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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1930-09, Collections de BAnQ.

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[" ae Tome LIX No 9 Septembre 1930 MÉMOIRES 210 REACTIONS A LA GOMME D\u2019EPINETTE DANS LE LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN.Albert BERTRAND, Professeur agrégé à l'Université de Montréal.Chef de Laboratoire à l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Bactériologiste à l'Hôpital Notre-Dame.Pour juger de la valeur d\u2019une nouvelle réaction, il faut pouvoir la contrôler, soit par la clinique, soit par une autre méthode ayant fait ses preuves, soit enfin par la clinique et le laboratoire, ce qui est encore préférable.Seule mérite d\u2019entrer dans le domaine de la pratique courante une technique qui répond à la réalité des faits.Le contrôle doit être d\u2019autant plus sévère que la méthode est plus compliquée ; le nombre de cas examinés doit être d\u2019autant plus considérable que la méthode comporte plus de réactifs.Nous avons eu déjà l\u2019occasion de faire connaître les premiers résultats obtenus dans l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien avec une nouvelle technique utilisant la gomme \u201cd\u2019épinette\u201d (Picea canaden- sis) comme antigène.Ce premier essai basé sur 84 cas, nombre relativement peu considérable, nous permit cependant de constater une concordance absolue dans 91,6% des cas entre les réactions de Bordet-Wassermann, de Benjoin et de Lange d\u2019une part, et la réaction à la gomme d\u2019épinette d\u2019autre part.Nous avons poursuivi les recherches entreprises dans cette voie et aujourd\u2019hui nous pouvons apporter une statistique plus complète, basée sur210 examens de liquide céphalorachidien, pour lesquels les réactions suivantes ont été faites simultanément: lymphocytose, albumine, globuline, Bordet-Wassermann, Benjoin, Lange et Gomme d\u2019épinette.La numération des lymphocytes fut faite dans notre laboratoire le plus rapidement possible après la prise des liquides afin d\u2019éviter la cytolyse qui se produit quelquefois assez rapidement et qui change complètement la valeur de cette épreuve.Le dosage de l\u2019albumine fut également pratiqué par nous au moyen d\u2019une échelle diaphano-métrique qui elle-même fut d\u2019abord 532 to L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA contrôlée par les rachialbuminometres de Sicard et Cantaloube et de Ravaut.| La recherche de la globuline (méthode de Pandy), les réactions le Bordet-Wassermann, de Benjoin et de Lange furent faites au Laboratoire provincial d\u2019hygiéne de Montréal.Pour les: besoins de la cause, les résultats fournis par le laboratoire provincial d\u2019hygiéne, spécialement.les résultats du Bordet-Was- sermann, du Benjoin et du Lange furent considérés comme conformes à la clinique (1) et servirent de points de comparaison avee la réaction à la gomme d\u2019épinette que nous avons pratiquée nous-mêmes à l\u2019hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Cette réaction déjà décrite ailleurs (2) ne fut pas sensiblement modifiée dans sa technique générale.Elle fut toujours pratiquée avec les mêmes réactifs (solution stock de gomme d\u2019épinette à 10% Cans l\u2019alcool absolu) depuis décembre 1928 ; seulement, dans ces derniers temps, les tubes furent portés et maintenus à l\u2019étuve à 37°C.V2 heure, selon une technique de Dujarric de la Rivière.Cette légère modification permet une lecture plus facile dans les cas douteux.Ceux-ci peuvent au début de la réaction présenter un léger trouble dans tous les tubes, mais après un séjour de heure à l\u2019étuve à 37°C.ce trouble disparaît si la réaction est négative et persiste lorsque la réaction est positive même à un faible degré.Par cette méthode nous avons examiné 210 liquides céphalo-rachidiens prélevés chez des malades présentant des états psychopati- ques très variés: les uns ayant tous les symptômes cliniques d\u2019uné syphilis nerveuse, les autres ne présentant aucune manifestation syphilitique.Chez quelques-uns les examens furent faits avant tout traitement spécifique ; chez un certain nombre d\u2019autres, l\u2019examen fut pratiqué avant et après traitement, soit par la malaria, soit par le bismuth, soit par le mercure, soit par l\u2019arsenic, soit enfin par un traitement mixte.L\u2019examen comparatif de ces 210 cas démontre certains faits intéressants.On constate d\u2019abord une concordance absolue entre la réaction à la gomme d\u2019épinette d\u2019une part et les réactions de B.W., de Benjoin et de Lange d\u2019autre part dans 182 liquides, soit dans 86,6% des cas.(1) Nous devons dire en toute sincérité que les rapports fournis par le Laboratoire provincial d\u2019hygiène sont conformes aux constatations cliniques et donnent pleine et entière satisfaction.(2) in L\u2019Union Médicale du Canada, Septembre 1929. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Or wo co Ce chiffre est sensiblement inférieur à celui fourni lors des premières constatations, soit 5% en moins.Cette différence s\u2019explique par le nombre plus grand d\u2019examens pratiqués à date et par le nombre de méthodes mises en cause.La comparaison entre la réaction à la gomme d\u2019épinette et, seule, la réaction de Bordet-Wassermann dans le liquide céphalo-rachidien fournit des chiffres beaucoup plus élevés.En effet, la statistique actuelle nous montre une concordance dans 195 cas sur 210, soit dans 92,8% des liquides examinés.| Si on pousse plus loin l\u2019étude comparative des diverses méthodes mises en oeuvre et des symptômes présentés par les malades on constate que dans 8 autres cas sur les 15 qui restent, une réaction positive à la gomme d\u2019épinette a correspondu à une réaction de Bordet-Was- sermann positive dans le sang alors que les autres procédés d\u2019examen du liquide céphalo-rachidien, savoir B.W., Benjoin et Lange ont été négatifs.Ces 8 cas ajoutés aux 195 précédents donnent un chiffre de 203 de concordance sur un total de 210, soit une concordance de 96,6% entre le B.W.dans le sang et la gomme d\u2019épinette dans le liquide.Le tableau suivant illustre bien les faits observés dans ces 15 cas en particulier et souligne jusqu\u2019à un certain point la valeur de la réaction à la gomme d\u2019épinette comparés aux autres réactions.TABLEAU No.Date.B.W.Sang.B.W.Liquide.Benj.Lange.Gomme d\u2019épinette.Diagnostic.1/5 1/6 1/7 1/10 1\u2014Nov.28 ++++ +4+++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + \u2014 \u2014 \u2014 Epilepsie.2 \u2014 Mar.29\u2014-\u2014 +++ Anticampl.0000 00000 + \u2014 \u2014 \u2014 Imbéeillité.3\u2014 Mai 2589 -\u2014- ++++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + \u2014 \u2014 \u2014 Manie.4 \u2014 Juil.29 ++++ ++++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + + + ?Démen.précoce, 5 \u2014Fév.30 ++++ ++++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + + \u2014 \u2014 Imbécillité.6 \u2014 Mar.30 ++++ ++4++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + + \u2014 \u2014 Psy.hal.chr.7\u2014Mar.30 ++++ +4+4+4+-\u2014\u2014\u2014\"-\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + ?\u2014 \u2014 Psc.périodique.8 \u2014 Mar.30 ++++ ++++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + ?\u2014 \u2014 Dém.org.Syph.9 \u2014 Fév.30 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014-\u2014 0000 00000 + + \u2014 \u2014 Hémiplégie.10 \u2014 Fév.30 \u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 0000 00000 + + + + Dem.organique.11 \u2014 Nov.28 ++ ++ ++++ \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 1110 55555 (P.G.Impaludé, Juil.29 ++++ +-+4++4 0200 44344 + \u2014 \u2014 \u2014 (Bismuth, (x) 0.4 0.2 12 \u2014 Nov.28 ++++ ++++ ++++ ++++ 55555 (P.G.Impaludé, Jud 29 TT === 0100 00000 + + + ?(Tryparsamide, 13\u2014 Sep.28 ++++ +444 +444 4H 2222 34332 (P.G.Impaludé, Juil.29 ++++ ++++ 0100 22233 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 (Bism.Trypars.(x) 1.5 0.8 14 \u2014 Sep.24 ++++ ++++ ++++ +444 (P.G.traité, Juil.29 ++++ ++++ 0000 00000 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 (Tryparsamide, (x) 2.2.15 \u2014 Juil.28 ++++ ++++ ++++ +++-+ 0000 00000 (Syphil.céréb.Juil.29 -+ ++++ 0000 00000 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 (Bismuth.x) 1.5 (x)\u2014 Quantité de liquide (en cc.) utilisée pour la réaction de B.W.La quantité utilisée comme unité est 0.2 cc. 534 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019examen du tableau permet également d\u2019autres constatations importantes.Il montre en particulier que dans un cas d\u2019hémiplégie (No 9) et dans un cas de démence organique (No 10) la réaction de B.W.dans le sang de même que les réactions de B.W., de Benjoin et de Lange dans le liquide furent négatives alors que la réaction à la gomme d\u2019épinette fut positive + \u2014- dans l\u2019un et positive + + + + dans l\u2019autre.Or, qui peut nier le rôle de la syphilis dans l\u2019étiologie de ces deux maladies chez des personnes âgées respectivement de 45 à 54 ans, même en l\u2019absence d\u2019un B.W.positif?On ne peut donc pas condamner la réaction à la gomme d\u2019épinette comme fausse ou trop nuisible.Cette dernière doit au contraire orienter le diagnostic vers la spécificité ou tout au moins en indiquer la possibilité.Les cinq derniers cas indiqués dans le tableau se rapportent à des malades traités ou sous traitement avant la mise au point de la réaction à la gomme d\u2019épinette.Il n\u2019est done pas possible de connaître les modifications que le traitement spécifique aurait pu apporter à cette réaction.Il ressort cependant de la comparaison entre les méthodes par la gomme, le benjoin ou l\u2019or colloïdal que la première s\u2019est montrée à peu près aussi sensible, aussi fidèle, que les deux dernières chez les malades soumis aux divers traitements spécifiques.Chez 17 malades traités pour la malaria et dont le rapport n\u2019apparaît pas dans le tableau ci-contre, il nous a été possible de refaire de nouveaux examens et de comparer l\u2019effet du traitement sur les diverses réactions utilisées.Dans 8 cas, les modifications observées dans les réactions de B.W., de Benjoin, de Lange et de la gomme ont été à peu près nulles, toutes ces réactions demeurant positives à divers degrés également.Dans ces cas, des modifications en moins ont surtout été observées dans le taux de l\u2019albumine et dans le nombre des lymphocytes.Dans 5 autres cas, les réactions à la gomme et à l\u2019or colloïdal tout en étant légèrement modifiées -se sont montrées plus sensibles que la réaction de Benjoin qui, elle, est devenue négative.Enfin, dans 4 cas la gomme est restée positive à des dégrés variés et a correspondu à un B.W.positif tandis que le Benjoin et le Lange sont complètement négatifs.T1 résulte de tous ces faits que la réaction à la gomme d\u2019épinette mérite une place à part dans le domaine des réactions colloïdales du liquide céphalo-rachidien, place justifiée en premier lieu par la grande L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA simplicité de la méthode, en second lieu par sa sensibilité qui n\u2019est pas, croyons-nous, exagérée.En effet, la mise en oeuvre de la réaction à la gomme d\u2019épinette ne requiert que quelques minutes, ne demande aucun appareil dispendieux et permet une lecture rapide si non immédiate des résultats.Ces résultats eux-mêmes se rapprochent suffisamment de ceux fournis par la réaction de Bordet-Wassermann dans le liquide (les dépassant même dans certains cas) pour qu\u2019on puisse les comparer avec avantage.| La sensibilité de la réaction à la gomme ne doit pas non plus être considérée comme trop grande ; la plupart des réactions positives observées avec la gomme ont été justifiées par des réactions de B.W.plus ou moins fortement positives soit dans le sang soit dans le liquide céphalo-rachidien.Le mécanisme de la réaction n\u2019a pas été étudié au point de vue physico-chimiques, mais il est probable si non certain qu\u2019il doit s\u2019expliquer par les mêmes phénomènes qui réagissent la réaction de Benjoin, phénomènes que Guy Laroche a exposés d\u2019une manière claire et précise dans Les Annales de Médecine de 1926.Tout comme l\u2019a démontré Laroche pour la réaction au benjoin nous avons pu constater que la réaction à la gomme d\u2019épinette varie parallèlement au taux de la globuline dans le liquide.Par contre, elle est indépendante de la quantité d\u2019albumine qui peut s\u2019élever dans certain cas à 1.gramme et plus au litre.Un point important de technique reste à signaler.Les liquides céphalo-rachidiens ne doivent contenir ni pus, ni globule rouge.La présence de ces éléments fausse la réaction et donne quelquefois des résultats positifs avec des liquides négatifs.Dans la pratique courante, cependant, de tels liquides doivent être examinés, mais seules, les réactions négatives doivent être prises en considération.C\u2019est ainsi que dans deux cas de méningite tuberculeuse avec bacille de Koch et pus dans le liquide nous avons trouvé la réaction à la gomme d\u2019épinette négative, tandis que dans un cas de méningite à méningocoques la même réaction a donné un résultat fortement positif en l\u2019absence de tout autre signe sérologique ou clinique de syphilis.Lors de notre première publication sur ce sujet nous avons tiré quelques conclusions basées sur un petit nombre de liquides examinés. 536 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Nous croyons pouvoir affirmer aujourd\u2019hui que ces constatations étaient justes et nous nous permettons en terminant de les répéter : 1 \u2014 la réaction à la gomme d\u2019épinette est spécifique ; 2 \u2014 la réaction à la gomme d\u2019épinette est plus sensible que les réactions au benjoin et à l\u2019or colloïdal ; 3 \u2014 la réaction.à la gomme d\u2019épinette n\u2019est pas trop sensible si elle est pratiquée sur des liquides parfaitement clairs ne contenant ni pus, ni sang.\u2018 1 It I DE QUELQUES TRAITEMENTS NOUVEAUX EN DERMATOLOGIE Gustave ARCHAMBAULT et Albéric MARIN La radiothérapie dermatologique, sans être de la dernière nouveauté, présente néanmoins des aspects, si méconnus en certains milieux qu\u2019il n\u2019est peut-être pas déplacé de parler de traitements nouveaux quand on en considère certaines applications.Nombreux sont ceux qui ignorent ses ressources ou qui négligent d\u2019y recourir.Nous tenterons de donner un rapide aperçu de ses possibilités dans quelques affections.Nous ne retiendrons que les plus usuelles, celles qu\u2019il nous a été donné de traiter en plus grand nombre par des procédés qui nous sont familiers, partant d\u2019observer plus particulièrement tant en clientèle qu\u2019à la Clinique Dermatologique de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Acné vulgaire indurée.La supériorité de la radiothérapie (selon la méthode de Mackee) sur les autres méthodes réside dans le fait d\u2019une cure prompte et sûre.La rapidité est d\u2019une haute importance, principalement dans les acnés tubéreuses où chaque pustule laisse après elle une cicatrice.Si le malade n\u2019est pas vivement débarrassé de cette acné cicatricielle- il reste défiguré à la suite d\u2019une guérison tardive.La radiothérapie présente de plus l\u2019avantage d\u2019éviter les soins locaux par lotions, pommades, massages, etc, soins tellement ennuyeux que le malade finit par les abandonner le plus souvent.C\u2019est surtout dans l\u2019acné indurée, furonculeuse, et phlegmoneuse que la radiothérapie remporte les plus vifs succès, précisément là où toute autre thérapeutique locale est le plus souvent inopérante.Au moins 60% de ces malades guérissent en moins de 4 mois alors qu\u2019il leur faudrait des années avec d\u2019autres traitements, ce qui les.laisserait criblés de cicatrices.A A 538 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Nous avons traité 62 cas d\u2019acné furonculeuse dont 37 ont guéri en 4 mois et moins, et 11 en plus de 4 mois.À petites doses hebdomadaires (1 H ou moins) non filtrées, tension 100 K.v., nous n\u2019avons jamais eu à observer d\u2019atrophie ou de télangiectasies consécutives.Nous ne croyons pas les rayons indiqués dans les acnés pustuleuses ou papuleuses superficielles.Acné chéloïdienne de lu nuque.C\u2019est ici le seul traitement qui s\u2019impose.Les autres doivent être systématiquement écartés, tellement la radiothérapie les dépasse.Elle agit rapidement.Elle est indolore.Elle guérit définitivement, Nous nous étonnons de ce que des auteurs prescrivent ici l\u2019élec- tro-coagulation, qui est douloureuse et quasi-inefficace.Hyperidrose.Ces ennuis de la fonction sudoripare relèvent uniquement des Tayonnements, lorsqu\u2019ils sont localisés aux aisselles, aux paumes, aux plantes.Les 32 malades que nous avons vus ont tous été grandement améliorés, certains définitivement guéris.Teignes du cuir chevelu.Il est inutile d\u2019insister sur le fait que seule la dépilation peut guérir de cette infection contagieuse.Les sels de thallium, introduits récemment a cette fin sont d\u2019ordinaire nocifs chez les enfants au-dessus de 7 ans, inconvénient que ne présente pas la radiothérapie.Disons en passant, qu\u2019aucun travail efficace n\u2019est fait pour en débarrasser les enfants qui fréquentent les écoles de cette ville.Cheloides et cicatrices cheloïdiennes.Elles relèvent aussi bien des rayons X que du radium, de la radiothérapie nue quand elles sont minces, de la filtrée lorsqu\u2019elles sont exubérantes.Les scarifications préalables en renforcent l\u2019action.Eczéma chronique : Certaines plaques d\u2019eczéma chronique, sec, lichennifié, résistant à tous les autres traitements locaux disparaissent fort bien sous l\u2019influence de quelques irradiations.Si cet eczéma est prurigineux elles en hâtent la disparition par leur action anti-prurigineuse. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 539 Névrodermate.La disparition de ces placards s\u2019observe à brève échéance.Tous les cas de névrodermite que nous avons ainsi traités cèdent au bout d\u2019environ 5, irradiations hebdomadaires.Prurits circonscrits.Le prurit anal \u201csine materia\u201d très rebelle à toute autre tentative, obéit habituellement à une dizaine d\u2019applications hebdomadaires, parfois moins.Le prurit scrotal ou vulvaire \u201csine materia\u201d y répond moins rapidement.Sur 52 cas de prurit anal, +4 ont guéri en moins de 3 mois, et 6 en 5 mois; les 2 autres ont été des échecs.Nous avons eu 2 échecs dans 27 cas de prurit vulvaire, les 25 autres malades guérissant en moins de 4 mois.Nous avons traité et guéri en moins de 3 mois 17 cas de prurit scrotal.Lichen plan.Nous avons traité 17 cas de lichen plan par la méthode de Gouin (radiothéragie sympathique) combinée à des irradiations locales aux endroits les plus prurigineux.Dans 9 cas, nous avons obtenu la disparition du prurit en moins de 6 semaines.(Chez 3 entr\u2019autres, il disparut en 15 jours).4 malades ne furent que légèrement améliorés au bout de 4 mois.Chez tous, l\u2019effacement des papules s\u2019accomplit en 5 semaines au plus, la pigmentation consécutive persistant beaucoup plus longtemps.Ce procédé de radiothérapie sympathico-médullaire et local peut se comparer fort avantageusement aux autres traitements médicamenteux internes ou externes.Nous estimons préférable d\u2019y recourir d\u2019emblée au lieu de s\u2019égarer dans d\u2019autres médications à résultats ordinairement beaucoup plus éloignés.Sycosis.L\u2019infection profonde du follicule pileux relève des rayons X.Il n\u2019est pas toujours nécessaire de recourir à la dépilation.Plusieurs guérissent sans dépilation, à la suite de 4 ou à traitements hebdomadaires (1 H nu).Chez d\u2019autres, nous devons obtenir l\u2019alopécie temporaire.Enfin dans un troisième groupe moins nombreux une alopécie définitive s\u2019impose, sous peine de récidives incessantes.Nous avons traité 11 cas de sycosis, dont 6 ont guéri sans dépilation, 4 avec dépilation temporaire, 1 avec dépilation permanente. 540 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Psoriasis.D\u2019ordinaire, la peau devient nette avec les kératolytiques habituels mais aussi avec les rayons X qui sont un traitement moins malpropre que le précédent.D\u2019autre part, il nous a semblé que les malades préalablement irradiés puis, quand ils sont blanchis, soumis à \u2018des séances longtemps prolongées de rayons ultra-violets, voient survenir leurs récidives beaucoup plus tardivement que lorsqu\u2019ils sont traités par les moyens usuels.Nous n\u2019avons pas encore assez de recul pour établir une statistique définitive sur ce sujet; mais c\u2019est une impression nettement favorable qui se dégage des 43 malades, que depuis 3 ans, nous avons traités avec cette méthode polyradiothérapique.Plusieurs de ces malades ont eu des récidives, mais dans la majorité elles ont été plus espacées et moins florides.Nous poursuivrons nos recherches dans cette voie qui nous semble des plus encourageante.Nous en publierons les re- sultats ultérieurement.TUBERCULOSES ET TUBERCULIDES CUTANEES Le traitement en est ardu et décevant, la guérison lente, les récidives fréquentes.Outre la thérapeutique locale, qui seule nous occupe ici, il existe une médication d\u2019ordre général qui est de haute importance.La forme clinique, la dimension, la localisation de la lésion ont chacune leurs indications.La tuberculose ganglionnaire est du ressort de la radiothérapie filtrée, filtration et tension variant selon le volume de la masse à irradier.Les ganglions, durs ou ramollis ou fistulisés se sclérosent lentement de par son action.La gomme tuberculeuse se résorbe sous l\u2019influence des rayons X.La tuberculose verruqueuse relève plutôt de l\u2019électro-dessication ou de l\u2019électro-coagulation.Le lupus tuberculeux de petites dimensions, siégeant à la face, se traite fort bien avec des scarifications linéaires et quadrillées.Plusieurs leur préfèrent l\u2019excision chirurgicale à laquelle on reproche cependant de laisser parfois des traces inesthétiques.Ajoutons qu\u2018elle ne met pas davantage le malade à l\u2019abri des récidives.Le lupus des membres et du tronc, peut-être attaqué par les courants de haute fréquence.Les lupus végétants et ulcérés recevront quelques irradiations prudentes qui en favoriseront l\u2019affaissement et la cicatrisation puis L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 541 seront justiciables des autres méthodes: ignipuncture, scarifications, haute-fréquence, raclage, coltage au permanganate de potasse, etc.En certains centres, spécialement outillés, on préconise la finsen- thérapie qui donnerait les résultats les plus beaux et les plus durables.Les rayons X ou le radium, employés seuls, à doses fortes ou longuement répétées, font courir de grands dangers aux lupiques.Des radiodermites et radionécroses se produisent facilement, favorisant ls dégénérescence épithéliomateuse.L\u2019Erythème induré de Bazin parfois disparaît assez rapidement à la suite de quelques irradiations filtrées ; parfois aussi il n\u2019est guère modifié par elles.Les quelques cas de tuberculides papulo-nécrotiques que nous avons irradiés ont assez bien répondu à ce traitement qui néanmoins dut être prolongé.EPITHELIOMAS BASO-CELLULAIRES ET METATYPIQUES Nous avons traité depuis trois ans 122 baso-cellulaires cutanées, tant par la radiothérapie précédée de curettage, selon la méthode de Belot, que par l\u2019électro-dessication.Si nous ne considérons que les 93 malades que nous avons pu suivre et chez qui nous avons 1 an et plus de recul, nous constatons que chez les 37 soumis aux rayons X et les 56 à l\u2019électro-dessication les résultats sont superposables.Nous n\u2019avons noté aucune différence appréciable dans la proportion des guérisons, des échecs, des récidives, des suites opératoires, dans le résultat esthétique.La difficulté d\u2019une méthode n\u2019en contre-indique pas l\u2019emploi, il est vrai, et sa facilité seule n\u2019en justifie pas l\u2019utilisation.Mais si elles donnent toutes deux des résultats à peu près égaux, si l\u2019une (Pir- radiation) est d\u2019une technique plus compliquée, si l\u2019autre (L\u2019électro- dessication) est d\u2019un maniement plus aisé, nos préférences doivent neturellement se porter vers le plus simple.Nous ne voulons pas allonger démésurément cette communication en citant d\u2019autres faits, fort nombreux, à l\u2019actif des rayons À.Leur efficacité, leur souplesse, le grand nombre de dermatoses qu\u2019ils influencent heureusement les rendent indispensables en dernatologie.Il serait toutefois illusoire de ne compter que sur eux dans maintes affections.Les autres prescriptions diététiques, hygiéniques, médicamenteuses internes ou externes ne peuvent pas êtr: négligées.Hs sont dans plusieurs occasions le plus puissant des remèdes, non le seul et infaillible. GOÎTRE TOXIQUE ET MÉTABOLISME Georges BARIL.Professeur de chimie physiologique à la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal.Directeur scientifique des laboratoires de l\u2019Hôtel-Dieu de Saint-Joseph et de l'Hôpital Sainte-Justine.En décembre 1926, nous avons présenté à la Société Médicale de Montréal une série d\u2019observations de malades ayant souffert de \u2018goître toxique\u201d.(1) Avec faits à l\u2019appui, nous montrions l\u2019intérêt qu\u2019il y a de faire le métabolisme basal en série, pour suivre l\u2019évolution.de la maladie et juger de l\u2019efficacité du traitement donné; nous attirions l\u2019attention de nos.confrères sur le danger que présente l\u2019emploi inconsidéré de l\u2019iode dans cette affection et nous précisions les conditions de l\u2019administration de ce médicament, telles du moins qu\u2019elles ressortaient de l\u2019étude des dossiers du laboratoire de l\u2019Hôtel-Dieu.Pratiquant depuis plusieurs années déjà l\u2019_épreuve du métabolisme basal sur de nombreux malades pour les divers services cliniques de cet hôpital, nous étions fréquemment consultés par des confrères qui nous posaient la question: \u201cQuel traitement conseillez-vous de donner au malade que vous venez de voir ?\u201d ou encore: \u201cD\u2019après votre expérience du métabolisme, placé par vos fonctions sur un terrain neutre, quel traitement vous paraît, à l\u2019heure actuelle, donner les meilleurs résultats?Le traitement chirurgical?l\u2019application des Rayons X ?L\u2019administration prolongée de l\u2019iode ?\u201d Notre communication avait donc pour objet, non pas d\u2019apporter une réponse définitive aux questions soulevées, mais de fournir des indications utiles à ceux qui nous interrogeaient.Ces questions restent toujours a l\u2019ordre du jour; les opinions exprimées de côté et d\u2019autre indiquent bien qu\u2019elles sont loin d\u2019être résolues; nous nous croyons donc autorisés à offrir au lecteur de l\u2019Union Médicale le texte inédit que nous avons rédigé en 1926; seules quelques notes ont été ajoutées pour la présente publication.Parmi les opinions les plus intéressantes et les plus modérées que nous avons lues, ia suivante, émise par Monsieur Edward 1.Jenkison (1) Diagnostic inscrit par le clinicien ou l\u2019anatomo-pathologiste au dossier du malade. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 543 et parue dans RADIOLOGY, Vol.IV \u2014 June 1925 \u2014 p.453, retint il y a quatre ans notre attention: \u201cThere are no doubt many surgeons who believe the only method \u201cby which HYPERTHYROIDISM can be cured is through sur- \u201cgical interference.There are also many internists and radio- \u201clogists who believe their methods of treatment offer the patient \u201cthe only chance for recovery.There are cases of HYPERTHY- \u201cROIDISM which respond very well to surgery.There are also \u201ccases which respond to rest and medical treatment, and I am \u201csure there are many cases which respond to radiation.\u201cIn treating a large number of thyroids, either by surgery, rest \u201cor radiation, one is impressed by several cases that fail to respond \u201cto any method of treatment.There are cases which seem to \u201cdo poorly, regardless of the method pursued.\u201cIt is useless for the surgeon, the internist or the radiologist to \u201csay his method of treatment ts the only satisfactory one.lt is \u2018\u201c\u2018gure, in selected cases good results can be obtained with almost \u201cany type of therapy.\u201d Bref, c\u2019est toujours, sous une forme nouvelle, le vieil axiome: \u201cIl n\u2019y a pas de maladie, il n\u2019y a que des malades.\u201d Les observations que nous présentons démontrent, à notre avis, la justesse de l\u2019opinion que nous venons de citer.Nous les versons simplement au dossier de la question du \u201cGOÏTRE TOXIQUE\u201d, trop heureux si elles peuvent être de quelque utilité à ceux qui se posent les questions \u2018suivantes : 1° \u2014 La chirurgie guérit-elle le \u201cgoître toxique\u201d ?2° \u2014 Le guérit-elle toujours?Si elle le guérit souvent, dans quels cas?Dans quels cas se rencontrent les insuccès opératoires ?3° \u2014 Dans quels cas surtout se rencontrent les décès post-opéra- toires?(arily en a.4° \u2014 Quels effets ont les Rayons X sur l\u2019évolution du goitre toxique ?5° \u2014 Que penser de l\u2019administration de l\u2019iode ?6° \u2014 Quels résultats fournit un traitement médical autre que le traitement iodé ? 544 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA J Nous avons d\u2019abord sous les yeux une première série d\u2019observations de malades qui ont été opérés avec ou sans traitement préalable à l\u2019iode ou aux rayons X.Les chirurgiens considèrent que cliniquement il y a eu guérison constatée non seulement à la sortie de l\u2019hôpital, mais se maintenant depuis quelques années.Pour plusieurs, nous avons été assez heureux de pouvoir effectuer le métabolisme deux ans et plus après l\u2019intervention chirurgicale.Les courbes produites plus loin établissent nettement que dans la plupart de ces cas, il y a grande probabilité de guérison définitive.Seul cependant, le recul du temps permettra une conclusion ferme.Nous formulons cette réserve, parce que nous mentionnons au cours de ce mémoire, l\u2019histoire d\u2019une malade qui, opérée il y a plus de six ans dans un autre hôpital, a présenté au cours des derniers mois des symptômes de goître toxique et a été traitée dans notre institution.lère observation (résumée).\u2014 Madame St.-S.45 ans.Admise A l\u2019Hôtel-Dieu en août 1923.Diagnostic clinique: goître toxique non exophtalmique.Métabolisme le 24 août 1923: + 33.2) Repos au lit.Le 31 août 1923, nouveau métabolisme: + 19.Opération le lendemain: Résection totale du lobe gauche, ligature des quatre pôles.Le lobe droit tout petit n\u2019est pas enlevé; mais la ligature de ses deux pôles est faite.Le diagnostic de goître toxique est confirmé par l\u2019examen anatomo-pathologique.le 13 septembre 1923, métabolisme post-opératoire: \u2014 2.Le métabolisme est repris le lendemain pour contrôle: nous obtenons + 2.La malade quitte I'Hopital avec la mention guérie.Cependant, pendant trois ou quatre mois elle fut incapable de parler.Le 25 janvier 1924, soit quatre mois après l\u2019intervention, nous faisons un nouveau métabolisme.Le résultat est \u2014 10.Enfin nous avons revu cette ancienne opérée ces jours derniers.Son méta- bolisime actuel (22 octobre 1926) est de \u2014 4.Elle est très bien.Non pouls se maintient habituellement à 88.Elle n\u2019a pas d\u2019insomnie, pas d\u2019exophtalmie.Elle a peu de tremblement des mains: il fallait beaucoup d\u2019attention pour le percevoir le jour où nous avons fait le dernier métabolisme.Cette personne a repris ses occupations qui consistent à enseigner à plusieurs classes d\u2019élèves.C\u2019est une tâche assez lourde; ceux qui ont la pratique de l\u2019enseignement en savent quelque chose.Depuis son opération, elle a durant trois mois environ (l\u2019an dernier) pris du sirop iodo-tannique et fait des frictions d\u2019Iodex.Il s\u2019agit évidemment d\u2019un cas de goître à toxicité atténuée si l\u2019on en juge par le métabolisme initial de + 33.Mais la guérison n\u2019en paraît pas moins certaine.C\u2019est un exemple de traitement chirurgical pur.(2) Nous avons adopté dans ce travail la notation qui veut que la normale soit comprise entre \u2014 10 et + 10.ean a a { ii 14 j la le Tr ine ni pir jun ati ph Je | Is + L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 545 2ème observation (résumée).\u2014 Madame J.-D.38 ans.Nos 4091 et suivants de la filière 1924 du laboratoire.(3) Admise à l\u2019hôpital le 30 avril 1924.Diagnostic clinique: goître toxique.Exophtalmie marquée; pouls, à l\u2019entrée à l\u2019hôpital, compris entre 110 et 120; hypertrophie légère bilatérale de la glande thyroïde.Le 3 mai 1924, premier métabolisme: + 55.Traitement: solution de Lugol (gttes XV chaque jour) et bromure de quinine jusqu\u2019au 14 mai.Le 14 mai 1924, nouveau métabolisme + 37.Le 22 mai 1924, opération: Thyroidectomie.L\u2019examen anatomo-pathologique porte la mention \u201cgoître colloïde\u201d.Convalescence sans incidents.Le 4 juin 1924, métabolisme post-opératoire: + 5.Le pouls marque 78; la respiration est à 20.Cette opérée a été revue par nous le 26 octobre 1926, soit plus de deux ans après son opération.Le métabolisme actuel est \u2014 3; le pouls est à S0; son poids est passé de 139 lbs (avant l\u2019opération) à 211 lbs (présentement).Cette personne se dit très bien.Elle conserve cepen LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HOTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH M de ris \u201d BULLETIN D'ANALŸSE NO JD.oe.DATE À Jour.Ly .POUR Macame.T mo J ANS.coin.DEPT damcancencen ss 00e ans voa NO SERVICE DU DOCTEUR.\u2026 COURSE DE MÉTABOLISME PULSATION = LIGNE BRISÉE.MÉTABOLISME \u2014 LIGNE CONTINUE.RESPIRATION i OIDs - LATE Fig.I.dant encore une exophtalmie assez marquée.Elle n\u2019a pris aucun remède depuis deux ans.Elle fait tout son ouvrage ordinaire, c\u2019est-à-dire l\u2019entretien général d\u2019une maison de sept pièces.3ème observation (résumée).\u2014 Madame T.47 ans.Notre dossier 7260.Admise à l'hôpital en août 1924.Très énervée; palpitations cardia- (3) Le numéro de dossier auquel il est référé n\u2019indique pas le nombre de métabolismes faits dans l\u2019Hôpital, mais simplement le numéro de la fiche des travaux généraux du laboratoire pour l\u2019année en cour. 546 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ques intenses; pouls à 120; exophtalmie peu prononcée.La diagnostic clinique fut: goitre trés toxique avec myocardite et endocardite chroniques.Le métabolisme d\u2019entrée est de + 36.Il est peut-être un peu moins élevé que ne le laissait prévoir l\u2019examen clinique de la malade.La malade est traitée aux rayons X.Dans l\u2019intervalle des traitements, des métabolismes sont pratiqués aux dates suivantes: 5 novembre 1924: + 41; 25 novembre 1924: + 57; ler décembre 1924: + 53; 4 décembre 1924: + 48; 9 décembre 1924: + 37; le 12 décembre 1924: + 29.Nous présentons du reste la courbe de cette malade.(Fig.I).Le 22 décembre 1924, opération, à savoir: \u201cthyroi- dectomie partielle subtotale gauche et ligatures quadripolaires\u201d.Le diagnostic anatomo-pathologique porte simplement la mention: \u201cgoître toxique\u201d.Les suites opératoires furent sans incident.Le médecin qui a dirigé cette malade aux rayons X, puis en chirurgie, nous rapporte que cliniquement elle est très bien et fait régulièrement son travail qui est aussi de l\u2019enseignement.Le pouls est régulièrement à 80, même après la montée d\u2019un escalier.LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH ae BULLETIN D'ANALYSE NO 10 532 Lo.DATE 24 OcToBRE POUR Maocmoiseuue À.N.37aus DEPT \u2014 SERVICE DU DOCTEUF: COURBE DE MÉTABOLISME PULSATION = LIGNE BRISER.MÉTABOLISME = LIGNE CONTINUE.+ Fig.II.Nous n\u2019avons pas pu, & notre regret, faire récemment le métabolisme de cette malade pour nous rendre compte s\u2019il correspond à l\u2019état clinique.Même avec ce manque de complément, l\u2019observation vaut d\u2019être citée.no dème observation (résumée).\u2014 Mlle N.37 ans.No 10532 de nos dossiers 1925.Admise à l\u2019hôpital le 24 octobre 1925.Diagnostic clinique: goître toxique.Métabolismes: (voir la courbe fig.II).Le 24 octobre 1925: 547 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA + 26; 17 décembre 1925: + 28; 29 mars 1926: + 27; 3 mai 1926: + 18.Traitée d\u2019abord par le repos et les rayons X, elle fut opérée le 17 mai 1926, après que son métabolisme fut tombé à + 18.Thyroïdectomie droite, ligature des pôles à gauche.Diagnostic anatomo-pathologique: Adénôme de la thyroïde; état voisin de la malignité.Suites opératoires sans incident.Métabolisme post-opératoire le 9 juin 1926: \u2014 11.Malade revue le 18 octobre 1926; métabolisme: \u2014 12.Cliniquement bien, cette personne est encore au repos.Etant donné le rapport anatomo-pathologique, notre opinion quant à la guérison définitive doit être réservée, bien qu\u2019il y ait, là encore, un succès opératoire immédiat évident.(4) 5ème observation (résumée).\u2014 Monsieur L.46 ans.Admis à l\u2019hôpital le 8 janvier 1924, bien que nous ayons commencé à l\u2019observer à notre laboratoire, dès le 15 décembre 1923.Hypertrophie thyroïdienne marquée; exophtalmie considérable; nervosisme exagéré et tremblement.Pouls 104.Diagnostic clinique: goître toxique.Premier métabolisme: + 32.Le malade traité par le chirurgien et mis au repos à domicile se présente au laboratoire les jours suivants: 18 décembre 1923: + 33; 19 décembre 1923: + 36; 21 décembre 1923: +4 53; 22 décembre 1923 + 47; 24 décembre 1923: + 38; 28 décembre 1923: + 36; 31 décembre 1923: + 33; 4 janvier 1924: + 32.Pendant ce temps le malade a pris de l\u2019iode sous forme de solution de Lugol.Nous devons noter en passant combien peu d\u2019influence cet iode a eu sur l\u2019évolution apparente de la maladie.Mais si le métabolisme n\u2019a pas été amélioré, gardons-nous bien cependant de conclure trop sommairement que ce traitement a été inutile.Rien ne nous permet de nier la bonne influence (5) qu\u2019a l\u2019iode sur les suites opératoires, dans ces cas à métabolisme peu élevé.Le 19 janvier 1924, opération: Thyroïdectomie partielle du lobe droit et ligature du pole supérieur.Suites opératoires: sans incident.Diagnostic anatomo-pathologique: goître toxique.Métabolismes post-opératoires: le 30 janvier 1924: + 17; le 21 février 1924: + 7.5; le 16 mai 1924: + 1.5.Ce malade a été revu ces derniers jours (1926).Le métabolisme en date du 23 octobre 1926 a été de \u2014 2.Tous ces métabolismes sont contenus dans notre courbe (fig.III).Voici quelques compléments à cette observation.Monsieur L.a été incapable de travailler pendant deux ans après l\u2019opération.L\u2019exophtalmice a disparu complètement de même que le tremblement.Pendant ces deux ans il a pris de temps à autre des médicaments iodés (ioda- Se (4) Cette malade a été revue par nous le 20 janvier 1928.Cliniquement, elle était bien, son métabolisme était \u2014 5.(5) Bonne influence affirmée d\u2019une façon à peu près unanime à l\u2019heure actuelle. 548 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA lose Galbrun).et les trois valérianates de P.D., quand il faisait un peu d\u2019insomnie.Mais somme toute il se trouvait beaucoup mieux qu'avant l\u2019opération.En.juillet 1926, il accepte une position demandant peu d'effort physique, mais engageant une certaine responsabilité financière.Depuis ce jour il est plus nerveux; il fait plus fréquemment de l'insomnie.L\u2019exoph- talïrie est réapparue, mais il n\u2019y a pas de tremblement; aucune tachycardie ; aucune hypertrophie de ce que le patient a conservé de sa glande \u2018thyroïde.Son métabolisme étant à \u2014 2 (comme nous l\u2019avons mentionné) on peut considérer ce malade comme étant dans un état satisfaisant.Mais son cas \u201c exige-une réserve.Il est resté en place après opération une partie notable de la glande thyroïde.Il est done dù domaine des possibilités, comme l\u2019indique la fin de l\u2019observation clinique, \u2018que ce malade fasse encore des troubles de nature thyroïdienne.LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH .- Dane 597.BULLETIN D'ANALYSENO 5 5 DATE I} DECEMBA: POUR MR L.YLANS.DEPT SERVICE DU DOCTEUR.COURBE DE MÉTABOLISME PULSATION = LIGNE BRISÉE.MÉTABOLISME = LIGNZ CONTINUL RESFIRATION rOIDS Fig.IIL En résumé ce premier groupe d\u2019observations se compose a peu prés en entier de cas a toxicité atténuée, à métabolisme anté-opéra- toire inférieur à + 50, et, traités par une méthode \u2018combinée rayons X- chirurgie ou iode-chirurgie.Le premier cas est un exemple de traitement chirurgical exclusif.Nous connaissons plusieurs autres cas du même genre suivis de guérison cliniquement établie.Si nous ne rapportons pas leur histoire résumée, c\u2019est a) qu\u2019il n\u2019y a eu qu\u2019un métabolisme ante ou post-opératoire et b) qu\u2019il nous a été impossible L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 049 de revoir les personnes pour controler récemment par un métabolisme leur état de santé.Ces observations sortent donc du cadre que nous nous sommes tracé.Retenons en cependant la mention générale pour les fins de la conclusion de cette première partie.Sous la réserve évidemment nécessaire du petit nombre de cas rapportés, et, à la lumière des épreuves de métabolisme faites en série dans chaque cas, nous serions porté à conclure: \u201cqu\u2019un traitement chirurgical approprié, seul ou combiné, et guidé par le métabolisme, donne d\u2019excellents résultats et une cure probablement définitive dans les cas de goître à toxicité atténuée, chez les malades dont le métabolisme est inférieur à + 50, et en général voisin de + 30\u201d.(6) On ect en droit de penser que les rayons X ou l\u2019iode ne sont pas complètement étrangers aux suites opératoires heureuses observées dans la quasi-généralité des cas cités.Mais il faudrait bien se garder de pousser trop loin ces conclusions; car, il pourrait facilement nous être cité des succès opératoires indiscutables, sans incidents post-opé- ratoires, même en l\u2019absence de traitement iodé ou aux rayons X, el.sans métabolisme comme guide.\u201cNous reviendrons ultérieurement sur ce dernier point.A \u2014 II \u2014 La chirurgie guérit-elle toujours le goître toxique?Nous n\u2019hésitons pas à répondre: Non.Nous proposons entre autres à vos ré flexions les deux observations suivantes : Gème observation (résumée).\u2014 Mlle H.33 ans.Diagnostic clinique: goître exophtalmique très toxique.À son entrée à l'hôpital, cette malade est dans un état extrêmement grave.Nous présentons la courbe de son métabolisme.(Fig.IV et V).Celui-ci est fait en séries de plusieurs jours consécutifs chaque semaine.Il est fréquemment supérieur à + 80.Le pouls est toujours rapide, atteignant souvent 132 pulsations à la minute.Certains jours, la respiration est irrégulière; les épreuves de métabolisme sont, au début, mal supportées par la malade, et toujours difficiles à exécuter.Mlle H \u2026.subit une première opération le 16 janvier 1924.On fait la résection partielle du lobe droit par la méthode de Sibileau.Suites opératoires sans incident.L\u2019examen anatomo-pathologique de la pièce enlevée porte la mention \u201cgoitre colloide\u201d.La malade quitte l\u2019hôpital peu de jours après l'intervention pour aller se remettre dans sa famille.Son métabolisme reste élevé avec des chiffres de + 84 et + 88, le pouls variant de 110 à 132.Evidemment le chirurgien n\u2019a tenté qu\u2019un premier temps d\u2019une opé- (6) Depuis cette communication de nombreux cas, de même type, sont venus nous confirmer dans cette opinion. 550 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ration plus complète.Mlle H.revient à l\u2019hôpital pour subir une deuxième opération le 20 mars 1924.Son métabolisme est alors \u2018de + 77.On profite d\u2019une descente passagère de son chiffre de métabolisme pour pratiquer une thyroïdectomie.L\u2019examen anatomo-pathologique de \u201cpetites masses de tissus thyroïdiens de la grosseur d\u2019un oeuf\u201d porte cette fois la mention \u201cgoître toxique\u201d.Depuis cette deuxième opération nous avons l\u2019occasion de faire plus d\u2019une douzaine de métabolismes.Le chiffre le plus bas auquel celui-ci s\u2019abaisse est + 36.En novembre 1924, il remonte à + 76 avec un pouls à 116.La malade reste nerveuse et conserve de l\u2019exophtalmie.Elle revient au laboratoire en mai 1925, avec un métabolisme de + 67.Elle est dirigée vers le département électrique, et, après trois traitements aux rayons X son LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH _ aN A ee Do, Err BULLETIN D ANALYSE NO T4/2 DATE $ NoveMBRE 19125 BULLETIN D'ANALYSE NO 9412 DATE 3 Janvier way POUR MADEMOIS ELLE B H AJ ANS\" DEPT NO POUR MADE MOISELLÉ, B H.JIANS.DEPT NO SERVICE DU DOCTEUR SERVICE DU DOCTEUR .COURBE DE METABOLISME COURBE DE METABOLISME rors MÉr PULSATION = LIGNE BRISÉF.MÉTABOLISME \u2014 LIGME CONTINUE.ous] Mir \"PULSATION = LICNE RAISÉR- MÉTABOLISME = LIGNE CONTINUE.Vl - 7 qq ; Eh \u201cfé TTT Ï : J CF ; Fr ; - bop bt - d i 130 sro |\u2014 : Hp [ I 150 110 HH + - LITE 1) - Lo.' St : }-F- Sel ; , 1141 Ho 100 |\u2014 7 = / N : T 140 i ; 130 004 / - : \u2014 130 æ : \"NF : ! 120 8.: 120 - »-4-0- Te \\ : A vo] eee + a 10 70 + = - A \u2014 \u2014, \u2014 : ne = 4e - y 10 6 = \u2014 100 - + | - 4 V : ~ / a 4 fC CL NA i .A Wi x; ; Ï T 14 © J 1-7 ñ TT : JA so} 40 : = = s0 : 1 - : 27 < î \u201c le TF el, \\/ \\l \u2018 - Ï ° .! ! Cg A : Y 1% \\ i vo 20 ?- - co 7 ei E | 3 =} 21] 9 so, 10 50 TI; 7 7 ï \u2014 - ; 1 - \u2018 ; 1 : 2 8 u FI 10 0 : 40 r= E ! : 1s 4 : ! 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L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 551 Le 2ème cas que nous présentons sous la même rubrique est plus récent.7éme observation (résumée).\u2014 Mlle A.M.C.16 ans.Admise a l'hôpital le 22 janvier 1926.Hypertrophie de la glande thyroïde.Symptômes d\u2019une intoxication profonde: exophtalmie, tremblement, tachycardie, amaigrissement et affaiblissement.Diagnostic: goitre hypertoxique.Cette malade a eu toute une série de métabolismes, le chirurgien se proposant de l\u2019opérer pendant la courbe descendante.Le premier métabolisme a été fait le 23 juin 1926; le chiffre en a été de 106.Traitement iodé.Le métabolisme tombe rapidement comme suit: (Fig.VI) le 26 juin 1926: + 63; le 28 juin LABORATOIRE DE PATHOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU DI SAINT.[OSCE BULLETIN D'ANALYSE NO 613 DATE 25 Sun POUR MADE noise A-M C fo ANS, DEPT SERVICE DU DOCTEUR COURBE DE METABOLISME PUI SATION = LIGNE DRISEL MÉTARUEISME = LIGNE CONTINUE Fig.VI.1926: + 43; 30 juin 1926: + 40; 2 juillet 1926: + 41; 5 juillet 1926: + 33; 7 juillet 1926: + 22; 9 juillet 1926: + 23; 12 juillet 1926: + 19; 14 juillet 1926: + 20; 16 juillet 1926: + 8.Comme le 19 juillet le métabolisme indique une tendance à remonter, (+ 11) on opère le 23 juillet 1926 et on fait une thyroïdectomie.Suites opératoires heureuses.Malgré cette opération, le métabolisme remonte à + 32, pour osciller pendant quelques jours entre + 32 et + 23.Un mois après l\u2019opération, soit le 23 août 1926, le métabolisme est remonté à + 60.L\u2019état clinique est le même qu'avant l\u2019opération.Nous avons revu cette malade le 20 octobre 1926.Elle a un métabolisme de + 52, un pouls à 116 et ne se sent pas mieux qu\u2019avant. 252 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Pour nous, elle est aussi nerveuse à l\u2019appareil qu\u2019aux premiers jours.Ce cas est encore sous observation : nous ne pouvons que le laisser à méditer aux chirurgiens et médecins qui liront ces lignes.Si nous avions notre mot à dire dans le traitement de cette malade, nous la passerions sûrement à notre collègue des rayons X.La malade n\u2019est plus du reste en traitement dans notre hôpital.(Déc.1926) (à suivre) 0 te, mi mr te =v En pres RECUEIL DE FAITS VOLUMINEUX OSTÉOME DE L\u2019ORBITE.J.N.ROY, F.A.C.S., Professeur à l'Université de Montréal.Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Lauréat de l'Académie de Médecine de Paris.Comme l\u2019ostéome de l\u2019orbite représente une affection très rare, nous croyons intéressant de publier l\u2019observation suivante, et de mentionner, le fait qu\u2019à la suite de l\u2019ablation de la tumeur, \u2014 pesant 18 grammes, sans énucléation \u2014 nous avons pu garder à l\u2019oeil concerné toute son intégrité visuelle.De plus la malade en question souffrait d\u2019une paralysie faciale périphérique, dont l\u2019étiologie pourrait être assez longuement discutée, et que nous avons classifiée comme étant a fri- gore, et qui a guéri dans l\u2019espace de quatre mois.Voici d\u2019ailleurs son histoire.Observation.\u2014 Le 2 mai 1925, Melle C.N., âgée de 16 ans, vient nous consulter pour une très forte exophtalmie de l\u2019oeil droit, et une paralysie faciale du côté correspondant.Elle raconte qu\u2019en avril 1924, son oeil lui sembla devenir plus proéminent, et que plus tard ce symptôme s\u2019accentua graduellement.La vision de cet oeil fut toujours bonne; toutefois elle accusa de la diplopie pendant le premier mois de son affection.Dans la suite cette vision double fut neutralisée.A part une sensation de plénitude orbitaire de plus en plus considérable, elle n\u2019eut jamais de douleur.En octobre la malade pouvait difficilement fermer les paupières.Le ler mars 1925, parcourant en voiture découverte une distance assez considérable sur les bords du St-Laurent, par une température très froide et humide, elle se congela la moitié droite de la figure.Le lendemain, à midi, se déclara une paralysie des deux branches du facial de ce côté, qui fut complète le soir même.Elle n\u2019eut pas de température, et elle affirme n\u2019avoir ressenti aucune douleur de l'oreille.L\u2019audition est toujours demeurée bonne, et elle n\u2019eut pas d\u2019éruption zostérienne.Quinze jours plus tard la paralysie à commencé à s\u2019améliorer, et d\u2019une manière très lente dans la suite. 554 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA A l\u2019examen nous constatons une exophtalmie très prononcée de l\u2019oeil droit.Le globe, tout à fait immobile, est projeté en bas et en dehors.La cornée est sensible.La pupille réagit bien à la lumière, et la vision est de 1/3 des deux côtés sans correction.Etat normal du fond de l\u2019oeil.Comme la malade avait depuis longtemps la bonne habitude de dormir avec un bandeau, il n\u2019existe aucune lésion cornéenne, malgré l\u2019état de lagophtalmie.Le larmoiement est considérable; toutefois les voies lacrymales sont perméables.A la palpation de l\u2019orbite, nous trouvons une tumeur bosselée excessivement dure envahissant tout le plancher du sinus frontal.A part une sensation de plénitude, cette tumeur ne produit aucune douleur spontanée, et sa pression n\u2019éveille rien de désagréable.Bien que l'oeil droit soit dévié, la patiente n\u2019accuse pas de diplopie, car l\u2019abstraction de la fausse image existe déjà depuis longtemps.La rhinoscopie antérieure permet de constater une narine droite absolument normale, avec conservation de l\u2019odorat.Quant à la fosse nasale gauche, \"il y a un léger éperon de la cloison.Rien d\u2019intéressant à noter au pharynx et au cavum.Les deux tiers antérieurs de la langue perçoivent les saveurs aussi bien à droite qu\u2019à gauche.La diaphanoscopie nous -renseigne sur l\u2019état des sinus qui sont tous transparents.En plus de la lésion orbitaire, nous observons du même côté une paralysie du nerf facial, localisée à ses deux branches, et en voie de régression.En ce moment où l\u2019étiologie de la paralysie faciale périphérique est encore si controversée, il serait très intéressant de discuter ici la cause réelle de ce trouble moteur.Toutefois, ce travail étant écrit pour des ophtalmologistes, nous croyons devoir ne pas insister plus qu\u2019il ne faut, et nous nous réservons de reprendre plus tard cette observation en l\u2019exposant à un autre point de vue.Aussi, nous nous contenterons simplement de dire que nous avons trouvé des deux côtés un état normal du tympan, de l\u2019audition et des épreuves labyrinthiques.Et enfin, comme il n\u2019y avait aucune histoire d\u2019infection de l\u2019oreille, de cicatrices zostériennes, de traumatisme mastoïdien quelconque, et que le Wassermann a donné une réaction négative, nous avons sans hésitation diagnostiqué cette paralysie périphérique comme étant a frigore, Notre malade, qui a toujours respiré l\u2019air pur et salin de la Gaspésie, jouit d\u2019une santé générale parfaite.Elle n\u2019a jamais reçu de coup sur la région orbitaire droite, et n\u2019a eu aucune infection des fosses nasales.* Aucun de ses ancêtres n\u2019a souffert de tumeur ou de tuberculose.La radiographie révèle un néoplasme très imperméable aux rayons X, ayant envahi toute la voûte de l\u2019orbite.Ce néoplasme est tellement opaque qu\u2019il rappelle la consistance de l\u2019ivoire.La transparence des sinus observée à la diaphanoscopie est également confirmée.En présence de cette tumeur irrégulière et très dure, de son développement plutôt lent, et surtout de son aspect à la radiographie, nous portons le diagnostic d\u2019ostéome, et proposons l\u2019opération qui est acceptée pour le 8 mai.comte L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 555 Opération.\u2014 Le sourcil étant rasé, et la désinfection faite, la malade est mise sous l\u2019influence du chloroforme.Nous pratiquons une incision sur toute la longueur du sourcil, et atteignons le néoplasme qui occupe le toit de l\u2019orbite, de l\u2019angle interne à l\u2019externe.Après avoir soigneusement abaissé la paupière supérieure et le globe, nous voyons qu\u2019il plonge dans la cavité.Cette tumeur, très solidement enclavée, refoule le plancher du, sinus frontal, et se trouve recouverte par l\u2019arcade orbitaire qui la déborde.Il nous est impossible de la mobiliser.Nous décidons alors d\u2019employer la gouge et le maillet, et faisons deux petites rainures dans la région des cantus interne et externe.Nous enlevons ensuite le rebord de l\u2019orbite jusqu\u2019à la muqueuse sinusienne qui n\u2019est pas perforée.Ayant pratiqué ce débridement, nous avertissons l\u2019aide de bien immobiliser la tête de la malade, et au moyen du davier de Farabeuf mis aux extrémités de la tumeur, nous réussissons à la sortir tout d\u2019un bloc sans léser le globe oculaire, et la poulie du grand oblique.Les muqueuses nasale et du sinus frontal n\u2019ont pas été déchirées.Etant donné ses adhérences et son aspect macroscopique, le néoplasme a pris origine sur l\u2019ethmoïde.Après avoir complété l\u2019hémostase, et vérifié que l\u2019orbite est maintenant libre, nous refoulons l\u2019oeil dans sa cavité, et suturons très soigneusement les lèvres de l\u2019incision.Pansement légèrement compressif.Les suites opératoires sont des plus simples, et dès le septième jour nous commençons à enlever les points.Petit à petit le globe se rétracte, la vision binoculaire devient normale, et les paupières recouvrent la cornée.Aucune complication ne se manifeste du côté de la plaie, du sinus frontal ou de la narine.Seule la paralysie faciale existe encore, mais s\u2019atténue lentement.L\u2019électro-diagnostie, pratiqué par mon excellent ami, le Dr.L.Pariseau, permet de nous rendre compte que non-seulement il n\u2019y a pas de dégénérescence nerveuse, mais que, pour le facial inférieur, le seuil de l\u2019excitation est le même des deux côtés.Quant au facial supérieur, la réponse est simplement un peu plus lente à droite qu\u2019à gauche.Nous prescrivons la strychnine, le massage et l\u2019électricité.La malade sort de l\u2019hôpital un mois après l\u2019intervention, absolument guérie de sa lésion orbitaire.Il existe à peine une légère trace de l\u2019incision, le sourcil n\u2019étant pas tout à fait repoussé.(Voir photographie No.1, prise cinq semaines après l\u2019opération). 556 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA La fusion des images, contrôlée au diploscope de ltémy, est parfaite, et la vision est bonne après correction d\u2019un astigmatisme mixte moyennement prononcé.0.D.105° + 225 \u2014 0.95 V = 2/3 0.G.120° 4 2.\u2014 0.50 V = 2/3 A l'examen macroscopique nous observons une turieur excessivement dure pesant 18 grammes.De forme très irrégulière, cette tumeur est mamelonnée avec des anfractuosités plus ou moins pro- Fig.1 Aspect de la malade cinq semaines après l'intervention.fondes.Elle a 48 millimètres de longueur sur 8 centimètres de circonférence dans son plus grand diamètre.(Voir photographie No.2).En présence de ce néoplasme nous imaginons, pour nous renseigner sur sa consistance, de faire une petite expérience.Encore cette fois, nous recourons à l\u2019amabilité du Dr.Pariseau qui, ayant pris une L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 557 tête de statuette en ivoire d\u2019un diamètre se rapprochant de celui de la tumeur, et un os frais du tarse d\u2019un veau, de forme à peu près correspondante, radiographia les trois objets en même temps.Comme on peut s\u2019en rendre compte sur la figure No 3.3, l\u2019opacité aux rayons X est la même pour l\u2019ostéome que pour l\u2019ivoire.Quant à l\u2019os de veau, incomplètement calcifié, il a une structure spongieuse et une transparence comparables a celles des ostéomes ordinaires.Mon excellent ami le Prof.P.Masson, ayant bien voulu se charger du néoplasme au point de vue microscopique, me fournit le rapport suivant: \u201cUn fragment a été prélevé pour l\u2019examen histologique.La résistance de la pièce était telle que l\u2019on dut se servir, pour l\u2019entamer, d\u2019une scie à métaux\u201d.Fig.2 Ostéome de l\u2019orbite, grandeur naturelle.\u201cLa structure de la tumeur est de la plus grande simplicité.Elle est formée par un tissu osseux très dense, parcouru par un réseau de lacunes d\u2019un calibre exactement adapté à celui des capillaires sanguins qui les habitent.\u201d \u201cLa densité de ce tissu explique que son opacité aux rayons X soit comparable à celle de l\u2019ivoire, mais la présence des vaisseaux et leur abondance excluent le diagnostic d\u2019ostéome éburné.\u201d \u201cAu premier abord ce tissu rappelle par sa compacité, celui d\u2019une diaphyse osseuse adulte.Un examen plus attentif montre qu\u2019il offre une disposition trabéculaire simple, sans trace de remaniements ha- 508 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA versiens secondaires.ll a en somme la structure d\u2019un tissu osseux périosté à lacunes médullaires réduites au minimum.\u201d De retour en Gaspésie, la patiente nous donne régulièrement de ses nouvelles.Le 3 juillet, elle nous informait que sa paralysie faciale était guérie, \u2014 c\u2019est-à-dire quatre mois après le début de ce trouble moteur.Depuis lors sa santé a toujours été excellente, et à la fin de mars 1930, elle nous écrivait encore qu\u2019à partir de juillet 1925, elle n\u2019avait jamais souffert de l\u2019oeil ou de la figure.Fig.3 Ivoire, ostéome, os de veau.Cette observation est fort intéressante surtout au point de vue de la paralysie faciale.En effet, la jeune fille en question, âgée de 16 ans, s\u2019étant congelé la moitié droite de la figure.vit apparaître un jour après un trouble moteur du côté correspondant qui fut complet au bout de quelques heures.Nous rappellerons qu\u2019un grand nombre d\u2019auteurs sont d\u2019opinion que ce genre de paralysie a frigore se manifeste toujours consécutivement à une otite, et que l\u2019inflammation de l\u2019oreille moyenne, produit une névrite du nerf facial lorsqu\u2019il existe une déhiscence du canal de Fallope.Dans notre cas toutefois, comme le Wassermann était négatif, qu\u2019il n\u2019y avait aucun symptôme d\u2019infection du ganglion géniculé, ou de la caisse, aucune histoire de traumatisme ou de localisation toxi-infectieuse, nous avons conclu que la lésion était extra-pétreuse, et que nous étions en présence d\u2019une paralysie faciale causée uniquement par le froid, à la suite d\u2019une altération des branches terminales de ce nerf.D'ailleurs l\u2019électro-diag- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 559 nostic révélait qu\u2019il n\u2019y avait pas de dégénérescence nerveuse, et la malade fut guérie quatre mois après le début de ce trouble moteur, Aussi, pour le présent, nous n\u2019insisterons pas davantage.Quant à Postéome de l\u2019orbite, nous n\u2019aurons qu\u2019à souligner certaines particularités de cette affection bien étudiée par de nombreux auteurs.Nous savons que ce néoplasme, dont l\u2019étiologie est très obscure, se développe le plus fréquemment de 15 à 25 ans, c\u2019est-à-dire durant la période de l\u2019adolescence et de la jeunesse et que sa croissance est plus ou moins rapide.Dans certains cas, le diagnostic peut offrir quelques difficultés ; toutefois il est important pour nous aider, d\u2019avoir recours à la diaphanoscopie, et surtout à la radiographie.Lorsque la tumeur est éburnée, \u2014 et nous voulons dire qu\u2019elle présente la consistance de l\u2019ivoire au point de vue macroscopique, ou anatomo-pathologique \u2014 les rayons X permettent de nous rendre compte immédiatement si elle est dure ou spongieuse.En effet, notre figure 3 illustre bien cette différence, et si le néoplasme de notre malade et la tête de la statuette en ivoire donnent la même opacité, en retour l\u2019os de veau a une structure et une transparence semblables à celles des ostéomes spongieux.Jadis le traitement de l\u2019ostéome de l\u2019orbite présentait toujours, pour les opérateurs, une certaine hésitation, surtout avant l\u2019époque de l\u2019asepsie.Berlin et Mackenzie préconisaient même d\u2019enlever l\u2019oeil, plutôt que la tumeur, lorsqu\u2019elle occupait la paroi supérieure de la cavité orbitaire.Inutile de dire que cette opinion doit être maintenant rejetée, puisqu\u2019après l\u2019énucléation le néoplasme, n\u2019étant point arrêté dans son développement, continue à menacer la vie du malade.Panas, Demarquay, Bornhaupt, Steinheim, Maydl et Knapp conseillaient d\u2019être sobre d\u2019intervention pour les ostéomes de l\u2019orbite.De nos jours où le voisinage des méninges n\u2019offre relativement plus de crainte, nous devons proposer l\u2019opération pour tous ces cas de tumeur bénigne.D'ailleurs, la mortalité post-opératoire est à peine de 6 p.100, et avec une bonne technique et une très grande propreté, nous sommes en droit d\u2019escompter un succes.Diverses incisions ont été décrites pour atteindre le néoplasme, et le chirurgien doit s\u2019inspirer de chaque localisation spéciale.Cependant lorsque l\u2019ostéome siège à la paroi supérieure de l\u2019orbite, même s\u2019il a envahi le sinus frontal, nous croyons que la voie sourcilière donne un champ d\u2019intervention suffisamment vaste pour en faire plus ou moins facilement l\u2019ablation. 560 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Quant aux instruments qui agissent comme levier, dans le but de rendre la tumeur mobile, il faut être très prudent, et ne pas oublier qu\u2019avec leur usage, l\u2019on s\u2019expose à fracturer les parois si fragiles de la cavité orbitaire, et peut-être à avoir des complications mortelles.La poulie du grand oblique doit aussi attirer particulièrement notre attention.En terminant nous dirons que le néoplasme de notre malade a été facile à enlever, grâce à la technique employée.Les suites postopératoires ont été fort simples, la vision binoculaire est redevenue normale, et l\u2019incision a été naturellement cachée par le sourcil.Aussi, à l\u2019aspect de cette jeune fille personne ne pourrait se douter aujour- d\u2019hui qu\u2019elle souffrait, il y a cinq ans, d\u2019un volumineux ostéome de l\u2019orbite.BIBLIOGRAPHIE I.M.de Taranto.\u2014 Les ostéomes de l\u2019orbite.Thèse de Paris.No 268, 1901.F.Lagrange.\u2014 Traité des tumeurs de l\u2019oeil, de l\u2019orbite, et des annexes.Tome II, p.567.G.Steinheil, éditeur.Paris, 1904.J.N.Roy.\u2014 Fibrome calcifiant de l\u2019orbite.Annales d\u2019Oculistique.p.33, juillet 1908.R.1, Tchilinghiroff.\u2014 De l\u2019ostéome de l\u2019orbite.Thèse de Bordeauæ.No 67, 1900.F.Lagrange.\u2014 Encyclopédie française d\u2019ophtalmologie.Tome VIII, p.738.Octave Doin et Fils, éditeurs, Paris, 1909.A.Sargnon et P.Bertein.\u2014 La paralysie faciale périphérique en Otologie.Bulletin Société française d\u2019oto-rhino-laryngologie.Rapport Congrès, 1928.9 LA TRANSPLANTATION INTESTINALE DES URETERES B.G.BOURGEOIS, Chirurgien-en-chef de l'Hôpital Notre-Dame.La thèse du docteur J.H.Rivard, sur le traitement de l\u2019extrophiz vésicale par la transplantation intestinale des uretères, a remis en lumière, il y a quelques mois, une technique décrite, en 1921, par le docteur R.C.Coffey, de Portland, Oregon.Celle-ci, me semble-t-il, n\u2019avait pas.dans le temps, arrêté toute l\u2019attention qu\u2019elle méritait.Les succès médiocres, pour ne pas dire mauvais, fournis jusqu\u2019alors par les méthodes de dérivation intestinale des urines et les complications rénales sérieuses, auxquelles avaient presqu\u2019invariablement succombé la plupart des malades qui y avaient été soumis, avaient développé un pessimisme tel qu\u2019il empêcha de voir le principe nouveau sur lequel reposait la méthode nouvelle, à savoir: l\u2019utilisation de la pression intra-intestinale comme agent de protection contre les reflux septiques, occasionnés par cette même pression et si redoutables pour les organes qui y sont exposés.C\u2019est une notion universellement répandue, que la ré-implanta- tion de l\u2019uretère dans la vessie conduit le plus souvent à une dilatation de cet organe et expose à un reflux de l\u2019urine qui voue les organes, plus haut situés, aux pires accidents.L\u2019urétéro-cysto-néostomie en effet, a mauvaise réputation ; c\u2019est une opération dont les résultats éloi- £nés sont peu satisfaisants et conduisent trop souvent à la perte fonctionnelle du rein.La transplantation dans l\u2019intestin, ajoutant, au danger purement mécanique, celui plus grave encore de l\u2019infection ascendante, conduit à des désastres tout aussi imminents et plus précoces.Aussi est-il admis, assez généralement, qu\u2019en présence d\u2019une blessure difficilement réparable de l\u2019uretère, il vaut aussi bien sacrifier délibérément, par néphrectomie ou par ligature du conduit, un rein déjà voué à la destruction que de s\u2019acharner à réparer un canal qui deviendra manifestement malade.Et les dangers de la dérivation intestinale lui ont fait préférer même la dérivation extérieure à la peau, malgré ses ennuis et ses inconvénients. 562 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les altérations organiques et les accidents qui en résultent sont attribués, pour une part, à la discontinuité qui survient dans les arborisations nerveuses de l\u2019uretère et à la paralysie qu\u2019elle occasionne ; l\u2019inertie du muscle urétéral supprime le péristaltisme et entrave l\u2019évacuation ; elle prépare ainsi la rétention puis la dilatation.D\u2019autre part il est raisonnable de penser que la différence de pression dans les organes confluents, l\u2019uretère et la vessie ou l\u2019intestin, jointe à une \u201cdisproportion considérable des dimensions, justifie l\u2019application de l\u2019axiome bien connu \u201cdu plus fort contre le plus faible\u201d et explique le retour facile, dans l\u2019uretère flasque, des liquides contenus dans la vessie ou dans l\u2019intestin en contraction.Le point intéressant de la méthode de Coffey c\u2019est qu\u2019elle utilise précisément cette pression, dans l\u2019organe réservoir, pour obtenir la fermeture de l\u2019orifice urétéral.Coffey, en effet, a remplacé l\u2019abouchement direct par une disposition oblique qui imite, dans la mesure du possible, celle de l\u2019anatomie normale et fait cheminer, sur une certaine distance, l\u2019uretère entre la muqueuse et la couche séro-mus- culaire de l\u2019intestin ; celle-ci sert de buttée sur laquelle la pression intra-intestinale comprime la muqueuse et l\u2019uretère: plus grande est la pression et plus imminent le danger mais aussi plus serrée et plus hermétique est l\u2019occlusion.La justesse des prétentions de Coffey a reçu d\u2019abord sa consécration dans le domaine expérimental.Les autopsies, faites en séries chez des animaux opérés depuis plusieurs mois, ont prouvé, sans exception, l\u2019étanchéité du nouvel orifice et l\u2019intégrité des organes sus-jacents tandis que toutes, ou presque toutes les transplantations directes ont donné les altérations organiques et les accidents déjà mentionnés.Le docteur Charles Mayo a réglé quelques détails de l\u2019application de la nouvelle technique chez l\u2019homme; il a publié, entre autres chirurgiens, des statistiques imposantes par le nombre et dont la faible mortalité et les excellents résultats permettent les plus grands espoirs.Nous sommes heureux de pouvoir apporter le témoignage d\u2019une observation personnelle où la méthode de Coffey nous a permis de venir au secours d\u2019un pauvre deshérité de la nature et de ramener, dans le coeur d\u2019un garçon de 19 ans, la joie de vivre et la satisfaction de n\u2019être plus, pour ses semblables, un objet de répulsion.A.M., 19 ans, est né avec une extrophie vésicale.A l\u2019âge de 3 ans, en 1913, il nous a été amené en fort mauvais état; chétif, pâle, il présente alors une vessie complètement ouverte, les uretères saillants four- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 563 nissent des urines irritantes dont la peau de l\u2019abdomen et des cuisses porte les traces douloureuses, le pubis est largement ouvert ou inexistant et la verge rudimentaire est en épispadias complète.Grâce au procédé autoplastique de Ségoud, nous parvenons à lui constituer une vessie convenable et à refaire un uretre dont le méat pénien reste incontinent, il est vrai, mais permet de collecter les urines dans un urinal.Le port de cet appareil est très satisfaisant pour le moment: le malade peut porter les vêtements de son âge et de son sexe et masquer son infirmité; il s\u2019instruit à l\u2019école, apprend un métier et travaille à gagner sa vie.Seulement depuis qu\u2019A.M.a grandi, son infirmité lui pèse davantage .L\u2019appareil, si utile le jour, ne l\u2019est plus la nuit; il doit être, au coucher, remplacé par un gros pansement qui s\u2019imbibe trop vite et oblige à des renouvellements fréquents.De plus, au contact des urines, le caoutchoue s\u2019incruste rapidement, la fermentation répand des odeurs qui obligent à des lavages répétés plusieurs fois par jour, ceux-ci entravent et gênent son travail.Devenu très malheureux, il fuit la compagnie des gens de son âge et se cantonne chez lui; il a perdu l\u2019appétit.le sommeil et sa mère nous demande en grâce de faire quelque chose pour lui.Nous lui proposons la dérivation intestinale qui est acceptée avec un coeur joyeux! Le 20 février 1930 nous transplantons l\u2019uretère droit dans la partie supérieure du rectum et le 12 avril, le gauche dans le colon iliaque.Chaque fois l\u2019acte opératoire fut très simple et les suites banales: Aucune élévation de température, \u2014 guérison par première intention; \u2014 aucune manifestation insolite du côté des reins, ni douleur ni sensibilité.Le malade a quitté l\u2019hôpital le 15e jour.Les nouvelles de ces jours derniers sont très bonnes.Le malade est très heureux, il a repris ses occupations, la gaîté et l\u2019appétit sont revenus et il a engraissé de 8 livres.Aucun ennui, il évacue son rectum 7 à 8 fois par 24 heures, \u2014 sans douleurs comme sans accidents, \u2014 et depuis quelque temps, il ne se lève plus la nuit.Nous croyons utile de préciser les points suivants auxquels nous nous permettons d\u2019attribuer une grande importance.1° Nécessité de bien préparer l\u2019intestin et d\u2019en amoindrir la flore dangereuse par des laxatifs répétés et une vaccination préventive.Nous croyons avoir profité du Bactériophage d\u2019Hérelle dont notre malade a ingurgité une ampoule matin et soir, huit jours à l\u2019avance et huit jours après les interventions.2° Utilisation de l\u2019incision médiane que nous avons employée de -préférence aux incisions latérales obliques, recommandées par Coffey et Mayo.Elle nous a donné, chaque fois, un jour très large qui nous a permis toutes les explorations.Nous avons pu constater ainsi l\u2019absence presque complète des adhérences post-opératoires que l\u2019on si- 564 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA gnale dans ces cas et qui souvent rendent difficile la mobilisation de l\u2019intestin pour la deuxième intervention.Nous attribuons ce pre- nier résultat au soin que nous avions pris d\u2019extérioriser, en quelque sorte, le foyer d\u2019implantation sous le péritoine pariétal, grâce à quelques points au catgut qui ont ramené les lèvres de l\u2019incision du péritoine postérieur sur l\u2019intestin.Nous avons été frappé en plus de la rapidité avec laquelle l\u2019intestin s\u2019adapte à ses nouvelles fonctions.Six semaines après la première implantation nous avons pu constater une dilatation ampullaire du rectum ayant déjà les dimensions d\u2019une vessie à moitié distendue et ne présentant extérieurement aucun signe particulier d\u2019irritation Li d\u2019inflammation.3° Finalement nous avons suivi la recommandation de Mayo qui laisse pendant quelques jours un tube rectal en permanence.Celui-ci assure l\u2019évacuation constante du rectum et diminue les chances du reflux dans l\u2019uretère comme du coulage dans le péritoine et le bassin.En somme, les bons effets inappréciables que notre patient a retirés de l\u2019intervention, \u2014 la simplicité relative de la méthode de Coffey, \u2014 son apparente innocuité en regard des techniques complexes et dangereuses qui ont été successivement décrites puis abandonnées, nous ont donné l\u2019impression que cette transplantation intestinale des uretères constitue un moyen précieux de venir au secours d\u2019un certain nombre de malades dont la vessie est devenue inopérante : extrophie, cystites douloureuses ou fistules incurables, tumeurs, cancer, etc. UN CAS D\u2019HYPERTENSION ARTÉRIELLE PERMANENTE, A ALLURE PAROXYSTIQUE, SECONDAIRE A UN ADENOME DEGENERE DU FOIE.J.Alfred MOUSSEAU, de la Faculté de Paris, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame.L\u2019observation que nous rapportons est intéressante, non pas tant au point de vue des résultats thérapeutiques, bien que l\u2019intervention opératoire ait amené une amélioration temporaire, qu\u2019au point de vue du diagnostic et du mécanisme pathogénique des différents syndromes relevés au cours de l\u2019évolution de la maladie.Hypertension artérielle permanente à allure paroxystique ; ictère progressif mais intermittent; des troubles sérieux et datant de plusieurs mois du côté de l\u2019appareil digestif, génital, et cardio-vasculaire avec répercussion rénale; autant de syndromes intriqués responsables par l\u2019importance de chacun d\u2019eux, d\u2019avoir fait errer longtemps le diagnostic.Observation Une jeune femme de 28 ans est d\u2019abord admise dans le service de gynécologie de, l\u2019hôpital Notre-Dame, le 8 mai 1930 pour métrorragies, datant depuis environ 6 mois, c\u2019est-à-dire depuis son dernier accouchement (7 novembre 1929).( A l\u2019examen gynécologique, l\u2019utérus est légèrement augmenté de volume, mou, mobile, aucunement douloureux; le col, mou, lacéré, entr\u2019ouvert, laisse pénétrer la pulpe de l\u2019index.Insuffisance vulvaire; hyperhémie, écoulement verdâtre; les culs de sacs sont souples et les annexes facilement perceptibles, ne sont pas douloureuses.À ce moment, malgré des pertes de sang importantes et presque continues depuis 6 mois, l\u2019état général de la malade paraît encore assez bon; on note cependant un teint jaunâtre, un léger oedème palpébral; au coeur, à la pointe, un souffle d\u2019insuffisance mitrale; au foyer aortique, au deuxième temps, un clangor assez marqué.la malade accuse une forte céphalée La pression artérielle: = occipito-frontale et des épistaxis.La température est normale; le pouls bat à 80; le Wasserman est négatif; l\u2019urée sanguine: 0.26; la glycémie 1 gr.20.Les urines ne renferment que des traces d\u2019albumine.On note rien de particulier du côté des autres appareils. 566 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Entrée pour métrorragies, on pratique, 10 jours après, un curettage utérin.L\u2019examen histologique donne: fragments oedémateux de muqueuses utérine.Diagnostic post-opératoire: métrorragies de cause extragénitale.C\u2019est à cause de la persistance de certains troubles anciens ou nouveaux, tels que céphalée, nausées, crises épigastralgiques que nous sommes appelé - sur requête des gynécologues à examiner cette malade.Un examen sommaire nous fait conclure à l\u2019admission de la malade dans notre service de médecine; et le 31 mai nous faisons les constatations cliniques suivantes: Le teint particulier de la malade nous fait d\u2019abord penser à la maladie d\u2019Addison; mais l\u2019absence de certaines particularités propres à ce syndrome, et l\u2019examen attentif de la peau et des muqueuses nous fait conclure plutôt à la présence d\u2019un ictère léger, d\u2019autant plus que la malade, à ce moment, accuse déjà un peu de prurit et présente des urines à trace albumineuse et déjà foncées; les selles sont parfois légèrement décolorées.Des vomissements alimentaires font bientôt suite aux nausées; des manifestations douloureuses spontanées se produisent au niveau du carrefour gastrique qui s\u2019accentuent quand nous explorons cette région par le palper; les douleurs subjectives s\u2019irradient en barre, et au dire de la malade, elles dateraient de six à huit mois, mais seraient intermittentes.La malade n'a pas maigri sensiblement ; le corps thyroïde n\u2019est pas hypertrophié; il y a absence de ganglions cervicaux, axillaires et inguinaux.La langue n\u2019est pas saburrale; la dentition est parfaite.L\u2019examen des poumons reste négatif.La pointe du coeur est un peu abaissée et nous constatons les troubles déjà rapportés plus haut: du clangor au 2ème temps, au foyer aortique et une insuffisance mitrale d\u2019origine probablement fonctionnelle, en raison de l'absence de maladies infectieuses antérieures.Par contre la pression artérielle, à partir du 9 mai au 27 juin, donne des chiffres élevés et quotidiennement différents; dans une seule journée, la pression fait des bonds remarquables pour s\u2019abaisser ensuite et remonter un peu plus tard ou au moment des examens répétés de la région épigastrique : 220 - 212 - 190 - 208 - 206 - 170 - 230 - 210 - 250 - 235 - 195 .\u2014_\u2014 140 22 120 130 124 110 138 120 140 140 140 .«res 170 - 188; Le 9 juin: nous enregistrons deux pressions différentes : 130 .166 - 178 176 190 .le 18 Los 5 22 \u2014 3 23 juin: ; 7.- de e juin: 59 157 le 22 juin: 120 : le 23 juin 130 ° le 27.jour de a 210 .: Cs 148 2 sut l\u2019opération : 150 ; le 30 juin, le lendemain de l'opération : ind : le 3 juil- 168 let : 130 .L\u2019abdomen est souple et tacheté de très nombreuses vergetures: il y a écartement des droits.A la faveur de cette souplesse abdominale il nous est facile de palper le foie qui dépasse de 4 travers de doigt le rebord costal et se prolonge de 4 à 5 centimètres de l\u2019autre côté de la ligne médiane; du creux épigastrique jusqu'aux limites indiquées plus haut, nous percevons à L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 567 la palpation une masse grande comme une petite paume de main, dure, douloureuse à la palpation, irrégulière semble-t-il à sa surface, peu mobilisable et semblant faire corps avec le foie du fait de son immobilité lors des différentes attitudes imposées à la malade durant l\u2019examen.La rate est percu- table mais n\u2019est pas perceptible au palper.Du côté du système nerveux: les réflexes patellaires sont très vifs; il y a absence d\u2019Argyll-Robertson; il n\u2019y a pas de Romberg.Le 25 juin l\u2019examen des urines donne: présence d\u2019albumine, de leucocytes et cylindres granuleux.Examen du sang: B.W.négatif; urée sanguine 0.32; glycémie: 1 grm.20; cholestérine 2 grm.81.Examen du fond de l\u2019oeil: normal.La petite masse, perçue au-dessus du creux épigastrique, pouvant être une tumeur d\u2019origine gastrique, nous demandons un examen radiologique du tube digestif.Résultat: à la radioscopie, l\u2019estomac est hypotonique; les courbures sont normales ainsi que les parois; tonicité faible; la région pyloro- duodénale est en situation normale mais déformée.Sur les radiographies, le pylore et le bulbe sont déformés et la région prépylorique est un peu lacunaire.Conclusions: ulcère suspect de la région pyloro bulbaire.(Dr Léonard).Dans les jours qui suivirent, l\u2019ictère s\u2019étant accentué quelque peu, les selles étant apparues décolorées, par ailleurs l\u2019examen radiologique de l\u2019estomac nous ayant donné dans ses conclusions un diagnostic d\u2019ulcére suspect de la région pyloro-bulbaire, nous demeurions hésitant à confirmer ce dia- gnostie, d\u2019autant plus qu\u2019un tel syndrome douloureux accusé depuis si longtemps n'avait jamais causé d\u2019hématémèse, ni d\u2019hyperchlorhydrie, ni n\u2019avait obligé la malade à adopter un régime approprié à ce syndrome.C\u2019est pourquoi la présence de cet ictère, devenu par la suite progressif mais intermittent, nous fit demander un Iodékon.Résultat: la vésicule est complètement vide; la bile ne séjourne pas longtemps dans cette vésicule déformée.(Dr Léonard).Or, comme la tumeur persiste toujours, que les douleurs vont s\u2019accentuant, que la pression artérielle se maintient élevée avec paroxysmes, alors que l'examen radiographique de la vésicule ne peut nous fournir le moindre renseignement sur la nature de cet ictère, nous demandons pour plus de sûreté un nouvel examen radiologique de l\u2019estomac.Réponse: l\u2019estomac paraît normal mais le bulbe n\u2019est pas rempli.En définitive, nous posons le diagnostic clinique de tumeur du lobe gauche du foie sans pouvoir cependant en déterminer la nature; et nous demandons a la chirurgie de bien vouloir nous renseigner à propos de cette masse, située dans la région épigastrique, et qui à notre point de vue, doit être la cause de tant de syndromes intriqués.Le 27 juin: laparatomie.(Dr Gariépy).Le foie est gros; la vésicule, qui ne contient pas de calculs, présente une capacité normale, mais des parois blanches, oedématiées.Sur la face supérieure du lobe gauche on découvre une masse cyanotique, irrégulière, comme sillonnée par de grosses veines, faisant croire d'abord à un angiome.Un sillon régulièrement circulaire délimite cette masse; pour s\u2019en faire une 568 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA idéo plus parfaite, il suffit de penser aux traces que laisse sur la peau la ventouse, immédiatement après une longue application.L\u2019aspect angiomateux de cette tumeur, située dans un parenchyme aussi vascularisé, empêche le chirurgien de faire une biopsie.On se contente de pratiquer une cholécystostomie qui dans les jours suivants, amène une diminution très notable de l\u2019ictère.Diagnostic post-opératoire: adénome probablement dégénéré du lobe gauche du foie.Le 30 juin, l\u2019analyse d\u2019un échantillon de bile provenant du drainage, nous donne la réponse suivante: ni polynucléaires, ni cellules épithéliales, (Dr Bertrand).Il est à remarquer que cette malade n\u2019a jamais fait de fièvre; et son pouls, plein, régulier, s\u2019est toujours maintenu aux alentours de 80.Un syndrome rénal s\u2019est constitué au cours de la maladie comme on peut en juger d\u2019après des analyses successives: urine: le 9 mai \u2014 traces d\u2019albumine; le 17 juin \u2014 albumine; le 25 juin \u2014 albumine, leucocytes et cylindres granuleux.Cette observation médico-chirurgicale présente une telle intrication de syndromes qu\u2019elle invite à en expliquer le mécanisme patho- génique.La localisation particulière au niveau du carrefour gastrique; l\u2019enchaînement successif des syndromes qu\u2019elle déclanche, nous fera mieux comprendre ce mécanisme.En résumé il s\u2019agit d\u2019une jeune femme de 28 ans présentant depuis son dernier accouchement des métrorragies qui nécessitent en raison de leur chronicité et des circonstances originelles un curettage utérin.En même temps, apparaissent une céphalée intense, des nausées, des épistaxis répétés, une pression artérielle élevé: symptomiatologie caractéristique d\u2019une lésion rénale.L\u2019examen des urines et du sang demeurent d\u2019abord négatif.Nous dirons plus loin comment s\u2019est constitué, par la suite, le syndrome rénal.L\u2019allure paroxystique de cette pression artérielle permanente fait ensuite penser au surréna- lôme hypertensif ; mais nous ne retrouvons pas l\u2019ensemble des symptômes, tant objectifs que subjectifs, qui constituent ce nouveau syndrome anatomo-clinique.L\u2019allure particulière de cette tension artérielle nous invite à examiner plus minutieusement notre malade.Les troubles digestifs attirent notre attention du côté de l\u2019estomac.A la palpation, nous L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 569 découvrons au niveau du carrefour gastrique une petite tumeur, grande comme une paume de main.Un examen radiologique est alors pratiqué qui conclut à l\u2019absence de toute lésion organique de l\u2019estomac ou du pylore malgré certaine déformation, non caractéristique, du bulbe.Cette masse, découverte à l\u2019examen clinique, n\u2019affectant en rien, d\u2019après l\u2019examen radiologique le transit du repas baryté ou même l\u2019image gastrique, semblait plutôt faire corps avec un foie débordant le rebord costal.Un ictére par compression, s\u2019ajoutant à ce tableau clinique, nous demandons un lodékon.Le rapport reste négatif du côté vésiculaire.Mais devant l\u2019accentuation des symptômes mentionnés plus haut, les chirurgiens décident d\u2019intervenir.Résultats?On découvre une petite tumeur localisée à la partie tout a fait externe du lobe gauche du foie.L\u2019aspect angiomateux de cette tumeur, située dans un parenchyme déjà très vascularisé, interdit la biopsie.On pratique une cholécystostomie qui nous permet de constater l\u2019intégrité du liquide biliaire.La vésicule, quoique présentant des parois oedématiées, ne contient ni calculs, ni polynucléaires, ni cellules épithéliales, ni globules rouges.Le drainage biliaire amène la disparition presque complète de l\u2019ictère ; malheureusement la tumeur n\u2019ayant pu être extirpée, les autres syndromes déjà mentionnés, ont tous réapparu les uns après les autres.Le pronostic reste sombre.* * Mécanisme pathogénique des différents syndromes.\u2014 Nous savons que c\u2019est surtout sur le plexus solaire que se concentrent et se réfléchissent les impressions douloureuses.Or, dans le cas qui nous intéresse, la tumeur du lobe gauche du foie répond, par sa situation, a ce trés important plexus nerveux.Indépendamment de toute lésion surrénale ou néphrétique, mais par un mécanisme réflexe neuro-vasculaire, s\u2019est produite une hypertension artérielle, d\u2019abord permanente, prenant dans la suite une allure paroxystique selon l\u2019état de la réflectivité.Cette hypertension explique bien les complications d\u2019ordre neuro-myo-vasculaire :métrorragies, épistaxis, céphalée, nausées, souffle d\u2019insuffisance mitrale fonctionnel, clangor-aortique.Quant à l\u2019ictère progressif, mais intermittent, on peut l\u2019expliquer par le mécanisme de la compression aussi bien que par le spasme réflexe des voies biliaires ; et une lésion vraie de la cellule hépatique W\u2019eut pas été améliorée par le drainage biliaire, lequel, en cas d\u2019ic- 570 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA tère par compression ou spasme, en réalise parfaitement la libération.Si plus tard est apparu un syndrome rénal assez complet, il est permis de penser que l\u2019élévation permanente de la pression artérielle, accompagnée de paroxysmes aussi violents et agissant par un mécanisme inverse à celui des données classiques (sclérose rénale, facteur d\u2019hypertension) serait susceptible de l\u2019avoir provoqué; car il est reconnu que des coups de bélier répétés de la colonne sanguine sur les vaisseaux du rein ainsi rétrécis par une striction spasmodique, peuvent engendrer une néphrite.En conclusion, une tumeur même peu développée du parenchyme hépatique, située au niveau du plexus solaire est susceptible de déclancher un groupe de syndromes différents, par un simple mécanisme nerveux réflexe résultat d\u2019une compression.Les troubles fonctionnels qu\u2019elle crée d\u2019abord, peuvent conduire ensuite à des lésions organiques irrémédiables, surtout si la cause, par suite de l\u2019impossibilité de son .extirpation, persiste jusqu\u2019à la fin. A PROPOS DU TRAITEMENT DE LA CALCIURIE - Oscar MERCIER, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal, Chef du Service d'Urologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Il nous paraît intéressant et nécessaire d\u2019attirer l\u2019attention des médecins sur le traitement de la phosphaturie, appelée plus précisément par les Allemands calciurie.Les traités classiques d\u2019urologie et de diététique ignorent ou ne font que signaler ce traitement.Il importe de connaître que les lithiases ne sont pas toutes acides et que nombreuses sont celles dites alcalines dont le substratum réside dans un excès dans les urines de substances calciques.Nous le verrons plus loin, leur thérapeutique diffère entièrement de celles où l\u2019acide urique et l\u2019acide oxalique prédominent.Cependant, avant d\u2019exposer ce traitement, il nous faut pour le justifier et le rendre compréhensible, expliquer la pathogénie et la physiologie pathologique de la calciurie.En clinique, on a confondu et on confond trop souvent la phosphaturie vraie et la phosphaturie apparente.La première a pour caractéristique une surabondance, dans les urines, d\u2019acide phosphorique à l\u2019état des sels, tandis que la seconde est constituée par une précipitation des sels de chaux parmi lesquels se trouve le phosphate de calcium.La phosphaturie apparente a reçu diverses appellations dont la plus précise est la calciurie, terme adopté par les auteurs allemands.D\u2019étiologie différente, les phosphaturies comportent une thérapeutique entièrement dissemblable.Leur étude doit donc être divisée en deux parties distinctes, dont l\u2019une comprendra la phosphaturie vraie et l\u2019autre la calciurie.LA PHOSPHATURIE VRAIE.Avant d\u2019étudier la phosphaturie vraie, il importe de remémorer, dans un bref aperçu, le métabolisme du phosphore dans l\u2019organisme.Les multiples composés sont introduits dans le tube digestif par les aliments.Là, ils sont tous transformés en phosphates minéraux qui parviennent au foie par la circulation.Le tissu hépatique procède à un travail synthétique et forme avec ces phosphates minéraux et certains éléments organiques des composés phosphorés organiques 512 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA (lécithines, nucléo-protéides).Ceux-ci fourniront aux organes et en particulier au squelette leur ration en phosphore nécessaire à leur vie.Ces combinaisons phosphorées organiques se transforment à leur tour dans les organes en phosphores minéraux.Sous l\u2019effet de l\u2019usure cellulaire, ces sels phosphatiques retournent dans la circulation dont la majeure partie est éliminée par les urines et dont une très faible partie est encore reprise pour recommencer le cycle.On voit done que le phosphore sort de l\u2019organisme presque entièrement .à l\u2019état de phosphates minéraux.Le dosage du phosphore organique dans les urines, dont la quantité est infiniment restreinte, est négligeable, tandis que l\u2019intérêt se porte vers la recherche du taux des phosphates minéraux.Normalement l\u2019élimination des composés phosphorés dans les urines oscille aux environ de 0,030 milligrammes par kilo de poids de corps.Chaque fois que le taux de 0, 050 milligrammes est atteint ou dépassé, il existe une phosphaturie vraie.En plus, la relation de l\u2019acide phosphorique à l\u2019azote totale, qui normalement est de 1/10 augmente à 1/7 vis-à-vis de l\u2019urée dans la phosphaturie vraie.Cette dernière est constituée par de nombreux sels phosphatiques, dont le phosphate de calcium ne comprend qu\u2019une faible partie.Le rapport de l\u2019acide phosphorique à la chaux, qui est de 1/12 chez les sujets normaux reste inaltéré.Au contraire, dans la calciurie il y a une augmentation de la chaux jusqu\u2019à 1/7 ou 1/4 de l\u2019acide phosphorique.Enfin, dans la phosphaturie vraie le maximum d\u2019élimination du phosphore apparaît pendant la nuit.D\u2019une façon générale, l\u2019augmentation du taux des phosphates urinaires indique un trouble de métabolisme des substances phosphorées.Les affections qui entravent leur cycle normal dans l\u2019organisme sont multiples.Cliniquement on distingue deux variétés de phosphaturie vraie, l\u2019une transitoire, l\u2019autre permanente.La première s\u2019observe à la suite d\u2019une alimentation carnée excessive, qui apporte une quantité trop.considérable de composés phosphorés.L\u2019organisme élimine cet excès de phosphore qu\u2019il ne peut utiliser.Le surmenage physique, producteur d\u2019usure cellulaire, engendre encore une élimination abondante et temporaire de phosphates.Enfin, la phosphaturie vraie transitoire apparaît au moment de la défervescence des maladies infectieuses.[Elle traduit alors l\u2019élimination brutale de l\u2019acide phosphorique que l\u2019organisme a retenu en quantité considérable pendant l\u2019évolution de l\u2019infection pour aider la leucocytose et entretenir la vie cellulaire.Des décharges abondantes L'UNION MEDICALE DU CANADA 573 et transitoires de phosphore dans l\u2019urine ne sont qu\u2019un épiphénomène et ne comporte aucune indice pathologique.La phosphaturie vraie permanente, conséquence d\u2019une affection qui trouble le métabolisme du phosphore n\u2019intéresse que secondairement l\u2019urologue.C\u2019est en somme, un symptôme qui s\u2019ajoute à ceux de la maladie causale.Chez les diabétiques, il est d\u2019observation fréquente de trouver une augmentation considérable du taux du phosphore urinaire éliminé.Chez quelques malades, la phosphaturie évolue concomittamment avec la glycosurie.Chez d\u2019autres eile alterne avec cette dernière.Enfin, plus rarement elle se substitue définitivement au glucose dans les urines.La tuberculose pulmonaire, à sa période initiale, s\u2019accompagne presque toujours d\u2019une élimination marquée de phosphates dans les urines.La phosphaturie vraie coïncide souvent avec l\u2019oxalurie, quoique plus fréquemment avec la calciurie.Cette coïncidence s\u2019explique par le fait que le foie possède un rôle aussi actif dans le métabolisme du phosphore que dans celui de l\u2019acide oxalique.En résumé, la phosphaturie vraie est un phénomène qui concerne surtout le médecin, parce qu\u2019elle survient au cours d\u2019affections médicales.De plus, elle est incapable d\u2019aboutir à la lithiase phos- phatique, qui relève de la calciurie.LA CALCIURIE : La calciurie doit, au contraire, attirer toute l\u2019attention de l\u2019urologue.En effet, lorsqu\u2019elle est accentuée, elle peut donner naissance à des calculs, surtout s\u2019il existe des lésions des voies urinaires, qui favorisent l\u2019agglomération des sels de chaux.La phosphaturie apparente est caractérisée par une précipitation des sels de chaux dans l\u2019urine, parmi lesquels se trouve le phosphate de calcium.Cette précipitation a pour origine une neutralité ou une alcalinité du milieu urinaire.La calciurie, résultat d\u2019un phénomène local qui modifie la réaction de l\u2019urine, découle de causes multiples.Les troubles dyspeptiques produisent, par un mécanisme double, l\u2019alcalescence du milieu urinaire.D\u2019une part, l\u2019absorption abondante C\u2019eaux minérales alcalines ou de poudre neutralinante dans la dyspepsie hyperacide entraîne la disparition de l\u2019acidité dans l\u2019urine.D\u2019autre part, l\u2019hypersécrétion muqueuse alcaline de l\u2019estomac, qui L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA relève de crises gastriques prolongées, alcalinise le liquide urinaire.La précipitation des sels de chaux peut résulter d\u2019une sécrétion muqueuse abondante des voies excrétrices de l\u2019urine.Cette sécrétion abondante, qui évolue sans phénomènes inflammatoires a pour origine une irritation de la muqueuse urinaire.On l\u2019observe au cours des oxaluries ; les cristaux d\u2019oxalate blessent plus ou moins l\u2019épithélium pendant leur passage dans les calices et le bassinet.Les névropathies qui provoquent des troubles neuro-sécrétoires sont capable de produire une hypersécrétion muqueuse.La quantité abondante de mucus sécrété fait disparaître l\u2019acidité des urines.L\u2019infection des voies urinaires supérieures constitue une des causes les plus fréquentes de la calciurie, en donnant lieu à des fermentations septiques de l\u2019urine, qui devient alors alcaline.Le reflux de liquide prostatique alcalin dans la vessie est encore une source de calciurie.Cette prostatorrhée endo-vésicale s\u2019observe dans les prostatites chroniques.Enfin, chez certains sujets, il est impossible de trouver un motif à la précipitation des sels de chaux.II semble dans ce cas qu\u2019il faille, malgré tout, rattacher la calciurie à des phénomènes nerveux, producteurs d\u2019une hypersécrétion de la muqueuse urinaire.Les sujets atteints de phosphaturie apparente se plaignent de faiblesse, d\u2019asthénie, de phénomènes neurasthéniques, et d\u2019amaigrissement.Ils accusent des douleurs lombo-sacrées plus ou moins vives Leurs urines sont troubles, lactescentes, allant d\u2019un louche léger à une opacité marquée.Au repos, elles laissent précipiter un dépot blanchâtre de mucus et de sels de chaux et leur surface se recouvre d\u2019une couche qui présente des reflets irisés formés par des cristaux de phosphates ammoniaco-magnésiens.Le dépôt contient principalement des carbonates de chaux.Ces urines, acidifiées par quelques gouttes d\u2019acide acétique, redeviennent limpides, les phosphates se solubilisant par l\u2019effet de l\u2019acide du milieu.Le dosage du phosphore dans les vrines montre qu\u2019il existe une hypophosphaturie.Le rapport de l\u2019acide phosphorique à la chaux augmente alors jusqu\u2019à 1/7 ou 1/4.De plus, le maximum de l\u2019élimination des sels de chaux se fait au milieu du jour.| Nous présentons ici deux observation types, pour démontrer l\u2019efficacité de la thérapeutique.Nous pourrions reproduire ici 79 autres observations de malades que nous avons traités depuis 1927.Leur similitude avec celles que nous donnons nous permet de les éliminer de notre travail pour ne pas \u2019obscureir. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA OBSERVATION I H.C.âgé de 40 ans, se présente à moi au mois de février 1928, pour des coliques néphrétiques tantôt à gauche, tantôt à droite.Le début de la maladie remonte à trois ans environ.À ce moment le malade a ressenti les premières atteintes de la maladie par une colique néphrétique droite suivie de l\u2019émission d\u2019un petit calcul blanchatre.Dans cette première année le malade à ressenti environ trois crises à droite et quatre à gauche toujours suivies d\u2019émission de caleul blanchâtre.Il a consulté alors un médecin qui l\u2019a mis à une diète lacto-végétarienne.Cette diète a été suivie scrupuleusement et n\u2019a donné aucun résultat si bien que dans la 2e année le malade a vu ses crises augmenter en fréquence.Ayant consulté d\u2019autres médecins il décida de suivre une diète lactée-mitigée.Les crises augmentèrent alors à tel point qu\u2019elles survinrent à toutes les semaines.Depuis quatre mois le malade a des coliques néphrétiques environ deux ou trois fois par semaine, à tel point que tout travail lui est impossible et qu\u2019il a maigri d\u2019environ 25 livres.Les crises sont presque toujours suivies d\u2019émission de calcul.Depuis 3 ans le malade a éliminé 157 calculs allant du volume d\u2019un grain de mil à celui d\u2019une arachide.Lorsque je le vois, il vient d\u2019avoir une crise.Une radiographie de l\u2019appareil urinaire ne laisse voir aucun calcul.Les urines sont fortement alcalines et contiennent une quatité cosidérable de sel de calcium.Le malade est immédiatement mis au régime acide carné; des limonades en abondance lui sont prescrites et des cachets d\u2019acide benzoique.La semaine suivante, le malade ressent encore une colique néphrétique; il faut dire qu\u2019il avait fait un écart de régime ayant pris pendant une journée des légumes verts et du lait.Il était effrayé, disait-il, de suivre un régime carné abondant.Depuis cette crise le malade à ressenti une autre attaque au mois de juillet 1928, à la suite d\u2019une ingestion abondante de crème glacée, cette crise a été la dernière.Depuis le malade a engraissé d\u2019environ 35 livres, se porte bien et suit un régime acide sans toutefois ingérer de l\u2019acide benzoïque.OBSERVATION II G.B.âgé de 43 ans, vient me consulter en septembre 1929, pour un écoulement urétral abondant.Cet écoulement est apparue dans la journée d\u2019hier, il est blanchâtre.L\u2019examen microscopique révèle la présence de pus sans aucun microbe.Dans les antécédents de ce malade il n\u2019existe aucune infection urétrale antérieure.Il n\u2019y a pas eu de contact même suspect depuis 3 semaines.Depuis très longtemps le malade accuse du surmenage, des douleurs lombaires et sacrées et des urines laiteuses.Le malade a remarqué qu\u2019à la suite de surmiénage, lorsque les urines sont laiteuses il éprouve des envies fréquentes d'uriner surtout le jour.À l\u2019examen, on trouve des urines très troublés qui s\u2019éclaircissent immédiatement avec l\u2019acide acétique.Ces urines analysées montrent une quantité considérable de sels de chaux.Le malade est immédiatement mis au traitement de la calciurie.L\u2019écoulement se tari en 36 heures.Le malade est au repos complet depuis mai 1930 et n\u2019éprouve aucun ennui de calciurie. 576 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le premier principe à appliquer dans le traitement des calciuries, qui est commun à celui de toutes les affections est d\u2019en traiter la cause, si elle est connue, pour la faire disparaître.Nous avons signalé les maladies capables d\u2019engendrer de l\u2019alcalinité des urines et l\u2019excès des sels de chaux.Nous passerons sous silence la thérapeutique de ces maladies, ce qui nous entraînerait loin de notre sujet.Au point de vue urinaire, deux états pathologiques existent simultanément: l\u2019alcalinité des wrines et la présence en excès de sels de chaux.Le traitement aura donc pour but de diminuer l\u2019apport des sels calciques et de rendre au miliew urinaire son acidité.Le régime approprié répondra à ces indications et une médication aidera à la réalisation de l\u2019acidification.Le malade sera soumis à une diététique carnée qui favorise l\u2019acidification et qui n\u2019apporte aucune substance calcique.Les aliments suivants dont la teneur en sels calciques est élevée seront entièrement exclus de l\u2019alimentation.Le lait et les laitages, Les oeufs, Les cervelles, La moelle des os, Le chou et le chou-fleur, L\u2019oignon, Les salades: laitue, chicorée, mache, cresson, etc., L?oseille, La rhubarbe et les épinards, Le pain et la pomme de terre, qu\u2019il est difficile de supprimer de l\u2019alimentation, seront absorbées en petite quantité.Pour remplir cette première indication, à savoir diminuer l\u2019apport des sels calciques, le médecin ne devra pas prescrire de médicaments à base de sels de chaux, tels que glycérophosphate de chaux.Une autre précaution importante à prendre est de connaître la teneur des sels de chaux dans l\u2019eau que boit le malade.Dans certaines régions de la province de Québec, la quantité de substances calciques est si grande dans l\u2019eau potable qu\u2019il est nécessaire de défendre au malade l\u2019absorption de cette boisson.Dans un milieu alcalin, les sels de chaux précipitent.Cette précipitation, en plus d\u2019irriter les voies urinaires, conduit à la formation de calculs.Il est donc nécessaire de rendre à l\u2019urine son acidité pour que les substances calciques y restent en suspension. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 577 Les médicaments susceptibles d\u2019acidifier les urines sont multiples : wide benzoïque, acide borique, acide phosphorique.L\u2019acide ben- zoique sera prescrit à la dose de 0 gramme 25 par cachet à raison de 3 à 4 cachets par 24 heures.Lorsqu\u2019il est mal toléré par l\u2019estomac, il peut avantageusement être remplacer par l\u2019acide borique administré à la même dose.L\u2019acide phosphorique est à préférer aux médicaments précédents.En plus d\u2019être acidifiant, il possède une action tonique sur la cellule.L\u2019acide phosphorique officinal se prescrit à la dose de 60 à 100 gouttes par jour.Nous avons voulu exposer le traitement de la calciurie, parce que cet état pathologique, en plus de causer des troubles, peut aboutir à la formation de calculs.Dans de nombreux cas de blennorragie chronique, la calciurie est la seule cause qui retarde la guérison.Dans d\u2019autres cas, la quantité des sels de chaux dans l\u2019urine est si considérable qu\u2019ils peuvent irriter la muqueuse jusqu\u2019à produire un écoulement urétral, comme nous le relatons dans l\u2019observation no 2.Le traitement de la calciurie en les faisant disparaître tariera l\u2019écoulement. TECHNIQUE OPÉRATOIRE CONSIDÉRATIONS SUR LE TRAITEMENT DES ULCERES PERFORES DE L\u2019ESTOMAC Léo BLAGDON Chirurgien de l'Hôpital Notre-Dame.Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal.La discussion se poursuit toujours sur la technique opératoire des Ulcères perforés de l\u2019Estomac.Des statistiques nous arrivent de toutes parts, plus ou moins concluantes, il faut bien le dire, essayant de démontrer l\u2019avantage de telle ou telle méthode.Certains chirurgiens préconisent la simple suture de l\u2019ulcère, d\u2019autres la suture avec la gastro-entérostomie, d\u2019autres la gastrectomie avec ou sans gastro-entérostomie ; enfin quelques-uns vont jusqu\u2019à prétendre que la gastro-entérostomie seule suffit.En présence de tant d\u2019opinions différentes il nous paraît juste d\u2019affirmer, qu\u2019il vaudrait mieux classifier les malades par catégories, et varier la technique suivant les cas, plutôt que de proclamer d\u2019une façon générale la valeur d\u2019une méthode sur une autre.Ici peut-être plus qu\u2019en aucune autre circonstance, nous devons attacher à l\u2019état général du malade et à son pouvoir de résistance, une importance primordiale dans le choix de l\u2019intervention.Partant de ce principe, voici la ligne de conduite que nous suivons depuis deux ans; 1° \u2014 Les cas in extremis: nous nous contentons de faire l\u2019enfouissement de l\u2019ulcère avec épiplooplastie, si la suture est possible, cu même un simple drainage à la Mikulicz, en plus du drainage sus- pubien que nous faisons du reste dans tous les cas.2° \u2014 Pour les autres cas, quel que soit le moment de l\u2019intervention, que ce soit à la deuxième heure ou à la vingtième heure après le début de la perforation, notre traitement comporte toujours deux temps\u201d dans la méme séance opératoire.Le premier temps qui varie avec l\u2019importance et l\u2019endroit de la perforation, c\u2019est le traitement local de l\u2019ulcère.Le deuxième temps, qui suit immédiatement le premier, c\u2019est la gastro-entérostomie, (complémentaire). L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 579 (A) \u2014 Le Traitement de l\u2019Ulcère :\u2014 1° \u2014 Les ulcères gastriques: Pour les ulcères du corps de l\u2019estomac, résection de l\u2019ulcère et de toute la zone indurée si possible, et suture.Pour les ulcères franchement pyloriques, même procédé, avec suture verticale (ou transversale) et section sous-muqueuse du sphine- ter, dans le but d\u2019éviter autant que possible les rétrécissements.L\u2019Epiplooplastie est pratiquée couramment.2° \u2014 Les ulcères du duodéum ; simple enfouissement avec épi- plooplastie.(B) \u2014 La gastro-entérostomie :\u2014 Les reproches aléatoires qu\u2019on lui a faits, tels que: la produe- tion possible d\u2019ulcères peptiques à l\u2019endroit de l\u2019anastomose, la prolongation du temps opératoire, son inutilité, etc., ne nous paraissent pas suffisants pour la mettre de côté.Les ulcères peptiques sont loin d\u2019être fréquents, le temps opératoire n\u2019exige que quinze à vingt minutes, et par ailleurs son utilité me paraît bien démontrée, par le double emploi qu\u2019elle joue.Car non seulement elle agit comme soupape de sûreté, vis-à-vis de nos sutures, en déviant le transit stomacal, et en mettant de ce fait le pylore au repos, mais de plus elle prévient une nouvelle intervention, souvent nécessaire après la simple suture de l\u2019ulcère perforé.Nous sommes donc convaincus que dans le traitement de l\u2019ulcère perforé de l\u2019estomac, la gastro-entérostomie est un adjuvant précieux, sinon une nécessité, à condition bien entendu de la faire au bon endroit, aussi près du pylore que possible, postérieure et marginale.Les cinq observations personnelles dont nous donnons ci-dessous un bref résumé, prouvent qu\u2019on peut la faire impunément même à la vingt-deuxième heure, si l\u2019état général du malade le permet.Corollaires: Tous nos malades étaient du sexe masculin; de gros fumeurs et des buveurs plus ou moins modérés d\u2019alcool.(Si ces deux derniers facteurs ont l\u2019importance que leur attribuent certains auteurs, la jeune génération de chirurgiens rencontrera autant d\u2019ulcères perforés chez les femmes que chez les hommes, dans un avenir rapproché).L\u2019âge du malade a varié de 30 à 68 ans, et le début de la perforation, de la 2ème à la 22ème heure avant l\u2019opération.Chacun de nos malades a présenté deux signes cliniques toujours marqués ; la.douleur en coup de poignard du début, et le ventre de bois au moment de leur admission à l\u2019Hôpital. 580 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Un de nos malades n\u2019avait jamais présenté de symptômes d\u2019ulcère, ni de troubles digestifs appréciables, avant sa perforation.Une radiographie faite à leur sortie de l\u2019hôpital a démontré le parfait fonctionnement de la bouche anastontotique, dans chaque cas.Observation: \u2014 A.B.journalier, 68 ans, grand fumeur, se plaint de troubles digestifs depuis plusieurs années.Il n\u2019a jamais suivi de traitement.Admis a I'hopital 12/7/28.Début: \u2014 Deux heures avant son admission à l\u2019Hôpital Notre-Dame, il a ressenti une violente douleur au creux épigastrique, accompagnée de vomissements et de syncope.Examen: \u2014 Ventre de bois, douleur généralisée à tout d\u2019abdomen, plus marquée au creux épigastrique.Pas de matité.Pouls bien frappé à 74.Temp.97.Respiration 30.Facies anxieux.Opération: \u2014 Anesthésie: Ether.Incision médiane sus-ombilicale.Ulcère de la grandeur d\u2019une pièce de cinq sous, face antérieure du pylore.Résection et suture.Epiplooplastie.Gastro-entérostomie postérieure.Appendicectomie.Drainage de l\u2019arrière-cavité gastro-duodénale et sus pubien.Guérison sans incidents post-opératoires.Pas revu depuis.Observation: II \u2014 R.C., 30 ans, chauffeur, admis à l\u2019hôpital 23 /4/28.Histoire: \u2014 Troubles digestifs depuis 7 ans.Traité pour ulcère d\u2019estomac depuis 2 ans.Gros mangeur, fumeur et buveur de bière.Début: \u2014 Huit heures avant son entrée, douleur en coup de poignard au creux épigastrique avec irradiation thoracique.Examen: Défense musculaire dans la fosse illiaque droite.Facies anxieux, pouls 120, Resp.32, Temp.97.Ventre de hois, douleurs très vives, généralisées à tout l\u2019abdomen.Défense musculaire très prononcée à la région épigastrique et appendiculaire.Pas de matité.Opération: \u2014 Anesthésie: Ether.Incision Abdominale para-centrale supérieure.Liquide louche avec grumeaux alimentaires sous pression.L\u2019appendice très malade fait irruption dans la plaie, au cours de l\u2019asséchage.Appendicectomie.Perforation étoilée avec déchirure d\u2019une longueur de 10 a 12 centimètres, d\u2019un vaste ulcère calleux, intéressant la petite courbure (région prépylorique), le pylore et la lère portion du duodénum.Bords indurés et oedématiés.Résection de toute la partie malade, suture et épiplooplastie.Gastro-entérostomie postérieure.Drainage rétrogastrique et sus-pubien.Suites post-opératoires: Suppuration de la paroi.Le 8ème jour congestion pulmonaire.Le 12ème jour éventration avec extériorisation d\u2019anses grêles.Rachi-Anesthésie.Suture en un plan de la paroi.Le 30ème jour une radiographie révèle la présence d\u2019un empyème.Thoracentèse.Evacuation de pus à streptocoques.Guérison.Le malade revu depuis, se porte très bien.Observation: III \u2014 J.L.46 ans, menuisier, admis le 15 décembre 1928.Histoire: \u2014 Gros fumeur et alcoolique invétéré.Tousse et crache depuis 2 ans.Traité pour troubles digestifs depuis 10 ans. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 581 Début: \u2014 Quatorze heures avant son entrée.Douleur violente au creux épigastrique avec perte de connaissance.Examen: \u2014 Ventre de bois.Douleur très marquée à l\u2019épigastre et fosse iliaque droite.Matité dans le bassin.Opération: Anesthésie-Ether.Incision para-centrale supérieure.L\u2019abdomen est rempli de liquide louche, avec parcelles d\u2019aliments.Large perforation d\u2019un ulcère calleux situé à la face antérieure de la petite courbure.La paroi gastrique est lardacée sur une grande étendue.Pylore épaissi mais perméable.Résection large de l\u2019ulcère.Gastro-entérostomie.Drainage rétro-gastrique et sus-pubien.Suites opératoires: \u2014 Eventration le 8ème jour.Fermeture à l\u2019anesthésie locale.Le 23ème jour hémoptysie considérable.Crachats à pneumocoques dans la suite.Le 32ème jour fistule gastrique.Le 46ème jour, mort de granulie pulmonaire.Observation: IV \u2014 F.L.41 ans, marchand, admis le 21 mai 1930.Histoire: \u2014 Traité pour ulcère d\u2019estomac depuis plusieurs années.Cliniquement guéri depuis 2 ans.Grand fumeur, bon mangeur, buveur modéré d\u2019alcool.Début: \u2014 22 heures avant l\u2019intervention il est pris d\u2019une douleur subite à l\u2019estomac au cours d\u2019une excursion de chasse.Examen: \u2014 Bon état général.Pouls 108.Temp.100.Ventre dur et un peu ballonné.Tympanisme.Pas de matité.Défense musculaire généralisée.Opération: \u2014 Anesthésie.Ether.Incision para-centrale sus-ombilicale.Péritoine épaissi.Liquide louche inodore, en petite quantité.Petite perforation située sur un ulcère calleux de la région pyloro-duodénale.Résection de l\u2019ulcère.Suture transversale.Epiplooplastie.Pyloroplastie.Appendice volumineux et congestionné.Appendicectomie.Asséchage et drainage.Evolution :\u2014 Suites simples.Lever le 15ème jour.Part guéri le 19ème.Revu il y a quelques jours.Il a engraissé de 15 livres.Observation: V \u2014 M.L.44 ans.Débardeur.Alcoolique et fumeur.À présenté des symptômes d\u2019ulcère de l\u2019estomac depuis un an.À vomi du sang 3 ou 4 fois depuis.Ses troubles étaient améliorés depnis deux mois, et il se croyait en voie de guérison.Début: \u2014 Huit heures auparavant, par une violente douleur à l\u2019épigastre.Il garde le lit pendant deux heures, puis se lève.Il arrive à l\u2019Hôpital en marchant.Examen: \u2014 Ventre de bois, matité hépatique.Douleur à la région épigastrique et appendiculaire.Léger tympanisme.Opération à la 8ème heure.Peu de liquide dans la cavité abdominale.Petit ulcère de la première portion du duodénum, en partie isolé par une bande épiploïque très adhérente.Enfouissement de l'ulcère.Gastro-entéros- tomie.Drainage.Suites opératoires simples.Légère suppuration de la paroi pendant quelques jours.Part guéri le 30ème jour.Revu après 8 mois en bonne santé. LUXATION TRAUMATIQUE DE L\u2019ÉPAULE CHEZ LE JEUNE ENFANT Edmond DUBE, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal.La luxation traumatique de l\u2019épaule chez le jeune enfant est une éventualité assez rare et sur 10.000 cas de chirurgie examinés à lhôpital Sainte-Justine, elle n\u2019a été observée qu\u2019une fois, chez le malade dont je vous présente l\u2019histoire.Obs.Jeanne B.âgée de 2 ans, admise dans le service de chirurgie de l\u2019hôpital Sainte-Justine, le 10 juillet 1929, pour lésion de l\u2019épaule droite, survenue il y a deux jours.Antécédents: Rien de particulier.Radiographie de la lésion, montrant la tête luxée.Maladie actuelle.Alors que la mere faisait marcher son enfant, elle produisit une traction assez brusque sur Je bras droit au moment où l'enfant allait tomber.Au même instant, elle eut l\u2019impression d\u2019un bruit de claquement et l\u2019enfant accusait une douleur au niveau de l\u2019épaule.Malgré le repos et des pansements humides immédiatement appliqués sur la région lésée, la douleur persistait et l\u2019enfant ne pouvait soulever son bras.Deux jours après l\u2019accident, la mère conduisit l\u2019enfant à Sainte-Justine, et même en présence de la déformation du bras, le diagnostic ne put être porté, mais une radiographie révéla nettement l\u2019existence d\u2019une luxation de la tête humérale. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 583 Traitement.Sous anesthésie générale, l\u2019abduction du bras et la traction suffisent à fairo réintégrer la tête dans sa cavité et au cours de la manoeuvre, on sentit nettement le choc de retour.Suites opératoires.Normales.L\u2019enfant revu quinze jours après l\u2019intervention avait recouvré tous ses mouvements et n\u2019accusait aucune douleur.Cette observation est surtout intéressante par sa rareté et par sa possibilité.Le mécanisme de la luxation de l\u2019épaule chez l\u2019adulte est bien connu et le diagnostic est presque toujours assez facile à porter.Le traitement est classique et à peu d\u2019exceptions près donne d\u2019excellents résultats.Radiographie No 2, montrant la tête réduite dans sa cavité.Chez le jeune enfant au contraire, seul un traumatisme direct tel qu\u2019une traction brusque sur le bras semble pouvoir produire cette lésion.Ceci est probablement dû au fait que cette articulation chez le bébé est surtout cartilagineuse et à cause de sa souplesse résiste aux traumatismes même violents.Le diagnostic peut présenter certaines difficultés à cause de la rareté de la lésion à laquelle nous ne pensons pas et surtout à l\u2019absence des signes classiques observés chez l\u2019adulte.Chez notre petit malade, le traitement fut assez facile et nous croyons qu\u2019une traction même sans abduction aurait suffi à réduire vne lésion de ce genre dans une articulation aussi souple.Le jeune enfant réagit toujours rapidement même aux lésions sérieuses et dans notre cas, le retour aux mouvements articulaires normaux se fit sans difficulté. L\u2019EXAMEN NEUROLOGIQUE EN CLIENTELE Jean SAUCIER Médecin de l'Hôpital Notre-Dame et de l'Hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc Depuis les travaux de vulgarisation sur les infections à virus neurotrope, \u2014 sur l\u2019encéphalite épidémique, notamment, \u2014 les manifestations neurologiques de toutes sortes sont de mieux en mieux connues des praticiens, mais la marche à suivre dans la rédaction de l\u2019observation neurologique paraît moins bien comprise.C\u2019est tantôt le point de départ qui est hésitant, tantôt c\u2019est l\u2019incertitude à propos du groupement de certains signes, enfin, c\u2019est la confusion dans les modalités des troubles sensitifs ou l\u2019oubli d\u2019explorer tel ou tel système.Afin d\u2019apporter un peu de clarté sur le sujet, j\u2019ai cru utile de dresser devant vous un schéma de l\u2019examen neurologique tel qu\u2019il est habituellement pratiqué dans les services de neurologie.Pour ne pas empiéter sur un espace déjà limité, j\u2019abrégerai le plus possible, et je substituerai l\u2019expression lapidaire à la rédaction habituelle.Interrogatoire: Comme pour tout examen médical, on invitera le malade à dire son âge, sa profession, et les symptômes dont il se plaint actuellement.Il donnera un compte-rendu détaillé de la maladie qui l\u2019amène consulter, en insistant particulièrement sur les malaises subjectifs.Les antécédents personnels seront fouillés avec soin, au triple point de vue: traumatisme, néoplasme et infection.On insistera particulièrement sur l\u2019encéphalite épidémique et la syphilis.Enfin, les antécédents héréditaires seront serutés avec autant de parcimonie que les précédents, plus particulièrement, dans les maladies à allure familiale ou héréditaire.Pendant cette causerie préliminaire, le malade sera prié de se dévêtir.Inspection : L\u2019aspect du faciès sera noté: fixité, hébétude, paralysie, contracture, tics, ete.On recherchera les mouvements involontaires et les attitudes spéciales.Pendant la station debout, on observera le degré de stabilité dans le maintien et les difformités osseuses ou articulaires, s\u2019il y a lieu.À la marche, le malade pourra présenter, une tendance à la chute dans une direction donnée, ou bien les variétés suivantes de la démarche: spasmodique, (atteinte pyramidale) .en fauchant, (hémiplégie); en draguant, (hémiplégie fausse, pithiatique); en talonnant, (tabès); en steppant, (polynévrite) ; ébrieuse, (atteinte cérébelleuse) : etc.pare. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 585 Motilité : Le degré de force musculaire sera recherché segment par segment, afin de dépister une parésie débutante.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une paralysie constituée, elle revêtira les types hémiplégique, paraplégique ou monoplégique.Enfin, il s\u2019agira d\u2019élucider si la paralysie est centrale ou périphérique.Dans le premier cas, elle sera d\u2019abord flasque, puis rapidement spasmodique; elle s\u2019accompagnera des éléments, habituels du syndrôme pyramidal, soit: exagération des réflexes tendineux, signe de Babinski et clonus du pied; elle ne sera pas de siège d\u2019amyotrophie ni de réaction électrique de dégénérescence.Dans le second cas la paralysie sera et demeurera flasque, avec réflexes abolis, absence de signes pyramidaux, amyotrophie marquée et réaction de dégénérescence.D\u2019après les signes d\u2019organicité déjà énumérés, il sera facile de déterminer si la paralysie est organique ou fonctionnelle.Dans le cas de contractures, la contracturo organique sera accompagnée du cortège habituel de signes organiques, et sera rarement confondue avec la contracture hystérique.Du reste, celle-ci ne persiste pas pendant le sommeil.Sensibilité : L\u2019examen de la sensibilité, long et important, devra être fait lentement, et couvrir tout le tégument.Il y aura lieu d\u2019explorer: a/ La sensibilité superficielle: 1.Le tact, sera examiné à l\u2019aide d\u2019un tampon d\u2019ouate ou plus simplement avec le doigt.2.La douleur sera interrogée avec la pointe d\u2019une épingle.3.La température sera appréciée en utilisant des tubes contenant, l\u2019un de la glace, et l\u2019autre, de l\u2019eau bouillante.4.La discrimination tactile, ou sensibilité qui permet de reconnaître deux points rapprochés l\u2019un de l\u2019autre sera mesurée à l\u2019aide d\u2019un compas spécial, le compas de Weber, dont les écarts sont gradués en centimètres.b/ La sensibilité profonde : 1.La stéréognosie, ou faculté de reconnaître les yeux fermés, la forme des objets placés dans la main.2.La sensibilité osseuse, sera recherchée en faisant vibrer un diapason au niveau des saillies osseuses.3.Le sens des attitudes segmentaires, sera apprécié en priant le malade de reprendre activement les attitudes données passivement au membre du côté opposé.4.La notion de poids, ou faculté d\u2019apprécier la pesanteur des objets placés sur les téguments, le plus souvent au niveau des mains.ô.La sensibilité à la pression, qui nous renseigne sur l\u2019intensité des pressions exercées au niveau des téguments et des surfaces sous-jacentes. 586 Réflectivite : L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les perturbations des sensibilités profondes indiquent la souffrance des cordons postérieurs de la moelle.Un moyen rapide de rechercher leur déficience globale consiste à prier le malade de se tenir debout les yeux fermés, et les pieds rapprochés l\u2019un de l\u2019autre.S\u2019il oscille ou tombe, on dit alors qu\u2019il a un signe de Romberg positif, (tabès).En général, une lésion du neurôme sensitif périphérique atteindra tous les modes de la sensibilité, tandis qu\u2019une lésion du neurône central présentera une certaine spécialisation dans le mode de distribution des anesthésies.Exemple de la syringomyélie et des lésions thalamiques ou corticales.Il faudra rechercher deux ordres de réflexes également importants, les réflexes tendineux et périostés, puis les réflexes cutanés et muqueux.a / Les réflexes tendineux et périostés les plus fréquemment recherchés sont : 1.Le réflexe rotulien: percussion du tendon rotulien amenant l\u2019extension de la jambe.(L3) 2.Le réflexe achilléen: percussion du tendon d\u2019Achille amenant la flexion plantaire du pied.(S1) 3.Le réflexe stylo-radial: percussion de l\u2019apophyse styloïde du radius amenant la flexion de l\u2019avant-bras sur le bras.(C5) 4.Le réflexe cubito-pronateur: percussion de l\u2019apophyse styloïde du cubitus, la main du patient étant tenue par le médecin en position intermédiaire entre la pronation et la supination, amenant un mouvement de pronation de l\u2019avant-bras.(C8) 5.Le réflexe massétérin: percussion de la mâchoire inférieure, la bouche étant entr\u2019ouverte, amenant un mouvement de fermeture de celle-ci par action des masséters.(Protubérance) Afin de renforcer certains réflexes qui paraissent affaiblis ou absents, il est bon d\u2019avoir recours au procédé de Jendrassik.Ce procédé consiste à prier le malade de tirer fortement sur ses mains réunies en crochet.b/ Les réflexes cutanés et muqueux habituellement recherchés sont: 1.Les réflexes cutanés abdominaux supérieurs, (D6-7), moyens, (D8-9) et inférieurs, (D10-11-12).On les obtient en grattant légèrement avec une épingle la paroi abdominale supérieure moyenne et inférieure.2.Le réflexe crémastérien: grattage de la face supéro- interne de la cuisse, amenant un mouvement d\u2019ascension de l\u2019hémibourse correspondante.(L1-2) L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 587 3.Le réflexe plantaire: grattage de la plante du pied avec une épingle, amenant une flexion plantaire du gros orteil.(S1) 4.Le réflexe cornéen: excitation de la cornée à l\u2019aide d\u2019un tampon d\u2019ouate effilé, amenant un clignement des paupières.(Protubérance) 5.Les réflexes du voile du palais et pharyngien: excitation à l\u2019aide d\u2019une tige assez longue du voile et du pharynx, amenant dans le premier cas une élévation du voile du palais et dans le second cas une contraction des constricteurs du pharynx et la sensation désagréable de la nausée.(Bulbe) Pathologiquement, le réflexe cutané plantaire peut être inversé et donner lieu à l\u2019extension de l\u2019orteil.C\u2019est le signe de Babinski, signature d\u2019une perturbation de la voie pyramidale.Dans ces cas l\u2019extension peut encore être obtenue par friction de la face antéro-interne du tibia: (procédé d\u2019Oppenheim); par compression des muscles du mollet: (procédé de Gordon); et par pression énergique du tendon d\u2019Achille: (procédé de Schaeffer).Il est peut-être utile d\u2019ajouter ici, qu\u2019avec le signe de l\u2019extension de l\u2019orteil, l\u2019exagération des réflexes tendineux et le clonus du pied constituent les éléments principaux du syndrome pyramidal.Epreuves cérébelleures: Toute atteinte cérébelleuse se traduit par un retard ou une abolition de la contraction des muscles antagonistes (Thomas).Toutes les épreuves courantes sont inspirées de ce principe.Les signes habituellement recherchés sont: 1.Les signes de passivité, caractérisés par l\u2019augmentation du ballant lorsqu\u2019on imprime aux membres ou segments de membres des mouvements passifs.2.Les signes de dysmétrie.Les cérébelleux dépassent le but.Ce défaut de mesure est mis en évidence par les épreuves: doigt -nez; doigt - oreille; talon-genou.3.L\u2019adiadococinésie, ou impossibilité d\u2019effectuer rapidement des mouvements successifs.Ces malades ne peuvent plus \u201cfaire les marionnettes\u201d.4.L\u2019asynergie, ou impossibilité de coordonner et d\u2019associer plusieurs mouvements en vue d\u2019un acte.Ces malades décomposent les mouvements au lieu de les fondre ensemble.L\u2019asynergie est bien mise en évidence dans la démarche des cérébelleux, qui est hésitante et rappelle celle de l\u2019homme ivre. 588 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le défaut de contraction des muscles antagonistes rend également compte des troubles de l\u2019écriture, et de la parole, du tremblement intentionnel, et du nystagmus que ces malades présentent.Les signes de déficit cérébelleux sont toujours du même côté que la lésion.Examen de l\u2019amyotrophie: (quand il y a lieu) Les membres atrophiés seront mesurés par rapport aux membres sains.L\u2019état des muscles sera apprécié en étudiant leur réponse à la percussion, (réflexe idio-musculaire) et en soumettant ceux-ci à l\u2019examen électrique.Dans le cas de réaction de dégénérescence, la formule galvanique sera : NF plus fort que PF Il est à retenir que les atrophies par atteinte primitive des nerfs sont distales, tandis que les atrophies myopathiques sont proximales.Nerfs Craniens et organes des sens: Les douze paires craniennes seront interrogées soigneusement, le plus souvent avee la collaboration d\u2019un spécialiste.On apportera une attention toute spéciale à l\u2019examen de la troisième, de la cinquième et de la huitième paires.Dans certains cas spéciaux l\u2019examen du fond de l\u2019oeil et la ponction lombaire compléteront la séméiologie du système nerveux.Epreuves vago-sympathiques: Celles-ci sont mentionnées pour mémoire.Elles peuvent souvent éclairer singulièrement le diagnostic.Après avoir exploré dans tous ses détails l\u2019axe nerveux cérébro- spinal et sympathique, il devient relativement simple de synthétiser les éléments morbides et d\u2019arriver & un diagnostic, du moins, & une présomption de diagnostic.J\u2019espère avoir apporté un peu de lumière sur une séméiologie qui passe, à tort, pour très compliquée.es bigdog ni i | gp ty prés ont ite ) BIBLIOGRAPHIE \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 ¢ \u2014\u2014\u2014\u2014 LIVRE REGU International Clinics; quarantiéme série; volume I.Editeur: J.-P.Lip- pincott, 201, Unity Building, Montréal.$3.00 par année pour quatre volumes.Cette compilation de différents articles originaux est trop bien connue du monde médical pour en faire l\u2019éloge.Paraissant tous les trimestres depuis quarante ans, elle contient des cliniques de spécialistes du monde entier.Dans le volume premier de la quarantième série, on relève entre autres, un très intéressant travail du Docteur E.D.Friedman, professeur de Neurologie à l\u2019université de New-York et clinicien du Bellevue Hospital de New- York, sur l\u2019encéphalographie et sa valeur scientifique en neurologie.Ce travail est illustré de nombreuses radiographies et accompagné de trente-trois histoires de cas recueillies en trois ans.La méthode du professeur Friedman est surtout très utile pour le diagnostic des tumeurs intra-craniennes, lorque la radiographie seule ne peut renseigner le médecin.La technique consiste, d\u2019abord à faire une ponction lombaire de la façon habituelle, le malade étant cependant assis au lieu d\u2019être couché, et en se servant d\u2019une aiguille spéciale à laquelle on peut adapter une double tubulure.Après avoir retiré 10 ce de liquide céphalo-rachidien par une des tubulures, on introduit par l\u2019autre tubulure une petite quantité d\u2019air au moyen d\u2019une seringue.Et l\u2019on injecte ainsi jusqu\u2019à ce qu\u2019il n\u2019y ait plus de liquide ou très peu sortant par l\u2019orifice opposé.Durant toute cette opération il faut faire faire à la tête des mouvements de rotation et de flexion en avant et en arrière, afin de chasser le liquide céphalo-rachidien dans l\u2019espace sous-arachroïdien, autrement il y aurait tendance pour l\u2019air introduit à s\u2019échapper.La quantité d\u2019air à injecter varie avec la quantité de liquide céphalo-rachidien qu\u2019on a retiré, habituellement 90-120ce d\u2019air suffit.Aussitôt l\u2019opération terminée on permet au patient de se coucher puis on procède à la radiographie.L'auteur prétend que toute cette manoeuvre ne présente aucun danger: les seuls phénomènes que l\u2019on observe pendant l\u2019opération sont: des douleurs localisées surtout à l\u2019occiput et derrière les oreilles, et souvent le long de la colonne vertébrale; de la céphalée frontale accompagnée quelquefois de 590 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA vomissements, de la transpiration profuse, de la paleur, de la tachycardie suivie bientôt de bradycardie.L\u2019auteur cependant rapporte cinq accidents mortels sur deux cents cas, lesquels accidents étaient dus à des circonstances tout à fait exceptionnelles.Cette méthode de diagnostic est sans doute très intéressante et d'un grand intérêt pour le médecin et surtout pour le spécialiste en neurologie, lorsque dans certains cas de tumeurs sérébrales, les Rayons X seuls sont impuissants à les localiser.Cependant, à mon avis, cette méthode ne devrait être employée que dans des cas tout à fait exceptionnels, et quand réellement elles peuvent être utiles au malade pour le traitement, car une mortalité de 2% % lorsqu'il s\u2019agit de l\u2019emploi d\u2019un moyen de diagnostic est trop élevée pour exposer ainsi le malade.Une intéressante conférence sur les principes de l\u2019évolution humaine prononcée par le Docteur Edwin Grant Conklin, professeur de biologie à l\u2019Université de Princeton lors du Memorial William Potter mérite aussi l\u2019attention du lecteur.C\u2019est une édition à laquelle praticiens et spécialistes devraient s\u2019abonner.René ROLLAND, M.Do En guettant les Ours EN GUETTANT LES OURS, mémoires d'un médecin des Laurentides, par \u201cVieux Doc\u201d, en vente dans les librairies suivantes: à Montréal, chez Granger, Déom, Méthot, St-Louis, Ducharme, Beauchemin, et chez l\u2019éditeur Garand, 1425 Ste-Elisabeth.Prix $1.00 le volume dans toutes les librairies de Montréal, et $0.75 franc de port chez l\u2019auteur, à Ste-Agathe-des-Monts. EN GUETTANT LES OURS de \u2018\u2018Vieux Doc\u201d (Docteur Edmond Grignon de Ste-Agathe) Depuis \u2018Maria Chapedelaine\u201d peu d'ouvrages canadiens ont connu un succès comparable à ce livre de notre collègue, le docteur Edmond Grignon de Sainte-Agathe-des-Monts.Des 2000 exemplaires publiés chez Garand, il y à quelques mois, il n\u2019en restait pas suffisamment pour satisfaire à la demando du gouvernement provincial qui en réclamait cent volumes, ces semaines dernières.C\u2019est que dans l\u2019art de son style simple et magique, \u201cEn guettant les ours\u201d a le don de s\u2019accommoder à tous les goûts.Lettrés aussi bien qu\u2019illétrés, juges aussi bien que paysans, l\u2019ont lu, entendu lire.l\u2019ont relu, l\u2019ont trouvé délicieux et amusant, en ont raffolé.Pour ceux-ci et pour ceux-là, il est désopilant, écrit simplement et bien écrit.Tous souhaitent que l'auteur mette à exécution le projet qu\u2019il annonce de donner suite au récit de ses souvenirs en publiant \u201cQuarante ans sur le bout du banc\u201d.La plupart se demandent pourquoi un écrivain aussi rapidement et universellement adulé du publie débute à l\u2019âge où les autres achèvent, par le genre de livres (Mémoires) dont ils terminent leur série d\u2019ouvrages.La biographie du Dr Grignon qui peut se reconstituer à l\u2019aide de ces mémoires nous fournit cette explication.S\u2019il eût beaucoup de loisirs, notamment à Ste-Ju'ienne, ils furent de courte durée.Fn guettant les ours, on peut bien raconter quelques histoires, mais autre chose est d\u2019écrire un volume.Pourtant le docteur Grignon écrit très vite.Ce livre remarquable aurait été composé en deux mois.Comme à plusieurs d\u2019autres confrères, aux prises avec la pratique médicale, dont la plume aussi ferait honneur à nos lettres, il à manqué au médecin des Laurentides, la nécessité que connut un Conan Doyle, d'écrire pour tuer le temps et pour vivre.Encore que pour vivre, à cetto époque des débuts pénibles de la colonisation, la nécessité d'écrire ait dû lui paraître un pis aller fort piètre et peu encourageant.Il à fallu attendre quarante-cinq ans, attendre qu\u2019une cataracte et la myocardite l\u2019obligeassent à la retraite.Mais un homme de cette activité ne peut se résoudre à la monotonie du farniente des bourgeois oisifs.À peine opéré de la cataracte, il songe à reprendre le forceps.Malheureusement à cause de sa cardiopathie le forceps est trop lourd.Il tiendra une plume.FH la prend d\u2019abord pour s\u2019amuser.Sur l\u2019invitation de son ami, l\u2019honorable Prévost, il collabore à l\u2019\u201cAvenir du Nord\u201d, du premier récit de ses gais souvenirs.Cet article est intitulé \u201cEn Guettant les ours\u201d.De suite il en compose deux autres: \u201cCommissions pour l\u2019autre monde\u201d et \u201cLe Père Lavictoire\u201d.À la demande de son fils aîné, le docteur Henri Grignon et de son neveu, l\u2019écrivain Valdombre, il se décide à continuer d'écrire ses mémoires et à les publier en un volume qui portera le titre fort original du premier chapitre.Voilà la génèse du livre désormais célèbre, \u2018En guettant les ours\u201d.Au témoignage des libraires de Montréal et d'Ottawa, c'est le livre pour lequel il y eut le plus de demande, pendant les mois déchalandés de l'été.Aussi en ont-ils fait de superbes éta'ages.Spontanément de son côté la presse en a publié les plus grands éloges, soit à Montréal, Sherbrooke, Québec, Ottawa soit aux Etat-Unis.Le journal \u201cLe Terroir\u201d a sollicité de l'auteur la permission de reproduire des chapitres en entier. 592 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Bientôt le nom de notre collègue et le titre de son ouvrage traversent les mers.Et quelle ne fut pas la surprise de l\u2019Honorable Athanase David, pendant son récent séjour à Paris, d\u2019apprendre par le \u2018Figaro\u201d que le docteur Edmond Grignon de Ste-Agathe-des-Monts était l\u2019auteur d\u2019un livre intitulé \u201cEn guettant les Ours\u201d et qu'il était signé d\u2019un pseudonyme qu\u2019il avait accoutumé de décerner familièrement lui-même à ce vieil ami, \u2018Vieux Doc.\u201d A Budapest, le Dr Asselin en lit également une notice bibliographique dans le journal \u201cRic et Rac\u201d.\u201cAussi I\u2019\u201cUnion médicale\u201d sen voudrait-elle de ne pas signaler à son tour le succès d\u2019écrivain de son vieil abonné, le Dr Grignon et d\u2019omettre plus longtemps de lui dire la fierté qu\u2019en éprouve la profession médicale canadienne française, de le féliciter enfin sur son succès et son vaillant exemple d\u2019énergie.Le docteur KE.Grignon est d\u2019autant plus méritoire que le genre des mémoires qu\u2019il a abordé est un genre ingrat, et que pour le rendre aussi captivant que le plus captivant des romans, cela exigeait un tour de force que ce médecin a accompli avec aisance en s\u2019amusant.Tour de force encore que de présenter des souvenirs de pratique médicale de facon à intéresser érudits et manants, gens de profession et paysans, parisiens, canadiens, voire anglais; nous le répétons, le Dr Grignon y est parvenu et surabondamment.Il v est parvenu en écrivant simplement, sans recherche dans la phrase, comme lorsqu\u2019il raconte.Et ses intimes savent qu\u2019il est un conteur prodigieux.Son style est sobre d'images, mais correct car il est encore plus dépourvu de clichés et de \u201cdéjà vu\u201d.Et ses peintures en peu de traits, qu\u2019elles soient fournies par ses héros ou qu\u2019elles se dégagent de son récit sont épiques et foudroyantes.\u201cJ'ai peur de devenir épileptique en relisant votre père Lavie- toire\u201d, lui écrivait un poète canadien de renom.Nonobstant son succès en France, il n\u2019est pas à espérer qu'il atteigne jamais celui qu\u2019il rencontre actuellement de la part de ses compatriotes.Car le peuple français n\u2019est-il pas un peu chauvin et si \u201cMaria Chapde- laine\u201d y a provoqué un tel enthousiasme, n\u2019est-ce pas l'occasion bonne de débrouiiler les cartes et de savoir reconnaître que c\u2019est dû au fait que Hémon était français et non canadien-français ?\u201cPour apprécier l'esprit particulier de ce livre (\u201cEn guettant les ours\u201d), il faut être Canadien ou du moins avoir fait un séjour prolongé de plusieurs mois au Canada, vient d\u2019écrire l'abbé Bethléem qui par contre déclare l'ouvrage \u201csain\u201d, c\u2019est-à-dire pouvant être mis entre toutes les mains.Voilà, le Dr Grignon est un canadien qui écrit en langue canadienne et non en parisien moderne.(Ce serait une billevesée de croire que ne résidant pas à Paris nous réussissions jamais à faire admirer par des Parisiens notre littérature si elle s\u2019obstine à demeurer parisienne dans les termes et les expressions.Comme notre accent, notre littérature a tout à y gagner à ne pas imiter mais à se perfectionner en une orientation individuelle et nationale.Reconnaissons qu\u2019à ce point de vue l'écrivain Grignon vient de faire un superbe travail, qui pour longtemps demeurera classique chez les Canadiens-français, au même titre pour le moins que les oeuvres de Mistral en outre mer.Une seconde édition d'\u201cEn guettant les ours\u201d, ct illustrée cette fois doit paraître prochainement.À la bonne heure.Dr PASCAL.\u2014\u2014\u2014 > PETITE CLINIQUE SUR QUELQUES SIGNES DE GROSSESSE ECTOPIQUE QU\u2019IL IMPORTE DE RECHERCHER.Léon GERIN-LAJOIE, M.D., Professeur agrégé a la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Assistant a la Clinique Gynécologique de l'Hôpital Notre-Dame.Il faut toujours se méfier des malades qui se présentent à nous avec un diagnostic savamment étiqueté, Ces malades ont été consultés ailleurs, et il ne faut pas se laisser suggestionner par leurs observations ; l\u2019histoire du cas suivant en est un exemple frappant.Dès son entrée dans la salle du Dispensaire, nous constatons par sa démarche pénible et chancelante, que cette malade souffre: elle se tient d\u2019ailleurs le côté droit de l\u2019abdomen afin de soulager quelque peu ses souffrances.Placée sur la table d\u2019examen, à la première question classique que nous posons: \u201cDe quoi vous plaignez-vous Madame °\u201d, elle répond: \u201cJe souffre d\u2019un prolapsus et d\u2019une hernie\u201d.Or, cette malade n\u2019aurait pas de son chef répondu de la sorte, si elle W\u2019eût entendu son médecin le lui dire déjà.Ce sont en effet deux maladies simple à diagnostiquer, mais qu\u2019on définit par la phrase: \u201cJe fais une descente de matrice et je suis crevée.\u201d Il est rare de rencontrer des malades avec une démarche aussi pé- bible, souffrant de ces deux seules infirmités.Son facies est franchement souffrant, anémié, terreux, les yeux encavés, profondément altérés.Nous apprenons que ses ennuis sont survenus il y a dix jours, subitement, par une douleur aiguë dans l\u2019abdomen, accompagnée de nausées, sans perte de connaissance, mais avec des lipothymies.La malade était à ce moment en mesure de préparer son repas du soir pour elle-même et sa famille, lorsqu\u2019elle dut s\u2019arrêter complètement et demander de l\u2019aide.Des calmants, le repos d\u2019une nuit, eurent 594 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA vite raison de ces malaises.Le lendemain elle se leva et constata un écoulement sanguin vaginal peu abondant : les dernières règles normales dataient de trois semaines environ.Le même midi, nouvelle douleur, avec sensation de défaillahce, et reprise du lit, cette fois pour plusieurs jours.Son médecin lui permet de se lever au bout d\u2019une semaine, alors que ses écoulements sont arrêtés, que ses douleurs sont disparues apparemment de façon définitive et que dans le foyer il y a nécessité pour la malade de se lever.Le soir du même jour, nouvelles douleurs, reprise des hémorragies et trois jours plus tard, nous la voyons dans l\u2019état que je viens de signaler.Dans ses antécédents nous ne notons rien de particulier, chez cette femme de 25 ans, mariée depuis trois ans qui n\u2019a eu qu\u2019un accouchement il y a deux ans.C\u2019est une malade pauvrement vêtue que la garde aide à se dévêtir.Son abdomen en outre de quelques vergetures apparentes, est malpropre, mais l\u2019ombilic nous paraît manquer totalement de soins hygiéniques tant il est noir.Nous faisons faire une toilette locale et le savon et l\u2019eau le laissent tout de même avec une ecchymose particulière qui nous fait poser, avant tout autre examen, un diagnostic certain d\u2019inondation sanguine péritonéale.Nous poussons plus loin l\u2019examen et notre toucher combiné au palper confirme notre pensée de cet épanchement sanguin abdominal: Putérus est petit, refoulé sous le pubis par une masse rénittente, excessivement douloureuse à la pression du Douglas, laissant échapper à la malade le cri classique d\u2019une hématocèle pelvienne.Les culs-de-sacs sont également remplis, moins douloureux cependant, nous empêchant de reconnaître de façon certaine les annexes.Le côté droit semble toutefois un peu plus rempli, la tumeur remontant jusque dans la fosse iliaque.Nous hospitalisons cette malade d\u2019urgence : satisfaits de réaliser que l\u2019hémorragie est arrêtée, (ce que nous constatons par la plénitude, la lenteur et la régularité du pouls) ; nous décidons l\u2019intervention pour le surlendemain, afin de permettre à cette malade de se remonter par les stimulants habituels.I opération fut celle de toute grossesse ectopique ordinaire, annexectomie du côté malade après évidement aussi complet que possible de l\u2019épanchement sanguin ; drain de sûreté pour 48 heures et la malade quitte l\u2019hôpital seize jours après son intervention, complètement rétablie.La grossesse ectopique semble plus fréquente qu\u2019autrefois.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019en rencontrer, tout dernièrement encore, trois cas en deux jours, dont celui que nous rapportons aujourd\u2019hui.Cette Gp.2 rey.\u2014\u2014 a = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 595 fréquence plus grande de la grossesse ectopique dans notre population n\u2019est pas locale, car Marcias de Torres dans la Revue Espagnole d\u2019Obstétrique et de Gynécologie de juin 1927 constatait une augmentation considérable du nombre de grossesse ectopique.Avant lui, Lejars dans le Bulletin de l\u2019Académie de Médecine du 18 mars 1924 faisait cbserver cette plus grande fréquence de l\u2019avortement tubaire survenant dans les premiers jours ou les premières semaines de la grossesse, présentant des signes cliniques tout-à-fait particuliers qui empêchaient en quelque sorte de porter un diagnostic exact.Il est difficile d\u2019essayer à golutionner les nombreuses hvpothè- ss (mises pour expliquer la pathogénie de la grossesses exra-utérine.Il n\u2019y a pas de doute que l\u2019obstruct:on tubaire partielle, par coudure, par torsion, par processus tumoral, par des bandelettes d\u2019ad- Férences péritonéales, sans compter les nombreuses malïormations congénitales qui ont été si bien décrites par l\u2019un de nos collègues, le Docteur Arthur Magnan dans sa thèse sur les Examens des Organes Génitaux de la femme au moyen du Lipiodol, et cependant il semblerait que la plus grande cause que l\u2019on puisse invoquer serait celle d\u2019inflammation banale, pouvant aller jusqu\u2019à la suppuration qui agirait en détruisant le pouvoir moteur de la muqueuse ciliée des trompes et secondairement par la formation de types différents d\u2019occlusions de la lumière tubaire.Au moment de la rupture du follicule de de Graaf qui rejette dans la cavité pelvienne une quantité d\u2019ovules, la portion frangée de la trompe qui est libre et se meut comme des algues marines dans l\u2019eau, s\u2019empare d\u2019un certain nombre de ceux-ci et par des mouvements de contraction les font progresser à travers la lumière tubaire.Certains auteurs, et ce sont la majorité, s\u2019accordent à dire que l\u2019épithélium cilié de la muqueuse de la trompe contribue largement à la progression de cet ovule vers la cavité utérine par les mouvements constants de ces cils vibratils.M.Champy, rappelle que dans la physiologie expérimentale faite sur les lapines, ces cils vibratils, présents, lorsque celles-ci étaient à l\u2019état normal, disparaissaient au moment du rut, et qu\u2019en conséquence, du moins chez ces animaux, on ne pouvait attribuer aux cils vibratils l\u2019action élective qu\u2019on leur accorde généralement chez la femme.Quoi qu\u2019il en soit, nous savons que cet ovule qui rencontrera un germe mâle sera fécondé dans une portion très externe de la trompe, le pavillon, ou la portion ampullaire, rarement la portion isthmique 596 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ¢! plus exceptionnellement encore la portion interstitielle ; dès sa fécondation l\u2019ovule devient oeuf et immédiatement se produit un phénomène de développement qui ne s\u2019arrêtera qu\u2019au bout de neuf mois, moment de l\u2019accouchement, à moins qu\u2019une cause quelconque en arrête son développement.Or il arrive précisément que les différentes obstructions ou occlusions qui ont pu permettre le passage d\u2019un spermatozoïde ne permet pas le passage d\u2019un ovule fécondé, à cause précisément du développement qui déjà s\u2019est opéré dans l\u2019oeuf : celui-ci arrêté dans sa migration vers la cavité utérine continue de prendre des proportions plus considérables, et l\u2019obstruction tubaire en empêche de plus en plus sa progression vers la cavité utérine.La trompe se distend et elle se rompt: nous assistons alors à la crise classique bien connue de tous et dont je dis quelques mots plus loin.Toutefois il se peut que le développement de cet oeuf se fera dans le pavillon de la trompe et nous assisterons alors à un avortement tubo-abdominal : la crise pourra être moins forte, généralement beaucoup moins classique et cependant les symptômes seront graves et nécessiteront un traitement adéquat qui ne le sera qu\u2019en autant qu\u2019un diagnostic précis pourra être posé.L\u2019avortement tubo-abdominal entraîne généralement la mort de l\u2019oeuf, mais nous avons vu cependant, à plusieurs reprises, une grossesse abdominale dont le foetus était encore vivant au moment de l\u2019intervention.Je n\u2019insiste pas sur ces particularités qui sont du domaine purement chirurgical et dont les conséquences, sont des plus graves, lorsque l\u2019on songe que dans ces cas, le placenta s\u2019insère sur le rectum, au niveau du Douglas ou de n\u2019importe quel organe sur lequel il se trouve à tomber au moment de l\u2019avortement.La crise classique décrite par les auteurs est trop connue pour que j\u2019y insiste beaucoup: subitement une malade qui présente un 1etard de règles de six ou huit semaines est prise d\u2019une douleur suraiguë, en coup de poignard, dans le bas-ventre, du côté droit ou du côté gauche ou en un endroit imprécis, accompagnée de nausées ou vomissements, de perte de connaissance, de sueurs froides, de pà- leur, et dans les quelques heures qui suivent, d\u2019une perte sanguinolente vaginale.Je ne sache pas qu\u2019un médecin qui voit une de ces malades une fois, en une crise semblable, puisse oublier le tableau tragique qui se déroule devant lui.La malade est exceptionnellement en danger à ce moment précis de la crise, sauf toutefois, si elle est porteuse d\u2019une lésion cardiaque ou rénale, alors que le shock pourrait retentir défavorablement sur son état général.Le diagnostie, à ce L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 597 moment, paraît être celui d\u2019une appendicite aiguë, d\u2019une crise de calcul rénal ou vésiculaire, d\u2019une crise d\u2019obstruction ou d\u2019ocelusion intestinale, ou celui d\u2019une torsion d\u2019un kyste pédiculé de Povaire.Le traitement immédiat ordonné, il y aura récession de certains symptômes douteux, et il vous sera loisible dans les jours qui suivront d\u2019établir un diagnostic de façon définitive.Mais il semblerait précisément que l\u2019on recherche trop cette crise classique dans tous les cas douteux de grossesse ectopique, qu\u2019on la retrouve exceptionnellement et qu\u2019on élimine le diagnostic exact.Il y a des malades qui feront une rupture de leur trompe au niveau de l\u2019ampoule, mais plus souvent des malades qui feront un avortement tubo-abdominal et qui jamais ne présenteront de retard de règles, jamais n\u2019auront de crise en coup de poignard, avec perte de connaissance, qui simplement discontinueront l\u2019ouvrage qu\u2019elle faisait, qui se courberont en deux pour tâcher de calmer leurs douleurs, et qui vaqueront dans les jours qui suivront à leurs occupations habituelles.De Torres, que jai cité tout à l\u2019heure, prétend qu\u2019un cinquième à peine des malades porteuses de grossesse ectopique présente de l\u2019aménorrhée franche dans les premiers mois de leur grossesse.Le coup de poignard est apprécié différemment suivant que la malade a le coeur plus ou moins fort ou est plus ou moins dure à elle-même.Il arrive fréquemment de rencontrer des malades présentant des douleurs extrêmes pour des ennuis dont d\u2019autres ne se soucient même pas.La perte de connaissance est évidemment un réflexe et est en proportion d\u2019évaluation de la douleur: nombre de malades n\u2019accusent que des lipothymies, cette tendance continuelle à faiblir.Appelé auprès de ces malades le lendemain parfois le surlendemain, peut-être une semaine ou 15 jours après la crise, il vous faudra devant une malade qui est anémiée, qui présente un teint sub-icté- rique, retracer dans l\u2019histoire une crise abdominale aiguë.L\u2019interrogatoire serré est absolument nécessaire auprès des patientes qui présentent ou qui ont présenté une crise subite: il faudra toujours penser chez la femme à la possibilité d\u2019une grossesse ecto- \u201c pique 75% des malades qui souffrent de cette affection sont des stériles de tout temps ou de plusieurs années: il faut alors rechercher uns cause infectieuse, blennorhagique, avortement avec infection, postpartum fébrile.En août 1924, j\u2019analysais ici même, un article sur la douleur tardive élevée dans la grossesse extra-utérine, signes de rupture tu- 598 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA baire.Dans cet article l\u2019auteur étudie un certain nombre de points de la douleur siégeant sous les fausses côtes et au creux épigastrique chez des malades porteuses d\u2019un épanchement sanguin pelvien.Vues tardivement, ces malades pourront bénéficier de la recherche de ce signe afin de poser un diagnostic précis.Dans le cas particulier rapporté ici, les douleurs du creux épigastrique ont persisté jusqu\u2019à son entrée à l\u2019hôpital.Dans \u201c Le Consultant du Praticien\u201d de mai 1930, au titre le signe bleu de l\u2019ombilic, nous lisons: \u201cIl traduirait l\u2019existence d\u2019un hémopéritoine.Le Docteur Forgues, (dans le Paris Médical 1929, 21 décembre) donne à ce sujet les indications suivantes: La découverte de ce nouveau signe, révélateur d\u2019hémorragies intra-péritonéales, par rupture ou avortement de grossesse tubaire, a été faite isolément par trois chirurgiens: Hofstatt Cullen et Hellendall, chacun d\u2019eux croyant en avoir la priorité\u201d.Sajou dans son Encyclopédie attribue à Ransohoff la découverte de ce signe, dans le cas rapporté d\u2019un homme de 53 ans, opéré pour une rupture du cholédoque commun avec épanchement considérable de sang et de bile dans l\u2019abdomen.L\u2019auteur avait observé une ecchymose ombilicale prononcée chez ce malade.Novak, Cullen ont décrit ce signe comme symptôme nouveau d\u2019un épanchement sanguin abdo- minai et ils l\u2019ont recherché dans leurs cas douteux de grossesse ectopique.Ils l\u2019ont retrouvé dans un certain nombre de ceux-ci et dans tous les cas où cette ecchymose était présente, il y avait épanchement sanguin abdominal avec hématocèle pelvienne.Il faudra donc rechercher et la douleur haute tardive, et ce signe bleu de l\u2019ombilic, dans tous les cas de grossesse ectopique: s\u2019ils existent ils semblent pathognomonique d\u2019un hémopéritoine.Forgues que Je «itais tout à l\u2019heure souligne que \u201cl\u2019observation n\u2019en est pas fréquente.Ce signe cependant mérite d\u2019être connu; il est indiqué de le rechercher, et il est permis d\u2019en attendre des services.\u201d Ô et 1° 3° 4° 6° MÉDECINE PRATIQUE TRAITEMENT DE LA DENUTRITION DES ENFANTS DU PREMIER AGE Combattre la cause de la dénutrition: en pratique, la sous-alimentation ou l\u2019infection.Celle-ci est souvent localisée (rhinopharyngite, otite), plus rarement généralisée (syphilis, tuberculose).Alimentation à l\u2019aide de laits modifiés: lait condensé, lait sec ou babeurre.Si l\u2019enfant a plus de 3 mois, remplacer un ou deux biberons par une bouillie claire préparée avec des farines maltées.Après 6 mois, employer les farines ordinaires.En principe, fixer la ration alimentaire d\u2019après le poids, et donner 150 calories par kilo dans les 24 heures; ajouter la quantité d\u2019eau bouillie nécessaire pour faire 150 grammes de liquide par kilo et par jour.Chez les nourrissons pesant moins de 2 kgr.500, répartir au début les repas toutes les 2 heures, et donner 10 repas par 24 heures.Par la suite si le bébé boit bien, donner 8 repas toutes les 214 heures, puis 7 repas toutes les 3 heures.Placer l\u2019enfant dans les meilleures conditions hygiéniques possibles: chambre vaste, bien aérée et suffisamment chaude, recevant largement la lumière.Si la température extérieure le permet, sortir le bébé et le promener environ 2 heures le matin, 2 heures l\u2019après-midi.Lutter contre l\u2019hypothermie par la diathermie et les bains chauds.Lorsque le poids demeure stationnaire, faire des injections sous-cutanées de sérum glucosé à 5 p.100, à la dose de 20 à 40 centimètres cubes.Une à deux fois par semaine, remplacer une piqûre de sérum glucosé par une injection de sang maternel.Paul LETONDAL. ANALYSES MEDECINE B.DERECQ.\u2014 Le traitement des arythmies.\u2014 (Gazette des Hôpitaux, avril 1930).Les arythmies se divisent en deux classes.Les arythmies bénignes (arythmies d\u2019origine sinusale: arythme respiratoire, l\u2019extrasystolie sinusale ou auriculaire, bradycardie nadale, tackycardie paroxystique, etc.) et les arythmies graves (auricular flutter, arythmie compléte, bloes auriculo-ventriculaire, ete.).Dans les arythmies bénignes d\u2019une part la thérapeutique est nulle.Dans les arythmies graves d\u2019autre part, l\u2019auteur résume sa ligne de conduite thérapeutique comme il suit: On a affaire à de l\u2019arythmie complète.On tite le terrain avec la digitale; si celle-ci paraît amener une résolution importante des troubles cardiaques, on est en droit de tenter la régularisation du coeur et on donne de la quini- dine.Si la digitale, au contraire, n\u2019amène qu\u2019une sédation peu importante ou purement momentanée des troubles cardiaques, on laisse de côté la quini- dine et on reste dans l\u2019expectative armée (diurétiques, ete.).Si la digitale paraît provoquer du bigémimisme, on la cesse immédiatement et on la remplace par la coramine.La coramine servira d\u2019utile adjuvant à la digitale, même dans les cas où celle-ci est efficace et apparemment inoffensive.Dans les blocs, la digitale étant formellement contre-indiquée, on emploiera avec succès le traitement combiné à dreivaline-coramine, surtout lorsque l\u2019on aura constaté des troubles rythmiques graves s'accompagnant de syncopes, avec ou sans défaillance cardiaque.Paul René ARCHAMBAULT.UROLOGIE MARION.\u2014 A propos du tamponnement aprés la prostatectomie \u2014 (Journal d\u2019Urologie, fév.1930, p.187).L\u2019auteur, fort d\u2019une expérience de près de 3000 cas, proclame l\u2019utilité du tamponnement pour arrêter l\u2019hémorragie chez les prostatectomisés.Le tamponnement dans la prostatectomie étant très difficile à faire correctement, il se peut assez souvent qu\u2019il ne soit pas réussi et partant inefficace.Il faut que la mêche soit bien tassée dans la cavité prostatique et qu\u2019elle ne déborde pas dans la vessie.Cette condition étant observée, teu- jours le tamponnement fait cesser l\u2019hémorragie consécutive à l'enlèvement de la prostate ou celle qui survient quelquefois mais rarement à la suite d\u2019un détamponnement. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 601 Cette hémorragie, il est utile de l\u2019arrêter parce qu\u2019elle peut faire monrir le malade ou encore parce qu\u2019elle peut le mettre dans un état de moindre résistance, cause fréquente de tant de complications souvent funestes à ces malades âgés ou déprimés.Le tamponnement peut-il être remplacé?On sait que les hémostatiques préconisés jusqu\u2019ici sont vraiment insuffisants; et l\u2019éventration conséeu- tive à l\u2019ouverture large d\u2019une vessie infectée ou l\u2019incrustation de la paroi de la cavité a fait renoncer à la ligature des vaisseaux qui saignent ou au surjet sur la paroi de la loge prostatique.L\u2019auteur reconnait certains inconvénients au tamponnement.Les contractions de vessie, elles peuvent exister ou ne pas exister de même que chez les malades non tamponnés; l\u2019élévation de température qui suit parfois la prostatectomie, elle tombe si on retire les mêches un peu plus précocement.Quant à la douleur que cause le détamponnement et quant à l\u2019hémorragie qu\u2019il peut déclancher, une piqûre de morphine suffit pour calmer la première, et pour l\u2019autre on fait un nouveau tamponnement.Ne pourrait-on pas ne tamponner que les malades qui paraissent devoir saigner?L\u2019hémorragie dans la prostatectomie est trop capricieuse; vouloir faire cette distinction pourrait amener des déceptions pénibles.L\u2019auteur explique ensuite sa technique de tamponnement.Il insiste sur ce point que la mêche doit bien remplir toute la cavité prostatique sans déborder le moindrement dans la vessie.Il conclut en affirmant que le tamponnement est une méthode d\u2019hémostase non illusoire et que ses avantages compensent largement ses inconvénients.B.DUMAS.PEDIATRIE L.RIBADEAU - DUMAS, R.MATHIEU, Max LEVY, J.FLEURY et S.MIGNON.\u2014 Indication des différents sérums artificiels dans les marasmes infantiles.Valeur du rapport: chlore globulaire, chlore plasmatique \u2014 (\u201cBulletins de la Société de Pédiatrie de Paris\u201d, No 2, février 1930, p.71).Au cours des marasmes infantiles, deux séries de modifications humo- Tales importantes ont été enregistrées: 1° l\u2019hyperazotémie; 2° la chute de la réserve alcaline.Jusqu'ici les poussées d\u2019hyperazotémie ne comportaient aucune thérapeutique spécifique, mais en étudiant le mécanisme provoquant l\u2019élévation de l\u2019urée sanguine, certains auteurs ont mis en évidence la coexistence de poussées d\u2019hyperazotémie et de déchloruration: c\u2019est ce qu\u2019on a appelé l\u2019azotémie par manque de sel.On sait que la déchloruration de l'organisme (qu\u2019elle soit provoquée par de la diarrhée ou des vomissements) entraîne une spoliation de l\u2019équilbre cellulaire et en particulier de la cellule rénale; ce dernier trouble se mani- 602 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA feste par une inhibition fonctionnelle du rein dont le pouvoir de concentrer l\u2019urée diminue, d\u2019où rétention urique et élévation du taux de cette substance dans le sérum sanguin.Reprenant ces recherches Ribadeau-Dumas et ses collaborateurs se sont demandés, si les variations de la chloruration ne jouaient pas un rôle dans la production de la \u2018\u201c\u2018néphrite fonctionnelle\u201d des athrepsiques, et logiquement ils furent conduits à l\u2019étude systématique de l\u2019équilibre chloré dans les marasmes infantiles.Mais la recherche de l\u2019équilibre chloré n\u2019est pas seulement le moyen par excellence d\u2019apprécier les variations de la chloruration ; il permet, au surplus, de dépister les états d\u2019acidose ou d\u2019alcalose.D\u2019après Ambard et Schmidt, le rapport chlore globulaire, chlore plasmatique serait un test plus fidèle de l\u2019acidose que la mesure de la réserve alcaline.Cette opinion qui est loin d\u2019être communément admise, à l\u2019heure présente, repose néanmoins sur des données sérieuses: l\u2019imprégnation des albumines du sang par lion Cl (surtout les globules rouges qui contiennent environ 5 fois plus de protéine que le plasma), et la combinaison de l\u2019ion Na au CO2 qui forme le bicarbonate.Quant au pH sanguin, il ne varie de façon sensible qu'in extremis; il ne peut done devenir un test clinique pratique.Les auteurs ont pensé qu\u2019il serait fructueux d\u2019étudier parallèlement le rapport chloré, la réserve alcaline et l\u2019azotémie dans les états hypothrepsi- ques.Sans prétendre éc'aircir le problème si complexe de l\u2019acidose, ils rapportent des faits nouveaux extrêmement intéressants, particulièrement riches en déductions thérapeutiques.Chez sept nourrissons cachectiques infectés, ils ont trouvé une fois un abaissement du rapport chloré avec hyperazotémie.Des injections sous-cutanées quotidiennes de 50 eme.de sérum de Ringer ont fait baisser l\u2019azotémie en même temps qu\u2019elles rétablissaient au voisinage de la normale l'équilibre chloré.Les six autres malades présentaient un rapport chloré élevé et de l\u2019hyperazotémie.Des injections de sérum bicarbonaté, à doses voisines de 50 eme.par jour, ont permis de constater une modification de l\u2019état humoral.L\u2019abaissement de la réserve alcaline n'a coïncidé que 2 fois avec l\u2019élévation du rapport chloré.L\u2019azotémie a été notée dans tous les cas.Ces chiffres, malgré leur intérêt, ne peuvent être acceptés sans réserves et devront être vérifiés.Dans l\u2019ensemble, Ribadeau-Dumas et ses collaborateurs se déclarent satisfaits des résultats obtenus.En confrontant les signes cliniques et les rapports des dosages, ils ont eu l\u2019impression très nette que l\u2019amélioration constatée chez leurs malades a été vigoureusement aidée par l'emploi des sérums artificiels.Du point de vue pratique, il faut retenir de cette étude la grande fréquence de la rétention chlorée chez les cachectiques infectés.Il en résulte que le sérum salé est le plus souvent contre-indiqué: ainsi s\u2019explique qu\u2019à côté de beaux succès cette thérapeutique ait connu des échecs et puisse déterminer des aggravations.Par contre dans les cas de rétention chlorée avec acidose \u2014 qui sont les plus fréquents \u2014 le sérum bicarbonaté donne de bons résultats.Paul LETONDAL.die L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 603 L.RIBADEAU - DUMAS, René MATHIEU et L.WILLEMIN.\u2014 De l\u2019utilisation des protéines végétales dans l\u2019alimentation du nourrisson.\u2014 (\u2018Le Nourrisson\u201d, Nos 2, 3 et 4, mars, mai et juillet 1930, p.65- 225).Cet important mémoire est une contribution originale à la diététique du nourrisson.Il se termine par des conclusions où la pensée des auteurs est admirablement condensée; nous ne saurions mieux faire que de les citer textuellement.lo.\u2014Les protéines végétales apportent un élément de régime important dans le traitement des troubles digestifs de l\u2019enfant.20.\u2014En raison de leur richesse en protéines et de leur digestibilité, le soja et l\u2019hélianthe annuel doivent être considérés comme les meilleures sources des protéines végétales.3o0.\u2014Soja et hélianthe annuel sont facilement admis par l\u2019enfant.Leurs protéines sont moins putrescible que les protéines animales; elles ont un pouvoir de sensibilisation plus faible que celles-ci.Elles semblent, avec les différents composés alimentaires bien dosés, réaliser un milieu intestinal favorable à la nutrition.40.\u2014A moins d\u2019être données à très hautes doses, elles n\u2019ont pas le pouvoir de croissance que peuvent avoir les protéines d\u2019autre nature, ou les aliments riches en acides aminés.Elles nécessitent, à ce point de vue, l\u2019adjonction de substances complémentaires que l\u2019on trouve par exemple dans le lait et la levure de bière.Un régime de croissance avec les protéines végétales doit comporter outre les hydrates de carbone et les sels, des amido- acides; bien que soja et tournesol contiennent la vitamine B, l\u2019addition en quantité suffisante de celle-ci donne d\u2019excellents résultats.Il semble utile d\u2019y adjoindre la vitamine A et la vitamine C.Le régime au tournesol n\u2019est pas rachitigène.5o.\u2014Les régimes comportant des protéines végétales donnent de bons résultats dans les cas d\u2019intolérance au lait, quel qu\u2019en soit le degré, l\u2019eczéma infantile, les hypotrophies intestinales, la dyspepsie des farines; le soja, plus particulièrement dans les troubles digestifs aigus; le tournesol dans les colites muqueuses.Paul LETONDAL.GYNECOLOGIE HENRI EPARVIER.\u2014 Contribution à l\u2019étude des hémorragies tardives des suites de couche.\u2014 (Gyn.et Obst., avril 1930, Paris).Jusqu\u2019à ces dernières années la thérapeutique des hémorragies des suites de couche était le curage ou le curettage.En 1926 M.Couvelaire mit en évidence le danger des manoeuvres intra-utérines tardives dans les suites de couche.Sur 18,213 observations Henri Eparvier a relaté 39 hémorragies secondaires.Sur 39, il y a eu 10 cas d\u2019abstention complète d\u2019exploration utérine suivie de guérison.Mais dans ces cas il était impossible d\u2019affirmer la rétention.Les 29 autres ayant été suivis d'exploration intra-utérine, il a été permis de les classer: lo.\u2014 Dix cas de retention placentaire nette ame- 604 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nant deux morts: une par l\u2019hémorragie, l\u2019autre par l\u2019infection; 20.\u2014 Dix- neuf cas sans rétention placentaire nette: a) 4 cas douteux, db) 8 rétentions de caillots, c) 7 absences totales de rétention.Ayant observé et suivi ces cas, Henri Eparvier conclut: Trois constatations sont nettes: 10.\u2014 La rétention favorise l\u2019hémorragie et l\u2019infection; 20.\u2014 Dans 26 sur 29 le curage a donné de bons résultats; 30.\u2014 Dans trois cas l\u2019intervention intra-utérine a été mortelle par infection puerpérale.L\u2019on doit donc retenir, A.\u2014 Il faut éviter la rétention et intervenir au moment de la délivrance si nécessaire: a) attendre la délivrance naturelle, b) si après attente il n\u2019y a pas de délivrance, il faut manoeuvrer et extraire le délivre, c) une délivrance douteuse demande une vérification intra-utérine avec des gants stérilisés.B.\u2014 L\u2019intervention intra-utérine tardive des suites de couche est dangereuse.Il faut la différer le plus possible.L\u2019hystérectomie s\u2019impose, a) dans les états infectieux sévères, utérus infecté mou; 0) hémorragie recidivante après curage.L.Arthur MAGNAN.P.BALARD.\u2014 Les hémorragies tardives du post-partum; étude clinique et thérapeutique basée sur 50 observations bordelaises.\u2014 (Bul.Soc, d\u2019Obst.et Gyn.de Paris).Sur 50 observations d\u2019hémorragies tardives post-partum Balard a constaté 20% de mortalité.Ces hémorragies sont dues à la rétention ou à la forme hémorragie de l\u2019infection puerpérale.Au point de vue clinique, il n\u2019existe pas de signes pathognomoniques en dehors du toucher extra-utérin.Il y a fièvre dans 45% des cas de rétention et dans 30% des cas de non rétention.Sur 26 cas d\u2019hémoragie avec rétention, il y à eu 21 guérisons et 5 mortalités.Aucune hystérectomie pratiquée, seul le curage ou curettage a été employé.Sur 24 cas d\u2019hémorragie sans rétention, il y a eu 20 guérisons et 4 morts.Dans les 4 morts, il y a eu 2 hystérectomies, un curage et un tamponnement.Au point de vue thérapeutique il y a done deux lignes de conduite à suivre: lo.\u2014 celle de Couvelaire et Metzger i.e.abstention de toute manoeuvre intra-utérine et hystérectomie; 20.\u2014 du bien-être opportuniste attendu les événements et faire la thérapeutique médicale, le curage, ou l\u2019hystérectomie suivant les cas.P.Balard a adopté cette dernière conduite.Seulement si après 24 heures d\u2019un curage ou curettage, il n\u2019y a pas cesation d\u2019hémoragie ou d\u2019accidents infectieux, P Balard suit la conduite de J.L.Faure dans les états infectieux post-abortum, i.e.hystérectomie.L.Arthur MAGNAN.BEGOUIN.\u2014 Cancer du col et hystérectomie élargie ; résultats de 10 à 25 ans, statistique intégrale \u2014 (Bordeaux chirurgical, Tome 1, No 7, avril 1930).La proportion des guérisons chirurgicales après 5 ans de cancer du col est fixée par de nombreuses statistiques.Celle qui date de 10 à 25 est moins connue.Sur 75 opérés, il y a une mortalité opératoire de 8%.Perdues de vue 29; suivies 40 dont 20 mortes; vivantes et bien 20; soit 5 depuis 20 ans, 5 depuis 15 ans, 5 depuis 12 ans, 5 depuis 10 ans.Toutes ces malades ont L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 605 subi une hystérectomie élargie, dissection des urétères, avec ou sans ligature des hypogastriques.Beaueoup, avait un cancer avancé, et quelques-unes restées guéries avaient un pronostic sombre.D\u2019après cette statistique, il est acquis que 50% demeurent guéries.Le même pourcentage se trouve dans d\u2019autres statistiques de différents chirurgiens et publiées par Heyman en juin 1927.Les statistiques après cinq années ne dépassent que de 5% celles après 10 ans.Il demeure donc certain que les récidives sont rares après 5 ans.Après 10 ans, une opérée de cancer du col reste donc guérie définitivement dans la majorité des cas.L.Arthur MAGNAN.ELECTRO - RADIOLOGIE.J.LABORDERIE.\u2014 Sur le traitement radiothérapique des épithéliomas cutanés.\u2014 (Archives d\u2019électricité Médicale, mars 1930).Laborderie, rappelant la vieille division du cancer cutané en baso et en spino cellulaire soutient que les deux variétés peuvent être considérées aujourd\u2019hui comme justiciables du même traitement, la radiothérapie, que parfois la diathermo coagulation remplace avec avantage.Pendant longtemps un certain nombre de radiothérapeutes, se basant sur la loi d\u2019action biologique des rayons X, pensèrent que seuls les épithéliomas cutanés ayant leur origine dans la couche basale devaient bénéficier de la radiothérapie.L\u2019expérience a montré que les cas de guérison des spino cellulaires sont également nombreux.La seule méthode radiothérapique à employer est celle de la séance unique, qui consiste à faire absorber en une fois une dose suffisante pour tuer les cellules néoplasiques.Cette dose est obtenue par l\u2019emploi de rayons moyennement pénétrants non filtrés.L'auteur considère cette méthode nettement supérieure à la technique adoptée par d\u2019autres, et consistant à donner aux lésions une dose forte mais fractionnée et obtenue grâce à l\u2019emploi de rayons très pénétrants et très filtrés.: Huit à treize jours après l\u2019application de cette dose, quadruple de la dose érythémateuse on note du prurit et de l\u2019exsudation; puis cette dernière se ralentit, l\u2019ulcération se déterge, bourgeonne et fait bientôt place à une cicatrice souple, lisse et blanchâtre.Albert COMTOIS.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE R.SABOURAUD.\u2014 \u201cLa roue des choses\u201d.\u2014 (A propos de l\u2019étiologie de I'eczéma).\u2014 Annales de dermatologie et de syphiligraphie.Mars 1930.A la réunion de mars de la Société de Dermatologie, le Président, G.Milian concluait: \u201cEn somme presque tous les faits catalogués eczéma, relèvent directement ou indirectement d\u2019une infection de surface.\u201d Nous savons que Brocque, très récemment disparu pourtant, n\u2019aurait point souscrit cette affirmation.L\u2019auteur de cet article était de cette opinion, il y à vingt-cinq ans, maintenant qu\u2019il en a soixante, il a changé.\u2014 Le fait 606 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA qui reste est.le suivant: sur dix laveuses, une seule fera de l'eczéma et: ce sera toujours la méme.Est-ce idiosyncrasie, anaphylaxie, diathèse, infection épidermique ?: : Il n\u2019y a pas de doute que bien des eczémas anciens.étaient de nature simplement microbienne.Le mot idiosyncrasie ne veut dire rien.Le mot diathèse n\u2019est qu\u2019un point d\u2019interrogation.On ne peut parler d\u2019anaphylaxie sans parler d\u2019une première infection ou intoxication sensibilisante et une deuxième déchaînante, dont rien dans ces maladies de la peau ne nous donne une \u2018idée bien nette.\u2018 Et Sabouraud conclut: \u201cMais en tous cas, nous ignorons tout juste autant que nos anciens l\u2019étiologie de l\u2019eczéma.\u201d La théorie nouvelle de l\u2019eczéma est pleine d\u2019intérêt, dit-il, car elle semble plus explicative.Pourquoi un corps simple tel que le soufre, est-il sous toutes; fermes, offensant pour, certaines peaux alors qu\u2019il ne l\u2019est pas pour le.plus.grand nombre?Peut-être toutes les autres inconnues du problème sont-elles contenues dans celle-là ?Paul POIRIER.Paul RAVAUT.\u2014 Les conséquences d\u2019une réaction positive ou négative du liquide céphalo-rachidien.\u2014 Le Monde Médical, juin 1930.Il ressort de ce magistral article qui remplit tout le populaire périodique, des notions très précises qui devraient être connues de tous les médecins.Elles sont basées sur une expérience de trente années.La valeur considérable de la ponction lombaire dans l\u2019étude de la neuro-syphilis n\u2019est plus à faire.Et le meilleur temps pour la faire d\u2019une manière très générale est À la fin de la troisième année alors qu\u2019on va diminuer l\u2019intensité du traitement, du moins d\u2019après l\u2019opinion de l\u2019auteur.fe CL L\u2019évolution de la syphilis nerveuse se\u201d divise en deux grandes étapes: la première, préclinique, pendant laquelle les lésions'anatomiques reflétant prées- que constamment dans le liquide rachidien, ne-peuvent être dépistées'que par son analyse; la seconde, clinique, débutant avec l\u2019apparition du premier symptôme clinique.\u201cCE Nous ne possédons à l\u2019heure actuelle, aucun criterium certain nous permettant de prévoir le sens dans lequel elles évolueront.Les signes biologiques précèdent dans le plus grand nombre des cas, pour ne pas dire tous, et parfois d\u2019un très lôñg temps, l'apparition des signes cliniques.- TJ n\u2019existe pas-de parallélisme entre la réaction du Bordet : Wasserman du sang et celle du liquide céphalo-rachidien.: aie a Dans 68% de malades en période de syphilis secondaire, il y.a Atteinte des méninges ou tout au moins réaction qui disparaît spontanément ou sous l\u2019influence du traitement, ce qui se voit le plus fréquemment, ou qui persiste, ce qui est heureusement l\u2019exception.Dans l\u2019analyse du liquide eéphato- rachidien le nombre des cellules n\u2019est: pas en rapport constant avec la gravité de la réaction méningée: des cas où les paralytiques généraux par exemple peuvent n\u2019avoir que quelques-æellules dans leur.liquide C.R.et inversement des \u2018affections\u201d communes et bénignes comme.l\u2019herpès peuvent i L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA LV | Pour Produire la Fièvre Thérapeutique (Pyrétothérapie) L\u2019appvareil à Diathermie à Fréquence Variée, Super-Power Victor possède une puissance beaucoup plus consi dérable que tout autre appareil.dans le traitement de certaines maladies ait suscité l\u2019intérêt de la profession dans le passé, un essor considérable a été donné au sujet par la publication des rapports cliniques basés sur l\u2019emploi de la diathermie comme mo en d'élever la température du corps.Que la production artificielle de la fièvre Les Docteurs King et Cock* résument ainsi leur article : \u201c Nous avons raison de croire que cette forme de traitement sera utile dans toutes les maladies dans lesquelles la pyrétothérapie est indiquée : \u201cNous énumérons subséquemment les avantages principaux de cet'e forme de pyrétothérapie : (1) Ce traitement est toujours profitable.(2) Aucun organisme pathogène d\u2019effet inconnu n\u2019est introduit dans l\u2019organisme.(3) La fréquence, la durée et l'intensité de l\u2019élévation thermique demeurent sous contrôle.(4) Cette hyperthermie peut être produite dans tous les cas, ce qui est particulisrement avantageux dans les cas réfractaires à la malaria.(5) Les médicaments peuvent être employés en même temps que cette forme de pyrétothérapie.(6) Comme la fréquence, la durée et l\u2019intensité de la fièvre peuvent être rigoureusement contrôlées, la réaction produite chez chaque patient peut être presque \u201c standardisée\u201d.Ceci vous permet de connaître la courba thermique la plus favorable \u201d \u201cKing, J.Cash et Cock, Edwin W.: la Fièvre thérapeutique produite par la Diathermie avec détails particuliers pour son application dans le traitement de la Parésie.South.Med.Jour.mars 1930.\u2018 f Une copie de ce travail vôus sera envoyée sur demande en même tembos que de plus am \u2018les informations sur lAopareil à Diathermie Victor tel que reproduit dans la vignette.\u2018 + La Corporation de Rayons X Victor du Canada Ltd Manufacturiers du tube Coolidge (À | @IOR Physiothérapie, électrocardiographie d\u2019appareils a Rayons X 7e et autres spécialités 524 Medical Arts Building, Montréal 1221 Bay Street, Toranto Motor Transportation Bldg., Vancouver Medical Arts Bldg., Winnipeg Succursales dans toutes les grandes villes.UNE ORGANISATION DE @- LA GENERAL ELECTRIC L\u2019apoareil a Diathermie Su- per-Power Victor, construit pour produire la fièvre thérapeutique.Capable d\u2019élever la température du corps au degré désiré, sous le contrôle absolu de l\u2019opérateur.Donner autant de courant que le patient pourra tolérer à travers le thorax et l\u2019abdomen grâce à l\u2019emploi des larges électrodes utilisés dans ces cas.Grâce au système de contrôle qui permet à la fois la sélection de la fréquence et du voltage, la qualité du courant désiré est rapidement obtenue.Le contrôle de l\u2019appareil permet de varier les modalités de courants; toutes les applications de la diathermie connues de la science médicale à l\u2019heureactuel- le, sont réalisées au moyen de cet appareil.A l\u2019épreuve des chocs.L\u2019appareil est construit de telle façon que jamais l\u2019opérateur ou le patient ne sont exposés à quelque danger que ce soit.Soyez aux écoutes durant l\u2019Heure de la Radio de la General Electric, diffusée le samedi soir, par le poste N.B.C. 606a I\u2019UNION MEDICALE DU CANADA donner des réactions méningées abondantes, mais éphéméres.La syphilis nous donne souvent des réactions très riches en cellules qui s\u2019effacent d\u2019elles- mêmes et sont sans gravité.Et c\u2019est moins la quantité des cellules que leur qualité, qui peut indiquer la gravité d\u2019un processus.C\u2019est ainsi que les plasmozellens indiquent un état grave, une évolution aiguë.Aussi la recherche globale des albumines est beaucoup plus simple et donne des renseignements aussi utiles que l\u2019étude séparée des deux variétés d\u2019albumines.Enfin, il ne faut pas oublier qu\u2019une réaction négative du sang ne permet pas d\u2019affirmer que le système nerveux est intact.Paul POIRIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE K.PARDEE.\u2014 Le traitement des tuberculoses osseuses par les rayons émis par la lampe à arc \u2014 (Carbon-arc-light treatment in bone and joint tuberculosis.The Journal of Bone and Joint Surgery.Vol.XII.No.2.April 1930.) L\u2019auteur, tout en reconnaissant les grands avantages de l\u2019héliothérapie, qu\u2019il n\u2019a pu appliquer dans un coin du pays où le soleil faisait peu d\u2019apparitions, eut l\u2019idée d\u2019utiliser les rayons émis par une lampe à arc pour le traitement des tuberculoses osseuses et articulaires.Procédant àvec la même technique préconisée pour l\u2019emploi de la lampe de Quartz, il put conclure que cette thérapeutique donne, a) Une modification bienfaisante considérable dans la formule sanguine, b) Une amélioration marquée dans l\u2019état général, c) Une augmentation du poids, d) Une action immédiate sur l\u2019état local qui a une tendance non seulement à s\u2019améliorer mais aussi à évoluer vers la guérison.L\u2019auteur estime que ce genre de traitement, dont plusieurs facteurs sont encore inconnus, peut être utilisé avec profit, dans les cas où l\u2019héliothérapie ne saurait être employée.Edmond DUBE.H.A.SWART.\u2014 L\u2019action de l\u2019ergostérol irradié sur les fractures mon consolidées, produites chez les animaux.\u2014 (The effect of irradiated ergosterol on the healing of produced fractures in animals.\u2014 The Journal of Bone and Joint Surgery.Vol.XII.No.2.April 1930).Reconnaissant l\u2019action manifeste de l\u2019ergostérol irradié dans le traitement du rachitisme et de l\u2019ostéomalacie, l\u2019auteur s\u2019est appliqué à rechercher son action sur les fractures non consolidées.À la suite d\u2019une étude expérimentale portant sur des rats et sur des lapins, alors que ce médicament fut donné par la bouche, S .a purconclure que l\u2019ergostérol irradié, dans ces conditions, n\u2019a aidé ni à la consolidation, ni à la formation du cal.Par contre, ses observations confirment l\u2019opinion déjà admise, que la fracture se répare d\u2019autant plus rapidement que l\u2019apposition des fragments est meilleure.Edmond DUBE. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 607 LABORATOIRE CHS.ANDERSON et F.GERARD.\u2014 Sur une technique nouvelle applicable à la séroprophylaxie de la rougeole.\u2014 (Com.Ren.Soc.Biol, juin 1930, page 674).Le rôle que joue la porte d\u2019entrée dans les diverses maladies infectieuses et dans leur traitement a été mis en évidence par les travaux de Besredka et de ses successeurs.La méthode qui consiste à porter le remède \u201cin loco dolenti\u201d à fait de nouveaux adeptes, et on sait aujourd\u2019hui que non seulement les vaccins mais même les sérums peuvent être utilisés efficacement ainsi.Dans la rougeole on admet que la contagion se fait par l\u2019intermédiaire des sécrétions nasale et laryngo-trachéale.Dans ce cas, la porte d\u2019entrée doit étre logiquement la voie conjonctivo-nasale._ Se basant sur ces notions, Anderson et Gérard ont tenté d\u2019immuniser les individus exposés à contracter la rougeole en se servant du sérum des convalescents et en l\u2019apliquant à la porte d\u2019entrée du virus, soit la conjonctive.Leur technique excessivement simple, une goutte de sérum de convalescent dans chaque oeil trois fois par jour, a semblé donner des résultats tout à fait remarquables.Tous les sujets traités (30) bien qu\u2019ayant présenté des contacts certains avec des malades, et n\u2019ayant par ailleurs jamais eu la rougeole, ont échappé à la contagion.La durée du traitement prophylactique a été de 8 à 10 jours.Au contraire les sujets soumis aux mêmes contacts suspects et non traités ont contracté la rougeole.Outre sa simplicité, cette technique présente encore certains avantages : elle fait disparaître la répugnance qu\u2019éprouvent certains parents à laisser injecter à leurs enfants le sérum d\u2019un inconnu; elle chasse de l\u2019esprit du médecin la crainte des accidents sériques.A.BERTRAND.PHTISIOTHERAPIE S.CAUSSADE et A.TARDIEU.\u2014 Les oedèmes au cours de la tuberculose pulmonaire.; Il n\u2019est pas exceptionnel d\u2019observer au cours de la tuberculose pulmonaire chronique, des crises d\u2019oedème \u2018aiguë ou subaiguë du poumon qui ne sont sous la dépendance, ni d\u2019une cardiopathie, ni d\u2019une affection rénale.Ces crises évoluent en un temps qui varient de quelques heures à quelques jours.En dehors de leurs signes physiques qui sont ceux des oedèmes infectieux pulmonaires, elles se traduisent par une expectoration abondante, mousseuse, très aérée sans traces de sang, contenant quelquefois de l\u2019albumine, beaucoup plus rarement de la cholestérine.La flore microbienne banale semble n\u2019exercer qu\u2019un rôle tout à fait secondaire. 608 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Du point de vue histologique, il s\u2019agit d'un transsudat qui ne modifie pas de manière appréciable l\u2019évolution des lésions productives tuberculeuses, mais qu \u2018il importe cliniquement de bien distinguer.Se superposant aux signes d\u2019une infiltration bacillaire ancienne, les symptômes de l\u2019oedème transsudatif tuberculeux risquent, en effet, d\u2019être confondu avec ceux qui marquent habituellement l\u2019extension rapide et massive du foyer ulcéro- caséeux.A.M.CHOLETTE.MM.EMILE SERGENT et JEAN PIGNOT.\u2014 Le pneumothorax par effort ou par contusion thoracique.\u2014 (Revue de la tuberculose, mai 1930).La tuberculose chronique cicatricielle et la cause principale de ces pneumothorax.Que les accidents soient causés ou non par un effort, ils sont dus à la rupture d\u2019une cicatrice fibreuse tiraillée par une adhérence pleurale.A l\u2019appui de cette façon de voir, il y a plusieurs arguments.Les malades sont généralement des jeunes gens, d\u2019où l\u2019appellation de \u201cpneumothorax des conscrits\u201d.Dans leurs antécédents, on peut relever plusieurs faits caractéristiques: hémoptysies, signes d\u2019imprégnation bacillaire, ete.Dans les quelques mois qui suivent l\u2019apparition du pneumothorax, les malades sont parfois atteints de tuberculose évolutive banale.Coon ad a L\u2019examen radiologique révèle des lésions discrétes de tuberculose torpide ancienne.Parfois on voit disséminés dans les plages pulmonaires, des \u2018 \u2018nodules calcaires, images d\u2019anciens tubercules cicatrisés.| Il y a sclérose bronchique et péribronchique.Il peut y avoir périlobulité*\u201d ou tramite, les cloisons périlobulaires épaissies dessinent un réseau bien apparent.Il faut respecter ces pneumothorax providentiels.* L\u2019auteur apporte plusieurs faits confirmatifs de cette opinion.fo : IL.GELINAS.E EDG.OLBRECHTS (Bruxelles).\u2014 Le pneumothorax spontané \u201cidiopathique\u2019\u2019 bénin.\u2014 (\u201cAnnales de Médecine\u201d, de mai 1930).L'auteur dénomme ainsi les pneumothorax survenant sans cause déterminée tels que: tuberculose pulmonaire, gangrène, traumatisme, ete.Ils peuvent se manifester par la symptomatologie habituelle ou demeurer silencieux.Ils évoluent naturellement vers la guérison et au bout de deux mois l\u2019épanchement gazeux est généralement résorbé.Ils sont rarement mortels.Mais il n\u2019en est pas toujours ainsi.Nombreux sont les malades ayant toléré parfaitement pendant des années un tel pneuinothorax sans apparition d\u2019un épanchement liquide, de nature quelconque.Il faut admettre \u2018alors la persistance d\u2019une fistule étroite, qui filtre l\u2019air en quelque sorte.La \u2018plèvre devenue à la longue rigide peut aussi s\u2019opposer'à la résorption du gaz pleural.- | N oo Le pneumothorax bénin peut être récidivant, C\u2019est ce qui arriverait pour 10% des cas d\u2019après Nicolsky.Parfois, les deux poumons sont atteints successivement, ou même en même temps.Certains malades ont eu de nombreuses récidives. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 609 L'auteur dit avoir trouvé dans sa consultation externe 52.5% de pneumothorax idiopatique bénin contre 20% dans son service hospitalier.Il ne croit pas que cette affection soit de nature tuberculeuse.Il faut sûrement rejeter un accident évolutif-bacillaire comme cause de la fistule pleurale.S'il y avait faute d\u2019un tubercule cortical, il y aurait infailliblement ensemencement de la plèvre, De plus, la fistule serait permanente et on n\u2019assisterait pas à la disparition rapide du pneumothorax.On ne réussit pas d\u2019habitude à mettre en évidence des lésions tuberculeuses après guérison.La rupture de bulles d\u2019emphysème circonscerit est très fréquemment cause do ces accidents.Ce type d\u2019emphyséme peut survenir à la suite de toutes les infections aiguës ou chroniques du poumon.L\u2019emphysäme généralisé survenant chez les gens d\u2019âge avancé est par contre un facteur négligeable.L\u2019auteur conclut qu\u2019il faudra de nombreuses années d\u2019études patientes et minutieuses pour élucider cette question.L.GELINAS.NEURO-PSYCHIATRIE MONIER - VINARD.\u2014 Paralysie dipthérique des membres, guérison par la sérothérapie antidiphtérique.\u2014 (Bull.Mem.Soc.Méd.Hop., Paris, 23 juin 1930).L'auteur communique l\u2019observation très intéressante d\u2019un malade qui présenta, durant 17 mois, une paralysie diphtérique des membres et fut guéri, en 2 semaines, par l\u2019injection de 100ce de sérum antidiphtérique.Ce malade avait souffert, à la fin de 1928, d\u2019un état infectieux ayant duré quelques jours, mais n\u2019ayant pas nécessité le séjour au lit, et qui, remarque très importante, ne fut accompagné d\u2019aucun trouble subjectif de la gorge.Cependant, 4 semaines plus tard, il était pris d\u2019un état parétique des 4 membres à caractère myasthémique et de troubles de la sensibilité aux membres inférieurs.Ce syndrome persista, avec des rémissions spontanées plus ou moins complètes suivies de récidives subites, jusqu\u2019au mois de mai 1930 où le malade fut examiné par M.Babinski et par l\u2019auteur.Ceux-ci trouvèrent des muscles flasques sans atrophie, des fibrillations au quadriceps droit, de l\u2019affaiblissement des réflexes tendineux avec asymétrie des olécraniens et des rotuliens, une abolition des achilléens et un reflexe plantaire en flexion.Aucun trouble ne fut découvert à la face, à la gorge, à la nuque et aux lombes.Le malade présentait des troubles de la sensibilité articulaire aux membres inférieurs.I\u2019examen électrique permit de constater un épuisement rapide de la contraction sans RD.L\u2019examen des yeux décela une insuffisance de l\u2019accommodation.L\u2019ensemencement du mucus-rhino-pharyngé fournit une culture de bacilles de Loetïler longs et courts.Traitement par injections de sérum antidiphtérique: 100cc en 3 doses; guérison complète en 2 semaines.Dans ses commentaires, l\u2019auteur donne les raisons de penser à une paralysie diphtérique: prépondérance sur les membres inférieurs, variabilité capricieuse de son intensité, caractère myasthénique des troubles moteurs, atteinte relativement faible et dissociée des sensibilités, paralysie de l\u2019accommodation. 610 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il insiste sur la bénignité de l'infection rhino-pharyngée diphtérique du début qui ne s\u2019accompagna d'aucun signe subjectif de rhinite ou d\u2019angine, sur la non participation des nerfs bulbaires avec paralysie vélo-pharyngée antérieure (habituelle) à une paralysie des membres chez un porteur de Lacilles dans son naso-pharynx.Le traitement sérothérapique des paralysies diptériques a été conseillé, il y a 30 ans, par Comby.Le résultat n\u2019est pas toujours radical comme il le fut chez ce malade: toutefois il demeure celui que l\u2019on doit employer d'emblée.Le succès rapide obtenu dans ce cas de paralysie prolongée est dû, selon l\u2019auteur, à la faible toxicité de l\u2019imprégnation toxinique; celle-ci ne se mani- festa-t-elle pas par un Shick négatif fait le même jour que fut donnée la première dose de sérum, et par la tolérance presque complète que présentèrent deux cobayes injectés de cultures en bouillon de bacilles pris sur le malade?Roma AMYOT.MEDECINE LEGALE.HEGER GILBERT.\u2014 Deux cas de mort par inhibiton.\u2014 (Comm.du Xe Congrès de médecine légale.\u2014 Annales de Méd.Lég., sept.1929).M.le professeur Héger Gilbert fait la relation de deux cas.Le premier concerne un individu qui, par erreur avale 25 centimètres cubes de potasse industrielle.La cicatrisation de la lésion produite nécessite pendant sept mois un traitement par dilatations progressives, de l\u2019oesophage.Voulant retirer une sonde qu\u2019il avait placée la veille, le médecin traitant introduit l\u2019oesophagoscope; le malade meurt subitement.L'autopsie est négative.L'auteur croit qu\u2019on peut conclure à une mort par inhibition.Le second cas est celui d\u2019un ouvrier dont l\u2019index est pris dans une machine.La très vive douleur provoque un état syncopal et le blessé meurt en quelques minutes.Il s\u2019agit ici d\u2019un de ces cas de pseudo-inhibition, car, en réalité, cet homme était un cardiaque comme le démontra l'autopsie.P.MAZEL.\u2014 Mort subite par inhibition \u2014 (Xe Congrès de médecine légale.\u2014 Annales de Méd.Lég., sept.1929).M.le docteur Mazel croit que l\u2019on peut difficilement limiter l\u2019action spécifiquement propre de l\u2019inhibition.Il cite le cas d\u2019un individu qui, recevant des éclaboussures de phénol à la face, et malgré le caractère superficiel des brûlures recues, meurt subitement.11 était en période digestive.L'auteur rappelle quelques observations analogues de Virchow. NÉCROLOGIE FEU LE DR E.-M.-A.SAVARD M.le Dr E.-M.-A, Savard, inspecteur général du Service provincial d\u2019hygiène, a succombé, le 8 août à l\u2019impitoyable maladie qui l\u2019avait terrassé il y a deux ans.C\u2019est une perte qu\u2019au Service provincial d\u2019hygiène, dont il avait dirigé les bureaux de Montréal depuis son institution en 1922, nous avons vivement ressentie.Le Dr Savard avait les qualités qui font les meneurs d\u2019hommes.Il savait tirer de ses collaborateurs tout ce qu\u2019ils peuvent donner et tenait avec la plus grande fermeté les hautes responsabilités qu\u2019on lui avait confiées.Mais sa direction était tempérée par la sincérité évidente avec laquelle il la dictait et, sous une apparence de brusquerie qui ne trompait personne se décelait un coeur généreux qui savait comprendre.En dehors du service, il savait être charmant camarade et, tous, ici nous étions ses amis.Doué d\u2019une grande capacité de travail et d\u2019une vision claire de ses devoirs, il fut un précieux collaborateur de la cause de la Santé Publique.Il en donna d\u2019ailleurs une preuve évidente, lors de l\u2019épidémie de fièvre typhoi- de de 1927 et sût organiser le travail de ses inspecteurs, comme celui du bureau de Montréal, sur des bases bien définies.Le Dr Savard avait fait ses études médicales à l\u2019Université Laval, à Québec, et avait exercé sa profession d\u2019abord à Sainte-Marie de Beauce puis dans la capitale.Ses goûts cependant le portaient plutôt vers la prévention et il fut l\u2019un des premiers à prendre le grade de Docteur en Hygiène publique.D\u2019abord inspecteur régional, à la Rivière du Loup, il fut nommé inspee- teur général, puis, chef du Service, à Montréal, quand le Conseil Supérieur d'hygiène fut transformé en Service provincial d'hygiène.C\u2019est dans ce même temps que jentrai au Service et mes relations quotidienne avec lui me permirent, peut-être plus qu\u2019à d\u2019autres, de le connaître.Puisse cet hommage à sa mémoire faire aussi connaître aux lecteurs de l\u2019Union Médicale sa valeur comme hygiéniste et comme homme de coeur.Dr Fréd.PELLETIER, Bibliothécaire et publiciste, du Service provincial d'hygiène.9 NOUVELLES L'ASSOCIATION DES MEDECINS DE LANGUE FRANCAISE DE L'AMERIQUE DU NORD RECOIT LES MEMBRES DE LA BRITISH MEDICAL ASSOCIATION.Le 16 août dernier, arrivaient à Montréal à bord du \u201cDuchess of Bed- ford\u201d, deux cents médecins anglais, qui venaient assister à la convention de la British Medical Association à Winnipeg, du 26-29 août.Durant leur séjour en notre ville, le Comité Exécutif de notre Association a invité nos collègues anglais à un dîner qui leur fut offert au Club de golf Laval sur-le-Lac.Le 18 août, à trois heures de l\u2019après-midi.les délégués britanniques quittèrent l\u2019Hôtel Windsor dans les voitures mises gracieusement à leur disposition par les médecins de notre ville.Les distingués visiteurs eurent l\u2019opportunité d\u2019admirer les charmes de la campagne jusqu\u2019à Oka, où l\u2019on fit une visite intéressante quoique rapide à l\u2019Ecole d\u2019Agriculture.= Tous ne participèrent pas à cette randonnée et pour cause; une trentaine d\u2019entre eux s\u2019adonnèrent à leur jeu favori: le golf.Nos confrères nous ont assuré qu\u2019ils durent livrer une lutte homérique pour résister à l\u2019invasion de leurs redoutables adversaires.A sept heures le dîner fut servi dans les salles du Club Laval; 250 convives prirent place autour des tables artistiquement décorées de fleurs et firent honneur au menu préparé par l\u2019habile maître d\u2019hôtel du club.De brefs discours furent prononcés par le Prof.Pierre Z.Rhéaume, Président, Sir St Clair Thomson, Docteur Alfred Cox et par les Doyens des Universités Montréal et McGill, les Professeurs L.de Lotbinière Harwood et C.F.Martin. L'Union Médicale du Canada Comité de Direction MM.Archambault, Benoit, Boulet, Bousquet, Bourgeois, Bruneau, De Cotret, Derome (Wilfrid), Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Leduc, LeSage, Marien, Marin (Albéric), Marion, Masson (D.), Mercier (Oscar), Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques, Vidal.Président: P.Z.Rhéaume; Secrétaire-trésorier: G.Archam- bault.Membre d'honneur: Professeur Pierre Masson.Comité de Rédaction MM.Badeaux, Francois; Bellerose, A.; Bertrand, A.; Boucher, R.; Brault, Jules; Cholette, A.M.; Comtois, A.; Dubé, E.; DeGuise, A.; Fontaine, R.; Gérin-Lajoie, L.; Lapierre, G.; Legrand, E; Letondal, P; Marin, Albéric; Marion, D.; Mercier, Oscar ; Mercier Fauteux ; Mousseau, J.Alfred ; Pepin, R; Rivard, J; Simard, Ls-C; Trottier, E; Vidal, J.A.Président: A.LeSage; Vice-Président: Albéric Marin; Secrétaire: Léon Gérin-Lajoie; Assistant-secrétaire: Donatien Marion.Prix de l\u2019abonnement pour 1930 Canada et Etats-Unis Etranger (pays faisant partie de l'Union Postale) Etudiants Conditions de Publication L'Union Médicale du Canada paraît tous les mois par fascicules de 60 pages.Chaque numéro contient des mémoires originaux, des faits cliniques, une revue générale, un mouvement médical, des notes de pharmacologie, des analyses et des nouvelles médicales.Le Comité de Rédaction accepte des articles de tous les médecins à condition que ceux-ci n'aient pas déjà été publiés dans un autre journal.Les Mémoires Originaux ne doivent pas excéder |5 pages; les Faits Cliniques auront un maximum de 5 pages et les Revues Générales comprendront au plus 10 pages.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco, au secrétaire, Dr Léon Gérin-Lajoie, 3553, avenue du Parc.Tél.PLateau 5397.Tout ce qui concerne l'administration doit être adressé franco à M.T.Valiquette, comptable, 3705 rue St-André, ou Boîte Postale 3026. SUITE DU SOMMAIRE ANALYSES MEDECINE M.Chiray et S.Zitzerman.Etats mélancoliques, Atonie vésiculaire et stase biliaire (p.659).À.Sézary.La pro- téinothérapie locale des collections purulentes (p.660).F.Uslmann.La percaine, un nouvel anesthésique local.(p.661).CHIRURGIE J.W.Hinton.Lésions des viscères abdominaux.Leur fréquence relative et leur traitement (p.662).R .E.Fallas.Acidose et alcalose post-opératoires (p.662).UROLOGIE Martin.Des erreurs dans le diagnostic de la tuberculose réanle.(p.662).i PEDIATRIE P.Teissier et F.Coste.Physiopathologie de la scarlatine (p.664).\u2014 G.Bar- raud.Ce que doit être le bain de mer d\u2019un enfant (p.665).ELECTRO-RADIOLOGIE L.Delhern et H.Beau.La radiothérapie dans certaines affections cardio-vasculaires (p.665).\u2014 S.Laborde et Y.L.Wickham.La radiothérapie du cancer du col de l\u2019utérus au centre anticancéreux de la banlieue parisienne (p.666).DERMATO \u2014 SYPHILIGRAPHIE Margoglou.L\u2019acné polymorphe et son traitement moderne (p.667).Milian.Roséole infectueuse biotropique au cours du traitement arsénical (p.668).LABORATOIRE G.Ramont.A propos des propriétés essentielles de l\u2019anatoxine diphtérique (p.668).PHTISIOTHERAPIE J.Morin et F.Cardis.Comment classer de façon pratique les tuberculeux dans un sanatorium (p.669).NEURO-PSYCHIATRIE C.Vurpas.Les formes cliniques des obsessions (p.670).MEDECINE LEGALE Sainte-Claire-Deville.que (p.672).L\u2019enquéte .histori- "]
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