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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1922-03, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.Vol.XLXII MARS : No'3 MEMOIRES Suture primitive avec greffe osseuse immédiate dans les fractures ouvertes (1) Pur M.Léo.BLAGDON, Assistant au service de chirurgie de l'Hôpital Notre-Dame.La suture primitive avec greffe osseuse immédiate dans les fractures Ouvertes est une intervention chirurgicale qui échoue assez souvent.C'est la raison qui m\u2019autorise, je crois, à vous communiquer la présente observation avec présentation du malade un an après l'accident.Le résultat obtenu.contrôlé par la radiographie, est très en- vourageant.Observation: Un jeune homme de vingt ans, M.H.T.est admis à l'hôpital Notre-Dame, dans le service du Professeur Mercier, le 24 février 1921 à 8 hrs du soir, pour fracture ouverte de l\u2019avant- bras gauche par balle de révolver, calibre 32.L'accident est arrivé peu de temps avant son admission.L\u2019examen clinique du malade démontre \u2018les faits suivants: La porte d\u2019entrée de la balle, de la grandeur d\u2019un dix sous, est située à un travers de main en bas du pli du coude, région antéro-interne de l'avant-bras gauche.La porte de sortie de la grandeur d'un vingt sous, est située à l\u2019union du tiers moyen et du tiers supérieur, région postéro-externe du même avant-bras.- (1) Communication à la Société Médicale de Montréal. 104 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Tous les signes d\u2019une fracture du radius sont présents.Le cubitus semble intact.Les plaies saignent légèrement, le blessé est pâle, mais son état général est satisfaisant.L'intervention d\u2019urgence nous paraît indiquée, et j'opère le soir même.Opération.Après l\u2019excision aussi complète que possible des deux plaies, et de tous les tissus touchés par la balle, le foyer de fracture est débarrassé de nombreuses petites esquilles libres.Le nettoyage une fois complété, il existe une perte de substance du radius de trois centimètres de long, ou à peu près.\u2018Comme les fragments osseux enlevés ne sont \u2018d\u2019aucune utilité pour combler la brèche, vu leur petit volume, je détache une esquille très adhérente sur le fragment supérieur du radius, et assez longue pour me servir de greffon.(Ce greffon d\u2019urgence est maintenu en position par un encercla- ge métallique avec fils d\u2019argent.Je me serais volontiers servi de catgut chromicisé ou de tendon de Kamgaroo suivant la méthode d\u2019Albée, mais mon greffon était un peu court et j'ai craint que mes ligatures glissent.Je suture ensuite les muscles, aponénoses et peau et je place un- drain dans le foyer de fracture.Le membre est inumobilisé dans une gouttière métallique temporaire.L'évolution de la maladie a été simple.Les plaies n\u2019ont pas suppuré et la température, qui était de 101° le lendemain de l\u2019opération, est devenue normale le troisième jour et s\u2019y est maintenue.Le 4e jour, le drain est enlevé, et le dizième, les fils.En tout, deux pansements à plat.Le quinzième jour, l\u2019avant-bras a repris son volume normal et l\u2019appareil métallique est remplacé par une gouttière plâtrée.Le 17 mars, environ trois semaines après l\u2019accident, le malade quitte l\u2019hôpital, mais avec la promesse de s\u2019y rapporter tous les quinze jours.Le 30 avril, nous commençons la mobilisation du poignet, et le 20 mai, moins de trois mois après la greffe, l\u2019appareil plâtré est enlevé définitivement et nous conseillons le massage de l\u2019avant-bras. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 105 Le patient part pour voyage et ne revient que le 20 décembre i} lernier.Les mouvements du poignet sont, alors complets, mais la supination et la pronation sont un peu limitées, malgré l\u2019absence apparente de svnostose.Etude des radiographies: Le Docteur Panneton a eu la complaisance de prendre quatre radiographies, que je vous montrerai à l'écran dans un instant.No 1 2 jours après l\u2019accident et opération.La première radiographie, prise le !endema/n de l'opération, \u2018montre le greffon en place.On distingue nettement les fils d'argent, le drain, ainsi que la gouttière mé tallique temporaire. 106 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La deuzième radiographie, en date du 15 avril, c\u2019est-à-dire 39 jours après le début, est intéressante au point de vue de l\u2019évolution du greffon.(Ce dernier, fracturé vers son centre, paraît être en voie No 2 49 jours après l\u2019accident.de résorbtion, cause probable de la fracture.Le cal qui englobe le greffon au niveau de sa fracture, démontre assez clairement son action provocatrice de l\u2019ostéogénèse. L'UNION MÉDICALE DU CANADA LO7 = Æ RE re 5 > f ë Sans = 4 22 5 ve 4 sa No 3 86 jours après l'intervention.La troisième radiographie, prise le 21 mai, ou un peu moins de trois mois après la greffe, nous fait voir le greffon hypertrophié et plus dense.Le membre est encore dans un appareil plâtré. 108 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La quatrième radiographie, datée le 20 décembre.done 10 mois apres Pintervention.est non moins instructive.Le greffon y apparaît aussi dense que la partie saine de Pos.Son extrémité supérieure est bien fustonnée avec le radius tandis que son extrémité inférieure est moins Men coaptée.Le radius est hypertrophié notablement à cet endroit encore en voie de consolidation, w= i No 4 11 mois après l\u2019opération.dl nv a pas de trace d'ostéite et les fils semblent être bien tolé rés.C'est là l\u2019avantage de Pencorclage sur les vis, Avant de veus présenter le malade.permettez-moi, Messieurs, de vous faire part de quelques consilérations stggérées par cette observation. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 109 1° Le rôle du périoste dans la greffe osseuse, n\u2019est peut-être pas aussi considérable qu\u2019on l\u2019a prétendu.Dans le cas présent, le greffon en était presque entièrement dépourvu, et l\u2019ostéogénèse s\u2019est faite toute de même.Leriche a du reste démontré, en décrivant sa technique des résections articulaires, que c\u2019est dans la couche osseuse sous-jacente au périoste que s'accomplit le phénomène de l\u2019ostéogé- nése.Le périoste n\u2019est donc pas indispensable, mais mérite cependant d\u2019être conservé a titre de protecteur des ostéoiblastes, et des vaisseaux de nouvelle formation qui servent à nourrir le greffon.C\u2019est l\u2019opinion de Wheeler et d\u2019autres.° 2° L'encerclage par les fils d\u2019argent.Il est admis aujourd\u2019hui, par un grand nombre de chirurgiens, que l\u2019on doit éviter l\u2019emploi de substances métalliques pour maintenir le greffon.Les vis causent presque toujours de l\u2019ostéite, si on les laisse un certain temps en place, et dans l\u2019encerclage, les fils risquent de couper le greffon, de l\u2019irriter et d'en provoquer la raréfaction.Chez notre malade, cependant, ils ont été bien tolérés, et je ne crois pas qu\u2019ils nous causent aucun ennui.Jones, un orthopédiste anglais distingué, se sert très souvent de fils d\u2019argent pour fixer ses greffons.3° L'utilisation précoce de la greffe donne des avantages qui méritent d\u2019être signalés.Nous avons ici commencé la mobilisation de l'avant-bras avant le 3e mois, et nous n\u2019avons pas en à le regretter.Les auteurs les plus récents conseillent d'attendre trois mois avant de mobiliser le membre Cette mobilisation, plutôt précoce, semble activer l\u2019ostogénèse, et aide, sans aucun doute, au prompt rétablissement de la circulation sanguine, à la condition de ne pas être trop brutale.Je termine ce court travail, Messieurs, par les deux conclusions suivantes : 1° La suture primitive avec drainage temporaire, après l\u2019excision aussi complète que possible des tissus lésés et l\u2019ablation des corps étrangers, doit être tentée dans les fractures ouvertes, tout comme dans le traitement des simples blessures.C\u2019est une Cécouver- te chirurgicale de la grande guerre.qui est appelée à rendre des services.- 110 L'UNION MÉDICALE DU CANADA A la coudition de suivre son ivulade de près, même dans les Cas où on n'a pas draîné, on ne risque cien, puisqu\u2019au premier signe d'infection il est facile d'enlever les Pis et de traiter in fracture à ciel ouvert, =1 le cas l'exive.Le fait de transformer nue fracture ouverts en fracture l'ermée.est un avantage de la méthode qui n'est pas à dédaivner.11 faudra la préconiser dans tous les cas où le délabroment ne sera pas trop étendu, ct où l\u2019excision des tissus lésés era possible, 2° Léuuto-greffé usseuse immédiate, rice à l'asepsie obtenue par cette méthode de traitement de la suture primitive avec CXCISION, nous à donné un résultat fort satisfaisant.tant au point de vue fonctionnel du membre blessé, qu\u2019au point de vue de la durée du traitement.Quand les circonstances le permettent.«lle mérite d'être mise à l\u2019épreuve. LE RADIUM Sa valeur dans le traitement du cancer $- Pur le Dr J.K.PANNETON, Professeur de Radiologie à l'Université de Montréal, Rudiologiste de l'Hôpital Notre-Dame, Montréal, Membre des Sociétés de Radiologie des E-U.et de France.Depuis quelques deux où trois ans, de nombreux travaux ont été publiés sur la valeur du radium et des substances radioactives dans le traitement curatif du cancer.Un grand nombre de ces rapports en face de cures apparemment merveilleuses, mais n'ayant pas été suffisamment éprouvées par le temps, ont fait naître, par un enthousiasme exagéré.des espérancé= malheureusement dégues.Cet enthousiasme exagéré devait nécessairement.avoir sa réaction.[Elle nous est venue.comme l\u2019on devait =v attendre, de quelques chirurgiens.heureusèment peu nombreux, qui ne veulent pas s'élever au- dessus de leurs techniques et qui ne veulent rien voir au-delà de leur bistouri.Tls ont né toute efficacité quelconque du radium dans le traitement du cancer Cotte attitude extrême est absolument injustifiée en présence dus résultats incontestables chtenus dans le monde entier.par le radium, dans le traitement du cancer: aussi a-t-vlle soulevé une protestation générale.Comme toujours, la vérité se trouve dans le terme moyen.\u2014 Le radium n'est paz le traitement certain de tous les cancers, Il s\u2019en faut de beaucoup, pas plus d\u2019ailleurs que la chirurgie, pas plus non plus que les ravons N on l\u2019électrocoagulation.Il n\u2019en est pas moins vrai que ces différents moyens, quelquefois employés seuls, mais le plus souvent associés de façon a combiner leurs actions, suivant l\u2019indication des cas et, surtont lorsqu\u2019ils ont été employés à temps, c\u2019est là la condition indispensable, nous ont donné des cures véritables et durables.Aussi, bien que le cancer augmente dans des proportions plutôt inquiétantes, l\u2019efficacité des moyens que nous possédons pour le combattre, lorsqu\u2019il est attaqué à ses débuts, nous permet d'être plus optimistes que nos devanciers. 112 L'UNION MÉDICALE DU OANADA Cause du Cancer.La cause véritable du cancer est discutée.L'opinion prédominante veut qu\u2019il soit, le plus souvent, produit par une irritation chronique, par une inflammation de longue durée, déterminée très souvent par un traumatisme.Le cancer des lèvres et de la langue a le plus souvent pour «ause déterminante l\u2019irritation produite par la fumée et la nicotine du tabac ; le cancer de la langue est souvent causé aussi par une irritation constante sur une dent cariée.On sait que 80% ou plus des cancers de l'estomac ont pour origine un ulcère ancien, non guéri, et qui finit par dégénérer.Chez un grand nombre de cancéreux, l\u2019on a retracé la svphilis.qui paraît être une cause déterminante du cancer.Mais ce qui est certain, est que le cancer et, au début, une affection toute locale, et non pas une maladie \u201cdans le sang\u201d.C\u2019est donc localement que l\u2019on dirigera le traitement dans des cas que l\u2019on aura découverts à temps.Formes et variétés du Cancer.T'antôt le cancer se présentera sous la forme d\u2019une petite ulcération à la lèvre, à ln langue, sur la muqueuse de Ja bouche ou sur celle du col de lamatrice.T'antôt, 11 se montrera sous forme d\u2019un noyau dur, d\u2019une petite tumeur, plus ou moins mobile soit dans le sein ou sous la peau de n\u2019importe quelle partie du corps.Tantdt encore, il débutera par un simple bouton charnn ou une vulgaire verrue, apparemment, le plus souvent à la figure.Ce qui caractérise toutes ces lésions d\u2019apparence bénigne et le plus souvent indolores, c'est que les traitements usuels: teinture d\u2019iode, nitrate d\u2019argent, onguents, pommades, fondants et autres ne ~araissent pas avoir d\u2019effet sur elles; au contraire, plus on en applique, plus la lésion est irritée et semble progresser.Cette constatation doit aussitôt donner l\u2019éveil et un médecin ou un chirurgien compétent doit être consulté au plus tôt.Toute ul/cération, bosse, tumeur ou noyau suspect qui ne veut pas céder à la médication or- dinaîre après un mois ou deux de traitement doit être enlevé chiradr- gicalement ou détruit par les irradiations des rayons X ou du rd- dium, ou encore par l\u2019électrocoagulation ou la dessication, surtout sù un examen histologique a démontré la nature maligne de la lésion.Et il faut se hâter; car il ne faut pas oublier que certains cancers L'UNION MEDICALE DU CANADA 113 ne demeurent pas une affection locale bien longtemps, surtout sils.sont situés dans une région riche en vaisseaux lymphatiques, comme dans le sein ou sur le col de la matrice.Plus ou moins rapidement, quelques cellules se détachent de l\u2019ulcération ou de la tumeur- mère, sont transportées par les voies lymphatiques jusque dans les ganglions correspondants, quelquefois même au-delà, et sont le point de départ de tumeurs-filles, qui à leur tour, émettront tout un essaim de cellules qui pourront envahir tout l\u2019organisme.A ice dernier stade, le cancer ne peut plus être traité localement.Il est du domaine de la chimiothérapie ou de la biothérapie qui, à l'heure actuelle, ne sont encore que des traitements palliatifs de plus ou moins grande valeur.J\u2019ai bonne confiance, toutefois, que le cancer sera finalement vaincu par ces derniers moyens thérapeutiques, lorsqu'on aura enfin découvert la cause véritable du cancer et que l\u2019on aura pu préparer un sérum approprié ou un traitement spécifique.Mais ce séfum et ce traitement spécifique du cancer n'existent pas à l\u2019heure actuelle.Tous les cancers ne répondent pas également bien aux irradiations.Par exemple, l\u2019épithélioma à type de cellules basales ou ulcère rodent, se développant à la surface de la peau et particulièrement à la peau de la figure et qui fait rarement des métastases, même lorsqu\u2019il est avancé, guérit avec la plus grande facilité.T1 ne récidive pas si la dose a été suffisante.Mais, si ce même type d\u2019épithélioma est situé sur la peau des extrémités, il devient immédiatement plus difficile à guérir à cause de la tendance qu'il a à se disséminer par les voies lymphatiques.L\u2019épithélioma à type de cellules squameuses, le type glandulaire, les épithéliomas présentant des prolongements épidermoïdes, sont les plus difficiles à traiter par n\u2019importe quelle méthode.Ils progressent rapidement, font des métastases à bonne heure et les cellules migratoires infiltrent les voies lymphatiques.Leur exérèse chirurgicale seule n\u2019est certainement pas suffisante.Les cellules migratoires des vaisseaux lymphatiques que le bistouri ne peut pas atteindre, doivent être aussi détruites, sinon elles seront rapidement disséminées dans l\u2019économie, même lorsque les ganglions auront été enlevés, et elles seront le point de départ de récidives certaines.La même \u2018différence de sensibilité existe pour les sarcomes.Le lymphosarcome, par exemple, guérit très facilement par les irradia- Ji! L'UNION MÉDICALE DU CANADA tions: le sarcome à petites cellules rondes guérit assez facilement, tandis que le sarcome mélanique est tout à fait réfractaire aux irradiations, L\u2019ostéo-sarcome guérit aussi difficilement.Les malades consultent, en général, trop tard.La principale raison pour laquelle un grand nombre de malades se préoccupent trop tard de leur cancer, c\u2019est qu\u2019il évolue le plus souvent insidieusement et sans douleur.S\u2019il se développe dans un organe profond, sa présence ne se manifeste que lorsqu\u2019il a pris suffisamment d\u2019extension pour gêner le fonctionnement de cet organe.Si.au contraire, il se développe à la surface du corps ou dans des cavités accessibles à la vue, il est souvent considéré comme une lésion =ans importance, précisément parce qu'il ne fait pas souffrir ou qu'il ne gêne pas.C'est ce qui explique pourquoi tant de malades consultent trop tard pour pouvoir être guéris.Une autre raison, c\u2019est aussi que bon nombre de malades, avant d\u2019avoir recours aux movens scientifiques, consultent des charlatans on perdent un temps précieux à es\u201caver toutes sortes de remèiles sans valeur que chacun leur recommandent.Chirurgie vs Radiations.Dans quels eus lu chirurgie doit-elle intervenir.el quels sont les cas où le radium el les rayons N devront avoir la préférence?l\u2019on peut formuler comme principe que toux les cas de cancer pris tout à fait à leur début peuvent être guéris par la chirurgie, à condition que les timites du mal soient dépassées et que l\u2019on entaille largement dans les tissus sains.L'on pourrait en dire autant pour l'électrocoagulation et la dessication à condition de les limiter aux cancers accessibles ou à ceux que l\u2019on peut extérioriser, à cause de l\u2019élimination des tissus nécrosés qui doit pouvoir se faire facilement.Mais, en dépit de ses succès, il est des cas où la chirurgie n\u2019a plus le droit d'intervenir, comme, par exemple, dans le cancer de là peau, surtout lorsqu'il est situé à la face et particulièrement près des yeux ou des cavités, car alors elle ne peut guérir qu'au prix de déformations souvent .très disgracieuses.Le radium et surtout les rayons _X guérissent presque toujours ces néoplasmes avec un résultat est!.é \u2018tique très remarquable, souvent sans cicatrice appréciable. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 115 Un autre type «de cancer est à enlever a la chirurgie: c\u2019est le lympho-sarcome, extrêmement sensible aux radiations.La chirurgie ne réussit souvent qu\u2019à disséminer cette forme du cancer.Les métastases sont très faciles à produire, mais les rayons X en ont facilement raison tant qu\u2019elles ne sont pas trop nombreuses.J'ai un cas traité - en 1913, opéré 8 mois auparavant, et qui a eu des récidives dans les deux aînes, dans les deux aisselles, dans les deux régions cervicales, dans la rate, le médiastin avec fort épanchement et dans l'abdomen.En somme, aucune part'e de l\u2019organisme contenant des ganglions n\u2019y à échappé.T'oujours la radiothérapie en a eu raison rapidement et, après 9 ans, le malade, âgé de 71 ans, était en santé parfaite ; il vaquait tous les jours a ses affaires.ll y a à peine un mois, alors qu\u2019il était en visite chez un ami et se réjouissait avec lui de son excellente santé, il mourut subitement, très probablement frappé d\u2019apoplexie.La cause de sa mort n\u2019a donc rien de commun avec le lymphosarcome qui avait si longtemps menacé de l'emporter.Le cancer de la lèvre guérit probablement mieux par le radium que par aucune autre méthode.La métastase sous-maxillaire et cervicale est très fréquente et demande un traitement très suivi, et même l\u2019exérèse chirurgicale avec irradiations post-opératoires Intenses.Le cancer de la langue ne guérit pas toujours avec le radium.La chirurgie ne peut le guérir qu\u2019en enlevant la langue.Mutilation épouvantable et souvent inutile, pu'sque la récidive ou les métastases sont si fréquentes.L'\u2019électrocoagulation donne ici de très bons résultats, mais il est nécessaire de lutter avec acharnement contre les ganglions du cou, qui font toujours, tôt ou tard, leur apparition.Le radium et la chirurgie en ont raison quelquefois.Dans le cancer du rectum, les résultats de la radiumthérapie seule sont peu encourageants et ne peuvent être que palliatifs, aussi est-ce à la chirurgie et plus particulièrement à l\u2019électrocoagulation et aux irradiations pré et postopératoires que l\u2019on s'adressera dans les cas situés assez près de l\u2019anus.Un anus iliaque devra être pratiqué au préalable.Le cancer de l\u2019oesophage est difficilement opérable et peu accessible au radium, car il est presque impossible de le maintenir en contact intime avec la lésion.Dans le cancer de l'estomac et des intestins, la chirurgie seule peut intervenir et l\u2019on ne peut que difficilement et exceptionnellement 116 L'UNION MÉDICALE DU C/NADA y faire l'application du radium que l\u2019on ne peut maintenir en place.[\u2019on a pu toutefois, dans quelques cas, implanter des aiguilles radi- fères dans la région pylorique, que l\u2019on a ensuite retirées par la plaie epératoire avec de bons résultats.Le cuncer de la proslale a pu être traité avec assez de succès par l'imp'antation dans la tumeur d\u2019aiguilles contenant du radium, soit à travers le périnée, soit en passant par la vessie après une taille sus-pubienne.On a complété l\u2019irradiation en introduisant des tubes le radium par l\u2019urètre et le rectum.Dans le cancer du sein, la chirurgie, le radium et les rayons X doivent tous intervenir, car aucune méthode ne peut réussir à elle seule.Te cancer du corps ulérin doit rester à la chirurgie, car ses ri- sultats sont réellement bons et la récidive est très rare, grâce à l\u2019absence ou la pauvreté du draînage lymphatique de cette région.11 sera préférable toutefois de faire une bonne application de radium jusque dans le fond du canal utérin avant l\u2019opération.Mais lorsqu'il s'agit d\u2019un cancer du co! de la matrice, la question est b\u2018en différente.Tei les vaisseaux Ivmmphatiques sont nombrenx et, par eux, la métastase se fait rapidement.Très à bonne heure, les ligaments larges, le< paramètres se prennent et l'opération est souvent Hluscire, même si l\u2019on emploie le procédé de Wertheim qui est si meurtrier puisqu'il donne une mortalité opératoire immédiate qui peut aller jusqu\u2019à 20%.Dans les cas opérables, pris bien au début et traités par la chirurgie, le taux des guérisons oscille autour de 50%.Dans les mémes cas le radium donne un percentage de guérisons qui est sensiblement le même, sinon un peu plus élevé, et ces résultats sont obtenus sans mortalité opératoire et sans aucune mutilation.En face de ces résultats, bon nombre de gynécologues allemands ont abandonné ln chirurgie et traitent tous les cas de cancers \u201copérahles\u201d du col utérin par les irradiations de radium et des rayons NX.En France et aux Etats-Unis, l\u2019on combine les deux procédés.L\u2019utérus ct les paramètres sont d\u2019abord traités par le radium et les rayons X, puis l\u2019hvstérectomie totale se fait quelques semaines plus tard.On espère porter ainsi le nombre des guérisons à 75% pour les cas pris au début.Dans les cas rendus à la limite de l\u2019opérabilité, la chirurgie compte beaucoup d\u2019insuccès ct une grande mortalité opératoire immé- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 117 diate.le radium, au contraire, réussit souvent et la mortalité opératoire est nulle.Le radium rendra opérables beaucoup de ces cas et il y a le plus souvent intérêt à combiner les deux méthodes.Les irradiations doivent se continuer après l\u2019opération.Dans les cas inopérables du col, le radium a souvent fait disparaître toutes les lésions visibles ou palpables et il a donné des survies de 6 ans ct plus.Les survies de 2, 3 ou 4 ans sont très nombreuses dans des cas où la chirurgie ne pouvait plus rien.Mais le plus souvent, après ces améliorations plus ou moins longues, des métastases se sont montrées dans des organes profonds et les malades ont succombé.Dans les cas très avancés, avec infiltration des parois vaginales, les cas désespérés, le radium ne devrait pas être employé.Si toutefois on l\u2019emploie, ce ne pourra être que comme palliatif, pour supprimer des Lhémorragies ou des écoulements nauséabonds et calmer les douleurs, ce que le radium fait toujours du reste.Mais 1l ne faut pas oublier que ces améliorations ne seront que de courte durée et que le mal accomplira quand même son oeuvre.Lorsqu\u2019on combine les différents moyens que nous avons pour .combattre le cancer, dans quel ordre doit-on les employer?11 est aujourd\u2019hui à peu près universellement reconnu qu'aucun cancer ne doit plus être opéré sans être aussi irradié par le radium et les rayons N.T/opération sanglante ne devrait jamais être tentée sur un cancer en pleine vitalité; c\u2019est le plus sûr moyen de le disséminer en l'introduisant dans les vaisseaux lymphatiques, les vénules et les artérioles, ouverts par le bistourl.Le temps n\u2019est pas très éloigné où un chirurgien qui opérera un cancer sans l\u2019avoir irradié avant et après l\u2019opération aura beaucoup de peine à justifier son action.L\u2019ablation chirurgicale du cancer ne pourra raisonnablement être faite qu\u2019après que ce dernier aura été en quelque sorte dévitalisé par une série d\u2019irradiations par le radium et les rayons X.Quelques chirurgiens, tout en reconnaissant le bien fondé de l\u2019irradiation pré-opératoire, s\u2019y sont objectés sous prétexte que l\u2019opération était ainsi rendue plus difficile à cause de la sclérose qui se produit dans les tissus qui entourent le cancer.Il s\u2019agit, sans doute, 118 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ici, de cas qui auraient été trop longuement traités par les irradiationz ct opérés trop longtemps après ces irradiations, alors que la transformation scléreuse était complète.Aussi ne faut-il pas 1rradier à fond ces cancers avant \"\u2019opération, car les irradiations pourront se poursuivre après l'opération af:n de compléter son oeuvre.Cette opération ne devra pas non plus être faite trop tôt ou après des irradiations trop incomplétes, alors que le cancer pourrait être dans un état de surexcitation temporaire.Il faudra attendre que la phase de granulation des noyaux et que l\u2019en- dartérite oblitérante des capillaires se soient produites.Ce n\u2019est donc, aix minimum, qu\u2019après deux ou trois semaines qu\u2019il faudra iutervenir, ma:s il vaudrait mieux encore attendre de six semaines à (deux mois.A ce moment, les celiules sont a peu près dévitalisérs.c\u2019est-à-dire incapables de se reproduire; la sclérose est encore incignifinnte et ne complique en aucune facon l'opération.Le traitement pré-opératoire par les irradiations est done donné avec l\u2019intention de produire des changements microscopiques dans les tissus et de dévitaliser les cellules malignes au point qu\u2019elles ne puissent pas se reproduire facilement, soit localement dans la plaie, ou lorsqu\u2019elles seront transplantées par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques dans d\u2019autres parties du corps durant l\u2019opération.Après l'opération, une série d\u2019irradiations intensives devra être donnée, jusqu\u2019à la limite de tolérance de la peau, non seulement sur le siège du cancer, mais aussi sur les territoires ]Jymphatiques qui en dépendent.Les expériences sur les souris ont montré qu'une tumeur enlevée puis fortement irradiée par les rayons de Roentgen ou ceux du radium, ne peut plus être greffée sur une autre souris.De plus, si l\u2019irradiation ne dépasse pas la dose suffisante pour mettre obstacle au développement de la tumeur, la greffe de cette tumeur confère à l\u2019animal en expérience une immunité qui fait défaut avec une dose notablement plus forte.\u2018C\u2019est pourquoi il est possible de prévenir la greffe des cellules néoplasiques dans les tissus sains au cours d\u2019une opération par une irradiation préventive.(Chaque fois que la chose sera possible, l\u2019on devra préférer l\u2019électrocoagulation à l\u2019opération sanglante, car la première, contrairement- à la seconde, obture les vaisseaux au lieu de les laisser béants, et la L'UNION MÉDICALE DU CANADA 119 migration des cellules néoplasiques n\u2019est pas à craindre.De plus, la chaleur produite par l\u2019électrocoagulation se propage dans les vaisseaux lymphatiques qui entourent la lésion coagulée et y détruit les Cellules néoplasiques déjà en voie de migration.L'on a constaté que ces cellules de notvelle formation succom- -bent sous l\u2019action d\u2019une chaleur moindre que celle qui est nécessaire à la destruction des tissus sains environnants.Elle exerce donc une -action en quelque sorte élective sur les cellules néoplasiques.Doit-on irradier les cas inopérables ou incurables?Doit-on abandonner à leur sort les malades qui ne se seront préoccupés de leur cancer qu\u2019après la période où il paraît encore curable?Assurément non, car les observations ne manquent pas où des cancers jugés d\u2019abord incurables ont pu quand même être -guéris ou du moins être améliorés à tel point que les malades qui en étaient atteints ont pu survivre plusieurs années.C\u2019est ainsi que des cancers inopérables ont pu être améliorés par les rayons X et le radium, et sont devenus opérables.I] faut aussi compter avec les cas si nombreux où l'intervention chirurgicale nécessaire, est contre-indiquée: soit par extension trop considérable du néoplasme, l\u2019état du coeur, des poumons, des reins, soit par la coexistence du diabète ou de l\u2019albuminerie.Dans toutes ces circonstances, les rayons X et le radium combinés sont indiqués comme le meilleur des palliatifs comme le traitement capable de guérir, sinon la lésion profonde, du moins les lésions superficielles, d\u2019améliorer l\u2019état général, de prolonger la vie, d\u2019en adoucir les souffrances et de soutenir les dernières illusions des malades.Pour conclure, la chirurgie, les rayons X, le radium et l\u2019électrocoagulation sont les meilleures armes que nous possédons pour le traitement curatif ou palliatif du cancer.Aucune d\u2019elle n\u2019est toutefois toute-puissante.Elles ont toutes leurs limites.Tl ne faut pas les opposer les unes aux autres, mais les employer suivant leurs indica- \u201ctions et le plus souvent combiner leur action.Il est surtout très important de les employer à temps.Tout le problème de la guérison du cancer tient dans cette formule: diagnostic et traitement précoces, le succès est à ce prix seulement. INSTITUT BRUCHESI STATISTIQUES Pour novembre et décembre 1921 et pour janvier 1922 Jours de Dispensaire.LA LA LA La o.oo 55 Malades NOUVEAUX.22 2224 th et ee ee ee ee ee ee ee ee a 521 Premiers examens.ii ci it in a ee ee.TAB Visites subséquentes.LL LA LL LL 1 11 .2926 Consultations.3638 Clniique des Poumons :\u2014 Premiers examens.LA LL LL LL LA 1 4 287 Visites subséquentes.1953 Clinique de la Gorge: Premiers examens.11 24 LA LL LL 14 La LL 0 217 Visites subséquentes.LA 24 ee o.oo.276 Clinique des Enfants: Premiers examens.LA LL LA LA LA LA LL LE 144 Visites subséquentes.LL A4 La 11 609 Clinique de Chirurgie : Premiers examens.LA LL LA LA LA LL 1 33 Vigites subséquentes.LA LL LA LL 11 0 55 Clinique de la Peau: Premiers examens.ou vu LA LA LL LA 11 11 31 Visites subséquentes.4 LA LL 11 33 N.B.\u2014Ces chiffres démontrent éloquemment l\u2019activité et le dévouement des médecins de l\u2019Institut.Quelques-uns d\u2019entre eux sont partis en Europe\u2014MM.Jarry, Mignault, Verschelden, et Vidal sont allés auprès des maîtres européens se documenter afin d\u2019eu faire profiter la Clinique et l\u2019Institut. VARIOLE ET VACCINATION (I) Par le Docteur M.KE.LABERGE, Chef du département des maladies contagieuses à l'Hôtel-de-Ville à Montréal Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, écrivait en 1806 à Edouard Jenner: \u201cLes nations futures connaîtront en lisant l\u2019histoire seulement, que la dégoûtante variole a existé, mais que grâce à votre découverte elle est disparue.\u201d Théoriquement Jefferson avait raison, mais il avait trop compté sur l\u2019intelligence et le bon sens des humains, car, Messieurs, 11 faut bien l\u2019avouer, il arrive souvent en médecine -que des pratiques qui ont donné des preuves d\u2019efficacité ne sont pas admises par tout le monde.Pourquoi?On n\u2019en sait rien.Mais on les combat et quelquefois on les combat avec acharnement, c\u2019est ce qui est arrivé et ce qui arrive encore pour la pratique de la vaccination.Puisque à l\u2019encontre de la prédiction de Jefferson et en dépit de la découverte qui a immortalisé Jenner, il y a encore de la variole, je viens vous parler de cette maladie non comme chose du passé et presqu'ignorée, mais comme une maladie de notre temps et trop peu connue.Peu de médecins aujourd\u2019hui savent ce que c\u2019est que la variole.Souvent je suis appelé par des confrères pour prendre soin d\u2019un cas de variole; c\u2019est quelquefois de la varicelle, de la gale ou de l\u2019impétigo.D'autres fois des confrères nous déclarent au bureau des Maladies Contagieuses des cas de varicelle : ce sont bel et bien des cas de variole.Je crois donc .qu\u2019il est opportun d\u2019étudier cette maladie, car malgré les efforts constants des autorités sanitaires, la variole persiste dans notre pays et même dans les endroits les mieux organisés au point de vue sanitaire, on ne réussit pas toujours à l'empêcher de pénétrer dans leur enceinte.On a vu des malades infectés de variole séjourner, circuler au milieu d\u2019une population indemme, jusque là, mais insuffisamment protégée par la vaccination et ces malades ont été la cause d\u2019épidémies quelquefois sérieuses.(1) Communication a la Société Médicale de Montréal, 122 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Veuillez me permettre, Me-sieurs, de vous communiquer à sujet des statistiques qui me sont fournies par le Dr, lelzéar Pelletier, le dévoué secrétaire du Conseil Supérieur d\u2019Hygiène de la Province de Québec.Ces statistiques sont bien incomplètes parce que beaucoup de municipalités ne déclarent pas leur® cas de variole; cependant elles prouvent qu'il y a de la variole constamment et un peu partout dans la province.En 1912 2,703 cas répartis dans 235 municipalité: \u201c1913 2,218 \u201c \u201c \u201cORM a \u201c1914 839 \u201c + \u201c 97 a \u201c1915 2,056 \u201c\u201c = \u201c - 55 \u201c1916 RG 12 \u201c1917 211 \u201c\u201c s \u201c 1918 Jd5 \u201c \u201c50 .\u201c1919 809 + \u201c102 - \u201c1920 470 © \u201coo 85 \u201c \u201c1921 319 \u201c \u201c69 \u201c Total 10,056 Permettez-moi aussi de vous citer les quelques chiffres qui suivent et qui démontrent que les centres qui ont un système de protection établi ne réussissent pas toujours à éviter la maladie.Ainsi à Montréal, En 1913 nous avons eu .262 cas de variole \u201c 1914 és 6 126 \u201c \u201c « \u201c 1915 « (6 65 « < «\u201c \u201c 1916 «\u20ac ge « < \u201c 1917 « 6 g « « 66 \u201c 1918 BE 32 SC « 1919 ce ec ce 51 ce
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