L'union médicale du Canada, 1 novembre 1919, Novembre
[" NX 48ème année Vol.48 No.11 MONTREAL NOVEMBRE 1919 L'Union Médica du (anada Direction Scientifique L.de L.Harwood R.Boulet A.Marien de la F 1té de Méde- Doyen iin] à Montréal Pro- Officier de l\u2019Instruction Publi- Professeur de clinique chirur- fesseur de gynécologie, Sur- que (France).Professeur sup- gicale \u2014 Chirurgien en chet intendant de l'Hôpital No- pléant à la clinique d\u2019ophtal- de l'Hôtel-Dieu.tre-Dame.mologie et d\u2019oto-rhino laryn- J.E.Dubé gologie.Médecin en chef de l\u2019Institut Ophtalmique.E.Latreille Officier d\u2019Académie (France), Docteur en Médecine de l\u2019U- A.LeSage Docteur en Médecine de l\u2019Uni- niversité de Paris, Professeur Officier d\u2019Académie (France).versité de Paris.Professeur de Phtisiothérapie.Directeur Docteur en démie de se) d\u2019 Anatomie pathologique.Mé- de l\u2019Institut Bruchési.Mé- niversité de Paris, Professeur decin et pathologiste de l\u2019Hô- decin de l\u2019Hôtel-Dieu.de Pathologie interne.Méde- tel-Dieu.Z.Rhéaume cin de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Professeur de Médecine opéra- R.Masson J.A.St-Pierre toire et d\u2019Anatomie Topogra- A phique.Chirurgien de l'Hô- Chargé du cours de Pédiatrie.Professeur agrégé.Chargé du tel-Dieu et de l\u2019Hôpital Ste- Médecin de l'Hôpital Ste- cours d\u2019Histologie.Chirur- Justine.Justine.gien de l\u2019Hôtel-Dieu.Avec 1a collaboration de G.Archambault G.W.Derome Joseph Gauvreau Professeur suppléant d\u2019'histolo- Professeur de médecine légale.Registraire du Collège des Mé- gle.Médecin dermatologiste Médecin légiste de l\u2019Univer- decins et Chirurgiens de la de l'Hôpital Notre-Dame et sité de Paris.Directeur du Province de Québec.Vice- de l'Institut Bruchési.laboratoire provincial de re- président de la Ligue Anti- cherches médico-légales.Mé- du orque.Divecteur de decin expert a la Morgue de \u2018Action française, ont- .r A.Bernier Montréal.Directeur des la- réal.boratoires de l\u2019Hôpital No- Professeur de bactériologie.tre-Dame et de l\u2019Institut Bru- J.E.LeSage Bactériologiste officiel du chési.Médecin consultant de Docteur en Médecine.Médecin Conseil d'hygiène de la Pro- l\u2019Hôpital d'aliénés de St- Inspecteur pour la ville de vince de Québec.Jean de Dieu.Montréal.B.G.Bourgeois N.F .0.F.Mercier » Fournier Professeur de clinique chirur- Professeur suppléant de patho- gicale.Chirurgien en chef de logie externe.Chirurgien de Professeur agrégé, Clinicien en l\u2019Hôpital Notre-Dame.l\u2019Hôpital Notre-Dame et de chef du dispensaire de chi- l'Hôpital Ste-Justine.rurgie et d\u2019urologie de l\u2019H6- J.E.Panneton J.P.Décarie pital Notre-Dame.Professeur de radiologie à l\u2019Université Laval, Radiologiste de l'Hôpital Notre- Dame de Montréal, Membre de la Société de Radtiologia de Paris.Professeur de Dermatologie.Médecin de l'Hôtel-Dieu.R.DeCotret T.Parizeau Professeur d'obstétrique et de Clinique obstétricale a 1a Maternité de Montréal.Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris.Professeur de pathologie externe.Chirurgien de l'Hôpital Notre- Dame, chirurgien consultant de l\u2019Hôpital Sta-Justine.C.N.Valin A.A.Foucher \u2019rofesseur d'ophtalmologie, d'o- Google st Le Mé- SAN EN Professeur suppléant d'hygiène.ecin de l\u2019Hôpita otre- \"Fe AE > Médecin dermatologiste de Dame.£ TR le l\u2019Hôpita! Notre-Dame.ABONNEMENTS PAYABLES D\u2019AVANCE twan , .= .$2.00! Etudiants .© .$1.00 Etranger .$2.50 Le numéro .= .25 Cts Rédacteur en chef : Dr A.LeSage, 46, Avenue Laval.Tél.Est 1568 Administrateur : T.VALIQUETTE, 2734 Christophe Colomb ou Boîte Postale No 3026 Téléphone Calumet 84 Il L'UNION MÉDICALE DU CANADA Es ASE AD Ke] + F0 Phiten fre CJ.Licencié ds-sciences, Ancien préparateur à la Faculté \\ de Médecine et à l\u2019École de Pharmacie de Paris, Ancien Élève de l'Institut Pasteur.\u2014 6, Rue Abel, PARIS.Médaille d\u2019Or: Diplôme d\u2019Honneur: GaND 1918.LYON 1914, 1913.GAND: MED, D'OR \u2014 Produit excl frangais \u2014 DIPLOME D'HONNEUR : LYON 1914 Gouttes de glycérophosphates alcalins (éléments principaux des tissus nerveux).SURMENAGE, NEURAS THÉNIE CONVALESCENCES ÉPUISEMENT NERVEUX 6, Rue ABEL, PARIS.\u2014 LE FLACON : 3 fr.| XV à xx gouttes à chaque repas.Ni suore, ni chaux, ni alcool.\u2019 Piles de Frémint 0 9 02 de Quassine amorphe titrée et Extraits amers.1 ou Zavant chaque repas, contre : EE Anorexie, Caleuls, Constipation rebelle u MAÉ G,rue ABEL, PARIS \u2018Anct&3, n.de Rennes)- Le Fl.3fr.RE Glycérophosphate de Chaux Granulé de FREYSSINGE Chimiquement Pur.Rigoureusement Titré.De Goût agréable $CAPSULESSDARTOIS® 0,05 Créosote de hétre titrée en Gaiacol, \u2014 2 à 3 à chaque repas.CATARRHES et BRONCHITES CHRONIQUES.\u2014 6, Rue Abel, PARIS.| Dépositaires ROUGIER FRERES, - - MONTREAL | L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA III Comme lorsqu'on construit une maison Lorsqu\u2019on construit une maison, on commence par faire de bonnes fondations.Lorsqu\u2019un médecin commence le traitement d\u2019un patient chlorotique \u20act anémique, il doit d\u2019abord revivifier le sang, la source et la fondation d\u2019une bonne santé.PEPTO-MANGAN [GUDE] fournit Poxygène et l\u2019hémoglobine nécessaires aux éléments figinés du sang et permet ainsi d\u2019élever la bâtisse des fondations jusqu\u2019au toit dans les cas d\u2019Anémie, de Chlorose, d\u2019Aménorrhée, de Chorée, de dysménorrhée, du mal de Bright, etc.En flacons de onze onces; 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L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 1\u2014Les étapes de l\u2019enseignement Le Sage 9\u2014TLe rôle de la France dans la formation d\u2019une élite cana- dienne-francaise .Asselin MEMOIRES 3\u2014De l'utilité du Conseil Supérieur d\u2019Hygiène .Laberge 4\u2014Etude sur le suicide .Dérome SOMMAIRE Novembre 1919 IX BIBLIOGRAPHIE 5\u2014Suites de couches mormales et pathologiques par E.À.R.De Cotret .SOCIETES 6\u2014Société Médicale de St-Jean id\u2019Iberville .Laberge ELECTRARGOL E Toutes les (Argent)| maladies fectieuse Ampoules de 5 cc.{6 par boîte).in Sans ses Ampoules de 10 cc.'3 par boîte) spécificité Ampoules de 25 cc.(2 par boîte).pour l\u2019agent Flacons de 50 et 100 cc.pathogène.Collyre en amp.compte-gouttes.Ovules (6 par boîte).Pommade (tube de 30 grammes)._\u2014 | ELECTRAUROL (on ] ELEGTROPLATINOL (0 |, = _ ELECTRARGOL ELECTROPALLADIOL (Po) Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).Ampoules de 10 cc.(3 par botte).ELECTRORHODIOL (ro) Ampoules de 5 cc.(Boîtes de 3 et 6 ampoules).estégalement employé dans le traitement local de nombrauses - affections septiques.PREPARATIONS COLLOIDALES Meétaux colloidaux, électriques & petits grains.Colloides électriques et chimiques de métalloïdes.\u2014\u2014\u2014 C ELECTROCGUPROL cu) , Cancer.Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).) Maladies Ampoules de 10 cc.(à par boîte).infectieuses.Collyre en amp.compte-gouttes).ELECTROSELENIUM s.) Traitement Ampoules de 5 cc.(3 par boîte).Cancer._ Tout EN ELEGTR=H; (Mercure) { formes de la Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).Syphilis.By ELECTROMARTIOL ond Syndrome Ampoules de 2 ce.(12 par boîte).anémique.Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).Toutes | COLLOTHIOL (sour) frist : Elixir \u2014 Ampoules de 2 cc.la Médicacion 3 (6 par boîte).\u2014 Pommade.sulfurée.Cures iodée et iodurée.IOGLYSOL (Come ere cogéne) | Ampoules de 3 ce.(12 par boîte).THIARSOL muet Ampoules de 1 cc.(12 par boîte) Cancer, Tuberculose, Tins Déposicaires au Canada: ROUGIER FRERES, m | A L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u201c Dans toutes les maladies infectieuses, dans toutes les anémies et les asthénies chroniques, l\u2019organisme se déminéralise.\u201d (Prof.ALBERT ROBIN de PARIS).Le Sirop Composé aux HYPOPHOSPHITES de FELLOWS associe l\u2019action nutritive des aliments chimiques (calcium sodium, potassium, fer, manganèse, phosphore) avec les propriétés dynamiques de la quinine et de la strychnine.\u201cLe Réminéralisateur par excellence\u201d Littérature et Echantillons sur demande.FELLOWS MEDICAL MANUFACTURING CO., Inc.26 Christopher Street New York City SPECIFIEZ HORLICK'S MALTED MILK Horlick\u2019s est un \u201cStandard\u201d.C\u2019est un produit Original.Notre procédé spécial produit des résultats qu\u2019on ne peut pas obtenir avec une préparation imitée de la notre.Ses qualités et son efficacité sont telles que la profession médicale en a prescrit l\u2019usage depuis plus d\u2019un tiers de siècle, parce qu\u2019il donne la plus entière satisfaction comme la nourriture pour les enfants; qu\u2019il se rapproche le plus du lait de la mère, et qu\u2019il refait les forces aux mères qui nourrissent, aux invalides, aux convalescents et aux personnes âgées.\u2014\u2014\u2014\u2014 LITTERATURE ET ANALYSES SUR DEMANDE Horlick\u2019s Malted Milk Co.Racine, Wis.- Slough, Bucks, Eng.Montreal Can. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.\u2014 PUBLIEE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN, Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chef Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé à M.T.VALIQUETTE, 234 Christophe-Colomb ou Boîte Postale No 3026, Téléphone Calumet 84, EE Vol.XLVIII NOVEMBRE 1919 No 11 Les étapes de l\u2019enseignement (1) C\u2019est encore un peu de quoi s\u2019énorgueillir Ne pouvant pas créer, d\u2019empêcher de mourir.(ZAMACOIS).L\u2019ouverture des cours de la Faculté de Médecine coïncide, cette année, avec un événement extraordinaire: la fusion très prochaine de toutes nos Facultés en un tout plus homogène et plus vaste sous le nom de: \u201cL\u2019UNVERSITE DE MONTREAL\u201d.Jusqu\u2019ici, bien qu\u2019autonomes du point de vue de la direction scientifique, nous étions maintenus sous une bienveillante tutelle par la sage et vénérable Université Laval de Québec, qui avait fondé une Maison à Montréal en 1876, et de qui nous tenions, chaque année, les parchemins que nos élèves recevaient à la fin de leurs études : \u201cUniversitatis Lavallensis\u201d.Depuis, nous nous sommes multipliés en marge de la parole évangélique ; nous avons grandi, observé, comparé.Peu 4 peu, nous avons regardé l\u2019avenir, supputé nos forces, exprimé sans cesse de nouveaux désirs; bref, instinctivement, et presque à l\u2019insu d\u2019une mère qui appréhendait notre départ, mais qui nous aimait trop pour se séparer de nous spontanément, nous avons développé l\u2019ambition, presque téméraire en ce temps-là, de créer parmi nous des alliances nouvelles qui nous fortifieraient pour mener les combats de demain.(1) Discours prononcé par le Professeur Albert LeSage, à l\u2019ouverture solennelle des cours de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, le ler octobre \u2018319. 520 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Enfin, l\u2019aveu est monté du coeur aux lèvres: le mot de séparation fut pressenti ,puis prononcé.Il y eut une heure d\u2019émotion, sans doute, au souvenir d\u2019une page d'histoire mémorable vécue côte à côte et en pleine harmonie.Un dernier adieu.Nous devenions les maitres de nos destinées.Toutes ces conversations ont été conduites avec douceur et mai- trise par Monseigneur l\u2019Archevêque de Montréal, notre Chancelier, dont nous connaissons les hautes relations et les brillantes clartés intellectuelles, aidé de notre Recteur, Monseigneur Gauthier, dont la collaboration avertie a été d\u2019un précieux concours à une heure indécise, alors que la route était encore peu sûre.Mais son esprit vif et réfléchi, haibile à sonder les coeurs et les reins, assuma avec succès la tâche de diriger les consciences chargées de responsabilités spirituelles et temporelles: accordant, ici, des dispenses autorisées en haut lieu; là, des indulgences nombreuses; ailleurs, le pardon des offenses; partout, distribuant les grâces captivantes d\u2019un nouveau missionnaire prêchant à des âmes inquiètes le \u201c pax vobiscum bone volun- tatis 7.Je n\u2019oublie pas le Chanoine Chartier, dont la plume alerte a su grouper les faits sous la forme concrète d\u2019un dossier convaincant.J\u2019ajoute que les doyens et les membres des diverses Facultés et Ecoles ont accueilli les nouvelles propositions avec*Beaucoup de bienveillance, «de patriotisme, même, car l\u2019abandon de privilèges spéciaux et de pouvoirs étendus est souvent douloureux.Il me plaît de penser et de dire qu\u2019ils ont certainement placé au-dessus de tout les intérêts supérieurs de la race, dont la force et la survivance reposent sur la parfaite organisation de l\u2019enseignement supérieur.Mais cet enseignement supérieur n\u2019est qu\u2019un couronnement, et il est tout puissant à une condition, à savoir : une forte éducation morale et intellectuelle dans nos écoles et dans nos collèges.\u2018Parcourons ensemble, si vous le voulez bien, ces domaines intéressants, et voyons de quelles semences germent les moissons qui l\u2019alimentent.Deux mots embrassent dans toute son étendue le vaste champ.d\u2019activité de Penseignement supérieur : Education, Instruction.I.\u2014L\u2019EDUCATION.L\u2019éducation est\u2019 aussi difficile à définir qu'à appliquer.Cela provient de l\u2019évolution qu\u2019elle subit avec le temps et les moeurs chez L'UNION MÉDICALE DU CANADA 521 les différents peuples, c\u2019est pourquoi les doctrines qu\u2019elle enseigne, pour être bien comprises et étudiées avec profit, doivent être replacées dans le milieu qui les a vues naître.Définition.\u2014 L\u2019éducation désigne toute action, même involontaire, qui dirige le développement d\u2019un être vivant vers sa fin naturelle ou le modifie en vue d\u2019une fin qu\u2019on lui assigne.Stuart Mill en a précisé le sens, en disant: \u201cqu\u2019elle embrasse tout ce que nous faisons nous-mêmes et tout ce que les autres font pour nous en vue de nous élever plus près de la perfection de notre nature\u201d, et plus loin il ajoute: \u201cC\u2019est la culture que chaque génération donne exprès à ceux qui doivent lui succéder, afin de les rendre aptes à conserver au moins, à accroître s\u2019il se peut, les progrès de tout genre accomplis jusqu\u2019à eux.\u201d | Un autre philosophe, Stein, écrit que \u201cl\u2019éducation est le développement harmonieux de toutes les facultés de \u2019homme.Elle doit déployer toutes les puissances de I\u2019ame; exciter et alimenter tous les principes de vie, en évitant toute culture exclusive, en s\u2019appliquant a mettre en oeuvre toutes les tendances qui font la force et la valeur des hommes.\u201d Enfin, Spencer et Kant s\u2019accordent pour affirmer: le premier, qu\u2019elle doit \u201cpréparer à la vie complète\u201d le second, qu\u2019elle doit'avoir pour objet de \u201cdévelopper dans l\u2019homme toute la perfection que sa nature comporte.\u201d Nous pourrions conclure, avec Rousseau, cette fois, que l\u2019éducation est \u201cl\u2019urt de former les hommes.\u201d Or, un homme est formé par tout ce qu\u2019il éprouve depuis le berceau, et même avant, disent les médecins, qui tiennent compte de l\u2019influence de l\u2019état mental de la mère pendant la gestation, sur les prédispositions morales et intellectuelles des enfants.Mais 1\u2019éducation est essentiellement oeuvre de volonté et de raison, et toutes ces actions inconscientes ne l\u2019intéressent que dans la mesure où la volonté peut s\u2019emparer d\u2019elles ou s\u2019y soustraire.Or, l'homme, doué de volonté et de raison, a, seul, besoin d\u2019éducation.La nature pourvoit au développement de l\u2019animal.Elle est moins empressée à notre égard.Physiquement, avant de subsister et de passer sans danger au milieu des forces naturelles, nous avons besoin de soins infiniment plus longs et plus délicats que n\u2019importe quel autre animal.Mentalement et moralement, la culture doit, chez l\u2019homme, suppléer, compléter, corriger les instincts, afin de faire prédominer en lui l\u2019humanité sur l\u2019animalité, de devenir une personne, car un penchant naturel a besoin d\u2019être soumis à une règle, et cette règle, c\u2019est 522 ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA l'éducation.La discipline qu\u2019elle impose empêche, seule, l\u2019animalité et la sauvagerie d\u2019étouffer en nous l\u2019humanité.Nous en avons eu des exemples troublants dans la guerre qui vient de se terminer.Vous le voyez, Messieurs, la notion même de l\u2019éducation implique un idéal, c\u2019est-à-dire une perfection supérieure à la nature simplement donnée.Il suit, de là, que c\u2019est dans l\u2019enfant lui-même et non hors de lui qu\u2019il faut le développer, afin d\u2019accroître sa valeur d\u2019homme, car l\u2019éducation d\u2019un peuple est à la fois la conséquence de tout ce qu\u2019il croit et la source de tout ce qu\u2019il sera; elle est conditionnée par son état intellectuel et moral ; l\u2019histoire nous l\u2019enseigne.L'idéal, chez les Athéniens, c\u2019est l\u2019heureuse harmonie des qualités physiques et des qualités morales; de là les théories de Platon et d\u2019Aristote, qui visent le développement parallèle de l\u2019esprit et du corps en associant la gymnastique et la musique.Chez les premiers Romains et les Spartiates, dans ces époques primitives de lutte pour la vie matérielle ou de conquête militaire, c\u2019est le souci exclusif de l\u2019éducation physique qui domine.On veut des soldats vaillants pour faire les guerres offensives et défensives.Cette conception évoluera lentement jusqu\u2019à ce que l\u2019éducation grecque pénètre l\u2019éducation romaine.Mais dans l\u2019une comme «ans l\u2019autre, seuls les intérêts terrestres sont considérés; la vie sourale dirige seule tous les efforts; c\u2019est le citoyen plutôt que l\u2019homme qu\u2019il s\u2019agissait alors de former.Il faut arriver au déclin des vieilles sociétés païennes pour voir poindre et grandir l\u2019idée de famille, d\u2019humanité, d\u2019éducation morale universelle.Le christianisme ,en substituant la cité de Dieu à la cité humaine, apportait au monde d\u2019autres croyances et, par suite, une autre éducation : l\u2019égalité de toutes les créatures, le relèvement de la dignité de la personne, l\u2019affranchissement des servitudes terrestres, le droit égal à l\u2019instruction.Cette doctrine, après des siècles de luttes, a subsisté et prévalu.Aujourd\u2019hui elle domine le monde; elle s\u2019impose à l\u2019attention de tous les sociologues; elle est prônée autant par les chefs de la libre pensée que par ceux de la pensée libre.Si elle est appliquée différemment par.les uns et par les autres ,c\u2019est parce qu\u2019on perd de vue, quelque part, la fin qu\u2019elle se propose.L\u2019éducation, en effet, telle que nous la concevons, a pour but, d\u2019abord, le bien supérieur de l\u2019enfant, mais elle défend à celui-ci de se prendre lui-même comme fin.Si elle lui enseigne le respect des autres et de leurs droits, l\u2019esprit de sacrifice, c\u2019est afin de développer chez lui les qualités qui vont accroître sa valeur d\u2019homme, et partant L'UNION MÉDICALE DU CANADA 523 une somme de bonheur relative, car le bonheur n\u2019est pas la fin première de l\u2019éducation.Si un grand nombre l\u2019entendent à leur guise et le prennent où il se trouve, il est certain, d\u2019autre part, qu\u2019une bonne éducation nous apprend à le trouver où il convient, non à tout subordonner à sa recherche.Une bonne éducation est aussi une oeuvre infimie.Elle commence au berceau et nul ne peut dire quand elle finit; car l\u2019idéal recule à mesure qu\u2019on avance.Ni notre caractère ne cesse d\u2019être plasc- que, ni notre esprit de pouvoir acquérir, à l\u2019âge où l\u2019on sort de la sujétion des parents et des maîtres.Elle continue aussi longtemps que nous sommes perfectibles, elle change seulement de mains, devient l\u2019oeuvre de tous ceux dont la volonté et l\u2019exemple ont prise sur nous; elle devient surtout l\u2019oeuvre de chacun, puisque chacun est responsable de soi et tenu d\u2019achever son développement lui-même.De là pour les parents et les maîtres, un critérium infaillible de vérité dans l\u2019éducation qu\u2019ils ont donnée, car la meilleure est celle qui met le mieux l\u2019enfant en état de se gouverner lui-même et d\u2019assurer lui- même son perfectionnement.\u201cLe but suprême, a écrit l'historien Guizot, c\u2019est d\u2019apprendre à l\u2019homme à s\u2019élever lui-même lorsque d\u2019autres auront cessé de l\u2019élever.\u201d Une bonne éducation n\u2019aspire pas à former des machines mais des personnes guidées par le sentiment ferme de leur responsabilité, l\u2019amour et la claire vue d\u2019un idéal.Elle n\u2019est donc pas mécanique, mais persuasive.Elle condamne les moyens bas, les coups, l\u2019espionnage, la délation, les menaces, les promesses.Pas de mannequins ni d\u2019automates, mais des hommes.L\u2019éducation telle que nous la concevons va plus loin, elle déborde la vie individuelle; elle fait, avec l\u2019hérédité, le lien des générations successives.L\u2019individu meurt, mais il se survit dans ses enfants, et si l\u2019hérédité a des limites, elle peut être tour à tour un agent.de conservation et de transformation, car l\u2019homme élève l\u2019homme; bien élevé il l\u2019élève bien à son tour.Généralisez cette Toi, et vous travaillez à l\u2019amélioration et au perfectionnement de l\u2019individu dans l\u2019homme.Or l\u2019individu n\u2019est rien par lui seul, il vaut par les groupes collectifs auxquels il est lié: famille, nation, humanité, et il appartient à l\u2019éducation de lui apprendre à les servir toutes en conciliant ce qu\u2019il doit à chacune.Nous avions donc raison de dire, au début, qu\u2019il faut, avant tout, élever l\u2019enfant pour lui-même, développer l\u2019individu comme tel de façon à lui donner toute la valeur d\u2019homme, c\u2019est-à-dire l\u2019élever en même temps pour la famille, la nation, l'humanité.De sorte que Ot He L'UNION MÉDICALE DU CANADA nous devons, avec Montaigne, apprendre aux enfants dans son sens \u2018élevé, ce qu\u2019ils devront faire étant hommes, indépendamment de l'éducation professionnelle qu\u2019ils recevront plus tard.Sans doute, il convient de doser quelquefois le degré d\u2019éducation et de culture qu\u2019il faut donner à un enfant à cause de sa condition et de sa vie probables ; mais nous ne vivons plus au temps où le fils était obligé d\u2019embrasser l\u2019état de son père.' Le nivellement social s\u2019opère peu à peu et si les rangs demeurent encore çà et là, les hommes en changent sans cesse.Cependant, leur vocation d'hommes subsiste, conformément à l\u2019idéal que nous nous sommes proposé comme fin de l'éducation, \u201cQu\u2019on destine mon élève à l\u2019épée, à l'église ou au barreau, a écrit un philosophe du 18ème siècle, la nature avant tout l\u2019appelle à la vie humaine.Vivre est le métier que je veux lui apprendre.En sortant de mes mains, il ne sera ni prêtre, ni magistrat, ni médecin, ni soldat, il sera premièrement homme; tout ce qu\u2019un homme doit être, il saura l\u2019être au besoin ; et la fortune aura beau le faire changer de place, il sera toujours à la sienne.\u201d En effet, l\u2019éducation qui prépare l'enfant pour les rudes luttes de la vie actuelle ne doit jamais cesser d\u2019avoir en vue \u201cla perspective d\u2019une humanité meilleure et plus heureuse.\u201d (Kant).Pour atteindre ce but nous devons la diviser en autant de parties qu\u2019il y a d\u2019éléments essentiels dans la nature humaine : (a) L\u2019EDUCATION.PHYSIQUE qui préside au développement du corps, assume l'épanouissement des énergies vitales, support et base «le tous les autres \u2014 Mens sana in corpore sano.(b) L'EDUCATION INTELLECTUELLE qui dirige le développement psychique, qui forme l\u2019esprit et qui repose sur la connaissance de la vie mentale comme l'éducation physique sur celle des lois de la vie organique.(c) L\u2019EDUCATION MORALE qui forme le caractère, c\u2019est-à- dire la volonté et le coeur, les deux mobiles de nos actes.(d) Enfin, j'ajoute L\u2019'EDUCATION ESTHETIQUE qui forme le goût, apprend à discerner ct à sentir la beauté, le mouve- \"ment, la pensée, la vérité dans la nature et partant nous élève, nous rend meilleur et nous rapproche de l\u2019idéal de la véritable éducation.En Voici quelques exemples empruntés à la vie quotidienne, Rodin, le grand artiste français dont nous connaissons les oeuvres principales, a écrit que l\u2019art \u201cest le sourire de \u2019Ame humaine sur la maison et le mobilier.le charme de la pensée et du sentiment \u2018incorporé à tout ce qui sert aux hommes.le plaisir de l\u2019esprit qui pénètre la nature et qui v devine l\u2019esprit dont elle est elle- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 525 même animée.c\u2019est l\u2019exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.\u201d \u2014En effet, continue-t-il,regardons autour de nous, tout est idée et symbole.Ainsi, les formes et les attitudes d\u2019un être humain revèlent.très souvent les émotions de son âme.Le corps exprime presque toujours l\u2019esprit dont il est l\u2019enveloppe.\u2014Un beau paysage ne touche pas seulement par les sensations plus.ou moins agréables qu\u2019il procure, mais surtout par les idées qu\u2019il.éveille.Les lignes et les couleurs émeuvent par le sens profond qu\u2019on y attache.Dans la silhouette des arbres, dans la découpure d\u2019un horizon, on entrevoit des pensées souriantes ou graves, hardies ou découragées, paisibles ou angoissantes, qui s'accordent avec la disposition de notre esprit.On sent qu\u2019il y a dans la nature, une grande: conscience et dans chaque poussée verdoyante, le secret d\u2019un pouvoir immense.\u2014D\u2019autre part, la musique anime bien souvent des pensées secrète que nos lèvres ne sauraient exprimer justement.N\u2019avez-vous jamais analysé le sentiment profond qui vous envahit, le dimanche ou les jours de fête, lorsque vous vous agenouillez dans la nef d\u2019une cathédrale ou d\u2019une église et que la voix énigmati- .que des orgues murmure une cantilène religieuse pendant l\u2019apothéese: des Elévations et des Bénédictions ; ou qu\u2019elle traduit, tantôt la plainte endeuillée des funérailles, tantôt la joie exhubérante des amours sanctifiées?Que devient alors notre pensée?Elle se recueille, puis elle s\u2019élève, comme une prière muette, vers l\u2019infini.On sent, à ces heures, que la religion est plus qu\u2019un credo.C\u2019est le sentiment de tout ce qui est inexpliqué et inexplicable; le soupcon de tout ce qui, dans la nature, ne tombe pas sous nos sens, de l\u2019immense domaine que ni les yeux de notre corps, ni même ceux de notre esprit ne sont capables de voir.Car nous ne sentons et nous ne concevons, dans le monde, que cette extrémité des choses par laquelle elles se présentent à nous et peuvent impressionner nos sens et notre âme.Combien nous sont cachées parce que nous ne sommes pas organisés pour les saisir!.En un instant, dis-je, vous vous êtes élevé au-dessus de vous- même, vous êtes devenu meilleur.Ces sensations variées, choisies parmi tant d\u2019autres, ne démon- trent-elles pas l\u2019utilité de l\u2019éducation esthétique pour atteindre le but que poursuit l\u2019éducation en général?En conclusion, sur ce chapitre, mieux vaut dire que tout ze tient dans l\u2019éducation, que toutes les parties en sont solidaires, que l\u2019unité en est la qualité maîtresse, puisqu\u2019elle doit développer l\u2019homme har- : 526 L'UNION MEDICALE DU CANADA monieusement et que l\u2019unité seule, l\u2019accord avec soi-même fait la beauté d\u2019une vie comme la beauté d\u2019un caractère.L\u2019Université proclame hautement qu\u2019une forte éducation dans la famille,.dans les écoles, dans les collèges, est nécessaire pour assurer le succès de l\u2019enseignement supérieur.La connaissance des principes que je viens d\u2019énoncer, la pratique, dès le bas âge, des vertus civiques qui accroissent la valeur d\u2019homme, nous habitueront seules a \u201cpenser juste\u201d \u2014 selon la formule chère à notre recteur, Mgr Gauthier.Nous deviendrons, ainsi, des hommes sûrs, parce que nous aurons appris de bonne heure à être simplement humains, grâce à une éducation sainé-et précoce.II\u2014L\u2019INSTRUCTION.« Définition.\u2014 L\u2019instruction a pour objet le développement intellectuel et la transmission des connaissances.Elle est le complément nécessaire de l\u2019éducation ; mais celle-ci conserve la place que nous lui avons assignée, c\u2019est-à-dire, la première, au point de vue valeur d\u2019homme, car un homme vaut var le caractère, le coeur, les habitudes plus encore quë par l\u2019intelligence et le savoir, c\u2019est-à-dire que la pensée vécue, agie, écrit Paul Bourget, a des richesses qu\u2019est bien loin d\u2019égaler, toujours, la pensée simplement pensée.Qui ne connaît ou n\u2019a connu, dans nos campagnes, de soi- i-disant illettrés dont l\u2019intelligence développée à même la réalité, représentait une valeur humaine importante et originale.Tel habitant, plus rare de nos jours, ne sait ni lire ni écrire, à qui tout parle dans la campange- Il connaît les moindres signes du temps, les moeurs des animaux, les secrets de la végétation.On a confiance en lui comme en un chef dont la sagesse et la fermeté ne sont jamais en défaut.Nous rencontrons les mêmes types parmi les ouvriers des villes.Pourquoi ?Parce que l\u2019apprentissage technique a, de très bonne heure, spécialisé leur attention.Ils pensent métier au lieu de penser idées, conclut le même auteur, autant dire qu\u2019ils pénsent précis et juste, au lieu de penser vague et faux comme les élèves de certaines écoles ou universités populaires, Cette sorte d\u2019intellectualité toute professionnelle et qui, adaptée à un domaine strictement pratique, finit par prendre- un caractère infaillible et à demi-conscient, celui d\u2019un instinct, représente l\u2019équivalent, dans un ordre très humble, de ce qui s'appelle le génie dans un ordre plus élevé. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 527 Elle démontre la valeur éminemment éducatrice de la leçon de choses.Cependant, l\u2019instrucction est une partie essentielle de l\u2019éducation et l\u2019on s'explique qu\u2019aux yeux de tant de gens elle prime et supplée pour ainsi dire tout le reste.Un être comme l\u2019homme, chez qui la pensée est une des facultés maîtresses, ne peut atteindre toute sa perfection que par la culture intellectuelle.Il contribue, ainsi, au progrès collectif, car la civilisation avance avec la diffusion et l\u2019accroissement des connaissancees.L'esprit et le savoir ne suffisent sans doute ni au bonheur ni \u2018à la perfection, soit de l\u2019individu, soit de la société, mais ils y contribuent dans une très large mesure.Connaître et comprendre est une des joies les plus pures dont on se lasse le moins.C\u2019est, au surplus, un bien utile au point de vue intellectuel et moral ; la bonté, souvent, dit-on, gagne à être éclairée et la vertu a plus de prix si elle est consciente, car chacun sait que l\u2019on agit un peu comme on pense, et que les idées se traduisent dans la conduite.Aussi, toutes les nations qui prennent conscience d\u2019elles-mémes et qui ont quelque souci de leur avenir, ont-elles à coeur de donner l\u2019enseignement au moyen d\u2019écoles, de collèges et d\u2019universités.De tous les moyens dont nous disposons pour façonner les générations qui nous suivent, pour modeler les caractères\u2018et orienter les coeurs, l'enseignement est le plus général et le plus direct.Sans doute, on doit tenir compte des milieux, des moeurs, mais nous n\u2019adhérons pas sans restrictions aux idées du philosophe anglais, Herbert Spencer, qui soutient que l\u2019hérédité, le milieu, et tout ce qu\u2019on a appelé les collaborateurs occultes de l\u2019éducation, ont un rôle décisif dans la formation des esprits et des caractères.Cela équivaudrait à un aveu d\u2019impuissance inquiétant; car il reviendrait à dire que la liberté ne vaut rien contre la fatalité et qu\u2019il est impossible de réduire la part du hasard dans les destinées \u2018des sociétés humaines.En effet, de quoi résultent les moeurs et les coutumes sinon de l\u2019opinion, des croyancces et des façons de penser dominantes dans un milieu donné.Mais ces opinions évoluent naær l'action des adultes sur l\u2019esprit des jeunes.Or, la jeunesse ne subit-elle pas profondément l\u2019influence des leçons, les lectures, des exercices auxquels elle est soumise avec suite durant les années où la plasticité intellectuelle est la plus grande.| Le rôle décisif de l\u2019enseignement subsiste donc en dépit de Spencer et de son école.Un enseignement libéral, dans le sens que nous l\u2019entendons, forti- 528 L'UNION MÉDICALE DU CANADA fie la conscience en cultivant la raison et en développpant le jugement.personnel, car son but n\u2019est pas tant d\u2019apprendre aux enfants ceci ou cela, mais de leur donner de bonnes habitudes d\u2019esprit en développant harmonieusement toutes leurs facultés.Des sens exercés, l\u2019habitude d\u2019observer et de réfléchir, une raison ferme ne généralisant qu\u2019à bon escient, mais tirant des principes ce qu\u2019ils contiennent, une mémoire docile, une imagination forte mais réglée ; bref, un excellent esprit, à la fois large et précis, souple et vigoureux, alerte et sûr, voilà qui vaut mieux que toute l\u2019érudition d\u2019une académie.Montaigne a dit que instruction doit avoir pour but de former l\u2019esprit bien plus que de le nourrir ; et il ajoute : Une tête \u201c bien pleine \u201d n\u2019est rien au prix d\u2019une tête \u201c bien faite \u201d 3 Je m\u2019empresse de dire qu\u2019on ne saurait exercer l\u2019esprit sans le nourrir, le façonner sans rien lui apprendre, car il ne fonctionne pas à vide.Mais la vertu d\u2019un enseignement dépend moins de sa matière que de sa forme; elle est bien plus affaire de méthode que de programme.Il y à une façon stérile d\u2019enseigner les plus belles choses, il y en a une féconde d\u2019enseigner les plus humbles.Voyons, sommairement, dans quel ordre évolue notre enseignement en général., L'instruction comprend trois degrés : lo.\u2014L\u2019enseignement primaire ; 2o.\u2014L\u2019enseignement secondaire ; 30.\u2014 L'enseignement supérieur.III\u2014L\u2019ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L'enseignement primaire est une dette que la société a virtuellement contractée envers chacun de ses enfants, dette qu\u2019elle doit acquitter, soit en favorisant l\u2019ouverture d\u2019écoles libres, soit en faisant elle-même les frais de l\u2019éduccation populaire.On a dit que \u201c 1\u201dinstruction primaire est une sorte de rédemption de l\u2019humanité \u201d.Elle n\u2019est pas uni remède à tous les maux dont souffre et souffrira l\u2019espèce humaine, mais elle est un des grands bienfaits de la civilisation moderne.Le 19ème siècle pourra \u2018s'appeler le siècle des chemins de fer, le siècle de l\u2019électricité ; mais son plus beau titre sera d\u2019avoir été le siecle du développement des écoles primaires.À quelque fonction qu\u2019on doive être un jour appelé, quelque haute culture qu\u2019on doive recevoir, il faut toujours commencer par apprendre à lire, à écrire, à compter, à manier correctement la langue L'UNION MÉDICALE DU CANADA 529 maternelle, \u2014 si esssentielle pour nous \u2014 et ces choses, qu\u2019elles fassent ou non l'objet total de l\u2019enseignement primaire, font, & coup sûr, l\u2019objet premier de toute culture.Quelque soit le but final qu\u2019on se propose, l\u2019enseignement primaire doit être conçu et défini comme la base commune et unique de toute éducation publique.De plus, il conviendrait d\u2019y maintenir les enfants jusqu\u2019à l'âge où peuvent apparaître vraiment les aptitudes et commencer utilement des études plus relevées.C\u2019est \u2018à cette époque que le maître intelligent et averti peut, en les observant, diriger comme il convient ses jeunes élèves, afin d\u2019empêcher qu\u2019un trop grand nombre d\u2019entre eux deviennent plus tard des déracinés.Dès cette époque, le maître devra éviter l\u2019abus de l\u2019abstraction, l\u2019entassement, dans la mémoire, des notions qui ne serviraient ni à nourrir l\u2019esprit, ni à fortifier le jugement.Sans doute, l\u2019enfant doit emporter de l\u2019école le savoir pratique nécessaire à tous dans la vie, mais le but est moins d\u2019enseigner ceci ou cela que de former le carac- tére en exerçant toutes les facultés.Les leçons de chosse avec appel incesssant à l\u2019attention et au jugement, à son bon sens, à son cceur, voila le moyen de lui donner, 4 la fois, nettes et fermes \u2018les connaissances dont il a besoin, les bonnes habitudes de l\u2019esprit qui le guideront sûrement plus tard dans la vie.On les préconise en Europe et aux Etats-Unis, trop peu chez nous ; elles sont utiles non pour le savoir qu\u2019on en garde, mais pour l\u2019habi- ture qu\u2019elles donnent de voir et d\u2019observer par soi-même, de ne juger que pléces en main et de se prononcer à bon escient.C\u2019est ce qu\u2019on appelle la méthode active et intuitive, recomman~ dée pour tous les enseignements, en particulier pour l\u2019étude de la médecine.D\u2019un mot, on peut résumer ce que nous préconisons pour l\u2019enseignement primaire ; le meilleur présenté simplement \u2018\u201c Optima sim- pliciter \u201d.\u201c La simpliété dans l\u2019éducaton, a dit un pédagogue français, c\u2019est la fleur des aptitudes pédagogiques et le dernier fruit de l'expérience.\u201d\u201d Cette méthode est-elle préconisée et appliquée avec intelligence par nos professeurs de l\u2019enseignement primaire ?Possédons-nous une école de pédagogie où l\u2019on enseigne cet art - précieux et ignoré de comprendre les enfants, afin de les mieux instruire ?Nous attendons une réponse. 530 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Elle est urgente, car c\u2019est sur les bancs de l\u2019école primaire qu\u2019on pose les bases solides d\u2019un enseignement supérieur efficace.Le roseau plie, le chêne casse.IV\u2014L\u2019ENSEIGNEMENT SECONDAIRE L\u2019enseignement secondaire fait suite à l'enseignement primaire.Il constitue une culture plus élevée et distincte, pour les jeunes gens capables de donner une longue suite d'années à l\u2019étude sans auccune préoccupation professionnelle.Elles commencent lorsque l\u2019enfant est maître des éléments de l\u2019instruction primaire.On ne doit pas en précipiter le début.Laissons l\u2019enfant grandir en paix près de la nature avant de le soumettre aux exercices d\u2019une culture raffinée, C\u2019est du temps gagné que celui qu\u2019on accorde à sa libre croissance, condition de sa santé, pourvu, comme je l\u2019ai dit plus haut, qu\u2019on doane le pli qui convient à son caractère et de bonnes habitudes à son esprit.Mais qu\u2019est-ce qui caractérise la culture secondaire dite classique, telle qu\u2019elle existe ici ?L\u2019étude des langues anciennes, gréco- latines, les études littéraires, l\u2019histoire, la géographie, la philosophie, les mathématiques, et quelques notions générales sur les sciences.D\u2019autre part, nous avons un enseignement secondaire dit commercial et scientifique où les langues mortes sont remplacées par l\u2019anglais, la comptabilité, l\u2019arithmétique, la géométrie, les sciences, peu de littérature et point de philosophie.Durant ces dernières années, surtout en France, on a beauccoup critiqué la valeur de l\u2019enseignement dit classique pur, et on a fait des réformes qui ont relégué à l\u2019arrière-plan les langues mortes en faveur des langues vivantes, et la philosophie en faveur des sciences.L\u2019expérience a été défavorable au système de réformes dites modernes que l\u2019on opposait au système classique.Dans un article récent publié sous la signature d\u2019un Français distingué, qui sonne comme un cri d\u2019alarme, on y lit le passage suivant qui s'adresse à l\u2019enseignement classique moderne : \u201c Ces qualité d\u2019ordre, de précision, de mesure, de distinction, cette justesse dans le ton, cette allure dégagée, vive, spirituelle, qui sont l\u2019apanage de l\u2019esprit français, fait place de plus en plus a la grossiéreté et a la trivialité, à la balourdise, à la platitude de la pensée et de l\u2019expression.Les candidats à la licence et même à l\u2019agrégation, incapables de lire un texte latin ou grec, délaissent l\u2019étude de l\u2019antiquité et du moyen âge; et ainsi disparaissent peu après cette fréquentation par les jeunes générations et les maîtres de demain, de ces penseurs et de ccs grands L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 531 artistes classiques desquels procède notre génie latin, et de ce moyen âge qui a été la jeunesse bouillonnante de notre histoire nationale.Quelle mutilation de notre pensée, de notre esprit et de nos traditions ! \u201cSi nous ne réagissons pas énergiquement, une République foncièrement béotienne remplacera à jamais chez nous la République athé- nienne, la France perdra dans le monde cette suprématie intellectuelle qu\u2019elle a exercée, au cours de ces trois derniers siècles, et qui donnait tant de rayonnement à son influence.\u201cPour porter le remède au mal, il faut en rechercher d\u2019abord les causes.Elles sont multiples.Beaucoup accusent avec \u2018raison nos méthodes et nos programmes ; ils sont détestables.Depuis 1880, on s\u2019est appliqué à détruire tout un système d\u2019éducation et d\u2019enseignement qui avait fait ses preuves depuis trois siècles, unissant à la formation chrétienne la culture classique; on n\u2019a su rien mettre à la place.On ne vit plus que d\u2019empirisme et l\u2019esprit des jeunes générations n\u2019est plus qu\u2019un champ d\u2019expériences contradictoires.\u201d | \u2014Nous devons tenir compte de ces avertissements ,car la controverse continue.D\u2019un c6té les classiques soutiennent que l\u2019étude des langues anciennes constitue une culture d\u2019une grande puissance.L\u2019effort d\u2019apprendre une langue parfaite, à la fois parente et différente de la nôtre, la traduction serrée, scrupuleuse de textes riches en pensées simples et fortes et \u201cd\u2019une valeur éternelle\u201d, a-t-on dit, constitue pour l\u2019esprit une admirable gymnastique, qui le fortifie et l\u2019assouplit, lui donne au plus haut point la précision, la finesse, le goût et la pleine conscience de lui-même.Au surplus, avec la clef des langues anciennes, on pénètre dans une civilisation mère de la nôtre quoiqu\u2019elle en soit distincte, et rien n\u2019est plus propre à élargir la pensée.\u2014D\u2019autre part, les promoteurs de l\u2019enseignement secondaire moderne, comprenant les langues vivantes, l\u2019histoire, la géographie, la philosophie, les sciences, opposent que l\u2019esprit est largement nourri et que leur vertu éducative est évidente.L\u2019étude approfondie d\u2019une langue et d\u2019une littérature étrangère, disent-ils, peut rendre des services analogues à ceux que peut rendre le latin, pourvu qu\u2019elle soit classique à sa manière, qu\u2019elle ait la littérature et ses chefs-d\u2019oeuvre et qu\u2019on l\u2019apprenne avec une méthode rigoureuse.L'histoire, la géographie bien enseignées, la philosophie, pardessus tout, ne sont-elles pas propres à ouvrir l\u2019esprit, à étendre l\u2019ho- 532 A L\u2019UNIUN MÉDICALE DU CANADA rizon de la pensée autant que certaine façon d\u2019apprendre le grec et le latin ?~ Que dire des sciences, l\u2019école par excellence du raisonnement ?Et les mathématiques?Elles feront, disent-ils au premier chef, partie des études éducatives, tant qu\u2019une des marques principales de la culture sera l\u2019habitude de tirer exactement les conséquences des principes donnés.Il en est ainsi des sciences physiques et naturelles, qui entrai- nent l\u2019esprit au respect des faits et au sûr discernement de ce qui est prouvé et de ce qui ne l\u2019est pas.\u2014 Anatole France, dans son admirable \u201cvie littéraire\u201d, leur adresse cette réponse : \u201cOn a ajouté, en outre, aux programmes, dit-il, beaucoup d\u2019histoire et encore plus de géographie.On a rendu plus sérieuse l\u2019étude des langues vivantes; enfin, on s\u2019est efforcé de donner un caractère pratique à l\u2019enseignement secondaire.Il faut bien reconnaître qu\u2019on n\u2019a pas réussi.Nos bacheliers ès- lettres sont-ils mieux armés pour le combat de la vie depuis qu\u2019on a mis dans leur tête quelques termes de chimie?Non.Les éléments d\u2019une science exacte ne sont d\u2019aucune utilité à ceux qui ne poussent pas cette science assez avant pour en faire la synthèse ou pour en tirer des applications industrielles.Auront-ils plus d\u2019expérience parce qu\u2019ils apprennent l\u2019histoire universelle depuis l\u2019âge des cavernes jusqu\u2019à la présidence de M.Jules Grévy?J\u2019en doute.L'histoire, telle qu\u2019on la leur enseigne, n\u2019est qu\u2019un insipide catalogue de faits et de dates.Il vaudrait peut-être mieux embrasser moins de temps, s\u2019en tenir aux âges modernes et les étudier avec toutes les circonstances qui en révèlent l\u2019esprit et la vie.Mais comment faire connaître la vie d\u2019un peuple à des enfants qui ne savent pas même ce que c\u2019est que la vie d\u2019un homme?Je ne dis rien de la géographie, qui fut longtemps Pobjet des espérances les plus superstitieuses.Elle n\u2019est une grande science qu\u2019à la condition d\u2019en absorber plusieurs autres, telles que la géologie, la minéralogie, l\u2019ethnographie, l\u2019économie politique, etc, etc, et ce n\u2019est point de cette façon qu\u2019on l\u2019entend au lycée.On l\u2019y réduit à un exercice de mémoire long et stérile.Je ne vois guère, dans toutes ces notions, que la connaissance des langues vivantes qui ait un intérêt pratique.On ne peut nier qu\u2019il ne soit avantageux de savoir l\u2019anglais et l\u2019allemand.Cette connaissance est utile au négociant et au législateur, comme au soldat et au > L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 533 savant.Mais il reste à savoir si l\u2019enseignement secondaire doit avoir pour unique objet l\u2019utile.Il est bien général pour cela.\u201d \u2014Comment rétablir l\u2019accord entre les deux adversaires ?Par l\u2019ana!lyse de faits.Il est certain que nous ne pouvons pas imposer un système unique d\u2019enseignement secondaire, car nous devons tenir compte des aptitudes, des milieux et des circonstances.Nous avons, heureusement, depuis quelques années, grâce à l\u2019Ecole d\u2019Agriculture, aux Ecoles Techniques et à l\u2019Ecole des Hautes Etudes, des «débouchés nouveaux vers lesquels nous pouvons diriger nos classes de jeunes gens qui ont dû précipiter leur enseignement secondaire ou qui n\u2019ont pas le goût des études classiques.| Mais quelle est la valeur des deux formes de cet enseignement secondaire pour l\u2019étudiant: l\u2019avocat ou le futur médecin ?Procédons par déduction.Interrogeons les autorités pédagogiques chez les peuples les plus cultivés, et recherchons ensemble -ce qu\u2019exige de l\u2019étudiant chacune de ces professions, en particulier la médecine.[ \u2014Un ancien membre de l\u2019Institut, professeur au Collège de France, Monsieur Levasseur, décédé aujourd\u2019hui, s'exprime ainsi sur ce sujet: : \u201cNos meilleurs élèves ne sont pas ceux de la section des sciences, mais ceux qui ayant fait leurs lettres jusqu\u2019à la logique inclusivement, sont entrés ensuite en sciences élémentaires.Ils sont d\u2019abord dans les rangs inférieurs, parce que leurs camarades ont sur eux l\u2019avance de trois années d\u2019acquis scientifique; mais, peu à peu, ils montent et ils arrivent à être les plus forts en sciences spéciales, ils y prennent.d\u2019ordinaire les premières places.C\u2019est, conclut-il, un hommage rendu à la vertu des études classiques pour le développement général de l\u2019intelligence.| \u2014Un autre, M.Weil, directeur du Collège Chaptal, ajoute : \u201cNous reconnaissons que la valeur éducatrice du latin et du grec est bien supérieure à celle de l\u2019enseignement moderne, et je veux citer un exemple: chaque fois que j'ai eu, en mathématiques spéciales, des élèves bacheliers ès-lettres, ils ne savaient rien au début, mais au bout de quelques mois, ils apprenaient plus vite que les autres.\u201d \u2014Il y a plusieurs années, l\u2019école française des sciences politiques avait envoyé en Angleterre une commission chargée de s\u2019enquérir comment se forment et où s\u2019instruisent les classes supérieures et moyennes de ce pays?Quels moyens de préparation ont été mis à la por- 534 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA tée de ses parlementaires, de ses diplomates, de ses philosophes et de - ses savants ?\u2018emprunte à leur rapport le passage qui nous intéresse \u201cDeux ou trois mille jeunes gens vont chaque année aux Universités.Cette élite a conservé plus fidèlement que nous le culte de l\u2019antiquité; elle sait le latin au moins aussi bien, et le grec mieux que nos plus brillants élèves de l\u2019Université.Nous retrouverons plus tard ces esprits très finement cultivés dans les professions, dans l\u2019enseignement, dans les hautes fonctions publiques et même aux Lords et aux Communes.\u201d Dans la lutte que l\u2019on fit au grec et au latin en 1890, en Angleterre, les Universités s\u2019opposèrent à ce mouvement de réformes en soutenant \u201cque les langues classiques étaient nécessaires pour maintenir le haut niveau de leur éducation intellectuelle et qu\u2019il n\u2019était pas à propos de changer un programme qui depuis des siècles avait formé les intelligences les plus puissantes de la nation.\u201d Elles gagnèrent la partie.\u2014Lord Macaulay disait publiquement vers cette époque, que \u201cI\u2019éducation classique est la plus haute, la plus libérale, la plus accomplie que puisse fournir notre pays; elle est la meilleure des préparations pour toute profession qui exige l\u2019exercice de hautes facultés intellectuelles.\u201d \u2014Le Dr Hill.directeur d\u2019un Collège à Cambridge, a écrit ce qui suit, à propos d\u2019un enseignement précoce des sciences pour former des biologistes et développer les qualités intellectuelles : \u201cLes élèves des cours de sciences, dit-il, nous causent souvent les plus cruels désappointements.Ils sont érudits.mais n\u2019ont pas d\u2019entraînement intellectuel.S\u2019ils se relâchant dans leur travail ardu, ils sont vite dépassés par des élèves plus jeunes sortis des écoles classiques.à mesure qu\u2019ils atteignent cette région de connaissances où il faut s\u2019occuper non-seulement des faits évidents, mais de la force relative des théories et des arguments, il est comme dans l\u2019impossibilité de s\u2019élever à ces considérations.\u201d , \u2014 Aux Etats-Unis, le Dr Jordan, à ce moment-là président de l\u2019Université de l\u2019Indiana, publiait les conclusions suivantes de son rapport sur l\u2019éducation générale du médecin : ©.sl les médecins ne prennent pas leur part dans les progrès de la science, nous croyons que la culture générale leur fait défaut.Nous devrions exiger une formation classique de tous ceux qui démandent leur admission à l\u2019étude, et fermer la porte à l\u2019ignorant, à l\u2019homme nul, au paresseux.Le dead. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA - 535 médecin instruit sera toujours l\u2018homme de science; celui dont la formation aura été défectueuse sera l\u2019empirique et le charlatan.\u201d \u2014Comme c\u2019est vrail.\u2014Et le Dr Bellings, ancien chirurgien général de l\u2019armée américaine, écrivait plus tard: \u201csi le jeune homme n\u2019a pas les moyens d\u2019argent ou de temps nécessaires pour se donner une formation qui lui permette d\u2019étudier la médecine d\u2019une manière sérieuse et avec fruit, il ferait mieux de se lancer dans d\u2019autres entreprises moins intellectuelles, où il serait moins dangereux et plus utile à la société.\u201d Et il conclut: \u201csi on veut avoir des élèves d\u2019une culture convenable, il faut exiger d\u2019eux le degré de bachelier d\u2019une bonne Université.\u201d \u2014Toujours l\u2019enseignement classique.Ici, dans notre pays, on décrie beaucoup les études classiques qu\u2019on oppose aux high-schools.Voulez-vous savoir ce qu\u2019en pensent deux universitaires de chez nous?Le professeur Brant, recteur du \u201cQueen\u2019s University\u201d, de Kingston, écrivait ce qui suit dans un ouvrage important publié sur le Canada: \u201cLes membres canadiens-francais du parlement, en conséquence probablement de la formation classique qui est la base de leur éducation, sont beaucoup supérieurs à leurs confrères de langue anglaise par la clarté de leur langage et par la grâce de leur style; même lorsqu\u2019ils peælent en anglais, ces qualités sont remarquables.\u201d Ce témoignage est d\u2019une saisissante actualité à propos du dernier Congrès libéral d\u2019Ottawa.Tous les journaux anglais du pays l\u2019ont attesté.Le professeur Adami, de l\u2019Université McGill, maintenant à l\u2019Université de Liverpool, que nous connaissons bien, a écrit en 1902: \u201cqu\u2019en général la culture littéraire des jeunes anglais qui veulent être admis aux professions libérales, laissait beaucoup à désirer.Ils ont des connaissances; on leur a appris des faits et des dates, mais ce qui fera la faiblesse de leur vie tout entière, c\u2019est qu\u2019on ne leur a pas appris à penser.La formation latine, dit-il, est un excellent moyen de faire surgir les idées et de développer l\u2019intelligence d\u2019un juune élève.\u201d Et il ajoute: \u201cBien qu\u2019il semble être passé dans nos habitudes de décrier l\u2019éducation reçue par nos compatriotes de langue française, nous sommes forcés d\u2019admettre que, sous ce rapport, l\u2019éducation reçue dans les grandes maisons d\u2019éducation française de la Province est supérieure à celle que reçoivent nos jeunes compatriotes de langue anglaise.\u201d | 536 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ' \u2014Sur le même sujet, le professeur Brouardel, ancien doyen de la Faculté de Médecine de Paris, s\u2019exprimait ainsi: | \u201cAu Comité de l\u2019enseignement médical du Ministère, nous avons accordé la dispense du baccalauréat ès-lettres aux licenciés ès-sciences, c\u2019est-à-dire à des jeunes gens qui avaient conquis un grade élevé par un travail qui avait eu une durée de trois ans en moyenne, et après avoir subi des examens difficiles, d\u2019une façon générale, leurs études médicales ont été inférieures à celles de leurs camarades.L\u2019inverse s\u2019est produit pour les étudiants licenciés ès-lettres dispensés du baccalauréat és-sciences.Presque tous ont été de brillants élèves.\u201d \u2014Le professeur Dastre, un de nos plus grands physiologistes modernes, décédé récemment, répondait ainsi à la question : \u201cElève de l\u2019Ecole Normale, dit-il, j\u2019en suis sorti muni de tous les diplômes scientifiques.Lorsque j'ai voulu aborder les études médicales, je suis resté deux ans avant de comprendre ce que l\u2019on voulait m'\u2019enseigner.Habitué à suivre une méthode dans laquelle les faits sont logiquement enchaînés les uns aux autres, je me trouvais désorienté par cette autre méthode qui s\u2019impose aux médecins d\u2019étudier un malade en lui-même, de passer à un second malade qui n\u2019a aucun rapport avec le précédent, et peut-être retrouver que quelques semaines, que quelques mois après, un troisième malade comparable, mais non semblable à l\u2019un des précédents.\u201d | \u2014Au cours d\u2019une enquête que je faisais personnellement en 1903, sur ce même sujet, j'avais reçu deux témoignages que je désire vous communiquer.\u2014A ma question le professeur E.-P.Lachapelle, ancien doyen, prédécesseur immédiat de notre doyen actuel, et qui fut un esprit ouvert à toutes les réformes nécessaires, répondait en ces termes: \u201cLe cours d\u2019études classiques est certainement la meilleure préparation pour les jeunes gens qui se destinent à l\u2019étude de la médecine.L'expérience démontre que, toutes chances égales d\u2019ailleurs, celui qui à fait un cours d\u2019études classiques complet possède une formation intellectuelle meilleure et plus en rapport avec toutes les exigences de la science médicale.Sa mémoire, son imagination, son jugement, son esprit d\u2019observation et d\u2019analyse, toutes ses facultés, en un mot, sont mieux formées et lui assurent une supériorité marquée sur les autres, soit pendant ses études médicales, soit plus tard, pendant sa carrière de médecin.\u201d Et il ajoute: \u201cs\u2019il en est ainsi, je ne vois pas pourquoi nous n\u2019arriverions pas, sans commettre d\u2019injustice envers qui que ce soit, à amender notre loi de manière à ne permettre l'admission à l\u2019étude de la médecine qu\u2019à ceux qui auront fait L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 537 les études préliminaires que nous considérons nécessaires pour leur permettre de donner toute la mesure de leurs talents.\u201d \u2014 Enfin, un ancien recteur de cette maison, dont le souvenir se perpétue, à cause de son grand dévouement à l\u2019Université et de sa grande générosité envers la Faculté de Médecine, le regretté Mer Ar- chambault jancien évêque de Joliette ,3 \u2018exprimait ainsi sur cette question épineuse: \u201cLe jeune homme qui embrasse une carrière libérale doit, s\u2019il veut réussir, faire sa marque dans le monde, y exercer une salutaire influence, posséder, outre les connaissances propres à sa profession, la culture de l\u2019esprit, la droiture et la sûreté du jugement, la ténacité de la mémoire, la fermeté du caractère.Où puise-t-on ces biens inappréciables de ame, sinon dans une éducation sérieuse et solide, qui poursuit, avant tout et pardessus tout, le développement des facultés intellectuelles de l\u2019enfant, la possession du vrai, du bien et du beau ?Dans l\u2019enseignement classique ou dans l\u2019enseignement moderne ?Nous n\u2019avons pas à hésiter.Si la seconde des deux méthodes donne plus d\u2019érudition, la première constitue pour l\u2019intelligence et pour la volonté une gymnastique nécessaire.Elle en assure le développement et le parfait épanouissement.Elle procure à l\u2019esprit humain, une mesure, une clarté, une élégance incomparable, elle le rend singulièrement apte aux fortes analyses et aux puissantes synthèses.\u2019 C\u2019est grâce à cette méthode que la philosophie, les lettres et les arts ont brillé, en France, d\u2019un si vif éclat et que -notre ancienne mère-patrie a toujours exercé sur le monde civilisé une influence souveraine.Aussi, même aux Etats- Unis, nous voyons se produire actuellement un mouvement vigoureux vers les études classiques.\u201d \u2014 Vous pensiez ainsi, Monseigneur le recteur, (1) lorsque vous demandiez que l\u2019Université forme simplement des hommes: \u201cNous avons l\u2019immense avantage, disiez-vous en mars 1919, d\u2019avoir un système d\u2019études consacré par une expérience séculaire, et qui nous reporte, d\u2019un trait, jusqu\u2019à ces \u2018écoles créées par Charlemagne avec le \u201ctrivium\u201d et le \u201cquadrivium\u201d de leurs sept arts libéraux, auxquels les écoles supérieures ajoutaient le droit, la médecine et la théologie.Ce qui frappe dans ce système, ce qui en fait l\u2019armature et la force, c\u2019est son unité profonde, avec la théologie qui en forme comme la clef de voute, et qui produit dans le monde des esprits ce que la lumière physique produit dans le monde des corps, l\u2019ordre et la hié- (1) Monseigneur Gauthier., ; 538 L'UNION MÉDICALE DU CANADA rachie qui indique à chaque science sa situation réelle, ses proportions véritables.\u201d \u2014Au surplus, si nous réfléchissons à quels efforts constants d\u2019observation, d\u2019analyse, de synthèse sont astreints, en particulier l\u2019étudiant en médecine durant ses études, et, plus tard, le médecin dans \u2018exercice de sa profession, nous opterons sûrement en faveur d\u2019un enseignement qui développe le jugement plutôt que la mémoire, c\u2019est-à-dire le fondement même d\u2019une intelligence éclairée.\u2014\u201cLe beau nom d\u2019humanités qu\u2019on donna longtemps à l\u2019enseignement secondaire, conclut Anatole France, nous éclaire sur sa véritable mission; il doit former des hommes et non point telle ou telle espèce \u201cd'hommes; il doit enseigner à penser.La sagesse est de se tenir satisfait s\u2019il y réussit et de ne pas lui demander beaucoup d\u2019autres choses en plus.Apprendre à penser, c\u2019est en cela que se résume tout le programme bien compris de l\u2019enseignement secondaire.\u201d \u2014INous pouvons conclure, avec les meilleurs esprits, que l\u2019enseignement secondaire classique constitue la meilleure formation intellectuelle de l\u2019élève qui veut apprendre à penser juste et qui se destine à l\u2019enseignement supérieur, en particulier à l\u2019étude de la médecine et du droit.IV\u2014L\u2019ENSEIGNEMENT SUPERIEUR \u2014LA MEDECINE.L\u2019enseignement supérieur succède aux deux autres et les couronne.Il vient en dernier lieu, ce qui ne veut pas dire qu\u2019il ait apparu le dernier au cours des temps.L\u2019histoire nous apprend que les trois degrés d\u2019enseignement se sont constitués, en général, dans l\u2019ordre descendant; qu\u2019il y a eu en tous pays des universités avant qu\u2019il y eut des collèges, et des collèges avant qu\u2019il y eut des écoles primaires, car l\u2019enseignement supérieur est l\u2019âme même d\u2019un système d\u2019éducation publique.S°il est, en un sens, le dernier fruit d\u2019une civilisation élevée, il en est aussi, et \u2018d\u2019abord, la condition.Le savoir descend et ne remonte pas, a-t-on dit.I/institution qui a pour but de conserver et d\u2019accroître, s\u2019il se peut, le trésor des connaissances, de communiquer les notions les plus hautes et d\u2019en assurer la transmission, d\u2019entretenir surtout le feu sacré de la recherche et la tradition des méthodes, est évidemment le foyer de toute vie intellectuelle dans un pays, la source où s\u2019alimente tout autre ordre d\u2019enseignement.L'enseignement supérieur s\u2019adresse non plus à l\u2019enfant, ni à l\u2019adolescent, mais au jeune homme, à l\u2019adulte déjà cultivé, exigeant même de ses étudiants réguliers le diplôme qui témoigne d\u2019une culture secon- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 539 daire complète.Il se caractérise par plus d\u2019ampleur et de profondeur et par quelque chose de plus viril.C\u2019est la dernière initiation au savoir, et l\u2019émancipation complète de la pensée.La preuve en est qu\u2019il aboutit, comme terme extrême, au \u2018doctorat, grade qui témoigne qu\u2019on est non-seulement doctus, mais doctor, non-seulement mai- tre de tout un ordre de connaissances, mais capable de faire des maîtres à son tour.Cependant, les maximes \u2018peu et bien\u201d valent encore ici comme aux degrés inférieurs.Il doit faire dominer de plus haut l\u2019ensemble des sciences, en pénétrant à fond dans l\u2019esprit de quelques-uns et non pas dans le détail de toutes.\u201cNous ne savons le tout de rien\u201d a dit Pascal.L\u2019objet propre de l\u2019enseignement supérieur est de nous faire aller aussi loin que possible dans l\u2019intelligence du tout, non en touchant à plus de choses possibles, mais en poussant au bout un certain genre d\u2019études.\u2018 Celui qui, mûr déjà et dûment préparé, se donnant tout entier à une étude de son choix, s\u2019y avance sous une direction virile et selon les méthodes viriles, aussi loin qu\u2019il peut aller, à loisir, sans autre préoccupation que de savoir plus et de voir plus clair, celui-là reçoit ou plutôt se donne une véritable culture supérieure.Nous disons se donne pour bien marquer le caractère essentiellement libre, nullement dogmatique ni autoritaire de la méthode dans cet enseignement.Nous nous adressons à des hommes.La docilité des étapes précédentes s\u2019appelle, ici, la souplesse d\u2019esprit et la confiance dans le maître, tout en développant wun certain esprit critique.L'étudiant n\u2019apprend plus seulement pour savoir, comme précédemment, il doit apprendre à chercher pour son compte et à découvrir, si possible.Le professeur est un guide et un exemple.Il doit mener l\u2019étudiant aux sources du savoir, lui montrer la voie, lui apprendre à manier les instruments de la recherche, à analyser les faits, à les coordonner, afin d\u2019en tirer des conclusions logiques.Cela suppose, de part et d\u2019autre, la plus grande liberté, autorité sans doute, d\u2019un côté, mais l\u2019autorité du savoir avant tout, et du caractère; zèle et respect de l\u2019autre, mais pour la vérité pardessus tout.La forme par excellence de l\u2019enseignement supérieur, c\u2019est donc la causerie familière, \u201cla conférence\u201d au sens proore du mot, c\u2019est-à- dire le travail en commun.Il s\u2019agit de faire des esprits non bourrés sa L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \\ 540 de connaissances, mais capables de chercher et de penser par eux- mêms.Il faut les exercer à tout contrôler, même ce qu'on leur dit; à critiquer un texte ou une expérience, à démasquer les erreurs d\u2019une théorie ou à en trouver, au contraire, la confirmation, à découvrir des faits, à substituer une interprétation à une autre.\u2014Ne sentez-vous pas qu\u2019en vous parlant ainsi je songe à la médecine ?Pour vous communiquer les vérités acquises, le professeur ne dispose que de deux méthodes: l\u2019induction et la déduction.Ou bien il prend les faits pour point de départ, il les fait expérimenter ou observer aux élèves, il les classe d\u2019après leurs rapports et il en dégage les lois qui les dominent.C\u2019est oeuvre de la clinique médicale.Ou bien il s\u2019appuie sur des vérités générales et des définitions qu\u2019il explique et fait comprendre, et, par déduction, il passe de ces principes, de ces règles, aux applications et aux cas particuliers.(\u201cest le but du cours théorique.\u201c Les deux sont essentiels, quoi qu\u2019on dise.Mais le professeur, soit qu\u2019il déduise, soit qu\u2019il induise, peut, ou bien exposer lui-même l\u2019objet de la lecon, parler magistralement, enseigner par un discours suivi, c\u2019est la méthode d'exposition; ou bien, en interrogeant les élèves, leur suggérer, leur faire découvrir à eux- mêmes ce qu\u2019il veut leur apprendre ,c\u2019est la méthode d'interrogation ou socratique.C\u2019est une grave erreur de penser et de dire que les étudiants peuvent apprendre dans des livres bien faits aussi bien qu\u2019aux leçons théoriques.; Je l\u2019ai démontré autrefois.\u201cQui veut apprendre, a dit Aristote, doit commencer par croire\u201d, c\u2019est-à-dire avoir foi dans la science.Et cette croyance, cette foi, qui se propage de personne à personne, par une sorte de contagion morale, ce n\u2019est pas le livre qui peut la communiquer, \u201cle livre, dit un auteur français, chose morte et froide, dans son texte figé, qui se laisse manier, mais qui ne répond, qui ne livre ses secrets que si on l\u2019interroge, si on le violente par une effort d\u2019attention, c\u2019est le professeur vivant et agissant, qu\u2019on voit et qu\u2019on entend, qui va au-devant de la pensée de ses élèves, qui les conduit par la main au milieu de toutes les difficultés de l\u2019étude, qui les entoure et les subjugue par l\u2019autorité de sa personne, et aussi par ce qu\u2019il y a d\u2019action impérieuse ou de pénétration insinuante dans la parole.\u201d \u2014Oui, l\u2019enseignement supérieur est le couronnement de l'ensei- 1 UNION MEDICALE DU CANADA 541 gnement secondaire, mais il ne peut le suppléer.La méthode est identique mais spécialisée.| Les Universités qui le distribuent doivent être assises sur des bases indestructibles, car elles sont à la fois propagatrices des vérités acquises et chercheuses de vérités nouvelles.Notre Université de Montréal aura donc une grande et noble mission à remplir.Elle l\u2019accomplira si elle peut compter que les élèves qu\u2019on lui fournira auront reçu une formation adéquate, car \u201ccelui qui lutte sans formation suffisante, disait Lacordaire, celui-là ne sait pas lutter, il reste inférieur à tous les autres.L\u2019intelligence, c\u2019est le gage de la puissance humaine, sans elle, l'homme peut être honorable et utile, il peut être aimé et respecté, il ne sera jamais puissant.\u201d Sur ce point, la médecine est exigeante, car \u201cla science n\u2019est pas suffisante pour le médecin, écrivait mon distingué collègue, le professeur Fortier, en 1904, il lui faut encore l\u2019autorité et le prestige.Or, ces deux qualités, comment les acquerra-t-il si ce n\u2019est par la supériorité de sa culture intellectuelle et morale.Si cette culture lui manque, s\u2019il ne porte pas dans la supériorité de sa position, la supériorité de la culture intellectuelle et morale, il n\u2019est plus pour les hommes avec lesquels il vit qu\u2019un compagnon qu\u2019ils traiteront sans considération ni respect.\u201d \u2014L\u2019Université de Montréal aura aussi le droit de compter sur ses professeurs, qui propageront ses doctrines et répandront au loin sa réputation, car leur influence est partout redoutable.A ce propos, Monseigneur Gauthier, notre recteur actuel, prononçait les paroles suivantes, à un banquet en l'honneur de notre doyen, en répondant au toast des Universités : \u201c Nous ne produirons peut-être un savant, disait-il, estimons-nous heureux et soyons satisfaits si nous produisons un homme qui pense juste, car dans le bouleversement d\u2019idées et de doctrines qui empêche en ce moment la vieille Europe de retrouver son équilibre, je ne sais pas de tâche plus essentielle que celle-là.Penser juste nour soi, \u2019est déjà capital.Mais combien plus nécessaire n\u2019est-il pas de penser juste pour les autres, quand les autres c\u2019est ce peuple qui n'a pas le loisir, comme l\u2019homme d\u2019études, d\u2019analyser des systèmes, et dont le caractère le plus pathétique est la confiance qu\u2019il accorde spontanément à celui «qui sait\u201d !.\u2014Et ce peuple, ajoutiez-vous, qui peut le former ?\u2014La chaire universitaire, qui est un instrument incomparable de propagande.Vous nous en apportiez aussitôt un exemple saisissant dans la Russie actuelle qui agonise sous les coups d'une emarchie sanglante.On 542 L'UNION MÉDICALE DU CANADA y voit les occidentalistes révolutionnaires renversant l\u2019ancien état de choses, malgré les slovaphiles traditionalistes, parce que, disiez-vous.\u201cils occupeient des chaires universitaires et que, sans doute, ils étaient seuls à parler librement dans un pays qui a proscrit toute autre expression libre de la pensée.\u201d \u2014Depuis, j'ai réfléchi, et j\u2019ose dire que penser juste, c\u2019est penser humainement, parce que la meilleure éducation intellectuelle et morale nous y invite sans cesse en préconisant, dès le bas âge, dans le développement progressif de l\u2019homme, le juste équilibre de la pensée et de l\u2019action.Penser juste pour nous, professeurs, c\u2019est done vouloir le progrès dans l\u2019effort quotidien de l\u2019observation, de la recherche et de la vulgarisation scientifique, sans relâche et sans heurt, car il ne s\u2019accomplit ni par l\u2019inertie, ni par des batailles.Ceci me rappelle un trait emprunté à l\u2019histoire de l\u2019Ancien Testament, rapporté par le professeur Pozzi, en 1904, ici même, au Congrès de Montréal, présidé par le professeur Foucher.Le prophète Elie avait été poussé par l\u2019esprit de Dieu vers la montagne d\u2019Horeb, au lieu même où le Seigneur avait apparu et parlé à Moïse.Elie s\u2019était retiré dans une caverne et une voix lui dit: \u201cSors, le Seigneur va passer!\u201d Et voici, dit la Bible, que devant le Seigneur, pour le précéder, il y eut d\u2019abord un vent violent et impétueux, capable de renverser les montagnes et de briser les rochers; et le Seigneur n\u2019était pas dans cette tempête.\u2018Après, il se fit un tremblement de terre; et le Seigneur n\u2019était pas dans ce tremblement.Ensuite, il s\u2019alluma un grand feu, et le Seigneur n\u2019était point encore dans ce feu.Enfin, voici que survint un souffle très léger; aussitôt, Elie se couvrit le visage de son manteau, et étant sorti, il se prosterna à l\u2019entrée de la caverne ; car le Seigneur avait passé dans ce souffle à peine entendu.Il en est ainsi du souffle vivifiant et régénérateur quoique parfois insensible de la science.Il n\u2019étonne pas, il n\u2019éblouit pas, il ne bouleverse pas à la manière des guerres ou des révolutions.Mais nous l\u2019avons senti passer en nous.\u2014 Lui seul, Messieurs, transformera notre mentalité et régénèrera notre Université naissante ! #L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA .XI REI DIGITALOL Digitaline Crystallisée DESAUTELS C34 {53 Qu Pour le traitement des maladies du coeur, sous toutes ses formes.(Hyposystolie, Asystolie, Lésions valvulaires, Cardiopathies artérielles, Angine de poitrine, Tachycardie, Palpitations Asthme cardiaque, Néphrites, Anurie, Asthénie cardiaque ante et post opératoire, Pneumonie, Fièvre typhoi- de, Maladies infectieuses.SE VEND EN SOLUTION titrée au millième, suivant formule insérée au Codex (17 juillet 1908).Cinquante 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\u2014 quelques étudiants en peinture, parce que la peinture, à condition.de n\u2019être pas trop savante et pas du tout révolutionnaire, peut faire l\u2019objet de commandes assez importantes, même dans les pays neufs et sans culture artistique ; \u2014 quelques étudiants en musique vocale ou instrumentale, parce que, au Ca- , nada, grâce à certain goût inné du peuple pour cet art, un bon professeur de musique vocale ou instrumentale peut gagner sa vie.La sculpture a attiré deux ou trois étudiants seulement, parce que les sculpteurs, au Canada, doivent compter uniquement sur l\u2019encouragement officiel, et que l\u2019opinion publique n\u2019approuverait pas qu\u2019on effec- tat de fortes sommes 4 un genre de monuments qui forcément ne s\u2019affirment pas en volume.Il n\u2019y en a eu que deux ou trois également en architecture, malgré les sommes considérables qui se dépensent pour les bâtiments du culte dans un pays où la foi est vive et l\u2019Eglise bien organisée; en général, on n\u2019a pas encore appris à distinguer entre un bel édifice et un édifice moins beau, et l\u2019architecte qui fait les plus belles affaires n\u2019est pas toujours celui qui fait les plus belles peuvres.les sciences sociales et politiques ne rapportent rien dans un pays où la science du gouvernement n\u2019est pas encore très compliquée ; résultat: le Canada français n\u2019a encore envoyé en France qu\u2019un ou deux étudiants en sciences sociales et politiques.Pour le droit, per- (1) N.1B.(On lira avec intérêt le bel article que le major Asselin a écrit On y puisera des idées fécondes et très utiles en ce moment.N.D.L.R.\u2018 544 L'UNION MÉDICALE DU CANADA sonne.Pour le génie civil, science éminemment utilitaire, on a fait mieux qu\u2019envoyer des étudiants, on est venu chercher des maîtres, qui ont fait de l\u2019Ecole polytechnique de Montréal une des bonnes institutions du genre au Canada; mais pour les lettres, sujet d\u2019études désintéressées, presque personne.: \u2018On s\u2019est presque toujours borné aux études utilitaires parce que, presque toujours, on venait en France a ses propres frais, et qu\u2019en fait de richesse, en Nouvelle-France, si tout le monde a le nécessaire, peu de gens ont le superflu.Les études désintéressées, qui n\u2019auraient le plus souvent conduit qu\u2019à la misère matérielle, n\u2019ont séduit personne.Kt comme les études désintéressées sont les plus essentielles à la création des élites pensantes, sans la direction desquelles l\u2019action n\u2019est que mouvement désordonné et stérile, le Canada français, en 1919, possède bien, il est vrai, dans quelques sphères de l\u2019activité intellectuelle, des hommes relativement remarquables, mais, au sens propre du mot, il n\u2019a pas d\u2019élite.Or il semble incontestable qu\u2019au point de vue intellectuel un peuple qui n\u2019a pas d\u2019élite n\u2019existe pas, Quelle élite faut-il au Canada français ?À cette question nous répondrons : 1° Umne élite de formation anglo-saxonne ne servirait qu\u2019à propager dans le Canada français l\u2019anglomanie, au moment précis où notre race commence à se rendre compte du profit, même matériel, qu\u2019elle retirerait d\u2019une forte culture latine.\u2014 Et donc, l\u2019élite doit venir se former en France, où même l\u2019enseignement scientifique restera longtemps encore nourri d\u2019humanités et subordonné aux idées générales.Qu\u2019un enseignement français doive fatalement désintéresser les Canadiens français de la vie anglo-saxonne, dont l\u2019étude est pour eux une véritable nécessité, nous ne le croyons pas.Nous posons au contraire en principe que, toute culture intellectuelle digne de ce nom avivant la curiosité de l\u2019esprit, le Canada français sera d\u2019autant plus attentif à observer le monde anglo-saxon, et en particulier le Canada anglo-saxon, qu\u2019il se sera d\u2019abord développé davantage dans le sens de ses traditions et de ses aptitudes.De fait, les Canadiens français qui comprennent le mieux leurs concitoyens anglais (et je ne vois pas qu\u2019on puisse nous demander rien de plus que de les \u201ccomprendre\u201d) sont précisément ceux qui possèdent la plus haute culture française ; le snobisme ou la haine sont en raison directe de l\u2019ignorance.2° Une élite séparée de la race en matière religieuse serait fatalement portée à chercher ses points d\u2019appui dans le Canada anglo- protestant; partant, commencerait par se mettre en antagonisme avec L'UNION MÉDICALE DU CANADA 545 + la race qu\u2019elle aurait charge de diriger.\u2014 Et donc, l\u2019élite canadienne- française devra demander sa formation à la France catholique, ou tout au moins à ceux des maîtres français qui ne font pas, sous une forme, ou sous une autre, de la propagande anticatholique.3* Une élite de formation purement intellectuelle, qui perdrait de vue les réalités économiques et sociales du Canada français, serait un mobilier de luxe dans une maison pauvre.\u2014 Et donc, notre élite devra se former par l\u2019étude tout à la fois des lettres, des arts libéraux, de la science pure, de la science appliquée, en un mot de tout ce qui peut, en même temps que cultiver et orner l\u2019esprit, le rendre plus apte à un intelligent asservissement de la matière.Nous estimons \u2018qu\u2019en envoyant chaque année, avec la direction intellectuelle et morale nécessaire, une vingtaine de bons sujets à la Faculté des Lettres, à l\u2019Ecole des Beaux-Arts, au Conservatoire, à la Faculté de Médecine, à l\u2019Ecole Centrale, à l\u2019Ecole des Sciences sociales et politiques, et ainsi de suite, le Canada français pourrait espérer obtenir, en dix années au moins, cet état-major de cinquante hommes supérieurs qui, en tout pays du monde, suffira pour conduire intelligemment, en tenant compte de ses conditions d\u2019existence particulières, un peuple de trois millions d'habitants.Entre autres matières d\u2019étude que le Canada a complètement négligées dans le passé, nous indiquerons par exemple, en passant: la rédaction législative et administrative, devenue au Canada un véritable charabia; certaines branches du droit qui s\u2019appliquent encore au Canada français, mais dont l\u2019enseignement aurait besoin d\u2019être revivifié, tel le droit romain.A propos du génie civil, signalons ce fait éloquent qu\u2019à l\u2019heure aetuelle il n\u2019y a au Canada que trois ou quatre ingénieurs sortis de Centrale, et que deux d\u2019entre eux, MM.Vautelet et Modjeska, ont fait partie de la Commission des trois qui a rebâti le pont de Québec.Pour voir à qui incomberait l\u2019initiative des mesures à prendre pour créer l\u2019élite canadienne-française, il suffit d\u2019examiner qui est le plus intéressé au mouvement.Du côté canadien, ce serait sans doute, dans une certaine mesure, le Gouvernement fédéral; mais, depuis assez longtemps, ce Gouvernement, malgré les éléments libéraux qui s\u2019y glissent quelquefois, se préoccupe moins de mettre en valeur les merveilleuses aptitudes de ses ressortissants gallophones que de les dénationalizer; et d\u2019ailleurs, l\u2019enseignement public, en tant qu\u2019il relève de l\u2019Etat, est chez nous du ressort presque exclusif des provinces.L\u2019intéressé principale c\u2019est le Gouvernement de la grande province française de Québec.Avec 546 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ses deux millions et quart d\u2019administrés, qui forment trente pour cent de la population totale du pays, ses pouvoirs très étendus, et surtout ses immenses richesses naturelles, ce Gouvernement a non seulement le droit mais le devoir de prendre à sa charge, en pareille matière, les intérêts de tous les groupes gallophones du Canada.À la seule condition de bien comprendre son rôle, c\u2019est-à-dire de ne pas aller à l\u2019encontre de l\u2019opinion publique, de ne pas agir indépendamment de ceux qui ont créé l\u2019enseignement public dans le Canada français (lesquels, malgré certaines apparences, ont conservé très vif l\u2019esprit français), il pourra, en l\u2019espèce, compter sur le concours bienveillant, sinon actif, du clergé directeur de l\u2019enseignement secondaire et supérieur.De son côté, la France, surtout à une heure où la clarté, la méthode, l\u2019esprit de synthèse, viennent de se révéler \u2014 si tragiquement, hélas ! \u2014 comme les attributs essentiels de toute culture véritable, a un intérêt direct à faire rayonner sur le monde son enseignement.La nécessité de tirer de ces prémisses des conclusions pratiques nous conduit à réclamer l\u2019intervention de deux comités: l\u2019un canadien, représentant à la fois le Gouvernement de Québec, les institutions d\u2019enseignement et les sociétés ou groupes de propagande française au Canada, etc.; l\u2019autre français, qui se recruterait dans la Commission canadiennedu Comité France-Amérique et pourrait au besoin compter dans une modeste mesure sur l\u2019aide financière du Gouvernement français.La constitution du comité français sera une affaire délicate, mais elle ne présente pas de difficultés insurmontables.Quelque ombrageux qu\u2019il soit sur le point de la doctrine, le Canada français n\u2019hésitera pas à faire confiance, une confiance entière, absolue, à un groupe présidé, par exemple, par Mgr Baudrillart, M.Georges Goyau ouM.René Bazin.| Les organes d\u2019exécution une fois créés, plusieurs questions se po sent.Voyons-en quelques-unes: 1* Comment les étudiants se recruteront-ils ?|Nous répondons sans hésiter: Parmi les élèves des écoles secondaires, des écoles spéciales d\u2019arts et métiers, des écoles de hautes études commerciales, des facultés, des écoles techniques, et au besoin (pour ce qui est des musiciens, par exemple), dans le public, mais toujours au concours.Æt comme les programmes d\u2019études français ne sont pas très connus au Canada, et qu\u2019il importe de choisir les sujets, en vue surtout RS 1 XIII L UNION MEDICALE DU CANADA | = (BROMO-COLLOÏDE associé aux Ethers du BORNEOL) NERVEUX ON TOXIQUE DU SYSTEME pas D'ODEUR SEDATIF PAS DE BROMISME - PAS DE DEPRESSION NERVEUSE PAS D'OD j nt les repas.i : 2 à 6 dragées par jour, are nt I Valériane: DOSE | De \u2018les Enfants:-de 1 à 3 drag indicati es Bromures et de la De2d Toutes les indications d Dépôt pour le CANADA : ROUGIER Frères, Montréal.| \u2014 Epilepsie, ie \u2014 somnie nerveuse - Neurosthénie \u2014 Ina des Vaisseaux, Céphalées, etc.DRAGÉES tictarriaes ul DUHOURC Toniques-Reconstituantes lode organique \u2014 Sulfo-Gajaco) à GASTRICINE doit être employée sans aucune Contre-indication, dans Maladies de l\u2019Estomac, SOit par hypochlorhydrie, Soit par hyperchlorhydri MODE D'EMPLOI : La dose Moyenne est de 3 à 6 cuille les repas, dans un quart ou demi-verre d'eau, DÉPOT pour le CANADA : ROUGIER F toutes les rées à café par jour avant, pendant Ou sprès rères\u2014 MON TRÉAL.Cb ur E.DUHOURCAU, l\u2019EXTRAIT chloroformo-huileux de à Agissant seul et SANS PUR DOSE : sales à Adopté pa i Bordeaux, Bruxelles.Médaille d\u2019or ti 2 a Rochefort.sup.pep.; de Paris 1900.\u2014 Médaille d'Or aux Expositions de Brest, d'Ostende.d'Hanoj 1902 et Liége 1905.Hors Concours à l\u2019Exposition de Londres 1901.DÉPÔT pour le CANADA ROUGIE R Frères \u2014 MONTRÉAL, XIV L'UNION MÉDICALE DU CANADA e PHARMACIE ENTRETIENS QUOTIDIENS LECOURS ET que nous avons toujours en mains un assortiment considérable d\u2019INSTRU- L ANCTOT MENTS de CHIRURGIE, TABLES D\u2019OPERATION articles de panse- | ment SONDES, BANDES HERNI- 310 STE-CATHERINE EST AIRES, CEINTURES et BAS élasti- Coin St-Denis, Montréal.ques, APPAREILS POUR SALVAR- Téléphones : SAN, APPAREILS CAMUS pour.Est 4608-833-2770 chlorure d\u2019éthlye.A VENDRE St-Gabriel de Brandon, P.Qué., Résidence avec pharmacie, installation de première classe pour un médecin, instruments de chirurgie, accessoires et produits pharmaceutiques, Livres ouverts à tout acheteur sérieux.Clientèle de pharmacie et médecine nombreuse et de première classe.Cause de vente: mortalité.Pour informations, s'adresser à Mme Vve J.-A.Sarrazin, St-Gabriel de Brandon, P.Qué.Tablestes de Catillon IPN] 0sr-25 corps thyroïde, titré, stérilisé, bien toléré, actif et agréable.4 à 2 contre Myxœdème ; 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St-Martin.Seuls agents au Canada : ROUGIER FRERES, Montréal L UNION MÉDICALE DU CANADA 547 de leur disposition naturelle à s\u2019adapter aux programmes français, nous inclinons à croire que les jurys devraient comprendre des Fran- cais ,tout au moins pour l\u2019examen des compositions écrites.(Evidemment, il s'agit ici dés étudiants appelés à bénéficier de la protection de l\u2019Etat, car un certain nombre, surtout pour les études utilitaires, continueraient à venir en France à leurs frais.) 2° (Comment les étudiants canadiens-franais seront-ils dirigés, une fois rendus en France ?11 faut une direction intellectuelle.De Montréal, de Québec ou de la \u201cprovince\u201d canadienne-française à Paris, le saut est brusque: à composer lui-même ses programmes, à choisir lui-même ses maîtres, l\u2019élève perdra un temps précieux et, souvent, se découragera ou se dévoiera avant d\u2019aboutir.Dans certains cas l\u2019étudiant trouverait peut- être profit à aller étudier à Grenoble, Lille, Bordeaux, Lyon ou quelque autre faculté de province.Il incombera au comité français de guider le nouveau venu à travers le dédale des écoles, des cours, des conférences, de le familiariser avec les programmes, les conditions d\u2019examen ; au besoin, de le renseigner même en des matières aussi prosaïques que les conditions de logement; au surplus, de provoquer en lui une noble ambition en lui procurant, au fur et à mesure de son avancement, toutes les occasions possibles de se produire devant le public français, par des expositions s\u2019il s\u2019agit de peinture, par des auditions, s\u2019il s\u2019agit de musique, par des conférences s\u2019il s\u2019agit de sciences politiques ou sociales, et ainsi de suite.Il faut aussi, nous l\u2019avons dit, une direction morale.Cette direction s\u2019affirmera d\u2019abord dans le choix des écoles et des maîtres ; elle aidera, en outre, l'étudiant à se garder contre les dangers \u2014 d\u2019ailleurs aussi grands à Montréal qu\u2019à Paris, et même un peu plus grands, parce que là, en dehors des heures d\u2019étude, l\u2019ezprit est plus désoeuvré, \u2014 qui, dans toutes les grandes villes, guettent la jeunesse étudiante.| Au probleme de la direction se rattache naturellement la question de la création d\u2019une maison, à Paris à \u2019'usage des étudiants cana- dien-français.T] nous semble difficile d\u2019avoir sur ce-point une opinion arrêtée.Au point de vue intellectuel, une maison de ce genre ne serait pas très utile, car il ne saurait être question d\u2019y établir ni bibliothèques ni laboratoires.Au point de vue moral, l\u2019utilité en serait peutrêtre contestable, la claustration des étudiants n\u2019étant pas possible dans une ville telle que 516 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Paris, et les colonies d\u2019étudiants qui se groupent par nationalités n\u2019étant pas toujours celles qui travaillent ou se conduisent le mieux.Il faudra compter un peu sur la formation préalable de cette jeunesse et sur les conseils que sera en état de lui donner le comité français.Un lieu de culte, une salle de lecture et de récréation à proximité des écoles, pourraient facilement se trouver dans les institutions catholiques existantes, où nos jeunes gens auraient le précieux avantage de rester en contact avec des Français.À propos de moeurs, reconnaissons d'ailleurs que la vie de bohème décrite par Murger n\u2019existe plus, et que le Quartier Latin est peut- être aujourd\u2019hui, de tout Paris, celui où la vice est la plus honnéte- ment bourgeoise.teste le point de vue pécuniaire.Si la création d\u2019une maison à leur usage doit permettre aux étudiants de grandes économies, qu\u2019on l'établisse; mais qu\u2019on n\u2019en fasse pas la condition indispensable de toute action: Dieu merci, nos étudiants, comme ceux de France, savent encore, comme on dit, se débrouiller.3° Quelle assistance nos vingt étudiants recevront-ils des pou- Voirs publics ?L\u2019assistance pourrait varier quelque peu selon le ceût de l\u2019enseignement, sa durée, et quelques autres conditions.Il pourrait y avoir des bourses entières et des bourzes partielles.Mais au total le budget des bourses ne saurait être inférieur à $50,000 ou 250,000 francs par an, ni supérieur à $100,000.Cette dépense incomberait au Gouvernement de Québec.Peut-être aussi serait-il possible de demander des bourses d\u2019architecture, de génie civil ct autres matières, aux chambres de commerce, une bourse de droit romain à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval, une bourse de littérature à la communauté si riche et si francaise de Saint-Sulpice.Jusqu\u2019ici, tout paraît très simple; et, de fait, rien de bien difficile.Mais il y a une question préalable, qui est de convaincre le contribuable canadien-francais que ce qu\u2019il a présentement sous les yeux ne constitue pas une civilisation parfaite, ct nns législateurs, nos gouvernants, nos hommes publics, qu\u2019ils ne sont pas à eux seuls une élite suffisante.De là, nécessité de créer d'abord au Canada un état d\u2019esprit favorable au rapprochement intellectuel franco-canadien.De même, il y aurait sans doute avantage à créer en France une opinion capable d\u2019agir à l\u2019occasion sur le Gouvernement français pour lui faire donner au Canada francais, dans l\u2019intérêt de la France elle- même, le concours officiel nécessaire. + L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA XV LABORATOIRES LUMIERE DE LYON RHEANTINE \u201cEntero vaccin anti gonococcique \u201d Traitement effectif et radical de l\u2019infection gonococcique ÉCHANTILLON FOURNI SUR DEMANDE Représentants exclusifs au Canada de la maison LUMIERE.PH ARMACIE ROBERT St-Laurent et Craig, - MONTREAL A VENDRE .Saint-Hilaire.\u2014Clientèle et belle maison de campagne.Pas de concurrence.Superbe poste médical ou de villégiature.Sur Richelieu, avec téléphone, électricité, chemin de fer, $6,000.Pour médecin ou autre.Cause\u2014Intention de départ pour Montréal.Dr.CHOQUETTE.$Granules.Catillon STROPHANTUS A 0,000 EXTRAIT TITRE ps ê C'est avec ces granules qu'ont été faites les observations discutées à l\u2019Académie en 1889, elles prouvent que2à par jourdonnent une diurèse rapide, relèvent vite le cœur affa:bli,dissipent s ASYSTOLIE, DYSPNEE, OPPRESSION, ŒDÈMES, Affections MITRALES, CARDIOPATHIES des ENF ANTS et VIEILLARDS, etc.Eftot immédiat, \u2014 innocuité, \u2014 ni intolérance ni vasoconstriction, \u2014 on peut en faire un usage continu.® GRANULES T | TONIQUE ou CŒUR ® or cation \u201c BRNO LWNRIITY crist van ExceLLENCE NombredeStrophantus sont inertes,d\u2019autres toxiques;les teintures sont infidèles exiger la Signatare CATILLON @riz de l\u2019Académie de Médecine pour *\u201c§trophantas et Strophantine\u201d, Médaille d'@r Expos sniv.1900, 00000000 0000009003; 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L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 549 Nous sommes ainsi amené à suggérer tout un programme d\u2019action à exercer 1° par la France au Canada avec le concours actif du Canada français, et 2° par le Cänada francais en France avec le con cours actif de la France.Au Canada, l\u2019action comprendrait entre autre choses : 1° L'institution de tournées annuelles de conférences comprenant, à part Montréal, Québec et Ottawa, tous les groupes français de dix milles âmes ou plus, tant au Canada qu\u2019aux Etats-Unis, et même les grandes villes universitaires anglaises.Ces conférences, dont les sujets auraient été arrêtés d\u2019avance entre les deux comités, auraient un double but d\u2019agrément et d\u2019utilité.Bien organisées, elles pourraient facilement faire leurs frais.2° Création d\u2019un enseignement médical post-scolaire.Cet enseignement, donné chaque hiver à Montréal et à Québec par un des maîtres de la médecine française, serait couru d\u2019un bout du pays à l\u2019autre, même par les médecins de langue anglaise.Il relèverait le niveau de la science médicale au Canada, il fortifierait le culte de l\u2019idée française dans celle des professions qui a probablement chez nous la plus grande influence sociale; enfin, il jetterait sur notre Faculté de médecine canadienne-française, un lustre inouï.Les frais pourraient en être partagés entre la Faculté de médecine cana- dienne-française, le Gouvernement de Québec, le Gouvernement fran- cals.3* Rétablissement de la chaire de littérature francaise qui exista à Québec pendant une année ou deux.Malgré l'indifférence trop générale des classes intéressées, la chaire de ce genre qui existe à Montréal a déjà fait énormément de bien.| 4° Expositions artistiques annuelles, bien concues, bien présentées, sous la direction d\u2019un critique et conférencier qui en expliquerait au public le sens et la lecon.Nous inclinons a croire qu\u2019il faudrait commencer par les arts décoratifs et qu\u2019en fait de peinture et de sculpture il faudrait d\u2019abord s\u2019en tenir au classique.5° Choix de prédicateurs français pour la prédication annuelle du caréme, non seulement, comme aujourd\u2019hui, à Montréal, mais dans toutes les villes de quelque importance, les villes étant le milieu où le génie de la langue tend le plus à s\u2019aprauvrir, l\u2019accent à se vicler, où il importe le plus, par conséquent.de \u2019aire entendre le plus souvent, et avec le plus d\u2019autorité, le verhe francais.6° Attribution d\u2019un cours complémentaire ou même post-s.- 550 | L'UNION MÉDICALE DU CANADA laire de droit romain à un maître de l\u2019enseignement français, à Québec et à Montréal, alternativement ou simultanément.7° Distributions judicieuses de prix français dans les écoles, à tous les degrés de l\u2019enseignement.8° Adoption et mise en pratique d\u2019une politique de décorations qui reconnaisse, dans toutes les classes et dans toutes les sphères, sans arrière-pensée de prosélytisme philosophique ou politique, les services rendus à la France.l\u2019action en France comprendrait entre autres choses: 1° L'institution d\u2019un cours libre de questions canadiennes à la Sorbonne, devant être donné par un Canadien et porter tantôt sur l\u2019histoire, tantôt sur la littérature, tantôt sur l\u2019économie politique, tantôt sur la législation sociale, et ainsi de suite.Parmi ceux que nous croyons capables de tenir ce rôle, citons entre autres MM.Chapais, Ernest Myrand, l\u2019abbé Desrosiers, l\u2019abbé Auguste Gosselin, l\u2019abbé Camille Roy, l\u2019abbé Groulx, Adjutor Rivard, Edouard Montpetit, Antonio Perrault, Egidius Fauteux, Hector Garneau, Fernand Rin- fret, Georges Pelletier, Omer Héroux, Léon Gérin, Gonzalve Desaul- niers.2° La prédication de carêmes ou d\u2019avents dans des chaires françaises par des prédicateurs canadiens.Si, en effet, nous vous demandons des prédicateurs, ce n\u2019est pas que nous n\u2019en ayons pas chez nous, mais seulement que la cause des amitiés françaises gagnerait.Le profit serait double si, en échange de ceux que vous nous enverriez, vous acceptiez de nous des hommes comme Mgr Georges Gauthier, le R.P.Lamarche, M.l\u2019abbé Labelle et tels autres que je pourrais nommer, \u2014 tous hommes de haute valeur, que vous seriez heureux d\u2019entendre et qui contribueraient puissamment à faire connaître le Canada en France.Il y a d\u2019ailleurs, dans cette idée des échanges de valeurs intellectuelles, toute une mine à creuser.3° La création d\u2019un commerce de librairie canadienne dans les grandes villes françaises.Beaucoup de nos livres n\u2019offriraient pas le moindre intérêt pour le lecteur français; d\u2019autres, notamment dans l\u2019histoire et dans la poésie, seraient vite demandés.\u2018On pourrait pousser aussi la vente de bons ouvrages français sur le Canada.Ft depuis l\u2019histoire de Rameau de Saint-Père à Marie Chapdeleine de Louis Hémon, en passant par le livre si captivant de M.Emile Salone sur la Nouvelle-France et Nos Amis les Canadiens de M.Arnould, il n\u2019en manque pas.Le libraire qui entreprendrait le premier ce commerce y trouverait son profit. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 551 4° La réforme, au chapitre du Canada, des manuels scolaires français, dont certains, à l\u2019usage des maisons secondaires, enseignent, par exemple, que Montréal compte 385,000 habitants, alors qu\u2019elle en a 700,000, et le Canada 5,500,000 habitants, alors qu\u2019il en a 8,000,000.Quant à l\u2019utilisation des compétences que nous fourniraient les écoles françaises, il n\u2019y a pas lieu de s\u2019en préoccuper: dès maintenant il nous faudrait, pour l\u2019Ecole des hautes études commerciales de Montréal, dix professeurs; le journalisme pourrait employer, avantageusement pour lui et pour eux, les diplômés de lettres, d\u2019histoire, de science politique et sociale; l\u2019architecture ferait vivre des douzaines de bons sujets; à tout prendre, un bon peintre aura, dans quelques années, autant d\u2019avenir au Canada qu\u2019en France ; et ainsi de suite.La nomination d\u2019un représentant officiel de Québec à Paris, récemment décidée, ne pourra que faciliter puissamment la réalisation d\u2019un programme comme celui que nous venons d\u2019examiner.Cette réalisation ne sera pas immédiate, mais puisque le Canada français, malgré d\u2019effroyables pertes, a vécu pendant cent soixante ans par lui- même, il peut bien attendre encore quelques années.L\u2019important, c\u2019est, une fois le but fixé, d\u2019y marcher résolument, à travers tous les obstacles.Major OLIVAR ASSELIN, Attaché à la Délégation canadienne de la Conférence de la Paix, ee Utilité du Conssil Supérieur d\u2019Hygiéne de la Province de Québec Discours d\u2019 ouverture du Dr J.-E.Laberge, au Congrès dbs Services sanitaires de la Province de Québec, tenu à Hull, les 10 et 11 septembre 1919.L'hygiène est la science de la santé : lhygiène est done la science de bien vivre, de vivre longtemps et de vivre heureux.Grands et petits, riches ou pauvres, savants ou ignorants, tous nous sommes intéressés à vivre dans les conditions hygiéniques les plus parfaites, afin d'être des citoyens heureux et utiles à notre Days.Dans la plus haute antiquité, nous trouvons des notions d\u2019hygiène qui étaient religieusement observées.Les Juifs, les Hindous, les Grecs et surtout les Romains mettaient en pratique des préceptes .d'hygiène ; mais à ces époques reculées, ces connaissances étaient em- .pirigues et ne rcposaient pas sur des bases scientifiques.Il a fallu les admirables découvertes de Pasteur pour établir l\u2019hygiène sur une fondation solide.Le, médecin par sa Drofession, par ses études est particulièrement désigné+pour être un hygiéniste et, comme tel, faire beaucoup de bien pour sessemblables ; mais l\u2019hygiène n\u2019est pos une science qui est «pé- ciaie à la médecine ; tout homme qui s\u2019aime et qui aime ses proches doit s'intéresser à l\u2019hygiène.Pasteur, qui a déchiré le voile qu nous cachait les infiniment petits, était un chimiste et par conséquent un savant étranger à la médecine.Mais c\u2019était un travailleur et un homme animé du plus grand désir d\u2019être utile à ses concitoyens.C\u2019est préci:ément cet altruisme qui en a fait un des hommes les plus remarquables du siècle dernier.Il nous fait grand plaisir de voir au milieu de nous beaucoup de médecins de ce district qui veulent se renseigner, qui veulent devenir de véritables apôtres de l\u2019hygiène ; il nous fait surtout bien grand plaisir de constater la présence des messieurs du clergé et des membres des communautés religieuses qui nous font l'honneur de suivre nos délibérations.Quand il s'est agi de soutenir une grande cause, de défendre des principes vitaux pour notre race, notre clergé s'est toujours montré sur la brèche, portant bien haut et fermement notre- étendard national.Sans eucune exagération, on peut dire que notre existence est menacée : la mortalité mfantile, la tuberculose, les maladies transmissibles cansent chez nous à tous les ans des désestres irréparables ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA XVII Dioxydiaminoarsenobenzol monométhylène sulfoxylate de sodium Adoptés par les Hôpitaux Civils et Militaires en France .et dans les Pays alliés Officiellement approuvés par le \u201cLocal Government Board\u201d pour le traitement et la prophylaxie de la syphilis en /ngleterre.LITTÉRATURE FRANCO SUR DEMANDE Les Établissements POULE.NC Frères 92, Rue Viecille-du-Temple, 92 PARIS SA A XVIII L'UNION MEDICALE DU CANADA URASAL URASAL dissout et élimine l'acide urique.NET TOIE les reins et les articulations, assouplit les artères.VENDU par tous les pharmaciens, prescrit par les meilleurs médecins.Echantillon et littérature mallés aux médecins sur demande.Manufacturé par FRANK W.HORNER Limited MONTREAL \\ L'UNION MEDICALE DU \u2018CANADA 553 et tout citoyen qui a réellement à coeur l'avenir de notre nationalité doit faire un effort et venir en aide à ceux qui ont pour mission de conserver et d\u2019améliorer la race.Votre présence, messieurs du clergé, est donc eppréciée hautement, et nous espérons que vous voudre bi\u2014en seconder les efforts du Conseil Supérieur d\u2019Hygiène pour répandre, vulgariser les connaissances de l\u2019hygiène et faire observer ses prescriptions.Votre collebo- ration nous est absolument nécessaire, et nous comptons sur vous.z Je viens (de mentionner le Conseil Supérieur d\u2019Hygiène ; on pourrait, messieurs, diviser l\u2019histoire de l\u2019hygiène dans ce pays en deux phases ; evant et après l\u2019établissement de cette organisation de pro- gres.Je crois intéressant de mettre devant vous d\u2019abord, l\u2019histoire de certaines épidémies dans notre pays, puis la lutte qu\u2019a fait et que fait constamment le Conseil Supérieur d\u2019Hygiène pour protéger la population contre le retour de semblablég fléaux.(Certaines époques ont laissé des souvenirs plus marqués.Ainsi, en 1832, notre pays et plus particulièrement notre province, fut visité par un terrible fléau.On a longtemps désigné cette année, l\u2019année du \u2018 Grand: choléra \u201d, tant l\u2019épidémie evait été terrible.,Ç \u2018Cette maladie, qui existe à l\u2019état endémique aux Indes, est transportée à la Mecque, la \u201c ville sainte \u201d, par les pèlerins musulmans ; puis de la Mecque, elle se répand partout.Les tristes conditions hygiéniques dans lesquelles vivent ces tribus nomades facilitent cette: dissémination.| | Arprès avoir ravagé la Perse, la Russie, la Pologne et l\u2019Allemagne, le choléra était signalé en Angleterre, en 1831.En 1882, la maladie fut introduite au Canada par Québec.Un bateau, le Carrick, parti de Dublin avec 145 émigrants, dont 42 moururent du choléra pendant la traversée, arriveät à Québec, le 3 juin ; aucune précaution ne fut prise : pas de quarantaine, pas de désinfection, et les émigrants purent, aussitôt arrivés, laisser le bateau.De plus, il y avait communication constante entre les vaisseaux qui avaient treiversé l\u2019Atlantique et ceux qui faisaient le service entre Québec et Montréal.La maladie éclata à Québec, le 8 juin, le 10 juin, elle faisait son @pparition à Montréal et sur les bords du Richelieu, d\u2019où elle s\u2019étendit au lac Champlain et jusqu\u2019à la rivière Hudson.La maladie disparut du pays vers la mi-octobre.Le tableau suivant indique le chiffre de la mortalité enregistrée par mois daps la ville de Montréal : 554 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En juin \u2014 1059 décès ; en juillet \u2014 356 décès ; en août \u2014 384 décès, et en sepetmbre \u2014 105 décès.Le 19 juin, dans cette seule journée, il est mort à Montréal 149 personnes.A Montréal, il fut enregistré 1904 mortalités sur une population de 27,297.Demns la ville de Québec, sur une population de 28,000 ames, il fut enregistré 2,208 victimes, et dans toute la province, les régistres des décès nous donnent comme mortalité, 4,420 personnes.(Ces chiffres nous donnent que le nombre de décès enregistrés, mais je trouve dans un livre sur le choléra de 1832, fait par le docteur Nelson, et publié à New-York, des renseignements qui nious font voir l\u2019épidé- mis sous les couleurs plus sombres encore.D\u2019après le Dr Nelson, qui pratiquait la médecine à Montréel à cette époque, la maladie avait quelquefois un caractère foudroyant ; les gens tombaient dans les rues et mouraient là en quelque minutes ; quelquefois, la miedadie durait de dix à douze heures.La ville ne pouvait pas fournir suffisamment de cercueils pour enterrer les morts ; ils étaient inhumés aussitôt morts dans de grands trous creusés à la hâte ; on n'avait pas même le temps d\u2019écrire un acte de décès ; du reste, beaucoup d'individus ont été enterrés dont le nom et l'adresse étaient inconnus.\u2018C\u2019est ce qui explique la différence des chiffres entre les statistiques que je viens de citer et celles du Dr Nelson.\u2014 Le docteur Nelson est d\u2019opinion qu\u2019il est mort, à Montréal, au- delà de 4,000 personnes, c\u2019est-à-dire 1-7 de toute la population.Il cite un journal anglais de Québec, Neilson\u2019s Gazette, qui donne la mortalité suivante pour la ville de Québec : Jusqu\u2019au 3 juillet \u2014 1421 morts ; du 3 juillet au 16 juillet \u2014 1662 morts.Le docteur Nelson croit qu\u2019à Québec seul, il est mort au-delà de 4,000 personnes.Il donne encore d\u2019autres statistiques ; par exemple : A Châteauguay, il est mort 146 personnes ; à Caughnawa- ga, 88 personnes ; à Rigaud, 80 personnes, ce qui prouve que la maladie s\u2019était répandue partout, qu\u2019elle ne sévissait pas seulement que dans les villes.En feuilletant les mémoires de cette époque, on constate que plus d\u2019un quart de ceux qui ont été atteints par la maladie sont morts.et en très peu de temps ; à peine quelques heures de maladie.La population était frappée de stupeur et vivait dans des transes dont on ne peut se faire une idée aujourd\u2019hui.Après le mois de septembre, la maladie disparut complètement.D\u2019après certaines statistiques du temps, le Bas-Canada, avec une population d\u2019un demi-million, perdit, en trois mois, plus de monde que la Grande-Bretagne, avec une population de quinze millions, en \u20ac UNE HISTOIRE POUR LES MÉDECINS Le vieil Hérodote \u2014 ce même Hérodote qui nous racontait de façoir si savoureuse, dans l\u2019Union médicale d\u2019octobre, la bonne fortune du \u201crebouteux\u201d Démocéde, \u2014 dit en son Livre IL à propos des Egyp- tiens: .leur miédecine es ordonnée «de sorte que chacun médecin guérit d\u2019une seule maladie, non de plusieurs.Par ce moyen, ils ont médecins particuliers pour les yeux, pour la tête, les dents, le ventre, et pour les maladies occultes.\u201d \"La spécialisation de la médecine ne date donc pas d\u2019hier.Plusieurs siècles avant Jésus-Christ, les médecins avaient compris que pour atteindre à un très haut degré ide compétence, ils devaient limiter le champ de leurs observations et de leurs études.Or, si le médecin reconnaît ainsi la nécessité de se concentrer sur une spécialité, comment ne ressentirait-il pas également le besoin de se dégager autant que possible des soucis matériels?Contrairement à la plupart des hommes, et sans parler du simple point de vue de là dignité professionnelle, qui a pourtant son importance, il ne pourra ni spéculer à la Bourse, ni se livrer aux affaires, ou s\u2019il le fait, ce sera distraitement et avec des chances de succès bien amoindries.Il lui faut done forcément borner ses placements aux valeurs de tout repos, qui sont, d\u2019ailleurs, à la longue, les plus profitables.Au Canada, l'on peut toujours trouver des placements le cette nature, ef l'on n'en trouvera pas d'autres, en s'adressant à la grande maison Versailles, Vidricaire & Boufais, LIMITEE Immeuble Versailles, Rue \u2018St-Jacques, 90 MONTREAL MS L'UNION MÉDICALE DU CANADA 555 mois.Cette différence est due au fait qu'en Angleterre, il y avait une organisation sanitaire, imparfaite, je le veux bien, mais enfin il y avedt quelque chose qu protégeait la population contre le fléau ; lorsqu\u2019ici nous étions absolument sans aucun secours.Un fait très intéressant, et qu\u2019il est important de rappeler ici, c\u2019est que le long des rivières, on a constaté que quelquefois, toutes les habitations sur l\u2019un des côtés étaient infectées, lorsque les habitations de l\u2019autre côté étaient respectées.Les anciens qui ont rapporté ce fait n\u2019ont pu l\u2019expliquer qu\u2019en mettant le vent en cause, le vent venait toujours \u2018du côté opposé ; mais nous, nous pouvons \u2018très bien l\u2019expliquer et différemment: C\u2019est que les déjections des premiers malades ont contaminé l\u2019eau de la rivière, cette eau contaminée a continué à longer le même côté de la rivière, elle était puisée plus bas et faisait de nouvelles et de nombreuses victimes, lorsque l\u2019eau du côté opposé pouvait très bien ne pas être infectée.: Si à cette époque les villes et les villages avaient été protégés par un approvisionnement d\u2019eau pure, que de vies auraient été conservées ! En 1834, cette même terrible maladie visitait encore le Bas-Ca- nada ; elle apparut plus tard en été et n\u2019eut pas un carectére si violent qu\u2019en 1832 ; elle ne produisit pas non plus les désastres de la précédente épidémie, et les habitants ne furent pas frappés de cette terreur superstitieuse comme en 1832, Cependant, quelques centaines de personnes ont succombé à la maladie, pendant les cinquante jours qu\u2019elle a duré.\u2018Une troisième fois, le choléra fit son apparition au pays, ce fut en 1849.Après avoir exercé ses ravages en 1847 et en 1848, en Asie et cn lF\u2014urope, la maladie nous est venue cette fois par voie des Etats- Unix : elle fit ça première apparition à Kingston, puis se répandit par tout le pays.Une quatrième apparition de la maladie eut lieu en 1851 ; cette fois-e1 encore, l\u2019infection nous est venue par les Etats-Unis.C\u2019est au mois d\u2019anût que les premiers cas ont été remarqués, et au mois d\u2019octobre, la maladie avait disparu.Enfin, une cinquième fois, le choléra visita notre pays ; ce fut en 1854 Cette épidémie nous fut apportée mar deux vaisseaux, le (rlenlana ct le John Howall, Venus tous deux de Liverpool à Québec ; à leur départ, ces deux navires étaient chargés d\u2019émigrants, dont un grand nombre moururent du choléra pendemt la traversée ; et comme dans les épidémies précédent, aucune précaution ne fut prise soit pour prévenir l\u2019épidémie, soi pour l\u2019enrayer. Cr Cet cc L'UNION MÉDICALE DU CANADA La maladie débuta vers le 20 juin et elle cessa d'exercer ses ra- Vaiges vers la mi-septembre.Le nombre de décès causés par cette épi- démic s'¢leva au chiffre de 3,486.Ce fut, disent les chroniqqueurs, une des épidémies les moins meurtrières que nous ayons eus.J ugez des autres, Cette courte revue des diveres épidémies de choléra offre un certain intérêt.Elle nous fait voir d\u2019abord à quoi est exposé un pays qui ne sait ou ne veut pas se protéger, puis elle nous montre l\u2019importance de surveiller constamment les sources «d'alimentation d'eau afin d\u2019éviter toute cause de pollution.Ce que le choléra a ravi de valeurs à notre province de Québec est incaleulable.De 1832 à 1854, on estime qu\u2019il est mort de cette maladie au moins quinze à vingt mille personnes sur une population d\u2019un peu plus d\u2019un demi-million.Calculez, si vous le pouvez, ce que cela représente de pertes matérielles aujourd\u2019hui pour notre pays.Essayez de vous faire une idée des angoisses de la population, des deuils et des misères occasionnés par cette seule calamité.Mais il y à autre chose encore ; le choléra n\u2019est pas le seul fléau qui nous ait visité, En 1847 et en 1848, le typhus nous fut apporté d'Irlande.\u2018Cette maladie fit peu de ravages narmi notre population, il est vrai, mais on a été pris au dépourvu, et nous n\u2019avions aucune organisation, soit pour protéger la population contre ce fléau mena- cant, soit pour prendre soin de ces malheureux émigrantz débilités par la famine et infectés par le typhus.En 1848, il y avait 10,063 malecles qui gisaient dans les hangars de la compagnie du Grand- Tronc, à la Pointe St-Charles, à Montréal.On n'avait pas le personnel suffisant pour prendre soin de ces malheureux qui.en avaient grandement \u2018besoin ; feute de traitement, beaucoup sont morts, en tout 33 p.c.sont morts.Si ces émigrantz eussent vécu, ils auraient contribué ea développement et à la prospérité du pays : done encore ici, nous disons que le manque d'organisation sanitaire fut ane perte encore pour le pays, perte qui se chiffre dans les millions.Ce n\u2019est pas tout, messieurs, la fièvre typhoïÏde a êté dans bien «les endroits très meurtrière ; j'ai connaissance d\u2019épidémies locales de fièvre typhoïde, qui ont revêtu un caractère des plus violents et qui ont enlevé des familles entières en quelques jours.Il n\u2019y avait pas de Conseil Supérieur d'Hygiène qui à cette époque s\u2019occupait de la pureté de l\u2019eau d\u2019alimentation ; et quand une fois l\u2019ean était infectée dark une ville ou dans un village, la mecadie éclatait\u2019 terrible et de véritables hécatombes ont été enregistrées à plusieurs endroits, dans la province.Et la variole, messieurs, qui pourra jamais éteñslir ce que cette L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les affections des bronches ainsi que I'amygdalite, la pharyngite, | la laryngite, la grippe deviennent bien plus fréquentes à mesure que l\u2019on approche de l\u2019automne et de l\u2019hiver, et le médecin de grande expérience ne manque pas de se rappeler le rôle important joué par l\u2019antiphlogistine dans le traitement de ces maladies.Une couche épaisse de appliquée chaude sur la gorge et la partie supérieure de la poitrine, non-seulement soulage le malade presqu\u2019instantanément, mais commence aussi, sans retard, à diminuer et à combattre l\u2019inflammation du larynx et des bronches.L\u2019antiphlogistine est prescrite par les médecins de tous les pays du monde.Ek.1d = ih Laboratoires: DENVER N° F1 C2 UE LONDRES CHEMICAL È ; Wide A= ~~ 4 NEW YORK MFG.CO.; / of edi, eel PARIS MONTREAL fs Bd Tm SIDNEY IY L'UNION MÉDICALE DU CANADA 53% maladie a fait perdre de valeurs à notre province avant l\u2019établissement du \u2018Conseil Supérieur d\u2019Hygiéne ?Comme il n\u2019y avait rien alors qui protégeait la population, on peut le dire, la maladie existait à l\u2019état endémique et quelquefois à l\u2019état épidémique: La terrible - moissonneuse faisait annuellement une récolte abondante.On voit, par exemple, dans les statistiques de la ville de Montréal : En 1876.222 222 .703 décès En 1877.506 décès En 18785 .2 222242 .728 décès En 1879.2 222222 .472 décès En 1880 Coe.140 décès Enfin en 1885, 3167 décès causés par la variole.Il est temps que je m\u2019arréte dans cette énumération ; je crois en avoir dit assez pour vous démontrer que le manque d\u2019organisation sanitaire a été très préjudiciable à notre province, et que les \u2018pertes qu\u2019elle a subies de ce chef sont incalculables.Voyons ce qu\u2019a fait le Conseil Supérieur d\u2019Hygiène depuis sa fondation, en 1886.\u2018Cela peut se résumer en une courte phrase : \u2018\u2018 Il à assuré à la province une protection efficace contre les épidémies.\u201d Mais je vous prie de me permettre d\u2019entrer un peu dans les détails de son action salutaire et bienfaisante.Les débuts du Conseil furent modestes, très modestes même: Il n\u2019y eut d\u2019abord que deux employés, à peine rétribués.Ces deux employés furent de véritables apôtres ; par leur dévouement inlassable, leurs connaissances variées, leur travail incessant, ils assurèrent le succès de l'oeuvre ; il ont créé cette organisation qu\u2019est le Conseil Supérieur d\u2019Hygiène et que je ne crains pas de qualifier un modèle du genre.C\u2019est à eux, et à eux seuls, que nous (devons ce que nous avons ; ils ont été les véritables ouvriers qui ont édifié ce que je me plais à appeler un monument.Nous leur devons les règlements très complets qui assurent une protection efficace aux diverses municipalités qui composent notre province ; ce n\u2019est que leur rendre justice de reconnaître ici publiquement l\u2019excellence de leurs services qui n\u2019ont pas toujours été reconnus.| Nombreuses furent les occasions où le Conseil Supérieur d\u2019H- gièn\u2014e dut intervenir et organiser la lutte, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, pour combattre les maladies transmissibles.En 1892, alors que le choléra sévissait dans quelques villes d\u2019Europe, et en particulier à Hambourg, vu l\u2019inertie \u2018des pouvoirs fédéraux, le Conseil d\u2019Hygiène de notre provvince prit alors l\u2019initiative de faire l\u2019inspection des vaisseaux qui entraient dans les eaux du Saint- 558 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Laurent, et ce en vue de protéger la province et le pays tout entier contre l'invasion du choléra.En 1893, une épidémie de vexiole menaçait la province ; même plusieurs municipalités du bas du fleuve ont été atteintes.Le Conseil d\u2019Hygiène a institué immédiatement des mesures saniteires, et l\u2019épidémie a été enrayée.Je ne puis passer sous silence deux faits intéressants et identiques qui se sont passés, le permier dans la paroisse Saint-Paul de la Croix, comté de Témiscoueta, et le second à Saint-Damase, comté de Ri- mouski.\u2018Dans ces deux paroisses, en présence de l\u2019épidémie mena- cante, un comité de surveillance fut constitué, le curé en tête, pour faire observer les règlements du \u2018Conseil Supérieur d\u2019Hygiène : mettre les maisons en quarantaine, isoler les maledes, etc.Dans ces paroisses, la maladie fut limitée aux seuls premiers cas.La vigilance des citoyens, dirigés par leurs curés, avait conjuré le fléau.Durant cette - même épidémie, trois inspecteurs envoyés por le gouvernement des Etats-Unis pour juger des précautions prises par la province, pour se protéger contre la variole, ont fait un rapport très élogieux sur l\u2019organisation saniteire de notre province, et de plus, ils ont déclaré que notre législation était une des mieux faites, Afin de ne pas prolonger ce travail, je me limite à ces quelques citations qui suffisent pour nous permettre de juger le Conseil Supérieur d\u2019Hygiène, pour apprécier ses moyens d\u2019ection et pour nous engager à lui accorder tout notre appui, pour seconder ses efforts, et pour l\u2019aider de toute notre influence dans l\u2019accomplissement de son oeuvre tout humanitaire et toute de bienfaisance.Quand on jette un regard en arrière, et qu\u2019on considère les pertes que le pays a faites, pertes dues au manque de protection, en matière d'hygiène, on est étonné, on est stupéfié, et on ne comprend pas linertie des gouvernements d\u2019alors.On se demande: Comment est- ce qu\u2019un pays civilisé ait été si négligé?Messieurs, ne soyons pas trop sévères dans nos jugements.Qui sait ce que nos descendants penseront de nous, dans cinquante ans d\u2019ici, lorsqu\u2019ils constateront, par les statistiques que nous laisserons, que la mortalité infantile, \u2014 ne prenons que pour les dix dernières années, \u2014 chez les enfants de 0 à 1 an, fut de 124,527, sur un total de 764,866 naissances, dans toute la province de Québec ; que la mortalité par la tuberculose, toujours pour les dix dernières années, fut de 32,500 dans notre province ; ce chiffre ne donne que le nombre de cas rapportés ; c\u2019est, par conséquent, un chiffre encore en-dessous de la vérité ; quand on considérera le peu de mal qu\u2019on s\u2019est donné pour en- od DROGUES PRODUITS CHIMIQUES SUPERIEURS L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA LA PHARMACIE Frsarllon-earbour Spécialités Pharmaceut.ques Françaises 0 cm] c\u2014 Montréal XXIII PHARMACIE D'ORDONNANC REPRESENTATION & IMPORTATION DIRECTES Ang HDenes ed de Montigny Association des Gardes-Malades Ville-Marie Gardes-Malades Graduées de l'Hôpital Notre-Dame Milles A.> FU0ORHHPO QR \u201cpp AUGERS .AUGERS BROCHU BERTRAND BOURQUE BEAUCHEMIN BERNIER .CHARTRAND CHENIER LEMAIRE LEPAGE .LANGLOIS LAPOINTE LABELLE LUSSIER MATHIEU .HEROUX .MORIN .MARCOTTE MERCIER MOQUIN NIQUET Melle M.GUILLEMETTE, Surintendante.HOPITAL 235, 235, NOTRE-DAME rue Villeneuve Ouest rue Villeneuve Ouest rue Saint-Denis rue Saint-Denis rue St-Denis rue St-Denis rue St-Hubert rue St-Denis rue Saint-Denis rue St-Denis rue Resther rue Hutchison rue Lasalle rue St-Denis Bld St.Joseph Est rue C.Colomb rue Rachel Est rue St-Denis rue St-Denis 29a, rue Laval 266, 634, Sherbrooke Est rue St-Denis Tél.Tél.Tél.Tél.Tél, Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél, Tél.Tél.Tél.St-Louis St-Louis St-Louis Est Est Est Est Est Est Est St-Louis Rock.Lasaile Est St-Louis St-Louis St-Louis Est Est Est Est Est 3978 3978 3907 3446 3446 3446 6430 3446 7593 3446 2945 2739 2477 3446 1505 6868 8170\u201d 3446 3446 2733 1377 3446 Continuation au verso XXIV Mlles M.SIMARD A.SAVARD C.TASSE L.TASSE A.VIAU S.VIAU Mlle O.MARCHESSAULT Milles GUAY DRAPEAU L'UNION MÉDICALE DU CANADA 8054, 634, 266, 266, 634, 634, rue Ste-Famille rue St-Denis rue Sherbrooke Est rue Sherbrooke Est rue St-Denis rue St-Denis HOPITAL HOTEL-DIEU 681, rue St-Denis HOPITAL STE-JUSTINE 713, 1050, rûe St-André rue St-Hubert Tél.Tél, Tél, Tél.Tél.Tél.Tél, Tél, Tél.HOPITAL DE LA MISERICORDE MATERNITE DE MONTREAL Miles DUBOIS GELINAS L.LANGLOIS LAVIGNE LEBLANC MAHEU MARIER MOREAU E.VIAU SENECAL WADDELL Milles BRAZEAU BOIVIN DESROSIERS PINEAULT SMITH TRANCHEMONTAGNE B.VALIQUETTE M.A.VALIQUETTE Mlle DUFRESNE Mlle B.MILOT 1353, 27, 202, 27, 21, 1446, 1035, 142, 202, 1353, 1353, Ave Greene rue Durocher rue St-Hubert rue Durocher rue Fabre rue Chabot rue St-Denis Ave Laval rue St-Hubert Ave Greene Ave Greene MATERNITE D'OTTAWA 623, 623, rue St-Denis rue St-Denis rue Roy Carré St-Louis rue Roy rue St-Denis Ave Laval Ave Laval HOPITAL DE BROOKLYN 19, rue Ste-Famille ST-JOSEPH DES TROIS-RIVIBRES 634, rue St-Denis COLLEGE DES MEDECINS ET CHIRURGIENS Mlles LABERGE ° COUSINEAU Milles MOLLOY GAMACHE 1086A, 1153, rue Berri rue St-Antoine HOPITAL RUE WATER, OTTAWA 1113, 1572, rue St-Denis rue Chabot Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél.Tél Tél.Est Est Est Est Est Est Est Est Bst Westmt Uptown Est Uptown St-Louis St-Louis St-Louis Est Est Westmt Westmt Est Est Est Est Est Est Est Est Est Est St-Louis Westmt St-Louis St-Louis 7218 3446 3242 3242 3446 3446 934 5268 1861 1279 3819 7846 3819 5962 8750 4982 3446 7846 1279 1279 4588 3446 8875 1249 8376 3446 1853 13638 2517 344\u20ac 4801 5707 3518 238 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA HOPITAL DUPONT XXV E.LABONTE 788, Ave Querbes Mlles CHARLEBOIS 1209, Ave'Delorimier Tél.St-Louis' 2607 DUPUIS 110, Ave Laval Tél.Est 3113 GUAY 8014, rue Ste-Famille Tél, Est 4218 RAINVILLE 340, rue St-Hubert Tél, Est 1366 MASSEUSES Mlle MORIN 417 Ouest 120ème Rue, New-York, N.-Y.THOMAS 50, rue Labelle Tél.Est 5515 GARDES-MALADES NON-GRADUEEKS Mlles GRAVEL 2916, rue Clarke Tél.Rock.3524 GENEST ° Tél.St-Louis 768 Association Jeanne Mance / Gardes Malades Graduées de l'Hôtel Dieu Mlies J.AUBRY 2625, rue C.Colomb Tél.St-Louis 847t B.BOUCHER 220, rue St-André Tél.Est 2734 C.BRAULT 55, rue St-Denis Tél, Est 5150 H.BISSON 629, Ave Laval Tél.St-Louis 4983 H.CHAGNON 1992, rue St-Urbain Tél.St-Louis 2097 B.CLOUTIER 28, Square St-Louis Tél.Est 2352 BE.CHAMPAGNE 110, Ave Laval Tél.Est 3113 C.CHARLAND C.Lasalle, Verdun Tél.Victoria 1868 M.CHARBONNEAU 1074, rue Rachel Est Tél.St-Louis 4684 M.L.COTE 78, Ave du Parc Tél.Uptown 7320 A.DELAND 220, rue St-André Tél, Est 2784 A.-M.DELAND 220, rue St-André Tél.Est.2734 M.-L, DUMONTHBT 231, rue Christ.-Colomb Tél.St-Louls 5875 B.FRENETTE 78, Ave du Parc Tél.Est 3209 K.FITZGIBBONS 191, rue C.Colomb Tél.St-Louis 4882 A.FOISY 142, rue Berri Tél.Est 3850 L.GODARD 1035, rue St-Denis Tél.St-Louig 8035 C.HOWIE 31a, rue Labelle Té}.Est 7471 Tél.Rockland 205 E.LABRIE 59, rue St-Denis Tél.Est 3280 J.LAROCQUE 59, rue St-Denis Tél.Est 3280 A.LAMOUREUX 903, rue St-Denis Tél.Est 3209 A.NOEL 266, Sherbrooke Est Tél.Est 13177 M.PELLETIER 24, rue Cherrier Tél, Est 6923 B.ROY 110, Ave Laval Tél.Est 3113 A.RENAUD 108, rue Rachel Est Tél.St-Louls 7360 Y.SIMARD 110, Ave Laval Tél.Est 3113 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La MEILLEURE PREPARATION DE MAGNESIE ET LA MIEUX DOSEE est, sans aucun doute, la préparation si avantageusement connue du : SHARP © DOHMES MILK OF MAGNESIA un produit qui surpasse tous les autres produits similaires fabriqués avec le magnésie.Une étude critique des cas cliniques démontre la vérité de cette assertion.\u2019 FABRIQUE EXCLUSIVEMENT PAR SHARP & DOHME : CHIMISTES DEPUIS 1860 LABORATOIRES \u2014 BALTIMORE, E.U.A.Oo Agents pour le Canada: FRANK W.HORNER, Ltd., 38-46 St=Urbain.MONTREAL.| | gant ponivement wea tones (onde devnis foutu BH Zondmnan, 160 Me Gill College Avenue, Et teconnu prt des meidecens dd 44 Grins pens A yz, comments de Canada of des Birds (Yi comme 4 meibons au monds of 7 Al sul totic.Montréal Énregistré Aard Demers, Gérant L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA | 559 rayer ces deux fléaux aussi meurtriers que le choléra de 1832, 1849 ou 1854, que dira-t-on de nous ?Il y a bien quelques sematoria ici et là, quelqués dispensaires anti-tuberculeux, dans les villes, des \u201c Gouttes de lait \u201d, des consultations de nourrissons.Ce sont des oeuvres charitables qui soulagent des malhewreux ; c\u2019est très bien pour soulager, mais ce n\u2019est pes suffisant; ce qu\u2019il faut, surtout, c\u2019est prévenir.Ce qu\u2019il nous faut, c\u2019est une lutte préventive, et cette lutte ne peut être faite que par l\u2019éducation du peuple.Il faut faire voir ea peuple ce qui est bon, ce qui est mauvais, et lui faire comprendre le pourquoi des choses.La mortalité infantile ne sera combattue avec succcès qu\u2019en edi- mentant les enfants evec une nourriture saine et en leur permettant de vivre dans des logements sains, enfin, pour me servir d\u2019un pléonasme, en les prévenant de toute maladie.La tuberculose pour Être efficacement combattue exige le même treitement : Bonne alimentation et logement sain ; logement où le soleil pénètre largement, où l'air est continuellement renouvelée.Cette lutte doit être faite par tous et chacun de nous.Nous avons le bonheur d\u2019avoir, au milieu de nous, l\u2019honorable Secrétaire provincial ; nous comptons (beemcoup sur notre nouveau ministre pour nous aider dans cette lutte, pour nous encourager dans nos travaux, enfin pour nous accompagner dans cette voie, et nous soutenir, si la tâche est trop forte pour nos faibles épaules.; Merci, monsieur le ministre, d\u2019être venu em Congrès.Votre présence est un encouragement ; c\u2019est un stimulant dont nous avions grandement besoin.Comme je le disais il ya un instant, il nous faut instruire le peuple sur l\u2019importance du logement sain pour conserver la santé, sur la nécessité d\u2019une nourriture saine, surtout pour les petits enfants, malsonnette en bois, bien ensoleillée, est toujours plus saine qu\u2019un logement sain ?Est-ce une belle et grande maison ?Non, messieurs, une belle et grande maison peut très bien être un logement détestable, si vous n\u2019hebitez que des pièces sombres et humides, où l\u2019air ne se renouvelle pas et où le soleil ne pénètre jamais.Une pauvre maisonnette en bois, bien ensoleillé, est toujours plus saine qu\u2019on sombre château en pierre.Il ne faut pas croire qu\u2019il n\u2019y a que dens les villes où les gens sont mal logés.Dans bien des endroits à la campagne, quoique les maisons soient snracieuses, on se cond yrne à vivre à l\u2019étroit, dans une ou (deux pièces : soit pour économiser du combustible en hiver, soit pour tenir le reste'de la maison en état 7 propreté en été.On manque d\u2019air respirable ans ces logis, comme * | le, 560 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Aussi, messieurs, lorsqu\u2019une maladie contagieuse se déclare dans une famille, à la campagne, on y vit dans un tel \u2018encombrement, que toute la famille y passe.Si cette maladie contagieuse est la tuberculose, le père, la mère et les enfants y succombent ; on dit : c\u2019est héréditaire ; ils avaient cela dans le sang.Non, messieurs ; dites plutôt : c'était contagieux, ils n'ont pas pris soin d\u2019eux, ils se sont contaminés les uns et les autres, ne se sont pas traités comme ils devaient se traiter, et sont tous morts.Combien de familles ont été décimées par cette terrible peste blanche et qui auraient évité l'infection si elles avaient su se protéger, qui auraient guéri ri elles avaient su se traiter.Par bonne alimentation pour les bébés, je ne veux pas parler de bons et gros pois, de belles et grosses fèves, de viandes bien apprêtées et de gâteaux sucrés ; je veux parler d\u2019une nourriture qui convienne à l\u2019enfamt et qu\u2019il peut digérer.Il lui faut du lait, du bon lait, du lait propre.Et comment faut-il nourrir l'enfant ?Volià un sujet bien important et mal compris.Un exemple : Dans le peuple, si l\u2019enfant pleure, on croit que c\u2019est de faim ; il faut le consoler avec des aliments ; c\u2019est quelquefois une erreur capitele.L\u2019enfant pleure parce qu\u2019il souffre, et il souffre, bien souvent, parce que sa digestion se fait mal.Vous lui surchargez l\u2019etsomac avec de nouveaux aliments, vous aggreivez son mal.Il vaut mieux le mettre à la diette, seulement que de l\u2019eaw bouillie.Alors, voyez-vous le médecin qui osera prescrire un tel traitement au petit malade ; seulement que de l\u2019eau bouillie ; sera- t-il mal vu au moins de la grand\u2019maman qui se chargera bien elle de faire comprendre à la famillé que l'enfant pleure de faim, qu\u2019il se meurt (d\u2019inanition, que le docteur est un meurtrier, un assassin, ete.I1 faut faire l\u2019éducation du peuple ; et pour faire l'éducation du peuple, il nous faut compter sur l\u2019appui du clergé.Le clergé a sauvé not langue, notre religion, nous lui demandons aujourd\u2019hui de nous.aïder à conserver nos enfants, à préserver nos familles de la contagion, surtout de la contagion par la tuberculose.Un religieux étranger me disait, lors du Congrès Eucharistique, à Montréal : \u201cCe qui est beeu, ce qui est rempli de promesses pour les catholiques de ce pays, c\u2019est de voir les membres des professions libérales, médecins, avocats, faire, publiquement, cause commune avec le clergé.La présence seule des médecins, des avocets, des hommes de.profession, dans une porcession comme celle qui eut lieu lors de ce Congrès, est une force irrésistible qui entraîne les masses.Messieurs les curés, entrez dans nos rangs ; vous êtes nécessaires au succes de la lutte que nous entreprenons ; aidez-nous à fedre l\u2019éducation du peuple; en matière d'hygiène, votre présence au milieu de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 561 mous entraînera les masses et assurera la victoire.Ne nous refusez pas votre concours, sans votre assisstance, nous ne réussirons pas à conjurer la tuberculose, ce mal qui nous menace continuellement, qui menace nos familles, qui menace notre pays ; sans votre assistance, nous continuerons à perdre annuellement le tiers des,naissances, et cette mortalité infemtile ne peut qu\u2019augmenter si on ne fait pas un effort considérable pour la diminuer.Nous vous convions done, messieurs, a cette oeuvre vraiment nationale et humanitaire, \u2018et nous.comptons sur votre active collaboration.Société Médicale de St-Jean d'Hiberville Lundi soir, le 20 octobre 1919, avait lieu une réunion des membres de \u201cLa société médicale de Saint-Jean-Iberville\u201d.Les médecins présents étaient : Or E.-N.Chevalier, Dr Alexis Bouthillier, maire et député de Saint- Jean; Dr J.-A.Daigneault; Dr H.-S.Brosseau, Dr N.-A.Sabourin; Dr J.-H.Maynard; Dr Jules Lafleur; Dr George Phénix; Dr Emile Phaneuf; Dr Oscar Laberge.Le but principal de cette assemblée était l\u2019élection annuelle des officiers, qui se fit au sein de l\u2019amitié et de la plus parfaite concorde.C\u2019est à l\u2019unanimité des voix que les membres\u2019 proposés furent élus.Voici le résultat : Président: Dr Alexis Bouthillier, réélu pour un second terme.Vice-président : Dr E.-M.Chevalier, Secrétaire : Dr Oscar Laberge.Le Dr Bouthillier remercie sincèrement ses confrères pour Ja marque d\u2019estime et de considération qu\u2019ils lui témoignaient dans la circonstance.Malgré son double mandat, le président affirme qu\u2019il fera tout en son pouvoir, afin de sauvegarder l\u2019intérêt et l\u2019honneur professionnels.Les deux \u2018autres officiers élus s\u2019engagent, eux aussi, à remplir avec ponctualité les obligations de leur charge.\u201cLa société médicale de Saint-Jean-Iberville\u201d s\u2019est tracé un très beau programme.Il y aura des séances régulières au cours desquelles des questions médicales d\u2019actualité seront mises à l'étude.On a jeté les bases d\u2019une organisation tout à fait nouvelle.Le public, sans mul doute, Appréciera hautement le geste de ce corps distingué dont l'unique idéal est de travailler au bien-être physique de tous.OSCAR LABERGE, M.D., Secrétaire. ÆTUDE SUR LE SUICIDE par Wilfrid Derome, Médecin Légiste, Prof.de Médecine Légale.Le suicide est ,pour le médecin légiste, une question du plus haut intérêt; mais il constitue aussi, croyons-nous, un sujet d\u2019étude qui ne peut être indifférent à aucun médecin, surtout en ce qui a trait aux circonstances morales qui d\u2019ordinaire provoquent ou précèdent le suicide.| Or, comme en cette matière plus que dans toute autre peut-être, ce sont des faits qu\u2019il importe de fournir, nous avons puisé ceux qui suivent, dans les régistres de la Morgue de Montréal, où sont consignés quelques détails propres à nous éclairer sur les movens et les \u2018motifs du suicide.ETUDE STATISTIQUE.Les tableaux ci-dessous sont dressés d\u2019après une population moy- \u2018enne de 1,000,000 habitants, et portent sur les dix dernières années (1908-1918).Nous avons mis en regard les chiffres concernant le suicide dans la ville de Philadelphie, chiffres fournis par Philip L.Repetto, dans le, numéro de mai, 1917, du Monthly Bulletin of the Department of Public Health and Charities of the city of Philadel phia., 1°\u2014CHIFFRES ANNUELS: District de Montréal (10 années) Philadelphie (15 années) 1908 1,000,600 32 suicides 1900 1.395,853 147 1909 31 6 1901 1,312,706 146 1910 © 38 - 1902 1,3+7,560 182 \u20181911 6 30 1903 1,373,414 203 1904 1,399,268 218 1912 ¢ 33 1905 1,425,122 204 1906 1.450.976 ' 214 1913 > 4 -_ 1907 1,476.830 218 1908 1,502,583 264 1914 tr : 1909 1,528,540 245 1910 1.554.394 299 1915 vr ; « 1911 1.580.248 278 1912 1.606,102 272 1916 > 1913 1,631,956 262 1914 1,657,810, 275 \"1917 : 1915 1,683,664 R280 Total 368 Total 3709 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 563 Nos propres relevés montrent que depuis dix ans, la moyenne annuelle des suicides dans le district judiciaire de Montréal a été de 36.8, chiffre vraisemblablement au-dessous de la vérité si l\u2019on tient compte des difficultés d\u2019obtenir dans certains cas la preuve matérielle du suicide; mais même en tenant compte de quelques erreurs \u2014 dont aucune statistique analogue n\u2019est exémpte \u2014 ce chiffre apprait singulièrement au-dessous de celui de la ville de Philadelphie.Ces relevés font voir, en outre, un accroissement presque constant dans le nombre des suicidés, sans que l\u2019on puisse invoquer pour expliquer cette augmentation, une amélioration quelconque de nos moyens d\u2019information.I1'\u2014FREQUENCE D\u2019APRES LE SEXE: Montréal (10 années) Philadelphie (15 années) Hommes Hommes Femmes Femmes La proportion des sexes est tout près d\u2019un cinquième du nombre total pour le sexe féminin, soit une femme pour cinq hommes; c\u2019est la proportion générale des sexes dans le crime.Il eut été intéressant de connaître l\u2019âge, la profession et la nationalité des victimes, malheureusement nos régistres ne contiennent pas tous ces renseignements.\u2018 III°\u2014PRINCIPAUX MODES DE SUICIDE: Montréal (10 années) Philadelphie (15 années) Pendaison et : strangulation.) 66 394 16.470 Submersion .37 10% 33 134.Armes à feu .83 828 5d 882 Instruments tranchants.33 191 32 223 Gaz (oxyde de carbone).12 15 333 312.845 Précipitation .4 7 46 32 78 Empoisonnement .56 96 616 425 104! Autres.27 31 : 27 9 36 Total.291 368 2736 .973 3709 IV°\u2014DIFFERENTS POISONS EMPLOYES.MONTREAL (10 années) Hommes Femmes Total Acide phénique ._.18 11 29 Vert de Paris .19 - ; 12 31 Sublimé .2 4 a Alcool méthylique .3 0 3 1 Acide acétique .0 1 564 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Potasse 1 0 1 Morphine .1 0 1 Strychnine AR 1 0 1 Acide prussique .i 0 1 Acide chlorhydrique 1 0 1 Acide nitrique 0 1 1 Autres 9 11 20 Quant aux divers genres de mort, les tableaux III et IV font voir entre autres détails, que l\u2019empoisonnement est dans ce pays, le mode de suicide le plus répandu, ce qui tient sans doute à la facilité d\u2019obtenir des substances toxiques, notamment l\u2019acide phénique et le vert de Paris.Ils montrent en outre que le sexe influe sur le choix des moyens.La femme a, de préférence, recours au poison, tandis que chez l\u2019homme, c\u2019est l\u2019arme à feu qui est en première ligne, puis viennent la pendaison, l\u2019empoisonnement, la submersion, etc.CAUSE DU SUICIDE.Le suicide (sui caedes) est l\u2019acte par lequel une personne met fin à sa propre existence.Les motifs du suicide tels qu\u2019ils apparaissent dans les documents aux dossiers (lettre, écrit, parfois testament, laissés par la victime ; circonstances du fait exposées par des témoins ou par les officiers en- quéteurs), sont les causes qui, de toût temps, ont le plus attiré l\u2019attention des gens du monde, et frappé l\u2019imagination des romanciers ; mais ces causes occasionnelles ou déterminantes ne suffisent pas toujours, loin de là, à mesurer toute la profondeur de tant de douloureux mystères.| Il existe a cOté, au moins dans certains cas, d\u2019autres influences héréditaires ou autres, qui, pour être moins évidentes, n\u2019en sont pas moins réelles et puissantes; en tout cas, ce sont ces dernières seules qui nous font comprendre pourquoi ,sur une réunion d\u2019individus exposés aux mêmes occasions dangereuses, les uns tombent, tandis que les autres résistent.| | Tous les traités spéciaux citent quelques exemples de suicide favorisés par une disposition héréditaire; mais suivant Legrand du Saulle, cette disposition serait moins marquée dans les suicides accomplis pendant 1%tat de raison que dans ceux qui sont dus à la folie.Le plus souvent le penchant au suicide est transmis par les ascendants directs, mais il peut venir aussi par les branches collatérales.A part Phérédité, la statistique met en évidence l\u2019influence du sexe, de l\u2019âge, de l\u2019exemple, ete.En ce qui concerne le sexe, notre second tableau fait voir que le suicide est près de cinq fois plus rare ! L'UNION MÉDICALE DU CANADA - 565 chez la femme.Maintenant nul doute que si nous avions pu nous procurer l\u2019âge des victimes, nous eûmes observé ce fait intéressant, mis en évidence par tous les auteurs, à savoir: que le chiffre des suicides s\u2019accroît avec l\u2019âge, comme si \u201cl\u2019impuissance de lutter qui augmente avec les années, éntra nait avec elle le découragement et le dégoût de la vie\u201d (Brouardel).Quant à l\u2019influnce de l\u2019exemple sur la production du suicide, elle est bien connue.Déjà Plutarque, dans son Traité des vertus des femmes, rapporte qu\u2019à Milet, les femmes et les filles des hommes que la guerre tenait éloignées, se pendaient à l\u2019envi les unes des autres.Orfila (Traité de médecine légale) de qui nous empruntons cet exemple, en cite un grand nombre d\u2019autres : \u201cSous l\u2019empire, un soldat se tue dans une guérite; plusieurs autres choisissent la même guérite pour se tuer; on brûle la guérite et l\u2019imitation cesse.\u2018 \u201cUn individu se pend à une porte; dans l\u2019espace d\u2019une quinzaine de jours, deux individus se pendent à la même porte; par le conseil de Sabatier, le gouvernement la fait murer: la porte disparue, personne ne se pend plus.\u201cTI a existé à Berlin un club de suicide; il était composé de six personnes qui cherchaient par tous les moyens à se faire des prosélytes; trois se tuèrent d\u2019abord conformément aux statuts de la société et successivement les autres les imitèrent (Prosper Lucas).Ce qui rend l\u2019exemple particulièrement contagieux, c\u2019est la publicité excessive que donnent à ces lugubres drames de la vie, les grands journaux et cette plaie moderne, les cinémas.Qui dira, en effet, le nombre \u201cdes cerveaux fragiles et ds organismes faibles qui restent impressionnés par ces exhibitions permanentes de réchauds, de corde ou de poison.I\u2019 homme s\u2019habitue peu à peu a la relation de ces récits émouvants, et un jour viendra peut-étre, ou, interrogeant ses souvenirs, il mettra à exécution les moyens dont il a entendu parler\u201d.(1) Parmi les nombreuses causes déterminantes du suicide, il faut compter: les affections morales fortes telles que les embarras d\u2019argent, les chagrins domestiques, amour contrarié, les humiliations de toutes sortes ; les maladies longues et surtout les infirmités dégoûtantes, sans espoir de guérison ; les excès divers et notamment l\u2019abus des boissons enivrantes; enfin l\u2019aliénation mentale.Ces deux dernières causes sont de beaucoup les plus fréquentes et méritent qu\u2019on s\u2019y arrête un instant.(1) Eléments de Médecine mentale appliués à l\u2019étude du Droit (1905). 566 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le Docteur Legrain(1), dans une de ses belles leçons aux étudiants de la Faculté de Droit, de Paris, traitant de ce problème poignant qu\u2019est la mentalité d\u2019un homme en puissance d\u2019alcool, s\u2019écrie : \u201cPlus les crimes sont graves et sanglants, plus nous y voyons l\u2019alcool jouer son rôle et l\u2019on est en droit d\u2019énoncer cette loi que confirmeront des milliers de faits: l\u2019alcool pousse au crime sanglant\u201d.Nous ne devons donc pas nous étonner de rencontrer l\u2019intoxication alcoolique en première ligne des causes du suicide ; c\u2019est en tout cas, un fait d\u2019observation courante à la Morgue de Montréal.Presque tous les auteurs ont remarqué que chez l\u2019alcoolisé, le suicide s\u2019accomplit sans phrases, sans lettres, exprimant les dernières volontés, comme s\u2019il était le résultat d\u2019une détermination subite, plus ou moins consciente.Il en fut ainsi dans un cas que nous avons vu se dérouler presque sous nos yeux.C\u2019était en 1906, un habile ouvrier en chaussures, d\u2019âge moyen, célibataire, logeait dans une pièce contigue à nos bureaux.Il avait depuis longtemps contracté la vilaine habitude de s\u2019enivrer périodiquement.Trois ou quatre jours après un de ces excès, alors v\u2019apparemment il n\u2019était plus ivre, mais que plutôt, ses fonctions psychiques supérieures étaient restées dans une sorte d\u2019engourdissement, il se rend au magasin où il obtient sans difficulté le vert de Paris dont il a besoin pour accomplir son dessein.De retour à sa chambre, il absorbe une bonne portion du poison qu\u2019il avait eu soin de délayer dans un peu d\u2019eau, se renverse sur son lit où, trois heures plus tard, nous le trouvons sans vie.Pas une parole, ni un geste, ni même un écrit pouvant laisser connaître le motif de son acte.La place que tient la folie parmi les causes déterminantes du Suicide est sûrement considérable.Si bien qu\u2019un certain nombre de pathologistes, et notamment Esquiros et Bourdin, ont méme professé l\u2019opinion que le suicide devait être considéré comme un symptôme constant d\u2019aliénation mnentale ; mais l\u2019histoire est là pour montrer que ce n\u2019est pas un acte invariablement \u2018dépourvu de liberté morale.| Parmi les affections mentales proprement dites qui poussent au meurtre de soi-même, il faut placer en première ligne, la mélancolie et les états mélancoliques: délire hypochondriaque, délire mélancolique, ete.; plus rarement, le délire de persécution, le délire religieux, la psychasténie et les divers états maniaques.Le suicide peut encore s'observer dans l\u2019épilepsie, dans certains états spécieux tels que l'alcoolisme et la puerperalité, enfin au cours (1) Le Grand du Saulle.\u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 567 de pyrexies comme la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, la méningite, la pneumonie, etc.Il est important, néanmoins, de noter que quelle que soit l\u2019étiquette qui se puisse poser sur l\u2019affection mentale d\u2019un aliéné qui se suicide, l\u2019acte morbide paraît le plus souvent devoir été rattaché, soit à des hallucinations, soit à ides illusions, soit à des idées délirantes, soit enfin à une impulsion.Les hedlucinations sont, comme on sait, des troubles psychiques d\u2019ordre sensoriel.\u2018Ce sont, suivant la définition classique, des perceptions sans objet.Elles se divisent en trois grandes catégories : sensorielles, cénesthésiques (1) et motrices; mais les deux premières sont celles que l\u2019on retrouve le plus souvent À l\u2019origine du suicide.Les hallucinations sensorielles peuvent affecter les cinq sens; mais les plus fréquentes, en même temps que les plu désastreuse au point de vue de réactions qu\u2019elles provoquent, sont d\u2019abord celles de l\u2019ouï, puis celles de la vue, enfin plus rarement celles du goût, de l\u2019odorat et du toucher.(Comme toutes ces sensations sans objet extérieur sont acceptées comme réelles et exactes par le sujet, et comme en outre, elles sont presque toujours d\u2019un caractère désagréable, parfois pénible ou terrifiant, elles deviennent la source de raïsonnements qui aboutissent souvent au suicide.Le malade, par exemple, entend (des voix qui lui disent des injures grossières ou des menaces ; tantôt ces voix lui répètent continuellement qu\u2019il est ruiné, déshonoré; il arrive même que les voix prennent un ton impératif et lui donnent l\u2019ordre de mourir.Ou bien, le malade voit autour de lui des ennemis armés, des animaux effrayants, dont il est terrifié, ce qui le pousse à se donner la mort pour échapper à tant de tourments.L'illusion est l\u2019interprétation fausse d\u2019une sensation.Ici existe l\u2019objet extérieur qui a donné lieu à la sensation, mais le malade attribue à cette dernière une signification erronée.Les illusions se divisent, comme les hallucinations, en trois catégories: sensorielles, cénesthésiques ou internes, et motrices.Interprétées par le malade dans le sens de son délire, elles sont susceptibles des plus funestes conséquences.On donne le nom d\u2019idée ou conception délirante (delusions des Anglais) à toute conception absurde et contraire à l\u2019évidence même des faits.Les formes d\u2019idées délirantes varient presqu\u2019à l\u2019infini ; mais parmi celles qui peuvent conduire les individus au suicide, les (1) Cénesthésie : sens de l\u2019existence. 568 L'UNION MÉDICALE DU CANADA plus fréquentes sont les idées mélancoliques (conceptions tristes qui n\u2019ont pas pour objet le mauvais fonctionnement de l\u2019organisme: idées d\u2019humilité, de désespoir, d'incapacité, de ruine, d\u2019indignité, de culpabilité, etc.) ; les idées hypochondriaques (conceptions tristes traduisant une préoccupation constante et mal fondée sur la santé physique) ; les idées de persécution ; les idées mystiques ou religieuses.Les impulsions envisagées au point de vue de l\u2019état concomitant de la conscience, se divisent en trois catégories: les impulsions conscientes, subconscientes et inconscientes.Sous l\u2019influence d\u2019une idée impulsive dite consciente, le sujet est entraîné plus ou moins irrésistiblement à accomplir un acte contraira à à sa volonté.Parfois l\u2019acte impulsif suit immédiatement l\u2019apparition de l\u2019idée; le plus souvent, le malade cherche à empêcher l\u2019impulsion, il lutte contre elle avec angoisse, et il éprouve unee sorte de soulagement après l\u2019accomplissement de son acte.Les formes d\u2019impulsion conscientes sont indéfinies et comprennent soit des actes non , dangereux (mythomanie), soit des actes dangereux comme l\u2019impulsion au suicide.Les impulsions conscientes se présentent en général comme troubles pathologiques isolés chez des individus par ailleurs normaux; mais elles peuvent se rencontrer aussi au cours de délires divers, tout en conservant dans ce cas les mêmes caractères cliniques et psychologiques.Les impulsions subconscientes se révèlent comme des manifestations d\u2019une activité psychomotrice exagérée.Dans les cas extrêmes, le malade passè de l\u2019idée à l\u2019acte avec une instantanéité qui rappelle de véritables décharges électriques et qui, partant, exclut toute réflexion.Tels sont les raptus des mélancoliques avec stupeur, des délirants toxiques ou infectieux (défénestration ), des confus, etc.Les impulsions inconscientes dont le type nous est fourni par l\u2019é- pileptie, apparaissent comme de pures manifestations de l\u2019antomatisme psychologique.Le malade, une fois sa crise passée, ne conserve aucun souvenir de ses actes.Ceux-ci consistent surtout en impulsions à l\u2019homicide, au suicide, aux exhibitions génitales, au vol, à l\u2019incendie.ETUDES LEGISLATIVE.Les applications médico-légales du suicide se rapportent au droit civil, au droit criminel et au droit canonique.Droit civil \u2014Les deux questions de droit civil que soulève le suicide, et dont la solution nécessite d\u2019ordinaire le concours médical, sont les suivantes : L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 569 1°.Un individu fait un testament et se suicide, l\u2019acte est-il valable?Le testament est tenu comme valable a priori, excepté dans le cas où le suicidé était interdit judiciairement (Art.834, Code civil).Dans les autres cas, l\u2019acte n\u2019est annulé que s\u2019il est démontré que l\u2019individu au moment où il a disposé de ses biens, ne jouissait pas de son libre arbitre (Art.831, Code civil).La preuve de la folie incombe au demandeur.Si le suicidé, au moment de tester, était placé dans une maison d\u2019allénés, la présomption est contre la validité de son acte.20 L'autre question a trait aux polices d\u2019essurance en cas de suicide de la personne assurée.Le Code civil, à l\u2019article 2593, dit: L'assurance prise par un individu sur sa propre vie est sems effet s\u2019il périt par la main de la justice, en duel, ou par suicide.Cet article s'applique évidemment, dans le cas seul, où l\u2019individu a mis fin à ses jours, alors qu\u2019il était en pleine possession de son libre arbitre.Or, comme c\u2019est là une preuve toujorirs difficile à établir, et «dont le fardeau incombe aux compagnies, celles-ci, dans la grande majorité des cas, ne se refusent pas au paiement de la police.Nous sommes cependant informés qu\u2019un certain nombre de compagnies stipulent dans leurs contrats cette condition, que la police ne sera pas payée en cas de suicide de la personne assurée durant les deux années qui suivent la passation du contrat.: Droit criminel \u2014La législation pénale relative au suicide a jus- \u2018qu\u2019ici varié suivant les pays, et souvent dans le même pays, suivant les moeurs.Chez les Grecs, le suicide était en général condamné, malgré l\u2019opinion de certains philosophes, et notamment des stoïciens qui allaient jusqu\u2019à en faire une vertu.| Chez les Romains, le suicide causé par le désespoir ou autres affections morales fortes, était exousé ; mais dans les autres cas, les\u2019 pé- n'alités imposées étaient très sévères, surtout pour les militaires.La religion chrétienne, par l\u2019autorité de S.Augustin d\u2019abord, par les conciles d\u2019Arles et de Prague ensuite, et par plusieurs encycliques des papes, devait pour un temps apporter quelque adoucissement à la doctrine romaine.C\u2019est du moins ce qui apparaît dans les Capitulaines de Charlemagne.- Mais cet adoucissement fit de nouveau place à la plus grande sévérité sous St-Louis, et même sous Louis XIV et les parlements suivants. 570 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Depuis la Révolution, les lois françaises n\u2019édictent plus aucune peine contre le suicide.Au \u2018Canada, le Code criminel renferme les dispositions suivantes, relativement au suicide : Art.269.\u2014Est coupable d\u2019un acte criminel et massible de l'emprisonnement à perpétuité, celui qui engage ou incite quelqu\u2019un à se suicider, gi le guicide a liew par suite de conseil ou de cette incitation, ou qui aide ou provoque quelqu\u2019un à se suicider.Art.270.\u2014Celi qui tente de se suicider est coupable d\u2019un actz criminel et passible de deux ans d'emprisonnement.Droit canonique\u2014Les préceptes chrétiens, plus que tous les lois civiles sans doute, constituent le frein capable d\u2019arrêter la main hom1- cide de l\u2019homme accablé sous le poids du malheur.Ces préceptes sont semctionnés par des peines sévères, même cn cette vie, ainsi que le démontrent les dispositions suivantes du nouveau code de droit canonique : La sépulture ecclésiastique est refusée à celui qui s\u2019est suicidé avec jugement réfléchi.\u201cQui se ipsi occiderint deliberato consilio\u201d.(c.1240, $1.3.) Cette disposition, il est clair, ne s\u2019applique pas au cas où la raison est eltérée de quelque manière.Mais dans le dout> sur l'état mental du suicidé, voici ce que dit le code : \u201cOccurrente praedictis in casibus aliquo dubio, consulatur, si tempus sinat, Ordinarius, permanente dubio, cadaver sepulturas ec- clesiasicae, ita tamen ut removeatur scandalum\u201d.(c.1240, §2.) Si l\u2019on a des doutes sur l\u2019état d\u2019âme de la personne, on consulte l\u2019Ordinaire, quand on en a le temps; et si le doute persévère, on confie le cadavre à la terre bénie, en ayant soin toutefoils d\u2019éloigner toute cause de scandale.Le nouveau code donne également une direction pour les prières qui peuvent être offertes en faveur de ceux à qui l\u2019Eglise refuse la sépulture ecclésiastique : \u201cExcluso ab ecclesiasticâ sepulturâ deneganda quoque sunt tum quaelibet Missa exsequialis, etiam anniverseria, tum alia publica officia funebria.\u201d (c.1241.) Si l\u2019on refuse la sépulture ecclésiastique à une personne, on lui refuse également la messe des funérailles même la messe au jour sin- niversaire des funérailles, ou tout autre office public funèbre.Rien pourtant interdit les suffrages privés pour le repos éternel de ces pauvres âmes. BIBLIOGRAPHIE Suites de couches normales et pathologiques, par E.-A.-René De Cotret, en vente chez Deom Frères, libraires, rue Ste-Catherine Est.Le professeur De Cotret vient de publier une partie de ses cours sous la forme d\u2019un volume de 400 pages.Le sujet qu\u2019il traite est de la plus haute importance : \u201cles suites de couches normales et pathologiques\u201d.Dans une première partie, il étudie les suites de couches normales: lochies, tranchées, montée laiteuse, et tous les incidents de l\u2019accouchement.Il discute le but et l\u2019importance des douches vaginales après l\u2019accouchement ; le séjour au lit, son importance et sa durée.Dans la deuxiéme partie il étudie les suites de couches pathologiques : les causes réelles; celles qui y prédisposent.Il parle des différentes phases de l'infection, il en énumère les symptômes selon le siège et la gravité, pour terminer par une étude sur la septicémie généralisée dont il discute le diagnostic et le pronostie d\u2019une facon très-élaborée, Dans une dernière partie, le professeur De Cotret étudie le traite- - ment prophylactique, et le traitement curatif.Il discute à fond ce que valent les injections intra-utérines, le tamponnement intra-utérin l\u2019écou- villonnage, le curage, le curettage, le drainage et l\u2019évidement utérin.L'hystérectomie, la colpotomie, la laparatomie sont appréciées à leur valeur.Il complète ce chapitre par une étude des principaux médicaments usuels dans ces cas: callargol, électrargol, salvarsan, et autres, sans oublier l\u2019abcès de fixation dont nous connaissons la signification, ainsi que le lavage du sang et la sero-thérapie.Le dernier chapitre est consacré à l'abcès du sein, et aux troubles de la lactation.Le professtur De (Cotret a fait une belle oeuvre, et nous osons dire une bonne action en s\u2019inposant la tâche de publier un livre comme celui- ci.Les morts à la suite des couches normales, sont encore beaucoup trop nombreuses.Les médecins doivent faire l\u2019éducation des mères et de leur entourage.Ils doivent aussi imposer à tous et s\u2019imposer à eux-mêmes les mesures préventives pour assurer des relevailles normales et diminuer la morbidité et la mortalité, de ce chef.T- Les médecins devraient acheter ce livre et le lire avec attention.Ils en bénéficieront certainement.L. XX VIII L'UNION MÉDICALE DU CANADA LISTERINE Une solution antiseptique, ni toxique, ni irritante (Agréable et utile, à la fois, au patient, au médecin et à la garde-malade.q La LISTERINE a un trés vaste champ d\u2019opération, et ses résultats sont toujours identiques, à cause de sa constante supériorité.(La formule de la LISTERINE nous permet de l\u2019associer à un si grand nombre de médicaments qu\u2019elle \u2018peut servir comme véhicule ou base dans un grand nombre d\u2019ordonnances.(La LISTERINE possède une double action antiseptique.Après évaporation, une mince couche, composée d\u2019acide borique et d\u2019acide benzoique avec de la teinture de benjoin, demeure à la surface des _ objets lavés avec la LISTERINE.(Si on laisse évaporer une petite quantité de LISTERINE sur un verre de montre, ou tout autre réceptacle, on constate que le résidu est formé de nombreux cristaux qui démontrent que la LISTERINE est une solution saturée d\u2019acide borique.Docteur! .sur votre demande, nous vous adresserons un flacom de LISTERINE, pour votre usage personnel.LAMBERT PHARMACAL COMPANY 2101 LOCUST STREET SAINT-LOUIS, MO., U.S.A.66 GERRARD STREET TORONTO, ONT L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA XXIX SANATORIUM du Dr DE BLOIS TROIS-RIVIERES, QUE.OUVERT TOUTE L\u2019ANNEE A 24 hrs DE MONTRFAL Pour le traitement des MALADIES NERVEUSES et CHRONIQUES Neurasthénie, Dyspepsie, Rhumatisme, Névralgies, Affections du foie et des reins, Intoxications alcooliques et médicamenteuses (Morphine, héroine, etc.) Application des méthodes scientifiques, y compris électricité sous toutes ses formes, hydrothérapie, bains de Neutrin de lumière, de vapeur et d\u2019air chaud, ozone, rayons X, massage sérum, \u2018eaux minérales, provenant de nos fameuses sources de la Madeleine, etc.- 17 ANNEES DE SUCCES Endroit idéal pour se reposer et refaire sa santé.C.N.de Blois, M.D.Médecins direceturs: M.Bouchard, M.D.Pour renseignements et prospectus illustré adressez: SANATORIUM DE BLOIS NN TROIS-RIVIERES, QUE. XXX L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Diphtérie Le MELANGE TOXI-ANTITOXIQUE CONTRE LA DIPHTERIE procure une immunité permanente contre la diphtérie.Cette immunité existe au bout de 8 à 12 semaines.ous les enfants âgés de 6 mois à 5 ans, ainsi que les adultes qui sont en contact fréquent avec des malades atteints de diphtérie si la réaction de SCHICK est positive, Le MELANGE TOXI- ANTITOXIQUE CONTRE LA DIPHTERIE est un moyen sur que les médecins doivent employer s\u2019ils veulent faire disparaître la diphtérie d\u2019un milieu quelconque: ce résultat n\u2019a pas encore été obtenu jusqu\u2019à ce jour.La susceptibilité de contracter la diphtérie est mise en évidence par la réaction SCHICK.En présence d\u2019un danger immédiat d\u2019infection les sujets sensibles devraient recevoir une dose d\u2019antitoxine diphtérique, qui les protège durant deux semaines.Si le danger n\u2019est pas immédiat, les individus sensibles devraient être immunisés avec le mélange toxi-anti-toxique contre la diphtérie.Injectée au début de la maladie, PANTITOXINE DIPHTERIQUE a abaissé la mortalité à 2%.Avant l'emploi de ce sérum le chiffre de la mortalité atteignait 337.' 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