Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'union médicale du Canada, 1918-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.wl ts ++ Fame PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN, Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en ehef Vol.XLVII AOUT 1918 No 8 LE DISCOURS DU PRÉSIDENT 1914-1918 Messieurs les Gouverneurs, \u2014(1) Il est de mon devoir de résumer, à la fin de ce terme, les actes du présent Bureau.Permettez que je les rappelle succinctement.Les chiffres que je vais citer sont extraits des rapports officiels du vérificateur de nos livres soumis à la présente assemblée et aux assemblées antérieures.| Coup d\u2019oeil retrospectif En 1914, nous avons succédé à un Bureau des plus progressifs.Ce Bureau, sous l\u2019habile direction du Dr Normand, s\u2019est trouvé, dès le début de son administration en 1910, en face d\u2019un déficit et dans Pobligation d\u2019appliquer et d\u2019étudier une loi nouvelle, dont peu de membres en connaissaient les rouages et la portée.En 1914, nous prîmes l\u2019administration l\u2019année même où il n\u2019y avait pas de cinquième année universitaire, avee, comme conséquence des revenus plutôt diminués, et avec l\u2019obligation morale de retourner dvant la Législature faire de nouveau amender notre charte, demander d\u2019autres privilèges.La tâche était d\u2019autant plus à craindre que l'expérience de 1909 avait été pénible et coûteuse.(La loi de 1909 a coûté $6,000 au Bureau et les Règlements de 1910 au-delà de $1,200).À part la question d\u2019argent, secondaire en fin de compte, il s\u2019agissait tout d\u2019abord, pour le bien général de l\u2019administration, de réformer la régie du Bureau en diminuant le nombre des gouverneurs, (1) Avant de quitter le fauteuil présidentiel à la dernière réunion du Bureau des Gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province. L UNION MÉDICALE DU CANADA A 367 et de démarches auprés du gouvernement dont les résultats étaient moins que certains.Je n\u2019ai pas à résumer les discussions sur les projets de notre loi nouvelle.Qu\u2019il me suffise d\u2019énumérer les principaux articles de la loi sanctionnée par le Lieutenant- Gouverneur en Conseil le 19 février 1918, le résultat de nos efforts communs de 1914 à 1918.Résumé succint de la loi 1918 1\u2014Le nombre des Gouverneurs est réduit de quarante-un a vingt-et-un.2 Une seule assemblée annuelle est décrétée.3.\u2014Les actes dérogatoires à l\u2019honneur professionnel au lieu d\u2019être nommément spécifiés dans la loi, seront définis par Règlements du Bureau, de sorte que chaque cas particulier pourra être étudié par le Bureau.Nous pourrons ainsi sévir quand bon nous semblera contre ceux qui savent toujours éviter la loi, même en empiétant sur l\u2019honneur.4\u2014Le pouvoir nous est acquis d\u2019établir un fonds de retraite et de secours dont les revenus seront appliqués au soulagement des médecins nécessiteux.Ce fonds sera constitué par la moitié du surplus des recettes ordinaires sur les dépenses, tel qu\u2019établi par le rapport du vérificateur.5.\u2014Le Bureau est autorisé à défrayer les dépenses de conférence: aux sociétés médica.cs par des médecins choisis par le Président ou par le Comité Exécutif.6.\u2014Notre programme d\u2019études médicales est rendu conforme aux exigences de la science moderne par l\u2019étude obligatoire de la Biologie.7 \u2014TLrarticle 4938 qui, sans définir ni restreindre la signification des mots \u201cexercer la médecine\u201d, note cependant de façon plus ou moins précise, ce qui constitue la pratique illégale, a été l\u2019objet d\u2019une ctude préalable approfondie de la part du Comité de législation, de l\u2019exécutif et de nos avocats.Nous l\u2019avons moililié aussi explicitement que possible.Il nous faut attendre l\u2019interprétation qu\u2019en donneront les cours et la jurisprudence à venir, avant de pouvoir juger nous- mêmes de la valeur pratique de nos modifications.8.\u2014Nous avons fait disparaître pour les médecins étrangers, ayant étudié la médecine cinq ans, l\u2019obligation d\u2019une année supplémentaire d\u2019études médicales en notre province.À l\u2019avenir l\u2019étranger ne sera tenu qu\u2019à trois obligations essentielles : 368 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ë 1.\u2014Faire la preuve de cinq années d\u2019études médicales ; 2 \u2014Faire la preuve de l\u2019équivalence de ses titres; 3.\u2014Dubir les examens professionnels.9.\u2014 Nous avons fait décréter l\u2019interdiction d\u2019exercer la médecine sous un nom qui n\u2019est pas celui d\u2019un médecin légalement autorisé, dans l\u2019espoir d'atteindre de cette façon celui qui étant propriétaire d\u2019une médecine patentée en profite pour jouer au médecin.10.\u2014Le Conseil de discipline, & l\u2019avenir, est chargé de s\u201denquérir, de s\u2019entendre et de décider d\u2019une manière définitive et privative- ment à tout tribunal sauf appel au Bureau provincial de médecine, toute accusation ou plainte contre un membre du Collège pour infraction à ses devoirs professionnels ou pour tout acte dérogatoire à l\u2019honneur et à la dignité de la profession.\u201cNéanmoins\u201d ajoute la loi, \u201csi un membre intéressé se croit lésé par la décision rendue par le Conseil de discipline ou par le Bureau provincial «de médecine, il pourra en appeler à la Cour Supérieure\u201d.11.\u2014Les pénalités pour pratique illégale ne sont pas modifiées.Une concordance de pénalités a simplement été établie.12.\u2014La loi décrète spécifiquement que le registraire a le droit de poursuivre en son nom, pour pratique illégale.Voilà, en somme, Messieurs les Gouverneurs, le résultat légalisé de nos efforts depuis 4 ans.Modification des règlements Il restait à harmoniser nos règlements avec cette loi nouvelle.C\u2019est fait.Les règlements, qui seront tantôt soumis à votre approbation, ont été soigneusement étudiés par votre Commission de législation, et avis officiel vous a été donné, trois mois à l\u2019avance, qu\u2019ils seront soumis à votre approbation, au cours de cette assemblée.D'ailleurs, vous avez déjà donné votre approbation à la partie la plus importante de ces règlements qui traite du vote secret.Voilà qui est une modification réalisée.Les prochaines élections se feront au scrutin secret.: La partie des Règlements qui a divisé momentanément l\u2019opinion de ce Bureau fut celle qui a trait aux charges à faire, aux honoraires à distribuer.Nous sommes heureux de vous dire que pratiquement le tarif de nos charges est demeuré le même.Seul le coût du certificat fédéral et de la licence fédérale a été élevé, et les primes que nous payions aux candidats malheureux supprimées.- wo L'UNION MÉDICALE DU CANADA 369 Aucune taxe additionnelle n'a été mise au compte de l\u2019étudiant, ni du médecin.Il me fait plaisir de témoigner ici, qu\u2019au cours d\u2019une longue discussion relativement au tarif devant le Canadian Medical Couneil, il a été clairement établi que c\u2019est dans la province de Québec que l\u2019élève et le médecin payent le moins pour l\u2019éducation et la protection qu\u2019ils reçoivent.Je ne saurais parler de la tâche du présent Bureau sans parler d\u2019une façon particulière du Conseil de discipline, de la suppression de la pratique illégale et de nos finances.Le conseil de discipline En quatre \u2018ans, le Conseil de discipline n\u2019a siégé qu\u2019une fois.Condamné, l\u2019inculpé en a appelé à la Cour Supérieure.Il est mort, malheureusement, avant même que la cause ne fusse entendue.Il ne faut pas juger de l\u2019importance du Conseil de discipline par cette unique cause.Le Conseil de Discipline est l\u2019organisme le plus important pour notre régie interne.C\u2019est une sanction tacite à nos droits.C\u2019est un puissant levier pour l\u2019accomplissement de nos devoirs.Il suffit bien souvent, et j\u2019en rends témoignage comme Président, de rappeler à l\u2019un de nos membres en défaut, l\u2019existence du Conseil de discipline, pour que tout rentre dans l\u2019ordre, pour qu\u2019une vie de médecin s\u2019oriente de façon nouvelle et mieux, pour qu\u2019une habitude de jeu, d\u2019intempérance ou tout autre soit supprimée.La pratique illégale En vertu des recommandations faites par une Commission spéciale comptant au nombre de ses membres deux anciens registraires, les docteurs Marsolais et Boucher, le Bureau qui nous a précédé et nous-même, avons confié au Registraire le soin d\u2019enquêter minutieusement à la suite des \u2018plaintes qui sont faites, de façon à ne faire juger par les cours de justice que des causes certaines.Avec le talent d\u2019organisation qui le distngue, notre registraire s\u2019est entouré d\u2019une armée de détectives bénévoles qu\u2019il dirige où il veut, à peu de frais, et dont les rapports sont visés, approuvés ou refusés par le Président.Le temps a prouvé que cette méthode est de beaucoup supérieure à celle qui emploie des agences organisées. 370 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il ne faut pas juger du nombre d\u2019enquêtes faites par le nombre de jugements obtenus.Plusieurs causes qui seraient au détriment de la profession ou de nos professionnels se règlent, de préférence et bien mieux, par l\u2019intervention discrète du Conseil de discipline.D\u2019autres, sans fondement, sont abandonnées.Il n\u2019échappe à personne que depuis un an, les cours de justice, congestionnées par les affaires militaires, n\u2019ont pas entendu nos plaintes.Nous avons actuellement au-delà de vingt causes en suspens.Durant l\u2019année qui vient de finir 19 causes jugées ou réglées ont rapporté à l\u2019administration $970, alors que 44 enquêtes- ont coûté $1,105.50.Chaque enquête a donc coûté en moyenne $25.00.Chaque cause jugée en moyenne a rapporté $51.05.J'ai fait faire le relevé du coût des enquêtes et du produit des actions intentées depuis le début de notre administration.En voici le tableau résumé: Coût des enquêtes Amendes perçues 1914-1915 LL LL 22 24 22 2406 $1,142.80 $1,537.85 1915-1916 .o.oo.758.00 1,333.65 1916-1917 LL 2.22 22 24 2400 640.00 718.00 1917-1918 LL 21 22 24 14 24 1,105.50 970.00 $3,646.30 $4,559.50 Il n\u2019a sans doute jamais été dans l\u2019intention du Bureau actuel ni de l\u2019ancien Bureau de faire du département des enquêtes un département de profits, mais encore faut-il que ce département soit administré de facon telle qu\u2019il ne soit pas une pierre d\u2019achopement à notre budget.L\u2019on a pu nous reprocher trop de lenteur et quelques hésitations.Il ne faut pas oublier qu\u2019avant de poursuivre pour pratique 1llé- gale, nous devons tenir compte de bien des facteurs qui s\u2019appellent, le plus souvent, le Conseil médical du Canada, la loi fédérals des médicaments brevetés, les lois provinciales, et surtout notre charte ct nos propres règlements, quand ce ne sont pas la charte et les règlements d'institutions similaires à la nôtre.T'out médecin doit savoir qu\u2019avant notre intervention une plainte signée d\u2019un nom responsable doit être déposée au Bureau du Regis- traire.Ce dernier n\u2019a pas pour mission\u2019 de rechercher les coupables, mais il a le devoir de s\u2019enquérir des faits chaque fois qu\u2019une plainte par écrit lui est transmise, à moins que pour des raisons majeures de - - emmy aml \u2014._ + memes a> L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 371 Président ne §\u2019y oppose.Telle est la contume suivie.Et nous croyons.que c\u2019est la bonne.En dépit de certaines critiques, sous notre administration, la pratique illégale a été pourchassée, de façon continue de Gaspé à Labelle, du Lac St-Jean à Lancaster.Les médecins des districts ruraux, à peu d\u2019exceptions près, rendront témoignage à notre admi- + nistration d\u2019avoir fait tout en notre pouvoir pour le triomphe de leurs efforts personnels en cette voie.Comme preuve à l\u2019appui, j'ai cru intéressant d\u2019annexer à ces remarques la liste complète de ceux que notre Bureau a contraints de payer l\u2019amende pour pratique illégale, durant son administration\u2019 Amendes perçues 1914-1918 1914 Juil.23.\u2014 Madame Beaudin, Ste-Luce .$ 50.00 Juil.23\u2014Madame O.Vallée, Grande-Riviére .5.00 Juil.23.\u2014Madame N.Moreau, Grande-Riviére .50.00 Juil.23.\u2014Madame H.Philippe, St-Omer, Bon.50.00 Août 5\u2014 Madame Bourdon, Montréal .50.00 Dée.15\u2014M.J.-A.qPoirier, St-Polycarpe .5.00 Nov.23.\u2014M.D.Ruel, Montmagny .50.00 Oct.3.\u2014M.A.Lamothe, Québec .75.00 Dec.4.\u2014M.D.Ruel, Montmagny .50.00 Déc.15\u2014M.J.-A.Poirier, 'St-Polycarpe .25.00 Dée.19.\u2014M.Wm.Sparr, Montréal .60.00 1915 Jan.4\u2014 Madame Bourdon, Montréal .50.00 Jan.4.\u2014Madame J.Gosselin, Montréal .100.00 Jan.4.\u2014M.Beaumier, Montréal .50.00 Jan.7.\u2014M.R.Speer, Danville .63.85 Jan.18.\u2014M.J.-A.Poirier, St-Polycarpe .50.00 Jan.28.\u2014M.O, Paquette, St-Jovite .55.00 Fév.25\u2014M.R.Lévesque, Montréal .55.00 Mars 1.\u2014M.L.DeLimbourg, Montréal .50.00 Mars 1.\u2014M.M.Gourde, D\u2019Israéli .25.00 Mars 1.\u2014M.O.Paquette, St-Jovite .65.00 Mars 8.\u2014Dr Simon et Cie, Montréal .5.00 372 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Mars 11.\u2014Dr Maroni et Cie, Montréal .Avril 8.\u2014M.J.-N.Brunet, St-Janvier .Mars 16.\u2014M.Jeannotte, Montréal .Avril 1.\u2014Madame Pilon, Montréal .Avril 1.\u2014M.Geo.Downing, Frelighsburg .Avril 20.\u2014Madame Potvin, Montréal .Mai 1.\u2014Madame Gosselin, Montréal .Juin 2\u2014M.H.Thuna, Montréal .Juin 7\u2014M.H.Thuna, Montréal .Juin 7.\u2014M.J.-N.Brunet, St-Janvier .2.Juin 10.\u2014M.Jos.Roy, Ham Nord .Juin 10.\u2014M.H.Thuna, Montréal .Juil.8.\u2014M.J.-C.Routhier .Juil.13.\u2014M.J.-B.Yosa, Montréal .Juil, 16.\u2014M.Emile Jeannotte .Aofit 9.\u2014Madame Nazaire Moreau .Aotit 11.\u2014M.Jorn Tull .24 44 14 44 .Aofit 21.\u2014M, C.-M.Smitht .Ce ee ee ee ee a Sept.3.\u2014Madame Troughtton .Sept.4.\u2014Madame Poulin, Montréal .Sept.16.\u2014Madame Bohme, Montréal .Oct.12.\u2014Madame Troughton .Oct.16.\u2014M.Ernest-E.Locke .°.Oct.18.\u2014Madame Boisvert, act.Oct.25.\u2014M.Ross .22 2420 22 44 24 0e Oct.R5.\u2014Madame Gagnon .Nov.2.\u2014M.H.Blanchette .1 ee ee ee 0 6 Nov.18.\u2014M.J.-N.Brunet, St- Janvier .Déc.1.\u2014Madame Boisvert, act.Déc.2.\u2014M.J.-P.-E.Gamache .Déc.16.\u2014M.G.-B.Yosa, Montréal .1916 \u201c Jan.20.\u2014Madame Orléans, Montréal ce ee ee Jan.24.\u2014M.J.-B.Fortin, Montréal .Fév.2.\u2014M.Aimé Poirier, St-Polycarpe .Fév.17.\u2014M.Aimé Poirier, St-Polycarpe .Fév, 17.\u2014Madame Boisvert, act.Mars 1.\u2014M.Aimé Poirier, St- Polycarpe .Mars 6.\u2014M.J.-B.Fortin, Montréal .Mars 20.\u2014Madame Boisvert, balance .25.00 50.00 50.00 10.00 50.00 26.00 100.00 30.00 15.00 100.00 10.09 12.00 28.00 53.50 20.00 50.00 30.00 100.00 20.00 50.00 50.00 28.00 30.00 10.00 100.00 25.00 50.00 50.00 10.00 50.00 100.00 10.00 25.00 7.50 25.00 10.00 17.50 50.00 10.00 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Avril 5.\u2014M.J.-P.-E.Gamache, Pont-Rouge .Avril 188\u2014M.J.-N.Brunet, St-Janvier .Avril 188.\u2014 Madame Cousineau, Montréal .Mai 16.\u2014M.Tremblay, 3 amendes .Juin 13.\u2014M.Beaudoin, act.Juin 17\u2014M, D.Aragon, Juin 19.\u2014M.Beaudoin, act.Juin 19.\u2014M.Beaudoin, ect.Juil.14.\u2014Madame O.Lacroix .Août 2.\u2014M, J.-M.Beaudoin, act.Sept.4\u2014M.O.-A.Jutras .Sept.19.\u2014M.J.-M.Beaudoin, act.Oct.16.\u2014M.Sadik Bey .Oct.27.\u2014M.J.-M.Beaudoin .Oct.30.\u2014Madame Charette .Nov.13.\u2014M.J.-M.Beaudoin, bal.Nov.23.\u2014Madame Caron .Déc.2\u2014M.J.Ross .1917 Jan.4.\u2014M.St-Germain .Fév.15\u2014M.J.Dragon .Avril 5\u2014M, J.-B.Fortin, Montréal .Avril 9.\u2014M.J.-N.Brunet, St-Janvier Avril 14\u2014 Madame Thériault .ce Juin 1.\u2014M.DeSutter, Montréal .Juin 12.\u2014Madame Célina Ross .Juin 16.\u2014M.J.Stockman, Montréal .Juil.13.\u2014Madame Pelletiter, Kamouraska .Juil.14.\u2014M.France Valcourt, Rimouski .Juil.29.\u2014M, H.-S.Peabody, Ormstown .Août 3.\u2014M.L.Lavigne, Montréal .Août 6.\u2014M.A.Gagné, Ham Nord .Déc.3.\u2014Madame S.Franklin, Montréal .Déc.17.\u2014Madame E.Freedman, Montréal .Déc.19.\u2014M, Wm.Murray Leys, Montréal .Dée.20.\u2014Madame R.Troughton, Montréal .Dée.22.\u2014M.A.-G.Porro, Montréal .Déc.26\u2014M.D.-D.Lewis, Montréal .33 11.15 50.00 50.00 150.00 10.00 20.007 5.00 5.00 15.00 5.00 8.00 5.00 50.00 5.00 50.00 5.00 25.00 100.00 10.00 50.00 100.00 100.00 50.00 50.00 50.00 40.00 20.00 100.00 50.00 25.00 50.00 50.00 50.00 100.00 50.00 50.00 50.00 L'UNION MEDICALE DU CANADA Jan.3.\u2014M.Wm.Ciark, Montréal .50.00 Fév.22.\u2014M.J.-N.Brunet, St-Janvier .100.00 Avril 2.\u2014M, Henri Perron, Montréal .50.00 Avril 2.\u2014M.I.-F.-W.Penny, Montréal .25.00 Mai 8.\u2014Madame Pinault Proulx, Montréal .40.00 Juin +4.\u2014M.Lafrance, Montréal .50.00 Juin 12.\u2014M, Aimé Poirier, \u2018St- Polycarpe Ce ee ee 4e 10.00: Juin 26.\u2014M.Arthur Gagné, Ham Nord .Montant total des amendes perçues .$4,559.50 Frais d\u2019enquétes .3,646.30 Surplus des amendes .$ 913.20 NOS FINANCES fer juiilet 1917 au 1er juillet 1918 Recettes $ 970.00 Amendes .Bacheliers enregistrés .2,675.00 Contributions .8,217.40 Examens préliminaires .1,737.50 Enregistrement et divers, (certificats, registres, ete.).170.10 Intérêts .3.40: Licences .4,100.00 .$17,933.40 3,249.31 Balance en caisse le ler juillet 1917 .$21,182.71 DEBOURSES Ameublement y compris clavigraphe .#$ 329.10 Allocation au Président .400.00¢ Dépenses des comités .2 22 24 24 44 40 24 0e 2000 316.00 Examens préliminaires, (remises) .22 42 .150.00 Frais de voyage des Gouverneurs .1,442.55 Honoraires des Gouverneurs .890.00 Emoluments: Registraire .3,000.00 810.00 Assistante .2.1 12 24 41 44 ee ee 4e L'UNION MÉDICALE DU CANADA Frais judiciaires .24 LL.oo.ee lL.Frais généraux .Frais d\u2019enquétes .ceo Honoraires des Examinateurs .Licences, (remises) .Balance au ler juillet 1918 .Frais généraux 1917-1918 Annonces, journaux, revues .Assurances .Change et collection Ce ee ee 6 Dons et charité .Buanderie .Impressions .Loyer .Eclairage .Papiers et \u20ac Curnitures de Bureau Ce ee ee ee ee ae es Taxes .Téléphones et télégrammes eee ee ee ee ee ee ee 4e Timbres .Traduction .Vérification des livres .Sousc.et frais de représentation (délégué à à | Chicago, etc.; Comm.et Al i Entretien du Bureau, (ménage) .Recapitulation 1914-1915 .LL.LL 2 22 22 LL 13,921.19 1915-1916 .13,592.32 1916-1917 .11 22.13,859.70 1917-1918 .LL LL LL 21 21 22 17,933.40 375 103.00 3,436.52 1,105.50 2,419.00 110.00 $15.311.67 5,871.04 $21,182.71 $ 266.09 42.00 33.95 155.00 11.00 609.67 600.00 8.50 239.66 66.93 166.70 417.02 300.00 200.00 256.00 55.00 9.00 $3,436.52 17,531.04 13,150.75 14,523.39 15,311.67 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Pendant quatre ans, nous avons retardé d\u2019aller devant la Législature attendant d\u2019une part que nos finances nous le permettent, et craignant d'autre part la saignée de notre trésor.L'expérience faite en 1909 avait été dure, mais elle nous fut profitable.Vous en jugerez par les heureux résultats auxquels aboutissent nos finances aujourd\u2019hui.L\u2019exercice 1917-18 se boucle par un excédant des recettes sur les dépenses de $2,621.73.Le premier juillet 1918, toutes nos dépenses à date sont payées, el notre vérificateur constate une encaisse de $5,871.04.Le Bureau qui nous a précédé a eu le grand mérite de faire disparaître le système ruineux des commissions spéciales.L\u2019on accordera sûrement au nôtre le mérite incontestable d\u2019avoir diminué dans des proportions inespérées les frais judiciaires, Le montant de 5903.00 répondant à l\u2019item de frais judiciaires dans la colonne des déboursés, comprend tous les faux-frais de nos causes et le paiement en entier des services des avocats qui ont revisé notre loi et qui nous ont représentés devant le comité de législation, la Législature provinciale et le Conseil Législattif.La passation de la ioï n\u2019a pas coûté $600 Vous constaterez avec plaisir que le nombre de nos étudiants sans être encore revenu à ce qu\u2019il était avant\u2019 1910, est cependant beaucoup augmenté.Par la loi de 1909, nous avions mis le curriculum des cours à cinq ans.Nous fâmes une année sans élèves finissants et l\u2019étude de la médecine fut beaucoup délaissée.L\u2019oubli et la guerre nous ramènent nos gars.Vous constaterez surtout la collection des contributions annuelles de nos membres qui se chiffre au montant de $8,227.40.C\u2019est une collection anormale, jose dire, si l\u2019on tient compte du nombre de médecins en règle 1949, qui devraient s\u2019ils payaient tous ne rapporter au bureau que la somme de $7,796.Ajoutez cet autre fait que nous avons abandonné près de $900 de contributions aux médecins en service actif et à certains pauvres.Cela prouve sûrement l\u2019intérêt que portent les médecins de cette province aux affaires de leur profession.Et peut-être aussi cela prouve-t-il que quelqu\u2019un surveille à la bonne administration des af faires du Collège, et s\u2019applique, de temps en temps, à faire entrer les arrérages. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 377 - Je ne saurais passer outre sans reconnaître officiellement les qua- iités incontestables de bon administrateur dont fait preuve notre Re- gistraire, son inlassable dévouement et sa courtoisie.J'ajoute à la louange de sa secrétaire, Mademoiselle Paradis, le témoignage de monsieur Gonthier, le vérificateur officiel du bureau qui déclare dans le rapport qui vous est actuellement soumis, que les livres sont tenus avec beaucoup de soin.Le conseil fédéral | Nos relations avec le Conseil Médical du Canada, sont définitivement établies sur des bases qui nous paraissent justes et équitables.iL\u2019année dernière, vous le savez, vos représentants, de concert.avec les représentants universitaires de cette province, ont fait décréter par le Conseil fédéral les conditions définitives auxquelles l\u2019étudiant du Québec, porteur d\u2019un degré de docteur en médecine, peut être candidat à la licence fédérale.Ces conditions sont consignées dans le procès-verbal de l\u2019assemblée du mois de juillet 1917.Les voici en résumé : \u201cTout étudiant de la province de Québec, porteur d\u2019un: degré universitaire de cette province peut être candidat à la licence fédérale : 1,\u2014S\u2019il est porteur d\u2019une licence provinciale ; \u2018 2\u2014Ou s\u2019il est porteur d\u2019un certificat du Registraire de la Province de Québec, établissant qu\u2019il a rempli toutes les.conditions requises pour la licence.C\u2019est l\u2019autonomie provinciale sauvegardée.Nos oeuvres C\u2019est la première fois peut-être que nous osions en parler, dans un chapitre spécial.Toujours absorbé par le pénible souci de subvenir aux pressants besoins de l\u2019administration, le Collège des médecins n\u2019a pu songer, jusqu\u2019ici, à accomplir des oeuvres appréciables à prix d\u2019argent.Nous ne pouvons cependant pas passer sous silence les beaux gestes qu\u2019il vous plût de faire en souscrivant au fond patriotique et à.l\u2019Hôpital militaire Laval, actuellement à Joinville-le-Pont, en France.Il nous fait plaisir de vous dire que, sous forme de contributions abandonnées aux médecins qui font du service actif, le College a ainsi souscrit pour plus de $2,000 à l'oeuvre de la guerre depuis 378 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1914.Il sera loisible, à nos successeurs s\u2019ils le désirent, de payer la contribution promise au fonds patriotique et à l\u2019Hôpital militaire Laval.\u2018Chaque fois qu\u2019une demande vous a été faite en faveur d\u2019un médecin nécessiteux, vous y avez répondu avec empressement.Le Registraire, autorisé par nous ou de sa propre initiative, est toujours allé au devant des malheureux qui lui demanlaient secours.En rappelant le souvenir d\u2019une employée dévouée et fidèle, Mademoiselle Chartrand sur la tombe de laquelle une couronne de fleurs.fut déposée au nom du \u2018Collège, vous pouvez aussi vous rendre le témoignage d\u2019avoir accompli une oeuvre excellente en assurant à cette jeune fille malade son salaire régulier durant l\u2019espace de 14 mois, et en lui votant après ce laps de temps un' bonus substantiel.Mais il faut bien l\u2019avouer, ni nos revenus jusqu\u2019ici, ni la loi, ne nous permettaient d\u2019agir de cette façon.Nous avons fait légaliser notre générosité passée, et nous remettons à nos successeurs, pour l\u2019avenir, les possibilités légales et financières de créer pour nos oeuvres, pour nos pauvres, un fonds spécial constitué par la moitié du surplus des recettes ordinaires sur les dépenses, La conscription et nous L\u2019ordre en Conseil du Gouvernement Canadien appelant sous les drapeaux les jeunes gens de 19 à 23 ans, sans privilèges garantis aux étudiants de première année, nous a pris, comme tout le monde, par surprise.çÇ L\u2019Exécutif de ce Collège a donc agréé au voeu exprimé par l\u2019Université Laval de Québes qui, pour fournir le plus vivement possible au gouvernement les médecins dont il a besoin\u2019 et accélérer le curriculum des études médicales, a décidé de donner en l'espace de douze: mois tous les cours qui auparavant se donnaient en l\u2019espace de 24 mois, chose possible par la suppression de toutes les vacances annuelles et de tous les congés ordinaires.Dans cette vue d\u2019ensemble, nous croyons avoir résumé les faits principaux accomplis par ce Bureau.Comme président.je rends hommage à la collaboration efficace et éclairée de tous mes collègues et je les remercie très cordialement de lhonreur qu\u2019ils m\u2019ont fait.(Sig.) Le PRESIDENT du Collège M.et C.P.Q.Dr Arthur SIMARD. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 379 Hommages au président M.le docteur L.-J.-O.Sirois, désire rappeler que si le Bureau actuel a accompli des actes qui compteront dans l\u2019histoire de la pro- fince de Québec, cela est dû sans doute à l\u2019esprit d\u2019initiative des mem- \u2018bres de ce Bureau.Le Président vient d\u2019en rendre témoignage.Mais.le Président n\u2019a pas donné le nom du deus ex machina qui n\u2019est autre que le sien.Chaque époque, chaque régime a généralement à sa tête, l'homme: \u2018qui convient.C\u2019est un hommage mérité de dire que, par ses talents très connus, son esprit d\u2019initiative et ses grandes reiations sociales, notre Président a rendu au Bureau des services qu\u2019a talents égaux nul autre n\u2019eusse pu rendre.Il a conduit en politique averti notre loi à travers le comité des bills privés, la Législature provinciale et le Conseil Législatif, sans qu\u2019elle n\u2019en revienne par trop défigurée.C\u2019est un immense succès à son acquit.La profession lui en sait gré.Pour perpétuer le souvenir de sa reconnaissance elle lui offre à la fin de son terme de Président si brillamment rempli, une plume en or, sur laquelle son nom et son titre sont gravés.Puissiez-vous, M.le Président, ce dont je ne doute pas, vous servir jusqu\u2019à un âge très avancé de cette plume, lui faire écrire tout ce que votre prodigieuse mémoire a amassé de souvenirs durant les vingt années que vous avez siégé au Conseil médical de cette province, et tracer à l\u2019occasion\u2019 les noms de tous ceux qui ont eu | honneur et le plaisir d\u2019être non seulement vos collègues, mais encore vos amis les plus dévoués.oO NOUVELLES Au moment de mettre sous presse, nous apprenons la nouvelle du décès du Professeur F.-P.Lachapelle.Nous publierons dans notre prochaine livraison, une étude de son oeuvre, qui a été considérable.Son neveu, le Professeur Benoit, veuille dès maintenant, recevoir l\u2019expression de notre sympathie.N.D.L.R. L'organisation anti-tuberculeuse du district de Montréal (1) Par le Dr JARRY Directeur de l\u2019Institut Bruchési, à Montréal Messieurs, Népondant avec empressement à l\u2019invitation des organisateurs de cette convention, j\u2019apporte à la ligue antituberculeuse du Comté de Témiscouata le salut fraternel de l\u2019Institut Bruchési, qui a délégué les Drs Dubé et Jarry.Je dois vous exposer rapidement ce soir, ce que nous avons fait jusqu\u2019aujourd\u2019hui, et ce qui reste à faire pour compléter l\u2019organisation antituberculeuse dans le district de Montréal.L\u2019Institut Bruchési peut être considéré comme le pivot de l\u2019oeuvre antituberculeuse dans la région de Montréal, au sein de la population canadienne-francaise.Awant sa création, l\u2019oeuvre unique qui s\u2019occupait de combattre la Peste blanche, était la Ligue antituberculeuse de Montréal, transformée, grâce à la générasité du Lt-Col.Burland, en le: \u201cRoyal Edward Institute\u201d.Er 1909 un grand mouvement avait été lancé par le gouvernement provincial, par la création d\u2019une Commission Royale de la Tuberculose.La publication de son rapport, puissamment élaboré par le Dr.Valin, mit en éveil de nouvelles initiatives et de nouvelles forces.On y lisait.\u201cLa conclusion de cette statistique c\u2019est que la mortalité tuberculeuse est stationnaire\u201d.Un rayon d\u2019espoir filtrait dans ces lignes.Si la tuberculose n\u2019augmentait pas ses ravages malgré tous les avantages que la vie industrielle intense lui apportait, il fallait donc y reconnaître le travail déjà fécond de l\u2019oeuvre unique qui menait la lutte.Et si, d\u2019autre part, d\u2019après ce même rapport, il mourait un plus grand nombre de Canadiens-Français c\u2019est que le travail n\u2019avait pas porté là où il eût été plus nécessaire.C\u2019est\u201d pour cela que les esprits qui entrevoyaient la possibilité de lutter encore plus efficacement contre la Tuberculose avec une organisation bien définie et agissante, pensaient qu\u2019il fallait une oeuvre qui fut entièrement nôtre.Et l\u2019Institut Bruchési fut créé.Permettez-moi de rendre ici un témoignage d\u2019admiration à mon (1) Communication à la VITe Convention annuelle des services sanitaires de la P, Q.EMR ae 1 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 381 excellent ami le Dr.Eug.Grenier qui fut la cheville ouvrière de notre oeuvre et dont le zèle fut un des facteurs de nos rapides progrès.Notre programme, Messieurs, s\u2019est moulé dans cette formule: \u201cPREVENIR, SOULAGER, GUERIR.\u201d Pour prévenir la tuberculose nous avons fait l\u2019éducation du peuple, par des conférences illustrées, aux adultes et aux écoliers, par des tracts, par des feuilles de renseignements, par l\u2019édition française du Livre de Knopf: \u201cLa Tuberculose, Maladie du peuple\u201d, et dont plus de 2000 exemplaires ont été distribués gratuitement lors de l\u2019Exposition du Bien-Etre de l'Enfance; par des articles de journaux où nous avons toujours tenu en éveil l\u2019opinion publique.Nous avons spécialement fait l\u2019éducation de nos patients au Dispensaire : par les placarts, par les conseils des médecins, et des religieuses gardes-malades.\u2018 Nous n\u2019avong pas oublié la profession médicale; il y avait à faire l\u2019éducation de certains médecins qui se laissaient endormir par la sournoiserie et la fatalité du mal ; hélas, faut-il le dire ; ils ne croyaient pas à sa curabilité.Nous avons établi des cours de perfectionnement, auxquels l\u2019ê- minent professeur S.S.Knopf de New-York est venu apporter sa généreuse collaboration.Grâce aux libéralités du Président de l\u2019Institut Bruchési, Mr.Aug.Richard, l\u2019Université Laval a créé une chaire de Phtisiothérapie, dont le titulaire est le Dr.J.-E.Dubé.Un des premiers soucis du titulaire fut de penser au perfectionnement de ses élèves, et pour cela il organisa, au Dispensaire, des cliniques pour les étudiants.Nous avons fait l\u2019éducation de nos religieuses gardes-malades, les Soeurs de la Providence, au moyen de cours spéciaux.Et au- jourd\u2019hui ces religieuses sont identifiées avec la lutte antituberculeuse, et quand on voudra fonder des hôpitaux pour les consomptifs on les trouvera formées et entraînées.Nous avons prévenu la Tuberculose en établissant des cliniques d\u2019otorhiriolaryngologie, et des cliniques spéciales pour les enfants.Oeuvre éminemment humanitaire, l\u2019Institut Bruchési a soulagé considérablement ses patients.Dans les 7 années de travail, 18227 malades se sont présentés à l\u2019examen des diverses cliniques.iNotre veuvre avait donc sa raison d\u2019être ! Nous voulons guérir nos malades.C\u2019est l\u2019ambition des médecins, et certes, elle est noble! Est-elle possible dans les conditions présentes?C\u2019est une autre chose, Notre expérience nous porte à croi- 582 L'UNION MÉDICALE DU CANADA re que dans la généralité des cas, la Tuberculose ne se peut bien traiter et guérir que dans un hôpital.Hélas! l'hôpital nous ne l\u2019avons pas! Malgré le succès relatif du traitement au Dispensaire, nous n\u2019avons pas hésité à prendre les moyens propres à amener la guérison de mos malades, et à côté du traitement hygiénodiététique, nous avons institué pour certains cas, le traitement à la tuberculose et au pneumothorax ! Laissez-moi, Messieurs, compléter ce tableaw par quelques chit- fres: Dans nos 7 ans d\u2019existence, 18227 malades sont passés au Dispensaire, 10332 ont subi l\u2019examen des poumons, 5865 l\u2019examen de la gorge, 2597 enfants ont reçu des soins à la clinique, 266891 prescriptions ont été remplies, 481 opérations chirurgicales ont été faites.Voilà esquissé à grands traits notre travail de 7 années depuis notre fondation.Si nous avons fait beaucoup, il y a encore beaucoup à faire.Car la lutte contre la Peste blanche est une lutte de tous les instants, et de tous les milieux.Ce qui nous reste à faire pour compléter l\u2019organisation antituberculeuse dans le district de Montréal, c\u2019est de promouvoir l\u2019initiative et les efforts du peuple, des classes dirigeantes, des municipalités, des gouvernements pour que chacun consente à faire sa part.Cela Messieurs, nous l\u2019obtiendrons par l\u2019éducation.Il nous reste donc à faire encore et de plus en plus l\u2019éducation du peuple, au moyen des conférences illustrées, partout, dans les villages comme dans les villes, d\u2019un bout à l\u2019autre de notre district -(.puisque Montréal, la ville cosmopolite du Québec, est par sa position mise en danger autant par les étrangers que par ses citoyens), au moyen du cinéma même ; afin que par cette bonne oeuvre, il puisse racheter tant de crimes commis contre la morale publique, au moyen des Expositions antituberculeuses comme celle qui marque inauguration du travail plein de promesses de la Ligue antituberculeuse du Comté de Témiscouata.| Je témoigne aujourd\u2019hui au Bureau d\u2019Hygiène Provincial toute notre reconnaissance pour les grands avantages qu\u2019il procure ainsi à la lutte antituberculeuse.Et en raison de ces avantages, je souhaiterais que cette exposition ne soit pas un simple accessoire, mais une organisation permanente et ambulante qui parcourrait en tous sens la province pour éduquer le peuple.Car, Messieurs, il n\u2019est pas moins urgent de donner une attention toute spéciale aux populations des campagnes.Le taux de mor- AR cam AB L'UNION MÉDICALE DU CANADA 383 ialité tuberculeuse, de ces favorisés de la vie est presque le même que celui des villes; ce qui doit nous faire réfléchir.| Il reste à faire encore l'éducation de la jeunesse étudiante, par l\u2019Enseignement de l\u2019Hygiène et en particulier de la tuberculose, tant dans les séminaires, dans les collèges que dans les écoles primaires, ct cela en rapport avec l\u2019importance de ses ravages.Celle du médecin?Oui.La lutte antituberculeuse la réclame.il faut de la part de la profession médicale plus de sympathie, plus d\u2019intérêt, plus de travail personnel et progressif ; enfin il faut, comme pour les étudiants, des cliniques où ils pourront se perfectionner dans ie diagnostic précoce.Une classe que nous devrons atteindre sans tarder, pour réparer notre faute de l\u2019avoir trop ignorée et tenue en dehors de nos travaux et de nos conclusions, l\u2019est celle qu\u2019on est convenue d\u2019appeler la classe dirigeante.Il faut que son opinion soit la force qui fait céder les résistances intéressées, ou antipathiques.Pour cela enseignons à chaque catégorie leurs devoirs et leurs intérêts dans la lutte antituberculeuse, depuis l\u2019examen médical aw moment de l\u2019engagement des employés, et l\u2019examen à intervalles réguliers jusqu\u2019à la salubrité, l\u2019aération, l\u2019éclairage de l\u2019usine propre aux conditions du travail de homme, de la femme et de enfant.Aux unions ouvrières enseignons que l'hygiène de le vie de l\u2019habitation, et du travail, est un facteur de bien-être matériel et moral et que leur devoir est de la réclamer pour l\u2019ouvrier.Aux sociétés mutuelles ou de secours apprenons qu\u2019il est de l\u2019in- terét de collaborer à toutes les oeuvres d'hygiène afin de maintenir plus élevé le niveau de la santé publique, et que la mutualité leur fait un devoir de prendre soin de leurs tuberculeux.Quand réunis en un faisceau puissant, tous ces efforts s\u2019organiseront pour lutter contre la Peste blanche, nous aurons déjà fait le siège des municipalités.et nous n\u2019aurons plus à demander longtemps pour obtenir que nos hommes publics s\u2019occupent un peu moins de pavages et d\u2019expropriations pour penser davantage à ia santé du peuple.Nous aurons facilement un budget pour l\u2019Hygiène, proportionné à son importance, une contribution plus juste aux oeuvres antituberculeuses, une règlementation de l\u2019habitation, des conditions de Pusine, du magasin, du bureau.Nous aurons touché également le coeur de nos homnres publics. 384 L'UNION MÉDICALE DU CANADA (\u2018omme ils nous ont pourvu d\u2019institutions charitables pour les pauvres, les sansrtravail, les orphelins, les vagabonds, voire même pour les malfaiteurs, ils s\u2019emrpresseront de prendre soin de leurs tubereu- leux.Et alors nous ne rougirons plus de voir la bonne ville de Québec trouver le moyen d\u2019établir un hôpital pour tuberculeux avant que nos administrateurs municipaux y aient songé.Cette opinion publique bien éduquée et bien dirigée, pèsera sur les volontés du gouvernement provincial également.D'ailleurs Sir Lomer Gouin nous en a donné l\u2019assurance: \u201cEnseignez le peuple, disait-il, et ce qu\u2019il demandera nous le donnerons.\u201d .Ce que nous invitons l\u2019opinion publique à demander au gouvernement, c\u2019est une aide pécuniaire substantielle aux oeuvres antituberculeuses de la province ; c\u2019est la mise en pratique des recommanda- .tions que lui a faites la commission Royale de la tuberculose, il y a 8 ans; c\u2019est enfin la création d\u2019hôpitaux pour tuberculeux d\u2019après le système de l\u2019Etat de New-York, en obligeant les comtés de 35000 âmes de pourvoir à la construction et au fonctionnement d\u2019un hôpital, ou en utilisant les institutions déjà existantes et en appliquant alors le principe reconnu dans l\u2019hospitalisation des maladies mentales.L\u2019Institut Bruchési ne refuse pas le travail.Toute cette oeuvre d'éducation lui incombe, il le sait.Il compte seulement sur de gè- néreux concours.Notre organisation en elle-même, est assez parfaite ; mais le Dispensaire n\u2019est et ne peut être qu\u2019un liew de sélection qui appelle à côté de lui l\u2019existence d\u2019un hôpital.Nous pourrons traiter comme il convient et abaisser ainsi considérablement le taux de la mortalité tuberculeuse le jour où nous aurons cet hôpital.De ce jour-là seulement datera la lutte effective contre la Peste blanche.L\u2019affreuse guerre nous apportera demain, même dans ie domaine de la tuberculose, d\u2019innombrables problèmes.Permettez-moi de terminer par cet appel du secrétaire de l\u2019Association Canadienne Antituberculeuse: \u201cJusqu\u2019ici, dit Mr.Porter, la lutte contre la tuberculose a été au Canada une oeuvre purement de bienfaisance.Dois- je répéter que tout ce qui s\u2019est fait avec l'assistance plus ou moins grande des divers gouvernements est entièrement dû à l\u2019initiative privée.Mais l'heure est venue ou la nation et le gouvernement fédéral doivent reconnaitre le devoir qui leur incombe envers le problème, toujours grandissant, de la tuberculose tant au point de vue civil que militaire.\u201d TA ay ent eg, wel A LA FRANCE ET LES SCIENCES MÉDICALES Par le professeur ROGER, Doyen de la Faculté de Médecine de Paris, (1) Pendent tout le moyen âge, les médecins occupés à commenter Hippocrate, Aristote ou Galien, épuisèrent leurs efforts en des dissertations stériles.Les chirurgiens, plus pratiques, réalisèrent quelques progrès.Au XIVe siècle fut fondée la confrérie de Saint-Côme qui devait aboutir au XVIIIe siècle à la Société royale de chirurgie.Dès ses débuts elle compte parmi ses adhérents un homme de valeur, Guy DE CHAULIAC, qui publia en 1363 une Grande Chirurgie, exposé didectique qui fixe exactement l\u2019état de la science à cette époque et montre l\u2019influence considérable qu\u2019exerçaient les philosophes et les médecins arabes.Réédité par Nicaise, cet ouvrage renferme des faits intéressants et mérite encore d\u2019être parcouru.A l\u2019époque de la Renaissance, l\u2019emploi des armes à feu changea complètement l\u2019espect et la nature des plaies.La gravité des blessures fit admettre que les projectiles étaient envenimés par la poudre; pour empêcher l\u2019empoisonnement de l\u2019organisme, on eut recours à des procédés terribles : on promenait le fer rouge dians les plaies, on répandait de l\u2019huile bouillante sur les membres atteints.C\u2019est alors qu\u2019intervint Ambroise PARE.Il démontra que la beiïle est dénuée de propriétés toxiques; il préconisa les traitements les plus simples, enfin, au siège de Damvilliers, en 1552, il commença à prati- \u2018quer systématiquement l\u2019hémostase au moyen de ligatures.La méthode avait déja été indiquée par Guy de Chauliac d\u2019après Avicenne, mais elle n\u2019était pas entrée dans la pratique.C\u2019est Ambroise Paré qui l\u2019a mise en valeur.À.Paré a publié un livre rempli d\u2019observations intéressantes, de détails curieux, d\u2019idées neuves et ingénieuses.Mais il n\u2019a pu se débarrasser des préjugés de son épqoue: à côté de faits scientifiques d\u2019une valeur incontestable, on trouve des histoires bizarres et quelque peu fantastiques.MALGAIGNE a donné de cet important ouvrage une édition excellente.Au XVIIIe sièc# on peut citer PECQUET, qui décrivit le canal thoracique et découvrit le réservoir qui porte son nom (citerne de Pecquet).Ces recherches eurent un retentissement considérable, car elles tendaient à prouver qu\u2018on avait attribué une trop grande impor- (1) Extrait de la Science Française, Tome 1er.Que les médecins lisent et méditent ces pages où l\u2019oœeuvre de la France brûle d\u2019un st vif éclat dans les sciences médicales.N.D.L.R. ® 086 L'UNION MEDICALE DU CANADA tance au foie, une partie des aliments pénétrant non par la veine porte, mais par les chylifères.D\u2019autres anatomistes français firent quelques.constatations intéressemtes, tels furent: RIOLAN, VIEUSSENS, LITTRE, Mery, DUvERNEY.À la même époque, VARANDAL, à Montpellier, décrivait sous le nom de chlorose l\u2019anémie des jeunes filles; BAILLOU étudiait les maladies épidémiques et, dans le groupe fort disparate des arthropathies, individualisait un type clinique peæticulier, le rhumatisme articulaire aigu dont il indiquait certaines complications et dont il faisait connaître les manifestations cérébrales.Le XVIIIe siècle compte un certain nombre de chirurgiens éminents.Tel fut Jean BASEILHAC, plus connu sous le nom de FRERE COME, qui fit considérablement progresser l\u2019opération de la taille.Tels furent aussi les membres de la Société royale de chirurgie (1731- 1793) parmi lesquels il convient de citer Louis, J.-L.PEriT et DE- SAULT.Si la chirurgie faisait de nombreux progrès, la médecine, qui ne parvenait pas à se dégager de la scholastique, restait stationnaire.Borpeuv, BARTHEZ eurent une réputation universelle, mais ils étaient plutôt métaphysiciens que médecins.Cependant V1ce n\u2019Azyr, LIEU- TAUD, PORTAL firent quelques observations intéressantes, et SENAC publia des recherches fort importantes sur l\u2019anatomie et la pathologie du coeur.A la fin du XVIIIe siècle, LAVOISIER fondait la chimie et ouvrait à la biologie une voie nouvelle.I} comprit que la plupart des phénomènes qui se pessent dans les êtres vivants sont d\u2019ordre chimique et prépara la grande révolution scientifique que devait réaliser le siècle suivant.Au XIXe siècle, quatre noms méritent d\u2019être mis immédiatement en vedette: BrcHAT, mort en 1802, à l\u2019âge de trente et un ans, qui fut le fondateur de l\u2019anatomie générale; LAENNEC, qui dota la science d\u2019une méthode nouvelle d\u2019investigation, l\u2019auscultation, et traça l\u2019histoire de toutes les affections thoraciques ; Claude BERNARD, qui organisa la physiologie et introduisit en biologie la notion de déterminisme; PASTEUR qui, par ses découvertes sur les microbes, rénova complètement l\u2019histoire des infections.1.ANATOMIE ET HISTOLOGIE MEDICALE.\u2014 Nous n\u2019insisterons pas eur les progrès réalisés par l\u2019anatomie.Les dissections faites systématiquement depuis la Renaissance avaient permis de donner une description exacte et complète du corps humain.Les modernes se sont attachés à l\u2019étude du système nerveux et ont ajouté un certain nombre L'UNION MÉDICALE DU CANADA 337.de détails sur lesquels nous ne pouvons insister.Nous nous contenterons d'indiquer les traités didactiques publiés en France.Ce sont d\u2019abord deux magnifiques atlas qui sont dus, 'un a BounsEry et JACOB, l\u2019autre à BONAMI, BROCA et BEAU.Nous signalerons ensuite le Traité d'anatomie descriptive de CRUVEILHIER et celui de SAPPEY qui furent longtemps classiques et deux ouvrages modernes, celui de POIRIER et CHARPY, et celul de TEsTUT, tous deux remarquables par la clarté et la précision des descriptions, par l\u2019abondance et la beauté de l\u2019iconographie.L\u2019anatomie topographique, avec ses nombreuses applications à la.chirurgie, à l\u2019obstétrique, à la médecine, a toujours occupé en France une place importante.Nous avions autrefois deux traités extrêmement bien faits: celui de RICHET et celui de TILLAUX.Actuellement, nous possédons dans l\u2019anatomie topographique de Testut et Jacob un.ouvrage excellent.L\u2019enseignement pratique de l\u2019anatomie a été réorganisé en France.par FARABEUE qui a fait considérablement progresser l\u2019anatomie et la médecine opératoire.Il a publié avec VARNIER une Introduction à la pratique des accouchements, important travail d\u2019anatomie obstétricale.En fondant l\u2019anatomie générale, Bichat a ouvert la voie à l\u2019histologie.Parmi les histologistes français il convient de citer Ch.RoBIN et surtout RANVIER dont le Traité d\u2019histologie est rempli de faits nouveaux et d\u2019observations personnelles.Nous ne pouvons, même brièvement, résumer l\u2019oeuvre accomplie par les histologistes français PRENANT, MALASSEZ, HENNEGUY, RENAUT, NAGEOTTE, RETTERER, MULON, LaGuEssEe, RABaun, Recaum, PerTiT, BourN.Nous nous contenterons de mentionner le récent Traité d\u2019histologie de PRENANT, ouvrage aussi original que bien documenté, dams lequel une large place a été faite à l'histochimie.II.PHYSIOLOGIE ET MEDECINE EXPERIMENTALE, \u2014 Pendant long- tenfps, l\u2019anatomie et l\u2019histologie furent considérées comme les sciences fondamentales qui devaient servir de base aux progrès de la médecine.La tâche du clinicien semblait achevée quand on était parvenu à rattacher les symptômes observés pendant la vie à une lésion décelable- après la mort.Actuellement c\u2019est la recherche des troubles fonctionnels qui a passé au premier plan des préoccupations médicales, et c\u2019est leur interprétation qui dirige les investigations.La physiologie et la pathologie expérimentale ont conquis ainsi la place prépondérante.Si leur histoire commence avec les travaux de Galien, si au XVIIe siècle, Harvey, en découvrant la circulation du sang, a réalisé un progrès im- 388 L'UNION MÉDICALE DU CANADA m'ense, C\u2019est seulement au XVIIIe siècle, avec Haller et Spallanzani que se développe l'étude systématique de la physiologie.A cette époque, REAUMUR publia des expériences fondamentales sur l\u2019action du suc gastrique.L\u2019étude des fonctions digestives est redevable à la science française de nombreux progrès.MrALIIE découvrit l\u2019amylase salivaire.Va- LENTIN, puis BOUCHARDAT et SANDRAS (1845) montrèrent l\u2019action du suc pancréatique sur l\u2019amidon, et CorvisArT (1857) établit son rôle dans la tremsformation des albumines.En 1849, Claude Bernard reconnut que le suc pancréatique dédouble les graisses neutres en glycérine et acides gras, suivant la formule établie par CHEVREUIL (1813) qui le premier réussit analyse des graisses dont BERTHELOT devait plus tard réaliser la synthèse.Claude Bernard acheva la démonstration en faisant voir que la ligature du cana] pancréatique empéche le dédoublement des graisses neutres qui se retrouvent à peu près intactes dems les matières fécales.Ses expériences, complétées par celles de DASTRE, ont montré la part respective du suc pancréatique et de la bile dans l\u2019absorption des matières grasses par les chylifères, C\u2019est encore à Claude Bernard qu\u2019on doit la découverte de l\u2019invertine intestinale.Ce ferment reste inclus dans les cellules (BIErry et FROUIN) et n\u2019en sort que lorsque du saccharose arrive au contact de la muqueuse.L\u2019attraction des ferments par les matières fermentescibles est tellement énergique, qu\u2019introduit dans le péritoine d\u2019un lapin le saccharose fait peisser l\u2019invertine à travers les parois de l\u2019intestin dans la cavité abdominale (ROGER et GARNIER).Si on injecte de l\u2019amygdaline l\u2019émulsine intestinale passe dans le péritoine et donne naissance à de l\u2019acide cyanhydrique qui empoisonne \u2019animal.I\u2019étude génedrale des ferments a été poursuivie en France par Victor HENRI qui a donné la formule de leur action ; par DELEZENNE qui a publié d\u2019importants travaux sur la papaine et l\u2019action du suc pancréatique ; par Bierry et TERROINE qui ont étudié la réaction du milieu ; par BOURQUELOT qui a fait des recherches fort originales sur la réversibilité des ferments.Parmi les autres expériences relatives au tube digestif il faut mentionner celle de MAGENDIE qui, remplaçant l\u2019estomac d\u2019un chien par une vessie de porc, établit le rôle des muscles ehdominaux dans le mécanisme du vomissement.La présence de l\u2019acide chlorhydrique dans le suc gastrique a été démontrée par PROUT en 1825.Enfin BLONDLOT fut le premier à pratiquer des fistules gastriques (1843) indiquant \u2014# Na] Tom Tate Igy bg lug iy, 0 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 38% ainsi un procédé qui a permis de poursuivre \u2019étude des fonctions de: l\u2019estomer.La physiologie du foie a toujours fixé l\u2019attention des savants français.La découverte fondamentale est celle de la glycogénie hépatique.Claude Bernard à montré que le foie met en réserve les hydrates de carbone sous la forme de glycogène, substance analogue à l\u2019amidon.Il en a déterminé les origines, les caratères \u2018chimiques, les Il & indiqué la signification de la fonction glycogénique et lui a rattaché le développement de certaines glycosuries.Ces découvertes furent le point de départ de nombreuses recherches tant en France qu\u2019à l\u2019étranger qui toutes ont confirmé les travaux de Bernard et en ont souligné l\u2019importance.- Le foie agit aussi sur les graisses comme l\u2019ont montré Claude Bernard et tout récemment GILBERT et CARNOT.Il joue dans la coagulation du sang un rôle bien mis en évidence par DoyNo; il neutralise certaines substances toxiques et détruit divers microbes comme l\u2019ont établi plusieurs travaux français que nous retrouverons bientôt.Enfin il constitue un véritable centre thermogène comme l\u2019a encore montré Claude Bernard.La découverte de la glycogénie hépatique peut être considérée comme le point de départ des connaissances actuelles sur les sécrétions internes.C\u2019est BROWN-SEQUARD qui, dès 1868, dans le cours qu\u2019il fit à la Faculté de médecine de Paris, montra l\u2019importance des substances déversées dans le seng par les organes.Ses premieres recherches remontent à 1856 et ont porté sur les capsules surrénales.Ces glandes ont été étudiées depuis cette époque par VULPIAN qui traitant le tissu: par le perchlorure de fer lui vit prendre une coloration brun verdâtre,.réaction importante qui met en évidence la présence de l\u2019adrénaline.ABELOUS et LANGLOIS ont établi l\u2019intervention des capsules sur- rénedes dans la lutte contre la fatigue.JOSUE a montré leur rôle dans le développement des lésions artérielles :par des injections répétées d\u2019extraits capsulaires ou d\u2019adrénaline, il a réalisé des lésions athéro- mateuses et des anévrismes.Il est inutile de rappeler les nombreux travaux dont cette découverte a été le point de dépert.Parmi les recherches poursuivies sur les glandes à sécrétion interne, nous devons signaler tout spécialement celles de GLEY qui a eu le mérite de commencer l\u2019histoire physiologique dse glandes parathy- roides; Moussu montra que leurs fonctions sont différentes de celles dévolues à la thyroïde.Nos connaissances sur la physiologie de l\u2019appareil respiratoire commencent avec les travaux de Lavoisier sur l\u2019oxygène.L\u2019étude des 390 L'UNION MÉDICALE DU CANADA échanges gazeux et des variations du quotient respiratoire a été abordée par W.Edwards, REGNAULT et REISET et poursuivie par Crav- vEAU, Richet, HanxrioT, LAULANTE.Les recherches de Gautier ont renové l\u2019histoire des échanges respiratoires des tissus, en montrant l'importance de la vie anaérobie des cellules.À la suite des observations de JOURDANET sur /« vie dans les altitudes, P.BERT a entrepris, sur la pression barométrique, une série de recherches parmi lesquelles nous indiquerons tout spécialement celles sur l\u2019état permanent d\u2019anoxhémie dans les altitudes, sur adaptation à l\u2019insuffisance d\u2019oxygène sur le maintien de la vie dans l\u2019edr raréfié.C\u2019est aux travaux français qu\u2019on est redevable de nos connaissances fondamentales sur l\u2019appareil circulatoire.BuIssoN et surtout Ma- REY ont montré tout le parti qu\u2019on peut tirer de la méthode graphique.En opérant sur le cheval, Chauveau et Marey ont fixé d\u2019une façon définitive la succession des mouvements du coeur.L'action du système nerveux sur le coeur a été étudiée avec grand soin par les physiologistes allemands.Mais LEGALLOIS, avant von Bezold, a montré l\u2019influence de la moelle épinière.Dastre et MoraT -ont découvert les fibres accélératrices des pneumogastriques ; François FRANCK à étudié l\u2019influence des excitations sensitives sur le rythme cardiaque.L\u2019histoire des nerfs vaso-moteurs commence en France au XVIIIe siècle avec l\u2019expérience célèbre de Pourrour pu PETIT qui vit la section du sympathique cervical déterminer une vaso-dilatation de la face.Claude Bernard reprit et acheva la découverte des vaso-constric- teurs et reonnut en excitant la corde du tympan l\u2019existence des nerfs vaso-dilatateurs.L\u2019étude des vaso-moteurs fut complétée par les recherches de Brown-Séquard, de Vulpian, de Dastre et Morat qui montrèrent l\u2019ubiquité des vaso-dilatateurs et par celles de P.Bert, Lar- FONT, CAMUS et Gley, qui mirent en \u2018évidence les vaso-moteurs des \u2018vaisseaux lymphatiques.Les recherches expérimentales sur les fonctions dévolues au système nerveux, commencées par Galien et continuées par Haller, n\u2019ont abouti à de grandes découvertes qu\u2019au XIXie siècle.FLOURENS ayemt réussi à maintenir en vie des grenouilles et des pigeons auxquels il avait extirpé le cerveau, détermina le rôle de cet organe dans les diverses manifestations de l\u2019activité psychique.Puis il montra les fonctions du cervelet, décrivit les effets produits par les lésions des pédoncules cérébelleux, fit quelques recherches sur le corps strié et s\u2019attacha enfin à l\u2019étude du bulbe.Déjà Legallois avait indiqué le rôle de la moelle allongée dans la respiration.Flourens, dans des expériences L'UNION MÉDICALE DU CANADA 391 d\u2019une précision parfaite, parvint à localiser en un point précis, improprement dénommé noeud vital, le centre des mouvements respiratoires.L\u2019étude de la physiologie des centres buibaires a été reprise par Claude Bernexrd qui découvrit une région dont la piqûre détermine la glycosurie et tira de ce fait d\u2019importantes déductions pour le mécanisme de certains diabètes.En pratiquant des piqûres sur divers points du \u2018plancher du quatrième ventricule, Claude Bernard obtint de la polyurie ou de l\u2019albuminurie ou de la salivation.Des expériences récentes poursuivies en France démontrent que le centre bulbaire de la salivation est mis en action par les pneumogastriques, ce qui explique le ptyalisme consécutif aux excitations de l\u2019oesophage ou de l\u2019estomac (réflexe oesophago-salivaire et réflexe gastro-salivaire).En 1821, Magendie démontra le rôle des racines antérieures et des racines postérieures, les premières servant à la transmission des incitations motrices, les secondes au passage des impressions sensitives.Mais il reconnut que les racines emtérieures ont une certaine sensibilité due à quelques fibres des racines postérieures.Cette senst- bilité récurrente bien étudiée par LONGET et Claude Bernard s\u2019observe aussi dans les parties périphériques du système nerveux, comme J\u2019ont montré ARLOING et TrirIER.Enfin Claude Bernard et Chaveau ont établi le rôle des racines postérieures dems la coordination motrice et ont fourni ainsi l\u2019explication physiologique de la démarche qu\u2019on observe dans l\u2019ataxie.Nous signalerons encore, sans y insister, les recherches de Claude Bernard sur le rôle trophique du trijumeau et les effets de la section intracanienne de ce nerf, sur l\u2019action sécrétoire du glosso-pharyngien, sur les réflexes ganglionnaires; celles de LrÉGEoIs et de Vulpian sur les nerfs de l\u2019iris; celles de Arloing, Morat et Doyon sur le rôle trophique du sympathique.Mais il faut faire une mention spéciale des travaux de Flourens sur les canaux semi-circulaires.Les troubles de l\u2019équilibre qu\u2019il observait expliquaient le syndrome vertigineux décrit par MÉNIÈRE.Ces recherches furent reprises par pE Cyox qui, par d\u2019admirables expériences réalisées au laboratoire de Claude Bernard, démontra que les trois canaux, disposés suivant les trois coordonnées .te l\u2019espace, peuvent être considérés comme les organes d\u2019un sens spécial.La physiologie des mouvements est véritablement l\u2019oeuvre de Dt- CHENNE, de Boulogne.L\u2019électrisation localisée lui a permis de déterminer le rôle des différents muscles du corps humain, travail immense dont les résultats sont exposés dans trois ouvrages: l\u2019Electrisa- 392 L'UNION MÉDICALE DU CANADA tion, la Physiologie des mouvements et le Mécanisme de la physionomie humaine.Ce travaïl d'analyse a été complété par les recherches de Marey qui, en utilisant la chronophotographie, parvint à saisir les phases -suc- cessives des mouvements les plus complexes et à photographier les divers temps de la marche, de la course, du saut et du vol des oiseaux.Chauveau a parachevé nos connaissances sur la physiologie des mouvements en montrant d\u2019une façon péremptoire que l\u2019énergie nécessaire est dournie au muscle par le glycose.L'expérience qu\u2019il a réalisée avec KAUFMANN sur le masséter du cheval est devenue classique et nous ramène à l\u2019histoire de la glycogénie hépatique: en fournissant à l'organisme le sucre dont il a besoin pour ses dépenses énergétiques, le foie est le collaborateur de la contraction musculaire.Un chapitre nouveau a été ouvert à la physiologie expérimentale per les recherches récentes sur les greffes, sur la survie des cellules et la culture des tissus.C\u2019est à un savant français, CARREL, attaché à l\u2019institut Rockfeller de New-York, que nous sommes.redevables de nos principales connaissances sur ces importantes questions.Les travaux de notre compatriote ont reçu, il y a deux ems, la consécration du prix Nobel.Les physiologistes français ont écrit un certain nombre d\u2019ouvrages généraux et de traités didactiques.En 1868, Longet a fait paraître , un traité de physiologie en 3 volumes qui résume parefaitement l\u2019état de la science à cette époque.L\u2019oeuvre de Claude Bernard est exposée dans 18 volumes, recueil incomparable de faits et d\u2019observations dont la lecture est singulièrement suggestive, car, en dehors des résultats bien connus, on y trouve une série de recherches inachevées, d\u2019idées originales qui n\u2019ont pas été développpées et qui sont simplement indiquées comme pouvent servir de point de départ à de nouvelles investigations.Enfin nous appellerons l\u2019attention sur le Dictionnaire de Physiologie, que publie Ch.RICHET avec la collaboration de nombreux savants français et étrangers, encyclopédie complète dont neuf volumes ont déjà paru.À côté du dictionnaire de physiologie il convient de citer le Traité de physique biologique publié per d\u2019ArsoNvAL, Chauveau, GA- RIEL, Marey, WEIss, et le Traité de radiologie publié sous la direction de BoucHARD.III.PATHOLOGIE GENERALE.\u2014Les résultats de la physiologie et de la médecine expérimentale servent de base aux conceptions actuelles de la pathologie générale.Cette branche des sciences médicales a con- L'UNION MEDICALE DU CANADA 393 quis en France, grâce à la puissante impulsion donnée par Bouchard, une place prépondérante.On peut s\u2019en rendre compte en parcourant le nouveau Traité de pathologie générale, publié sous la direction de Bouchard et ROGER, dont les deux premiers volumes ont paru récemment et la Physiopathologie clinique de GRASSET, véritable traité de physiologie appliquée a la médecine.Dans tous les travaux des physiologistes et des pathologistes contemporains une place importante est réservée aux intoxications et aux auto-intoxicathions.Parmi les poisons dont l\u2019étude a fait progresser les sciences biologiques il convient de mettre à part le curare.On sait quel parti Claude Bernard a tiré de cette substance: elle lui a permis de réaliser des dissociations fonctionnelles que la vivisection la plus fine n\u2019aurait pu réussir.Ses recherches ont été complétées par les expériences très précises de M.et Mme LAPICQUE.Il est impossible de passer sous silence les études de lances REAUX, LABORDE et MAGNAN, DUJARDIN-BEAUMETZ et AUDIGE, CapEac et MALLET, JOFFROY et SERVEAUX sur l\u2019alcoolisme et la toxicité des différentes substances entrant dans la composition des boissons alcooliques ; celles de TANQUEREL DES PLANCHES sur le saturnisme, sur les paralysies saturnines liées à des névrites segmentaires pé- riaxiles (GOMBAULT), celles de Cleude Bernard, GRÉITANT, NICLOUX sur l'intoxication oxy-carbonée.Les venins du crapaud, de la salamandre, du triton, ont été étudiés avec soin par Vulpian et par PrT- SALIX, celui des abeilles par P.Bert, celui «le la vipère par Kaufmann.Les travaux de Phisalix et BERTRAND ont commencé l\u2019étude de la sérothérapie antivenimeuse qui a été complétée et achevée par CAL- METTE.\u2018Toute cette question se trouve exposée dans le volume de Cal- mette sur les Venins.L\u2019importance des auto-intoxications ressort d\u2019une série considérable de travaux exécutés ou inspirés par Bouchard.Dans la plupart de ces questions, Bouchard a été l\u2019imitiateur; il a su grouper les faits épars et les réunir dems une synthèse puissante et féconde.Reprenant les anciennes expériences de SÉGaLAs et VAUQUELIN, de FrLTz et RITTER, il a établi définitivement que l\u2019urine renferme des substances toxiques dont la quantité et les propriétés varient aw cours des divers états physiologiques et pathologiques.Recherchant l\u2019origine des poisons urinaires, Bouchard a reconnu qu\u2019ils proviennent en partie des tissus, en partie du tube digestif.De nombreuses expériences démontrent, en effet, que les tissus renferment des substances toxiques, dont les unes, les plus actives, sont thermolabiles, dont les autres résistent 394 L'UNION MÉDICALE DU CANADA à la chaleur et peuvent être séparées par l\u2019alcool.En opérant avec des extraits préparés à froid, on constate que l'injection préalable d\u2019une dose non mortelle confère immédiztement une immunité contre 1action d\u2019une ou de plusieurs doses mortelles.Ce phénomène a été étudié par Roger, Gley, CiIAMPY, LAMBERT, ANCEL et Bou1n, et décrit sous les noms de tachyphylaxie (Gley) et tachysynéthie (Roger).Ce qui n\u2019est pas moins important, c\u2019est l'étude des substances qui se dégagent deg tissus par suite de leur autolyse En opérant avec le poumon, on obtient un produit fortement hypertenseur (Roger).Les poisons du tube digestif rentrent pour une part dans le groupe des poisons putrides.C\u2019est un Françeds, GasParn, de Saint-Etienne qui, le premier, démontra la toxicité des matières putréfiées.L'étude chimique en a été poursuivie par A.GAUTIER, ETARE, l\u2019étude expérimentale par Bouchard et par METCHNIKOFF qui leur fait jouer un grand rôle dans le développement des altérations séniles.A côté de ces substances toxiques, il en est d\u2019autres qui prennent naissance par le jeu régulier des cellules digestives ou par l\u2019action des sucs sur les aliments.C\u2019est à ces substances, normalement élaborées dans les parois gentro-intestinales et non aux poisons putrides qu\u2019il faut rattacher les accidents de l\u2019occlusion intestinale, comme l\u2019ont montré Roger et Gar- NIER, dont les recherches ont été confirmées et complétés par un grand nombre de savants américains, Draper-Maury, Bunting et Jones, Stone ct Bernheim.Les poisons introduits ou formés dans l\u2019organisme peuvent être neutralisés par diverses sécrétions, arrêtés ou transformés per un grand nombre de glandes.C\u2019est ainsi que la bile diminue dans des proportions marquées l\u2019action des poisons putrides (Roger, VINCENT) ; si elle n\u2019est pas antiseptique et ne s\u2019oppose pas à la pullulation des microbes, elle entrave leur action sur les matières fermentescibles.Parmi les organes capables d\u2019arrêter et de transformer les poisons, il faut citer surtout le foie et le poumon (Roger).Ces organes exercent aussi, en même temps que la rate, une action destructive sur un grand nombre de bactéries.Si les savants français ont longuement étudié les influences qui expliquent la résistance aux intoxications, ils ont abordé le problème inverse.En recherchant les effets produits par les injections successives d\u2019une même substance, Richet a découvert un processus nouveau qu\u2019il a décrit sous le nom d\u2019anaphylarie.1! a montré que les actinies renferment un poison, la thalassine, soluble dans l\u2019alcool, dont l\u2019injection intra-veineuse provoque du prurit et de l\u2019urticaire.Si, quelques jours plus tard, on pratique une deuxième injection avec une dose - » alll tee L'UNION MÉDICALE DU CANADA 395.inoffensive, on obtient des effets beaucoup plus marqués.Il y a donc: une augmentation considérable de la sensibilité.Cette même substance possède, au contraire, la propriété d\u2019immuniser contre le poison insoluble dans l'alcool, la congestine, vaso-dilatateur de l\u2019intestin.L'étude de l\u2019enaphylaxie a été complétée :par les travaux d\u2019AR- THUS, physiologiste français, actuellement professeur à l\u2019Université de- Lausanne, qui a découvert les effets toxiques locaux et généraux produits par les injections répétées de petites doses de sérum de cheval à des lapins.Parmi les autres sujets ressortissant à la pathologie générale, il faut signaler les troubles nutritifs, longuement étudiés par Bouchard.A.Gautier a poursuivi d\u2019importantes recherches sur la distribution de l\u2019iode et de l\u2019arsenic dans l\u2019organisme et sur leur signification physiologique.Enfin, CHAUFFARD et GRIGAUT ont publié d\u2019intéressantes.observations sur le cholestérine.L'étude de l\u2019inoculabilité du cancer commence après deux observations de HANAU, par un mémoire fondamental de MOREAU; elle a.été reprise dans ces derniers temps par BORREL.Las tératologie constitue un important chapitre de la pathologie générale.Deux noms méritent d\u2019être mis en vedette: celui de GEOFFROY SAINT-HILAIRE, qui a fait la classification des monstres, et celui de DARESTE, le fondateur de la tératologie expérimentale.Mais il serait injuste de ne pas citer les intéressants expériences de CHABRY et de FERE.IV.PATHOLOGIE MÉDICALE \u2014Jusqu\u2019à la fin du XVIIIe siècle, les médecins se contentaient d\u2019observer les troubles morbides et de noter simplement les manifestations facilement appréciables.Un médecin de Vienne, Auenbrugger, introduisit dans la science une méthode fondamentale, la percussion.Mais son idée n\u2019eut aucun succès et risqueät fort d\u2019être oubliée si CORVISART ne l\u2019avait reprise et ne l\u2019avait mise en valeur.\u201cLa découverte d\u2019Auenbrugger était si peu connue que Corvisart aurait pu s\u2019en approprier facilement la priorité et se poser comme l\u2019inventeur de la percussion.Mais, comme tous les hommes de grand mérite qui dédaignent d\u2019acquérir une gloire facile aux dépens d\u2019autrui, il se contenta du rôle modeste et secondaire de traducteur et d\u2019interprète.Auenbrugger put encore, quelque temps avant de mourir, assister au triomphe de son idée nouvelle, triomphe auquel seul il n\u2019aurait pu atteindre et dont il ne devait goûter les douceurs que grâce au concours d\u2019un homme admirablement doué et noblement désintéressé\u201d (1).(1) ErcHHorsT: Traité de diagnostic médical, trad.Marian et Weiss, Paris, 1897, p.169. L'UNION MÉDICALE DU CANADA Nous avons cru intéressant «de reproduire l'hommage rendu à Corvisext par le professeur Herman Eichhorst.Mais la conduite de notre illustre compatriote n'a rien d\u2019extraordinaire: les savants fran- cais ont toujours tenu à honneur de citer leurs précur-eurs et n\u2019ont jamais laissé dans l\u2019ombre les travaux des étremgers.En face de la percussion parachevée par PIorry, se dresse une autre méthode encore plus féconde en découvertes, c\u2019est celle que LAENNEC a décrite sous le nom d\u2019auscultation et qui a complètement rénové l\u2019étude des affections cardiaques et des affections pulmonaires.Mais Laënnec ne s\u2019est pas contenté d\u2019indiquer une méthode nouvelle, il en @ poursuivi les applications avec ténacité et persévérance et a décrit la plupart des types cliniques actuellement connus.La pathologie du coeur commence, avons-nous dit, avec les travaux de SÉNAC qui publia au XVIIIe siècle un magnifique ouvrage en deux volumes.Le premier, orné de planches fort exectes, donne une description anatomique de l\u2019organe ; le second, consacré à ses troubles fonctionnels, renferme une étude remarquable du syndrome que BEAU dénomma plus tard asystolie.Laënnec, en auscultant le coeur, découvrit les bruits de souffle dont BourLLAUD et PoTAIN précisèrent les caractères et la valeur sémiologique.Un autre médecin français, COLIN, entendit le premier, le frottement péricardique.L'histoire des cardiopathies a été complétée par DUROZIEZ, qui \u2018écrivit le rétrécissement mitral pur, par Marey, Potain, François Fremck, qui appliquèrent la méthode graphique à l\u2019exploration clinique; par Potain, qui étudia les variations de la pression au moyen de son sphygmomanomètre; par PACHON, qui a récemment inventé un appareil très précis, d\u2019oscillomètre, permettant de mesurer la tension mexima et la tension minima.I\u2019o\u2019euvre considérable de Potain est exposée dans sa Clinique médicale de la Charité; on y trouve, a la suite des travaux du maître, une série de recherches poursuivies par ses collaborateurs SucHARrD, TEISSIER, VAQUEZ et un important mémoire de Francois Fremck sur la digitaline.Il est enfin deux syndromes qui ont été individualisés en France: l\u2019angine de poitrine, décrite en 1768, par RoUGNON, quelques mois avant HEBERDEN, et la tachycardie paroxystique essentielle dont on doit la connaissance à BOUVERET.Les trevaux de l\u2019Ecole française n\u2019ont pas moins contribué au progrès de la pathologie de l\u2019appareil respiratoire.C\u2019est ainsi que les bronchites, confondues \u2018avec diverses affections pulmonaires sous le L'UNION MÉDICALE DU CANADA 397 nom de catarrhe, ont été individualisées par PINEL, BROUSSAIS et surtout Laënnec.L'oedème du poumon a été décrit par Laénnec, puis par ANDRAL.C\u2019est encore Laënnec qui a découvert les hémorragies parenchymateuses du poumon, dont il a indiqué les deux formes principales, l\u2019une diffuse, l\u2019autre circonscrite ; cette dernière constituant ce qu\u2019il appela.un infarctus et se traduisant pendant la vie, par le rejet de crachats hémoptoiques.L\u2019histoire de la pneumonie est particuliérement intéressante.Grace a l'auscultation, Laénnec a pu décrire d\u2019une façon précise les trols périodes de la maladie, montrant la valeur sémiologique des rales crépitents, du souffle, des râles sous-crépitants de retour.L\u2019histoire: clinique fut complétée par RILLIET et Barthez qui ont indiqué les caractères spéciaux de la pneumonie infantile, par HOURMANN et DE- CHAMBRE qui en ont fait l\u2019étude chez les vieillards, par GRISOLLE qui a publié sur la question une monographie complète.L'agent pathogène, le pneumocoque, fut trouvé par Pasteur dans la salive d\u2019un enfant; son rôle dans la pneumonie a été établi par TALAMON, dont la découverte a été confirmée et commlétée par FRANKEL.Enfin, NETTER à poursuivi des recherches systématiques qui ont mis en évidence: les localisations pneumrococciques sur l\u2019endocarde, les méninges, l\u2019oreille moyenne.| Parmi les autres affections pulmonaires, individualisées par VE- cole francaise, on peut citer le cancer du poumon (BAaYLE, Laénnec), la gangrène pulmonaire (Bayle, Laënnec) dont la bactériologie est bien connue depuis les travaux de VEILLON ; l\u2019emphysème pulmonaire (Laënnec, Andral) ; la sclérose du poumon (Andral, Cruveilhier) : la dilatation bronchique (Laënnec).Dans le chapitre des pleurésies, nous retrouvons le nom de Laën- nec, qui a donné le moyen de les diagnostiquer par l\u2019auscultation.GRANCHER a montré comment on peut les dfiférencier d\u2019une affection qui les sinrule et qu\u2019il décrivit sous le nom de spléno-pneumonie, LAN- DOUZY établit la nature tuberculeuse de la pleurésie banaie attribuée au coup de froid.Enfin, DikuLaFoy et Potain ont indiqué le traitement, aujourd\u2019hui classique, mew la thoracentèse et l\u2019évacuation du liquide au moyen d\u2019un appareil français.«Le pneumonthorax a été décrit par les auteurs francais.Hippo- crate avait bien indiqué un des signes de l\u2019affection, le bruit du flot obtenu par la succussion, mais il l\u2019attribuait à la présence d\u2019un liquide.ITARD découvrit les épanchements gazeux.Laënnec, puis TROUSSEAU indiquèrent les signes qui permettent de les reconnaître. L'UNION MÉDICALE DU CANADA Pour ne pas allonger démesurément cette notice, nous citerons simplement dans la pathologie digestive, trois affections dont la con- naïssance est due aux médecins français.La stomatite ulcéro-membra- neuse, décrite par BRETONNEAU, qui ne sut pas la distinguer de la diphtérie, fut individualisée par BERGERON ; comme l'emgine chaneri- forme, elle est sous la dépendance de l\u2019association fuso-spirillaire (Vincent).Les ulcères du tube digestif ont été observés sur le duodénum, par Broussais, dès 1824, puis pir Raver et Robert.Ki 1830, Cruveilhier différencia du cancer l\u2019ulcère simple de estomac et en indiqua les principaux ceractéres.Enfin, les premières observations d\u2019appendicite ont été publiées en France, par MESTIVIER, JODE- LOT, MÉLIER, LEUDET, DUPLAY; la description générale de la maladie a été tracée par NIMIER, Broca, TALAMON, Dieulefoy._ ll serait injuste de passer sous silence la part prise par HayEM et Lion, dans l\u2019étude des affcetions gastriques et de ne pas mentionner les traverix de GLÉNARD sur l\u2019entéroptose ou mieux l\u2019organoptose.Les médecins français se sont toujours occupés, avec une prédilection marquée, des affections hépatiques.Laënnec décrivit, en 1229, la cirrhose atrophique et lui imposa le nom qu\u2019elle porte actuellement.La cirrhose hypertrophique, signalée per REQUIN et par OLivimr (de Rouen), a été individualisée par HAnoT (1876) dans un mémoire justement célèbre.Depuis cette époque, on a décrit la cirrhose hypertrophique graisseuse (HUTINEL, SABOURIN), la cirrhose paludéenne (KErsc et KIENER), la cirrhose pigmentaire du diabète bronzé (HANoT et Chauffard), la cirrhose atrophique tuberculeuse (Hanot).la cirrhose hypertrophique alcoolique avec ascite (Hanot et GILBERT).L\u2019étude de la syphilis hépatique a commencé en France, avec GusrEr, Rrcorp, Lancereaux.Enfin, Gilbert a décrit les ictères acho- luriques et a fait une étude complète de la cholémie familiale, dont il a montré la grande fréquence.Peu de temps après les découvertes fondamentales de Bright, Rayer a publié un traité des maladies des reins.Ce livre, rempli de faits nouveaux, constitue, suivant l\u2019expression de Bartels, les véritables archives des affections rénales.L\u2019étude anatomo-pathologique de ces affections a été rénovée par les recherches de CorNIL et BRAULT.Le mécanisme des troubles fonctionnels a été élucidé par AcITArD et WIDAL.Achard a montré que pour être renseigné sur la perméabilité rénale, il suffit d\u2019introduire dans l\u2019organisme du bleu de méthylène et d\u2019en suivre l\u2019élimination par l\u2019urine, méthode fort simple, qui est devenue rapidement classique.Il a indiqué ensuite le rôle des divers L'UNION MÉDICALE DU CANADA 399 sels dans la production des oedèmes.Widal a repris la question et a montré que, dans les néphrites avec oedémes ou néphrites hydropige- nes, il y a rétention des chlorures, dans les néphrites urémigènes, il y a rétention azotée.Comparant les quantités d\u2019urée contenues dans le sang et dans l\u2019urine, AMBARD a établi une formule edgébrique (constante d\u2019Ambard) qui permet d\u2019étudier d\u2019une façon précise le fonctionnement des reins.Les affections du système nerveux, par leur fréquence et leur bizarrerie, ont de tout temps fixé l\u2019attention des observateurs.Mais jusqu\u2019au commencement du XIXe siècle, rien n\u2019éteët plus confus et .plus désordonné que leur histoire.C\u2019est aux savants français que revient le mérite d\u2019avoir individualisé les principaux types cliniques.Quelques noms méritent d\u2019être mis en relief: OLLIVIER (d\u2019Angers) qui commença l\u2019étude des affections médullaires; Broca, l\u2019initiateur des localisations cérébrales; Duchenne (de Boulogne), qui individualisa un gfand nombre d\u2019affections; Vulpiem, qui mena de front l\u2019étude clinique et expérimentale ; CHARCOT, qui décrivit des types nouveaux, réunit et coordonna les travaux épars, créa l\u2019Ecole de la Salpêtrière, dont la réputation ettira et continue d\u2019attirer un grand nombre d\u2019étrangers.Parmi les affections cérébrales décrites en France pour Ja première fois, nous citerons le ramollissement (RosTAN) ; l\u2019hémorragie qRocHoux) due, dans un grand nombre de cas, à la rupture d\u2019un emévrisme miliaire (Charcot et Bouchard), les paralysies alternes (MirLarD, Gubler) ; la paralysie pseudo-bulbaire (LÉPINE) ; enfin, la paralysie générale progressive, dont BAYLE indiqua les symptômes et les lésions, et dont l\u2019origine syphilitique a été établie par FOURNIER.C\u2019est encore en France que commence l\u2019étude des localisations cérébrales.Bouillaud reconnut que le siège du langage se trouve dans les lobes frontaux et, pour étayer son opinion, fit quelques expériences sur des chiens, Dax montre que la lésion siège toujours du côté gauche, Broca donna la localisation exacte dans la troisième circonvolution frontale.Dans ces derniers temps, cette localisation qui semblait si bien éteblie, a été mise en doute ; une polémique s\u2019est engagée entre DÉJERINE, qui soutient l\u2019opinion classique, et MARIE, qui s\u2019efforce de la renverser, polémique extrêmement intéressante, car les auteurs ont apporté à l'appui de leur thèse un grand nombre d\u2019observations nouvelles.L'étude des localisations a grendement progressé, grâce aux faits cliniques publiés par Charcot, PrTres, Déjerine, aux expériences pour- 400 L'UNION MÉDICALE DU CANADA suivies par CARVILLE et DUTRET, François Franck, BOCILEFONTAINE, Lépine.Dans ces dermiers temps, BABINSKI, ayant repris l\u2019étude de Phé- miplégie, a trouvé deux signes nouveaux qui sont devenus rapidement classiques: le signe du peaucier et le phénomène des orteils.Marie a fait connaître le réflexe centra-latéral des abducteurs, Les hémorragies méningées ont été séparées des hémorragies cé- rébreles par SERMESs (1819) et, si Virchow a décrit admirablement la pachyméningite hémorragipare, il a été précédé dans cette étude par Cruveilhier.Tandis que la physiologie du cervelet était éclairée par les recherches de Florens, Longet, Vulpian, la pethologie progressait grâce aux observations d\u2019Andral, de Duchenne, de HILLAIRET, qui découvrit les hémorragies cérébelleuses.Tout récemment, Babinski a apporté une contribution importante à l\u2019étude de la queston en faisant connaître l\u2019esynergie cérébelleuse et la diadococinésie.Marie a isolé un nouveau syndrome, l\u2019hérédo-ataxie cérébelleuse, Déjerine et Trromas ont décrit l\u2019atrophie ponto-cérébelleuse.| Les myélites ont été séparées des méningites par Ollivier, d\u2019Angers, qui découvrit même les cavités pathologiquse de la moelle et créa le mot de syringomyélie.L?origine infectieuse de certaines myélites a été éteslie par les observations cliniques de Marie et par les expériences de Roger, Gilbert et Lion, THOINOT et MASSELIN, Widal et BE- ZANCON.Cette notion étiologique doit être étendue aux myélites chroniques, notamment au tabes, dont la nature syphilitique a été démontrée par FOURNIER.Les premières observations d\u2019ataxie locomotrice sont dues à Hv- TIN, MoNon, Ollivier, Cruveilhier.(étaient des feits épars.Le neurologiste allemand Romberg eut le mérite de tracer l\u2019histoire de la maladie (1851).Mais cest Duchenne de Boulogne, qui différencia définitivement l'ataxie des paraplégies (1858).Charcot montra la fréquence des formes frustes et décrivit les arthropathies; ToPINARD indiqua les crises gastriques; FÉRÉOL, les crises laryngées .Les lésions caractéristiques des cordons postérieurs ont été découvertes par Char- cot et PIERRET.Si l\u2019histoire du tabes a largement profiét des travaux français, si les lésions de la paralysie infantile ont été décrtiez pour la première fois par Duchenne, Vulpian et Pierrot, d\u2019autres affections ont été découvertes et complètement étudiées en France: telles sont la sele- rose en plaques (Charcot et Vulpian, 1866), l& sclérose latérale amyo- trophique (Charcot, 1872), l\u2019atrophi meusculaire progressive (Du- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 401 chenne, Arax) dont l'étude anatomo-pathologique a été faite per Cruveilhier qui observa l\u2019atrophie des racines antérieures et mar Luvs, qui décrivit les lésions des cellules.La peralysie labio-glosso-laryngée, dont Trousseau et DUMESNIL avaient observé quelques cas isolés, fut individualisée par Duchenne (1860), tandis que les lésions étaient découvertes par Charcot, Duchenne, Jorrroy.Enfin, LANDRY décrivit un type clinique perticulier, la paralysie ascendante aiguë.La France a largement contribué à l\u2019étude des névrites périphériques dont les premières descriptions sont dues à Gubler et à Du- mesnil (de Rouen) et à l\u2019histoire des myopathies dont le premier type clinique fut isolé par Duchenne sous le nom de paralysie pseudo-hy- pertrophique.Landouzy et Déjerine ont fait une étude remarquable des myopathies atrophiques progressives.Pour les mnévroses, il suffit de rappeler l\u2019importante contribution apportée à l\u2019étude de l\u2019hystérie par BriQUET, Charcot, RICHER, PITRES et par Babinski qui a complètement modifié les conceptions anciennes en montrant le rôle capital du pithiatisme.Enfin, nous ne pouvons oublier CABANIS qui, par son beau livre sur les Rapports du physique et du moral de l\u2019homme, a été le précurseur de la phsychologie expérimentale.Les traités français de neuropathologie sont fort nombreux.Le dernier paru est celui de Déjerine sur la Sémiologie du système nerveux, ouvrage remarquable dont la belle exécution typographique et iconographique répond à la haute valeur du texte.I} serait trop long de parler du rôle qui revient aux travaux français dans l\u2019étude des.maladies infectieuses.Nous nous contenterons de rappeler les recherches de BRETONNEAU sur la diphtérie et le mémoire de GUERSANT sur le faux croup et de signaler l\u2019invention du tubage par BoucHuT.La fièvre typhoïde a été différenciée des infections qui la simulent par Lours, tandis que PETIT et Serres, muis Bretonneau décrivaient les altérations caractéristiques des plaques de Peyer.Parmi les travaux contemporains, il suffti de rappeler ceux de Widal et Srcarn sur le séro-diagnostic, de CHANTEMESSE et de Vincent sur la vaccination antityphique.On ne peut parler de la syphilis sans citer constamment les noms de Ricord, BASSEREAU, FOURNIER.Dans un article récent (mars 1915), le professeur allemand Lessre a consacré une belle notice nécrologique à Fournier, \u2018Thomme qui, jusqu\u2019à Père nouvelle, contribua le plus à étendre nos connaissances relatives à la syphilis\u201d. 402 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'histoire de la tuberculose est particuiierement intéressante.Bayle donna une description remarquable des affections consomptives des poumons.Leënnec fit une étude complète, anatomique et clinique, de la phtisie pulmonaire et affirma que la granulation grise, le tubercule jaune et la messe caséeuse ne sont que les trois aspects différents d\u2019une seule et même maledie.En face de la doctrine uniciste de Laënnec, la science allemande a dressé la théorie dualiste.Rein- hard, Virchow, Niemeyer, affirmèrent que les lésions caséeuses doivent être soigneusement différenciées des granuletions; que les deux.processus relèvent de deux maladies différentes.Cependant, en 1866, VILLEMIN commençait la publicatoin de ses mémorables recherches.sur l\u2019inoculabilité de la tuberculose.Il montrait que la maladie se transmet facilement de l\u2019homme aux animaux et que l\u2019inoculation des.masses caséeuses eussi bien que l\u2019inoculation des granulations détermine l\u2019éclosion de lésions identiques.Quelques années plus tard, en 1872, Grancher et THAON transportaient la question sur le terrain même qu\u2019vaaient choisi les savants allemands et, au nom de l\u2019histologie, affirmaient l\u2019unicité de la tuberculose.La découverte du bacïle devait apporter un dernier appui à la théorie uniciste acceptée aujourd\u2019hui sans conteste.Parmi les maladies chroniques, nous devons mentionner le rhumatisme chronique, isolé par LANDRY-BEAUVAIS et surtout le diabète sucré dont BOUCHARDAT a fait une étude complète.MarcHAL (de Celvi) et LASÈGUE ont décrit les paralysies diabétiques.Lancereaux a.découvert les lésions du pancréas, Bouchard a montré le rôle de la bradytrophie, Lépine a poursuivi sur le ferment glycolytique des recherches bien connues et a indiqué l\u2019existence d\u2019un diabète rénal.L\u2019oeuvre considérable de Lépine est résumé dans son treité du diabète.On peut voir, dans le traité du sang de Gilbert et WEINBERG, la.part qui revient aux travaux français, permi lesquels nous signalerons ceux de HAyEM sur la morphologie des globules rouges, sur les héma- toblastes, les crises hématiques et les anémies; ceux de VAQUECZ sur Phyperglobulie; ceux de WEIL qui s\u2019est attaché à l\u2019étude de l\u2019hémophilie et a montré qu\u2019on peut en combattre et en arrêter les manifestations par les injections de sérum sanguin.La détermination exacte des différentes variétés de leucocytes qu\u2019on peut déceler dans le seng ou dans les exsudats fournit de précieux renseignements sur la nature des processus morbides.Widal a.montré l'importance de ces faits et a créé ainsi une méthode qu\u2019il a désignée sous le nom de cyto-diagnostic.Weil a montré que la veriole L'UNION MEDICALE DU CANADA 403 provoque une myélocytose intense, de sorte que l\u2019examen du sang permet, dans certains cas, de tranvher un diagnosti difficile.À l\u2019étude du sang se rattache l\u2019histoire des organes matopoiétiques.Roger, JosuÉ, DOMINICI, HAUSHALTER et SILLMANN ont étudié les modifications de la moelle des os dans les états infectieux ou toxiques.BEZANCON et LABBÉ ont décrit les modifications des ganglions, Roger et GHIKA celles du thymus.Mentionnons encore la lymphadénie aleucémique ou adénie décrite pour la première fois par BONFILS et une forme spéciale de splénomégalie individualisée par GAUCHER.Marie a fait connaître une maladie nouvelle, l'acromégalie, qui est liée à une altération de l\u2019hypophyse! BrrssauD et MÉGE en rapprochent le gigantisme don tils ont fait une excellente description.GARNIER à étudié les lésions de la thyroïde dans les infections et les intoxications et a décrit la sclérose thyroïdienne des tuberculeux.L\u2019origine thyroïdienne du goitre exophtalmique e été démontrée par Mobiuf, mais avec une bonne foi parfaite le célèbre neurologiste allemand a rendu justice à son précurseur, le médecin francais GAT- TIER (de Charolles).Les traités didactiques de pathologie interne sont fort nombreux.Parmi les anciens il faut signaler le Compendium de médecine de DELABERGE, MONNERET et FLEURY qui résume exactement l\u2019état de la science dans la première moitié du XIXe siècle (1836-46).Parmi les modernes il faut faire une plare à part à deux traités devenus classiques: celui de BrovarDEL, Gilbert et THOINOT et celui de Charcot, Bouchard et BrissAUD.LeNouveau traité de médecine qui doit remplacer ce dernier ouvrage, dont la deuxième édition est actuellement épuisée, sera publié sous la direction de Bouchard, Roger, Widal, TEISSIER et GOUGET.Sans les événements actuels les premiers volumes auraient paru en novembre 1914.À côté des traités de pathologie, il convient de placer les leçons cliniques, notamment celles de Trousseau et celles de Dieulafoy; les premières rendent compte de ce qu\u2019éteit l\u2019enseignement clinique il y a une cinquantaine d\u2019années, les secondes font voir ce qu\u2019il est devenu.Nous constatons ainsi qu\u2019il s\u2019est adapté aux méthodes nouvelles, tout en conservant le caractère hautement prs+ique qui lui a valu une si grande réputation.L\u2019anatomie pathologique qui complète les études cliniques est exposée dans de nombreux ouvrages franceés.Un des plus beaux est l\u2019atlas de Cruveilhier, c\u2019est un recueil de magnifiques planches d\u2019une +04 L'UNION MÉDICALE DU CANADA exactitude :parfaite; en le fewilletant on passe en revue tout ce que peut apprendre l\u2019ematomie macroscopique.Lancereaux a publié plusieurs volumes d\u2019anatomie pathologique remplis d\u201d\u2019obzervations originales.Le manuel d\u2019histologie pathologique de CORNIL et RANVIER est depuis longtemps classique en France.V.CHIRURGIE ET SPECIALITES.\u2014Dems la revue que nous venons de faire, nous avons laissé de côté le rôle de la France dans le développement de la chirurgie et des diverses spécialités.C\u2019est qu\u2019un exposé, mÜme sommaire, des méthodes que les chirurgiens et les spécialistes ont indiquées, des instruments qu\u2019ils ont inventés dépasserait les.limites de cette notice et serait forcément incomplet.Sems doute, il serait très intéressant de faire ressortir l\u2019oeuvre de LARREY et deDEs- GENETTES, les chirurgiens de la grande armée; de DUPUYTREN qui s\u2019appuya sur l\u2019anatomie et la physiologie pour formuler les indications opératoires ; de LisFrANC, Maigaigne, NÉLATON, VELPP U, (GOSSELIN, VERNEUIL, TERRIER, LUCAS-CHAMPIONNIÈRE qui ont largement contribué aux progrès de la chirurgie et de la technique chirurgicale.Nous pourrions parler encore de CHASSAIGNAC qui inventa le drainage ; d\u2019OLLIER, célèbre par ses recherches sur la chirurgie osseuse ; de RECLUS qui a réglementé l\u2019anesthésie locale, sans oublier les contemporains, DELBET, DELORME, DOYEN, HARTMANN, LEJARS, MONTPROFIT, TUFFIER.Les traités didactiques de chirurgie sont fort nombreux.Sans parler des ouvrages anciens de Boyer, Nélaton, FoLLIN et DuPLAY, nous possédons actuellement deux traités complets, l\u2019un publié sous .la direction de LE DrnTu et Delbet, l\u2019eutre sous la direction de Du- play et Reclus.Le succès au\u2019a obtenu le Trait; de chirurgie d\u2019urg'nee de Lejars a nécessité la publication à courte distance de sept éditions successives.Les quatre volumes des Truvauæ de chirurgis anutomo-cliniques de Hartmann, ouvrage d\u2019une puissante empreinte personnelle, traduisent la préoccupation constante d\u2019éléver la chirurgie sur des bases scientifiques.Parmi les branches spéciales de la chirurgie, nous ne mentionnerons que les voies urinaires et la gynécologie.Sans remonter à frère Come, il faut citer CIVIALE qui créa le li- thotritie (8124) et DÉSORMEAUX qui inventa l\u2019endoscope.Depuis longtemps, le service des voies mi maires à l\u2019hôp'ti Necker, transforiné en une chaire de clinique, a été dirigé par des spécialstes éminents, dont l\u2019ensegnement a toujours attiré un grend nombre de savants fs Aa eer \u2014. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 405- étrangers.Le premier titulaire de la chaire, GUYON, est universellement connu et a formé «es élèves tels que Bazy, ALBARRAN, LEGUEU le titulaire actuel de la chaire.Nos connaissemcses en gynécologie sont exposées dans deux importants ouvrages, l\u2019un est dû à FAURE et SIREDEY, l\u2019autre est oeuvre de Pozz1 et JAYLE.L\u2019obstétrique compte des représentants illustres.Ce furent à la fin du XVIIIe siècle MAURICEAU, au XVIIIe, LEVRET, qui inventa le forceps (1747), pus BAunELocquE, Dusors, DEpauL, TARNIER, PINARD, BupIN, BAR, COUVELAIRE.Parmi les ouvrages d\u2019obstétrique, celui de RIBEMONT-DESSAIGNE et LEPAGE est depuis longtemps classique, celuide Bar est rempli de faits nouveaux et personnels.Les ouvrages relatifs à la pediatrie médicale sont fort nombreux, depuis le traité justement célèbre de RILLIET et BARTHEZ, jusqu\u2019au traité de Grancher et CoMBY, et au traité publié per HUuTINEL, qui est tout récent.Les affeckons de la première enfance et la puéricutlure sont largement redevables aux recherches de PARROT qui à résumé ses observations personnleles dans son livre sur l\u2019athrepsie, de BuDIN, de MAR- FAN qui a fait paraître un excellent traité sur l\u2019allaitement.Permi les chirurgiens qui se sont attachés aux affections de l\u2019enfance, il fut citer LANNELONGUE, bien connu par ses recherches sur l\u2019ostéomyélite, KIRMISSON qui s\u2019est spécialisé dans l\u2019orthopédie, BROCA qui vient de publier un important traité de chirurgie infantile.Diverses spécialités ont pris, en France un grand développement et ont donné lieu à de nombreuses publications parmi lesquelles nous citerons trois ouvrages didactiques: le Traité d\u2019oto-rhino-laryngologie de LErRMOYEZ et MOURE, le Traité de pathologie mentale de GILBERT BALLET, la Pratique dermatologique de BESNIER, BROCQ, JACQUET, qui met en évidence les acquisitions accumulées depuis les recherches fondamentales de BAzIN.Enfin, POUCHET a écrit sur la phermacol!o- gie médicale une série d\u2019ouvrages parmi lesquels un Précis de pharmacologie devenu classique.Nous ne pouvons terminer ces renseignements biblographiques, cans signeler les grandes encyclopédies médicales qui ont été publiées c1 France.C\u2019est d\u2019abord le Dictionnaire en 30 volumes(1832-1846), puis le Dictionnaire pratique de médecine et de chirurgie (1864- 1886) qui fut dirigé par JAccoup et comprend 40 volumes.Enfin, de 1864 à 1900 parurent les 100 volumes du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, vaste recueil dont la publication commencée par DICIAMBRE fut achevée par LEREBOULLET.C'est une vé- 4.06 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ritable bibliothèque où sont traitées toutes les questions relatives à la médecine avec de nombreux articles sur les diverses sciences biologiques, et des biographies excellentes.VI.MICROBIOLOGIE MÉDICALE \u2014Un nom domine et jusqu\u2019à un certain point personnifie toute l\u2019histoire de la bactériologie ; c\u2019est celui de PastEUR.Sans doute, de nombreux précurseurs avaient préparé la grande révolution scientifique dont Pasteur fut l\u2019artisan.Dès le début du NVITIe siècle, Leuwenhoeck avait vu et figuré des microbes.Au XVIIIe siècle, SPALLANZANNI avait établi, par des expériences admirables, que la généraiton spontanée n\u2019existait pas.Mais ses trevaux, bien que Voltaire en eût souligné l\u2019importance, ne fixèrent pas l\u2019attention des savants.E n1837, un physicien français, CxexarD de LArour, montra que dans la fermentation alcoolique du sucre la levure se développe, qu'elle augmente de quantité qu\u2019elle se comporte comme ui végétal.Cette découverte fut étouffée par l\u2019école de Liebig dont elle renversait la théorie sur les ferments.C\u2019est alors que Pasteur, abordant l\u2019étude du problème, démontra par des expériences d\u2019une précsion parfaite, que dans les conditions actuelles il n\u2019y a pas de génération spontanée, que les fermentations et les putréfactions sont dues à l\u2019apport des germes venant de l\u2019extérieur.C\u2019est ainsi qu\u2019il décrivit le ferment lactique (1857) et le ferment butyrique (1861) ; ce dernier ne pouvant végéter qu\u2019à l\u2019abri de l'oxygène, Pasteur venait de découvrir une nouvelle classe d\u2019êtres vivants: les anaérobies.Apres avoir publié d\u2019admirables recherches sur les altérations du vin et de la bière et sur les maladies des vers à soie, Pasteur tourna son attention sur les maladies des animaux supérieurs et s\u2019attacha tout d\u2019abord à l\u2019étude du charbon.L\u2019agent pathogène du charbon était déjà connu.Deux savants francais RAYER et DAVAINE l\u2019avaient découvert, en 1850, dans le sang d\u2019un mouton qui avait succombé à l\u2019infection.C\u2019est la première fois qu\u2019on voyait un microbe pathogène.Sa nature végétale fut démontrée par un professeur de l\u2019Ecole vétérinaire d\u2019Alfort, DELAFOND qui en mettant du sang charbonneux dans des verres de montre, vit les ba- tonnets s\u2019allonger en forme de filaments.Appliquant à l\u2019étude du bacille charbonneux la méthode des cultures artificielles dont il est l\u2019inventeur, Pasteur put isoler à l\u2019état de pureté l\u2019agent pathogène, suivre son développement, déterminer son action sur les animaux, établir en un mot que la bactéridie de Da- vaine produit le charbon comme l\u2019acare produit la gale. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 107 Deux nouvelles découvertes allaient bientôt se réaliser.En fal- sant des inoculations en série, Davaine découvrit l'exaltation des virus ; en pratiquant des cultures dans des conditions dysgénésques, Pasteur découvrit leur atténuation.Puis, à la suite des travaux trop peu connus de TouUssAINT, professeur à l\u2019Ecole vétérinaire de Toulouse, Pasteur démontrait qu\u2019on peut préparer des vaccins charbonneux, Il établit leur innocuité et leur efficacité.Grâce à cette découverte, les ma- Jadies charbonneuses ont rapidement diminué et tendent à disparaître.La virulence n\u2019est pas la seule propriété des microbes sur laquelle l\u2019expérimentateur puisse agir.De nombreux travaux publiés en France ont établi qu\u2019en variant les conditions dans lesquelles végètent les microbes, on peut supprimer leurs fonctions sporogènes (Roux), leurs fonctions chromogènes (CH RRIN et ROGER), modifier leurs formes (Charrin et Gurcxarn).Les expérimentateurs français se sont encore occupés de préciser les conditions qui favorisent l\u2019action pathogène des microbes et ont mis en évidence le rôle du traumatisme (CHAUVEAU), du surmenage (Charrin et Roger), du refroidissement (BoucHARD), des associations microbiennes (Roger, VAILLARD, VINCENT, ROUGET).La France a contribué à la découverte d\u2019un grand nombre \u201ce bactéries.Parmi les plus importantes, nous citerons: le pneumocoque, trouvé dans la salive par Pasteur, dans les crachats des pneumoniques par TALAMON ; la bacille de la peste, découvert par YERsIN ; le bacille pyocyanique (GESSARD) qui possède une action pathogène mise en évidence par les travaux de Charrin et qui produit une matière bleue cristallisable, la pyocyanine, isolée du pus bleu par FArnos.Signalons encore le bacille de la tuberculose pisciaire (DuTrarn, BATAILLON, TORRE), le bacille de la psittacose (Nocarp), les bacilles paratypha- ques, dont l\u2019étude a commencé avec les travaux d\u2019AcrARD, le bacille de la gangrène gazeuse (Pasteur), le bacille du charbon symptomatique (ARLOING, CORNEVIN et THOMAS), de nombreux microbes anaé- robres dont VEILLON et ses collaborateurs ont montré le rôle dans le développement de la gangrène.À côté des bactéries, on peut plecer les champignons pathogènes.Dans le groupe important des Streptolrix ou Discomyces, rattachés par SAUVAGEAU et RAmpars au genre Oospora, nous citerons d\u2019abord l\u2019agent qui produit le farcin du boeuf, (0.farcinica), dont la déou- verte est due à Nocarn, découverte importante qui a conduit les mycologues italiens à donner à tout le genre le nom de Nocardia.Des champignons rentrant dems ce groupe ou dans des groupes voisins produisent les différentes formes de mycétomes comme l\u2019ont démontré les 103 L'UNION MÉDICALE DU CANADA recherches de Vincent, BoUFFARD, NICOLLE, Pixoy, BRUMT.Signalons encore une espece très répandue, Oospora pulmonalis (Roger, SARTORY, BORY) qui joue un rôle important dans la pathologie de l\u2019appareil respiratoire.Diverses levures pathogènes ont été décrites en France par TroI- SIER et ACHALME, CURTIS, VUILLEMIN et LEGrAIN, BLANCHARD, SCHWARTZ et BINET.SABOURAUD a poursuivi sur les teignes d\u2019importants travaux qui sont devenus classiques.Enfin, à côté de Sporo- trichum Schenki, il faut faire une large place à Sporotrihum Beur- mannmi, découvert et étudié par DE BEURMAN, MATrUcHOoT, R MOND, GOUGEROT.,Ç Peæmi les parasites animaux décelés par des savants français, il faut citer les trichomonas (DoNNÉ, 1837) et les microfilaires trouvées par DEMARQUAY dans le liquide d\u2019une hydrocèle chyleuse.Mais la découverte fondamentale qui a eu un retentissement mondial et a ouvert une voie nouvelle à l\u2019étude des infections, est sans contredit celle de l\u2019hématozoaire du paludisme par LAvERAN en 1880.On sait que le prix Nobel est venu consacrer leg travaux de Liaveran dont on trouvera l\u2019exposé dans son Traité du paludisme.Depuis cette époque, Laveran, MrsniL, BrumrT, NICOLLE, les frères SERGENT, SCHNEIDER et BOUFFARD, Bose ont poursuivi sur les paresites animaux des recherches intéressantes et bien connues.Les virus filtrants ont été étudés par Nocarp et Roux qui ont décrit l\u2019agent de la péripneumonie bovine, virus filtrant un peu spé cial, cultivable sur les milieux artificiels.Remlinger et Riffas bey ont reconnu que le virus rabique traverse le filtre de porcelaine.BoN- NET à donné une démonstration analogue pour la clavelée et CARRE pour la maladie des chiens.Il est établi actuellement que les agents animés n\u2019agissent que par les substances solubles qu\u2019ils renferment ou qu\u2019ils excrètent.Le rôle des poisons microbiens a été définitivement établi par les recherches de Chaveau, Bouchard, CHARRIN ; par celles de Roux et Yersin qui ont fait connaître les véritables caractères et les propriétés de la toxine diphtérique.Les savants français ont largement contribué à l'étude de quelques autres toxines; de celles produites par le berille tétanique (Vaillard et Vincent), le vibrion cholérique (Metchnikoff, Roux, SALIMBENI), le bacille charbonneux (MARMIER), les staphylocoques (COURMONT), le pneumocoque (CARNOT et FOURNIER).Les toxine adhérente ont fait l\u2019objet d\u2019intéressantes recherches poursuivies par AUCLAIR avec le berille tuberculeux.BorpiN a étudié la toxine adlrérente ou exotoxine du bacille charbonneux; RrsT et MÉNARD L'UNION MÉDICALE DU CANADA 409\" ont déterminé l\u2019action de l\u2019exotoxine diphtérique.Enfin BESREDKA à publié d\u2019importantes recherches sur les endotoxines.D\u2019autres travaux ont fait connaître les poisons élehorés par les champignons pathogènes ou les parasites animaux.LAVERAN et MEs- NIL Ont étudié les toxines produits par les sarcosporidies du mouton.Lewveran et PETIT, celles que sécrète le trypanosome du rat.Deux grands processus collaborent à la protection de l\u2019organisme contre les infections.C\u2019est la phagocytase que METCHNIKOFF a découverte et dont il a poursuivi l\u2019étude dans une série de travaux admirables.Ce sont les modifications du plasma sanguin dont l\u2019étude, commencée en Allemagne, a été reprise en France par Bouchard et ses élèves.Au cours de ces recherches, deux faits nouveaux ont été mis en évidence: le sérum des animaux immunisés a la propriété d\u2019atténuer la virulence des microbes; il acquiert le pouvoir de les agglutiner.L\u2019agglutinement des bactéries, découvert par Charrin et Roger en 1889, sert de base à la méthode du séro-diagnostic dont Widal a doté la science et dont il a fait l\u2019applicetion à la fièvre typhoïde.Quelques années plus tard, Roger établissait qu\u2019on peut vacciner les animaux contre le champignon du muguet (Fndomyces albicans), et montrait que le sérum acquiert la propriété d\u2019agglutiner cette mycolevure.Wi- dal confirma le fait et ajouta qu\u2019il y a au cours des mycoses, co-agglu- tinement de plusieurs champignons et, s\u2019appuyant sur ces résultats expérimentaux, il éteblit le séro-diagnostic de la sporotrichose.Nous avons déjà rappelé, ne parlant du charbon, les découvertes de Pasteur sur l\u2019atténuation des virus et la vaccination.C\u2019est encore Pasteur qui, à la suite de quelques tentatives de GALTIER, incomplètes mais intéressantes, trouva le moyen de vacciner contre la rage après que le virus a été dénosé dans la plaie.Enfin, en ces derniers temps, des recherches importantes ont été poursuivies sur la vaccination emti- typhique par Chantemesse et par Vincent.Si la découverte de la sérothérapie appartient à l\u2019Allemagne, les travaux français ont largement contribué à faire progresser cette branche nouvelle de la thérapeutique.Il suffit de citer les recherches de Roux et MARTIN, Vaillard, DorTER et de rappeler le rôle de Cal- mette dans la préparation du sérum antivenimeux.On peut se faire une idée d\u2019ensemble de nos conneéssances actuelles sur les maladies infectieuses et leurs agents pathogènes à l\u2019aide des trois ouvrages suivants: Traité pratique de bactériologie de Mack ; Trarté des maladies épidémiques de KELSCH, exposé remarquable de toutes les questions ressortissant & 1\u2019épidémiologic et & l\u2019hygiène ; les Maladies infectieuses, de Roger, dont une édition en langue anglaise 410 L'UNION MÉDICALE DU CANADA a été publiée en Amérique; tout en faisant une étude générale de bactériologie et de pathologie infectieuse, l\u2019auteur a résumé dans ce livre ses recherches personnelles.VI.CENTRES D\u2019ÉTUDES ET DE RECHERCITES MÉDICALES.\u2014I] existe en France un grand nombre d\u2019établissements dont les laboratoires sont organisés pour les recherches médicales.Les facultés de médecine sont au nombre de 9 (8 facultés d\u2019Etat et 1 faculté libre) auxquelles \u2018l convient d\u2019ajouter les écoles donnant un enseignement élémentaire.Dans les hôpitaux des grandes villes, à côté des cliniques officielles dépendant des facultés, fonctionnent des cliniques libres dont les titulaires font un enseignement fort utile et fort apprécié.Les facultés des sciences, en dehors des cours préparatoires de physique, de chimie et d'histoire naturelle, que les étudiants doivent suivre pendant un em avant de pouvoir commencer les études médicales, possèdent des chaires et des laboratoires de physiologie, d\u2019histologie, d'anatomie comparée, de chimie biologique.Le Collège de France, de Paris, compte trois chaires de physiologie ou de médecine, illustrées par Corvisart, Lednnec, Magendie, Flourens, Claude Bernard, Marey, Brown-Séquard, Charrin, dont les titulaires actuels sont d\u2019ARSONVAL, François Franck et GLEy.Une chaire d'histologie créée pour RANVIER est occupée par NAGEOTTE.Enfin, on a fondé récmement un enseignement d\u2019hydrologie et un cours de médecine coloniale.Aux environs de Paris, dans le Pare-rax-Princes, est installé l\u2019Institut Marey.L\u2019Institut Pasteur a organisé un enseignement complet de la hactériologie.Ses laboratoires merveilleusement installés eétirent un grand nombre de savants étrangers.Il nous suffira de rappeler que Haffkine v a poursuivi ses études sur le vercin anticholérique, que Bordet v a réalisé plusieurs découvertes qui devaient illustrer son nom; que Levaditi y a fait d\u2019importants travaux sur la syphilis et le scarlatine.Quelques savants étrangers semblent s\u2019y être fixés d\u2019une façon définitive.Sans parler de Metchnikoff, sous-direeteur de l\u2019Institut, on peut citer Weinberg bien connu par l\u2019application qu\u2019il a faite de la méthode de Bordet-Gengou au diagnostic des nkystes hyadiques et Bes- redka qui a publié d\u2019intéressantes expériences sur l\u2019anphylaxie et sur les virus sensibilisés.On peut poursuivre, à l\u2019Institut Pasteur des recherches de bactériologie et de parasitologie, de chimie biologique, de physiologie et de médecine expérimentale.Un hôpital bien aménagé permet de mener de front les études cliniques e® scientifiques.Enfin, 411 TL UNION MEDICALE DU CANADA on organise actuellement un Institut pour étude du radium et des diverses radiations, qui relèvera pour la partie physique de la Faculté des sciences et pour la partie biologique de l\u2019Institut Pasteur.VII.SOCIÉTÉ SAVANTES ET PUBLICATIONS MÉDICALES.\u2014 Les sociétés médicales sont extrêmement nombreuses.Parmi les principales, il faut mentionner: l\u2019ACADÉMIE DE MÉDECINE de Paris; la So- CIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX; la SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE; la So- CIETE DE BIOLOGIE, particulièrement active, qui compte trois sociétés filiales en France à Bordeaux, Marseille, Nancy et deux filiales à l\u2019étranger, l\u2019une à Bucarest, l\u2019autre à Pétrograd.Il suffit de parcourir les volumes annuels de ces quatre grandes sociétés pour voir combien sont nombreux les travaux qui y sont présentés, combien intéressantes les discussions qu\u2019ils suscitent.Il y a dans toutes les grandes villes de province des sociétés médicales, et à Paris, des sociétés pour les diverses spécialités.Tous les ans ont lieu des Congrès médicaux français qui attirent toujours un grand nombre d'étrangers.En octobre 1912 a été organisé à Paris le premier Congrès international de pathologie comparée.qui a groupé médecins, physiologistes, vétérinaires, phytopathologistes et a obtenu un très vif succès.Tous les pays, sauf l\u2019Allemagne, y furent représentés.Il v a en France 159 journaux, revues ou recueils de médecine qu\u2019on peut décomposer de la façon suivante: 54 sont consacrés à la médecine générale, 40 à Paris, 14 en province; 10 publient des travaux d'anatomie, d\u2019histologie, de physiologie, de pathologie expérimentale, de bactérologie et de parasitologie; 95 sont réservés aux diverses spécialités; on peut ajouter 12 publications pour les sciences auxiliaires: chimie, physique, pharmacie.Parmi les nombreuses publications hebdomadaires ou bi-hebdo- madaires, une des principales est La Presse médicale, qui est dirigée par BoNNAIRE, FAURE, JayLe, LAnNDouzy, DE LAPERSONNE, LER- MOYEZ.LETULLE et ROGER, et paraît deux fois par semaine.Ne pouvant citer toutes les revues d\u2019un caractère scientfique, nous ricntionnerons seulement les Annales de l\u2019Institut Pasteur, les Ar- (hives de médecine expérimentale, le Journal de physiologie et de pathologie générale, qui publient des articles ariginaux et renferment de magnifiques planches facilitant la lecture du texte.wou L\u2019exposé rapide et succinct que nous venons de faire ne donne qu'une faible idée de la part qui revient à la France dans le progrès -412 L'UNION MÉDICALE DU CANADA des sciences médicales, Nous nous sommes contenté d\u2019indiquer les grandes lignes de l\u2019évolution scientifique, signalant seulement les découvertes qui ont ouvert des horizons nouveaux, ou qui ont dirigé les recherches dans une route peu explorée.Les quelques exemples que nous avons choisis suffiront à montrer que, sur bien des points, les savants français ont été des initiateurs.Sans méconnaître ni rabaisser la science allemnde, sans vouloir laisser dans l\u2019ombre les grandes découvertes qu\u2019elle a réalisées dans ces dernières années, sans lui marchander la gloire qui lui revient, nous croyons que la France a contribué, comme autrefois, au mouvement scientifique.Elle a continué à travailler, avec ses qualités et ses défauts.Moins bien disciplinée que l\u2019Allemagne, elle a peut-être plus d\u2019originalité; si elle pousse moins loin les investigations, elle a entrevu peut-être un plus grand nombre de faits nouveaux.Mais nous ne voulons pas établir de comparaison.Nous apportons seulement quelques documents qui permettront de juger l\u2019oeuvre médical de la France. LA MÉDECINE DANS L\u2019ART, LA SCIENCE ET L\u2019ARCHEOLOGIE Les Pestiférés de Jaffa Parmi les plus célèbres épisodes de l\u2019épopée napoléonienne, on place à bon droit la scène des Pestiférés &e Jaffu.Sans doute le Pont d\u2019Arcole et la traversée du Saint-Bernard sont des prouesses admirables; mais le génie de la guerre et l\u2019enivrement des batail'es peuvent jusqu'à un certain point les expliquer.[Le soldat est semblable au poète: il a ses transports, et comme une démence divine où ses actes ne lui appartiennent plus.C\u2019est dans le sang-froid qu\u2019il faut chercher le véritable héroïsme, dans les résolution réfléchies, les calmes volontés qui ne sont inspirées par aucune griserie, mais par la seule maîtrise de soi.A ce titre, Bonaparte est plus un héros pour avoir touché de ses mains les pustules des pestiférés et bravé ainsi une mort obscure d\u2019hôpital, que pour avoir offert cent fois sa poitrine à la mitraille.Oui, mais cet épisode est-il vrai.Eh bien non.Voici ce qu\u2019en dit Bourrienne dans ses mémoires (t.II, p.256).\u201cLes lits des pestiférés étaient à droite en entrant dans la première \u201csalle.Je marchais à côté du général: j\u2019affirme ne l\u2019avoir pas vu toucher \u201cà un pestiféré.Il traversa rapidement les salles, frappant légèrement \u201cle revers jaune de sa botte avec la cravache qu\u2019il tenait à la main\u201d Il faut avouer que le geste n\u2019est pas très héroïque, quoique un peu plus, cependant, que celui de nos ministres traversant les salles des cholériques, à l\u2019hôpital de Toulon, en se fourrant des branches d\u2019eucalyptus sous le nez.Le vrai héros, c\u2019est saint Louis participant lu-imme à l\u2019ensevelissement des morts sur cette même terre d\u2019Orient : \u201cLà, dit la chronique, estoient présents monseigneur l\u2019archevesque \u201cde Tyr et l'évesque de Damiette, et leur clergié, lesquels disoient lé \u201cservice des morts.Mais ilz estoupoient leur nez pour la puanteur.\u201cOres oncques ne feut vu au bon roy Louis estouper le sien, tant le \u2018\u201c\u201cfesoit fermement et dévotement.\u201d N\u2019empêche que le baron Gros (1) a immortalisé la légende, car tel est le prestige de l\u2019art: des fictions, il fait d\u2019éternelles vérités.Les personnages d'Homère n\u2019ont sans doute jamais existé, et ils sont plus vrais dans la mémoire des hommes que ceux de l\u2019histoire.Roland et Roncevaux sont sortis du cerveau d\u2019un trouvère inconnu pour vivre (1) Le peintre Gros, après avoir peint la coupole du Panthéon, reçut de Louis XVIII le titre de baron. +14 L'UNION MÉDICALE DU CANADA à jamais dans la gloire.Le Cid de l\u2019histoire n'était qu\u2019un détrousseur de grands chemins.Mais 11 est un point plus grave.S'il est faux que Bonaparte ait touché les pestiférés de Jaffa, est-il vrai qu\u2019il les ait fait empoisonner en évacuant la ville ?Thiers dit que c\u2019est une indigne calomnie.D\u2019autres l\u2019affirment, malheureusement avec témoignages à l\u2019appui.D\u2019après eux, Bonaparte proposa à Desgenettes (1) de leur administrer une forte dose d\u2019opium, et l\u2019illustre chirurgien refusa en disant: \u201cMon métier est de guérir les hommes, non de les tuer\u201d Ce fut le pharmacien Royer qui s\u2019en chargea- Marmont, dans ses mémoires (t.IT, 12), confirme le fait et l\u2019excuse sous couleur d'humanité.Bourrienne (II, 262) est très affirmatif.\u201cJe ne puis pas dire que j'aie vu donner la potion, je mentriais; \u201cmais je sais bien positivement que la décision a été prise et a dû être \u201cprise après délibération, que l\u2019ordre en a été donné et que les pestiférés \u201csont morts.Quoi! ce dont s\u2019entretenait, dès le lendernain du départ de \u201cJaffa, tout le quartier général, comme d\u2019une chose positive, ce dont nous parlions comme d\u2019un épouvantable malheur, serait devenu une \u201ctaroce invention pour nuire à la réputation d\u2019un héros!\u201d Chateaubriand ajoute à ces témoignages ceux des écrivains anglais trop suspects pour faire autorité.Au fond, c\u2019est peut-être Marmont qui a raison.Il ne faut pas oublier le sort qui attendait ces malheureux abandonnés par l\u2019armée en retraite aux horribles représailles des Turcs.Bonaparte (et c\u2019est une des plus vilaines pages de son histoire, car il n\u2019était pas cruel), après avoir emporté Jaffa d\u2019assaut, ordonna le massacre de la garnison évaluée environ à deux mille hommes.Il v eut des scènes atroces dont Miot, témoin oculaire, a fait un récit frissonnant, et qui épouvantèrent Larrey lui-même si rompu qu\u2019il fût aux horreurs des champs de bataille.On comprend que les pestiférés français demeurés à l\u2019hôpital ne pouvaient pas manquer d'être livrés aux pires supplices et finalement égorgés par une population si ef- royabllement provoquée.Le lourd sommeil de l\u2019opium r\u2019était-il pas pour eux un acte d'humanité?On voit que cet épisode nous ramène à l\u2019insoluble posé par la médecine: \u201cOui ou non, est-il des cas où le \u201cmédecin a le droit, sinon le devoir, d\u2019abréger les souffrances d\u2019un \u201cmoribond et de lui épargner les tortures d\u2019une mort inévitable ?\u201d Chacun, suivant sa conscience, agira comme il voudra.Mais que ceux qui se récrient et répondent par la négative, nous disent alors comment ils définissent la pitié.(2) (1) À propos de Desgenettes, rappelons sa curieuse Histoire médicale de l'armée d'Orient, (2) Nous laissons à l\u2019auteur Tentière responsabilité de cette opinion.N.D.L.R. i NECROLOGIE LE DOCTEUR A.-F.JEANNOTTE mV I docteur A.-F.Jeannotle, professeur a U'Université Lain val, et médecin en chef de la Société des Artisans \u2018 Canadien -Français, est décédé, le 20 juin 1918, à sa résidence, 391, rue Visitation, Montréal, à l\u2019âge relativement peu avancé de 57 uns et 6 mots.J'ai connu très intimement le Dr Jeannotte.Depuis huvt an, j'étais l\u2019un de ses collègues au Bureau médical des Artisans Canadiens-Francais.Tous les 15 jours, nous travartions quelques heures en commun.I 1 s\u2019est ainsi créé, entre nous, des liens qui durent au-delà de la tombe.Maintenant qu\u2019il n\u2019est plus, sù j'avais à signaler aux jeunes médecins un modèle de vie professionnelle actwve, dévouée, altruiste, pleine de foi et d'oeuvres, je leur signalerais la vie du docteur A.-F.Jeunnotte.La plupart s'en étonneraient peut-être.C\u2019est que la vie de ce médecin, \u2018sans réclame ni façade, s\u2019est écoulée humblement, inapercue de la foule, sans bruit comme la vie de ceux qui passent en faisant le bien.Elle n\u2019a pas même été interrompue brusquement.Depuis plusieurs mois elle s\u2019est éteinte petit à petit.Terrassé en pleine activité, Jean- notte s\u2019est rendu compte, dès le premier instant, du mal fatal.Il a envisagé la mort de sang-froid.Il s\u2019y est préparé.Il est mort comme il a vécu: croyant à l\u2019éternité.Le 12 mars, lors de notre première réunion bi-mensuelle, à l\u2019im- meuble des Artisans, 20 rue St- Denis, je trouvai Jeunnotte à son poste mais changé, amatgri, fiévreux, en pleine évolution du mal qui l\u2019a emporté.Il connars- sait l\u2019origine de ce mal.Il mois l\u2019a racontée.En médecin, à.exigeu que nous confirmions son diagnos- lique.Nous fimes davantage.\u2014Jeunnotte, lui dis-je, vous êtes fatiqué, déprimé, frévreux.Quittez tout travail.J'ai actuellement des loisirs.Je vous remplacerai du mieux que je pourrai.Ainst fut-il entendu.Jeannotte devait faire quelques visites en ville, et se mettre au repos, le soir même.La première nouvelle que j'en eue, après cette réunion, c'est qu'il était alité depuis pluseurs jours, en pleine évolution de fie- vre typhoïde confirmée et tenace.Durant les mois qui suivirent, j\u2019allai le voir, assez régulièrement.Chaque fois, sa façon de réagir m'inspirait des craintes. J'en causar longuement, à pluseurs reprises, avec son médecin le docteur Riopelle, qui l\u2019a traité avec autant de dévouement que de science avertie.Au fort d\u2019une crise cardiaque, exactement le RE avril, je l'an noté dans le registre médical des Artisans, le docteur Dubé fut appelé en consultation.On fit ce que Von pitt; tout ce que l'on put.La science n\u2019a encore ressuscité personne.Le cadre était rempli.La vie devait s\u2019éteindre.Vous savez le reste.Lt du 12 mars au 20 juin, Jeannotte s\u2019est vu tout doucement s\u2019en aller.T'ous-les jours, jusqu\u2019au dernier, lui-même comp- lait les pulsations de son coeur et motait sa température.Une seule fois, ol m'a dit: \u201cJe n\u2019ai guère d\u2019espéranice\u201d.Même en disant cela il n\u2019était pas triste.La bonté faisait le fond de son caractère.Et il étuit parvenu, je le sais parce qu\u2019il me l\u2019a confié, à vaincre une certaine tristesse native persistante, en s\u2019obligeant lui-même à toujours sourire.| Y a-t-il au monde quelque chose de meilleur que de s\u2019entendre dire des choses, peu importe lesquelles, par un homme bon qua sourit?Voila qui explique pourquoi sa parole étuit tant prisée, ses conseils tant recherchés.Jeannotte avait fait des études sérieuses.En dépit d\u2019une forte clientèle, il était resté fidèle à certaines heures de recherches et de réflemon.Ses jugements s\u2019appuyaient toujours sur des raisons.Non pas qu\u2019il méconnut le sentiment.Bien au con- trawe.Mais il était droit et juste, et il le fut, partout et tou- Jours, en dépit de circonstances atténuantes, de son sentiment personnel, et peut-être bien, parfois, de- sollicitations intéressées.Il avait une chentèle fournie.Il ne la négligea jamais.Sa chentèle fut toujours sa principale affaire.Mutualiste fort distingué, par goût et par aptitude, nullement par antérêt, al rendit assurément à ses compatriotes d\u2019immenses services.C\u2019est lui qui organisa sur une base scientifique le Bureau médical des Artisans.Je lui rends témoignage de n\u2019avoir jamais autrement influencé le jugement de ses collèques que par des raisons appuyées sur la science, des faits ou des statistiques.Ion pourra trouver qui le remplacer à ce poste.Nul ne le surpassera au point de vue de la science bien entendue, et des intérêts de la Société des Artisans Canadiens-Français.Jeannotte était Canadien dans l\u2019âme.Il aimait son pays plus que tout autre pays.Il était Français par atavisme et par éducation.Il était catholique convaineu.Il vécut sa foi.Sans ostentation mais avec persistance, al prit part a toutes les oeuvres paroussiales qua naquirent chez lui.Chaque année, en dépit de sa clientèle, de ses occupations diverses et de ses oeuvres, il allait faire une retraite fermée à la Villa St-Martin.Quand la mort vint, elle le trouva, ainsi qu'il fut toute sa vie, calme et souriant.Meureux les morts qui meurent dans le Seigneur! Dr JOSEPH GAUVREAU."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.