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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1917-03, Collections de BAnQ.

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[" l\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DK CHAQUE MOIS ntl] oa mm PUBLIEE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 4\u20ac, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chet Vol.XLV1 ler MARS 191 No3 OBSERVATIONS CLINIQUES (1) Complications cardio-arterielles au cours de la fièvre typhoide \u2014 pneumonie et pression arterielle.Par le Dr J.-E.DUBE, Professeur de Phtisiothérapie.Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.Je voudrais, messieurs, au cours des quelqeus observations suivantes faire ressortir quelques points saillants qui m\u2019ont paru présenter un intérêt tout particulier, et cela, soit dans le diagnostic ou le traitement de chacun des.malades dont je me propose de vous entretenir.Je crois de plus en plus que presque toutes les erreurs de diagnostic découlent d\u2019un examen mal fait.Tantôt c\u2019est le malade qui ne veut pas se prêter à un examen minutieux, ou encore le médecin qui ne peut ou ne veut pas prendre le temps nécessaire pour se bien renseigner.J\u2019aime mon service d'hôpital pour mon contact quotidien avec les autres cliniciens et particulièrement avec les élèves, parce qu\u2019à cause des uns et des autres je ne voudrais rien négliger auprès de mes malades pour les mieux connaître et les mieux traiter.Depuis vingt ans que je vois des malades, je n\u2019en suis pas encore arrivé à faire des diagnostic du bout du nez ou en clignant des yeux.Quoique je ne fasse plus d\u2019accouchement depuis des années, que je n\u2019aie jamais touché au couteau de chirurgien, que je fasse de la (1) Présentées à la Société Médicale de Montréal, séance du 6 février 1917. 110 L'UNION MÉDICALE DU CANADA médecine d'hôpital et de consultation, je suis toujours hanté rar la crainte de faire une erreur de diagnostic.Jai l'habitude d'appeler à mon aide les laboratoires de chimie et de bactériologie, aussi bien que le département de radiographie de l'hôpital et je n\u2019ai eu qu\u2019à m\u2019en féliciter.J'ai un tel respect de la vie des autres que j\u2019offre toujours à mes clientz les avantages d\u2019une consultation avec un confrère.J'aime mieux ne pas attendre qu\u2019on me le demande, Je sais de plus que des gens craignent que leur médecin ne s\u2019en formalise: c\u2019est vrai, mais pas toujours.J'ai adopté une habtiude, que je crois assez avantageuse, auprès des malades gravement atteints.Chaque fois que la famille ne trouve pas à propos d\u2019appeler un consultant, je m\u2019appelle moi-même en consultation.C\u2019est un procédé que je vous conseille si vous ne le connaissez déjà.| Je questionne le malade à nouveau sur le début de la maladie .ainsi que sur les symptômes subséquents qu\u2019il présenta avant mes premières visites.Dans plusieurs occasions, j'ai constaté, par un nouvel interrogatoire quelques petits détails oubliés et bien précieux.Puis je procède à l\u2019examen de mon malade au point de vue subjectif et objectif.J\u2019analyse à nouveau les urines, ete, etc.Cet examen, que je m\u2019efforce de rendre aussi sérieux que le premier, confirme ou infirme mon diagnostic.Dans les cas graves de typhoïde, de pneumonie, de pleurésie et autres infections, je m\u2019appelle en consultation assez souvent et toujours avec bénéfice pour mes malades.| Le médecin qui fait un bon diagnostic de typhoide ou de pneumonie et qui n\u2019observe plus, de jour en jour, que la marche de la température et du pouls s\u2019expose à des surprises désagréables.Ainsi que je le répète souvent à mes élèves: ce n\u2019est pas tant la fièvre typhoïde ou la pneumonie qu\u2019il faille craindre, autant que les complications cardiaques intestinales ou rénales qui peuvent survenir au cours de l\u2019une ou l\u2019autre de ces affections.Il n\u2019y a que le médecin averti qui les dépistera assez tôt pour être utile à son client qui ne peut, lui, le prévenir des méfaits accomplis dans te! ou tel organe par les germes, ses plus terribles ennemis du moment.Complications cardio-artérielles survenues au cours de la fièvre typhoide J'ai sonvent l\u2019occasion de voir des malades porteurs de lésions du coeur et de l\u2019aorte. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 111 Nous avons trop l\u2019habitude de ne penser qu\u2019au rhumatisme comme cause des maladies valvulaires, sa grande fréquence reste quand même notre excuse.Mais il faut craindre l'endocardite, comme la myocardite, la péricardite et l\u2019aortite même au cours de toute les infections aiguës.Les médecins savent l\u2019affinité de la syphilis pour l\u2019aorte, aussi je ne m\u2019y attarde pas.Mais que la rougeole, la scarlatine, la diphtérie, la variole, la pneumonie, la typhoïde et la fièvre puerpérale attaquent au coeur et à l\u2019aorte, voilà ce qu\u2019il ne faut pas oublier.Il y a quatre ans environ, je voyais, avec le Dr LeSage, un jeune garçon de 13 ans fils d\u2019un de nos amis et atteint d\u2019une typhoïde très grave.Cet enfant présenta à un moment des accidents cardio- aortiques très graves, à tel point que nous avons craint pour ses jours.Il fit une endo-myo-péricardite avec asystolie et oedème prononcés.L\u2019aorte fut également touchée comme on pouvait le constater par la matité large retro-sternale de la région aortique.Des stimulants du coeur et des reins, de la glace sur la région cardiaque avec le repos le plus complet vinrent à bout de cette grave complication.Le jeune homme est aujourd\u2019hui grand et bien portant sans signes cliniques du côté du coeur faisant voir la lutte terrible que cet organe eut à soutenir.Je crois tout de même que ce jeune homme porte un coeur pour le moins légèrement hypothéqué.Deux malades de la salle Sainte-Vierge, Hôtel-Dieu, entrées toutes deux dans mon service avec de la fièvre typhoïde, Je ne crois pas utile de donner ici de longs détails sur l\u2019évolution de cette maladie d\u2019intensité moyenne dans les deux cas.Ce ne fut qu\u2019au \u2018cours d\u2019examens répétés, tels que jai recommandés ci-haut, soit pour me renseigner moi-même ou encore pour habituer mes élèves à l\u2019examen des organes chez les malades qui leur sont donnés en soin, que j'ai remarqué une accélération du pouls avec fièvre pourtant moins élevée que précédemment; par exemple, un pouls à 120 et 130 avec température à 100 ou 101 alors que le pouls - était à 90 ou 100 avec une fièvre de 102 et 103 une ou deux semaines auparavant.Cette constatation attira mon attention sur la possibilité d\u2019une complication cardio-vasculaire.Or, dans ces deux observations, chaque fois j'ai pu constater une dilatation marquée de l\u2019aorte thoracique.La matité retro-sternale était de 3 à 4 trravers de doigts.Je pouvais sentir les battements de la crosse de l\u2019aorte dans la fourchette sternale, ainsi que les battements de la sous-claviaire drotie surélevée. 112 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Dans les deux cas, j\u2019obtins une radiographie qui confirma nettement le diagnostic d\u2019aortite aiguë.J\u2019ai encore dans mon service, salle Saint-Joseph, un jeune enfant de 8 ans chez qui j\u2019ai constaté, toujours au cours de fièvre typhoïde, une dilatation de l\u2019aorte confirmée par la radiographie.Il est encore sous observation.Mes deux autres malades sont parties, ne voulant pas rester plus longtemps à l\u2019hôpital.Dans ces trois cas j'ai employé la digitaline à petites doses avec sac de glace en permanence sur la région aortique.J\u2019ai gardé ces malades au lit longtemps après disparition de la fièvre et du pouls rapide.Mon petit malade est encore au lit.J\u2019ai pour habitude de conseiller une longue convalescence après la typhoïde.Je la prolongerais encore chez ces typhiques porteurs d\u2019aortite, afin de mieux permettre la réparation de la paroi aortique lésée.La station verticale, le travail, des efforts nuiraient à cette réparation et l\u2019aortite pourrait passer à l\u2019état chronique.Dans aucun de ces cas notre attention n\u2019a été attirée par le symptôme douleur.Seules la vtiesse subite du pouls et la matité aortique nous ont mis sur la piste.Qu\u2019adviendra-t-il de ces malades ?Ni l\u2019un ni l\u2019autre ne présentent, actuellement du moins, de souffle de sténose ou d\u2019insuffisance aortique.Je les considère cependant comme des hypothéqués du coeur et je leur ai donné des conseils en conséquence.II.PRESSION ARTERIELLE ET PNEUMONIE J\u2019ai eu l\u2019occasion dernièrement d\u2019observer quelques cas de pneumonie chez des personnes âgées.On sait combien cette maladie est insidieuse et traîtresse chez les vieillards.Que de fois ces malades meurent sans avoir manifesté leur pneumonie autrement que par un peu de faiblesse, de somnolence ou peut-être une toux légère.Pas de gros frisson, ni violent point de .côté, pas de fièvre élevée ni de pouls rapide, pas de toux ni expectoration rougeâtre comme chez les adultes d\u2019avant la cinquantaine.Aussi notre saison d\u2019hiver est terrible pour les vieillards qui ne sont pas entourés de tous les soins que nécessite leur âge.Une première malade venue de très loin à la troisième crise d\u2019asystolie, avait dû faire quinze milles en voiture pour venir prendre son train à la gare la plus rapprochée.Elle dut prendre froid, car à son arrivée à l\u2019Hôtel-Dieu, au cours de janvier, elle toussait et avait de L'UNION MÉDICALE DU CANADA 113 la fièvre, Agée de 65 ans, elle présentait de l\u2019anasarque généralisée.Les urines rares présentaient de l\u2019albumine.Pas de souffle au coeur, qui était gros et dilaté, Oedème aux deux bases pulmonaires avec hydrothorax à gauche.Elle fut purgée et soumise au traitement pa: la digitaline.La pression artérielle était alors de 155, pression systolique, et de 120, pression diastolique; le pouls rapide, 130 a 140, et irrégulier.Le lendemain une saignée de 700 grammes la soulagea quelque peu et le surlendemain une ponction de la plèvre gaucne enlevait un litre de sérosité lui apportait un nouveau soulagement.Mais les urines continuaient à être très rares et les oedèmes augmentaient.Je lui piquai alors 0.50 centigrammes de caféine 4 fois par jour avec de très bons résultats.La pression systolique monta, peu à peu à 200 et la diastolique à 120.| Avec cette haute pression les urines augmentèrent considérablement.Après trois ou quatre jours je constatai une zone d\u2019hépatisation à la partie postérieure de la base gauche avec souffle tubaire et râles crépitants: ma malade faisait une pneumonie.La caféine fut continuée de jour en jour, lorsque, enfin, ma malade présenta beaucoup d\u2019agitation, je crus bon alors de cesser ce stimulant du coeur et des reins.La malade s\u2019apaisa, les urines continuèrent abondantes, et la pression artérielle restait élevée, lorsque tout à coup elle s\u2019abaissa l'après-midi à 130 pression systolique ct 75 pression diastolique.Le matin, je l\u2019avais trouvée élevée comme la veille.La caféine fut reprise mais en vain.Ce fut inutile, elle mourut le soir même._ Je crois que j'aurais dû continuer ma caféine chez cette malade malgré son agitation jusqu\u2019à la crise finale de la pneumonie.C\u2019est ce que j'aurais fait chez elle, mais à Vhôpital les malades voisines se plaignent lorsqu\u2019une d'entre elles les gênent pendant leur sommeil et l\u2019on =@ voit obligé, parfois, de faire des modifications désastreuses dans un traitement qui aurait conduit à la victoire.Une autre malade âgée de 75 ans prit froid une après-midi en allant, un jour de très grand froid de janvier, faire visite à une amic.Je fus appelé deux jours après ct bien malgré son désir.Elle ne se disait pas malade.Je la trouvai au lit avec fièvre à 101° F., un pouls à 90, et c\u2019est tout.Aucun signe manifeste du côté de ses poumons: surtout pas de toux.C'était un samedi.Or.le lundi suivant je trouvai une matité an 114 L'UNION MÉDICALE DU CANADA sommet gauche avec souffle tubaire léger, petits râles crépitants à la toux seulement.Mais elle ne toussait pas ni ne crachait.La pression artérielle était depuis le début de 155 pression systolique et 110 pression diastolique.J\u2019essayai de stimuler son coeur par de la digitaline dans le but d\u2019augmenter les urines qui étaient peu abondantes et contenaient des traces d\u2019albumine.Elle la supporta mal ayant des vomissements.J\u2019eus alors recours à l\u2019huile camphrée à la dose de 10 c.c.toutes les 5 heures en alternant avec la strychnine, 1/50 grain.La malade se releva aussitôt.La pression artérielle se releva et resta bonne.Elle eut, le samedi suivant, une amélioration marquée dans son état avec crise urinaire.Je crus que tout était bien fini et qu\u2019elle rentrerait en convalescence, mais le lendemain la fièvre reprenait et le surlendemain matité au sommet droit.Elle faisait donc une nouvelle pneumonie qui évolua normalement.J\u2019ai pratiqué un abcès de fixation sur les deux cuisses au cours de la première pneumonie.Un seul présenta une bonne réaction.Je m\u2019empressai d\u2019en provoquer un autte dès les premiers jours de la deuxième pneumonie.Cette fois l\u2019injection de thérébentine provoqua un abcès qui s\u2019est ouvert ces jours derniers.- J'ai donné beaucoup de soin à cette malade et trois fois par jour j'ai pris sa pression artérielle qui est toujours restée excellente.Aujourd\u2019hui ma malade va très bien.Dès les premiers jours de sa maladie, alors que son état était très mauvais avec vomissement et urines rares, je me servis de l\u2019appareil Murphy avec des avantages signalés pour la rtalade. OBSERVATION CLINIQUE (1) ICONTUSION DU REIN Par M.le Dr B.G.BOURGEOIS, Professeur de clinique chirurgicale à l'hôpital Notre-Dame La pièce que je vous apporte ce soir provient d\u2019un malade, âgé de 34 ans, qu\u2019il m\u2019a été donné d\u2019observer récemment et qui a présenté l\u2019histoire dramatique suivante : Blessé vers les dix heures du soir dans un accident d\u2019automobile, il se relève seul, marche chercher du secours à la maison voisine, distante d\u2019une centaine de pieds, puis il rentre chez lui, vers les trois heures du matin, après s\u2019être fait panser une contusion du thorax droit avec fractures de quatre côtes.Quoique \u201csouffrant un peu de ses côtes brisées\u201d il ne se sent pas trop mal et se couche sans appréhension.Son état ne tarde pas à s\u2019aggraver ; il endure bientôt des douleurs considérables dans tout le ventre, vers 7 heures du matin il émet des urines sanguinolentes et je le vois, vers midi, en compagnie de mon \u201cestimable confrére et ami M.le docteur Fournier.Nous le trouvons alors en état de sub-conscience, haletant, supporté sur des oreillers en position demi-assise.La face est pâle, anxieuse, une ecchymose de P\u2019oeil droit avec contusion du front et saignement par le nez ajoute a la lividité du visage.La respiration est superficielle, saccadée, pénible.Le pouls petit, presqu\u2019imperceptible, bat à 140.Le ventre est fortement, très fortement ballonné, dur.La palpation y révèle une sensibilité diffuse mais plus marquée au flanc et à l\u2019hypocondre droits.La percussion ne décèle aucune matité localisée, aucune masse ni empâtement dans les flancs.Les urines sont rares, uniformément rouges.Le malade est en état de choc intense et nous ne croyons pas d\u2019abord à la possibilité de le secourir par une intervention chirurgicale ; ce serait folie que d\u2019ajouter un choc opératoire à celui qui existe déjà et qui maintient notre blessé aux portes du tombeau.Nous le transportons d\u2019urgence à l\u2019hôpital où une première (1) Présentée à la Société Médicale de Montréal le mardi 6 mars 1917. 116 L'UNION MÉDIVALE DU CANADA injection de sérum dans les veines améliore notablement ce tableau pourtant si sombre.Vers 4 heures, notre malade est plus calme, son pouls, mieux frappé, est descendu à 110 pulsations.Mais cette amélioration n\u2019eg que passagère et pendant la demi-heure que nous l'observons, le cdeur reprend graduellement de la vitesse et faiblit, l\u2019agitation ré-apparaît en même temps que s\u2019affirme maintenant, dans le flanc droit, une tumeur qui grossit: l\u2019hémorrhagie se continue et la so:ution saline que nous avons injectée, passe graduellement dans la loge péri-rénale.Nous comprenons, et la famille aussi, que ce malheureux est perdu si nous n\u2019arrivons pas à faire l\u2019hémostase immédiate.Je profite donc du secours apporté par une nouvelle injection de 1000 cc.de sérum et je fais à 5 heures une néphrectomie rapide.L\u2019incision lombaire conduit sur un hématôme énorme qui descend jusque dans le bassin en refoulant le péritoine et repousse en haut le diaphragme.La capsule fibreuse est totalement décollée et distendue par des caillots; elle présente une brèche par laquelle s\u2019est faite l\u2019inondation de la fosse péri-rénale.Le rein, de volume normal et de forme régulière, présente sur sa face postérieure, à l\u2019union du tiers moyen et du tiers supérieur, une déchirure transversale et profonde qui contourne le bord interne au niveau du hile et intéresse à la fois la base du bassinet et des vaisseaux du hile pour remonter sur la face antérieure: c\u2019est ici que la blessure saigne encore.En plus de cette déchirure principale et parallèlement à celle-ci et les unes aux autres une série de petites contusions superficielles ot linéaires, vraisemblablement produites par le tassement des éléments rénaux ou par la coudure forcée du pôle supérieur.| La réparation de la grande déchirure est, il me semble, facile à Téaliser en tissu rénal mais la blessure du bassinet l\u2019est moins ct Pétat du malade ne me permet pas des essais de plastique parfois longs et difficiles.Je dois donc sacrifier l\u2019organe aux exigences de la situation.Quelques points et un bon tamponnement à la Mickuliez assurent l\u2019obturation de la plaie.>, Les stimulants de toutes sortes (huile camphrée à doses massives.pituitrine S.1 ec.ce, inhalations d\u2019oxygène continuées unc partie de la nuit, goutte à goutte d\u2019eau sucrée dans le rectum avec l'appareil de Murphy) parvinrent à ressusciter mon malade moribond et sur lequel, vraiment, je comptais moins encore en quittant la salle d\u2019opération qu\u2019à aucun moment auparavant.Le lendemain matin la situa- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 117 tion devenait déjà moins sombre, elle n\u2019a pas tardé à s\u2019améliorer franchement.Au 6e jour toutefois, un phlegmôn grave se déclare; les tissus meurtris par le traumatisme deviennent turgescents, durs, la peau rougit et prend l'apparence d\u2019une infiltration par l\u2019urine ; les lèvres de la plaie laissent suinter un liquide sanieux à odeur de gangrène.La température monte à 105°, le pouls redevient mauvais et la langue sèche.Les points sont immédiatement enlevés et la plaie béante, traitée par des pansements avec une solution de sel à 5% (Wright), se nettoie rapidement.Les aponévroses et le tissu cellulaire, frappés de gangrène, s'éliminent, lès granulations rouges se montrent actives et aujourd\u2019hui notre malade est debout; il doit quitter l\u2019hôpital dans quelques jours avec une plaie guérie.Le rein gauche fait bien sa double besogne; il donne tous les jours de 1500 à 1800 c.c.de bonne et belle urine et notre malade ne conserve d\u2019autre ennui de son aventure que al pensée constante de n\u2019avoir plus qu\u2019un rein pour supporter les assauts que lui réservent les années à venir.Le rein est un organe bien protégé, c\u2019est ce qui explique que, malgré sa friabilité, il soit si rarement blessé, On n\u2019a rencontré la contusion rénale que 10 fois chez 7741 accidentés (Kuster).La portion abdominale du thorax qui enchâsse 1\u20ac rein sur les côtés, la colonne vertébrale et le ligament fibro-aponévrotique de Henlé en arrière, des masses musculaires puissantes écartent déjà un bon nombre des coups qui lui sont destinés.Mais l\u2019atmosphère graisseuse qui l'enveloppe et qui est si considérable parfois, chez l\u2019adulte surtout, lui crée un coussin moelleux et élastique qui amortit les secousses et diffuse les pressions tandis que la sangle péritonéo- intestinale, qui le supporte en avant, laisse à l\u2019organe un peu de mobilité, qui lui, permettant de ze dérober, diminue encore sa vulnérabilité.Mais il n\u2019y a pas de cuirasse sans défaut et.malgré ce déploiements intéressant de défenses, le rein est de temps en temps victime d\u2019agressions.Ce sont surtout les violences exercées directement sur le thorax ou le flane qui sont responsables des lésions rénales: coups de pied, ruades, chutes sur des corps étroits ou anguleux.Il arrive alors qu\u2019un fragment de côte brisée vienne embrocher l\u2019organe ou que ce 118 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dernier soit directement écrasé sur les vertèbres par \u2019agent vulnérant qui pénètre jusqu\u2019à lui.Les causes qui déplacent brusquement la pression intra-abdomi- nale comme le passage d\u2019une roue de voiture sur l\u2019abdomen ou,une châte sur le ventre peuvent, en refoulant le rein, le jeter sur le ligament de Henlé qui le sectionne ou sur les apophyses transverses qui le déchirent.Cette déséquilibration soudaine peut encore imprimer au rein un mouvement de bascule qui, par torsion, arrache le pédicule ou hile ou par modification de sa forme, tassement brusque, incurvation trop prononcée, détermine son éclatement.Il y a la théorie hydraulique de Kuster que Tuffier a reprise après lui et dont il a bien illustré le mécanisme au moyen de l\u2019expérimentation.Cette théorie fait porter à la pression des liquides dont est gorgé le rein la responsabilité de sa grande friabilité.Tuffier prend deux reins de même volume et de même qualité, l\u2019un est vide, les vaisseaux de l\u2019autre sont remplis d\u2019eau et attachés, il laisse tomber les deux sur le parquet d\u2019une même hauteur: le premier résiste au choc, le second éclate en morceaux.Cette théorie hydraulique de Kuster et de Tuffier est en quelque sorte superposable à \u201cl\u2019explication hydrostatique\u201d des délabrements incroyables créés, dans le cerveau et sur la boîte cranienne, par les petits projectiles à grande vitesse, si bien mise en lumière par les constatations et les enseignements de a guerre actuelle.La force du projectile, qui pénètre un crâne, ne se fait pas sentir seulement dans la projection de l\u2019axe de direction du projectile lui-même, comme cela a lieu à travers les objets ordinaires, mais, en vertu de la consistance semi-liquide du cerveau, cette force agit en plus suivant la direction centrifuge des ondes liquides et s\u2019applique, à la fois, sur tous les éléments de la masse cérébrale et sur tous les points de la voûte crânienne.Et cette force grandit en raison directe de la vitesse, acquise avec laquelle le projectile frappe le cerveau; il en résulte ces éclatements parcellaires sous-cutanés du crâne, avec petits orifices d\u2019entrée et de sortie du projectile, qui sont presque toujours mortels.C\u2019est l\u2019application de la théorie hydraulique qui, peut-être, a permis de faire intervenir dans la contusion rénale l\u2019action éloignée de certaines causes que l\u2019on ne pouvait autrement rattacher à cette lésion comme par exemple: les chutes sur le siège ou les pieds, la contraction musculaire brusque et violente: Un monsieur glisse sur L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 119 la chaussée.Il fait un violent effort pour rétablir son équilibre et rentre chez lui avec une contusion du rein qui doit être opérée, etc.Quelle conduite doit tenir le médecin en présence d\u2019une contusion rénale ?Un bon nombre de ces contusions sont susceptibles de guérir spontanément, mais il en est d\u2019autres pour lesquelles une intervention chirurgicale est nécessaire si Pon veut parer a des accidents immédiats (comme chez notre malade), ou si l\u2019on veut prévenir des complications plus tardives mais aussi sérieuses.Mais comme il n\u2019est pas, la plupart du temps, possible d\u2019établir quels sont les cas qui vont guérir et quels sont ceux qui ne guériront pas, je crois que les accidentés du rein profiteront davantage de la prévoyance systématique des \u2018interventionnistes que de l\u2019optimisme des temporisateurs.En effet, l\u2019acte chirurgical tel qu\u2019on le pratique aujourd\u2019hui est à peu près inoffensif ; il n\u2019empêchera donc pas de guérir les cas qui auraient pu le faire sans son concours, mais il guérira en plus un bon nombre de ceux pour lesquels une opération était nécessaire.Et le nombre de ses succès sera d\u2019autant plus grand qu\u2019il est appliqué à bonne heure, avant que se soit infecté un hématôme, que se soit étendue une infiltration d\u2019urine, que se soit établie la périnéphrite avec ses suppurations interminables et ses fistules ennuyeuses, qui conduisent presque toujours à la néphrectomie secondaire.L\u2019intervention précoce, en plus qu\u2019elle pare aux accidents que je viens d\u2019énumérer, présente encore l\u2019avantage précieux d\u2019être souvent plus conservatrice que l\u2019opération tardive.Elle permet de tenter et de réussir des réparations qui n\u2019auraient aucune chance de succès en milieux infectés et bien des reins sont enlevés au dixième, quinzième ou trentième jours qui eussent pu être sauvés par quelques points de suture après l\u2019accident.On peut rencontrer tous les degrés dans la contusion rénale, depuis les ecchymoses sous-capsulaires jusqu\u2019aux grands émiettements et aux destructions complètes de l\u2019organe.Tuffier a démontré que les lésions de la couche corticale qui respectent les calices et le bassinet, \u2014 hématôme sous-capsulaire avec parfois décortication complète, hématôme du parenchyme, \u2014 ne s\u2019accompagnent ras d\u2019épanchement d\u2019urine.Je comprends done que l\u2019on peut escompter leur guérison spontanée, mais à la condition que la flore intestinale du colon voisin ne vienne pas ensemencer l\u2019excellent milieu de culture que sont l\u2019hématôme ct les tissus meurtris.Mais si la déchirure a ouvert les voies urinaires et si à l'épanche- 120 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ment de sang s'ajoute celui de Purine, les chances sont très fortes pour l\u2019infection d'abord et l'intoxication ensuite.Le pronostic de la contusion du rein, convenablement traitée, est assez favorable.I! reste subordonné toutefois à la co-existence de lésions d\u2019autres organes importants.Celles-ci sont en effet fréquentes.Le foie et la rate sont des,organes délicats à cause de leur texture anatomique, toujours fortement gorgés de sang, contre lesquels cer- talnement on peut invoquer la loi de la théorie hydraulique.Ils occupent de plus dans le ventre le voisinage immédiat des reins; rien de surprenant que soumis aux mêmes causes ils subissent les nm'êmes effets.L\u2019estomac et l\u2019intestin, distendus par les liquides ou gonflés par les gazs, ressentent souvent très sérieusement les violences auxquelles ils sont plus exposés et l\u2019épanchement dans la cavité péritonéale de leur contenu septique détermine des complications fatales à brève échéance.Il est donc important que les lésions du ventre ne soient.pas méconnues, car si elles assombriszent le pronostic de la lésion rénale, elles réclament pour elles-mêmes un traitement encore peut-être plus impéricusement chirurgical. Cours de thérapeutique appliquée Le régime alimentaire dans les maladies organiques (1) Par M.DAMIEN MASSON, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, ancien Moniteur à la Faculté de Médecine Catholique de Lille, Professeur de Thérapeutique appliquée à la Faculté de Médecine Laval, à Montréal.(1) N.D.L.R\u2014Nous sommes heureux de publier, ici même, la le- con inaugurale du professeur Masson, chargé des cours de Thérapeutique appliquée.La lecture en est attrayante êt le texte fourmille de renseignements utiles à retenir par nos jeunes élèves qui seront demain, des médecins.Nous ajoutons que les médecins plus âgés en profiteront s\u2019ils veulent bien lire a:tentivement ce travail très-«documenté.Nous ignorions, jusqu\u2019à ces jours derniers, que ces cours avaient été inaugurés.La Faculté de Médecine avait négligé de.nous en prévenir D'ailleurs, elle l\u2019ignorait peut-être elle-même, si l\u2019on songe qu'aucun men- bre du Conseil n\u2019était là, pour présenter officiellement le nouveau professeur à ses élèves et leur démontrer le but qu\u2019elle à voulu atteindre en créant cette nouvelle chaire.Le Conseil de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval, see- tion Montréal\u2014a décidé d'établir une chaire & Thérapeutique Ap- liquée et il lui a plu de nous en confier la direction.L\u2019opportunité d\u2019une telle chaire est apparente à tous ceux qui exercent déjà leur profession; elle doit l\u2019être également à vous, mes bons amis, praticiens de demain, qui vous efforcez chaque jour de fortifier votre armature pour l\u2019interminable lutte contre les maux physiques de toutes sortes qui assiègent l\u2019humanité.Quant au titulaire nous n\u2019en discuterons pas le choix.Nous nous contenterons de dire tout simplement qu\u2019il aurait été très facile d\u2019eu trouve: un plus digne, un mieux qualifié.Nous n\u2019apprécions pas moins l'honneur qui nous arrive et nous tenons à répéter, devant vous, à notre vénéré doyen et à ses distingués collègues notre profonde gratitude pour ce témoignage incontestable de haute confiance.Ancien élève de Lille et de Paris, notre pensée se reporte forcâ- ment, à cette hzzre de notre vie, vers les maîtres aimés qui nous ont, avec un empressement généreux et continu, fait profiter de leur savoir et de leur expérience.De notre succès, aussi humble soit-il, ils sont les premiers responsables.À chacun de nos professeurs d\u2019antan 122 1 UNION MEDICALE DU CANADA, nous adressons en ce moment l'expression de notre souvenir ému et de notre attachement inaltérable.A ceux, parmi eux, qui souffrent momentanément du joug d'un opresseur cruel et barbare nous disons notre cordiale sympathie, faute de ne pouvoir leur être autrement utile, et notre espoir d\u2019une libération prompte pour leur personne, d\u2019une victoire prochaine, éclatante et durable pour leur contrée, la France toujours noble et glorieuse, le pays par excellence de l'hommeur, de la pro: bité et du dévouement.Et maintenant, messieurs, quel sera ce cours de Thérapeutique Appliquée dont nous avons été chargé?A notre sens, les quelques leçons, qui vous seront données, devront porter sur les choses essentielles de la pratique médicale.Vous êtes déjà, c\u2019est notre conviction, suffisamment renseignés sur la physiologie, la pathologie interne et la matière médicalg.Il ne s\u2019agit donc pour vous que d\u2019apoiliquer les connaissances acquises au traitement des syndromes fréquents, des maladies courantes.Notre rôle, si vous le voulez bien consistera à vous guider dans vos premières tentatives de thérapeutique.Chacun de nos cours commencera par l\u2019étude suceinte d\u2019une médication ; il se continuera par l'exposé du traitement habituellement suivi dans un état pathologique défini et il se terminera par des exercices thérapeutiques auxquels vous serez tous, à la fois ou à tour de rôle, appelés à prendre part.| Comme entrée en matiére nous vous parlerons aujourd\u2019hui de la médication diététtique ou, si vous le préférez, du régime alimentaire dans quelques cas particuliers.\u201cLa diéte est un procédé thérapeutique dont on peut tirer grand parti, mais elle ne comporte pas de régle générale absolue: elle varie incessamment suivant l\u2019état des voies digestives, la durée de la maladie, l'état du coeur et de la circulation, la dépuration urinaire et l\u2019état individuel (âge, santé antérieure du malade).Son importance est capitale : on ne fait pas de bonne médecine sans une sage direction de la diète.Dans nombre de cas la vie du malade en dépend.Si l\u2019alimentation défend l'organisme en maintenant.ses forces, certains aliments peuvent apporter aussi à certains germes merbi- des des éléments de développement.Elle doit donc toujours être appropriée aux besoins du malade et graduée en tenant compte des dangers que l\u2019alimentation apporte avec elle dans certains cas.Dans la fièvre, par exemple, tous les aliments, sans exception, doivent être prescrits en petite quantité.\u201d Ainsi parle Manquat dans la dernière édition de son traité, et nous avons tenu à le citer de suite pour imprimer davantage dans votre esprit la nécessité d'instituer un régime avant de rédiger une formule médicamenteuse.Pour fixer votre mé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 125 moire par un mot rappelez-vous qu'il est écrit dans le livre de Mahomet que le régime est père des remèdes\u201d.Si done vous avez une ordonnance à donner, commencez par les prescriptions hygiéniques avant de songer aux formules savantes, que vous conservez soigneusement dans votre carnet de poche.Il est évident pour vous comme pour votre humble serviteur qu'il est impossible d\u2019étudier, en une seule leçon, l\u2019alimentation particulière à chaque cas pathologique pouvant se présenter.Nous nous contenterons de vous donner des indications générales sur la diète dans les affections cardiaques, dans les maladies infectieuses aigues, dans les néphrites, dans les désordres hépatiques et dans quelques inflammations intestinales, plus spécialement dans l'entérite muco-mem- braneuse et dans l\u2019appendicite aigue.Le régime alimentaire présente dans les affections cardiaques beaucoup plus d\u2019importance qu\u2019il ne semblerait au premier abord.Un mauvais régime peut causer des accidents graves, un bon régime, associé à une bonne hygiène générale, permet à un cardiaque de supporter longtemps sa lésion sans en souffrir.Une personne vient vous consulter et vous constatez qu\u2019elle souffre de son coeur (d\u2019une endocardite valvulaire, d\u2019une myocardite on d\u2019une pésicardite à l\u2019état chronique ou d\u2019équilibre).Vous avez affaire à une cardiopathie compensée, qui offre comme principal danger l\u2019asystolie à laquelle elle aboutit presque fatalement.Pour retarder ou éloigner l\u2019asystolie, il faut éviter tout ce qui peut produire une surcharge fonctionnelle du coeur ou une altération Ges principaux viscères, comme le foie et le rein.C\u2019est dire que le régime alimentaire doit être aussi peu toxique et aussi peu irritant que possible pour les divers parenchymes.Il s\u2019agit de ménager tous les organes susceptilles d'exercer une révereussion sur la circulation, il s'agit en un mot d'alléger le travail du coeur.Le régime devra done éviter à l'organe les excitations inutiles et les intoxications d\u2019origine alimentaire.11 sera.en outre, combiné de telle sorte qu'il ne risque pas de provoquer, par voie reflexe, ces modifications fonctionnelles si fréquemment observées au cours des digestions pénibles, ct qui, sans importance chez un individu sain, peuvent devenir une cause de fatigue pour un coeur malade.En établissant ce régime on n\u2019oubliera pas que, en raisen de coïncidences pathologiques ou de troubles dans la vireulation, le rein du cardiaque cesse parfois d'éliminer en suffisance certiines substances, dont le chlorure de sodium.Tour rénon- Ep, : 4 A So, ; Æ Lt .i ; .\\ , 3 rence écalcemata, rien n'est mieux que de recourir à un régime lacté où végétarien, dent on peut et on doit atténuer la sévérité.en au- 124 L'UNION MÉDICALE DU CANADA torisant l\u2019usage du poisson de rivière, ainsi que des viandes fraîches en quantité modérée, et au repas de midi seulement.Cette dernière restriction a pour but de favoriser la digestion nocturne, l\u2019observation comme l\u2019expérimentation prouvent qu\u2019un repas sans substance carnée, quitte plus rapidement l\u2019estomac.Il faut ajouter à cette prescription pour qu\u2019elle donne tous ses effets, la recommandation de manger très lentement ct de mâcher très soigneusement tous les aliments, même les aliments moux.Ceux-ci sont, en effet, réprésentés fréquemment par des farineux, dont la digestion ne se fait correctement qu\u2019à condition qu\u2019elle ait été commencée par l\u2019insalivation ; les purées de farineux ne sont indigestes qu\u2019insuffisamment cuites ou non insalivées.On évite ainsi les troubles d\u2019origine reflexe dont nous avons parlé.Le cardiaque se trouvera à l\u2019abri de ces palpitations, de ces sensations de dyspnée avec congestion céphalique qui caractérisent certains états dyspeptiques et qui trahissent l\u2019influence fâcheuse exercée, sur la circulation, par une digestion stomacale pénible.C\u2019est pour les mêmes raisons qu\u2019il faut interdire les fritures, les gratins, les pâtisseries grasses.On sait, en effet, que, comme la charcuterie grasse et la salade crue, ces mets sont mal supportés par les estomacs paresseux.SI, dans le régime indiqué, nous permettons un peu de viande fraîche et de poisson de rivière, c\u2019est que, tant que le rein n\u2019est pas sclérosé, ces aliments ne jouent, à dose modérée, ni leyrôle d\u2019un toxique ni celui d\u2019un excitant puissant.Il va de soi, par contre, que les viandes conservées, salées, que la marée, la choucroute et les fromages forts seront évités, et ques les aliments ne devront point être chargés d\u2019épices.On conseillera de boire, non aux repas, mais dans leur intervalle.Quant à la quantité des boissons, elle n\u2019exige d\u2019être réglée que pendant les périodes d'hyposystolie, ou de rétention chlorurée.À l\u2019état d\u2019équilibre, le cardiaque peut boire à volonté.En tant que boissons, il ne faut autoriser que le lait, les eaux faiblement minéralisées (Evian-Pougues-Vittel-Saint-Galmier) et les infusions anodines, (tilleul, camomille, feuille d\u2019oranger, queues de cerises) à l\u2019exclusion du café, du thé et des boissons alcooliques.Par ce régime on évitera non-seulement les intoxications directement alimentaires, mais aussi celles résultant d\u2019une mauvaise élaboration des substances nutritives, comme d\u2019un fonctionnement défectueux du foie irrité mal a propos.S°\u2019il est superflu de refuser le chlorure de sodium aux cardiaques en état d\u2019équilibre, il est prudent de restreindre à 5 ou 6 grammes environ la quantité de sel de cuisine qu'ils con- L'UNION MEDICALE DU CANADA 125 somment dans les vingt-quatre heures.Survient-il quelque fléchissement du coeur il se compliquera moins promptement d\u2019hydropisie ; et, d\u2019autre part, le malade, déjà partiellement accoutumé, supportera avec plus de résignation la déchloruration complète lorsqu\u2019elle deviendra indispensaable.En outre, le régime à prédominance végétarienne combat avec avantage la constipation, qui favorise les intoxications, qui, par voie réflexe, trouble la circulation et qui incite à des efforts malencontreux.Mais st votre malade souffre d\u2019une affection cardio-artérielle les indications générales du régime seront les mêmes, avec cette différence que le régime devra être plus sévère encore.En effet, les aortites se manifestent souvent chez les individus déjà âgés, dont les reins, le foie n\u2019ont plus un fonctionnement parfait ; la néphrite scléreuse est une complication fréquente chez les aortiques.Par suite, les chlorures ont une tendance à être mal éliminés, et des ocdémes viscéraux se produisent facilement ; le plus grave est l\u2019ocdème aigu du poumon.Les substances toxiques derivées de la digestion des albumines sont également éliminées d\u2019une façon insuffisante, et ainsi se produisent ces dyspnées toxi alimentaires dont Huchard a bien montré la pathogénie.Vous prescrivez donc à vos aortiques un régime lacto-ovo-végéta- rien hypochloruré et vous veillerez bien à ce qu\u2019il ne soit pas trop abondant, ni trop azoté, ni trop épicé.Ce régime devra être suivi indéfiniment.Si toutefois le malade ne peut se passer de viande, vous l\u2019autoriserez à très faible dose, ne dépassant jamais 100 grammes ou 3 onces par jour.Cette viande devra être bouillie plutôt que rôtie, et ne sera - prise qu'à midi, jamais le soir, pour éviter les insommies, la dyspnée ptomaïnique nocturne et les accès d\u2019asthme auxquels sont exposés les malades.Au sujet des boissons, nous répéterons ce que nous avons déjà dit.S'il n\u2019y a pas de rétention chlorurée, si le régime est hrypochilo- ruré, l'abondance des boissons est plutôt utile que nuisible, elle n\u2019augmente pas l\u2019hypertension.Au cours des aortites, apparait fréquemment un accident redputa- ble, l'angine de poitrine.Ceux-ci exige un régime de la plus grande rigueur, lactté ou lacto- végétarien déchloruré, et des repas très peu abondants pour éviter le plus possible les causes d\u2019excitation du coeur.Et maintenant quel doit être le régime alimentaire, dans les cardiopathies non compensées?dans la rupture de l\u2019équilibre circulatoire ?vous n\u2019ignorez pas que l\u2019asystolie se traduit par un ensemble de troubles (oedèmes, épanchements séreux, congestions vicérales, etc.) qui résul- 126 L'UNION MÉDICALE DU CANADA surtout de conditions mécaniques.Le coeur surmené est incapable de faire circuler la masse sanguine; la rétention chlorurée aide à la production des oedèmes et des épanchements.Le régime alimentaire doit donc contribuer 1° à diminuer la masse sanguine, 2° à favoriser l\u2019élimination des chlorures.Au début du traitement, on imposera la diète hydrique pure ou mieux encore l\u2019eau lactosée (à 50 ou 100 pour 1000).La quantité des boissons sera, pendant les premiers jours, aussi réduite que possible ; car tant que la diurèse n\u2019est pas rétablie, l\u2019eau pure elle-même ne sert qu\u2019à augmenter la masse sanguine et les oedèmes et, par suite, le travail du coeur.Dès que, sous l\u2019influence médicamenteuse, le coeur a repris des forces et que la diurèse se rétablit, on peut augmenter la quantité des boissons.L\u2019eau lactosée est encore excellente à cause des propriétés diurétiques et même laxatives.On y ajoute à dose progressive le lait qui scra pris d\u2019abord écrémé; mais la quantité de cet aliment ne doit jamais être considérable, car les déchets de sa combustion encombreraient la circulation.La crise asystolique terminée, on prescrira un régime lacto-végé- tarien déchloruré ; puis tout en surveillant le poids du malade, on augmentera progressivement la dose de sel pour revenir au régime lacto- ovo-végétarien hypochloruré, qui convient au cardiaque dans les périodes de compensation et que nous avons déjà indiqué.Tel doit être, dans ses grandes lignes, le régime alimentaaire dans les cardiopathies en état d\u2019équilibre et dans les crises asystoliques.Mais il ne s\u2019agit la que d\u2019indications générales.En réalité,en matière d\u2019alimentation, comme autrement, tous les malades ne peuvent être traités d\u2019après un seul et unique schéma.L\u2019hygiène, aussi bien que la médication, demande à être individualisée, appropriée à chaque cas particulier.Et à ce propos laissez-moi vous rappeler les paroles suivantes de Manquat: \u201cLe médecin ne peut plus étre un simple distributeur de formules médicamenteuses plus ou moins agencées; chaque malade constitue \u201c pour lui un problème complexe et individuel qui l\u2019oblige à individualiser la thérapeutique.Cette thérapeutique individuelle ne peut se réaliser sans une connaissaance approfondie des recherches cliniques, sans un soin minutieux apporté à examen des malades.Elle n\u2019est certés pas expéditive ; elle n\u2019éblouit pas le vulgaire qui compte sur des procédés prétendus énergiques et rapides pour guérir le malade, car ces procédés n\u2019existent pas ; elle fait mieux ; elle diminue le nombre des cas graves et augmente celui de la guérison.Dans les maladies infectieuses aiques, dans les infections typhiques ou paratyphoides, le régime alimentaire a une importance capi- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 127 tale et ce régime est particulièrement délicat à établir si l\u2019on en juge d\u2019après les divergences d\u2019opinions chez les maîtres reconnus de la mé- \u2018 decine.| Pendant longtemps on a craint, en alimentant les fébricitants, d\u2019augmenter leur degré thermique.Cette crainte peut paraître justifiée, quand on considère que par l\u2019alimentation on introduit dans l\u2019économie des substances étrangères, qui doivent d\u2019abord être digérées, dans l\u2019estomac, puis transformées par les diverses glandes de manière à être rendues assimilables; ce travail de digestion et d\u2019assimilation produit dans l\u2019organisme des modifications, minimes à la vérité, mais identiques à celles que déterminent les infections; c\u2019est ainsi qu\u2019il élève la température du corps de quelques dixièmes de degré et qu\u2019il entraîne une augmentation des leucoytes contenus dans le sang ; les toxines microbiennes se comportent de même, et à ce point de vue l\u2019alimentation peut être considérée comme une intoxication passagère.Pourtant la clinique et l\u2019expérimentation permettent de conclure que l\u2019évolution des pyrexies est favorablement influencée par l\u2019alimentation.On peut aussi se demander si les sucs digestifs sont secrétés pendant la fièvre en quantité suffisante pour permettre la transformation des aliments.Mais l\u2019observation des malades semble montrer que l\u2019aptitude fonctionnelle du tube gastro-intestinal n\u2019est pas manifestement diminuée ; le lait, en particulier, est certainement bien digéré, même dans \u2018les cas où l\u2019intestin est malade, comme dans la fièvre ty- phoide, et l\u2019absorption paraît se faire normalement, comme le montre l\u2019examen des matières fécales.Enfin la résistance de l\u2019organisme paraît augmenter par l\u2019alimentation.Expérimentalement, le professeur Roger a reconnu que des lapins abondamment nourris survivent fréquemment à l\u2019inoculation Cu pus variolique, tandis que ceux qui reçoivent uniquement la ration d'entretien succombent.Cliniquement les malades qui ont été alimentés pendant le temps de leur fièvre sont moins affaiblis, quand débute la convalescence ; aussi sont-ils moins facilement la proie des infections secondaires.\u2019 On alimentera donc les malades atteints de pyrexies, tout au moins dans la mesure où cela sera possible.On leur donnera du lait» du bouillon, des jaunes d\u2019oeufs, du sucre, des soupes aux farines, des purées de légumes farineux, parfois du jus de viande, et même de petits fragments de viande finement hâchée.La nature de l\u2019alimentation variera d\u2019ailleurs suivant la maladie ; dans la scarlatine, par exemple, le régime lacté sera observé strictement pendant les quin- 128 L\u2019UNIUN MÉDICALE DU CANADA ze ou vingt premiers jours, en raisen de la fréquence des complications rénales.Dans tous les cas, on se guidera sur l\u2019état des urines, la préseence d\u2019albumine nécessitant une modification du régime, en particulier la suppression du bouillon, des oeufs, de la viande, et le retour à la diète lactée absolue, et sur l\u2019état de l\u2019intestin, la diarrhée contraignant à réduire l\u2019alimentation et à supprimer les substances donnant, comme la viande, des résidus qui favorisent les putréfactions intestinales.Si on doit encourager le malade à se nourrir dans la mesure des aliments qui lui sont permis, on tiendra pourtant compte de son appétit.On profitera du moment où une accalmie se produit, où la fièvre diminue pour faire prendre la nourriture, en particulier les potages, les jaunes d\u2019oeufs, les aliments solides, si ceux-ci sont autorisés, tandis que, pendant les heures où la fièvre est élevée, on donnera de préférence les liquides, le lait, le bouillon, les boissons sucrées et alcoolisées.Rappelez-vous cependant que, quelles que soient la quantité et la variété des aliments permis, ce sont toujours les liquides, en particulier le lait et le bouillon, qui feront la base du régime.11 y aura tout avantage a donner, en outre, des boissons rafraîchissantes, toujours facilement acceptées par le malade, comme l\u2019orangeade ou la citron- naide, des sirops ou du vin coupé d\u2019eau naturelle ou gazeuse, des infusions des grogs légers.T/eau est indispensable à l'organisme pour lutter contre l\u2019infection.Quand l\u2019organisme est saturé d'eau, il rejette par l\u2019urine ce qu\u2019il a en trop.Vous saurez que la quantité des boissons suffit aux besoins de l\u2019économie quand vous constaterez que le filtre rénal s\u2019ouvre largement pour laisser passer le liquide.Pour faciliter cette aération mécessaire, chez les fébricitants, vous pourrez avec avantage recourir à l\u2019usage systématique du goutte à goutte rectal à la Murphy, en y faisant passer un litre d\u2019eau bouillie froide sucrée ou glucosée à 60 pour 1000.En ce qui concerne le régime alimentaire du typhique ou du pa- ratyphoide on est d\u2019accord sur le principe que ces malades doivent être alimentés, mais, en pratique, cette alimetnation est comprise de bien des façons.D\u2019une manière générale le régime alimentaire chez le ty- phoïsant est liquide ou semi-liquide, tout en étant aussi nutritif que possible.Il est surtout lacté.Le malade doit absorber trois ou quatre litres au minimum de liquide par vingt quatre heures, dont deux litres de lait.Le lait ne devrait être administré qu\u2019après ébullition pendant dix minutes au moins.On pourra le donner pur, ou coupé d\u2019eau de Vichy, chaud, tiède ou froid, sucré ou non.Suivant le goût ou le désir du malade on pourra, sans inconvénient, l\u2019aromatiser avec L'UNION MÉDICALE DU CANADA 129 du thé, du café, du cognac, du Kirsch, en petites quantités, de la vanille, ete.Parfois quoique bouilli, non altéré, il pourra provoquer de la diarrhée, du ballonnement.On le donne alors additionné d\u2019eau de chaux ou de citrate de soude à la dose de 2 grammes par litre de lait.En cas d\u2019intolérance absolue on pourra recourir au lait fermenté, au kéfir par exemple.Enfin, dans quelques cas on sera obligé d\u2019y renoncer.On le remplacera par du bouillon de légumes, du bouillon de veau ou de poulet, de la décoction de céréales, de l\u2019eau albumineuse, des potages dans la composition desquels entreront des farines et des oeufs, des crèmes très légères.Outre le lait, toutes les heures, on fera prendre une boisson telle que limonade vineuse, thé ou café très légers, orangeade, sirops de fruits: très étendus d\u2019eau, tisanes, durétiques, chiendent, queues de cerise, règlisse, Cette boisson sera donnée tiède ou glacée.Elle ne devra pas être trop sucrée, le sucre pris en excès pouvant augmenter les fermentations intestinales.S1 le malade doit boire souvent, il doit boire peu chaque fois et trés lentement.Sauf exceptions basées sur l\u2019état général, l\u2019aspect de la langue et la température, on ne le réveillera pas pour le faire boire, mais on saisira toutes-les occasions propices.Les meilleures, celles où il boira le plus volontiers, sont après le nettoyage de la bouche, pendant le bain, après le bain au moment de la réaction.Le lait et les boissons ne suffisent pas toujours pour alimenter les typhiques.Le professeur Robin donne encore un litre de bouillon de veau et de poulet par vingt quatre heures.Le professeur Chantemesse fait absorber en plus, chaque jour, le jus que l\u2019on obteient avec une demi-livre de viande hâchée et pressée.Si le malade refusait toute alimentation, comme la chose arrive parfois, on le gaverait à la soude ou on lui administrerait avec prudence des lavements alimentaires avec lait et peptone.Mais ce refus ne dure guère; au bout de quelques jours le typhique consent en général à prendre quelque aliment.Le régime qui vient d\u2019être indiqué sera continué jusqu\u2019au moment ou la température sera franchement descendue et se maintiendra au- dessous de 98°.Dès que l\u2019état général s'améliore, dès que la température baisse à 98° et quelques dixièmes, le malade éprouve de véritables fringales dont il faut se méfier et qu\u2019il faut savoir restreindre.Il faut bien faire comprendre au convalescent que la reprise trop rapide d\u2019une alimentation trop substantielle l\u2019expose à une rechute qui peut être - LIE RE 130 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA grave, même mortelle; qu\u2019alors même cette rechute ne se produirait pas, l\u2019excès d\u2019alimentation, à la convalescence de la fièvre, peut être l\u2019origine d\u2019intérites, de dyspepsies, de dilatations gastriques, voire même de perforations intestinales.L\u2019entourage et la famille doivent être prévenus de tous les dangers que peut entraîner une complaisance en apparence infime et disproportionnée avec l\u2019appétit immodéré du convalescent.En règle générale, tant que la température oscille entre 98° et 99° on peut autoriser 3 litres de lait, quelques cuillerées de jus de viande, un peu rJus de bouillon.Si la température se maintient autour de 98°, on peut essayer progressivement une alimentation un peu plus substantielle, car, bien souvent, l\u2019inanition, chez les sujets très amaigris et très débilités, suffit à maintenir une légère hyperthermie qui disparaît dès que le sujet est un peu plus alimenté.Mais dans la majorité des cas, on attendra que le convalescent soit resté trois ou quatre jours à une température normale.Alors, très prudemment, en surveillant la température et les selles, on pourra donner un peu de tapioca, de semoule ou de riz très cuits dans du bouillon de viande ou de volaille, avec addition d\u2019un ou deux jaunes d\u2019oeufs par jour.Si la température ne s\u2019élève pas, on donnera deux potages un peu plus épais, puis des purées.Enfin, on pourra autoriser un petit morceau de mie de pain rassis dans le potage, avec un oeuf à la coque, des confitures, des biscuits secs ; puis, successivement, un peu de poisson frais, du poulet, du boeuf ou du mouton, en recommandant de manger lentement et de bien mastiquer.Si la fièvre réapparaît, revenir immédiatement au lait et au bouillon.Tel est le régime alimentaire que presque tous les médecins français font suivre à leurs malades typhiques ou paratyphoïdes.Vincent et Muratet, de même que Jacques Carles, dans leurs travaux tout récents sur la diotiénentérie et les états paratyphoïdes n\u2019en préconisent pas d\u2019autre.Il est vrai que des médecins surtout anglais, américains et russes nourtissent substantiellement leur malade durant tout le cours de la typhoide, jusqu\u2019au point de leur donner de la viande crue, mais cette méthode a été souvent critiquée et elle n\u2019est pas en tout cas, applicable aux formes graves.Voici ce que Jacques Carles dit a ce sujet: Edition 1916.\u201cOn pourrdit étre tenté d\u2019appliquer aux paratyphoïdes le régime libéral conseillé dans la fièvre typhoïde par Vaquez et les médecins russes.Pour notre part, nous n\u2019avons eu que des déboires chaque fois que nous l\u2019avons utilisé, D\u2019ailleurs avec \u2019emploi L'UNION MÉDICALE DU CANADA 131 du Murphy glucosé, du lait sucré donné en abondance, coupé au besoin de café, d\u2019eau de Vichy, additionné de caramel ou de quelques gouttes de Kirch pour le faire accepter s\u2019il y à répugnance, avec du vin sucré, - du bouillon, des sirops, uu jus de fruits, on fournit au malade une ration alimentaire suffisante pour lui faire gagner Ja période de conva- lescance sans un amaigrissement trop marqué.\u201d Somme toute, vous devez vous souvenir que l\u2019alimentation des ty- .phiques doit être à la fois substantielle et parfaitement assimilable, que toutes les sécrétions digestives sont déficientes chez ces malades, et qu\u2019on ne peut leur imposer des aliments qui ne peuvent être facilement digérés ; qu\u2019elle ne doit renfermer aucune particule solide capable d\u2019irriter mécaniquement l\u2019intestin et qu\u2019enfin elle ne doit pas répugner au malade qui, trop souvent déjà, a une tendance à ne pas s\u2019alimenter.Quant à la diététique dans les néphrites aigues et chroniques, elle s\u2019est singulièrement modifiée depuis quelques années.Autrefois on la résumait pour ainsi dire en ce dilemme brutal: le lait ou la mort.L'expérience clinique et les observations de Teissier ont démontré qu\u2019on peut avec avantage remplacer le lait par un régime mixte au cours des néphrites chroniques.Les recherches de Widal et de Achard ont établi que le lait agit surtout par sa pauvreté relative en sel, qui en fait un aliment de déchloruration, et que l\u2019on peut d\u2019ailleurs remplir les mêmes indications avec le régime mixte.Dans les néphrites aigues, le régime alimentaire doit être tel qu\u2019il apporte aux reins le moins possible de substances novices et qu\u2019il favorise le lavage de l\u2019organisme et l\u2019élimination des toxines.Le régime lacté pur, additionné seulement de sucre et de biscuits est celui qui convient le mieux.Il sera sevérement continué jusqu\u2019à disparition des accidents.S\u2019il est mal toléré et si la guérison tarde, on le remplacera par le régime lacto-végétarien déchloruré composé de lait, de laitages, de soupes au lait, de riz au lait, de pâtes alimentaires, de pommes de terre, de biscuits, tous ces aliments étant cuits sans sel.On peut y adjoindre des fruits qui sont diurétiques, laxatifs, antitoxiques et qui complètent heureusement la ration alimentaire.Néphrites Chroniques.Quelque soit le type anatomique de la néphrite chronique, qu\u2019elle soit épitheliale, interstitielle, mixte ou avec dégénérescence amyloide le régime reste le même dans ses grandes lignes.Ses indications sont basées non point sur l\u2019anatomie, mais sur la physiologie pathologique.Il importe de connaître si le rein remplit ou non ses fonctions d\u2019élimination.Il y a donc lieu de distinguer, pour la diététique des néphrites, les périodes de tolérance, au 132 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA cours desquelles l\u2019élimination se fait d\u2019une façon satisfaisante, et les périodes d\u2019intolérance ou d\u2019accidents urémiques correspondant à une rétention de chlorures (urémie hydropigéne) ou de produits azotés (uremie sèche.) Durant les périodes de tolérance, le régime doit 1° être aussi peu irritant que possible pour les reins, ce que l\u2019on obtient avec un régime peu azoté et à prédominance hydro-carbonée ou graisseuse.Les produits de combustion des matériaux azotés s\u2019éliminent par le rein, tandis que ceux des hydrates de carbone et des graisses s'éliminent par les poumons, sans fatiguer par conséquent le rein 2° n\u2019apporter que la dose de chlorure que l\u2019organisme peut tolérer et éliminer, et, comme on ne connaît pas exactement la limite de tolérance, en fournir un minimum 3° être suivi très longtemps, presqu\u2019indéfiniment, car, même si elle guérit, la néphrite laisse toujours le rein plus sensible, plus fragile.Quels sont les aliments qui peuvent entrer dans le régime d\u2019un brightique ou d\u2019un albuminurique chronique, chez qui l\u2019élimination se fait d\u2019une facon satisfaisante ?Il y a d\u2019abord le lait et ses dérivés, lait caillé, fromage frais, fromage cuit.Les oeufs sont également permis mais à dose modérée et après une cuisson convenable.Rappelez- vous qu\u2019ils ne doivent jamais être donnés crus.Des expériences nombreuses ont en effet montré que l\u2019ovo albumine coagulée par la chaleur est facilement attaquée par les sucs digestifs et se comporte alors comme un autre aliment azoté, tandis que l\u2019ovo albumine crue résiste à la digestion, passe dans le duodenum sans avoir été attaquée par le suc gastrique, passe en nature dans les humeurs et s\u2019élimine en nature par les reins, qu\u2019elle irrite au passage.La viande n\u2019a pas l\u2019action essentiellement nuisible qu\u2019on lui avait attribuée il y a quelques années.Toutefois si elle peut être utilisée sans danger pour une cure de dé- chloruration, il ne faut pas oublier que la viande est, à haute dose et à la longue, nuisible pour le rein, que sa dégradation normale, donne naissance à des produits extractifs irritants pour le rein, qu\u2019elle s\u2019altère facilement et que les viandes putréfiées contiennent des ptomaïnes très toxiques.La viande ne sera donc permise qu\u2019avec certaines restrictions.On l\u2019autorisera chez les malades qui la digèrent bien, chez ceux qui ne souffrent pas de fermentation anormale de l\u2019intestin, et dans les cas où elle n\u2019augmente pas l\u2019albuminurie.Elle devra toujours être de bonne qualité.Il n\u2019y a aucune différence à faire entre les viandes blanches et les viandes rouges.Il est même probable que le veau, qui s\u2019altère plus facilement, est relativement plus dangereux que le boeuf.De toutes les viandes, celle de porc frais paraît être le mieux tolerée.- La viande bouillie, privée d\u2019une partie de ses dérivés xanthiques, est moins irritante» moins toxique et préférable aux viandes grillées et rôties. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 133 Le poisson d\u2019eau douce est également conseillé, à la condition de viande sont proscrits par tous les auteurs.Les crustacés, les mollusques, le gibier» la charcuterie, les conserves de viande ot de poisson, le bouillon, le jus de viande, les extraits de viande sont proscrits par tous les auteurs.Les aliments végétaux (légumes secs et frais, céréales, pain, pates, riz, pomme de terre, fruits), sont les aliments de choix pour le brightique et ils doivent faire le fond de son régime.Tous sont autorisés, à l'exception de ceux qui comme l\u2019oseille, les épinards, les haricots verts, la rhubarbe, apportent une assez forte proportion d\u2019acide oxalique ct pourraient nuire aux brightiques goutteux ou lithiasiques.En plus les légumes secs ne doivent pas être pris en excès à cause de leur fonte teneur en albumine.Les graisses d\u2019origine animale ou végétale sont sans danger pour les brightiques.Les boissons doivent être abondantes pour laver le rein et diluer les urines.Même dans la néphrite interstitielle avec hypertension vasculaire, il n\u2019y a pas a redouter les boissons abondantes, à condition que le régime soit lhypochloruré, car l\u2019eau n\u2019est pas alors retenu dans l\u2019organisme.Le néphritique doit prendre deux litres de boissons au moins par jour.Pour que sa digestion ne soit point troublée et pour que les boissons agissent mieux, on les donnera de préférence à jeun et dans l\u2019intervalle des repas.; L\u2019eau pure, les caux légèrement minéralisées sont excellentes.Le vin rouge, le cidre, la bière et l\u2019alcool, irritants pour les reins sont contrendiqués en principe.Le thé et le café peuvent être permis mais à doses modérées set- lement, a cause de la théobromine et de la caféine qu\u2019ils contiennent.Mais votre malade est en état marqué d\u2019insuffisance rénale.Vous êtes en présence d\u2019un cas d\u2019urémie hydropigène, vous avez à traiter le syndrome de retention chlorurée, que ferez-vous?Vous lui imposerez la cure de déchloruration, qui consiste à mettre le sujet à un régime aussi pauvre que possible en chlorures, afin de le forcer à expulser les chlorures retenus dans son organisme.Et vous vous rendrez compte de l\u2019évolution de la cure en prenant quotidiennement le poids du malade.Quelquefois la cure va très vite, d\u2019autre fois, au contraire, elle se poursuit très lentement et dure plus de six semaines.Elle se fera d\u2019autant mieux que le malade gardera le lit.Il sera parfois nécessaire d\u2019aider son action par la théobromine et par l\u2019application de mouchetures sur les membres oedematiés.La déchloruration achevée, vous essayez la tolérance de l\u2019orga- 134 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nisme vis-à-vis des chlorures, en ajoutant au régime 3 grammes de se] par jour.Si le poids du sujet n\u2019augmente pas et si les chlorures s\u2019éliminent bien, vous élevez la dose de sel quotidien à 5 grammes et quelquefois 10 grammes, mais dans la suite, il est bon pour éviter le retour des accidents, de rester au-dessous de la limite de tolérance.Les aliments qui peuvent entrer dans un régime déchloruré sont les suivants: Le lait qui renferme normalent 1% gramme de chlorure de sodium par litre.Vous le donnerez à dose très modérée et si le rein conserve une certaine perméabilité aux chlorures.Le pain sans sel qui ne contient que 0,70 centigrammes de sel par kilogramme tandis que le pain ordinaire en contient 8 à 10 grammes et quelquefois plus.La viande qui est pauvre en chlorure (1 gramme en moyenne par kilogramme).On la prend crue, grillée ou rôtie, assaisonnée de beurre, de citron, de vinaigre, de moutarde et de poivre, tous ces condi- nents devant être employés à doses modérées.Pour notre part nous ne la prescrivons qu\u2019aux malades qui la digèrent bien et qui ne souffrent pas de putréfactions intestinales.L\u2019oeuf qui contient environ 0.07 de sel.Les poissons de rivière, pourvu qu\u2019ils soient très frais, Le beurre doux, la crême fraîche, les fromages absolument sans sel.Les légumes, les céréales, les pâtes alimentaires, les fruits, qui formeront la base du régime.L\u2019eau ordinaire, les eaux minérales non chlorurées, la citronnade, le thé et le café pourvu qu\u2019ils soient très légers.Certains aliments doivent être toujours proscrits.Ce sont : le bouillon de viande, les conserves, les viandes salées ou fumées, la charcuterie, la choucroute, les olives, le pain ordinaire, les poissons de mer et la plupart des fromages.Contre le syndrome de rétention uréique (ou contre l\u2019urémie sèche) vous devrez vous souvenir que l\u2019élément alimentaire dangereux est l\u2019albumine.Vous prescrirez donc le régime végétarien, en excluant les légumineuses qui sont trop azotées.Vous conseillerez le pain ordinaire ou le pain sans sel, suivant les circonstances, le riz, les pommes de terre, les pâtes alimentaires, les soupes aux légumes, les légumes verts, les fruits, les crêmes fraîches, le sucre, les sirops.Dans les cas menaçants» ou quand l\u2019inappétence de l\u2019urémique est très accusée, vous emploierez la diète hydrique, pure ou lactosée durant deux ou trois jours, sans dépasser quatre jours, puis vous arrive- ez peu à peu au régime végétarien, encore appelé hypo-azoté. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA.135 Il est à remarquer que la retention chlorurée est la règle chez les Lrightiques ateints de retention azotée.C\u2019est donc presque toujours un régime à la fois hypo-azoté et hypochloruré que vous aurez à prescrire dans les formes azotémiques de l\u2019urémie.Etes-vous en présence d'un désordre hépathique sérieux?Quel est le régime alimentaire à conseiller ?Quand on songe au rôle capital que remplit le foie dans la digestion, on comprend que le régime est de première importance dans Je traitement des affections hépatiques.Sans entrer dans le mécanisme physiologique de ces actions, il faut se souvenir que le foie, par sa fonction glycogénique, joue le rôle principal dans l\u2019assimilation, la répartition des matières hydrocarbonées, que par sa fonction bili- génique, il contribue puissamment à la digestion et à l\u2019absorption des graisses, et qu\u2019il semble en outre retenir et élaborer les graisses dans son parenchyme ; qu\u2019il élabore les matières albuminoïdes et contribue à la formation de l\u2019urée; et qu\u2019enfin ses cellules arrêtent l\u2019alcool et les poisons introduits par l\u2019intestin, les annihilent ou les atténuent.Il est probable que les divers aliments exercent une action excitatrice spéciale sur les fonctions du foie qui leur correspondent : les lydro- carbonés sur la glycogénie ; les graisses sur la biligénie ; les albumines sur la fonction élaboratrice de la cellule hépatique.Mais nous ne sa- -vons rien de précis sur ces excitations fonctionnelles.Somme toute dans les maladies du foie le régime doit être modéré, puisque la suralimentation produit le surmenage hépatique.Il serait dangereux de se fier à l\u2019appétit du malade qui n\u2019offre aucun rapport exact avec ses besoins oorganiques.En choississant les aliments, rappelez-vous que la viande ne peut être permise à tous les hépatiques ; il y en a pour qui elle est un irritant» d\u2019autres pour qui elle est un poison.En tout cas, il ne faut la permettre qu\u2019en petite quantité, et lorsqu\u2019elle a été bien dégraissée.Les viandes grasses (oie et porc) sont défendues.Les poissons de rivière et de mer peuvent entrer dans le régime, à la condition qu\u2019ils soient d\u2019une fraîcheur absolue, et qu\u2019ils ne soient pas gras, tels le maquereau et l\u2019anguille par exemple.Les oeufs frais sont de bons aliments.Le lait, peu toxique, peu irritant pour le foie et très diurétique est un aliment parfait pour les hépatiques.Il doit faire la base du régime.Lies fromages frais, à la condition qu\u2019ils ne soient pas trop gras, sont également recommandables.Les féculents, les légumes secs, les pommes de terre, le riz, le tapioca, les pâtes alimentaires, les céréales, le pain sont aussi de bons 136 L'UNION MÉDICALE DU CANADA aliments, à la condition qu\u2019on n\u2019en fasse point excès.Les pâtes et le pain peuvent être dangereux, suivant Linessier, parce qu'ils acidifient l'organisme.Un excès de féculents et de sucre est nuisible dans les cas où la fonction glycogénique est troublée.Les légumes frais, pourvu qu\u2019ils soient d\u2019une digestion facile, petits pois, haricots verts, asperges, artichauts, salades cuites sont avantageux par leurs propriétés laxatives et alcalinisantes.Par contre, les légumes indigestes tels que choux, navets, radis, concombres, oignons doivent être évités.Il en est de même pour les légumes chargés d\u2019acide oxalique comme l\u2019oseille, les épinards.Les fruits sucrés bien mûrs sont excellents, à condition que l\u2019estomac et l\u2019intestin les tolèrent; les fruits cuits sont d\u2019une digestion plus facile.Les cures de fruits sont quelquefois utilisées contre Ies affections hépatiques ; les meilleures sont les cures de raisin ou d\u2019oranges.Les mets doivent être préparés avec aussi peu de graisse que possible.Beaucoup de condiments sont dangereux.Le vinaigre ,les cornichons, l\u2019aïl, l\u2019oignon doivent être proscrits.\u2018On autorisera seulement le citron, la tomate.Les épices, le poivre sont nuisibles.Les olives, à cause de leur richesse en graisse, sont mal supportées.L\u2019alcool, spécialement nuisible pour le foie, doit être défendu sous toutes ses formes.L\u2019eau ordinaire, les eaux légèrement alcalines sont» avec les infusions de camomille, de tilleul, de fleurs d\u2019oranger, les meilleures boissons de table.Ce sont là des indications générales à suivre dans les affections hépatiques.Il demeure évident qu\u2019un choix nouveau parmi les aliments mentionnés devra être fait pour chaque désordre particulier.I] nous reste à vous parler du régime alimentaire dans certaines affections de l\u2019intestin, comme les entérites aigues, l\u2019entérocolite muco- membraneuse et Uappendicite.Dans la période aigue des entérites, l\u2019alimentation est impossible.Tout aliment ingéré provoque des vomissements et une auto-intoxication.On commence par mettre le malade à la diète hydrique, lui faisant prendre seulement quelques gorgées d\u2019eau pure ou d\u2019eau lactosée.Peau de riz, l\u2019eau albimuneuse, l\u2019eau panée, le thé, sont utiles contre la diarrhée.En même temps des injections sous cutanées de sérum artificiel combattent la déshydratation.L'eau doit être prise à la température de la chambre par petites doses répétées.L\u2019eau froide, l\u2019eau glacée augmente le ténesme et la douleur.Les phénomènes aigus calmés, on donne des décoctions végétales ou L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA.137 des potages à l\u2019eau préparés avec des farines de riz, d\u2019arrow-root, de blé.Puis on essaie d\u2019ajouter aux potages un peu de lait, de bouillon de légumes, de bouillon de poulet, et de faire prendre un peu de lait pur ou coupé d\u2019eau de chaux.Si le lait est mal supporté, on revient aux potages farineux.Plus tard, quand l\u2019entérite est en voie de guérison, on élargit le régime peu à peu.On remplace les potages par des bouillies.On ajoute des pâtes alimentaires, des biscuits, puis on essaie les oeufs très peu cuits, et enfin la viande crue pulpée, pour arriver petit à petit à une alimentation normale.Rappelez-vous bien que c\u2019est le régime alimentaire qui domine la thérapeutique des entérites aigues ou chroniques.Beaucoup de médicaments, à qui l\u2019on attribue des suvcès merveilleux, ne viennent en réalité que comme adjuvants et ne donneraient pas des résultats si l\u2019on n\u2019avait institué en même temps une bonne hygiène alimentaire.Dans les entérites chroniques, et particulièrement dans l\u2019entérite muco -membraneuse» le régime doit répondre aux deux indications suivantes.1° Ne pas irriter le tube digestif, 2° ne pas fournir de matières susceptibles de se putréfier et d\u2019engendre des toxines.\u201cParmi les divers matériaux alimentaires, lessjalbumimoides sont ceux qui favorisent le plus le développement des microbes de la putréfaction (microbes protéolytes) et dont les produits de dégradation offrent le plus de nocivité.Ils doivent donc être réduits autant que possible dans le régime et remplacés par les hydrates de carbone dont les produits de transformation ne sont pas nuisibles et qui favorisent au contraire la vitalité des microbes saccharolytes, antogonistes des protéolytes.\u201cTelle est l\u2018epinion textuelle de Marcel Labbé.Le régime lacto-farineux serait donc le régime par excellence des entérites chroniques.Le lait peut être donné sous diverses formes.Il peut être donné pur.Il peut être remplacé ou aidé par les laits modifiés sous l\u2019influence de diverses fermentations, comme le lait caillé, le petit-lait, le babeurre, le Kéfir.Les aliments farineux peuvent être donnés sous forme liquide ou solide.Les principaux aliments farineux solides sont: les pâtes alimentaires (macaroni, vanille, vermicelle, etc.) les pommes de terre cuites à l\u2019eau, à la vapeur ou au four, et servies avec un peu de beurre ; les légumes secs (pois, haricots, lentilles, flageolets) qui doivent être bien cuits et servis en purée passée au tamis, afin de bien séparer leur écorce, indigeste et irritante pour l\u2019intestin ; le pain grillé, les biscottes» le triscuit, les biscuits secs, les fruits cuits.Les aliments farineux liquides sont les potages légers et les bouillies préparées avec des farines de céréales simples ou maltées.Les plus 138 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA connues sont les crêmes de froment, d\u2019orge, d\u2019avoine, de riz, de mais (cornstarch) ; les farineux maltés américains (Quaker-Oats), force, ette.; la semoule, le tapioca, le sagou, le riz, l\u2019arrowroot, les farines pour enfants, (farine nestlé, phosphatine Falières, Blédine, Benger\u2019s Food, Horlick\u2019s milk.) Les potages peuvent être préparés à l\u2019eau, au lait, au petit-lait, au babeurre» au bouillon de légumes.A exclure absolument du régime, les viandes faisandées ou marinées, les poissons gras, les conserves; les épices, le poivre, la moutarde, Pail, la ciboulette, les sauces ; les vins, les boissons alcooliques.Mais vous avez à considérer avant de prescrire un régime à un malade souffrant d\u2019entérocolite, s\u2019il traverse une crise aigue ou non.Pendant les périodes d\u2019auto-intoxication ou les poussées aigues, vous supprimerez les oeufs et le lait.Les potages seront faits à l\u2019eau.La quantité des aliments sera réduite.Le premier jour vous prescrirez trois potages clairs à l\u2019eau, avec boisson aqueuse dans l\u2019intervalle.Si le malade a des vomissements, vous le soumettrez à la diète hydrique, comme dans le cas de l\u2019entérite aigue.Après la sédation des phénomènes d\u2019entérite, vous pourrez permettre la viande, mais toujours à doses modérées, et au repas de midi seulement.Les viandes doivent être prises grillées ou rôties, sans sauce.Parmi les viandes, le rôti de porc frais froid ct le maigre de jambon ne sont pas les moins bien tolérées par les malades.Les oeufs sont aussi à recommander, mais !l faut se souvenir que certains entéritiques ne supportent pas du tout les oeufs, alors qu\u2019ils peuvent déjà supporter la viande.| Pour amener une guérison définitive de l\u2019enterocolite, vous devez préveenir vos malades, qu\u2019ils auront à suivre un régime spécial durant des années._ Au cours des entérites chroniques, on peut voir l\u2019inflammation se localiser sur le coecum et sur l\u2019appendicite.Par suite, le traitement diètétique de l\u2019entérite joue un rôle préventif à l\u2019égard de Pappendicite.Dans un bon nombre de cas, on arrive, grâce à un Té- gime bien ordonné ct bien suivi, à écarter la crainte de l\u2019appendicite.Quand l\u2019appendicite existe, le régime a-t il encore une utilité ?Beaucoup de chirurgiens le nient et montrent même, par des observations, que l\u2019ablation de l'appendicite guérit en même temps l\u2019entérite.Cela est peut-être vrai pour certaines enterocolites muco-membraneuses créées et entretenues par l\u2019irritation que donne une appendicite chronique.Mais on ne saurait ériger en règle générale ces faits particuliers.Le régime ne doit pas être négligé au cours ni à la suite de Uappendicite. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA.139 Au cours de l\u2019appendicite, il permet de se rendre mieux compte, en calmant les symptômes d\u2019auto-intoxication intestinale, de ce qui, dans la symptomatologie, appartient à l\u2019entérite et à l\u2019appendicite Et puis une diètétique sévère n\u2019est-elle pas indispensable pour calmer l\u2019inflammation et permettre le refroidissement de l\u2019appendicite, de fa- con à opérer ensuite dans de bonnes conditions.Pendant la convalescence de l\u2019appendicectomie, une diète, sévère au début, progressivement élargie ensuite, est la transition nécessaire pour revenir peu à peu à une hygiène normale.Après la guérison de l\u2019appendicite, il est bon de surveiller encore l\u2019alimentation du sujet.On ne doit pas oublier en effet que l\u2019appendicite n\u2019a été souvent qu\u2019un épisode de l\u2019entérite.Ce n\u2019est qu\u2019après s\u2019être rendu compte de la guérison complète et de la tolérance de l\u2019intestin que l\u2019on est en droit de laisser le sujet s\u2019alimenter à sa guise, dans les limites que permet une bonne hygiène.Que devez-vous faire en présence d\u2019une appendicite aigue?Vous commencez par mettre le malade à la diète absolue, et par diète absolue on entend la privation de tout aliment, de toute boisson.Vous ne permettrez ni une goutte de fait, ni une goutte de bouillon pendant quarante-huit heures.La diète hydrique elle-même est un obstacle à l\u2019immobilisation de l\u2019intestin.Vous pourrez concéder tout au plus une ou deux cuillerées à thé d\u2019eau stérile tous les trente ou soixante minutes, ou quelques petits fragments de glace à sucer, ou de petites cuillerées de glace pilées en neige à avaler.Pour le surplus de l\u2019eau nécessaire à l\u2019organisme, vous ferez si nécessaire une ou deux à quatre injections sous-cutanées de 250 grammes d\u2019eau salée physiologique.La soif pourra être calmée par des lavages de la langue et des lèvres avec un tampon d\u2019ouate imbibé d\u2019eau pure ou d\u2019eau de Vichy légèrement glycerinée.Le troisième jour, si tout va bien, vous donnerez de l\u2019eau stérile en plus grande quantité, jusqu\u2019à un litre, puis vous ajouterez une décoction de céréales, (eau d\u2019orge, eau de riz» eau de gruau) un bouillon de légumes, en vous rappelant que ces aliments liquides ne doivent être pris que par de très petites quantités à la fois.Vous ne prescrirez d\u2019autres aliments qu\u2019après la chute de la fièvre, c\u2019est-à-dire le cinquième jour généralement, et ces aliments consisteront en potages légers préparés d\u2019abord à l\u2019eau, puis au lait, ou au bouillon de légumes.Dans la suite vous reviendrez peu à peu à l\u2019alimentation normale, en suivant les indications que nous vous avons données au sujet des entérites. ÆTIOLOGIE DE LA FIEVRE TYPHOIDE Les porteurs de germes (1) Par M.Chs.Ed.DUBUC, E.E.M, Messieurs les professeurs, Messieurs, Le sujet dont je vais vous entretenir est le suivant: \u201cLa fièvre typhoide au point de vue éliologique\u201d, non pas d\u2019une manière générale, mais dans une cause, en particulier, considérée comme jouant le rôle le plus important après celui de l\u2019eau; c\u2019est la question des porteurs de bacilles.Après avoir donné quelques généralités sur le microbe spécifique, nous étudicrons donc cette cause.Puis comme tout porteur de bacilles est plus ou moins en état de \u201cmicrobisme latent\u201d, nous insisterons sur ce dernier point.Ceci fait, dans une vue d\u2019ensemble, nous indiquerons les conclusions générales qui s\u2019imposent, non sans avoir donné auparavant des preuves de faits et des preuves biologiques.D'abord, qu'est-ce que la fièvre typhoïde ?La fièvre typhoïde est une maladie aiguë infectieuse et contagieuse, due à la pullulation du bacille d\u2019Eberth dans le petit intestin, en particulier les plaques de Peyer, qu\u2019il ulcère; dans les ganglions mésentériques et la rate, qui s\u2019hypertrophient, et dans le sang infecté.Comme on le voit, d\u2019après cette définition, c\u2019est le microbe qui agit comme cause cfficiente; les autres causes ne servent que comme moyens de transport pour occasionner la maladie.Voyons alors quels sont les caractères ct les propriétés de cet agent ainsi vehiculé.CARACTERES DU MICROBE La bacille typhique fut découvert en 1880 par Eberth, et quatre ans plus tard, il était cultivé et nettement différencié par Gaffky.C\u2019est un petit bâtonnet aux extrémités arrondies, très mobile grâce à Pexistence de cils vibratils sur toute sa surface.C\u2019est un anaérobie facultatif ; cependant, d\u2019après Besançon, il se développerait mieux au (1) Travail du Cours de Pathologie Interne 1916. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 141 contact de l'air.Il résiste peu à la chaleur; en effet, il est détruit a une température humide de 60° C.maintenue pendant vingt minutes.Par contre, il supporte beaucoup le froid; MM.Chantemesse et Widal l\u2019ont trouvé encore vivant après trois mois de séjour dans la glace.La dessication le tue lentement.Le bacille d\u2019Eberth est très sensible à l\u2019action de la lumière solaire et les antiseptiques le tuent rapidement \u201cin vitro\u201d.Sa virulence est variable; tout dépend de l\u2019âge du microbe, c\u2019est-à-dire qu\u2019il sera plus virulent, s\u2019il a été récemment isolé d\u2019un cas pathologique, ou s\u2019il a été exalté par des passages successifs.Les associations microbiennes et la résistance du sujet jouent aussi leur rôle dans sa virulence.Règle générale, on sait que le bacille d\u2019Eberth cause des septicémies et des suppurations, en plus de la fièvre typhoïde classique.ll agit par lui-même et par ses toxines pour déterminer les différents phénomènes morbides.Une autre propriété très importante du bacille typhique, c\u2019est l\u2019agglutination, c\u2019est-à-dire la propriété qu\u2019a le microbe d\u2019être immobilisé et groupé en amas, quand on mêle ses cultures à des sérums de typhiques.M.Widal a utilisé cette propriété comme moyen de diagnostic.La substance agglutinante se trouve dans le lait, les larmes, le liquide pieural, parfois l\u2019urine des typhiques.Cette substance peut être assez faible parfois, mais si elle existe, elle démontre que le sujet est encore infecté.La réaction de l\u2019agglutination a une très grande valeur, si elle est positive; quand elle est négative, il faut la tenir sous réserve.Notons enfin que ces dernières notions sont utiles à connaître pour bien comprendre le \u201cmicrobisme latent\u201d.ROLE DES PORTEUR DE BACILLES Nous cünnaisssons maintenant agent pathogène, mais le rôle primordial dans la production de la maladie appartient à la contagion.Cette contagion peut se faire de plusieurs manières \u2014 par l\u2019eau, l\u2019air, les vêtements, \u2014 mais nous ne nous occuperons présentement que des porteurs de bacilles.Qu'est-ce qu\u2019un porteur de bacilles ?\u201cC\u2019est un individu, homme ou femme, qui bien que guérà appa- 142 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA\u2019 remment de sa fièvre typhoïde, continue de passer des bacilles dans ses selles, ses urines ou ses sécréttions bucco-pharyngées.\u201d Autrefois on croyait que les maladies infectieuses, une fois guéries, c\u2019était la destruction et la disparition définitives de l\u2019agent causal ; on n\u2019admettait la persistance \u201csur place\u201d du germe pathogène que dans certaines maladies infectieuses à porte d\u2019entrée nasale ou amygdalienne ; comme dans la diphtérie, la scarlatine, ete.Récemment des constatations ont montré que bien des infections considérées comme locales ne sont, en réalité, que la manifestation d\u2019états septicémiques.Or, nous l\u2019avons vu, la fièvre typhoïde est une maladie septicémique.Puisque le bacille passe dans le sang, on conçoit facilement qu\u2019il pourra être transporté dans les divers organes de l\u2019économie, y séjourner parfois, puis, comme tous les poisons et déchets, être rejeté au dehors par les voies naturelles d\u2019élimination.Et c\u2019est ce qui se passe chez les porteurs de bacilles.La voie intestinale est la plus importante, mais on a aussi retrouvé le microbe ailleurs.Ainsi MM.Bouchard.Vincent, Lesieur et Mahaut l\u2019ont décelé dans l\u2019urine; de même M.Baucel dans les poumons et les crachats; Gould et Quales l\u2019ont découvert dans la salive et les sécrétions bucco-pharyngées.Neufield et Roux on trouvé qu\u2019il existe aussi au niveau des taches rosées lenticulaires.Sa présence dans le foie et les voies biliaires, dans la rate et les ganglions mésentériques, a également été démontrée.Le rôle des porteurs de bacilles porte sur l\u2019élimination de leurs bacilles, et la durée de cette élimination.Ces porteurs seraient des sujets ayant eu la fièvre typhoïde, ou ayant vécu au contact des malades.Parmi ces porteurs, il y en a qui commencent à passer des bacilles dès le début, pendant la période d\u2019incubation ; d\u2019autres, d\u2019une manière précoce, en éliminent avant même l\u2019apparition des premiers symptômes de la maladie.Il s\u2019agirait ici d\u2019infections légères, qui sont particulièrement dangereuses au point de vue de la dissémination des germes pathogènes, parce que souvent elles ont passé inaperçues.En plus, des individus sains et offrant une très grande résistance, ayant vécu au contact des typhiques, peuvent disséminer ainsi des bacilles.D\u2019autres porteurs en éliminent pendant la convalescence, et chez ceux-ci tous les excreta peuvent retenir le bacille, et doivent être considérés comme capables de transmettre l\u2019infection.Le bacille peut persister longtemps après la guérison dans les organes touchés antérieurement, et l\u2019excrétion bacillaire chez ces indi- J ca ra pee EE SA, As NED MR CEE EEE PE L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA : 143 vidus se continue pendant des années: ce sont des porteurs \u201cchroniques\u201d.Ces sujets ayant conservé ou recouvré toutes les apparences de la santé, peuvent recèler dans leur vésicule biliaire, leur intestin, puis émettre par les \u201cfécés\u201d et les urines, des bacilles virulents.L\u2019élimination des bacilles peut être intermittente, c\u2019est-à-dire qu\u2019un malade peut cesser d\u2019excréter des bacilles pendant sa convalescence, et devenir ensuite porteur chronique.Dans certains cas, on a observé des porteurs qui paraissent n\u2019avoir jamais eu de fièvre typhoïde, mais ici, ou bien la maladie a passé inaperçue, ou bien le sujet étant en état de forte résistance, les germes pathogènes n\u2019ont eu aucune action sur lui, et il les a disséminés simplement.Il ne faut pas oublier que les porteurs chroniques peuvent être des sujets âgés, ayant eu une fièvre typhoïde pendant leur jeunesse.Ainsi Gregg a rapporté l\u2019observation d\u2019une femme qui transmettait encore la maladie, 52 ans après sa fièvre typhoïde.Les porteurs de bacilles peuvent être cause de contagion, directement, en vivant au milieu de sujets sains; ceci arrive dans les agglomérations de personnes, comme par exemple, dans les chantiers, les casernes, les pensions.Plus souvent, la contagion se fait indirectement.Des porteurs de bacilles peuvent disséminer la fièvre typhoïde, en souillant l\u2019eau, le lait, les aliments, ou encore divers objets de cuisine, de toilette, ete.Les porteurs seraient: en premier lieu les cuisiniers, qui touchent à tout dans la maison.Ils contaminent l\u2019eau, les aliments, ou les ustensiles, par leurs doigts, qu\u2019ils n\u2019ont pas eu soin de laver ou de désinfecter ; ils contaminent encore par leur salive les ustensiles en goûtant à tout, puis sans laver, après, ces mêmes ustensiles.Les charcutiers de même peuvent déposer des bacilles dans la manipulation des viandes qu\u2019ils vendent.Les laitiers, porteurs de bacilles, représentent une forte proportion dans la dissémination des germes.M.Florence, à Lyon, a montré que de nombreuses épidémies de fièvre typhoïde n\u2019ont d\u2019autre origine que le lait; on voit alors l\u2019épidémie éclater précisément chez tous les clients d\u2019un même laitier, alors que la recherche des autres causes reste infructueuse.Tous ces porteurs peuvent être la cause d\u2019endémies ou d\u2019épidémies, présentant des caractères particuliers, qui en font parfois soup- conner l\u2019origine.Elles sont limitées à un nombre relativement restreint de personnes, qui toutes ont été en relation directe ou indirecte avec le porteur.La maladie se déclare à intervalles irréguliers, et atteint parfois une seule personne, \u2014 d\u2019autres fois un petit groupe, 144 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA se cantonnant souvent dans le voisinage immédiat du porteur; mais elle réapparait toujours, et semble accompagner le porteur partout où il est.MICROBISME LATENT Si les bacilles peuvent persister longtemps après la guérison, sans trop nuire à ceux qui en sont porteurs, et que les épidémies se déclarent d\u2019une manière irrégulière, il est donc naturel d\u2019admettre- que ces microbes vivent à l\u2019état \u201clatent\u201d.Qu'est-ce que le microbisme latent ?\u201cC\u2019est la végétation dans l\u2019organisme animal de germes vivants sans que leur présence s\u2019accuse par les manifestations cliniques d\u2019une infection spécifique.\u201d Ces germes ont pénétré dans l\u2019organisme à la suite d\u2019une infection, ou par contact répété avec des typhiques, puis ont emprunté la voie circulatoire, et se sont déposés un peu partout dans les divers organes de l\u2019économie.C\u2019est ainsi que chez ces porteurs de bacilles, on les trouvera dans le rein, l\u2019intestin, la vésicule biliaire, et le foie.Le bacille typhique peut persister longtemps dans la bile et les voies biliaires des convalescents et même pendant plusieurs années après la fièvre typhoïde ; et les observations démontrent que les voies biliaires peuvent constituer un réservoir de bacilles entretenant l\u2019infection latente, et rendant dangereuses les matières fécales du sujet.Des individus sains se sont trouvés en contact avec des typhiques, ont contracté la maladie, puis sont devenus porteurs chroniques «de bacilles, et ainsi s\u2019est établi le microbisme latent.Ces microbes, quoique latents, ne sont pas dénués de virulence, puisqu\u2019ils ont pu infecter l\u2019entourage.Les porteurs de ces germes s\u2019en accommodent bien puisque, dans la plupart des cas, ils ne soup- connent même pas leur existence.Conradi a trouvé le bacille, dans un cas, quatre jours avant le début de la maladie.De son côté, Ludke l\u2019a trouvé dans la circulation encore après la chute de la température, c\u2019est-à-dire pendant la convalescence.Il ne faut pas oublier qu\u2019une fièvre typhoïde antérieure crée l\u2019immunité, et les microbes disparaissent d\u2019autant plus vite du sang que l\u2019animal est plus réfractaire à l\u2019infection.De plus il existe une relation entre la quantité de microbes infectés dans le sang, et la durée de leur séjour dans les vaisseaux.La plus grande partie est L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA, 145 directement détruite dans le sang par les anticorps du sérum, les phagocytyes, et une faible quantité seulement est expulsée de la circulation, et plus la quantité à détruire est grande, plus la durée du microbisme latent sera longue ; \u2014 le défaut de résistance du sujet augmentera également cette durée.Que deviennent ces microbes ainsi latents dans le sang ?Ils subissent des transformations.Des bacilles, constatés à l\u2019examen direct du sang d\u2019un typhique, se sont montrés sous forme de bâtonnets très courts contenant de grosses granulations.Ceci est dû à l\u2019action des substances immunisantes sur les microbes.Il n\u2019y a pas que la morphologie des bacilles qui soit altérée, leurs propriétés physiologiques ont également subi des modifications.Les microbes se distinguent par une plus grande résistance aux différentes manifestations de l\u2019activité du sérum.Par exemple, un.sérum très actif vis-à-vis d\u2019autres échantillons, aura un effet presque nul sur les microbes latents (Ludke).Il y a aussi diminution de la substance agglutinable.\u2018 Toutes ces transformations ne sont pas un indice de dégénérescence, loin de là; au contraire leur virulence est augmentée dans leur lutte avec les anticorps.D\u2019une manière générale, nous pouvons dire que les bactéries en état de microbisme latent sont des bactéries devenues plus résistantes au sein d\u2019un organisme dont la force de résistance est elle-même augmentée.Il existe donc un équilibre entre les microbes latents et les propriétés actives du sérum de l\u2019organisme; celles-ci viennent-elles à fléchir, on entrevoit la possibilité d\u2019une récidive d: la maladie.Alors les bactéries qui se trouvaient en dépôt dans certains organes, peuvent de nouveau envahir la circulation, et c\u2019est ainsi qu\u2019on a pu constater des suppurations osseuses, plusieurs mois après la guérison, le bacille étant demeuré latent pendant tout ce temps.Nous en arrivons maintenant aux preuves.PREUVES DE FAITS.1.\u2014Il y eut en 1907 une épidémie de fièvre typhoïde dans une municipalité du comté de Brome, elle dura trois ans.La maison suspecte est située dans un endroit peu habité, distante d\u2019un quart de mille à un mille des habitations voisines, et de sept à huit milles du village le plus rapproché.La ferme est habitée par C.B., sa famille et un domestique.En 1907, le domestique est atteint de fièvre typhoïde, en guérit et quitte la ferme peu après.Un an 146 L'UNION MÉDICALE DU CANADA * auparavant, C.B.arrivait de Calgary, convalescent d\u2019une fiévre typhoide.Jusqu\u2019en décembre 1909, il y eut sept cas de typhoïde dans cette maison.Un an après la maladie se répandit ailleurs.Quatre personnes qui demeurent de un demi-mille à un mille de la ferme, et dans des directions opposées, sont atteintes de fièvre typhoïde.Deux d\u2019entre elles s\u2019approvisionnaient de lait à la ferme, et les autres rendaient visite, et mangeaient parfois chez C.B.Ces personnes ont été malades successivement, à partir de l\u2019automne 1908 à décembre 1909.Il y eut donc dans la région onze cas en trois ans, sans compter celui de C.B., qui y est arrivé convalescent.L\u2019eau ici ne peut être mise en cause, comme l\u2019agent principal de la contagion, puisque la ferme cst alimentée par une source située sur le versant d\u2019une montagne, de telle façon qu\u2019elle ne peut être contaminée.De plus analyse de cette cau a été favorable.Il reste le lait qui a pu étre contaminé par un porteur de bacilles, d\u2019autant plus que dans le cas présent, la traite des vaches est faite par C.Bet son domestique, sans lavage préalable des mains; l\u2019étable est très malpropre et dans de mauvaises conditions hygiéniques.Les soupçons dans cette observation se portent sur C.B., d\u2019autant plus que les analyses bactériologiques ont décelé la présence de bacilles typhiques dans ses selles.On remarque aussi que les cas se sont déclarés & intervalles irréguliers, isolément ou par petits groupes.2.\u2014La preuve suivante, outre la contagion par porteur de bacilles, démontre aussi le microbisme latent.A Epernon (en France), en avril et mai 1902, existent plusieurs cas de typhoïde dûment diagnostiqués.Vers la mi-juin, une jeune femme, Marie R., qui demeure dans le voisinage, est atteinte de fièvre typhoïde à forme ambulatoire, coincidant avec une grossesse, puis décide vers la fin de juillet d\u2019aller en convalescence chez ses parents dans le village de Festiny.Ce village situé sur un léger plateau, en pleine campagne, est distant de 4 kilomètres de la rivière l\u2019Yvonne, et de la gare la plus proche, et de quelques cent mètres d\u2019une route nationale.Les maisons sont éparpillées à peu près sur une seule rue, et chaque famille consomme de l\u2019eau provenant de sa propre citerne.L'air et l\u2019eau doivent donc être exclus comme agents possibles de contagion.De plus, à cette époque, sauf la grippe, il n\u2019y a aucune épidémie dans le village.Donc Marie R.arrive à Festiny, le 28 juillet et à partir de ce temps, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 147 elle est en contact répété avec tous les membres de sa famille, ainsi qu\u2019avec la plupart des personnes des maisons voisines, Du 18 août au 14 septembre, il y eut 5 cas de typhoïde, dont quatre dans le voisinage.Le lait de provenance différente ne peut être mis en cause.Le 14 septembre Marie R.est reprise d'une fièvre typhoïde, typique cette fois, qui provoque l\u2019avortement et une phlébite gauche.Ensuite, à partir d\u2019octobre 1902 jusqu\u2019en mars\u2019 1903, il y eut 8 nouveaux cas de typhoide, puis l\u2019_épidémie cessa, grâce aux précautions les plus minutieuses de prophylaxie.À noter que tous ces cas de typhoïde n\u2019ont porté qu\u2019à une seule extrémité du village et que dans les maisons où les habitants étaient en contact répété.Donc la présente épidémie a été apportée à Festiny par Marie R.qui contamina son entourage, et ceux-ci à leur tour répandirent la contagion autour d\u2019eux.De plus Marie R.guérie apparemment de sa fièvre tvphoïde ambulatoire, possédait encore dans son organisme des bacilles virulents à l\u2019état latent ; et c\u2019est ce qui explique sa seconde attaque de \u201cdothiénenterie\u201d.PREUVES BIOLOGIQUES 1.\u2014On a constaté existence du bacille typhique dans les ulcérations bucco-pharyngées des porteurs de bacilles de la manière suivante : Avec de pctits tampons de ouate stérilisée, on a frotté les amygdales et les dents (de préférence les dents cariées et les racines).L\u2019ouate a été plongée dans du bouillon, et les cultures mises à l\u2019étuve pendant 48 heures.Au bout de ce temps le bouillon a été ensemencé sur milieux appropriés, puis les échantillons bacillaires isolés ont été soumis aux réactions caractéristiques du bacille typhique, et notamment à l\u2019agglutination.L'expérience ayant été faite, et chez des typhiques en pleine évolution, et chez des typhiques convalescents, les résultats obtenus ont été positifs 60 fois sur 100 chez les premiers, et 50% chez les convalescents.?.\u2014Dans la première observation que mous avons rapportée comme preuve de faits, les selles de C.B.ont été soumises à l\u2019analyse bactériologique, et voici le résultat: Avec une baguette de bois stérilisée, on a recueilli gros comme une noisette de matière fécale de C.B., on l\u2019a déposée dans une bouteille également stérilisée.20 cc.de bile furent ajoutés aux 148 L'UNION MÉDICALE DU CANADA matières fécales, et après 10 à 12 heures, des gouttes, prises de la surface du liquide, furent ensemencées sur des boîtes de Pétrie \u201c contenant le milieu d\u2019Endo, de manière à obtenir des colonies isolées.Les selles donnèrent des colonies ayant les caractères de celles du bacille typhique.Pour identifier ce bacille, on a fait l\u2019examen microscopique, et des cultures sur gélatine, gélose, sérum, bouillon, lait et milieux sucrés.Enfin l\u2019agglutination de ce bacille a été faite au moyen du sérum d\u2019un malade, agglutinant à 1 pour 5000.Toutes ces recherches ont donné les caractères du bacille typhique.Le pouvoir agglutinant d\u2019un sérum de porteur de bacilles est parfois assez faible, mais s\u2019il existe, nous l\u2019avons dit, il démontre que le sujet est encore infecté.Or le sérum de C.B., cinq ans après sa maladie, agglutine encore à 1 pour 20.Une autre analyse faite un mois après à donné le même résultat.CONCLUSIONS D\u2019après ce que nous venons de voir, nous pouvons facilement déduire les conclusions qui s\u2019imposent.La première, c\u2019est de rechercher les porteurs de bacilles par une enquête minutieuse, et par l\u2019examen des selles et des urines des personnes suspectes.Cette enquête doit être complète.Il faudra s\u2019enquérir de tous les cas de typhoïde, anciens ou récents dans la région et de histoire de chaque cas; rechercher les modes de contagion possible ; s\u2019enquérir de l\u2019occupation des malades, de l\u2019état sanitaire de la maison ; savoir s\u2019il y a eu désinfection des selles et des urines pendant la maladie; rechercher s\u2019il y a eu contamination possible du lait, des aliments.Une fois le porteur trouvé, on prendra des mesures pour l\u2019empêcher de nuire.On prescrira l\u2019isolement, ce qui est parfois difficle à obtenir, uuis la désinfection ; \u2014 désinfection des selles et des urines, désinfection des mains surtout après la miction et la défécation ; désinfection des linges et des objets qui servent ou ont servi au malade.On conseillera le lavage soigneux des mains des porteurs avant les repas.Tout résidera donc dans une propreté minutieuse.Il faut regarder les excreta humains comme pouvant être dangereux, et prendre toute mesure pour éviter la contamination de toute boisson et de tout aliment.Enfin, on pourra pratiquer la vaccination \u201canti-typhoïdique\u201d, dans tous les milieux fréquentés par des porteurs de bacilles. Lettre aux Finissants d\u2019un collège classique de cette province, sur la devoir d\u2019un examen au point de vue tuberculose.La crainte de la tubercu- .- lose est le commencement de LT la sagesse.R.P.HUGOLIN (De la mort à la vie) NOTE DE LA REDACTION.\u2014 La lettre que nous publions ci-dessous est écrite par un élève à son ancien directeur de collège.Il lui demande de la lire aux élèves finissants afin de les convaincre de l\u2019importance de consulter un médecin compétent, après avoir terminé leurs études, pour savoir quel est l\u2019état de leur santé.Nous savons tous quelles sont les occasions multiples d\u2019infection et de contagion dans nos collèges, comme dans toutes les aglomérations d\u2019individus.Comment pouvons-nous les prévenir, et, plus tard, y remédier si, comme notre jeune ami, nous en avons subi les atteintes malheureuses?.Notre correspondant a voulu faire oeuvre utile.C\u2019est dans ce but que nous publions cette lettre remplie d\u2019observations judicieuses et pratiques à propos de choses vécues.Le directeur à qui elle fut adressée s\u2019empressa de la lire.Il remercia l\u2019auteur et le félicita de son acte courageux, tout en regrettant qu\u2019il en fût la victime, i Nous avons déjà préconisé l\u2019examen médical de tous les élèves de nos collège avant d\u2019accorder leur admission, afin d\u2019écarter les malades qui en contamineront d\u2019autres.Nous le préconisons du nouveau.Cette lettre est une preuve de fait en faveur de notre mesure.Et combien d\u2019autres qui meurent un peu chaque jour à la suite d\u2019une contamination classique ! Mes bien chers amis, Vous avez pu apprendre ma mésaventure, et comment je suis réduit à un long repos; mais vous ignorez probablement que, dès les premiers jours, votre pensée me soit venue et la résolution de cette lettre.Je me disais que si, en moi, le finissant de J.avait pu prévoir le patient de L.\u2026.» la prévision lui aurait certes rendu le service \u2014 à agir comme je veux vous induire \u2014 de n\u2019être ici.Permettre que l'expérience vous serve ct que vous l\u2019évitiez, est la raison très cordiale de ma lettre.La première parolo de mon médecin sous le coup de la stupéfaction et indéniable constatation, fut: \u201cPourquoi n\u2019es-tu venu me voir dès la sortie du collège?\u201d Et mon silence était lourd de tristesse. 150 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Depuis, j'ai entendu mes compagnons répéter qu\u2019ils ne voient d\u2019autre cause à leur malheur que de n\u2019avoir été pris à temps.Toujours: \u201cPourquoi ne sommes-nous allés chez le médecin, il y a quelques mois, il y a un an?\u201d Pourquoi, ah! pourquoi?regrets inutiles, mais dont la raison pourrait prévenir ceux qui ne tiennent à devenir des tuberculeux \u2014 et il n\u2019y à pas à y tenir.Elle est très simple.Robuste, et même, dans le cas contraire convaincu d\u2019une résistance physique illimitée, nous ne sentions le besoin de consulter un médecin.La pensée ne pouvait seulement nous effleurer.Prenez mon cas.Il est typique et porte à réfléchir.Fils d\u2019un médecin qui s\u2019occupe précisément de tuberculose ; étudiant en médecine et déjà habitué à l\u2019idée de la tuberculose, puisqu\u2019au collège j'ai parlé d\u2019hygiène et de crachats; ne fumant pas, ne buvant pas, une poitrine bien développée et des muscles saillants un peu partout; enfin tout ce qu\u2019il fallait, semble-t-il, pour n\u2019échouer dans un sanatorium: ; cela explique que je me sois cru comme immunisé ; que, l\u2019été dernier, j'aie souri d\u2019entendre mon père attirer mon attention vaguement, à l\u2019occasion d\u2019un \u201cpetit froid\u201d.C\u2019était presque m\u2019insulter.Voyons, douter ?.Je me sentais si bien, je me savais tant d\u2019activité ; enfin, on se sent ou on ne sent pas ! Dans de telles dispositions \u2014 les vôtres, mes chers amis, si ce n\u2019est quelques variantes \u2014 comment songer à aller voir un médecin, à le consulter sur une évidente santé ?Quelle ironie.Pourtant, si je l\u2019avais fait, si nous l\u2019avions fait, nous ne serions ici.Mon médecin me l\u2019a affirmé; tout m\u2019en a convaincu.C\u2019est pourquoi, je veux vous pousser à un examen au point de vue tuberculose, et \u2018dès la sortie du collège, quelque bien que vous puissiez vous sentir.Car, en matière tuberculeuse, on ne se sent pas ! Vous ne savez pas, vous ne pouvez savoir par vous-mêmes si votre santé ne récèle, comme ce fut le malheur de la nôtre, le germe d\u2019un processus fatal, d\u2019une infection tuberculeuse, qui risquerait d\u2019autant plus d\u2019aboutir que vous l\u2019ignoriez.Je veux prouver tout à l\u2019heure que courir pareil risque serait criminel; anticipant à la fois mes conclusions et vos dispositions, j\u2019indique de suite la façon de l\u2019éclaircir.Seul le médecin peut répondre si vous êtes plus ou moins prédisposés, ou si, par hasard, vous ne seriez infectés.Et c\u2019est si vrai.que tout médecin ne va diagnostiquer comme cela une infiltration tuberculeuse, au début.à la phase vraiment guérissable.Il faut s\u2019adresser à un homme aussi averti que compétent, à un spécialiste L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 151 qui, bien payé \u2014 payer plus cher pour économiser \u2014 prendra le temps de discerner des \u201cpetits riens\u201d qui passent, pense-t-on, complaisamment tout seuls, celui qui ne se passerait pas, qui loin de là évoluerait, s\u2019il n\u2019était barré, à la catastrophe d\u2019une tuberculose.x Et l\u2019heure de la retraite semble propice à mieux entendre ces vérités.Sérieusement occupés au choix de la vocation, vos méditations vont s\u2019étendre d\u2019elles-mémes à considérer les moyens qui l\u2019asseoiront dans la réalité.Déjà, sachant comme il est difficile de se connaître dans nos qualités morales et intellectuelles, vous vous êtes confiés à un directeur de conscience pour qu\u2019il approuve votre décision.Mais vous avez un corps.Le corps est le ministre, le geste de l\u2019âme qui sans lui ne saurait réagir pleinement sur les hommes et les choses.La noblesse de vos pensées et la générosité de vos sentiments garantissent l\u2019excellence du matériel de votre vie ; elles ne sauraient suffire.Pour bâtir, il faut la main d\u2019oeuvre, l\u2019ouvrier, complément indispensable de l\u2019architecte, et que vont personnifier vos possibilités physiques.Pour savoir ce qu\u2019elles valent, nous sommes encore plus inaptes que pour nos facultés supérieures; et le besoin d\u2019interroger quelqu\u2019un qui puisse Jes déterminer s\u2019affirmer davantage.Nous demanderons donc à un médecin la vérification d\u2019un facteur si radicalement nécessaire.A l\u2019exemple de l\u2019automobiliste prudent qui, avant un voyage, fait examiner la machine même si elle semble fonctionner, dans le souvenir aigu que les pannes, le plus souvent, n\u2019arrivent sur le chemin que par une négligence à ne s\u2019être assuré de ce qui paraissait en ordre.wow % Si, mes chers amis.des idées nous descendons aux faits, regardant par dessus les murs du collège le monde et ce qui l\u2019agite, nos raisons d\u2019un examen au point de vue tuberculose vont se renforcir.Mon Dieu! c\u2019est un vaste branle-bas.Nous pensons aux Allemands.La guerre anti-boche, si longue, finira avant les guerres anti-tuberculeuse et anti-alcoolique\u2014qu\u2019elle n\u2019a pas étouffées\u2014sur lesquelles au contraire elle a jeté beaucoup de lumière.En prisant plus que jamais les hommes de valeur, elle a montré l\u2019influence nocive du bacille et de l\u2019alcool et stimulé contre eux des mesures universelles.En voici des exemples aux Etats-Unis.Dernièrement, l\u2019Etat de New York, sur la requête de la mission Rockfeller en France, consentait à ce que son médecin en chef aille, là-bas, étudier le problème de la tuberculose et y apporter l\u2019aide américaine.Et la récente confirmation par la Cour suprême de la loi Webb-Kenyon \u2014 qui 152 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA donne aux états prohibitifs le pouvoir d\u2019enrayer toute importation d\u2019alcool \u2014 porte à dix ans, au jugement des experts, le jour où les Etats-Unis seront complètement \u201csecs\u201d par une prohibition totale.Deux faits entre mille.Nous nous allongerions de marquer chacune des manifestations de ces batailles; nous ne pouvons pas ne pas les voir; nous devons les étudier; elles sont nationales, et la victoire seule \u2014 notre victoire \u2014- perpétuera la race dans son entière vitalité.Pour notre sujet, il suffit de constater leur existence et notre impuissance à les éviter.Loetulle, un grand savant français, disait que \u201cou nous avons été tuberculeux ou nous le sommes ou nous le serons\u201d.A un moment de la vie, nous rencontrerons done l'infection ; une tuberculose latente s\u2019insinucra en nous ct, traîtresse, pourra profiter de nos excès pour se développer et s\u2019activer, peut-être au point de paralyser nos activités.N\u2019est-il prudent de voir dans quelle forme nous allons subir de pareilles éventualités?si elles trouveront en nous une pâture facile Ou un soldat armé ?Partout on prêche l\u2019hygiène, dans la conviction que de se bien porter reste encore le meilleur moyen de n\u2019être malade; on proclame que seul le diagnostic précoce permet de combattre la tuberculose avec avantage.L\u2019obstacle, et partant la cause de bien des tuberculoses incoercibles, est qu\u2019au début la maladie peut se cacher sous un physique sain.Et il faudrait, pour que cette santé devint la condition d\u2019une victoire facile sur le bacille, l'habitude de consulter un médecin sans que l\u2019on se sente malade.Que de maux.au moins d\u2019embarras physiques, vous vous épargnerez par l'habitude d\u2019un médecin digne de votre amitié.Ces persuasions générales indiquent déjà l\u2019opportunité.à un tournant essentiel de votre vie, de connaître exactement votre corps, ce qu\u2019il permet et ce qu\u2019il restreint; voici, maintenant, cu\u2019elles vont se transformer en une nécessité,se préciser cn nn.devoir, à des considérations plus particulières: en tant que vous êtes les élèves finissants d\u2019un collège.Brutalement, nous allons constater que ce qui fut le milieu de votre vie, depuis six à sept ans, comporte des conditions avérées de prédisposition tuberculeuse.sinon même les risques de Pinfection.Loin de moi l\u2019intention de critiquer; je ne veux que mettre des faits en évidence.Puissent-ils vous parler.ow ¥ On anpell cause prédisvosante à la tuberculose tout ce qui, affaiblissant l\u2019organisme, diminue sa résistance contre le bacille.De L'UNION MÉDICALE DU CANADA ! 153 même que le médecin ramène un tuberculeux à la santé, en le plaçant dans les conditions les plus hygiéniques \u2014 l\u2019air pur, une alimentation généreuse et saine, un travail modéré ; de même dans la mesure qu\u2019il s\u2019en éloigne, l\u2019individu le plus sain marche vers la tuberculose.Et vous considérez le collège.N\u2019oublions, mes chers amis, que, si cette phase de notre vie est aussi nuisible à la santé, cela vient d\u2019un état de choses auquel le manque d\u2019argent force nos supérieurs, qui auraient tôt fait d\u2019installer les bâtisses les plus modernes, s\u2019il n\u2019y avait qu\u2019à compter sur l\u2019ampleur et la sollicitude de leurs aspirations; que cela dépend également, pour beaucoup, de nos négligences et de nos paresses individuelles.Dès qu\u2019on parle de la nourriture de nos collèges canadiens, c\u2019est entendu, un cri général \u2014 qui malheureusement ne peut être infirmé.Si nous payions de neuf cents à mille cinq cents dollars, par année, comme les jeunes américains, la question serait résolue.Nous ne les payons pas.\u2018C\u2019est à un prix dérisoire que nous sommes instruits, nourris et logés.Et les faits, quant au logement et à l'alimentation, demeurent parmi les causes de notre faiblesse.Sans compter avec la manie de manger à la course qui, pour les externes, gâte le mieux possible de leur situation, et empire la nôtre.Si nous humons l\u2019air, voilà que s\u2019affirme davantage.Ceux qui montent sans permission aux dortoirs un quart d\u2019heure après la sortie, peuvent disserter sur l\u2019atmosphère putride et suffocant dans lequel ils ont dormi des heures durant.Et les fins d\u2019étude, et la salle de récréation, en hiver?Des faits.qui sautent au nez.Il n\u2019y a pas que la raréfication de l\u2019oxvgène dans des appartements encombrés et mal ventilés.S\u2019ajoutent les poussières que notre inimitable Emma lève de son balai, et qui, une fois retombées, remontent sous les pas, ou parce qu\u2019au lieu d\u2019essuyer nous les tapons du mouchoir.Et s'ajoutent les crachats.ah! les crachats! Laissant l\u2019infection qu\u2019ils propagent si efficacement, contentons-nous pour l\u2019heure de leurs miasmes.Je ne trouve qu\u2019à répéter les expressions de mes travaux d\u2019hygiène au collège.Nos confrères, si estimables par ailleurs, ne crachent pas de l\u2019eau pure; et quand nous souffrons\u2014nous, qu\u2019un crachat sur notre habit soulève de répugnance\u2014qu\u2019ils crachent sur les parquets, nous souffrons en réalité qu\u2019ils nous crachent dans les poumons.C\u2019est souffrir beaucoup et, nous le verrons, c\u2019est risquer davantage.Peut-être songez-vous que la vie au grand air, sur notre magnifique terrain aux bords de l\u2019Assomption, devrait contrebalancer ce manque d'hygiène.Evidemment.Dans une certaine mesure qui s\u2019exprime par le rapport des heures dépensées au dehors et de celles 154 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA vécues à l\u2019intérieur.Or, nous comptons ces dernières dans une forte majorité, et elles demeurent un facteur très déprimant, très favorable à la tuberculose.Un travail modéré.La question de prime abord promet d\u2019être rassurante au collège.Les règlements équilibrent le travail et le repos, et nous n\u2019avons cure de les déranger par des excès intellectuels.Aux environs des baccalauréats on trouve bien des élèves qui se fatiguent le cerveau ; ce sont d\u2019honorables exceptions, et la fièvre sous ce rapport vacille plutôt plus bas que normal.C\u2019est donc de nos repos que vient le surmenage, en tant que, par mauvaise hygiène, ils cessent de l\u2019être.Les uns s\u2019adonnent aux sports avec trop de violence ou hors de temps, par exemple de suite après les repas.D\u2019autres s\u2019anémient par la cigarette à outrance.Les ravages de la nicotine ne sont pas à prouver, et l\u2019atmosphère de la tabagie, qui défie toute description et par lui-même constitue une tare indéniable, les exagère certainement.Dirons-nous un mot de alcool ?Des cas se rencontrent qui s\u2019intoxiquent.Mais c\u2019est demain, au sortir du collège, que le surmenage alcoolique deviendra menaçant.Il est bon de connaître la dose précise d\u2019alcool qui alcoolise un homme, si robuste soit-il; qui l\u2019empoisonne et fait qu\u2019il créera des enfants empoisonnés \u2014 futurs ivrognes si l\u2019on ne passe la prohibtion \u2014 qui, à leur tour, créant de plus maladifs, et ainsi de suite, mèneront tout droit la race à la dégénérescence.\u201cLa dose requise, écrit le docteur Gauvreau dans l\u2019Union Médicale, est de trois onces d\u2019alcool, par jour, pendant vingt-quatre mois consécutifs \u2014 plus ou moins \u2014 selon la force de résistance ou le degré de faiblesse native de celui qui en use.Il résulte de ces données que l\u2019on peut facilement et sûrement s\u2019alcooliser à l\u2019aide du vin et de la bière, sans en faire apparemment d\u2019abus, sans jamais s\u2019enivrer, pourvu que sous forme de vin ou de bière, l\u2019on ingurgite, pendant les vingt- quatre mois consécutifs, les trois onces requis pour s\u2019alcooliser.\u201cA quoi équivalent trois onces d\u2019alcool ?A un litre de vin ordinaire, type vin de France et non pas vin de table du Canada.À deux bouteilles de bière, type lager et non pas grosse bière.\u201d (1) Pendant que nous y sommes, mes chers amis, je glisse les propositions suivantes adoptées par la Société Médicale de Montréal, et contre lesquelles aucun blâme scientifique n\u2019a pu être jeté.(1) La science contemporaine soutient avec raison et preuves à (1) L\u2019Union Médicale du Canada, 1er nov.1916.Dr Joseph Gauvreau, La lutte contre l\u2019alcoolisme.in > \u2014 Jorge eet 2e = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 155 l\u2019appui, que l\u2019alcool, poison surtout du foie et du système nerveux, est, en vérité, une substance dangereuse dont les hommes doivent absolument s\u2019abstenir.(2) Il n\u2019y a pas de boissons hygiéniques parmi les boissons alcooliques.(8) L\u2019usage extrêmement modéré d\u2019une des boissons fermentées peut ne pas toujours nuire à certains individus, mais n\u2019est jamais.véritablement salutaire.(4) Pour être en possession aussi complète que possible, à tous les instants de notre existence, de nos facultés et de nos moyens naturels, il faut être d\u2019une rigoureuse abstinence.Voilà, mes chers amis, des paroles particulièrement significatives à l\u2019heure de la vocation ; elles expriment un devoir qu\u2019il faut accepter généreusement ; et quand demain vous confrontera aux tentations de l\u2019alcool, elles pourront vous retenir et vous aider à en retenir d\u2019autres.En parlant d\u2019alcoolisme nous n\u2019avons pas perdu notre sujet; nous avons touché à l\u2019une des grandes causes de la tuberculose, à une forme très commune de surmenage.Aux trois facteurs essentiels \u2014 mauvaise alimentation, atmosphère vicié et travail exagéré \u2014 il convient d\u2019ajouter des maladies assez fréquentes au collège.Qui de nous, par ci, par là, n\u2019a déjà pris froid, souffert d\u2019une bronchite ou d\u2019une pneumonie.Ces affections pulmonaires, quand elles ne relèvent d\u2019une infection tuberculeuse, la facilitent assez souvent.Qui de nous encore n\u2019a été forcé, sous des poussées intérieures, à \u201cdemander la clef\u201d et à \u201csigner des billets\u201d plus qu\u2019il n\u2019est décent ?.Les troubles digestifs, en diminuant les propriétés bactéricides des sécrétions, permettent Enfection par ingestion.| Somme toute, voilà un ensemble de faits qui devraient vous convaincre que la vie de collège, par elle-même et par nos négligences, présente des conditions prédisposantes à la tuberculose auxquelles notre âge, par la croissance qui exige tant d\u2019égards, nous a indubitablement rendus plus sensibles.Dans quelle mesure?Plus?ou moins?Nous n\u2019en savons rien.Songez à ma déception, vous rappelant qu\u2019en cette matière on ne se sent pas.Pouvez-vous entreprendre la vie sans plus d\u2019assurances sur votre machine?Le succès est en raison directe de la connaissance de nos moyens, Voilà une ignorance qui serait déjà très vilaine.Comment la qualifier si nous trouvons qu\u2019à notre récentivité, le microbe a pu répondre et constituer des tuberculeux qui ne le savent pas.EE 156 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Sans insister on comprend que, dans un local comme le collège, et tout le monde crachant, il suffirait d\u2019un ou deux tuberculeux pour diminuer une infection et grandement la multiplier.Nous pouvons avoir une certitude morale qu\u2019il existe au collège des tuberculeux actifs.Dans un nombre de quatre cents élèves, le contraire paraît presque impossible.Vous ne le savez peut-être, mais au college N.Pan dernier, des collégiens ont été, à l'examen médical, reconnus positivement tuberculeux.Soyez convaincus qu\u2019auparavant ils ont dû infecter nombre de confrères.Pourquoi serions- nous privilégiés ?Faisons une expérience: plusieurs matins, à l\u2019heure de la prière par exemple, observons ceux qui toussent et ceux qui crachent.En dehors des dilettantes et des légers qui varient d\u2019un jour à l\u2019autre, il en est, toujours les mêmes, qui toussent par besoin, parce que quelque chose leur nuit ; et ils crachent sur le parquet ce quelque chose en le tirant de loin.Véritaables eexpectorations dont quelques-unes, au moins, à l\u2019examen révéleraient du bacille; du bacille que pendant létude, tout en apprenant les leçons, vous aspirez paisiblement; du bacille qui profite sûrement, pour s\u2019installer et se développer, des conditions que nous avons trouvées si favorables.Pour d\u2019autres, C\u2019est une toux sèche que vous serez étonnés d\u2019entendre et de ré-entendre.Un rhume qui ne se passe pas.Une bronchite peut-être; peut-être aussi une tuberculose au début.Dans notre cottage, ici, sur quatre jeunes gens, trois commencèrent par un petit rhume qui ne se passait pas.Voilà, ce semble, matière à réflexion.Après la prédisposition, nous venons de constater la probabilité assez grande de l\u2019infection.Cela, dans un milieu qui fut le nôtre, de longues années.Pouvons-nous jurer en sortir indemnes ?Jusqu\u2019à quel point ?Seul le médecin peut le dire.Votre état physique vos muscles, l\u2019activité qui vous dévore ne signifient rien.J\u2019avais tout cela, et, y puisant une confiance inébranlable, je me suis surmené, et me voici au sanatorium.Sur quoi vous basez-vous pour que votre santé ne soit décevante ?Elle ne l\u2019est peut-être ; je le souhaite ; mais vous n\u2019en savez rien.Je suis la preuve indéniable qu\u2019on puisse être malade, et gravement, sans le paraître, sans le sentir.Il n\u2019est pas d'habitude plus homicide que de recourir au médecin seulement quand on se sent malade.La tuberculose lui doit son renom de fatalité \u2014 maladie sournoise qui, s\u2019installant sous un physique trompeur, ne perce au dehors, comme la vermine qui vient de ronger le coeur de l\u2019arbre, que lorsque la fin commence et que si ce n\u2019est la mort, c\u2019est presque toujours la paralysie de la vie.Si L'UNION MÉDICALE DU CANADA 157 vous connaissiez le mal de la tuberculose, ses désespérances, sa mort vivante.Comme ce vers de la comtesse de Noailles dit bien le pauvre tuberculeux qui n\u2019a pas été pris à temps: Je suis déjà morte puisque je dois mourir.Ma lettre s\u2019allongerait si je me laissais entraîner à dire les tristesses et les ruines que sous-entend un hôpital de sanatorium.Que d\u2019avenirs soustraits, de fiançailles écartées, de foyers amoindris.Quelle tare, mes chers amis, au sein de notre civilisation.Je pense à la guerre et aux boches; quelle autre tare \u2014 mais qu\u2019on va laver et assainir, celle-là.Lisez quelques livres sur la tuberculose, sur l\u2019alcoolisme; des ouvrages scientifiques: c\u2019est épouvantable.Puissiez-vous réfléchir ; et dans la conscience de vos prédispositions et des risques d\u2019infection déjà encourus et à encourir, puissiez-vous apprécier le conseil d\u2019un examen au point de vue tuberculose, dès la.sortie du collège.ue Vous le devez à votre vocation.Vous le devez à votre collège.à vos parents, à vos labeurs, à tout ce qui a permis votre aggrandisse- ment moral et intellectuel.Faites qu\u2019il ne soit en vain; vérifiez votre corps, l\u2019agent qui sur le marché de demain réalisera les valeurs d\u2019aujourd\u2019hui.Je ne \u2018puis cesser de me répéter tant ma conviction est grande qu\u2019avoir fait ce a quoi je vous induis le sanatorium ne me verrait, et que ma mère et ceux qui m\u2019aiment auraient ignoré cette épreuve.Ne dites pas que mon cas est une exception sur une classe entière de finissants.Les autres ne savent rien.Je n\u2019ai appris, pour ma part, que par un ensemble de circonstances providentielles, qui assurent ma guérison, qui me garantissent une vie d\u2019activité et me favorisent d\u2019une exception, en vérité, très heureuse.Ne sachant si vous êtes malades, prenez les précautions ultimes pour que, si le cas était, vous ne soyiez victimes.Croyez à ma parole, mes chers amis, sentez-en le coeur.Ma lettre par le nombre de pages, est déjà une lettre d\u2019amour.A regret comme si ma plume ne vous avait assez convaincus, je vous laissa avec le mot de de Vigny: \u2018Une belle vie, c\u2019est une grande pensée de jeunesse réalisée dans l\u2019âge mûr\u201d.À lheure de la grande pensée, puissiez-vous ne rien négliger de ce qui la réalisera.C\u2019est mon cordial souhait; c\u2019est toute ma lettre.Croyez-moi votre ami.UN ANCIEN ELEVE.Pour copie conforme : P.Q.D. CHARLATANISME (1) N.D.L.R\u2014\u2014Un abonné nous adresse par la maîile la circulaire que nous publions ci-dessous ; une merveille.Lisez ce document \u201cfruit de 25 années d\u2019expérience\u201d.Allons M.le Dr Sirois, allez-vous permettre qu\u2019on vous.ridiculise plus longtemps avec votre.fruit.défendu.Que pen- sez-vous de la dignité professionnelle?Qu\u2019en pensent les médecins consciencieux et tous les gens intelligents qui vous connaissent ?MESDAMES, \u201cJe viens vous offrir et vous présenter bien humblement le plus sûr et le plus efficace des remèdes pôur faire disparaître votre lait de votre sang, de votre corps, un remède pour faire un sevrage parfait.En plus de l\u2019effet merveilleux de faire disparaître votre lait, ce remède est le plus puissant purificateur du sang pour tous les maux qui surviennent à la suite de la négligence de bien faire tout disparaître son lait dans le temps voulu.À part ces effets spéciaux, mon remède est d\u2019une efficacité sans égale dans tous les cas où le lait est resté dans les membres et qu\u2019il y cause toutes sortes de désordres, tels que jambes de lait, piquement dans les membres, engourdissement, chaleurs, frissons, étourdissements, des plaies ou éruptions de toutes sortes avec démangeaisons.Mon 1emède est spécialement conseillé pour prévenir et guérir toutes les maladies qui y causent toutes sortes de désordres, Voici quelques signes spéciaux qui vous aideront à reconnaître si vous avez du lait dans les membres ou autres poisons dans le bas du corps, des engourdissements et des piquements dans les membres.La personne ainsi souffrante est portée au sommeil après ses repas, souffrent de constipation toujours, a les hémorrhoïdes, de violents maux de têtes et digère très mal.Voici un peu résumé les différents symptômes dont souffrent les personnes ainsi affectées.Je recommande d\u2019une manière toute spéciale l\u2019usage de ma préparation durant tout le temps de la grossesse pour en prévenir tous les accidents et arriver à une heureuse maladie.Comme nettoyeur et purificateur du sang et du système en général, mon remède n\u2019a pas d\u2019égal, c\u2019est ce qui fait qu\u2019il agit à merveille, dans tous les cas d\u2019hydropisie générale et partout où le système a besoin d\u2019être déchargé et nettoyé.Si vous voulez éviter Pappendicite qui est par la constipation, servez-vous de mon remède qui est le meilleur nettoyeur des reins et des intestins.Vous voulez bien digérer, eh bien! Commencez donc par débarrasser et nettoyer le canal intestinal dont l\u2019embarras est la cause pre- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 159 mière et sûre de votre mauvaise digestion.Vous obtiendrez votre guérison en vous servant de mon remède.Ce remède est absolument inoffensif et sans danger et peut être pris en tout temps.Il agit en nettoyant les reins et les intestins.Je suis tellement certain de l\u2019efficacité de mon remède, que je garantis la remise de l\u2019argent à toutes personnes qui auront fait usage de mon remède sans résultat satisfaisant, pourvu sans doute que l\u2019on se soit conformé aux directions.C\u2019est le produit de Vingt-Cinq années d\u2019études et d\u2019expériences.Ma préparation porte le nom de commerce de \u201cPOTION ANTI- LAITEUSE\u201d du Dr.N.Alphonse Sirois, de Ste-Anne de la Poca- tiére, et se vend $2.00 le paquet.Elle est vendue par le propriétaire lui-méme et par tous mes agents locaux.Elle est envoyée par la malle sans charge extra par le propriétaire lui-même, sur réception de $2.00.Je donnerai gratuitement, par la malle, ou en personne des consultations à toutes les personnes qui m\u2019en feront la demande par écrit ou verbal.Quand vous m\u2019écrirez, donnez bien tous les détails de vos maladies.Conservez cette feuille, qui vous servira dans le besoin.Je puis fournir des centaines de certificats attestant des guérisons au besoin.Lisez les certificats suivants qui attestent à n\u2019en pas douter de la valeur et de l\u2019efficacité exceptionnellement curative de ma préparation.Cher Confrère \u2014 Veuillez m\u2019envoyer par la malle deux \u201cPOTIONS ANTILAITEUSE\u201d.Ci-inclus mon argent.Toutes les femmes qui ont essayé votre remède en ont été enchantées.J\u2019espére vous donner bientôt de plus grosses commandes.J'espère vous donner bientôt de plus grosses commandes, Bien à vous, \u2014J.M.ROUSSEAU, M.D.J\u2019ai passé une partie de l\u2019hiver incapable de travailler souffrant surtout de troubles intestinaux et de mauvaise digestion.Je souffre de cela depuis des années.Sur recommandation, j'ai pris des remèdes du Dr N.Alphonse Sirois, de Ste-Anne de la Pocatière, et je me suis complètement guéri.J\u2019ai repris mon travail mais par précaution, je continue encore à prendre des remèdes.Je dois à la vérité de dire que avant cela; j'avais pris des centaines de préparations et que je n\u2019ai jamais trou- 160 L'UNION MÉDICALE DU CANADA vé un remède pour être aussi efficace et donner autant de soulagement sans causer aucune douleur et inconvénient.ACHILLE THERIAULT, Fraserville, 25 avril 1916.J\u2019avais toujours des maladies qui me donnaient beaucoup d\u2019inquiétude par les accidents que j'avais à chaque fois.Je venais toujours prête de mourir.J'ai entendu parler du remède connu sous le nom de \u201cPOTION ANTILAITEUSE\u201d du Dr N.Alphonse Sirois qui est bien recommandé durant tout le temps de la grossesse pour en prévenir tous les accidents et arriver a une heureuse maladie.J\u2019en ai fait usage tout le temps et à ma grande satisfaction, j'ai eu la plus heureuse des maladies.Je le recommande à toutes les femmes qui se trouvent durant cette époque.[ Mme J.BOSSE, St-Fabien, Co.Rimouski.DIRECTIONS Pour les maladies du retour de l\u2019âge, le temps de la grossesse, le trop d\u2019embonpoint, la constipation et la mauvaise digestion: Ebouil- lantez une cuillerée a soupe de cette poudre dans la moitié d\u2019une tasse à thé d\u2019eau bouillante, brassez et coulez.Prenez ceci tous les matins à jeun.Cette dose doit augmenter ou diminuer selon l\u2019effet obtenu, c\u2019est-à-dire une à deux selles par jour.Pour faire disparaître le lait et toutes les autres maladies nom- mées-haut qui demande un traitement plus actif : Ebouillantez entre chaque repas une a deux cuillerées a soupe de cette poudre dans la moitié d\u2019une tasse a thé d\u2019eau bouillante, brassez, coulez et prenez.Cette dose doit augmenter ou diminuer, selon l\u2019effet obtenu, c\u2019est-à- dire trois à quatre selles par jour.Je ne crains pas de dire que ma préparation est le meilleur nettoyeur ¢ du corps et le plus puissant purificateur du sang connu.Dr N.ALPHONSE STROIS, Ste-Anne de la Pocatière.NOTE.\u2014Vous avez bien lu ?.Une potion antilaiteuse qui empêche les femmes enceintes d\u2019avoir du lait.Jolie besogne ! nous qui ne savons quoi imaginer pour qu\u2019elles en aient\u2014qui chasse l\u2019hydropisie\u2014qui prévient ou qui guérit l\u2019appendicite\u2014qui fait digérer\u2014 qui \u2018\u201c\u2018nettoie\u201d les reins et les intestins.quelle panacée !.Et dire qu\u2019il faut aller à Ste-Anne de la Pocatière pour trouver ça ! Il ne lui manque qu\u2019une dernière qualité à cette potion : de tuer les araignées qui logent aux plafonds.Espérons que notre alchimiste nous communiquera bientôt le fruit de quelques autres années d\u2019expérience sur ce nouveau chapitre de para- sitalogie et qu\u2019il quittera alors les rives lointaines de Ste-Anne pour venir faire concurrence à nos charlatans de la métropole.Nous nous demandons ce que pense de lui-même, au fond de sa conscience, un médecin qui affiche son nom au bas d\u2019une telle bouillabaisse \u201cprédico-charlatanesque\u201d.?.Et M.le Dr Gauvreau, notre registraire, qu\u2019en pense-t-il ?"]
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