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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 1 mars 2022
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2022, Collections de BAnQ.

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[" La place des femmes dans le hockey Danièle Sauvageau et Ève Gascon se racontent Volume XXIX, n?05 Montréal, 1er mars 2022 Prenons soin de nous Le couvre-visage est toujours obligatoire.Même si vous êtes adéquatement vacciné.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Gaston est camelot à L\u2019Itinéraire depuis septembre dernier.Mais ce n\u2019est pas son premier contact avec l\u2019organisme.Il avait travaillé à la cuisine de l\u2019organisme dans les années 1990 pendant un an et demi.Avec une formation à l\u2019Institut de tourisme et d\u2019hôtellerie du Québec, il se sent très à l\u2019aise dans la cuisine.Plus tard, Gaston a travaillé en restauration et dans une épicerie, où il gagnera beaucoup d\u2019expérience.Passionné de cuisine, ces emplois étaient pour lui d\u2019un énorme intérêt.Depuis son retour à L\u2019itinéraire, Gaston a changé de voie en devenant camelot.Par contre, il ne délaisse pas la cuisine pour autant.Il consacre un avant-midi par semaine à du bénévolat dans la cuisine de l\u2019organisme.Il adore toujours ça.Quand il vend ses magazines, Gaston se sent bien.Il a toujours aimé parler aux gens et leur faire connaître L\u2019Itinéraire, et comment fonctionne l\u2019organisme.À ceux qui lui demandent, Gaston leur dit que, pour lui, L\u2019Itinéraire est avant tout un endroit paisible où il peut aller chercher des expériences positives ; un endroit sécuritaire où il se sent en confiance.Depuis qu\u2019il fréquente l\u2019organisme, notre camelot-cuisinier sent que sa confiance aux gens augmente peu à peu, confiance qui ne lui vient pas facilement.Il souligne que, dans la dernière année, il a vécu des moments difficiles au printemps, pendant lesquels il a eu des problèmes de consommation.En septembre, Gaston est retourné vivre chez ses parents et est revenu à L\u2019Itinéraire.Il a enfin trouvé des personnes qui sont à l\u2019écoute.Dans les prochains mois, Gaston a plusieurs objectifs.Il souhaite vendre L\u2019Itinéraire quatre jours par semaine à raison de 30 magazines par jour.Il souhaite également poursuivre son bénévolat dans la cuisine.Il reconnaît l\u2019importance de redonner à l\u2019organisme en retour de ce qu\u2019il reçoit.Le camelot compte également faire son maximum pour ne pas retomber dans la consommation.Il se sent en mesure d\u2019atteindre cet objectif, puisqu\u2019il est maintenant bien entouré de deux intervenantes qui l\u2019aident à mieux comprendre les blessures psychologiques qui l\u2019ont autrefois poussé à consommer.« Quand je me sens bien à une place, j\u2019y reste » Camelot n° 1949 \u2022 Âge 60 ans Point de vente Métro Radisson Gaston Grégoire Par Daniela Aranibar ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Interaction du quartier Community Council Peter-McGill IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité JAVIER BERNAL Commis au dépot RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - Journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photo de La Une LAURENCE LABAT DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social VANESSA TREMBLAY Chargée de projets \u2013 Distribution ISABELLE LACHARITÉ, THOMAS WAYLAND et MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenants psychosociaux PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets DENIS DI TOMASSO Coordonnateur à la formation des participants JEANNE MARION Intervenante CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs MIVILLE TREMBLAY SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERREAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et JEAN TALBOT Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.1er mars 2022 Volume XXIX, no 05 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Que dire de nos joueuses de hockey, qui ont remporté l\u2019or aux Jeux Olympiques de Beijing le 17 février ! Les Québécoises Marie-Philip Poulin, Ann-Renée Desbiens, Mélanie Daoust et leur coéquipières d\u2019Équipe Canada forcent l\u2019admiration et donnent au hockey féminin toutes ses lettres de noblesse.L\u2019avez-vous remarqué ?Les femmes prennent de plus en plus leur place dans le monde du hockey, traditionnellement réservé aux hommes.Et non seulement dans des équipes entièrement féminines, mais parfois même aux côtés de coéquipiers mâles.Elles en ont fait du chemin ! Des joueuses de talent, professionnelles jusqu\u2019au bout des gants, passionnées par leur sport, mais dont les conditions salariales, entre autres, sont à des années lumière de celles de leurs homologues masculins.Faut être des ferventes de ce sport pour gagner entre 0 $ et 37 500 $ par année et souvent se contenter de jouer à des heures indues sur des glaces louées.Mais les hockeyeuses sont là pour rester et les nouvelles générations vont sans doute contribuer à aplanir ces inégalités.Et que dire aussi de Chantal Machabée qui suscite beaucoup d\u2019admiration, non seulement pour son accession au poste de vice-présidente des communications des Canadiens de Montréal, mais pour l\u2019ensemble de sa longue carrière de journaliste sportive dont elle est une pionnière respectée et appréciée.Lisez l\u2019entrevue fort humaine qu\u2019elle a accordée à notre journaliste Alexandra Guellil.Nous vous présentons également des femmes qui se sont fait un nom dans le hockey sur glace à coup de détermination et de passion.Nommons seulement les Danièle Sauvageau, Émilie Gascon, Manon Rhéaume qui se sont hissées jusqu\u2019aux plus hautes sphères de leur carrière et ont pavé la voie à de futures professionnelles du hockey.Mesdames, nous vous saluons bien bas ! Bienvenue à El Diablo Dans un tout autre ordre d\u2019idée\u2026 Nous accueillons avec grand plaisir l\u2019incomparable El Diablo, qui illustrera dans nos éditions du 1er du mois sa vision de l\u2019actualité et de la vie.Sans fard et sans détour, l\u2019humour décapant de cet auteur de BD dont la réputation n\u2019est plus à faire en France (Les Lascars, Les Kassos, entre autres nombreuses œuvres publiées et portées à l\u2019écran) gagne à être mieux connu au Québec.Nous sommes heureux de vous faire bénéficier de son talent indéniable.Pas si incertain que ça ! Vous avez sans doute vu passer un titre alarmant dans Le Devoir, récemment : « L\u2019Itinéraire face à un avenir incertain ».Inquiétant à première vue, il suffisait de lire l\u2019article au complet pour se rendre compte que 1) non, L\u2019Itinéraire n\u2019est pas au bord du gouffre et que 2), malgré les difficultés vécues en raison de la pandémie, de la hausse des coûts du papier et de l\u2019impression, le magazine n\u2019est pas prêt de cesser ses publications.Le Groupe communautaire se porte bien, même si le magazine a connu une baisse \u2014 pour des raisons évidentes \u2014 mais avec le retour des travailleurs au centre-ville, des restos, des théâtres, de la vie tout court, nous sommes confiants de remonter la pente.L\u2019Itinéraire en a vu d\u2019autres.On a 28 ans de résilience dans le corps ! Et c\u2019est grâce à nos lecteurs, donateurs, bailleurs de fonds et partenaires que l\u2019on peut continuer de publier un magazine de qualité auquel participent activement nos camelots, fiers de le vendre dans les rues et les métros.Merci de continuer à nous soutenir ! Elles lancent et comptent ! C A R L A B R A G A 24 38 3 Mots de camelots 3 Zoom sur Gaston Grégoire 9 Céline Marchand 9 Robert Patenaude 9 Denis Bourgeois 13 Jean-Jeannette Devost 13 Joseph Clermont Mathurin 13 Sylvain Pépin-Girard T I N G S H U W A N G | R E U T E R S 8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité « L\u2019utilité » de la pauvreté Karine Bénézet 12  BD - La sauce piquante d'El Diablo 14  En toute liberté Moteurs, on tourne\u2026 inaction ! Mathieu Thériault 23  Société Hockey : Femmes sur la glace Karine Bénézet et Simon Bolduc 36  Dans la tête des camelots Plutôt hockey féminin ou masculin ?38  INSP \u2013 Chine Les vrais mordus du hockey en Chine 40  Espace sciences Yves Grégoire 42  BD Siou 43  C\u2019t\u2019encore drôle Marie-Ève Saucier 44  Détente 16 Alexandra Guellil À la Une Sur un nuage depuis sa nomination aux communications des Canadiens de Montréal, Chantal Machabée n\u2019est plus celle que l\u2019on présente.Pionnière dans le journalisme sportif et après plus de 30 ans à porter les couleurs de RDS, le Tricolore n\u2019aurait pas pu choisir meilleure alliée.Entrevue.C O U R T O I S I E 1er mars 2022 Volume XXIX, no 05 18 camelots ont participé à cette édition A R I A N N E B E R G E R O N Traduction Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.GHANA L\u2019envie d\u2019exister Dans une pièce faiblement éclairée, meublée d\u2019étagères remplies de vêtements féminins, Va-Bene Elikem Fiatsi (sur la photo), une artiste ghanéenne et militante LGBT+, regarde des autoportraits de sa transition vers la féminité.Au Ghana, la transition de genre n\u2019est pas encore illégale, contrairement aux relations homosexuelles.Cependant, elle le deviendra si une nouvelle loi visant à renforcer les règlementations anti-LGBT+ est adoptée.L\u2019homophobie est omniprésente dans ce pays d\u2019Afrique occidentale et les personnes transgenres sont généralement considérées comme des homosexuelles.Dans son travail, Va-Bene Elikem Fiatsi révèle la façon dont la communauté LGBT+ navigue entre les contraintes légales et sociales pour se créer un espace d\u2019expression qui leur permet d\u2019affirmer leur identité.Mais cet espace risque d\u2019être compromis si cette loi est adoptée.Les personnes s\u2019exposeront alors à des poursuites judiciaires à chaque fois qu\u2019elles enfileront une robe.« Dire que j\u2019ai peur est un euphémisme, mais je suis ce que je suis, explique l\u2019artiste.J\u2019ai l\u2019 impression d\u2019attendre d\u2019être massacrée.» Le Ghana est l\u2019un parmi la trentaine de pays africains qui interdisent les relations entre personnes de même sexe.Les verdicts de culpabilité sont assortis de peines pouvant aller jusqu\u2019à trois ans de prison.(Reuters / INSP) F R A N C I S K O K O R O K O | R E U T E R S 9 On n\u2019est pas grand chose Quand le monde est tombé en confinement, je me suis rendu compte que je tenais la liberté pour acquise.Cela m\u2019a fait penser aux autres pays où cette liberté est brimée, bafouée.Je ne sais pas comment ces gens font pour vivre.Moi, j\u2019ai trouvé ça bien difficile de ne pas pouvoir circuler à ma guise.Un coup ça accepté, je me suis dit qu\u2019au moins on a l\u2019eau potable, de l\u2019électricité, et beaucoup de choses que d\u2019autres n\u2019ont pas.Ça fait réfléchir sur comment l\u2019humain se comporte quand sa sécurité est menacée.Il n\u2019y a qu\u2019à se remémorer les longues files d\u2019attente aux portes des Costco en mars 2020.Le meilleur moyen de passer à travers une crise, c\u2019est de penser aux autres qui vivent des choses pires que nous.Comment craindre de perdre quelque chose quand on n\u2019a rien à perdre.Tout est tenu pour acquis ici.Par exemple, un bogue informatique peut causer une panique générale.C\u2019est fou comme on ne croyait pas que chacun aurait un jour un ordinateur à la maison.Et que dire des téléphones intelligents qui mémorisent tant de choses à notre place ?Ça nous permet de pouvoir communiquer, s\u2019informer, se divertir en tout temps, du bout des doigts.Pour certaines personnes, ne pas être connecté pendant une journée serait inconcevable.Si du jour au lendemain nous étions privés de toute cette technologie, comment réagirions-nous ?Le goût du changement Quand j\u2019étais petit, on déménageait souvent parce que ma mère avait de la misère avec les voisins.J\u2019ai habité à Longueuil, puis à McMasterville près de Beloeil, presque six ans avant que le divorce de mes parents nous pousse à déménager encore une fois.J\u2019imagine que ça m\u2019a donné le goût et l\u2019habitude du changement.Je n\u2019aime pas quand les choses traînent, il faut du renouveau ! C\u2019est important de changer non ?Regardez le pont Jacques-Cartier, maintenant illuminé, et les nouveaux wagons de métro, c\u2019est plus beau qu\u2019avant ! Cette année, ça fait presque 10 ans que j\u2019habite dans le même HLM dans un quartier de Rosemont.Je sens que j\u2019ai fait mon temps.Je croise toujours le même monde dans le bloc et je suis loin dans l\u2019Est, où, mis à part un dépanneur, on pourrait comparer les lieux au désert.Je me souviens d\u2019un logement dans Parc-Extension, même s\u2019il était petit, j\u2019aimais beaucoup la vie de quartier.J\u2019aimais que tout soit proche.C\u2019est pourquoi mon quartier idéal a plein de restaurants, une caisse pop pas loin et une pharmacie.Un peu à l\u2019image de la Promenade Masson ou de l\u2019avenue du Mont-Royal, deux belles rues de la ville.Mais après 40 ans à Montréal, j\u2019ai parfois la nostalgie de la région, comme dans le temps à McMasterville.J\u2019ai tenté de partir de Montréal en 1994 pour Québec mais j\u2019ai été victime d\u2019une attaque.Je suis vite revenu dans la grande ville.Parfois je rêve et je me dis que si j\u2019étais multimillionnaire, je me ferais construire un vaisseau spatial pour aller vivre sur une autre planète.Comme le Capitaine Kirk et son Enterprise ! Mais je n\u2019ai pas les moyens de voyager et, devinez quoi, si je les avais, je changerais toujours de place et j\u2019irais partout dans le monde.DENIS BOURGEOIS CAMELOT PHARMAPRIX JEAN-TALON / CHRISTOPHE-COLOMB ROBERT PATENAUDE CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR CÉLINE MARCHAND CAMELOT PROMENADE MASSON Parlons alcoolisme Je suis aujourd\u2019hui une buveuse sociale même si à une autre époque j\u2019ai déjà consommé un peu plus.Deux hommes de mon entourage m\u2019ont fait réfléchir.Le premier est une connaissance.Il boit de façon excessive, souvent combiné à de la drogue, au point où ça devient dramatique.Un méchant cocktail ! Je crois qu\u2019il a sombré dans l\u2019alcoolisme pour oublier son passé, comme les abus sexuels qu\u2019il a subis.Quand il est sobre, c\u2019est un bon gars, mais quand il boit il devient très agressif.On l\u2019a obligé à suivre une cure de désintoxication.D\u2019après moi, ce n\u2019est pas la bonne méthode.Ce n\u2019est pas avec un fusil sur la tempe que l\u2019on réussit à convaincre les gens de changer.Quand il a terminé son séjour, il a continué à boire.Dans son cas, ça n\u2019a pas du tout fonctionné.Comment aider quelqu\u2019un qui ne veut pas s\u2019aider ?Le deuxième est un ami.Lui aussi buvait beaucoup.L\u2019alcool compensait probablement des problèmes émotifs.Il était très renfermé.Comme il ne mangeait pas beaucoup et buvait trop, il a fait un ulcère et a vomi du sang.Il a dû être hospitalisé.Le médecin lui a dit qu\u2019il devait arrêter de boire sinon il mourrait.Il a compris qu\u2019il avait un problème et, avec le soutien de sa famille, a cessé de boire.Aujourd\u2019hui il est sobre et ne consomme que de la bière sans alcool.Il a réussi où beaucoup ont échoué car il a eu de l\u2019aide.L\u2019alcoolisme est difficile à comprendre.C\u2019est une terrible maladie pour les gens qui la subissent ; c\u2019est très souvent intense et ils sont toujours en danger de rechuter, même quand tout va bien.Il est difficile de rester sobre seul.C\u2019est pourquoi il existe de nombreux organismes d\u2019aide qu\u2019il ne faut pas hésiter à consulter en cas de besoin.INDE Survivre au froid et à la déforestation Pendant les hivers glaciaux de Panna, dans l\u2019État du Madhya Preadesh, au centre de l\u2019Inde, Janaka Bai a besoin d\u2019au moins quatre fagots de bois de chauffage, par semaine pour garder sa famille au chaud et alimenter son fourneau chaque jour.Vivant en bordure d\u2019un centre d\u2019extraction de diamants, Janaka Bai s\u2019est battue pour continuer à collecter du bois de chauffage alors même que les projets visant à promouvoir et à accroître les forêts du pays l\u2019isolent.Comme elle, plusieurs femmes autochtones se retrouvent en conflit avec les nouvelles lois nationales qui imposent la plantation d\u2019arbres à grande échelle pour compenser le déclin de la forêt.« On se fait dire que nous volons le bois de chauffage et on nous amène parfois au poste de police.On se fait menacer, on nous chasse de la forêt où on nous prend nos outils, mais nous devons y retourner, nous avons besoin de ce bois pour vivre », explique cette dame de 45 ans.L\u2019autorité indienne de gestion et de planification du Fonds de boisement compensatoire (CAMPA) a été créée pour promouvoir la restauration des forêts.Mais les nouvelles plantations, interdites aux villageois, ont entraîné la perte de maisons et de moyens de subsistance pour des milliers d\u2019autochtones dans toute l\u2019Inde, selon les dires des défenseurs des droits forestiers.(Reuters / INSP) F R A N C I S M A S C A R E N H A S | R E U T E R S itineraire.ca 1er mars 2022 Chercheur senior pour l\u2019Observatoire des inégalités du Québec.Roberson Édouard C\u2019était dans les années 1980, le Canada traversait alors une longue vague d\u2019inflation sans précédent, culminant à un taux de 13 %.Côté politique, des décisions se prennent, une restructuration s\u2019opère : virage du système de santé, amincissement des programmes sociaux pour réduire les dépenses de l\u2019État.Mais l\u2019histoire enseigne qu\u2019une telle situation pourrait se répéter si, pour gérer la crise économique actuelle, les politiques décidaient de ne pas « investir dans l\u2019humain, mais dans le capital », explique Roberson Édouard, chercheur senior pour l\u2019Observatoire des inégalités du Québec.« Investir dans le capital », le Canada en a fait l\u2019expérience : « Couper dans les programmes sociaux a contribué à stabiliser l\u2019économie, mais pas la stabilité des ménages » dans les années 80, rappelle Roberson Édouard.Mais « investir dans l\u2019humain » a aussi été testé.La Prestation d\u2019urgence (PCU) qui a permis à plus d\u2019un tiers des travailleurs canadiens de traverser la crise sanitaire en est un bon exemple.Et avant cela, il y avait le revenu minimum garanti.Pandémie et revenu de base « Le contexte de la pandémie rend actuelle et pertinente une réflexion » : prendre un véritable virage social en instaurant le Revenu minimum garanti, estime M.Édouard.Or si personne ne semble vouloir appliquer cette mesure qui consiste à « assurer à tous les citoyens un revenu de base qui les protège de l\u2019indigence et de la pauvreté », vulgarise le chercheur, l\u2019idée, elle, a fait ses preuves auprès de comités, tels que l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socioécono- miques (IRIS), qui l\u2019ont étudiée.Mieux encore, elle a été testée avec succès au Manitoba entre 1974 et 1979 et en Ontario, en 2017, dans les communautés d\u2019Hamilton, de Brantford, de Thunder Bay et de Lindsay ; des villes sélectionnées pour leur taux élevé de pauvreté.Si le chercheur précise qu\u2019une telle mesure n\u2019est pas « irréprochable », il souligne quand même qu\u2019elle « éradiquerait la pauvreté », en plus de générer d\u2019importants profits publics et des emplois.« La plupart des individus concernés [par l\u2019expérience d\u2019un revenu de base Mincome] sont sortis de la pauvreté, décrit l\u2019expert.Au Manitoba, les impacts sont dans certains cas encore à l\u2019œuvre.Au niveau budgétaire, une étude récente du Canadien Center for Economic Analysis (CANCEA) révèle que si les Canadiens avaient tous accès à un revenu viable [On parle d\u2019un montant universel permanent de 500 $ par mois et d\u2019un revenu minimum garanti de 2 000 $ mensuel \u2014 donc bien supérieur à celui du seuil de pauvreté actuel], ça ferait croître l\u2019économie de 80 milliards par année et créerait 600 000 emplois en cinq ans.» Une armée de réserve ?Le revenu minimum garanti a tout pour plaire.Alors pourquoi se refuse-t-on de donner de « l\u2019aide d\u2019appoint à des individus, des familles, des enfants qui en ont besoin ?», s\u2019interroge Roberson Édouard.Plusieurs arguments s\u2019entrechoquent et l\u2019un d\u2019eux est que ce revenu de base aurait pour effet d\u2019« affecter l\u2019incitation au travail de ces gens-là ».Pour l\u2019expert en inégalités, l\u2019argument est plus une excuse sachant que toutes les études au Canada comme aux États-Unis démontrent qu\u2019« un tel type d\u2019aide améliore plus la qualité des emplois qu\u2019il n\u2019affecte l\u2019inclinaison des individus d\u2019aller travailler.Bien au contraire.» C\u2019est surtout qu\u2019avec cette sécurité financière, « Plus personne n\u2019occuperait d\u2019emploi dans un McDo ou une manufacture pour 14 $ de l\u2019heure », illustre le chercheur avant d\u2019ajouter qu\u2019une telle mesure ferait disparaître certains métiers précaires et obligerait donc toutes ces entreprises à « revoir leur modèle d\u2019affaires et leurs conditions de travail ».Pour pallier une pénurie de main-d\u2019œuvre comme celle que le Canada connaît depuis plusieurs mois \u2014 main-d\u2019œuvre dont la relance économique a cruellement besoin pour remettre à flot l\u2019économie de marché \u2014, il semble plus facile de se conforter dans le principe d\u2019une « armée de réserve » que d\u2019innover en matière d\u2019affaires.Osant employer ce controversé concept marxiste comme expression pour illustrer ces propos, Roberson Édouard explique qu\u2019il s\u2019agit alors de « garder des individus suffisamment amochés, appauvris, pour qu\u2019ils soient prêts à se jeter sur n\u2019importe quel emploi disponible avec la réouverture des entreprises.» Vers toujours plus de précarité Sous l\u2019angle de la rentabilité, avoir une classe pauvre a donc toujours été utile « pour exercer une pression à la baisse sur le prix de la main-d\u2019œuvre, afin d\u2019augmenter la marge bénéficiaire, et c\u2019est hélas ce qu\u2019on enseigne encore en école de commerce.», déplore l\u2019expert.Pour lui, cette tendance ne semble d\u2019ailleurs pas à la baisse et devrait même s\u2019accentuer : « L\u2019évolution du marché du travail va vers sa flexibilisation.Tout fait en sorte que les garanties du droit des travailleurs soient contournées par des stratégies managériales ».La croissance des agences de placement tout comme la sous-traitance ou les formes de travail atypique en sont de bons indicateurs.« Le résultat : des individus à temps partiel, très peu rémunérés ou qui ne reçoivent pas la pleine rémunération qui leur est due normalement.» Ces agences devraient, selon M.Édouard, « se développer encore plus et même s\u2019externaliser », ajoutant ainsi à l\u2019armée de main-d\u2019œuvre locale « une autre armée provenant des pays du Sud, qui risque de mettre encore plus de pression à la baisse sur le prix de la main-d\u2019œuvre ».« L\u2019utilité » de la pauvreté Si l\u2019on se base sur le calcul du seuil de pauvreté \u2014 « une mesure assez artificielle merci », souligne Roberson Édouard \u2014 les décideurs tiennent pour acquis que le taux de pauvreté au Québec a diminué ces 15 dernières années.Donc, pour eux, beaucoup plus d\u2019individus se retrouvent aujourd\u2019hui dans la classe moyenne.Avec la pandémie, une bonne partie de cette classe moyenne a réduit ses dépenses, surtout celles liées aux loisirs.Aujourd\u2019hui, cet argent placé sur un compte d\u2019épargne est disponible pour la consommation.Dans la tête des dirigeants, la masse d\u2019épargne dans l\u2019économie canadienne a ainsi considérablement grossi.Ils s\u2019appuient donc là-dessus pour relancer l\u2019économie.Inflation, comment la gère-t-on ?ART CARLA BRAGA | photos U NSPLASH 11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 Karine Bénézet Il est minuit moins une Je ne sais pas si vous avez remarqué depuis les dernières années les feux de forêt en Californie, en Colombie- Britannique, suivis d\u2019inondations, de glissements de terrain, le froid intense tout le mois de janvier cette année ?Je crois que la planète est vraiment malade.Et c\u2019est nous les humains qui l\u2019avons contaminé et on continue de le faire.On court à notre perte et à notre extinction si on ne fait pas quelque chose.On se détruit nous-mêmes.Déjà, il y a des animaux qui ont disparu de la surface de la terre.Il est minuit moins une pour faire quelque chose pour sauver notre maman la Terre.Genre : planter des arbres, améliorer notre système de vie trop à l\u2019aise pour faire le moindre effort, diminuer le transport individuel, arrêter d\u2019exploiter intensément nos ressources naturelles.Nous sommes capables de faire de la récupération avec tout ce qui existe déjà.Comme ça on pourrait augmenter la vie de certains objets et notre vie en même temps.Comme ça, peut-être il y aurait moins de cancers, moins de pandémies et nous serions probablement plus heureux.Shadow : l\u2019ombre et la lumière Le matin lorsque je me réveille, ça se peut que je sois Sylvain ou que je sois mon opposé, Shadow.C\u2019est le côté un peu sombre, négatif de moi.Quand il voit de l\u2019injustice contre les personnes vulnérables, ou qui ont un problème de santé mentale, ou surtout des personnes sans- abri, il contre-attaque pour ces gens et il devient lumineux et dominant.C\u2019est ma double personnalité.C\u2019est comme le Yin et le Yang.Shadow aime beaucoup aider son prochain.Ça le valorise, ça le met mieux dans sa peau.Mais lorsqu\u2019il arrive une journée où il pense qu\u2019il ne peut rien donner à son prochain, il se fâche contre lui-même.C\u2019est tout dans ma tête quand je ressens ça.Je peux montrer de l\u2019impatience avec des gestes.Une fois, je voulais aider une personne sourde.Elle demandait de l\u2019aide avec une carte.Je voyais que le monde alentour ne l\u2019aidait pas.Shadow croyait en dedans de lui que c\u2019était de l\u2019injustice.J\u2019ai regardé partout dans mes poches et j\u2019ai trouvé un deux dollars.Mon Dieu ! J\u2019étais tellement content ! Je me suis dit que cette personne qui a ce handicap en avait plus besoin que moi.Il m\u2019a dit merci en langage des signes et je lui ai répondu de rien car je connais un peu leur langage, en guise de respect.J\u2019ai déjà été dans une classe avec des personnes comme lui et je leur ai demandé de m\u2019apprendre un peu leur langage, vu que Shadow est très sensible à leur cause.Des fois Shadow et Sylvain ne s\u2019entendent pas du tout, c\u2019est là qu\u2019une nouvelle personnalité embarque, qui s\u2019appelle Whisper qui veut dire « murmure », pour les calmer.JEAN-JEANNETTE DEVOST CAMELOT MÉTRO MONT-ROYAL Mon héritage Micmac L\u2019autre jour, il y a des jeunes étudiants qui sont venus me voir avec une caméra.Ils demandaient un propos sur le sujet des Premières Nations.Je leur ai parlé des corps de 215 enfants retrouvés sur le site d\u2019un ancien pensionnat, tout près de Kamloops en Colombie-Britannique.Ils les ont découverts en cherchant avec un radar à pénétration de sol.Ils sont morts sans bruit, sans cérémonie, sans qu\u2019on puisse leur dire adieu.Plein d\u2019enfants qui auraient sans doute contribué à enrichir notre patrimoine de connaissances.En Colombie-Britannique, ils savent comment tailler les grands arbres géants qui poussent au lieu de gaspiller la ressource.J\u2019ai été élevée par mes parents, de descendance micmac, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, dans le petit village de Sainte-Anne- de-Madawaska.Il y avait quatre ou cinq familles autochtones.Ils nous montraient comment travailler le frêne.C\u2019est un bois dur et mou en même temps.On le laissait une journée dans l\u2019eau.Ensuite on le frappait doucement avec un petit marteau.On enlevait « l\u2019âge », des lanières de bois pour faire des tressages.On faisait une toile avec, comme une étoile.On ajoutait plusieurs épaisseurs.Ça pouvait se plier en rond.On faisait une grande anse pour pouvoir le porter.Ça prenait 15 à 20 heures pour faire un panier.J\u2019en ai fait quand j\u2019étais enfant.Les Autochtones étaient là en premier pour nous faire vivre quelque chose de plus intense, connectés avec la terre, en communauté, tous ensemble, dans les maisons longues où ils prenaient les décisions.JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT MARCHÉ METRO DORION / STE-CATHERINE E.SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PARTICIPANT À LA CUISINE 13 itineraire.ca 1er mars 2022 itineraire.ca 1er mars 2022 itineraire.ca 1er mars 2022 Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault À l\u2019automne 2020, le campement Notre-Dame, composé de personnes itinérantes, a été démantelé et réprimé avec force quand la mairie trouvait que ça commençait à bien faire.Même chose pour les étudiants, qui a travers les années, ont multiplié les blocages routiers et les occupations d\u2019édifices gouvernementaux.Remontons en octobre 2001.Une soixantaine de squat- teurs ont été brutalement évincés d\u2019un building qu\u2019ils occupaient depuis des semaines que leur avaient été offert par\u2026 la Ville de Montréal elle-même.En 2011, le campement Occupons Montréal installé en face de la Bourse avait lui aussi été déconstruit de force par l\u2019anti-émeute.Chaque fois que des membres de ces groupes, ou encore lorsque des membres des Premières Nations improvisent des petits campements de fortune, les forces de l\u2019ordre mettent peu de temps à sortir leurs matraques.L\u2019insurrection appréhendée D\u2019un océan à l\u2019autre, les gens sont de plus en plus exaspérés et écœurés de cette pandémie et de toutes les contraintes qui vont avec.Au départ, bien des gens (ni camionneurs et souvent vaccinés) ont joint leur voix au mouvement qui exprimait une colère facile à comprendre.À preuve, un sondage du 8 février du Journal de Montréal indiquait que près du tiers des Canadiens appuyait le mouvement à divers degrés, même si parmi les truckers eux-mêmes, beaucoup ne se reconnaissent pas du tout dans l\u2019image qu\u2019on projette d\u2019eux et elles (ils seraient vaccinés à environ 90 %, comme tout le monde finalement).Il m\u2019est d\u2019avis que même parmi les forces policières, certains appuient les manifestants et hésitent à recourir à une répression de masse.Et si Justin Trudeau s\u2019est fait si discret, c\u2019est qu\u2019il voit bien que ce mouvement nuit d\u2019abord à ses adversaires conservateurs, dont les chefs n\u2019osent pas trop dénoncer la situation puisqu\u2019une frange importante de leurs membres (et certains députés) appuient plus ou moins ouvertement ce qui se passe.Quand on s\u2019écrase un doigt en voulant planter un clou, c\u2019est plus ou moins productif de se mettre à détester les clous et les marteaux.Le mouvement n\u2019a maintenant plus grand-chose à voir avec les camions, les vaccins ou les mesures.Et il a été largement démontré qu\u2019il est désormais financé à la hauteur de dizaines de millions par des groupes d\u2019extrême droite, souvent proches des trumpistes de la ALT-Right, des complotistes les plus crinqués, dont certains leaders veulent explicitement renverser le gouvernement canadien démocratiquement élu.C\u2019est le cas notamment de Patrick King, de Canada Unity, raciste notoire convaincu que les « Blancs » seront bientôt tous « génocidés » et remplacés par des musulmans ou encore de Tamara Lich, ancienne leader du Maverick Party, groupe pour qui le parti conservateur albertain est l\u2019équivalent d\u2019une organisation communiste.L\u2019ironie de l\u2019affaire, c\u2019est que les corps policiers sont suffisamment formés, si seulement ils le voulaient, pour mettre un frein au mouvement sans qu\u2019il n\u2019y ait de bain de sang ou de drames qui feraient des évincés, les martyrs de tous les groupes d\u2019extrême droite occidentaux.Avec les nombreux 18 roues et manifestants, incluant des enfants, l\u2019opération de démantèlement aura donné du fil à retordre au fédéral.Justin Trudeau l\u2019a affirmé : « On ne veut jamais déployer l\u2019armée contre des civils canadiens.C\u2019est quelque chose à éviter à tout prix », a-t-il dit en soulignant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une option de « dernier, dernier, dernier, dernier recours ».Dans son cas, c\u2019est plutôt ironique quand on repense aux actions de son père.En tout cas, au moment d\u2019écrire ces lignes, bien que le siège à Ottawa soit terminé, tous les scénarios étaient encore possibles.Avec le siège des camionneurs et leurs supporteurs qui ont paralysé le centre-ville d\u2019Ottawa, après l\u2019état d\u2019urgence décrété par le premier ministre de l\u2019Ontario, Doug Ford et le maire de la ville qui a réclamé 1 800 policiers en renfort, il est clair que les pouvoirs publics ne savaient plus où donner de la tête.Déjà on peut tirer plusieurs leçons politiques et médiatiques de ce conflit, qui a été repris dans plusieurs pays du monde.Moteurs, on tourne\u2026 inaction ! C A R L O S O S O R I O | R E U T E R S L A R S H A G B E R G | R E U T E R S 15 14 Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur. Par Alexandra Guellil Journaliste responsable des dossiers société Sur un nuage depuis sa nomination aux communications des Canadiens de Montréal, Chantal Machabée n\u2019est plus celle que l\u2019on présente.Pionnière dans le journalisme sportif et après plus de 30  ans à porter les couleurs de RDS, le Tricolore n\u2019aurait pas pu choisir meilleure alliée.Ce n\u2019est pas un secret : les Habs avaient une réputation d\u2019être opaques et de contrôler ardemment ses communications.Les relations entre les journalistes affectés à sa couverture quotidienne et le service des communications ont souvent été tendues.Mais en congédiant Paul Wilson, Geoff Molson voulait changer de cap.Voilà donc le plus gros challenge du mandat de Chantal Machabée : changer des mentalités, une déclaration à la fois, tout en recréant une ferveur nationale pour le Tricolore.Et ce, qu\u2019importent les résultats sur la glace, les rumeurs et les polémiques.Quand on la questionne à ce sujet, elle reste fidèle à elle-même et ne mâche pas les mots : « je ne suis pas responsable des rumeurs, je ne peux pas contrôler ce qu\u2019un journaliste va dire selon ses propres sources.On ne peut pas annoncer quelque chose qui n\u2019est pas encore fait et pour le reste, j\u2019arrive.S\u2019 il y a des choses qu\u2019 il faut corriger, si on manquait de timing parfois, s\u2019 il y a eu des décisions douteuses dans les dernières années, je travaille à la sensibilisation des deux côtés pour améliorer les choses.Les médias ont besoin du Canadien et le Canadien a besoin des médias.» KARINE DUFOUR à l\u2019unanimité ! La première fan des Canadiens de Montréal veut que l\u2019on connaisse mieux les joueurs actuels, comme on connaissait Guy Lafleur, Yvon Lambert ou Patrick Roy.Chantal Machabée croit que recréer un attachement avec les joueurs d\u2019aujourd\u2019hui rallumera d\u2019emblée la flamme.Elle veut que l\u2019on connaisse ces jeunes hommes qui donnent le meilleur d\u2019eux-mêmes chaque fois qu\u2019ils chaussent leurs patins, que l\u2019on connaisse leurs hauts et leurs bas, et se souvenir qu\u2019au-delà des performances, ce sont des humains, comme tout le monde.Mais au fait, ça fait quoi une vice-présidente aux communications des Canadiens de Montréal ?« Et bien\u2026 ça travaille beaucoup ! », répond Chantal Machabée, en riant au bout du fil.L\u2019entrevue a eu lieu la veille de la conférence de presse tant attendue de Carey Price et la semaine suivant la nomination de Kent Hughes à titre de directeur général du Canadien.Et, s\u2019il fallait décrire la discussion, sans hésiter, il faudrait mentionner les rires, la franchise, l\u2019authenticité et la vulnérabilité de cette femme qui a su se tailler une place de choix dans un milieu d\u2019hommes.Depuis sa nomination, Chantal Machabée ne chôme pas.Elle assiste à tous les entraînements et à tous les matchs, s\u2019occupe des joueurs, de l\u2019entraîneur, du directeur général et du président des opérations hockey.Avec l\u2019équipe à domicile et sur la route, elle coordonne les entrevues, prépare les joueurs et entraîneurs, leur fait part des sujets et questions du jour auxquels ils seront certainement confrontés.Tout ça, sans oublier de donner toute l\u2019information qu\u2019elle peut aux reporters de beat, ceux qui suivent les équipes, ce qu\u2019elle a d\u2019ailleurs fait pendant plusieurs années pour RDS.« J\u2019ai été 38 ans journaliste sportive et cette expérience m\u2019aide beaucoup, elle est même cruciale.Je ne fais pas de sondages, je sais ce qui ne fonctionne pas et comment améliorer cela.Mais c\u2019est des baby steps, du pas-à-pas.Je ne changerai pas les choses du jour au lendemain et certainement pas toute seule.» Quand elle se promène dans les corridors du Centre Bell ou au centre d\u2019entraînement de Brossard, Chantal Machabée se pince encore lorsqu\u2019elle voit les photos des joueurs qu\u2019elle admire.De Jean Béliveau à Yvon Cournoyer en passant par Guy Lafleur, l\u2019ancienne journaliste n\u2019y croit toujours pas : elle fait bel et bien partie de l\u2019équipe.Mais elle ne parvient pas à faire totalement une croix sur le journalisme puisqu\u2019elle côtoie encore les mêmes collègues de travail, autrement certes, mais toujours dans le même environnement.« J\u2019ai changé de fonction oui, mais je ne cherchais pas à quitter absolument le milieu des médias et je ne peux pas m\u2019en ennuyer, car je suis encore avec mes boys quelque part.» Les multiples photos et autographes le prouvent : Guy Lafleur a pavé la voie à la carrière de Chantal Machabée.Très jeune, elle en était fan et il était accessible.« Je n\u2019étais pas issue de ce milieu-là du tout, dit-elle.Mes parents étaient dans les cosmétiques et les parfums.Guy Lafleur était de ces joueurs qui accordaient du temps à ses fans après un match à la sortie du Forum pour jaser ou prendre des photos.Pouvoir m\u2019identifier à ces joueurs, à ce sport, oui ça a dirigé mon destin.» La légende des Canadiens l\u2019a confié à Tout le monde en parle en janvier dernier : il s\u2019estime chanceux de faire partie de l\u2019équipe de Chantal Machabée.Mais, au-delà de cette accessibilité, il ne faut pas oublier tout ce travail acharné fourni par cette femme pour qui tout n\u2019a pas été facile.« J\u2019aime ça l\u2019accessibilité, ça fait partie de ma personnalité.J\u2019aime parler à tout le monde, répondre aux fans sur les médias sociaux.Quand je fais mon épicerie ou que je vais au restaurant, on me demande des pronostics et ça me fait plaisir de répondre, même si ce n\u2019est pas toujours évident pour mes enfants ou mes amis qui veulent profiter de ces moments avec moi.Le sport et le hockey, c\u2019est un milieu qui repose sur la passion.» Chantal Machabée, c\u2019est aussi cette femme qui a su imposer le respect dans les vestiaires de hockey.Dans ce milieu très masculin, souvent perçu comme macho, elle a toujours été à l\u2019aise.Et quoi qu\u2019on en dise, elle n\u2019est pas arrivée avec ses talons hauts en réclamant ce respect, elle a fait sa place de façon très discrète en s\u2019imposant par sa rigueur journalistique et ses connaissances sportives.« Si on s\u2019 intéresse à un athlète et qu\u2019on lui pose les bonnes questions, il répondra.Les joueurs de la LNH et moi, on a évolué ensemble.On se connaissait du junior, j\u2019ai grandi avec ces gars qui sont devenus des vedettes.Quand tu respectes un athlète, il te le rend.Souvent, on ne le juge que par les statistiques, son salaire ou sa performance, mais il n\u2019est pas qu\u2019un numéro dans le dos », plaide-t-elle.Devant la caméra, la journaliste a été de celles à vouloir comprendre qui était l\u2019homme derrière le sportif et ses performances pour le révéler aux fans.Ce n\u2019était pas tant pour excuser ses résultats, mais simplement pour rappeler qu\u2019il restait humain.« Quand tu es père de famille de trois enfants avec deux jumeaux de 8 mois qui ne dorment pas la nuit et que tu as une séquence de quatre matchs, oui, tu peux être absent sur la patinoire et c\u2019est normal : tu ne dors pas ! Un athlète n\u2019est pas un super homme.» La semaine de l\u2019entrevue, l\u2019ancien numéro 76, P.K.Subban condamnait un geste qu\u2019il a qualifié de « dégoûtant » de Jacob Panetta à l\u2019endroit de son plus jeune frère, Jordan, lors d\u2019un match de l\u2019East Coast Hockey League.On parle ici de propos racistes envers les joueurs afrodescendants qui font de plus en plus les manchettes, car décriés et condamnés ouvertement par ceux qui en sont victimes.Pour Chantal Machabée, le hockey, tout comme les autres sports, reflète la société dans la mesure où ces écueils et faux-pas sont présents aussi dans tous les autres milieux professionnels.L\u2019enjeu réel est donc d\u2019apprendre à mieux gérer publiquement ces travers, car il faut l\u2019admettre : depuis quelques années, la LNH a une prise de conscience relative aux différentes formes de discrimination dans ses équipes.« Le racisme tout comme les autres formes de discrimination, il faut que ça cesse.C\u2019est un problème sur lequel on s\u2019était très peu arrêté dans la LNH, même s\u2019 il était décrié.Bravo à ces joueurs qui dénoncent ces gestes, il faut le faire, car c\u2019est en brassant et en dénonçant qu\u2019on change les mentalités ! » Une fille de défis Dans l\u2019équipe de Guy Lafleur Pas qu\u2019un numéro dans le dos L\u2019envers de la coupe GUY LAFLEUR « Si on s\u2019intéresse à un athlète et qu\u2019on lui pose les bonnes questions, il répondra.Quand tu respectes un athlète, il te le rend.Souvent, on ne le juge que par les statistiques, son salaire ou sa performance, mais il n\u2019est pas qu\u2019un numéro dans le dos.» - Chantal Machabée C L U B D E H O C K E Y C A N A D I E N - I N C TÉLÉ-QUEBEC CHANTAL MACHABÉE Âge : 57 ans Originaire de : Laval Équipes : Les Canadiens de Montréal Job actuel : Vice-présidente aux communications du CH Pionnière : première femme chef d\u2019antenne au bulletin Sports 30, animatrice et panéliste à l\u2019Antichambre, chef d\u2019antenne de jour au réseau V pour les JO de Vancouver en 2010, reporter de beat au quotidien avec le CH dès 2012.19 itineraire.ca 18 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 L\u2019ancienne journaliste le rappelle : elle a déjà été intimidée et menacée de mort par des fans.Mais elle a enduré et pris sur elle jusqu\u2019à finir par dénoncer ces gestes à ses supérieurs.« Ça a brassé, ce n\u2019était pas évident.On m\u2019a deux fois plus insultée, mais il y a eu une prise de conscience.Ça prend une dose de courage pour dénoncer ces choses, mais une fois qu\u2019on passe à travers la tempête, ça s\u2019améliore.Si on parle d\u2019homosexualité, on commence à voir des joueurs qui font leur coming-out et c\u2019est très bien ainsi.Et je dis bravo à P.K.Subban d\u2019avoir pris position sur le racisme sur la glace.Il faut que ça cesse ! » Il était impossible de ne pas sonder Chantal Machabée sur l\u2019affaire Logan Mailloux qui a mis le Canadien dans la tourmente médiatique.On résume les faits : en novembre dernier, Logan Mailloux, qui évoluait en Suède, a partagé une photo de sa partenaire sexuelle, à son insu, alors qu\u2019elle lui faisait une fellation.Le hockeyeur a été accusé de diffamation et de partage d\u2019une image intime sans consentement.Ceci à une époque où on prend de plus en plus conscience socialement des conséquences d\u2019une agression sexuelle et des effets de l\u2019absence de consentement, hérité du mouvement #metoo.Après sa sélection par le Canadien, Logan Mailloux a indiqué avoir manqué de jugement et s\u2019est excusé auprès de sa victime et de sa famille.« Logan est encore en thérapie et il a recommencé à jouer.Quand l\u2019affaire a éclaté, je me disais que ça n\u2019avait pas de sens qu\u2019 il ait fait cela.En même temps, ça fait partie d\u2019une culture de hockey qui est absolument épouvantable et dégradante.Mais doit-on abandonner un jeune homme de 18 ans ?Je trouve que non, on doit l\u2019encadrer, lui faire prendre conscience de la portée et de la gravité de ses gestes.Il faut éduquer cette jeunesse pour ne plus que ça se reproduise.On a pris en charge ce jeune homme, on travaille avec lui pour qu\u2019 il devienne une meilleure personne et il travaille très fort là-dessus », assure-t-elle.Chantal Machabée appuie son propos en parlant du défenseur Rob Ramage, accusé de conduite en état d\u2019ébriété dans les années 2000.Résumé des faits : le joueur est entré en collision avec un autre véhicule, ce qui a tué son passager, l\u2019ancien capitaine des Blackhawks de Chicago, Keith Magnuson.Peine pour ce crime : quatre ans de prison.« C\u2019était un acte criminel, il a touché le fond du baril et a été responsable de la mort de son ami, il a fait de la prison.Mais il a remonté la pente en faisant des thérapies et donne maintenant des conférences en parlant de son expérience.On peut aider le monde et tourner une situation négative en positif.Il y a moyen d\u2019aider à remonter une personne qui touche le fond pour qu\u2019à son tour, elle puisse en aider d\u2019autres.C\u2019est comme ça que la société s\u2019en sort mieux.» Quand Chantal Machabée parle de sa carrière dans les médias, elle ne peut pas le faire sans mentionner ses deux fils, Simon et Hugo.Relever des défis professionnels avec brio tout en étant maman de deux enfants n\u2019a pas toujours été facile.Et qu\u2019importe ses réussites, ses gars restent sa priorité.La maman se dit même chanceuse d\u2019avoir ses fils qui l\u2019ont comprise et soutenue au fil des années.« Je me levais la nuit, j\u2019allaitais, je jouais avec eux, je ne faisais rien d\u2019autre que de m\u2019occuper d\u2019eux à la maison.Mais quand j\u2019allais travailler, j\u2019allais travailler.Ils ont été extrêmement compréhensifs », confie-t-elle.Les fêtes dans les bars ou autres sorties, Chantal Machabée y a renoncé.Très tôt amenée à représenter les Radio-Canada ou TVA de ce monde, elle avait d\u2019autres responsabilités, mais voulait plus que tout être maman.Ce n\u2019est que beaucoup plus tard qu\u2019elle a eu une vie sociale.« Il faut qu\u2019on coupe quelque part et à un moment donné, j\u2019ai coupé sur mes heures de sommeil.Je n\u2019ai jamais beaucoup dormi, trois ou quatre heures par nuit, comme tous les parents d\u2019enfants en bas âge, et j\u2019enchaînais sur de longues journées de travail.Oui il y a eu des sacrifices, mais je suis heureuse de les avoir faits et d\u2019avoir pu faire mon bout de chemin.» Être mère de famille et avoir une belle relation avec ses fils est de loin sa plus grande fierté, car tout n\u2019a pas été facile.« Quand on est parent, on est sur les émotions.Ce n\u2019est pas rien d\u2019être responsable d\u2019autres humains, c\u2019est même prenant, mais j\u2019y tenais.À travers cela, j\u2019ai divorcé et je suis encore célibataire, car je m\u2019occupe de mes enfants et de ma carrière.En fait, il n\u2019y a pas vraiment de place pour autre chose dans ma vie et je reste très heureuse et sereine malgré tout », ajoute celle qui sera bientôt mamie d\u2019une petite fille prévue pour le mois de juin.À 57 ans, Chantal Machabée considère le fait de vieillir comme un privilège.Elle admire Barbara Walters et Janette Bertrand qu\u2019elle considère comme « bonnes, crédibles et parfaites, avec toute leur expérience de vie ».L\u2019ancienne animatrice appelle à ne pas avoir peur de vieillir, dans la vie comme à l\u2019écran, « même si ce n\u2019est pas toujours évident et que tout le monde n\u2019est pas gentil », car vieillir est « la seule justice au monde ».Cette conscience et sérénité l\u2019ont frappée très tôt dans la trentaine, lorsqu\u2019elle a perdu de nombreux amis qui n\u2019ont pas eu l\u2019occasion de vieillir.« Oui, j\u2019ai plus de rides, oui mon corps change.Je fais mon possible pour me tenir en forme, car j\u2019ai besoin d\u2019énergie pour travailler.Je reste coquette, j\u2019aime ça bien paraître et je ne m\u2019en cache pas.Mais il faut changer cette sévérité à l\u2019égard des femmes qui vieillissent à l\u2019écran.Je les encourage à poursuivre et à démontrer que l\u2019expérience vaut son pesant d\u2019or.On peut être belle à tout âge, ce n\u2019est pas une ride qui enlaidit, quand même.» Le privilège de vieillir Maman absolument comblée « Il faut changer cette sévérité à l\u2019égard des femmes qui vieillissent à l\u2019écran.Je les encourage à poursuivre et à démontrer que l\u2019expérience vaut son pesant d\u2019or.On peut être belle à tout âge, ce n\u2019est pas une ride qui enlaidit, quand même.» - Chantal Machabée 21 itineraire.ca 20 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 P.K.SUBBAN CLUB DE HOCKEY CANADIEN-INC PHOTO FOURNIE PAR CHANTAL MACHABÉE La santé mentale, on en parle depuis peu dans le hockey et les sports en général.Robin Lehner, gardien de but des Golden Knights de Vegas, a été l\u2019un des premiers à briser le tabou lorsqu\u2019il jouait pour les Islanders de New York.L\u2019été dernier, Jonathan Drouin s\u2019est confié à Chantal Machabée sur ses problèmes d\u2019angoisse lors d\u2019une entrevue pour RDS.La journaliste dit avoir reçu plusieurs messages des fans qui saluaient son témoignage, en confiant à leur tour leurs difficultés.Chez le Canadien, Carey Price est le premier joueur à parler publiquement de santé mentale.Et on va se le dire : ça secoue le monde du hockey.« Quand ces gars-là font une telle sortie, ça a une énorme portée, le monde se reconnaît et ils deviennent des modèles pour eux.Un Carey Price ou un Jonathan Drouin qui te dit d\u2019aller consulter si tu ne vas pas bien, ça a un poids énorme et c\u2019est un beau message.» Ce sujet touche personnellement Chantal Ma- chabée.Il y a eu un moment où la journaliste n\u2019allait pas bien.Elle relate que lorsqu\u2019elle se faisait maquiller, avant d\u2019entrer en ondes, elle avait les poings si serrés qu\u2019elle enfonçait les ongles dans sa peau sans s\u2019apercevoir qu\u2019elle se blessait.Grâce à son entourage, et en particulier à ses fils, elle a compris qu\u2019elle n\u2019allait pas bien.C\u2019était une période où elle était au plus bas, où elle restait dans sa chambre sans vouloir en sortir.Toute action lui paraissait insurmontable.Elle avait une boule permanente dans l\u2019estomac.Alors, pour ses enfants, pour elle, elle a été consulter et a pris sa médication.« On le sent et on le sait quand on ne file pas.Ça ne s\u2019explique pas, mais on n\u2019a plus le goût de rien, la vie est une montagne et ah seigneur ! que tu ne files pas.Je suis allée consulter par amour pour mes enfants.Je me suis bottée le derrière et c\u2019est le plus beau cadeau que je me suis fait.Si des personnes ne filent pas et lisent ceci, je vous le dis : oui on reprend goût à la vie, mais ça se fait avec de l\u2019aide.C\u2019est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire.» L\u2019enfer de la dépression CAREY PRICE JONATHAN DROUIN « Dave était là ! Dave c\u2019t\u2019une terreur, Dave c\u2019t\u2019un tueur, Dave y\u2019est magané [.] ».Cette réplique tirée du film Slap Shot font toujours partie de l\u2019imaginaire collectif québécois.Plus que ça, elle s\u2019inscrit dans une vision conservatrice d\u2019un sport où les allusions guerrières ne manquent pas.Du « vrai hockey », comme certains amateurs se plaisent à le dire, qui appartient à une autre époque et tend à encarcaner son pendant féminin dans l\u2019amateurisme.Et en pleine effervescence olympique, L\u2019Itinéraire n\u2019a pas échappé à l\u2019euphorie sportive.À une différence près que les conversations se sont rapidement portées sur le défis d\u2019inclusion et l\u2019engagement des femmes dans ce milieu \u2013 disons-le, majoritairement masculin.Et s\u2019il existait un hockey mixte professionnel ?L\u2019idée évoque le souvenir des performances passées de Manon Rhéaume devant le filet du Lightning de Tampa Bay en 1992.Mais cette utopie de voir hommes et femmes partager la glace a fina-lement été balayée par les paroles d\u2019expertes et passionnées, partageant en priorité une précaire réalité, celle du hockey féminin.Danièle Sauvageau et Ève Gascon, pour ne citer qu\u2019elles, donnent le ton.Ces deux femmes \u2013 et il en existe bien d\u2019autres \u2013 forgent une identité différente du sport national, loin d\u2019être moins bon que celui de son homologue masculin.TAYLOR FRIEHL | UNSPLASH sur la glace 22 itineraire.ca 1er mars 2022 C L U B D E H O C K E Y C A N A D I E N - I N C C L U B D E H O C K E Y C A N A D I E N - I N C Au moment d\u2019écrire ces lignes, l\u2019équipe canadien de hockey féminin venait de remporter la medaille d\u2019or aux Jeux de Beijing sous le regard de Danièle Sauvageau.Cette passionée fait tout ce qu\u2019elle peut pour que le hockey féminin prenne la place qui lui revient.Les difficiles conditions d\u2019entrevue depuis son hôtel de Pékin en Chine \u2014 pays de la cybersécurité \u2014 en sont un bon exemple.L\u2019analyste sportive aux JO de Beijing aura passé près d\u2019une heure à chercher une connexion internet acceptable.Faute de mieux, et malgré un horaire chargé, elle s\u2019isolera dans un couloir de sous-sol \u2014 certainement interdit au public \u2014 pour nous ouvrir une fenêtre médiatique supplémentaire sur le hockey féminin en manque de visibilité.Oui, l\u2019annonce de la mort de la LCHF le 31 mars 2019 a été une véritable déferlante nationale pour le milieu du hockey féminin, déjà instable.Certaines ont partagé leur indignation à travers des lettres ouvertes, comme Vitalia Chukhovich, amateure de sport et réalisatrice-pigiste pour Radio-Canada, qui a pointé du doigt l\u2019iniquité chronique entre hockey masculin et féminin et les préjugés envers le calibre sportif des hockeyeuses.D\u2019autres se sont immédiatement attablés, comme Marie-Philip Poulin, considérée aujourd\u2019hui comme la meilleure joueuse de hockey au monde, ou encore Karell Émard, attaquante des Canadiennes de Montréal à l\u2019époque, pour trouver un plan de sauvetage aux 84 000 orphelines du hockey.Pour Danièle Sauvageau, qui faisait aussi partie de la concertation, l\u2019annonce est un choc : « Je ne peux pas croire qu\u2019en septembre prochain, il n\u2019y aura pas un endroit où les joueuses qui nous représentent sur la scène internationale et aussi aux Olympiques pourront jouer », a-t-elle déclaré à Radio-Canada.Mais au-delà de l\u2019émotion, le combat ne faisait, en fait, que continuer : « Aujourd\u2019hui, ça fait exactement 40 ans que j\u2019ai demandé pour la première fois comment je pouvais aider [le milieu du hockey] ».Danièle Sauvageau se raconte\u2026 L\u2019onde de choc C\u2019était le 31 mars 2019.Le jour où la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) annonçait sa dissolution : « Si le Canada veut réellement faire croître le volet féminin de son sport national, il va un jour falloir se réveiller et offrir un réseau de développement digne de ce nom à nos 84 000 joueuses », écrivait Martin Leclerc, chroniqueur sportif pour Radio-Canada.Des mots qui devraient se concrétiser « dans les prochains mois », espère Danièle Sauvageau, « gardienne » du hockey féminin, qui travaille à « recréer un circuit professionnel ».En entrevue avec L\u2019Itinéraire, l\u2019analyste sportive aux derniers Jeux Olympiques de Beijing, revient sur les origines de son combat pour la reconnaissance, l\u2019excellence et l\u2019épanouissement du pendant féminin du sport national.Par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation L'entraîneure-chef Danièle Sauvageau célèbre avec l'équipe canadienne de hockey féminin médaillée d\u2019or olympique aux Jeux d\u2019hiver de Salt Lake City le 21 février 2002.Photo : Shaun Best | Reuters fixe pour nos athlètes 25 itineraire.ca 1er mars 2022 H o c k e y f é m i n i n Plus inclusif oui, mais inutile de parler tout de suite de mixité dans des ligues professionnelles, alors qu\u2019« on a de la difficulté à avoir une place au niveau élite du hockey dit féminin pour préparer nos athlètes à nous représenter sur la scène internationale », affirme l\u2019ex-entraîneure.« On ne sait pas où on en sera dans 10 ans », mais avant d\u2019envisager une telle (r)évolution, il faut déjà « asseoir sur le haut de la pyramide, une équipe professionnelle ».La direction pour les années à venir de la pionnière est déjà toute tracée : « augmenter le nombre de joueuses [en légère progression depuis que les Canadiennes ont gagné 3-2 contre leurs rivales américaines lors de la finale du Championnat de hockey féminin, à Calgary en août 2021] et surtout, « stabiliser ce qu\u2019on appelle le cheminement de l\u2019athlète à long terme.Danièle Sauvageau est très claire : « j\u2019 investis toute mon énergie à permettre à des femmes qui ont 20 ou 30 ans de moins que moi à se professionnaliser et de vivre de leur sport.» Un idéal loin d\u2019être atteint.Il ne l\u2019était d\u2019ailleurs pas plus dans le temps de la LCHF.« Celles qui sont payées actuellement ne sont pas rémunérées pour leur sport.Elles sont rémunérées par le biais de Sport Canada, par leurs propres associations, par des commanditaires.Mais est-ce que les joueuses peuvent vraiment vivre avec 12 000 $ par année ?Pour une ligue professionnelle, ça prend quand même des investissements financiers qui permettent à ces femmes de jouer une quarantaine de matchs et de s\u2019entraîner tous les jours.» Comme les ligues masculines finalement, dans lesquelles les joueurs sont payés [sans parler d\u2019écart de salaire] pour vivre de leur sport, entraînements compris, ce qui leur permet donc de développer leur plein potentiel.Un hockey plus inclusif ?« Pour moi, ça a commencé par un \u201cnon\u201d.J\u2019ai grandi à Deux-Montagnes.À cette époque, il n\u2019y avait pas d\u2019aréna là-bas.Alors, ça jouait sur les patinoires extérieures et lorsque mes frères ont eu l\u2019âge de jouer au hockey dit organisé, je me suis présentée moi aussi à l\u2019aréna de Saint-Eustache.J\u2019avais 13 ans.Mais je me suis fait dire : \u201c Eux peuvent, mais pas toi \u201d.Alors j\u2019ai demandé humblement comment je pouvais aider.On m\u2019a fait comprendre que je pouvais apporter des rondelles dans les coins, être derrière le banc à donner des bouteilles d\u2019eau\u2026 » Ironie du sort, l\u2019aréna de sa ville natale porte aujourd\u2019hui son nom.Si ce début de parcours était loin d\u2019être satisfaisant, il lui permettra tout de même « de rester toujours proche du hockey ».Véritable mordue, Danièle Sauvageau aimait particulièrement la complexité de ce sport.À tel point qu\u2019à défaut de le pratiquer, elle lisait « tout ce qu\u2019[elle pouvait] » pour le connaître et le comprendre.Plus tard, elle passera ses certifications pour occuper des postes clés, toujours derrière les bandes.« On me disait : \u201c pourquoi tu fais ça ?Tu ne pourras pas coacher de toute façon ! \u201d » Mais avancer coûte que coûte vient avec son lot de doutes.« C\u2019est pas toujours facile parce qu\u2019à force de se faire dire non, on se demande pourquoi on reste.Je me suis posée cette question toute ma vie ».L\u2019histoire lui démontre finalement que lorsqu\u2019on est passionnée, on avance.« Et ce dont je suis le plus fière, c\u2019est d\u2019être encore là ! », dit celle dont les réalisations professionnelles en hockey sont trop nombreuses pour être énumérées.La fierté d\u2019être encore là ! Position : Attaquante Originaire de : Shaunavon, Sa skatchewan Équipes : HC Salamat Kirkkon ummi (Finlande - Suomi- Sarja ligue masculine) - Équip e Nationale (JO Nagano, 1998 ; JO Salt Lake City 2002 ; JO Turin 2006 ; JO Vancouver 2010 ; JO Sotch i 2014) - Équipe Linden Hockey d\u2019Eskilstuna (Suède - Division 1 ligue masculine).Réalisations : 5 médailles d\u2019o r olympiques consécutives ; athlète ayant marqué le plus de buts (16) dans le cadre d\u2019un tournoi.Pionnière : Première femme a ttaquante à jouer en ligue masculine professionnelle en saison régulière.Plus jeune joueuse à intégrer l\u2019équ ipe féminine canadienne, à 15 ans.Ce qu\u2019elle est devenue : Dire ctrice adjointe au développement des joueurs pour les Maple Leafs de Toronto (LNH), depuis 201 8.HAYLEY WICKENHEIS ER ?43 ANS ?Position : Gardienne de but Originaire de : Boisbriand, Qc Équipes : Titans de l\u2019Acadie-B athurst (LHJMQ) - Équipe Nationale ( JO Turin, 2006) - Martlets de McGill (U Sports ).Réalisations : Participe au Jeu x du Canada d\u2019hiver avec l\u2019équipe masculi ne du Québec (1999).Pionnière : 28 parties réguliè re en LHJMQ : la seule femme avec Manon R héaume à avoir évolué dans cette ligue .Ce qu\u2019elle est devenue : Con sultante, psychologue sportive et entr aîneure.CHARLINE LABONTÉ ?40 ANS ?Position : Attaquante Originaire de : Beauceville, Q c Équipes : Canadiennes de Mo ntréal (LCHF) - Équipe Nationale (JO Vancou ver, 2010 ; JO Sotchi, 2014 ; PyeongChan g, 2018 ; Pékin, 2022).Réalisations : Capitaine de l\u2019é quipe nationale de hockey féminin.Elle a men é le Canada vers la médaille d\u2019or, en 2014 , en finales contre les États-Unis à Sotchi et en 2022 à Beijing.Pionnière : Nommée meilleu re joueuse de hockey sur glace au monde p ar la LNH.MARIE-PHILIP POULI N ?30 ANS ?A R I A N N E B E R G E R O N 27 itineraire.ca 1er mars 2022 Par ailleurs, le milieu féminin du hockey place de nombreux espoirs en la personne de Jocelyn Thibault, récemment mandaté à la tête de la direction de Hockey Québec.L\u2019ancien gardien de but des Nordiques de Québec, également père de trois filles qui évoluent toutes dans le hockey, croit fermement au développement d\u2019un pan féminin professionnel.« Je remarque une volonté de professionnaliser le hockey féminin, une volonté très bien accueillie dans le milieu », dit celui qui a joué aux côtés de Manon Rhéaume.Il croit d\u2019ailleurs « très important d\u2019avoir une ligue professionnelle pour donner plus de visibilité au hockey féminin, mais aussi un objectif, un rêve supplémentaire aux filles qui souhaitent s\u2019y engager ».M.Thibault est cependant conscient de ce qu\u2019attend la création de cette ligue : « La structure financière.Trouver comment faire pour qu\u2019elle puisse générer des revenus et un écosystème de réussite, pour vivre d\u2019elle-même » relève du défi.Un défi qui devrait trouver des pistes de solutions à travers le Comité québécois sur le développement du hockey, mis en place par le gouvernement en novembre dernier.Composé d\u2019experts tels que Jocelyn Thibault, Caroline Ouellette, Danièle Sauvageau et Kim St-Pierre, entre autres, les résultats sont attendus à partir du 31 mars 2022.Sur le chemin de la victoire ?Position : Gardienne de but Originaire de : Lac-Beauport, Qc Équipes : Draveurs de Trois-Rivières (LHJMQ) - Lightning de Tampa Bay (LNH) - Équipe nationale (JO de Nagano, 1998).Réalisations : Première femme à jouer au tournoi de hockey Pee-Wee de Québec ; dans la LHJMQ ; dans la LNH en match présaison ; comme gardienne de but de l\u2019équipe féminine de hockey sur glace aux JO.Pionnière : Première femme à signer un contrat professionnel en ligue masculine.Ce qu\u2019elle est devenue : Commentatrice pour les Red Wings de Détroit (LNH) à la chaîne Bally Sports.MANON RHÉAUM E ?51 ANS ?DANIÈLE SAUVAGEAU Position : Entraîneure Originaire de : Deux-Montagnes, Qc Équipes : Équipe Canada (JO 2002).Réalisations : A remporté l\u2019or aux JO de Salt Lake City en 2002 à titre d\u2019entraîneure en chef.Pionnière : Fondatrice du centre de performance 21.02 ; assistante- entraîneure avec le Rocket de Montréal (LHJMQ).Ce qu\u2019elle est devenue : Commentatrice sportive et entrepreneure.L\u2019argent, nerf de la guerre qui a signé l\u2019arrêt de mort de la LCHF, est également à la source de préjugés.« Souvent on fait la différence entre le sport amateur et professionnel avec le critère financier, les sous, les dollars ! » Vue sous cet angle, traitons donc nos olympiennes d\u2019amatrices\u2026 un préjugé qui serait bien dissonant en regard de leurs performances depuis 2002.On ne peut donc pas officiellement se dire hockeyeur.se.s professionnel.le.s sans un salaire décent pour le prouver, « mais l\u2019éducation, ce que ça demande pour suivre la certification, pour en arriver là, c\u2019est la même chose, le même investissement ! », confirme Danièle Sauvageau dont ses propres mentors ont entre autres été « des hommes qui n\u2019ont pas joué au niveau professionnel, mais qui avaient une connaissance et une passion du hockey qui dépassaient celles de plusieurs.» C\u2019est au nom de tous ces combats : lutter contre les préjugés et ouvrir les portes à des sportives d\u2019exception, que Danièle Sauvageau préside le Centre de hockey de haute performance 21.02, à Verdun.21.02 ?En l\u2019honneur de la première médaille d\u2019or olympique gagnée par l\u2019équipe féminine du Canada, le 21 février 2002 à Salt Lake City.Danièle Sauvageau en était l\u2019entraîneure.Le Centre « offre un domicile fixe aux athlètes », peut-on lire sur le site en ligne.Les programmes visent le développement des joueuses, mais aussi des entraîneur.e.s et autres professionnel.le.s du milieu afin de maintenir un bassin d\u2019élites au Québec.Pour ce faire, Danièle Sauvageau veut « créer une équipe de développement dont le centre pourra suivre le cheminement des athlètes à long terme dans le but de les amener à jouer au niveau professionnel.» Nerf de la guerre et préjugés Jocelyn Thibault, directeur général Hockey Québec.Photo : Hockey Québec Position : Gardienne de but Originaire de : Châteauguay, Qc Équipes : Équipe nationale (J O Nagano,1998 ; JO Salt Lake City, 2002 ; JO Tu rin, 2006 ; JO Vancouver, 2010) - Martlet s de McGill (U Sports).Réalisations : 3 médailles d\u2019o r olympiques et 5 championnats du monde.8 3 matchs joués, 64 victoires et 29 blanchissag es avec Hockey Canada.Pionnière : Première femme à : gagner un match d\u2019hockey masculin à McGill e n ligue universitaire ; être intronisée au Temple de la Renommée du Hockey (2020) ; pratiquer ave c les Canadiens de Montréal (2008).Ce qu\u2019elle est devenue : Com mentatrice et entrepreneure-coach en acti vités physiques au programme BOKS.KIM ST-PIERRE ?43 ANS ?29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 Quand Ève Gascon a commencé à jouer au hockey, dans sa ville natale de Terrebonne, le hockey féminin n\u2019y existait pas.Peut-être qu\u2019il aura fallu attendre sept médailles olympiques gagnées par l\u2019équipe nationale pour qu\u2019enfin le hockey au féminin se déploie plus largement sur le territoire québécois.Aujourd\u2019hui, la plupart des jeunes filles désireuses de pratiquer le sport national peuvent le faire tant avec les garçons qu\u2019avec leurs semblables.Mais beaucoup de chemin reste à faire dans la promotion du hockey féminin, et Ève Gascon en fait sa mission.Le brassage médiatique a ébranlé la vie de la gardienne lorsque tous les projecteurs ont été braqués sur elle à l\u2019automne.Si on parle davantage du fait qu\u2019elle est une femme qui joue au hockey, et non tant de ses performances de joueuse, ce n\u2019est pas ce qui énerve l\u2019athlète qui évolue cette saison pour les Patriotes du cégep Saint-Laurent, en ligue collégiale masculine.« C\u2019est intense, oui, mais j\u2019ai une équipe autour de moi qui m\u2019aide et si ça peut faire la promotion du hockey féminin, c\u2019est ça le plus important », dit-elle.Elle fait partie d\u2019une nouvelle génération de hockeyeuses qui ont grandi en voyant les exploits olympiques de nos Canadiennes.Charline Labonté, qui a joué 28 matchs en saison régulière avec le Titan de l\u2019Acadie-Bathurst, avec ses trois médailles d\u2019or au cou, est comme une grande sœur pour la jeune gardienne.« Charline est là pour moi depuis que j\u2019ai 15 ans.J\u2019ai eu une passe difficile au midget AAA quand je n\u2019avais pas de victoires.Elle est là pour moi peu importe ce qui arrive.» De Manon Rhéaume à Charline Labonté, en passant par Kim St-Pierre, Ève Gascon porte la flamme à transmettre aux plus jeunes qui suivront.Elle espère que le hockey féminin deviendra un jour l\u2019égal de son pendant masculin, en popularité comme en conditions (salariales entre autres).De génération en génération Ça aura pris 20 ans avant de voir une autre gardienne de but occuper le filet d\u2019une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).Ève Gascon suit les traces des Québécoises Charline Labonté et Manon Rhéaume en devenant ainsi la troisième femme à avoir joué dans le circuit Courteau.À seulement 18 ans, la jeune femme a déjà une feuille de route impressionnante.D\u2019abord première gardienne à jouer en saison régulière dans la ligue Midget AAA, elle a fait trembler le monde du hockey en août dernier lorsqu\u2019elle a participé à une partie présaison avec les Olympiques de Gatineau.Portrait d\u2019une jeune hockeyeuse en territoire masculin et en pleine ascension.Ève Gascon avec le Phénix du Collège Esther-Blondin, dans la ligue M18 AAA.Photo fournie par Ève Gascon Par Simon Bolduc Chargé de projet - journalisme Pionnière nouvelle génération 31 itineraire.ca 30 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 « J\u2019ai pas vraiment d\u2019autres options du côté masculin, explique la Terrebonnienne d\u2019origine, qui célébrera ses 19 ans dans quelques mois, « et je commence à être vieille pour rêver à la LHJMQ ».(rires).Cette urgence de jouer avec les femmes commence à se faire sentir pour Ève Gascon.Celle qui rêve de participer aux Jeux Olympiques de Milan en 2026 devra perfectionner son Hockey IQ féminin, comme on dit dans le milieu, si elle souhaite un jour garder le filet des Canadiennes.« Techniquement, j\u2019aurai pu continuer en ligue masculine, mais à un niveau plus faible, universitaire D3, par exemple.Mais c\u2019est le temps pour moi de faire le switch et c\u2019est une expérience de vie que je ne vais jamais revivre.C\u2019est la meilleure chose pour moi tant pour mon développement personnel que pour celui du hockey », explique Ève Gascon au bout du fil.Au hockey féminin, les lancers viennent moins vite, les plaquages sont rares et il y a plus de jeux de passe.Comme gardienne de but, elle devra s\u2019habituer aux jeux à proximité du filet plutôt qu\u2019aux lancers frappés en provenance de la ligne bleue.Quelques différences considérables qui démontrent l\u2019aspect plus technique d\u2019un style de hockey qui gagne à être (re)connu.« Je suis devenue gardienne parce que je jouais au hockey dans la rue avec mes frères.Évidemment, c\u2019était toujours moi qui était pognée pour aller dans les buts », expliquait Ève Gascon au micro du balado Femme d\u2019Hockey, conçu et animé par Isabelle Éthier.Si enfant on joue au hockey de rue, en mode mixte, pour le plaisir, est-il envisageable de voir de la mixité au hockey de niveau professionnel ?Ève Gascon est hésitante : « La différence entre les hommes et les femmes est réelle ! Les hommes patinent plus vite et ont plus de force.Il faut arrêter de comparer le hockey masculin au hockey féminin.Ça ne se compare pas comme jeu.C\u2019est difficile pour moi de penser un hockey professionnel mixte ».D\u2019une part, il serait difficile d\u2019imaginer une femme qui reçoit une mise en échec d\u2019un homme dans le coin de la bande.Il faudrait d\u2019autres règlements et le sport s\u2019en verrait changé, selon elle.D\u2019autre part, en tant que gardienne, elle considère que c\u2019est la meilleure position pour évoluer en ligue masculine, puisqu\u2019on élimine l\u2019aspect robustesse et mise en échec, entre autres.Condamnées à être gardiennes, ces femmes qui souhaitent jouer avec les hommes ?« Je ne pense pas, il y a des exceptions.Mais j\u2019ai connu une fille qui jouait bantam comme attaquante, alors que les mises en échec sont permises.Tout le monde cherchait à la plaquer et elle se faisait ramasser avec acharnement, déplore Ève Gascon.Peut-être que dans 20 ans on va voir une joueuse attaquante au niveau pro, mais c\u2019est peu probable selon moi ».En janvier dernier, la ligue professionnelle de hockey féminin, la Premier Hockey League (PHL), a annoncé que Montréal aura son équipe d\u2019expansion à compter de la prochaine saison.Le hockey féminin canadien se porte mal depuis que la Ligue Canadienne de Hockey Féminin a mis un terme à ses activités en 2019.Active depuis 2015, cette PHL de huit équipes a également annoncé la hausse du plafond salarial pour chaque organisation, passant de 300 000 $ à 750 000 $ US.Une hausse non négligeable puisqu\u2019on peut compter en moyenne 37 500 $ US par joueuse pour une équipe de 20 joueuses.Et pour offrir davantage aux hockeyeuses, la ligue affirme qu\u2019elles détiendront des parts de marché de leur équipe, allant jusqu\u2019à 10 %, et pourront avoir un certain contrôle sur les possibilités de marketing les concernant.Espérons que cette ligue soit capable de mobiliser tant les spectateurs que les jeunes femmes autour du hockey version féminine.Du moins, les efforts mis à professionnaliser le hockey féminin sont considérables et rompent définitivement avec la vision d\u2019un hockey de moins bonne qualité.« Allez-y, suivez votre coeur.C\u2019est le plus beau sport au monde.Ça vous apporte tellement.Ça vous donne une discipline, ça vous fait grandir autant comme joueuse que comme personne.» C\u2019est le message qu\u2019Ève Gascon veut livrer aux jeunes filles qui hésitent à entreprendre un sport qu\u2019on associe trop souvent aux hommes.Pour elle, le hockey est plus qu\u2019un sport : « Ça m\u2019a tellement donné, au-delà du sport.L\u2019amitié, le respect, la détermination, ce sont des valeurs que j\u2019ai apprises avec le hockey.Le respect de mes coéquipiers, de mes adversaires, de mes entraîneurs l\u2019est tout autant.J\u2019ai aussi appris la valeur de la famille, parce qu\u2019une équipe, c\u2019est une famille unie ».Une pionnière, à sa manière, dont on n\u2019a pas fini d\u2019entendre parler.Les vieilles mentalités Au féminin SVP ! Et un hockey mixte ?La Premier Hockey League Suivez votre coeur ! La gardienne étoile, qui a toujours évolué avec les gars, déplore qu\u2019on juge inférieur le hockey féminin.C\u2019est que la comparaison entre le hockey masculin et féminin ne tient pas.Ce sont deux styles de jeu complètement différents, estime-t-elle.D\u2019autant plus que les conditions de performances sont loin de satisfaire aux ambitions paritaires de notre société.« C\u2019est dur d\u2019être à son maximum quand tu travailles le jour, tu t\u2019entraînes le soir, tu pratiques tôt le matin, et il faut bien manger en plus de tout ça ! Les hommes c\u2019est ça qu\u2019 ils font à temps plein ! C\u2019est sûr qu\u2019 ils vont au bout de leur potentiel.C\u2019est dommage qu\u2019on n\u2019ait pas les mêmes conditions salariales », s\u2019indigne celle qui complète actuellement un diplôme d\u2019études collégiales (DEC) en sciences humaines.Elle a justement pris la décision de répartir son cégep sur trois ans, plutôt que sur deux, pour lui permettre de garder un équilibre sain entre les exigences académiques et sportives.Cette décision d\u2019être sur les bancs d\u2019école plus longtemps lui permettra, espère-t-elle, de percer l\u2019alignement partant des Olympiques de Gatineau et de jouer la saison régulière 2022-2023 en LHJMQ.La jeune hockeyeuse a toutefois conclu une entente avec l\u2019équipe du Minnesota-Duluth, dans la National Collegiate Athletic Association (NCAA), la ligue universitaire américaine, pour la saison qui débutera à l\u2019automne 2023.D\u2019ailleurs, pour être admissible à jouer dans la NCAA, un joueur ne peut jouer plus de 48 heures au niveau junior canadien.Un règlement qui ne s\u2019applique pas aux femmes et qui lui donne une ultime chance d\u2019aller au bout de son parcours en ligue masculine.Vieux règlement, vieilles mentalités, encore.Position : Directrice-adjointe Originaire de : Montréal, Qc Équipes : Les Canucks de Vanco uver (LNH).Réalisations : Est devenue en 20 22 la première directrice adjoin te de la LNH.Pionnière : Première femme à si gner un contrat professionnel en l igue masculine.Ce qu\u2019elle est devenue : Premiè re femme à être certifiée comme agen te de joueurs.ÉMILIE CASTONGUAY ?38 ANS ?Ève Gascon au camp d\u2019Équipe Canada.Photo fournie par Ève Gascon Position : Gardienne de but Originaire de : Montpellier, France Équipes : Drakkars de Caen (France - Division masculine D1).Réalisations : Tout sport confondu, première femme en France à évoluer avec les hommes au plus haut niveau sportif.Pionnière : Première femme à signer un contrat professionnel en ligue masculine.Ce qu\u2019elle est devenue : En France, deuxième femme à occuper le poste de gardienne de but en ligue masculine.CHARLOTTE CAGIGOS ?21 ANS ?33 itineraire.ca 32 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 Patins aux pieds et bâtons empoignés, des joueurs manient la rondelle, camouflés sous de minimes équipements de protection.Sur les patinoires extérieures, seul le plaisir prime.Les visages rougis par le froid, ces amateurs de hockey affichent fierté et satisfaction.Les tapes dans le dos et les high fives fusent.Puis, chacun se disperse, jusqu\u2019à la prochaine rencontre.Accoudés aux patinoires saisonnières, les fans profitent du jeu.On pourrait supposer que la pratique du hockey amateur au Québec touche autant les hommes que les femmes.Mais il n\u2019en est rien.Au contraire, comme en témoigne Jean-François DesBois, fondateur de la Ligue Fédérale des As (LFA), une ligue amicale et compétitive à Montréal.En 2012, la LFA voyait officiellement le jour.Et inclure des joueuses a toujours fait partie du plan.« Dès la deuxième saison, on a commencé à avoir des filles, amorce Jean- François DesBois.Je me rappelle encore de Maguy Desaulniers, la première à venir jouer.Elle était très bonne.On a même eu une fille qui jouait avec les Canadiennes.» De fil en aiguille, la division mixte est née.Une division récréative, sans trophée ni compétition.Et son nom est une invitation: bienvenue aux dames ! Pour assurer cette mixité, en plus d\u2019offrir un « hockey propre », la ligue s\u2019est prémunie contre toute forme de violence à travers ses règlements : « Quand il y a un débordement, les joueurs sont sortis, suspendus ».Le message est clair et montre aux futures joueuses qu\u2019elles seront « respectées et qu\u2019elles n\u2019auront pas affaire à un matador », croit l\u2019organisateur.Sur le site de la LFA, une division aux couleurs fushia s\u2019est ajoutée l\u2019été passé.La division Rockette.Elle aura cependant mis neuf ans à voir le jour, et après que J-F.DesBois ait « enfin réussi à obtenir des heures de glace supplémentaires les samedis après-midi.» Une denrée rare, dit celui qui organise des matchs amicaux depuis plus de 30 ans : « Le temps de glace, c\u2019est de l\u2019or, le nerf de la guerre dans le hockey amateur » ; un tout autre débat.Malgré tout, les équipes féminines restent incomplètes : « Ça me prend 44 filles.On en a 10 actuellement ».Les chiffres sont épeurants : le nombre de joueuses inscrites au hockey au Québec entre 2014 et 2020 a augmenté d\u2019un discret 1,5 %.On parle en tout de 6 618 femmes\u2026 seulement ! « Au Québec, le ratio de joueuses de hockey par population est l\u2019un des plus faibles au pays », peut-on lire dans les constats du Sommet du Hockey féminin 2021, en ligne sur le site du Centre de hockey de haute performance 21.02.Comment expliquer cette inégalité de participation entre hommes et femmes ?Si les facteurs sont multiples, certains tiennent à la culture du hockey, particulièrement au Québec.Jean-François DesBois se rappelle parfaitement que dans les années 1980, une fille qui jouait au hockey « ça énervait les gars ».« Je me souviens d\u2019une fille qui jouait dans notre ligue.Elle était une précurseure à cette époque.Mais un de mes défenseurs est allé la plaquer dans la bande.C\u2019était full contact.La société n\u2019était pas pareille.Le gars, il y était allé fort.Il l\u2019avait gelée.Ç\u2019a été son seul match, à la fille.» Il y a 10 ans à peine, M.DesBois prévenait encore ses joueurs lorsqu\u2019une femme s\u2019intégrait dans leurs équipes « Ok les gars, soyez cool avec elle ».Une « éducation » qu\u2019il n\u2019a plus besoin de faire aujourd\u2019hui, affirme-t-il.« On n\u2019est plus à l\u2019époque des mononcles ! Aujourd\u2019hui, c\u2019est la compétence qui est mise de l\u2019avant.Quand la fille, ou le gars sait jouer, elle ou il est accepté.e ».« Si l\u2019équipe féminine canadienne joue pour la médaille d\u2019or, caricature le fondateur de la LFA, ce match-là, on va le regarder \u2014 si ça adonne.Par contre, si l\u2019équipe masculine joue pour la médaille d\u2019or, c\u2019est sûr que le monde va prendre off du travail pour le voir.» Il y a encore beaucoup de stéréotypes dans le hockey féminin qui font que, même en 2022, un trop large public semble le considérer de moins bonne qualité que son jumeau.« J\u2019ai déjà entendu que l\u2019équivalent du hockey féminin semi-pro- fessionnel serait du junior B masculin ».Parmi ce qui entretient ces préjugés, il y a ce que l\u2019on pourrait qualifier l\u2019« effet Slap Shot », inégalé par son pendant féminin.La banalisation des bagarres, parfois \u2014 viscéralement attendue du public \u2014 et les spectaculaires mises en échec du hockey masculin qui font son côté entertainment, n\u2019existe pas dans le hockey féminin ; tout simplement banni par les différences physiologiques et les règlements.Puis, il y a l\u2019équipement.« D\u2019un côté, t\u2019as des joueurs sans visière, et de l\u2019autre, des joueuses avec des grilles intégrales.Ça fait amateur pour le public qui a alors l\u2019 impression de voir sa sœur ou son enfant jouer.Parce que les professionnels, eux, jouent avec des demi-visières », explique Jean-François DesBois qui, lui, juge indispensable de porter une visière complète.« Ces préjugés sont dus à la vieille mentalité qui dit que la femme est plus fragile », affirmait il y a quatre ans Julien Maître, entraîneur de l\u2019équipe féminine du centre franco-manitobain Léo-Rémillard, en entrevue pour le journal La Liberté.Il considérait par ailleurs que le contact change la manière de jouer, sans pour autant entraver sa qualité.Bienvenue aux dames ! 1,5 % L\u2019effet Slap Shot Pourquoi ne pas créer un hockey professionnel mixte pour favoriser l\u2019inclusion ?Pour le fondateur de la LFA, l\u2019idée serait envisageable.Celui qui considère Marie-Philip Poulin comme la meilleure joueuse de hockey du moment, ajoute cependant un bémol : « Mixte oui, mais s\u2019 il n\u2019y a pas de contacts ».Des propos qui s\u2019accordent avec ceux de Danièle Sauvageau, ex-entraîneure de l\u2019équipe féminine olympique : « Dans la LNH on parle de gars de 6 pieds 3 pouces et de 230 livres qui patinent à une vitesse fulgurante, qui se blessent\u2026 C\u2019est un sport de contact et dangereux ».Le côté marketing-divertissement jouerait également un rôle décisif dans le développement d\u2019un hockey plus inclusif sans mise en échec.Mais actuellement, « dans la manière dont il est vendu en Amérique du Nord, je ne suis pas sûr que ça passerait, explique Jean-Francois DesBois, même si le hockey est moins violent qu\u2019avant, surtout depuis qu\u2019on parle des commotions cérébrales.Pour autant, créer ce type de hockey serait possible et même novateur ».Du hockey mixte professionnel ?Par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Grande finale de la LFA, avril 2017.Photo : Joseph Fleming Les Molotov et Nuclear Ramjets avec Jean-François DesBois.Édition 2021-2022 de la division centrale de la Ligue Fédérale des As.Sur la patinoire du toit de chez Fabrik 8.Saison 2021-2022.Photo : Frédéric Serre Photo d'archive LFA d'un match opposant les Tomahawks aux Shamrocks.Été 2016.Photo : Alain Barabasy 35 itineraire.ca 34 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 Z o o m s u r l e h o c k e y a m a t e u r P U B L I C I T É 36 En manque de joueuses Je n\u2019ai jamais aimé l\u2019équipe du Canadien.Par contre, je suis religieusement mon équipe préférée, les Bruins de Boston.J\u2019aime leur énergie, leur manière de patiner et les batailles.Je suis aussi les Olympiques, je trouve que l\u2019équipe féminine a super bien joué.Par contre, ça manque de femmes dans le hockey.Ça prendrait une place dans la LNH pour une équipe féminine.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ONTARIO / CUVILLIER Manon Rhéaume J\u2019écoute tout le temps le hockey, mais à la radio.Ça fait travailler mon imagination et ça me rappelle mon enfance quand on écoutait le sport avec mon père et mes deux frères.Je me souviens très bien de Manon Rhéaume.C\u2019était une très bonne goaleuse.Elle a donné du jus au hockey féminin.Je préfère d\u2019ailleurs écouter le hockey féminin.Mais comme il n\u2019y a pas de ligue professionnelle, c\u2019est peu médiatisé.YANNICK BRASSARD CAMELOT DE LORIMIER / DE MAISONNEUVE Pas de mangeage de puck Je l\u2019ai regardé pas mal le hockey féminin pendant les Olympiques.Je prenais pour les États-Unis parce que je pense qu\u2019elles sont meilleures.Les femmes, on dirait qu\u2019elles font plus de passes et mangent moins le puck.Y\u2019a personne qui pense pouvoir traverser la glace tout seul comme avec les gars.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Ça passe à quelle chaîne ?Je regarde le match du Canadien, mais c\u2019est tout.Et cette année, ils n\u2019iront pas jusqu\u2019à la coupe, c\u2019est certain.Parfois, je tombe sur un match de hockey féminin.Mais sinon, je ne le regarde pas parce que je ne sais pas sur quelle chaîne ça passe.Mais j\u2019aime ça.Je ne trouve aucune différence entre les deux hockeys.Pour moi, les deux sont bons.DIANE GARIÉPY CAMELOT MÉTRO SAINT-HENRI Un hockey moins violent J\u2019aime mieux le hockey féminin parce que c\u2019est du bon jeu et qu\u2019il y a moins de violence.C\u2019est l\u2019fun de voir comment les femmes se débrouillent sur patins, et laisse-moi te dire qu\u2019il y en a une gang là-dedans qui serait capable de jouer avec les gars.Si ça passait à la télé, je l\u2019écouterais autant que le CH.BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO FRONTENAC Plutôt hockey féminin ou masculin ?Capable en masse J\u2019écoute pas le Canadien cette année.C\u2019est plate parce qu\u2019il perd toujours, j\u2019ai arrêté de les encourager.Mais avant, je l\u2019écoutais un peu plus.J\u2019aime ce sport.Les femmes au hockey ont l\u2019air de plus s\u2019amuser.Elles sont autant capables que les hommes de jouer du bon hockey.C\u2019est bon le hockey féminin.CÉCILE CREVIER CAMELOT BERCY / ONTARIO Trop long, sauf les Canadiens Je regarde le hockey masculin et féminin et ces derniers temps, c\u2019était les Olympiques.Je trouve que les femmes sont bonnes en sport.Et le hockey féminin est moins violent, mais bon.J\u2019aime le sport, mais je trouve qu\u2019un match, c\u2019est long.Alors je ne les regarde jamais en entier, sauf ceux du Canadien.FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / PAPINEAU itineraire.ca 1er mars 2022 Loin d\u2019un miracle sur glace Le manque d\u2019intérêt est exacerbé par l\u2019équipe masculine de hockey peu remarquable qui représente la Chine aux Jeux de Beijing.Personne ne s\u2019attend à un « miracle sur glace » comme celui qui s\u2019est produit aux Jeux Olympiques d\u2019hiver de 1980, lorsqu\u2019un groupe de jeunes universitaires américains a battu les Soviétiques, traditionnellement dominants.L\u2019équipe chinoise, classée 32e au niveau mondial, n\u2019a été autorisée à participer aux Jeux de Beijing par la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) qu\u2019après de longues délibérations sur sa compétence relative.Pour les joueurs d\u2019Anshan, cependant, le hockey n\u2019a jamais consisté à battre des records olympiques ou à jouer dans une ligue d\u2019élite.Beaucoup sont amis depuis plus de trois décennies.Ils viennent de tous les horizons.Certains sont ouvriers, quelques-uns sont fonctionnaires, un est officier de police, d\u2019autres sont retraités, comme le patron de la ligue, Chu Cequn.« Ils aiment se réunir pour jouer », a déclaré Chu, 70 ans, qui a cessé de jouer il y a trois ans, mais continue d\u2019arbitrer occasionnellement.« Et nous aimons nous mesurer à des équipes tout aussi \u201canciennes\u201d des villes voisines de Liaoyang, Shenyang et Dalian », ajoute-t-il.M.Chu organise des matchs de hockey sur étang depuis longtemps, même après la fin du soutien institutionnel apporté par les entreprises d\u2019État de la région, lorsque l\u2019industrie lourde du nord-est de la Chine est passée de l\u2019essor à l\u2019effondrement.La Chine n\u2019a pas de ligue professionnelle, et l\u2019équipe préférée de Chu est celle des Penguins de Pittsburgh de la Ligue nationale de hockey (LNH).Mais aucun joueur de la LNH n\u2019a participé aux Jeux Olympiques de Beijing en raison des inquiétudes liées à la COVID-19.Néanmoins, au moment d\u2019écrire ces lignes, en amont des J.O., Chu souhaitait être présent pour regarder les Jeux avec son petit-fils de 10 ans, si des billets étaient disponibles.En l\u2019absence de patinoires intérieures à Anshan, la ligue revendique des espaces publics pour son sport, jouant sur des étangs et des lacs gelés dans les parcs de la ville.« J\u2019ai toutes les mesures en tête lorsque nous installons la patinoire », a déclaré Chu, qui a commencé à jouer à l\u2019âge de 30 ans lorsqu\u2019il s\u2019est inscrit à l\u2019université en 1980 après la Révolution culturelle.« Nous commençons par déterminer le point central de la patinoire, après nous installons les bandes avec un total de 80 planches de bois, chacune mesurant 1,8 ou 2,4 mètres de long », explique-t-il.Une fois la patinoire en place, les membres de l\u2019équipe se relaient chaque jour pour gratter sa surface afin de la débarrasser des impuretés et des saletés.Il faut ensuite inonder la surface avec de l\u2019eau tirée de l\u2019étang par une pompe génératrice.La météo, à moins 20 degrés Celsius, fait le reste.« Nous n\u2019avons pas d\u2019aréna, alors nous jouons 50 à 60 jours à l\u2019extérieur, chaque année », explique Li Bingru, 68 ans, qui joue à la fois comme défenseur et ailier.« Quand je suis sur la glace, je rajeunit de 20 ans ! » LES VRAIS MORDUS DU HOCKEY EN CHINE Par Ryan Woo (Big Issue Japan) Gracieuseté de l\u2019INSP Traduit de l\u2019anglais par Josée Panet-Raymond « Aujourd\u2019hui.le premier match des Jeux Olympiques d\u2019hiver.commence ! » Le cri retentit parmi une coterie de supporteurs massés au bord d\u2019un étang gelé alors que 12 hommes, arborant des casques et tout l\u2019équipement de hockey, prennent position sur une patinoire de fortune sous un soleil pâle et un ciel saphir.De façon impromptue, l\u2019arbite laisse tomber la rondelle sur la glace grise et marbrée et se précipite sur le côté.Un attaquant voûté fait une passe vers son ailier droit, qui, hélas, la rate, une erreur rapidement exploitée par ses adversaires.Ces hommes, des joueurs amateurs de la ville d\u2019Anshan, une ville industrielle dans le nord-est de la Chine, ont pour la plupart la cinquantaine et la soixantaine, et leur passion pour le hockey contraste fortement avec l\u2019indifférence générale pour ce sport dans le pays.CHINE Pour cette équipe de hockey chinoise, c\u2019est le plaisir de jouer ensemble qui l\u2019anime au-dessus de tout.Malgré l\u2019indifférence générale de la Chine pour le hockey depuis une quarantaine d\u2019années, le pays a créé une équipe masculine pour participer aux Jeux Olympiques d\u2019hiver de Beijing.Mais il existe depuis longtemps des passionnés à l\u2019intérieur de ces frontières pour qui ce sport représente une experience où le plaisir de jouer et d\u2019être ensemble prime au-dessus de tout.T I N G S H U W A N G | R E U T E R S Zhang Chunyu prend une pause après avoir joué sur un étang gelé à Anshan, dans la province de Liaoning, en Chine, le 1er janvier 2022.T I N G S H U W A N G | R E U T E R S 39 itineraire.ca 1er mars 2022 Préposé à la distribution par Yves Grégoire Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.Les méta-univers ou Métavers Le Métavers, on en entend parler, mais qu\u2019est-ce que c\u2019est ?« Méta » pour au-delà, « vers » pour univers.Le tout en 3D.En novembre dernier, ICI Explora vulgarisait le concept.Le Métavers c\u2019est un écosystème en soi, un endroit virtuel, dans lequel les jeux vidéo sont les premiers à prendre place.Le jeu Roblox en est un parfait exemple.Chaque mois, ce sont des millions de joueurs supplémentaires qui s\u2019amusent à créer leur propre monde, leurs propres activités, parfois monétisées.Un véritable écosystème.Pour Harold Dumur, président fondateur de OVA, une entreprise de développement de logiciels immersifs au Québec, le Métavers, c\u2019est pouvoir se connecter grâce à un avatar à d\u2019autres avatars, qui sont de vraies personnes, pour réaliser toutes sortes d\u2019activités.Il n\u2019y a de limite que l\u2019imagination.Le Métavers se présente donc comme une véritable révolution du web où l\u2019économie, les arts de la scène et bien d\u2019autres secteurs pourraient se développer.Et ce, à l\u2019aide d\u2019un simple casque de réalité virtuelle.Harold Dumur pense d\u2019ailleurs que ce nouvel écosystème devrait se démocratiser d\u2019ici trois ans.Autant dire demain.Inutile de préciser que des ajustements vont devoir se faire pour l\u2019accessibilité à l\u2019internet et la vitesse de données.Car le 3D, c\u2019est lourd en termes de données.Face à cette nouvelle « réalité », plusieurs entreprises du Québec y voient une opportunité.C\u2019est le cas d\u2019Alexandre Teodoresco, directeur développement stratégique et innovation de la compagnie des arts de la scène Les 7 doigts de la main, pour qui le Métavers est une manière de rejoindre une audience d\u2019une autre façon, dans des univers virtuels.Consommation de cannabis et réalité virtuelle Après le succès que connaît la thérapie par avatar pour la réduction des hallucinations auditives des personnes atteintes de schizophrénie (qui consiste à faire dialoguer la personne avec ses démons dans une sphère virtuelle sous l\u2019œil d\u2019un psychiatre), l\u2019équipe du Dr Alexandre Dumais de l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) a fait un pas de plus en utilisant cette même méthode pour la réduction de la consommation de cannabis des personnes schizophrènes traitées, dont environ 40 % sont concernées par la dépendance au cannabis.Cette fois-ci, les avatars ne sont plus des démons, mais des personnes amies avec qui le sujet consomme.C\u2019est l\u2019étudiante en maîtrise, Sabrina Giguère, qui crée ces avatars personnalisés pour chaque patient.Les avatars peuvent être des « copies » rajeunies des sujets ou bien d\u2019autres personnes.Les rencontres entre sujet et avatars se font sous la supervision d\u2019un psychiatre et dans des environnements virtuels qui simulent des situations de consommation.Les premiers résultats sont bons.Les sujets semblent avoir diminué en moyenne de 50 % leur consommation de cannabis.Certains ont même arrêté de consommer durant la journée et ont pu reprendre leurs études.L\u2019activité physique, un bienfait pour les commotions cérébrales Lors d\u2019un coup porté à la tête, le cerveau peut bouger à l\u2019intérieur de la boîte crânienne.Ce mouvement peut causer un traumatisme appelé commotion cérébrale.Les symptômes : maux de tête, étourdissements, confusion, troubles de la concentration et de la vision varient selon les individus.De la fatigue, des nausées, de la sensibilité à la lumière et au bruit sont aussi courantes, dans les cas plus graves, il peut y avoir perte de connaissance et amnésie.Selon une étude de l\u2019Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l\u2019est de l\u2019Ontario (CHEO), associé à l\u2019Université d\u2019Ottawa, il serait non seulement pas dangereux de reprendre l\u2019exercice physique 72 heures après une commotion, mais bénéfique.Pour le constater, 456 jeunes, de 10 à 18 ans, divisés en deux groupes ont participé à un essai clinique étalé dans le temps.Les individus du premier groupe se sont reposés après leur commotion tandis que ceux du second groupe ont réintroduit l\u2019activité physique 72 heures suivant le choc.Après avoir comparé l\u2019état de santé des deux groupes, deux semaines plus tard, les chercheurs ont découvert une amélioration des symptômes et une diminution du retard de rétablissement chez les sujets ayant réintroduit l\u2019activité physique plus rapidement.Cette étude permet aussi d\u2019affirmer, après une consultation médicale, qu\u2019un jeune peut reprendre l\u2019activité physique douce 72 heures après le diagnostic de commotion cérébrale.On parle de commencer par 15 minutes de marche à un niveau modéré, pour augmenter l\u2019intensité progressivement.PHOTO ET I L L U S T R A T I O N S : T O U T O U S | F R E E P I K 41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er mars 2022 1er mars 2022 Humoriste Marie-Ève Saucier Mon équipe olympique Les Jeux Olympiques me font rater mes émissions de télé pour les madames.Je suis très fière de nos athlètes, mais moi pis mes vieux joggings sales du dimanche, on s\u2019ennuie de Guy A Lepage pis de Diane qui décrit des sortes de vin que j\u2019achèterai jamais.Je chiale, mais j\u2019ai quand même capoté sur l\u2019équipe olympique de hockey féminin.On a torché tout l\u2019monde.en portant un masque.Nos hockeyeuses sont tout ce qu\u2019il y a de plus badass.J\u2019aimerais tellement louanger ces femmes merveilleuses, mais je ne peux même pas en nommer une.Par contre, je peux en créer une, avec des femmes que tout le monde connaît.Comme font les jeunes pères de famille qui se créent une échappatoire de Fantasy Football dans le sous-sol de leur vieux chum du cégep qui boit ben trop de Pepsi.Si j\u2019avais à créer une équipe de Fantasy Hockey pour des Olympiques qui se déroulent uniquement dans ma tête, mes joueuses seraient : Mariana Mazza Elle est gentille, elle est hilarante, elle est épeurante.On peut faire les smattes sur une patinoire\u2026 jusqu\u2019à ce qu\u2019on se retourne pour voir Mazza qui fonce sur nous en hurlant.Traitez-moi de peureuse, mais si j\u2019étais dans l\u2019équipe adverse, je m\u2019accoterais sur la bande en disant \u201c Allez-y madame ! \u201d.Mitsou C\u2019est peut-être la fan en moi qui parle, mais le charme de Mitsou pourrait faire fondre toutes les patinoires du monde.Essayez de faire un but sur l\u2019eau, rien que pour voir ! Julie Snyder C\u2019est la seule Canadienne qui serait game de se déguiser en filet dans un contexte autre qu\u2019un party d\u2019Halloween arrosé.Je paierais cher pour voir la face d\u2019une hockeyeuse olympienne surprise de courir après un but ambulant.Anna Beaupré Moulounda J\u2019ai pas de raison.Je l\u2019aime.Ses cheveux sont parfaits.Rosalie Vaillancourt Si tu veux distraire ton adversaire, mets Rosalie sur ton équipe de hockey olympique.Elle va crier des stupidités parfaites sur le ton le plus déconcentrant que le tympan humain peut encaisser jusqu\u2019à ce que tous les pays concèdent la victoire au Canada.Alexandra Stréliski Je ne sais pas si elle serait une bonne joueuse de hockey (mais je suis sûre que oui).J\u2019aimerais juste qu\u2019elle soit sur l\u2019équipe olympique pour entendre un commentateur sportif dire \u201c Un autre jeu sans fausse note pour Stréliski ! \u201d.Et je serais la seule dans la foule à me lever pour applaudir cette merveilleuse joke de mère (rappe- lez-vous que les Olympiques dont je vous parle se déroulent uniquement dans ma tête).La madame des publicités de Shop Santé Si vous avez suivi OD dans l\u2019Ouest, vous savez de qui je parle: la p\u2019tite bonne femme frêle et sûre d\u2019elle qui, vêtue de la tenue la plus sportive du monde, ouvre un pot d\u2019olives et pète une planche de bois avant d\u2019hurler :\u201c SHOP SANTÉ !!! \u201d.C\u2019est peut-être la fatigue qui parle, mais c\u2019est mon p\u2019tit rêve à moi.Guylaine Tremblay On pourrait la laisser jouer seule contre l\u2019équipe adverse et on gagnerait l\u2019or.Guylaine Tremblay est l\u2019intouchable du Québec.Personne n\u2019oserait la plaquer et la gardienne qui l\u2019empêcherait de compter dans son but se ferait démolir sur les réseaux sociaux.Les soeurs Dufour-Lapointe Si on leur mettait des grosses lunettes et qu\u2019on les faisait fâcher, elles pourraient ramasser tout l\u2019monde sur la patinoire.J\u2019ai l\u2019air d\u2019avoir été chercher ça loin, mais coudonc ; je suis fan du film Slap Shot et je ne connais pas d\u2019autres trios de sœurs pour faire les frères Hanson.Ma pré-ado Personne ne sait obstiner une décision comme ma Livia.Si on lui refusait un but, elle tirerait tout le jus des arbitres jusqu\u2019à ce qu\u2019ils flanchent.Vous pensez que je niaise ?Essayez d\u2019endurer une demi-heure de : « C\u2019EST PAS JUSTE ! » « T\u2019AS TRICHÉ ! » et « J\u2019VAIS L\u2019DIRE À MAMAN ! ».Je vous garantis que vous allez accorder le but, juste pour que ça s\u2019arrête.Je sais que dans la réalité, cette équipe ne ferait pas les Olympiques.Mais ça ferait une maudite bonne émission de télé pour les madames.SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / FULLUM ET MONT-ROYAL / BORDEAUX BD itineraire.ca 1er mars 2022 43 publicité Solutions dans le prochain numéro Tergiverse Fêterai Suis Polissent Rigole Commodité Saliverais Mélanges Soldats de Napoléon Critiquer Rioté Grand lac Éprouve Père Résine Reproches Évêque de Lyon Prononcés Titane Drogue Rad Dévêtue Dans la rose des vents Idem Placera Fixas Arbre Fromages blancs Amatie B F R H D I S R E E S S I T E U R A L P A I T N E S R D N N O R E S E S N T E M L E S R I I R E E N E V E L T I E S A F C I I L T E A D B R E I E S A E I T P 4 6 9 8 5 5 7 4 9 6 1 8 3 2 9 2 6 3 7 8 5 4 1 3 1 8 4 5 2 6 9 7 8 4 1 6 9 7 2 5 3 6 5 3 2 1 4 9 7 8 2 9 7 5 8 3 1 6 4 7 3 9 8 2 5 4 1 6 1 8 5 7 4 6 3 2 9 4 6 2 1 3 9 7 8 5 - 15 février 2022 horizontalement 1.Battements rapides.2.Frapperions à coups de cornes.3.Parti indépendantiste dissous.- Exister.- Rait.4.Modulation de fréquence.- Fémur.- En les\u2026 5.Organe de la vue.- Iridium.- Francium.6.Lawrencium.- Privée de respiration.7.Trois.- Monarques.- Perroquet.8.Qui proviennent de l\u2019action du vent.- Caution.9.Agace.- Compagnie.10.Nazi.- Partiellement séchées.verticalement 1.Qui semblent traversées par les rameaux qui les portent.2.Insufflerions la vie.3.Réseau d\u2019informations.- Terre isolée.4.Fleuve d\u2019Italie.- Exclamation espagnole.- Infinitif.5.Courroux.- Cessation des hostilités.6.Explosif.- Principes odorants des iris.7.Éventerais.8.À un haut degré.- Nanoseconde.- Cobalt.9.Deux.- Argent.- Aria.10.Astronome néerlandais.- Curée.11.Nord-nord-est.- Accomplira.12.Sud-sud-est.- Galères destinées au roi.Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo ?Bonne chance ! Coiffures Jeune Cornée Inanité Fémur Équilibrai Égoïste Dégoûter Dieu Rare Marche Monnaie Étend Entoure Tissu Astate Souveraine Fleur Possèdent Fixer Îles Coutumes Tantale Détachées Écorce Mouvements Dénudée Change Noisette Grille numéro : 67462 2 7 6 8 5 6 9 1 2 5 1 6 3 9 7 2 1 8 6 8 6 9 5 7 2 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente COURTOISIE DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Par Catherine Marcoux et Annie Savage, RAPSIM LES FEMMES INVISIBLES 1er mars 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que les auteurs.d\u2019urgence, elles sont confrontées à un manque de places dans les ressources non-mixtes, lieux dans lesquels elles se sentent pourtant davantage en sécurité et où elles peuvent trouver un soutien adapté à leurs réalités spécifiques.Le Partenariat pour la prévention et la lutte à l\u2019itinérance des femmes rapportait que le nombre de refus en maison d\u2019hébergement pour femmes en difficulté avait presque doublé dans la dernière décennie, passant de 17 871 à 36 158 entre 2010 et 2019.La capacité d\u2019accueil réduite et complexifiée par les mesures sanitaires est venue empirer la situation.Loin de nos yeux et invisibles dans l\u2019espace public, il est facile comme société et pour les décideurs de délaisser les femmes en situation d\u2019itinérance et de sous-estimer l\u2019ampleur du phénomène.Le Plan d\u2019action interministériel en itinérance 2021-2026 a fait un premier pas en reconnaissant les besoins spécifiques des femmes en situation d\u2019itinérance, des Premières Nations et des Inuits en situation d\u2019itinérance.Les moyens financiers dédiés à y répondre ne sont toutefois pas suffisants.On sait que pour les femmes, la prévention et la sortie de l\u2019iti- nérance passent entre autres par l\u2019accès à un logement stable et réellement abordable.Or, le manque d\u2019investissement depuis des années en matière de logement social et de financement du soutien communautaire qui devrait systématiquement l\u2019accompagner démontre que les priorités gouvernementales ne vont pas en ce sens.Pour réellement considérer les besoins des femmes en situation d\u2019itinérance et développer des réponses appropriées, des mesures et des moyens adéquats sont indispensables.Il est temps de mettre fin à l\u2019invisibilisation des femmes en situation d\u2019itinérance.Elles ont le droit d\u2019être en sécurité, elles ont le droit d\u2019exister et elles ont le droit d\u2019être vues et entendues.Les femmes sont confrontées à des violences chaque jour.D\u2019abord, sur le plan économique, à travers un écart salarial qui se maintient : Statistique Canada rapportait en 2021 que le revenu médian des femmes représentait 82 % de celui des hommes.Une violence institutionnelle s\u2019exerce également, par l\u2019accès difficile aux soins de santé pour les plus marginalisées d'entre elles.Le racisme systémique dresse des barrières supplémentaires aux femmes racisées et autochtones, et la violence conjugale et familiale a encore fait des victimes cette année.La violence marque les trajectoires des femmes en situation d\u2019itinérance.Or, peu importe leur origine, leur statut, leur emploi, toutes ont le droit à l\u2019égalité.Elles devraient avoir accès aux mêmes opportunités, aux mêmes services et à des conditions de vie qui leur permettent de vivre dignement.Invisibles dans la rue L\u2019invisibilisation des femmes en situation d\u2019itinérance est une réalité peu connue mais qui mérite une attention particulière.En effet, les femmes connaissent une itinérance différente des hommes, mais celle-ci n\u2019est pas moins préoccupante.Dû aux violences qu\u2019elles peuvent subir, les femmes vont souvent tout faire pour rester hors de la rue, développant des stratégies de survie en logeant chez des ami·e·s, des partenaires, des clients, en dormant dans leur auto.Pour avoir un endroit où dormir, elles se retrouvent souvent dans des situations potentiellement dangereuses pour leur santé physique et mentale.En situation d\u2019itinérance visible, les femmes ont à faire face à des problématiques supplémentaires.Les politiques qui criminalisent celles qui vivent du travail du sexe ont pour effet de les marginaliser et de les isoler davantage, augmentant ainsi leurs vulnérabilités aux violences.Lorsque les femmes en situation d\u2019itinérance sont à la recherche d\u2019un hébergement Les femmes en situation d\u2019itinérance ont le droit d\u2019exister, elles ont le droit d\u2019être vues et entendues.Elles sont importantes et méritent toute notre attention.À l\u2019occasion du Mois de l\u2019histoire des femmes (mars) et de la Journée internationale du droit des femmes (8 mars), donnons-nous l\u2019opportunité de voir et de reconnaître les femmes et les enjeux qu\u2019elles vivent. TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHAND DE B O NHEUR , M ARCHAND DE CHALEUR ?! "]
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