L'union médicale du Canada, 1 mars 1921, Mars
[" ll A = L'UNION MEDICALE DU (CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée on 187%.PUBLIEE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.dé L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN, ee Tout ee qui concerne la rédaction duit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Square Saint-Louis, Montréal.Rédacteur en chef Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé à M.T.VALIQUETTE, 3734 Christophe-Colomb ou Boîte Postale No 3026.Téléphone Calumet 84.Vol.XLXI MARS 1921 No 3 EE BULLETIN L\u2019UNIVERSITE\u2014UNE EVOLUTION.Depuis que l\u2019Université de Montréal est dirigée par un Conseil central, les directeurs travaillent avec sincérité à perfectionner l\u2019en- selgnement par une adaptation judicieuse des meilleures méthodes en usage aux Etjts-Unis et en Europe, surtout en France.La Faculté de médecine surtout, dont l\u2019importance de l\u2019enseignement s'impose à tout esprit sérieux, ouvre.des voies nouvelles à ses jeunes étudiants.ME Ainsi, cette année, on a fondé une Faculté des sciences où les élèves de première année reçoivent un enseignetent théorique et pratique en biologie, en physique et en chimie.L'élève dissèque des animaux et il note ce qu\u2019il observe.On entre d'emblée dans la méthode expérimentale.La médecine est exclusivement une science d\u2019observation, il est bon qu\u2019on habitue, de bonne heure, l\u2019élève à observer sur \u2019animal, dans le bocal, ou dans le musée les faits importants qui s\u2019y passent.On a beaucoup écrit sur les meilleures méthodes d\u2019enseignement et on oppose fréquemment l'instruction mnémonique à l\u2019instruction expérimentale.Montaigne a écrit que \u201csavoir par coeur n'est pas savoir\u201d.Kant s\u2019exprime ainsi: \u201cQuand un enfant ne met pas en pratique une règle de grammaire, peu importe qu\u2019il la récite; il ne la sait pas.Celuildà la\u2019 sait imfailliblement qui l'applique, peu importe qu\u2019il ne la récite pas.\u201d \u201cLe meilleur moyen de conrprendre, écrit-il encore, c\u2019est de faire.Ce que l\u2019on apprend le plus solidement et ce que l\u2019on retient le mieux, c\u2019est ce que l\u2019on apprend en quelque sorte par soi-même.\u201d 78 L'UNION MÉDICALE DU CANADA D\u2019autre part, un professeur de l\u2019Université d\u2019Edimbourg, M.Blakie, s\u2019adressant à ses élèves s'exprimait en ces termes sur cette question si controversée : \u201cJ\u2019engage fortement les jeunes gens à commencer leurs études par l\u2019observation des faits, au lieu de se borner aux exposés qu\u2019ils trouvent dans les livres.Les sources originales et réelles de la connaissance ne sont pas les livres; c\u2019est la vie même, l\u2019expérience, la pensée, le sentiment, l\u2019action personnelle.Quand un homme entre ainsi muni dans la carrière, les livres peuvent combler mainte lacune, corriger bien des négligences, fortifier bien des points faibles ; mais sans l\u2019expérience de la vie, les livres sont comme la pluie et le rayon de soleil tombés sur un sol que nulle charrue n\u2019a ouvert\u201d.Cle problème est actuellement à l'étude au Conseil de la Faculté de Médecine.Sans doute l\u2019enseignement théorique est : indispensable.I] est le complément nécessaire de l\u2019enseignemént clinique dont il est la synthèse, mais il doit occuper une place secondaire dans l\u2019étude de la médecine à mesure que les méthodes de recherche et de contrôle se précisent.Nous devrons donc multiplier nos cliniques, augmenter le nombre des professeurs, diviser les élèves par groupes peu nombreux afin de leur faciliter les moyens d\u2019observation.C\u2019est le programme de la Faculté de médecine.Mais Pexéeu- tion en est difficile, en ce moment, à.cause de l\u2019exiguité de nos hôpitaux.Elle n'est que retardée.L'espace.manque \u2018pour.exécuter.ime médiatement le programme qu\u2019elle a tracé.Mais elle évolue rapidement .vers l\u2019enseignement technique et expérimental, car elle est convaineue qu'il peut, seul, développer l\u2019ez- prit d\u2019observation et de réflexion, la volonté, le jugement et l\u2019initiative qui sont les qualités du bon médecin.LeSAGE.- Po.- - \u2014- mn , N.B.\u2014Le professeur Oscar Mercier, dont le nom a été omis par erreur dans le dernier bulletin, est toujours membre actif du Conseil de la Faculté de Médecine.Nous lui en exprimons tous nos regrets. Traitement de la syphilis primaire (1) Par le Major Gustave ARCHAMBAULT, Professeur Adjoint de Dermatologie et de Syphiligraphie à l\u2019Université de Montréal.Chef du Service de Dermatologie et de Syphiligruphie à l\u2019hôpital Notre-Dame.Chef du Service des Maladies Vénérienne au Prince of Wales | Hospital (S.C.RB.) L\u2019étude de la syphilis est 4 l\u2019ordre du jour.Devant le Péril Vénérien comme on l\u2019appelle, devenu plus menaçant que jamais de par la dernière guerre, les gouvernements se sont émus, et partout, dans tous les pays, on rivalise d\u2019ardeur à l\u2019heure actuelle, pour combattre ce terrible fléau.Pour lutter avec avantage contre un si formidable ennemi, il est utile de le bien connaître dans toutes ses manifestations, il est important de savoir jusqu\u2019à quel point nous pouvons compter sur les armes que nous avons à notre disposition.Aussi devant les progrès vraiment prodigieux réalisés dans l\u2019espace de quelques années, tant au point de vue diagnostic que traitement de la vérole, semble-t-il nécessaire de s\u2019arrêter un moment, afin de faire une révision de nos nouvelles acquisitions, pour reprendre aussitôt la lutte avec un arsenal mieux ordonné, des armes dont nous connaissons mieux le maniement et la valeur exacte, devant donner par le fait même un rendement plus efficace.La syphlis n\u2019est plus ce qu\u2019elle était autrefois; les récentes acquisitions de la science en ont révolutionné la pathogénie et la thérapeutique.Pour le grand bonheur de l\u2019humanité, très près les unes des autres se produisirent récemment cinq découvertes d\u2019une importance capitale: l\u2019inoculabilité expérimentale de la syphilis à certains animaux ; la découverte du micro-organisme de la syphilis, le tréponéme pâle; celle d\u2019une séro-réaction presque spécifique de l\u2019infection, la (1) Communication présentée à la Société Médicale de Montréal, décembre 1921.: 80 L'UNION MÉDICALE DU CANADA réaction de Wassermann ; les altérations du liquide céphalo-rachidien ; et enfin la dernière, qui n\u2019est pas la moins importante, la découverte d\u2019un nouveau médicament surprenant pas son action énergique et rapide, une préparation arsenicale spéciale, qui est venue s\u2019ajouter aux anciens médicaments antisyphilitiques dont l\u2019action était déjà prompte et efficace.La parasyphilis n\u2019existe plus depuis qu\u2019on a trouvé le tréponème vivant dans le cerveau des paralytiques généraux, et qu\u2019on a réussi à inoculer des animaux avec le liquide céphalo-rachidien des tabétiques.Aujourd\u2019hui on peut affirmer la nature vraiment spécifique de ses lésions nerveuses graves, tabès, paralysie générale progressive, affections qui jusqu\u2019alors étaient considérées comme d\u2019origine, non de nature syphilitique.La syphilis latente est disparue.Alors que l\u2019on croyait que dans cette période où les signes cliniques sont absents, de trponème était endormi et ne faisait aucun dégât, on s\u2019est aperçu en faisant systématiquement l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien de ces malades, qu\u2019au contraire, le microorganisme de la syphilis très souvent travaillait sournoisement, s\u2019attaquant spécialement au système nerveux, et ne nous révélant sa présence par des symptômes cliniques extérieurs que lorsque des dégâts irréparables étaient faits, que la thérapeutique était impuissante à réparer.Des problèmes de la plug haute importance dans la syphilis héréditaire ont été éclaircis, des erreurs qu\u2019on croyait dés vérités indestructibles ont été détruites.Les fameuses lois de Colles et Propheta au sujet de l\u2019immunité chez la mère et l\u2019enfant ont été sapées à leur base depuis que l\u2019examen du sang a révêlé que les mères et enfants indemnes cliniquement, étaient syphilitiques sérologiquement.Et avec acquisition du nouveau traitement, le :Salvarsan, des résultats thérapeutiques merveilleux, que n\u2019avaient pu donner les préparations employées jusqu\u2019à ce jour, sont aujourd\u2019hui obtenus.x + * CONCEPTION MODERNE DE LA SYPHILIS PRIMAIRE \u2018C\u2019est cependant dans le domaine de la syphilis primaire que les changements sont les plus importants.Jusqu\u2019à ces derniers temps on appelait Syphili primaire la période qui s\u2019écoule depuis l\u2019apparition de l\u2019accident initial, le chancre, jusqu\u2019à celle des accidents secondaires, roséole, plaques muqueuses, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 81 etc, et dont la durée est en moyenne de 6 à 7 semaines, quoique pouvant varier de 4 à 12 semaines.Or cette conception clinique de la période primaire doit céder la place aujourd\u2019hui à une conception bactériologique plus conforme à la vérité.La période primaire vraie, celle où le traitement a chance de guérir le malade en quelques mois, n\u2019est pas si longue que cela.Tous ceux qui ont l\u2019habitude de traiter la syphilis savent que la séro-réaction de Wassermemn est toujours négative dans les premiers jours du chancre, ne devenant positive que lorsque celui-ci est déjà âgé de 15 à 25 jours.(Si la séro-réaction est négative dans les premiers 15 à 25 jours du chancre, c\u2019est parce qu\u2019alors les tréponèmes ne sont pas encore assez nombreux pour former un nombre d\u2019anticorps suffisant pour influencer la réaction, c\u2019est parce que la dissémination des germes ne s\u2019est pas encore effectuée dams tout d\u2019organisme, c\u2019est-à-dire que la \u2018maladie n\u2019est pas encore généralisée.Ces faits sont d\u2019ailleurs confirmés par la clinique, et Queyrat en France, longtemps avant la découverte de la séro-réaction de Wassermann, en réussissant à inoculer un second chancre sur un malade à la période primaire, dont les symptômes de la vérole ne remontaient pas à plus de 10 à 15 jours, avait déjà démontré qu\u2019il faut que l\u2019accident primitif soit âgé de 10 à 15 jours pour que l\u2019immunité soit complète chez le syphilique, partant que la généralisation de la maladie n\u2019est pas réalisée avant cette date.On saisit de suite la différence énorme qui existe dans la syphilis primaire entre les premiers 15 jours pendant lesquels la réaction de Wassermann est négative, la maladie pas encore généralisée, où il y a chance de guérison rapide, et après ces 15 premiers jours où la réaction est devenue positive, indiquant que la maladie est généralisée, et qu\u2019il est trop tard pour pouvoir stériliser l\u2019organisme.Comme je le démontrerai plus loin, le traitement de stérilisation n\u2019y des chances de réussir que s\u2019il est institué tout à fait au début, alors que la séro-réaction est encore négative ; lorsque celle-ci est devenue positive, quand bien même il n\u2019y aurait que le chancre comme signe clinique, le traitement devient celui de la période secondaire, et ne doit différer ni en intensité ni en durée, de celui -qu\u2019on doit instituer pour les malades en pleine éruption secondaire.\u2018 La séro-réaction devient positive entre le 15ième et le 25ième jour après le début du chancre, selon les différents auteurs.11 y a donc une période de 10 jours environ pendant laquelle la réaction 82 L'UNION MÉDICALE DU CANADA peut-être négative ou positive.Cette marge considérable n\u2019existe pas en réalité.Si, au lieu de commencer à compter à partir du début du chancre, lequel étant un processus de défense locale des tissus, se développe avec une vitesse variable par suite des qualités variables du terrain sur lequel il siège, en compte à partir de la date de la contamination, on s'aperçoit que la réaction devient positive à une date à peu près fixe, entre le 37ième et le 45ième jour.C'est ce que Lévy-Bing et Gerbay ont démontré récemment (1), après avoir observé plusieurs centaines de malades.La date d\u2019apparition de la réaction positive doit être calculée, uon pas à partir de l\u2019apparition du chancre, qui peut varier, mais à partir de la date de la contamination.Elle correspond à une date fixe, soit entre le 37ième et le 45ième jour.La période critique pen- ,- dant laquelle la réaction peut être douteuse, négative ou positive, a une durée de 8 jours seulement.Ceci a une importance considérable au point de vue du traitement.DIVISION DE LA SYPHILIS PRIMAIRE On doit donc considérer aujourd\u2019hui comme Syphilis primaire la période qui s'écoule entre la date de la contamination et l\u2019apparition de la séro-réaction- positive, sans s\u2019occuper du chancre, soit de 37 à 45 jours, ou si l\u2019on tient à appeler syphilis primaire tout ce qui se passe avant la roséole, on doit diviser la syphilis primaire en deux parties : 1.Période primaire bactériologique : S\u2019étendant de la date de la contamination à l\u2019apparition de la séro-réaction positive, soit 37 à 45 jours.- Cette période bactériologigue se subdivise en deux parties: A) Période d'incubation : + De la date de la contamination à l\u2019apparition du chancre.B) Période bactériologique proprement dite De l\u2019apparition du chancre à l\u2019apparition de la séro-réaction positive.(1) Lévy-Bing et Gerbay.\u201cAnna lesMaladies Vénériennes\u201d, août 1920.: L'UNION MÉDICALE DU CANADA 83 2.Période primaire avancée : S\u2019étendant de la date de l'apparition de la séro-réaction positive, à l\u2019apparition des accidents secondaires, roséole, plaques muqueuses, etc.* sk ok MEDICAMENTS EMPLOYES DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS Avant d\u2019aborder le traitement proprement dit de la période primaire de la syphilis, il est important de dire quelques mots des médicaments dont on se sert dans ce traitement, et de la meilleure façon de les employer.Il s\u2019est écrit et dit tant de choses pour et contre le mercure, le 606, que là aussi il convient de mettre un peu d\u2019ordre.Dans le traitement de la syphilis nous pouvons employer le mercure, les iodures et les arsenicaux.1.LE MERCURE.Le mercure est un médicament très efficace contre la vérole ; il à fait ses preuves, et les milliers et milliers de malades qui ont bénéficié de son action se lèveraient en masse pour protester s\u2019ils apprenaient qu\u2019il est délaissé.Mon regretté maître, le professeur Gaucher de la Faculté de Médecine de Pewis, lors de l\u2019enthousiasme du début créé en certains milieux (par les premiers résultats obtenus avec le 606, avait commencé une de ses leçons magistrales à l'hôpital St-Louis de Paris, Far ces mots restés légendaires: \u201cLe mercure est encore debout.\u201d Oui il est encore debout, et celui qui ne s\u2019en sert pas dans le traitement de la syphilis, commet une grave erreur, en même temps qu\u2019il prive ses malades d\u2019un aide très précieux, I1 est certain que les arsenicaux sont des agents thérapeutiques très puissants; ce sont des cicatrisants merveilleux, et leur rapidité d\u2019action n\u2019est égalée par aucun autre médicament.Aussi ont-ils leur place toute indiquée dans le traitement d\u2019attaque de la vérole, alors qu\u2019il est urgent d\u2019aller vite, et d\u2019écourter le plus possible la période contagieuse.Mais lorsque la syphilis est vieille, que les signes cliniques sont disparus, comme traitement de fond, d\u2019entretien, je crois que le mercure est le médicament de choix.Et d\u2019ailleurs pourquoi ne pas nous servir de ces deux médicaments à la fois?Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a découvert un nouvel 84 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA agent thérapeutique efficace contre la vérole qu\u2019on doive abandonner ceux qui ont déjà fait leurs preuves.Dans une maladie aussi grave et aussi sérieuse que la syphilis, il semble qu\u2019on devrait être heureux au contraire d\u2019avoir deux médicaments au lieu d\u2019un sur lesquels on puisse compter.Je suis toujours étonné quand j'entends dire que le mercure et le 606 employés ensemble ne sont pas efficaces, ou causent des accidents, Depuis plusieurs années je me sers ide ce deux médicaments employés concurremment, faisant chaque semaine, pendant 8 à 10 semaines, une injection de salycilate de mercure ou d\u2019huile grise, et aussi une injection de 606; j'ai vu cette méthode employée sur une grande échelle pendant la guerre dans nos hôpitaux Canadiens et chez les Anglais, et jamais je n\u2019ai vu ou entendu dire que cela avait occasionné des accidents.À mon avis, le mercure doit être employé à toutes les périodes de la syphilis; concurremment avec les arsenicaux dans le traitement d\u2019attaque, seul dans le traitement de fond, d\u2019entretien.2.L'IODURE DE POTASSIUM : À quelle période de la syphilis doit- -on employer l\u2019iodure de potassium?À la période tertiaire seulement, et dans quelques cas spéciaux \u2018de la période secondaire, ou à toutes les périodes de la maladie ?| | Ce médicament, dit Gougerot, n\u2019agit pas directement sur le tréponème, mais il provoque- la résolution de l\u2019infiltrat cellulaire produit autour du microorganisme.Employé à la période tertiaire 1l fait fondre les gommes syphilitiques, et il a une action manifeste toutes les fois qu\u2019il existe des syphilides infiltrées ou phagédéniques dont on veut obtenir la résolution.Or l\u2019iodure agissant sur toutes les lésions inflammatoires chroniques, en faisant disparaître les tissus conjonctifs de nouvelle formation, et les processus syphilitique étant toujours associés à la formation de tissus conjonctifs nouveaux, il semble logique d'employer l\u2019iodure à toutes les périodes de la syphilis.Comme nous\u2019 disait le colonel Harrison pendant la guerre, l\u2019iodure en détruisant les tissus conjonctifs de nouvelle formation, permet au 606 d\u2019atteindre les spirochètes que ces tissus peuvent contenir, et qui ne pourraient être détruits par l\u2019arsenic circulant dans le sang. L'UNION MÉDICALE DU CANADA | 85 Suivant les conseils de ce syphiligraphe anglais, je donne l'iodure à toutes les périodes de Ja syphilis, entre les séries hydrargyro-arse- nicales.3.LES ARSENICAUX : Il y a enfin les composés arsenicaux que l\u2019on peut employer dans le traitement de la syphilis Que n\u2019a-t-on pas écrit pour ou contre eux?C\u2019est encore le professeur Gaucher qui s\u2019est élevé avec le plus de force contre l\u2019emploi irraisonné qu'on en faisait au début, et qui, effrayé devant les accidents qu\u2019ils causaient, a jeté le cri d\u2019alarme.C\u2019est qu\u2019alors on croyait à la stérilisation de l\u2019organisme avec une seule injection de 606, bien que les récidives fussent nombreuses, c\u2019est qu\u2019aussi la technique employée était défectueuse et les accidents locaux et généraux graves.On était a la période ide tâtonnement, et d'expérimentation.Maintenant que les composés arsenicaux sont mieux connus, que la technique des injections s\u2019est améliorée, qu\u2019on ne demande plus au 606 plus qu\u2019il ne peut donner, ces médicaments ont conquis droit de cité dans notre arsenal thérapeutique, et la place qu\u2019ils y occupent n'est pas la moins importante.Le 606 est un merveilleux agent thérapeutique et doit toujours être employé dans le traitement d\u2019attaque de la vérole, à moins de contr\u2019indications dues à l\u2019état antérieur du malade, maladies organiques, infections aigues, cachexie avancée, contr\u2019indications qui deviennent de plus en plus rares, à mestre que les effets de ce médicament sont mieux connus, et les règles gouvernant sa préparation et son dosage plus précises.J\u2019étonnerai beaucoup de médecins, j'en suis certain, en écrivant que c\u2019est à un savant Français que l\u2019on doit la découverte des arsenicaux organiques desquels provient le 606 d\u2019Erlich, leur application médicale, et la démonstration de leur pouvoir antisyphilitique.Et cependant c\u2019est l\u2019exacte vérité.C\u2019est le professeur Armand Gauthier qui proclama pour la première fois, à une séance de l\u2019Académie de médecine de Paris en 1899, les qualités qu'il fallait reconnaître aux arsenicaux organiques, ainsi que l'emploi que l\u2019on pouvait fonder sur eux au point de vue thérapeutique.C\u2019est en 1910 u\u2019Erlich publia son fameux mémoire sur le Sal- varsan (606) suivi quelques mois plus tard par le Néosalvarsan ou 914. 86 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Depuis cette époque, surtout pendant la guerre, quantité de composés arsenicaux, dérivant tous du 606 ou du 914 allemand, furent lancés sur le macrhé, et actuellement on en fabrique à peu près dans tous les pays.Quelques-uns, comme l\u2019Arsénobenzol et le Sanar français, le Phénarsényl et le Diarsénol canadiens, le Kharsivan anglais, les Ars- phénamines américains, ont la même formule chimique que le Sal- varsan ou 606 allemand d\u2019avant la guerre; d\u2019autres comme le Novar- sénobenzol et le néosanar, le néophénarsényl et le méodiarsénol, le néokharsivan, les néoarsphénamines, correspondent au néosalvarsan ou 914 d\u2019Erlich ; d\u2019autres encore, tout en dérivant du 606 allemand, en diffèrent cependant par l\u2019adjonction d\u2019autres composés, tels le Galyl (combinaison de 606 et de phosphore), le Luargol (606, argent et antimoine), le Sulfarsénol (606 et sulfite acide de soude), le Sodium-Diarsénol (606 et soude) ; enfin tout récemment les Allemands ont découvert deux nouveaux produits, le Silver et le Cupro- Salvarsan (606 et argent, 606 et cuivre), dont on dit grand bien comme toujours.Le cadre de ce travail ne me permet pas d\u2019étudier aujourd\u2019hui la valeur comparative de ces différents produits, je réserve l\u2019étude des Arsenicaux à un autre travail que je me propose de vous faire au cours de l'hiver.Laissez-moi cependant vous dire que toutes mes préférences vont au 606 plutôt qu\u2019au 914.La commodité, plus grande de ce dernier, sa facilité de préparation, ne compensent pas pour les désavantages qu\u2019il offre: accidents plus fréquents et plus graves, crises nitritoïdes, ictère tardif, et surtout pouvoir de stérilisation moindre, récidives plus fréquentes, effets sérologiques moins nets.Aussi, toutes les fois que cela est possible, j'injecte plutôt le 606 que le 914.Le traitement par les arsenicaux doit être un traitement intermittent, par séries coupées par des périodes de repos.Nous croyons, avec Lacapère, Queyrat, que lorsque le malade a reçu 3 grammes à 3.50 de salvarsan, ou 4.50 à 5 grammes de néosal- varsan, il a reçu une quantité suffisante pour exercer une action profonde sur les accidents, parfois sur la séro-réaction.Aussi lorsque nous avons atteint ce total de médicament, nous donnons au malade un repos de 6 à 8 semaines, au cours duquel il prend de l\u2019iodure pendant 15 jours. L'UNION MEDICALE DU CANADA 87 On arrive, avec la méthode des doses progressives, 2 donner 3.50 grammes en 8 semaines environ.Il n\u2019est pas possible de déterminer à l\u2019avance le nombre exact de piqûres pour arriver à ce résultat, car le dosage est influencé par les réactions que provoque le médicament.- : On pratique habituellement les injections intraveineuses & une semaine d\u2019intervalle.Il semble avantageux cependant de réduire l\u2019espace entre la première et la deuxième piqûre, comme lé conseille Lacapère, la première étant toujours faite à dose faible (0.20 centigrammes de 606) pour éviter la réaction de Herxheimer, et la seconde (0.30 ctgs) trois jours après.La troisième peut être faite 5 à 6 jours après, et les autres seront séparées chacune par une semaine d\u2019intervalle.Voici en résumé la routine que nous suivons au Prince of Wales hospital, et à l\u2019hôpital Notre-Dame: Séries de 606\u2014total: 3 à 3.50 grammes de médicament, à doses croissantes, en commençant toujours par une dose faible, 0.20 de salvarsan au maximum, les injections faites chacune à une semaine d\u2019intervalle, excepté les deux.premières entre lesquelles l\u2019intervalle est réduit à 3 ou 4 jours.> (Concurremment aux séries arsenicales, séries ide mercure (huile.grise ou salyeilate), une piqûre par semaine, au total 8 à 10 pigûres.Repos de 6 à 8 semaines, entre les séries hydrargyro-arseni- cales, pendant lequel om donne 15 jours d\u2019iodure de potassium.Les séries subséquentes sont bâsées sur les signes cliniques et sérologiques.Avant de terminer ce court aperçu sur les arsenicaux, il est important d\u2019insiter sur la préparation du malade qui doit recevoir un traitement par le 606: Le 606 est un médicament très actif, et il ne faut pas l\u2019employer comme on fait une injection de cacodylate de soude par exemple.Beaucoup d\u2019accidents qu\u2019il occasionne sont dus au manque de préparation du malade.Il y a des règles absolues, et bien précises, pour l\u2019emploi de ce médicament, règles qu\u2019il ne faut jamais transgresser.1.Avant toute série de 606, le patient doit être examiné complètement et minutieusement, en insistant spécialement sur son système circulatoire, respiratoire, et rénal (l\u2019examen des urines est obligatoire). 88 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 2.La veille de chaque injection le malade doit prendre un laxatif.3.Au moment de l'injection il doit être à jeun depuis au moins trois heures.; 4.Après l\u2019injection il doit rester couché pendant une demi-heure.Après ce temps, si tout est normal, il peut s\u2019en aller chez lui, à la condition toutefois de se coucher aussitôt rendu, de ne pas manger avant qu'il se soit écoulé 4 heures depuis l\u2019injection (et alors'très légèrement), et de ne pas travailler le jour de l\u2019injection.Faute d\u2019observer toutes ces règles à la lettre, on court le risque d\u2019avoir des accidents graves, voire même des morts, et cela avec le 606 fabriqué par n\u2019importe quelle compagnie.TRAITEMENT PROPREMENT DIT DE LA SYPHILIS PRIMAIRE \u2018 La syphilis primaire qui commence à la date de la contamination, au coït infectant, non à l'apparition du chancre comme on le croyait autrefois, finit avec l\u2019apparition des accidents secondaires, 10séole, plaques muqueuses, ete.Elle se divise en deux parties, selon que la réaction de Wassermann est négative ou positive: la période primaire bactériologique, et la période primaire avancée.La période primaire bactériologique se subdivise à son tour en 2 autres parties: période d\u2019incubation, et période bactériologique proprement dite.1.PERIODE PRIMAIRE BACTERIOLOGIQUE : La période primaire bactériologique s\u2019étend de la date Jde la contamination a la date de l\u2019apparition de la séro-réaction positive.Elle a une durée de 37 a 45 jours.C\u2019est pendant cette période, et cette période SEULEMENT, que le traitement a chance de stériliser l\u2019organisme sur place.On ne saurait trop insister sur cette vérité.Plus tard, dans la période primaire avancée, lorsque la réaction est devenue positive, il n\u2019y 8 plus possibilité de stériliser l\u2019organisme, quand bien même il n\u2019y au- Tait que le chancre comme signe clinique; la maladie est généralisée, et il faut traiter le malade comme s\u2019il était à la période secondaire.Comme dit si bien Sabouraud (1) très peu de médecins, et presque pas un \u201cde ceux qui s\u2019exposent à des contaminations véné- (1) Sabouraud, Presse Médicale, page 221, 1920.ns L'UNION MÉDICALE DU CANADA 89 \u201criennes, ne savent qu\u2019à présent, l\u2019importance capitale, je dis CAPI- \u201cTALE, du diagnostic précoce d\u2019un chancre induré.\u201c(est dans les deux ou trois premiers jours (de sa naissance que \u201cdoit être montrée au médecin, et en toute hâte, la moindre ulcéra- \u201ction douteuse, surtout de la verge.\u201cEt jamais plus le médecin ne devrait dire comme nous disions \u201ctous autrefois; la chose n\u2019est pas très claire, revenez me la montrer \u201cdans quelques jours.L\u2019usage de l\u2019ultra-microscope n\u2019est pas encore \u201cpassé dans la pratique courante du médecin, et c\u2019est un tort im- \u201cmense de ne pas savoir les services qu\u2019on en peut tirer.\u201cUn examen direct et immédiat donnera le plus souvent un \u201cdiagnostic certain et sans réplique; et à ce moment dans un grand \u201cnombre de cas, on pourrait par un traitement rapide, non pas gué- \u201crir l\u2019infection générale, puisqu\u2019elle n\u2019existe pas endore, mais au con- \u201ctraire, arriver avant elle et la prévenir, écraser dans l\u2019oeuf la ma- \u201cladie qui va naître, et préserver le malade d\u2019une infection qui n\u2019est \u201cpas chose faite, et qui ne sera pas constituée avant quelques jours.A cette période la séro-réaction est négative; il ne faut donc pas compter sur elle pour nous guider dans le diagnostic.Ceci est une seconde vérité trop souvent méconnue.Il y a encore des spécialistes qui, devant ume ulcération génitale, se contentent de faire une prise de sang, et d\u2019aitendre la réponse du laboratoire avant de prendre une décision.C\u2019est une grave erreur.Lorsque la séro-réaction est positive, elle peut bier indiquer l\u2019existence de la syphilis, mais elle indique aussi que la période bactériologique est terminée, que la maladie est généralisée, et qu\u2019il n\u2019y a plus de possibilité de stériliser l'organisme.Nous avons pourtant un moyen, et un moyen sûr, de faire le diagnostic de la syphilis & cette période.Ce moyen, c\u2019est l\u2019ultramicroscope.Avec le micrdscope, on peut faire le diagnostic de la syphilis, tout à fait au début, le premier jour du chancre, de façon très simple, en quelques minutes, et aucun médecin digne de ce nom n\u2019a le droit de priver les malades de la chance de guérison qu\u2019il peut leur apporter.De tous ces faits il faut conclure, encore avec Sabouraud : 1.Que toute ulcération douteuse, surtout des organes génitaux, doit être soumise sans le moindre délai, à un examen médical compétent, et à l\u2019examen ultra-microscopique, dès qu\u2019il peut y avoir un dout: sur sa nature; 90 L'UNION MÉDICALE DU CANADA TD Que l\u2019ultra-microscope nous donne le moyen de certifier la nature d\u2019un chancre induré avant toute infection générale ; Qu\u2019en profitant de ce diagnostic précoce, on peut instituer de suite un traitement par le salvarsan, qui a des chances d\u2019être complètement abortif et de tuer la syphilis à sa naissance, La période primaire bactériologique se subdivise en deux périodes .\\ a) Période d\u2019incubation, s\u2019étendant de la date de la contamination, jusqu\u2019à l\u2019apparition du chancre.b) Période bactériologique proprement dite, s\u2019étendant de l\u2019ap- pariton du chancre jusqu\u2019à l\u2019apparition de la réaction positive.eo A).PERIODE D\u2019INCUBATION.La période d¥ncubation, de la contamination au début du chancre, a une durée de 25 à 35 jours en moyenne, et dans cette période la séro-réaction est toujours négative.Traiter la syphilis à la période d\u2019incubation, cela veuf dire traiter la syphilis avant l\u2019apparition du chancre, c\u2019est-à-dire soumettre au traitement intraveineux, en vue de fhire avorter une syphilig très probable ou simplement possible, une personne saine ayant eu depuis peu des rapports sexuels avec un syphilitique porteur de lésions contagieuses.| C\u2019est une question assez complexe, d\u2019autant plus que la preuve de l\u2019efficacité du traitement est impossible à faire.Comment démontrer en effet qu\u2019un patient quia eu un coït suspect, aurait eu la cyphilis s\u2019il n\u2019avait pas reçu de traitement pendant la période d\u2019incubation ?Cela n\u2019est pas possible dans l\u2019état actuel de la science.\u201d Théoriquement il semble que les arsenicaux devraient agir encore mieux cependant à cette période qu\u2019à toutes les autres, alors que les tréponêmes ne sont pas encore nombreux, qu\u2019ils n\u2019ont pas eu le temps d\u2019organiser leur défense, en formant des infiltrats cellulaires qui sont autant d'obstacles à la pénétration du médicament.Et si on guérit parfois lorsque le chancre est constitué, pourquoi ne pas guérir avant son apparition ?Plusieurs syphiligraphes ont déjà eu l\u2019occasion de traiter la syphilis à cette période, et voici un résumé de leurs observations: Lacapére et Laurent (1) ont rapporté le cas de deux officiers qui, ayant eu des rapports avec une femme qui présentait des symp- (1) Lacapère et Laurent, Bulletin Médical, septemibre 1919. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2019 91, tômes nets de syphilis secondaire, reçurent chacun une injection de néosalvarran quelques jours après le coït suspect, et échappèrent à la contagion, tandis qu\u2019un de leurs camarades qui était dans le même cas et qui refusa le traitement, fut contaminé.Fournier et Guénot (1) ont rapporté un nombre assez considérable de cas ainsi traités.40 femmes, ayant eu.de quelques jours à trois semaines auparavant des rapports sexuels avec des syphilitiques porteurs de lésions génitales contagieuses, contrôlées par l\u2019ultramicroscope et le Wassermann, reçurent chacune 4 à 6 injections intraveineuses soit de sal- varsan (de 1 gramme à 1.20 au total), de néosalvansan (de 1.20 & 2 grammes), ou de luargol (de 0.60 à 1 gramme).Chez aucune de ces femmes ils ne virent par la suite apparaître le moindre accident syphilitique, et la recherche de la réaction de Wassermann, pratiquée à quatre ou cinq reprises, à intervalles de deux ou trois mois, s\u2019est toujours montrée négative ; 20 d\u2019entre elles furent ainsi sous observation pendant ideux ou trois ans.Cinq autres femmes par contre, qui refusèrent tout traitement, furent atteintes de syphilis dans les délais normaux.Enfin, le docteur Magian, médecin de l\u2019hôpital français de Manchester, tenta l\u2019expérience sur lui-même.En mars 1918, à l\u2019hôpital de Manchester, Angleterre, il s\u2019inocula au bras, en présence de vingt médecins, de l\u2019exudat d\u2019un chancre syphilitique qui contenait de nombreux tréponêmes.Il reçut une heure après, une injection de 0.60 centigrammes de salvarsan, et ne présenta jamais aucun symptôme ni clinique ni sérologique de syphilis, bien que sa réaction fut faite tous les mois, pendant un an, après cette inoculation.Il semble bien que tous ces résultats nous donnent le droit de préconiser le traitement abortif de la syphilis, par les injections int, aveineuses de salvarsan (4 a 5 injections, total de 1.50 à 2 grammes), pratiquées dès la période d\u2019incubation présumée, dans tous les cas où il existe une raison sérieuse de craindre une contamination, Et ceci s\u2019adresse tout particulièrement aux chirurgiens, aux spécia- uistes, après toute blessures, piqûre accidentelle, pouvant faire craindre l\u2019inoculation du tréponème.Systématiquement appliqué, le trai- (1) Fournier et Guénot, Presse médicale, octobre 1919. 92 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA tement abortif deviendrait sans aucun doute dans la lutte contre la syphilis un très important élément de prophylaxie sociale.k* % *% } B) PERIODE BACTERIOLOGIQUE PROPREMENT DITE.La période bactériologique proprement dite, s\u2019étendant du début du chancre à l\u2019apparition de la séro-réaction positive, a une durée de 15 à 25 jours, et c'est la séro-réaction devenant positive qui indique qu\u2019elle est terminée.Le traitement de la syphilis institué à cette période nous permet d\u2019espérer la guérison complète par stérilisation du microorganisme sur place.Plusieurs cas de réinfection chez des malades traités dans ces conditions démontrent qu\u2019ils ont été guéris complètement.Encore une fois, je le répète, c\u2019est la seule période de la syphilis où l\u2019on puisse obtenir une guérison rapide, et lorsque le Wassermann est devenu positif, il n\u2019est plus possible d\u2019obtenir cette guérison en quelques mois.Encore une fois, le Wassermann à cette période ne doit pas nous servir de guide pour le diagnostic, il n\u2019y a que l\u2019ultramicroscope qui est capable de faire un diagnostic certain dans les premiers jours du chancre, et toutes les ulcérations chancriformes, quelles quelles soient, doivent être examinées à l\u2019ultra, avant qu\u2019autant traitement local ou général n\u2019ait été institué.Pour nous médecins, c\u2019est sur ce point capital que doit porter notre effort thérapeutique.TRAITEMENT DE LA SYPHILIS A LA PERIODE BACTERIOLOGIQUE.Voici, schématisé, le traitement que nous préconisons dans cette période de la syphilis.\u2018Ce traitement est celui de l\u2019Ecole francaise qui m\u2019a enseigné la Dermatologie et la Syphiligraphie, traitement recommandé par la Commission pour l\u2019étude de la question du mariage ides syphilitiques, composée de Queyrat, Hudelo, Gastou, Spillmann et Clément Simon, et qui a présenté son rapport à la Société de Dermatologie et de ISyphiligraphie Française, à sa séance du 24 juin 1920 (1).(1) Commission pour l\u2019étude de la question du mariage des syphilitiques.MM.Queyrat, Hudelo, Spillmann, Gastou et Clément Simon, rapporteur, i nBulletin de la Société de Dermatologie et de Syphiligraphie Française, p.232 et suivantes, 1920. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 93 La seule différence qu\u2019il y a entre le traitement recommandé par cette Commission et celui que nous préconisons, c\u2019est que ces Maîtres français ne donnent pas d\u2019iodure au début de la syphilis, et n\u2019emploient pas le mercure concurremment avec le 606, faisant d\u2019abord des séries arsenicales puis des séries mercurielles, tandis que nous donnons de Piodure de potassium entre les séries, qui sont au début des séries hydrargyre-arsenicales.Durée du traitement .2 ans.Première année \u2014 TRAITEMENT MEDICAMENTEUX ler et 2ème mois.\u2014lière série arsenicale à doses croissantes, en partant d\u2019une dose faible (0.20 ctgs de salvarsan), et atteignant un total de 3.50 grammes de salvarsan, ou 4.50 de néo.Pratiquer 1 injection intrayeineuse par semaine, excepté les deux premières qui sont espacées de 3 ou 4 jours seulement.Concurremment avec la série arsenicale, faire une série mercurielle (huile grise ou salycilate de mercure).Donner 1 injection intramusculaire par semaine, pendant 8 semaines, à la dose de 0.07 ctgs par piqûre en moyenne.Durée de cette série hydragyro-arsenicale: 2 mois.3ième mois\u2014Repos de 1 mois, au cours duquel on donnera 15 jours d\u2019iodure de potassium (1 gramme & 1.50 par jour, perdant les premiers 10 jours.) | A la fin du mois, séro-réaction de Wassermann qui doit être négative.4e et 5e mois\u2014Zième série hydrargyro-arsenicale identique à la première.6ième mois\u2014Repos de 1 mois avec 15 jours d\u2019iodure.À la fin du mois, Wassermann qui doit toujours être négatif.7e, 8e, 9e, 10, 11e mois\u2014Instituer 2 séries mercurielles (huile grise ou salycilate, 1 injection par semaine pendant 2 mois, puis ! mois de repos avec 15 jours d\u2019todure, et 2 autres mois de mercure.121éme mois\u2014Repos complet.Aprés ce repos, Wassermann et pone- tion lombaire. 94 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Deuxième année \u2014SURBVEILLANCE CLINIQUE ET SEROLOGIQUE.Si tous les résultats gont normaux, on peut cesser tout traitement, et mettre le malade sous observation clinique et séro- logique.Pratiquer un Wassermann tous les ® mois.A la fin de l\u2019année, si la néo-réaction s\u2019est maintenue négative tout le temps, faire la réactivation biologique de Milian (injection intraveineuse de 0.30 ctgs salvarsan, et 1 mois après, Wassermann).Si la réaction est négative, faire une ponction lombaire.Si les résultats sont normaux, lorsque tous ces barrages suoces- sifs auront été franchis avec succès, la Commission Française pense qu\u2019on peut autoriser le candidat à se marier.Le traitement aura duré 1 an, la surveillance une autrè année.Il va sans dire que si, en aucun temps, le Wassermann est devenu positif, ou que des signes cliniques aient été observés, le traitement devra êtêre prolongé plus longtemps, et le malade traité comme s\u2019il était dans la période primaire avancée.2\u2014PERIODE PRIMAIRE AVANCEE.La période primaire avancée s\u2019étend de la date de l\u2019apparition de la séro-réaction positive, à l\u2019apparition des accidents secondaircs.Disons de suite que le traitement de cette période ne diffère pas de celui de la période secondaire, où le malade est en pleine éruption.Lorsque la séro-réaction est devenue positive, la maladie est généralisée, et il faut instituer un traitement de plusieurs années qui doit être continué sans s\u2019occuper si la séro-réaéction se maintient positive ou devient négative.Celle-ci n\u2019est utile alors que pour indiquer la dose et la nature du médicament à employer.TRAITEMENT DE LA PERIODE PRIMAIRE AVANCEE.Durée du traitement .4 ans.Première et deuxième année Commencer le traitement comme dans la période primaire bactériologique.Séries hydrargyro-arseni- cales, suivies de repos et d\u2019iodure, puis de Wassermann. L'UNIUN MÉDICALE DU CANADA ch Continuer ce traitement pendant 2 ans, méme si les barrages successifs ont été franchis.Contrôle clinique et sérologique dont le résultat indiquera la nature du médicament à employer: arsenic et mercure si la séro-réaction se maintient positive ou qu\u2019il y a des signes cliniques, mercure seul si la séro-réaction est devenue négative et que les signes cliniques sont disparus.À la fin de la deuxième année, réactivation et ponction lombaire.Troisième eb quatrième année \u2014Surveillance clinique et sérologique.Après 2 ans de traitement actif, si la séro-réaction, la réactivation, la ponction lombaire, sont négatives, on met le malade sous observation clinique et sérologique.Séro-réaction tous les 2 mois, et à la fin de chaque année réactivation et ponction lombaire.Si les résultats de ces différentes épreuves sont constamment satisfaisants, le mariage peut être autorisé.REACTION SE MAINTENANT POSITIVE.I] peut arriver cependant que malgré un traitement intensif, la séro-réaction reste positive (wessermann fast).Doit-on alors continuer le traitement indéfiniment?Non pas.Ces malades doivent être traités activement pendant 4 ou 5 ans, en variant les médicaments, ou en les combinant.Si au bout de ce délai, la séro-réaction reste positive, on peut autoriser le mariage, selon la Commission Française déjà citée, à 2 conditions: que la ponction lombaire soit normale, et qu\u2019il s'agisse d\u2019un homme.On fait suivre au malade 1 ou 2 cures par an, et on traite la femme si elle devient enceinte.* + * Messieurs, j'ai voulu, ce soir, vous exposer comment on comprend la syphilis primaire, dans l\u2019état actuel de la science, et vous indiquer les grandes lignes de son traitement.J\u2019ai exposé des principes généraux qui doivent nous guider, qu\u2019il faut suivre de façon générale, mais qui ne sont pas des règles ahso- lues. 96 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ce serait une erreur profonde que de croire que le traitement de \u2018a syphilis doit être basé exclusivement sur les résultats du laboratoire, qu\u2019il suffit de donner du 606 pour guérir un vérolé, at que tous fes cas doivent être traités indistinctement de la même façon.fin plus des remèdes exclusivement antisyphilitiques, le traitement comporte une série d\u2019indications à remplir, en raison des particularités individuelles qui peuvent réagir sur la maladie principale.Comme l\u2019enseignait le prof.Alfred Fournier, de Paris, (1) chaque gyphilitique apporte avec lui un contingent morbide, une indivilualité pathologique, dûs à sa constitution, à son hérédité, à son genre de vie, gon régime, son hygiène.Or ée contingent morbide est de nature, dans beaucoup de cas, à vendre la maladie autre qu'elle ne serait de par elle seule, à la compliquer, à la faire plus intense et plus nocive.M] faut donc que le médecin traite le syphilitique au pcint de vue des prédispositions, des tendances morbides, des tares héréditaires ou écquises qui lui sont peroznelles, il faut en plus qu\u2019il le dirige dans ses habitudes, sa façon de vivre, son hygiène ; c\u2019est ainsi qu\u2019il le préservera des imminences morbides, auxquelles de par le fait de sa syphilis, il est devenu sujet.Pour bien traiter la syphilis il faut d\u2019abord être un vra!: médecin, «4, C'est encore lui qui traitera le mieux cette maladie et guérira le ' lus grand nombre de vérolés.Janvier 20, 1921.drame (1) A.Fournier, traité de la syphilis, 1909, p.60 et suivantes. / TRAITEMENT DE LA SYPHILIS PRIMAIRE 1° Période primaire bactériologique A/ Période dincubation.P gique B/ - Période bactériologique proprement dite.2° Période primaire avancée.I\u2014PERIODE PRIMAIRE BACTERIOLOGIQUE : De date de la contamination à apparition Wassermann positif.Durée: 37 à 45 jours.Wassermann est toujours négatif.A/ PERIODE D'INCUBATION De date de contamination au début du chancre.Durée 20 à 60 jours, en moyenne 30 jours.Trartement : 4 ou 5 injections de salvarsan (606): total: 1.50 à 2?grammes.B/ PERIODE BACTERIOLOGIQUE PROPREMENT DITE : Du début du chancre à apparition Wassermann po sitif.Durée 13 à 26 jours.Traitement : Durée : 2 ans.lère année: Traitement médicamenteux.ze année: Surveillance clinique et sérologique.Série de 606 \u2014 total 3.50 grammes .| _.Wassermann tous les 2 mois.Série de mercure \u2014 total 8 grains .| 2 mois S Repos, avec iedure de potassium, 1 gramme | A la fin de l\u2019année : VOYNVO OU HIVOICHIN NOIN.I,T L'UNION MÉDICALE DU CANADA par jour, les 15 premiers jours.Wassermann à | la fin du mois .222224 ee 2e | i | | Wassermann, réactivation, ponction lombaire obligatoire.Si tous les résultats sont normaux, le malade est probablement guéri.Si en aucun temps, Wassermann positif ou signes cliniques, le traitement sera comme dans période primaire avancée.II.PERIODE PRIM AIRE AVANCEE De l'apparition Wassermann positif à apparition accidents secondaires.Durée 2 4 4 semaines.ze série de 606 et de mercure .2 mois Repos, iodure, Wassermann 1 mois 3e série \u2014 Mercure seul, 8 piqûres .2 mois Repos et fodure .| 1 mois de série \u2014 Mercure seul, 8 piqûres .| 2 mois Repos complet .| 1 mois 12 mois A la fin de l\u2019année, Wassermann, ponction lombaire / facultative.Wassermann touours positif.Traitement Durée 1ère et 2e année\u2014Traritement médicamenteux.Traitement actif pendant ?ans, même si le Wassermann devient négatif.Commencer comme dans période primaire bactériologique.Contrôle sérologique dont le résultat indiquera nature du médicament: Arsenic et mercure si Wassermann positif, mercure seul si Wassermann négatif.À la fin de la 2e année, réactivation et ponction lombaire.4 ans.de et 4e année :\u2014 Surveillance chnique et sérologique.Wassermann tous les 2 mois.A la fin de chaque année, Wassermann, réactivation, ponction lombaire.| N.B.\u2014Si le Wassermann se maintient positif en dépit du traitement, continuer pendant Æ ou 5 ans traitement actif en variant ou combinant les médicaments.Aprés 5 ans, si le Wassermann toujours positif, se contenter de 1 ou 2 cures par année, à moins de signes cliniques menaçants. \u2018Contre le charlatanisme Lois d'hier et lois d'aujourd hui.\u2014 Dix années d'efforts constants.- Moyens de défense a préconiser.Il ressort de l'étude que nous avons faite des deux seules armes légales à notre disposition pour çombattre le charlatanisme qu\u2019il faut, pour réussir dans une poursuite judiciaire contre un charlatan, faire la preuve, dans presque chaque cas, de l'examen du malade, du diagnostic de la maladie et du traitement suivi par le charlatan.(Article 4938, 8.RB.P.Q.1909, amends 1918).Hors de là, rien de certain, rien de sûr, si ce n\u2019est contre celui qui s\u2019annonce ou s\u2019affiche.comme médecin Ticencit, sans l'être, (Article 4971, paragraphe 3, S.R.P.Q.1909)., J'attire de nouveau attention de la profession sur ceci partieu- Jièrement: au point de vue légal, s'annonce qui veut comme charlatan, comme rebouteur, \u2018comme septième fils, comme herboriste, comme guérisseur, comme hypnotiseur, comme ostéopathe, comme masseur, comme chiropathe.Rien duns la loi ne le défend.La loi défend de prendre un nom ou un titre de façon à faire supposer que l'on est médecin licencié.Elle ne défend pas de preu- die un nom.ou un titre de \u2018façon à faire comprendre que l\u2019on traite ies maladies sans faire comprendre que l'on soit médecin licencié.La loi étant ce qu\u2019elle est, 1] est aussi difficile, légalement, d\u2019atteindre un charlatan, en ville, que d'atteindre un avorteur.La preuve a faire contre l\u2019un et l'autre est la même.Le jour où le charlatan prend autant de précautions que l\u2019avorteur pour traiter seul à seul son client, la preuve est aussi difficile à faire contre le charlatan que contre l'avorteur.Et il y a longtemps que la loi est ainsi faite! Je suis bien convaineu qu\u2019à l'heure où pour la première fois peut-être, dans cette province, la question du charléténig né est traitée au flambeau de la loi, la grande majorité dés médedx Stjmagi- nent que la loi contre les chewlatans a été à, mmdaintes reprises, &mpndée pour le mieux, qu\u2019en 1909 par exemple, bout a 4 y refait, eb qu depuis 1918 la perfection est presque atteint, Hv K \\ \u2018 ly / 100 Que l\u2019on se détrompe! L'UNION MÉDICALE DU CANADA Sans commentaires, j\u2019affirme simplement que rien dans la loi, ou à peu près rien, n\u2019a été changé depuis #1896\u201d, en ce qui concerne les charlatans.Quelques retouches ont été faites à la définition de l\u2019exercice de la médecine, et les pénalités ont été légèrement modifiées.C\u2019est tout.La loi est, ce qu\u2019ells est * de temps immémorial.Voici, en regard, le texte de 1896 et le texte de 1921: \u2014 1896 \u2014 Article 3998.\u2014 Toute persoune n\u2019ayant pas le droit d\u2019être enregistrée dans cette province qui est convaincue, sur le serment d\u2019un ou de plusieurs témoins, d\u2019y avoir pratiqué la médecine, la chirurgie ou l\u2019art obstétrique en contravention aux dispositions de la présente loi, soit à gage, soit pour argent, marchandise ou effet généralement quelconque, ou dans l\u2019espérance de recevoir quelqu\u2019argent, marchandise ou effet dans l\u2019espérance d\u2019une récompense, ou qui est récompensée d\u2019une manière quelconque: pour avoir pratiqué la médecine, la chirurgie ou l\u2019art obstétrique encourt une pénalité de cinquante piastres.2.Une pénalité semblable de cinquante mpiastres est encourne par toute personne qui assume le titre de docteur, de médecin ou de chirurgien, ou tout autre nom qui pourrait faire supposer qu\u2019elle est autorisée légalement à pratiquer la médecine, la chirurgie ou l\u2019art obstétrique, dans cette province, si elle ne peut établir ce fait par une preuve légale, ainsi que voulu par la présente section et les autres lois du pays.3.Toute personne qui assume, dans une annonce, dans un papier- nouvelles, ou dans des circulaires écrites ou imprimées, ou sur des cartes d\u2019adresse, ou sur des enseignes, un titre, un nom ou une désignation de nature à faire supposer ou à Porter le public à croire qu\u2019elle gest: dûment enregistrée ou a qualité\u2019 à pratiquer fla\u2019 médecine, la chirurgie et l\u2019art obstétrique, ou quelqu'un de ces gênres de mêde- cine, ou toute personne qui offre ou qui donne ses services .comme médecin, chirurgien ou acgoucheur, / ., 1° / { Le Le \u2018 ;! LV AN ç ot! rf J \u2014 1921 \u2014 Article 4938.\u2014 Sans vouloir restreindre la signification des mots \u201cexercer (la médecine\u201d, donner des consultations médicales, ordonner ou prescrire des médicaments, pratiquer les accouchements, traiter des affections médicales ou chirurgicales, prendre part habituellement ou par une direction suivie au traitement de maladies ou affections médicales et chirurgicales, soit en administrant des médicaments, soit en faisant usage de procédés mécaniques, physiques ou chimiques de radiothérapie ou de rayons X constitue l\u2019exercice de la\u2019 médecine.Aujourd\u2019hui il n\u2019est pas nécessaire de faire la preuve que l\u2019inculpé a été payé pour les services médicauæ rendus.Article 4971.Paragraphe 3.\u2014 Toute personne qui assume dans une annonce dans un papier-nou- velles, ou dans des circulaires écrites ou imprimées, ou sur des cartes d\u2019adresse, ou sur des enseignes, un titre ou une désignation de nature à faire supposer qu\u2019elle est dûment enregistrée, ou a qualité pour exercer la médecine, la chirurgie ou I'obstétrique, ou toute personne, soit pour elle-même, soit pour le compte d\u2019un médecin licencié, qui offre ou qui donne ses services comme médecin, chirurgien ou accoucheur, même à titre gratuit, ou qui offre ou donne des consultations gratuites, si elle n\u2019est pas dû- ment autorisée et enregistrée dans cette province, en vertu de la présente section, est, dans chacun de ces cas, passible d\u2019une semblable pénalité de cinquante piastres pour une première offense, de cent piastres pour une deuxième affense, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA soit à gages, soit pour argent, ou dans l\u2019espérance d\u2019une récompense, si elle n\u2019est pas dûment autorisée et enregistrée dans cette province est, dans chacun de ces cas, passible d\u2019une semblable amende de cinquante piastres.101 et de deux cent piastres pour toute autre offense subséquente.Dans toute poursuite intentée en vertu de la présente section, la preuve de l\u2019enregistrement est à la charge du poursuivi.\u201cMEME A TITRE GRATUIT\u201d sont les seuls mots ajoutés au teæte de 1896, dont on a retranché les mots inutiles.L\u2019amende varie en 1921, de $50.à $200.00 selon que l\u2019offense est première, deuxième ou troisième, pour celui qui assume le titre de médecin licencié - sans l'être.: À maintes reprises, qu\u2019on veuille bien le noter afin de n\u2019être pas injuste pour les Gouverneurs du Collège des médecins, notamment en 1909 et 1918, le Bureau a demandé à la Législature \u2018des changements considérables à la loi médicale qui nous régie.La Législature a invariablement accordé à peu près tous les changements à la loi niédicale que demandait le Bureau, excepté les changeménts\u2019 concernant la suppression de l\u2019exercice illégal.C\u2019est donc uniquement avec les armes légales qué possédeé le Bureau depuis 1896, que la lutte au charlatanisme a été Teprise par l'administration nouvelle de 1909.i Ce n\u2019est donc pas LA LOI NOUVELLE qui à favorisé la chasge au charlatanisme depuis 1909.C\u2019est L'ADMINISTRATION NOUVELLE, nous le proclamons fièrement, qui a fait rendre à la loi, telie qu\u2019elle est, tout ce que la loi peut donner.| x kk Un mot sur la façon ancienne d'opérer contre les charlatans, et sur la façon inaugurée en 1909.Jusqu\u2019en 1909, il se prenait, en moyenne, six à huit actions pour prtique illégale, par année.Nous en perdions généralement trois ou quatre, et les trois ou quatre autres ne, rapportaient à peu près rien.Les opérations judiciaires du Bureau étaient alors complètement \u201cdécentralisées La lutte contre les charlatans était une lutte de guérillas.Chaque médecin l\u2019entreprenait quand il le voulait.Il fi*sait lui-même la cause du charlatan, et confiait à l\u2019avocat de son choix le soin de la perdre ou de la gagner.Si le charlatan payait l\u2019amende, l'avocat la remettait au bureau quand le Bureau la lui demandait.Si le charlatan gagnait sa cause, le Bureau en était qu.tte potr\u2019un mémoire de frais de la part de l\u2019avocat. 102 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Kn 1909, le Bureau juge opportun de centraliser les affaires judiciaires.Des dossiers sont commencés pour les charlatans connus.Seul, le Bureau doit poursuivre.Mais encore faut-il qu'il sache contre qui il convient de sévir.Jusque là, le témoignage du médecin suffisait à inciter le Bu- réau à prendre une poursuite.L\u2019on s'aperçut vite que le médecin n'a ni le temps, ni les loisirs, ni le goût de conduire une enquête à fond contre un charlatan, dont il désire cependant la disparition.Se fier uniquement au renseil guement bénévole de qui que ce soit pour prendre des poursuites judiciaires contre les charlatans, c\u2019est courir à deux désastres: désastres des finances, et désastre des réputations.Passe encore pour les finances; mais rien n\u2019est plus préjudiciable à la réputation des médecins de l\u2019entourage que la perte d'Un procès contre un charlatan.Prenant en considération ces circonstances, prenant aussi en considération qu'il faut tout de même un motif à l\u2019intervention du Bureau, sur la suggestion du rapport d'une commission spéciale dont faisait partie les deux anciens registraires Marsolais et Boucher, en 1910 le Bureau décide qu'avant d\u2019intenter une action contre un charlatan il faut : 1.Recevoir une plainte de la part d\u2019un médecin.2.Faire une enquête, à la suite de cette plainte, pour s\u2019assurer si l\u2019inculpé s'est dit ou ne s\u2019est pas dit médecin (art.4971); s\u2019il a \u2018fast acte de médecin : examen, diagnostic et prescription (art.4938) ; s\u2019il a donné un traitement suivi (art.4938).Quant aux annonces, elles sont sous la surveillance immédiate du Bureau qui doit les soumettre à l'étude de nos avocats, et suivre leurs conseils.Le Bureau ordonna d\u2019abord au Registraire de confier la tenue des enquêtes à une agence de détectives.Les quatre premières enquêtes ont coûté $400.et les quatre pro- ès intentés à la suite de ces enquêtes faites par une agence ont éié perdus.« © Le Bureau a alors créé son propre service de détectives privés recrutés parmi plusieurs classes de personnes intelligentes qui consentent, sur la promesse du secret, à exercer ce métier.Il n\u2019y a pas d\u2019employé permanent pour cette besogne.Il ne saurait y en avoir.L\u2019expérience a prouvé que le même enquêteur n\u2019est pas apte à toutes les enquêtes.Les circonstances seules dési- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 103 guent qui peut le mieux nous être utile.Une fois c'est un homme.Une autre fois c\u2019est une femme.Notre flair est aux aguets.Ce qui a été fait depuis 10 ans.Voici, sous forme de tableau, ce que nous avons pu faire en dix ans.Nombre Ce qu\u2019elles Procès Ce qu\u2019ils ont Année d\u2019enquêtes ont coûté intentés rapporté 1910-11 10 $ 229.70 33 $ 647.50 1911-12 20 , 635.00 19 573.00 1912-13 33 833.85 26 912.10 1913-14 38 1,074.00 22 690.60 1914-15 41 1,142.80 39 1,537.85 1915-16 30 758.00 34 1,333.65 1916-17 25 640.00 18 718.00 1917-18 44 1,105 50 19 970.00 1918-19 45 1,115.00 20 1,570.00 1919-20 30 650.00 8 830.38 \"321 $8,183,.85 237 $9,803.08 Nous avons dépensé en frais judiciaires pendant ces 10 dernières années, $9,889.98.Nous pouvons dire que pratiquement nous poursuivons tous les charlatans signalés au Bureau et au sujet desquels l\u2019enquête préalable est défavorable.| Nous ne poursuivons généralement pas sans avertir les plaignants du résultat probable de la poursuite.Quand se trouve à proximité du charlatan un médecin qui prend ouvertement sur lui la responsabilité de la plainte et qui seconde les efforts du Collège auprès de ses clients et en cour de justice, la lutte n\u2019est pas longue.Souvent le charlatan quitte les lieux avant qu'un jugement n\u2019intervienne contre lui.Si, au contraire, le médecin nous demande de tenir son nom sous secret, s\u2019il n'endosse pas l\u2019acte du Bureau, s\u2019il feint d\u2019ignorer notre initiative, ce n'est sûrement par alors à la mort du charlatan que nous marchons, nous l\u2019avons déjà dit et nous le répétons parce que Cest un fait d\u2019expérience, c\u2019est au sûr et prompt renversement de la Téputation du médecin que nous arrivons.Sans doute, il est certains cas exceptionnels où il vaut mieux que le nom du médecin plaignant soit ignoré.Dans les villes, cela 104 L'UNION MÉDICALE DU CANADA n'a pas d\u2019importance.Les amis du charlatan ne prennent pas, ici, la peine de rechercher à qui notre intervention peut être profitable.Mais à la campagne, où le moindre potin de rue devient le sujet de conversation de tout le monde, comment voulez-vous que les noms des médecins de : endru , « uu@nlionnés en pareille affaire.Heureux ceux qui ne craignent pas de préparer l'opinion ! Moyens pratiques à précomiser.Deux théories ont cours.La premiere dit: s« = des charlatans, c'est leur donner de importance.La seconde veut la lutte toujours et quand méme.Ces deux théories ont du vrai.Entre les deux doit trouver place la.sagesse.S'occuper des charlatans c'est leur donner de l\u2019importance, si l\u2019on Le s\u2019en occupe que pour les faire poursuivre par le Bureau.Et les poursuivre quand même, envers et contre tous, sans tenir compte des circonstances de personnes, de lieux, et de temps, peut devenir un préjudice considérable pour les intérêts de la profession.Nous croyons éminemment sage la\u2019 décision des gouverneurs du Collège qui ordonne une enquête minutieuse préalable à toute action intentée, et qui donne ensuite toute la latitude possible au Président pour juger si l\u2019action à être intentée sera dans l'intérêt commun.Nul, en dehors de la direction, ne saurait juger selon l'angle qu\u2019il convient de l\u2019opportunité de poursuivre ou de ne pas poursuivre.Il est des situations complexes dans lesquelles la prudence peut paraître un fléchissement ; mais il faut y être pour comprendre que fléchir ne veut pas toujours dire céder.Indépendamment de ces circonstances particulières, il est très possible d\u2019indiquer des moyens généraux de lutte efficace.Ils peuvent s\u2019énumérer sous trois chefs: Moyens personnels, moyens communs, et moyens légaux.1.Moyens personnels.\u2014 Nous donnons une importance capitale à la compétence professionnelle, pour lutter contre un charlatan.Cela peut paraître paradoxal, mais c\u2019est une vérité incontestable.Le jeune médecin surtout est craintif.Il lui arrive parfois de préférer voir le luxé, le démunché s\u2019acheminer vers le charlatan qne vers sen brreau.Il lui faut, avant toute chose, connaître parfaitement la ne hr We = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 105 spécialité du charlatan, y faire face et y faire honneur, dès la première occasion.Il se renseignera ensuite sur le louche et la duperie de ses opérations, sur l\u2019insanité de ses traitement.Il dévoilera ses trucs et sa fourberie.Ce n\u2019est que lorsqu\u2019il aura plus d\u2019une fois opposé sa compétence personnelle, son savoir et son jugement à ceux du charlatan qu\u2019il fera entreprendre par le Bureau la lutte judiciaire pour s\u2019en débarrasser.Pour que le Bureau intervienne, le médecin n\u2019a qu\u2019à formuler une plainte, selon la formule usuelle.Cette plainte est soumise au Président.Le Président ordonne une enquête.Le Registraire a la responsabilité de l\u2019enquête.Si au cours de celle-ci sont recueillies des preuves jugées suffisantes par l\u2019avocat du Bureau, une action est immédiatement intentée.Il nous plaît de déclarer qu\u2019à moins de circonstances exception- neîles, nous n\u2019imposons jamais au médecin intéressé la tâche de conduire notre enquête.Le Bureau tient le médecin intéressé à l\u2019écart autant que pos- gible.S'il lui demande, et s\u2019il insiste pour que le médecin dénonce le charlatan chaque fois qu\u2019il en a l\u2019occasion, ce n\u2019est pas pour imposer au médecin plus qu\u2019il n\u2019est en droit \u2018d\u2019en attendre.Le Bureau exige une plainte du médecin afin de motiver son intervention.Si à la suite de la plainte d\u2019un médecin les démarches du Bureau n\u2019aboutissent à aucun résultat, ce qui arrive dans un tiers des cas, (cf tableau, 321 enquêtes pour 237 procès) le moins que l\u2019on puisse dire c\u2019est que le Bureau a fait ce qu\u2019il a pu, non de sa propre initiative mais d\u2019après les indications d\u2019un médecin intéressé et de bonne foi.D\u2019ailleurs, qui pourrait exiger que le Bureau connaisse ce qui existe ici des représentants d\u2019une grande école qui n\u2019est pas suffisamment connue en Amérique.Nous serons donc sur ce continent les champions de l\u2019Ecole française et de l\u2019expansion de son idée.Une autre question importante devrait aussi nous occuper ! Pourquoi ne pas unir nos forces isolées, pour fusionner en un seul organe puissant, tous les journaux de médecine du Canada français ; pourquoi ne réussirions-nous pas dans cette tentative, quand nos voisins ont su réaliser cette entreprise, tout en ménageant les suscep- «ibilités de clochers, de villes et d\u2019Universités.Pour mener à bonne fin un tel projet il faudrait l\u2019anonymat des individus, qu\u2019on sacri- Tierait pour le nom d'uné grande association, celle-ci représentant la profession médicale tout entière, telle \u2018l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord\u201d.Sous de telles auspices chacun tirerait sa part de bénéfices: l\u2019éditeur serait assuré de nombreux articles originaux; le collaborateur aurait la satisfaction d\u2019atteindre un plus grand nombre de lecteurs; et le souscripteur pourrait se renseigner, rapidement et à peu de frais, sur tout ce qui est publié dans l\u2019Amérique médicale française.Unissons-nous donc pour être forts! Enfin une dernière question attirera notre attention: celle de notre Université.Si nous avons besoin d\u2019elle, l\u2019Université doit aussi compter sur notre appui.\u2018Celui-ci doit être plus que matériel.Ce n\u2019est pas seulement avec des millions qu\u2019on édifie la réputation d\u2019une université.Il faut encore la doter de cette force morale _\u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ; 117 qu\u2019on appelle \u201cl'esprit universitaire\u201d et répandre cet esprit même parmi les classes inférieures.Cette tâche Messieurs, la Société Médicale se fera un devoir de la remplir, car nous voulons notre \u201cUniversité de Montréal\u201d, grande, prospère, égale aux plus puissantes, et portant dignement le flambeau de la science française en Amérique.Ce programme, Messieurs, tant scientifique que para-médical, ne peut être réalisé qu\u2019avec de multiples concours.Je compte sur la collaboration active de mes camarades du comité de régie, et entr\u2019autre sur l\u2019expérience, la clairvoyance et l\u2019activité du vice-président, le professeur Raoul Masson.Nous comptons encore sur l\u2019aide de tous les travailleurs, qui ont maintenu jusqu\u2019à présent la bonne réputation de notre association ; nous comptons même sur l\u2019appui des plus timides qui, jusqu\u2019à ce jour, gardaient pour eux seuls le fruit de leur expérience.Et voilà comment, avec tous ces éléments réunis, nous espérons, Messieurs, faire vivre, pleine d\u2019ardeur, de puissance et d\u2019clat, la \u201cSociété Médicale de Montréal\u201d. BIBLIOGRAPHIE COMMENT GUERIR LES MALADIES DE L\u2019ESTOMAC?par L.PROU 3ème édition\u2014MALOINE & FILS, Editeurs, 27, rue de l\u2019Ecole de Médecine, PARIS.La deuxième édition de cet ouvrage, qui avait changé de titre pour pouvoir entrer dans la collection: Comment guérir?a été, comme la première, épuisée en quelques mois, quoique le chiffre de son tirage fut de plus de 3,000 exemplaires.Cette nouvelle édition comprend plusieurs chapitres nouveaux: Rapports de l\u2019estomac avec les autres organes.Eaux minérales.Hygiène du dyspeptique.Fmbarras gastrique.De plus, j'ai cru devoir terminer l\u2019ouvrage par un Résumé de pharmacologie gastrique, de façon à permettre aux praticiens d\u2019essayer telle ou telle médication, dans le cas où ils voudraient varier le traitement, que j'indique dans un cas donné.| Outre ces additions importantes, j\u2019ai modifié notablement certains chapitres et apporté des changements à chaque page, si bien qu\u2019il m\u2019est permis de dire aujourd\u2019hui que ce travail est à peu près complet.Ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019il est très augmenté.Je remercie infiniment les nombreux confrères, dont la bienveillance a été pour moi un encouragement à faire toujours effort vers le mieux.Janvier 1921.% * LA Traité Pratique de SEROLOGIE ET DE SERODIAGNOSTIC par M.RUBINSTEIN In-8, 1921, 22 figures, 2 planches en couleurs, 22 fr.franco, 24 fr.20.A.MALOINE & FILS, Editeurs, .27, Rue de lEcole-de-Médecine, PARIS.Ce livre expose nos connaissances actuelles sur la Sérologie et ses applications au diagnostic des maladies infectieuses.Les propriétés bio-chimiques des sérums, les méthodes à l\u2019usage dans les laboratoires de biologie médicale sont décrites dans la mremière partie.L\u2019au- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 119 teur met le lecteur en face des acquisitions les plus récentes relatives à la science du sérum et des problèmes qui restent encore à élucider.La deuxième partie, la plus importante, est d\u2019ordre pratique et traite du sérodiagnostic de la syphilis, de la tuberculose, de l\u2019échino- coccose, du cancer, etc.La réaction de Bordet-Wassermann y est développée avec toute l\u2019ampleur correspondant à son importance en clinique.Aucun détail de technique n\u2019est négligé.Une bibliographie mise à jour accompagne le développement du sujet.La réaction d\u2019Abderhalden avec sa technique détaillée, l\u2019étude des propriétés fermentatives du sérum et des problèmes qui s\u2019y rattachent, complètent cet ouvrage.Il permettra certainement au chercheur de trouver toutes les notions aptes à faciliter ses travaux personnels et mettra le praticien au courant des méthodes sérologiques et des interprétations des résultats à lui soumis par le sérologiste.Ce livre est le fruit d\u2019un travail et d\u2019une expérience prolongée et sa lecture deviendra indispensable au médecin qui veut connaître l\u2019évolution actuelle des méthodes de laboratoire.TRAITE DE PATHOLOGIE MEDICALE ET DE THERAPEUTIQUE APPLIQUEE publié sous la direction de EMILE SERGENT, | Membre de l\u2019Académie de médecine, médecin de la Charité.L.RIBADEAU-DUMAS L.BABONNEIX Médecin des hôpitaux Médecin des hôpitaux * + + TOME XVI INFECTIONS A GERME INCONNU Scarlatine, Rubéole, Rougeole, Varicelle, Variole, Vaccine, Typhus exanthématique, Suette miliuire, Grippe, Dengue, Rhumatismes infectieux, Coqueluche, Rage, Diarrhée de Cochinchine.Par J.Hallé, Armand-Delille, Grenet, Esmein, Castinel, Philippon, Marchoux, Dopter, Pr.Weill, Péhu, Thévenot, Violle.Traité Sergent, Ribadeau-Dumas & Babonneix.In-8, 1921 25 figures.Prix: 25 fr., franco: 27 fr.50 Nobécourt et René Mathieu.\u2014 Diagnostic des adénopathies trachéo- bronchiques, par le Dr L.Ribadeau-Dumas.\u2014 La chirurgie infan- 120 L'UNION MÉDICALE DU CANADA tile et l\u2019orthopédie en 1920, par les Drs Albert Mouchet et Carle Roederer.\u2014 Les apophyses de croissance, par le prof.Froelich.\u2014 Les médecins de campagne propharmaciens, par le Dr P.Cornet.\u2014 Le sire de la Framboisière, par le prof.Gilbert.\u2014 De la nécessité d\u2019attacher des infirmières visiteuses de l\u2019Assistance publique aux services hospitaliers d'enfants et de nourrissons, par le Dr Schreiber.\u2014 L\u2019Agaric blanc, par le Dr Leblanc.\u2014 Revue des Revues.\u2014 Sociétés savantes.\u2014 Nouvelles.\u2014 Chronique des Livres.Envoi de ce numéro contre 1 fr.50 de timres adressés à la librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris.x Xx # NOUVEAU TRAITE DE MEDECINE publié en 21 fascicules sous la direction de MM.G.-H, ROGER, doyen de la Faculté de Paris, médecin de l\u2019Hôtel-Dieu, membre de l\u2019Académie de Médecine; F.WIDAL, professeur à la Faculté de Paris, membre de l\u2019Académie des Sciences et de l\u2019Académie de Médecine; P.-J.TELSSIER professeur à la Faculté de Paris, médecin de l\u2019Hôpital Claude-Bernard, membre de l\u2019Académie de Médecine, Vient de paraître: Fascicule Ier: Maladies Infectieuses.1 volume de 182 pages avec 55 figures dans le texte et 3 planches en couleurs.(Masson et Cie, Editeurs), relié, 35 fr.net.Tous les grands Traités s'étaient épuisés quelques années avant la guerre \u2014Sans doute des ouvrages nouveaux et variés ont paru dans ces dernières années et leur ensemble constitue une bibliothèque médicale imposante ; mais ou bien ces livres sont des monographies dispersées qui ne permettent pas d\u2019avoir sous la main l\u2019ensemble des documents nécessaires à certaines recherches, ou bien les encyclopédies dont la publication s\u2019est amorcée ont été conçues sous des angles partiels qui n\u2019embrassent pas la totalité de la science médicale.Un Traité de Médecine qui contienne à la fois l\u2019histoire naturelle de la maladie, l\u2019exposé de nos connaissances cliniques, les moyens d\u2019investigation et la thérapeutique est nécessaire à chaque génération médicale et pour chacune un ouvrage complètement neuf doit être réalisé.D\u2019illustres devanciers ont laissé un nom classique: le Charcot- Bouchard entre autres.L\u2019ouvrage repris à pied d\u2019oeuvre, repensé, refondu et adapté aux besoins modernes reparaît, transformé et rajeuni sous la direction de Maîtres qui font Pautorité de la Faculté de Paris.Autour de MM.Roger, Widal et Teissier sont d\u2019ailleurs venus se - L'UNION MÉDICALE DU CANADA 121 grouper un nombre imposant de collaborateurs, médecins et professeurs du monde entier.En présence de l\u2019orientation actuelle de la médecine et de la transformation de nos méthodes d\u2019investigation basées de plus en plus sur des conceptions biologiques, les méthodes de laboratoire (analyses, explorations radiologiques, méthdes graphiques, etc.) ont rencontré un dévelgppement considérable et sont devenues la base de la médecine clinique.On n\u2019a pas voulu, dans ce Traité, décrire toutes les techniques actuelles, que le médecin ne peut le plus souvent pratiquer lui-même, mais lui apprendre dans quel cas il doit recourir aux nouvelles méthodes d\u2019exploration, et comment il doit interpréter les résultats qui lui sont communiqués.On a voulu enfin et surtout, en expliquant le mécanisme des troubles, en fournissant des explications indispensables au diagnostic, donner les indications \u2018du traitement: Le Nouveau Traité de Médecine fait une très large part à la Thértupeutique, à l\u2019Hygiène, & la Prophylazie.Divisé rationnellement et pour plus de commodité en 21 fascicules qui paraîtront rapidement, particulièrement soigné, abondamment illustré de figures dans le texte et de planches hors texte en couleurs, présenté sous une élégante reliure, le Nouveau Traité de Médecine constitue un ouvrage digne de la Science française.Le Fascicule Ier consacré aux maladies infectieuses traite des matières suivantes : L\u2019Infection, par G.-H.Roger.\u2014 Les Septicémies, par E.Sac- quépée.\u2014 Streptococcies, par G.-H.Roger.\u2014 Erysiple, par G.-H.Roger.\u2014 Pneumococcie et Pneumonie, par P.Ménétrier et- H.Sté- venin.\u2014 Staphylococcie, Infections a Tétragénes, Entérococcie, In- fecthons à Cocco-baccille de Pfeiffer, à Diplobacille de Friedlander, Psittacose, Infections à Proteus, par M.Macaigne.\u2014 Infections putrides, par A.Veillon.\u2014 Méningococcie, par Ch.Dopter.\u2014 Gonococcie, par M.Hudelo. Docteur J.E.PANNETON Professeur agrégé de radiologie à l\u2019Université de Montréal.Radiologiste de l\u2019Hôpital Notre-Dame, Montréal.Membre de la Société de radiologie de France.Membre de l\u2019American Roentgen Ray Society.Laboratoire à l\u2019Hôpital Notre-Dame, Montréal Applications généralesvdes rayons X comme moyen de diagnostic et agent thérapeutique.Spécialité : Traitement du FIBROME utérin et des HEMORRHAGIES utérines par les Rayons X Le traitement du fibrome et des hémorrhagies utérines par les rayons X est un traitement < très simple il peut même s\u2019appliquer à travers les vêtements de la ma- ?lade; il nécessite aucun séjour à l'hôpital; il ne demande que 4 à 8 applications de quelques minutes, à intervalles de 3 ou 4 semaines pendant lesquelles la malade peut vaquer à toutes ses occupations habituelles; indolore, la malade n\u2019éprouve aucune sensation; ° ff if avec une technique irréprochable tout danger de dermite est moriens 9 écarté.Il n\u2019y a jamais de conséquences fâcheuses et surtout - jamais de mortalité ; th dans les hémorrhagies utérines c\u2019est un traitement que l\u2019on peut efficace, ce PP A .p ue qualifier de spécifique au même titre que le sérum antidiphté- ritique et que la quinine dans la malaria.Il fait cesser les hémorrhagies dès la 3e ou la 4e application et peut amener la ménopause définitive chez les femmes de tout âge, s\u2019il y a indication de le faire: Quant aux fibromes, les très gros régressent toujours, dans des pro- portiors plus ou moins grandes, mais généralement suffisantes pour faire disparaître les symptômes fâcheux; les moyens et les petits fibromes régressent souvent si complètement qu\u2019on n\u2019en retrouve pas trace appréciable.Dans un magistral rapport M.le Dr.Béclère de Paris cite une statistique de 400 observations personnelles, dont 99% de succès.Aussi croit-il légitime de conclure que \u201cEn dehors de certaines conditions qui commandent impérieusement l'intervention chirurgicale, la radiothérapie est applicable à tous les fibromes utérins\u201d.Avec les nouvelles techniques, les seules contre-indications sont la dégénérescence cancéreuse du fibrome et certaines complications annexielles.C\u2019est enfin un 3 par excellence puisqu\u2019il ne supprime pas la traitement conservateur fonction de l\u2019ovaire comme glande endocrine si importante pour la femme (1).(1) Etude des effets produits sur l\u2019ovaire par les rayons X, A.Lacas- sagne.Editeur Rey, Lyon 1913.\u2014\u2014 EW WRT SC ww ee reer er tt BULLETIN L\u2019UNIVERSITE PEDAGOGIE versus CONSTRUCTION.Depuis quelques mois on mous pose fréquemment la question suivante au sujet de l\u2019Université : \u2014Avez-vous choisi un site?Quand commencent les travaux de construction?Il semble, à entendre le public parler ainsi, que l\u2019idée universitaire repose uniquement sur de solides fondations en beton armé.On ne sera satisfait que lorsqu\u2019on verra surgir du sol des bâtisses aux larges proportions, des tourelles élancées, des beffrois audacieux.Les critiques s\u2019imaginent que la science attend, pour se manifester chez nous, qu\u2019on lui élève des temples magnifiques où elle rendra ses augures.Illusion ! La souscription publique a rapporté une somme importante.Mais elle s'effectue par versements annuels durant une période de cinq ans: De sorte que nous me toucherons la somme principale qu\u2019en 1925 ou 1926.; Dans l\u2019intervalle, nous devons subvenir aux frais de nouvelles facultés, fonder de nouvelles chaires, appointer de nouveaux professeurs, nevi- ser les programmes des études, enfin, boucler le budget de toute l\u2019administration de cette chose compliquée et dispendieuse qu\u2019est une grande Université moderne.Nous ne pouvons pas songer à construire maintenant, car nous ne possédons pas les sommes requises à cette fin.Mais nous ne pouvons pas ajourner plus longtemps l\u2019organisation pédagogique de l\u2019Université.Nous y travaillons avec ardeur et sincérité.Cette question est urgente ; l\u2019autre peut attendre.Aïmsi, nous avons fondé une faculté des sciences \u2014 physique, chimie et biologie \u2014 qui exige des laboratoires et des instruments de précision qui coûtent cher.Nos laboratoires de bactériologie, d\u2019histologie et d\u2019anatomie pathologique ont été outillés en vue d\u2019un enseignement pratique important, car le nombre de nos étudiants augmente chaque année.Nous avons appointé des professeurs de carrière, dont deux européens, qui s\u2019occupent tout particulièrement de \u2018biologie, d\u2019histologie et ; .d\u2019anatomie pathologique., Nous avons nommé, aux chaires d\u2019anatomie pratique, de physiologie, de bactériologie, de chimie et de physique médicales, des titulaires qui consacrent tout leur temps à l\u2019enseignement.Il en est ainsi pour les professeurs de la Faculté des sciences.Nous avons fondé, tout dernièrement, une faculté de philosnphie.Nous possédons une faculté des lettres.Voilà, en quelques mots, une partie du programme de l\u2019Université de Montréal sur lequel on a statué avec profit.Mais une telle organisation nécessite un personnel nombreux et com- 124 L'UNION MÉDICALE DU CANADA pétent.Il faut payer les professeurs.La méconnaissance de la science a été la grande erveur des temps passés: c\u2019est la grande erreur des temps modernes.Un grand nombre des professeurs actuels ont enseigné gratuitement durant de longues années, Puis, ils ont touché des appointements dérisoires.Actuellement, surtout parmi les assistants, plusieurs enseignent\u2019 sans rémunération.C\u2019est une injustice.D\u2019autres ne sont guère plus favorisés, L'Université veut redresser ces griefs.Elle doit et elle veut payer ses professeurs, surtout ceux qui se consacrent exclusivement à l\u2019enseignement et à des travaux de recherches.Ce n\u2019est pas en augmentant incessamment les frais de matériel que l\u2019on suppléera à l'insuffisance de l\u2019enseignement ou à l'indigence de la recherche scientifique : c\u2019est en augmentant les traitements du personnel.Or, à l'heure actuelle, les revenus qui proviennent des inscriptions des élèves sont insuffisants pour défrayer le coût total de l\u2019enseignement.Nous devons donc combler le déficit à même les intérêts des sommes souscrites.Ne l\u2019oublions pas, la renommée d\u2019ume Université repose sur l\u2019importance de son enseignement, la réputation de ses professeurs, le nombre et la valeur de leurs travaux, mais non sur la dimension et la richesse de ses bâtisses.C\u2019est pourquoi les directeurs et professeurs de notre Université ont employé leur énergie et une \u2018partie des sommes souscrites à l\u2019organisation pédagogique de notre haut enseignement, plutôt qu\u2019à l'érection de bâtiments dispendieux où logeraient la misère et le dénuement.Qui oserait les blamer d\u2019agir ainsi?Nous attendrons la rentrée de sommes beaucoup plus importantes avant de songer a ériger le monument qui est dans la pensée de gens peu\u2019 renseigmé\u20acs sur cette question.S\u2019il y a, aujourd\u2019hui, une vérité évidente, a écrit le professeur Richet, de Paris, c\u2019est que les misères dont souffre l\u2019humanité peuvent être atténuées par la découverte des vérités scientifiques, et spécialement dans l\u2019ordre biologique.La maladie, c\u2019est l\u2019ennemi ; la maladie, c\u2019est le mal.Or, cet ennemi, pour le combattre avec quelque espoir de succès, il faut le cornaître ; et c\u2019est le rôle de la science.Nous devrons donc, à nos débuts, encourager les chercheurs et ne pas condamner à mourir de faim ceux qui veulent se consacrer à, elle.On rencontre encore des gens \u2014 Brunetière en fut \u2014 qui n\u2019accordent aux vérités de l\u2019ordre scientifique qu\u2019une confiance très médiocre, parce qu\u2019elles sont précaires et transitoires.Tls prétendent, avec un disciple de Jean-Jacques Rousseau, que: \u201cla nature nous a donné l\u2019ignorance pour servir de paupière à notne âme\u201d, ou bien, avec Bernardin, \u201cqu\u2019elle est le repos de notre intelligence en nous faisant oublier les maux passés et en nous dissimulant les présents\u201d.Ces opinions ont vécu.Elles peuvent faire le sujet d\u2019un débat académique mais pas davantage.Nous pouvons les réfuter en citant un seul nom, parmi des centaines, parce que son oeuvre est connue de tous: Pasteur.Encourageons la science d\u2019abord, car elle maintient l\u2019effort de la pensée.Or, la pensée c\u2019est l\u2019homme.Pascal l\u2019a dit: \u201cToute notre dignité consiste en la pensée.Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale \u201d C\u2019est le premier but de notre Université: elle mérite tous les encouragements, elle compte sur tous les efforts.LeSAGE. EVOCATIONS (1) \u201cUse the memory of thy predecessor fairly and tenderly.\u201d Francis BACON.Voila bientôt 25 ans qu\u2019une Faculté toute bienveillante me remettait un parchemin convoité depuis longtemps et m\u2019admettant dans la hiérarchie \u2018des Disciples d\u2019Hippocrate : permettez-moi de préférer ce titre à celui d\u2019Esculape, \u2014 car l\u2019histoire nous a appris que les Asclépiades étaient les charlatans religieux de l\u2019époque.Si je recherche autour de la table du Clonseil de la Faculté les figures d\u2019antan \u2014 c'était en 1896 \u2014 je les constate bien clairsemées en vérité! Je retrouve le Nestor des nôtres, le Dr GUERIN, qui professait alors la (Clinique Interne à l\u2019Hôtel-Dieu.Il était jeune, élégant, portait beau et dans toute l\u2019ardeur d\u2019un professorat brillant.Ses connaissances de Pathologie, fruit d\u2019un long contact déjà avec les malades et renforcées d\u2019une pratique assidue des autopsies \u2014 le microscope n\u2019avait d\u2019utilité pratique que dans les mains d\u2019un très petit nombre d\u2019experts à cette époque \u2014 faisaient des cliniques du jeune professeur un attrait particulier de l\u2019Hôtel-Dieu, sis aux confins de la ville alors.Le Professeur POUCHER recevait encore avec son affabilité coutumière à sa \u2018Olinique de Notre-Dame, leg étudiants qu: se pres- sadent anxieux près de sa chaire: et les indications cliniques étaient exposées avec cette facilité qui découle d\u2019une érudition assurée.\u2018Ce qui se conçoit bien s\u2019énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément, nous a-t-il été dit, et le Prof.Foucher parlait alors comme aujour- d\u2019hui d\u2019abondance.Tout pris qu\u2019il soit avec ses labeurs professionnels, le professeur de Notre-Dame a su trouver les loisirs d\u2019écrire un Traité Pratique d\u2019Ophtalmologie que l\u2019on trouve sur les rayons de tout médecin soucieux de ne rien ignorer de cette spécialité.(1) Discours prononcé par le docteur St-Jacques en prenant son siège au Conseil de la Faculté de Médecine. 126 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En anatomie, le Professeur MIGNAULT, dont nous suivions les démonstrations avec une régularité craintive de l\u2019examen ultime, martelait en nos jeunes cerveaux rebelles les rudiments d\u2019une science toujours redoutée des néophytes.Pour d\u2019Anatomie Appliquée nous allions alors a la vicille Ecole Victoria, face à l'Hôtel-Dieu, où, dans une salle plutôt sombre qu\u2019attrayante, le Prof.CHARTRAND, assisté de MM.DELORME, FON- LIER, RIVET et MORE AU dirigeaient nos scalpels\u2019 hésitants dans des fouilles quasi archéologiques ! Quels carabins féroces\u2014quels enfants incorrigibles nous étions alors,\u2014et de quelle mansuétude, de quelle patience ces maîtres d\u2019alors entourèrent-ils nos efforts de dissection.À eux tous, un merci appréciateur de leur dévouement et leur bienveillance À aider nos premiers pas dans ce sacerdoce de la misère humaine._ #* % Je regarde, je cherche encore, \u2014 tous les autres manquent à l'appel ! L'occasion s\u2019offre excellente, me semble-t-il, Messieurs, d\u2019évoquer quelques-unes des figures disparues, et de saluer d\u2019un souvenir sympathique et reconnaissant ces ouvriers des premières heures, \u2014 des heures difficiles, nous rappelant ce conseil de Francois Bacon : \u201cUse the memory of thy predecessor fairly and tenderly.\u201d Aux \u201cPrimaires\u201d, nous avions le Prof.FAFARD.qui enseignait une chimie sans à peine d'alambie de démonstration.Il en prenait son parti, bonhomme, et se dévouant sereinement, faisait de son mieux.[1 y avait aussi son ami de coeur, que les élèves saluaien* toujours d'un applaudissement amical et joyeux, \u2014 à moms qu\u2019il ne fut pas de sa belle humeur habituelle: j'ai dit le Prof.LAMARCHE.11 fut vraiment professeur celui-là! quel don d'enseignement! conception d\u2019une clarté toute française et verbe si facile, si coloré, si abondant et si précis à la fois: si vraiment français.Il avait succédé au Prof.DAGENAIS, qui, grave.méthodique et pondéré avait professé l\u2019art des accouchements à mes débuts.Et aujourd'hui, M.de COTRET continue les traditions du passé et trouve moyen au milieu de ses labeurs de publier des leçons climi- ques qui sont à dl\u2019honneur de la Faculté.Saluons cet artisan infatigable qui avec une belle aisance réussit ce double tour de force d\u2019accoucher lui-même en accouchant les autres! Je n\u2019aurais garde d\u2019oublier, dans cette nomenclature rapide, hs i oo -2 L'UNION MEDICALE DU CANADA 1: cette sympathique figure, ce petit gentilhomme, si courtois et gi doux que fut le Prof.DESROSIERS, auteur de cette Thérapeutique qui rendit aux \u2018praticiens de l\u2019époque des services signalés.Et que dire de son successeur, le Prof.HERVIEUA ! Sa mémoire est encore trop fraîche parmi nous pour qu\u2019il y ait besoin d\u2019évoquer sa silhouette.Un bel esprit celui-là aussi, \u2014 voyant large et loin \u2014 et qu\u2019une destinée marätre ravit trop tôt à notre jeune Faculté.Le Prof.BRENNAN, \u2014lomniscient d\u2019alors,\u2014de cette activité débordante qui Peut signalé tôt à l\u2019attention de cet artisan des Oeuvres Colossales: Napoléon\u2014à \u2018qui nous devions presque les premières notions de microscopie, qui commençaient à peine à poindre parmi nous, \u2014 Brennan qui fut à cette époque un des premiers à pressentir l'importance fondamentale des études microscopiques.Le Prof.DEMERS nous parlait d\u2019arthritisme et nous impres- donnait de la singularité de la calvitie en fer à cheval; tandis que Papa DUROCHER essayait de nous inculquer quelques principes de médecine légale.Le Prof.HARWOOD\u2014notre si estimé Doyen\u2014venait d\u2019arriver, iléjà précédé d\u2019une réputation.MERCIER venait de commencer ses premières armes.PARIZEAU était un jeune chirurgien d\u2019avenir.MARIEN qui allait commencer ges succès, avait à peine déballé son microscope.BENGIT aiguisait sa plume._\u20147 DELORME et FORTIER, comme je Iai dit, fréquentaient chez Morgagni ! Quant aux Benjamins d'aujourd\u201dhui, les bébés d'alors \u2014 et quels bébés! \u2014 DUBE et LESAGE, ils partaient pour Paris tandis que mon compagnon de classe, ce stoïque des stoiques, BERNIER et moi, quittions bientôt avec notre biberon professionnel en quête d\u2019un lait contenant plus de vitamines ! A l\u2019errière plan de ce \u2018passé, se dressent au milieu de cet Aéro- page respecté cinq figures, dont la mémoire à plus d\u2019un d\u2019entre nous est restée sympathique et chère: notre vieux et estimé Doyen.Dr ROTTOT, Sir Willam HINGSTON, MM.E.P.LACITAPELLE, BROSSEAU et BRUNELLE.Le Prof.BRUNELLE jouissait il y a 25 à 30 ans d\u2019une renommée.qui sétendait hors Montréal.Un labeur assidu lui avait garmé ses gallons.Nous nous rappelons sa voix haute, presque dure parfois, 128 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 mais ceux qui l\u2019ont connu dans l\u2019intimité savent que cette écorce rude cachait le plus obligeant des coeurs.LE.P.\u2014 comme tous appelaient le Dr LACIAPELLE et dont les aînés d\u2019entre nous ont été les amis et les collaborateurs, a laissé le souvenir d'un organisateur émérite.LI semblait qu\u2019il put lire l\u2019avenir.La population canadienne lui doit l\u2019Hôpital Notre-Dame, le plus vivant mausolée qu\u2019il ait pu rêver! \u2014 et la Faculté lui est reconnaissante de l\u2019avoir pilotée à travers plus d\u2019une crise difficile.Il est une oeuvre à laquelle 1l s\u2019employa toute sa longue carrière durant et que je tiens à signaler particulièrement: combien il s\u2019appliqua et avec quel succès plus d\u2019un le sait bien, à servir de trait d\u2019union entre la profession mdicale anglaise et la profession française: c\u2019était un Meentor estimé de tous et de tous écouté, \u2014 et ne serait-ce qu\u2019à ce dernier titre seul, nous saluerions sa mémoire d\u2019un témoignage appréciateur.Jai mentionné BROSSEAU, \u2014 et le nom du Professeur de Notre-Dame me monte symmathiquement.du coeur aux lèvres.J'avais un faible pour Brosseau, \u2014 car il était vraiment professeur.Dès ma première année je trichais le cours de chimie pour courir à N'otre- Dame me mêler aux groupes des étudians, qui suivaient les cliniques au lit des malades: car à cette époque INotre-Deime seul admettait les étudiants dans les salles.Brusque était BROSSEAU, je le veux bien,\u2014rude parfois, mais comme il se donnait de mal pour bien faire comprendre aux néophytes.Il était clair dans ses explications et pratique à la fois.Comme opérateur, ses successeurs d\u2019aujourd\u2019hui, les Mercier, les Parizeau et les Bourgeois ont certes une technique plus savante et plus fine, plus audacieuse et plus réussie.Reconnaissons que les moyens d\u2019action d\u2019il y a 25 ans n'égalaient pas ceux dont nous disposons aujourd\u2019hui.Plus tard & Paris en fréquentant la clinique du Prof.Tillaux, je retrouvais beaucoup de la manière et des méthodes de Brosseau: et j\u2019en appréciais mieux sa valeur.Que dire du PROF.ROTTOT, dont le souvenir est encore si vivant parmi nous.Non pas qu\u2019il fit grand bruit certes.A coté de son collègue Brosseau, il apparaissait si calme et si mesuré.Je le revois encore s'approcher.lentement du lit du malade et l\u2019observer longuement, silencieusement pendant que l'interne ou la Religieuse de garde donnait le compte-rendu des dernières heures.BIEN.BIEN.marmottait-il doucement pendant que sa main interrogeait L'UNION MÉDICALE DU CANADA 129 le pouls du malade et son oeil au sourcil hirsute le scrutait jusqu'au tréfond de la vie! D'une thérapeutique peu variée\u2014thérapeutique plutôt d\u2019attente que prémunisante et active, Rottot à dû inspirer à Fliessinger sa \u201cThérapeutique en 20 médicaments\u201d, il surveillait et s\u2019appliquait À \u201cne pas contrecarrer, disait-il, les efforts intelligents d\u2019une nature bien avertie, mes amis, \u2018plus entendue que nous.\u201d Il semblerait que ces paroles de Magendie aient guidé sa thérapeutique: \u201cSachez-le \u201cbien, la maladie suit le plus habituellement sa marche sans être in- \u201cfluencée par la médication dirigée contre elle.Si même j\u2019exprimais \u201ctoute ma pensée je dirais que c\u2019est surtout dans les services où la \u201c médication est plus active que la mortalité est la plus considérable.\u201d {Magendie, Cours du Collège de France, Fév.1846).Quel gentilhomme courtois et plein d'esprit et sympathique aussi.Il aimait le calme qui permet la pensée,\u2014et 11 semble qu'il ait été par excellence l\u2019un de ces sages à qui s'appliquerait bien la devise: AEQUAM SERVARE MENTEM, \u2014 .ET IMPASSIBLE, IL ALLAIT SERVANT ESCULAPE.Si l\u2019on a pu dire de Sydenham \u201cthat he was a man of many \u201cdoubts and therein lay the secret of his great strength\u201d :(Osler ), \u2014 le scepticisme médical du Prof.Rottot en face des mystéres quoti- Jiennement étalés par la Nature expliquerait peut-être sa force,\u2014 comme aussi quelques-unes de ses faiblesses.Enfin, Messieurs, une dernière figure parmi celles des grands disparus, celle de SIR WILLIAM HINGSTON.Lettré et cultivé, il l\u2019était comme il convenait aux maîtres de son époque.Car il semble que les médecins nos ancêtres et nos prédécesseurs, moins pris à toutes les heures du jour par cette activité dévorante que stimulent le téléphone, le tramway, l'auto et que sais- je encore\u2014alent tenu à une culture générale.Ils se réservaient volontiers quelques instants du jour pour une lecture fructueuse, une annotation profitable, une méditation bienfaisante dans le calme du cabinet.C\u2019était de tradition chez nos pères et c\u2019est en pensant à eux qu\u2019Osler a dit: \u201cThe practitionner needs culture as well as learning.for by the neglect of the studies of the humanities which has been far too general, the profession loses a very precious quality\u201d.ABEUNT STUDIA IN MORES.Aux noms de Sir William et du Dr Rottot, nous ajouterions volontiers parmi cette phalange de médecins cultivés le Prof.Laramé, 130 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cL parmi nos collègues anglais montréalais nous signalerions les Campbell, les Holmes, les Howard et les Osler.Nous aimons à nous rappeler cet Esculape si aristocratique, de- manieres si distinguées, tout aussi à l\u2019aise quand il s\u2019adressait aux lumbles que lorsqu'il échangeait avec ceux qui affectaient grand genre.Délicat à l\u2019extrême avec ses patients, sympathique aux plaintes douloureuses, Sir William était adoré de ses malades parcequ\u2019il savait le mot encourageant et le geste réconfortant.De lui aussi, Osler aurait pu dire que sa carrière \u201cwas an examplifying of those.graces of life and refinement of heart which make up a CHARACTER.\u201d | Pour son époque, Sir William fut un chirurgien non seulement ce marque mais aussi d\u2019avant-garde.À lui nous devons une des.premières sinon la première Néphrectomie \u2014qui remonte à 1878 ou a peu pres.Quels beaux succès il eut avec ses ovariectomtes dans les premiers 80.Il n\u2019y eut que Guyon pour l\u2019exceller dans l\u2019élégance et ia dextérité du lithotriteur.Sa renommée professionnelle lui valut, nous le savons, d\u2019être.appelé en consultation avec les premiers chirurgiens des Etats-Unis auprès du Président Garfield mourant.Il était de tous les Conseils.médicaux du Canada, tout comme il était aussi chez lui dans les assizes professionnelles aux Etats-Umis, en Angleterre et en Ecosse.Avec plus d\u2019un de ses amis et admirateurs nous avons regretté.qu\u2019il n'ait pas au déclin de sa carrière accepté les enseignements de- la bactériologie, avec les obligations pratiques qu\u2019elle imposant.Mais à Paris, n\u2019avions-nous pas entendu le Maître Tillaux encore.à son apogée (dire en terminant une leçon clinique: \u201cEt maintenant mes amis, je vais céder le scalpel à des mains.\u201cplus jeunes et plus éclairées que les miennes.Vous savez, ces mi- \u201ccrobes je les redoute plus que je ne les comprends, et je me fais.\u2018un peu vieux !\u201d Et il confiait à J.L.Faure, ce magicien du scalpel, de compléter par sa maestria opératoire la leçon clinique commencée par le vieux Maître de La Charité.Que s\u2019il en était parmi nous qui soit enclings à juger sévèrement la NON ACCEPTATION des doctrines bactériennes et la NON « RATIQUE d\u2019une chirurgie exclusivement aseptique, que ceux-là n\u2019oublient pas combien de réfractaires Pasteur rencontra parmi ses.collègues de L\u2019Académie de Médecine, alors qu\u2019il leur avait surabondamment prouvé la justesse de ses propositions ; I UNION MEDICALE DU CANADA 131 Qu\u2019ils se rappellent les luttes de Championnière à Paris, à son retour d\u2019Edimbourg ; Qu\u2019ils n\u2019oublient pas davantage quels efforts il fallut à Terrier, pour faire reconnaître à l\u2019Asepsie pure droit de chirurgie ! Si de telles oppositions se sont rencontrées en ce centre de lumière médicale qu\u2019est Paris, souffrons que la conviction ait été lente aussi à s'installer ailleurs.N\u2019est-ce pas le propre \u2018de l'esprit humain de tenir à ses fétiches autant qu\u2019à ses illusions, et sommes-nous si certaims\u2014les jeunes comme les mûrs d\u2019aujourd\u2019hui\u2014de ne pas vieillir avant l\u2019heure et à notre tour de ne pas nous laisser distancer alors que le soleil est encore haut à l\u2019horizon:?LAURENS ne nous a-t-il pas mis en garde d\u2019ailleurs lorsqu\u2019il dit: \u201cIl y a beaucoup de vieillards à quarante ans et une infinité de jeunes à soixante !\u201d : Qui de nous peut assurer qu\u2019il se ralliera sans résistance aux interprétations futures sur l\u2019immunité, le métabolisme ou l\u2019hystérie, pour ne signaler que quelques sujets.La VERITE n\u2019apparaît pas également aussi lumineuse à chacun : eile est s1 étrange parfois, si subversive de nos conceptions antérieures ! .Tis strange, but true, For Truth is always strange, < Stranger than fiction! nous assure Byron.Il n\u2019est pas donné à tous d\u2019être terrassé dans un flot de lumière comme Saul au chemin de Damas, et voilà pourquoi n\u2019étant pas sûrs de notre avenir il convient peu d'être sévères à l\u2019endroit de nos prédécesseurs, dont le rayonnement de carrières fructueuses se poursuit encore jusqu\u2019à nous.| Afflavit Deus et dissipantur : Le souffle de Dieu est passé et Ils ne sont plus! A tous ces disparus, les Rottot et les Hingston, les Desjardins et les Dagenais, les Lamarche et les Fafard, les Brosseau et les Brunelle, les Brennan et les Lachapelle\u2014pour n\u2019en rappeler que quelques-uns - \u2014nous adressons l\u2019hommage de notre souvenir affectueux et admi- retif.A leur heure,\u2019 ils furent constellations: laissons les rayons qui filtrent d\u2019outre-tombe briller encore parmi nous et gardons-nous, en amoindrissant le souvenir des disparus, d\u2019arracher du firmament de notre Faculté les étoiles qui peuvent y scintiller.EUGENE ST-JACQUES, Professeur à l\u2019Université de Montréal, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu. Les rayons X dans le traitement de quelques maladies de la femme LE FIBROME ET LES HEMORRHAGIES UTERINES.(1) Par le Dr J.-E.PANNETON, Professeur agrégé de Radiologie à l\u2019Université de Montréal, Radiologiste de l'Hôpital Notre-Dame, Membre de la Société de Radiologie de France, Membre de l'American Roentgen Ray Society.La valeur de la radiothérapie dans le traitement conservateur du fibromyôme utérin et des hémorrhagies utérines est aujourd\u2019hui bien établie et universellement reconnue.Elle constitue en effet le traitement de choix de ces deux conditions pathologiques, lorsqu\u2019il n\u2019existe pas de complications annexielles, infectieuses ou kystiques.Cette question de la radiothérapie des fibrômes utérins a suscité beaucoup de travaux et de discussions.Des radiologistes trop enthousiastes ont cru trouver dans les Rayons X, le traitement unique et exclusif de tous les fibromes utérins, pendant que d\u2019autres n'admettent plus les opérations chirurgicales que pour des cas très exceptionnels de \u2018fibrômes et d\u2019hémorrhagies utérines où, pour des raisons particulières, la radiothérapie est inopportune.Par contre, des chirurgiens éminents refusent de reconnaître les succès de la radiothérapie, la relèguent au nombre des méthodes simplement palliatives déjà préconisées.La vérité est dans une opinion moyenne; chacun des deux procédés ayant ses avantages, il faut avant tout en bien savoir poser les indications.\u2018 \u2019 Le traitement chirurgical conserve encore tous ses droits quand il s'agit de tumeurs très volumineuses lorsqu\u2019elles déterminent des accidents graves de compression, de fibrômes compliqués de lésions annexielles infectieuses, ou de kystes volumineux ou de fibrômes en voie de dégénérescence cancéreuse.(1) Partie de ce travail publiée dans le Journal of American Roent- genology, Novembre 1920, et accepté comme thèse pour réception comme membre de l'American Roentgen Ray Society. + L'UNION MÉDICALE DU CANADA 133 La radiothérapie donne le maximum de succès dans les cas sul- vants: 1.\u2014-Dans les fibromyomes simples de petit volume, caractérisés seulement par une sensation de lourdeur ou de malaise dans le bas- ventre, avec règles profuses.2 \u2014 Dans les fibromes multiples accompagnées ou non d\u2019hémorrha- gies.3\u2014Dans les gros fibromyômes, palpables à travers la paroi abdominale, pouvant remonter jusqu\u2019au-dessus de l\u2019ombilic et accompagnés de symptômes de compression du colon iliaque \u2018amenant une constipation mécanique difficile à vaincre; de compression de la vessie diminuant sa capacité et obligeant à des mictions très fréquentes; de compression des plexus nerveux, donnant de fortes douleurs dans les jambes, ou des douleurs lombaires.Les menstruations peuvent être normales comme intensité et comme durée ou n'être que légèrement augmentées.4.\u2014Dans les fibromes, quelqu\u2019en soit le volume, accompagnés d\u2019hé- morrhagies plus ou moins graves.d-\u2014Dans les métrites hémorrhagiques et dans certaines ménorrha- gies douloureuses sans fibrome décelable.6\u2014 Dans les hémorrhagies utérines avec gros utérus en subinvolu- tion ou dans les hémorrhagies qui précèdent la ménopause tardive.7 \u2014 Dans les fibrômes des femmes âgées n\u2019ayant plus leurs menstruations.Dans tous ces cas, les résultats obtenus sont si heureux qu\u2019ils se sraduisent à peu près constamment par le mot guérison ou guérison clinique, des malades, pourvu qu\u2019elles aient reçu une dose de radiations sensiblement supérieure à celle qui est strictement nécessaire à l'arrêt des règles.De très nombreuses observations ont été publiées.Je ne les rapporterai pas ici; leur énumération seule serait déjà trop longue.Je me contenterai de citer les conclusions de quelques-uns de leurs auteurs.En octobre 1913, dans les Archives d\u2019Electricité Médicale, M.le Dr.Béclère, l\u2019éminent radiologiste de l\u2019Hôpital St-Antoine à Paris, publie une statistique remarquable comprenant 66 cas.\u201cMa statistique, dit-il, est très favorable, puisqu\u2019elle donne une proportion de succès de 96 à 97 pour cent, mais je suis bien loin de m\u2019en attribuer le mérite.La cause principale de ces succèès provient de ce que 1° plupart des malades m\u2019avaient été confiées par des gynécologues tels que M.M.Bar, Champetier de Ribes, Labadie-Lagrave, Lepage, Pi- 134 L'UNION MEDICALE DU CANADA nard, Ribemont-Dessaignes et Siredey, ou par des chirurgiens tels que M.M.J.L.Faure, Gosset, Périer, Ricard, Rochard et Roux.Chez toutes, c'est après une étude soigneuse des indications et des contre-in- ications thérapeutiques que la radiothérapie avait été jugée préférable à l'intervention chirurgicale.\u201d En septembre 1919, Mr.Béclère nous donne une nouvelle statistique de 400 cas, dont 396 guérisons cliniques.Nous parlerons au long de ce magistral rapport à la suite de cet article.Dans leurs conclusions, Bergonié et Spéder écrivent : \u201cDans le traitement des fibromes, les premières modifications notables de la menstruation et des hémorrhagies s\u2019observent en moins de deux mois d\u2019irradiation.\u2018Tout d'abord, les règles redeviennent normales, puis leur abondance et leur durée diminuent.Après trois ou quatre séries d\u2019irradiation, rarement cinq, les règles et les hémor- rhagies cessent.\u201cLes fibromes diminuent toujours et dans des proportions variables.Dans certains cas, nous avons observé la disparition complète des tumeurs; dans d\u2019autres cas, où le fibrome énorme dépassait l\u2019ombilic, la tumeur a diminué jusqu\u2019à deux et trois travers de doigt au-dessus du pubis pour rester alors insensible au traitement.L'état général s'améliore, l\u2019anémie cesse, les phénomènes de compression disparaissent, les malades reprennent leurs occupations et leur genre de vie sans aucune gêne.\u201cLe traitement radiothérapique ne présente aucun danger; avec une bonne technique, par l\u2019emploi de rayons appropriés, l\u2019espacement des séances, on ne provoque aucune brûlure des téguments.\u201d De son côté, Bordier nous dit: \u201cLa radiothérapie obtient des succès qu'aucune méthode médicale, électrique ou autre, n\u2019a jamais donnés.Mais je m'empresse d\u2019ajouter que si l\u2019on suit une technique mauvaise, on n\u2019obtiendra pas plus avec ce traitement qu\u2019avec les autres procédés médicaux.\u201d M.Bordier insistant toujours sur la nécessité de la technique dit qu\u2019elle est tellement importante qu\u2019elle domine toute la thérapeutique roentgénienne des fibrymyômes.Cette technique doit ses succes à trois facteurs principaux :\u2014 1:\u2014Au choix judicieux du faisceau de rayonnement.2 \u2014A la mesure de la dose de rayons.3:\u2014A la qualité des rayons émis par l\u2019ampoule.La radiothérapie est-elle applicable à toutes les femmes?Juisqu\u2019à ces dernières années, l\u2019on ne conseillait la radiothérapie L'UNION MÉDICALE DU CANADA | 135 \u2018qu\u2019aux femmes ayant atteint ou dépassé l\u2019âge de la ménopause, c\u2019est- à-dire aux femmes de 40 ans et plus.Les femmes plus jeunes pouvaient occasionnellement en tirer grand bénéfice à condition de con- sinuer le traitement assez longtemps et de façon intermittente.Mais il est possible, aujourd\u2019hui, grâce aux nouvelles techniques, de provoquer prématurément la ménopause chez des jeunes filles de 17 ou 18 ans, sinon chez toute jeune fille pubère, lorsqu'il y a des indications thérapeutiques de le tenter.| Il faut noter cependant que le traitement ces femmes jeunes est nécessairement plus long que celui des femmes de 40 ans ou plus, d\u2019autant plus long que la femme est plus jeune.Il est nécessaire aussi de prévenir ces dernières que la radiothérapie amènera peut-être chez elles une stérilité plus ou moins définitive.Il y a plus de quatre ans, j'ai eu à traiter, à l\u2019Hôpital Notre- Dame une jeune malade âgée seulement de 25 ans et porteuse d\u2019un petit fibrôme hémorrhagique.Cette malade avait des menstruations douloureuses fort pénibles qui nécessitaient très souvent des repos au lit.Une opération que l\u2019on jugeait raisonnable à cette époque fut proposée mais refusée avec persistance.Son médecin qui la traitait pour des troubles nerveux entretenus en partie par son mauvais état gynécologique, me l\u2019adressa.La radiothérapie fit cesser rapidement et les hémorrhagies et les menstruations.Le fibrome disparût complètement.Je revois cette malade à intervalles réguliers, afin de me rendre compte des conséquences du traitement.Après 2% mois de ménopause, elle eut une menstruation normale, puis une seconde, trois mois plus tard.À part quelques bouffées de chaleur durant les premiers mois, la malade n\u2019a jamais éprouvé de malaises ou d\u2019inconvénients causés par sa ménopause précoce et probablement définitive.On nous pose quelquefois l\u2019ohbjection suivante: \u201cNe croyez-vous pas qu\u2019il y ait danger à laisser en place un utérus ainsi atrophié et sclérosé?Ne pensez-vous pas qu\u2019il puisse s\u2019y développer plus tard du cancer?Cette question vient d\u2019une crainte théorique qui peut être légitime en soi, mais qui, en fait, demeure tout à fait hypothétique, car il n\u2019y a jamais eu à ma connaissance, un seul cas publié de cancer utérin qui se serait développé consécutivement à un traitement par les rayons de Roentgen pour fibrome de l\u2019utérus lorsque le cancer n\u2019existait pas avant le traitement.Si le cancer existe déjà, avant le traitement, comme complication du fibrome, nous avons vu que l\u2019intervention chirurgicale était indiquée, avant l\u2019action adju- 136 L'UNION MÉDICALE DU CANADA vante des rayons XN.Sans me limiter aux résultats déjà publiés, j n\u2019ai jamais manqué, dans les congrès ou ailleurs, chaque fois qu\u2019il m'a été donné de rencontrer un radiothérapeute ayant quelqu\u2019expérience, de lui poser moi-même la même question, et toujours la réponse a été négative.Cependant les premiers essais de radiothérapie du fibrome utérin remontent déjà à 18 ou 19 ans, en Europe, et j'ai scus les yeux, une observation du Dr.J.E.Hett de Berlin, (Kitchener) Ontario, d\u2019une malade traitée dès Janvier 1903 et publiée en Septembre 1904 dans \u201cThe Journal of Advanced Therapeutics\u201d, ¢t ayant pour titre: \u201cThe Complete Absorption of a Large Uterine Fibroid by X-Rays\u201d.Ce danger demeure donc toujours hypothétique, on ne peut plus rare ou éloigné et il serait largement compensé par les nombreux avantages qu'offre, sur l'opération chirurgicale, ce traitement conservateur.La statistique de Pfender montre que moins de deux pour cent des fibromes utérins ont une tendance à la malignité, tandis que la mortalité totale du traitement opératoire des fibromes est au moins de cinq pour cent.Quels sont donc les principaux avantages de la radiothérapie lorsqu\u2019elle est indiquée ?1:\u2014L\u2019élimination des risques, quels qu\u2019ils soient, de l\u2019anesthésie chloroformique ; la radiothérapie, en effet, contrairement aux anciens \u2018procédés d\u2019électrolyse (méthode Apostoli) est absolument .indolore, tellement que la malade est toujours étonnée d\u2019apprendre que l\u2019application est terminée.\u2018 2 \u2014La suppression de la possibilité d\u2019éventration, d\u2019hémorrhagies internes, de suppurations ou d\u2019adhérences nécessitant une seconde opération.3:\u2014La malade ne perd aucun temps par l\u2019immobilisation à la chambre, Je traitement ne demandant que quelques minutes une fois toutes les trois ou quatre semaines.Elle peut vaquer chez elle, dans l\u2019intervalle des séances, à toutes ses occupations ordimaires et elle n\u2019a besoin d\u2019aucuns soins spéciaux.4:\u2014On ne rencontre pas chez les femmes traitées par les rayons \u2018X\u201d cette mentalité spéciale, ce psychisme particulier à certaines femmes, nerveuses peut-être, chez qui l\u2019on a pratiqué l\u2019ablation de l\u2019utérus ou des ovaires.Cr :\u2014La radiothérapie n\u2019offre absolument aucun danger de brûlure.ou d\u2019ulcération, si la technique employée est la bonne. L'UNION MÉbICAIE DU CANADA 13% i :\u2014Enfin, et ceci n\u2019est pas le moindre avantage de la radiothérapie, il n\u2019y a jamais de mortalité.L\u2019on a prétendu que la radiothérapie, méthode sûre, on l\u2019admet, lorsqu'elle est indiquée, était un peu lente et que la chirurgie guérissait les malades beaucoup plus promptement.Au sortir de la salle d'opération, la femme n\u2019a plus de fibrome, il est vrai, et s\u2019il ne lui fallait pas ensuite \u201cguérir de son opération\u201d, nous pourrions admet- ire que la chirurgie est plus rapide; mais si l\u2019on tient compte des trois ou quatre semaines d\u2019hospitalisation et des quelques semaines de repos et de récupération des forces à domicile, en supposant que tout se passe normalement, car dans les cas de complications, il faudra compter en mois, l\u2019avantage risque fort de demeurer encore ici à la radiothérapie qui n\u2019immobilise pas et n\u2019affaiblit pas les malades.Ce dernier avantage est encore plus appréciable chez les femmes qui, en raison de leurs obligations domestiques, seraient incapables de prendre un repos complet de plusieurs semaines.Ma statistique personnelle se compose de 74 cas.Si jexclus deux cas envoyés pour fibrome mais qui en réalité m\u2019étaient que des kystes, et trois malades qui ne reçurent que deux ou trois applications et n\u2019eurent pas la patience d'attendre la fin du traitement je reste avec 69 cas traités.Je ne ferai que mentionner dans ce travail les 19 derniers cas traités et apparemment cliniquement guéris mais qui n\u2019ont pas encore subi l\u2019épreuve du temps.Dans l'impossibilité de décrire en détail les 50 observations qui restent et dont la première remonte à dix ans, je les énumèrerai par groupes en réunissant ensemble les cas qui m\u2019ont paru présenter le plus d\u2019analogie.1°\u2014 Treize cas de fibromes volumineux avec hémorrhagies excessivement profuses et fréquentes rendant les malades absolument cxsangues et invalides.Ages variant entre 37 et 55 ans.Disparition totale de la tumeur chez la plupart de ces malades; chez les autres, réduction de la tumeur incomplète, mais suffisante néanmoins pour supprimer tous les ysmptômes cliniques désagréables, en 3 à 6 mois.Disparition de toute perte sanguine et établissement de la ménopause définitive en 2 ou 3 mois chez toutes ces malades.2°\u2014Vingt-deux cas de fibromes avec menstruations profuses habituelles et quelques hémorrhagies inquiétantes à longs intervalles.Quelques-unes de ces tumeurs étaient de la grosseur d\u2019une orange; d\u2019autres s\u2019élevaient jusqu\u2019au niveau de l\u2019ombilie.Ages variant de 25 a 60 ans.Le traitement provoque la ménopause définitive dans 138 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 20 cas, sans aucun retour ultérieur des menstruations; dans un cas avec seulement deux retours de pertes, l\u2019une après 27 mois, l\u2019autre trois mois plus tard, suivies d'une ménopause définitive, ce qui laisse supposer que les jeunes personnes pourraient voir leurs règles reparaître si la dose administrée était juste suffisante pour calmer les principaux symptômes.Disparition complète du fibrôme dans 17 cas.Diminution considérable dans 4 cas où les malades demeurent exemptes de symptômes.Enfin, le second cas fut celui d\u2019une jeune femme de 33 ans.Elle nous est adressée avec le diagnostic de fibrôme posé par le médecin de famille, confirmé par un chirurgien éminent qui propose opération.La malade présente une masse développée surtout dans la fosse iliaque droite et palpable dans le vagin.Elle accuse des douleurs abdominales basses.Les menstruations sont profuses, longues et fréquentes, touttes les 3 ou 4 semaines.Sur le conseil de son médecin, nous commençons la radiothérapie, mais après la quatrième série d\u2019applications, noûs constatons que, contrairement à ce qui s\u2019observe habituellement, la malade souffre davantage et la masse abdominale augmente.Nous lui conseillons de consulter un chirurgien et de se faire opérer, s\u2019il le juge à propos.A l\u2019opération l\u2019on découvre un fibrome utérin compliqué de kyste de l\u2019ovaire et d\u2019un petit fœtus mort.Si le diagnostic avait été posé correctement, nous \u2019aurions pas traité cette malade, car la radiothérapie était ici contre- indiguée.3°\u2014Six cas de fibrômes avec règles plus ou moins normales.Les symptômes principaux sont des douleurs dans le bas-ventre, surtout marquées au moment des menstruations.Tumeurs variant de la grosseur d\u2019une petite orange à une tête d\u2019enfant.Ages s\u2019étendant de 34 à 49 ans.Le traitement amène la suppression définitive des 1ègles dans tous les cas, une disparition totale du fibrôme chez quatre des malades et une diminution considérable chez les deux autres que les symptômes ennuyeux n\u2019incommodent plus.4°\u2014 Deux cas de fibrômes volumineux chez des personnes qui, parvenues à la ménopause depuis 20 ans, et 4 ans respectivement, n'avaient plus de pertes sanguines.La première malade âgée de 76 ans, est porteuse d\u2019un énorme fibrôme remontant à 12 centimètres au-dessus de l\u2019ombilic.Cette malade ne reçoit que trois séries d\u2019applications et le fibrôme ayant diminué de moitié environ, elle se sent si soulagée et relativement si bien, qu\u2019elle ne croit pas devoir continuer le traitement vu son grand âge et les fatigues du déplacement. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 139 La seconde malade, âgée de 48 ans, n\u2019avait plus de pertes sanguines lepuis 4 ans.Son fibrôme remontait à un travers de main au- dessus du pubis.La radiothérapie fait régresser la tumeur jusqu\u2019en arrière du pubis.Au toucher, l\u2019utérus paraissait encore un peu gros, mais la malade ne présentait plus les symptômes douloureux qu\u2019elle évrouvait avant le traitement.5°\u2014Deux cas d'hémorrhagies abondantes ou prolongées chez des malades présentant un gros utérus en subinvolutiôon, mais sans fi- brôme décelable.L'irradiation roentgénienne amena la ménopause et la régression dans les deux cas.6°\u2014Cinq cas d\u2019hémorrhagies chez des femmes de 40 à 48 ans ayant un utérus apparemment normal comme volume.Les rayons X produisent la ménopause définitive dans les cinq cas.Cette statistique personnelle est donc en concordance parfaite avec celles de nos maîtres.Nous y voyons que le symptôme hémorrhagie, le plus inquiétant pour les malades et celui précisément qui les décide à consulter le médecin, disparaît d\u2019une façon constante, quand la dose de radiation absorbée a été suffisante.Quant au fibrôme, il disparaît complètement ou à peu près dans la majorité des cas.Dans les autres cas, il régressera d\u2019une façon b.en marquée et suffisamment pour faire disparaître tous les symptômes de douleur, de compression de l'intestin et de la vessie.De ces cinquante malades, une seule a dû être opérée après avoir reçu quatré séries de traitement.À la vérité l'on ne doit pas compter ce cas comme un échec du traitement mais plutôt comme un échec de diagnostic puisque la malade, outre son fibrôme, était enceinte et que ce fait n\u2019avait pas été découvert aux divers examens qui avaient été faits.La radiothérapie était ici contre-indiquée d'emblée.Je suis convaineu que dans tous les cas où le diagnostic est bien osé, nous pouvons être assurés d\u2019un résultat brillant.Pour moi, l\u2019efficacité des rayons X s\u2019est montrée telle, qu\u2019à- près la troisième ou la quatrième séance, si la malade n\u2019en a pas éprouvé une amélioration marquée, je ne crains pas d\u2019affirmer qu\u2019il y a eu erreur de diagnostic, que nous n\u2019avons pas affaire à du fi- brôme ou que, si le fibrôme existe, il existe en même temps des complications annexielles qui ne peuvent être guéries que par une intervention chirurgicale, et je n\u2019hésite pas à adresser ces malades au chirurgien. 140 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA LESIONS INLAMMATOIRES ANNEXIELLES.La radiothérapie est ordinairement contre-indiquée dans les lésions inflammatoires des ovaires ou des trompes.J\u2019ai toutefois une observation intéressante d\u2019une malade vue en consultation avec Mr le Dr Bourgeois, en Septembre 1915, et qui mérite d\u2019être relatée.Il s\u2019agit d\u2019une jeune fille de 27 ans ayant des menstruations douloureuses et profuses depuis deux ou trois ans.| Aucune histoire de gonococcie.Depuis quelques mois, les douleurs sont plus vives et persistent dans la fosse iliaque droite, en dehors des menstruations.Un matin, la malade est très souffrante et fiévreuse ; elle tente de se lever mais doit aussitôt se remettre au lit.C\u2019est .alors que je la vois avec son chirurgien.Elle a une température de 102° F.La fosse iliaque droite est très douloureuse et chaude au toucher.L\u2019examen vaginal révèle une masse dure et douloureuse, à droite.Nous hésitons entre l\u2019appendicite ou une lésion annexielle.Quoiqu'il en soit, le repos au lit et la glace sur la région malade ont raison de la température et des douleurs les plus vives en quelques jours.Au bout de quinze jours, la maalde se sent mieux, à part un peu d\u2019endolorissement du côté droit.Le Dr Bourgeois pratique un nouvel examen vaginal et constate une grosse accumulation fluctuante dans le cul-de-sac de Douglass.Un peu de douleur avec empâtement dans la fosse illaque droite.Pas de température.L'opération est conseillée, mais vivement refusée.La menstruation suivante réveille les douleurs et la température remonte à 100° F.Au bout de dix jours, nouvelle accalmie.La malade refuse toujours l\u2019opération et insiste pour qu'on lui fasse de la radiothérapie.Je la préviens qu\u2019elle risque un réveil de l\u2019état aigu, mais elle insiste quand même.Dix jours après la première application, la malade n\u2019éprouve presque plus de douleurs et sent diminuer la gêne qui existait dans son côté droit.La deuxième application fait disparaître toute souffrance et la palpation n\u2019est plus douloureuse.Les menstruations suivantes, à la grande surprise de la malade sont presqu\u2019indolores et ne durent que quatre jours.Deux autres applications de rayons X sont faites sur la région à l\u2019intervalle de quinze jours chacune, à la suite desquelles la ma- sade déclare ne s\u2019être jamais sentie aussi bien.Le Dr Bourgeois pratique un troisième examen vaginal et cons- a L'UNION MÉDICALE DU CANADA 141 tate, très surpris, que le cul-de-sac est redevenu entièrement libre et qu'il n\u2019existe aucune sensibilité de la région.En un mot, tout lui paraît absolument normal.Comme je ne veux pas produire d\u2019aménorrhée, je suspends la sadiothérapie.Nous tenons la malade sous observation.Les quatre menstruations suivantes sont normales, sans douleurs et très régulières.La cinquième menstruation est un peu en avance, plus profuse et un peu douloureuse.La sixième menstruation est très douloureuse; il existe de la sensibilité dans la fosse iliaque droite.La radiothérapie est reprise; je fais quatre applications toutes les trois semaines.Dès la première application, les douleurs cessent et pendant une année entière, la malade a des menstruations très régulières toutes les quatre semaines, sans aucune douleur.Puis, à la suite d\u2019une exposition prolongée à une grande intempérie, la malade a deux menstruations douloureuses.Quatre nouvelles applications de rayons X sont faites et depuis trois ans et demi la malade n\u2019à plus éprouvé aucune espèce de malaise, malgré de fréquentes expositions involontaires, à toutes sortes d\u2019intempéries.Fait à noter: Trois ou quatre fois par année, une menstruation n'appaiaît pas.A son lieu et place, la malade éprouve \u201cdes bouffées de chaleur\u201d Il est probable que l\u2019ovaire droit est stérilisé.Je ne veux tirer aucune conclusion de cette seule observation quant à l\u2019indication de la radiothérapie dans les lésions inflammatoires des annexes.Je dis annexes, car je crois que toute cette histoire clinique nous porte à croire que les annexes, plutôt que l\u2019ap- rendice étaient intéressées.Je la crois très intéressante et l\u2019expérience mériterait d\u2019être renouvelée dans un cas où pour une raison quelconque, l\u2019opération serait contre-indiquée.* * % La continuation des règles chez une personne parvenue à l\u2019âge rormal de la ménopause peut avoir un retentissement considérable sur un état pathologique quelconque, comme par exemple chez une néphritique, une gastropathique ou une cardiaque, au point de rendre irutiles tous les efforts thérapeutiques.et de mettre la vie de la malade en danger.Dans ces cas de retard, il y aurait peut-être indication thérapeutique de supprimer ces menstruations.Témoin l\u2019observation suivante: Mademoiselle M.âgée de 48 ans, 142 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA souffrant d\u2019affection cardiaque sérieuse nous est adressée par son médecin.L\u2019orthodiagraphie du coeur montre une ombre cardiaque mesurant 128 centimètres carrés de surface, soit une augmentation d'environ 50%.La médication cardiaque ordinaire a bon effet entre las périodes menstruelles, mais dès que paraissent les règles, le coeur devient incontrôlable, et un état fort pénible s\u2019ensuit pour la malade.Cet état de choses dure depuis des années et c\u2019est en vain qu'on attend la ménopause.Les règles reparaissent toujours avec une persistence désespérante et chaque apparition est une nouvelle menace d'asystolle.La radiothérapie est proposée et essayée.Une seule application suffit pour arrêter les menstruations et la malade en éprouve un tel bien-être du côté de son coeur qu\u2019elle insiste pour qu\u2019on lui en fasse trcis autres afin de rendre la ménopause absolument définitive.La malade est toujours une cardiaque, mais les moyens de combattre les symptômes de son affection ont acquis une efficacité inaccoutumée chez elle.\\ * * % De toutes ces observations, il ressort que nous possédons dans les Rayons X un moyen d\u2019une efficacité incontestable dans le traitement de quelques-unes des maladies dont est affligée la femme.Je ne puis mieux résumer cet exposé qu'en empruntant les conclusions qu\u2019un chirurgien de trente années d\u2019expérience apportait en 1917 devant la \u201cNorth London Medical Society\u201d.Dans son discours d\u2019inauguration du 13 Décembre, Sir John Phillips, M.A., M.D.F.R.C.P., chirurgien de la Reine Marie d\u2019Angleterre, \u201cEmeritus Professor\u201d d\u2019obstétrique au Collège Royal, disait: \u201cToutes les variétés de fibrômes sûrement diagnostiqués peuvent être traités avec succès par les rayons \u2018X\u2019.\u201cJe dois dire que ma conviction personnelle est que nous avons dans les rayons \u2018X?un agent thérapeutique très puissant qui promet d\u2019être d\u2019une valeur inestimable dans la pathologie des maladies de la femme.\u201d (A Suivre) L\u2019action clinique des anesthesiques généraux Par le Docteur LAROCQUE, Chloroformiste en chef de l\u2019Hôtel-Dieu, de Montréal.La chirurgie doit ses brillants succès principalement à l\u2019anesthésie et à l\u2019antiseptie.Mais, tandis que l\u2019on comprit bien vite Pim- portance de cette dernière et que, par la création d\u2019Instituts et de cours de bactériologie, on ne tarda spas à arriver à l\u2019aseptie, l\u2019anesthésie au contraire resta longtemps stationnaire.L'administration des anesthésiqques généraux, privée des avantages d\u2019une observation étroite, constante et suivie, n\u2019a pu bénéficier de règles et d\u2019une technique nécessaires à son perfectionnement à sa sécurité.L\u2019opinion s\u2019est vite formée qu\u2019il suffisait de faire inhaler à un patient un narcotique ipour obtenir, à volonté, avec la perte de la conscience, une immobilité et une résolution musculaire absolues.De trop nombreux accidents, il est vrai, ont souvent failli faire périr une des plus belles découvertes de la science, mais on acceptait l\u2019inévitable en attribuant à l\u2019anesthésique seul la cause de ces accidents.L\u2019expérience a, maintenant, amené une évolution dans ces idées et a démontré la sécurité de l\u2019anesthésie à la condition expresse cependant qu\u2019elle ne soit pas trop profonde, ou si l\u2019on veut, qu\u2019elle soit pratiquée d\u2019une manière judicieuse.On a défini l\u2019anesthésie une condition dans laquelle la réaction normale ou l\u2019activité automatique- du système vivant: organisme, tissu ou cellule, est temporairement diminuée ou abolie.Il résulte de ce changement, chez les animaux supérieurs, une suppression plus ou moins complète de la conscience avec insensibidité à la douleur.Si cette parésie ou paralysie temporaire est provoquée par des substances chimiques ou l\u2019appellera narcose et c\u2019est là le terme généralement employé dans les discussions physiologiques.Cette condition présente «différents degrés d'intensité, depuis une insensibilité légère jusqu\u2019à un état de dépression profonde dans lequel l\u2019organisme est complètement inerte et ne répond plus aux fortes excitations.Cependant, les propriétés normales et l\u2019activité fonctionnelle réapparaissent dès que l\u2019agent anesthésique a été supprimé. 144 .L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ce retour à l\u2019état normal constitue une des caractéristiques de la tréfond de la vie! narcose.(L\u2019analogie qui existe entre ces deux conditions nous permet dans le langage courant d\u2019employer indifféremment le mot anesthésie ou narcose.De tous les temps on a fait des tentatives pour provoquer une perte temporaire de la sensibilité à la douleur.L\u2019anesthésie est aussi ancienne que la médecine et date des premiers débuts de l\u2019art de guérir.\u2018Les Chinois, les Egyptiens, les Assyriens se sont servis de stupéfiants pour diminuer ou supprimer les douleurs des interventions chirurgicales.Ces essais n\u2019ont cependant plus aujourd\u2019hui qu\u2019une valeur purement historique.L@anesthésie n\u2019a réellement débuté qu\u2019avec la découverte du loroforme.En 1842.Crawford protoxyde d\u2019azote, de l\u2019éther, du ch Long emploie l\u2019éther pour diverses opérations, mais il ne fait pas connaître ses résultats.Jackson et Morton l\u2019introduisent officiellement plus tard dans la pratique.En 1844, Wells réussit à se faire extraire une dent sans douleur au moyen du protoxyde d\u2019azote.En 1841, Flourens communique à l\u2019Académie des Sciences que le chloroforme produit sur les animaux une anesthésie analogue à celle de l\u2019éther.| Quelques années plus tard, le bromure d\u2019éthyle et le chlorure d\u2019éthyle viennent s\u2019ajouter à la liste des anesthésiques généraux.Depuis cette époque l\u2019anesthésie entre dams une ère nouvelle et tour à tour ces différents narcotiques se partagent la faveur ides chirurgiens.La morphine, la scopolamine viennent ensulite grossir la liste des narcotiques, mais leur action insuffisante et incomplète ont vite fait de les réléguer au rôle d\u2019adjuvants.- L\u2019anesthésie ou la narcose s\u2019obtient par introduction dans 1\u2019organisme de substances chimiques.Le mode d\u2019introduction peut être multiple et nous ne ferons que les nommer, ce sont: la voie sous- cutanée, la voie intra-veineuse, la voie rectale.Celles-ci ne peuvent être utilisées que d\u2019une seule manière.La voie pulmonaire, la plus fréquemment employée peut au contraire éêtre utilisée de différentes manières et nous aurons: l\u2019inhalation simple, l\u2019insufflation pharyngienne, l\u2019insufflation naso- pharyngienne, l\u2019insufflation laryngienne et l\u2019insufflation trachéale.Remarquons aussi en passant que les anesthésiques peuvent être administrés seuls ou mélangés ensemble dans toutes les proportions i = L'UNION MÉDICALE DU CANADA 145 désirées.Ils peuvent aussi être substitués l\u2019un à l\u2019autre au cours d\u2019une mérhe narcose.Quelle que soit la voie d\u2019administration employée on conçoit facilement que les effets physiologiques seront les mêmes, le sang, dans tous les cas, étant le véhicule qui porte l\u2019anesthésique à tous les éléments anatomiques qui s\u2019en ämprègnent et subissent son action.De nombreuses et diverses théories bio-chimiques, faisant encore l\u2019objet de nombreuses controverses, ont été émises pour expliquer l\u2018action\u201d des anesthésiques.Mentionnons les principales, à titre documentaire, sans toutefois tenir compte de leur ordre chronologique.Binez voit dans la cellule ganglionnaire, un point d\u2019élection pour l\u2019agent anesthésique.| Claude Bernard attribue cette action à une demi-coagulation du protoplasma de la cellule nerveuse, phénomène transitoire seulement, la cellule reprenant son état primitif dès la disparition de \u2018a cause.Raphaël Dubois veut que ce soit dû à une deshydratation du pro- toplasma cellulaire.Muéller croit à une transformation physique du mélange léci- thino-cholestériné de la cellule nerveuse.Flourens et Longet croient à une action élective sur le système nerveux central.Dastre veut que l\u2019emesthésique exerce une action générale sur l\u2019ensemble de l\u2019organisme, toutes les parties subissant son influence, mais chacune en des temps variables.Selon Meyer et Overton, la cholestérine et la lécithine (appelées lipoïdes cérébraux par Overton) ne seraient pas dissoutes dans les cmesthésiques, mais ceux-ci, au contraire, seraient attirés dans la cellule et dissous par les graisses amenant ainsi une modification dans l\u2019état physique des lipoides.Wright veut que cela soit dû à un changement bio-chimique des neurones.Çî Traube ne voit pas autre chose qu\u2019un phénomène osmotique.Moore et Roaf considèrent les anesthésiques comme formant des combinaisons très fragiles avec les protéïdes des cellules et attribuent l\u2019anesthésie à une paralysie de l\u2019activité chimique du protoplasma dû à cette combinaison qui persiste tant qu\u2019une concentration déterminée est maintenue dans le sang.D'après Verworn la cause première de la naecose est une asphyxie aiguë de la cellule, une rupture du métabolisme de l\u2019oxygène.Bien que l\u2019étude de tous ces phénomènes physico-chimiques de la narcose présente un réel intérêt scientifique, elle n\u2019offre cependant 146 L'UNION MÉDICALE DU CANADA que peu d\u2019intérêt pratique.Celle de l\u2019action clinique des anesthésiques généraux offre au contraire de réels avantages pratiques.L\u2019action clinique des anesthésiques est l\u2019ensemble des phénomènes subjectifs et objectifs, objectifs surtout, qui se produisent depuis le début de d'introduction de l\u2019anesthésique dans l\u2019organisme jusqu\u2019à son élimination complète.Pour démontrer cette action clinique nous supposerons un instant que du chloroforme soit administré à un homme jusqu\u2019à ce que la mort s\u2019ensuive et nous suivrons la marche de cette intoxication.Pourvu que la concentration des vapeurs se fasse très lentement et progressivement, le patient n\u2019éprouvera aucune mauvaise sensation.Après quelques inhalations surviennent les phénomènes subjectifs, tels que sensations de chaleur, bourdonnements d\u2019oreilles, scintillements, symptômes d\u2019irritation nerveuse.Le malade se rend compte qu\u2019il perd le sens du toucher ; il ne sent plus son corps.Puis surviennent un moment de tendance nauséeuse, un affaiblissement général accompagné assez souvent d\u2019anxiété et d\u2019angoisse avec douleur précordiale.Enfin la conscience et la sensation subjective disparaissent, les phénomènes objectifs remplacent les phénomènes subjectifs.Au début, la coloration de la face est plus marquée, le pouls plus rapide ; la respiration restant cependant la même.Les pupilles se dilatent et réagissent rapidement à la lumière puis se contractent graduellement.Les réflexes palperaux s\u2019éteignent progressivement par attouchement des cils, du rebord palpébral, de la sclérotique et ide la cornée.Celui \u2018de la sclérotique disparait à un moment ou le cornéen existe encore; puis celui-ci va s\u2019affaiblissant progressivement pour disparaître complètement.Entre temps, dived autres phénoménes se sont produits.A une phase intermédiaire d\u2019excitabilité, des tendances nauséeuses, de dissociation de conscience, de dissociation dans les fonctions bulbaires, de rigidité musculaire, phase qui dams la plupart des cas ne doit pas provoquer de phénoménes objectifs & condition de ne pas surexciter le patient ou \u2018de ne pas concentrer trop rapidement les vapeurs, à cette phase, disons-nous, succède un affaiblissement puis une paralysie musculaire.En même temps la sensibilité est abolie; un bras soulevé retombe lourdement, une plaie, un coup ne sont plus ressentis.En règle générale, le patient est inerte au moment où le réflexe cornéen est aboli et on est arrivé au moment indiqué pour pratiquer une opération.Les muscles sont atones, le pouls est revenu à la normale ou est légèrement ralenti, la respiration est profonde. L'UNION MÉLICALE DU CANADA 147 L\u2019atonie des muscles de la mâchoire, le retrait du menton et de la langue amène un obstacle dans les voies respiratoires, le voile du palais va vibrer doucement et la respiration devient légèrement ronflante.La plupart ides réflexes gênants pour une opération, sont disparus.La traction sur le péritoine ou les viscéres pourra encore provoquer de la raideur musculaire ou au moins une accélération de la respiration et du pouls et amener une dilatation de la pupille.La respiration pourra même devenir, sous ces manipulations, rapide, irrégulière, fréquente, quelquefois aussi surviendront des vomissements.Jusqu\u2019ici nous sommes demeurés dans la zone de sécurité de l\u2019anesthésie.\u2018Ceci veut dire que dans toute cette première phase de l\u2019intoxication chloroformique aucun eccident grave n\u2019est susceptible de se produire.Et si la narcose n\u2019était jamais poussé au-delà de cette limite nous n\u2019aurions jamais à enregistrer aucun accident grave et aucune mort par anesthésie.Entrons maintenant dans la zone de dangers et continuons à augmenter la concentration \u2018des vapeurs du chloroforme.i Lentement la face devient de plus en plus pâle, la respiration plus superficielle.La pupille plus dilatée réagit de moins en moins à la lumière.Les derniers réflexes, même le péritonéal et le viscéral s\u2019atténuent pour disparaître entièrement à la longue.À ce moment, la pupille est dilatée au maximum et ne réagit plus: la respiration devenue d\u2019abord exclusivement diaphragmatique et abdominale va s\u2019ar- réêter, les battements du coeur deviennent de plus en plus faibles et irréguliers, quelquefois même intermittents ; enfin le coeur s\u2019arrête lui- même.Telle est habituellement l\u2019évolution des phénomènes objectifs de la narcose, mais il peut y avoir dss exceptions ayant une importance capitale et dont la principale est l\u2019arrêt du coeur avant celui de la respiration.Cet affaiblissement cardiaque, cet arrêt isolé, probablement causé par une action directe du chloroforme sur le muscle cardiaque fui- même, peut se produire à tout moment de cette deuxième phase de l\u2019intoxication chloroformique.C\u2019est là la célèbre et terrible syncope chloroformique dont la cause déterminante la plus fréquente est l'augmentation trop rapide de la concentration des vapeurs anesthésiques dans le sang faite dans le but d\u2019obtenir la disparition de reflexes quelquefois gênants pour l'opérateur.L'analyse de ces différents phénomènes nous fournit d\u2019intéres- 148 L'UNION MÉDICALE DU CANADA santes observations sur la modalité, la durée et l\u2019intensité d'action des anesthésiques généraux et nous permet d'en tirer des conclusions d\u2019utilité pratique.Tout d\u2019abord les effets cliniques des anesthésiques généraux pa- zaissent avoir un rapport direct avec le pouvoir dissolvant des divers éléments du corps.Ce pouvoir dissolvant est-il la conséquence directe de la composition des éléments anatomiques?ou bien est-il simplement dû à la richesse vasculaire des différentes parties de l\u2019organisme ?Nicloux a trouvé qu\u2019à la mort par le chloroforme le bulbe en contenait plus que le cerveau, le cerveau plus que la moëlle et la moëlle elle-même plus que les autres tissus.Le système nerveux, ayant un pouvoir dissolvant plus considérable que le reste de l'organisme et possédant une très riche vaseu- larisation est le premier atteint par l\u2019anesthésique.Et ici encore ce sont les parties les plus nobles, les hémisphères du cerveau qui les premières reçoivent cette atteinte.L'anesthésique a déjà supprimé ie sentiment alors que les autres parties du système nerveux et les autres parties du corps n'en ont encore aucunement éprouvé l\u2019influence.C\u2019est à cette action progressive que les anesthésiques, méritant d\u2019être considérés comme de véritables poisons, doivent généralement leur raison d'être.L\u2019anesthésie chirurgicale n\u2019est done cliniquement autre chose qu'une intoxication partielle ; c\u2019est en quelque sorte la première période d\u2019un empoisonnement général.Il y a une dose qui supprime seulement la conscience et la sensibilité pendant que les autres fonctions restent intactes.C\u2019est là l\u2019état que l\u2019on utilise; un peu plus tard les fonctions des autres organes seraient aussi atteintes à leur tour et la vie serait alors en danger.La dose mortelle de l'anesthésie peut être très rapprochée ou très éloignée de la dose utile; la zone maniable variera selon l\u2019anesthésique employée et selon les circonstances.En second lieu, si l'action des anesthésiques suit une marche progressive, il ne s\u2019ensuit pas nécessairement que cette marche ait une allure régulièrement progressive dans tous les cas., On peut partager les phénomènes de la narcose en deux phases bien distinctes, D'abord une phase de stimulation, se traduisant par de l'excitation des centres nerveux caractérisée elle-même par une hyperactivité sensorielle, des contractures musculaires presque Loujours -toniques, quelquefois cloniques.Ensuite une phase de pa- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 149 ralysie.Est-il possible de pouvoir déterminer la durée de chacune de ces deux phases?Poser la question, il semblerait que c\u2019est la résoudre.Il est d\u2019ailleurs très facile, par exemple, de se rendre compte que la résolution musculaire ne s\u2019accomplit pas d\u2019un même coup; elle envahit les muscles par groupes déterminés et successifs.Les muscles des extrémités, bras et jambes, subissent les premiers l'influence des narcotiques, ce sont ensuite les muscles du tronc qui sont atteints, ceux de la nuque suivent et en dernier lieu les masséters.Il est facile de comprendre l\u2019impossibilité de fixer une limite de temps déterminée à chacun de ces groupes musculaires pour subir l'influence des narcotiques.D\u2019un autre côté nous trouvons là ume indication utile du degré de la narcose.En dernier lieu l'intensité de l\u2019action clinique des anesthésiques est éminemment variable.Tissot a prouvé qu\u2019il n\u2019y à pas de relation entre les quantités de., chloroforme contenues dans le sang et les effets qu\u2019elles produisent.On comprendra facilement d\u2019ailleurs que l\u2019action clinique des anesthésiques peut varier dans son intensité si l\u2019on se rappelle quelques éléments de physiologie.Toute manifestation de l\u2019organisme vivant repose sur la cellule, petite masse de protoplasma contenant un noyau.Cette cellule présente des propriétés physiques et chimiques différentes et sa fonction résulte de la mise en jeu de ces diverses propriétés.Cette fome- tion se manifeste parce que la cellule est irritable, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle réagit aux modifications du milieu dans lequel elle se trouve.Ces modifications constituent des excitants.L\u2019irritabilité est donc la propriété fondamentale du protoplasma vivant, la condition absolue de toutes les manifestations de sa vie.Un excitant provoque une réaction de la cellule sur laquelle il agit et aucune activité cellulaire ne se produit qui ne soit précédée d\u2019une excitation.Autrement dit, les actions des cellules sont toujours provoquées, jamais spontanées ; les cellules n\u2019agissent pas, elles réagissent.Ces excitants peuvent être divers, v.g.mécaniques, physiques et chimiques.Leur effet sur une cellule donnée est toujours le même; c\u2019est-à-dire que cette cellule présente sous l'influence de certains excitants la même réaction.C\u2019est ce qu\u2019on appelle la spécificité de \u2018la réaction.Une cellule musculaire réagit à toutes les excitations par une contraction, une cellule glandulaire par une sécrétion.Ainsi un choc, une compression, une courant électrique sur l\u2019oeil 150 L'UNION MÉDICALE DU CANADA .produisent toujours une sensation aumineuse, sur l\u2019oreille une sensation auditive.Ce qui se dit de la cellule s'applique aussi à l\u2019organisme car la vhysiologie générale repose non moins sur les résultats de l'étude physiclogique des organes que sur ceux de la physiologie des éléments coul res.l\u2019our manifester ses fonctions l'organtsme a done besoin de ces divers excitants.Il n\u2019y a pas d\u2019indépendance réelle de l\u2019organisme \u201cis-à-vis du miileu cosmique et c'est le résultat de ces relations de l'organisme avec le milieu extérieur qui constitue la vie au point de vue physiologique.Il est donc superflu de croire que l\u2019anesthésie upprime cette communication constante de l'organisme avec ce mi- mieu extérieur.La découverte des anesthésiques a \"erm!s simplement de paralyser ou mieux d\u2019atténuer les manifestations de la vie cellulaire et c'est ce qui a fait dire à Claude Bernard: \u201cLies anesthésiques sont de véritables réactifs de toute matière vivante et de son Irritnbilité.ieur action paralysante atteint aussi bien le protonlasma dans ses fonctions les plus intimes, nutrition et développement que dans ses mouvements.La fermentation alcoolique du sucre par la levure -de pière est empêchée par l\u2019eau chloroformée.De même la germina- tioh des grains est arrêtée.Les mouvements des feuilles de la sensitive, soumise à l\u2019action de leurs vapeurs ne peuvent plus se produire.- Les anesthésiques en effet abolissent temporairement mais ne supprime pas l\u2019irritabrlité de la matière vivante.\u2018C\u2019est à la condition, il est vrai que leur dose ne soit paz trop forte ou que leur action ne soit pas trop prolongée.Si la dose a été trop forte, ou si leur action a été trop longtemps prolongée, les fonctions ne se rétablissent pas.\u201d Puisque l\u2019anesthésique ne supprime pas l\u2019irritabilité cellulaire, mais paralyse ou aatténue sa réaction on admettra sans peine que cette paralysie ou cette atténwation soit susceptible de varier dans son intensité.L'autorité de ce maître de la physiologie française zerait à elle reule suffisante pour se convaincre que pour demeurer dans les limites d\u2019une sécurité absolue, l\u2019administration des narcotiques a des front'ères que l'on ne peut dépasser et que leur action clinique ne correspond pas toujours à ce que l\u2019on serait parfois désireux d\u2019en obtenir.L\u2019expérience pratique a apporté une confirmation éclatante de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 151 la justesse de conception de la science française.Nous avons personnellement souvent eu l\u2019occasion de constater et de faire observer que la résolution musculaire n\u2019était pas toujours proportionnelle au degré d\u2019intoxication.Nous avons souvent aussi exprimé l\u2019opinion que l'anesthésique général pouvant produire une résolution musculaire compiète, généralisée, rapide dans tous les cas sans aucun risque n'était pas encore découvert.De son côté, Buxton en .Angleterre fait remarquer ceci: Dans les.opérations sur la vésicule et les canaux biliaires et en général dans les opérations sur la région abdominale supérieure il est souvent très.difficile, sinon impossible d\u2019obtenir une résolution musculaire complète.Cette difficulté due à la manipulation des viscères est partiellement anatomique et partiellement réflexe.Très souvent, dit-il, une émission de sons, presque une plainte articulée de la part du malade se produit d\u2019une manière réflexe, même en présence de tous les signes.d\u2019une narcose profonde.Et il ajoute: L\u2019anesthésie ne se laissera pas tromper, en augmentant le degré de la narcose de manière à ne pas.donner une surdose qui pourrait être fatale.Aux Etats-Unis Flagg note de son côté que la rigidité passagère qui accompagne les manipulations des organes du bassin et de la région abdominale suvérieure n\u2019indique pas nécessairement que la.narcose est superficielle.Enfin en Hollande Hammes s\u2019écrie: Une narcose inoffensive et suffisamment profonde, suffisamment longue pour toutes les opérations chirurgicales, inoffensive pour tous les.malades à opérer, est encore actuellement du domaine des voeux pieux, mais irréalisés.| Il n\u2019a été question jusqu\u2019ici que des accidents graves de l\u2019anesthésie pouvant se produire au cours même de la narcose.Il est possible et de fait il se produit aussi des accidents graves.après la marcose.S\u2019il n\u2019est pas démontré que les narcotiques agissent comme cause déterminante, on ne saurait cependant nier qu\u2019ils peuvent agir comme cause prédisposante ou adjuvante de ces complications.Ces diverses complications ont pour siège selon l\u2019ordre de fréquence, le poumon, le foie, le rein, le système circulatoire, Le tube aigestif.\u2018(Vest une constatation facile à faire que les complications pulmonaires et hépatiques sont plus fréquentes dans les cas de lapara- tomie, surtout celles accompagnées d\u2019infections.Quénu, Duval et Brûlé ont émis l\u2019hypothèse que la résorption de l\u2019épanchement san- 152 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANALA guin dans l\u2019organisme qui accompagne toute intervention chirurgicale peut déterminer un processus de biligénie hémolytique locale, d\u2019où cholémie.C\u2019est à un processus analogue qu\u2019il faudrait attribuer un ictère consécutif à une cure radicale de hernie pratiquée par Reclus sous anesthésie locale.On doit aussi se rappeler le fait que, même avant l\u2019emploi des anesthésiques, les mêmes complications graves se produisaient après les interventions chirurgicales et on a constaté aussi qu\u2019une pneumonie consécutive à une appendicite ignorée peut quelquefois entraîner la mort.\u2014 Il ne semble pas nécessaire d\u2019en dire davantage pour démontrer que dans un grand nombre de cas, sinon dans le plus grand nombre, les narcotiques ne sauraient être la cause déterminante de ces accidents graves après la narcose.Toutefois on ne pourrait nier tout-à-fait qu\u2019ils peuvent en favoriser l\u2019éclosion.Graham a en effet démontré que des anesthésiques, à l'exception du protoxyde d\u2019azote, provoquent une diminution considérable du pouvoir phagocytaire, et ttribne cet effet à leur avidité de la Jécithine et des autres matériaux graisseux.Cependant pour que cette action se produise, il faut que les narcotiques soient administrés libéralement.En résumé les accidents secondaires de la narcose peuvent être attribués aux mêmes causes que ceux qui se produisent au cours de la narcose elle-même : c\u2019est-à-dire à la durée de l\u2019action des anesthésiques et surtout à l\u2019intensité de cette même action.Si en effet on admet avee Claude Bernard que les narcotiques sont de véritables réactifs de la matière vivante, on conçoit facilement que leur action nocive sera plutôt en rapport avec leur concentration dans les tissus qu\u2019avec la durée de leur action.Les réactions profondes qu\u2019ils peuvent alors déterminer pourraient dans ce cas causer un déficit dynamique qu'aucune thérapeutique ne saurait combler.Comme conclusion il reste à indiquer le traitement de ces diverses complications.Il serait oiseux d\u2019entrer dans les détails de médication particulière à chacune.Le \u2018plug simple et le plus facile consiste dans la prévention.\u2018 Cette prophylaxie, facilement réalisable, consiste dans la coopération la plus entière de l\u2019anesthésiste et de l\u2019opérateur afin que la narcose, à chaque instant, ait juste le degré de profondeur strictement nécessaire à l'intervention et strictement compatible avec les réactions physiologiques et cliniques du malade. Observation clinique MANIFESTATION ETRANGE D\u2019IODISME.Par le Docteur Léger, Assistant au Cours de Pathologie interne, à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Nous inspirant de l\u2019idée \u2014 qu\u2019en médecine, une observation clinique, si elle n\u2019est pas toujours intéressante à publier, peut toujours profiter à quelqu\u2019un \u2014 nous nous décidàmes à rapporter une expérience avec les iodures qui nous a paru fort singulière.Notre intention n\u2019est pas, ce soir, de relater tous les méfaits ou de juger le procès de la thérapeutique iodée ; mais bien d\u2019apporter à son dossier, déjà chargé, une contribution, sinon nouvelle, du moins que nous ne relevons nulle part dans la littérature médicale.Et ceci, messieurs, en étant toujours convaincu du principe: \u201cque liode doit rester encore au premier pan de a thérapeutique\u201d.Les appications de la thérapeutique iodée sont fort bien connues.Nous n\u2019avons pas à les énumérer.Elles sont aussi bien connues, peut- être, que les phénomènes d\u2019intoxication auxquels elles donnent lieu.Ces phénomènes, nombreux et variés, ont de tout temps, fait le désespoir des praticiens qui voient, dans les iodiques tant d\u2019applications utiles, le plus souvent inemployables.C\u2019est d\u2019ailleurs en face de ces échecs qu\u2019on s\u2019est ingénié à rendre l\u2019iode plus assimilable en le combinant de multiples façons mais principalement avec des produits organiques.L'expérience de ces diverses combinaisons, ne démontre pas \u201cque l\u2019iodisme soit définitivement écarté\u201d; nous en sommes mêmes arrivés à la conclusion que les phénomènes fâcheux, à la suite de l\u2019administration des iodures alcalins, ne sont pas ni plus ni moins fréquents qu\u2019à la suite des composés organiques (iodés), pourvu toutefois qu\u2019au cours de leur emiploi une surveillance sérieuse soit exercée, (question, le plus souvent, de tâtonner autour de la dose tolérable)' La malade qui fut victime de notre médication, et qui fait le sujet de cet entretien, est âgée de 60 ans.Elle est atteinte d\u2019aortite et de néphrite chronique hypertensive. 154 L'UNION MEDICALE DU CANADA A maintes reprises, nous lui avons prescrit, par la bouche, en injections, de l\u2019iode en combinaisons organiques, iodone, 10dalose, riodine).Vis-à-vis de chacun de ces produits, nous nous sommes butés à des phénomènes variés d\u2019iodisme» où, cependant dominait, comme manifestation principale et habituelle, le catarrhe oculo- nasal.N\u2019ayant jamais eu d\u2019intolérance gastro-intestinale, nous risquons, par la bouche, l\u2019iodure de potassium, en solution aqueuse, administrée trois heures après chacun des repas, avec eau minérale.Cette méthode, que nous devons au professeur Albert LeSage, nous a donné d\u2019excellents résultats.Voulant à tout prix abaisser sa pression artérielle, la malade se soumet volontiers à cette nouvelle expérience.Tout va bien pendant 48 heures, lorsqu\u2019elle ressent une douleur assez vive au niveau du gros orteil droit, articulation métatarso-phalangienne.Attribuant la douleur à un cor de la région, la patiente enlève tout ce qu\u2019elle peut avec une lame de rasoir.Le lendemain, la douleur est plus intense; il s\u2019ajoute de la rougeur et du gonflement péri-articulaire.La température est à 99 3/5°.Le mari, médecin distingué, mais dans les circonstances mau- Vais juge, parce qu\u2019il aime beaucoup sa femme, accuse la lame de rasoir et croit à une infection.Poussant son pessimisme plus loin, il pense au tétanos; mais en tenant compte du fait que la lame de rasoir n'avait pas créé de porte d\u2019entrée à une infection et vu surtout, le siège particulier des phénomènes inflammatoires, nou; diagnostiquons \u201caccès de goutte aigue\u201d.Nous ordonnons des pansements humides chauds du pied et faisons discontinuer l\u2019iodure.Après quelques jours, tout est rentré dans l\u2019ordre.[Sans le moindre soupçon, quant à l\u2019origine véritable de la crise, nous reprenions, une semaine plus tard, l\u2019iodure à la même dose (0.gr.50 trois fois par jour).Quarante-huit heures sont à peine écoulées, qu\u2019une nouvelle crise douloureuse éclate, semblable à la première et dans le même orteil.Ndus cessons de nouveau liodure et tout rentre dans l\u2019ordre.À mon insu, la malade se remet une troisième et une quatrième fois à l\u2019iodure et fait une troisième et quatrième crise tout à fait identi- auparavantques aux deux premières.Et.chose assez bizarre, toujours dans le gros orteil.Impossible de se méprendre, quant à l\u2019origine de ces méfaits.Les L UNION MEDICALE DU CANADA 155 conclusions s\u2019imposent.il s\u2019agit très sûrement d\u2019iodisme.De fait, depuis trois mois que l\u2019iodure de potassium a été supprimé, notre patiente n\u2019a pas fait de nouvelle crise.À noter aussi, que jamais auparavant elle n\u2019avait souffert de goutte.Ce fait, s\u2019ajoutant à tant d\u2019autres observés couramment en pratique et surtout mis à côté des cas rapportés par Levassort et qu\u2019il a décrit sous la rubrique d\u2019oreillons iodiques, démontre combien sont variés les symptômes d\u2019intoxication médicamenteuse et en particulier par l\u2019iode.Elle démontre surtout \u2014 et c\u2019est la morale de cet entretien \u2014 comment il est facile de commettre une erreur, dans l\u2019appréciation d\u2019un certain nombre de ces manifestations toxiques purement médicamenteuses, qui ont tant d\u2019analogie avec les phénomènes pathologiques au cours des auto-intoxications, et des infections.En marge de cette observation, qu\u2019il nous soit permis d\u2019ajouter le témoignage de savants sur la pathogénie probable de l\u2019iodisme.(Nous vous ferons remarquer que tout est ici à l\u2019état d\u2019hypothèse).Les uns ont prétendu que l\u2019instabilité du produit était la cause habituelle ; les autres accusent la décomposition trop rapide dans l\u2019organisme; d\u2019autres enfin l\u2019élimination trop brusque.Tous peuvent avoir raison.Il est une chose certaine et admise c\u2019est que le produit employé, quel qu\u2019il soit, doit être stable.La parfaite assimilation et la lenteur d\u2019élimination sont aussi deux facteurs indispensables a la tolérance du produit.Le docteur Any qui a fait une étude élaborée de la question, publie dans le bulletin des hôpitaux de Caracas les conclusions suivantes : Il affirme qu\u2019en ce qui concerne l\u2019intolérance, elle tient surtout à la diminution de l\u2019alcalinité des humeurs; que le traitement alcalin (bicarbonate de soude à haute dose) fait disparaître les accidents d\u2019iodisme, et que la tolérance est grande chez les personnes dont les humeurs sont alcalines.| Personnellement, nous tâcherons de tirer parti de ces conclusions ; mais il est à souhaiter que des recherches ultérieures viennent jeter plus de jour sur un problème aussi engoissant.(1) Communication à la Société Médicale de Montréal.Décembre 1920. Histoire de la Mébecine MEDECINS ET CHIRURGIENS SOUS LE REGIME FRANÇAIS.Je trouve, dans mes notes, deux extraits qui peuvent intéresser quelques chercheurs ; ils proviennent tous deux de l'ouvrage des abbés Têtu et Gagnon, Mandements des évêques de Québec, volume premier.Le premier de ces extraits a été cueilli dans l\u2019ordonnance de Mgr le cardinal de Grimaldy, archevêque d\u2019Aix, laquelle ordonnance fut reçue et autorisée pour le diocèse de Québec dans le synode de Ville- Marie, le 10 mars 1694.\\ \u201c.Les Chirurgiens et Barbiers qui font poil et la barbe les dimanches et fêtes de commandement ne doivent pas être absous, s\u2019ils ne promettent de ne lle plus faire sans permission et jamais pendant le Service Divin ; comme aussi toutes les personnes qui par habitude - et sous juste nécessité travaillent et vaquent à des oeuvres services les Dimanches et le Fêtes commandées par l\u2019Eglise.\u201d (page 324).Le second extrait est l\u2019article XXI des Statuts publiés dans le quatrième synode tenu à Québec, le 8 octobre 1700 : \u201cNous ne saurions approuver que les Curés et Missionnaires fassent les fonctions de Médecin et Chirurgien.\u201d (page 390).E.-Z.MASSICOTTE.COMMENT ON CHOISISSAIT LES SAGES-FEMMES SOUS LE REGIME FRANCAIS Les femmes avaient-elles droit de suffrage sous le régime fran- cals?La question fera sans doute sourire, mais qu\u2019on ne se hâte pas de répondre.Lisons plutôt la note suivante qu\u2019on relève dans le registre de l'état civil de la paroisse de Boucherville, il y apparaît que le beau sexe avait parfois le privilège de voter.\u201cActe de serment qu\u2019a fait, en ma présence, Catherine Guertin, \u201csage femme.\u201cAujourd\u2019hui, le douzième jour du mois de février de l\u2019année \u201cmille sept cens treize, Catherine Guertin, femme de Denis Verono, \u201cde cette paroisse, âgée d\u2019environ 46 ans, a été élue dans l\u2019astemblée \u201cdes femmes de cette paroisse, à la pluralité des suffrages pour exer- \u201ccer l\u2019office de sage-femme et a fait serment entre mes mains con- \u201cformément a l\u2019ordonnance de Monseigneur l\u2019évêque de Québec, en \u201cfoi de quoi j'ai signé, ce 12 février 1712.\u201cC.DAUZAT, Ptre.\u201d E.-Z.MASSICOTTE. BIBLIOGRAPHIE Dr Déribéré DESGARDES (Ancien Elève de l\u2019Institut Pasteur.\u2014 \u201cFormulaire des milieux de culture en microbiologie\u201d.\u2014 Un vol.in-18, chez Le François, 91, Boulevard Saint-Germain, Paris.Prix, 4 fr.Franco 4 fr.40.Grouper en un manuel pratique, de lecture facile, les formules indispensables à tous ceux qui, pour des raisons diverses, font l\u2019étude des microorganismes: bactéries, champignons, levures, protozoaires : tel a été le but que s\u2019est proposé le Dr Déribéré Desgardes, et l\u2019on peut dire qu\u2019il a atteint ce but puisque dans un ouvrage court, concis et de prix minime, il a pu grouper tous les renseignements que peut raisonnablement demander le bactériologiste praticien, celui de la grande industrie laitière, celui de la brasserie, comme celui qui applique cette même science à la biologie en général et plus particulièrement à la médecine.Ce volume n\u2019est pas seulement un volume pratique du fait qu\u2019il ne donne que des renseignements d\u2019ordre pratique, mais surtout parce que tous les renseignements que fournit le Docteur Déribéré Des- gardes sont des faits dont il a personnellement reconnu la valeur au cours de ses travaux.v Ce travail, fruit d\u2019une expérience personnelle et pratique, est donc de nature à rendre aux microbiologistes des services inappréciables en leur permettant d\u2019obtenir des milieux toujours semblables à eux- mêmes, des milieux \u201cStandard\u201d, indispensablés pour obtenir des résultats comparables entre eux.* + x 1.1 FACULTE DE MEDECINE DE I\u2019UNIVERSITE DE PARIS Organisation générale.\u2014 Enseignement, Cours complémentaires et de perfectionnement \u2014Ezamens, Diplômes, Programmes et Horaires pour l'année 1920-1921.Une Brochure in-8 de 84 pages, publiée par la Société des Amis de la Faculté de Médecine, 1 fr.net La Société des Amis de la Faculté de Médecine de Paris, placée sous la présidence de M.Léon Bourgeois et dirigée par le Professeur Chauffard, vient de publier une brochure qui fournit les renseignements les plus complets sur l\u2019Organisation de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Paris. E24 158 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Il est intéressant pour les étudiants et médecins français et \u2018étrangers qui viennent si nombreux chaque année, à Paris, compléter les études théoriques et pratiques qu\u2019ils ont faites, de connaître les ressources actuelles dont dispose la Faculté de Médecine ainsi que les facilités ui leur sont accordées \u2014 tel est le but de cette brochure.Editée sous une forme élégante, elle donne toutes les indications utiles à ceux qui veulent poursuivre des études et des recherches médicales; elle indique les horaires et les sujets des cours; l'organisation, toute nouvelle, de l'enseignement clinique dans les hôpitaux ; -clle fait connaître les travaux pratiques, les cours de perfectionne- :ment et de vacances, les moyens de travail dans les laboratoires de recherches; en même temps qu\u2019elle indique les sommes à (lépenser, les diplômes et les certificats \u2018qu\u2019on peut obtenir.Nous ne saurions trop louer \u201cLa Société des Amis de la Faculté de Médecine de Paris\u201d ide son initiative, qui fournit aux étudiants médecins et savants, un élément important pour favoriser leurs études e\u2018 faciliter leurs travaux.% #% # A.MALOINE & FILS, Editeurs, 27, Rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, PARIS.Sous le titre d\u2019Infections à germe inconnu, les Directeurs du Truité de Pathologie Médicale et de Thérapeutique appliquée ont groupé les affections suivantes: scar'atine et rubéole (Jean Hallé)à rougeole (Armand-Delille) : varicelle (H.Grenet); variole (Es- mein; vaccine (P.Gastinel); typhus exanthématique (Philippon) ; sueite milinire (Marchoux); grippe et dengue (Armand-Delille); Rhumatismes infectieux (H.Grenet) ; Coqueluche (Weill et Péhu) ; rage (Thévenot); diarrhée de Cochinchine (Violle).Ainsi qu'il est facile de le voir, les articles ont tous été confiés aux spécialistes les plus qualifiés, à ceux dont le nom est le plus aimé du public.Ceux-ci se sont proposé de concilier tradition et nouveauté et, sans apporter, aux descriptions classiques, de modification essentielle, de les mettre au point et (de les présenter, non plus telles qu\u2019on les voyait il y a cinquante ans, mais telles qu\u2019on se les figure actuellement.Fidéles à l\u2019esprit du Traité, ils ont abrégé les notions théoriques concernant l\u2019anatomie pathologique et la pathogénie, pour réserver tous leurs soins à la clinique et: à la thréapeutique.Grâce L'UNION MÉDICALE DU CANADA 159 à leurs efforts heureux, le lecteur pourra, sans la moindre peine, ravoir en peu de temps ce que tout médecin digne de ce nom doit connaître aujourd\u2019hui de cette variété d\u2019infections.* * * TOME XXXII RADIOLOGIE, RADIO-DIAGNOSTIC, RADIOFHERAPIE, RADIUMTHERAPIE ~ Par BECLERE, COTTENOT, Simone LABORDE In-8, 1921, 170 figures (Traité Sergent, Ribadeau-Dumas, Babonneix) Prix: 30 fr., franco 33 fr.Il n\u2019est plus permis actuellement d'ignorer la radiologie et de laisser de côté les renseignements si utiles que rendent journellement.les examens radio:copiques dans les examens cliniques des malades.° | L'extension prise par les services radiologiques est considérable aussi bien en médecine qu\u2019en chirurgie.C'est qu\u2019en effet, une expérience- longue de plusieurs dizaines d\u2019années a prmis d\u2019établir l\u2019inventaire- des ressources qu\u2019offrent les Rayons X à la pratique médicale.M.COTTENOT qui dirige avec compétence un laboratoire de radiologie- a bien voulu écrire en quelques chapitres clairs et brefs les indications des examens radiologiques et la technique à employer suivant les cas.1 a montré également quels étaient les renseignements que pouvait fournir l'exploration à l\u2019écran fluorescent et comment on pouvait interpréter les images observées.Sans doute, il ne faut pas demander aux Rayons X plus qu'ils ne peuvent donner.Sur l\u2019écran, on ne saurait espérer trouver imprimé en clair le diagnostie d\u2019une affection dont est atteint un malade.Mais les constatations faites, rapprochées des données fournies par l\u2019examen clinique du malade, permettent dans bon nombre de cas d\u2019étayer un diagnostic, de le vérifier souvent ou de l\u2019infirmer parfois.L'examen aux Rayons X permet un contrôle très utile, notamment dans les affections pulmonaires.Il fait même révéler des lésions des organes viscéraux qui avaient passé inaperçues.M.Cottenot a bien soin de nous montrer tous les services que rendent une radioscopie et une radiographie bien faites, mais il montre également les écueils de la méthode et les erreurs auxquelles donne lieu une fausse interprétation.\u2018C\u2019est qu\u2019en } S N COMME ANADA DD IE, ~ OR nd 4 A d + x au + 4 if ¥ rh WN * x * Arab Li A $ \u201ceme sie 42 Th Za RN Nr, od ; Ë À % JN, Te Ï \" 7 oe x2 3 i : | prie paca Ns ce + poi i Ea ko as Sg pas it 3 fr ics oy Bo AL 1 % Bovis Gren bd hag | af *, a = ed = a LCN A * Ace 4 pr +> po kS ih SORT 5 A Pa 5% 4 ani 2 5.uf \u201chy, a pr ne WS, oT hy £2 ned x 3 3 # (5% 4 = 63 Et DS = or.roduits Fran 4 4 | i as | = 2e el + LA rad n° \u201c8 spé.ve Es pe 5 7 Rs 2 by CR pes 5 La 5 3 %, £5 are £ pe, Reg : Ps Is vgs! AT i 7) & | Spécialités Pharmaceutiques _S 74 ee tes SEE L'UNION MÉDICALE DU CANADA | 161 effet les Rayons X ne trompent pas, l\u2019oeil et le cerveau de l\u2019observateur peuvent par contre trouver une interprétation personnelle qui, comme toute chose humaine, risque d\u2019être erronée.Il faut donc que le radiologiste ait un éducation spéciale, qu'il connaisse les causes d\u2019erreur et qu\u2019il se garde de donner des résultats d\u2019examen que viennent contredire les observations ultérieures.D\u2019autre part, l\u2019utilité de la radiologie justifie la multiplication des installations radiologiques.On trouvera dans les différents chapitres de technique écrits par M.Cottenot les notions théoriques et pratiques qui serviront de guide au médecin désireux d\u2019avoir à lui l\u2019installation radiologique indispensable.\u2019 L\u2019emploi des Rayons X n\u2019a pas seulement pour but d\u2019aïder à établir un diagnostic délicat.Leur action thérapeutique est bien connue.On trouvera dans ce livre l'énumération des cas justiciables de la radiothérapie, les indications et contre-indications de la méthode, le technique à employer, enfin les précautions à prendre pour éviter tout accident tant au malade qu\u2019à l\u2019opérateur.La radium- thérapie a été exposée par Mme Laborde.Il s\u2019agit d\u2019un procédé thérapeutique qui n\u2019est pas nouveau, mais qui étend chaque jour son domaine, avec les perfectionnements de la technique.L\u2019auteur a voulu mettre le lecteur au courant des connaissances acquises pour la pratique de la médecine, dans la science du radium.Les appli- rations actuelles du radium en thérapeutique sont nombreuses et Pavenir montrera tout ce que l\u2019on peut en aftendre notamment dans le traitement des cancers.Déjà l\u2019action bienfaisante de la radium- thérapie sur les néoplasmes apparaît comme remarquable.Pour les néoformations de toute espèce, le radium semble un agent curatif de premier ordre.Il s\u2019agit ici de ressources médicales nombreuses et efficaces qui s'offrent au praticien et qui ne doivent pas être ignorées de lui.Tous les jours la thérapeutique s\u2019enrichit de procédés nouveaux et il n\u2019est plus guère permis de rester désarmé en face d\u2019affections qui jusqu\u2019à présent ne recevaient qu\u2019un traitement dérisoire.Il faut donc que le médecin avant de se laisser aller à un scepticisme décevant connaisse toutes les pratiques curatives basées sur des don-' nées scientifiques et une obervation clinique sérieuse.Ce livre lui donnera les indications de la radiumthérapie, et lui fournira les notions théoriques et techniques nécessaires à l\u2019application du procédé.Sans doute, il ne s\u2019agit pas d\u2019un traité du radium.L'auteur a simplement voulu faire connaître de la science du radium, tout ce qui pouvait être utile au malade et lui apporter quelque soulagement.Il semble qu\u2019il ait fait une oeuvre opportune et particulièrement pratique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA UN MEDICAMENT SUPERIEUR et bien connu, préparé suivant les dernières données médicales, et répondant au Summum de l\u2019efficacité.HEMO-PHOSPHO en Capsules glutinisées.COMPOSITION :\u2014Hémoglobine, additionné de Glycérophosphate et -Phosphate de Calcium, puis d\u2019une légère quantité de Noix Vomique; le tout englobé dans l\u2019Agar-Agar.Le réhabilitant et tonifiant sans rival Préparée sous la forme la plus administrable et la plus assimilable.EFFETS RAPIDES ET SURPRENANTS:; n\u2019a que très peu de contre-indications.\u2018Prescrivez-en une fois, et vous pourrez vous convaincre de sa supériorité.Indications:\u2014ANEMIE, CHLOROSE, RACHITISME ; NEURASTHENIE, SURMENAGE PHYSIQUE OU INTELLECTUEL, Ete.Efficacité toute Spéciale dans le symptome \u201cNERVEUX\u201d de toute maladie.1 A 2 CAPSULES AVANT LES REPAS.En vente dans toutes les pharmacies.Fabriqué par les Etablissements Pharmaceutiques \u201cFrance-Canada\u201d.en Gros Pharmacie JOS.DESROSIERS 887 STE-CATHERINE EST, (Coin Champlain) Tél.Est 438-4615.N.B.\u2014Boîte originale envoyés à tout médecin sur demande, comme essai ou échantillon.Pour l\u2019encadrement de vos diplômes \u2014 Venez tous chez MORENCY FRERES, Limitée 346 Ste-Catherine Est Les meilleures conditions, le plus beau travail, le meilleur marché.Donnez votre commande aussitôt.Aussi encadrement de portraits, peintures, cartes, etc.Meubles d\u2019art pour bureaux, salles d\u2019attente, salons, etc.Détails gratuits.Une visite est gracieusement sollicitée."]
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