022
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2022, Collections de BAnQ.

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[" Dossier : Vie nocturne Deux mondes à concilier Culture : L'insomnie rock de Richard Z.Sirois Volume XXIX, n?11 Montréal, 1er juin 2022 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Répondez à des sondages.Influencez l\u2019avenir du transport collectif.mavoixmastm.info 300$ À GAGNER L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.D \u2019aussi loin qu\u2019elle se souvienne, Isabelle aurait voulu être proche de son père.Décédé alors qu\u2019elle n\u2019avait que deux ans, elle aura voulu en apprendre plus sur lui.Très tôt, elle est confiée à une famille d\u2019accueil.Lors des rares rencontres avec sa mère, ses questions demeurent sans réponses.Ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019âge adulte qu\u2019Isabelle apprend les circonstances tragiques de la mort de son père.« Pendant un épisode psychotique, mon père est transporté en ambulance vers un hôpital psychiatrique.Mon grand-père suit l\u2019ambulance dans sa voiture.Mon père réussit à se libérer de la contention et à sortir pendant un arrêt des véhicules.Il somme son père de lui céder le volant et s\u2019ensuit un grave accident.Trois jours plus tard, les médecins débranchent le respirateur qui le maintenait en vie.» Le vide laissé par la perte de son père ne sera jamais comblé.Jusqu\u2019à l\u2019âge de 13 ans, l\u2019enfance d\u2019Isabelle se passe en foyer d\u2019accueil.Ses relations avec ses camarades de classe sont difficiles.Son bégaiement (qu\u2019elle surmontera plus tard) lui attire railleries et harcèlement.L\u2019école n\u2019est donc pas un milieu où elle se sent intégrée et motivée.Après une première tentative de suicide, elle se retrouve en centre jeunesse où elle résidera jusqu\u2019à sa majorité.À 18 ans, Isabelle vit seule en appartement.Sans diplôme d\u2019études secondaires, elle enfile les petits boulots.À cette époque, elle reçoit un diagnostic de TPL (trouble de la personnalité limite).Pendant son parcours semé d\u2019errances, Isabelle a eu deux enfants aujourd\u2019hui dans la vingtaine.Elle a malgré tout réussi à maintenir une relation avec eux et elle les aime profondément.Durant la pandémie, Isabelle a dû quitter un logement qu\u2019elle adorait, devenu insalubre à cause du comportement d\u2019un voisin.Elle s\u2019est encore une fois retrouvée à la rue et pendant un an, elle a eu recours aux services mis en place par le gouvernement, dont « l\u2019hôtel Dupuis ».Elle habite maintenant un nouvel appartement « beaucoup trop cher ».Avec l\u2019aide d\u2019une intervenante de L\u2019Itinéraire, elle a bon espoir de dénicher bientôt un toit à la mesure de ses moyens.Heureusement, Isabelle trouve des gens pour lui donner du courage et du réconfort.Comme cette cliente qui lui a offert des bottes, l\u2019hiver dernier, ou ce couple qui habite près de son point de vente et qui ne manque jamais de la saluer en faisant sa promenade quotidienne.Isabelle est remplie de gratitude envers ses clientes et ses clients qui prennent le temps de piquer un brin de jasette et d\u2019exprimer leur admiration pour sa persévérance.Camelot n° 1277 \u2022 Âge 48 ans Point de vente Marché Metro - Centre commercial Domaine Isabelle Beaupré Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction SIMON BOLDUC RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépo SANDRINE DESFOUGÈRES-PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - Journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photos de La Une ADAM EPERJESI et JUAN ROJAS Photomontage CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire ISABELLE LACHARITÉ, MAUDE M.-ROMPRÉ et SUZIE DIONNE Intervenantes psychosociales DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du Service alimentaire MAUD THIMON Cuisinière et adjointe à la formation PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets ELIZABETH MURPHY Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Intervenante à la formation et à l\u2019accompagnement CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERREAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire DIANE CURADEAU - Représentante des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et JEAN TALBOT Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 1er juin 2022 Volume XXIX, no 11 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef La nuit a toujours éveillé la poésie, l\u2019inspiration et la créativité chez les artistes.Alors que c\u2019est une tout autre réalité pour ceux et celles qui travaillent les shifts de nuit.Pour les travailleurs du sexe, la nuit est une période faste, mais aussi celle de tous les dangers.Les fêtards quant à eux se dépêchent de trinquer avant que soit lancé le dernier last call pour ensuite déferler bruyamment dans la rue à la fermeture des bars.Au grand dam de la partie diurne de la population.Puis, aux petites heures, tout ralentit, le pouls de la ville bat plus lentement pendant que la cité sommeille.Changer de rythme Mais il y a certaines personnes qui voudraient que la nuit ait autant droit de cité que le jour.Que, à l\u2019instar de grandes villes du monde comme New York, the city that never sleeps, les activités se poursuivent peu importe l\u2019heure.Pour qui a déjà visité la Grosse Pomme, surtout ses quartiers plus achalandés, le niveau de décibels ne fléchit à peu près pas quand la lune est à son apogée.Les New-yorkais vivent avec.Certains croient qu\u2019avec une bonne concertation et une planification bien organisée, à Montréal, la nuit pourrait coexister avec les gens qui se lèvent avec le jour.Pour ce faire, il faudrait songer à rendre la nuit plus accessible en augmentant les transports en commun et les services municipaux pour les travailleurs des hôpitaux, des usines, les lieux de travail 24 / 24.Et puis, en créant des conditions qui favorisent l\u2019appropriation de la nuit par un plus grand nombre de personnes, ne se créerait-il pas un plus grand sentiment de sécurité ?Surtout chez les femmes et les personnes en situation d\u2019itinérance ?Notre journaliste Karine Bénézet a sondé les opinions d\u2019une diversité de gens qui sont pour et contre.Et vous, qu\u2019en pensez-vous ?Charles Aznavour chantait en 1960 sa vision romantique de La nuit [.] Comme une nappe de velours Plane et s\u2019étire sur les toits Laissant les amoureux pantois Devant la triste mort des jours Et puis Dans le bruit qui soudain s\u2019élève Au fond des cœurs et des ruelles Elle répand des étincelles Qui montrent le chemin du rêve Boris Vian, lui, la préférait au jour lorsqu\u2019il chantait dans la Valse jaune: Il y a du soleil dans la rue Moi j\u2019aime bien la rue mais quand elle s\u2019endort Et j\u2019attends que le jour soit mort Et je vais rêver sur les trottoirs La nuit Mots de lecteurs A R O N V I S U A L S | U N S P L A S H 3 36 Mots de camelots 23 3 Zoom sur Isabelle Beaupré 9 Cécile Crevier 9 Linda Pelletier 9 France Lapointe 32 Agathe Melançon 32 Christian Tarte 32 Anne-Marie Wiseman S I M O N B O L D U C S I M O N B O L D U C P I E R R E M A R K L A V O I E A D A M E P E R J E S I | U N S P L A S H 8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Deux organismes de défense des locataires eux-mêmes évincés Simon Bolduc 12  BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 23  Rencontre Ceci n\u2019est pas une mise en scène Simon Bolduc 26  Chronique Être humain jusqu\u2019au bout Benoît Chartier 28  Dans la tête des camelots Quels impacts pensez-vous qu\u2019un Montréal 24 h aurait sur les itinérants, la nuit ?30  Chronique D'une soirée électorale à des soirées de poésie Agathe Melançon 34  En toute liberté Quand tombent les masques ! Mathieu Thériault 36  Culture L\u2019insomnie rock de Richard Z.Sirois Simon Bolduc 40  Espace sciences Gabriel Lavoie 42  BD Siou 43  C\u2019t\u2019encore drôle Christian Vanasse 44  Détente 13 Karine Bénézet Entre chien et loup, la nuit prend sa place et réveille sur son passage la vie nocturne et ses convives.Sous les fenêtres endormies, marginaux, artistes, fêtards et travailleurs en tout genre s\u2019affairent dans cet écosystème.1er juin 2022 Volume XXIX, no 11 20 camelots ont participé à cette édition Traduction Josée Panet-Raymond L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.Ma Visa et moi Depuis que j\u2019ai une carte de crédit, je me sens riche ! Autrefois, pour faire mon épicerie, j\u2019allais dans quatre magasins différents pour profiter des spéciaux.Maintenant, je ne pense même pas à regarder les prix.Par exemple, hier j\u2019ai acheté un kilo de raisins muscats qui m\u2019a coûté plus de 16 dollars ! Si j\u2019avais dû payer comptant, après avoir vendu L\u2019Itinéraire, je n\u2019aurais jamais acheté ces raisins ! Bien sûr, c\u2019est l\u2019invisibilité de l\u2019argent qui fait en sorte que je dépense sans me soucier des prix.Ma pension de vieillesse entre dans mon compte de banque et je transfère presque tout sur ma Visa.Jamais je n\u2019ai vu cet argent ou ne l\u2019ai eu dans les mains.Comme je suis vieille, en tout cas aux yeux de la société, personnellement je me considère comme une vieille adolescente.Eh bien, j\u2019ai fait le calcul : avec une limite de 2 000 $ par mois et un revenu très inférieur à ce montant, comment pourrais-je rembourser ma dette ?Je vais mourir avant, alors je me gâte ! Jadis, je jugeais les personnes qui payaient leur épicerie avec une carte de crédit.Je me disais que la nourriture leur coûtait beaucoup plus cher à cause des intérêts à payer.Maintenant que j\u2019en ai une, je m\u2019en fous tellement des intérêts ! Je sais bien que je suis au cœur du problème.Je n\u2019ai pas décidé de mettre les ciseaux dans ma carte, comme on dit.De plus, un de mes frères a un condo au Costa Rica et j\u2019ai l\u2019intention d\u2019y aller l\u2019hiver prochain.Quand on n\u2019a pas d\u2019hôtel à payer c\u2019est beaucoup moins cher.Évidemment, je vais payer mon billet d\u2019avion avec ma carte et tant pis si je crève là-bas ! La banque m\u2019aura offert un beau voyage en Amérique centrale ! Ma seule famille Je suis camelot de L\u2019Itinéraire depuis une douzaine d\u2019années.C\u2019est Emploi- Québec qui m\u2019a trouvé cette place.J\u2019ai commencé au Café et j\u2019étais camelot en même temps.Je restais sur la rue Villeray près du métro Fabre.C\u2019est là que je vendais le magazine.Mon gars vivait avec moi.Il était étudiant.À ses 18 ans, il est parti vivre en appartement.Une fois par semaine je vais chez mes parents.Mon père est malade.Il est diabétique.Il est actuellement à l\u2019hôpital.Il a des problèmes aux orteils.Il n\u2019est plus capable de marcher.Il est tombé et c\u2019est les ambulanciers qui l\u2019ont ramassé puisque ma mère et mon frère n\u2019étaient pas capables.Il a 87 ans et ma mère, 88.Elle est en bonne santé.Elle fait ses commissions avec mon frère qui vit avec eux.Le lundi je vais toujours déjeuner avec ma mère.On jase, elle me raconte ses journées.Elle fait à manger, son ménage et le lavage.Elle est musicienne, elle joue du piano et de l\u2019orgue.Avant on dansait, on chantait.J\u2019allais dans les karaokés, dans les bars.Moi je lui parle de mon travail.Elle me parle de mon gars qui va la voir au moins une fois par semaine.Ils ont un bon contact.Ils habitent dans le quartier Rosemont.Ils ne sortent plus beaucoup.Mon père ne peut pas rester tout seul.C\u2019est ma mère et mon frère qui s\u2019en occupent.On ne sait pas quand il va avoir son congé de l\u2019hôpital.On met ça dans les mains du Bon Dieu.Ma mère va le voir tous les jours, elle a hâte qu\u2019il sorte.Elle m\u2019appelle tous les jours et me donne des nouvelles.Mes parents représentent beaucoup pour moi.Je ne sais pas comment je vais réagir quand ils ne seront plus là.C\u2019est ma seule famille.LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE CÉCILE CREVIER CAMELOT MARCHÉ METRO MORGAN / SAINTE-CATHERINE EST Un miracle, s.v.p.La température est toute déréglée et je pense de plus en plus que c\u2019est à cause de la pollution, de nous.Poutine tue du monde innocent et depuis deux ans et demi, on est en pandémie in and out.Le coût de la vie augmente, chez Dollarama, dans les épiceries, partout.Mais il y a des choses qu\u2019il faut accepter telles qu\u2019elles sont.Les six premiers mois, on n\u2019a pas pu vendre L\u2019Itinéraire.Ensuite, ça été une fois par mois et maintenant, c\u2019est revenu à deux fois par mois.L\u2019édifice du magasin de la SAQ où je vendais, au coin de Mentana et Mont-Royal, a passé au feu.Ça été un coup dur et ça m\u2019a fait perdre beaucoup de clients.Maintenant, la SAQ Sélection est rendue à l\u2019angle Mont-Royal et Papineau.J\u2019apprivoise mon nouveau spot.Séquelles de la COVID-19 ?Les gens font attention et gardent leurs distances.Ils sont plus solitaires, individualistes et même méfiants.C\u2019est devenu chacun pour soi.Les soignantes sont malades elles aussi.Beaucoup ont été affectées, elles finissent moins fortes.Moi je fais très attention et je passe des tests quand il le faut.Je ne fais entrer personne chez moi, mais la solitude m\u2019affecte moralement et physiquement.J\u2019aime pas être isolée.J\u2019ai besoin de voir du monde, de socialiser.Plus de six millions de personnes en sont mortes, en plus des guerres et des maladies incurables.C\u2019est dur pour tout le monde.J\u2019en vois qui marchent le dos courbé et qui continuent à faire leur train-train.Je les trouve courageux.Qu\u2019allons-nous devenir avec tout ça ?Je souhaiterais que le monde se défende contre les fous comme Poutine et Trump.Quand je peux rendre service, je le fais et je souhaite que le monde vive en harmonie, en paix et dans l\u2019amour.Je crois en Dieu parce que j\u2019ai besoin de croire en un sauveur.Je prie dans mon cœur et je crois aux miracles.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / PAPINEAU ALLEMAGNE Transformer des grands magasins en logements Le paysage de nos centres-villes est en train de changer.Ils ne sont plus des destinations bondées de clients, et la fréquentation s\u2019effondre en raison de la hausse des achats en ligne \u2014 et ce, avant même de prendre en compte l\u2019impact dévastateur de la pandémie.En Allemagne, des grands magasins trouvent une nouvelle vie en tant que maisons de retraite ou appartements.« Tous les centres commerciaux peuvent être convertis en appartements.Et c\u2019est certainement moins cher qu\u2019une nouvelle construction, affirme en connaissance de cause, Werner Schaffer qui a transformé un ancien grand magasin Hertie en maison de retraite au centre de la ville de Rendsburg.Les 110 personnes qui y vivent apprécient sa situation centrale, explique l\u2019architecte.Ils peuvent passer la porte et se retrouver en plein marché, dit-il.Et à seulement 200 mètres de là se trouve la zone piétonne, avec ses nombreux cafés.» Resté vacant pendant sept ans, le grand magasin à rayons construit en 1950 a été vendu à rabais.« Qu\u2019un ancien grand magasin serve aujourd\u2019hui de lieu de vie est une exception », laisse entendre Nina Hangebruch.Chercheuse en développement urbain à Dortmund, elle a étudié 220 exemples dans toute l\u2019Allemagne dans le cadre de ses recherches doctorales.Une trentaine de sites servent désormais de lieux de vie plutôt que de lieux d\u2019achat.Mais d\u2019après la chercheuse, seule une poignée de ces bâtiments ont été convertis.Les autres ont été démolis et reconstruits.Cette situation pourrait toutefois bientôt changer, car de plus en plus de personnes font leurs achats en ligne et de moins en moins dans les centres-villes.L\u2019espace dont les détaillants ont besoin pour vendre se réduit donc, tout comme leur chiffre d\u2019affaires.Cela a des conséquences, selon Mme Hangebruch : « Les entreprises ont toujours pu se permettre de payer le loyer le plus élevé.À l\u2019avenir, il est probable qu\u2019ils pourront tout au plus se permettre un espace au rez-de-chaussée.» (Hinz&Kunzt / INSP) ÉTATS-UNIS Désormais criminalisés, les campements À partir d\u2019aujourd\u2019hui, camper sur un terrain public dans le Tennessee deviendra un délit.En mai dernier, l\u2019État a adopté un projet de loi qui criminalise les sans-abri, interdisant de monter des tentes sur des propriétés publiques.Une telle loi a été adoptée pour la première fois au Tennessee en 2020, mais cette nouvelle version fait passer les sanctions d\u2019un délit à un crime, ce qui affecte le droit de vote et celui de trouver un logement.« Malgré le manque de logements abordables et d\u2019espaces d\u2019hébergement, les gouvernements ont choisi de menacer, d\u2019arrêter et de donner des contraventions aux sans-abri pour avoir effectué des activités vitales \u2014 comme dormir ou s\u2019asseoir \u2014 dans un espace public extérieur », déplore dans son rapport le National Homelessness Law Center, un OSBL basé à Washington.Au moment de la rédaction du rapport en 2022, seuls quatre États avaient interdit les campements à l\u2019échelle nationale, mais 15 avaient adopté des lois les limitant dans certains espaces publics.« Parce que les personnes sans-abri ne sont pas dans la rue par choix [.], les sanctions pénales et civiles n\u2019ont aucun objectif constructif, indique l\u2019étude.Au lieu de cela, la crimi- nalisation de l\u2019 itinérance crée un préjudice grave et gaspille de précieuses ressources publiques sur des politiques qui ne contribuent pas à la réduire.En effet, les arrestations, les contraventions et l\u2019éviction de l\u2019espace public de tout être humain qui fait ce qu\u2019 il doit faire pour survivre peuvent faire en sorte qu\u2019 il devienne plus difficile de sortir de l\u2019 itinérance.» (The Contributor / INSP) 9 itineraire.ca 1er juin 2022 Deux organismes de défense des locataires eux-mêmes évincés Le groupe Entraide Logement Hochelaga-Maisonneuve et le Comité BAILS informent et accompagnent chaque jour des personnes en quête d\u2019un logement abordable.Si la vente de l\u2019immeuble il y a un an laissait présager un changement de vocation, ils ont tous deux pris le parti d\u2019y rester, n\u2019ayant nulle part d\u2019autre où aller.Des six organismes locataires, dont le Carrefour Jeunesse et l\u2019Armée du Salut, trois seulement ont décidé de rester sur place après avoir appris que leur locaux appartiendraient dorénavant au Cestar College, une école privée offrant des programmes de droit, de dentisterie et de développement technologique.Marine G.Armengaud est organisatrice communautaire au comité BAILS.Son groupe et elle ne pensaient pas devoir plier bagage aussi vite.« Au départ, on s\u2019est informé sur leurs intentions et si on pouvait rester.C\u2019était flou à ce moment.On savait qu\u2019on devait partir tôt ou tard, mais on a pris la décision de rester le plus longtemps possible, dit-elle.On pensait que ça pouvait prendre encore deux ans avant de devoir déménager.On ne l\u2019avait pas envisagé aussi rapidement.» Les deux groupes ont reçu l\u2019ordre de quitter les lieux le 1er mars, au début de l\u2019année.Ils ont finalement pu reporter l\u2019éviction le 1er juillet.L\u2019organisatrice communautaire affirme que les communications se sont toujours faites par l\u2019entremise d\u2019un gestionnaire d\u2019immeuble et non d\u2019un représentant du groupe Cestar, ce qui rend les échanges difficiles.Accessibilité universelle Les groupes communautaires, tout comme des familles et des individus, ont de plus en plus de difficulté à se loger adéquatement en fonction de leurs besoins.La hausse des loyers et la précarité financière de plusieurs organismes rendent l\u2019exercice ardu.Pour le Comité BAILS, qui vivra cet été son troisième déménagement en quatre ans, le critère d\u2019accessibilité universelle est primordial et restreint les possibilités d\u2019entrée de jeu.« Ça fait partie de notre mandat d\u2019être accessible à tous.On a beaucoup de membres qui ont des problèmes de mobilité, qui se déplacent avec une canne, en fauteuil roulant, en déambulateur\u2026 relate Mme Armengaud.Là on a peut-être un local dans un sous-sol, ce n\u2019est pas l\u2019 idéal, mais il respecte ce critère.On continue à chercher quand même.» Ce local se situe au Pavillon d\u2019Éducation Communautaire (PEC), plus à l\u2019est et plus loin des stations de métro avoisinantes.Nécessitant des investissements majeurs depuis plusieurs années, le PEC mène actuellement une campagne conjointe avec cinq autres groupes d\u2019éducation populaire pour conserver leurs locaux.Les organismes communautaires du PEC devront, eux aussi, quitter si aucune entente n\u2019est prise avec le gouvernement provincial.« À l\u2019heure actuelle, les six centres d\u2019éducation populaire de Montréal sont hébergés dans des locaux excédentaires du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM).En 2018, sous menace d\u2019expulsion, le CSSDM a forcé les CEP à signer un bail qu\u2019 ils seront incapables de payer à terme.Dès juillet 2022, les CEP devront fermer leurs portes », peut-on lire sur le site de la campagne intitulée Ça coûte pas cher et ça change le monde.Simon Bolduc Recommencer Les groupes de défense de locataires sont trop peu connus des gens, croit l\u2019organisatrice communautaire.Celle qui est habituée de monter des dossiers pour trouver des logements sociaux aux usagers du Comité BAILS craint de perdre beaucoup de personnes dans le besoin.« Dès qu\u2019on bouge, les gens sont déboussolés.Quand c\u2019est trop loin, ils ne viennent plus.Un membre qui habite près de la station Préfontaine trouve déjà compliqué de venir nous voir.Il continue de venir parce qu\u2019on est important dans son quotidien.Si on va un peu plus à l\u2019est, on le perd c\u2019est certain.Ça mélange les gens de toujours changer d\u2019adresse.On a aussi des enjeux de se faire connaître dans le quartier.On doit être visible.Dans un sous-sol, on ne devinera pas qu\u2019un comité logement se trouve à l\u2019 intérieur.» Pour Mme Armengaud, on ne prend pas assez la mesure de ce qu\u2019implique d\u2019être déraciné et de devoir recommencer à nouveau, autant pour un organisme communautaire qu\u2019un individu.S\u2019implanter, grandir et s\u2019impliquer dans son quartier ne devrait pas relever d\u2019un privilège, mais d\u2019un droit, pense-t-elle.Freiner la hausse des loyers Il existe plusieurs façons de freiner la hausse des loyers, selon Mme Armengaud.La cessation de bail en est une.Dans ce cas, un locataire qui quitte son loyer cède son bail au même prix et empêche le propriétaire d\u2019appliquer une hausse.« Une des causes de la gentrification est le départ de locataires, ce qui va permettre au propriétaire d\u2019augmenter le logement de manière significative.C\u2019est une mesure à l\u2019échelle de chacun.La difficulté c\u2019est que, quand on décide de céder son bail, on ne se favorise pas soi-même mais un autre.Ça prend une dose de conscience sociale et politique.» Pour ce qui est des politiques municipales, les divers groupes de défense des droits des locataires réclament depuis plusieurs années un registre des loyers.Les propriétaires auraient l\u2019obligation de divulguer le prix payé par l\u2019ancien locataire lorsqu\u2019il signe un nouveau bail.Actuellement, un registre citoyen existe dans lequel les locataires peuvent y inscrire le montant payé mensuellement.À Montréal, l\u2019administration Plante créera, dès l\u2019été 2023, un registre des loyers pour les propriétaires de bâtiments de huit logements et plus.Une mesure dénoncée vivement par la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), qui affirme ne pas avoir été consultée à ce sujet.Des consultations à cet effet sont prévues dans les prochains mois.Marine G.Armengaud Organisatrice communautaire au Comité BAILS Deux organismes de défense des droits des locataires devront changer d\u2019adresse le 1er juillet.L\u2019immense édifice de quatre étages où ils avaient leurs bureaux a été acheté par une école privée de Toronto.L\u2019immeuble a longtemps hébergé plusieurs groupes communautaires du quartier Hochelaga-Maisonneuve.11 itineraire.ca 1er juin 2022 par Karine Bénézet Journaliste responsable de la formation Vie nocturne 13 itineraire.ca 1er juin 2022 La réputation du nightlife de Montréal semble s\u2019éloigner de plus en plus des réalités.Pour Mathieu Grondin, fondateur de l\u2019organisation citoyenne MTL 24?/?24, il est temps de mettre les bouchées doubles pour réviser les règles qui régissent la vie nocturne, et ouvrir le dialogue à d\u2019autres enjeux.Le DJ l\u2019affirme, ce n\u2019est pas juste une histoire de partys, c\u2019est aussi «?du développement communautaire, artistique, culturel, ç\u2019a un lien avec la santé publique, la sécurité urbaine\u2026?».Des facettes que Montréal a le pouvoir d\u2019encadrer depuis qu\u2019elle est reconnue comme métropole et qu\u2019elle peut déroger à certaines lois provinciales pour gérer les activités de son territoire, selon ses spécificités.Notamment en matière d\u2019itinérance, de culture, de patrimoine et d\u2019habitation.Des enjeux qui ne dorment jamais et auxquels L\u2019Itinéraire s\u2019est intéressé.À l\u2019instar des grandes métropoles du monde ou les nuits blanches sont histoires du quotidien, Mathieu Grondin rêve d\u2019un Montréal ouvert 24 h sur 24 h.Une ville où la nuit n\u2019est que la continuité du jour, avec sa propre politique qui répond aux besoins des noctambules qu\u2019ils soient travailleurs de nuit, fêtards ou itinérants.Pour l\u2019artiste nocturne, il est temps de redynamiser le milieu de la nuit par un système de gouvernance dédié, plutôt que de la réprimer, et d\u2019honorer le statut de métropole culturelle de Montréal.À commencer par l\u2019art et ses adeptes.À la même poutine À New York, Berlin, Paris, Amsterdam\u2026 les activités de nuit se décomplexent.Pour certaines, depuis plus d\u2019une décennie.« New York a créé l\u2019Office of Nightlife et à Berlin, les commerces et salles de spectacle sont ouverts 24 h sur 24 », énumère M.Grondin.Même « Toronto a l\u2019équivalent d\u2019un maire de la nuit.Ils se sont intéressés à la vie nocturne avant nous », dit celui qui raconte que dans sa jeunesse, « tout le monde riait de cette ville, parce que les bars fermaient à 1 h du matin.Mais aujourd\u2019hui, ils ont de plus en plus de dérogations pour ouvrir jusqu\u2019à 4 h ».Une situation qui semble faire frémir les noctambules québécois de longue date en concurrence depuis toujours avec ceux de la Ville Reine.À Montréal, rien n\u2019a vraiment changé depuis les années 70.Les bars et bars-spectacles sont encore obligés de crier last call à 3 h du matin et de fermer les terrasses vers 23 h (hors pandémie bien sûr).Pourtant, depuis 2017, Montréal est en droit d\u2019étendre les horaires d\u2019ouverture et de vente d\u2019alcool, grâce à son statut de métropole.Résultat des courses, « Les gens sont arrivés à minuit et n\u2019ont plus que quelques heures pour profiter.Alors, pour avoir un p\u2019tit feeling, ils se dépêchent de boire.Et quand tout est au maximum de sa capacité, on ferme les lieux.Les gens sont tous dehors, mais une demi-heure plus tôt, il n\u2019y avait presque personne.Le monde est en état d\u2019ébriété et certains groupes qui voudraient peut-être ne jamais se croiser dans la vie, se ramassent tous à la même poutine.C\u2019est là que les problèmes commencent.» S E B A S T I E N R O Y F O U R N I E P A R M O N T R É A L 2 4 / 2 4 15 itineraire.ca 14 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Se penser en sécurité La sécurité est un sujet central quand on parle de vie nocturne.« On l\u2019a compris pendant la pandémie, dit Mathieu Grondin.Les gens ne se sentaient pas en sécurité dans la rue parce qu\u2019 il n\u2019y avait rien ni personne.Ce n\u2019est qu\u2019une perception, mais elle n\u2019est pas négligeable.» Une perception qui varie selon qui l\u2019on est, précise Jess Reia.« La nuit urbaine fait peur différemment selon votre ethnie, votre classe, votre situation de logement, votre orientation sexuelle, votre identité et votre expression de genre ».Ainsi pour les deux membres de MTL 24 / 24, « une rue vide peut sembler dangereuse, alors avoir des lieux ouverts jusqu\u2019à plus tard, ou même pendant 24 heures peut garder les rues plus fréquentées et donc augmenter le sentiment de sécurité ».Aménager l\u2019espace urbain Michèle Chappaz s\u2019accorde sur ce dernier point.Bien qu\u2019elle insiste sur le fait que ce n\u2019est qu\u2019un sentiment et non une assurance.La directrice générale du Mouvement pour mettre fin à l\u2019itinérance à Montréal (MMFIM) pose alors la question : « Combien de femmes se sont fait agresser dans des lieux publics sans que personne ne bouge ?» Féministe engagée dans différentes instances pour la sécurité des femmes en milieu urbain et professeure d\u2019autodéfense, Michèle Chappaz juge que « la peur est déjà de l\u2019 insécurité.Elle ajoute que « la sécurité des femmes est une affaire d\u2019aménagement urbain », en plus de dépendre de l\u2019expérience de chacune.Elle se souvient encore du jour de la coupe Stanley, alors qu\u2019elle remontait le boulevard Saint-Laurent : « Il y avait de la lumière, des gens.Et d\u2019un coup, un flot d\u2019humains est arrivé vers moi.Montréal avait gagné, les gens étaient heureux, mais moi, je me sentais vraiment en danger.» La nuit des itinérantes La nuit abrite aussi bon nombre d\u2019itinérantes dont on ne connaît que trop peu de choses si ce n\u2019est qu\u2019elles cherchent à tout prix à ne pas dormir dehors.« On n\u2019a pas beaucoup d\u2019études sur les femmes en situation d\u2019 itinérance cachée, explique la directrice du MMFIM.On ne sait pas où elles dorment.Certaines vont sûrement chez des parents dans des contextes difficiles, d\u2019autres vont chez des hommes en échange de toutes sortes de services.On suppose que c\u2019est pour éviter de se faire agresser dans la rue.Mais c\u2019est de l\u2019extrapolation.» L\u2019itinérance est « un angle mort », dit Mathieu Grondin, qu\u2019il semble d\u2019ailleurs « crucial » aux yeux de Jess Reia d\u2019aborder et de mieux comprendre pour « leur rendre la nuit moins hostile.Ce que nous voyons souvent, c\u2019est une criminalisation de la pauvreté et de la vulnérabilité dans certaines politiques qui traitent de la nuit, des espaces publics et des services publics », déplore-t-iel.Selon les résultats du premier dénombrement de personnes en situation d\u2019itinérance de 2018, les quelques répondants en itinérance cachée dormaient pour 61 % d\u2019entre eux chez quelqu\u2019un, pour 6 %, dans un motel et pour 33 % d\u2019entre eux, en maison de chambre.Le prochain dénombrement se tiendra le 11 octobre prochain.Renforcer les perceptions Par expérience, l\u2019oiseau de nuit pense qu\u2019étendre les heures d\u2019ouverture des commerces, des salles de spectacles et des bars à Montréal permettrait d\u2019éviter ces situations de nuisances qui entraînent entre autres des plaintes de bruits, cheval de bataille de la cohabitation entre noctambules et résidents.« C\u2019est une problématique que l\u2019on constate particulièrement en Amérique du Nord, là où il y a des couvre-feux », précise le fondateur.À Berlin, je n\u2019ai jamais vu personne se battre ou vomir parce qu\u2019 il était saoul », se souvient-il de cette ville où tout est ouvert 24 h / 24.Ici, on boit un shooter cul sec, tandis qu\u2019à Berlin, « on le boit par petites gorgées, pour pouvoir apprécier, sans être saoul, un DJ qui joue à 7 h du matin ».Ces problèmes de bruits liés aux comportements plus qu\u2019aux diffuseurs de spectacles qui en pâtissent \u2014 le feu Divan Orange en est un exemple \u2014 renforcent une vision négative de la nuit, selon Jess Reia, professeur.e de données de l\u2019Université de Virginie et membre du Conseil de la nuit de Montréal, une table de concertation créée par MTL 24 / 24, « La vie nocturne ressemble davantage à un écosystème, avec des communautés, des rythmes et des services différentes.Nous pouvons penser aux hôpitaux, au transport en commun, au déneigement, à la gestion des déchets, aux activités culturelles et éducatives\u2026 la liste est longue.Mais la nuit est surtout vue comme un moment de fête, de bruit, de conflit ou même d\u2019 insécurité », résume l\u2019expert.e.S E B A S T I E N R O Y D A N I E L S P A S E | U N S P L A S H LACHÉRIE PHOTOGRAPHI E F O U R N I E P A R J E S S R E I A 17 itineraire.ca 16 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Ranimer les quartiers excentrés À Montréal, la plupart des activités sont concentrées au centre-ville, dans le Village, sur le Plateau Mont-Royal et dans le Quartier des spectacles.Peu d\u2019options nocturnes existent alors pour les résidents de quartiers excentrés souvent mal desservis par le réseau de transport.« Ce n\u2019est pas vrai que quand tu habites à Pointe-aux-Trembles, dit Mathieu Grondin, il est normal de prendre ta voiture pour accéder à une offre culturelle au centre-ville.» Pour le fondateur de Montréal 24 / 24, l\u2019art et la culture, de jour comme de nuit, font partie de « la vie naturelle » d\u2019un quartier.Et si les résidents ne peuvent pas se déplacer aisément pour en consommer, c\u2019est à la culture de se rapprocher.Le rapport de consultation publique présenté en février 2021 par MTL 24 / 24 au service de développement économique de la Ville recommande alors de « favoriser la réalisation d\u2019activités pilotes dans les espaces urbains inoccupés ou en transition ».L\u2019est d\u2019Hochelaga ou encore quelques quartiers de Rosemont, où se trouvent des zones industrielles exploitables, seraient de bons candidats.« En Europe, beaucoup de boîtes de nuit qui opèrent 24 h sont situées dans des zones industrielles.À Montréal, on n\u2019a pas ça parce que le code d\u2019urbanisme ne permet pas ces conver- sions-là », explique le fondateur.En plus d\u2019y développer des espaces culturels et artistiques, convertir des usines permettrait à la fois de sauvegarder le patrimoine industriel de Montréal et de faire cohabiter toutes sortes d\u2019activités : « Il pourrait y avoir, de jour, des bureaux pour les OBNL qui œuvrent dans les quartiers excentrés, des studios de pratiques, un musée de la nuit, une mairie de la nuit\u2026 Une maison de la culture de la nuit, lance le DJ dans une envolée.Dotons- nous d\u2019un plan ambitieux parce que la vie nocturne de Montréal fait partie de notre ADN depuis 100 ans.» Une famille choisie Pour ceux que le jour exclut, la nuit est une soupape.« Un espace-temps qui attire les plus marginalisés.Ceux qui ne fittent pas dans le jour fittent la nuit », souligne Mathieu Grondin.Un fait d\u2019autant plus vrai pour les communautés LGBTQ+ pour qui la nuit est parfois l\u2019occasion de retrouver sa « famille choisie ».Rowan Marcille ne peut que confirmer ces mots.Intervenant.e communautaire pour Rézo, un organisme qui va vers le mieux- être des hommes qui ont des relations avec les hommes et pour les personnes trans et non-binaires, iel s\u2019occupe du programme travail du sexe.Rowan Mercille est aussi danseur.se, fréquente le milieu de la nuit et connaît les effets positifs sur la santé mentale de sa communauté.« C\u2019est tellement une belle chose.Surtout en tant que personne queer.Le nightlife laisse place à la créativité et être entouré de ses amis et d\u2019 inconnus pour passer de bons moments est une véritable échappatoire.» Un « sanctuaire » même qui permet à certains membres de ces communautés de se sentir eux-mêmes et en sécurité.Le travail du sexe Au milieu de cet espace de liberté évoluent les travailleuses et travailleurs du sexe auprès de qui Rowan Mercille intervient.Pour eux, la vie nocturne est une source de clients non négligeable, et certains endroits, inappropriés de jour, deviennent propices à rencontrer la clientèle de nuit.« La nuit leur offre beaucoup de possibilités », amorce l\u2019intervenant.e, mais en contrepartie, l\u2019insécurité peut s\u2019avérer très présente.« En état de surconsommation, les travailleurs et travailleuses peuvent pogner un client qui peut profiter d\u2019eux.» Pour autant, iel pense que le plus grand apport en termes de sécurité ne tient pas tant à un encadrement de la vie nocturne qu\u2019à une entière décriminalisation de ce travail pour que ceux et celles qui le pratiquent puissent l\u2019exercer dans des espaces sécuritaires dédiés, « sans la peur et le stress de se faire pogner ».Rowan Mercille déplore qu\u2019« au Canada, l\u2019acte de recevoir de l\u2019argent pour un service sexuel est décriminalisé, mais tout ce qui entoure cet axe-là est criminalisé : publier une annonce, louer un espace, payer quand on est client ».C\u2019est ce que l\u2019on appelle le modèle nordique.Si certains le critique, d\u2019autres le défendent, comme la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelles (la CLES) qui considère qu\u2019une légalisation du travail du sexe ne ferait qu\u2019augmenter l\u2019insécurité et les violences en rendant plus difficilement identifiable le proxénétisme et la traite humaine.F O U R N I E P A R C O M M U N I C A T I O N S M I N G O T W O 19 itineraire.ca 18 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Occuper les lieux vacants Si l\u2019idée semble farfelue, elle rejoint pourtant une démarche à laquelle la Ville de Montréal adhère : la sauvegarde du patrimoine bâti et vacant par l\u2019occupation transitoire.Montréal possède de nombreux bâtiments inoccupés qui, laissés en l\u2019état, se dégradent au fil des ans, jusqu\u2019à une éventuelle démolition.Tout ce potentiel peut être exploité par une démarche de requalification.Entremise, un organisme spécialisé en occupation transitoire créé en 2016, travaille justement avec la municipalité sur plusieurs projets d\u2019occupation transitoire, dont une en cours pour la Cité des hospitalières, avenue des Pins, sur Le Plateau-Mont-Royal.Si l\u2019organisation n\u2019est pas spécialisée en reconversion d\u2019usines et de grands bâtiments, Victor Malherbe, référant d\u2019occupation transitoire chez Entremise, cite l\u2019exemple de Bâtiment 7 qui occupe aujourd\u2019hui le site des anciens ateliers ferroviaires du CN, à Pointe-Saint-Charles.Un exemple parfait d\u2019occupation transitoire d\u2019un complexe industriel, avant même que le concept ne se développe au Québec.Cela dit, « Il y a des freins au niveau des règlements de la Ville, dit le référant d\u2019Entremise, qui peuvent rendre la tâche très complexe, en plus des codes du bâtiment et des normes qui peuvent devenir très coûteux à respecter ».Et en la matière, les promoteurs immobiliers gagnent souvent sur la culture.Michèle Chappaz se rappelle très bien des usines de sa jeunesse, reconverties en ateliers d\u2019artistes et autres lieux culturels.Aujourd\u2019hui, « tout a été racheté et transformé en condo.Ça s\u2019est passé dans plusieurs quartiers sans même qu\u2019on s\u2019en rende compte.» Logements et culture ensemble Alors que le 1er juillet prochain inquiète déjà la directrice du MMFIM qui appréhende de voir plus de gens et de familles sans logements, dû à la flambée des prix des loyers et du taux quasi saturé d\u2019occupation, il y a de quoi se demander si tous ces lieux vacants ne pourraient pas servir à créer du logement social.« Tous les espaces de bureau, les magasins vides au rez-de-chaussée, il y en a partout », constate la directrice du MMFIM qui défend ardemment le logement abordable.Du côté de MTL 24 / 24, on pense qu\u2019il est possible de développer la vie nocturne et le logement abordable conjointement.« La vie nocturne et le logement ne doivent pas s\u2019exclure mutuellement, affirme Jess Reia.En fait, ils doivent être pensés ensemble, dans une perspective de droit à la ville.» Cette avenue, Victor Malherbe la confirme : « L\u2019 idée est réaliste.Rien ne nous empêche de voir des combinaisons entre services culturels et espaces résidentiels ».Et au-delà du niveau de complexité dû aux règles de zonage, aux codes et normes du bâtiment, il suffirait d\u2019« avoir le bon écosystème et les bons partenaires, pour diviser la portion logement et les lieux plus communs à vocation artistique.» Squat artistique, une avenue possible ?En Europe, cette cohabitation est historique et largement représentée dans les lieux des squats artistiques, des lieux où citoyens et artistes sans toit prennent possession d\u2019un bâtiment pour y vivre et diffuser.Outre-Atlantique cette tendance illégale a été largement mal perçue, critiquée et a fait l\u2019objet de nombreux avis d\u2019éviction, parfois d\u2019interventions musclées des forces de l\u2019ordre.Aujourd\u2019hui, plusieurs squats ont été légalisés.Mathieu Grondin, lui, préfère parler de centre culturel autogéré.« En Amérique du Nord, le squat est vraiment associé à des piqueries », dit celui qui a fait partie de celui de Préfontaine en 2001, première grande crise du logement à Montréal.À cette époque, « plus de 1 000 familles s\u2019étaient retrouvées à la rue.» Impossible de parler de condo, de logement abordable et de cohabitation sans parler de gentrification.Mathieu Grondin qui vit devant une salle de spectacles et qui évolue depuis toujours dans le milieu constate que plusieurs quartiers à vocation culturelle vivent des moments difficiles depuis que de nouveaux visages s\u2019y sont installés.« Sur la rue Saint-Denis, il y a peu de plaintes de bruit parce que ce sont des artistes et des jeunes qui s\u2019 installent là, pour le dynamisme de la place.Mais à 500 mètres de là, à la Place des festivals, il y a des plaintes, parce qu\u2019 il y a des propriétaires de condos.Et quand on est propriétaire, on veut protéger son investissement.» Seulement, conclut l\u2019artiste qui pense plus que nécessaire de réconcilier le monde du jour et de la nuit, « un quartier au complet ne peut pas changer son visage pour plaire à quelques individus ».ENTREMISE N I K O L A J O H N N Y M I R K O V I C | U N S P L A S H A R C H I V E S L ' I T I N É R A I R E 21 itineraire.ca 20 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Un bel été\u2026 tout en modération Le beau temps est revenu.Avec l\u2019arrivée de la belle saison, vient le sentiment de liberté et le goût de célébrer avec nos proches et amis.Pique-niques sur l\u2019herbe, brunchs en famille, soirées dans le jardin avec des amis, début des vacances sont autant d\u2019occasions de lever nos verres à ce vent de fraîcheur dans nos vies.Cependant, les tentations de multiplier les fêtes et de trinquer en bonne compagnie seront au rendez-vous.L\u2019abus d\u2019alcool pourrait guetter ceux et celles qui auront envie de s\u2019éclater.Pour s\u2019assurer de démarrer l\u2019été du bon pied et de le vivre sans désagréments engendrés par l\u2019abus d\u2019alcool, quelques informations et petits conseils sont de mise : Alterner, c\u2019est facile ! Lors d\u2019une fête ou d\u2019une soirée \u2014 surtout quand il fait chaud, alterner boissons alcoolisées et boissons non alcoolisées, c\u2019est sain, plaisant et plus facile quand on a de bons choix.L\u2019Alternalcool vous propose plus de 150 recettes originales de mocktails concoctées par des mixologues de renom.Une option festive et désaltérante à offrir \u2014 ou à s\u2019offrir.Alternalcool.com .08, ça vient vite ! Savez-vous comment suivre l\u2019évolution de votre alcoolémie au cours d\u2019une soirée ou voulez-vous prévoir d\u2019avance comment l\u2019estimer ?Combien d\u2019alcool consommer si vous êtes un homme ou une femme ?Facile ! Consultez le Calcoolateur, un outil fort utile au www.calcoolateur.com Mangez ! L\u2019alcool est généralement absorbé plus vite dans le sang quand on a le ventre vide.Assurez-vous de prendre le temps de manger ou de prendre une collation avant de prendre un verre, mais évitez les aliments trop gras, salés ou sucrés qui donnent soif, lorsque vous buvez de l\u2019alcool.Soyez un bon hôte, une bonne hôtesse Lorsque vous recevez, remplir les verres systématiquement n\u2019est pas un signe d\u2019hospitalité et de générosité.Respectez le choix de la personne qui refuse un verre d\u2019alcool.Offrez-lui plutôt une boisson sans alcool ou de l\u2019eau.V I C K O M O Z A R A | U N S P L A S H SAVIEZ-VOUS QUE ?Nous n\u2019avons pas toutes et tous les mêmes capacités d\u2019absorption et la même tolérance à l\u2019alcool.Pour une femme de taille moyenne, un verre d\u2019alcool équivaut à un verre et demi chez un homme.Il faut donc moins d\u2019alcool à une femme qu\u2019à un homme pour ressentir les mêmes effets.Alcool et cannabis ne font pas bon ménage, surtout en conduite automobile ! Les effets du cannabis peuvent être plus intenses si on a bu de l\u2019alcool au préalable, car cela augmente davantage le taux de THC.Par ailleurs avoir une alcoolémie de 0,04 dans le sang et fumer un joint font ressentir l\u2019effet équivalent d\u2019un taux d\u2019alcoolémie de 0,08, soit la limite légale pour la conduite automobile.Sur l\u2019eau, une consommation en vaut 3 L\u2019alcool serait en cause dans plus de 30 % des noyades annuelles au Québec.Chaque année, environ cinq Québécois ayant consommé de l\u2019alcool perdent la vie par noyade durant une activité nautique comme la navigation de plaisance, la pêche ou le ski nautique.Sur la terre ferme comme sur l\u2019eau, la consommation d\u2019alcool abaisse la faculté de jugement et augmente le temps de réaction en plus de provoquer certaines difficultés de motricité.Sur l\u2019eau toutefois, ses effets sont renforcés en raison de l\u2019exposition prolongée au vent et au soleil, de la déshydratation et de la fatigue.Les clapotis des vagues et les mouvements de l\u2019embarcation peuvent également agir sur l\u2019équilibre des personnes à bord.Bien que les effets de l\u2019alcool soient variables d\u2019une personne à l\u2019autre, ils pourraient vous mettre en grave danger si vous vous retrouvez dans l\u2019eau.En navigant avec les facultés affaiblies, vous risquez non seulement votre vie, mais aussi celles de vos passagers et des autres plaisanciers.Vous vous exposez par ailleurs à des conséquences similaires à celles applicables en cas de conduite sur la route avec les facultés affaiblies.Source : Société de sauvetage (sauvetage.qc.ca) p a r S i m o n B o l d u c C h a r g é d e p r o j e t , j o u r n a l i s t e Ceci n\u2019est pas une S I M O N B O L D U C 23 itineraire.ca 1er juin 2022 P H O T O S K A R I N E B É N É Z E T Habituellement je me lève vers 7 h, je lis les journaux parce que je dois savoir ce qui se passe et ce qui se dit dans le milieu culturel.Ça change rapidement.C\u2019est aussi un bon moment pour travailler nos projets internationaux, notamment avec la France, par rapport au décalage horaire.Les journées se suivent et ne se ressemblent pas du tout.Mon métier, c\u2019en est un de soir et de nuit.J\u2019aimerais me coucher à des heures impossibles, mais je dois me lever le matin, je dirige un théâtre ! Je commence tôt et je termine tard.Je dois trouver un équilibre.Cette semaine, nous avons intronisé Michel Tremblay au Panthéon du TNM.C\u2019est notre premier artiste intronisé ! Ce soir, c\u2019est la première médiatique de sa pièce Cher Tchekhov, c\u2019est une grosse journée.J\u2019arrive en ce moment d\u2019une rencontre concernant notre projet d\u2019agrandissement.J\u2019étais ravie par la suite de venir ici pour te rencontrer, Maxime, en personne, sur place.Ça fait partie de mon quotidien, les entrevues et celles avec les journalistes.C\u2019est arrivé souvent, surtout pendant la pandémie, où j\u2019ai été extrêmement sollicitée pour prendre la parole au nom des salles de spectacle qui étaient les premières à fermer et les dernières à ouvrir.Après notre café, je m\u2019en vais à la Chambre de commerce de Montréal puisque Mme [Valérie] Plante y donnera une conférence.Je dois rencontrer des partenaires pour parler de nos projets d\u2019infrastructure.Après, j\u2019enlève mon chapeau de directrice générale et je mets celui de directrice artistique.En après-midi, on cherche à établir un lien avec une compagnie de théâtre d\u2019origine haïtienne.Je les rencontre avec notre direction de production et on évalue le potentiel de collaboration.On va leur demander de nous parler de leur projet, de leur vision, de leur rêve.Par la suite, je vois avec les équipes si c\u2019est réalisable.C\u2019est la partie de ma job que j\u2019aime le plus.Directrice artistique, c\u2019est la raison pour laquelle j\u2019ai été engagée au TNM.J\u2019ai grandi dans ce métier-là avec cette formation.C\u2019est parce qu\u2019on t\u2019aime ! Quand des gens du public nous demandent pourquoi tu es là, on leur répond toujours que tu fais partie de la famille.Tu es quelqu\u2019un d\u2019important pour notre théâtre, tu fais partie des meubles.Et tu assistes parfois aux représentations ! Et une petite sieste en fin d\u2019après-midi ?Moi je prends ma marche tous les matins pour faire baisser ma petite bédaine (rires).Je suis un bon mangeux.Je prends aussi des rides de vélo pour voir la nature.Quand j\u2019ai commencé à vendre L\u2019Itinéraire au TNM, je ne pensais pas finir comme camelot à temps plein.On perçoit les théâtres comme un milieu snob, mais au TNM je me suis senti accepté.Les gens du restaurant, les comédiens, le personnel, ils m\u2019ont accepté, ils me disent bonjour, ils me payent un café.Parti comme ça tu vas être bon pour faire le père Noël aux Fêtes (rires) ! Ah tiens donc, c\u2019est loin d\u2019être une mauvaise idée ! Isabelle Brais, la femme de M.Legault, me demande toujours si je suis correct, si je mange bien, si j\u2019ai un toit.Je vais toujours me souvenir quand elle était seule un soir et m\u2019a invité à assister au show avec elle.Je me suis senti tellement considéré.Ça fait du bien c\u2019est fou ! Pour revenir à ma journée.Je me lève, je prends une marche.Après je fais du recyclage avec ma petite camionnette.Je vais vider mon stock que j\u2019ai ramassé la veille.Quand j\u2019ai fini, je déjeune.Après je vais travailler dans Ahuntsic vendre le magazine.C\u2019est une autre clientèle, mais ça marche quand même.Je ne sais pas pourquoi, mais je suis aimé.Je reste poli, je m\u2019habille propre.Là je dois me trimer la barbe, je n\u2019ai pas eu le temps encore.Hier, quand j\u2019ai commencé, le premier 20 minutes, c\u2019était plus dur.Faut aller chercher la clientèle.Quand ils attendent en ligne, c\u2019est là, le meilleur moment.Je vois les artistes et le public.Tout le monde me dit que j\u2019ai toujours le sourire.Après, en attendant que la pièce soit terminée, je me promène dans le Quartier des spectacles.Je reviens à la sortie des théâtres.Le lendemain, je recommence.Je suis un gars bien gêné.Les premiers temps, j\u2019avais mes lunettes de soleil.J\u2019ai beaucoup travaillé sur moi.Faut être tough pour vendre L\u2019Itinéraire downtown.Je vois tellement de personnes maganées maintenant, près du TNM, ça peut brasser.Je me sens en sécurité en dessous de la marquise du TNM.Sur le trottoir c\u2019est autre chose.Je veux vous remercier, personnellement, vous et toute l\u2019équipe du théâtre.Si jamais un jour vous voulez monter une pièce avec un camelot \u2014 je dis ça de même \u2014 j\u2019suis là (rires) ! Je l\u2019ai tellement vécu le centre-ville, j\u2019en ai des choses à raconter.Non ! Mais avant la première, ce soir, on va s\u2019asseoir en grande équipe à la grande table du restaurant du théâtre.On va lever notre verre au travail accompli.On fête ça avant nous ! Après aussi\u2026 (rires).Après je vais aller à la table d\u2019accueil pour rencontrer nos invités.Nos premières sont très glamour.Je vais aller dire merde aux acteurs et à l\u2019auteur, en l\u2019occurence Michel Tremblay ce soir, et je vais faire des relations publiques.Ça fait partie de mon ADN.Je vais attendre la levée du rideau pour prendre la température de la pièce et entendre les réactions.J\u2019ai hâte à ce soir, parce que du Tremblay, ça oscille entre la tragédie et le comique, tu pleures, tu ris, c\u2019est drôle, mais c\u2019est aussi prenant.Mais le dimanche, je n\u2019y touche pas.Je fais le vide, je prends du recul.J\u2019aime beaucoup faire du vélo.Ça fait quelques années que je prends cette journée pour moi, c\u2019est important pour l\u2019équilibre.L orraine Maxim e Lorrain e Lorrain e Lorrain e Maxim e Maxim e Lorrain e Maxim e 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Être humain jusqu\u2019au bout Les séquelles Dans ma jeunesse, j\u2019ai suivi les cours de secourisme de l\u2019Ambulance Saint-Jean, j\u2019ai été patrouilleur de ski et sauveteur en natation.J\u2019étais habitué à secourir des gens avec des jambes et des bras cassés.J\u2019en ai sauvé de la noyade, mais je n\u2019avais jamais vécu rien de semblable à une intervention à la naloxone.Cette expérience a été éprouvante pour moi et même après quelques années, je trouve difficile d\u2019en parler.Il m\u2019arrive encore de faire des cauchemars reliés aux événements de cette soirée.Ça me fait mal de penser à cette jeune femme que j\u2019ai secourue et je ne me sens pas capable de revivre un tel stress.Maintenant, à 64 ans, je n\u2019ai plus la santé pour faire des interventions de ce genre.Je suis moins agile pour me pencher à cause de l\u2019arthrose, j\u2019ai des problèmes respiratoires et de toute façon, la formation sur la naloxone est valide pour deux ans et je n\u2019ai pas l\u2019intention de la suivre à nouveau.À présent que je ne consomme plus de drogues moi-même, je me suis éloigné de ce milieu et il est peu probable que je me retrouve dans une situation où j\u2019aurais à intervenir avec la naloxone.Des outils essentiels Je pense que toutes les personnes à risque de surdose ou susceptibles d\u2019être témoins de surdose devraient avoir en leur possession une trousse de naloxone parce que cela sauve des vies.Des trousses à emporter sont offertes gratuitement dans la plupart des pharmacies.Il existe actuellement une trousse d\u2019analyse pour détecter le fentanyl qui serait ajouté dans les drogues.Mais ces trousses sont disponibles uniquement auprès d\u2019organismes communautaires, des sites d\u2019injection supervisée et de certains établissements de santé.Elles ne sont pas disponibles au grand public.Ces trousses sont souvent utilisées lors de festivals, où le public peut faire vérifier sa substance.« Les gens pensent acheter de l\u2019héroïne \u2014 que, dans les faits, on ne voit presque plus \u2014 et c\u2019est du fentanyl (ou ses dérivés).C\u2019est la raison pour laquelle, dans les festivals, on offre souvent l\u2019analyse de substances.Contrairement à ce que les gens pensent, ça ne fait pas augmenter la consommation, ça la diminue, parce que quand les gens apprennent qu\u2019 ils s\u2019apprêtent à prendre du fentanyl, ils s\u2019en abstiennent généralement.» constatait la Dre Marie-Ève Morin, spécialiste des dépendances et de la santé mentale, dans un article de La Presse paru le 25 mars 2022.On dit souvent qu\u2019en matière de santé, la prévention est importante.Je crois que si les usagers de drogues avaient plus facilement accès aux trousses de détection de fentanyl, comme ils ont accès au naloxone et au narcan actuellement en pharmacie, nous aurions là un moyen de prévenir des surdoses et nous pourrions sauver encore plus de vies.Il y a quelques années, j\u2019ai perdu un collègue camelot, victime d\u2019une surdose de drogue illicite, alors que je l\u2019hébergeais pour une nuit.Quand je me suis levé le matin, je l\u2019ai retrouvé sans vie.J\u2019avais déjà suivi la formation d\u2019une journée en RCR (réanimation cardio-respira- toire) et en intervention brève avec la naloxone.Cette formation est valide pendant deux ans.Mais pour mon compagnon de travail, il était trop tard.En écrivant ce texte, j\u2019ai voulu lui rendre hommage.La naloxone est un médicament qui agit rapidement pour renverser temporairement les effets d\u2019une surdose d\u2019opioïdes (fentanyl, héroïne, morphine et codéine).L\u2019organisme Dopamine, qui offre du soutien aux personnes consommant des drogues par injection et inhalation, m\u2019avait offert la formation permettant d\u2019utiliser la naloxone.Cette dernière est distribuée gratuitement en pharmacie, sous forme injectable ou en vaporisateur nasal.« Chaque jour, un Québécois meurt d\u2019une surdose, selon les données diffusées par l\u2019Agence de la Santé publique du Canada.(\u2026) Un approvisionnement en drogues de plus en plus toxiques, un sentiment accru d\u2019 isolement, de stress et d\u2019anxiété sont évoqués par les autorités de santé fédérale comme autant de facteurs ayant probablement contribué à l\u2019aggravation de la crise des surdoses au cours de la pandémie », peut-on lire dans le document Méfaits associés aux opioïdes et aux stimulants au Canada, du site infobase du gouvernement du Canada, daté de mars 2022.Mon expérience personnelle Par une fin de journée en décembre, revenant d\u2019une visite au Centre des sciences, j\u2019ai vu un petit groupe de gens se disperser comme je m\u2019approchais d\u2019eux.Mais une personne restait au sol, inconsciente, une seringue tombée de son bras.Je venais tout juste de terminer ma formation, alors je n\u2019ai pas eu à réfléchir et j\u2019ai sorti ma trousse de naloxone.Je savais que j\u2019avais entre 10 et 15 minutes pour intervenir.La jeune femme, probablement dans la trentaine, respirait à peine et son pouls était très faible.Je lui ai administré une première dose intranasale mais comme je ne voyais pas d\u2019effet, j\u2019ai fait ce qui est recommandé : je lui ai donné deux autres doses espacées de trois minutes et j\u2019ai pratiqué la RCR.Dès qu\u2019elle a repris conscience, j\u2019ai appelé le 911 et les ambulanciers sont arrivés très rapidement.Ils m\u2019ont remercié et ils ont conduit la jeune femme au CHUM, juste à côté.Tout s\u2019est passé en moins de 20 minutes, mais je vous assure que j\u2019ai trouvé le temps long.Cette affaire m\u2019a bouleversé et je n\u2019ai pas dormi cette nuit-là.J\u2019étais sous le choc et j\u2019ai dû consulter un médecin qui m\u2019a prescrit des calmants pour une courte période.J\u2019aurais aimé savoir ce qu\u2019il est advenu de la jeune femme par la suite, mais je ne connaissais rien d\u2019elle.De toute façon, j\u2019avais fait ce que je devais faire et pour le reste, je n\u2019y pouvais rien.Benoît Chartier Camelot métro Frontenac CARLA BRAGA 27 itineraire.ca 26 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Plus de vols et d\u2019agressions Je pense que ça ne changerait pas grand-chose pour les itinérants.Si tout était ouvert tout le temps, il y aurait peut-être plus de vols et d\u2019agressions.Je n\u2019ai jamais été à la rue, mais je suppose que je préférerais qu\u2019il y ait plus de monde si je devais dormir dehors.DIANE CURADEAU MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Être au chaud Si les commerces ouvraient plus longtemps, les itinérants ne pourraient plus se coucher devant les portes.Mais ça dégage de la chaleur en hiver les entrées ; ça protège du froid.Moi, je dormais souvent dans les autobus de nuit.Par contre, si les métros étaient ouverts plus longtemps ça permettrait à beaucoup d\u2019itinérants de se mettre au chaud.BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO FRONTENAC Réinsertion sociale Je pense que ça ne changerait rien pour les itinérants que Montréal soit ouverte 24 h.Ça ne va pas améliorer leur situation.Ils pourraient bien quêter plus longtemps, mais point de vue réinsertion sociale, à moins que les épiceries qui ouvriraient toute la nuit puissent les faire travailler quelques heures, ça ne changerait rien.KARINE LIZOTTE CAMELOT MARCHÉ METRO PLUS FLEURY / FABRE Tasser plus loin Si Montréal était ouverte 24 h, ça risquerait de limiter les places pour les itinérants.Le monde ne voudrait pas les voir.Ça les obligerait à aller ailleurs.Pour les gens qui quêtent, ça aurait du bon.Mais moi, dans mon cas, j\u2019attendais que les magasins ferment pour me mettre proche de leur entrée parce qu\u2019il y a des caméras, au cas où quelque chose m\u2019arriverait.Mais si on doit s\u2019éloigner, on va où après ?LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ONTARIO / CUVILLIER Un plus pour les itinérants Ce serait bien que les commerces de Montréal soient ouverts tout le temps.Ce serait un plus.Ça permettrait de faire de l\u2019argent même la nuit en quêtant.Et les itinérants se sentiraient moins seuls, on pourrait aller manger dans plus de places.Ce serait sûrement moins dangereux aussi, mais en même temps je connais quelqu\u2019un qui s\u2019est fait battre en plein jour.Il y avait du monde et personne n\u2019a réagi.PASCAL ST-LOUIS CAMELOT D\u2019IBERVILLE / ROSEMONT Dans les rues animées J\u2019ai été itinérant de 1980 à 2011, à Montréal.L\u2019été, je dormais dans les parcs et l\u2019hiver, j\u2019allais où il y avait des cafés, ça me permettait d\u2019entrer et d\u2019être plus longtemps au chaud.Je me tenais surtout au centre-ville, parce qu\u2019on y récolte plus d\u2019argent.Je ne me sentais pas en sécurité partout.Dans le parc Lafontaine, j\u2019y étais bien parce que les flics ne venaient pas m\u2019écœurer, mais je me sentais plus en sécurité la nuit dans les rues animées.Puis une fois 3 h passées, on allait souvent au Green Garden, un restaurant chinois qui fermait seulement entre 5 h et 7 h.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Quels impacts pensez-vous qu\u2019un Montréal 24 h aurait sur les itinérants, la nuit ?A R N A U D | U N S P L A S H 29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 À la fin de 1998, j\u2019ai travaillé dans un bureau de vote aux élections, dans le quartier Ville- Émard.Lors de la soirée, le monsieur assis à la même table que moi m\u2019a informée que celui qui était en train de voter était le poète underground Éric Roger.En quittant, il nous a dit que ses livres étaient disponibles à la bibliothèque.Je les ai empruntés.À l\u2019intérieur, il y avait son adresse de l\u2019époque.Je l\u2019ai contacté en lui disant que j\u2019aime écrire.Il m\u2019a répondu et m\u2019a parlé de la revue Steak Haché qui était produite et publiée à la librairie Le Chercheur de trésors (le nom d\u2019un livre trouvé sur les lieux avant l\u2019ouverture).Richard Gingras, alias Jack Drill, en était le propriétaire.Un monsieur fort sympathique.Il était une véritable encyclopédie, reconnu dans le milieu pour parler d\u2019auteurs et de littérature.Rassembleur Dans Steak Haché, je signais mes poèmes La Poétesse Rêveuse, Agathe Melançon.Tout le monde était admis.C\u2019était un milieu ouvert, sans égards à la classe sociale, un lieu de partage de connaissances et d\u2019encouragement à s\u2019exprimer.C\u2019était un rassemblement d\u2019auteurs et d\u2019illustrateurs, une belle gang ! Et la revue faisait réagir.Elle s\u2019inscrivait dans la contre-culture, en marge, tant pour les gens expérimentés que les jeunes poètes.Je me rappelle d\u2019un lancement du Steak Haché, j\u2019ai encouragé deux de mes amies à y assister.Aucune n\u2019est revenue\u2026 Dans cette librairie, rue Ontario, qui était le quartier général de la poésie « de rue » montréalaise, j\u2019ai croisé plusieurs auteurs dont Yvon Boucher, Denis Vanier, José Acquelin, Patrice Desbiens, Frédérique Marleau, entre autres.Je me rappelle encore aujourd\u2019hui de Denis Vanier, lors des soirées de lancements, il était toujours assis sur son tabouret proche du comptoir du Chercheur de trésors.C\u2019est lui, l\u2019enfant terrible de la poésie, qu\u2019on surnommait aussi le « poète itinérant de la rue Ontario », qui a donné le nom à la revue.C\u2019est tiré d\u2019un vers de son poème, 1 lb de beurre, paru dans le recueil Lesbienne d\u2019acid en 1972.C\u2019est toutefois l\u2019animateur culturel Alain-Arthur Painchaud, qui a pensé et concrétisé l\u2019idée.Elle est inspirée du Refus Global, un demi-siècle plus tard.« C\u2019était un peu une forme de compost.Je disais : \u201c tout le monde est accepté ! Les écrivains professionnels, les amateurs, vous pouvez apporter vos journaux de bord, vos lettres d\u2019amour, vos billets politiques.Vous pouvez faire tout ça.Videz vos garde-robes.\u201d On ne fait pas de censure, on ne fait pas de sélection, on publie tout tel quel, c\u2019est la liberté.C\u2019était ça le truc », se rappelle-t-il.Liberté Vingt ans plus tard, Éric Roger se souvient pourquoi il référait les poètes de tout acabit au Steak Haché : « Il y en a qui n\u2019ont pas nécessairement une éducation, ils ne viennent pas d\u2019une école, ils viennent de la rue, ils veulent s\u2019exprimer.C\u2019est ça, pour moi, l\u2019essence même de la poésie.Il n\u2019y a pas que les gens qui écrivent avec une syntaxe détaillée qui sont importants.Ces gens-là avaient de quoi à dire.Ils sont aussi importants que l\u2019Académie ».La librairie Le Chercheur de trésors était une mine d\u2019informations et un lieu pour faire de belles rencontres.Éric Roger a été pour moi une porte ouverte vers ce milieu.Au lieu d\u2019être stable dans mon cheminement de poète, j\u2019ai décidé de mettre au monde mon plus beau chef-d\u2019œuvre, mon fils.Après sa naissance, j\u2019envoyais des textes et j\u2019ai participé à la revue jusqu\u2019en 2006.En même temps, rien ne se perd, puisque tout ce qui est vécu peut devenir une source d\u2019inspiration.Aujourd\u2019hui, je me considère plus comme une au- teure de quartier, engagée par mon implication dans les journaux communautaires, qu\u2019une auteure grand public.Les auteurs qui réussissent fréquentent assidûment les soirées de poésie et les lancements.Parce que c\u2019est en lisant, en écoutant et en recevant des commentaires qu\u2019une écriture peut évoluer et être partagée.En y repensant, les élections m\u2019ont été très pratiques.Merci Éric d\u2019être là pour les poètes ! Merci à la gang du Steak Haché qui m\u2019a permis de parfaire mes connaissances.C\u2019était un tremplin pour les poètes de ma génération.Ce fut comme une belle grande famille qui se donnait de l\u2019inspiration, des bons souvenirs et de belles amitiés.C\u2019est lors d\u2019un échange avec un membre de L\u2019Itinéraire que j\u2019ai réalisé que le Steak Haché faisait partie non seulement de mon histoire personnelle, mais aussi de notre histoire littéraire collective.Dans le feu de l\u2019action, je ne l\u2019avais jamais réalisé.Camelot Métro Lionel-Groulx par Agathe Melançon - La poétesse rêveuse D'une soirée électorale soirées de poésie à des Historique de Steak Haché S I M O N B O L D U C | A R T C A R L A B R A G A 28 mai 1998 : Baptême de la revue par Denis Vanier et Alain-Arthur Painchaud.1er juin 1998 : Parution du numéro zéro.1999 : Début de ma participation.2000 : Parution de Steak Haché anthologique, La vérité se passe un doigt (70 artistes et auteurs participants).2006 : Fin de ma participation, j'ai collaboré 49 fois.2007 : Dernier numéro, le 109 (pour du sang neuf).6 avril 2011 : Conférence de Patrick Tillard à l'Université du Québec à Montréal avec Richard Gingras comme invité.Le titre de la conférence : 109 numéros, 700 collaborateurs - La revue Steak Haché contre le docte du pouvoir et les Poèmes-Parking.2022 : Les revues Steak Haché sont recherchées par les collectionneurs dans les librairies, elles sont vendues 5 $ à 10 $, selon son fondateur Alain-Arthur Painchaud.30 itineraire.ca 1er juin 2022 Future cheffe Depuis quelques mois, j\u2019initie ma petite-fille d\u2019à peine quatre ans à la cuisine, et elle adore ça.La première fois, on a fait du pain doré.Je lui ai appris à battre un œuf et vous savez quoi ?Elle a bien battu ce pauvre coco, mais dans le sens contraire des aiguilles d\u2019une montre.Considérons-la donc comme une future anticonformiste.Je lui fais ajouter le lait et quelques gouttes d\u2019extrait de vraie fausse vanille.Pour la cuisson, c\u2019est moi qui m\u2019en occupe, mais elle reste près pour observer et évidemment, elle pose des questions.Pourquoi ci, pourquoi ça ?On voit bien qu\u2019elle veut apprendre.Pendant ce temps mon fils filme le tout pour la postérité.Une autre fois, on a fait des croquettes de poulet qui étaient succulentes.On a aussi fait des carrés aux Rice Krispies.Ça, c\u2019était vraiment amusant car elle a participé à toutes les étapes, même goûter avant que ça soit prêt\u2026 J\u2019adore faire la cuisine avec elle.On passe du bon temps tout en s\u2019amusant à faire des choses utiles.Il faut que je vous dise que pour ce qui est de m\u2019aider pour la vaisselle, eh bien mademoiselle n\u2019a aucun intérêt.Elle m\u2019abandonne à mon triste sort.Ce n\u2019est pas bien grave car ce qu\u2019elle ne sait pas c\u2019est que je profite de son don.Celui de me faire oublier toute cette laideur qui sévit dans le monde.Mon nightlife à moi Dans les années 80, j\u2019habitais seule dans un petit appartement.Le soir, je sortais dans les bars quand c\u2019était les Ladies\u2019 Night.Les drinks étaient gratuits pour les femmes jusqu\u2019à minuit.On arrivait très tôt pour être sûre de ne pas payer après minuit.Dans ces années, pour moi les meilleurs postes de radio étaient CKLM avec Roch Denis, CKMF avec les Alain Montpetit, Coco Douglas, Guy Aubry et Ricky Dee.Il y avait aussi Mario Lirette à CFGL, aujourd\u2019hui devenu Rythme FM.Ces vedettes animaient aussi dans les discothèques de Montréal.La première où j\u2019ai mis les pieds était l\u2019Arnaque.Il y a aussi eu l\u2019Horizon, l\u2019Octogone, le 12-34, l\u2019Action, le Magic, le Funky Town, le Lime Light, le Chalet Doré, le Salon des Cents, le Passeport et le Picasso.Il y avait aussi le fameux bar le Hasard.Quelle place ! On faisait au DJ des demandes spéciales, en français, en anglais, il les mettait.Je demandais la toune Je dois m\u2019en aller du groupe Niagara et Marcia Baïla de Les Rita Mitsouko.En anglais, je demandais Midnight Oil, Duran Duran, Modern Talking, Tears For Fears, les Talking Heads\u2026 Mes chansons préférées : Let it go de Luba, Smalltown Boy de Bronski Beat (je m\u2019évadais sur ça), It\u2019s My Life de Talk Talk et tellement plus ! J\u2019ai fréquenté les bars de chansonniers tels que Les 2 Pierrots, le Saint-Vincent, l\u2019Hôtel Nelson, Chez Queux, l\u2019Iroquois, les Fortifications.Ensuite, il y a eu les années 90.La décennie du rock avec Alanis Morissette, les Cranberries, Jean Leloup, les Colocs, Éric Lapointe, les Vilains Pingouins, Noir Silence, Marjo, Joe Bocan, Marie-Michèle Desrosiers, France D\u2019Amour.Ce sont mes années et mon nightlife à moi.À vous aussi ?Je mélange peut-être les groupes et les décennies, mais une chose est sûre, ces tounes-là sont la trame sonore de ma vie, encore aujourd\u2019hui.ANNE-MARIE WISEMAN CAMELOT MONT-ROYAL / FABRE CHRISTIAN TARTE CAMELOT PHARMACIE JEAN-COUTU 28E AVENUE / BEAUBIEN AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX Tout commence par un bon Steak Haché De la poésie brute à la poésie d\u2019élite Il y a toujours de la place Quand on trouve un lecteur Au-delà des coquilles, des fautes La passion de communiquer l\u2019emporte Underground à l\u2019universitaire Famille de mots, de sens La culture du peuple aux initiés Croire en soi est notre vaisseau spatial La galaxie des différences, big-bang littéraire Osons prendre notre place Donnons un menu différent C\u2019est un complément de circonstance Un buffet d\u2019écriture à partager Chacun y trouve son compte Des livres à compte d\u2019auteur à l\u2019éditeur Tous vivent, évoluent, pensent Ils s\u2019enrichissent d\u2019idées Steak Haché que t\u2019était bon Pour cuisiner des belles soirées Tous collègues de ce chef-d\u2019œuvre De la fraternité de la palette de nos couleurs Un musée sur papier Une muse à explorer J\u2019en ai fait partie De ce bout d\u2019histoire Aujourd\u2019hui quand tu me dis Que ça s\u2019étudie ce mouvement J\u2019en suis fière D\u2019y avoir participé Quelle belle recette pour y attirer Des auteurs au libraire Une fête de la créativité Des belles conversations, un esprit d\u2019appartenance L\u2019art d\u2019être ensemble ! 32 itineraire.ca 1er juin 2022 par Yanick Paradis, coordonnateur à l\u2019intervention chez Dopamine Le pouvoir du lien en travail de rue 1er juin 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n\u2019engagent que les auteurs.peut avoir le rôle d\u2019informer et de sensibiliser sur les diverses réalités vécues par certains groupes de sa communauté.Le travail de rue a comme philosophie d\u2019approche la réduction des risques.En gros, c\u2019est une approche qui se veut préventive, humaniste et pragmatique.La personne est au centre de l\u2019intervention et on intervient à partir des besoins nommés par cette dernière, pas nécessairement à partir des besoins perçus par l\u2019intervenant.Une des sphères d\u2019action de cette approche est l\u2019empowerment (pouvoir d\u2019agir).Cette approche a comme but d\u2019outiller les gens pour qu\u2019ils développent leur confiance personnelle et leur autonomie.À titre d\u2019exemple, une TR peut accompagner et aider un groupe de personnes qui résident dans un campement et qui vivent différents enjeux à prendre parole et se positionner.Le TR peut aussi mettre en lien ces personnes avec diverses instances ou comités.Encore une fois, je tiens à préciser que ce n\u2019est pas la TR qui prend position.Le praticien accompagne, outille et peut mettre en lien les gens.Avec sa posture d\u2019écoute, l\u2019intervenant de rue peut aussi accueillir les frustrations des diverses parties, leur permettre de ventiler sur les réalités vécues et de trouver une façon de formuler le tout pour qu\u2019on nomme franchement les enjeux.En conclusion, je crois que la pratique du travail de rue a un rôle majeur à jouer auprès de la communauté.Elle travaille dans l\u2019ombre auprès des personnes qui sont (malheureusement) plus dans l\u2019ombre qu\u2019elle.Je définirai cette ombre par les pressions sociales, les préjugés, les incompréhensions et la répression que la communauté peut subir.C\u2019est peut-être l\u2019ancien travailleur de rue qui vous parle dans ce dernier paragraphe, mais je nous invite au dialogue, à l\u2019empathie et à l\u2019entraide.Nous avons tous décidé d\u2019avoir des voisins, que ce soit dans un condo ou dans un sac de couchage.Parlons- nous en nous respectant l\u2019un et l\u2019autre.Et je me permets de lever mon chapeau aux TR qui se promènent, peu importe votre territoire.Vous faites une différence ! Vive le travail de rue ! Et surtout longue vie à cette pratique ! Bonjour à tous.Je suis bien content d\u2019avoir l\u2019opportunité de vous parler d\u2019une pratique qui me tient à cœur ; le travail de rue (travailleur et travailleuse de rue, communément appelés TR) et l\u2019impact que cette pratique peut avoir auprès des personnes qui sont en situation d\u2019itinérance ou qui vivent d\u2019autres situations de vie.Dans un premier temps, il est impossible que je parle de cette pratique essentielle sans parler du lien de confiance.La praticienne, à travers les différents cycles d\u2019intégration, observe, repère et utilise plusieurs stratégies pour entrer en contact avec les différents acteurs de son territoire.Le travailleur de rue n\u2019attend pas une demande ou une « problématique » précise, mais a le mandat d\u2019être présent et accessible.D\u2019un hochement de tête à un « salut », il tisse, à travers le temps, des liens significatifs avec sa communauté.Quand je parle de communauté, je parle évidemment des gens qui sont reliés à son mandat (à titre d\u2019exemple : les jeunes, les personnes qui utilisent des drogues, les personnes qui font le travail du sexe, les personnes âgées ou autres mandats), mais aussi les commerçants, autres organismes communautaires, travailleuses et autres résidents de son territoire.La pratique s\u2019installe dans le quotidien des personnes et du quartier.Avec le privilège d\u2019être avec les gens au quotidien et dans une approche généraliste, la TR va traverser plusieurs étapes de vie avec eux.De la stabilité résidentielle à la rue pour certaines, le TR va informer, outiller, référer et accompagner au besoin les personnes tout au long des divers processus de ces dernières.Mais elle va surtout être LÀ, à l\u2019écoute, disponible, accessible, en adoptant une posture d\u2019empathie.Dans un deuxième temps, le TR peut jouer un rôle de facilita- teur de communication envers les divers groupes de sa communauté.Sans parler pour les personnes concernées, le praticien peut parler des besoins nommés par ces dernières et ses observations auprès des différentes actrices du quartier.Que ce soit envers sa propre structure organisationnelle, dans une table de concertation, auprès des partenaires ou autres résidents, le TR Du 16 au 22 mai avait lieu la 2e édition de la Semaine du Travail de Rue (STR) organisée par le Regroupement des Organismes Communautaires Québécois pour le Travail de Rue (ROCQTR) et l\u2019Association des Travailleurs et Travailleuses de rue du Québec.Pour l\u2019occasion, le RAPSIM a choisi de donner la parole à Yanick Paradis, qui cumule 12 ans d\u2019expérience comme travailleur de rue et qui occupe depuis 2016 le poste de coordonnateur à l\u2019intervention chez Dopamine, un organisme communautaire situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve qui a pour mandat d\u2019accueillir, soutenir et accompagner les personnes consommant des drogues, leur entourage et la population en général du quartier et des secteurs environnants. itineraire.ca 1er juin 2022 itineraire.ca 1er juin 2022 Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault Cohérence quand tu nous tiens Vous l\u2019avez sans doute oublié, mais il y a eu un gros quatre mois entre la déclaration officielle que la COVID était bel et bien installée au Québec (13 mars 2020 ) et l\u2019obligation de le porter dans tous les lieux publics (18 juillet 2020).Au départ, Arruda et cie le déconseillait même sous prétexte qu\u2019il procurait un faux sentiment de sécurité, incitant à moins faire attention aux autres mesures sanitaires (lavage de mains, distanciation).Tout cela alors que tous les avis scientifiques sérieux le recommandaient et que la véritable raison (je ne veux pas faire de complot ici, j\u2019avoue que je ne fais que spéculer) est probablement que le gouvernement n\u2019avait pas de réserves suffisantes de masques pour en fournir à toute la population.Mais tant qu\u2019à moi, on en n\u2019est vraiment plus à une contradiction près.Pourquoi maintenir l\u2019obligation du masque dans les transports en commun (dans les établissements de santé cela va de soi), alors qu\u2019on peut l\u2019enlever partout ailleurs.Après tout, nous sommes bien plus souvent à proximité des autres dans les épiceries, les centres commerciaux, les pharmacies, sans parler des bars ou restaurants, que nous ne le sommes la plupart du temps dans les transports en commun.Moi qui durant tout ce temps n\u2019ai jamais cessé d\u2019utiliser bus et métro, je n\u2019en reviens toujours pas qu\u2019en pleine heure de pointe, on trouve presque toujours une place assise dans les véhicules.Alors qu\u2019avant, particulièrement sur la ligne orange, il fallait souvent attendre deux ou trois rames de métro avant de pouvoir s\u2019y faufiler en classe boîtes à sardines écrabouillées.Et au final, les gens sont aussi capables de jugement.S\u2019il n\u2019est plus obligatoire de le porter, il n\u2019est pas plus obligatoire de le retirer.Après deux ans d\u2019entraînement et de matraquage sanitaire psychologique permanent, les individus sont capables de décider s\u2019ils se sentent trop exposés, trop à proximité d\u2019autres personnes et s\u2019ils préfèrent sacrifier un peu de confort pour un peu plus de sécurité ou de santé.Ce n\u2019est pas comme si après la 3 874 942 653e répétition, les gens n\u2019avaient pas encore assimilé les TROIS « gestes barrières ».Pendant ce temps au sud Au cours de ces mêmes jours de mai, nos voisins du sud (les Républicains surtout) ont définitivement laissé tomber les masques (qu\u2019ils n\u2019ont d\u2019ailleurs jamais porté pour la grande majorité).Début mai, on apprenait que la Cour suprême américaine (que Trump est parvenu en quatre ans à remodeler à son idéologie d\u2019extrême-droite pour sans doute 20 ou 30 ans) s\u2019apprête à re-criminaliser l\u2019avortement en renversant le fameux jugement Roe vs.Wade qui le légalisait.Le 14 mai, un suprémaciste blanc de 18 ans entrait dans une épicerie d\u2019un ghetto noir de Buffalo pour abattre 10 personnes afro-américaines avec un AK-47, massacre qu\u2019il diffusait en direct sur un quelconque réseau social.Le lendemain, un autre fêlé entrait dans une église en Californie pour y commettre une autre fusillade.Le pire, c\u2019est que toutes ces personnes et ces courants politiques prétendent agir pour sauvegarder leurs libertés fondamentales et leur « démocratie », se permettant même d\u2019entrer en guerre (ou menacer de le faire) contre des pays comme l\u2019Afghanistan ou l\u2019Iran, sous prétexte qu\u2019ils sont dirigés par des fanatiques religieux.Venant de gens qui justifient leurs actions et leurs politiques sur des écrits religieux vieux de 2 000 ans ou sur une constitution écrite, alors que n\u2019existaient ni l\u2019internet, ni les armes d\u2019assaut ou l\u2019avortement, il y a quand même matière à rester perplexe ! Quand tombent les masques ! Depuis le 14 mai, le port du masque n\u2019est enfin plus obligatoire dans tous les lieux publics, à l\u2019exception des transports en commun et des établissements de santé.Après presque deux ans à le trimballer chaque fois qu\u2019il fallait entrer quelque part, on avait presque oublié qu\u2019il est tout sauf normal de vivre dans un monde où tout un chacun est masqué, comme dans les films post-apocalyptiques ou les reportages sur les villes si polluées qu\u2019il n\u2019y est même plus sain de respirer librement.Il faut dire que la journée tombait à point, puisqu\u2019il faisait 35  degrés et que nous traversions la canicule la plus précoce de l\u2019histoire de la météo québécoise.Ce qui n\u2019indique non plus rien de trop positif sur les changements climatiques.Symboliquement, dans la même période, le conteneur à sueur, morve et bave qu\u2019était le fameux bout de tissu bleu était loin d\u2019être le seul masque à tomber.R A W P I X E L JOHN NOONAN | UNSPLASH 35 34 T Z A R A M A U D La vie de Richard Z.Sirois avance en reculant dans le temps.Quand la pandémie a neutralisé la planète, l\u2019ex-Bleu Poudre a tout vendu et est parti vivre en Gaspésie dans la maison familiale dont il a hérité.Vivant le deuil de son père depuis 2018, il écrit et publie sur ses réseaux sociaux un touchant texte en sa mémoire qui lui donnera la piqûre d\u2019écrire.Ne sachant pas sur quoi écrire précisément, c\u2019est un commentaire de son fils qui est venu chambouler la suite des choses : « Écris sur ce que tu aimes ».« C\u2019est complètement fou comment la vie peut basculer à cause d\u2019une simple phrase Quand la pandémie est arrivée, j\u2019habitais dans un condo à Saint-Jérôme, dit l\u2019ex-humo- riste.Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sans contrat.Le dernier de mes trois enfants est parti de la maison pour étudier à Sherbrooke.J\u2019ai décidé de déménager à Matane en septembre 2020.C\u2019est la maison où mon grand-père et mon père ont vécu.C\u2019est la maison familiale depuis 100 ans.Je me suis installé là-bas et là, j\u2019ai écouté quelque chose comme 400 épisodes de séries sur Netflix.Je n\u2019avais aucun projet devant moi.Dans ma tête, ma carrière professionnelle était terminée.Je vais bientôt avoir 66 ans ».Le besoin de briser son isolement est ce qui l\u2019a poussé à écrire.Aux portes de la Gaspésie à l\u2019aube de la saison hivernale, le passionné de musique s\u2019est mis à écrire des chroniques sur son groupe Facebook, Le vinyle de l\u2019insomniaque qu\u2019il a créé à cet effet.Publiées chaque soir à minuit, elles ont réussi à mobiliser toute une communauté de mélomanes amateurs qui s\u2019échangent souvenirs et découvertes.Au moment d\u2019écrire ces lignes, on comptait presque 9 000 abonnés.Les chroniques de Z.Sirois ont attiré l\u2019attention du président du groupe Arsenal Média, Sylvain Chamberland, dont l\u2019entreprise possède 18 stations de radio FM un peu partout au Québec.Il lui propose une émission de radio, de nuit, diffusée en fin de semaine entre 23 h et 2 h.Le futur animateur accepte sous deux conditions : « Je lui ai mentionné que je ne déménagerais pas à Montréal pour ça.Ma deuxième condition c\u2019était d\u2019avoir des tables tournantes.Ils ont équipé le studio de Matane pour que je fasse jouer uniquement des vinyles.» Le titre de l\u2019émission, Les vinyles de A à Z, n\u2019est pas sans rappeler Le rock de A à Z qu\u2019il a animé à ses débuts, à la radio de CIBL à Montréal, en compagnie de Guy A.Lepage en 1981.par Simon Bolduc Chargé de projet, journaliste 37 itineraire.ca 36 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Oiseau de nuit Revenu là où il a grandi, à Matane, Z Sirois remplit chaque vendredi et samedi soir sa caisse de lait de 33 tours et marche jusqu\u2019à la station de radio quand la nuit tombe.La maison centenaire est à un jet de pierre du studio.« La nuit ici, c\u2019est bien particulier.Je pars vers 22 h et je ne reviens jamais avant 3 h.J\u2019ai besoin de 36 chansons, j\u2019ai 40 vinyles, et c\u2019est à 142 secondes à pied de chez nous, énumère- t-il J\u2019aime ça parce que c\u2019est déboussolant à chaque fois.Souvent je me dis : \u201c Voyons qu\u2019est-ce que je fais là, le vent dans face en pleine tempête \u201d.On est direct sur le bord du fleuve, c\u2019est spécial de se promener au milieu de la nuit avec mes disques », raconte-t-il.D\u2019aussi loin qu\u2019il se souvienne, l\u2019animateur de radio a toujours été un oiseau de nuit.« C\u2019est la plus belle période, puisque personne ne te téléphone, personne ne t\u2019écrit.Entre minuit et 3 h du matin, c\u2019est les plus belles heures, c\u2019est là que je suis productif.» Si le couvre-feu a affecté l\u2019ensemble des Québécois, il a été particulièrement difficile pour celui qui vit quand le soleil se couche.C\u2019est cette contrainte qui l\u2019a poussé à briser son isolement à travers ses chroniques musicales spontanées.« Les gens qui étaient debout me répondaient et on se parlait souvent jusqu\u2019à 3-4 heures du matin, dit Richard Z.Sirois.Je me rendais compte que je brisais leur isolement aussi.J\u2019ai fait ça pendant longtemps.Au bout de 60 chroniques, un éditeur m\u2019a contacté avec l\u2019 idée d\u2019en faire un livre, explique-t-il.Et c\u2019était pour moi important de l\u2019écrire dans le même esprit.Il a été entièrement écrit après minuit.» Un livre d\u2019histoire Dans l\u2019imposant livre aux dimensions d\u2019un disque vinyle, Richard Z.Sirois se dévoile à travers les albums et les spectacles inoubliables qui meublent sa vie.Frappé par la nostalgie, il raconte ses premiers trip de drogue, ses premiers shows, ses premières blondes.Le livre, qui est réparti en cinq décennies, est une sorte de testament, un « héritage », selon lui.Un livre qui s\u2019écoute.Dès les premières pages, on est plongé dans l\u2019univers des années 70, où Janis Joplin et les Beatles secouent la jeunesse américaine.C\u2019est aussi l\u2019époque de Robert Charlebois qui revient de son pèlerinage californien et qui rapporte avec lui le rock du Québec Power.Souvent humoristiques, parfois touchantes, les anecdotes racontées tout au long du livre témoignent aussi d\u2019une histoire musicale québécoise oubliée.Comme celle-ci : « Cet été-là, Sting et ses comparses, Andy Summers et Stewart Copeland (le batteur), se rendront pas très loin de Montréal pour finaliser leur album Synchronicity.En effet, une partie du disque a été enregistrée dans les Laurentides, au studio Morin-Heights (aussi appelé Le Studio).lieu légendaire, mais qui malheureusement n\u2019existe plus.Ses murs ont vu et entendu les Bryan Adams, David Bowie et Rush, sans oublier les grands d\u2019 ici : Paul Piché, Beau Dommage, Vilain Pingouin, Daniel Bélanger, tous à la recherche d\u2019une certaine perfection quand vient le temps d\u2019enregistrer ».D\u2019un point de vue plus personnel, on apprendra entre autres que le jeune Richard Z.croisera sa mère au show de Pink Floyd à l\u2019Autostade en 1975, alors qu\u2019il était sur le gros party.Ou encore la fois où il a perdu sa sœur de 13 ans qui l\u2019accompagnait au show de Grand Funk Railroad avec 20 000 rockeurs dans le métro bondé pour revenir à Pierrefonds, en 1971, à 15 ans.Son premier french kiss ?Sur l\u2019album Abbey Road des Beatles : « Les nouvelles voyagent vite.Mon père va apprendre que j\u2019ai embrassé une fille, et il va me donner le cours d\u2019éducation sexuelle le plus court de l\u2019histoire de l\u2019humanité [.] Ça ressemblait à ça : \u201c À Matane, quand j\u2019avais 17 ans, un de mes bons chums a embrassé une fille.Pis là, la fille est tombée enceinte.Ça a été vraiment compliqué, pis je pense que mon ami s\u2019est sauvé à Vancouver \u201d.» Impossible de ne pas replonger dans l\u2019histoire du Québec, où on est avec lui et Dédé Fortin au Métropolis en 1995, lors de la soirée du référendum et du lancement de l\u2019album Atrocetomique.Ce même Dédé Fortin qu\u2019il a rencontré cinq ans plus tôt lorsqu\u2019il animait l\u2019émission 100 Limite à TQS pour laquelle le futur chanteur des Colocs était monteur.L\u2019artiste lui avait, à cette époque, demandé d\u2019écouter les premiers balbutiements musicaux du groupe devenu légendaire.« Je suis vraiment trop occupé, j\u2019ai pas beaucoup de temps », lui avait répondu Z.Sirois.Inutile de dire qu\u2019il regrette sa réponse aujourd\u2019hui.Choisir ses disques Raconter la trame sonore de sa vie en cinq décennies quand on est maniaque de musique donne l\u2019embarras du choix.Choisir tel ou tel disque peut s\u2019avérer difficile.Choisir quelle anecdote racontée encore plus.« Souvent, je partais d\u2019un disque qui me rappelait un souvenir.D\u2019autres fois c\u2019était l\u2019 inverse, je partais d\u2019un souvenir pour parler d\u2019un disque.Ça allait vraiment dans les deux sens », raconte Richard Z.Sirois.Un exercice qui l\u2019a plongé directement dans les années de son enfance, à Matane, de son adolescence à Pierrefonds et de sa carrière professionnelle à Montréal.« Ce qui est fou c\u2019est que je revienne finir ma vie ici.Je reviens à l\u2019enfance, c\u2019est très étrange.L\u2019envers de ça [l\u2019écriture du livre], c\u2019est que je réalise que la vie a passé tellement vite.Je me revois dans cette maison, à 5-6 ans, je revois ma famille, les gros party\u2026 ».Si on sent que les décennies de 1970 et 1980 ont été plus évidentes à écrire, les anecdotes deviennent de plus en plus insipides au tournant des années 2 000.Les souvenirs musicaux relatés le sont avec moins de passion.« C\u2019est sûr que les disques qu\u2019on va aimer le plus dans notre vie sont ceux qui nous ont marqué le plus étant jeune, avant les grosses responsabilités, avant la vie adulte », explique-t-il.L\u2019âge d\u2019or du vinyle Rejoint au téléphone alors qu\u2019il était sur la route, Richard Z.Sirois se rendait ce jour-là chez le disquaire le plus proche, à Rimouski.Il comptait mettre la main sur le dernier long jeu du groupe montréalais Arcade Fire.« C\u2019est la grosse sortie de la semaine, je devais aller le chercher, lance-t-il.J\u2019ai aussi déniché un Pagliaro et un Daniel Lavoie.C\u2019est moi qui fournit les vinyles, j\u2019essaie d\u2019être le plus à jour possible.C\u2019est 24 chansons en français et 48 en anglais.Ça peut devenir facile de se répéter.» Le disque vinyle revient en force depuis plusieurs années.S\u2019il était obligatoire d\u2019avoir une table tournante dans les années 1970 pour écouter de la musique, la cassette et le disque laser l\u2019ont supplanté pour ensuite devenir désuets à l\u2019ère de la numérisation généralisée.Les nouveaux passionnés du gros disque rond sont donc plus enclins à rechercher une perfection absolue.Quiconque est familier avec le populaire groupe Facebook Passion du disque vinyle peut témoigner des photos des set-up de fou que les gens publient, rigole-t-il.Richard Z.Sirois n\u2019appartient pas à cette génération de nouveaux adeptes.« J\u2019ai le même système de son depuis 25 ans et je l\u2019ai déménagé 12 fois.Ça griche un peu, mes disques peuvent sauter.J\u2019ai changé ma table tournante cette année, elle va durer une éternité.Je ne suis pas un vrai mélomane et je suis encore moins un vrai collectionneur.Je suis un petit peu de tout ça.Je suis un passionné.Les vrais mélomanes veulent une qualité sonore maximale, ils cherchent à tout prix les premiers pressages », dit celui qui croit que la pandémie a initié beaucoup de personnes à cette manière d\u2019écouter la musique.« Les gens ont voulu du concret.Les jeux de société, les casse-têtes, les livres\u2026 c\u2019est comme si on retrouvait le plaisir de manipuler des objets réels.C\u2019est pareil pour le vinyle, il est vrai, on le touche, on le tourne de bord.Je ne sais pas comment l\u2019expliquer.Il y a peut-être l\u2019effet d\u2019une mode, oui, et c\u2019est correct aussi », conclut le noctambule qui est finalement bien loin de sa retraite.L\u2019animateur accompagné de son technicien Patrick Bouchard, alias Dj Ice Pat.Crédit photo : Pierre-Mark Lavoie 39 itineraire.ca 38 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 Camelot marché Metro chemin Chambly, Longueuil par Gabriel Lavoie Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.De nouvelles novas Dans l\u2019univers, il existe une multitude d\u2019objets et d\u2019étoiles comme les supernovas, dont la taille est d\u2019environ celle de la Terre.Bien connues, ces étoiles ont brûlé tout leur carburant.Et avec le temps, leur noyau devient si lourd qu\u2019il ne peut résister à sa propre force gravitationnelle, il s\u2019effondre puis, explose.Ce cataclysme est visible à des milliers, voire des millions d\u2019années-lumière.Une seule année-lumière revient à voyager à 300 000 kilomètres par seconde, pendant 1 an ! Faites le calcul\u2026 Elles peuvent donc brûler des milliards de kilos de matière et atteindre des températures inimaginables.Mais récemment, des astronomes ont découvert un nouveau type d\u2019étoile : la micronova.Ces étoiles sont des naines blanches, c\u2019est-à-dire des étoiles mortes, peu massives et faiblement brillantes, du diamètre de la Terre, mais avec la masse du soleil.La particularité des micronovas semble être que leur explosion ne se produit qu\u2019aux pôles et non sur toute la surface.On parle d\u2019une explosion de 1 million de fois moins puissante qu\u2019une supernova.La présence de trois d\u2019entre elles a été confirmée par les données du satellite américain Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS) à 1 680, 3 720 et à 4 900 années-lumière.Ce qui interpelle les scientifiques est bien le type d\u2019explosion.Ils se demandent si ces micronovas n\u2019appartiendraient pas à un système d\u2019étoile double et ne pourraient pas voler de l\u2019hydrogène aux étoiles voisines, ce qui provoquerait alors d\u2019autres explosions.Les étoiles de type soleil existent en grande quantité dans notre galaxie, dont la plupart sont des systèmes binaires, donc deux étoiles dans le même système.Source : Agence Science Presse, Micro-explosions à l\u2019échelle cosmique, avril 2022.Le sirop d\u2019érable, bon pour la santé ?On le sait, les sucreries sont mauvaises pour la santé.Et le sirop d\u2019érable, sucrerie patrimoniale d\u2019excellence, est lui aussi composé de sucres : saccharose, eau, et dans une faible proportion, glucose et fructose.Trois glucides qui sont d\u2019excellentes sources d\u2019énergie, mais dont il ne faut pas abuser.Cependant, le précieux liquide est également une source de manganèse, de vitamine B2, de zinc, de potassium et de calcium.Le québécol, contre le cancer Mieux encore, des chercheurs ont découvert il y a plus de 10 ans que le sirop d\u2019érable contient du québécol, une molécule qui aurait pour effet de diminuer la prolifération des cellules malsaines liées aux cancers du sein et du côlon.La molécule, nommée ainsi en 2011 par l\u2019équipe du professeur Navindra Seeram de l\u2019université du Rhode Island, n\u2019est pas présente dans la sève d\u2019érable brute.Elle résulte du processus de transformation de la sève en sirop.Mais pour en isoler 1 mg, 20 litres de sirop sont nécessaires.Un frein aux recherches de l\u2019époque qui n\u2019ont alors pas dépassé le stade préliminaire.Mais en 2013, une équipe de l\u2019Université Laval a décidé de remédier à cette situation et a développé une formule de synthèse afin de produire plus de québécol et de le rendre accessible pour des tests en laboratoire plus poussés.Anti-inflammatoire L'équipe universitaire a alors pu étudier cette molécule en profondeur et lui attribuer des propriétés anti-inflammatoires.Cette découverte, elle-même reprise en 2021, permet d\u2019avancer que le québécol pourrait être utilisé dans le cadre de la parodontie, une maladie des gencives.D\u2019autres recherches sont attendues, notamment dans le domaine de la dermatologie.Cependant, les résultats scientifiques sont actuellement limités à des tests en laboratoire, ce qui signifie que la réaction du québécol dans le corps humain reste à étudier.De plus, rappelons que le sirop d\u2019érable est une gourmandise dont il ne faut pas abuser.Loin de là l\u2019idée de l\u2019utiliser comme remède, dont il faudrait ingérer une quantité plus néfaste qu\u2019autre chose pour la santé afin d\u2019en ressentir d\u2019éventuels effets bénéfiques.Source : The Conversation, Percer les secrets du sirop d\u2019érable, une molécule à la fois, avril 2022.Pêche au hareng et au maquereau interdite Pêche et Océans Canada a suspendu la pêche commerciale du maquereau bleu et du hareng de printemps.Cela aura des conséquences sur l\u2019industrie parce que ces espèces ne sont pas seulement pêchées à des fins commerciales, elles sont aussi utilisées comme appât pour la capture de plusieurs espèces, dont le homard et le crabe des neiges.Une pénurie là pour durer Les quotas de maquereaux bleus sont passés de 75 000 tonnes à 4 000 tonnes et de 16 500 tonnes à 500 tonnes pour le hareng de printemps.Les dernières évaluations des stocks ont démontré le haut taux de mortalité du spécimen adulte.En plus de la pêche, la mortalité naturelle des poissons par prédation a augmenté.On parle de prédateurs comme le phoque gris, 16 fois plus abondant que dans les années 1960, ou encore du thon rouge plus présent dans le golfe du Saint-Laurent ces 10 dernières années.Une autre menace tient au changement climatique, qui a un impact sur la survie des larves de harengs et de maquereaux qui se nourrissent d\u2019organismes de zooplancton.Or, le réchauffement des eaux du sud du golfe entraîne un décalage dans le temps entre la naissance des larves et la production de leur mets préféré.Leur capacité à se nourrir s\u2019en trouve donc diminuée.La situation climatique, loin d\u2019annoncer un refroidissement des eaux du golfe, sous-entend que les stocks de harengs et de maquereaux du printemps ne se renouvelleront pas avant plusieurs années.Et ce, malgré les restrictions de pêche commerciale.Des solutions La pénurie d\u2019appâts que sont les harengs et les maquereaux aura une répercussion sur la pêche aux homards, au crabe des mers et au flétan de l\u2019Atlantique.Si la solution ultime est de poursuivre des mesures strictes de la gestion des stocks, les pêcheurs devront s\u2019approvisionner à l\u2019étranger pour compenser.Mais les coûts économiques et environnementaux de ces importations sont critiquables.Une autre solution, actuellement à l\u2019étude, est de remplacer les appâts de hareng et de maquereau par des appâts alternatifs tirés des coproduits de la mer ; en quelque sorte la matière non consommée des produits transformés.Source : The Conversation, Voici pourquoi on ne peut plus pêcher le maquereau et le hareng de printemps, avril 2022.E N G I N A K Y U R T | P I X A B A Y W I K I I M A G E S | P I X A B A Y 41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er juin 2022 1er juin 2022 itineraire.ca 1er juin 2022 43 Humoriste Le plastique, c\u2019est fantastique Bon, ben c\u2019est fait.On est rendus avec du plastique dans le sang.Ben oui toé, des scientifiques néerlandais viennent de le découvrir officiellement pour la première fois de l\u2019Histoire de l\u2019humanité, en analysant des échantillons sanguins dans lesquels ils ont retrouvé différentes particules de plastique.Des nanoparticules tellement petites qu\u2019elles ont été capables de traverser nos cellules pour aller dire « coucou » à nos globules.Certaines de ces particules qui vivent maintenant en nous sont couramment utilisées dans la fabrication de bouteilles d\u2019eau jetables.Si tu te demandais pourquoi tu te levais le matin avec une haleine de polyéthylène, ben cherche pas plus loin.Tsé, avant on buvait de l\u2019eau pour se désaltérer, ben là en bonus, on va s\u2019altérer.T\u2019as de quoi pogné dans la gorge ?Ça se peut que ça soit une attache à pain.Dire que certains se réjouissaient de la disparition annoncée du Publisac.« Enfin, ça va libérer nos bacs à recyclage ! » Là, à la place on va encombrer notre œsophage.La bonne idée ! C\u2019est un petit pas pour l\u2019Homme, mais un pas de géant pour les défenseurs des énergies fossiles qui doivent jubiler, depuis le temps qu\u2019ils affirment qu\u2019on ne pourra pas se passer du pétrole, la preuve : il coule maintenant dans nos veines ! « Ceci est mon sang, prenez et buvez-en tous ! » pourrait dire Saint Petro-Canada.Justin Trudeau va pouvoir se réjouir : le pétrole est vraiment dans l\u2019ADN des Canadiens zé Canadiennes.Remarquez, ce n\u2019est pas une nouvelle très surprenante pour la communauté scientifique mondiale qui nous voyait jeter des trucs un peu partout depuis des années et qui se rappelait les sages paroles d\u2019Antoine Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.» Alors, pour tout le fan-club de Ti-Toine Lavoisier, c\u2019était connu d\u2019avance que tôt ou tard, quelque chose allait nous arriver avec tous ces détritus qui s\u2019entassaient dans nos dépotoirs au-dessus des nappes phréatiques, ou qu\u2019on a carrément jetés à l\u2019eau et qui avec le temps ont formé des continents de plastique à la dérive dans nos océans.Hey, vous souvenez-vous comment certains d\u2019entre nous étaient tout attristés en voyant des images de ces pauvres poissons pognés dans des attaches de six-packs de bière ou des tortues, mouettes et baleines avec des pailles dans le nez, des bouteilles de Coke dans la gorge pis des sacs d\u2019épicerie dans l\u2019estomac ?En voyant ça, on se disait que c\u2019était donc de valeur de voir comment l\u2019Humain traitait la nature.Ben, aujourd\u2019hui, la science nous rappelle une évidence qu\u2019on semblait avoir oublié : l\u2019humain fait partie de la nature.Pis ce qu\u2019on lui faisait, on se le faisait à nous autres aussi.C\u2019est ben beau le déni pis danser sur un volcan en gougounes, mais un moment donné, viens pas te plaindre si tes Crocs sont toutes fondus autour de tes orteils.Facque cette vérité vient de nous rattraper.Et d\u2019aplomb.Nos magnifiques objets de consommation, bébelles, cossins et autres gogosses dont on ne voulait plus, tous ces « serpu-à-rien » qu\u2019on avait négligemment lancés dans le dépotoir plutôt que les réparer, les réutiliser ou les recycler, se sont transformés en déchets.Puis avec le temps, ils se sont transformés en microparticules puis en nanoparticules et les petits coquins nous sont revenus en pleine face par l\u2019air que l\u2019on respire, l\u2019eau que l\u2019on boit, les animaux que l\u2019on mange et les vêtements que l\u2019on porte.Lors de votre prochaine épicerie, regardez bien vos emballages jetables parce que tôt ou tard, vous allez les revoir pis peut-être pas de la façon que vous auriez voulue.Remarque, la prochaine fois que la caissière va vous demander si vous avez vos sacs réutilisables, vous allez pouvoir lui dire fièrement : « Je les ai en dedans de moé ! » « Toutte est dans toutte » disait autrefois avec sagesse le grand Raôul Duguay.Aujourd\u2019hui, il aurait pu ajouter « Toutte est dans toutte\u2026 on est même rendus avec du stryrofoam dans les bouttes ! » Christian Vanasse S I O U C A M E L O T M O N T - R O Y A L / B O R D E A U X B D B D Solutions dans le prochain numéro Filtrée Procédure en cas d\u2019urgence Individu qui encaustique Que l\u2019on doit rendre Farine Équipais Étable à cochons Ville de France Poissons au vin Qui a l\u2019apparence de la farine Canal Intermédiaire entre deux isomères Adoucissant Mesure itinéraire chinoise Devine Attacher Pronom Mollusque Tour Onde Récolta Île d\u2019Autriche À toi Expert À elle Iridium Fer Mélusine D M M R R P E S E S N T L I F E E O L B A U I R R A M S A S A T A T R A T T L E E R E M S O E M R E L E N T I I F A F R I A N C E U L I O S U E P E U R E E T 4 7 7 8 4 6 9 2 5 3 1 3 2 9 5 1 4 7 6 8 5 6 1 8 7 3 9 2 4 2 1 3 9 8 5 4 7 6 9 5 6 4 3 7 8 1 2 4 7 8 1 2 6 3 9 5 6 3 2 7 4 8 1 5 9 8 9 7 2 5 1 6 4 3 1 4 5 3 6 9 2 8 7 - 15 mai 2022 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette image ?Bonne chance ! 2 1 9 5 3 8 3 2 1 7 5 7 1 6 9 2 6 5 8 2 9 1 7 6 9 2 5 3 4 8 9 4 8 5 2 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente Mesurée Machine agricole Profession RD Épousera Champignon Pariétal Puanteur Hauban Sainte À toi Succès Année Irlande Fer Ruisseau Fulmina Étoffes Sage Bourrique Charges Évaluera Garnit de planches Guêpe Et cetera Carnages Actinium Saison Couche d\u2019alliage horizontalement 1.Métallurgique.2.Transformations d'objets dont les figures initiales peuvent être reconstituées par un miroir courbe.3.Hachis de viandes.- Aluminium.4.Acclamerez.5.À nous.- Pli.6.Or.- Ferme provençale.- Dialectes celtiques.7.Ville de Roumanie.- Tracas.8.Rubidium.- Théâtre japonais.- Irrite.9.Pronom.- Socle.- Argon.10.Catastrophe naturelle.- Sud-sud-est.verticalement 1.Plantes contenant un glucoside qui mousse comme du savon.2.Qui ne peut être confessé.3.Mis la date sur un document.- Mesure itinéraire chinoise.4.Offre au public.- Gisements.5.Rosera.- Orchestre montréalais.6.Our.- Rivière de France.7.Révérend père.- Notre-Dame.- Propre.8.Africaines.9.Héroïne légendaire grecque.- Mouvements de foule.10.Québec solidaire.- Titre anglais.11.Ouellé.- Déambule.12.Existes.- Débarrassera un agrume de son écorce.NATHALIA SEGATO DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Fidèle à sa tradition de publier une édition spéciale Autochtones chaque année, L\u2019Itinéraire consacre encore une fois son numéro du 15 juin aux voix des Premières Nations et des Inuits.En vedette cette année, l\u2019auteure-composi- teure-interprète attikamekw, Laura Niquay, nous parle de son parcours et de ses inspirations.Nous découvrons les leaders en affaires au service de leurs communautés de même que les gardiens du territoire qui veillent à la protection de l\u2019environnement et de tout ce qui l\u2019habite.Nous parlerons aussi de divers programmes et services destinés aux Autochtones, dont le Café de la Maison ronde, une initiative du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire.Enfin, la littérature et les films autochtones sont aussi à l\u2019honneur.ANNONCEZ DANS L'ITINÉRAIRE ! Offrez-vous une belle visibilité pour faire connaître vos produits, services et activités en plaçant une publicité dans nos pages.Du même coup, affichez votre responsabilité sociale envers un organisme qui fait une différence ! Contactez-nous dès maintenant : jopanray@itineraire.ca | 514 597-0238 p.234 Dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire. ON REMPLIT VOTRE TASSH ou Qui * \u2019, ?[AA { \u201c BROSSARD BROSSARD\" "]
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