L'union médicale du Canada, 1 janvier 1943, Janvier
[" JACQUES de LORIMIER BOURGEOIS Simple hommage Nous avons appris, il y a quelque temps, que le docteur Jacques de Lorimier Bourgeois, un de nos plus brillants élèves, ancien interne de « l'hôpital Notre-Dame » et du « Toronto General Hospital », avait été porté comme « disparu » le premier jour de l\u2019envahissement de l\u2019Afrique du Nord par les troupes anglo-américaines.La nouvelle en est parvenue à son père, le professeur B.-G.Bourgeois, chirurgien en chef de l\u2019hôpital Notre-Dame.Nous avions annoncé, il y a quelques mois, dans les colonnes de cette revue, le départ de notre jeune ami pour l'Angleterre où il s\u2019était enrôlé dans la marine anglaise.Après des missions nombreuses et souvent péril- leuses, où notre jeune et vaillant ami avait fait preuve de savoir et de courage, il avait regu, de la part de ses chefs, des marques de distinction, et on lui avait assigné des postes de confiance qui témoignalent non seulement de sa valeur comme chirurgien mais aussi comme homme digne d\u2019assumer des responsabilités que l\u2019on ronfie généralement aux aînés.Bref, il occupait, dernièrement, un poste de chirurgien à bord d\u2019un navire anglais appelé « Hartland ».Lorsque les Américains, aidés des Anglais, décidèrent d\u2019envahir l\u2019Afrique du Nord, deux navires anglais: le « Hartland » et le « Walney », reçurent l\u2019ordre de se diriger soe, ow Coy sev 1 a + eo.% 4 ® vy os « * .v + » + » 9 - « .- - \u2018 \u201c - \u20ac \u201c an Le ve + ce e % v » wv 4 ! os > ; « .Ç - $9 + n ?2 LS - 0.n 4) .oe vw os 4 61 5 : er\" \u2018 ».© - DE PRE » * 201\u20ac : vo te «.re \u201coe .\u2026 .- « sl [] _.eus - + L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN, \u2014 Montréal, janvier 1943 vers Oran et de forcer l\u2019entrée du port, en enfonçant un « boom » qui le fermait, afin d\u2019y admettre de plus gros navires alliés qui devaient y accomplir une importante mission avant le sabordage éventuel des navires français réfugiés depuis longtemps à cet endroit stratégique.Un journaliste anglais, Leo S.Disher, qui se trouvait sur l\u2019un des deux navires, à fait le récit de cette entreprise hasardeuse et héroïque, dans les journaux quotidiens , auxquels j'emprunte quelques renseignements et aussi dans un journal des Trois-Rivières 2, «Ces deux navires appelés « Cutter » quittèrent le convoi à minuit et s'avancèrent seuls, dans la nuit très obscure, vers l\u2019entrée du port.Tout alla bien pendant quelque temps, mais bientôt les navires furent répérés par les réflecteurs du port français et soumis au feu convergent des sept batteries côtières et des huit navires de guerre français mouillés dans le port intérieur, et dont la plupart devaient être avariés ou détruits plus tard lorsque de grosses unités de la flotte purent pénétrer dans le port par la brèche que leur avaient ouverte le Hartland et le Walney.« Malgré la pluie de projectiles qui les assaillaient de toutes parts, leurs propres pièces, crachant la mitraille, les deux petits navires, après deux essais, réussirent à forcer l\u2019entrée et à aller débarquer leurs troupes aux endroits convenus.Puis, leurs coques déchirées par les obus de gros calibre, brûlant de la poupe à la proue, ils sombrèrent après une formidable explosion, alors qu\u2019ils retournaient à la mer, entraînant avec eux probablement tout ce qui vivait encore de leurs héroïques équipages.» Quel drame poignant si l\u2019on songe que les nôtres sont tombés, là-bas, sous des balles françaises tandis qu\u2019ils s\u2019offraient de délivrer du joug hitlérien ceux-là mêmes qui s\u2019obstinaient à les traiter en ennemis malgré la sincérité de leurs intentions.S'adressant à la Chambre des Communes d\u2019Angleterre, quelque temps apres, le premier Lord de I\u2019Amirauté, My.Alexander, rapportait la perte des onze navires qui disparurent lors des débarquements en Afrique et payait un tribut d\u2019hommage aux équipages de deux d\u2019entre eux surtout dont l\u2019action héroïque avait permis l\u2019accomplissement de la tâche difficile qu\u2019on leur avait confiée.«Cet exploit », dit-il, « peut être classé parmi les plus héroïques épisodes qui sont consignés dans les archives de la Marine Britannique.Ces deux petits navires avaient reçu la mission de défoncer les barrages défendant l\u2019entrée du port d\u2019Oran (blockships) disposés à l\u2019avance dans ce but.Ils passèrent à travers le barrage, et malgré que la distance fut courte pour atteindre le point de débarquement, ils furent soumis à un terrible feu de barrage des batteries côtières et des navires de guerre dont quelques-uns tiraient à bout portant, à quelques verges de distance à peine.1.« Montreal Daily Star », 18 novembre 1942.2.«Le Bien Public», jeudi, 10 décembre 1942.J [EE > \u201cse J Ne - Ew oa + « -~ oy Xo eu LESAGE: JACQUES pE LORIMIER BOURGEOIS « Les mécaniciens et les chauffeurs, tous des jeunes gens sans beaucoup d\u2019expérience et encore peu aguerris, restèrent à leur poste jusqu\u2019à ce que les obus pénétrant les ponts brisèrent les conduites de la vapeur et, dans un cas, tuèrent tous les hommes qui se trouvaient sur le pont de navigation, etc.« Un tel exploit égalise les traditions qui ont été établies par les marins de Drake et de Nelson, et aussi longtemps que les navires de l\u2019Empire Britannique seront confiés à des hommes comme ceux qui ont manœuvré le Hartland et le Walney, la Marine est assurée que son glorieux passé ne sera jamais amoindri.» x x Xk On peut ajouter, à la suite de ces renseignements, qu\u2019une m'ssion aussi périlleuse, en de telles circonstances, signifiait le sacrifice de sa vie pour chacun de ceux qui devaient l\u2019accomplir.Ce simple récit est plus éloquent que les pauvres commentaires que nous pourrions ajouter.Sans doute notre jeune ami, le docteur Jacques de Lorimier Bourgeois, a été porté « comme disparu », mais nous conservons, quand même, l\u2019espoir qu\u2019un jour nous pourrons entendre dire qu\u2019il a été recueilli ici ou là!.Nous ne sommes pas surpris, nous qui le connaissions, de sa constante ambition de servir, n'importe où, n\u2019importe quand, depuis son départ du Canada.Les excellents témoignages, nombreux et unanimes, de ses activités et le charme qui se dégageait de sa personne exerçaient sur son entourage une influence heureuse.D\u2019autre part, le souci de ses responsabilités et le sens du devoir qui l\u2019animaient si intensément, soit dans ses conversations, soit dans ses lettres, en faisaient une recrue exceptionnelle dont l\u2019ascendant, quoique jeune, créait une atmosphère d\u2019optimisme en toutes occasions, même les plus imprévues, sinon les plus tragiques.Il aurait pu, après deux années de service, être rappelé au pays: il en avait reçu l\u2019offre de la part de gens influents qui s\u2019intéressaient à son avenir, mais il a tonjours refusé, car, disait-il, « j'ai des amis charmants avec qui je 1e suis solidarisé, et nous nous sommes promis, les uns aux autres, d\u2019accomplir notre mission jusqu\u2019à la victoire, ou de mourir pour elle si tel est notre destin ».De telles paroles, véritablement socratiques, dans la bouche d\u2019un jeune homme plein d\u2019avenir et de talent, peuvent surprendre des gens plus âgés et moins ambitieux, possédant plus d\u2019expérience et jouissant d\u2019une influence décisive.Mais on comprend mieux une telle attitude lorsqu\u2019on sait, qu\u2019à côté d\u2019une formation scientifique de premier ordre, le docteur Jacques de Lorimier Bourgeois avait eu le bonheur de recevoir une éducation très complète, dont son père et sa mère ont été les artisans magnifiques par la parole et par l\u2019exemple.Derrière sa constante bienveillance, il possédait un caractère, c\u2019est-à-dire, citant Lacordaire: « l\u2019énergie sourde de la volonté, je ne sais quoi d\u2019inébranlable dans les desseins, de plus inébranlable encore L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 dans la fidélité à soi-même, à ses convictions, à ses amitiés, à ses vertus, une force ultime qui jaillit de la personne et inspire à tous cette certitude que nous appelons la sécurité ».Nous adressons à ses parents l\u2019expression sincère de nos regrets et l\u2019espoir, quand même, de le revoir un jour.Cependant, lorsqu\u2019une famille peut compter de tels hauts faits dans ses annales, concernant l\u2019un de ses membres, la douleur s\u2019atténue graduellement, et la superbe reprend ses droits pour rendre un juste hommage à celui qui a mérité qu\u2019on le proclame et qu\u2019on s\u2019en souvienne!.\u2026 « Car c\u2019est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage Que nous puissions donner de notre dignité Que cet ardent sanglot Cee eee .au bord de votre éternité.» Albert LeSAGE. LE STATUS ACTUEL DE L\u2019ARTHRITE ET DU RHUMATISME ET LEUR TRAITEMENT EFFECTIF ' Par Ralph PEMBERTON, | Professeur au « Graduate School » de l\u2019Université de Pensylvanie, Président de la Ligue Internationale contre le rhumatisme.Le sujet que j'ai l\u2019honneur de traiter devant vous cet après-midi est un de ceux qui intéressent tous les praticiens, tant au Canada qu\u2019aux Etats-Unis, à savoir, l\u2019arthrite et les maladies rhumatismales.Le problème de ces maladies existe partout, affectant toutes les nations entre les zones glaciales et sub-tropicales.Les statistiques que le gouvernement des Etats-Unis a rassemblées, montrent un total de rhumatisants, aux Etats-Unis, de 7,000,000 de cas, tandis que les maladies du cœur ne s\u2019élèvent qu\u2019à 4,000,000 de cas.Compris sous le titre « Rhumatisme » se trouvent un bon nombre de sujets dont les principaux sont l\u2019arthrite, le fibrosite, et la maladie de Bouillaud.Le sujet principal de mon discours aujour- d\u2019hui sera l\u2019arthrite; et vous serez peut-être un peu surpris d'apprendre que la maladie de Bouillaud, si importante qu\u2019elle soit, joue un rôle dix fois moins important que l\u2019arthritisme en général.Il y a près de quinze ans que « The American Committee for the Control of Rheumatism » a qualifié l\u2019arthrite de maladie systémique, comportant en même temps des manifestations aux articulations.L\u2019arthrite n\u2019est pas une maladie des jointures proprement dite.Les tissus affectés dans l\u2019arthrite sont, pour la plupart, ceux qui se rattache au mésoderme et on pourrait, presque appeler la maladie une « mésodermose ».Ayant constaté ceci, il doit être plus facile de comprendre que l\u2019arthrite entraîne plus que des changements pathologiques dans les jointures.1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.Les systèmes majeurs du corps se détraquent à divers degrés et, pour que le traitement réussisse, 11 faut l'appliquer surtout à la réduction de ces détraquements plutôt qu\u2019aux résultats finaux.Le syndrome de l\u2019arthrite est varié et présente une étiologie variée également.Plusieurs facteurs, tels que l\u2019hérédité, la conformation du corps, la fatigue, l\u2019infection, le froid, l\u2019humidité, peuvent l\u2019amener.Jusqu\u2019a ces dernières années, il existait une théorie généralement acceptée, en particulier aux Etats-Unis, que l\u2019infection était la cause principale de cette maladie; mais, aujour- d\u2019hui, on comprend que l'infection, quoiqu\u2019elle ait beaucoup d'importance au point de vue clinique, ne peut pas être regardée comme la cause initiale.Il y a deux variétés principales de l\u2019arthrite que nous devons, dès maintenant, signaler tout spécialement, qui s\u2019appellent l\u2019arthrite atro- phique (rhumatoid arthritis) et l\u2019arthrite hy- perthophique (ostéo-arthritis).Celle-là est une maladie qui nous affecte jusqu\u2019à l\u2019âge de quarante ans, caractérisée en ce qui concerne les jointures, par une prolifération de la membrane synoviale qui recouvre le cartilage et le détruit.En même temps des processus de granulation, plus ou moins comparables à ce que je viens de décrire, peuvent survenir dans la moelle de l\u2019épiphyse, du corps de l\u2019os.Quand ces deux processus évoluent simultanément, le cartilage est détruit des deux côtés et ces deux couches de tissus tendent à s\u2019unir.L\u2019autre grand type, l\u2019arthrite hypertrophique (ostéo-arthritis), est caractérisé par une dégénérescence ou fibrillation du cartilage qui se ramollit et s\u2019érode.Il en résulte que ce processus met à nu l\u2019os sous-jacent.L\u2019ankylose ne se produit jamais. 6 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 La diaphyse de l\u2019os subit une diminution du nombre des trabécules osseuses par résorption et les os, appelés à supporter un poids considérable, peuvent s\u2019incurver.Il se forme aussi un cartilage nouveau qui peut se transformer en os.Dans le cas des phalanges des doigts, ce processus donne lieu à des tuméfactions connues sous le nom de « nodosités d\u2019Heber- den ».Le traitement de ces deux variétés du syndrome n\u2019est pas exactement le même, pour l\u2019une et l\u2019autre, mais plusieurs des facteurs produisant la maladie et plusieurs des aspects de la thérapie sont parallèles et on peut presque les considérer sur le même plan.Les influences qui déterminent ces manifestations systémiques dont je parle, et aussi les manifestations dans les articulations, proviennent, probablement, d\u2019une perte d\u2019équilibre du systèmie nerveux, y compris la chaîne endocrine.Parmi les témoignages périphériques de cette perte d\u2019équilibre, sont l\u2019atrophie de l\u2019os et du muscle; l\u2019infiltration du tissu conjonctif; la dégénérescence du cartilage; l\u2019anémie; un abaissement de la protéine du plasma; un abaissement du métabolisme basal; une résistance désordonnée à l\u2019infection; une vaso-constric- tion dans les vaisseaux capillaires.La froideur des mains des rhumatisants peut être attribuée à ce dernier facteur.Il faut ajouter que c\u2019est au docteur René Dandurand de Montréal qu\u2019on doit la constatation que les rhumatisants portent, dans leur plasma, un excès de substances réduisantes.Les malades affectés par le rhumatisme possèdent aussi des agglutinines pour le streptocoque hémolytique et on peut regarder ces anticorps comme une évidence que le streptocoque joue un rôle quelconque.Cependant il y a des étudiants qui regardent ces réactions comme des réactions non- spécifiques, comme celles de Wassermann et de Weil Felix.Il faut maintenant mentionner un aspect du syndrome de l\u2019arthritisme, qui a depuis longtemps échappé à l\u2019attention.Il peut se produire dans un grand nombre de cas de l\u2019arthritisme un véritable œdème des tissus, qui souvent ne se montre qu\u2019au moment où il commence à disparaître.Dans ces circonstances, les os du dos de la main deviennent visibles.Cet œdème ne provient pas de l\u2019abaissement des protéines du plasma et dans quelques cas, on peut le démontrer aussi par la pression des doigts dans la région pré- tibiale.Nous devons maintenant considérer aussi le tractus gastro-intestinal qui n\u2019est pas apprécié à sa juste valeur dans le problème du rhumatisme.Dans ces dernières années, Spack- man et d\u2019autres, ont constaté que, sur 400 cas d\u2019arthritisme, quelque dérangement de ce tractus, soit hypo-chlorhydrie, achlorhydrie, ou malformation de l\u2019intestin lui-même, se présente avec une fréquence de soixante pour cent.Le côlon est souvent caractérisé par une tendance à être d\u2019un calibre plus grand, a être beaucoup plus long, à avoir un aspect beaucoup plus sinueux que la moyenne des côlons.Le type de malade chez lequel on trouve ces dérangements du tractus gastro-intestinal avec la plus grande fréquence, est grêle, d\u2019une constitution anatomique déficiente, avec étroitesse de l\u2019angle costal, viscéroptose et vicieuses attitudes du corps.On a constaté que ces attitudes et mécanismes vicieux du corps ont beaucoup à faire avec l\u2019attaque et la continuation de l\u2019arthrite.Le corollaire thérapeutique de ce fait est qu\u2019on doit regarder, de très près, ce que nous appelons en Anglais, le « body mechanics» du malade et améliorer autant que possible tout ce qui n\u2019est pas en ligne.Comme il a été déjà indiqué, plusieurs des grands systèmes du corps sont dérangés et, par conséquent, on ne sera pas surpris d\u2019apprendre que le traitement des arthritiques en général doit commencer par le repos complet du malade.Sans doute que chaque practicien croit qu\u2019il comprend tout ce que le mot «repos » veut dire mais l\u2019explication est vraiment PEMBERTON: ARTHRITE ET RHUMATISME 7 beaucoup plus compliquée que l\u2019on ne pense.Le repos couché a les effets suivants: 1° Il facilite la distribution égale du sang dans les réseaux capillaires; 2° il permet le passage des fluides des tissus dans les canaux vasculaires; 3° il libère le système nerveux de l\u2019effort qu\u2019entraîne la position debout; 4° il permet que les organes prennent des positions normales et régularise leur fonctionnement; 5° le repos toutefois, peut être nuisible, à moins qu\u2019il ne soit bien compris et appliqué.Ainsi, ordonné inconsidérément, il peut amener l\u2019ankylose.Dans le cas de l\u2019arthrite atro- phique, le malade doit, lüäi-même, remuer les membres une ou deux fois par jour.Dans bien des cas incipients, la prescription du repos peut apparemment faire des miracles.En fait, toutes les fois que l\u2019on soigne l\u2019arthrite en groupe, le repos au lit doit être la base servant de point de départ a tout autre genre de thérapie.Lorsque l\u2019arthritique a été mis au repos complet et qu\u2019on lui a permis de recouvrer un meilleur équilibre, on doit examiner la prostate, la vésicule biliaire et les autres régions pour découvrir la présence des foyers d\u2019infection.La plupart des arthritiques, surtout du type atrophique, sont atteints d\u2019anémie, qu\u2019ordinairement on considère comme secondaire.Cette anémie n\u2019est probablement pas moins importante que la maladie elle-même et peut en faire partie intégrale.L\u2019œdème qui accompagne beaucoup de cas d\u2019arthrite, peut être traité de plusieurs manières.Dans la position du repos couché, le fluide des tissus a une tendance à pénétrer les vaisseaux vasculaires et, ainsi, à s\u2019éliminer.La transpiration, la purgation et le massage peuvent accomplir le même résultat mais les deux premières mesures sont, en général, trop sévères pour l\u2019arthritique gravement malade.Un autre moyen d\u2019enrayer l\u2019ædème se trouve dans le régime.Un réajustement du régime alimentaire pour fournir une plus grande quantité de protéine et pour diminuer la quantité d\u2019hydrates de carbone, détermine une perte d\u2019eau par le corps.L'influence d\u2019un tel régime dépend du fait que, dans le métabolisme de la protéine, il faut de l\u2019eau pour éliminer les produits résultants.Au contraire, l\u2019ingestion de grandes quantités d\u2019hydrates de carbone, tels que le sucre et l\u2019amidon, peut résulter dans l\u2019accumulation du glycogène qui retient de l\u2019eau dans la proportion de trois grammes d\u2019eau pour chaque gramme de glycogène.On peut coordonner l'influence de chacun de ces facteurs variés, afin que les tissus éliminent l\u2019excès d\u2019eau, au lieu de la conserver.Il est probable que cette rétention de l\u2019eau constitue une partie de la vraie pathologie de la maladie, du moins en ce qui concerne la douleur et la raideur.Le grand domaine de la physiothérapie comprend plusieurs moyens ayant beaucoup de valeur dans le traitement du rhumatisme chronique, en particulier la chaleur et le massage.L'influence de ces deux agents peut être très efficace en ouvrant les réseaux capillaires fermés qui souvent accompagnent l\u2019arthrite.Le fait même qu\u2019il y a tant de drogues et de médicaments employés dans la lutte contre l\u2019arthritisme, est le témoignage le plus probant de leur inutilité.Une bonne analogie pour l\u2019emploi de drogues dans le traitement des rhumatisants se trouvent dans les soins qu\u2019on donne aux tuberculeux.Le soulagement de la toux de la tuberculose ne consiste pas, en dernière analyse, dans l\u2019emploi des opiacés mais dans la composition d\u2019un régime physiologique.Le soulagement de la douleur causée par l\u2019arthrite est accompli, par analogie, non par des remèdes anodins, mais par un régime physiologique, bien qu\u2019il soit plus compliqué évidemment.Le traitement suivi de l\u2019arthritique par des remèdes anodins prouve ordinairement l\u2019ignorance du praticien au sujet de la vraie nature de la maladie.On ne doit jamais administrer d\u2019opium à l\u2019arthritique.Les salicylates sont utiles en cas 8 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 d'urgence mais ne doivent s\u2019employer que dans ce cas.La sédation du système nerveux est presque toujours nécessaire au début du traitement et, en fait, la collaboration du malade ne s\u2019obtient, la plupart du temps, que lorsque son système nerveux s\u2019est calmé.La convalescence ne peut vraiment commencer qu\u2019à la disparition de la tension nerveuse.Une légère stimulation est presque toujours nécessaire aussi, parce que l\u2019arthritique est généralement atteint de fatigue et souffre également du fonctionnement insuffisant de plusieurs de ses organes et systèmes, ainsi que nous le montrent l\u2019hypochlorhydrie, l\u2019hébétude mentale, etc.La noix vomique à petite dose, de trois gouttes trois fois par jour, peut être des plus utile mais seulement quand elle est administrée suivant le programme énoncé ci-dessus.Il est hors de doute que le système endocrin en général est compris dans l\u2019ensemble du syndrome arthritique et il est probable que la chaine entière des endocrins est affectée.Une illustration partielle de ceci se voit bien dans les exacerbations de l\u2019arthrite à l\u2019époque de la menstruation, dans les mieux qui caractérisent la grossesse et aussi dans l\u2019arthrite qui accompagne la ménopause.L\u2019emploi des vaccins était récemment un des pas les plus importants sur la voie de la thérapie de ce syndrome.Cependant on peut dire, tandis que la justification de cette forme de thérapie dépendait apparemment du raisonnement logique, que les prémisses n\u2019étaient pas tout à fait exactes.Il n\u2019y a pas de preuve absolue que l\u2019arthrite soit une maladie causée par l\u2019infection; et l\u2019emploi des vaccins poussé à ce point là, en particulier aux Etats-Unis, non seulement a produit des résultats décevants, mais encore a eu parfois des suites nocives.Il y a lieu, vraiment, d\u2019user de vaccins mais dans une mesure bien moindre qu\u2019on ne le pensait naguère et les vaccins en général doivent être réservés aux derniers stades de la thérapie, quand les mesures plus saines et plus physiologiques se sont montrées inefficaces.Pour le moment, un moyen qui promet davantage, c\u2019est l\u2019emploi de l\u2019or.Il a été introduit par Forestier, et on peut dire que, des diverses mesures isolées pour traiter cette maladie, il ressort actuellement que l\u2019or est, peut-être, la meilleure.Il est encore trop tôt pour l\u2019apprécier à sa juste valeur; et en tout cas, on ne devrait jamais s\u2019en servir, du moins à mon avis, que lorsque l\u2019expérience démontre qu\u2019un agent de cette sorte est nécessaire.L\u2019or est très toxique et peut se comparer au mercure, à l\u2019arsenic et au plomb.Il faut reconnaître que, pour bien traiter des groupes considérables d\u2019arthritiques, il faut compter sur les efforts coordonnés des travailleurs dans tous les domaines de la médecine.La maladie elle-même, cependant, est du ressort du spécialiste des maladies internes, bien qu\u2019il doive nécessairement faire appel à ses confrères des autres spécialités pour contrôler et compléter le tableau.Il en est de même des mesures qu\u2019il emploie et qui doivent, forcément, être variées et compliquées.Il est donc fort désirable, autant que faire se peut, de mettre au point les différentes mesures successives nécessaires pour le traitement des arthritiques en groupe.Ceci ne peut pas s\u2019accomplir d\u2019une façon définitive mais il est possible d\u2019indiquer une série de mesures qui amèneront une grande amélioration chez la plupart des arthritiques.Cette série commence, comme nous l\u2019avons indiqué plus haut, par le repos au lit, suivi de la sédation, accompagné ou non de stimulation du malade.Presque au début, le régime alimentaire doit être réglé pour faciliter le fonctionnement adéquat des intestins, pour fournir les calories que nécessite le repos au lit, et pour donner assez de protéine pour compenser le manque de plasma protéine qu\u2019on rencontre fréquemment.Arrivé à ce stade, on doit laisser au malade le temps de profiter quelque peu de la période de repos qu\u2019on lui a accordée, afin qu\u2019il recouvre un certain équilibre dans les systèmes nerveux, vasculaire, gastro-intestinal et locomoteur.Ici, l\u2019examen des foyers d'infection s\u2019impose et il faut signaler qu\u2019un examen trop PEMBERTON: ARTHRITE ET RHUMATISME 9 vigoureux peut avoir pour résultat l\u2019exacerbation de toute la maladie.L\u2019administration du fer, de l\u2019arsenic ou d\u2019autres agents pour combattre l\u2019anémie, doit être appliquée et, peu après ceci, doit suivre le traitement conservateur des foyers d\u2019infection qui existent.Si cette infection peut être extirpée, conformément au bon jugement médical et chirurgical une telle mesure est le moyen le plus rapide.Souvent cependant, le malade n\u2019est pas en état de subir une opération, ou même un traitement vigoureux de l\u2019infection; et toute tentative pour se rendre maître de ces foyers doit être faite avec beaucoup de précaution et de lenteur.La mesure qu\u2019il faut, au moment qu\u2019il ne faut pas, équivaut à la fausse mesure et beaucoup d\u2019arthritiques, déjà malades, ont été plongés dans un état désespéré d\u2019infirmité par une vaine intervention chirurgicale.La physiothérapie devient souvent tres utile.L\u2019assistance orthopédique peut être des plus importantes et les moules de plâtre démontables sont parfois nécessaires.Généralement, les facteurs essentiels qui causent et accompagnent la maladie, ayant été étudiés et enrayés, les remèdes tels que les vaccins et l\u2019or peuvent être judicieusement employés.Toutefois, il faut se rappeler que la tendance du praticien général est de chercher un remède simple pour ce syndrome compliqué.Au point de vue philosophique une telle attitude est mauvaise et, par conséquent, inadéquate au point de vue clinique.Ceux qui traitent l\u2019arthrite sont appelés à envisager le problème sous tous ses aspects et à se rendre compte qu\u2019une maladie d\u2019étiologie douteuse, ayant beaucoup d\u2019expressions variées, ne peut logiquement se guérir par une thérapeutique à sens unique que dans des cas exceptionnels.Bien des médecins ont toujours l\u2019impression que le rhumatisme chronique est une maladie incurable; mais, en fait, si on poursuit en général le programme indiqué ci-dessus, il y à peu de maladies contre lesquelles on puisse faire davantage. PRÉ-CANCER ET CANCER DE LA FACE! Par Albéric MARIN (Montréal).Ce qui importe, croyons-nous, dans ce problème du cancer de la face, c\u2019est surtout de bien reconnaître ses formes de début.Pris au commencement de son évolution, ce néoplasme est curable dans près de 100% des cas.Plus tardivement, les résultats thérapeutiques sont «aléatoires ou encore le traitement n\u2019obtient que des déboires.Pré-cancer Aussi est-il bon d\u2019insister sur la haute utilité de dépister et de \u2018surveiller étroitement certaines lésions cutanées dites pré-cancéreuses.Le cancer cutané, rarement 1l est vrai, peut apparaître sur un tégument apparemment sain.Mais le plus habituellement 1l se montre sur une lésion préalable, que l\u2019on désigne sous le nom de pré-cancéreuse.Les lésions pré-cancéreuses sont celles dont l\u2019évolution aboutit fréquemment à la dégénérescence cancéreuse.Toutes ces lésions pré-can- céreuses ne deviendront pas fatalement des cancers, mais elles ont une tendance marquée à en favoriser le développement.Nous laisserons de côté ici les lésions pré- cancéreuses des muqueuses buccales et génitales pour passer brièvement en revue celles que nous observons à la peau.CrcATRiCcES.Les cicatrices, qu\u2019elle qu\u2019en soit l\u2019origine, surtout si elles sont soumises à des irritations multiples (comme le coup de razoir quotidien sur une cicatrice siégeant à la région de la barbe), sont exposées à la cancérisation.Les cicatrices consécutives à des brûlures y sont plus sujettes et au nombre de celles-ci les cicatrices par brûlures de goudron le sont davantage.LA CORNE CUTANÉE (Fig.1) prend naissance sur un kyste sébacé, une verrue, une cicatrice, 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.plus souvent sur une kératose sénile.Elle s\u2019observe au cuir chevelu, à la face, au dos des mains, aussi aux parties génitales.Ainsi que son nom l\u2019indique, la corne est une élevure conique qui simule par sa consistance une petite corne d\u2019animal.Sa longueur peut être de plusieurs centimètres.Elle est droite ou incurvée, de coloration brunâtre ou gris sale.Elle tombe parfois spontanément pour le plus souvent repousser.La dégénérescence cancéreuse s\u2019opère à la base de la corne, à son lieu d\u2019implantation.LES KÉRATOSES SÉNILES (Fig.II) sont les plus fréquentes des lésions pré-cancéreuses.Elles se voient surtout à la face et au dos des mains, régions plus exposées que d\u2019autres aux rayons solaires.Elles sont isolées ou multiples.Il s\u2019agit de petites taches, squameuses, de quelques millimètres de diamètre.La coloration est d\u2019abord normale puis progressivement devient grisâtre, beige, brunâtre.En même temps que s\u2019accentue la coloration, l\u2019état squameux s\u2019accuse.davantage.Les taches deviennent plus épaisses, plus sombres et s\u2019étalent.Peu à peu, plus rapidement si des irritations sont intervenues (razoir, caustiques chimiques, pincements), cette tache cesse d\u2019être simplement squameuse pour devenir croûteuse.Une petite croûtelle recouvre une petite excoriation et c\u2019est déjà un épithélioma qui s\u2019est installé insidieusement.Celui-ci est ou baso- cellulaire ou spino-cellulaire.LA KÉRATOSE SÉBORRHÉIQUE OU VERRUE SÉBOR- RHÉIQUE (Fig.III) est un papillome brunâtre, bien délimité, de forme ronde ou ovalaire.Elle est légèrement surélevée, de consistance ferme.La surface est le plus souvent rugueuse.Isolée ou multiple, elle siège de préférence aux tempes, au cuir chevelu, aussi au tronc.Elle est moins exposée que la kératose sénile à la cancérisation, mais cette éventualité est possible. MARIN: PRE-CANCER ET CANCER DE LA FACE 11 LES KERATOSES ARSENICALES étaient plus fréquentes autrefois que de nos jours.Elles s\u2019observaient chez des malades qui avaient ingéré durant plusieurs années des médications arsenicales: liqueur de Fowler, de Donovan, ete.Il ne semble pas que les préparations arséno- benzoliques utilisées dans le traitement de la syphilis en produisent.Elles se voient aussi chez des ouvriers ayant manipulé depuis de nombreuses années des composés arsenicaux au cours de leur travail.Ces lésions occupent avec prédilection les extrémités, mais aussi la face.La peau est sèche, légèrement atrophiée, un peu pigmentée, peut être sillonnée de quelques télangiectasies et parsemée de verrucosités sèches, dures, de dimensions variables.Elles donnent naissance surtout à l\u2019épithé- lioma spino-cellulaire.DIVERSES KÉRATOSES D'ORIGINE INDUSTRIELLE surviennent chez des ouvriers de certaines industries, particulièrement exposés à des produits dits cancérigènes: suie, goudron, dérivés du pétrole, paraffine, teintures d\u2019aniline.Une dystrophie cutanée connue sous le nom de farmer\u2019s ou saïlor\u2019s skin (Fig.IV) ce montre aux parties découvertes de certaines personnes exposées aux intempéries durant de nombreuses années: montagnards, cultivateurs, marins, cochers, ete.La coutume très répandue, qui sévit depuis quelques années, des bains de soleil prolongés et souvent répétés, aussi de l\u2019utilisation des rayons ultra-violets chez les coiffeurs, les instituts de beauté, dans les gymnacses et chez-soi augmentera sûrement la fréquence de cette dermatose.La peau devient sèche, plissée, atrophiée.Elle se recouvre d\u2019éphélides et de pigmentation diffuse permanente.Elle est sillonnée de télan- giectasies.Sur ces territoires apparaissent des kératoses nombreuses qui ont une tendance marquée à dégénérer.Une épithéliomatose multiple en est souvent la conséquence, de type baso ou spino-cellulaire.LA RADIODERMITE ressemble assez bien à la dermatose précédente.À l\u2019endroit d\u2019une brûlure ancienne par les radiations (rayons X ou radium), une strophie seléreuse, avec télangiec- tasies, hériseée de verrucosités, s\u2019installe.Certains points sont susceptibles de présenter des épithéliomas, surtout de type spino-cellulaire.La radiodermite professionnelle offre les mêmes dangers.LE XÉRODERMA PIGMENTOSUM (Fig.V).affection heureusement plutôt rare, aboutit fatalement à de l\u2019épithéliomatose multiple.Cette dermatose est due à une sursensibilité aux rayons solaires.La peau du xérodermique est aussi sensible aux rayons solaires qu\u2019une peau normale l\u2019est aux rayons X.Les premières manifestations apparaissent dès l\u2019enfance.La peau se pigmente et s'atrophie.Elle est sèche, se couvre de kératoses qui se cancérisent.Il est rare que ces malades ne succombent pas à du cancer généralisé avant d\u2019avoir atteint l\u2019âge adulte.LES ULCÈRES ATONES, rares à la face, plus fréquents aux membres, au décubitus, à la bouche, sont parfcis à l\u2019origine d\u2019épithéliomas spino-cellulaires.LA NEURO-FIBROMATOSE DE VON RECKLIN- GHAUSEN (Fig.VI) peut donner lieu à des sarcomes.Ceci survient à la suite de traumatisme ou encore d\u2019unc tentative d\u2019exérese chirurgicale d\u2019une tumeur cutanée.LE KYSTE SÉBACÉ qui pendant longtemps a été considéré comme chose anodine se retrace comme lésion pré-épithéliomateuse (spino-cel- lulaire).LE LUPUS VULGAIRE (Fig.VIT) (ou bacillaire), plus rarement le lupus érythémateux (Fig.VIII), constituent un terrain favorable au développement d\u2019un épithélioma spino- cellulaire.Cette éventualité est plus fréquente chez les malades qui ont été traités par le radium ou les rayons X.Cette thérapeutique est condamnable au plus haut point, puisque non seulement elle n\u2019améliore pas ces lupus mais qu\u2019elle provoque la dégénérescence cancéreuse.\\ LES NÆVI PIGMENTAIRES (Fig.IX) pileux ou non, verruqueux on non, surélevés ou plats, 12 1.2.3.4.5.6.L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Corne cutanée.Kératoses séniles.Kératcse ou verrue séborrhéique.Farmer\u2019s ou sailor's skin.Xéroderma pigmentosum.Neuro-fibromatose de Von Recklinghausen.7.Lupus vulgaire.8.Lupus érythémateux.9.Nævus pigmentaire.10.Localisations sélectives du buso-cel ulaire, 11.Epi.baso.12.Epi.baso. MARIN: PRÉ-CANCER ET CANCER DE LA FACE 13 surtout s\u2019ils sont irrités, peuvent se transformer en nævo-carcinomes.Un nævus qui jusque-là était fixe et indolent devient le siège de fourmillement, de démangeaisons, En même temps, sa coloration s\u2019accentue et il devient saignottant.La transformation maligne est en train de s\u2019opérer.Le malade, si l\u2019on n\u2019intervient pas immédiatement, sera bientôt emporté par des métastases multiples.Comme on le constate par cette brève revue des lésions pré-cancéreuses, il importe au plus haut point.de les reconnaître, souvent de les détruire d\u2019emblée systématiquement avant leur cancérisation, enfin d\u2019être averti de leur dégénérescence éventuelle pour ne pas perdre un temps précieux à préciser un diagnostic.La prophylaxie du cancer cutané et des orifices naturels et la diminution de la mortalité qu\u2019elle entraîne consistent surtout dans le traitement des lésions pré-cancéreuses plutôt que dans le perfectionnement de méthodes actuelles du traitement du cancer.Cancer Le cancer cutané s\u2019observe surtout dans la 5e décade de l\u2019existence (excepté dans le cas de xéroderma pigmentosum et de nævo-carcinome où la cancérisation est possible dès l\u2019enfance).Le cancer, depuis 20 ans, semble augmenter de fréquence.Ceci n\u2019est qu\u2019apparent: les diagnostics sont mieux établis, les statistiques mieux compilées qu\u2019autrefois.Avec l\u2019accroissement de l\u2019âge moyen de la vie, le nombre des cancers augmente parce que plus d\u2019individus qu\u2019autrefois atteignent l\u2019âge où le cancer s\u2019observe, mais la fréquence même, décade pour décade, n\u2019est pas plus élevée.Les cancers de la face sont dans la très vaste majorité des cas des épithéliomas.Ceux de la lignée conjonction-vasculaire sont très rares.Nous n\u2019exposerons donc ici que des notions concernant les épithéliomas et les nævo-can- cers.Les épithéliomas se divisent en épithéliomas baso-cellulaires, épithéliomas spino-cellulaires et en épithéliomas mixtes (ou spino-baso).EPITHELIOMAS BASO-CELLULAIRES.Environ 85% des épithéliomas cutanés sont baso- cellulaires.Ceux-ci sont doués de malignité locale, mais n\u2019engorgeront pas les ganglions voisins, ni ne donneront de métastases viscérales ou osseuses.Laissés à eux-mêmes, ils s\u2019étaleront en surface, fuseront vers la profondeur, finiront au bout d\u2019un certain nombre d\u2019années par réaliser des mutilations considérables.La mort surviendra non par cachexie due à une généralisation du cancer, mais par infection ou hémorragie.Le siège de prédilection de cette forme est à la face.Il y a déjà quelques années, nous avons fait le relevé topographique de 100 cas de baso- cellulaires pris consécutivement, sans choisir, au fur et à mesure de leur entrée dans notre Service de Dermato-Syphiligraphie de l\u2019hôpital Notre-Dame.Nous présentons le schéma (Fig.X) que nous avons tracé à ce sujet.Chacun des points de la figure que nous reproduisons représente un épithélioma.Nous n\u2019avons pas fait état du degré d\u2019envahissement en surface ou en profondeur, mais seulement en quelque sorte du point de départ.Qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019au moins 90% étaient encore mobiles, sans aucun signe clinique d\u2019envahissement profond.La dimension moyenne ne dépassait pas deux centimètres de diamètre.Cependant quelques-uns situés à la tempe et au front réalisaient des nappes plus étendues, de 4 et 6 centimètres de diamètre.Un coup d\u2019œil au dessin nous révèle qu\u2019environ les 2/3 de ces néoplasmes se développent au milieu de la face: parties antérieures des joues, nez, paupières inférieures et canthus internes.Les territoires excentriques (parties latérales, supérieures et inférieures) sont relativement épargnées.Les régions juxta-oculaires en offrent environ 25%, tandis qu\u2019un bon tiers siège au nez ou à proximité immédiate.Il nous a paru intéressant, décomposant la 14 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 2%, ve 4 oe a - 3e 2 ax ag pr i.13.Uleus rodens.19.Epi.mixte (spino-beso).14.Epi.baso-bourgeonnant.20 Epi.spino-cellulaire.15.Epi.baso-bourgeonnant.21 Epi.spino-cellulaire.16.22.Epi.baso-térébrant.Epi.spino-cellulaire.1% Epi.baso-térébrant.23.Nævo-cancers.18.Epi.baso-térébrant.24.Nævo-cancers. MARIN: PRÉ-CANCER ET CANCER DE LA FACE 15 face en plusieurs secteurs, de relever les chiffres suivants qui peuvent établir une proportion moyenne concernant les localisations électives du baso-cellulaire de la face.Menton .2 42 4 4112 1120 3 Lèvre supérieure - .2.242424 4240 4 Pavillons .+.2222 4112412220 5 Tempes .+.+22 404244411224 0 7 Front .2.4 4 4 4 1 2 1 11111120 9 Dos et flanc du nez .2.1.10 (région osseuse) Bout et ailes du nez .2.212220 17 (région cartilagineuse) Sillons naso-géniens .6 Paupières inférieures .2.242220 8 Canthus internes .2222222220 10 Joues .2.2.2 2 22 LL LL LL 21140 24 On peut distinguer les principales formes cliniques suivantes du baso-cellulaire: 1° L\u2019épi.baso.(Fig.XI-XII), plan ulcéro- cicatriciel.finit par avoir l\u2019allure d\u2019une plaque irrégulière, parfois arrondie, cicatricielle par endroits, ulcéreuse ailleurs.Elle est bordée par un ourlet de petites élevures arrondies, fermes, grisâtres, dont le sommet est parfois ulcéreux.Ce sont les « perles épithéliomateuses », caractéristiques du baso-cellulaire et du spino-baso.La néoplasie s\u2019étend lentement.Sa portion envahissante est ulcéreuse, la plus ancienne est cicatricielle.Mais cette plage cicatricielle peut s\u2019ulcérer de nouveau.L\u2019évolution est très lente: 10-20-30 ans.Laissé à lui-même, il détruira paupières, narines, globe oculaire, etc.2° L\u2019épi.pagétoïde (ou superficiel) ressemble à la maladie de Paget du mamelon.C\u2019est une lésion nettement définie, superficielle, érythémateuse, parsemée d\u2019excoriations, de croûtelles, de squames.I] simule le lupus érythémateux ou un placard d\u2019eczéma chronique.On voit en bordure de petites perles.| 3° L'ulcus rodens (Fig.XIII) est une ulcération d\u2019emblée creuse.Ce type possède une tendance très nette à fuser vers la profondeur plutôt qu\u2019à s\u2019étaler en surface.Les perles sont ici absentes.4° L\u2019épi.baso-bourgeonnant (Fig.XIV-XV) est une tumeur plus ou moins considérable, érosive, mamelonnée, rouge sombre, à surface saignottante et croûteuse., 5° L\u2019épi.baso-térébrant (Fig.XVI-XVII- XVIII) est habituellement la résultante d\u2019une des formes précédentes.Un type superficiel laissé à lui-même finira par devenir térébrant.Son aspect variera selon son degré d\u2019envahissement et sa localisation.La cavité orbitaire ou nasale est envahie en partie ou en totalité, l\u2019oreille externe détruite, la paroi jugale perforée, etc.L'ÉPI.MIXTE (SPINO-BASO) (Fig.XIX).Celui- ci cliniquement ressemble à l\u2019épi.baso.Souvent, ce n\u2019est que la biopsie qui établira le diagnostic.Les différentes formes cliniques du baso-cellulaire peuvent cacher un spino-baso.Son évolution est plus rapide.D\u2019allure torpide au début, il devient soudain rapidement envahissant.L\u2019envahissement des ganglions lymphatiques et les métastases sont possibles.L\u2019ÉPI.SPINO-CELLULAIRE (ÉPIDERMOÏDE) (Fig.XX-XXI-XXTII).Il est moins fréquent à la peau qu\u2019aux orifices et cavités muqueuses.Il s\u2019agit d\u2019une tumeur à la fois saillante et implantée dans la peau.Ses bords sont en bourrelet, parfois cornés.Cette masse irrégulière, du volume d\u2019une cerise, d\u2019une olive ou plus, s\u2019ulcère, bourgeonne, saignotte.L\u2019envahissement lymphatique est moins rapide que dans les cas du cancer de la langue, mais il surviendra ainsi que les métastases.LEs NÆVO-CANCERS (Fig.XXIII-XXIV) se développent insidieusement aux dépens d\u2019un nævus.Nous avons déjà dit au sujet des nævi comment la transformation s\u2019accomplissait.La tumeur plus ou moins volumineuse est irrégu- \u2018lière, érodée.Elle est recouverte de traînées bleutées ou est pigmentée dans sa totalité.La généralisation s\u2019accomplit rapidement.Dans le voisinage de la tumeur primitive apparaissent de petites tumeurs métastatiques pigmentées.Parfois à une grande distance du foyer initial se montreront des néo-formations.Les ganglions avoisinants sont pris généralement assez tôt et les métastases viscérales surviennent constamment.Parfois certaines tumeurs prennent un développement considérable.Parfois au contraire elles sont minuscules, mais innombrables.Nous avons observé un cas récemment où les métastases cutanées apparurent sous forme de plusieurs milliers de petites taches brunes.Exceptionnellement l\u2019évolution durera quelques années. TUBERCULOSE LATENTE DES AMYGDALES ! Par G.-Léo COTE, Chef de service à l\u2019hôpital Laval (Québec).La littérature récente renferme de nombreux travaux concernant la tuberculose des amygdales révélée par l\u2019examen histo-pathologique de routine chez des patients ou cliniquement tuberculeux ou même reconnus jusque-là indemnes de toute atteinte tuberculeuse.Cet examen de routine, pourtant essentiel dans le diagnostic de cette affection, ne semble pas chez nous avoir gagné encore la faveur des oto-rhino-laryngologistes, et je ne crois pas, sauf erreur, que nous ayons demandé à date aux anatomo-pathologistes, du moins en ce qui regarde les amygdales, un travail au-dessus de leur force.Et pourtant, le matériel à examiner, si nous regardons les gorges de nos enfants et même des adultes, n\u2019a pas dû manquer.En présence de cette chirurgie « massive », il est permis de rester songeur et de se demander pourquoi, eu égard au rôle si important que l\u2019on accorde à cet organe comme vecteur de toutes les maladies, l\u2019on ait pas songé plus tôt à pratiquer des examens anatomo-pathologi- ques en séries.Ceci nous eut peut-être permis de constater « de visu », à côté d\u2019organe peut- être trop souvent histologiquement sains, d\u2019autres comme compensation présentant des lésions pathologiques que nous n\u2019avions même aucunement prévues: telles les lésions tuberculeuses.C\u2019est ce principe qui nous a conduit, dans notre service à Laval, à adresser systématiquement au laboratoire pour examen anatomo- pathologique, toutes nos amygdales enlevées chirurgicalement.Nos statistiques n\u2019offrent peut-être pas l\u2019aspect astronomique de celles que nous rencontrons en particulier chez les auteurs américains, cependant, elles n\u2019en sont pas moins intéressantes pour nous permettre d\u2019en tirer certaines conclusions pratiques.1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amén- que du Nord, Montréal, septembre 1942.Notre groupe comprend 60 personnes opérées dont l\u2019âge varie entre 4 ans et 27 ans.La moyenne d\u2019Âge est de 9 ans.Six ont de 20 à 27 ans.Quatorze ont de 10 à 15 ans.40 ont de 4 à 10 ans.Tous ces malades ont eu antérieurement une radiographie pulmonaire, ainsi qu\u2019une recherche du bacille de Koch dans le \u2018liquide de lavage gastrique.La plupart d\u2019entre eux présentaient une hypertrophie des amygdales et du tissu adénoïdien.Lorsque l\u2019état général le permettait, l\u2019amygdalectomie et .l\u2019adénoïdectomie furent pratiquées.La technique opératoire n\u2019a demandé aucune manœu- vre spéciale, et les suites opératoires furent absolument normales.Des soixante personnes amygdalectomisées, huit montrèrent des lésions tuberculeuses de l\u2019amygdale, soit 13.3%.Les lésions histo-pa- thologiques étaient presque toutes bilatérales, sauf dans un cas où les lésions ne siégeaient que dans une amygdale.La présence de cellule géante était commune, la caséification rare, :même absente.L\u2019épithélium de surface invariablement intacte, les bacilles de Koch souvent présents.Dans deux cas seulement le tissu adénoïdien présentait une évolution tuberculeuse.De ces huit malades ayant présenté une lésion tuberculeuse de l\u2019amygdale, deux étaient âgées de plus de vingt ans.Le diagnostic clinique porté antérieurement avait été: tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse active, modérément avancée dans un cas, et tuberculose fibreuse non évolutive dans l\u2019autre.Tous deux étaient positifs, tant dans les expectorations que dans le liquide de lavage gastrique.Les six autres cas sont des enfants de 7 à 12 ans.Le diagnostic clinique chez cinq de ces enfants était le même: tuberculose ganglion- pulmonaire minime.Quatre d\u2019entre eux étaient positifs au bacille de Koch dans le liquide gastrique.Le sixième, enfin, avait été hospitalisé COTÉ: TUBERCULOSE LATENTE DES AMYGDALES 17 à Laval pour pleurésie purulente à streptocoque.Les examens cliniques et radiologiques s\u2019étaient montrés négatifs quant à la possibilité d\u2019une imprégnation tuberculeuse, et tous les examens bactériologiques, même l\u2019inoculation au cobaye n\u2019avaient jamais montré la présence de B.K.Chez six de nos malades, porteurs de lésions tuberculeuses de l\u2019amygdale, nous avons constaté la présence d\u2019adénopathie cervicale.PATHOGÉNIE La route que suit le bacille de Koch pour se rendre aux amygdales a été le sujet de bien des controverses.Il est utile ici, croyons-nous, de faire une distinction entre la primo-infection et l\u2019infection secondaire.Dans le premier cas, l\u2019infection serait d\u2019origine exogène soit par inhalation, soit par ingestion, le bacille de Koch déterminant une lésion au point d\u2019inoculation.L\u2019on sait que cette localisätion pharyngée du bacille de Koch est très souvent favorisée par une infection secondaire, et que, apparaissant le plus souvent sous l\u2019aspect d\u2019affections aiguës banales, elle risque d\u2019être le plus souvent méconnue.On n\u2019ignore pas non plus, d\u2019après les travaux de Chauveau et de Cal- mette, que le bacille de Koch peut traverser les muqueuses sans laisser de traces de son passage, et c\u2019est alors sous la forme d\u2019une lésion distante du point de pénétration qu\u2019apparaîtra la première fois la bacillose; deux sont surtout fréquentes: l\u2019otite tuberculeuse et les adénopathies cervicales.Nous avons eu l\u2019occasion, dans un travail précédent sur les otites tuberculeuses, de montrer que là encore et très souvent il s\u2019agit d\u2019une affection banale, où rien ne trahit la tuberculose, à moins que l\u2019on ait le désir de l\u2019y trouver.Quant à l\u2019adénopathie cervicale, il est difficile d\u2019expliquer la très grande fréquence des ganglions du cou par rapport aux autres localisations ganglionnaires sans tenir compte de la pénétration du bacille par le pharynx.La primo-infection pharyngée ne fait plus de doute aujourd\u2019hui.De ce foyer de primo- infection pourra alors s\u2019assaimer un jour une tuberculose ailleurs.Il serait bien étonnant, en effet, que le tissu adénoïde du pharynx, porte d\u2019entrée de la plupart des maladies contagieuses, ne le soit jamais pour la tuberculose.Ne croyait-on pas, bien avant la découverte du B.K., que la tuberculose des amygdales pouvait être une source de dissimination de la maladie à travers l\u2019organisme?Graber, en 1904, apporta un puissant appui à cette théorie pa- thogénique; travaillant sur les voies lymphatiques du chien, il montra en effet qu\u2019un liquide colorant injecté dans les amygdales pouvait être retracé dans les lymphatiques profonds du cou, et de là, jusqu\u2019à la plèvre apicale et même dans le parenchyme pulmonaire.En 1921, Grabfied, après avoir radiographié seize personnes porteuses d\u2019amygdales tuberculeuses, trouva ce qu\u2019il appela la « casquette pleurale », qu\u2019il décrit comme une ligne claire habituellement vue au niveau de la 2e côte et séparée de celle-ci par un espace clair de 2 à 3 mm.Il compara ce résultat avec 27 cas de malades n\u2019ayant pas de tuberculose de l\u2019amygdale et ne trouva ce signe radiologique que trois fois.Conséquemment, il conclut que cette « casquette pleurale » est de nature tuberculeuse et est le résultat de l\u2019extension de l\u2019infection descendante partie des lymphatiques cervicaux après son entrée à travers le tissu lymphoïde de l\u2019anneau de Waldeyer.Il est donc possible, et beaucoup d\u2019ailleurs y croient, que l\u2019infection partie de l\u2019amygdale, puisse s\u2019étendre aux lymphatiques cervicaux et de là à la plèvre apicale et au parenchyme.Si, dans la primo-infection, la voie d\u2019infection du bacille est, en général, exogène, par contre dans l\u2019infection secondaire elle serait d\u2019origine endogène.Ici, l\u2019amygdale est secondairement infectée, soit par la voie hémato- gène, soit par l'intermédiaire des secrétions bacillifères, soit même, ce qui est moins sûr, par la voie lymphatique rétrograde d\u2019adénites cervicales tuberculeuses.Beaucoup croient que les sécrétions bacillifères provenant du poumon, sont la principale cause de l\u2019infection amygdalienne.On sait aujourd'hui, que les malades ayant une tuberculose pulmonaire 18 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, janvier 1943 avancée, présentent un très haut pourcentage de tuberculose amygdalienne latente.Or, si l\u2019expectoration bacillifère était seule en cause dans la pathogénie de ces lésions du côté des amygdales, on devrait s\u2019attendre à rencontrer plus souvent, surtout chez les tuberculeux crachant depuis plusieurs années, des lésions tuberculeuses macroscopiques.Or, l\u2019on sait que, la tuberculose latente des amygdales mise à part, l'amygdalite tuberculeuse cliniquement diagnostiquée comme telle est un fait excessivement rare.SYMPTOMATOLOGIE En effet, ce que nous voulons décrire 1ci, qu'il s\u2019agisse de tuberculose de primo-infection ou de tuberculose secondaire, c\u2019est ce que nous appellerons la «tuberculose latente» des amygdales.Il ne s\u2019agit pas 1c1 de la maladie d\u2019Isambert, qui n\u2019est qu\u2019une manifestation locale pharyngée d\u2019une granulie tuberculeuse, avec fonte des granulations donnant naissance à des ulcérations superficielles tapissant le voile du palais, les piliers, les amygdales.La maladie décrite par Isambert est rare, mais d\u2019un diagnostic relativement facile.Nous avons en vue ici uniquement la tuberculose latente des amygdales.Cliniquement et macroscopi- quement rien ne différentie ces amygdales tuberculeuses.Le diagnostic pré-opératoire est impossible, vu qu\u2019il n\u2019existe aucun signe clinique de lésions bacillaires.Dans notre groupe de malades, la lésion était latente, et il n\u2019existait aucune indication à l\u2019'amygdalectomie que celles rencontrées chez une amygdale non tuberculeuse.C\u2019est à Dieulafoy, en 1895, que revient l\u2019honneur d\u2019avoir découvert la tuberculose des amygdales.En inoculant des cobayes, il trouva alors que les amygdales contenaient du bacille de Koch chez 13% des malades qui ne présen- talent aucun signe évident de tuberculose amygdalienne.La recherche du bacille de Koch, soit par examen direct, soit même par inoculation au cobaye, est aujourd\u2019hui insuffisante pour établir un diagnostic de tuberculose amygdalienne.Ion sait, en effet, qu\u2019il peut se trouver au niveau des amygdales, provenant des voies digestives ou aériennes des bacilles de Koch en abondance, sans qu\u2019il y ait pour cela tuberculose de l\u2019amygdale.Seul, l\u2019examen histologique, montrant la présence de follicules tuberculeux, permet d\u2019affirmer et de poser le diagnostic de tuberculose de l\u2019amygdale.C\u2019est sur la présence de ces lésions histologiques, et sur cette seule présence que nous avons établi chez nos huit opérés, notre diag- nostie de tuberculose latente de l\u2019amygdale.COMPLICATIONS Y a-t-il danger à opérer une amygdale tuberculeuse, ou en d\u2019autres termes, la manipulation nécessaire qui accompagne tout acte chirurgical au niveau des amygdales peut-il favoriser le passage des bacilles dans le sang ou le système lymphatique et essaimer la maladie ailleurs?Peu de travaux ont été faits sur la possibilité de l\u2019essaimage de la tuberculose chez un sujet indemne à la suite de l\u2019ablation chirurgicale des amygdales.Ce danger d\u2019ailleurs est excessivement rare.Il est juste de penser plutôt, que l\u2019ablation des amygdales chez les enfants pourra réduire l\u2019absorption d\u2019un foyer tuberculeux et constituer peut-être une mesure prophylactique contre le développement ultérieur d\u2019une tuberculose ou cervicale ou même pulmonaire.Quant aux malades qui ont une tuberculose amygdalienne, avec évidence de tuberculose ailleurs, ils sont rarement aggravés.Ces faits peuvent être superposés à ce qui se passe au cours de l\u2019ablation chirurgicale d\u2019amygdales non tuberculeuses, où l\u2019on sait très bien que les cas de bactériémie non tuberculeuse contrôlée par une hémo-culture sont excessivement rares à la suite de l\u2019intervention chirurgicale.De nos huit malades, comme nous l\u2019avons vu, sept étaient à un degré plus ou moins avancé, atteints de lésions tuberculeuses ailleurs.Pas un n\u2019a présenté, à la suite de l\u2019inter- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 19 vention chirurgicale, un aggravation quelconque des lésions tuberculeuses à distance.Bien plus, une de nos malades adultes a vu ses lésions s\u2019amender d\u2019une façon remarquable! FRÉQUENCE Quant à la fréquence de la tuberculose amygdalienne latente, on nous objectera peut- être que nos interventions ont été pratiquées en milieu spécial, chez des malades déjà porteurs d'une tuberculose ailleurs, et que nos statistiques ne peuvent constituer un guide très sûr pour établir un pourcentage réel de tuberculose amygdalienne latente! Nous savons, en effet, que l'infection secondaire des amygdales est relativement fréquente chez les malades souffrant de T.B.pulmonaire avancée.On aurait trouvé en effet à l\u2019autopsie un pourcentage allant jusqu\u2019à 50% et même 70% selon certains auteurs; et il ne fait aucun doute que l\u2019amygdalectomie pratiquée dans ces conditions chez le vivant, donnerait un pourcentage élevé de T.B.amygdalienne.Ces statistiques cependant ne pourraient avoir qu\u2019un intérêt secondaire, la tuberculose amygdalienne n\u2019étant ici en somme qu\u2019une localisation bacillaire secondaire.comme on peut la rencontrer au cours de toute tuberculose avancée.Elle n\u2019en reste pas moins un fait utile à connaître pour ceux qui ignoraient cette localisation amyg- dalienne.La présence d\u2019une tuberculose amyg- : dalienne chez nos adultes opérés, soit deux cas sur un total de six malades, s\u2019explique alors facilement et n\u2019est pas autrement surprenante.Beaucoup plus intéressante est la tuberculose amygdalienne de l\u2019enfance.Ici, peu de lésions pulmonaires ou ganglionnaires, lésions d\u2019autre part très souvent méconnues, qui peuvent nous faire soupçonner la possibilité d\u2019une tuberculose amygdalienne.Qu\u2019elle soit secondaire à une tuberculose pulmonaire, qu\u2019elle constitue un foyer de primo-infection d\u2019où s\u2019essaimera plus tard une tuberculose ailleurs, elle n\u2019en constitue pas moins une forme de tuberculose locale, dont la fréquence ne doit pas nous échapper.Six de nos cas d\u2019amygdales tuberculeuses ont été trouvés chez des enfants dont l\u2019âge variait de 7 à 12 ans.Tous avaient eu auparavant un examen clinique et radiologique.Cinq étaient porteurs d\u2019une forme minime de tuberculose ganglio-pulmonaire, le sixième ne présentait aucun signe d\u2019imprégnation bacillaire.Nous ne pourrions affirmer 1c1 si les lésions amygdaliennes ont précédé l\u2019éclosion de la localisation ganglio-pulmonaire, ou si elles ne sont qu\u2019une localisation secondaire d\u2019un foyer primitivement pulmonaire.Sommes-nous en résumé en présence d\u2019une primo-infection ou en présence d\u2019une infection secondaire?Dans l\u2019un ou l\u2019autre cas, la connaissance tout au moins de la nature bacillaire de l\u2019affection est d\u2019importance primordiale.Elle nous permettra d\u2019une part de localiser un foyer de primo-infection tuberculeuse et d\u2019instituer une surveillance qui s\u2019impose, elle empêchera d\u2019autre part de méconnaître un foyer ganglio-pulmonaire qui aurait passé inaperçu sans la découverte de cette lésion amygdalienne bacillaire secondaire.Si nos petits malades, en effet, ont été assez heureux de bénéficier d\u2019un diagnostic clinique et radiologique qui a précédé le diagnostic his- to-pathologique, on peut affirmer, sans crainte de se tromper, qu\u2019il n\u2019en est pas toujours ainsi.C\u2019est alors qu\u2019un examen de routine des amygdales pourra souvent à côté des lésions tuberculeuses, trouvées à ce niveau.nous mettre sur la piste de lésions ganglio-pulmonaires insoupçonnées.Par cette mesure franchement prophylactique, on rendrait un service incalculable à nos enfants en leur fournissant le moyen, alors qu\u2019il en est temps encore, de recevoir les soins que nécessite leur état! Quant à la possibilité d\u2019une primo-infection pharyngée, nous avons dit qu\u2019elle ne peut plus avjourd\u2019hui être niée.Le tissu adénoïde du pharynx, porte d\u2019entrée de la plupart des maladies contagieuses, l\u2019est souvent pour la tuberculose.Malheureusement, si l\u2019expérimentation a surabondamment prouvé la possibilité 20 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 de la pénétration du bacille de Koch par le pharynx, il faut admettre que les faits précis restent cependant des exceptions.Dans la plupart des observations rapportées, coexiste en général une lésion pulmonaire.Les observations de Sergent, de Barbier, où une tuberculose pulmonaire s\u2019est développée à la suite d\u2019une angine et d\u2019une adénopathie cervicale, restent des exceptions.Il ne fait aucun doute cependant que la primo-infection pharyngée existe, et peut-être plus souvent qu\u2019on ne le croit.Ce qui la fait méconnaître, c\u2019est qu\u2019elle se présente le plus souvent sous l\u2019aspect d\u2019affections banales, qui conduisent plus volontiers ces malades aux laryngologistes qu\u2019au phtisiologue.L\u2019invasion du tissu adénoidien du pharynx peut se manifester sous la forme d\u2019une adé- noidite ou d\u2019une angine aiguë ou subaiguë, d\u2019apparence absolument banale.Comme pour l\u2019otite tuberculeuse, c\u2019est souvent à la faveur d\u2019une infection mixte que les bacilles de Koch envahissent le tissu adénoïde du pharynx.On connaît la fréquence de l\u2019adénopathie cervicale.Ce que l\u2019on connaît peut-être moins bien, c\u2019est que selon certains auteurs, l\u2019adénopathie cervicale s\u2019accompagnerait dans 50% des cas de tuberculose amygdalienne.On trouverait alors réalisé ici sous une autre forme, un véritable complexe ganglio-pharyngé, avec chancre d\u2019inoculation et adénopathie satellite.Nous croyons qu\u2019un de nos malades a réalisé en tous points cette forme de primo-infection tuberculeuse pharyngée.Chez lui, en effet, la recherche du B.K.s\u2019était toujours montrée négative, ainsi que la radiographie thoracique.La cuti-réaction était cependant positive.Le diagnostic porté avait été celui d\u2019une pleurésie purulente à streptocoque.L'examen histologique des amygdales montra la présence de follicules tuberculeux.La lésion tuberculeuse était unilatérale.Du même côté, à la région cervicale, on notait une adénopathie appréciable.Malgré l\u2019impossibilité d\u2019affirmer ou de nier la présence d\u2019un chancre d\u2019inoculation pulmonaire, il n\u2019est pas audacieux de prétendre que ces lésions réalisaient peut-être un des aspects cliniques de la primo-infection pharyngée.Conclusion La tuberculose des amygdales est plus fréquente qu\u2019on ne le croit.Sur soixante malades opérés nous l\u2019avons rencontrée huit fois, soit 13.33%.D\u2019une importance moindre chez l\u2019adulte, où elle ne représente en somme qu\u2019une loctilisation secondaire au cours d\u2019une tuber- culuse avancée, elle doit être recherchée avec soin chez l\u2019enfant, chez qui elle réalise ou une localisation secondaire à une tuberculose pulmonaire, ou une forme de primo-infection pharyngée.Cette tuberculose amygdalienne étant une tuberculose latente, seul un examen histo-pa- thologique peut la déceler.D\u2019où nécessité de pratiquer l\u2019examen histologique de routine chez nos opérés.Cet examen prend une importance capitale lorsque coexiste une adénopathie cervicale, la tuberculose ganglionnaire cervicale et la tuberculose amygdalienne étant très souvent connexes.Tout malade porteur d\u2019une tuberculose amygdalienne doit être par la suite soigneusement examiné et radiographié.L'intervention chirurgicale ne présente aucun risque, et les malades ayant une tuberculose de l\u2019amygdale, et qui par contre sont indemnes de T.B.pulmonaire ou autre, développent très souvent la T.B.ailleurs à la suite de l\u2019opération.Bien plus, l\u2019ablation des amygdales chez ces enfants pourra réduire l\u2019absorption d\u2019un foyer tuberculeux, et prévenir peut-être le développement ultérieur d\u2019une tuberculose ailleurs.Enfin, les malades qui ont une T.B.amyg- dalienne, avec évidence de tuberculose ailleurs sont rarement aggravés. PLANTE: AMYGDALECTOMIE À CHAUD 21 BIBLIOGRAPHIE E.ROSENCRANTZ et Samuel HURWITZ: «Tuberculosis of the tonsils.» Amer.Rev.of Tuberc., 43: (mars) 1941.E.H.BROWN: «Tuberculosis of tonsils» (resume of litterature).Southwertern Med., 23: 260; 1939.M.VLASTO: «Tonsils and adenoids in relation to tuberculosos infection.» Brit.J.Tuberc., 25: 129; 1931.H.M.POLLARD et A.B.COMBS: « Tuberculosis tonsils.» Amer.Rev.of Tuberc, 38: 746; 1938.H.SOUTHWORTH et C.G.FLAKE: «Blood cultures after tonsillectomy.» Am.J.M.Sc., 195: 667; 1938.M.V.MULLIN: «An analysis of some cases of tuberculosis in the tonsil.» J.A.M.A., 80: 1211; 1923.MAYOUS: « Les aspects cliniques de la primo-infection tuberculeuse pharyngée.» Journal de Méd.de Lyon, 470; 1939.COLLET et MAYOUS: «Tuberculose de l\u2019oreille et pathologie générale de la tuberculose.» Journal de Médecine de Lyon, août 1937.G.-Léo COTE: « Considération sur la tuberculose de Poreille.» Laval Médical, 5: 452; 1940 L\u2019AMYGDALECTOMIE À CHAUD! Par Ernest PLANTE (Sherbrooke).Depuis bon nombre d\u2019années déjà l\u2019amygdalectomie se pratique dès que l\u2019amygdale est suspecte.Souvent les indications s\u2019imposent de toute évidence.Ce sont des amygdales qui s\u2019enflamment souvent et même en dehors des poussées aiguës il reste des signes permanents d\u2019inflammation, à des degrés variables.Ce sont des piliers antérieurs rouges, des cryptes remplies de concrétions, des douleurs à la déglutition au moindre refroidissement, ete.Ces inflammations, modérées, sont des indications et nullement des contre-indications à l\u2019amygdalectomie.Les cryptes amygdaliennes renferment souvent des concrétions infectées qui finissent par s\u2019enkyster, ne plus pouvoir facilement s\u2019évacuer vers le pharynx et former de véritables abcès amygdaliens, au voisinage de la capsule.Il est facile de concevoir que cette inflammation du tissu amygdalien puisse facilement se propager en dehors de la capsule et donner sous le nom de périamygdalite les diverses manifestations de l\u2019inflammation: rougeur, tuméfaction, abcédation.La violence de la crise de périamygdalite variera avec l\u2019agent microbien, sa virulence, la résistance du sujet.Beaucoup de ces crises bénignes deviennent ce que tout le monde appelle une grippe et répondent très bien au traitement 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.médical.Les symptômes auront été à peu près ceci: 1.Douleur à la déglutition.2.Courbature.3.Perte d\u2019appétit.4, Rougeur et tuméfaction.5.Hyperleucocytose légère.6.Hyperthermie.7.Salivation plus abondante.Pendant ce stade de périamygdalite modérée, Je crois bien qu\u2019il est arrivé à tout le monde de faire l\u2019amygdalectomie et sans beaucoup de difficultés.Souvent le traitement médical en a raison et consiste en gargarismes, douches de gorge chaudes et alcalines, repos, sulfamidés, ete.Parfois il arrive que cette périamygdalite n\u2019évolue pas du tout vers la bénignité.Tous les symptômes s\u2019aggravent.1) La tuméfaction du côté du pharynx devient considérable et se manifeste dans la région sous-maxillaire.2) La respiration est génée et la déglutition presque impossible tant elle est douloureuse.3) A cause de cette tuméfaction au voisinage du sternocléido-mastoidien, il se fait un pseu- do-torticolis.Le patient n\u2019ose plus tourner la téte parce que ces mouvements sont douloureux.4) La salivation est augmentée et le patient n\u2019avale ou n\u2019expectore que difficilement. 22 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 5) La température monte à 103 ou 104, la courbature augmente, le patient s\u2019intoxique, se déshydrate, s\u2019émacie parce qu\u2019il ne peut plus s\u2019alimenter et dormir que difficilement.L\u2019hy- perleucocytose atteint vingt ou vingt-cing mille leucocytes par millimétres cubes de sang.Ce sont ces cas que nous qualifions habituellement de phlegmons périamygdaliens.Mais comme cette appellation fait entendre qu\u2019il y a accumulation de pus, je crois qu\u2019il vaudrait mieux se limiter à dire périamygda- lite aiguë parce que dans une grosse proportion de ces cas, ni par une incision ni même à l\u2019amygdalectomie on ne parvient à trouver du pus libre.À voir la tuméfaction qui occupe souvent la moitié du pharynx il est tentant d\u2019y aller d\u2019une bonne dilacération et le patient est tellement souffrant qu\u2019il s\u2019y prête assez volontiers même sans anesthésie.Si l\u2019on est chanceux, on arrive dans une collection de pus sanieux qui jaillit à l\u2019extérieur et le patient a tout de suite un magnifique soulagement.Mais dans une bonne proportion des cas, je dirais peut-être la moitiée, l\u2019on est pas chanceux.La lame du scalpel ou la pince ne rencontre que du tissus lardassé qui saigne modérément et le plus zélé, armé de la pince la plus longue ne peut arriver à trouver de pus.Et 1l faut se contenter de laisser filer l\u2019évolution naturellement vers la suppuration ou vers la résolution.Cette évolution est longue, et combien douloureuse.En plus il existe une possibilité de complications graves: ulcération des gros vaisseaux du cou avec hémorragie foudroyante, œdème du larynx, pyohémie, néphrite, etc.Il y a un bonne dizaine d\u2019années déjà, dans ma lutte pour essayer d\u2019exempter des journées de douleur au patient et la possibilité de complications graves, j'en suis venu à constater que cette amygdale était facile à enlever, que cela ne retardait pas beaucoup même d\u2019enlever les deux et graduellement j'en suis venu à opérer tous les cas de péri-amygdalite aiguë et même souvent aussi des cas d\u2019angine de Vincent diagnostiqués au laboratoire.De 1931 à 1940, j'ai opéré au moins trois cent cas sans jamais une complication sérieuse.Ces opérés se comportaient comme dans la plus ordinaire des amygdalectomie et quittaient l'hôpital aussi rapidement que les cas ordinaires.Puis survinrent trois cas où les choses se gâtèrent sérieusement ainsi que la statistique.Chez les trois, il y avait néphrite septique bien indiquée par l\u2019examen d\u2019urines: albumine en abondance, acétone et des cylindres granuleux.Evidemment ces trois insuccès commandent au moins de réviser la liste des contre- indications et d\u2019y ajouter tous ceux dont le fonctionnement rénal ne doit pas permettre une telle opération.Pour ma part je suis bien disposé à l\u2019avenir à demander au confrère en pathologie interne une opinion plus éclairée au sujet de ces reins.Dans beaucoup de ces angines l\u2019agent microbien est le streptocoque et je crois bien que tous les médecins donnent maintenant des sul- famidés dès que l\u2019angine menace de devenir sérieuse.Il est possible que dans un avenir rapproché, nous ne voyions plus autant de ces phlegmons.Les médecins des camps militaires observent fréquemment ces angines sur leurs patients et ils semblent d\u2019opinion que les sul- famidés font merveille.C\u2019est certainement une médication qu\u2019il ne convient plus de négliger.Quand à l\u2019amygdalectomie à chaud, je crois que l'intervention peut se faire avec sécurité si l\u2019on met assez de discernement à dépister les contre-indications et de rapidité à opérer.Voici un cas de la semaine dernière: Observation.M.R., 32 ans.Vu la première fois, le 8 septembre.À l\u2019amygdale gauche: rougeur, tuméfaction, douleur.Traitement au bureau: douche de gorge.Badigeonnage à la teint.d\u2019iode.Sulfathiazo!l 2 grs.par jr.Nuit du 8 au 9: nombreux téléphones.Patient souffrant.9 septembre au matin: hospitalisation.Temp.101, pouls 92, resp.22.Urines: acétone et albumine.Leucocytose: 22,100.Coagulabilité: 5 mi.Amygdalectomie gauche sous anesthésie au chloroforme-éther.10 septembre: en entrant chez le patient, je le trouve sur pieds, valise prête et il quitte l\u2019hôpital. LE PROBLÈME DES DENTS INCLUSES ! Par Ernest CHARRON, Professeur titulaire à l\u2019Ecole de Chirurgie dentaira, Université de Montréal.Si le problème des dents incluses figure au programme du Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, c\u2019est que ce désordre d\u2019un caractère local a souvent des répercussions qui relèvent de la médecine.Les complications résultant de la percée des dents de sagesse, celles du haut comme celles du bas, créent fréquemment un état pathologique qui intéresse l\u2019ophtalmo-oto-rhino-laryngolo- gie.On trouve des dents incluses indifféremment chez des sujets des deux sexes et de tout Âge: on en a découvert chez des personnes de 14 à 84 ans.Elles se rencontrent surtout dans le maxillaire inférieur.Et cela s\u2019explique.Une dent de sagesse du haut est, en général, ou incluse ou percée, tandis qu\u2019une dent de sagesse du bas sort le plus souvent de l\u2019alvéole de façon normale et s\u2019aligne régulièrement, cependant que les cuspes postérieurs sont recouverts par la membrane muqueuse de la branche montante du maxillaire, laquelle forme capuchon sur une partie de la dent poussée.On comprendra que des microbes s\u2019introduisent facilement sous ce capuchon et ne tardent pas à y former un foyer d\u2019infection.Il en résulte des malaises, mis ces malaises disparaissent parfois du jour au lendemain, soit parce que la résistance du patient est suffisante, soit parce que ce foyer se draine.Toutefois, l\u2019inflammation recommence de temps en temps, jusqu\u2019à ce que la dent soit complètement percée, ou bien jusqu\u2019à ce que l\u2019état septique ait pris un tel développement que le patient juge à propos de recourir au dentiste ou au médecin.Ces complications provoquent souvent des phlegmons et de l\u2019infection de la bouche et de la 1, Travail présenté au XVIIe Congrès de l'Association des Médecins de Langue Française de l\u2019A méri- que du Nord, Montréal, septembre 1942.gorge, s\u2019étendant parfois au médiastin, au cou et & la cavité cranienne.Elles sont susceptibles de déterminer des maladies dangereuses et méme de causer la mort.Comme ces cas prêtent souvent à des diagnostics erronés et qu\u2019alors le patient est soumis à un traitement inefficace pendant un laps de temps assez prolongé, il semble que l\u2019exposé de quelques exemples serait de nature à intéresser plusieurs spécialistes.Les douleurs qui se font sentir dans la région de l\u2019oreille sont l\u2019une des indications les plus fréquentes d\u2019une percée défectueuse de la dernière molaire, surtout dans le maxillaire inférieur.C\u2019est parfois le seul symptôme.Le professeur Theodor Blum cite dans «l'International Journal of Orthodontia » (1928), le cas d\u2019une patiente qui, à l\u2019âge de 13 ans, avait une douleur à l\u2019oreille et était atteinte de surdité complète à la suite d\u2019une maladie accompagnée de fièvre.L\u2019écoulement d'une grande quantité de pus provenant de l\u2019oreille gauche lui apporta du soulagement.Elle ressentit, de temps en temps, des douleurs vagues jusqu\u2019au jour où, la patiente ayant atteint 53 ans, ces douleurs furent localisées dans l\u2019oreille gauche où elle ressentait un mal sourd mais constant qui devenait aigu lorsque cette région subissait une tension, ne füût-ce qu\u2019à l\u2019ouverture de la bouche.On constata que l\u2019oreille était à l\u2019état normal, mais on découvrit une dent de sagesse incluse, dans la position horizontale, qui pressait contre la racine de la deuxième molaire et qui était en contact avec le canal dentaire du maxillaire inférieur.S'il est reconnu que les dents de sagesse du maxillaire inférieur provoquent souvent des douleurs dans la région de l'oreille, celles du maxillaire supérieur déterminent parfois le même désorde, ainsi que l\u2019attestent de nombreux cas. 24 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 On associe si fréquemment la névralgie avec les désordres dentaires qu\u2019il serait superflu d\u2019insister sur la possibilité qu\u2019une douleur névralgique inexpliquée ait son origine dans l\u2019état d\u2019une dent.On discerne plus rarement le lien qui peut exister entre le mal de tête, qui n\u2019est qu\u2019un symptôme, et les désordres dentaires.Il résulte des observations de C.Bowdler Henry, de Londres, que sur 700 cas de dents de sagesse incluses, pas moins de 55 patients souffraient de maux de téte.Il parait donc recommandable d\u2019examiner ce symptôme, chaque fois qu\u2019on le relève, du point de vue dentaire.On cite le cas d\u2019un pasteur protestant qui souffrait de maux de tête si violents qu\u2019il songeait à abandonner ses fonctions.Il avait subi de nombreux examens, même dans des cliniques réputées, sans que personne eût pu découvrir la cause du mal.Ses maux de tête disparurent complètement après extraction de ses molaires incluses du maxillaire inférieur.On cite aussi le cas d\u2019une femme de 27 ans, qui souffrait fréquemment, depuis une dizaine d\u2019années, de maux de tête accompagnés parfois de vomissements.Pendant deux ans, elle avait pris presque chaque jour de fortes doses de codéine et d\u2019aspirine.Elle avait subi de nombreux examens sans que personne fût en état de faire un diagnostic.On se demandait s\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une tumeur du cerveau, mais la radiographie révéla la présence d\u2019une dent complètement évoluée dans la partie moyenne de la branche montante du maxillaire inférieur.Certains désordres dentaires ont des manifestations que l\u2019on a parfois prises pour des symptômes de mastoïdite.J.A.Stucky rapporte, dans « Eye, Ear, Nose and Throat Monthly » (1922), un cas ou des dents de sagesse incluses dans le maxillaire inférieur faisaient apparaître tous les symptômes d\u2019une infection chronique de la mastoïde et, comme cet os était en bon état, on diagnostiqua la névrose.Dès 1918, dans « American Medical », B.B.Marco signalait un cas de paralysie faciale due à une dent de sagesse incluse dans le maxillaire inférieur gauche, chez un garcon de 18 ans.Le médecin de famille avait diagnostiqué un état congénital, mais les symptômes disparurent aussitôt que la dent fut extraite.Le jeune homme, qui était petit et anémique, grandit et angraissa par suite de l\u2019opération.Les complications résultant de dents incluses proviennent le plus souvent de l\u2019infection, mais il arrive parfois qu\u2019elles sont causées par la seule pression d\u2019une dent, molaire ou autre, contre la dent voisine.On rencontre fréquemment, dans la pratique dentaire, des patients qui souffrent de névralgie de la face ou de la tête, et les causes de ces malaises peuvent être multiples et variées.Ce sont là des indications qui exigent un examen attentif.Il est donc du devoir des médecins et des dentistes de collaborer étroitement, afin d\u2019éviter qu\u2019un patient n\u2019ait à endurer, pendant des mois et même des années, des douleurs qu\u2019il eût été possible de prévenir. RECUEIL DE FAITS ee.++ BRÛLURE GRAVE CHEZ UNE PETITE FILLE, DÉCÈS AU 52e JOUR PAR AMAIGRISSEMENT PROGRESSIF Par A.HOUOT, Ex-chirurgien du Sandjack d\u2019Alexandrette.Ex-interne des hôpitaux de Strasbourg.Les brûlures étendues des téguments sont certes une des maladies chirurgicales entachées d\u2019une des mortalités les plus importantes, les statistiques de la clinique Rhiel de Vienne en font foi.Depuis 1924, grâce aux coagulants, le pronostic des grands brûlés s\u2019est amélioré, et les succès de la méthode de Davidson et des autres méthodes qui en dérivent en sont la preuve.Mais il arrive parfois que des grands brûlés qui ont franchi la période toxique sans grands inconvénients meurent par la suite, soit d\u2019infections, soit d\u2019urémie; décès tardif alors que l\u2019on croit la partie gagnée.Le cas que nous publions ici est d\u2019un autre exemple, mais 1l est d\u2019autant plus frappant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une enfant, sujet fragile dans de telle affection, sujet qui n\u2019a jamais eu de toxiémie et chez qui la guérison paraissait certaine.Observation.Le 18 février 1939, l'enfant, Hassan R., 6 ans, avait tous ses vêtements imbibés d\u2019huile, elle aidait ses parents dans le pressage des olives.Ainsi souillé elle regagne la maison, s\u2019accroupit près du foyer, et le feu se communique à ses vêtements.Ce n\u2019est qu\u2019après deux minutes que des voisins parviennent à étouffer cette torche vivante.L\u2019enfant est conduite immédiatement à l\u2019hôpital.Etat de choc peu prononcé, on l\u2019anesthésie de suite au Kélène et un nettoyage chirurgical minutieux de la brûlure est fait.La surface brûlée recouvre les deux tiers inférieurs de la face antérieure du tronc y compris les organes génitaux, de là, la brûlure déborde sur la face postérieure de deux à trois travers de doigts.Au niveau de l\u2019anus tout le pourtour anal est détruit, la marge est intacte.Les membres inférieurs sont très touchés, la cuisse droite est brûlée jusqu\u2019à deux travers de doigts du genou, les lésions empiètent sous la face postérieure de plus d\u2019une taille de paume de main.Le reste de ce membre est pratiquement intact à l\u2019exclusion du gros orteil et du second.Au membre inférieur gauche au contraire les lésions sont plus graves, elles recouvrent toute la face antérieure de ce membre et la brûlure diffuse en arrière sur toute la face postérieure de la cuisse ne laissant intacte qu\u2019une mince bande cutanée s\u2019étendant du pli fessier au creux proplité, seul le pied est complètement intact.[7] Premun clio gg ) SN Second gre \u20acE horLsceme eo ones Rowe du Quen Green - Rewongus + Los phologapbipds wil fatale ent oI à La brûlure est très profonde et le schéma ci-joint vous donne l\u2019importance des lésions, leur étendue, leur profondeur.D\u2019après Berkow, il y aurait environ 36% du revêtement cutané détruit: 26 I UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 à savoir: Trone = 19% Face antérieure Face postérieure Y3 moyen et une partie du 45 supérieur 8% 14 inférieur 7% V5 inférieur 4% Membres inférieurs = 17% Face antérieure Face postérieure cuisses 9% cuisses 4% jambe 3% jambe 053 1% pieds 0.5% Devant la gravité de ces briilures, localisation, superficie et profondeur, nous nous sommes adressés a la technique de Bettmann (acide tannique à 5% suivie de nitrate d\u2019argent à 10%), méthode qui a l\u2019avantage de coaguler aussi rapidement que l\u2019acide tannique à 20% sans avoir l\u2019inconvénient d\u2019empêcher la pénétration, comme le font les solutions tanniques fortes.Nous avons ainsi obtenu une bonne croûte au bout de deux heures et pour plus de certitude après dessication, une nouvelle application fut renouvelée six heures après.Toute l\u2019étendue des téguments brûlés est recouverte d\u2019une croûte noire, souple, la pression sur ce coagulum est parfaitement indolore.Dès sa sortie de la salle de l\u2019opération, un traitement général fut mis en œuvre, 500 c.c.de sérum glucosé avec 30 c.c.de sérum glucosé à 30% et 40 U.I.d\u2019insuline, conformément aux directives de Lambret; enfin 1000 c.c.de sérum physiologique contre la déshydratation.L\u2019enfant s\u2019endort et le lendemain nous trouvons la petite patiente avec un bon état général, pouls 87, température 38, les urines sont indemnes d\u2019albumine, l\u2019urée sanguine est de 0.45 et la polypeptidémie est de 0.04 (?).Durant 48 heures cet état se maintient, les urines sont abondantes, 1200 c.c., il n\u2019y a pas de concentration sanguine, hématies 5,060,000, urée 0.66, chlore sanguin normal.La polypeptidémie n\u2019a pas été renouvelée car les résultats fournis sont sujets à caution.Le même traitement est continué, l\u2019enfant mange bien, les émonctoires sont normaux, la température se maintient entre 37.5 et 38.2, il n\u2019y a pas de syndrome d\u2019intoxication, aussi à partir du sixième jour nous abandonnons le sérum physiologique et nous ne conservons que le sérum glucosé à raison de 500 c.c.pour 20 U.I d\u2019insuline.Entre le neuvième et le dixième jour la croûte se détache au niveau des brûlures du second degré laissant un épiderme pratiquement régénéré, le coagulum persiste sur tout atteinte plus profonde.L'état général est le même, pouls à 76, la température variant entre 37 et 37.8, et cependant l\u2019enfant commence à maigrir.Le 3 mars, il ne paraît pas y avoir d\u2019atteinte rénale, l\u2019urée sanguine est de 0.42 (ce taux au levant est normal chez des adultes), la glycémie est normale, elle oscille entre 0.85 et 1.10 pour 1,000; on continue donc le sérum glucosé à raison de 500 c.c.et de 15 U.I.d\u2019insuline, auxquels on adjoint les extraits hépatiques injectables, et malgré cela l\u2019enfant continue à maigrir.Sa T.A.est de 120/70.Au niveau des brûlures du troisième degré, la croûte se détache le 18e et le 24e jour entraînant avec elle tout le panicule adipeux et laissant à nu la musculature, l\u2019atteinte est même plus profonde au niveau de l\u2019arcade erurale droite.Sur cette énorme surface cruen- tée, nous appliquons uniquement des compresses imbibés de sérum physiologique et vers le 30e jour la plaie est bien détergée, elle a un aspect de bon alot il y à même un bon bourrelet épidermique et cependant malgré cet état local satisfaisant, depuis la décrustation du placard tanno-argentique la température est remontée entre 38 et 38.5 avec un pouls à 90 - 96.Les constantes sanguines sont peu modifiées, urée 0.40, glycémie normale et l\u2019enfant maigrit sans que l\u2019on trouve la moindre cause à cette déchéance.Du 30e au 40e jour la plaie est belle, pas d'infection sauf au niveau des tubérosités ischiatiques, du pourtour anal et de la vulve, infection bénine.La température est de 38, la cicatrisation se fait lentement, au 36e jour la jambe droite est totalement épidermisée, il en est de même des grandes lèvres et de la partie supérieure de la vulve, sur tout le pourtour du tronc le liseré épidermique a gagné 2 à 3 centimètres; et malgré ces bons signes locaux l\u2019enfant a encore perdu du poids.A partir du 40e jour la température revient HOUOT: BRÛLURE GRAVE 27 à la normale, le pouls suit, les émonctoires sont indemnes de corps anormaux.On pense faire de greffes de Davis mais on aperçoit alors que l\u2019amaigrissement au lieu de s\u2019atténuer s\u2019accentue et que la T.A.tombe de 90/70, le pouls présente quelques extrasystoles, l\u2019enfant ne s\u2019amuse plus, elle est fatiguée au moindre geste et l\u2019appétit devient capricieux.C\u2019est alors qu\u2019au 45e jour apparaît une diarrhée abondante liquidienne, 5 à 8 selles par jour, diarrhée accompagnée d\u2019une fatigue générale avec abaissement de la T.A.à 80/50.On complète alors la thérapeutique précitée par des injections d\u2019adrénaline sous-cutanée et d\u2019éphédrine diluées dans du sérum physiologique, 750 c.c.& un litre par jour.À la suite de ce traitement la tension se reléve passage- rement à 100/60, mais peu après l\u2019injection, elle retombe bien vite à sa valeur habituelle.Localement, la plaie a toujours bonne physionomie cependant elle est un peu plus pâle qu\u2019auparavant.Le cœur est légèrement arythmique, le pouls varie entre 80 et 92, il n\u2019est modifié que par des extrasystoles décalantes, on soutient le cœur par de la Coramine, du camphre et du Cardiazol.Cet état quoique alarmant ne paraît pas désespéré et brusquement le 52e jour apès le repas de midi l\u2019enfant s\u2019est éteinte subitement.L'enfant étant une Alaouite, l\u2019autopsie fut refusée.* * * Il semble bien que cette petite enfant brülée soit décédée à la suite d\u2019une insuffisance sur- rénalienne.En effet, les dix derniers jours elle présentait des signes analogues à ceux d\u2019une addisonienne, perte de toute force musculaire volontaire, somnolence, diarrhée, chute progressive de la tension, il n\u2019y aurait par contre aucune pigmentation des muqueuses et des téguments.Il est probable que si nous avions pu nous procurer de la « Cortine » peut-être nous aurions pu la sauver, du moins au début de l\u2019amaigrissement; si l\u2019on en croit les auteurs américains cette thérapeutique était la seule à mettre en œuvre, car cette enfant a bien résisté malgré l\u2019étendue, la profondeur de la brûlure et la localisation de cette dernière, abdomen et organes génitaux; cette enfant avait franchi aisément la période critique.Enfin, bien que notre expérience ne s'appuie que sur trois cas, la technique de Bettmann paraît donner une coagulation plus rapide et tout aussi profonde que l\u2019acide tannique à faible concentration.Les trois sujets traités suivant cette méthode n\u2019ont pas présenté d\u2019accidents toxiques importants, ils ont passé ce cap sans grands ennuis.Donc conformément à ce que dit Bettmann, cette méthode est à employer dans les brûlures graves car elle donne de meilleurs résultats que la méthode de Davidson, l\u2019exclusion des produits de désintégration étant immédiate.Bettmann dit obtenir des coagulums plus fexibles et plus souples que ceux donnés par l\u2019acide tannique, nous partageons cette opinion; par contre, la chute de la croûte se ferait plus aisément et plus rapidement que la croûte tannique; ce fait ne paraît pas être vrai, du moins dans les trois cas que nous avons traité.La croûte tanno- argentique est tombée dans les mêmes limites qu\u2019une croûte tannique ordinaire, c\u2019est-à-dire 8 jours dans les brûlures du second degré, 16 à 24 jours dans une atteinte plus importante.Quoiqu'il en soit, le cas que nous vous rapportons nous a paru intéressant à publier, car nous n\u2019avons pas connaissance de cas analo- sécutive à une brûlure étendue. MOUVEMENT MÉDICAL UN NOUVEAU PAS VERS LE PROGRÈS: LE DENTIER IMMÉDIAT Par Robert CHENEVERT, Chirurgien-dentiste (Montréal).Une des grandes préoceupations de beaucoup de personnes est de passer de leurs dents naturelles à des dents artificielles.L\u2019appréhension de ces nombreuses personnes est de savoir si elles vont réussir à supporter ces pièces artificielles, si elles vont réussir à mastiquer avec ces nouvelles dents, si leur apparence ou leur expression ne seront pas plus ou moins changées.Par-dessus toutes ces préoccupations, il reste à savoir comment organiser sa vie pour rester quelques semaines ou quelques mois sans dents durant la guérison des gencives.Elles sont nombreuses les personnes qui savent que leurs dents sont préjudiciables à leur santé ou à leur apparence et qui persistent pendant des années à garder leurs mauvaises dents à cause des inquiétudes énumérées plus haut et surtout à cause de cette période plus ou moins longue où elles doivent se montrer en public avec une bouche vide et désorganisée.Je crois faire plaisir à bien du monde en disant que la solution, en ce qui concerne les bouches édentées, a été résolu et que cette période de quelques semaines à quelques mois où les gens doivent rester sans dents n\u2019a plus sa raison d\u2019être.La nouvelle méthode veut que les impressions soient prises avant d\u2019enlever les dents, que les dentiers soient faits avant d\u2019enlever les dents, et que les dentiers soient mis en place une ou deux minutes après les extractions des dents.Ce qui veut dire que le patient arrive au bureau avec ses dents et repart avec ses nouvelles dents.Cette nouvelle méthode à première vue semble impossible ou du moins étrange.En effet, c\u2019est l\u2019impression première que nous en avons.Mais plus nous l\u2019envisageons, moins elle nous paraît étrange.Si nous l\u2019envisageons davantage, elle n\u2019est plus étrange du tout et nous paraît au contraire la chose la plus logique au monde.L'ancienne méthode qui laissait le patient longtemps sans dents avait comme inconvénient de faire diminuer les gencives et les alvéoles qui sont de toute importance pour la solidité d\u2019une pièce, et de faire oublier au patient et au dentiste la position exacte des anciennes dents ainsi que l\u2019exactitude de la longueur, de la largeur et de l\u2019articulation des anciennes dents, et 1! en résultait que l\u2019apparence, l\u2019expression et l\u2019esthétique des figures étaient changées.La nouvelle méthode nous permet au contraire de faire des dentiers ayant devant les yeux les dents naturelles puisque nous prenons les impressions des mâchoires avec les dents naturelles en place.Nous n\u2019avons plus ensuite qu\u2019à copier les dents naturelles que nous remplaçons une à une par les nouvelles dents que nous reposons dans les mêmes ouvertures avec la même disposition et la même articulation.L\u2019esthétique se trouve par le fait même reconstituée sans risquer de se tromper.Il nous reste à calculer sur le modèle la diminution des gencives qu\u2019occasionnera les extractions des dents.Nous aurons aussi à calculer dans bien des cas la transformation des bouches où l\u2019esthétique exige une telle opération.Ces calculs de diminution de gencives se fait avec une précision très satisfaisante.Cette méthode de dentiers immédiats en plus d\u2019éliminer entièrement cette période humiliante où les patients devaient rester sans CHENEVERT: DENTIER IMMÉDIAT 29 dents, présente plusieurs autres avantages que voici: Elle permet aux bouches de guérir plus facilement, le dentier servant de bandage, presse les tissus ensemble, maintient la propreté des gencives et hâte la guérison.Le temps de la sensibilité se trouve réduit.Elle permet de conserver le maximum de grosseur et d'efficacité des gencives et des alvéoles.La stabilité se trouve prolongée.Elle permet aux patients de reprendre presque immédiatement leur parler naturel.Elle permet de mastiquer presque immédiatement, la bouche n\u2019ayant pas eu le temps de prendre de mauvais plis ou de mauvaises habitudes.Elle prévient l\u2019élargissement des muscles de la langue et le déplacement vers l\u2019intérieur des muscles des joues qui sont des causes d\u2019instabilité des pièces anciennes.Elle assure une apparence naturelle.L\u2019habileté du patient à manipuler les dentiers est développée dans un temps beaucoup moindre.Cette méthode n\u2019est plus à l\u2019état d\u2019expérimentation, elle est reconnue par les experts américains comme la meilleure et la plus sure de donner satisfaction.Permettez-moi de vous rapporter ici un article parut dans le journal quotidien la Gazette, le 7 octobre 1942.Cette article sous l\u2019entête « Personal Health Service » est écrit par le Dr William Brady, M.D.et se lit comme suit: Don\u2019t wait for shrinking.« In advising peaple to seek what the dentists call \u201cimmediate denture service\u201d that is, preparation of the denture, plates or whatever appliance is to be worn, before extraction, so that it may be installed immediately after extraction, usually before the patient leaves the dentist\u2019s office.« I am well aware that only the more skilful and progressive dentists as yet are ready to give such service.I am aware also that it is more expensive than the ordinary plan, which I contemplates with so much misgiving.As for the expense, in my opinion, if the old- fashioned plan is worth, say fifty dollars, immediate denture service is easily worth ten times as much, and I speak from the viewpoint of good health and longevity.« The effect on her good looks is insignificant compared with the more serious effect on her digestion, nutrition, vite, health and expectation of life.And it is not merely the gum that shrink or atrophy and become weak and more susceptible to disease, but also the entire mucous membrane, gland, muscle and bone structure of the mouth, jaw, face.« That is why immediate denture service is worth so much more than the old-fashioned way.It keeps all these structures functioning and healthy, and incidentaly it keeps digestion, nutrition and vite at the level ne- ressary for good health and efficiency.» Tomme vous pouvez le constater par les paroles du Dr W.Brady, M.D., ceux qui font connaissance avec cette méthode de dentiers immédiats deviennent des enthousiastes de ce nouveau procédé. 30 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 Bulletin de l\u2019Hssoctation des (Dédecins de Langue Francaise de UHmérique du Mord (Fondée à Québec en 1902) L'Union \u2018(IDédicale du Canada Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 72 \u2014 N° 1 Montréal, janvier 1943 RATIONNEMENT ET ALIMENTATION Les difficultés de toute nature auxquelles nous avons à faire face du fait de la guerre, entraînent dans notre vie quotidienne des modifications importantes, dont nous essayons d'oublier les inconvénients en nous disant qu\u2019elles ne dureront qu\u2019un temps.Certains se soumettent en maugréant, d\u2019autres, les tricheurs, s\u2019ingénient à trouver des moyens pour déjouer, sans se faire prendre, toutes les mesures proposées pour maintenir l\u2019ordre dans notre économie sociale.Comme le bien-être des individus dépend en premier lieu de la facilité avec laquelle ils peuvent satisfaire les besoins élémentaires de leur nature, il est tout naturel que le domaine de l'alimentation soit le premier dont on se soit préoccupé, pour assurer que les aliments essentiels demeurent accessibles à chacun, et pour réglementer la consommation de certains articles coûteux et inutiles, en les frappant d\u2019un impôt qui en augmente le prix.C'est ainsi que, depuis quelques mois, nous devons employer avec mesure le thé, le café, le sucre, et que le prix des bonbons, des boissons fermentées, des alcools, des boissons carbonatées a augmenté dans une proportion considérable.On nous annonce que le beurre *, les œufs.la viande pour- 1.Depuis la rédaction de cet article, le rationnement du beurre a été imposé par le Gouvernement Fédéral.BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 raient bien être rationnés, et il n\u2019y a pas de raison pour qu\u2019ils ne le soient pas.On peut dire tout ce qu\u2019on veut du bien- fondé de ces mesures, ou de la façon dont on les applique, il n\u2019y a là qu\u2019une réaction naturelle contre tout ce qui tend à gêner nos aises.Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019elles sont actuellement nécessaires, et nous devrions nous considérer heureux qu\u2019elles ne soient pas plus rigoureuses.Ce qui se passe ailleurs nous offre des points de comparai- son-qui devraient nous ouvrir les yeux.Le plus sage est donc d'accepter ce qui nous arrive, d'en profiter pour soumettre à l\u2019examen nos habitudes alimentaires, afin de les améliorer.La restriction imposée à la consommation du sucre nous forcera à chercher les glucides dans d\u2019autres aliments, fruits, légumes qui, au point de vue calorique, ont les mêmes propriétés et nous fournissent, en plus, des v'tamines que nous n\u2019aurons pas à acheter, des substances minérales dont le sucre est totalement dépourvu et un résidu de cellulose essentiel au bon fonctionnement de l'intestin.Ce changement aura, en outre, l\u2019avantage d'alléger nos menus de chaque jour de quelques centaines de calories inutiles que nous y Introduisions sans nous en douter, en ajoutant à presque tous nos aliments et nos breuvages du sucre à saturation.Cette énergie non utilisée est mise en réserve sous forme de tissus adipeux, et son excès constitue l'obésité, dont on ne peut ensuite obtenir la disparition que par des privations beaucoup plus dures.Il est toujours plus facile de prévenir cet inconvénient que de s'en débarrasser lorsqu'il est installé depuis longtemps.Il nous reste encore, pour satisfaire nos caprices ou pour nous procurer des calories supplémentaires à l\u2019occasion, les sirops de maïs et d\u2019érable, le miel et la mélasse, ces ÉDITORIAL 31 deux derniers d\u2019une valeur bien supérieure a celle du sucre de canne, du point de vue alimentaire.Beaucoup de nerveux qui s\u2019ignorent se trouveront bien de la réduction imposée a leur consommation de thé et de café.Le remplacement de ces derniers par des breuvages moins excitants et plus nourrissants ne pourra avoir que de bons effets sur leur santé et la paix de leur ménage.L'augmentation du prix des boissons carbonatées de toute description ne semble pas suffisante pour diminuer sensiblement leur usage.Au point de vue médical, il n\u2019y aurait qu'un remède, la suppression totale.Comme il n\u2019y faut pas songer, il serait encore possible, par une publicité appropriée, de démontrer la supériorité du lait et des breuvages lactés, pendant «la pause qui rafraichit ».C'est d'ailleurs la suggestion d\u2019une commission d'experts en alimentation aux Etats- Unis, qui recommandait que les ouvriers des industries de guerre remplacent, pour se désaltérer, la traditionnelle bouteille de «liqueur douce » par un demiard de lait, incomparablement plus profitable au point de vue alimentaire, et moins dispendieux.L'application d\u2019une semblable mesure bénéficierait du même coup à l\u2019industrie laitière, dont l'importance chez nous justifie bien tous les encouragements dont elle peut être l\u2019objet.La rareté de certains aliments, dont la production ou l'importance est devenue difficile, devrait stimuler la recherche d\u2019articles de remplacement moins difficiles à obtenir.L'étude des problèmes de ce genre aboutit souvent à la création de produits supérieurs à ceux qu\u2019on se proposait de remplacer.La liste des fruits, légumes, légumineuses, noix, que nous faisions venir d\u2019endroits éloignés, mais dont la culture peut être entreprise chez nous, s\u2019allonge continuellement.La valeur des produits obtenus ne le cède en rien à celle des mêmes articles que nous fournissait l\u2019importation.Le jus des tomates cultivées partout dans notre province peut, comme source de vitamine C, remplacer avec avantage celui des oranges de Californie ou de Floride, pourvu que l'on tienne compte de sa teneur différente en cette vitamine.L\u2019industrie de l'alimentation est continuellement à la recherche de formules pour augmenter la valeur nutritive des produits offerts à la consommation, soit par l\u2019association dans un même produit d'aliments dont les propriétés se complètent mutuellement, soit par le perfectionnement des procédés de conservation, pour garder aux aliments les vitamines et les substances minérales qu\u2019ils contiennent à l\u2019état naturel.Dans d\u2019autres cas, on obtient l\u2019amélioration d'aliments de base, par l'addition de substances protectrices essentielles, telles que la vitamine B, ajoutée à la farine, l'acide ascorbique à certains jus de fruits, l\u2019irradiation du lait et de ses dérivés.On sait dans quelle mesure l\u2019alimentation des nourrissons et des jeunes enfants a bénéficié de ces recherches.Les applications qui découlent des découvertes récentes dans la science de la nutrition doivent enfin sortir des manuels et dépasser le cadre de l\u2019enseignement scolaire.La diffusion des principes d\u2019une alimentation rationnelle, dans les masses, est une nécessité urgente.Il incombe aux médecins d\u2019abord, dont la formation, pour la plupart, remonte aux temps (cependant récents) où ces matières ne figuraient pas dans les programmes, de combler chez eux cette lacune.La lecture des articles sur des sujets de nutrition et d'alimentation que leur apportent régu- 32 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, janvier 1943 lièrement les revues médicales, celle des ouvrages de vulgarisation ainsi que les publications des différentes commissions d\u2019hygiène alimentaire, soit celle de l\u2019Association Médicale Canadienne, de l\u2019American Medical Association, de certaines compagnies d'assurances, leur permettra d\u2019y arriver sans effort.Ceux qui ne peuvent, faute de temps, faire eux-même l\u2019éducation de leurs malades et de leur entourage, pourront au moins aider à la distribution judicieuse de ces tracts de vulgarisation destinés au public non initié.Les médecins peuvent aussi servir utilement en faisant connaître aux ménagères les différentes initiatives qu\u2019on a créées pour mettre cette science nouvelle à leur portée, les cours des écoles ménagères par exemple, où elles peuvent étudier non seulement le côté culinaire de l\u2019alimentation, mais également le côté économique, non moins important.C\u2019est dans ces leçons qu\u2019elles apprendront à connaître les besoins de l'organisme pendant la croissance et à l\u2019âge adulte et la possibilité de les satisfaire tous, dans un régime bien équilibré, sans dépasser les limites du budget familial le plus modeste.Il n\u2019y a plus de raison pour que la fantaisie, la superstition et le charlatanisme soient encore nos seuls guides en matière d\u2019alimentation.La nécessité où nous nous trouvons de rationner les aliments de tous les jours, et que nous croyions surgir d\u2019une source inépuisable, nous montre la question sous son vrai jour et nous en fait voir des aspects que, sans cette occasion, nous aurions ignorés pendant longtemps encore.I] faudrait en profiter.L.-Henri GARIEPY. MÉDECINE SOCIALE LE BILAN DE VIE DE 1940 Par J.-A.BAUDOUIN, Professeur d\u2019Hygiène à l\u2019Université de Montréal.Le Bureau fédéral de la Statistique a distribué dernièrement les statistiques vitales de 1940.Ces renseignements viennent compléter le sommaire démographique de la même année déjà présenté par la Division de la Démographie du ministère de la Santé et du Bien- Etre social de la Province de Québec.Comme ces données ne sont pas sans présenter de l\u2019intérêt pour les membres de la profession médicale, nous leur offrons les brefs commentaires suivants: I.NAISSANCES Les naissances de la province se sont élevées à 83,857, soit une augmentation de 3,837 sur le chiffre de l\u2019année précédente.Nous constatons ainsi que notre Province, qui forme 27 pour cent de la population du pays, fournit 34% de toutes les naissances du Canada.Qué - bec constitue bien un actif important dans la Confédération canadienne.De plus, nous tou- \u201c chons le taux de natalité de 26 par mille de population contre celui de 21.2 obtenu par l\u2019ensemble du pays.Un autre aspect encourageant, c\u2019est bien le relèvement de notre situation au cours des trois dernières années.Après être descendus à 24, en 1936 et 1937, nos taux s\u2019améliorent graduellement.Espérons qu\u2019il continuera à en être ainsi dans l\u2019avenir.II.MARIAGES Les mariages démontrent aussi une augmentation notable.Leur nombre s\u2019en est élevé à 35,069 en 1940, soit un surplus de 6,158 sur le résultat de l\u2019année précédente qui était aussi très encourageant.Notre taux de nup- - tialité a ainsi atteint le sommet sans précé- dent de 10.7.Quelle sera l\u2019influence de la guerre sur la fondation de nouveaux foyers?L\u2019avenir seul peut répondre à cette question.III.MORTALITÉ GÉNÉRALE Le total des décès accuse la légère diminution de 627 sur celui de l\u2019année précédente et s\u2019est limité à 32,799, ce qui nous donne le taux de mortalité générale de 10 par mille de population, soit le plus bas que nous ayons jamais obtenu.La Province est donc dans la bonne voie et notre situation se compare maintenant assez avantageusement avec celle de tout le pays qui a donné le taux de 9.7.IV.AUGMENTATION NATURELLE DE LA POPULATION La Province a eu une augmentation naturelle de 51,058 unités, contre la province d\u2019Ontario, 30,021, soit un surplus de 21,037 en notre faveur.De plus, notre population, qui représente 27 pour cent de la population du Canada, à fourni 39 pour cent de son augmentation naturelle.Ce sont là des chiffres fort encourageants.Pour les continuer, il nous faut maintenir notre taux de natalité et abaisser celui de notre mortalité.V.CAUSES DES DÉCÈS 1.Mortalité infantile.Notretaux de mortalité infantile s\u2019est maintenu à 70 par mille naissances vivantes.Au cours de la décade actuelle, notre Province a accéléré l\u2019allure de la diminution de ses décès de 0 a 1 an.Voilà qui est très bien.Mais nous pouvons bien nous demander si nous ne pourrions fairc encore mieux a l'avenir?A cette question, il faut répondre affirmativement, et cela sans hésiter.En effet, notre taux de mortalité in- 34 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 fantile dépasse celui de l\u2019ensemble du pays qui est de 56.Ainsi, nous fournissons 42 pour cent des décès de 0 4 1 an du Canada contre la proportion de 34 pour cent des naissances.Par conséquent, au lieu d\u2019avoir enregistré 5,856 décès de O0 à 1 an, nous aurions dû n\u2019en compter que 4,686.Nous avons donc perdu 1,170 enfants de trop.A ce compte, nous aurions obtenu le méme taux que le pays tout entier, soit 56.De plus, notre taux de mortalité par débilité congénitale est de 38 contre celui de 32 donné par le Canada.Le taux de mortalité par gastro-entérite, qui a baissé merveilleusement au cours des dernières vingt années, est encore de 8.8 tandis que celui du pays n\u2019est que de 5.1.Continuons donc nos efforts et conservons, à la patrie canadienne, le plus grand nombre possible de ses enfants.2.Etat puerpéral.La puerpéralité a coûté la vie à 377 de nos mères en 1940, ce qui nous a donné le taux de 45 par mille naissances vivantes.Depuis quelques années, notre taux est entré dans la voie de la régression, mais il dépasse encore celui du pays qui est de 4.Pour faire œuvre utile, il nous faut connaître les causes qui interviennent dans ces décès.On peut les diviser en causes prénatales et en causes postnatales.Les premières comprennent l\u2019avortement, la gestation ectopique et autres accidents de la grossesse, l\u2019albuminurie phlegmasia alba dolens, ainsi que les autres formes de toxénie de la grossesse.Dans les secondes, prennent place les hémorragies, la septicémie et les infections puerpérales, la phlegmasia alba dolens, ainsi que les autres accidents de l\u2019accouchement.Les causes prénatales nous donnent le taux de 1.3 contre celui de 1.6 dans tout le Canada, tandis que notre taux de mortalité par les causes postnatales de 3.2 contre celui de 2.4 pour le pays tout entier.Nous constatons là que l\u2019effort doit être dirigé surtout contre celles-ci sans négliger les soins que réclame l'hygiène prénatale.Une campagne dirigée dans ce sens serait de nature à nous conserver un bon nombre de vies nécessaires de nos mères de familles.3.Tuberculose.La tuberculose de toutes formes nous a enlevé 2,503 vies.Nous avons ainsi obtenu le taux le plus bas que nous ayons jamais atteint, soit 75 par 100,000 de population.Nous laissons de plus en plus et définitivement le chiffre de 3,000 décès que nous avions l'habitude de dénombrer tous les ans.Voilà un progrès réel qu\u2019il convient bien de signaler.Mais il ne constitue pas encore la victoire que tout le monde désire.En effet, nous dépassons encore le taux du Canada qui est de 50 «et nous triplons presque celui de la province d\u2019Ontario qui est de 27.Nous fournissons 43 pour cent de tous les décès par tuberculose du pays.Formons des vœux pour que la grande campagne antituberculeuse poursuivie dans la Province produise de plus en plus les résultats heureux que nous en attendons.4.Diphtérie.La diphtérie a touché un nouveau bas en 1940, soit le taux de 3.5 avec 118 décès.C\u2019est là le côté encourageant de notre situation.Mais il y à aussi le revers de la médaille.Ces 118 décès représentent plus de la moitié (exactement 55 pour cent) de tous les décès du pays.Ils figurent mal aussi rapprochés des.14 décès de la province d\u2019Ontario.Décidément, il nous reste à déployer encore plus d\u2019efforts pour que cette maladie si facilement évitable, disparaisse complètement de notre Province.5.Coqueluche.258 décès sont survenus par cette maladie en 1940, soit 41 pour cent de tous les décès du Canada.C\u2019est la troisième année de répit que nous donne la coqueluche.Or, comme nous connaissons la périodicité des épidémies, il faut nous attendre à une de ses offensives dans un avenir rapproché.De fait, les statistiques de la présente année nous démontrent que nous sommes actuellement en pleine épidémie de coqueluche.Empressons-nous donc de mettre à la disposition de nos enfants, sur- BAUDOUIN: BILAN DE VIE DE 1940 35 tout des nourrissons de la première année et des enfants de moins de cinq ans, les avantages que nous offre le vaccin de Sauer dont l\u2019efficacité est de plus en plus démontré.6.Fièvre typhoïde.Le total des décès causés par cette maladie s\u2019est élevé à 129.Ce nombre nous donne la proportion de 58 pour cent de tous les décès du Canada.Voilà qui est vraiment exagéré.De plus, nos 129 décès ne se comparent pas avantageusement avec les 27 relevés dans la province d\u2019Ontario.Toutefois, n\u2019allons pas nous décourager parce que la fièvre typhoïde à diminué considérablement dans la Province au cours des 20 ou 25 dernières années.Pour réaliser de nouvelles conquêtes et nous assurer la victoire définitive, il faut multiplier davantage nos usines de filtration ou, au moins, de chloration de notre eau d\u2019alimentation et nos usines de pasteurisation du lait.Quand notre province sera-t-elle dotée d\u2019une loi de pasteurisation obligatoire du lait semblable à celle que la province d\u2019Ontario a adoptée en 1938?7.Rougeole.La rougeole s\u2019est retirée de la Province en 1940 en n\u2019y causant que 71 décès, soit le nombre le plus bas que nous ayons jamais enregistré.Cependant, il ne faut pas nous empresser de crier victoire puisque l\u2019on sait que la maladie revient à l\u2019état épidémique tous les trois ou quatre ans se prenant alors plus de deux cents victimes.En effet, les chiffres que nous transmet la division de l\u2019épidémiologie nous apprennent que l\u2019épidémie attendue est survenue en 1941 et au commencement de l\u2019année 1942.Pour être moins bien armés contre la rougeole que nous le sommes contre d\u2019autres maladies contagieuses, nous ne sommes pas non plus dépourvus.En effet, l\u2019extrait globulaire de Mc Khan a fait ses preuves dans la ville même de Québec.Pourquoi alors n\u2019en ferions-nous pas un usage plus généralisé dans la Province?8.Scarlatine.La scarlatine diminue de plus en plus dans la province.Elle ne nous a causé que 66 décès en 1940.Ce nombre, toutefois, représente 53 pour cent des décès du pays et fait plus: que doubler les 31 de la province d\u2019Ontario.Pour faire mieux encore dans l'avenir, nous avons la ressource du vaccin des Dick qui a fait abondamment ses preuves et que l\u2019on peut associer avec d\u2019autres vaccins, par exemple, celui de la diphtérie.9.Méningite cérébro-spinale et poliomyéli- Le.Ces deux maladies si redoutables ne nous ont pas causé d\u2019épidémies depuis plusieurs années.Le nombre de leurs décès se sont limités à 28 pour la première et à 17 pour la seconde.Il est vrai que les sulfamidés se sont démontrés une arme d\u2019une très grande efficacité à opposer au méningocoque de Weichel- baum.Malheureusement, nous sommes bien moins pourvus contre la poliomyélite, puisque aussi bien la sérothérapie que la vaccination ont fait faillite.Espérons que de nouvelles recherches pourront nous pourvoir des moyens de prophylaxie qui nous manquent en ce moment.10.Variole.Comme tout le monde le sait, la variole est une maladie complètement vaincue dans notre province.Nos statistiques n\u2019en signalent aucun décès au cours de la présente décade.Continuons donc à vacciner régulièrement tous nos enfants à leur entrée à l\u2019école et à faire de la province de Québec un des territoires les: mieux protégés contre cette maladie.11.Maladies de l\u2019appareil circulatoire.Les maladies de l\u2019appareil circulatoire, notamment les maladies organiques du cœur, continuent leur ascension malheureuse chez nous comme ailleurs.Dans la Province de Québec, elles ont atteint un nouveau sommet en 1940.L'ensemble des maladies de l\u2019appareil circulatoire nous ont causé pas moins de 7,139 décès, et les maladies organiques du cœur à elles seules ont réclamé 4,749 victimes.Elles se démontrent ainsi partout la plus importan- 36 te des causes de décès.Cette augmentation est généralement attribuée au vieillissement graduel de la population.Il en résulte un nouveau problème que nos chercheurs se doivent d\u2019étudier afin d\u2019y apporter la solution nécessaire.12.Maladies de l\u2019appareil respiratoire.Les maladies des voies respiratoires sont en pleine régression et cela depuis vingt ans.Le taux en a été de 55 en 1940, soit le plus bas que nous ayons jamais atteint.La diminution se produit à tous les âges, excepté chez les nourrissons de la première année.À quels facteurs peut-on attribuer un pareil phénomène?13.Maladies des reins.Au contraire, de ce que nous venons de voir, les maladies des reins sont en augmentation continuelle.Commencées à 20, il y à quarante ans, les taux s\u2019en sont augmenté graduellement jusqu\u2019à atteindre 97 en 1940.Le fait se remarque particulièrement chez les gens qui dépassent 45 ans et sourtout 70 ans.C\u2019est donc la néphrite chronique qui présente le phénomène.Comment peut-on l\u2019expliquer?Faut-il l\u2019attribuer au vieillissement graduel de notre population?Il faut dire qu\u2019il en va généralement de même dans les autres provinces.14.Cancer.L\u2019ascension de la mortalité par le cancer est aussi remarquable.Au début de nos statistiques vitales, soit vers 1900, les taux se maintenaient à 35, puis, ils sont montés graduellement pour atteindre celui de 108 en 1940, soit un nouveau sommet.C\u2019est là une observation générale que l\u2019on peut faire partout.On explique généralement le phénomène par de meilleurs diagnostics et le vieillissement de la population.Les effets des efforts tentés contre Ja maladie ne sont donc apparents nulle part.Faut-il croire qu\u2019ils n\u2019atteignent pas suffisamment les malades appelés à en bénéficier?10.Morts violentes ou accidentelles.Les morts violentes ou accidentelles n\u2019augmentent pas dans la Province de Québec, contrairement à ce que l\u2019on constate ailleurs, notamment dans la Province d\u2019Ontario.Notre L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 taux, qui est de 50, se compare avantageusement avec celui du Canada qui est de 65.L\u2019industrialisation du Québec, qui marche à une allure rapide, ne semble pas exiger chez nous un nombre exagéré de victimes.Cependant, il ne faut pas oublier que ces morts violentes dépassent 1,500 par année.Il faut donc tout tenter pour les réduire à leur strict minimum.Deux genres de morts violentes peuvent nous intéresser, le suicide et l\u2019homicide.Le nombre des suicides a été de 156 dans la Province de Québec et notre taux en est de 4.7 contre celui de 8.3 dans tout le Canada.Il n\u2019est survenu que 24 homicides dans notre province en 1940, ce qui nous donne le taux de 0.7 contre celui de 1.3 pour tout le pays.Ces comparaisons, on le voit, ne tournent pas au détriment de notre Province.11.Décès par hémorragie cérébrale, embolie et thrombose.Le nombre de ces décès s\u2019est limité à 448, ce qui nous permet de maintenir la diminution réalisée au cours des trois dernières années.Les taux, qui se maintenaient à 30 et 20, sont descendus à 13.12.Maladies du foie.Nos statistiques nous indiquent 492 décès attribués aux maladies du foie, ce qui maintient notre taux assez constant d\u2019environ 15, tandis que celui du Canada est de 13.13.Drabète.Le diabète est mentionné comme cause du décès dans 538 cas, ce qui nous donne le taux de 16 en 1940.Celui de l\u2019ensemble du pays est de 15.6.On constate généralement l\u2019augmentation constante de la mortalité par le diabète.Pourquoi en est-il ainsi?On y voit habituellement une amélioration dans les diagnostics et le vieillissement graduel de la population.Il semble ainsi que la découverte de l'insuline n\u2019a pas encore été capable d\u2019enrayer la maladie dans la proportion où nous aurions pu l\u2019espérer.Voilà bien un sujet d\u2019étude pour nos chercheurs. GROULX: SANTÉ NATIONALE 37 14.Rhumatisme chronique et goutte.Cette cause n\u2019intervient que dans 22 décès.Elle ne constitue donc pas un problème assez important pour motiver une étude approfondie.Conclusion La revue générale de notre situation que nous venons de faire pourrait peut-être suggérer à la profession médicale de collaborer le plus étroitement possible avec toutes les œuvres de bien public: Ministère de la Santé, Ligues antituberculeuses, Gouttes de Lait, Unités sanitaires de comté, afin d\u2019améliorer nos statistiques dans la plus large mesure possible.Si un tel résultat pouvait se produire, l\u2019auteur de cette modeste étude en serait largement récompensé.UN PROGRAMME DE SANTÉ NATIONALE ! Par Ad.GROULX, Directeur du Service de Santé de Montréal.Une autre voix que la mienne aurait été plus autorisée pour vous entretenir de santé nationale.En effet, jusqu'ici je me suis surtout occupé d\u2019hygiène municipale.Cependant, je m'intéresse à tous les mouvements d'hygiène au pays, et même en dehors du Canada.Ceci peut servir d\u2019excuse pour mon audace à vous parler de problème de santé publique d\u2019envergure nationale.Certains taux encore trop élevés de mortalité attribuable à des causes évitables, la proportion élevée des recrues (44%) refusées à l\u2019examen médical, la dénutrition observée parmi notre jeunesse militent en faveur d\u2019un plan de lutte mieux coordonné contre la maladie.Diverses mesures s\u2019imposent donc pour améliorer l\u2019état de santé de notre peuple; non seulement ici nous devons envisager la situation actuelle, mais ce que vous et moi avons surtout en vue, c\u2019est l\u2019après-guerre: c\u2019est la santé de la génération qui nous suivra.Du fait de la guerre, les problèmes de santé augmentent en nombre et en intensité et cette situation demeurera une fois la guerre terminée.PROBLÈMES SOCIAUX ET D'HYGIÈNE La première mesure qui s'impose dans un programme national c\u2019est \u2014 et ici je m\u2019'accor- 1.Conférence prononcée à Toronto.le 21 octobre, 1942.par le docteur Ad.Groulx.à l\u2019occasion d\u2019une assemblée tenue par la Ligue Canadienne de Santé.de avec tous \u2014 d\u2019intensifier l\u2019éducation de la population en hygiène.L'hygiène publique est surtout un problème d\u2019éducation: cela demeure plus vrai que jamais.Enseigner l\u2019hygiène et les lois de la santé est l\u2019objet principal et le but immédiat de tout département d\u2019hygiène \u2014 qu\u2019il soit fédéral, provincial ou municipal.Il faut d\u2019abord éduquer les divers groupes de notre population si nous voulons mettre en œuvre toutes les mesures de santé publique que nous préconisons.Pour être réellement efficace l\u2019enseignement doit être fait surtout au sein même de la famille.Parmi les plus importants problèmes qui se présentent, il y a celui de la nutrition auquel les autorités fédérales attachent actuellement une importance majeure \u2014 et cela non sans raison.Nous devons donc y apporter une solution.| L\u2019alimentation doit être plus particulièrement surveillée en ce temps de guerre où le rationnement commence à se faire sentir; tout de même, il faudra donner à la population une alimentation bien balancée et en même temps plus économique.À ce problème de la nutrition se relie immédiatement le problème de l\u2019enfance.Tout ce problème de l\u2019hygiène infantile, ne l\u2019oublions pas, repose sur l\u2019alimentation du bébé et l'éducation des mères.Ici, les consultations de nourrissons et préscolaires jouent un grand 38 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 rôle.Leur influence a valu, dans notre pays, une diminution appréciable de la mortalité infantile et de la mortalité attribuable à la diarrhée, qui de principale cause de décès est devenue cause secondaire.En général, dans nos grands centres, et dans les comtés organisés en «unités sanitaires », dans les provinces où elles existent, le nourrisson, c\u2019est-à-dire, l\u2019enfant de 0-2 ans, semble assez bien suivi et cela même jusqu\u2019à l\u2019âge de 3 ans; mais après cela, jusqu\u2019à son entrée à l\u2019école, il nous échappe et nous le retrouvons à Page de 6 ou 7 ans, généralement après 3 ou 4 ans de négligence.\u201c L'âge préscolaire est l\u2019un des plus dange- teux et celui qui aura la plus grande répercussion sur toute la vie de l\u2019enfant, âge où 1l est le plus atteint par les maladies contagieuses contre lesquelles il faut le protéger.Son état général, sa dentition et sa nutrition doivent être particulièrement surveillés.On doit aussi attacher une attention de plus en plus grande à l\u2019hygiène prénatale.La survivance et le maintien du bon état de santé de nos mères canadiennes, et j'ajouterai la diminution de la mortalité infantile des 6 premières semaines attribuables aux causes congénitales, dépendent surtout de la surveillance médicale à laquelle la future mère aura été soumise.La consultation prénatale dans le cabinet du médecin, à l\u2019hôpital ou dans les centres officiels d\u2019hygiène, se révèle de plus en plus nécessaire et doit être vulgarisée.A côté de la consultation du nourrisson, la consultation prénatale et la consultation préscolaire doivent être considérées mesures nationales de santé.Dans les écoles, les élèves doivent têre soumis à une bonne surveillance médicale.Cette surveillance doit être périodique et assidue, de façon à suivre l\u2019enfant de son entrée à sa sortie de l\u2019école.L\u2019examen médical que l\u2019enfant subit à l\u2019école primaire, doit être complété par un autre examen à l\u2019école supérieure.A Montréal, je considère que nous avons une bonne organisation d'hygiène infantile et d\u2019inspection médicale des écoles (tout récemment, on nous accordait un certificat de mérite, au concours de santé parmi les villes canadiennes, tenu conjointement par l\u2019American et la Canadian Public Health Associations) et malgré cela, nous trouvons une proportion d\u2019environ 50% des enfants défectueux lors de l\u2019examen médical des écoles.Remarquez bien ce chiffre: 50% de défectueux à 6 ans dès l\u2019entrée à l\u2019école; 50% comme ensemble de tous les enfants nouveaux et anciens durant l\u2019année et à peu près 50% dans la vingtaine lorsqu'ils sont appelés au service militaire.Cela ne vous frappe-t-il pas?Pour moi, j\u2019établis une relation entre ces deux chiffres: d\u2019abord parce que cette proportion d\u2019enfants défectueux est à peu près la même depuis une quinzaine d\u2019années et, ensuite, parce que l\u2019expérience nous enseigne qu\u2019une bonne partie des enfants trouvés défectueux le restent malgré les avis répétés que nous faisons tenir aux parents et à leur médecin de famille et aussi malgré des visites répétées des infirmières visiteuses.Un bon nombre, cependant, se font soigner et améliorent ainsi leur condition physique.L\u2019examen périodique du nourrisson et de l'enfant d\u2019âge préscolaire à la consultation, de l\u2019écolier, à l\u2019école primaire ou supérieure, a été le premier pas vers l\u2019institution de l\u2019examen médical périodique annuel, dont bénéficient plusieurs groupes d\u2019individus dans l\u2019industrie ou ailleurs et que l\u2019on voudrait voir se généraliser de plus en plus.L\u2019examen médical périodique est de la plus haute importance dans la lutte entreprise contre la maladie.Il est conseillé de plus en plus et devient une arme excellente dont le médecin dispose pour contribuer à la conservation de la santé.Il aide à prévenir l\u2019évolution des maladies contagieuses et tout spécialement de la tuberculose.Il permet de découvrir la maladie latente, celle qui n\u2019a pas encore éveillé - l\u2019attention de celui qui en est atteint: celui-là se croit en bonne santé et vit en toute sécurité parce qu\u2019il ne souffre d\u2019aucun malaise, mais sournoisement, la maladie fait son œuvre et bientôt le terrasse. GROULX: SANTÉ NATIONALE 39 La collaboration du médecin praticien est nécessaire à la mise en pratique de ce précepte.La médecine s\u2019achemine graduellement vers la médecine préventive pour le bénéfice de la société.Le médecin et l\u2019hygiéniste, autrefois deux individus absolument distincts, se rapprochent de plus en plus.Le médecin au lieu de considérer simplement le patient comme un malade à traiter et à guérir, doit surveiller la santé de toute la famille.De même, l\u2019hygiène dentaire doit prendre de plus en plus d\u2019expansion; on doit mettre de l\u2019avant un programme d\u2019éducation publique qui en fera valoir l\u2019importance et facilitera les traitements dentaires à toute la population.L\u2019hygiéne mentale constitue aussi un grave problème.Les hôpitaux d\u2019aliénés sont encombrés.L\u2019hygiène mentale devra aussi être développée à l\u2019école, assurant la classification des élèves.On devra pourvoir, en plus, à des centres de psychologie et d\u2019orientation professionnelle.Les autorités sanitaires de tout service organisé se doivent également de recourir à tous les moyens dont ils disposent pour mettre un frein à l\u2019éclosion et à la propagation des maladies contagieuses.Les découvertes de Pasteur et, certains modes de vaccination et d\u2019immunisation contre plusieurs maladies infectieuses nous permettent de les contrôler jusqu\u2019à un certain point.La vaccination contre la variole devrait être appliquée sans réserve.Par une législation bien ordonnée et par l\u2019éducation du public, nous avons éliminé entièrement cette maladie dans la province de Québec.A Montréal, il n\u2019y a pas eu un seul cas de variole depuis 12 ans et pas un décès depuis 1918.Par une propagande intense, à laquelle la Ligue canadienne de Santé nous prête un appui précieux, nous vulgarisons l\u2019immunisation contre la diphtérie, maladie dont nous espérons nous débarrasser à l\u2019égal de la variole; depuis 1928, plus de 216,000 enfants ont été immunisés contre la diphtérie dans la seule ville de Montréal.Ces mesures de protection doivent être courantes, partout au Canada, afin que toute la population puisse en bénéficier.Un travail spécial doit être entrepris pour atteindre tous les cas réfractaires.Par exemple, un recensement entrepris à Montréal, et qui se poursuit actuellement, à eu pour résultat d\u2019augmenter le pourcentage des enfants immunisés de 65% à 85%.La pasteurisation du lait devrait être nationalisée.Le lait cru et ses produits sont encore responsables de la transmission de trop de maladies infectieuses: tuberculose, typhoi- de, fièvre ondulante, et en majeure partie, de la mortalité infantile.Les résultats obtenus là où la pasteurisation est appliquée militent en faveur d\u2019une telle mesure.La tuberculose accuse actuellement une augmentation au Canada.Un programme bien coordonné de lutte, de dépistage précoce et de facilités d\u2019hospitalisation dans des sanatoriums, sont les conditions essentielles au succes de la lutte antituberculeuse.Toutefois, permettez-moi de citer certains aspects encourageants dans la lutte contre la tuberculose: meilleure éducation populaire des dangers de la tuberculose et des moyens de s\u2019en prémunir, collaboration plus active des médecins; l\u2019emploi des rayons X accepté, reconnu et recherché pour un diagnostic précoce et plus précis.Un autre problème dont je désire vous entretenir est celui des maladies vénériennes: mal terrible et qui semble très répandu.Dans Québec, la Province a adopté une loi qui oblige les médecins à déclarer les cas et forcent les vénériens contagieux à se faire traiter: ceci est obligatoire.Comme cette loi n\u2019a été mise en vigueur que depuis quelques mois, il est trop tôt pour en tirer des conclusions, mais il y a ceci de certain: c\u2019est que, jusqu\u2019à date, le dépistage des cas s\u2019est fait de façon appréciable et que le nombre de ceux qui se font traiter grandit sans cesse.La distribution gratuite des médicaments à tous les médecins rend le traitement facile et diminue le coût des traitements pour le malade. 40 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 L'établissement d\u2019un service social, élément essent.el dans cette lutte, a permis de suivre les malades jusqu\u2019à guérison; il assure, sans coercition, le succès de cette loi.Et que dire du problème de l'habitation salubre surtout pour la classe ouvrière dans nos grands centres, problème actuellement compliqué par l\u2019industrie de guerre.« L'alimentation et le vêtement sont, avec l\u2019habitation, des besoins fondamentaux de l\u2019existence humaine.Aucun programme d\u2019habitation ne saurait être adéquat à moins que les logements construits ne soient salubres » déclare le Comité de la salubrité de l\u2019habitation de l\u2019American Public Health Association.Les trente principes de base énoncés dans ce rapport et leurs données spécifiques pour assurer leur réalisation sont, d\u2019après ce Comité, le minimum des besoins essentiels à l\u2019avancement de l'hygiène physique, mentale et sociale, et ils sont aussi essentiels aux logements de prix modique qu\u2019à ceux de prix élevé.Ils sont basés sur le minimum des besoins biologiques de l\u2019organisme humain.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de vous parler longuement, dans cette causerie, du problème de l\u2019habitation, mais je crois devoir vous dire qu\u2019à Montréal, probablement comme dans les autres grandes villes canadiennes, on étudie un programme d\u2019habitation d\u2019après-guerre pour les petits salariés.Le service municipal d'urbanisme s\u2019est rendu compte que l\u2019évolution de la mortalité infantile et de la tuberculose aussi bien que le taux général de mortalité, a accusé une diminution constante à Montréal depuis les dernières vingt années.On se rend compte des différences dans les taux entre les districts où les loyers sont élevés et ceux où ils sont modiques; toute amélioration des conditions du logement pour les petits salariés contribuera à l\u2019amélioration générale de la statistique vitale et à la diminution de la criminalité juvénile.Puis-je souligner l\u2019importance de l'hygiène industrielle et de son développement dans les champs d\u2019action provincial et municipal.Le docteur Sawer vous parlera de cette question avec toute la compétence qu\u2019on lui connaît.Cependant, je désire ajouter que l'hygiène industrielle et la salubrité sont une force économique dans l\u2019existence d\u2019une nation.La législation ouvrière et l\u2019amélioration des conditions du travail sont des problèmes vitaux auxquels les autorités sanitaires doivent s\u2019intéresser.Ils doivent unir leurs activités à celle des chefs du travail en vue d\u2019améliorer les conditions physiques, intellectuelles et sociales de la classe ouvrière.Il faudrait avoir des lois identiques dans toutes les provinces de façon à régler ce problème adéquatement.Une raison du niveau peu élevé de la santé publique au Canada est sûrement le trop grand nombre de familles ayant des revenus insuffisants.L\u2019amélioration des conditions de vie est un problème social et tous les problèmes sociaux sont connexes à l'hygiène publique.Tant qu\u2019il y aura des centaines de milliers de foyers qui ne gagnent pas suffisamment pour se payer autre chose que les premières nécessités, il y aura de la misère et celle-ci engendre la maladie.Il faudra, après la guerre, de toute nécessité, reviser nos standards de vie et les salaires de façon à accorder un revenu plus élevé à des centaines de milliers de familles.Autrement, toutes les mesures que nous pourrons prendre n\u2019auront que des résultats incomplets.S\u2019il y a des milliers de Canadiens qui vivent dans des mauvaises conditions de travail, s\u2019ils habitent des logements peu salubres, s\u2019ils ont des familles nombreuses auxquelles ils ne peuvent accorder les soins nécessaires, vous ne pouvez compter améliorer de façon générale et définitive la santé publique.De plus, si les soins médicaux, le nombre de médecins, de dentistes, d\u2019infirmières, n\u2019est pas mieux partagé entre les différentes parties du pays tous nos efforts resteront à peu près vains.ORGANISMES OFFICIELS A TEMPS COMPLET Dans \u2019application des mesures dont je viens de parler \u2014 dont la portée doit étre nationale, GROULX: SANTÉ NATIONALE 41 mais qui sont d\u2019application locale, provinciale ou municipale \u2014 il est important pour en tirer un rendement complet et efficace qu\u2019elles soient confiées à des organismes officiels, permanents et à temps complet, à un personnel qui consacre tout son temps, son initiative et son dévouement à son travail et à l\u2019intérêt public.C\u2019est lui qui coordonne toutes ces mesures dans l\u2019exécution de ce programme.Le rôle de l\u2019hygiéniste est celui de l\u2019éducateur qui consacre toute son énergie à son rôle.Il ne doit pas partager son temps et ses efforts entre son travail régulier et une autre fonction extérieure.En dehors de l\u2019organisation du service de santé central dans une province ou une grande ville, la tendance actuelle de plus en plus vulgarisée, consiste dans l\u2019organisation des « Unités sanitaires » dans les régions rurales avec directeur et personnel à temps complet, et, dans les grandes villes, en une décentralisation du service central par la formation des districts sanitaires urbains, aussi avec personnel à temps complet.Ce mode d\u2019organisation est en voie de développement dans plusieurs grands centres; cette expérience a été entreprise à Montréal.J'ai eu l\u2019occasion, il y a quelques années, grâce à l\u2019amabilité du docteur Jackson, de visiter le service de Santé de Toronto et d\u2019obtenir certains renseignements très utiles à l\u2019exécution de mon projet à Montréal.Dans cet ordre d'idée, la Province de Québec, je crois pouvoir le dire sans vantardise, a pris les devants.L'établissement des unités sanitaires de comtés dans les districts ruraux \u2018a été une splendide réussite.Ces unités ont accompli un travail immense dans des centres qui n\u2019étaient pas organisés au point de vue hygiène publique et les résultats obtenus ont dépassé nos espérances.Soixante-trois comtés ruraux de notre province sont desservis par 51 unités sanitaires ayant un personnel à temps complet, composé d\u2019au moins 1 médecin diplômé en hygiène publique; de quelques infirmières hygiénistes et d\u2019inspecteurs sanitaires qui, pour la plupart, détiennent leur certificat de la C.P.H.A.et de médecins vétérinaires diplômés.Un programme conçu selon les besoins locaux guide le travail du personnel.Les travaux et expériences scientifiques et de recherches sont encouragés et le but principal de ces unités sanitaires est d'éducation publique.Bien que la loi stipule que le ministre peut établir une Unité là où il lui semble bon, on n\u2019a jamais eu recours à des mesures coercitives, car on suffisait à peine à répondre aux demandes annuelles d\u2019organisation.Les municipalités se taxent elles-mêmes pour obtenir les services d\u2019une Unité.Au sujet des districts sanitaires urbains, j\u2019ajouterai quelques mots.La complexité de l\u2019administration sanitaire municipale d\u2019un grand centre entraîne la décentralisation et l\u2019organisation des districts .Lors de l\u2019inauguration d\u2019un district, à Baltimore, le docteur Williams, Commissioner of Health de cette ville, disait: « Logiquement il semble aussi nécessaire pour le département de Santé d\u2019une grande ville de décentraliser ses services de cette façon, qu\u2019il est opportun pour les services de la police ou des incendies d\u2019avoir des postes dans divers districts afin de rendre plus rapide et plus efficace leur travail dans un territoire donnée ».Cette organisation a un double objectif: d\u2019abord, donner à la population des services plus efficaces en les rendant plus accessibles à tous, et ensuite, rechercher les besoins locaux.Elle a aussi pour but d\u2019attirer l'intérêt public et de développer l\u2019esprit de civisme eñ entraînant les citoyens à s\u2019intéresser davantage à la santé publique.Le grand avantage du district sanitaire, c\u2019est de constituer un service d\u2019hygiène qui à quitté les hautes sphères administratives pour venir vivre avec le peuple, gagner sa confiance et lui faire avaler de la prévention 24 heures par jour.Notre projet, pour Montréal, est de diviser la ville en huit districts sanitaires dont six sont organisés actuellement.La population de chacun varie entre 100,000 à 130,000 habi- 42 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 tants.La direction en est confiée à un « Chef de district », médecin diplômé en hygiène publique et ayant quelques années d\u2019entraînement dans notre service.Il travaille à temps complet et est assisté d\u2019un personnel, aussi à temps complet, comprenant un certain nombre de médecins et d\u2019infirmières dont un chef de groupe, d\u2019un dentiste et d\u2019une employée de bureau.Je crois qu\u2019il est intéressant de noter, en passant, que j'ai, parmi mon personnel, environ 25 médecins, ingénieurs et infirmières à qui des bourses ont été accordées, soit par la ville, soit par la Rockefeller Foundation, pour des études dans des universités canadiennes ou américaines, notamment: Toronto, Harvard et Johns Hopkins.Quelques autres ont obtenu leur D.P.H.de nos deux universités locales: Montréal et McGill.Un certain nombre de nos infirmières sont qualifiées en nursing; la majorité de nos inspecteurs sont des vétérinaires gradués ou détiennent leur certificat de C.S.I.Suggestions Avant de terminer, je crois devoir faire les quelques suggestions suivantes: 1° Comme première suggestion \u2014 et ici, je suis en accord complet avec une résolution adoptée lors du dernier congrès de la Canadian Public Health Association, tenu à Toronto, en juin 1942 \u2014 les autorités fédérales devraient accorder des subsides assez généreux aux provinces et aux municipalités, pour les aider à mettre en pratique un programme national d'hygiène, dont ces dernières garderaient la responsabilité d\u2019exécution.Ceci permettrait d\u2019organiser partout au Canada des services d'hygiène avec personnel travaillant à temps complet, des unités de comtés ruraux et des districts sanitaires urbains, afin de rendre accessible à tous les citoyens du Canada, les avantages que procure une organisation permanente et adéquate de santé publique.2° Organisation d\u2019une campagne intensive, continue et persistante d\u2019éducation du public en hygiène, et cela, à travers tout le pays.3° Accorder un entier appui à la campagne d\u2019alimentation rationnelle lancée par les autorités fédérales et à laquelle les provinces et les villes doivent coopérer.4° Obtenir la pasteurisation obligatoire du lait dans toutes les provinces.5° Intensifier la lutte contre la mortalité maternelle en rendant la consultation prénatale plus accessible aux mères.6° Organiser un service hospitalier à domicile, comme un des articles importants au programme de la lutte contre la mortalité maternelle.| 7° Vulgariser les services de surveillance préscolaire et d\u2019inspection médicale des écoles à tous les stages de l\u2019enseignement.8° Vulgariser l\u2019examen médical périodique pour les adultes.9° Vacciner tous les enfants canadiens contre la variole et les immuniser contre la diphtérie.10° Intensifier la lutte contre la ,tuberculose en facilitant le diagnostic précoce et l\u2019examen aux rayons X, et le traitement de cette maladie par l\u2019augmentation des lits dans les sanatoriums.11° Augmenter le nombre des hôpitaux d\u2019aliénés et développer les services d\u2019hygiène mentale.12° Intensifier le programme de lutte contre les maladies vénériennes avec législation sévère et traitement obligatoire.13° Faciliter à tous les moyens de traitements médicaux et de soins dentaires, y compris un plan d\u2019assurance-maladie adapté à nos besoins.14° Etablir un plan adéquat d\u2019habitations salubres pour tous les groupes de salariés. LE BUT DE NOTRE LIGUE ANTITUBERCULEUSE' L\u2019Association Canadienne Antituberculeuse est une organisation nationale ayant des ramifications dans tous les principaux centres du Canada, par l'intermédiaire d\u2019organismes locaux.A Montréal, 11 manquait un anneau à cette chaîne.Il vient d\u2019y être ajouté par la création de la Ligue Antituberculeuse de Montréal et du district.Cette ligue fera désormais le lien solide et étroit entre les diverses organisations qui s'occupent de tuberculose au pays et particulièrement dans la région.Cette Ligue arrive bien à son heure.Nous la souhaitions depuis longtemps, pour donner à nos organismes de lutte, de la cohésion et de la force.Nous devons nous réjouir de la voir patronnée par les citoyens les plus éminents de la métropole.Leur présence affirme la réalité du grand danger qui menace notre population.Elle atteste aussi le bien déjà accompli et celui que l\u2019on pourra espérer produire avec des moyens proportionnés.Les membres de son exécutif, hommes remarquables par leur civisme et leurs activités dans tous les domaines, sont maintenant à l\u2019œuvre et sollicitent le concours de tous les citoyens.Ce n\u2019est un secret pour personne que Montréal et son district sont les moins protégés du Dominion.On l\u2019a dit bien des fois, on juge de l\u2019efficacité de la protection accordée à une population (en matière de contagion tuberculeuse) par le nombre de lits mis à la disposition des malades.Il manque à Montréal, 1,200 lits.La conséquence de ceci est que les personnes trouvées tuberculeuses sont dans une forte proportion obligées de faire leur cure à domicile.Nous savons tous ce qui en résulte: le patient ne guérit pas et la contagion familiale se fait plus prolongée et plus intense.Les centres de dépistage, comme l\u2019Institut Bruchési et le 1.Causerie radiophonique, décembre 1942.Royal Edward, voient leurs obligations augmentées à cause du nombre toujours croissant des tuberculeux.La défense de l\u2019enfant, laquelle est à la base de la lutte contre la tuberculose est presque impossible.Un grand nombre de recrues diagnostiquées tuberculeuses à l\u2019examen médical ou après une certaine période d\u2019entraînement sont dirigées vers nos cliniques et compliquent une situation déjà difficile.De ce fait, nous avons à surveiller plus de 3,000 familles de tuberculeux, comprenant 15,000 contacts adultes et enfants.Dans les conditions présentes, il nous faut en confier à nos infirmières visiteuses un trop grand nombre et la surveillance n\u2019est pas totalement efficace.Nous avons besoin de doubler notre personnel.Depuis longtemps, l\u2019Institut Bruchési se voit confiné dans un local trop étroit pour son développement normal.L\u2019affluence est parfois si grande à nos cliniques, que nos consultants n\u2019ont pas de place pour s\u2019asseoir; qu\u2019ils doivent attendre, debout, pour leur examen clinique et radiologique pendant un long temps.Il vy a parmi eux de grand malades affaiblis qui ont déjà supporté la fatigue du voyage.Malgré toute la considération que nous leur donnons, nous ne pouvons faire qu\u2019ils soient complètement à leur aise.A côté d\u2019eux, se tiennent d\u2019autres personnes qui se présentent pour un examen prophylactique.Elles sont forcées de se trouver, plus longtemps qu\u2019elles ne le voudraient, au contact de tuberculeux bacillaires.Nous sommes bien persuadés que nous devrions ouvrir, dans la ville, un plus grand nombre de succursales, dans les centres ouvriers les plus populeux.Nos ressources limitées nous en ont empêchés.Si nous pouvions disposer de plus de place, pour multiplier nos bureaux d\u2019examens, nous abrégerions considérablement le temps d\u2019at- 44 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 tente de nos consultants.Actuellement toute expansion en ce sens nous est interdite.Notre personnel est à l\u2019étroit et ne peut travailler avec toute l\u2019efficacité qu\u2019il voudrait apporter.Nos médecins se spécialisent dans la tuberculose.Il leur faut donc connaître l\u2019évolution de la science phtisiologique, les observations médicales faites dans tous les centres de traitement internationaux et se tenir au courant de l\u2019organisation de la lutte antituberculeuse dans tous les pays.Une bibliothèque médicale leur serait nécessaire, dans un local où ils pourraient se livrer à l\u2019étude.L'Institut Bruchési est au surplus un centre d\u2019enseignement universitaire, aux étudiants de la Faculté de Médecine; autre raison pour apporter à nos médecins cliniciens, les matériaux pour perfectionner leur enseignement.Or, tous ces besoins, l\u2019Institut Bruchési y subviendra, si le public lui apporte son aide généreuse, en achetant des Timbres de Noël.Si la population de Montréal se rend compte de la gravité du danger tuberculeux, elle ré- Pondra en conséquence.Si elle a bien compris la nécessité d\u2019une organisation efficace pour vaincre le fléau de la tuberculose et pour assurer sa protection propre, nous atteindrons notre objectif.Puisque nous ne pouvons pas construire actuellement de sanatorium, ce qui presse le plus, c\u2019est d\u2019assurer à nos malades la plus grande assistance, dans leur foyer.Nous avons confiance que la population nous aidera dans cette besogne absolument nécessaire.J.-A.JARRY.RÉFLEXIONS EN FIN D\u2019ANNÉE EN MARGE DE LA CAMPAGNE DU TIMBRE DE NOËL! La campagne du Timbre de Noël s\u2019achèvera bientôt.Elle sera un succès parce que tous ceux qui y participent le font avec conviction et générosité.La tuberculose fauche à trop grands coups et depuis trop longtemps, dans notre Province surtout, pour que nous restions indifférents.Aussi la conscience populaire s\u2019éveille et la lutte contre cette maladie est devenue une œuvre nationale.C\u2019est entre 19 et 45 ans, qu\u2019elle fait le plus de victimes.Que l\u2019on n\u2019aille pas croire que seule la classe ouvrière en paie le tribut et que c\u2019est une maladie du pauvre.L'histoire nous remet en mémoire les noms de plusieurs hommes célèbres morts de tuberculose: Lænnec \u2014 génie médical français.Chateaubriand écrivain français renommé.1.Causerie radiophonique, décembre 1942.Saint François-Xavier \u2014 maître en éloquence sacrée.Chopin \u2014 génie musical.Cecil Rhodes \u2014 fameux homme d\u2019affaires anglais.La tuberculose ne choisit pas ses victimes, elle nivelle les classes de la société.La tuberculose est contagieuse mais très évitable, à condition d\u2019isoler les contaminants et de traiter les cas au début.Le manque de connaissances pratiques à ce sujet a causé à notre peuple des torts irrémédiables.Il y a 40 à 50 ans, les notions populaires et médicales concernant cette maladie étaient fort rudimentaires.Mon père, médecin de campagne, estimé et aimé de ses concitoyens, m\u2019invitait un jour à assister aux funérailles d\u2019un de ses patients.Au cours de l\u2019inhumation, je lisais les noms inscrits sur une série de petites croix.Il y en avait huit.Les noms?Tous des Duquette.Les JARRY: LIGUE ANTITUBERCULEUSE 45 âges s\u2019échelonnaient de 16 à 50 ans.La famille entière se trouvait réunie au cimetière.Je demandai à mon père la cause de leur décès.Vous devinez la réponse: la tubereu- lose.La ferme fut vendue à une famille Char- trand.Au bout de 10 à 12 ans, quatre membres de la famille Chartrand étaient morts de tuberculose.Ces malheureux ignoraient les mesures à prendre pour se protéger et s'étaient contaminés au même foyer.Les microbes ont la vie dure et longue.Ils se réveillent pour faire des victimes à qui ne s'en doute pas.L\u2019isolement, la désinfection et l'hospitalisation, ces mesures n\u2019étaient pas appliquées à cette époque.Vous devez acheter des Timbres de Noël pour compléter le Service social des dispensaires Bruchési et Royal Edward.Ce service social vous enseignera à protéger votre famille.Il facilitera l\u2019admission de vos malades à l'hôpital.On est porté à croire que la tuberculose a un regain d\u2019activité au pays; toutes les provinces parlent d\u2019un pourcentage plus élevé.Je ne suis pas de cet avis.L\u2019examen militaire des Tecrues de 19 à 45 ans est un véritable recensement de l\u2019état de santé général de la population mâle.Jamais une loi coercitive n\u2019auraiït pu être aussi profitable a la cause antitubercu- lose.C\u2019est cet examen qui nous les apporte et comble nos lits d'hôpital.La plupart sont peu touchés et curables.Ces nombreux cas découverts prouvent qu\u2019il y en a beaucoup plus qu\u2019on n\u2019en connaissait.La Ligue Antituberculeuse de Montréal affirme qu\u2019il est urgent d\u2019hospitaliser les tuberculeux.J'ajoute que l\u2019hospitalisation du tuberculeux est le corollaire du dépistage.On s\u2019étonne que notre Province ait le taux de mortalité le plus élevé du Dominion.On parle d\u2019ignorance, de familles nombreuses.Ce ne sont pas les raisons pratiques.Il y a 20 ans que l\u2019on fait du dépistage.En a-t-on trouvé des tuberculeux! En 1942, on joue encore du dépistage.100- 150 malades figés sur les listes d\u2019attente des hôpitaux, ils attendent qu\u2019un lit se vide \u2014 parfois ils attendent durant 3 à 5 mois leur appel.Quand, après ce temps, le malade remplace celui qui part, il est devenu un grand malade, souvent incurable et le cycle se poursuit ainsi depuis 20 ans.Le défunt cède son lit au grand malade \u2014 voilà la cause de notre mortalité élevée.Le dépistage dépasse les facilités d\u2019hospitalisation.Nous avons Nos compatriotes angl.ont 5.5 \u201c Les Hébreux ont .6.6 \u201c \u201c \u201c 1.1 lit par mortalité i\u2019 (54 De grâce faisons le dépistage mais hospitalisons les malades dépistés.Nous serons encore en retard pour aborder le problème de la réhabilitation des tubereu- leux guéris.Mais nous serons logiques.S1 nous n\u2019y prenons garde la perte de ces sujets à l\u2019Âge productif finira par ébranler l\u2019économie du pays.Je recommande l\u2019achat du Timbre de Noël, parce que je veux que l\u2019on donne plus de gardes-malades au service social.Il est fort bien de penser aux malades à admettre à l\u2019hôpital, mais je veux aussi penser aux malades qui sortent de l'hôpital.Je veux que le service social aide à trouver un emploi aux sujets qui sortent guéris des sanatoria.Je veux que le serviee social de Bruchési et du Royal Edward combattent le préjugé: la tuberculophobie des employeurs qui refusent de prendre des employés guéris venant des sanatoria antituberculeux.Le tuberculeux guéri doit recevoir l\u2019accueil qu\u2019il mérite.Achetez donc généreusement des Timbres de Noël pour que les dispensaires complètent et continuent la tâche qu\u2019ils accomplissent depuis longtemps pour le plus grand bien de tous.Georges MIGNAULT. TUBERCULOSE Le rôle de la contagion ' Chacun sait, aujourd\u2019hui, quelle a été l\u2019influence de Pasteur sur l\u2019évolution des sciences, si complète en quelques années, malgré une vive opposition.Les esprits résistent toujours à la vérité, même, à l\u2019évidence lorsqu\u2019elles viennent ruiner les théories anciennes et heurter leurs habitudes de pensée.Un jour le voile se déchira et la véritable nature des maladies infectieuses fut révélée à l'univers entier.L'homme allait, enfin, transformer le monde dans sa lutte éternelle contre la maladie et contre la mort.Les progrès de l\u2019hygiène, les mesures d\u2019isolement, la généralisation et l\u2019application rigoureuse de certains procédés de désinfection, en particulier de la stérilisation par la chaleur, ont fait disparaître des épidémies qu\u2019elles ont arrêtées aux frontières.Elles ont aussi sauvé, parfois, des peuples entiers, des armées, menacés d\u2019être décimés par ces fléaux que nous ne voyons plus et dont quelques-uns, depuis le moyen Âge, ont laissé dans l\u2019histoire des souvenirs terrifiants.Si nous savons, aujourd\u2019hui, vaincre la rage, le choléra, la peste, la typhoïde, la diphtérie, le tétanos et d\u2019autres maladies, seule demeure, invincible, la tuberculose.Elle défie, chaque jour, la puissance et l\u2019ingéniosité de l\u2019homme.Elle atteint de préférence la jeunesse.Elle s\u2019insinue sournoisement dans les familles, grâce à des contacts fréquents et libres; elle les décime lentement, implacablement.Je citerai quelques exemples vécus de décès dus à la contagion, dont le médecin est le témoin attristé sinon humilié, à cause de l\u2019impuissance de ses efforts.Premier exemple: Voici une famille de huit personnes demeurant dans une petite ville à proximité de Montréal.La mère, à la suite de grossesses répétées, d\u2019une contagion possible ou du réveil d\u2019une tuberculose ancienne, suc- 1.Prononcée au poste C.K.A.C.le mardi, 15 décembre 1942, sous les auspices de la Ligue antituberculeuse, pour le Timbre de Noël.combe à cette maladie après quelques mois de traitement chez elle.Six mois plus tard, le mari, homme robuste et actif, présente, un jour, les signes trompeurs d\u2019une grippe.Un médecin pose le diagnostic de tuberculose.Il succombe l\u2019année suivante.Puis, chaque année, un des enfants de cette famille, décapitée en peu de temps, s\u2019en va rejoindre ses chefs en succombant à la même maladie: la tuberculose.Seul, un dernier put échapper à la mort, sinon à la contagion, en se refugiant loin d\u2019eux, dans un endroit sain et montagneux.Donc, 7 personnes succombent en peu d\u2019années à la suite d\u2019une contagion transmise de l\u2019un à l\u2019autre.Second exemple: Voici un jeune ménage.Le mari a une mine splendide; il a toujours jouit d\u2019une bonne santé.La jeune femme, depuis son mariage, est pâle, grêle, amaigrie et affaiblie.Pourtant elle appartient à une famille saine.Mais le médecin apprend, après un interrogatoire et un examen médical, qu\u2019elle a cohabité, il y a trois ans, dans une pension avec une de ses amies, qui a succombé, depuis.à une tuberculose aiguë dans l\u2019espace de deux mois.Notre jeune femme, tuberculeuse à cause \u2018de la contagion ancienne, sans doute, succombe, à son tour, au bout de trois mois à la suite d\u2019une première grossesse.Le mari, inconsolable, s\u2019étiole, maigrit.Il a perdu toute ardeur au travail.Un médecin, consulté quelques mois plus tard, pose le diagnostic de tuberculose pulmonaire.L\u2019évolution de cette maladie fut si rapide, à cause de l\u2019inoculation massive sur un terrain favorable, que cet homme vigoureux succombe au bout de six mois.La tuberculose, on le voit, est grave à cause de la contagion souvent insaisissable et in- soupconnée, surtout si elle remonte à une date plus ou moins éloignée.Cette maladie ne respecte ni l\u2019union et le bonheur des familles, ni l\u2019amour et l\u2019espoir fécond des jeunes ménages.Elle accomplit simplement son œuvre LESAGE: TUBERCULOSE 47 de destruction.Là est le danger.On n\u2019y songe pas assez.Troisième exemple: Voulez-vous un autre exemple, non moins émouvant que les précédents?Le voici en quelques mots: Il s\u2019agit d\u2019un jeune homme de vingt ans, grand, robuste, vivant, alerte de cœur et d\u2019esprit, aimant la vie, dorée de ses rêves de jeunesse et de poète; car il aime et cultive les arts et les lettres.Un tel type, aussi doué, a des amis.Parmi ceux-ci se trouve un fils de grande famille qui a dû suspendre ses activités depuis quelques mois et se soumettre à une cure de repos forcé à cause d\u2019une hémopthysie soudaine à la suite d\u2019un effort excessif et prolongé durant une longue course en skis.Le premier de ces deux jeunes gens s\u2019offre à l\u2019autre, immobilisé, de le distraire, de l\u2019intéresser par des lectures et des conversations.Il partage sa douleur, mais il croit en son avenir.Les visites se succèdent et se prolongent entre les deux amis.Les entretiens et les lectures, suivis de discussions instructives, font oublier le souci des précautions utiles en pareil cas.L\u2019intimité devient complète et totale.Bref, le second succombe.La tuberculose a terminé son œuvre!.L'autre, celui qui fait l\u2019objet de ce récit, poursuit sa carrière en songeant à l\u2019ami qu\u2019il a perdu, à un âge où on anticipe espoir et succès plutôt qu\u2019échecs et déceptions.À la fin de ses études, au collège, il est atteint, un soir, de pneumonie.Il guérit, puis il entre à l\u2019Université.Il a de l\u2019ambition, il montre de l\u2019ardeur au travail.Déjà, il a choisi son rang parmi ses compagnons d\u2019études: le premier.«Si mon ami était là », dit-il, « quel plaisir nous aurions de chevaucher, ensemble, un avenir plein de promesses.Est-il donc si incertain avec de la volonté et du talent?» Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveauté) Un silence d\u2019éternité.Un jour, son père, homme sage et clairvoyant, s\u2019inquiète de la santé de son fils.Depuis quelque temps, il a maigri; il est pâle, son appétit a diminué.Sa gaieté et sa bonne humeur ont perdu leur élan.Son esprit n\u2019a plus la même allure; ses activités, subitement ralenties, semblent mettre un frein à ses justes ambitions et sa mystique religieuse semble s\u2019affiner inlassablement, quand même! Il est devenu presque mélancolique.Songe-t-il à son ami disparu?Il éprouve, même, quelque peine à parcourir la distance qui le sépare de l\u2019Université.Il accuse une légère douleur à la poitrine.Un examen minutieux du médecin révèle que ce jeune homme, malgré son aspect et sa belle hérédité, souffre de tuberculose du poumon gauche, en pleine évolution.Il n\u2019y a ni toux, ni expectoration.Il s\u2019agit d\u2019une cortico- pleurite.Seule une légère élévation thermique, le soir, indique une réaction défensive de l\u2019organisme contre une septicémie grave et menaçante, dont le terme est inconnu, sinon fatal.Le médecin de ce jeune homme put facilement retracer l\u2019origine du mal: c\u2019est-à-dire la contamination directe de l\u2019ami décédé à l\u2019ami survivant.Ce fut le premier acte du drame.Le père, stoïque, magnifique, apprend la vérité avec consternation et courage.C\u2019est l\u2019effondrement d\u2019une vie qui s\u2019annonçait brillante et féconde.Une fois de plus l\u2019héritage traditionnel est compromis.« Nous lutterons », dit-il, « pourvu que mon fils y consente.» La mère, atterrée, se renferme dans une douleur muette et aborde son fils avec le sourire tandis que l\u2019œil se voile d\u2019une larme furtive.Le beau courage féminin conserve, une fois de plus, une attitude pleine de grandeur, de noblesse et de sacrifice silencieux.«'Tu guériras bientôt, mon cher enfant, comme d\u2019autres », dit-elle.Mais le fils, vif et fier, se cabre.Il vaut mieux que cela.Et puis, il accuse le sort, mais pas un instant son ami disparu.« Le médecin exagère », dit-il.Il prendra un repos nécessaire, mais il poursuivra ses études selon son programme.Telle est sa détermination.Peu à peu il réfléchit et se soumet.Il suspend ses activités.Il s\u2019immobilise durant quelques mois au milieu de ses livres, ses fidèles amis.Il poursuit intensément son traitement. 48 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 d'attente, puisque c\u2019est le seul, et ses études littéraires.L\u2019accalmie se produit bientôt, malheureusement, devrais-je dire, car il se croit déjà guéri.C\u2019est souvent ainsi que les choses se passent chez ces malades à cause de l\u2019intensité de la vie spirituelle et sentimentale du tuberculeux.Bientôt, il peut sortir en prenant certaines précautions.Mais il veut guérir.Alors il entreprend de voyager dans les Lau- rentides, aux Etats-Unis, en Europe, en Suisse.Partout il est accueilli avec empressement et déférence, mais il est déçu à cause des exigences qu\u2019on lui impose.«Suis-je donc destiné », dit-il,« à vivre en marge d\u2019une société qui me prive de ma liberté, après avoir volé ma santé?» Il avait raison en songeant à la contagion, la cause de tout le mal.Après quelque répit, la maladie reprend sa course vers la mort, malgré les conseils des grands maîtres.C\u2019est en vain qu\u2019il lui a immolé sa jeunesse, sacrifié les joies inestimables de la vie de famille, ses espoirs et ses ambitions; la guérison, dans ces cas, longue et fugitive, semble se dissiper comme le rêve, ce mirage nécessaire; mais il y croit toujours.C\u2019est la lumière sous le boisseau.Bref, après cette dernière et longue étape, loin de sa famille, près de sa mère qui l\u2019a rejoint, il succombe! Il exhale son âme dans un dernier souffle.Il meurt désespéré de la terre mais satisfait de son courage, car son esprit n\u2019a cessé: « D\u2019écouter\u2026 (avec Beaudelaire) Les souvenirs, lentement s\u2019écouler Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.» « C\u2019est la mort, disait-il, qui console, hélas, et qui fait [vivre.«C\u2019est le but de la vie, et c\u2019est le seul espoir.« C\u2019est le portique ouvert sur les cieux inconnus.Per fas et nefas!.Ce drame n\u2019est pas unique.Certains, parmi ceux qui m\u2019entendent en ce moment, en évoquent sans doute de semblables dans leurs souvenirs douloureux.Que d\u2019exemples touchants et pénibles de contamination dans lès familles ouvrières, nombreuses et pauvres, logées dans des pièces exiguës, privées d'air et souvent de lumière, sinon de nourriture.Ces faits, où la contagion a semé le malheur et la désolation, servent mieux, sem- ble-t-il, que la longue théorie de nos statistiques, décevantes, malgré tout, dans la Province de Québec.Sans doute, on dépiste le tuberculeux, on situe la contagion familiale, mais on n\u2019y remédie pas complètement, car il demeure sur place où il continue d\u2019essaimer la maladie.Seuls, un ou deux sanatoriums de 1,000 lits nous aideraient à résoudre partiellement ce problème.Les médecins, ces sociologues désintéressés et clairvoyants, le demandant depuis 40 ans.Soyons plus pratiques.Faisons moins de discours, fondons moins de Ligues, mais construisons plus de sanatoriums dans les grandes agglomérations comme Montréal, qui en est dépourvue, si nous voulons pratiquer l\u2019isolement des tuberculeux qui contaminent leur entourage et qui meurent, tandis qu\u2019ils pourraient guérir, peut-être, et épargner d\u2019autres vie utiles et fécondes.Il y a, là, un devoir social et humanitaire, sinon économique et national.Qui donc l\u2019accomplira.Les paris sont ouverts.Mais, en attendant cette délivrance, tachons de secourir les tuberculeux et leur famille en achetant des Timbres de Noël, ces messagers d\u2019espoir et de charité.Albert LeSage. VARIÉTÉS ÉVOLUTION DE L\u2019ANATOMIE, Par Eugène SAINT-JACQUES, Professeur honoraire à l\u2019Université de Montréal.XIXe ET XXe SIÈCLES Avec le XIXe siècle, la médecine allait être révolutionnée dans ses conceptions fondamentales, ses idées de pathogénie comme de thérapeutique, par les progrès remarquables en pathologie cellulaire et l\u2019évolution vers la bactériologie, la vaccinothérapie et la sérothérapie.BricHAT (1771-1802) vient en vedette à l\u2019orée du XIX®° siècle.Il conduisit des recherches poussées en anatomie et, le premier, différencia les tissus, donnant à chacun leur rôle: au tissu noble, épithélial, la fonction; aux tissus conjonctifs, le rôle de forme et soutien des organes.Son « Anatomie de l\u2019homme » contient 300 planches merveilleusement exécutées.Epuisé par son travail et ses recherches, Bichat mourrait jeune à 28 ans.Il compléta les œuvres de Munro qui était à peu près silencieuses sur le système nerveux.L\u2019Angleterre eut un autre anatomiste distingué en Sir James BELL (1774-1842) qui publia un «Système de dissection » et de belles planches sur le système nerveux.Il devint professeur de chirurgie à Edimbourg, qui a toujours tenu une haute place dans les Iles Britanniques.Il convient de signaler aussi RoBErT KNox (1791-1862) qui promulgua en Grande-Bretagne les idées 1.Voir L'Union Médicale, septembre, p.968; octobre, p.1084 et novembre, p.1221.de Bichat sur la différenciation des tissus.À cette époque, la dissection n\u2019était pas encore reconnue officiellement, et les moyens employés par Knox, qui frisaient l\u2019assassinat, le discréditèrent complètement aux yeux du public et il dut fuir la rage populaire, dit Gar- risson (p.461).L\u2019anatomie comparée était alors fort à l'honneur avec Lamarck et Cuvier, qui fonda la paléontologie des vertébrés tandis que Sir Richard Owen l\u2019égalait presque dans son « Anatomie et Physiologie des vertébrés », tandis qu\u2019aux Etats-Unis Agassiz, un suisse, se mettait au premier rang des naturalistes.Les naturalistes de première valeur n\u2019étaient pas limités à l\u2019Angleterre et à la France au début du XIX° siècle, l\u2019Allemagne en possédait tout une phalange dont le plus distingué fut JOHANNES MurLEr (1801-1868) qui fut aussi un physiologiste remarquable.Il semble que les savants de cette époque aient été fort versatiles et d\u2019une immense culture, plus que nos modernes aux yeux de qui la culture générale semble assez généralement à peu près inutile.Aussi Muller fut-il à la fois anatomiste, physiologiste, chimiste, biologiste et pathologiste.Le fait qu\u2019il a formé des élèves tels que Schi- den et Schwan, les découvreurs de la cellule végétale et animale, ce qui complétait la différenciation des tissus de Bichat-Henle, Krolliker et Virchow, le neurologiste Dubois Raymond, semble prouver la vaste érudition de Muller.Il vivait à Coblentz, la jolie cité rhénane sise à l'embouchure de la Moselle et dominée 50 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 par sa citadelle de l\u2019Ehrenbreitstein, qui eut son moment de célébrité avec Marceau, sous Napoléon.À mesure que l\u2019anatomie se développe et se différencie, il semble qu\u2019il soit difficile de la séparer de l\u2019histologie, sa collaboratrice par le microscope.C\u2019est ainsi que nous voyons au début du XIXe siècle Scuwan (1810-1882) pousser plus loin les travaux de Bichat et montrer qu\u2019à la base des tissus existait la cellule comme élément primordial.Les travaux de Scleissen sur la cellule végétale l\u2019avaient mis sur le chemin de l'isolement de la cellule animale.Elève de Muller en la très jolie cité universitaire de Bonn sur le Rhin, dominée par son Venusberg, il fut appelé à enseigner à Louvain, car il était fort catholique, comme la majorité des allemands de la vallé du Rhin.Son affabilité, sa simplicité, sa modestie le faisaient comparer à Claude Bernard.C\u2019est ainsi que l\u2019anatomie microscopique vit apparaître en Allemagne le grand anatomiste HENLE (1809-1885), juif de naissance, élève de Muller aussi, qui se fit remarquer par ses études sur le rôle des tissus épithéliaux, ceux du rein entre autres (tubes contournés).Signalons encore dans cette remarquable galerie d\u2019histologistes REMAK (1815-1865), un juif polonais aussi, qui étudia à La Charité de Berlin, que VrrcHow allait bientôt illustrer si brillamment et dont nous avons suivi l\u2019enseignement en 1900.KoLLIKER (1817-1905) l\u2019un des pionniers en anatomie microscopique et élève de Muller.Il était diplômé de l\u2019importante université de Heidelberg, intéressante cité sur le Neckar à la jonction du Rhin, et fut remarquable par ses travaux en anatomie embryologique et morphologique.Son traité d'anatomie microscopique et son manuel d\u2019histologie firent longtemps loi.Il fut un des esprits les plus cultivés et les plus avancés de son temps et mourut à Wurtzbourg où il enseignait depuis longtemps.Mais ne nous attardons pas trop: la France nous attend avec de grandes figures.Ce qui nous prouvera qu\u2019aucun pays n\u2019occupe exclusivement la première place.Si l\u2019Angleterre et l\u2019Allemagne produisent des savants remarquables en anatomie, comme nous l\u2019avons vu et qui aidèrent à son évolution, la France au début du XIX® siècle, avait fourni Bichat.L\u2019Angleterre produisit un autre anatomiste fort distingué en la personne de Henry Gray (1825-1861) dont le traité d\u2019anatomie descriptive servit à de nombreuses générations d\u2019étudiants et qui guida nos pas personnels en anatomie.Il se fit remarquer par ses mémoires sur les nerfs optiques et la rate qui lui valurent les honneurs du « Royal Collège of Surgeons »: il mourut jeune et fort regretté comme professeur.Nous aurions garde d\u2019oublier l\u2019Ecole d\u2019Edim- bourg avec Sir William Turner\u2018 (1832-1916) anatomiste fort recherché, qui devint président de la principale université d\u2019Ecosse.Nous avons trouvé son souvenir très vivace et à l'honneur lorsque nous fûmes à Edimbourg pour le Congrès des Universités de l\u2019Empire en 1921.Ajoutons le nom de Balfour (1851-1882) d\u2019Edimbourg encore qui fit des recherches remarquables en embryologie au fameux « Institut Biologique » de Naples.Il enseigna à Cambridge et malheureusement mourut tragiquement.L\u2019Allemagne fut encore honorée au XIXe siècle avec le grand Hiss (1831-1904) Suisse d\u2019origine; il compléta l\u2019œuvre de Bichat sur le tissus en remontant à leur origine.Elève des grands maîtres allemands: Muller, Remak, Virchow, il aida à la création de la Société SAINT-JACQUES: ÉVOLUTION DE L\u2019ANATOMIE 51 d\u2019Anatomie, et à celle de l\u2019Institut d\u2019Anatomie de Leipzig, où il enseigna jusqu\u2019à sa mort.N'est-ce pas lui qui découvrit ce faisceau cardiaque qui porte son nom et dont il est si utile pour les cardialogistes de connaître le fonctionnement.Il refit la nomemelature anatomique et inventa un microtome qui permit des coupes sériées: tout ceci est bien suffisant pour la renommée d\u2019un homme.* * Nous terminons avec quelques figures françaises, remarquables en anatomie.VERNEUIL (1823-1875), grand chirurgien qui débuta par des études anatomiques.Puis ce fut à la fin du XIX° siècle le vénérable « père » TILLAUX, fameux clinicien qui publia une étude fort poussée en anatomie topographique.Le « père » Tillaux fort vénérable, comme nous l\u2019appelions, venait au tableau noir avec ses craies coloriées et en quelques lignes différentielles nous donnait des coupes transversales de membres ou de placement des organes en indiquant avec une précision remarquable artères, veines et nerfs à leurs places respectives.Il ne manquait jamais, vieux normand qu'il était, de reconnaître, à son parler, tout nouveau venu canadien qui visitait son service.Au commencement du siècle, nous allions en grand nombre écouter le « père » FARABEUF, vieil original, célèbre pour ses leçons d\u2019anatomie et son bel album de planches anatomiques opératoires.L\u2019air froid de l\u2019hiver parisien n\u2019allait pas à sa gorge et 1l portait toujours un foulard de laine enroulé autour du cou.Sa figure encadrée d\u2019une barbe hirsute lui donnait un air quelque peu rébarbatif.Tout étudiant en anatomie, à Paris, ne se serait pas passé des albums merveilleusement illustrés du grand anatomiste de Lyon, TERTUT.Cet ouvrage magistral vit plusieurs éditions en langues variées.Nous aurions garde d\u2019oublier les anatomis- tes-histologistes français dont les leçons faisaient accourir bien des élèves.CoORNIL et RANVIER, remarquables travailleurs, qui nous ont laissé un grand traité d\u2019histologie en trois volumes, auxquels il est toujours bon de réferrer.LETULLE, professeur plein de vie, à signaler aussi pour ses travaux microscopiques en pathologie pulmonaire.DÉJÉRINE, le maître de la Salpétrière, remarquable neuro-histologiste.Enfin BRAULT qui fit de belles recherches en pathologie rénale.Puis 1l y avait à Paris les leçons d\u2019anatomie descriptives et régionales du Prof.POIRIER.Sanglé dans sa redingote impeccable, toujours ornée d\u2019un œillet blanc, la main élégante, il disséquait à merveille et ne manquait pas d\u2019applaudissements quand 1l nous parlait des adducteurs des cuisses: «ces custodes virgini- tatis » comme il les appelait.Enfin pour clore la série de ce début du présent siècle, nommons ROUVIÈRE dont le beau traité et les travaux d\u2019anatomie ont acheminé plus d\u2019un de ses élèves vers les hautes sphères.Notre Prof.d\u2019anatomie à la Faculté, le Prof.Delage, est un de ses élèves.Nous nous reprocherions d\u2019oublier de nommer ici un souvenir sympathique à ceux de nos professeurs ici même qui nous ont acheminé dans le dédale de l\u2019anatomie: les Prof.Char- trant, Fortier, Moreau et le dernier disparu, le Prof.Delorme dont le talent de collectionner les beaux specimens anatomiques est apprécié de tous. GÉNIE ET FOLIE ! Par Arthur ARCAND, Docteur de l\u2019Université de Paris, Lauréat de la Faculté de Médecine de France.Le problème des rapports pouvant exister entre le Génie et la Folie est vieux comme le monde; il a été discuté par de très nombreux savants, qui n\u2019ont jusqu'ici, il faut l\u2019avouer, trouvé que des explications fort peu rationnelles sur cette question.Vouloir traiter ce sujet en quelques minutes est un non-sens.Aussi, avec votre permission, je ne m\u2019occuperai ici que du côté physio- pathologique qui est de beaucoup le plus intéressant.Beaucoup de physiologistes ont cru et croient encore que le phénomène de la folie, dans certains cas, est assez voisin de celui du génie, et ils donnent à leur théorie les explications les plus variées.Ils ont réduit en somme en système cet aphorisme célèbre: « Point de génie sans quelques grains de folie ».C\u2019est ainsi que l\u2019une des gloires médicales du XIX® siècle, le docteur Lélut, assimile, dans plusieurs de ses ouvrages, le génie à l\u2019hallucination, et il prend dans l\u2019Histoire des témoignages illustres, tels que ceux de Socrate et de Pascal.Toutefois, il établit sa thèse avec beaucoup de difficulté, car il est clair que les personnages hors ligne qu\u2019il cite ont trouvé dans leur état mental même une partie de leur énergie, de leur persévérance, de leur puissance d\u2019action, et, j'ose dire, de leur génie.D'ailleurs, comment comprendre les événe- ments, les institutions, les mœurs, le mouvement et les progrès de la civilisation, si l\u2019on ne possède pas l\u2019art d\u2019interroger les grands hommes et leurs contemporains, et de découvrir, sans idées préconçues, les conditions intellectuelles et morales au sein desquelles ils ont vécu.1.Conférence au Club Rotary de Québec, le mardi 22 septembre 1942.Au lieu de s\u2019arrêter à la surface de la vie humaine et de se laisser prendre à certains signes équivoques de l\u2019état physiologique, pour peu qu\u2019on pénètre dans l\u2019état psychologique, on aperçoit, la plupart du temps, chez ces personnages illustres, un développement supérieur de la raison, du sentiment, de la volonté, là où le physiologiste n\u2019avait observé ou supposé qu\u2019une affection pathologique.Un autre médecin de la même époque, le docteur Moreau, de Tours, pousse plus loin les conclusions de Lélut, et il exprime lui-même sa doctrine en ces termes, et je cite: « Les dispositions d\u2019esprit qui font qu\u2019un homme se distingue des autres hommes par l\u2019originalité de ses pensées et de ses conceptions, par son excentricité ou l\u2019énergie de ses facultés affectives, par la transcendance de ses facultés intellectuelles, prennent leur source dans les mêmes conditions organiques que les divers troubles moraux dont la folie et l\u2019idiotie sont l\u2019expression la plus complète.» Ce même médecin résume et concentre sa thèse dans cette formule originale: « Le génie est une névrose.» Or, il me semble que, dans sa théorie du génie, Moreau de Tours a pris l'apparence pour la réalité, l\u2019accident pour la substance, et les symptômes plus ou moins variables pour le fond et pour l\u2019essence.- Certes, il parle de transcendance, de supériorité, d\u2019excentricité et d'originalité, mais, à tout prendre, ce ne sont là que des mots sans signification précise.En général, il emploie le mot de génie comme on le fait dans la conversation vulgaire où l\u2019on n\u2019est pas tenu à la précision, et où, pour plus de commodité et de rapidité, on embrasse sous un même nom les choses les plus dissemblables.Or, il n\u2019y a rien de plus compliqué que les ARCAND: GÉNIE ET FOLIE \u2018 53 faits qui paraissent les plus simples au vulgaire, et, pour parler de ces faits d\u2019une manière vraiment sérieuse, il faut commencer par les décomposer, opération très difficile, et pour laquelle la physiologie et la médecine ne sont absolument d\u2019aucun secours.Ce qui constitue le génie, ce n\u2019est pas l\u2019enthousiasme ou une excitation cérébrale quelconque, car ces deux phénomènes peuvent se produire dans les esprits les plus médiocres et les plus vides; ce qui constitue le génie, c\u2019est la supériorité de la raison.L'homme de génie est celui qui voit plus clair que les autres, qui aperçoit une plus grande part de vérité, qui peut relier un plus grand nombre de faits particuliers sous une idée générale, qui enchaîne toutes les parties d\u2019un tout sous une loi commune, qui, lors même qu\u2019il crée, comme dans la poésie, ne fait que réaliser, par le moyen de l'imagination, l\u2019idée que son entendement a conçue.Le propre du génie est de se posséder lui- même et non d\u2019être entraîné par une force aveugle et fatale; de gouverner ses idées, et non d\u2019être subjugué par des images; d\u2019avoir la conscience nette et distincte de ce qu\u2019il veut et de ce qu\u2019il voit, et non de se perdre dans une extase vide et absurde, semblable à celle des fakirs de l\u2019Inde.En un mot, le génie est pour nous l\u2019esprit humain dans son état le plus sain et le plus vigoureux.Supposons que l\u2019on soit arrivé à une idée exacte et précise du génie pris psychologiquement, et qu\u2019on ait ramené toutes ses formes à une seule; que faudrait-il pour établir l\u2019identité physiologique de la folie et du génie?La seule démonstration rigoureuse serait la comparaison anatomique du système nerveux chez les hommes de génie et les aliénés, c\u2019est-à-dire la dissection de leur cerveau.Or, une telle comparaison n\u2019a jamais amené aucun renseignement sérieux.Par ces sortes d'expériences, l\u2019on a appris, par exemple, que le cerveau d\u2019un Cromwell ou d\u2019un Cuvier avait un poids bien au-dessus de la moyenne, tandis que celui de Napoléon ou d\u2019Anatole France était au-dessous de la vérité courante; par contre, l\u2019on s\u2019est aperçu que le cerveau d\u2019individus vulgaires et même d\u2019aliénés était souvent supérieur en poids &.ceux des grands intellectuels.Par conséquent, insuffisance complète de la comparaison anatomique en fonction du poids des cerveaux.D\u2019autres auteurs ont voulu voir dans le nombre des circonvolutions cérébrales et l\u2019allure de leurs frisures la marque du génie, et Anatole France fut le dernier, paraît-il, qui fit les frais d\u2019une pareille constatation.Mais, encore là, nous sommes dans le domaine de l\u2019hypothèse où les contradictions sont des plus nombreuses.Où est le cerveau de César et de Cicéron, de Socrate et d\u2019Aristide?Ce sont des cendres dispersées dans l\u2019ample sein de la nature, et qui ont servi sans doute déjà à mille combinaisons différentes.Tous les génies des siècles passés échappent au scalpel.Ceux du siècle présent ne se prêteraient pas volontiers peut- être à des expériences de ce genre.Que prouveraient, d\u2019ailleurs, quelques faits particuliers dans une question si délicate et si complexe?Car l\u2019état organique en question n\u2019est pas de la nature de ceux que nos sens peuvent atteindre.Privé de la preuve anatomique, à quelle sorte d'arguments peut-on avoir recours?Il y en a de deux espèces: l\u2019analogie et la biographie.Je vais essayer de vous exposer ces deux genres de preuves et de vous en démontrer: l'insuffisance.1° La preuve par analogie consiste à montrer que, dans l\u2019état de fièvre, de délire même, d\u2019exaltation cérébrale, dans toutes sortes d'états nerveux irréguliers et morbides, et enfin à l\u2019agonie, on voit très souvent l\u2019intelligence se déployer d\u2019une manière extraordinaire et inattendue, d\u2019où l\u2019on peut conclure que la maladie amène, dans le cours de son évolution, précisément cette sorte d\u2019état organique d\u2019où dépend le génie.À cet argument, qui a d\u2019abord tous les in- 54 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 convénients des preuves analogiques, je me contenterai d\u2019opposer les observations suivantes.La plus grande partie des faits cités sont des- faits de mémoire, d\u2019imagination ou de sensation ; tantôt ce sont les sens qui prennent, dans certaines conditions maladives, un degré de finesse et de pénétration qu\u2019ils n\u2019avaient pas antérieurement; tantôt c\u2019est une mémoire extraordinaire qui se développe tout à coup; tantôt c\u2019est l\u2019imagination qui s\u2019exalte, qui a besoin de chants et de musique et croit entendre des concerts divins.Mais, en supposant que tous ces faits soient parfaitement exacts, je me contente de faire remarquer que, dans tous ces cas, c\u2019est la moindre partie de l\u2019intelligence qui est excitée: les sens, la mémoire et l\u2019imagination représentative.Ces facultés fournissent des matériaux à l\u2019intelligence, mais ne sont point l\u2019intelligence; rien de tout cela n\u2019est le génie.On nous cite bien un certain nombre de cas où la maladie aurait amené un développement extraordinaire de l\u2019intelligence, et où l\u2019imagination serait devenue créatrice.Mais, il resterait à savoir si les idées qui se produisent dans ces circonstances sont vraiment des idées originales et profondes, ou si ce ne sont pas de simples lieux communs, des réminiscences qui se réveillent avec une certaine vivacité sous l\u2019empire de la fièvre, et qui étonnent les assistants par leur contraste avec les accidents antérieurs beaucoup plus que par leur valeur propre.Il n\u2019y a rien de si facile que de se faire illusion sur l\u2019importance de certaines idées, lorsqu\u2019elles sont exprimées avec une certaine émotion et dans des conditions extraordinaires.D'autre part, une chose est certaine, c\u2019est lIimpuissance des fous à produire rien qui vaille par imagination.Que l\u2019on nous cite la moindre œuvre remarquable sortie de l\u2019imagination ou de la pensée d\u2019un fou.Or, s\u2019il y a une différence du plus ou moins entre le génie et la folie, comment n\u2019arrive-t-il pas souvent que la folie, dans ses moments de rémittence, dans ses intervalles de lucidité, rencontre précisément ce degré de vibration nécessaire pour produire de grandes choses?Or, c\u2019est ce qui n\u2019arrive jamais.Je crois donc que, si l\u2019on peut conclure quelque chose de l\u2019argument par analogie, c\u2019est que l\u2019excitation cérébrale qui constitue la folie ou qui y conduit peut bien produire, accidentellement, un réveil de la mémoire et de l\u2019imagination mécanique, qui simulera l\u2019inspiration spontanée, mais que cet état en lui-même exclut absolument ce qui constitue le génie, c\u2019est-à-dire la faculté d\u2019invention.En d\u2019autres termes, le génie et la folie sont les deux pôles extrêmes de l\u2019intelligence.2° La seconde preuve, celle de la biographie, peut se ramener en quatre propositions; et, avant de les discuter, je ferai d\u2019abord une observation préliminaire sur l\u2019emploi de la biographie historique en médecine.J\u2019ose dire que c\u2019est là une méthode tout à fait incertaine et qui ne peut donner que des résultats très peu satisfaisants.Etablir des lois médicales sur de simples anecdotes historiques me paraît un procédé des moins rigoureux.D'ailleurs, tous ceux qui connaissent la critique historique savent à quel point il faut se défier des anecdotes, surtout dans l\u2019antiquité, combien de traditions n\u2019ont qu\u2019une valeur conventionnelle et légendaire.Ainsi, les Vies de Plutarque, par exemple, admirable poème de la vertu antique, sont d\u2019une autorité assez médiocre comme documents historiques.Ecrites fort longtemps après les faits, elles n\u2019ont de véritable authenticité que pour les grands événements.Aristote, dit-on, s\u2019est précipité dans les eaux de l\u2019Euripe, faute de pouvoir en comprendre le flux et le reflux.Suivant un certain auteur, il se serait empoisonné.D\u2019autre part, le prétendu suicide d\u2019Aristote est démenti d\u2019une manière formelle par le témoignage précis d\u2019Appollodore et de Denys d\u2019Halicarnasse.Mieux, il paraît démontré aujourd\u2019hui qu\u2019il succomba, après plusieurs années de souffrances, à une maladie d\u2019estomac qui était hérédi- ARCAND: GÉNIE ET FOLIE 55 taire dans sa famille et qui le tourmenta toute sa vie.Même dans les temps modernes, il faut se défier des anecdotes un peu extraordinaires.Exemple, la singulière fantaisie qu\u2019eut, dit-on, Charles-Quint d\u2019assister à ses propres funérailles avant sa mort, cérémonie qui lui aurait fait une telle impression qu\u2019il en serait mort pour de bon.Or, il est aujourd\u2019hui démontré que c\u2019est là une fable qui est en contradiction flagrante avec les renseignements certains que nous avons jour par jour et heure par heure sur la dernière maladie de Charles-Quint.Quant aux bizarreries réelles des hommes supérieurs, il faut d\u2019abord s\u2019assurer si elles sont spontanées et naturelles ou si elles ne sont pas l\u2019effet d\u2019une sorte de charlatanisme très ordinaire chez les grands hommes.Le peintre Girodet, dit-on, se levait au milieu de la nuit, faisait allumer des lustres dans son atelier, plaçait sur sa tête un énorme chapeau couvert de bougies, et, dans ce costume, peignait des heures entières.J\u2019ai peine à croire que ce soit autre chose qu\u2019une plaisanterie.Peut-être aussi Girodet avait-il trouvé plus commode cette manière de s\u2019éclairer.En outre, il ne suffit pas d\u2019établir qu\u2019un éertain nombre d'hommes supérieurs ont eu des bizarreries, il faudrait établir que les hommes ordinaires n\u2019en ont pas.Or, combien d'hommes médiocres ont leurs bizarreries, leurs excentricités, leurs petites monomanies! On n\u2019y fait aucune attention, parce qu\u2019ils sont médiocres.On les remarquerait, et eux-mêmes s\u2019appliqueraient à les faire remarquer, s\u2019ils étaient supérieurs aux autres hommes.Quant à la tendance qu\u2019ont les grands hommes à être mystifiés par des imposteurs, la chose est fréquente, et je ne citerai que la crédulité du grand mathématicien Chasles, au XIXe siecle, vis-à-vis d\u2019un certain marchand d\u2019autographes nommé Vrain-Lucas.Cet escrot, ayant constaté chez le grand homme un goût immodéré dans ce domaine, parvint à lui glisser en quelques années un millier d\u2019autographes des plus hétéroclites pour une somme d\u2019environ 150,000 francs.L\u2019on y trouvait entre autre substance des lettres d\u2019Eschyle à Pythagore, de Jules César à Vercingétorix, trois chansons de Blanche de Castille, une lettre de Cléopâtre à Antoine, vingt-cinq lettres de Lazare ressuscité à saint Pierre, une lettre d\u2019un certain Grœcinus Julius à Jésus-Christ, une autre de Sapho à Cicéron, encore une autre de Marie-Madeleine à Judas Iscariote, etc, ete, et, comme bouquet, une lettre de provocation de Caïn à Abel, le tout rédigé en vieux français du XIV®° siècle et sur papier plus ou moins détrempé dans des solutions quelconques.Si cela peut vous intéresser, je vais vous lire le texte d\u2019un de ces soi-disant autographes.Il s\u2019agit d\u2019une lettre du roi Dagobert à saint Eloi, son argentier: «Mon très cher et très amé Eloy, « Ce que vous m\u2019engagez faire pour la mémoire du bienheureux Denys, qui, le premier, vint dans les Gaules pour y prescher la foy de Jésus-Christ, a été exécuté come ne l\u2019ignorez pas par la très illustre Geneviève de Nanterre.Quoiqu'il en soit, suivray vostre conseil et veux faire bastir près d\u2019icelle esglise un monastère portant ce nom où sera mon oriflamme.Ains venez me voir et ferons le plan d\u2019icelle ensemble.«Ce XX mai VICXXIX.« Dagobert, rex.» Je vous fais grâce de la lettre de Christophe Colomb à Rabelais, de celle de Charles Martel à un certain duc mauresque, de celle de la Belle Ferronnière à Clément Marot, ete, et ne vous cite que la conclusion de Pierre Bou- chardon sur cette colossale mystification: « Ruiné, mais riche d\u2019émotion et d\u2019inappréciables souvenirs, monsieur Chasles eut une verte vieillesse.Dans sa quatre-vingt-huitième année, il commit l\u2019imprudence, un certain jour, de manger trop de pâte de guimauve.Une indisposition en résulta, qui lui fut fatale.Il mourut, après s\u2019être alité à peine, le 8 décembre 56 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.janvier 1943 1820.Cependant.il faut ajouter que les fauxreux.Sans doute, Byron était pied-bot, Pope de l\u2019escroc Vrain-Lucas que, pendant huit années, il avait absorbés à doses massives, étaient des mets autrement indigestes! » Quant aux distractions, il est vrai qu\u2019elles sont habituelles chez les hommes d\u2019étude; mais je ne puis deviner quelles conséquences on peut tirer de ce fait.La distraction est un fait parfaitement normal.qui ne suppose en aucune façon un état maladif du cerveau.Tout le monde a des distractions.Les uns oublient les choses visibles, les autres, les choses invisibles; les uns ne pensent qu\u2019à leur devoir et oublient leurs intérêts, les autres ne pensent qu\u2019à leurs intérêts et oublient leur devoir.Quant à l\u2019homme supérieur, il est distrait parce qu\u2019il pense, il est distrait parce que les choses quotidiennes ne l\u2019intéressent pas.Moreau de Tours déclare entre autre substance: « En s\u2019exaltant outre mesure, 'imagination touche au délire; l\u2019attention, par sa tension exagérée, touche au fait le plus grave de l\u2019aliénation mentale, à la perte de la conscience, à l\u2019extase.» Ce sont là de grandes exagérations.Ampère, lorsqu\u2019il s\u2019abandonnait à ses distractions célèbres, n\u2019était pas du tout dans l\u2019extase.Seulement, il pensait à des choses qui l\u2019intéressaient vivement, et il en oubliait d\u2019autres qui ne l\u2019intéressaient pas du tout.Moreau de Tours dit encore, mais avec raison cette fois, que ce qui constitue la folie, c\u2019est la lésion de l\u2019attention.Or, ce qui constitue précisément le génie, c\u2019est la puissance de l\u2019attention.Il n\u2019y a rien de plus différent que ces deux états.Il y a enfin cette différence profonde et caractéristique, que vous pouvez faire remarquer à l\u2019un sa distraction et qu\u2019il en sourit le premier; mais que vous ne pouvez faire sortir l\u2019aliéné du cercle d\u2019idées où il est enchaîné.Les hommes de génie sont en général d\u2019une constitution maladive, dit-on; ils sont affligés de toutes les infirmités.Ceci est très peu rigou- contrefait.Gibbon bossu, ete.; mais que de démentis à une telle thèse! Que l\u2019on jette les yeux sur les hommes les plus célèbres de notre époque.Combien d\u2019entre eux sont remarquables par la vigueur de leur constitution! Certes, il y a eu des hommes supérieurs maladifs.malingres, rachitiques.C\u2019est une preuve que la difformité n\u2019exclut pas le génie, mais non pas qu\u2019elle l\u2019accompagne nécessairement.Combien de boiteux, de bancals et de bossus sont des êtres parfaitement insignifiants! La folie et la raison ont coïncidé chez un très grand nombre d'hommes de génie.Il y aurait ici, si l\u2019on voulait discuter cette question à fond, tant de points à examiner, que je ne puis que me borner à quelques indications.Je dis d\u2019abord qu\u2019il faut distinguer l\u2019hallucination simple de la folie.Ce sont deux états très différents: En outre, pour ce qui est de l\u2019hallucination, il faut éviter de prendre trop au sérieux toutes les anecdotes qui sont rapportées sur les grands hommes, ou qu\u2019ils rapportent sur eux-mêmes.Lorsque Napoléon montre au général Rapp la prétendue étoile qui le guide, en lui disant: «Voyez là-haut! elle est là, devant vous, brillante », je ne suis pas parfaitement persuadé que Bonaparte n\u2019a pas voulu simplement mystifier l\u2019honnête général.C\u2019était d\u2019ailleurs, à cette époque, une croyance assez utile à répandre parmi les soldats pour maintenir leur moral.La seule conclusion que l\u2019on puisse tirer de pareils faits, en assez petit nombre, est que l\u2019hallucination a pu coexister, en certains cas, avec le génie; mais conclure de cela que le génie est lié à l\u2019hallucination, c\u2019est raisonner d\u2019une manière très peu rigoureuse.Quant à la question de la folie proprement dite, outre qu\u2019on n\u2019en cite qu\u2019un assez petit nombre d\u2019exemples, on peut admettre que le génie est une prédisposition à la folie, sans reconnaître que la folie et le génie sont analogues physiologiquement.pr ARCAND: GÉNIE ET FOLIE En effet, le génie peut certainement placer l\u2019homme dans des conditions sociales très douloureuses: la supériorité d\u2019un homme sur son temps peut lui rendre l\u2019existence très difficile, et ainsi devenir pour lui une cause occasionnelle de certaines douleurs, qui amènerait la folie tout aussi bien chez un autre que chez lui, si elles s\u2019y produisaient.En ce qui concerne la question de l\u2019hérédité, certains auteurs prétendent qu\u2019il y a une liaison héréditaire entre le génie et les différents états nerveux qui touchent de près à la folie et à l\u2019idiotisme.Qu\u2019il y ait des maladies héréditaires, c\u2019est un fait flagrant.Que la folie soit une de ces maladies, c\u2019est ce qui est malheureusement trop prouvé par les faits.Il se peut qu\u2019une grande part du génie soit due à l\u2019hérédité, c\u2019est-à-dire aux conditions organiques transmises par la génération.Mais quelles sont ces conditions?C\u2019est ce qu\u2019il me paraît absolument impossible de découvrir; c\u2019est, du moins, ce qui demanderait des observations si longues et si délicates, que je ne crois pas que la science puisse encore rien avancer de sérieux sur un pareil sujet.Une théorie qui fit beaucoup de bruit à son heure est celle de Moleschott, ou de l\u2019influence du phosphore sur l\u2019intelligence.Déjà Balzac, dans La Recherche de l\u2019Absolu, avait dit: « Selon moi, l\u2019idiot est celui dont le cerveau contiendrait le moins de phosphore; le fou, celui dont le cerveau en contiendrait trop; l\u2019homme ordinaire, celui qui en aurait peu; l\u2019homme de génie, celui dont la cervelle en serait saturée à un degré convenable.» Fuerbach, en Allemagne, et surtout Couerbe, en France, donnèrent à l\u2019époque les précisions suivantes: le cerveau des hommes ordinaires contient 2.5% de phosphore; celui des idiots, de 1 à 15%; celui des aliénés, de 4 à 4.5%.D'où ils concluaient que trop peu de phosphore rapprochait l\u2019homme de la brute, et que trop pouvait le jeter dans cette espèce de délire que l\u2019on appelle, suivant les degrés, génie ou folie.Mais.plus tard, les expériences de ces savants furent contestées par celles d\u2019autres savants: MM.Lassaigne et Frémy, qui prétendirent n\u2019avoir trouvé ni plus ni moins de phosphore dans les cerveaux des aliénés que dans ceux des hommes ordinaires.Maintenant, comment dégager la vérité du choc de tant d\u2019opinions différentes?A quoi tient cet état de génie?Est-ce a la configuration du cerveau ou à sa masse?À la proportion de phosphore qui s\u2019y rencontre?Ou au mouvement des nerfs, ou à l\u2019action du sang ou des humeurs?Qui le sait?Peut-être à toutes ces causes se réunissant et croisant leurs effets.Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est que le génie ne s\u2019acquiert pas.On l\u2019a reçu en naissant.Buffon a beau dire: « Le génie, c\u2019est la patience » et Newton a beau l\u2019appeler: « Le plus grand degré d\u2019attention dont l\u2019esprit humain soit susceptible », toujours est-il que cette capacité de patience ou d\u2019attention n\u2019est pas donnée à tout le monde et que la volonté ne suffit pas pour l\u2019acquérir.À quels signes reconnaîtra-t-on une œuvre marquée au coins du génie et la distinguera- t-on d\u2019une simple production de talent?Avant tout, le génie ne se démontre pas: il se montre, il s\u2019impose.Comme tout ce qui peut entrer de grand et de noble dans l\u2019esprit humain, ce degré du beau est intuitif et immédiat.La faculté d\u2019inventer est le vrai caractère des hommes de génie.C\u2019est à ce titre qu\u2019on salue Euclide, Archimède, Copernie, Galilée, Newton, Kepler, Leibnitz, Laplace, Lavoisier, Buffon, Cuvier, ete.Il faut prendre ces hom- mes-là comme ils sont, avec leurs défauts, sous peine de leur faire perdre en même temps leurs qualités.Chose remarquable, ils ne se copient jamais entre eux; entre lions, on ne se singe pas.Kant nous signale le caractère de totalité qui se retrouve dans toutes les véritables productions de génie; c\u2019est ce qu\u2019il appelle le ganzheit, ce que l\u2019on pourrait traduire par le mot universel. 58 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Au fond de tout homme de génie, dit-il, il y a un philosophe qui réduit le monde en un système.Lorsqu\u2019un grand talent se montre, il éclipse tout ce qui l\u2019entoure.Des milliers d\u2019hommes se mesurent à ce colosse, et peut-être se plai- gnent-ils de la nature, peut-être pensent-ils que, pour organiser une seule tête, elle dépouille une génération entière.La nature est juste: elle distribue également tout ce qui est nécessaire à l\u2019individu jeté sur la terre pour vivre, travailler et mourir.Mais elle réserve à un petit nombre d'hommes le privilège d\u2019éclairer le monde, et, en leur confiant les lumières qu\u2019ils doivent répandre sur le siècle, elle dit à l\u2019un: « Tu observeras mes phénomènes »; à l\u2019autre: «Tu serhs mon géomètre » ; elle appelle celui-ci à la connaissance des lois; elle destine celui-là à peindre les mœurs des peuples et les révolutions des empires.Ecoutons Chateaubriand: « On renie souvent, dit-il, ces maîtres suprêmes; on se révolte contre eux; on compte leurs défauts; on les accuse d\u2019ennui, de longueur, de bizarreries, de mauvais goût, en les volant et en se parant de leurs dépouilles; mais on se débat en vain sous leur joug.Donnons-nous garde d\u2019insulter au désordre dans lequel tombent quelquefois ces êtres puissants; n\u2019imitons pas Cham le maudit; ne rions pas si nous rencontrons nu et endormi, à l\u2019ombre de l\u2019arche échouée sur les montagnes d\u2019Arménie, l\u2019unique et solitaire nautonier de l\u2019abîme.Respectons ce navigateur diluvien qui recommença la création après l\u2019épuisement des cataractes du ciel.» Mais, prenons garde aux conséquences: sans doute les songeurs, les grands penseurs, les grands inventeurs, les grands poètes ont droit à notre admiration.Qu\u2019ils soient les bienfaiteurs du monde, les guides, les rois et les dieux de l\u2019humanité, rien de mieux encore.Mais il est une classe d'hommes de génie qui ne se contentent pas d\u2019un tribut d\u2019éloges et d\u2019actions de grâces; la couronne d\u2019épines n\u2019est pas celle qu\u2019ils demandent; l\u2019auréole et les palmes du martyre ne sont pas leur fait.Il leur faut de vraies couronnes, de vrais lauriers.Ils se déclarent sauveurs envers et contre tous.Vous ne les empêcherez pas de vous sauver, qui que vous soyez.Ils sont messies, et ils le feront voir l\u2019épée et le sceptre à la main.Malheur aux incrédules.Anathème aux sceptiques! Ne refusons point nos éloges, notre admiration aux grands hommes; mais n\u2019aliénons pas pour eux notre liberté.Ne leur confions jamais aveuglément nos destinées, et ne nous livrons pas pieds et poings liés à ces despotes de génie, qui n\u2019en serons pas moins des despotes.«Les hommes de génie, dit Napoléon, sont des météores qui se consument pour éclairer le monde.» Mais prenons garde qu\u2019ils ne l\u2019incendient au lieu de l\u2019éclairer.Parmi ces hommes providentiels, j'en vois beaucoup qui n\u2019ont été que des fléaux de Dieu.Laissons-les passer, ces êtres mystérieux: s\u2019ils viennent vraiment de Dieu, comme ils le disent, c\u2019est-à-dire pour nous, s'ils sont aptes à faire le bien de l'humanité, ils n\u2019ont pas besoin d\u2019être sur des trônes pour contribuer au règne du juste et du droit; si, au contraire, ils ne sont que de faux prophètes, gar- dons-nous de leur donner des armes contre nous-mêmes.En résumé, admirons les hommes de génie, mais craignons-les. \u201cUnion Médicale OU Canada\u2019 en 1874 A nos lecteurs ! Editorial, janvier 1874.Il y a deux ans, lors de la naissance de ce journal, certains prophètes de mauvais augure comptant sur l\u2019insuccès de tentatives antérieures, lui prédirent une fin prochaine et inévitable.Les rédacteurs eux-mêmes ne se faisaient pas d\u2019illusion et savaient parfaitement que, comme affaire financière, l\u2019entreprise était hasardeuse.Aussi, ce n\u2019est pas un motif de spéculation, mais uniquement dans le but de combler une lacune qui se faisait sentir déjà depuis longtemps parmi nous, que ce journal de médecine a été fondé.On ne pouvait se défendre d\u2019un certain sentiment de malaise en songeant que la profession médicale française qui compte, dans cette Province seule, près de 700 membres, ne possédait pas un organe destiné à promouvoir ses intérêts, à enregistrer ses travaux, et à contribuer ainsi au progrès de la science médical en ce pays.Con- vaineus de l'importance et de la nécessité pour les membres d\u2019une profession qui, par leur nombre et leur intelligence, occupent un rang si honorable dans notre société, de posséder un organe de ce genre, un certain nombre de nos confrères voulurent bien inscrire un fonds de garantie suffisant pour maintenir son existence durant quelques années.Les rédacteurs n\u2019en avaient pas moins la conviction, de leur côté, que la profession comptait un nombre suffisant de membres amis du progrès et décidés à maintenir une publication de ce genre pour ne pas être obligés de recourir à la bonne volonté d\u2019un petit nombre; ils comptaient, non sans raison, que la grande majorité se rallieraient autour d\u2019eux et, que, par leurs contributions, tant sous le rapport intellectuel que matériel, ils garantiraient le succès du journal.Nous sommes heureux de constater aujourd\u2019hui que leur espérance n\u2019a pas été déçue.Le nombre de nos abonnés est suffisant pour garantir l\u2019existence du journal et Ja plupart d\u2019entre eux se sont acquittés avec exactitude de leurs obligations.Il reste encore quelques retardataires, mais, connaissant la plupart d'entre eux, nous sommes persuadés que c\u2019est par pure négligence qu\u2019ils n\u2019ont pas encore envoyé le montant de leur abonnement et qu\u2019il suffit d\u2019attirer leur attention sur ce point pour qu\u2019ils se mettent en règle sous ce rapport.1.Nous reproduisons en italiques les paragraphes les plus importants de cet éditorial publié il y a 70 ans.Ils s'apppliquent aussi bien à l\u2019actualité présente qu\u2019à celle d\u2019alors.Tant il est vrai que la politique de notre Journal est demeuré la même et que sa mission n\u2019a pas cessé d\u2019être d\u2019essence vitale.Les colonnes de notre journal ont prouvé de plus que nous comptons parmi nous des hommes d\u2019érudition et d\u2019un talent littéraire remarquables.Quelques travaux, sans doute, laissaient un peu à désirer sous ce double rapport, mais nous tenons à laisser, autant que possible, le champ libre à tous ceux qui désirent manifester leur bonne volonté.Une preuve que la plupart de ces travaux n'étaient pas sans valeur, c\u2019est que plusieurs journaux de médecine français en ont reproduit quelques-uns et men- tlonné d'autres avec éloge et que, de leur côté, les journaux anglais du Canada et des Etats-Unis en ont présenté des traductions à leurs lecteurs.Sà le journal a contribué à faire connaître avantageusement la profession médicale canadienne-française ici, et à l'étranger, nous devons ce résultat à ceux de nos confrères qui ont bien voulu nous communiquer le fruit de leurs travaux; et nous leur demanderons de continuer à nous prêter un appui que nous apprécions hautement.Notre liste de collaborateurs a été encore plus considérable la seconde année que la première et elle augmentera tous les ans, nous avons lieu de l\u2019espérer du moins, en nombre et en importance.En commençant sa première année d\u2019existence, le journal se présente avec quelques modifications dans son organisation intérieure.Pour donner plus d\u2019unité à la rédaction, il a été décidé d\u2019en confier la charge à un seul rédacteur.Ce dernier a d\u2019ailleurs eu, durant la plus grande partie de l\u2019année dernière, presque seul la direction du journal, en sorte que ce nouvel arrangement ne fait que confirmer l\u2019état actuel des choses.Les anciens rédacteurs n\u2019en continueront pas moins leur appui moral et matériel et ils en donnent une preuve qui fait honneur à leur libéralité.Désireux d\u2019assurer la publication du journal, dans l\u2019intérêt de la science et de la nationalité, et dans le but de soulager la rédaction d\u2019une responsabilité pécuniaire assez considérable, MM.les docteurs J.-P.Rottot, A.Dagenais et L-P.-J.DesRosiers auxquels se sont unis les docteurs A.Ricard, A.-T.Brosseau et Ed.Desjardins se portent en garantie pour l\u2019espace de cinq années dans les frais d\u2019administration et publication du journal.Ces hommes dévoués à l\u2019avancement et au progrès de notre profession ont compris que la charge non rétribuée de rédacteur impose assez de sacrifices de toutes sortes sans y ajouter de plus une responsabilité matérielle qui aurait pu, peut-être devenir onéreuse.La profession médicale canadienne-française, sans aucun doute, appréciera, comme il le mérite, cet acte désintéressé de leur part et ne permettra pas qu\u2019ils 60 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 se sacrifient seuls pour le bien commun; elle sait qu\u2019il y va de l'honneur de notre nationalité d\u2019avoir son organe dans la presse ; elle connaît l\u2019influence qu\u2019un journal semblable peut exercer à l\u2019étranger pour le bien de notre profession; et comprend les avantages de toutes sortes qu\u2019elle retire d\u2019une publication de ce genre.Nous en avons pour preuve l\u2019accueil bienveillant et le support moral et matériel que nos confrères de toutes les parties du Canada et des Etats-Unis ont bien voulu nous accorder.Aujourd\u2019hui, grâce à cet encouragement, le journal est établi sur des bases solides et est en voie de prospérité.L'expérience nous a démontré qu\u2019il était impossible de faire réussir plusieurs journaux de médecine français en Canada, aussi, dans le but de rendre l\u2019Union Médicale digne d'être considérée comme l'organe de la profession médicale française, et comptant de plus en plus sur l\u2019appui de nos confrères de toutes les parties du pays, nous n\u2019avons pas craint d\u2019augmenter nos dépenses déjà considérables et tout en conservant le même nombre de pages, nous donnerons cette année, par un changement dans les caractères d\u2019impression, le quart de matières de plus qu\u2019auparavant.Nous avons regretté plusieurs fois déjà d\u2019avoir si peu d\u2019espace à notre disposition, ce qui ne nous permettait pas d\u2019enregistrer aussi promptement que nous l\u2019aurions voulu, les nouvelles découvertes de la science; à présent, nous pourrons consacrer une plus large place à des reproductions des revues étrangères.Quelques-uns de nos confrères nous ont fait connaître leur approbation du choix des matières que nous avons déjà introduites dans le journal et particulièrement dans le mémorial thérapeutique.Nous espérons être en mesure maintenant d\u2019augmenter encore l'intérêt de la revue.Nous recevons, en échange.un grand nombre de journaux français et américains, dans lesquels nous puiserons des extraits instructifs et pratiques.Dans la conduite de la rédaction, nous aurons toujours en vue l\u2019interêt de la profession en général, car nous ne sommes pas l\u2019organe d\u2019une institution, d\u2019une société particulière ou des médecins d\u2019une partie du pays, nous voulons que tous les médecins canadiens- français considèrent l\u2019Union Médicale comme leur journal.Nous savons qu\u2019il existe parmi eux assez d\u2019esprit de corps pour nous soutenir dans notre difficile entreprise.Nous savons très bien que nous avons assumé une grande responsabilité, mais, tout en essayant de remplir nos devoirs le mieux possible, nous comptons, surtout, sur le concours de nos confrères.Dans le but d\u2019augmenter la circulation du journal, nous envoyons le présent numéro à un certain nombre de médecins et d\u2019amis de la science dont les noms ne sont pas encore sur notre liste d\u2019abonnés.Ceux d\u2019entre eux qui ne l\u2019auront pas renvoyé lors de la publication du prochain numéro seron* considérés comme souscripteurs.I] existe, de plus, un bon nombre de médecins dont nous n\u2019avons pu nous procurer l\u2019adresse, nous prions nos amis et nos abonnés, d\u2019engager ces confrères à recevoir le journal.Tous doivent avoir à cœur de contribuer au succès d\u2019une publication uniquement destinée à promouvoir les intérêts de la profession médicale française en ce pays.\u2014 ee == va me vam mw ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd-psychol.», 94: 1 (juin) 1938.PHTISIOLOGIE Edna M.JONES, T.W.RAFFERTY et H.S.WILLIS.\u2014 La tuberculose primitive.\u2018The American Review of Tuberculosis\u2019, 46: 392 (octobre) 1942.Quand un foyer de tuberculose primitive éclate dans un poumon, il se produit une infection, un œdème des ganglions lymphatiques au niveau de la chaine ganglionnaire correspondante qui sert à drainer cette région atteinte.Lorsque la poussée inflammatoire est finie, les ganglions reprennent leur grosseur normal, mais ils se calcifient, deviennent fibreux.C\u2019est ce qui se voit le plus fréquemment chez les enfants.Mais si l\u2019infection devient trop forte ou si le novau caséeux se rupture dans une brenche ou dans un vaisseau, la maladie peut évoluer vers la mort.Mais le groupe de malades qui fait l\u2019objet de cette étude, offre au point de vue clinique, une certaine complexité; c\u2019est en quelque sorte une épitubercu- lose qui, dans certains cas, fait de l\u2019obstruction d\u2019une bronche, accompagnée d\u2019une poussée de tuberculose pulmonaire évolutive ou de pneumonie tuberculeuse.La plupart de ces malades guérissent assez bien.Quelques-uns développent une maladie extra-pul- monaire, d\u2019autres souffrent d\u2019une pneumonie tuberculeuse à forme extensive.On peut alors commettre une erreur en pensant que c\u2019est la tuberculose qui est la cause principale de ces troubles, alors que c\u2019est une atélectasie pulmonaire appelée épituber- culose qui en est responsable très souvent.On est porté à croire que ce syndrome relève d\u2019une atélec- tasie lobaire ou lobulaire, elle qui est plutôt secondaire à une obstruction causant une gêne au drainage normal.C\u2019est au début de cette phase active que cette gêne survient.Elle peut résulter d\u2019une poussée congestive d\u2019un ganglion lymphatique.La simple présence d\u2019un gros ganglion peut obstruer une bronche.Cette atélectasie survient plus souvent qu\u2019on ne le croit chez des enfants atteints de tuberculose primitive; on doit toujours y penser surtout lorsqu\u2019on + + a une radiographie qui donne une ombre dense et homogène.On n\u2019a jamais pu s\u2019entendre clairement au sujet de ce syndrome dénommé épituberculose; mot employé pour désigner une condensation lobaire bénigne qui apparaît chez des enfants qui donnent une réaction positive à la tuberculine.Les auteurs suggèrent d\u2019abandonner ce terme confus d\u2019épituberculose.Paul-René ARCHAMBAULT.Jacques STEPHANI.\u2014 Contribution à l\u2019étude du pronostic de la tuberculose pulmonaire.La réaction de Weltmann exécutée avec du sang citraté.\u2018Journal Suisse de Médecine\", 72: 716 (27 juin) 1942.Il existe pour renseigner sur le pronostic de la T.B.pulmonaire, de nombreuses réactions sérologi- ques, toutes intéressantes.Elles possèdent malheureusement sans exception l\u2019inconvénient commun d\u2019être longues à exécuter.Le principe de la réaction de Weltmann, ultérieurement modifiée par Teufl, est le suivant: un sérum clair, ne présentant pas d\u2019hémolyse, dilué au 1/50e dans de l\u2019eau distillée, coagule à la chaleur si on l\u2019additionne de CaCls à 0.50%.Il coagule d\u2019autant plus facilement c.-à-d.demande d\u2019autant moins de chlorure de calcium que le malade est moins gravement atteint et inversement.Et ce qui fait l\u2019intérêt de cette analyse c\u2019est que cliniquement elle ne couvre pas constamment la sédimentation.La technique primitive de Weltmann n\u2019a pas à être décrite ici.Qu\u2019il suffise de savoir que Weltmann se sert de 10 à 12 solutions titrées tandis que Teufl emploie une seule solution et constitue son échelle par un nombre de gouttes dont il fait le compte.Et voici maintenant de quelle façon l\u2019A.a simplifié la réaction.On ponctionne la veine du malade comme pour la sédimentation et on retire environ 2 c.c.de sang.On introduit ce sang dans une éprouvette de petites dimensions et on le laisse coaguler.Or.prélève ensuite 1/10e c.c.de sérum en ayant soin de ne pas effleurer le caillot.La présence de globules fausse complètement la réaction.On chauffe alors sur la flamme ouverte jusqu\u2019à ébullition.Le mélange reste clair.On ajoute une goutte de CaCl, puis on fait rapidement bouillir à nouveau et ainsi de suite.À la chute de la 1ère goutte, parfois de la 2e, mais, constamment au début de la réaction, le liquide se trouble et devient blanc.C\u2019est un trouble mais non une coagulation.Ce n\u2019est pas à prendre en 62 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 considération.On continue et lorsqu\u2019on en arrive à la 5e ou 7e goutte, par exemple, le liquide devient floconneux et il le devient subitement.On chauffe encore quelque peu, le nuage de flocons se répand dans tout le liquide et au bout de quelques minutes, tombe au fond de l\u2019éprouvette en un culot de gros amas blancs.Ceci est la coagulation, très différente du trouble précédent et que l\u2019on ne peut confondre avec lui.La réaction est ainsi terminée.Avant de passer à sa lecture.notons encore une simplification, la principale.Dans tout examen complet d\u2019un tuberculeux, on mesure la sédimentation.Cela demande une ponction veineuse si l\u2019on adopte la technique de Westergreen.Dans ces conditions.il a paru intéressant d\u2019unir les deux examens dans le même geste.Cependant, en conservant la technique décrite plus haut, il devient nécessaire, une fois le sang prélevé, de retirer la seringue et si l\u2019aiguille est assez grosse de laisser couler du sang pur dans l\u2019éprouvette.Cela constitue une petite complication.Si le sang ne coule pas spontanément, il faut faire l\u2019aspiration avec une seconde seringue: S'il coule spontanément, au moment où l\u2019on retire la seringue, il s\u2019en répand sur le bras du malade.Il peut aussi arriver qu\u2019il coagule dans l\u2019aiguille.De toute façon, on perd immanquablement du temps et la technique n\u2019est pas élégante.L\u2019A.a donc commencé par faire une série d\u2019examens en parallèle avec du sang pur et du sang citraté.\u201c Cette technique a montré que le sang dilué dans la proportion de 1: 5 avec du citrate à 38% demande pour coaguler, un nombre de gouttes double de celui que demande le sang pur.Cette proportion est constante.Dans ces conditions, ainsi que l\u2019on pourra s\u2019en rendre compte en l\u2019essayant, la réaction est très simple et très rapidement exécutée.Le sérum est constamment clair, car le niveau de séparation est net, ce qui n\u2019est pas le cas avec la coagulation naturelle en petit tube.On ne risque donc jamais d\u2019entraîner des globules.Enfin, le fait que le nombre de gouttes est double, permet une plus grande précision.Quant à la lecture, voici comment on procède.L\u2019échelle de Weltmann va de I à X et celle de Teufl de 1 à 10 en sens inverse.Cette dernière numérotage correspond avec les chiffres des solutions de citrate dont se sert Weltmann.À l\u2019A.qui n\u2019utilise pas des séries de solutions, mais un nombre de gouttes croissant, ces échelles ne servent que pour la lecture.Les voici: Gouttes de sang pur 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 Gouttes de sang citraté 20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 Solutions 0.10 0.09 0.08 0.07 0.06 0.05 0.04 0.03 0.02 0.01 I IT III IV V VI VII VIII IX X Déviation à gauche Bande Déviation normale à droite Les valeurs normales, c.-à-d.celles que l\u2019on trou- OBSTETRIQUE ve chez les sujets bien portants sont sensiblement de VII et VIII.C\u2019est ce que l\u2019on nomme la bande de coagulation.S\u2019il faut 8 gouttes de sang pur soit 16 gouttes de sang citraté pour obtenir la coagulation, nous dirons que le malade a un Weltmann de III, autrement dit que la bande de coagulation est déviée à gauche.Cela correspond cliniquement à une forme exsudative ou évolution.S\u2019il faut 2 goutes de sang pur, soit 4 de sang citraté, le malade aura une réaction de IX, autrement dit une déviation à droite de la bande coagulation.Cela se rencontre soit dans un cas fibreux équilibré comme preuve d\u2019une bonne résistance générale, soit encore dans certaines maladies non tuberculeuses faisant de la cirrhose (cirrhose du foie, p.ex.).Comme on le voit, si l\u2019exécution de la réaction est simple, la lecture l\u2019est plus encore.V.LATRAVERSE.J.RISI.\u2014 Les relations hormonales entre la mère et l'enfant.\u2018Laval Médical\u201d, 7: 479 (novembre) 1942.On doit considérer le placenta comme une glande qui produit des hormones folliculaires, hypophysaires et autres au cours de la grossesse.Ce n\u2019est pas seulement un organe de passage pour les substances qui passent de la mère à l\u2019enfant par osmose et par diffusion.On a observé par exemple que le placenta emmagasine les vitamines nécessaires à la croissance de l\u2019enfant et les livre au fœtus au fur et à mesure des besoins de celui-ci.L'activité propre des glandes endocrines fœtales 5e manifeste seulement à la deuxième période de la grossesse, mais sans grande importance durant le stage intra-utérin, plutôt comme une préparation à l\u2019existence post-fœtale.Dès la fécondation du corps jaune une substance hormonale provoque d\u2019importants changements dans l\u2019organisme maternel.Plus tard, le placenta remplace cette première sécrétion lutéinique et sécrète rapidement plusieurs hormones.va = rs ANALYSES 63 Clauberg a démontré que le placenta contient de 500 à 5,000 unités-souris de folliculine, même après l\u2019ablation des ovaires, preuve que le placenta ne constitue pas seulement un organe de réserve.On trouve des quantités surabondantes d'hormones gonadotropes dans le placenta, quoiqu\u2019il soit impossible de fournir une preuve directe de sa sécrétion «in situ».Cette hormone aurait pour action d\u2019amener un relâchement des tissus génitaux en fin de grossesse et de faciliter ainsi l\u2019expulsion de fœtus.En plus, la présence d\u2019emménine (Collip) et de progestérone prouve que le placenta est la plus active glande endocrine sexuelle qui déverse partout ses sécrétions hormonales.L\u2019inondation de toutes ces sécrétions explique les profondes modifications qui se produisent à la fois chez la mère et chez le fœtus durant la grossesse et qui se terminent par l\u2019accouchement.Le placenta, en outre de permettre le passage direct de certaines substances de la mère à l\u2019enfant.remplit un rôle chimique et hormonale qui aboutit à la conservation de l\u2019espace.Donatien MARION.J.YOUNG.\u2014 Le phénomène éclamptique et l'ischémie placentaire.\u2018Jr.of Obstetrics and Gynecology of the British Empire\u201d, 49: 221 (juin) 1942.Dans cet article, l\u2019auteur, professeur d\u2019obstétrique à l\u2019Université de Londres et directeur du Service d\u2019obstétrique et de gynécologie au «British Post- Graduate Medical School », résume ses communications précédentes sur le même sujet et cite de nouvelles observations.Voici ses conclusions: l° La toxémie gravidique (pré-éclampsie et éclampsie) est précédée et déterminée par un facteur d\u2019avortement.20 Ceci se produit par une interférence dans la circulation maternelle du placenta.On peut reconnaître deux mécanismes alternatifs: a) la stase ou l'arrêt complet de la circulation sanguine est restreint à certaines régions, d\u2019où résulte dans une ou des zones localisées une dégénérescence placentaire.Après arrêt complet de la circulation sanguine, lorsqu\u2019il existe un intervalle suffisant de survie fœtale avec circulation non-interrompue dans le reste du placenta, la surface ischémique passe à l\u2019état d\u2019infarctus; b) les changements vasculaires se propagent à la caduque (et parfois aussi à la musculature utérine) et consiste en dilatations et en extravasations de sang libre, ce qui peut atteindre un chiffre élevé.L'hémorragie rétroplacentaire est le terme ultime de ce trouble vasculaire étendu.Dans nombre de cas, on trouve ces deux phénomènes dans le même placenta.3° La toxémie se développe, subséquemment à la dégénérescence placentaire.On l\u2019observe aux premières périodes de ce processus et sa gravité est de- terminée à la fois par l\u2019extension de la complication placentaire et par l\u2019intervalle durant lequel le fœtus survit \u201cin utero» (et la circulation continue) entre le début et le développement maximal de cette complication.On a démontré que plus de la moitié de la surface placentaire peut être lésée avant que ne survienne la mort du fœtus.40 La relation de la toxémie à la période initiale de dégénérescence explique comment, après la mort précoce du fœtus ou après l\u2019accouchement, la lésion placentaire peut ne pas être visible à l\u2019œil nu ou même au microscope.50 Cette dernière considération explique la haute fréquence et la nature grave de la toxémie rencontrée dans l\u2019hémorragie accidentelle discrète et aussi le paradoxe apparent que, dans de tels cas, on ne décèle la moindre évidence de toxémie.Ce qui s\u2019explique par une gêne circulatoire massive du placenta d\u2019où résulte la mort immédiate du fœtus.6° Dans l\u2019hémorragie accidentelle discrète (on observe fréquemment une lésion musculaire étendue) une lésion rénale aiguë avec urine sanguinolente oligurie ou anurie et une augmentation rapide de l\u2019urée sanguine remplacent le phénomène typique pré-éclamptique ou éclamptique.Il y a une ressemblance entre ce syndrome et le « syndrome-choc » (dans lequel la déficience rénale suit les lésions étendues du muscle) au point de vue genèse, phénomènes cliniques et anatomie pathologique.70 La relation entre la lésion utéro-placentaire et la toxémie doit être soulignée seulement du point de vue des phénomènes importants et graves.On n\u2019a pas trouvé de relation entre le placenta et les manifestations cliniques légères de toxémie et il a raison de croire que ces symptômes peuvent dépendre d\u2019une lésion qui échappe aux méthodes actuelles d\u2019investigation.(British Medical Information Service.\u2014 Traduction).Donatien MARION.NEURO-PSYCHIATRIE T.FRACASSI.\u2014 Thrombose de la carotide primitive gauche.\u2018Revista Argentina de Neurologia y Psychiatria\u2018, 7: 28 (mars) 1942.L\u2019observation clinique suivante est rapportée: E.P., garçon d'hôtel, spécifique non traité, depuis l\u2019âge de 17 ans, présente depuis plusieurs mois un refroidissement intermittent de la main et pied droit.Un jour survient un ictus apoplectique, reste dans le coma pendant 10 heures et se réveille porteur d\u2019une hémiplégie droite avec aphasie.L\u2019aphasie s\u2019améliore, mais l\u2019hémiplégie va persister, devient fortement spasmodique, avec hypoesthésie droite pour toutes les sensibilités, malgré le traitement anti- luétique institué après avoir constaté Ja positivité des épreuves sérologiques. ras 64 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Quelques jours après l\u2019ictus, apparut une douleur au niveau de l\u2019artère temporale du côté droit irradiant du tragus vers la fosse temporale droite.Cette douleur va persister par la suite malgré tous les analgésiques.Un an après, l\u2019hémiplégie est de plus intense de même que la douleur temporale droite.On constate alors l\u2019exagération des battements des carotides droites (primitive, externe, interne) et de la temporale droite qui par ailleurs est nettement augmentée de volume et douloureuse spontanément et à la palpation.Par contre les battements des carotides du côté gauche, ainsi que de la temporale gauche sont franchement abolis.L\u2019auscultation révèle un souffle systolique aortique, perçu aussi un foyer pulmonaire, et à la radiographie on note un élargissement aortique et pulmonaire.Le nerf trijumeau n\u2019est pas douloureux; les bords des papilles sont nets, mais les vaisseaux sont retrécis à gauche alors qu\u2019ils sont dilatés à droite.L\u2019odorat est aboli de deux côtés.Le traitement anti-syphilitique est continué et après quelque temps, de légers battements des carotides gauches et de la temporale gauche sont perçus.Le diagnostic de thrombose de la carotide primitive gauche fut porté, mais l\u2019auteur nous affirme que c\u2019était le désir persistant du malade qu\u2019il palpe la région douloureuse temporale droite qui lui fit découvrir par comparaison, l\u2019absence de battements pour la temporale gauche et pour les carotides gauches.Sa surprise fut grande, étant donné que cette affection est généralement reconnue à l\u2019autopsie.Examinant attentivement la région temporale droite, il constata que le volume et les battements de l\u2019artère temporale droite étaient identiques à ceux d\u2019une artère radiale, cette dilatation expliquant les douleurs et la nécessité d\u2019une suppléance circulatoire.La ligature de cette artère ou tout au moins la sympathectomie péri-artérielle serait indiquée pour soulager des douleurs.La thrombose de la carotide externe ne se traduit que par l'absence de battements au niveau de ses br-nches accessibles (faciale, temporale, angulaire).Celle de la carotide interne se traduit par des signes identiques à ceux de l\u2019oblitération de la sylvienne, et par une augmentation du volume et des battements de la carotide externe laquelle, dès lors, reçoit tout le sang venant de la carotide primitive.La thrombose de la carotide primitive fait disparaître les battements dans tout le côté correspondant, et les exagère au côté opposé.Le rétrécissement des vaisseaux de la papille homolatérale s\u2019explique par l\u2019absence de circulation dans les artères angulaire et ophtalmique (branches respectives des carotides externe et interne) dont l\u2019anastomose explique l\u2019absence de ce retrécissement des vaisseaux de la papille quand l\u2019une ou l\u2019autre des branches de la carotide primitive sont oblitérées isolément.Etant donné l\u2019aortite de ce malade, il est probable que cette lésion se propagea à la carotide primitive et qu\u2019un spasme artériel secondaire provoqua l\u2019ischémie cérébrale; mais il est possible que cette ischémie ne se produise pas, si les communicantes antérieure et postérieure sont suffisament importantes.Il est utile de penser que dans les cas d\u2019hémiplégi- la thrombose artérielle peut être extra-crânienne (carotide interne ou carotide primitive) et dans ce sens, il convient de rechercher le pouls temporal.D'autres auteurs ont poussé plus loin l\u2019investigation ayant reccurt a l'artériographie.Le pronostic de l\u2019hémiplégie par thrombose de la carotide primitive est plus sévère que dans les cas d\u2019oblitération de la carotide interne, ou de la syl- vienne.L\u2019hémiplégie est plus marquée, le territoire ischémié est plus étendu (cérébrale antérieure et sylvienne).Les phénomènes hypertoniques chez ce malade étaient tellement intenses que des corrections orthopédiques furent nécessaires.Cette infirmité aussi prononcée ne s\u2019observe pas en cas d\u2019oblitération sylvienne et encore moins si l\u2019origine est spécifique.car elle réagit assez bien au traitement.Cependant, l\u2019amélioration de l\u2019aphasie dans cette observation fait penser à une suppléance circulatoire par la communicante antérieure, laquelle pourrait être affirmée par l\u2019artériographie.Il est capital de pouvoir reconnaître ces lésions artérielles avant la constitution du thrombus, car la chirurgie dans certains cas, le traitement antisyphilitique dans d\u2019autres, pourraient éviter l\u2019ischémie.Julio VASQUEZ.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE Frederick KALZ.\u2014 Syphilis hémorragique.\u2018American Archives of Dermatology and Syphilology\", 46: 483 (octobre) 1942.Les lésions hémorragiques sont plutôt rares dans la syphilis et, depuis 10 ans, on ne peut pas trouver dans la littérature médicale aucun cas s\u2019y rapportant.Au 19e siècle cependant, plusieurs auteurs en ont rapporté des cas et, en 1886, Hartmann et Pignot, après avoir cité 48 auteurs depuis Ricard, en arrivent aux conclusions suivantes: 1° Dans la syphilis congénitale, la diathèse hémorragique véritable est fréquente; 20 Dans la syphilis acquise, les changements suivants peuvent être observés: a) transformation hémorragique de lésions syphilitiques; b) une forme spéciale de purpura; c) un purpura non spécifique dû à la syphilis.3° L\u2019endartérite spécifique peut causer des hémorragies intestinales et en particulier une encéphalite hémorragique. ANALYSES 65 L'auteur décrit un cas de syphilis qu\u2019il a particulièrement bien observé.Il s\u2019agit d\u2019un Canadien de 25 ans qui présente d'\u2019abord un œdème très douloureux de la langue.Cet œdème est recouvert d\u2019un enduit blanchâtre qui, lui-même, dissimule plusieurs points hémorragiques.Quelques jours plus tard et à cinq reprises différentes par la suite, apparurent des lésions cutanées hémorragiques sur les coudes, les genoux, le dos, les fesses, les mains et les pieds.Dans la plupart des ces lésions, y compris celles de la langue, l\u2019auteur a trouvé des tréponèmes pâles.Le malade ne présentait ni endartérite ni avitaminose C.Le temps de la prothrombine, qui était de 45 secondes, n\u2019a pas été influencé par des injections de vitamine K mais est revenu à la normale (30 secondes) sous l'influence du traitement antisyphilitique.Ce dernier fit rapidement disparaître les lésions hémorragiques cutanées ainsi que celles de la langue.L'auteur conclut que l\u2019éruption hémorragique peut être attribuée à un effet direct toxique du tréponème sur les capillaires ou bien à une concentration trop basse de la prothrombine, résultant d\u2019une hépatite syphilitique non décelable, ou encore à ces deux causes réunies.Henri SMITH.Oswaldo G.COSTA et Moacyr A.JUNQUEI- RA.\u2014 Epidermodysplasie verruciforme (Lewandowsky et Lutz).\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilology\", 46: 469 (octobre) 1942.Les auteurs rapportent deux observations de cette dermatose décrite pour la première fois en 1922 par Lewandowsky et Lutz sous le nom d'épidermodyspla- sie verruciforme.Il s\u2019agit du frère et de la sœur issus de parents consanguins et ayant tous deux une éruption généralisée apparue à l\u2019âge de 9 ans.Le garçon, âgé de 21 ans, présente des papules planes ressemblant à des verrues.Ces papules roses ou rouges sont isolées par endroit, confluentes à d\u2019autres endroits.À la face dorsale des pieds les papules, réunies en placards, sont recouvertes de squames donnant l\u2019apparence du psoriasis.À la région parotidienne gauche existe une large ulcération que l\u2019examen histologique démontre être un épithélioma.La jeune fille, âgée de 19 ans, présente, surtout sur le thorax et l\u2019abdomen, des placards de papules planes, rouges, brillantes et desquamantes.À la région molaire droite un pétit épithélioma.L\u2019épidermodysplasie verruciforme ne doit pas être confondue avec les verrues vulgaires, les verrues planes juvéniles, l\u2019acrokératose verruciforme de Hopf, la dyskératose folliculaire de Darier, le lichen plan ou la papillomatose de Gougerot et Corteaud.Dans les deux cas décrits par les auteurs, les lésions cutanées se caractérisent histologiquement par des vacuoles dans le corps muqueux de Malpighii et la granuleuse, avec des lésions d\u2019hyperacauthose et d\u2019hyperkératose.Dans toute la littérature médicale, 42 cas d\u2019épi- dermodysplasie sont rapportés et deux auteurs seulement, Sézary et Coblentz d\u2019une part, et Masaki d\u2019autre part, ont décrit des cas se rapportant a des membres d\u2019une même famille.Les 2 cas rapportés par les auteurs sont les premiers qui aient été observés au Brésil.Henri SMITH.Maurice H.GREENHILL et Jacob E.FINESIN- GER.\u2014 Symptômes nerveux et influence des émotions dans la dermite atopique.\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilology\", 46: 187 (août) 1942.Le rôle des émotions dans la dermite atopique ou névrodermite a été admis par un certain nombre de dermatologues et de psychiâtres, mais n\u2019a jamais été l\u2019objet d\u2019une étude approfondie portant sur des cas nombreux et bien contrôlés.Les auteurs étudient 32 cas de névrodermite.Seize cas de lupus érythémateux, 20 cas de neuro-psychiâ- trie et 20 sujets normaux servent de contrôle.Les 88 sujets sont soumis à un questionnaire comprenant 216 questions divisées en 2 groupes.Les questions du premier groupe portent sur les symptômes nerveux et mentaux et sur la personnalité du sujet.Les questions du deuxième groupe ont trait aux émotions et à l\u2019ambiance dans laquelle vit le sujet.Il résulte de cette étude que les malades souffrant de névrodermite présentent plus souvent des troubles nerveux et psychiques que les malades souffrant de lupus érythémateux ou que les sujets normaux servant de contrôle.Les troubles nerveux les plus fréquemment observés sont les phobies et les obsessions.Les personnes souffrant de névrodermite ont des tendances hostiles, des sensations de dépression et d\u2019infériorité.Par contre l\u2019hystérie, l\u2019exhibitionisme et la tendance à rougir ne se rencontrent pas plus fréquemment chez ces malades que chez ceux souffrant de lupus ou de troubles neuro-psychiques.Il semble y avoir une corrélation nette entre les émotions du patient et sa dermatose.Les malades eux-mêmes se rendent compte que la nervosité, lcs soucis et surtout la colère ont un effet aggravant sur leur maladie.La colère ne semble avoir aucun effet sur les lésions de lupus érythémateux.L'état de dépression semble également avoir un effet aggravant plus fréquent chez les malades souffrant de névrodermite que chez les malades souffrant de lupus érythémateux.Henri SMITH. 66 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 LABORATOIRE K.SIMPSON.\u2014 Accidents dus à l'air dans la transfusion.\u2018\u2019Lancet\u2019\u2019, 1: 697 (13 juin) 1942.Parmi 56 cas fatals d\u2019embolie gazeuse contrôlés médico-légalement, l\u2019auteur en choisi 4 qui se sont produits au cours de l\u2019injection soit de sang, soit de solution salée dans les veines.Les expériences récentes ne laissent aucun doute sur la réalité et sur les dangers de telles conditions.Par ailleurs la quantité d\u2019air injectée qui constitue un danger pour les sujets malades n\u2019a reçu jusqu\u2019ici que peu d\u2019attention.Afin de mieux reconnaître ces états au cours de l\u2019autopsie, l\u2019auteur préconise une technique qui consiste à disséquer les veines à partir du point présumé d\u2019entrée de l\u2019air en remontant vers le cœur et en allant jusqu\u2019aux poumons, puis à recueillir l\u2019air dans un tube en \u201cU» renversé et plongé dans une cuvette d\u2019eau.L'auteur rapporte en détail ces quatre cas.19 Embolie gazeuse pulmonaire massive consécutive au vidage inattendu d\u2019une bouteille de sérum physiologique à la suite de pressions manuelles qui forcèrent une grande quantité d\u2019air dans l\u2019appareil compte-gouttes.20 Embolie gazeuse survenant lentement et ayant pour origine un appareil compte-gouttes défectueux.3° Embolie gazeuse survenant pendant une période de collapsus au cours d\u2019une délivrance laborieuse, l\u2019air pénétrant graduellement dans la circulation par suite d\u2019une blessure faite à la veine.4° Embolie gazeuse survenant à la suite de l\u2019introduction d\u2019une petite quantité d\u2019air dans la veine au moment de la mise en place d\u2019une canule.Dans chaque cas l\u2019auteur décrit le changement de couleur dans les veines qui conduisent l\u2019air et un degré variable de mousse dans le sang.On a constaté que s\u2019il s\u2019écoule un temps suffisamment long l\u2019air peut traverser les capillaires du poumon et atteindre les artères coronaires ou cérébrales.Un blocage prolongé de celles-ci est vital et peut fournir une explication aux morts survenant après de petites introductions d\u2019air.Des épreuves physiques faites avec la mousse sanguine ont montré que la viscosité superficielle de celle-ci peut atteindre 1,000 fois celle de l\u2019eau.A.BERTRAND.HISTOIRE Harold CUMMINS.\u2014 L'enseignement de la médecine à la Nouvelle-Orléans.\u2018\u2019Bulletin of the Medical Library Association\u201d, 30: 300 (uillet) 1942.L'histoire de l\u2019enseignement médical à la Nouvelle- Orléans commence en 1834 avec la fondation du « Medical College of Louisiana».En 1847, celui-ci fut inccrporé comme faculté de médecine à « University of Louisiana » qui venait de prendre naissance.A son tour, en 1884, cette dernière fut absorbée par « Tulane University ».La Nouvelle-Orléans fut fondée en 1718.Pour bien comprendre la mentalité du peuple lors des débuts du Collège Médical de la Louisiane, il faut se rappeler l\u2019époque d\u2019Iberville.En 1698, Louis XIV chargea d\u2019Iberville de conduire une expédition dans le territoire qui devint la Louisiane française.La colonie se composa donc d\u2019un grand nombre de Français et d\u2019Indiens; mais, l\u2019invasion espagnole de 1769 y amena une quantité d\u2019habitants de la péninsule ibérique.C\u2019est en 1800 seulement, que tout le territoire loui- sianais fut remis à la France pour être cédé aux Etats- Unis trois ans plus tard.Il s\u2019en suivit une immigration progressive tant des états voisins que des pays d\u2019Europe.Cet apport transforma la population de Ia Nouvelle-Orléans en une agglomération cosmopolite avec prédominance de l\u2019élément français.Les premiers chirurgiens à desservir la colonie furent les médecins militaires qui accompagnèrent d\u2019abord d\u2019Iberville et plus tard le général O\u2019Reilly qui prit possession de la Louisiane au nom de l'Espagne.Au cours de la période qui a suivi la cession du territoire aux Etats-Unis, Devron rapporte le fait suivant: « Quelques-uns des fils de la Louisiane fréquentèrent les écoles des Etats de l\u2019Est dans le but d\u2019apprendre la langue anglaise et en même temps en profitèrent pour y acquérir leur éducation médicale ».Toutefois, en face de l\u2019introduction officielle de la langue anglaise, la majorité de la population, de langue et de mentalité latines, réagit plus ou moins ostensiblement.Ainsi, à l\u2019occasion de l\u2019établissement du « Médical College y, des critiques assez violentes se firent entendre.\" Les articles et les lettres adressées à la presse locale expliquaient que les cours pouvaient très bien se donner en anglais et en français; cependant, tout était déjà arrangé pour que l\u2019enseignement se fit en anglais seulement.En présence de cet état de chose, un médecin français réputé de la ville déclina l\u2019honneur du professorat, se sachant incapable de converser convenablement dans la langue des nouveaux maîtres.Le premier prospectus, paru le 29 septembre 1854, fut quand même publié en anglais et en français.Les fondateurs du « Medical College of Louisiana » étaient trois jeunes médecins ne dépassant pas 26 ans.Thomas Hunt, de la Caroline du Sud, diplômé de Pennsylvania Medical School, arrivait d\u2019un séjour d\u2019un an et demi à Paris.Warren Stone, originaire du Vermont, venait de recevoir son parchemin en 1831, de l\u2019Ecole de médecine de Pittsfield, Massachusetts.Enfin, le troisième, John Harrison, né à FO ta Pe ANALYSES 67 Washington D.C., fut lui aussi en 1831, gradué de « University of Maryland ».Le Collége ouvrit ses portes avec 11 étudiants, les cours ayant lieu dans les résidences des professeurs ou a Charity Hospital qui, depuis 1736, s\u2019est toujours développé selon le rythme d\u2019accroissement de la population.En 1843, le premier édifice fut construit pour donner ensuite place 2 un nouvel établissement en 1893.C\u2019est alors seulement, qu\u2019on aménagea des laboratoires destinés à la dissection, à la technique opératoire et aux sciences biochimiques.Dès 1896, on allouait une pièce pour fin de bibliothèque médicale.En parcourant les annales de l\u2019enseignement médical à la Nouvelle-Orléans, on ne peut manquer d\u2019être profondément impressionné par les débuts modestes et la progression lente qui ont sdivi des efforts si laborieux et si tenaces.Parmi les auteurs cités dans la bibliographie de l\u2019article, nous voyons des noms bien français tels que Devron, Chaillé, Tessier, ete.V.LATRAVERSE. SOCIÉTÉS L\u2019« Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 21 avril 1942 tenue à l'Hôtel-Dieu Présidence de M.G.-L.Prud\u2019'homme Symposium sur les syndromes péricardiques Modalités cliniques des syndromes péricardiques M.Georges GARNEAU M.Garneau, après avoir souligné l\u2019importance primordiale de la clinique pour le diagnostic et le pronostic des syndromes péricardiques, étudie successivement, à ce point de vue: 1° les malformations congénitales du péricarde; 2° l\u2019hémo et le pneumopéricarde ; 3° les tumeurs du péricarde; 4° les péricardites; 5° la symphyse du péricarde.Il insiste sur l\u2019hémo et le pneumopéricarde, \u2014 auxquels la guerre actuelle donne une signification particulière \u2014 sur les péricardites et la symphyse du péricarde.Discussion M.L.-P.PELLETIER estime qu\u2019on ne pense pas assez aux syndromes péricardiques.Dans toute maladie infectieuse, on devrait toujours examiner le cœur et rechercher avec soin les frottements.M.Paul LETONDAL croit utile de rappeler que la grande cause des asystolies irréductibles chez l\u2019enfant est la symphyse du péricarde.Il cite, à cet égard, le cas d\u2019une fillette de dix ans, admise à l\u2019hôpital pour une chorée légère avec endocardite, qui présenta une insuffisance cardiaque progressive, résistant à tout traitement.À l\u2019autopsie, on trouva de fortes adhérences péricardiquées à la paroi, en particulier au niveau du sternum.M.J-Roméo PEPIN juge à propos de faire certaines remarques critiques sur la valeur des signes cliniques dans la symphyse du péricarde.Orthodiagramme et électrocardiagramme dans les syndromes péricardiques M.Rodrigue LEFEBVRE M.Lefebvre schématise et explique au tableau noir les renseignements que l\u2019on peut obtenir dans les syndromes péricardiques, à l\u2019aide de l\u2019orthodiagramme et de l\u2019électrocardiagramme.Lorsque le liquide est peu abondant, le cœur présente un aspect triangulaire.Est-il très abondant?L\u2019ombre cardiaque a la forme d\u2019une carafe.Il existe donc dans les deux cas, par suite de l\u2019épanchement, un allongement du diamètre horizontal.En plus, on constate une diminution des battements et une immobilité des bords du cœur.Et ces signes varient, en raison du déplacement du liquide, suivant que le malade est en position horizontale ou verticale.Se rappeler que, chez l\u2019adulte, un épanchement de moins de 300 c.c.ne peut donner des modifications importantes à l\u2019orthodiagramme.Au début des péricardites, c\u2019est à l\u2019électrocardia- gramme qu\u2019il convient d\u2019avoir recours.Il peut rendre des services en permettant l\u2019établissement d\u2019un dia- gnostie précoce.Par la suite, les électros en série aident à suivre l\u2019évolution de la maladie.En conclusion, les données de l\u2019ortho et de l\u2019électro doivent être confrontées avec la clinique.En aucun cas, ils ne doivent tendre à remplacer l\u2019observation directe du malade.Discussion M.Hervé LACHARITE estime que la téléradiographie est préférable à l\u2019orthodiagramme pour apprécier la forme et le volume du cœur.Avec cette méthode, qui est objective, impersonnelle, contrôlable, les sources d\u2019erreur sont beaucoup moindres: c\u2019est celle qui, du reste, à l\u2019heure présente, est utilisée dans l\u2019Armée canadienne.M.L.-P.BELISLE demande au rapporteur son opinion sur l'interprétation des signes radiologiques dans la péricardite adhésive.En pareil cas, les battements cardiaques peuvent-ils persister en certains endroits?M.Georges GARNEAU soutient que l\u2019orthodia- gramme est supérieur à la téléradiographie, car le médecin avec la télé ne peut savoir où est placé le cœur, l\u2019épaisseur de la paroi thoracique variant suivant les sujets.M.LEFEBVRE répond: à M.Lacharité qu\u2019entre des mains expertes, les résultats de l\u2019orthodiagramme et de la téléradiographie sont comparables et ne varient qu\u2019à deux millimètres près.à M.Bélisle qu\u2019il n\u2019a aucune expérience sur ce sujet. SOCIÉTÉS 69 Traitement des syndromes péricardiques (avec projection d\u2019un film) MM.Henri GELINAS et Paul-M.RICARD M.GELINAS, tout d\u2019abord, expose le traitement médical.Dans la péricardite rhumatismale, qui est le plus souvent sèche, le salicylate de soude sera administré à la dose de 12 grammes par jour.Le pronostic dépend des lésions sous-jacentes.Dans la péricardite tuberculeuse, qui est plus fréquemment que la précédente accompagnée d\u2019épanchement, on pratique la ponction du péricarde, si le liquide est très abondant et s\u2019il existe des phénomènes \"de compression.On introduit l\u2019aiguille, de préférence par la voie xyphoïdienne, suivant la technique de Marfan.On retire lentement le liquide, qui est habituellement séro-fibrineux.On termine par une injection d'air, réalisant ainsi artificiellement un pneumo- péricarde.Dans les péricardites purulentes, qui s\u2019observent surtout à la suite des pneumopathies aiguës, l\u2019usage des sulfamidés en améliore le pronostic.Il vaut mieux employer ici le sulfanilamide ou le sulfathiazol que la sulfapyridine, laquelle diffuse beaucoup moins dans le péricarde.Le diagnostic une fois établi par la ponction, il faudra recourir à la péricardotomie, si la sulfamidothérapie est inopérante.Il y a donc des syndromes péricardiques qui relèvent du traitement chirurgical, ce dont parle ensuite M.Paul-M.RICARD.Ce sont: 1° \u2019hémopéricarde et le pneumopéricarde; 2° les péricardites purulentes; 3° les adhérences péricardiques.Le rapporteur insiste, pour le diagnostic de la péricardite adhésive, sur la triade de Beck (de Cleveland), qui est la suivante: 1° cœur petit, immobile; 2° gros foie avec ascite; 3° augmentation de la tension veineuse, qui atteint ou dépasse le chiffre 25 (au lieu de 15, chiffre normal).M.Ricard montre en terminant, à l\u2019aide d\u2019un film personnel en couleur, comment on peut atteindre le péricarde, l\u2019ouvrir, le drainer ou défaire les adhérences suivant les cas.Discussion M.J.-Roméo PEPIN est d\u2019avis qu\u2019on néglige à tort le traitement médical dans les syndromes péricar- diques.Parmi les moyens thérapeutiques, il faut accorder une place de choix à l\u2019oxygène, qui s\u2019impose de façon permanente lorsqu\u2019il existe de la dyspnée, de la cyanose.Le traitement chirurgical est intéressant et nous devons, certes, nous incliner devant l\u2019habileté opératoire de ceux qui osent entreprendre de pareilles interventions, mais quel est le comportement final de ces cas?\u2019 M.RICARD lui répond qu\u2019il faut d\u2019abord savoir choisir les sujets et établir un bon diagnostic.Certains malades sont dirigés trop tard au chirurgien.Sur quatre cas opérés, un seul survit.Chez ce dernier, l\u2019intervention a eu lieu il y a six semaines.* * * SYMPATHIES «Proposé par le docteur Paul Letondal, secondé par le docteur L.-A.Bélisle, que des sympathies soient adressées au docteur J.-U.Gariépy à l\u2019occasion du récent décès de sa sœur Mme E.Lecavalier.» Le docteur J.-U.Gariépy est président de la Société de Chirurgie de Montréal.ELECTION DE MEMBRES MM.Onésime Bédard et Arthur Richard (d\u2019Ottawa) ainsi que M.Georges Lemyre (de St-Césaire) sont élus membres correspondants de la Société Médicale de Montréal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL.Séance du 5 mai 1942 tenue à l'hôpital du Sacré-Cœur Présidence de MM.G.-L.Prud\u2019homme et J.-A.Vidal 1 Tuberculose floride M.J.-A.VIDAL M.Vidal montre six malades atteintes de tuberculose pulmonaire authentique, avec bacilles de Koch dans les crachats, qui toutes avaient les apparences extérieures de la bonne santé.La plupart d\u2019entre elles n\u2019avaient présenté que fort peu de signes généraux et fonctionnels pour attirer l\u2019attention et faire penser à la bacillose.C\u2019est uniquement à cause de la persistance de la toux et d\u2019une histoire de grippe antérieure qu\u2019un examen radiologique fut pratiqué.Grâce aux rayons X, d\u2019importantes lésions, contrastant avec l\u2019embonpoint de ces sujets, purent être décelées au niveau des poumons et ces malades sont maintenant isolées et traitées.L\u2019aspect floride d\u2019un tousseur n\u2019autorise donc nullement le médecin à éliminer la bacillose.Dans l\u2019intérêt de tous et de chacun, pour diminuer les ravages de la contagion dans les familles, en particulier chez les enfants, il importe de bien connaître cette modalité clinique de la phtisie, et surtout de savoir la dépister précocement.Processus de guérison des cavernes tuberculeuses M.J.-A.MILLET M.Millet expose les différentes théories qui ont été proposées pour expliquer la fermeture des cavernes tuberculeuses, et conclut qu\u2019aucune d\u2019elles n\u2019est 1.Président du Bureau Médical de l'hôpital du Sacré-Cœur. 70 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 = satisfaisante, soit parce qu\u2019elles vont à l\u2019encontre de l\u2019observation du malade, soit parce qu\u2019elles soni contraires aux données de l\u2019anatomie pathologique.En réalité, il faudrait d\u2019abord s'entendre sur la signification du mot caverne, qu\u2019il serait préférable de remplacer par celui de cavité.Par ce dernier terme, on désignerait un tiraillement du tissu pulmonaire, qui donnerait, par illusion d\u2019optique, l\u2019impression d\u2019une cavité.Il s\u2019agirait en somme de phénomènes mécaniques liés à l\u2019élasticité du poumon.Pareille hypothèse, quelque plausible qu\u2019elle soit, ne peut être acceptée sans réserves, car elle n\u2019a pu jusqu\u2019ici être démontrée scientifiquement.Le rapporteur termine son travail, en montrant des radiographies de malades ayant présenté des cavités, qui par la suite ont disparu.Il aimerait connaître l\u2019opinion de ses collègues à ce sujet.Discussion M.J.-A.VIDAL estime que pour répondre à cette question de façon satisfaisante, il faut de toute nécessité tenir compte de l\u2019âge des images aériques.Récentes, elles sont dues à la présence de petites tubercules qui disparaissent spontanément; anciennes, elles dépendent de lésions nécrosantes par pneumonie caseuse et la fermeture s\u2019opère de façon mécanique.Tuberculose et dilatation bronchique M.J.-P.PAQUETTE M.Paquette considère la dilatation bronchique, non comme une maladie, mais comme un syndrome anatomo-clinique pouvant relever de causes variées.Parmi ces causes, la tuberculose \u2014 comme l'avait pressenti Grancher \u2014 joue un rôle important.Le rapporteur souligne la fréquence de l\u2019association tuberculeuse et de la dilatation des bronches, qui peut s\u2019observer non seulement chez l'adulte, mais également chez l\u2019enfant.Dans ces conditions, la bronchiectasie se développe par un double mécanisme; rupture des fibres élastiques de la bronche, d\u2019une part, sous l\u2019influence des accès de toux; sclérose péri-bronchique, d\u2019autre part, par cicatrisation des lésions pulmonaires.Les bases du diagnostic sont les suivantes: a) anamnèse bien conduite; b) bacilloscopie; c) bron- cho-graphie par lipiodage.L\u2019auscultation, malgré son intérêt, n\u2019offre rien de caractéristique et peut induire en erreur.Quant au traitement, il est essentiellement chirurgical; lobectomie ou pneumonectomie suivant les cas.Il n\u2019y a rien à attendre du pneumothorax qui est le plus souvent impraticable, en raison de la sclérose et de l\u2019irrétractibilité du poumon.On peut en dire autant du drainage de posture et de la broncho-aspiration, qui ne représente que des moyens palliatifs.: Cette bréve revue générale terminée, M.Paquette rapporte quatre observations de malades, chez lesquelles existaient l\u2019association tuberculeuse et la dilatation des bronches.Chez tous, on pouvait constater à la radiographie, avant et après injection de lipio- dol, des images ne laissant aucun doute sur le diagnostic.Considérations sur les abcès du poumon M.Georges DESHAIES M.Deshaies définit, avec le professeur Sergent, l\u2019abcès pulmonaire un \u201c foyer de suppuration collecté dans une cavité néo-formée, creusée dans le poumon par une inflammation aiguë».Au début, la lésion est causée dans la plupart des cas par le pneumocoque.Ultérieurement se produit une sur-infection par les anaérobies, qui explique à ce moment la fétidité de l\u2019expectoration.M.Deshaies a observé, depuis dix ans à l\u2019hôpital du Sacré-Cœur, cent cas d\u2019abcès du poumon.Il a remarqué que ce n\u2019est pas toujours à la suite d\u2019une intervention sur les dents ou les amygdales qu\u2019apparaissent ces suppurations.Ce sont en réalité les infections de la bouche et des gencives qui les produisent.Et la voie bronchogène est beaucoup plus souvent en cause que la voie sanguine.© On en fait le diagnostic par la radiographie, qui montre en un point du poumon une image hydro-aéri- que, c\u2019est-à-dire une zone claire surmontant un niveau liquide.En aucun cas, il ne faut faire de ponction exploratrice, laquelle produirait un pyo-pneumotho- rax putride des plus graves.Le taux de mortalité de l\u2019abcès du poumon, en général, oscille entre 35 et 50 p.100.Mais dans un service bien organisé, lorsque les malades sont opérés en temps opportun, ce taux peut descendre aussi bas que 6 p.100.Il y a donc un traitement chirurgical et qui donne des résultats.Il consiste dans l\u2019exérèse d\u2019un lobe et de tout un poumon.Le rapporteur montre ensuite des radiographies de deux malades qu\u2019il a récemment guéris et d\u2019un troisième qu\u2019il opérera sous peu.Discussion M.C.-À.ATTENDU demande au rapporteur s\u2019il existe une thérapeutique médicale?M.V.LATRAVERSE a traité récemment avec succès un cas d\u2019abcès du poumon par des injections intra-bronchiques de sulfathiazole.M.DESHAIES répond: à M.Attendu que dans 20 p.100 des cas l\u2019abcès du poumon guérit spontanément et que le drainage postural peut favoriser pareille évolution.Mais si, après six à sept semaines de traitement, les vomiques sont de plus en plus abondantes, il faut intervenir.à M.Latraverse que le cas auquel il a fait allusion est des plus intéressants, mais malheureusement exceptionnel.Il y a le plus souvent, dans la cavité de tout abcès pulmonaire, des détritus nécrotiques, SOCIÉTÉS 71 pouvant aller du volume d\u2019un marbre à celui d\u2019un œuf, qu\u2019il est physiquement impossible de déloger autrement qu\u2019avec le bistouri.ELECTION DE MEMBRE M.Roméo Marcoux (de St-Jean) est élu membre correspondant de la Société Médicale de Montréal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL.Séance du 19 mai 1942 tenue à l'hôpital Notre-Dame Présidence de M.G.-L.Prud\u2019homme Symposium sur l'otite moyenne aiguë Diagnostic de l'otite moyenne aiguë M.Philippe PANNETON M.Panneton souligne, tout d\u2019abord, l'importance médico-sociale du sujet, et félicite le comité des programmes d\u2019avoir pris l\u2019initiative d\u2019organiser une séance entièrement consacrée à cette question.C\u2019est en mettant ainsi, à la portée du praticien, les méthodes modernes de diagnostic, de traitement et de prévention de l\u2019otite, que l\u2019on réduira le nombre des cas de surdité dans notre Province.: Le rapporteur établit, ensuite, une différence majeure entre l\u2019otite moyenne aiguë de l\u2019adulte et celle de l'enfant.Il insiste sur la fréquence et les modalités cliniques particulières de l\u2019otite du nourrisson.M.Panneton compare la membrane du tympan à la peau.S'il existe une inflammation aiguë, on y observe des manifestations de rougeur et d\u2019épaississement.Au début, le tympan est enfoncé.Un peu plus tard, s\u2019il y a rétention de pus dans la caisse, il devient bombé.À ce moment, on constate chez l\u2019adulte la triade symptomatique classique: douleur, fièvre, surdité.; Pou- reconnaître l\u2019otite, il est parfois nécessaire de débarrasser le conduit des débris épithéliaux qui peuvent l\u2019encombrer.On le fera, soit en utilisant un porte-coton, soit en aspirant doucement avec une petite poire de caoutchouc.On réservera le lavage de l\u2019oreille à la seringue aux cas où il existe un bouchon de cérumen.: Dans la pratique, ne jamais oublier que l\u2019otite est une maladie secondaire, succédant presque toujours à un coryza ou à une rhino-pharyngite: notion capitale de diagnostic chez le nourrisson, où le plus souvent aucun symptôme n'\u2019attire l\u2019attention du côté de l'oreille, où l'affection est si fréquemment latente.On sait que, dans le premier âge, le tympan présente une obliquité beaucoup plus grande que chez l\u2019adulte et que le conduit est très étroit.Aussi l\u2019otos- copie, même faite dans les meilleures conditions d\u2019éclairage, est-elle parfois délicate d\u2019interprétation.Lorsque le pédiâtre a raison de croire à l\u2019existence d\u2019une otite, et que par ailleurs les données de l\u2019otologie sont incertaines, il est indiqué de pratiquer la ponction du tympan, ponction qui n\u2019offre aucun danger, si elle est faite correctement, suivant la technique de Ledoux-Robert.Le rapporteur termine par des considérations sur l\u2019otite aiguë traumatique, survenant a la suite d\u2019accident du travail.La présence de sang dans le conduit, sans pus, dans les premières vingt-quatre heures, a une importance capitale dans le diagnostic.Discussion M.L.de G.JOUBERT ajoute quelques remarques sur la technique de la ponction du tympan, qu\u2019il pratique avec une seringue coudée.Le diagnostic d\u2019otite une fois établi, il faut remonter à la cause.D\u2019où la nécessité de bien connaître les variétés étiologiques de l\u2019otite moyenne aiguë, aussi bien chez l\u2019enfant que chez l\u2019adulte.M.Paul LETONDAL estime qu\u2019en clinique du premier Age, l'association: température, chute de poids, troubles digestifs, qui traduit l\u2019infection aiguë du nourrisson, doit faire penser systématiquement à l'inflammation de Poreille moyenne.D\u2019autre part, du point de vue pronostic, il importe de souligner qu\u2019il y a toute la différence du monde entre l\u2019otite d\u2019un nourrisson à nutrition normale et celle d\u2019un hy- pothrepsique ou d\u2019un athrepsique.M.L-C.SIMARD a constaté par lui-même à l'hôpital Notre-Dame, il y a quelques années, la fréquence considérable de l\u2019otite moyenne suppurée à la salle d\u2019autopsie.Il est d\u2019avis que, dans le milieu hospitalier, l\u2019inflammation de l\u2019oreille moyenne est la cause principale de la mortalité infantile.Depuis que cette maladie est reconnue précocement et correctement traitée dans le service de pédiâtrie, la mortalité a rapidement diminuée chez les nourrissons.On sait qu\u2019en pareil cas le pus, par l\u2019intermédiaire de la trompe d\u2019Eustache, tombe dans le rhino-pharynx, puis dans les bronches et l\u2019æsophage, causant soit une broncho-pneumonie, soit une entérite cholériforme.M.PANNETON répond: à M.Joubert qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de se servir d\u2019une seringue coudée pour la ponction du tympan chez le nourrisson.Il a fait, avec M.Daniel Long- pré, à la Crèche de Liesse, des milliers de ponctions sans aucun incident avec la petite seringue ordinaire que l\u2019on emploie pour les injections hypodermiques.Ce qui est indispensable, c\u2019est d\u2019avoir une aiguille à biseau court.à M.Letondal qu\u2019il est indéniable que, pour le traitement de l\u2019otite du nourrisson, les symptômes cliniques constatés par le pédiâtre ont autant d\u2019importance que les signes otologiques.à M.Simard que la lutte contre l\u2019otite dans les collectivités de nourrissons a fait faire un grand pas dans la lutte contre la mortalité infantile, ainsi que l\u2019attestent les statistiques de la Crèche de Liesse et des autres institutions similaires. 72 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Traitement de l\u2019otite moyenne aiguë M.Jean LAPOINTE M.Lapointe passe en revue les principales indications thérapeutiques de l\u2019otite moyenne aiguë.Elles varient, suivant qu\u2019il s\u2019agit de la forme catarrhale, exsudative ou suppurée, et suivant que la maladie évolue chez l\u2019adulte, chez l\u2019enfant ou chez le nourrisson.Dans la première enfance, en raison des conditions anatomiques propres au jeune âge, on observe très souvent, à la suite des rhino-pharyngites des oto- mastoidites d\u2019emblée, avec réactions encéphalo-mé- ningées diffuses, plus ou moins marquées.D\u2019où la gravité de l\u2019otite, surtout chez les jeunes enfants en état de dénutrition.Le traitement est tantôt médical, tantôt chirurgical.Son importance médico-sociale est considérable, particulièrement chez l\u2019enfant, puisque 60% des cas de surdité de l\u2019adulte sont la conséquence d\u2019otites négligées du jeune âge.Prise au début, chez un sujet résistant, l\u2019otite moyenne aiguë guérit souvent par le seul traitement médical, qui consiste dans l\u2019emploi de la révulsion, de sulfamidés, de l\u2019auralgan et dans la désinfection du rhino-pharynx.Lorsque ce traitement est inopérant, il faut recourir sans tarder à l\u2019intervention chirurgicale: paracentèse du tympan ou anthrotomie suivant les accès.Discussion M.A.-L.GUERTIN préfère parmi les moyens de révulsion la chaleur au froid dans le traitement de Potite moyenne aiguë et utilise volontiers les ondes courtes.Il \u2018est d\u2019avis qu\u2019au moment de la paracentèse qu\u2019il pratique sous anesthésie générale au chlorure d\u2019éthyle.il y à avantage à faire en même témps chez l\u2019enfant un curetage du cavum, s\u2019il existe des végétations d\u2019adénoïdes.Cela, dit-il, abrège considérablement la durée de la maladie.M.Paul LETONDAL estime qu\u2019il ne faut jamais perdre de vue, dans le traitement de l\u2019otite du nourrisson, les besoins de la nutrition infantile.Il soutient qu'\u2019alimenter intelligemment un nourrisson atteint d\u2019otite a autant d\u2019importance, pour le succès thérapeutique, que le traitement local.Il cite à cet égard des cas personnels d\u2019otites interminables, ayant eu des paracentèses répétées et à qui on avait même enlevé des végétations d\u2019adénoïdes, qui ne commencèrent à s\u2019améliorer qu\u2019à partir du moment où la diète était appropriée aux exigences de la nutrition de l\u2019enfant.Il en fut de même, dans des cas de diarrhées entretenues par des écoulements d\u2019oreille persistante, qui évoluèrent rapidement vers la guérison.dès qu\u2019ils reçurent une alimentation convenable.M.L.de G.JOUBERT préfère le froid à la chaleur, lorsqu\u2019il y a participation de la mastoïde.M.LAPOINTE répond: à M.Guertin qu\u2019il utilise non seulement les ondes courtes, mais également la radiothérapie pour rétablir l\u2019audition.à M.Letondal qu\u2019il n\u2019est pas douteux que le traitement de l\u2019otite du nourrisson est un traitement médico-chirurgical, et que la collaboration entre le pédiâtre et l\u2019otologiste est indispensable pour le succès thérapeutique; à M.Joubert que sa pratique sur ce point ne diffère pas de la sienne.Prévention de l'otite moyenne aiguë M.Marcel OSTIGUY M.Ostiguy, aprés avoir insisté sur l'importance d\u2019une bonne audition, rappelle les causes les plus fréquentes de l\u2019otite moyenne aiguë: ce sont, d\u2019une part, les traumatismes directs sur le tympan, et.d\u2019autre part, les infections du rhino-pharynx.Le coryza., qui est à l\u2019origine de la plupart des otites moyennes, est souvent dû à un chauffage excessif de nos maisons pendant l\u2019hiver, alors que l\u2019atmosphère devient sèche.Pour remédier à cela, il faut maintenir la température des pièces à 70° F., et installer dans chacune d\u2019elles des appareils producteurs d'humidité.Le traitement consiste dans le repos, l\u2019humidification de Pair et l\u2019application de vaso-constricteurs dans le nez: adrénaline, éphédrine ou mieux encore Privine.Ne pas employer les antiseptiques, à base de sels d\u2019argent colloïdal, qui sont irritants pour les cils Vibratils et nuisent à leur action physiologique.Une autre cause de coryza est l\u2019allergie nasale, caractérisée par la congestion des cornets, avec aspect blanchâtre de la muqueuse.En pareil cas, on constate \u2018dans les sécrétions du nez la présence d\u2019eosinophiles.On traitera cette forme de coryza, en s\u2019efforcant de trouver la protéine en cause et de désensibiliser le sujet.La natation peut être une autre cause d\u2019otite.Il faut éviter la pénétration d\u2019eau dans le nez, en inspirant l\u2019air par la bouche et en expirant l\u2019air par le nez.Les plongeons doivent être faits tête première pour cette même raison.Lorsqu\u2019il existe une déviation de la cloison nasale ou des végétations adénoïdes, il faut y remédier sans tarder, si l\u2019on veut empêcher la production d\u2019otites aiguës répétées.Discussion M.Jules BRAULT félicite le rapporteur d\u2019avoir insisté sur le facteur météorologique comme cause de coryza.Il est évident que le chauffage défectueux de nos maisons, l'hiver, est une cause importante d\u2019otite.Dans un autre ordre d\u2019idées, il pose au rapporteur la question suivante: «Dans le coryza allergique, dans quelle proportion de cas la laine peut-elle être incriminée?» Comme l\u2019a dit aver raison M.Letondal, chez les SOCIÉTÉS 73 enfants, l\u2019état de la nutrition conditionne le pronostic.Aussi est-il prudent de garder à la chambre, de mettre même au lit, les petits hypotrophiques atteints de rhino-pharyngite aiguë subfébrile et de les tenir sous étroite surveillance médicale.En terminant ces remarques, M.Brault parle de ce qu'il ne faut pas faire lorsqu\u2019on a le coryza: se moucher par les deux narines à la fois, ce qui équivaut à se moucher dans l\u2019oreille, ou encore à donner une douche nasale avec la seringue ou le bock.C\u2019est le plus sûr moyen de pousser l\u2019infection dans la trompe d\u2019Eustache et, partant, dans l\u2019oreille moyenne.M.V.LATRAVERSE traite le coryza allergique par la vaccinothérapie, à doses progressives.M.Philippe PANNETON dit combien M.Ostiguy a eu raison, en parlant de la prévention de l\u2019otite, de parler de la prévention du coryza.À propos de la natation, M.Panneton ajoute qu\u2019on doit interdire le plongeon à tout individu qui a un nez infecté.Quant à la climatisation de nos appartements, telle qu\u2019on la pratique de nos jours, elle n\u2019est pas à recommander.Elle est fort coûteuse et peut être dans certains cas excessivement dangereuse, en raison de ses imperfections et de la fausse sécurité qu\u2019elle donne aux individus.M.OSTIGUY répond: à M.Brault que, dans le coryza allergique, la laine est moins souvent en cause que la plume, les poussières, les poils d\u2019animaux ou les aliments; à M.Latraverse que la vaccinothérapie n\u2019est indiquée que si le coryza est causé par des poussières contenant des corps microbiens; à M.Panneton qu\u2019il est de son avis sur la valeur relative de la climatisation de nos maisons par les procédés actuels.ELECTION DE MEMBRES MM.Max Comtois (de Longueuil) et Pierre-Paul ~ Pion (de Vaudreuil) sont élus membres correspondants de la Société Médicale de Montréal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Séance à l'Hôtel-Dieu de Québec Vendredi, le 2 octobre 1942 Un cas de rétrécissement de l'artère pulmonaire M.L.-N.LAROCHELLE Annette O., 20 ans, entre le 12 septembre 1942, dans le service de Monsieur le professeur Jobin, parce qu\u2019elle a des douleurs pré-cordiales et inter- scapulaires.Elle a fait à Age de trois mois, une maladie infectieuse éruptive du type variolique, et à partir de cette époque, selon l\u2019avis de la famille et de leur médecin, on la considère comme cardiaque.Actuellement, elle vient consulter à l\u2019hôpital pour de la dyspnée, palpitations, douleurs interscapulai- res, précordialgies, et, à ces signes s\u2019ajoutent de la frilosité, cryesthésie, bourdonnements d\u2019oreille et hémoptysies au printemps dernier.A lexamen physique, cette jeune fille a le teint rouge violacé et les lèvres bleutées.Cette cyanose s\u2019accentue à l\u2019effort et s\u2019améliore au repos complet.Les doigts des mains et des pieds sont hippocratiques.A l\u2019inspection de la région pré-cordiale, la pointe du cœur bat sur la ligne mamelonnaire, dans le 4e espace intercostal gauche, & 8 centimètres de la ligne médiane.A la percussion, on constate que la matité cardiaque est élargie transversalement et déborde le bord sternal droit.A l\u2019auscultation, on a un souffle cardiaque intense qui siège à la base du cœur, dans le 2e espace intercostal près du sternum, et qui se propage vers la clavicule, près du sternum.C\u2019est un souffle systolique qui est accompagné d\u2019un frémissement cataire systolique perçu à la base du cœur.L\u2019examen radiologique montre une voussure marquée au niveau de l\u2019arc moyen, et une augmentation du volume du ventricule droit.L'\u2019électrocardiogramme met en évidence une prépondérance ventriculaire droite.En continuant l\u2019examen général, nous constatons que tous les autres systèmes sont normaux.Le B.W.est négatif.Un examen de la crase sanguine montre une polyglobulie à 8,000,000 de globules rouges.Le diagnostic a été celui d\u2019un rétrécissement de l\u2019artère pulmonaire.Sténose pylorique à la suite d'ingestion d'acide sulfurique M.Charles VEZINA Un enfant de deux ans, à la suite d\u2019ingestion d\u2019acide sulfurique à 20%, présente des vomissements abondants dans lesquels se reconnaissent des aliments ingérés 24 et 36 heures auparavant.La radiographie ne montre rien d\u2019anormal du côté de l\u2019æsophage, mais un estomac dilaté, avec liquide à jeun et aucun transit pyloro-duodénal.L\u2019enfant a maigri considérablement: il est en dé- nutition.Après sérum et transfusion, il est opéré: sténose cicatricielle très serrée du pylore; l\u2019intérieur de l\u2019estomac semble normal; gastro-entérostomie postérieure.L'enfant se remonte très vite et laisse l'hôpital 24 jours plus tard, mangeant tout ce qu\u2019il voulait.Nous croyons que cet acide sulfurique à 20% n\u2019était pas asez concentré et n\u2019a pas séjourné assez longtemps au niveau de l\u2019æsophage pour y produire des lésions appréciables.D\u2019un autre côté, le séjour pro- 74 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, janvier 1943 longé dans l\u2019estomac, milieu où l\u2019acide sulfurique n\u2019a pu être neutralisé, ajouté à un spasme du pylore pourrait expliquer la sténose consécutive.Aspects cliniques du glaucome essentiel M.Jean LACERTE On nomme « glaucome essentiel » cette hypertonie oculaire qui ne relève pas de cicatrices du tractus uvéal, d\u2019une désorganisation traumatique oculaire ou d\u2019une tumeur intra-oculaire.C\u2019est une maladie bien caractéristique de l\u2019adolescent ou de l\u2019adulte qui est ou devient presque toujours bilatérale.Le glaucome essentiel se présente sous deux formes bien différentes qui en font deux maladies distinctes.Le glaucome aigu et le glaucome simple.Après avoir dit quelques mots du glaucome aigu, l\u2019auteur s\u2019attaque au problème du glaucome simple, lequel est une maladie insidieuse, sournoise, de longue durée mais qui conduit inévitablement à la cécité si le diagnostic n\u2019est pas fait en temps.S\u2019il persiste encore dans la pathogénie du glaucome des obscurités relatives à la sécrétion des liquides intra-oculaires, à l\u2019équilibre de pression du sang et du liquide intra-oculaire, un fait se dégage malgré tout de l\u2019observation clinique: c\u2019est que le glaucome est lié à un état d\u2019instabilité nerveuse, organique et psychique, à une diathèse.Il a les caractères d\u2019une maladie essentielle.C\u2019est pour le moins un syndrome dans lequel le symptôme principal est l\u2019hypertension oculaire.Un cas d'occlusion intestinale par des ascaris lombricoides M.Jacques TURCOT 19 Observation.Occlusion intestinale durant depuis deux jours, chez une jeune fille de dix-huit ans.On pense à une péritonite d\u2019origine appendiculaire.A l\u2019opération, on trouve un bouchon, formé par des ascaris agglomérés, qui obstrue l\u2019iléon à vingt-quatre pouces du cæcum.Levée de l\u2019obstacle.Guérison.20 Diagnostic différentiel des occlusions.Il est souvent difficile.Si on pousse observation, on finit par avoir une bonne idée du diagnostic dans nombre de cas.3° Traitement des accidents abdominaux de l\u2019ascaridiose.Médical parfois.Chirurgical le plus souvent, suivi d\u2019une cure médicale.Ossification pluricentrique MM.A.-Rosario POTVIN et Robert LESSARD L\u2019ossification pluricentrique de certains os peut donner lieu à des interprétations difficiles ou erronées des radiographies.Quand il s\u2019agit d\u2019accidents de travail, les conclusions du radiologiste et du chirurgien doivent parfois tenir compte d\u2019anomalies qui en imposent pour des fractures.Les auteurs présentent une série de 5 cas de rotule bi ou tri-partite, anomalie que l\u2019on dit très rare.Quatre de ces patients avaient subi un traumatisme du genou et chez l\u2019un d\u2019eux, un des fragments avait été fracturé.Les rotules multipartites ne sont qu\u2019un cas local de processus identiques et de même pathogénie pouvant se rencontrer dans plusieurs autres os.Séance à la Clinique Roy-Rousseau Vendredi, le 16 octobre 1942 Séance consacrée à l'épilepsie Epilepsie provoquée et spontanée Métrazolthérapie dans les services de l'hôpital St-Michel-Archange et la Clinique Roy-Rousseau, 1.190 malades M.Laurent PATRY Depuis le mois de mai 1938, jusqu\u2019à juillet 1942, 1,190 malades ont été traités par les convulsions provoquées.Les pourcentages ont été préparés en tenant compte de chaque forme de maladie.Sur 440 cas de démence précoce, 55% ont été libérés.Dans la psychose maniaque dépressive, sur 415 malades traités, 83.11% ont été libérés.Dans les psychonévroses, il y a eu 65 libérations sur un total de 85 malades.Dans les autres formes sont comprises toutes les psychoses puerpérales, les confusions mentales, les psychoses des dégénérés.Sur 250 patients traités, 203 ont été libérés.Ce traitement ne comporte aucun danger, institué en milieu hospitalier.Nous n\u2019avons enregistré aucun accident mortel au cours de la crise.Il découle des résultats obtenus qu\u2019un devoir s\u2019impose d\u2019appliquer cette thérapeutique dès le début des troubles mentaux afin d\u2019augmenter les chances de guérison qui diminuent avec la durée de la maladie.Pour des raisons d\u2019ordre pratique, nous avons substitué l\u2019électricité au Métrazol depuis juillet 1942.L'électro-choc dans les maladies mentales M.Mathieu SAMSON La méthode la plus recente de thérapeutique des maladies mentales est celle qui emploie le courant alternatif ordinaire pour produire des convulsions.Les malades susceptibles de bénéficier de ce traitement doivent d\u2019abord subir un examen médical complet ainsi que les examens radiographiques et biologiques nécessaires.La tuberculose active, une affection cardiaque ou rénale non compensée, une maladie infectieuse ainsi que tous les états fébriles sont les contre-indications les plus importantes.L\u2019électrochoc présente de multiples avantages sur le Métrazol.Il produit une amnésie complète pour le traitement.La convulsion est moins forte qu\u2019avec le Métrazol, les complications de fracture de la colonne sont moins nombreuses.Les cent premiers malades que nous avons traités ont reçu 1,167 traitements.Sur ce nombre 32 étaient SOCIÉTÉS 75 des déments précoces; 14 (43.7%) d\u2019entre eux sont guéris ou ont été améliorés.68 patients présentaient d\u2019autres psychoses (psychose maniaque dépressive, mélancolie d\u2019involution, psychonévrose); soixante (88%) peuvent être considérés comme guéris ou améliorés.Epilepsie partielle sensitive symptomatique , d'un angiome cérébral MM.Sylvio CARON et Gustave DESROCHERS Les auteurs présentent l\u2019observation d\u2019un jeune homme de 22 ans chez qui se produisent à des intervalles irréguliers, depuis 5 ans, de troubles dyses- thésiques dans l\u2019hémi-corps gauche.Ils qualifient ces troubles d\u2019épilepsie sensitive partielle et leur attribuent la même valeur localisatrice qu\u2019à des crises d\u2019épilepsie jacksonnienne.Ils en déduisent l\u2019existence d\u2019une lésion localisée à la zone sensitive de l\u2019écorce cérébrale du côté droit, ce qui est confirmé par l\u2019examen radiologique et le patient est dirigé vers un service de neurochirurgie.L'intervention révèle la présence d\u2019un anévrysme cirsoïde qui est cautérisé en partie au galvanocautère et le malade se rétablit après avoir présenté une hémiplégie transitoire.Les crises dysesthésiques ne Se sont pas manifestées de nouveau, trois semaines apres intervention.En terminant, les auteurs discutent les données qui pourraient permettre de faire le diagnostic avant l\u2019intervention chirurgicale.Epilepsie, cardiopathie, erythrocytose associées chez la même patiente M.C.-A.PAINCHAUD Il s'agit d\u2019une malade de 33 ans, supposée épileptique, qui fut admise à l'hôpital pour des troubles de l\u2019'humeur et du caractère, et des fugues.Depuis trois ans, elle présente des pertes de conscience dont la description fait suspecter l\u2019épilepsie, qui est confirmée à l'hôpital, par une crise typique de mal comitial.Au cours de l'examen somatique, on découvre une cardiopathie ignorée de la patiente (maladie mitrale complète), et on constate l\u2019existence d\u2019une polyglobulie située entre 7 et 8 millions de globules rouges.L\u2019auteur ne s\u2019arrête pas à la discussion de la polyglobulie, qu\u2019il considère réactionnelle et postérieure à la cardiopathie.Il s\u2019arrête à l\u2019association cardiopath.e et épilepsie; il en est amené à décrire l\u2019épilepsie cardiaque, et à la diviser en deux formes selon les conceptions modernes: l\u2019épilepsie de la maladie de Stokes-Adam, et l\u2019épilepsie de l\u2019asystolie.Il montre l\u2019intérêt qu\u2019il y a à bien connaître ces formes d'\u2019épilepsie dites cardiaques, parce que très souvent le traitement de la cardiopathie en cours influence très favorablement l\u2019épilepsie associée.L'observation qu\u2019il présente en est un exemple.LA SOCIETE DE CHIRURGIE DE MONTREAL Séance du 13 mai 1942 Présidence de M.J.-U.Gariépy Contribution à l'ostéotomie sous-trochantérienne dans les fractures du col du fémur M.Jean TREMBLAY Nous présentons un fait intéressant qui mettra en lumière, le mécanisme de la guérison des fractures anciennes du col du fémur traitées par cette méthode et aidera ceux qui, mis en présence de fractures irréductibles, feront comme moi, laissant faire la nature se tirer seule d\u2019affaires, pour nous voir quelque temps après, satisfaits de nous être abstenus.Voici l\u2019histoire d\u2019un malade qui nous a donné beaucoup de travail, beaucoup d\u2019inquiétudes, chez lequel nous avons tenté plusieurs réductions, et chez lequel nous avons laissé la fracture non réduite.C\u2019est un homme âgé de 72 ans de santé fragile, d\u2019état général mauvais, souffrant d\u2019une fracture sous-tro- chantérienne du fémur droit.Il était exposé aux congestions pulmonaires, aux ulcérations sacrées; donc à une mort plus ou moins prochaine: complications de ces fractures du fémur chez les vieillards et les débiles immobilisés longtemps en décubitus.M.P.âgé de 72 ans, victime d\u2019un accident d\u2019automobile, entre à l\u2019hôpital Notre-Dame le 21 septembre 1941, souffrant d\u2019une fracture du fémur droit C\u2019est une fracture sous-trochantérienne avec déplacement.Bassin: fracture de la cavité cotyloïde sans déplacement.Genou droit: fracture du plateau tibial externe sans déplacement mais intra-articulaire.Avec 20 livres de traction la réduction n\u2019est pas bonne.Nous procédons à plusieurs tentatives de réduction sous-anesthésie; mais sans succès.En fin de compte, nous décidâmes de laisser notre malade guérir seul, ne voulant pas chez un sujet fragile et âgé, tenter une réduction sanglante.Nous rappelant, cependant, avoir vu employer l\u2019ostéotomie sous-trochantérienne dans un cas de pseudarthrose du col du fémur après un insuccès avec le clou de Smith-Petersen.Notre cas se prêtait à cette expérience.L\u2019ostéotomie sous-trochantérienne dans les fractures du col du fémur se pratique depuis 1923.Les pseudarthroses ne sont pas une entité rare dans les fractures du col du fémur.Un g-and nombre d\u2019opérations ont été préconisées pour faire récupérer ces malades.On peut les diviser en deux groupes: 1° Opérations de reconstruction: Whitman, Colon- na, de Brackett.20 Opérations de restauration anatomique, physiologique: Albee, Gallie, Dickson, Compere, Delbet, Smith-Peterson. 76 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 La pseudarthrose est due au défaut de réduction ou due au manque de consolidation osseuse, manque de cal osseux.Le grand problème est la nécrose de la tête mal nourrie; voilà, pourquoi les opérations de reconstructions de Whitman, de Colonna donnent souvent des hanches instables.Les opérations de restauration: prenons la technique de Compere réunissant toutes les autres.Après réduction, il place dans le col et la tête deux greffons osseux et deux broches de Kirschner.Ce sont des opérations à ciel ouvert, de techniques difficiles, exposant au choc opératoire et à l\u2019infection.Reich de Cleveland emploie l\u2019ostéotomie sous- trochantérienne dans ces cas et rapporte 26 observations avec succès.Contre-indications: 1° nécrose aseptique de la tête.20 ostéo-arthrite.30 état général du patient ne pouvant supporter une ostéotomie.C\u2019est une méthode simple.Présentation d\u2019un malade.Discussion M.E.DUBE rapporte qu\u2019il a fait plusieurs ostéotomies sous-trochantériennes chez les enfants dans des cas de coxalgie et de luxations congénitales de la hanche.Les résultats sont bons mais d\u2019habitude le raccourcissement du membre est important.M.P.-M.RICARD demande si la réduction n\u2019aurait pas été possible.M.J.TREMBLAY répond qu\u2019on l\u2019a tentée mais sans succès, Diverticule de l\u2019æsophage.Diverticulectomie.Présentation d\u2019un film et de clichés.M.V.\u2018LATRAVERSE Le docteur Latraverse devait nous remettre le résumé de son travail, mais nous ne l\u2019avons pas reçu.Il s\u2019agissait de la présentation de deux cas de diverticules de l\u2019æsophage.Dans un cas, le rapporteur avait fait la diverticulopexie.Dans le deuxième cas, il avait fait la résection du diverticule et il était apparu au bout de quelques jours, une fistule œsophagienne.Discussion M.C.BISSON demande si, après la résection, on fixe le diverticule.M.G.D'ARGENCOURT.Peut-on faire l\u2019opéra- \u2018tion sans l\u2019aide du bronchoscope?M.C.-E.HEBERT.Dans la diverticulectomie, est-ce qu\u2019il y a avantage à mettre un drain?M.P.SMITH demande si la suture de l\u2019æsopha- ge, plan par plan, n\u2019est pas indiquée.M.C.LEFRANÇOIS vante les avantages de la ligature du collet du diverticule au lieu de la suture dans certains cas et il cite un cas où la ligature lui a réussi.| M.U.GARIEPY.Ne pourrait-on pas sectionner le col et après l\u2019enfouir?M.V.LATRAVERSE répond à: M.Bisson qu\u2019on ne fixe pas le moignon après la résection.M.D\u2019Argencourt que l\u2019æsophagoscopie n\u2019est pas pas absolument nécessaire.M.Hébert qu\u2019il faut toujours laisser un drain à cause des possibilités d\u2019infection.M.Gariépy qu\u2019on pourrait en effet enfouir le moignon.Le secrétaire annuel, Charles LEFRANÇOIS.Séance du 7 octobre 1942 Présidence de M.J.-U.Gariépy Grossesse et cancer du col M.Léon GERIN-LAJOIE Le rapporteur présente l\u2019histoire d\u2019une femme de 31 ans, enceinte de 8 mois, qui est hospitalisée le 13 août 1942, pour des pertes vaginales sanguines qui durent depuis près de deux ans.Au toucher, il existe une masse végétante sur la lèvre antérieure du col.La biopsie est positive: il s\u2019agit d\u2019un épithéliome cylindrique du col.On pratique la césarienne haute ou « Penthotal >, le 27 août.Aucun ganglion métastatique dans l\u2019abdomen.Guérison sans incident.Dix-huit jours plus tard, on pratique l\u2019opération de Wertheim avec ligature de l\u2019hypogastrique gauche.À la fin de l\u2019intervention, pour éviter le rétrécissement du vagin, on le fixe aux bords du ligament large.Lever le 12e jour.Le rapporteur fait ensuite quelques remarques sur la conduite à tenir dans ces cas analogues: a) Quand la grossesse est au début et qu\u2019il y a cancer du col, on peut pratiquer l\u2019opération de Wertheim ou employer le radium.Notre conscience doit être ici notre guide.b) Quand la grossesse est à 4 mois et demi, il vaut mieux attendre le 6e mois et demi avant d\u2019intervenir.c) Après 6 mois et demi, doit-on provoquer l\u2019accouchement ou faire la césarienne?La césarienne est la seule opération logique.Dans une 2e intervention, on pourra faire l\u2019hystérectomie subtotale suivie de la radiumthérapie du col ou faire d\u2019emblée l\u2019opération de Wertheim.Discussion M.C.BISSON demande si on n\u2019a pas le droit dans B comme dans A de faire de la radiumthérapie.M.J-E.CABANA demande dans le cas d\u2019une ectopique non rompue si on a le droit d\u2019enlever la trompe.M.J.-U.GARIEPY demande si on pourrait prati- SOCIÉTÉS 77 quer dans un même temps opératoire et la césarienne et le Wertheim.M.L.GERIN-LAJOIE répond à: M.Bisson que dans la plupart des cas, à 4 mois et demi, on peut attendre à 6 mois et demi avant d\u2019intervenir, pour donner à l\u2019enfant une chance de vie.M.Cabana.\u2014 Oui, si le ventre est déjà ouvert.M.Gariépy.\u2014 Le Wertheim est une opération assez longue et il vaut mieux ne pas le faire en même temps que la césarienne.Fracture de l\u2019arcade zygomatique M.C.BOHEMIER Le rapporteur présente un cas de fracture de l\u2019arcade zygomatique survenue chez un de ses patients à la suite d\u2019un accident.L\u2019examen clinique, nous montrait ici facilement l\u2019enfoncement mais l'examen radiologique ne montrait pas de fracture.Le rapporteur a opéré son malade: petite incision dans le bord des cheveux, découverte du muscle frontal, ouverture de l\u2019aponévrose du temporal et redressement avec des ciseaux de l\u2019arcade enfoncée.L'intervention est bénigne et le résultat esthétique est bien meilleur que quand on ne fait rien.Le docteur Bohémier termine en donnant d\u2019après un auteur la technique pour mettre en évidence la fracture de l\u2019arcade zygomatique à l\u2019examen radiologique.Discussion M.C.-E.HEBERT rapporte un cas où il a employé avec succès la même technique.M.J-U.GARIEPY souligne l'importance qu\u2019il y aurait de faire des stéréo-radiographies dans ces cas.M.C.BOHEMIER insiste en terminant sur la très grande facilité du diagnostic clinique.Le secrétaire annuel, Charles LEFRANÇOIS.&-6 + REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL NOTRE-DAME Séance du 15 octobre 1942 Présidence de M.À.Bernier Ictère hémolytique congénital.Guérison par splénectomie (1 cas) MM.Georges HEBERT et J.-P.-M.RICARD Histoire.Mlle A.H., 26 ans, est admise à l\u2019hôpital Notre-Dame le 24 mars 1942.Elle se présente pour ictére généralisé depuis sa naissance.Intensité variable, mais n\u2019a jamais disparu complètement.Douleur dans l\u2019hypocondre depuis 2 ans.irradiation épigastrique.Depuis 7 mois, acuité plus marquée de cette douleur, accompagnée d\u2019amaigrissement d'environ 15 livres.Douleurs annexielles depuis 2 mois.Ne peut travailler depuis 2 ans par suite d\u2019asthénie, de fatigue.Céphalée fréquente \u2014 Constipation habituelle \u2014 Selles couleur crême.Antécédents personnels.Rien à noter.Hospitalisation pour même diagnostic à l\u2019hôpital Notre-Dame du 27 décembre 1927 au 4 avril 1928.Antécédents héréditaires.Père, d\u2019ictère ?Mère?2 frères et 2 sœurs présentent aussi de l\u2019ictère.Examen objectif.Fille de 135 livres, plutôt d\u2019aspect floride, mais teint ictérique.Ictère généralisé.Conjonctives fortement colorées en jaune.Rate énorme et palpable sur plus d\u2019un travers de main sous le rebord costal gauche.Consistance ferme \u2014 mobilité relative.Le foie déborde légèrement et est un peu sensible au point cystique.Examen gynécologique.Annexite bilatérale (docteur Magnan).Examen de laboratoire.B.W., négatif; azotémie: 0 gr.29; glycémie: 1 gr.14; cholestérinémie: 1 gr.73.Réaction de Van den Berg: réaction directe immédiate: Dosage, 88 unités; normale: 0.20, 0.60.Index ictérique: 60 unités; normale, 5 unités.Prothrembine: 100% ; normale.Rétractilité du caillot: complète après 24 heures; sérum ictérique.Numération g obulaire: GI].rouges, 3,600,000; gl.blancs, 9,000; hémogl.60%; valeur globulaire, 08.Test de l\u2019acide hippurique (par voie veineuse) : 1.13.Urine: Traces d\u2019albumine; présence d\u2019urobiline.Examen radiologique.(Vésicule biliaire).Faible coloration de la vésicule par la méthode Sandstrom.Diagnostic.Ictère hémolytique congénital.Transfert en chirurgie pour splénectomie, 11 avril 1942.Opération.Splénectomie le 16 avril 1942.Laparatomie transversale sous-costale branche para-médiane.Ligatures étagées des vaisseaux courts (12) du méso gastro-splénique, après effondrement du méso gastro-colique gauche, etc.Rate très adhérente au niveau de la surface antérieure du rein.Le bord supéro-interne croise et déborde le cardia derrière la grosse tubérosité de l\u2019estomac.Injection de 1 c.c.d\u2019adrénaline hypodermique pour amener la spléno-contraction et, de ce fait, épargner une saignée à la malade tout en permettant un ac- mort à 44 ans gauche, 78 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 couchement plus facile de la rate par sa diminution de volume.Accouchement laborieux d\u2019une rate énorme pesant plus de 1,000 grammes.Ligatures étagées du pédicule proprement dit de la rate; il se présente comme les doigts de la main tenus en éventail, et contient la queue du pancréas que nous reclinons.Transfusion de 300 c.c.de sang, dès la section du pédicule.La rate mesure 10 x 7 x 3 pouces.Hémostase soignée du lit splénique, fermeture de la plaie et drainage par mèche.Au cours de l\u2019exploration, nous notons une vésicule d\u2019aspect normal ne contenant pas de calculs, mais se vidant un peu difficilement.Le foie est de consistance et de coloration normales.Il existe une annexite bilatérale avec volumineux pyo ou hydro-salpinx droit.Evolution post-opératoire.Les suites sont sans incidents notables si ce n\u2019est l\u2019apparition d\u2019urticaire le 17, qui disparaît à la suite d\u2019injections d\u2019adrénaline et d\u2019hyposulfite de soude.L\u2019ictère disparaît vers le 4ième jour.Guérison per primam de la plaie opératoire.La malade reprend vite son appétit et ses forces et quitte l\u2019hôpital vers le 15ième jour.Evolution de la formule sanguine.A ) C) 30 minutes le lendemain 1 semaine avant de après Popération l\u2019opération l\u2019opération Gl.R.3,400,000 3,400,000 3,650,000 Hémogl.65% 65% 70% Gl.Blancs.6,500 22,500 6,000 Poly.neutro.16% 84% 63% Lymph.20% 11% 23% Mono.1% 5% 9% Eosino.3% 0 5% Réticulocytes 22% 25% 10% Globulins 100,000 136,000 328,500 Polychromatophilie oul non non Hém.granuleuses oul non non Rés.globulaire 743.5 5.5 à 1.5.le 24-4- Van den Berg.Prothrombine 100% Acide hippurique 1.13 0.36 unité.indir.22-4- 100% \u2014 le 24-4- 1.20 \u2014 le 24-4- % x x Intérêt de la question et conclusions.1.\u2014 Des degrés de l\u2019ictère hémolytique, suivant les générations.2.\u2014 Critères d\u2019opérabilité : asthénie progressive et amaigrissement, prévention de la débilité par une hémolyse prolongée.3.\u2014 Mécanisme de cet ictère.4, \u2014 Mécanisme de la disparition de l\u2019ictère par splénectomie.5.\u2014 Du faible taux de mortalité opératoire.Auteurs.4%.6.\u2014 De la concomitance de calculs biliaires dans certains cas.7.\u2014 De l\u2019adrénalo-contraction.8.\u2014 De l'importance d\u2019une transfusion immédiate sur la table d\u2019cpération et de l'absence de choc opératoire.9.\u2014 De la permanence de la cure et du pronostic.10.\u2014 Quelles sont les lésions anatomo-pathologi- ques de cette rate?11.\u2014 De l'incidence du risque opératoire suivant les Splénomégalies.12.\u2014 De l'indication opératoire suivant les Splénomégalies.Discussion M.Roma AMYOT.Dans les conclusions de cette communication qui apparaissent sous la forme très concise de ti\u2018res de sujets à déve opper, il y en a quelques-uns sur lesquels je demanderais aux auteurs quelques explications.Ainsi: le mécanisme de cet ictère; mécanisme de la disparition de l\u2019ictère par splénectomie; de la permanence de la cure et du pronostic; quelles sont les lésions anatomo-patho- logiques de cette rate; de l'indication opératoire suivant les splénomégalies.M.R.DUFRESNE fait remarquer que la réaction Van den Berg était du type direct; cette réaction directe est plutôt témoin d\u2019une obstruction avec rétention des pigments de sels biliaires et de la cho- lestérine.De plus, la décoloration des selles de cette malade est difficile à expliquer.À cause de l\u2019hémolyse très marquée, il devrait y avoir plutôt une hyper- coloration des selles.M.A.BERTRAND.En 1940, Landsteiner et Levine ont signalé la présence d\u2019un facteur « RH» dans le sang de 85% des individus.Ce facteur agit comme antigène lorsqu\u2019on l\u2019injecte à un sujet RH négatif, et provoque la formation d'anticorps capables de produire l\u2019hémolyse des globules rouges du donneur.De même un fœtus RH positif peut sensibiliser sa mère si cette dernière est RH négatif.Le sang de la mère pourra par la suite provoquer l\u2019hémolyse des globules rouges d\u2019un donneur RH positif si on la transfuse avec un tel sang.On croit également que les anticorps de la mère peuvent retourner à l\u2019enfant par voie placentaire et produire l\u2019ictère des nouveau-nés ou l\u2019érythroblastose.M.Y.CHAPUT demande si on a revu la malade depuis l\u2019opération.Il fait remarquer qu\u2019il serait très intéressant de connaître l\u2019état de sa formule sanguine et de sa résistance globulaire.De plus, il ajoute que des auteurs américains qui, semble-t-il, ont la plus grande expérience des splénectomies, ont insisté sur la nécessité d\u2019enlever toute rate surnuméraire qui pourrait exister, quel que soit son volume.M.L.-C.SIMARD.L\u2019ictére hémolytique est caractérisé, au point de vue pathologique, par la présence de pigments ferrugineux emmagasinés dans la rate, dus à la démolition des globules rouges.Le mécanisme de cette hémolyse n\u2019est pas bien SOCIÉTÉS 79 connu.Il demande, de plus, au docteur Hébert, s\u2019il a eu l\u2019occasion d\u2019examiner les autres membres de la famille au point de vue hématologique.M.G.HEBERT insiste sur la rareté des cas d\u2019ictère hémclitique et énumeére quelques-unes des indications de la splénectomie.Les plus fréquentes sont : 1° l\u2019ictère hémolytique; 2 la maladie de Banti; Jo le purpura thrombo-cytopénique.Il croit que le Van den Berg direct chez cette malade serait dû à une réaction vésiculaire quoique l\u2019intervention n\u2019ait pas montré de calculs.Il ajoute que la malade est actuellement parfaitement bien et qu\u2019il continue de la suivre au point de vue hématologique.M.J-P-M.RICARD.Il y a deux autres indications de la splénectomie: la rupture de la rate et les tumeurs de la rate.L\u2019ictère est dû à une hémolyse des globules rouges et à la mise en liberté, par dissociation, des constituants du globule rouge: globuline et hématine.La pathogénie en est encore très obscure.La mortalité opératoire est d\u2019environ 4%.L'intervention n\u2019a pas montré de rate surnuméraire.L\u2019injection d\u2019adrénaline au cours de l'opération a pour but de provoquer une spléno-contraction et de prévenir une déperdition plus ou moins abondante de sang.A la fin de la séance, le docteur Ricard présente un film en couleurs sur la splénectomie, précisément celle du cas rapporté.Placenta Previa M.Hervé GIBEAULT Mme J.S., âgée de 37 ans, admise dans le service d\u2019obstétrique, le 12 septembre 1942, à 3 h.5 p.m.Antécédents.11 grossesses à terme.Tous les accouchements se sont passés normalement.Jamais malade durant ses grossesses.Suite de couches normales et lever après 9 jours.Dès son arrivée à l\u2019hôpital, le 12 septembre, en hémorragie, nous faisons le traitement d\u2019usage, et le tout semble rentrer dans l\u2019ordre.Le 15 septembre, vers les 6 heures, étant appelé d\u2019urgence, l'hémorragie reprenant, je fais l\u2019accouchement par le procédé le plus rapide, ayant un placenta prævia central total et je mets au monde un enfant vivant de 6 livres et demie.CYTOLOGIE, 17 septembre 1942.Gl.R.GI.BI.Hémal.Poly.Lympho.1,200,000 19,750 50% 93% 6% \u2018\u201c \u2014 28 septembre 1942, 2,100,000 17,000 40% 71% 24% \u2018\u201c \u2014 2 octobre 1942.1,675,000 11,000 25% 86% 14% Evolution.Le lendemain de son accouchement, la patiente accuse une céphalée intense et qui a persisté pendant 3 jours.Chaque fois que nous faisons des transfusions, la patiente fait des frissons.Suites de couches pyrétiques variant entre 101 et 105 du 17 septembre au 5 octobre, jour où elle décéda.Autopsie.L\u2019autopsie a révélé la présence d\u2019une métrite suppurée et d\u2019une annexite gauche suppurée.De plus, tous les viscères étaient exsangues et dénotaient une anémie profonde, anémie accompagnée d\u2019une splénomégalie 400 gr.Remarques.Un point intéressant serait de savoir si l\u2019infection puerpérale est responsable de l\u2019anémie progressive.Conclusion.Trois principes essentiels doivent nous guider lorsque nous sommes en présence d\u2019un placenta praevia: a) Placer la femme dans un milieu tel qu\u2019il puisse au plus vite répondre à l\u2019accident brutal.b) Recourir au maximum aux moyens habituels pour soutenir l\u2019état général et pallier à la spoliation sanguine (injection de sérum, transfusion, etc.).c) Chercher toujours sans maladroite précipitation le procédé le plus rapide d\u2019évacuation de l\u2019utérus.En observant ces règles, on donnera à la mère et à l\u2019enfant le maximum de sécurité.Discussion M.E.AUTOTTE demande quelle était la température de la malade à son arrivée.M.A.BERTRAND.Depuis quelque temps, on a tendance à vouloir expliquer les réactions au cours des transfusions par un facteur dit R.H.héréditaire.indépendant des groupes sanguins et jouant le rôle d\u2019antigène.M.H.GIBEAULT se demande si l\u2019anémie de cette malade est due à son infection ou à l\u2019hémorragie.M.J.GAUTHIER.L\u2019infection puerpérale peut donner une anémie grave du type pernicieux.Deux cas de stomatite de Vincent quéris par l'acide nicotinique M.Adrien LAMBERT Les ouvrages classiques enseignent que le traitement par excellence des stomatites à fuso-spirille de Vincent, c\u2019est le novarsenobenzol en applications locales et en injections intraveineuses.Et, règle générale, les faits cliniques confirment intégralement cette donnée: l\u2019infection fuso-spiril- laire, qu\u2019elle soit localisée à l\u2019amygdale ou en un point quelconque de la cavité buccale ou ailleurs, s\u2019amende rapidement sous l\u2019influence de quelques injections de 914, et tout rentre dans l\u2019ordre en peu de jours.Il existe cependant des cas où la maladie de Vincent résiste opiniâtrément au traitement arsenical, tout comme il existe des syphilis arséno-résistantes.Ces manifestations réfractaires ne sont pas rares et, jusqu\u2019à ces derniers temps, l\u2019on était vraiment désarmé en pareille occurrence.Or, il nous a été donné d\u2019observer deux cas auxquels une thérapeutique nouvelle, celle de l\u2019acide nicotinique, a été appliquée avec un résultat des plus satisfaisants; ce qui a confirmé l\u2019expérience de J.D.King (Lancet, juillet, 1940) qui semble avoir été le premier et probablement le seul à préconiser cette méthode. 80 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Observation 1.\"Madame P.C.D.(Dossier no 1676) se présente au dispensaire de Dermato S.en juin 1941 pour une syphilis primaire séro-positive, pour laquelle elle reçoit pendant 9 mois un traitement arséno-bismu- thique conjugué intensif, comportant un total de 20 grammes de 914 et 3 gr.60 de bismuth.Après ces 9 mois de traitement intensif, le B.W.s\u2019est négativé.Mais, à cette époque, est apparue une stomatite intense caractérisée par des ulcérations irrégulières à fond sanieux, recouvertes d\u2019une membrane grisâtre, adhérente, ulcérations très douloureuses, dispersées sur les gencives, la muqueuse jugale et les piliers antérieurs; la malade accuse de la dysphagie, une perte totale du sens gustatif; l\u2019haleine est d\u2019une fétidité repoussante caractéristique.La température atteint 101; la malade est prostrée et insomnique.Les examens de laboratoire sont comme suit: Présence de bacilles fusiformes et spirilles.Formule sanguine: Gl.R.3,950,000.Gl.BI.11,250.Hémogl.65%.Poly.neutro.66%.Grands Mono.2%.Lymphocytes 29%.Urine: Albumine x x x x.Sucre, absence.Acétone x x.Cylindres: granuleux.Pus: présence.Par acquis de conscience, la malade est soumise au Novar et aux topiques colorants: l\u2019état local et général n\u2019en est nullement influencé comme il fallait bien s\u2019y attendre.Un bref essai des sulfamidés (Soluseptazine) échoue également.Nous tentons alors un traitement par l\u2019acide nicotinique à hautes doses, en badigeonnages et en injections intraveineuses.Dès ce moment, les ulcérations se détergent, les membranes disparaissent, les douleurs et la dysphagie s\u2019amendent; la température baisse et l\u2019haleine s\u2019adoucit.En 23 jours, toute la cavité buccale est régénérée et la patiente guérie quitte l\u2019hôpital avec seulement un liséré bleuâtre, tatouage dû au dépôt de bismuth des traitements antérieurs.Observation 2.Mlle Gracia F.(Dossier no 2740).Cette malade, tout comme la précédente, recevait depuis 2 mois du Novar à hautes doses (0.90 toutes les semaines) quand elle vit sa cavité buccale envahie par un processus ulcératif de grande envergure, accompagné de tout le cortège de symptômes propres à la fuso spirochétose, le tout confirmé par 8 recherches positives des bacilles fusiformes et de leurs inséparables spirilles.Le traitement nicotinique est institué et, en 4 semaines, le Crestituo ad integrum» de la cavité buccale est obtenu.Et, constatation fort intéressante, un abcès bismuthique, au niveau de la fesse (dont la durée de suppuration peut s\u2019étendre à au delà d\u2019une année), est disparu en 7 jours sans pansement, ni ponctions, ni ouverture.En résumé, deux cas de stomatite bismuthique à fuso-spirille, nullement influencés par l\u2019arséno-théra- pie, sont guéris par l\u2019acide nicotinique.Un abcès bismuthique, par surcroît, se résorbe rapidement avee le même traitement.Discussion M.A.LEGER.La stomatite de cette première malade ne pourrait-elle pas être due à cet état d\u2019acidose ou à une lésion organique.M.E.AUTOTTE.L\u2019albumine contre-indique-t-elle l\u2019arséno-thérapie?M.A.BERNIER.La fuso-spirillose de Vincent est la plupart du temps une complication ou un accident secondaire: en ce sens, elle se greffe le plus souvent sur une muqueuse déjà malade antérieurement.M.R.DUFRESNE demande si la formule sanguine de la deuxième malade a été faite.A tout malade qui fait une stomatite, on ne doit pas donner de sulfamidés et de dérivés de pyramidon sans faire, au préalable, une formule sanguine.Penser toujours au danger constant d\u2019agranulo-cytose dont les débuts peuvent simuler une stomatite du type Vincent.M.R.AMYOT.Dans la seconde observation rapportée par l\u2019auteur, on mentionne que la malade recevait du Novar depuis 2 mois quand les lésions de la bouche ont débuté.Doit-on conclure que le Novar a été la cause de ces dernières ou que la malade, en plus, avait été traitée par le bismuth?Dans ce dernier cas, comment expliquer la survenue des accidents dus à du bismuth alors que le médicament curatif de l\u2019angine de Vincent avait été employé concurremment?M.A.LAMBERT.Au docteur Léger: sans doute, l\u2019acidose, si fréquente au cours du diabète, des vomissements d\u2019origine diverse, des intoxications post- chloroformiques ou autres, peut s'accompagner d\u2019une stomatite parfois intense.Mais, notre malade ne présentait aucune déviation de son métabolisme hydrocarboné, aucune intoxication, aucun trouble gastrique.Sa stomatite était donc bien individualisée et sans relation avec les affections reconnues comme cétogènes,.Au docteur Autotte: en général, l\u2019albuminurie ne contre-indique pas l\u2019arséno-thérapie.Elle ne commande que de la prudence dans l\u2019emploi du 914.Au docteur Dufresne: nous remercions notre confrère d\u2019attirer une fois de plus l\u2019attention sur la nécessité de scruter la formule sanguine dans tous les Li 1 ty ; a h | SOCIÉTÉS 81 cas de stomatite, et, surtout, de ne pas employer des sulfamidés sans faire d\u2019hémogramme.Au docteur Amyot: Les deux patientes prenaient du bismuth intramusculairement, ce qui explique l\u2019évolution aggravative de la stomatite, sous l\u2019influence du Novar à hautes doses.Rétention de fœtus mort MM.A.LABERGE et R.SIMARD La maladie actuelle débute normalement par une aménorrhée physiologique qui remonte au 25 mars 1942.Le 9 juin, il y a apparition de la première hémorragie sans cause connue, puis arrêt brusque.Ainsi.en juin et juillet, évoluent par alternatives des périodes d'aménorrhée et de métrorragies.Venue au dispensaire de gynécologie, la patiente, Mme R.M, passe au service d\u2019obstétrique où on l\u2019hospitalise le 15 juillet pour menace d\u2019avortement, avec glace sur l\u2019abdomen et morphine, s\u2019il y a douleur.Le 17 juillet, la patiente a son congé parce qu\u2019il n'y a aucune hémorragie, ni aucune douleur durant son hospitalisation.Le 29 juillet, la malade passa des morceaux de chair et d\u2019os.Elle revient au dispensaire de gynécologie pour savoir si tout est passé.A l\u2019examen gynécologique, le col est gros avec anneau externe entr\u2019ouvert et anneau interne fermé.Le corps utérin est gravide de 2 mois et demi, et les culs de sac sont libres et indolores.Dans le vagin, on note la présence d\u2019un petit os d\u2019un centimètre et demi qui nous oblige à demander l\u2019admission immédiate.Durant l\u2019hospitalisation, on confirme d\u2019abord l'examen du dispensaire.Les examens d\u2019usage sont à peu près normaux.1° Apyrexie.20 Urines: a) dosage de 1950; b) analyse normale.3° Sang:.a) Formule sanguine: Gl.R.4,125.000 Gl.BL 7,000 Hémogl.68% Valeur glob.08 Poly.neutro.57% Grands mono.1% Lymphocytes 37% Poly.éosino.5% b) azotémie 0.20; c) glycémie 1.00; d) B.W.négatif.40 P.A.: 115/70.50 Ascheim-Zondek: négatif.6° Antécédents: 10 grossesses; 10 enfants normaux.Le 18 août, on décide l\u2019_évidement utérin pour rétention de fœtus mort avec anesthésie au Penthotal.Le rapport anatomo-pathologique confirme Ile diagnostic clinique: tissu placentaire en partie nécrosé.Commentaires.Banalité en gynécologie que l\u2019avortement, mais il reste à savoir si, dans chaque cas semblable, il ne serait pas préférable de faire un Ascheim-Zondek avant de mettre une curette dans un utérus qui pourrait contenir un autre enfant vivant dans un cas de grossesse gémillaire.Deuxièmement: Quand se pose l\u2019indication d\u2019une intervention ?Troisièmement: Si intervention, est-ce le curage ou le curetage qu\u2019on doit employer ou les deux à la fois?Enfin, y a-t-il des contre-indications?Discussion M.A.LABERGE.Quelle conduite doit-on tenir s\u2019il y a en même temps infection.M.L.GERIN-LAJOIE insiste sur l\u2019observation prolongée des malades avant la décision d\u2019intervenir: si le Zondek est négatif et la grossesse ne progresse plus, l\u2019intervention est justifiée.Il faut éviter la curette tranchante dans la menace d\u2019avortement.M.R.SIMARD.§\u2019il y a en même temps infection, il faut d\u2019abord la combattre avant toute intervention.S1 la grossesse ne progresse plus et que le Zondek revient positif, il faut alors songer à la possibilité de grossesse gémellaire.Le secrétaire adjoint, Yves CHAPUT.++ ++ ASSEMBLEE SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOTEL-DIEU (Montréal) Séance du 27 avril 1942 Présidence de M.L.-P.Sénécal Un cas de mort après arsénicothérapie M.P.POIRIER Il s\u2019agit d\u2019une malade de 35 ans souffrant d\u2019hérédo- sigma avec kératite interstitielle, surdité, rachitisme, présentant la triade d\u2019Hutchinson et ayant eu une réaction fortement positive au Kahn en 1937.La malade est traitée au début par l\u2019arsenic (une injection hebdomadaire de 15 centigrammes).Les trois premières injections provoquent des frissons, des nausées.À la quatrième: perte de conscience et crise congestive avec collapse.Le docteur Lefebvre, mandé d\u2019urgence prescrit la tente à oxygène, de l\u2019adrénaline (quelques gouttes s.-c., quelques gouttes 1-m., et la rinçure par voie I.V.).Dans les minutes qui suivent.la malade reçoit du Solu-camphre.de la Coramine, de l\u2019huile camphrée.de l\u2019adrénaline.Elle reprend conscience pour décéder peu après, quatre heures à peine après son injection.Le rapporteur invoque dans ce cas une intolérance individuelle.Ces accidents sont très rares, 82 L\u2019UNION MEDICALE DU CAN ADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 1 sur 12,000 d\u2019après Moore, le ler sur 37,000 cas observés à l\u2019Hôtel-Dieu depuis 1931.Discussion M.BARBEAU.Existait-il des lésions cardiaques, de l\u2019aortite?M.POIRIER.Non.M.PEPIN.La T.A.a-t-elle été mesurée avant l\u2019injection ?M.POIRIER.Non.M.PEPIN.Pourquoi injecte-t-on la rinçure d\u2019adrénaline ?M.POIRIER.Il s\u2019agit là d\u2019une suggestion de Milian.La quantité d\u2019adrénaline ainsi administrée est minime.M.MOUSSEAU.Si le foie avait pu être exploré on aurait sans doute trouvé des lés:ons hépatiques.Quant à la rinçure d\u2019adrénaline, ce n\u2019est pas une rinçure à proprement parler, elle permet d\u2019injecter Ja goutte qui est restée dans la seringue après l\u2019injection.M.POIRIER.L\u2019apoplexie séreuse est également mortelle, mais la mort ne survient que trois jours après.M.MOUSSEAU.Milian faisait précéder son injection d\u2019arsenic d\u2019une injection d\u2019adrénaline.M.Mousseau a observé, lors d\u2019une intervention chirurgicale, le foie d\u2019un spécifique ne tolérant pas des doses min:mes d\u2019arsenic; ce foie présentait des signes manifestes d\u2019insuffisance.I] serait done utile d\u2019explorer la fonction hépatique avant d\u2019administrer le traitement arsenical.M.POIRIER.Aucun test ne peut faire prévoir une crise nitritoïde.M.BARBEAU.La crise nitritoïde rappelle la réaction d\u2019alarme décrite par Selye.M.MOUSSEAU.N\u2019y aurait-il pas lieu de substituer le bismuth ou le mercure à l\u2019arsenic pour ces cas?M.POIRIER préfère les sels de bismuth.M.BARBEAU.Observe-t-on des crises nitritoïdes avec des arsenicaux pentavalents?M.POIRIER.Jamais.M.PEPIN.Quels avantages présentent les bismuths insolubles?M.POIRIER.Leur action est plus prolongée.Obstruction intestinale M.L.-P.SENECAL M.Sénécal rapporte le cas d\u2019une malade souffrant de ballonnement et d\u2019obstruction intestinale depuis trois jours avec atteinte profonde de l\u2019état général, hyperleucocytose à 20,000, et azotémie à 1 gr.50%.Cette patiente n\u2019a pu garder le lavement baryté qu\u2019on lui a injecté pour fins de radio-diagnostic.À la laparatomie, on observe un méso très épaissi et dix pouces environ d\u2019intestin gangrené.On sectionne ce segment intestinal et on abouche à la peau les deux bouts du petit intestin.La malade a survécu onze jours.Le diagnostic de cette gangrène subite de l\u2019intestin est malaisé.Il s\u2019agissait vraisemblablement d\u2019un infarctus.Le rapporteur y a pensé, mais l\u2019intestin était déjà gangrené.M.Riopelle a examiné la pièce opératoire.Il.n\u2019a pas observé de thrombose artérielle ou veineuse, mais une vaso-dilatation effroyable au niveau de la sous-muqueuse avec gangrène de la muqueuse, œdème et infiltration hémorragique de la paroi.Il s\u2019agit d\u2019une apoplexie intestinale avec vaso-dilatation neuro-paralytique et stase intense qui amène de la nécrose de la paroi et des réactions inflammatoires secondaires.Ce syndrome peut donner d\u2019une part des ruptures vasculaires et des nécroses secondaires par anoxémie, d\u2019autre part des infarctus sans lésion vasculaire et avec gangrène secondaire.De tels phénomènes peuvent se produire également au pancréas et au poumon.Discussion M.MOUSSEAU.Observe-t-on les mêmes phénomènes dans la hernie étranglée?M.RIOPELLE.Des phénomènes comparables.I! n\u2019y avait pas de hernie dans le cas présent.Ces accidents surviennent sans cause mécanique.M.SENECAL.La stase mécanique entraîne des lésions des vaisseaux.M.RIOPELLE.Des lésions vasculaires secondal- res peuvent se produire aussi dans les autres cas.Question de pathogénie.M.MOUSSEAU émet l'hypothèse d\u2019un volvulus qui aurait cédé à la narcose.M.RIOPELLE.La lésion intestinale par vasodilatation neuro-paralytique persiste après la narcose quoiqu\u2019elle soit réductible par l\u2019adrénaline.Les lésions réductibles sont des lésions au début.M.DUMAS.Quel serait le phénomène déclenchant de ces incidents?M.RIOPELLE.D\u2019après Penner qui en a observé au cours des entérites graves post-opératoires il s'agirait d\u2019un phénomène de choc.M.BARBEAU.Y a-t-il un segment intestinal plus spécialement touché?M.RIOPELLE.Non.Dans un cas du docteur Mercier tout le gros intestin était pris.M.CARTIER.Il s\u2019agirait en quelque sorte d\u2019un urticaire de l\u2019intestin.Le secrétaire, Paul DUMAS.Séance du 28 mai 1942 Présidence de M.Paul Marchildon La sédimentation, l\u2019'hématocrite et l'acide hippurique MM.P.-P.GAUTHIER et CHARTIER L\u2019épreuve de la sédimentation globulaire vise à mesurer la vitesse de sédimentation en rouleaux de PT Tw SOCIÉTÉS 83 monnaie des globules rouges.Spontanée dans l\u2019anémie, la sédimentation est accélérée chez la femme et surtout aux époques menstruelles.Elle est également accélérée dans la deuxième partie de la gestation, mais revient à la normale huit à dix jours après l\u2019accouchement.Elle est rapide aussi chez le nourrisson et le vieillard.À l\u2019état de santé, la courbe de sédimentation est normalement constante.La vitesse de sédimentation dépend de la viscosité du milieu et de la concentration du plasma: par exemple, l\u2019apport de fibrinogène l\u2019accroît.La sédimentation est accélérée dans les inflammations avec destruction tissulaire, dans les maladies infectieuses aiguës ou chroniques, dans les traumatismes graves, dans le rhumatisme, la goutte et l\u2019ostéo-arthrite.La mesure de la vitesse de sédimentation se fait à l\u2019aide de l\u2019appareil ou tube de Cutler que le rapporteur décrit.L\u2019hématocrite, ou mesure de l\u2019hémo-concentration, nous donne des rense\u2018gnements sur les teneurs respectives du sang en p'asma et en globules.Le volume globulaire varie tandis que le volume plasmatique reste constant; cette constance est assurée par les échanges entre le plasma et les espaces interstitiels.Les injections de sérum ou de solution hypertonique augmentent le volume plasmatique.Le plasma est composé: 1° de protéines fixes; 20 de protéines disponibles; 3° de protéines de réserve.Le volume globulaire est normalement de 45%, celui du plasma de 55%.L'augmentation des globules entraîne une baisse du volume plasmatique et par conséquent, une dimmution de la concentration protéique.On mesure l\u2019hémo-concentration à l\u2019aide de l\u2019hématocrite de Winthrop.Le dosege de l'acide hippurique est une épreuve destinée à nous fournir des renseignements sur la fonction hépatique, et plus particulièrement sur le pouvoir que possède le foie de combiner le glycocolle et l\u2019acide benzoïque pour former l\u2019acide hippurique.Le procédé consiste à injecter au malade, une heure après le déjeûner, 20 c.c.d\u2019une solution contenant 1 gramme 77 de benzoate de soude et à mesurer la quantité d\u2019acide hippurique contenues dans les urines que l\u2019on recueille pendant les heures qui suivent.Il faut pour que cette mesure ait quelque valeur, que le fonctionnement rénal soit bon.Discussion M.HINGSTON.1°) L'épreuve de sédimentation a-t-elle quelque valeur dans la tuberculose et dans l\u2019appendicite aiguë?2°) Quelle quantité de sang recueille-t-on pour cette épreuve?3°) Quelle est votre expérience de l\u2019acide hippurique?M.GAUTHIER.1°) Dans les sanatoria américains, on se sert de la mesure de la sédimentation pour suivre l'évolution de la tuberculose.Dans ces cas, on obtient des chiffres bas et des courbes plus verticales.Dans l\u2019appendicite aiguë où il y a destruction tissulaire, l\u2019on obtient des chiffres analogues à ceux que l\u2019on trouve pour l\u2019ostéo-arthrite.20) L'on recueille 5 cc.de sang.3°) D\u2019après mon expérience, le dosage de l'acide hippurique donne des résultats concordants avec ceux de la galactosurie, mais plus fidèles cependant, parce qu\u2019il y a moins de cause d\u2019erreur.M.BELLEMARE.Un auteur américain rapporte dans le « Surgery, Gynecology and Obstetrics » de février dernier, des chiffres de la vitesse de sédimentation obtenue dans 500 cas d\u2019appendicite aiguë et constate que, dans cette affection, la sédimentation est normale.Il utilise même cette épreuve pour le diagnostic de la salpingite et de l\u2019appendicite et il affirme que la sédimentation accélérée serait le signe d\u2019une maladie aiguë évolutive.M.MARCHILDON.Comment expliquer que la sédimentation soit accélérée dans la salpingite aiguë et non dans l\u2019appendicite aiguë?M.BELLEMARE.La salpingite aiguë est une manifestation sub-aiguë d\u2019un processus chronique.Deux cas de péritonite biliaire M.LeFRANÇOIS Dans le premier cas il s\u2019agit d\u2019un malade de 76 ans, du sexe masculin, qui se présente à l\u2019hôpital pour sub-ictère, constipation, ballonnement datant de deux jours et amaigrissement datant de plusieurs mois.L'examen radiologique du gros intestin après lavement baryté révèle une sub-occlusion au niveau de l\u2019angle *plénique du côlon.Le malade s\u2019améliore sans traitement, l\u2019ictère disparaît, mais le ballonnement persiste.Trois semaines plus tard apparaît un ballonnement segmentaire de la partie inférieure de l'abdomen.L\u2019examen radiologique ne montre aucun changement.À l\u2019opération, on découvre un cholépé- ritoine enkysté contenant 5 à 600 ce.de bile que l\u2019on draine à l'extérieur.Le malade s\u2019améliore et re- colt son congé quinze jours plus tard.Il se sent bien.Le cholépéritoine s\u2019observe après traumatisme des voies biliaires et formation consécutive d\u2019une collec- ticn bl'iaire aseptique dans l\u2019hypocondre ou la fosse iliaque à droite, avec réaction inflammatoire aseptique.Dans la cholécystite infectieuse, il se complique de péritonite.Dans le cas particulier, il pourrait s\u2019être agi de destruction des voies biliaires par métastases d\u2019un cancer du côlon.Le deuxième malade se présente pour ballonnement, nausées, malaise général et douleurs vives à l\u2019épigastre.On relève dans son passé la présence d\u2019épigastralgies semblables.A l\u2019examen, le pouls est à 100, la température à 100, l\u2019état général semble bon et les douleurs sont généralisées à tout l\u2019abdomen, plus particulièrement à l\u2019hypochondre et à la fosse iliaque droite.Le malade a eu trois selles avec 82 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 1 sur 12,000 d\u2019après Moore, le ler sur 37,000 cas observés à l\u2019Hôtel-Dieu depuis 1931.Discussion M.BARBEAU.Existait-il des lésions cardiaques, de l\u2019aortite?M.POIRIER.Non.M.PEPIN.La T.A.a-t-elle été mesurée avant l\u2019injection ?M.POIRIER.Non.M.PEPIN.Pourquoi injecte-t-on la rinçure d\u2019adrénaline ?M.POIRIER.Il s\u2019agit là d\u2019une suggestion de Milian.La quantité d\u2019adrénaline ainsi administrée est minime.M.MOUSSEAU.Si le foie avait pu être exploré on aurait sans doute trouvé des lés:ons hépatiques.Quant à la rinçure d\u2019adrénaline, ce n\u2019est pas une rinçure à proprement parler, elle permet d\u2019injecter Ja goutte qui est restée dans la seringue après l\u2019injection.M.POIRIER.L\u2019apoplexie séreuse est également mortelle, mais la mort ne survient que trois jours après.M.MOUSSEAU.Milian faisait précéder son injection d\u2019arsenic d\u2019une injection d\u2019adrénaline.M.Mousseau a observé, lors d\u2019une intervention chirurgicale, le foie d\u2019un spécifique ne tolérant pas des doses min:mes d\u2019arsenic; ce foie présentait des signes manifestes d\u2019insuffisance.I] serait done utile d\u2019explorer la fonction hépatique avant d\u2019administrer le traitement arsenical.M.POIRIER.Aucun test ne peut faire prévoir une crise nitritoïde.M.BARBEAU.La crise nitritoïde rappelle la réaction d\u2019alarme décrite par Selye.M.MOUSSEAU.N\u2019y aurait-il pas lieu de substituer le bismuth ou le mercure à l\u2019arsenic pour ces cas?M.POIRIER préfère les sels de bismuth.M.BARBEAU.Observe-t-on des crises nitritoïdes avec des arsenicaux pentavalents?M.POIRIER.Jamais.M.PEPIN.Quels avantages présentent les bismuths insolubles?M.POIRIER.Leur action est plus prolongée.Obstruction intestinale M.L.-P.SENECAL M.Sénécal rapporte le cas d\u2019une malade souffrant de ballonnement et d\u2019obstruction intestinale depuis trois jours avec atteinte profonde de l\u2019état général, hyperleucocytose à 20,000, et azotémie à 1 gr.50%.Cette patiente n\u2019a pu garder le lavement baryté qu\u2019on lui a injecté pour fins de radio-diagnostic.À la laparatomie, on observe un méso très épaissi et dix pouces environ d\u2019intestin gangrené.On sectionne ce segment intestinal et on abouche à la peau les deux bouts du petit intestin.La malade a survécu onze jours.Le diagnostic de cette gangrène subite de l\u2019intestin est malaisé.Il s\u2019agissait vraisemblablement d\u2019un infarctus.Le rapporteur y a pensé, mais l\u2019intestin était déjà gangrené.M.Riopelle a examiné la pièce opératoire.Il.n\u2019a pas observé de thrombose artérielle ou veineuse, mais une vaso-dilatation effroyable au niveau de la sous-muqueuse avec gangrène de la muqueuse, œdème et infiltration hémorragique de la paroi.Il s\u2019agit d\u2019une apoplexie intestinale avec vaso-dilatation neuro-paralytique et stase intense qui amène de la nécrose de la paroi et des réactions inflammatoires secondaires.Ce syndrome peut donner d\u2019une part des ruptures vasculaires et des nécroses secondaires par anoxémie, d\u2019autre part des infarctus sans lésion vasculaire et avec gangrène secondaire.De tels phénomènes peuvent se produire également au pancréas et au poumon.Discussion M.MOUSSEAU.Observe-t-on les mêmes phénomènes dans la hernie étranglée?M.RIOPELLE.Des phénomènes comparables.Il n\u2019y avait pas de hernie dans le cas présent.Ces accidents surviennent sans cause mécanique.M.SENECAL.La stase mécanique entraîne des lésions des vaisseaux.M.RIOPELLE.Des lésions vasculaires secondal- res peuvent se produire aussi dans les autres cas.Question de pathogénie.M.MOUSSEAU émet l'hypothèse d\u2019un volvulus qui aurait cédé à la narcose.M.RIOPELLE.La lésion intestinale par vasodilatation neuro-paralytique persiste après la narcose quoiqu\u2019elle soit réductible par l\u2019adrénaline.Les lésions réductibles sont des lésions au début.M.DUMAS.Quel serait le phénomène déclenchant de ces incidents?M.RIOPELLE.D\u2019après Penner qui en a observé au cours des entérites graves post-opératoires il s\u2019agirait d\u2019un phénomène de choc.M.BARBEAU.Y a-t-il un segment intestinal plus spécialement touché?M.RIOPELLE.Non.Dans un cas du docteur Mercier tout le gros intestin était pris.M.CARTIER.Il s\u2019agirait en quelque sorte d\u2019un urticaire de l\u2019intestin.Le secrétaire, Paul DUMAS.Séance du 28 mai 1942 Présidence de M.Paul Marchildon La sédimentation, l'hématocrite et l'acide hippurique MM.P.-P.GAUTHIER et CHARTIER L\u2019épreuve de la sédimentation globulaire vise à mesurer la vitesse de sédimentation en rouleaux de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN À M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Avantages du Bes-Min + Faible teneur alcoolique (seulement 57%) ® Association des minéraux essentiels au complexe vitaminique « B » naturel & Véhicule digestif stimulant de l'appétit & Goût agréable + Présentation strictement professionnelle + Traitement économique.Flacons de 12 onces, 5 et 1 gallon.Le BES-MIN est une formule originale fabriquée dans nos laboratoires à Montréal, selon les procédés les plu modernes offrant ainsi au Corps Médical les meilleures garanties de qualité et d'activité thérapeutique.Produit des LABORATOIRES ANDROMACHUS Long Island City - - N.Y.Fabricants et Concessionnaires au Canada ROUGIER FRERES 350, rue Le Moyne - MONTREAL.85 86 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 2.\u2014 La patiente est subinconsciente et très intoxiquée.3.\u2014 Consultation chirurgicale: On décide de faire des transfusions avant de tenter l\u2019hystérectomie à cause du mauvais état général.4.\u2014 Trois transfusions de 250 c.c.Pas d\u2019amélioration.5.\u201419 mars.Hystérectomie sub-totale avec sal- pingo-ovariectomie bilatérale.6.\u2014 Survie de 12 jours.Morte le 31 mars.Remarques.L'opération a permis à cette patiente une survie de 12 jours sans souffrance trop marquées.Anatomo-pathologie.Myomes multiples de l\u2019utérus avec dégénérescence et nécrose.Péritonite généralisée.Le 16 mars 1942, durant la nuit, Madame X, âgée de 43 ans, accouche spontanément un enfant mort- né et macéré d\u2019environ 8 mois.Un médecin appelé d\u2019urgence constate que l\u2019utérus est encore très gros ce qui lui fait penser d\u2019abord à une grossesse gémellaire.Un examen plus minitieux démontre que le col est largement ouvert et obstrué par deux grosses masses dures, de chaque côté.Le placenta est resté dans l'utérus et l\u2019utérus lui-même est encore très gros.Sur ces constatations, la malade est dirigé à l\u2019hôpital.Le médecin de garde qui est appelé fait un diagnostic de retention placentaire et pratique d\u2019urgence une revision utérine et un curetage.Le lendemain, le 17, la malade se sent un peu mieux; la température de 102 tombe à 101; le pouls de 120, à 108.Une transfusion est pratiquée.La malade reçoit aussi des sérums intraveineux et des stimulants cardiaques.Le 18, la respiration et le pouls augmentent, la température tombe à 95.La mèche intra-utérine est enlevée.Une odeur nauséabonde vient du col et du corps utérin.Un chirurgien appelé en consultation juge l\u2019état général de la malade trop mauvais pour tenter une hystérectomie.Il propose une nouvelle transfusion.Si la malade se remonte, il tentera de l\u2019opérer.Le 19, le docteur LeRoy m\u2019appelle pour remplacer le chirurgien qui avait vu la patiente et qui se trouvait malade.Il me demande de faire une hystérectomie pour tâcher de sauver cette malade, seul plan- .che de salut, me dit-il.Je vous avoue franchement qu\u2019après avoir consulté le dossier et examiné la malade, je craignais d\u2019intervenir de peur que la malade reste sur la table d\u2019opération.Après discussion, nous décidâmes d\u2019intervenir.La malade fut préparée immédiatement.Protocole opératoire: Le corps utérin remonte à 2 trous de doigt au- dessus de l\u2019ombilic.Une incision longue sus-pubien- ne est pratiquée.On voit l\u2019utérus apparaître blanc et exsangue.Une pince l\u2019attire en dehors mais le muscle utérin est tellement friable que la pince le déchire.On continue les manœuvres et on réussit enfin à l\u2019extérioriser légèrement.En face d\u2019une tumeur d\u2019un tel volume à enlever, la seule méthode à suivre est l\u2019hystérectomie transversale au ciseau, méthode que nous pratiquons.L\u2019utérus enlevé, le col apparaît nécrosé et, largement ouvert.On y introduit une mèche iodée qu\u2019on laisse dans le vagin.Le col est suturé et bien péri- tonisé.On ferme l\u2019abdomen en laissant 2 gros drains.La malade a été endormie au Cyclo.Tous, opérateur, assistant, anesthésiste, nous sommes contents après l\u2019opération de constater que l\u2019état de la malade est satisfaisant.Le lendemain et les jours suivants, la malade réagit bien.Son état général paraît s\u2019améliorer à un tel point qu\u2019elle nous donne l'illusion d\u2019être sauvée.Le drainage est assez abondant, mais vers le 5e jour, la température commence à descendre, le pouls et la respiration augmentent de rapidité malgré tous les traitements.La suppuration devient de plus en plus abondante, la température diminue encore, la respiration s\u2019accélère et la malade meurt la 12e journée après l\u2019opération de scepticémie.Je vous présente ce cas, non pas pour insister sur les résultats obtenus mais bien pour appuyer sur la thérapeutique à suivre dans les cas de fibromes.Elle est bien connue et pratiquée, c\u2019est l\u2019hystérectomie, à moins qu\u2019il y ait des contre-indications.Dans ces cas, les radiologistes viennent au secours du chirurgien et obtiennent des résultats.Cependant, il n\u2019en est pas de même pour les fibromes au cours de la grossesse.Ceux-ci doivent être \u2018enlevés avant que linfection soit installée.Chez notre malade, le mauvais état général n\u2019a pas permis de faire l\u2019hystérectomie plus tôt et nous constatons les résultats que nous avons obtenus.M.Olivier nous montre ensuite la pièce enlevée.Discussion M.LAUZER demande s\u2019il est facile de faire un diagnostic par le toucher.M.LeROY répond que tout dépend de la localisation et de la consistance de l\u2019utérus.M.A.TREMBLAY rapporte que cette patiente est entrée pour grossesse gémellaire.A son arrvée, elle était infectée et intoxiquée avec une retention placentaire et un fibrome.Elle souffrait aussi d\u2019un cancer de l\u2019aile du nez.M.OLIVIER nous parle des différentes sortes de fibromes.Les fibres-myomes, mais jamais de fibromes simples.Quant à la localisation, ils sont sous- muqueux ou intertitiels ou sous-péritoniaux, petits ou moyens. TR TTR TTT OT TEE STE eee MROW WET UROPRAZINE UTTE M.A [a THRITI \" Gl a y STITES, PY h IT ATL 3 à EN ens 9 SULPHO LAC SÉBORRHÉE, FA, COUPERÔS 2 DERMITES DE ré AUSE VENENIFIQUE LUPUS ERYTHEMATEUX\"™ C À M I R OL Injections Intramusculaires TRAITEMENT, SCIENTIFI UE 1h EQLA®SINUS I TESETHD LA ELECTR EMINFECTIONS DES V 1ES RESPIRAT IRES SUPERIEURES.YQ EAU PRECIEUSE DEPENSIER MALADIES DEgLA EAU {PLAIE ACNE 5 7 SAL a 0) AT RES ULCERES VARIQUEUX BILIFLUINE LES TIENTS TERE HIST of CY Je) NSTIPATION ONGESTION DU® (Hel E IRR USGI (& Gashl Toi, 1e 3 \u201ca, Te 2027, AVENUE DU COLLEGE McGILL MONTREAL WW PPT Te 88 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Le tumeur du nez était un «baso » qui ne donnait pas de matastases.M.FRAPPIER demande si l\u2019état de la malade était très mauvais.M.LeROY répond que la malade faisait de l\u2019œdè- me, de l\u2019infection, de l\u2019ictère, et était dans un état d\u2019inconscience.M.LABELLE nous dit que la malade a véçu 12 jours après l'intervention et qu\u2019elle a repris conscience, ce qui est déjà beaucoup.M.LONGPRE demande combien la malade a reçu de transfusions et quelle quantité de sang?M.LeROY.La malade a reçu 3 transfusions de 250 à 300 c.c.et en plus 1000 cc.de sérum glucosé.2 fois par jour, après l\u2019opération.M.LAUZER demande si parfois, pendant la grossesse, une contraction au moment du toucher, peut donner l\u2019impression de dureté.M.LeROY répond qu\u2019une contraction peut durer une minute ou deux et qu\u2019après l\u2019utérus doit ramollir; il faut donc continuer le toucher.M.LeRoy ajoute qu\u2019il n'y a que 10% des cas de fibromes qui n\u2019accouchent pas normalement.M.OLIVIER nous présente la pièce anatomique.M.GRONDIN nous montre l\u2019image d\u2019un utérus farci de calcifications.M.FRAPPIER trouve qu\u2019il est très intéressant de présenter ces cas semblables qui intéressent tout le monde.M.Lallemand félicite les rapporteurs de leur exposé magistral et suggère que les communications soient publiées dans l\u2019Union Médicale.Et la séance est levée.Le secrétaire, J.-Auguste HEBERT. PROCURE UN SOULAGEMENT DURABLE DANS L'HYPERTENSION Veratrite apporte un soulagement durable aux hypertendus qui présentent des périodes d'exacerbation et de rémission.Il aide à prévenir les bouffées et les accès explosifs de l'hypertension et évite ainsi au malade des périodes de profond malaise et d'incapacité.Veratrite contient du Veratrum Viride, du nitrite de soude et du phénobarbital, principes dont l'efficacité thérapeutique est reconnue.ll s\u2019administre par la bouche et comme il est standardisé chimiquement et biologiquement, l'on doit en établir la dose pour chaque cas individuel en se basant sur l'abaissement de la tension artérielle.Veratrite ne comporte aucun danger pour le malade si on ne dépasse pas les doses thérapeutiques.Nous fournirons sur demande une documentation plus détaillée ainsi que des échantillons médicaux.IRWIN NEISLER & CO.= DECATUR, ILLINOIS REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.MEDICAMENTS DE MARQUE 2027 AVENUE DU COLLEGE McGILL \u2014 MONTREAL NOUVELLES + + CINQUANTE ANNEES DE PROFESSION MEDICALE Le docteur DeBlois Note de la Rédaction.\u2014 Notre excellent ami le docteur DeBlois vient de doubler le cap du cinquantenaire de la pratique de la médecine.Ses confrères de Trois-Rivières lui ont offert leurs félicitations et leurs vœux.Nous sommes heureux d\u2019y ajouter les nôtres, car il a été fidèle à notre devise: « l'union ».Cinquante années! Comme c\u2019est vite passé si les activités persistent et ne se ralentissent pas.DeBlois demeure le premier Gentilhomme de notre temps, à qui les titres et les honneurs n\u2019ont pas manqué.La distinction de sa personne et de ses manières, le charme de son esprit, la cordialité de son accueil, l\u2019intérêt de sa conversation, enrichie de ses souvenirs de voyages et agrémentée d\u2019un constant sourire, la perfection de son langage, sa fidélité aux principes de sa religion et à ceux de l\u2019éthique professionnel constituent des titres de noblesse qu\u2019il porte allégrement.DeBlois! quel beau nom!.Il était connu à la cour de François Ier.Il possède son château sur la Loire.Il en descend peut-être.Nous lui adressons, nous aussi, nos félicitations et nos vœux, avec nos hommages à Madame DeBlo:s ainsi qu\u2019à sa famille.Voici le compte-rendu de cette réunion intime que nous consignons dans nos archives.Les médecins des Trois-Rivières au cours d\u2019une réunion organisée par la Société Médicale des Trois-Rivières ont fêté les 50 années de profession médicale du docteur Charles DeBlois.Ce fut une réunion animée qui groupa un nombre considérable de médecins de notre ville et de la région et au cours de laquelle les médecins présentèrent leurs hommages à leur aîné et lui remirent une magnifique horloge comme gage de leur estime et de leur amitié.A l\u2019issue du banquet servi dans la grande salle du Château DeBlois eut lieu la présentation des vœux et la réponse du docteur DeBlois, suivie d\u2019une courte causerie du docteur Jean-Paul Beaudet, médecin hygiéniste, qui parla de la guerre chimique et des gas qu\u2019on y emploie.Auparavant les médecins et leur épouse avaient été les hôtes du docteur et de Mme DeBlois à leurs appartements privés, et on avait servi un vin d'honneur.LE BANQUET Le banquet fut présidé par le docteur Hervé Beaudoin, président de la Société Médicale.Ce dernier dans une brève allocution expliqua le but de cette réunion et confia au docteur W.Godin le soin de présenter au docteur DeBlois les souhaits et les hommages de ses confrères.Ce dernier passant brièvement en revue la carrière du docteur DeBlois mit surtout en relief ses belles qualités de cœur, sa grande charité et son amitié pour ses confrères et dit qu\u2019il avait été un exemple pour les jeunes et même pour ses confrères plus âgés.C\u2019est à la fin du discours du docteur Godin que l\u2019on présenta une horloge au docteur Charles DeBlois.Ce dernier remercia ses confrères dans un brève allocution dont nous publions plus bas le texte.GUERRE CHIMIQUE Le docteur Jean-Paul Beaudet prononça ensuite une brève, mais très intéressante causerie sur la guerre chimique.Il décrivit les diverses particularités des gaz employés, leurs effets sur l\u2019organisme humain et leur possibilité d\u2019emploi dans nos régions.C\u2019est le docteur J.-B.Leblanc, qui remercia le conférencier.La soirée se termina par la représentation d\u2019un film francais: «La fille du Régiment ».On remarquait à la table d'honneur le docteur et Mme DeBlois (celle-ci fut associée aux éloges faits à son époux); le docteur et Mme Hervé Beaudoin, le docteur Wellie Go- din, le docteur et Mme J.-A.Tétreault, le docteur et Mme J.-A.Dénoncourt, le docteur et Mme J.-C.Gélinas, le docteur et Mme R.Veilleux, le docteur et Mme R.Dugré, le dog- teur et Mme Jean-P.Beaudet et le docteur et Mme G.Racicot.1 On remarquait dans l\u2019assistance, accompagnés de leur épouse, les docteurs L.-G.De Cha- rette, Charlemagne Baribeau, Georges DeBlois, eh Pre % : x Best L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 QUEL QUE SOIT LE POINT DE VUE En examinant Alka-Zane à tous les points de vue cliniques, on s'aperçoit qu'il remplit parfaitement le rôle d'un alcalinisant systématique bien équilibré.Alka-Zone fournit du sodium, du potassium, du calcium et du magnésium sous forme de citrates, de carbonates et de phosphates facilement assimilables.Et il est bon de noter qu'une dose d'Alka-Zane fournit autant de sous-calcium que 12 grains de lactate de calcium ou 18 grains de gluconate de calcium.Alka-Zane fait une boisson rafraîchissante.Son goût agréable est très recherché surtout dans les cas tels que les \u2018 nausées du matin \u2018\u2019 pendant la grossesse.Pourquoi ne reconnaîtriez-vous pas l'utilité d'Alka-Zane en en faisant l'essat dans ces cas-là et dans d'autres qui nécessitent un alcalinisant ?Nous vous en enverrons volontiers un échantillon si vous en faites la demande sur votre papier à en-tête.Alka-Zane se vend en flacons de 4 onces.ALKAZAN: Wirriam R.WARNER & Company, Lip.- 727 King St., W., Toronto, Ont.\u2018 91 92 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Jos.Normand, J.-L.Rochefort, Ernest Rousseau, J.-B.Leblanc, Benoît De Charette, Philippe Landry, J.-P.Dufresne, P.Veilleux, les docteurs Nestor Perreault et Jacques Gauthier, du Cap; les docteurs G.Smith et Richard, de Shawinigan et le docteur H.S.Hooper, de Grand\u2019Mère, Benoît Jacob, etc.Voici le texte de l\u2019allocution du docteur Charles DeBlois: M.CHuarcEs DEBLOIS « Permettez-moi de vous remercier du fond du cœur pour cette cordiale manifestation que nous ce soir, à cause de ses devoirs universitaires.Nous avons tous regretté vivement son absence.«Je désire également adresser un salut admiratif et reconnaissant au docteur Hervé Beaudoin, président de la Société Médicale des Trois-Rivières et au docteur J.-P.Beau- det, secrétaire, notre conférencier de ce soir ainsi qu\u2019au docteur Wellie Godin, ancien gouverneur du Collège des médecins et chirurgiens de cette Province.C\u2019est à ces apôtres et à quelques autres confrères les docteurs J.-A.Dénoncourt, A.Tétreault, G.Racicot, Photo prise à l\u2019occasion de la fête organisée par la Société Médicale des \"Trois-Rivières pour célébrer le jubilé d\u2019or de profession médicale du Dr Charles DeBlois, La photo supérieure, prise durant le discours du Dr DeBlois, montre, de gauche à droite, Mme J.-A.TETRAULT, le Dr DeBLOIS, 1e Dr HERVE BEAUDOIN, Mme C.DeBLOIS, le Dr W.GO- DIN, Mme J.-A.DENONCOURT.vous avez organisée sous les auspices de la Société Médicale des Trois-Rivières à l\u2019occasion de «mon jubilé d\u2019or professionnel ».«Je suis particulièrement heureux de voir un aussi grand nombre de confrères participer à ces agapes que vous avez bien voulu consacrer à la science, à l\u2019amitié et au souvenir.«Je voudrais tout d\u2019abord saluer et remercier nos distingués visiteurs: le docteur R.-E.Valin d\u2019Ottawa, directeur général de 1\u2019Association des Médecins de Langue Francaise de Amérique du Nord et le docteur Donatien Marion, secrétaire-trésorier général de la même Association.« L\u2019Exécutif de la Société Médicale avait invité à cette fête intime un ami très cher, que nous considérons comme le premier médecin du Canada français; j'ai nommé le Professeur Albert LeSage, doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Il n\u2019a pu, malgré son grand désir, être avec Roch Hébert et les autres que nous sommes redevables du succès de cette réunion.« Je leur exprime ma profonde émotion et ma vive reconnaissance.«Nos respectueux hommages vont à vous, mesdames, venues si nombreuses à ce banquet et dont l\u2019aimable présence nous enchante et rehausse l\u2019éclat de cette réunion.« Mesdames et messieurs, nous sommes réunis, ici, dans le but de prendre part à une véritable fête de famille, et vous voulez bien fêter, en même temps, mes 50 années de profession médicale.« Laissez-moi profiter de cette occasion pour vous redire à tous mes plus fraternels sentiments et ma gratitude pour les précieux services que vous m\u2019avez rendus dans le passé, ainsi que pour la manifestation si amicale de ce soir.« Vous ne sauriez croire combien je suis touché de votre marque d\u2019estime et d\u2019amitié. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 93 Première fois au | Canada 2 D HORMONE o® DARDIAQUE < 1.Augmente le tonus cardiaque 2.Dilate les artères coronaires.3.Augmente la réserve cardiaque.BROCHURE EXPLICATIVE ENVOYÉE SUR DEMANDE ANGLO-FRENCH DRUG CIE \u2014 MONTREAL 94 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Car c\u2019est une récompense bien grande pour un homme comme moi, que de recevoir au soir de sa carrière un pareil témoignage de confiance et d\u2019affection.« Aussi je puis vous assurer que malgré les restrictions de toutes sortes dans tous les domaines, il y a quelque chose que l\u2019on ne pourra jamais rationner c\u2019est mon admiration et ma profonde estime à votre égard.Je resterai le vieil ami fidèle de toujours, désireux de servir et de vous être agréable chaque fois que vous ferez appel à mon concours.Nous continuerons donc, si vous le voulez bien, à rester unis et à fraterniser.«J'accepte de tout cœur cette magnifique horloge, gage précieux de votre amitié et de vos bons sentiments dont il sera le symbole.» TRo1s-RIVIERES «Je voudrais ouvrir ici une parenthèse pour louer l\u2019esprit d\u2019organisation et le grand mérite des médecins des Trois-Rivières.En 1906, comme vous le savez,.eut lieu dans cette ville le IIIe Congrès de l\u2019A.M.LF.A.N., sous l'égide de notre regretté président, le docteur L.-P.Normand.Cette réunion fut couronnée de succès et honorée par la présence de trois délégués français.L'histoire s\u2019est répétée et en 1940 fut tenu aux Trois-Rivières le XVIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.A.N.11 remporta de nouveau, grâce à votre concours, un succès complet.«Savez-vous qu\u2019en 1906 nous comptions aux \u2019Trois-Rivières 14 médecins.Vous aimeriez peut-être à connaître leurs noms.Les voici: les docteurs Normand, Therrien, Ger- vais, Hétu, Panneton, Leduc, Lambert, Bourgeois, Woods, Darche, St-Pierre, Tourigny, Godin et DeBlois.De cette belle phalange il nous reste trois survivants: les docteurs W.Godin, St-Pierre et votre humble serviteur.« Hélas, comme la vie est courte! Les hommes passent, les institutions seules demeurent.Je citerai comme exemple: l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord qui compte plus de quarante-deux ans d\u2019existence et est aujourd\u2019hui plus vivante que jamais.Autre fait à souligner: le sceau de la dite Association.Connaissez-vous son histoire?» Il raconte, alors, que le croquis du sceau officiel a été préparé en 1905 par un praticien des Trois-Rivières avec le concours des confrères et d\u2019un expert en science héraldique.Le nouveau sceau a été adopté au IIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.A.N., tenue dans la cité trifluvienne en 1906.UNITÉ SANITAIRE Il rend aussi hommage aux officiers de l\u2019Unité Sanitaire du Comté des Trois-Rivières pour le beau travail accompli dans le domaine de l'hygiène et de la médecine préventive.« Nous sommes fiers, dit-il, de notre Unité Sanitaire, car elle est considérée, a juste titre, comme l'une des plus modernes de la Province.» CONCLUSION Et le docteur DeBlois conclut ainsi: « Per- mettez-moi de citer une belle parole de Pasteur: «Il faut organiser sa vie de manière à contribuer, en quelque chose, au progrès et au bien de l\u2019humanité ».«Il faut», disait-il encore, « lorsqu\u2019on est arrivé à l\u2019automne de la vie, alors que l\u2019on approche du grand but, être en droit de se dire: J\u2019ai fait ce que j'ai pu».Victor Giraud écrit de son côté: « Gardons un ou plusieurs idéals, dont le plus puissant est la foi religieuse ».Enfin, cette jolie pensée d\u2019Henri Bordeaux: «Quand l\u2019automne vient, les arbres perdent leurs feuilles; alors on s\u2019aperçoit qu\u2019elles cachaient le ciel ».«Je ne saurais terminer », ajoute le docteur DeBlois, «sans vous rappeler que si j'ai réussi à obtenir quelques succès au cours de ma longue carrière de médecin, je le dois tout d\u2019abord à ma femme et, il va sans dire, à mes confrères, non seulement de \"Trois-Rivières mais aussi de Montréal, de Québec, d\u2019Ottawa et d\u2019ailleurs.« Voilà pourquoi je suis si heureux, ce soir, de pouvoir participer à ces agapes fraternelles, dont je garderai le meilleur des souvenirs.» \u2014_\u2014\u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 95 .« « Une solution isotonique aqueuse d\u2019éphédrine .lquaphedrin E.B.S.AQUAPHEDRIN E.B.S.est une solution stable ohédrine de 1%, isotonique et aqueuse, avec pH habilement ajusté pour le traitement local troubles nasopharyngiens.int aqueux et isotonique, l\u2019Aquaphedrin se and rapidement dans les sécrétions nasales s nuire à l\u2019action ciliaire.Il ne se produit pas Dp\u2019 EPHEDRINE smose dans la membrane muqueuse, mais tôt une absorption rapide, suivie d\u2019une action ongestive immédiate qui soulage agréable- nt le patient.pH de l\u2019Aquaphedrin E.B.S., délicatement ajusté, se forme à la découverte de * Fabricant qui dit que dant une crise aiguë de rhinite ou de rhino-sinusite sécrétion nasale est alcaline \u2014 plus alcaline que nor- le.«Cette constatation a une signification clinique, ces vaso-constricteurs qui peuvent abaisser le pH al d\u2019un degré d\u2019alcalinité anormale à un degré d\u2019aci- Produit ; normale peuvent remplir une fonction importante.» , ar conséquent, lorsque survient une crise aiguë de Associé lite ou de rhino-sinusite, on suggère l\u2019emploi d\u2019un o-constricteur nasal abaissant l\u2019alcalinité du pH à niveau qui varie entre 5.5 et 6.5 \u2014 état à peu près PHENODRO L mal du pH des sécrétions nasales in situ.» INHALA NT E.B Eu S = L\u2019Aquaphedrin E.B.S.est indiqué dans les cas suivants: hme, hyperémie, enflement et congestionnement des jnets du nez, engorgement des sinus, rhinite, rhino- site, et inflammation nasopharyngienne.Une solution d\u2019éphédri- ne de 1%, dans une huile neutre, naturelle et protective; des plus utiles avant de s\u2019exposer aux changements subits de température.iquaphedrin E.BS.est présenté en fioles pratiques V5 once et de 1 once, et se vend aussi en plus grosse fintité pour emploi au vaporisateur.; lettres E.B.S.qui suivent le nom Aquaphedrin iden ent le produit et assurent la précision \u2014 de là uaphedrin E.B.S.* Les Archives d'Otolaryngologie, août 1941, Vol.34, p.297-301.[HE E.B.SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED\" Spécifiez E.B.S rat | ni NNANCES.TE MEANS CU IT TOR TITRE 5 FY) SUR VOS 0 POUR PLUS DE SÛRETÉ 96 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 UNE INVITATION A NE PAS OUBLIER La livraison de novembre du «Can.Med.Ass.Journ.» a été consacré en partie a la mémoire de Sir Fred.Banting, le savant onta- rien bienfaiteur à la vérité de I\u2019humanité dans sa découverte de l\u2019insuline pour le soulagement des diabétiques.Il se rapproche ainsi de Jenner qui nous apporta la vaccination contre la variole, de Pasteur qui révolutionna notre concept des maladies infectieuses, de Lister et Terrier qui révolutionnèrent nos méthodes chirurgicales, de Morton et Sims qui donnèrent au monde souffrant les bienfaits de l\u2019anesthésie, comme aussi d\u2019Ambroise Paré qui enleva aux amputés les affres de l\u2019huile bouillante et du fer rouge.Dans une lettre récente Banting, toujours large d\u2019esprit comme il sied au véritable savant, signalait que les médecins canadiens- français allaient généralement faire leurs études médicales complémentaires en France et qu\u2019alors ils ignoraient jusqu\u2019à un certain point les progrès médicaux des autres provinces anglo-canadiennes tout comme aussi de l\u2019Angleterre et de l\u2019Ecosse.Ne serait-il pas avantageux pour le Canada, dans le but d\u2019activer l\u2019unité nationale, d\u2019inviter\u2018 nos jeunes collègues canadiens-français, disait-il, maintenant qu\u2019ils sont privés de leurs visites aux cliniques de France, de tourner les yeux vers les avantages que leur offriraient les laboratoires bien outillés à Toronto, de l\u2019Institut BANTING, par exemple, tout comme ceux de Londres et d\u2019Edimbourg, où ils seraient les bienvenus pour poursuivre leurs études et des recherches.Nos portes leur sont ouvertes, ajoutait-il, et ce serait dans l\u2019intérêt canadien le plus général possible.Toronto et d\u2019autres centres offrent à nos jeunes des possibilités favorables.Pourquoi les boursiers ne se dirigeraient-ils pas de ce côté pour répondre à l\u2019invitation de Sir F.Banting.Commençons chez nous un peu de recherches, commençons ici notre développement en spécialité, mais n\u2019oublions pas nos grands centres canadiens, où nous sommes invités à les continuer, maintenant que outre-mer nous est fermé.Peut-être aussi seraient-ils surpris des bonnes choses qui existent chez nous.Déjà depuis quelques années quelques-uns n\u2019ont-ils pas donné le bon exemple à leur profit, aidons à l\u2019occasion le mouvement à nous mieux faire connaître et à gagner en échange.Eugène SAINT-JACQUES, de l\u2019Université de Montréal.+e ++ SERUM DE CONVALESCENTS CONTRE LA POLIOMYELITE Depuis plus de dix ans, le Ministère de la Santé a fourni du sérum de convalescents contre la poliomyélite aux médecins qui en faisaient la demande.Les dépenses encourues pour la préparation de ce produit biologique étaient justifiables, parce qu\u2019on voyait dans la distribution du sérum un moyen de réduire les méfaits de la maladie.Depuis lors, la sérothérapie a subi l\u2019épreuve du temps dans les cinq parties du monde.Les administrations de santé publique sont au- jourd\u2019hui unanimes à reconnaître que les malades qui ont reçu du sérum ne présentent aucune récupération significatrice différente de ceux qui ne l\u2019ont pas eu.Quelques médecins croient encore que l\u2019administration du sérum est de nature à aider le patient, et la famille a l\u2019impression que l\u2019on fait quelque chose pour obvier à la paralysie.Ce sont des considérations de nature sentimentale ou psychologique qui ne tiennent pas à la lumière d\u2019une étude scientifique.Devant l\u2019expérience acquise, le Ministère de la Santé ne se croit plus le droit d\u2019affecter des sommes considérables à la production de ce sérum dont la distribution est discontinuée.M.H.McCRADY, Chef des Laboratoires.A.Roger FOLEY, Epidémiologiste provincial.Jean GREGOIRE, Sous-Ministre.Québec, le 24 octobre 1942. [== 3 LA UH A VE 7 ahi .QE P D LU TRA RL A SANT YC .Ry ry re 0 BE i PAG PTO Yar ta: ETS X 4 as) A fret a C7 \u201cOSMUPAK est indispensable à la défense nationale.Osmopak est un paquetage osmotique contenant du sulfate de magnésium, de la benzocaïne et du vert brillant.Il est beaucoup plus pratique et plus efficace que les pansements humides pour le traitement des plaies inflammatoires ou septiques.Osmopak contribue à l'effort de guerre en abrégeant les périodes d'incapacité dans la main-d'oeuvre.Osmopak excelle à circonscrire l'infection.C'est pourquoi des praticiens éminents de la médecine industrielle l'emploient afin d'abréger la durée de la convalescence de leurs blessés et leur permettre de poursuivre leur travail avec une incapacité fonctionnelle minime.Présentation en pots d'une livre et demie.Ecrire pour plus ample documentation.IRWIN NEISLER & CO.t= DECATUR, REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.MEDICAMENTS DE MARQUE 2027 AVENUE DU COLLZGE M.cCILL \u2014 MONTREAL EA Ay es 5 ILLINOIS 98 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 UNE ŒUVRE D'HYGIENE INDUSTRIELLE Nombreuses enquêtes sur la salubrité industrielle Le dernier rapport annuel de la division d'hygiène industrielle du ministère de la Santé et du B.en-Etre social de la province de Québec révèle que la surveillance de la salubrité publique s\u2019avère adéquate dans nos usines et manufactures.« Une grande partie des études techniques faites au point de vue hygiène le sont dans les différentes usines de munition de la Province et dans les industries qui contribuent à l\u2019effort de guerre », déclera l\u2019hon.Henri Groulx en communiquant au public les résultats d\u2019une série d\u2019investigations techniques conduites dans diverses industries de la Province et touchant en outre aux examens de laboratoires consécutifs à ces mêmes enquêtes.Il faut noter qu\u2019à la suite de cet excellent travail, de nombreuses recommandations furent faites aux chefs d\u2019industries intéressées : il convient ici de rendre hommages à la bonne volonté de ces derniers qui, non seulement ont coopéré avec les techniciens de la division provinciale d\u2019hygiène industrielle, mais semblent vouloir accepter de fort bonne grâce les suggestions qui leur sont faites en vue de protéger la santé de leurs ouvriers.Les risques sont nombreux dans l\u2019industrie: certains spécialistes vont jusqu\u2019à prétendre qu\u2019il existe près de mille situations dangereuses dans les différents genres d\u2019usines.Par ailleurs, il ne faut jamais perdre de vue que l\u2019emploi de certaines substances chimiques, réagissant les unes sur les autres, peut, dans diverses opérations industrielles, aboutir souvent à la formation de corps secondaires qui peuvent être dommageables à la santé des travailleurs.C\u2019est en tenant compte de toutes ces conditions et des situations variées dans lesquelles les ouvriers évoluent journellement que la division provinciale d\u2019hygiéne industrielle offre au public un résumé du travail accompli par son personnel.Au cours de l\u2019année, l\u2019appareil Gutzeit pour l\u2019analyse de l\u2019arsenic a été complété.Un appareil pratique pour l\u2019échantillonnage de l'air dans les usines a aussi été mis au point.Les vapeurs de mercure constituant un danger poss.ble pour la santé des ouvriers dans quelques industries, des recherches sur la détermination des vapeurs de mercure dans l\u2019air ont été entreprises.Prélèvement d\u2019échantillons d\u2019air dans de multiples usines, examens microscopiques et analyses chimiques de cet air, déterminations de gaz oxyde de carbone, analyses d\u2019échantillons de plomb, de silice, d\u2019arsenic, de chlore, d'hydrogène phosphorée, de gaz chlorhydrique, de benzol, etc, voilà un aperçu du travail accompli.Fonderies, avionneries, mines et carrières, fabriques de vêtements et de chaussures, usines d\u2019amiante, industries électro-chimiques, industries métallurgiques, pulpe et papier, usines de munitions, voici autant d\u2019établissements où la division d'hygiène industrielle exerce une surveillance bienfaisante.Les enquêtes ont surtout porté sur le degré de nocivité que peuvent comporter le plomb.l\u2019amiante, la silice, le chlore, le gaz chlorhydrique, le phosphore, le benzol, le trinitroto- luol, ete.De plus, l\u2019organisation médicale et les conditions de température et d\u2019hygrométrie de certaines de ces substances ont été étudiées.Les recommandations nécessaires ont été faites aux autorités de ces établissements.Des consultations sur la plupart de ces substances et d\u2019une foule d\u2019autres dont l\u2019action peut être dangereuse pour les ouviers ont été données.La division a utilisé, en outre, tous les moyens de propagande depuis les conférences jusqu\u2019aux feuillets de renseignements, pour mettre ouvriers et patrons au courant de la médecine industrielle préventive.ee ++ CAMPAGNE NATIONALE D'ALIMENTATION «Une campagne d\u2019alimentation de guerre pour renseigner le public canadien sur la nourriture par rapport à la santé sera lancée en janvier sous les auspices du gouvernement du Dominion. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 PENDANT LA GROSSESSE , RECOMMANDÉ POUR LE TRAITEMENT DE LA MENACE D'AVORTEMENT ou DE L\u2019AVORTE @ Chaque capsule contient 50 milligrammes de tocophérols composés équivalant, comme activité de la vitamine E, à 30 milligrammes de a-tocophérol.Toco- pherex contient la vitamine E, dérivée d\u2019huiles végétales par distillation moléculaire, sous une forme plus concentrée, plus stable et plus économique que celle qui provient d\u2019huile de germe de blé.À titre d\u2019essai dans la prévention de l\u2019avortement habituel (lorsqu\u2019il est causé par la déficience de vitamine E): 1 a 3 capsules par jour pendant 8, mois.Dans le cas de menace d\u2019avortement: 5 capsules dans l\u2019espace de 24 heures; traitement que l\u2019on peut continuer une ou deux semaines à raison de 1 a 3 capsules par jour.Les capsules Tocopherex se vendent en flacons de 25 et de 100.@ Chaque capsule de Viopha- te-D contient 4.5 grains de phosphate de dicalcium, 3 grains de gluconate de calcium et 330 unités de vitamine D.Les capsules n\u2019ont aucune saveur et ne contiennent ni sucre ni essence.Si l\u2019on préfère les cachets, l\u2019on peut: se procurer les comprimés Vio- phate-D, agréablement aromatisés- à l\u2019essence de wintergreen.Un comprimé équivaut à deux capsules.Présentation: Capsules: en flacons de 100 et.de 1,000.Comprimés: en boîtes de 51 et de 250.Écrire à 36 Caledonia Road, Toronto, concernant la littérature.| | ER:SQUIBB & SONS OF CANADA, Ltd Fabricants de produits chimiques pour le corps médical depuis 1858 100 Les ministères du gouvernement, l\u2019industrie et les sociétés bénévoies collaboreront à cette campagne.L\u2019appui de tous les Canadiens est essentiel à son succès.La santé est un facteur vital, dynamique devant contribuer à la victoire.Un régime approprié à la population en général est un sujet de préoccupation nationale.C\u2019est un problème qui ne peut être résolu que par l\u2019attention et le souci de chacun.Les ménagères, vu les restrictions nées de.la guerre, se trouvent en face de maints problèmes culinaires.Certains aliments se font déjà rares au Canada.D\u2019autres, que le Canada produit en abondance, sont devenus rares en Grande-Bretagne et dans d\u2019autres pays alliés.Nous avons consenti à partager notre abondance avec ces pays.En conséquence, les provisions que nous avons en mains ont été diminuées.C\u2019est là une de nos contributions à la victoire.Mais, en dépit des conditions de guerre, le gouvernement a fait tous les efforts pour assurer que notre population aura un approvisionnement suffisant des aliments essentiels.Mais cela ne sera possible que si les vivres disponibles sont raisonnablement et intelligemment consommés.Des renseignements sur l\u2019emploi des vivres ont été compilés par les autorités en diététique et en alimentation du ministère de la Santé nationale, le ministère de l\u2019Agriculture et les autres ministères du gouvernement.On utilise ces renseignements pour déterminer les rations pour les forces armées, pour les cantines dans nos industries de guerre et ailleurs.Une attention suivie dans le choix et dans la préparation du menu familial peut devenir une véritable contribution à notre effort de guerre national.» Le T.Hon.W.L.MACKENZIE KING, Premier ministre du Canada.TH ', Héments nutritifs d'une saine alimentation Les \u201cprotéines sont les matières nécessaires 3 la croissance du corps humain et à la réparation des\u2018 tigsus qui le composent.Ils sont contenus; dans: le lait, le fromage, la viande, le poisson, la volaille, les œufs, les pois, les fèves'et les noix.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Les aliments énergétiques.Tous les aliments procurent des calories ou se convertissent en énergie.Mais les aliments les plus énergétiques sont: les amidons, les sucres et les grasses.MINÉRAUX IMPORTANTS Le calcium est nécessaire à la formation des os et des dents, ainsi qu\u2019au bon état des fonctions corporelles essentielles à la vie.Impossible de trouver le calcium nécessaire sans une consommation quotidienne de lait et de fromage.Le fer est essentiel à la formation des globules rouges du sang.Il se trouve dans le foie, les rognons, le cœur, les légumes verts, les légumes séchés, les fruits séchés, la mélasse, la viande maigre, les pommes de terre, le pain de grain entier et les céréales.L\u2019iode est nécessaire, en très petites quantités, pour la prévention du goitre.On l\u2019obtient en faisant usage du sel 20dé.VITAMINES La vitamine À est un préventif contre l\u2019héméralopie; elle rend moins vive la susceptibilité à l'infection et favorise la croissance.On la trouve principalement dans les légumes verts et les légumes jaunes, et aussi dans le foie, les huiles de foie de poisson et le beurre.La vitamine B.Il y a plusieurs vitamines B.Elles favorisent la digestion et l\u2019appétit, reposent les nerfs et soulagent la fatigue des yeux.On les trouve dans le germe du blé, le foie, le porc maigre, le pain de grain entier et les céréales, le pain blanc marqué « Canada Approved », le lait, les œufs, les légumes verts.La vitamine C est nécessaire à la santé des gencives, des dents et des vaisseaux sanguins.On la trouve principalement dans les tomates fraîches ou en conserve, et dans les fruits agrumes, tels qu\u2019oranges, pamplemousses et citrons.On la trouve aussi dans les fraîches fraîchement cueillies, les pommes de terre (cuites avec la pelure), les navets crus et le chou.La vitamine D.La vitamine du soleil est nécessaire parce que, sans elle, les minéraux, le calcium et le phosphore sont inutiles à la santé des os et des dents.Elle est la seule vitamine qui ne se trouve pas dans les aliments ordinaires.On se la procure, en été, par des bains de soleil.dont l\u2019effet agit sur certaines L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 101 Oeneur PLUS ELEVEE Plus de =| Plus de =| Plus de Plus VITAMINE B: VITAMINE B2 NIACINAMIDE* EFFICAGE Plus ECONOMIQUE L e malade à qui l'on prescrit le Betaplexin reçoit maintenant un dosage beaucoup plus élevé des différents composants faisant partie de la vitamine B complexe.La concentration des facteurs connus dans les diverses formes du Betaplexin est comme suit: Ç COMPRIMÉS ELIXIR \u201cou CAPSULES Chaque cuillerée à thé Chaque comprimé (5 cc.) ou capsule VITAMINE B, 3 mg.(1000 unités Int.)| 1.5 mg.(500 Unités Int.) VITAMINE B; 1 mg.0.5 ma.VITAMINE B, 0.3 mo.0.1 mg.NIACINAMIDE* 10 mo.5 mo.ACIDE PANTOTHÉNIQUE 0.75 mg.0.275 mag.Présenté aussi sous forme de sirop.Toutes les formes de la médication contiennent également d'autres facteurs tels que le biotin, la choline, l'inositol et l'acide para-aminobenzoïque.* Amide de l\u2019acide nicotinique.PRÉSENTATION Elixir et sirop Betaplexin: flacons de 4, 16, 80 et 150 onces liquides.Comprimés et cupsules Betaplexin: flacons de 50 et de 500.ETAPLEXIN Marque de commerce enregistrée Marque de la VITAMINE B COMPLEXE WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.Produits pharmaceutiques supérieurs à l\u2019usage de la Faculté.Administration: Windsor, Ontario.WINTHROB Bureaux à l'usage de MM.les médecins: Immeuble \u2018\u2019Dominion Square\u2019, Montréal, P.Q. 102 substances de la peau, et par les huiles de foie de poisson comme l\u2019huile de foie de morue, qui devrait faire partie de tout régime alimentaire d\u2019hiver pour les enfants et même pour certains adultes.Il se trouve de petites quantités de la vitamine D dans les poissons à chair grasse comme le hareng et le maquereau, ainsi que dans le foie, les œufs et le lait irradié.LE MEMORIAL MEYERS L'Association Médicale Canadienne reçoit la somme de $100.00 chaque année, de la succession de feu le docteur Campbell D.Meyers pour procurer un honoraire connu sous le non de «Le Mémorial Meyers» (The Meyers Memorial).L\u2019octroi est fait selon les instructions du donateur, qui sont: 1) Que l'octroi sera fait « .à tout membre ou invité de l\u2019Association Médicale Canadienne ou de l\u2019une des Associations Médicales \"Provinciales, qui écrira et présentera à l\u2019assemblée annuelle d\u2019aucune des dites Associations la meilleure thése ou dissertation.» 2) Que le sujet sera «.\"étude et le traitement de ces névroses fonctionnelles qui, non traitées ou traitées trop tardivement, pourraient probablement conduire a la folie.» «.1l est impossible de classifier définitivement le type des affections dont il est question plus haut.Je désire référer toutefois à ces névroses fonctionnelles, dans lesquelles les symptômes psychc- logiques constituent la partie essentielle du syndrome, et à ce type de névrose qui se dévelonne à la fin de l\u2019adolescence ou la vie adulte chez un patient dont l\u2019histoire antérieure, mentale et nerveuse.est bonne, spécialement telle névrose dont l\u2019étiologie peut être retracée dans l\u2019effort émotionnel causé par le chagrin excessif, l\u2019inquiétude ou des conditions associées.» «Je désire exclure de cette thèse l\u2019étude des arriérés mentaux, des paranoias, et toutes conditions similaires d\u2019une maladie mentale due à des états héréditaires ou organiques.» L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 3) Que l'octroi sera fait «.par un Comité composé du Président, d\u2019un médecin ct d\u2019un neurologue.» Ceux qui désirent soumettre une thèse sont priés de communiquer, à l\u2019avance, avec le Président du Comité du Mémorial Meyers, afin de s'assurer que leur thèse répondra aux con- clitions imposées par l\u2019octroi.La thèse doit être entre les mains du Président du Comité du Mémorial Meyers le ou avant le 31 mai si elle doit être considérée pour l'octroi de l\u2019année en cours et devrait lui être adressée à 184, rue du Collège, Toronto.Toute thèse reçue après le 31 mai sera considérée comme soumise pour l\u2019année suivante.+ ++ NOMINATION Le docteur L.-C.Simard, anatomo-patho- logiste à l'hôpital Notre-Dame et professeur agrégé à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, vient d\u2019être nommé membre du Conseil Médical du Conseil National des Recherches du Canada.Nous offrons nos félicitations les plus sincères au docteur Simard, directeur de notre Journal.NOUVEAUX MEMBRES DE LA SOCIETE ROYALE DU CANADA Tout récemment, un groupe d\u2019amis et de professeurs à l\u2019Université de Montréal fêtaient, au cours d\u2019un dîner au Cercle Universitaire, les docteurs L.-C.Simard et Georges Préfon- taine, en l'honneur de leur récente nomination à la Société Royale du Canada.Monseigneur Olivier Maurault, recteur de l\u2019Université, présidait le dîner.Le Frère Marie-Victorin, dans une allocution remplie d\u2019idées et de faits véridiques à la louange de nos deux collègues et d'un de ses élèves, M.Jacques Rousseau, les présenta à l'assistance.M.le Professeur Masson porta également la parole et les trois nouveaux membres remercièrent.Cette fête intime fut l\u2019occasion d\u2019un hommage mérité à l\u2019égard de nos deux collègues distingués à qui «L\u2019Union Médicale » offre ses plus chaleureuses félicitations.te ++ L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 103 Protégeons-nous ! Sans la barrière qui les protège, combien de nos fermes et de nos routes rurales seraient ensevelies sous la neige pendant le grand hiver! Aux yeux de beaucoup de nos plus éminents médecins, les Perles Vi-Penta constituent un vrai mur protecteur contre les maladies par carences et précarences vitaminiques.Elles viennent à point renforcer la résistance aux rhumes et autres affections des voiles respiratoires.Généreusement dosées, les Perles Vi-Penta véhiculent une charge puissante en vitamines À, B1, C, D ct riboflavine; elles permettent de compléter heureusement notre alimentation presque toujours déficiente en l\u2019une ou l\u2019autre de ces cinq vitamines.On prescrit aux enfants et aux adultes de 1 à 4 Perles par jour.En boîtes de 25 et 100 Perles et en conditionnements de 1,000 et plus pour cliniques et ôpitaux.PERLES VI-PENTA HOFFMANN-LA ROCHE LIMITÉE - MONTREAL REVUE DES LIVRES + + Charles OBERLING.\u2014 Le Problème du Cancer.Collection \u201cFrance forever\", sous la direction du Professeur Henri Laugier.Editions: L'Arbre, Montréal.Dans la vitrine du libraire, ce livre attire aimablement la vue.Il a tout d\u2019un roman français, couverture, format et épaisseur.tout, sauf le titre.Et l\u2019on est un peu surpris, dès l\u2019abord, qu\u2019un sujet aussi austère et angoissant que celui du cancer puisse être offert au public sous un tel déguisement.On en commence la lecture et, plus on avance, plus on est pris, plus on a l\u2019impression que l\u2019on dévore le plus passionnant des romans d\u2019aventures.Dans un premier chapitre: pourquoi s\u2019in- téresse-t-on au cancer?l\u2019auteur présente ce mal inexorable, objet de terreur depuis la plus haute antiquité et dont la fréquence semble augmenter à mesure que la médecine sait mieux guérir d\u2019autres maladies et prolonge la durée moyenne de la vie humaine.On a dit de lui qu\u2019il est la faillite de la médecine.En ce qui le concerne, c\u2019est provisoirement vrai.Mais ne pourrait-on dire plus justement qu\u2019il est la rançon des progrès de la médecine en d\u2019autres domaines?Le second chapitre est consacré à l\u2019évolution des idées sur la nature du cancer et surtout aux progrès réalisés depuis l\u2019invention du microscope.Celui-ci a permis de démontrer la constitution cellulaire des tumeurs, de suivre leur évolution, de les découvrir de bonne heure, alors qu\u2019elles sont curables, et même de préciser les modifications tissulaires qui précèdent leur apparition.Cliniciens et his- tologistes n\u2019ont pas seulement mieux vu le cancer, ils ont cherché à la comprendre et à déterminer ses causes.De là sont nées les théories du cancer, objet du troisième chapitre, théorie irritative, théorie embryonnaire et théorie microbienne ou parasitaire.Ces théories, hypothèses de travail, ont inspiré toutes les recherches effectuées dans le but de déterminer les causes du cancer en le reproduisant artificiellement.Le quatrième chapitre, cancer expérimental, le plus long et le plus passionnant de tous, relate les plus suggestives des innombrables tentatives faites dans ce but.L\u2019auteur les groupe sous les titres suivants: le cancer greffé, le cancer provoqué, les rayons cancérigènes, les parasites producteurs de cancer, les facteurs héréditaires du cancer, les corps cancérigènes, les virus cancé- rigenes.11 décrit chacune d\u2019elles, les discute et montre à la fois ce qu\u2019il y a de douteux et ce qu\u2019il y a de définitif dans leurs résultats, ce qu\u2019on peut en attendre et dans quel sens elles mériteraient d\u2019être poursuivies.Dans le dernier chapitre: « pour conclure: les cancers ou le cancer?» Oberling rassemble tous les faits.Pour lui, la réalisation des tumeurs cancéreuses, sous leurs formes multiples, par tant de moyens différents est compatible avec l\u2019idée que tous sont suscités, non par un, mais par un nombre indéterminé de virus.Hérédité, radiations, agents chimiques, inflammations ne cancérisent pas: ces facteurs préparent les cellules et les rendent réceptives pour les virus cancérigènes.Quelques-uns de ceux-ci sont connus avec certitude.Il n\u2019y à aucune raison pour que des recherches, entreprises avec des moyens appropriés et nouveaux, ne conduisent pas à la découverte des autres.D'abord professeur agrégé d\u2019anatomic pathologique à Strasbourg, puis à Paris, devenu sous-directeur de l\u2019Institut du Cancer de l\u2019Université de Paris, puis directeur de l\u2019Institut d\u2019Hygiène et de Bactériologie de Strasbourg et enfin, doyen de la Faculté de Médecine de Téhéran, Ch.Oberling, jeune encore.a déjà parcouru la carr.ère la plus variée et la plus brillante.À la fois pathologiste, histolo- COM BD be OXF DANS L\u2019HYPOGONADISME, ET; PR PSYCHIQUES, QUI CCOMPAGNENT,, L\u2019 FFAIBLIS SEMENT LA FONCTION TESTICULAIRE.E Grp POUR ENRAYER \"HEMORRAGIE TIO ELLE _ET ONTRE LA DYS Soa Soom REFRACTAIR OB OLE po eT Sm rar LACTATIO! ET FOIE I EAGER EIR DE | DRET(Q -M DE 10 MG (OTR nin BN > BOÎTE pra DE 20 ET DE 100 SCHERI JIRPQRATI LIMITED 15 i.Peter St JE) 106 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 giste, bactériologiste, expérimentateur ingénieux, il sait communiquer à autrui son savoir et son enthousiasme.Le présent livre est l\u2019œuvre d\u2019un érudit, mais ce n\u2019est pas un ouvrage d\u2019érudition, une compilation plus ou moins indigeste.Il est tiré d\u2019une série de conférences destinées à des médecins non spécialisés en cancérologie.De la conférence, il a le style direct.En le lisant, on croit l\u2019entendre.Oberling dit, dès le début, ses préférences pour la théorie des virus cancérigènes.Il conduit l\u2019exposé des faits et leur discussion à la façon d\u2019une plaido:erie.Ft comme il veut convaincre un publie dont 1l connaît les lacunes, il n\u2019hésite pas, à propos de chaque donnée générale qu\u2019il sait peu familière aux médecins, à en donner une explication brève et lumineuse.C\u2019est pourquoi il est accessible à tous les médecins, et sans aucun doute, à bien d\u2019autres qui, simplement, aiment le savoir.Enfin, outre ses qualités didactiques ce livre en possède une autre d\u2019ordre sentimental: il rend un pieux hommage à un savant trop peu connu et surtout trop méconnu, Amédée Bor- rel, qui fut son maître, comme le mien.Borrel fut l\u2019initiateur génial de la théorie des virus cancérigènes, à une époque où les esprits n\u2019étaient pas encore aptes à la recevoir.On ne saurait trop louer Oberling de lui avoir rendu justice.Le professeur Henri Laugier peut étre fier de ce premier né de sa collection « France forever ».Si, comme j'en suis persuadé, les volumes à venir sont de même qualité que celui-ci, cette collection connaîtra le succès le plus éclatant et remplira merveilleusement son but de propagande française.P.MASSON.R.P.Léon BOUVIER, S.J.!.\u2014 Le précepte de l'œaimône chez saint Thomas d'Aquin.Conclusion générale Pour terminer cette longue étude sur la pensée de saint Thomas en matière d\u2019aumône, 1.Nous accusons réception d\u2019un livre très intéressant dont nous publions la conclusion générale, car elle donne une idée précise des données essentielles contenues dans ce livre.marquons la place qu'elle occupe dans l'histoire de la doctrine.1) Au moment où paraît le Docteur Angélique, on peut dire que, sortant des analyses hâtives et des essais de coordination de l\u2019âge patristique et pré-scolastique, la doctrine de l\u2019aumône était à peu près constituée avec Guillaume d\u2019Auxerre, Alexandre de Halès et Albert le Grand.Héritier et continuateur de ces illustres maîtres de la théologie médiévale, saint Thomas accepte au début à peu près toutes leurs indications, surtout les deux déterminations du précepte, l\u2019existence du superflu et l\u2019extrême nécessité, mais se montre assez réticent et plutôt novateur sur le rôle de la justice.En sa magistrale synthèse de la Somme, 1l n\u2019abandonne pas la disjonction des deux sources d\u2019obligation, mais utilisant avec plus de maîtrise les notions aristotéliciennes de justice ?, il assigne résolument et définitivement le rôle principal, et disons essentiel, à la vertu théologale de charité.Ce sera là sa marque personnelle, le sceau de son génie.Pour la doctrine c'est une acquisition définitive; sur ce point elle ne variera plus jamais au cours des siècles; elle ne cherchera que des compléments d\u2019information, des cas concrets d\u2019application.Guidés par cette donnée lumineuse, les théologiens postérieurs en viendront tout naturellement à entendre les deux sources d\u2019obligation coniuntive et non plus disiunctive, le fait d\u2019avoir du superflu n\u2019étant plus que la 2.Mgr M.Wittman dans un récent ouvrage (Die Ethik des h.Thomas von Aquin, Munchen, 1933) a montré qu\u2019il faut reconnaître dans la morale de saint Thomas, malgré les nombreuses formules aris- toléciennes, l'influence pénétrante de l\u2019augustinisme, et cesser d\u2019y voir un décalque de la morale d\u2019Aristote.Conclusion qui rejoint celle de M.E.Gilson (VEsprit de la philosophie médiévale, Paris, 1932).Toutefois, pour ce qui est du concept de justice, notre étude nous améne a partager entièrement la critique de dom Lottin, O.S.B.(Bulletin de Théol.ane.et méd., t.11, no.351), à savoir, qu\u2019ici l\u2019influence du Stagirite est décisive et dans les termes et dans le fond de la pensée.Et il y a tout lieu de s\u2019en féliei- ter, parce que chez le docteur d\u2019Hippone le terme justicia répond à une quantité de nuances, allant jusqu\u2019à signifier une simple convenance comme vient de le mettre en lumière.«Justice » et «droit» dans la langue de saint Augustin: Bull.de Litt.Eccl, t.XXXIII (1932) p.5-15).(Note 1, page 191.) WS L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 107 RADIOSTOLEUM Nom déposé (Vitamines A et D standardisées) |! est reconnu que pendant l\u2019hiver et au début du printemps, l'alimentation doit comporter un apport plus considérable de vitamines, de Vitamines À et D surtout.L'administration de ces vitamines est particulièrement nécessaire chez les malades prédisposés aux infections des voies respiratoires et qui, pour certaines raisons, sont astreints à un régime de restriction.Le Radiostoleum offre un moyen facile d'augmenter l'ingestion de ces vitamines.Sa teneur en Vitamine À est suffisante, à la dose indiquée, pour fournir la quantité requise dans les cas suivants: Dans le maintien en état normal des tissus épithéliaux ; Dans la prophylaxie et le traitement de la cécité nocturne d\u2019origine alimentaire; Dans la prophylaxie de la xérophtalmie et le soulagement de cette affection à son début.La teneur en Vitamine D est suffisante aussi pour fournir cette substance en quantité voulue dans la prophylaxie du rachitisme et dans le développement normal des os et des dents.Par conséquent, le Radiostoleum est d'une grande valeur et devrait être administré régulièrement durant les périodes où l'organisme en requiert davantage, c'est-à-dire durant l'enfance, l'adolescence, la grossesse et l'allaitement, ainsi que pendant les mois de l'hiver et chez les autres malades de tous âges, lorsqu'un supplément de vitamines est nécessaire.Le Radiostoleum se vend au Canada chez tous les principaux pharmaciens.Renseignements sur demande en vous adressant : THE BRITISH DRUG HOUSES (CANADA) LTD.Toronto Canada.\u2014 Rstm/Can /431 108 condition d\u2019exercice de l\u2019acte de miséricorde IS\u2019ils sont infidèles à la lettre de la Somme, ils n\u2019en trahissent pas trop l\u2019esprit, puisque en définitive saint Thomas dans sa position finale ne coordonne pas les deux aspects de l\u2019aumône qu\u2019il reconnaît, mais les subordonne, le premier jouant dans sa pensée le rôle d\u2019élément matériel (justice légale divine ou humaine), le second celui d\u2019élément formel (miséricorde, charité).Le travail des moralistes continuera en ce sens\u201c, et notre âge 2 recueilli le fruit de leurs labeurs.2) Si l\u2019on ouvre les manuels de théologie morale qui aujourd\u2019hui font loi dans les Universités catholiques et les séminaires, et qui guident les confesseurs dans l\u2019exercice de leur ministère, on peut se rendre compte de l\u2019évolution de la doctrine depuis les données de saint Thomas d\u2019Aquin.Prenant les choses par les sommets et sans nous attarder aux détails, notons les pertes et les acquits, si l\u2019on peut dire.L'enseignement du Docteur Angélique se résumait en ces quatre thèses fondamentales fortement soudées: a) il y a deux temps d\u2019obligation distincts: le superflu d\u2019état et l\u2019extrême nécessité; b) 1l y a obligation de donner tout le superflu; c) il n\u2019y à pas en dehors du cas d\u2019extrême nécessité obligation de donner à tel pauvre en particulier; d) la præparatio animi, la disposition d\u2019âme nécessaire à l\u2019exécution du précepte en ses deux déterminations est toujours et partout obligatoire.La première thèse est définitivement abandonnée 3.De nos jours, pour la détermination du précepte, on distingue, d\u2019une part, les né- 1.(Note 1, page 192).Voir P.Goreux.S.J.«L\u2019aumône et le régime des biens.L\u2019interprétation de saint Thomas dans la tradition »: Nouv.Rev.Théol.t.LIX (1932), p.248 sq.2.Voir P.René Brouillard, S.J.«La doctrine catholique de l\u2019aumône »: Nouv.Rev.Théol, t.LIV (1927) p.23 sq.3.On peut s\u2019en convaincre en consultant.v.g.Prummer OP.Man.Théol.Mor.t.I.n.590 (Herder, 1931): Merkelbach, O.P.Summa Théol.Mor., t.In.929-930.Cependant, les quelques textes de la Somme, que tous les auteurs modernes ne manquent pas de citer, pourraient donner le change sur la doctrine enseignée au moven âge par le Docteur Angélique (note 1, page 193).L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BUILETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 cessités du pauvre en nécessité extrême ou quasi extrême, nécessité grave et nécessité commune, et d\u2019autre part, le superflu du riche en superflu absolu ou relatif.C\u2019est de la convergence de ces différentes nécessités et de ces divers superflus que naît la détermination de l\u2019obligation de la charité.Il reste toutefois l\u2019inconvénient que le caractère social de la richesse, sa fonction sociale, reste dans l\u2019ombre et vient s\u2019ajouter après coup, comme considération secondaire et complémentaire, alors que chez saint Thomas et les théologiens de son époque elle était au premier plan.Après ce premier abandon, logiquement il fallait aussi laisser de côté la seconde thèse.Les temps.en effet, sont changés; avec les communications modernes plus faciles, les échanges plus nombreux, l\u2019activité économique plus intense, apparaît la possibilité d\u2019une utilisation de la richesse tout autre qu\u2019au temps de saint Thomas.Dès lors pourquoi ne serait-il pas légitime de songer à améliorer sa position sociale, à faire monter sa famille dans l\u2019échelle sociale, la démocratie ne connaissant plus la rigide séparation des classes d\u2019autrefois ?Donner tout le superflu d\u2019état, c\u2019est couper court à toutes ces aspirations légitimes.D\u2019autre part, un bon nombre d\u2019auteurs * ont gardé de cette notion du superflu, source d'obligation.un corollaire intéressant, et nous partageons leur opinion, à savoir; qu\u2019en dehors du cas d\u2019extrême nécessité, il n'y a pas de faute grave à refuser l\u2019aumône à tel pauvre, pourvu qu\u2019on se réserve de distribuer autrement ses largesses.C\u2019est exactement le com- mittitur arbitrio uniuscuiusque dispensation propriarum rerum (2a 2ss, 66, 7).Enfin.les controverses encore ouvertes ont enseigné à tous que ce devoir de charité se refuse à notre pauvre analyse humaine dans la détermination précise et positive de l\u2019obligation concrète.Aussi tous les moralistes con- 4.(Note 1.n.194).Ainsi v.g.le R.P.Vermeersch, S.J., Théol.Mor.t.II, n.105, Romac 1928; H.Nol- din, SJ.A Schmitt.SJ.; Summa Théol.Mor.QOeniponte, 1932., t.II, n.91; A.Lehmkukl, SJ, Théol.Mor., Freiburg, 1914, t.1.n.762. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN À.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 temporains ne manquent-ils pas de rappeler avec instance le devoir grave de la préparation intérieure de la volonté: ne pas laisser pren- pre son cœur par les richesses, être prêt à secourir les autres dans leurs nécessités.C\u2019est rejoindre « Suarez » !, qui disait qu\u2019un riche dans l\u2019abondance est en état de péché mortel, s\u2019il forme le dessein de refuser toujours l\u2019aumône en dehors des nécessités graves.C\u2019est surtout rejoindre saint Thomas et par lui la loi d\u2019amour de l\u2019Evangile.Tradition et progrès, n\u2019est-ce pas ce que nous présente ce rapide tableau de l\u2019histoire de l\u2019aumône?La doctrine catholique s\u2019est souciée de développer le dépôt sacré de la tradition théologique et évangélique, en envisageant les applications nouvelles que demandent sans cesse les faits de notre vie changeante.Mais il faut dire, en terminant notre travail sur la pensée de saint Thomas en matière de bienfaisance, que la théologie morale lui garde une reconnaissance émue, parce qu\u2019il lui a indiqué, le premier et pour toujours, dans un geste de savant et de saint, la route lumineuse de la divine charité.1.(Note 2, p.194).De Caritate.disp.VII, s.3, n.Ÿ.Omnia opera.Vivès, 1858, t.XII.109 Une étude récente démontre une différence considérable dans la digestion de l\u2019élément fibreux des aliments.Des recherches effectuées récemment dans une grande Université apportent de nouvelles preuves de la différence dans la digestion de certaines substances formant le « volume » dans l\u2019alimentation.Tandis que les diététiciens, jusqu\u2019à présent, soutenaient généralement la théorie que la substance fibreuse de n'importe quel aliment se digérait de la même façon, le résultat de ces recherches indique maintenant qu\u2019il y a une différence considérable dans la digestion de la fibre de provenances diverses.Lorsque l\u2019élément fibreux est mieux digéré, il est évident que le « volume » facilitant l\u2019élimination naturelle est plus restreint.Par conséquent, si l\u2019alimentation ne comporte pas le «volume » suffisant, il est nécessaire de le compenser sous une autre forme plutôt que d'ajouter plus de volume tiré de la même source.Cette étude mentionne aussi que de tous les aliments soumis à l\u2019épreuve, l'effet laxatif le plus efficace fut réalisé par le ALL-BRAN de KELLOGG et par un légume cru (le chou).KELLOGG CO.OF CANADA, LTD., London, Ont.| Auriez-vous l\u2019obligeance de me faire par- | venir des exemplaires gratuits du Rapport sur les recherches récentes sur la digestion | de l'élément fibreux provenant de di- | verses sources?| | | Docteur Adresse \u2014_\u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014==_ ==: ss ss ss st ss es NÉCROLOGIE MAURICE BOISSEAU (1899-1942) Le docteur Maurice Boisseau est récemment décédé à l\u2019âge de 43 ans après une courte maladie.Le défunt avait fait ses études secondaires au séminaire de Saint-Hyacinthe et ses études médicales à l\u2019Université de Montréal qui lui remit son doctorat en 1924.Après son internat à l'hôpital Notre-Dame, il s\u2019installa à Farnham où il exerça jusqu\u2019à sa mort.Maurice Boisseau fut un excellent élève, un interne sérieux et appliqué, un médecin qui ne se ménagea pas dans l\u2019exercice de sa profession et qui rendit à ses clients les soins inestimables qu\u2019est en mesure de prodiguer un médecin consciencieux, judicieux et bien préparé par des études solides.Si on ajoute à ces qualités une activité et un zèle infatigables, on aura exposé en quelques lignes les caractères principaux de la personnalité professionnelle de Boisseau.Il fut un ardent, un impulsif, mais aussi un homme loyal qui détesta le mensonge et les compromissions, qui aima sa famille et demeura fidèle à ses amis.J\u2019ai bien connu Boisseau qui fut mon confrère à la Faculté à l\u2019époque des incendies de la bâtisse de la rue Saint-Denis et des cours reçus, durant les deux périodes de réfection, à l\u2019école Saint-Jacques, à l\u2019immeuble du Conseil Lafontaine des Chevaliers de Colomb, rue Sherbrooke, et à l\u2019Ecole Dentaire.Ces incidents de notre vie universitaire et d\u2019autres communs à chaque génération de confrères, lui attribuèrent une allure d\u2019imprévu qui en sont des jalons bien fixés dans l\u2019esprit.J\u2019étudiais souvent avec Boisseau et deux ou trois collègues dans une pension de la rue Saint-Hubert, presque exclusivement habitée par des étudiants et plus tard dans une autre de la rue Sherbrooke qui maintenant fait partie des locaux du Cercle Universitaire.Ces soirées d\u2019études qui se terminaient par des discussions bruyantes, des commentaires humoristiques ou d\u2019amicales agaceries, constituaient un des agréments les plus aimables de notre vie d\u2019étudiants.Nous étions jeunes, sans responsabilités matérielles, pleins d'espoir et de gaieté communicative.Boisseau n\u2019était pas parmi les moins bruyants de ces réunions, son rire sonore lancé entre deux bouffées de pipe faisait partie intégrante de la mise en scène.Puis, ce fut le stage d\u2019internat à Notre- Dame, d\u2019abord dans l'historique immeuble de la rue Notre-Dame, maintenant démoli, et dans la nouvelle bâtisse de la rue Sherbrooke.Que de souvenirs joyeux de ce temps d\u2019internat! Neuf internes, neuf copains qui vivaient dans une intimité qu\u2019on ne retrouve plus maintenant dans les grands hôpitaux agrandis et perfectionnés.Boisseau, comme je le disais plus haut, fut un excellent interne; assidu et ponctuel au service, compréhensif et humain auprès du malade.Il quitta l\u2019hôpital, bien préparé pour la pratique, pour Farnham où il exerça jusqu\u2019à sa mort.Sa grande activité, son zèle et une légitime ambition de même que l\u2019honorabilité de son caractère l\u2019entrainèrent vers l\u2019administration de sa ville et je crois que, dans l\u2019exercice de ses fonctions d\u2019échevin, Boisseau a dû se montrer aussi spontané, aussi entier dans ses opinions et intransigeant à l\u2019égard de l\u2019injustice, qu\u2019il s\u2019était toujours manifesté dans le passé.Peu de temps avant sa mort, il avait appris brutalement la nature du mal qui était en lui.Il en connut l\u2019inexorable incurabilité.Sa première réaction fut forcément douloureuse, mais il se reprit bientôt et c\u2019est avec un calme L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 esprit et une sérénité d\u2019âme parfaits qu'il attendit la fin.Pleinement conscient du sort qui l\u2019attendait, sachant que seule la mort pouvait être l\u2019issue de ce dernier drame personnel, il l\u2019affronta avec courage.Ses confrères de promotion déplorent sincèrement la disparition de ce camarade franc et loyal.Que sa femme et ses enfants veuillent bien accepter leurs condoléances.Roma AMYOT.LE DR JEAN-BAPTISTE-ARTHUR QUINTAL Le docteur Quintal vient de mourir à l\u2019âge de 69 ans.Il avait fait ses études médicales à l\u2019Université Laval de Montréal où il obtint son doctorat en 1896.Le docteur Quintal était directeur de l\u2019« Aide à la Femme » et de la «Société d\u2019adoption et de protection de l\u2019enfance ».Il exerçait à Montréal depuis l\u2019obtention de son doctorat.111 LE DOCTEUR J.-W.TETRAULT Le docteur J.-W.Tétrault, de ville Saint- Laurent, est décédé le 3 décembre à l\u2019âge de 66 ans.Le défunt avait terminé ses études médicales en 1903, à l\u2019Université Laval de Québec.Il avait exercé d\u2019abord à Saint-Denis-sur- Richelieu et, depuis 1925, à Ville Saint-Lau- rent.Nous offrons nos sincères condoléances à son fils, le docteur Paul Tétrault et à son gendre, le docteur J.-A.Paquette, collaborateur fidèle de notre Journal.LE DOCTEUR ARMAND PELLETIER Le docteur Pelletier est décédé le 26 novembre à l\u2019âÂge de 42 ans.Le défunt avait étudié la médecine à l\u2019Université Laval de Québec qui lui accorda son doctorat en 1927. 112 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 C\u2019EST UNE ÉDITION BEAUCHEMIN PRETRES, MÉDECINS, ÉDUCATEURS, LISEZ CE LIVRE QUINZE LEÇONS DE ;- ausé ravi Gcparuer Psychiatric \u201cPastorale - - : Psychiatrie Pastorale par l'abbé PAUL LACHAPELLE Préface du Docteur Emile Legrand, professeur de psychiatrie à l'Université de Montréal.Un volume in-12 de 288 pages.Prix: I'exemplaire, $1.25 Par la poste: $1.35 «En lisant « PSYCHIATRIE PASTORALE », on se rend compte que la psychiatrie n'est plus une science mystérieuse.» Cette citation tirée de la préface du Docteur Emile Legrand en dit long sur le mérite de cet ouvrage.Il ouvre, non seulement de vastes horizons sur certains états d\u2019âÂme qu\u2019on rencontre dans la vie et dans.le ministère, mais il nous donne aussi la solution de beaucoup de cas qui restent insolubles pour ceux qui ne connaissent rien de la psychiatrie.Dans ce livre, nous voyons défiler des émotifs, des obsédés, des impulsifs, des scrupuleux, des hystériques, des pervers, de faux mystiques, des hallucinés, etc, ete.On ne peut comprendre ces malades, on ne peut surtout leur faire du bien qu\u2019en se référant à des notions de psychologie pathologique.L\u2019abbé Lachapelle, après des études très poussées dans ce domaine, met aujourd\u2019hui à la portée de tous ceux qui ont charge d\u2019Âmes ce qu\u2019il importe de connaître au sujet des maladies mentales et nerveuses.Son livre est en outre un complément indispensable au Traité des actes humains.La Théologie proprement dite, en effet, ne peut aborder en détail ces questions compliquées.Il est totalement impossible de donner en quelques phrases, méme un pâle résumé des quinze leçons que comporte cet ouvrage.Mais ceux qui auront la curiosité de le lire, et ceux, plus nombreux encore qui auront à l\u2019étudier pour les besoins de leur ministère, \u2014 tant laïques que prêtres, \u2014 en retireront un profit indéniable, car « PSYCHIATRIE PASTORALE » est avant tout nn livre pratique.Il ne s\u2019agit pas ici de théories vides de sens mais de réalités qui sont en connexion étroite avec la vie de \"Ame.« La société, écrit l\u2019auteur, n\u2019est pas seulement malade parce quelle est envahie par de fausses doctrines: elle est aussi remplie de malades de l'esprit.Le docteur Carrel nous le disait dans L'HOMME CET INCONNU.Le monde fourmille de malades mentaux.Or, nous sommes prêtres pour ces pauvres malheureux comme pour les autres: nous sommes prêtres pour tous.» Librairie BEAUCHEMIN Limitée 430, rue St Gabriel, Montréal Trois nouveaux produits pour le traitement et la prophylaxie de la COQUELUCHE Myesst No 489 ANTITOXINE COQUELUCHEUSE ET SÉRUM ANTIBACTÉRIEN COMBINÉS (LAPIN) Pour l'immunisation passive des sujets exposés à la coqueluche et le traitement de ceux qui en sont atteints.Myesst No 486 VACCIN-TOXOÏDE COQUELUCHEUX Bacilles Haemophilus pertussis obtenus suivant la méthode de Kendrick et d\u2019Eldering, en suspension dans une solution de toxoïde (anatoxine) coquelucheuse.Ce mélange constitue un vaccin perfectionné ayant le pouvoir de conférer une immunité non seulement contre l'organisme en cause mais aussi contre sa toxine.Dporst No 497 TOXINE COQUELUCHEUSE POUR L'ÉPREUVE DE STREAN L'épreuve de Strean sert à déterminer si le sujet exposé à la coqueluche y est sensible ou si l\u2019administration d\u2019antitoxine au malade sous traitement a été suffisante.On l\u2019emploie aussi pour établir le degré d'immunité active conférée par le Vaccin-Toxoïde Coquelucheux.Ces produits ont été précisés après des recherches poursuivies durant des années par le docteur L.P.Strean et ses collaborateurs dans les laboratoires Ayerst, McKenna & Harrison Limitée.cer EAE ANANENENENENENEENENENENENENENENEN EN ENENENENENENENENEN ENANEN EN ANEN EN AN NES AN FN MEN FES CONTRE LA COQUELUCHE La coqueluche est une des causes les plus importantes de la mortalité infantile et ses séquelles sont responsables de nombre de maladies qui surviennent plus tard dans la vie.Pour cette raison, on a cherché pendant longtemps des méthodes efficaces pour l\u2019enrayer ou la traiter.La présentation actuelle de trois nouveaux produits sous l\u2019étiquette Ayerst mis au point par le docteur L.P.Strean et ses collaborateurs dans les laboratoires Ayerst après plusieurs années de recherches rendront de grands services dans la prophylaxie et le traitement de cette affection.Les résultats obtenus dans les cas décrits ci-après concordent dans l\u2019ensemble avec les constatations faites au cours de nombreux essais cliniques poursuivis récemment avec ces nouvelles préparations.OBSERVATION | Cet enfant fut exposé directement a la coqueluche au cours d\u2019une poussée épidémique dans un institut.L\u2019épreuve cutanée de Strean donna une réaction positive, illustrée ici, ce qui indique la réceptivité à la coqueluche.Traitement: 10 c.c.d\u2019Antitoxine Coquelucheuse et Sérum Antibactérien Combinés (Lapin) Ayerst par voie intramusculaire.Résultat du traitement: Négativation de l\u2019épreuve cutanée.Le sérum conféra une immunité passive puisque la coqueluche ne s\u2019est pas développée.NOTE: On ne peut s\u2019attendre à ce qu\u2019une immunité passive produite de cette façon se maintienne au-delà de deux à trois semaines.OBSERVATION II ; Un examen régulier au cours duquel on pratiqua l\u2019épreuve cutanée de Strean donna une réaction positive démontrant que l\u2019enfant était sensible à la coqueluche.Traitement: Quatre doses de Vaccin-Toxoïde Coquelucheux Ayerst, par voie sous-cutanée: 1 c.c., 1% ec.c., 114 c.c.et 2 c.c.a intervalles de quatorze jours.Résultat du traitement: Aucune réaction nocive.Dans une période de six semaines, il y eut négativation de l\u2019intradermo-réaction, ce qui indique que le traitement avait conféré une immunité active contre la coqueluche.RAL LALLA ALA LALLA LAA LALA AL LALA LALA LAL LA LA LA LA LA LA LA LAL LA LA LA LALA LALLA NOTE: L\u2019épreuve cutanée pratiquée a intervalles d\u2019un an permet d\u2019établir si le sujet est encore en état d\u2019immunité active.Des imprimés décrivant les méthodes de traitement et les résultats D\u2019autres obtenus en clinique seront envoyés sur demande.détails au recto AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes et Pharmaciens MONTREAL CANADA FN NN 7 NO 7 7 7 7 7 7 7 NF 7 NF 7 7 7 NF 7 NF N77 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 ASS NNT NF NTN 7 7 7 7 N/R 7 WF 7 7 7 7 CSS NI SSI SI ST SI SI SI ST CI ST ST SIN SCT SI SSL SES LS L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Au moyen d'un bandage \u2018Cellona\u2019 de 6 pouces (4 pouces chez les enfants), on forme une plaque moulant le dessus du radius jusqu\u2019à la base métacarpienne.Le bandage doit s\u2019étendre de l\u2019olécrâne aux têtes métacarpiennes et couvrir le dessous de l\u2019avant-bras.\u2018 (2) Application du bandage \u201cCellona\u2019.On peut empêcher le fragment réduit de tourner par l'emploi d\u2019une légère boucle en fil de cuivre, d'un diachylon ou de quelques tours de bandage \u2018Cellona\u2019 a travers la paume.Cependant ce bandage ne doit pas s'étendre au delà des plis palmaires.Les qualités de remboîtement de \u2018Cellona\u2019 assurent une bonne consolidation en position voulue.Le \u2018Cellona\u2019 dans les fractures du carpe (1) Plaque de plâtre \u2018Cellona\u2019 appliquée au dos de l\u2019avant-bras.Dans les fractures récentes, lorsque peut se produire de l\u2019œdème, il est bon de laisser une ouverture au plâtre que l'on recouvrira d\u2019une mousseline.L\u2019application d\u2019un autre bandage \u2018Cellona\u2019 de 3 ou 4 pouces devra le compléter, mais seulement après disparition du danger d\u2019œdème.(3) Plâtre de l\u2019avant-bras terminées bandages à plâtres \u201cCellona\u201d se vendent chez les marchands d\u2019instruments chirurgicaux Dépositaires : SMITH & NEPHEW LTD., 378 ouest, rue Saint-Paul, Montréal.Les bandages et les produits ElastopIast ainsi que le \u2018Cellona\u2019 sont fabriqués en Angleterre par J.Smith and Nephew Ltd., Hull.113 114 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 Présentation du CLINITEST (COMPRIMÉS POUR L'\u2019ANALYSE QUANTITATIVE DU SUCRE DANS L\u2019URINE) NOUVELLE ANALYSE DE L\u2019URINE EN UNE MINUTE 5 gouttes d\u2019urine plus Faites-y tomber Attendez la réaction 10 gouttes d\u2019eau.@ un comprimé.et comparez avec l'échelle des couleurs.Pour répondre aux besoins du médecin, du technicien de laboratoire, de la garde- malade et du diabétique \u2014 une nouvelle analyse quantitative du sucre dans l\u2019urine \u2014 simple, courte, sûre \u2014 a été conçue.Voici ses avantages pratiques: COURTE \u2014 Une analyse peut se faire en SURE \u2014 La méthode Clinitest avec moins d\u2019une minute.Comprimés est basée sur les mêmes .2 D.à principes chimiques que l\u2019analyse de SIMPLE \u2014 Rien de compliqué.Rien à Benedict.Les différentes couleurs de chauffer.le comprimé fourni sa propre l\u2019échelle indiquent le sucre à 0%, 4%, chaleur.14%.34%, 1%, 2% et plus.COMMODE \u2014 Le nécessaire ne contient aucun liquide qui puisse se renverser.Petit, compact \u2014 peut se porter dans la poche ou le sac à main.ÉCONOMIQUE \u2014 Le nécessaire (avec comprimés pour 50 analyses) se vend au malade pour la somme modique de $2.00.Comprimés de rechange (pour 75 analyses) \u2014 $2.00.Écrivez pour recevoir de la documentation descriptive.En vente dans les pharmacies qui remplissent les ordonnances.Concessionnaires exclusifs pour le Canada FRED.J.WHITLOW&CO.,LTD.,187 DUFFERIN STREET, TORONTO. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 QUESTION: J'ai remarqué que les légumes verts, feuillus, et jaunes étaient énumérés comme excellentes sources de vitamine A.Cela s\u2019applique-t-il aux légumes en boîtes ou seulement aux légumes frais et crus?RÉPONSE: Les fonctions de la vitamine A de ces légumes, ou des aliments en général, ne sont pas affectées par la mise en boîtes (1).Le traitement à la chaleur employé pour blanchir et \u201c\u201ccuire\u201d\u2019 les légumes en boîtes détruit les enzymes qui se trouvent dans ces légumes; et la boîte, scellée d\u2019une façon permanente, protège l\u2019aliment contre l\u2019air pendant l\u2019entreposage et la distribution.Par conséquent, en consommant fréquemment des légumes verts, feuillus, ou jaunes, frais ou en boîtes, l\u2019on s\u2019assure des quantités importantes de vitamine À (2).I American Can Company, Hamilton, Ontario; American Can Company Lid., Vancouver, C.-B.(1) 1938, Extraits et Revues sur la Nutrition 8, 281 (2) 1939, Nourriture et Vie; Annuaire de l\u2019Agriculture, Ministère de l\u2019Agriculture des E.-U., Imprimerie du Gouv.des E.-U., Washington, D.C.J 116 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 BIS KAM OIL Hyperchlorhydrie \u2014 Affections de l\u2019estomac.1 à 3 cuillerées de poudre délayées dans de l'eau froide.TREPHONYL du Dr Roussel (Hémostyl et extrait de foie) Anémies.Déficiences organiques.1 ampoule dans A de verre d'eau par jour de préférence avant les repas de midi.TAXOL Rééducateur physiologique de l\u2019intestin.2 à 4 comprimés avant le repas du soir.(Dose moy.2 comprimés.) NEURIN ASE Sédatif et hypnotique sans accoutumance.1 à 2 tablettes au coucher.ALEPSAL Epilepsie.Convulsions (Non dépressif).Comprimés dosés a 0 Gr.015 et a 0 Gr.10.INOTYOL Affections de la peau.Démangeatisons.Brûlures.Applications journalières.PLURIGLANDINE Extrait opothérapique total.Déficiences organiques.2 à 4 dragées glutinisées par jour.VEINATONE Affections veineuses.2 à 4 dragées glutinisées par jour.ARTICHOBYL Maladies du foie.(Action très douce.) 4 à 10 pilules à intervalles réguliers.J.EDDÉ Limitée Edifice New Birks, MONTRÉAL L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 117 LE BRANDY SUD-AFRICAIR est reconnu pour sa haute teneur en esters L'efficacité des esters du brandy sud-africain est reconnue par la profession médicale britannique qui utilise grandement ce brandy dans les hôpitaux.Le soleil et le sol sud-africain et les soins apportés à sa production, assurent l\u2019invariable qualité de cet excei- lent brandy.!l est garanti par le gouvernement sud- africain quant à son âge et à sa pureté.Gagnant de la médaille d\u2019or dans le concours de tous les produits similaires de l\u2019Empire au \u201cRoyal Agricultural Hall\u2019, Londres, Angleterre, en 1937.D\u2019autres excellents vins de l\u2019Afrique du Sud se vendant au Canada: PAARL SEC BLANC; PAARL WITZENBERG; PAARL SEC ROUGE (Type Bourgogne): PAARL BOURGOGNE MOUSSEUX; PAARL WINTERHOEK MOUSSEUX: (Type Champagne) ; PAARL SAUTERNES; PAARL VERMOUTHS (sec ou doux) ; PAARL MUSCATEL; OLD LIQUEUR BRANDY.A Messieurs les Médecins LA PHARMACIE D'ORDONNANCES \u2014 37 ANNEES D'EXPERIENCE COMMEPHAR- MACIE PROFESSIONNELLE.NOUS N'EMPLOYONS QUE LES PRODUITS CHIMIQUES SUPERIEURS._\u2014 ARTHUR HIRBOUR : : \u20acESt tout indiquée .pour la préparation de vos ordonnances v ANGLE SAINT-DENIS ET DE MONTIGNY Téléphone: LAncaster 7356 \u2014 MONTREAL 118 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1943 mer AMbherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.© Pompes funèbres © : 1926, Pless Salons mortuaires Salons mortuaires: 4156, vue nes Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame | Une thérapeutique efficace pour.l\u2019Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS Aralhan THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 Londen LA GELATINE KNOX ORDINAIRE, NON AROMATISEE Recommandée par les médecins pour régimes spéciaux dans le traitement de: .Ulcère peptique .Convalescence .Diabète .Alimentation .Colite infantile .Obésité .Débilité dus à l\u2019ingestion insuffisante de protéine.NOTE: La Gélatine Knox ne doit pas être confondue avec des poudres de gélatine à dessert aromatisées.Ces poudres ne contiennent qu\u2019environ 3% de protéine et elles sont souvent aromatisées d\u2019acides.La Gélatine Knox ne contient pas de sucre.une protéine pure et délicieuse.Elle contient 7 à 10 des principaux éléments de la protéine.Si vous désirez des renseignements, des hors-texte ou des recettes pour ces régimes, indiquez ce que vous désirez sur cette annonce que vous attacherez à une formule d\u2019ordonnance, et veuillez l'envoyer & Knox Gelatine, Dept.472, Johnstown, N.Y, DIARRHÉE me mmm 4 A I\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, janvier 1943 119 DEPUIS PRÈS D'UN DEMI-SIÈCLE Toujours le même but: RÉDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITE INFANTILE reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coque!uchoïdes \u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.© Littérature sur demande.LIMITÉE TABLE DES ANNONCEURS Pages Abbott Laboratoires Ltée (Nembutal) .36 Anglo-French Drug Cie (Cortunon) .- .93 American Can Co.(Vitamine À et légumes ver's, feuil- 115 lus et jaunes) - .+ 115 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Prémarine Emme- nine) .- .1 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (\u2018 \u2018Alphamin\u201d No 909 2 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée Le 112A Ayerst, McKenna & Harrison Ltée 112B Brandy Sud-Africain - Cee eer British Drug Houses (Canada) Ltd.The (Radiostoleum) 107 Canada Drug Co., Lid.(Paveral) - .119 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Nouvelle adresse et remerciements) - .9 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Appareil a ; Rayons-X Westinghouse portatif modèle \"C\u201d) .- « + 25 Ciba Compagnie Limitée (Cibazol) .+ + +
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.