L'union médicale du Canada, 1 avril 1926, Avril
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LV AVRIL 1926 No 4 LA RAGE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC Par E.P.BENOIT.Un chasseur américain étant venu dans un club des Laurentides avec son chien, cet animal tomba malade de la rage une fois rendu et réussit à mordre plusieurs chiens des environs avant qu\u2019on pût I'abattre.Ces chiens mordus ont propagé la rage dans le pays.On en a abattu plusieurs dont les cerveaux, examinés au laboratoire de la ferme expérimentale, à Ottawa, portaient des lésions propres de la rage.Ces chiens morts de la rage venaient de Hull, de Dorval et de Coaticook.Dans ce dernier endroit, un enfant mordu par un chien malade présente des symptômes rabiques graves.Des personnes mordues sont actuellement en observation à l\u2019hôpital Victoria.II n\u2019est donc pas douteux que la rage existe actuellement dans la province de Québec et que l\u2019on doit prendre des précautions contre cette maladie si l\u2019on veut éviter une épidémie.Symptômes de la rage chez le chien La rage du chien ne revêt pas toujours la même forme.Certairs chiens deviennent d\u2019abord enragés (forme furieuse), cherchent à mordre, et demeurent ainsi plusieurs jours avant que la paralysie ne vienne les immobiliser.D\u2019autres chiens n\u2019ont pas l\u2019air d\u2019avoir la rage (forme ) ; ils sont muets dès le début et la paralysie les prend presque tout de suite.Mais qu\u2019ils soient violents ou tranquilles, tous les chiens atteints de la rage peuvent donner la maladie.On doit soupçonner la rage lorsque le chien change de caractère, offre des moments de dépression et d\u2019engourdissement alternant avec des périodes d\u2019agitation, lorsqu\u2019il fuit la lumière vive, erre sans but dans la maison ou se cache pendant quelque temps, lorsqu\u2019il avale difficilement, aboie d\u2019une voie étouffée ou paraît faible du train postérieur.Si le chien devient agité, agressif, violent et cherche à mordre, s\u2019il bave, les symptômes sont encore plus caractéristiques. 200 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA La rage existe en toute saison, et non pas seulement pendant les chaleurs de l\u2019été.L\u2019hydrophobie ou crainte de l\u2019eau n\u2019existe que chez l\u2019homme.Le chien enragé avale difficilement, mais il n\u2019a peur ni de l\u2019eau ni des aliments; il s\u2019en éloigne pour ne pas avaler.Précautions à prendre et traitement La rage est une maladie contagieuse et excessivement dangereuse.On doit prendre contre cette maladie toutes les précautions possibles.C\u2019est la salive ou bave du chien enragé qui donne la maladie, soii qu\u2019il vous morde, vous lèche ou vous égratigne; et vous la prendrez vous-même d\u2019autant plus facilement que vous aurez les mains gercées, ou égratignées ou coupées.Si vous voulez examiner un chien douteux, mettez des gants et désinfectez-vous les mains après l'examen.Faites- le examiner par le vétérinaire, qui reconnaîtra plus sûrement que vous-même si votre chien a la rage.Sinon, tenez le chien malade à la chaîne pour dix jours; s\u2019il n\u2019est pas mort pendant cette période, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas malade de la rage.Si vous avez sur les mains une gerçure, une égratignure, une coupure, une plaie quelconque, même petite, même insignifiante, et que vous ayez manipulé un chien suspect, ou si un chien suspect ou enragé vous a léché, égratigné ou mordu, cautérisez immédiatement avec de l\u2019acide phénique (carbo- lique) pur ou de l\u2019acide nitrique pur, puis consultez votre médecin quant au traitement (vaccination antirabique de l\u2019Institut Pasteur).Un premier traitement plus énergique encore, et plus sûr par conséquent, c\u2019est de faire saigner la morsure par une forte pression et de la cautériser ensuite profondément au fer rouge.La période d\u2019incubation (silencieuse) de la rage est très longue.Elle dure généralement de trois semaines à trois mois chez l'homme et de deux semaines à deux mois chez le chien.Le virus remonte lentement de la morsure le long des nerfs jusqu\u2019au cerveau, et c'est lorsqu\u2019il atteint le cerveau que les symptômes de la rage apparaissent.Elle apparaît donc plus vite après une morsure au visage que si lon a été mordu au mollet.Cette longue incubation permet d'attendre l\u2019autopsie des chiens abattus avant de faire vacciner les mordus, mais elle facilite grandement la diffusion de la rage chez les chiens.Il s\u2019écoulera donc un mois ou deux avant que nous soyons fixés sur l\u2019étendue de la rage dans la province.La vaccination anti-rabique est prolongée; elle demande vingt jours, avec deux injections par jour la première semaine et ensuite une injection L'UNION MÉDICALE DU CANADA 201 tous les jours.Cette vaccination n\u2019agit pas lorsque la maladie est déclarée; elle agit d\u2019autant mieux qu\u2019elle est précoce.Tous les animaux mordus par des chiens enragés peuvent développer la rage à leur tour (chat, cheval, vache, mouton, cochon, volaille, loup, renard, etc.). DEUX CAS D\u2019ASPHYXIE PAR BOL ALIMENTAIRE Par WILFRID DEROME, Médecin-légiste.Parmi les cas nombreux et variés de mort violente qu'il nous est donné d'observer à la Morgue de Montréal, il en est parfois de si étranges que d\u2019aucuns peuvent se demander comment il se fait que des personnes civilisées puissent mourir si bêtement.En voici deux exemples typiques: Au mois de janvier 1922, un individu âgé de 28 ans, titubant sous l'ivresse, entre dans un restaurant de la rue St-Laurent et demande qu\u2019on lui serve un \u201csteak\u201d saignant.Le malheureux intoxiqué, n\u2019écoutant que sa faim morbide, avale précipitamment et sans mastication aucune un morceau trop gros et meurt sur place, au grand étonnement du restaurateur qui vainement s'était porté à son secours.L'\u2019autopsie, pratiquée peu de temps après, révéla la brésence d\u2019un énorme morceau de viande (photo 1), qui était placé à cheval sur l\u2019épiglotte et qui obstruait par ses deux extrémités à la fois l\u2019œsophage et le larynx.Le second exemple, observé tout dernièrement, est à peu près identique: il s\u2019agit cette fois d\u2019un citoyen de la grande république voisine, laquelle souffre, comme tout le monde sait, de l'erreur manifeste qu\u2019est la prohibition à outrance, l\u2019abstinence imposée à force de lois.Or, il arriva qu\u2019un beau jeune homme, venu de New- York à l\u2019hôtel Mont-Royal, se désaltéra tant et si bien qu\u2019il finit par ne plus avoir soif, mais par souffrir d\u2019une grande faim.!l s\u2019installa en conséquence dans la splendide salle à dîner de l'hôtel et, à l\u2019instar de l\u2019individu dans l\u2019exemple précédent, demanda qu\u2019on lui apporte un \u201cbon steak\u201d.Il n\u2019en avala que trois bouchées demesuré- ment grandes, ainsi qu\u2019on peut en juger par la photo 2.La première passa et fut retoruvée dans l\u2019estomac, la seconde put atteindre le cardia, mais la troisième, la plus volumineuse.s'arrêta au niveau du larynx, rétrécissant par compression le calibre de celui-ci au point d'amener rapidement la mort par asphyxie.Après cela, ne peut-on pas dire avec la chanson: Que plus que nous la brute est sage, Car elle boit uniquement Quand la soif l\u2019y pousse vraiment, Et elle mange aussi plus raisonnablement. l\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 203 Les commentaires d\u2019ordre médico-légal que nous suggèrent ces deux morts subites et imprévues ont trait d'une part aux causes diverses de l\u2019asphyxie et d\u2019autre part aux individus qui, par leur état nerveux ou mental particulier, sont ainsi exposés à être victimes de tels accidents.Morceaux de viande ayant provoqué l\u2019asphyxie chez un intoxiqué par alcool.L\u2019asphyxie est, suivant la définition classique, la suppression des échanges respiratoires.C\u2019est un état syndromique se traduisant par 204 L'UNION MÉDICALE DU CANADA des symptômes et par des signes cadavériques, toujours semblables, mais dont les causes sont diverses.L\u2019asphyxie peut, en effet, se rencontrer au cours d\u2019affections naturelles tellés que, tumeurs de la gorge ou du larynx, abcès rétro- pharyngiens, diphtérie et surtout croup, œdème et spasme de la glote, bronchite capillaire, œdème pulmonaire, maladies convulsives.etc.Elle peut être le résultat de poisons tels que l\u2019oxyde de carbone.l\u2019anhydrite carbonique, la strychnine, la morphine, etc.Elle peut enfin résulter d\u2019un obstacle mécanique à la pénétration de l'air dans les poumons, soit que cet obstacle siège à l'extérieur comme dans la pendaison, la strangulation à la main ou au lieu, la suffocation par Morceau de steak qui en se plaçant sur l\u2019épiglotte a déterminé l\u2019asphyxie.obturation directe des orifices respiratoires ou par compression du thorax, soit qu\u2019il siège à l\u2019intérieur même des conduits respiratoires ainsi qu\u2019il arrive dans la submersion, l\u2019enfouissement et l\u2019occlusion par corps étrangers.Au point de vue médico-légal, ces dernières variétés d\u2019asphyxie.qu\u2019une étiologie commune caractérise, sont appelées par abréviation asphyxies mécaniques.L\u2019obstruction directe des voies respiratoires par corps étrangers est rarement un procédé de suicide; cependant Morache, cité par Thoinot, raconte qu\u2019en Chine, les mandarins disgraciés se suicident au moyen d\u2019une mince feuille d\u2019or qui, par une violente inspiration, vient se placer sur l\u2019entrée de la glotte.L'introduction criminelle de corps étrangers tels que, tampons de journaux, de coton obsorbant, de linge, etc., dans l\u2019arrière-gorge des nouveau-nés est à Montréal un procédé communément employé.Nous conservons dans notre musée de Médecine Légale plusieurs de ces pièces à conviction.L\u2019introduction accidentelle est fréquente et comprend les corps les plus L'UNION MÉDICALE DU CANADA 205 divers.Chez les enfants, ce sont les pièces de monnaie, les tétines, les sucettes, les jouets, etc.; chez l\u2019adulte, ce sont les fausses dents, un bout de cigare, du tabac à chiquer, etc.; enfin chez les uns et les autres, ce peut être des matières alimentaires qui tantôt sont projetées hors de l\u2019estomac par un effort, par un accès de rire ou par une émotion vive quelconque, puis entraînées par inspiration dans le larynx, tantôt par gloutonnerie ou par un mécanisme plus morbide encore, sont avalées par morceaux trop volumineux.Les paralytiques généraux, les vieillards en enfance et les intoxiqués par l\u2019alcool, sont les trois classes de sujets chez lesquels l\u2019asphyxie par bol alimentaire trouve son explication dans un trouble des fonctions neuro-psychiques.Tous, je pense, vous avez eu l\u2019occasion d\u2019observer l\u2019état de déchéance physique et intellectuel qui marque la fin de la période d\u2019état, mais surtout la période de terminaison chez le paralytique général.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas le moment d\u2019insister sur les caractères, ni sur les troubles somatiques variés qui ont fini par porter sur tous les systèmes.Contentons-nous de rappeler que le phénomène réflexe de la déglutition, comme d\u2019ailleurs tous les autres réflexes, est profondément troublé, au point qu\u2019il devient dangereux de donner à ces malades des aliments qui n\u2019ont pas été, au préalable, finement divisés, et surtout des viandes non-hachées.Tous vous connaissez aussi les atteintes plus ou moins profondes des différentes facultés intellectuelles, qui font du dément sénile un véritable enfant, crédule, sans volonté, oublieux de tout, incapable de se conduire; puis, du côté physique, les signes variables suivant la localisation des lésions dans le cerveau, le mésencéphale, le cervelet et la moëlle.Ce sont des hémiplégies permanentes ou transitoires, de la dysarthrie, du rire et du pleurer spasmodiques, de la parésie des sphincters, de la dysphagie, etc.Ce dernier trouble nous intéresse ici particulièrement, puisque, joint à une intelligence déficiente ou encore, nullement corrigé par elle, il explique pleinement chez le dément sénile, l\u2019accident asphyxique par bol alimentaire.I1 nous reste à expliquer le même accident chez l\u2019intoxiqué à la période où l\u2019exaltation a fait place à l\u2019obtusion intellectuelle.Les idées sont confuses, la démarche vacillante, la sensibilité émoussée.Il existe des troubles sensoriels tels que, confusion de la vue, illusions du goût, faim vorace.Etat passager, c\u2019est vrai, mais de confusion profonde souvent, et qui, comme tel, peut donner lieu aux actes les plus étranges, les plus tragiques qui soient, comme, par exemple, celui de s\u2019étouffer en avalant des morceaux de viande démesurés. NÉCROLOGIE HENRI LUC (1855-1925) Le Dr Luc, l\u2019un des oto-rhino-laryngologistes les plus brillants et les plus érudits de France, vient de mourir à Paris, le 25 septembre dernier, des suites d\u2019une maladie qui le consumait déjà depuis plusieurs années.Il naquit dans une petite ville du nord, à Saint- Omer, le 6 janvier 1855.Ses études médicales furent d'abord commencées à la Faculté de Lille, où il obtint le titre de lauréat, et en 1875, celui de prosecteur à cette même école.Plus tard il se dirigea vers la capitale et, au concours de l\u2019internat en 1879, il fut nommé interne lauréat des hôpitaux de Paris.Dès la fin de son cours universitaire, il se sentit attiré vers la spécialité des maladies des oreilles, du nez et de la gorge, et comme à cette époque l\u2019oto-rhino-laryngologie en France était à peine à ses débuts, il décida d'\u2019aller chercher à l'étranger, des connaissances nouvelles.L\u2019école de Vienne était alors la plus renommée de l\u2019Europe, aussi en 1887, il se rendit en Autriche, où il fut particulièrement bien accueilli, entr\u2019autres par Politzer, le père incontesté de l\u2019otologie, et ancien élève de Claude Bernard, au Collège de France.De retour à Paris quelque temps plus tard, il se mit au travail et organisa, dans le quartier du Panthéon, 15 rue Malebranche, une clinique où les malades vinrent en très grand nombre.Grâce à l\u2019esprit observateur et original qui le caractérisait, il commença dé:à à concevoir, en chirurgie surtout, les problèmes nouveaux qui devaient le rendre célèbre.C\u2019est à cette clinique qu\u2019il recueillit presque tous les éléments d\u2019un volume très clair et très précis, que tous les oto-rhino-laryngologistes ont dans leur bibliothèque, ou devraient avoir, intitulé: \u201cLeçons sur les suppurations de l'oreille moyenne et des cavités accessoires des fosses masales et leurs complications intracraniennes\u201d.Avec le Dr Ruault, il fonda en 1889 les Archives Internationales de Laryngologie, d\u2019Otologie et de Rbinologie, qu\u2019il continua de diriger jusqu\u2019en 1896.Dans cette revue médicale il publia un nombre considérable de mémoires originaux et d\u2019analyses des principales communications parues un peu partout.Le Dr Luc était un polyglotte distingué, car en plus de sa langue maternelle qu\u2019il maniait avec élégance, il parlait couramment l'an- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 207 glais, l'italien, l'espagnol et l'allemand.Sa réputation toujours croissante, grâce à l\u2019importance de ses travaux et au contact qu'il avait avec ses confrères étrangers venus à Paris pour le voir, lui valut de nombreuses invitations à prendre la parole aux séances des sociétés savantes de plusieurs villes de l\u2019Europe et même de Amérique.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1890, il assistait au Congrès International de Laryngologie, qui avait lieu à Berlin.) En 1895, il était invité par la British Laryngological Association qui se réunissait à Londres.En 1899, il était nommé rapporteur, encore à la British Laryn- gological Association.La même année, il se rendait à Portsmouth pour un congrès.En 1903, il prenait part à un autre congrès à Washington.En 1905, il allait à Bruxelles.En 1906, il assistait au Congrès de Laryngologie tenu à Vienne.Ne pouvant être présent au Congrès de Budapest, en 1910, il envoyait un important mémoire._ En 1911, il se rendait au Congrès de Berlin.En 1912, il traversait de nouveau l\u2019Atlantique pour aller au Congrès de Boston.C\u2019est pendant ce dernier voyage que nous eûmes le plaisir de le recevoir à Montréal.Enfin, la même année, il était convoqué aux Sections otologique et laryngologique du Congrès International de Londres.Ce n\u2019est pas mon intention de donner la liste des nombreux travaux que le Dr Luc a publiés pendant sa laborieuse carrière; je me contenterai simplement de mentionner ici deux opérations qu\u2019il a décrites, et qui dans l\u2019avenir lui survivront indéfiniment en portant son nom.jusqu\u2019en 1895, le traitement de la sinusite frontale chronique se faisait presque toujours par voie endonasale, et consistait en lavages des narines, insufflations de poudres antiseptiques, résection de la tête du cornet moyen et cathétérismes du canal naso- frontal.Avant cette époque, et même pendant le XVIIIe siècle, on avait bien trépané l\u2019antre frontal, mais seulement lorsque celui-ci était déjà fistulisé.Devant les membres de la Société Française d\u2019Oto-Rhino-Laryngologie, en mai 1896, Luc décrivit alors un procédé nouveau pour la cure des sinusites frontales chroniques.Sa méthode consistait à ouvrir l\u2019antre frontal par l\u2019extérieur, même lorsqu\u2019il n\u2019y avait pas de fistule, à le curetter, à élargir le canal naso-frontal pour permettre le drainage, et finalement à suturer la plaie cutanée. ~ 208 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019année suivante il abordait le traitement de la sinusite maxillaire chronique qui, par le passé, n'avait donné presque toujours que des insuccès.En effet, les lavages de l\u2019antre de Highmore par son orifice naturel, ou pratiqués à la suite d\u2019une ponction à travers le méat inférieur, ou encore après l\u2019ablation d\u2019une dent, la perforation de son alvéole suivie de la mise en place d\u2019un drain, ne pouvaient tarir la suppuration qui est entretenue par les fongosités de la muqueuse sinusienne.Lamorier-Desault avaient bien préconisé d\u2019ouvrir le sinus par la fosse canine et de le curetter, mais les malades étaient condamnés dans la suite, et pendant un temps indéfini, à faire des lavages et à introduire une mèche pour empêcher la fermeture de la plaie de la bouche.Les inconvénients de cette méthode tout à fait incertaine quant au résultat final, firent qu\u2019elle eut très peu d\u2019adeptes.Aussi en 1897, devant les membres du Congrès Français de Laryngologie, Luc proposa de trépaner la paroi antérieure du sinus mixillaire, après avoir incisé la muqueuse gingivo-labiale, de -curetter complètement l\u2019antre de Highmore, de pratiquer une ouverture dans la fosse nasale pour permettre le drainage, et finalement de suturer l\u2019incision buccale.Nous devons à l\u2019impartialité de dire qu\u2019un chirurgien écossais, Alexander Ogston, professeur à l\u2019Université d\u2019Aberdeen, avait décrit en 1884, une opération indentique à celle de Luc, pour le traitement de la sinusite frontale chronique.De même le Dr Geo.W.Caldwell de New-York, en novembre 1893, avait exposé un nouveau procédé pour la cure radicale de la sinusite maxillaire chronique, analogue à celui de Luc.Toutefois ce dernier auteur, lors de la publication de ses deux mémoires, n\u2019était nullement au courant des travaux d\u2019Ogston et de Caldwell, comme il le déclare lui-même, et comme en fait foi la discussion qui eut lieu à la suite de ses communications en Angleterre et ailleurs, car nulle part on parla de priorité.Ce ne fut que plus tard, lorsque la presse médicale mondiale s\u2019empara de ses méthodes, et que des recherches bibliographiques furent faites, que les travaux de ses deux prédécesseurs furent tirés de l\u2019oubli.Le grand mérite de Luc consiste donc non seulement à avoir eu la conception de ses procédés maintenant classiques, mais aussi à avoir imposé aux générations futures ses idées nouvelles pour le traitement des suppurations des cavités accessoires des fosses nasales.Aussi les méthodes d'Ogston-Luc et de Caldwell-Luc formeront-elles les deux plus belles pierres du monument scientifique élevé à sa gloire.Bien que libéré de toute obligation militaire, le Dr Luc se mit à la disposition du Ministère de la Santé, au début des hostilités AeA gan.danse L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 200 en 1914, et fut nommé chef de l'important service oto-rhino-laryngo- logique du Val-de-Grâce.Il occupa cette charge jusqu\u2019à la fin de la Grande Guerre, et un nombre considérable de blessés et de malades lui durent leur guérison.Comme il était Chevalier de la Légion d\u2019Honneur depuis 1904, le Gouvernement français lui décerna la rosette d\u2019officier en 1920, promotion que sa haute personnalité médicale lui avait méritée déjà depuis longtemps.Le Dr Luc, qui était très affable, aimait beaucoup à recevoir les étrangers, et particulièrement les Canadiens.Aussi sa clinique de la rue de Chanaleilles, qu\u2019il partageait avec le Dr Guisez, était très recherchée par tous les amateurs de belle chirurgie.La mort du Dr Luc laisse un grand vide dans l\u2019oto-rhino- laryngologie française, et de bien sincères regrets de la part de tous ses collègues qui ont eu l'avantage de le connaître.Depuis plus de vingt ans, j'avais eu l\u2019occasion de le rencontrer souvent et d\u2019apprécier sa science, sa franchise, sa bonté et ses autres qualités de l\u2019esprit et du cœur, et comme il voulait bien m\u2019honorer de son amitié, je me fais aujourd\u2019hui un douloureux devoir de rendre ici ce dernier hommage à sa mémoire.Dr J.N.ROY. TUMEUR DE L\u2018HYPOPHYSE SANS TROUBLES HYPOPHYSAIRES Par le Docteur G.E.BEDARD, Assistant à la Clinique Ophtalmologique et Oto-Rhino- Laryngologique de l'Hôtel-Dieu, Montréal.Ayant eu la bonne fortune de pouvoir suivre, depuis une quinzaine de mois, une malade atteinte de tumeurs de l\u2019hypophyse, j'ai pensé qu\u2019il ne serait pas sans intérêt de présenter son observation à une réunion du \u201cDimanche du Praticien\u201d.Voici, sommairement rapportée, en élaguant tous détails inutiles, son observation clinique.Patiente X., âgée de 47 ans, se présente à mon bureau le 27 janvier 1925 pour faire changer ses verres.Elle se plaignait de maux de tête qu\u2019elle attribuait à sa vue, qui avait baissé depuis deux mois.Cette cliente, que j'avais vue au mois d\u2019avril de l\u2019année précédente, présentait, dans le temps, une vision, après correction, de I'Eil Droit V = 1 I'®il Gauche V = 4 Son acuité visuelle était maintenant 4 = O.D.réduite à If.\u2014 O.G.sans amélioration possible avec des verres correcteurs.La tension oculaire, prise au Schiotz, donnait 18 mm.Hj.pour chaque œil.En général, le sens des couleurs était conservé, cependant une légère dyschroma- topsie existait pour le vert.Les globes pouvaient se mouvoir dans tous les sens et ne présentaient pas d\u2019exophtalmie.L\u2019œil droit était un peu en strabisme divergent.Les pupilles étaient égales et le- éflexes pupillaires directs et consensuels quoique conservés, présentaient une certaine paresse à réagir.L\u2019accommodation convergente fonctionnait.A l\u2019ophtalmoscope, les milieux de l\u2019œil sont transparents.L'image droite nous donne deux rétines nasales légèrement décolorées: les artères de ces deux secteurs sont plus petites et presque filiformes en comparaison avec celles de la région temporale.Quoique le disque optique fût bien délimité, la rétine me paraissait comme un peu noyée dans un léger nuage d\u2019œdème.Ayant fait faire un examen général de la malade, celui-ci ne révéla rien de particulier.Cœur normal avec une pression artérielle de 140/100; ni albumine, ni sucre dans les urines.Constante d\u2019Ambard normale.Réaction de Wassermann dans le sang négative. 0 2 i L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 211 Rien de particulier dans les antécédents héréditaires.La malade se présente de nouveau chez moi, le 17 février, c\u2019est- à-dire trois semaines après sa première visite.Son état s\u2019est consi- -dérablement aggravé.Sa vision est réduite à % de l\u2019 O.D.% de l'O.G., Le champ visuel, fait au périmètre, me donne la suppression complète de deux régions temporales.Voulant me rendre compte alors des dimensions de l\u2019hypophyse, j'adressai la patiente à M.le Dr Parizeau, le priant de vouloir bien me renseigner sur l\u2019état de la selle turcique.La radiographie fut positive: il existait un agrandissement de la selle turcique dans le sens antéro-postérieur, avec déformation des apophyses clinoides.Dès lors, le diagnostic de tumeur de l\u2019hypophyse s\u2019imposait.La nature histologique du néoplasme ne pouvait être déterminée.Mais dans ce cas, cette lésion de la selle turcique présentait ceci de particulier: nous n\u2019avions aucun trouble dystrophique, acromégalie, gigantisme, dus au lobe antérieur; ni troubles de la nutrition, adiposo- génital, polyurie, glycosurie dus au lobe postérieur.Tout le retentissement pathologique de cette tumeur se répercutait par compression sur le chiasma et à l'appareil visuel.Aujourd\u2019hui, le diagnostic de ces lésions de la selle turcique est devenu assez facile, depuis que nous avons la radiographie à notre disposition pour venir confirmer nos examens cliniques.Deux grands ordres de symptômes, les uns généraux et les autres oculaires, imposent le diagnostic dès qu\u2019ils sont nettement constatés.] \u2014Parmi les symptêmes généraux, mentionnons les altérations du système osseux (nanisme, gigantisme, acromégalie et agrandissement de la selle turcique), les troubles de la nutrition générale avec ou sans retentissement sur l'appareil génital, (syndrome adiposo- génital, polyurie, glycosurie, cachexie hypophysaire).]I \u2014Parmi les symptômes oculaires, les uns (la stase papillaire.la paralysie oculaire et l\u2019exophtalmie) sont exceptionnels et les autres constants (atrophie des nerfs optiques, altération profonde du cham» visuel dont la moitié externe est supprimée).Cependant, de tous ces symptômes, les plus importants sont l\u2019agrandissement de la selle turcique, les lésions atrophiques du nerf optique et le rétrécissement temporal du champ visuel.Comme traitement \u2014Que faire dans ces cas ?À une époque qui n\u2019est pas encore très éloignée, la thérapeutique se résumait à du nihilisme.Plus tard, l\u2019organothérapie est venue ensuite jeter une 212 L\u2019UNION MÉDICALE BU CANADA lueur d\u2019espérance à ces pauvres malades destinés à vivre dans l\u2019obscurité.Avec les progrès admirables de la chirurgie moderne et de la technique opératoire, on a conseillé l\u2019exérèse chirurgicale: mais malheureusement, les difficultés et les dangers de cette chirurgie cranienne, qui est restée l\u2019apanage de quelques rares maîtres, mettent un obstacle presque insurmontable à sa vulgarisation.Enfin, de nos jours, dans la liste un peu restreinte de nos moyens curatifs, nous avons la radiothérapie profonde dont l\u2019action merveilleuse autorise de grands espoirs.La malade qui fait l\u2019objet de cette observation, ayant été confiée à M.le Dr Parizeau, pour être traitée à la radiothérapie, vit son état s'améliorer assez rapidement.Les maux de tête sont disparus; le champ visuel s\u2019est un peu élargi, et la vision de l\u2019œil gauche était V=1 le 27 mai, c'est-à-dire, trois mois après le début du traitement.Quant à l\u2019œil droit, malheureusement, la vision est restée à V = 14.De cette observation, nous pouvons tirer cette conclusion qu'une coopération plus intime entre le médecin et l\u2019ophtalmologiste aidera à dépister cette affection exceptionnelle.Alors le malade soumis, de très bonne heure, à la radiothérapie profonde, bénéficiera des résultats favorables de cette thérapeutique.0 dy I de Dr lr 0m LES SYNDROMES DE LA TUBERCULOSE (1) Par le Docteur DEL VECCHIO, Professeur de diététique et de clinique des maladies contagieuses à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame et de l'Institut Bruchési.Avant d\u2019entrer dans mon sujet, il serait peut-être intéressant de faire une petite digression sur la tuberculose en général; de considérer ce qu\u2019en\u2018 pensent un certain nombre d'auteurs, et ensuite de tirer quelques conclusions.Les sources de contamination tubereuleuse sont nombreuses et permanentes dans les milieux civilisés, le bacille de Koch est universellement répandu.Les poussières, les objets courants, les aliments Véhiculent des bacilles tuberculeux.Cependant il ne faut pas trop s\u2019effrayer, car si la pénétration des bacilles est habituelle en nous, la germination tuberculeuse n\u2019en reste pas moins assez restreinte.Il y a des chiffres qui le démontrent.Des recherches, contrôlées par un grand nombre d\u2019auteurs, établissent que dans les grandes villes 95 à 98 pour cent environ des adultes réagissent à la tuberculine et sont par conséquent infectés par le bacille de Koch, mais.que 8 à 10 pour cent seulement présentent des foyers cliniquement décelables de tuberculose torpide ou en évolution.De même qu\u2019on retrouve dans 80 pour 100 des cadavres recueillis à la Morgue de Paris des lésions de tuberculose en activité ou éteintes.Malgré ces contaminations, on ne connaît pas d\u2019épidémies de tuberculose.Dans les hôpitaux et les sanatoria, les bacilles foisonnent, cependant les médecins, infirmiers et gardes-malades ne sont pas tuberculeux plus fréquemment que les autres personnes.Ces faits ont été constatés et admis par un grand nombre d\u2019observateurs.Par exemple le professeur Letulle, lorsqu\u2019il a été question de la déclaration obligatoire de la tuberculose, à l\u2019Académie en 1919, disait : \u201cJe puis affirmer, avec l\u2019expérience acquise par plus d\u2019un demi-siècle de pratique, que l\u2019homme normal ou se rapprochant de la normale, lorsqu\u2019il est placé dans un milieu adéquat à sa constitution, est ur (1) Travail présenté à l\u2019Institut Bruchési, à un Dimanche du Praticien. 214 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de ces êtres réfractaires à la tuberculose.Et il faut bien qu'il en soit ainsi, car sans cela l'espèce humaine serait décimée depuis longtemps.Vous êtes bien obligés de reconnaître que les salles de nos hôpitaux sont infestées de bacilles.Or j'aperçois dans cette enceinte des médecins âgés qui, pendant de longues années, ont respiré el avalé des millions de bacilles tuberculeux et ne s'en portent pas plus mal.\u201d Le Professeur Calmette écrivait dans la Presse Médicale, au 17 décembre 1919, un article ayant pour titre: \u201cLes acquisitions récentes de la médecine expérimentale\u201d: L\u2019infection bacillaire, abondamment diffusée et véhiculée par la civilisation à travers le monde, est chez l\u2019immense majorité des sujets tuberculisables (hommes et bovidés principalement) compatible avec les apparences de la santé.Le bacille de Koch reste le plus souvent, pour leur organisme, un parasite inoffensif.\u201d | De son côté, le Professeur Marfan a écrit dans la Presse Médicale, 22 décembre 1923, un article ayant pour titre: les enseignements de la Cuti-Réaction, dans lequel il disait: \u201cToutes montrent que la proportion de cuti-réaction positive, nulle à la naissance, augmente progressivement jusqu\u2019à l\u2019âge adulte où elle est de 100 pour cent.Donc le nombre des porteurs de lésions bacillaires (je ne dis pas de tuberculose en évolution) augmente avec l\u2019âge; et en Europe à peu près tous les adultes sont infectés.Par conséquent l\u2019étude de ces faits nous conduit à la conception suivante de la tuberculose: la tuberculose est universellement répandue dans l\u2019espèce humaine.Chez les peuples civilisés, particulièrement ceux qui habitent l\u2019Europe, à peu près tous les adultes portent en eux des foyers bacillaires.Cette infection bacillaire est compatible avec une bonne santé apparente, et chez un grand nombre le bacille est comme -un parasite inoffensif.La tuberculose est une maladie de civilisation et de déchéance, plus qu\u2019une infection microbienne pure et simple.On ne devient pas tuberculeux à la seule rencontre des bacilles de Koch sur sa route, il faut surtout avoir subi soi-même et souvent aussi par ses ascendants des mauvaises conditions d'existence.Il faut avoir dévié depuis longtemps les lois qui règlent la physiologie normale.I] faut avoir usé son organisme avec des aliments intoxiquants: alcool, boissons fermentées, aliments industriels, abus de viande et régime trop riche. L\u2019UMON MÉDICALE DU CANADA 215 Il faut avoir négligé l\u2019activité motrice qui est indispensable.IF faut avoir vécu dans des taudis ou dans l'insuffisance d'air et de lumière.Il faut avoir surmené son système nerveux à trop travailler ou à trop s'amuser.Il faut avoir mené la vie d\u2019agitation et d\u2019usure d\u2019aujourd\u2019hui.I1 faut avoir détruit ses forces organiques, gaspillé son capital vital, ruiné ses défenses protectrices; alors le bacille a beau jeu pour pulluler.Pidoux, dans ses études sur la Phtisie en 1874 a écrit ce qui suit \u2018L\u2019homme n\u2019arrive à la phtisie qu\u2019après avoir descendu par ses ancêtres ou par lui-même l\u2019échelle de plusieurs maladies constitutionnelles, dont la tuberculose est un des dernier termes.La tuberculose n\u2019est pas une maladie qui commence, mais une maladie qui finit.De sorte que la lutte anti-tuberculeuse ne doit pas être menée comme un combat anti-microbien seulement, mais surtout sur la réceptivité et la résistance du terrain organique.C\u2019est pourquoi cette lutte dirigée aujourd\u2019hui contre le microbe n\u2019a donné que des résultats médiocres et très factices.La lutte anti-tuberculeuse ne sera efficace que le jour où l\u2019on travaillera à réformer l\u2019individu en lui montrant à s\u2019alimenter, à s\u2019abstenir de poisons chimiques, de l\u2019alcool et des aliments industriels, et de rechercher les aliments naturels, le bon air, l\u2019eau pure, la lumière solaire, qui avec le régime et l\u2019activité motrice sont les vrais moyens de conservation des immunités naturelles, c\u2019est-à-dire l'assurance du maintien de l'intégrité organique.Ces quelques pensées que je viens de vous exprimer présentent à notre esprit trois considérations.La première, c\u2019est que la tuberculose est une maladie d\u2019échéance et que chaque fois que nous traitons un adulte tuberculeux (j'entends souffrant de lésions évolutives), nous né pouvons que retarder l\u2019échéance.La seconde considération.Chez l\u2019enfant, au contraire, il est admis d\u2019une façon générale que c\u2019est pendant l\u2019enfance que la tuber- -culose prépare son lit; eh bien ! il faut empêcher la préparation de ce lit, en nous occupant beaucoup plus du terrain que du microbe pur et simple.C\u2019est pourquoi je vous parlerai dans un instant des syndromes qui nous permettent de percevoir la réceptivité du terrain au stade prémonitoire. 216 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La troisième considération : c\u2019est que la cuti-réaction est négative: à la naissance et qu\u2019au fur et à mesure qu\u2019on avance en âge elle devient de plus en plus positive pour atteindre 100 pour cent à l\u2019âge adulte.Voici ce que Poix nous dit dans la Presse Médicale du 28 février 1923, au sujet de la valeur pratique de la cuti-réaction.Au-dessous de 3 ans, une cuti-réaction positive à une valeur absolue au point de vue tuberculose.Au-dessus de 3 ans, c\u2019est-à-dire chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent, la cuti-réaction positive ne peut avoir qu\u2019une valeur probable de tuberculose.Voyons maintenant les syndromes qui nous permettent de percevoir l\u2019aptitude morbide.La présence de ces syndromes chez les personnes qui se présentent au dispensaire doit être sérieusement considérée, car tous les tuberculeux, c\u2019est-à-dire tous ceux qui font des lésions évolutives, présentent depuis très longtemps ces syndromes.Je dois signaler cependant que tous ceux qui montrent ces syndromes ne seront pas nécessairement des tuberculeux.Ces syndromes sont au nombre de trois: 1° le syndrome d\u2019intoxication digestive; 2° le syndrome de déminéralisation; 3° le syndrome d\u2019hyposystolie par réflexe digestif et congestion consécutive.Le syndrome d\u2019intoxication digestive.Le tube digestif, à force d\u2019avoir été surexcité et surmené par une alimentation nocive et défectueuse, réagit par a-coups.I ly a d\u2019abord des périodes d\u2019entrain digestif, suivies de périodes de fatigue et d\u2019anorexie.L\u2019appétit devient capricieux, le matin la bouche est amère, la langue pâteuse et blanc jaunâtre, l\u2019haleine fétide.Les digestions.se font mauvaises.Au niveau de la ceinture apparaissent des sensations de barre, de pesanteur, de crampes, de brûlures, des gonflements, avec clapotage d\u2019estomac qui obligent à desserrer les vêtements et qui se terminent par des renvois aigres et quelquefois des régurgitations d\u2019aliments- 4 ou 5 heures après les repas au moment où l'estomac se contracte pour se vider.L\u2019intestin qui reçoit ces matières irritantes et mal préparées manifeste son mécontentement par des spasmes, des brûlures, des- coliques, des gaz putrides, de la diarrhée, laquelle est suivie de- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 217 périodes de constipation.Le foie, chargé de transformer et de neutraliser les poisons alimentaires, exprime sa souffrance par une sensibilité nauséeuse du creux épigastrique, par de la congestion qu: s\u2019accompagne de subictére et d\u2019hémorrhoides.Toutes ces irritations des viscéres digestifs produisent a distance des phénomènes réflexes, de chatouillement du larynx avec toux spasmodique, oppression par irritation du pneumogastrique, palpitations cardiaques, bouffées de chaleur avec rougeur de la face, cauchemars et agitations nocturnes.Les émonctoires s\u2019encombrent et s\u2019irritent.Les urines chargées encrassent les vases de nuit.Les coryzas, les enrouements et les angines récidivent sans cesse, l'acné couvre le dos et le visage.La séborrhée envahit le cuir chevelu ou la région présternale, la dyshidrose abime les doigts, etc.Enfin l\u2019état général se ressent de l\u2019'empoisonnement du sang et de l\u2019irritation des centres nerveux.La fatigue apparaît, les migraines se succèdent, les réveils sont de plus en plus pénibles.Les accès de fièvre ou d\u2019état subfébrile se déclarent.Le malade commence à maigrir, il s\u2019alimente de plus en plus irrégulièrement et péniblement.Alors, suivant ses prédispositions personnelles, il manifeste ses petits signes plus particulièrement sur un appareil et devient un gastropathe, ou un hépatique, ou un entéritique, ou un graveleux, ou un eczémateux, ou un neurasthénique, la sangle abdominale s\u2019avachit, ce qui favorise la ptose viscérale accompagnée de tous ses inconvénients de parésie fonctionnelle.Chez les enfants les fautes alimentaires produisent des troubles locaux du même genre, selles pâteuses, glaireuses, fétides, de colorations foncées ou pâles, crises de fièvre, accès périodiques de vomissements avec migraine.période d\u2019appétit et d\u2019anorexie, teint subictérique, foie hypertrophie, troubles nerveux, terreurs nocturne, faux croup, etc.(Comby et Marfan).Ordinairement, tous ces troubles sont traités par des médications absolument symptomatiques.Pour la diarrhée on donne du bismuth, pour la constipation des laxatifs, pour l\u2019anorexie des apéritifs, pour l\u2019hypopepsie les acides et\u2019 les ferments, pour l\u2019hyperchlorhydrie les alcalins, pour la migraine les calmants, etc.Mais quand il s\u2019agit de vérifier la physiologie du régime et de réformer l\u2019hygiène alimentaire, bien peu s\u2019en tracassent.Les troubles sont mis sur le compte des organes récalcitrants et chacun déplore d\u2019avoir un sale foie, un vilain estomac, un mauvais \u2018intestin, un affreux rein, sans penser qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul coupable 218 L UNION MÉDICALE DU CANADA dans toute cette affaire, c\u2019est l\u2019individu qui ne sait pas se conduire et refuse de croire à ses errements de diététique.Alors les premières fautes de régime s\u2019accroissent, on se suralimente pour lutter contre l\u2019amaigrissement et la faiblesse, et on se drogue pour se tonifier.Alors apparaissent et s'aggravent les points.de côté, la perte d\u2019appétit, l\u2019asthénie, l\u2019état subfébrile, l\u2019amaigrissement, l\u2019épuisement vital et finalement il est étiqueté tuberculeux, à moins qu\u2019une circonstance heureuse lui fasse faire à temps machine en arrière.2° Le syndrome de déminéralisation Dans certains cas, un autre syndrome se présente isolément ou, plus souvent, s'ajoute au précédent: c\u2019est celui de la déminéralisation.I] se manifeste par une diminution des sels minéraux des tissus et par une augmentation des éliminations minérales (phosphaturie principalement).En clinique, cette déminéralisation se révèle par un ensemble de signes précis.D\u2019abord l\u2019état général est mauvais, le malade maigrit, 1l est pâle, anémique et d\u2019une faiblesse irritable très prononcée.Il est sans force musculaire et sans entrain psychique.Les moindres bruits: un peu aigus le font tressauter et retentissent douloureusement sur son système nerveux et son cœur.Il est très émotif, et d\u2019un caractère instable.Il est de plus d\u2019une frilosité exagérée, il grelotte au moindre froid et se couvre à l'excès.Il est éprouvé par une perte de son poids spécifique, c\u2019est-à-dire que lorsqu\u2019il se baigne, il se tient mal assis au fond de la baignoire et ses membres inférieurs s'élèvent et entraînent le siège qui glisse en avant.Cette perte de poids spécifique du corps (d\u2019après Ferrier) est typique de la grande déminéralisation.Sur les tissus, la déminéralisation se reconnaît par un grand nombre de troubles trophiques des dents, des ongles, de la peau et des muqueuses.Des dents par la grande sensibilité des collets dentaires à la friction de la brosse et aux aliments\u2019 acides qui indique la décalcification dentaire et prépare la carie.Les ongles présentent souvent des points et des lignes blanches transversales.Sur les muqueuses, on voit des fissures, des commissures buccales (perlèche des enfants), des ulcérations de la muqueuse du nez. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 219 des fissures de l\u2019anus et un grand nombre d\u2019irritations dues aux excrétions acides sur les yeux: conjonctivites, blépharites, dacryo- cystites.?Sur les voies digestives: aphtes, angines, glossites, entérites glaireuses.Sur les voies respiratoires: coryza, végétations adénoïdes, rhumes et bronchites.Sur la peau: erythèmes, fissures.Sur les voies génito-urinaires: cuissons, cystites, urines troubles, etc, etc.Toutes ces dégradations minérales accompagnées d'irritations par les acides éliminés diminuent l\u2019alcalinité des humeurs et l\u2019intégrité physiologique des tissus et du sang, ainsi que la résistance générale de l\u2019organisme.Ce qui veut dire qu\u2019après une période de troubles fonctionnels le sujet devient la proie d\u2019une maladie consécutive produite par un déficit en sels minéraux.S'il s\u2019agit d\u2019un enfant il devient rachitique ou lymphatique (polyadénite, végétations adénoïdes, hypertrophie des amygdales) ou chlorotique ou tuberculeux (ganglions suppurés, tuberculose osseuse ou pulmonaire).S\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u2018adulte il sera plutôt meurasthénique ou tuberculeux.Alors que fait-on dans ces cas, d\u2019une façon générale ?Au lieu de prendre la mal à sa source, alors qu\u2019il est temps encore, on engage une bataille thérapeutique locale et symptomatique.On combat la phosphaturie par des poudres récalcifiantes, l\u2019anémie par des piqûres, la faiblesse et la tuberculose par la suralimentation et les toniques chimiques.Le dentiste répare les caries dentaires.Le chirurgien coupe végétations, amydales, ganglions et os.L\u2019oculiste applique ses collyres.Le laryngologiste fait ses badigeonnages.Le spécialiste de la peau prescrit ses pâtes et pommades.Chacun travaille de son mieux, dans sa spécialité, à traiter l\u2019organe affecté, sans penser que ces organes font partie d\u2019un individu et qu\u2019ils ne valent que par la résistance et la bonne conduite hygiénique de cet individu et qu\u2019ils ne se guérissent que par des soins et des réformes générales de régime et d'hygiène.D\u2019où provient réellement la déminéralisation ?C\u2019est une incapacité métabolique de l\u2019organisme à l\u2019égard des substances acides, et les pertes minérales sont dues: 220 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1° A l\u2019attaque des tissus par les acides introduits dans la nourriture, ou par les acides formés par le métabolisme imparfait des graisses, sucres et aliments azotés forts.2° A un mécanisme de défense naturelle qui mobilise les sels minéraux de réserve (os et tissus) et les jette dans la circulation pour neutraliser les acides absorbés, afin de maintenir l\u2019alcalinité du sang, sans lequel la résistance physiologique ne pourrait plus exister.Ces explications nous permettent de comprendre toutes ces décharges de sels calcaires rencontrées du côté des émonctoires (les sables, graviers, calculs, etc.), qui se traduisent par une impuissance métabolique de l\u2019organisme à l\u2019égard des substances acides, par fatigue ou usure, absolument comme les autres incapacités métaboliques telles que les sucres et amidons pour le diabète et les substances azotées et minérales (rhumatisme, goutte, albuminurie).À côté de cette insuffisance de l\u2019organisme à l\u2019égard des acides, la déminéralisation peut être aggravée par l'insuffisance minérale de l\u2019alimentation, c\u2019est-à-dire régimes sans légumes verts crus et cuits, sans œufs, sans salade crue, sans fruits crus qui contiennent les seuls sels minéraux assimilables, et de plus les sels multiples et les vitamines indispensables à la bonne nutrition.On peut ajouter encore comme causes complémentaires de déminéralisation, l\u2019usage habituel du pain blanc, de l\u2019eau bouillie, l'abus de fruits acides et des aliments acidifiants, enfin le grand froid et les surmenages physiques et intellectuels.Alors, comme vous voyez, le syndrome de déminéralisation.comme celui d\u2019intoxication digestive est édifié et maintenu par les fautes de régime et d'hygiène, et il n\u2019y a que les corrections de régime et d'hygiène pour les effacer ainsi que les maladies consécutives.3° Le syndrome d\u2019hyposystolie par réflexe digestif et congestion consécutive En clinique ce syndrome se caractérise par trois signes principaux: 1° La sensibilité du creux épigastrique; 2° Une teinte carminée des ongles des mains; 3° Une opacité respiratoire du poumon droit.1° La sensibilité du creux épigastrique existe dans 80 pour 100 des cas.Elle donne la sensation de poids, de barre, de pesanteur douloureuse de la région épigastrique et hépatique.A l'exploration on met cette sensation en évidence par une pression au creux épigastrique qui provoque une impression pénible, angoissante, nauséeuse qui coupe la respiration.Cette sensibilité est due à une \u2014 REP PEUT NT EE L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 221 congestion hépatique, car cette sensibilité se produit aussi quand on explore sous le rebord costal droit et surtout au niveau du lobe gauche du foie.| Si le malade se couche sur le côté gauche, cette position déplace et tiraille le foie et augmente la douleur épigastrique, tandis que le malade couché du côté droit, la douleur s\u2019amoindrit parce que le foie se trouve reposé.L'origine de cette sensibilité a été interprtée différemment.Les auteurs classiques en font un point de névralgie du plexus solaire.;Ç D\u2019autres (Pascault, Glénard, de Grandmaison) ont reconnu son origine hépatique et venant surtout du lobe gauche du foie (lobe d\u2019alarme de Pascault).Cette prédominance de la douleur dans le lobe gauche du foie s\u2019expliquerait expérimentalement et cliniquement par un répartition plus forte dans ce lobe du sang veineux venant de l'estomac, de la rate et de la plus grande partie du gros intestin, le plus chargé de substances toxiques, tandis que le lobe droit reçoit le sang du petit intestin et d\u2019une petite partie du gros intestin par la grande mésentérique (Glénard et Siraud, Séréjé, Silvestri, Pincherle, Rendu, Pascault, de Grandmaison, etc.).2° La teinte carminée des ongles.Elle est typique et permet de porter le diagnostic de congestion hépatique avec viciation d'ordre alimentaire.| Al\u2019état normal la coloration est identique a celle des téguments.du dos des doigts, tandis que dans le cas présent les ongles ont une teinte carminée.Ce signe est encore plus net quand la main est tenue élevée ou quand on exprime les doigts du malade entre les.deux mains.| Cette coloration n\u2019a rien à voir avec la teinte cyanosée de l\u2019asystolie ou des troubles occasionnés par le froid ou les défauts de circulation.La teinte carminée peut varier d\u2019intensité dans la même journée.Tout ce qui augmente la souffrance du foie: repas trop copieux, absence d\u2019exercice, constipation, accroît la teinte carminée des ongles.Tout ce qui soulage le travail du foie: repas légers, marche modérée, selles faciles, efface ou diminue cette teinte.Par conséquent cette teinte peut servir de guide pour la bonne direction du régime et de l'hygiène et en même temps le baromètre: de l\u2019état pulmonaire. 222 L'UNION MÉDICALE DU CANADA D'une façon générale, des ongles qui ont une teinte normale indiquent une nutrition normale et des poumons dégagés, et au contraire des ongles carminés indiquent une pléthore sanguine et des poumons engorgés.Chez ces malades nous trouvons en même temps un troisième signe: une diminution de volume de l'inspiration à la base droite et souvent des signes d\u2019insuffisance respiratoire du sommet droit avec exagération des vibrations et légère submatité.De plus on constate des troubles de la digestion, de la dyspnée avec angoisse précordiale, de l\u2019assourdissement du premier bruit du cœur, et le second bruit est plus claqué vers le bord gauche du sternum (par suite de l\u2019hypertension pulmonaire).Souvent il existe un état subfébrile dû à l\u2019intoxication par surcharge ou fatigue des voies digestives.La cause de tous ces symptômes, c\u2019est la souffrance d\u2019un viscère digestif; et huit fois sur dix le point de départ est hépatique.Quelquefois le point de départ est du côté de l\u2019estomac, de l'intestin, de l\u2019appendice ou du rein (gastrite, entérite, appendicite, etc, etc.).L\u2019incitation sensitive ayant pour point de départ un de ces organes digestifs et en particulier le foie, se rend par le grand sympathique au plexus solaire et de là au bulbe, où elle détermine un réflexe sur le pneumogastrique qui produit de l'hypertension pulmonaire (par vaso-constriction des capillaires pulmonaires), de la fatigue et un début de dilatation des cavités droites du cœur suivant le mécanisme décrit par Arloing Morel (thèse de Lyon, 1879), Frank (Académie de Médecine, 1896), et invoqué par Potain, 1878, Huchard et Rendu, 1881.En même temps ce réflexe retentit sur d\u2019autres réseaux nerveux et provoque différents troubles vaso-moteurs localisés (rougeur d\u2019une oreille d\u2019un seul côté pendant la digestion, bouffées du visage, congestion du larynx avec toux).La distension de l'oreillette droite, produite par l'hypertension pulmonaire réflexe, amène un trouble de compression des veines pulmonaires droites comprimées entre l'oreillette distendue en avant et le plan vertébral résistant en arrière.C\u2019est de cette gêne circulatoire mécanique que naissent la diminution de capacité alvéolaire du poumon droit, et d\u2019une séric d\u2019altérations congestives, sclérosantes, et de fixations infectieuses de ce même poumon.Le pouls est petit et hypotendu, et souvent on observe chez ces malades de l\u2019œdème prétibial. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 223 Si l\u2019intolérance organique s\u2019accroît, l\u2019opacité pulmonaire droite fait place à de la congestion qui peut dépasser les limites du tissu pulmonaire, déterminer de l\u2019infiltration pleurale et sous-pleurale de la plèvre pariétale du sommet droit et produire des signes de compression des organes qui reposent sur le bonnet pleural.Alors il se présente un sous-syndrome de pleurite du sommet avec congestion du voisinage.Les engourdissements, fourmillements des doigts, troubles vaso-moteurs de la face, les névralgies de la base du cou et un souffle sous-clavier traduisent dans ce cas la compression des plexus nerveux du ganglion sympathique cervical inférieur de la veine et de l'artère sous-clavière.Les troubles vaso-moteurs des ongles, de la face, des oreilles s'expliquent par le voisinage des centres bulbaires de l\u2019appareil vaso- sympathique avec les centres vaso-moteurs généraux.Ce syndrome d\u2019hyposystolie simule la tuberculose pulmonaire au début (à cause des points de côté, des modifications respiratoires droites, du mauvais état général, de la dyspnée et de l\u2019état subfébrile fréquent), mais ce qui ne l\u2019est pas en réalité cependant y prédispose, si nous ne considérons pas la véritable cause et agissons en conséquence.Si nous considérons ces cas comme des tuberculeux, et si nous les condamnons à la suralimentation, à la chaise-longue, et à la médication chimique, on augmente leurs fatigues viscérales, leur intoxication humorale, leur congestion et enfin la réceptivité bacillaire.Ce syndrome d\u2019'hyposystolie a été trouvé et décrit aussi par Madame Sidler chez les nourrissons, par R.Brunon dans son traité: Traitement et prophylaxie de la tuberculose.Grancher en 1890 (Maladies de l\u2019appareil respiratoire).Potain (Congrès médical de Paris, 1878).Renan et Sollier, 1901 (Fausse phtisie).Renan, 1906 (Diagnostic précoce de la tuberculose pulmonaire chronique).Faisans, 1911 (Société médicale des hôpitaux).Ces messieurs s'accordent à dire que les tuberculeux sont d\u2019abord de faux tuberculeux avant de devenir tuberculeux.Par conséquent, il est très important, comme vous le voyez, de relever les antécédents familiaux et personnels des tuberculeux qui vous permettent de constater chaque fois la lente et lointaine préparation morbide opérée par les fautes d'hygiène et de régime des ascendants et du malade lui-même. 224 L'UNION MÉDICALE DU CANADA On voit défiler chez les ascendants et durant toute la jeunesse du malade en cause les troubles de congestion et d'intoxication.migraine, eczéma, lithiase, congestions cérébrales, troubles hépatiques, dyspepsie, entérites, rhumatisme, goutte, etc.Et ce n\u2019est que lorsque l\u2019altération des résistances du terrain familial et individuel a versé dans l\u2019épuisement après des périodes d\u2019hyperréaction défensive, que la décadence organique, que l\u2019appauvrissement de la vitalité et que l\u2019acidification des humeurs apparaissent et favorisent la greffe tuberculeuse.Je pourrais encore citer d\u2019autres auteurs, tels que Pidoux, Beau, Marcel Labbé, Laffont, etc., qui s'accordent tous pour dire que la tuberculose est le résultat éloigné des erreurs alimentaires.L\u2019alimentation vicieuse prépare l\u2019état de déchéance exprimé par les syndromes que je viens de vous indiquer, sur lequel se greffe et évolue la terrible peste blanche.Le vrai fléau, ce n\u2019est pas le bacille, mais l'absurde régime alimentaire de l\u2019espèce humaine.La lutte contre le bacille sera toujours illusoire, la seule qui soit utile est celle qui vise à la réforme de l'alimentation.D\u2019autres preuves.Les professeurs Sergent et Delamare, médecins des centres de triage pendant la dernière guerre, on trouvé que sur 600 malades envoyés à l\u2019arrière comme suspects de tuberculose, 301 étaient exempts de tuberculose en évolution et que l\u2019erreur était due à l\u2019ignorance de la genèse digestive de la plupart des maladies.Par conséquent, ce qui importe c\u2019est de bien connaître l\u2019adulte tuberculeux, de déterminer pourquoi il est devenu tuberculeux en mettant à jour: les erreurs, insuffisances, les excès, carences, inadaptation de régime et d\u2019hygiène, les gaspillages nerveux, les faiblesses de construction native, les vices humoraux hérités, les incapacité métaboliques digestives (dues aux aliments dénaturés, dévitalisés, concentrés, industriels, ainsi que les abus de produits chimiques, pharmaceutiques et biologiques, etc.).| Connaissant alors les raisons de défaillance du terrain, nous.pourrons attaquer le mal a sa source par une réforme alimentaire et mentale destinée à ramener la normale dans l'état humoral et a chasser le microbe en :endant sa culture impossible.Je vais maintenant vous présenter quelques radiographies, ainsi que quelques malades qui vous prouveront cliniquement la véracité de l\u2019exposé que je viens de vous communiquer et permettront d\u2019imprimer davantage dans votre esprit l\u2019idée du bien que nous pouvons faire pour la génération actuelle et future.N.B.\u2014Ce travail a été inspiré particulièrement par le traité \u2018\u201cTuberculose par Arthritisme\u201d, Dr O.Carton, 1921.- - dn tion TRAITEMENT D\u2019UN CAS DE COLITE ULCEREUSE Par le Docteur GUY HAMEL, Assistant au service du Docteur T.Bruneau, Assistant à la clinique médicale de l\u2019Hôtel-Dieu.J'ai cru qu'\u2019il-serait peut-être intéressant et en même temps pratique de vous dire quelques mots, ce matin, sur le traitement d\u2019un cas de colite ulcéreuse que nous avons eu dans notre service l\u2019année dernière et qui nous a donné beaucoup de fil à retordre.Je suis certain que plusieurs d\u2019entre vous ont malheureusement rencontré de ces cas rebelles que ni médicaments ni régimes ne semblent soulager ni améliorer.Laissez-moi en quelques mots vous présenter cette malade.Le 7 octobre 1924, Mlle M, âgée de 21 ans, a été admise dan: notre service, présentant une diarrhée rebelle de 10 à 15 selles par jour avec entérorragies abondantes et violentes douleurs abdominales.Ces troubles dataient d\u2019à peu près 3 moi.Elle éprouvait des coliques abdominales généralisées, accompagnées de sensations de crampes et de ténesme rectal.Elle présentait un aspect anémique, amaigri, et était d\u2019une faiblesse extrême.Antécédents héréditaires: Père et mère vivants et en bonne santé.Trois frères et deux sœurs et en bonne santé.Antécédents personnels: rien qu\u2019une rougeole et une Varicelle dans l\u2019enfance.Menstruée à 15 ans, régulière, mais avec menstruations douloureuses, durée 4 à 5 jours.Examen subjectif: présente peu d\u2019intérêt, sauf quelle souffre de céphalée, d\u2019insomnie, d\u2019inappétence et d\u2019éructations gazeuses.L'examen objectif révèle un abdomen sensible surtout- sur le parcours du côlon descendant.Les poumons sont négatifs.Pouls de 96-104.Pression artérielle 98/44.Poids 82, livres.Température 99-100.Wasserman négatif.Examen des selles: sang en grande quantité.Analyse cytologique: normale, sauf une diminution de l\u2019hémoglobine et des globules rouges.La rectoscopie faite par le Dr Sénécal quelques jours après son entrée a révélé un ulcère de la grandeur d\u2019un 25 cents situé à la 226 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA jonction de I'ampoule rectale et de I'S iliaque.La muqeuse présentait un aspect extrêmement irrité et congestionné avec une quantité de mucus et de sang.La malade, ayant beaucoup souffert, refuse après cette séance toute autre rectoscopie.Voici maintenant la partie la plus longue à vous décrire, mais je vous ferai grâce et je vous dirai brièvement que nous avons essayé et tenté un grand nombre de médicaments sans toutefois guérir cette malade.Nous avons choisi un régime alimentaire où deux idées fondamentales présidaient au choix des aliments.Il fallait éviter les aliments pouvant exciter l\u2019activité intestinale en premier lieu; en second lieu, proscrire les aliments pouvant causer de la flatulence.Comme médicaments, nous avons tour à tour essayé: 1.\u2014Des cachets de dermatol et opium.2.\u2014Injection d\u2019hémoplastine.3.\u2014Hémostyl.4 \u2014Suppositoires adrénaline et opium.5 \u2014 Chlorure de calcium.6.\u2014Le lavement d'huile d\u2019olive et d\u2019eau de chaux.Ces lavements semblaient être la seule solution que nous pouvions introduire dans l\u2019intestin sans provoquer une réaction locale trop intense.Toutes les autres solutions que nous avions tentées ont été rapidement renvoyées._ 7.\u2014Thromboplastine.8.\u2014Fer réduit qui a certainement aidé à améliorer la formule sanguine.Au mois de février, le résultat jusqu\u2019à date n\u2019était pas encore très brillant, mais toutefois nous avions une amélioration: la malade avait moins de diarrhée et moins de sang dans ses selles.Nous pensâmes alors à essayer un traitement par les lavements d\u2019acriflavine neutre, traitement préconisé par Crohn et Rosenberg, de New-York.[\u2019acriflavine est un produit synthétique, une substance colorante (en jaune) et dont la solution est fortement antiseptique.Ce produit n\u2019est pas supposé être irritant pour les tissus et sans toxicité.Crohn et Rosenberg, connaissant le grand pouvoir de diffusion de ce médicament, ont pensé qu\u2019ils pourraient l\u2019'employer avec des chances de succès dans les colites ulcéreuses. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 227 Voici les statistiques données par eux au Congrès de l\u2019American Medical Association en 1924: 1921-22 1923 Sans acriflavine Par acriflavine Malades de colite ulcéreuse .15 14 Mort .2.44 20 vi oo 20 1 6% 0 Non améliorés .4 26% 3 219 Améliorés .10 66% 5 35% Guéris .24 24 44 0440 0 6 429% Voici maintenant deux mots sur les lavements.Nous nous sommes servi d\u2019une solution aqueuse d\u2019acriflavine 1/4000, 500 c.c.le matin et 500 c.c.le soir, que la malade gardait une vingtaine de minutes.Au bout de quelques jours, on s'aperçut d\u2019une amélioration, moins de diarrhée et moins de selles sangui- nolantes.Nous espacons nos traitements.Un lavement tous les jours, puis un tous les deux jours, et finalement, le 25 avril 1925, la malade quitte notre service apparemment guérie et pèse 991/ livres.Au mois de décembre 1925, elle est venue me voir à mon bureau.Voici ce qu\u2019elle m\u2019a relaté: | mois après sa sortie de l'hôpital, elle a recommencé à travailler pendant deux mois.Elle s\u2019est mariée à l\u2019été, et elle pèse actuellement 105 livres, semble en bonne santé, et n\u2019accuse aucun symptôme abdominal. LA CYSTITE TUBERCULEUSE APÈS LA NEPHRECTOMIE Par le Docteur ERNEST PRUD'HOMME, Assistant libre à la Clinique Necker.Grâce aux nouvelles méthodes employées pour l\u2019exploration du rein et de la vessie, on a pu dépister, de façon plus précoce, les tuberculoses rénales et faire des néphrectomies alors que les lésions rénales étaient presque à leur début et que les altérations viscérales étaient à peine notables.Dans ces cas, généralement, la guérison définitive est de règle.mais tous les malades opérés pour tuberculose rénale ne le sont pas dans des conditions aussi avantageuses; et, à côté des succès rapides et réconfortants qu\u2019offre parfois la néphrectomie, on rencontre divers états pathologiques de la vessie qui sont toujours une source d\u2019ennuis pour le malade et qui, souvent même, font le découragement du chirurgien.La conduite de ce dernier variera donc suivant la gravité et l\u2019intensité des lésions vésicales constatées chez l\u2019opéré.1° Si la cystoscopie ne révèle que des lésions banales et paraissant d\u2019origine plutôt inflammatoire, l\u2019on devra se contenter d\u2019un traitement général, consistant en une hygiène vigoureuse et en une alimentation réconfortante.Les reconstituants généraux seront conseillés, et l\u2019on pourra joindre à ces médicaments un antiseptique urinaire qui est généralement le bleu de méthylène à la dose de 0 gr.05, deux fois par jour.Ce médicament a, en effet, l'avantage de calmer, d\u2019une façon remarquable, les douleurs vésicales.Peu à peu les symptômes vésicaux perdent de leur intensité et tout rentre dans l\u2019ordre.2° Toutefois, il arrive souvent que l\u2019opéré attende en vain cette amélioration tant souhaitée, et que les phénomènes de cystite, loin de s\u2019atténuer, semblent devoir persister ou s\u2019aggraver d'une façon déconcertante.Quand la plaie opératoire est guérie et que l\u2019on se trouve en présence d\u2019un pareil résultat au point de vue vésical, il ne faut pas tarder à entreprendre une thérapeutique locale.Tous les deux ou trois jours, l\u2019on fera une injection de 5 c.c.d'huile phéniquée à 2 ou 3 pour 100, d\u2019huile goménolée de 5 à 20 pour cent, d\u2019huile iodoformée à 5 pour 100.Rosving préconise des lavages chauds avec une solution phéniquée à 5 pour 100 et contenant un peu de glycérine.Ces lavages- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 229 provoquent une desquamation importante de la muqueuse vésicale, et donnent de très bons résultats à condition qu\u2019ils ne soient répétés que lorsque la vessie a évacué tous les débris muqueux.L\u2019enfumage iodé sera pratiqué avec avantage pourvu que les vapeurs ne soient pas laissées dans la vessie plus d\u2019une ou deux minutes, et on devra les laisser s'échapper avant ce temps, si le malade éprouve la moindre douleur ou la sensation du besoin d\u2019uriner.| Contre les douleurs, les lavements antipyrinés et laudanisés, les suppositoires à base de belladone et de morphine peuvent être d\u2019un précieux*emploi.| S\u2019il existe des ulcérations tuberculeuses marquées ou des plaques d\u2019incrustation sur la muqueuse vésicale, l\u2019étincelage est tout indiqué et donne parfois des résultats merveilleux.La guérison complète peut même survenir après douze ou quinze mois.Mais si après cette période le malade continue à souffrir, s\u2019il présente tous les symptômes d\u2019une cystite grave avec une pollakiurie extrême qui dénote l'intolérance absolue de la vessie, l\u2019on doit songer à la possibilité d\u2019une tuberculose du rein non opéré, inoculant sans cesse la vessie, ou conclure à l'existence d\u2019une tuberculose vésicale réfractaire à tout traitement.C\u2019est alors que se pose un problème plutôt angoissant: admettre qu\u2019il ne reste rien à faire et laisser le malade à ses souffrances sans lui fournir aucun espoir d\u2019amélioration, ou lui proposer l\u2019exclusion de la vessie, qui fera de lui, pour toujours, un infirme, mais qui lui assurera du moins la cessation de la presque totalité de ses douleurs.a) Le soulagement de ses douleurs constituera généralement pour le malade un motif suffisant d'accepter la seconde alternative, puisque ce sont généralement aussi ces mêmes douleurs qui l\u2019ont forcé antérieurement à subir une néphrectomie.b) Mais il y a une autre raison à considérer: c\u2019est la préservation du rein sain, qui peut être inoculé par voie ascendante.Comment réaliser cette exclusion vésicale ?1° Si le rein est sain, l\u2019urétérostomie iliaque cutanée sera le procédé de choix.Après avoir au moyen de l\u2019incision iliaque découvert l\u2019uretère, celui-ci sera sectionné.La portion inférieure sera ligaturée, tandis que le bout de la portion supérieure sera fixé à la paroi abdominale en passant à travers l\u2019incision musculo-cutanée. 230 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Une sonde urétérale sera laissée en place durant 7 ou 8 jours, puis l\u2019uretère sera définitivement fistulisé à la peau.Un appareil fait de caputchouc pourra s'adapter facilement à la paroi abdominale et maintenu avec d'autant plus de facilité que le malade a tous les avantages pour en rectifier la position.Cette opération a le désavantage de n'être pas sans danger à cause des coudures possibles de l\u2019uretère et des complications faciles qui peuvent survenir.2° Si le rein est malade, la néphrostomie permanente seule doit être pratiquée, et c\u2019est, dans tous les cas, l'opération la moins grave et qui offre la garantie la meilleure au point de vue des résultats.Plusieurs procédés de néphrostomie permanente se présentent avec des chances de succès à peu près égales.Je dirai un mot du procédé de Toupet et du procédé de Marion.a) Procédé de Toupet.\u2014 Après avoir bien dégagé le rein, le bassinet et l\u2019uretère, on sectionne l\u2019uretère entre deux ligatures.Une pince est introduite dans le bassinet puis poussée à travers la substance même du rein jusqu\u2019à ce \u2018que son extrémité sorte par le bord externe du rein.On introduit alors un drain en caoutchouc entre les mors de la pince et on retire celle-ci en entraînant le drain jusque dans le bassinet.Le drain est fixé par un catgut au niveau de la capsule du rein, puis son extrémité passe à travers la plaie musculo-cutanée et peut être reliée à un autre tube pour recevoir les urines.b) Procédé de Marion \u2014Ici le bassinet est respecté et le drain est introduit directement de dehors en dedans.Après avoir pratiqué une incision d\u2019un centimètre de long sur la capsule au niveau du tiers inférieur du bord externe du rein, on fait pénétrer un dilatateur de Tripiel jusque dans le bassinet.Puis, entre les branches du dilatateur, on glisse le drain qu'on fixe comme dans le procédé ci-haut décrit.Ce drain est renouvelé de temps en temps et remplacé à chaque fois par un tube de plus en plus petit, jusqu\u2019à ce que la fistule soit bien organisée.Alors, un tube coudé est introduit dans la plaie et relié à une poche en caoutchouc fixée au tronc du malade.Cette dérivation haute des urines n\u2019est pas, il est vrai, une méthode qui enlève au malade la suppression de tous ses maux, et nous admettons qu\u2019elle constitue une pénible infirmité, mais devant les avantages immenses qu\u2019elle offre: a) préservation du rein sain, b) suppression des douleurs vésicales, c) maintien du moral du li a Gp lane -_ L'UNION MÉDICALE DU CANADA 231 malade, qui a l'impression d\u2019être continent et qui n\u2019est pas forcé de se déranger à chaque instant pour aller vider sa vessie des quelques gouttes d\u2019urine qu\u2019elle refuse de garder, qui peut même se livrer à certains travaux \u2014 devant ces avantages, le malade a le droit de demander au chirurgien de recourir à cette opération, et il lui sera toujours reconnaissant, sinon de lui avoir prolongé la vie, du moins de lui avoir épargné des douleurs atroces et lui avoir permis de vivre -ses derniers mois dans une quiétude d\u2019esprit et une béatitude aussi parfaite qu\u2019il peut le désirer. TRAITEMENT DU MEGACOLON CHEZ L\u2019ENFANT (1) Par le Docteur PAUL LETONDAL, De l'Hôpital Sainte-Justine, Docteur en Médecine de l'Université de Paris, Diplômé de l'Ecole de Puériculture de la Faculté de Paris.Le traitement du mégacôlon tant au point de vue médical que chirurgical, est devenu ces derniers temps, singulièrement compliqué.Mais il ne faut pas dire, parce que les moyens thérapeutiques sont nombreux, qu\u2019ils sont tout à fait insuffisants.Bien entendu, la maladie de Hirschprung est une affection grevée d\u2019une forte mortalité, puisqu'elle s\u2019élève encore à 55 ou 60%, et nous sommes loin d\u2019en être arrivés au traitement idéal des mégacôlons.Néanmoins, il existe des succès thérapeutiques qu\u2019on ne peut nier, et ces faits encourageants doivent nous inciter à perfectionner le plus possible nos moyens de traitement.Nous nous efforcerons dans cette étude d\u2019en préciser les points essentiels, et nous négligerons \u2018à dessein les moyens qui n\u2019ont pas fait leurs preuves ou qui constituent des faits d\u2019exception.| oo Envisageons successivement le traitement médical et le traitement chirurgical.1° Le traitement médical L\u2019indication fondamentale, dit le professeur Marfan (2), est de vider le côlon des gaz et des matières qui s\u2019y accumulent.Le meilleur moyen pour y arriver, c\u2019est l\u2019entéroclyse quotidienne.On introduit dans le rectum une sonde longue, bien huilée; on la pousse doucement, aussi haut que possible, jusque dans le côlon; il faut faire pénétrer dans celui-ci une grande quantité d\u2019eau à 37° environ, sous une pression faible._ Si l\u2019on se contente du lavement ordinaire, même répété à plusieurs reprises dans la journée, on n\u2019obtiendra jamais de résultats, (1) Nous sommes heureux d\u2019extraire de la thèse de notre jeune confrère la partie qui concerne le traitement du mégacôlon.Nous profitons de l\u2019occasion pour féliciter M.Letondal de la mention honorable qu\u2019il vient d\u2019obtenir au récent concours du prix de thèse de la Faculté de Médecine de Paris \u2014N.D.L.R.(2) Marfan: article Mégacdlon in Les affections des voies digestives dans la première enfance, p.521. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA | 233 car le point essentiel du traitement médical, qui est de vider le côlon ectasié des -matières et des gaz qu\u2019il contient, ne peut être réalisé que si la sonde poussée aussi haut que possible atteint la partie dilatée du côlon.Là où l\u2019entéroclyse quotidienne réussit le mieux, c\u2019est dans le syndrome de Hirschsprung de la deuxième enfance, lorsque le mégacôlon est la résultante de phénomènes mécaniques (coudure de l\u2019S iliaque, valvule à l\u2019union de l\u2019anse sigmoïde et du rectum).Dans le mégacôlon idiopathique des nouveau-nés, dans le mégacôlon congénital qu\u2019on doit seul appeler maladie de Hirschsprung, il faut le plus souvent associer à l\u2019entéroclyse le massage de l'abdomen.l\u2019introduction du doigt dans le rectum aussi haut que possible, voire même, si la chose est réalisable, le lavement électrique.Si ces moyens malgré leur emploi suffisamment prolongé ne donnent pas d\u2019amélioration, il faudra \u2014 à moins que l\u2019état général de l\u2019enfant ne s\u2019y oppose \u2014 discuter l\u2019opportunité d\u2019une intervention chirurgicale.Le régime des enfants atteints de mégacôlon varie naturellement suivant l\u2019âge.Avant 2 ans, il est inutile d\u2019instituer un régime particulier; aussi bien l\u2019alimentation normale, surtout l'allaitement maternel prolongé, constitue-t-il la meilleure des diététiques.Mais après la deuxième année, l\u2019enfant mangeant un peu de tout, il convient de lui appliquer \u2014 sans trop de sévérité bien entendu \u2014 le régime de la stase intestinale chronique de l\u2019adulte qui \u2014 ainsi que l\u2019ont montré récemment de nombreux spécialistes en matière de gastro-entéro- logie \u2014 doit être composé avant tout de substances qui laissent peu de résidus dans l\u2019intestin.En d\u2019autres termes, il faut d'une part donner au malade des aliments riches en albumine: des viandes, des poissons, des œufs, des fromages.Il faut restreindre d'autre part, le plus possible, les aliments riches en amidon tels que le pain, les pommes de terre, les farines, les pâtes alimentaires, certains légumes, comme les choux, les carottes, les épinards, l\u2019oseille, la rhubarbe, etc.Les médicaments occupent une place de second plan dans le traitement du mégacôlon.Néanmoins lorsque le spasme peut être mis en cause, le sulfate d\u2019atropine a donné à A.E.Meyers des résultats extrêmement brillants (3).II faudra donc l\u2019employer quand l\u2019on soupçonne l\u2019élément spasmodique.Les purgatifs doivent être rejetés.Par contre les laxatifs, comme l\u2019huile de ricin, l\u2019huile (3) A.E.Meyers, Am.J.Dis.Child.Chicago, mars 1920. 234 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de praffiné, peuvent être employés sans danger; mais leur action n'est pas toujours d\u2019une très grande efficacité.Quels résultats faut-il attendre du traitement médical?Les statistiques à cet égard nous paraissent par trop catégoriques, et nous ne croyons pas comme le pensent MM.Bensaude et Hille- mand (4), que si les moyens médicaux sont nombreux, leurs résultats sont médiocres.Les chiffres de Lowenstein et Neugebauer prêtent à discussion : Cas traités médicalement : 88% de mort (Lowenstein).93% de mort (Neugebauer).Cas traités chirurgicalement : 52% de guérison (Lowenstein).90% de guérison (Neugebauer).Nous croyons que pour pouvoir établir une statistique sur le mégacôlon il faudrait faire la part, et de la maladie de Hirschsprung, ou mégacôlon idiopathique survenant chez le nouveau-né, à terminaison le plus souvent fatale, et du syndrome de Hirschsprung, ou mégacôlon symptomatique, apparaissant plus tardivement, à pronostic plus favorable.Sans cette distinction les statistiques n\u2019ont aucune signification.On ne peut donc se fonder sur les chiffres de Lowenstein et de Neugebauer pour se faire une idée exacte de la valeur du traitement médical.Quoi qu\u2019il en soit, tout mégacôlon doit être d\u2019abord soumis au traitement médical, et celui-ci doit être poursuivi avec persévérance.Les résultats de ce traitement ont été dans certains cas d\u2019une réelle efficacité (5).Mais lorsqu\u2019avec les moyens médicaux la situation n\u2019est nullement améliorée, lorsque surviennent des complications graves il faut sans tarder discuter l\u2019opportunité de l\u2019acte opératoire.2° Le Traitement Chirurgical Le traitement chirurgical du mégacôlon est un sujet plein d'actualité, et tant à la Société de Pédiatrie qu\u2019à la Société de Chirurgie cette question était encore récemment l\u2019objet de nombreuses (4) Bensaude et Hillemand.\u2014 Maladie de Hirschsprung.(Annales de Médecine, déc.1922, p.459).(5) Aquilino Hurlé, Alvarez.\u2014 Histoire d\u2019un cas de maladie de Hirs- chsprung terminé par la guérison (Thèse de doctorat de Madrid, 1916).Le Nourrisson, juillet 1917, p.245). | 1 $ à ile | lt fon Il ; û L UNION MÉDICALE DU CANADA 235 communications.Mais ce qui importe au médecin de savoir, ce n\u2019est pas tant les détails de technique opératoire que les indications de l'intervention.Et d'abord, le médecin doit-il envoyer son malade au chirurgien ?Cette question mérite d\u2019être posée, car bon nombre de médecins ne croient pas à l'efficacité de l\u2019acte chirurgical dans le traitement du mégacôlon congénital des nouveau-nés et des nourrissons.Nous nous permettrons à cet égard de citer l\u2019opinion de notre maître, M.le professeur T'aillens, de Lausanne, qui disait au récent Congrès des Pédiatres de Langue Française (6) : \u201cJe ne pense pas qu\u2019on puisse à bon droit conseiller une intervention chirurgicale; celle-ci ne pourrait être qu\u2019un anus iliaque.avec si peu de chances ultérieures de guérison et en tout cas avec une survie si misérable qu\u2019il est plus humain de laisser mourir l'enfant que de vouloir à tout prix, même par une opération si aléatoire, le faire vivre mal et pendant peu de temps.\u201d M.Taillens qui est abstentionniste dans la vraie maladie de Hirschsprung du nouveau-né est d'avis contraire dans le mégacôlon tardif: \u201cJe pense qu\u2019on devra toujours commencer par le traitement médical, et, en cas d\u2019échec de celui-ci, on aura le droit de proposer une intervention opératoire\u201d Par contre MM.Veau et Rocher croient que l'anus iliaque sur l\u2019anse distendu est une opération parfaitement souhaitable même chez de très jeunes enfants.Quand doit-on envoyer le malade au chirurgien ?Il est d\u2019abord des cas où tout le monde est d\u2019acord par exemple, lorsque surviennent des complications, telle l\u2019occlusion intestinale, les coliques aiguës à répétition qui nécessitent une intervention d'urgence; ces cas même bien opérés meurent le plus souvent.En pareille circonstance, le chirurgien ne peut faire qu\u2019 une opération palliative: anus contre nature ou simple colotomie.En dehors des accidents aigus la question de l\u2019intervention se pose chaque fois qu\u2019à la suite d\u2019un traitement médical bien suivi la situation du malade s'aggrave.| A quel âge peut-on envisager l'opportunité d\u2019un traitement sanglant ?Pour Weill (7), dans les deux premières années de la vie, les (6) Taillens.\u2014 Quatre cas de mégacôlon (IVe Congrès des Pédiatres de Langue Française, Séance du 30 septembre 1924).(7) E.Weill.\u2014 Article Mégacôlon, in Pédiatrie, t.I.du Traité de pathologie médicale et de théra eutique appliquée de MM, Sergent, Riba- deau-Dumas et Babonneix, p.813, 236 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA risques opératoires sont trop grands; il faut déconseiller l\u2019intervention chirurgicale.Entre 2 et 5 ans, les dangers sont moins considérables: on doit réserve la cure sanglante aux cas très accusés, aux troubles considérables de l\u2019évacuation intestinale.Au-dessus de cinq ans, les conditions sont bien meilleures; la résistance vitale est accrue; les succès opératoires sont plus nombreux.M.Rocher, de Bordeaux (8), est d\u2019opinion que la vie des enfants est subordonnée à l'intervention et que l\u2019âge ne doit pas être- pris en considération.Il dit avoir opéré un bébé de 28 jours pour un mégacôlon, avec des résultats immédiats excellents.Dans les cas de mégacôlons non améliorés par les moyens.médicaux où la cure radicale est indiquée, deux grandes interventions sont à retenir: l\u2019iléo-sigmoïdostosmie et la colectomie.L\u2019iléo-sigmoïdostomie est une opération simple, sans danger, rapide.Elle est nettement indiquée dans les cas de mégacôlon total où la çolectomie d\u2019emblée ne peut être exécutée sans de graves inconvénients.M.Bensaude a publié un cas de guérison complèt: par ce procédé; le malade, opéré par le professeur Grasset il y a plus de dix ans, est toujours en bonne santé.Le plus souvent l\u2019iléo- sigmoïdostomie soulage le malade, mais elle donne rarement des.résultats définitifs.| La colectomie, précédée ou non de l\u2019iléo-sigmoïdostomie, est l\u2019opération de choix dans le mégacôlon partiel.Elle se fait en un temps (Pauchet), ou en deux temps après extériorisation (Pierre Duval).2 M.Lecène (9) insistait récemment, à la Société de Chirurgie, (9) P.Lecène.\u2014 Société de Chirurgie, 6 mai 1925.sur les avantages de la colectomie en un temps, quand cela est possible.Lorsque le malade supporte bien l\u2019opération, la guérison est définitive._ Si l\u2019on peut schématiser au point de vue didactique les directives générales de la thérapeutique chirurgicale, préciser davantage est impossible, car le traitement chirurgical de la maladie de Hirsch- sprung est, à l\u2019heure présente, en voie d\u2019évolution.En résumé, nous disons que tout enfant atteint de mégacôlon doit être d\u2019abord soumis au traitement médical.Si ce dernier ne réussit pas, on fera appel au traitement chirurgical: \u2018\u201c\u2019colectomie dans les ectasies segmentaires, iléo-sigmoïdostomie dans les ectasies totales\u201d (Pierre Duval).\u2014 (8) Rocher.\u2014 IVe Congrès des Pédiatres de.Langue Francaise.séance du 30 septembre 15924. EXERCICE ILLÉGAL DE LA MÉDECINE \u201cCOMMENT S'Y PRENDRE POUR POURSUIVRE UN CHARLATAN Mon cher Docteur, Vous me demandez de vous mettre au courant de ce qui regarde l'exercice illégal de la médecine, des moyens a prendre pour poursuivre et faire condamner un charlatan, des choses à éviter pour compromettre le moins possible la profession et les médecins dans cette lutte.Voici d\u2019abord quels sont les règlements du Collège des médecins à ce sujet.\u201cLa centralisation au bureau du Registraire de toutes les affaires -concernant l\u2019exercice illégal est décrétée depuis juillet 1910.Il est du devoir du registraire de faire personnellement, ou de faire faire par un enquêteur de son choix, une enquête préalable à tout procès.Le médecin qui désire que cette enquête ait lieu doit signer une plainte et l\u2019adresser au Registraire.Cette plainte donne les détails -connus, mais cela ne suffit pas pour que l\u2019action soit intentée.La plainte est transmise au Président qui autorise ou refuse l\u2019enquête.Il est entendu que les détails fournis par le médecin-plaignant sont strictement confidentiels.Il est du devoir des gouverneurs de faciliter la tâche de l\u2019enquêteur officiel du Bureau, de lui fournir les renseignements dont il a besoin, de lui indiquer, chaque fois que possible, les moyens à prendre pour mener à bien son enquête.Seul le registraire est autorisé à poursuivre au nom du Collège, pour pratique illégale.Les Sociétés Médicales ni les médecins n\u2019ont ce droit, à moins qu\u2019ils ne soient préalablement autorisés par le Président à poursuivre au nom -du Collège.Dans ce cas, l'amende perçue appartient de droit au Collège.\u201d Vous voyez tout de suite, dans ces-règlements, l'intention bien arrêtée du Bureau de ne pas être mis sur une fausse piste, ou en possession de renseignements qui ne spécifient rien.Les généralités ne sont pas des renseignements spécifiques.Il faut que la plainte soit suffisamment motivée, sur un cas particulier, avec dates et noms de témoins, pour qu\u2019il soit possible de déterminer immédiatement le sujet positif de l\u2019enquête.Cette enquête a toujours lieu, quand les motifs de la plainte paraissent sérieux et véridiques. 238 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Un acte d'exercice illégal comprend trois éléments: 1° L'examen du malade.2° Le diagnostic de la maladie.3° Le traitement par médicaments ou agents physiques, par manipulations ou applications d'appareils ou de bandages, s\u2019il s'agit d\u2019une blessure, d\u2019une fracture ou d\u2019une luxation.Un quatrième élément est à Jui seul un gage de succès quand on peut le prouver: c\u2019est le traitement suivi, c\u2019est-à-dire la preuve que le charlatan a fait deux visites ou plus, pour la même maladie ou le même accident, au même malade.¥ % % Pour chaque cas spécifique, il faut au moins deux témoins qui jurent, sans se contredire, avoir vu le charlatan traiter le malade, l\u2019avoir entendu diagnostiquer la maladie, et l\u2019avoir vu ou entendu prescrire ou ordonner des médicaments, ou l\u2019avoir vu faire des manipulations ou poser des appareils ou des bandages.Aurions-nous cent témoins décidés à jurer qu\u2019un charlatan lesa soignés, l\u2019un après l\u2019autre, que ces témoignages ne suffiraient pas à le faire condamner.Ce qu\u2019il faut, ce qui est indispensable pour gagner une cause contre un charlatan, ce qu\u2019il y a de plus difficile à obtenir, ce sont deux témoins d'un même fait, et qui ne se contredisent sur aucun point en le relatant à la Cour.C\u2019est la loi générale anglaise.C\u2019est la preuve nécessaire en matière criminelle, dans tout \u201cl\u2019Empire britannique.Cela explique pourquoi il est si difficile, aujourd\u2019hui, de faire condamner des charlatans que nous avons poursuivis plusieurs fois.A force de comparaître en cour et d\u2019entendre plaider, ces individus ont appris, comme ils le disent eux-mêmes, à leurs dépens, comment s\u2019y prendre pour ne pas tomber sous le coup de la loi.Ils continuent à traiter, mais en ayant soin de recevoir les malades, seul à seul, dans leur cabinet de consultation Ce n\u2019est qu\u2019exceptionnellement qu\u2019on parvient à y faire pénétrer une mère avec sa fille, une fille avec son amie, un père avec son enfant.Le charlatan, plusieurs fois condamné, est un charlatan prévenu qui ne se laisse plus prendre aux trucs des détectives du Bureau, hommes ou femmés.Il ne permet jamais au malade d\u2019être accompagné dans son cabinet de consultation. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 239 Appeler le charlatan à domicile ne réussit guère mieux.S'il connaît bien son métier, s\u2019il a déjà eu maille à partir avec le Bureau, il prend ses précautions.Il examine le malade et prescrit privément.+ % # En somme, dans cette lutte, il faut jouer cache-cache, tout le temps, et faire en sorte que le charlatan ne se doute pas de qui l'observe.De cette façon on finit par le faire prendre en défaut par deux témoins du même fait.% % % Il arrive souvent qu\u2019un charlatan soit appelé à la suite du médecin, pour un cas de fracture ou de luxation.Ici, c\u2019est le meilleur temps de le prendre.Et votre devoir est de le faire arrêter afin de prouver votre supériorité et de le faire sortir de la maison de votre patient._ Si au contraire vous vous retirez, sous prétexte de ne pas prendre la responsabilité des manœuvres du charlatan, le beau rôle est pour celui-ci.Mettez-le donc à la porte, dénoncez-le au Registraire, et reprenez votre malade.Si l'entourage s\u2019y oppose, menacez-le également de poursuite.Le médecin qui sait ainsi se faire respecter, qui n'a pas peur du charlatan en a vite raison.Une scène dans le genre de celle que je viens de décrire suffit à chasser les charlatans d\u2019une paroisse pour dix ans.En somme, le charlatan de campagne n\u2019est pas beaucoup autre chose qu\u2019un ramancheux.\u201cSi tu as peur du dos de fourchette, disait un vieux praticien, le charlatan te suivra.\u201d Le jour où s'amène un médecin qui n\u2019a pas peur des luxations ni des fractures, le ramancheux disparaît tout aussitôt.% % % Rien n\u2019est préjudiciable à la profession et aux médecins comme de perdre une action intentée à un charlatan.| Un charlatan qui gagne son point est un charlatan auréolé.Cela explique pourquoi nous ne saurions jamais trop prendre de précautions dans nos poursuites, pourquoi une action n\u2019est intentée 240 L UNION MÉDICALE DU CANADA qu\u2019après une série de plaintes, d\u2019approbations, de preuves et de contrepreuves qui ne se contredisent pas.Avant 1910, avec le système de décentralisation, quand la lutte était entreprise et menée au petit bonheur par n'importe qui, à quels résultats désastreux ne sommes-nous pas arrivés.Avec le système de centralisation et de lutte à outrance dans tous les districts, nous n'avons pas fait disparaître complètement les parasites de la profession, mais, enfin, les résultats obtenus sont plus qu\u2019appréciables.Le jour où tous les médecins se riront du dos de fourchette, les charlatans-rebouteurs auront vécu.Votre très dévoué, Le Registraire du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec, Dr JOSEPH GAUVREAU.FORMULE DE PLAINTE Au Registraire du Collège des Médecins et Chirurgiens, P.Q.364 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Veuillez tenir une enquête au sujet de: Nom, prénom et adresse de l\u2019inculpé.120202000 0000 aa aa ae a ee aa ne (Donnez nom et prénom de fille, si c\u2019est une femme, ainsi que le nom et prénom du mari.) Qui a pratiqué illégalement la médecine a.0uinu.Je suis informé qu\u2019il a traité,leouversle.(Nom du patient).000000 006040 ea se a ee a ea aa ee sa a ea eee ae 0e en Pour (quelle maladie).20202000 80444 e seen a ea a ea a ea aan aan aa ae aa 0e» Cet individu dont je me plains EXAMINE, AUSCULTE ou VISITE les malades.\u2014 I DIAGNOSTIQUE les maladies et il PRESCRIT un traitement.Spécifier, dans cet espace, la façon particulière d\u2019agir de l\u2019inculpé et les NOMS et ADRESSES des TEMOINS: .2.00.e082 0005 tu 00 + 1 6 060 6 8 4 6 6 8 0 1 0 1 0 0 0 4% 6 se ese sees.2.» en ts 1.%.*.\".; tt.+%#% 2 \"ee.\" +e».ewrns4
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