L'union médicale du Canada, 1 décembre 1956, Décembre
[" TOME 85 \u2014 NUMÉRO 12 MONTRÉAL, DÉCEMBRE 1956 Fondée à Québec en 1902 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada L Union Médicale du Canada BULLETIN VARIETES Edouard DESJARDINS H.-E.SAINT-LOUIS .L\u2019économique en médecine eee 1367 La pratique médicale en Colombie-Britannique .1408 e © © (Charles LEPINE ' édeci 413 Sylvio LeBLOND et Wilfrid LACHANCE Un orator on portée de tous les médecins ! Les leucoses __._.raccemccmacccaceecenccnes \u2026 1369 erm Fernand CRECOIRE, Maurice COMEAU, Le XVIIIème Congrès de Boston 1417 -M., arles , Roméo SOUCY et Jacques LaPALME CORRESPONDANCE P.RENTCHNICK La repré GT muette eee essences ess 1375 Lettre de Suisse ._ 1420 Opérations césariennes à Phépital de Saint-Boniface .1384 MEDECINE ET CHIRURGIE PR ATIQUES rie des rapports médecin-malade .__._____.__.1387 Georges HEBERT et Nelie RENZI L\u2019Heptabarbital, agent hypnotique .oo.ooooeeeeoeeooeann.1422 RECUEIL DE FAITS Edouard LAURENDEAU Richard LESSARD et Jean BEAUDOIN Essai clinique sur un nouveau dérivé du phénotiazine: Dissociation auriculo-ventriculaire et grossesse 1394 le Pacatal 1424 ; e © © REVUE GÉNÉRALE Bernard GAUTHIER ANALYSES __.1426 Traumatismes obstétricaux ____ o.oo.1399 SOCIETES ee eccececcecocccnacscnenne 1435 \u2019 NECROLOGIE _.01as ce cesse oc enceemcemmnccnss 1441 M | LEFEBVRE ENT MEDICAL NOUVELLES _._.LL ca soso scococ oc mace em ocemecmace 1442 arce RE et Pau Définition et applications cliniques de la recherche REVUE DES LIVRES ooo mec canne 1445 du C.R.P.A.men 1402 LIVRES REÇUS _.220 20e ns cocmem somme esse 1454 ÉDITORIAL COMMUNIQUES _.200000000 coco ec Loco csunss 1456 Paul LETONDAL \u201cL'Union Médicale\u201d en 1887 oem cecccecee 1460 Les infections à Candida chez l'enfant ______._________ 1406 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES oon 1466 Univerdellement neconnue.COLCHICINE HOUDE \u201cLa colchicine par voie buccale demeure le traitement classique de l\u2019arthrite goutteuse aigué.\u201d\u2019* Pour usage intraveineux.COLCHINEOS \u201cLa colchicine intraveineuse mérite un champ d'applications plus étendu lorsqu'on veut obtenir un effet plus rapide et dans les cas d'intolérance gastro-intestinale.\">* *Wallace Graham and James B.Roberts: \u201cIntravenous Colchicine in the management of gouty arthritis.\u201d Annals of the Rheumatic Diseases, Vol.12, No.March, 1953.Plus d'un demi-siècio consacré à l'avancement des Sciences médicales et pharmaceutiques au Canada pour le convalescent.pour ramener l'appétit, la vitalité, une valeur globulaire normale.~Troph-Iron® Solution concentrée a gout exquis une \u2018cuillerée à thé (5 cc.) contient: Vitamine: B,, .8e + a | += 25 mcg.ce * Vitaminé B, .10mg Fer (pyrophosphate ferrique) .250.mg,.,.@ SMITH KLINE & FRENCH + Montréal 9 :N.B.Le \u2018Troph-Iron\u2019 est livré à votre \u2018pharmacien en flacons spéciaux de 4 \u2018 onces de couleur ambre pour protéger \u2018le produit des effets de la lumière.\u2018Prière de prescrire dans le flacon d'origine.*Marque déposée au Canada BULLETIN L\u2019'ÉCONOMIQUE EN MÉDECINE Il se fait, depuis un demi-siècle, une évolution constante dans toutes les sphères de l\u2019activité humaine, en médecine, comme ailleurs.Les chercheurs découvrent ou redécouvrent, les cliniciens, mieux renseignés, tirent de leurs observations des conclusions différentes ou plus enrichissantes, les thérapeutes produisent à plein rendement, puisant dans le vieux gagné ou œuvrant des matières premières connues de longue ou de fraîche dates.Les Congrès scientifiques, les revues médicales inscrivent à leurs programmes l\u2019étude des questions dites d\u2019actualité, celles qui reprennent en les servant à la mode du jour des thèmes anciens ou celles qui annoncent une création originale.Le médecin averti doit, pour se tenir à date, parcourir à ses moments de loisir une littérature abondante, l\u2019annoter, la résumer et la classer tout en cherchant à l\u2019assimiler.L'exercice de la médecine exige une reprise continuelle du contact avec les bouquins ou les journaux professionnels.Enfoui sous les obligations de ce perpétuel recommencement de la culture à acquérir, perdu pour sa famille, s\u2019il cède à tous les caprices de la clientèle, préoccupé du problème posé par chacun de ses malades, souscripteur sans défense aux nombreux appels d\u2019assistance, collaborateur bénévole aux œuvres non rémunératrices de l\u2019hôpital ou à peine rémunérées de l\u2019enseignement universitaire, le médecin vit en 1956 une existence paradoxale, puisqu'elle est aux antipodes de celle qu\u2019il prescrit avec autorité à ses patients.La vie du médecin contemporain est l\u2019antithèse du concept social moderne; ses heures de travail ne sont régies le plus souvent que par les lois de sa seule résistance physique ou la complaisance de celle-ci dans sa réponse au stress quotidien.Le dimanche, la nuit, les jours de fête ne lui appartiennent jamais, À moins qu\u2019il n\u2019ait compris les avantages d\u2019une pratique en commun.De congés, il n\u2019en est pas question, si l\u2019on écoute les récriminations de certains qui ne comprennent la médecine que sous l'angle esclavagiste.Le médecin paye ses vacances très cher, puisqu\u2019elles lui coûtent un manque à gagner appréciable et un surcroît de travail lors de son retour à la besogne.Quant à la pension de retraite, elle n\u2019est jamais que ce que le médecin a pu économiser, et encore les sommes ainsi mises de côté ne sont aucunement sujettes aux bénéfices fiscaux accordés à d\u2019autres classes d\u2019individus.Justice inégale ou mauvaise défense, vis-à-vis les pouvoirs intéressés, de la profession médicale.autre responsabilité à établir.Cette vie, riche d\u2019action et pauvre en compensations légitimes, 1368 BULLETIN x Union Méd Canada le médecin l\u2019a choisie librement et a consenti, fidèle à l\u2019enseignement reçu, d\u2019en suivre les règles du jeu.Imbu jusqu'à présent du respect des principes inhérents à une médecine-sacerdoce, le médecin doit-il continuer dans cette voie et faire seul les frais du contrat?doit-il continuer à se laisser accabler sous les charges?Quand il n\u2019est pas harcelé de questionnaires indiscrets au bénéfice de compagnies d\u2019assurances et au désavantage possible de ceux qui ont mis en lui toute leur confiance, 1l est pressuré par les prévôts de la taille qui lui reprochent son incompétence comptable et le décousu de ses écritures, résultante logique de la formation reçue sur les bancs de l\u2019Ecole de médecine.Le souci du matériel poussé à l'extrême, la perfection des entrées mathématiques sont des incompatibilités majeures de la médecine hippocratique.Progrès ou recul au sens philosophique, là n\u2019est pas la question.La médecine doit s\u2019éloigner des concepts traditionnels, ne pas renier ses grands principes, mais les adapter aux modalités modernes.Puisqu\u2019il semble que le courant porte vers une médecine à paperasses, inspirée des coutumes ayant cours dans le commerce ou l\u2019industrie, qu\u2019elle soit orientée dans ce sens, sans sacrifier à la primauté du spirituel.Une chaire nouvelle s'impose dans toutes les facultés de médecine: celle de l\u2019économique, où seraient enseignés la prosodie des chiffres, l\u2019art comptable et la poétique fiscale.Le contact du futur médecin avec les sciences exactes aura comme effet secondaire de le mieux armer pour le respect de ses droits.L'intégration du médecin dans les cadres de la société moderne ne doit pas tarder; le bien-être social s\u2019entend pour lui comme pour ses malades.Il urge que soient, dès maintenant, entreprises sous haute pression les démarches nécessaires pour faire modifier les réglementations fiscales injustes pour le médecin.Il presse d\u2019établir un fonds de pension pour celui qui a atteint le moment de faire valoir ses droits à la retraite.Il est inconcevable que par un mouvement de force posé sur le plan national le médecin ne puisse obtenir des privilèges analogues à ceux qui ont été concédés à ses concitoyens d\u2019autres catégories.Ces vœux s\u2019adressent aux chefs de la profession, à ceux de la Faculté, du Collège des Médecins, des Associations nationales, des.Sociétés provinciales, des groupements locaux.Le médecin paye assez largement de sa personne pour qu\u2019en hauts lieux on accepte d\u2019entendre la voix de ses porte-paroles autorisés.Edouard DESJARDINS. LES LEUCOSES ! Sylvio LeBLOND et Wilfrid LACHANCE (Chicoutimi, P.Q.).Les leucoses sont devenues des maladies courantes.Si autrefois on les considérait comme une rareté, si bien qu\u2019on hésitait avant de porter ce diagnostic, surtout dans les cas de leucose aiguë, elles sont devenues plus fréquentes dans les services hospitaliers.Malgré toutes les nouveautés thérapeutiques plus ou moins efficaces, le pronostic en est toujours fatal et l\u2019évolution est rapide.Wintrobe et ses collaborateurs estiment que le nombre de leucémies a doublé entre 1920 et 1940, et va en augmentant depuis.On ne peut expliquer d\u2019une façon précise cette augmentation dans l\u2019incidence de la maladie.On a voulu l\u2019attribuer en partie à l\u2019utilisation plus abondante des médications radio-actives.Il est un fait assuré qu\u2019on doive admettre que le diagnostic en est peut être fait plus tôt et plus souvent, surtout chez l'enfant, grâce à l\u2019hospitalisation plus facile et à l\u2019étude répandue de la moelle osseuse.La radiothérapie constituait jusqu\u2019à ces lernières années, le seul moyen de traitement des leucémies chroniques tant myéloides.que lymphoides.Les nouvelles médications ont apporté un espoir nouveau, mais elles n\u2019ont pas réussi à guérir le malade porteur d\u2019une leucose quelle que soit sa forme clinico-pathologique, ni à en prolonger la durée plus longtemps que le font les rayons-X.Les hormones, l\u2019A.C.T.H., la Cortisone et ses dérivés,- sans qu\u2019on connaisse trop leur mode d\u2019action, ont réussi à retarder quelque peu l'issue fatale de la maladie, en particulier, dans la leucémie aiguë.Les cyto-destructeurs ou radio-mimétiques, tels le Ihosphore radio-actif ou P 32, le Myleran ou G.T.41, les dérivés de la colchicine, le Democoline et la Thio-colchicine se sont montrés aussi actifs et plus faciles à 1.Communication au XXVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.©.Jasper (Alberta), septembre 1956.manipuler que les rayons-X dans les leucoses chroniques.Les antimétabolites, qui, par leur action sur les purines, abrègent la vie des leucocytes, et en empêchent ainsi la prolifération, se sont montrés utiles, en particulier, dans les leucoses aiguës et les poussées terminales des formes chroniques.Les principaux dérivés, actuellement connus de cette série, sont la 6- Mercaptopurine, le 8-Azaguanine ou Azan et le Sélénium-cystine.Ces substances sont d\u2019un maniement assez délicat.Elles procurent des rémissions intéressantes qui donnent au malade un espoir exagéré, car il croit qu\u2019à la prochaine reprise de sa maladie, le médicament qui l\u2019a jugulée une première fois, le sortira encore à la prochaine crise.Mais le médecin est plus circonspect car il sait bien qu\u2019à la prochaine reprise du processus, ses armes ne seront plus d\u2019aucune utilité et que le malade mourra de cette maladie qui trouble sa moelle osseuse, et ses autres organes hémopoiétiques.Depuis 1951, il nous a été donné d\u2019observer à l\u2019Hôtel-Dieu St-Vallier de Chicoutimi, 25 malades atteints de leucose, dont 13 formes aiguës et 12 chroniques.Chez 22 de ces malades, le diagnostic a été précisé par le myélogramme.Deux étaient dans un état très précaire, et ils sont décédés au 4e jour de leur hospitalisation.Une jeune femme de 40 ans a fait brusquement des accidents cérébraux et elle est morte très rapidement.Un seul, hospitalisé en 1951, n\u2019a pas eu de myélogramme.C\u2019était un homme de 61 ans, qui présentait une spléno-mégalie, des ganglions hypertrophiés, et 90,000 globules blancs avec prédominance lymphocytaire.Nous en avons perdu toute trace et nous ne savons rien de l\u2019évolution de sa leucose probable.Huit malades porteurs de leucémie chronique vivent, et mènent encore une vie active, dont deux depuis 1951.Trois sont décédés, 1370 deux après 4 ans, et un après 3 ans de maladie.Tous les cas de leucose algué sont morts, la plupart de 1 à 7 mois après l\u2019apparition de la maladie.Un homme de 52 ans, porteur d\u2019une leucémie myéloïde aiguë, a vécu 11 mois avec cette affection.Un enfant de 7 ans, a trainé pendant 25 mois, un diagnostic de leucémie myéloide aiguë.I] présentait un syndrome hémorragique avec spléno-mégalie et le myélogramme était très suggestif de leucomyélose.Après de nom- Fig.1.\u2014 Leucémie lymphoïde chronique (moelle sternale).\u2014 Homme: 50 ans.Coloration : May- Griinwald-Giemsa.Gross.(x 730).\u2014 La majorité des éléments sont des lymphocytes adultes.On y voit quelques rares lymphoblastes.Les éléments de la lignée myéloïde et Lormoblastique sont presque disparus.On note un polynucléaire neutrophile et 2 normoblastes polychromatophiles.breuses hospitalisations, de multiples transfusions, il est mort assez brusquement au cours d\u2019une rougeole.Notre plus jeune sujet avait 2 ans.C'était une fillette qui a été emportée en un mois par une leucémie aiguë; notre plus âgée avait 80 ans.Cette vieille femme n\u2019a pas survéeu LeBLOND tr LACHANCE : LES LEUCOSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 plus d\u2019un mois à la maladie, et au 4e jour de son hospitalisation, elle décédait.Nous n\u2019avons pas observé de forme chronique avant 20 ans, mais les leucoses aiguës se sont réparties sur tous lex âges de la vie, de 2 ans à 80 ans.Les cas les plus nombreux par rapport à l\u2019âge se sont situés entre 50 et 60 ans, dont 4 homme et 3 femmes.Ces «dernières souffraient de leucémie myéloïde chronique.Deux hommes ont présenté une leucémie aiguë, les 2 autres, une leucémie lymphoïde chronique.2, Fig.2.\u2014 Leucémie myéloide chronique (moelle sternale).\u2014 Femme: 34 ans.Coloration: May- Griinwald-Giemsa.Gross.(x 730).\u2014 La moelle, ici, est articulièrement riche.On observe tous les éléments de la lignée granulocytaire à tous leurs stades de maturité.Par contre les éléments de la lignée normoblastique sont en très petit nombre (3 normo- blastes polychromatophiles).Les myéloblastes sont augmentés de même que les myélocytes et les mé- tamyélocytes.Les polynucléaires sont également abondants.On note une cellule en mitose.Des 13 leucoses aiguës, 8 étaient du sexe féminin, et sur les 12 leucémies chroniques, on en comptait 9 du sexe masculin.Une jeune femme de 41 ans, atteinte de mono- blastose, a résisté à tout traitement et est L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 morte dans l'espace d'un mois.Chez cette malade qui présentait une affection plutôt rare (vous verrez d'ailleurs le cliché de sa moelle osseuse tout à l heure) le médecin traitant a hésité au début entre une leucémie aiguë et une mononucléose infectieuse.La réaction de Paul-Bunnell s\u2019étant révélée négative, le diagnostic de monoblastose s\u2019imposait, que l\u2019évolution rapide de la maladie a confirmé.Des 12 leucémies chroniques, 8 étaient des leucémies myéloïdes dont 5 chez des hommes, Fig.4 \u2014 Leucémie lymphoïde aiguë (moelle sternale).Adolescent de 15 ans.Coloration: May- Grünwald-Giemsa.Gross.(x 730).Encore ici on note hiatus leucémique.Le diagnostic cellulaire a été celui d\u2019une lymphoblastose à cause du volume plus réduit des cellules souches et de la plus grande densité du noyau.La moelle est infiltrée de cellules souches (lymphoblastes).A noter la pauvreté de ce cliché en é'éments granulocytaires et en éléments normoblastiques.et 4 présentaient une leucémie lymphoïde, tous 4 du sexe masculin.Nous n\u2019avons pas observé de symptomatologie particulière.Chez tous, les signes cliniques étaient très suggestifs.LEBLOND Er LACHANCE : LES LEUCOSES 1371 Chez les enfants, la plupart du temps, ce sont des manifestations hémorragiques avec amaigrissement ec pâleur qui nous les ont amenés.[ Un homme de 25 ans, a conseillé tout simplement parce qu\u2019il se sentait plus fatigué que d\u2019habitude et plus dyspnéique.Il n\u2019avait pas maigri et menait une vie très active.Sa pâleur était frappante; il était très anémié.Fig.3.\u2014 Leucémie myéloïde aiguë (moelle sternale).\u2014 Homme: 51 ans.Coloration: May-Grünwald- Giemsa.Gross.(x 730).\u2014 A noter l\u2019hiatus leucémique classique.La moelle est envahie par des cellules souches (myéloblastes) et cn ne note pas de formes représentant lex stades interm:diaires de développement cellulaire.Comme cn vous l\u2019a déjà dit, la technique de micro-photographie à immersion ne nous permet pus de voir, 1ci, très bien, les nucléoles de: noyaux ct les fines granulations azurophiles du protoplasine de ces cellules souches.Le diagnostic «vtologique différentiel de la leucémie aiguë.comme tous le savent, est difficile et souvent irréalisable.malgré tous les essais de différenciation cellulaire.C\u2019est pourquoi, il est plus commode de classer toutes les formes de leucémie aiguë sous le nom générique de « Leucémie aiguë ou leucohlastose ».Avec la Cortisone, la Mercaptopurine, et les transfusions de sang frais, il a pu vivre 11 mois, mais il est mort, couvert de placards hémorragiques avec une hémiplégie gauche. 1372 LEBLOND er LACHANCE: LES LEUCOSES Aucun de nos malades n\u2019avait été exposé aux radiations antérieurement, autrement que pour des radiographies pulmonaires, de l\u2019abdomen ou des transits digestifs.Des formules sanguines faites à des hospitalisations antérieures étaient normales.Un jeune homme de 15 ans, avait subi une appendicectomie en décembre 1955.Sa formule sanguine ne présentait aucune anomalie particulière.En mars de cette année, il était en pleine leucémie aiguë avec splénomé- Fig.5.\u2014 Leucémie monoblastique (moelle sternale).Femme de 41 ans.Coloration : May-Grünwald- Giemsa.Gross.(x 720).Nous avons opté ici pour un diagnostic de monoblastose à cause de l\u2019envahissement de la moelle par une cellule qui se rapproche de la description classique du monoblaste: cellule de grande taille à protoplasme basophile, au noyau parfois arrondi, parfois lobé ou multilobé, contenant beaucoup de nucléodes et peu de chromatine.galie, hypertrophie glanglionnaire et une leucocytose à 300,000 globules blancs.Il est mort en juillet.Tous ces malades ont été traités activement.Les leucoses aiguës ont toutes été transfusées abondamment et très souvent ces malades ont reçu du sang frais.Un seul n\u2019a pas reçu de L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Cortisone.Il est décédé trop tôt.Trois ont reçu en plus de la 6-Mercaptopurine et 2 de l\u2019Aminoptérine.Dix de nos malades porteurs de leucose chronique ont été transfusés pour corriger leur anémie.Dix aussi ont reçu des traitements radio- thérapiques.Deux malades n\u2019ont reçu que du Myleran à des doses variables et espacées, et ils se portent bien actuellement.Chez les autres, on a alterné la radiothérapie avec le Myleran ou l\u2019Uréthane.Un jeune homme de 31 ans, qui était porteur d\u2019un ulcère duodénal, a développé en 1953 une leucémie myéloïde chronique.Il a (té traité activement aux rayons-X, et à l\u2019Uréthane.Depuis 6 mois, il ne prend plus que du Myleran.Il va bien et travaille régulièrement.Sacks et Seeman affirment qu\u2019il y a aux Etats-Unis plus de mortalités par leucose qu\u2019il y en a eu engendrées par la variole, la méningite à meningocoque, la scarlatine, la poliomyélite, la malaria, la typhoïde et la diphtérie réunies.Tous les auteurs s\u2019accordent pour dire que la leucémie aiguë a une évolution très rapide surtout chez les jeunes enfants, et que, malgré les rémissions possibles, la maladie ne dure que quelques semaines.Nos malades n\u2019ont, en moyenne, véeu que 1 ou 2 mois, après le début apparent de leur maladie.Deux cependant, ont pu survivre, l\u2019un 7 mois, l\u2019autre 11 mois, mais au prix d'une surveillance constante, de transfusions généreuses, et d\u2019une médication intense.La fin est survenue rapidement, dans les deux cas, au beau milieu d\u2019un tableau hémorragique généralisé.Il semblait que les parois des vaisseaux ne suffisaient plus à contenir le sang et celui-ci s\u2019épanchait à travers tous les tissus et tous les viscères.Les patients, pâles, apathiques, obnubilés, mouraient sans trop en avoir conscience comme un malade qui s\u2019endort, pour ne plus s\u2019éveiller.Aux leucémies chroniques on attribue en moyenne une survie de 3 à 5 ans, bien que quelques-unes aient atteint 10 et 20 ans. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Plusieurs de nos malades vivent encore et font une vie active après 3, 4 et même 5 ans.Un homme de 52 ans, dont le traitement avait été institué par Dameshek 4 ans auparavant pour une leucémie myéloïde chronique, est mort en pleine poussée de leucose aiguë, en mai dernier.Quinze de nos malades étaient du sexe masculin, ce qui concorde avec les statistiques de la pluart des hématologistes.D\u2019après Wintrobe, 75% des leucémies surviennent chez des gens du sexe masculin.Notre statistique est de 60%.Il est remarquable que 7 sur 13 de nos leucémies, soit 53.9%, étaient des femmes ou des fillettes; par ailleurs, nos leucémies chroniques se sont rencontrées chez le sexe maseu- lin dans la proportion de 9 cas sur 12, soit 75%.LeBLOND er LACHANCE: LES LEUCOSES 1373 Il est assez rare, d\u2019après Ward, qu\u2019on voit une leucémie chronique avant 25 ans.De fait, le plus jeune de nos malades chroniques avait 25 ans; un autre avait 28 ans, tous les autres dépassaient la trentaine.Plusieurs auteurs (Ward, Naegeli, Kracke, Whitby) en situent la fréquence entre 40 et 50 ans, mais c\u2019est entre 50 et 60 ans, que nous l\u2019avons observée.Sur 7 cas de leucose dans cette décade, 2 présentaient des formes aiguës, 5 des formes chroniques dont 3 myéloides et 2 lymphoides.Classifiés dans les hémopathies de nature inconnue, les syndromes leucémiques ont toujours été pour la clinique une énigme étiologique et thérapeutique.Voués à la mort dans une plus ou moins brève échéance, les leucémiques sont des patients marqués quant à l'issue fatale de leur affection.TABLEAU Age Garçons Filles Fillette Hommes Femmes Total 0 à 10 ans 3 2 5 10 à 20 anis 2 1 3 20 à 30 ans 3 1 4 30 à 40 ans 1 1 2 40 à 50 ans 0 1 1 50 à 60 ans 4 3 7 60 à 70 ans 2 0 2 70 à 80 ans 0 1 1 Grand total 25 ForMEs Leucénues aiguës: Myéloides: 4 Lymphoides: 8 Monoblastose : 1 Total: 13 Leucécies chroniques: Mpyéloides: 8 Lymphoides: 4 Total: 12 Grand total: 25 SEXE Leucémies aiguës: 13 Hommes Femmes Total Myéloïdes 4 0 4 Lymphoïdes 2 6 8 Monoblastose 0 1 1 Leucémies chroniques: 12 Myéloïdes 5 3 8 Lymphoides 4 0 4 Grand total: 25 1374 Depuis plusieurs années, les hématologistes de toute école ont étudié ces processus néoplasiques.Les recherches ont porté sur l\u2019étiologie et sur la thérapeutique des leucémies.Il semble que ces hémopathies soient attribuables à l\u2019action d\u2019un virus et dans ce domaine comme dans le grand domaine du cancer, les opinions sont très réservées sur l\u2019étiologie probable.Le traitement, par ailleurs, s\u2019est affirmé dans les formes chroniques de la leucémie et l\u2019on voit de l\u2019espoir quant à une survie prolongée de ces malades.Les formes aiguës ont moins bénéficié de ces recherches et découvertes, et la survie n\u2019a pas tellement augmenté avec la nouvelle chimiothérapie proposée.Il est un fait indéniable que les leucémies sont devenues de plus en plus fréquentes dans la clientèle hospitalière, et tout médecin praticien devrait attacher une importance plus considérable à la cytologie sanguine et médullaire.Si nous vous avons présenté ces chiffres ce n\u2019est pas pour vous offrir du neuf.Nous avons voulu tout simplement vous faire connaître que dans notre milieu, au Royaume du Sa- guenay, les leucoses, comme partout ailleurs, se multiplient.Les nouvelles médications sont moins onéreuses que la radiothérapie, au patient et à sa famille, surtout dans les formes chroniques.Le recul du temps nous permettra de les évaluer quant à la survie du malade.Les leucémies sont des maladies mortelles dont on ignore encore la provenance, et il semble qu\u2019on doive l\u2019ignorer encore longtemps.Le peu de temps mis à notre disposition pour ce court exposé ne nous a pas permis de vous faire part de toutes les considérations regardant le bilan sanguin de nos malades, soit formule sanguine, numération de plaquettes et coagulogramme.Nous remercions l\u2019Université Laval, et particulièrement, l\u2019Institut d\u2019Anatomo-Patho- logie qui a bien voulu nous prêter son concours pour la réalisation des quelques projections LEBLOND er LACHANCE: LES LEUCOSES L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 que nous aurons l\u2019occasion de vous présenter dans quelques instants.La technique de micro-photograhie avec l\u2019objectif à immersion ne nous permet pas de mettre en évidence tous les détails cytologiques qui différencient les divers éléments cellulaires, par exemple, les corps ou bâtonnets d\u2019Auér, les nucléoles et les fines granulations protoplasmiques des cellules souches.Nous nous excusons de ce contretemps auprès des auditeurs.BIBLIOGRAPHIE Jean BERNARD: Les leucoses aiguës.Hémopathies chroniques.Les maladies du sang.Flammarion, Paris, 1955.Jean BERNARD: Note pratique sur le traitement des leucoses aiguës chez l\u2019enfant.Courrier, 5: 349 (juin) 1955.W.R.BEST et L.R.LIMARZI: Newer Agents in the Management of Leukemia, Polyeythemia Vera and Plasmocytic Myeloma.M.Clin.of North Amer, 39: 201 (janvier) 1955.J.BOUSSER et D.CHRISTOL: Nouveaux traitements de la leucose myéloide.La Semaine des Hôpitaux, 32: 2208 (22 juin) 1956.D.CHRISTOL: Les Maladies du Sang en 1955.La Revue du Praticien, 6: 1593 (21 mai) 1956.R.T.COLIEZ, M.TUBIANA, B.PIERQUIN et F.DEGAND: Phosphore radio-actif et leucémie chronique.Le Sang, 26: 694, 1955.Byron E.HALL: Chemotherapy of Leukemia and Allied Disorders.M.Clin.North Amer, 37: 1755 (nov.) 1953.N.A.KRAENSKY et N.M.NEMENOVA: Etudes sur la leuocse aiguë.Le Sang, 29: 189, 1956.Roy R.KRACKE: The Leukemias.Diseases of the Blood.2e éd., section V, p.363-431.Lippin- cott, édit, 1941.A.LEMIERRE, Ch.LENORMANT et autres: Les leucémies.Traité de Médecine.Masson, édit, Paris, 1949 \u2014 Tome XII, p.171.R.Allan MOORE: Diseases of the Leucopoietic Tissues.A textbook of Pathology, 1952.A.PINEY: Leukaemias in Childhood.Med.Illus: trated, 10: 271 (mai) 1956.C.M.SIM et F.W.DICK: Monocytic Leukemia.Amer.J.of Med., 20: 588 (avril) 1956.WHITBY et BRITTON: The Leukaemias (Leucoses).Disorders of the Blood.Churchill, édit.London, 1953 \u2014 p.503-569.M.WINTROBE: Leukemia.Clinical Hematology.Lea and Febiger, édit., Philadelphie, 1946.M.WINTROBE: Diseases of the White Corpuscles.Tice Practice of Med.6: 901, 1955. LA DYSPNÉE Fernand GREGOIRE, F.R.C.P.(C.), F.C.C.P.2; Maurice COMEAU, F.R.C.P.(C.) ; J.-M.LABERGE, Charles LEPINE, Roméo SOUCY et Jacques LAPALME.La dyspnée est excessivement fréquente et se rencontre non seulement dans les maladies pulmonaires cardiaques métaboliques et sanguines, mais fait partie de la réponse normale à un effort donné chez ceux qui ont atteint un certain âge.C\u2019est probablement ce qui faisait dire à un grand physiologiste moderne que personne n\u2019est normal après 40 ans.Il est en effet reconnu que même l\u2019athlète le mieux entraîné commence à perdre des capacités d\u2019effort bien avant 35 ans et que la dyspnée l\u2019oblige à se retirer vers cet âge lorsqu\u2019il pratique des sports aussi violents et exténuants que le hockey ou le football.Il est surprenant de constater que ce symptôme si souvent rencontré n\u2019a pas été étudié davantage dans le passé et qu\u2019on ait fait de grands progrès dans sa pathogénie seulement depuis les 2 ou 3 dernières décades.Il est évident que l\u2019être unicellulaire n\u2019a pas ces problèmes \u201cni beaucoup d\u2019autres d\u2019ailleurs\u201d.Sa respiration se fait par échanges directs avec le milieu ambiant.L\u2019être pluricellulaire spécialement l\u2019homme doit avoir un système très complexe pour apporter l\u2019oxygène à toutes ses cellules et les débarrasser du CO, produit par le métabolisme.Il devra être pourvu d\u2019un réseau capillaire très riche dans lequel des globules rouges circuleront et donneront au liquide qui les baigne une quantité d\u2019Os proportionnelle au gradient de pression entre le sang et les tissus, et se chargeront du COs.Le sang normal contient assez de globules rouges et d\u2019hémoglobine par 100 c.c.pour absorber 20 c.c.d\u2019oxygène lorsque mis en contact avec de l\u2019air à une pression atmosphérique de 1.Communication au XXVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Jasper (Alberta), septembre 1956.2.Institut Lavoisier, 5757, boulevard Rosemont, Montréal.760 mm Hg.C\u2019est la capacité d\u2019oxyhémoglobine en volume pour cent.Si ce même sang après son passage dans le poumon contient 19 c.c.d\u2019oxygène il est saturé à 19/20ième de sa capacité, ie.à 95%.Quant au CO», la quantité transportée par le sang artériel varie entre 40 et 50 vol.% et est spécialement influencée par le pCO, alvéolaire.Il faut de plus que le sang puisse circuler normalement et ce rôle est joué par le coeur et les vaisseaux.Le débit cardiaque au repos est aux environs de 5 litres par minute ou 3.2 L/M?et peut augmenter considérablement chez l'individu normal sans changement significatif des pressions systémique et pulmonaire.Il faut done que l\u2019intégrité du muscle cardiaque et des vaisseaux soit parfaite.D'autre part le sang qui revient des tissus chargé de CO» et partiellement désaturé doit trouver dans les poumons les conditions nécessaires au libre échange gazeux.La ventilation doit maintenir un pOz alvéolaire aux environs de 100 mm.et un pCO; aux environs de 40.L\u2019hypoventilation cause une diminution du pO; et une augmentation du pCO,, avec tendance 3 la désaturation et 3 l\u2019acidose respiratoire comme on le rencontre dans l\u2019asthme par exemple.Les échanges gazeux dans les poumons normaux se font par diffusion à travers une membrane très mince.Cette capacité de diffusion d'oxygène peut être mesurée de façon précise.Elle doit être au repos d\u2019au moins 8 c.c./M2/Min.par millimètre de différence de pression et de 40 à 45 c.c.lors d\u2019un effort considérable.Toute maladie du système cardiopulmo- naire qui produit de l\u2019oedème pulmonaire in- terstitiel ou intra-alvéolaire ou un épaississement des membranes alvéolaires ou capillaires diminue la capacité de diffusion. 1376 Même s\u2019il a toutes les qualifications voulues, l'individu normal devient très dysphéique lorsqu\u2019il fait un effort musculaire maximum.Il accumule alors une dette d\u2019oxygène croissante par insuffisance circulatoire et doit cesser ou diminuer son effort après quelques minutes.La dyspnée psychique étant exclue il y a donc dyspnée chaque fois que les mécanismes respiratoires ne peuvent facilement répondre aux besoins métaboliques de l'organisme.On retrouve deux composantes essentielles: 1 \u2014 Besoins de l\u2019organisme d\u2019une part.GREGOIRE kr CoLL.: LA DYSPNEE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Figure 1.AUGMENTATION DES BESOINS MÉTABOLIQUES.Principales causes: 1 \u2014 Effort physique.2 \u2014 Hyperthyroïdie.3 \u2014 Fièvre.4 \u2014 Grossesse.5 \u2014 Anxiété.6 \u2014 Surface corporelle plus grande.7 \u2014 Age \u2014 jeune.8 \u2014 Sexe \u2014 masculin.L\u2019incapacité à satisfaire aux besoins métaboliques est schématisée dans le tableau suivant.cf.fig.2.Figure 2.INSUFFISANCE DES MÉCANISMES RESPIRATOIRES.Obstruction complète des voies aériennes v.g.atélectasie.Obstruction partielle des voies aériennes, v.g.asthme.Affectant la .| .1 \u2014 Insuffisance ventilatoire Affections parenchymateuses, v.g.fibrose; .dynamique ventilatoire.v.g.emphysème Affections pleurales, v.g.épanchement; v.g.symphyse Affections thoraciques, v.g.difformité Cœur: affections de l\u2019endocarde, v.g.valvulaires; affections du myocarde, v.g.insuffisance coronariennes et thrombose.2 \u2014 Insuffisance ventilatoire affections du péricarde, v.g.épanchement et symphise.affections congénitales, cyanogènes ou non.| Vaisseaux, v.g.par artériosclérose.Capillaires, v.g.diminution de leur nombre à la suite de résection ou par emphysème.3 \u2014 Troubles de l\u2019équilibre ventilation/ | Perfusion causant Augmentation de l\u2019espace mort et/ou l Augmentation de la contamination vcineuse.4 \u2014 Epaississement de la membrane causant une diminution de la capacité de diffusion.5 \u2014 Insuffisance hémoglobinémique.2 \u2014 Incapacité à les satisfaire d\u2019autre part.Il est évident que plus les besoins métaboliques sont grands, plus les mécanismes respiratoires ont de la difficulté à les satisfaire.La cause la plus importante et la plus fréquente d\u2019augmentation du métabolisme est sans contredit l\u2019effort musculaire.Un individu normal entre 20 et 30 ans peut augmenter par un effort maximum de 10 à 12 fois sa consommation basale d\u2019oxygène.Les autres causes principales d\u2019augmentation sont incluses dans la Figure 1.Le temps est beaucoup trop limité pour traiter en détail chacune de ces causes.Vous me permettrez done d'exposer les résultats de certains tests chez un individu normal, un emphysémateux, un cas de fibrose à collagène et un cas de sténose mitrale afin d\u2019illustrer la pathogénie de la dyspnée chez chacun d\u2019eux.M.R.S.28 ans, membre du personnel de l\u2019Institut Lavoisier, est en parfaite santé.Sa radiographie pulmonaire, son électrocardiogramme, sa capacité respiratoire maximale et L Uniop Méd.Canada RE ; .- LA DYSPNEE 1377 Tome 85 \u2014 Déc.1956 GREGOIRE Er CoLL son Volume pulmonaire sont normaux (ta- TABLEAU II bleau I).M.R.S., 28 ans.Normal S.C.\u2014 188 M: Sang artériel Repos Effort TABLEAU 1 Ventilation L/Min.& 37° .9.43 39.5 M.R.S., 28 ans.Oz cons.c.c./ Min.RS 341.1344 CO» Prod.c.c/Min.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.282 1153 Normal.Q.R.CO2/02 .LL Lena e nee nan 0e 0.82 0.86 Déterminé % Prédit Prédit (,V \u2014 Q.c.c./Vent.min.L.27.7 20.4 C.R.M.149 L.80% 187 Contenu en CO: Vol.% .48.87 42.26 Volume pulmonaire : Contenu en Os Vol.% .18.22 19.48 Capacité totale .5.41 92% 588 Cap.d\u2019'Hb.O2 Vol.% .18.87 19.96 Capacité vitale .4.72 100% 4:72 Saturation d\u2019'Hb.0: % .96.5 97.6 Capacité fonctionnelle pO.alv.mm.Hg.102 1154 résiduelle .2.185 103% 213 pO, artériel mm.Hg.ovnnn.n.88 100 Réserve expiratoire .1.07 111% 096 A.A.Gradient mm.Hg.14 154 Capacité résiduelle/ pCO: mm.Hg.cevvvvnnnnnnn 36 29 cap.totale % .1.115 96% 116 pH o.oo eae 7.48 7.43 Index de mélange .206 106% 197% Espace mort/air courant % .19.9 25 , , , Débit cardiaque L/Min/M*® .32 10 Les données du sang artériel au repos et à pressions art.pulm.1110 22/8(13) 25/5(13) un effort modéré sont dans les limites nor- (optamination veineuse .8 >42 VENT.20.?111.0j866 470 28.7 ji 3-8 AH166 [619 843287 2032/1078 ©1.8 32.7 [22 1180 78.7 40.8 [2708/1430 109.8 88.0 1600 VENTILATION aresy vitnes: sins u?100 200 400 60 800 1000 i200 1400 1600 1800 2000 0 Qe CONSUME C.C./ MIN./ W Figure 3 1378 GREGOIRE er CoLL.: LA DYSPNEE Le sang est saturé à 96% tant à l\u2019effort qu\u2019au repos.On notera une diminution du contenu en CO, à l\u2019effort ainsi que du pCO., ce qui permet de maintenir un équilibre acido- basique presque constant.Le gradient alvéolc-artériel de 12mm.au repos ne doit pas s\u2019élever à plus de 27 à l'effort et l\u2019espace mort ne doit pas faire plus de 30% de l\u2019air courant chez un individu normal.La contamination veineuse ne doit jamais excéder 6% et la capacité de diffusion doit être supé- riecure 8 c.c./M?/mm.Hg.au repos et elle l\u2019est effectivement.Cependant cet individu a de la difficulté à terminer une marche de 6 minutes à 16% de pente et à 315 milles par heure.Si l\u2019on étudie le graphique de la corrélation entre la ventilation minute et la consommation d'oxygène fig.3, on constate qu\u2019il y a une augmentation à peu près proportionnelle de la ventilation et de la consommation d\u2019oxygène jusqu\u2019au dernier effort.A ce moment la ligne se brise et l\u2019augmentation de ventilation est beaucoup plus grande que augmentation de consommation d\u2019oxygène.Cet individu normal a alors atteint la limite de sa capacité circulatoire, mais est loin d\u2019avoir atteint celle de sa ventilation puis- qu\u2019il n\u2019utilise qu\u2019environ 50% de ses réserves ventilatoires.On peut donc dire que l\u2019insuffisance circulaire est ici la cause de sa dyspnée.M.C.C.46 ans est référé à l\u2019Institut Lavo1- sier pour dyspnée au moindre effort.Le patient aurait fait, 12 ans auparavant, un épisode pulmonaire de nature indéterminée, qu\u2019il appelle congestion pulmonaire.Il a continué à tousser et à cracher depuis lors et a commencé à noter une dyspnée progressive trois ans avant son admission à l'hôpital.Depuis six mois cependant sa dyspnée est très sévère dès le moindre effort et le patient n\u2019est bien qu\u2019en position assise ou couchée.Il pèse 104 livres et mesure 56\u201d.Le thorax est figé et la respiration semble ne se faire que par les muscles accessoires.L\u2019auscultation montre une disparition presque complète du murmure vésiculaire et quelques petites sibilances inspiratoires et expi- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 ratoires.Les bruits du coeur sont faiblement entendus.Le foie est descendu mais non hypertrophié et il n\u2019y a pas d\u2019oedème malléolaire.Fig.4.\u2014 La radiographie pulmonaire se lit comme suit: hypertransparence pulmonaire marquée, laissant croire à un emphysème pulmonaire bilatéral diffus avancé.Fig.5.\u2014 L\u2019électrocardiogramme montre une atteinte myocardique compatible avec une pneumopathie chronique. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 TABLEAU III Emphysème III Déterminé % de Prédit.C.R M.25 = 17% 146.Volume pulmonaire.Capacité totale .717 = 139% 5.17 Capacité vitale .270 = 70% 391 Capacité fonctionnelle résiduelle .547 = 280% 1.95 Réserve expiratoire .100 = 145% 69 Capacité résiduelle .447 = 355% 126 Capacité résiduelle/ cap.totale % .62.3% 24.4% Index de mélange .10.52% 132.5% La capacité respiratoire maximale est très fortement diminuée comme elle l\u2019est chez tous les cas d\u2019emphysème par obstruction.Le volume pulmonaire total est plus grand que normalement en dépit d\u2019une diminution de 30% de la capacité vitale.Ceci est dû à une augmentation formidable de la capacité résiduelle.Cette insuffisance ventilatoire a sa répercussion sur les (Table IV), échanges gazeux alvéolaires d\u2019où augmentation du pCO, et du contenu en CO.avec un pH qui va vers l\u2019acidose, et d\u2019autre part désaturation du sang artériel à cause de diminution du pO, alvéolaire, mais aussi de troubles du rapport ventilation/perfusion.Certains endroits encore relativement bien circulés ne sont pas suffisamment ventilés et le sang qui en revient est partiellement veineux, ce qui augmente la contamination veineuse.Certains autres sont proportionnellement mieux ventilés que perfusés ce qui augmente l\u2019espace mort.TABLEAU IV M.C.C.46 ans.Emphysème III Sang artériel et cathétérisme SC.= 152 M* Repos Effort Ventilation L/min.a 37° 8.56 20.3 Oz coms.ce./mio.245 685 CO: prod.c.c./min.185 585 Q R.CO/0: covvvvnnnn.- 76 86 Oz2V \u2014 O: c.e./Vent.min.\u2026.34.9 29.6 Contenu en CO; vol.% .68.24 66.18 Contenu en Oz vol.% .16.33 17.09 Capacité de Hb.en O: vol.% .20.90 21.48 Saturation vol.% .78 79.6 pO.alvéolaire mm.Hg.79 76 pO: artériel mm.Hg.49 48 GREGOIRE er CoLL.: LA DYSPNEE 1379 A.A.gradient mm.Hg.30 28 pCO; mm.Hg.62 62 pH unités pHs .7.39 7.28 Espace mort/air courant % .42 43 Débit cardiaque L/M?.461 555 Pressions artère pulm.mm.Hg.31/14(21) 50/22(32) Le cathétérisme cardiaque a montré une augmentation significative de la pression de l\u2019artère pulmonaire qui contribue aussi à la production de la dyspnée.Le patient suivant, 44 ans se présente à cause d\u2019une dyspnée progressive à l'effort, de toux et d\u2019expectorations depuis environ 8 ans.L\u2019oedème malléolaire serait apparu pour la premiere fois il y a quelques mois.Le patient n\u2019a jamais eu de maladie importante et on ne note aucun trouble pulmonaire dans sa famille.À l\u2019examen physique on note la présence de cyanose, de polypnée et de tirage sus-sternal.L\u2019auscultation laisse entendre une respiration très rude et de nombreux râles crépitants aux deux bases postérieures.Fig.6.\u2014 La radiographie pulmonaire montre des images diffuses s\u2019irradiant des hiles vers la périphérie donnant l'impression d\u2019une fibrose généralisée.Une biopsie pulmonaire à droite a montré qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une fibrose intense compatible avec une maladie à collagène. 1380 GREGOIRE er Corr.: LA DYSPNÉE Fig.7.\u2014 L\u2019électrocardiogramme suggère aussi la présence d\u2019une broncho-pneumopathie.TABLEAU V M.R.G., 44 ans.S.C.= 182 M?Scléroderme Déterminé % Prédit Capacité respiratoire maximale .123 = 86% 148 Volume pulmonaire: Capacité totale .220 = 39% 568 Capacité vitale .112 = 26% 4.29 Capacité fonctionnelle résiduelle .135 = 63% 2.14 Réserve expiratoire .27 = 26% 75 Capacité résiduelle .108 = 78% 139 Capacité résiduelle/cap.totale % .ceeenes 49% 24.5% Il est à noter que la caracité respiratoire est bien conservée en dépit d\u2019ine très forte di.ninution de la capacité vitale contrairement nu eas d\u2019emphysème précédent.Le volume pulmonaire total est très fortement réduit à cause de la fibrose.La désaturation marquée au repos, s\u2019accentue davantage à l\u2019effort, bien que le CO» diminue.Le pOz alvéolaire en dépit d\u2019un espace mort considérable est bien conservé, mais le pO» artériel est tellement bas que le gradient alvéolo-artériel est fortement augmenté.La cause d\u2019augmentation de la contamination veineuse ici est une diminution marquée de la capacité de diffusion comme le laisse voir l\u2019étude avec un mélange enrichi d\u2019oxygène, à cause d\u2019un blog alvéolo-capillaire, ou en d\u2019autres termes par épaississement de membrane.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Le cathétérisme cardiaque a montré une augmentation de pression très marquée dans l\u2019artère pulmonaire au repos et une diminution du débit cardiaque.D\u2019autre part, à l\u2019oxygène pur le sang se sature mais la pression de l\u2019artère pulmonaire diminue très peu et le débit augmente au lieu de diminuer, possiblement par amélioration de la puissance cardiaque.Enfin Mme R.D.38 ans nous est référée pour crises d\u2019asthme.Elle en ferait depuis l\u2019âge de 26 ans.Elle ne fait ses crises que la nuit quand elle se couche, car elle commence alors à tousser, devient oppressée et très dysp- néique, et décrit des sensations de serrement précordial avec irradiation dans le cou et l\u2019épaule gauche.L\u2019auscultation montre un murmure vésiculaire assez bien conservé, avec quelques pe- ties sibilances aux deux temps, sans râles de stase.L\u2019examen du coeur révèle un rythme irrégulier, avec dédoublement du premier bruit, souffle diastolique mitral et renforcement pré- systolique.La patiente nie toute attaque de rhumatisme articulaire aigu.Le foie est normal et il n\u2019y a pas d\u2019oedème malléolaire.Fig.8 \u2014 La radiographie pulmonaire montre : Scissure visible au tiers moyen à droite.Traînées opaques péri-hilaires à droite et à gauche, pouvant laisser croire à un processus aigu.Augmentation du diamètre cardiaque transversal. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 GRÉGOIRE Er CouL.: LA DYSPNÉE TABLEAU VI M.R.G.\u2014 44 ans \u2014 Scléroderme \u2014 S.C.182 M,, Sang artériel et cathétérisme.Ventilation L/min.à 37° Oz cons.c.c./min.CO.produit ce./min.ooieeininnennn Q.R.CO./0: 0.V \u2014 O; ce/Vent.min.covenveenn Contenu en CO: vol.% Contenu en Os vol.% Capacité d\u2019Hb.0: vol.% Saturation d\u2019Hb.02 % 000000000000 pO: alvéolaire mm.Hg.pO: artériel mm.Hg.A.A.Gradient mm.Hg.pCO, mm.Hg.000000ce cena n ec ce 000 pH Unités pHs Espace mort/air courant % Débit cardiaque L/M?Pressions artére pulm.c.Contamination veineuse 7% .cecvens Capacité de diffusion ce/M\u2019/mm.Hg.\u2026 Ses se bees as esse .\u2026.es 0.0.0e\u2026ses oes es as ss see ene .\u2026.\u2026.#.Cet individu hyperventile considérablement au repos et encore davantage à minime qui devient cependant pour lui un effort maximum .TABLEAU VII Mme R.D,, 38 ans.S.C.1.77 M\u201d Sténose mitrale.Déterminé Prédit.C.R.M.L./Min.68 = 65% 104 Volume pulmonaire.Capacité totale .412 = 103% 4.01 Capacité vitale .270 = 04% 287 Capacité fonctionnelle résiduelle .205 = 113% 1.79 Réserve expiratoire .63 = 98% 65 Capacité résiduelle .142 = 125% 1.14 Capacité résiduelle/Cap.totale % .34.5% 28.4% La capacité respiratoire maximale est un peu diminuée, mais les données du volume pulmonaire sont toutes dans les limites normales.TABLEAU VIII Mme R.D.38 ans.S.C.= 177 M\u201d Sang artériel et cathétérisme.Repos Effort Ventilatiffion L/min.4 27° 7.66 33.7 QO: cons.cc./min.235 930 CO; produit cc./min.200 915 Q.R.CO: c.c./O: CC.85 99 0.V \u2014 Oz: c.c./vent.min.32.3 36 Contenu en CO» vol.% .47.86 41 1381 Repos Effort Oz pur Oz 27,7% 12.38 39.16 13.58 285 680 315 200 555 216 70 82 69 43.3 57.6 43.1 56.13 53.59 56.35 15.26 13.47 16.36 16.80 19.03 19.56 16.62 18.89 80.20 68.9 98 88.9 81 85 125.5 47 41 74 34 44 52 48 53 50 741 7.34 7.39 48 60 47 2.76 3.19 72/33(53) 68/33(48) 30 4.24 un effort Contenu en O: vol.% .16.03 17.85 Capacité de Hb.en O: vol.% .17.29 18.75 Saturation % .cceiev.92.7 952 pO.alvéolaire mm.Hg.94 108 pO: artériel mm.Hg.86 90 A.A.Gradient mm.Hg.8 18 pCO, mm.Hg.\u2026.\u2026.\u2026.43 41 pH unités pHs .7.39 7.33 Espace mort/air courant % .31 20 Débit cardiaque L/M?.3.38 7.29 Pressions art.pulm.mm.Hg.38/15(27) 67/34 pCP = 40 Contamination veineuse % .6 5 Capacité de diffusion cc./M?/mm.Hg.o.8.16 17 L'étude de la ventilation lors du cathét{risme a montré une hyperventilation & leffort sans rétention de CO: ni désaturaticn du sanz artériel, sans augmentation du gradient alvéolo-art\u2018riel ni de l\u2019espace mort ni de la contamination veineuse.C\u2019est la pression dans l\u2019artère pulmonaire qui nous révèle la cause de la dyspnée.En effet cette pression plus haute que normalement au repos double presque à l\u2019effort.A ce moment d\u2019ailleurs, la patiente étant couchée depuis quelque temps s\u2019est sentie très 1382 GREGOIRE rr Cour.: LA DYSPNÉE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 dyspnéique et a présenté des râles de stage, et la pression capillaire s'est élevée à 40 mm.suffisante pour causer une extravasation de liquide à travers la membrane pulmonaire.La cause de cette hypertension étant une sténose mitrale, la patiente fut opérée et s\u2019est sentie grandement améliorée.Elle doit revenir plus tard pour contrôle physiologique.Ils sont très fortement limités et très dysp- néiques à un effort minime, puisqu\u2019ils ont beaucoup de difficulté à atteindre la consommation d'oxygène d\u2019un individu normal marchant à l\u2019horizontal et à 345 milles par heure.Ils sont cependant dyspnéiques pour des raisons différentes, l\u2019emphysémateux étant le \u2018 et de Dé = seul à ne pas hyperventiler parce qu\u2019il en est Le rapport de l\u2019électrocardiogramme se lit comme : bl p yp p q suit: Fig.9.incapabie.VENT.O | Os (lar iD |0s a 20.7 [1 1.0-|866 |470 23 [0.75 |100 287 |1 3-6 pi68 j616 |22 |062/124 64.3 |287 |2032|1075/26 |(.01|260 61.8 [32.7 j2228/1180/28 |i.01 |.300 78.7 [40.8 |2708|1430]2 8 |1.07|.370 s!| 28.0 |3030/1800] 36 |1.09].510 VENTILATION areas Litres, mn.s ut ioo 200 400 600 800 1000 1200 1400 i800 1800 2000 Où consumé c.c./ min./u Fig.10.\u2014 Si l\u2019on compare la courbe ventilation consommation d\u2019oxygène de l\u2019indivdu normal avec les trois patients que nous venons d\u2019étudier, nous notons immédiatement une différence considérable. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Chez l'individu normal la dyspnée est apparue quand les besoins métaboliques ont excédé la capacité circulatoire.L\u2019emphysémateux présente un problème très complexe.Il existe une hypoventilation alvéolaire, avec hyperventilation totale à cause d\u2019augmentation d\u2019espace mort, due à une augmentation du rapport ventilation /perfusion.D'autre part, la contamination veineuse est élevée à cause d\u2019une diminution en d\u2019autres endroits du rapport ventilation/perfusion, comme le laisse voir la saturation du sang artériel.De plus la diminution du nombre des capillaires par l\u2019emphysème ainsi que la diminution du pO» alvéolaire contribuent à augmenter la résistance à la circulation pulmonaire et à causer une élévation de pression dans l\u2019artère pulmonaire.Il est certain que le seul moyen d\u2019améliorer cette situation est d\u2019accroître la ventilation GREGOIRE kr CoLL.: I.A DYSPNEE 1383 alvéolaire efficace, par bronchodilatateurs, antibiotiques ou antihistaminiques, exercice physique et ventilation mécanique à l\u2019occasion.Le cas de fibrose pulmonaire diffuse à collagène, montre qu\u2019un individu peut être dysp- nélque au moindre effort en dépit d\u2019une capacité ventilatoire et circulatoire excellente, si l\u2019épaississement de la membrane fait obstacle à la diffusion normale de l\u2019oxygène des alvéoles aux globules rouges dans les capillaires pulmonaires.Assez souvent l\u2019ACTH permet d\u2019améliorer ces conditions.Enfin le cas de sténose mitrale prouve à l'évidence que l\u2019augmentation de pression dans l\u2019artère et les capillaires pulmonaires par l\u2019obstacle valvulaire est la cause principale de la dyspnée chez ces patients.Il est donc possible d\u2019évaluer de façon objective la dyspnée, d\u2019en connaître le mécanisme étiologique afin d\u2019y apporter un traitement approprié. OPÉRATIONS CÉSARIENNES À L\u2019HÔPITAL DE SAINT-BONIFACE ! H.GUYOT (Saint-Boniface, Manitoba).Depuis 23 ans j'ai fait la revue des opérations césariennes chaque année à l'hôpital St.-Boniface et nous avons jusqu\u2019à dute des statistiques assez complètes sur 465 cas.Il est intéressant de constater le progrès et les changements qui se sont effectués pendant ces quelques années.Pour un sujet d\u2019aussi grande envergure je devrai me limiter simplement à donner quelques chiffres et faire quelques commentaires.L'hôpital St.-Boniface, que plusieurs d\u2019entre vous ont eu l\u2019occasion de visiter, est ouvert à tous les médecins de la Province.Actuellement, environ 150 médecins y font de l\u2019obstétrique et les trois quarts des accouchements sont faits par des médecins qui font de la pratique générale.Plusieurs cas difficiles sont référés des hôpitaux de campagne.Depuis 5 ans une consultation est exigée pour tous les cas de césarienne et pour tous les cas où la patiente est en travail pendant 24 heures ou plus.De plus tous les cas de césarienne sont discutés à une réunion mensuelle par les membres du département d\u2019obstétrique et de gynécologie.Voici quelques statistiques: Mortalité maternelle \u2014 Accouchements par voies naturelles 1933-55 43 1949-55 0 1.06 par 1000 depuis 7 ans Mortalité foetale \u2014 Accouchements et césariennes 1948-52 36.7 par 1000 naissances vivantes 1953 42 \u201d 3 » \u201d 1954 334 »\u201d 3 \u201d » 1955 205 \u201d n » \u201d Tableau 2.\u2014 La mortalité maternelle après accouchement par voies naturel'es est environ 1 par mille.Depuis 7 ans, nous n\u2019avons pas eu de mortalité \u2014 pour environ 14,000 cas.Mortalité foetale \u2014 après accouchements et césariennes.\u2014 Il y a une diminution marquée durant les trois dernières années.Tous les cas de mortalité péri-natale sont discutés à une réunion mensuelle du département.Mortalité foetale \u2014 Opérations césariennes 1938-42 143% 1943-47 9.6% 1948-52 11.7% 1953-55 11.7% Tableau 3.\u2014 La mortalité foetale aprés césarienne est assez élevée et bien que le nombre de césariennes ait augmenté, la mortalité foetale n\u2019a pas diminué.Mortalité maternelle Années Accouchements Op.césariennes Incidence post-césartenne 1933-37 52461 33 63% 2 \u2014.6% 1938-42 7241 75 1.03% 2 \u2014 27% 1943-47 10406 103 99% 1 \u2014 97% 1948-52 10089 143 1.3% 0 1953-55 6544 111 1.7% 1 \u2014 9% Total .40426 465 1.1% 6 \u2014 13% Tableau 1.\u2014 On remarque une augmentation dans le nombre des césariennes, surtout pendant les derniers huit ans.Notre incidence est maintenant de 1.7% bien que la moyenne soit environ 1 pour cent pour 23 ans.La mortalité maternelle a diminué et est de 4% pendant les huit derniéres années.La plupart des mortalités ont eu lieu pendant les premières années.1.Communication au XXVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Jasper [Alberta], sept.1956. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 GUYOT: OPÉRATIONS CÉSARIENNES 1385 Opérations césariennes 1938-42 1943-47 1948-52 1953-55 Nombre .00000006 75 103 143 111 Primipares .38 51 46 31 Multipares 0.000000 37 52 97 80 Classiques 000.0 61 88 91 35 Basses .iil 13 14 48 71 iExtrapéritonéales .0 0 2 1 Hystérectomies .1 1 2 4 Anesthésie: Générale .72 85 67 47 Spinale .1 14 72 64 Locale .c.o0t 2 4 4 0 Jours post-opératoires .15.3 13.5 9.7 85 Morbidité .cooivvevnnnnn.28% 0% 17% 10% Tableau 4.\u2014 En faisant la comparaison par périodes de 5 ans, on remarque certains changements: a) le pourcentage des multipares qui ont subi l'opératicn a augmenté de 50 à 70 pour cent.Ceci est dû à plusieurs facteurs: 1.les opératicns répétées ou itératives; 2.changements dans les indications.Il y a un plus grand nombre de césariennes pour les cas de placenta praevia, dévollement du placenta, certains cas de dystocie et d\u2019inertie utérine.b) La césarienne base est devenue l'opération préfirée, et à juste raison, parce qu\u2019elle comprend de nombreux avantages.c) La rachi-anesthésie qui avait si peu de vogue pendant les premières années est devenue l\u2019anesthésie de choix (excepté dans les cas d\u2019hémorragie).diminués.Mortalité maternelle 6 \u2014 465 césariennes \u2014 1.3% 1.1934 \u2014 Primipare, 21 ans.Cardiaque-rhumatis- me.Opérée à 8 mois.Défaillance du myocarde \u2014 24 heures après l\u2019opération.2.1935 \u2014 Primipare, 24 ans.Placenta praevia.Choc et hémorrag:e.3.1938 \u2014 Multipare, 42 ans.Accrochement de 2 jumeaux.Après manipulations internes, césarienne \u2014 péritonite.4.1938, 42 ans.Bassin rétréci \u2014 deuxième césarienne \u2014 septicémie.5.1943 \u2014 47 ans.Césarienne répétée; hémorragie subarachnoïde après anesthésie spinale avec néo- synéphrine.6.1955 \u2014 Para VII, 27 ans.Césarienne classique pour troisième bébé, placenta praevia.Ensuite 4 enfants à terme.Rupture de l\u2019utérus un mois avant terme.Massage du coeur \u2014 laparatomie \u2014 hystérectomie.Tableau 5.\u2014 Mortalité maternelle \u2014 post-césa- rienne.Sur 465 césariennes, nous avons 6 mortalités, un pourcentage de 1.3, qui est assez élevé.Ici encore la plupart des mortalités a eu lieu pendant les dix premières années, avant l\u2019avènement des antibiotiques et des transfusions.Voici une court résumé de chaque mortalité: 1.Une cardiaque \u2014 aujourd'hui, cette patiente n\u2019aurait probablement pas Été opérée.En général.la maladie de coeur n\u2019est plus une indication.2.Placenta praevia.choc et héraorragie.Aujourd\u2019hui, nous avons la \u2018banque de sang.-3 et 4.Infections \u2014 aujourd\u2019hui.nous avons les antibiotiques.5.Hémorragie subarachnoïde \u2014 accident imprévu qu\u2019on d) Les jours post-opératoires et la morbidité (100.4), sont sensiblement a supposé avoir été causé par la synéphrine pour combattre une baisse dans la tension artérielle à la suite d\u2019une anesthésie spinale.6.Rupture de l\u2019utérus, opérée dans un état moribond.Indications 1943-47 1948-52 1953-55 Disproportion c.p.35 48 19 P.praevia, décollement 21 39 28 Césariennes répétées 19 24 38 Siège, inertie, dystocie 3 9 8 Transverse, front, face 3 4 4 Rupture de l\u2019utérus 2 4 3 Diverses indications 20 15 11 Total 103 143 111 Tableau 6.\u2014 Quant aux indications, on remarque que la disproportion céphalo-pelvienne était l\u2019indication la plus commune dans les premières années.Aujourd'hui.la césarienne itérative ou répétée est devenue l\u2019indication la plus fréquente.Ceci ne veut pas dite que nous avons adopté une politique de «une fois césarienne, toujours césarienne » puisque environ le tiers des patientes qui ont subi l\u2019op\u2018ration sont délivrées normalement à la suite d\u2019une grossesse subséquente.Quelques indications ont été élargies, comme le placenta praeevia, décollement du placenta normalement inséré, certains cas d\u2019inertie utérine avec travail prolongé et rupture des membranes, même après une application de forceps qui a échoué.Ceci ne se faisait pas, il y a 25 ans, sans mettre la vie de la mère en grand danger-\u2014 mais de nos 1386 jours avec les antibiotiques, en faisant une césarienne basse ou extra-péritonéale, on peut se permettre ce risque si l\u2019enfant est encore en bonne condition.Dans les cas où il y a une légère disproportion céphalo-pelvienne une épreuve de travail de 12 à 24 heures nous fait prévoir si la patiente peut accoucher normalement et souvent la césarienne est évitée.Un mot au sujet de notre incidence qui est environ 1% et qui a augmenté à 1.77% durant les dernières années.Ce chiffre est considéré très bas, puisque la plupart des séries d\u2019opérations césariennes publiées récemment donnent 4% ou 5% et même vont jusqu\u2019à 10%.On nous a accusés d\u2019être trop conservateurs \u2014 (ce qui peut être un défaut au Manitoba comme à Québec).Certains pédiatres ont exprimé l\u2019opinion que nous pourrions sauver plus d\u2019enfants si nous faisions plus de césariennes.Cependant nos statistiques ne s\u2019accordent pas avec cette idée.Même après avoir augmenté notre incidence de 1 à 1.7% \u2014 la mortalité foetale est restée la même 11.7%.Il faut se rappeler qu\u2019une césarienne ne garantit pas un bébé vivant et en bonne santé même si elle est faite sous des conditions idéales.La mortalité foetale après césarienne est encore 2 ou 3 fois plus élevée qu\u2019après un accouchement normal, même dans les hôpitaux les mieux organisés.On doit se rappeler ce fait quand on décide de faire une césarienne simplement pour des indications foetales.Durant les dernières années, environ le tiers des patientes opérées sont des primipares.Il faut réaliser que c\u2019est une décision sérieuse à prendre quand nous optons pour une césarienne chez une jeune primipare.Ceci veut dire d\u2019habitude que la patiente va être soumise à une autre césarienne à sa prochaine grossesse, que le nombre de sa famille va être limité et que son utérus peut rupturer pendant toute grossesse ou pendant tout travail subséquent.Pour une vieille primipare de 35 à 40 ans, surtout après une période de stérilité, la césarienne est souvent indiquée.GUYOT: OPÉRATIONS CÉSARIENNES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Les multipares sont plus exposées au placenta praevia, au décollement et à d\u2019autres complications d\u2019un ordre systémique comme l'hypertension, la néphrite, le diabète.Quelquefois, le médecin se sent rassuré parce que sa patiente a déjà eu 4 ou 5 accouchements normaux.La grosseur du foetus est sujet à augmenter avec des grossesses successives et c\u2019est un facteur important qu\u2019il est bon de se rappeler.J\u2019ai dû opérer 2 grandes multipares qui avaient un spondylolisthésis, une pour son 101ème et l\u2019autre pour son 7ième enfant.La radiographie a fait d\u2019immenses progrès et maintenant on nous donne des renseignements assez exacts au sujet de la capacité et de la forme du bassin, de la présentation et de la position du foetus, de la grosseur de la tête foetale \u2014 mais le radiologiste ne rapporte que ce qu\u2019il voit sur la plaque.Nous ne devrions pas nous baser seulement sur un rapport radiologique avant de décider à faire une césarienne.L'observation clinique et le progrès de la femme en travail sont beaucoup plus importants.Une présentation du siège n\u2019est pas une indication suffisante en soi pour faire une césarienne à moins qu\u2019il y ait d\u2019autres complications comme un bassin rétréci, un gros bébé ou si la patiente est une vieille primipare.Une épreuve de travail proprement dite ne peut pas se faire d\u2019une manière satisfaisante et la radiographie nous donne une image exagérée de la grosseur de la tête foetale.Cependant, il y à ur signe radiologique qu\u2019il est bon de noter dans les présentations du siège et qui indique ordinairement un gros bébé.La partie supérieure du crâne foetal est aplatie due à la pression du fond de l\u2019utérus.Si une femme a déjà eu une césarienne, il ne s\u2019en suit pas nécessairement qu\u2019elle doit subir une autre opération à sa prochaine grossesse.Ces cas doivent être suivis attentivement pendant le travail et une radiographie doit être prise pour déterminer où le placenta est inséré.Si le placenta est situé antérieurement au niveau de la vieille cicatrice une césarienne répétée est sagement indiquée L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 parce que le placenta amincit souvent la paroi utérine.Evidemment il est aussi important de savoir l\u2019indication et le genre d\u2019opération de la lère césarienne, soit une classique ou une basse.Le risque d\u2019une rupture après une césarienne classique est environ 8 fois plus grand qu\u2019après une césarienne basse.Sur 10 cas de rupture de l\u2019utérus que nous avons eus depuis 18 ans, 6 avaient eu auparavant une césarienne classique.D\u2019autres avantages de la césarienne basse sont bien connus: moins de danger d\u2019infection après un travail prolongé ou quand les membranes sont rupturées depuis plusieurs heures, moins d\u2019hémorragie au temps de l\u2019opération (même dans les cas de placenta praevia) et moins d\u2019adhérences post-opératoires.Notre mortalité foetale de 11.7% est considérée haute mais dans la plupart des cas la vie de l\u2019enfant était déjà sérieusement compromise comme dans les cas d\u2019hémorragie GUYOT: OPÉRATIONS CÉSARIENNES 1387 antepartum, placenta praevia avec foetus prématuré, décollement, rupture de l\u2019utérus.La mortalité foetale dans nos cas de placenta praevia opérés est environ 25% et l\u2019opération est souvent indiquée pour sauver la mère quand les chances de survie de l\u2019enfant sont très minimes.Comme conclusion, la césarienne n\u2019est pas toujours la solution de toutes les difficultés en obstétrique et amène souvent des inconvénients ou des complications différées.La mortalité maternelle et foetale est plus élevée qu\u2019après un accouchement par voies naturelles.Même de nos jours, il est possible d\u2019obtenir de bons résultats en obstétrique en réservant la césarienne strictement pour les cas où elle est indiquée.Une incidence de 2% nous paraît suffisante.Il est bon d\u2018être conservateur en obstétrique \u2014 c\u2019est encore la meilleure politique à suivre.THÉORIE DES RAPPORTS MÉDECIN-MALADE Camille LAURIN.Le problème de la théorie des rapports médecin-malade ne s\u2019est posé qu\u2019à la fin du XIXe siècle, près de 2400 ans après qu\u2019Hippo- crate eût établi les fondements de la science et de l\u2019art de la médecine.Durant tout ce laps de temps, les praticiens adoptèrent à l'égard de leurs patients les attitudes que leur dictaient le déontologie, la morale, l\u2019'empirisme, et leurs propres intuitions.Les clientèles nombreuses et choisies allaient à ceux qui savaient d\u2019instinct calmer les angoisses et satisfaire les besoins affectifs de leurs malades en même temps qu\u2019ils pouvaient apporter un remède efficace à leurs maux physiques.Par ailleurs convaincus de l\u2019étiologie essentiellement organique de toutes les maladies, maladies men- L'homme de théâtre reconstruit, dans tous leurs développements, des sentiments dont il n\u2019a connu en lui que le germe.Les émotions que l\u2019on a poussées à leur terme, ce n\u2019est pas celles-là le plus souvent qui inspirent.L\u2019inachevé, l\u2019interrompu stimule davantage l\u2019esprit.Jacques de Laprade (Préface au Théâtre de Montherlant \u2014 La Pléiade).tales y comprises, ils ne croyaient pas nécessaire ni utile de pousser plus loin l'examen des réactions affectives de leurs clients non plus que de leurs propres contre-réactions.Ce qu\u2019ils en devinaient confusément leur paraissait plus que suffisant en la matière et c\u2019est en toute sérénité qu\u2019ils s\u2019en détournaient pour se consacrer exclusivement à l\u2019étude des problèmes organiques.Cette belle sérénité disparut complètement lorsque vers 1880 le médecin viennois, Joseph Breuer, eut l\u2019idée de traiter par la catharsis sous hypnose l\u2019hystérique Anna O.Pour la première fois dans l\u2019histoire de la médecine, l\u2019existence de facteurs pathogènes de nature 1388 psychologique était scientifiquement démontrée.L\u2019état de la patiente s\u2019améliora d\u2019abord graduellement sous l\u2019effet de ce qu\u2019elle-même appelait la \u201ctalking-cure\u201d (cure par la parole) ou \u201cchimney-sweeping\u201d (ramonage).Sous le regard passionnément intéressé de Breuer, les divers symptômes hystériques, contractures parésiques, anesthésies, toux, névralgie etc, disparaissaient dès que les incidents qui les avaient provoqués se trouvaient reproduits (1).Mais en dépit de cette évolution éminemment favorable, Breuer prit sur lui d\u2019interrompre prématurément le traitement.Plus de soixante ans plus tard, Ernest Jones, (2) disciple et ami de Freud, devait nous donner les raisons de cette décision.Il semble que l\u2019aventure thérapeutique qu\u2019il vivait avec Anna O.avait fini par captiver à ce point Breuer qu\u2019il en entretenait son épouse à toute occasion.Comme la patiente était par ailleurs jolie, jeune et intelligente, l\u2019intérê& de Madame Breuer ne tarda pas à se transformer en lassitude, en impatience puis en jalousie.Lorsque Breuer s\u2019en rendit compte, il en fut violemment secoué.S\u2019accusa-t-il d\u2019un attachement excessif à sa patiente et crut-il son bonheur conjugal menacé?Quoi qu\u2019il en soit, il ne pensa plus qu\u2019à échapper au danger et fit part à Anna, qui se trouvait d\u2019ailleurs en bien meilleure santé, de son désir d'interrompre immédiatement le traitement.Il dut toutefois se rendre chez elle le soir même.En effet, ce sevrage brutal avait exacerbé les fantasmes de grossesse de la patiente et Breuer la trouva se débattant dans les transes d\u2019un accouchement imaginaire.Il en fut à la fois terrifié et choqué.Il réussit à la calmer en l\u2019hypnotisant puis se dépêcha de fuir.Le lendemain, il partait pour Venise avec sa femme et de ce jour, il abandonna complètement sa méthode.Mais cette expérience malheureuse ne devait pas rester inutile.Elle inaugurait une nouvelle époque.Au milieu du tonnerre et des éclairs, le transfert (fantasme d\u2019Anna) et le contre-transfert (épouvante de Breuer) faisaient leur entrée dans le champ de la médecine psychologique.Au fil des années, ils devaient y prendre une place de plus en plus grande.LAURIN: RAPPORTS MÉDECIN-MALADE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Ainsi donc, c\u2019est en tant qu\u2019éléments indésirables, en tant qu\u2019obstacles au déroulement de la cure que transfert et contre-transfert s\u2019imposèrent d\u2019abord à l'attention des psycho- térapeutes.En reprenant la méthode cathar- tique de son maître Breucr, le jeune Freud devait s\u2019y heurter à son tour.Et de fait, dans le chapitre IV de ses \u201cEtudes sur l\u2019hystérie\u201d, il nous apprend que dans toute analyse importante la relation analytique est troublée par l\u2019apparition de sentiments agressifs et érotiques qui se portent sur la personne du médecin sans que celui-ci ait rien fait pour les provoquer.A la différence de son maitre, Freud eut cependant assez de force d\u2019Âme pour ne pas fuir devant cette double attaque, hostile et amoureuse, dont il était l\u2019objet.Il tenta done de réduire l\u2019obstacle, espérant que la catharsis pourrait ensuite reprendre son cours normal.Mais il trouva la vérité là où il ne l\u2019attendait point.Son analyse de l\u2019obstacle lui révéla les faits suivants: le sentiment de tendresse amoureuse éprouvé à l\u2019égard du médecin ressemblait trait pour trait à celui que la patiente avait nourri vour un objet aimé avant l\u2019éclosion de sa maladie et qu\u2019elle avait depuis rejeté dans l\u2019inconscient; le sentiment hostile correspondait aux blâmes sévères qu\u2019elle s\u2019était alors adressés pour s\u2019être laissée entraîner à des désirs aussi coupables; c\u2019est par une mésalliance, un faux rapport, un déplacement que la patiente reportait sur le médecin ces sentiments qu\u2019elle avait déjà éprouvés à l\u2019égard d\u2019elle-méme et à l\u2019égard d\u2019autres personnes significatives de son entourage; le médecin ne devait donc pas y réagir comme s\u2019il était visé personnellement; pareilles réactions se retrouvaient dans tous les cas d\u2019hystérie; que ces sentiments fussent revécus et analysés par rapport au médecin ou dans leur contexte historique, la patiente s\u2019en trouvait dans les deux cas également soulagée.Comme on le voit, grâce à son courage et à son génie, Freud venait de convertir un obstacle majeur en un précieux instrument de travail.De ce jour, la thérapeutique analytique fut axée sur la notion de transfert et l\u2019on peut dire que toutes les modifications techniques et connais- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 sances théoriques ultérieures peuvent de quelque façon s\u2019y rattacher.Des innombrables travaux psychanalytiques des soixante dernières années, il ressort en effet deux conclusions capitales: 1\u2014 c\u2019est l\u2019analyse du transfert tel qu\u2019il s\u2019épanouit dans la situation analytique, qui nous a le plus renscignés sur la genèse des troubles névrotiques et jusqu\u2019à un vertain point des troubles psychotiques et psychosomatiques; 2 \u2014 l\u2019appréhension des rapports qu\u2019entretiennent entre eux le transfert et le contre-transfert peut seule nous expliquer le déroulement, l\u2019efficacité ou la non efficacité de n\u2019importe lequel type de cure.(3).La disposition au transfert est caractéristique de la condition humaine.On la retrouve donc, avec des degrés différents d\u2019intensité, chez tous nos malades.Chacun d\u2019eux, au cours de son développement, a passé par des crises qu\u2019il n\u2019a qu\u2019imparfaitement surmontées, a senti l\u2019aiguillon de besoins que son propre idéal et la réputation de l\u2019entourage l\u2019ont empêché de satisfaire.Ces crises non résolues et ces besoins non apaisés entretiennent chez lui un état de tension permanente qu\u2019il tentera de réduire par tous les moyens.Dans ce but, il cherchera d\u2019instinet les protagonistes qui se prêteront le mieux à la reconstruction de sa tragédie personnelle (4).Sur cette nouvelle scène, qu\u2019il dressera au foyer, à l\u2019usine ou ailleurs, il revivra les crises d\u2019antan, espérant que cette fois l\u2019abcès se videra graduellement mais à fond (5).Il suppliera son partenaire de le guérir de sa douloureuse blessure, de comprendre et de combler ce besoin dont il ne peut parler que par énigme afin de s\u2019éviter les angoisses et les châtiments de jadis.Mais le partenaire reste le plus souvent sourd à cet appel, quand il ne châtie pas à son tour.Et c\u2019est ainsi que le malade arrive à l\u2019analyse.Infatigable, il y dresse de nouveau ses tréteaux et tente d\u2019y rejouer son drame.L\u2019analyste l\u2019y aide d\u2019ailleurs de tout son pouvoir (6).La constante uniformité du cadre analytique, le confort de la position allongée, la position en retrait de l\u2019analyste, la règle de la libre association, tout favorise la dépen- LAURIN: RAPPORTS MEDECIN-MALADE 1389 dance et la régression.Au fil des séances, craintes et besoins refoulés s\u2019actualisent ainsi de plus en plus.Rassuré par la bienveillante neutralité de l\u2019analyste (7), le patient s\u2019enhardit jusqu\u2019à lui demander raison des souffrances qu\u2019il ressent et le presse d\u2019y mettre un terme en comblant ses désirs.Fidèle à la règle d\u2019abstinence (8), l\u2019analyste lui fait prendre conscience de ces pulsions, mais prend bien garde de les satisfaire en quoi que ce soit.Sous l\u2019aiguillon de la frustration, le patient peut demander alors à quelque personne de son entourage de lui procurer la satisfaction que lui refuse l\u2019analyste.Mais par ses interprétations, celui-ci le ramène à la situation analytique.Le patient varie alors ses demandes.Ne pouvant gagner la victoire sur ce terrain, il n\u2019a pas d\u2019autre issue que de se replier.Sous le couvert de la défense, il actualise alors d\u2019autres tendances, d\u2019autres besoins encore plus refoulés et plus ambivalents qu\u2019ils projette sur l\u2019analyste.Mais celui-ci ne se laisse pas déborder.Il lève d\u2019abord la défense qui masque le besoin, fait s\u2019épanouir ce dernier en fantasmes, puis démontre au patient que ses pulsions se portent en réalité sur un objet archaïque imaginaire (v.g.imago parentale) et non sur la personne du thérapeute (interprétation mutative) (9).Spontanément ou avec l\u2019aide de l\u2019analyste, le patient se remémorera ensuite le matériel infantile qu\u2019il vient de revivre dans la situation analytique (10).Cette oscillation dialectique entre régression et interprétation se poursuivra jusqu\u2019à exhumation et analyse des couches pathogènes les plus primitives.On voit donc que l\u2019intention affective visant le psychanalyste ne peut être dissociée d\u2019un cycle de comportement complet, comprenant à la fois la motivation par des besoins et par des émotions, les conduites instrumentales tâtonnant à la recherche des moyens, les buts d\u2019assouvissement ou de défense par lesquels ces buts s\u2019accomplissent (11).D'un autre point de vue, on voit également que peuvent être actualisées dans le transfert toutes les phases successives du développement individuel.Remorqué par le patient, l\u2019analyste remontera ainsi aux sources mêmes de la névrose et dénouera au passage 1390 les conflits archaïques dont la mauvaise résolution avait gêné l\u2019évolution normale de l\u2019unité psychosomatique (règle du superficiel) (12).Au terme du processus, les enclaves pathologiques sont définitivement réduites, la souffrance névrotique est transformée en souffrance humaine (13), l\u2019énergie affective circule librement à travers tout l\u2019organisme, le transfert est dissous, ne laissant subsister tout au plus qu\u2019une identification structurante à la personne de l\u2019analyste (14), le sujet s\u2019est reconnu, reconquis, n\u2019a plus autant besoin de s\u2019aliéner dans les autres (15), et possède les moyens de réaliser ses possibilités (16).Il s\u2019agit là, bien entendu, de la cure idéale.Dans la pratique, il est difficile, et parfois impossible, d\u2019obtenir une guérison complète.À l\u2019instar des autres techniques thérapeutiques, la psychanalyse comporte ses indications et ses contre-indications (17).Des difficultés extrinsèques (v.g.délinquence, obligations professionnelles, hostilité de l\u2019entourage, etc), aussi bien qu\u2019intrinsèques (v.g.faiblesse du moi, anxiété panique, crises suicidaires, etc.), peuvent compromettre le succès du traitement.Par ailleurs, les manoeuvres subtiles et protéiformes auxquelles recourt le patient pour se défendre mettent à rude épreuve l\u2019intelligence et le flair de l\u2019analyste (18).Mais de tous les écueils, le plus redoutable reste celui du contre- transfert.La cruelle mésaventure de Breuer et ses propres angoisses initiales amenèrent Freud à penser que les conflits névrotiques du thérapeute empéchaient celui-ci d\u2019accéder à une juste compréhension de la névrose (19).Il résolut d\u2019écarter cet obstacle par l\u2019auto-analyse.Son étude monumentale sur le rêve (20) nous permet de mesurer, ne fut-ce qu\u2019approximativement, le courage, la patience et l\u2019ingéniosité qu\u2019il y déploya.Dans un article de 1912, 1l avoue d\u2019ailleurs candidement que bien peu de personnes peuvent interpréter correctement leurs rêves sans aucune aide extérieure.Il recommande donc à qui veut le suivre de se soumettre à une analyse purificatrice, sous la direction d\u2019un spécialiste compétent.Au cours de ce long travail, le futur analyste se familiarisera avec les arcanes et la dialectique de LAURIN: RAPPORTS MÉDECIN-MALADE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 l\u2019inconscient, résoudra les complexes susceptibles de brouiller sa perception analytique (blind spots de Stekel), apprendra à maitriser ses réactions et à ne pas imposer à ses malades ses propres sublimations.Sur la fin de sa vie, Freud se montre encore plus catégorique.L\u2019analyste, dit-il en substance, approche de trop près et trop constamment les pulsions refoulées de ses patients pour que cela n\u2019aiguise pas celles des siennes qu\u2019il avait jusque-là réussi à contenir (21).Cette menace ne sera écartée, selon lui, que si l\u2019analyste accepte de se soumettre tous les cinq ans à une nouvelle analyse.Edward Glover, pour sa part, trouve l\u2019auto-analyse préférable et suffisante.Dans le chapitre VI de sa \u201c\u2019Technique de la psychanalyse\u201d, il indique les signes auxquels se reconnaissent les contre-transferts de l\u2019analyste et passe en revue les plus importants d\u2019entre eux: v.g.omnipotence, scopto- philie, recherche de compensations affectives, intolérance à la frustration, à l\u2019agression, tendances sado-masochiques, pulsions œdipiennes, etc.Ces contre-transferts sont à l\u2019origine d\u2019émotions et d\u2019angoisses qui amènent l\u2019analyste à sacrifier les intérêts du malade au profit des siens propres, faussent la technique et limitent son efficacité.Un grand nombre d\u2019échecs, aussi bien d\u2019ailleurs en psychothérapie qu\u2019en psychanalyse, trouvent là leur explication.À supposer pourtant qu\u2019elle soit adaptée au cas et bien conduite, la cure analytique comporte des avantages non médiocres.L\u2019interprétation correcte du transfert engendre la conviction chez le malade en ce qu\u2019elle porte sur des sentiments qu\u2019il éprouve hic et nunc et qu\u2019il peut replacer, par la suite, dans leur contexte historique originel.Cette interprétation est exhaustive au sens plein du terme; verticalement, puisqu\u2019elle parcourt régressive- ment toutes les strates de la névrose jusqu\u2019au noyau pathogène initial; horizontalement puis- qu\u2019elle se poursuit jusqu\u2019à réduction complète de tous les substituts d\u2019une même pulsion (working through) (22).On peut certes déplorer la longueur de ces cures.Mais il faut se rappeler que pour tordre le cou au deus ex machina de la névrose, il faut d\u2019abord le dé- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 pouiller de toutes les enveloppes adhérentes dont il s\u2019est entouré pour se protéger.Interpréter le matériel refoulé avant que ne soit réduite la défense qui le contient apparaît à Freud inefficace et souvent dangereux (23).C\u2019est la lenteur même du proce:sus thérapeutique qui a d\u2019ailleurs permis à la psychanalyse de devenir une science en même temps qu\u2019un art.Le film de la névrose se déroulant au ralenti, l\u2019observateur a pu y étudier à son aise le jeu de la dynamique mentale.Ces observations accumulées se sont finalement ordonnées en une théorie opérationnelle de la personnalité.La psychanalyse a pu ainsi fournir de fécondes hypothèses de travail à l\u2019anthropologie (24), à la sociologie (25), à la philosophie (26), à la médecine (27), et à la psychiatrie (28) (psychanalyse appliquée).Pour ne nous en tenir qu\u2019à ces deux dernières, il ne fait pas de doute que les notions de transfert et de contre-transfert s'avèrent indispensables à qui veut étudier la nature des échanges inter-humains que postule toute relation thérapeutique.Le sujet mériterait à lui seul plusieurs volumes.Il faudra donc nous contenter .ici de quelques trop brèves indications.1 \u2014 MÉDECINE GÉNÉRALE La maladie fait de l'homme un être dépendant et craintif.Elle détermine chez lui une attitude régressive qui varie avec l\u2019intensité de l\u2019affection, la gravité de l\u2019infirmité et le mode de traitement employé (v.g.amputation versus potion) (29).Le malade devient alors le type d\u2019enfant qu\u2019il fut à un moment donné de sa vie.Il se tourne inconsciemment vers le médecin et le revêt des propriétés de l\u2019image parentale dont il à spécifiquement fait l\u2019expérience dans sa propre enfance (30).À cette occasion, il connaîtra à nouveau ces sensations de faim et de douleur, ces sentiments d\u2019abandon, d\u2019angoisse et d\u2019hostilité dont la matrice a été formée à une époque antérieure.Or nous savons, depuis Cannon (31) et Selye (34), que par l\u2019intermédiaire des systèmes nerveux et endocrinien, ces sensations et émotions retentissent sur les organes.LAURIN: RAPPORTS MÉDECIN-MALADE 1391 dont ils peuvent altérer le fontionnement et la texture.Il n\u2019est donc pas indifférent, pour le succès de la thérapeutique, que les réactions du malade soient comprises, utilisées ou contrôlées.Le médecin s\u2019y appliquera, à condition toutefois qu\u2019il ne soit pas victime de son contre-transfert.S\u2019il ne peut en effet supporter la passivité ou l'agressivité excessives de son patient, il tentera de se débarrasser de lui, de l\u2019effrayer ou de le punir.Si, par contre, il possède une souplesse et une sérénité suffisantes, 1l verra que le malade s\u2019adresse, par son intermédiaire, à une figure de son passé.Il pourra alors, en autant qu\u2019il peut, calmer ses appréhensions, satisfaire ses besoins et renforcer ses défenses au moyen de mesures adaptées: prohibitions, régimes, diètes, conseils généraux, ete.2 \u2014 CONVULSIVOTHÉRAPIE.Il semble que certains déprimés accordent à ce traumatisme la valeur d\u2019une mort et d\u2019une résurrection symboliques, qui apaisent leurs culpabilité archaïques et leur donnent le droit d\u2019exister (34).3 \u2014 NARCO-ANALYSE.Les névroses traumatiques constituent sa meilleure indication.Les défenses sont temporairement submergées par l\u2019angoisse.La liquidation de la situation anxiogène par la catharsis ramène l'équilibre entre défenses et pulsions inconscientes.4 \u2014 HYPNOSE ET SUGGESTION.Dans ces deux cas, la relation thérapeutique est une répétition de la relation œdipienne positive ou négative (35).Le malade s\u2019abandonne amoureusement, comme jadis, à une figure d\u2019autorité qu\u2019il estime toute-puissante.Il se décharge sur elle de sa responsabilité et de sa culpabilité.I! attend d\u2019elle un remède à ses maux et par identification, tente de communier à sa force (36).Le thérapeute met d\u2019ailleurs tout en œuvre pour ressembler à l\u2019image que le malade se fait de lui.Il s\u2019entoure de mystère, prend des allures de grand-prêtre et de roi, exige une obéissance absolue, ne tolère ni doute ni hostilité, encourage le refoulement, promet 1392 la guérison et le bonheur (37).Le procédé est parfois efficace.Le malade sacrifie ses symptômes au transfert, ou plutôt, les échanges pour une névrose de transfert.Dans la meilleure des hypothèses (car les échecs sont fréquents), l\u2019amélioration ne persistera qu\u2019aussi longtemps que se maintiendra cette névrose artificielle.5 \u2014 PSYCHOTHERAPIES DE GROUPE.Il en existe maintenant plusieurs variétés.Mais toutes sont basées sur les principes suivants: la thérapeute devient un moi idéal, une image parentale pour tous les membres du groupe; ceux-ci se lient entre eux par une identification mutuelle (38); cette identification permet d\u2019assumer des positions ressenties habituellement comme dangereuses; les conflits se trouvent transférés sur la thérapeute et sur les autres membres du groupe (39).L\u2019attitude du meneur varie selon les objectifs qu\u2019il s\u2019est proposés et la composition du groupe.Mais dans tous les cas, le contrôle du contre- transfert reste éminemment difficile.6 \u2014 PSYCHOTHÉRAPIES INDIVIDUELLES.A \u2014 Revigorantes.Elles utilisent à des degrés divers suggestion et catharsis et appellent les mêmes commentaires que celles-ci.(Voir 4).B \u2014 Analytiques.Ces méthodes ont été préconisées, soit dans le but d\u2019abréger la durée du traitement analytique, soit dans le but de le remplacer ou de le préparer, dans le cas où celui-ci s\u2019avère impossible ou non indiqué.Alexander et French (40) prétendent, pour leur part, avoir avantageusement modifié la technique classique.Ils laissent d\u2019abord se développer le transfert, afin de se rendre compte de sa nature, de son intensité et de sa direction.Mais ils ne le laissent pas se transformer en une névrose de transfert, qu\u2019ils estiment inutilisable et incontrôlable.Ils se contentent plutôt d\u2019interpréter les transferts extra-ana- lytiques et de neutraliser l\u2019influence pathogène des images parentales en prenant le contre- pied de leurs attitudes réelles ou présumées.(correcting experience).Dans le traitement des adolescents, Mâle (41) suggère d\u2019employer une méthode à peu près LAURIN : RAPPORTS MÉDECIN-MALADE L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1958 similaire, donnant comme raison qu\u2019il importe de respecter la fragilité d\u2019un psychisme en évolution et en inadaptation.Il réserve la cure classique aux névroses constituées et refermées.Rosen (42) et Sechehaye (43) semblent avoir poussé ces principes jusqu\u2019à leurs extrêmes conséquences.Avec le courage que donne l'amour, ils parviennent à forcer l\u2019autisme du psychotique et à se faire accepter de lui.Puis en alternant interprétations et gratifications (symboliques ou non), ils tirent le malade de son ornière et l\u2019aident à parcourir les divers stades d\u2019une évolution normale.C\u2019est là un travail d\u2019éducation autant que d\u2019analyse.On voit que, dans ces techniques, le transfert sur le thérapeute ne peut se développer qu\u2019au début de la cure.Par la suite, celui-ci l\u2019empêche de s\u2019épanouir.Il l\u2019exploite mais ne l\u2019analyse pas.Il se prive ainsi d\u2019un guide sûr capable de le conduire infailliblement, bien que péniblement, jusqu\u2019aux origines mêmes de la névrose ou de la psychose.Dans ces circonstances, il ne pourra évaluer et utiliser correctement le transfert que s\u2019il possède un coup d\u2019oeil très sûr et une connaissance opérationnelle de son contre-transfert.Même alors, on peut se demander si une analyse exhaustive du transfert, c\u2019est-à-dire la conversion de la répétition agie qu\u2019est le transfert en remémoration pensée et parlée (44), n\u2019est pas dans certains cas essentielle à la résolution définitive des symptômes.La controverse reste ouverte.Mais de toutes façons, les concepts psychanalytiques nous auront aidés et nous aideront encore à ne pas nous égarer dans ce labyrinthe.BIBLIOGRAPHIE (1) S.FREUD et J.BREUER: Etudes sur l\u2019hystérie.Traduction Anne Berman.P.U.F.1956, Paris.(2) E.JONES: Sigmund Freud: Life and Work.Vol.I: The Young Freud.Hogarth Press.London, 1953.(3) O.FENICHEL: The psycho-analytical theory of neuroses.W.W.Norton & Co.Inc., New-York, 1945.(4) S.FREUD: The dynamics of the transference (1912) wn Collected Papers.Vol.II.Hogarth Press, London, 1950. 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RECUEIL DE FAITS DISSOCIATION AURICULO-VENTRICULAIRE ET GROSSESSES Richard LESSARD, F.R.C.P.(C.), F.A.C.P., et jean BEAUDOIN, F.R.C.P.(C.), Hôtel-Dieu de Québec.Les lésions cardio-vasculaires au cours de la grossesse ont attiré l\u2019attention de plusieurs auteurs, et de multiples travaux sont publiés chaque année sur le sujet.Les lésions valvulaires mitrales, de beaucoup les plus fréquentes chez la femme, ont été particulièrement bien étudiées.HISTORIQUE Plutôt rares sont cependant les auteurs qui ont pu observer l'association \u2018dissociation auriculo-ventriculaire et grossesse\u201d.En 1932, mademoiselle Juliette Jeannaco- poulo, dans sa thèse de doctorat à la faculté de médecine de Paris, collige 15 observations de dissociation auriculo-ventriculaire et grossesse, provenant des littératures francaises, américaines, autrichiennes et allemandes.En 1940, au Kings County Hospital, Mitchell, Fettes Jr.et Hollander en rencontrent un cas sur 17,862 accouchements.En 1946, Quintin rapporte dans le journal de l\u2019Association médicale canadienne, le cas d\u2019une jeune femme porteuse d\u2019une dissociation auriculo-ventriculaire, qui, à deux reprises, a eu des grossesses et des accouchements normaux.En 1948, Fershtand et Beavers en rapportent un seul cas en 10 ans, sur 15,708 accouchements.En 1949, Zimdahl et Zimmermann revoyant la littérature, établissaient à 29, le nombre de cas publiés à cette date.En 1953, Gaquière, Monet et Arnaud publiaient dans les Archives des Maladies du Coeur et des Vaisseaux, l\u2019observation d\u2019un bloc auriculo-ventriculaire complet chez une parturiente, porteuse d\u2019un rétrécissement 1.Communication au XXVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C.Jasper (Alberta).septembre 1956.aortique et l\u2019année suivante, Maciejewski, dans la même publication française, ajoute deux cas.Léon Gallavardin, Charles Finas et Léon Oelbrandt ont présenté à la Société française de Cardiologie, à la séance du 15 mai 1955, deux observations de bloc auriculo-ventricu- laire avec évolution fatale, le premier cas au cours de la gestation, l\u2019autre plusieurs mois plus tard.À.Gaquière et Arnaud relèvent, qu'en 1955, 44 observations de dissociation auriculo- ventriculaire évoluant durant une grossesse ont été publiées.Ces 44 observations se répartissent comme suit: 23 cas de dissociation auriculo-ventriculaire acquise avec 32 grossesses, 3 décès maternels et 26 naissances d\u2019enfants vivants; 21 cas de dissociation auriculo-ventriculaire congénitale avec 38 grossesses, 1 décès maternel et 34 naissances d\u2019enfants vivants.LES CAUSES DE LA DISSOCIATION AURICULO-VENTRICULAIRE La dissociation auriculo-ventriculaire complète coexiste rarement avec l\u2019état de gravidité pour les raisons suivantes: D'abord, il est bon de se rappeler que la dissociation auriculo-ventriculaire complète n\u2019est pas d\u2019observation tellement fréquente.Sur 10,000 cas de cardiopathies multiples, Graybiel et White la retrouvent dans 0.79%.De plus, dans la majorité des cas, elle semble être l\u2019extériorisation de lésions coronariennes; loin derrière elle et dans l\u2019ordre, les facteurs étiologiques suivants ont été mis en cause: des lésions rhumatismales, congénitales, syphilitiques, des phénomènes toxiques plus particulièrement dus à la digitale.Finalement, dans 5 à 10% des cas, selon les L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 auteurs, aucune lésion cardiaque n\u2019a pu être soupçonnée ou démontrée par les moyens habituels.Comme les lésions coronariennes sont pratiquement inexistantes chez la femme gravide, on voit pourquoi l\u2019association dissociation auriculo-ventriculaire et grossesse est rare.LES CAUSES DE LA DISSOCIATION AURICULO- VENTRICULAIRE AVANT 40 ANS.(Crawford et Di Gregorio) Les cardiopathies congénitales.Le rhumatisme articulaire aigu.La diphtérie.[ Les, infections aiguës \u2014 avec formation d\u2019abcès autour du faisceau.La syphilis acquise ou congénitale.Les traumatismes cardiaques.Les endocardites ulcéro-nécrosantes.Les tumeurs intra-cardiaques.La digitale.Causes indéterminées.En 1947, Crawford et di Gregorio publiaient une liste des causes possibles de la dissociation auriculo-ventriculaire complète chez les moins de 40 ans.On peut les résumer ainsi: Cardiopathie congénitale \u2014 et parmi celle- ci peut être plus fréquemment le défaut inter-ventriculaire.Cependant, cette déhiscence ventriculaire, au lieu d\u2019être antérieure, comme c\u2019est le plus souvent le cas, doit être postérieure, et fait ordinairement partie des cardiopathies congénitales complexes.Il faut aussi admettre l\u2019existence d\u2019un pouls lent permanent congénital, qui ne s'accompagne d\u2019aucune malformation grossière: Maladie de Morquio.Le rhumatisme articulaire aigu.La diphtérie, beaucoup plus souvent transitoire que permanente.Infections aigues \u2014 avec formation d\u2019abcès autour du faisceau.La syphilis \u2014 acquise ou congénitale.Les traumatismes cardiaques \u2014 les endo- LESSARD er BEAUDOIN : DISSOCIATION AURICULO-V.1395 cardites ulcéro-nécrosantes \u2014 les tumeurs intra-cardiaques.La digitale.Causes indéterminées.En 1947, Wendkos et Study rapportaient un cas de bloc auriculo- ventriculaire congénital héréditaire puisque la même anomalie s\u2019était reproduite chez le père et chez les deux enfants, et que, chez tout au moins un des enfants, le trouble du rythme faisait partie de malformations multiples.PHYSIOLOGIE DU COEUR DANS LA GROSSESSE A quel travail particulier le coeur est-il soumis au cours de la grossesse?Burwell et Metcalfe en 1954, dans un aperçu du problème publié dans le bulletin Modern Concepts of Cardio-Vascular Disease, le schématisaient ainsi: a) Rythme cardiaque.Dans les derniers mois de la grossesse, le coeur s\u2019accélere pour totaliser un rythme de fond d\u2019environ 85 à la minute, soit 10 pulsations au-dessus de la normale.A première vue, cette augmentation peut paraître insignifiante, mais permanente, nuit et jour, elle ajoute tout de même 14,000 battements par 24 heures à un rythme normal.b) Debit cardiaque.Pour satisfaire aux exigences de la circulation placentaire et \u201ccetale, les mêmes auteurs ont constaté que le débit cardiaque, mesuré par différentes méthodes, augmentait d\u2019environ 40 à 50% dans la période d\u2019activité circulatoire maximum de la grossesse, soit le 7e et le 8e mois.c) Volume sanguin.Une augmentation réelle de 30 à 35% a été notée de façon relativement constante.d) Finalement on peut ajouter que la consommation en oxygène et la ventilation pulmonaire subissent une hausse qui est cependant non proportionnelle.PHYSIO-PATHOLOGIE DU BLOC AURICULO- VENTRICULAIRE DANS LA GROSSESSE De quoi est capable le coeur porteur d\u2019un bloe auriculo-ventriculaire complet et quel est le mécanisme compensateur qui fait que les accidents dus au rythme ventriculaire lent 1396 LESSARD er BEAUDOIN : DISSOCIATION AURICULO-V.n\u2019apparaissent que lorsque ce même rythme descend en bas de 30 pulsations à la minute?L\u2019étude du problème est difficile parce que, comme il a été noté au début, le bloc auriculo- ventriculaire complet se greffe, le plus souvent, sur des lésions cardio-vasculaires complexes, qui masquent les modifications hémodynamiques rattachables exclusivement au trouble du rythme.Lijestrand et Zander, en 1927, ont contourné ces obstacles en étudiant la physiopathologie cardiaque d\u2019un jeune homme de 20 ans, porteur d\u2019une dissociation auriculo-ventricu- laire complète apparemment isolée.Avec les méthodes employées à l\u2019époque pour mesurer le débit cardiaque, ils ont caleulé que ce patient éjectait 125cc par battement, au lieu de 70cc, chiffre normal, et qu\u2019il réussissait de la sorte à maintenir un débit autour de 4 litres à la minute.A l\u2019effort, cette éjection systolique se chiffrait à 175cc, ce qui faisait monter le débit-minute à 16.4 litres, soit une quantité légèrement inférieure au chiffre normal.Ce mécanisme compensateur repose sur les bases physiologiques suivantes: a) Dans le bloc auriculo-ventriculaire complet, la diastole est prolongée, ou, en d\u2019autres termes, la période de remplissage ventriculaire, qui normalement varie de 0.40 à 0.60 seconde est doublée ou triplée et devient par conséquent d\u2019autant plus effective.b) Le volume sanguin ventriculaire diastolique accru, entraine une distension plus grande des fibres myocardiques, et, selon la loi de Starling, une force de contraction augmentée.Cette notion de facilité d\u2019adaptation des bloes auriculo-ventriculaires complets isolés semble être corroborée par les observations de Campbell publiées dans le British Heart Journal en 1943.Cet auteur a eu l\u2019occasion de suivre pour des périodes prolongées sept patients porteurs de dissociation auriculo-ven- triculaire complete, dont l\u2019âge variait lors de la publication entre 22 et 42 ans.Parmi ceux- ci, se trouvaient quatre hommes dont un professionnel, menant une vie parfaitement L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 normale, un militaire engagé dans la R.A.F.depuis deux ans, et deux civils qui avaient été rejetés de l\u2019armée mais s\u2019adonnaient à de durs travaux manuels et à des sports aussi intensifs que le football.Trois femmes faisaient partie du groupe, dont l\u2019une s\u2019occupait aux travaux de la ferme et les deux autres menaient des vies sédentaires.Si on revoit la littérature sur le sujet \u201cdissociation auriculo-ventriculaire et grossesse\u2019\u201d\u2019, on peut essayer de résumer les différentes constatations publiées: La plupart des observations présentées semblent laisser voir que le bloc auriculo- ventriculaire complet apparemment isolé, c\u2019est-à-dire, qui ne paraît pas être greffé sur une lésion cardiaque évidente, n\u2019entrave ni la grossesse ni l\u2019accouchement.Ce qui plus est, des grossesses répétées sont normales, et jusqu\u2019à six sont rapportées par Hermann et King en 1930.D\u2019autre part, que si le bloc est l\u2019extériorisation d\u2019une lésion anatomique, orificielle, artérielle, déhiscence septale ou autre, le pronostic de la grossesse et de l\u2019accouchement est lié à la lésion.Que le taux du rythme idio-ventriculaire habituel est un des éléments qui nous permet de juger si la grossesse sera bien supportée ou non.Un bloc auriculo-ventriculaire relativement rapide entre 40 et 50 est presque toujours exempt d\u2019accidents, tandis qu\u2019un rythme ventriculaire autour de 30 est plus susceptible de produire des désastres.Comme les blocs auriculo-ventriculaires isolés sont presque toujours légèrement plus rapides, on trouve ici l\u2019explication de ce qui a été donné plus haut.Les patientes qui présentaient des accidents du type Morgagni-Adams-Stokes, avant leur grossesse, ont vu tantôt ces accidents se multiplier \u2014 jusqu\u2019à onze dans le même mois \u2014 tantôt rester stables.La terminaison de la grossesse a ordinairement ramené les gens à leur état antérieur.Observation.La patiente consulte pour la première x fois en avril 1948, à l\u2019age de 23 ans, se L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 plaignant de faiblesse, de palpitations, de troubles digestifs vagues, elle se fatigue facilement.Dans ses antécédents familiaux on relève que sa mère serait décédée d\u2019une cardiopathie quelconque et qu\u2019une de ses soeurs aurait été hospitalisée pour des troubles mentaux.Toutes ses années scolaires ont été entrecoupées d\u2019épisodes de faiblesse, de fatigue, et elle se souvient que, vers l\u2019âge de 12 ans, au cours d\u2019un examen périodique, le médecin examinateur aurait signalé aux autorités le fait que son coeur battait très lentement.Il nous a été cependant impossible de confirmer par un dossier cet avancé.Malgré tout, il semble que les épisodes infectieux graves aient été rares et qu\u2019en dehors des maladies habituelles de l\u2019enfance, seule la possibilité d\u2019une fièvre typhoïde vers l\u2019âge de 12 ans puisse être relevée.Entre l\u2019âge de 15 à 23 ans, malgré un état de santé fragile, la patiente gagne sa vie en s\u2019adonnant à des travaux industriels ou domestiques; de plus la patiente ne se souvient d\u2019aucun épisode vertigineux, d\u2019aucune perte de connaissance, ni d\u2019aucun accident convulsif.| Les troubles pour lesquels elle consulte actuellement sont donc des symptômes anciens, légèrement modifiés et modifiables par l\u2019âge et les circonstances.Examen physique: patiente asthénique mesurant 5 pieds 7 pouces et pesant 140 livres, les bruits cardiaques sont lents, nets et bien \u2018frappés, parfaitement réguliers à 35 à la minute.La tension artérielle est de 115- 80; le reste de l\u2019examen physique est strictement négatif.En radioscopie et sur la téléradiographie, le coeur est étalé transversalement.Le premier tracé électrique montre une dissociation auriculo-ventriculaire complète avec un rythme ventriculaire régulier à 35 par minute.Fig: 2.| En août 1949, soit 16 mois après la première entrevue, la patiente se marie et elle se présente en janvier 1950, enceinte de quelques mois, simplement pour contrôle puisse qu\u2019elle considère qu\u2019elle est très bien.Le médecin qui a eu l\u2019occasion de suivre la LESSARD er BEAUDOIN : DISSOCIATION AURICULO-V.1397 grossesse et de procéder à l\u2019accouchement nous informe que tout a été parfaitement normal.En juillet 1951 et en juin 1953, la patiente accouche de nouveau, après des grossesses parfaitement normales.En mars 1954, la patiente est revenue, la dissociation auriculo- Fig.2.\u2014 M.C., 23 ans.\u2014 Rythme ventriculaire régulier à 35 par minute.Rythme auriculaire à 50 par minute.Il n\u2019existe auzun rapport entre les ondes P et les complexes QRS.Dissociation auriculo-ven- triculaire complète.ventriculaire persiste avec un rythme ventriculaire qui est peut-être légèrement plus rapide que lors du tracé enregistré en avril 1948.En juin 1955, la patiente accouche d\u2019un 4e enfant dans des circonstances parfaitement normales.Les 4 enfants: Monette, Denise, Johanne, Louise, sont parfaitement normaux, et les tracés électriques, enregistrés en novembre 1955, de chacun de ces enfants sont strictement normaux.On peut aussi ajouter ici, du point de vue d\u2019une enquête dans la fratrie, que nous avons pu obtenir des tracés de deux soeurs et d\u2019un frère de notre patiente et qu\u2019ils s\u2019inscrivaient dans les limites normales.En juillet 1955, la patiente revient consulter se plaignant d\u2019asthénie, de tremblements, d\u2019angoisse, et très inquiète de son état de santé.Les derniers tracés électriques en date sont alors enregistrés et s\u2019identifient aux 1398 LESSARD er BEAUDOIN : DISSOCIATION AURICULO-V.premiers; la même conclusion s'applique aux clichés radiologiques.Fig.3.\u2014 Sept.1955.M.C., 30 ans, 4 grossesses.Rythme ventriculaire régulier à 35 par minute.Rythme auriculaire à 55 par minute.AQRS + 30.AT 0 (?).QRS: 0.10.Fig.4.\u2014 Septembre 1955 \u2014 M.C., 30 ans \u2014 4 grossesses.\u2014 Transition entre V4 et V5.Les ondes T sont négatives en V1, V2, D.I.en V6: 0.06.Dissociation auriculo-ventriculaire complete.En résumé, il s\u2019agit d\u2019une patiente qui, depuis l\u2019âge de 23 ans, présente une dissociation auriculo-ventriculaire prouvée électriquement sans autre signe auscultatoire et qui, dans l\u2019espace de cing ans, a eu quatre grossesses normales.Objectivement, il semble que le coeur durant cette période soit demeuré stable et subjectivement, les symptômes sont impossibles à apprécier justement.CONCLUSION La dissociation auriculo-ventriculaire complète coexistant avec une grossesse, dont nous rapportons une observation, demeure une éventualité rare.L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Si la dissociation est isolée, sans altérations cardlo-vasculaires associées, elle reste compatible avec une ou plusieurs grossesses qui évoluent vraisemblablement sans complications notables.BIBLIOGRAPHIE Sidney 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REVUE GENERALE TRAUMATISMES OBSTETRICAUX! Bernard GAUTHIER.En théorie, tous les genres de traumatisme peuvent survenir chez un fœtus au moment de l\u2019acouchement.Cependant, en pratique, ils se limitent à quelques types qui se répètent presque invariablement.De ceux-ci, nous ne retiendrons que ceux qui nécessitent un traitement d\u2019ordre orthopédique.Cependant, je voudrais faire une mention spéciale pour la paralysie cérébrale qui dans un grand nombre de cas relève d\u2019une anoxie prolongée ou d\u2019une hémorragie cérébrale.Il s\u2019agit certainement du traumatisme obstétrical le plus grave dans ses conséquences.L\u2019orthopédiste devra parfois intervenir pour corriger certaines déformations des membres ou pour rétablir la stabilité ou encore pour procurer un support quelconque, mais le problème en est un surtout d'ordre social et neurologique.Il faut de toute évidence tout mettre en oeuvre pour prévenir de telles infirmités et l\u2019obstétricien a un rôle prépondérant à jouer à ce sujet.L\u2019abstention de manoeuvres intempestives, le choix et le dosage des anesthésiques, la surveillance étroite du bébé pendant les premières minutes qui suivent la naissance sont autant de facteurs à ne pas négliger.L'accouchement dystocique entraînant ces lésions à comme causes principales: 1) la déformation du bassin maternel, 2) le volume exagéré du fœtus, 3) une mauvaise présentation, 4) Les manocuvres obstétricales intempestives.La lésion de loin la plus fréquente est la paralysie obstétricale du membre supérieur par compression ou élongation du plexus brachial.À Ste-Justine, nous en voyons environ 50 cas par année.Par ordre de fréquence, le mode de production est le suivant: 1.Communication au XXVIe Congrès de l'A.M.L.F.C.Jasper (Alberta), septembre 1956.1) Compression du plexus brachial entre la clavicule et la première côte secondaire à un volume exagéré des épaules.2) Elongation au moment de l\u2019extraction de la tête dans une présentation du siège.3) Elongation par traction exagérée sur le membre supérieur dans une manoeuvre de version.4) Flongation par traction exagérée par l\u2019intermédiaire des forceps.5) Elongation par manoeuvres intempestives de la part de l\u2019accoucheur.Cette cause est rare mais elle est évidente dans certains cas.Anatomo-pathologiquement, la lésion est constituée par un écrasement du plexus entre la clavicule et la 1ère côte ou en une élongation plus ou moins importante à la sortie des trous de conjugaison.Cette dernière lésion est la plus grave des deux.L'expérience nous a appris que le pronostic est favorable dans environ 75 pour cent des cas.Il persistera des séquelles plus ou moins importantes dans 25 pour cent des cas.Cependant, quand l\u2019enfant nous est amené à la consultation, il nous est impossible de départager ceux qui récupéreront complètement et ceux qui resteront handicapés.Pour pouvoir le faire, il faudrait être en mesure d\u2019apprécier l\u2019étendue des dommages au tissu nerveux lui-même.Il n\u2019existe présentement aucune méthode valable pour cela.Pour fins de commodité, nous distinguons les formes cliniques suivantes: 1) Type total avec flaccidité complète du membre.2) Type supérieur, c\u2019est-à-dire avec atteinte exclusive du deltoide et des muscles rotateurs externes de l\u2019épaule.3) Type inférieur, c\u2019est-à-dire avec atteinte 1400 exclusive des supinateurs et des extenseurs de la main et des doigts.4) Type partiel mixte, c\u2019est-à-dire atteinte partielle combinée ou isolée des muscles énumérés.En général, les séquelles sont toujours plus ou moins les mêmes et donnent cette déformation caractéristique du membre atrophié, collé au tronc en flexion, pronation et rotation interne permanentes.Quand la paralysie veut bien régresser, on remarque que la supination active de l\u2019avant- bras est toujours le dernier mouvement à réapparaître.Malheureusement, il n\u2019existe pas de traitement spécifique.La régression de la lésion nerveuse se produira spontanément, partiellement ou complètement, sans que nous puissions l\u2019activer de quelaue façon que ce soit.Cependant, l\u2019expérience nous a appris que lorsque l\u2019amélioration se produit, elle ne se fait pas uniformément et en même temps pour tous les groupes musculaires atteints.I] apparaît parfois des rétractions musculo-tendineu- ses irréversibles qui occasionnent des déformations permanentes même si plus tard l\u2019influx nerveux revient.Notre traitement consistera donc à prévenir ces déformations, à garder les différents éléments anatomiques du membre en bon état avec l\u2019espoir qu\u2019un jour la conductibilité nerveuse se sera rétablie spontanément.Pour ce faire, il faut combiner judicieusement l\u2019appareil correcteur plâtré ou autre avec la physiothérapie bien appliquée.Les autres modes de traitement sont à notre avis nuls et illusoires.Une traction exagérée sur le membre supérieur, particulièrement en exécutant une version peut parfois résulter en une fracture diaphysaire de l\u2019humérus.Il ne s\u2019agit pas d'une blessure très grave parce qu\u2019elle guérit rapidement sans laisser de séquelles.Le principe du traitement est d\u2019immobiliser suffisamment longtemps le membre pour soulager le bébé ct pour prévenir l\u2019angulation et le chevauchement des fragments.Beaucoup y sont allés de leur imagination pour trouver une immobilisation GAUTHIER: TRAUMATISMES OBSTÉTRICAUX L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 plus ou moins adéquate.Récemment, j\u2019entendais un médecin dire que pour lui la meilleure immobilisation était réalisée avec une carte à jouer.Comme le résultat éloigné est toujours convenable chacun tient à son idée.Pour ma part, l'expérience m\u2019a appris que l'appareil plâtré réalise de loin, la meilleure immobilisation pour prévenir les déformations, pour soulager le bébé et pour faciliter les soins habituels par la mère.Il n\u2019est pas tellement difficile de faire un plâtre thoraco-brachial à un nouveau-né, mais évidemment il faut un certain tour-de-main qu\u2019on ne peut acquérir qu\u2019avec la pratique.La fracture de l\u2019humérus peut s\u2019accompagner d\u2019une paralysie obstétricale.Ce qui vient d\u2019être dit pour la fracture de l\u2019humérus peut s\u2019appliquer pour la fracture du fémur avec cette différence que l\u2019immobilisation adéquate par des moyens de fortune est ici plus difficile à réaliser et qu\u2019alors on assiste plus fréquemment à des consolidations vicieuses.Il ne faut pas se montrer trop exigeant pour la réduction de ces fractures mais il y a tout de même certaines limites qu\u2019il ne faut pas dépasser.Il faut surtout éviter le chevauchement fragmentaire trop important et l\u2019an- gulation exagérée.Il arrive fréquemment que dans les fractures du tiers supérieur, les fragments se placent à angle droit ou même en forme de T: le fragment supérieur réalisant la partie supérieure du T.Il m\u2019a été donné de revoir à l\u2019Âge de 11 ou 12 ans, des enfants ayant présenté de telles fractures.L\u2019angula- tion s\u2019était complètement corrigée mais par contre, il persistait un raccourcissement du membre qui dans certains -cas présentait un problème grave.D'ailleurs, cette observation est confirmée par la plupart des auteurs.Il importe donc de réduire aussi bien que possible ces fractures soit par traction continue ou par manipulation suivie d\u2019une immobilisation en caleçon plâtré.Si ces méthodes s\u2019avèrent infructucuses, il ne faut pas hésiter à réduire chirurgicalement la fracture et à contenir les fragments par une broche de Kirsch- ner intra-médullaire.Dans des conditions favorables, l'opération peut se faire rapidement, L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 est bien supportée et donne un excellent résultat.On est parfois appelé à traiter une lésion qui radiologiquement apparaît comme une luxation du coude.Cliniquement, on constate une grande instabilité même après réduction.Anatomo-pathologiquement il s\u2019agit d\u2019un arrachement épiphysaire plutôt que d\u2019une luxation, mais comme l\u2019épiphyse humérale inférieure n\u2019est pas calcifiée, l\u2019image radiologique peut donner le change pour une luxation.Le traitement consistera à réduire manuellement et à immobilier dans un plâtre thoraco-brachial.Si un bon résultat immédiat ne peut être obtenu à cause du gonflement ou pour toute autre raison, il faut réduire chirurgicalement et maintenir les fragments en bonne apposition par un enclouage avec une ou deux broches de Kirschner.A cause de la possibilité des troubles de croissance, on doit être plus sévère sur la reposition fragmentaire que dans les fractures diaphysaires.La fracture-luxation de la hanche se produit dans les mêmes circonstances que la fracture du fémur.Au point de vue clinique et radiologique, les mêmes considérations que pour la fracture-luxation du coude peuvent s\u2019appliquer.La réduction s\u2019obtient généralement assez facilement en plaçant la hanche en flexion a 90° et abduction.L\u2019enfant est immobilisé dans un plâtre en 2e position de Lorenz comme pour les luxations congénitales.Une compression exagérée des épaules au détroit inférieur peut causer une fracture de la clavicule.Il s\u2019agit d\u2019une éventualité très peu fréquente.La fracture obstétricale de la clavicule est une lésion bénigne qui ne commande pas de traitement compliqué.Qu\u2019on évite simplement de mobiliser le membre blessé pendant un certain temps ou qu\u2019on l\u2019immobilise le long du tronc avec des diachylons pendant une dizaine de jours et un excellent résultat sera rapidement obtenu.GAUTHIER: TRAUMATISMES OBSTÉTRICAUX 1401 Il ne faut pas oublier la paralysie obstétricale du membre inférieur.Mon expérience personnelle se limite à quelques cas.Son mode de production habituel semble être une traction violente sur le membre.La plupart du temps, le pied est paralysé complètement ou non.Comme séquelle on aura un pied tombant ou un pied talus.Le dernier cas observé ct le plus grave présentait un genou et un pied ballants avec un eschare cutané à la face interne de la cuisse.Cette lésion est beaucoup moins fréquente que la lésion analogue du membre supérieur, mais il faut savoir la reconnaître quand elle se présente.Le traitement consistera à prévenir les déformations du membre en immobilisant celui-ci adéquatement et à garder les muscles en bonne condition par la massothérapie.L\u2019hématome du sterno cléido-mastoïdien résulte d\u2019une traction exagérée sur le cou en dehors de son axe normal par l\u2019intermédiaire de la tête ou du tronc.Eventuellement, l\u2019organisation de cet hématome pourra dégénérer en une rétraction fibreuse du muscle et causer un torticolis dont la guérison ne pourra être obtenue que par la résection partielle du muscle dégénéré.Le seul moyen à notre disposition pour tenter de prévenir cette rétraction est de coucher l\u2019enfant sur le côté atteint avec un oreiller dur sous la tête pour déporter celle-ci du côté sain.Cette position doit être maintenue pendant plusieurs semaines.| En conclusion de tout ceci, disons que le médecin accoucheur devrait penser à la possibilité de ces traumatismes chaque fois qu\u2019un accouchement présente certaines anomalies et, à la suite de tels accouchements il devrait examiner minutieusement le nouveau-né immédiatement et dans les jours suivants pour déceler le plus tôt possible l\u2019une ou l\u2019autre de ces lésions.Il sera ainsi mieux en mesure d\u2019appliquer un traitement adéquat, de diriger au besoin le bébé au bon endroit et de pouvoir renseigner justement les parents sur l\u2019évolution ultérieure. MOUVEMENT MÉDICAL DÉFINITION ET APPLICATIONS CLINIQUES DE LA RECHERCHE DU CRP.A.! Marcel LEFEBVRE et Paul MAHEUX, Service de bactériologie, Hôpital Maisonneuve (Montréal, Canada).Les épreuves de laboratoire, dont dispose la médecine d\u2019aujourd\u2019hui, deviennent de plus en plus nombreuses et souvent leur interprétation constitue une pierre d\u2019achoppement.Au cours de la phase aiguë d\u2019un phénomène pathologique plusieurs changements se font dans le sang et quoiqu\u2019ils soient non spécifiques, ils peuvent quand même prendre une réelle importance dans l\u2019ajustement de l\u2019hôte qui lutte contre ce phénomène.Les mieux connus de ces changements sont sans doute les altérations responsables de l\u2019élévation du taux de sédimentation des globules rouges, de la concentration sanguine en fibrinogène (1,2,3), en alpha-globu- line (4,5) en certains complexes polymériques d\u2019hydrates de carbone-protéines (6,7) en hex- osamines (8, 9) et en mucoprotéines (10,11).De plus ces changements, se produisant dans les premiers stades de la maladie aigué, disparaissent durant la convalescence ou quelque temps plus tard et constituent ainsi les premières réactions de la phase aiguë.On peut classifier parmi ces phénomènes de la phase aiguë certaines altérations sérolo- giques, qui ressemblent superficiellement à une réaction antigène-anticorps.\u201812, Parmi ces altérations sérologiques, on peut inclure la C.-réactive protéine.Absente dans le sérum humain normal, cette substance protidique, qui a la propriété de flocculer avec le polysaccharide C non spécifique du pneumocoque, apparaît dans les stades aigus de processus inflammatoires variés, tels que dans le sérum des rhumatisants, de malades atteints d\u2019une autre infection inflammatoire ou évolutive.Cette substance fut remarquée pour la première fois par Tillet et Francis en 19308 1.C_-réactive protéine.dans le sang de malades souffrant d\u2019une infection pneumococeique, staphylococcique, streptococcique et de fièvre rhumatismale.On pensa qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un anticorps mais les recherches faites dans ce sens prouvèrent que cette nouvelle substance était bien différente d\u2019un anticorps.C\u2019est une alpha- prime-globuline, nécessitant pour la précipitation, la présence d\u2019ions Ca ++ (14).De plus, la C.-réactive protéine est thermolabile et la propriété que possède le sérum au cours de certaines affections, de faire gonfler la capsule de certains types de pneumocoques, semble due à cette protéine.Les analyses électrophorétiques par Perl- mann et al (15) démontrèrent qu\u2019ils s\u2019agissait bien d\u2019une alpha-globuline.Par contre on peut démontrer la présence dans le sérum d\u2019un anticorps polysaccharidique C, qui réagit avec l\u2019hydrate de carbone du pneu- mocope, mais ceci en l\u2019absence de l\u2019ion Ca ++ et cet anticorps est trouvé dans la portion globulinique et à la mobilité électro- phorétique des gamma-globulines et ne disparait du sérum que lorsque la phase aigue de la maladie est passée.En se basant sur ces faits, des recherches sur les méthodes d\u2019isolation et de purification de cette protéine furent entreprises et on a réussi à obtenir à partir du lapin, un anti- sérum que l\u2019on nomme le C.-réactive protéine antisérum ou C.R.P.A.On peut à l\u2019aide de cet antisérum faire la recherche de la C- réactive protéine par plusieurs méthodes mais je n\u2019énumérerai seulement qu\u2019une méthode.Précipitation en tubes capillaires du sérum du malade avec le sérum spécifique anti-C protidique de lapin. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 La précipitation se lit en hauteur de 1 tube capillaire et le rapport est 1 + ou précipitation de 1 mm.2 + - 2 mm.etc.La positivité plus ou moins élevée du C.- réactive protéine ou la concentration sérique de la C.-réactive protéine sera proportionnelle au degré d\u2019activité du phénomène inflammatoire et disparaitra plus ou moins, suivant les conditions dans lesquelles la maladie évoluera.En plus d\u2019indiquer une évolution, on peut l\u2019observer aussi dans les maladies infectieuses.Ce tableau aidera beaucoup plus à comprendre (16).LEFEBVRE er MAHEUX: RECHERCHE DU CR.P.A.1403 tique pour certaines entités pathologiques constatées cliniquement ou non.Si nous citons quelques exemples tirés de la littérature médicale traitant de ce sujet, nous constatons que même dans certains cas pathologiques d\u2019étiologie définie, on peut avoir en ce qui regarde la positivité de la C.-réactive protéine, une minorité et une majorité.Par exemple sur 170 personnes ayant une pneumonie nous avons obtenu 159 cas positifs pour la C.-réactive protéine.Sur 13 cas de septicémie 12 étaient positifs.Sur 11 malades de typhoide 10 étaient positifs.DrAGNosTIC : CRP Nombre total Positive Négative de malades Fièvre rhumatismale 02200000 e eee a ee aan an 0e 28 0 28 Arthrite rhumatismale .cco.94 34 128 Infarctus du myocarde .\u2026.00.0.00.Le sene uses 47 1 48 Angine de poitrine 0202000000 a nee eee 0000 0 11 11 Cardiopathies valvulaires chroniques .0 21 21 Embolie pulmonaire .ccoviiiiineninnenn.16 0 16 Pneumonie aiguë .oiiriiiiienn.252 2 254 Infections aiguës des voies respiratoires supérieures .13 23 36 Asthme bronchique .c.ciiiiiiiii.3 12 15 Tuberculose pulmonaire .ccoviivinnnn.13 6 19 Tumeurs malignes diverses .oovvvennnnnn.37 27 64 Tumeurs bénignes diverses «.ovevveeneennn.3 24 27 Cystopyélite aiguë .s0s.ea aan ae aa anna ana ae 15 0 15 Autres inflammations rénales et urinaires; cystite, lithiase rénale, néphrose, urémie aiguë TE?et chronique néphritique .\u2026.\u2026.\u2026.2 115 117° +75 Affections des voies biliaires .37 53 90 1 up ode Appendicite .0.020000sa ae een anna nana aa aa ue 31 44 15 3 44e Péritonite 2022222000 a ae aan aa aa esse aan aa a ae» 5 0 5 Salpingite aiguë 22022000 a aa sa aa a ana a ana ana ann 11 6 17 Infections hépatites aiguës .ccvvvunnn.3 23 26 Diverses infections de l\u2019appareil digestif autres que les néoplasies malignes .7 159 166 D\u2019après ce tableau, on peut être porté à croire que la recherche de la C.-réactive protéine peut en partie aider le clinicien pour le diagnostic; mais comme je le mentionnais au début, cette C.-réactive protéine ne se trouve pas normalement dans le sang, elle apparaît seulement au cours de certaines maladies dans lesquelles nous avons certains changements inflammatoires.Donc, nous pouvons conclure de cela qu\u2019elle n\u2019est pas spécifiquement de valeur diagnos- Sur 54 malades de tuberculose 23 étaient positifs.JE Sur 46 cas de scarlatine 16 étaient positifs.Sur 14 malades de méningite dont 6° d\u2019étiologie bactérienne 6 donnérent une forte réaction positive et 6 d\u2019étiologie microbienne donnérent des résultats négatifs (17).Cette positivité dans la recherche de la C.-réactive protéine dans une grande variété de conditions inflammatoires fut démontrée presque chaque 1404 LEFEBVRE rr MAHEUX : RECHERCHE DU CR P.A.iois où une élévation de la température était associée avec un certain degré d\u2019inflammation.Nous pouvons aussi constater que cette positivité peut exister sans élévation de la température.Aussi les conditions qui produisent la C.-réactive protéine peuvent être responsables d\u2019une augmentation dans le taux de sédimentation des globules rouges, mais les deux phénomènes ne sont pas strictement parallèles.La C.-réactive protéine peut se développer beaucoup plus vite que l\u2019augmentation dans le taux de la sédimentation des globules rouges, qui peut devenir élevée même après que la recherche de la C.-réactive protéine soit devenue normale (18).Nous pouvons donc dire qu\u2019il n\u2019existe aucune corrélation significative entre le degré de positivité de la C.-réactive protéine et le taux de sédimentation des globules rouges.La sédimentation des globules rouges est un phénomène physique, chimique et physiologique qui peut varier suivant les changements apportés dans l\u2019un des phénomènes: c\u2019est-à-dire que nous pouvons avoir des changements dus aussi bien à la technique qu\u2019au processus inflammatoire lui-même.Nous pouvons considérer dans la sédimentation trois phases, dont la première est liée à l'augmentation des taux de fibrinogène.qui donne la formation des rouleaux, la deux:ème.qui est la précipitation de ces rouleaux et la troisième, la stabilisation dans le milieu.Nous savons que chacune de ces phases peut varier suivant l'intensité du processus inflammatoire et que durant ces phases une globuline-alpha 2 a une influence quelconque, qui peut être unique ou additive.Par contre nous savons que C.-réactive protéine est une globule alpha prime, qui chroniquement n\u2019a aucune affaire à la sédimentation (19).Pour aider à l\u2019explication de ces différentes phases, ce graphique vous en facilitera l\u2019étude.Suivant que la courbe descende plus ou moins vite durant les premières minutes; nous avons une action additive de fibrinogène et de la globuline alpha 2 et ceci sera d'autant plus précis que l\u2019évolution de la maladie se fait plus ou moins rapidement.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Il n\u2019existe pas non plus de parallèlisme entre la C.-réactive protéine et l\u2019élévation ou la diminution dans les globules blancs (18).La négativité de la recherche de la C.- réactive protéine peut indiquer, la suppression des phénomènes inflammatoires mais aussi cette négativité peut être due aux agents thérapeutiques eux-mêmes.La recherche de la C.-réactive protéine peut redevenir positive après cessation du traitement, ce qui pourrait indiquer que la thérapie n\u2019a pas été efficace et que l\u2019inflammation subsiste encore, ou bien qu\u2019un nouveau phénomène inflammatoire autre que celui qui existait se superpose de nouveau.Formation | rouleaux 1 PRASE | rived nogène | Pr£sipisation À des rouleaux \\ a Alpha 2 III Stabilisatien Por caemple certains agents thérapeutiques tel que l'AC/T.H, la cortisone peuvent rencire la C.-réactive protéine négative: par contre du moment que la thérapie est cessée la positivité de la C.-réactive protéine revient.Les antibiotiques et les sulfas en diminuant les phénomènes inflammatoires, feront abaisser la C.-réactive protéine.Résumé La C.-réactive protéine est une substance comprise dans les alpha prime globulines et qui normalement n\u2019est pas présente dans le sang.Elle apparait lors des phénomènes inflammatoires, et elle peut être considérée, comme un indice d'inflammation n\u2019ayant aucune corrélation significative avec la sédimentation des globules rouges.Certains agents PR L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 thérapeutiques par exemples l\u2019A.C.T.H., la cortisone, les antibiotiques, etc., peuvent la faire disparaitre mais elle peut revenir si on cesse l\u2019emploi de ces agents.La présence de la C.-réactive protéine semble marquer l\u2019évolution d\u2019un processus inflammatoire et permettre l\u2019évaluation d\u2019une thérapeutique.BIBLIOGRAPHIE (1) H.C.GRAM: Acta Med.Scandinav., 56: 107, 1922.(2) T.H.HAM et F.C.CURTIS: Medicine, 17: 413, 1938.(3) NISSEN: Nord.Med., 3: 2598, 1939.(4)L.G.LONSWORTH, T.SHEDLOVSKY et D.A.MacINNES: J.Exper.Med, 70: 399, 1929.(5) T.SHEDLOSKY et J.SCUDDER: J.Exper.Med, 75: 119, 1942.(6) G.BLIX, A.TISELIUS et H.SVENSSON : J.Biol.Chem, 137: 485, 1941.(7) V.C.KELLEY: Pediat., 40: 405, 1952.(8) C.ROSENBERG et B.SCHLOSS: Am.Heart J., 38: 872, 1949.(9) V.C.KELLEY: J.Pediat., 40: 413, 1952.(10) R.J.WINZLER, A.W.DEVOR, J.V.MECHL et I.M.SMYTHE: J.Clin.Invest., 27: 609, 1948.LEFEBVRE rr MAHEUX: RECHERCHE DU CRP A, 1405 (11) 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Supplement 141: 57, 1943.(18) P.HEDLUND: The appearance of acute phase protein in various diseases.Acta.Med.Scandinav., Supplement 196: 579, 1947.(19) Communication personnelle.(Docteur Ster- berg, Université de Montréal.) 1406 EDITORIAL Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 85, No 12 \u2014 Montréal, décembre 1956 LES INFECTIONS À CANDIDA CHEZ L\u2019ENFANT Les infections à Candida, que l\u2019on désigne encore sous le nom de monilia- se, étaient très fréquentes autrefois chez les enfants.Les anciens nous en ont laissé des descriptions auxquelles il n'y a rien à ajouter.Il suffit, pour s\u2019en convaincre, de relire ce que Parrot a écrit dans sa Clinique des nouveau- nés sur ce sujet\u2019.On constate qu\u2019il y décrit non seulement le muguet de la bouche, de l\u2019œsophage, de l\u2019estomac et de l'intestin, mais également le muguet de la glotte, le muguet pulmonaire.Et l\u2019on trouve à la fin de ce livre une planche en couleur, illustrant de façon saisissante les différentes localisations de la moniliase chez le nourrisson.Jusqu'à ces dix dernières années, le muguet était devenu de plus en plus rare et l\u2019on ne voyait que des formes bénignes, guérissant rapidement par l\u2019application locale d\u2019antiseptiques, tels que le nitrate d\u2019argent ou le violet de gentiane.Mais depuis l'emploi des antibiotiques \u2014 surtout des antibiotiques à large spectre d\u2019action \u2014, à doses massives et de facon prolongée, on a observé une recrudescence des infections à Candida et la réapparition de formes 1.J.Parrot.\u2014 Clinique des mouveau-nés.L\u2019a- threpsie.Paris, Masson, 1877, pp.72-93.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 graves, septicémiques, mortelles.Robert Debré, en France, a repris l\u2019étude de cette question ?et William D.Winter, aux Etats-Unis *, en a publié l\u2019an dernier une excellente revue générale.Il ressort de ces travaux que les localisations de la moniliase chez les enfants sont multiples et que l\u2019on peut observer, non seulement des accidents digestifs et respiratoires, mais également des manifestations urinaires, cutanées, osseuses, voire même des formes généralisées avec méningite ou endocardite.Tel est le cas de cette malade * traitée pour une endocardite subaiguë à Streptococcus viridans, au moyen de la pénicilline à fortes doses, et qui meurt après une rechute.À l\u2019autopsie, on trouve en plus de lésions au niveau de l\u2019endccarde, des foyers de nécrose du myocarde contenant des levures et des filaments mycéliens.On a rapporté également à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, il n\u2019y a pas très longtemps, une observation de mycose pulmonaire terminée par la mort, à la suite de l\u2019emploi prolongé des antibiotiques °.Ces faits et bien d\u2019autres ont ému, à juste titre, les médecins du monde entier et d'importants travaux de recherches ont été entrepris dans le but de lutter efficacement contre ces formes graves de la moniliase.2.Robert Debré et coll.\u2014 Les infections à Candida chez le nourrisson.Annales Pediatrici, 184: 129-164, 1955.3.William D.Winter.\u2014 Candida (Monilia) infections in children.Pediatric Clinics of North America, 151-161 (février) 1955.4.A.D.Geiger, H.A.Wenner, H.D.Axilrod et J.H.Durlacher.\u2014 Yale J.Biol.Med., 18, 259, 1946.5.Duroux et coll.\u2014 Mycose pulmonaire mortelle provoquée par les antibiotiques.Bulletins et Mémoires de la Soc.Médicale des Hôp.de Paris, 1954, pp.611-619. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Fort heureusement, ces recherches ont abouti à la découverte d'un antibiotique antifongique par Brown et Hazen \u201c en 1950.Se basant sur le fait qu\u2019il existe un antagonisme entre les différentes variétés de champignons, ils trouvèrent qu\u2019un extrait de Strepto- myces noursei pouvait détruire in vi- tro et in vivo le Candida albicans.Ils désignèrent ce nouvel antibiotique sous le nom de fungicidine, puis de nystatine.| Une étude approfondie sur la valeur de cette thérapeutique a été entreprise par FE.Drouhet \u2018 dans le service de mycologie de l\u2019Institut Pasteur.Cette étude a pu être réalisée, grâce à la coopération des principaux services de 6.E.L.Brown et R.Hazen.\u2014 Proc.Soc.Exper.Biol.Med., 76: 93, 1951.7.E.Drouhet.\u2014 Action de la nystatine (fungi- cidine) in vitro et in vivo sur candida albicans et autres champignons levuriformes.Annales de l\u2019Inst.Pasteur, 88: 298, 1955.EDITORIAL 1407 Pédiatrie, de la Maternité et de l'Ecole de Puériculture de la Faculté de médecine de Paris.Voici les conclusions de Drouhet (1) In vitro, la nystatine est active sur toutes les espèces de Candida et son action n\u2019est pas seulement fongistatique, mais également fongicide; (2) In vivo, chez le lapin infecté par le Candida albicans, la nystatine est dépourvue de toxicité, même à doses très élevées, et se montre remarquablement efficace; (3) En clinique humaine, la guérison est en général rapide, comme le montre la statistique de l\u2019auteur basée sur 35 cas: disparition des signes cliniques le plus souvent en 24 à 48 heures, diminution ou disparition des signes de laboratoire, 4 à 5 jours après l\u2019administration du nouvel antibiotique.Paul LETONDAL. VARIÉTÉS à ++ LA PRATIQUE MÉDICALE EN COLOMBIE-BRITANNIQUE ! H.-E.SAINT-LOUIS, Médecin de l\u2019hôpital Saint-Paul A l\u2019occasion de ce XXVIe Congrès et de la poussée au Pacificue de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, je suis très honoré de vous présenter certains faits de la pratique médicale dans une province qui tente de se prémunir contre les fléaux qui menacent d\u2019affliger ses provinces-sœurs.Ce rapport a été dénué d\u2019un pessimisme maladif et devrait vous instruire impartialement des efforts concertés et des progrès tels qu\u2019ils se présentèrent à moi durant les dernières huit années de mon séjour au delà des Rocheuses.Les faits présentés furent vérifiés et puisés de la littérature médicale provinciale des derniers six ans sans qu\u2019il me soit possible d\u2019éviter tout commentaire personnel déjà approuvé par l\u2019Association Médicale de la Co- lombie-Britannique.Le caractère général de la pratique en Colombie-Britannique est demeuré celui de l\u2019entreprise libre et privée, non régimentée par des mesures gouvernementales, mais adaptée à servir les plus grands intérêts de la population moyennant une entente avec les autorités d\u2019un gouvernement qui s\u2019avère conciliant.Quoi qu\u2019en 1936, le gouvernement du jour, préoccupé des intérêts de l\u2019électorat provincial et très impressionné d\u2019ailleurs par les succès publiés du plan d\u2019assurance-maladie en G.- Bretagne, votait et passait l\u2019acte d\u2019assurance- maladie, sans consulter la profession médicale pour aider à son élaboration, mais invitait les responsables du jour à une discussion ouverte sur le nouveau plan.Or, il est rapporté que ce plan manquait d\u2019envergure, et était mal établi pour satisfaire aux besoins de la population quoique très finement conçu pour réduire tous et chacun de nous au rang de cerfs du gouvernement.Durant deux ans, les déli- 1.Communication au XXVle Congrès de l'A.M.L.F.C\u2026 Jasper (Alberta), septembre 1956.(Vancouver).bérations se poursuivirent, nos suggestions et réfutations quelque constructives qu\u2019elles aient été restaient inefficaces et, abusé de nos re- torques, le gouvernement nous annonçait que le jeu était fini, l\u2019Acte était sanctionné et une commission provinciale d\u2019assurance-maladie fut établie que de loi nous obligeait à la soumission.Alors, la profession médicale, convaincue des viscissitudes de ce plan, refusa en bloc de coopérer.Je dois citer cette résistance à l'autorité établie comme un exemple des multiples escarmouches qui ont eu lieu dans cette province pour: Premièrement, maintenir l\u2019exercice libre de la profession au bureau et à l\u2019hôpital où l\u2019acte chirurgical est posé par le médecin qui s\u2019en avère capable, où le consultant est choisi par le médecin traitant ou le patient.Deuxièmement, pour sauvegarder les meilleurs intérêts d\u2019un publie mal averti.Les succès de résistance ne furent jamais reconnus et le public continuera de croire tout imbu de mauvaises politicailleries, que la profession médicale, pour sauvegarder ses intérêts (financiers) a rejeté un plan qui, en Grande- Bretagne, donne à tous un dentier, même aux moins carnivores.Les dirigeants de la profession déplorent notre mutisme public et il est décidé de présenter ouvertement le point de vue de la profession et les raisons exactes du refus de l\u2019Acte de 1936.La majorité des médecins en Colombie- Britannique ne croient pas aux avantages très publiés du plan britannique.Ils déplorent comme exagérés les rapports de presse qui en font l\u2019éloge et ne croient pas à la sincérité des émissaires qui se firent entendre à Toronto en septembre dernier; les conditions en C.- Britannique ne sont pas celles qui affligeaient la population britannique d\u2019alors, non soute- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 nue par une profession médicale armée d\u2019une autre solution.En Colombie-Britannique, faisant front uni au problème, on affirme être très désireux de promouvoir des changements de la charpente médicale pour établir un plan solide d\u2019assurance-maladie, à condition expresse que nous prenions part active aux délibérations sur l\u2019aspect médical du plan qui devrait ou non mériter la sanction de la profession pour être acceptable.En Colombie-Britannique, la profession médicale reste libre mais non sans être militante, désireuse de conserver son identité fonctionnelle propre tout en reconnaissant le mérite de certaines mesures gouvernementales qui de soi n\u2019empiètent pas directement sur la pratique libre de la médecine.Plusieurs spé- clalistes, plein temps ou partiel, assurant le bon fonctionnement des hôpitaux du Département des Vétérans, d\u2019autres, praticiens généraux très satisfaits d\u2019admettre leurs patients tuberculeux ou cancéreux aux centres de traitements défrayés par l\u2019Etat, ont graduellement établi chez le politicien le précédent que les intérêts des médecins peuvent être mis au rancart par des facilités thérapeutiques supérieures ou moins coûteuses à l'individu malade.Il est donc évident que nous ne nous opposons pas à toute tendance de socialisation et nous avons un rôle de direction à jouer sans participation politique active, en fournissant aux politiciens et au public les directives et opinions quant au bon ou mauvais effets de ces mesures sociales, sur la qualité du traitement médical.Il est aussi reconnu que nous devons parler à l\u2019homme de la rue en ses termes, alors nos définitions savantes d\u2019assurance-maladie, de médecine sociale doivent être évitées, car elles font sourire les politiciens qui, profitant de la confusion, ont le temps et l\u2019envie d\u2019élaborer leur campagne à notre insu.C\u2019est ainsi que, tout occupés que nous étions à préparer un plan prépayé de \u2018maladie comme antidote aux mesures socialisantes du gouvernement.celui-ci lançait le premier janvier 1949 le plan prépayé d\u2019as- surance-hôpital.Au début.la surprise fut grande.mais, acceptant le terme prépayé SAINT-LOUIS: MÉDECINE EN C-B.1409 comme familier, tous l\u2019acceptèrent.Deux ans s\u2019écoulèrent et nouvelle surprise: de prépayé, individuel qu\u2019il était, il devenait universel et a jamais plus une assurance au sens prépayé du mot, ceci sans que le gouvernement ait consulté la profession médicale ou l\u2019Association des Hôpitaux.Nous manquions d\u2019une solution meilleure au bon moment.L\u2019hospitalisation était devenue le premier pas vers une socialisation assurée.Sous ce système, la pratique médicale n\u2019a pas changé, elle en est même facilitée, car tous les membres enregistrés sous le plan, après un an de résidence, ont accès au lit d'hôpital moyennant un dollar par jour.Il est encore difficile d\u2019admettre son patient pour d\u2019autres raisons qu\u2019une maladie aiguë, médicale ou chirurgicale étant donné le nombre insuffisant de lits.De 1948 à décembre 1955, ce nombre était augmenté de 5,884.Le coût de cet accroissement est assumé respectivement par le fédéral et le provincial à raison du tiers du coût total et la balance par la municipalité, chaque lit coûtant $14,000 d\u2019installation.Les lits tuberculeux ou mentaux sont défrayés de la même façon et sont en nombre suffisant.Le nouveau système, vieux de sept ans, est déclaré avantageux non pas parce qu\u2019il réduit le coût de l\u2019hospitalisation: au contraire il s\u2019élève de jour en jour.Il faut considérer le coût montant d\u2019opération, la hausse des salaires et des produits manufacturés.De 1949 à 1955, le coût s\u2019élevait à 126 millions, ce montant payé pour 1,250,000 patients donne une moyenne de 100 dollars par individu et en un cas s\u2019accumulait à $18,000.Le séjour moyen à l'hôpital est de 103 jours et le compte moyen d\u2019'hôpital de $125, à raison de $12.50 à $14.50 par jour.le patient payant un dollar par jour en salle.$2.50 en semi-privée et $5.00 en privée.Ces chiffres ont amené le gouvernement à vouloir fixer le budget des hôpitaux et depuis 1954 on a ajouté une taxe de vente de 5 pour cent pour aider au maintien d\u2019un budget suffisant.Nous considérons avoir les soins hospitaliers des plus complets au pays, ceci n\u2019incluant pas l\u2019anesthésie.T] faut aussi révéler que 1410 même si l\u2019Hôpital Général de Vancouver at- testalt un surplus de $279,000 en 1954, pour la même année les hôpitaux de la C.-Britan- nique présentaient un déficit de $750,000.Quel que soit le coût d\u2019hospitalisation, la profession maintient que toute fixation de budget ferait fi des avances du traitement hospitalier et entraverait le progrès d\u2019institutions essentielles (à la société) qui ne peuvent être gérées médicalement à moins que le coût au-dessus de la moyenne prévue soit accepté comme dans toute entreprise privée.L'hôpital en Colombie-Britannique est encore l'instrument du médecin.On y voit le souci de maintenir l\u2019intégrité de la hiérarchie médicale; il se forme des sections de pratique générale dont les membres font partie du personnel actif de l\u2019hôpital.Une section peut être constituée de 15 à 20 membres selon le besoin.Les autres praticiens jouissent des privilèges généraux de l'hôpital sans restriction particulière sauf celles qu\u2019ils s\u2019imposent eux-mêmes.\u2018Très rares sont les cas où le comité des tissus, organe de surveillance chirurgicale, ait à réprimander pour opération inutile, mutilante ou maladroite.Les praticiens ont le pouvoir de consultation et, restant médecins traitant, ont une occasion de perfectionnement et payent un tribu apprécié au maintien de la hiérarchie du savoir médical.La pratique privée requiert que nous ayons des facilités de laboratoire, de physiothérapie, de radiologie, de réhabilitation en dehors des hôpitaux.Ces services sont défrayés par le patient.Il est toutefois question d\u2019étendre ces divers services à la population.Ce geste avait été prévu dès 1940, moment où les médecins langaient leur plan vrépayé d\u2019assurance-maladie, plan qui défraie le colit de ces services extrahospitaliers.C\u2019est là l\u2019antidote de la profession médicale.Le premier plan de services médicaux, dès 1940, s\u2019appliquait à des industries de 10 employés ou plus, établi sur une contribution mensuelle égale d\u2019employeur et d\u2019employés, il a assuré la sécurité de l\u2019ouvrier et de sa famille.C\u2019est un système sans profit, contrairement aux plans d\u2019assurance qui sont la propriété de quelques actionnaires.SAINT-LOUIS: MÉDECINE EN C.-B.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 En 1955, 37 pour cent de la population paye de 4 à 6 dollars par mois et s\u2019assure d\u2019une protection contre la maladie en dehors de l'hôpital.Le médecin soumet son compte au plan prépayé dont le directorat est formé d'employeurs, d\u2019employés et de médecins.Son compte est réduit de 10 pour cent pour frais de transaction.Malgré ce taillage au vif, tous sont satisfaits d\u2019éviter les ennuis de la collection et des mesures légales sachant qu\u2019ils ne perçoivent rarement plus de 60 à 70 pour cent de leurs comptes privés.Sous ce plan, il faut observer les limites d\u2019un tarif minimum établi par le comité d\u2019économie et sanctionné par l\u2019Association médicale de la C.B.toutefois dans certains cas de consultation surtout, le taux minimum peut être dépassé et le patient, après avertissement devra s\u2019acquitter d\u2019une balance annoncée avant le début des services proférés avec habileté spéciale ou particulière.Dans le passé, il était difficile d\u2019obtenir les soins de spécialistes car peu de gens pouvaient s\u2019en prévaloir.Donc, pour le patient, le médecin et la société en C.B., ce système très satisfaisant a temporairement calmé les clameurs et évité l\u2019ingérence gouvernementale, les médecins peuvent garder l\u2019entreprise médicale libre et privée, seule jugée compatible avec les progrès et standards établis en médecine.En 1955 les groupes industriels de moins de 10, garde-malades etc, avaient un plan semblable à leur disposition, l'employeur payant 50 pour cent du coût individuel; trois mois après sa présentation on v comptait au-delà de 15,000 membres.Ces plans sont établis sur l\u2019honnêteté professionnelle et le tarif minimum (déjà mentionné).Pour régler les malentendus entre médecins et plans préparés on a établi un comité d\u2019appe! responsable à l\u2019exécutif de l\u2019Association.En C.B.le tarif minimum est celui qui s\u2019applique aux praticiens et spécialistes quoique ces derniers aient des taux plus élevés s\u2019ils sont consultés, Ainsi chez le praticien, une première visite avec histoire et examen complet et tests de laboratoire.est évaluée à 7 L\u2019Union Méd.Canada AINT- T .Tome 85 \u2014 Déc.1956 SAINT-LOUIS: dollars, la visite pour un problème particulier à cinq dollars et trois dollars pour visites subséquentes.Le spécialiste en consultation chargera de $10 à 20 pour une première visite et le prix régulier pour les autres.Le tarif tel qu\u2019établi considère la qualité des services rendus et variera en plus ou en moins selon le temps et le travail fourni, c\u2019est pourquoi il est dit minimum, il varie mais doit être stabilisé pour maintenir un niveau respectable et accepté par la population.Certains plans préparés ont tendance à oublier le caractère élastique de ce tarif et établissent le minimum presenté comme leur maximum.Le comité d\u2019appel entre alors en jeu car la profession veut garder sienne la tâche d\u2019établir ce tarif.Durant les derniers dix ans, après un dur travail, les praticiens et chirurgiens ont résolu leur problème de tarif dans les cas de chirurgie référée non compliquée.Durant la période préopératoire et opératoire le praticien est rémunéré à un taux variable selon ses services préparatoires et d\u2019assistance à l\u2019opération.Durant la période post-opératoire 1l a droit à une rémunération pour services rendus dits non-chirurgicaux, i.e.thérapeutique médicale individualisée.D'autre part, 1l est établi que la rémunération chirurgicale pour tous les cas \u2014 référées ou non \u2014 est indivisible, la responsabilité du chirurgien restant la même.Ce problème résolu a permis aux plans préparés d\u2019établir leur appréciation de compte sur des données définies, autre facteur de stabilité et d\u2019harmonie dans une jeune province où la profession est des plus désireuse de conserver des relations publiques favorables.En 1956, le malade chronique demeure un problème non résolu.Tout médecin a un nombre croissant de gens qui sans être déclarés incurables sont une charge aux parents, à l\u2019état et aux médecins.Selon une déclaration du ministre de la santé, L\u2019assurance d'hôpital dès 1958, se chargera du coût des soins de tels cas, invitant les municipalités à la construction d\u2019hôpitaux dont la demie du coût sera défrayée par le provincial avec l\u2019aide de dons fédéraux.Il y aurait un besoin présent de 2400 lits pour arthritiques, cardiaques, vieillards, MÉDECINE EN C-B.1411 etc.Ces gens sont hébergés dans des refuges qui à exception près ne reçoivent pas d\u2019allocations provinciales et ces récipients des sous publics doivent contribuer leur maigre allocation mensuelle.Vous vous demanderez alors si le médecin traitant n\u2019est pas anxieux de confier le soin de ces malades à l\u2019état.En général non.Les services médicaux d'assistance sociale sont à base d\u2019une entente sans cesse à reviser entre la profession et le gouvernement.La population de plus de 65 ans est passée de 38,000 en 1931 à 162,000 en 1955 (augmentation de cinq pour cent) ; les jeunes gens qui ont migré à l\u2019ouest ont vieilli.En C.B.l\u2019entente pour les soins médicaux des pensionnaires de vieillesse et autres nécessiteux fut conclue entre le département du bien être provincial et la profession pour leur assurer des services généraux.Sous le même contrat nous incluons les mères nécessiteuses, les infirmes, les indiens etc.Au recensement de 1952, il y avait au-delà de 63,700 personnes sur l\u2019assistance sociale et 76,000 en 1956.Le médecin a consenti à un système de rémunération proratée, système qui paye un pourcentage variable des comptes tous les trimestres.Ce pourcentage peut atteindre 50-60 pour cent ou moins, selon le taux fixé per capita par le comité médical d\u2019économie et est basé sur un montant négocié entre le département et la profession médicale devenant un montant de $22.50 per capita après élaboration du budget annual.Nous recevons donc un pourcentage des fonds en caisse qui doivent être équitablement distribués.L\u2019assisté social peut être admis à l\u2019hôpital au même titre que l\u2019assuré sauf qu\u2019il doit défrayer (la famille s\u2019en acquitte) un pourcentage du coût de chambre semi-privée ou privée.S\u2019il reste en salle, le département du Bien-Etre débourse un dollar par jour après avoir perçu la demie de ce coût de la municipalité Le coût moyen d\u2019hospitalisation s\u2019élève à $49.47 par assisté par an.Quelque dispendieux que soit ce système, car il faut y ajouter le coût des médicaments, il maintient l\u2019assisté au même niveau que l'assuré des plans préparés ayant aussi libre choix du médecin et de l\u2019hôpital.Cette assis- 1412 SAINT-LOUIS: MÉDECINE EN C-B.tance médicale et socisle a convaincu la population du caractère essentiel des soins médicaux au même titre ge la nourriture, le linge et l\u2019abri.L\u2019assisté a reconnu que la société peut mobiliser ses ressources pour aider les nécessiteux et vieillissants, et ceux-ci déclarent que l\u2019aide leur arrive en retard.On se demande, en termes d'assurance maladie, si ces gens seraient nécessiteux si de tels systèmes (plans) avaient existé il y a 15 ans.Le médecin contribue largement, il y perd financièrement, fait que l\u2019assisté ignore et que le politicien néglige de publier.Toutefois, c\u2019est le coût que nous devons payer pour garder notre identité, notre liberté.Quelle que soit la différence essentielle au point de vue financier, le médecin ne peut pas, d'honneur, exiger du patient un paiement en surplus et se faire juge de l\u2019état financier de la parenté lorsque cette tâche est celle du Bien-Etre provincial qui agit par l\u2019entremise du comité des services sociaux dont les membres sont médecins.En C.-B., la majorité des médecins coopèrent et il en résulte des relations harmonieuses avec les autorités provinciales et le public.Certains aspects de la pratique médicale sont à mentionner.Il est évident que le traitement du cancer, de la tuberculose, de l\u2019arthrite, comme celui des maladies vénériennes devient l\u2019apanage des centres spécialisés et subventionnés de l\u2019état.Le rôle du médecin en est changé et est devenu celui du dépistage et du diagnostic précoce.Dans le domaine de ces maladies ou fléaux de la société, l\u2019âge de la thérapeutique individualisée est passé, c\u2019est un fait souvent déploré mais l\u2019avancement scientifique actuel et les résultats obtenus par le travail d\u2019équipes spécialisées ont amené le médecin à être satisfait de son nouveau rôle.À titre d\u2019exemple le B.C.G.est donné en C.B.Le médecin l\u2019administre au bureau mais le grand nombre des inoculations est donné dans les hôpitaux ou cliniques antituberculeuses de sorte que l\u2019incidence de la tuberculose s\u2019est abaissée de 68 pour cent en 5 ans.L'Institut du cancer offre des facilités de diagnostic, un service de biops:e et de cystologie ouvert à tout médecin, un centre de traitement des plus L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 modernes qui en 1947 recevait seulement 49 pour cent de ses spécimens ou biopsies des médecins privés, en 1956 en reçoit 76 pour cent du total de ses 47,320 examens cytologiques.La société de l\u2019arthrite et ses 14 unités à travers la province offrent un centre de traitements, la médication, la consultation et même un service physiothérapeutique à domicile.La société de réhabilitation pour les cas de polio, de paralysie etc, offre encore des facilités qui annuellement coûtent plus de $200,000.La psychiatrie infantile pratiquée dans des cliniques de district, s\u2019offre avec l\u2019aide des membres du service social à résoudre les problèmes de l\u2019enfance.À la clinique psychologique des maladies mentales, sous les auspices de la fondation de l\u2019alcoolisme, on admet ces patients en vertu d\u2019un amendement à l\u2019Acte des hôpitaux.L\u2019alcoolisme chronique est devenu le sujet d\u2019études que le médecin est incapable de poursuivre.Et la liste se prolongerait davantage si je m'\u2019attardais à une énumération que vous connaissez.Je n\u2019oublie pas toutefois de vous annoncer la surprise générale.En 1954 lorsque le département de la commission des accidentés du travail, sous pression populaire dit-on, a donné pleine indemnité et reconnaissance officielle aux chiros, chiropodistes, naturopathes à pratiquer selon leur Acte officiel, etc, au même titre que les diplômés ou médecins et chirurgiens.Ceci démontre bien que nous ne sommes pas les seuls dépositaires de l\u2019art de soigner; espérons que bientôt nous serons reconnus comme les seuls qui pratiquent l\u2019art de ne faire de mal à personne.Jin C.B.la profession reconnaît le besoin d'éduquer le public, les étudiants en médecine et les médecins eux- mêmes sur les questions médicaux-sociales.Les forums publics ont attiré des auditoires de 12,000 personnes leur présentant des sujets médicaux.Ces assemblées sont ouvertes aux questions.La presse, la radio et la T.V., sont déjà des moyens de communication avec un public dont le suffrage n\u2019est pas à ignorer sur des questions d\u2019intérêt-social.Depu*s l\u2019ouverture de la faculté de médecine à l\u2019Université de la C.B., Vancouver est devenu un centre L'Union Méd.Canada SAINT-LOUIS: Tome 85 \u2014 Déc.1956 canadien d\u2019études post-graduées.Le groupe professoral forme le noyau clinique enseignant dans les trois hôpitaux généraux et cliniques psychothérapeutiques provinciales.L'hôpital universitaire viendra bientôt créer de nouvelles facilités d\u2019entraînement.L\u2019essor scientifique atteint le médecin praticien, membre du collège de Pratique Générale du Canada.Durant un mois de l\u2019année il devient tuteur et enseigne à l'étudiant qui lui est décerné, les méthodes et l\u2019art de la pratique générale moderne.Les hôpitaux tous les jours lui offrent des conférences du matin et des cours de perfectionnement 3 à 4 fois l\u2019an.Les services d\u2019une bibliothèque médicale bien fournie lui sont offerts et sans être le mieux averti, il est mensuellement instruit des questions médico-sociales par l'intermédiaire d\u2019un bulletin, organe officiel de l\u2019Association et journal clinique.L'Association à présent compte 2215 membres en 1956 dont 1721 en pratique active.Chacun de ces médecins peut être bénéficiaire d\u2019un fonds d\u2019urgence s\u2019il devient dans le besoin d\u2019emprunter à cause de maladie.60 pour cent des membres du collège font partie d\u2019une assurance groupe de vie et d\u2019accident-maladie, feu et vol.MÉDECINE EN C.-B.1413 T] est possible de vous dire que sur la question d\u2019une assurance nationale de maladie, le gouvernement de la C.B.a donné signe de consentement.L\u2019élément médical n\u2019est pas opposé à ce plan mais avertit qu'il n\u2019y souscrira qu\u2019à condition que ce plan soit aidé dans son élaboration par l\u2019avis médical.Celui-ci soutient un système préparé qui seul peut maintenir un atmosphère de contrat essentiel à toute entreprise privée, tel est le contrat médecin et malade.La profession désire conserver sa neutralité politique et ne pas devenir l\u2019objet d\u2019un vote négatif du public.La médecine est universelle et ne peut devenir l\u2019apanage d\u2019un parti.J\u2019ai tenté durant 20 minutes de vous familiariser avec les conditions saillantes de l\u2019existence médicale en C.B., un littoral accidenté et qui au point de vue médical est une éprouvette plutôt agitée.C\u2019est une province jeune, isolée par les Rocheuses dans le danger de grandir seule et inaperçue.Ce fut mon désir d\u2019être révélateur tentant de vous instruire comme médecins C.Français à l\u2019universalité du problème qui nous afflige \u2014 le syndrome socialisation \u2014 peut être la résultante de notre désunion et morcellement professionnel.UN LABORATOIRE À LA PORTÉE DE TOUS LES MÉDECINS Charles LEPINE, Laboratoire de physiologie cardio-pulmonaire, Institut Lavoisier, Montréal.Nous vivons dans une ère d\u2019engouement pour la recherche.Recherche pure.Recherche appliquée.Pour la paix.Pour la guerre.Tantôt pour augmenter la production.Tantôt pour réduire l\u2019effort.Bref, recherches à tous points de vue: industriel, social et, avant tout, scientifique.La science médicale, liée à la vie humaine, se devait de prendre les devants.Durant ces dernières années, une pléiade de jeunes chercheurs, chimistes, physiciens, médecins, sacrifiant parfois les avantages matériels de la pratique active de leur profession, ont consacré leurs énergies et leur temps à tenter d\u2019agrandir le domaine encore trop restreint des connaissances médicales.De toutes les fonctions de l\u2019organisme humain, il en est une qui a particulièrement bénéficié de cet essor scientifique, c\u2019est la fonction respiratoire.En cela, elle était à sa vraie place.En effet, quelle est la fonction la plus importante?Quel est le premier acte qu\u2019un être humain arrivant au monde fait spontanément?Il respire.Toutes les attentions de ceux qui président à sa naissance se concentrent sur sa façon de respirer.Et pour maintenir son existence, il ne devra jamais 1414 LÉPINE: UN LABORATOIRE cesser de respirer.Alors que toutes les autres fonctions, telle l\u2019alimentation, par exemple, pourront s\u2019arrêter momentanément.Son système respiratoire, pourtant, sera toujours en activité, de même que son système circulatoire, avec lequel 11 est en véritable symbiose.Celui-là devra même toujours fonctionner intégralement afin que l\u2019organisme conserve un équilibre parfait.Cependant, c\u2019est un système bien organisé, qui a de bonnes réserves, qui a même des provisions de luxe, ce qui le rend prêt normalement à tous les états d\u2019urgence.L'importance vitale de cette fonction a été connue de tout temps.Les Grecs, ayant remarqué que l\u2019arrêt de la respiration est soit la cause, soit la conséquence de la mort, en avaient conclu que l\u2019air est nécessaire à l\u2019entretien de la vie.Ils définissaient la respiration comme le pñssage du souffle respiratoire, le «ppeuma», comme ils disaient, à travers les poumons et de là à toutes les parties de la machine vivante.Ils faisaient même de ce souffle le véhicule de l\u2019esprit.Les Orientaux, moins matérialistes que nous, attribuent à la respiration un caractère surnaturel qui donne à l\u2019esprit et au corps un équilibre salutaire.En rendant plus actifs les liens qui unissent l\u2019âÂme au corps, la respiration permet à l\u2019esprit de dominer la matière.De même, certains hygiénistes modernes, qui sans frayer d\u2019aussi près avec le surnaturel, attachent néanmoins à la respiration parfaite une importance souveraine.Certaines officines ont été installées qui sont de véritables stations-service pour que les êtres humains fatigués aillent refaire le plein de calme et de repos en respirant de l\u2019oxygène pur selon des rites précis et dans une atmosphère de lumières, d\u2019odeurs et de musique sanitaires.En analysant le phénomène de la respiration, les hommes de science représentant plusieurs spécialités y ont découvert divers aspects qu\u2019ils ont décrits dans un nombre incalculable de publications.Ainsi, aux travaux des physiologistes purs, se sont ajoutés ceux des biologistes en aéronautique, des mé- decms de l\u2019industrie, des cardiologues, des L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 pneumologues, dex anesthésistes et des chirurgiens.Il résulta de tous ces travaux un ensemble de connaissances de plus en plus précises et cohérentes que je vais maintenant tenter de vous résumer succinctement.La respiration consiste fondamentalement en l'apport d\u2019air au sang qui circule dans les poumons, selon les principes de la ventilation, terme emprunté à l\u2019architecture par le Français Gréhant, un des premiers physiologistes de la respiration.Pour le moment, nous allons comparer le poumon à un ventilateur mécanique.Cette comparaison d\u2019ailleurs est très près de la réalité.En architecture, un système de ventilation est un eystème de changement, de renouvellement de l\u2019air réalisé plus ou moins rapidement selon la puissance du moteur et selon les dimensions de l\u2019édifice à ventiler.Les bronches et surtout les poumons, actionnés comme un soufflet par les côtes et les muscles qui en constituent des leviers très puissants, se comportent comme les ventilateurs de nos appartements et de nos édifices.La physiologie moderne s\u2019est appliquée à mesurer l\u2019efficacité de ce ventilateur.Elle a mis au point des méthodes pour calculer le débit de l\u2019air qui est insufflé dans l\u2019organisme, les résistances thoraciques qui peuvent entraver l\u2019efficacité de ce ventilateur et la somme de travail que ce dernier doit effectuer pour surmonter ces résistances.Elle peut en outre mesurer le volume d\u2019air mobilisable quand le ventilateur fonctionne au maximum pour répondre à certaines situations d\u2019urgence, comme, par exemple, l\u2019obligation de courir, de marcher vite ou de gravir un escalier, et aussi le volume d\u2019air qui préside de façon immédiate aux échanges directs avec le sang.Ce ventilateur, comme tous les ventilateurs, a pour fonction d\u2019oxygéner.Dans le cas du ventilateur d\u2019appartement, ce sont les personnes qui y vivent ou qui y circulent qui profitent du renouvellement de l\u2019air.Dans le corps humain, ce sont les globules rouges du sang qui passent dans le poumon.Tout le monde sait que toutes les réactions vitales qui ont lieu dans les différents tissus de l\u2019organisme ont besoin d\u2019éléments nutritifs et L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 surtout d'oxygène.Ces réactions ne se font pas sans produire des déchets.Parmi ces déchets se trouve l\u2019anhydride carbonique ou CO».Le ventilateur, en plus de fournir l\u2019oxygène nécessaire à ces réactions chimiques, servira donc à éliminer le CO, du sang.Ce ventilateur a deux orifices d\u2019aération.L\u2019un s\u2019ouvre sur l\u2019air atmosphérique par le nez et la bouche; l\u2019autre donne sur les alvéoles pulmonaires à travers lesquelles passe le sang pompé par le cœur.Toutes les étapes par où l\u2019air devra passer dans sa descente vers les alvéoles seront étudiées.Ainsi il sera possible de déterminer: 1.Le volume de la colonne d\u2019air ne participant pas directement aux échanges; 2.Le mode de distribution de l\u2019air à travers les alvéoles; 3.La façon dont l\u2019oxygène et le CO» traversent la membrane qui sert de barrière entre les alvéoles et le sang qui coule à travers celles-ci en empruntant d'innombrables canaux.Il sera possible de connaître la pression et le pourcentage de l\u2019oxygène et du CO, dans l\u2019air des alvéoles et dans le sang qui sort des poumons.Utilisant une technique appelée cathétérisme du cœur et consistant à introduire une sonde faite de substances plastiques dans le cœur et dans l\u2019artère qui va au poumon, les physiologistes peuvent mesurer le débit du sang qui coule dans ces canaux et déterminer à quel régime de pressions est soumis ce courant sanguin.Toutes ces mesures et ces analyses sont effectuées au moyen d\u2019instruments de physique mécanique ou électronique et de techniques bio- chimiques.Ces dernières sont difficiles, délicates et longues la plupart du temps.Elles nécessitent un personnel compétent et consciencieux, une surveillance constante de tous les appareils et des connaissances étendues de la part des médecins experts qui devront en interpréter les résultats.Il y a au Canada français et à Montréal une institution consacrée à tous ces examens, c\u2019est le laboratoire de physiologie cardiopul- LÉPINE: UN LABORATOIRE 1415 monaire de l\u2019Institut Lavoisier.Ce laboratoire a été fondé et organisé en 1950 par le Dr Fernand Grégoire de concert avec le conseil d'administration et les Soeurs de la Miséricorde qui, poursuivant leur oeuvre humanitaire, venaient d\u2019ouvrir l\u2019Hôpital Saint-Joseph de Rosemont.Depuis lcrs, pres de deux mille malades ont été examinés.Ces malades, atteints à divers degrés de troubles respiratoires, nous étaient, pour la plupart, dirigés par leurs médecins pour des motifs variables: 1) La première catégorie de malades était représentée par un groupe d\u2019individus qui à la suite d\u2019une toux chronique, de bronchites à répétition ou d\u2019un épisode pulmonaire aigu accusait des symptômes difficiles à analyser par les méthodes courantes de la clinique.Le symptôme le plus important consistait en un essoufflement progressif que rien, ni sur la radiographie pulmonaire, ni dans l\u2019histoire clinique, ne pouvait expliquer parfaitement.Nos techniques de physiologie nous ont permis la plupart du temps de mettre en évidence un trouble de ventilation pulmonaire causé très souvent par la présence d\u2019un trop grand volume d\u2019air retenu dans les poumons à l\u2019état de repos.Le ventilateur devenait alors insuffisant en raison du volume disproportionné de l\u2019air ou si vous préférez en raison du cubage excessif de l\u2019appartement à ventiler.Dans d\u2019autres cas, ces troubles de ventilation avaient produit un défaut d\u2019oxygènation et d\u2019élimination du CO, du sang.À un stade plus avancé, il nous arrivait de découvrir une hypertension sanguine au niveau des vaisseaux pulmonaires.Cette hypertension sanguine pouvait être lourde de conséquences puisqu\u2019elle était susceptible de produire assez rapidement un état de fatigue du coeur.Dans certains cas, il nous fut possible d\u2019éliminer tout trouble organique au niveau du coeur et des poumons et d\u2019incriminer un autre facteur.psychique ou émotionnel pour expliquer l\u2019essoufflement accusé par le malade.2) La deuxième catégorie est représentée par le malade dont le symptôme dominant n\u2019en 1416 LÉPINE: UN LABORATOIRE est pas un nécessairement d\u2019insuffisance respiratoire.C\u2019est un malade hospitalisé dans un sanatorium ou un hôpital général pour une maladie pulmonaire ancienne ou d\u2019apparition récente: tuberculose, abcès pulmonaire, dilatations bronchiques, cancer du poumon.C\u2019est un malade chez qui le chirurgien a décidé d\u2019intervenir, en enlevant tout un poumon ou un segment de poumon.Malheureusement, à cause de lésions pulmonaires localisées dans l\u2019autre poumon, la décision du chirurgien ne peut être prise sans savoir au préalable si le poumon restant aura assez de réserves pour accomplir seul toute la fonction respiratoire de l\u2019organisme.Alors, le malade est dirigé au laboratoire de physiologie afin de connaître dans l\u2019ensemble ses capacités de ventilation et aussi les capacités de chacun des poumons séparés temporairement par une sonde de caoutchouc qui permet d\u2019enregistrer et de mesurer leur fone- tion respective.3) Enfin, dans la troisième catégorie, logent les individus travaillant dans les industries minières ou autres, et aui sont susceptibles de souffrir de troubles respiratoires causés par l\u2019atmosphère chargée de poussière ou contenant des vapeurs provenant de produits chimiques.Ces poussières et ces vapeurs peuvent à la longue produire sur les bronches et les poumons une irritation chronique capable de nuire à la fonction respiratoire.Depuis sa fondation, notre laboratoire a contribué à déterminer leur degré d\u2019atte:nte fonctionnelle et à indiquer le genre de travail auquel ils pouvaient être affectés.Parmi tous ces malades une classe particulièrement atteinte a spécialement attiré notre attention, ce sont les grands insuffisants.Ces individus dont la maladie a évolué insidieusement sont devenus progressivement très essoufflés et impotents.Ces hommes, dans la force de l\u2019Âge, se sont vus tout à coup empê- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 chés de sortir, d\u2019accomplir leur travail et de gagner leur vie et celle de leur famille.Leur histoire est toujours triste.Ils sont là, désemparés, privés du souffle nécessaire pour suivre leurs semblables, qui, du reste, ne les comprennent pas toujours et les accusent de paresse, ou d\u2019hypochondrie.Car, ce qui fait le drame de ces malheureux, c\u2019est qu\u2019ils conservent maintes fois un aspect floride, dissimulant le mal qui les ronge.Cette incompréhension dont ils sont victimes les atteint dans toutes les fibres de leur être, accertuant ainsi la gravité de leur maladie.Comme je le mentionnais au début, la respiration est une fonction essentielle à l\u2019équilibre et à la vie de tout l\u2019organisme.Conséquemment, ces personnes dont la respiration est difficile ne vivent plus vraiment et se sentent inutiles bien que leurs facultés intellectuelles soient encore vives.Plus d\u2019une confidence a révélé le désir d\u2019un bon nombre de voir achever ce calvaire interminable.Dans ce bref exposé j'ai tenté de faire une démonstration simple des principes généraux qui régissent la physiologie cardio-pulmonaire.J\u2019ai décrit aussi le genre de malades susceptibles d\u2019en profiter.Cependant, je ne voudrais pas terminer sans faire un voeu; celui de voir tous les médecins de la région de Montréal se prévaloir davantage des services de notre laboratoire, et même considérer ce dernier comme leur propre laboratoire.Ils y seront toujours bienvenus et tous les membres du personnel, tant médical que technique, se feront un plaisir de les renseigner et de recevoir leurs suggestions sur les services que nous pouvons rendre.D'ici quelques mois d\u2019ailleurs, nous publierons dans cette revue, quelques articles visant à vulgariser et à diffuser les notions essentielles de la physiologie cardio-pulmo- naire. CONGRES LE XVIIIE CONGRÈS DE BOSTON L'hôtel Kenmore de Boston recevait l\u2019Association Dentaire et Médicale Franco-Amé-.ricaine de la Nouvelle-Angleterre pour son congrès mercredi, le 17 octobre 1956.La séance scientifique, fixée pour deux heures de l\u2019après-midi, était sous la présidence du docteur Fernand-J.Hémond, de West Warwick, R.I.Au début du programme, nous avons eu le plaisir d\u2019entendre une jeune recrue dans la personne du docteur Germain Bouchard, de Lowell, Mass., qui a donné un bon aperçu de la question du cancer de la prostate.Les statistiques mettent en évidence la fréquence de cette affection, adénocarcinome dans 90 pour cent des cas, qui se classe après le cancer de l\u2019estomac.Le médecin de pratique générale peut rendre service à son malade en, tout au moins, dépistant cette tumeur au début ou en décelant son existence par la recherche des symptômes: douleurs vertébrales ou sciatiques au delà de la cinquantaine, anémie secondaire qui persiste malgré le traitement adéquat, fractures pathologiques, découverte radiologique des métastases osseuses (bassin) ou pulmonaires et autres.Le conférencier étudie l\u2019anatomie de la prostate, la fréquence de la tumeur, la pathologie, l\u2019envahissement de l\u2019organisme par les métastases, ainsi que les complications et les examens de laboratoire qui précisent le diagnostic.Retenons de ces derniers la découverte de Huggins en 1941: phosphatase acide mise en évidence dans 1\u2019épithélium normal et cancéreux de la prostate; taux de la phosphatase acide et alcaline dans le sérum, signe, dit-on, pathognomonique quand cette phosphatase est élevée.Le pronostic serait favorable dans 45 pour cent des cas quand le diagnostic précoce est suivi d\u2019un traitement approprié dans les éventualités suivantes: néoplasme jeune, limité à la capsule prostatique, prostatectomie radicale et administration d\u2019œstrogènes à doses faibles pour prévenir les récidives; néoplasme étendu au delà de la capsule avec métastases, traitement hormonal, puis, après régression, ablation chirurgicale de la prostate; néoplasme avancé, œstrogénothérapie et orchiectomie.Conclusions : 1.le traitement hormonal prolonge souvent la vie du malade; 2.les métastases assombrissent le pronostic; 3.le traitement des récidives consiste à pratiquer la surrénalectomie bilatérale et à irradier l\u2019hypophyse pour supprimer toute source d\u2019androgènes qui favorisent l\u2019évolution de l\u2019adénocarcinome, puis à injecter de l'or radioactif aux malades non opérables tout en se souvenant que le cancer de la prostate qui est commun est toutefois guérissable au début et qu\u2019on peut au moins attendre des résultats très encourageants (survie de 5 ans dans 45 pour cent des cas sans métastases et dans 20 pour cent des autres) des différents traîte- ments envisagés.Dans «un nouveau traitement des maladies généralisées de la peau par irradiation totale », le docteur Donat-P.Cyr, de la Lahey Clinic, de Boston, nous entretient de mycosis fongoi- de traité par rayons cathodiques.Et c\u2019est à titre d\u2019hématologue qu\u2019il a été appelé à observer les inconvénients de cette thérapie pour l\u2019hématopoïèse chez une quarantaine de malades atteints de dermatite dont 28 présen- talent du mycosis fongoïde.Après avoir présenté (en projection sur l\u2019écran) ct décrit l\u2019appareil fournissant les rayons cathodiques, appareil créé par les docteurs Trump et Wright, de l\u2019Institut de Technologie du Massachusetts, le docteur Cyr nous indique la poursuite du traitement du patient dont la surface du corps est soumise à une pluie d\u2019électrons selon un dosage des rayons dont l\u2019unité est le REP et un nombre de séances quotidiennes qui assureront une dose totale de 600 à 750 REP.Puis repos de deux mois et reprise du traitement pour les lésions incomplètement guéries ou récidivantes.Car il y a parfois des récicives.Dans tous les cas, l\u2019on assiste à un «nettoyage spectaculaire » des lésions mycosiques confluentes et dissé- 1418 CONGRÈS minées, compliquées parfois de lésions ulcéreuses, de croûtes infectées.Voilà la contribution des rayons cathodiques dont la pénétration doit être uniforme et contrôlée.Mais ils peuvent produire une « atteinte irréversible de la moelle osseuse ».Le rôle du docteur Cyr a alors consisté à pratiquer des myélogrammes et des hémogrammes à plusieurs reprises avant et après les traitements.Le lymphocyte est tres sensible aux rayons.On rencontre donc une lymphopénie sans diminution de l\u2019hématopoïèse dans 75 pour cent des cas traités et cette leucopénie s\u2019atténue après cessation du traitement.Elle peut être toutefois constante avec diminution de l\u2019activité de la moelle osseuse, ce qui s\u2019est produit chez 25 pour cent des malades.Cette diminution de l\u2019activité de la moelle osseuse s\u2019expliquerait par la dégénérescence des tumeurs et des plaques myco- siques qui pourrait libérer certaines toxines de nature encore inconnue.La troisième communication fut donnée par le docteur Richard Lessard, professeur à l\u2019université Laval et chef de clinique médicale à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Le docteur Lessard eut le plaisir de rencontrer des confrères qui furent ses élèves à Québec et ces derniers n\u2019en manifestèrent pas moins leur joie de revoir leur professeur-ami.Il avait intitulé sa causerie: «les arythmies usuelles et leur traitement ».Après l\u2019exposé de quelques notions anatomiques et physiologiques du fonctionnement normal du cœur, le conférencier énumère les différentes arythmies que l\u2019on peut rencontrer: arythmie sinusale, tachycardie (trouble bénin chez le jeune sujet), bradycardie (chez les gens âgés), tachycardie de l\u2019émotion, du goitre; ce sont-là des troubles peu graves.Un deuxième groupe comprend les extra-systoles, hyperexcitabilité de l\u2019oreillette et du ventricule laissant indifférents les uns et causant une torture morale chez les autres qui décrivent avec minutie leurs sensations.Il faut toute la perspicacité du médecin pour convaincre les sujets du peu de gravité de ces troubles.Puis il y a l\u2019arythmie complète, conséquence d\u2019un déréglement L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 intégral dans le nodule de Keith et Flack i.e.réponse ventriculaire dans la force de contraction et altération importante dans la nature de l'oreillette ; fibrillation auriculaire, rencontrée dans une lésion organique du cœur, en particulier dans la lésion mitrale.Cette fibrillation ou est constante ou survient par poussée paroxystique et le pronostic n\u2019est pas aussi grave qu\u2019autrefois ; tachycardie paroxystique dont deux catégaries, la première ayant son point de départ dans l\u2019oreillette et l\u2019autre dans le ventricule.C\u2019est le syndrome de Bouveret; tachycardie ventrieu- laire, beaucoup plus sérieuse; bradycardie qui est d\u2019autant plus grave qu\u2019elle est plus accentuée, appelée pouls lent permanent (altération des fibres au niveau du faisceau de His).Les causes de dissociation auriculo-ventri- culaires comprennent les cardiopathies congénitales, le rhumatisme articulaire aigu, la diphtérie, les infections aiguës.Et le docteur Richard dicte le traitement pour chacune de ces affections: rassurer le malade dans les cas qui ne présentent aucune gravité, digitaline ou quinidine dans le flutter auriculaire, bromures et phénobarbital dans les extra-systoles, compression du noeud carotidien et des globes oculaires (syndrome de Bouveret) avec quinidine ou cédilamide; abstention de toute médication dans le pouls lent permanent que l\u2019atropine d\u2019ailleurs ne fait pas varier, sauf dans le syndrome de M'orgagni-Adams-Stokes (pouls 28 ou moins) où l\u2019adrénaline injectée lentement procure de bons résultats.Et le président, le docteur Fernand Hémond remercie chaleureusement les trois conférenciers qui ont donné le fruit de leurs recherches dignes du plus grand intérêt.Puis l\u2019assemblée de l\u2019A.M.F.À.élit son bureau de direction pour l\u2019année 1957 et choisit comme président le docteur Gérard-M.Chartier, de Danielson, Conn., comme vice- président, le docteur Raymond Savignac, de Worcester, comme trésorier le docteur Jérôme L'Heureux.Le docteur Robert-H.de Manchester, toujours populaire et affable, est réélu secrétaire. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Le banquet réunissait comme à l\u2019accoutumée et les dentistes et les médecins accompagnés de leur épouse et était présidé, cette année, par le président de l\u2019Association dentaire, le docteur Arsène-P.Côté, de Woon- socket, qui rappelait les buts de la journée de Boston: «cultiver la Franco-Americanie et faire fructifier les efforts accomplis par nos prédécesseurs qui, comme nous, doivent être fiers de notre ascendance française ».Le Directeur Général, le docteur Emile Blain, invité à prendre la parole, a remercié, au nom de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, la nombreuse délégation franco-américaine qui s\u2019est portée CONGRÈS 1419 au congrès de Jasper en septembre.Aujour- d\u2019hui, l\u2019'A.M.L.F.C.leur remet la politesse en venant prendre part à leurs assises.Et en terminant, le Directeur Général a invité nos confrères de la Nouvelle-Angleterre au NXVII® congrès de l\u2019A.M.L'F.C.qui aura lieu à Québec les 23, 24, 25 et 26 septembre 1957 sous la présidence du docteur Lucien LaRue, de l'hôpital Saint-Michel-Archange.Au cours de la soirée qui a suivi, l\u2019orchestre composé de Franco-Américains, nous a présenté de la musique et des chants canadiens.Hermile TRUDET. CORRESPONDANCE LETTRE DE SUISSE ASSOCIATION DES DERMATOLOGISTES ET SYPHILIGRAPHES DE LANGUE FRANÇAISE Cette importante association, fondée en 1923 à Strasbourg, a tenu son IXème congrès du premier au 3 juin 1956, à Lausanne, sous la présidence du professeur Jaeger.Après avoir assisté à la séance solennelle d\u2019inauguration présidée par le professeur Gate, de Lyon, les participants se mirent immédiatement au travail.La première séance scientifique était consacrée aux formes nouvelles des mastosytoses.Dans un magistral rapport, le professeur Degos, de Paris, envisagea les différents aspects de ces affections.Le rapporteur a étudié un vaste groupe de mastocytoses dont certaines formes diffuses et cutanéo-viscérales ont été récemment observées.Tous ces aspects extériorisent la prolifération des mas- tocytes qui constituent, dans le derme, et exceptionnellement dans les viscéres, des in- filtrats dont la densité, l\u2019homogénéité et la diffusion les opposent aux mastocytes isolés observés à l\u2019état normal.Le Dr Degos a décrit successivement l\u2019urticaire pigmentaire, le mastocytome, les mastocytoses modulaires et papuleuses, les mastocytoses bulleuses, puis les mastocytoses diffuses cutanées qui constituent des formes nouvelles de l\u2019enfant et de l\u2019adulte, enfin les manifestations, extracu- tanées des mastocytoses, de connaissance récente, qui sont heureusement exceptionnelles et qui peuvent mettre en évidence des lésions osseuses et viscérales.Le deuxième sujet à l\u2019ordre du jour était celui des myxœdèmes cutanés circonscrits; le docteur de Graciansky, de Paris, et le prof.Percival, d\u2019Edimbourg, s\u2019efforcèrent d\u2019apporter plus de clarté dans une classification jusqu\u2019ici pleine de confusion.De Graciansky a opposé deux types: tout d\u2019abord le lichen myxædémateux, caractérisé cliniquement par des élevures cutanées circonscrites, une infiltration en nappe et un érythéme.D\u2019un point de vue étio-pathogéni- que, une insuffissance thyroidienne est très inconstamment retrouvée; puis, le myxoedème circonscrit prétibial qui revêt cliniquement deux aspects, différents: l\u2019ædème solide des membres inférieurs et la forme éléphantiasique.D\u2019un point de vue étio-pathogénique, le myxœdème prétibial a été attribué à une hypersécrétion d\u2019hormone thyréotrope.En effet, l\u2019action dépolymérisante de cette hormone sur la substance fondamentale a été expérimentalement démontrée.Dans la presque totalité des cas, l\u2019affection se développe chez les basedowiens et bien souvent après thyroïdectomie chirurgicale, chimique ou par éléments, radio-actifs.La coexistence avec une exophtalmie importante est notée dans la moitié des cas environ.Néanmoins d\u2019autres étio- pathogénies ont été envisagées.Le traitement est à double visée: d\u2019une part, quelle que soit l\u2019incertitude pathogénique, l\u2019opothérapie thyroïdienne mérite d\u2019être essayée; d\u2019autre part, à côté d\u2019injections locales d\u2019hyaluromidase, des mesures propres, à améliorer l\u2019état circulatoire (compression, chaleur) peuvent être indiquées.Le troisième sujet était consacré aux mélanomes.Le professeur Jeager, de Lausanne, rapportait sur les mélanomes cutanés malins de l\u2019adulte, insistant sur les différents types de nœvi, relevant l\u2019importance du diagnostic histologique entre les formes fasciculées à cellules fusiformes, les formes alvéolaires à cellules globuleuses et les formes mixtes, et évoquant pour terminer les recherches bio- chimiques poursuivies actuellement autour de l\u2019activité tyrosine-tyrosinase.Dans le même cadre des mélanomes, B.Duperrat et L.Gole (Paris) ont discuté le mélanome juvénile de Sophie Spitz, petite tumeur rose ou chamois, de la taille d\u2019une len- L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 tille, de siège souvent facial, appararssant chez l'enfant de 3 à 8 ans, et qu'il ne faut pas confondre avec des malformations non mélaniques.Le mélanome dit juvénile de Spitz est, dans les cas purs, une lésion cliniquement et histologiquement bénigne dont le pronostic peut être envisagé sans crainte, mais il existe parfois des cas limite où l\u2019incertitude du clinicien se rencontre avec celle de l\u2019histologiste qui hésite à repousser l\u2019hypothèse du nœvo- carcinome.Les porphyries cutanées tardives constitu- arent le quatrième sujet d\u2019étude.X.Vilanova (Barcelone) a montré les, difficultés étio-pa- thogéniques de ce problème.Il faut admettre la porphyrie congénitale d\u2019une part et la por- phyrie tardive de l\u2019adulte d\u2019autre part, avec ses modalités: aiguë, intermittente, cutanée pure, mixte ou latente.La porphyrie cutanée pure de l\u2019adulte représenterait une forme fruste ou incomplète de la porphyrie mixte de l\u2019adulte.(est a A.Rook (Cambridge) que revenait de traiter le cinquième sujet consacré au kérato-acanthome et aux états pseudocarcino- mateux voisins.Il a montré l\u2019intérêt de ce groupe de processus pseudo-épithéliomateux parce qu\u2019ils donnent l\u2019occasion d\u2019étudier les régressions spontanées du «cancer» et exigent de reconsidérer les définitions classiques dt cancer.Quel est le traitement des sclérodermies généralisées?Dans un sixième rapport, Y.Bureau et H.Barrière (Nantes), les thérapeutiques anti-infectieuses antibiotiques don- vent souvent des résultats transitoires, mais fort intéressants pour stopper l\u2019évolution, mais CORRESPONDANCE 1421 à elles seules, ne sauraient donner de résultats probants.Que penser des thérapeutiques hormonales dominées actuellement par les hormones cortico-surrénaliennes?Ces médicaments, agissent moins nettement et moins rapidement ici que dans d\u2019autres maladies du collagène.La vitaminothérapie ne semble pas avoir donné de résultats très probants.La vitamine D a été utilisée avec quelque succès, par contre les vitamines C et E mont donné que des êchecs.Plus intéressant est l\u2019« anti-stifness factor », facteur d\u2019assouplissement ou stigmastérol, stérol d\u2019origine végétale dont l\u2019action expérimentale semble prouvée et ne semble pas négligeable en cures prolongées associées à la vitamine C et à une médication adjuvante.Les thérapeutiques vaso-dilatatrices, sont sans contredit, les plus logiques et celles qui donnent les résultats les moins mauvais.Outre les médications vasodilatatrices habituelles, il faut insister sur l\u2019intérêt de la novocaïne ou la procaïne, qui peut être utilisée, soit en injections intraveineuses ou en perfusions lentes, soit en infiltrations du ganglion stellaire et du sympathique.Le traitement chirurgical est souvent andiqué et représente, de l\u2019avis des raprorteurs, une des, thérapeutiques les plus valables, essentiellement dans les acro- scléroses, sous deux conditions: leur précocité et leur impertance proportionnée à l\u2019étendue des lésions.Les résultats publiés par Evans et Ze'tel apres ablation large du sympathique cervico-dorsal sont franchement encourageants.P.RENTCHNICK.(icnève, ler octobre 1956. MEDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES L\u2019'HEPTABARBITAL, AGENT HYPNOTIQUE \" Georges HEBERT, médecin, Nelio RENZI, interne résident, Hôpital Notre-Dame (Montréal).Voici le rapport de l\u2019étude que nous avons faite sur l\u2019action hypnotique d\u2019un nouveau barbiturique, l'acide cyclo-heptenyl-ethyl ma- lonylurée ou heptabarbital (2).Pour ce travail nous avons procédé de la façon suivante: Cent deux malades du service reçurent des comprimés blancs identiques dont les uns étaient des placebos alors que les autres contenalent 200 mg du barbiturique en question.Aucun de nous n\u2019était au courant du comprimé administré dont la garde avait été confiée au pharmacien chef de l\u2019hôpital, Mlle Paule Benfante.Il était entendu que celle-ci distribuerait à sa guise un placebo ou un comprimé d\u2019heptabarbital et, qu\u2019en pratique, elle ferait parvenir au malade et sans ordre fixe deux fois le placebo et deux fois le barbiturique, l\u2019expérience devant durer quatre jours pour chacun des patients.L\u2019un de nous avait pour mission, chaque matin, de s\u2019enquérir de effet observé et d\u2019enregistrer ses constatations.Ce n\u2019est qu\u2019à la fin de ses observations qu\u2019il apprit du pharmacien chef à quelle date et à quel moment les malades avaient reeu ou l\u2019agent médicamenteux ou le placebo.Les chiffres suivants nous permettent par conséquent de vérifier l\u2019effet réel du médicament.Ils permettent également de connaître les réactions des malades à ce produit chimique.Au début de notre expérimentation les malades recççurent deux comprimés de 200 mg soit 400 mg d\u2019heptabarbital ou deux placebos.A la suite d\u2019un accident fâcheux à savoir 1.Travail fait dans le service de médecine de l\u2019hôpital Nrtre-Dame.2.Le médicament a été gracieusement fourni rar la maison Geigy qui le fabrique sous le nom de Medomine.la chute d\u2019un malade de son lit avec fracture, nous avons décidé de n\u2019employer par la suite que 200 mg chaque soir.Les malades ne reçurent plus qu\u2019un seul comprimé au lieu de deux.Catégorie A Trente-neuf malades reçoivent 400 mg d\u2019heptabarbital & deux reprises et 2 placebos a deux reprises.Catégorie B Trente quatre malades regoivent 200 mg d'heptabarbital à deux reprises et 1 placebo à deux autres reprises.Catégorie C Dix-neuf malades reçoivent 200 mg d\u2019hep- tabarbital à quatre reprises et pas de placebo.Catégorie D Dix malades n\u2019ont pas reçu les quatre doses et seront étudiés séparément.Les résultats ont été consignés dans le sens suivant: Excellent \u2014 début du sommeil en dedans d\u2019une demi-heure et avec durée de 7 heures ou plus.Bon \u2014 début du sommeil en dedans de 34 d'heure et durée de 5 heures et de moins de 7.Médiocre \u2014 début du sommeil en dedans d\u2019une heure avec durée de 4 heures et moins de 5.Nul \u2014 plus d\u2019une heure pour amorcer le sommeil et réveils fréquents.Ainsi classifiés voici le rapport de la catégorie A: Sur 78 ingestions du médicament (400 mg): 29 résultats excellents, 21 bons, 13 médiocres et 15 nuls.En pourcentage: excellents 37.0%; bons 26.9% ; médiocres 16.7% ; nuls 19.2%.Sur 78 L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 ingestions des placebos: 15 résultats excellents, 12 bons, 17 médiocres et 34 nuls.En pourcentage: excellents 19.22%; bons 15.4% ; médiocres 21.88% ; nuls 43.6%.Catégorie B Sur 68 ingestions du médicament (200 mg) : 38 résultats excellents, 11 bons, 9 médiocres et 10 nuls.En pourcentage: excellents 55.9%; bons 16.1% ; médiocres 13.2%; nuls 14.7%.Sur 68 ingestions des placebos: 14 résultats excellents, 8 bons, 18 médiocres et 28 nuls.En pourcentage: excellents 20.6%; bons 11.88%; médiocres 26.5% ; nuls 41.1%.Catégorie C Sur 76 ingestions du médicament (200 mg) : 30 résultats excellents, 22 bons, 14 médiocres et 10 nuls.En pourcentage: excellents 39.5%; bons 29.0% ; médiocres 18.5% ; nuls 13.1%.Catégorie D: Dix cas spéciaux.Premier cas.La malade (66 ans) a refusé une fois de prendre les comprimés et son sommeil fut médiocre ce soir-la.Les deux soirs où elle ingéra 400 mg d\u2019heptabarbital elle eut un résultat excellent et un bon \u2014 Le soir de ses deux comprimés de placebos elle eut un résultat bon.| Deuxième cas.La malade (70 ans) ayant eu du vertige et étant tombée après avoir ingéré la veille 400 mg d\u2019heptabarbital refusa le second soir.Elle accepta le troisième soir pour refuser le quatrième à cause encore de ses vertiges.Troisième cas.Il s\u2019agissait d\u2019une diabétique de 77 ans qui présenta dans la nuit où elle ingéra 200 mg d\u2019heptabarbital, une agitation marquée.L'interne de garde erut à une réaction d\u2019hypoglycémie.Le second soir, le placebo donna un résultat nul et la malade ne voulut plus accepter de comprimé.Quatrième cas.Une femme de 78 ans reçoit 400 mg le premier soir avec bon résultat, le second a aussi un bon résultat avec le placebo.Le troisième la dose de 400 mg lui donne un sommeil excellent mais produit une phase HEBERT er RENZI: LHEPTABARBITAL 1423 d\u2019agitation.Elle refusa tout comprimé le quatrième soir.Cinquième cas.Une malade de 57 ans obtient un résultat excellent avec 400 mg, médiocre avec un placcbo et excellent le troisième soir avec 400 mg mais son réveil est lourd, elle est déprimée toute la journée et refuse le quatrième soir tout médicament.Sixième cas.Le premier soir une malade de 29 ans a un résultat médiocre avec 400 mg.Le second soir, à la suite de l\u2019accident survenu à sa voisine, tombée de son lit après ingestion de comprimés identiques, elle refusa les comprimés.Septième cas.Malade de 76 ans qui prit un premier soir 2 placebos avec résultat médiocre puis le second soir eut un sommeil excellent avec 400 mg d\u2019heptabarbital mais, dans le courant de la nuit, elle est tombée en bas de son lit et toute la journée subséquente elle fut étourdie et somnolente.Elle refusa par la suite de prendrs nos comprimés.Huitième cas.Une malade âgée de 54 ans dort très bien avec 400 mg d\u2019heptabarbital mais ressent des vertiges au lever.Elle refusa le deuxième soir.Elle accepta le barbiturique \u2018e troisième soir et son sommeil est encore bon mais la sensation de vertige se répète au réveil et elle refuse le quatrième soir.Neuvième cas.Une malade de 56 ans a eu un très mauvais résultat avec 400 me.Le lendemain, se sentant étourdie et lasse, elle refusa le comprimé.Le troisième soir les 400 mg d\u2019heptabarbital ne lui donnent qu\u2019un effet médiocre, et de plus, elle ressent toute la Journée une sensation de vide.Elle refuse le comprimé du quatrième soir.Dixième cas.Une femme de 75 ans dort parfaitement bien avec 400 mg mais elle ressent des vertiges le jour suivant.Elle refuse le deuxième soir.Le troisième soir elle prend de nouveau 400 mg avec bon sommeil mais éprouve de la somnolence et des vertiges le lendemain.Elle accepta cependant de prendre ses comprimés le quatrième soir mais le résultat est nul.Il s\u2019agissait ce soir-là de placebo. 1424 Si nous retenons les résultats obtenus dans nos quatre catégories de malades nous en tirons un certain nombre de renseignements.Premier point: l'heptabarbital est incontestablement supérieur aux placebos et par conséquent son action n\u2019est pas seulement d\u2019ordre psychique.En effet dans les catégories À et B où une comparaison a été établie avec les placebos il y a eu 50 excellents ou bons résultats (64.1%) contre 27 avec les placebos (34.6%) - Dans la catégorie © le pourcentage des excellents et bons résultats s\u2019établit a (68.4%) et cette proportion se compare avec les résultats obtenus dans les catégories À et B lorsque le médicament a été administré.Deuxième point: la dose de 200 mg donne d\u2019aussi bons résultats que la dose de 400 mg.De plus il est évident, que les inconvénients HEBERT er RENZI: L'HEPTABARBITAL L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 sont nuls avec la dose de 200 mg alors qu\u2019ils sont assez fréquents avec une dose de 400 mg.En effet, tous les malades qui ont refusé le médicament se sont plaints de malaises soit au réveil soit dans la journée qui suivait l\u2019ingestion de 400 mg d\u2019heptabarbital.Troisième point: les troubles suivants ont été constatés lors de l\u2019administration de 400 mg d\u2019heptabarbital: agitation, sensation de vertige, état de dépression, étourdissements et lassitude.En conclusion: l\u2019heptabarbital est un hypnotique nouveau de valeur incontestable.La dose de 200 mg au coucher donne de bons résultats et très peu de malaises secondaires alors que celle de 400 mg provoque assez souvent des troubles tels que agitation, vertiges, état de dépression, étourdissements et lassitude.ESSAI CLINIQUE SUR UN NOUVEAU DÉRIVÉ DU PHÉNOTIAZINE : LE PACATAL Edouard LAURENDEAU (Montréal).Dérivé du Phénotiazine, comme le Phéner- gan et la chlorpromazine, le Pacatal différe de ce dernier par l\u2019addition d\u2019un noyau hétérocyclique de carbone et de nitrogène; c\u2019est un médicament ataraxique qui atténue les symptômes des perturbations émotives et mentales des psycho-névroses.Il apaise, sans provoquer la somnolence, et il ne semble pas bouleverser l\u2019équilibre nécessaire entre le sympathique et le parasympathique.Le grand intérêt suscité en médecine, surtout psychiatrique, par l\u2019apport de ces nouveaux produits, a incité les laboratoires de recherche aussi bien que les cliniciens, à rechercher des dérivés susceptibles d\u2019acentuer les résultats déjà obtenus et de minimiser les effets secondaires.Ce médicament a déjà été mis à l\u2019essai par de nombreux cliniciens et sa non-toxicité a été prouvée par J.À.Tornaben.x Dans nos services de médecine, à l\u2019hôpital Notre-Dame-de-la-Merci, nous avons expérimenté le Pacatal dans trois catégories de manifestations pathologiques: 1°: l\u2019état démentiel avec agitation chez les séniles, et les dégénérescences cérébrales.2°: les psycho-névroses.3°: les algies par métastases osseuses des cancers.En clientèle privée, il fut mis à l\u2019essai sur trois cas de névrose aver phobies, à la période involutionnelle.Les états démentiels avec agitation chez les séniles et les cas de dégénérescence cérébrale posent un problème aussi angoissant en milieu hospitalier que dans les foyers, surtout les foyers exigus des centres urbains; et avec la prolongation de la durée de la vie, le nombre de ces cas posera un défi à la médecine et à la société. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 A date, nous avons essayé tous les barbituriques et hypnotiques de la Pharmacopée: l\u2019effet contraire était obtenu, phase d\u2019excitation durant la nuit et somnolence durant le jour.La modification de l\u2019horaire et de la quantité des doses n\u2019a apporté aucune amélioration à ces anomalies.Avec l\u2019administration du Pacatal, nous avons voulu contrôler les réactions possibles du côté hématologique et hépatique.Tous les malades ont subi une cytologie, glycémie, brome- sulfaléine et index ictérique avant et apres la période d\u2019absorption médicamenteuse.Sept cas de démence sénile avec agitation, dont l\u2019âge variait de 67 à 88 ans, ont reçu le Pacatal, de 15 à 90 jours, aux doses de 50 à 300 mg par jour.3 cas améliorés: sédation de l\u2019état d\u2019agitation.4 cas non améliorés.Les tests de laboratoire ont révélé une légère hypochromie chez trois de ces malades, mais aucune modification de la glycémie, brome-sulfaléine et index ictérique.Quatre cas de dégénérescence cérébrale avec agitation, dont l\u2019âge variait de 41 à 67 ans, ont reçu le Pacatal pendant 105 à 150 jours, aux doses de 100 a 400 mgm.par jour.3 cas nettement améliorés: patients plus calmes, plus coopératifs.1 cas non amélioré.Les examens de laboratoire sur ces quatre :as ont révélé 2 cas d\u2019anémie hypochrome et un cas avec index ictérique plus élevé.Cinq cas de psycho-névroses, dont l\u2019âge variait de 26 à 69 ans, ont pris ce médicament pendant 120 jours, aux doses de 100 à 200 mgm.par jour.4 cas améliorés.1 cas non amélioré.Les tests de laboratoire chez ces cinq malades n\u2019ont révélé aucune modification de la cythologie, glycémie, brome sulfaléine et index ictérique.LAURENDEAU: LE PACATAL 1425 Quatre cas d\u2019algie d\u2019origine néoplastiques: un cas de carcinome bronchitique, deux cancers du rectum avec métastases vertébrales, un cancer de la prostate, avec métastases vertébrales.Ces patients ont reçu de 50 a 200 mgm.de Pacatal par jour, de 20 à 120 jours.Dans trois cas, il y eut substitution de ce médicament à des injections opiacées; dans l\u2019autre cas, 200 mgm.de Pacatal par jour ont remplacé 40 mgm.de Methadon et les injections de morphine ont été réduites à un grain par pour au lieu de deux grains.Il n\u2019y a eu aucune intolérance chez ces quatre patients et les tests de laboratoire: cytologie, glycémie, brome sulfa- léine et index ictérique n\u2019ont présenté aucune modification.En clientèle privée, nous avons traité trois cas de névrose avec phobies à la période invo- lutionnelle.Ces patients, dont l\u2019âge variait de 47 à 50 ans, ont reçu de 75 à 150 mgm.de Pacatal par jour, pendant une période de 20 à 45 jours; il y eut une sédation rapide de l\u2019état d\u2019anxiété et des phobies, aucune intolérance à l\u2019égard de ce médicament ne fut rapportée, mais dans ces trois cas, il n'y a pas eu de controle de laboratoire.En résumé, un modeste travail clinique d\u2019observation sur 23 cas, dont 20 ont subi un contrôle de laboratoire: sur 11 cas d\u2019agitation démentielle par dégénérescence cérébrale, 6 furent nettement améliorés, 5 n\u2019ont pas bénéficié de cette médication sédative; il aurait fallu sans doute, des doses plus élevées.Sur 8 cas de psycho-névroses: 6 ont présenté une amélioration rapide, sédation de l\u2019état d\u2019anxiété et des phobies.Ce médicament a paru avoir un effet analgésique sur les douleurs si pénibles des métastases osseuses des cancéreux: douleur amoindrie et l\u2019état moral du patient était meilleur que durant l\u2019administration des opiacés.Sur les 20 cas qui ont subi un contrôle de laboratoire, il y eut 5 cas d\u2019anémie hypochrome et un seul cas où l\u2019index ictérique a présenté une légère élévation. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications biblio graphiques qui accompagnent les analyses, afin ae les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus» : nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Edmond L.DUBOIS.\u2014 Progrès récents dans le diagnostic et le traitement du lupus erythémateux.(Systemic Lupus Erythem- atosus: Recent Avances in Its Diagnosis and Treatment.) \"Annals of Int.Med.\u201d 45: 163 (août) 1956.L'auteur expose son expérience personnelle dans le diagnostic et le traitement de 163 cas de lupus érythémateux sur une période de 6 ans au « Los Angeles County General Hospital ».L\u2019apparente augmentation de fréquence de cette maladie est due d\u2019une part, à l\u2019emploi plus fréquent du LL.E Cell test et d\u2019autre part, à une meilleure compréhension de cette entité morbide à manifestation clinique polymorphe.Le perfectionnement des techniques de détection des L.E.Cell a été mdiscutable- ment un grand progrès.Sur 44 patients atteints de lupus érythémateux, des études des «L.E.Cell » ont été faites simultanément par 4 méthodes différentes, utilisant 2 concentrations d\u2019héparine comme anticoagulant, la méthode du caillot et une technique récente (Snapper-Ring).Il est à conseiller d\u2019effectuer à ou 4 techniques différentes, afin d\u2019affirmer définitivement le diagnostic.Une étude détaillée de l\u2019histoire et de l\u2019évolution de ces malades montre que 38.6% ont présenté 2 mémissions et 16%, 3 ou plus.Ceci rend l\u2019évaluation thérapeutique difficile.La médication antipaludique occupe une place de choix dans le traitement des cas de lupus érythémateux, particulièrement les cas mo- e + 2 © dérés.Leur effet sur les lésions cutanées est presque spécifique.L'effet est aussi favorable sur l\u2019arthrite.Associés aux stéroïdes, ils ont un effet synergétique et permettent souvent de réduire les doses de stéroïde et parfois de les ces-er entièrement.80% des cas modérés bénéficient d\u2019un traitement ant paludique seul.La thérapeutique hormonale demeure cependant le traitement de choix dans les cas aigus et son effet est favorable dans 90% des cas.La moutarde à l\u2019azote a une action particulière sur le syndrome rénal du lupus érythémateux, particulièrement chez les patients oedématiés.Quel que soit le traitement employé, la vie de ces patients s\u2019en trouve prolongée.La durée de vie moyenne de 59 patients non traités ou mal traités, en cet hôpital, était de 24 mois.Dans la présente étude de 138 patients, traités de façon adéquate, depuis 24 mois ou plus, la mortalité est inférieure à 10%.Cette différence est significative et se passe de commentaires.Edouard EDDIE.CARDIOLOGIE Demetrio SODI-PALLARES et Frederico MARSICO.\u2014 L'importance des complexes électrocardiographiques dans le diagnostic des maladies cardiaques congénitales.(The Importance of Electrocardicgraphic Patterns in Congenital Heart Disease.) \"Amer.Heart Journal\u201d, 49: 202 (février) 1955.De récentes recherches faites par les auteurs à l\u2019Institut National de Cardiologie de Mexico ont démontré clairement que l\u2019étude électrocardiologique est un élément important dans le diagnostic des maladies congénitales du coeur.Les auteurs sont les premiers à établir une relation étroite entre les changements hémodynamiques et électrocardiogra- phiques. L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Ils démontrent clairement par des tracés électrocardiologiques à l\u2019appui, que le coeur réagit différemment à une surcharge hémodynamique qu\u2019ils différencient en deux types pour chaque ventricule: une surcharge systolique et une surcharge diastolique.La surcharge systolique du ventricule droit se traduit par une onde R, haute, et une onde T symétrique, négative dans les dérivations précordiales droites.La surcharge diastolique du ventricule droit se manifeste par un bloc de branche droit complet ou incomplet.La surcharge systolique du ventricule gauche produit une onde T négative ou aplatie aussi bien qu\u2019un abaissement du segment ST dans les dérivations précordiales gauches.La surcharge diastolique du ventricule gauche donne une onde T symétrique haute, des ondes R augmentées, et une déflexion intrinsécoïde dans les dérivations précordiales gauches.Les auteurs nous font part de quelques critères électrocardiographiques pour reconnaître quelques-unes des maladies congénitales du coeur; Dans la communication inter-auriculaire, ils ont constaté un bloc de branche droit incomplet dans 80% des cas et un bloc complet de la branche droite dans 6% des cas.L\u2019axe QRS varie entre 90° et J 170°.Dans la communication inter-ventriculaire, les signes électrocardiographiues sont: a) une hypertrophie ventriculaire droite, avec une surcharge systolique du ventricule droit: soit une onde R haute en V1 et V2, des complexes QRS du type rR, Rs, qR, R.b) une hypertrophie ventriculaire gauche avec ou sans surcharge diastolique du ventricule gauche.en V5 et V6: soit une onde R rormale ou haute, une onde © profonde, une céflexion intrinsécoïde retardée, une onde T positive, et des complexes fréquents du type lis ou qRS avec une onde T positive.Dans l\u2019hypertrophie du septum, on retrouve une onde Q profonde en V5 et V6 qui s\u2019inscrit simultanément avec la positivité première d\u2019un complexe rR en V1.Parfois nous avons des complexes larges diphasiques (signe de Katz et de Watchell) en V2, V3 et V4.ANALYSES 1427 Dans la persistance du canal artériel les auteurs en différencient trois degrés: a) avec hypertension pulmonaire b) avec hypertension pulmonaire modérée c) avec hypertension pulmonaire élevée.Dans le premier degré, le tracé montre une surcharge diastolique du ventricule gauche.Dans le deuxième degré, le tracé montre une surcharge systolique du ventricule droit avec une hypertrophie ventriculaire droite marquée en V1.Ces signes s\u2019ajoutant à la surcharge du ventricule gauche, nous avons donc une hypertrophie ventriculaire combinée.Un tel tracé ressemblant étrangement au tracé d\u2019une communication inter-ventriculaire on peut les différencier en sachant que dans la communication inter-ventriculaire on retrouve en V1 des complexes positifs, en V2, V3 et V4 des complexes diphasiques larges, onde S persistante en V5 et V6 et un déplacement de l\u2019axe de QRS vers la droite, alors que dans la persistance du canal artériel ces signes sont rarement trouvés.Dans le troisième degré, nous aurons une augmentation des signes de surcharge systolique du ventricule droit avec une hypertrophie ventriculaire droite.Aussi dans ce cas, les signes d\u2019hypertrophie ventriculaire gauche seront masqués.Dans la sténose pulmonaire, les auteurs distinguent trois principaux types: la sténose pulmonaire légère avec une pression systolique droite de moins de 90 mm.de mercure; la sténose pulmonaire modérée avec une pression systolique du ventricule droit entre 90 et 130 mm de mercure; la sténose pulmonaire haute avec une pression systolique ventriculaire droite au-dessous de 130 mm de mercure.Dans le premier type, le tracé peut être normal ou montrer de légers changements.Parfois on retrouvera une augmentation discrète du R en V1 sans changement de l\u2019onde T et une légère déviation de l\u2019axe de QRS à + 90.Dans le deuxième type, l\u2019onde R est élevée en V1 ct le complexe QRS est essentiellement positif.L\u2019onde T est presque toujours positive.Ces changements traduisent done une hypertrophie ventriculaire droite avec surcharge systolique.Dans le troisiéme 1428 type, le tracé électrocardiologique montre une hypertrophie ventriculaire droite avec surcharge systolique.En général, le voltage des complexes est plus grand que dans les deux types précédents.Dans les dérivations gauches les complexes QRS montrent une néga- tivité franche.L\u2019onde T en V1 et dans les précordiales droites est aplatie ou négative, et dans les cas extrêmes il est du type ischémique.L\u2019axe de QRS dévie fortement vers la droite alors que dans le même temps l\u2019axe de T dévie vers la gauche.À la lumière de ces données nouvelles, basées sur les changements hémodynamiques se reflétant sur le tracé électrocardiologique, il devient de plus en plus manifeste que l\u2019électrocardiogramme est une aide importante dans le diagnostic des maladies cardiaques congénitales.Denis LACHANCE.Cornelio PAPP et M.M.ZION.\u2014 Le syndrome post-commissurotomie.(The Post- Commissurotomy Syndrome.) \"Brit.Heart Journal\u201d, 18: 153 (avril) 1956.Le syndrome postcommissurotomie est une maladie caractérisée par la fièvre, une péri- cardite, un épanchement pleural gauche, une tendance aux rechutes; il a été observé dans 22 cas sur 100 patients opérés de sténose mitrale.Dans 14 cas, ce syndrome est survenu dans les premiers jours postopératoires et dans 8 cas, 11 est apparu entre 4 semaines et 4 mois, dans la période postopératoire.Deux patients ont eu d\u2019autres rechutes.La fièvre a été modérée et continue et a duré de 8 à 34 jours dans le premier groupe et de 4 à 14 jours dans le deuxième groupe.La péricardite a été surtout révélée par les modifications électriques, et la pré-ence d\u2019un frottement péricardique.La douleur a été peu fréquente et les signes radiologiques exceptionnels.L\u2019épanchement pleural gauche a persisté pendant des semaines ou des mois ou alors il est ré-apparu après une disparition transitoire.L\u2019épanchement était sanguinolent 10 fois sur 11 et les cultures stériles.Comparativement aux patients qui n\u2019ont pas présenté de complications postopé- ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 ratoires, il en découle que quelques jours de pyréxie, un épanchement pleural gauche qui disparait rapidement, et des signes transitoires d'une péricardite font partie du tableau normal postopératoire.Le syndrome postcommissurotomie appa- rait ainsi comme étant l\u2019accentuation, la persistance et la rechute de séquelles postopératoires normales.Il est causé par le suintement postopératoire de la plaie auriculaire ainsi que le démontre l\u2019épanchement pleuro- péricardique.La localisation de l\u2019épanchement et la consolidation du segment basal gauche du poumon peuvent constituer d\u2019autres facteurs additionnels.Le syndrome postcommissurotomie présente quelques points en commun avec la péricar- dite rhumatismale et lui a été attribué.T1 doit cependant être distingué de la dernière par l\u2019absence d\u2019une infection streptococcique, l\u2019absence d\u2019arthralgie, d\u2019une cardite ou d\u2019un effet favorable des salicylates.Il ne semble pas y avoir de traitement spécifique.Cette maladie quoique prolongée, cause peu de troubles, son pronostic est bon et ne semble pas avoir d\u2019influence sur l\u2019effet de la commissu- rotomie.Edouard EDDIE.Stuart W.COSGRIFF.\u2014 Effet de la vitamine K, orale pour contrôler l'hypoprothrombi- némie excessive durart le traitement aux anticoagulants.(Effectiveness of an oral Vitamin R, in controlling excessive hypo- prothrombiremia during Anticoaculant Theraoy.) \"Annals of Int.Medicine\", 45: 14 (juillet) 1956.Les auteurs passent en revue dans cette étude les effets et les applications de la Vitamine K1 par voie orale.Ce nouveau produit a été mis sur le marché récemment par la Cie MERK et existe sous forme de tablettes dosées à 5 mgms.qui peuvent aisément être sectionnées en 2 parties.Nous considérons comme temps de prothrombine normal un temps de 15 secondes et comme niveau thérapeutique adéquat, un temps de 22 à 35 secondes; les accidents avec le dicumarol et ses L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 dérivés, la coumarin ou les médications à base d\u2019endandione surviennent en effet lorsque le niveau de 35 secondes est dépassé.Cette étude a prouvé que l\u2019administration orale de Vitamine K1, offre une protection adéquate contre l\u2019hypothrombinémie.Le nombre de cas étudiés a été de 75 environ; 85% des patients traités oralement revinrent à un taux satisfaisant en dedans de 12 heures et 98% soit la presque totalité des cas durant les 24 heures qui ont suivi.Sans médication ce pourcentage dans un groupe contrôle de 232 patients s\u2019abaissait à 33% en 24 heures et 77% en 48 heures environ et 12% de ces patients demeuraient à un niveau critique même après 96 heures.Parmi les avantages de cette médication orale, les auteurs notent que la dose de 2.5 à 15 mgms.de Vitamine Ki donnée oralement est inapte à produire une résistance aux anticoagulants comme le font de plus larges doses données par voie intra-veineuse.Ils concèdent toutefois que la médication orale est moins efficace que la médication intraveineuse milligramme pour milligramme dans un rapport de 5 pour 1 environ.Aux avantages énumérés ci-haut, ils mentionnent enfin la sécurité, offerte au patient, une fois que celui-ci est au courant des indications et des doses orales de cette médication, qui lui sont propres.Ainsi s\u2019écroule un autre obstacle à l'administration d\u2019anticoagulants chez un patient externe.Jules ROY.NEURO-PSYCHIATRIE L.de GENNES et Mathieu de FOSSEY.\u2014 La sérotonine.Un nouveau médiateur chimique.\u201cLa Presse Médicale\u201d, 64: 1066 (9 juin) 1956.La sérotonine fut isolée en 1948 par Rapport.Elle fut identifiée chimiquement et synthétisée par Hamlin en 1951.Cette substance est très répandue dans l'organisme; elle se trouve surtout au cerveau, dans les plaquettes sanguines et la muqueuse intes- ANALYSES 1429 tinale.Libérée par les plaquettes au niveau d\u2019une plaie hémorragique, elle provoque la vasoconstriction locale en participant ainsi à l\u2019hémostase.Expérimentalement et par injection intra- artérielle et intraveineuse, elle détermine de l\u2019hypertension artérielle fugace, après une phase hypotensive préalable si elle est introduite dans l\u2019artère.Sur le système respiratoire, cette injection, à une dose de l\u2019ordre du microgramme, fait apparaître de l\u2019apnée suivie d\u2019hyperpnée.Elle diminue la diurèse.Elle stimule le péristaltisme intestinal et la sécrétion muqueuse.Sur le système nerveux son rôle est encore mal connu, mais on soupçonne qu\u2019elle y exerce une influence prépondérante dans les rapports fonctionnels entre le système activateur central de l\u2019axe encéphalique et le cortex cérébral.À tout événement, elle agirait dans le cerveau comme médiateur de l\u2019influx nerveux, à l'instar de l\u2019acétylcholine, comme modérateur et excitant.Le syndrome qui accompagne les tumeurs carcinoïdes malignes de l\u2019intestin (diarrhée, bouffées de vaso-dilatation, sténose triscupi- dienne) pourrait être dû à des décharges de sérotonine.Le choc embolique que déclenche l\u2019infarctus pulmonaire pourrait être attribué à l\u2019action de la sérotonine libérée par les plaquettes du caillot pulmonaire.Enfin, connaissant les antagonismes réser- pine-sérotonine, ou de Jl\u2019acide lysergique- sérotonine, et d\u2019autres rapports de sens encore difficiles À interpréter entre la sérotonine et le frenquel, la réserpine et la chlorpromazine, il est permis de penser que la sérotonine intervient dans le mécanisme biochimique de certaines psychoses.Mais on ne peut aujour- d\u2019hui faire valoir dans cette pathogénie une influence inhibitrice ou exaltante de cette substance sur les centres cérébraux.Roma AMYOT. 1430 M.RISER, J.GERAUD, L.RIBAUT et Ch.GREZES-RUEFF.\u2014 Tics avec signes électriques d\u2019épilepsie.Guérison par le traitement anti-comitial.\u2018Rev.Neur.\u201d, 93: 861 (décembre) 1955.L'observation des auteurs est intéressante et éventuellement instructive pour l\u2019observation et le traitement de certains tiqueurs.Elle ne prouve pas, bien entendu, que tous les tiqueurs sont des épileptiques.Elle pourrait vraisemblablement faire suspecter par ailleurs qu\u2019ils souffrent d\u2019une prédisposition organique, biologique ou fonctionnelle de leur système nerveux.Il s\u2019agit d\u2019une fille de 17 ans, tiqueuse depuis l\u2019âge de 9 ans, présentant du clignement répété des deux yeux, du froncement de l\u2019aile du nez avec un hoquet accompagné de gloussement, d\u2019un haussement de l\u2019épaule droite associé à une brève inclinaison de la tête vers la droite.Elle n\u2019a jamais eu ni convulsions infantiles, ni crise d\u2019épilepsie dans le passé.Elle est inactive et instable.L\u2019électro-encéphalographie révéla des paroxysmes d\u2019ondes lentes, des pointes et des pointes-ondes caractéristiques de l\u2019épilepsie.Ces phénomènes étaient indépendants de la survenue des phénomènes moteurs des tics.Cure de sommeil sans effet marqué.Persistance des mêmes anomalies électro-encépha- lographiques après cette cure.Traitement fait de deux spécialités françaises antiépileptiques (Ortenal et Epiclase).Tout tic disparaît en 3 jours.Quinze jours plus tard, E-E-G- très amélioré.Une contre- épreuve avec des cachets de lactose rempla- cant les antiépileptiques est faite.Retour des tics et E-E-G- de type comitial.La reprise du traitement fait de nouveau disparaitre les tics et un nouvel E-E-G- est pratiquement dépourvu d\u2019anomalies.Cette observation ne présente peut-être qu\u2019un intérêt très individuel.Il faudrait multiplier l\u2019E-E-G- chez les tiqueurs et évaluer la fréquence de corrélations similaires.Roma AMYOT.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 A.CHARLIN et P.DESCHASSEAUX.\u2014 La sclérose en plaques juvénile.\u2018Rev.Neur.\u201d, 93: 830 (décembre) 1955.Reconnue comme rarissime par les auteurs plus anciens, des constatations récentes semblent démontrer que la sclérose en plaques juvénile n\u2019est pas une observation d\u2019exception.Une étude de Carter portant sur 711 cas de sclérose multiple, concluait à une incidence de 10% de sclérose en plaques juvénile.Les auteurs ont pu observer depuis 10 ans 6 cas de sclérose en plaques chez des enfants, sur un total de 72 cas de tout âge, ce qui constitue un pourcentage de 8%.Ils rapportent ces 6 cas dans leur travail.La maladie avait débuté aux âges suivants: 10 ans, 9 ans, 8 ans et demi, 6 ans, 10 ans, 11 ans.Les malades avaient présenté diverses poussées neuro-pathologiques; ils offraient une symptomatologie où se trouvaient des signes cérébelleux, pyramidaux, de la névrite rétro- bulbaire et l\u2019atteinte d\u2019autres nerfs cräniens comme le facial et l\u2019auditif, la disparition des réflexes cutanés abdominaux.Les auteurs ont pu suivre certains de ces cas pendant plusieurs années et assister ainsi à la survenue de poussées successives qui produisaient des traits syndromiques assez caractéristiques de cette affection.Roma AMYOT.GASTRO-ENTEROLOGIE A.MONSAINGEON, Ch.GOUYGOU, P.TANRET, M.LANOOTE et POULET.\u2014 Pneumatoses viscérales.aiguës.\u2018Arch.Mal.App.Digestif', 44: 753 Guin) 1955.Les auteurs relatent une série d\u2019observations de pneumatose viscérale aiguë.L'une accompagne une perforation gastrique spontanée d\u2019évolution suraiguë; le développement des gaz se fait dans les parois gastrique, vésiculaire et iléale.Une deuxième concerne un pneumopéritoine géant accompagnant une pneumatose du grêle et disparaissant avec elle sous l\u2019effet du traitement chirurgical d\u2019une sténose du pylore.La troisième observation L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 est celle d\u2019une pneumatose du grêle apparue au cours de l\u2019évolution d\u2019une prancréite aiguë après intervention pour calcul du cholédoque.L'autopsie révèle cette lésion et fait la preuve de l\u2019existence d\u2019un cancer péri-wirsungien.Une dernière observation constitue une découverte d\u2019autopsie: pneumatose du grêle chez mn malade atteint d\u2019ulcère perforé incomplètement bouché.Les auteurs apportent des arguments contre la thèse mécaniste et en faveur de l\u2019hypothèse de l'intervention de mécanismes neuro-végétatifs dans l\u2019éclosion de ces lésions.Guy ALBOT et François MAGNIER.\u2014 Diaphragme muqueux antro-pylorique.\u201cArchives Mal.App.Digestif\u2019, 44: 1162 {nov.) 1955.Les auteurs rapportent à propos d\u2019un cas personnel les quatre observations actuellement connues chez l\u2019adulte de diaphragme muqueux prépylorique et insistent sur l\u2019aspect assez caractéristique des images radiologiques.P.L.GERARD et B.HILLEMAND.\u2014 Tumeur frontale révélée par méga-estomac.\u201cArch.Mal.App.Digestif\u201d\u2019, 44: 764 (juin) 1955.Est rapportée l\u2019observation d\u2019un homme atteint d\u2019un glioblastome frontal droit révélé par des manifestations digestives fonctionnelles sévères, restées isolées pendant de longs mois.L\u2019examen radiologique mit en évidence un méga-estomac fonctionnel.A propos de cette observation les auteurs rappellent les 4 grands types de manifestations digestives observées au cours des tumeurs cérébrales ; les hématémèses et les ulcérations aiguës, les dystonies, les phénomènes de faim pathologique, les troubles fonctionnels classiques enfin.La question est posée de savoir si ces deux dernières catégories de manifestations digestives jadis considérées comme phénomènes projetés ne seraient pas en fait réellement ANALYSES 1431 perçues au niveau des viscères où existerait une dystonie en général méconnue.Basée sur le rappel de quelques travaux expérimentaux fondamentaux qui tendent à confirmer cette hypothèse, une rapide étude pathogénique est faite.Au cours de celle-ci est soulignée dans les phénomènes de régulation digestive l\u2019importance de 3 régions: les noyaux bulbaires du pneumogastrique, l\u2019hypothalamus et la région fronto-préfrontale longtemps méconnue dont le rôle parait de premier plan.R.BUTIAUX, A.TACQUET et B.GAUDIER.\u2014 Bactériologie des syndromes intesti- nœux provoqués par les antibiotiques.\u2018Arch.Mal.App.Digestif', \u2014 Journées des Gastro-entérologues Français \u2014 supp.au No 6, (octobre) 1955.Cette étude comprend deux parties: 1° des recherches expérimentales ont précisé les modifications de la flore intestinale survenant chez 17 adultes, au cours et après l\u2019absorption d\u2019auréomycine et de chloramphénicol.La disparition des espèces bactériennes sensibles (E.Coli) et leur remplacement par des résistantes (Protéus, Klebsiella, Entero- cocci) ont été presque toujours observés.Un syndrome intestinal d\u2019intolérance est apparu chez un seul sujet, pourtant.Aucune différence dans la transformation de la flore intestinale également constatée chez les individus tolérants n\u2019était décelable dans ce cas.Il est donc impossible d\u2019admettre sans discussion une liaison certaine et constante entre ces deux phénomènes; le premier est constant et l\u2019autre relativement rare.2° Les syndromes intestinaux survenant lors de l\u2019utilisation des oxytétracycline, chlorté- tracycline et chloramphénicol affectent 3 aspects: a) Les diarrhées bénignes \u2014 On les explique en général par un « dysmicrobisme » intestinal dû à la suppression de la concurrence microbienne réalisée par l\u2019antibiotique.Aucune preuve expérimentale n\u2019est capable d\u2019être fournie pour confirmer cette hypothèse. 1432 b) Les syndromes cholériformes des entérocolites surargués.On y trouve surtout des staphylocoques pathogènes.Nous avons observé des phénomènes semblables dus apparemment à B.Anitratum.IL\u2019entéro-toxine staphylococcique est considérée comme responsable des accidents graves ou mortels constatés; on se rappellera qu\u2019elle entraîne seulement des troubles bénins au cours des intoxications alimentaires; on est donc amené à suspecter une susceptibilité particulière du malade au cours de l\u2019antibiothérapie, pour expliquer à ce moment son extraordinaire agressivité.c) Les infections par les Candida \u2014 Elles sont localisées et bénignes ou généralisées et graves.Leur apparition ne doit pas entraîner systématiquement l\u2019arrêt du traitement.Il faut préciser, auparavant, si l\u2019espèce en cause est pathogène; on y arrive rapidement et facilement.Ces moniliases fréquentes dans cer- talnes régions sont rares dans d\u2019autres.Leurs mécanismes d\u2019apparition sont très discutés.La pathogénie des syndromes intestinaux de l\u2019antibiothérapie est encore mal connue.On observe, en effet, des modifications identiques de la flore intestinale chez des sujets la tolérant et chez d\u2019autres absolument intolérants.Deux hypothèses restent possibles: l\u2019envahissement de l\u2019intestin ou de l\u2019organisme par une bactérie résistante, exagérément virulente ou toxinogène; la réceptivité particulière originelle ou produite par la maladie en Cours.E.DFTANNOY, M.VERHAEGHE, A.CLAY, I.DEVAMBEZ et R.KNOCKAERT (Lille) \u2014 L'ulcère transformé de l'estomac est rare.\u2018La Semaine des Hôp.\u201d, (Annales de Chirurgie), 31: 527, 1955.Les auteurs rappellent les contradictions statistiques concernant la fréquence de la dégénérescence cancéreuse de l\u2019ulcère bénin de Cruveilhier, contradictions qui leur paraissent dues à la terminologie amphibiologique couramment employée dans la littérature: malignant ulcer, Ulkus-Karzinom, ulcére cancéreux, sont les expressions les plus habituelles.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Deux preuves doivent être fournies pour affirmer le diagnostic d\u2019un ulcère bénin dégénéré: ou bien l\u2019existence d\u2019un ulcère banal démontré par la clinique et la radiologie, et durant depuis longtemps \u2014 c\u2019est le critère évolutif \u2014 ou bien, la démonstration par l'examen histologique de l\u2019apparition en un point de l\u2019ulcère d\u2019un processus néoplasique malin.Le critère évolutif, et la longue durée de l\u2019ulcère, sont loin d\u2019avoir une valeur absolue, et on sait actuellement (Gutmann) que le cancer vrai de l\u2019estomac peut avoir une durée bien plus longue qu\u2019il n\u2019est classiquement admis.Certes, un malade atteint d\u2019ulcère depuis plus de 10 ans et présentant une aggravation clinique récente peut être légitimement suspecté d\u2019ulcère dégénéré.Mais là encore l\u2019examen microscopique est seul valable.L'examen radiographique, qui permet, dans les cas les plus favorables de distinguer une ulcération bénigne d\u2019un ulcère malin, n\u2019autorise pas le diagnostic d\u2019ulcère bénin dégénéré à moins qu\u2019on ne dispose d\u2019examens radiographiques en séries étagés sur plusieurs années.L\u2019examen macroscopique de la pièce opératoire n\u2019est pas plus sûr.Sur 30 cancers de l\u2019estomac histologiquement étudiés, 12 fois on fit macroscopiquement le diagnostic de cancer alors qu\u2019il s'agissait d\u2019un ulcère simple, et inversement, 22 fois le diagnostic d\u2019ulcère simple alors qu\u2019il s\u2019agissait de cancer.L\u2019examen macroscopique est donc trop souvent optimiste.Seul l\u2019examen histologique a quelque valeur, encore faut-il qu\u2019il comporte de très nombreuses coupes pour ne pas méconnaître une zone limitée de dégénérescence (erreur par omission) et que le noyau cancéreux n\u2019existe que dans un point limité de l\u2019ulcère avec ses caractères histologiques propres.Enfin, il est encore possible que le cancer primitif ait été détruit en presque totalité par la digestion peptique (Albot) ne laissant à la coupe qu\u2019une zone limitée de structure maligne.Enfin, dans les cancers très étendus, la preuve de la dégénérescence ne peut plus guère être apportée: L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 il ne peut plus s\u2019agir que d\u2019hypothèses ou de probabilités.Dans ces conditions d\u2019études, les auteurs n\u2019ont trouvé, sur 308 gastrectomies étudiées en dix ans aux points de vue clinique, radiologique et histologique, que 3 ulcères transformés contre 62 cancers et 243 ulcères bénins.En conclusion, seule la confusion terminologique permet, semble-t-il, de considérer comme fréquente (10 à 20% selon certains auteurs) la dégénérescence de l\u2019ulcère bénin.En fait, elle est rare et pour les auteurs ne dépasse pas 1%.Huit observations sont rapportées.ANESTHESIE A.FRONEK et Z.PISA.\u2014 Etude sur le traitement de la dépression du myocarde causée par le pentothal sodique.(Contribution to the therapy of myocardial depression caused by Thiopentone sodium.) \"Brit.Journal of Anaesthesia\u201d, 28: 366 (août) 1956.On observe assez couremment une chute de la tension artérielle dans la narcose intraveineuse par les barbiturates (Wezler et Chauer, 1942; Adams, 1944; Duesberg et Schroeder, 1944; Buhr, 1951).Selon certains chercheurs, cette baisse de pression sanguine tient à un effet direct de ces drogues sur le muscle cardiaque (Roth, 1935; Johnston, 1936 et 1938; Gruber, 1937 et 1952).D\u2019autres l\u2019attribuent plutôt à une réaction vaso-dilatatrice au niveau du lit vasculaire périphérique (Jacobi et Roemer, 1911; Nikolajev, 1948; Haynal et Held, 1950; Harris, 1951; Svec, 1953).Cette hypotension artérielle de l\u2019anesthésie intraveineuse, qui peut fréquemment atteindre un chiffre de 20 millimètres de mercure chez un individu normal sans créer d\u2019inconvénient sérieux, est susceptible de graves conséquences chez un sujet porteur d\u2019une maladie coronarienne; le risque est encore aussi grand si le pentothal sodique est administré à un patient qui présente, au préalable, une pression sanguine déjà basse, comme dans le choc par exemple (Adams.1944).ANALYSES 1433 Nous indiquerons ici la méthode réalisée par les deux auteurs.Quinze chiens, dont le poids était de 40 à 50 livres, firent l\u2019objet de leurs investigations; douze chiens furent anesthésiés légèrement par une dose initiale de thiopentone (30 milligrammes par kilo) ; les trois autres reçurent dans le même but une dose initiale de glucochloral ou chloralose \u2014 C8H!1CI3H® \u2014 (100 milligrammes par kilo).Dans une premiére série d\u2019expériences, on injecta par voie endoveineuse 500 milligrammes de pentothal à treize chiens, qui accusèrent une baisse abrupte de la tension artérielle jusqu\u2019à environ 30 millimètres de mercure.Les chiffres furent enregistrés à l\u2019endroit de l\u2019aorte et de l\u2019artère fémorale, et les contractions cardiaques mesurées d\u2019autre part par un myocardiographe à haute fréquence, muni de deux électrodes appliquées sur le péricarde.On peut formuler que l\u2019effet hypotenseur du pentothal est, dans ces conditions expérimentales, essentiellement dû à une diminution de la contractilité du muscle cardiaque.Et pour confirmer davantage l\u2019avancé de cette hypothèse, Fronek et Pisa pratiquèrent l\u2019épreuve suivante chez un groupe de six chiens: ils instillèrent du pentothal (25-50 milligrammes) dans une branche de l'artère coronaire gauche ascendante.Les changements prévus apparurent de fait sur la courbe myo- graphique qui fut complètement inversée; il s\u2019agissait d\u2019une «dilatation anévrismale du rayocarde pendant la phase systolique ».Sachant, par ailleurs, que le calcium est un stimulant de la fibre cardiaque (Daniclopolu, 1922; Beck et Mautz, 1937; Kunzova, 1941; Dale, 1952; Rothlin et Cerletti, 1952; Gross, 1953), les auteurs tentèrent l\u2019emploi de ce médicament pour contrecarrer en l\u2019occurrence l\u2019action nocive du thiopentone.Sur 12 des 13 essais effectués avec cinq centimètres cubes de chlorure de calcium (CaCl?) intraveineux a 10%, la pression sanguine non seulement revint à son niveau original ou presque, mais aussi le tracé myogra- phique refléta un retour favorable de la force contractile du myocarde.Il reste cependant 1434 ANALYSES X déterminer le rôle exact du calcium comme moyen thérapeutique à l\u2019égard de cette hypotension provoquée par le pentothal.Se com- porterait-il comme un tonique du muscle cardiaque ou comme un désintoxiquant de cet anesthésique dans l'organisme?Fronek et Pisa reppellent à ce propos les conclusions de B.Mendel, D.B.Mundell et Srelitzt (1939), de D.Nachmansohn (1940), de W.M.Govier, W.A.Freyburger, A.J.Gibbons et de E.Smite (1953); pour ceux-ci, le thiopentone serait un agent inhibiteur de la cholinestérase tandis que le calcium aurait vis-à-vis cette enzyme une action stimulatrice.L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 À la fin de l\u2019article, les auteurs mentionnent que le Docteur Keszler (1955), chef- anesthésiste de l\u2019Institut de Chirurgie Expérimentale, Prague-Krè, informé de leurs travaux, utilisa avec succès par la suite le calcium intraveineux chez 18 patients qui avaient subi une baisse de tension artérielle (20-30 mm de Hg) durant l\u2019anesthésie au pentothal ; il est, de plus, rapporté que le Docteur Racenberg, du même institut, obtint avec ce mode de traitement des résultats superposables chez 50 opérés présentant des conditions similaires.René LEBEAU. SOCIÉTÉS LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Séance du 15 avril 1956 à l'hôpital Notre-Dame.Tenue conjointement avec l'Institut du Cancer de Montréal.Présidence du docteur Georges Hébert.C\u2019est au directeur et à l\u2019instigateur de l\u2019Institut du Cancer de Montréal, LE DOCTEUR L.-C.SIMARD, que revint l'honneur d\u2019ouvrir cette séance.Pour ce faire, il avait choisi de faire l'historique de l\u2019Institut du Cancer de l\u2019hôpital Notre-Dame.Il nous expliqua sa composition au sein de cet hôpital général, ce qui est, d\u2019après lui, un avantage, nous parla de son fonctionnement en tant que clinique et de son rôle dans le dépistage des lésions cancéreuses de toutes natures.Ceci dit, LE DOCTEUR LÉoN GÉRIN-LAJOIE, chef du département de gynécologie de l\u2019hôpital Notre-Dame, après avoir analysé et commenté les statistiques de cas d\u2019épithélio- mas apparus sur les moignons restants après hystérectomies sub-totales, maintient que c\u2019est la coopération sans égoïsme individuel des membres d\u2019une équipe formée de gynécologue, radiothérapeute, chirurgien général et anato- mopathologiste, qui donnera les meilleures garanties de succès dans cette lutte contre le cancer des organes génitaux chez la femme.Il est indiscutable, disait-il qu\u2019agissant ainsi, la malade sera traitée à son mérite et cela pour son plus grand bien d\u2019abord, et celui de la société ensuite.Recherches sur la pathogénie du cancer.Dr Antonio CANTERO Ce travail nous fut donné par le docteur Antonio Cantero, directeur du département des recherches à l\u2019Institut du Cancer de l\u2019hôpital Notre-Dame.L\u2019auteur nous rapporte les résultats obtenus chez les animaux de laboratoire, de l'essai d\u2019une substance cancérigène, le diméthylaminobenzène.Il appert que cette substance provoque l'apparition de lésions hépatiques de nature cancéreuse dans 100% des animaux en expérimentation.L'apparition des lésions hépatiques est identique chez tous les animaux d\u2019une même race et elle est en proportion inverse de la concentration de la substance cancérigène injectée.Les méthodes de dosage du diméthylaminobenzène sont brièvement expliquées et le rapporteur nous montre plusieurs clichés illustrant graphiquement les réponses obtenues au cours de la cancérisation expérimentale de ces animaux.Cancer du sein.Dr Frangois ARCHAMBAULT.Le docteur Francois Archambault nous décrit et nous explique la nouvelle classification employée à l\u2019Institut du Cancer de l\u2019hôpital Notre-Dame, pour ce aui a trait au cancer du sein.Cette classification, plus complète, remplace depuis quelques mois l\u2019ancienne qui ne tenait pas compte de plusieurs facteurs anatomiques.Cette nouvelle classification des tumeurs du sein émane des études d\u2019un congrès international sur les tumeurs mammaires, tenu en Amérique du Sud, il y a quelques mois.L\u2019étude des statistiques des cancers du sein opérés a D'hopital Notre-Dame, de 1950 à 1955, suggere de la part de plusieurs membres de l\u2019auditoire intéressés dans cette affection.des commentaires assez variés quant à la valeur d\u2019un mode de traitement comparé à un autre.Il semble, si on ajoute foi aux statistiques publiées de par le monde, que la méthode de McWorther, d\u2019Ecosse (mastectomie simple suivie de radiothérapie des régions de drainage ganglionnaire) l\u2019emporta sur l\u2019opération de Halstead (mastectomie ra- 1436 dicale, avec évidement ganglionnaire sans radiothérapie adjuvante).* 2 + Journées médicales tenues à l'hôpital Notre- Dame le ler mai, à l'hôpital Ste-Justine, le 2 mai, à l'Hôtel-Dieu ls 3 mai 1956.Présidence du docteur Georges Hébert.PREMIÈRE JOURNÉE la première journée des actualités thérapeutiques fut consacrée à la présentation, par neuf rapporteurs différents, de sujets variés concernant l\u2019emploi courant de nouveaux médicaments ou produits médicaux.C\u2019est ainsi que le docteur Léopold Long nous parla de l\u2019emploi du Purinetho! dans le traitement des leucémies, le docteur Jacques Gauthier du traitement des vaginites non-spécifiques, le docteur Gilles Leduc de l\u2019emploi du diamox comme diurétique, le docteur Richard-A.Charland d\u2019un nouveau traitement chirurgical de la surdité due à l\u2019otosclérose, la mobilisation de l\u2019étrier, le docteur Miron Georgesco de l\u2019emploi de l\u2019uréthane dans le traitement du myélome multiple, le docteur Paul Leton- dal de l\u2019emploi du mycostatin dans le traitement des affections mycosiques secondaires à la moniliase, le docteur Marcel Ferron de l\u2019utilité de la Nisentil comme agent anesthésique dans l\u2019accouchement, le docteur Roland Cloutier de l\u2019utilité des verres de contact, et le docteur Marcel Berthiaume de l\u2019emploi de la serpasil comme adjuvant dans le traitement des maladies mentales.Après la présentation des travaux scientifiques, les membres de la société furent conviés à un cocktail, lequel fut suivi d\u2019un lunch au cours duquel nous eûmes le plaisir de voir décerner au docteur Jules Archambault son \u2018certificat de membre honoraire.Le conférencier invité pour cette occasion, que plusieurs connaissaient déjà, pour l\u2019avoir vu et entendu à maintes reprises à la télévision, fut le Père Emile Legault, C.S.C., qui nous parla de «la congestion de la foi».T1 sut plaire à SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 l\u2019auditoire, s\u2019il faut en juger par les applaudissements de l'assistance.DEUIÈME JOURNÉE Au début de cette deuxième journée des actualités thérapeutiques, tenue à l'hôpital Sainte-Justine, furent déclarés élus membres de la Société Médicale, MM.les docteurs Jacques Ducharme, Jacques-O.Gagnon, René Lefebvre, André Nobert, C.-A.Valiquette et Jean-Louis Laberge.La partie scientifique de cette deuxième journée fut consacrée à la présentation de trois forums où la question à débattre l\u2019était par un groupe d\u2019experts, sous la présidence d\u2019un moniteur.Les experts du premier forum eurent à débattre la question suivante: « Le sérum antitétanique doit-il être administré de routine chez les accidentés?» Ont figuré sur la première équipe, MM.les docteurs Marcel Lamoureux, Albert Royer, Maurice Saint- Martin; le directeur du forum était le docteur Georges Hébert.Le deuxième forum de l\u2019avant-midi, sous la présidence du docteur Henri Charbonneau et composé des docteurs Hermile Trudel, Paul-M.Larivière et Bertrand Primeau, eut à solutionner le problème de l\u2019isolement dans les maladies contagieuses.Quant au troisième et dernier forum sur les hypervitaminoses en pédiatrie, les participants étaient les docteurs Claude Léonard, René Foisy et Guy Girardin.Les rapporteurs de ces différents forums eurent à répondre à plusieurs questions de la part de l\u2019auditoire présent.Ce deuxième avant-midi fut suivi d\u2019un cocktail et d\u2019un lunch, au cours duquel nous avons eu le plaisir d\u2019écouter un expert financier s\u2019adresser aux médecins.Monsieur Maurice Tremblay avait intitulé sa conférence: «la médecine vue par un conseiller financier ».TROISIÈME JOURNÉE Cette troisième et dernière journée des actualités thérapeutiques se déroula à l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal.Là aussi, les forums furent a I\u2019honneur.Le premier, sur la chlorpromazine L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 (largactil), présidé par le docteur Yves Chaput, nous a permis de connaître les opinions des docteurs Paul Larivière, psychiatre, Gérard Mignault, anesthésiologiste, Simon Lauzé, pathologiste, et Charles Dumas, neuropsychiatre.Le deuxième forum de l\u2019avant-midi, sur la fièvre des foins, fut présidé par le docteur Gérard Casgrain.Il avait sur son équipe, pour renseigner les membres de l\u2019auditoire, MM.les docteurs Jacques Léger, Jean Denis, Paul Brais, Jean Roy et Fernand Montreuil.Enfin, le troisième et dernier forum, sur les indications et contre-indications de la cortisone et des nouveaux stéroïdes dans la thérapeutique en général et dans certains cas particuliers, fut présidé par le docteur Roger Demers et il avait réuni autour de lui les docteurs Paul Dumas, neuro-psychiatre, Gérard Casgrain, allergiste, Jacques Durivage, rhumatologue, Yvon Baillargeon, dermatologiste, Gilles Gosselin, interniste, et Gilles Cousineau, ophtalmologiste.Cette équipe a discuté de l\u2019utilité de la médication stéroïdien- ne dans les diverses modalités des affections auxquelles ils s\u2019intéressaient.Après le cocktail d\u2019usage, suivit le déjeuner au cours duquel, comme conférencier invité, nous eûmes le bonheur d\u2019entendre un des nôtres, en la personne du docteur Jean Char- bonneau, urologue, qui a bien su dérider son auditoire avec ses «Trois âges de la vie urologique ».Cette troisième journée se termina sur une note très agréable au Cercle Universitaire de Montréal, où plusieurs membres et leurs confrères s\u2019étaient réunis pour assister au dîner de clôture.Celui-ci fut agrémenté d\u2019un divertissement, lequel nous avait été préparé par une troupe de comédiens amateurs d\u2019origine française, vivant à Montréal.On nous interpréta deux comédies: « La délaissée » de Max Maurey, et «Léonie est en avance», de Feydeau.Cette soirée artistique, qui suivit le dîner, a semblé plaire à la foule de médecins réunis pour clôre ces Journées Médicales 1956.SOCIÉTÉS 1437 Séance de mardi, 2 octobre 1956 Tenue à l'hôpital Saint-Luc Présidence du Dr Georges HEBERT Lésions osseuses dans les hémopathies.Dr Jacques BOUSSER.Le rapporteur de ce travail, le docteur Jacques Bousser, délégué officiel de la France au XXVIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada à Jasper, après avoir été présenté par le docteur Emile Blain, directeur général de l\u2019'AMLFC, entreprit de nous démontrer, au moyen de transparents, la participation du tissu osseux aux diverses perturbations d\u2019origine sanguine.C\u2019est ainsi que l\u2019on vit sur l\u2019écran d\u2019excellentes photos de plaques radiographiques osseuses, montrant les lésions de ce tissu au cours de la maladie de Hodgkin, de la maladie de Cooley (anémie méditerranéenne), etc.ete.Cette conférence, très bien illustrée, a semblé plaire énormément à l\u2019auditoire nombreux venu assister à la reprisc de nos séances régulières.Le docteur Bousser fut remercié par son confrère et ami, le docteur Paul Robert, chef de médecine de l\u2019hôpital Maisonneuve.Après ces remerciements, les membres présents furent conviés à un délicieux goûter servi par les autorités de l'hôpital Saint-Luc, dans le cafétéria de l\u2019hôpital.N'ayant pas d\u2019avis de motion, ni de motion, pas plus que d\u2019affaires nouvelles, la séance fut levée à dix heures trente.Le secrétaire des séances, Pierre-A.TURGEON.L'ASSOCIATION DES MÉDECINS CANADIENS FN FRANCE Séance du 10 octobre 1956.Le 10 octobre dernier, les médecins canadiens en France avaient le plaisir et l\u2019honneur d\u2019être reçus à un coquetel par les docteurs Armand Frappier, Directeur de l\u2019Institut de Microbiologie de l\u2019Université de Montréal, et Maurice Panisset, Professeur au même Institut.Le Directeur de la Maison Canadienne, M.Lionel Lemay, avec une bienveillance chaleureuse qui est maintenant devenue une tra- 1438 dition, avait mis à la disposition des invités le grand salon récemment rénové.Une brillante assistance se pressait autour de nos hôtes parmi laquelle on pouvait reconnaître les plus grands noms de la science et de la clinique médicales françaises.Le Docteur Frappier témoigna de l\u2019intérêt paternel qu\u2019il porte à notre jeunesse studieuse en acceptant ensuite, malgré les fatigues d\u2019un séjour consacré entièrement au travail, d'assister à la première séance régulière de l\u2019Association.Le président l\u2019en remercia bien vivement et profita de l\u2019occasion pour lui dire la profonde admiration qu\u2019ont pour lui et son oeuvre ses anciens élèves et l\u2019ensemble du corps médical français.Cette première réunion constituait une prise de contact plutôt qu\u2019une véritable séance de travail.Le président salua d\u2019abord les membres du Comité d\u2019Orientation qui avaient bien voulu nous honorer de leur présence, dont le toujours dynamique professeur Kourilsky, son président et le fidèle professeur Lenègre dont chacun admire la douce autorité.Il salua également le professeur Bousser qui nous arrivait tout droit du Canada où il avait représenté son pays au Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord.Il se tourna ensuite vers les vingt-trois médecins canadiens anciens et nouveaux, leur souhaita la bienvenue en terre française et au sein de l\u2019Association, énuméra les buts que poursuit cette dernière, leur demanda de s\u2019adresser à elle pour tous les problèmes d\u2019ordre professionnel ou personnel qu\u2019ils pourraient avoir à régler et exprima le voeu que chacun s\u2019efforce de la faire indéfiniment progresser.Il remercia enfin le professeur Kourilsky pour les services signalés qu\u2019il venait de rendre à un bon nombre d\u2019entre nous et à la cause des relations médicales franco-canadiennes, M.Lionel Lemay, directeur de la Maison Canadienne, pour le zèle indéfectible et intelligent dont il a toujours fait preuve à notre égard, Madame Lemay pour son sourire, son dévouement et son hospitalité et Madame Martel, notre secrétaire, pour son enthousiasme diligent.Au nom SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 de l\u2019Association Madame Rolande Laurin remit avec bonheur une gerbe de fleurs à Mada- i.e Lemay et un souvenir a Madame Martel.A cette réunion inaugurale, nous ne pouvions manquer de célébrer l\u2019obtention des privilèges que vient de nous consentir le gouvernement français et l\u2019Assistance Publique de Paris.Nos sept nouveaux internes, résidents à titre étranger, le coeur en fête, assistaient d\u2019ailleurs à notre réunion.Il fut rappelé que dans leurs différents services, ils se trouvaient sur le même pied que leurs homologues français, qu\u2019ils avaient droit aux mêmes avantages (1), étaient soumis aux mêmes exigences et partageaient les mêmes responsabilités qu\u2019eux, que ces stages qui pourraient se prolonger de un à trois ans seraient reconnus comme années de résidence par le Collège Royal.Il fut souligné de plus que la compagnie Specia (Rhône-Poulenc) mettait à la disposition des Doyens de nos trois universités françaises une somme de près de $ 8000, à être répartie par eux aux résidents canadiens, selon les besoins financiers respectifs de ces derniers.Aux termes de l\u2019accord douze ou quinze postes ont été alloués aux diplômés de nos universités.Il en reste done cinq ou huit à pourvoir.Il faut espérer que nos doyens recevront un assez grand nombre d\u2019applications valables pour que tous ces postes soient occupés dès le premier mai 1957, au début du deuxième terme de la présente année académique.Seule ombre au tableau les psychiatres en formation ne bénéficient pas du présent accord.Les hôpitaux et cliniques psychiatriques ne relèvent pas en effet de l\u2019Assistance Publique (sauf pour la Salpêtrière) mais de la Préfecture de la Seine.Le président de l\u2019association a déjà porté ce fait à l\u2019attention du Congrès des psychiatres de France à Bordeaux et à celle du Ministère de la Santé.D\u2019autres négociations devront s\u2019engager bientôt sur ce point.Espérons qu\u2019elles porteront rapidement leurs fruits.De toute façon, un grand pas vient d\u2019être accompli.Les échanges entre nos deux pays sont main- 1.Rémunération de 524.000 francs par an.soit à peu près $1400. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 tenant établis sur des bases solides.Pour répondre au geste gracieux de la France, le Docteur Bonin, Doyen de l\u2019Université de Montréal, vient de mettre à la disposition des spécialistes français en formation quatre postes analogues à ceux que nous venons d\u2019obtenir.Et 1l promet que ce n\u2019est là qu\u2019un début.Il convient donc de se féliciter de la tournure que prennent les événements et de célébrer comme il se doit les efforts de tous ceux, médecins et non médecins, qui de près ou de loin, aujourd\u2019hui comme hier, ont travaillé et travaillent encore à ce renouveau.En conclusion de son tour d\u2019horizon, le Président se fit un plaisir d\u2019en donner la liste complète : en France, les professeurs et docteurs Leclainche, Justin-Besançon, Kourilsky, Binet, Chigot, Lenègre, Laporte, Bousser, Hillemand, Castaigne, Bernard, Vallery- SOCIÉTÉS 1439 Radot, Marquezy, Debray, Decroix et l\u2019exécutif de la corporation des internes, l\u2019asso- clation France-Amérique, MM.Ramadier, Muroselli, Berger et Baillou, l\u2019ambassadeur du Canada M.Jean Désy et son attaché cul- tarel M.René Garneau, ainsi que M.L.Lemay, directeur de la Maison Canadienne ; an Canada : les docteurs Bonin, J.B.Jobin, Marion, Dufresne, Gingras, Blain, Trudel, Pierre Jobin, Amyot, Jutras, Dussault, Frappier, Saucier, Charbonneau, le Collège des Médecins de la Province de Québec et l\u2019association des médecins de langue française du Canada, deux recteurs de nos universités, messe:gneurs Parent et Lussier ct M.Mouton, de l\u2019ambassade de France à Ottawa.Ces hommes ont été les artisar's d'un succès dont l\u2019avenir montrera l\u2019ampleur et l\u2019importance.En ce domaine plus qu\u2019en tout Boucher, 1440 autre, « les fruits passeront les promesses des fleurs ».Le président du comité d\u2019orientation, le professeur Kourilsky, prit ensuite la parole et nous fit un récit rétrospectif des négociations, démarches, avatars, délais et incidents de dernière heure qui précédèrent la parution de l\u2019arrêté ministériel concernant les résidents au Journal Officiel.Placé comme il était, aux premières loges, et ayant mis lui-même la main à la pâte, il put nous en brosser un tableau animé et complet.Il s\u2019adressa alors aux nouveaux résidents et leur donna toutes sortes de conseils pratiques ayant pour but de faciliter leur adaptation dans ce milieu nouveau.« Vous êtes des pionniers », leur dit-il.Par votre travail, votre souplesse, vos qualités, vous devez prouver à vos maîtres canadiens et français, à l\u2019administration hospitalière et aux autorités gouvernementales que le système nouvellement établi est viable et bénéfique pour toutes les parties concernées.Je sais déjà que vous ne décevrez pas notre confiance et que vous nous aiderez à résoudre au mieux les difficultés inhérentes à toute période de rodage.Même après cette victoire l\u2019association des médecins canadiens en France et son comité d\u2019orientation continuent d\u2019être absolument nécessaires.Non seulement continuera-t-elle à orienter les médecins canadiens non résidents, qui restent encore et seront toujours nombreux, mais c\u2019est par elle que vous resterez en contact avec les universités et collèges canadiens d\u2019une part, et avec le Collège de Médecine et l\u2019Assistance Publique d\u2019autre part.Je vous engage donc à ne pas manquer une de ces réunions et à collaborer à tous les projets qu\u2019elle mettra éventuellement sur pied.» SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 Il restait au docteur Bousser à nous donner les impressions qu\u2019il rapportait de son récent voyage au Canada.Il le fit en termes simples et émouvants.D\u2019un point de vue scientifique, il déclara avoir été frappé par la densité de certains rapports présentés au congrès de Jasper, par la compétence des maîtres canadiens qu\u2019il a eu le plaisir de rencontrer et par l\u2019organisation de nos hôpitaux.Il rapporte un souvenir inoubliable de nos majestueuses Rocheuses et de notre luxuriante forêt qué- becquoise.Mais ce qui l\u2019a le plus ému, c\u2019est encore les attentions délicates que tous et chacun ont eues pour lui, le magnifique exemple de survivance française qu\u2019il a pu étudier de près à Saint-Boniface et l\u2019effloraison actuelle de notre culture canadienne française.« Médecine, littérature, peinture, etc, sont, dit-il, en plein progrès et le français que je suis ne pouvait que ressentir une très grande fierté à la vue de ce rejeton vigoureux qu\u2019a poussé la vieille France en terre d\u2019Amérique.Je ne me suis jamais dépaysé chez vous.J\u2019y ai trouvé une atmosphère de fraternité, de frai- cheur, de dynamisme qui a été pour moi une source de joies exquises en même temps qu\u2019une révélation.Je remercie tous ceux à qui j\u2019en suis redevable et souhaite à tous mes confrères français une pareille récompense.» À la fin de la réunion, il fut remis à chacun des assistants un cadeau-souvenir de la part de la Compagnie Specia (Rhône-Poulenc).En plus d\u2019échantillons médicaux, les médecins canadiens y trouvèrent un guide de Paris, un carnet de cartes postales et un petit volume merveilleusement illustré à la gloire de la ville-lumière.La réunion se termina comme à l\u2019accoutumée par une séance d\u2019orientation. NECROLOGIE EUGÈNE PANNETON (1878 - 1956) L\u2019un des pionniers de la Radiologie au Canada français, le Dr.Eugène Panneton, vient de nous quitter pour un monde meilleur.Né à Biddeford, dans l\u2019état du Maine, le 2 novembre 1878, ce franco-américain vint étudier la Médecine à Montréal, de 1905 à 1909.Ses études médicales terminées, il fit de l\u2019internat à l'hôpital Notre-Dame ou il exerça en 1910, la fonction de chef interne.L\u2019année suivante, il partit pour Paris, où durant deux ans, il se spécialisa en Radiologie.A son retour d\u2019Europe, 1l revint à l'hôpital Notre-Dame, où il organisa à ses frais, un service de Radiologie.C\u2019était l\u2019un des premiers services de Radiologie installé dans les hôpitaux montréalais.Pendant 21 ans, le Dr.Frugène Panneton dirigea le service de radiologie de l'hôpital Notre-Dame, avec compétence et serviabilité.Tous ceux qui ont eu recours à ses services se rappellent son affabilité et son empressement à leur fournir les renseignements demandés.Doué d\u2019un esprit inquisiteur autant que d\u2019un sens pratique, ce pionnier sut tirer de sa discipline médicale tout ce qu\u2019elle pouvait alors donner.Homme d'initiative, il fut le premier radiologiste canadien-français à faire servir les rayons X à des fins thérapeutiques, et à obtenir par ce procédé, d\u2019excellents résultats dans les fibromyômes utérins, les angiômes et les adénites bacillaires.Premier professeur de radiologie à l\u2019Université Laval, section de Montréal, puis à l\u2019Université de Montréal, le Dr.Panneton s\u2019appliqua à faire comprendre à ses élèves les avantages et les difficultés de cette nouvelle branche de la Médecine.Lorsqu'il quitta l\u2019hôpital Notre-Dame pour se consacrer à la pratique privée de la radiologie, il s\u2019occupa surtout de radiothérapie.Pendant plusieurs années, il assuma la charge du service de radiologie à l\u2019hôpital de Verdun, tout en faisant de la radiothérapie à domicile.Il n\u2019y a que quelques années qu\u2019il abandonna toute pratique de sa spécialité.Membre fondateur de la Société Cana- dienne-française d\u2019Electro-Radiologie Médicale en 1928, et vice-président de 1928 à 1934, il en fut le président de 1934 à 1936.En plus d\u2019être le premier professeur de radiologie de l\u2019Université de Montréal et le premier canadien-français à faire de la radiothérapie, le Dr.Panneton fut le premier canadien-français à devenir membre de l\u2019American Roentgen Ray Society.Il a donc joué un rôle de pionnier dans la radiologie canadienne-française.Gardons lui notre reconnaissance et déposons sur sa tombe l'hommage de notre fidèle souvenir.Origène DUFRESNE.LE DOCTEUR PIERRE-JAMIL RABIL Le docteur Rabil est décédé en juillet 1956 à l\u2019âge de 43 ans.Il était alors membre du personnel médical de l\u2019hôpital Universitaire de Georgetown et assistant professeur en chirurgie à l\u2019Ecole de Médecine de l\u2019Université de cette ville.Durant la dernière guerre mondiale, le docteur Rabil se distingua aux armées, ayant gagné par son mérite et sa bravoure, plusieurs décorations dont celle de la Légion d\u2019Honneur et de la Croix de Guerre de la nation française.Le docteur Rabil avait été un élève du regretté Mercier-Fauteux et avait continué à parfaire son expérience en chirurgie cardio- vasculaire.Nous savions que sa formation était solide et que le travail qu\u2019il effectuait aux Etats-Unis était une efficace préparation à sa carrière de chirurgien spécialisé.Aussi devait-il très bientôt revenir à l\u2019hôpital Ste- Jeanne-d\u2019Arc pour y apporter sa science et son expérience en chirurgie cardio-vasculaire.La Providence en a jugé autrement et nous prive d\u2019un collègue qui aurait contribué très utilement à l\u2019essor de notre école de médecine. NOUVELLES LE DOCTEUR FRANÇOIS ROY, ÉLU PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION DES CHIRURGIENS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC L'assemblée générale annuelle de l\u2019Association des Chirurgiens de la Province de Québec \u2014 Association of Surgeons of the Province of Quebec \u2014 s\u2019est tenue à Québec, le 17 novembre 1956.A cette oc- cation, les membres ont procédé à l\u2019élection du bureau de direction de l\u2019Association.Le docteur François Roy, de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, a été élu président en remplacement du docteur Edouard Desjard/ns, de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal; le docteur Donald R.Webster, de l\u2019hôpital Royal Victoria, a été élu premier vice-président; le docteur Léon Gérin-Lajoie, de l\u2019hôpital Notre-Dame, a été nommé second vice-président ; le docteur François Ar- chambault, de l'hôpital Notre-Dame, a été réélu secrétaire-trésorier.Les docteurs Edouard Desjardins, Paul Poliquin, de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, C.McG.Gardner, de l\u2019hôpital de la Reine-Marie, Jean-Paul Legault, de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, et Richard Gaudet, de l\u2019hôpital S.-Vincent-de-Paul de Sherbrooke, ont été élus directeurs.Les docteurs Gardner, Legault et Richard Gaudet remplacent les docteurs Rowe, Calixte Favreau et J.-A.De- noncourt.ee ++ DOCTORAT \"HONORIS CAUSA\u201d CON- FERE AU DOCTEUR HENRI SIMONNET Le doyen et les membres du Conseil de l\u2019Ecole d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal ont l\u2019honneur de vous annoncer que, sur proposition de l\u2019Ecole, approuvée par la Commission des études et le Conseil des Gouverneurs, le titre de Docteur en Hygiène publique (honoris causa) a été conféré à M.le docteur Henri Simonnet, professeur invité à l\u2019Ecole d'Hygiène.La cérémonie de la remise du parchemin et de l\u2019épitoge, par Mgr le Recteur, a eu lieu mardi, le 20 novembre, à 5 h.p.m,, dans la salle G-604, en présence des représentants du Conseil des Gouverneurs et de la Commission des études, des officiers de l\u2019Université, du doyen, des professeurs, des élèves et des anciens élèves de l\u2019Ecole d\u2019hygiène, et dss repr\u2018sentants d\u2019autres facultés de l\u2019Université et des Services de Santé publique.CONFÉRENCES À MONTRÉAL DE SIR GEOFFREY KEYNES Les lundi et mardi, 19 et 20 novembre 1956, Sir Geoffrey Keynes, Arthur Sims Commonwealth Traveling Professor, a prononcé des conférences, à l\u2019Hôtel-Dieu, sur le traitement du cancer du sein, à Notre-Dame, sur la chirurgie de la thyroïde, ct à l\u2019Université de Montréal, devant les étudiants en médecine, sur l\u2019histoire du plus ancien hôpital de Londres, St.Bartholomew.LE DOCTEUR JACQUES GENEST AU \u201cCANADIAN CLINICAL INVESTIGATION TRAVEL CLUB\u201d Lors de la dernière réunion, tenue en octobre 1°56, à Toronto, du Canadian Clinical Investigation Travel Club, le docteur Jacques Genest, directeur du Département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal, a participé à un symposium sur l\u2019aldostérone et il a, de plus, été élu secrétaire- trésorier du C.C.I.T.C.pour l\u2019année 1956-57.ee ++ CONGRÈS DE L'ASSOCIATION DES CHIRURGIENS L'Association des Chirurgiens de la Province de Québec \u2014 Association of Surgeons of the Province of Quebec \u2014 a tenu son congrès annuel à Québec samedi, le 17 novembre 1956, à l\u2019hôpital de l\u2019En- fant-Jésus.La séance scientifique de la matinée, tenue sous la présidence conjointe des docteurs Paul Poliquin et Philip G.Rowe, comprenait les communications suivantes: 1.Correction: pectus excavatum.\u2014 Docteur J- Marie Lemieux (hôpital du St-Sacrement).2.Traitement chirurgical de la sténose bronchique tuberculeuse.\u2014 Docteur J.-André Gravel (H6- tel-Dieu et Laval).3.Considérations sur les complications fréquentes en traumatologie.\u2014 Docteur Maurice Royer (St- François-d\u2019Assise).4.Consid{rations sur les pancréatites \u2014 présentation de cas.\u2014 Docteur Wilfrid Caron (Sainte-Foye et du Saint-Sacrement). L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 5.Résection endo-urétrale du col vésical dans les méga-vessies \u2014 présentation de cas.\u2014 Docteur Arthur Bédard (Hôtel-Dieu).6.Un cas de syndrome de Bard.\u2014 Docteurs Maurice Samson, Jean Brochu, Pierre Tremblay (hôpital de l\u2019Enfant-Jésus).7.Emploi de la peau dans la réparation des hernies.\u2014 Docteur Amyot Jolicoeur (Hôpital Ste- Foye).8.Considérations sur la gastrectomie totale dans le cancer de l\u2019estomac.\u2014 Docteurs François Roy, Edouard Beaudry, Paul L\u2019Espérance (Hôtel-Dieu de Québec et Hôtel-Dieu de Chicoutimi).Le programme de l\u2019après-midi comprenait un Forum sur l\u2019Entraînement chirurgical post-scolaire \u2014 Graduate Surgical Training dont le docteur Edouard Desjardins fut l\u2019animateur et les docteurs Charles Hébert, Léon Gérin-Lajoie, Francois Roy et Philip George Rowe, participants.CONGRÈS DE PSYCHIATRES À MONTRÉAL Des centaines de délégués ont assisté au Congrès régional de l\u2019American Psychiatric Association qui s\u2019est tenu à partir du 6 novembre 1956 à l\u2019hôtel Sheraton-Mont-Royal de Montréal.Le docteur JE.-A.Marcotte, de Montréal, présidait la section québécoise de l\u2019Association.Parmi les rapporteurs au congrès, on note les docteurs Karl Stern, André Lussier, J-N.Fortier, Femand Côté et François Cloutier.LA SOCIÉTÉ D'ORTHOPÉDIE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC La Société d\u2019Orthopédie et de Traumatologie de la Province de Québec a tenu une réunion à l\u2019'Hôpital Général d\u2019Ottawa samedi, le 3 novembre 1956.à 9h.30 a.m.Le programme se lisait comme suit : 1.Moebius Disease: It may be your next patient.\u2014 Maladie de Moebius: Ce peut être votre prochain patient.\u2014 Le docteur Gordon Armstrong.2.Anatomy in traumatic condition of the ankle.\u2014 L\u2019anatomie des traumatismes de la cheville.\u2014 Le docteur J.Robichon.3.Synovial Osteochondromatosis of the knee ; study of the evolutive lesion.\u2014 Ostéochondromatose de la synoviale du genou: son évolution pathologique.\u2014 Le docteur Campbell.pathologiste.4.Combined plastic and orthopedic cares in traum- atie conditions.\u2014 Entr\u2019aide du chirurgien plasti- NOUVELLES 1443 que et orthopédique dans les traumatismes.\u2014 Le docteur A.Larocque.5.Laboratory aids in the study of bone disease.\u2014 Comment le laboratoire peut aider dans les maladies osseuses.\u2014 Le docteur K.Smiley, hématologiste.6.Pot-Pourri: Express presentation of interesting cases.\u2014 Revue rapide de cas intéressants.\u2014 Le docteur J.-C.Rossignol.+ + CONFÉRENCES DU DOCTEUR JACQUES GENEST EN SASKATCHEWAN ET AU MANITOBA Au dernier congrès de la division de la Saskatchewan de l\u2019Association Médicale Canadienne, le docteur Jacques Genest a prononcé deux conférences, l\u2019une intitulée « Adreno Cortical Dysfunction » et l\u2019autre « Side-effects of Hypotensive Drugs».Le docteur Jacques Genest a traité également ce dernier sujet au congrès de la division manitobaine de l\u2019Association Médicale Canadienne et il y a aussi donné une conférence sur « Management and concept of hypotensive drugss.L\u2019Académie des Spécialistes en médecine interne du Manitoba l\u2019a en plus invité à faire une causerie sur la cellulothérapie de Nichans, CONFÉRENCE DU DOCTEUR J.-RAPHAËL BOUTIN Lundi, le 5 novembre 1956, le docteur J-Raphaël Boutin, directeur médical de l\u2019hôpital Notre-Dame, a fait devant les membres du Club des Anciens de Sainte-Marie réunis au Ritz-Carlton une conférence intitulée: «Le public est assuré de soins médicaux adéquats dans nos hôpitaux ».Présenté par le docteur Paul Bourgeois, le docteur J-R.Boutin a été remercié par le docteur Edouard Desjardins.+-e ++ CONFÉRENCES SOUS LES AUSPICES DU DÉPARTEMENT DE RECHERCHES CLINIQUES DE L'HÔTEL-DIEU Le Département de Recherches cliniques de l\u2019Hô- tel-Dieu de Montréal a été lhôte, le 7 novembre 1956, du docteur Allan Gornall, professeur agrégé de biochimie à l\u2019Université de Toronto, qui a prononcé une causerie sur « Experimental studies with Aldosterone » et, le 14 novembre 1956, du docteur Arnold S.Pelman, de Boston, qui a traité du sujet suivant: « Most recent studies on the physiology of rubicium and cesium in relation to potassium ». 1444 EXPOSITION \u201cARS MEDICA\u201d L\u2019exposition Ars Medica a eu lieu au Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 7 au 21 novembre 1956.Cette remarquable collection de gravures par Rembrandt, Daumier, Hogarth, Toulouse-Lautree et d\u2019autres grands peintres du passé, comprenait 85 estampes rares, dépeignant la pratique de la médecine à travers les ages.ee ++ CONFÉRENCE DU DOCTEUR PAUL LETONDAL Le docteur Paul Letondal, médecin de l'hôpital Sainte-Justine et pédiatre consultant à l'Hôpital Général de Verdun, a prononcé une conférence le 3 novembre 1956 à l\u2019Université de Montréal, lors du récent congrès de l\u2019ACFAS.À cette occasion, le docteur Letondal a présenté une nouvelle contribution à l\u2019Histoire de la Pédiatrie au Canada Français.NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 SYMPOSIUM SUR LES NEPHRITES INFANTILES À L'HÔPITAL STE-JUSTINE Un symposium sur les néphrites infantiles avait lieu à l'hôpital Sainte-Justine le 24 novembre 1956, à l\u2019occasion de la dernière séance d\u2019étude du Bureau médical, sous la présidence du docteur J.-Alcide Martel.Les syndromes cliniques furent exposés par le docteur Paul Letondal, les syndromes biologiques par le docteur Robert-AÀ.Ayotte, les lésions ana- tomo-pathologiques par le docteur Jacques Gagnon.Prirent part à la discussion: les docteurs Raymond Labrecque, Roger Poirier et le professeur Pierre Masson.Cette séance d\u2019étude, à laquelle tous les praticiens de Montréal et des environs avaient été invités, était accompagnée de présentation de malades et de projections. REVUE DES LIVRES Tumeurs humaines \u2014 Histologie \u2014 Diagnostics et techniques.\u2014 P.MASSON, professeur à l'Université de Montréal, membre de l'Académie Nationale de Médecine.\u2014 Librairie Maloine, édit, 2ème édition.Paris, 1956.En 1923 paraissait chez Maloine un nouveau tome du Traité de Pathologie Médicale et de Thérapeutique Appliquée, de Sergent, Ribadeau-Dumas et Babonneix.Cet ouvrage portait le titre modeste de Tumeur \u2014 Diagnostics Histologiques.Il avait pour auteur un homme encore jeune qui, en moins d\u2019une décennie, après s\u2019être imposé à l\u2019attention du monde scientifique et médical par l\u2019originalité de ses travaux, était entré de plein pied dans les cadres officiels de l\u2019enseignement supérieur français, comme titulaire de la chaise d'anatomie pathologique, à la renaissante université de Strasbourg.En cinq courtes années, le jeune professeur avait organisé, à partir de rien, un enseignement très suivi, avait groupé autour de lui une équipe de chercheurs français et étrangers et, sans ralentir le rythme de ses publications, de ses communications scientifiques, avait trouvé le temps de rédiger, d\u2019un style allègre, un livre de près de huit cents pages, où s\u2019affirmait sa profonde connaissance des tumeurs.Je ne sais si tous les volumes de la collection Sergent bénéficièrent d\u2019une égale notoriété.À tout événement, le tome des Tumeurs, par Pierre Masson, connut un immense succès de libraire et fut même traduit en espagnol.En peu d'années il était devenu introuvable, et je me souviens encore de ma satisfaction d\u2019en avoir déniché un exemplaire défraîchi, dans une librairie montréalaise, aux alentours de l\u2019année 1932.On le trouvait, à portée de main, dans la bibliothèque de maints pathologistes réputés et, même en ces dernières années, on écrivait aux disciples immédiats du Maître pour savoir où se le procurer.* + Il fallut la trouble accalmie d\u2019une autre après-guerre pour décider le Professeur Pierre Masson à céder aux sollicitations qui lui arrivaient de toutes parts.Et voilà qu\u2019après 33 ans, sous le titre de « Tumeurs humaines, Histologie, Diagnostics et Technique» apparaît une deuxième édition, complètement refondue, augmentée à plus de 1,200 pages, illustrée de 450 figures et de 12 planches en couleurs.À vrai dire, en dépit d\u2019un intervalle d\u2019un tiers de siècle, ces deux ouvrages offrent de frappantes similitudes.Tous deux sont des œuvres essentiellement personnelles, fruits de la réflexion soutenue d\u2019un homme à formation biologique et médicale, adonné à la contemplation inlassable et subtile de la structure microscopique des tumeurs.Les apports étrangers sont en somme peu nombreux et, si l\u2019on peut dire, y figurent le plus souvent à titre de témoignages à l\u2019appui des vues personnelles de l\u2019auteur.Pour lui, comme il aime à le répéter, la source de toutes connaissances c\u2019est le grand livre de la nature.La conception générale de ces deux traités n\u2019a pas varié non plus.Le second procède du premier, l\u2019enrichit, le complète en plus d\u2019un point, le corrige rarement.Il est intéressant de suivre l'itinéraire de ce long cheminement qui, de la première à la seconde édition, se poursuit inflexiblement en ligne droite.Ici encore, l\u2019ouvrage se divise en deux parties dont la première, intitulée Généralités, a pour dessein, suivant l\u2019expression de l\u2019auteur, d\u2019«intégrer les processus tumoraux dans le cadre de la biologie générale ».Les tumeurs sont le résultat soit d\u2019un vice de développement, soit d\u2019une hyperplasie, soit d\u2019une néoplasie.Avec raison, le Professeur Pierre Masson donne au terme de tumeur une acception ample et n\u2019en fait pas un synonyme de néoplasme.contrairement à l\u2019usage 1446 courant.Cette distinction est loin d\u2019avoir un pur intérêt théorique, comme on peut s\u2019en rendre compte dans la pratique quotidienne de la pathologie.Les Généralités ont pour but de la justifier et de l\u2019approfondir.L\u2019exposé ancien s\u2019est enrichi de nombre de considérations nouvelles Signalons, au chapitre des tumeurs dysgénétiques, celles qui portent sur les différenciations provoquées, sur les hétérotopies tissulaires, sur les tumeurs dysgénétiques et, plus particulièrement, sur les tératomes.La question si controversée des tératomes bénéficie d\u2019une belle mise au point.A la division classique en tératomes adultes et immatures, l\u2019auteur ajoute une troisième classe, celle des tératomes embryonnaires, caractérisés par la présence d\u2019édifices tissulaires tout à fait semblables à ceux des stades les plus précoces de l\u2019embryogé- nèse.Se basant ensuite sur le siège et l\u2019âge d\u2019apparition des tératomes, il en discute l\u2019origine et distingue deux formes pathogéniques fondamentales: les tératomes proprement dits, « frères jumeaux de leur porteur » vraisemblablement dus à une malformation de la ligne primitive, et les embryomes, «fils monstrueux de leur porteur » résultant en toute probabilité de la multiplication d'une cellule de la lignée germinale.Cette vue d\u2019ensemble concilie dans une belle synthèse les antinomies soulevées par la genèse des té- ratomes.Récemment, la découverte par le Professeur Barr de la chromatine sexuelle et l'application de cette découverte à ce problème de genèse apportent leur confirmation aux idées du Professeur Pierre Masson.Au moment où il en rédigeait le manuscrit, il fallait du courage pour se faire le protagoniste d\u2019une théorie aussi généralement discréditée que celle de la parthénogénèse.Aux chapitres touchant les tumeurs hyper- plasiques et néoplasiques, il convient de relever la notion d\u2019hyperplasie excito-fonction- nelle.provoquée par un déséquilibre hormonal, de même que des considérations nouvelles sur les différenciations des cellules néoplasiques; sur leurs anomalies, sur l\u2019histogénèse REVUE DES LIVRES I.Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 des cancers épithéliaux On v retrouve des observations intéressantes et inédites sur la formation du stroma des cancers.L\u2019étude du mode d\u2019invasion des cancers, leur vaseulari- sation comportent aussi nombre de notions nouvelles.Les généralités se terminent par un exposé de plus de vingt pages sur la pathogénie du cancer.On y appréciera les immenses progrès obtenus par l\u2019expérimentation dans la recherche de l\u2019étiologie des néoplasmes.Sur ce sujet, le Professeur Pierre Masson n\u2019a pas eu le dessein de concurrencer les ouvrages de cancérologie, mais bien plutôt de situer d\u2019une façon plus précise le processus néoplasique dans le cadre de la biologie générale.en approfondissant ses causes.La description analytique des tumeurs succède à leur étude théorique et occupe la ma- Jeure partie du traité.Au grand désappointement de ceux que rebute toute morphologie, \u201celle se poursuit suivant une classification histogénétique.C\u2019est là la seule méthode possible, car la multiplicité des causes des tumeurs, la production de néoplasmes de mé- me nature par des agents cancérigènes divers, de néoplasmes de natures différentes par le même agent, empêcheront toujours d\u2019édifier leur classification sur une base étiologique.Toutefois, il ne suffit pas d\u2019étiqueter les tumeurs suivant leur provenance tissulaire, sans se préoceuper de mettre de l\u2019ordre dans la série des entités ainsi cataloguées.À ce propos, il règne dans bon nombre d'ouvrages consacrés à ce sujet soit une aimable fantaisie, \u2014 on voit mal par exemple pourquoi tel auteur commence son exposé par les tumeurs du sein \u2014 soit une rigueur factice, et je cite comme exemple le groupement en chapitres contigus des tumeurs endocrines dont la provenance n\u2019a pourtant rien de commun.Dans cette étude concrète des tumeurs, le Professeur Masson réunit les néoplasmes par groupes, dérivés des familles tissulaires normales, elles-mêmes définies par l\u2019embryologie et l\u2019organogénèse.Ce sont les familles tissulaires qui figureront en tête des chapitres et L'Union Méd.Canada \u2018Fome 85 \u2014 Déc.1956 non les tumeurs elles-mêmes, simples « Rameaux pathologiques issus de l\u2019arbre normal ».Considérés d\u2019abord selon leur généalogie puis dans cette expression de leurs potentialités pathologiques que sont leurs rejetons de nature tumorale, elles défileront suivant l\u2019ordre suivant: chordo-mésoblaste et ses dérivés mésenchymateux ; dérivés tégumentaires de l\u2019épiblaste ; région sus-diaphragmatique de l\u2019appareil digestif et carrefour épi-endoblas- tique; région sous-diaphragmatique de l\u2019appareil digestif; glandes mésoblastiques (rein, cortico-surrénale) ; appareil génital; système nerveux; système mélanogène.Cette méthode offre un intérêt théorique car, suivant l\u2019expression même de l\u2019auteur « considérée de la sorte.l\u2019étude des tumeurs est susceptible de donner, sur la biologie cellulaire et l\u2019affinité des tissus entre eux, des renseignements que ni l\u2019étude de tissus normaux ni l\u2019expérimentation avec ses ressources actuelles ne sont capables de fournir».Au surplus, elle possède une valeur didactique et pratique, en instaurant en beaucoup d\u2019endroits un ordre topographique.I] serait oiseux de mentionner en détail le contenu de chacun des chapitres, qui réflètent le progrès réalisé par l\u2019oncologie systématique en ces dernières décennies.A ce progres, l\u2019auteur apporte de multiples contributions soit inédites jusqu\u2019ici, soit publiées depuis l\u2019apparition de la première édition.Mentionnons entre autres sa classification des rhab- domyo-sarcomes ; ses considérations sur la nature des rhabdomyomes granulo-cellulai- res, sur les potentialités néoplasiques des crêtes neurales; sa description de l\u2019hémangio- endothéliome végétant intra-vaseulaire, de la tumeur glomique, du mésothéliome bénin, du séminome spermatocytaire, du neuro-naevus, du neuro-naevus bleu, du ganglio-neurome mélanogène de la peau; ses vues originales sur les tumeurs de Wilms, sur la neurofibro- matose, sur le neurinome, sur l\u2019ensemble du système mélanogène.S'appuyant sur ses apports personnels, sur sa perception aiguë des faits histologiques, sur sa façon même de concevoir les tumeurs.REVUE DES LIVRES 1447 l'auteur a renouvelé des thèmes classiques.il suffit de mentionner comme exemples de ces synthèses originales, la discussion des té- ratomes, l\u2019exposé des tumeurs des gonades et, dans leur entier, les chapitres sur le système nerveux et sur le système mélanogène.Le Professeur Masson s\u2019excuse d\u2019avoir traité certains sujets avec une ampleur qu\u2019il juge contraire aux lois de la bonne composition littéraire.Ses lecteurs lui en sauront gré, au contraire, et s\u2019attarderont à méditer ces pages remplies d\u2019aperçus originaux.La vie est un processus ordonné qui transparaît dans l\u2019organisation de la matière vivante.Pour tout morphologiste digne de ce nom, le merveilleux agencement des structures vitales est un langage dont il s\u2019efforce de deviner la signification.Ces fascinantes structures, il cherche à les observer, dans toute la mesure du possible, telles qu\u2019elles sont et, pour ainsi dire, dans leur beauté.Aussi, le professeur Masson, microscopiste éminent, se résigne-t-il de mauvaise grâce à l\u2019examen de préparations histologiques imparfaites, qui troublent la rigueur de sa perception et contrarient son sentiment esthétique.Durant toute sa carrière, il s\u2019est efforcé de perfectionner la technique histologique.Il a mis au point des méthodes de coloration qui lui ont été d\u2019un précieux secours dans ses propres recherches et sont maintenant universellement employées.Aujourd'hui encore, il n\u2019y a pas de jours où il ne trouve le temps d\u2019exécuter quelque petit chef-d'œuvre, qu\u2019il livre ensuite à la contemplation admirative de ses assistants.Aussi les histo-pathologistes se réjouiront- ils de trouver à la fin de ces nouveau traité, comme dans l\u2019ancien, un chapitre refondu et augmenté, consacré aux techniques utilisées dans le laboratoire du Professeur Masson.Le volume est pourvu d\u2019un index alphabétique particulièrement soigné.Pour en faciliter l\u2019usage à ceux qui ne seraient pas familiers avec la nomenclature de l\u2019auteur, on v a prêté une attention particulière à la synonymie des tumeurs. 1448 La valeur de cet ouvrage est encore augmentée par une iconographie abondante et de haute qualité.Les 450 figures dans le texte comprennent plus de 250 dessins, la plupart de Constantin, et quelque 200 microphotographies dont un bon nombre égale en finesse et en précision les meilleures représentations de ce grand artiste.Ces figurse sont accompagnées de légendes circonstanciées.On admirera en outre à la fin du volume 12 planches en couleurs qui permettront de se convaincre de visu de la valeur et de la beauté des méthodes trichromiques du Professeur Masson.Elégamment rédigé et présenté, ce livre fait honneur à son auteur et à l\u2019édition française.Il mérite de figurer comme ouvrage de références dans la bibliothèque de tous ceux que préoccupe le problème du cancer.J.-Luc RIOPELLE.Tuberculose initiale \u2014 Symptomatologie \u2014 Traitement \u2014 Le terrain et l'évolution, par Franck TISSOT.Préface du Prof.agrégé Kourilsky.Un vol.de 184 pages, avec 11 figures dans le texte et 21 radios hors-texte.(1.500 fr.).\u2014 G.Doin et Cie, édit., Paris, 1956.C\u2019est une synthèse, et non un ouvrage exhaustif sur la question, que l\u2019auteur présente.D'une lecture facile, il fait le tour des problèmes essentiels de la tuberculose initiale, à la lumière des acquisitions les plus récentes.Sans entrer dans le détail des chapitres ardus de la bactériologie et de l\u2019anatomie pathologique, il fait, néanmoins, allusion, au cours de son exposé, aux travaux actuels qui présentent des connexions pratiques avec les problèmes quotidiens.C\u2019est donc un ouvrage de mise au point utile, dans lequel beaucoup de médecins pourront puiser pour préciser leurs idées sur une question extrêmement vaste, qu\u2019ils ne peuvent embrasser en grand détail.Ainsi, le chapitre du mode de contamination, celui si fameux des rapports de l\u2019allergie et de l\u2019immunité, celui surtout, bien récent et encore souvent imprécis dans beaucoup d\u2019es- REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 prits, de l\u2019action des antibiotiques dans la tuberculose initiale, sont traités en quelques pages claires qui découlent des constatations scientifiques les plus récentes.La radiologie de la tuberculose initiale, bien illustrée, permet de pénétrer intimement le sujet.Cependant, cet ouvrage n\u2019est ni didactique ni trop théorique, car il fait perpétuellement référence au malade et au terrain.C\u2019est une de ses originalités que ce souci de cadrer la maladie dans son contexte humain.Il se réfère, en particulier, dans un chapitre final, à la clinique du tempérament, qu\u2019il estime être une méthode accessible, pratique et synthétique bien conforme à la nature humaine.Dans son esprit, cette clinique pourra un jour voir s\u2019ouvrir un chapitre connexe de laboratoire, mais, comme dans toute médecine, ces deux disciplines se complèteront toujours.Enfin, dans une conclusion, l\u2019auteur trace les grandes lignes de l\u2019évolution d\u2019ensemble de la tuberculose et termine sur une note optimiste.Le praticien et le spécialiste liront avec fruit cet ouvrage d\u2019un des phtisiologues les plus avertis de notre temps.Traitement de l'apoplexie cérébrale, par J.HAGUENAU et J.PECKER.Un vol.de 102 pages, avec 6 planches hors-texte.(1.150 fr.).\u2014 G.Doin et Cie, édit., Paris, 1956.Quel est le médecin qui n\u2019a pas à connaître de l\u2019apoplexie cérébrale?Cette monographie, consacrée au traitement de ce syndrome, lui rappellera tout d\u2019abord les règles essentielles de l\u2019examen au cours de l\u2019attaque apoplectique ainsi que les problèmes physiopatholo- giques qu\u2019elle pose.S\u2019agit-il d\u2019une apoplexie ou d\u2019un coma brusque d\u2019autre nature?S'il s\u2019agit d\u2019apoplexie, est-elle due à une poussée congestive ou hémorragique ou, au contraire, à une ischémie dans un secteur de la circulation cérébrale?Distinction essentielle puis- qu\u2019elle est à la base du, ou mieux, des traitements que l\u2019on peut lui opposer.Peut-on L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 retrouver un facteur étiologique précis permettant une intervention médicale ou chirurgicale définie?Quels sont les examens à pratiquer, soit de suite, soit tardivement?Est-on en droit de pratiquer une ponction lombaire?Qu\u2019apportent les procédés modernes d\u2019exploration, E.E.G., artériographie?Ce sont là, parmi les questions que se pose le médecin, celles auxquelles les auteurs cherchent à répondre de façon précise.C\u2019est seulement après cet effort diagnostique qu\u2019ils nous invitent à aborder l\u2019étude du traitement proprement dit, simple traitement hygiénique et symptomatique, si le diagnostic n\u2019a pu être établi avec certitude, ou traitement actif quand il y a lieu.Citons, parmi les chapitres de thérapeutique médicale, ceux qui ont trait au « nursing » du malade, à l\u2019usage des médications tonicardiaques, antispasmodiques et anticoagulantes dans l\u2019ischémie, au traitement de l\u2019hémorragie cérébrale par les neuroplégiques et ganglioplégiques.Enfin, les formes chirurgicales de l\u2019ictus, les malformations vasculaires, les hématomes et aussi les tumeurs, les abcès responsables d\u2019apoplexie font l\u2019objet de chapitres particulièrement étudiés qui permettent, sinon de justifier le traitement chirurgical de l\u2019ictus, du moins d\u2019essayer de définir les formes où celui-ci peut être tenté.Tuberculose et psychisme.\u2014 Corrélations évolutives psycho-pulmonaires \u2014 Phtisio- génèse, par Jean RIOU.Un vol.de 130 p.(750 fr) \u2014 G.Doin et Cie, édit, Paris, 1956.Au cours de cet ouvrage, toutes nos acquisitions analytiques sont évoquées certes et mises en lumière.Mais l\u2019obscurité n\u2019en persiste pas moins sur la phtisiogénèse et les différentes conceptions semblent aboutir à une impasse.Par des arguments cliniques, et leurs interprétations, l\u2019auteur cherche à nous faire pénétrer dans une connaissance spéciale du REVUE DES LIVRES 1449 cas particulier.Puis se plaçant de plus haut il aborde le problème général de la phtisie.Les travaux de Reilly, Lwoff et Latarget, Pavloff et Xalabarder lui fournissent \u2014 l\u2019avenir dira si c\u2019est à tort ou à raison \u2014 un appui à une conception originale de l\u2019étiopathogénie de la lésion phtisique.La consomption de nos ancêtres, « auto- hostilité de l'organisme envers lui-même, » selon HUFBSCHMANN, devient une maladie que nos esprits rationalistes peuvent essayer de concevoir.L'auteur espère surtout que cette compréhension de la maladie apportera quelques lueurs sur la compréhension du problème posé par chaque cas de maladie, et permettra une meilleure thérapeutique, toujours individuelle.Enfin l\u2019auteur étudie le problème de la prévention.Sa conception impose selon lui des nuances à l\u2019application de la prévention de la tuberculose par le B.G.G.Autour de cet écrit, l\u2019opposition médicale moyenne au B.G.G.«vox populi, vox Dei », se cristallisera-t-elle, et l\u2019auteur aboutira-t-il à étayer l\u2019opinion de LomBARD que le dogme de l'efficacité du B.G.G.est le résultat d\u2019une « hallucination collective »?On espère voir ce travail poursuivi et son influence sera grande lorsque des acquisitions rationnelles seront venues étayer cette conception, encore intuitive, de la phtisie.Médecins, pédagogues, psychologues et phtisiologues trouveront dans cet ouvrage matière à réflexion.Ile Congrès international de Radiophotographie médicale (Paris, avril 1956).Rapports.Un vol.de 356 pages, avec fig.et tableaux.(2.500 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit , Paris, 1956.La radiophotographie a été utilisée initialement pour le seul dépistage systématique des affections du thorax, tuberculeuses ou autres, c\u2019est-à-dire dans un but de triage.Elle constitue dans le domaine des examens collectifs la méthode de choix, et se développe sans cesse en ce sens.Mais elle rencontre de 1450 plus en plus des applications nouvelles, en dehors même des affections thoraciques.C\u2019est ce qui explique l\u2019importance du 2ème Congrès Internationale de Radiophotographie médicale, qui s\u2019est tenu à Paris en avril 1956.Ce volume groupe les textes des rapports scientifiques qui y ont été présentés.Divisions de l\u2019ouvrage.Première section: La radiophotographie dans la tuberculose pulmonaire.Situazione attuale della schermografia nel scoperto delle prime manifestazioni e nella sorveglianza del decorso della tuberculosi pulmonare, da Gino Ba- bolini e Polinnia Marconi (Naples).Influence du dépistage radiophotographique sur la morbidité tuberculeuse, par Fernando D.Gomez et Aristed A.Piaggio (Montevideo).L\u2019avenir phtisiologique des sujets dépistés par la radiophotographie, par Henri Brocard, Henri Duplay et Mlle M.Le Du (Paris).Mass photofluorography of the chest in countries with a low tuberculosis morbidity, by Knud Winge (Copenhague).L'organisation et les résultats de la radiophotographie systématique dans les pays de morbidité encore élevée, par Basile Papanicolaou (Athènes).2ème section: La radiophotographie dans les maladies non tuberculeuses du thorax et dans ses applications nouvelles en dehors des affections thoraciques.Case-finding of cardio-vascular diseases by means of photofluorography, by Peter Kerley (Londres).Case-finding of bronchial carcinoma by photo- fluorography, by Katharine R.Boucot (Philadelphie).Dépistage radiophotographique des affections mé- diastinales autres que la tuberculose et le cancer, par S.Casanova Alves (Lisbonne).Le dépistage radiophotographique des maladies professionnelles des poumons, par Charles Gernez- Rieux et Marcel Gervois, et collaborateurs.3ème section: Les appareillages et les techniques en radiophotographie.Les derniers perfectionnements techniques en radiophotographie et leurs applications, par Henri Martin (Paris).Possible improvements of diagnostic accuracy in mass radiography Standardization of techniques on the national and international level, by Carl Weg- elius (Stockholm).4ème section: Lecture et interprétation des radiophotographies.Reading and interpretation of miniature X-ray films, by Robert J.Anderson (Washington).The importance of serserver error in the interpretation of photofluorograms and the value of REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 multiple readings, by Jacob Yerushalmy (Berkeley, California).Valeur comparée de la radiophotographie et de la radiographie.\u2014 Le coefficient subjectif de lecture, par Maurice Bariety, Ch.Coury et P.Chou- brac (Paris).Elaboration d\u2019une classification internationale des radiophotographies, par S.Hornung, J.Misiewicz et K.Ossowska (Varsovie).5ème section: Méthodes et principes d\u2019organtsa- tion et d'exécution des examens radiophotographi- GUCS.Organizzazione generale del dépistage schermo- grafico su scala nazionale.\u2014 Coordinamento dei mezzi e dei risultati, da Antonino Maisani (Rome).Dépistage radiophotographique en milieu rural, par Jacques Brun, P.Combey et Mlle Bouvier (Lyon).Le dépistage radiophotographique dans les milieux urbains, universitaires et militaires, par Michel Chauvet (Genève).The use of photofluorography in hospital, by Peter O.Leggat (Newcastle-upon-Tyne, England).Résultat d\u2019une campagne radiophotographique à l\u2019échelon national.\u2014 Incidences administratives et financières, par John Lundquist (Stockholm).La proteccion del personal en el curso de exa- menes radiofotograficos sistematicos, por José Abello (Madrid).Bases physiologiques de la chirurgie neuro- vasculaire.Enervations sympathiques \u2014 Assistance mutuelle des territoires vasculaires, par Ch.MENTHA.Préface du Prof.R.Leriche.Un vol.de 150 pages, avec figures.(1.000 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1956.L\u2019auteur s\u2019est donné pour but de décrire, en s\u2019appuyant sur des bases anatomo-physio- logiques humaines et expérimentales, parmi le trajet exclusif des fibres sympathiques centrifuges, les vaso-sudo-moteurs, fibres dont l\u2019interception entraîne au niveau des téguments des répercussions facilement détectables par la résistance cutanée électrique et par des tests colorimétriques et optiques.Ainsi rejette-t-il toute étude relative aux fibres afférentes sympathiques.Après avoir situé dans l\u2019axe cérébro-spinal les centres étagés qui commandent le système sympathique centrifuge vaso-moteur (contrôle cortical, chapitre II; contrôle diencépha- récentes sur le fractionnement et les varia- VE ÿ W L'Union Méd.Canada ¥ i fi XLVII Tome 85 \u2014 Déc.1956 x A Hi % rns\u2019 hi ul À > LN, 2 ÿ une pierr e trois cou sp ps.S = f re A 4 S TN i wR 45 3 fr A Du Ou fir pi 14 ih aX Es Li 4 i y.Ÿ Ny 740 SN % 5 ÿ MA 4 SN Ww 14 AE 2 x \u20ac Es i ba al A > = (1 er = el \u2014 heme \u2014\u2014 8 if y Ÿ ep at 1qu A e \\@ iF Ars = 4 act\\V ( a ss 2 CE = 27 gu piniair® JE 40 , 4i0 AA o Wit 4 4 \\ e VE** =a 7 égul ep = EE = A er TE =D ea po A \u2018 yi, 12 Pe anal ern an 7 Lenore Ld WH ne x10 terr- = RE 2 on ÿ = 3 - > 2 H se a a Ze > = aA 4 gave\" NE 33: = NX TE ae Se Pr EN = 0% = a = = > 25\u201d Le, 72d Sl FE = Na S me = 00 \"ng cho?çORNV 00 mé extrot oc\" 50 mo o\\es! \\este\u2019 \\ourd® gi e dê mogn® Posologie: La posologie ordinaire est de une ou deux dragées, trois fois par jour.ANGLO-FRENCH DRUG CIE LTÉE, MONTRÉAL 18 protic oo = 1452 REVUE DES LIVRES tions physiopathologiques des protéines, la lique, chapitre III; contrôle bulbaire, chapitre IV; contrôle médullaire, chapitre V) et décrit les voies afférentes qui du cortex et de l\u2019hypothalamus aboutissent aux relais spinaux du système nerveux autonome (chapitre VI), l\u2019auteur dénonce les obscurités et les paradoxes du système sympathique.Il démontre que les schémas classiques d\u2019innervation des membres inférieur (chapitre VII) et supérieur (chapitre VIII) ne correspondent pas à la réalité des faits, car il n\u2019a pas été tenu compte, dans leur élaboration, « des phénomènes de rajustement ».Ainsi, suivant l\u2019auteur, les échecs de la chirurgie neuro-vasculaire ne résultent en général ni d\u2019une régénération nerveuse, ni d\u2019une sensibilisation des organes énervés (chapitre XI), mais de la persistance de fibres accessaires caténaires et extra-ca- ténaires que les méthodes classiques ne permettent pas d\u2019intercepter.A la lumière de recherches expérimentales personnelles les plus récentes et d\u2019observations humaines, C.Mantha propose de nouveaux schémas d\u2019innervation des membres L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 permettant d'éviter les récidives.Il est en outre à même de différencier parmi les territoires énervés, par des tests simples (dans le chapitre XIII intitulé: « De la réponse des glandes sudoripares après ramisection prégan- glionnaire, gangliectomie et section nerveuse périphérique ») les zones déconnectées des territoires privés de fibres post-ganglionnaires.L\u2019auteur développe au chapitre XII un nouveau concept, celui de l\u2019assistance mutuelle des territoires vasculaires.Il démontre que toute hyperémie provoquée dans un territoire de l\u2019économie entraîne nécessairement, le volume sanguin restant constant, une ischémie compensatrice.Ainsi, suivant ces données, une vaso-dilatation ne peut être complète que si elle est élective, que si elle ne s\u2019étend qu\u2019à un territoire restreint de l\u2019économie.Ce concept explique de nombreux faits cliniques restés jusqu\u2019à ce jour obseurs.La portée clinique du livre est donc considérable, car il oblige le lecteur, à la suite de discussions critiques conduites avec rigueur, à faire une révision d\u2019idées et à découvrir de grossières ignorances. L'Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 XLVIIT COMPOSITION Le CAMIROL est une combinaison soumise à un traitement spécial, comprenant des d'absorption facile.PROPRIETES REMARQUABLES DU CAMIROL: I! assure aux tissus une plus grande résistance locale et générale.lodures, de I'lodoforme, du Camphre et du Menthol dans un véhicule de faible acidité et ¢ \u2019 Dans la sinusite paranasale aiguë ou chronique, le CAMIROL facilite le drainage des sinus et favorise la délitescense de l\u2019inflammation.Dans la bronchite aiguë ou chronique, le CAMIROL fluidifie les sécrétions attachées et en facilite I'expectoration.Il réduit l'irritation locale, apaise la toux et prévient les paroxysmes inutiles et douloureux.le cas.POSOLOGIE : Une ampoule en injection intramusculaire tous les jours ou tous les deux jours, selon PRESENTATION : Boîtes de 6, 25 et 100 ampoules de 1 cc S YY) U ST IT TL LARYNGITES Se LIVRES REÇUS Formulaire de phytothérapie.\u2014 F.DECAUX.A.Legrand et Cie, édit., Paris, 1956.Architecture et géométrie du pied.\u2014 Maurice LEDOS.\u2014 Librairie Maloine, édit.Paris, 1956.Medical Aspect of Traffic Accidents.\u2014 H.ELLIOTT, M.D., édit, 1955.Rectoscopie, sigmoidoscopie.\u2014 P.HILLF- MAND, R.CATTAN, R.LAMBLING, A.BENSAUDE.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.L'année médicale pratique.\u2014 Prof.Camille LIAN.\u2014 R.Lépine, édit, Paris, 1956.Manuel de biochimie pratique.\u2014 J].RO- DIER.\u2014 Félix Moncho, édit., Rabat, 1956.Equilibration humaine.\u2014 R.TOULON.\u2014 Librairie Maloine, édit, Paris, 1956.Traitement de l'apoplexie cérébrale.\u2014 ].HAGUENAU et J.PECKER.\u2014 G.Doin et Cie, édit., Paris, 1956.Official History of the Canadian Medical Services 1939-1945.Vol.1.\u2014 W.R.FEASBY, édit.Les ultra-violets en médecine.\u2014 J.MEYER, C.KELLERSHOM.\u2014 G.Doin et Cie, édit, Paris, 1956.La régulation des processus métaboliques dans l'organisme.\u2014 Théophile CAHN.\u2014 Presses Universitaires de France, Paris, 1956.Le mensonge chez l'enfant.\u2014 Jean-M.SUT- TER.\u2014 Presses Universitaires de France, Paris, 1956.Thérapeutique du système nerveux autonome.\u2014 R.HAZARD.\u2014 G.Doin et Cie, édit, Paris, 1956.Journées thérapeutiques de Paris, 1955.\u2014 Prof.LOEPER et PERRAULT.G.Doin et Cie, édit., Paris, 1956.Tuberculose initiale \u2014 F.TISSOT.\u2014 G.Doin et Cie, édit., Paris, 1956.Tuberculose et psychisme.\u2014 Jean RIOU.\u2014 G.Doin et Cie, édit.,, Paris, 1956.Dermatologie.\u2014 Robert DEGOS et Lortat JOCOB, Séme édit.\u2014 Librairie Maloine, Paris, 1956.Une thérapeutique de l'alcoolisme.\u2014 Pierre FOUQUET et Jean CLAVREUL.\u2014 Presses Universitaires de France, Paris, 1956.La responsabilité civile du médecin.\u2014 Paul A.CREPEAU.\u2014 Wilson et Lafleur Ltée, édit., Montréal, 1956.The Training of Sanitary Engineers.\u2014 M.PETRIK.\u2014 World Health Organization, Geneva, 1956.The XIV Japan Medical Congress \u2014 Bureau of Archives, édit, Kyoto.Avril 1955 \u2014 Vol.I.The XIV Japan Medical Congress \u2014 Bureau of Archives, édit., Kyoto.Avril 1955 \u2014 Vol.2.Précis de gynécologie.\u2014 Pierre BROCQ et Claude BECLERE \u2014 Vol.1.\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1956.Précis de gynécologie.\u2014 Pierre BROCQ et Claude BECLERE \u2014 Vol.2.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.Traité des urgences en chirurgie \u2014 P.BROCQ et R.CHABRUT \u2014 Tome 1.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.Traité des urgences en chirurgie \u2014 P.BROCQ et R.CHABRUT \u2014 Tome 2.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956.Précis de chimie physiologique \u2014 M.-F.JAYLE et G.SCHAPIRA.\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1956.Ile Congrès International de Radiophotographie médicale.\u2014 Masson et Cie, édit.Paris, 1956.Bases physioloigques de la chirurgie neuro- vasculaire \u2014 Charles MENTHA.\u2014 Masson et Cie, édit.Paris, 1956.Trente exposés sur des sujets actuels d\u2019endocrinologie \u2014 Jacques DECOURT et GILBERT-DREYFUS.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1956. L\u2019Union Méd.Canada Tome 85 \u2014 Déc.1956 L\u2019obésité entraîne tout un cortège de maux\u2014 D = diabète 2 troubles © pulmonaires § \u20ac chroniques \u20ac ê .Fa > T'obesité est provoquée par l'habitude de l\u2019obèse d\u2019absorber plus d'aliments qu'il n\u2019est 2\u2018 : necessaire.Pour corriger les mauvaises habitudes alimentaires prescrivez la Dexedrine* médicament anorexigénique et anti-asthénique présenté sous la forme classique\u2014en comprimés de 5 mg.et sous la forme la plus moderne et la plus commode\u2014les capsules \u2018Dexedrine\u2019 Spansule*, à désagrégation contrôlée, dosées à 10 mg.et à 15 mg.d\u2019élément actif.Une seule capsule, prise le matin, coupe l'appétit pendant la journée entière non seulement aux repas mais aussi entre les repas.® Smith Kliné & French - Montréal 9 + Marque déposée au Canada XLIX COMMUNIQUÉS LE COLLÈGE DE PRATIQUE GÉNÉRALE DU CANADA Le Collège de Pratique Générale du Canada.Premier Congrès Scientifique Annuel, les lundi, mardi et mercredi, 4, 5 et 6 mars, 1957: Hôtel Mont- Royal, Montréal, Québec.Adressez vos bulletins de demande de réservations au Dr.J.Y.Tremblay, 3244, rue Beaubien, Montréal, Québec.+ + MICRO-HEBDO-ACTUALITÉS Titres de quelques « Micro-Hebdo-Actualités présentés à l\u2019Institut de Microbiologie et d'Hygiène de l\u2019Université de Montréal.les mercredis à 5 heures p.m.dans la salle F-613.5 décembre.M.V.Pavilanis, « La \u2018Q Fever\u2019 dans la province de Québec ».9 janvier 1957.M.L.Kato, « La relation macro- phage-parasite.Applications à l\u2019étude expérimentale de la tuberculose et de la lèpre ».16 janvier 1957.M.F.Somlo, « Poliomyélite.Lésions chez le singe ».23 janvier 1957.M.J.-C.Benoit, «La dispersion bactérienne est-elle un critère d\u2019immunité antituberculeuse » ?30 janvier 1957.M.A.Forget, « Quelques milieux récents pour la culture du bacille tuberculeux ».13 février 1957.M.J.Paquette, « Quelques considérations sur la détermination du nombre de germes ou de particules viables dans une suspension du vaccin BCG ».NEUF JEUNES PÉDIATRES BÉNÉFICIENT DE LA BOURSE MEAD JOHNSON M.David L.Menzies, président de Mead Johnson and Company of Canada Limited, vient d\u2019annoncer que les trois universités du Québec recevront, encore cette année, un total de $10,000 pour favoriser les études postmédicales en pédiatrie.Les boursiers, cette année, sont les suivants: A l\u2019Université Laval : docteurs Grégoire et Y.Cossette.À l\u2019Université de Montréal: docteurs J.-R.Du- charme, A.Davignon et V.Marchessault.A l\u2019Université McGill \u2014 Dr.Shirley M.Fyles, Dr.P.J.Kimmitt, Dr.M.Silverberg.D.Jacob, Y.Les gagnants de la bourse Mead Johnson ont complété leur internat et ils sont maintenant préts a devenir résidents en pédiatrie.Dans chacun des cas, la Faculté de Médecine et le Département de pédiatrie de l\u2019Université concernée agiront en qualité de dépositaires et administrateurs des fonds.Docteur Jacob est à la Maison Canadienne de Paris.Docteur Cossette est au « Harper Hospital », Détroit.Docteur Grégoire est à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, à Québec.Docteur Ducharme complètera sa 2ème année de résidence au \u201cChildren\u2019s Hospital\u201d, à Philadelphie.Docteur Davignon consacrera une autre année à l'Hôpital Ste-Justine où il est interne en première en pédiatrie.Docteur Marchessault passera une autre année au \u201cMontreal Children\u2019s Hospital\u201d.Docteur Kimmit pratiquera soit à Lachine ou à Edmonton.Docteur Fyles sera affecté au « Montreal Neurological Institute ».Le progrès de la médecine canadienne repose sur la profondeur des connaissances et l\u2019excellence de la formation professionnelle des étudiants, internes et résidents.C\u2019est là une des raisons qui motivent l'octroi de la bourse Mead Johnson car la compagnie tient à encourager les jeunes hommes et les jeunes femmes à se consacrer à la Pédiatrie.La quatrième bourse annuelle offerte par Mead Johnson supplée aussi aux efforts constants que la compagnie déploie en vue de favoriser davantage la coopération entre médecins, pharmaciens et patients.e-e + SIXIEME CONGRES INTERNATIONAL D'OTOLARYNGOLOGIE Programme préliminaire Dimanche, 5 mai 1957 8 h.30 et 16 h.\u2014 Enregistrement, Statler Hotel.Exposition scientifiques et techniques ouvertes.17 h.\u2014 Convocation, Constitution Hall.« 18 h.\u2014 Réception par le président, Pan American Union.Lundi, 6 mat 8 h.30 et 17 h.\u2014 Enregistrement \u2014 Expositions ouvertes.\u2014 Chaque jour à ces heures.9 h.à 12 h.\u2014 Session plénière: Suppuration chronique de l\u2019os temporal. = ses a Na ASE A pente an on - BEC 7 p Aci Ami Ami 2 2245 N° \u2019 2 Tome 85 noxi * noxi « 2 Phénacét a hénacét * nn FORMULE i de Ac * ing é ne ded\u2019 de A COMPRIME x ANY 3) The = N° \u2014 D \u201cen COMPRIME 2 3 ça 22 ea == Se = ox na ~N Gp, Se , Herd rh % en oy \u2018mA?Pi SA ec.tylsal wig i a m, RS RN us, 2 AY f + os \u201c AY Ge sas ah TH Atro # nt CARE Zz 4) bo + xy - À ANY, nee + se IS À RUE VIAU ar M} ps RS = Dr 2 + a A HA i 5 1956 L\u2019Union Méd.Canada Ase > pine .va =: ANS ue ST RE ve ù > on ts Le mr a a = Peur San nr A Bae on FA S30).ZA AY 2 AS: =)» >.8 SE 3.> val 2 a 190, PA Gr 2 iY Ht A SR = RE % =\" La ass : A ul = 2 S trs I y 5 Les 27 3 Pa Sy A, 2 Er wars a 3 15 Re Na o 7 NR 3 3 = 3X ings 32 ne A WoL a An 5 2 rd = ORS, $ tropine .1/1208 = USS NASA VAI ele A > SH AT oA ve Tu HA é ¥ EAT yoo Af 1) Sri cs Spe A=, Tes me IA =t at = 2, RY POUR ENFAN RR 35, 734, wc \u20ac hs 0, Cty ait i \u201c= a, aA a fox Tetra, NY So, a, PEN As AY.2 TI Vn es a= IP = 3 on »\\ ane So} nol x = re > x to PTI TD Dra Re Net nS 3 4 ce a RAC FE 2 =e.§ Y ; 2 var haves Ni 0e) re 2) ry (el SAS GEST QU ei vt: a XC A RR +, PET Le prit EN.Su len 7.5 a OX 5s ir > 3 NN fey AX a ru Et ri as & 5 PRN 5 A ; 2 5 x Prat) 2 va S20 y Sr 4 Er see, ta NS 3Ya se SET _ He > oa at rs A J Ë Re Es.A a pe \"ee, savor) 427 CR a IWS = ,.22 4 ; Se YEN Vy nla 3 = eu i Y, ro oi 5 sn itd iy ve =r LY NT aN sa De Lee! COS > MONTREAL 4 IS 73% HA + RE AAD x TRON 2 2 à ro x 3 oo Ayant Cons SCH SH ry by 9 4 \u2019 7 so dE dr AE) a i es a TR ry SK NJ es SasT,, Le =: Ss ce Ae » se ry = Trio ga = = qu 0 eb %> 3 $ AIS 7 § Si gine hi > A RE EN Ie 3 Na ENS a Ge Te Te PERSE 24 SE NE a rq py he fl eH 3) © AS: 2 ST Ne 3 [+34 ie na IS TPIT ANA NS = Ve vi ue Get = UE 30 57 pry rs 2 EXP 3 7 £5 i | \u20ac; je \"AS se , > Relà En \u20ac PGO ei = ; = a ve v 2 = CANADA ral oa ce ÿ ss aa 2 ye kathy kn = È 8 uit £ IA > ii ae, & I x NU IR == is 2 A NONS Np, cs ss oe x FS 3) 3 DEN Ce A Rk LB | Enraye les sécrét 7 3, ss.YG; 3) ISTE ced) 8 : | Si 5 ER AUS Mes = 5 ss 24 = oR ri 3 f x x SL 5, CN p N & 2 6 P > AN oy REL CC > Ny NJ : WB > esse se se Eu NS GUN RS > CEN 22 nm 29 A, Rol se qe \u201ca + # = ir A az+ Ce.Ca 2 \u201cen ad an To 2 oN = ot +) Cr 9 es Ne arton Inc! POSOLOGI ites, Douleur SE se Re oy a L Le ven ae Te LDN i NOV] A PE = JA di a, = To od «2 AL oN 9 TR oo Shy s AF Lans 53055 S op Or oN i é 3 ot ny Gr A ke Sik stats x STR \u201cLl ms 5 A Lx) x les \u201ca > IA.pe) 5 ; mé Ww ME A ud - - frs te Py * » es Su x Nal NTU ami, in - oT.Mr, Pein fes ), Ee Co SES TIEN a ot?= at pot - = Le vs, .\u2026 \u201ca v [ Uni] RR en SH x Sw, pa \u201cvtt el aie A es
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