L'union médicale du Canada, 1 janvier 1922, Janvier
[" Union Médicale du Canada Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie LA PLUS ANCIENNE REVUE MEDICALE FRANCAISE AU CANADA FONDEE EN 1872 ., + TOME, STjème .ce ag deg * sve 4 .+ ae .ses V 0.0 à ° » #5 * s es 8 Oo 0, 4° © ° ® .: .0.» es\u2019 * > Je\u201d 8 50° 000 ° 09 %% oy eo.> © eo o# (ew o\u2026 ee ee .ee ,0 0 O° eo.@® ute es .set * oe ° > use sew, 0 ae \">\" oy >» *ee Levy .0» es ° 0&4 ve 00 \u20ac i \u2014\u2014 Semen mg etme dT Cy Ont collaboré a ce volume: MM.Achard-Blagdon, Bernier, Baril, Boulet, Beauchamp, Benoit, Dérome, Desjardins, Dubé, Faucher, Gagnon, Grignon, Gariépy, Gaston | Hartman, Knopf, Larouche, Laberge, Lassalle, Lapierre, Léger, LeSage, Letondal, Masson, Marien, Mercier, Mercier, fils, Ombredanne, Panneton, Palardy.Pinard, Ranger, Roy, Rhéaume, St-Jacques, St-Pierre, Verschelden.1922 L'UNION MEDICALE DU CANADA Publiée par MM.LES DOCTEURS.R.Boulet, Officier de l\u2019Instruction Publique (France).Professeur suppléant à la clinique d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino-laryngologie.Médecin en chef de l'Institut Ophtalmique.Président du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.J, EP.Dubé, Officier d\u2019Académie (France).Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris.Professeur de Clinique Médicale à l\u2019Hôtel- Dieu.Directeur de l\u2019Institut Bruchési.L de L.Harwood, Professeur de gynécologie.Docteur en Droit de l\u2019Université de Queen.Président du bureau d\u2019administration de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.À.LeSage, Officier d\u2019Académie (France).Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris.Professeur de Pathologie Interne et de Clinique Médicale à l'Hôpital Notre-Dame.Directeur de l\u2019Union Médicale du Canada.Membre du Conseil de l\u2019Université de Montréal.A.Marien, Professeur de Clingiue Chirurgicale.Chirurgien en chef de l\u2019Hôtel-Dieu.: * 4 x Yn > » e veo eo \u2019 © * * 8 » .e - 0 ° er come i, ABONNEMENT | » .Li e LA ve L'Union Médicale dû\u201d canada PRIX DE L\u2019ABONNEMENT Pour le Canada et les Etats-Unis.$3.00 Pour les pays faisant partie de \u2018l\u2019Union Postale\u201d, (Etranger).400 Etudiants.150 Payable d\u2019avance par Mandat-Poste ou autrement.Le fascicule.025 cts.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco à M.le Docteur LeSage, 46, Place Saint-Louis.+ ee gE wo A» = Tout ce qui concerne l'administration doit être adressé franco à M.T.Valiquette, Comptable, 2734 rue Christophe-Colomb.à Montréal.ou Boîte Postale No 3026. BULLETIN 1872-1922 LE CIN QUAN TENAIRE L\u2019 UNION MEDICALE DU CANADA \u2014Cinquante années d\u2019existence ! C\u2019est l\u2019âge de l\u2019Union Médicale du Canada.La génération actuelle 1gnore tout de sa naissance et des éprzu- ves qui l\u2019ont assaillie durant cette longue étape.Il est utile de lire cette page d\u2019histoire qui est la vie même de la profession médical: française au Canada.L'Union Médicale fut fondée en janvier 1872.MM.Beaubien, Duchesneau, Peltier, Brosseau, Hingston, Coderre, Desjardins, Des- champs, Dubue, Beaudet, Dugas, Leblanc, Mousseau, Bibaud, Ricard, McMahon, Laramée, Fortier, de Bonald, Dansereau, Lachapelle (E.D.), Grenier, d\u2019Orsonnens, Nelson et McDonell souscrivirent un fonds de garantie suffisant pour maintenir l\u2019existence du journal durant trois ans.Le premier rédacteur en chef fut Jean-Philippe Rottot, avec Ado:phe Dagenais et Louis Desrosiers comme assistants rédacteu.s.Le prospectus de ce temps-là s\u2019adresse aux médecins en ces termes -\u2014 Montréal, 1er janvier 1872.\u201cNous envoyons aujourd\u2019hui à nos confrères de la province de Qué- \u201cbec le premier numéro de \u2018L'Union Médicale du Canada\u201d, dont nous \u201cavons entrepris la publication.Nous osons espérer que ce journal de 31783 2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u201cmédecine sera bien reçu par tous les membres de la profession.Le peu \u201cde succès que les publications de ce genre ont eu jusqu\u2019à ce jour, doit \u201csuffire pour convaincre tout le monde que ce n\u2019est pas un motif de spéculation qui nous porte à faire cette entreprise.Il est aussi à peu brès certain que ce travail aurait été entrepris depuis longtemps si on \u201cavait bu espérer dans l'avenir une rénumération suffisante pour les sacrifices qu'il exige.Notre parole ne devra donc pas être mise en doute si nous déclarons que notre seul but, c\u2019est l\u2019intérêt du public, l'intérêt de la science et notre unique motif, l\u2019accomplissement d\u2019un devoir.\u201cOn ne peut pas se défendre d\u2019un certain sentiment de malaise, de honte même, en voyant qu\u2019il n\u2019y a pas un seul journal dc inédecine de \u201clangue française dans une province qui compte au-delà de six cents médecins canadiens-français.Nous sommes pressés, poussés par un \u201ccertain nombre d\u2019hommes pleins d\u2019énergie et d\u2019amour pour la science, \u201cqui veulent en suivre les progrès, contribuer même à les étendre, par \u201cla publication de leurs travaux, l\u2019échange de leurs idées, l\u2019encourage- \u201cment mutuel.Nous voulons faire disparaître cet isolement dans lequel \u201cnous vivons les uns vis-à-vis des autres, véritable vide qui existe au \u201cmilieu de nous et qui nous prive d\u2019un des charmes de la vie, \u2014 nous \u201cl\u2019entreprenons parce qu\u2019il y a un bien immense à faire dans ce champ \u201cencore a peine exploré.\u201cLe but que le médecin se propose, c\u2019est de prolonger autant que \u201cpossible l'existence de l\u2019homme, de vaincre les ennemis de dehors et \u201cdu dedans qui lui ravissent les jouissances de la vie, d\u2019alléger au moins \u201cassez ses souffrances pour l\u2019empêcher d'appeler la vie un mal.Pour \u201ccela, il faut qu\u2019il ait une connaissance approfondie de la structure du \u201ccorps humain, qu\u2019il l\u2019analyse jusqu\u2019à ses premiers principes, qu\u2019il com- \u201cprenne la fonction que chacun de ses organes remplit.Il faut qu\u2019il \u201cconnaisse toutes les substances organiques et inorganiques de la na- \u201cture.Il faut qu\u2019il connaisse ce que l\u2019on appelle les lois de la nature, lois \u201cqui régissent la vie de tous les éléments, de tous les corps; leur action \u201cles uns sur les autres, leurs rapports entre eux et qui maintiennent \u201ccette sublime harmonie qu\u2019on voit régner partout.\u201cDans l'intérêt de la science, dans \u2018l'intérêt de l\u2019humanité il faut \u201cabsolument entreprendre la lutte, s\u2019abstenir serait pour ainsi dire un \u201ccrime.Il faut mettre nos idées, nos travaux au jour, les discuter, les \u201ccommenter, et s\u2019efforcer d\u2019éclaircir ces questions obscures qui en trop \u201cgrand nombre déparent la science médicale.\u201cC\u2019est dans ce but que ce journal est fondé.Nous serions surpris \u201cprofondément, si ce journal n\u2019était pas reçu avec le plus grand plaisir \u201cpar toute la profession car l'isolement dans lequel nous nous trouvons \u201cdoit peser à tout le monde.De plus, comme il serait très difficile pour \u201cla plupart d\u2019entre nous, de se procurer les nombreux ouvrages publiés \u2018annuellement sur la médecine, et qu\u2019il nous serait d\u2019ailleurs presque \u201cimpossible de les lire à cause de nos occupations, nous devons natu- \u201crellement désirer une publication mensuelle qui à peu de frais et sans \u201clabeur nous mettra dans l\u2019espace de quelques minutes au courant des \u201cprogrès de la science.\u201cTout en laissant dans notre ournal une large part pour les écrits \u201cétrangers, nous ferons en sorte que les productions indigènes, obtenues \u201cde ros hôpitaux et de la pratique privée soient assez nombreuses pour \u201cqu\u2019il puisse être considéré comme une gazette médicale canadienne \u201cdans toute l\u2019acception du mot.J.P.ROTTOT, A.DAGENAIS, L.J.P.DESROSIERS.\u201d + = L'UNION MÉDICALE DU CANADA 3 -\u2014-On reconnaît bien la toutes les idées de celui qui fut notre premier maître, le Professeur Rottot.La cellule, c\u2019est la vie même de l'être humain.Ftudions-la, protégeons-la contre les attaques intempestives de \u201cl'inflammation\u201d et nous maintenons l\u2019harmonie oar le juste équilibre des fonctions organiques.\u2018C'était là sa profession de foi.Elle était juste.La conception midicale de ce temps-là s\u2019arrêtait à l\u2019inflammation.On ne connaissait pas encore la microbiologie.Broussais avait de nombreux partisans au Canada français.\u2014 Mais un journal de médecine a besoin d\u2019aliments, et les médecins lui en apporteront s\u2019ils observent bien et s\u2019ils prennent l'habitude de rédiger leurs observations.Vers le même temps, on fonda la première société médicale de Montréal \u2014- le 5 octobre 1871.Le 8 novembre de la même année, on procéda à l\u2019élection du bureau de la nouvelle société.Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : Président: M.J, E.Coderre, professeur à l\u2019Ecole de médecine et de chirurgie (Victoria).ler Vice-Président: M.J.W.Mount.2ème Vice-Président: M.A.B.Larocque.Secrétaire-Trésorier: M.Georges Grcnier.Comité de Régie: MM.C.O.Bruneau, A.Dugas, C.Dubuc, L.J.P.Desrosiers, Arthur Ricard.Le journal fut favorablement accueilli.Pres de 400 abonnés adressèrent leur adhésion au nouveau journal.Le nombre total des médecins de ce temps-là ne dépassait guère 600.En 1873, la rédaction s'ad'joignit un nouvel assistant rédacteur dans la personne de Georges Grenier, démonstrateur à l\u2019Ecole de Médecine Victoria, médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.: Nous ne l\u2019avons pas connu, mais ses confrères l\u2019avaient désigné à ce poste de confiance et de responsabilité à cause de la valeur die ses communications à la Société Médicale et de ses conférences devant les membres de différents cercles.Georges Grenier assuma, seul, jusqu\u2019à sa mort, la direction de la revue.\u2018 in 1874, une crise administrative survient, mais, grâce aa concours de MM.Rottot, Dagenais, L.J.P.Desrosiers, Ricard, Brosseau et Edouard Desjardins, qui assument les frais de publication pour une période de cinq années, la revue continue sa marche vers le progrès.Son succès constant du point de vue scientifique prouve\u2019 que la confiance des fondateurs n\u2019a pas été déçue. 4 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Nous constatons, qu\u2019en ce temips-là, les journaux de médecine de langue anglaise, les revues américaines et les journaux étrangers, reproduisent avec éloges des articles de l'Union Médicale du Canada.Les communications présentées à la Société Médicale, les rapports de cas provenant des services de l\u2019Hôtel-Dieu, «les différents dispensaires, les notes de clientèle, les reproductions de journaux de médecine de l'étranger, les articles d\u2019actualité dus à la plume délicate et fine de Rottot, ou émanant du jugement solide de Dagenais, les chroniques intéressantes de Louis Desrosiers, enfin la rédaction élégante et pleine d\u2019érudition de Georges Grenier, contribuaient au succès de la revue et la rendaient presque indispensable à ceux de nos devanciers qui tenaient à se maintenir au point de la science et du mouvement médical en notre pays.En juin 1876, un deuil profond atteint la famille de L'Union Médicale, Georges Grenier succombait quelques semaines à peine après avoir été contraint par la maladie de déserter le poste de rédacteur qu\u2019il avait tenu si brillamment durant quatre années.Ses connaissances variées, sa grande activité au travail, son sens clinique averti.la simplicité et l\u2019élégance de sa plume, si on y ajoute la modestie de son caractère, nous font comprendre l\u2019explosion de sympathies exprimées à l\u2019occasion de son décès, Rédacteur en chef de l\u2019Union Médicale, médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.démonstrateur d\u2019anatomie à l\u2019Ecole de Médecine, Grenier, décédé à 31 ans, reste pour ses contemporains, une des figures qui honorent notre corps médical Canadien-Français.# x + À Georges Grenier succéda Emmanuel Persillier Lachapelle.avec Amédée Lamarche comme assistant rédacteur.En 1876, le docteur Emmanuel Persillier Lachapelle assuma à ses frais l\u2019administration et la rédaction de l\u2019Union Médicale.En ce temps-là \u2014 comme plus tard \u2014 le docteur Lachapelle se distinguait par son esprit d'initiative et d\u2019organisation, son sens méthodique des affaires, son dévouement inlassable pour toutes les causes nobles.Il a été notre initiateur dans toutes les grandes questions d\u2019intérêt public.Son désintéressement, sa fortune, son intelligence lucide où:l\u2019habileté s\u2019alliait à une grande fermeté lui ont permis de réussir dans les entreprises les plus variées.Il profita de son passage à la Revue pour esquisser un programme de lutte contre le charlatanisme, de réorganisation du bureau d\u2019hy- EEE 7 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 5 giène municipal, prélude de la fondation du Conseil Provincial d\u2019Hygiène.CL Mais son grand mérite, enr ce temps-là, fut de provoquer et d\u2019obtenir un renivelement du corps médical canadien.Les médecins ca- nadiens-français étaient exclus de la direction des affaires professionnelles.Grâce à l\u2019influence de la revue, il rétablit l\u2019équilibre et, aujourd\u2019hui, nous conduisons nos destinées.Il prêcha aussi la vaccine.L'Union Médicale sonna l\u2019alarme comme un clairon.L\u2019épidémie de 1885 démontra qu\u2019elle avait vu juste.Mes ses occupations multiples ne lui permirent pas de diriger plus longtemps seul la Revue.Il s'associa bientôt Adolphe Lamarche, que nous avons connu à ce poste.Intelligence vive, esprit d\u2019assimilation, 11 conquit rapidement attention de ses lecteurs à cause de l\u2019originalité de sa pensée et de l\u2019élégance de son style.Plus tard, le docteur Séverin Lachapelle entrait dans le Comité de Rédaction.Tous trois, jusqu\u2019en 1882, dirigèrent la Revue avec honneur et succès.ÀÂ cette date, le docteur Lachapelle remet la direction totale de l\u2019Union Médicale entre les mains du docteur Lamarche.Voici ce qu\u2019écrivait Lamarche, devenu propriétaire de la revue en janvier 1882: \u201cAvec la nouvelle année un grand changement s\u2019opére dans le co- \u201cmité de rédaction de notre revue, M.le docteur E.P.Lachapelle en \u201cretire son nom et nous légue le journal qui lui est si redevable sous \u201ctous les rapports.Mais hâtons-nous de le dire le nom seul disparaît, et \u201cce n\u2019est qu\u2019à cette condition que nous avons accepté l\u2019onéreux héritage.\u201cSi M.Lachapelle nous passe la rédaction parce que ses occupations ne \u201clui permettent plus de s\u2019en tenir responsable, il ne rompt pas pour cela \u201cavec \u201cL\u2019Union\u201d; nous aurons bien soin de nous aider de son expérience et de ses conseils que nous avons appris à apprécier depuis que \u201cnous sommes en rapport avec lui et que nous partageons ses travaux.\u201cIl est un des généreux médecins qui ont souscrit le fond de garantie \u2018qui assurait l\u2019existence du journal pendant ses trois premières années; \u2018en 1876 il en a assumé seul la responsabilité dans des conditions \u201cfinancières déplorables et pendant plus de cing ans il lui a consacré \u201cune large part de son temps et toute son énergie et a su le remettre a.\u201cun niveau qui lui permet d\u2019envisager- l\u2019avenir avec confiance.On.n\u2019a- \u201cbandonne pas une oeuvre avec laquelle on s\u2019est ainsi identifié .Le sol- \u201cdat dans la force de l\u2019Âge qui laisse le service pour porter ailleurs son \u201cénergie, ne regardera pas la lutte d'un ceil indifférent, c\u2019est ce qui - \u201cnous rassure.Nous le retrouverons au besoin dans le corps de ré- \u201cserve.\u201d CT Ces lignes font honneur autant à eelui auquel elles s\u2019adressaïent qu\u2019à celui qui les écrivait. 6 ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA 7 °° C'est à cette époque que Hugues Desrosiers vint prendre place au comité de rédaction, poste qu\u2019il occupera avec tant de distinction et d'honneur pendant plusieurs années.Plusieurs d\u2019entre nous, en effet, ont connu le docteur Desrosicrs.Travailleur acharné, ancien interne À l'hôpital Notre-Dame, professeur à Laval, auteur d'un traité de matière médicale que nous lisons encore avec profit, le nouveau rédacteur fut une recrue précieuse puur la rédaction.Il continua la tradition des fondateurs et élargit le domaine du journal de l'étendue de ses connaïssances ct du prestige d\u2019une réputation qui grandissait chaque jour.Peu après, Séverin Lachapelle, désirant se consacrer d\u2019une ma- hière spéciale, à l\u2019étude de l\u2019hygiène et de la pédiatrie qu\u2019il enseignait, se vit contraint d\u2019abandonner sa charge d'assistant rédacteur.Durant six années, à côté de ses collègues, il a fait preuve d\u2019une activité, d'une énergie, du don généreux de lui-même qui ne s'est jamais démenti au cours de sa carrière.Il reste cependant un collaborateur assidu de la revue.Ses articles intéressants sur l\u2019hygiène et les maladies des enfants portent l\u2019empreinte de sa personnalité intéressante d\u2019apôtre social qu\u2019il a toujours été.En octobre 1887, Michel Thomas Brennan, remarqué par ses professeurs à cause de son grand amour du travail, de la variété de ses connaissances, en un mot, des brillantes qualités de son esprit, devint secrétaire de la rédaction.Son passage fut de courte durée.En 1893, quelques années après la fusion des deux écoles de médecine, rivales jadis, mais devenues une seule et même institution en pleine marche au progrès, la Gazette Médicale de Montréal.fondée en 1887, organe, sinon officiel du moins officieux de l\u2019Ecole de Médecine st de Chirurgie, consentit généreusement à se fusionner avec l\u2019Union Médicale.Dans le cours de l\u2019année 1895, Tugues Desrosiers, fut contraint par la maladie d\u2019abandonner sou poste de rédacteur en chef qu\u2019il ne devait plus reprendre hélas, succombant quelques années plus tsrd, victime inconsciente de son dévouement professionnel.Desrosiers, par sa facilité extraordinaire au travail, par la conscience qu'il mettait dans l'accomplissement de ses fonctions, soit à la Faculté de Médecine, soit à l\u2019hôpital Notre-Dame ou aillears, restera le modèle parfait de l\u2019homme de devoir en tout et partout.Nous conservons pieusement à la revue le souvenir de ce rédacteur modèle.Enfin de 1895 à 1900.Emmanuel Benoit, l\u2019un des professeurs » L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 7 actuels de clinique à l'hôpital Notre-Dame, élève distingué de Des- rosiers, succéda a ce dernier.Par ses mises au point de l\u2019état de nos connaissances médicales, par ses analyses des travaux publiés dans les différentes revues étrangères, par ses articles d\u2019actualité sur les questions d\u2019intérêts professionnels, Benoit à su mériter et justifier la confiance de ceux qui lui déposerent entre les mains la direction de la revue, Il sut faire honneur à sa charge et à la mémoire de son maître Desrosiers.Les lecteurs n\u2019ont pas oublié les polémiques acerbes et victorieuses soutenues contre un maître de ce temps-là, à propos de questions \u2018professionnelles du plus haut intérêt.Grâce à l'énergique initiative du docteur E.P.Lachapelle et a la plume aiguisée de Benoit, la réforme tant désirée dans la direction des affaires du College des Médecins s'opéra et le danger fut conjuré.% kk La direction actuelle date de mai 1900.Mais il convient de remonter plus haut pour en comprendre la génèse.En 1896, un groupe de médecins qui avaient étudié à Paris fondèrent un comité d\u2019études.M.Marien, élève de Letulle et de Brault, professeurs d\u2019anatomie pathologique à la Faculté de Paris, réussit à obtenir de la Faculté de médecine la direction du premier laboratoire d'histologie.C\u2019est là qu\u2019eurent lieu les premières réunions de ce comité sous la direction effective de MM.Marien, Dubé, Parizeau et LeSage.On y étudiait toutes les questions, on les complétait par des travaux pratiques d\u2019histologie et d\u2019anatomie pathologique macro et microscopique.Rapidement, le cercle s\u2019élargit et tes médecins de Montréal arrivèrent nombreux et avides d\u2019apprendre.Le Comité déc.da de tenir ses séances publiquement en 1898.Les membres actifs.présidaient à tour de rôle.Les observations cliniques, les pièces nécropsiques, les travaux didactiques se multipliaient.L\u2019intérêt grandissait, soutenu, l\u2019enthousiasme également.Le Comité voulut publier ses travaux.Sans doute L'Union Médicale dirigée par MM.Lamarche et Benoit lui accordait l\u2019hospitalité généreusement, mais son ambition visait plus loin.Bref, MM.Hervieux, Marien, Harwood, Boulet, Benoit, Dubé et LeSage s\u2019associèrent et firent l\u2019acquisition de la Revue actuelle, du docteur Lamarche, qui leur céda tous ses droits, \u2014 y compris celui de végéter \u2014 moyennant finances.Nous avons tenu !- mari depuis 22 ans.Nous en avons vi .n d\u2019autres. L'UNION MÉDICALE DU CANADA az Le sang nouveau donna un nouvel essor à la Revue.La division du travail décupla les forces.Grâce aux travaux personnels de ses associés et de leurs collègues, aux nombreuses analyses et aux communications diverses touchan: tous les sujets, L'Union Médicale prospéra et recueillit des adeptes dans tous les milieux.\u201cLes nouveaux propriétaires, écrivions-nous dans notre article- programme, ont parfaitement conscience des séricuses obligations morales qu\u2019ils assument.Ils savent que cette Revue a déjà fourni une carrière bien remplie de vingt-neuf années de luttes pour l\u2019existence et de travail constant pour la dissémination, au Canada, des idées scientifiques courantes et plus spécialement des rapides progrès de la science médicale.\u201cLa nouvelle direction se propose de marcher sur les traces de ses devanciers.Tout le monde sait, du reste, que la publication d\u2019une revue scientifique n\u2019est pas le moyen le plus sir de parvenir à la fortune.\u201cMettant donc de côté tout intérêt personnel, tout esprit de coterie, nous donnerons sans éompter notre bonne volonté, notre travail pour en faire une publication qui continuera de répandre dans la profession médicale du Canada les saines idées médicales qui ont cours de par le monde scientifique.\u201d \u201cNotre programme est simple: travailler à notre avancement scientifique en répandant par tout le pays les idées nouvelles qui germeront dans les centres intellectuelles du monde entier.\u201d fog * Dès la première année nous tenions notre promesse en publiant un volume de 875 pages, hourrées de faits et de connaissances utiles.Depuis, nous avons continué en publiant, chaque année, depuis 1900, un volume où sont réunis tous les documents scientifiques, pro- ressionnels ou autres qui serviront, plus tard, à écrire l\u2019histoire de la médecine dans la province de Québec.L'Union Médirale à constamment suivi la voie de ses devanciers et celle, élargie, que ses directeurs actuels lui ont tracée il y aura bientôt 22 ans.Lorsqu\u2019on parcourt avec soin la longue théorie des questions dé- batites dans notre Revue, o:1 lui accorde quelque mérite.Toutes les questions professionnelles, depuis le Bill Roddick, que nous avons amendé afin de lc rendre inoffensif pour nous, le charlatanisme et la pratique illégale de la médecine, l\u2019ingérence de la Lé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 9 gislature dans nos affaires professionnelles, etc, out été étudiées à leur mérite, sans amertume et sans faiblesse, Notre ténacité et notre clairvoyance auront été utiles à la profession aux heures décisives.Toutes les questions scientifiques qui ont évolué ont reçu l\u2019hospitalité ici.Aucune d\u2019elles n\u2019est inconnue.Les médecins qui nous lisent ont progressé avec nous.Nous propageons la vérité scientifique, «nais nous invitons les médecins à la réflexion et à la prudence lorsqu'il s'agit d'une innovation téméraire.Les malades ne sont pas des choses inertes de laboratoires.En marge de la question scientifique, nous avons donné notre inlassable appui aux multiples efforts des sociétés médicales et de l\u2019Association des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Notre Revue a assisté à la naissance du Comité d\u2019Etudes, mais \u2018elle suggéra de le transformer en Société médicale.Celle-ci naquit le 16 octobre 1900.Le premier Bureau fut constitué comme suit : Président \u2014M.Hervieux.Vice-Président \u2014M.Dubé.Secrétaire\u2014M.Dagenais.Secrétaire-conjoint\u2014M.Boucher.En 1901, elle invitait tous les médecins francais d\u2019Amérique de joindre l'Association des médecins de langue française dont le ler Congrès eut lieu a Québec, en juin 1902, sous la présidence du Professeur Brochu, son véritable promoteur.La Revue n\u2019a jamais cessé, depuis, de prêcher le grand ralliement.Nous croyons, comme en ce temps-là, que l\u2019individualisme ou l\u2019isolement n\u2019est plus admis, surtout en médecine.La solidarité s\u2019impose chaque jour davantage, et l\u2019ssociation est devenue l\u2019instru- mert d'action le plus puissant que l\u2019homme puisse employer: elle for- tiffe en même temps qu\u2019elle moralise.Maintenons toutes nos associations médicales.Elles sont indispensables à notre vie scientifique et professionnelle.Et que dire de l'influence qu\u2019elle a exercée dans notre réforme universitaire l.Elle fut trés grande.* ok ck Une Revue qui a atteint l\u2019âge de cinquante ans et qui peut se rendre le témoignage de n\u2019avoir jamais dévié de la route où chevauchent l\u2019honneur professionnel et la probité scientifique peut regarder l\u2019avenir avec sérénité. 10 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ici, aucune idée de lucre.Le mot \u201cprofit\u201d est inconnu.Le désintéressement seul fait prime.Les directeurs assument une double tâche: la responsabilité- scientifique et morale, et la responsabilité financière.Car un journal de médecine coûte cher.Si la crise de la guerre a atteint le commerce et l\u2019industrie, à cause de la hausse du papier et de la main-d\u2019oeuvre, elle ne nous a pas épargnés plus que les autres.Nous avons subi vie- torieusement l\u2019épreuve, grâce à une sage administration.L\u2019orage a passé.L'Union Médicale demeure.Elle ouvre à toutes les intelligences averties une fenêtre pour connaître et annoncer la vérité scientifique.Elle éveille la curiosité des médecins en les invitant à lire et à observer avec méthode.Nous formulons le voeu qu\u2019on lise davantage et qu\u2019on encourage mieux les Revues qui ont l\u2019ambition de vivre pour l\u2019amour de la science.A l\u2019occasion de notre cinquantenaire, nous adressons un souvenir ému à Hervieux, disparu il y a plus de dix ans, mais que nous n\u2019avons.nas oublié, et des remerciements à tous nos collaborateurs et amis.Enfin, le Bureau de direction exprime ses sentiments de gratitude à son administrateur, dont le dévouement et l\u2019honnêteté ont assuré la stabilité de la Revue.Avec l\u2019Université naissante qui se développe rapidement, l\u2019Hôpital Notre-Dame qui agrandit son domaine, les bourses qui permettront aux meilleurs élèves d\u2019aller perfectionner leurs études en Europe, les jeunes talents qui montent et aspirent aux grades supérieurs, avec cet esprit nouveau, enfin, dont la flamme invisible éclaire l'horizon, notre Revue ne sonne-t-elle pas \u201cl\u2019appel de la route\u201d ?.Nous croyons, avec le poète, qu\u2019après les nuits de fièvre et d\u2019insomnie, ces sereines clartés ont d\u2019apaisants conseils et ide frais rê- conforts pour la plus &pre tâche.(1) Albert LeSAGE Pour la Direction.SES (@) Je remercie M.Laramée, bibliothécaire de la Faculté de Médecine, qui a hien voulu me fournir les notes anciennes indispensables à la.rédaction de cet article, A.dy Observation clinique \u2018Azotémie avec perméabilité renale \u201c\u201c Syndrôme: d\u2019hyperhépatie\u201d\u201d Par À.LEGER Professeur agrégé, Assistant au cours de pathologie interne, Assistant à la clinique médicale de l'hôpital Notre-Dame.Cette observation \u2014 avec commentaires \u2014 est faite en vue: 1° de démontrer la nécessité, avant toute intervention chirurgicale, d\u2019un examen complet ; 2° de mettre en évidence l\u2019influence nocive du chloroforme sur la cellule hépatique; 3° de montrer la répercussion de toute insuffisance hépatique, même passagère, sur le rein, et le rôle important et bienfaisant que ce dernier joue au cours de telle insuffisance.Monsieur G.F., 33 ans, ingénieur sur transatlantique, admis à Phopital Notre-Dame, le 10 novembre 1921, service de chirurgie Ju professeur Parizeau, pour hémorrhoïdes saignantes.Examen du malade fait le 12 novembre.Deux faits à noter: P.A.145/70.Urée au litre de sang .0,97 grammes Urée au litre d\u2019urine .31.68 \u2014 Constante urémique .0.16 \u2014 En présence d\u2019une rétention aussi marquée, les chirurgiens diffèrent l\u2019intervention et les médecins sont appelés.Sans réfléchir, je pense à une néphrite azotémique et soumets le malade au régime hypoazoté, avec scille, lactose et repos.Quelques jours plus tard, je revois le malade et pose le diagnostic d\u2019une hyperfonction hépatique \u201ctransitoire\u201d.Le 23 novembre la P.A.est a 105/60; Urée au litre de sang .0.23 grammes Urée au litre d\u2019urine .12.20 \u2014 Constante urémique .Cea ma 0.07.\u2014 , \u2014 (1) Travail de la clinique du professeur LeSage, Hôpital Notre-Dame. \u201812 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L'opération est décidée et le chloroforme déconseillé comme mod: d'anesthésie.le professeur Parizeau choisit la rachistovainisation, mais ne pouvant obtenir une insensibilisation complète appelle un .anesthésiste, qui, par inadvertance, administre le chloroforme.Quelque- jours après l'opération, fièvre légère, abattement, sub- ictère, pas d\u2019hypertrophie notable du foie.Le 30 rovembre : Urée au litre de sang .0.88 grammes Urée au litre d\u2019urine .37.68 \u2014- Constante urémique .0.12 \u2014 De nouveau le malade est soumis au repos avec traitement approprié et le 1% décembre la P.A.105/60: Urée au litre de sang .0.15 grammes Urée au litre d\u2019urine .10.13 \u2014 Constante urémique .0.06 \u2014 De toute évidence, il s\u2019agit, dans l'espèce, non pas d\u2019une néphri- \u2018te azotémique, maïs bien, à l\u2019occasion d'une injure toxique ou autre, \u2018d\u2019un syndrôme d\u2019hyperfonctionnement hépatique (d\u2019hyperhépatie), avec azotémie ct hvperazoturie, c\u2019est-à-dire, perméabilité rénale parfaite.Le malade, de par son métier, constamment surmené, esclave en même temps d\u2019une hygiène défectueuse, est, à son admission à l\u2019hôpital, en pleine azotémie, avec cependant un rein qui élimine surabondamment \u2014 31.68 grammes d'urée au litre d\u2019urine contre 14 à \u201821 normalement.\u2014 Cette azotémie cède facilement au traitement et réapparaît sous l'influence de la chloroformisation, mais toujours \u2018avec une élimination rénale suppléante, cette fois 37.68 grammes d\u2019urée au litre d\u2019urine.Grâce à cette parfaite élimination, l\u2019opéré \u2018part relativement bien de l'hôpital.Qu\u2019adviendra-t-il de lui?Nous osons le prédire plus loin.Tous nous savons considérable la fonction uréogénique du foie, \u2018organe par excellence d\u2019élaboration des matières albuminoïdes et de leur transformation en urée.Toute modification de sa cellule, sous l\u2019influence d\u2019un processus morbide, se manifestera surtout par un vice dans le métabolisme azoté, avec hyper ou hypoazotémie, selon qu'il y aura excitation fonctionnelle ou insuffisance de la cellule.Ce \u2018trouble se compliquera heureusement, selon le cas, d\u2019hyper ou d\u2019hypo- -azoturie.Je \u2018dis heureusement, de fait, c\u2019est \u201cle rein, qui dans les L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA j 13: grandes affections hépatiques \u2014 ictere grave, par exemple, \u2014 décidera du sort, surtout en ce qui regarde l\u2019élaboration défectueuse d\u2019urée.C\u2019est lui qui sauvera la situation, s\u2019il est perméable, et qui la perdra, s\u2019il est insuffisant.Dans le cas particulier, il a rendu de fiers services à notre hémorrhoïdectomisé.Qu\u2019aidviendra-t-il de ce bon vicaire, s\u2019il est de nouveau soumis à du surmenage et à des injures répétées ?.; .AN Ne finira-t-il pas par se fatiguer d'hyperfonctionner et.par ctre - blessé à son tour ?\"Et notre hépatique, ne deviendra-t-il pas un hépatico-rénal, avec le pronostic qu\u2019on connaît ?\u201cEt si les chirurgiens \u2018avaient opéré d\u2019emblée \u2014 0.97 grammes.d\u2019urée, au litre de sang ?\u201d C\u2019est si peu de chose une hémorrhoïdiectomie ! NOUVELLES M.Harwood, doyen de la Faculté de médecine, est rétabli.Il reprendra bientôt ses consultations à son bureau.Nous nous réjouissons tous de la bonne nouvelle que nous annonçons à ses confrères et à ses amis.Nous lui adressons nos meilleurs voeux de bonne santé. LE NARCOTISME Un abus-Un cons .Par WILFRID DEROME, Professeur de Médecine légale et de Toxicologie à l\u2019Université de Montréal, Expert près les Tribunaux.Attention ! tel est le cri que je désire faire entendre à tous les confrères qui seraient tentés de quelque façon que ce soit, de prescrire ou de vendre des drogues en contravention de la \u201cLoi de opium et des drogues narcotiques\u201d édictée par le Ministère de la Santé, Ottawa, le deuxième jour d\u2019octobre 1920.au cette loi est à relire (voir chapitre 31 des statuts de 1920), mais je me contenterai de rapporter les quelques articles qui intéressent plus particulièrement les praticiens.Article 5, (2) Tout médecin qui signe une ordonnance ou un ordre pour l\u2019accomplissement desquels il faut une drogue, si cette drogue n\u2019est pas requise pour des fins médicinales ou n\u2019est pas ordonnée pour ie traitement médical d\u2019une personne qui est sous les soins professionnels de ce médecin, et ou dentiste ou vétérinaire qui signe un ordre pour une drogue, si cette drogue n\u2019est pas requise pour des fins médicinales se Trattachant à l\u2019exercice de sa profession de dentiste ou de vétérinaire est coupable d\u2019un acte crimirel et, sur conviction par voie vommaire, passible d\u2019une amende d\u2019au plus deux cents dollars et des frais, ou de l\u2019emprisonnement pour un terme d\u2019au plus trois mois, ou des deux peines de l\u2019amende et de l\u2019emprisonnement.Or, il est à ma connaissance personnelle, comme conseiller habituel à la Cour de Police, que quelques confrères ont été dernièrement apprchendés et plus d\u2019un, condamnés pour infraction à l\u2019article ci- dessus.Aussi je voudrais que tous les médecins, surtout les jeunes dont l\u2019irexjérience est souvent la cause de tout le mal, sachent qu\u2019ils ne neuvent prescrire ou vendre à un client donné, une quantité de drogues plus considérable que celle justifiée par un traitement médical raisonnel. \"L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 15 lies agents fédéraux chargés de faire observer cette loi sont toujours aux aguets et pour cause Article II\u2014La moitié de toute amende recouvrée de toute personne convaincue de contravention :à la présente loi peut être versée à celui Qui a porté la plainte qui a entraîné cette conviction, sil en est ainsi ordonné par le magistrat.Au moindre soupçon, le médecin peut être forcé de fournir des explications au Ministre de la Santé Article 5A.\u201c(e) Quiconque a en sa possession sans autorisation légitime ou fabrique, vend, donne ou distribue une drogue sans avoir au préalable obtenu un permis du Ministre; ou _ \u201c(f) fabrique, importe, exporte, vend ou distribue une drogue et \u2018néglige ou refuse de tenir le registre requis par tous les règlements faits par le dit Ministre, ou néglige ou refuse de livrer ce registre à Pinspection, à la demande d\u2019un agent de la paix ou de toute personne autorisée par le dit Ministre à l\u2019inspecter; est coupable d'un acte criminel et passible, après déclaration sommaire de culpabilité, d\u2019ure amende de mille dollars au plus et des frais et de deux cents dollars au moins et des frais, ou de l\u2019emprisonnement pour un terme d\u2019un an au plus, ou des deux peines de l\u2019amende et de emprisonnement.Les dispositions de l\u2019alinéa (f) du présent article ne s\u2019appliquent bliquent pas à un médeuin, à un vétérinaire ni à un dentiste dûment autorisé et praticien, ni à un droguiste exercant bona fide un commerce \"dans une boutique ou un magasin, qui ne fabrique pas de drogues, mais tout médecin vétérinaire, dentiste et droguiste, pharmacien ou chimiste doit, selon et dès que requis, faire au Ministre une déclaration suivant la formule prescrite, énonçant qu\u2019il fait la vente ou la distribution d\u2019opium, de morphine, de cocaïne et de leurs sels ou dérivés respec- #fs, ou autrement, selon le cas.\u201d Les dispositions de l'article (f) du présent article ne s\u2019appliquent pas à un médecin, à un vétérinaire, ni à un dentiste dûment autorisé et praticien, mais tout tel médecin, vétérinaire ou dentiste doit, sur demande, communiquer au Ministre tous les renseignements que ce dernier peut exiger en vertu d\u2019un règlement établi sous l\u2019empire de la présente loi, relativement aux drogues reçues, préparées, prescrites, fflonnées ou distribuées par ce médecin, vétérinaire ou dentiste.Tout tel médecin, vétérinaire, dentiste ou droguiste qui néglige ou refuse de faire cetta déclaration selon la formule prescrite, ou tout médecin, vétérinaire ou dentiste qui néglige cu refuse de donner ces renseignements ainsi exigés par le Ministre, est coupable d\u2019une contravention et passible, après sommaire de culpabilité, des peines prévues au paragraphe deux du présent article.= Le médecin accusé d\u2019une contravention à cette loi doit supporter le fardeau de la preuve Article 10.Si quelque personne accusée d\u2019une contravention à la présente loi plaide ou allègue qu\u2019elle a importé, fabriqué, vendu ou offert en vente ou a eu en sa possession quelque drogue pour des fins scientifiques ou médicinales, et au sujet de laquelle la contravention est mise à sa charge, le fardeau de la preuve de ce fait incombe à celui qui est ainsi accusé. 16 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Signalons enfin, pour bien s'en garder, certains procédés déloyaux auxquels on a recours pour entraîner les confrères dans une contravention à la Loi des Drogues: on enveie des espions \u2014le plus souvent des femmes viles \u2014 qui ont pour mission de se présenter à la consultation et d\u2019extorquer sous prétexte d\u2019un mal ovarien, appendiculaire, etc., une prescription de morphine aussi abondante que possible.Et voilà le dévoué praticien pris ou du moins sa bonne foi surprise.En tout cas, il n\u2019a plus qu\u2019à faire face à une accusation au criminel avec toutes ses conséquences. Le radium dans le traitement du fibrome utértn et des hémorragies de la femme Par LE Dr J.E.PANNETON, Professeur de Radiologie à l\u2019Université de Montréal.Radrologiste: de l'Hôpital Notre-Dame, Montréal.Membre de la Société de Radiologie de France.Membre de I\u2019 Amerivan Rentgen Ray Society.L\u2019efficacité remarquable des rayons X dans le traitement conservateur de la tumeur fibreuse de la matrice et des hémorragies de la femme n\u2019est surpassée que par celle encore plus grande du radium.Il est possible, en effet, avec ce dernier, de faire disparaître un fibrome de volume moyen et d\u2019amener une ménopause définitive avec \"ne seule application.Nous savons que les rayons qui sortent de l\u2019ampoule de Rœntgen et les rayons gamma émis par le radium sont de même nature.Ce-: pendant les rayons gamma du radium ont une longueur d\u2019onde plus courte que les rayons X les plus durs et ils ont, pour cette raison, une: action thérapeutique plus marquée que ces derniers.Mais avec les nouveaux appareils à rayons X à très haut voltage que l\u2019on construit actuellement, cette différence tend de plus en plus à disparaître et il | n\u2019y a pas de doute que dans un avenir plus ou moins rapproché, nous aurons des rayons de Rœntgen dont la longueur d\u2019onde et les effets seront de plus en plus comparables à ceux du radium.Mais si les rayons X sont encore inférieurs au radium en qualité, cette infériorité est largement compensée par la plus grande abondance de rayonnement émise par l\u2019ampoule de Rœntgen.Aussi le tube radifère peut-il être comparé à un minuscule tube à rayons X et pour me servir de la comparaison d\u2019un médecin américain dont j'oublie le nom, le tube de radium n\u2019est-il qu\u2019une édition de poche de l\u2019ampoule de Rœntgen.Si la fonte d\u2019un fibrome par les rayons X demande de six à dix appli-ations dans un intervalle de quatre à sept mois, la durée totale .de toutes ces irradiations n\u2019est que de deux ou trois heures au maximum et l\u2019action en est douce et graduée; tandis que l\u2019application du radium dure de 21 à 48 heures, soit consécutives, soit en deux ou 18 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA trois séances séparées par un intervalle de repos plus ou moins long.L\u2019action du radium est brusque et rapide.Te considère que l\u2019application intensive du radium n\u2019est avantageuse que dans certains cas où il est absolument nécessaire d\u2019agir promptement comme dans un cas d\u2019hémorragies très graves, ou encore, lorsque les malades qui habitent très loin sont incapables de supporter les longs voyages répétés.Le radium a une action tres rapide sur l\u2019hémorragie qu\u2019il fait cesser souvent en quelques heures, c\u2019est là son principal avantage sur les rayons X.Le fibrome peut absorber en une fois la quantité de rayonnement du radium nécessaire à sa résorption qui s\u2019accomplit graduellement dans les mois qui suiveut.Mais est-il recommandable de chercher à obtenir aussi rapidement la guérison, et cette manière de procéder ne comporte-t-elle pas des -isques pour la malade ?Elle en comporte sûrement et ils ne sont pas justifiés par la nature, ordinairement bénigne, de la lésion.Pour obtenir la guérison avec une seule application, il est néces- sairc: 1° d\u2019utiliser une quantité assez importante de radium et de le laisser en place un temps assez long.Cette densité de rayonnement est susceptible d\u2019amener au point d\u2019application une nécrose ou une ulcération.On a même vu se produire des fistules vésico ou recto- vaginales.On a signalé quelques cas de mortalité à la suite de ces accidents.Je crois que dans ces cas, cependant, la technique était mauvaise; 2° d\u2019introduire l\u2019appareil radifère dans l\u2019utérus, ce qui n\u2019est pas toujours facile parce que la cavité utérine peut être occupée par ie fibrome et devenir filiforme; ou elle peut être sinueuse par la présence de petits fibrome sous-muqueux, au point d\u2019empêcher la sonde de pénétrer au-delà du canal cervival.L'introduction du tube radifère dans l\u2019utérus, avec ou sans anesthésie, est toujours un temps fort pénible pour la malade.Elle nécessite la dilatation du col et cette dilatation peut amener une nouvelle hémorragie.Malgré toutes les précautions d\u2019aseptie, elle peut être une cause d\u2019infection ou réveiller un foyer de salpingite an- cienre.Aussi cette méthode n\u2019est-elle pas à conseiller ou ne doit-elle être réservée qu\u2019à des cas exceptionnels.Des résultats suffisamment rapides et sans aucun des inconvénients et des dangers ci-haut énumérés peuvent être obtenus avec une technique différente, combinant l\u2019emploi intra-vaginal du radium à doses modérés et inoffensives, avec les applications intensives externes de la radiothérapie à feux croisés.La ménopause s\u2019obtient très L'UNION MÉDICALE DU CANADA 19 souveut avec une seule séance de ce traitement combiné; elle s\u2019obtient toujours avec deux séances et sans aucun danger de fistule ou de radiodermite.| LA PREFERENCE DOIT-ELLE ALLER A LA RADIUMTHERAPIE OU A LA RADIOTHERAPIE?lies opinions sont partagées.Le professeur Nogier, de Lyon, donnie toutes ses préférences au radium.Celles de M.Tuffier et de M.J.L.Faure vont également au radium.M.Béclère préfère la radiothérapie.Voici ce que dit M.Tuffier (1&: \u201cCette question de thérapeu- \u201ctique des fibromes par les matières radiantes a été étudiée et pres- \u201cque résolue à l\u2019étranger.En 1918, le Congrès gynécologique améri- \u201ccain a rapporté des faits très nombreux de radiothérapie et discuté \u201cleur valeur, il a abordé la question du radium dans ces tumeurs.\u201cDe l\u2019ensemble de la discussion il ressort que le radium donne des \u201crésultats meilleurs et constitue le traitement de choix.\u201d Voici ce que dit à son tour, M.J.-L.Faure (2): \u201cDepuis cette \u201cépoque (soit depuis environ deux ans) j'ai traité presque tous les \u201cfibromes que je croyais justifiables d\u2019un traitement radiothérapique \u201cpar des applications du radium.Je n\u2019ai pas de chiffres précis, mais \u201cPar fait traiter certainement une trentaine de malades.Je ne con- \u201cnais que des succès, je n\u2019ai eu jusqu\u2019ici ni un accident, ni un échec.\u201cL\u2019action est pour ainsi dire immédiate, il ne faut pas attendre trois \u201cmois et faire un grand nombre de séances comme dans le traitement \u201cradicthérapique.Presque toujours une seule application suffit.Dès \u201cqu\u2019elle a été faite, l\u2019hémorragie s\u2019arrête, les règles ne reviennent pas \u201cet le fibrome commence à regresser.Je n\u2019ai pas revu toutes mes \u201cmalades qui m\u2019ont déclaré être guéries.Mais j'en ai revu un certain \u201cnombre avec des utérus redevenus normaux.Je dois dire d\u2019ailleurs \u201cque presque tous les fibromes que j\u2019ai fait traiter par le radium \u201cétaient de petit volume.Un seul, très volumineux, remplissait le \u201cbassin et remontait à l\u2019ombilie, chez une femme où nous avions \u201chésité à employer le radium, à cause précisément du volume même \u201cdu fibrome.Elle est venue me voir, il y a quatre mois, et j'ai cons- \u201ctaté, non sans quelque étonnement, que son utérus était normal.\u201d- M.Béclère cite l\u2019observation d\u2019une femme de 35 ans qui, après (1) Société de Chirurgie, séance du 14 janvier 1920.(2) Société de Chirurgie, séance du 14 janvier 1920. 20 L'UNION MÉDICALE DU CANADA deux applications de radiumthérapie d\u2019une durée de 24 heures chacune, vit néanmoins réapparaître des règles très abondantes.Ces deux applications intra-utérines ayant été très pénibles, la malade refusa une troisième séance qu\u2019on lui proposait.Elle vint lui demander le secours des irradiations de Reentgen.\u201cSans accorder trop d\u2019importance à une observation isolée,\u201d dit-il, \u201cil n\u2019en reste pas moins que la dilatation du col utérin et l\u2019introduction dans sa cavité du tube radi- \u201c\u201cfère constituent une petite opération toujours désagréable, parfois \u201c\u2018douluureuse et qui ne va pas sans quelque risque de réaction inflam- \u201cmatoire ou même de complication phlébitique, alors que les irra- \u201cdiations de Rœntgen n\u2019entraînent aucune douleur même légère et ne \u201c\u201ctroublent en rien l\u2019existence habituelle.De plus, le séjour du tube \u201cradifere et l\u2019immobilité forcée qui en résulte, si toutefois ce tube ne \u201ccontient pas une très grande quantité de sels de radium, ont d\u2019ordi- \u201cpaire une durée notablement plus longue que celle dont parle M.\u201cTuffier, presque toujours beaucoup plus longue que la durée totale \u201cdes ivradiations absolument indolores auxquelles se borne actuelle- \u201cment, avec un bon outillage et une bonne technique, la radiothé- \u201crapie.En Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, les \u201cprofesseurs de clinique gynécologique qui emploient chaque jour la \u2018\u201c\u2018radiumthérapie et la radiothérapie, qui connaissent les avantages \u201cet les inconvénients de chacune de ces deux médications, réservent \u201cunanimement la première au traitement des épithéliomes de la mu- \u201cqueuse utérine, mais préfèrent non moins unanimement la seconde \u201cpour le traitement des fibromes.\u201d D\u2019apres les faits que j\u2019ai pu observer et les nombreuses observations qui ont été publiées, je crois qu\u2019il est légitime de conclure que dans tous les cas ordinaires de fibrome, avec hémorragies modé- \u201crées qui ne dépriment pas trop les malades, la radiothérapie, moins violente, doit avoir la préférence.Dans tous les cas où il y a urgence d\u2019agir promptement, chez des malades profondément anémiées par des hémorragies excessivement abondantes et fréquentes; chez les malades qui habitent très loin et que les longs voyages fatiguent; ou enfin pour les malades chez qui l\u2019on soupçonne un commencement de dégénérescence cancéreuse, et qui ne pourraient être opérées, le radium doit être employé, soit seul, ou mieux encore, combiné à la radiothérapie intensive.En combinant ainsi les deux méthodes, il est possible de profiter des avantages et d\u2019éviter les inconvénients de chacune d\u2019elles. Le narcotisme et la médecine Par le docteur HECTOR PALARDY, du Conseil supérieur d\u2019 hygiene.Le problème des narcotiques se pose de nos jours avec une acuité douloureuse.Il a préocupé les pouvoirs publics et attiré l\u2019attention des groupements et des hommes soucieux du bien-être social.Peut-être n'a-t-il pas été, de notre part à nous médecins, l\u2019objet d'une étude suffisante.Tous, nous en connaissons les grandes lignes et pour peu que nous ayions pratiqué dans les villes, nous avons été à même d\u2019en constater et d'en déplorer les ravages.Mais, du fait que les victimes de ce mal apparaissent moins souvent que d'autres dans nos cabinets de consultations, que nous n\u2019avons, en quelque sorte, avec elles, qu'un contact indircet, lointain, nous sommes portés parfois à les considérer comme étrangères à notre rayon d\u2019action et d\u2019influence : nous les rangeons volontiers dans la catégorie des vicieux ou des déchus.Peut-être, dans leur cas, l'efficacité éventuelle d\u2019une intervention thérapeutique, nous échappe-t-elle quelque peu.Clest une lacune regrettable et si, en amendant à cet égard la discipline courante, nous obtenons le salut de quelques uns, nous aurons rempli largement notre mission.Nous pourrons nous glorifier d\u2019avoir rendu un réel service à une catégorie de malades aussi dignes que bien d'au- trex de sollicitude et méme de sympathie.L\u2019emprise narcotique est une maladie et, à ce titre, elle relève de la science médicale.C\u2019est là un fait, discuté à la vérité, mais oui impose à l'heure présente à beaucoup d\u2019observateurs attentifs.Ce fait, pourtant, ne ressort pas exclusivement des phénomènes observés ; je voudrais, en tenter la démonstration et établir sur des données aisément contrôlables : 1\u2014La nature, l'origine et le processus du narcotisme habitu- dinaire ; 2\u2014La curabilité, fondée sur l'expérience, de la plupart des cas da narcotisme par un traitement approprié et rationnel; praticable, au besoin, sans dérangement dans la vie courante. 22 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le narcotisme est, par définition, l\u2019influx graduel des produits spiacés ou des alcaloïdes correspondants et des autres stupéfiants dans l\u2019organisme, jusqu\u2019à constituer un besoin physique impérieux, souvent irrésistibles, en même temps qu\u2019une entrave sérieuse aux fonctions vitales et à l\u2019action intellectuelle.Il ne peut plus être question, dans la plupart des cas, d\u2019un besoin factice et justiclable, d\u2019un simple acte de volonté.Il s\u2019agit d'un besoin physique, absolument inconscient, de l\u2019organisme qui a subi l\u2019influence narcotique ct qui ne peut plus s'en passer.C\u2019est done une sorte d\u2019intoxication.devenue une nécessité, tout à la fois pernicieuse et indispensable.Ce besoin est déterminé par l\u2019opium ou ses dérivés, morphine, héroïne, par la cocaïne, et les autres stupéfiants; tels que le chloroforme et ses composés.En général, tous les anesthésiques produisent, à des degrés divers, des résultats analogues.L'intoxication produite soit par absorption, soit par les voies respiratoires (inhalation ou fumée,) soit par les injections sous-cutanées, atteint toujours le torrent circulatoire et, par lui, les tissus, plus particulièrement les centres nerveux.Elle en atraphie les éléments, en paralyse le développement et y provoque une dépression progressive dont les conséquences peuvent être extrêmement graves.La particularité de cette intoxication c\u2019est qu'elle crée un be soin tout physique de doses supplémentaires de la drogue et engendre, «en cas de privation, des douleurs intolérables, une incapacité de tout travail sérieux.Le sujet intoxiqué se trouve done dans une alternative affreuse : ou s\u2019empoisonner lentement et aboutir à l\u2019incapacité totale, peut-être à la déchéance physique et au crétinisme, ou s\u2019imposer une torture contre laquelle il n\u2019a aucune défense, qui le prive de son énergie, lui ôte toute faculté de résistance et peut même, si l\u2019abstinence de narcotique est absolue et trop violente, déterminer sa mort.Comparée à l\u2019intoxication alcoolique, elle présente des symptômes immédiats plus accentués mais moins durables et moins féconds en conséquences lointaines.L\u2019alcoolique, d'une part, ruine son organisme de façon à peu près irrémédialble, le prédispose à con- fracter toutes les maladies et atteint sa descendance qu\u2019il jette dans Ja vie physiquement et moralement amoindrie.Mais rarement la transformation opérée en lui apparait immédiatement ; les ravages du mal sont profonds mais latents.Au contraire le narcotique habitudinaire ne tarde pas à donner des signes apparents de dépression physique et mentale accentuée.En même temps, son organisme s\u2019accoutume à L'UNION MÉDICALE\u2019 DU CANADA 23 l\u2019intoxication, au point de ne pouvoir plus s\u2019en passer sans les plus graves inconvénients, les doses, pour agir, doivent être de plus en plus élevées la volonté est impuissante à enrayer ce besoin tout physique.| | Bt | Au contraire, l\u2019alcoolique peut, généralement, s\u2019abstenir de boisson par un effort énergique de volonté, sans que cette abstention ait des effets physiologiques fâcheux.L\u2019abstention, chez lui, est, au contraire, la condition absolue de son relèvement et de sa guérison éventuelle.Il n\u2019y a donc, au point de vue médical, aucune assimilation à faire entre les deux cas.Le cas de l'alcoolique relève du sociologue et du législateur.Le cas du narcotique relève du pathologue et du médecin, quelle que soit l\u2019origine du mal.Cette origine est très diverse dahs ces circonstances et, contrairement à une opinion très répandue, nest pas toujours, loin de là, la suite d\u2019une série de défaillances dégénérées en habitudes.Elle est très souvent involontaire.Elle est parfois le fruit d\u2019une simple anesthésie en vue d\u2019une opération chirurgicale ou d\u2019un accouchement, elle peut provenir également de Pemploi thérapeutique de la morphine ou de la cocaïne prescrite par un médecin en cas.de douleurs aiguës.Une période d'accidents ou une guerre où les blessures nombreuses exivent l'usage fréquent des anesthésiques, peut déterminer, l\u2019expérience l'a montré, une recrudescence d\u2019intoxication narcotique.Mieux encore, cet influx peut être antérieur à la naissance.C\u2019esit ainsi que le Dr.F.S.Bishop affirme avoir rencontré un enfant qui, aussitôt après la naïssance accusait très nettement les symptômes de Pappétit organique du narcotique, simplement parce que sa mère faisait usage de stupéfiants et'que, au cours de la gestation, elle lui avait inoculé, avec son sang, l\u2019intoxication narcotique.Ce dernier fait, scientifiquement contrôlé, indique qu\u2019il n'y a point de limite d\u2019âge et que l\u2019influx narcotique atteint même la pé- Tiode prénatale.Il n\u2019y à non plus aucune limite de catégorie, de classe, ni de caste sociale- Tout individu, quels que soient sa race, sa couleur, sa nationalité, son niveau social, sa situation économique, son âge, ses aptigudes intellectuelles ou morales est exposé à l'intoxication narcotique, dès lors que\u2019 la drogue lui a été administrée assez longtemps pour engendrer l'habitude.Sans doute les conditions énumérées plus haut peuvent influenver le mode d\u2019intoxication.Un magistrat, en effet, un ministre du culte, 24 * L\u2019UNTON MEDICALE DU CANADA \u2018an médecin, un honrme «d\u2019affaires, un artiste, un employé ou un ouvrier réagiront à l'intoxication de façons diverses, mais tous dans.leur réaction, diffèreront de l\u2019adolescent curieux de sensations nouvelles, de la prostituée, du dégénéré ou du criminet.Chez les uns, le narcotique est à peine perceptible.Le sujet est honnête, intel- Tigent, habile, digne de confiance: chez les autres, il abolit toutes les Énergies mora'es, la victime est dépourvue d'honnéêteté, de compétence professionnelle, incapable d\u2019énergie morale ou de loyauté.Pourtant, dans fous ces cas, il est facile de reconnaître Pintervention d'auitres éléments que le nareotique.Ces mémes différences, ces mémes écarts d\u2019attitude existent entre les individus ou les classes d\u2019individus in- «
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