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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1943-04, Collections de BAnQ.

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[" £a re re Pr SZ 6 LES TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTÉ ! Par Antonio MARTEL, Assistant dans le Service de Médecine de l\u2019hôpital du Saint-Sacrement (Québec).La puberté ou période pubertaire qui fait suite à l\u2019enfance et précède la jeunesse représente une phase de la vie génitale où se fait le rajustement des glandes endocrines.Comme a dit Nobécourt, c\u2019est « la période de l\u2019existence pendant laquelle s\u2019accentuent les caractères sexuels secondaires déjà apparus et où en apparaissent de nouveaux; pendant laquelle s\u2019accroissent et se perfectionnent les voies génitales et arrivent à maturité les gonocytes qui aboutissent à la formation des ovules et des spermatozoïdes».C\u2019est, en somme, la période où l\u2019organisme se met prêt pour la procréation, où chaque sexe qui possédait, jusque-là, une certaine « neutralité », achève sa différenciation.L'évolution de la puberté normale se fait selon des lois, selon un rythme toujours identiques.Elle s\u2019effectue par une série de modifications qui sont sous la dépendance de tout le système endocrinien et qui sont marquées par deux phases: 1° Une phase de prépuberté consacrée à la croissance staturale et pondérale, au développement somatique; 2° Une phase de puberté véritable, consacrée au développement, au perfectionnement de la sexualité.La croissance somatique qui caractérise la période prépubertaire est sous la dépendance des sécrétions endocrines prépubertaires.La première glande, par ordre chronologique, qui intervient dans ce processus de croissance staturale et pondérale, est le thymus.Après avoir été, dans la deuxième et la troisième enfance, le premier facteur de croissance, par son action régulatrice des nucléo-protéines, cette glande subit graduellement une involution.A.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.Subséquemment, vers la dixième ou la onzième année, plusieurs autres glandes endocrines interviennent qui vont accélérer brusquement la croissance somatique et préparer la puberté.Ce sont: l\u2019hypophyse, par son hormone de croissance; la thyroïde, en commandant l\u2019activité du métabolisme basal sur lequel s\u2019appuie «l\u2019élan de croissance »; les parathyroïdes, en dominant et en dirigeant le métabolisme du calcium et en assurant l\u2019équilibre nerveux par l\u2019équilibre phospho-calcique; enfin, les surrénales.Lorsque se sera complétée harmonieusement la croissance somatique de la période prépubertaire, commencera de se manifester et de s\u2019affirmer la croissance sexuelle qui marque la puberté proprement dite.À ce moment, le lobe antérieur de l\u2019hypophyse ralentit la sécrétion des stimulines de la croissance, pour élaborer désormais, en abondance, les gonado-stimulines, les hormones gonadotropes ou pubertaires.L\u2019action des « somato-stimulines » est freinée et elle se fera de moins en moins sentir à mesure que la sexualité se perfectionnera.En plus, la sécrétion endocrine de l\u2019ovaire et du testicule qui s\u2019affirme alors intervient pour ralentir ou arrêter la croissance en activant la soudure des cartilages diaphyso-épiphysaires des os longs.| Cette période pubérale se manifeste à des âges différents chez le garçon et la fille.Elle débute par une phase initiale, vers 12 à 13 ans, chez la fillettes à 1414 ans, chez le garçon.C\u2019est la période d\u2019apparition des caractères sexuels secondaires, où se développe le système pileux, où se transforme la morphologie générale.Cette phase dure environ un an.À cette étape initiale succède la phase d\u2019éclosion de la puberté qui se manifeste, chez le garçon, à 1515 ans, par la mue de la voix, le 370 développement des organes génitaux externes et la première éjaculation de sperme; chez la fille, à 1345 ans, par le développement des organes génitaux externes, l'apparition de la première menstruation.Cette première menstruation est la manifestation la plus importante et la plus évidente de la maturation sexuelle chez la femme.Elle témoigne que l\u2019hypophyse secrète, en quantité suffisante, l\u2019hormone gonadotrope chargée de faire mûrir le follicule; que le tissu ovarien est devenu sensible à son action, c\u2019est-à-dire bio- logiquement réceptif ; qu\u2019un follicule s\u2019est rendu à maturité, a sécrété assez de substances estro- gènes pour amener une hyperplasie de l\u2019endomètre utérin qui se termine par un écoulement sanguin.L\u2019achèvement de la puberté se fait vers 15 ans, chez la fille, vers 1715 ans, chez le garcon.La fin de la croissance des poils marque la fin de installation de la puberté.La période pubertaire dure donc trois ans environ: de 1445 ans à 17 ans, pour le garcon; de 12 à 15 ans, pour la fille.Avec l\u2019éclosion de la puberté, la poussée de croissance se ralentit.L'activité ostéogène du cartilage diaphyso- épiphysaire se ralentit et s\u2019arrête.Mais les os continueront de s\u2019accroître en épaisseur par suite de l\u2019activité ostéogène du périoste.Tel est le schéma des étapes de la puberté normale.Tout ce qui compromettra le développement de la prépuberté a chance de compromettre l\u2019installation normale de la puberté.Toute déficience dans la mise en jeu des hormones prépubertaires ou pubertaires rendra «le tournant pubertaire » difficile sinon impossible à franchir.Et, on verra se constituer, à cette période, des troubles qui porteront soit sur la croissance staturale, soit sur la croissance pondérale, soit enfin sur la croissance génitale et qui s\u2019accompagneront d\u2019un déséquilibre psychique plus ou moins important.Ces troubles traduiront les perturbations des glandes de la sphère sexuelle: l\u2019hypophyse, la thyroïde, l\u2019ovaire, le testicule ou la surrénale.En passant en revue les principaux troubles qui faussent l\u2019évolution de la puberté, nous ne L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 voulons mentionner que ceux que l\u2019on observe fréquemment en pratique.Nous négligeons volontairement certains grands syndromes qui peuvent se rencontrer tout aussi bien à un autre âge qu\u2019à la puberté, qui ne sont pas spécifiques de cette période.Troubles de la croissance staturale Les troubles ou les déviations de la croissance staturale peuvent survenir dans le sens de l\u2019excès ou de l'insuffisance, réalisant l\u2019hypertrophie ou l\u2019hypotrophie staturale.1° HYPOTROPHIE STATURALE.L\u2019insuffisance de l\u2019accroissement statural réalise ou bien le nanisme qui est un défaut de développement osseux, sans trouble intellectuel ni génital; ou bien l\u2019infantilisme qui caractérise l\u2019individu resté enfant au point de vue osseux, intellectuel et génital.Nous ne voulons pas nous arrêter à la description des formes de nanisme qui relèvent.moins de facteurs endocriniens que de troubles nutritifs, toxiques ou circulatoires, tels que le nanisme rénal, le nanisme cœliaque et le nanisme mitral.a) Le type le plus pur de nanisme est le type Paltauf que l\u2019on appelle nanisme complet, microsomie essentielle.Ce genre de nanisme caractérise des individus qui, tout en étant trop petits, restent bien proportionnés.En dehors de leur exiguité, ils ne présentent aucune malformation corporelle importante.Toute thérapeutique est inefficace dans ce type d\u2019hypotrophie qui reléve de facteurs héréditaires et dépend d\u2019une disposition chro- mosomiale particulière.b) L\u2019infantilisme hypophysaire du type Lévi-Lorrain relève d\u2019une déficience des hormones somatotropes et gonadotropes de l\u2019hypophyse.Il est caractérisé par la petitesse de la taille, le retard du développement osseux, le retard de soudure des cartilages de conjugaison, mais sans aucune disproportion.La.dentition est défectueuse.Les organes géni- MARTEL: TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTÉ taux sont grêles, les fonctions génitales défi- \u2018cientes; les caractères sexuels secondaires en général sont en retard.On trouve fréquemment, à la radiographie du crâne, une selle turcique pontée.Hormis les cas où ce genre d\u2019infantilisme est conditionné par une tumeur hypophysaire, le traitement opothérapique est particulièrement efficace, du fait que les épiphyses sont encore ouvertes.Ce traitement est à base d\u2019hormone hypophysaire de croissance que l\u2019on administre à la dose de 200 à 500 unités par semaine.Il doit être continué pendant très longtemps, à moins qu\u2019une complication telle que la céphalée croissante n\u2019en vienne contre-indiquer l\u2019emploi.En même temps que l\u2019hormone de croissance, on doit prescrire l\u2019hormone gonado- tropique soit d\u2019origine hypophysaire soit d\u2019origine chorionique ou, encore, de préférence, \u2018association des deux principes.On y adjoint habituellement l\u2019extrait thyroïdien à petites doses.: L\u2019emploi de l'hormone hypophysaire de croissance sera arrêté lorsque la radiographie du fémur montrera que les épiphyses sont bien unies.L\u2019administration de cette hormone, lorsque la soudure épiphysaire est complétée, risque de produire un type anormal de croissance comme dans l\u2019acromégalie.ec) L\u2019infantilisme hypophysaire du type Souques et Chauvet ne diffère de l\u2019infantilisme Lorrain que par l\u2019adjonction de signes infun- dibulaires tels que l\u2019hémianopsie, la céphalée et les modifications de la selle turcique.Dans ce genre d\u2019infantilisme, l\u2019insuffisance somatotrope et gonadotrope ainsi que les troubles de la fonction lipidique sont conditionnés par une tumeur ou une lésion spécifique de la région hypophyso-diencéphalique.d) L\u2019infantilisme de Brissaud, par insuffisance thyroïdienne, est une forme d\u2019infantilisme relativement fréquente.L\u2019infantile thyroidien présente tous les stigmates du myxœdème atténué.Sa taille est petite, sa corpulence exagérée; le développement est dysharmonieux.C\u2019est un petit individu mal 371 proportionné chez qui la soudure des cartilages de conjugaison ne s\u2019est pas opérée.Les points d\u2019ossification sont tardifs.Le psychisme est puéril.La thérapeutique thyroïdienne opère des transformations habituellement rapides et manifestes dans ce genre d\u2019infantilisme.Il est cependant des cas sévères et anciens où la thérapeutique se montre relativement inopérante, laissant persister des stigmates morphologiques et psychiques indélébiles.Il faut savoir que malgré la thérapeutique la plus active, certains insuffisants hypophysaires ou thyroïdiens resteront toujours des infantiles.Ils ne pourront franchir le tournant pubertaire.Chez la fillette, les règles n\u2019apparaîtront pas ou seront insuffisantes; chez le garçon, les testicules n\u2019effectueront pas ou effectueront mal leur descente.D'autre part, dans certains cas de puberté précoce, où les hormones sexuelles ont hâté la soudure des épiphyses, l\u2019arrêt de développement qui s\u2019ensuit est définitif.2° HYPERTROPHIE STATURALE.La sécrétion excessive de l\u2019hormone hypophysaire de croissance se traduit par le gigantisme quand l\u2019hyperpituitarisme survient avant la fin de la puberté; par l\u2019acromégalie, s\u2019il opère après que s\u2019est effectuée la soudure des cartilages de conjugaison.Deux formes de l\u2019hypertrophie staturale se rencontrent assez fréquemment à l\u2019âge de la puberté.a) L\u2019hypertrophie staturale simple.Le tableau en est bien connu.Ce sont des enfants trop grands qui paraissent plus âgés que leur âge, et qui présentent un retard relatif dans l\u2019apparition des caractères sexuels secondaires.Chez eux, on ne trouve aucun trouble dystrophique appréciable; leur morphologie cest harmonieuse.Chez ces enfants trop grands, il semble que l\u2019hypo-ovarisme ou l\u2019hypo-orchitisme, en n\u2019opérant pas la soudure des épiphyses en temps normal, a permis à l\u2019hypophyse de sécréter son facteur somato- 372 trope pendant un temps plus long que d\u2019habitude.: 1e ; Ces enfants adoptent souvent des attitudes vicieuses pour paraître moins grands, favorisant ainsi l\u2019apparition de mal de, dos, de douleurs abdominales basses et souvent.même de dysménorrhée.Il semble exister chez eux un certain déséquilibre nutritif qui, en les privant de leurs moyens de défense, en fait des proies faciles pour certaines infections, dont particulièrement la tuberculose.L\u2019inaptitude scolaire n\u2019est pas rare chez ces enfants.Cette hypertrophie staturale, cependant, n\u2019implique pas de caractères.sérieux de morbidité.Les étapes de la puberté, bien que tardivement, s\u2019établiront graduellement, en même temps que s\u2019arrêtera l\u2019excès de croissance.Si la puberté tarde trop à s\u2019établir et que l\u2019on veuille mettre un frein à ce gigantisme pubertaire mitigé, on doit avoir recours à l\u2019administration d\u2019hormones mâles ou femelles.Chez la jeune fille, on prescrit des substances estrogénes, de préférence du benzoate d\u2019estra- diol, en injections, a la dose de 0.2 mgm.(2000 U.I.) à tous les 3 ou 5 jours.Chez le garçon, le propionate de testostérone, en injections, à la dose de 25 mgms, 2 fois par semaine, ou bien, en comprimés, à la dose de 10 mgms 2 fois par jour.b) L\u2019hypertrophie staturale du type Hutinel.Cette hypertrophie est caractérisée par une hypercroissance et une haute stature survenant particulièrement à la période pré-puber- taire ou pubertaire.On y observe une dyshar- monie morphologique caractérisée par une tête petite, un buste trop court, des membres trop longs.Leurs mains et leurs pieds présentent habituellement un aspect qui rappelle l\u2019acromégalie.Ces sujets sont tout en jambes et ils donnent une impression de fragilité, de faiblesse.Les troubles circulatoires, les palpitations, l\u2019acrocyanose, les manifestations névro- pathiques s\u2019ajoutent au retard de l\u2019évolution pubertaire._ | Ce « gigantisme passager de l\u2019âge ingrat » qui traduit une- dystrophie générale relève habituellement de simples.troubles fonction- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 nels de l\u2019hypophyse.Le déclenchement thérapeutique des manifestations pubertaires avec les substances estrogènes ou le testostérone arrête habituellement cette hypercroissance staturale dysharmonieuse, en bloquant l\u2019exubérance de l'hormone hypophysaire de croissance.Troubles de la croissance pondérale Le trouble de l\u2019évolution pubérale peut porter sur la croissance pondérale, surtout dans le sens de l\u2019excès de poids.« L\u2019obésité des adolescents représente, en général, le type le plus pur de l\u2019insuffisance glandulaire complexe dans laquelle le déficit génital se révèle toujours de façon évidente.À l\u2019inverse des obésités de l\u2019adulte, celle des jeunes est marquée de l\u2019empreinte génitale.» (Lagèze.) 1° LA DYSTROPHIE ADIPOSO-GÉNITALE, SYNDROME DE BABINSKI-FROLICH, est une forme particulièrement caractéristique de l'obésité des adolescents.Une adiposité spéciale associée à des troubles génitaux et parfois à des signes de la série diencéphalo-hypophysaire, en sont les principaux caractères.L\u2019obésité qui est plus typique par sa topographie que par son intensité, infiltre les seins, l\u2019abdomen, les fesses et les cuisses, ce qui lui a valu la désignation d\u2019adipose en pantalon de cavalier; elle respecte les extrémités distales.Les signes génitaux se traduisent, chez la fille, par l\u2019absence de l\u2019apparition des règles, l\u2019absence des caractères sexuels secondaires.Chez le garçon, par l\u2019infantilisme génital: le pénis, caché en quelque sorte par l\u2019adipose pubienne paraît clitoriforme, plus petit qu\u2019il n\u2019est en réalité; c\u2019est le « pénis en bouton ».Le plus souvent, on observe, en même temps, un état infantile des testicules et des bourses, avec parfois persistance de phimosis infantile.La cryptorchidie est particulièrement fréquente.Chez le garçon comme chez la fille, le système pileux axillaire et pubien ne se développe pas. MARTEL: TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTE Le métabolisme des hydrates de carbone est profondément touché, comme en témoigne la grande tolérance aux sucres.Il semble, dit Cushing, que les hydrates de carbone se transforment en graisses.Le métabolisme basal est souvent abaissé.Cette dystrophie adiposo-génital classique correspond à une altération lésionnelle du système diencéphalique et hypophysaire.Les cas où l\u2019on peut mettre en évidence un processus tumoral relèvent évidemment de la neurochirurgie.Mais, dans la majorité des cas, on ne peut rien déceler permettant d\u2019affirmer l\u2019atteinte hypophysaire.La dystrophie adiposo-génitale, tout en réalisant le syndrome clinique de Fro- lich, semble, dans ces cas, ne relever que d\u2019un trouble fonctionnel de l\u2019hypophyse.Et, de fait, cette dystrophie a très souvent une tendance à guérir spontanément quand la puberté s\u2019établit.Aussi, l\u2019action de la médication consiste- t-elle à provoquer et à activer celle-ci quand l\u2019âge est venu.,Ç On emploie, à cette fin, chez la fille, l\u2019hormone gonadotropique extraite ou bien directement de l\u2019hypophyse ou bien du sérum de jument gravide.En même temps, on administre des substances estrogènes, pour favoriser la croissance de l\u2019utérus et le développement des caractères sexuels secondaires.Chez le garçon, on a surtout employé l\u2019hormone gonadotropique chorionique de la grossesse humaine pour stimuler le tissu inters- ticiel du testicule; l\u2019administrant à la dose de 100 à 500 unités rat par jour, pendant plusieurs semaines.L\u2019adjonction de l\u2019hormone mâle, le propionate de testostérone, semble donner des résultats plus rapidement favorables.La tendance actuelle est même d\u2019employer le propionate de testostérone seul, en faisant des injections deux fois par semaine, de 25 mgms, pendant un premier mois; de 10 mgms, pendant un deuxième mois et enfin de 5 mgms, pendant deux ou trois mois supplémentaires.A la thérapeutique hypophysaire et ovarienne ou orchitique, on joint habituellement 373 la \u2018médication thyroidienne; sous forme d\u2019extrait thyroïdien, à la dose de 14 gr.à 14 gr.trois fois par jour, avec des intervalles de repos.Le régime alimentaire doit étre riche en protéines et pauvre en hydrates de carbone et en graisses.Presque tous les enfants présentant la dystrophie adiposo-génitale souffrent d\u2019un certain complexe d\u2019infériorité.Quoique dans bien des cas 1ls ne manquent pas de jugement ni d\u2019intelligence, on note assez fréquemment une certaine viscosité intellectuelle et psychique qui témoigne de la touche thyroïdienne.Ils manquent.habituellement de vigueur, d\u2019exubérance; ils sont sujets à l\u2019instabilité émotionnelle, à la dépression, à la gêne, à la tristesse.Aussi, la psychothérapie doit-elle oceu- per une large part dans les directives thérapeutiques que l\u2019on met en œuvre chez ces enfants.2° A côté de ce syndrome adiposo-génital complexe, l\u2019âge prépubère voit souvent se développer un SYNDROME ADIPEUX « A MINIMA ».Dans ces cas, l\u2019obésité, chez le garçon, affecte le plus souvent le type « féminoïde », notamment dans la morphologie de la poitrine et du bassin.Les organes génitaux gardent leurs dimensions infantiles, les caractères sexuels secondaires sont frustes.Chez la fille, on note la même absence ou imperfection des caractères sexuels secondaires ; les règles tardent à s\u2019installer ou sont irrégulières.C\u2019est, en somme, un syndrome adiposo-gé- nital atténué, sans aucun signe clinique, radiologique ou biologique pouvant faire suspecter une atteinte hypophysaire.On n\u2019y voit même pas d\u2019hypothyroïdie nette.L'aspect infantile des organes génitaux, chez le garçon, relève moins d\u2019une hypoplasie génitale réelle que d\u2019une disparition dans le tissu graisseux qui en masque le volume réel.«La plupart de ces obèses présentent des évolutions pubérales qui ne diffèrent guère de celles des sujets qui ne sont pas obèses.» (No- bécourt.) 374 C\u2019est particulièrement chez ces jeunes obèses qu\u2019il faut se garder de toute débauche opothérapique.L'établissement d\u2019un traitement diététique est primordial et souvent suffisant.Ces enfants sont habituellement des gros mangeurs et il suffit dans bien des cas de supprimer un excès habituel de pain, de pâtisseries ou de farineux pour voir s\u2019effectuer une transformation.S\u2019il faut instituer un régime alimentaire sévère, il doit être cependant suffisant et surtout équilibré pour un adolescent en période de croissance.Un régime tel que le conseille le docteur Horace Gray et qui comprend 80 grammes d\u2019hydrates de carbone, 60 grammes de protéines et 40 grammes de graisses est particulièrement efficace.Ce régime exclut de l\u2019alimentation le pain et les farineux mais permet le lait et des vitamines.À ce régime alimentaire, on doit joindre les exercices physiques, la gymnastique.Si le traitement diététique seul s\u2019avérait inefficace, on pourrait y joindre la médication thyroïdienne, après avoir épuisé l\u2019efficacité du traitement diététique.Troubles de la croissance génitale La puberté ou la croissance sexuelle peut s\u2019installer trop précocement ou trop tardivement.1° L\u2019apparition, avant l\u2019âge de 9 ou 10 ans, des manifestations sexuelles qui caractérisent la puberté constitue la PUBERTÉ PRÉCOCE.a) Dans la puberté précoce vraie, qui se voit surtout chez la fillette, tous les événe- ments du processus physiologique normal sont reproduits.Les menstruations apparaissent avant 9 ans, avec un rythme sensiblement normal.Il y a réellement ovulation et formation de corps jaune, ce qui implique la possibilité de la grossesse.Les caractères sexuels secondaires apparaissent prématurément, mais harmonieusement.La cause de ce genre de puberté précoce est inconnue et aucune thérapeutique n\u2019en peut changer l\u2019évolution.Les conséquences en sont L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, avril 1943 d\u2019ailleurs minimes, excepté le fait que la sécrétion si précoce d\u2019hormones estrogènes provoque la maturité, la soudure précoce des cartilages diaphyso-épiphysaires des os longs et confère à la fillette une petitesse relative mais définitive de la taille.b) Dans la pseudo-puberté précoce, les caractères sexuels secondaires apparaissent prématurément, les organes génitaux externes ct internes se développent et des hémorragies utérines surviennent, mais sans rythme régulier.En réalité, il n\u2019y à pas d\u2019ovulation, pas de formation de corps jaune.C\u2019est le type de la menstruation anovulatoire.La grossesse est donc impossible.L\u2019écoulement sanguin, dans ces cas, traduit seulement l\u2019hyperplasie de la muqueuse utérine causée par un effet estrogénique précoce, dont la cause est une tumeur de l\u2019ovaire.L\u2019ablation chirurgicale de la tumeur amène une régression immédiate de ces phénomènes pathologiques.c) Une troisième forme de puberté précoce est sous la dépendance d\u2019un hyperfonctionne- ment, d\u2019une tumeur de la cortico-surrénale.Les signes en sont l\u2019apparition prématurée de tous les attributs de l\u2019âge adulte, avec mas- culinisation, obésité marquée et hirsutisme.La voix est rauque, dysharmonieuse.La peau est sèche et rugueuse.Chez la fille, les menstruations sont absentes ou bien elles sont apparues trop précocement; elles sont alors irrégulières et peu abondantes.Chez le garçon, les stigmates masculins subissent une poussée rapide et précoce vers le type adulte, conférant l\u2019apparence herculéenne.Le traitement de ce genre de puberté précoce, avec virilisme, consiste en l\u2019ablation chirurgicale de la tumeur cortico-surrénale.Il s\u2019ensuivra évidemment un certain degré d\u2019insuffisance surrénale qui devra ultérieurement être corrigé par l\u2019administration d\u2019hormone cortico-surrénale, avec un régime fortement chloruré.d) Un syndrome absolument identique peut s\u2019observer, chez le garçon, à l\u2019occasion d\u2019une MARTEL: TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTÉ tumeur du testicule, se développant aux dépens des cellules intersticielles de cet organe.2° Au lieu d\u2019être prématurée, la puberté, la maturité sexuelle peut être retardée, ce qui est beaucoup plus fréquent.En pratique, la puberté retardée se confond avec ce que l\u2019on a convenu d\u2019appeler L\u2019HYPOGONADISME.a) Chez la fillette, l\u2019'hypogonadisme est manifeste dans plusieurs syndromes déjà décrits tels que l\u2019infantilisme du type Lorrain ou Bris- saud, la dystrophie adiposo-génitale de Fro- lich.Mais il est un aspect du retard de maturité sexuelle qui mérite une mention spéciale et isolée; l\u2019aménorrhée primitive.La jeune fille qui, passé l\u2019âge de 14 à 15 ans, n\u2019a pas commencé d\u2019être menstruée, présente \u201c presque toujours un habitus spécial qui reflète la fragilité, la faiblesse.Les caractères sexuels sccondaires sont imparfaits; les poils pubiens et axillaires sont peu fournis, les seins sont petits.La morphologie féminine n\u2019est qu\u2019ébauchée: le bassin est étroit, les hanches peu saillantes, les formes peu arrondies, le thorax grêle.Les grandes lèvres restent petites, l\u2019utérus est de petites dimensions, c\u2019est l\u2019utérus infantile.Ces fillettes qui semblent croître trop vite au point de vue statural, se plaignent habituellement de céphalée, d\u2019étourdissements, de lenteur digestive, de constipation.Elles sont, en général, pâles et présentent fréquemment de l\u2019acné.La fatigabilité, l\u2019instabilité et le manque d\u2019intérêt compliquent étrangement le problème scolaire, à cette période.Ce défaut d\u2019apparition des règles à l\u2019âge habituel peut relever de bien des facteurs.Il peut s\u2019agir d\u2019une déficience des hormones gonadotropes hypophysaires; d\u2019une débilité glandulaire des ovaires (hypo-ovarie) où l\u2019évolution des follicules est troublée.Dans ces cas, il n\u2019y a pas de ponte ovulaire, pas de mise en circulation de folliculine.Il peut s\u2019agir, enfin, d\u2019infantilisme utérin primitif, d\u2019insuffisance de développement de la muqueuse utérine.L\u2019insuffisance thyroïdienne, en troublant la nutrition générale, peut également entraîner une insuffisance ovarienne ou utérine.375 Une série d\u2019autres facteurs peuvent être à l\u2019origine de cette aménorrhée primitive.L\u2019hérédité neuro-arthritique, tuberculeuse ou syphilitique.Les intoxications chroniques ou la débilité des parents.Chez la fillette elle-même, les vices alimentaires, la mauvaise hygiène générale, les avitaminoses, les infections aiguës ou encore les affections diverses, telles que le diabète, l\u2019anémie, les facteurs émotionnels.Tous ces facteurs peuvent compromettre le développement et le fonctionnement des ovaires, empêcher le développement des follicules.En général, il n\u2019y a pas lieu de tenter de faire apparaître à tout prix et artificiellement les premières menstruations, avant que la fillette ait atteint l\u2019âge de 16 à 17 ans.Il arrive assez souvent que le retard de puberté se corrige automatiquement et que les menstruations, bien qu\u2019irrégulières, commencent d\u2019apparaître.Lorsque l\u2019infantilisme est généralisé, l\u2019avenir génital des fillettes est souvent compromis.Elles sont souvent stériles et peuvent avoir une ménopause prématurée.Devenues tardivement adultes, elles peuvent conserver les caractères et la mentalité propres à la jeunesse et présenter du juvénisme.Mais habituellement l\u2019aménorrhée primitive ne comporte pas un pronostic aussi fà- cheux et une thérapeutique adéquate peut en avoir raison.Comme règle générale, jamais le traitement de l\u2019aménorrhée primitive ne doit être d\u2019abord opothérapique.Un recours trop hâtif à l\u2019organothérapie, chez les jeunes filles, peut engendrer des séquelles psychologiques des plus fâcheuses.Avant d\u2019avoir recours aux extraits glandulaires, il faut d\u2019abord supprimer et corriger les causes visibles de l\u2019aménorrhée.Le traitement doit être d\u2019abord à base de directives diététiques et hygiéniques: vie au grand air, au soleil, alimentation rationnelle, exercices physiques.Eviter le surmenage et la constipation.Traiter l\u2019anémie ct surtout la chlorose si fréquente par des préparations ferrugineuses et arsenicales.Donner des vitamines et des minéraux.Traiter la syphilis, la tuberculose, les troubles digestifs. 376 Et, en même temps, calmer les angoisses des parents qui croient voir, en cette aménorrhée, un indice certain de tuberculose.On n\u2019a rarement recours à la thérapeutique glandulaire, avant que la fillette ait atteint l\u2019âge de 17 ans.Le seul extrait glandulaire que l\u2019on doit parfois employer, avant cet âge, est l\u2019extrait thyroïdien, à petites doses, lorsque des signes cliniques et l\u2019épreuve du métabolisme basal indiquent un certain degré d\u2019hypothyroïdie, ce qui est encore relativement fréquent.Lorsque la jeune fille, en dépit des moyens précédemment énumérés, ne commence pas d\u2019être menstruée vers la 16e ou la 17e année, et qu'aucune lésion franchement organique n\u2019apparaît comme cause de l\u2019aménorrhée, il faut mettre en œuvre la thérapeutique glandulaire, à base d'hormones hypophysaires et ovariennes.Lorsque la chose est possible, on doit essayer de se rendre un compte aussi exact que possible du fonctionnement de l\u2019hypophyse, des ovaires et de l\u2019utérus, par l\u2019examen gynécologique, les épreuves biologiques, le dosage des substances gonadotropiques dans le sang et les urines, le dosage de l\u2019estrin, la biopsie de l\u2019endomètre utérin, avant d\u2019entreprendre le traitement hormonal de l\u2019aménorrhée.Il est une marche générale de traitement que l\u2019on peut cependant suivre, dans la majorité des cas.Il y a toujours lieu de commencer par l\u2019emploi des substances estrogènes pour favoriser le développement des caractères sexuels secondaires et surtout pour stimuler la croissance de l\u2019utérus et le rendre sensible à la stimulation hormonale.Les substances estrogènes peuvent être administrées à la dose moyenne de 1 mgm.par semaine, pendant plusieurs semaines.| Aprés ce traitement initial ou en méme temps, on administre \u2019hormone gonadotropique selon un rythme qui rappelle sensiblement le fonctionnement physiologique que l\u2019on tente de réaliser artificiellement.Pendant 15 jours, on injecte 1 c.c.par jour d\u2019hormone gonadotrope extraite de l\u2019hypophyse (principe de maturation folliculaire) et, après un repos de qua- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULIETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 tre jours, on fait quatre à cinq injections quotidiennes de 500 U.I.d\u2019hormone gonadotrope chorionique extraite de l\u2019urine de femmes en-~ ceintes (principe de lutéinisation).La menstruation survient habituellement au bout de quelques jours.Le même traitement devra être habituellement répété durant quelques mois.Actuellement, on tend à conduire le traitement de façon différente, en employant l\u2019hormone gonadotropique du \u2018sérum de jument gravide seul.On administre 100 à 300 U.I.par voie hypodermique, chaque jour, pendant 12 à 14 jours, puis une forte dose intraveineuse de 1000 à 1500 U.I., pour provoquer l\u2019ovulation.On fait, pendant les 4 à 6 jours suivants, une injection quotidienne de 100 à 300 U.I,, pour entretenir la fonction du corps jaune.Le complexe synergitique mis récemment sur le marché et renfermant les principes hypophysaires et chorioniques associés, s\u2019administre de la même manière et avec les mêmes résultats.Au cours de l\u2019administration de ces substances gonadotropes particulièrement actives, il faut se garder de doses trop fortes ou trop prolongées qui peuvent provoquer des formations polykystiques.L\u2019aménorrhée primitive dépend de facteurs souvent trop complexes pour que l\u2019on doive attendre, dans tous les cas, du traitement hormonal, des réussites infaillibles.Cependant, hormis les cas où l\u2019atrophie des glandes sexuelles ou des lésions incurables des autres glandes endocrines rendent inutile toute thérapeutique, l\u2019opothérapie fait très souvent céder l\u2019aménorrhée en même temps qu\u2019elle fait s\u2019atténuer l\u2019infantilisme intellectuel et moral qui l\u2019accompagne presque toujours.b) Chez le garçon.Le retard de maturation sexuelle, chez le garçon, s\u2019observe, comme nous l\u2019avons noté précédemment, dans les syndromes de Lévi- Lorrain, de Brissaud, de Hutinel, de Frolich.Il est une forme de « l\u2019immaturation sexuelle » que l\u2019on rencontre assez fréquemment, qu\u2019elle mérite que nous résumions la conception actuelle de son traitement: la cryptorchidie. MARTEL: TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTÉ Il faut dépister et corriger la cryptorchidie chez l\u2019enfant, avant la crise pubertaire.Le testicule ectopié est exposé à des complications infectieuses, mécaniques et dégénératives.Ce testicule présente presque toujours un certain degré d\u2019atrophie et sa valeur fonctionnelle est toujours réduite.Il s\u2019ensuit fréquemment des troubles généraux, somatiques et psychiques, parmi lesquels le syndrome adi- poso-génital, l\u2019infantilisme, l\u2019eunuchoïdisme.Chez l\u2019homme, les testicules abdominaux sont habituellement inféconds.Pour avoir sa valeur fonctionnelle, le testicule doit être dans les bourses où il peut atteindre la température relativement basse requise pour la spermato- génèse.Avant d\u2019envisager l\u2019orchidopexie, on doit toujours tenter le traitement hormonal, dont les résultats seront variables selon la position du testicule ectopié et la cause de l\u2019ectopie.Le traitement ne doit pas être commencé trop tôt, car bien souvent le testicule ectopié subit une descente spontanée à l\u2019approche de la puberté.L\u2019âge idéal pour commencer le traitement est entre 6 à 10 ans.On ne doit pas attendre la puberté.Les résultats de l\u2019hormonothérapie sont d\u2019autant meilleurs et plus rapides qu\u2019il y a un certain degré d\u2019infantilisme, d\u2019hypogonadisme, indiquant que le défaut de descente testiculaire était d\u2019ordre fonctionnel, par insuffisance glandulaire.Il y a des testicules qui ne descendent pas malgré une thérapeutique hormonale active et prolongée.La cryptorchidie, dans ces cas, est due à la présence de bandes fibreuses qui immobilisent le testicule, raccourcissent le cordon, forment des adhérences.Ou bien le testicule a une direction anormale ou, encore, l\u2019anneau inguinal externe est absent.Dans ces cas, le traitement glandulaire, en ne modifiant pas la cryptorchidie, déterminera la nécessité qu\u2019il v a à recourir à des mesures chirurgicales.Quel est le produit hormonal idéal à employer pour favoriser la descente testiculaire?La faveur va actuellement à l\u2019hormone gona- dotropique du chorion extraite des urines de 377 femmes enceintes (la gonadotrophine du chorion).La dose utile et la longueur du traitement varient selon les sujets.La dose initiale doit être d\u2019environ 250 U.I., trois fois par semaine.Si, après un mois de traitement, il n\u2019y a pas d'amélioration manifeste, il y a indication d\u2019augmenter la dose jusqu\u2019à 1,000 ou 1,500 unités par semaine.Si la descente des testicules ne s\u2019est pas effectuée après trois mois de traitement, on doit donner un mois de repos avant de reprendre le traitement pour une autre période de trois mois.Le traitement par la gonadotrophine du chorion doit habituellement durer au moins six mois.La dose totale varie, en général, entre 2,000 et 10,000 unités internationales.On ne peut considérer un traitement comme inefficace avant d\u2019avoir traité un garçon au moins 3 à 5 mois et d\u2019avoir donné au moins 5,000 à 10,000 unités d\u2019'hormone gonadotropique.Il y a parfois même intérêt à pousser la dose jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait provoqué une croissance génitale précoce.L\u2019adjonction de petites doses d\u2019extrait thyroïdien (15 à 1 grain par jour) semble influencer favorablement le traitement.L'utilisation de l'hormone mâle (propio- nate de testostérone) dans le traitement de la eryptorchidie a ses adeptes.L'administration de testostérone, soit seule, soit combinée à la gonadotrophine du chorion, n\u2019a jamais donné de résultats supérieurs à l\u2019emploi de cette dernière seule.Il semble qu\u2019on doive réserver l\u2019emploi du propionate de testostérone pour les cas où la ecryptorchidie s\u2019accompagne de signes évidents d\u2019infantilisme, d\u2019hypogénitalisme.La dose utile d\u2019hormone mâle, dans ces cas, est d'environ 10 mgms, deux fois par semaine, pour un court espace de temps.Sous l\u2019effet du traitement hormonal et s\u2019il n\u2019y a pas d'obstacles mécaniques, le testicule descend dans les bourses dans une proportion de 33% des cas, chez les enfants de moins de 10 ans, dans une proportion de 17% des cas seulement, chez les garçons de 16 ans et plus.Les meilleurs résultats sont obtenus dans les formes inguinales de la cryptorchidie ainsi que lorsque l\u2019ectopie était bilatérale. 378 Si les testicules ne descendent pas ou ne descendent pas suffisamment et qu\u2019il faille intervenir chirurgicalement, la thérapeutique -gonadotropique préliminaire facilite l\u2019intervention en allongeant les cordons, en augmen- \u2018tant le volume des testicules, en augmentant les dimensions du scrotum et du canal inguinal et les résultats post-opératoires sont considérablement améliorés par ce traitement -endocrinien.À la suite de l\u2019orchidopexie, il y a habituellement intérêt à répéter, pendant un ou deux mois, quelques injections d\u2019hormone -gonadotropique.Ce traitement post-opéra- \u2018toire en même temps qu\u2019il favorise le développement aussi complet que possible des caractères sexuels primaires et secondaires, assure un meilleur ajustement psychique.* * * Dans la plupart des syndromes que nous \u2018avons décrits, comme anomalies de la puberté, l\u2019intervention de la THYROÏDE était manifeste.Lors de la période pubertaire, on peut observer, en plus, des syndromes thyroïdiens isolés traduisant l\u2019hypo ou l\u2019hyperfonctionnement de la glande thyroïde.1° L\u2019HYPERTHYROÏDIE.L'hyperthyroïdie n\u2019est pas fréquente à la puberté.Environ 3 ou 4% seulement des goitres toxiques surviennent chez des enfants de moins de 18 ans.La symptomatologie diffère peu de celle observée chez l\u2019adulte.Tout au plus, peut-on mentionner comme particularité de l\u2019hyperthyroïdie de l\u2019adolescent l\u2019élévation de la pression artérielle systolique avec abaissement de la pression minima.Le traitement médical du goitre toxique de la puberté est habituellement inopérant.Il nécessite un temps prolongé d\u2019hospitalisation ou du moins de repos qui nuit sérieusement à la scolarité et favorise l\u2019apparition de troubles du comportement.La thyroïdectomie seule doit être envisagée dans la majorité des cas.L'évolution de la L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 croissance n\u2019est nullement troublée par l\u2019opération et l\u2019apparition d\u2019un myxædème postopératoire demeure assez rare qu\u2019on ne peut en faire un argument contre la thyroïdectomie.2° L\u2019HYPOTHYROÏDIE.L\u2019hypothyroidie est relativement fréquente à l\u2019âge de la puberté.Les manifestations en sont habituellement atténuées.Des signes variés et disparates rendent souvent méconnaissable cette hypothyroïdie fruste de l\u2019adolescent.Chez certains enfants, l\u2019hypothyroïdie peut ne se manifester que par des troubles du caractère et du comportement, des réactions émotionnelles qu\u2019un éducateur distrait qualifie de défauts et de vices.Ces enfants sont habituellement des fatigués, des distraits, des apathiques que l\u2019on dit paresseux.Ils présentent facilement de la fatigue d\u2019attention.Ils n\u2019ont aucune ardeur au travail ni au jeu.On les juge trop passifs, trop inertes, indifférents.Leur apathie tranquille, leur peu de vivacité d\u2019esprit expliquent leurs insuccès scolaires.À cette période pubertaire, l\u2019insuffisance thyroïdienne peut prendre un aspect un peu diffé- rent où domine l\u2019agitation.On observe, en effet, chez des adolescents, une triade symptomatique assez caractéristique dans ce sens.C\u2019est une turbulence, une instabilité motrice marquée jointes à des troubles de l\u2019élocution et à de l\u2019insouciance.Le trouble de l\u2019élocution peut aller depuis l\u2019incapacité de prononcer certaines lettres, certains sons, jusqu\u2019au bégaiement de bloquage, le tétanos verbal.Dans la majorité des cas, ces troubles du comportement mental et émotionnel marchent de pair avec un état physique qui signe la nature de l\u2019affection.Ces adolescents, qui ne peuvent soutenir longtemps un effort physique et dont la fatigue a le caractère d\u2019être surtout matutinale, sont fréquemment des sujets infiltrés aux traits empâtés, aux sourcils raréfiés, aux extrémités cyanosées.La constipation, la frilosité, l\u2019acné, les altérations des poils s\u2019ajoutent souvent à la symptomatologie. MARTEL: TROUBLES ENDOCRINIENS DE LA PUBERTÉ Tout cet ensemble symptomatique qui ne semble pas comporter suffisamment d\u2019éléments consistants pour imposer le diagnostic d\u2019hypothyroidie est cependant suffisant pour créer, chez le clinicien qui sait se faire psychologue, une impression clinique qui trouvera habituellement sa confirmation dans l\u2019épreuve thérapeutique.Il est une affection, l\u2019ostéo-chondrite juvénile, que l\u2019on doit mentionner dans le cadre des manifestations d\u2019insuffisance thyroïdienne et dont on a voulu bien signifier la nature en Tappelant l\u2019hypothyroïdie ostéo-chondrale.Le pronostic de cette affection s\u2019est complètement modifié depuis qu\u2019on lui a appliqué un traitement à base d\u2019extrait thyroïdien.Cette revue sommaire des principaux troubles endocriniens qui viennent troubler l\u2019évolution normale de la puberté suffit à montrer l'importance qu\u2019il y a à surveiller attentivement la croissance somatique prépubertaire comme la croissance sexuelle qui lui fait suite.Le problème psychologique qui se pose à l\u2019âge de la puberté est déjà essentiellement si compliqué qu\u2019on ne doit rien négliger pour empêcher qu\u2019il se double d\u2019un problème médical.Il sera singulièrement simplifié si l\u2019on sait prévenir et traiter précocement les manifestations pathologiques de cette phase de la vie génitale.BIBLIOGRAPHIE 1.\u2014Pierre NOBECOURT: «Obésité et puberté.» Presse Médicale No.24, 19 mars 1938, p.449.2.\u2014 Georges MOURIQUAND: « Hypophyse et pré- puberté.» Arch.Mal.des Enfants, juillet 1936, p.407.3.\u2014 M.DE BIECHLER: « Métabolisme basal et fonction métabolique de la glande thyroïde à l\u2019époque de la puberté chez les filles.» Arch.Mal.des Enfants, mai 1937, p.274.4.\u2014E.ALLEN: «Gynecologic Problems of the adolescent girl.» Amer.Jour.of Dis.of Child.54: 162, 1939.379 5.\u2014 I.NAKAGARA: «Growth and basal metabolism.» Amer.Jour.of Dis.of Child, 53: 99, 1937.6\u2014 W.A.THOMPSON et «Endocrine treatment of J.A.M.À., 117: 1953, 1941.N.J.HECKEL: cryptorchidism.» 7.\u2014G.B.DORFF: «Intra-abdominal cryptor- chidism treated with gonadotropic substance.» J.A.M.A, 110: 1799, 1938.8.\u2014 C.F, FLUHMANN :: « Ovarian disfunctions and their treatment.» J.A.M.A, 116: 831, 1941.9.\u2014Emil NOVAK: «Gynecologic problems of adolescence.» J.A.M.A., 117: 1950, 1941.10.\u2014 Horace GRAY: «Obesity in the adolescent.cured without injections.» J.A.M.A, 110: 1430, 1938.11.\u2014 Pierre NOBECOURT: «Les aménorrhées de la puberté.» Journal des Praticiens, 19 et 26 oct.1935.12\u2014L.CARNIL: «La dystrophie adiposo-génita- le.» Le Monde Médical, No.922, 1 et 15 sept.1938.13.\u2014R.LIEGE: «Les syndromes adiposo-génitaux de l\u2019enfance dans la pratique médicale.» Clinique et Labo., 30 juin 1938.14.\u2014 P.LAGEZE: «Le traitement endocrinien de I'obésité des adolescents.» Clinique et Labo., 30 déc.1938.15,.\u2014E.APERT: «Le syndrome adiposo-génital des jeunes garcons et des 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QUELQUES CONSIDERATIONS SUR \u201cL\u2019ABDOMEN AIGU\u201d! Par Georges DUMONT et Charles DUMONT (Campbellton, N.B.).Le terme « abdomen aigu » s\u2019applique à ce groupe de patients qui présentent une douleur abdominale assez forte pour qu\u2019une intervention chirurgicale soit absolument nécessaire.Une douleur abdominale accompagnée de nausées .et vomissements qui dure six heures on plus doit être considérée comme preuve d\u2019une lésion sérieuse de l\u2019abdomen nécessitant une opération.Dans nombre de cas, la temporisation de la part du médecin peut être la cause de la mort du patient, parce que souvent les lésions des viscères abdominaux évoluent rapidement.La plus grave responsabilité repose donc sur le médecin praticien en fait de.diagnostic précoce et en vue du traitement prompt et efficace.En face d\u2019un malade qui présente apparemment le problème d\u2019un « abdomen aigu », le premier point dont le praticien doit s\u2019assurer, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019un «abdomen aigu » réel et non pas d\u2019une condition extra- abdominale simulant un « abdomen aigu ».Le point de coté abdominal de la pneumonie chez l\u2019enfant est généralement facile à reconnaître, mais au début, avant l\u2019apparition des signes stéthoscopiques, il faut parfois recourir à la radiographie des poumons pour éclairer un diagnostic douteux.La crise abdominale du tabès peut simuler l\u2019abdomen aigu; la méningite peut causer des symptômes abdominaux; la thrombose coronaire peut produire des symptômes ressemblant fort à ceux d\u2019un ulcère gastrique perforé; la typhoïde au début peut faire soupçonner l\u2019abpendicite.Enfin n\u2019est-il pas arrivé qu\u2019un chirurgien ait enlevé l\u2019appendice d\u2019un enfant souffrant de pyélite ou d\u2019un adulte souffrant de colique néphriti- que?1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Asso- ctation des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.EXAMEN CLINIQUE.À l'examen du malade, on donnera beaucoup d'importance à son état général.La fréquence du pouls est beaucoup plus significative que l\u2019élévation de température.La température ne dépasse pas généralement 99 \u2014 100° excepté dans la cholécystite aiguë; chez l\u2019enfant l\u2019appendicite peut être accompagnée d\u2019une fièvre de 101 - 102°, tandis que dans un cas de perforation la température est souvent sub-nor- male.L'histoire du malade devra être prise avec soin, non seulement de sa maladie actuelle, mais aussi de ses antécédents, d\u2019attaques semblables ou de même nature, en accordant une attention spéciale à certains symptômes, tels que: douleur après les repas, flatulence, constipation, diarrhée, présence de mucus ou de sang dans les selles, jaunisse, hématurie ou autres troubles de la miction ; chez la femme: troubles menstruels ou pertes vaginales et chez les deux sexes: les détails de toute opération antérieure.Au sujet de la maladie présente, le début, l\u2019apparition et le siège de la douleur sont importants; la douleur est-elle accompagnée ou précédée de vomissement?L\u2019examen de l\u2019abdomen doit être minutieux, d\u2019abord par l\u2019inspection: y a-t-il ballonnement, la paroi estelle immobilisée pendant la respiration?Puis la palpation se fait doucement, les doigts de la main étendus, pour déterminer la sensibilité, une rigidité de la paroi ou la présence d\u2019une tumeur ou masse anormale.En passant on ne doit pas oublier que la vessie distendue, mate à la percussion, peut se présenter au-dessus du pubis dans un cas d\u2019 « abdomen aigu » et qu\u2019il faut toujours la vider, avec un cathéter s\u2019il le faut, avant de continuer l'examen.La percussion du foie, du cœur et de tout l\u2019abdomen est de routine pour découvrir soit l\u2019hypertrophie ou la dilatation d\u2019un organe, soit une note sonore anormale: tympanisme ou ma- 382 tité dans les flancs.Les examens, rectal et vaginal, sont également importants et il va sans dire que l\u2019examen physique doit être complet, comprenant l\u2019analyse d\u2019urine, l\u2019examen de la poitrine et du système nerveux.Il ne faut pas omettre d\u2019examiner tous les orifices herniaires.Après avoir localisé définitivement la lésion dans l\u2019abdomen, le second point dont le praticien doit s\u2019enquérir, c\u2019est la question du traumatisme, car il ne faut pas perdre de vue que la rupture dans le péritoine soit d\u2019un viscère solide (foie, rate ou rein) soit de l\u2019intestin, généralement à la partie inférieure de l\u2019iléum, produit des symptômes abdominaux aigus et est une indication de laparatomie exploratrice immédiate.Après avoir écarté la possibilité de lésion traumatique, le praticien se trouve devant un grand nombre d\u2019affections abdominales qui pour faciliter le diagnostic peuvent être groupées sous les 4 principaux chefs suivants: 1.INFLAMMATION.2.OBSTRUCTION.3.PERFORATION.4, HEMORRAGIE OU TORSION.Nous passons sous silence les affections rénales aiguës: pyélo-néphrite, colique néphri- tique, urémie et les coliques intestinales: gastro-entérite aiguë, saturnisme, et la colique hépatique.Variétés cliniques Nous considérerons sommairement chacun des 4 principaux types cliniques énumérés plus haut et nous ne ferons qu\u2019indiquer de façon nécessairement très incomplète quelques méthodes de traitement.1.INFLAMMATION.a) L\u2019appendicite aiguë plus fréquente chez les jeunes personnes commence par une douleur généralisée.Au bout de quelques heures la douleur se fixe à la fosse iliaque droite, qui devient rigide et sensible, les nausées et les vomissements apparaissent fréquemment.Le L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 pouls est rapide, mais la température dépasse rarement 99 \u2014 100° F.Chez les personnes.âgées, la douleur n\u2019est souvent que légère, la.défense musculaire peu marquée et les vomissements absents, mais le pouls est accéléré de- façon anormale.La langue est sèche, saburrale et la constipation, quoique la règle, peut.faire défaut et même la diarrhée peut être- observée.Durant les premières 36 heures, on ne sent encore aucun empâtement à l\u2019examen abdominal ou rectal.Ensuite un abcès appendiculaire se développe et alors on peut.palper une masse fixe dans le bassin et immobile pendant la respiration.La leucocytose est un indice important.Pendant les premières 48 heures, la conduite- à tenir est l\u2019appendicectomie immédiate et un grand nombre de chirurgiens enlèvent l\u2019appendice à n'importe quel stage de la maladie.Cependant il est vrai qu\u2019il y a une autre école, qui, après la formation d\u2019un abcès bien localisé, préfère attendre quelques jours ou quelques semaines avant d\u2019intervenir.Nous partageons l\u2019opinion qu\u2019un cas d\u2019appendicite aiguë - doit être opérée immédiatement après son entrée à l'hôpital.En opérant un cas d\u2019appendicite rupturée- avec abcès ou péritonite plus ou moins localisée, 11 y a une technique que nous pratiquons depuis plusieurs années et qui nous donne de bons résultats: c\u2019est la cæcostomie, qui, comme vous le savez, consiste à drainer le gros intestin en introduisant un petit drain dans la lumière du moignon de l\u2019appendice.Il va sans.dire que le drainage de la cavité et du bassin doit être suffisant, mais avec la cæcostomie en plus nous trouvons que les malades se désintoxiquent plus vite, souffrent moins de ballonnement et de vomissement, et sont moins exposés à cette complication grave de l\u2019iléus paralytique.La fistule stercorale après la sortie du drain ne cause aucun inconvénient et se ferme rapidement.L'administration intraveineuse de sérum glucosé est un adjuvant précieux.b) La cholécystite aiguë se présente chez.des personnes de 40 ans, surtout la femme plus: DUMONT ET DUMONT: « ABDOMEN AIGU » ou moins obèse.L'histoire de la malade révèle qu\u2019elle a déjà souffert de dyspepsie, flatulence, constipation, peut-être de colique biliaire occasionnelle, mais rarement de jaunisse.Il y a douleur, sensibilité et défense musculaire à la région vésiculaire; la douleur irradie dans le dos ou à l\u2019épaule droite et la température est élevée: 103-104° FyA la palpation on pourra peut-être sentir une masse arrondie sous le rebord costal, mobile avec la respiration.L'état général indique souvent une intoxication avec prostration marquée.Dans ce cas il ne fait pas de doute qu\u2019une laparatomie s\u2019impose immédiatement.Ici encore il y a une autre école qui préconise la temporisation et la cholécystectomie subséquente après une accalmie des symptômes.Mais cette temporisation peut être dangereuse; elle le serait particulièrement si par malheur il s\u2019agissait d\u2019un ulcère duodénal perforé.Ce cas est plutôt rare chez la femme, mais c\u2019est une possibilité et parfois même une surprise désagréable.c) La salpingite aiguë.Le diagnostic différentiel avec l\u2019appendicite est généralement assez facile.La douleur, la sensibilité et la défense musculaire s\u2019accentuent graduellement, mais on remarque que ces symptômes sont bilatéraux à la région hypogastrique.Les vomissements et la constipation sont généralement moins prononcés; la malade paraît moins intoxiquée que dans l\u2019appendicite.Par contre la fièvre et la leucocytose sont plus élevées.A l\u2019examen vaginal on remarque la leucorrhée et on constate une inflammation de tout le bassin.Ici il est indiqué de temporiser: le traitement médical suffit généralement à moins qu\u2019un pyo-salpinx ne se développe.Les sulfamidés donnent aujourd\u2019hui d\u2019excellents résultats.d) La pancréatite aiguë est beaucoup plus rare: on l\u2019observe chez l\u2019homme d\u2019âÂge moyen et parfois chez la femme obèse qui a une histoire de dyspepsie biliaire.C\u2019est un diagnostic très difficile à faire, mais le début soudain d\u2019une douleur épigastrique intense avec grande prostration accompagnée parfois d\u2019une lé- 383: gère cyanose laisse soupçonner le drame pancréatique.La glycosurie et l\u2019épreuve de laboratoire à la diastase confirment le diagnostic.L'opération se résume à l\u2019exploration et tout.au plus au drainage de la vésicule biliaire.Le- pronostic est sombre.e) La péritonite tuberculeuse présente parfois le syndrome d\u2019abdomen aigu.L'état général et les antécédents du patient sont souvent significatifs.On observe un ballonnement.plus ou moins marqué, la présence d\u2019ascite- avec tympanisme au centre de l\u2019abdomen et.matité dans les flancs.f) La péritonite généralisée infectieuse est.très grave.Elle peut être secondaire à l\u2019appendicite rupturée, l\u2019ulcère peptique perforé.ou une perforation traumatique, etc.Les signes: classiques sont: la douleur généralisée, la sen-: sibilité, la défense musculaire, la distension et les vomissements fréquents et fécaloïdes.Le- pouls est très rapide et filiforme, la température est souvent subnormale, le patient en.état de collapsus, le facies hippocratique.Avant la découverte des sulfamidés le résultat était presque toujours fatal.Aujourd\u2019hui nous pouvons prévenir et combattre plus efficacement la péritonite en injectant une- solution de sulfathiazole dans le bassin et la.cavité abdominale à la fin de l\u2019opération;.on continue le sulfathiazole en injections intramusculaires pendant les suites opératoires.Par ailleurs le traitement est le même que- celui de l\u2019iléus paralytique.Ce dernier est une- complication assez fréquente d\u2019une infection abdominale plus ou moins localisée ou même- d\u2019une intervention abdominale apparemment.bénigne.Nous avons tous été témoins de la détresse de ces malades dont l\u2019abdomen est très.ballonné et tympanitique et qui vomissent continuellement.C\u2019est l\u2019équivalent de la dilatation aiguë de l\u2019estomac et le traitement est le même.Il est essentiel dans ces cas de lutter- contre la déshydratation et l\u2019acidose; c\u2019est pour- cette raison que l\u2019on force le sérum glucosé intraveineux, 2 ou 3,000 c.c.par jour ou méme- continuellement jusqu\u2019à cessation des vomis~ 384 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 sements.Le lavage de l\u2019estomac avec une solution tiède de bicarbonate de soude répété 2 ou 3 fois par jour est un traitement très efficace.Le tube rectal, les injections rectales de lait et mélasse répétées 3 ou 4 fois par jour, la Pituitrine, la Prostigmine, l\u2019ésérine en injections hypodermiques, sont d\u2019autres traitements très utiles.Les tubes à siphonage gastrique et intestinal, dits de Levine ou de Abbott- Miller, sont d\u2019autres moyens très efficaces d\u2019obtenir la décompression abdominale.Enfin une opération bénigne, qui peut se faire à l\u2019anesthésie locale, appelée la jéjunostomie, est une méthode salvatrice, lorsqu\u2019elle n\u2019est pas pratiquée trop tard.Elle consiste à introduire un petit drain dans la lumière du jéjunum et l\u2019y fixer suivant la méthode de Witzell.2.OBSTRUCTION.Début soudain, douleur intense généralisée, accompagnée ou suivie de vomissements pro- Jectiles qui deviennent rapidement fécaloïdes.Au début la partie inférieure de l'intestin au-dessous de l\u2019obstacle peut se vider et produire 2 ou 3 selles.A l\u2019examen de l\u2019abdomen on peut fréquemment apercevoir des mouvements péristaltiques visibles, plus fréquents à la fosse iliaque droite.Chez les patients âgés, qui souffrent de cancer du colon, on découvre souvent une longue histoire d\u2019obstruction chronique et de flatulence.La palpation permettra généralement de trouver la tumeur abdominale.a) La hernie étranglée extérieure est la cause la plus fréquente d\u2019obstruction intestinale.Elle est facile à découvrir et se présente comme une tuméfaction arrondie, assez dure et très sensible, si l\u2019on à soin d\u2019examiner attentivement tous les orifices herniaires.La hernie étranglée est irréductible et fixe, immobile pendant la toux.On se gardera bien de confondre la hernie fémorale étranglée avec une adénite inguinale et on ne perdra pas de vue les signes d\u2019obstruction: douleur abdominale, ballonnement et vomissement.b) L\u2019étranglement interne par des adhérences ou des brides affecte le plus souvent l\u2019intestin grêle dans la région de la jonction iléo- cœcale.On obtient fréquemment une histoire d\u2019inflammation ou d\u2019opération antérieure.Le maximum de la douleur et des mouvements péristaltiques se trouve à la région de l\u2019anse intestinale obstruée.ec) Le volvulus se rencontre généralement chez des hommes plus âgés souffrant de constipation, souvent après une défécation laborieuse.Il y a une énorme dilatation du gros intestin et le patient est en état de collapsus, bien que les vomissements soient tardifs et le ténesme présent.d) L\u2019invagination intestinale se rencontre presque toujours chez de jeunes enfants bien nourris de 6 à 15 mois.Le bébé présente des attaques intermittentes de pleurs et cris en fléchissant ses petites jambes avec alternatives de relâchement et soulagement.Le praticien doit être averti qu\u2019il ne sentira une masse dans l\u2019abdomen que pendant les contractions péristaltiques de l\u2019intestin.Aussi il devra laisser sa main sur l\u2019abdomen de l\u2019enfant assez longtemps pour sentir une petite masse en forme de saucisse au-dessous du rebord costal droit.Les vomissements apparaissent dès le début et ce n\u2019est qu\u2019après plusieurs heures qu\u2019on observe des selles muco-sanguinolentes.3.PERFORATION.La perforation de l\u2019ulcère gastrique ou duodénal se fait spontanément ou après une longue histoire d\u2019indigestion.Il y a collapsus soudain, une douleur atroce, souvent localisée au-dessus du pubis; la température est sub- normale, l\u2019abdomen est rétracté et présente une rigidité généralisée d\u2019une dureté ligneuse; ce dernier symptôme est caractéristique.Le patient est pâle et présente des sueurs avec un pouls anormalement lent en regard du degré de collapsus que l\u2019on observe.La laparato- mie immédiate est nécessaire pour suturer l\u2019ulcère et drainer la cavité et le bassin.Chaque quart d\u2019heure de temps est très précieux dans un tel cas.La perforation intestinale au cours d\u2019autres affections: cancer, diverticulite, re ee TE me DUMONT ET DUMONT: « ABDOMEN AIGU » ulcère typhique ou tuberculeux, produit des symptômes caractéristiques de rigidité localisée avec température sous-normale et pouls rapide, mais ces symptômes ne sont jamais aussi graves que dans la perforation d\u2019ulcère peptique ou la perforation traumatique.4.HÉMORRAGIE OU TORSION.L\u2019hémorragie peut être causée par un traumatisme, mais chez la femme cet accident est le plus souvent causé par la rupture d\u2019une grossesse ectopique ou tubaire ou encore par la rupture d\u2019un kyste hémorragique de l\u2019ovaire, qui survient chez la jeune fille vers l\u2019époque de la puberté et qui est souvent confondue avec l\u2019appendicite.Au cours d\u2019une hémorragie considérable, comme il arrive dans la grossesse extra-utérine rupturée, la patiente est très pâle, agitée, couverte de sueurs; le pouls est très rapide et il y a une sensibilité abdominale marquée à la palpation.Parfois on constate la présence de liquide dans le ventre, la sensation de flot et la matité dans les flancs.Le début est soudain, la douleur hypogastrique est violente et la patiente atteinte d\u2019une lipothi- mie grave.Au début on ne sent rien de particulier à l\u2019examen vaginal si ce n\u2019est un léger empâtement plutôt sensible dans le cul-de-sac de Douglas, mais après quelques jours la collection de sang est circonserite par les anses intestinales et l\u2019omentum et on sent une masse qui peut remonter jusqu\u2019à l\u2019ombilic.Il y a généralement un retard de règle, laissant soupçonner un début de grossesse, mais parfois il n\u2019y a aucun retard.En général, la femme perd un peu de sang pendant quelques heures ou quelques jours avant les symptômes alarmants de la rupture et de l\u2019hémorragie abdominale.La gravité des symptômes dépend du volume de l\u2019hémorragie.Or celle-ci n\u2019est pas toujours soudaine et abondante.Alors il n\u2019y 380 a pas de douleur subite et violente avec lipo- thimie.Une douleur sourde commence dans un côté du bas-ventre et augmente graduellement; la femme vient consulter ou demande le médecin et à l\u2019examen vaginal on constate une masse très sensible dans un des culs-de- sac; le col et le corps utérins sont plus sensibles que normalement, la température est peu élevée.Il est alors difficile de distinguer la grossesse tubaire d\u2019une inflammation de l\u2019ovaire ou de la trompe.Le traitement est l\u2019opération dans tous les cas et les symptômes graves d\u2019hémorragie interne sont traités par la transfusion sanguine.Le diagnostic de la grossesse extra-utérine rupturée est évidemment d\u2019un des plus difficiles pour le praticien.Le kyste d\u2019ovaire à pédicule tordu s\u2019observe le plus souvent chez la femme de 35 à 45 ans.La patiente accuse une violente douleur qui débute soudainement après un effort ou un exercice, accompagnée de nausées et vomissements, avec une élévation moyenne de température, mais il n\u2019y a pas de signe de shock ou d\u2019hémorragie interne et on constate une tumeur arrondie, rénittente et sensible dans le bas-ventre ou à l\u2019examen pelvien.Conclusion Au début de ce Congrès, à l\u2019hôpital Saint- Lue, quelques confrères ont donné des conférences très instructives, formant un symposium sur ce problème de l\u2019«abdomen aigu ».Pour notre part, nous avons cru faire un travail utile pour le praticien général, toujours si occupé, en préparant ce résumé ( sorte de tableau synoptique ou schématique) pour l\u2019aider à distinguer les principales causes de l\u2019« abdomen aigu ».Car c\u2019est d\u2019un diagnostic précoce et exact suivi d\u2019un traitement chirurgical prompt et efficace que dépend souvent la vie du patient. LE LEVER PRÉCOCE ! Par J.-Emile RIOUX, Chef du Service de Chirurgie de l'hôpital Sainte-Anne-des-Monts (Prov.Québec).Pour la première fois, je crois, dans un Congrès des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, vous entendez une voix de la Gaspésie.Si j'ai cet honneur de représenter mes cinquante confrères de notre région, je le dois à l\u2019amabilité du dévoué président de ce Congrès et aux directeurs de l\u2019Association.Je suis heureux de leur en exprimer ma profonde gratitude.Dans ce bref travail, j'ai pensé qu\u2019il serait intéressant pour vous de connaître mon expérience personnelle et celle de mes collaborateurs depuis 10 ans à l\u2019hôpital Sainte-Anne, de Sainte-Anne-des-Monts, sur le lever précoce des opérés, tel que nous le pratiquons.Qu'est-ce que le lever précoce des opérés?Pour nous, c\u2019est le lever de l\u2019opéré l\u2019après-midi ou le soir même de l\u2019opération ou au plus tard le lendemain c\u2019est-à-dire le lever dans les 24 heures qui suivent l\u2019acte opératoire.Nous croyons que le lever des 2e, 3e et 4e jours n\u2019est plus un lever précoce et n\u2019a pas les mêmes avantages.En effet, que recherchons-nous dans le lever précoce?Remettre l\u2019opéré à son état normal le plus tôt possible et empêcher que des complications ne viennent retarder sa guérison.Tout cela est obtenu par le lever au cours des premières 24 heures.Nous tâcherons d\u2019en expliquer le mécanisme plus loin quand nous parlerons des avantages de ce lever précoce.HISTORIQUE Depuis très longtemps, des chirurgiens ont parlé du lever précoce et l\u2019ont préconisé dans leurs communications aux Sociétés médicales.Je ne ferai pas l\u2019histoire de cette méthode pour tous les pays: ce travail a été publié assez souvent et je suis sûr que vous le con- 1.Communication au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.naissez tous.Au Canada, je crois avoir été le premier à employer ce procédé régulièrement et pour tous mes opérés, depuis le 12 février 1932.En effet, depuis cette date, j'ai fait lever le lendemain de l\u2019opération tous mes opérés de l'abdomen.Depuis deux ou trois ans, nous faisons lever certains opérés le jour même, surtout ceux dont l\u2019anesthésie a été courte, et les malades souffrant d\u2019adhérences postopératoires.Quels malades faisons-nous lever?Pour moi, il n\u2019y a pas eu de période de tâtonnement.Après avoir lu plusieurs travaux sur cette méthode, je l\u2019ai adoptée d\u2019emblée et, après le 12 février 1932, je n\u2019ai'lassé au lit que les grands infectés ou les opérés porteurs de drains.95% de nos opérés de l\u2019abdomen bénéficient de cette méthode.Nos cholécystecto- mies, nos appendicectomies sur-aigués avec liquide séreux et séro-purulent, nos appendicites aiguës, sub-aiguës ou chroniques se lèvent le jour même ou le lendemain.(Seuls, les opérés pour appendicites franchement purulentes, avec péritonite généralisée et porteurs de 2 ou 3 drains ne se lèvent pas.Dans ces cas, nous n\u2019enlevons pas l\u2019appendice, à moins qu\u2019il ne se présente facilement et soit aisément dé- collable sans trop de délabrement, mais nous nous contentons de drainer et de faire des lavages bi-quotidiens avec une solution de créo- line.Dans les derniers 15 à 20 cas, nous n\u2019avons pas enregistré une seule mortalité.) Nos gastrectomies, nos gastro-entérostomies, nos colostomies, nos résections intestinales, nos cystostomies pour ablation de calculs vésicaux, nos hystérectomies totales ou sub- totales, nos ovariectomies, nos suspensions utérines, en un mot, tous nos opérés de l\u2019abdomen se lèvent le soir ou le lendemain de l\u2019opération.Généralement ceux que nous faisons lever l\u2019après-midi ou le soir de l\u2019opération s\u2019assoient avec l\u2019aide des infirmières RIOUX: LEVER PRÉCOCE .sur le bord de leur lit et même dans une chaise à côté du lit.Quelques-uns vont même à la toilette; mais ordinairement le lever a lieu vers 9 heures le matin et se répète 3 ou 4 fois dans la journée.L\u2019opéré va à la toilette d\u2019abord soutenu par deux infirmières et s\u2019asseoit ensuite dans une chaise pendant 10 à 15 minutes.Le trajet pour les plus éloignés représente environ 60 à 100 pieds, et plusieurs font en plus le tour de la salle, ce qui représente 2 à 3 fois cette distance.Son lit est changé et retourné pendant ce temps.Il est recouché, assisté par les infirmières.Le 2e jour, la moitié de nos opérés peuvent se lever sans l\u2019aide des infirmières et marchent seuls.Le 3e jour, tous peuvent se lever seuls et restent debout ou assis 5 à 6 heures pendant la journée.Pendant les 3 premiers jours, nous sommes obligés de les retenir car plusieurs abuseraient.Le 4e jour, les opérés commencent à prendre leurs repas à la table et le lendemain et les jours subséquents, nous les laissons libres d\u2019agir à leur guise et il n\u2019y a plus de restrictions.méme en temps de guerre! Lors d\u2019un voyage d\u2019étude aux Etats-Unis, j'ai assisté le docteur Richard Davison pour des thoracoplasties, des résections d\u2019adhérences pleurales et j'en ai fait plusieurs assisté par lui.Etant très enthousiaste du lever précoce des opérés, je n\u2019ai pu faire autrement que d\u2019essayer de le convaincre d\u2019adopter cette méthode pour ses opérations.Après quelques jours, le docteur Davison consentit à faire lever le lendemain 4 de ses opérés de thoracoplastie: ce fut un succès.Quelques jours plus tard, nous en faisions lever 8 autres.Aprés 10 jours, nous faisions subir aux 4 premiers «ambulants » leur 2e stage de thoracoplastie qu\u2019ils ont supporté mieux que les autres opérés après 22 jours.C\u2019est dire que cette méthode permet de réduire de plus de la moitié le temps entre les différents stages opératoires et que ces malades supportent beaucoup mieux cette opération choquante que les autres qui ne se lèvent pas.Après 2 mois et demi passés à la Clinique Mayo, je retournais chez le docteur Davison 387 qui me dit textuellement: « Your coming here was a blessing for me and for our patients: your method is quite miraculous» et il me donna des statistiques sur le séjour moyen de ces opérés pour les 2 ou 3 stages, comparées au séjour des autres avant le lever précoce: 22 a 30 jours contre 48 à 56 jours.Perte de poids après les 2 ou 3 stages: 3 livres contre 26 livres avant.Plus de cas de respiration paradoxale contre 5% avant.Au ler de l\u2019an 1938, après 7 mois, il m\u2019écrivait: « I am still using the ambulatory post-operative treatment and like it very much.I have had no complications attributable to it and I think the prompt recovery is little short of miraculous ».Le 3 septembre 1942, le docteur Davison m\u2019écrivait: «Since your visit nearly five years ago, I have used ambulatory post-operative care of thoracic cases almost completely.During this time, I have performed approximately 1,100 thoracoplasty operations, 133 extrapleural pneumothorax operations and 185 Jacobeus procedures besides many minor and miscela- neous operations at The M.T.S.and hundreds elsewhere.I feel that ambulatory care has many advantages, especially in resulting in less pain, less loss of strength and weight, better wound healing, less gastro-intestinal disturbances, and fewer complications such as pulmonary embolism to say nothing of savings of nursing hours and hospitals days.I am strongly in favor of ambulatory treatment of chest cases, but, of course, good clinical judment must be excercized and patients in extreme condition should not be mobilized.» AVANTAGES DE CETTE MÉTHODE 1) Pas de fatigue du lit.Nos opérés n\u2019ont pas cette sensation de fatigue du lit le lendemain de leur opération et les jours suivants et n\u2019ont pas cette figure abattue qu\u2019on voit chez les autres.Ils sourient volontiers après leur premier lever et sont contents de nous conter leurs prouesses et de nous annoncer que «ça n\u2019a pas fait mal» et 388 qu\u2019ils se sentent reposés après leur excursion.La plupart des opérés sont des malades « ambulants » avant leur intervention chirurgicale et supportent très mal le repos prolongé au lit, après quelques heures ou dans les premiers jours, ils se plaignent de douleurs musculaires, de douleurs articulaires ou de fatigue générale.Dès le premier lever, tous ces malaises disparaissent immédiatement pour ne plus reparaître.2) Peu de calmant.Ces malades ne reçoivent qu\u2019une injection de calmant après l\u2019opération et une autre pour la nuit.Rares sont ceux ou celles qui ont une autre injection pour leur 2e.nuit.Ces opérés qui se sont levés 2, 3 ou 4 fois le lendemain de leur intervention chirurgicale ne se plaignent pas de douleurs ni de gaz.Les gaz, la terreur des opérés, sont inconnus chez nous et les compagnies pharmaceutiques ne nous vendent pas souvent de Pitressin ou autres médicaments servant au méme usage.Le lever précoce a pour effet de redonner aux intestins qui ont été manipulés, leur place normale, permettant ainsi le transit régulier des gaz.C\u2019est à cause de cela que nous n\u2019avons jamais eu de cas de volvulus, d\u2019invagination, d\u2019occlusion intestinale.Toutes ces causes étant enlevées, c\u2019est autant de malaises éloignés et de douleurs épargnées pour lesquels nous n'avons pas à donner de calmants.3) Peu de sérum.Dans certains hôpitaux, surtout aux Etats- Unis, j'ai vu littéralement « noyer » les opérés de sérum physiologique, glucosé ou autre.Eh bien! chez nous à peine 2% de nos opérés qui se lèvent précocement reçoivent 500 à 2,000 c.c.de sérum après leur opération.Et ces opérés sont des femmes porteuses de grossesses extra-utérines rupturées depuis plusieurs heures ou des grands infectés.La nécessité de donner du sérum soit physiologique, soit glucosé, soit mixte provient du fait que l\u2019opéré a perdu beaucoup de sang ou qu'il a perdu beaucoup de liquide.ou de sel.Pendant l\u2019opération, nous avons bien soin de faire une L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 hémostase parfaite d\u2019où élimination de la première indication.Aux opérés qui ont saigné avant l\u2019opération nous donnons une quantité raisonnable de sérum.Les malades de la deuxième catégorie perdent beaucoup de liquides et de sels par les vomissements du premier jour et des jouts suivants.Nos opérés vomissent très peu et les vomissements cessent absolument après le lever précoce: il n\u2019y a donc plus de raison pour les « gaver » de sérum.4) Pas de rétention d\u2019urine, pas de constipation opiniâtre.Je ne me rappelle pas avoir été obligé de faire de cathétérisme aux opérés qui ont bénéficié du lever précoce.Quand un de ces malades se plaint d\u2019envie d\u2019uriner qu\u2019il ne peut soulager sur la bassine, nous le faisons lever et la fonction normale reprend immédiatement.Il en est de même pour les lavements.Le fonctionnement intestinal normal se rétablit de lui-même par l\u2019exercice et la stase, causée par le séjour au lit, nous est inconnue.Que de cystites nous avons évitées qui proviennent de cathétérismes répétés chez des opérés dont la vessie refuse de fonctionner dans la position couchée! Que d\u2019entérites aussi qui ont leur origine dans les lavements donnés à tort et à travers pour forcer à fonctionner un intestin rebelle! Ce sont des fonctions qu\u2019on est si peu habitué à «exercer » sur le dos! 5) Pas d\u2019adhérences.Il nous est arrivé très souvent d\u2019opérer des patients qui avaient subi des interventions chirurgicales ailleurs et nous avons remarqué que 60% de ces opérés, qui avaient fait un séjour prolongé au lit, étaient porteurs d\u2019adhérences.Par contre, nous avons dû opérer de nouveau certains de nos patients qui avaient bénéficié du lever précoce lors de leur première intervention et nous n\u2019avons trouvé des adhérences, et trés laches, que dans une proportion de 2% de ces cas.En effet, les adhérences intestinales se produisent dans les premières 24 heures et sont solides après: 48 à 72 heures.Comme nous les RIOUX: LEVER PRÉCOCE faisons lever après 8, 12 ou 24 heures, les adhérences en voie de formation se brisent par le changement de position et c\u2019est une complication désagréable qui disparaît.Si malgré le lever précoce, des adhérences se forment, elles sont très lâches et ne donnent pas ou peu de malaises par la suite.6) Pas de hernie post-opératoire.Nous n\u2019avons jamais vu un seul cas de hernie post-opératoire chez nos opérés qui se sont levés le lendemain.Nous refaisons notre paroi avec un catgut No 3 sur le péritoine, 2 ou 3 points du même catgut sur le muscle et nous employons sur l\u2019aponévrose de la soie tissée No 6 (braided silk).Nous faisons tantôt un surjet, tantôt des points séparés.La peau est.cousue avec la même soie No 4.La soie n\u2019a pas certains inconvénients du crin de Florence que j'ai employé pendant 2 ou 3 ans; elle nous donne une grande solidité de la paroi et le malade ne «sent pas ses points» comme avec le crin de Florence.7) Pas de phlébite, ni d\u2019embolie.Pendant plusieurs décades, la phlébite et l\u2019embolie ont été la terreur des chirurgiens, surtout des gynécologues.Les fibromes utérins en particulier étaient appélés dans certains milieux « l\u2019opération à phlébite ».Depuis que je pratique le lever précoce, j'ai eu une seule opérée qui a fait une phlébite et dans des circonstances tout à fait particulières.Cette malade, âgée de 31 ans, a été opérée pour un énorme fibrome utérin.Elle s\u2019est levée le lendemain matin et les jours.suivants comme les autres.Le onzième jour, alors qu\u2019elle sortait le lendemain, elle fut prise d\u2019une douleur aiguë dans l\u2019aine et le jour suivant, la phlébite était constituée.Cette malade avait subi ailleurs une amydalectomie deux ans auparavant et avait fait à cette occasion deux phlébites qui l\u2019avaient tenu au lit 68 jours.C\u2019est dire que je craignais la répétition de cet accident qui s\u2019est malheureusement produit.Pour éviter la phlébite et l\u2019embolie, il semble qu\u2019il faille faire le lever précoce du lendemain ou des deux jours suivants.J\u2019ai en 389 mémoire les cas de 5 chirurgiens différents qui ont vu se déclarer des phlébites graves suivies d\u2019embolies et de mort dans 3 cas, après des levers du 7e jour.J\u2019ai eu une expérience qui confirme cela tout dernièrement.J\u2019opérais un accidenté du ventre, porteur d\u2019une rupture intestinale traumatique.Vu la quantité de liquide répandu dans l\u2019abdomen et le temps assez long écoulé entre l\u2019accident et l\u2019opération, je n\u2019ai pu me décider à fermer la paroi sans laisser un petit drain.Le malade allait parfaitement bien, la suppuration était nulle et nous avions décidé de le faire lever le lendemain, quand le soir du 6e jour, il mourrait subitement d\u2019une embolie pulmonaire.J\u2019ai toujours cru que cet opéré serait en vie si je l\u2019avais fait lever comme les autres! Chez nos opérés levés précocement, nous n\u2019en avons jamais eues.oo 8) Pas d\u2019accidents pulmonaires.Les accidents pulmonaires nous sont complètement inconnus quoique la plupart de nos opérés soient anesthésiés à l\u2019éther.L\u2019opéré qui se lève n\u2019a pas de congestion des poumons et comme «la ventilation pulmonaire » se fait sur un rythme plus rapide l\u2019oxygénation du sang est meilleure et partant l'infection est moins à craindre.J'ai entendu dire souvent par de bons chirurgiens: «cette méthode du lever précoce est certainement très commode chez les vieillards, qui font si facilement des congestions pulmonaires ou des broncho- pneumonies.\u2026! Ceux-là nous les faisons lever le 3e ou le 4e jour.» Non seulement les vieillards et les obèses mats tous les opérés, qu\u2019ils soient en parfaite condition ou cachectiques ou anémiques évitent ainsi toutes les complications pulmonaires qu\u2019on rencontre si souvent chez les opérés alités.9) Pas de perte de forces, ni de perte de poids._ Les opérés qui se lèvent ne perdent pas de forces et ne ressentent jamais la sensation de fatigue et d\u2019abattement qu\u2019on rencontre chez les autres.Un membre au repos absolu s\u2019atrophie et perd sa puissance.Ce qui est vrai pour 390 un membre l\u2019est-il moins pour le corps tout entier qu\u2019on met au repos pendant 10, 15 ou 20 jours?Nos opérés se levent seuls le 2e ou le 3e jour; c\u2019est dire que la perte de forces est irsignifiante chez eux.Il en est de même pour la perte de poids.Les opérés qui ne peuvent se lever accusent une déperdition de 15 à 20 livres en moyenne tandis que nos opérés ne perdent que 3 livres en moyenne.Vous avouerez que c\u2019est une différence notable en faveur du lever précoce.10) Restauration du psychisme normal.Ce qui est encore plus appréciable pour l\u2019opéré lui-même, c\u2019est le maintien de son psychisme normal.Le malade qui ne se lève pas, est porté au découragement et se croit toujours plus gravement atteint qu\u2019il ne l\u2019est en réalité.Nos opérés qui se lèvent le lendemain commencent déjà à entrevoir leur sortie prochaine de l'hôpital.Comme les complications usuelles ou les incidents journaliers pour les opérés alités, ne se produisent pas chez eux, ils se sentent moins malades et aident ainsi à leur guérison.Est-il rien de plus décevant pour le chirurgien que l\u2019opéré « qui se laisse aller », qui ne réagit pas et qui « contemple la mort »?J\u2019ai rencontré quelques-uns de ces désespérés parmi ceux que je ne pouvais pas faire lever pour certaines raisons, mais Jamais chez qui se lèvent.11) Abaissement de la mortalité.En feuilletant les archives de l\u2019hôpital pour la préparation de ce travail, je me suis rendu compte sans équivoque que le lever précoce, pratiqué sur une grande échelle comme nous le faisons, a abaissé la mortalité chez nos opérés de 3.5% et 3% à 0.6%.En effet, sur un total de 768 opérés chez nous en 1941, 616 se sont levés le jour même ou le lendemain de l\u2019opération, sans aucune mortalité.Nous avons enregistré 5 mortalités chez les autres, dont 2 péritonites généralisées, opérées à leur arrivée à l'hôpital « par acquis de conscience » après 11 et 14 jours du début de la maladie.\u2018Un autre porteur d\u2019une section presque complète du foie, opéré 10 heures après son acci- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 dent; une quatrième, chez laquelle une césarienne a été pratiquée «pour baptiser l\u2019enfant », après 3 jours de douleurs et d\u2019examens par des vieilles femmes; et enfin une cinquième, opérée à son entrée à l\u2019hôpital, après 14 jours du début d\u2019une scepticémie puerpérale.Tous ces opérés sont morts moins de 5 heures après leur opération.Nous sommes bien convaincus que le fait d\u2019éliminer toutes les causes de complications post-opératoires par un lever précoce, tel que nous le pratiquons, nous a permis de baisser notre mortalité opératoire à un chiffre aussi bas que 0.6%.12) Diminution du nombre de jours d\u2019hospitalisation.En effet, avec le lever précoce, nos malades quittent l\u2019hôpital après 7 à 10 jours en moyenne; tandis qu\u2019avec l\u2019alitement prolongé, les opérés restent à l\u2019hôpital de 12 à 20 jours.Ce qui est un avantage appréciable dans le temps de « congestion » dans les salles.C\u2019est aussi pour l\u2019opéré une réduction considérable dans les frais qu\u2019il est appelé à payer.ACCIDENTS Y a-t-il des accidents imputables au lever précoce?Pour ma part, je n\u2019en ai jamais rencontré et je ne puis en signaler un seul.Les seuls incidents que j'ai vus se produire sont \u2018de légers étourdissements qui nous ont forcé à coucher l\u2019opéré immédiatement pour le faire lever de nouveau 2 ou 3 heures après.Je n\u2019ai jamais vu plus grave que cela.NOMBRE Pendant les dix années et quelques mois dont je fais mention, cet exposé de choses vécues chez nous, j'ai, avec l\u2019aide de mes assistants et collaborateurs, fait lever précocement 3,113 opérés de l\u2019abdomen, sans avoir à déplorer une seule mortalité attribuable à cette méthode.MES ASSISTANTS Le docteur Dominique Gaudry, de Chicou- timi, n\u2019a pas pu me donner de statistique per- RIOUX: LEVER PRÉCOCE sonnelle mais: «il croit que c\u2019est un excellent procédé que de lever les opérés le plus tôt possible après l\u2019opération.» Le docteur Jean Pigeon de Blind River et le docteur Henri Fau- teux de Shawinigan-les-Chutes, ne m\u2019ont pas fourni leurs statistiques pour les opérés qu\u2019ils ont fait lever le lendemain ou les jours suivants, mais je sais par ailleurs qu\u2019ils pratiquent cette méthode qu\u2019ils ont apprise chez nous.Le docteur Georges-Antoine Rioux, de Rouyn, a opéré à l\u2019hôpital des Sœurs Grises de la Croix, de Noranda, environ 1,380 malades de l\u2019abdomen.De ce nombre environ 300 se sont levés le jour même ou le lendemain, 168 le 2e jour et les autres les jours suivants.C\u2019est un enthousiaste du lever précoce qui lui a permis d\u2019obtenir les beaux succès qu\u2019il a eus.M.le docteur Edmond Pouliot, de Québec, « qui regrette de ne pouvoir continuer cette méthode, qu\u2019il a suivie chez nous, dans les services publics de l\u2019Hôtel-Dieu où la chose 391 ne se pratique pas, me donne cependant une statistique personnelle de sa clientèle privée de 11 cas qu\u2019il a fait lever le lendemain.Il trouve que cette méthode est la plus rationnelle ».Le docteur Noél Coutu qui m\u2019assiste depuis 3 ans est un fervent du lever précoce tel que nous le pratiquons chez nous depuis 10 ans.POURQUOI LE LEVER PRÉCOCE N\u2019EST-IL PAS PLUS EN FAVEUR?Après cet exposé, nous sommes portés à nous demander pourquoi tous les chirurgiens ne sont pas des adeptes du lever précoce?Pourquoi leur intérêt bien compris, celui de leur hôpital comme celui de leurs opérés est en jeu.Il suffit de relire les 12 avantages que je cite, à part de bien d\u2019autres, pour se convaincre que c\u2019est dans notre intérêt à tous de suivre cette méthode qui est si rationnelle et qui nous enlève bien des soucis quant aux complications post-opératoires. LES BLESSURES DE LA FACE ET LEUR RÉPARATION ! Par Philippe PANNETON, Chef de service à l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Depuis que l\u2019auto est devenu un élément indispensable de notre vie, la fréquence des blessures de la face s\u2019est extraordinairement accrue; et c\u2019est par centaines que se comptent chaque jour, surtout en fin de semaine, le nombre de ceux qui doivent recourir au médecin pour faire réparer des coupures faciales plus ou moins graves.Or, il dépend de la façon dont ces réparations sont faites que la victime reste ou non marquée pour la vie, parfois même défigurée.La majorité des blessures dues à l\u2019auto siègent à la face.La chose est due à la construction même des voitures; et c\u2019est aussi pour cela qu\u2019elles sont plus fréquentes et plus graves lorsque l\u2019individu est assis sur le siège avant.Beaucoup de ces blessures ne se produisent pas au moment du choc; chose paradoxale elles le précèdent.Au moment où l\u2019accident va se produire, le conducteur freine en général subitement et à fond.À ce moment, les passagers emportés par le mouvement sont violemment projetés en avant; le chauffeur, lui, est arrêté par le volant même; c\u2019est ce qui explique combien de fois les passagers sont lésés tandis que le chauffeur reste indemne.Les passagers du siège arrière viennent donner du visage sur le rebord du siège avant; ce rebord est heureusement capitonné quoique son arête soit souvent dure.Malheureusement les constructeurs sont accoutumés de mettre à cet endroit un cendrier métallique sur lequel nombre de gens sont venus se fendre qui les lèvres, qui le front, qui le nez.Pour les passagers de l\u2019avant, cela est bien pis.Ils ont en face d\u2019eux le pare-brise, heureusement inéclatable dans les voitures modernes; s\u2019ils y viennent donner du front, ils s\u2019en tirent en général avec des coupures de peu 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l'Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.d\u2019étendue qui contrastent avec les lacérations effroyables que l\u2019on rencontrait autrefois.Mais au-dessous de ce pare-brise se trouve le tablier.Examinez ce.tablier et vous verrez qu\u2019il y a là tout ce qu\u2019un génie malfaisant pouvait imaginer pour démolir la physionomie de ses contemporains.Tout d\u2019abord ce tablier est métallique; et il est juste à la bonne hauteur pour qu\u2019un individu que la secousse fait plier en deux, vienne se frapper la base du nez, s\u2019il se tient droit, l\u2019os malaire, s\u2019il se tient obliquement.En outre, les constructeurs ornementent ce tablier de toutes sortes de boutons, tirettes, cendriers, crêtes, bref de toutes les saillies qui peuvent entraîner des blessures profondes, des fractures ou de larges lacérations.Claire Straith, de Détroit, médecin spécialisé dans les opérations cosmétiques et qui, dans cette capitale de l\u2019auto, à peut-être plus que qui que ce soit au monde à opérer ces victimes, fait campagne, sans succès hélas! pour qu\u2019on apporte à la construction de l\u2019automobile une modification simple, mais combien raisonnable: il voudrait que l\u2019arête du tablier soit recouverte sur toute sa longueur d\u2019un coussinet caoutchouté.Lui-même en a fait installer un sur sa voiture; et le hasard lui fournit la justification de sa prévoyance, puisque peu de temps après cette installation, son propre enfant, dans un freinage brusque, vint donner du visage sur ce coussinet.Il s\u2019en tira sans dommage alors que dans toute voiture courante, se serait fatalement produit à tout le moins une fracture du nez.Tant que les constructeurs n\u2019auront pas adopté ce point de vue, les médecins verront arriver chez eux les automobilistes à la face ensanglantée.Beaucoup de ces accidents se produisent loin des hôpitaux; et c\u2019est le médecin praticien qui dans la plupart des cas est appelé PANNETON: BLESSURES DE LA FACE ET LEUR RÉPARATION à faire la réparation.De cette réparation, suivant qu\u2019elle est bien ou mal faite, dépend l\u2019avenir esthétique du client.Or les principes qui régissent ces réfections sont simples, extrêmement simples; mais ils sont aussi extrêmement rigoureux.Et surtout qu\u2019on n\u2019aille pas croire que pour faire d\u2019une plaie hideuse une cicatrice peu voyante il faille être un as.Pas le moins du monde.Il suffit de savoir quoi ne pas faire.Malheureusement cela n\u2019est que trop rarement enseigné; et c\u2019est pour répondre à une demande expresse de nos internes que ce travail est aujourd\u2019hui publié.Nous espérons ainsi voir moins souvent arriver de pauvres gens qui viennent consulter le chirurgien en plastique avec un effroyable bourrelet de la lèvre ou une éclatante encoche de la paupière.* * * Enonçons immédiatement cinq principes majeurs qui nous paraissent les clefs du succès: 1° Toute incision a la figure doit tenir compte des lignes de traction.2° Dans toute réparation des plaies de la face, le premier point de suture doit étre placé sur la ligne esthétiquement la plus importante, celle des grands traits.3° Les points secondaires doivent étre faits aux angles des lambeaux.4° Les points tertiaires ne doivent pas être faits les uns à la suite des autres, mais bien à mi-chemin les uns des autres.(Voir plus loin l\u2019explication détaillée.) 5° N\u2019oubliez jamais que, quels que soient les apparences, les pertes de substance au niveau du visage, n\u2019existent pour ainsi dire jamais.Ajoutons à cela quelques notions de chirurgie générale dont l\u2019application dans les cas qui nous occupent est de particulière importance: a) Une suture immédiate plane donnera une 393 cicatrice plane.Une suture immédiate en bourrelet donnera une cicatrice plane.b) Il faut toujours affronter des surfaces cruentées.c) Plus tôt on enlève les points, plus de chances on aura qu\u2019ils ne marquent pas.Voilà les notions et les principes auxquels nous voulons ajouter aujourd\u2019hui quelques.mots d\u2019explication.* #* * 1° Toute incision à la figure doit tenir compte des lignes de tension.Ces lignes de tension ont été fort bien étudiées et exprimées par Langer dans un schéma que nous ne pouvons faire mieux que de le reproduire ici.Elles expriment le tiraillement que font subir les muscles de la face, presque: tous des peauciers, à la peau du visage.On connaît la tendance qu\u2019ont certaines plaies des paupières à bayer.Si l\u2019on regarde le schéma, on constatera que cela est dû aux 394 tractions.Les fibres du sphincter palpébral éloignent les lèvres de la plaie quand celle-ci est verticale; elles les referment, quand la plaie est horizontale.Il résulte de ceci que toute incision faite dans la direction des lignes de Langer laissera une cicatrice linéaire, noyée dans les plis du visage et par conséquent beaucoup moins visible; et aussi, que la suture en aura été facile puisque d\u2019elles-mémes les lèvres de l\u2019incision, après ablation d\u2019un kyste, par exemple, se remettent en place.Une exception, mais importante: ne jamais oublier que le nerf facial couple les lignes de Langer; et qu\u2019il est plus important qu\u2019elles! 2° Dans toute réparation des plaies de la face, le premier point de suture doit être placé sur la ligne esthétiquement la plus importante.C\u2019est en rétablissant cette ligne que le bon ouvrier du bistouri rétablira l\u2019harmonie du visage.Prenons, comme exemple, une blessure de la lèvre inférieure.La lèvre présente cette particularité esthétique d\u2019avoir deux versants de couleur opposée ; la peau, blanche ou brune, la muqueuse, carminée.Le point de contact est une ligne de fort belle courbe.Or, toute rupture de cette ligne gâte irrémédiablement un visage, fut-il par ailleurs le plus beau du monde.D'autre part la peau étant élastique, rétractile, si l\u2019on commence les points à la fin de la blessure, on n\u2019arrivera jamais juste au niveau de ligne de la lèvre.Et pour rétablir alors cette ligne il faudra faire un bourrelet extrêmement disgracieux.Commencez votre suture par cette ligne et le résultat sera étonnamment parfait (a).Les lignes primordiales majeures sont: Pour les lèvres, la ligne carminée.Pour la paupière, le bord ciliaire.Pour le nez, la ligne cutanéo-muqueuse de la narine, etc.Cette suture devra évidemment être de soie solide.L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, avril 1943 £) x\u201c 3° Les points secondaires doivent être faits aux angles de la blessure.Ces angles étaient invisibles avant la remise en place de la lèvre faite aux temps précédents.Après cette première suture, ils ne sont pas encore aussi évidents qu\u2019on \u2018le pourrait croire.Mais en y regardant bien, en examinant la ligne de la plaie, on aperçoit ici une encoche PANNETON: BLESSURES DE LA FACE ET LEUR RÉPARATION et presque vis-à-vis, une pointe (b).Ne suturez pas immédiatement.Mais vérifiez d\u2019abord en rapprochant les bords, si l\u2019un entre bien dans l\u2019autre; et pour ce faire ne vous servez point de pinces qui écrasent les tissus; prenez plutôt, si possible, un petit crochet, ou la pointe de votre aiguille.Puis faites une suture solide et quand elle est faite, vérifiez.Ne craignez pas de reprendre, s\u2019il y a le moindre bourrelet.Arrivé à ce moment, vous serez souvent stupéfaits de la bonne apparence d\u2019une plaie qui à prime abord était effroyable.4° Les points tertiaires ne doivent pas être faits à la suite les uns des autres, mais bien à mi-chemin les uns des autres.Les points que vous avez placés sont les points de contention, de remise en place.Les autres, ce que j'appelle les points tertiaires, ne sont que des points d\u2019approximation, ceux qui mettront en contact les lèvres de la plaie et rendront facile et rapide la fermeture.Les premiers et les seconds devaient être profonds, solides.Les troisièmes doivent être superficiels; car ce n\u2019est pas sur ces derniers que porte l\u2019effort de traction.En vertu des principes énoncés plus haut, ne faites pas vos points tertiaires l\u2019un à la suite de l\u2019autre; il pourrait arriver ainsi que de point en point vous fassiez un bourrelet que vous ne constateriez qu\u2019en faisant le dernier.Mais prenant l\u2019espace situé entre disons À et E, placez au milieu en E un point, puis à mi-chemin toujours entre ce point et le point voisin, faites-en un autre en B et ainsi de suite, coupant chaque fois l\u2019espace par moitié.Faites ces points nombreux et superficiels.5° N\u2019oubliez jamais que, quelles que soient les apparences, les pertes de substance au niveau du visage, n\u2019existent pour ainsi dire jamais.C\u2019est là un point très important, mais que malheureusement on ne voit jamais énoncé; c\u2019est pourquoi nous répétons: 395 Quelles que soient les apparences, jamais les plaies de la face ne s\u2019accompagnent de perte de substance.Il y a des exceptions mais elles sont tellement rares et tellement extraordinaires qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019en tenir compte.Laissons de côté les sections du bout du nez ou du pavillon de l\u2019oreille qui ne sont point fréquentes et où d\u2019ailleurs la question ne se pose pas; il y a là, en effet, un squelette fixe qui empêche qu\u2019on puisse s\u2019y tromper.Au niveau des parties molles je n\u2019ai eu connaissance que d\u2019un cas où il manquait vraiment quelque chose.Un malade du Dr Auguste Panneton des Trois-Rivières s\u2019était fait mordre par un cheval qui d\u2019un coup de dent lui avait.cueilli les deux paupiéres de l\u2019œil gauche, jusqu\u2019au rebord orbitaire! Mais le fait courant est le suivant: toute coupure des lèvres ou des paupières entraîne une rétraction cicatricielle telle qu\u2019il semble absolument manquer de larges morceaux des tissus.Les bords de la plaie se mettent en V; les bords sectionnés s\u2019écartent l\u2019un de l\u2019autre au maximum; les lignes naturelles, ligne carminée, bord ciliaire, se continuent absolument avec les bords de la plaie.En présence d\u2019une plaie de ces régions, commencez toujours par rechercher ces lignes naturelles.Nettoyez, regardez et vous trouverez l\u2019endroit où la muqueuse labiale ou le sol ciliaire, se continue par la surface cruentée.Prenez alors, plutôt qu\u2019une pince, votre aiguille ou un crochet ( par exemple le crochet à chalazion) ; cherchez à rapprocher les bords.Et vous aurez la surprise de voir la paupière ou la lèvre apparemment absente renaître sous vos yeux.* * À tout ceci, ajoutons un rappel de quelques principes élémentaires de chirurgie, particulièrement importants dans le domaine anatomique en cause: a) N\u2019oubliez pas qu\u2019une cicatrice se rétracte toujours.De sorte que si vous faites un bourrelet, celui-ci s\u2019aplatira, laissant une cicatrice 396 plane; tandis que si votre suture est plane, la cicatrice se creusera.CS A y ST b) Vous rappelant les principes généraux de chirurgie, souvenez-vous d\u2019affronter les surfaces cruentées, et non point les épidermes.Ce faisant vous aurez le bourrelet; c\u2019est ce qu\u2019il faut.Votre plaie suturée doit laisser voir une ligne rouge.c) Enlevez les points le plus tôt possible.Si votre suture est bien faite, si vous avez affronté les tissus vifs, si vous n\u2019avez point écrasé les bords par trop de pincement, en vingt-quatre heures déjà il se sera faite une union.La fibrine coagulée entre les lèvres formera une espèce de ciment dont la solidité est étonnante.Enlevez après vingt-quatre heures tous les points tertiaires, chez les individus sains.Vous éviterez ainsi bien des ennuis dont les principaux sont: 1° le danger d\u2019infection au niveau des sutures, car il s\u2019agit de corps étrangers; 2° l\u2019irritation que causent ces corps étrangers; la réaction normale du tissu irrité entraîne la formation de fibroblastes et l\u2019accentuation de la cicatrice.Les sutures enlevées au bout de vingt-quatre heures ne laissent jamais de trace, pas même un point.Si vous n\u2019êtes pas suffisamment rassuré sur la solidité des adhérences vous pouvez enlever la moitié des points tertiaires en faisant disparaître un point sur deux, par exemple tous les numéros pairs.Les autres seront enlevés le lendemain.Vous respecterez cependant les points d\u2019angle et les points de ligne.Vous les avez faits plus forts et plus profonds; ils vous garantissent le résultat.Mais il est préférable de les faire disparaître au plus tôt.Après trois jours, sauf exception, vous n\u2019avez rien à gagner à les L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 laisser en place.Au besoin sur la plaie mettez: une mince bande de gaze et croisez par-dessus.des bandes minces de diachylon qui feront traction; mais il est rare que cela soit nécessaire.D\u2019aucuns voudraient peut-être avoir des précisions sur le matériel chirurgical nécessaire; mais nous ne voulons point entrer dans ces détails que l\u2019on trouvera dans tous les traités de chirurgie et surtout dans ceux de chirurgie plastique dont il existe actuellement des manuels concis et complets à la fois.Qu'il nous suffise de dire que pour nous: a) Plus une aiguille est petite, plus petite est la blessure qu\u2019elle fait.b) Nous préférons personnellement la soie, et assez fine, au catgut et au crin.Nous ne faisons pas de sutures intradermiques qui, sauf cas spéciaux, ne nous paraissent présenter aucun avantage.Ce qui les remplace, ce sont les points majeurs que nous faisons profonds.Enfin nous préférons la soie noire, tout simplement parce qu\u2019elle est plus facile à voir quand il s\u2019agit d\u2019en retrouver les bouts dans la petite croûte qui se forme sur la plaie.Addenda: | \u2018 Un probléme particulier se pose dans les plaies à section oblique.| Dans ces sections, l\u2019extrémité du biseau cutané est représentée par le seul épiderme.Très élastique, très mince, ce bout du lambeau se recroqueville, s\u2019enroule, bref devient franchement inutilisable.Il se trouve donc à y avoir une espèce de manque.On serait naturellement porté à rapprocher près l\u2019une de l\u2019autre les deux marges épider- PANNETON: BLESSURES DE LA FACE ET LEUR RÉPARATION miques visibles! Or, ce faisant, on ne remet \u2018point les choses en état, au contraire! Puis- shy oe VO A 397 qu\u2019il y a manque, on se trouve à remonter le biseau sur le plan incliné.Résultat: il y a dénivellement, d\u2019où cicatrice vicieuse.Il faut donc insérer le biseau trop bas, laissant exposée une surface cruentée qui en quelques jours se recouvrira d\u2019épiderme.Un coup d\u2019œil sur des dessins ci-joints aidera mieux qu\u2019un long texte.+ * Nous avons écrit ce travail dans l\u2019espoir d\u2019être utile aux malades d\u2019abord et par cela aux médecins.Il ne faudrait plus que l\u2019on rencontrât de ces jeunes filles dont la bouche, recousue de son mieux par un médecin qui ne voyait pas de différence entre blessure à la lèvre et blessure à la main, a laissé un moignon hideux qui rompt l'harmonie du sourire; et pour éviter de pareilles catastrophes esthétiques, il suffirait, nous a-t-il semblé, de garder à l\u2019esprit les principes très simples que nous venons d\u2019exposer. MÉTHODE D\u2019OSTÉO-SYNTHÈSE DU COL DU FÉMUR ! Par J.-A.DENONCOURT (Trois-Rivières).Parmi les traitements des fractures du col du fémur, l\u2019ostéo-synthèse est sûrement, de nos jours, un traitement de choix.Ses avantages ne sont plus à discuter.Comportant une immobilisation de courte durée, l\u2019ostéo-syn- thèse est tout indiquée chez les vieillards et les débiles.L\u2019alitement n\u2019étant souvent nécessaire que pour deux ou trois semaines, l\u2019hospitalisation se trouve du fait écourtée considérablement.De plus, les malades, ayant à pratiquer des exercices au tout début de leur convalescence, conservent leur musculature en excellent état.Un grand nombre de méthodes d\u2019ostéosynthèse ont été préconisées par différents auteurs.On a utilisé, comme moyen de fixation, les pièces les plus diverses: chevilles, broches, clous, vis, etc.On a imaginé toute une série d\u2019instruments, plus ou moins compliqués, pour la mise en place de ces pièces.Actuellement, dans notre pays et chez nos voisins, l\u2019enchevillement par le clou de Smith Peterson paraît être la méthode qui réunit le plus d\u2019adeptes.À côté de l\u2019excellent procédé de Smith- Peterson, il y a le vissage du col du fémur qui, à mon avis, mérite notre considération.Il n\u2019est rien de nouveau, Delbet s\u2019en est servi il y à quarante ans.Il est d\u2019une technique simple, et demande peu d\u2019entraînement.Le vissage des fragments, au moyen de deux vis, donne une fixation tout à fait solide.Toutefois, avant d\u2019exposer la technique du vissage, considérons un instant les raisons des échecs techniques dans l\u2019ostéo-synthèse du col fémoral.Quel que soit le moyen employé, la grande difficulté réside dans l\u2019introduction de la pièce de fixation dans l\u2019axe du col.L\u2019insertion d\u2019un clou ou d\u2019une vis dans l\u2019axe du col, selon le plan frontal, est chose facile sous l\u2019écran fluoroscopique.Il en est tout au- 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Asso- citation des M édecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.trement de guider le clou ou la vis dans l\u2019axe, selon le plan antéro-postérieur: la fluoros- copie n'étant pas utilisable sous cet angle.L'étude de la conformation osseuse du fémur nous révèle que l\u2019angle de torsion du col par rapport à la diaphyse est très variable d\u2019un sujet à l\u2019autre.Mikuliez rapporte que cet angle peut varier de 20° en arrière à 38° en avant.Voilà bien la raison qui nous prive d\u2019utiliser la position externe du membre, ou le plan de la table pour visser dans l\u2019axe du col.Afin de contourner cette difficulté, le docteur Alfred Tuttle, de Philadelphie, travaillant de concert avec le docteur Geckeler, dans le vissage du col du fémur, a imaginé un instrument qui sert à guider, avec précision, les vis dans l\u2019axe du col, quelle que soit la torsion de celui-ci.Cet appareil consiste en un petit bloc de métal, percé longitudinalement de deux tubulures parallèles, distantes de trois quarts de pouce.La première, d\u2019un huitième de pouce de diamètre, reçoit une broche rigide qui sert de guide; la seconde, de plus grand calibre, loge une canule, laquelle sert à diriger les vis directement dans le col.À cet instrument s\u2019ajoute une drille pour le forage du col, et un tourne-vis pour l'insertion des vis.Les vis, longues de trois, trois et demi et quatre pouces, sont de préférence de vitalllium ou de métal inoxidable.À leur défaut, on peut utiliser les vis de fer ordinaires.TECHNIQUE OPÉRATOIRE Le patient, sous anesthésie générale, est.placé dans le cubitus dorsal sur une table de bois ou sur une table orthopédique.La fracture est réduite ordinairement par la ma- nœuvre de Leadbetter, et le membre est maintenu en légère rotation interne, par un aide.Des radiographies antéro-postérieures et latérales contrôlent la réduction.Le champ opératoire est préparé, laissant à découvert la région sous-trochantérienne. DENONCOURT: OSTÉO-SYNTHÈSE DU COL DU FÉMUR L\u2019appareil à Rayons-X, muni de son fluoroscope, est placé de manière à voir le col fémoral.Une incision longitudinale d\u2019environ trois ou quatre pouces, sur la face externe de la cuisse, découvre la base du grand trochanter et la partie sous-jacente.On fait l\u2019ob- securité dans la salle.Sous le contrôle du fluoroscope, la broche-guide est introduite en frôlant les faces antérieures du grand trochanter et du col, et obliquement, de bas en haut, jusqu\u2019à la tête fémorale.La face antérieure du col étant plane, l\u2019introduction de la broche se fait aisément.Du fait que la pointe de la broche ne quitte pas la surface antérieure du col, on ne court aucun risque de blesser les vaisseaux fémoraux qui passent à au moins un pouce en dedans et en avant du col et de la tête du fémur.Le bloc de Tuttle est ensuite enfilé sur la broche.On adapte la canule dans la deuxième tubulure en l\u2019introduisant jusqu\u2019au fémur.La canule se trouve ainsi en parfait enlignement avec l\u2019axe du col.En prenant soin de ne pas déplacer l\u2019appareil, on prépare le chemin de la vis en forant le col au moyen d\u2019une drille introduite dans la canule.La canule dirige donc la drille exactement dans le col, suivant la direction de la broche-guide.On vérifie au moyen du fluoroscope la position de la drille.Cette dernière, une fois retirée, on insère une vis à l\u2019aide d\u2019un tourne-vis, et l\u2019on surveille sur l\u2019écran le degré de pénétration de la vis.399 Pour placer la deuxième vis, on répète la même manœuvre sous un angle différent, c\u2019est- à-dire en plaçant la broche-guide de manière à ce que sa direction fasse un angle légèrement fermé avec la première vis.La plaie opératoire est close, comme à l\u2019ordinaire.Des radiographies sont prises dans les deux plans, pour confirmer la position des vis.Après quelques expériences avec l\u2019appareil du docteur Tuttle, l\u2019idée nous est venue de construire un bloc similaire, perforé de trois séries de deux tubulures; ces perforations sont disposées dans des angles différents selon le plan frontal.L\u2019addition de ces nouvelles tubulures permet l'insertion de la deuxième vis, et même d\u2019une troisième, si cette dernière est.jugée nécessaire, et cela, sans avoir à déplacer la broche-guide, mise en position dès le début de l\u2019opération.L'intervention terminée, le malade est placé dans son lit.Dès le deuxième jour, on pratique des mouvements du membre.Dans les jours suivants, le malade peut s\u2019asseoir.Au cours de la troisième semaine, on le lève debout à côté de son lit, et on lui apprend à s\u2019équilibrer sur ses béquilles.Dans la suite, il fait quelques pas, sans s\u2019appuyer sur son membre.Quand il à gagné assez d\u2019adresse pour marcher avec ses béquilles, on lui permet de s\u2019asseoir sur un fauteuil.Le malade n\u2019est autorisé à s\u2019appuyer sur son membre que lorsque la radiographie montre une consolidation osseuse. TRAITEMENT DE LA GONOCOCCIE CHEZ LA FEMME ! Par Léonide REID et Malgré sa fréquence, nos mœurs modernes n\u2019acceptent pas le gonocoque comme un parasite des voies génitales.Sans doute est-ce en raison des nombreuses lésions gynécologiques où on retrouve le microbe en grain de café, confirmé par la culture sur milieux spéciaux ou par les tests biochimiques (sérologie, intradermo-réaction).Pour le gonocoque, comme pour tous les microbes, il n\u2019y a pas de génération spontanée; et quoiqu\u2019en disent les patients parfois, l\u2019infection est généralement due à une contamination sexuelle par un partenaire infecté, sauf chez la fillette où la transmission par des vêtements souillés est toujours possible.Des voies génitales externes le microbe de Neisser envahit peu à peu l\u2019arbre génital, même parfois tout l\u2019organisme.Il est donc important de faire un diagnostic précoce et d\u2019instituer aussitôt une thérapeutique adéquate.Après quelques considérations d\u2019ordre général, nous tenterons au cours de cette étude de donner un aperçu des traitements médicaux et chirurgicaux de cette affection.CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES L\u2019infection gonococcique est la cause la plus fréquente de stérilité (40% d\u2019après Pierre Moc- quot).Il y a donc un intérêt social tout autant que médical à dépister, comme à bien traiter les jeunes femmes victimes d\u2019une contamination accidentelle ou conjugale.Malheureusement, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi, la gonococcie féminine est souvent chronique d\u2019emblée.Pendant longtemps c\u2019est une infection discrète d\u2019une grande banalité qui n\u2019attire guère l\u2019attention, jusqu\u2019au jour où éclatent les complications qui immobilisent et souvent compromettent définitivement l\u2019intégrité des organes génitaux et leur fonction.1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des M édecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.F.-X.DEMERS (Québec).Ce qui complique beaucoup le traitement, c\u2019est la fréquence des réinfections; on ne peut les éviter que par le traitement simultané des deux partenaires.Chez la femme, en raison des rares symptômes du début, il est impossible d\u2019affirmer sans le laboratoire l\u2019existence d\u2019une gonococcie.Dans le doute il vaut mieux demander de nouveaux examens dans de meilleures conditions.Pour avoir le maximum de chance de trouver le gono à l\u2019examen direct, il faut souvent profiter de la réactivation menstruelle.Il est important de convaincre la femme, même parfois le médecin, que toute leucorrhée non identifiée doit imposer des examens de laboratoire.Trop souvent après un rapport négatif, l\u2019écoulement leucorrhéique est mis sur le compte d\u2019un trouble d\u2019origine fonctionnel; et un traitement est institué sans l\u2019élimination d\u2019un désordre organique infectieux.La recommandation de faire des prélèvements de routine au niveau de l\u2019urètre, du col, est toujours de mode.TRAITEMENTS L\u2019état général, comme dans toutes les infections, ne doit pas être négligé.Il est bon d\u2019exiger de notre patiente une alimentation substantielle, la régularité intestinale, la limitation des exercices physiques et le repos absolu des organes génitaux, sans oublier l\u2019abstinence d\u2019alcool.Médication.Toute la thérapeutique s\u2019est attaquée au Neisser: vaccination, chimiothérapie, physiothérapie, endocrinothérapie.Vaccination.Jusqu\u2019à l\u2019arrivée d\u2019une médication chimique efficace, on avait beaucoup espéré de la vaccination.C\u2019est sans succès cependant qu'on a cherché à faire naître, dans le sang, l\u2019anticorps qui devait annihiler, lyser le gonocoque.Vaccins de tous genres furent employés sans grande efficacité.Schultz, en février 1935, va REID er DEMERS: TRAITEMENT DE LA GONOCOCCIE CHEZ LA FEMME même jusqu\u2019à utiliser des gonocoques vivants en injection dans la cuisse; injection qui semble agir en plus comme un abcès de fixation.La difficulté de cette thérapeutique est de déterminer la virulence des germes, et les résultats obtenus sont discutables.Un peu plus tard on préconise la vaccination locale.En mars 1936, dans les « Annales Brésiliennes de gynécologie », M.Pardal nous résume son expérience chez vingt-cinq malades suivies par lui Les résultats ne sont pas particulièrement favorables: car s\u2019il y a 6 malades nettement améliorées, 6 sont peu soulagées et 10 n\u2019ont ressenti aucun bienfait de la médication; une a même été aggravée par le traitement.Le grand danger de la méthode d\u2019après l\u2019auteur, est constitué par les fortes réactions pelviennes observées (50%), et c\u2019est là ce que l\u2019on veut prévenir.Chimiothérapie.Depuis quelques années, la chimie pharmaceutique nous a fourni une thérapeutique nouvelle, efficace, qui a accru l'intérêt de la lutte et les espoirs de succès.La médication chimique a, de plus, un grand avantage; la plupart des patients l\u2019absorbent sans ennuis, par la bouche, et on obtient, en saturant l'organisme, l\u2019action désirée: nous voulons parler des sulfamidés.Nous nous arrêterons surtout aux médicaments de cette famille qui nous semblent les plus actifs contre le genre de microbes qui nous intéresse: le sulfathiazol et la sulfapyri- dine.Les dosages les plus recommandés et ceux qui semblent amener les meilleurs résultats pour un comme pour l\u2019autre médicament sont: deux grammes par jour en quatre comprimés pour douze jours.On alternera sulfathiazol et sulfapyridine ou vice versa en cas d\u2019insucces.La grossesse n\u2019est pas une contre-indication, mais il est prudent chez la femme enceinte de ne pas prolonger l\u2019emploi d\u2019un sulfamidé, car on le retrouve dans le sang fœtal peu de temps après son administration et il peut toujours exposer le fœtus au hasard de l\u2019effet toxique.Il est d\u2019ailleurs indispensable de surveiller tou- « 401 te patiente pendant son traitement.Les symp- tomes d'intoxication ne sont pas fréquents, mais: on \u2018doit cesser si, après l\u2019absorption de la drogue, la malade présente soit des troubles gastro-intestinaux graves, un rash, une anémie hémolytique ou de l\u2019agranulocytose.Une formule sanguine est utile si on veut prolonger le traitement.Il est inutile, 11 peut même être dangereux \u2018\u2019e limiter les liquides pendant la cure.Le volume des urines doit être maintenu à un minimum de 1,000 c.c.par jour, en raison du danger soit de formation de calculs rénaux d\u2019acétyl-sulfathiazol ou pyridine, soit d\u2019irritation toxique de l\u2019épithéllium rénal.Lorsque l'infection se limite au col et au vagin, on se contente de prescrire quelques douches vaginales qui'ont simplement l\u2019avantage d\u2019agir mécaniquement en balayant les sécrétions septiques et en atteignant les éléments pathogènes en liberté dans la région vulvo-vaginale.La douche vaginale doit de plus jouer un rôle favorablement biologique en aidant la défense et en ne troublant pas l\u2019équilibre normal.Il est inutile d\u2019utiliser des antiseptiques caustiques qui ne tuent pas le microbe à l\u2019abri dans un cul-de-sac glandulaire alcalin, mais qui peuvent toujours léser les éléments de défense et troubler le pH vaginal.Quant aux ovules, aux crayons à base de médicaments actifs, il est entendu qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019une action locale adjuvante, mais qu\u2019ils peuvent toujours oublier quelques microbes installés dans un canal excréteur glandulaire.Physiothérapie.La fièvre artificielle semblerait être le traitement idéal de la gonococcie, on ne peut le pratiquer que dans de rares institutions où un personnel est entraîné à ce genre de cure.L\u2019électricité médicale est utilisée soit pour détruire des crêtes de coqs ou pour pratiquer une électrocoagulation de la muqueuse du col.En effet lorsqu\u2019une leucorrhée glaireuse tarde à se tarir, et qu\u2019il n\u2019y a aucune atteinte infectieuse annexielle, il est bon, afin de hâter une guérison clinique; de\u2019 détruire la muqueuse cer- 402 vicale infectée.Chez la nulligeste, nous introduisons, la veille, une laminaire, afin d\u2019avoir mieux en vue la région endocervicale et, tout comme chez la multipare (après asséchage à la tige montée), il est facile alors de cauthé- riser la partie malade.Il est important cependant de se contenter d\u2019une cauthérisation de la muqueuse, car, en atteignant le muscle, il peut être dangereux de produire une cicatrice rétractile qui pourra étre cause de dystocie, plus rarement d\u2019héma- tométrie.On aide souvent la guérison par quelques points de cauthére au niveau des œufs de Naboth.Lors d\u2019infection pelvienne refroidie, on.a recours à la diathermie associée ou non à la chaleur locale par tampons d\u2019antiphlogistine, par appareil d\u2019Elliot ou encore par des colum- nisations du vagin à la mèche icthiolée.Ces séances de courant coupé aident à assouplir les, empâtements inflammatoires qui s\u2019attardent, hâtent la résorption des masses et surtout calment les douleurs qui les accompagnent.Endocrinologie.Nous l\u2019avons déjà dit: chaque menstruation peut être pour le gonocoque l\u2019occasion d\u2019une poussée infectieuse.C\u2019est à ce moment qu\u2019il sort des repaires où il était cantonné, qu\u2019il se multiplie, qu\u2019il continue sa progression ascendante.Pour prévenir ce réveil dangereux, certains auteurs préconisent une aménorrhée artificielle au moyen d\u2019extraits androgéniques.L\u2019injection mensuelle, en plusieurs doses, de 350 a 650 milligrammes de proprionate de testostérone, amènerait l\u2019effet désiré.Ce mode de traitement, en raison du coût, est prohibitif pour la plupart de nos patientes et de plus il les expose à un déséquilibre qui peut toujours conduire à un virilisme temporaire mais désagréable.Les extraits glandulaires ont surtout été utilisés dans la vulvorvaginite infantile.Si la vulvite de l\u2019adulte est pratiquement inexistante en raison des nombreuses couches cellulaires qui rendent la muqueuse très résistante au gonocoque, il n\u2019en est pas de même pour l\u2019enfant à téguments plus minces, moins vaseu- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 laires, où l\u2019infection passe rapidement à la chronicité.L\u2019exsudat purulent subit des variations marquées et l'infection peut persister sans autres symptômes pour guérir spontanément à la puberté.Dans ce but, on a pensé produire artificiellement, chez la fillette infectée, un épithélium pubère qui annihilerait l\u2019infection.Cette maturation précoce s\u2019obtient par l\u2019application locale de folliculine sous forme de cônes vaginaux ou par injections d\u2019extraits cestrogéniques.Le traitement endocrinien n\u2019est cependant pas infaillible.Il nous a été donné de voir le 15 décembre 1941 l\u2019enfant B., fille unique, âgée de 6 ans, présentant une leucorrhée tenace depuis 2 ans.Le prélèvement fut positif.Le père et la mère n\u2019ont aucune infection.Les examens de laboratoire sont négatifs chez eux.Nous en concluons à une infection d\u2019origine extrafamiliale.Un traitement par ovules est.institué.La malade qui demeure à la campagne est revue et semble guérie; aucune leucorrhée, prélèvement négatif.En mai 1942, les troubles réapparaissent avec prélèvement positif.Une cure au sulfathiazol avec acide nico- tinique: 2 comprimés par jour en quatre doses pour 12 jours.Fin de juillet: aucune irritation locale, deux prélèvements sont négatifs, les pertes ont cessé au début de juin et ne sont pas réapparues, nous dit la mère.Nous en avons profité pour pratiquer, à la face externe de la cuisse de l\u2019enfant, l\u2019injection de 1/10 de c.c.de filtrat gonocoque (Corbus Ferri), qui ne provoqua aucune réaction locale dans les 18 heures qui ont suivi.L'épreuve du temps nous dira si nous avons obtenu une cure bactériologique réelle.TRAITEMENT CHIRURGICAL Nous n\u2019avons pas à discuter de l\u2019opportunité du coup de bistouri qui draine une bartholinite, ni du coup de ciseau qui permet de vider un Douglas plein de pus.Mais avant de pratiquer toute laparatomie mutilatrice, si l\u2019idée généralement admise maintenant est: « garder tout.ce que l\u2019on peut » il faut ajouter ce correctif, REID er DEMERS: TRAITEMENT DE LA GONOCOCCIE CHEZ LA FEMME comme le dit le docteur Douay: « Traiter et guérir d\u2019abord.» Madame T.en est une preuve.Depuis 7 ans, nous avons eu l'occasion de la suivre.Mariée il y a 10 ans, en ménage six mois, son mari la quitte oubliant quelques gonocoques.En octobre 1935, une poussée aigué de salpingite à droite; repos au lit, glace sur l'abdomen, douches chaudes, petits lavements chauds à garder.La crise calmée, nous nous armons de tampons, de vaccins de toutes sortes, séances d\u2019ondes courtes, columnisation du vagin.Malgré nos efforts Madame 'T.se paie le luxe de faire une poussée aiguë de temps à autre.En 1938, ouverture d\u2019une glande de Bar- tholin.Tous les prélèvements ne sont pas positifs, mais la leucorrhée persiste et l\u2019annexe droite est toujours douloureuse.Souvent au cours du traitement, nous avons proposé à notre malade l\u2019ablation de l\u2019annexe, cause de ses douleurs.Toujours elle refuse.Fin décembre, au cours d\u2019une poussée an- nexielle, nous lui prescrivons la dose ordinaire de sulfathiazol, nous répétons en février et mars.Les prélèvements sont négatifs après les menstruations du mois d\u2019avril.Aucune poussée aiguë depuis, son annexe droite est perceptible mais non douloureuse; les menstruations sont régulières; aucune leucorrhée.Elle avoue une aventure en juin 1942.Nous considérons son partenaire comme le test de guérison idéal; il ne se plaint de rien.Malheureusement toutes les patientes ne sont pas dans le cas de madame T.Accaparées par les soucis du ménage ou obligées de travailler, elles ne peuvent s\u2019accorder des mois de repos, des traitements longs et coûteux.La guérison clinique tarde à se produire, les poussées aiguës sont fréquentes dans les collections annexielles qui se résorbent trop lentement.Le gynécologue, la main forcée devant l\u2019échec d\u2019une cure médicale, enlève l\u2019organe qui compromet la guérison bactériologique.403 GuérISON Fièvre artificielle et sulfamidés semblent être de nos jours les seuls traitements qui débarrassent l\u2019organisme de Neisser.Chez les patientes non gravides et chimio- résistantes, on associe sans danger au médicament la chaleur locale au moyen d\u2019appareils munis d\u2019un thermostat qui empêchent toute brûlure des tissus, mais détruisent le gono dans une large proportion.En effet, les bactériologistes nous l\u2019ont prouvé, le gonocoque cesse de cultiver à 105.4° Far.Avant de donner un certificat de guérison, le médecin doit toujours être prudent: si le diagnostic ferme de gonococcie est parfois difficile, le diagnostic de guérison est plus difficile encore et pour l\u2019un comme pour l\u2019autre le laboratoire est également indispensable.On considère comme guéries, les patientes qui, après leur traitement, ont eu des prélèvements négatifs aux quinze jours pour trois mois.L\u2019on peut toujours vérifier par une intradermo-réaction eu une culture de la flore vaginale post-menstruelle.Pour conclure, permettez-nous d\u2019insister sur la patience dont on doit s\u2019armer, sur sa force de persuasion pour calmer les appréhensions d\u2019une patiente qui réclame trop souvent une hystérectomie.Que de mutilations auraient pu être évitées! Souvenons-nous que surtout, chez une jeune femme, on ne doit intervenir qu\u2019après échec de tous les autres procédés ou si on a la main forcée par le développement d\u2019accidents mettant la patiente en danger.BIBLIOGRAPHIE 1.Pierre MOCQUOT et Raoul PALMER: « Le dépistage de l'infection gonococcique chronique chez la femme.» Gynécologie et Obstétrique, juillet 1939, page 104.2.Wolfhart SCHULTZ: «Traitement de la blennorragie par gonocoques vivants.» Gynécologie et Obstétrique, avril 1938, page 304.3.M.PARDAL: «Vaccinothérapie locale en gynécologie.» Annales Brésiliennes de Gynécologie, mars 1938.4.NOVAK: Gynecological and Obstetrical Pathology, 1941, page 41. 404 .Dudley R.SMITH et Rogers DEAKIN: «The treatment of gonorrhea in the female sith sul- fathiazole.» A.J.of O.and G., février 1942, page 296.6.Huges SAYEN et La TOWSKY: «Sulfadiazine caleuli in the urinary tract.» Digest of Treatment, juillet 1942.7.Budd CORBUS: «The cutaneous Sn diagnosis of - L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 gonococei infection.» JAMA.page 113.8.Robert M.LEWIS: «Fondamental principles of treatment of gonococcin infections of women.» Connecticut State M.J., novembre 1940, page 662.9.E.DOUAY: «La Chirurgie conservatrice en gynécologie.» Gynécologie ct Obstétrique, mai 1939, page 355.janvier 1941, LA DIATHERMIE DANS LES OTITES CATARRHALES CHRONIQUES\" Par C.-T.MATHIEU (Montréal).Dans toutes les affections chroniques, non suppurées de l\u2019oreille moyenne, la symptomatologie est pratiquement la même.Que nous ayons affaire à -une otite moyenne chronique exudative, ou à une otite moyenne chronique fibreuse adhésive post-catarrhale, ou à un catarrhe tubaire chronique, les troubles fonctionnels sont ceux de l\u2019appareil de transmission: Rinne négatif, Weber latéralisé du côté malade, paracousie de Willis, bourdonnements et surdité ou surdité seule.Anatomiquement, ces phénomènes répondent à la formation de tractus fibreux, immobilisa- teurs de la chaîne des osselets et du tympan, à un épaississement de la muqueuse de l\u2019oreille moyenne, à des raideurs et fibroses musculaires, à de l\u2019arthrite des osselets.Cette infiltration chronique de la caisse et de la trompe produira lentement, mais sûrement la surdité.Les deux oreilles ne sont pas affectées en même temps et au même degré.Une d'abord commence à ennuyer le patient, puis après un temps variable l\u2019autre se prend à son tour.Lorsque ces troubles apparaissent chez le vieillard, celui-ci se console en disant: c\u2019est la faute des années\u2026, mais à 30 ou 35 ans, l\u2019effet est tout différent.Ces jeunes malades se découragent vite, leur détresse et leur désespérance les conduisent à cet état morose qui les portent à s\u2019isoler et fuir la compagnie, toujours dans la crainte de passer pour sourds.Ce jeune malade, je le répète, doit être normalement, soutenu et encouragé.Nul mieux que le médecin ne peut remplir cette délicate mission.1 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des M édecins de Langue Française de l'Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.Notre arsenal thérapeutique se limite à quelques moyens de traitements dont les résultats ont toujours laissé à désirer.Je veux parler de l\u2019insufflation de l\u2019oreille moyenne, par le cathétérisme avec la sonde d\u2019Itard ou ses dérivés et la poire de Politzer.Ou bien encore par le procédé bien connu de Valsalva ou celui de Politzer.Si à ceci on ajoute le bougirage, l\u2019électrolyse tubaire et le massage du tympan, nous avons là les différents traitements, employés' depuis des « siècles » sans résultats appréciables ou durables.Depuis 10 ans, j'ai traité une centaine de malades souffrant de surdité plus ou moins avancée par la diathermie avec amélioration de 50 à 70 pour cent.S\u2019il existe une cause d\u2019obstruction nasale, comme queue de cornet, éperon de la cloison, déviation du septum, polypes, etc, il faut avant tout supprimer la cause.Plus souvent, le patient a déjà été débarrassé de la supposée cause, et vient nous consulter pour sa surdité.Notre procédé est celui-ci: nous nous assurons par l\u2019examen que nous avons bien devant nous un trouble de transmission.Après quoi nous mesurons l\u2019audition de chaque oreille.Le patient est assis dans notre bureau porte fermée.Nous obstruons une oreille avec du coton sec et placçons une montre à 4 pieds du côté de l\u2019oreille libre et demandons au patient de nous dire quand il entendra le tic- tac de la montre.Une oreille normale entend cette montre à 48 pouces.Si le patient n\u2019entend pas, nous approchons et notons la distance ainsi: 30/48 20/48 10/48 ou au contact.Après quelques minutes nous contrôlons.L\u2019examen terminé, nous commençons le trai- MATHIFU: DIATHERMIE ET OTITES CHRONIQUES tement.Nous plaçons dans chaque oreille un coton mouillé qui doit tout remplir le conduit et venir en contact du tympan.Au moyen d\u2019une électrode spéciale nous donnons au patient une première séance de 3 minutes du courant de Tesla ou de Darsonval de 1 milliampère.Aussitôt après nous faisons le cathétérisme des trompes et le massage de l\u2019oreille.Nous donnons une série de 8 traitements à deux par semaine et après nous prenons de nouveaux l\u2019audition.Si, à ce moment, il n\u2019y a pas d\u2019amélioration, nous ne continuons pas plus loin nos traitements.Il va sans dire, que des trois minutes du début, nous augmentons graduellement jusqu\u2019à 6 ou 8 minutes par séance.Quant tout va bien nous distançons les traitements de un par semaine puis un par deux semaines, par quatre semaines et finalement trois ou quatre traitements par année.Chose curieuse, le patient demande lui-même à revenir afin de conserver son amélioration auditive.Pour savoir si oui ou non il y a amélioration, le malade est le seul juge, il entend ou non la montre plus près, et c\u2019est d\u2019après sa réponse que nous concluons.Il serait trop long, dans ce court résumé, d\u2019énumérer ici les dossiers de chacun de ces malades, il nous suffira d\u2019en mentionner quelque-uns.Observations.Mme X., 40 ans, vient nous voir pour sa surdité, le 6 mai 1935.Depuis deux ans, elle a du trouble avec ses oreilles et son grand regret c\u2019est d\u2019avoir été forcée d\u2019abandonner son club de bridge, car quand plusieurs personnes parlent ensemble.comme cela arrive quelque fois dans un club de bridge.elle ne comprend pas.Examen.Audition: O.D.15/48; O.G.10/48.Après 8 traitements: OD.20/48; O.G.15/48.Après huit mois de traitements: O.D.30/48; O.G.30/48.La patiente passe par notre bureau 2 fois par année et l\u2019audition se maintient au même degré.* * * 405 M.J.B., 34 ans, employé de banque.Son audition diminue tellement depuis six mois surtout, que si cela continue, il lui faudra quitter son emploi.Examen: O.D.10/48; O.G.5/48.Après 8 traitements: O.D.20/48; O.G.10/48.Après 12 mois de traitements: O.D.35/48; O.G.30/48 et cette amélioration reste la même depuis 2 ans.* * 3% Mlle B.L., 30 ans, employée de bureau, vient nous consulter pour ses oreilles, car elle entend dure depuis un an surtout et cela l\u2019ennuie beaucoup.Elle est prête à se soumettre à n\u2019importe quel traitement, sauf les traitements électriques, car on lui a dit: « que cela était dangereux pour le cœur ».Examen.L\u2019audition est la même dans les deux oreilles 10/48.Nous lui donnons 8 traitements sans diathermie: cathétérisme des trompes, massage du tympan et ajoutons inhalations, pulvérisations, ete.Après 8 traitements, aucun changement.Nous lui donnons une autre série de 8 traitements sans aucune amélioration.C\u2019est alors que nous lui expliquons que nous croyons inutile de continuer ces traitements.Sachant le sort qui l\u2019attend, elle décide de prendre un traitement Clectrique, mais bien lentement, pour voir ce que cela fera à son cœur.Comme tout se passe bien, elle décide de continuer les traitements.Bref, après 16 traitements l\u2019audition remonte à 20/48 pour O.D.et 20/48 O.G.Après 12 mois de traitements: O.D.30/48; O.G.35/48.Même état après deux ans.Voilà un cas typique qui nous prouve la valeur de la diathermie dans ces troubles de l\u2019oreille.3% Il est admis depuis longtemps que la chaleur, électrique ou autre, soulage l\u2019arthrite, réduit les ankyloses des membres.Nous basant sur le même principe, nous avons voulu l'appliquer aux ankyloses des osselets de l\u2019oreille et sans prétendre faire des miracles, nous croyons que ce traitement a sa raison d\u2019être.Ces années d\u2019expérience nous prouvent que nous pouvons, sinon guérir, du moins améliorer beaucoup ces patients. RECUEIL DE FAITS t EPITHELIOMA SPINO-CELLULAIRE ACTINOMYCOSIFORME DE LA LEVRE INFERIEURE ET DU MENTON Par Albéric MARIN, F.R.C.P.(C.) L\u2019intérêt de cette observation réside dans l\u2019aspect inusité de ce néoplasme de la face.D\u2019ordinaire l\u2019épithélioma spino-cellulaire du revêtement cutanéo-muqueux, un coup constitué, après avoir franchi la phase transitionnelle du début, possède des caractères assez nets qui permettent de l\u2019individualiser facilement.Laissé à lui-même, l\u2019envahissement tumoral et ulcéreux progresse, acquiert des proportions parfois vastes, mutilantes, mais conserve encore ses caractères essentiels.Plus rarement, il est d\u2019une variété objective qui s\u2019éloigne du type classique.Nicolas, de Lyon, il y à plus d\u2019une vingtaine d\u2019années, attira l\u2019attention sur une allure clinique plutôt rare que prend ce cancer, rappelant étrangement les signes d\u2019une actinomycose.Nous-même, nous avons eu l\u2019occasion de publier ici (Union Médicale, août 1935) et à la Société de Dermatologie de Lyon une observation d\u2019épithélioma spino-cellulaire de la face pseudo-actinomycosique.Le cas que nous présentons aujourd\u2019hui est le deuxième que nous avons eu l\u2019occasion de rencontrer chez plus d\u2019un millier de cancers de la face, traités par nous au cours de ces vingt dernières années.C\u2019est dire que, si cette forme est assez bien connue, elle ne se rencontre pas fréquemment et suscite certaines difficultés de diagnostic.Observation.Thomas D., âgé de 71 ans, se présente à notre Service de Dermato-Syphiligraphie de l\u2019hôpital Notre-Dame le 8 septembre 1942, (Montréal).avec une vaste lésion de la lèvre inférieure et du menton dont le début remonte à plus de deux ans.Le mal a commencé par une érosion persistante, située sur le rebord muqueux du tiers moyen de la lèvre inférieure.De multiples topiques, caustiques et autres, ont été appliqués et qui n\u2019ont pas empêché l\u2019extension lente mais constante de l\u2019ulcération.On constate que la totalité de la lèvre inférieure et une grande partie du menton sont envahis par une tuméfaction de coloration rouge sombre et d\u2019une induration prononcée. MARIN: ÉPITHÉLIOMA ACTINOMYCOSIFORME L\u2019étendue de la lésion qui va d\u2019une commissure à l\u2019autre est de 6 centimètres de largeur par 4 centimètres de hauteur.Par endroits, elle offre plus de 2 centimètres d\u2019épaisseur.: La palpation révèle que l\u2019envahissement est profond, qu\u2019il a réalisé un véritable blindage de toute la région.Cette masse tumorale, dont les contours sont irréguliers et les limites inférieures imprécises, montre des bosselures et de petites nodosités qui par endroits se conglomèrent.Le centre de quelques-unes se ramollit, laisse parfois écouler une sanie sanguinolente.A la partie médiane de la lèvre, le processus ulcéreux initial a provoqué par nécrose une perte de substance.(Voir photo I.) La palpation ne montre pas de ganglions sous-mentonniers, ni sous-maxillaires.Une biopsie, faite à la lèvre, indique la présence d\u2019un épithélioma spino-cellulaire.Nous pratiquons une radiumpuncture le 10 septembre 1942.Une dose de 15 millicuries- détruits est donnée.Sous l'influence de la radiumthérapie, la lésion régresse peu à peu.Lèvre et menton ont retrouvé une consistance à peu près normale.À la partie médiane se voit une cicatrice déprimée, consécutive à la perte des tissus, qui existait déjà avant notre intervention.A l'heure actuelle, plus de six mois après la radiumpuncture, lévre et menton sont apparemment guéris.(Voir photo II.) Le malade est à surveiller durant encore quelques années.Il est possible, mais peu probable, de voir survenir une récidive ir situ.Il est plus à redouter de voir apparaître un envahissement tardif des régions ganglionnaires avoisinantes, ce qui obscurcirait singulièrement le pronostic.407 * * Nous pouvons souligner particulièrement trois points dans cette observation: OO a) Type clinique de cancer de la face qui peut conduire à des erreurs de diagnostic si celui-ci n\u2019est pas éclairé par des procédés de laboratoires (biopsie, recherche par l\u2019examen direct et la culture des actinomyces) ; b) Evolution plutôt bénigne de cet épithé- lioma spino-cellulaire qui en deux ans n\u2019a pas encore cliniquement envahi les ganglions; c) Disparition rapide des manifestations cancéreuses a la suite de la radiumpuncture que nous croyons être ici la médication de choix. ANESTHÉSIE PAR RÉFRIGÉRATION LOCALE ! Par Antoine POULIOT, Chef du Service d'Orthopédie, hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Permettez-moi de vous rapporter aujour- d\u2019hui le cas d\u2019un malade que nous avons opéré tout récemment dans notre service par un nouveau procédé d\u2019anesthésie.Pour être .unique jusqu\u2019à présent, ce premier essai a été des plus encourageants, comme vous paurrez le constater par la suite.a Observation.Il s\u2019agissait dans le cas qui nous intéresse d\u2019un malade qui avait été hospitalisé dans le service de médecine le 22 septembre 1942.Patient âgé de 64 ans, admis par l\u2019interne pour «amorce de gangrène et engourdissement au pied droit ».L\u2019examen des urines ne révéla rien de particulier, sa glycémie était alors de 0.65/1000 et son B.W.négatif.À l\u2019examen clinique, on constata la présence d\u2019une myocardite et au membre inférieur droit une gangrène débutante au niveau du gros orteil; les oscillations à cette jambe étaient alors nulles.On lui donna comme médication de l\u2019acétyl-choline et plus tard des injections I.V.de thiosulfate de soude.Cette médication ne parut pas arrêter l\u2019évolution de l\u2019affection.Le 22 octobre 1942, une consultation nous est demandée: le diagnostic est confirmé et nous suggérons une radiographie de la jambe.Cette radiographie révéla une visualisation irrégulière des artères avec calcifications.À ce moment, le patient était très souffrant et on devait lui donner des narcotiques pour le soulager.Comme la lésion était bien localisée au bout de l\u2019orteil et non infectée, nous lui faisons quelques infiltrations lombaires à la scurocaïne à 1% (7 environ).Dès les premières injections, on constata une sédation des phénomènes douloureux, le membre se réchauffa 1.Communication présentée au Bureau Médical de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, le 18 décembre 1942.quelque peu et les oscillations qui étaient nulles au début se chiffrèrent à 2 divisions.Cette amélioration cependant ne fut que temporaire.Le processus gangréneux subit alors une nouvelle poussée et une sub-infec- tion apparut.Le 11 novembre 1942, on lui fit une désarticulation du gros orteil par anesthésie au Pentothal.Aucun incident opératoire digne de mention et l\u2019anesthésie est assez bien supportée.À ce moment, l\u2019état général était encore assez bien conservé.Le patient continue cependant de souffrir.Il se produit une gangrène du moignon d\u2019amputation - quelques jours plus tard compliquée d\u2019'infection secondaire.L\u2019état général décline rapidement et il nous faut alors envisager la nécessité d\u2019une opération plus radicale.Les oscillations étaient à ce moment à 15 division.Le 23 novembre 1942, nous décidons de faire l\u2019amputation du membre à la cuisse.Mais comme la condition du malade était alors précaire, il nous fallait trouver un mode d\u2019anesthésie qui pourrait être supporté par le patient et qui offrirait le moins de shock possible.Le docteur Allard, notre anesthésiste en chef, m'\u2019avait déjà parlé, d\u2019une communication qu\u2019il avait entendue au Congrès des anesthésistes, tenu à Boston en septembre dernier.Cette communication portait sur l\u2019anesthésie par réfrigération dans les cas de gangrène, soit gangrène diabétique soit gangrène par artériosclérose, et les résultats obtenus à date semblaient nettement concluants.Je pensai alors que ce mode d\u2019anesthésie pourrait convenir à notre malade et je demandai au docteur Allard de le préparer en conséquence s\u2019il n\u2019y avait pas de contre-indication. POULIOT: ANESTHÉSIE PAR RÉFRIGÉRATION LOCALE De fait, il n\u2019en fut pas trouvée et le lendemain matin le 24 novembre, le docteur Allard procéda à l\u2019anesthésie par refrigération.La description de la technique qu\u2019il a employée lui appartient sans doute et je ne voudrais pas le fruster d\u2019un mérite qui lui revient à juste titre.Mais je ne puis tout de même résister à l\u2019envie que j'ai de vous en donner les grandes lignes, et ceci pour 2 raisons: la première, parce que le patient est encore hospitalisé et que vous pourrez constater l\u2019état de son moignon d\u2019amputation ainsi que sa condition générale; la deuxième raison, parce que, comme opérateur, j'ai été à même de constater la valeur de ce procédé.Pour éviter l\u2019agitation qui aurait pu en résulter, notre patient ne fut pas mis au courant qu\u2019il serait anesthésié par ce procédé.On lui représenta la chose comme une préparation à l\u2019anesthésie et il l\u2019accepta de bonne grâce.A 5 heures a.m.on donna au patient une injection de morphine de 44 gr.Vers 5 heures 15 a.m.sous la direction de l\u2019anesthésiste, on commença par placer des sacs de glace à la racine de la cuisse, à l\u2019endroit d\u2019application du garrot: 3 sacs placés cireu- lairement autour du membre.Une demi-heure plus tard, à 5 heures 45, le garrot est appliqué.Une toile caoutchoutée est placée sous le membre et l\u2019on dispose tout autour des cubes de glace sur une épaisseur de 2 pouces environ.Cette couche glacée s\u2019étend de la racine de la cuisse, au-dessus du garrot, jusqu\u2019aux orteils.La tête du lit est alors élevée et un récipient placé au pied reçoit l\u2019eau qui s\u2019écoule de la toile disposée en gouttière.Le patient éprouva une sensation désagréable dans les quelques minutes qui suivirent l\u2019application, mais cette sensation ne fut que de courte durée et une demi-heure plus tard il sommeillait par intervalles.Le membre ne fut pas élevé comme on conseille de le faire et ceci en raison de la présence d'une infection secondaire que-nous ne voulions pas diffuser vers la racine du membre.409 À 9 heures 30, le patient est amené à la salle d\u2019opération.Il semble confortable et n\u2019accuse aucune douleur.Les cubes de glace sont enlevés.On place le malade sur la table, le membre est asséché et l\u2019opération débute à 9 hrs 40.Le garrot est toujours en place.La section de la peau, des muscles et de l'os se fait sans la moindre douleur, le pouls reste régulier et la tension artérielle ne subit aucune modification.Après suture des gros vaisseaux, le garrot est enlevé et les ligatures achevées.Le suintement nous parut plus considérable qu'avec les autres procédés, mais facilement contrôlé cependant.La fermeture de la peau se fit sans que le patient ne manifestât la moindre sensation désagréable et l\u2019on appliqua ensuite en pansement légèrement compressif.L'opération se termina à 10 hrs et 2 minutes.Le malade fut alors ramené à son lit, placé en position demi-assise et des sacs de glace furent placés sur le moignon pendant 48 heures.Quelques minutes plus tard, on lui servait à dîner et quand nous le revimes au début de l\u2019après-midi, 1l n\u2019accusait aucune douleur et sc disait bien.Aucun narcotique ne lui fut donné au cours des suites opératoires.On lui donna cependant de la strychnine à raison de 1/60 gr.2 fois par jour.Vers le 3e ou 4e jour, il présenta un peu de cyanose des extrémités, avec angoisse précordiale.On demanda alors l\u2019aide au service de médecine et quelques jours plus tard ces troubles disparaissaient en partie.La cicatrisation du moignon se fit presque par lère intention, il n\u2019y eut qu\u2019un léger écoulement séreux qui persiste encore mais moins abondant.Depuis une semaine, notre malade se lève et marche en s\u2019aidant de béquilles.Ses forces reviennent et il pourra quitter l\u2019hôpital bientôt. 410 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 COMMENTAIRES.Comme vous pouvez le constatez, le résultat obtenu chez ce patient est certes encourageant et nous engage à recourir à ce procédé d\u2019anesthésie chez ces malades qui jusqu\u2019à maintenant étaient considérés comme de mauvais risques opératoires et chez qui très souvent l\u2019effet désastreux des anesthésiques venait se surajouter au choc opératoire.Cette méthode a été particulièrement employée à l\u2019Hôpital Civique de New-York où sur une statistique de 58 cas non choisis, l\u2019on a baissé le taux de la mortalité à 13%.Notre statistique n\u2019est pas aussi impressionnante sans doute, mais elle marque peut-être chez nous, le début d\u2019une orientation nouvelle dans le traitement de ces affections qui contribuaient sans doute à augmenter notre taux de mortalité.AU SUJET D'UN CAS DE FRACTURES DES APOPHYSES TRANSVERSES LOMBAIRES AVEC CONTRACTURES SPASMODIQUES DES MEMBRES INFÉRIEURS TRAITÉ PAR LES INFILTRATIONS LOMBAIRES ' Par A.HOUOT, Ex-chirurgien du Sandjack d\u2019Alexandrette.Ex-interne des hôpitaux de Strasbourg.Au cours de notre internat à la clinique chirurgicale de Strasbourg, nous avions, sous la direction de nos maîtres, infiltré deux femmes atteintes de troubles paralytiques des membres inférieurs.L\u2019une d\u2019elles était atteinte d\u2019une paraplégie éthylique avec contracture des jumeaux, contracture qui empêéchait l\u2019extension de la jambe sur la cuisse, l\u2019autre présentait un syndrome de sciatique bilatérale.Chez ces deux malades, toutes les thérapeutiques employées n\u2019avaient donné aucune amélioration et par les infiltrations lombaires, la première fut grandement améliorée et la seconde guérie.En outre, lors du Xe Congrès de la Société Internationale de Chirurgie en 1935, nos maîtres, MM.R.Leriche et R.Fontaine ont rapporté alors trois cas de paraplégie spasmodique post-traumatique secondaire à des fractures de la colonne vertébrale: deux malades ont tiré un grand bénéfice d\u2019une sympa- thectomie lombaire bilatérale et le troisième 1.L'auteur avait joint à son manuscrit un cliché radiographique du rachis de son malade.Malheureusement, après les avatars du long trajet parcouru pour parvenir jusqu\u2019à nous, l\u2019état de détérioration prononcée qu\u2019il présentait nous a empêchés de le reproduire.Nous le regrettons.après deux ans, ne présentait plus qu\u2019un léger déficit dans le domaine du sciatique droit.C\u2019est à la suite de ses divers cas que nous avons eu l\u2019idée de traiter dès son accident le patient dont nous rapportons ici l\u2019observation.Observation.Le 17 août 1937, un soldat Syrien a tombé du parapet du bordj d\u2019Idlib d\u2019une hauteur de 7 mètres et la chute se fit sur les talons.D\u2019après les dires de l\u2019officier témoin de l\u2019accident, le soldat était en état de syncope lorsqu\u2019on est venu le relever et ce n\u2019est qu\u2019au bout de 20 minutes qu\u2019il reprit complètement l\u2019usage de ses sens.Eva- cué sur l\u2019Hôpital Militaire d\u2019Alep en voiture sanitaire, sur des routes mauvaises, il présentait à son entrée tout son intellect, mais il geignait et se plaignait comme savent le faire les Levantins, c\u2019est-à-dire qu\u2019on ne pouvait rien en tirer.Un examen méticuleux du patient permet d\u2019éliminer toute lésion viscérale, on relève uniquement une contracture très marquée des masses lombaires avec une colonne très douloureuse à ses niveaux.La position assise est impossible et, bien que couché sur un brancard, ce malade ne peut s\u2019y retourner \u2014 a \u2014 ea.Tf Lu 000 ee ea gma my HOUOT: FRACTURES DES APOPHYSES TRANSVERSES de lui-même.Le bassin paraît intact, il n\u2019y a pas de fracture des membres inférieurs; les deux talons sont tuméfiés et la radiographie montre l\u2019intégrité des deux tarses.Les deux membres inférieurs sont en chien de fusil, et le malade ne peut les mobiliser.Il n\u2019y a pas de trouble vaso-moteur ou très peu, peut-être une légère diminution de la température.L\u2019oscillométrie pratiquée au niveau des creux poplités donne des courbes analogues pour les deux membres, ces courbes sont semblables à celles données par l\u2019artère humérale.Un examen neurologique montre l\u2019intégrité de tout le système nerveux jusqu\u2019à la ceinture pelvienne.Au niveau des membres inférieurs, il y a une légère exagération de la sensibilité thermo-algésique.Les réflexes tendineux sont exagérés.Les rotuliens sont polycynétriques.Il y a clonus des pieds et des rotules; pas de signe de Babinski, ni d\u2019appenheim.Il y a rétention d\u2019urine et, du côté du rectum, une sensation de plénitude.La radiographie de la colonne vertébrale montre uniquement trois fractures d\u2019apophyses transversales lombzires à droite.L\u2019apophyse transverse de LZ?est fracturée au niveau de son tiers interne, le fragment est légèrement basculé vers le haut; au niveau de LS, la fracture est identique sans aucun déplacement du fragment; quant à L*, il y a une fracture parcellaire de la pointe.Ces lésions paraissent hors de rapport avec les troubles importants que présente le patient.Une ponction lombaire est pratiquée, le ler.est clair; sa pression est normale; la compression des jugulaires augmente sa tension, une compression médullaire est donc éliminée.\u2018On infiltre alors toute la région fracturée au moyen d\u2019une solution de scurocaïne.Le patient est soulagé, il peut mobiliser sa colonne lombaire sans grande douleur, cependant il n\u2019y à aucune amélioration au niveau des membres inférieurs et des sphincters.Devant cet état stationnaire, à l\u2019aide de la même solution, une infiltration bilatérale des ganglions L?et LS est pratiquée à raison de 10 c.c.par ganglion.Les réactions vasomotrices sont immédiates et la sensation subjective d\u2019un flux 411 de chaleur descendant de la racine des membres aux orteils suit de peu.Au bout de trois à quatre minutes, le patient a la possibilité d\u2019étendre ses jambes avec une certaine facilité et dans l\u2019heure qui suit, il évacue spontanément sa vessie.Il est regrettable qu\u2019alors nous n\u2019ayons pas songé à faire un nouvel examen des réflexes.Le 18 dans la soirée, on infiltre de nouveau les masses lombaires ainsi que les ganglions sympathiques entre L° et LS, bien que le blessé n\u2019ait plus aucun trouble urinaire ni contracture: même réaction vasomotrice, même sensation subjective et l\u2019oscil- lométrie des poplités donne alors une courbe plus allongée et avec un index oscillométrique plus élevé que la courbe humérale.Les réflexes des membres inférieurs sont toujours un peu vifs, il n\u2019y a plus de policynétisme, le clonus a disparu.L\u2019hyperréflexie a mis un mois pour disparaître.Dès le quatrième jour, ce malade a quitté lui-même son lit malgré le défense formelle qui lui en était faite.Sa colonne ne le fait plus souffrir et il est sorti de l\u2019hôpital le 45e jour sans présenter la moindre impotence.* * * Cette observation nous a paru intéressante, car comment expliquer cette spasmodicité associée à cette parésie des sphinters, la bilatéra- lité des troubles alors que la lésion est unilatérale.L\u2019atteinte du rachi par ailleurs est à un niveau inférieur à la terminaison du névraxe.Enfin les infiltrations lombaires ont amené la disparition rapide de tous ses troubles.Il faudrait donc admettre que ceux-ci étaient conditionnés par une irritation du sympathique lombaire, irritation que la novo- caïnisation des ganglions a inhibée.Enfin, le traitement de ces fractures isolées des apophyses transverses s\u2019est limité à des infiltrations novocaïniques conformément aux idées de notre maître.La contracture musculaire a disparu, il n\u2019y à pas eu de déplacement et ce malade revu en janvier 1940 ne présentait alors ni douleur ni aucun autre 412 trouble.Le résultat obtenu est done parfait, car si on croit Toschi, il persiste en général un taux d\u2019invalidité partiel de travail de 8 à 12%.Remarquons enfin que les lésions présentées par ce soldat sont pluôt rares.En tant que fractures isolées des apophyses transverses si l\u2019on croit l\u2019Ecole italienne qui les a étudiées en 1930, ce sujet a présenté toutes les caractéristiques décrites par cette Ecole.C\u2019est une lésion rare: 9% des fractures de la colonne vertébrale.Elles sont unilatérales, la bilatéralité de fractures apophyses transverses était exceptionnelle quand il n\u2019y a pas atteinte concomitante des corps vertébraux; c\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi Annovazi signale l\u2019atteinte des apophyses de L*, L?à droite associées à la fracture des apophyses transverses de L*, L et L# à gauche.La cause est indirecte; c\u2019est ce qui est le cas en général et, toujours d\u2019après Toschi, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.AN.\u2014 Montréal, avril 1943 le choc direct n\u2019entrerait en ligne de compte qu\u2019une fois sur 18.La localisation des traits de fracture aux apophyses transverses de L°, LS et L* est en contracdiction partielle avec les constatations de ce même auteur pour qui l\u2019ordre de fréquence va en décroissant de la première à la cinquième lombaire; au contraire, à en croire P.Quaintance, la localisation présentée par notre accidenté serait la plus fréquente.Quoique il en soit, il semble bien que le traitement mis en œuvre a rempli parfaitement son rôle: dès les premières infiltrations lombaires, les troubles sphinctériens ont cessé, les troubles spasmodiques se sont rapidement atténués, et la novocaïnisation du foyer frac- turaire a amené la sédation de la douleur, a supprimé la contracture musculaire réflexe ct ainsi a permis une récupération fonctionnelle rapide et une guérison définitive sans séquelle. REVUE GÉNÉRALE ee 9-9 TORSION DU TESTICULE Observation d\u2019un cas d\u2019infarctus hémorragique avec nécrobiose du testicule Par J.-Ernest CABANA et G.-Etienne TETREAULT, Médecins à l'hôpital Sainte-Justine (Montréal).HISTORIQUE.Depuis que Delasaiauve en 1849 a déclaré l\u2019entité pathologique de la torsion du testicule, cette affection a été diagnostiquée de plus en plus fréquemment.En 1939, Kreutzman et Strauss, compilant les cas rapportés dans la littérature médicale, en ont comptés 450.De ce nombre, 75% étaient en bas de 27 ans, surtout entre 15 et 25 ans.Trillat rapporte un cas à trois jours, Taylor quatre heures après la naissance.L\u2019opération faite 48 heures après montre un testicule nécrotique.De l\u2019opinion de plusieurs auteurs, surtout Ombredanne, cette torsion serait fréquente chez les enfants, mais comme elle n\u2019engendre pas d\u2019accidents graves immédiatement, cette affection n\u2019est pas diagnostiquée et elle est soignée comme une simple orchite.Il en résulte une atrophie testiculaire secondaire qu\u2019on attribue à la fatalité, mais dont les principales causes sont: les oreillons (le testicule est mou et très sensible), un traumatisme ou une torsion, (en ce cas, le testicule est ferme et insensible).Il ne faut pas cependant confondre l\u2019atrophie secondaire avec un testicule non développé, petit, mou et peu sensible.FORMES.On reconnaît deux formes principales: 1.Torsion intravaginale, basse ou volvulus du testicule.2.Torsion supra-vaginale, extravaginale ou haute, plus communément appelée le bistournage accidentel du testicule.ETIOLOGIE.La première de ces formes est la plus fréquente.C\u2019est la torsion du testicule et de l\u2019épididyme dans la vaginale, dans le sens direct ou inverse des aiguilles d\u2019une montre.L\u2019étiologie reconnaît soit une vaginale trop grande ou une vaginale ouverte, l\u2019absence du ligament scrotal, l\u2019attachement anormal du mésotestis ou mesorchium.Le testicule est suspendu par un ligament étroit au lieu d\u2019un ligament large ce qui favorise la rotation, surtout si le testicule est discoïde ou encore s\u2019il y a absence de guternaculum testis ou s\u2019il y a allongement excessif.La seconde est une torsion dans l\u2019espace scrotale en dehors du sac fibro-séreux où tout l\u2019appareil testiculaire: épididyme, vaginale, sac fibreux, crémastère, participe à la rotation et où l\u2019enroulement se fait sur le cordon au-dessus de la réflexion de la séreuse.La cause principale de ce bistournage est l\u2019ectopie testiculaire.Thorek attribue la torsion testiculaire à l\u2019ectopie dans 47% des cas.Uffreduzi rapporte 60 cas sur 80 causés par la cryp- torchidie.Quoique cette opinion soit généralement admise et défendue par de grandes autorités, Fievez, Livathinopoulo et autres, il est intéressant de noter la controverse de Allen et Andrews.D\u2019après ces derniers, l\u2019ectopie est secondaire à la torsion.L\u2019irritation et la torsion sont suffisantes pour faire regresser le testicule dans le canal inguinal.De cette façon il est impossible d\u2019affirmer qu\u2019un testicule tordu trouvé dans le canal inguinal soit ectopique à moins d'histoire antérieure. 414 Leurs avancées sont justifiées par l\u2019observation de Rigly et de Howard.Ceux-ci rapportent le cas d\u2019un garçon de 10 ans qui apparemment avait deux testicules normaux et normalement placés dans les bourses.Un certain jour, cet enfant accuse une violente douleur à la région inguinale gauche.À l\u2019examen, on trouve une masse à cet endroit et pas de testicule gauche dans le scrotum.On le considéra ectopique et il était impossible de le descendre.Vingt-quatre heures après, la descente avait été spontanée et la douleur avait cessé.Trois jours plus tard, le testicule remonta dans le canal inguinal avec torsion et causant toute la symptomatologie ordinaire.L\u2019orchi- dectornie devint nécessaire et confirma l\u2019opinion des observateurs.A part ces causes prédisposantes qui sont nécessaires (car Owen démontra l\u2019impossibilité pour un testicule normal et normalement situé de se tordre), il faut mentionner les causes occasionnelles.Voici les principales: un traumatisme, un mouvement brusque de la cuisse, la marche, le fait de soulever un lourd fardeau, tout effort en général.Ombredanne appuie sur le rôle de la masturbation: d\u2019abord parce qu\u2019il y a des crises aiguës au cours d\u2019une masturbation, ensuite parce que le plus grand nombre de ces cas surviennent entre 15 et 25 ans, soit l\u2019âge de la masturbation, rapporte-t-il.De plus, cela expliquerait les douleurs réveillant le malade durant le sommeil: torsion due à un spasme du crémastère.PATHOGÉNIE.La pathogénie nous montre que la torsion varie entre 180° et 360° dans un sens ou l\u2019autre.Suivant la forme, il y a torsion du pédicule au dehors ou au dedans de la vaginale.Comme la paroi des veines est moins résistante que celle des artères, il y a oblitération veineuse et non artérielle et par conséquent infarcissement hémorragique du contenu scrotal.Cette collection sanguine est aseptique et le testicule s\u2019atrophie ou se nécrose.Il peut s\u2019infecter secondairement par L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 voie sanguine, devenir un « focal infection », se gangrener, s\u2019éliminer et concourir au fungus du testicule selon Lapointe.L'évolution peut aussi se terminer en une détorsion spontanée mais les récidives sont.fréquentes.SYMPTOMATOLOGIE.Signes subjectifs: la symptomatologie offre le tableau d\u2019un syndrome abdominal.Le début est brusque, soit durant le sommeil ou au moment d\u2019un effort musculaire, le malade accuse une douleur exquise du côté affecté, ce qui peut même le mettre en état de shock.Il y a habituellement des nausées ou des vomissements, une légère hyperthermie ou même une simple fébricule.La toux n\u2019augmente pas la douleur, il y a absence d\u2019histoire vénérienne antérieure.On peut trouver une légère hyperleucocytose.Signes objectifs: à l\u2019examen physique, on sent que la masse testiculaire est tirée en haut vers le canal inguinal et irréductible.La douleur est tellement grande que l\u2019examinateur peut à peine y toucher sans que le patient l\u2019arrête.Le patient fléchit la cuisse sur le bassin pour diminuer la douleur.Si l\u2019ædème et la sensibilité n\u2019arrétaient pas l\u2019examinateur, il pourrait faire son diagnostic par le changement de position de l\u2019épididyme qui normalement est postéromédiane, à moins que la torsion soit de 360° ou des multiples de ce: nombre.Dans les récidives, l\u2019épididyme est seul œdématié et permet le diagnostic plus facilement.Le signe de Prehn est de grande importance: l\u2019élévation du scrotum accentue- la douleur plutôt que de la diminuer contrairement à ce qui arrive dans l\u2019épididymite.Si le testicule est placé haut dans le canal inguinal, 11 peut donner lieu à une péritonite localisée.Lauder parle même de la possibilité- de palper le spasme du crémastère.Si le début est plus insidieux et les symptômes moins accusés, il faut penser à la torsion- des annexes, de l\u2019hydatide pédiculée de Mor- gani ou de l\u2019organe de Giraldès. CABANA Er TÉTREAULT : DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL.Le diagnostic différentiel est à faire entre, 1° l\u2019orchite aiguë primitive, 2° l\u2019épididymite aiguë, 3° la hernie étranglée, 4° l\u2019adénite inguinale suppurative, 5° l\u2019hématocèle aiguë, 6° le calcul urétral.1° L\u2019orchite est la principale complication des oreillons, elle ne présente pas de douleurs aussi sévères.Le testicule, quoique augmenté de volume, se différencie de cordon spermatique.2° L\u2019épididymite n\u2019emmnène pas une douleur si brusque et si sévère.Il y a œdème, pyurie, infection de la prostate et des vésicules séminales secondaires à une uréthrite récente.La température est plus élevée; l\u2019épididyme est plus ferme, plus gros que dans la torsion, la sensibilité est localisée.Dans la torsion, la masse est entière.De plus l\u2019âge des épididy- mites n\u2019est pas celle des torsions.3° Dans la hernie, la masse est ordinairement réductible, les symptômes généraux sont plus sévères et s\u2019aggravent continuellement tandis que dans la torsion, un testicule gangrené ne donne presque plus de douleur.De plus, il y a dans la hernie arrêt des gaz et des matières fécales.4° L\u2019adénite inguinale suppurée suppose toujours une blessure ou une plaie dans la région avoisinante, tandis que la torsion n\u2019exige pas ces conditions.5° Dans l\u2019hématocèle aiguë, l'inspection du facies, l\u2019immobilité abdominale, le pouls, la percussion de l\u2019abdomen, le toucher rectal fortement positif, nous aideront à reconnaître cette affection.6° Dans le canal urétral, la douleur au palper est locale, c\u2019est-à-dire au rein ou à l\u2019uretère.Il y a ordinairement des troubles urinaires.Le toucher rectal est négatif.TRAITEMENT.À part de rares exceptions comme celui rapporté par Van de Poel où le malade TORSION DU TESTICULE 415- apprend à détourner son propre testicule au besoin, la détorsion manuelle est à rejeter car elle expose le patient aux récidives et aux complications graves alors que l\u2019intervention chirurgicale faite dès le début peut conserver le testicule en tout ou en partie.Dans.les torsions extravaginales, l\u2019intervention consiste à fixer la vaginale au scrotum; il faut.fixer le testicule à la vaginale et celle-ci au.scrotum.L\u2019Ecole américaine préconise l\u2019incision de la vaginale et l\u2019attachement direct du testicule au scrotum.Si la nécrose du testicule est faite, il faut la castration.Le docteur E.Sorrel conseille l\u2019extériorisation du testicule quand il y a simple congestion.L\u2019élimination est partielle et une partie de l\u2019organe est utile.Cet auteur rapporte vingt-deux cas avec contrôle post-opé- ratoire fait de 6 mois à 4 ans, dont six torsions- des annexes et six torsions du testicule sur- onze avec résultats parfaits; quatre atrophies plus ou moins prononcées et une ablation.PRONOSTIC.Selon les expériences faites sur des chiens par Keys-Collings-Campbell, il y aurait atrophie de tout testicule détordé.Sur cinq chiens, ils ont fait une rotation de 360° \u2014 540° avec le résultat suivant: gangrène 48 heures après.et trois semaines plus tard, atrophie.La grande importance du diagnostic est que l\u2019affection peut être bilatérale comme les 24 cas sur 350 rapportés par Aberhouse.De plus, il faut avoir présent à l\u2019esprit, lors de l\u2019intervention, qu\u2019il peut s\u2019agir d\u2019une torsion de- l\u2019hydatide pédiculée de Morgani ou de l\u2019organe- de Giraldès et que l\u2019excision de ce diverticule apporte la guérison tout en conservant le- testicule.Observation.Le 30 septembre 1942, J.C., garçon de 6 ans, nous est dirigé à l\u2019hôpital Sainte-Justine pour- hernie étranglée.: 416 L\u2019interrogatoire nous apprend que l\u2019affection a débuté la veille par une douleur aiguë et subite dans le bas ventre.Quelques heures plus tard, les parents constatèrent une tuméfaction très douloureuse dans la région inguinale gauche.Il n\u2019y eut ni nausées, ni vomissements.Le lendemain, la mère décide d\u2019appeler le médecin qui dirigea aussitôt ce petit malade vers l'hôpital.L\u2019examen nous révèle un garçonnet de six ans, d\u2019apparence normale.Le facies est plutôt rouge, la cuisse gauche est fléchie sur le bassin; la température est de 100° et le pouls de 114.La tête, le thorax ne présentent rien de particulier.Sur les membres, nous ne relevons aucune plaie ou érosion.L\u2019abdomen est tendu et douloureux surtout dans le bas.L\u2019extension du la cuisse gauche déclenche une violente douleur.Dans l\u2019aine gauche, on voit une tuméfaction de la grosseur d\u2019un jaune d\u2019œuf, rouge, violacée, dure et excessivement douloureuse.La mobilisation de cette tumeur est impossible.Le patient a passé des gaz et a une selle au cours de la journée.On applique une vessie de glace, un calmant est prescrit et l\u2019opération est décidée pour le lendemain matin en vue d\u2019une intervention explorative.Opération.Incision inguinale gauche; les tissus de la paroi sont œdématiés et lardacés.Dans le canal inguinal, on trouve un testicule noirâtre, gonflé et nécrotique, c\u2019est une torsion extra- vaginale, le cordon est tordu une fois et demie sur lui-même juste au-dessus de la vaginale.En présence de ce testicule noirâtre, infiltré de sang, voué à la nécrose ou à l\u2019atrophie, nous pratiquons la castration.Nous fermons la plaie opératoire en trois plans et nous plaçons une mèche cigarette comme drainage.Seize jours \u2018plus tard, l\u2019enfant quitte l\u2019hôpital complètement guéri.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 Examen anatomo-pathologique (docteur Paul Martin).Description macroscopique.1° Petite masse arrondie légèrement ovalaire de la grosseur d\u2019un œuf de pigeon à surface lisse et constitué d\u2019un tissu rouge sombre hémorragique.2° Fragment de tissu ovalaire, ayant la dimension et la forme d'un noyau de prune, de constitution ferme, de coloration blanchâtre et centré par un foyer d\u2019aspect hémorragique ou nécrotique.Examen histologique.1° T'esticule: masse d\u2019infiltration hémorragique au sein de laquelle on retrouve des formations glanduliformes, allongées, à disposition radiaire rappelant celle des tubes sémi- nifères et dont les éléments épithéliaux sont picnotiques et méconnaissables.On rencontre ici et là des petits foyers leucocytaires picno- tiques mais la coloration bactériologique sur coupe (Gram) est demeurée négative.2° Pédicule: les vaisseaux de pédicule, artères et veines, sont télangiectasiés et regorgent d\u2019hématies, mais aucun d\u2019eux n\u2019est thrombosé.En somme il s\u2019agit d\u2019un processus infarctoïde du testicule par obstacle circulaire de nature vraisemblablement compressive (torsion?).Diagnostic: nécrobiose infarctoide du testicule.CONCLUSION L\u2019intérêt de ce cas est de savoir si l\u2019autre testicule ne sera pas atteint par la même affection.Comme il est ectopique et près de l\u2019anneau inguinal externe, nous avons prescrit a cet enfant de extrait hypophysaire pour aider la descente.Si, d\u2019ici quelques mois, les résultats ne sont pas satisfaisants, il sera peut- être bon d'intervenir chirurgicalement pour prévenir une torsion possible et le risque d\u2019une castration complète.BIBLIOGRAPHIE P.D.ALLEN et T.H.ANDREWS: «Torsion of the spermatic cord in infancy.» Am.J.Dis.Ch., 59: 136-142, 1940. 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déjà on s\u2019intéressait en haut lieu aux corrections possibles des troubles réels causés par les positions vicieuses des organes génitaux chez la femme.Vous me permettrez de vous communiquer une statistique personnelle en rapport avec cette question, et un bref exposé des notions d\u2019anatomie et de physiologie génitale connexes à ce problème.Depuis 1935 j'ai eu l\u2019occasion de traiter chirurgicalement trente-cinq (35) patientes qui manifestaient des troubles sérieux dus à la rétroversion utérine, seule ou associée 418 à d'autres facteurs morbides affectant les organes génitaux.Cette statistique, par elle-même, n\u2019est pas très importante, mais elle comporte d\u2019abord un élément de sécurité, en ce sens que l\u2019intervention pratiquée, c\u2019est-à-dire la suspension utérine par ligamentopexie trans-musculaire, a été réservée aux cas où on était justifiable d\u2019en attendre des résultats satisfaisants pour les patientes; il y a aussi l\u2019importance des suites opératoires à distance et les résultats dépassant la région strictement utérine de la malade traitée par ce procédé; nos résultats sont contrôlés sur une période variant de deux mois à six ans après l\u2019opération.Sans entrer dans les détails de chaque cas en particulier, il m\u2019a paru utile de grouper un peu le nombre de cas traités pour tels ou tels symptômes ou syndromes avec les résultats obtenus, avant de passer au court exposé anatomo-physiologique qui me paraît compléter la présentation de ce travail.Disons tout de suite que la technique opératoire suivie dans tous ces cas est la suspension du fond utérin au moyen des ligaments ronds que l\u2019on saisit à environ 145 pouce de leur insertion à la corne utérine; le ligament est alors passé à travers le péritoine, le muscle grand droit, et son aponévrose superficielle; il s\u2019agit ensuite de fixer ces deux bouts de ligaments à l\u2019aponévrose à leur point de sortie, et s\u2019il y a assez long de ligament, de venir les joindre et méme les croiser a la ligne médiane de façon à ce que la cicatrice soit solide et partant non douloureuse.Trois points sont à surveiller au cours de ces manœuvres: 1) le point optimum où saisir le ligament, i.e.& environ 115 pouce de son insertion; 2) la distance qui doit séparer latéralement les points d\u2019entrée des ligaments dans la paroi abdominale, i.e.114 pouce de chaque côté de la ligne d\u2019incision; 3) la distance au-dessus du pubis, qui varie de trois à quatre travers de doigt, suivant le volume du corps utérin.Doléris a donné son nom à cette technique, et nous avons dans tous les cas obtenu par- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 faite satisfaction à la suivre sans modification qui vaille d\u2019être mentionnée.Quelques mots, maintenant, des symptômes qui ont motivé notre intervention.Les douleurs lombaires, la leucorrhée et la dysménorrhée avec abondance d\u2019écoulement menstruel sont les causes les plus fréquentes qui amèneront les patientes à la consultation.Moins souvent elles se plaindront de stérilité, absolue ou relative, de troubles de la miction, de la défécation et de rapports sexuels douloureux.La stérilité relative mentionnée ici est le fait de patientes qui avaient pu devenir enceintes, mais terminaient entre six à dix semaines les grossesses qu\u2019elles avaient effectivement commencées.Six cas sur trente-cinq entrent dans cette catégorie, et nous en reparlerons un peu plus loin.Deux cas ont été traités pour rétroversion adhérente au cours de la grossesse, l\u2019une à six semaines, l\u2019autre à 3 mois et demi, présentant les symptômes d\u2019enclavement utérin et étant en imminence d\u2019avortement.(Intervention antérieure.) Ajoutons sept cas de rétroversion associée à un cystocèle de degré variable et à un prolapsus utérin du premier degré, et treize cas de lombalgie avec leucorrhée et dysménorrhée, dont trois cas chez des jeunes filles.Dans deux de ces cas, il s\u2019agissait de rétroflexion congénitale, tandis que l\u2019autre malade avait dû, quelques années avant son opération, suivre une cure de dix-huit mois de repos complet au lit, c\u2019est-à-dire presque continuellement couchée sur le dos.Enfin dans six cas, la ligamentopexie a été pratiquée pour compléter la réparation de cystocèles graves, associée à des prolapsus complets.Au cours de la colporraphie antérieure, il me paraît incomplet de refaire la paroi vaginale et même les ligaments vési- co-utérins si l\u2019utérus, prolabé ou du moins trop facilement mobile dans le canal pelvien, n\u2019est pas retenu haut et ferme par une bonne suspension.Dans ce groupe, l\u2019âge des malades a varié de trente à soixante-douze ans. ROCHETTE: DÉVIATIONS UTÉRINES Comme résultats, il y a à considérer les suites opératoires immédiates et les suites à distance.Dans plusieurs milieux, on semble redouter la menace d\u2019étranglement intestinal à travers les fossettes ou logettes formées, à l\u2019étage inférieur de la paroi abdominale, par la pénétration des ligaments.Nous n\u2019avons jamais eu aucun accident de ce genre, et comme nous avons appliqué à ces malades la pratique du lever de plus en plus précoce (actuellement ces opérées se lèvent un peu, en dedans de soixante heures), conjointement avec l\u2019emploi de stimulants du péristaltisme intestinal, nous nous sentons encore plus à l\u2019abri de cette complication.Il n\u2019a été question dans aucun cas de cicatrice réellement douloureuse même à l\u2019occasion des premiers levers; par contre, six de ces patientes ont rapporté un soulagement radical et permanent des douleurs lombaires, et cela dans les 24 premières heures postopératoires.Deux malades ont été opérées en cours de grossesse, l\u2019une à six semaines l\u2019autre à 3 mois et demi; toutes deux se sont très bien comportées et à l\u2019opération et à l\u2019accouchement; une d\u2019elles est actuellement enceinte de quatre mois et bien disposée à compléter hu- reusement son terme.Les suites opératoires à distance constituent, il me semble, la partie intéressante de cet exposé, une sorte de contrôle des services rendus ailleurs que dans la bonne intention du chirurgien; permettez-moi de vous les soumettre très brièvement.D'abord établissons que sur 35 opérées, 32 ont été revues à des intervalles qui varient de 2 mois à 7 ans après l\u2019intervention; chez toutes ces patientes la suspension de l\u2019utérus s\u2019est maintenue comme dans les suites immédiates, c\u2019est-à-dire en place.Une malade a conduit 4 grossesses à terme, sans aucun signe de relâchement de ses ligaments: accouchements normaux.Six cas de stérilité: cinq malades ont été revues; quatre ont cessé d\u2019avorter, sont devenues enceintes et ont pu conduire leur gros- 419 sesse à terme avec accouchement normal; le cinquième cas est celui d\u2019une femme encore jeune, mariée depuis 13 ans, qui a subi à deux reprises un curettage utérin pour métrite et n\u2019a jamais, d\u2019après son témoignage, manifesté aucun signe de grossesse; elle aussi a pu devenir enceinte, accoucher normalement à terme, et garder ses organes en ordre pour les possibilités d\u2019avenir.Si l\u2019on tient compte du fait que ces cinq patientes sont devenues enceintes dans les trois mois qui ont suivi l\u2019intervention, il y a, semble-t-il, une forte présomption en faveur de l\u2019utilité du traitement appliqué.Sur neuf opérées qui sont devenues enceintes une ou plusieurs fois après l\u2019intervention, toutes ont conservé, après l\u2019accouchement, leur statique génitale en parfaite condition.Dans tous les cas ou la suspension a complété la réparation vaginale pour cystocele, la guérison est restée à la satisfaction des opérées tant au point de vue prolapsus que pour les troubles vésicaux, et cela pour une période de six mois à quatre ans.Chez une patiente non mariée de 35 ans, il a fallu, pour soulager la dysménorrhée, associer pendant plusieurs mois les traitements d\u2019extraits glandulaires avant d\u2019obtenir une amélioration plutôt relative; et trois malades n\u2019ont pas été revues.La proportion des résultats heureux est suffisante, on en conviendra, pour nous forcer à envisager le traitement proposé comme au moins, susceptible d\u2019indication et d\u2019application.Voyons un peu quelles sont les considérations anatomiques qui justifient une intervention essentiellement conservatrice, destinée à garder à sa place, i.e.dans le ventre de la femme, un organe qui, même immergé dans le Bouin, ne saurait remplir son rôle dans les bocaux de l\u2019anatomo-pathologiste.On doit se représenter l\u2019utérus comme un organe musculaire, à centre virtuellement creux, susceptible de légère mobilité d\u2019avant 420 en arrière, et aussi de changement de volumes dans des proportions variables, suivant les états physiologiques de repos, de menstruation ou de gravidité.Comme tout organe.qui se respecte et qui mérite d\u2019être respecté, l\u2019utérus est nourri et desservi par un important réseau d\u2019artères, de veines et de vaisseaux et ganglions lymphatiques; les branches nerveuses du réseau génital ne doivent pas non plus être négligées.Cet organe est normalement situé au bas et au centre de l\u2019abdomen, un peu penché en avant sur la face postérieure de la vessie, lorsqu\u2019elle n\u2019est pas trop distendue.En arrière, passe le sigmoïde, et au-dessous se trouve l\u2019ampoule rectale.De chaque côté sont les annexes, i.e.les ovaires surplombées par les pavillons tubaires.Comme moyen de soutien on trouve les ligaments ronds, insérés sur la face antérieure et supérieure du corps utérin, et se rendant à l\u2019anneau inguinal interne; leur fonction est d\u2019empêcher la trop grande mobilité de l\u2019utérus d\u2019avant en arrière aussi bien que d\u2019un côté à l\u2019autre.Ils sont doués d\u2019une certaine élasticité, de par leurs fines fibres musculaires, et normalement ils doivent suivre un peu l\u2019évolution et l\u2019involution de l\u2019utérus lui- même.Cet organe est, par ailleurs, soutenu à sa base par le tissu cellulaire conjonctif du bassin dont les épaississements prennent suivant leurs points d\u2019insertion les noms bien descriptifs de ligaments vésico-vaginaux, ligaments recto-vaginaux, et enfin les ligaments utéro-sacrés.Les rapports anatomiques normaux seront donc: paroi postérieure de la vessie avec la face antérieure du corps utérin; fond utérin dirigé en haut, libre, en contact avec les anses mobiles du grêle; et paroi utérine postérieure avec la paroi antérieure du sigmoïde.Le col dirigé en bas, occupe une partie généralement postérieure de la cavité vaginale.Dans les cas de rétroversion, par le jeu de bascule qui s\u2019est opéré, le col, maintenant dirigé en haut ou presque, vient sous la symphyse en contact avec la base de la vessie, et L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 comprime parfois l\u2019urèthre postérieure; la paroi antérieure du corps utérin est en contact avec la paroi antérieure du sigmoïde, le fond utérin est dirigé en bas dans le cul-de-sac postérieur, et la paroi utérine postérieure repose, en le distendant, sur le tissu conjonctif des ligaments utéro-sacrés.Il est maintenant facile de réaliser jusqu\u2019à quel point la statique génitale a été chambardée.N\u2019oublions pas les coudures importantes des vaisseaux utérins, surtout la stase veineuse provoquées par ces malpositions, aussi bien que les tractions et les torsions des fibres nerveuses à ce niveau.L\u2019élongation des ligaments utéro-sacrés, cause fréquente de lombalgies tenaces, est remarquable dans la quasi totalité des cas, et on rencontrera souvent des élongations et des déformations d\u2019importance variable au niveau des uretères qui, on le sait, viennent s\u2019insérer à la partie postérieure de la vessie dans le voisinage et en dessous des vaisseaux utérins.Dans les malpositions congénitales (le plus souvent la rétroflexion), le col gardera sa direction vaginale, et l\u2019excès de développement en longueur de la lèvre antérieure nous révèle la congénitalité de l\u2019affection.La physiologie de l\u2019utérus doit être envisagée à un triple point de vue.Nous nous trouverons en présence d\u2019un organe sujet aux modifications de la menstruation et de la grossesse, en même temps qu\u2019il constitue un des centres d'équilibre nerveux les plus importants chez la femme.Toute discussion la dessus serait vide de sens pratique et par conséquent hors d\u2019ordre.La phase congestive cyclique de l\u2019utérus se trouve grandement facilitée, on l\u2019admettra facilement, par la position normale du fond utérin libre dans la cavité abdominale, et le flux menstruel se fera plus régulier et plus complet lorsque l\u2019unique ouverture qui permet son écoulement se trouve sans coudure et dirigée en bas comme le veut la loi de gravité.Quelques cas se rencontrent, assurément, où la rétroversion ou flexion passera inaperçue, mais les poussées congestives répétées et entretenues ROCHETTE: DÉVIATIONS UTÉRINES par la gêne inévitable des échanges vaseu- laires sur place, développeront vite une inflammation chronique manifestée par les symptômes de leucorrhée, lombalgie, dysménorrhée et règles à jets multiples.Des troubles congestifs de même ordre pourront apparaître du côté des annexes, alors que le débit nutritif des vaisseaux sera irrégulier ou insuffisant; et cela nous donne les douleurs dans les côtés, irradiées dans les racines des cuisses, qui annoncent une semaine à l\u2019avance l\u2019arrivée des menstruations.L'évolution de l\u2019utérus au cours de la grossesse est assez universellement acceptée.Trois alternatives se présentent à l\u2019utérus gravide s\u2019il est en rétro-déviation: 1) Lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019adhérence, que l\u2019intestin se vide bien tous les jours, et que l'utérus est facilement mobilisable, vers le 3e mois terminé, le volume seul suffira pour empêcher la masse utérine de retomber, et assurera, de ce côté, l\u2019évolution de la grossesse.2) Lorsque l\u2019utérus, sans être absolument fixé par des adhérences, est rétroversé ou fléchi depuis longtemps, et que la malade est un peu nerveuse ou la partenaire d\u2019un fort jouteur en amour, l\u2019avortement se produira très fréquemment entre six à dix semaines.L\u2019irritation locale causée par les rapports sexuels ou par le développement du corps utérin qui vient s\u2019appuyer ou se buter sur la saillie vertébrale du promontoire, se chargera de provoquer les contractions utérines qui décollent partiellement l\u2019œuf et amènent la terminaison de la grossesse.3) Par suite d\u2019adhérences solides du corps utérin dans le cul-de-sac postérieur, l\u2019utérus rétroversé gravide va s\u2019enclaver dans le petit bassin, et dans ces cas l\u2019avortement se produira nécessairement entre 3 et 4 mois.Comme centre d\u2019équilibre nerveux, l'utérus à des fonctions physiologiques généralement reconnues, trop souvent prouvées, en tout cas, par les graves problèmes thérapeutiques qui résultent des interventions où le chirurgien s\u2019est trouvé, dans son ultime conscience, obligé de faire sauter le morceau.La crise d\u2019'hystérie, les vomissements de la grossesse, les troubles de l\u2019état général asso- 421 ciés au développement de certaines tumeurs utérines sont un témoignage assez précis de ces fonctions; et on aurait tort de passer sous silence les cas, plus fréquents qu\u2019on ne l\u2019imagine, où les douleurs abdominales provoquées par les rapports sexuels trouvent une explication dans ces malpositions, explication confirmée par plusieurs des malades chez qui l\u2019intervention a été pratiquée avec disparition de ce symptôme ennuyeux pour les deux partenaires de la vie conjuguale.* * Nous avons jeté ensemble un coup d\u2019œil très bref, très rapide sur deux aspects importants des organes génitaux de la femme: quelques points d'anatomie, quelques notions de physiologie bien connues, ébauchés à grands traits.J\u2019ai pris la liberté de vous soumettre quelques résultats obtenus dans l\u2019application d\u2019une méthode de traitement par laquelle je suis convaineu d\u2019avoir rendu quelque service; et cette conviction est basée moins sur l\u2019importance en nombre de cette statisque, que sur l\u2019ensemble des cas traités et la constance des résultats favorables obtenus.Et, je le répète, pratiquement tous ont en fait été soumis au contrôle post-opératoire à distance, pendant que 25 pour cent de ces malades, soit 9 sur 35, subissaient heureusement l\u2019épreuve de la grossesse et de l\u2019accouchement normal.S\u2019il m\u2019est permis de conclure, je vous proposerai les quelques points que voici: 1° Il existe une statique génitale normale chez la femme.| 2° Il existe aussi des malpositions des organes génitaux, soit acquises, soit d\u2019ordre congénital.3° La suspension utérine par ligamentopexie transmusculaire est un moyen à la disposition du chirurgien pour corriger ces malpositions de facon définitive, et diminuer dans une trés forte proportion les troubles dont elles sont la cause.4° Cette intervention en est une de conservation et, à ce titre, a droit au respect et a l\u2019attention de quiconque veut accorder aux problèmes génitaux de la femme toutes les ressources de l\u2019art qu\u2019il a choisi de pratiquer. CANCER DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES ORIFICIELLES Diagnostic précoce et traitement Par Henri SMITH, Chef du Service de Dermato-syphiligraphie à l'hôpital Général de Verdun (Montréal).Les cancers de la peau et des muqueuses orificielles ne présentent pas la même gravité que les cancers des organes internes.On peut les apercevoir dès le début, c\u2019est-à-dire à un moment où ils sont facilement curables, et leur biopsie, toujours facile à faire, conduit à un diagnostic histologique généralement concluant.Cependant, soit que le malade ait trop tardé pour consulter son médecin, soit que ce dernier n\u2019ait pas su reconnaître un cancer des téguments externes à ses débuts, nous voyons trop souvent un malade mourir par cachexie d\u2019un cancer de la lèvre ou de la langue par exemple, ou encore d\u2019un nævo-carcinome qui a déjà donné des métastases incurables.À ce propos, le docteur Traub écrivait récemment: « En dépit de tous les efforts pour éduquer le public et la profession médicale sur l\u2019importance d\u2019un diagnostic précoce et d\u2019un traitement adéquat, les dernières statistiques révèlent que de 3,000 à 4,000 malades meurent chaque année aux Etats-Unis du cancer de la peau.» Le diagnostic des cancers de la peau et des orifices muqueux est donc d\u2019une très grande importance.Si l\u2019on connaît bien les modes de début de ces cancers, on pourra tout au moins soupçonner leur existence et faire une biopsie qui confirmera ou infirmera le diagnostic.Mais avant de parler des modes de début des cancers et de l\u2019examen histologique qui est souvent indispensable, voyons rapidement quels sont les cancers que l\u2019on peut rencontrer sur la peau et les muqueuses orificielles.EPITHÉLIOMAS L'usage veut que nous réservions le nom de cancer cutané ou muqueux aux seuls épithé- liomas.Ces épithéliomas, dus à la prolifération mé- tatypique des cellules épidermiques, glandulaires ou næviques, se ramènent, au point de vue histologique, à quatre types distincts: Epithélioma baso-cellulaire.Cet épithélioma, développé aux dépens des cellules basales de l\u2019épiderme, est le plus fréquent des épithéliomas de la peau.C\u2019est aussi le moins grave puisqu\u2019il évolue très lentement et ne donne pas de métastase.Sa malignité est purement locale.: Epithélioma spino-cellulaire.Développé aux dépens des cellules épineuses du corps muqueux de Malpighi, l\u2019épithélioma spino-cellulaire, s\u2019il est rare à la peau, est le plus fréquent des épithéliomas des muqueuses orificielles.Il ne donne presque jamais de métastases viscérales, mais il essaime assez rapidement dans les ganglions du voisinage.S'il n\u2019est pas traité convenablement et assez tôt, il entraîne la mort par hémorragie ou cachexie en deux ou trois ans.Epithélioma mixte.A la fois baso et spino-cellulaire, l\u2019épithé- lioma mixte a, en pratique, la gravité de l\u2019épi- thélioma spino-cellulaire.Ne@vo-carcinome.Le nævo-carcinome, qui se développe aux dépens des nævi cellulaires, est le plus grave des épithéliomas de la peau.Il donne rapidement des métastases ganglionnaires et viscérales qui entraînent la mort.MODES DE DEBUT DES EPITHELIOMAS Les épithéliomas peuvent apparaitre sur une peau ou une muqueuse saine ou bien prendre naissance sur une dermatose dite précancé- reuse. SMITH: CANCER DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES ORIFICIELLES Le diagnostic précoce des épithéliomas qui naissent en peau saine ou sur une muqueuse saine est le plus souvent assez difficile.Le malade vient consulter pour un « bouton de fièvre » qui ne veut pas guérir, par exemple, ou bien encore parce qu\u2019il a quelque part sur la figure une petite croûte qu\u2019il arrache, mais qui se reforme constamment, etc.En somme, si le malade consulte au début, c\u2019est pour des lésions d\u2019apparence banale.C\u2019est dans ces cas surtout que la connaissance des modes de début des différents épithéliomas est importante.Epithélioma baso-cellulaire.Voici d\u2019après Darier quels sont les quatre modes de début de l\u2019épithélioma baso-cellu- laire: a) par une tache de kératose; b) par une ou plusieurs perles épithéliomateuses, petites élevures planes, sèches, fermes, grisâtres, isolées ou groupées; c) par une élevure rosée hémisphérique, demi-molle, plus ou moins translucide; d) par une érosion arrondie, plane, à peine déprimée, rouge et lisse, en « coup d\u2019ongle », indéfiniment persistante.Epithélioma spino-cellulaire.Le stade initial de cet épithélioma est le plus souvent une verrucosité, c\u2019est-à-dire une élevure mamelonnée ou hérissée d\u2019aspérités cornées, souvent entourée d\u2019une aréole rouge.Quelquefois, l\u2019épithélioma spino-cellulaire débutera par une corne cutanée.Sur les muqueuses, il se développe le plus souvent sur une tache de leucoplasie.L\u2019épithélioma mixte débute généralement comme un baso-cellulaire.DERMATOSES PRÉCANCÉREUSES Le diagnostic précoce des épithéliomas de la peau ou des muqueuses orificielles est, souvent facilité par la connaissance de certaines dermatoses sur lesquelles peuvent se développer des cancers.Disons tout de suite que le nævo-carcinome naît toujours d\u2019un nævus, que le plus grand nombre des épithéliomas de la peau prennent naissance sur une tache de 423 kératose et que la plupart des épithéliomas des muqueuses se développent sur leucoplasie.Nœvus.Un nævus cellulaire pigmenté ou non qui s\u2019accroît brusquement, se fissure, s\u2019indure, s\u2019entoure d\u2019un halo rouge ou pigmenté, est en voie de transformation cancéreuse.Ce cancer, né d\u2019un nævus, sera toujours un nævo-carcinome.Kératose.La kératose est une tache jaune, rouge ou brunâtre recouverte d\u2019un enduit kératosique friable, sec et rugueux.La kératose se voit surtout sur les vieux visages, mais elle peut se rencontrer aussi chez des personnes moins agées, celles par exemple qui, à cause de leur profession (cultivateurs, marins, etc.), sont exposées aux intempéries.La kératose fait également partie du tableau symptomatique du xeroderma pigmentosum et de certaines dermatoses dues à des agents chimiques comme l\u2019arsenic et le goudron.Une tache de kératose qui présente un enduit croûteux, qui saigne facilement, qui présente une induration de base, qui s\u2019entoure d\u2019un halo rouge persistant, qui se couvre en bordure de perles épithéliomateuses et qui donne lieu à une sensation de rongement, est en voie de se transformer en cancer.Ce cancer est le plus souvent un épithélioma baso-cellulaire, mais il peut également être un épithélioma spino- cellulaire.Leucoplaste.La leucoplasie, qui se voit généralement sur les lèvres, la face interne des joues ou la langue, est une tache, un placard blanc, grisâtre ou bleuté plus ou moins épais et légèrement induré.On doit soupçonner la transformation cancéreuse d\u2019une tache de leucoplasie quand celle- ci se couvre de verrucosités, quand elle devient le siège d\u2019une érosion, d\u2019une fissure ou d\u2019un nodule.Cet épithélioma sur leucoplasie sera du type spino-cellulaire ou mixte.Le cancer de la peau peut encore prendre naissance sur une cicatrice ancienne, sur un 424 vieil ulcère, sur un placard de lupus érythémateux ou tuberculeux, sur une radiodermite.L\u2019érythroplaste, la maladie de Bowen et la maladie de Paget sont considérées par certains auteurs, Sutton en particulier, comme étant des affections cancéreuses d\u2019emblée.Dès que l\u2019on soupçonne l\u2019une de ces trois maladies, il faut donc faire une biopsie.BrioPsIE Soupçonner l\u2019existence d\u2019un cancer de la peau ou des muqueuses orificielles à son début est chose facile si, en plus de l\u2019âge et de la profession du malade, l\u2019on connaît bien les différents modes de début d\u2019un tel cancer.Affirmer son existence est autre chose, et c\u2019est pourquoi, dans la plupart des cas, il faut faire une biopsie et un examen histologique.Dans l\u2019épithélioma spino-cellulaire cependant, la biopsie, qui risque de favoriser l\u2019essaimage aux ganglions de cellules néoplasiques, devra être suivie immédiatement de la destruction de la tumeur, si le diagnostic est probable.Dans le cas contraire, le laboratoire devra se hâter de faire l\u2019examen histologique pour que l\u2019on puisse intervenir le plus tôt possible, si nécessaire.Il serait souhaitable que tous les laboratoires puissent faire un examen histologique dans les vingt-quatre heures qui suivent la biopsie.De plus, dans tous les grands centres devraient exister des laboratoires où les médecins pourraient faire faire ces examens gratuitement.Il est toujours dangereux de faire une biopsie d\u2019un nævo-carcinome.Mais comme ces cancers prennent toujours naissance sur des nævi, le diagnostic peut se faire très souvent sans examen histologique.Si cependant nous désirons un tel examen, la biopsie devra être faite au bistouri électrique et être suivie immédiatement de la destruction de la tumeur.TRAITEMENT Toutes les méthodes proposées dans le traitement des cancers de la peau visent à la L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 destruction des cellules cancéreuses; les meilleures sont celles qui réduisent au minimum les risques de récidive et d\u2019essaimage.Les moyens que nous avons à notre disposition pour détruire les tumeurs épithéliales malignes de la peau et des muqueuses orifi- cielles sont les suivantes: a) les caustiques chimiques; b) la chirurgie sanglante; c) la neige carbonique; d) l\u2019électrocautère; e) l\u2019électrolyse; f) la radiothérapie; g) la radium- thérapie; h) l\u2019électrocoagulation.Il n\u2019entre pas dans le cadre de ce travail de discuter les avantages et les inconvénients de ces diverses méthodes les unes par rapport aux autres.Convaineus que nous sommes de l\u2019excellence de l\u2019électrocoagulation comme moyen de destruction des épithéliomas cutanés et muqueux, surtout à leur début, nous en décrirons sommairement le technique et en énumérerons les multiples avantages.Technique.La technique que nous employons, aussi bien dans notre service hospitalier que dans notre clientèle de ville, est celle que nous a enseignée le docteur Marcel Ducourtioux à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, en 1937 et 1938.Nous nous servons d\u2019un appareil à éclateurs (ondes amorties) et d\u2019une électrode active en forme de pointe (aiguille).Après anesthésie à la novocaïne, nous coagulons la tumeur en dépassant les bords plus ou moins largement suivant que nous voulons détruire un nævo-carcinome, un épithélioma spino-cellulaire ou un baso-cellulaire.Nous enlevons immédiatement à la curette tout le tissu coagulé.Nous répétons les coagulations et les curettages jusqu\u2019à ce que nous arrivions sur le tissu sain que nous coagulons légèrement.Le tissu malade est facile à reconnaître et à enlever à la curette, parce qu\u2019il est friable et saigne facilement.Le tissu sain, par contre, est beaucoup plus ferme et ne saigne pas.D'ailleurs, avec un bon réglage de l\u2019appa- SMITH: CANCER DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES ORIFICIELLES 425 reil, les tissus cancéreux coagulés se détachent facilement.Avantages.L\u2019électrocoagulation faite d\u2019après cette technique et que l\u2019on pourrait appeler électrocoa- gulation-curettage, a de nombreux avantages: 1° Elle est simple, facile à appliquer, ne nécessite pas un appareil compliqué et coûteux.2° En bloquant les vaisseaux sanguins et lymphatiques, elle réduit au minimum les risques d\u2019essaimage.3° L\u2019électrocoagulation-curettage n\u2019est pas un procédé aveugle, puisqu\u2019il permet de détruire plan par plan tout le tissu cancéreux.4° En dépassant les limites de l\u2019électrode active, l\u2019électrocoagulation détruit les cellules cancéreuses qui peuvent se trouver dans le tissu qui nous paraît sain.5° Les récidives sont rares avec l\u2019électrocoagulation, et il est toujours possible d\u2019intervenir de nouveau si la chose est nécessaire.6° L'absence habituelle de choc opératoire rend l\u2019électrocoagulation une intervention bénigne, même chez les malades très âgés.7° Un des avantages de l\u2019électrocoagulation, et non des moindres, c\u2019est l\u2019absence presque complète de douleur après l\u2019intervention.8° Avec l\u2019électrocoagulation-curettage, la cicatrisation des plaies opératoires se fait en dix à quinze jours pour les petites tumeurs, en trois semaines pour les tumeurs de moyenne dimension et en quatre à six semaines pour les tumeurs volumineuses.Les cicatrices sont toujours d\u2019une souplesse remarquable et très peu rétractiles.Pour les tumeurs de petite et de moyenne dimension, nous obtiendrons, après quelques mois, une cicatrice linéaire et à peine visible si nous avons pris soin d\u2019orienter le grand axe de la plaie opératoire dans le sens des lignes de traction de la peau.9° Enfin, l\u2019électrocoagulation-curettage don- une une guérison définitive dans la très grande majorité des cas d\u2019épithéliomas de la peau ou des muqueuses orificielles à leur début.La destruction des taches de kératose et de leucoplasie par électrocoagulation superficielle ou encore par électrodessication constitue, en quelque sorte, le traitement prophylactique des épithéliomas de la peau et des muqueuses.Dans un article ultérieur que nous soumettrons pour publication, nous nous proposons de rapporter quelques observations de malades que nous avons traités par électrocoagulation- curettage.Résumé Les épithéliomas de la peau et des muqueuses orificielles sont facilement curables s\u2019ils sont diagnostiqués assez tôt.La majorité des épithéliomas cutanés débutent sur une tache de kératose qui présente un enduit croûteux, s\u2019entoure d\u2019un halo rouge et donne une sensation de rongement.La plupart des épithéliomas des muqueuses prennent naissance sur une tache de leucoplasie qui s\u2019érode, se fissure, se couvre de végétations ou présente, en un point quelconque de sa surface, un nodule.Le nævo-carcinome débute toujours par un nævus qui grossit, s\u2019entoure d\u2019une aréole rouge ou pigmentée et devient prurigineux.L\u2019électrocoagulation-curettage, comme traitement de ces épithéliomas, est une méthode simple, non sanglante et qui assure le blocage des voies de propagation des cellules cancéreuses.Elle élimine presque complètement les récidives, donne des cicatrices toujours souples et assure la guérison définitive dans presque tous les cas traités assez tôt. CHIRURGIE ENDO-URÉTRALE Par Roland CAUCHON, Chargé d\u2019Urologie à l\u2019hôpital Saint-François d'Assise, Assistant en Urologie à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).On a déjà connu depuis longtemps, de nombreuses méthodes d\u2019opérer par l\u2019urètre, et depuis quelques années surtout, depuis la popularité de la résection prostatique, si bien définie et démontrée, personne n\u2019ignore que des opérations d\u2019une certaine envergure peuvent être faites par cette voie.Cependant, je désire mettre en évidence au cours de ce petit travail, les possibilités chirurgicales moins connues que le forage de la prostate.Je laisserai volontairement de côté les traitements comme les lavages de l\u2019urètre au cours de la blennorragie, les lavages vésicaux au cours de la cystite, etc, pour commencer à des affections qui relèvent de la spécialité.Nous trouvons déjà au niveau de l\u2019urètre, un certain nombre de maladies qui nécessitent des soins chirurgicaux.Prenez par exemple les folliculites, infection des petites glandes de l\u2019urètre qui en certains cas, demandent l\u2019ouverture sous le contrôle de l\u2019urétroscope.A quelques centimètres plus loin, il existe un monticule développé dans l\u2019urètre postérieur, où viennent aboutir les canaux éjaculateurs reliant aux vésicules séminales.Il est des cas de vésiculite chronique où il faut faire au moyen de sondes spéciales, le cathétérisme de ces petits canaux pour obtenir une sédation des symptômes.Déjà nous entrons dans un domaine que le chirurgien général ne peut explorer par les moyens mis à sa disposition.Nous verrons par ordre anatomique, en partant de l\u2019urètre et en remontant jusqu\u2019au rein, une série d\u2019états pathologiques qu\u2019un urologue peut guérir ou améliorer par des moyens et instruments plus ou moins ingénieux et le plus souvent faciles.Nous rencontrons dans l\u2019urètre, le plus souvent à la suite de maladies infectieuses, des rétrécissements qui pourront se guérir si le médecin et aussi le malade ont suffisamment de patience, par des dilatations progressives.Il se peut qu\u2019on soit obligé de commencer par des bougies filiformes et en laissant celles-ci en place pendant plusieurs heures, on constatera qu\u2019il est ensuite facile d\u2019augmenter le calibre de l\u2019urètre graduellement jusqu\u2019à ce qu\u2019il atteigne une grosseur normale.Il y a des cas où la bande cicatricielle est tellement dure et dépourvue d\u2019élasticité qu\u2019on se heurte dès le début à une impossibilité complète de dilatation.Il faut alors recourir à l\u2019urétroto- mie interne, moyen encore facile, quoique douloureux, d\u2019obtenir un résultat satisfaisant.Chez les malades porteurs de rétrécissements, il arrive que l\u2019on trouve en arrière de la bride, un calcul enclavé dans l\u2019urètre.Un problème nouveau se pose alors.Il faut nécessairement enlever ce corps étranger.S\u2019il est situé dans l\u2019urètre pénien, on peut essayer de la propulsion en avant par des massages de l\u2019urètre et si une tentative sérieuse a échoué, il reste l\u2019extraction instrumentale par le moyen de pinces spéciales ou de l'urétroscope.Si le calcul est situé dans la partie postérieure de l\u2019urètre, on doit chercher en le repoussant avec une sonde, à l\u2019évacuer vers la vessie où là, on le traitera comme un calcul vésical.En cas d\u2019impossibilité à exécuter cette manœuvre, il faudrait recourir à la chirurgie par voie externe.On peut appliquer les mêmes principes aux corps étrangers de l\u2019urètre, donc passons.Plus intéressantes sont les tumeurs de l\u2019urètre, mais la chirurgie endo-urétrale doit se limiter aux tumeurs bénignes, les tumeurs malignes relevant d\u2019un traitement chirurgical par voie externe.Quant aux tumeurs bénignes, elles se limiteront dans 95% des cas à des polypes de l\u2019urètre qui peuvent se détruire par l\u2019électrocoagulation et peut-être mieux encore, comme nous l\u2019avons expérimenté der- CAUCHON: CHIRURGIE ENDO-URÉTRALE nièrement, par la résection suivie de la coagulation de la base de la tumeur.Et ceci nous amène à l\u2019exploration de l\u2019urètre prostatique et du col vésical où, sans conteste, la chirurgie endo-urétrale semble offrir les résultats les plus frappants.Je me contenterai de souligner en passant puisque j\u2019ai déjà présenté un travail plus élaboré sur ce sujet, que les hypertrophies du col vésical et de la prostate proprement dite peuvent être guéries définitivement par le forage, comme l\u2019attestent les nombreuses publications d\u2019auteurs américains et canadiens qui se servent de ce procédé depuis huit à dix ans.Nous avons eu beaucoup de satisfaction à introduire cette méthode ici et nous espérons que les quelques insuccès inévitables du début dans une intervention aussi spécialisée et, comme l\u2019a dit Thompson, si particulière à chaque chirurgien, nous serviront à établir plus solidement une technique qui, tout en n\u2019étant pas parfaite, sera espérons-le, de plus en plus sûre.Un point sur lequel je tiens à insister, ce sont les calculs de la prostate, affection peu fréquente.Il est cependant arrivé à plusieurs chirurgiens de trouver inopinément au cours de la prostatectomie, des calculs enclavés dans les lobes prostatiques, et même si le diagnostic était fait avant l\u2019intervention, la seule ressource demeurerait encore la prostatectomie par voie suspubienne.Nous pouvons actuellement traiter ces malades avec un risque opératoire que je considère beaucoup moindre, en disséquant par voie endo-urétrale les loges où se sont développés les calculs.Il suffit simplement de faire l\u2019ablation au résectoscope de la couche superficielle qui les recouvre; un doigt introduit dans le rectum et faisant pression les chasse sans difficulté dans la vessie, d\u2019où ils sont aspirés au moyen de l\u2019évacuateur de McCarthy.Nous avons deux cas où cette méthode nous a donné d\u2019excellents résultats.Si nous avançons notre cystoscope à quelques centimètres plus avant, nous sommes rendus dans la vessie.La pathologie nous enseigne que là encore nous pouvons faire du travail intéressant toujours en nous servant 427 de la même voie.Il y aura d\u2019abord les corps étrangers, je parle de ceux qui ont été introduits au cours d\u2019un accès de folie érotique et qui sont souvent des objets de petites dimensions, ou encore de ceux qui sont restés en place au cours de manœuvres thérapeutiques, tels des morceaux de cathéter en verre qu\u2019un faux mouvement aura brisé, ou des bouts de sondes déjà avariés et qui se cassent au cours d\u2019un lavage vésical ou autrement.Ces divers objets pourront, dans la majeure partie des cas, être enlevés par le moyen d\u2019objets de préhension, instruments délicats et que l\u2019on peut introduire par le cystoscope.On peut extraire à peu près de la même façon des calculs qui, pour être tout petits, n\u2019en causent pas moins de grands troubles.Mais si le volume dépasse celui d\u2019une fève ou d\u2019un gland, il faut recourir à une méthode qui si elle n\u2019est pas récente, n\u2019en rend pas moins d\u2019énormes services; je veux parler de la lithotritie.On peut écraser et fragmenter des calculs gros comme une noix et les aspirer par petits morceaux sans risque pour le malade et, toujours sous le contrôle du cystoscope, de façon à ne rien léser au point de vue anatomique et aussi à ne laisser aucun fragment intravésical, autrement l\u2019intervention serait incomplète.L\u2019avantage à procéder ainsi, c\u2019est que les malades peuvent se lever le lendemain de l\u2019intervention et quitter l\u2019hôpital trois ou quatre jours après avec l'impression d\u2019une guérison sans douleur.La fréquence des calculs n\u2019est contrebalancée que par celle des papillomes dans la vessie.On les trouve nombreux; le plus souvent et assez curieusement, ils sont presque toujours situés loin les uns des autres, de sorte que chaque petite tumeur demande une intervention individuelle.Si l\u2019on considère la fréquence de la dégénérescence cancéreuse, il faut agir quand un diagnostic de papillome est posé.À moins qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une maladie villeuse où toutes les parois sont recouvertes de tumeurs papillomateuses, ou encore à moins que ces tumeurs elles-mêmes soient très grosses, on peut, au moyen du résectoscope, guérir radicalement ces malades.Il s\u2019agit, comme pour 428 les papillomes de l\u2019urètre, de réséquer d\u2019abord la tumeur, empiétant si elle est sessile, sur la muqueuse vésicale, et ensuite de coaguler la plaie opératoire.On peut obtenir de magnifiques résultats.Quant aux tumeurs malignes, on peut procéder de la même façon si elles sont petites, toujours en s\u2019efforçant naturellement de ne laisser aucun fragment tumoral et en enlevant complètement la base de la tumeur.Si elles sont trop grosses, il est fort probable que même la chirurgie par voie ouverte ne réussira qu\u2019à prolonger un malade dont l\u2019état général a déjà été touché.Et nous voici rendus à l\u2019uretère.Au niveau du méat, l\u2019urologue sera parfois arrêté par un rétrécissement qu\u2019il sera facile de faire céder avec quelques séances de dilatations avec de petites sondes ou bougies à bout conique.S\u2019il siège plus haut, le rétrécissement offrira moins de difficulté à la dilatation qu\u2019au méat.Au cas d\u2019impossibilité absolue à l\u2019introduction d\u2019une sonde, on peut se servir de ciseaux spéciaux à la méatotomie urétérale.Si on pénètre dans l\u2019uretère, l\u2019obstruction la plus fréquente que nous y rencontrons, est créée par la lithiase urétérale.Evidemment, si le calcul est au bassinet ou au tiers supérieur de l\u2019uretère, on doit recourir à une interven- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 tion par voie lombaire.Mais si, comme c\u2019est fréquemment le cas, le ou les calculs siègent dans la portion iliaque ou intramurale, et sont d\u2019un volume ne dépassant pas celui d\u2019une fève, il y a de grandes chances que l'extraction se fasse par le méat.L\u2019opération n\u2019est pas toujours facile, est fatiguante à exécuter, mais si l\u2019on réussit on est sûr d\u2019un guérison immédiate.Je dirai plus si l\u2019on ne peut réussir à saisir le \u2018caleul, le seul fait d\u2019avoir fait une dilatation de l\u2019orifice est parfois suffisant pour que, les contractions des fibres lisses urétérales aidant, je malade passe sa pierre dans les heures qui suivent les manœuvres.Nous avons eu quelques-uns de ces cas très intéressants et dont la guérison est aussi subite qu\u2019imprévue.Enfin, je ne pourrais logiquement terminer sans dire un mot des lésions rénales que la voie endoscopique peut améliorer sinon guérir.Il y a d\u2019abord la pyélonéphrite aiguë dont le traitement reconnu est le drainage par une sonde urétérale qu\u2019on laisse en place pendant 24 ou 48 heures, se basant sur le fait que l\u2019on doit considérer cette infection au même titre qu\u2019un abcès et que le traitement rationnel de l\u2019abcès est le drainage.Et ensuite, les nombreux cas d\u2019infection chronique du bassinet et des calices qui bénéficient de lavages répétés de la cavité rénale: ÉDITORIAL Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Francaise de l'Amérique du MRord (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale ou Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 72 \u2014 N° 4 Montréal, avril 1943 LA PROPHYLAXIE CHIMIQUE DE LA GONORRHÉE ET DE LA CHANCRELLE C\u2019est maintenant une notion acceptée, vérifiée par l'expérience et éprouvée par le temps, que les sulfamidés constituent le traitement de prédilection contre la blennorragie.Ils amènent la guérison en peu de temps, sans obliger à des frais élevés et surtout avec une simplicité d'application étonnante.Ce traitement chimio-thérapi- que donne un pourcentage élevé de guérisons et quoiqu\u2019il rencontre des insucces dans un certain nombre de cas, on peut affirmer qu'il marque, en vénéréologie, si on le compare aux méthodes anciennes qui n\u2019étaient que palliatives, un progrès thérapeutique formidable.Les temps actuels font apprécier davantage une telle efficience.La guerre et l\u2019en- régimentement de la jeunesse masculine et féminine, la promiscuité des sexes dans les usines et la désorganisation des foyers qu\u2019apporte la coordination civile en vue de la guerre, font que l\u2019activité sexuelle est débordante.Il-s\u2019ensuit que les maladies vénériennes, gonorrhée, syphilis et chancrelle, accusent une courbe de fréquence vertigineusement ascendante.Il paraît que le même phénomène s'opère a toutes les guerres ou à toutes les périodes troublées.Il se trouve, cependant, que le mal vénérien s'accuse en proportion de l\u2019étendue et de l'intensité du conflit armé.Comme les présentes hostilités sont mondiales et exigent un bouleversement social d\u2019une sévérité inusitée, il en découle que les effets 429 pathologiques du domaine génital sont d\u2019une gravité troublante.Heureusement qu\u2019on a pour combattre la gonorrhée les sulfamidés.Contre la syphilis on demeure avec l\u2019arme principale de traitement que, dès la première grande guerre, on avait à sa disposition: les arsénicaux.Depuis, le bismuth s\u2019est joint à eux après avoir à peu près complètement remplacé le mercure.Le traitement des soldats hospitalisés, traitement mieux contrôlé parce que mieux appliqué à des malades disciplinés par les règlements de l\u2019armée, a permis de mieux apprécier la valeur des sulfamidés, d\u2019en mieux connaître l\u2019efficience réelle.Les mêmes conditions matérielles d\u2019organisation ont fait aussi, ce qui est moins connu et pourrait avoir une portée pratique inappréciable, de tenter la prévention de la gonorrhée et de la chancrelle par l'emploi prophylactique des sulfamidés.Des travaux récents publiés par des médecins militaires américains comportent des résultats d\u2019une valeur impressionnante.Ainsi, Joses, Kline et Ryan ont publié tout récemment des statistiques portant sur la prophylaxie de la gonorrhée par l\u2019administration de sulfathiazol en plusieurs doses après le contact vénérien.Joses * rapporte qu'aucun cas blennorragique n\u2019a été observé chez 350 sujets.Kline et Ryan ?, sur 1,000 sujets, n\u2019ont rencontré que 3 cas de gonorrhée.Ces résultats sont vraiment impressionnants.J.J.A.Loveless et W.Denton 3, dans un rapport préliminaire et encore plus récent, fournissent leurs résultats d\u2019une application plus complète de la prophylaxie sulfamidée, et tentée sur un nombre plus considérable de sujets.L'expérience fut effectuée dans une compagnie d\u2019environ 1,400 hommes; un groupe de 4,000 sujets servant d\u2019élément de contrôle.L'épreuve appliquée au groupe des 1,400 hommes exigeait de chaque individu qu\u2019il se rapportât US.Nav.M.Bull.40: 113 (jan.) 1942.1.2.US.Nav.M.Bull.40: 360 (avril) 1942, 3.JAMA.121: (13 mars) 1943. 430 à un officier à chaque sortie et à chaque retour au poste.À la sortie, chaque soldat devait ingérer 2 grammes de sulfathiazol en présence de l\u2019officier.Durant les premières semaines de l'expérience, tous les sujets qui n\u2019avaient pas été soumis aux mesures prophylactiques de la compagnie, reçurent deux autres grammes au retour et 2 grammes additionnels le lendemain, toujours sous le contrôle immédiat de l'officier présent.Plus tard, tous les sujets subirent une méthode uniforme.Le coût de cette prophylaxie fut de 10 cents par soldat et par mois.Aucune réaction allergique ou toxique ne fut observée.De légères nausées furent ressenties.On ne constata pas de sensibilisation à la répétition des doses.La méthode fut appliquée de mai à septembre.Les résultats obtenus furent véritablement étonnants, pour la gonorrhée et la chancrelle.Voyons plutôt les statistiques des auteurs.Ainsi, le groupe de contrôle de 4,000 hommes présenta, durant cette période de mai à septembre, un taux de gonorrhéiques variant de 102 à 218 cas pour mille et par année, et pour la chancrelle, de 24 à 60.Tandis que pour le groupe de l'épreuve, si on exclut les cas où le contrôle d\u2019administration du sulfathiazol n\u2019a pas été parfait, a fourni la courbe suivante de fréquence des deux maladies: en mars le taux de la gonorrhée fut de 180, du chancre de 60; avril, 216-215, respectivement pour chaque infection; en mai, 8-8; en juin, 8-0; en août, 10-10; en septembre, 0-0.Ou encore en mars, sur 1,200 sujets, 18 gonorrhées, 7 chancres; en avril, sur 1,560, 28 gonor- rhées, 15 chancres; en mai, sur 1,565, 1 go- norrhée, 1 chancre; en juin, sur 1,555, 1 go- norrhée, pas de chancre; en juillet sur 1,440, 1 gonorrhée, 1 chancre; en août sur 1,200, 1 gonorrhée, 1 chancre; en septembre sur 1,223, pas de gonorrhée, pas de chancre.L\u2019énumération de ces chiffres est fastidieuse; elle fait voir cependant l\u2019énorme décalage dans la fréquence de contagion et la fixité de ce décalage en regard des mêmes L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 circonstances de vie des sujets et de contagiosité.La diminution est, pour employer l\u2019épithète des auteurs, « phénoménale », elle peut être figurée par les chiffres globaux suivants: pour la gonorrhée de 171 cas 0/00 et par année à 8, pour la chancrelle de 52 à 6.La sulfamido-prophylaxie de la gonorrhée et du chancre mou paraît donc possible et même très efficace.Flle mérite d\u2019être connue et d\u2019être appliquée dans les circonstances où le contrôle et la discipline peuvent la rendre efficiente.D'autres méthodes de prophylaxie vénérienne existent et donnent une sécurité plus complète.Mais encore faut-il qu\u2019elles soient mises en œuvre.Pour cela, on ne peut compter que sur l'initiative individuelle qui, par nature et en général, manque trop souvent au conseil et qui, au surplus, dans les circonstances où le sujet contracte sa goutte militaire ou son chancre, est réduite au presque néant.Une force instinctive quasi irrésistible, suivie d\u2019un état d'abandon et de «je m'en fichisme » aussi invincible, annihile la mise en œuvre d\u2019une prophylaxie immédiate qui nécessite une activité intéressée du sujet.Seul un contrôle dirigé, une initiative prise par autrui peut suppléer à l'indifférence ou à l\u2019oubli du sujet seul, aussi, semble-t-il, un moyen qui prolonge ses effets jusqu'au moment du contact, ou qui peut agir encore quelques heures après ce dernier, pourrait être appliqué avec profit.Les sulfamidés peut-être atteindront- ils cette fin, si on juge par certains travaux récents.Systématiquement et rigoureusement appliqués dans les différentes armées, ils seraient en mesure de conjurer, par leur prophylaxie, la danger extensif.de la go- norrhée et de la chancrelle.À tout événement, au point de vue purement doctrinal, il est intéressant d'apprendre sur ce sujet; au point de vue pratique, ce savoir peut comporter des applications importantes dans la vie militaire et civile.R.A. MÉDECINE SOCIALE e v a.v PREVENTION DE LA DÉNUTRITION ! Par J.-A.LANDREVILLE, Chef du District Sanitaire Maisonneuve, Service de Santé de la Cité de Montréal.La science de la nutrition est la plus jeune des activités dans le champ de la médecine préventive.Il y a à peine trente ans, manger des protéines, de la graisse et du sucre était considéré par la médecine le principal moyen de se garder le plus longtemps contre la mauvaise santé.Aujourd\u2019hui, les nécessités d\u2019une nutrition rationnelle sont de l\u2019ordre des calories, des protéines, des sels minéraux et des vitamines, avec mode spécial d\u2019assimilation: ce qui signifie que l\u2019absence d\u2019un ou plusieurs facteurs ou substances nutritives essentielles peut causer la rupture de l\u2019équilibre d\u2019une bonne nutrition.Et c\u2019est la prévention de cette rupture qu\u2019il faut obtenir, pour prévenir la dénutrition.La dénutrition est un état maladif se rencontrant surtout chez l\u2019enfant d\u2019âge scolaire.L\u2019enfant en dénutrition a l\u2019aspect d\u2019un sujet fatigué à la peau flasque et sèche.Ses muscles faibles soutiennent mal le squelette, alors sa tenue est relachée, son attitude est courbée à cause de la colonne vertébrale; son poids est au-dessous de la moyenne exigée pour son âge et sa taille.Son esprit est lent; il est nerveux, irritable, craintif, inattentif, instable, il ne peut suivre ses camarades souvent plus jeunes que lui; il manque souvent la classe et n\u2019a pas de résistance à la maladie.Enfin, fréquemment, 11 manque son année.On peut trouver des cas de dénutrition ailleurs que dans l\u2019enfance, quoique plus rares.Notamment, le docteur Groulx nous relatait ces jours derniers, durant une conférence, le fait d\u2019un adulte montrant des signes de rachitisme, après avoir séjourné en France ces dernières années.1.Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, le 19 janvier 1943.CAUSES DE LA DÉNUTRITION Il faut connaître les causes de la dénutrition afin de les corriger et ainsi en prévenir les suites.J'énumère d\u2019abord le facteur héréditaire: 1° La tuberculose, la syphilis ou l\u2019alcoolisme des parents.La lutte est entreprise de ce côté et elle est active.2° Habitudes familiales invétérées pour certain régime défectueux, qu\u2019il faut vaincre patiemment.3° Certaines prédispositions de race, influence de certains climats, etc, mais ce sont généralement des cas spéciaux.Viennent ensuite des causes prédisposantes, circonstancielles, telle que la pauvreté.Un plus juste équilibre de l\u2019économie serait très profitable.Espérons que les idées émises pour l\u2019après- guerre pourront être appliquées.Une autre cause circonstancielle est l'ignorance.L\u2019éducation, par tous les moyens, et cette campagne est un merveilleux moyen, devrait diminuer cette ignorance.Reste enfin la négligence sur toute question d\u2019hygiène et surtout l\u2019hygiène alimentaire, mais je crois que la négligence est plutôt une conséquence de la pauvreté et de l\u2019ignoran- Ce.Voici maintenant les causes directes de la dénutrition telles qu\u2019énoncées à peu près par p Emerson et Roberts: 1° Défauts physiques: Amygdales malades ou hypertrophiées; Présence d\u2019adénoïdes; Dents malades, cariées ou mal obturées.2° Certaines maladies: a) Tuberculose; b) Syphilis; | ec) Les maladies infectieuses.Série de ma- 432 ladies contagieuses mal traitées ou pas traitées du tout; d) Affections parasitaires intestinales.3° Régime alimentaire défectueux: Mauvais régime alimentaire.Repas insuffisant, mal apprêté ou ne stimulant pas l\u2019appétit.Mets non appropriés aux besoins de l\u2019enfant: thé, café, trop de pain, ete.Insuffisance d'aliments de croissance: (protéines, sels minéraux, vitamines, etc.).Ecart de régime: mange entre les repas (bonbons, liqueurs, etc.).Manque de surveillance: ignorance, négligence ou pauvreté, souvent les trois.4° Mauvaise hygiène; mauvaises habitudes de santé: L'enfant dort peu: il se couche tard, se lève tôt ou ne peut dormir à cause du bruit; la maison est trop petite, la radio joue trop fort ou trop près de l\u2019enfant.Excès de fatigue: l\u2019enfant a trop joué, etc.II manque d\u2019air et de soleil; il n\u2019a pas de place pour jouer, ou c\u2019est une maison insalubre, ete.Moyens de prévention Les moyens de prévention découlent de la cause.Or, la cause est parfois profonde, éloignée, préparée de longue main.De plus la dénutrition considérée un problème individuel, est parfois un problème de groupe, car souvent plusieurs sujets d\u2019une même famille en sont atteints.D\u2019où la nécessité d\u2019un programme d\u2019éducation et de prévention antérieur à la naissance, car l\u2019état de la mère enceinte, influence le terrain du futur candidat à la dénutrition.Le «Children Bureau» de Washington a déjà déclaré que les neuf mois de la grossesse sont ceux où le bébé subit la période la plus négligée de son existence.Le sort du nouveau- né dépend donc de l\u2019état de la mère avant et pendant la grossesse.De plus si l\u2019on considère que durant la grossesse la mère doit préparer la lactation, voir à sa propre subsistance et à celle du fœtus, qui est essentiellement un parasite, et, sachant que c\u2019est durant les trois L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 derniers mois de la grossesse que la croissance du bébé est la plus rapide, on comprendra facilement la grande influence d\u2019une alimentation inadéquate et d\u2019une hygiène défectueuse de la mère enceinte sur la vie future de son rejeton.Voici donc les moyens de prévention établis selon un programme s\u2019étendant d\u2019avant la naissance de l\u2019enfant, puis de la naissance jusqu\u2019à l\u2019âge scolaire, enfin durant l\u2019âge scolaire.À \u2014 Avant la naissance: 1° Préparation de la jeunesse et de l\u2019adolescence surtout féminine: Campagne d\u2019alimentation rationnelle à continuer; Campagne d\u2019hygiène infantile à intensifier; Modification du programme scolaire, pour donner une plus large part aux problémes d\u2019alimentation ; Formation de cercles d\u2019études sur ces sujets, formation de clubs; concours, revues, littéra - tures, radio, etc, etc.; 29 Examen médical périodique, ou, 3° Examen médical obligatoire des futurs conjoints; 4° Stimuler l\u2019importance de la surveillance médicale de la mère enceinte; 5° Hygiène maternelle: a) Ambiance saine du milieu familial: maison aérée, ensoleillée, confortable; gaieté autour d\u2019elle; éviter surmenage et maison insalubre; b) Alimentation adéquate: aliments protecteurs, préventifs, reconstituants; c) Soins pré-nataux: Visites à son médecin, au début de la grossesse, puis à intervalles réguliers, selon l\u2019avis de celui-ci; Visites aux cliniques maternelles plus fréquentes pour analyse de sang au point de vue syphilis; examen d\u2019urine; pression artérielle; conseils d\u2019alimentation et d\u2019hygiéne, conseils de voir son médecin privé au besoin, etc.; d) Education de la mère à son futur rôle; LANDREVILLE: PRÉVENTION DE LA DÉNUTRITION 6° Education paternelle: préparer le pére à comprendre et à s\u2019adapter à l\u2019état psychique de la parturiente.J\u2019insiste sur la préparation de la future mère, car c\u2019est à mon avis la meilleure forme d\u2019un programme de prévention de la dénutrition.Si la mère est en bonne santé, renseignée, bien préparée moralement, elle sera le meilleur outil pour le travail de la nutrition chez son enfant qu\u2019elle voudra le plus beau du monde, lequel si c\u2019est une fille remplira mieux son rôle à son tour, quand elle deviendra mère.| B \u2014 De la naissance à l\u2019âge scolaire: 1° Alimentation maternelle du nourrisson, ou, 2° Alimentation artificielle sous surveillance médicale; 3° Pesée régulière, plus fréquente la première année; 4° Examen médical périodique: recherches des maladies et de leurs traitements, des défauts physiques et de leurs corrections; 5° Programme d\u2019éducation alimentaire rationnelle pour satisfaire aux besoins nouveaux dans l\u2019évolution de la croissance; 6° Vaccination et immunisation en temps opportun.C \u2014 A l\u2019âge scolaire: 1° Examen médical périodique devant les parents: a) Recherches des maladies et des défauts physiques et de leurs corrections: b) Antécédents personnels et habitudes de l'enfant à connaître et à corriger si nécessaire; c) Pesée et mensuration trois fois par année; tous les mois pour les cas de dénutrition ; d) Conseils sur l\u2019alimentation et pour l\u2019amélioration des conditions et des habitudes mauvaises de l\u2019enfant, si besoin il y a.2° Réajustement des cas spéciaux: a) Régime scolaire mitigé; une demi-journée de classe, ou repos plus fréquent durant Ja journée, tout dépend des cas; 433 b) Cantines scolaires ou collation si nécessaire ; ec) Classes spéciales pour les handicapés: Classe de nutrition spéciale; Classes en plein air; Colonies de vacances.3° Travail de coopération sociale: a) Avec les parents.L\u2019infirmiére-visiteu- se du Service de Santé joue un rôle très imt portant dans ce domaine.Elle renouvelle l\u2019avis aux parents de faire traiter l\u2019enfant quand l'examen médical a trouvé un défaut ou une maladie.Elle réussit généralement à vaincre l\u2019apathie et la négligence des parents.b) Avec les professeurs.Favoriser les asso- cliations, parents, professeurs, hygiénistes, pour l\u2019étude en commun d\u2019un problème particulier pour un enfant.c) Avec les institutions publiques ou \u2018privées.Coordination avec leurs activités; étude des facilités d\u2019accès dans les services hospitaliers, pour classes indigentes, etc, etc.Une très grande partie de ces moyens de prévention est déjà en activité à Montréal et dirigée par le Service de Santé, soit par les cliniques publiques et privées, certaines institutions volontaires ou autres, soit par le médecin praticien, ete.Mais ce qui importe c\u2019est de les développer davantage, les généraliser, de centraliser tous les efforts particuliers, d\u2019unifier toutes les activités vers un même but.Pour celà, il nous faut l\u2019appui entier des classes professionnelles, des classes dirigeantes, la coopération de toutes les sociétés, commissions, institutions philanthropiques, financières ou autres.Il faut encourager tout mouvement qui tend à améliorer le sort de la population, la disparition du logement insalubre par exemple, la lutte contre la tuberculose, les maladies vénériennes, l\u2019alcoolisme, etc, et ainsi l\u2019enjeu da la lutte contre la dénutrition vaudra bien la peine et les troubles qui s\u2019y rattachent. LA NUTRITION CHEZ LA FEMME ENCEINTE ET SES CONSÉQUENCES ! Par Jean LEBEL, (Montréal).D\u2019après un travail du docteur Tompkins, médecin à la Maternité de Philadelphie, il découle que la cause de plusieurs complications chez la femme enceinte provient d\u2019une déficience nutritive, et de plus que la débilité congénitale du bébé, surtout lors des six premiers mois, aurait comme cause première cette déficience de la nutrition maternelle.Il re$sort même de ce travail que la patiente qui ferait de la suralimentation, mais dont le choix des aliments serait mal fait, présenterait fréquemment les mêmes conséquences pour elle et pour le bébé.Dans tout volume complet d\u2019obstétrique, vous trouverez les données d\u2019un régime spécial pour patientes souffrant de toxémie, d\u2019anémie, des lésions cardiaques, de diabète ou tout autre complication mais jamais un régime spécifique et bien balancé au cours d\u2019une grossesse normale.Permettez-moi ici de rappeler dans les grandes lignes les données d\u2019un régime pour toute personne normale.Il se résume en aliments de qualité et de quantité suffisantes qui lui donneront la somme d\u2019énergie nécessaire à sa survie, et il comprendra, se basant sur l\u2019état de vie et de santé de chacun, une quantité X de glucides, de matières protéiques, de calcium, de matières minérales, d\u2019acides gras et enfin de vitamines.De cette base on construira un régime pour la femme enceinte normale, mais en tenant compte de son état et du fœtus qu\u2019il lui faut en même temps nourrir.| Vous remarquerez facilement, que souvent à votre bureau, une patiente dira qu\u2019elle est enceinte, non seulement du fait de l\u2019arrêt de ses menstruations, mais aussi de ce qu\u2019elle a remarqué que depuis un certain temps son appétit a augmenté tandis que sa digestion lui semble plus lente.Comment expliquer cela?Dès le début de la grossesse, il se fait un changement rationnel de tout l\u2019organisme de la femme, et ses fonctions devant s\u2019appliquer en partie à son nouvel état, l\u2019assimilation et d 1.Communication à la Société Médicale de Montréal, novembre 1942.la digestion se trouveront par le fait même amoindries.La faim que la femme ressent s\u2019explique par le fait que, l\u2019assimilation étant moindre et que de plus le fœtus prenant pour lui une grande partie de cette assimilation, la mère n\u2019aura plus pour elle-même la quantité nécessaire requise, de même que souvent le fœtus.Il faudra donc pour obvenir à cela qu\u2019au lieu de donner deux ou trois gros repas par jour, nous donnions des repas moindres mais en plus grand nombre car alors l\u2019assimilation sera plus complète et plus profitable.Il s\u2019agit de plus de construire pour votre patiente un régime de quantité suffisante et de qualité qui se conformera avec son état de vie et son état social, tenant compte cependant que deux êtres qui ne demandent pas complètement les mêmes données alimentaires.Donc faire de deux, un tout.La mère, personne adulte, aura besoin pour elle-même d\u2019un certain nombre de calories\u201d: 1° la moitié sera fournie par les glucides comprenant le pain, les pommes de terre, les pâtes alimentaires, les fruits et les végétaux verts; 2° l\u2019usure de ses tissus demandera une certaine quantité de matières protéiques de bonne provenance, surtout viande, lait, fromage, œufs; celles de provenances végétales étant moins bien assimilées; 3° les matières grasses mais en moins grandes quantités fourniront la quantité d\u2019acide gras dont l\u2019organisme a besoin; leur provenance sera surtout le beurre et la crème; 4° le lait et les produits laitiers sont nécessaires, vu leur apport de calcium indispensable à l\u2019adulte; 5° enfin une quantité, dépassant quelque peu le minimun, de vitamines et de matières minérales, lesquelles seront fournies surtout par le lait, les œufs, les fruits, les végétaux verts, surtout végétaux à feuilles vertes.2.Résumé tiré du travail du docteur Gaston Gosselin, paru dans l\u2019Union Médicale, 71: 1034 (octobre) 1942. LEBEL: NUTRITION CHEZ LA FEMME ENCEINTE Le fœtus lui, dépensant peu d\u2019énergie aura besoin d\u2019une quantité moindre de glucides, , mais par contre demandera surtout les éléments constructeurs qui sont les matières protéiques, quelque peu les acides gras, le calcium et les matières minérales qu\u2019il empruntera à la mère si l\u2019apport n\u2019est pas suffisant; et enfin, pour bien assimiler toutes choses et donner non seulement une construction mais une bonne base, une quantité plus que suffisante de vitamines sera nécessaire._ Souvent à la naissance nous avons devant nous un bébé d\u2019apparence et de conformation normale, mais après quelques semaines, et avec un régime approprié et bien balancé, nous devons faire face à un état de dénutrition et d\u2019hypovitaminose.Pourquoi?parce que l\u2019enfant n\u2019ayant pas eu au sein de la mère quantité et qualité complètes requises, et que ce petit manquant, dès la naissance de matière de base, ne pourra de lui-même assimiler ce dont il a besoin.Permettez-moi à présent d\u2019apporter ici les résultats des recherches du docteur Tompkins.I établit un régime minimum-optimum pour la femme enceinte.Ce régime contiendra une valeur calorique suffisante basée sur le poids de la patiente, sur ses besoins et l\u2019énergie qu\u2019elle doit dépenser.Il tiendra donc compte des besoins particuliers et de la mère et du fœtus et en fera un tout.L\u2019étude du docteur Tompkins porte sur 1,500 cas ainsi qu\u2019un nombre égal de cas de contrôle, à régime alimentaire non amélioré.Les résultats rapportent une diminution très importante des complications: naissances prématurées, mortalités avant terme ou mortalités des nouveau-nés.G.de contrôle G.à l\u2019étude Toxémie 16.0 % 4.0 % Hypertension 14.0 % 40 % Œdème 58.93% 12.93% Pré-éclampsie 7.86% 0 % Eclampsie 0.66% 0 % Mortalité maternelle 0 % 0 % Mortalité infantile 5.46% 04 % Mort-nés 2.66% 0 % Morts après naissance 2.66% 0 % Prématuration 4.93% 0 % 435 Et voici un autre tableau résumant les études des docteurs J.H.Ebbs, F.F.Tisdall et W.A.Scott.COMPLICATIONS DURANT LA GROSSESSE Régime Régime courant sans spécial Complication contrôle contrôlé Anémie 28.6% 16.1% Toxémie 7.6% 3.4% Menace d\u2019avortement 8.4% 1.1% Avortement 6.0% 0% Mort-nés\u2019 3.4% 0% Endométrites 9.0% 3.4% Mastites 4.5% 2.5% Abcès du sein 3.0% 1.1% Accouchem.prématuré 8.0% 22% Il est donc à remarquer ici que le nombre de complications est toujours au moins le double avec une diète courante sans contrôle qu\u2019avec une diète spéciale contrôlée.Il en sera de même chez le bébé.PRINCIPALES MALADIES DES BÉBÉS DURANT LES SIX PREMIERS MOIS EN RAPPORT AVEC LE RÉGIME DE LA MÈRE DURANT SA GROSSESSE Régime Régime courant non spécial contrôlé contrôlé Rhumes 21.0% 4.7% Bronchites 4.2% 1.5% Pneumonie 5.5% 1.5% Rachitisme 5.5% 0% Tétanie 4.2% 0% Dystrophies 7.0% 1.5% Anémies 25.0% 9.4% Mortalités 3% 0% La condition générale des bébés dans le groupe de ce régime spécial contrôlé est de beaucoup meilleure.Dans une large proportion nous pouvons dire que le régime de la mère influe d\u2019une män:ère très importante sur la vie future du bébé.De tout cela, il reste donc une conclusion, c\u2019est que de ce côté le champ de travail est immense et que le résultat sera certainement à la faveur des parturientes. MÉDECINE PRATIQUE o @ a ÉRYTHÈMES NOUEUX ! (Discussions étiologiques) L\u2019érythème noueux a suscité une discussion fort intéressante à la Réunion Dermatologi- que de Strasbourg (en 1938) entre les pédiatres d\u2019une part, les dermatologistes d\u2019autre part.I.HISTOPATHOLOGIE.Du point de vue histopathologique, la structure de l\u2019érythème noueux est univoque.Elle a une constance remarquable quelles que soient les conditions étiologiques que l\u2019on invoque à l\u2019origine de l\u2019affection.Il y a une lésion unique inflammatoire, œdémateuse, parfois hémorragique, toujours identique à elle- même, qui se présente comme le prototype d\u2019une réaction de sensibilisation et qui s\u2019apparente nettement aux lésions de l\u2019intradermo- réaction.II.ORIGINE TUBERCULEUSE.Du point de vue étiologique la conception des pédiatres diffère sensiblement de celle des dermatologistes.A l\u2019appui d\u2019arguments cliniques, biologiques, radiologiques, anatomiques et bactériologiques, les pédiatres ont montré que l\u2019érythème noueux de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent était une manifestation tuberculeuse et que, comme la kérato-conjonctive phlycténulaire, il faisait partie des signes de primo-infection.Est-ce un témoin de l\u2019éveil de l\u2019allergie tuberculinique ou est-ce une lésion due au bacille de Koch?C\u2019est une question encore discutée et envisagée différemment suivant les auteurs.Les dermatologistes observant l\u2019affection chez l\u2019adulte ont constaté que bien souvent l\u2019érythème noueux survenait au cours de diverses infections.1.L\u2019Année Médicale Pratique, 1939.L\u2019érythème noueux a été constaté dans la syphilis, la maladie de Nicolas Favre, la lèpre, les trichophyties allergisantes, le chancre mou, l\u2019ulcère aigu de la vulve, pour ne retenir que les affections dermato-vénéréologiques.III.FACTEURS ÉTIOLOGIQUES DIVERS.1° Au cours de la syphilis, l\u2019érythème noueux apparaît dans la règle à la période secondaire.En général, l\u2019éruption spécifique débute et se complique bientôt des nouures de l\u2019érythème, ou celui-ci apparaît au déclin des manifestations secondaires.Presque toujours il s\u2019agit d\u2019une syphilis floride, capable par conséquent de déclencher un état allergique franc.Histologiquement, les lésions ne sont ni syphiloïdes ni tuberculoïdes, et ne traduisent qu\u2019une inflammation aiguë avec polynucléaires abondants.La présence du tréponème n\u2019a été constatée qu\u2019une seule fois et l\u2019on peut penser que cette constatation accidentelle n\u2019a aucune valeur décisive, la période secondaire représentant une véritable septicémie et le tréponème se trouvant à cette période dans la circulation générale.Au total, la preuve de la nature syphilitique de l\u2019érythème noueux ne peut être retenue étant donné l\u2019absence d\u2019arguments histologiques et bactériologiques.L\u2019érythéme noueux garde son allure de lésion allergique dans un organisme qui vient d\u2019étre sensibilisé.Au cours de la maladie de Nicolas-Favre, l\u2019érythème noueux est assez fréquent.Il apparaît en pleine phase aiguë de la maladie, 2 à 8 semaines après l\u2019apparition des premiers symptômes.Il survient à une phase d\u2019allergie cutanée très marquée dont le témoin est donné par l\u2019intensité de la réaction de Frei.L\u2019intradermo-réaction pratiquée au voisinage de l\u2019éruption reproduit la morphologie de l\u2019érup- MÉDECINE tion noueuse spontanée, alors que pratiquée à distance elle se traduit par une réaction positive un peu forte.L\u2019érythéme noueux n\u2019ap- parait donc au cours de la maladie de Nicolas- Favre que chez des malades fortement allergiques.2° Au cours de la lèpre, l\u2019_érythème noueux est loin d\u2019avoir fait ses preuves et la question doit rester à l\u2019étude.3° Au cours des trichophyties allergisantes.On sait que Jadassohn et Bruno Bloch ont mis en évidence un état allergique au cours de certaines trichophyties profondes, suppurées.Cet état apparaît vers la deuxième ou troisième semaine chez les sujets atteints de kérion de Celse ou de gros nodules trichophytiques suppurés, et se manifeste par des intradermo- réactions positives à la trichophytine.Cette hypersensibilisation se traduit, d\u2019autre part, cliniquement, par l\u2019apparition d\u2019éruptions secondes se produisant à distance du foyer initial qui sont les trichophytides.Elles sont le plus souvent péripilaires.Parfois aussi elles affectent l\u2019allure d\u2019un érythème scarlatinifor- me, d\u2019un érythème polymorphe, d\u2019un érythème noueux.Ces différents types peuvent se combiner entre eux ou exister isolément chez un même sujet.Dans les formes noueuses, histologiquement, on retrouve toujours les mêmes lésions de type inflammatoire avec nombreux polynucléaires.Il est démontré, d\u2019autre part, que les tri- chophytides sont toujours stériles.L\u2019érythème noueux trichophytique se présente donc avec tous les caractères d\u2019une réaction allergique chez un organisme hypersen- sibilisé, et déclenché par une sensibilisation spécifique à la trichophytine.4° Au cours du chancre mou, M.Boidin a rapporté l\u2019observation de 5 cas d\u2019érythème noueux chez 15 malades entrés dans son service pour chancre mou.5° Au cours de l\u2019ulcère aigu de la vulve, plusieurs observations d\u2019érythème noueux ont été rapportées et on a pu, dans un cas, mettre en évidence le bacillus crassus dans une nodosité excisée.PRATIQUE 437 IV.DISCUSSION ÉTIOLOGIQUE ET PATHOGÉ- NIQUE.So On connaît, par ailleurs, l\u2019existence d\u2019érythème noueux au cours d\u2019infections streptococciques, du rhumatisme articulaire aigu, après injections d\u2019antigènes ou de vaccins (Dmelcos, anatoxine, vaccin T.A.B., vaccin antidiphtérique).Faut-il admettre que chacune de ces infections n\u2019a agi qu\u2019en réveillant une tuberculose antérieure, en faisant varier l\u2019allergie tuberculeuse pré-existante et qu\u2019il ne s\u2019agisse en somme que d\u2019érythème noueux tuberculeux?Faut-il considérer ces cas comme des manifestations autonomes de chacune des infections au cours desquelles elles se sont produites.L\u2019histologie uniforme de la lésion de l\u2019érythème noueux permet de rejeter l\u2019une ou l\u2019autre de ces hypothèses, car, pour se conformer au schéma anatomo-pathologique de l\u2019infection intercurrente, elle cesserait d\u2019être celle de l\u2019érythème noueux: elle deviendrait celle de la tuberculose, de la syphilis, de la maladie de Nicholas-Favre; elle se stabiliserait et cesserait d\u2019être cette réaction purement inflam- Matoire spontanément résolutive en quelques jours.L'image histologique de l\u2019érythème noueux est celle d\u2019une réaction allergique qui trouve un terme de comparaison dans l\u2019image histologique des intradermo-réactions à certains antigènes.Devant la carence clinique et histologique, la bactériologie peut-elle décider?Elle représente un facteur des plus importants et ce sont les hémocultures, l\u2019inoculation de sang au cobaye, les intradermo-réactions qui paraissent appelées à jouer le rôle principal.L\u2019ensemble des preuves apportées par les pédiatres est convaincant.Il ne fait plus de doute que l\u2019érythème noueux de l\u2019enfant ne soit de nature tuberculeuse.Chez l\u2019adulte, un certain nombre de cas reconnaissent également une origine tuüberculeuse, qu\u2019il s\u2019agisse de primo- infection tardive ou de réinfection.Mais il est difficile d\u2019expliquer tous les cas par l\u2019allergie tuberculeuse et il paraît certain que d\u2019autres étiologies, liées aux principales infections passées en revue, soient en cause.P.FERNET et J.PELLERAT. \u201cL'Union Médicale Note sur un cas de présentation du tronc avec contractions spasmodiques rendant la version impossible.Embryotomie Par le Dr J.Lré, St-Ambroise de Kildare.Avril 1874.Le 15 janvier 1868, je fus appelé vers 11 heures du soir pour accoucher la dame de M.R.Borde- leau, de St-Ambroise de Kildare.Cette femme souffrait depuis environ deux mois de douleurs presque continuelles, qui l\u2019avaient empêchée de dormir pendant tout ce temps; son appétit s\u2019était d\u2019ailleurs assez bien conservé.Elle était à son second accouchement; le premier s\u2019était effectué assez heureusement.A l\u2019examen, je trouvai le col à moitié entr\u2019ouvert, mou et dilatable; les eaux faisaient saillie; en même temps, je constatai une présentation de l\u2019épaule droite antérieure.Les dimensions du bassin étaient de bonne proportion; les douleurs étaient régulières, mais faibles.J'attendis deux heures; après quoi le col étant dilaté suffisamment, je rompis la poche des eaux, tout en introduisant la main droite afin d\u2019opérer la version.J\u2019appuyai la main sur la tête, pour voir s'il n\u2019y aurait pas moyen de l\u2019amener au détroit supérieur; m\u2019apercevant qu'elle présentait de la résistance, j'allai sans retard à la recherche des pieds.Alors je rencontrai un obstacle d\u2019une autre nature: la matrice fortement contractée ne me permettait pas les mouvements de la main.Croyant avoir affaire à une tranchée, je restai dans la même position et j'attendis quelques minutes.Comme la contraction continuait et que les souffrances de la femme étaient presque nulles, je résolus d\u2019essayer l\u2019introduction forcée de la main: mais il me fut impossible d\u2019aller plus loin.J\u2019administrai une bonne dose d\u2019opium et laissai la femme se reposer à peu près une heure.Un nouvel effort fut suivi d\u2019un nouvel insuccès et, en me retirant, je ~descendis un bras.Alors je demandai assistance d\u2019un confrère.On alla chercher le docteur Desmarais, de Ste-Mé- lanie.Pendant ce temps-là je baptisai l\u2019enfant, mais je ne voulus faire aucune nouvelle tentative.Desmarais arriva vers trois heures du matin.Je lui exposai la présentation de l\u2019enfant et l'impossibilité où je m\u2019étais trouvé de faire la version.Il rassura la femme, pensant sans doute que comme j'étais jeune en pratique, je m\u2019étais découragé trop vite; mais ses idées changèrent bientôt.TI trouva l\u2019enfant dans la même position que je lui avais dit, c\u2019était bien l\u2019épaule droite qui se présentait: poussant plus loin ses investigations, il ne put s\u2019empêcher de dire, que c\u2019était un cas extraordinaire, que l\u2019enfant n\u2019avait pas de\u2026 tête.Le docteur Jugez de mon étonnement.Quoi, pensais-je, serait- il possible que je me sois trompé si grossièrement, du Canada\u201d en 1874 qu\u2019est-ce donc ce sur quoi j'ai appuyé la main?Je ne dis rien, mais j'attendis que mon tour vint, persuadé qu\u2019il ne terminerait pas l\u2019accouchement du premier coup.Malgré la malformation du fœtus, le docteur Desmarais n\u2019essaya pas moins, lui aussi, d\u2019aller à la recherche des pieds.Il rencontra le même obstacle que moi et, après une demi-heure à peu près d\u2019efforts infructueux, il laissa reposer la femme.C\u2019était mon tour; je me promettais bien de trouver la tête; mais, de même que mon confrère, lorsque Jarrivai à l\u2019insertion du cou, je le trouvai comme collé ou plutôt implanté sur la matrice.J\u2019eus beau contourner ce pédicule, je ne trouvai aucune ouverture, aucun bourrelet même.À cet endroit les mouvements de la main étaient assez libres.Pendant ce temps, ma main gauche, appuyée sur l\u2019abdomen, cherchait en vain cette tête que je me croyais si sûr d\u2019avoir touchée.Je ne savais que penser! c\u2019était pourtant bien la tête que j'avais sentie, et non une bosselure de l\u2019utérus.J\u2019essayai encore inutilement à faire la version.Les contractions étaient si fortes que, du moment qu\u2019on touchait au corps du fœtus, en moins d\u2019une minute, les doigts étaient pris de crampes.Nous administrâmes les opiacés, et nous fîmes tenir la femme sur un vase d\u2019eau chaude, et lui fimes prendre des bains de siège.N\u2019obtenant rien, et quoique la femme ne fût pas très forte, nous employâmes la saignée, sans cependant pouvoir obtenir la syncope.La saignée parut relâcher un peu ce spasme de l\u2019utérus et je pus faire parvenir ma main jusqu\u2019à la hauteur des genoux, où je sentis la masse placentaire, et me convainquis que l\u2019enfant était droit, les pieds à l\u2019ombilic.Il était près de midi; l\u2019enfant était mort depuis plusieurs heures: voyant l\u2019inutilité de nos efforts, nous résolûmes d\u2019opérer la section de ce prétendu pédicule.Ce n\u2019était pas une petite affaire: la hauteur où se trouvait l\u2019implantation, environ au tiers inférieur de l\u2019utérug; le peu d\u2019instruments à notre disposition et, dans tous les cas, la presque impossibilité de s\u2019en servir; le danger de déchirer l\u2019utérus, c\u2019était tout autant de difficultés, sans compter que nous commencions à être épuisés tous deux par nos tentatives antérieures.Cependant nous ncus mîmes résolument à l\u2019œuvre.Le bras descendu, gênant nos manœuvres, et ne pouvant le faire remonter, on en fit la section et, après une heure de peines et de fatigues incroyables (nous ne pouvions employer, pour ainsi dire, que les doigts) nous avions enfin le bonheur de voir le pédicule complètement détaché.Des tractions furent faites sur le corps; mais la résistance se faisait encore sentir: alors nous enlevâmes les viscères thoraciques, et après cela le reste du corps fut retiré sans trop de difficulté.Je dis à mon confrère d\u2019aller chercher le placenta tout de suite, de crainte d\u2019une nouvelle ré- « UNION MEDICALE DU CANADA» EN 1874 439 traction de l\u2019utérus.Au lieu du placenta, il sortit une tête monstrueuse, de la grosseur de celle d\u2019un enfant d\u2019un an.Ayant de nouveau porté la main dans la matrice, il en retira facilement le placenta.La tête se trouvait renfermée dans un espèce de sac, dont les bords étaient resserrés de telle sorte sur le cou que celui-ci paraissait collé sur la muqueuse; la sortie du corps ayant fait cesser la contraction, la tête était tombée dans la cavité de l\u2019utérus.Pendant tout ce temps la femme n\u2019avait éprouvé de fortes douleurs que lorsqu\u2019on essayait à faire la version.Nous la mîmes dans son lit pas aussi faible qu\u2019on aurait pu se l\u2019imaginer, et lui pres- crivimes une diète rigoureuse.Elle releva assez promptement, n\u2019ayant eu pour toute incommodité qu\u2019une incontinence d\u2019urine qui dura quelques jours.L\u2019inflammation des parties externes se dissipa bientôt et, au bout de deux ou trois semaines, elle put commencer à vaquer à son ménage.Elle n\u2019a pas eu d\u2019enfant depuis.Le docteur Desmarais a déclaré que depuis vingt et un ans qu\u2019il pratiquait, il n'avait pas encore rencontré un cas semblable; et je désire pour ma part de n\u2019en plus jamais rencontrer.Je m\u2019étais déjà trouvé dans des cas de contractions spasmodiques de l\u2019utérus sur le placenta; je me rappelle d\u2019un, surtout, dans lequel l\u2019utérus, après avoir expulsé l\u2019enfant vers sept heures du matin, se referma fortement sur le placenta.Je donnai l\u2019opium et attendis quelques heures; mais le spasme continuant toujours et l\u2019hémorragie paraissant mettre les jours de la femme en danger, je résolus de forcer l\u2019obstacle; je n\u2019y parvins qu\u2019aprés trois quarts d\u2019heure d\u2019efforts continuels.Ma main étant enfin pénétrée dans l\u2019uté- rug, jallai & la recherche du placenta, mals une seconde barrière, formée par la contraction du corps de l\u2019utérus, m'\u2019arrêta encore une demi-heure; une petite portion du délivre pendant dans l\u2019ouverture.Enfin je pus retirer le placenta qui n\u2019adhérait plus à la muqueuse et la femme releva bien.Mais, je puis assurer que ce n\u2019était rien auprès du cas que je viens de rapporter.Note sur un cas d'ileus Par le Dr J.-G.Lussier, de Montréal.François-Xavier Bouteiller, âgé d\u2019environ trente ans, d\u2019une forte constitution, employé dans la Police, est sujet depuis deux ans à des dérangements d\u2019intestins qui se manifestent par la diarrhée pendant un ou deux jours et qui reviennent assez souvent.Le dix- sept janvier dernier, il eut une de ces attaques qui dura deux jours.Le 18, il se sentit mal à l\u2019aise, un embarras dans l'estomac avec envie de vomir et d\u2019aller à la selle sans résultat.Je vis le malade le soir du même jour; je constatal ces symptômes, beaucoup de lenteur dans le pouls et une douleur fixe à la région de l\u2019ombilic.J\u2019ordonnai ipec.gr.xxx dans un verre d\u2019eau, à prendre une cuillerée toutes les dix minutes.Les vomissements commencèrent vers la sixième dose.19.Les vomissements continuèrent encore à des intervalles assez rapprochés; des matières bilieuses furent vomies en abondance.J\u2019ordonnai des sinapismes sur l\u2019estomac, les vomissements cessèrent, mais les intestins, contre mon attente, ne passèrent rien ce jour-là.20.Le patient a vomi deux fois; les autres symptômes sont les mêmes, j\u2019ordonnai une dose d\u2019huile de ricin.21.De bonne heure le matin, on vient me chercher pour mon malade, qui n\u2019avait pas encore été à la selle et qui souffrait encore de ses douleurs à l\u2019'ombilie; j'amenai avec moi le docteur Meunier en lui disant que je croyais avoir affaire à un cas d\u2019obstruction intestinale ou Ileus; mon confrère examina le malade et fut d\u2019accord avec moi sur le diagnostic ; outre les symptômes plus haut cités, la contenance du malade était inquiète.J\u2019ordonnai de suite des injections de savonnage avec de l'huile de ricin, et cataplasmes chauds sur l\u2019abdomen.Les injections furent administrées sans résultat.Vers midi, j'eus une consultation avec le docteur Rottot, qui me conseilla des moyens plus énergiques.Jappliquai sur l\u2019abdomen des compresses de chloroforme avec inhalation de cette substance pour amener le relâchement des intestins, en même temps, j'injectai un fort savonnage contenant 32 oz de térébenthine, le tout sans résultat.J\u2019ordonnai alors huile de ricin % oz, huile de croton 3 gouttes, à prendre deux fois par jour, en même temps bains chauds.22.Le malade est dans le même état, n\u2019a rien passé, a vomi une fois.Pouls lent, un peu de cépha- lagie, même douleur fixe à l\u2019ombilie.Les injections sont continuées ainsi que l\u2019huile de croton.23.Aucun changement dans les symptômes.24.Le malade a vomi; il se sent faible et présente les mêmes symptômes que la veille.25.Même état, le malade est plus faible et demande à manger; je lui permets de manger de la soupe à la place du bouillon, seul permis depuis le commencement de la maladie.26.Le malade présente à peu près le même état avec douleur plus grande à la région de l\u2019ombilic.Je permets encore ce jour-là de manger de la soupe en lui conseillant de se mettre dans les bains dans le cas où les douleurs de l\u2019ombilie augmenteraient avec sentiment de pression.97.Je trouvai le malade tellement joyeux que je le crus dans le délire, mais la soupe avait forcé le passage et le malade se savait sauvé et guéri.C\u2019était le secret de sa gaieté.ak a ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd-psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE F.J.HOGG.\u2014 Rapport de la dégénérescence de la thyroide avec le vieillissement prématuré.\u2018The Can.Med.Ass.Journal\u2019, 47: 56 (juillet) 1942.Il n\u2019est pas nouveau de constater que la vieillesse prématurée est souvent associée à une dégénérescence de la glande thyroïde.D\u2019autre part, les lésions pathologiques sont des kystes plutôt que des adénomes et Hertzler a démontré, par ses explications histo-pathologiques, que les relations entre la vieillesse prématurée et la dégénérescence de la glande thyroïde sont tellement vraies qu\u2019il a pu établir cet aphorisme « l\u2019homme a l\u2019âge de sa thyroïde ».L\u2019auteur a pratiqué une série d\u2019expériences pour prouver cette assertion.Il recueille, pendant l\u2019opération, du liquide des kystes thyroïdiens (l\u2019on sait que les kystes sont toujours de nature dégénérative), qu\u2019il injecte dans le péritoine de souris.Il abat les souris 6 semaines après l\u2019injection.Première expérience.1.\u2014 Trois souris reçurent 0.6 c.c.de liquide cystique pur.Les 3 sont mortes dans les 6 heures de toxémie et de péritonite généralisée.2.\u2014 Une souris recut des injections progressivement croissantes de 0.1 cc.& 1.0 c.c.sur une période de 40 jours.La grossesse, qui existait au début des injections, s\u2019est continuée normalement.La souris est morte au 40e jour d\u2019un épuisement progressif; on remarque des signes évidents de toxémie généralisée et de vieillissement (perte des cheveux et fonte du thymus).3.\u2014 On a injecté du liquide cystique dilué dans du sérum physiologique et les 2 souris sont mortes au bout de 22 et 15 jours de toxémie générale avec fonte du thymus.4.\u2014 Quatre animaux témoins se sont bien portés.5.\u2014 On a injecté à 3 souris des extraits totaux de glande thyroïde normale et les sujets se sont très bien portés; l\u2019autopsie n\u2019a révélé aucun trouble glandulaire.+ + Deuxième expérience.Cette expérience recherche les modifications apportées par les régimes.1.\u2014 Deux souris témoins, après avoir maigri sous l\u2019influence d\u2019une hypoalimentation, ont vite repris leur poids initial avec un régime complet.L\u2019autopsie n\u2019a révélé aucune modification histologique de la thyroïde ni du thymus.2.\u2014 Quatre souris reçurent pendant 56 jours des injections de 0.5 c.c.d\u2019une solution de 03% d\u2019hormone thyroïdienne normale.Leur comportement fut normal.Sous l\u2019influence d\u2019une hypoalimentation, elles ont maigri, mais elles ont vite repris leur poids quand on les a mises au régime normal.L'autopsie n\u2019a montré aucune modification organique.3.\u2014 Trois souris reçurent des injections intra- péritonéales de liquide cystique (0.5 c.c.) pendant 41 jours, on suspend temporairement les injections, et, 5 jours plus tard, lorsque l'on veut les reprendre, une seule dose suffit à tuer en 4 heures les 3 souris d\u2019une crise anaphylactique qui en impose pour une «tempête thyroidienne».L\u2019autopsie a montré: a) une forte distention abdominale, b) de l\u2019œdème du foie, du cœur et du rein, c) une glande thyroïde normale et d) l\u2019involution du thymus.Troisième expérience.Ici, on a essayé des injections de liquide de kyste de l\u2019ovaire.Il n\u2019y eut aucune lésion organique apparente à l\u2019autopsie.Il en fut ainsi pour le liquide de goitre toxique non kystique avec dégénérescence du thymus.Résumé.1.\u2014 Les liquides extraits des kystes d\u2019une glande thyroïde dégénérée sont extrêmement toxiques à doses massives.À petites doses répétées les souris s\u2019y habituent et peuvent facilement les supporter.Mais l\u2019animal devient sensibilisé et, après une période de repos, la moindre dose devient rapidement mortelle.(Réaction anaphylactique).2.\u2014 Toutes les injections de liquide de kyste de thyroïde dégénérée ont produit une atrophie du thymus, ce qui, chez la souris, est un signe de vieillesse.3.\u2014 Le même produit a causé une chute des poils et un vieillissement de la fourrure.4.\u2014 Les souris ainsi traitées ont toutes perdu leur activité sexuelle.Pierre JOBIN. ANALYSES Leslie COPE.\u2014 Les effets de l'inspiration de pétrole.\u201cLancet\u201d, 1: 469 (18 avril) 1942.L\u2019inspiration de pétrole dans les bronches est une éventualité habituellement rare, mais les restrictions de l\u2019essence qui ont multiplié les siphonnages d\u2019un contenant dans un autre, nous exposent à en rencontrer des cas beaucoup plus fréquemment.Un accident semblable est survenu à Winchester dernièrement.Le malade guérit.Histoire du cas.Un jeune de 28 ans, chauffeur de camion, voulut établir un siphonnage pour enlever l\u2019essence du réservoir d\u2019un tracteur.Il utilisait un tube de 1% de diamètre.Un moment donné il eut le goût de pétrole dans la bouche et eut l'impression qu\u2019il en était passé dans la trachée.Il se mit à tousser.Il devint rapidement dyspnéique et se rappelle avoir demandé à un de ses compagnons de lui taper dans le dos.Il perdit connaissance avec l'impression qu\u2019il étouffait et devint rapidement cyanosé.Quelques minutes plus tard il revint à lui.Il avait la tête vide, il ressentait une grande faiblesse, mais il pouvait respirer; à l'inspiration profonde 1l ressentait une douleur dans le côté droit du thorax.Un émétique le fit vomir.Un peu plus tard il put se lever et marcher 50 pieds.Les émétiques furent répétés.Les gaz stomacaux et les vomissements avaient goût de pétrole.La douleur thoracique augmentait exagérée par une toux rebelle.Les expectorations goûtaient le pétrole et prirent une couleur brun foncé.\u2019 Au 3e jour il fut envoyé à l\u2019hôpital de Radcliffe.Il faisait 100°8 de température.Il développa tous les signes d\u2019un épanchement pleural droit, confirmé par la radiographie et la ponction exploratrice.Le liquide pleural ne présentait aucune particularité; pas d\u2019odeur de pétrole, quelque cellules blanches, cultures négatives.Une radiographie faite après évacuation montrait quelques images de condensation des parenchymes pulmonaires localisés à la base droite.Au 10e jour la température était normale; une semaine plus tard, le liquide était résorbé, les signes de condensation presque disparus.Et à la 3e semaine il reprenait son travail sans autre malaise qu\u2019une expansion thoracique encore réduite.Discussion.L\u2019ingestion de pétrole ou de «kerosene» peut occasionnellement donner des signes pulmonaires: Quelques gouttes peuvent pénétrer accidentellement dans les voies respiratoires.Les signes habituels de 441 l\u2019ingestion de pétrole sont: collapsus, perte de connaissance, et phénomènes digestifs.Les effets de l\u2019aspiration du pétrole se groupent sous 3 chefs.Effets immédiats.Si la quantité est assez abondante le malade s\u2019asphyxie et meurt.Si la quantité avalée est assez importante, le malade ressent une brûlure tout le long de l\u2019oœsophage et à l\u2019estomac.Il a mal au cœur, vomit, et peut avoir de la diarrhée.Il tombe dans un collapsus, avec cyanose qui peut être fatal.I] n\u2019y a pas proportion directe entre la quantité avalée et l\u2019intensité des symptômes, cependant.Effets généraux.Ils sont dus au passage du pétrole dans le courant sanguin.Ce sont les mêmes effets constatés chez les intoxiqués par les vapeurs de pétrole des garages.Ils deviennent d\u2019abord surexcités, puis étourdis, ont des bourdonnements d\u2019oreilles.Ils deviennent cyanosés et perdent connaissance.20 à 40 grammes de pétrole sous forme de vapeur sont suffisants pour produire en 10 minutes une perte de connaissance de 2 à 8 minutes.Quand il revient à lui, le malade est encore étourdi, a mal au cœur et à la tête pour quelque temps.Le pétrole du sang est éliminé par les voies respiratoires et crée en passant un syndrome de bronchite et des râles crépitants ici et là.Effets tardifs.Ce sont des signes respiratoires.Nunn et Martin qui ont vu plusieurs cas d\u2019intoxication par le pétrole chez des enfants ont trouvé des signes d\u2019inflammation aiguë, dans les poumons (pneumonitis) des enfants morts.Ceux qui ont guéri ont vu leurs signes pulmonaires disparaître entre 48 et 72 heures.L\u2019injection de «kerosene» dans la trachée d\u2019un chien a provoqué la mort de l\u2019animal en quelques heures avec œdème des poumons et pneumonie hémorragique.Nous avons trouvé dans la littérature trois cas d\u2019épanchements pleuraux survenus à la suite d\u2019inspiration de pétrole.En 1922, St-Leger en rapporte un cas.L\u2019épanchement pleural s\u2019est résorbé en 14 jours.Schneider en 1933, cite le cas d\u2019un jeune homme de 17 ans, qui aspire du pétrole et développe un épanchement pleural qui se résorbe en un mois.Johnstone en 1938 en rapporte un autre cas.L\u2019épanchement pleural s\u2019est résorbé en 8 jours.L\u2019aspiration de pétrole ne provoque pas toujours cependant un épanchement pleural. 442 Bettley rapporte le cas d\u2019un enfant de 8 ans qui a présenté des signes pulmonaires pendant 2 mois, et qui a gardé un goût de pétrole dans la bouche pendant 4 semaines.Il y a bien peu de cas rapportés; un grand nombre ne le sont sûrement pas.Il résulte de tout ceci que l\u2019aspiration de pétrole quand elle n\u2019est pas fatale, provoque le développement d\u2019une pneumonie ou d\u2019un épanchement pleural.Comme dans tous les autres cas de corps étranger des bronches le côté droit est le plus souvent intéressé.La pneumonie se résorbe en quelques semaines, l\u2019épanchement en moins de 4 semaines.Il ne semble pas qu\u2019il ait jamais été rapporté d\u2019invalidité permanente à la suite de ces accidents mais il est possible que des phénomènes de fibrose pulmonaires ou de bronchiectasies puissent se produire, bien qu\u2019il n\u2019en est pas eu de rapportés.Traitement.Lavages d\u2019estomac plutôt que vomitifs.Les vomissements peuvent favoriser une nouvelle aspiration de liquides toxiques.Oxygène dans les cas de cyvanose grave.La sulphapyridine s\u2019est révélée sans effet sur les lésions pulmonaires, mais elle peut prévenir des infections secondaires.Des exercices respiratoires doivent être pratiquées le plus tôt possible pour favoriser l\u2019expansion thoracique.La ponction pleurale évacuatrice n\u2019est pas nécessaire mais la ponction exploratrice est indiquée.Sylvio LeBLOND.PHTISIOLOGIE W.D.TESOKSBURRY et E.R.FENTON.\u2014 Le traitement de l'abcès pulmonaire aigu.\u201cDiseases of the Chest\", 8: 327 (novembre: 1942.Quand en 1917 on commença l'emploi du pneumothorax artificiel, ce fut de l\u2019enthousiasme.Mais, par la suite, lorsque tout le monde se mit à l'employer, très souvent inconsidérément, ce fut le désenchantement, à tel point qu\u2019aujourd\u2019hui on rencontre très peu d\u2019adeptes de cette méthode.Il est sans doute intéressant de savoir que nos auteurs ont traité 45 cas d\u2019abcès pulmonaires aigus depuis 1916.Trente-cing, soit 75 pour cent ont guéri, tandis que quatre sont morts, soit 9 pour cent.Le manque de succès chez d\u2019autres opérateurs, et ils sont très nombreux, s\u2019explique surtout par le fait qu\u2019ils ont injecté trop d\u2019air et trop fréquemment.Aussi on a employé le pneumothorax à toutes les sauces, par exemple pour des cas d\u2019abcès pulmonaire clinique avant dépassé deux mois.Dans ces circonstances les L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 insuccès ne devraient surprendre personne.Donc un collapsus trop fort est nuisible au drainage, parce que les bronches ainsi comprimées peuvent, par obstruction, produire une atélectasie; alor: on peut voir s\u2019ouvrir dans la plèvre l\u2019abcès: c\u2019est alors un pyopneumothorax.Les doses d\u2019air à injecter doivent varier entre soixante-quinze et trois cents c.c.Il n\u2019y a pas de doute, d\u2019après les auteurs, que c\u2019est à cause de ces erreurs que la méthode souffre de discrédit dans bien des milieux et, il leur paraît certain.que le PNO a une place bien définie dans le traitement des abcès pulmonaires aigus.Paul-René ARCHAMBAULT.M.WASSERFALLEN.\u2014 Remarque sur le traitement des fistules tuberculeuses sur- infectées.\u2018Journal Suisse de Médecine\u201d.71: 159 (7 février) 1941.On sait toute les difficultés auxquelles se heurte le traitement des fistules tuberculeuses surinfectées: soins particuliers et prolongés qu\u2019exigent le pansement des plaies, le drainage des trajets, souvent pendant des semaines et même des mois.Les moyens qu\u2019offre la thérapeutique classique pour combattre cette affection sont souvent décevants.L'auteur a employé toutes les préparations sulfamidées mises à la disposition du praticien ces dernières années, Mais les résultats ont été inconstants et les inconvénients accessoires fréquents.Actuellement le docteur Was- serfallen utilise régulièrement et uniquement le sul- fanilamidothiazole.Sa tolérance gastrique est remarquable; parmi les nombreux cas traités un seul a montré de l\u2019intolérance.Même dans les cures prolongées et abondantes, des troubles sanguins ou d\u2019al- buminerie n\u2019ont pas été observés.La posologie comporte 6 comprimés par jour (3 x 2) pendant 4 jours, puis arrêt de 10 jours et reprise de la cure s\u2019il y a lieu.Il ne faut pas perdre de vue qu\u2019il s\u2019agit ici de cas essentiellement chroniques et qu\u2019il ne peut être question de traitements rapides.Même dans les cas de tuberculose rénale associée ou d\u2019amyloïdose légère, le médicament n\u2019a provoqué aucune augmentation de l\u2019albuminerie.L'auteur a traité plus de 30 cas.Il s\u2019exprime comme suit: «Si le produit n\u2019a pas amené très souvent une cicatrisation complète des fistules, à cause de la variété de la flore d\u2019infection, il a provoqué une amélioration sensible: baisse de la température, reprise de l\u2019état général, diminution de la sécrétion et modification de ses caractères.Nous sommes bien persuadés, et nous l\u2019avons expérimenté, qu\u2019un traitement local attentif associé à la chimiothérapie générale amène presque toujours l\u2019assèchement de ces suppurations interminables, et nous sommes maintenant armés pour soulager ces malades d\u2019une ANALYSES façon durable.» L'auteur rapporte un cas de guérison des plus démonstratifs.Il s\u2019agit d\u2019une malade de 27 ans, atteinte depuis 15 ans de spondylite dorso- lombaire D.9 à L.3.Etat général misérable.15 fistules du dos, des fesses, des plis de l\u2019aine et des cuisses coulent abondamment.Signes d\u2019amyloidose certains.La thérapeutique habituelle n\u2019amène qu\u2019une amélioration minime de l\u2019état général et la fermeture de deux fistules.Le traitement d\u2019essai par le sulfanilamidothiazole est institué à la fin juin 1940, soit un comprimé par jour à cause de l\u2019intoxication générale: la température tombe au-dessous de 37 au 2e jour.Au 3e jour, la sécrétion devient blanchâtre, visqueuse, très peu abondante.Au 10e jour elle est nulle.La malade qui n\u2019a été en aucune façon incommodée, cesse le traitement.Depuis la fin de juillet toutes les fistules sont fermées et le sont restées.Les cicatrices sont actuellement souples et indolores.Le poids augmente régulièrement de 1 à 2 kgs.par mois.La malade se lève, marche, se promène, se sent bien, guérie.\u2018Tous les cas traités par l\u2019auteur ne sont évidemment pas aussi étonnants.Il est souvent indispensable -d\u2019associer les deux médications, locale et générale.Il conclut que le sulfanilamidothiazole lui a paru être le plus actif et le mieux toléré des produits sulfa- midés.Roma AMYOT.GYNECOLOGIE \u2018Frederick H.FALLS, Edward C.BERNELL et Disraeli KOBACK.\u2014 Traitement conservateur de l'inflammation pelvienne par le \u201cNewman Thermo-Flo\u201d.\u201cAm.J.Obst.& Gynec.\u201d, 44: 240 (février) 1942., Dans un service de gynécologie, le nombre des infections pelviennes est toujours grand.Ces infec- \u201ctions sont souvent l\u2019épine qui entretient des douleurs dorsales, -des leucorrhées abondantes et tenaces quand ce n\u2019est des menstrues douloureuses, irrégulières pas un syndrome neurasthénique.Quelque soit le traitement employé, c\u2019est toujours le traitement conservateur qui mérite le plus d\u2019attention, en raison de ses heureux résultats et des dangers d\u2019insuccès que comporte l\u2019ablation chirurgicale.Depuis Hippocrate qui propose des douches vaginales chaudes, la chaleur a toujours été \u2018un des :moyens de traitement de ces sortes d\u2019infection.443 En 1939, Newman présente son « Thermo-Flo».Depuis, Falls, Newman, Koback et Green Hill ont publié des travaux sur ces heureux résultats dans le traitement des infections génitales.Description de l\u2019appareil.L'appareil est constitué par une boîte fermée qui peut facilement être transportée au lit de la malade, où les traitements sont donnés.Des filaments et un thermostat servent à maintenir l\u2019air chaud parfois jusqu\u2019à 132° F., pendant qu\u2019un éventail active la circulation dans les tubes qui vont et viennent d\u2019un sac bicorné qu\u2019on introduit dans le cul-de-sac postérieur du vagin.\u2018Ç Le sac est maintenu sous tension au moyen d\u2019une poire qui communique avec le circuit d\u2019air chaud et avec une aiguille indicatrice de la pression.Effet physiologique de la chaleur locale.Appliquée à un endroit de l\u2019organisme, la chaleur augmente localement la circulation du sang et de la lymphe, en dilatant artères, artéroles et capillaires.Maintenue dans les limites physiologiques, il n\u2019y a aucun risque d\u2019altération des tissus.Au contraire, les cellules sont mieux oxygénées, les échanges sont accélérés.Bier prétend que la chaleur détruit les microbes, pendant que Michel et Taube pensent que leur résistance est simplement atténuée et qu\u2019ainsi ils sont plus facilement détruits, résorbés par les moyens de défenses ordinaires.Résultats cliniques.Les auteurs présentent deux cents cas d\u2019infections pelviennes, la plupart sont d\u2019origine gonococcique aiguë et chronique, sauf quelques cas (22) de para- métrite du post partum ou post abortum, et trente- trois cas d\u2019infection résiduelle post-opératoire.70.55% sont complètement guéries.22.% améliorées.7,5% non améliorées, après une moyenne de seize traitements au thermo- flo.Sept patientes infectées et involontairement stériles purent même concevoir après traitement.Les lésions du col, les cystites et les rectites de voisinage sont heureusement influencées.Il est entendu que les traitements au «'Thermo- Flo » ne font pas disparaître toutes les interventions sur les organes génitaux infectés, mais s\u2019ils ne guérissent pas toujours, toujours ils permettent de réduire au minimum l\u2019intervention facilitant et diminuant les risques-opératoires.F.-X.DEMERS. 444 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 PEDIATRIE William F.SCHOFFMAN.\u2014 La banane dans le traitement de la typhoide chez l'enfant.\u201cThe Journal of Pediatrics\u201d, 18: 399 (mars) 1941.Il y a eu, en ces dernières années, un grand changement dans la façon de traiter les infections intestinales aiguës ou chroniques.La diète fruita- rienne et lacto-fruitarienne ont acquis une popularité bien méritée en raison de leurs merveilleux résultats thérapeutiques.D'ailleurs, il faut avouer que la thérapeutique par les fruits remonte assez loin dans l\u2019histoire de la médecine.Ce n\u2019est pas sans raison que la banane donne de bons résultats dans le traitement de la typhoïde chez l\u2019enfant.Sansum recommande la banane pour deux raisons: d\u2019abord, parce qu\u2019elle combat l\u2019acidose, et en second lieu, parce qu\u2019elle joue le rôle de substance- tampon.Une banane verte contient approximativement 20 à 25% de sucre; une banane mûre contient de 16 à 19%.Elle est pourvue des vitamines A.B!, B2, C et FE, D seul faisant défaut.La poudre de bananes contient peu ou pas de vitamine C.Une livre de bananes fournit 400 calories d\u2019après Atwater et Bryant.Aucun fruit n\u2019a une aussi haute valeur calorique.Combinée au lait, la banane forme un régime quasi complet.Dans l\u2019intestin, la banane semble avoir la propriété de favoriser la croissance du bacille gram positif et de détruire le bacille du colon.Sa réputation de régulatrice de la fonction gastro-intestinale dépendrait en grande partie de cette propriété.Son effet laxatif serait en rapport avec la formation d\u2019un chyle intestinal plus considérable.De plus, la banane apporte à l\u2019organisme des sels minéraux indispensables: calcium, magnésium, phosphore, soufre, fer, etc.Ceci est très important pour le médecin qui a affaire à un typhique dont l\u2019organisme est appauvri en sels minéraux.La littérature médicale fait mention de la banane dans le traitement de la maladie cœliaque, diabète, colite aiguë ou chronique, ulcère gastrique, scorbut, diarrhée infectieuse, néphrite.Pour quelles raisons la banane est-elle le traitement de choix dans les infections intestinales?Pour plusieurs raisons.Men- tionnons-en quelques-unes: l\u2019augmentation du contenu intestinal et des corps tampons, l\u2019absorption plus considérable du sucre, l\u2019action anti-acidosique marquée, la haute valeur calorique, l\u2019amélioration du pH stomacal et intestinal, la lenteur de l\u2019évacuation gastrique.L\u2019auteur cite à l\u2019appui de ses dires trois observations de jeunes enfants, souffrant de typhoïde, traités de la façon suivante: une banane mûre toutes les deux heures, avec autant de lait de beurre que l\u2019enfant peut en prendre.Beaucoup d\u2019eau entre les boires.Quelques jours plus tard, lorsque la température a baissé, il ajoute du lait de vache écrémé, bouilli et du casec aux bananes.Il revient ensuite à l\u2019alimentation normale en passant graduellement par les céréales, les aliments protéinés, les légumes et les fruits.Conclusion: la banane associée au lait de beurre ou au lait écrémé est un aliment de choix dans le traitement du typhique.Elle fournit les calories et tous les minéraux nécessaires à l\u2019équilibre normal de la nutrition.La courbe de température descend rapidement, bien que l\u2019amélioration dans la consistance et la qualité des selles ne soit aussi frappante.L'état général s'améliore plus rapidement.La maladie est de beaucoup raccourcie dans sa durée.Le petit nombre de cas traités ne nous permet pas trop d\u2019audace dans les conclusions.Euclide DECHENE.Jerome L.KOHN, Irvin F.KLEIN et Hermom SCHWARZ.\u2014 Traitement de la rougeole par le sérum de convalescent ou par le serum concentré d\u2019adulte.The Journal of Poediatrics'\u2019, 18: 476 (avril) 1941.Lewinson et Connor ont démontré qu\u2019une quantité suffisante (40 à 50 c.c.) de sérum de rougeoleux convalescent donné par voie intraveineuse dans la période «pré-éruptive » modifiait de façon favorable l\u2019évolution de la rougeole.Les auteurs de cet article ont obtenu à peu près les mêmes résultats.De plus, Guibert, Lapeyre et Armstrong ont rapporté que le sérum de convalescent, donné dans la période Céruptive » cette fois atténuait beaucoup la symptomatologie clinique.Les mêmes auteurs déjà cités ne sont pas tout-à-fait du même avis sur ce point.Un essai fut tenté chez huit malades.Deux seulement présentèrent une forme légère de rougeole \u2014 les autres développèrent une rougeole à forme plutôt maligne.Que penser du sérum d\u2019adulte atteint antérieurement de rougeole dans le traitement actif de celle-ci?On espérait cliniquement que le sérum d\u2019adulte pourrait être efficace à condition d\u2019en donner trois à quatre fois la quantité de sérum de convalescent c\u2019est-à-dire 150 à 200 c.c.: ce qui est une dose énorme.La difficulté fut contournée en concentrant le sérum d\u2019adulte par un procédé spécial.L\u2019expérience fut tentée par les auteurs.Douze enfants en période \u201c pré-éruptive » de rougeole reçurent la quantité nécessaire de sérum d\u2019adulte.II n\u2019en résulta aucune modification dans l\u2019évolution de la rougeole. ANALYSES Un seul fit exception.Il est à noter que la voie veineuse fut employée dans cette expérimentation.En résumé: on peut dire que le sérum de convalescent donné à la dose de 40 à 50 c.c.\u2014 dans la période pré-éruptive ou au tout début de l\u2019éruption rougeolique \u2014 est efficace.Il n\u2019a aucun effet si l\u2019éruption est apparue.L\u2019injection intraveineuse de sérum concentré d\u2019adulte n\u2019aurait pas l\u2019effet avantageux qu\u2019on lui accorde généralement \u2014 peut-être est-ce dû au fait que les anticorps sont détruits lors de la manipulation par la chaleur?Euclide DECHENE.D.M.PARRA.\u2014 Etude du poumon dans la coqueluche.\"Medicina, Madrid\u201d, 10: 223 (septembre) 1942.Au sujet de l\u2019auscultation, l\u2019auteur nous parle d\u2019abord de l\u2019opinion de Pospischill.Ce dernier considère comme signes pathognomoniques les râles fins entendus aux deux bases, au début de la maladie, et les râles plus rudes qui peuvent être entendus un peu partout au niveau des plages pulmonaires, à mesure que les lésions deviennent plus diffuses.Dans les cas avancés on n\u2019entend que des gros râles.Parra rapporte ses observations au sujet de 240 cas de coque luche qu\u2019il divise en deux groupes.Le premier groupe comprend 103 cas.Parra met ces 103 cas dans un groupe à part parce que leur évolution s\u2019éloignait de l\u2019évolution habituelle de la coqueluche, soit à cause d\u2019une température élevée, ou une formule sanguine atypique, ou une modification du rythme respiratoire, ou la présence de matité.Il inclut aussi dans ce groupe les enfants qui présentaient une réaction positive à la tuberculine sans qu\u2019on pût démontrer chez eux une tuberculose active cependant.Il y avait de même dans ce groupe des patients qui présentèrent de la bronchopneumonie ou de la pneumonie.Le second groupe comprenait 137 cas chez qui l\u2019évolution de la coqueluche fut caractéristique.Chez ces derniers la réaction à la tuberculine était négative.Ce second groupe fut l\u2019objet d\u2019une étude très soignée.Chaque patient eut une radiographie pulmonaire à tous les huit jours.Gôättche, à l\u2019autopsie d\u2019enfants morts de coqueluche, avait noté de l\u2019infiltration péribronchique, interstitielle et périvasculaire.Gôttche avait alors conelu que la coqueluche ne devait pas être considérée comme un catarrhe des voies respiratoires supérieures mais plutôt comme une inflammation chronique, interstitielle du parenchyme pulmonaire.Parra s\u2019efforce de vérifier les observations de Gôttche.En se basant sur ses propres observations l\u2019auteur en vient aux conclusions suivantes: 1.Les signes décrits par Pospischill comme caractéristiques de la coqueluche furent observés par 445 Parra dans 50% des cas, surtout dans les coqueluches bénignes.2.Le tableau tel que décrit par Gottche ne fut rencontré que chez 3 enfants.3.L'auteur put observer une réaction hilaire dans 30% des cas.4.Chez 67% la radiographie ne montra rien de bien caractéristique.5.L\u2019image radiographique ne rend nullement compte de la sévérité de la coqueluche.6.Chez beaucoup de cas les rayons X continuent à montrer une image anormale longtemps après la disparition des signes cliniques.Norbert VEZINA.NEURO-PSYCHIATRIE F.S.EBAUGH, C.H.BARNACLE et K.T.NEUBUERGER.\u2014 Fatalités à la suite de la thérapeutique convulsive électrique.\u2018Archives of Neurology and Psychiatry\u2019, 49: 107 (janvier) 1943.| Depuis octobre 1941 à juin 1942, il y a eu dix morts à la suite de l\u2019électrochoc; pour leur part les auteurs nous rapportent deux morts avec autopsie à l\u2019appui.Je cas.Il s\u2019agit d\u2019un mélancolique de 57 ans qui a subi l\u2019électrochoc deux fois par semaine; après le dernier traitement, il se plaignit d\u2019une douleur ressemblant à de l\u2019angine de poitrine et mourut.A Tautopsie: Cœur: Thrombose.Cerveau: Les sections du cerveau montrèrent seulement une pétéchie isolée dans la substance blanche sub-corticale du lobe occipital gauche.Au microscope: On trouva des modifications aux lobes frontal et temporal.On nota des petits foyers de dévastation des cellules nerveuses, une dégénérescence diffuse des cellules nerveuses du cortex surtout élaborée aux sommets des circonvolutions et consistant dans la sclérose des cellules.Ailleurs, on vit une dégénérescence ischémique des cellules nerveuses.Ze cas.C\u2019est un maniaque de 57 ans qui mourut après le troisième traitement.À l\u2019autopsie: Rien de spécial.Au microscope: Modification à travers le cortex.Foyers de cellules nerveuses pâles.Modifications ischémiques franches.Conclusion.Le premier cas meurt d\u2019occlusion coronaire avec infarctus du myocarde.Le deuxième cas meurt par arrêt respiratoire à la suite de ses convulsions. 446 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 Les deux examens microscopiques ont démontré des changements histologiques éparpillés dans le cerveau, mais non sérieux, d\u2019après les auteurs.Sans rejeter pour cela les méthodes de choc, nous devons, à mon sens, bien y penser avant d\u2019employer des traitements qui amènent tout de même des lésions du cerveau.Ces mortalités nous le prouvent; reste à savoir ce qui se passe chez ceux qui sont encore de ce monde et qui ont subi les mêmes épreuves.Alcide PILON.Fausto MARELLI.\u2014 Syndrome de Lichteim (A propos de huit observations).\u2018Rev.Argentina de Neurologia y Psiquiatria\u2019, 7: 117 (septembre) 1942.Aprés la description détaillée de chacun de ses malades, l\u2019auteur procède à l\u2019analyse des signes cliniques neurologiques.Un état toxi-infectieux gastro-intestinal est noté chez certains de ses malades coïncidant avec le début de manifestations neurologiques, lesquelles furent de type psychique (delire hallucinatoire) dans les formes à debut brusque, et de type neurologique dans les formes à debut insidieux.A la période d\u2019état on remarque dans tous les cas, la paresie et même paralysie des quatre membres.La paraplégie dans un cas, fut en flexion.Un autre malade présenta une paralysie limitée au groupe antéro- externe d\u2019une jambe avec des troubles sensitifs simulant une polvnévrite.Le tonus musculaire se trouve le plus souvent diminué aux membres supérieurs, contrastant avec le pyramidalisme des membres inférieurs.Deux malades présentèrent des amyotrphies: un autre des fibrillations.Les manifestations ataxiques furent de type tabétique, de type cerébello-ataxi- que, et même franchement polynévritique avec cependant une certaine spasticité.Des manifestations sensitives subjectives sont accusées quasi constamment par tous les malades: fourmillement, engourdissement, impression de compression abdominale en ceinture, algies radiculaires rappellant celle du tabès; un des malades éprouvait des décharges électriques le long du rachis et des membres à chaque mouvement d\u2019inclinaison de la tête en avant.Les sensations de chaud et froid sont également fréquentes et peut être les plus désagréables de toutes.Les troubles sensitifs objectifs étaient plus marqués pour les sensibilités profondes, mais chez un des patients on décela une zone de dissociation syringo- myélique.Le signe d\u2019Argyll ne fut pas observé.Une fois seulement l\u2019atteinte du voile du palais.Deux malades avaient des troubles dysuriques, et l\u2019auteur de penser que peut être les troubles sphincteriens sont plus- fréquents à une période avancée de la maladie, surtout quand celle-ci n\u2019a pas été traité convenablement.Les réflexes cutanés-abdominaux et crémasteriens.étaient absents ou très faibles dans tous les cas.Dans.un cas, malgré l\u2019existence d\u2019une paraplegie avec signes pyramidaux nets, les réflexes tendineux des.membres supérieurs étaient absents d\u2019un côté, et de l\u2019autre très faibles.Aux membres supérieurs, tantôt normaux, tantôt vifs.Les troubles psychiques peuvent apparaître aussi bien à la période prodromique qu\u2019à la période d\u2019état et ne sont pas d\u2019un pronostic grave.Les deux cas (hallucinations et démence paralytique) eurent une régression totale.Les anémies de moins de deux millions de globules rouges n\u2019ont pas été observées.L'évolution neurologique fut meilleure dans les anémies de type hypocrome que dans les anémies de type hypercrome.« Dans le liquide cr.la réaction à l\u2019or colloïdal est.sub-positive dans tous les cas.Julio VASQUEZ.OPHTALMO-OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE F.CLAUDE.\u2014 Danger des pulvérisations.d'adrénaline chez certains asthmatiques.\u2018La Presse Médicale\u201d,49: 284 (12-15 mars) 1941.Actuellement, l\u2019adrénaline est, sans conteste, le médicament le plus employé dans la crise d\u2019asthme.Mais si l\u2019injection sous-cutanée d\u2019adrénaline demeure le traitement héroïque de la forte crise, les pulvérisations buccales de solutions d\u2019adrénaline de taux variables sont utilisées de plus en plus fréquemment par les accés de moyenne ou de faible intensité.Certains auteurs ont montré les inconvénients résultant de l\u2019abus des injections d\u2019adrénaline.Parmi les accidents signalés, notons des accidents vaseu- laires et cardiaques allant parfois jusqu\u2019à la mort subite; ces accidents restent heureusement rares.Il semblerait, a priori, que les pulvérisations d\u2019adrénaline qui remplacent les injections dans un grand nombre de cas, ne devraient pas avoir les mêmes inconvénients que celles-ci, étant donné que l\u2019effet calmant est obtenu avec des doses beaucoup plus faibles.Pour être moins connus, les inconvénients des pulvérisations d\u2019adrénaline n\u2019en sont pas moins réels.Ils s\u2019expliquent non seulement par la fréquence des pulvérisations, certains malades se servant couramment de leur pulvérisateur 30 à 40 fois par jour, mais encore parce que la solution d\u2019adrénaline est mise au contact direct de la muqueuse bronchique.bl tin Im uk ANALYSES L'observation rapportée donne la preuve de l\u2019effet nocif des pulvérisations adrénalinées chez certains malades, en particulier chez un malade atteint d\u2019un asthme du premier âge qui, jusqu\u2019à 46 ans, avait conservé son caractère d\u2019asthme sec et était soulagé facilement par des pulvérisations d\u2019une préparation belladonée (pulvérisateur Lancelot).A 46 ans, il y a un an, des crises de \u2018plus en plus fréquentes qui, à quatre reprises différentes, dégénèrent en un véritable état de mal asthmatique, avec paroxysmes extrêmement violents comme il n\u2019en avait jamais éprouvé auparavant.De plus, cet asthme perd son caractère sec pour prendre, surtout au moment des états de mal, celui de l\u2019asthme humide.On peut se demander si cette aggravation et cette transformation n\u2019ont pas été causées par l\u2019emploi de l\u2019adrénaline en pulvérisation buccale.En effet, elles ont coïncidé avec l\u2019emploi d\u2019un pulvérisateur d\u2019adrénaline; enfin, le malade a nettement remarqué, qu\u2019après un soulagement initial provoqué par la pulvérisation d\u2019adrénaline, il entrait dans une période de toux et d\u2019expectoration, tandis qu\u2019après une pulvérisation de préparation belladonée, il ne notait pas ces symptômes.Il paraît donc évident que, chez ce malade, les pulvérisations buccales d\u2019adrénaline ont eu un effet défavorable.Il y a tout lieu de penser que chez certains malades, surtout lorsque ceux-ci abusent des pulvérisations d\u2019adrénaline, la vaso-dilatation est de plus en plus intense après chaque pulvérisation et même qu\u2019un état de congestion chronique de la muqueuse bronchique s\u2019installe peu à peu.Cette congestion aurait pour conséquence une hypersécrétion de la muqueuse bronchique en même temps qu\u2019elle serait très probablement une cause de dyspnée, soit parce qu\u2019il en résulterait une gêne au passage de l\u2019air, soit parce qu\u2019elle faciliterait l\u2019action des agents asthmo- gènes externes en rendant la muqueuse bronchique particulièrement sensible à leur action.L'action nocive de l\u2019adrénaline serait vraisemblablement plus marquée chez les sujets sympathicotoni- ques ou amphotoniques.Ces réflexions mènent à cette conclusion qu\u2019il faut penser aux dangers que peut avoir, pour certains malades, l\u2019apport répété de doses parfois considérables d\u2019adrénaline sur la muqueuse bronchique.Ces dangers seraient la conséquence de la vaso-dilatation produite par l\u2019adrénaline après la vaso-constriction initiale.V.LATRAVERSE.447 DERMATO-SYPHILIGRAPHIE M.OPPENHEIM et D.COHEN.\u2014 L'acétarso- ne dans le traitement du pemphigus.\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilology\", 47: 40 (janvier) 1943.Préconisé en 1924 par Oppenheim lui-même, l\u2019acé- tar: \u201cne (Stovarsol) a été employé depuis par plu- sieuÿfauteurs dans le traitement du pemphigus.Les auteurs rapportent 3 cas de pemphigus qu\u2019ils ont traités par l\u2019acétarsone.Deux de ces malades présentant un pemphigus particulièrement grave reçurent, en plus, plusieurs transfusions.Après plus d\u2019un an ces 3 malades ne présentent aucun symptôme de pemphigus.L\u2019acétarsone doit être administré à dose convenable et pendant un temps très long.Or, le médicament est assez toxique.C\u2019est pourquoi il importe de bien connaître son mode d\u2019administration.Voici de quelle façon les auteurs l\u2019emploient: Le premier jour le malade prend 2 comprimés a 0 gm.25 d\u2019acétarsone le matin, une demi-heure avant le déjeuner.Le deuxième et le troisième jour 3 comprimés également une demi-heure avant le déjeuner.Puis repos de 3 jours et reprise du médicament comme précédemment.Ce dosage est continué jusqu\u2019à ce que le nombre de comprimés ingérés égale le nombre de kilos de poids corporel du malade.À ce moment l\u2019acétarsone est continué, mais avec des intervalles de repos plus longs et en diminuant graduellement les doses suivant l\u2019amélioration obtenue.L\u2019acétarsone est discontinué dès que le patient se sent malade ou s\u2019il présente du prurit.Cependant, dès que ces symptômes sont disparus, le médicament est administré de nouveau à raison de 1 comprimé par jour pendant 3 jours.Après un repos de 3 jours la dose est portée à 8 comprimés en 3 jours comme au début du traitement.Les auteurs concluent que l\u2019acétarsone devrait être essayé dans tous les cas de pemphigus et aussi pré- cocément que possible.Henri SMITH.David BLOOM et E.Williom ABRAMO- WITZ.\u2014 Porokératose de Mibelli.\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilo- logy\u201d, 47: 1 (janvier) 1943.Mibelli décrivit le premier cas de porokératose en 1893.Depuis cette date jusqu\u2019à 1941 plusieurs auteurs en ont rapporté 132 cas.La variété clinique la plus souvent rencontrée est celle en plaques rondes, ovales ou circinées.Une telle plaque de porokératose a un centre déprimé et est entourée d\u2019un bourrelet kératosique qui est lui-même- 448 surmonté d\u2019une rainure dans laquelle plonge une lamelle cornée.Le type annulaire, également entouré d\u2019un bourrelet kératosique, présente une dépression ou une éminence cornée centrale.Certaines lésions de porokératose ressemblent à une verrue, d\u2019autres ont une disposition linéaire.Bien que la porokératose de Mibelli soit considérée comme une dermatose héréditaire, il existe de nombreux cas isolés.Cependant si la prédisposition à la porokératose est héréditaire le type des lésions n\u2019est pas héréditaire.Les auteurs apportent les observations de 3 cas de porokératose de Mibelli chez des membres d\u2019une même famille.Le premier cas se rapporte à un garçon de 16 ans qui présente depuis sa naissance des lésions annulaires caractéristiques ainsi que des lésions linéaires.À l'examen histologique l\u2019on trouve dans les 2 variétés de lésions une couche cornée dense contenant des noyaux ronds et s\u2019étendant par en bas aussi bien dans les follicules que dans les régions qui ne contiennent ni follicules ni canaux sudoripares.Dans le deuxième cas rapporté il s\u2019agit d\u2019un homme de 48 ans, père du garçon qui fait l\u2019objet de la première observation.A l\u2019examen dermatologique on trouve des lésions de porokératose en plaques ovalaires et circinées sur les doigts.On note à la face quelques lésions du type annulaire.À l\u2019examen histologique d\u2019une plaque de la main on trouve une acanthose et une hyperkératose considérable, une lamelle cornée caractéristique, un pore sudoripare dilaté et de la sclérose cutanée.Le troisième cas, un garçon de 10 ans, frère du garçon de 16 ans qui fait l\u2019objet de la première observation, présente depuis sa naissance une seule lésion de porokératose, variété annulaire.Ces trois cas démontrent bien que différents types de lésions de porokératose peuvent se rencontrer chez les différents membres d\u2019une même famille prédisposée à la maladie.Au point de vue histologique les lésions les plus caractéristiques sont la lamelle cornée et les prolongements cornés parakératosiques que les auteurs ont trouvés chez leurs 3 malades.Contrairement à l\u2019opinion de Mibelli les pores sudoripares ne joueraient pas un rôle important dans la pathogénèse de la porokératose.Ceci est d\u2019ailleurs admis par un grand nombre d\u2019auteurs aujourd\u2019hui.Les auteurs concluent que la porokératose de Mi- belli est une kératodyskératose héréditaire à pathogénie obscure.Henri SMITH.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 L.-A.LONGIN.\u2014 Quelques éruptions botaniques.\u2018Annales de dermatologie et syphiligraphie\u201d, 9: (septembre) 1940.L'auteur donne ce terme d\u2019éruption botanique pour désigner les dermatoses provoquées par le contact des plantes; il a moins d\u2019extension que celui d\u2019éruption d\u2019origine végétale et plus que celui d\u2019éruption florale.Il laisse donc en dehors les manifestations cutanées provoquées par le bois, lesquelles peuvent se produire en dehors de tout contact, comme sous l\u2019action d\u2019un principe volatil.Plusieurs conditions sont nécessaires pour incriminer le rôle des plantes en présence d\u2019une éruption donnée.Il faut d\u2019abord qu\u2019elles portent sur des parties qui ont pu être touchées, c\u2019est-à-dire les régions habituellement découvertes, telles que le visage, les mains, les avant-bras.La localisation au visage est primitive par contact direct ou secondaire au contact des mains.L\u2019éruption doit se produire dans les quelques heures qui suivent, le soir ou le lendemain matin le plus tard.La suppression de la cause est nécessaire pour la guérison.Il faut s'assurer qu\u2019il n\u2019y a pas un autre agent qui peut intervenir en même temps ou donner aux plantes une nocivité d\u2019emprunt: par exemple, un moustique qui a déposé sa larve sur la fleur ou encore les poussières provenant de la terre contenant des produits chimiques.Ces éruptions botaniques se partagent en deux catégories: 1° éruptions érythémato-vésiculeuses provoquées, soit par les chrysanthèmes, soit par les achillés mille-feuilles ou autres; 2° les éruptions bulleuses provoquées par le «rhus toxicodendron » les oignons, les grandes marguerites des champs ou autres.Elles sont plus fréquentes qu\u2019on ne le croit généralement, mais passent souvent inaperçues.Elles ressemblent à un eczéma banal d\u2019origine externe et on les traite comme tel: pommades et désensibilisation quelconque.On se met à l\u2019abri de toute erreur en posant en principe que toute lésion siégeant uniquement aux parties découvertes doit éveiller l\u2019idée d\u2019une éruption de cause externe; de plus l\u2019interrogatoire du malade doit être précis, afin d\u2019obtenir le plus de renseignements possibles, tout en n\u2019oubliant pas que les plantes tiennent un rôle de premier plan parmi les causes extérieures capables de léser les téguments.Cependant, il faut convenir que le dépistage de ces éruptions est malaisé.Le malade renseigne mal, il se prête sans bonne volonté à un interrogatoire qui va à l\u2019encontre de ses idées médicales, il invoque une insuffisance hépatique et les questions sur les végétaux lui paraissent odieuses.D'ailleurs souvent, de très bonne foi, il en a gardé aucun souvenir, le médecin doit donc être tenace et bien renseigné. ANALYSES L'auteur conçoit que, comme les agents chimiques, plusieurs plantes contiennent un principe irritant qui n\u2019est ni assez abondant, ni assez irritant, ni assez concentré pour n\u2019être pas toléré par la presque universalité des humains, et auquel une infime minorité offre seule une moindre résistance.Pour expliquer les faits d\u2019idiosyncrasie qui se produisent au premier contact, il semble que le défaut de résistance de la peau soit bien suffisant, et pour les phénomènes de sensibilisation qui se produisent à la longue, le fait que la résistance a baissé nous en rend facilement compte.Ainsi par exemple, sous l\u2019influence de l\u2019eau de javelle, d\u2019abord peu de chose, puis la peau devient prurigineuse, elle réagit dans le sens de la résistance, elle s\u2019adapte en s\u2019épaississant, perd de sa souplesse et devient dure.Maintenant, la peau résiste bien et elle va ainsi pendant des années.Mais avec l\u2019âge, l\u2019alcool, le café et les causes adjuvantes d\u2019irritation, il se produit des traumatismes par grattage et l\u2019eczéma est installé.Désormais.il sera difficile d\u2019obtenir une guérison complète et de remettre la peau dans sa valeur première.L'auteur ne croit pas à la désensibilition dans le traitement de ces éruptions botaniques.Sans doute, les conditions de la résistance de la peau sont mal connues; c\u2019est tout au plus si nous pouvons en concevoir quelques-unes, telles que le maintien de l\u2019acidité normale, l'intégrité du revêtement épidermique, le bon fonctionnement de la sécrétion sébacée.Nous avons des connaissances bien imparfaites sur les substances qui proviennent des plantes; peut-être connaissant mieux les unes et les autres, verrions- nous plus facilement comment telle déficience cutanée permet l\u2019action de tel ou tel principe végétal.Maurice BEAUDRY.LABORATOIRE P.VOGEL, N.ROSENTHAL et P.LEVINE.\u2014 Réactions hémolytiques résultant d'iso- immunisation consécutive à des transfusions répétées de sang homologue.\u2018Am.Jour.of Clin.Path.1 (janvier) 1943.Bien que le nombre des transfusions ait augmenté considérablement en ces dix derniéres années, on a rapporté que peu d\u2019accidents mettent la vie du patient en danger.Toutefois on a observé quelques réactions d\u2019intragroupe au cours de la grossesse ou après la délivrance.Zacho, le premier, a attribué ces réactions particulières à une agglutinine atypique qu\u2019il a trouvée chez une patiente.En 1939, Levine et Stetson émirent l\u2019hypothèse que les produits fœteux agissant comme antigène provoquaient le développement d\u2019agglutinines anormales chez la mère.Le fœtus hériterait de son père d\u2019un agglutinogène dominant, lequel serait 449 absent des tissus de la mère et qui immuniserait cette dernière.Wiener et Peters de leur coté rapportèrent quatre cas chez lesquels des iso-anticorps se développèrent après des transfusions répétées et montrèrent que dans trois cas les réactions étaient dues au facteur Rh décrit antérieurement par Landsteiner et Wiener.Dans deux de ces cas cependant il n\u2019est pas fait mention de grossesse antérieure, ce qui élimine la possibilité de réactions dues uniquement à la transfusion.La même remarque s\u2019applique au cas rapporté par Scott et Conant.Comme des agglutinines anormales peuvent se retrouver dans la circulation plusieurs années après la grossesse il devient difficile d\u2019apprécier le rôle que de telles grossesses ont pu jouer dans ces cas d\u2019isoimmunisation.Pour jeter un peu de lumière sur les cas qu\u2019ils rapportent les auteurs résument ainsi les acquisitions récentes en ce qui concerne le rôle du facteur Rh dans l\u2019isoimmunisation.On admet que 85% des individus possèdent le facteur Rh ou agglutinogène dans leurs globules rouges; ce sont des individus Rh positif.Chez les 15% qui restent le facteur Rh fait défaut; ces individus sont Rh négatif.L\u2019agglutinogène Rh est indépendant des quatre principaux groupes sanguins et des facteurs «M », « N» et «P».Le facteur Rh peut se mettre en évidence avec un sérum anti-Rh provenant de préférence d\u2019une personne qui a développé l\u2019agglutinine anti-Rh à la suite d\u2019isoim- munisation, ou encore avec un sérum de lapin ou de cobaye immunisé avec les globules rouges de singe « Rhesus macacus».Chez les individus Rh positif l\u2019agglutinine anti-Rh ne peut se développer; chez les sujets Rh négatif au contraire qui reçoivent des transfusions répétées avec un sang contenant l\u2019agglu- tinogène Rh, l\u2019agglutinine anti-Rh peut faire son apparition et causer l\u2019agglutination puis I\u2019hémolyse des globules rouges transfusés.On admet également que, dans presque tous les cas, les anticorps qui se développent chez les femmes Rh négatif en réponse à une stimulation antigénique par un fœtus Rh positif.sont les mêmes que les anticorps qui apparaissent à la suite d\u2019injections de sang Rh positif à des patients Rh négatif.Les auteurs rapportent ensuite 7 histoires de cas dans lesquelles il est clairement démontré qu\u2019après des transfusions répétées il peut se développer chez le receveur des anticorps contre les globules rouges injectés.Dans certains cas il faut de multiples transfusions pour permettre le développement de ces anticorps.Dans d\u2019autres cas cependant il suffit d\u2019une ou de deux transfusions pour déclancher la production de ces mémes anticorps.Albert BERTRAND. SOCIÉTÉS L'« Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Séance à l'hôpital du Saint-Sacrement Vendredi, le 6 novembre 1942 Côlite grave à Schigella Alkalescens (Andrews) MM.J.-Edouard MORIN et Antonio MARTEL Les auteurs rapportent l\u2019observation d\u2019une fille de 19 ans qui, du mois de mai 1940 au mois de février 1942, a présenté un syndrome dysentérique dont la gravité devint si inquiétante, en novembre, que ses parents, cultivateurs, jugèrent néces-aire l\u2019hospitalisation (25 novembre 1941).A ce moment, la malade évacue 5 à 6 selles abondantes, liquides, sanguinolentes et purulentes.Les urines sont rares, avec albumine, pus et globules rouges.La malade est très pâle, intoxiquée bien que la formule sanguine n\u2019a rien d\u2019alarmant.La rectoscopie indique une muqueuse rouge tuméfiée, avec muco- pus et sang en abondance.L\u2019examen bactériologique des selles a donné un bacille gram négatif identifié comme étant un « Schigella Alkalescens» (Andrews).Avant identification de ce bacille dysentérique, la malade a reçu sans succes, les médications les plus variées, sulfaguanidine, les opiacés, le bismuth, des vitamines A, etc., divers sérums anti-dysentériques.Le Rouge Congo (Hémorragyl Nadeau) amena la cessation, des hémorragies.Entretemps survint une phlébite, on.pratiqua un auto-vaccin qui fut administré simultanément en ingestion et en injection sous-cutanées.Aprés deux semaines de vaccinothérapie, la température redevient normale et les troubles intestinaux s\u2019amendent de jours en jours; en effet, la malade n\u2019a plus qu\u2019une ou deux évacuations alvines par jour, le pus et le sang disparaissent.A ce moment, l\u2019anémie était assez intense: globules rouges 1,760,000; globules blancs 7,000; hémoglobine 30%.Après trois semaines d\u2019amélioration, le 3 février, la formule sanguine est la suivante: globules rouges, 3,280,000; globules blancs, 6,250; hémoglobine 64%.Un lavement baryté montre un aspect tacheté, tigré de la muqueuse intestinale qui rappelle la po!lypose gastrique.Les examens batériologiques ont été le sujet de longues recherches.La souche Schigella Alkalescens (Souche Grispo) a été agglutinée à un très haut degré par un sérum expérimental (Professeur McGill).Cette observation est intéressante du fait des symptômes graves et prolongés de l'affection.De la pathogénéité de cette souche Schigella Alkalescens.De l\u2019origine hydrique de l\u2019infection, car on à réussi à isoler le même microbe de la source où s\u2019abreuve la famille pendant qu\u2019elle travaille sur la terre.L\u2019auto-vaccino-thérapie a-t-elle été réellement l\u2019élément thérapeutique qui a guéri la malade?La petite malade a été revue en octobre, et sa santé est excellente.Elle a engraissé de 28 livres et sa formule sanguine est redevenue normale.Murray, La lymphogranulomatose maligne chez l'enfant M.Marcel LANGLOIS Une observation de lymphogranulomatose maligne chez un enfant de 6 ans est rapportée, et est comparée aux descriptions cliniques de la maladie à cet âge.Les conclusions inscrites ici sont celles de l\u2019auteur.La rareté relative de la lymphogranulomatose maligne chez l\u2019enfant nous a incité à signaler cette observation.Les caractères particuliers de l\u2019adénopathie associée à une splénomégalie précoce permettent de soupçonner le diagnostic.Et il faut retenir cette succession de poussées évolutives nettement appréciables suivies de rémissions non moins nettes, comme étant quasi pathognomonique.La formule sanguine est très variable, non seulé- ment d\u2019un malade à un autre, mais même en cours d\u2019évo'ution chez un même sujet.La leucopénie progressive du début chez notre malade contribua à nous faire hésiter, vu l\u2019absence d\u2019augmentation de la polynucléose neutrophile considérée par bien des auteurs comme constante.Cette dernière ne s\u2019est révélée qu\u2019au cinquième examen de sang le 6 septembre 1942.Le diagnostic qui ne s\u2019affirme que sur la biopsie d\u2019un ganglion est plus difficile au début dans les formes mésentériques.L'association fréquente, à cet âge, de la tuberculose & la lymphogranulomatose maligne est considérée par la plupart des auteurs comme une coincidence.L\u2019anergie qu\u2019entraine celle-ci peut permettre une localisation terminale de celle-la.Cette association a été mise en évidence chez notre malade. SOCIÉTÉS Abcès du larynx MM.Olivier FRENETTE et Jules HALLE L'action des sulfamidés peut s\u2019avérer particulièrement énergique dans le traitement de l\u2019abcès laryngé.Grâce à cette médication, il est possible d\u2019éviter une trachéotomie, en suspendant l\u2019évolution du processus envahissant qui menace généralement de déclencher de l\u2019asphyxie à brève échéance.L\u2019intervention chirurgicale pourrait être pratiquée sans laryngoscope dans des conditions faciles, alors que l\u2019abcès aura eu le temps de se bien limiter chez un malade en état de défense optima et dont la guérison surviendra dans un laps de temps plutôt court.Les auteurs citent ensuite le cas d\u2019un malade hospitalisé récemment à l\u2019hôpital du Saint-Sacrement, à Québec, pour une phlegmasie diffuse endolaryngée, qui fut placé pendant deux jours dans une chambre bien ventillée et saturée d\u2019humidité et qui reçut, goutte-à-goutte, et par voie intraveineuse, chaque jour, 1,000 centimètres cubes de sérum physiologique additionné de deux ampoules de 1 gm.20 de Solu- septazine.Trente-six heures après son entrée à l\u2019hôpital, l'examen endoscopique permettait de constater qu\u2019une collection purulente, du volume d\u2019un jaune d\u2019œuf, s\u2019était constituée à la base de l\u2019épiglotte.L\u2019infiltration avait disparu et le malade se sentait beaucoup mieux.L'ouverture de l\u2019abcès fut alors pratiquée avec l\u2019aide du miroir laryngé seulement et au moyen du bistouri courbe à forme de lance de Hering.Après expectoration de quelques centimètres cubes de pus sanguinolent, le malade se trouve immédiatement soulagé et il put quitter l\u2019hôpital guéri, moins de cinq jours après son admission.Hys:éro-traumatisme MM.Renaud LEMIEUX et Honoré NADEAU Les auteurs rapportent l\u2019observation d\u2019un cas type, \u2018d\u2019hystéro-traumatisme.Il s\u2019agit d\u2019un sujet âgé de 36 ans, cuisinier de son métier, qui, après avoir été exposé, sans aucune blessure, aux dangers d\u2019un bombardement aérien, a développé un syndrome neuro- musculaire caractérisé par un tremblement continu des membres supérieurs et inférieurs gauches, de l\u2019hémi-face gauche et de la langue.Ce tremblement s\u2019accompagne d\u2019une parésie et d\u2019une hypo-esthésie gauches, respectant la totalité de la paroi abdominale.Les troubles nerveux sont apparus trois jours après qu\u2019il eut été exposé aux dangers du bombardement.Ils se sont accentués progressivement.L'examen neurologique ne permet de mettre en évidence aucun signe qui puisse être la traduction de lésions organiques du système nerveux.L'épreuve du traitement purement psychothérapique amène une amélioration notable de tous les symptômes.Cette observation paraît intéressante du fait que de tels cas sont susceptibles de devenir plus-nom- 451 breux à l\u2019avenir par suite des multiples traumatismes dont est fertile l\u2019époque troublée que nous traversons présentement.Il sera donc indispensable au clinicien d\u2019être en mesure de faire le départage entre les syndromes nerveux organiques et\u2019 les accidents qui relèvent purement de la psychose.Séance à \u2018Thôpital Laval Vendredi, le 20 novembre 1942 Cardiospasme MM.Louis ROUSSEAU, Florian TREMPE et Jean-M.LEMIEUX On rapporte le cas d\u2019une jeune fille de 26 ans, qui, à la suite d\u2019une thyréoidectomie développa un car- diospasme.Ce cardiospasme fut traité par une œsophagotomie extra-muqueuse.Une analyse assez détaillée de la question est ensuite faite: anatomo-pathologie, étiologie, revue des traitements médicaux et chirurgicaux.Bronchoscopie et syndrome d'atélectasie d'origine néoplasique M.G.-Léo COTE 1 Le cancer primitif du poumon semble plus fréquent qu\u2019autrefois.Cette augmentation dans la fréquence de ce cancer est-elle réelle ou simplement relative et due à l\u2019amélioration: de nos moyens d'investigations et de diagnostic?: Le cancer primitif du poumon est, à son origine tout au moins, une tumeur de la bronche.Il se manifestera donc par une cbstruction de la lumière bronchique, et objectivement et radiologiquement par un emphysème et surtout une atélectasie pul- menaire.Le diagnostic précoce est d\u2019une importance capitale: sur lui repose la survie ou la mort du malade.Ce diagncstic est basé :surtout sur deux procédés d\u2019examen: la radiologie \u2018et l\u2019exploration bronchos- copique.Suivent deux observations de cancer primitif du poumon, dont le diagnostie probable a été fait par la constatation radiologique d\u2019une atélectasie pulmonaire, et confirmé par l\u2019exploration bronchoscopi- que et l\u2019examen anatomo-pathologique d\u2019un fragment prélevé par biopsie.\u2018Amiantose pulmonaire M.Louis ROUSSEAU L\u2019amiantose pulmonaire se différencie de la silicose en donnant des images radiologiques moins caractéristiques.Son\u2019 association à la tuberculose est fréquente ce qui explique que ces malades sont souvent hospitalisés dans des \u2018sanatoria.: 452 La recherche des corps d\u2019amiante permet de faire le diagnostic d\u2019amiantose alors que la clinique et la radiologie n\u2019en fournissent aucun signe.L\u2019amiantose pure n\u2019est pas observée fréquemment.Observation d\u2019un malade ayant travaillé 18 ans dans l\u2019amiante chez qui on ne trouve aucun signe de tuberculose; la radiographie montre un aspect marbré des deux poumons.Les cas d\u2019amiantose doivent être plus nombreux qu\u2019on ne le croit et la possibilité d\u2019une enquête chez les ouvriers travaillant dans cette industrie permettrait de se faire une opinion plus juste sur l\u2019amian- tose.Amiantose et tuberculose pulmonaire MM.Roland DESMEULES et Maurice GIROUX Les auteurs font part de l\u2019observation d\u2019un homme de 44 ans qui a travaillé pendant vingt ans dans l\u2019industrie de l\u2019amiante.Après environ dix années, il présente les premiers signes cliniques d\u2019amiantose.Dix ans plus tard, il y a début apparent de la tuberculose pulmonaire.Le diagnostic de tuberculose est porté après examens cliniques, radiographiques et bactériologiques.L\u2019amiantose est prouvée par l\u2019histoire de l'occupation et la constatation de corps d\u2019amiante dans les expectorations.L\u2019anatomo-pathologie permet d\u2019établir le diagnostic certain d\u2019amianto-tuberculose.Les auteurs croient que l\u2019amiantose a précédé la _ première poussée de tuberculose de surinfection et pensent que la pneumoconiose a pu diminuer la résistance générale et pulmonaire du malade et faciliter ainsi le réveil et l\u2019envahissement du processus tuberculeux.Amiantose expérimentale: valeur pathognomonique du corps d'amiante M.Maurice GIROUX Le travail présenté donne tout d\u2019abord l\u2019historique du corps d\u2019amiante (curious bodies), puis sa constitution physicochimique, et enfin son développement expérimental, tant \u201cin vitro », qu\u2019après inhalation et et inoculations à l\u2019animal (cobayes, lapins, chien) de poussières d\u2019amiante.Le mécanisme de la formation du corps amianti- que chez l\u2019animal est étudié au point de vue histo- chimique, surtout au niveau du poumon.Conclusions.1° Les expériences chez l\u2019animal indiquent que le corps d\u2019amiante ne se forme qu'après une réaction tissulaire assez intense, et un apport substantiel de fer, fourni par l\u2019hémoglobine.20 De plus, cette réaction tissulaire ne peut se faire sans un certain degré de fibrose, si minime soit- elle.30 Par conséquent, la présence de corps d\u2019amiante dans les expectorations, ou encore dans un liquide obtenu par ponction du poumon, signifie amiantose L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 pulmonaire au sens large du mot, mais sans nécessairement indiquer le degré de sclérose pulmonaire, dont le diagnostic sera élucidé par la clinique et la radiologie.Amiantose incipiente chez des tuberculeux pulmonaires MM.R.DESMEULES, L.ROUSSEAU, Maurice GIROUX et Philippe RICHARD Les auteurs donnent un aperçu histologique de l\u2019'amiantose pulmonaire et discutent la valeur des signes cliniques et radiologiques, à la phase inci- piente.Ils concluent à la nécessité de faire reposer la preuve de l\u2019amiantose sur le corps d\u2019amiante expectoré.Ils le considèrent comme la signature d\u2019une réaction histo-pathologique pulmonaire secondaire à l\u2019inhalation de poussières d\u2019amiante.Ils appuient ces considérations par trois observations d\u2019amianto-tuberculose où l\u2019amiantose inci- piente masquée par le tableau de la tuberculose trouve ses critères cliniques et bio-chimiques dans les commémoratifs d\u2019une exposition aux poussières amiantiques coïncidant avec la présence de corps d'amiante dans les expectorations.ee ++ Séance du 4 décembre 1942 A la Faculté de Médecine Considération d\u2019une étude statistique portant sur 443 cas d\u2019ulcère gastro-duodénal et 228 cas de cancer MM.J.-B.JOBIN, J.-P.DUGAL et M.GUAY On insiste sur certains points du traitement médical en particulier l\u2019usage de la Larostidine qui paraît être un adjuvant précieux, surtout pour les résultats éloignés.Les indications chirurgicales dans les ulcères du duodénum s\u2019adressent à peine à 20% de ces malades et relèvent surtout de la perforation, de la sténose, et rarement de l\u2019échec du traitement médical.Pendant une hémorragie massive, il faut sans aucun doute éviter tout traitement chirurgical qui ne peut être appliqué que quand l\u2019anémie aiguë, conséquence de l\u2019hémorragie, aura été réparée.Le diagnostic différentiel entre un ulcère et un cancer de l\u2019estomac est très difficile car tous les signes sont trompeurs: clinique, laboratoire, radiologie et endoscopie ne peuvent fournir aucun signe pathognomonique.S\u2019il persiste le moindre doute sur la nature de la lésion, conseiller une gastrectomie.Radio-diagnostic de l\u2019ulcère gastro-pyloro-duodénal M.J.-Edmour PERRON En 1906, Hemmeter, un médecin allemand, faisait des expériences destinées à faire voir des ulcères artificiels produits chez le chien et le lapin par les SOCIÉTÉS rayons X, puis réussissait à faire la même démonstration chez trois sujets porteurs d\u2019ulcères vérifiés opératoirement.En 1910, Haudek, un médecin de Vienne, décrivait les caractères radiologiques qui signalent la présence d\u2019un ulcère dans l\u2019estomac, et nous avons conservé depuis le signe radiologique le plus évident qu\u2019il avait décrit sous le nom de «Niche de Haudek».Depuis, beaucoup d\u2019autres signes sont venus s\u2019ajouter telles que l\u2019incisure de caractère spasmodique, la grande motilité gastrique, la rétention post-pran- diale, la douleur localisée, la déviation des plis de la muqueuse, etc.La valeur de cette recherche s\u2019est montrée d\u2019une telle efficacité, surtout depuis les perfectionnements apportés par la sérialographie en ce qui concerne les ulcères du duodénum, que nous ne saurions considérer les affections du tube digestif sans l\u2019utilisation du procédé radio-diagnostic.C\u2019était l\u2019opinion du professeur de clinique chirurgicale: Lord Moynihan, de Leeds, en 1925, et les deux dernières décades n\u2019ont fait qu\u2019ajouter à cette avancée.Considérations sur le traitement chirurgical des ulcères gastro-duodénaux M.François ROY On a étudié les dossiers de 188 malades qui furent opérés à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, depuis dix ans, pour ulcère gastrique ou.duodénal.De ce nombre 57 ont été opérés pour ulcère gastrique ou duodénal perforé.Neuf sont morts.Des malades qui ont survécu à leur perforation, 70% ont continué à présenter des signes d\u2019ulcére.Soixante- neuf ont subi une gastro-entérostomie pour ulcère duodénal.Quatre sont morts à la suite du mauvais fonctionnement de la bouche de gastro-entérostomie.Les résultats éloignés sont les suivants: 532% en excellente santé; 15 % améliorés: 32 % dans le même état, c\u2019est-à-dire présentant encore des signes d\u2019ulcère.Cinquante-trois malades ont subi une gastrectomie partielle.5 sont morts.85% peuvent être considérés comme guéris; 13% améliorés et 2% ayant fait un ulcère jéjunal.Considérations anatomo-pathologiques sur les ulcères gastro-duodénaux M.Louis BERGER Le conférencier rappelle les caractéristiques anato- mo-pathologiques de l\u2019ulcère aigu ou récent et de l\u2019ulcère chronique ou ancien dont le fond est fréquemment constitué par les organes de voisinage.même le tissu splénique dans un cas.453 A l\u2019aide d\u2019une planche \u2018murale, il rappelle les distinctions à faire \u2018entre le cancer ulcéré, l\u2019ulcéro- cancer et l\u2019ulcère cancérisé.Ce dernier qui indique la \u2018transformation néoplasique d\u2019un ulcère chronique ne paraît pas particulièrement fréquent d\u2019après l\u2019expérience du docteur Berger.Séance tenue l'Hôtel-DBieu de Québec Vendredi, le 15 janvier 1943 Présidence de Roland Desmeules : Péritonite à à pneumocoques M.Euchariste SAMSON Les symptômes principaux que présente la malade observée, sont des symptômes de péritonite avec diarrhée et état général grave.Doit être notée comme fait intéressant la leucocytose peu élevée: 8,214.Le diagnostic positif est obtenu par l\u2019examen direct et la culture du pus retiré à la ponction de l'abdomen.; Les principaux symptômes de la péritonite à pneumocoques sont brièvement\u2019 rappelés et il est démontré qu\u2019il est impossible d\u2019établir | un diagnostic positif par la clinique seule.La collaboration entre la clinique et le laboratoire est nécessaire, et la ponction abdominale serait l\u2019examen le plus sûr pour faire le diagnostic.Il est ensuite traité de l\u2019importance d\u2019établir un diagnostic positif car lé traitement de la péritonite à pneumocoques diffère de celui de la péritonite appendiculaire.Plusieurs statistiques sont citées où il est démontré que le traitement chirurgical précoce entraîne une mortalité plus élevée que le traitement chirurgical tardif.Quelques considérations suivent ensuite sur le traitement lui-même, qui, dans le cas présenté, a donné de bons résultats.Le fond d'œil et certaines maladies du système cardio-vasculaire MM.Jean LACERTE et Emile PELLETIER Au point de vue observation clinique, le globe oculaire est dans une situation unique et si l\u2019on considère que nombreuses sont les affections générales ayant une répercussion au fond de l\u2019œil, il découle logiquement que l\u2019examen de ce dernier peut rendræ de réels services.Un grand nombre de maladies du système cardio-vasculaire ne sont pas sans donner de multiples altérations au niveau de la rétine et de son système de vascularisation.Pour bien interpréter les diverses manifestations pathologiques, il - importe de bien connaître le fond d\u2019œil normal.SEC, L\u2019artério-sclérose donne de multiples altérations au niveau des vaisseaux rétiniens et dans les cas plus 454 avancés, il y aura atteinte prononcée au niveau de la rétine.S\u2019il y a hypertension sans sclérose, le spasme de l\u2019artère centrale de la rétine ou de l\u2019une de ses branches sera l\u2019une des principales manifestations.Lorsqu'il y a sclérose avec hypertension, les signes sont encore plus prononcés.L'hypertension maligne donne des signes évidents d\u2019une atteinte prononcée du fond de l\u2019œil.En ce qui concerne les rétinites albuminurique, diabétique et leucémique, l\u2019on pourra constater des signes particuliers à chacune de ces maladies.A la suite d\u2019une endartérite proliférante, l\u2019on peut être en présence d\u2019une oblitération de l\u2019artère centrale de la rétine ou de l\u2019une de ses branches.En d\u2019autres circonstances, l\u2019on peut rencontrer une thrombose de la veine centrale de la rétine.Les parasitoses in\u2019estinales M.Henri MARCOUX Un relevé des parasites intestinaux trouvés au cours des quatre dernières années, chez 459 malades hosp1- talisés à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, permet d\u2019établir la statistique locale suivante qui ne prétend aucunement fournir une vue générale de la dissémination des parasites dans la province de Québec.\u201c 459 malades; 119 parasités, soit 25.9% d\u2019infestation.Nom du parasite N.de malad.infectés Pour cent.Blastocystie hominis 35 7.6 Entamoeba coli 45 .98 Entamceba dysenteriae 1 02 Endolimax nana 2 04 Enteromonas hominis 1 0.2 Trichomonas intestinalis 1 02 Chilomastix mesnili 2 04 Amibes dont le nom n\u2019a pas été déterminé 2 04 Giardia intestinalis 24 52 Diphyllobothrium latum 1 02 Ascaris lumbricoïdes 1 02 Enterobius vermicularis 2 04 Spirilles.34 74 Il faut insister sur la dispersion, relativement étendue, du Giardia intestinalis dans un grand nombre de comtés de notre province et en faire le dépistage, parce que sa présence un peu partout crée de nombreux foyers de contamination.Cancer sur tatéuage ét cancer sur cicatrice de vaccination anti-variolique M.Carlton AUGER \u2018Deux observations de cancer cutané, qui ont pris haissanée at niveau de foyers.d\u2019irritation chronique, sont rapportées: un réticulo-histio-sarcome développé sur un tatouage et.un épithélioma pavimenteux stratifié spino-cellulaire développé sur une cicatrice i f BE L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.avril 1943 de vaccination antivariolique.La nature un peu particulière des agents irritatifs en cause a semblé ju tifier cette pré-entation.Quelques considérations sur la sérothérapie du tétanos M.de la BRUYERE FORTIER Le tétanos clairement défini aujourd\u2019hui comme une maladie du système nerveux, souffre encore la controverse de son traitement.L'emploi de la sérothérapie est diversement apprécié.Son effet curatif est mis en doute; son mode d'administration est discuté et sa posologie est très variable.Deux observations cliniques du service de Pédiatrie de l\u2019Hôtel-Dieu permettront d\u2019envisager ces principaux points.Nié par un certain nombre d\u2019auteurs, l\u2019effet curatif du sérum est admis sans restriction par un très grand nombre.Les statistiques semblent prouver que la mortalité par tétanos est diminuée de 25% si la sérothérapie est utilisée.Son échec thérapeutique tiendrait plus à son emploi tardif qu\u2019à son inefficacité curative.Les voies d\u2019introduction du sérum sont variées.La voie sous-cutanée est surtout utilisée comme voie secondaire pour neutraliser la toxine secrétée au point d\u2019entrée ou avant tout acte chirurgical pour circonscrire la plaie infectante.La voie intrarachidienne est assez largement préconisée mais on lui reconnaît des dangers.La voie intramusculaire et la voie intraveineuse semblent rencontrer l\u2019assentiment du plus grand nombre.L\u2019école américaine l\u2019utilise de préférence à tout autre.L\u2019emploi de l\u2019une ou l\u2019autre de ces voies d\u2019introduction du sérum est basé sur le mécanisme de l\u2019envahissement de l\u2019organisme par la toxine tétanique.La théorie veineuse conduit à l\u2019emploi de la sérothérapie par voie intrarachidienne ou sous- cutanée.La théorie sanguine conditionne l\u2019emploi de la voie intramusculaire et surtout intraveineuse.La posologie est loin d\u2019être clairement définie.Rien de plus variable et de plus contradictoire.Mais par le dosage de l\u2019unité antitoxique sanguine- certains auteurs sont arrivés à préconiser une dose thérapeutique efficace dans un grand nombre de cas.Cette dose moyenne serait de l\u2019ordre de 60,000 unités, donnée par voie intraveineuse.Ce n\u2019est pas la dose totale de sérum comme la rapidité avec laquelle il sera administré après le début de la maladie, qui permettra de diminuer le taux de mortalité par tétanos.\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 455 Avan tages du Bes-Min + Faible teneur alcoolique (seulement 570) ® Association des minéraux essentiels au complexe vitaminique « B » naturel & Véhicule digestif stimulant de 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Monsieur le Président, Messieurs, L'été 1942 ne devait pas s\u2019achever sans nous frapper encore.Après le docteur Alphonse Ferron, notre confrère, le docteur Ernest Prud\u2019homme nous était ravi subitement, le 2 septembre dernier, à l\u2019âge de 49 ans.Tous ceux qui le connaissaient ne se méprenaient pas sur ses dehors brusques et savaient quels trésors de dévouement et de bonté cachait cette rude écorce.Ses amis et ses clients se le rappelleront enthousiaste et prudent, bon vivant et généreux, audacieux, bienveillant, simple et franc, allant toujours droit au but avec vigueur.Chirurgien habile, il savait inspirer confiance, et c\u2019était un bonheur pour un interne de faire ses premières armes à ses côtés.Né le 18 mat 1893, a Lavaltrie, il perdit très jeune ses parents et acquit ainsi très tôt le sens de ses responsabilités et la compréhension de la valeur de la vie.Il fit ses études classiques au Collège de l\u2019Assomption et ses études médicales à l\u2019Université Laval de Montréal.Grâce à un labeur acharné, n\u2019hésitant pas à travailler la nuit pour gagner ses cours, il obtint son doctorat en médecine en 1919.Il commença d\u2019abord par pratiquer la médecine générale.Puis nous trouvons ensuite dans sa carrière, comme dans celle de plusieurs d\u2019entre nous, l\u2019influence déterminante de P-Z.Rhéaume.Sur ses instances, il consentit à s'orienter vers la chirurgie et entreprit en 1925, avec sa famille, un voyage en Europe dans le but de se perfectionner à Paris dans l\u2019art nouveau qu\u2019il avait embrassé.Il revint à Montréal l\u2019année suivante et fut nommé chirurgien à l\u2019Hôtel-Diew.En mars dernier, il était devenu président du Bureau médical de cet hôpital, poste qu\u2019il occupait à sa mort.Il fut aussi professeur agrégé de l\u2019Université de Montréal, depuis 1931, membre de la Société Médicale et de la Société de Chirurgie de Montréal, ainst que «Fellow» du «Royal College of Surgeon» (Canada).Sa contribution a notre Société fut particuliérement active.Elu membre fondateur a la premiére réunion générale du 7 janvier 1929, il est peu de membres qui puissent se vanter d\u2019une pareille assiduité aux réunions.Il participa 38 fois à nos assemblées et maintes fois à nos discussions.Ce n'est que depuis novembre 1940 qu\u2019on put noter un certain fléchissement dans cette belle ponctualité.1.Présenté à la réunion générale de la Société de Chirurgie, le 27 janvier 1943.Les communications qu\u2019il nous fit révèlent une grande variété: Le 3 février 1932: « Considérations sur un cas d\u2019appareillage de fracture de jambe avec l'appareil M er- cier»; Le ler février 1933: « Résultats éloignés des cho- lécystectomies.Travail portant sur 117 cas personnels » ; Le 4 avril 1934: « Tumeur maligne rétro-péritonéa- le.À propos d\u2019un cas personnel » ; .Le 3 octobre 1934: « Noevo-carcinome de la jambe.Opération.Métastases généralisées.A propos d\u2019un cas personnel»; Le 3 avril 1935: « Observations d\u2019injections massives de sérum hypertonique à 10% au cours des opérations»; Le 3 mars 1937: « Deux cas de cancer de l\u2019ampoule de Vater: observations cliniques ».Sa contribution scientifique ne se bornait pas là.Il publiait dans l\u2019Union Médicale du Canada des études intéressantes dont il west pas inutile de rappeler le souvenir: «Quelques aspects cliniques des abcès urineux.» En collaboration avec le docteur Eugène Saint-Jac- ques (février 1925).« Les calculs de l\u2019uretère et leur traitement » (février 1926).«La cystite tuberculeuse après la néphrectomie » (avril 1926).«Opérations multiples chez un patient souffrant d\u2019un ulcère de l\u2019estomac » (mai 1942).Ce furent là les dernières pages qu\u2019il écrivit dans l\u2019Union Médicale du Canada, menant jusqu\u2019au bout le bon combat de la plume, comme il menait celui du bistouri.Les témoignages de son esprit curieux, observateur et averti, nous les retrouvons encore dans le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu dont àl fut l\u2019un des quatre fondateurs et qui doit à sa collaboration fidèle comme à ses soins attentifs beaucoup de sa continuité.Notons.parmi ses articles: « La gastrostomie continente » (janv.-fév.1932).« Après la cholécystectomie » (mars-avril 1933).«Un cas d\u2019amputation du rectum sans colostomie » (novembre-décembre 1933).«Un cas de tétanos post-opératoire» (mai-juin.1934).« Nœvo-carcinomatose généralisée et venin de Cobra» (décembre 1935).«Deux cas de cancer de l\u2019ampoule de Vater» (mars-avril 1937).«Un cas de gastrostomie continente vieux de dix ans» (mars-avril 1939).Nous avons essayé de mettre en lumière la personnalité du docteur Ernest Prud\u2019homme.Mais il n\u2019est pas de ceux voués à l\u2019indifférence ou l\u2019oubli.Sa pen- en ars 457 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 Première fois | au Canada RA HORMONE of G DARDIAQUE < 1.Augmente le tonus cardiaque.2.Dilate les artères coronaires.3.Augmente la réserve cardiaque.BROCHURE EXPLICATIVE ENVOYÉE SUR DEMANDE ANGLO-FRENCH DRUG CIE \u2014 MONTREAL _\"nm 458 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 sée, largement exprimée et diffusée, garde une présence, une activité même qui n\u2019est pas près de s\u2019éteindre au milieu de nous.Car ceux qui relèvent le flambeau demeurent étroitement solidaires des hommes vaillants qui les ont précédés.C\u2019est pourquoi notre reconnaissance demeure acquise au docteur Ernest Prud\u2019homme tout comme notre souvenir confraternel.Pierre SMITH.REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L\u2019'HOPITAL NOTRE-DAME Séance du 10 décembre 1942 Présidence de M.C.-E.Hébert Procédé de Delmas M.Hervé GIBEAULT 1) Madame P.-E.P.entre à l\u2019hôpital Notre-Dame le 1er mars 1942 pour hémorragies.Après l\u2019avoir mise au repos et lui avoir donné tous les médicaments possibles, ne pouvant arrêter les hémorragies, nous décidons de faire l\u2019évacuation extemporanée de l\u2019utérus.;\u2018 Nous sommes en présence d\u2019une multipare âgée de 31 ans, à terme, col épais avec une dilatation de 25 sous, les membranes intactes; nous touchons un placenta prævia.L\u2019anesthésie étant terminée, nous faisons la dilatation du col; au bout de 15 minutes, la dilatation étant complète, nous faisons une version par manœuvre interne, et extrayons par le siège un enfant vivant de 7 livres.Nous faisons une délivrance artificielle.Suites de couches apyrétiques; la patiente retourne chez elle la 11e journée après l\u2019accouchement.La pression artérielle avant l\u2019accouchement, 120/80 ; immédiatement après, 100/80.L\u2019examen gynécologique avant son départ; col cicatriciel sans aucun délabrement.2) Madame M.R., secondipare.âgée de 25 ans, enceinte de huit mois; nous provoquons le travail à cause d\u2019hémorragies persistantes.Son col est long et fermé avec des membranes intactes.Nous avons affaire à un placenta central.le cœur fœtal avant l\u2019intervention est positif.De nouveau.nous nous servons du Delmas; il nous suffit de 15 minutes pour faire la dilatation manuelle du col et sortir un enfant vivant de 6% livres après avoir fait la version et l\u2019extraction par le siège.Ici encore, nous avons fait la délivrance artificielle.La pression artérielle avant, 140/80; immédiatement après, 110/80.Suites de couches sans complication.La patiente retourne chez elle la 12e journée.Examen gynécologique deux mois après l\u2019accouchement; délabrements nuls.Le procédé de Paul Delmas consiste à faire appel à la rachi-anesthésie en vue d\u2019obtenir du col et du segment inférieur une souplesse telle qu\u2019il soit possible d\u2019en obtenir la dilatation par simple écartement du trajet.L\u2019essence même de ce procédé, c\u2019est la suppression de l\u2019innervation médullaire de l\u2019utérus et, par suite, la disparition de la contracture quand elle existe, ou, d\u2019une façon plus générale, l\u2019incroyable assouplissement de l\u2019organe par section du segment postérieur de l\u2019axe réflexe utéro-médullaire.Après avoir réalisé la rachi, on procède à la dilatation du canal cervico-segmentaire en deux étapes: l\u2019une digitale, l\u2019autre manuelle, selon un procédé renouvelé de Celse.Cette dilatation est, dans la majorité des cas, remarquablement facile, extrêmement rapide et peu traumatisante pour le tissu utérin.Dans un laps de temps qui varie, suivant les cas, de 20 secondes à quelques minutes, l\u2019ouverture complète du col utérin est obtenue.Reste ensuite l\u2019extraction.Presque toujours celle-ci est réalisée par le moyen d\u2019une version par manœuvre interne.Le procédé de Delmas trouver ses indications: a) Pendant la grossesse: comme traitement préventif d\u2019états pathologiques venant la compliquer: disproportion de la filière osseuse et du projectile fœtal, éclampsisme, rupture prématurée des membranes; comme traitement curatif du placenta prævia ; b) Pendant le travail: dans la nécessité de terminer sans délai dans l\u2019intérêt de la mère ou de l\u2019enfant, ou des deux: 1° Pour la mère: c\u2019est le cas lorsque: a) les accès convulsifs de l\u2019éclampsie se succèdent, entraînant un état inquiétant qui commande d\u2019en finir ; b) les états pathologiques du cœur et du poumon ne permettent pas de laisser se prolonger la marche habituelle du travail.2° Pour le fœtus: tous les états de souffrance, au premier rang desquels la procidence du cordon.Discussion M.ATTENDU.Le procédé de Delmas a pour but de rendre l\u2019accouchement indolore et est réservé aux cas où l\u2019on veut avoir un accouchement rapide.Il faut distinguer cette technique d\u2019une autre assez récente préconisée par les auteurs américains qui consiste en une injection épidurale; le Delmas consiste en une injection rachidienne, et, comme tel, ce procédé soulève la question de toutes les complications des - injections rachidiennes. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 459 ) 7, Ce 0 ts Gêne d\u2019après-diner Etre obligé d\u2019écouter un discours prosaïque après le dîner est peut-être une expérience pénible, mais ce n\u2019est rien à côté de la douleur physique qui attend celui qui a bien dîné.mais pas trop sagement.| La gourmandise est difficile à guérir, de même que l'habitude de manger vite, et il faut donc alléger l\u2019embarras gastrique causé par l\u2019hyperacidité.Depuis nombre d\u2019années, les médecins ont trouvé, dans le Cal-Bis-Ma, le genre de préparation qui aide à procurer ce soulagement.Une poudre au goût agréable, composée de substance dont l\u2019efficacité est reconnue en ce qui concerne la neutralisation de l'acidité gastrique.Cal-Bis-Ma peut être ordonné avec assurance qu\u2019il agira promptement et en toute sécurité.Un échantillon d\u2019essai sera volontiers envoyé aux médecins.Veuillez vous adresser au Service Professionnel.CAL-BIS-MA 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2 mois.Pleurésie en 1938.Examen.Malade amaigrie: 86 livres, déshydratée, très pâle.Cheveux blancs.Cœur: sténose mitrale.Abdomen: souple.douloureux à la palpation dans la fosse iliaque gauche.Examens complémentaires.mie: 0.29 gr.Glycémie: 1.20 gr.Séro-diagnostic: négatif.Prothrombine: 100%.Temps de saignement, de coagulation: normal.Formule sanguine: 58% d\u2019hémoglobine.Analyse des selles: présence de pus et de sang.Amibes.BX.= négatifs.Parasites.Rares fibres musculaires.Lavement baryté.(Dr Bélisle.) «Le remplissage s\u2019effectue avec quelque difficulté et quelques douleurs.I] n\u2019existr aucun obstacle vrai ni aucune déformation de la lumière colique; on ne retrouve plus cependant lez incisures normales, mais de nombreux éperons greffés de façon irrégulière sur la lumière de tous les côlons et particulièrement le descendant.Cette image nous semble bien caractéristique d\u2019une forme étendue et grave de côlite ulcéreuse.» Recto-sigmoïdoscopie, le 20/9/42.L\u2019ampoule rectale présente de multiples érosions hémorragiques avec muqueuse friable, saignant au moindre contact; sécrétions muco-purulentes nauséabondes.Les segments, sur certains points de l\u2019intestin jusqu\u2019à 18 cm.présentent le même aspect: image typique de recto- côlite hémorragico-purulent et ulcéreuse.Traitements.Commencés le 21/9/42.Diéte riche en protéines \u2014 jus de fruits salés \u2014 légumes verts, etc.Extraits polyvitaminiques per os.Sulfathiazole: 15 grammes (intolérance).B.W.négatif.Azoté- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 ( 7/10/42) Redoxon, 5 c.c.IV.tous les jours.(21/10/42) Depuis 4 jours: selles normales, pas de pus ni sang.Recto-sigmoïdoscopie.Muqueuse ayant un aspect porcelaine, granité, très friable: pas de pus; amélioration marquée quoique la muqueuse soit encore anormale.(27/10/42) Récidive: diarrhée avec pus et sang.Foie de veau concentré: 15 unités trois fois par semaine.(30/10/42) Transfusion, 500 c.e.\u2014 Sérums.( 6/11/42) Transfusion, 250 c.c.Eschatin, 3 c.c., 2 fois par jour (Dr C.Grignon).( 7/11/42) Patiente décédée: cachexie et toxémie secondaire.Pas de syndrome péritonéal clinique.Résumé de l\u2019évolution.Du 15 septembre au 15 novembre.Le syndrome de recto-côlite ulcéreuse a évolué rapidement malgré toutes les thérapeutiques, sauf une accalmie transitoire.Peu de phénomènes douloureux.T° 98 à 100°.Présence à peu près quotidienne de selles plus ou moins solides avec pus et sang.Les divers hémogrammes n\u2019ont trouvé qu\u2019une diminution de l\u2019hémoglobine.Protocole d\u2019autopsie (No 2969).Cadavre d\u2019une jeune femme bien constituée, cachectique, au teint basané, la peau est parcheminée.On note des ecchymoses sur les deux genoux, les cuisses et les avant-bras.A l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, le foie ne dépasse pas les fausses côtes, et un liquide verdâtre purulent contenant des fausses membranes s\u2019écoule de l\u2019abdomen.Cœur.Ne présente rien de bien particulier; il est en atrophie brune.(Esophage.En-dessous du niveau de la bifurcation de la trachée, on note dans l\u2019æsophage des ulcérations multiples superficielles, souples, n\u2019ayant déterminé aucune sclérose; elles sont vraisemblablement récentes; leur dimension va de 1 mm.& 2% cm.de diamètre.Le fond de ces ulcérations est noirâtre.Poumons.Léger infarcissement à la base pulmonaire gauche.Foie.Aspect rappelant celui du foie cardiaque.Rate.Laisse échapper une boue abondante \u2014 rate de type infectieux.Reins.Les reins sont œdémateux et offrent un médullaire foncé.L\u2019épiploon est adhérent au petit bassin.L\u2019intestin grêle est légèrement descendu aux abords du duodénum.Les fausses membranes purulentes verdâtres se rencontrent tout le long du gros intestin.L\u2019estomac est légèrement distendu, mais ne présente aucune ulcération.Les ulcérations œsopha- giennes cessent au cardia.Tout le petit intestin n\u2019offre rien de bien particulier.Mais le gros intestin, UCONATE E CALCIUM dis que beaucoup ments minéraux lque l\u2019iode et le fer lune simple fonction jologique, le cal- 1 est requis pour ours processus non mentés, c'est-à-dire pagulation du sang, Kvité de la trypsine, rouragement de la ractilité des mus- , la prévention de anie, le développe- squelettique et son htien, ainsi que pen- la grossesse et la bde de lactation.3 la plupart de nos ents ordinaires, le nu en calcium est jme en rapport aux ins du corps, ce qui | nécessaire un blément de calcium ces Le métabolisme du um est plus actif en ance de quantités santes de Vitamine alle que fournie par alglucol \u201cD\u201d, E.B.S.jon per os sous une qui est bien ab- pee, et est employé 8 les cas suivants rt suppléer au cal- ln fourni par le ré- le alimentaire.V/ ZL\u201d 2» (/ 77 VITAMINE art ?] Pour les femmes enceintes et celles qui allaitent, et pour les enfants qui grandissent rapidement.9 Pour élever le niveau du calcium dans le sang dans les cas de tétanie.3 Pour la surexcitation nerveuse qui résulte de la carence de calcium, et pour le spasme nerveux du système gastro-intestinal et les contractions nerveuses des muscles squelettiques qui peuvent aussi résulter d\u2019une carence de calcium.4 Pour élever temporairement le niveau du calcium dans le sang afin que celui-ci se coagule plus rapidement avant et après les opérations chirurgicales et dentaires.5 Pour l'asthme et la fièvre des foins, états dans lesquels il a été reconnu qu\u2019une carence de calcium existe dans un grand pourcentage des cas.6 Pour diminuer l\u2019inflammation et surtout réduire l\u2019effusion pleurale et l\u2019œdème pulmonaire, en réduisant la perméabilité des capillaires.7 Dans le traitement des maladies respiratoires sur lesquelles il influe en relächant le spasme bronchial et en diminuant la sécrétion des mucosités des voies respiratoires.8 Pour soulager les démangeaisons cutanées, l\u2019urticaire, les éruptions qui se produisent par suite de l'allergie ou des drogues, et l\u2019eczéma.9 Pour diminuer la douleur de la dysménorrhée et dans les cas de douleur intraitable, comme dans le cancer.10 Dans le traitement de cas d\u2019empoisonnement qui occasionnent un dérangement du métabolisme du calcium \u2014 comme dans l\u2019empoisonnement par le plomb, par le tétrachlorure de carbone.le chloroforme et autres hydrocarbures chlorurés du même genre, l\u2019empoisonnement à l\u2019acide oxalique et aussi pour neutraliser l\u2019effet général du magnésium.ALGLUCOL «D» ess.HE E.B.SHUTTLEWORTH WIS EUR LIMITED UE : @ MANUFACTURING CHEMISTS 4° & = CANADA CT.No149 A Chaque comprimé contient : 10 grains de Gluco- nate de Calcium e t 500 Unites Int.de Vitamine D.CALGLUCOL «D» E.B.S.pour administration per os se vend en flacons de 100, 500 et 1,000 comprimés No 149A.Pour injections intramusculaires, le Calglucol, en solution à 10%, est fourni en boîtes de six ampoules de 10 cc.chacune, No A-31.Sous cette forme, il est très utile dans les maladies causées par le sérum, l\u2019urticaire, le croup spasmodique et les convulsions infantiles, et l\u2019éclampsie.C\u2019est aussi un prophylactique contre la fièvre du lait.L'œdème des enfants qui souffrent de néphrose a été traité avec succès avec des ampoules de Calglucol.L'\u2019injection de Calglucol E.B.S.n\u2019est pas recommandée pendant un traitement à la digitale.Identifiez ces produits sur vos ordonnances, en inscrivant les lettres E.B.S.après le produit spécifié. 462 par contre, est intéressé dans presque toute sa longueur.La partie rectale sur une hauteur de 6 cm.est congestionnée et offre une légère dépression de la muqueuse bordée par un bourrelet rouge taillé à pic.Au-dessus de cette plage probablement une grande ulcération; on en note une autre de 75 mm.de diamètre.Maintenant l\u2019intestin semble indemne ma- croscopiquement sur une hauteur de 15 em.Soudainement commencent des élevures ressemblant à des polypes en nappes; ces formations sont parallèles à l\u2019axe de l\u2019intestin.La partie déprimée entre ces formations offre à peu près les mêmes dimensions, le fond est blanc nacré.Cette alternance d\u2019élévations et de dépressions assez régulière, donnant À l\u2019intestin un aspect en domino, se continue jusqu\u2019à la valvule iléo-cæcale où elles cessent brusquement.De prime abord, ces formations furent prises pour de la polypose intestinale.Mais l\u2019examen histologique est venu en fixer la vraie nature.Les formations élevées sont tout ce qui reste de la muqueuse colique; les espaces entre elles sont de considérables ulcérations qui attaquent parfois jusqu\u2019aux musculeuses.Le bord des élévations des restes de muqueuse est souvent sous-miné et recouvert d\u2019un enduit fibrino-purulent.Aspect classique de la recto-côlite ulcéreuse grave telle que décrite par Bensaude.Conclusions (Bensaude).« La recto-côlite ulcéreuse est une maladie grave atteignant le côlon en partie ou en totalité, prédominant toujours & la surface et à sa termiraison, se traduisant le plus souvent par un syndrome dysentérique d\u2019allure aiguë ou chronique, évoluant par poussées successives et d\u2019étiologie encore totalement inconnue.» À cette définition, donnée en 1935, il n'y a malheureusement rien à ajouter en 1942.Discussion M.U.GARIEPY rapporte un malade identique suivi conjointement avec le docteur Chaput et décédé d\u2019anémie sur-aiguë.Il demande ensuite si les lavages au nitrate d\u2019argent peuvent aider ces malades et, finalement, il soulève la question des blocages du sympathique lombaire comme thérapeutique adjuvante, en pensant toujours à la possibilité de réactions vasculo-nerveuses dans le mécanisme de ces ulcérations.M.R.AMYOT.La recto-côlite ulcéreuse es*-elle une entité bien définie et quels en sont les éléments du diagnostic?M.René GRIGNON demande s\u2019il n\u2019y aurait pas intérêt à traiter précocement ces malades par une iléostomie.Il cite des statistiques américaines rapportant 5 cas de guérison authentiques.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 M.ATTENDU, tenant compte de l\u2019analogie des: poussées de la recto-côlite ulcéreuse et de l\u2019ulcère gastrique ou duodénal, demande si l\u2019hydroxide d\u2019alumine pourrait aider ces malades.M.R.DUFRESNE.Le traitement local par les divers antiseptiques en lavements n\u2019ayant pas donné- de grands résultats, il semble bien qu\u2019on doive au- jourd\u2019hui abandonner cette méthode de traitement médical.Dans les formes graves étant malheureusement aussi peu efficace, n\u2019y aurait-il pas lieu d\u2019envisager un traitement chirurgical précoce par dérivation ?Il mentionne l\u2019action très efficace des petites transfusions répétées, et termine en rapportant un cas de rectite hémorragique sans lésion du sigmoïde.Il se- demande si cette forme n\u2019est pas une variante de- recto-côlite ulcéreuse et si sa malade n\u2019évoluera pas elle aussi vers les mêmes syndromes.M.C.HEBERT rapporte un cas de recto-côlite ulcéreuse chez qui il a pratiqué assez précocement une cæcostomie avec une amélioration importante de- l\u2019état général et local.Plusieurs mois après, par une- nouvelle intervention, il ferma la bouche de dérivation.Depuis ce temps, la malade présente un syndrome de constipation tenace, et il se demande quel a été réellement le résultat de cette intervention.Il rappelle, de plus, une notion très importante, à savoir: qu\u2019il y a des formes de recto-côlite ulcéreuse- plus virulentes et d\u2019autres beaucoup moins: ce sont vraisemblablement ces dernières qui guérissent le plug facilement.M.Y.CHAPUT.La recto-côlite ulcéreuse idiopathique est une entité bien définie.Il ne faut pas- la confondre avec la recto-côlite ulcéreuse parasitaire, amibienne, tuberculeuse, lympho-granulomateuse.Ce qui en fait la particularité, c\u2019est que son étiologie n\u2019entre pas dans le cadre des affections précitées.Ses éléments de diagnostic sont le syndrome clinique, ses aspects endoscopiques complétés par l\u2019examen copro- logique, la radiologie passant ici au second plan par rapport à la recto-sigmoïdoscopie.Parmi les notions étiologiques, une à retenir: la possibilité d\u2019une allergie alimentaire surtout en ce qui regarde le lait.Il a l\u2019intention de soumettre le prochain cas à des blocages: du sympathique lombaire tels que préconisés par Leriche, notamment dans les côlites spasmodiques- tenaces.Il n\u2019accorde aucune valeur spécifique à l\u2019hydroxyde d\u2019alumine comme traitement de l\u2019ulcère gastrique ou duodénal.Le traitement local par les antiseptiques est probablement une cause d\u2019irritation de la muqueuse qui est déjà excessivement friable ;.il n\u2019accorde pas beaucoup de valeur à cette méthode.Le traitement médical par les sulfamidés, notamment la sulfaguanidine, ne confirme pas les enthousiasmes de la publicité.Il est cependant préférable d\u2019en faire- l\u2019essai, surtout pour combattre l'infection secondaire. FORMULE lodoforme Menthol lodures Camphre Ampoule de 1 cc.(En solution huileuse de faible acidité) Nouvelle Médication 2042 la dinudile el les infections des voies respiratoires Injection Iniramudculaire Documentation compléte et échantillon sur demande REPRESEINTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, , \u201cMÉDICAMENTS DE MARQUE\u201d 2027.AVENUE DU COLLÈGE McGILL, MONTREAL 464 Le sérum et le vaccin de Bargen de l\u2019Institut Mayo ne lui ont pas donné des résultats bien encourageants.En conclusion, il résume le syndrome de la façon suivante: étiologie inconnue, aucun traitement spécifique, évolution par poussées, formes aiguës habituellement fatales, formes chroniques, heureusement les plus fréquentes, où le traitement de l\u2019état général du malade et le maintien de l\u2019équilibre physilogique comptent beaucoup plus que le traitement de l\u2019état local.» Un cas d'ostéo-arthropathie tabétique de la colonne vertébrale MM.Roma AMYOT, Julio VASQUEZ et Armand GENEST Cette communication a paru comme article original dans l\u2019Union Médicale de mars, p.305.Discussion M.L-C.SIMARD fait remarquer que l\u2019observation rapportée par le docteur Amyot est trés rare et, par le fait méme, trés intéressante.M.R.AMYOT.Les ostéo-arthropathies tabétiques les plus fréquentes sont, par ordre de localisation: les genoux, les pieds, les hanches.Aux membres supérieurs.elle est beaucoup moins fréquente; à la colonne vertébrale, cette localisation serait beaucoup plus rare.La lésion est indolore au début, mais, progressivement, elle engendre des phénomènes douloureux par compression.Il s\u2019agit d\u2019une lésion trophique par atteinte des fibres sympathiques passant par la corne antérieure amenant un trouble vaso-moteur qui modifie la circulation périphérique et engendre cette otéo-arthropathie.A propos d\u2019un cas d'hémiplégie syphilitique MM.A.MARIN et A.LAMBERT Maurice J., âgé de 38 ans (dossier 10867), contracte un chancre syphilitique en 1927, qui est traité, pendant 8 mois, d\u2019une façon intensive et régulière.Son B.W.positif pendant les 3 premiers mois de la maladie, s\u2019est négativé au 4e mois, et est demeuré tel jusqu\u2019à la fin du traitement.En 1929, se croyant guéri, le malade disparaît sans accepter la ponction lombaire de fin de traitement, ni se soumettre à la surveillance médicale d\u2019au moins 5 ans, qu\u2019on a l\u2019habitude d\u2019exiger de tout syphilitique apparemment guéri.En septembre 1942, après 13 ans d\u2019abstention thérapeutique, période durant laquelle sa santé fut excellente, le malade se plaint subitement d\u2019engourdissements, de fourmillements, d\u2019un peu d\u2019impotence du bras et de la jambe, d\u2019une légère difficulté de langage, de défaillance de la mémoire, enfin d\u2019asthénie.Son L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 médecin, lui ayant trouvé un BW.HF) 6H), le soumet immédiatement à un traitement arsenical intensif.Le malade reçoit 0.30 de Novar.Le lendemain, ses troubles légers, plus haut mentionnés, se transforment en syndrome d\u2019hémiparésie droite évidente.Une semaine après, le médecin renchérit et injecte 0.60 de Novar.Presque aussitôt après, le malade fait un ictus, avec hémiplégie droite présentant les symptômes classiques suivants: 1) Aphasie motrice; 2) Amnésie partielle; 3) Déficit global de la motilité volontaire droite (œil, bouche, membres supérieurs et inférieurs) ; 4) Exagération de la motilité réflexe droite (tous les réflexes tendineux sont très vifs) ; 5) Abolition des réflexes cutanés (crémastérien droit aboli, Babinski positif).Commentaires.Cette cbservation rappelle, une fois de plus, à l\u2019attention les préceptes de prudence que tout médecin, appelé à traiter la syphilis, doit avoir toujours présents à l\u2019esprit, à savoir: 1° Qu\u2019il ne faut pas se fier uniquement à un B.W.négatif depuis plusieurs mois pour parler de guérison définitive de la Lues.2° Qu\u2019un examen du liquide C.R.s\u2019impose à la fin du traitement: dans le cas actuel, il aurait tout probablement indiqué la prolongation de la cure par le 914.3° Que l\u2019on ne doit jamais oublier la loi du « Paradoxe thérapeutique », d\u2019après laquelle le Novar, dans la Lues ancienne, non traitée, nerveuse ou cardio-vasculaire, peut avoir un résultat désastreux, à cause de ses effets congestionnants, vaso-dilatateurs ou, encore, trop rapidement cicatrisants.Au lieu de voir les symptômes s\u2019améliorer comme dans la syphilis secondaire, nous voyons les signes s'aggraver subitement: ainsi notre malade, qui ne présentait que des troubles légers d\u2019artérite cérébrale spécifique, a vu son syndrome se transformer en hémiparésie, puis hémiplégie franche, sous la stimulation intempestive du Novar.4° Qu\u2019il est impérieux, dans les Lues anciennes non traitées, de recourir d\u2019abord aux métaux lourds, bismuth et mercure, pendant 4 à 6 semaines, puis ensuite en venir aux arsénobenzènes, à doses petites et croissantes.Discussion M.R.AMYOT fait remarquer qu\u2019il s\u2019agit vraisemblablement d\u2019un ramollissement cérébral par réaction L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 465 D'après de nombreux rapports de cliniques, le fer à l\u2019état ferreux s'avère plus efficace à petites doses que sous n\u2019importe quelle autre forme et offre moins d\u2019inconvénients.Parmi les nombreux régénérateurs sanguins qui portent l\u2019étiquette Squibb, trois contiennent du fer à l\u2019état ferreux.Afin de répondre aux besoins particuliers de chaque patient et de satisfaire aux préférences des médecins, l\u2019un de ces produits contient du fer seul, un autre du fer et de la B1 et un troisième du fer, de la B: et du foie.COMPRIMÉS DE SULFATE FERREUX DÉSHYDRATÉ SQUIBB Pour emploi lorsque le fer seul est indiqué.S\u2019obtiennent en bouteilles de 100 et de 1,000 comprimés recouverts d\u2019une substance qui ne se dissout que dans l'intestin.Trois grains de sulfate ferreux déshydraté fournissent autant de fer (environ 60 mg.) que 5 grains de sulfate ferreux U.S.P.ordinaire.CAPSULES DE SULFATE FERREUX SQUIBB AVEC B, Pour prévenir ou traiter l\u2019anémie secondaire, particulièrement chez les patients souffrant d\u2019anorexie par suite de déficience en vitamine B.Chaque capsule contient 3 grains de sulfate ferreux déshydraté et 1 mg.(333 unités US.P.XI de vitamine B:) de chlorhydrate de thiamine.S\u2019obtiennent en bouteilles de 100 et de 1,000 capsules.CAPSULES HEBULON = Pour la prophylaxie et le traitement de l\u2019anémie secondaire.Complément nutritif durant la grossesse, la convalescence et la sous- alimentation générale.Chaque petite capsule de gélatine, facile à avaler, contient 2 grains de suifate ferreux déshydraté (environ 40 mg.de fer), 50 unités U.S.P.XI de vitamine B.et de l\u2019extrait de foie (obtenu de 16 gr.de foie frais) dans lequel se trouvent des quantités appréciables de certains facteurs du complexe B1, y compris la riboflavine et les facteurs du filtrat.S\u2019obtiennent en bouteilles de 100, 500 et 1,000 capsules.* \u201cHebulon\u201d\u2019 est une marque déposée de E.R.Squibb & Sons.Pour obtenir des notices descriptives, écrire à 36 Caledonia Road, Toronto, Canada.1 HEBULON 158 Fée ; Sn Re Es.84 À Portes.E'R:SQUIBB & SONS OF CANADA.Ltd.Fabricants de Produits Chimiques pour le Corps Médical depuis 1858. 466 d\u2019Herxeimer locale.Il demande, de plus, si le traitement bimuthique de 4 à 6 semaines n\u2019est pas un peu long comme préliminaire à l\u2019arsénothérapie.M.A.LAMBERT.Le traitement donné de 4 à 6 semaines est un traitement minimum puisque, en effet, il comporte deux injections de bismuth par semaine.Prématuration M.A.GUILBEAULT Survie d\u2019un prématuré né au cours du 7e mois de la grossesse.Poids de naissance, 1 Ib.10 oz.Le 12e jour, le poids était 1 lb.et 7 oz.A son admission, la température de l\u2019enfant était descendue à 92° F.\u2018 L\u2019enfant fut traité sans le secours de l\u2019incubateur et alimenté artificiellement.Après un séjour de 242 jours dans le service de pédiatrie, l\u2019enfant quitte l\u2019hôpital le 17 juillet 1942, âgé de huit mois, pesant 9 Ibs 9 oz., Antécédents.Père: B.S.Mère: B.S.3e grossesse.Technique.L\u2019enfant enveloppé d\u2019ouate (les membres enveloppés isolément) est déposé dans un berceau et entouré L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 de sacs d\u2019eau chaude.Ces sacs sont changés à toutes les heures, un à la fois, selon le degré de température de l'enfant: la température de la chambre cst maintenue a 80° F.Bain à l\u2019huile stérilisée.Alimentation: 12 heures après sa naissance, l\u2019enfant fut alimenté au Frailac \u2014 à la dose d\u2019une cuillerée à thé par once d\u2019eau.Au début, 5 cc.de la préparation à toutes les deux heures.Contre l\u2019anémie au 7e mois: transfusion dans le sinus.Discussion M.A.GUILBEAULT.Au lieu de mettre l\u2019enfant dans un incubateur, il a préféré transformer toute la chambre en un incubateur.Importance du rôle du personnel.Traitement applicable à domicile.Le Frailac est un aliment spécial pour les prématurés et les débiles.Il a une teneur élevée en hydrate de carbone, mais ne contient pas de vitamines, d\u2019où la nécessité d\u2019en rajouter à la diète.Secrétaire adjoint, Y.CHAPUT.AMtherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées Pompes funèbres Salons mortuaires Salons mortuaires: hee ae Plessis Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame | = ST, sat ES a i oy Eo 75 i o 22 i 3 2 ca 2 Ex EE 5 i 5 = = i = si 2 + 5 Si 5 = pb 5 = = = ey = 7 ne ze = 2 i 55 £3 & be = = RE: 5 se we 2 o = a RS i = 2 2 5 5 = 2 23 = Q = HE A = = 33 = 2 + a SE i == = 4 fe i Si 5 Ce Si 3 = x2 5 i 2 = i = 5 2 ; HR = = S 5 = os = 5 4 2 = = 5 Le ces > 5 5 3 \u2014 7 £25 i \u2018us S 2 2 i 2 i © oi Ss 5 D 5 33 i Ë £ i PR HA TAT ig 2 x al i 2 A a hi 5 = 10 Æ > 2 # Gx 5 & : i 2% oa : 7 5 3 2 276 # 2 a Wh 2 % i & 2% o 2 5 = i 2 2% 2 2 : 2 a (J a 2 : 2 24 i 2 2 = 5 CE = A 4 x ; Ë = ts 5 \u20ac ; i 2 Zi 2 Ex 9 Ze 7 2 = É < i 2% o 5e Le ae 5 7 A = La se = 5 EG 2 4 2 % Si ge 7 7 $ \u20ac ge 2 2 Q 2 7 2 2 4 set 5, 2% a eu £ Es 7 5 5 i y SE i a % © = : 7 A £ aE 3 Zi i > nu.Oo = 2 # Sa = fe Tad ak 7 7 = 7 2.5 i Ey | 122 D Z fis 5 a 5 Æ i Æ os 6 a 73 EGE 5 5 \u20ac | TN 27 EN £7 à = .2 J \u20ac AE 4 = > = > > it 2 9 4 = © A 2 5 = = x i 5 Z 4 GS 2 ai = 3 pi NS Z $ > Le oO da 5.x 2 7 3 THE 5 2 ti x = 3 5 5 9 A = =.ae ps : = = SE ss RTE a x QV © = = Q = i ci = STE = > = a = 2 : sis, ; = i Be à he 5 3 x J: oe x» a 3 9 5 £3 DE & 73 8 = 3 Sy = a ss & S = 8 : a ss 3 8 +, + $S 3 0 = se 5 sn $5 : 2 ce - sx ; = A $ A & = ee = se 8 = = Sa + S = = S 5 3 Rg > N 3 + = Wn 22 = & Ri x a SES a + = = 3% 5 ws % an = 8 3 i = - + fries = = A © c = a : RS ses x Sin $ 3 A 3 = 3 = 5 > Se Sa = RX = ; 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L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 469 L\u2019ANALYSE QUALITATIVE DU SUCRE DANS L\u2019URINE EST UNE AFFAIRE DE QUELQUES SECONDES AVEC.CLINITEST La Nouvelle Méthode employant des Comprimés.9 5 gouttes d\u2019uri- @ Faites-y tomber Attendez la réac- un comprimé.tion et comparez ne, plus 10 gout- eu Un: y avec l\u2019échelle des tes d\u2019eau.i we couleurs.RESULTATS SÛRS \u2014 La Méthode Clinitest avec Comprimés est basée sur les mêmes principes chimiques que comporte l\u2019analvse de Benedict \u2014 sauf qu\u2019il n\u2019est besoin d'aucune chaleur externe, et que les ingrédients actifs pour l\u2019analyse sont contenus dans un simple comprimé.UNE ÉCONOMIE PRATIQUE \u2014 Le nécessaire complet (avec comprimés pour 50 analyses) se vend au patient pour la somme de $2.00.Comprimés de rechange (pour 75 analyses) \u2014 $2.00.Ecrivez pour recevoir de la documentation descriptive.Le Nécessaire Clinitest pour l\u2019Analyse Qualitative du Sucre dans l\u2019Urine et les Comprimés de rechange Clinitest sont vendus par la maison qui vous fournit des accessoires chirurgicaux ou par votre pharmacie d\u2019ordonnances.ace Solon Se 2 CLINLIEST Concessionnaires exclusifs pour le Canada FRED.J.WHITLOW & CO.,,LTD.,187 DUFFERIN STREET, TORONTO. NOUVELLES UNIVERSITE DE MONTREAL Faculté de Médecine Le Conseil de la Faculté de médecine, à sa séance régulière du 10 mars 1943, à déclaré vacante les chaires suivantes: : 1° Chaire de clinique chirurgicale à l\u2019hôpi- pital Notre-Dame.2° Chaire d\u2019obstétrique.3° Chaire de médecine légale et de toxicologie.Les professeurs ou agrégés qui remplissent les conditions des règlements universitaires devront poser leur candidature dans un délai de 30 jours, à compter de l\u2019affichage.Passé ce délai, aucune lettre de candidature ne sera prise en considération.Le candidat doit présenter une demande écrite au Conseil.Cette demande comprend: 1° Son curriculum vite complet, incluant fonctions remplies, titres et travaux scientifiques.2° Un exposé précis des qualifications qu\u2019il possède pour professer, avec honneur pour la Faculté et à l\u2019avantage des élèves, l\u2019enseignement qu\u2019il postule.Cet exposé devra mentionner tout particulièrement en quoi les études spéciales faites et la carrière professionnelle et professorale antérieure du candidat l\u2019ont préparé, ou le désignent à remplir ses nouvelles fonctions.Le doyen et directeur des études de la Faculté de médecine, Albert LeSage.NOTES SUR L'INSTITUT DE MICROBIOLOGIE ET D'HYGIENE DE MONTREAL Après huit ans d'efforts Je suis heureux de publier, aujourd\u2019hui, ces notes de l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène, où sont consignés les débuts, l\u2019évolution et les résultats obtenus.Ceux qui voudront bien les lire apprendront que, derrière l\u2019épais rideau de l\u2019anonymat, se poursuivent des travaux de recherches de haut intérêt, qui reçoivent l\u2019appui de peu de gens et se dévelop- - pent malgré tout et souvent malgré tous.\u201c C\u2019est pour rendre justice aux pionniers de cette œuvre magnifique que nous publions cette nouvelle concernant l\u2019Université de Montréal, extraite du volumineux rapport du diree- teur, M.Frappier, soumis à la Société d\u2019administration de l\u2019Université de Montréal.On se rendra compte de son grand mérite et de la reconnaissance que nous devrons à ceux qui en ont eu l\u2019idée et qui ont pu la réaliser.Le doyen de la Faculté de médecine, Albert LeSAGE.* # + L'idée èst venue de l\u2019Université de Toronto où l\u2019on avait déjà érigé, dès avant la guerre de 1914, les « Connaught Laboratories ».C\u2019était une idée intéressante: garder, pour les besoins des laboratoires de recherche, les profits dérivant de la préparation et de la vente des produits biologiques, notamment des vaccins et des sérums.A Toronto, le succes a dépassé les espérances.En quelques années, les « Connaught Laboratories » ont amassé une belle réserve.L\u2019expérience nous a appris que, du projet a la réalisation d\u2019une entreprise semblable dans la province de Québec, il y avait, si l\u2019on peut dire, beaucoup plus loin que de la coupe aux lèvres.Après huit ans de travail, nous avons la satisfaction de toucher de bien près au succès.Huit ans de projets, d\u2019enquêtes, de séjours dans les antichambres ministérielles, de rédaction d'innombrables lettres et rapports de consultations avec des soldats, des architectes, des ingénieurs, des entrepreneurs, des banquiers L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 471 \u2018Cellona\u2019 Le nouveau BANDAGE DE PLATRE DE PARIS perfectionné Les bandages de plâtre de Paris \u2018Cellona\u2019 sont entièrement et uniformément imprégnés de plâtre de Paris au moyen d\u2019un procédé nouveau qui assure la perfection de chaque bandage.Le \u2018Cellona\u2019 contient 90% de plâtre et est exempt de poudre libre.Il suffit de 5/10 de seconde pour l\u2019humecter et le moulage dureit en moins de 5/10 de minute.Les bandages de platre de Paris \u2018CELLONA\u2019 sont employés pour les emplatres réguliers dans les fractures du carpe (Colles).Ils sont forts tout en étant légers; non volumineux et assurent un moulage parfait.Les bandages de platre de Paris \u2018CELLONA\u2019 avec étrier de marche Bohler sont employés dans la fabrication d\u2019un emplatre au-dessous du genou.Leur grande résistance permet de supporter immédiatement un certain poids.Cellona Nom déposé En dépit des exigences de la guerre, nous espérons qu\u2019une provision raisonnable sera maintenue.SMITH & NEPHEW LTD.378 ouest, rue Saint-Paul, Montréal.Fabriqué en Angleterre par T.J.SMITH & NEPHEW, LTD., HULL. 472 et des hommes d\u2019affaires; huit ans de pourparlers avec les autorités universitaires, avec la première et la deuxième Société d\u2019Administration de l\u2019Université de Montréal, avec les doyens de facultés indirectement intéressés; huit ans, au cours desquels la bonne fortune nous prodigue les conseils et l\u2019aide de l\u2019Institut Pasteur de Paris, et plus particulièrement de l\u2019un de ses chefs de service les plus connus, le docteur L.Nègre, notre conseiller scientifique, l\u2019aide également de plusieurs institutions américaines, notamment des New York State Laboratories of Hygiene; huit ans, pendant lesquels nous avons formé de toutes piéces un personnel scientifique bien discipliné et dont nous exigeons encore le maximum de sacrifices, pendant lesquels nous nous sommes acharnés à découvrir les tours de mains techniques et à mettre au point les formules pratiques de préparation de vaccins et de sérums, ce qui nécessite de nombreux voyages d\u2019études à l\u2019étranger, (l\u2019un de nous a même accompli à ses frais deux voyages spéciaux en Europe) ; huit ans, enfin, au cours desquels nous avons réussi quand même à faire de nombreuses recherches, particulièrement sur la vaccination anti-tuberculeuse, et à publier nos résultats, contribuent de la sorte à éveiller l\u2019attention sur le sérieux de nos efforts.Nous pouvons dire que l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène de Montréal a été créé de rien et que, seule, une ténacité de « Boa constrictor » en a rendu possible le fonctionnement.Contrairement à ce que l\u2019on pourrait penser, le plus gros du problème n\u2019était pas que d\u2019ordre financier, mais surtout d\u2019ordre technique et scientifique.À ce compte, l\u2019actif de l\u2019Institut devrait se composer aujourd\u2019hui de 75% de travail désintéressé et accumulé et de 25% seulement de capital argent.Débuts \u2014 Incorporation C\u2019est le laboratoire du BCG qui a constitué le noyau de l\u2019Institut.La faculté de Médecine ayant fait subsister ce laboratoire pendant plusieurs années dans les débuts, le Conseil National des Recherches du Canada le soutint L'UNION MÉDICALE DU CANADA - - BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 d'un octroi jusqu\u2019à ce que le gouvernement provincial avançât les fonds suffisants pour le mettre sur pied solide.Vers 1937, nous tenions un projet bien défini et nous cherchions des hommes d\u2019affaires qui auraient consenti à se dévouer à notre entreprise.Grâce au docteur Georges Préfon- taine, nous fûmes mis en relation avec monsieur Armand Dupuis qui, après étude complète du projet, conseilla l\u2019incorporation de l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hÿgiène de Montréal.Les premiers membres de cette corporation étaient: M.Armand Dupuis; Dr Télesphore Pari- zeau; Dr Edmond Dubé; Dr Georges Préfon- taine; Dr Armand Frappier.Buts de l\u2019Institut \u2014 Chartes 1938-1942 L'Université était alors incapable de faire quoi que ce soit pour nous, sinon de nous encourager par la parole.Un syndicat très honorable offrit $50,000.00 à l\u2019un de nous pour développer privément cette industrie: nous avons fait sourde oreille à cette offre, car notre but était de garder cette institution dans le domaine universitaire.Le principe même de notre institution, la raison, le résumé de sa charte, l\u2019arme qui nous a permis de passer à travers toutes les difficultés, c\u2019est que, l\u2019objet de l\u2019Institut était la recherche scientifique, l\u2019Institut doit faire servir exclusivement, aux fins de cette recherche, tout profit dérivant de la production et de la vente des produits biologiques faits dans ses laboratoires.L'Institut désire aussi et de cette façon contribuer à l\u2019indépendance économique du Québec, à l\u2019ouverture de carrières scientifiques pour les nôtres, à la formation d\u2019experts, de chercheurs et de techniciens, à l\u2019éducation et à la propagande scientifique et hygiénique.Les sommes envoyées en dehors de la province et du pays pour l\u2019achat de produits biologiques (entre $250,000.00 et $300,000.00 chaque année par la province de Québec seule) servent non seulement à payer le coût de revient de ces produits et, pour les industries privées, des dividendes substantiels aux action- DANS LE TRAITEMENT MODERNE L RH TISME ART AIRE CHRONIQUE =\u2014 | \u2014 \u2014 \u2014 = = Pr = pe, 7 2 _\u2014 \u2014\u2014\u2014 == \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 -\u2014- ess SOLGANAL-B_OLEOSUM Le SOLGANAL-B QLEQ M aurothigglucos\u20ac)y Composé d'or possédant une PS air, sa ry qu oh IPRS ITTg ie JER \u201cae ne 1 2AVO1L gDbterL GT de dre To 2 Ge PTT JEP AG AH es res re > ey \u201cbro Btn: en me \u20ac ° 9.4 Su le Its tion et 10340) 7*}) OLGANAL-B OLEOSUMY peu (Es foe.Agate de ICS Te vas) édicale *Nopt dépose au nada RRQ Eu LIMITED 137, RU PIEKR MO REAL 474 naires, mais en plus et par le fait même ces sommes contribuent à ravitailler les recherches de l\u2019Etranger et à faire vivre ses savants.En effet, la fabrication des produits biologiques (vaccins, sérums, hormones) requiert des travailleurs de haute science et suppose des recherches constantes.L\u2019Institut doit aussi collaborer avec les services de santé, avec l\u2019Université de Montréal et les autres universités et avec les industries biologiques ou pharmaceutiques.Toutes ces idées ressortent nettement dans la charte originale de l\u2019Institut (1938) et elles sont répétées textuellement dans la nouvelle charte octroyée en 1942.Premier octroi Pour commencer, il fallait des fonds et nous avons frappé à la porte du Ministère provincial de la Santé.Le gouvernement provincial a étayé financièrement la fondation de notre entreprise.D'ailleurs le gouvernement de Québec nous avait pressés de créer cet Institut et, comme il s\u2019agissait d\u2019une corporation sans but lucratif, le capital nécessaire à une telle fondation et à son développement ne pouvait venir d\u2019ailleurs que du gouvernement provincial.Nous avions demandé un octroi annuel de $15,000.00 pendant 20 ans, nous permettant de financer une dépense immédiate de $80,000.00, de voir aux développements futurs et de payer les déficits éventuels.L'expérience a révélé que nos prévisions étaient justes.Le Ministère paya $75,000.00 comptant, avec l\u2019assurance que l\u2019Institut aurait toujours la sympathie des Ministères ct pourrait revenir en temps et lieu.Nous faisons remarquer que la plus grande partie fut dépensée sous forme d\u2019immobilisations, car, une toute petite partie de l\u2019argent servit au reeru- tement et à la formation de notre personnel technique et à l\u2019expérimentation des formules de production; la majeure partie fut imimo- bilisée par l\u2019achat de matériel et d\u2019unc ferme à Laval des Rapides, le long de la Rivière des Prairies.Sur cette ferme nous avons cons- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULTETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 truit une écurie d\u2019inmunisation pour 20 chevaux, faisant partie de notre service de Sérothérapie.Premières opérations 1941 Si nous avions eu des laboratoires adéquats, nous aurions été prêts, dès 1939, à produire sur une échelle convenable.Il avait été entendu que nous logerions dans les édifices de l\u2019Université de Montréal à la montagne, dont le parachèvement devait se faire incessamment.Mais il survint deux années de retard dans ce parachèvement et, malgré que nous eussions les fonds pour équiper nos laboratoires, nous n\u2019avons pu entreprendre la production industrielle avant septembre 1941 ni la vente avant avril 1942.Ce retard de deux ans dans notre installation nous a fait perdre le plus gros des occasions provoquées par la guerre.Pendant ce temps, nous \u2018travaillions quand même à diverses recherches, sur la mise au point des techniques de production, et à la formation du personnel, que nous voulions plus nombreux pour l'établissement rapide de tous les principaux services, une fois les laboratoires construits.Essor La nouvelle Société d\u2019Administration de l\u2019Université de Montréal, avec l\u2019aide précieuse du Ministère Provincial, a finalement résolu le problème de nos laboratoires.Efforts multipliés de la part des membres de cette Société, patience et bonne volonté de la part de nos membres aboutirent en 1940 à l\u2019établissement de « CONVENTIONS » préliminaires à une loi (laquelle fut sanctionnée en 1942) nous unissant étroitement à l\u2019Université.Alors nous avons construit les laboratoires de l\u2019Institut dans les immeubles de l\u2019Université.Les plans ont été approuvés par les autorités de l\u2019Institut Pasteur de Paris et par les autorités fédérales du Canada.Tenant compte de notre climat et de nos besoins.évitant systématiquement le luxe auquel nous sommes fortement opposés, nous avons appliqué, dans nos divers services, des idées pra- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 475 BIS KAM OIL Hyperchlorhydrie \u2014 Affections de l\u2019estomac.1 à 3 cuillerées de poudre délayées dans de l\u2019eau froide.TREPHONYL du Dr Roussel (Hemostyl et extrait de foie) Anémies.Déficiences organiques.1 ampoule dans A de verre d'eau par Jour de préférence avant les repas de midi.TAXOL Rééducateur physiologique de l\u2019intestin.2 à 4 comprimés avant le repas du soir.(Dose moy.2 comprimés.) NEURIN ASE Sédatif et hypnotique sans accoutumance.1 à 2 tablettes au coucher.ALEPSAL Epilepsie.Convulsions (Non dépressif).Comprimés dosés a 0 Gr.015 et 2 0 Gr.10.INOTYOL Affections de la peau.Démangeaisons.Briilures.Applications journaliéres.PLURIGLANDINE Extrait opothérapique total.Déficiences organiques.2 à 4 dragées glutinisées par jour.VEINATONE Affections veineuses.2 à 4 dragées glutinisées par jour.ARTICHOBYL Maladies du foie.(Action très douce.) 4 à 10 pilules à intervalles réguliers.J.EDDÉ Limitée Edifice New Birks, MONTRÉAL 476 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943 tiques que nous avions recueillies dans les laboratoires les plus réputés du monde.Nos laboratoires font l\u2019envie d\u2019autres institutions du même genre que la nôtre.Depuis le début, l\u2019Institut a pris un essor proportionnel à l\u2019envergure qu\u2019on a exigée de lui.Il est évident que la somme de $75,000.00 n\u2019a pu suffire à un tel développement.D\u2019autant plus que, di aux circonstances de la guerre, l\u2019Institut est requis de rendre beaucoup de services au pays et doit profiter de l\u2019occasion unique qui se présente de se développer rapidement.L\u2019Institut a été sollicité de la part de presque tous les gouvernements alliés.Malheureusement, 1l n\u2019a pu répondre à toutes ces sollicitations parce qu\u2019il lui manque le capital voulu pour s\u2019adapter à une rapide évolution et aussi parce qu\u2019il n\u2019est pas possible qu\u2019après à peine un an de véritables opérations sur une base industrielle, il soit en mesure de répondre à toutes les demandes, comme le serait une plus vieille institution.Récemment on a procédé à une réorganisation du bureau.Voici les noms des membres qui le constituent: Messieurs Casaubon, Louis; Dubé, Dr Edmond; Dupuis, Armand; Frappier, Dr Armand; Gagnon, Wilfrid; Grégoire, Dr Jean; Groulx, Dr Adélard; Huot, Paul; Janin, Alban; Lawrence, A.-J.; LeSage, Dr Albert; Morin, René; Parizeau, Dr Télesphore; Préfontaine, Dr Georges; Prévost, Hervé.6-6 ++ SEMAINE DE PEDIATRIE A L'HOPITAL SAINTE-JUSTINE Sous la direction du docteur Gaston La- pierre, professeur titulaire de pédiatrie à l\u2019Université de Montréal et du docteur René Benoit, chef de la Crèche à l'hôpital de la Miséricorde, avec le concours du docteur Edmond Dubé, professeur titulaire, du docteur Henri Baril et du docteur Jean Saucier, professeurs agrégés à l\u2019Université de Montréal, ainsi que des docteurs Jean Lapointe, Lucien Coutu, Willie Major, Antonio Léveillé, L.-A.Gagnier, Alcide Martel, assistants à l\u2019enseignement clinique infantile.Une série de leçons sur la puériculture et la médecine infantile seront données encore cette année à l'hôpital Sainte-Justine.Ces leçons sont destinées aux médecins et seront données du 24 au 29 mai 1943.Une partie importante du programme sera consacrée à l'hygiène de l\u2019âge pré-scolaire ainsi qu\u2019à l\u2019hygiène de l\u2019Âge scolaire.Le programme détaillé de ces «leçons » paraîtra dans le prochain numéro.ee + NOMINATION Le docteur Urgel Gariépy vient d\u2019être nommé chef du service de chirurgie de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Le nouveau titulaire remplace le docteur B.-G.Bourgeois récemment décédé.Nos meilleurs vœux et nos félicitations.2e + PROMOTION AU MAJOR E.MORIN EN ANGLETERRE Le major Eustache Morin, du corps médical de l\u2019armée canadienne, a été promu lieutenant- colonel, nous apprend une dépêche reçue d\u2019outre-mer.Le docteur Morin pratiquait la médecine à Québec jusqu\u2019au début de la guerre.Agé de 37 ans, il est diplômé des collèges Ste-Marie et Loyola, de Montréal, et a fait ses études médicales en France, trois ans à l\u2019Université de Toulouse, trois ans à l\u2019Université de Paris.Docteur en médecine de l\u2019Université de Paris, il est revenu dans sa ville natale, il y a quelques années.Assistant en médecine à l'hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, il était médecin au dispensaire de la brasserie Boswell lorsque la guerre a éclaté.Le lieutenant-colonel Eustache Morin est maintenant chef de la section de médecine à l'hôpital Général n° 17, le premier et le seul hôpital canadien-français de l\u2019armée canadienne d\u2019outre-mer. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1943, 477 Maintenant, des Bébés de six semaines peuvent bénéficier des éléments nutritifs que contiennent les fruits, les legumes et les céréales grâce aux Grâce au nouveau procédé d\u2019Homogénéisation Libby\u2019s, des bébés n\u2019ayant que six semaines ont bien toléré des légumes et des fruits nourrissants.Auparavant, la plupart des médecins trouvaient que les légumes, même les plus soigneusement passés au passe-purée, contenaient trop de fibres et de parois celluleuses grossières et indigestes pour l\u2019appareil digestif des bébés.Cellule nutritive AVANT l\u2019Homogénéisation Remarquez que la nourriture est enfermée dans une dure paroi cellu- leuse qui n\u2019est pas brisée dans les purées les plus soigneusement passées.Les sucs digestifs non développés des petits bébés peuvent ne pas pénêtrer à travers la paroi cel- luleuse et la nourriture nécessaire sera perdue.Les aliments non digérés passent dans le gros intestin où ils peuvent fermenter et causer des dérangements graves.Des épreuves, faites dans des éprouvettes, ont démontré que les Légumes Homogénéisés Libby\u2019s se digèrent beaucoup plus complètement en 30 minutes que ne le font les légumes en purée en deux heures.Toutes les fibres grossières et les parois indigestes des cellules nutritives étant transformées en une substance lisse par l\u2019Homogénéisation, même les très jeunes bébés peuvent bénéficier d\u2019un régime alimentaire mieux équilibré grâce aux Aliments Homogé- Cellule nutritive néisés Libby\u2019s pour Bébés qui réduisent de beaucoup le danger d\u2019endommager leurs intestins délicats.La nourriture renfermée dans les parois celluleuses des cellules nutritives est libérée pour être plus facilement digérée.Donc, en plus de se digérer plus facilement que les purées, les Aliments Homogénéisés Libby\u2019s pour Bébés assurent plus de nourriture qu\u2019une quantité égale de fruits ou de légumes en purée.APRÈS l\u2019Homogénéisation Remarquez que la dure paroi celluleuse a été complètement brisée.La nourriture en a été libérée pour être digérée rapidement.Le danger de troubles intestinaux dus à la fermentation d\u2019aliments partiellement digérés est grandement surmonté et le bébé obtient plus de nourriture de la même quantité d\u2019aliments.DES ÉCHANTILLONS GRATUITS | et de la littérature descriptive seront envoyés aux médecins et pédiatres qui en feront la demande.Veuillez vous adresser à: Libby, McNeill & Libby Laboratoires, Chatham, Ontario.10 COMBINAISONS D'ALIMENTS BIEN ÉQUILIBRÉES POUR BÉBÉS Grâce à ces combinaisons de céréales, soupes, fruits et légumes Homogénéi i i { et isés, le Méd poi L prescrire une variété d\u2019afiments solides pour les bébés.édecin peut facilement s, ait complet, Soupe maigre\u2014consistant de betteraves, 4 blé complet, ] céleri, pommes de terre, pois, asperges.farine de soya.carottes, tomates, farine de soya et orge.Peut être don- Combinaison de légumes verts \u2014 beaucoup de médecins ont demandé ce mélange.Pois, épinards et haricots verts mélangés 2 Citrouille, Pruneaux,.née aux très jeunes bébés.ensemble pour assurer un plat tomates, jus d'ananas, de légumes très désirable.$s.us i Lo ; vert J e citron.8 Combinaison de fruits amé- 1 Tomates, carottes et pois\u2014Une Pois, G Soupe\u2014
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